"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 10 septembre 2015

L'INTOX HUMANITAIRE SE MOQUE DES REFUGIES (de guerre) ET DES PROLETAIRES (en paix)




La campagne idéologico-humanitaire bat son plein. Le patron des patrons, Gattaz, livre un article dithyrambique sur l'immigration qui est une chance (pour lui), plus elle sera massive plus les profits seront conséquents. Le pape est doublé sur sa gauche et mère Térésa une piètre bonne sœur. Comment ne pas saluer l'initiative du gouvernement finlandais d'augmenter les impôts des plus riches pour couvrir le coût de l'immigration; ce qui n'est pas le cas du gouvernement Hollande qui, face à des prévisions électorales catastrophiques, diminue les impôts des couches moyennes pour faire supporter le coût en question sur les basses classes "racistes" et "sans dents", dénuées de toute valeur républicaine.
Pas de système plus humain que le capitalisme européen, l'allemand en tête, à faire se retourner dans sa tombe les plus grand « accueillant » d'immigrants de la terre, Hitler. Le capitalisme, historiquement, y inclus sous le régime nazi, a toujours eu un besoin intense de main-d'oeuvre « étrangère », soit par l'attirance de meilleurs salaires et d'une plus grande considération pour les prolétaires des colonies en temps de paix, soit par la réquisition forcée des bras nus en temps de guerre. L'immigration profit pour la bourgeoisie mais pas toujours pour la classe ouvrière...

Le travailleur immigré, dans la paix comme dans la guerre, a donc toujours été source de profit à bon compte pour la bourgeoisie, mais les millions de surnuméraires dans le monde de nos jours infirment l'automatisme de l'accueil portes grandes ouvertes ; et on le verra de plus en plus à l'avenir, la bourgeoisie fabrique plus de « gares de triages » qu'elle n'ouvre des prés enchantés ornés de muguet et de ballerines. La sorcière qui se fait appeler Angélique Merkel, sera depuis longtemps rangée au musée des farces et attrapes.
Pour le mouvement ouvrier, le problème de l'immigration est resté aussi complexe que celui de la guerre, et justement parce qu'il est lié à la guerre entre les nations, guerre politique et économique. Le flux de populations migrantes est une constante de l'histoire de l'humanité et il serait étouffant pour toute société de prétendre y mettre fin. L'internationalisme, professé depuis les origines de la classe prolétarienne, a souvent été mis à mal face à la venue en plus ou moins grand nombre de prolétaires de pays différents. Rosa Luxemburg rappelle dans ses écrits sur la France que dans certains cas était exigé par les ouvriers autochtones eux-mêmes un maximum de 10% d'étrangers à l'embauche. Mais internationalisme n'a jamais signifié « ôte-toi de là que je m'y mette » ; internationalisme n'a jamais signifié abnégation chrétienne. On a toujours voulu faire passer les communistes révolutionnaires soit pour des diables bouffeurs d'enfants soit pour des curés ratés ; la dernière hypothèse est désormais à la mode.

Est-il étonnant que les papes soient nommés en fonction des époques troublées : pourquoi un pape polonais à l'époque de la plus grande grève de masse (de Gdansk)que l'Europe ait connu en Europe au début des années 1980 ? Pourquoi ce nouveau pape des pauvres et des migrants, François le bienvenu chez Médiapart :
« Récemment, le pape François s’est exclamé que les communistes étaient des chrétiens qui s’ignorent et qu’ils avaient “dérobé” aux chrétiens le message des Évangiles. Amen ! Voici un pape gramscien qui comprend parfaitement le cheminement des croyances et des représentations populaires, et leur importance dans la vie du peuple. Bref, si les matérialistes sont des chrétiens qui s’ignorent (ou pas), ce pape a dû recevoir quelques rudiments d’éducation marxiste. En effet, de Marx à Gramsci, on ne trouve nulle condamnation des croyants. Les marxistes savent que la foi religieuse en milieu populaire est souvent l’arme de défense des opprimés.
À l’occasion de la Rencontre mondiale des mouvements populaires au Vatican, le pape a déclaré : “Certains, quand je demande pour les pauvres de la terre, un toit et un travail, disent que le pape est communiste ! Ils ne comprennent pas que la solidarité avec les pauvres est la base même des Évangiles”. Avant d’être camarades, aurait pu ajouter le pape François, nous sommes des frères et des soeurs. Dans la Toscane communiste, on a d’ailleurs coutume d’appeler une personne juste et honnête, “un buon cristiano”. (article de Philippe Marlière)

Un défroqué du stalinisme Pierre Juquin – bien longtemps après son maître Thorez qui tendit la main aux électeurs cathos – déclarait au début des années 90 - que l'Eglise ayant atteint un but majeur avec la chute du système communiste est-oriental, allait progressivement remettre en question le capitalisme ? Les pères de nos réformistes radicaux gauchistes – devenus prosélytes évangéliques d'un capitalisme (teuton) qui serait « une chance » pour le prolétariat aliéné nationalement et au chômage assisté – nous avaient déjà fait le coup du grand soir vespéral (excusez du pléonasme, mais l'idéologie anar du grand soir a toujours été typiquement chrétienne) avec les curés rouges d'Amérique latine, farceurs à moitié guévaristes.

Non la théorie communiste, marxiste, n'est pas chrétienne ni guidée par la charité bourgeoise et le profit capitaliste. La solidarité de classe ouvrière est cependant mise à mal lors des périodes d'exodes de guerre où le chacun pour soi – jusqu'au déchirement et aux violences entre migrants eux-mêmes – atteint un niveau dramatique. Vivons-nous à l'époque du jeune capitalisme où les migrants par leur nombre, leur variété, leur croyance en le progrès, allaient contribuer incontestablement à la révolution industrielle, ou dans un monde décadent où une bourgeoisie nordique promet aux « gens du sud » monts et merveilles, alors que ce sera du sang et des larmes pour tous ceux qui seront intégrés/prolétarisés et toujours la fuite et la peur pour ceux qui, à la loterie des portails préfectoraux, seront rejetés et poussés vers n'importe quel gang armé comme Daesch. Pour survivre merde ! Même le temps d'un échange de tir de kalachnikov !

UNE BOURGEOISIE PLUS INTERNATIONALISTE QUE LES INTERNATIONALISTES COMMUNISTES ?

La campagne cosmopolite bourgeoise et éventuellement humanitaire caracole en tête des sondages, mais commence déjà à faiblir, on verra bientôt pourquoi. Je le répète, autant juste avant la fin du mois d'août les migrants de guerre n'étaient tout au plus que des clandestins voire phénomène dérisoire, appendice du rapport aux choses du monde, comme la conférence sur le climat ou l'embonpoint des stars vieillissantes, autant les bougres sont devenus matière à bondieuserie universelle, sorte de « devoir humanitaire » selon toute la presse aux ordres et leurs saltimbanques artistes, « une chance » pour le NPA et tant d'autres suivistes des campagnes médiatiques « morales » si chaleureuses et accueillantes avec les « war people ». Les pères politiques des Besancenot et Edwy Plenel (prions le seigneur pour l'oubli sans la repentance mes bien chers « frères de classe » !)soutenaient les dictatures staliniennes et maoïstes qui firent fuir des réfugiés aux yeux bridés par la « guerre de classe » maoïste, et qui ne furent pas hébergés par l'Evangile ni le marxisme mais par les représentants du « grand Kapital », les mécréants Giscard, Sartre et Aron!

Tout se passe comme si la bourgeoisie, avec son cosmopolitisme caritatif, était plus internationaliste que des internationalistes ringardisés par un souci de ne pas se laisser piéger par ce faux humanitarisme, attendant la bénédiction d'un prolétariat en haillons. Or, cette prétention au bien universel n'est pas nouvelle dans la stratégie de domination des masses par l'Etat bourgeois. C'est le combat pour la nation socialiste française (socialiste en avant toute pour la patrie!) – la France en détenant la marque de fabrique - qui justifie la mobilisation pour la guerre en 1914. C'est le combat pour la démocratie qui est la « valeur » inculquée pour justifier l'envoi au nouveau casse-pipe en 1940. C'est la constitution de l'idéologie européenne qui est la valeur inculquée à la Libération pour faire pièce au communisme même déformé par le stalinisme ; l'idée européenne est particulièrement perverse parce qu'elle prétend abolir les frontières et organiser la société sur un mode fédéraliste capitaliste où tous les chats sont gris mais les profits préservés partout. L'Europe ne resta qu'une nouvelle aire géographique gérée comme une nation spongieuse et sous contrôle de la bourgeoisie américaine, qui s'en sert toujours sans vergogne comme d'une éponge, à tous points de vue.

Au début de l'actuelle campagne humanitaire il n'est jamais question d'exode ni même d'exode massif (je crois même être le premier à avoir utilisé ce terme qui précise plus l'ampleur de la catastrophe que les chants d'amour venus de la bobosphère teutonne) ni jamais de la cause première de la guerre là-bas (cf. mon article : Afflux de migrants...). C'est seulement deux semaines après leur revirement à la suite des orientations (affolées) de leurs patrons obscurs d'Etat que les médias semblent reconnaître la vérité qui conditionne tout le gigantesque ramdam charitable pour couvrir la forfaiture idéologique : « la majorité des personnes entrées illégalement (sic) en Europe proviennent de pays en guerre ou sous régime totalitaire », et de nous détailler la liste des pays en guerre, sans préciser la présence des professionnels et des commerciaux des armées française, allemande, anglaise, américaine, russe, et on en passe. C'est le plus hypocrite de tous les supports de l'Etat moralisateur - Le Monde - qui nous sert cette soupe rétroactivement, et cela renifle le « on n'y peut rien », « on n'y est pour rien », « méprisons toute concupiscence, plions-nous à la repentance » !

Le plus marquant est la confirmation d'une domination implacable des médias et partis politiques obligeant à se prosterner devant le « prêt à penser » de la misère du monde. Aucun réel débat n'est affiché dans la presse et aux écrans, sauf à diaboliser, insulter et surtout relier toute dissidence aux « fachos » du FN. Les seules vérités qui apparaissent, amenuisées et méprisées, traînent dans les commentaires agacés des anonymes, au milieu des monceaux d'insultes habituelles. L'entre-soi humanitaire et condescendant du journaliste gauchiste tiers-mondiste et du religieux internationaliste s'affiche en parfaite symbiose sur le trône des médias.
La mobilisation pour « accueillir » interdit toute réflexion sur le fond (pourquoi la guerre et comment l'arrêter?), en dénonçant « l'égoïsme des français qui font honte à l'Europe), voire en comparant sans se gêner avec l'accueil de la population espagnole fuyant Franco, sans nuancer que les « secouristes rouges » étaient cette même gauche stalinienne en France dont les complices avaient passé leur temps intra-muros à flinguer leurs opposants politiques révolutionnaires à Barcelone et ailleurs ; le PCF se vanta d'avoir développé l'adoption des orphelins anarchistes de la « guerre civile », qui fût pourtant déjà une guerre impérialiste locale, où fascistes et stalinistes se partageaient les faveurs et les horreurs de la démocratie bourgeoise.

Aucun média, ni les faux-culs Médiapart et Rue 89, ni Libé-Rotschild, ne rappelle l'exode des pieds noirs (car ils furent autrement mieux « accueillis » que les « bougnoules ») ; tous ces ex-activistes gauchistes tiers-mondistes passent aussi très vite sur les boat-people... qui n'étaient que deux millions de petits bourgeois qui avaient mérité leur sort pour ne pas s'être soumis aux grands dirigeants « révolutionnaires » du Cambodge et du Vietnam ! Heureusement, comme on l'a vu plus haut, le nouveau pape François pardonne tout et remplace le Che et Ha Ha Ha... Ho Chi Minh !

UNE CAMPAGNE DE DEPOLITISATION

Cette considérable pression de la charité gouvernementale, qui surfe sur les moutonnières démonstrations aussi vespérales commémorant l'assassinat de l'équipe de Charlie Hebdo et le « vivre ensemble » toutes religions galvanisées, permet d'esquiver le problème de la guerre et surtout d'éradiquer toute opposition aux guerres opaques des impérialismes modernes. Si cette question de la guerre n'est pas prise en compte par un mouvement révolutionnaire conscient, et dynamique au sein de la classe ouvrière, il est vain de penser que la « colère insurrectionnaliste » pourrait se déclencher à partir des grèves salariales immédiates, comme l'imaginent deux généraux en retraite du maximalisme des eighties. Manifester comme cela eût lieu contre la guerre du Vietnam – manifs elles-mêmes déjà ambiguës car en partie sponsorisées par l'impérialisme russe – apparaît bien difficile aujourd'hui. Manifester contre quelle guerre ? Quand la bourgeoisie est capable de nous chaparder (bien que de façon ecclésiale) la notion d'internationalisme, pourquoi se gênerait-elle en inventant la guerre du bien ? Le mal c'est Daesch, mal absolu qui égorge des humains et met au chômage les gardiens de musée. Si vous dénoncez par exemple l'armée du général Hollande, vous êtes donc complices de Daesch ?

Dans cette grande croisade de charité, très temporaire en réalité, il n'y a plus personne pour faire le boulot politique de dénonciation de la canaille ecclésiastique bourgeoise. Pourtant les arrangements du noble bourgeois Juncker et de Angélique Merkel apparaissent bien complices des « passeurs », sans oublier la charité bien ordonnée de la puissante Amériiique qui veut bien recevoir à peine 1500 moyen-orientaux par an et éventuellement 5000 en 2016 en espérant que la source (militaire) se sera tarie. Les 800.000 accueils envisagés, mais pas souhaités par la bourgeoisie allemande, sont un beau tape à l'oeil...

CHARITE COMMENCE PAR SOI-MEME

Il n'a échappé à personne la situation démographique gériatrique de l'Allemagne. L'Allemagne a clairement besoin d'un apport important de population jeune et prompte à consommer, mais étalé dans le temps ce qui ne sera pas forcément planifiable. Ces 800.000 migrants sont donc une bénédiction pour l'économie allemande. D'autant que 46 % des employeurs allemands ont des difficultés à recruter, comme le constate La Tribune. Mais ce que tous ces divers journaleux oublient de mentionner est que la probe Angélique d'Outre-Rhin avait cautionné il y a plusieurs mois des campagnes de recrutement à l'Est avec un œil du côté des pays du sud (européen comme l'Espagne et le Portugal) pour une préférence aux « réfugié » blancs et baptisés. Bien que électoralement la venue massive de possibles recrues de Daesch ne soit pas souhaitée, la réponse « bras ouverts » et « nez bouché » de la bourgeoisie allemande aux mal-venus du grand sud a permis de mieux masquer l'affolement de toutes les cliques au pouvoir en Europe.

Dans le plan d'un dimanche soir arrosé, le gouvernement fédéral teuton a donc décidé de faciliter l'accès des migrants au marché du travail. Le délai au-delà duquel ils pourront faire de l'intérim a été avancé de quatre à trois mois. Les équipes des agences pour l'emploi seront renforcés pour proposer des emplois ou des formations aux migrants.
Nouvelle ouverture dans l'affolement des frontières allemandes, avec un gouvernement si arrogant face à « l'égoïsme français », si vite relativisé par la volonté de son homologue gaulois pour le « soulager » de quelques centaines de migrants, alors que l'angélique recruteuse du patronat allemand se faisait fort d'en accueillir 800.000 sans l'aide d'aucun de ces petits Etats vassaux et égoïstes. D'autant que comme le dit, l'hebdo du patronat français, l'Obs la France est nettement moins accueillante, malgré que des sous-fifres de l'OFPRA tentent de "détourner" vers cette goujate une portion déjà excédentaire en Germanie.
Gouvernement gauche charitable (oubliera-t-on la gauche caviar?) qui affiche, par excès de zèle, une claire volonté de saupoudrer partout l'islam dans les villages, et surtout de ne pas privilégier les « chrétiens syriens » dont on nous assurait encore le mois dernier qu'ils étaient les principales victimes en pays d'islam. Preuve de plus de l'encouragement au prosélytisme islamique, l'enseignant qui dénonçait les dérives du lycée musulman Averroès à Lille, a été... condamné. Du fait que le gouvernement Hollande est l'allié des cliques islamistes en Syrie, il se sent obligé de défendre cette "bonne foi" quand Daesch, par un étrange revirement (avant ils encourageaient les migrations) met en garde les "croyants" contre le risque de contamination en pays laïque!

Dans la réalité, absente de l'utopisme humanitaire des gauchistes suivistes, la majorité des migrants non seulement restera mal accueillie partout, à la rue souvent, mais en plus ces travailleurs tant désirés par les patrons "humanitaires" ne pourront pas immédiatement combler les manques de main d'œuvre qui existent aujourd'hui et qui concernent majoritairement de la main d'œuvre qualifiée, où malgré le bla-bla médiatique la majorité des prolétaires en situation de réfugiés n'ont pas plus les compétences recherchées que les autochtones. NB: les aides financières ne sont pas terribles mais les même en Allemagne (346 euros) qu'en France (343 euros) quand l'arrogante Suède est minable (224 euros).

Angélique Merkel n'a pas tout le feu vert, son alliée la CSU bavarois lui a demandé de « faire cesser le flux » des réfugiés, avec établissement de quotas et listes des pays sûrs. Ainsi, le statut de « pays sûr » a été accordé à la Macédoine, l'Albanie et le Kosovo, permettant de refuser toutes les demandes d'asile des ressortissants de ces pays et d'expulser tous ceux qui l'ont obtenu jusqu'à présent. Pour la CSU, il y a en effet le risque que des migrants économiques des Balkans ne viennent se mêler au flux des réfugiés moyen-orientaux.
De plus, les réfugiés – qui veulent être reçu comme des papes (l'ambiguë Radio-France ne cesse de passer des interviews comme celui de ce père de 9 enfants (!?) protestant du mauvais accueil et menaçant de retourner chez lui - n'auront pas, comme jusqu'à présent, droit à de l'argent liquide, mais à des aides en nature. Là aussi, c'est une réponse aux critiques de la CSU. Enfin, la durée de suspension des mesures d'expulsion en cas de rejet des demandes d'asile a été raccourcie de six à trois mois. Angélique Merkel tente de maintenir la colère de la CSU qui, elle, est attisée par le fait que la Bavière est en première ligne. Les scènes d'accueil à Munich ne traduisent sans doute pas entièrement le sentiment de toute la Bavière, haut lieu conservateur du pays ; on n'entend parler non plus de sondages Outre Rhin. On constate seulement que si la bourgeoisie française règne par le double langage, en laissant bien voir concurrence et arrogance de certains migrants, tout en priant le bon dieu pour que chaque manant en accueille un dans sa chaumière, la bourgeoisie allemande est très pragmatique, et les sourires de réfugiés syriens chantant « Thank you Germany », « Merkel please help me » et autres « Mama Alemania » , vont bientôt virer aux larmes.
Angélique Merkel, qui avait prévenu que l'ouverture des frontières était « une mesure temporaire », doit donc trouver rapidement une solution européenne à la crise. C'est pourquoi elle a plaidé tout au long de la semaine dernière pour « une répartition européenne » des migrants. Laissons La Tribune résumer parfaitement l'hypocrisie immigrationniste humanitaire : «  En réalité, il n'est pas certain que la chancelière puisse, une fois l'enthousiasme des premiers jours retombé et les critiques de sa droite relancées, maintenir sa politique actuelle d'ouverture. Il lui faut donc rapidement utiliser sa position de force acquise ces derniers jours pour imposer des « quotas » à l'ensemble des pays membres de l'UE. Paradoxalement, les principaux obstacles à cette politique devraient être les pays d'Europe centrale, traditionnellement les principaux alliés de Berlin, comme on l'a vu encore dernièrement dans la crise grecque ».



UNE DESINTEGRATION DE LA SOCIETE FRANCAISE



L'utilisation de ce terme par le candidat Sarkozy, l'affreux Paul Bismuth qui est régulièrement blanchi dans tous ses procès, est intéressant. Je ne sais pas quel est le conseiller qui le lui a glissé, mais il parle plus que la sempiternelle « identité ». Bien sûr il a encore tout le culot du PN qu'il est. Il se permet de parler de « réfugiés de guerre » alors qu'il est un des responsables du chaos en Libye, comme est responsable de l'alimentation de la guerre son successeur. Aucune des propositions du blaireau de la droite caviar n'est évidemment tenable. Des camps de l'autre côté de la Méditerranée, là où il y a la guerre ! C'est se ficher des prolétaires et des migrants. Remettre en cause Schengen ? mais ce serait confronter la bourgeoisie allemande dominatrice dont il a été l'obligé comme Hollande.



Comme je l'ai rappelé, il y a un double, voire un triple langage des dominants. Ils peuvent aussi, partiellement, parfois dire des choses justes. Mais chez les dominants il y a toujours un gouffre entre le discours et la réalité, ce qui est criant avec l'impressionnante panoplie des promesses charitables étalées à propos des migrants réfugiés ou pas. Quand certains cadors politiciens reprochent au peuple et au prolétariat, d'autres partagent en sous-main un opinion moins chic, ou est chargé de jeter du lest face au grand mensonge déconcertant ; ainsi Fabius qui a osé déclarer qu'il fallait mettre un frein pour éviter la victoire complète de Daesch et protéger les spécificités nationales, de quoi faire rougir d'indignation madame 2%, verte de rage et rouge de confusion.
A droite, des Dupont-Aignan ou Philippot, d'un parti qui n'est pas fasciste peuvent dire des vérités gênantes pour la doxa de la gauche morale au pouvoir, tout en restant gauche bourgeoise et eux variable d'ajustement de la conservation sociale. La crucifixion régulière de Marine Le Pen frise aussi souvent le ridicule – mais c'est une stratégie visant à lui refiler les électeurs les plus pauvres. Il y a bien risque d'invasion quand les exodes de guerre aboutissent déjà dans l'ïle de Lesbos en Grèce où on compte 30.000 habitants pour 20.000 demandeurs d'asile, même de passage. La bêtise des journalistes aux ordres leur fait énoncer que toute chose dite par Mme Le Pen est le produit de « détestables obsessions » ; elle est tuée avant d'avoir ouvert la bouche et méprisée dans son statut de femme puisqu'ils l'a nomment tous Le Pen. Lorsqu'elle dit que les demandeurs d'asile sont à 90% des hommes, elle exagère pour l'heure. C'était pourtant bien le cas avant. Désormais c'est un nouveau « regroupement familial » qui s'avance, des familles entières qui ne veulent aucunement se réfugier mais « s'installer », et comme on peut les comprendre ! La remarque de Mme Le Pen, on ne l'a pas attendue, même si les médias nous rabâchent qu'elle pense pour nous ou nous influence. En réalité, lorsqu'il y a exode d'hommes en majorité, il va toujours se poser des problèmes d'intégration à la société accueillante. Qui dit majorité d'hommes migrants dit problème avec les femmes, déjà qu'il n'y en a pas assez pour nous...
Nos grands journalistes qui nous ont raconté le risque de guerre mondiale venant des pays asiatiques où une politique délirante des naissances a réduit considérablement les naissances féminines, n'hésitaient pas à souligner ce problème évident et dramatique pour le fonctionnement d'une société ; en temps de guerre les japonais ont d'ailleurs été les champions pour l'organisation de grands camps de prostituées coréennes et les libérateurs US ont fait prospérer de grands bordels en Normandie... Le sexe serait-il facteur de guerre comme l'argent ou le pétrole ?
Ponctuellement la fille prodigue Le Pen n'a pas toujours tout faux, elle n'est pas non plus une criminelle, là où elle a plus tort que les autres c'est de plaider pour une ringarde solution nationale ; mais qui peut vraiment lui reprocher de tenir à peu près le même discours que Marchais avec l'intonation d'Arlette ? Là où elle garde un espace – que le pouvoir préfère lui réserver – c'est pour dire de petites vérités, insuffisantes à énoncer le fond du problème, mais malheureusement pas étayées ou dépouillées par un véritable parti internationaliste démasquant les bidouillages de l'ensemble de cette classe politique bourgeoise, avec ses faux extrêmes : les radicaux réformistes roses et un FN de clocher et de cloches.
Aucune fraction dominante n'est crédible dans ses discours de promesse ni ne peut offrir une solution à cette hémorragie d'êtres humains, qui ne pourrait être jugulée que si on mettait fin au capitalisme le plus rapidement possible, et par conséquent aux guerres.
Dans la désintégration, outre cette concurrence salariale et sexuelle, apparaît un autre aspect déliquescent, la religion, une religion qui se fait voir, une religion qui remplace de stalinisme dans l'imaginaire de la révolte des plus pauvres ; et pas n'importe laquelle : une religion qui appelle au meurtre tout mécréant. Moi laïc je me sens bien mieux en terre chrétienne que si je devais me plier aux coutumes en terre musulmane. Ce n'est plus une décomposition du paysage mais bien une désintégration d'un univers où tout respirait la liberté de s'habiller en pantalon ou chemisiers légers, hommes comme femmes, et où l'hiver vestimentaire vient assombrir rues et plages. Les femmes réfugiées arrivent de plus en plus nombreuses et voilées. Cela n'est pas anodin. Bien sûr qu'il faut soutenir autant une femme voilée que non voilée si elles sont victimes d'agression, mais la « soumission volontaire » des plus aliénées subsistera après le voyage de tous les dangers venant grossir la mode du port du voile qui signifie soumission de la femme et référence à une religion policière et dictatoriale. La tolérance des gouvernants à l'égard de cette croyance envahissante est du même ordre que celles des communistes staliniens qui ont crurent bon de s'allier avec les nazis, favorisant ainsi leur accession ultérieure au pouvoir d'Etat. Je n'ai pas réussi à lire la parabole de Houellebecq jusqu'au bout. Les musulmans ne sont pas des fascistes mais ils sont les chevaliers d'un retour en arrière de 1000 ans, qui peut convenir à la pérennité de la poursuite du profit dans un ordre moral plus proche du régime victorien que du nazisme, et cet ordre là ne peut pas non plus en finir avec l'exploitation et les guerres.
Personne en France n'en veut aux migrants. Nos parents ont connu la débâcle et la déportation. Les parents de nos potes prolétaires d'une deuxième génération francisée ont connu le colonialisme. Tout le monde souhaite la meilleure intégration... progressivement, mais la guerre capitaliste, la crise financière et le chômage massif provoquent et provoqueront encore et encore des tsunamis de populations, là est la problème de la gouvernance bourgeoise qui ne pourra pas toujours endiguer la misère qu'elle engendre dans le monde entier. De plus, pour l'instant ce sont des migrants blancs, quoique majoritairement musulmans, mais blancs, quelles seront les réactions lorsque les réfugiés seront de plus en plus noirs ?
Nos moralistes de chaire, qui vivent dans l'entre-soi de l'élite entre tarmacs et lambris se fichent de saupoudrer partout dans les villes et villages des femmes voilées et des familles nombreuses qui seront peu à peu catalysées en ghettos, mais c'est le premier pas vers la désintégration, et cela personne n'en met en avant les conséquences – un éclatement de toute intégration ouvrière et sociale - pas même le démagogue Sarkozy. Ce  dernier, avec le culot qu'on lui connaît (il reste coresponsable de la "fuite" massive des réfugiés) a bien contrarié ses compétiteurs au pouvoir en utilisant l'expression "réfugiés de guerre"; ce qui a entraîné les cuistres de la gauche caviar à se démasquer: "faux, on ne fait pas de différence entre les réfugiés"! Et le servile torchon Libération de livrer son intox: "Ce statut de «réfugié de guerre» a été incorporé dans une directive européenne de 2005, que tous les Etats membres ont dû transposer. Avec ses propositions qui existent déjà, Nicolas Sarkozy a dix ans de retard sur ce dossier. Voire plus : l’Union européenne s’est en effet dotée, en 2001, d’une autre directive qui prévoit, en cas d’afflux massif d’exilés, d’accorder une protection temporaire d’une à trois années, avec retour dans le pays d’origine si la situation s’y améliore. La Commission européenne n’a pas jugé nécessaire d’activer ce mécanisme ces derniers mois".
Mais "incorporé" ou pas on assiste en premier lieu à un afflux massif de réfugiés "de guerre", dans laquelle est impliqué l'actuel gouvernement français. Le tour de passe-passe de la gauche bourgeoise ne passe pas non plus: c'est de l'embrouille pour cacher: 1. que les réfugiés veulent rester que la guerre cesse ou pas et être acceptés comme migrants économiques, 2. que le gouvernement, simple exécutant des financiers, fait ce qu'il veut avec les directives européennes, même s'asseoir dessus ou, se cacher derrière pourvu que l'on oublie la notion de "réfugiés de guerre". Amendée ou pas, l'expression "réfugiés de guerre" suppose un hébergement temporaire et un retour au pays si toutefois la paix est  revenue; comme not' gouvernement n'est pas prêt de faire cesser la guerre, il fait répondre bruyamment à Sarkozy qu'on n'a pas obligé au retour des républicains espagnols chez Franco. Certes mais on les a embrigadés dans la guerre mondiale! Ensuite, même contestables dans leur combat pour une démocratie bourgeoise sans dictature militaire, républicains et anarchistes combattaient sur le plan social et politique, et n'ont pas emporté-importé dans leurs misérables besaces une idéologie creuse du Moyen âge ni des foulards à chaque coin des rues. La confusion des genres entre réfugiés et migrants sert à masquer la culpabilité de la classe bourgeoise, toutes fractions politiques confondues. Un réfugié a été migrant et un migrant veut devenir réfugié accepté, c'est tout.

Face  à la migration massive qui n'est pas "normale", contrairement aux lamentations accommodantes de l'invraisemblable pression médiatico-gouvernementale, les contradictions de la bourgeoisie s'aggravent dans un marais idéologique qui pue le cynisme pervers et fait pitié.











mardi 8 septembre 2015

UN MICRO MILIEU MARXISTE IMMIGRATIONNISTE doublé par le charity business de la bourgeoisie


 Mes bien chers frères de classe...

Où l’on s’ aperçoit que, après un long mutisme sur la troublante question des migrants/réfugiés - sans doute on attendait que ça se «décante» - un petit bout de la «gauche communiste» - la vraie, l’historique, celle de deux généraux en retraite d’un tandem qui porte le nom d’un consortium bancaire (GIGC) abhorré par la Chambre du Commerce et de l’Industrie (CCI) lequel ne se prononce toujours pas sur les affres de l’exode des migrants des guerres impérialistes - ce petit bout de papier accouche de la pire position suiviste gauchiste: «Ce sont nos frères de classe que le capitalisme assassine» (prise de position tardive anti-datée au 5 septembre). Cette tardive ou absence de prise de position est grave à mon sens, très grave de la part de «noyaux» (comme Pépin le Bref...) qui s’imaginent incarner l’ossature (beuark) du futur parti. Grave parce que, même avec une audience infime dans l’océan des médias aux ordres, une prise de position prolétarienne gêne toujours les faux-culs, les confusionnistes, les radicaux de façade, les divers Philippot ou Dupont-Aignan, qui expriment une part de vérité, mais vérolée dans un cadre bourgeois, emportant la mise et pouvant laisser croire être la seule alternative au concert des partis corrompus et collabos.

Comme les gauchistes, notre banque maximaliste, ces deux derniers résidus d’un CCI purement indifférentiste, économiste et néo-syndicaliste, ne savaient pas trop quoi dénoncer entre cet ange de Merkel papesse de la gentillesse humanitaire (qui l’eût cru?) et le franc No more migration du FN. Quoi objecter à une bourgeoisie soudain vent debout, porte ouverte pour de braves réfugiés martyrs enfin reconnus, la veille encore traités de vulgaires clandestins, battus par la police à Calais comme à Vintimille, à Lesbos comme à Melila?
Cette longue hésitation est comparable à celle, électoraliste, des partis bourgeois, et leur compassion sur le même plan que les dits partis de la conservation sociale capitaliste. Dans cette confusion généralisée, voire cette couardise politique face aux conséquences du capitalisme en décadence - impéritie qui ne peut même pas invoquer une armée de réserve productive - il est triste de voir que deux ou trois politiques officiels, membres de partis bourgeois, vont plus à l’essentiel que nos révolutionnaires de blog. Un Dupont-Saint-Aignan qui dit avec finesse qu’il y a des associations charitables, qui font leur métier, mais d’un autre côté il y a les politiques dont l’action devrait consister à régler la guerre en Syrie. Il n’est pas de notre bord, mais c’est bien et mieux dit. Et une femme, si belle et intelligente qu’elle devrait être la prochaine présidente de la République: Rama Yade: «Une fois que les réfugiés sont en Fance, qu’est-ce qu’on va faire? (...) C’est le patronat allemand qui a appelé à les accueillir dans ce pays vieillissant» (...) «La guerre c’est facile à faire, le problème c’est d’en sortir"...

Des politiques de partis officiels qui ne se réclament nullement du prolétariat, plus fins analystes que nos pleureuses «marxistes immigrationnistes», vous vous rendez compte! On aura tout vu en ce début de XXIème siècle! La bourgeoisie qui nous joue du violon humanitaire est prête à se vendre au diable, fusse-t-il islamiste et architecte de mosquées, pour préserver ses profits, quand le pognon est détenu par une poignée des très bigots fidèles des pétromonarchies arabes. Vous voyez l’osmose? Des résidus asséchés de la «gauche communiste», qui nous jouent du violon humanitaire, version marxiste, sont incapables de se démarquer de cet humanisme bourgeois au nom d’une vision dépassée de la fameuse «armée de réserve». Ils plongent tête première dans la focalisation sur la mort du petit Aylan, gimmick de toute la presse mondiale, quand la veille des milliers de photos d’enfants morts transitaient tranquillement depuis des mois sur le web. Ils sont baisés avant d’avoir écrit la moindre ligne contre le blason redoré des secouristes étatiques car la veulerie populaire suit sans moufter. Notre couple indigné de «guerre ou révolution» consent à noter que les démocraties capitalistes «veulent des prolétaires particulièrement soumis» et «cherche à détourner la colère croissante contre la misère, les répressions et les guerres», «qui occasionnent la fuite de millions d’êtres humains, c’est à dire contre le capitalisme».

Arrêtons-nous un instant sur cet étrange intermède de la rhétorique marxisante invalide de la banque maximaliste GIGC (à ne pas confondre avec le CA, crédit anarchiste): «c’est à dire contre le capitalisme». Les gens qui fuient les guerres depuis le XXème siècle ne sont pas spécialement contre le capitalisme, sinon cela se saurait et on aurait mis fin au capitalisme depuis belle sucette. Où a-t-on vu les populations fuyant en 1945 la guerre mondiale, fuir le capitalisme? Au contraire, lors des grandes guerres, il n’y a pas plus conservatrices pour une retour à la paix... sociale que les populations victimes des guerres, pour ne pas retomber dans une autre guerre, pénible aussi et pas gagnée d’avance que des tas de petits bourgeois soixantehuitards ont exalté comme «guerre civile révolutionnaire" et comme révolutionnaire à condition de ne pas y prendre pour leur gueule des balles perdues.

On retrouve là chez nos banquiers maximalistes le raisonnement démocratoc de la maison mère du couple hétéro affadi (CCI) au moment du grand déménagement des bobos «indignés» ou de la protestation liophylisée des «masses bigarrées» après l’attentat contre Charlie Hebdo. Les danses humanitaires de la bourgeoisie émoustillée seraient un lieu de drague pour les professionnels d’un squelette de parti imaginé géré par des retraités d’une classe ouvrière imaginaire, condensation d’immigrés automatiquement prolétarisables car hostiles de naissance au capitalisme rénové.

La dénonciation des campagnes de solidarité et des manifs collabos des particules de gauche et gôchistes est facile et inutile quand l’alternative proposée n’est que du CCI réchauffé années 1980, autant dire une vieillerie activiste et néo-syndicaliste. En un raccourci digne de Claire Chazal, qui disparaît heureusement des écrans du vingt heures, on oppose au «petit cadavre d’Aylan»: «l’avènement du communisme»! Pas brillants le raccourci de nos cocos de papier! Il y a plein de cadavres d’enfants accidentés de la route, et la mort d’un enfant n’est pas le symbole en soi de la barbarie capitaliste, il y en a tant d’autres hélas oubliés. Donc propagande simpliste, nullarde; Lénine, pas encore liquéfié au sommet de l’Etat «prolétarien», se moquait des discours larmoyants des politiciens qui arguaient à tout bout de champ de cette ineptie d'estrade «l’avenir de nos enfants», quels enfants?

Le pire suit mais n’est pas renversant de la part d’une poignée de vieux hussards solitaires qui se sont trompés à peu près sur tout depuis 20 ans, comme dite «fraction du CCI», bramant en permanence qu’on assiste au «réveil de la classe ouvrière», même quand on n’entend plus que des ronflements. Avec un langage radotant les conceptions conseillistes usinistes du CCI des années 1980 - développer les luttes dans les usines et dans la rue... faire reculer momentanément les attaques économiques contre l’ensemble de la classe ouvrière «y compris les nouveaux arrivants» (sic) - il n’est jamais question de parti. Pas une seule fois le mot parti, comme si tout devait partir de la prison de l’entreprise, cette unité carcérale où la conscience de l’ouvrier et de l’employé est limitée à sa caisse à outils et à son clavier! Jamais le mouvement ouvrier ne s’est basé en soi sur la «conscience d’usine", sur la filandreuse «grève générale", combien de manifestations politiques autrement importantes dans la rue, dans les institutions politiques, littéraires, médiatiques pour des combats qui ne se limitent pas à la seule lutte salariale?

Pire que le pire est cet espèce de populisme toute catégorie qui n’a plus rien à voir avec la classe ouvrière réduite à une lutte «en solidarité avec les migrants»: «Tous ensemble! (excellent mot d’ordre syndicaleu-neu-neu) Quelle que soit la nationalité, l’origine, le statut légal, illégal, exilés, réfugiés, emplois stables, précaires, chômeurs, sans papier, hommes, femmes...». A mon avis c’est des racistes et des homophobes, ils ont oublié les noirs, les arabes, les homos et les transgenres!
En gros, c’est du même niveau que les modernistes et autres communisateurs dont je me suis bien moqué dans un de mes livres: la terre entière, «les gens» vont bientôt faire la révolution contre le capitalisme et nous offrir ces lendemains chantant mieux qu’une émission de variétés.

Le, j’ai oublié leur sigle bancaire ridicule, signifie finalement la mort de ce prétendu petit milieu révolutionnaire. Des has been, des incapables, des vieux machins dépassés par l’histoire. Mais je ne serai pas leur croque-mort, les zombies ont le droit de faire semblant d’exister, ils ne dérangent en rien l’ordre du monde comme toutes les micro-sectes hors de la réalité. Je ne doute pas de la sincérité ni des limites politiques et intellectuelles du ...groupe intellectuel de la gauche communiste, mais je trouve dommage qu’ils ne se souviennent pas de ce qu’on leur avait appris dans la réflexion sur la période de transition du capitalisme au communisme, c’est à dire que le capitalisme nous lègue des tas d’anomalies et que, en attendant nous n’avons pas à nous joindre aux pleureuses du «réformisme radical» du gauchisme rangé des voitures incendiées, ni servir de caution au recrutement d’immigrés soumis au patronat.

MARX PAS COMPLETEMENT INUTILE POUR COMPRENDRE LA PHASE DECADENTE DU CAPITALISME

Le concept d’ «armée de réserve des travailleurs» développé dans le chapitre 25 du Capital de Marx, a pris un coup de vieux à notre époque, donnant plus raison à Malthus qu’à Marx, ce qui ne signifie pas que Malthus ait eu raison sur le fond. Marx a vécu à l’époque du capitalisme jeune, il n’a pas pu analyser l’état du capitalisme gériatrique.
Marx à son époque, limité à sa courte vie humaine, se corrige pourtant 20 ans plus tard: «L’accumulation capitaliste elle-même... produit constamment, et à raison directe de sa propre énergie et de son expansion, une population relativement redondante des travailleurs, c’est à dire une population plus grande que celle des besoins moyens nécessaires à la valorisation du capital, et donc un surplus de la population». Donc Marx prévoyait, contrairement à ses bègues successeurs, qu’une partie de la population active mondiale allait devenir excédentaire par rapport aux exigences de l’accumulation du capital au fil du temps. Marx prévoyait aussi une paupérisation absolue de la classe ouvrière au long terme face à un chômage en constante croissance (la querelle des partis bourgeois de gauche et droite en France sur une possible résorption du chômage est lamentable). Il n’y a surpopulation finalement, non pas au sens bourgeois de Malthus (ce serait la faute à la reproduction des pauvres) mais par incapacité du capitalisme à adapter les forces productives aux besoins de l’humanité. Enfin dans un monde contemporain ou chômage et sous-employés totalisent environ un milliard de personnes, c’est une esbrouffe minable de prétendre que à tel ou tel endroit du monde on va pouvoir absorber des «réfugiés» ou «migrants» par millions!
Gauchistes et ultra-gauchistes en disant qu’il faut régulariser tout le monde, se fichent du monde et font croire... à des solutions nationales.

UNE IMPUISSANCE MASQUEE DE LA BOURGEOISIE AUX GAUCHISTES

Incontestablement la bourgeoisie est apparue débordée, mais elle a su retomber sur ses pieds et emporter la mise (provisoirement) face aux contestataires gauchistes et à des maximalistes de pacotille qui ont été effacés par cette fable d’une industrie (allemande) «désireuse d’être plus compétitive" et apte à absorber des prolétaires potentiels (mais pas tous) atterris en masse. Le soutien aux «frères de classe» réfugiés est aussi utile qu’un antibiotique sur une jambe de bois. Jamais les réfugiés de guerre n’ont fomenté de révolution ni prolatérienne ni autre. Déjà en 1919 les spartakistes éatient ultra-minoritaires et les discours incendiaires de sainte Rosa Luxemburg ont fini par lasser non seulement les criminels qui l’ont assassiné mais aussi la majorité des prolétaires épuisés par la guerre mondiale et les violences de rue. Bien sûr moi aussi j’aurais voulu que la prise du pouvoir soit victorieuse avec l’ardeur brillante de Rosa, mais les conséquences des guerres sont rarement révolutionnaires, voire de moins en moins. Octobre 17 n’a pas donné envie de s’enrôler dans l’armée rouge par après, ni abusé sur la crédibilité d’une extension de la «guerre révolutionnaire». La plupart de théoriciens du prolétariat révolutionnaire ne l’ont pas compris, la bourgeoisie si. Son principal frein à l’extension de la révolution en 1917 fût... l’arrêt de la guerre, une paix d’ailleurs toute provisoire.

On vient de voir se passer la même volte-face face à l’explosion du flux des migrants; au lieu de s’y opposer frontalement et brutalement, ce qui aurait tôt ou tard déclenché la colère des prolétaires du monde entier, la subtile bourgeoisie décadente a laissé filer le flot, comme elle l’avait fait lors de la veille de la chute du mur de Berlin. Stratégie gagnante.
Au lieu que la question des migrations massives devienne un problème politique regardant le prolétariat comme classe objectant de mettre fin à l’injustice suprême, le salariat et la fin de la pauvreté et des guerres, la bourgeoisie l’a réduit à une campagne humanitaire intensive, suivie par la surenchère de toutes les cliques gauchistes et de nos pauvres résidus du maximalisme!

Là où la bourgeoisie a été la plus efficace dans l’art du mensonge, comme l’a montré la conférence du président Hollande, c’est dans cette capacité perverse à reconnaître, tout en ne le reconnaissant pas le lien entre la guerre et la migration éperdue. La question de la guerre en Syrie apparaît secondaire dans les écrits trotskiens comme dans le discours hollandais, la charité prédomine et l’accueil rumine. Le président cède à la mode du choix du terme réfugiés, car il est statut provisoire, tandis que migrants fait mauvais effet, et colle trop à la réalité (la plupart ne veulent pas «y retourner» et on les comprend). A peine hier encore le migrant n’était qu’un vulgaire clandestin, on risquait la prison si on en hébergeait un, mais dans cette campagne idéologique qui dure dans la paysage, le noble migrant est devenu (provisoirement) un héros. Des bobos allemands chauvins dénoncent l’égoïsme du français béret-baguette. Le Danemark est solidaire des migrants qui veulent se rendre en Suède (cela rappelle le slogan nazi: «les anglais mourront jusqu’au dernier français»). On piétine allègrement la politique, divergente des Etats «égoïstes», en faisant dire à un sous-fifre que l’Australie reconnaît que les réfugiés rapportent, mais pas la première année». Le ridicule ne faisant toujours pas pousser les cheveux, notre premier flic Cazeneuve assure que la France va en prendre mille «pour soulager l’Allemagne»! Le président français s’est vanté d’accueillir 60.000 «réfugiés» (ou en train de l’être) mais il n’y a que 30.000 places pour l’heure et plus assez de boulot pour tout le monde en France. L’Allemagne s’arroge d’en accueillir 800.000, mais pas tous les ans, et le bordel est déjà là avec les campagnes de vaccination et les problèmes pour faire apprendre la langue. L’auguste chancelier britannique a argué accueillir 20.000 réfugiés... mais sur 5 ans, ce qui est bien moins que les 250.000 annuel en France, avec centre de tri obligatoire comme l’a rappelé Hollande.

Le NPA, Rouge recyclé «Besancenot répond aux auditeurs depuis son clavier comme le grand Charles depuis Londres», reproche au chef de l’Etat de profiter de l’émotion pour poser au chef de guerre, pas un grand chef car il n’autorise que des «vils de reconnaissance», et de ne pas faire autant d’efforts qu’Angélique Merkel. Le NPA a raison au passage d’assurer que de vrais bombardements ne règleront rien car «le drame migratoire est la conséquence de la politique libérale et impérialiste des grandes puissances» (sans précision autre que la pression de l’oligarchie financière dont Hollande n’est que le laquais...wahou la radicalité!); fleuron de la radicalité du réformisme radical le NPA radote une formule qui fait bander les conclaves trotskiens modernistes: «ce sont bien les frontières qui tuent»! Pour propagandiser les masses racistes il faut leur mettre sous le nez leur caca: «...des grilles et des barbelés se multiplient à l’intérieur même de nos quartiers pour empêcher les migrantEs (ah cette brillante orthographe égalitaire féministe!) de s’installer sur les places ou dans les squares» (les gauchistes aiment apporter la bonne parole aux heureux réfugiés qui s’installent confortablement malgré la pluie et le bruit des autos sur nos chers squares). Heureusement l’exemple vient de Dresde, les salauds de Pegida ont été contré dans cette ville fasciste et islamophobe par une gigantesque coalition antifa qui a crié «bienvenue aux réfugiés»!

La mystification humanitaire et islamophile ne dure pas longtemps, n’en déplaise aux angéliques gauchistes et ultra-gauches du sigle bancaire que vous avez déjà oublié, Fabius ne leur laisse pas le temps de respirer, et il est plus radical qu’eux sur les liens entre la guerre et la migration inopinée: «... si tous ces réfugiés viennent en Europe ou ailleurs, Daesch a gagné la partie. Il faut que le Moyen Orient reste au Moyen Orient, il est important que la diversité soit conservée» (sur RTL le 8 septembre). Il n’est pas jusqu’à l’ancien justiciable Coppé qui ramène sa fraise en faveur du droit d’asile, mais très décalé par rapport à ses complices de la droite caviar qui ont une tonalité plus lepéniste.

Finalement, c’est la secte Lutte Ouvrière qui oui finalement, paradoxalement, frôle le plus la vérité de classe, d’abord en ne refusant pas de poser les vraies questions face auxquelles nos banquiers maximalistes et les préposés gauchistes se bouchent le nez. Avec le même titre généraliste et creux que la banque maximaliste - Nos frères en humanité, nos frères de classe - et ta soeur?

Des phrases impeccables comme seule cette secte caméléon sait en faire pour cacher son absence de marxisme véritable: «En ouvrant les portes de son pays, Merkel passe pour une sainte. Mais elle ne l’a fait que parce que l’afflux d’une nouvelle main d’oeuvre arrangera bien le patronat allemand» (...) «Le drame migratoire n’est pas le fruit d’une catastrophe naturelle. Il est le fruit de la politique impérialiste des grandes puissances qui consiste à piller les pays les plus pauvres de la planète». «Et cette politique macabre va continuer. Car si les syriens auront officiellement droit à l’accueil, les migrants dits «économiques» auront droit aux barbelés, aux matraques. (...) Dans toute cette affaire, où sont les intérêts de stravailleurs? Sûrement pas de rejeter les migrants».
LO aborde la nuance qui fâche - il est désormais su que ce sont aussi des couches moyennes qui émigrent - mais LO s’avance un peu dans le sens de l’oecuménisme régnant: «Car les migrants font ou feront partie de la classe ouvrière. Même si une fraction des réfugiés avait des vies de médecin, d’avocat ou de commerçant dans leur pays, c’est dans leur immense majorité une vie de prolétaire qui les attend, une vie d’exploitation, notre vie. Et les travailleurs ont intérêt à s’en faire les alliés». Hélas LO a tout faux en fin de parcours, et ignore ce qu’a été l’intégration des pieds noirs et des boat people en France, nullement des alliés de la classe ouvrière mais des garde-chiourmes à profusion; la bourgeoisie allemande a d’ailleurs clairement fait savoir qu’elle avait plus besoin d’ingénieurs et de personnel qualifié, catégories peu portées au désir d’insurrection.
De même LO oublie de noter - encore un sujet qui tâche - ce que pense les 6 millions de chômeurs franzozen des louanges pour les migrants, même si ces derniers ne sont pas responsables du chômage... ils ne vont pas en atténuer les effets. Et l’hostilité dite raciste hein? ces messieurs les intellos de l’extrême gauche et quelques pucerons d’ultra-gauche ne font pas la queue aux allocs, aux bureaux des mairies, aux HLM où être français est presque une insulte et tu dois prendre la file.
LO ne met nullement en cause la gabegie capitaliste en rejetant la fameuse formule sur la misère du monde avec son très syndicaliste objectif étroit «ne plus se saigner pour la bourgeoisie»; là encore le problème reste limité au cadre national, national-stalinien dirai-je, car LO n’a toujours qu’un raisonnement lénino-stalinien sur toutes les questions.

Nos frères de classe - ou du moins ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir l’hôtel - vont continuer à galérer longtemps. C’est ma soeur qui le dit et, elle, elle a marné toute sa vie en usine. Elle sait de quoi elle parle.