Quel
est le nouveau « moine fou » ? Trump ou Epstein ?
LES
FRASQUES SEXUELLES DES ELITES BOURGEOISES VONT-ELLES FAVORISER LA
REVOLUTION EN 2026 ?
Quelle
part du financier, du sexuel, du chantage....
Deux
siècles séparent Marie-Antoinette et Jeffrey Epstein et un siècle
de Raspoutine, mais le scandale a le même effet sur la perception de
la pourriture des élites bourgeoises. Trump, empêtré dans le golfe
persique, est très embêté, pas seulement parce que restent encore
en attente d'autres révélations sur sa complicité avec Epstein,
mais parce que l'ampleur des conséquences de cette affaire
pédophilo-fiancière a fait passer au second plan son blabla sur
l'Iran, au point que tout le monde n'a plus rien à foutre qu'il
intervienne ou pas en Iran.
Plus
que les guerres en cours ou le nombre des grèves (seul phare
anticapitaliste de mes amis gréviculteurs du CCI), cette affaire
relève de l'absence de morale d'un système immoral et fier de
l'être. Elle relève d'un niveau politique supérieur au seul plan
économique, elle est donc subversive. Or toutes les révolutions, à
ma connaissance, se sont produites après des scandales sexuels, ou,
en tout cas, ceux-ci ont été une composante de l'indignation des
masses ; car il y a une dimension morale dans toutes les
révolutions.
En prélude à la révolution bourgeoise de 1789, les scandales de la
noblesse, mêlant religion, curés, sexe, frasques du marquis de Sade
et politique, ont contribué à l'effondrement de l'Ancien régime.
Avant
d'être scandale sexuel, le cas du charlatan Raspoutine (à ne pas
confondre avec Poutine) illustre ce qui fascine et révulse à la
fois la conscience de classe à l'époque des révolutions russes de
1905 et 1917. On peut même regretter d'abord que surtout la
paysannerie et une grande partie de la classe ouvrière russe soient
« suggestionnées », voire subjuguées par ce personnage
étrange, alcoolique dépravé. Il vient d'en bas, comme nous. Il
peut guérir le fils du tsar. Paradoxalement il infuse une mystique
de la possibilité d'échapper à sa condition. Il apparaît comme
guide spirituel vers ube liberté possible. On oublie que la
population russe était encore dominée par un esprit mystique, ce
qui explique que le prêtre Gapone (socialiste policier) ait été en
tête de la première et dramatique manifestations de masse en 1905 à
Saint Pétersbourg. Les prophéties de Raspoutine fascinent un peuple
et un prolétariat qui pensent à un avenir pour combattre le
présent.
Les révoltes au début des périodes révolutionnaires peuvent être
paradoxales ; par exemple la Commune de 1871 à Paris est
d'abord une réaction de défense nationale. En
1916, après la Douma, Raspoutine
et la tsarine seront accusés de connivence avec l’ennemi.
Ce guérisseur mystique qu’on adulait à Pétrograd
se fera de plus en plus d’ennemis, dont l’Eglise qui commence
aussi à lui échapper. Il est un pacifiste, mais on l’impute à
fournir des renseignements à l’étranger (comme le prince Andrew)
quand, pour le peuple Russe, les occidentaux dépravés sont de la
même engeance.
En
1905 les masses ne se lèvent pas vraiment contre le capitalisme. Les
fondements politiques de la monarchie ne sont pas les seuls à être
fortement contestés pendant la première crise révolutionnaire de
1905. On reproche tout autant à la noblesse son mode de vie, et son
libertinage, marque d’une appartenance perverse à un Ancien Régime
en déclin. Une partie de la bourgeoisie russe s'indigne de la
débauche de la noblesse puis des frasques sexuelles de cet étrange
conseiller du tsar, qui caresse sous les draps les jeunes princesses
au moment du coucher au palais. La noblesse est de plus en plus
perçue par l'ensemble de la population comme une classe décadente
motivée par le libertinage et la débauche .
L'idée d'une révolution pour rétablir un ordre moral est en
chemin. On en reste cependant sur ce seul plan philosophique à une
vision idéalisée d'un peuple innocent, d'une bourgeoisie vertueuse
face à une noblesse composée de « malades », comme fût
désignée la Marie-couche-toi-là, Marie-Antoinette.
La
place pardoxale et surprenante de Raspoutine au sommet de l'Etat
russe résume le processus de décomposition du tsarisme russe à la
veille de février 1917, l’inconsistance d’un pouvoir qui,
quelques mois seulement après la mort de ce triste personnage, sera
renversé par le principal mouvement révolutionnaire du XXe siècle.
Raspoutine
est l’expression la plus caricaturale, celle d’un immense
territoire plongé dans le sous-développement, l’archaïsme et la
brutalité de rapports féodaux persistants malgré l’abolition du
servage.
J'ai
découvert ensuite une analyse très pertinente du cas Raspoutine,
et assez inattendue de la part d'un groupe trotskien plutôt agité
du bonnet et antifa ras des cacahuètes, Révolution Permanente, dont
je fais miens les extraits suivants.
UN
PERSONNAGE HORS DE LA LOGIQUE DE L'HISTOIRE
« Quelque
chose qui n’était pas dans la logique de l’histoire » :
ainsi fut qualifié Raspoutine par Kerenski, chef du Parti socialiste
révolutionnaire et ministre-président du gouvernement provisoire
après février 1917. Cette citation symbolise à elle seule
l’incrédulité que suscitait à l’époque l’influence de ce
« moine fou » sur le couple impérial. Pourtant, si la
position de pouvoir prise par Raspoutine, moine mystique et illettré,
a tout d’une erreur historique improbable en ce début XXe siècle,
il n’en reste pas moins qu’elle s’explique.
Auprès de Nicolas II, les personnages de ce type, rebouteurs, mages
et possédés, sont nombreux : ils sont le symptôme de la
décadence du tsarisme russe et de la déligitimation de
l’autocratisme russe après la révolution avortée de Février
1905. Un phénomène analysé avec humour par Trotsky dans
son Histoire
de la Révolution Russe (I,
ch. 4 "Le tsar et la tsarine") : « plus
la dynastie s’isolait et plus l’autocrate se sentait délaissé,
plus il ressentait le besoin de l’au-delà ».
« Les
archives permettent de dresser le portrait d’un homme aux fortes
caractéristiques de gourou. Doté d’un grand pouvoir de persuasion
et de séduction, son influence est particulièrement remarquable
auprès des femmes (en premier lieu de la tsarine) et il enchaîne
les conquêtes sexuelles, jusqu’à dix par jour selon les sources.
Des relations dont on peut se demander dans quelle mesure elles sont
consenties (toute ressemblance avec Epstein serait forfuite). En
effet, le gourou maîtrise également l’art de l’hypnose et d’une
grande sensibilité psychologique, et plusieurs récits relatent sa
capacité à obtenir ce qu’il veut de ces personnes mises dans un
état de semi-conscience.
« L’ascension
de Raspoutine est téléguidée en sous-main par une partie de
l’élite russe qui y voit le moyen de prendre le pouvoir, dans un
contexte où le tsar Nicolas II, déconnecté de la réalité
politique, est incapable de gouverner le pays. La majorité des
historiens s’accordent d’ailleurs à relativiser l’influence
souvent attribuée à Raspoutine dans la conduite des affaires
politiques de la Russie. Pour Trotsky, « mis
en valeur au moment opportun, "l’homme de Dieu" trouva
bientôt des auxiliaires haut placés ou, plus exactement, ils le
trouvèrent, et ainsi se forma une nouvelle coterie dirigeante qui
mit solidement la main sur la tsarine, et par l’intermédiaire de
celle-ci, sur le tsar. »
« Si
Raspoutine est le symbole de la décadence du tsarisme en Russie, il
est aussi celle d’une absence d’alternative crédible au sein des
sphères de pouvoir pour remplacer un tsar qui s’achemine lentement
vers l’agonie. En ce début de XXe siècle, face à l’inconséquence
de Nicolas II, nombreux sont les hommes d’influence, à la Cour, à
la Douma ou encore dans l’armée qui songent à le renverser, mais
aucun ne s’y résout. L’idée d’une Révolution de Palais ne
restera qu’un doux rêve. On craint trop de s’attaquer
directement du tsar, et d’arriver au pire en voulant faire mieux.
Raspoutine
devient alors, à défaut, la cible privilégié des attaques, le
meilleur prétexte pour s’en prendre de manière détourné au
tsar. Ses excès, réels ou supposés, exaspèrent. On le soupçonne
d’organiser des orgies, de manquer à la bienséance, de
ridiculiser le pouvoir russe dans la population et à l’étranger.
Il est même d’accusé être un espion, à la solde de l’Allemagne,
qui chercherait, avec la complicité de la tsarine, née princesse du
Deuxième Reich, à affaiblir la Russie dans le contexte de la
première guerre mondiale. un autocratisme russe qui, après la
révolution de 1905, se maintient tout en craquelant chaque jour un
peu plus : où, à côté d’un tsar qui, à la veille de la
Révolution de février 1917, se comporte avec l’insouciance d’un
enfant en bas âge, un « moine fou » en arrive à
conseiller la tsarine, faire nommer des ministres et prendre des
décisions politiques majeures pour le pays.
« Qui
a le pouvoir en Russie en début de XXe siècle ? Personne ne le
sait trop. Dans les classes dominantes, face à la décadence du
tsarisme, c’est la paralysie qui domine. On attend : on craint
trop, par une action précipitée, de faire une erreur qui pourrait
tout bouleverser. A l’image de l’assassinat de Raspoutine, acte
individuel de quelques personnes haut placées, et qui va précipiter
encore davantage le tsarisme dans le gouffre. Face à cette
expectative, dans laquelle personne ne veut, ne peut prendre le
pouvoir, c’est le peuple russe lui-même qui va montrer la voie.
Moins de trois mois plus tard, et même si cette ère nouvelle ne va
pas résoudre, loin s’en faut, toutes les contradictions sociales
et culturelles du pays, en particulier dans les campagnes, l’alliance
des ouvriers et des paysans va mettre fin définitivement au règne
du tsarisme en Russie, et tourner la page de ce clan d’un autre
âge, dont Raspoutine fut en définitive une illustration
emblématique, qui gouvernait le pays ».
LA
PORNOGRAPHIE BOURGEOISE MISE A NU
Du
point de vue de l'aspect gourou charlatan, il y a du Raspoutine chez
Trump ; du point de vue de la perversion sexuelle Epstein en est
le sosie à dimension mondiale, même sans barbe, il est emblématique
de la concupiscence d'une bourgeoisie décadente qui ne pense qu'à
jouir et à détruire. L'affaire Epstein n'a pas fini de faire des
vagues, voire de provoquer des tempêtes politiques conduisant vite à
la guerre des classes. S’il est difficile d’en mesurer l’ampleur
et d’en prévoir les effets, on peut néanmoins être certain que
ce genre de scandale politico-sexuel aura des implications profondes
pour une conscience de classe radicalisée.
L’histoire
de la chute « scanaleuse » de l’Ancien Régime féodal
offre à cet égard un terrain d’analyse suffisamment scandaleux et
édifiant pour ne pas en douter. La
gauche bourgeoise de Mitterrand avec ses affairistes glauques comme
Lang, nous a longtemps raconté que la Révolution était
démocratique, éthique, égalitaire, etc. avec tous les gauchistes
en service d'ordre électoral. Aujourd'hui le scandale des corrompus
au niveau financier d'abord, sexuel criminel ensuite dévoile au
grand jour, mondialement, l'étendue des compromissions, des
ramificatins de gangsters hors la loi, sans foi ni loi que leur
intérêt et leurs perversions infantiles. Toute l'affaire reste
explosive et nécessiterait une IA vraiment intelligente, tellement
elle défie l'imagination : pour quoi et pour qui ont été
filmés à leur insu tous ces riches pervers ? Persuadés qu'ils
étaient que leur ami était un « obsédé sincère »,
comme eux et cachotier de cochonneries partagées dans des îles ou
des hôtels de grand luxe...
Il
faut entendre « scandale » au sens plein : non pas
seulement le bruit des alcôves, mais ce mécanisme moderne par
lequel la corruption mêle manipulations politiques, mépris des
faibles, viols d'enfants, sexe, argent, mensonges, exploitation, etc.
Du jamais vu à ce niveau-à. Raison de plus pour ficher en l'air ce
déjà « ancien régime » qui aurait déjà dû être
abattu depuis longtemps. Dernière remarque, l'orchestration et
l'instrumentalisation de la dénonciation effrénée du pédocriminel
et de certains de ses comparses hauts placés sert aussi de
« cache-sexe » à une vraie dénonciation du système de
fonctionnement du capitalisme. Avec une différence,
Epstein-Raspoutine est mort mais l'autre est à Washington.
ILLUSTRATIONS
POST SCRIPTUM
Charlemagne
couchait
avec sa sœur, Aliénor
d’Aquitaine. Elle
a entretenu une liaison avec son oncle,
Raymond de Poitiers. Catherine
de Médicis aimait
aussi les femmes. Nymphomane
notoire,
sa fille Margot aurait subi les assauts de ses trois frères,
dont Henri
III qu’on
qualifierait aujourd’hui de reine queer tandis
que les jolis hommes focalisaient aussi les désirs de Louis
XIII,
dévot tourmenté. "Quel contraste avec son priapique papa !
Persuadé jusqu’à 40 ans que son pénis était un os, Henri
IV aimait
frénétiquement les femmes. Même à peine pubères. Aujourd’hui,
il serait incarcéré pour pédophilie"
s’exclame Alain Dag’Naud. "En fait, personne ne se gênait.
Les puissants aimaient qui bon leur plaisait. On veillait uniquement
à perpétuer sans ambiguïté le lignage royal". De fait, les
seuls scandales sexuels visaient exclusivement celles qui étaient
investies de cette mission. Dans l’affaire
de la Tour de Nesles (1312-14),
Philippe Le Bel s’avère surtout scandalisé par le péril que
l'infidélité de ses deux belle-filles fait courir à la dynastie.
D’où sa fureur et les atroces supplices que leurs malheureux
amants vont subir .
Le
faible de Louis
XV pour
les très jeunes femmes, rabattues par des agents dans son parc aux
cerfs, fait certes jaser. Mais moins que sa faiblesse envers les
femmes qui gouvernent à sa place (la Pompadour)
ou celles réputées indignes de ses faveurs (la du
Barry).
Si elle n'est pas un motif de scandale, la
sexualité de son petit-fils, Louis
XVI, suscite
plutôt du souci sinon de la pitié puisqu’elle est inexistante.
"La
puissance sexuelle était un attribut attendu des rois,
analyse Alain Dag’Naud. Le dégoût de Louis XVI pour la bagatelle
va contribuer à sa perte de prestige". Et faire des désirs
insatisfaits de son épouse, Marie-Antoinette, la cible de tous les
fantasmes. Une littérature de caniveau bravant la censure lui prête
des maîtresses (ses
amies Lamballe et Polignac), un
amant (le Suédois Fersen) ;
même si ce sont surtout ses dépenses et son ingérence politique
qui choquent l’opinion.
Alternant
des périodes pudibondes et de relâchement des mœurs, le XIXème
siècle ignore globalement les scandales sexuels. Une chance pour ce
polisson de Napoléon
III qui collectionnait les conquêtes…
Les
écarts sexuels sous la IIIe république
En
revanche, la
très moraliste IIIe république (1870-1940)
verra une presse sans vergogne faire payer au prix fort leurs
galipettes désordonnées à de nombreux politiciens. Le
décès du président Félix Faure en pleine gâterie prodiguée par
sa maîtresse le
16 février 1899 à l’Elysée ? Loin de s’en outrer les Français
préfèrent en rire avec son rival Clémenceau ("Il Il se
croyait César, il n'est mort que Pompée").
Les
penchants triolistes du très vert Maréchal
Pétain auraient
eu de quoi davantage choquer les Français de l’Occupation. Ils
n’en sauront rien. Le
président de l’Assemblée André Le Troquer échappera,
lui, à la prison ferme mais pas à l’infamie quand en 1959 sont
révélés ses "ballets roses" avec des mineures sous les
ors de la République. Scandale
monté de toutes pièces pour nuire à Georges Pompidou, l’affaire
Markovic (1968),
qui prête à sa femme Claude la participation à des partouzes, fera
pschitt. Devenus discrets sur la vie privée de nos dirigeants, les
médias français tairont les
escapades extraconjugales de ses successeurs Giscard d’Estaing,
Chirac, Mitterrand.
Favori
de l’élection présidentielle à venir, Dominique
Strauss-Kahn,
notoirement libertin, croyait jouir de cette immunité jusqu’à ce
qu’il se mette à la faute au fameux Sofitel de New York en 2011.
Fatal en terre anglo-saxonne, le
scandale s’avère monstrueux.
"Cette affaire scelle un changement accéléré par #MeToo,
analyse Alain Dag’Naud. Désormais, chez nous, on ne rigole plus
avec les frasques sexuelles de ceux qui nous gouvernent."
A
partir des années 1950, ce sont Édouard Herriot, qui de notoriété
publique aimait que ses maîtresses s’habillent en infirmière, ou
encore Edgar Faure célèbre pour ses réparties. A une femme appuyée
contre une cheminée, il aurait par exemple lancé : « Si c’est
pour moi, pas trop cuit », à une autre, « Mademoiselle, je ne vous
dévisage pas, je vous envisage ». « Il s’en dégage au long
cours un insupportable fumet de machisme archaïque, lié au sexisme
et à la phallocratie » résume Jean Garrigues.
Valéry
Giscard d’Estaing, un séducteur compulsifEt
le vent de féminisme qui souffle sur les années 1970 n’y changera
rien, la tradition se perpétue. Valéry
Giscard d’Estaing,
dit Valéry « Folamour », était lui aussi un séducteur compulsif.
« Giscard est le seul chef d’État au monde dont on sait à peu
près sûrement où il ne couche pas » aurait lancé Maurice Couve
de Murville, ancien Premier ministre. Jacques
Chirac reprend
le flambeau : « Son ancien chauffeur raconte que lorsqu’il avait
rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près » raconte
Jean GarrigueCharlemagnes.
« Trois minutes, douche comprise » aurait lui-même lancé
l’intéressé. Quant à Mitterrand, l’apparition d’une « fille
cachée » et la révélation de sa double vie, ne l’a pas empêché
de collectionner les maîtresses jusqu’à la fin de sa vie. Dans
l’ombre, les premières dames ont toujours fait bonne figure,
ravalant leur humiliation. Seuls De
Gaulle et Pompidou semblent
avoir été épargnés par cette frénésie.
Nos
dirigeants, tous des séducteurs ?
Quel
démon a bien pu s’emparer de nos dirigeants ?
Le pouvoir, tout simplement, « le plus puissant des aphrodisiaques »
affirmait l’ancien secrétaire d’État américain Henry
Kissinger. Une idée que développe Serge Hefez : « On est tout le
temps au milieu des autres, en train de séduire, de décider,
d’agir, dans un état d’éveil sensoriel permanent ». Et puis
les femmes ne résistent pas aux hommes de pouvoir, dit-on, comme
s’en vantait Edgar Faure : « Quand j’étais ministre, quelques
femmes m’ont résisté ; une fois président du Conseil, plus une
seule ». A l’ère post me
too elles
ont pourtant appris à dire non. L’affaire DSK en a été l’exemple
le plus criant. Depuis, les accusations d’agressions et de
harcèlement pleuvent sur les politiques. Le droit de cuissage a
vécu.
La
folle rumeur du couple Pompidou échangiste
Peu
de gens les ont vues, mais tout le monde en parle en cet hiver 1968 :
des photos de madame Claude Pompidou participant à une
soirée échangiste.
Le coup est rude pour la carrière politique de son époux Georges,
ex-premier ministre de De Gaulle. D’autant que derrière ces images
compromettantes se cache une sordide affaire de meurtre. La police
vient en effet de retrouver le cadavre de Stevan Markovic, un malfrat
yougoslave qui évolue dans la Jet Set parisienne. Ni une ni deux, la
rumeur se répand dans les salons et bientôt dans la presse :
Markovic aurait été l’organisateur de ces soirées échangistes
dont les époux Pompidou « raffolaient ». Sa mort : une façon de
le faire taire. Il s’avéra rapidement que les clichés n’étaient
que des photos montages et, en 1969, le couple lava son honneur en
gravissant les marches de l’Élysée.
Il
faut dire en conclusion de ces quelques exemples, surtout français,
que leur impact resta limité à l'hexagone. Le scandale Epstein
présente une toute autre gravité. Il éclabousse les élites
bourgeoises au niveau mondial, même la couronne britannique risque
de passer à la trap
NOTES