"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 9 octobre 2021

ECOLOGIE CAPITALISTE ET ISLAMOPHILIE : deux marottes islamo-gauchistes qui ont déteint sur un vieux groupe révolutionnaire


Mon enquête à Trappes

« Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes vivent encore aujourd'hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles. Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations.

Trotski (1933, Qu'est-ce que le national-socialisme?)

« Abattre un européen, c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant ». «Par leur désir permanent de nous tuer (…) ils sont hommes (…) la haine est leur seul trésor ». « Cette violence irrépressible (…) c'est l'homme lui-même se recomposant ».

Sartre (préface aux Damnés de la terre, 1961)


Il y a vingt déjà, en 2002, on pouvait lire ceci dans l'hebdomadaire Le Point, expliquant d'un côté la faillite idéologique de la gauche bourgeoise et de l'autre son déni sécuritaire par « racisme anti-policier » (H.Algalarrondo) ; comme si la répression policière était une question de racisme et non pas d'oppression de l'Etat capitaliste :

« Beaucoup reprochaient une campagne trop figée, empêchant le candidat de réagir à l'actualité, à l'inverse de son principal adversaire, Jacques Chirac, capable de se déplacer sur le lieu d'un commissariat endommagé ou d'aller dans une synagogue protester contre les actes d'antisémitisme. A gauche, les élus ont été frappés de voir Lionel Jospin attendre plusieurs jours avant de se prononcer sur les problèmes communautaires que connaissait la France à la suite du conflit du Proche-Orient. C'est ce qu'on pourrait appeler l'effet boomerang : François Mitterrand a joué pendant des années avec Jean-Marie Le Pen, parvenant ainsi à diviser profondément la droite et à maintenir la gauche au pouvoir. Mais c'est Lionel Jospin, son successeur, qui vient de se le prendre en pleine figure ». L'encart suivant était plus explicite encore :

« Insécurité : la trahison de la Gauche

Qui souffre le plus de l'insécurité ? Ni Versailles ni Saint-Germain-des-Prés, mais bien Vaulx-en-Velin ou La Courneuve. Précisément les bastions qui autrefois votaient nettement à gauche. « Aujourd'hui, le premier parti ouvrier est celui de l'abstention ; le second, le Front national » , écrivait, de manière prophétique, Hervé Algalarrondo, dans « Sécurité : la gauche contre le peuple » (Robert Laffont). Ce journaliste du Nouvel Observateur , qui ne peut être taxé de vertige sécuritaire, analyse à quel point, à force de crier au fascisme, l'aveuglement libertaire de la gauche « bobo » l'a coupée des préoccupations de la masse des Français. « Elle nie les chiffres [de la délinquance], écrit-il, par crainte que leur officialisation ouvre la voie à un engrenage fatal pour les " libertés". »

Or ces « libertés chéries » sont précisément mises à mal dans les quartiers qui souffrent. Des libertés simples : prendre le RER sans recevoir un coup de canif, descendre les poubelles sans essuyer les crachats, descendre dans sa cave sans marcher sur des seringues, garer sa voiture sans la retrouver brûlée... Pour les « bobos » qui font l'opinion - avocats, médecins, journalistes, cinéastes, écrivains branchés -, le délinquant est avant tout une victime excusable. Victime de la société de consommation qui le tient à l'écart depuis sa naissance. Cette approche sociologique, très prégnante chez les post-soixante-huitards, ignore tout de la « France d'en bas », tenue pour populiste, dès lors qu'elle aspire à un peu de tranquillité. Elle préfère la cause des immigrés délinquants à celle des immigrés tout court »1.

Hier comme aujourd'hui , l'insécurité est du même ordre, voire amplifiée, avec toujours les mêmes oeillières de la part de la gauche bourgeoise émiettée, faisant passer au second plan tout problème lié à l'immigration, et confortant donc la Zemmour attitude. Le journaliste Algalarrondo rappelait que c'est la lucidité de Chirac - « il a été vite conscient du développement d'une délinquance proprement immigrée »2 - qui lui avait permis d'enfoncer Jospin. L'ignominie de Sartre comme l'empathie pour les terroristes et le mépris de la police ont été inoculés depuis les « libérations nationales » (frauduleuses) par la gauche et l'extrême gauche bourgeoise aux génération successives de migrants atterrissant en France, c'était leur manière d'intégrer les nouveaux arrivants ; qui allait bientôt résumer les oppositions politiques à un conflit civilisationnel avec l'islam, sans oublier qu'au fond tout ceci reposait sur la désillusion des luttes de « libération nationale » des pays dits à l'époque colonisés ou sous-développés, se réinvestissant dans un manichéisme habillé de religion. Marx n'avait pas prévu la mondialisation de l'Etat national, et un internationalisme remplacé par « la libre circulation des personnes (au profit de l'industrie capitaliste) et l'exploitation de l'opposition entre nationaux et étrangers. C'est bien un bricolage multiculturel qui a pris le dessus, hors des critères de classe. En quelque sorte c'est la bourgeoisie qui se prétend internationaliste désormais, et qui arrache ce pain de la bouche de tout marxiste classique. Algalarrondo constatait que « dans le cœur de l'intelligentsia l'étranger a pris la place de l'ouvrier », qui n'est pas solidarisé donc avec ce dernier mais placé en opposition à l'ouvrier autochtone ; quand Le Pen s'occupait de dénoncer l'étranger comme menaçant l'identité française. Le Pen aurait-il eu raison avant l'heure de « l'invasion » et du « grand remplacement » ?

Il n'a pas eu raison parce que le problème est plus complexe et ne se résume pas à pointer du doigt les immigrés en général, qui restent pour l'essentiel dans une logique de prolétarisation. Mais déjà il y a vingt ans quelque chose clochait. Les jeunes délinquants fils d'immigrés n'étaient qualifiés lors des faits divers que de « jeunes » dans les médias alors que tout le monde alors que dans les sixties on qualifiait tout délinquants de voyou ou de gangster, les peines de prison n'étaient pas non plus systématiquement effectuées ; un tiers des délinquants échappaient déjà la prison en raison d'embouteillage carcéral. Les magistrats, pas encore islamo-gauchistes, étaient déjà laxistes afin de « garantir les libertés individuelles ». Tout un ensemble de mesures qui, au début des années 2000 allait contribuer au développement de l'individualisme et du chacun pour soi.

Un autre facteur non négligeable à l'irruption de l'antiracisme comme grand remplacement de la solidarité de classe a été l'effondrement du PCF après l'affaire du bulldozer contre un foyer d'immigrés à Vitry. Voulant répondre à l'anxiété de la classe ouvrière dans ces années de montée du chômage et au fait que de plus en plus de familles d'immigrés venaient loger en HLM, le PCF apparut comme raciste et partout il fût dénoncé comme xénophobe alors que la classe ouvrière était en train de devenir black-blanc-beur ! A partir de 1981 le PCF s'aplatit et laisse la place à Le Pen. Pourtant le « produisons français » du Le Pen de l'époque trouve une résonance pas forcément xénophobe quand toute l'industrie est partie en Chine... Algalarrondo avait raison de considérer déjà à l'époque :

« Loin d'assister depuis vingt ans à une « lepénisation des esprits », on a au contraire observé une « droit-de-l'homminisation » de la société. Les notions de devoir, de norme, de sanction ont été jetées au panier. L'angélisme est devenu la règle. Briser avec l'extrême gauche judiciaire est nécessaire si l'on veut en finir avec cette « idéologie incapacitante »3.

Est-ce à dire qu'on assisterait maintenant à une « zemmourisation des esprits » ? Là aussi c'est plus complexe et il faut dire que la classe ouvrière, tout en étant consciente des problèmes liés à l'immigration, ne fait pas partie de fans de Zemmour qui a une résonance surtout dans les couches petites bourgeoises de la droite et de l'extrême droite, selon des sondages ont personne n'ose dire qu'ils se trompent rarement, preuve d'une « soumission des esprits » par l'ordre totalitaire « démocratique ». Certes le nain des médias souhaiterait rallier cette classe, en particulier en se flattant d'admirer Marchais, donc son langage xénophobe d'époque, mais les ouvriers en général sont guéris du stalinisme et on ne les y reprendra pas ; témoins les scores minables du PCF, de LO et de LFI.

Cette capacité des mystificateurs de la gauche et de l'extrême gauche bourgeoises à intégrer dans des analyses politiques honteuses les nouveaux arrivants se poursuit encore aujourd'hui. Grâce aux particules de Hamon et de Mélenchon – tout en niant s'abaisser à prétendre intégrer - sont promus des personnes d'origine arabe qui sont aussi corruptibles que les français de souche, et c'est le cas pour des députés, des journalistes et maires, de la « diversité corrompue ».

Depuis plus de trente ans, la théorie de la disparition de la classe ouvrière, par les cénacles de la gauche bourgeoise, est allée de pair avec la promotion de l'antiracisme comme supplément ou plutôt grand remplacement de la solidarité de classe ; le sommet du ridicule a été atteint le 16 mai 2013 quand sur proposition du clan Mélenchon a été ratifié à l'Assemblée la suppression du mot race dans la Constitution, ce qui ne supprimera jamais le racisme.

Pourtant ces cénacles ne faisait qu'entériner un mutation des enfants d'immigrés ouvriers de longue date. Les pères étaient des célibataires recrutés comme main d'oeuvre bon marché au service du Capital français. Mais au début des années 1980, comme les jeunes français en général, la plupart des jeunes et fils d'immigrés vivent dans une société de compétition où l'argent est roi et où être ouvrier est méprisé, où l'arrivisme est la seule perspective pour exister parmi les autres. Tous ne rêvent que de s'offrir une BMW, et les crédits à vie « sans intérêt » sont là pour les enchaîner... à la conservation sociale telle qu'elle est !

Sauf qu'au niveau scolaire tout le monde ne peut finir ingénieur ou docteur, et que pour obtenir des ressources comparables il vaut mieux « dealer ». Au cours de ces années les fils d'immigrés, échoués du système scolaire traînent dans les rues sans référence ; à Bagneux je me souviens qu'ils se fichaient d'être morigénés par les imams parce qu'ils possédaient un chien. Puis surtout après le tremblement de terre dans l'aire stalinienne, et certainement aussi la déception de la gauche bourgeoise, la religion a fait son retour. Les gauchistes, en particulier les maoïstes avait fait de l'antiracisme leur priorité avec le soutien des intellectuels et artistes sartriens. La plupart des gauchistes imaginaient qu'un mouvement immigré autonome faciliterait la révolution en France, certains avançaient même l'idée d'un « front de lutte immigré ».

A la fin de ces années, l'opposition prolétariat/bourgeoisie était nettement remplacée par l'opposition entre les tenants d'une positivité du métissage de la population contre une minorité xénophobe. Les beurs étaient reçus à l'Elysée par Mitterrand l'arnaqueur, père putatif de SOS racisme. Puis la stratégie de diabolisation du FN s'effilocha alors que les flux migratoires faisaient surgir un discours catastrophique sur une « crise identitaire » ?

Il y aurait nécessité de consacrer un paragraphe équivalent à celui ci-dessus concernant la longue conversion des gauchistes à l'écologie. Ce mouvement est venu lui aussi damer le pion à l'internationalisme en dépassant son caractère ouvrier, désormais il faut « sauver la terre », tout en éliminant « l'utopie communiste » prédisant la fin du capitalisme. La petite bourgeoisie, revenu du maoïsme et du trotskisme, a non seulement rejoint les anarchistes en vue d'un « retour à la terre », mais a substitué à la fin du capitalisme le danger de la fin du monde qui « nous concerne tous » !

Cette aile petite bourgeoise écolo-bobo continue cependant à recueillir l'indifférence de la majorité des prolétaires. Sur le fond elle participe complètement à l'idéologie antiraciste et ses tenants n'apparaissent que comme des arrivistes forcenés, non dans « l'urgence climatique » de « sauver la planète » mais dans celle d'accéder à des postes ministériels.

QUAND UN TRES VIEUX GROUPE ULTRA-GAUCHE REPREND LES MAROTTES DE LA PETITE BOURGEOISIE

Naguère le CCI défendait des positions « de principe » qui ne célaient en rien aux modes idéologiques. L'ancienne ultra-gauche, terme péjoratif qui servait à disqualifier des groupes restés fidèles aux principes de classe « internationaliste » et délimitant le combat « de classe » des faux amis du prolétariat (les partis et syndicats de gauche en général », était surtout motivée par la dénonciation des groupuscules gauchistes. La plupart de ces « minorités » des « vrais révolutionnaires » ont disparu, mais reste l'antique CCI qui, malheureusement en étant incapable de se renouveler théoriquement, succombe à l'influence des bobos ; il est vrai qu'il n'a jamais compte beaucoup d'ouvriers en son sein ni n'en a conservé, ce qui pourtant lui aurait permis d'être plus au contact de la réalité et du renouvellement des mystifications.

Tétanisée par ses scores minables dans les sondages, la galaxie écolo fait des cauchemars, j'allais dire des gauchemars. Le sénateur nationaliste corse Paulu-Santu Parigi, pote des Verts, a pris des leçons de zemmourisation : «les Français ont besoin d’être rassurés sur l’identité et la sécurité, l’écologie ne peut pas s’affranchir de ces questions. Il faut qu’on leur montre que l’on s’en préoccupe et qu’on a des réponses».

En réalité, c'est comme sur toutes les questions de gestion de l'Etat, on ne demande pas son avis à la classe ouvrière, et ses priorités restent niveau de vie et menace de guerre. De même la barbarie du capitalisme repose sur «  l'exploitation de l'homme par l'homme » et sur des injustices sans limites. Depuis ses débuts le prolétariat a généralement subi les désastres de la pollution « industrielle » favorisant maladies, accidents et décès prématurés. Il n'en a pas fait un point majeur de ses programmes. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'en avait pas conscience, mais programmer sur le sujet relève, comme la question du nucléaire ou du pétrole « carboné », de la gestion étatique et sert de substitut au vide électorale de la gauche bourgeoise.

Voyons maintenant comment le CCI se refait une jouvance écolo, dans une antériorité fictive. Le groupe a très longtemps conchié le mouvement écologique, et il avait raison. Mais à force de coller à l'extrême gauche comme principal ennemi, il finit par en épouser les deux marottes : l'écologie et l'immigration sans fin, comme j'en traiterai par après.

UNE ECOLOGIE « DE CLASSE »?

« Dans notre presse, nous avons régulièrement mis en avant que les racines du réchauffement climatique sont à chercher dans le fonctionnement même du capitalisme. Non seulement, les catastrophes climatiques sont de plus en plus dévastatrices, nombreuses et incontrôlables, mais les États, sous le poids de décennies de coupes budgétaires, sont de plus en plus désorganisés et défaillants dans la protection des populations, comme nous avons pu le voir récemment en par exemple en Allemagne, aux États-Unis ou en Chine. La bourgeoisie ne peut plus nier l’ampleur de la catastrophe, mais elle ne cesse, particulièrement à travers ses partis écologistes, d’expliquer que les gouvernements devraient enfin prendre des mesures vigoureuses en faveur de l’environnement. Toutes les factions de la bourgeoisie ont leur petite solution : green economy, décroissance, production locale, etc. Toutes ces prétendues solutions ont un point commun : le capitalisme pourrait être « réformé ». Mais la course au profit, le pillage des ressources naturelles, la surproduction délirante de marchandises ne sont pas des « options » pour le capitalisme, ce sont les conditions sine qua non de son existence ! ».

A cela il croit pouvoir opposer à « la fin du monde » version bobo, avec un affreux néologisme, avec la même promesse messianique jamais démontrée !

« Le capitalisme, si on le laisse perdurer, ne peut que plonger le monde dans une « barbarisation » accélérée. La seule « transition » qui peut empêcher cela est la transition vers le communisme, qui, à son tour, ne peut être le produit d’appels aux gouvernements, de votes pour des partis « verts » ou de protestations de « citoyens concernés ».

C'est la lutte gréviste « généralisée » qui débouchera sur la transition juste après le renversement du capitalisme :

« Cette transition ne peut être prise en main que par la lutte commune et internationale de la classe exploitée, le prolétariat, qui sera le plus souvent la première victime de la crise climatique comme c’est déjà le cas pour la crise économique. La lutte des travailleurs face aux attaques contre leurs conditions de vie contient à elle seule les germes d’un mouvement révolutionnaire généralisé qui demandera des comptes au capitalisme pour toutes les misères qu’il inflige à l’espèce humaine et à la planète qui la fait vivre ».

On l'a bien compris, c'est la faute au capitalisme, mais il fallait l'expliquer aux prolétaires qui, une fois la révolution enclenchée « demanderont des comptes » aux capitalistes !

Montée de l'islamophobie, la faute au capitalisme ?

A la queue de l'antiracisme des bobos gauchistes et de leur vocabulaire islamophilique :

« Encore une fois, le principe “diviser pour mieux régner” cher à la classe dominante va faire des ravages : renforcement des discours et d’actes de rétorsion contre les musulmans avec la suspicion que derrière chaque musulman ou derrière chaque gamin de banlieue se cache un terroriste potentiel. Cet amalgame et l’islamophobie croissante seront le fruit à la fois de ces meurtres crapuleux et des campagnes nationalistes citoyennes justifiant le renforcement des contrôles policiers (notamment des jeunes) pour délit de “sale gueule”, le flicage permanent et la répression de tout ce qui sera considéré comme “antirépublicain”, non démocratique et atteinte potentielle à la sécurité de l’État ».

C'est la faute au capitalisme et à ses médias... pas à « l'islamisation des esprits » ?4

« Pire encore, toute la cristallisation médiatique et la mise en avant du danger islamiste radical ne peut hélas que faire naître des vocations de terroristes martyrs ».

Le bruit inconvenant fait autour des attentats masque une montée de l'islamophobie, de même que la haine contre les assassins arabes est surtout un produit un produit de la zemmourisation, pas de vague, « padamalgame » :

« L’assassinat abominable de Samuel Paty, survenu en pleine campagne médiatique sur le procès des terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo en 2015, les attentats de Nice et tout dernièrement celui survenu à Vienne n’ont fait que renforcer un climat social de peur et d’insécurité. Le battage médiatique en rajoute encore sur les “ennemis de l’ombre” (Covid-19 et le terrorisme) qui peuvent frapper n’importe qui, n’importe quand et à n’importe quel moment ! ». «  Non à l’union sacrée ! À les entendre tous, hommes politiques et médias, nous sommes en guerre et nous devons tous entrer en résistance contre l’obscurantisme et “l’ennemi intérieur”. La République, la laïcité, la liberté d’expression, la démocratie, la nation, l’Éducation nationale… la civilisation, sont attaquées. Mobilisation générale ! Pour la défense de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques de la République, on nous appelle encore une fois à l’union sacrée, derrière le slogan : “ne nous laissons pas diviser” ! ».

« Qui récupère et s’approprie l’indignation légitime de l’ensemble de la population face à la sauvagerie du meurtre de Samuel Paty ? À qui profite le crime ? À la classe dominante qui se sert de ce meurtre ignoble pour les besoins de sa propagande patriotarde à la gloire de la démocratie bourgeoise ! ».Il nous faut citer l'intégralité, même longue, du paragraphe suivant qui révèle la « gauchisation des esprits » du CCI et un langage d'enfoiré du même type que celui des médias, qui en plus plaisante sur les jeunes comme gentils garçons injustement fliqués par l'Etat bourgeois... jusque dans les maternelles, faisant silence sur le fait que de plus en plus, et même des très jeunes, manient le couteau et gardent dans leurs portables la photo de la tête tranchée de Samuel Paty :

« (suite de à qui profite le crime?)...bien sûr, à signaler à l’État républicain tout élève ou famille “déviante” comme ce fut le cas dans quelques établissements comme, par exemple, dans des collèges de l’agglomération de Strasbourg. Et pour quel crime ? “Apologie du terrorisme” après des “incidents” survenus lors de l’hommage à Samuel Paty ! Le parquet précise que l’enquête vise deux adolescents de 12 ans ! Ils auraient tenu des propos laissant entendre qu’ils justifiaient l’assassinat. D’autres incidents ont été signalés à la justice, l’un concerne cette fois des enfants de 8 et 9  ans (!) scolarisés dans des écoles primaires. Au Mans, une proviseure d’établissement a même déclenché le “protocole sécurité” pour faire intervenir les forces de l’ordre, après qu’un élève a été aperçu en train de photocopier une feuille de papier portant une inscription en arabe, à la bibliothèque du lycée. Apparemment l’État veille et ne laisse plus rien passer à ces jeunes “djihadistes radicalisés” ! À quand les déscente (sic!) de police dans les écoles maternelles ?

De fait, là encore, l’État est en train de réprimer, stigmatiser des gamins dès leur plus jeune âge, leur asséner qu’ils ne sont que déviants et doivent se soumettre à tout prix à l’ordre démocratique capitaliste qui les a déjà de fait, exclu eux ou leurs familles. Dans ce climat de délation et de répression, l’ambiance dans les établissements scolaires ne peut que se dégrader, chacun se méfiant de chacun, aggravant les tensions, le rejet des uns par les autres. L’État contribue ainsi directement, en complément de tous les discours djihadistes, à créer les “monstres” de demain, pris entre le marteau et l’enclume de deux visions du monde réactionnaires qui ne peuvent que les pousser au néant et à la folie ».

Ce n'est que la xénophobie qui guide gouvernement (et ouvriers blancs) en s'opposant à l'accueil de toute la misère du monde (confondue avec le vieil internationalisme disparu) :

« Cette xénophobie se manifeste aussi par le durcissement des contrôles aux frontières revendiqué par le gouvernement avec la volonté manifeste de renvoyer “chez eux” les étrangers “louches”, les “séparatistes” de tous poils, etc. et la remise en cause du droit d’asile. Tout ce dont, bien évidemment, le Rassemblement national (ex-FN)cherche à profiter à outrance en surfant sur la peur et le repli sur soi ».

Il n'y a pas de crise de civilisations ni de problèmes cultuels au quotidien. Nos braves rédacteurs du CCI ne trouvent rien à redire à cette étrange protection policière (capitaliste) pour protéger, pour la première fois dans l'histoire moderne, des dizaines de personnes menacées d'égorgement de de « fuck ta mère », quand des centaines de lycéens admirent ceux qui tuent celui qui a blasphémé le prophète !5 Le terrorisme n'est qu'une illustration du capitalisme, la solution coule de source !

« Pour en finir avec le terrorisme, il faut en finir avec le capitalisme. Ces derniers assassinats sont un révélateur du pourrissement nauséabond du système capitaliste. Ce système en putréfaction, laissé à sa propre dynamique morbide et barbare, ne peut qu’entraîner progressivement toute l’humanité vers le chaos sanglant, la folie meurtrière et la mort. Comme l’illustre le terrorisme, le capitalisme ne cesse de fabriquer des individus totalement désespérés, broyés et capables des pires atrocités.Ces terroristes, le capitalisme les façonne à son image. Si de tels “monstres” existent, c’est parce que la société capitaliste est devenue “monstrueuse” ! Ni la bourgeoisie, ni son État, ne peuvent protéger la population de ces monstres qu’ils ont créés et qui peuvent frapper de manière aléatoire et ponctuelle. La classe dominante perd de plus en plus le contrôle sur son propre système en décomposition qui ne peut que continuer à semer la mort ».


La barbarie du terrorisme semble parfois distanciée de la barbarie capitaliste, quoique « derrière tous les terroristes, c'est le capitalisme qui nous tue », mais le discours est aussi creux et incrédible que celui des islamo-gauchistes, en attendant « le renversement du système par le prolétariat » succédant à la « société capitaliste en décomposition » :

« Face à la barbarie du terrorisme, l’impuissance des États et de leurs gouvernements est de plus en plus manifeste. Ces États et gouvernements démocratiques qui dans leurs

Dans la société capitaliste en décomposition, la barbarie et le culte de la violence ne peuvent engendrer que toujours plus de barbarie et de violence aveugle.La fin de cette spirale infernale, écrit Stopio en 2020, ne pourra certainement pas venir de l’action de ceux qui sont les principaux défenseurs et garants du système économique qui engendre cette barbarie. Elle ne pourra résulter que du renversement de ce système par le prolétariat mondial et de son remplacement par une véritable communauté humaine universelle basée non plus sur le profit, la concurrence et l’exploitation de l’homme par l’homme mais sur l’abolition de ces vestiges de la préhistoire humaine. Une société basée sur “une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous”, la société communiste ! ».

 Et pourtant fervents admirateurs des bolcheviques, nos vieux amis du CCI oublient que Lénine et ses amis ont finalement dû confronter l'arriération islamique, en particulier sur le voile imbécile des femmes. D'ici la révolution on peut donc égorger tant qu'on veut en se passant de ces salauds de « flics racistes » ?

Leur conclusion n'est pourtant pas fausse, et les distingue des islamo-gauchistes, quoique l'islam avec son obsession de tuer s'apparente non seulement au nazisme mais est bien la religion la plus dangereuse et débilitante, existant avant la « décomposition du capitalisme » :

« Comment comprendre alors que l’idéologie djihadiste, irrationnelle, nihiliste et digne du fascisme gangrène une partie de la jeunesse ? Ces adolescents kamikazes qui s’engagent dans la “guerre sainte” pour gagner le paradis ne sont-ils que des créatures monstrueuses, étrangères à l’espèce humaine ? Sont-ils de simples bourreaux que les forces de l’ “ordre répu­blicain” sont acculées à abattre comme des chiens ? Ou sont-ils aussi des victimes de leurs crimes innommables et d’un système qui transforme les hommes en machines à tuer ? Derrière leur radicalisation et leur passage à l’acte terroriste, il y a une attitude nihiliste suicidaire caricaturale mais entretenue par un idéal mystique que véhicule toute conception religieuse du monde.

L’islam n’a pas d’exclusivité en matière de radicalisation violente. Cela vaut pour toutes les religions. D’un côté, elles proposent compassion, miséricorde, “vie éternelle” dans le royaume des cieux et un “paradis” qui ne peut être trouvé sur terre, lieu de tous les “pêchés”. De l’autre, elles stigmatisent les impies, les mécréants, les “infidèles”, les “tentateurs”, sources du Mal et adorateurs de Satan, qu’il faut éradiquer dans leur chair, sous le glaive ou sur le bûcher. Les religions ne font que justifier l’injustifiable et perpétuer la soumission à l’exploitation dans le “royaume des hommes”. Comme disait Marx, la religion est “l’opium du peuple”. Elle est “le cœur d’un monde sans cœur et l’esprit d’un monde sans esprit”.


NOTES

2« Sécurité, la gauche contre le peuple », page 136.

3cf. page 148 de « Insécurité, la gauche contre le peuple ».

4On apprend plus loin que : « les « croisades impérialistes, depuis la guerre du Golfe contre Saddam Hussein, n’ont fait qu’attiser la haine et la soif de vengeance des islamistes fanatisés ». Ce n'est point de leur faute à ces braves assassins mais la faute... au capitalisme !

5Lire le livre de la petite Mila et celui de Didier Lemaire « Lettres d'un hussard de la République ». Le CCI prend en compte parfois une une réalité dérangeante pour tout islamophile, mais attendons l'effondrement du capitalisme cause de tout :« Le déchaînement de la vindicte sur les réseaux sociaux de la part d’élèves, de parents d’élèves, de citoyens se sentant une légitimité pour dénoncer et insulter celui qui ne pense pas comme eux a effectivement préparé les conditions du passage à l’acte et à son exécution atroce par un jeune fanatique islamiste ».On lit par ailleurs que le capitalisme n'est pas responsable de tout au contraire des répétitions simplistes : « les innocents qu’ils assassinent, a souvent eu pour cible principale ces autres “machines à tuer” que sont les États. Rien de ça, le 7 janvier à Paris : la haine obscurantiste et le désir fanatique de vengeance sont ici à l’état pur. Sa cible est l’autre, celui qui ne pense pas comme moi, et surtout celui qui pense parce que moi j’ai décidé de ne plus penser, c’est-à-dire d’exercer cette faculté propre à l’espèce humaine”. 



samedi 2 octobre 2021

LE PROGRAMME DEBILE D'ERIC ZEMMOUR

 


Tous les médias se sentent obligés de parler du cas d'Eric Zemmour, particulièrement la radio d'Etat France inter, où les obligés du gouvernement s'efforcent de ridiculiser l'intrus dans la longue course électorale. Tous assurent qu'il ne propose rien de concret et n'a pas de programme, pourtant ces menteurs professionnels savent bien qu'il en a un. La vraie question est d'abord : sera-t-il au moins capable de réduire l'abstention voire de gagner les votes ouvriers. Pour l'heure la manipulation sondagière révèle que ce sont surtout couches moyennes d'artisans et de petits bourgeois qui inclinent vers l'égocentrique gaullo-monarchiste, quand une partie des ouvriers s'inclinent pour le RN. Au passage signalons encore que les élections bourgeoises sont en général courues d'avance et qu'il est toujours plaisant qu'une marionnette populiste en réveille un tant soit peu l'intérêt. Ajoutons que la condamnation de Sarkozy est parfaitement injuste, c'est tout le système qui gère les élections à coup de fric officiel ou louche, à chaque fois. Macron devrait être jugé de la même manière dans quelques années puisqu'il est allé chercher lui aussi des fonds bizarres à Londres... Pour que des élections soient vraiment démocratiques il faudrait qu'elles ne reposent pas sur le financement étatique ou louche des partis, comme disait notre bon Lénine avant de s'emparer du pouvoir, mais sur base du choix de leur programme. Quoiqu'on sache désormais qu'il n'y a plus de programme de la part des partis ou individus en lice.

Zemmour a bien un programme. Lequel est d'abord simple comme un bonjour, mais on verra qu'une chose simple est en réalité bien compliquée, comme l'a dit un jour un général versaillais face à la Commune de Paris. Zemmour est incontestablement un versaillais ; il hait 1789 comme il hait 1871 et surtout mai 68 (quand il n'était qu'un mioche) qui a signé la mort définitive du gaullisme et le début de la lente agonie de la gauche bourgeoise, jusqu'à aujourd'hui où se dire de gauche ne signifie plus rien . Il n'a pour tendresse envers la classe ouvrière du passé que celle qui était soumise au parti stalinien au temps du règne gaulliste, et n'a jamais caché son estime pour Thorez et Marchais.

Rendu célèbre par son obsession anti-migratoire, surfant en réalité sur un problème pas simple lui non plus, et qui n'avait pas besoin de cet égocentrique nabot pour occuper régulièrement la une des actualités, soit face aux migrations ininterrompues et de plus en plus nombreuses, soit via les faits divers et les menaces de mort contre des journalistes d'origine arabe, contre Mila et Naulleau, et tant d'autres gardés jour et nuit par des policiers (du jamais vu depuis la guerre du fait de l'appel au meurtre permanent – surtout au couteau et de préférence par égorgement) de nombreux arabes lambdas, soit via les crimes des islamomaniaques, soit face au parasitisme de nombreux arrivants, sans oublier ces délinquants d'Afrique du Nord dont on vient d'apprendre qu'ils sont des milliers à rester en France vu que leurs gouvernements d'origine, libérés du colonialisme français, n'en veulent pas. Ces informations contradictoires et gênantes n'ont nullement besoin d'un Zemmour pour exister et interroger toute la population en France, à quelque classe qu'elle appartienne.

Le premier point du programme populiste zémourien propose de faire cesser immédiatement toute immigration, de cesser de verser à tout va les allocations familiales et sociales, d'éjecter illico les délinquants de l'Est et du Sud. Arrêter l'immigration sans autre forme de procès est évidemment une connerie, on verra pourquoi par après. Mais dans ce premier point tout n'est pas faux, et a même été pratiqué par le mouvement ouvrier au XIX ème siècle, par exemple pendant la Commune de Paris. L'historien Robert Tombs raconte comment l'état-major de l'armée communarde refusa de sanctionner désertion ou refus de combattre les versaillais pour convenance personnelle par le peloton d'exécution, et choisit la sanction économique :

« La suspension du versement de la solde servit à faire respecter la discipline. L'état-major commença à refuser de verser la solde (et les vivres) aux unités et aux hommes ne rejoignant pas leurs postes. Les mairies refusèrent quelques fois de verser des revenus à leurs familles »1.

On a été informé récemment de quelques applications de cette règle contre deux ou trois familles de dealers, suscitant l'ire de la planète bobo-écolo, de la woke attitude et des islamo-gauchistes ; c'est normal, c'est leur fonction, faire semblant de défendre le prolétariat en haillon, dont pourtant Marx dit clairement dans le génial et toujours actuel Manifeste communiste qu'il faudra être impitoyable avec ces parasites sociaux dans la transition au socialisme, et essayer de les intégrer en vue d'un futur débarrassé du capitalisme.

On ne peut pas demander à l'actuel régime bourgeois macronien d'assurer une telle discipline – il n'a surtout aucune légitimité du point de vue de notre classe - et il n'y tient pas non plus, pour les raisons qu'on verra plus loin, ni ne veut ni ne peut résoudre la question de l'immigration désordonnée. C'est pourquoi la proposition de cet individualiste qui pose à l'anti-parti est finalement … aussi réformiste et utopiste que n'importe quelle plate-forme électorale des partis rabougris de la gauche bourgeoise et de sa sœur de droite. Il peut poser à une soi-disant radicalité comme la folle écolo Sandrine Rousseau, c'est du pipeau, parce que c'est impossible, non du point de vue humain (dont se fichent et la bourgeoisie et le petit populiste) mais du point de vue de la marche économique « libérale » qui est en … manque d'exploitation si j'ose dire et surtout d'exploités ! Même bâtir plus de prisons ne résoudra pas la crise migratoire du capitalisme

Deuxième point du programme zemmourien : il faut rétablir un Etat national gaulliste, notre saint père (après Pétain) ! Ainsi nous nous dirigerions vers cet idéal repli national pour mettre fin à l'empire bruxellois et aux désidérata de ses ignobles bureaucrates anonymes... Pourtant on n'a pas attendu la fiction européenne pour comprendre que le Capital fonctionne de façon anonyme, voire invisible à l'oeil nu. Avec des camps d'internement probablement pour les milliers de repris de justesse refusés par leur ex-patrie algérienne.... lequel gouvernement algérien peut compter sur les juges gauchistes qui se sont opposés à ce qu'un criminel algérien soit renvoyé chez lui au prétexte que la police de son pays le maltraiterait...

Mettons que si le président Zemmour supprimait l'hypocrite et opportuniste double nationalité et le pouvoir apolitique de l'injustice française, on lui accorderait un bon point, quoique les prolétaires n'aient eux pas de patrie. Le sauveur de l'identité "nationale" se veut aussi le restaurateur d'une droite regaullisée en monarchie républicaine, ce qui révulse les derniers petits ténors de la droite bourgeoise, en particulier en mettant hors d'état de nuire la magistrature gauchiste, ce qui ne nous déplairait point si ce n'est que c'est infaisable. Une chose est sûre la fausse gauche ou ce qu'il en reste, dans la magistrature, dans les clans politiques écolos ou rigolos (cf les riquiquis insoumis), et à l'Université, reste le pire ennemi du prolétariat.

Il faut être inculte ou simple baratineur pour proposer de rééditer le moment du gaullisme à notre époque. Zemmour se fout du monde entier certes, mais nous lui interdirons de continuer à mentir, comme tout politicien qu'il se glorifie de dénoncer dans les salons de télévision. Le moment du gaullisme est nécessaire à la bourgeoisie à la Libération surtout après l'humiliation de la guerre mondiale. Il faut restaurer la croyance en la nation. Mais ce brave De Gaulle (à qui j'ai arraché un bouton de sa tunique en 1965 au Mont Valérien) n'aurait jamais pu gouverner seul. Sans le parti stalinien, majoritaire électoralement et corsetant une classe ouvrière amorphe et désabusée, il n'aurait pas tenu plus longtemps que n 'importe quel cabinet ministériel de la IV ème République. On oublie toujours de rappeler qu'un gouvernement fort a toujours besoin d'une opposition forte, ce qui fût le rôle de la gauche bourgeoise des sixties aux eighties ; c'est la fonction que tentent de reprendre les Mélenchon, Jadot, Le Pen et... Zemmour. L'opposition (bourgeoise) à l'Etat (bourgeois) doit être surtout forte en gueule et faire croire que si elle succède à la « droite fasciste » elle fera mieux !

Aujourd'hui imaginons le général Zemmour élu président, sans parti (Trump en avait un), sans respect du barnum syndical ni du personne politique classique, il valserait au bout de la semaine suivant son triomphe ! La bourgeoisie n'est pas suicidaire au point d'envisager sauver son système derrière un petit con.

Troisième point du programme zemmourien. A peu près le même que celui du faux-cul Edouard Philippe : la retraite à 70 ans, des taxes à n'en plus finir, rien contre la hausse de l'essence ni contre les inégalités salariales, rétrécissement de la Sécurité Sociale, etc. (La mère Le Pen le joue plus social) C'est pourquoi le succès sondagier de Zorro Zemmour n'est nullement dû aux ouvriers « petits blancs racistes » (comme disent les tarés woke et les islamo-gauchistes)mais aux véritables couches intermédiaires, commerçants, artisans, ploucs, petits patrons, les mêmes petits bourgeois hétéroclites mis en avant dans le chant des partisans gaullistes2.

Avec ce mirage gaullien ringard, pas de pot ! Pauvre petit Zemmour, au moment même où les sondages fabriqués sur mesure le créditent de 15% d'intentions de vote, le Brexit (repli national) vire à la catastrophe en Grande Bretagne (devenue petite bretagne), dans un registre banal : pénurie d'approvisionnement en essence parce qu'on a fermé la porte à des milliers de possibles chauffeurs de camion de l'Est européen... Face à la mondialisation mais surtout face à la marche normale et moderne du capitalisme moderne, fermer les frontières est une connerie, invraisemblable pour les milieux financiers et les exploiteurs.

Revenons au point numéro un de ce démagogue : mettre fin à l'immigration. Il est incontestable que l'immigration n'est pas près de cesser avec la misère et les guerres qui sévissent au Sud et à l'Est et en Amérique latine ; il n'existe pas une misère comparable en Europe, et les assistés ne meurent pas de faim et sont plutôt animés par une arrogance vindicative nullement prolétarienne. Il est incontestable

Zemmour 1M52 - Marion 1M73

que cette immigration charrie des canailles, des profiteurs, des salauds, et que, du fait du nombre, les prisons françaises comprennent une majorité de noirs et d'arabes. Ce fût le cas dans les années 1930 dans le cas des italiens avec leur mafia. Les derniers arrivés sont toujours les plus mal logés si je puis dire... Cela ne signifie pas que l'immense majorité de ces migrants sont des salauds ou des exploiteurs potentiels. Il est incontestable que l'islam et ses arriérations – donc problème cultuel – est ce qui hérisse le plus les possibles électeurs de Zemmour, plus même que l'immigration en soi. Idéologie débile pour la condition de la femme et qui débouche sur un mode de comportement fasciste, fait de menaces de mort systématiques de la part de la plupart des individus paumés adeptes de ce machin. Ce retour à la religion, et à cette aliénation séculaire, a une cause simple : l'individualisme que le Capital a particulièrement développé de puis la chute de la maison stalinienne. Sans perspective ou même messianisme terrestre, l'individu se retourne en lui-même, ce que manifeste le voile, repli sur soi, contention et surtout, traduction du mot islam : SOUMISSION. Et soumission à l'ordre existant.

POURQUOI LA BOURGEOISIE EST-ELLE DEVENUE ANTI-RACISTE ?3

LA GAFFE DE MERKEL :

Je suis probablement un des rares à me souvenir d'une scène assez choquante qui avait pour protagonistes Mme Markel et une jeune palestinienne.

« "C'est vraiment dur de voir que d'autres peuvent savourer l'existence et que soi-même, on ne peut pas partager ça avec eux", explique Reem, à Angela Merkel. L'adolescente palestinienne confie timidement, dans un allemand sans accent, qu'elle traverse un moment difficile car sa famille est en passe de devoir retourner au Liban, pays qu'elle a quitté pour venir en Allemagne il y a quatre ans. L'adolescente va être prochainement expulsée d'Allemagne, faute d'avoir obtenu le droit d'asile

« C'est vraiment dur de voir que d'autres peuvent savourer l'existence et que soi-même, on ne peut pas partager ça avec eux », explique Reem, à Angela Merkel. L'adolescente palestinienne confie timidement, dans un allemand sans accent, qu'elle traverse un moment difficile car sa famille est en passe de devoir retourner au Liban, pays qu'elle a quitté pour venir en Allemagne il y a quatre ans. L'adolescente va être prochainement expulsée d'Allemagne, faute d'avoir obtenu le droit d'asile

"La politique, c'est parfois dur"

"Je comprends", répond la chancelière. "La politique, c'est parfois dur", enchaîne-t-elle. "Tu es devant moi et tu es une personne extrêmement sympathique mais tu sais aussi que dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, ils sont des milliers et des milliers. Et si nous disons maintenant: 'vous pouvez tous venir' (...), nous ne pouvons y arriver, nous sommes face à un dilemme", ajoute Angela Merkel, qui continue à parler quelques secondes avant de s'interrompre en voyant la jeune fille pleurer ». 

Oh, allez, tu t'en es bien sortie", glisse alors la chancelière, semblant penser que la jeune fille était émue d'avoir pris la parole. Le modérateur intervient et dit à la chancelière: "Je crois plutôt que c'est parce que la situation est très pesante..." "Je le sais", reprend Angela Merkel. "Et c'est pourquoi je voulais aussi la réconforter", affirme-t-elle en s'approchant de la jeune fille pour lui caresser l'épaule, sans jamais abandonner son micro. 

La chancelière Angela Merkel fît l'objet de critiques après cet incident. Le hashtag #Merkelstreichelt (littéralement "Merkel caresse") était jeudi en tête des tendances sur le réseau twitter allemand. Certains médias et internautes ont vu dans cette scène la preuve de l'insensibilité de la chancelière, tandis que d'autres estiment que toute personnalité politique aurait été en difficulté dans la même situation et que la chancelière a, au moins, fait preuve d'humanité en ne mentant pas à son auditoire4

Comment la chancelière a-t-elle pu faire pleurer une jeune migrante sur un plateau télé et faire preuve quelques semaines plus tard d'une telle compassion pour les réfugiés syriens? Opportunisme ou personnalité complexe ? Titrait Slate.

Angela Merkel a-t-elle simplement donné libre cours à ses sentiments quand elle a ouvert les portes de l’Allemagne aux réfugiés syriens fuyant la guerre civile et les crimes de Daech? Ce serait simpliste de le croire et injuste de le nier. Avec la chancelière, le calcul politique n’est certes jamais absent. Avant de prendre une décision qu’elle a partiellement corrigée quelques jours plus tard en rétablissant des contrôles aux frontières, elle a attendu plusieurs jours. Pendant ce temps, elle a regardé les sondages qui montraient tous la solidarité spontanée éprouvée par une majorité de ses compatriotes envers les réfugiés. Elle a vu la campagne insolite du grand journal populaire et conservateur Bild Zeitung en faveur d’un accueil digne d’une Allemagne riche et fière d’elle-même.

Grâce à l’élan de sympathie provoqué par son cas, la jeune fille et sa famille avaient, quelques jours plus tard, obtenu le droit de rester en Allemagne.

Le quotidien de Munich, Süddeutsche Zeitung, a reconstitué les étapes qui ont amené Angela Merkel du rappel au règlement, à sa décision de braver les règles pour accueillir les réfugiés syriens. Le 26 août, soit une semaine avant la publication de la photo du petit Aylan mort sur une plage de Turquie, la chancelière est à Duisbourg dans un foyer pour immigrés géré par un prêtre catholique. On ne peut pas donner le signal que «tout le monde peut venir», déclare-t-elle. Le curé lui demande ce qu’elle ferait si elle avait brusquement devant elle cinq enfants malades, sans médecin, sans sécurité sociale. «A votre place, répond Angela Merkel, je crois que dans une situation d’urgence je chercherais à aider.» Le même jour elle annonçait que, en contravention avec la convention de Dublin, l’Allemagne enregistrerait les demandes d’asile de tous les réfugiés syriens.

La décision d’Angela Merkel d’ouvrir les portes a été vivement critiquée par la CSU, le partenaire bavarois de la démocratie chrétienne, qui s’est au contraire bruyamment réjoui de l’instauration de contrôles aux frontières. La chancelière regrette-t-elle son geste de solidarité? lui a-t-on demandé. «Si nous devons commencer à nous excuser d’avoir montré un visage amical dans une situation d’urgence, alors ce n’est pas mon pays», a-t-elle répliqué, dans un accès de sincérité inhabituel. Les valeurs de l’Europe, elle en parle rarement, mais elle tient à les mettre en pratique.

Après l’élan de solidarité envers les réfugiés, la Realpolitik a vite repris ses droits. Les capacités d’accueil, les conséquences sur le marché du travail, les risques liés aux exactions des groupuscules d’extrême-droite, la fronde dans la CDU et la grogne du parti frère bavarois ont déterminé la décision de rétablir des contrôles aux frontières et le recours à des pressions tactiques sur les partenaires européens réticents à accueillir des réfugiés5.

Les gens de Slate sont des gros naïfs. Ce n'est pas l'opinion qui décide avec son émotion ou pas. Ce ne sont pas les bobos écolos d'Outre-Rhin qui ont fait changer d'avis la mère Merkel mais le grand patronat allemand qui l'a rappelé à l'ordre « antiraciste » et « sansfrontiériste ». Et ils crurent noyer sa volte-face pour ne pas faire perdre la face aux intérêts de la bourgeoisie allemande en taxant la mamma Deutchland de réaction émotionnelle. La politique immigrationniste de la bourgeoisie allemande est ensuite tombée de Charyde en Scylla, en 2015 avec les incidents à Cologne, obligeant à reconnaître que ouvrir trop grand les portes pouvait décupler les besoins primaires.

Revenons au fond du problème. Le Capital a toujours eu besoin de l'immigration pour sa survie aujourd'hui. Dans les pays centraux a lieu un coup d'arrêt au développement des forces productives, ce qui se manifeste par une pénurie d'emplois dans de nombreux secteurs sur lesquels je ne vais pas épiloguer. Prenons simplement la restauration en premier lieu. Vous allez au restaurant, soit vous allez attendre une heure en vain, sans voir se pointer un seul serveur, soit vous êtes chanceux et ce restaurant fonctionne à merveille avec toute une équipe de serveurs et de cuisiniers noirs d'origine africaine. Dans le bâtiment on trouve de plus en plus d'ouvriers turcs qui ne parlent pas un mot de français. Comment ne pas comprendre l'antiracisme des patrons, des Etats bourgeois et des milliers de petits patrons affolés. La cause de la pénurie d'ouvriers en France est dûe à deux phénomènes : absence de qualification adéquate et fainéantise des assistés. L'idéologie bobo a même mordu sur le prolétariat : personne ne veut plus que son fils s'abaisse à être ouvrier, dans les diverses tribus communautaristes (arabes mais aussi juifs, protestants, etc.). On trouve bien, chez nos bobos, que les dealers aident économiquement leur famille, surtout pour qu'elles puissent offrir à leurs marmitons les portables les plus chers, voire des BMW. L'individualisme est roi surtout s'il permet une rampe de lancement vers l'enrichissement de toutes les manières possibles.

Voilà pourquoi je dirai en fin de compte que la bourgeoisie a raison d'être antiraciste et de s'opposer à la « préférence nationale » car les nouveaux venus sont capables de bosser un certain temps même pour des salaires dérisoires. Et qu'elle mettra son pied au cul du petit inconscient nommé Zemmour.

De toute façon la classe dominante est vouée, au rythme actuel, à s'effondrer, à voir s'effondrer son économie « quoiqu'il en coûte » à cause de la fable de « l'argent magique », c'est ce que pensait Marx, au contraire de Lénine le volontariste vite contrarié. Est-ce que cette classe ouvrière moderne, modelée, racisée, dispersée en tribus corporatives pourra se hausser à la nécessité de « transformer le monde » selon ses principes de solidarité. Je n'en donnerai pas ma main à couper ni ma gorge à égorger. Et en tout cas il lui faudra bien un parti de classe, qui n'est pas un parti d'affairistes comme toutes ces cliques (électorales et marginales) qu'on subit aujourd'hui. Et il est nécessaire ce parti pour rétablir les vérités historiques et éliminer les tares de l'individualisme.

Quant à la marionnette creuse, tout va être fait pour déstabiliser voire éliminer ce troublion de foire. Deux tentatives ont déjà eu lieu, l'exhibition du petit bonhomme en maillot de bain avec sa groupie énarque et magistrate et le soutien franc de papy Le Pen. Tout autre option sera la bienvenue.


NOTES


1Cf. La guerre contre Paris, p.227. Tout révolutionnaire devrait lire l'ouvrage de R.Tombs parce qu'il sort complètement des laudateurs acritiques de la malheureuse expérience « prématurée » et « accidentelle », mais parce qu'il démontre que l'action de répression versaillaise fût extrêmement compliquée, une grande partie des troupes composées d'ouvriers et de paysans ne voulaient pas aller « tirer sur leurs frères de classe parisiens ». Il fallut toute la subtilité et les concessions de Thiers, avec l'action d'encadrement terroriste de la flicaille, sans compter le bourrage de crâne sur les prétendus massacres de communards, pour pousser à l'horrible « semaine sanglante » ; il faut savoir que cela s'est joué à peu de choses ! Nos minorités marxistes pures organisées passent leur temps, de façon ringarde à dénoncer la « méchanceté » de la bourgeoisie sans vraiment analyser ses marges de manœuvres et la façon dont elle gère son inquiétude permanente face au prolétariat, même en le niant, et surtout en reprenant ses idéaux. Ainsi, pour parodier le Marx du Manifeste, j'écris : « la bourgeoisie a détruit tout internationalisme, solidarité de classe par l'idéologie antiraciste et immigrationniste. Elle s'est appropriée de façon caricaturale ce qu'est l'internationalisme ouvrier. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des partis et syndicats qui n'unissaient plus les ouvriers entre eux. Elle n'a laissé subsister que l'individualisme face à toute conscience sociale collective. Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l'exaltation islamique, de l'enthousiasme des curés, de la mélancolie sentimentale des islamo-gauchistes ». La bourgeoisie décadente a remplacé la menace d'une société humaine lui succédant par sa prétention à éviter la fin du monde, quand elle rêve sans cesse d'un troisième holocauste mondial ». (cf. chapitre Bourgeois et prolétaires).

Il y a trente années, avec Marcel Cerf, petit-fils de communard et auteur d'ouvrages sur la Commune (Cahiers Spartacus) nous avions fait un courrier demandant à Arte de réaliser un film ou un docu du point de vue versaillais, sans réponse. Merci à Robert Tumbs d'avoir réalisé notre souhait, très éclairant et hors des sentiers battus des admirateurs béats de la Commune.

2 Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines,
    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne,
    Ohé ! partisans, ouvriers et paysans, A vos armes !
    Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. »c

3En fin d'article je colle la photo d'une manifestation d'ouvriers américains dans les années de la terrible dépression économique, on y voit des ouvriers noirs qui défilent en tête avec leurs frères de classe noirs, pied de nez aux connards woke qui polluent avec leur antiracisme bourgeois les universités nord-américaines et de plus en plus en France aussi.

4https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/angela-merkel-fait-pleurer-une-jeune-palestinienne-a-qui-elle-refuse-l-asile_1699726.html

5http://www.slate.fr/story/107015/angela-merkel-la-dame-de-fer-au-grand-coeur



jeudi 23 septembre 2021

Pourquoi Macron a baissé culotte sans être villipendé ?

 


Il me faut tout d'abord avouer que l'échec de la vente d'importants engins de guerre n'est pas quelque chose de douloureux pour un révolutionnaire prolétarien. Deuxième chose, la bourgeoisie française, indéniablement, s'est fait ridiculiser aux yeux du monde entier avec cet épisode de vente torpillée (sic) de sous-marins de technologie française.

Malgré des demandes de commissions d'enquête, parlementaires s'il vous plaît, par l'aile droite de la bourgeoisie, des rodomontades de Le Drian, un voyage aller-retour des ambassadeurs, l'ensemble du personnel politique et journalistique est resté le doigt sur la couture du pantalon. Comprnez : il y allait de l'union nationale, une sorte de solidarité mutique face au camouflet du grand frère américain. La France étant redevenue un simple vassal depuis le retour dans l'orbite de l'OTAN à 'époque du règne de Sarkozy. Même si le gouvernement macronien voulait péter plus haut qu'il a le cul, il a dû aller à Canossa. L'humiliation fût celle, sous couvert de « calmer les esprits », du commerçant qui vient de rouler son client quand celui-ci convient qu'il faut « maintenir la confiance ». Joe Biden et Emmanuel Macron ont annoncé des "engagements" pour rétablir une confiance durement éprouvée depuis une semaine entre les États-Unis et la France. Le président américain a dit espérer un "retour à la normale" après cet échange, alors que la France vient de perdre au profit des Américains et des Britanniques un contrat de plus de 50 milliards d'euros pour la fourniture de douze sous-marins à l'Australie. 

Il fallait sauver la mise par un double discours fier à bras, en particulier face à la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui avait défendu le « très loyal » ​président américain Joe Biden, indiquant ne pas comprendre du tout ​les critiques françaises et européennes.

Le roi Macron avait donc envoyé au front son féal Bruno Le Maire, pour « ouvrir les yeux » afin de vanter le mirage européen (dont se branle le prolétariat) et la fable de l'indépendance nationale :

« La première leçon qu’il faut tirer de cet épisode, c’est que l’Union européenne doit construire son indépendance stratégique. L’épisode afghan, l’épisode des sous-marins, montrent que nous ne pouvons plus compter sur les États-Unis d’Amérique pour garantir notre protection stratégique​, a-t-il déclaré sur Franceinfo.Les États-Unis n’ont plus qu’une seule préoccupation stratégique, la Chine, et contenir la montée en puissance de la Chine​. Autant l’ancien président Donald Trump que l’actuel Joe Biden estiment que leurs alliés […] doivent être dociles. Nous, nous estimons que nous devons être indépendants ».

Toutes les chaînes d'infaux ont fait passer le sujet en quatrième ou cinquième position dans le cortège

il s'est retrouvé à poil

des infaux, et, à part la mère Le Pen, Mélenchon et Zemmour, et un afficheur d'Eminence personne n'a moufté ni éclaté de rire1. La pantalonnade de Macron est du niveau de Montoire2, ou encore les accords de Munich...

Toute l'Europe a rigolé, et l'Allemagne, principal pion américain depuis 1946, a rajouté une couche à l'humiliation. Le général Eberhard Zorn, accompagné de l'amiral David L. Johnston, vice-chef des Forces de défense australiennes, le militaire s'est félicité de la signature d'une lettre d'intention pour un «Military Space Partnership» entre les deux pays. «L'Australie et l'Allemagne veulent approfondir le dialogue sur la sécurité et la situation spatiale».


La déculottée de Macron passa au second plan grâce au débat de ses deux principaux dénonciateurs

Le débat entre les deux marionnettes populistes Mélenchon et Zemmour a été suivi par énormément de personnes et surtout, en toute discrétion par les thuriféraires du pouvoir et la gauche en miettes antifascistes.

L'attraction moment, Zemmour, sert d'appât pour la prochaine présidentielle. Pourtant il ne s'est pas foulé avec son nouveau livre qui n'est qu'une compil de ses articles successifs dans le Figaro, où, outre son obsession migratoire (en partie fondée) il passe son temps à nous décrire ses mondanités, ses rencontres successives avec ces gens de l'élite, écrivains et divers paperassiers, qu'il conchie régulièrement alors qu'il appartient à ce même milieu. Pour cet égocentrique arriviste tout est bon pour faire parler de lui, surtout en faisant scandale, comme son soutien hideux aux violeurs DSK et Ramadan, fondé sur un mépris des femmes (fondé sur son complexe de  taille minuscule, 1M52, qui fait qu'il ne pose jamais aux côtés de Marion Maréchal debout, elle toisant le 1M73).

On doit noter qu'il peut se permettre des outrecuidances verbales parce qu'on sait qu'il est d'origine juive ; s'il était auvergnat il aurait été interdit d'antenne comme les vulgaires Soral et Dieudonné. Il n'est pas encore menacé de mort, mais Paris-Match a été chargé déjà de le décrédibiliser. Son idylle de 27 ans, qui pourrait être sa petite fille, placardée en première page du magazine comme en train de lui tailler une pipe en bord de mer, laquelle amante n'est autre qu'une jeune énarque bourgeoise qui est sa directrice de campagne, ont pour but d'exhiber un mode de vie loin de celui des « petits blancs racistes » qu'il est sensé représenter. Mais vu les capacités du petit homme cela ne sera probablement pas suffisant. On se rappelle qu'un autre empêcheur de tourner en rond, Coluche, avait reçu des menaces de mort et que certains pensent toujours que sa mort en moto ne fût pas accidentelle. Michel Noir fût éliminé de la course par un simple scandale, sorti au moment adéquat. La mort de Boulin n'a jamais été éclaircie. Certains pensent aussi que DSK a été piégé. Le comique grossier Bigard a décampé en vitesse...

Mélenchon lui est tombé dans les sondages de 17 à 7%, à cause de son soutien aux islamistes (participation à la manif contre l'islamophobie) et des positions jugées peu sérieuses au niveau de la gestion de l'Etat ; il n'a au demeurant pas d'électeurs ouvriers, ses électeurs sont profs et bobos. Il avait donc tout intérêt à obtenir un débat avec le diable Zemmour, nouvel Hitler pour toute la planète lénifiante de l'islamo-gauchisme et de la gauche BCBG, dont l'islamo-gauchiste de service du plateau décrète qu'il diffuse la haine, oubliant celle des tueurs islamistes et effaçant systématiquement toute problématique de l'immigration massive.

Dans l'ensemble la confrontation ne fût pas ennuyeuse. Mélenchon, mais à part ses envolées lyriques, fût à la peine, malgré ses interruptions et insultes, ponctuées d'anathèmes avec un Mélenchon parfois en difficulté et dont les tirades romantiques ne masquaient pas le vide. Il prenait péniblement des notes alors que Zemmour gardait la table lisse pour ses mains, et n'avait aucun trouble de mémoire. Mélenchon est nul en économie, que Zemmour maîtrise très bien. Zemmour a l'art des grimaces de collégien chaque fois qu'il ne peut répondre à son adversaire directement, sachant que le visuel est plus efficace pour l'impression sur l'ensemble du débat: il est celui "à qui on ne la fait pas", se moque du Lyssenko Hervé Le Bras comme des surveillants du débat, et il a raison sur ce point contre cette tour de contrôle étatique.

Quand Mélenchon s'est mise à ressortir le vieux discours gaucho-stalinien sur les inégalités en pays riche avec de rares grosses fortunes, Zemmour lui démontré chiffres à l'appui qu'en réalité le pays est industriellement et économiquement en chute libre, avec « un modèle social obèse », en particulier à cause de ce grand nombre de familles d'assistés, surtout immigrés, pour nous ressortir sa solution (nationale) : réduire la charge sociale et virer de France les délinquants.

Lorsque Mélenchon lui opposa que banditisme et trafic de drogue sont dûs à la misère (arguments à la Taubira) Zemmour lui répondit que c'était là mépriser les pauvres et ces milliers de musulmans qui sont honnêtes.

Tous les deux furent d'accord pour dénoncer la courbette de Macron à Biden et assurer que s'ils étaient au pouvoir ils feraient sortir immédiatement la France de cette prison US, l'OTAN.

Mélenchon se livra à de grandes envolées écologiennes, après avoir chanté les vertus de l'islam sur lequel Zemmour fût intraitable en faisant mouche à chaque fois contre le vieux politicien passé du trotskisme au stalinisme puis au service de Mitterrand.

Sur la question sociale Zemmour est franchement lamentable, même s'il a atténué son discours libéral (si proche des patrons), et ridicule lorsqu'il affirma que c'est la droite qui la première avait inventé le souci écologique, imaginant une réinventer « une écologie de droite ».

Questionnés sur le futur en 2050, l'un Mélénchon se lança dans une grande tirage utopico-écolo, irréaliste et imbécile contre le nucléaire quand Zemmour imagine une France « libanisée », débarrassée des juges omnipotents sauf si on se met à fonctionner sous la forme de référendums afin de laisser aux oubliettes le scandaleux traité de Lisbonne.

Mélenchon appela enfin à destituer le roi-président, et avec des arguments conseillistes, exigea des représentants élus et … révocables au cas où ils trahissent leurs mandants.

Au total, nos deux zigotos n'ont que des solutions nationales à apporter à la crise capitaliste, au démembrement de la classe ouvrière (disparue selon Méluche, remplacée par l'immigration selon Zemmour) ; quoiqu'ils aient reconnus tous deux que la classe ouvrière est actuellement la principale classe abstentionniste. Ce sont enfin des prophètes chevrotant d'un messianisme misérablement réformiste, où pour l'un la réinstauration des frontières sauverait la France quand pour l'autre les migrants symbolisent l'internationalisme « mondialisé » et cette invention décoloniale, la créolisation. Au total, sous le refus de "débattre avec l'extrême droite", la doxa dominante agite comme danger numéro un seulement l'alerte climatique, fait mine d'oublier la guerre et l'aliénation islamique.

Pas de quoi fouetter un sous-marin même de marque française.



NOTES


2La veille de cette capitulation, le 23 octobre 1940, à Hendayeprès de la frontière hispano-française, Hitler avait eu une entrevue avec le général Franco dans le but d’entraîner l'Espagne dans la guerre. Les courts échanges se déroulèrent dans la voiture personnelle du Führer, après une poignée de main échangée sur un quai de la gare de Montoire entre lui et Pétain. Aucun compte rendu officiel de ces débats ne fut publié, mais on sait que seul le principe de la collaboration fut établi sans qu'aucun engagement fût pris d'aucune part.

mercredi 15 septembre 2021

Le capitalisme n'a pas renoncé à une troisième guerre mondiale



(derrière les pleurnicheries contre les talibans à Kaboul)

Deux faits le prouvent, la séance d'entraînement de l'impérialisme russe et les confidences d'un général américain.

LIRE: https://www.lefigaro.fr/international/face-a-la-multiplication-des-zones-de-tension-washington-et-pekin-redoutent-qu-une-erreur-de-calcul-embrase-l-indopacifique-et-le-monde-20210928


A partir du jeudi 2 août l'armée russe s'est livrée à un entraînement qui n'est plus du niveau d'une guerre locale et promet pour l'avenir proche une guerre « en extension ».

L'impérialisme russe a donné le coup d’envoi début août des manœuvres militaires communes avec l’Ouzbékistan et le Tadjikistan près de la frontière tadjiko-afghane, au moment où Kaboul s’efforçait de repousser l'offensive des talibans après le retrait américain. L'impérialisme russe s’est positionné en tant que rempart contre un éventuel débordement de ce conflit en Asie centrale, où trois anciennes républiques soviétiques ont des frontières avec l’Afghanistan. Ces exercices se sont déroulés au Tadjikistan sur le terrain d’entraînement de Kharb-Maïdon, à seulement 20 km de la frontière afghane. Quelque 2500 militaires de Russie, du Tadjikistan et d’Ouzbékistan y ont participé.

Les manœuvres se sont poursuivies jusqu’au 10 août en parallèle avec d’autres exercices russo-ouzbeks impliquant 1500 hommes à Termez, dans le sud de l’Ouzbékistan, également près de la frontière afghane.

Le chef de l’état-major de l’armée russe, Valéri Guérassimov, était arrivé le jeudi 2 août en Ouzbékistan pour observer ces manœuvres au cours desquelles des troupes russes et ouzbèkes ont simulé des opérations de « reconnaissance de la zone » et ont « trouvé et détruit le camp de groupes armés illégaux », selon un communiqué du ministère russe de la Défense.

LE PREMIER ARGUMENT POUR UNE GUERRE MONDIALE EST LA SOI-DISANT REPLIQUE CONTRE LE TERRORISME (en fait forcément une autre grande puissance)

« La principale menace pour la région d’Asie centrale provient aujourd’hui du côté afghan », a déclaré le général Guérassimov, pendant une rencontre avec son homologue ouzbek Choukhrat Khalmoukhamedov. « Le retrait hâtif des forces étrangères d’Afghanistan a provoqué une dégradation rapide de la situation et […] une explosion des activités terroristes », a-t-il déploré. Dans ce contexte, la Russie et l’Ouzbékistan « doivent être prêts à résister ensemble à des bandes terroristes », a souligné le général Guérassimov.

La Russie dispose de bases militaires au Tadjikistan et au Kirghizstan, les deux pays les plus pauvres d’Asie centrale. Près de 300.000 hommes, toutes les composantes de l'armée impliquées et des soldats chinois en soutien: la Russie a lancé mardi les plus vastes manœuvres militaires de son histoire, dénoncées par l'Otan comme la répétition d'un "conflit de grande ampleur".

Ce déploiement massif auquel ont participé les armées chinoise et mongole, baptisé "Vostok-2018" (Est-2018), devait se poursuivre jusqu'au 17 septembre en Sibérie orientale et dans l'Extrême-Orient russe."Vostok-2018 a démarré", avait indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué, accompagné d'une vidéo montrant des véhicules blindés, des hélicoptères ou encore des avions en mouvement.

En marge du Forum économique de Vladivostok (Extrême-Orient), Vladimir Poutine a assisté à Vostok-2018 qui intervient dans un contexte de tensions persistantes avec les Occidentaux, entre crise ukrainienne, conflit en Syrie et innombrables accusations d'ingérence dans la politique occidentale. Pour l'impérialisme russe cette démonstration de force est similaire à "Zapad-81" (Ouest-81) qui, il y a près de 40 ans, avait mobilisé entre 100.000 et 150.000 soldats du pacte de Varsovie en Europe orientale, les plus grandes manœuvres jamais organisées à l'ère stalinienne.

Tout le répertoire moderne de l'armée russe a été de la partie: des missiles Iskander, capables de transporter des ogives nucléaires, des tanks T-80 et T-90 ou les récents avions de combats Su-34 et Su-35. En mer, la flotte russe a déployé plusieurs frégates équipées de missiles Kalibr, qui ont fait leurs preuves en Syrie.

"Nous avons des relations de confiance (avec la Chine) en matière politique, de sécurité et dans la sphère militaire", avait d'ailleurs déclaré Vladimir Poutine lors d'une rencontre à Vladivostok avec le président chinois Xi Jinping, qui participe aussi au forum économique.

Si les précédents exercices militaires russes dans la région, Vostok-2014, avaient déjà rassemblé 155.000 soldats, les manœuvres Zapad-2017 (Ouest-2017) organisées l'an passé aux portes de l'Union européenne n'avaient en comparaison impliqué que 12.700 hommes selon Moscou, l'Ukraine et les pays baltes faisant état de leur côté d'un contingent bien plus important.

Sans surprise, l'Otan a dénoncé ces manœuvres. "Cela s'inscrit dans une tendance que nous voyons depuis un moment: une Russie plus sûre d'elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire", a indiqué un porte-parole de l'Alliance, Dylan White.

Depuis 2014 et la grave dégradation des relations entre Moscou et l'Occident, la Russie a multiplié les exercices militaires d'ampleur, du Caucase à la Baltique et jusqu'en Arctique, tout en dénonçant l'expansion à ses frontières de l'Otan, menace fondamentale pour sa sécurité selon la nouvelle doctrine militaire russe adoptée la même année.

Au mois de mai dernier, Moscou avait mis en garde les grandes puissances occidentales. "Nous voyons des critiques sur le fait que la Russie développe son activité militaire dans l'Arctique. Mais il est clair pour tout le monde depuis longtemps que ce sont nos terres, notre territoire, nous répondons de la sécurité de notre littoral et tout ce que nous faisons là-bas est parfaitement légal et légitime", avertit Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse. "Quand l'Otan essaye de justifier son offensive dans l'Arctique, ce n'est pas la même chose et nous avons des questions pour nos voisins, comme la Norvège, qui essayent de justifier la venue de l'Alliance en Arctique", a-t-il poursuivi. L'Arctique, dont les immenses ressources sont de plus en plus accessibles sous l'effet du changement climatique, est devenu une zone de tensions géopolitiques croissantes, notamment entre Moscou et Washington allié aux pays scandinaves. Les deux camps y ont multiplié ces derniers mois les manoeuvres militaires, l'impérialisme US envoyant des bombardiers en Norvège via l'Otan tandis que celui de Moscou y avait mené d'importants exercices maritimes et aériens.

L'impérialisme américain avait lui envoyé en février des bombardiers stratégiques s'entraîner en Norvège et déployé l'année dernière des navires en mer de Barents, dans la zone économique exclusive de la Russie, suscitant les protestations de Moscou qui considère cette région comme un pré-carré. Outre cette dimension militaire, le président Vladimir Poutine a aussi fait de l'exploitation économique de l'Arctique une priorité stratégique, notamment via le développement de la voie maritime le long des côtes nord de la Russie pour relier l'Europe à l'Asie et concurrencer le Canal du Suez.

Cette route, rendue davantage praticable grâce au réchauffement climatique et à la fonte des glaces, est amenée à jouer un rôle croissant dans les échanges internationaux. Les ressources naturelles de la région --minerais, pétrole, gaz-- pourraient aussi devenir plus accessible avec le réchauffement, aiguisant les appétits et les convoitises. En 2019, la Russie a lancé la première centrale nucléaire flottante du monde, l'Akademik Lomonossov, destinée à faciliter le développement économique de l'Arctique et à alimenter les plateformes pétrolières.

Leurs voisins européens, Pologne et pays baltes en tête, s'inquiètent de manœuvres qu'ils considèrent comme potentiellement déstabilisatrices. Début septembre, le président polonais Andrzej Duda avait signé un décret sur l'introduction de l'état d'urgence pendant 30 jours à la frontière avec le Bélarus, en prévision de ces exercices et de crainte d'un afflux massif de migrants. Il s'agit du premier état d'urgence en Pologne depuis la chute du stalinisme en 1989. Fin août, la Lettonie, frontalière de la Russie et du Bélarus, avait lancé ses propres manœuvres militaires mobilisant 10.000 soldats venus de huit pays, dont les Etats-Unis et la Pologne.

L'immigration tant vantée par les bobos écolos (un député écolo ayant appelé à réduire la natalité en Europe pour favoriser l'implantation de migrants) est le deuxième argument pour justifier une guerre mondiale. Minsk est accusé d'encourager le passage de migrants vers l'UE pour se venger de sanctions occidentales, M. Blaszczak soutient que les manoeuvres pourraient être suivies d'une "pression migratoire accrue" sur la Pologne, la Lituanie et la Lettonie.

TRUMP N'EST PAS LE SEUL DOCTEUR FOLAMOUR

Le dernier livre du légendaire journaliste américain s’appelle Péril, il semble criminaliser le seul Trump, mentant finalement car au sommet de l'élite militaire ils sont nombreux à être plutôt de l'avis de Trump. Le plus haut gradé du Pentagone s’inquiétait tellement de l’état mental de Donald Trump dans les derniers jours de son mandat, notamment après l’attaque du Capitole, qu’il a pris secrètement des mesures pour éviter une guerre avec la Chine ou que le président américain ne puisse ordonner une frappe nucléaire sans qu’il en soit informé.

Le chef d’état-major de l’armée américaine, le général Mark Milley, a téléphoné à son homologue chinois pour lui assurer que les Etats-Unis n’attaqueraient pas la Chine, affirment les journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Robert Costa, à paraître dans les prochains jours.

Selon des extraits publiés par le Washington Post et CNN, le général Milley a aussi fait promettre à ses adjoints de ne pas obéir immédiatement à un éventuel ordre extrême de Donald Trump, notamment sur l’usage de l’arme nucléaire, après la défaite électorale du président républicain le 3 novembre.

Les services de renseignement américains ayant conclu que la Chine considérait une attaque américaine comme imminente, le chef d’état-major a appelé le général Li Zuocheng deux fois : le 30 octobre, un peu avant le scrutin présidentiel américain, et le 8 janvier, deux jours après l’assaut des partisans de Donald Trump contre le Capitole.

« Général Li, je veux vous assurer que l’Etat américain est stable et que tout va bien se passer », lui a-t-il dit lors du premier coup de fil, selon ce livre basé sur les témoignages anonymes de 200 responsables américains. « Nous n’allons pas attaquer ni mener d’opérations militaires contre vous ».

Le général Milley a rappelé son homologue chinois deux mois plus tard, après l’assaut meurtrier contre le Congrès américain qui a fait vaciller la démocratie américaine et alors que Donald Trump contestait la victoire électorale de Joe Biden. « Tout va bien », lui a-t-il dit. « Mais la démocratie, c’est quelquefois brouillon ». Par ailleurs, le général Milley a réuni l’état-major pour souligner que, si Donald Trump ordonnait une frappe nucléaire, il devait en être informé d’abord. Il a demandé à tous les officiers réunis de confirmer qu’ils avaient bien compris, ajoutent les journalistes Woodward et Costa, selon lesquels il s’agissait d’un « serment ».

Il a aussi demandé à la directrice de la CIA de l’époque, Gina Haspel, et au chef du Renseignement militaire, le général Paul Nakasone, de surveiller tout comportement erratique de Donald Trump.

« Certains peuvent penser que Milley a outrepassé son autorité et s’est attribué des pouvoirs excessifs », écrivent les auteurs de « Péril ». Mais il était convaincu qu’il faisait ce qu’il fallait pour « qu’il n’y ait pas de rupture historique dans l’ordre international, de guerre accidentelle avec la Chine ou d’autres, et que l’arme nucléaire ne soit pas utilisée », ajoutent-ils.

Interrogé, l’état-major américain s’est abstenu de tout commentaire. Mais le sénateur républicain de Floride Marco Rubio s’est indigné des actions du général Milley, appelant Joe Biden à démettre « immédiatement » le chef d’état-major de ses fonctions.

« Le général Milley a tenté de justifier son comportement en affirmant que le jugement militaire était plus équilibré que celui du commandement civil », écrit Rubio dans une lettre ouverte. « C’est un précédent dangereux dont pourrait se faire valoir à l’avenir le général Milley ou d’autres », ajoute-t-il. « Cela risque de mettre en pièces le principe bien établi dans notre pays du contrôle des civils sur les militaires ».

Le général Milley, tout comme Gina Haspel, craignait que Donald Trump ne lance une attaque contre la Chine ou l’Iran pour créer une crise et tenter ainsi de rester au pouvoir. « La situation est très dangereuse », a dit la directrice de la CIA. « On va attaquer pour son ego ? »

Le deuxième appel du chef d’état-major au général Li est intervenu au lendemain d’une conversation téléphonique avec la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui voulait s’assurer que Donald Trump ne puisse pas utiliser les codes nucléaires.

Des centaines de manifestants pro-Trump et de membres de groupes extrémistes venaient d’attaquer le Congrès au moment où les parlementaires y étaient réunis pour certifier la victoire de Joe Biden.

« Quelles sont les mesures possibles pour empêcher un président déséquilibré de déclencher des hostilités armées ou d’avoir accès aux codes et d’ordonner une attaque nucléaire », avait demandé Nancy Pelosi. « S’ils ne peuvent même pas l’empêcher d’attaquer le Capitole, qui sait ce qu’il peut faire d’autre ? », ajoute-t-elle. « Il est fou. Vous savez qu’il est fou (…), et ce qu’il a fait hier est une preuve supplémentaire de sa folie ».

« Je suis entièrement d’accord avec vous », lui a répondu le général Milley. Mais, lui assure-t-il, la chaîne de commandement nucléaire passe par « beaucoup de contrôles » pour éviter l’usage abusif de la bombe par un président.

On a donc toutes les raisons d'approuver les mises en garde répétées du site « Révolution ou guerre ».


PS: UNE VENTE DE SOUS- MARINS FRANCAIS torpillée

Troisième élément de preuve du cynisme impérialiste, le changement de fournisseur de ces terribles armes de guerre, pour la mise en place d'un bloc anti-Chine, à trois: USA, GB et Australie.

l’Australie s’achète un accès à la puissance de feu de l’armée américaine. Et, au de-là du coût qui s’annonce exorbitant des sous-marins, ça ne sera pas gratuit. Michael Sullivan, expert en relations internationales à l’université Flinders, explique à l’AFP que ce pacte pourrait permettre « le déploiement d’armes stratégiques à longue portée américaines, notamment des missiles et des bombardiers furtifs, en Australie ». Des forces américaines pourraient aussi arriver dans le nord de l’île, notamment depuis les bases d’Okinawa et de Guam, « de plus en plus vulnérables aux attaques militaires chinoises ».

Car c’est la Chine qui est dans le viseur d’Aukus. Depuis des années, Pékin essaye d’augmenter son influence dans la zone Pacifique. Il y a bien sûr Taïwan, que la Chine n’a pas renoncé à récupérer, mais aussi la mer de Chine du sud, une route commerciale clé. Dans le secteur, Pékin conteste la souveraineté de tous les pays riverains en revendiquant le moindre atoll. La Chine a les moyens : elle dispose de 360 navires contre 297 pour toute la flotte américaine. En conséquence, tout le monde s’équipe dans la région, dont l’Australie. Pour Washington et Joe Biden, cette initiative est dans la suite logique de la confrontation stratégique entretenue avec la Chine.