"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 9 février 2026

LA CHUTE DE L'ISLAM CONDITION POUR UNE VRAIE REVOLUTION MONDIALE


"L’islam et le national-socialisme partagent une même vision de l’honneur et du sacrifice",

"L’islam promet le paradis à ceux qui tombent au combat ; c’est une religion faite pour les soldats". "

Mohammed a fait d’un peuple de nomades une puissance mondiale"  .

Hitler





« ..un processus qui ne rassure pas : combler le déficit social par la réanimation du religieux est voué à l’échec. Car c’est du côté du social que va naître, en 2008 et en 2010, la mise en question du pouvoir »

Abdelwaheb Cherni1


En général les révoltes partielles, parfois seulement corporatives, estudiantines, ou même petites bourgeoises, peuvent déboucher sur une révolution. De la fin du XIX ème siècle jusqu'à ce début du XXI ème, la classe ouvrière mondiale n'a fait que subir des échecs ou a déçu. En 1917, ce n'est pas elle qui a pris le pouvoir contrairement aux mensonges léninistes. Pourtant combien elle reste la classe fondamentale et la plus forte et dangereuse dans la société bourgeoise. Deux événemrents illustrent, à mon humble avis, ce qui est en train de se passer au niveau mondial : une remise en cause de la religion (en particulier islamique) et donc du désordre existant, après tant d'années de réaction religieuse à partir des années 1980 : 1905 en Russie et 1968 en France. Ces moment préliminaires à une mise au premier plan de la classe ouvrière sont précédés par une mise en cause religieuse ou d'un autoritarisme paternaliste. En 1905, une foule, probablement constituée par une majorité de paysans, défile derrière un pope maqué par la police. La manifestation est cruellement réprimée par des fusillades dont des calculs récents permettent de comparer avec le génocide des mollahs : de 6000 à 18.000 tués. On connait la suite : l'irruption des conseils ouvriers. La France du grand Charles semble à la traîne de la mode contestataire hippie qui s'étend déjà au monde entier. Les bobos de l'époque ont des cheveux longs et portent des chemises à fleurs. Ce sont de braves paifistes fainéants et réfomistes. Lorsque la répression surgit face à une occupation pas bien méchante de la Sorbonne, la série de grèves qui démarrent et vont se généraliser n'est pas basée sur un désir d'augmentation desa salaires mais sur une solidarité qui n'a rien d'ouvriériste, prouvant que le prolétariat n'est pas une corporation mais une classe à vocation universelle. Du coup, je fais la découverte suivante : la politisation des grèves ne vient jamais de l'intérieur de l'entreprise mais de ce qui se passe dans l'ensemble de la société, sans oublier (et je suis pas féministe) que, dans la plupart des révolutions ce sont les femmes qui sont devant. De ce fait le véritable risque d'extension au Moyen Orient, incarné par cette magnifique révolte iranienne, est social, politique et potentiellement révolutionnaire dans la mesure où le mouvement piétinera la religion aliénante des pauvres.

La lutte sociale et gréviste, en revanche,peut aussi conditionner ou influencer la révolte civile. Le mouvement interclassiste « Femme, Vie, Liberté » n’aurait pas pu se produire sans les mouvements politiques et sociaux qui l’ont précédé. Lors des mouvements de masse de l’hiver 2017-2018 et de l’automne 2019, la question sociale occupait une place centrale, avec le mot d’ordre « Pain, Travail, Liberté ». Le remplacement de ces trois termes par le slogan féministe révèlait pourtant une offensive de la gauche bourgeoise de l'opposition clandestine pour casser la lutte de classe du prolétariat iranien, et l'on peut considérer que ce type de manipulation politique, contribuant à une remise au second plan de la classe ouvrière, a aussi favorisé la répression ignoble de janvier. Dans l'incertitude d'un prologement de la répession avec ou sans bombardement américain, un vrai parti communiste du prolétariat devrait appeler à une solidarité internationale des travailleurs pour mettre fin à l'isolement des prolétaires iraniens qui, pour retrouver leurs forces, dépendent ...de l'extérieur, donc de leur casse internationale pas du roi des ons iraniens ni du criminel de guerre Netanyahou, quand, en France on enverra aux chiottes les voyous menteurs de LFI.

UNE COMPARAISON AVEC LA « REVOLTE » DE MAI 68, CE GRAND BAZAR2

Adoublé par les curés, De Gaulle ce grand penseur aujourd'hui de toutes les factions politiques en France, voulait faire tirer dans le tas et c'est la grève généralisée qui l'en a empêché, grâce aux subtils Grimaud et Pompidou. Donc, même si je n'aime pas le terme, il y a toujours une « révolution culturelle » qui précède les grands affrontements de classe et conditionne grèves et manifestations de rue. Et, désolé pour le camarade iranien qui a prétendu lors de la réunion publique du CCI, que le prolétariat iranien a le même pouvoir que celui en France en 1968. Le prolétariat iranien a été dans l'impossibilité hélas (trois fois hélas) d'empêcher ou d'interdire le massacre ignoble des nazislamistes. Oui le prolétariat en Europe a de la mémoire et gare à l'Etat qui s'amusera à lui tirer dessus comme ces nazis enturbannés. Le vrai « fachisme » moderne il est là-bas, pas chez nous chez le minable parti de droite du rigolo Bardella. Pour sa part le CCI, lui, est quasiment incapable de voir ce qui se passe dans la société iraniene depuis des années et passe son temps à plaindre les ouvriers iraniens et à analyser comme le Monde Diplo les querelles régionales impérialistes.

Le sondage que vous allez lire, montre non seulement qu'une majorité de la population iranienne, donc pas seulement d'une classe ouvrière faible et divisées en ethnies et nationalismes régionaux, mais animée par une remise en cause fondamentale de l'islam. Les mosquées sont désertées depuis des années, et lors des émeutes 25 au moins ont été cramées. Un tel incendie s'est produit dans pays voisin dont je n'ai pas retenu le nom récemment. Sur le sujet c'est l'omerta comme le démontre très bien la vidéo que je vous coneille de visionner dans les notes.

Plus que les mutiples grèves corporatives ici ou là que célèbre le CCI gréviculteur - (mais solidaire en paroles du prolétariat iranien en 2018 avec la conscience trade-unioniste du mêe CCI)3 - cette révolte contre la religion est plus politique et annonciatrice, à mon avis, de l'ouverture au retour de la question sociale « et politique » qui doit contrebalancer ce retour étouffant et aliénant de l'islam qu'on subissait depuis les années 1980. L'islam a été depuis le principal porte drapeau de la réaction bourgeoise mondiale avec l'échec en Pologne et la chute de l'URSS, paradoxalement mettant fin à l'espérance d'un bonheur terrestre.

COMMENTAIRE INSUFFISANT DES TROTSKIENS :

« La désaffection envers la religion n’est pas seulement un changement idéologique abstrait, c’est la fin du mythe fondateur du régime. Dès l’instant où les gens ont cessé de considérer le gouvernement comme une autorité sacrée, celui-ci est devenu un oppresseur parmi d’autres. Dès l’instant où ils ont vu les religieux non plus comme des représentants de Dieu, mais comme des hommes corrompus cramponnés au pouvoir, le charme a été rompu. Les propres enquêtes du gouvernement (sic)le confirment : les mosquées se vident, les lois religieuses sont ignorées et l’idée même d’un État islamique est rejetée par ceux-là mêmes qu’elle était censée sauver ».

Cette réflexion partiellement lucide de la vieille relique « Quatrième internationale » dans sa revue imprecor, est typique de l'ambiguïté traditionnelle du trotskysme, même relooké wokisme populiste, qui repose en fait sur une idéologie nationale opportuniste et électoraliste : là-bas c'est bien de contester le voile, ici c'est une liberté de choix !4 Pourtant le rapport dont ils se font l'écho est stupéfiant, Cette enquête gouvernementale confidentielle, menée fin 2023 mais dont la publication complète avait été empêchée...(les régimes nazis ont toujours procédé euxaussi à des sondages de la population, Hitler également). Le pitre dictateur, j'allais dire piètre, Donald Trump peut trembler avec sa saloperie de faux soutien à la jeunesse iranienne massacrée. Il est sur la pente d'une remise en cause totale de son populisme cybique qui est un outrage à ce que prétendait son discours électoral, la prétendue prise en compte par l'ordre bourgeois par sa clique MAGA des « basses classes », comme son autre mensonge « zéro mort américain dans les guerres », qui va en réalité en multiplier les chiffres dans les bombardements programmés. Ce connard pourrait chuter plus tôt que prévu. Il s'est déjà décridibilisé au niveau international et en Amérique pour les « classes dangereuses » !

EXTRAITS DU SONDAGE IRANIEN

«  Les résultats sont stupéfiants. Non seulement le soutien à la séparation de la religion et de la politique a grimpé en flèche, passant de 30,7% en 2015 à 72,9% en 2023, mais les attitudes à l’égard des pratiques et des symboles religieux, en particulier le hijab, ont subi une transformation qui aurait été impensable il y a seulement dix ans.

Effondrement de la mise en application du port obligatoire du hijab

La révélation la plus explosive sur le plan politique dans ce rapport concerne le port obligatoire du hijab. Pendant des années, le régime a présenté le hijab comme une ligne rouge, un pilier non négociable de son identité islamique. Les femmes qui refusaient de s’y conformer s’exposaient à des mises en garde, des amendes, des arrestations et des sanctions brutales. Le gouvernement cherchait à justifier l’application de cette loi par le soutien qu’elle recevait de l’opinion publique. Mais son propre sondage contredit cette affirmation.

En 2023, 38% des personnes interrogées ont déclaré ne voir aucun inconvénient à ce que les femmes se dévoilent entièrement. Il s’agit d’un changement radical par rapport à 2015, où seulement 10,6% partageaient cet avis. En d’autres termes, en moins d’une décennie, la proportion de la population iranienne qui rejette explicitement le port obligatoire du hijab a presque quadruplé.

Même parmi les personnes qui s’opposaient personnellement au fait de se dévoiler, 46% ont déclaré que, bien qu’elles désapprouvaient cette pratique, elles n’interféreraient pas dans le choix des femmes. Seuls 12,5% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles sommeraient une femme de respecter le port du hijab, ce qui représente une forte baisse par rapport à 2015, où 17,6% avaient déclaré qu’elles s’opposeraient ouvertement à des femmes qui ne respecteraient pas leurs obligations en la matière.

Au-delà de ces chiffres se cache un changement culturel encore plus significatif : l’application du port du hijab n’est plus une question qui interpelle la société, mais uniquement l’État. Le gouvernement mène une bataille perdue d’avance contre une population de plus en plus indifférente. Le hijab n’est plus considéré comme un symbole de moralité, mais comme un instrument d’oppression.

Ce rejet n’est pas passif. L’acte de défiance le plus visible en Iran aujourd’hui est celui d’une femme qui se promène dans les rues sans voile. Ces femmes, qui auraient été immédiatement arrêtées il y a quelques années, sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à évoluer dans les lieux publics. Certaines font l’objet de brimades de la part des autorités, d’autres sont arrêtées, mais elles reviennent. La réaction de la population est éclairante : elles ne sont pas prises à partie, ni humiliées, ni arrêtées par les citoyens ordinaires. Même parmi ceux qui sont personnellement favorables au hijab, la plupart ont abandonné l’idée qu’il devrait être imposé.

Le fossé générationnel est également patent. L’éducation joue un rôle décisif dans le façonnement des attitudes à l’égard du fait de ne pas porter le voile. L’enquête a établi que près de la moitié (47%) des personnes interrogées qui ont fait des études universitaires trouvent acceptable de ne pas porter le voile, alors que seulement 14,7% des personnes analphabètes et 16,2% de celles qui n’ont fait que des études primaires partagent cet avis. Ce contraste revêt une importance capitale : la population plus jeune et plus instruite rejette massivement les obligations religieuses imposées par l’État, tandis que la résistance au changement se concentre parmi les personnes plus âgées et moins instruites.

La tentative du gouvernement de dissimuler ces statistiques révèle son désespoir. Les chiffres révèlent la vérité : le hijab ne fait plus l’objet d’un consensus moral. Il s’agit d’une imposition politique qui est rejetée non seulement par les jeunes militants, mais aussi par une partie importante et croissante de la société ».5

Par suite à ce sondage l'Etat nazislamique s'était attaché en 2024 à « réformer », annonçant la suspension de la nouvelle loi sur le hijab obligatoire6, initialement conçue pour renforcer le contrôle social ; le sondage révélait le dégoût de la population, forçant le Conseil suprême de sécurité nationale à intervenir pour la « réformer » même en l'espérant provisoire7. Cette loi répressive au cœur des tensions sociales était une alumette.

EN MEMOIRE DE JINA MAHSA AMINI

Le 13 septembre 2022, Jina Mahsa Amini, une jeune femme kurde de 22 ans, est tombée dans le coma après avoir été violemment battue par la « patrouille d’orientation ». Sa mort, trois jours plus tard, a déclenché un soulèvement massif qui a secoué l’Iran pendant six mois, causant la mort de centaines de manifestants et entraînant l’arrestation de 30 000 personnes. Depuis, de nombreuses femmes iraniennes défient ouvertement les lois sur le hijab, qualifiant ces règles de « tachées de sang ». Il vaut de lire et d'apprécier, même si c'est une bourgeoise féministe membre des « factions bourgeoises » ? Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, répondant aux déclarations de papy Khamenei en affirmant : « Les femmes sont la force motrice du changement en Iran. De la rue aux prisons en passant par les unités de résistance, elles mènent le combat pour la liberté et l’égalité. Elles ne se reposeront pas tant que cet objectif sacré n’est pas atteint. » En vérité le système islamiste avait dû lâcher prise sur ses obligations terroristes, bien avant le massacre de janvier.

Un régime nazislamique en crise face à une société en éveil  et qui ne pourra pas se sauver dans la guerre 

La suspension de cette loi intervenait dans un contexte de crises multiples pour le régime, affaibli, en particulier à l'extérieur, par les revers géopolitiques en Syrie et au Liban, sans compter les conséquences des sanctions économiques par le bloc occidental.

Bien que provisoire, cette suspension du hijab marquait un recul significatif des nazislamistes tentant désespérément de contenir une société de plus en plus révoltée. Cependant, cette tentative d’apaisement était non seulement vouée à l'échec, parce que levoile signifie désormais répression meurtrière, et que retourner en arrière est impossible, indépendamment des éventuelles protestations d'un Trump décrédibilisé et de l'Etat colonialiste d'Israël. L'incertitude du chaos est de trois ordres: guerres civiles entre factions bourgeoises, maintien sanglant du régime nazislamique ou, mais encore peu probable, nouveau printemps chiite et sunnite... Dans leur abatteent et leur deuil, les iraniens (et moi aussi) se fichent du chaos agité comme plus grave que lezs crimes nazislamistes. Ce qui adviendra ne pourra pas être pire que le présent.

LE SORT DES GARDIENS DE LA REACTION

On ne peut qu'être d'accord avec les considérations suivantes :

L’Iran se trouve aujourd’hui dans une impasse structurelle (et culturelle) profonde. Le régime apparaît incapable de stabiliser durablement le pays tandis que l’opposition ne parvient pas encore à transformer la crise en basculement politique.

Dans l’hypothèse d’un effondrement ou d’un affaiblissement décisif du pouvoir central, l’appareil sécuritaire — et en particulier le Corps des Gardiens de la Révolution islamique — se trouverait à un tournant stratégique ; son positionnement sera déterminant pour la nature de la transition. Si une telle issue était empruntée, celle-ci offrirait encore le choix entre plusieurs scénarios : fragmentation interne, tentative de reconversion institutionnelle ou préservation partielle de ses intérêts économiques et sécuritaires dans un nouvel ordre politique.

Aujourd’hui, l’incertitude ne porte plus sur la possibilité d’un changement politique, mais sur la forme que celui-ci prendra, qu’il s’agisse d’une transition négociée sous pression interne et internationale, d’une rupture violente accélérée par une confrontation militaire — ou d’une instabilité prolongée dans un contexte de sanctions, de vulnérabilités sécuritaires accrues et de menaces extérieures persistantes.

Dans tous les cas, la crise actuelle marque la fin d’un cycle : celui d’un régime qui ne parvient ni à gouverner, ni à se réformer, ni à se protéger durablement.

Le feuilleton de la danse macabre irano-américaine est de plus en plus sinistre et en même temps insane quand on oscille entre le rire et la pitié. Autant Trump a l'air con (il a peur des conséquences d'un bombardement lui faisant perdre toute crédibilité) autant les tentatives d'échappatoires des nazislamistes, qui promettent ce jour « de diluer » leur uranium enrichi, sont pitoyables et doivent faire rire leurs milliers d'emprisonnés. Ne rêvant que d'une chose : zigouiller les tueurs de dieu. Ce jour viendra.


NOTES

2L'expression est de Cohn-Bendit et je la trouve finalement plus pertinente que tous ceux qui ont parlé de révolution. La révolte c'est aussi un grand bazar. Tous les médias (et le CCI) nous ont bourré le crâne avec ce bazar iranien diabolisé, mais le bazar c'est aussi un marché où viennent les milliers d'ouvriers consommateurs qui...ne pouvaient plus acheter pour leur faim, et discuter avec les commerçants n'a jamais été un péché, eux-mêmes finissant par se révolter, pas avec la perspective d'une dictature du prolétariat bien sûr ! Mais tous les remplassements de pouvoir ou les périodescde transition de régime sont des moments de confrontation de programmes opposés, de discussions, Preuve aussi qu'il faut savoir cesser de stigmatiser en permanence la petite bourgeoisie, elle-même susceptible d'évoluer. voire de manifestations communes.

3 « Entouré de pays en guerre, sans possibilité pour les ouvriers de pouvoir espérer la solidarité des prolétaires des pays qui l’entourent, où le nationalisme pèse aussi de manière importante, ces luttes en Iran étaient fortement soumises à des entraves. C’est en cela que les faiblesses du prolétariat en Iran sont avant tout celles du prolétariat mondial.

Ainsi, le principal handicap de ces dernières luttes reste avant tout l’incapacité du prolétariat international, y compris là où il est le plus concentré et expérimenté, c’est-à-dire en Europe occidentale, à se concevoir comme une classe capable d’offrir une perspective à tous les combats. Celui qui s’est mené en Iran doit être un encouragement, une leçon permettant de voir le potentiel que peuvent receler les revendications ouvrières sur le terrain économique. Lutter contre l’austérité, se battre pour la défense de nos conditions de vie est une nécessité. Telle est la première leçon essentielle ! ». Et toujours cette incapacité à prendre en compte ce qui se passe dans la société, la révolte des femmes qui n'est pas un féminisme, la lutte contre la religion qui dit merde à l'oecuménisme religieux de la gauche « radicale » en France...éléments sociologiques (n'oubliez pas que Marx était aussi un sociologue), et oui, de politisation des grèves ! Qui ainsi ne peuvent rester de l'ordre économique et corporatif.

4La prise de position du NPA wokiste s'est questionnée sur l'absence de la classe ouvrière dans les révoltes successives, mais pas d'un point de vue de classe comme LO, mais dans la mesure où la classe aurait dû se mettre à la queue de l'idéologie féministe petite bourgeoise : « Mais il y avait une grande absence dans ce mouvement : la grève politique des travailleurs/ses en tant que classe, et non comme citoyenNEs participant aux protestations de rue. L’Iran est un pays dominé par les rapports de production capitalistes. Le salariat urbain, dans sa diversité, constitue la majorité de la population. Rien de radical ou de profond ne se fera en Iran sans la participation de la classe ouvrière ».

6Adoptée en septembre 2024 après deux ans de débats, la loi sur le hijab obligatoire prévoyait des sanctions sévères : des amendes pouvant atteindre 330 millions de tomans (environ 4 285 dollars), des peines allant jusqu’à 15 ans d’emprisonnement, et même la peine de mort dans les cas jugés comme de la « corruption sur terre ». Cette loi s’appliquait également aux filles dès l’âge de 9 ans. Elle encourageait par ailleurs les gens, y compris les réfugiés étrangers comme les Afghans, à dénoncer les femmes ne respectant pas les règles. Les propriétaires d’entreprises et les chauffeurs de taxi risquaient également de lourdes amendes s’ils n’imposaient pas ces règles à leurs clientes.  

7Le 14 décembre 2024, le secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale avait officiellement demandé au Parlement de suspendre la promulgation de la loi. Alireza Salimi, membre du présidium du Parlement, a confirmé cette décision en déclarant : « Le secrétariat a envoyé une lettre au Parlement, demandant au gouvernement de présenter un nouveau projet de loi pour lever les ambiguïtés de la loi sur le hijab et la chasteté. » (Agence IRNA, 14 décembre 2024)

8Des incendies de mosquées ont eu lieu en France depuis des années et sont dénoncées comme islamophobes, racistes et fachos. Les incendies ou dégradations d'Eglise sont probablement plus nombreux. L’année 2015, marquée par les attentats terroristes iraniens et un bond des attentats anti-djihadistes, est celle qui a connu le plus d’incendies ou de tentatives d’incendies avec 11 lieux de culte visés. Après 2015, entre une et 6 mosquées sont la cible d’incendies volontaires tous les ans, en plus de toutes les autres intimidations que peuvent connaître les musulman·es. L’année 2024 est celle qui a connu le plus d’incendies ou de tentatives d’incendie depuis 2015, avec six attaques. On notera que le plus de cas ont été répertoriés, année où l'Etat nazisalimste a patronné le plus d'assassinats terroristes en France. Donc acte. L'Etat françazis est obligé régulièremet de fermer des mosquées carrément nazislamistes.L’État face au défi des mosquées radicales


SITES ET REFERENCES

Guerre de Classe 15/2023 : La voix de la colère se fait entendre en Iran » TŘÍDNÍ VÁLKA # CLASS WAR # GUERRE DE CLASSE

Le site Matiere et revolution contient les textes les plus intéressants sur l'Iran

selami_npa.pdf

Rapport de novembre 2024 : la nouvelle loi sur le hijab

En Iran, des dizaines de manifestants allument des feux autour de la mosquée Rasool à Téhéran

IRAN - 25 MOSQUÉES BRULÉES ET DES CENTAINES DE MANIFESTANT DCD


(indispensable de voir cette video sur you tube)

Mosques burned down in Iran: "They serve as headquarters for militias" 8

Le soulèvement en Iran rassemble la classe travailleuse dans sa diversité - Contretemps

Hijab : Symbole, identité ou instrument de conflit ? - MENA Research Center

La face cachée du voile

De la laïcité de séparation à la laïcité de coopération Philippe Portier | vie-publique.fr

vendredi 30 janvier 2026

SILLY SYMPHONIE DU CANARD IMPERIALISTE TRUMP RAPETOU

 


« Tout le contenu du coran est le même que Mein Kampf ».

Mahyar Monshipour (champion de boxe franco-iranien) (gêne des journalistes sur le plateau TV)

« Le journaliste n’avait pas vraiment le choix : au début de l’interview, Donald Trump avait été plutôt clair. « Si vous écrivez un mauvais article à propos de ma santé, je poursuivrai votre magazine en justice. » Guignol's band


Il était prédestiné Rapetou. Donald, ce prénom populaire en Ecosse et en Irlande, signifie « chef du monde ». Donald Fauntleroy Duck, ou simplement Donald Duck, comme fauntleroy vient d'un vieux mot français qui signifie « l'enfant-roi ». Le personnage de Donald Duck a été créé en 1934, pour devenir un symbole des USA au niveau mondial ; c'est le brave type rigolo qui se relève toujours de ses échecs, qui parodie en vérité l'ouvrier américain moyen (le wokisme aujourd'hui en ferait un canard noir) : il est impatient, peu réfléchi et se vexe rapidement ; il est un populiste limité politiquement car ses principaux ennemis sont les riches pas le capitalisme. Ces riches sont les « Rapetou », famille de voleurs pas malins, or Donald Trup est surtout un Rapetou (beach boy) !

Ce brave ouvrier boiteux, bête mais avec du bon sens, qui s'agite frénétiquement mais se laisse facilement apprivoiser, est annobli sous son nom complet« Donald Fauntleroy Duck », figurant sur l'avis de mobilisation de 1941 (en même temps dessin animé, ce moyen de propagende simple pour illettrés) lorsque les États-Unis entrent en guerre. Telle fut la destinée nationaliste de ces  Silly Symphonies  « Symphonies folles » ou « idiotes »), série de courts métrages produits entre 1929 et 1939 par le magnat Disney. Les histoires mettant en scène principalement des contes populaires européens et américains, très moralistes et manichéens, basés sur un rire convenu.


TOUTE HONTE BUE



Ce jeudi 29 janvier au soir, la terre entière était focalisée dans l'attente de la décision de Donald Rapetou, allait-il continuer à négocier en sous-main ou appuyer sur le bouton pour un bomardement massif des salauds d'assassins de leur peuple, que nous attendions par millions de spectateurs. Sur LCI, le majordome Darius Rochebin, payé pour orchester tous les soirs jusqu'à milieu le suspense trumpien, et donc trompeur, fît parler à tour de rôle ses troncs de plateau quiressassent toujours la même chose - « mais quel est l'objectif de Trump ? » - avec de creuses considérations (excepté l'ex-ambassadeur Gérard Arau). La prétendue demande de bloquer l'arsenal nucléaire iranien est une plaisanterie, comme demander à d'Artagnan de jeter son épée.

On nous annonce qu'une déclaration de Donald est attendue pour 22H30 ; chacun peut donc supposer que le cuistre va déclencher la guerre de représailles ou faire durer l'attenteangoissée. L'attente sera vaine mais servira de suspense pour maintenir le spectateur accroché aux intermèdes publicitaires jusqu'à ce qu'il soit lassé d'une discussion de salon de figurants s'autocongratulant.


En arrière-fond, le plus sidérant avait de quoi scandaliser la terre entière. Alorsqu'on n'avait cessé de nous passer les images de l'imposante armada américaine, décrit ses possibilités de frappe, peser plus ou moins les capacités de défense des gardiens de la réaction, dramatiser l'angoisse des dictateurs arabes, minimiser la venue de bateaux russes et chinois, déplorer les risques du blocage du détroit d'Ormuz...le fond d'écran montrait un Trump à son bureau plaisantant avec des invités comme dans un repas de famille, passant d'un sujet à l'autre sans du tout sembler se soucier de ce que le monde entier attendait : guerre ou pas guerre ? Sans oublier qu'il sortait d'un conseil de guerre dont logiquement on attendit une déclaration officielle mais bernique. Avec de toute manière une forte dose de scepticisme, le commun des portels sachant que la guerre se déclare toujours par souci sans prévenir le peuple ou le prolétariat. Donald, ce canard sinistre était dans son rôle préféré : je me fous de la terre entière ! Il faut attendre ce vendredi matin pour rnous balancer une petite phrase qui assure que « si les Etats-Unis sont attaqués, ils répondront », ou encore « il est dangereux pour l'Angleterre de commercer avec la Chine ». Outre l'humiliation permanente des anciens alliés européens, ayant affaire à un pouvoir iranien habile et retors, il a du mal à trouver le biais ou l'incident d'en face, pour justifier une agression offensive de l'impérialisme US, finalement ridiculisé au Venezuela et au Groenland.

Autre suspense de la soirée : l'observation du vol d'un gros avion depuis Téhéran jusqu'à Moscou, et spéculations journalisqtiques...

Avec cette autre soirée rigolarde, derrière son bureau, Trump cherche à gagner du temps dans ce jeu de poker international, tour à tour menaçant et badin, il fait croire qu'il qu'il navigue à vue, confirmant l'affolement du capital américain obligée de peaufiner les détails de l'attaque inévitable (probablement samedi et dimanche, moment où les marchés financiers sont fermés) ou faire durer le plaisir en négociant de façon tordue avec les assassins nazislamiques ; tout cela confirmant surtout qu'il n'est ni tout puissant ni seul à décider, comme le prouvent les nombreuses réunions à rallonge avec ses sous-fifres. C'est le Pentagone qui décide comme le révèlent les derniers échos (la théorie de la pizza). Il en rajoute par petites touches pour corserle scénario et ridiculiser tous ceux qui crient à l'arrivée de la guerre mondiale. Il annonce ce matin avoir obtenu un arrêt de l'avancée des troupes russes ; en effet son « ami » Poutine reste en retrait.

Prolongation de la plaisanterie indigne – à la veille d'une guerre les dirigeants capitalistes faisaient preuve de sérieux naguère – mais on apprend encore ce matin qu'il part dans sa résidence secondaire en Floride pour...jouer au golf !


Dans la durée, manque de pot, ces hésitations le desservent au niveau social au niveau mondial pour les millions de spectateurs effarés que nous sommes. Ce canard devenu boiteux a révélé sa vraie troche de Rapetou impérialiste ou pire que jamais, il a inconsciemment  finalement favorisé le massacre de milliers d'iraniens, avec cette honteuse injonction à la population d' entrer en guerre civile sans arme avec la promesse d'une descente US, alors que son arsenal était à des milliers de kilomètres.

Ce n'est pas la première fois que l'impérialisme US enclenche des massacres par d'autres criminels mais cette lâcheté restera portée au discrédit du canard Trump. Une parenthèse, il est à la mode de convenir que Trump est fou (il est quand même un grand délirant PN) que jamais l'ancien « Département d'Etat » ne se serait permis de tenir des propos aussi méprisants et infantiles, or c'est faux, la seule différence est que l'Etat américain affichait de gentils baratineurs comme Clinton ou Obama, sans renier le même mépris dominateur dans les coulisses. Le langage cru et nudiste du canard Donald ne sert qu'à abuser son électorat populiste afin que celui-ci croit que, enfin, on lui révèle ce qui se passe en coulisses, tout en se foutant de sa gueule. Lutte Ouvrière décrit bienla supercherie :

« Durant ces journées sanglantes, le chef de la diplomatie iranienne s’est vanté qu’un « canal de communication » a été maintenu avec Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump. Ce dernier a encouragé les manifestants en les appelant « à prendre le contrôle de leurs institutions » et en prétendant leur apporter un soutien par une intervention militaire « si les dirigeants iraniens tirent sur les manifestants ». Puis, après être resté silencieux durant trois jours, il a lâché, faussement naïf : « on me dit que les massacres ont cessé... que les condamnés à mort ne seront pas exécutés. »

Etonnant article de LO, pourtant traité comme un vulgaire parti bourgeois, qui apparaît pourtant plus lucide que nos sectes maximalistes, c'est le seul groupe à souligner que le canard Trump a d'autres soucis :

« Trump partage avec les dirigeants iraniens la même crainte : une révolution populaire en Iran serait pour lui un saut dans l’inconnu. La fin de la République islamique pourrait entraîner des bouleversements dans tout le Moyen-Orient. Les dirigeants de l’impérialisme et leurs alliés régionaux, Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, qui ont combattu l’Iran ces dernières années, n’ont rien à redire quand les Pasdarans tirent sur leur peuple. Ce n’est pas cela que Trump reproche à Khamenei et ses sbires, mais bien de vendre leur pétrole à la Chine, de maintenir des relations étroites avec la Russie de Poutine et de ne pas être assez soumis aux intérêts des capitalistes américains. Quant à faire intervenir l’armée des États-Unis pour occuper vraiment le terrain, mieux vaudrait pour Trump de ne le faire qu’après que le régime aura pris sur lui de mater toute rébellion ».

C'est ce que je pense aussi. Sauf que l'impérialisme US ne veut pas et ne peut pas occuper le terrain.Le peuple iranien, et pas seulment le prolétariat, est seul. Je ne suis pas sûr que le régime criminel ait tué toutes les énergies qui envoient chier curés islamistes et islam. On pense à la Commune de 1871 où les gardiens de la contre-révolution de l'époque avaient tant tués d'ouvriers à Paris qu'il fallut par la suite en faire venir d'autres pays. Là c'est un immense pays qui a été martyrisé,et de 90 millions d'habitants. Ils n'ont pas pu avoir massacré toutes les énergies dynamiques ni paralysé complètement la révolte.

Enfin dernier élément que je vous invite à réfléchir. La politique de zéro mort de Trump. Cette nécessité de ne pas engager la guerre au sol, c'est un bien meilleur argument que la statistique des grèves par le CCI. Le prolétariat américain ne veut pas plus la guerre que le prolétariat européen.




PS: J'avais déjà signalé que les pleureuses maximalistes du CCI n'avaient pris position ou plutôt sorti un faire part de deuil que le 15 janvier; allaient-ils essayer de rattraper leur incurie? dans leur tour d'ivoire méprisant toute objection extérieure à la manière des vieux staliniens (car ils savent que tout le milieu me lit, et une bonne part rigole de leur misère théorique). Que nenni! L'autre article tardifleur du 25 janvier n'est qu'un recopiage de ce que les médias ont bien voulu nous délivrer, avec ce titre ouvriériste et navrant : "Une lutte impitoyable entre factions bourgeoises dont le prolétariat est la première victime!". D'abord ce n'est pas une lutte entre factions bourgeoises (théorie révolutionnaire  des mollahs)  pour l'essentiel mais un massacre d'une population sans armes par les bandes nazislamiques, ensuite le prolétariat première victime (???) quelle imbécillité. Mais le pire est que rien n'est analysé à part le gimmick benêt de la décomposition, radotage creux qui leur évite d'analyser politiquement et de limiter la révolte à la vie chère, comme leurs collèguesde l'extrême gauche. Rien sur les virevoltes de la bourgeoisie US. Plus grave encore, rien sur la haine de l'islam d'Etat et le refus désormas de différencier islam tout court et islam dit radical (comme ma grand-mère!). Même peur du chaos que les gangsters dominant, comme si du chaos ne pouvait surgir que le chaos. Donc crétinisme anti-marxiste du tout ou rien, ce qui revient, au nom de l'irréfragable "décomposition" à entériner immobilisme et perpétuité du massacre islamonazi. Alors que, pour l'instant la seule proposition révolutionnaire serait de tout faire pour faire tomber le régime, d'une manière ou d'une autre, même avec la perspective d'une transition libérale (un nouveau Kerenski) même en se servant d'un Trump pourri car ce massacre a une vertu ignorée des moines du CCI: il vient déranger la course à la guerre mondiale, en mettant au  premier plan l'oppression des peuples et du  prolétariat et l'absence de partis vraiment révolutionnaireset indispensables, capables de prendre position rapidement pour donner confiance et tenir droit dans la tempête.  Leur léninisme apolitique décomposé, un mépris de la protestaion historique des iraniens et du peuple en général où la classe ouvrière n'est ni une pure vierge ni la seule martyrisée. Pire encore, aucune analyse non plus des virevoltes de la bourgeoisie américaine et de la gêne occasionnée pour Poutine et Xi Jinping! Même les "bourgeois" de LO sont plus clairs et plus honnêtes.Cette secte gaga serait-elle aussi en décomposition? 







samedi 24 janvier 2026

LA LUTTE DE CLASSE MEILLEURE ARME CONTRE LE POUVOIR ISLAMIQUE

 



interview de Yashar1





En Iran en grève il vaut mieux être photographiéde dos!



JLR : Tu es bien plus jeune que moi, quand as-tu entendu parler de cette « révolution religieuse « ? Quel âge avais-tu ?

YASHAR : Je suis un enfant de la « révolution »... mais c'était pas une révolution « religieuse ».

JLR : dis-moi plutôt comment tu as été plongé dans la politique ?

Y: j'ai été plongé dans la politique pluôt en France. Adolescent je me suis approché de la Fédération anarchiste. J'avais seize ans. Je pensais que la révolution internationale était en train de commencer. Et que la France était déjà préparée vers 1996. J'ai dit à mes parents : « la révolution intenationale c'est pour demain, donc je dois partir en Iran, pour la préparer en Iran ». Car dans mes souvenirs il fallait se souvenir de 1979. Là-bas j'ai commencé à diffuser des tracts dans les rues sous forme de lettre clandestine qui se concentraient sur la présence impérialiste américaine du moment. ; la jeunesse anarchiste iranienne condamnait vivement cette présence impérialiste. J'avais déjà vécu jusqu'à l'âge de sept ans en Iran. Juste après , avec mes parents, nous avons été vivre en Angleterre pendant quatre ans au moment de la guerre Iran/Irak.

JLR : tes parents étaient des intellectuels.

Y: oui mes parents étaient des intellectuels de gauche athées. Ma grand-mère paternelle, sous l'influence de Ali Shariati était devenue militante. Ce militant politique iranien, sociologue spécialiste des religions, philosophe avec cravate qui avait fait ses études en Angleterre dans les années soixante, avait entraîné de nombreux étudiants, les emmenant vers la religion avec le discours démocratique du chiisme. Le chiisme peut se présenter comme en faveur de la lutte pour la liberté. Les grands immams chiites étaient des martyrs de la lutte contre les califes Omavites et Abassid. Chaque chef religieux possède sa paroisse et ne dépend pas d'une hiérarchie cléricale. Chaque religieux étant le guide de sa propre paroisse.

Lorsqu'un curé écrit un livre de questions et de réponses idéologiques, il devient « guide ». Pour nombre de personnes qui achètent son livre, il devient aussitôt un personnage important. Le livre lui rapporte de l'argent, sans compter tous les gens qui lui garantissent un revenu annuel, en tant qu'impôt religieux. Or, pour gagner du succès auprès de ses lecteurs, il faut qu'il aille dans le sens du peuple.

Il faut savoir que, après « la révolution », les curés sont devenus employés d'Etat, avec une portion réservée dans le budget national. Une partie a pensé ensuite qu'ils n'avaient plus à suivre et compatir avec la population une fois logés dans leur poste étatique. D'autres sont estés fidèles à ce souci du peuple. Ce qui explique pourquoi on a aujourd'hui autant de mollahs en prison que de miilitants « rouges ».

La différence entre Khomeini et Khameini c'est qu'en 1979 Khomeini est un grand guide. Pas sorti de nulle part ; avant de résider en France les Américains le rétribuaient déjà. On le sait aujourd'hui parce que depuis les dossiers de la CIA sont sortis au grand jour. La Savak du Shah lui fournissait aussi une dotation parce qu'il estimait que les religieux lui devaient allégeance. Je le répète ce n'est pas une révolution mais une révolte religieuse, mais aussi une révolution de gauche. D'ailleurs le Shah avait dit  aux mollahs: « vous êtes en train de vous tromper parce que si les rouges sont pour l'instant avec vous, demain ils vont vous anéantir et prendre le pouvoir ». En 1960. une gendarmerie a été prise d'assaut par la jeunesse communiste, les « Fedayins du peuple » 19 ans avant la révolution ; ceci fut l'acte fondateur de la lutte armée contre le régime du Shah. Le Shah réprima dans le sang cette action insurrectionnelle ; cinq jeunes furent tués lors des échanges de tirs et onze autres fusillés par des pelotons d'exécution.

JLR : mais où est la place des conseeils ouuvriers, comment ça se passe, ce ne sont pas des conseils ouvriers comme en Russie et en Allemagne au début du siècle dernier ?

Y: Il y avait de tout petits partis de gauche, souvent surtout composés d'étudiants qui ont constitué par après des milices composées d'une trentaine de personnes, pour faire avancer la révolution. Ce sont surtout des étudiants qui abandonnent leurs études pour alleer se joindre aux ouvriers dans les usines et leur apporter leur aide politique intellectuelle. Des mouvements des gauches palestiniennes et libanaises leur faisaient parvenir des armes. Tous pensaient favoriser la venue de la guerre sociale pour qu'elle soit vraiment une révolution de classe.

JLR : mais il y a des grèves, des manifestations ? Les armes c'est pas tout.

Y: absolument. Là où le Shah sent que c'est foutu, c'est quand les grèves se généralisent dans le secteur pétrolier, c'est même une grève généralisée qui commence et elle est lancée par ce secteur pétrolier.

JLR : mais pourqoui les souvriers se sont-ils fait baiser par les religieux ?

Y: A ce moment-là Khomeini apparaît surtout en tant que religieux. Il faut préciser que dans la charte des miliciens maoïstes (ce qu'ils critiquent aujourd'hui) on interdisait aux femmes d'avoir des relations sexuelles danas l'organisation parce que nous sommes certes communistes (sic) et laïcs, athéistes, etc. mais nous sommes aussi le peuple musulman d'Iran ; nous ne devons pas donc contrebattre leurs valeurs religieuses (des mollahs).

Khomeini est alors un chef religieux au plus haut niveau et qui peut entraîner par ce statut clérical toute une population largement croyante. (description du pouvoir d'un Shah au 19ème siècle).

Le pouvoir finit par se détruire lui-même si on prend l'exemple suivant. Il y avait des milliers de prisonniers en opposition absolue au régime. Comme aujourd'hui il y a de nombreus « guides » emprisonnés ou en résidence surveillée. Le principal guide opposant au régime est actuellement en Irak et il est un des pires opposants à Khameini. Il est la plus haute autorité religieuse du monde chiite. Il est contre la participation des curés au pouvoir. Le pouvoir appartient uniquement aiu messie. Donc jusqu'à l'arrivée du messie, les religieux doivent se maintenir hors des affaires du pouvoir. Khomeini a réformé cette conception en faveur du pouvoir des guides et a brandi une nouvelle philosophie, qu'on appelle « vélaya faghig », assurant qu'en l'absence du messie, la haute autorité du clergé peut occupsr la place du roi. C'est pourtant un courant ultra-minoritaire dans la théologie.

Il faut se resituer dans l'ambiance de l'époque où nous avions la plupart des jeunes révoltés dans le monde admiraient le principal symbôle de la révolution moderne, le Che en Amérique latine, mais aussi le rétif anti-américain Castro, d'autres avaient les yeux tournés vers les mouvements de gauche politique libanaise, ces factions qui faisaient le lien avec la gauche palestinienne. Cerains s'étaient liés avec des chinois. On est surtout dans une période ou la lutte des classes est en première ligne.

JLR : alors après, si j'ai bien compris, il y a l'opportunisme des maoïstes qui finalement servent de marche-pied aux curés ? Que se passe-t-il après ?

Y: C'est l'intelligence des curés avec leurs réseaux des mosquées. Ils envoyaient dans chaque ville leurs guides les plus importants. Un cinquième de l'impôt religieux allait à chaque guide, et en plus des croyants lui envoyaient de l'argent pour qu'ils puissent voyager jusque dans les petits paroisses.

Khomeini a pu utiliser des guides à très haut niveau avec l'argent nécessaire.

Après la « révolution », nous avons trois grands courants : la gauche (avec les maoïstes, dans le sens contre le stalinisme) la secte islamo-marxiste, les Moudjahidins du peuple. Des gendarmeries ont été prises par ces trois courants et l'armement fût répandu dans la population. Cependant les bandes armées religieuses ont utilisé leurs réseaux pour s'établir au niveau national plus rapidement que ces trois courants. Mais très rapidement, à partir de 1980, une grande répression va forcer à l'exil les Moudjahidins et les autres partis de gauche.

JLR : Est-ce que les Moudjahidins sont prêts à revenir au pays ?

Y: Oui ils sont prêts à revenir. D'ailleurs ils sont soutenus en Iran par les américains et les israéliens. Ce sont eux qui ont donné les informations sur le nucléaire iranien au début des années 2000, contre le retrait de leurs noms sur la liste des organisations terroristes ; par contre ils n'ont aucune base populaire parmi les iraniens du fait de leur collaboration avec Saddam Hussein pendant la guerre Iran/Irak.

JLR : Excuse moi, avant de poursuivre, faisons une parenthèse, est-ce que tu estimes que si l'armada américaine intervient finalement …celaf avoriserait l'élimination des salauds islamistes et ouvrirait la voie à une reprise de la révolte et aussi sur le terrain de classe ?

Y: C'est ce qu'il dit Trump mais entre ce qu'il dit et fait...mais franchement il ne sait pas ce qu'il dit... Il a dit que c'était retardé et l'aide qu'il avait promise au peuple d'Iran il s'en fout.

JLR : Il ne faut pas se mentir, le régime est aux abois, et Trump pourait frapper.

Y: Bof le régime est mort depuis la révolution des femmes en 2022 (la révolution de Azadi/Femme, Vie, Liberté, suite à l'assassinat par le régime de la jeune Mahsa Amini pour un voile « mal porté »). C'est d'ailleurs la première révolution féministe de l'histoire, c'est important de le dire mais pas comme révolution de femmes en tant que telles mais de toute la société et aussi des hommes, mais les femmes ont été physiquement courageuses en étant devant lors des manifestations de rue.

Donc la république islamiste est morte. La situation est inverse de la fin du Shah, il y a une multitude de forces, de mafias qui ont des armes, de l'argent, qui ne sont pas unies, qui forment l'Etat. C'est un ensemble d'influence des caïds corrompus qui tient leur soi-disant république. Les gardiens de la révolution ne sont pas des gardiens d'une révolution. Ce sont des mafias dans le sud avec le pétrole, dans le nord avec l'importation de narcotrafics vers l'Europe et qui, à eux seuls, détiennent 60 % de l'économie de l'Etat dans un pays où l'économie est largement étatique.

JLR : Mais revenons à 1979, où sont les ouvriers ?

Y: Ils sont une des trois forces en présence. Il y a ce que j'appelle « les forces de gauche », des ouvriers qui deviennent révolutionnaires,. A l'époque, les ouvriers ont pris les armes et s'étaient mis en grève. Les grèves avaient commencé dans les raffineries de la ville d'Abadan dans le sud de l'Iran, ce qui avait déclenché la vague de protestation qui avait abouti à la révolution de 1979.

JLR : Mais ils sont vaincus.

Y: Ils sont vaincus là où le clergé avait ses réseaux. Et pas les ouvriers. La guerre sociale ira jusque dans les régions autonomes éloignées, le Turkistan et Turkmenistan iranien. D'abord c'est dans le Turkmenistan iranien que la révolte est matée dans le sang. Les religieux dénoncent les sectes marxistes comme sécessionnistes. Après la guerre, contre ce régime, se continue au Kurdistan où les forces ouvrières se joignent au combat du peuple kurde.

JLR : Mais c'est pas la classe ouvrière tes « forces de gauche ».

Y: Ce sont les iraniens, des ouvriers, des kurdes, etc. Tous veulent l'installation d'une république laïque. En même temps, chaque peuple veut avoir son autonomie. La dernière offensive contre l'Etat islamique se déroulait dans le Kurdistan. On est en 1981, et commence la guerre Iran/Irak. Forcément c'est une invasion étrangère (des irakiens de Saddam Hussein) . L'Irak a très rapidement envahi une grande partie du territoire iranien. Et l'union nationale iranienne fonctionne. Une partie des forces de gauche et des opposants abandonne le combat contre le régime pour aller au front. Des régions sont pourtant encore contrôlées par les opposants aux mollahs. Mais petit à petit le régime des religieux reprend le pouvoir partout. En 1987, des milliers de prisonniers jeunes, de 20 ans, 30 ans,sont assassinés en prison alors qu'ils n'étaient pas condamnés à mort. Au moins 6800. C'est le chiffre de Amnesty international. Avec la petite signature de Khomeini ou plutôt du procureur national qui lui demande : « que devons-nous faire de ces non-croyants présents dans nos prisons ? ». Il s'agit d'éliminer des « rouges ».

JLR : La répresion a eu lieu. Iil y a eu des miliers de morts mais qu'est-ce qui se pase après ?

Y: Bon il y a eu la grève de masse, pas vraiment cordooronée. Les partis commencent à quitter le pays à partir de 1982-83. les militants qui sont en prison sont, eux, exécutés. Cela décapite une génération enière de militants. Pour les partis cela signifie une coupure historique. Ce qui signifie qu'il faut tout recomencer à zéro.

JLR : Le long temps écoulé a-t-il permis l'apparition d'une nouvelle génération ?

Y: Alors le seul parti qui a plus de soixante ans d'existence et qui a subsisté, c'est le parti démocrate du Kurdistan. Ce n'est pas un parti de gauche mais un parti nationaliste. Aujourd'hui la plupart des maoïstes sont devenus des social-démocrates. C'était des jeunes qui étaient très radicaux quand ils avaient vingt ans et qui se découvrent social-démocrates à 60 ans.

La décapitation par la répresion a été fatale pour beaucoup de partis. Pour se reconstituer il a fallu en passer par des organismes neutres avec des associations comme les droits de l'homme, associations sous couleur humanitaire, etc.. Et puis dernièrement de nombreux étudiants ont rejoint les mouvements de gauche rennaissant. La politisation des étudiants étaient sous-jacente tout de même depuis 1997. Le premier mouvement d'opposition de gauche après la longue et terrible répression ; ce mouvement de redémarage commence avec ces étudiants. On a donc ce mouvement étudiant à partir de 1987, Il apparaît une soixantaine de journaux réformateurs. Trente cing ont été fermés en une seule journée.

Des journalistes ont été jetés en prison. En réaction les étudiants se lancent dans une grève, pendant quelques mois dans la cité universitaire de Perse. Un soir les forces de répresion entrent dans l'enceinte de l'Université tabassent ou tuent des étudiants. Or, dans toute l'histoire de l'Iran, ce genre de pénétration ne s'est produit que deux fois. Une enceinte universitaire était quelque chose de sacré. Par le pasé le Shah avait aussi maté une telle révolte à Téhéran au moment du voyage de Nixon. Les étudianta avaient jeté leurs chausures sur les voitures de Nixon et du Shah. Le Shah est sorti complètement de ses gonds. Les étudiants ont été battus jusqu'au sang et il y a eu plusieurs morts.

C'est pourquoi nous comémorons aujourd'hui, ce 22 janvier 2026, l'anniversaire de cete tuerie. Après, la deuxième fois fût celle du régime religieux iranien ; c'est donc les deux seules et uniques fois où ils ont violé l'espace universitaire. C'étaient les premières contestations de mase après l'installation de la république islamique. L

On peut mesurer ainsi à quelles échéances se déroulent les révoltes sucessives.Elles se déroulent en deux périodes, de 1996 à 2009 et de 2016 à 2018. En 2018 il y a une courte période de révolte, puis en 2022. Cela démontre que d'un espace de dix ans on est passé à six ans puis tous les deux ans ; ça se rapprochait ete cela se généralise. Le mouvement étudiant de 1996 se déroulait uniquement à Téhéran, à Ispahan et dans trois ou quatre grandes villes. Puis avec « femmes, vie, liberté », onn a eu 5000 personnes dans la rue dans une ville de 10.000 habitants. Ce qui veut dire que cela gagnait une majorité de la population. Maintenant ça s'est calmé mais des slogans sont entendus pendant la nuit. Mais une autre scission a eu lieu dans les forces de gauche. Beaucoup de gens ont dit que désormais l'avant-garde ce sont les syndicats. Cela démontre quand même une avancée du mouvement de classe.

JLR : Est-ce que avant et pendant la répression il y a eu des grèves, des manifestations de la classe ouvrière ?

Y: Entre ces dates, de 96 à 2008 c'est à peu près calme mais à partir de 2009 on a des grèves qui sont plus importantes que d'autres. Celle des chaufeurs de bus par exemple parce qu'ils ont de grands syndicats, qui sont pourtant divers. Nous avons par exemple des syndicats islamistes

ou des syndicats du régime, complètement inutiles et à la solde du régime. Mais nous avons aussi, depuis une dizaine d'années, des syndicats libres, réprimés et interdits par le régime, qui engagent des luttes et organisent des grèves. Sans oublier le syndicat des chauffeurs de bus téhéranais, le syndicat des étudiants de gauche ou encore le syndicat des ouvriers de la canne à sucre « Haft Tapeh », dont le principal slogan – Pain, Travail, Liberté – comme organisation communale mutualiste démontre l'esprit communiste de ces organisations ouvrières.

JLR : de classe ?

Y: Oui et leurs leaders sont régulièrement emprisonnés. Mais d'autres leaders émergent. Après dans le sud de l'Iran nous avons les syndicats des producteurs de pétrole et des ouvriers des usines de cane à sucre. On a eu un grand syndicat qui est parvenu à bloquer deux ou trois petites villes. Leurs leaders sont pareillement emprisonnés mais d'autres émergent. Il y a encore des massacres localement. Après apparaît un syndicat des enseignants. Des syndicalistes français de FO ont joué un rôle dans sa constitution. Les syndicats des camionneurs, des transports, du sucre sont les plus dynamiques. Il y a un syndicat plus de classe dans le secteur du pétrole : ce sont des contractuels qui sont moins contrôlables. Mais ces syndicats n'ont pas un rayonnement national.

Les seuls syndicats qui ont une corrélation et influence nationale sont les syndicats islamiques. .En revanche les enseignants ont essayé de provoquer des grèves nationales. Mais la chaîne nationale n'est pas encore très solide. Les chauffeurs de bus arrivent à faire des grèves étendues à Téhéran mais elles restent encore corporatives. Les syndicats au niveau national sont ces fameux syndicats islamistes, syndicats du pouvoir. L'Etat islamiste sait donc dans quelle ou quelle usine on crée des syndicats indépendants, emprisonnant très rapidement leurs animateurs. Mais il y a une combativité exceptionnelle et d'un courage incroyable. Par exemple cette jeune ouvrière, Sepideh Gholian, qui avait passé un mois en prison où elle avait été tabassée. Elle sort de la prison, elle enlève son foulard et crie « à bas la dictature ! ». Ils la remettent en prison, après l'avoir ratrappée sur l'autoroute qui allait jusqu'à chez elle. Mais elle recommence la fois suivante où elle ressort de prison. Ou encore l'histoire des sept prisonnières de la prison de Evin, qui avaient scandé : « A bas Khameneyl ! A bas la dictature ! Et « Femme, Vie, Liberté », le 16 setembre 2023 pour commemorer l'assassinat de Mahsa Amini.

JLR : Y a-t-il des vieux dans les mouvements ?

Y: Oui mais dans la majorité ce sont des jeunes. Mais le mouvement des retraites ne désemplit pas ces dernières années dans les rues et leurs leaders sont aussi emprisonnés et torturés. Pour les viols massifs il faut revenir à 1987 où ils ont exécuté des jeunes filles mineures. Eles ont été systématiquement violées avant d'être exécutées. Parce que la religion interdit d'exécuter une vierge. On violait systématiquement les jeunes files avant de les tuer. Les viols ne sont pas systématiques car de nombreux soldats refusent de s'abaisser, mais sont aussi menacés de la peine de mort parce qu'ils ont refusé de tirer (c'est pourquoi ils ont fait venir des milices de tueurs des pays étrangers) Forcément les forces de l'ordre sont obligées de tenir compte des réactions de la population face aux crimes les plus horribles. En plus il y a une forte opposition du clergé de base. Il y a aussi une gradation dans les tortures de punition. On peut couper un membre encore aujour'hui ; si tu pêux payer une certaine somme on ne va te couper qu'une main. Cela se pase en prison où un juge ordonne qu'on te coupe un membre. Si tu payes bien on t'envoie à l'hôpital pour te faire recoudre le membre. On te fait payer les balles qui vont t'abattre. Sinon si les familes n'ont pas d'argent, l'Etat islamiste récupère les cadavres pour les jeter dans les foses comunes de ses sbires tués par les manifestants et ainsi augmentent leur nombre de victimes des « voyous ». Du coup beaucoup de familles se précipitent pour récupérer les cadavres de leurs êtres chers et les enterrer dans leur jardin pour qu'ils ne les récupèrent pas pour leur idéologie islamique ou ne le laissent pourrir à la morgue. La flagellation est un châtiment encore très couramment utilisé par les juges.

JLR : Est-ce que tu crois que de manière générale la religion a pris un coup dans la gueule ?

Y: En fait l'oppression ignoble de la dite république islamique a favorisé la laïcisation de l'Iran. En 1973, un sondage (d'une fondation néerlandaise) établissait que 80 % de la population disait être croyante et pratiquante. Un autre sondage derrièrement montrait qu'il n'y avait plus que 20% de la population qui était croyante et seulement 6% pratiquante.

JLR : Est-ce que j'ai exagéré en disant dernièrement dans un article que ce qui se passe était le début de la révolution mondiale ? Est-ce que la révolution pourrait partir d'un pays comme l'Iran et pas de l'Europe ? En tenant compte du combat contre la religion qui était, pour Marx, la première des critiques des critiques ?

Y: Question importante qu'il faut réfléchir. Je ne sais pas mais la France est importante parce que vous êtes le pays classique des révolutions. Est-ce que cela pourrait s'étendre. Prenons l'Afghanistan. Sur beaucoup de points l'Afghanistan est en avant-garde par rapport à l'Iran : Pas au niveau de la mise en cause de la religion, Mais sur la condition de femmes, de la liberté de la presse, etc. L'Afghanisatn reste un pays extrêmement pieux où les anciennes religions ont encore vraiment leur place. L'Iran est en avance par rapport à la critique de la religion, même par rapport à la Turquie ; Erdogan réussit à s'opposer à la laïcisation, sauf dans l'ïlot d' Ankara . En Iran l'islamisation forcée a favorisé la laïcisation. Sauf dans les régions sunnites, il n'y a qu'une minorité de chiites qui fait la prière dans les mosquées . Ou peut-être un pépé de 90 ans.

JLR : Tu ne vois pas sortir de cette société un vrai mouvement prolétarien mais la seule alternative d'un régime bourgeois démocratique ? Même si les Américains bombardent ou bien est-ce que cela ne va que générer la guere civile  interethnique ou chaos régional?

Y: Moi j'ai très peur que si les A méricains bombardent on voit un regain du nationalisme.

JLR : Je ne pense pas. Imagine si, en 1914, les ouvriers avaient été tués par milliers à la veille d'août 14... la mobilisatistion aurait foiré.

Y: Pas d'accord, L'Iran n'est pas la France et reste très particulière à ce niveau là. On l'a constaté avec la guerre Iran/Irak et avec la guerre des 12 jours, l'union nationale se ressoude presque automatiquement. Les forces de gauche et d'opposition cessent de critiquer le régime des mollahs et ils partent au front. C'est la différence avec la France où le fait d'être nationaliste ou patriote n'est pas un critère respectable.

JLR : Tu ne penses pas qu'en bombardant et en choisissant une solution intelligente de recruter des collabos sur place comme au Venezuela (ce que n'ont pas compris tous nos crétins anti-impérialistes) on peut envisager un renversement des mollahs sadiques ?

Y: ça c'est possible mais ce qui me fait peur c'est qu'en faisant un bombardement désordonné, les Américains restaurent l'union nationale. Mais c'est aussi pour çà que Trump lorgne vers les fractions libérales même en partie ou à moitié islamiques.

JLR : J'ai tendance à dire : vaut mieux n'importe quel autre régime que de conserver celui-ci. Même si la révolution doit attendre.

Y: Moi aussi. On dit aussi que ce sont ces gardiens de la révolution qui pourraient se pointer en cravate pour une éventuelle transition, pas rassurante, comme l'autre con en Syrie, Ahmed al-Charaa. Mais on a bien vu pendant la guerre des 12 JOURS que la population était derrière le régime islamique. Cette guerre a retardé le mouvement de 2025 qui aurait pu d'ailleurs avoir lieu au moment de cette guerre, car à l'époque il y avait de grandes grèves des chauffeurs de bus. Les enseignants étaient aussi dans la rue, les retraités aussi. Mais le premier missile israélien nous est tombé dessus...


On reprendra cette discussion.


1Yashar est iranien, diplomé en graphisme, engagé politiquement dans le combat de classe, et ouvrier du bâtiment. Habitué des confrontations politiques publiques, il est intervenu durant des années dans plusieurs médias et a dernièrement polémiqué sur France Inter avec un royaliste iranien. Il nous éclaire sur les failles de cette « révolution religieuse ».