"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 27 janvier 2012

SARKO ET HOLLO S’EN VONT EN BATEAU : QUI TOMBE A L’EAU ?



EN AVANT POUR LA PSYCHO-ELECTION

Le petit chose de la gauche caviar serait-il devenu le grand Sachem de la gauche restaurée social-démocrate (à retardement) ? J’ai trouvé le titre de la mafia Nouvel Obs assez bien tourné : « François Hollande assure l’après-vente à la télé ». Le produit « social-démocrate », un peu ovni, qu’il avait présenté dimanche dernier sur l’estrade du Bourget, n’en reste pas moins une marchandise secondaire, et peu performante, dans le combat de nains qui s’engage.
L’élection présidentielle est partie pour être au niveau de l’épicerie de commerce avec querelle de chiffonniers, querelle de chiffrages (de prestidigitateurs énarquois) entre représentants de commerces politiques en faillite. Le déroulement de la mystification électorale majeure en France, qui intéresse visiblement la population qui n’a rien d’autre à se mettre sous la dent comme distraction à une société bloquée et ennuyeuse où absence de travail et solitude se répandent.
Sur le plan électoral sondagier jamais il n’y a eu une telle différence entre un candidat sortant et son challenger. Le principal challenger F.Hollande est très en avant et semble impossible à rattraper par lapin Sarkozy honni au moins autant dans les chaumières que dans certains palais lambrissés. Le « Dégage Sarko ! » - si j’en juge par mon propre nombril, et indépendamment du bla-bla électoral de chacun – reste prédominant et, au vu de l’affolement de la fraction de droite bling-bling, semble bien programmé pour emporter la mise fort probablement en faveur de Hollande qui s’impose de plus en plus surtout comme bon orateur, pugnace et, qualité absente chez le sortant, par une maîtrise étonnante de ses affects sans jamais être arrogant. Garder son calme et ne jamais laisser une vacherie sans réponse immédiate sont les clés du succès. C’est ainsi que Mitterrand avait baisé aussi bien Giscard que Chirac. De même Sarkozy face à Royal. Hollande est d’un autre calibre que Mitterrand, moins malin mais bien malin tout de même. Mitterrand était un illettré en économie ; Hollande a fait l’ENA et l’avocaillon Sarkozy ne pèsera pas lourd si leur prochaine confrontation tourne au pugilat économique. Juppé, ancien énarque, vieilli et cabot sans conviction envoyé au casse-pipe, pinailleur minable, n’a pas fait le poids. D’emblée, Hollande l’a ridiculisé avec sa maladresse (Juppé parla du président comme « Sarko », ce qui faisait en effet faussement familier, et étrangement révélateur de la relation perverse entre deux complices qui se haïssent). Face à un Juppé intenable d’agressivité disproportionnée, Hollande le rappela à plus de tenue (rires garantis dans l’assistance). Même la petite vacherie de chiromancienne balancée à la fin par le Juppé, paillasson élimé de ses maîtres – qui tentait comme un vieil enfant de garder le dernier mot – tourna à son désavantage face au sans gêne bienvenu de Hollande.
Hollande a marqué un point important dans sa résistible ascension en éliminant sans mal un Juppé décati que d’aucuns envisageaient comme le plus apte à suppléer à la catastrophe annoncée de l’élimination du blaireau de l’Elysée. Mais du même coup il a ravivé les peurs de perdre la place chaude pour les oligarques à la botte de Sarkozy, qui hurlent au feu ; et les journalistes de France 2 de trembler eux aussi, très courageux pour tenter de dézinguer Hollande, mais si obséquieux face à Sarkozy ; ce qui risque de se voir encore plus lorsque ce dernier sera sur la sellette, aggravant son cas.
Nous allons assister au spectacle débilitant, psycho-électoral, entre le normal et l’anormal, mais très focalisé sur ces deux petits personnages, insignifiants sans leurs armées de conseillers en tout genre et leurs nègres littéraires. Hollande a partie gagnée s’il continue à dénoncer doublement l’anormalité de la droite au pouvoir (le « comportement » pervers de Sarko plus sa collusion avec la finance gangstériste), mais il n’est pas plus en mesure que la droite de ramener le capitalisme « à la normale ».
Hollande n’est pas viril, avais-je constaté dans le précédent article. Mais, bien que je me foute de la virilité en soi, je me suis trompé, ce n’est pas son principal point de faiblesse face au candidat sortant, qu’une majorité de sondés – du jamais vu pour tout autre candidat de droite – veulent « dégager » au plus vite. La « virilité » à la Sarkozy n’est plus suffisante, elle s’apparente à une « anormalité » caractérielle, pour ne pas dire à une beauferie ; traité d’arrogant par Juppé, Hollande couche sans mal l’homme sans bottes : « question arrogance vous avez des rechutes possibles », si Juppé avait eu des cheveux on les aurait vu décoiffé !

La virilité, selon le psychiatre Serge Hefez, correspond aux caractéristiques que toute culture associe aux valeurs masculines : le courage, le goût du combat, une tendance à la domination etc. Dans ce sens Hollande a révélé ces mêmes vertus de la virilité… d’estrade politicienne. Mais pas simplement, Hollo se moqua du côté macho de Sarko par son attitude bienveillante, souriante sans jamais être carnassier ni vouloir humilier son contradicteur ; Hollande a inauguré une virilité soft plus tolérable pour les électrices féministes de la gauche bobo. Très efficace aussi au niveau psychologique pour les masses spectatrices qui sont écoeurées par cinq années de sarkozysme aigu, par cette arrogance de parvenu qui n’a rien changé au sort des prolétaires, a osé aller mentir directement à ceux parmi eux qui portent encore le bleu de chauffe (cf. ses visites en usines choisies, qui ne lui ont pas gagné beaucoup de voix en milieu ouvrier sauf de quelques fayots arriérés). L’électorat féminin, majoritaire aux urnes comme je l’ai rappelé, est, au plan de sa majeure catégorie sociale (femmes prolétaires) encore plus touché par la crise et considère l’actuel président comme principal responsable (les cadeaux fiscaux ont le même effet que les diamants de Giscard).
F.Hollande a défendu, avec culot, un programme économique « social-démocrate »qui promet de serrer la vis à la finance (parfaitement utopique) avec des effets d’annonce (réduction de 30% des salaires ministériels) ; seule la deuxième proposition apparaît réalisable et populaire, et devrait lui permettre de l’emporter pour les masses moutonnières, simplement pour le plaisir de « dégager » l’autre Tartuffe. Il s'est présenté comme le VIP "des solutions" face à Sarkozy, l'homme "du passé". S'il a n'a pas prononcé le mot, son programme - crise oblige - est aussi, et peut-être surtout, un véritable exercice de rigueur. Une rigueur certes tempérée par une redistribution importante. Mais une rigueur réelle, puisqu'elle reprend les objectifs de baisse de déficit transmis à Bruxelles par le gouvernement Sarkozy : -4,5% du PIB en 2012, -3% en 2013 et 0% en 2017.

Il n’y a pas de solution ni « nationale » ni « française » à la crise systémique, c’est pourquoi la bataille des chiffonniers électoralistes doit écraser toute sérieuse réflexion politique et économique. C’est pourtant, depuis longtemps un classique, la discussion de bistrot est tout sauf politique. Le « grand rendez-vous » des « présidentielles » n’a jamais été que confrontation psychologique où il serait méprisable d’y chercher une alternative de société.
J’ai noté le revirement en une journée de la mafia présidentielle concernant la réplique à opposer à Sarkozy, être plus cool. Or, ni le blaireau ni ses affidés n’ont pu s’y tenir et ils se remettent à aboyer à tout crin. Au point qu’ils tendent à mettre fin à tout suspense, toute cette tension en compétiteurs de la haute bourgeoisie, avoine pour appâter le bon peuple aux auges électorales. Il est étonnant que, tout à leur ferraillage, les deux principaux partis de l’oligarchie, aient remisé au second plan la dernière galipette de Mme Le Pen ; laquelle a proposé le retour de la retraite à 60 ans… pour couper l’herbe sous les pieds du PS. Intéressant ce revirement du FN. Il signifie d’abord que la dénonciation des immigrés ne suffit plus dans la crise, qu’il faut mettre en avant des questions plus sérieuses même pour la couche la plus arriérée de la classe ouvrière. La stratégie du FN, parti bourgeois, évolue elle aussi (le père de la fille était un as des négociations secrètes avec Chirac), et ce revirement sur la retraite à 60 ans, semble bien destiné à désavantager le PS au profit de la « réaliste » UMP !
Mais ensuite, la proposition est une moquerie puisqu’il est impossible de revenir en arrière, et pour l’UMP (fière d’avoir fait passer la pilule avec les syndicats de… gauche) et pour le PS dont le candidat n’oppose qu’une histoire de « cas par cas » comme pour la régularisation des immigrés ; que le blaireau ou le gentil « seul à pouvoir porter le changement », soit élu, cela ne changera rien à la volonté bornée de la bourgeoisie de continuer à faire payer la crise à la classe ouvrière. Hollande n’arrête pas de faire des mamours aux PME, tout en se moquant et de Juppé et de ses futurs électeurs en justifiant son inévitable échec : « s’il n’y a pas la croissance, il n’y aura pas réduction des déficits ». Le même argument que les sarkoziens, mais à l’envers : c’est la faute à la crise dans tous les cas de figure.

Hollande occupe tout le paysage médiatique, mais tiendra-t-il la route, ainsi que son rival dépressif Sarkozy, au long des trois mois qui viennent ? Au plan politique général le problème reste entier, comme le symbolise la vieille photo de Paris Match (Sarko et Hollo ensemble pour le oui à l’Europe), l’opinion diffuse UMP et PS sont à mettre dans le même sac, Bayrou et Mélenchon ne sont pas crédibles, reste l’abstention et le vote protestataire… voire des « voies de fait » grévistes en plein marasme électoral si le suspense se délite dans une querelle de clocher face à une réalité sociale de plus en plus intenable.
Sinon, on se fout du futur élu. La fonction présidentielle reste un élément de parasitisme de la société qui devra être éliminée en même temps que la démocratie représentative truquée.

mardi 24 janvier 2012

Le « Huffington post » nouvelle Pravda et filtre de secte

Ce machin bizarre est encore une atteinte à la liberté d'expression! Très inquiétant ce soit disant nouveau site informatif qui se répand comme les Mac DO! Le Monde a vendu pour une poignée de lentilles son site LePost (qui était très bien et permettait à chacun de rédiger son article) pour ce trust US (avec la madame Sinclair en prime position), mais en reste actionnaire à 34% ! Avec la mère Sinclair en pole position de ce site, qui se prenait déjà pour la première dame de France malgré les frasques anciennes de son époux, une nouvelle mafia tente de servir de référent informatif mais malgré une intense promo d'une partie de l'oligarchie, n’apparaît pas crédible.

Pour l’aventurière Arianna Huffington, bourgeoise arrogante qui a échoué dans sa carrière politique en Californie, il s’agirait de développer son site US, un site dont la rentabilité reste douteuse. Après ses extensions au Canada, au Royaume-Uni et désormais en France, le HuffPost a annoncé, jeudi 19 janvier, un partenariat avec le groupe italien L'Espresso. Des extensions en Allemagne et en Espagne seraient prévues.

Pour avoir été cheminer sur ce site, je vous livre mes constats:
- très alambiqué pour s'inscrire et ensuite naviguer,
- d'abord vous êtes réduit au rôle de figurant accessoire astreint à commenter les recopiages de pseudo-journalistes d'infos qui ont déjà été générées un peu partout par l'ensemble la presse,
- plus étrange il est question de "badges", et de se connecter à des réseaux d'amis, "d'amis"?
C'est quoi ce truc? La participation au débat politique citoyen ou pas ne se nourrit pas de "réseaux d'amis", ne recherche pas des "badges" qui donneraient droit à plus de visibilité au commentateur de l'espèce inférieure. Le débat en politique doit rester avant tout public, c'est à dire accessible à tous sans compartiments d'"amis" ou de "copains du même bord" ou même "clan".
Toute la conception du site reflète par conséquent un projet de secte, de fractionnement de l'info et de la vie politique en ghettos informatiques, en réseaux parallèles, sous un super contrôle anonyme de l'expression individuelle. Le Huffpost n'a déjà pas une réputation clean. Une procédure judiciaire en nom collectif est en cours pour "travail non rémunéré", par les tâcherons blogueurs dont les articles sont pillés à la racine. Ces blogueurs floués, devraient la remercier, expliquait la mère Huffpost, sans gêne, en mars 2010 : "l'expression personnelle est devenue une source d'accomplissement pour les gens" ; expression personnelle relative puisque les idées des commentateurs sont pompées puis mixées par le personnel maison qui jette ou publie les articles remâchés qu’il veut.

Le monde, pourtant actionnaire à 34% laisse décrire les procédés puant de la secte à un de ses employés : « Quant aux polémiques, elles se résument à une question : le HuffPo informe-t-il ? Alors directeur de la rédaction du New York Times, Bill Keller a sonné la charge. En mars 2011, il écrivait que la méthode Huffington consiste à "prendre des mots écrits par d'autres, les emballer sur son propre site et en tirer un profit qui, normalement, auraient du aller à ceux qui ont généré le matériel rédactionnel. En Somalie, cela s'appelle de la piraterie. Dans la médiasphère, un respectable business model". Celle qu'il nomme "la reine de l'agrégat" (Mme Huffington) agrège des potins sur les "people", des blogs et des informations tirées d'autres publications qu'elle s'approprie pour faire fructifier son site. C'est, écrivait-il, "de la contrefaçon" : la bonne information coûte cher à produire, le parasite HuffPo la pillerait… ».

Et c’est à ce site opaque que Le Monde s’est vendu ! Parce que la liberté de ton et l’audace des auteurs non journaleux professionnels donnaient la nausée aux bons bourgeois du beau « Monde » ?
Un lecteur du monde, déplore à son tour la muflerie du trust des mères Huffington et Sinclair : « Le pire des médias pour contrôler les veaux que nous sommes devenus... Et la complaisance rédactionnelle du Monde ne laisse de m'inquiéter ».

En réalité, la tentative de transplantation de ce média foireux traduit la mainmise impérialiste américaine sur l'info en Europe et sa contestation de l'info (automatique désormais, aucun média n'est crédible s'il ne laisse pas la parole à ses lecteurs), et marque un pas de plus dans la régression d'internet. Il est lamentable que Le Monde ait ainsi baissé culotte.

Cependant, étant donné l'hermétisme et l'odeur de secte qui émanent de ce machin à filtre sectaire, la madame Hufftington et la madame Sinclair (qui est là pour continuer à sponsoriser son étrange mari), s'illusionnent beaucoup si elles pensent faire du fric sur notre dos en phagocytant la liberté d'expression dans ce moule à gaufres pour crétins passifs! On est encore en France, pas en Russie stalinienne ni en America maccarthyste.

Retournons examiner ce site louche. Conception typique de secte managériale américaine, ce substitut au Le Post du Monde, qui sera cornaqué par la femme à DSK, est bien une entreprise de type totalitaire, ficelée par des développeurs des sectes informatiques US. On y trouve donc la page « Votre communauté HUFFPOST »avec des notions bizarres : « badges » « super utilisateur ». Comme depuis des dizaines d’années, c’est le même type de secte, dans l’industrie (EDF) ou le secteur pharmaceutique, ou à l’embauche dans les services hospitaliers, qui fabrique un questionnement étrange, psychologiquement pervers, alambiqué au possible pour rendre complètement opaque la manip dont vous êtes l’objet ; vous êtes convié à participer (ou à croire participer vraiment) mais sous condition de soumission complète à l’idéologie avec laquelle ils vous gavent. C’est à peu près le même processus de dépersonnalisation qui peut vous conduire au suicide, comme à France-Télécom. Le capitalisme, médias et hiérarchie d’entreprise est vraiment devenu pervers narcissique ; et c’est pour cela qu’il n’est pas récupérable. Le Monde est sous « l’emprise » lorsque son sous-fifre anone :

« Le Huffington Post avec Le Monde cherche à instaurer une ambiance ouverte, transparente et courtoise pour les commentaires et les utilisateurs. Les discussions et les débats critiques, qui cherchent à approfondir des sujets de manière intelligente sont encouragés et les meilleurs d'entre eux sont mis en valeur de différentes façons, par exemple par le programme L'Expert de la communauté »(c’est qui ce gourou ?).
La sauce démocratique qui essaie de faire avaler ce site cloisonné et hiérarchisé, qui se maquille sous le nom de « communauté » (terme de secte) : « Chacun est invité et encouragé à faire entendre son opinion indépendamment de l'identité, de la politique, de l'idéologie, de la religion ou d'un accord avec d'autres membres de la communauté, de l'auteur du message ou des membres du personnel, tant que ces opinions sont respectueuses et apportent des éléments constructifs à la conversation. Cependant, cette communauté ne tolère pas d'attaques, d'insultes ou d'injures directes ou indirectes, et ne tolère pas non plus les tentatives délibérées de déstabiliser, bouleverser, provoquer ou chercher à obtenir des autres utilisateurs une réaction émotionnelle. Les personnes qui publient systématiquement ou délibérément ce type de commentaires recevront un avertissement et pourront même être exclues de la communauté, si nécessaire ». L’accusation de persécution par le persécuteur n’est pas loin pour justifier par avant la censure d’un système d’engrangement des infos de tout acabit, compartimenté à la manière de Big Brother, et attention vous ne pourrez écrire que des commentaires limités en espace.
Plus drôle la secte Huffington vous demande d’être agité du bonnet dans la cage où vous serez enfermé :
« Si vos commentaires font systématiquement ou volontairement de cette communauté un espace moins courtois et moins agréable, vous et vos commentaires en serez exclus. (…) La communauté s'autocontrôle et vous aussi pouvez l'aider ! »
Un zeste de morale paternaliste, ou même très maternaliste de secte, qui sait ce dont vous avez besoin et qui vous tient par la main, cachant le fouet derrière son cul (le Huffpost se réserve de faire appel carrément à la police, avec Mme Sinclair comme gage de vertu c’est insultant pour les pandores), quelques extraits de la prose et des questions fabriquées par la secte Huufpost (si cela vous navre, sautez directement à ma conclusion ; mais essayez de lire ce langage redondant moraliste, pacifiste bêlant de mère patronnesse qui vous tend son gros nichon avec du lait pourri dedans :

« Soyez vous-même, juste vous-même et cohérent avec vous-même.Toute opinion compte et l'opinion de chacun est unique. Prétendre être quelqu'un d'autre vous ôte cette valeur unique, à vous comme aux autres. Ne vous présentez pas sous un faux jour, ne présentez pas sous un faux jour les autres, ne répandez pas de fausses informations, ne créez pas de comptes multiples, ne procédez pas à des opérations camouflées ou d'astroturfing. Vous feriez, le cas échéant de la communauté un espace moins agréable et en réduiriez la valeur et vous en seriez exclu dès que nous en aurions connaissance. Cette communauté est un espace sûr. Nous croyons fermement que le Huffington Post devrait être un espace sûr pour les individus, les groupes et leurs idées. À ce titre, un langage violent et hostile ou des appels à la violence et à l'hostilité ne sont pas les bienvenus ici. Si vous menacez directement ou indirectement le bien-être physique ou mental d'un membre de cette communauté, ou d'un individu ou d'un groupe faisant l'objet d'un article, vous serez immédiatement exclu. Si une menace crédible est proférée à l'encontre d'une personne ou d'un groupe, non seulement celle-ci sera retirée mais il est probable qu'elle sera signalée aux autorités compétentes avec lesquelles nous coopérerons autant que nécessaire ».
Q : J'ai publié un commentaire. Pourquoi n'est-il pas visible sur le site ?
R : Il y a deux cas de figure dans lesquels votre commentaire peut ne pas apparaître :
1. Il peut être en attente d'autorisation. Le volume des commentaires sur le site ayant augmenté rapidement, il y a souvent un délai entre le moment où un commentaire est publié et le moment où il est autorisé, notamment aux heures de pointe. Nous vous remercions de votre patience et nous vous demandons de ne pas publier le même commentaire plusieurs fois de suite.
2. Votre commentaire n'est pas conforme à la charte ci-dessus. Nous sommes fiers de fournir un moyen de diffuser des articles et des récits stimulants qui portent à réfléchir et nous encourageons nos utilisateurs à s'exprimer librement, sous réserve que leurs commentaires respectent notre charte de commentaires. Nous devons respecter nos rédacteurs et les mettre à l'abri de commentaires malveillants et incendiaires. Eux aussi ont le droit de s'exprimer librement, le droit de partager leurs opinions sans subir de remarques cinglantes et mesquines.
Coincé dans les « amis » ( !? les « copains » en tête de la secte ?)
Colonne principale. Dans la colonne principale, sur le côté gauche de votre page de profil de L'actualité de mes amis sur HuffPost, vous trouverez trois onglets avec les intitulés suivants :
* L'activité de mes amis ;C'est l'onglet que vous verrez par défaut lorsque vous irez sur votre page de profil. Vous y trouverez toutes les activités de vos amis de L'actualité de mes amis sur HuffPost : ce qu'ils ont lu, ce qu'ils ont commenté et ce sur quoi ils ont voté... et quand.
* Mon activité Vous trouverez ici tous les articles et récits que vous avez lus sur Le Huffington Post avec Le Monde et lesquels de vos amis ont aussi lu ces articles et récits.
* Mes amis Vous trouverez ici une liste de tous vos amis de L'actualité de mes amis sur HuffPost. Vous verrez qui vous suit et tous ceux que vous suivez. C'est ici que vous pourrez
Q : Que signifie « BETA » ? (que cette secte est béta en effet ! jlR)
R : Le terme « BETA » vient du développement de logiciels. Il signifie qu'on travaille encore sur ce système et qu'on compte l'améliorer. Vous avez des idées, des suggestions, ou des questions ? Envoyez-nous un courriel à badges@huffingtonpost.com.
Q : Les Badges HuffPost, sont une idée géniale ! Comment puis-je en obtenir davantage ? Et comment puis-je gagner des Badges de niveau supérieur ?
R : Les utilisateurs remportent des Badges de niveau supérieur en fonction de leur activité sur le site. Si vous voulez atteindre un certain niveau, votre activité sur le site devrait correspondre aux descriptions que nous en donnons ci-dessous.
Q : Qu'est-ce qu'un « Gestionnaire réseau » ? Comment en devenir un ?
R : Si vous êtes bien au-dessus de la moyenne lorsqu'il s'agit d'être en relation avec amis et suiveurs, nous vous attribuerons un Badge Gestionnaire réseau de niveau 1. Si vous êtes parmi les utilisateurs ayant le plus de contacts en termes d'amis et de suiveurs, et si vous avez relié votre compte HuffPost à votre compte Facebook ou Twitter, nous faisons de vous un Gestionnaire réseau de niveau 2, nous surclassons votre Badge et nous présentons vos commentaires en rouge. Si vous êtes comme de nombreux utilisateurs, vous voudrez certainement rassembler plus de fans et d'amis autour de vous, et vous pourrez passer au niveau supérieur ! Et n'oubliez pas de relier votre compte Facebook ou Twitter à votre compte HuffPost.
Q : Qu'est-ce qu'un « Super-utilisateur » ? Comment en devenir un ?
R : Si vous avez posté beaucoup de commentaires sur HuffPost et partagé des articles sur Facebook et Twitter, nous vous attribuerons un Badge Super-utilisateur de niveau 1. Si vous êtes parmi les utilisateurs les plus actifs lorsqu'il s'agit de commenter et de partager et que vous avez relié votre compte HuffPost à votre compte Facebook ou Twitter, alors nous faisons de vous un Super-utilisateur de niveau 2, nous surclassons votre Badge, et nous présentons vos commentaires en violet. Si vous êtes comme de nombreux utilisateurs, vous voudrez certainement commenter et partager davantage, et vous pourrez passer au niveau supérieur ! Et n'oubliez pas de relier votre compte Facebook ou Twitter à votre compte HuffPost ».

CONCLUSION :

Le Huffpost ne remplace pas le "Post.fr" (qui autorisait une expression réelle), il en est l’exact opposé, et la plupart des ex-commentateurs du Post sont outrés de cette mainmise de secte. Pour certains obstinés qui ont tenté comme moi d’agir sur ce site, il leur a été très vite visible que c’est un wagon compartimenté sans issue de secours.de ces annonces qui ne précisent pas vraiment comment ils seront intégrés à ce nouveau projet. Les autres pure-players français ("Slate.fr", "Owni.fr", "Atlantico", "Rue89.com") sont déjà critiques et peu inquiets face à ce nouveau concurrent. Ils savent qu’ils vont récupérer les lecteurs qui ne se rendront plus sur "LePost.fr" américanisé.
Historiquement, les magazines qui se sont internationalisés ont dû généralement adapter le contenu au lectorat français. Et ceux qui ont voulu calquer un modèle, comme celui-ci, plus étrange qu’étranger ont raté leur évolution.. Il suffit de voir déjà ce matin, à voir l'interface de Huffington, les noms de Sinclair, Dati, pour vous couper l'envie de vous y inscrire. Le site est déjà rempli de faux commentaires à la gloire de Mme DSK (et bientôt de son mari), des faux utilisateurs, comme sur les sites commerciaux avec leurs faux avis de consommateurs. Le design du Huffpost en plus est ringard date. On se croirait revenu aux premiers temps du Net. C'est un journal papier plaqué sur un site, sans aucun aspect participatif autre que de pouvoir encenser les auteurs. Une merde sur papier glacé.
PS : Voici ce que me répondit la sous-fifre de service face à ma protestation :
• 23/01/2012 13:55, Melina Loupia a écrit :
• Bonjour,
•
• Lorsque vous vous inscrivez sur le HuffingtonPost, vous avez accès aux commentaires des sujets proposés.
• Il ne vous est pas possible de publier des articles.
Cordialement,
__________________________________

Cordialement elle va se faire foutre et la secte Huffpost avec.

lundi 23 janvier 2012

Etoffe présidentielle: Hollande n'est pas sexy



Et c’est son talon d’Achille. Pour être élu dictateur ou président de la République, il faut d’abord plaire aux femmes, qui sont traditionnellement conservatrices dans leur majorité, soit comme épouse vertueuse, soit comme amante délictueuse dans la transgression. Pourquoi le PS n’a-t-il pas choisi comme porte drapeau le géant néo-kabyle Montebourg ou le petit Julio Iglésias de la gauche pincée E. Valls ? Trop jeunes cabots ou pas assez d’embonpoint ? Hollande en costard cravate, petits bras levés, pas de quoi faire « rêver » les prolétaires, ni surtout les femmes majoritairement électrices (1) .
La prestation au Bourget du petit candidat de la gauche bourgeoise sans alternative crédible à la crise systémique, n’a pas grand intérêt en soi. L’ancien « Flanby » F.Hollande est resté un pot de yaourt qui a tenu le crachoir pendant une heure et demi à un auditoire de bobos crédules, naviguant entre annonce de mesures loufoques et anecdotes personnelles. Son catalogue électoral creux ne mérite pas grande considération. On se servira ici plutôt d’un de ses arguments majeurs pour séduire l’électorat majoritaire avant de se pavaner comme principal candidat. Ce petit monsieur a fait une cure d’amaigrissement et quelques petits liftings pour améliorer l’image de marque, certainement pas aux yeux des hommes…
Le mouvement ouvrier ne s’est jamais fait tuer pour le vote des femmes en France, charme mis à part. Il fallut attendre 1945 pour que ce soit disant droit soit concédé. J’ai assez bien décrit le trucage électoral démocratique dans mon dernier livre pour ne pas avoir à le développer ici (La croyance électorale et ses origines religieuses, ed du pavé), mais il aurait fallu y consacrer un chapitre au vote de la femme, tel qu’il fût institué tardivement par la bourgeoisie française (qui n’est pas une généralité puisque d’autres bourgeoisies et même celle de pays arriérés avaient concédé ce droit de vote au début du XXème siècle). Le vote des femmes n’était pas souhaité par les ouvriers socialistes du XIXème siècle. Ils s’en méfiaient et ils n’avaient pas tort. Non par « machisme » primaire, mais tout simplement parce que l’espèce féminine ne travaillait pas majoritairement dans les fabriques, elle était vouée aux tâches ménagères (individualistes, dirait-on aujourd’hui) ingrates de reproduction sociale et restait influencée par le … curé de la paroisse, le seul homme qui leur parlait vraiment à l’oreille.

VOTER POUR UN PRINCE CHARMANT

Certains diront ici que je cède à un machisme ringard simpliste, à contre-courant du discours démagogique qui déguise l’infériorité sociale de la femme en commençant toujours par la célèbre politesse hypocrite « Mesdames et Messieurs », ou « Toutes celles et tous ceux »… (Chez les anars gauchistes cela donne « nos copines et nos copains », les travailleur(e)s, etc.) ; or je ne cède à rien du tout vu le niveau lamentable, personnalisé à outrance du débat (choix ?) politique imposé par les médias dominants face à une masse d’électeurs/trices inconscient(e)s qui croit participer à une « vie démocratique », à des élections réelles du pays. Il suffit de voir le niveau misérable où est tombé depuis dix ans le site de rencontre Meetic, pour mesurer à quel point les femmes, croyant pouvoir choisir librement un mec après divorce ou veuvage, nagent totalement dans la vision sénile du tout ou rien, préférant la solitude dans l’attente du « prince charmant », contre « l’aventure sans lendemain » (qui est pourtant plus intéressante que le bordel officiel du mariage), pour mesurer leur degré de régression conditionnant une aptitude soumise au vote pour le principal « prince charmant », le futur président de la Rép.
Tout le système électoral dominant – d’Europe au Maghreb - est DEVENU APOLITIQUE, et, régi de façon subliminale par des sondages psychologiques, des exhibitions de bateleurs de foire électorale et une succession de romans-photos pipoles, sexuels et mafieux. Naturellement, il continue à exciter la masse des citoyens aliénés, droguée à la croyance démocratique, car ce système parvient ainsi à les distraie de l’ennui sidéral de l’humanité sous le règne du Capital.
La prolétarisation des femmes, fort lente, a tardé à avoir des implications politiques pour une conscience de classe révolutionnaire. Les femmes de toute condition sont restées peu nombreuses comme militantes des partis depuis un siècle, et l’état de déliquescence et d’absence d’un parti révolutionnaire cohérent ne donne pas de matière, aujourd’hui encore, à les réconcilier avec l’action politique qui reste aliénée par la fumisterie des élections bourgeoises dites représentatives. Depuis plus longtemps que ne l’imagine Janine Mossuz-Lavau (2), elles se sont alignées sur la mystification électorale bourgeoise : « elles sont en quelque sorte devenues leur copie conforme (des hommes) et (…) si elles se sont soustraites à l’influence de l’Eglise, ce n’est que pour mieux céder à celle des hommes » . Autrement dit, contrairement aux analyses non marxistes de Mme Mossuz-Lavau, les femmes sont devenues aussi conservatrices que les hommes, pour ne pas dire que ce sont surtout les hommes (catéchisés et crâne bourré par la gauche bourgeoise) qui sont devenus aussi conservateurs que les femmes. Mais les femmes, toujours plus réalistes historiquement, et ferment des révolutions sans en occuper le premier plan, ont été sensibles à l’approfondissement de la crise systémique depuis le milieu des années 1980 mais pour devenir la proie de l’élite rose : « Dès 1984, les femmes s’étaient mises à appuyer autant que les hommes les candidats roses » (op. cit.). Analystes universitaires et nos comiques politologues oublient en général de mentionner qu’il persiste un élément de faiblesse, en tout cas de sous-culture politique des femmes : la tronche du candidat est un élément de choix plus encore que pour les hommes. Ce n’est pas un hasard si tant de politiciens séducteurs occidentaux véreux ont été élus plus pour leur gueule que pour leur intelligence, de Kennedy à Clinton et l’élégant Obama, de Lecanuet à Mitterrand et Chirac. Il n’est un secret pour personne que, plus que sa prétendue compétence économique, le « pervers » DSK plaisait aux femmes françaises en général, qui font abstraction du gros bide et de la petite taille si le visage de l’homme est séduisant et son intelligence brillante. Et qu’il aurait été élu sur ce critère en milieu féminin. Triste époque de vanité de la politique personnelle et sexiste ! Et puis, ne le cachons pas, la femme en général est plus attirée par un homme avec des côtés pervers que par un bonnet de nuit. DSK a toujours fait plus rêver que Jospin ou Juppé ! Les électrices aliénées ne sont-elles pas finalement aussi coupables dans leur désir opaque que ceux qui leur promettent in fine de le réaliser ? En fait une minorité de journalistes, ce qui est l’autre faiblesse de F.Hollande. S’affichant avec une belle bourgeoise journaliste, comme Montebourg et Borlo, il dévoile un aspect de la pourriture des médias : les journalistes couchent avec les politiciens ! Pas de meilleure image de la coucherie des médias pour conforter la déréliction de l’électeur lambda et de l’électrice d’en bas.
La force des dictateurs – Mussolini, Hitler, Castro – était qu’ils cachèrent toujours leur relation sexuelle avec de multiples femmes, tout en s’affichant en père tranquille ou en solitaire endurci (4).
Dans la rivalité Sarkozy/Hollande – alors que tous deux s’affichent avec de belles femmes (signe de richesse !) – l’avantage apparaît d’abord au blaireau de l’Elysée. La femme électrice aime plutôt le genre viril, agressif, cogneur, méchant. Sarkozy est pugnace comme l’était Mitterrand le petit, il montre ses muscles à pied ou à vélo (avec un teeshirt New York PD) ; Hollande pour sa seule prestation footballistique laissait pendre son maillot hors du short pour cacher son bide et courait comme un cloporte. L’image est cruelle et porteuse à l’ère du tout filmé. Hollande n’a pas la dureté d’un Mitterrand ni la capacité de cogner comme le bonnet de nuit Jospin quand le navire capitaliste tangue dangereusement. Les aboyeurs au service du blaireau savaient bien l’effet subliminal qui serait le leur en comparant Hollande au débile capitaine du paquebot italien. Dans la tempête, les passagers ne veulent surtout pas d’un capitaine mou, accommodant, qui veut considérer gentiment l’avis de tous les passagers, prendre son temps pour consulter, etc., alors que les vagues ont déjà empli les soutes. Mais la comparaison avec le capitaine italien se retourne aussi, comme on le verra, contre Sarkozy, car ledit capitaine avait quitté le bateau avant tout le monde, comme Sarko qui avait quitté ses électeurs dès 2007 pour aller rejoindre les planqués du Fouquet’s, et qu’il n’a, depuis, nullement protégé les prolétaires, hommes et femmes, contre les violentes vagues de la crise systémique….
Examinons d’abord, par le petit détour qui suit, le combat à géométrie variable des femmes dans une société dominée par des hommes qui en exploitent d’autres…

LE DROIT DE VOTE CONSIDERE COMME PEU ENTHOUSIASMANT

En 1848, dans le contexte européen du « Printemps des peuples »(5) , se conjuguaient les revendications de liberté des peuples, d’affirmation nationale dans une grande partie de l’Europe et une grave crise politique et sociale en France où la Monarchie de juillet est renversée par une révolution qui se veut fraternelle et qui proclame début mars1848 le suffrage universel, une décision qui n’a pas d’équivalent ailleurs en Europe. Des femmes (une petite délégation reçue le 22 mars 1848 par le maire de Paris) posent alors la question de leur appartenance au « Souverain ». Elles appartiennent à la mouvance saint simonienne liée au socialisme utopique qui, dès les années 1830, imagine et tente de mettre en œuvre de nouvelles formes de relations sociales, y compris entre hommes et femmes. Dans le Manifeste communiste, Marx et Engels ne consacrent pas même une ligne au droit de vote des femmes !
La demande d’accès à la citoyenneté, assortie d’autres demandes (dont le droit au travail, question essentielle en 1848) est formulée par une très petite minorité de femmes urbaines, instruites, des institutrices, des sages-femmes, des femmes de plume qui fondent des journaux, animent des clubs. Elles invoquent les principes de justice et d’égalité, mais aussi les compétences et les intérêts particuliers des femmes, comme mères ; Jeanne Deroin pose même la question de la représentativité d’une assemblée composée seulement d’hommes pour traiter les problèmes de la société toute entière. Mais cette demande n’est pas entendue, elle semble même inaudible pour la grande majorité des contemporains. Ces femmes suscitent la moquerie, le sarcasme, l’incompréhension, y compris parmi tenants du socialisme.
Pour George Sand, très impliquée au début de la révolution de 1848, (elle rédige durant quelques semaines le Bulletin de la République), la priorité est celle des droits civils et de l’éducation des filles. C’est pourquoi, elle refuse de se présenter aux élections de 1848, à la différence de Jeanne Deroin qui annonce sa candidature en 1849 suscitant la colère de Joseph Proudhon, le anarchiste de nos gauchistes syndicalistes indécrottables modernes, promoteur de l’association ouvrière, du mutuellisme, des coopératives, mais pour qui « la femme » n’a vraiment sa place que dans le cadre de la famille. La révolution russe donne le droit de vote aux femmes, mais elles restent minoritaires dans les instances « prolétariennes », quoique le terme classe ouvrière se conjugue toujours au féminin. La bourgeoisie occidentale comprend au même moment l’intérêt de concéder le droit de vote aux femmes (majoritairement hors de la production, donc de l’action collective de classe consciente).En France, la Chambre des députés discute et vote, en mai 1919, à une large majorité, en faveur du suffrage des femmes. Mais la décision est bloquée par le sénat ; un scénario reconduit plusieurs fois dans les années 1920-1930. Ce refus du sénat est largement lié à l’inquiétude des nombreux sénateurs radicaux devant le risque d’un vote féminin sous influence de l’Eglise catholique qui pourrait menacer la République (et aussi leurs propres positions). S’ajoute sans doute la conviction, largement partagée par les classes politiques bourgeoises et ouvrières, que les femmes (comme les nègres et annamites) sont en général peu intéressées à la chose publique et qu’elles n’y ont donc guère leur place.
L’histoire de l’ordonnance du 21 avril 1944 qui accorde le droit de vote aux Françaises reste peu claire ; des historiens chipotant que ce n’est pas le général De Gaulle qui a “donné” le droit de vote aux Françaises mais du fait des caciques staliniens. De Gaulle n’aurait fait que contresigner une ordonnance prise à la suite d’un débat à l’Assemblée consultative d’Alger entre janvier et mars 1944 et d’un vote à une large majorité sur l’amendement proposé par le délégué stalinien de la résistance intérieure, Fernand Grenier. Le texte dit tout simplement : « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». L’argument du droit de vote comme récompense pour les femmes qui ont participé à la Résistance, discours officiel du moment qui rappelle celui tenu au lendemain de la guerre de 1914-1918, masquait surtout la manoeuvre de la faction de droite pour se relever du pétainisme déchu. Le vote des femmes, auquel De Gaulle est plus favorable encore qu’aux staliniens, est présenté comme révolutionnaire, alors qu’il n’est qu’un élément de la restauration politique bourgeoise après l’épisode de Vichy. Le calcul politique de la part de De Gaulle et des démocrates chrétiens est grossier mais effectif : ils obtiendront le vote féminin qui limitera les dégâts face au parti des faux « 75.000 fusillés ». Le MRP va effectivement bénéficier par cette manœuvre « égalitaire » dite ultra démocratique du vote des femmes ; le parti stalinien, malgré ses efforts en direction des électrices, est le dindon de la farce électorale féminisée, même s’il apparaît pour cette sale période comme le « premier parti de France » et les ancêtres de F.Hollande comme une minorité de collabos punis.
Ce vote concédé si tardivement aux femmes reste un non-événement pour les contemporains même si, lors des élections municipales d’avril 1945, la presse décrit souvent de manière bienveillante ces électrices novices, fidèles aux partis de droite plus qu’à leurs époux. Le Canard Enchaîné, pas encore devenu ce triste dépotoir pour barbouzes, hebdomadaire encore vraiment satirique et anticlérical, multipliait les caricatures d’électrices bigotes confondant l’urne avec un bénitier, une manière de reconduire le constat si souvent déploré (et si réel) depuis le XIXe siècle, de l’incapacité politique des femmes (du fait de leur faible prolétarisation).
Puis vint le “temps de l’apprentissage”(cf. Mme Mossuz-Lavau), à la fin de la période de reconstruction (que les maximalistes nomment période de contre révolution) pour les électrices, avec un écart entre leur comportement et celui des électeurs entre 1945 et le début des années 1970, qui va ensuite se réduire nettement avec l’implication croissante des femmes dans la vie active donc comme prolétaires (6) . Dans les années 1950 les femmes étaient encore considérées comme mineures dans la vie politique bourgeoise, même en milieu ouvrier ; cela était lié à leur faible intégration à la vie économique “active”, à leur attachement à la religion, à leur bas niveau de conscience politique dans une période où la grande majorité d’entre-elles était confinée aux tâches ménagères. Elles sont, alors, très peu nombreuses dans les divers partis politiques.
Dans les études des politologues de l’époque (dixit Duverger) il apparaît que les femmes s’abstiennent plus souvent que les hommes (ce qui n’est pas une preuve d’insubordination) et ont tendance par ailleurs à voter plutôt pour les partis modérés et conservateurs et à bouder les partis socialistes et plus encore les partis communistes. Paradoxe d’une situation où les électrices boudent les partis de gauche alors que ce sont eux qui présentent et font élire le plus de femmes. En son temps Marx avait dit justement que la femme était le prolétaire de l’homme, mais au XXe siècle elle fût surtout encore l’électeur principal des partis de droite, quand les partis de gauche ne valaient même pas la peine que les hommes prolétaires votent pour eux.
La période des années après 1968, marquée par un féminisme conservateur – qui est effectivement pleinement récupéré par l’Etat du séduisant VGE (qui baise l’actrice Marlène Jobert) - voit des réformes au plan de l’égalité civile, (autorité parentale conjointe en 1970 dans le Code civil, carnet de chèque pour la femme) des droits spécifiques (libre accès à la contraception et à l’IVG) ; avancées incontestables qui dérangent les partis extrêmes des fachos aux maximalistes niant toute possibilité pour le capitalisme d’introduire, même a minima, des réformes progressives (7). Ce contexte général a des effets sur les comportements politiques des femmes dans les années 1970-80 où l’on constate une diminution de l’abstention et un glissement du vote féminin à gauche à la fin des années 1970 (qui a sa part dans la victoire de F. Mitterrand en 1981) mais aussi avec un refus des extrêmes, de droite comme de gauche ; les femmes, plus pragmatiques que les hommes sont peu sensibles aux promesses politiques électorales, mais séduites par le physique du candidat (Lecanuet en joue) ; le jeune trotskyste Alain Krivine se taille un beau succès en milieu ménager en exhibant une poêle Tefal cancérigène à l’écran. Le féminisme institutionnel, et parcellaire, ne concerne toujours qu’une minorité de bourgeoises : “féminisation par le haut” de la sphère politique ? avec les jeunes et brillantes énarques de la gauche caviar (Elisabeth Guigou, Martine Aubry, Ségolène Royal, etc.) qui ont par la suite, entamé une carrière politique « virile ». Mais cette féminisation a dépendu encore largement de la cooptation, du fait du prince « charmeur » (on se rappelle de sa caricature à droite avec les « jupettes »), dans ce mode de fonctionnement oligarchique de la Ve République.
Laissons les femmes à leur fourreau modernisé, revenons aux cauchemars de la gauche caviar.

UN AIR DE DEJA VU : HOLLANDE PARODIANT SARKOZY

La gauche caviar ne s’est pas remise de sa déculottée de 2002, n’en déplaise à curé Jean Daniel « Hollande enfin ! ». Le public féminin était nombreux dans la salle du Bourget, à entendre cette hérésie grammaticale : « c’est moi qui va vous conduire à la victoire », mais le lapsus grammatical de l’équipe de Hollande (notre pensée va, émue, au groupe de plumitifs qui a concocté cette omelette électorale, pendant une nuit sans sommeil et enfumée) est révélateur : va a été préféré à « vais », alors qu’il s’imposait, mais le « va » sert à dépersonnaliser car aucun candidat ne peut se permettre de dire « je vais prendre le pouvoir » (sauf ce ridicule « je va prendre le pouvoir »). Le pauvre Mélenchon éructe sur des pupitres où est marqué cette pitrerie « prenez le pouvoir ». Sarkozy aura du mal, lui, à radoter son discours liminaire de 2007 « je veux être le président de tous les français… l’homme de la nation ». Hollande dit la même chose que le cru Sarko en 2007 : « je veux mettre le pouvoir au service des français » (phrase reprise tel que par Hollande, son staff était déjà bourré à 4 heures du mat et ne s’aperçut pas du recopiage malheureux), ou « ensemble tout devient possible » (ils disent tous « faut nous rassembler ! » hi hi). Le spectateur critique a surtout la désagréable impression que Hollande se met dans la peau de Sarko (tics en moins) qu’il fait du Sarko à tire larigot
Dans les parallèles historiques hasardeux (une spécialité qu’on croyait réservée au Guaino de service) – l’essentiel du discours réside dans l’exaltation de la nation de la même eau que les candidats Sarko et Le Pen. Hollande fait de drôles de raccourcis, comme le remarque aussi un employé de Libé : les massacrés de Tulle « ont sacrifié leur vie pour notre liberté ». Les otages exécutés par les nazis n’avaient rien demandé du tout, ni même voulu jouer aux héros pour des élections truquées un demi siècle plus tard ! Ce n’est qu’une petite concession aux affirmations indigentes de papy Hessel qui consiste à vanter le programme national de reconstruction bourgeoise avec la « révolutionnaire » sécurité sociale appliquée ailleurs depuis Bismarck comme minimum consensuel. Pourquoi ne pas exalter aussi la mensualisation des salaires ? De plus la France n’est pas au sortir d’une guerre mais au début d’une guerre sociale interne et mondiale ! Plus décalé tu meurs !
Sur tous les plans (économique, politique, social, sécuritaire) c’est du Sarko primaire de 2007. Les électrices-électeurs ne vont-elles (ils) pas préférer l’original à la copie ? Le filmage du meeting ressemble à n’importe quelle assemblée sarkozienne avec flonflons, applaudissements au ras des pâquerettes. Zooms nombreux et aléatoires sur le parterre choisi, ils sont tous là les coquins-copains du loft, ravis, mais aussi et surtout Mazarine, la fille du père de la gauche caviar que le petit homme salue à plusieurs reprises comme un saint homme. Comme de simples groupies, les Delanoë, Jospin, Moscovici, H.Désir, Guigou, Weber, Ayrault, Rebsamen tapent aussi fort dans leurs mains qu’ils salivent en vue de leur futur posture de ministre. La caméra zoome aussi sur un chanteur nommé Biolay, sans doute en référence à Flanby ou à la bioécologie. Chaque complice du « cabinet fantôme » a droit à un coup de chapeau, personne n’est oublié. La seule différence, et si incrédible, est la partie du discours contre « les gros » : « j’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent », et toc pour le blaireau de l’Elysée. Mais est-ce que l’engagement à réduire de 30% le salaire des ministres servira à faire diminuer le chômage et à convaincre les électrices ? Peau de balle !(8)
Evoquer la situation « hors jeu » de la gauche caviar en 2002, avec cette plate démarcation vis-à-vis du FN « qui ne s’est jamais soucié de la feuille de paye des ouvriers » et une promesse de ne défendre que les immigrés « en situation régulière », ont peu de chance de convaincre, même les femmes en général, que la bourgeoisie rose serait capable de remiser son laxisme sociétal des années Jospin. Avantage Sarkozy.
L’orateur nous provoque des fou-rires quand il se pique d’héroïsme de bureau avec sa minable « épopée de la gauche » et ce sonnet « je me battrai jusqu’à mon dernier souffle ! » ; n’est pas Jeanne d’Arc qui veut. L’épicier rose peut bien tenter de reprendre le chant druonesque de la résistance « ami entends-tu… », avec ce cortège de « nos » agriculteurs, pêcheurs, salariés intelligents (sic), ingénieurs compétents (resic) et ce truisme hilarant « les talents des quartiers », et parader comme chantre de cette notion ringarde (radicale de gauche franc-maçonne qui sent la naphtaline ?) « le progrès », il en fait trop et pas assez. Il joue le beau Serge, au-dessus des parti (version gaullo-sarkozienne bis) : « mon adversaire n’a pas de nom, c’est le monde de la finance », mais il ajoute tout de même, l’œil complice vers les milliers de bobos qui emplissent la salle, qu’il est personnalisé par l’hôte de l’Elysée. Applaudissements nourris et « spontanés ». La salle scande comme dans les cirques américains « Hollande président ».
Le pic du discours concerne la question du « redressement des finances », auquel plus personne ne croit, ni Hollande lui-même, immédiatement gommée et noyée sous une litanie d’enfumage complet sur la notion creuse d’égalité. Blabla sur les privilèges, la nouvelle aristocratie, grandes caresses aux nombreux parrains des « collectivités locales » (ces illutsres bureaucrates inconnus du public), etc. Les classes moyennes sont vent debout dans la salle et regorgent de satisfaction non feinte. La litanie fumeuse sur l’égalité n’en finit pas de s’étaler alors que l’égalité n’existe nulle part et n’existera jamais. Cette notion est bien sûr le pire volet de toute prestation électorale moderne ; le staff de Hollande a été vraiment mal inspiré par l’oligarchie rose, si hors des réalités qu’elle ne s’aperçoit même plus des énormes conneries qu’elle fait débiter aux téléspectateurs par méga-Flanby !
Un des avant-derniers couplets reprend le thème sarkozien de la sécurité concernant les caïds que « la république rattrapera » ! Vous imaginez la république habillée en flic cowboy ou CRS femme robocop ? Pas très sexy ! Il va redonner « confiance à la jeunesse » et « changer la vie des jeunes » ? Avec seulement 150.000 emplois et l’encouragement à la création des merdes de PME ?
Il termine sur la tonalité chauvine, bourrée de nouvelles erreurs historiques : « la France qui a inventé la république » ( !?), des incongruités « l’égalité humaine » ( ?!), « la France est la solution » ( !?).
Pauvre Hollande, son staff a ramé pour lui pondre un discours de « rêve », or un bon discours ne dit jamais aux gens ce qu’ils doivent ressentir mais se doit de le faire ressentir, ou il est frappé de nullité. Et y inclure ce souhait d’énarques bourrés « je vous appelle à mettre votre tête dans les étoiles » risque fort de ne pas faire rêver du tout (électoralement parlant), en particulier les électrices prolétaires. Les femmes risquent de vouloir plutôt, au dernier moment, conserver un tyran quand même plus viril et séduisant, qui ne cache pas son jeu, vous voyez qui je veux dire.
« La question se pose de savoir pourquoi cet attachement privilégié à la gauche (des femmes) et tout particulièrement au parti socialiste n’a pas résisté à l’échéance de 1993. Sans doute beaucoup de femmes ont-elles fini, après beaucoup de patience, par lui tenir rigueur de la situation de crise économique dont elles sont les premières victimes, et dont elles subissent les effets au premier chef dans leur vie quotidienne. Elles seraient aussi plus sensibles que les hommes aux inégalités sociales et à la pauvreté ; et devant l’impuissance des socialistes à les juguler, certaines auraient alors, déçues, décidé de retirer leur soutien » (…) Elles citent beaucoup plus qu’eux (les hommes) les « affaires » comme source de leur indignation et refusent de cautionner une gauche qui a été « salie par l’argent » (cf. Janine Mossuz-Lavau).
Mais, tragique du balancement électoral, des opinions fugaces et changeantes des femmes depuis le Moyen âge (« Souvent femme varie »), le détachement des femmes (surtout prolétaires) pourrait aussi bien se retourner contre le candidat Sarkozy. En espérant qu’il sera celui de l’abstention pour provoquer une véritable crise politique de la bourgeoisie et ouvrir la voie au combat de la classe ouvrière. Si les femmes prolétaires majoritaires pouvaient montrer aux hommes prolétaires minoritaires que les élections sont la première supercherie à détruire, nous leur pardonnerions d’avoir suivi les curés pendant des siècles.
Détruire ce cauchemar électoraliste d’incapables oligarques mais pour le remplacer immédiatement par les conseils de travailleurs armés avec parité de participation hommes et femmes d’en bas !

Notes:

(1) En 2011, sur 43,2 % d’électeurs inscrits, 52,6 % étaient des femmes ! Les électeurs en France, tous sexes confondus, ne sont plus très jeunes : moyenne 50 piges !
(2) Cf. Les électrices françaises de 1945 à 1993, in Vingtième siècle, revue d’histoire, 1994, lisible sur Persée.
(3) On peut noter que c’est encore plus vrai pour la tricherie électorale dans les pays arabes, où les femmes sont tenues à un niveau au moins aussi inférieur à celui qui était le leur dans le XIXe siècle en Europe, et qui ont servi majoritairement aussi probablement à l’élection des vieux caciques islamistes à barbe ultra longue. Un vieux dans les pays arriérés est toujours synonyme de sagesse, mais, surtout de richesse ; en tout cas, de la Somalie à l’Algérie, il vaut mieux épouser un homme vieux, c'est-à-dire généralement un prolétaire ou un paysan qui a eu tout le temps nécessaire d’une vie de travail pour pouvoir « s’offrir » une femme (voire plusieurs pour la minorité profiteuse, signe incontestable de véritable enrichissement personnel).
(4) Désormais, tant pis pur la morale puritaine, la plupart des politiciens sont divorcés, remariés, ou régulièrement l’objet de scandales sexuels, révélant ainsi que la course au pouvoir n’est en fin de compte que la course au sexe. La fidélité affichée des Obama et Sarkozy fait pitié pour leur propre libido aussi vorace que celle de leurs adjoints.
(5) La comparaison historique a été appliquée immédiatement, et stupidement aux dites « révolutions de jasmin », laissant de côté que l’époque révolutionnaire du XIXe siècle était liée à l’industrialisation et à l’extension numérique du prolétariat, ce qui n’est pas du tout le cas dans les pays sacrifiés au développement inégal du capitalisme.
(6) Le XXe siècle montre une progression sans pareille des femmes dans la population active, comme telles elles deviennent aussi un enjeu majeur pour les institutions bourgeoises qui ne veulent au fond pas spécialement les libérer mais les utiliser… électoralement comme « citoyennes » ; avec des concessions notables, même si l’immense majorité perçoit des salaires minables, plus de 30% des femmes sont situées en haut de la hiérarchie professionnelle en France parmi cadres et professions intellectuelles supérieures. Aucun politicien ni aucun gauchiste syndicaliste ne se souci de cette étrange inégalité entre cadres supérieurs et ouvriers inférieurs ! La bourgeoisie a toujours un métro de retard sur la conscience de classe, ce n’est qu’en 1978 qu’elle fait réaliser par la SOFRES une en quête qui « révèle » « que le fait de travailler développait la politisation des femmes et radicalisait leurs attitudes (cf. J. Mossuy-Lavau, p. 72).
(7) Le problème n’était pas dans ces réformes, plutôt positives et bienvenues en regard du statut inférieur de la femme (vous ne vous rendez pas compte vous les merdeux de l’an 2000 : les femmes devaient demander l’autorisation au mari pour se servir d’un carnet de chèques jusqu’au début des années 1970 ! Les maximalistes étaient divisés : d’un côté les bordiguistes, avec une logique soutenable, avaient appelé à voter en Suisse pour l’avortement, quand RI (CCI) hurlait qu’il ne fallait pas s’en mêler, et du même coup révélait encore son indifférentisme intellectuel chronique et son maximalisme infantile.
Cette expression, dont il existe différentes formes depuis le Moyen Âge, n'a aucun rapport avec les balles de pistolet. Cette balle là, désigne plus trivialement la roubignolle, la coucougnette ou le testicule.Si cette bouboule et son inséparable copine d'à côté sont forcément très précieuses aux yeux de son propriétaire, la peau qui les recouvre aurait autant d'intérêt et de valeur que celle des légumes ou des fruits qui est bonne à jeter. Désolé de vous apporter cette info que vous considérerez comme triviale, mais vu le niveau en dessous de la ceinture de la « campagne » politique bourgeoise, je ne pouvais pas y déroger

samedi 21 janvier 2012

UNE INDIGNATION QUI RETOMBE EN COMPASSION



Sur France 5, l’émission de FOG (Franz Olivier Giesbert) du 20 janvier – Les grandes questions – est immédiatement intronisé la vedette du jour : « notre trésor national Stéphane Hessel » ; celui-ci n’en peut plus de poser au noble vieillard qui n’en peut plus de tant d’éloges à répétition. L’émission est bien découpée en trois parties introduites par un montage imagé fort bien fait et bourré d’humour : la planète des indignés, quelle solution économique et l’avis de la « science ».
Pour amorcer la première partie, FOG (sarkozyste bon teint) pose la bonne question : « posture d’indignation ou imposture ? ». Le premier parolier est sarkozien de choc, le Finkielkraut de service : « …l’indignation peut être dangereuse, cf. voyez l’incendie de Charlie Hebdo… elle peut mener au fanatisme. Un étonnant autre vieillard, qui n’aura pas beaucoup la parole, pointe son nez. Jean-François Mattéi : « l’indignation ne peut pas être la fondation d’une politique, la politique ne peut pas être basée sur l’affect… ». Une jolie philosophe, qui sera pourtant aussi limitée que son voisin, le nietzschéen Onfray, remarque justement aussi que l’indignation peut parfois être le viatique de la bienpensance. Onfray rectifie : « … c’est un commencement. Tout doucement, Jean-François Mattéi revient à la charge : « l’indignation comporte deux éléments, la colère et sa décantation (miséricorde), et comme l’a dit Nietzsche : « nul ne ment autant que l’homme indigné ». Onfray ramène sa science anarcho-camusienne : « oui mais la révolte suit l’indignation ». Ressurgit Finkielkraut : « Dans l’indignation il y a la haine, il faut savoir s’en défaire, c’est la leçon de Camus ». Le réac Camus revient en effet à la mode chez les anars de droite et de gauche…
Un intermède imagé « indignation piège à cons ? », permet de mettre en selle l’honorable diplomate Hessel :
FOG : vous êtes appelé à faire la révolution partout ?
Hessel : on me téléphone de partout, mon petit livre dépasse les 4,5 millions d’exemplaires dans le monde… c’est pas moi qui ai trouvé le titre mais ma collaboratrice (une ex-maoïste)… c’est le début d’une réflexion… j’ai été mis en relation avec l’indignation du Dalaï Lama. L’indignation n’est pas un programme sinon ce serait dangereux (en effet et c’est pourquoi il est rallié au programme Aubry-Hollande, hi hi) ; c’est un appel à des valeurs qu’on engage, l’espérance. Ma joie a été de travailler avec Edgar Morin, avec notre livre « Le chemin de l’espérance » (coup de pub peu subliminal à cet imbitable compil de deux egos boursouflés). Mon philosophe préféré Spinoza récusait la haine contenue dans l’indignation.
Finkielkraut, qui ne dit pas que des âneries, rectifie : « en général la jeunesse entre en politique par l’indignation. J’aurais préféré qu’on la sollicite en lui disant d’abord « informez-vous » ; S. Hessel ne fait aucune référence au printemps arabe (il ne fait surtout aucune référence à la complicité du stalinisme français dans la reconstruction nationale). Son soutien à l’Etat palestinien ne désigne qu’un coupable, Israël ». Le sujet est brûlant pour ces deux juifs affichés qui défendent chacun un camp opposé, conformément à l’idéologie nationaliste du communautarisme juif en général. Hessel, très finaud, très intelligent, très smart, ne s’en laisse pas compter et rectifie Finki : « on ne va pas passer la soirée à parler de la Palestine, mais c’est une question fondamentale pour l’ordre international ». Finki s’incline et revient à la jeunesse avec un argument de vieux barbon, qui est aussi une manière de faire croire que lui et papy Hessel seraient de vieux sages : « …plus nous vieillissons, plus nous avons de responsabilités vis-à-vis des jeunes pour les éclairer. Avec l’indignation on a affaire à une flatterie de la jeunesse » (c’est vrai !). Le radical Hessel lui, surfe carrément et sans gêne aucune sur l’ignorance de la jeunesse en général avec ses radotages sur le plateau des Glières. Papy a fait sa résistance pour la défense des « valeurs », valeurs fondamentales, celles des droits de l’homme, et de citer, avec une émotion calculée, l’article 1, dont ses lèvres desséchées ne font pourtant sourdre aucune larme de vie.
La parole est ensuite au nietzchéen de plateau TV, le sinistre Onfray, le barde d’un anarchisme philosophique ringard et ultra-réac. Il commence par cirer les pompes à Hessel, un brin critique : « j’ai beaucoup aimé votre livre (quel livre ?) moins votre emballement pour Aubry » ; mais c’est à la manière de l’anarchiste moyen, pour mieux faire sa courbette aux puissants. Il est aussitôt doublé, et rabaissé à sa nullité politique, par l’autre vieillard, pourtant pas bon orateur, mais si fin et lucide qu’on envisage de lire ses livres (Avant la fabrique hyper-médiatisée de l’Indignation, Jean-François Mattéi avait traité du sujet en 2005 pour décrypter la comédie de l’indignation en politique, les postures d’indignation qui masquent le ressentiment des idéologues, l’aspect simulacre de l’indignation ; il décrit l’indignation comme un « affect politique », j’allais dire une infection politique ; ce n’est qu’une posture abstraite, posture « vertueuse », théâtralisation de sentiments généreux qui nous dispense de la culpabilité ; Mattéi raillait déjà cette sensiblerie propagandiste si actuelle: « les excès de sensibilité lacrymale, qui font la double économie d’une émotion sincère et d’une authentique réflexion » (p.197 de De l’indignation).
Donc Mattéi frappe fort et va à l’essentiel qui déshabille ledit « trésor national » : « On ne peut pas s’indigner sur commande. On ne peut pas s’indigner pour des généralités. On ne peut pas s’indigner contre le capitalisme comme on ne peut pas s’indigner devant l’Histoire ».
Il en faut plus pour déstabiliser le « diplomate » Hessel. Il a compris la charge philosophique, facile à réduire (sans s’indigner, il est malin le PN). Il range au magasin des accessoires philosophiques Mattéi, en ramenant le propos aux « valeurs » concrètes de la résistance, la sécurité sociale ! Double coup avec ce mensonge (les mesures de protection sociale avaient été initiées sous le régime de Pétain (un autre « noble vieillard ») et sa protestation contre la remise en cause de la protection sociale par la bande à Sarkozy ; et il reglisse un pub pour sa compil avec l’alcolo Morin. La jolie girouette Cynthia Fleury (nouvelle égérie du PAF) abonde derrière le vieux : « Oui Stéphane Hessel répond à 15 ans de néolibéralisme, d’une paupérisation croissante. L’indignation est une arme à destination de ceux qui sont désespérés de la Puerta del Sol aux indignés à Wall Street. La jeunesse (hi hi) a fait cela comme un premier pas ». Hessel n’en peut plus de courbatures en remerciements.
La voix de son maître, Finki, saisit l’occasion pour se féliciter que la mayonnaise n’ait pas pris en France. Pourquoi, ajoute le cuistre de gouvernement ? Parce que la situation est moins dramatique ici qu’ailleurs » (ce qui est notoirement faux et parce que la jeunesse petite bourge française est déçue des sous-marins successifs du PS, de Dray à Hessel). Finki est par contre à nouveau pertinent avec cette remarque sur la résistance hors sujet : « Pourquoi agiter l’esprit de la résistance alors que nous sommes confrontés à d’autres problèmes ? ». Hessel faiblit en refaisant de la pub pour sa compil avec Morin. Le contre-révolutionnaire Onfray et l’oie blanche Fleury monte alors à l’assaut, comme une seule gourde, défendent le programme national bourgeois de la résistance, « le contrat républicain », précise l’anar réac Onfray. Hessel revient brièvement sur ce qui fait bon effet dans les aires gériatriques et chez les électeurs bobos enseignants et infirmiers, la dégradation des hôpitaux. Jean-François Mattéi n’a pas beaucoup de place pour s’exprimer, reste un peu emprunté, et c’est bien dommage, car le peu qu’il dit, démonte la supercherie de base avec finesse et profondeur« la faiblesse de votre livre (les 13 pages de Hessel) c’est d’avoir été un succès mondial, il y a un hic, l’indignation ne s’universalise pas aussi rapidement ». Hessel fait l’interloqué. Mattéi ne peut pas développer pour le crétin de téléspectateur moyen, mais cela coule de source, une telle marée éditoriale n’a fait que surfer sur l’idéologie dominante, succédant à la guimauve de l’anti-mondialisation. Mattéi indigne donc le réacamusien qui tonne : « Il ya beaucoup trop de gens qui disent que l’indignation ne sert à rien ». Mais, l’air de rien, Mattéi déshabille le petit indigné de service (variante de l’anarchisme apolitique qui sert toujours la politique d’un clan bourgeois): « Vous ne pouvez pas faire de la politique avec de la simple indignation. Il faut un programme, un parti. Marx explique très bien que si on part de l’indignation et que cela ne débouche sur rien, sur aucune action… ». (Brouhaha, on saisit mal l’argumentation.)
Le petit philosophe de poche sarkozien s’indigne qu’on puisse soupçonner les puissants de vouloir casser la protection sociale, et, à l’inverse du concret Hessel, renverse la proposition au ras des pâquerettes philosophiques : « l’objet de l’indignation c’est toujours l’autre » (finalement il est bête ce Finki !). Hessel revient jouer au barde, tête haute, nuque raide napoléonienne et porter la « voix des jeunes » : « les jeunes nous disent deux choses : la gravité de la question économique et la dégradation de la terre ». Pas pire politicien de l’intox dominante apolitique et… pro-PS !
Deuxième volet de l’émission : Les indignés ne font pas trembler les marchés (çà c’est vrai ! et preuve de l’habileté manipulatoire de la bande à FOG).
Une autre oie blanche, brune celle-ci, une certaine Agnès Verdier-Moligné, dont on va voir qu’elle est une sarkozette simplette qui se la pète. Elle attaque : « remise en cause de la protection sociale, hein ? En 1945 son budget était de 12%, il est de 30% actuellement ». Le syndicaliste camusien Onfray s’énerve, et a raison pour cette fois : « hein… ouais… s’en fout des chiffres… avec les trusts pharmaceutiques… les hôpitaux en déshérence ». La sarkozette parade mais est ridicule en effet, elle radote comme les pires vieillards libéraux l’exemple boche, et en remet une couche sur « les économies à réaliser sur nos dépenses publiques » ; j’adore ce langage élégant de bourgeoise parfumée qui, avec son salaire, dépense sans compter et demande aux prolétaires d’économiser en baissant leurs salaires ; et « nos dépenses publiques c’est surtout substituer comme cause principale de la gabegie gouvernementale de la bande à Sarko, le « fardeau de la protection sociale » à l’endettement de l’Etat et les retraites dorées. Hessel répond caustique que le régime sarkozien se la joue en fin de mandat libéraliste teinté de social-démocratie, et, sans crainte du ridicule fait l’apologie du New Deal de Roosevelt qui a pourtant mené aussi à la guerre mondiale. Mais, ce malin qui garde toujours un œil sur les spectateurs des maisons de retraite et les neuneus de base, emporte le morceau en concluant plus trivial que noble : « on ne peut pas en rester à philosopher ! ».
Onfray revient chatouiller la sarkozette, hollandiste en diable : « Les chiffres c’est de la prestidigitation (oui)de la langue de bois libérale. Seuls les libéraux savent gérer. C’est pas vrai ! Combien d’heures de cours supplémentaires doivent se taper les profs du second degré ? ». Il est rejoint par Finkielkraut sur ce point face à l’oie qui pète dans la soie, et il fait mouche : « Il y a une désintellectualisation des profs (pourquoi ne dit-il pas « prolétarisation »). On régresse, la république des profs doit laisser la place à la république des animateurs. Non, le prof est là pour cultiver les élèves. Je ne peux pas vous laisser dire que les profs travaillent moins ».
Enfin troisième et dernier volet de l’émission, encore plus pertinent : L’indignation est-elle un antidépresseur ?
L’invité est un original peu commun, passionnant, le neurobiologiste Jean Didier Vincent, qui ne paye pourtant pas de mine avec un physique de notaire de province ; (c’est un pote au grand scientifique Changeux).

. Il ne mâche pas ses mots : « l’indignation est un concept flou. Nous sommes une bête sentimentale qui a besoin de l’autre. Notre cerveau est fait pour refléter les autres. Il produit de la compassion, de l’empathie. Comme il est binaire notre cerveau, cette compassion va se retourner en son inverse, la haine. L’âme c’est le psychisme. Et surtout comme disait Epicure : « l’âme c’est le cri de la chair ». Le cerveau fonctionne sur la base de l’offre et de la demande. Nous sommes des bêtes hyper-sentimentales. L’indignation peut passer pour une émotion chaude ou froide, comme la tristesse ou la joie. L’indignation est limitée dans le temps, comme toute émotion ; comme la colère elle a une valeur adaptatrice. La colère fond peu après et détend ou sinon, provoquant un excès de cortisone, elle entraîne la dépression. 95% de notre activité psychique est inconsciente !
Hessel n’égalera pas JD Vincent mais amène sa fraise avec ses simplismes, il disserte sur la compassion d’un bourgeois rangé des voitures, simple résumé de la bonne conscience des bobos « indignés »: « la compassion est l’aboutissement de l’indignation, ce qui vous permet d’être équilibré et socialement utile ».

Moment subliminal et érotique de l’émission lorsque JD Vincent reprend la parole, se fichant de la guimauve de Hessel : « je ne vais pas vous faire ici l’apologie de la fornication (il en est apologiste, cf. lire plus bas) mais de la caresse ». La salle rit et on aperçoit Hessel qui en profite pour caresser la tête de la belle sarkozette brune, économiste déjà ré-putée… Vincent s’avoue « plutôt anar » : « j’en réfère aux notions de solidarité et d’entraide de Kropotkine ».
La conclusion reste à ce dernier : « Le mouvement des indignés n’est qu’une contagion affective, ils ne savent pas pourquoi ils sont indignés ». Tout à fait d’accord, même si Sarko a du passer un coup de fil de remerciement à FOG. L’émission a fort bien su déshabiller l’indigence et l’incontinence verbeuse de Hessel. Pourquoi l’oligarchie de la droite au pouvoir a-t-elle attendu aussi longtemps ? (cf. lire sur la colonne de gauche de ce blog l’autre fusée anti-Hessel, un plumitif du Figaro qui démonte superficiellement, et au service de Sarko II, la supercherie du pape des indignés).
Il a fallu qu’elle se résolve à se rendre compte qu’il roulait pour l’oligarchie de la gauche caviar ! Après lui avoir laissé envahir tous les tréteaux médiatiques…

PS: POUR TA BONNE BOUCHE LECTEUR JE TE JOINS UNE INTERVIEW DE JD VINCENT (lit aussi les livres de JF Mattéi).

Atlantico : L’adaptation cinématographique de « L’amour dure trois ans » sort ce mercredi. Frédéric Beigbeder avait écrit le livre. Il réalise également le film. Mais cette fameuse maxime fait-elle sens ?
Jean-Didier Vincent : « L’amour dure trois ans » ? Oh, vous savez, l’amour, je veux dire le lien, la fascination et le désir qu’on a pour quelqu’un, naît un jour puis disparaît. C’est dû à l’habitude. Ce qu’on appelle l’amour c’est le besoin de l’autre. C’est lié à l’ocytocine une hormone libérée au cours de l’orgasme et qui donne le plaisir dans le cerveau. C’est comme chez les animaux, chez les ouistitis, par exemple. Quand ils ont un lien avec une femelle particulière, ce lien est solidifié par la présence d’ocytocine qui entretient les circuits d’attachement avec un autre partenaire et crée un état de récompense : le cerveau est récompensé quand vous êtes avec l’autre. Ce système s’use, comme tout système. Même si vous aimez les frites, si vous en manger tous les jours, vous finirez par vous en détourner.
L’ocytocine correspond donc à l’hormone du lien : elle favorise les circuits qui créent dans le cerveau l’attachement à un autre individu. A un moment donné, les récepteurs de cette hormone se fatiguent, il n’y en a plus. Cela peut prendre un mois, un an ou plus. Cela dépend notamment de l’intensité de la rencontre : plus celle-ci est forte au début, puis elle risque d’être inefficace au bout d’un certain temps. On peut comparer ce mécanisme à une pédale sur laquelle vous appuyez : vous recevez une récompense, à force d’appuyer, d’appuyer, d’appuyer, celle-ci finit par ne plus fonctionner. Vous êtes désensibilisé. C’est biologique : notre cerveau est une machine à recevoir des récompenses et des punitions.
Pourquoi trois ans ? C’est une durée crédible ?
C’est absurde. C’est un truc qui est devenu un gimmick. Cela peut être un mois ou deux voire toute la vie, si vous êtes malin ! Le désir n’est pas machinal, il est déclenché par des stimuli particuliers qui se construisent sur des circuits dans le cerveau qu’on appelle « circuits de récompense ». C’est ainsi que vous devenez toxicomane : quand vous aimez quelqu’un, vous êtes toxicomane de cette personne.
La différence avec la drogue qui vous rend addict, c’est que le plus souvent, pour l’amour, la passion s’atténue car des mécanismes contre balancent cela et conduisent à ce que la dépendance finisse par ne plus fonctionner.
Vous qui avez étudié ce sujet en tant que neurobiologiste, vous y croyez encore à l’amour ?
Ah, mais je ne crois qu’à ça ! C’est comme si vous me disiez sous prétexte que je connais les mécanismes de la faim ou de la soif, que je n’avais plus faim ni soif ! Les neurobiologistes ne sont pas mieux placés que les autres pour résister à l’amour.

N’auriez-vous pas un secret de neurobiologiste pour faire durer l’amour ?
Il faut d’abord en avoir envie. Quand vous êtes dépendant de quelqu’un, il n’y a pas de raison de changer. Ce qui se passe dans le cerveau reste chimique. Mais ce n’est pas pour cette raison que cela est moins noble que ce qui peut se passer dans les cieux. Par ailleurs, vous ne tombez pas amoureux de n’importe qui, n’importe quand : tout est conditionné par votre histoire, votre enfance, aux choses que vous avez expérimentées au cours de votre vie. Parfois vous rencontrez quelqu’un et vous pensez qu’il s’agit d’un coup de foudre, sans savoir pourquoi. Vous trouvez alors que cette personne vous ressemble, presque comme si elle était votre sœur ou votre frère. En fait, c’est dans le cerveau que tout se passe, votre passé ainsi que d’autres paramètres interviennent. Tout n’est pas prévu cependant. Sinon, il suffirait d’insuffler un peu d’ocytocine et vous tomberiez amoureux. Ce n’est pas si simple.
Comme vous le savez peut-être, je joue un petit rôle dans le film de Beigbeder. Avec Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, je disserte à la fin du film sur ce qu’est l’amour. Et ce que je recommande pour garder son partenaire, c’est de faire l’amour. L’acte physique déclenche l’ocitocyne dans le cerveau. Les femelles ouistitis le savent très bien. Le sexe fait durer l’amour. Il faut donc baiser, baiser, baiser. C’est ça le secret d’un amour qui dure.

(Propos recueillis par Aymeric Goetschy)

vendredi 20 janvier 2012

L'INTOX MEURTRIERE DE LA BANDE A SARKOZY



Tout va très bien Madame la marquise… l’Etat français est peu affecté par la perte des trois A (même si la dette reste faramineuse), la bourgeoisie française est peu affectée par les centaines de prolétaires jetés à la rue au quotidien (même son épicier Sarko s’était engagé à réduire le chômage), les promesses du petit rigolo de l’Elysée n’ont engagé que ses électeurs (même s’il a récidivé le foutage de gueule avec la taxe Tobin); que de thèmes à promesse électoraliste:TVA sociale, quotient familial, on en verra de toutes les couleurs au cours de ce trimestre. Dernière intox, mais celle-là carrément criminelle, la lamentation du sous-fifre Longuet concernant quatre nouveaux soldats tués en Afghanistan. Et le blaireau de l’Elysée qui s’engage, tel un minable pompier politicien, à retirer les troupes, mensonges de plus pour le criminel de guerre en chef !
La force kaki de l'OTAN a annoncé la mort des quatre soldats français dans la province de Kapisa. Le Sarkozy, en berne de plébiscite, a menti une fois de plus en assurant aussitôt envisager un retour anticipé des troupes françaises. Du pipi de chat comme l’application promise de la taxe Tobin et de l'envol des salaires de base.
Le sinistre de la Défense, Gérard Longuet, a ramené sa fraise aujourd'hui sur France 2 pour raconter que les quatre militaires français tués par un soldat de l'armée afghane "n'étaient pas armés", si l’on en croit cette version cuistre du sinistre affairiste promus commis d’Etat. ."Ils n'étaient pas armés, ils ont été proprement assassinés par un soldat afghan. On ne sait pas pour l'instant si c'est un taliban infiltré ou si c'est quelqu'un qui a décidé (de son geste) pour des décisions que nous ne maîtrisons pas", a dit le sinistre qui, interrogé sur les circonstances de la mort des quatre soldats français, a précisé que le tireur était "à la disposition" des autorités militaires afghanes. Et nous à la disposition des racontars de seconde main des criminels en tête de l’Etat français qui méprisent les familles des victimes tout comme la population chair à canon d’Afghanistan. La France, compte actuellement 3600 soldats là-bas a enregistré en 2011 ses plus lourdes pertes depuis le début du conflit, avec 26 soldats tués en opérations, dont cinq dans un attentat suicide le 13 juillet. Merci Sarkozy de les avoir envoyés au casse-pipe ! Face aux appels au meurtre des afghans par les neuneus commentateurs du Figaro (les autres presses tenant encore les commentaires fermés), j’ai envoyé ceci, qui a été censuré :
« Aux souteneurs neuneus du général blaireau à l'Elysée sur le site du Figaro:
Le principal criminel dans cette histoire c'est votre cire-pompe aux ordres d'Obama qui a envoyé les pioupious au casse-pipe! Non seulement votre lâche hôte de l'Elysée a ruiné et ruine des millions de prolétaires mais en plus il envoie nos jeunes se faire tuer pour que l'oligarchie continue à s'engraisser! »
Sélection de commentaires à chaud sur Le Monde par les anonymes qui peuvent crier ce que ne peuvent dire les journalistes :
- C'est triste pour nos soldats. C'est lâche de la part de nos politiques. "Tout est fichu" disaient les Pétain, Waygand & co. Alors, on a des morts, on recule, on s'en va ?
- Je me souviens que notre "Conan le barbare" (dixit Jégo) élyséen avait dit qu'envoyer des troupes en Afghanistan, c'était pour la sécurité des citoyens français, en réalité pour soutenir le trafiquant de drogue ultra corrompu nommé Karzaï et ultérieurement, comme en Lybie, tirer les marrons du feu (une bonne part des immenses richesses du sous-sol) pour ses amis et commanditaires. 82 morts plus tard, les envoyés au casse-pipe devraient être traités en aimable ONG "sinon j'me fâche !".
- Hommage ignoble de Sarkozy à la radio, répétant qu'il était l'ami des Afghans...
- N. S. joue bien de la douleur des autres et se conforte dans sa versatilité personnelle. Pouvoir annoncer le retrait des troupes à 3 mois des élections, c'est que du bonheur pour lui. Mais cela en dit long sur son opportunisme politique et idéologique. Il est capable de changer d'avis, de stratégie et de tactique sur n'importe quel sujet, en réaction à n'importe quel évènement. Il en a beaucoup usé sur le plan intérieur, en on a encore une illustration sur les plans diplomatique et militaire.
- J'en ai assez de ces "condoléances sincères aux familles" ou alors il faut étendre les condoléances aux dizaines de milliers de familles afghanes que NOS soldats ont tué ou endeuillé. La mort est des deux côtés comme dans toutes les guerres et celle-ci est encore plus sale que les autres, à la botte des intérêts de l'Empire américain.
- Sarko commence à trouver que ce super camps d'entrainement pour militaire occidental coute plus cher que prévu en vies humaines. A la base, le plan était parfait : le pays le plus pauvre du monde avec pour seul ennemi des bergers de 16 ans munis de kalachnikovs et de bombes artisanales. Nous pouvions ainsi, pour pas cher, aller tester le nouveau matériel de m Dassault. Cette excellente idée, tout droit sorite de l'imagination des néo-cons américain, se révèle pas si terrible que ça...
- Que faisons nous dans ce pays? Le prétexte de formation des militaires locaux est un argument politique destiné à justifier la collaboration de la France à la position américaine. Alors que la crise financière s'étend même à notre armée,et les opérations extérieures étant trés coûteuses, il faut rapatrier d'urgence vers la France notre détachement .
- Que fait notre République ? Gouvernement, vous êtes responsable de la mort de tous les militaires français.
- 4 morts de Français de plus à mettre sur la conscience du Président atlantiste.
- Combien de morts faudra-t-il encore à notre chef suprême pour qu'il retire nos soldats de ce pays où nous n'avons rien à faire? Retrait immédiat !

Tiens suggérons cette idée à l'autre pantin concurrent du sinistre Sarko, Hollande, qui va parader son programme au Bourget dimanche. Premier point du programme "retrait immédiat des troupes". Mais je n'irai pas de toute manière pas m'inscrire sur les listes électorales pour choisir parmi la série de cochons de bourgeois de l'élite des profiteurs en lice.

jeudi 19 janvier 2012

MELENCHON PIEGE A CONS



Effets de manche garantis « anti Le Pen » : « «Son père a passé son temps à dénoncer la bande des quatre et elle, elle en fait partie! Elle veut être parmi ceux qui sentent bon…», a raillé Mélenchon. Démontant le programme du FN point par point pour montrer que rien de ce qu'elle propose, salaire, logement, retraite, n'est en faveur «des ouvriers, des employés», il leur a lancé, sous des applaudissement nourris: «Quand on vous rend visible c'est pour vous insulter, dire que la classse ouvrière serait vouée à madame Le Pen!» «Notre honneur, a ajouté l'eurodéputé sous les applaudissements, c'est d'arracher tout ceux qui seraient tentés par le parti de la haine qui vous invite à vous diviser les uns et les autres d'après votre religion ou votre couleur de peau.»
La cinquième roue de la guimbarde gauche caviar veut tondre la Haine sur son concurrent dominant dans le lumpenprolétariat (il existe une bonne couche d’ouvriers cons et hargneusement racistes) mais ce blaireau hargneux, cette girouette politicienne, tient un discours public trop simpliste pour inverser la tendance, il n’arrivera jamais à tirer le PCF décati au-delà des 5%. Un néo-stalinien est plus conscient des raisons de la dite séduction électorale du FN : « Conseiller régional communiste du Nord - Pas-de-Calais, chargé du dossier des luttes sociales au PCF, Eric Corbeaux connait Marine le Pen, qui siège dans la même assemblée que lui. Il se montre prudent sur le vote FN qu'il cotoie de près: «l' expression d'un désespoir et d'une colère.» «Le racisme économique est une conséquence de la crise et une réalité autour de nous», dit-il. «On a peur pour sa famille, son emploi, son avenir. Et c'est sur cette base qu'elle fortifie son discours. Nous devons lui répondre au coup par coup.» (cf. in Le Figaro)
Mélenchon ne brasse que du vent devant un parterre rempli de vieux chevaux stals, de syndicalistes aigris et de vieux beaufs pécéistes, avec une soupe oratoire qui ressort les vieilleries gauchistes angéliques élimées:
- tous frérots, on accepte tous les immigrés, la France est le pôle emploi du monde, parole d'estrade, ce clown a été ministre d'un gouvernement gauche-caviar qui savait ne pouvoir accepter tout le chômage du monde mais surtout apte à développer le chômage national,
- le discours "antifâchiste" classiquement simpliste n'est d'aucun effet contre la grosse Marine, car - si en effet son programme est débile - l'ex-trotskien rate le coche en ne visant pas le fait qu'elle reste surtout une candidate de dérision pour des électeurs qui, plus que les abstentionnistes, veulent se moquer du système (comme l’a appréhendé le conseiller « communiste » cité ci-dessus) ;
- avec son discours "républicain", Mélanchon sert de rabatteur électoral à la gauche avec la classique hypocrisie trotskyste: on ne laissera aucun blanc-seing à Hollande, mais on le fera élire pour que j'obtienne un poste de ministre!
- "salaire maximum", à "1700 euros", pauvre Mélenchon, il prend vraiment les derniers staliniens pour des neuneus, dans les conditions actuelles de crise croissante du capital, il faudrait au moins une révolution sanglante pour qu'un des gouvernements succédant à Sarkozy augmente ne serait-ce que de dix euros les prolétaires...
- enfin, comme ce démagogue n'est qu'un radical réformiste en peau de lapin, et PN en plus, une histoire fabriquée par son staff stalinien de remplacer 700.000 patrons de PME (à supposer qu'ils puissent eux aussi partir en retraite dans les années venant... ou comme s'ils n'avaient pas autant de successeurs) prétend qu'il suffirait alors de créer des coopératives ouvrières (ah... la verrerie jaurésienne d'Albi!) pour faire baisser le chômage! S'il se démarque de la démagogie des apologistes gauche caviar des PME (après l'exaltation des nationalisations détruites, le PS exalte le petit patron de droit divin qui pousserait ses maigres ouvriers à développer "la croissance" (= la productivité pour le profit de la bourgeoisie nationale) - ce projet anarcho-ringard est non seulement utopique mais renvoie inévitablement à la stratégie des bandits de la CFDT de Sea France, qui font partie des fans du blaireau électoralo-stalinien, comme toute la mafia CGT de base qui adore ce gougnafier qui leur fait croire à la pérennité de leurs privilèges aristo-corporatifs.
Un rabatteur électoral sur le retour? Mélenchon n'est qu'un vieux cheval de la gauche caviar sans avenir, et surtout un contre-révolutionnaire professionnel, qui admire les puissants et veut aller à la mangeoire, sans en référer au véritable programme révolutionnaire maximaliste qui est l'être même du prolétariat contre toute main mise de chefs bourgeois électoralistes et de chefs syndicaux collabos, contre toute "direction" petite bourgeoise de ses luttes et de SA révolution.

PS : la gauche caviar ressourcée VRP des PME. Pot de yaourt Hollande annoncera dimanche, lors de son premier grand discours de campagne au Bourget, qu'il créera, s'il est élu à la présidentielle, une banque publique d'aide aux petites et moyennes entreprises, a déclaré aujourd'hui sa porte-voix contrite Ségolène Royal sur BFMTV-RMC. Le candidat socialiste "va annoncer la création d'une banque publique d'aide aux PME, celles qui ont créé 70% de l'emploi au cours des dernières années", a expliqué la présidente socialiste de la région Poitou-Charentes (province française), rappelant que cette mesure figure dans le programme du PS. François Hollande va également annoncer "une justice fiscale puisque les PME payent 33% d'impôts alors que les entreprises du CAC 40, qui détruisent des emplois, n'en payent que 9%, ce qui est particulièrement injuste", a ajouté Ségolène Royal. "Ce seront deux mesures annoncées dimanche", a-t-elle souligné en se déclarant personnellement favorable au prélèvement des impôts à la source". Après avoir défendu le capitalisme de reconstruction après la guerre (nationalisations et discipline au travail), le PS rêve de sauver le capitalisme... artisanal!

PS (bis) : je ne répercuterai pas ici la liste de mes insultants sur Libé, mais simplement le commentaire de Marco concernant le blaireau à front bas : « (19 janvier 2012 à 10:59 )
Mélanchon "prétend qu'il suffirait alors de créer des coopératives ouvrières pour faire baisser le chômage" : "Oui il me fait beaucoup rire avec ce genre d'idées... ce serait vraiment divertissant de voir une "coopérative ouvrière" dirigée par des gentils patrons fonctionnaires, (payés autant que les ouvriers) fabriquer des produits dans le but d'être commercialisés avec bénéfices !! MDR ».

mercredi 18 janvier 2012

LES INCAPABLES ISLAMISTES AU POUVOIR EN TUNISIE


Tunisie: le désenchantement des jeunes de Kasserine
Par Arielle Thedrel

REPORTAGE - Tandis que Tunis connaissait samedi une mobilisation populaire sans précédent et que des milliers de manifestants étaient descendus sur l'avenue Habib-Bourguiba pour célébrer, dans la capitale, le premier anniversaire de la révolution, à Kasserine, une petite ville de 100.000 habitants au sud-est du pays, le manque de perspectives est criant, un an après la chute du régime de Ben Ali.

Sur la route de Kasserine, les contrebandiers ont pignon sur rue. Les vendeurs de bidons d'essence y sont devenus plus nombreux que les méchouias, ces troquets où des carcasses de mouton font office d'enseigne. Le carburant vient d'Algérie. La frontière n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres, juste derrière le mont Chaambi, le pic le plus élevé du pays (1 545 mètres). La police ne bronche pas. En Tunisie, l'économie grise représenterait 30 % du PIB. Ici, elle frôlerait plutôt les 50 %. Une soupape de sécurité. Car la région est l'une des plus déshéritées du pays. Des terres arides où même les oliviers peinent à se plaire.
Kasserine compte environ 100.000 habitants. Peu ou prou d'activités industrielles à l'exception d'une usine de cellulose qui ne cesse de péricliter (1 200 employés il y a dix ans, 400 aujourd'hui), d'une cimenterie et d'une entreprise de sous-traitance pour Benetton (environ 150 ouvriers).
Le taux de chômage avoisine les 40 %, soit le double de la moyenne nationale. Et ici comme ailleurs, il frappe surtout les jeunes diplômés. Kasserine exhibe fièrement deux instituts d'enseignement supérieur tout en reconnaissant que ce sont des «fabriques à chômeurs». La ville dispose aussi d'un hôpital. Il est déliquescent. Pour se faire soigner, raconte Samir Rabhi, un enseignant militant des droits de l'homme, «il faut aller à Sfax», la ville la plus proche, à quelque 200 km.
Kasserine se flatte pourtant d'un passé glorieux. Le gouvernorat représenterait le plus gros réservoir de ruines romaines du pays. Mais personne ou presque ne vient les visiter. En 1943, elle fut aussi le théâtre d'une fameuse bataille entre le maréchal nazi Rommel et les forces américaines. Kasserine s'enorgueillit surtout d'avoir été à l'avant-garde de la révolution du jasmin. À l'entrée de la ville, des graffitis en arabe et en anglais s'arrogent des droits d'auteur sur le printemps arabe, proclamant fièrement «We are the révolution».
Vingt et un morts en trois jours
Après l'immolation de Mohammed Bouazizi dans la cité voisine de Sidi Bouzid le 17 décembre, le soulèvement de Kasserine a été «un catalyseur de la révolte», confirme Sadok Mahmoudi, membre du bureau régional du puissant syndicat UGTT. «L'incendie s'est répandu à Tala puis Kasserine. Le 8 janvier, la ville s'est embrasée. La répression a été féroce: vingt et un morts en trois jours, tous âgés d'une vingtaine d'années. Ben Ali avait mesuré le danger. Deux jours avant de fuir, il avait ordonné de bombarder la ville.»
Kasserine s'est toujours affiché comme une ville frondeuse. «En 1984 déjà, la révolte du pain avait commencé ici», rappelle Samir Rabhi. La chute du régime Ben Ali n'a pas mis fin à la contestation. Le 8 janvier dernier, quelques centaines de jeunes ont conspué le président Moncef Marzouki et le premier ministre islamiste Hamadi Jebali venus rendre hommage aux «martyrs» de la révolution. «Ils réclamaient du travail et criaient: dégage!», raconte Haithem, au chômage depuis dix-huit ans, c'est-à-dire depuis toujours. «Marzouki n'a même pas pu commencer son discours. La colère des manifestants était telle qu'il a été aussitôt exfiltré par son service d'ordre.»
Dans la cité Ezzouhour (cité des Fleurs), un des quartiers les plus pauvres de Kasserine, la tension est toujours palpable. «Rien n'a changé», constate Jamel, 27 ans, diplômé d'anglais et bien sûr sans emploi. Comme tout le monde, Jamel passe son temps dans un des cafés bondés de la ville à jouer aux cartes et à fumer des cigarettes ou des joints venus d'Algérie. «On attend», dit-il.
Pour son ami Nizar, 24 ans, «la situation a même empiré. Les braquages se sont multipliés et même si la police connaît le voleur, elle n'agit pas. L'État est faible. Comment voulez vous attirer des investisseurs dans un tel climat d'insécurité?» À en croire Haithem, la corruption demeure elle aussi endémique. «Le seul moyen de trouver du boulot, ce sont les chantiers» (un système d'emplois à durée déterminée dans la fonction publique hérité de l'ère Ben Ali). Mais pour en bénéficier, «il faut avoir des relations ou payer un bakchich». Pour Jamel, «les nadhaouistes n'ont pas tenu leurs promesses. Nous les avons élus, mais nous pouvons aussi les destituer».
À Kasserine, un an après la chute du régime Ben Ali, l'heure est au désenchantement. Le gouvernement en est conscient, mais semble jusqu'ici impuissant. «Les attentes sont énormes et les nerfs sont à vif», a reconnu il y a quelques jours le ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia. La situation économique «s'est notablement aggravée», confirme l'économiste Mahmoud Ben Romdhane et les régions les plus pauvres sont les premières à en subir les conséquences. «Le nouveau pouvoir a hérité de l'ancien régime une déconnexion dramatique entre des structures de production fondées sur des emplois moyennement qualifiés et un système éducatif qui génère près de 70.000 diplômés chaque année.»
Le nombre de chômeurs est passé de 500.000 à 800.000
Un peu partout dans le pays, les grèves - plus de 500 depuis la chute de Ben Ali - ont déjà entraîné la fermeture de plus d'une centaine d'entreprises ( ??). Le secteur touristique est en berne et les exportations de produits manufacturés pâtissent déjà de la crise en Europe.
En à peine un an, le nombre de chômeurs est passé de 500.000 à 800.000. Plus d'un tiers des jeunes diplômés sont aujourd'hui sans emploi. «Le pire, poursuit Ben Romdhane, est qu'après avoir passé deux mois à discuter sur la répartition des portefeuilles ministériels, le gouvernement de coalition n'a envisagé aucune mesure d'urgence. Il n'essaie même pas d'envoyer un signal susceptible de redonner un peu d'espoir.»
Une absence de perspectives qui n'en finit pas d'inquiéter la plupart des observateurs. «Les islamistes ont connu la prison, la torture. C'est un CV qui mérite la compassion, mais qui ne les habilite pas à diriger le pays, estime un éminent représentant de la société civile. Distinguer les grèves légitimes des débrayages arbitraires comme vient de le faire le porte-parole du gouvernement, c'est de la foutaise! La vérité est que ces dirigeants n'ont aucune vision économique, qu'ils brillent par leur incompétence. Vous connaissez un pays où l'on adopte un projet de budget en quarante-huit heures? Qui plus est, un texte préparé par le précédent gouvernement avant le début de la crise en Europe et qui prévoit une croissance de 4,5 % cette année. C'est surréaliste!»
Samedi, à Kasserine, Jamel, Nizar, Haithem et les autres ont passé comme d'habitude la journée au café. À fumer encore et toujours en rêvant tout haut d'«une révolution non stop».