"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 30 janvier 2018

COMMENT INCINERER LENINE? (suite)

Délire 2 ou le cerveau vide du PN

« Ce n'est pas le parti qui contrôle la machine étatique mais l'inverse. Celle-ci est comme une voiture qui n'obéit pas : « un homme est assis au volant, qui semble la diriger, mais la voiture ne roule pas dans la direction voulue ; elle va où la pousse une autre force – force illégale, force illicite, force venant d'on ne sait où... » Lénine (discours de mars 1922)



S'appuyant régulièrement sur son compère en malfaçon Orlando Figes, Ribouldingue, avec sa barbe de clochard, va nous inventer un marxisme « purificateur » chez Lénine débutant, lesté « des méthodes jacobines de dictature et son mépris des libéraux et des démocrates ». Notre historien, aussi malpropre sur lui qu'ignorant des véritables déterminations autant de Lénine « inscrit dans la ligne stricte de Marx » (merci pour lui), ce dernier étant immédiatement associé à la barbarie léniniste « qui niait la validité des droits de l'homme et du citoyen « bourgeois » (p.104)1.

On eût aimé qu'il s'appuie à nouveau sur ce farceur de Cyrulnik, plus besoin, sa propre psychologie de clochard dans la théorie libérale bourgeoise lui permet de dénigrer la personnalité de Lénine, sans peine : « … les graves défauts de son âge : « arrogance et inexpérience, assurance et crédulité, impatience et implacabilité, fanatisme et manque de pitié, inflexibilité et assurance qu'à tous les maux on peut trouver un remède approprié ». Comment survivre à une telle destruction ? Ou plutôt quel intérêt de continuer à s'étendre pendant encore 350 pages sur un salopard pareil ?
C'est sans doute pour servir à l'humanité libérale et républicaine et faire monter le suspense car le salopard « ne tarda pas à manifester cette face sombre. Dès ce moment, il se forgea une double personnalité, indispensable à tout révolutionnaire décidé à jouer double jeu avec le pouvoir et la société » (p.105).
Courtois reste au fond un maoïste indélébile, toujours convaincu que c'est lui qui « sert le peuple »... des librairies et des bourgeois cultivés et péteux. Lénine est l'antidote du bon militaire à col Mao : « Il ne voulait plus « servir le peuple », comme le proclamaient les populistes, mais servir la théorie marxiste ». En effet, et je suis pleinement d'accord sur ce point avec Ribouldingue. Mais c'est pour crucifier un « marxisme de néophyte » d'un petit salopard de vingt ans à peine qui ne se soucie pas d'aider la Croix rouge lors de la famine qui frappe la Russie en 1892 : 500 000 morts de faim. Ribouldingue oublie de féliciter le tsar au passage, mais se hâte de dénoncer le salopard qui justifie : « une totale absence de compassion et un refus de participer à un courant de solidarité humaine et nationale entre classes sociales », sans doute par « sa haine du tsarisme » et « sa volonté de vengeance » ! (p.107)Tout s'explique, c'est le jeune Lénine qui était responsable de la famine de 1892 avec cet argumentaire digne de n'importe quel sergent recruteur, trotskien ou fasciste. Quant à Alexandre III, Ribouldingue s'étouffe en louanges. Le tsar de toutes les Russies a assaini les finances, développé l'économie, favorisé l'essor de l'industrie moderne, politique ambitieuse poursuivie par Nicolas II (p.110). Imaginez la rancoeur du lecteur poutinien au souvenir du merveilleux régime tsariste.
Rejoignant un Marc Ferro gâteux, Ribloudingue vous révèle que les apprentis chefs révolutionnaires ont besoin d'un grand confort : « … comme les chefs révolutionnaires doivent vivre dans un certain confort pour pouvoir réfléchir en toute tranquillité à la révolution à venir et à la construction du monde futur, il réclama à sa mère de l'argent et le paiement de sa part des fermages de Koukouchkino. Le rebelle vivait alors en rentier de la classe moyenne, ce qu'il fera jusqu'à la prise du pouvoir » (p.112). C'est en effet un touriste en marxisme : « qui se contentait de reprendre la vieille thèse marxiste de la paupérisation en système capitaliste (…) mais qui serait reprise à la lettre par Maurice Thorez dans les années 1950 ! » (p.113). Tiens-tiens le raccourci avec la version simpliste du gros bêta stalinien français, cela ne vous établit-il pas un lien impondérable avec même les plus bourrins du stalinisme européen ?
Lénine se livre à des « mensonges rhétoriques énormes » et « pour le dire simplement, son esprit d'absolu portait en germe un nouvel absolutisme » ! Pour moins que ça « balancetonporc » l'aurait envoyé au tribunal, pour harcèlement le Ribouldingue. Chaque fois qu'il le peut : « Oulianov profite de l'occasion pour montrer sa fidélité à la doctrine la plus intégriste » (p.119). Ribouldingue suppute un complot du ministère amer du tsar qui décide « pour une raison inconnue de lui accorder enfin le passeport qu'il réclamait pour se rendre à l'étranger » (p.119). Hé hé, louche le polytraumatisé ? Voilà Oulianov en voyage : « Toujours cet abîme entre la connaissance scolaire, livresque, et les réalités de la vie... ». A Paris il rencontre un type qui professe un « marxisme rudimentaire », un certain gendre de Karl Marx ; entre nuls on se reconnaît.
Rencontre « séminale » avec son héros absolu Plekhanov à Genève. Comme nul ne sait ce qui s'est passé lors de cette première rencontre, Ribouldingue l'invente, comme il le fit pour opposer Kautsky à Marx : « Quant à l' élève, il s'aperçut un peu tard qu'il avait été bêtement humilié et n'a pas non plus osé l'évoquer » (p.121) ; ce genre d'approximation est typique de la fabrique à mensonge qui règne dans tout cerveau malade de pervers narcissique. Or, Lénine a plusieurs fois rendu compte du comportement caractériel de Plekhanov ; il narre de façon très humoristique une visite qu'il avait rendu au père du marxisme russe avec Potressov, et c'est Plekhanov qui nous apparaît franchement ridicule2.
Le petit groupe à l'origine du courant bolchevique que Lénine constitue avec Martov est immédiatement qualifié de « titre pompeux et légèrement mégalomaniaque », et Ribouldingue en rajoute une couche pour diminuer le rôle du polytraumatisé, mais en réalité il ne nous donne que la description d'un de ces nombreux fils à papa maoïstes, militants pour une durée de six mois vers 1969 : « Vladimir gardait de son enfance choyée et protégée un sentiment, d'ailleurs fort honorable, de culpabilité, classique chez celui qui a bénéficié d'une éducation dans un milieu privilégié et qui s'aperçoit que beaucoup d'autres vivent dans des conditions nettement plus difficiles » (p.122). L' « idéologue de bibliothèque » n'est qu'un vengeur masqué qui ne rêve que de terreur.
Le sentiment de culpabilité de l'activiste fils de milliardaire3 n'est pas à classer dans une quelconque conscience de classe, mais dans une culpabilité fugace chrétienne, comme cette compassion que Ribouldingue eu à « servir le peuple » en vendant un canard de merde sur les marchés.
Et il râle le « rentier petit bourgeois, érudit marxiste et révolutionnaire débutant » lorsque la police vient l'alpaguer bien au chaud chez lui. Heureusement l'Okhrana veillait et n'allait pas laisser trafiquer tous ces petits saligots de révolutionnaires débutants. Voyez comment Ribouldingue résume la prise de conscience par Lénine de sa méchanceté anti-capitaliste : « Jeté en cellule dans une prison de détention provisoire, sans doute Vladimir prit-il soudain conscience du caractère performatif 4 de ses discours subversifs dont la police politique commençait à se méfier en raison de l'agitation qui secouait les milieux ouvriers depuis la grève du textile à Vilnius en 1893 » (p.122)
Pour un peu Ribouldingue nous ferait passer Lénine pour un abruti impulsif comme Jawad Bendaoud. On appréciera au passage le coup de chapeau du serviteur Ribouldingue au glorieux tsarisme, une fois de plus n'est pas coutume, avec quelle élégance dans les termes : « Le régime tsariste des années 1890 était certes autoritaire – sur le modèle du Second Empire ou de l'Allemagne bismarckienne – avec une coloration autocratique propre à la Russie qui insistait sur la loyauté absolue due au tsar par ses sujets. Mais il n'avait, insistons-y, rien à voir avec le régime totalitaire que Vladimir Oulianov, devenu Lénine, allait inventer et mettre en œuvre à partir de janvier 1918 » (p.1214)5.
Il est évident que Vladimir n'avait pas un taux de testostérone très élevé mais on se fiche de savoir si Lénine allait aux putes à Paris ou s'il a baisé Inessa Armand (gros souci pour historien de pacotille), mais son pote Orlando Figes aime bien les allusions gratuites : « Ces pionniers du prolétariat étaient si prudes que les gens les prenaient souvent pour des membres de la pieuse secte biblique des pachkovites » (p.128).
La persécution de Lénine, Oulianov, Vladmir, du « polémiste abscons » et du « fils de propriétaire terrien », connaîtra-t-elle un terme ? Non car persécuter cet ennemi « professionnel » du capitalisme exige une torture mentale jusqu'à plus soif du lecteur. Il faut varier la façon, au qualificatif dépréciatif il faut alterner avec les déclarations scandaleuses du polytraumatisé  qui ose asséner : « Les contradictions du capitalisme témoignent de son caractère passager dans l'histoire, mettant en lumière les conditions de sa décomposition et de sa transformation en une forme supérieure ». Docteur Ribouldingue corrige immédiatement : « Une vision évidemment absurde puisque le capitalisme de la révolution industrielle, apparu depuis un siècle, commençait seulement à faire sentir ses effets en Russie... » (p.131). Car : « Lénine avait l'art de s'arranger avec les statistiques, au point d'aboutir à des contre-vérités ». Ribouldingue patauge pourtant pendant plusieurs pages montrant qu'il n'y connaît rien en économie et qu'il n'en a que pour la « mansuétude gouvernementale », étale son ignorance des véritables prises de position d'Engels. Pire, à chaque fois qu'il cite Lénine avec sa « violence rhétorique », celui-ci est excellent et ce pauvre Ribouldingue vraiment pas à la hauteur. Le rejet de la société tsariste par Lénine est un « rejet qui allait être à l'origine de l'invention du totalitarisme » (p.143) ? On se pâme !6

LA NAISSANCE DU MONSTRE

Bon ! on a vu que Vladimir était déjà polytraumatisé. Que peut-il lui arriver de plus monstrueux ? Porter une moustache comme Hitler ?7 Faire fusiller tous ses camarades comme Staline ?
Le jugement subjectif de Ribouldingue à chaque page éclate au chapitre 7 opte pour une description incomplète du monstre avec cette phraséologie bien connue désormais du pervers narcissique ordinaire qui ne finit pas ses phrases et se veut bourré de sous-entendus. Exemple : « En raison de sa radicalité, il ne pouvait devenir ni homme politique, ni homme d'affaires, ni juriste, ni professeur, autant de professions dont il méprisait désormais profondément la richesse, l'autorité et le prestige. Plein de rage (bis repetita) et de ressentiment (bis repetita), il décida, comme on l'a dit, d'opter pour une lutte radicale contre ce régime... » (p145). « Son scientisme allait devenir un élément moteur des mouvements totalitaires, aussi bien dans le communisme qu'au sein du nazisme » (p146). Oui bien sûr, on se rappelle des statistiques de Hitler sur l'effondrement du capitalisme, et du nombre des juifs qu'il a gazé suivant les enseignements de Lénine. D'ailleurs Lénine avait affaire à une classe ouvrière au pourcentage élevé, ce qui ne l'empêcha pas de la traiter comme les 1% de Lénine.
Les premiers pas du bolchevisme sont bien typiques d'un retour à Netchaïev : climat dictatorial et paranoïaque, sacralisation du parti et de son leader, mais Ribouldingue se soucie bien peu de chronologie historique, il peut tout aussi bien faire équivaloir les procès staliniens de 1938 et les scissions de 1903, ou l'interdiction des fractions en mars 1921 et l'époque de la scission avec les mencheviques. Page 153 c'est le PN Ribouldingue qui se permet de traiter Lénine de pervers narcissique ! Heureusement Cyrulnik n'est pas loin, page 155 Lénine connaît une période de résilience qui lui permet de « congédier son idéalisme » pour adopter la politique létale antique qui vise à la mise à mort du vaincu, politique « qui mène à l'invention du totalitarisme ». On apprécie la bouillabaisse démonstrative combinaison de psychologie de comptoir et de mélange des genres. Lénine est de plus coupable de rejeter « la légitimité traditionnelle monarchique aristocratique fondée sur l'hérédité » (que c'était beau) et « la légitimité moderne démocratique fondée sur l'élection » (trucage encore plus beau) ; il est l'incarnation même du mensonge révolutionnaire : « la politique révolutionnaire (qui) ne repose sur aucun principe de légitimité effective, si ce n'est la « domination absolue » du chef » (p.156).
La question du pouvoir devient une obsession chez l'aspirant chef d'Etat Lénine flanqués de ses « affidés inconditionnels » face à un « ennemi total », total ainsi... donc totalitarisme, compris ? Il va se livrer à la surenchère permanente pour ne pas perdre le pouvoir « comme Robespierre ou le futur Pol Pot », ce dernier n'étant né qu'un an après la mort de Lénine.
De manière cyclique, Ribouldingue glisse une allusion à la croissance souterraine du mal totalitaire, dont ses deux mamelles : « le secret du pouvoir et sa rupture avec la société » (p.159) ; définition qui va comme un gant à n'importe quel gouvernement bourgeois démocratique. Lénine « en revient toujours à Nethaïev avec sa « conduite opportuniste constante ». son « blitzkrieg politique », hein ! Oui oui le même genre de blitzkrieg que le moustachu en Bavière. D'ailleurs Oulianov n'était pas un vrai marxiste car il « avait mâtiné sa conception marxiste radicale de la révolution d'une forte connotation militariste, curieux mélange de Netchaïev (bis repetita)» , ce qui était encore le nez pointu du germe totalitaire (p. 162). Sa flagornerie « n'excluait pas une mégalomanie déjà galopante, là aussi typique des futurs leaders totalitaires » (p.163).
Pourquoi ne pas le répéter en page 168, le manichéisme idéologique de l'aristocrate intellectuel bourgeois Oulianov « préfigurait la pratique totalitaire » (…) l'opposé de la vision démocratique libérale qui admet le compromis entre adversaires » ; Ribouldingue aurait pu traduire en vérité « qui admet le compromis entre factions bourgeoises sur le dos du prolétariat ».
Il faut aussi le re-répéter un paragraphe plus loin, au cas où le lecteur n'aurait pas saisi la nuance : « Une intolérance (de Lénine cette fois-ci) qui allait s'exprimer à travers le fanatisme idéologique et le culte du chef, et devenir une des grandes caractéristiques du léninisme et du totalitarisme naissants ». « L'idéocrate » plagie Netchaïev ; décidément c'est une obsession de Ribouldingue. Drôle de révolutionnaires professionnels qui vont se faire entretenir par le parti et ensuite par l'Etat.
D'ailleurs c'est le chef de bande de cette organisation secrète, Lénine qui jouera de la famine en 1922 pour faire plier les paysans... mais c'est débile et archi-faux ! Lénine a fait appel alors à l'aide américaine preuve qu'il n'était ni indifférent à cette famine ni replié dans la société russe. Encore une entourloupe de Ribouldingue, il a encore sauté de 1903 à 1922 sans crier gare.
Il accuse sans démonstration les judicieuses remarques sur la centralisation de l'organisation par Lénine (p.172 et 173) d'être dans la veine du Netchaïev, avec pour seul argument cette sortie puérile et à chier : « Mais comment imaginer que la centralisation de l'organisation ne conduirait pas inéluctablement à la dictature de la pensée ? ».
On apprend que la défiance est sœur de la paranoïa laquelle, sous Lénine, provoquera « l'exclusion du parti de centaines de milliers de membres » - chiffrage complètement farfelu et invention de Boudu Courtois – plus raccourci avec la chasse à l'homme des dictateurs Staline, Mao, Pol Pot. Lénine remet encore ses pas dans ceux de Netchaïev page 175. Ribouldingue devient lourdingue et la lecture devient pesante et ennuyeuse au possible. Voici Lénine qualifié de chef scoute d'un parti qui : « n'était plus un parti ouvrier mais une organisation dévouée à un idéologue qui voulait s'emparer du pouvoir au nom du « prolétariat » (p.180). Un parti constitué d'aventuriers et de déclassés a pour chef scoute un Lénine qui « en substituant le parti à la classe, modifiait profondément la pensée marxiste », dont Ribouldingue est un fin connaisseur mao-catho ! Avec cette violence messianique qui (on s'en doutait) « recelait déjà des germes de totalitarisme » (p181).
Voici en page 186 un Lénine « sophiste », idéocrate sans lien avec la réalité « le propre même des idéologies totalitaires de classe, de race ou de nation ».
Avec une rouerie consommée, Lénine perpètre « un véritable sacrifice humain sur sa camarade Zassoulitch », inaugurant « la dégradation des rapports humains, le glissement vers la violence réciproque » (p.192). Page 194 Lénine devient « dictateur en herbe ». Lénine avait un plus sur Robespierre. Vous ne l'avez point deviné ? Si si : « c'était l'invention du totalitarisme ». D'ailleurs Trotsky dans son livret « Rapport de la délégation sibérienne » : « soulignait déjà, sans le savoir (c'est sans doute lui aussi un Jawad Bendaoud), tous les éléments constitutifs de la logique totalitaire à l'oeuvre chez Lénine » (p.195). Curieusement Ribouldingue s'avère incapable d'analyser sérieusement cet intéressant texte de Trotsky ni les faiblesses politiques qu'il contient, en particulier lorsque Trotsky compare Lénine à Robespierre. Ribouldingue se sert des critiques foireuses de Trotsky - « qui vient confirmer la logique totalitaire en gestation » - pour considérer qu'elles sont prémonitoires du système de terreur stalinienne et caractéristiques d'un « égo-centralisme ».
La logique autocratique conduit au monopole du pouvoir et, il faut en convenir Lénine est pire que Hitler, Staline et Mao réunis : « Lénine allait articuler une idéologie révolutionnaire, messianique et scientiste avec un parti de révolutionnaires professionnels fanatisés, ce qui était sans précédent dans l'histoire de l'humanité ».

LE VER TOTALITAIRE ETAIT DANS LE FRUIT DE L'UTOPIE REVOLUTIONNAIRE : vers le « génocide de classe »

Le chapitre 10 – « le parti léniniste » (fruit de l'OPA d'un seul homme) – n'est qu'un nouveau chapelet d'insultes du même acabit que les précédents où l'on retrouve tous les chicaneries de n'importe quel argousin : attaques personnelles à répétition, disqualification psychologique systématique, amalgame systématique avec les formes de surveillance stalinienne. Il évite de citer le texte de réponse à Rosa – Un pas en avant, deux pas en arrière – pour inventer un Lénine inventeur de coups tordus (p.212). Il met en parallèle 1904 et 1922 avec la fable d'une exclusion massive des opposants, ce qui est archi-faux mais lui permet de dire que c'est à partir de là qu'on aurait inventé les goulags et « la peine capitale pour des millions de « dissidents ». Ribouldingue ne connait que la démesure et l'insulte permanente à chaque page qui finit par lasser et rendre sa démonstration quasi nulle. L'egocrate c'est lui avec ses calomnies à répétition, ce qui était mieux le mode de pensée stalinienne et maoïste.
Ribouldingue s'affirme à chaque page comme un argousin des deux systèmes d'exploitation caduques monarchie et république. Jamais il ne porte une critique ni ne donne une explication aux causes et au déroulement de la guerre mondiale en 1914. Au contraire il pratique la substitution sans vergogne. Gommé d'un clic de clavier la géniale opposition « solitaire » de Lénine à la guerre de rapine impérialiste. C'est lui le coupable de la guerre8 : « la guerre était le seul moyen d'imposer son pouvoir », « Un no limit typique du volontarisme idéologique totalitaire », « Lénine rejetait toute démocratie parlementaire et ne pensait la politique qu'à travers la violence la plus extrême ». Il fallait continuer à se sacrifier pour les patries capitalistes nous serine in fine le PN Ribouldingue : « Ainsi n'hésitait-il pas (Vladimir) à entretenir un culte de la défaite qui, à travers d'immenses sacrifices humains, était censé fonder et légitimer le pouvoir révolutionnaire du parti. Une vision sacrificielle, méprisant la vie humaine, qui allait devenir un grand classique des mouvements totalitaires, de la guerre civile russe à la Révolution culturelle chinoise » (p.232). Le mégalomaniaque c'est notre PN Ribouldingue avec ses phrases improbables qui truquent la réalité (la défaite militaire mise sur le dos de Lénine tel une cinquième colonne) ou l'argument qui fleure bon l'idéologie fasciste (les communistes poignardant à l'arrière).
Comme ce montage narcissique ne vaut pas tripette, Ribouldingue torture à nouveau le cadavre de Lénine, la « brutalisation des sociétés » n'est pas due à la guerre mondiale : « la « brutalisation » de la pensée chez Lénine est bien antérieure à 1914 et puise à une tout autre source, la théorie de la lutte des classes inaugurée par le Manifeste de Marx de 1848 ». Mais oui il suffisait d'y penser et on peut en conclure du coup que c'est cet horrible Manifeste qui a inspiré Mein Kampf ! D'ailleurs c'est fastoche à prouver avec la « métaphore de la gangrène » : « La hantise de la « gangrène » sera au cœur des idéologies totalitaires ; sociale pour les communistes – le « bourgeois » chez Lénine, les « gens du passé » chez Staline – avant de devenir comme chacun sait raciste chez Hitler (…) Chez les communistes cette obsession prendra la forme définitive de l'envoi aux « poubelles de l'histoire » par l'assassinat de masse » (p.239).

REPONSE DE RIBOULDINGUE A PIERRE HEMPEL

Aspirants révolutionnaires à un monde nouveau, fuyez Lénine comme la peste, avec ses interprétations scientistes et messianiques du marxisme (lui aussi criminel) sinon vous vous retrouverez aussi au goulag avec mes amis fascistes et royalistes ! Qu'est-ce qu'il est ambigu ce Lénine en plus sur la question des nationalités avec cette volonté perverse en arrière-fond : « passion grand-russienne que (cette) volonté totalitaire de tout dominer au nom de la « lutte des classes » et de la « dictature du prolétariat ». Savez-vous comment l'égocrate a honteusement balayé notre glorieux Nicolas II qui avait assuré que les lois allaient passer par le parlement (notre Douma) ? Ce branleur de Lénine, « exalté et radical » ne cesse jamais d'user de qualificatifs « populophobes », démontrant le mépris le plus parfait pour ce peuple russe qu'il prétendait libérer à l'époque où il se tenait prudemment à l'abri en Suisse. On se rappelle comment dans le POSDR (parti d'origine) il éradiquait ses adversaires idéologiques. Comme aurait dit notre président Mao, il mettait le feu à la pleine des goulags avec déjà une inquiétante « tournure performative » préparant « aux immenses massacres et au génocide de classe  inaugurés entre 1917 et 1922 »9.
Cet incompétent en philosophie, membre d'une minuscule secte clandestine « ne fit jamais preuve de courage physique », s'entourant de béni-oui-oui : »Materné au quotidien par ses femmes, il vécut de son salaire de membre du Comité central et de ses droits d'auteur tout en bénéficiant des retombées de hold-up et autres héritages captés »10. Comment ne pas comparer Lénine à Himmler, tant était notable « son absence totale de pitié en politique »11. Avec son culot habituel ce totalitaire en limbes vole le titre du journal de Trotsky (c'est pas bien), il réclame le suffrage universel mais en même temps « le remplacement de l'armée permanente par « l'armement du peuple ». Il veut arracher le masque de ses contradicteurs comme Staline arrachera la gueule aux siens. Il intronise le
premier questionnaire sur la vie privée de militants, « outil spécifique du totalitarisme communiste à venir »12.
L'insecte Lénine pratique une animalisation de l'adversaire qui allait devenir un grand classique de la stigmatisation totalitaire et de la légitimation des exterminations, depuis « les poux »... via leur assimilation par les nazis des juifs aux rats et des noirs aux singes.

ENFIN tout de même LA GUERRE est sacrée et éternelle...

Si au moins Lénine avait été en prison, le nez de Cléopâtre en eût été changé ! Marre d'entendre parler de guerre capitaliste : « Non seulement la guerre était un phénomène aussi ancien que l'histoire humaine, mais le fait national n'était pas le fruit historique du capitalisme moderne, il « représentait la forme la plus évoluée des communautés sociales fort anciennes ». Voyez comme ce poux de Lénine se réjouit de la venue de la guerre, formidable opportunité pour un révolutionnaire d'accélérateur « de la décomposition de la vieille Europe » ! Cette fraction marginale de conspirateur pouvait en profiter « pour reprendre la main ». Il est ridicule quand il s'emporte contre les « traîtres » de la deuxième Internationale, ce qui entraîne, hélas, une radicalisation supplémentaire de sa pensée13.
Lénine développe des analyses totalement erronées, voire comiques. Il imagine que la guerre signifie que le capitalisme est entré dans sa crise finale, dévoile son vrai visage : militarisation, loi martiale, suppression des élections. Or les travaux historiques les plus récents ont montré que dans les pays démocratiques en guerre, les institutions avaient fonctionné normalement. C'est alors qu'il se permet d'encourager le passage du droit de vote au « fusil ». Cette férocité de la pensée, cette ultraviolence était toute personnelle et venait comme on l'a vu de bien plus loin, de son double traumatisme psychologique originel, de son admiration pour la violence des narodniki et de son adhésion à l'idéologie marxiste de la lutte des classes. Pourtant il ne s'agit encore que de la pensée d'un homme esseulé qui tirait des plans sur la comète, planqué en Suisse. Il lisait et relisait Clausewitz qui lui permit de s'imaginer déjà en général du parti de la guerre révolutionnaire, puis chef d'Etat du premier parti-Etat totalitaire. Plus ahurissant, il s'est arrangé pour que lors de la réunion au bled de Zimmerwald ne soient invités que des opposants à l'Union sacrée ; ce qui est typique de la pensée totalitaire. La mort de la mère de Lénine vers 1916 a une conséquence névrotique : elle signifie la coupure définitive avec le passé russe, immergeant Vladmir et ses femmes dans leur seule bulle fantasmatique révolutionnaire. Lénine-Narcisse se mirait dans la venue d'une révolution où il pourrait exterminer les Romanov jusqu'à Plekhanov, ce courageux marxiste rallié à l'Union sacrée.
Malheureusement la guerre avait vivifié sans conteste la pensée religieuse de Lénine en renforçant sa vision millénariste et son vitalisme socio-historique marxistes. Il faut dire la vérité aux gens qui nous lisent, à Moscou comme à Billancourt, l'automate Lénine récupérait les intuitions du père du socialisme utopique au service de la captation prochaine par le parti communiste de toutes les richesses via l'instauration du Gosplan et du monopole de la production et de la distribution des biens matériels. Il faut bien le reconnaître, depuis les dernières années du 19 e siècle, il s'était entiché de la doctrine marxiste la plus intégriste. Il y avait du Khomeini en lui, on aurait pu plus sérieusement s'occuper de son cas s'il avait été interné à Neauphle-le-château !
Il ne faut pas épiloguer sur l'année 1917 où se répandit la cruauté, si chère à Lénine. En mars, alors qu'il était en pleine dépression mélancolique il s'adressa personnellement au gouvernement allemand avec lequel il entretenait déjà des accointances depuis 1915 avec ce magouilleur louche de Parvus14. Il voulait utiliser tous les moyens pour faire triompher sa cause sacrée de la lutte des classes15. Les troupes qui se mutinent ne veulent pas renverser l'Etat comme l'égocrate mais ont la trouille d'être envoyées au front pour freiner l'avance allemande. Kerenski disposait de preuves tangibles sur le financement des bolcheviques par les allemands. Le faux putsch de Kornilov a été démesurément exagéré pour embellir la saga bolchevique. Et masquer le vrai putsch de Lénine. Ce mégalomane de Kerenski (lui aussi) le pousse bêtement à libérer les trois principaux artisans du putsch bolchevique du 7 novembre : Trotsky, Antonov-Ovsenko et Dybenko. Pendant ce temps le père du totalitarisme moderne écrit un bouquin utopique, d'ailleurs inachevé car il était plus passionnant de prendre le pouvoir. Il faut ajouter malgré tout que la composition du parti bolchevique était très douteuse, populace de déclassés de divers milieux, et je reprends ici ce que j'écris dans mon livre : « Sa direction et ses cadres étaient formés d'intellectuels – souvent d'origine juive – de bourgeois et d'aristocrates en rupture de ban, parmi lesquels les juifs étaient surreprésentés par rapport à leur proportion dans la population »16 .
Je me suis appuyé avec vélocité sur les reportages de Claude Anet17 qui montre que, à peine en poste Lénine se conduit vraiment en dictateur, applique les méthodes de commandement dans l'opposition et la clandestinité18. Ne parlons pas de son idée farfelue de s'adresser à tous les pays belligérants, ce n'était qu'une instrumentalisation pour favoriser une paix locale séparée avec l'Allemagne et l'Autriche. De même sa stratégie de fraternisation sur le front n'était qu'une manipulation de services secrets en complicité avec les allemands. Les négociations stupides à Brest-Litovsk désorganisaient dangereusement le front.

LA REVOLUTION TOTALITAIRE D'OCTOBRE

Robert Service peut aller se rhabiller, plus anti-léniniste que moi tu meurs. Donc après ce putsch politico-militaire très minoritaire la révolution démocratique de Février est noyée par la révolution totalitaire d'Octobre. Le procureur de l'autocratie communiste inaugurait la façade pseudo-démocratique du pouvoir, un grand classique des régimes totalitaires. Le tsar rouge a vite fait de transformer « tout le pouvoir aux soviets » par « tout le pouvoir au parti bolchevique »19. Il n'y a aucun complot des nations dites bourgeoises, c'est Lénine qui s'occupe d'activer la guerre civile pendant que le guignol Trotsky imagine développer la contamination révolutionnaire. Il faut déplorer que la création de la Tchéka en décembre comme organisme de défense de la révolution soit populaire, et se développe rapidement, et que des anarchistes demandent aussi à en être membres. Je ne suis pas d'accord avec Broué que le caractère nocif de la Tchéka s'affirme surtout en 1918 suite aux multiples attentats meurtriers des socialistes-révolutionnaires. Il est honteux que Trotsky ait déclaré : « Nous n'entrerons pas dans le royaume du socialisme gantés de blanc sur un parquet verni ». Lénine fait adopter ensuite des décisions liberticides afin d'optimiser la terreur. Le nouveau gouvernement le Sovnarkom facilite le flicage des populations entre elles, favorisant moult comités autoproclamés dans une opération propice aux pillages et aux vengeances personnelles, le même type de pratiques qui seraient mises en œuvre contre les juifs par les nazis dès 193320.
Animalisation de l'adversaire, humiliation publique, décimation automatique, marquage stigmatisant – la carte jaune était imposée aux prostituées dans la Russie tsariste, comment ne pas penser à la future étoile jaune imposée aux juifs par les nazis ? - autant de rêves que Lénine n'osait pas rendre publics mais qui fondaient la part la plus sombre de son régime exterminateur21. Je tiens à alourdir mon harcèlement de Lénine par ce fait divers si révélateur, l'assassinat d'une dame Gorbatchevskaïa par des marins rouges22.
Lénine, qui avait confectionné le logiciel de la révolution totalitaire, de A jusqu'à Z, a procédé à cette grande innovation totalitaire : le parti s'emparant de l'Etat23. Mais avant d'établir cela, il faut lever le coin obscur du bolchevisme. En février 1918, les bolcheviques ayant tant désintégrée l'armée russe, sont enfoncés par l'armée allemande et consentent à sacrifier une grande partie du territoire pour préserver la dictature du prolétariat, ce qui en dit long sur le mépris de Lénine pour la pauvre Russie et sur son fanatisme idéologique ; je pense que mes lecteurs russes poutiniens me comprendront à mi-mots. Lénine ne pensait qu'à nourrir ses flics de la Tchéka et pas les paysans russes les pauvres. En 1922 on assiste à une gigantesque guerre des verts paysans écologistes contre les rouges totalitaires. Trotsky, ce père putatif de Staline et d'Adolf, ordonne de créer les premiers camps de concentration, dont le premier en 1920 servira de modèle pour le Goulag en 1931. Bravo monsieur Hempel de soutenir les balbutiements du totalitarisme de la part des assassins Lénine et Trotsky, complices dans une apologie écoeurante de la violence.
En juilllet, je ne me souviens plus quelle année, Lénine promulgue une constitution qui établit que : « le parti communiste dirige, commande et domine tout l'appareil d'Etat »24. Le régime du tsar était bien plus douillet, il n'avait en un siècle procédé qu'à 6321 sentence sde mort pour raisons politiques. Avec les criminels et psychopathes tchékistes il faudra multiplier par cent au moins ! Contrairement à la terreur blanche, la terreur rouge est systématiquement organisée contre des groupes entiers de la société, c'est un génocide de classe25.
Vers la fin Lénine interdit les fractions, l'unanimisme devient la règle, et Trotsky veut militariser le travail26. La partie la plus scabreuse de sa pensée est son pillage des églises, il se servait du prétexte de la famine pour ruiner l'Eglise. Sa paranoïa était à son comble. Heureusement sa santé continuait à se dégrader et on peut se demander s'il n'était pas sujet à des troubles bipolaires et à une affection maniaco-dépressives comme aurait pu l'analyser mon collègue Cyrulnik. Il est d'ailleurs soigné peinard dans un sana pour la nomenklatura. Même malade il s'acharne à régler ses comptes avec ses adversaires idéologiques tant il était conscient du caractère délictueux et criminel de ses ordres. Il est vrai que le secret sera la clé de la plupart des opérations répressives des régimes totalitaires. Quand il entendait le mot culture il sortait son revolver. Si ses attaques cérébrales à répétition étaient dues au surmenage, elles étaient surtout provoquées par sa prise de conscience que son délire logique avait mené à un désastre total27.
Le véritable couple pervers du démiurge il le forma avec Nadejda Kroupskaïa, qui l'accompagna jusqu'à la fin, alors que sa trajectoire touchait à son terme28. Le principe dominant des systèmes totalitaires est la prééminence absolue du parti sur l'Etat.

Réponse volontairement laconique de Pierre Hempel à Ribouldingue :

Faux historien et maquilleur d'histoire, mon pauvre Courtois, non seulement tu as tout faux dans tes insultes répétitives et dans la mise en accusation outrancière d'un seul homme mais tu es toi le véritable imposteur aux services des puissants « démocrates » : c'est l'Etat qui a bouffé le parti et pas l'inverse ! Et cela suppose une tout autre analyse de l'échec bolchevique qui se mène hors de tes éditions officielles, parmi les milliers de maximalistes qui ne rient ni ne pleurent sur Lénine mais font de leur mieux pour comprendre son génie et ses erreurs.

NOTES

1C'est le résidu qui reste dans son crâne du passage de l'histrion Boudu, sauvé des eaux maoïstes, aux temps du « marxisme-léninisme » juvénile, ainsi que se nommèrent sans honte les ploucs maoïstes. Dans le cervelet étroit des activistes petits bourgeois (souvent à l'époque fils de grands bourgeois et
futurs ministres « socialistes ») Marx avait fourni la théorie et Lénine la praxis ! Ce qui n'était qu'une modeste contribution au culte de la personnalité... marxiste-léniniste à déformation chinoise. Il faut reconnaître qu'ils se battaient à hue et à dia à coups de citations de Lénine pour mieux le dévitaliser, au lieu d'actualiser l'intelligence des situations et la véritable méthode de Lénine qui fuyait l'abus de citations.
2Ribouldingue fait référence à cet épisode plutôt tragi-comique p.151 et suivantes, et n'a pas su en tirer tout l'intérêt et s'est contenté d'imaginer une humiliation de Lénine dans une rencontre solitaire.
3Oui oui j'en ai connu au lycée Buffon.
4Ribouldingue aime le mot rare qui fait technicien moderne, il nous avait déjà fait le coup avec la compil noircie du faux communisme avec le terme téléologique. Performatif : terme récent et bêcheur qui signifie : fait ce qu'il énonce, il fait ce qu'il dit ; ce qui gêne beaucoup le snob Ribouldingue dans sa destruction millimétrée.
5Juste le paragraphe au-dessus - pour qu'on soit bien persuadé, comme n'importe quel nazi, que le communisme est bien le responsable de tous les totalitarismes involontaires du siècle passé – Ribouldingue nous apprend que les déportations tsaristes étaient de la petite bière comparées à celles du « système concentrationnaire soviétique » « en 1918-1921 et sa duplication par les nazis entre 1933 et 1945 ». Bah oui Lénine est aussi l'inventeur des camps de la mort nazis. Il faut lire Riboudlingue pour en être sûr ! La preuve de la duplicité de Lénine est fournie d'ailleurs par un petit clin d'oeil, disons un selfie de notre sacré pervers narcissique qui se croit historien : « Vladimir connut son premier interrogatoire, fort courtois (sic), le 2 janvier 1896, et il y répondit tout aussi civilement, en juriste avisé et en révolutionnaire dissimulé, niant toute participation à un groupe social-démocrate et anti-gouvernemental ». C'était vrai, c'était pas beau de mentir à la police... monarchiste.
6Trois paragraphes plus bas on lit encore : « La tentation totalitaire pointait déjà le nez ». On se pâme doublement.
7L'asssimilation grossière du communisme stalinien au nazisme a valu à Ribouldingue la réprobation de tous ces co-auteurs. Pour une critique de gauche du livre noirci, lire Gilles Perrault : https://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/PERRAULT/5097 et le philosophe néo-stalinien Lucien Sève : Commencer par les fins.
8La guerre impérialiste mondiale est belle par contre et bien réglementée : « En effet, la guerre entre nations était depuis longtemps régie par des usages et principes, limitée dans le temps et dans l'espace, comme venait encore de le démontrer la guerre russo-japonaise : elle n'avait duré que dix huit mois et s'était conclue par une paix honorable » (p.236). En lisant cette bêtise on est effondré, comment un débile pareil a-t-il pu être publié ? Chez Perrin où un des principaux directeurs n'est autre qu'un ancien fondateur de la Gauche marxiste et pape des publications des « autonomes subversifs » ! Preuve qu'il ne se relit pas et peut dire tout et son contraire, sans jamais faire une fleur à Lénine, au début du chapitre 13 il rappelle la mansuétude du tsarisme après l'échec de la révolution de 1905 : « Plus de 3600 fonctionnaires avaient été assassinés entre février et avril 1906 (ses fonctionnaires ne sont pas des employés de bureaux mais des flics et des militaires) (…) il fit pendre ou fusiller sans procès des milliers de paysans révoltés ». En page 260 il « comprend mieux l'ampleur de la répression stolypinienne... ».
9La capacité de séduction hystérico-politique de Ribouldingue me fait penser à un petit gros sans dents qui voudrait s'inscrire sur Meetic.
10On notera la force du plumitif pervers narcissique à globaliser des informations totalement décalées en une seule phrase en se gardant de signaler à quelle époque il fait référence. Lorsque Lénine était à Paris il y avait longtemps que la pratique des hold-ups, compréhensible d'ailleurs dans la phase initiale sous totalitarisme tsariste, était terminée, elle avait été dénoncée et interdite par les cadors de la II e Internationale, et Lénine avait fait amende honorable.
11Cette notion de pitié en politique est certainement à mettre au compte du sentimentalisme maoïste.
12Clin d'oeil à ses futurs lecteurs poutiniens et du FN : « Si l'on voulait être cynique, on pourrait presque dire que Lénine était en train de devenir l'idiot utile du tsarisme » (p.286). En effet Ribouldingue est cynique et falsificateur à chaque page. La notion de temps est également étrangère à la logorrhée de Ribouldingue, au trois quart de son pensum de haine et de fureur on en est encore retourné à la déviation du massacre de 14 où, à deux semaines de la gigantesque boucherie, ce qui préoccupe Courtois c'est sa vision d'un Lénine « qui s'égarait dans les querelles intestines »... au lieu d'en appeler à la Défense nationale !
13Il faudra que je pose un jour la question à un philosophe maoïste pour savoir ce que signifie ce concept « radicalisation supplémentaire de la pensée ».
14Çà c'est vrai de vrai.
15C'est une ficelle élimée de tout pervers narcissique de base de reprendre les mots de son vis à vis pour tenter d'en effacer le poids révélateur : pour notre répondeur automate il faut respecter la nation et la notion d'Union... sacrée, et ridiculiser l'internationalisme subversif de Lénine.
16Sic ! Même genre d'obsession que chez les nazis qui considéraient le communisme comme du banditisme juif !
17Ce célèbre joueur de tennis fut reporter pour Le Temps, journal de l'élite bourgeoise, financé par des grands industriels, un équivalent d'objectivité comme aujourd'hui Le Monde et Le Figaro. Anet arbore des qualificatifs moqueurs à la pelle qui ravissent Ribouldingue : « Lénine cet inspiré les Lumières ».
18Hélas pour Ribouldingue il se tire une balle dans le pied page 358. On se rappelle qu'il nous avait assuré que le despote asiatique ne s'entourait que de béni-oui-oui mais on constate en réalité que dès les premiers mois du gouvernement une flopée de camarades de combat, désapprouvant les premières mesures étatiques démissionnent de Chliapnikov à Riazanov et Lozovski, c'est à dire des camarades de confiance qui était très cher à Lénine. Il ne les fait point fusiller et ils collaboreront à nouveau avec lui ultérieurement. Nous n'avons donc aucunement affaire à une jeune et nouveau Etat totalitaire. En novembre tous ces opposants auraient été obligés par le dictateur de venir faire repentance dans son bureau et signer un acte d'allégeance, mais Ribouldingue ne nous fournit aucune source crédible.
19Ribouldingue oublie de préciser que les soviets se désagrègent dans le reflux de la révolution, la plupart des prolétaires et des paysans en ont marre, se désimpliquent, et, naturellement les plus volontaristes veulent continuer dans l'impasse... de l'isolement international.
20Il paraît que le livre de chevet de Hitler était « Que faire ? ».
21Ribouldingue a vraiment un raisonnement de dingue qui ne tient pas debout une seconde ; dans la même phrase il ne trouve pas le moyen de faire porter la couleur jaune à Lénine mais il fait un raccourci (raté) qui montre qu'en fait il y avait le même antisémitisme chez les Romanov que chez Hitler ! C'est le dérapage révélateur classique du PN lambda qui finit toujours par trahir sa connerie foncière infantile.
22Il y a un niveau très profond dans la corrélation des mots nous dit généralement tout crétin dyslexique. Ainsi si je vous dis qu'un de mes chats s'appelait Beethoven c'est que la musique de cet artiste devenu sourd était féline. Suivons le raccourci sémantique loufoque de Ribouldingue et rions mes frères : « Le régime inaugurait son parcours dans le sang de la martyre Gorbatchevskaïa, il s'effondrerait en 1991 sous l'égide d'un certain Gorbatchev ». Ha ha !
O h Oh ! Hi Hi ! Et c'est Lénine qui serait simpliste, messianique, occultiste et j'en passe !
23Dans le milieu maximaliste on n'a pas attendu ce laquais de l'historiographie bourgeois pour dénoncer l'identification du parti à l'Etat, de Rosa à Munis et à Marc Chirik.
24Pure forfanterie, le parti est en train en réalité de se faire bouffer par l'Etat comme Lénine ne tardera pas à le reconnaître (cf. la machine nous échappe des mains). Le rôle du parti révolutionnaire n'est pas de s'identifier de toute façon à un moment de la transition plus est dans une période défavorable où n'existe même pas une réelle dictature du prolétariat.
25Qu'il est mignon notre monarchiste convaincu ! En période de guerre, et je dispose du témoignage de mon père pour 39-45 ainsi que de collègues pour les guerres coloniales, les hommes sont amenés à faire des choses terribles qu'ils ne feraient pas dans la vie « normale ». C'est des contraintes de la situation et des forces en présence qu'il faut juger et non pas accabler Lénine comme pervers criminel sur la base de ses directives secrètes de chef d'Etat, parce qu'à ce titre on peut trouver pire ou équivalent dans les directives de tous les chefs d'Etats dits démocratiques. Lénine assume la fonction, une fonction qui n'aurait pas dû être la sienne principalement et dont il ne mesure pas encore le tort qu'elle peut porter au projet communiste universel, notamment lors de la répression sanglante des grèves ouvrières en 1919 à l'usine Poutilov et à Astrakhan. Ceci dit, les chiffres des assassinats sont encore une fois tellement faramineux et fantaisistes que Ribouldingue apparaît plus comme un fanatique illuminé que comme un historien rigoureux, avec d'incessants jugements de valeur totalement subjectifs.
26Tout cela est vrai et inadmissible mais cela confirme que le parti ne contrôle plus l'Etat mais que c'est l'Etat avec un Lénine qui s'identifie à lui qui régente la société. Il est frappant que Ribouldingue esquive l'émeute de Cronstadt pour se contenter de dire que la NEP arrive trop tard. Peut-être parce qu'il est gêné par les revendications de ceux de Cronstadt qui demandent au fond d'en revenir à un vrai bolchevisme avec liberté d'expression et pouvoir des conseils ouvriers. Ribouldingue est plus mortifié par la confiscation des objets précieux appartenant au culte orthodoxe. D'où sa longue barbe de clochard (raccourci obligé de ma part)
27Encore un exemple de montage de trou du cul pervers narcissique. Non seulement Ribouldingue s'acharne à malmener le malade à demi paralysé mais il le rend responsable de sa maladie « délirante » laquelle n'était que sa politique révolutionnaire et son intransigeance à maintenir un Etat pas du tout prolétarien et à vau l'eau. Le PN veut ainsi tétaniser toute objection et paralyser la pensée de tout éventuel contradicteur par une accumulation de mots ou concepts absurdes qui placent le contradicteur dans l'incapacité de répondre et permet de jouir de l'effet paralysant pour tout défenseur virtuel du... paralytique. Une méthode très répandue par une armée de PN masqués sur les réseaux sociaux.
28Au final t'es vraiment minable Courtois ! J'espère que lorsque tu crèveras dans un hospice quelconque quelqu'un viendra danser sur ton cadavre de trou du cul et qu'un idiot dira que ta femme était une salope. L'insulte finale de la courageuse Kroupskaïa, sans démonstration de cette inopinée « perversité » était nécessaire à un petit cerveau stalinien, car Staline fît tout pour écarter et humilier la compagne de Lénine qui défendit son intégrité alors que sa trajectoire touchait à son terme. Par conséquent le philistin Courtois se devait d'accompagner Staline qu'il qualifie, page 443, de « plus grand homme politique du XX e siècle » !

On conseillera vivement la lecture des deux ouvrages ci-dessous:


lundi 29 janvier 2018

COMMENT ENTERRER définitivement CE "PERVERS" DE LENINE?

Ma biographie salopée et le renégat Courtois

Tome 1 de Ribouldingue-Courtois
Courtois Stéphane avec la plus grande conviction, se croit et se proclame historien. Il traite les bolcheviques de « socialistes gouvernementaux ». En défendant les démocrates bourgeois (dont il applique entièrement les idées sans avouer ouvertement sa solidarité avec eux), Courtois a montré d'une façon saisissante ce qu'était sa version trafiquée de l'expérience bolchevique qui n'a jamais prétendu avoir réalisé le communisme. Et comme Courtois n'est pas un isolé, mais le représentant d'une classe possédante qui se croit éternelle, il serait instructif de nous arrêter, après tant d'autres « Tyran rouge », « Autocrate Lénine », « magouilleur Lénine » à « la biographie de Lénine» selon le sieur Courtois. Moi, inventeur du totalitarisme? Il rigole Ribouldingue!

Insistant sur le fait que les démocrates bourgeois européens, eux aussi, ont fait la guerre mondiale (c'est un diplôme, certes, mais... un diplôme un peu moisi), Courtois expose ainsi leurs idées, que d'ailleurs il partage :
« ...Les démocrates voulaient la paix universelle, et ils voulaient que tous les belligérants adoptent le mot d'ordre : ni annexions ni contributions. Aussi longtemps que ce but ne serait pas atteint, l'armée russe devait se tenir prête, l'arme au pied. Les démocrates, eux, exigeaient la paix immédiate à tout prix; ils étaient disposés, en cas de besoin, à conclure une paix séparée et ils s'efforçaient de l'arracher par la force pour parer à la désorganisation déjà bien grande des armées en lice ».
D'après Courtois, les bolchéviques ne devaient pas prendre le pouvoir, mais se contenter de la Constituante. Ainsi donc l'internationalisme de Courtois et des républicains démocrates consiste en ceci : exiger des réformes du gouvernement bourgeois impérialiste, mais continuer de le soutenir, continuer de soutenir la guerre menée par ce gouvernement jusqu'à ce que tous les belligérants aient adopté le mot d'ordre : ni annexions ni contributions. C'est bien là l'idée que Turati, les kautskistes (Haase et autres), Longuet et Cie ont maintes fois exprimée en déclarant qu'ils étaient pour la « défense de la patrie ».
Au point de vue théorique, c'est se montrer entièrement incapables de se séparer des social chauvins et faire preuve d'une confusion totale dans la question de la défense de la patrie. Au point de vue politique, c'est substituer le nationalisme petit bourgeois à l'internationalisme, et passer au réformisme, c'est renoncer à la révolution.
Reconnaître la « défense de la patrie » c'est, du point de vue du prolétariat, justifier la guerre actuelle, en reconnaître la légitimité. Et comme la guerre reste impérialiste (aussi bien sous la monarchie que sous la république) indépendamment du territoire où sont postées les troupes ennemies à un moment donné,   dans mon pays ou dans un pays étranger,   reconnaître la défense de la patrie, c'est en fait soutenir la bourgeoisie impérialiste, exploiteuse, c'est trahir le socialisme. En Russie, même sous Kérenski, en république démocratique bourgeoise, la guerre continuait d'être impérialiste puisque c'est la bourgeoisie en tant que classe dominante qui la menait (or, la guerre est le « prolongement de la politique »); et l'expression particulièrement frappante du caractère impérialiste de la guerre, c'était les traités secrets sur le partage du monde et le pillage des pays étrangers, conclus par l'ex tsar avec les capitalistes d'Angleterre et de France.
Les mencheviques trompaient indignement le peuple en présentant cette guerre comme une guerre défensive ou révolutionnaire, et Courtois, en approuvant la politique des mencheviques, approuve cette mystification du peuple; il fait ainsi le jeu des petits bourgeois qui servaient le Capital en dupant les ouvriers, en les attachant au char des impérialistes. Courtois fait une politique typiquement petite-bourgeoise, philistine, en s'imaginant (et en suggérant aux masses cette idée absurde) que la proclamation d'un mot d'ordre change quelque chose à l'affaire. Toute l'histoire de la démocratie bourgeoise dénonce cette illusion : pour tromper le peuple, les démocrates bourgeois ont toujours formulé et formulent toujours tous les « mots d'ordre » que l'on veut. Il s'agit de vérifier leur sincérité, de confronter les actes avec les paroles, de ne pas se contenter de phrases idéalistes ou charlatanesques, mais d'en rechercher le réel contenu de classe. La guerre impérialiste ne cesse pas d'être impérialiste lorsque les charlatans ou les phraseurs, ou les philistins petits bourgeois lancent un « mot d'ordre » à l'eau de rose, mais seulement lorsque la classe qui mène cette guerre impérialiste et lui est attachée par des millions de fils (si ce n'est de câbles) économiques, est renversée en fait et remplacée au pouvoir par la classe vraiment révolutionnaire, le prolétariat. Il n'est pas d'autre moyen de s’arracher à la guerre impérialiste, de même qu'à une paix de rapine impérialiste.
En approuvant la politique extérieure des généraux démocrates qu'il déclare pacifiste et républicaine, Courtois, premièrement, montre par là toute la corruption des ministères de la bourgeoisie en guerre; en second lieu, et c'est le principal, Courtois passe de la position du prolétariat à la position de la petite bourgeoisie, de la position révolutionnaire à la position réformiste. Le prolétariat lutte pour le renversement révolutionnaire de la bourgeoisie impérialiste; la petite bourgeoisie écologiste, pour le « perfectionnement » réformiste de l'impérialisme, pour s'y adapter en se subordonnant à lui. A l'époque où Courtois était encore marxiste-léniniste (théorie débile dont je refuse la paternité), par exemple en 1968, au moment où il militait dans les rangs maoïstes, il soutenait un galimatias de marxisme-léninisme qui adoubait les pires horreurs du stalinisme et du tyran Mao en Chine.
Pour épargner des dépenses inutiles à mes pauvres héritiers maximalistes, j'ai fait l'effort d'acheter le coûteux dernier pensum de Courtois vendu en supermarché, avec le peu de deniers que je perçois de ma retraite éternelle au Kremlin. Je l'ai épluché pendant plus d'une semaine. L'exercice fut assez rébarbatif, ce philistin est plein de haine et de fureur à mon égard. Puis j'ai renoncé, lassé de tant de falsifications, de raccourcis frauduleux et d'approximations d'enculé. J'ai prêté le pensum à mon homme de confiance, rédacteur du Prolétariat Universel. Il se charge de rectifier et de recadrer cette ignoble propagande pour le centenaire de notre révolution prolétarienne, dont les derniers opus sont à charge contre moi comme responsable du stalinisme. Ce qui est un comble et une hérésie historique, pardon hystérique.
Avec mes salutations communistes, Vladimir Lénine


UN TISSU DE CALOMNIES POUR ERADIQUER TOUTE CONTINUITE HISTORIQUE AU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE POUR ABOLIR LE CAPITALISME



« On a réduit sa carrière politique à un certain nombre de phrases choquantes, datant le plus souvent de la guerre civile, dans lesquelles il réclamait la plus féroce répression. Manifestement, l'immense drame de la révolution russe et ses tragiques conséquences avaient eu pour seule cause l'intolérance et la cruauté d'un homme ».
Lars T. Lih (Lénine une biographie,2011, Reaktion books)
« La force du prolétariat dans le mouvement historique est infiniment plus importante que sa part dans l'ensemble de la population ». Lénine (tome 3 des OC, p.13)
« Tout ce que je sais c'est que je ne suis pas et ne serai jamais « léniniste ».
Lénine


Lénine fût un « polémiste impétueux », certainement pas un courroucé autoritaire, et, ajoute Lars Lih, « ce qui fait qu'il est captivant »1. Très très juste. Lénine ou l'indignation sans fin. J'ajoute même une chose qui va révulser nos divers conseillistes anars bien pensants de la mouvance anti-Lénine primaire : même au pouvoir (local et relatif) Lénine reste un profond penseur contre le système capitaliste. Comme en témoignent ses derniers écrits à la veille de la terrible paralysie qui va l'emporter si jeune ; il n'est nullement habité ni flatté de ses fonctions suprêmes. Il sait toute la relativité du pouvoir de cet Etat qu'il décrit comme transitoire, bourré de tares, à la tête d'un territoire, certes immense, mais tout petit face à la puissance du capitalisme mondial. On n'a jamais vu un « dictateur » se poser le problème de perdre le pouvoir, de se barrer du pouvoir, ni d'être à la tête d'un Etat bancal plein de bureaucrates incapables. Depuis son fameux texte écrit quelques jours avant l'insurrection - « Les bolcheviques garderont-ils le pouvoir ? » - où il fait dépendre la survie de l'Etat transitoire en Russie de la victoire « de la révolution socialiste mondiale », jusqu'à son dernier texte – Mieux vaut moins mais mieux2 - où il se démène pour corriger les défauts « capitalistes d'Etat » de son gouvernement dit ouvrier-paysan, et prend en compte le danger d'identification du parti à l'Etat, il y a toujours le même questionnement sur les limites de l'expérience en Russie impuissante à déboucher sur la globalité communiste rêvée dans le Manifeste de 1848.
Lénine reste un penseur original, anti-système. Même s'il est entraîné dans l'échec par l'isolement de la révolution et le fait d'assumer la direction d'un Etat bâtard et qui est en train de se retourner contre lui de son vivant (cf. sa formule : « la machine nous échappe des mains »), il ne cesse de porter les critiques les plus impitoyables contre les défauts qui font surface, contre le flot d'arrivistes sans gêne qui viennent veulement se mettre au service de l'Etat qui n'est pas plus « ouvrier » que « communiste », qu'il reconnaît carrément, plus lucide que son second, Trotsky, en définitive comme de type capitalisme d'Etat. Trotsky n'a jamais eu le génie politique de Lénine. Il eût du flair pour la période, plume de paon il est aussi bon historien. Politiquement il n'a jamais su construire une organisation ; assez naïf il s'est fait balader par tant d'aventuriers qu'on peut en déduire que sans l'ossature du parti bolchevique il serait resté un brillant révolutionnaire de second ordre. Si Lénine voit en permanence, quelques fois trop tardivement, les défauts de l'Etat russe, Trotsky lui n'y pige que pouic et va embobiner des générations de « trotskistes » avec cette fable de « défense de l'Etat ouvrier », ce que Lénine avait clairement rejeté. On renoue souvent avec ses enthousiasmes de jeunesse et Trotsky finira dans une variété radicale de menchévisme avec sa panoplie ridicule du programme de transition, et son soutien à la bourgeoisie antifasciste. Il n'aura jamais le mordant ni cette capacité de Lénine à remettre en cause clichés ou croyances de la veille. Lénine est un personnage hyper-brillant, et comme la plupart des gens brillants, il a l'insulte facile parce que vous ne comprenez pas assez vite. Il n'écrit pas aussi bien que Trotsky, répète souvent, tonne, engueule mais le style n'est pas offensant. On a dit de Proust qu'il avait permis d'approcher les développements de l'âme humaine. Proust a été bien moins lu que Lénine dans le monde, et on peut aussi appliquer aux écrits polémiques de ce dernier les mêmes qualités : le ton est immédiatement hardi, il vous accroche à la boutonnière et ne vous lâche plus, il tape dans le mille, il entraîne l'adhésion parce qu'il ne joue pas au professeur lymphatique que ne s'abaisserait pas à se mettre en colère. 
Il est au fond mieux qu'un professeur universitaire, hautain gandin de l'Eduque naze, il est un maître d'école en politique. Son raisonnement, son argumentation enflammée mais cohérente et logique, est un modèle d'apprentissage pour celui ou celle qui veut se lancer dans le combat révolutionnaire moderne. Le discours est passionné, étranger totalement à la langue de bois, plein de subtilités malgré un abord simple.

Non Lénine n'est pas un intellectuel comme les autres. Il s'énerve comme un ouvrier révolté s'énerverait. Il ne craint nullement d'être un éléphant dans un magasin de bimbeloteries pour dames huppées. C'est pourquoi il a séduit des millions même diffusé par les éditions renégates staliniennes. C'est pourquoi il a tant séduit aussi dans le tiers-monde où cette indignation toujours présente dans ses écrits n'a rien à voir avec la faconde et l'obséquiosité qu'affichaient les professeurs blancs de la colonisation. Trotsky, lorsqu'il s'énerve fait tout petit prince, on sent qu'il se fait le perroquet de Lénine ; et comme tout perroquet il s'avère incapable d'une vraie pensée critique de son capitalisme contemporain, il radote et compose avec les fractions bourgeoises. N'est pas Lénine qui veut ; et je pense à une flopée de petits léninistes estudiantins qui ont prétendu se grimer avec la même casquette que Lénine lors des sixties rêveuses.
Lénine n'est pas un penseur russe, ni un héritier des cosaques. Toujours sa ligne de mire restera Kaustsky, c'est à dire la référence marxiste de la grande II ème Internationale, avec au cœur la blessure de sa trahison. Comment aller plus loin dans la réussite de l'internationalisation de la révolution à partir d'un pays aussi arriéré et totalitaire que l'ex-empire russe ? Comment ne pas rééditer la faillite de la Commune de Paris ? Voilà pourquoi l'échec en Russie a encore plus affaibli Lénine dans la maladie qui lui a été fatale. La contre-révolution souterraine avait déjà anéanti ce cerveau hors norme.


FAIRE PLUS, MAIS PLUS PERVERS

Que vingt ans après la compil « Le livre noir du communisme », Stéphane Courtois se soit senti obligé de revenir salir l'expérience bolchevique m'a tout d'abord interrogé. La charge fielleuse tout azimut avec chiffres faramineux des « victimes du communisme » n'avait-elle pas été suffisante pour rasséréner ses commanditaires bourgeois ? Ou y avait-il simplement une opportunité éditoriale juteuse pour le centenaire d'Octobre 17 ? Les deux probablement, mais une plus sûrement. Courtois, avec sa tronche de Ribouldingue, s'est aperçu en contemplant le pavé mensonger auquel il avait présidé que n'était consacré à criminaliser et déformer la révolution en Russie que 200 pages sur 1000, soit à peine un cinquième quand le reste étalait les turpitudes réelles des héritiers maoïstes et cambodgiens du stalinisme. Plus effarant, Courtois comprit qu'avec les autres pieds nickelés de la
Le livre noirci des Courtois/Werth/Panné
dénonciation d'un communisme qui n'a jamais existé, que cette lourde compil des prétendus « crimes du communisme » avait eu autant d'effet que nos vieux bottins de téléphone. Et pour cause, aucun des faux derches ne s'était attaqué à ce qui reste une épine dans le talon de l'idéologie dominante : la coupure entre l'expérience avec Lénine et l'irruption de la barbarie stalinienne. Hors de notre petit milieu maximaliste, nous savons que des millions de par le monde savent cette coupure – et ce n'est pas une fake new – le réfléchissent et se fichent des prétendus « savoirs » d'historiens apothicaires en manque de royalties et de légion d'honneur. Le « tyran » Lénine eût fort affaire d'ailleurs de son vif à des opposants – plus clairs que lui sur la dégénérescence – et auxquels il ne coupa point le kiki comme Robespierre, à qui les chasseurs de léninistes le comparent abusivement. Le rapport de Khrouchtchev en 1956 fait mine de laisser tomber Staline pour un retour à un Lénine trafiqué, remercié d'avoir créé le parti "monolithique"; or ni le POSDR ni la 3e Internationale n'étaient monolithiques; puis de Brejnev à Gorbatchev la question fut bien plutôt "Que faire du stalinisme agonisant?". Les derniers staliniens et ceux qui utilisent les mêmes méthodes de falsification comme Courtois ne peuvent même plus servir de repoussoir ni masquer la véritable synthèse d'une génération de socialistes russes dans les écrits intransigeants de Lénine, pour tous ceux qui gardent un esprit critique face aux répétitifs dénigrement du mouvement révolutionnaire marxiste.
Dès l'abord, on comprend que Courtois vise une clientèle poutinienne, outre d'autres traductions attendues partout ailleurs, pour rivaliser en prix de revient avec d'autres compétiteurs d'aussi mauvaise foi. Il tressera régulièrement des lauriers aux « traditions russes », sans oublier nombre de génuflexions pour ce pauvre Alexandre II, à faire rougir de jalousie l'autre monarchiste Victor Loupan3. Ribouldingue surgit donc comme un pied nickelé de la « révolution documentaire » (p.23) où l'autre pied nickelé, Filochard Werth aurait montré que concernant la terreur, le père fondateur était bien Oulianov (qu'il nomme selon son humeur Vladimir, Volodia ou Ilitch) : « Werth montrait la responsabilité originelle et très active du chef des bolcheviks ». Voici Ribouldigue en piste avec un attaque ad hominem qui va être conduite à la façon d'un procès de Moscou mais avec pour code d'honneur et base idéologique : le combat contre le totalitarisme ; Lénine « inaugurant l'ère des totalitarismes ».
Or, manque de pot, la notion de totalitarisme fût une invention du début de la période dite de guerre froide, plus inventée certainement par la CIA que par Hannah Arendt. Louche très louche notion qui allait servir à sponsoriser et à décrédibiliser le « glacis soviétique » durant un bon demi-siècle. Mais, il faut le reconnaître, pour caractériser une occupation des vastes steppes russes et des petits frères contrits de l'Est européen comme « communisme » tout en sachant, entre gens instruits, qu'il ne s'est agi que d'un vulgaire capitalisme d'Etat, bien utile à la paix armée pour les impérialisme occidentaux, au moins aussi « totalitaires » dans leur zone de contrôle. Le totalitarisme de régimes barbares exista bien avant dans l'Antiquité et au Moyen âge, de Néron à César, de Genghis Khan à Tamerlan. Question totalitarisme avec la terreur religieuse et policière et le long règne de l'esclavage, l'autocratie tsariste (19 Romanov ce fut long) a été autrement totalitaire que le bref passage des bolcheviques au pouvoir de l'empire. De toute façon, vous ne trouverez aucune démonstration argumentée du concept de totalitarisme, Courtois se contentant de semer toutes les trente pages : « voilà c'était du totalitarisme ». Il a choisi plutôt de truquer moments événementiels et prises de position (circonstancielles) de Lénine au cours de sa vie harceler avec la lâcheté du rond de cuir, balancer comme n'importe quel collabo, pour démolir, démolir, jeter le trouble et pisser sur tout ce qu'a fait ou pu dire Lénine.
Les valets de l'impérialisme idéologique utilisent la même méthode classique pour dénigrer les chefs, les guides ou les individus hors norme qui symbolisent ou se mettent à la tête des révoltés, des insurgés en tout genre qui sont en général de pauvre extraction. Votre « leader » a eu une enfance privilégiée ! Toc on jette le doute. UN révolté est forcément un pauvre con sinon c'est un type louche, n'est-ce pas ? Et puis les premiers bolcheviques ne sont-ils pas une lie de la société, des marginaux louches, n'est-ce pas ? : « … cette intelligentsia était en bonne partie formée d'étudiants sans diplômes, de séminaristes défroqués et d'autodidactes très éloignés des milieux cultivés et savants ». (p43). Ribouldigue vise-t-il aussi à séduire ses lecteurs FN, en remarquant, l'air de pas y toucher – comme lorsqu'il précise systématiquement le vrai nom juif de nombre des compagnons de Lénine – que le jeune Volodia (Lénine enfant) avait un livre sur sa table de chevet : « la case de l'Oncle Tom », un best seller du 19e siècle. Quoi ? en plus enfant ! le futur tyran se souciait des « nègres » ?
Passons à l'adolescence « fracassée » (comprenez que le zigoto n'a pas pu avoir une adolescence « normale ». Avant de nous peindre l'ado Vladimir, 15 ans à peine, environné par de paranoïaques terroristes débutants, notre ex-mao invente un Kautsky se moquant de Marx sur la question du terrorisme (p. 66-67). Ce n'est qu'une affabulation, si Marx et Engels ont logiquement salué les premiers actes terroristes en Russie, ils ont vite renoncé à le soutenir dans la deuxième moitié du 19 e siècle, remettant en cause du coup aussi les petits bourgeois sanguinaires de 1793. Cette moquerie supposée de Plekhanov à l'encontre de Marx aurait donc été le cadre où se serait laissé piéger le grand frère de Lénine, Alexandre. Confus l'historien mao !
L'ado Vladimir est quelque peu « perturbé » par la pendaison de son frère mêlé à un groupe de terroristes peu expérimentés ; qui le serait à moins ? Mais le Yann Moix de l'historiographie bourgeois ne s'en tient pas là. Il danse sur le cadavre d'Alexandre et la peine immense de Volodia, mais il lui faut cracher encore sur l'ado en pleurs. L'assassinat légal le « fait se raidir dans une posture aristocratique », et « devant la police, il lui arriva même de signer : « Noble héréditaire Vladimir Oulianov ». Ribouldingue est si bête qu'il ne saisit jamais l'humour dévastateur de Lénine ; moi à sa place j'aurais pu signer « président de la république » ou « roi d'Auvergne et de Lozère » pour me ficher des pandores. (p.70)
Le procureur Ribouldingue va appliquer ensuite la méthode psychologique, très recherchée par tous les Torquemadas justiciers du capitalisme moderne depuis un siècle : « Boris Cyrulnik explique la situation dans laquelle se trouve alors le polytraumatisé psychologique... » (p.73).
Euréka ! Le polytraumatisé Lénine va donc chercher ses sources chez Tchernychevski. Le sadisme de Lénine est identifiable par son intérêt pour le bistouri dans le roman de Techernychevski, et le totalitarisme est en germe car : « … on y croise aussi l'idée utopique de « l'unanimité » dont Lénine fera son credo pour le fonctionnement du groupe bolchevique dès 1903 » (p.80). Encore un gros gros mensonge de Ribouldingue, qui peut faire sourire même un trotskien bas de gamme, Lénine est surtout connu pour son intransigeance et la scission à chaque fois que les opportunistes veulent engluer le mouvement dans l'unanimisme4.
D'ailleurs le polytraumatisé n'a accès au monde ouvrier que par la lecture (c'est faux il est souvent allé aux usines en France ou en Russie pour discuter avec les ouvriers ou même les interviewer), et, donc (sic) : « cette passion révolutionnaire implique un acte de foi, la conversion à une religion politique ». En gros il est habité par une narcissique « volonté de puissance » (p82).
S'appuyer sur les « on dit que », vient relayer l'analyse psychologique du polytraumatisé : « Nombre de témoins, à commencer par Trotsky et Valentinov, ont raconté comment, lors de leurs premières rencontres avec Lénine, celui-ci les soumettait à un véritable interrogatoire pour s'assurer leur attachement à ses idées et à sa personne, quitte à les rejeter avec violence au premier doute » (p.84). Ainsi notre polytraumatisé devient caractériel voire pervers narcissique comme tant de beaufs trotskiens de notre 21 e siècle ! Ses polémiques sont « grossières », il fait un «usage systématique de l'insulte »... il traite les gens « d'enculés » dans les conversations privées ! La page 85 aurait pu être écrite par n'importe quel éditorialiste nazi anti-léniniste très primaire : « La grandeur de la fin (communiste) justifie l'horreur des moyens ». Ribouldingue tenait à nous lâcher un bon mot sur l'avenir du polytraumatisé « en plein drame familial et en crise identitaire d'adolescence ». Envisager le communisme pour l'humanité ne serait donc qu'une « crise identitaire d'adolescence » ?
On se rapproche peu à peu de la réalité totalitaire de Ribouldingue concernant un ado polytraumatisé. Il aurait été en réalité très suggestionné par le catéchisme de cet idiot de Netchaïev, reprenant un des préceptes (honteux) du catéchisme terroriste : « Enfin, était exigée « l'entière franchise des membres vis à vis de l'organisateur ». Autant de principes que Vladimir allait reprendre et systématiser dans le premier ouvrage signé sous le pseudonyme de Lénine, son Que Faire ? De 1902 (…) Lénine allait dans cette lignée considérer les membres de son parti comme des « agents », chargés d'exécuter avec discipline les ordres de la direction » p.91). C'est archi faux !
Pas plus bordélique que le parti bolchevique, où les militants sont si indisciplinés que même Arlette Laguiller aurait refusé de les admettre comme sympathisants à sa secte ; ça gueule, ça désobéit sans arrêt, deux zigotos du comité central annonce même publiquement le jour prévu pour l'insurrection. Oui sur la question de la discipline clandestine (quand on y est réduit) Netchaïev avait raison, mais il n'a rien à voir avec Lénine qui a choisi le parti des masses et pas celui de la bombe. Pendant des pages et des pages Courtois tente de nous faire passer Lénine pour un marginal à la Netchaïev, un éternel polytraumatisé cachant un sadique pervers, adepte de la théorie névrotique de la vengeance, résumé totalitaire : « Ces deux grands axes de réflexion – haine de classe et organisation de révolutionnaires professionnels – ont imprégné la conscience d'un homme avide de vengeance et conscient de l'amateurisme des premiers opposants à l'autocratie » (p.95).
Attention voici le premier lien, certes ténu, avec l'héritage lénino-stalinien : « Ainsi, sous le Catéchisme couvait déjà la figure du communiste-bandit à la mentalité de cruel parrain mafieux, celui que Lénine qualifierait de « merveilleux Géorgien », un certain Iossif Djougachvili, plus connu sous son pseudonyme de Staline » (p.97). Le polytraumatisé, replié dans une position antalgique (comme aurait dit saint Boris Cyrulnik) déniait névrotiquement l'image identitaire de ce petit salaud de Netchaïev ! « Il se reconstruisit en adoptant, de manière largement artificielle, une autre filiation à travers une nouvelle paternité idéologique dont il allait faire son miel »... un marxisme primaire (p.105).


Démolition à suivre...





NOTES


1Je conseille vivement de lire la biographie par ce Lars Lih (ed Les prairies ordinaires), où même avec un traitement romantique littéraire, l'auteur dit des choses essentielles, ignorées jusque là, même s'il perd un peu le fil vers la fin, où il faut absolument lire la postface de Jean Batou, pourtant lui aussi limité par son passé trotskien.
2https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1923/03/vil19230304.htm
3Que je n'ai pas loupé. Que j'ai également recensé et démonté au début de la fulgurance des biographies haineuses contre le « tyran » à la date anniversaire : https://proletariatuniversel.blogspot.fr/search?q=victor
4Courtois est un âne de première qui colle et assemble des raccourcis imbitables, et fait des rapprochements qui ne tiennent pas debout. Premièrement il tait l'intensité des débats à l'époque, notamment avec Rosa Luxemburg qui n'envoie pas de fleurs à Lénine, l'obligeant même à repréciser sa pensée, notamment dans l'extraordinaire texte méconnu « un pas en avant, deux pas en arrière », qui continue à être oublié ou confondu avec le livre du même titre. Courtois ne l'a visiblement pas lu, ou le laisse de côté par filouterie ; de même il n'a pas lu les débats du congrès de 1903 (puisque c'est moi qui les ai traduit sur ce blog)où il aurait été penaud de voir un Lénine pas du tout autocrate mais souvent mis en minorité ou obligé de corriger ses propres contradictions. Toute l'histoire du parti bolchevique est d'ailleurs débats contradictoires, engueulades sans souci de hiérarchie, en fait un modèle de parti comme Ribouldingue pourrait le conseiller au partis bourgeois hiérarchisés, totalitaires et sectaires dont il défend la théorie pourrie de la démocratie... corrompue.