"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 26 septembre 2020

SOUS LE MASQUE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE VULGAIRE LA BOURGEOISIE VEUT CACHER DES REGLEMENTS DE COMPTE IMPERIALISTES


Parfois on dirait que des plumitifs acquis à l'ordre bourgeois veulent trop bien orchestrer telle campagne antiterroriste qu'ils l'annoncent comme en concertation avec la police ou avec tel paumé terroriste. La veille de l'agression au hachoir devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, deux zigotos, Brisard et Montbrial annoncent « de nouveaux attentats islamistes en France » au moment du procès des complices des assassins des dessinateurs anarchistes, du fait du « renforcement de la mouvance de l'islam radical », et cela en vertu de « la remise en liberté progressive de nombreux condamnés pour terrorisme », ce qui équivaut à un horrible « harcèlement des institutions publiques et privées impliquées dans la lutte contre le terrorisme ou la défense des victimes.

On avait compris que ces larbins d'Etat radotaient la comptine habituelle visant un soi-disant « laxisme d'Etat »1. Le lendemain un pakistanais inconnu au bataillon, et même pas récidiviste attaque au hachoir deux journalistes sans parvenir à les tuer, du fait de la réaction des gens autour et d'un quidam courageux qui sera lui aussi alpagué par la police et déclaré complice de manière scandaleuse, ce qui prouve la bêtise policière qui ne fait pas de quartier ni dans la nuance. L'émotion, dont Brisard et Montbrial étaient les psychologues plumitifs du Figaro, s'empara de toute la médiacratie, la police fît du zèle pour s'assurer que les écoles environnantes étaient bien « confinées » à tous les sens du terme. On glose depuis deux jours pleins sur la « liberté de la presse » menacée à nouveau par le terrorisme impavide, pas forcément toujours arabe ni musulmaniaque mais encore et toujours produit de l'immigration sauvage ! Le mot guerre n'est surtout pas prononcé, il équivaudrait à une faute grammaticale.

L'action minable du présumé jeune pakistanais est ainsi sponsorisée, décortiquée jusque dans les suppositions journalistiques les plus verbeuses. Le monde entier retient son souffle, partout on titre « nouvel attentat islamiste à Paris ». En soin, l'opaque attaque islamiste a gagné et daech et tutti quanti peuvent se féliciter d'avoir triomphé de l'antiterrorisme des « impérialistes occidentaux ». Pour partie seulement, et pour la mouvance terroriste et islamique minoritaire en France, car l'Etat français l'emporte majoritairement en pointant du doigt la « barbarie » et en pontifiant avec sa victimologie « démocratique ». Doublement car la politique est désormais double voire triple langage, ou si vous voulez triple mensonge.

La focalisation sur la scène de la tentative de meurtre est coupée de tout contexte. Il est convenu en général de lier l'agression du terroriste (amateur ou manipulé?) au procès en cours des comparses des assassins de l'équipe de Charlie hebdo, mais pas des bisbilles par exemple entre Erdogan et Macron relativement à une mer Egée, domaine grec violé par des navires turcs renifleurs de pétrole. Des islamo-gauchistes prompts à se taire au moment des plus odieux attentats, par solidarité anti-impérialiste moisie, ont incriminé la republication des dessins blasphémateurs ; on notera au passage que le fossile bordiguiste reste assez proche de l'islamo-gauchiste, voire plus complice que ne l'imagine le CCI qui le mettait en garde en 20172.

Depuis les mois d'été on a assisté à plusieurs attaques au couteau en France, qui relèvent du fait divers le plus souvent, sont le fait de racailles et d'écervelés, mais depuis près de cinq années pas d'attentat majeur du niveau du massacre des dessinateurs et rédacteurs de Charlie Hebdo. Cela prouverait donc une réelle capacité d'anticipation et de parades des services secrets militaires et policiers, et la difficulté pour daech et concurrents à perpétrer autant d'attentats qu'ils le désirent ; donc une capacité de l'appareil militaire de surveillance de l'Etat français en discordance avec la dénonciation d'impuissance des journalistes commentateurs ergoteurs et superficiels.

Des « neutralisations » possibles depuis le succès de « Enigma »

L'armée française est une des meilleures du monde et dispose comme toutes les grandes puissances des meilleures avancées de la technologie informatique et satellitaire. L'ancienne puissance colonialiste reste même la principale armée de l'Europe ; même si les compères européens la laisse faire cavalier seul dans ses chasses gardées, tous coopèrent étroitement depuis les années 1980 à la surveillance informatique et à parer aux pièges « intermédiaires » (les gangs terroristes étant des bandes se vendant au plus offrant) des grandes puissances dominantes économiquement et politiquement la planète. La chute du bloc impérialiste russe n'a pas diminué l'intensité de la surveillance ni la recherche des moyens les plus sophistiqués dans le domaine de l'armement et des parades anti-missiles.

Cette sophistication s'est amplifiée avec la fin des armées de métier, et pour plagier Clausewitz, la guerre se poursuit avec d'autres moyens... plus opaques mais tout aussi criminels. Un article du Figaro, encore lui, a attiré notre attention : « comment Macron mène ses guerres secrètes » ; où il est dit que celui-ci « lance des opérations militaires de plus en plus offensives et autorise des « neutralisations » en série », notamment après le massacre le 9 août dernier au Niger de deux nigériens et de six français membres d'une ONG ; « peine de mort » appliquée sans hésitation comme lors des opérations conduites par ses prédécesseurs : « Serval », « Epervier »(Tchad), « Barkane ». Ces guerres locales sont féroces, de part et d'autre on ne fait pas de prisonniers... Et les médias nationaux sont strictement tenus de se taire. Personne ne pleurera des « tueurs islamistes », même si ce sont des gosses enrôlés comme Hitler savait le faire... Personne, même chez les islamo-gauchistes, ne se hasarde à dénoncer ces guerres opaques où la bourgeoisie français préservent ses « matières premières » et avec relativement peu de perte parmi ses troupes « professionnelles », les quelques morts rapatriés bénéficies d'une minute au journal télévisé et personne n'irait manifester pour protester contre l'envoi au casse-pipe d'un soldat « professionnel ». La conscription obligatoire au temps de la guerre en Algérie a été certainement un des ingrédients qui a enfanté mai 68. Mourir pour une solde supérieure à celle d'ouvrier et un grade oui, pas pour la patrie...

Ce développement pour marquer la différence avec les guerres d'embrigadement du passé, mais avec une inversion des facteurs qui assurent prédominance et victoire :

  • avant : annihilation du prolétariat, enrôlement patriotique, puissance de l'armement ;

  • maintenant : prolétariat non impliqué directement en masse dans la guerre, sophistication de l'armement, mensonge ou silence sur la nature des « opérations ».

Ces trois facteurs actuels, on les retrouve en 1944 au final de la seconde boucherie mondiale ; le prolétariat malgré quelques réactions en Italie, reste atomisé et assommé depuis la période de contre révolution, le facteur technique a été plus décisif à la fois pour assurer le triomphe du camp « démocratique » et l'ampleur des massacres est restée minimisée quelques années (massacre des juifs, massacres des bombardements alliés et de « l'armée rouge », etc.

Le facteur décisif dans le camp allié a été le décryptage surtout par le mathématicien et cryptologue anglais Alan Turing, de l'instrument de communication adopté par la Wehrmacht Enigma, machine électromécanique portable servant au chiffrement et au déchiffrement de l'information. Elle avait été inventée par l'Allemand Arthur Scherbius, reprenant un brevet du Néerlandais Hugo Koch. Jusqu'au déchiffrement par Alan Turing, la marine anglaise voyait des centaines de bateaux coulés par les sous-marins allemands sans pouvoir prévenir ni se défendre. La découverte du procédé de fonctionnement d'Enigma permit aux alliés de suivre désormais tous les mouvements de troupes et projets des généraux allemands, et abrégea selon certains historiens de deux ans la durée de la guerre ; cette découverte permit surtout de contribuer à une victoire militaire du camp allié qui fût célébré dans le monde entier comme libérateur du seul et unique méchant nazisme, mais pas du capitalisme belliqueux. Avec l'invention contemporaine de la bombe atomique, la guerre entrait dans l'ère moderne de la possible destruction massive et avec la nécessité de développer autant les parades que les capacités de destruction, sans que le facteur d'opposition de la classe ouvrière entre en première ligne de compte. Quitte à choquer les plus idéalistes antimilitaristes parmi nous, je dis que la bourgeoisie s'est fait peur à elle-même et que cette perception d'une possible destructivité globale continue de la hanter3. L'hypothèse concernant la destruction des twins à New York en 2001 a pu incliner à comparer avec le massacre de Pearl Harbor, dans la même optique de provoquer une guerre mondiale ; mais peut-on affirmer que c'est seulement l'hypothèse d'un refus supposé du prolétariat mondial qui aurait fait capoter la dynamique mortifère ? J'incline à penser que jusqu'à l'apparition des terrorismes islamistes, les Etats bourgeois dominants ne peuvent outrepasser les guerres locales, obscures et confuses pour le quidam.

La focalisation sur le « terrorisme », comme entité vague, fixation sur des individus désespérés ou déjantés permet l'existence des opérations de « neutralisation » par tous les chefs d'Etat petits ou grands ; ils ont ce droit régalien de vie ou de mort dans ces guerres de l'ombre, et personne n'a à leur demander de comptes. Ces liquidations physiques sont aussi un moyen de « neutraliser » (au sens d'indifférencier) le prolétariat concernant les « guerres professionnelles » au service certes des industriels français mais présumées « défendre le sol national contre une non-guerre » (une opération antiterroriste) qui doit rester formellement et spirituellement « lointaine », hors de portée... et de contestation.

Il existe un contrôle disons électronique des personnes et des données personnelles bien plus sérieux et opérationnel que ce que les contestataires individualistes ont reproché aux mesures de confinement sanitaire. Ce contrôle très efficace explique à mon avis pourquoi les bandes terroristes ne parviennent plus à piloter de grands attentats mais doivent se contenter du dévouement de quelques paumés armés d'un seul couteau de cuisine, et en plus la focalisation sur le meurtre individuel au couteau sert énormément l'Etat « victimaire » et sa prétention de sauver chaque membre de la nation.

L'idéologie dite irrationnelle des islamistes n'est qu'un masque

Dans une tentative d'explication face au fossile bordiguiste, le CCI croit avoir réponse à tout avec sa théorie radotée depuis quarante ans de la « décomposition » du capitalisme4 :

« L’idéologie irrationnelle de l’État islamique est un clair produit de cette folie généralisée. Dans la période des blocs, l’opposition aux puissances impérialistes dominantes avait tendance à employer des formes plus classiques de nationalisme : l’idéologie de “libération nationale” dans laquelle le but était de développer de nouveaux États nations “indépendants”, souvent accompagnée d’un zeste de verbiage “socialiste” lié au soutien des impérialismes russe ou chinois. Dans une période où non seulement les blocs mais aussi les entités nationales elles-mêmes se fragmentent, le pseudo-­universalisme de l’État islamique suscite un attrait plus étendu ; mais par-dessus tout, dans une période de l’histoire qui porte constamment la menace d’une fin de l’humanité, d’un effondrement dans la barbarie sous le poids de la guerre et des crises économique et écologique, une idéologie de l’apocalypse, du sacrifice de soi et du martyre, devient un véritable appât pour les éléments les plus marginalisés et brutalisés de la société bourgeoise. Ce n’est pas par hasard si la plupart du personnel recruté pour les attaques en France et en Belgique vient des rangs des petits délinquants qui ont pris le chemin du suicide et du massacre de masse »5.

L'analyse est juste, les mêmes courants trotskiens, gauchistes sans principes, qui défendirent la supercherie des « libérations nationales », persistent dans la « théorie du pauvre » pour comprendre ou soutenir les « guerriers islamistes » ; mais ce qui se passe chez les soldats du terrorisme islamique n'est pas vraiment irrationnel, ils restent prisonniers de l'idéologie capitaliste la plus étroite. Sauf que le soutien des amis gauchiste est totalement anti-révolutionnaire et que ce sont les mêmes menteurs politiques criminels que leurs pères. Le CCI tout en cherchant à démêler entre manipulés et manipulateurs n'arrive pas ) être très clair sur les conditions des guerres opaques des impérialismes dominant en ne prenant pas la mesure de la crise migratoire comme arme de guerre et moyen de pression qui n'est pas au même niveau que la théorie du bouc-émissaire de jadis, mais plus complexe et surtout, même si l'aspect bouc-émissaire demeure, révèle l'impuissance du capitalisme moderne à intégrer socialement et culturellement des masses d'hommes et de femmes6.

Comme je l'ai écrit au moment du massacre des gens de Charlie Hebdo  en 2015:

«LE DJIHADISME, pas simplement la religion musulmane – qui peut être une pacifiste religion de soumission civique et électoraliste pour la majorité des croyants (jamais nommés ni considérés comme prolétaires avant tout) – A REMPLACé LE STALINISME. Ce dernier était le refuge à l'espérance ouvrière, une partie du monde était réservée à une croyance matérialiste; sans remonter aux affabulations sur le ciel stalinien des années 1930 que des millions gobèrent, il suffit de jeter un oeil sur la plupart des "libérations nationales" des 60 et 70, pour constater que le Coran stalinien, document daté et inapplicable parce que vieilli pour la partie tactique, était le Manifeste communiste, que, de près ou de loin, les divers tenants du "focos", du guevarisme, du maoïsme et même du trotskysme modernisé n'auraient jamais songé à arguer d'une tolérance pour les autres manifestes poussiéreux, compil de contes barbares et irrationnels, le Coran, la Bible ou le Talmud, dont tous se servaient comme papier Q. Dans le cadre des luttes dites d'émancipation nationale (d'escroquerie nationale bourgeoise), le stalinisme, n'était pas discutable. Il embrigadait pourtant, sans que ses thuriféraires ne croient un instant à sa devanture "amitié des peuples" et "paix dans le monde", ni leurs victimes.

Après cette parenthèse sur le substitutionisme de l'islam par rapport au stalinisme, me voilà de retour avec mon propos principal: les dits fous furieux sont avant tout des soldats. Ils s'embrigadent d'abord parce qu'on leur dit qu'ils vont être rétribués et non plus considérés comme de pitoyables pizzailos. Il faut savoir que les queues en banlieue pour recrutement pour l'armée française sont très longues et que l'on y compte nombre de "racailles" d'apparence. Mais beaucoup d'appelés peu d'élus, l'armée de souche trie et rejette beaucoup. Merah avait été humilié d'être rejeté par les galonnés de l'embauche. Naguère, ex-voyous, petite frappes ou pré-situs (ne voulant jamais bosser) s'enrôlaient dans la légion étrangère. Heureusement, ou malheureusement selon le bureau de recrutement, on embauche pas mal en Syrie, en Irak, au Yémen, en Palestine... La plupart de ceux qui partent, pas forcément d'origine maghrébine mais de toute origine et nationalité, n'ont pas lu une page du coran ni été s'agenouiller à la mosquée; et ne connaissent pas un traître mot d'arabe »7.

COMBAT POUR LA LIBERTE D'EXPRESSION, MAIS LAQUELLE?

Je peux recopier sans remords tout ce que j'avais écrit il y a cinq ans. La répétition victimologique qu'on veut nous resservir est une farce. Ce journal vulgaire, plus drôle du tout depuis les années du faux-cul Val, avec pour fonds de commerce une idéologie gauchiste fanée et suiviste, nous est présenté à nouveau comme symbole de la liberté d'expression ! De plus contre des gens « à éduquer à la démocratie bourgeoise » qui se foutent de liberté d'expression et de toute vie humaine ! Dérisoires les uns et les autres cinq ans après :


«Charlie Hebdo, pile de feuillets colorés pas marrante, contrairement à ses versions antérieures Hara-Kiri et Charlie Hebdo des années 1980, par suite au meurtre ignoble de ses dessinateurs, est devenu le symbole mondial de la "liberté d'expression"!?

Par le fait que, suite à des dessins provocateurs, ses dessinateurs étaient l'objet de fatwas, de menaces de mort depuis des années par la noria djihadiste. Cette mode des fatwas avait été lancée à l'époque de Khomeini. Il y a toujours eu des menaces de mort à distance par le passé; avant par les nazis et les staliniens. Zola avait reçu des menaces de mort et tant d'autres, juifs, italiens, etc. Ce n'est pas le propre des islamisés. Cette menace est bien sûr inacceptable, et elle a été partout bafouée, et il faut continuer à la bafouer. Ce qui est nouveau est que l'Etat bourgeois ne vous protègera pas vous dans votre coin face à telle ou telle menace, et qu'il s'en fiche. Les quartiers bourgeois restent très protégés et, c'est une vérité de la Palisse, vaut mieux être agresseur qu'agressé face aux flics et à leurs supérieurs de la magistrature. Mais venons-en à la liberté d'expression. J'aimerais bien qu'on me dise où peuvent s'exprimer les prolétaires (cette vile multitude pour tous ceux qui conchient cette classe ingrate qui ne leur a pas servi le pouvoir sur un plat en 68) et les différentes minorités révolutionnaires? A la télé? Chez "C'est à vous" ou "ce soir ou jamais", lors des monocordes et même débats sur les différents plateaux? Lors des élections? Non la télé est réservée aux spécialistes des divers lobbies industriels et aux accointances politiques des officiels ou semi-officiels »8.

SOUS L'ANTITERRORISME UNE BAGARRE ENTRE BRIGANDS IMPERIALISTES

Quand la liberté d'expression est limitée à la liberté d'insulter je comprends que certains sortent couteau ou revolver. Je ne crois pas une seconde à des querelles d'interprétation doctrinale coranique entre bandes islamistes (Al-Qaïda versus JNIM ou daech versus Al-Qïda, tackfirisme...) comme le serinent les sites « tiers-mondistes » repris par un site néo-stalinien comme « initiative communiste ». Ce dernier site d'une secte de vieux coucous staliniens fournit une explication simpliste du financement des bandes armées islamistes, mercenaires sans foi ni loi ni patrie. Le financement de daech serait essentiellement américain via les pétromonarchies avec l'aide des Talibans « pour déstabiliser l'Afghanistan socialiste » (hi hi). Ils ont trop picolé avec les amis de Poutine.Un certain Daniel Lacaze assure que tout l'argent vient de l'Arabie Saoudite :

« Ce phénomène a commencé dans les années 80 en Afghanistan, où la CIA et la famille royale saoudienne ont quasiment inventé le djihadisme en essayant d’imposer aux Soviétiques une guerre à la vietnamienne juste dans leur arrière-cour. C’est ce qui s’est passé aussi en Irak, que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont envahi en 2003, déclenchant ainsi une guerre civile féroce entre les chiites et les sunnites. C’est ce qui se passe aujourd’hui au Yémen où les États-Unis et la France aident l’Arabie saoudite dans une guerre aérienne de grande ampleur contre les chiites Houthis. Et c’est ce qui se passe en Syrie, théâtre du jeu guerrier le plus destructeur, là où l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe fournissent armes et argent à Al-Qaïda, à l’État Islamique, connu aussi sous les noms d’ISIS et de Daech, et à des organisations du même type, ce que les États-Unis savent parfaitement. Les dirigeants occidentaux encouragent cette violence tout en s’en indignant quasi simultanément ».


« En décembre 2009, Hillary Clinton a indiqué dans une note diplomatique confidentielle que les donateurs d’Arabie saoudite constituaient, et ce au niveau mondial, la source la plus importante de financement des groupes terroristes. En octobre 2014, Joe Biden a déclaré aux étudiants de la Kennedy School de Harvard : “les Saoudiens, les émirats, etc. […] sont si déterminés à provoquer la chute d’Assad et surtout à mener par procuration une guerre chiites contre sunnites […] [qu’]ils ont versé des centaines de millions de dollars et fourni des dizaines de milliers de tonnes d’armement militaire à tous ceux qui voulaient se battre contre Assad, sauf que ceux qui ont reçu cette manne, c’étaient Al-Nosra et Al-Qaïda.”

Le mois dernier, le New York Times s’était plaint dans un éditorial de ce que les Saoudiens, les Qataris et les Koweitiens maintenaient leurs donations non seulement à Al-Qaïda mais aussi à l’État Islamique ».


« C’est là un scénario qui s’est trop souvent répété ces dernières années. “Terrorisme” est un terme quasiment dépourvu de sens, qui brouille et obscurcit les événements plus qu’il ne les éclaire. Les attaques du 11 septembre ont mené à “une guerre mondiale contre la terreur” et, en même temps, à une vertigineuse dissimulation à propos de ceux qui étaient effectivement responsables de cette terreur.

Une chape de plomb s’est abattue sur le rôle joué par les Saoudiens en Afghanistan, où est né le réseau de ben Laden, et l’administration Bush a discrètement exfiltré des États-Unis 140 Saoudiens, y compris une vingtaine de membres de la famille ben Laden, après que le FBI les eut entendus, d’une façon plus que superficielle ».


L'explication par le financement (révélé et identifié) – souvent utilisé par la vierge Poutine - reste toujours simpliste et stérile quoiqu'il contente l'esprit gauchiste moyen qui, du même coup, retombe dans la défense des petites nations :

«  Après avoir déversé la destruction sur les nations musulmanes les unes après les autres, les dirigeants occidentaux ne devraient pas à être surpris de voir la violence déborder chez eux ».


L'explication des revenus de daech par la revente de pétrole volé ne tient pas non plus la route, c'est intenable pour des fainéants enrôlés pour l'ordinaire du soldat : faire le planton toute la journée sur le qui-vive doigt sur la gâchette et prêt à tirer ; le pétrole il faut le stocker, le raffiner, etc., du boulot chiant de prolétaire pas de tueur à gages. La Turquie est présentée comme l'allié objectif de daech, c'est en partie vrai mais personne ne peut le prouver et Erdogan ne dira jamais « je suis un ami de daech » ; quoique deux journalistes d'opposition moisissent en cellule pour avoir révélé en 2014 que, à la frontière syrienne, étaient passés des camions appartenant aux services secrets turcs et transportant des armes destinées à des mercenaires islamistes syriens. En déduira-t-on que le petit pakistanais Ali H. (ou Hassan, il change de prénom tous les jours) a été manipulé par Erdogan pour ridiculiser l'ami des grecs, Macron ?


Les mystères des politiques impérialistes internationales restent insaisissables avec le ramdam contre cette espèce de terrorisme fumeusement universel, islamiste et « irrationnel », et n'ont pour but que d'instiller la peur, laquelle empêche toute sérieuse réflexion politique. Pendant ce temps la guerre opaque continue dans des opérations « sur le terrain » avec autant de neutralisations que nécessaire mais de moins en moins la croyance que l'Etat et ses polices « nous protègent ». Les attentats au couteau par tel ou tel individu isolé, ayant passé les mailles des filets antiterroristes, s'ils sont « à la mode » montrant les limites des bandes terroristes ou leur incapacité à planifier de « vrais attentats », constituent un renfort paradoxal mais efficient aux campagnes sécuritaires de l'Etat bourgeois, mais ne resteront pas un barrage suffisant face au développement de l'insécurité sociale. C'est une règle qui a été confirmée maintes fois dans tous les pays, la lutte de classe (ouvrière) terrorise le terrorisme. Le terrorisme se dissout au moment de la violence de masse.



NOTES


1Le Figaro en date du 25 septembre (donc article rédigé la veille), sous la rubrique Champs libres débats, où pisse quotidiennement la morale de la droite classique, onctueuse et hautaine. Lire: https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/25/de-1956-a-1962-la-france-a-ordonne-a-ses-services-secrets-d-assassiner-des-citoyens-francais_6053582_3210.html

2 « Nous apprenons ainsi qu’un participant à une réunion du PCI, et d’autres éléments par ailleurs, se sont sérieusement posés la question de savoir s’il fallait ou non “condamner” Daech, en vertu du “principe de la lutte anti-impérialiste”  ! Cette problématique est reformulée ainsi par Le Prolétaire: “Faudrait-il en conclure que l’EI représenterait une force bourgeoise anti-impérialiste, une force qui, en secouant le statu quo, travaillerait sans le vouloir en faveur de la future révolution prolétarienne par l’accentuation du chaos et l’affaiblissement de l’impérialisme dans la région  ? Une force qu’il faudrait donc plus ou moins soutenir en dépit de sa brutalité et de ses sinistres traits réactionnaires  ?La réponse du Prolétaire à propos d’un tel soutien (ou, comme le PCI l’écrit, ce “plus ou moins soutien”) est négative. Elle montre que les camarades du PCI se placent du point de vue de la classe ouvrière. On peut, par ailleurs, observer que leur approche sur la question nationale n’est plus tout à fait appliquée de la même manière que durant les années 1980, lorsqu’ils mettaient en avant la possibilité “d’une lutte de libération du peuple palestinien ».

https://fr.internationalism.org/revolution-internationale/201705/9557/polemique-pci-daech-avatar-decompose-lutte-liberation-national

Avec un journal à dimension réduite, « Le prolétaire » se couche à la suite des bobos gauchistes derrière l'antiracisme apolitique qui est régulièrement monté en mayonnaise dans le principal temple du capitalisme pour dissoudre toute compréhension de classe des manœuvres « humanistes » de la bourgeoisie bien pensante et méprisante à l'égard des frasques de sa police. Sur la question du confinement sanitaire la thèse complotiste est du même niveau que le mongolien Nicolas Bedos.

3Je ne vois pas d'autre explication au recul de Kennedy et Khroutchtchev devant l'hallhalli en 1962, et certainement pas la menace « humaniste » d'un prolétariat muet à l'époque.

4Le néo-maoïste Tom Thomas parle de sénilité sans que ce soit plus satisfaisant

5https://fr.internationalism.org/revolution-internationale/201605/9370/terrorisme-instrument-guerre-imperialiste-et-contre-lutte-clas

6« Il est parfois affirmé, pour justifier les attaques-suicides perpétrées par des Palestiniens en Israël, par exemple, que la ceinture d’explosifs est le drone ou le bombardier du pauvre. Ceci est vrai uniquement si l’on reconnaît que le “pauvre” recruté pour la cause de Daech ou du Hamas ne combat pas en réalité pour les pauvres mais pour un groupe rival d’exploiteurs en état d’infériorité impérialiste, que ce soit un proto-État local ou de plus grandes puissances impérialistes qui les arment et les couvrent diplomatiquement ou idéologiquement. Et qu’il soit mené par des groupes semi-indépendants comme Daech, ou directement par les services secrets de pays comme la Syrie et l’Iran (comme ce fut le cas de nombre d’attaques sur des cibles européennes dans les années 1980), le terrorisme est devenu un complément utile de la politique étrangère de tout État ou aspirant à le devenir, essayant de se tailler un créneau sur l’arène mondiale.

Cela ne signifie pas que des actes de terrorisme ne sont pas également utilisés par des États plus respectables : les services secrets de pays démocratiques comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, sans oublier Israël, bien sûr, ont une longue tradition d’assassinats ciblés et même d’opérations sous fausse bannière, sous l’apparence de factions ouvertement terroristes.

Cette idéologie de vengeance et de haine résonne le plus souvent dans le discours de la droite en Europe et en Amérique, qui tend aujourd’hui à voir tous les musulmans et l’islam lui-même comme représentant la vraie menace pour la paix et la sécurité, désigne chaque réfugié des zones déchirées par la guerre comme une potentielle “taupe” terroriste, justifiant ainsi les mesures les plus impitoyables d’expulsion et de répression à leur encontre. Cette sorte de bouc-émissarisation est un autre moyen de masquer les réels antagonismes de classes dans cette société : le capitalisme est en crise profonde et insoluble, mais ne cherchez pas à savoir comment le capitalisme fonctionne au bénéfice de quelques-uns et pour le malheur du plus grand nombre, faites porter le chapeau à une partie du plus grand nombre, pour l’empêcher ainsi de s’unir contre les quelques-uns. C’est un stratagème très ancien, mais la montée du populisme en Europe et en Amérique nous rappelle qu’il ne faut jamais le sous-estimer ».

https://fr.internationalism.org/revolution-internationale/201605/9370/terrorisme-instrument-guerre-imperialiste-et-contre-lutte-clas

7https://proletariatuniversel.blogspot.com/search?q=CHARLIE

JE NE SUIS PAS CHARLIE:

8Je me payais le plus infâme, Sarkozy, au demeurant aussi girouette et menteur que les Hollande et Macron : « LE ROI DES FUMISTES QUI VIENT JOUER LE BON SAMARITAIN : Sarkozy le vengeur vient féliciter la foule du dimanche démocrate pour sortir de son chapeau l'armement des policiers municipaux comme si les mercenaires gendarmes et policiers n'étaient pas déjà surarmés. Mais il a fait plus putain pour sa campagne électorale au long cours:

"Il a ajouté qu'"on ne peut pas continuer comme ça" avec l'immigration qui, si elle "n'est pas liée au terrorisme", "complique les choses" en générant difficultés d'intégration et communautarisme. "La question de l'immigration fera l'objet de débats extrêmement approfondis, car il est certain qu'on ne peut pas continuer comme ça. L'immigration qu'on a tant de mal à juguler crée la difficulté de l'intégration, qui crée le communautarisme. Et à l'intérieur du communautarisme peuvent se glisser les individus" comme les auteurs des attentats."

Plus charognard tu meurs! Tout est dans la lourdeur de la nuance. Comparable à du Le Pen dans le texte, il n'est pas dit que tout est de la faute à l'immigration, ni surtout que c'est la bourgeoisie "Charlie" et antiraciste qui a besoin de l'immigration pour ses profits et se donner des airs "internationalistes", mais le "n'est pas liée" est une astuce du double langage pervers narcissique classique (on entend bien sûr qu'elle "est liée" de toute manière, sinon il n'y avait pas besoin d'utiliser le verbe lier). Non seulement elle est "liée" de manière subliminale par le politicien, mais elle "complique les choses"; ce n'est pas la situation de galère de l'immigré ni ce qui peut fonder sa répulsivité au mode de domination capitalo-judéo-chrétien occidental qui pose problème mais l'immigration "en général", vue comme politique malthusienne qui serait devenue incontrôlable par la bourgeoisie.... ».


mardi 22 septembre 2020

LES MARXISMES APRES MARX...


Notes de lectures

Une bonne, une excellente nouvelle que cette réédition du petit livre de Pierre Souyri : « Le marxisme après Marx » de Pierre Souyri (1925-1979)1. Cet opuscule était déjà une référence pour le milieu révolutionnaire au début des années 1970, salué par Camatte et les bordiguistes.


Dans ma jeunesse j'ai eu l'occasion de rencontrer Souyri une paire de fois et de lui demander conseil en politique2. Pour tout jeune en recherche de rapides connaissances de base en politique de classe, c'est le premier livre que je conseillerai après le Manifeste communiste. Il contient en un résumé dense une histoire du marxisme (des marxismes) moderne inégalée. Bravo à l'équipe de Smolny à Toulouse d'avoir mené à bien cette réédition. Mais pas si à bien que cela. Pourquoi nous avoir collé la postface de deux andouilles, ignorants prétentieux, qui viennent tout gâcher du point de vue du marxisme comme méthode étrangère au dogme stalinien/trotskiste ou catéchisme pour crétins communisateurs.

Mettre sur le même plan comme sauveteurs du marxisme originel le CCI et les bobos Astarian Jappe, Kurz et cet autre con de Roland Simon haussé au rang d'historien3. C'est faire insulte au CCI et à tout le milieu politique prolétarien de Battaglia aux derniers bordiguistes.

On assiste ensuite à un historique non pas du marxisme dégagé des malformations staliniennes ou trotskiennes, mais de ces messieurs les rois de la sociologie et de la psychanalyse. Aucune critique de S ou B ni des délires situationnistes, ces « artistes » avec Castoriadis n'avaient puisé leurs radicalités qu'en pompant sans le citer Pannekoek et le courant communiste de Conseils, c'est à dire pas vraiment l'épine dorsale d'un marxisme subversif mais d'une théorie labile récupérable et amendable par l'anarchisme de salon. Les deux pitres de la postface « glissent », c'est à dire esquivent toute critique des petits profs de la communisation pour se masturber sur leur « utopisme flagrant » comme « point d'aboutissement des tendances radicales du marxisme », qui débouche sur le néant du dernier paragraphe, la négation de toute lutte des classes et du rôle de cette « vieillotte » classe ouvrière. Une telle postface est une insulte à la mémoire de Souyri qui avait combattu toute sa vie non pas contre les moulins à vent des réformistes communisateurs mais pour contribuer à revivifier le marxisme comme arme fondamentale du prolétariat. Le marxisme comme méthode n'est pas destiné à rester un jouet universitaire ou sociologique.


QUAND LA MARXOLOGIE DERAILLE...

Tout le monde peut être marxiste, voire marxien ou marxologue. L'islamo-gauchiste Besancenot peut tout aussi bien se dire libertaire et trotskien ; Zemmour ne se cache pas d'être marxiste tendance Thorez-gaulliste ; Yves Coleman peut s'affirmer grenouille de bénitier tendance marxiste antiraciste ; n'importe quel énarque sait la vérité et les conséquences de l'existence des classes et par les temps qui courent les risques non de révolution mais d'explosions sociales où il faut toujours faire passer pour portion congrue la classe ouvrière, ou la découper en morceaux comme savent si bien le faire les sociologues communisateurs. On n'explique nulle part encore combien le gauchisme a nui et continue du nuire au marxisme ; et à l'internationalisme en choisissant toujours un camp bourgeois contre un autre : les USA en 1944, les massacreurs et terroristes nationaux sous couvert d'indépendances nationales fictives (les porteurs de valises), et désormais leur soutien indéfectible à l'islamisme envahissant4, qui en fait les principaux ennemis du prolétariat ; l'engeance gauchiste est en fait le pouvoir dominant désormais dans les médias et un ennemi plus grave que les remugles d'extrême -droite , mouvance minoritaire et protestataire systématiquement criminalisée.

Quasi en même temps, Smolny nous sert un « lexique Marx » - qui n'avait pas pu être publié et qui aurait rester dans les tiroirs à mon humble avis. Vouloir faire connaître Marx comme un dictionnaire est stupide, a contrario même du sérieux du livre de Souyri. De plus les deux auteurs « marxiens » (hi hi), Rubel et Janover, sont d'aimables « artistes du marxisme », capables de la pire interprétation dissolvante de la méthode marxiste. Ils sont franchement drôle ces deux petits bourgeois universitaires de se permettre de donner en cours de route des leçons d'organisation à Marx et de lui reprocher d'avoir trop dénoncé les complots bakounistes ! Et Rubel de flinguer systématiquement au passage Engels, comme « élémentaire » et « rigide » ; «Engels moins réaliste que Marx sur l'Etat » (p.186) ; un ami « qui s'est égaré dans un prosélytisme stérile » (p.189). ; « un optimisme exagéré et la métaphore douteuse »(p.192). Voilà qui n'est pas fait pour déplaire aux vieilles raclures de la communisation stérile et réformiste... En soi ces diatribes contre Engels sont scandaleuses parce que justement on a trop sous-estimé l'apport d'Engels ; c'est pourtant lui qui a sorti le célèbre Marx de ses chères études en chambre, et qui l'a mené à être au service du prolétariat et non pas comme ces potaches de salon demeurer un auteur pour sachants journalistes et profs.

J'ai déjà dit ce que je pensais de Janover qui, excepté deux ou trois pamphlets qui défendirent le milieu révolutionnaire face aux contempteurs du négationisme, n'est qu'un doux égocentrique ; sponsorisé présentateur de l'oeuvre de Rosa chez Smolny, il passa 100 pages à parler... de lui-même. Rubel, quoique émérite traducteur de Marx, n'a pas fait le poids dans les années 1980 à la télé face aux robustes staliniens ; j'avais regardé l'émission avec Marc Chirik (ils avaient milité ensemble) et on était consternés du manque de pugnacité de Rubel face à un stalinien ordinaire. Rubel est de plus de l'espèce communautariste, avec l'obsession de conchier le laïc Engels comme ayant déformé la pensée « marxienne ». Sa contribution majeure – inventer un Marx anarchiste – a fait parler de lui dans les salons parisiens mais confine au ridicule à chaque démonstration ou radotage (P.135 on découvre le subterfuge qui attribue un texte collectif à Marx). Les pages sur Bakounine et ses rapports avec Marx sont affligeantes. Selon Rubel Marx aurait été anarchiste par la manière « dont il envisageait les fins du mouvement ouvrier ». Vrai que des socialistes utopiques aux plus honnêtes anarchistes du 19ème siècle, il pouvait y avoir une vision à peur près commune (imaginée) de la fin du capitalisme, mais ce n'est pas le Marx le plus brillant ni le plus novateur qui reprend les salades utopiques sur la fin de la séparation entre la ville et la campagne, sur le type d'occupations multiples et ludiques que pourrait receler les occupations humaines dans une humanité communiste libérée du capitalisme. Comme tous les ânes académistes et vieux bibliothécaires les Rubel et Janover se sont assis sur l'expérience en Russie, pourtant autrement référentielle que les images utopistes pauvres reprises par Marx. Marx a au moins insisté contrairement à ces doux bibliothécaires sur le fait qu'on ne se débarrassera pas de l'Etat d'un coup de pied au cul (Tom Thomas n'y comprend que pouic) ; la crise du covid montre la nécessité de discipliner une humanité hyper individualiste et inconsciente. Pour appréhender la question d'une autre société on n'a rien à attendre ni à comprendre d'enculeurs de mouches anarchistes qui professent pour la rive gauche et les cyclistes. Il faut et faudra en référer encore à l'ouvrage essentiel (L'Etat et la révolution de Lénine), aux travaux du CCI sur la transition, et ne pas oublier que la perpective révolutionnaire est un PROGRAMME HISTORIQUE même si les bordiguistes ne sont pas les plus appropriés pour défendre ce programme dans ses grandes lignes. En tout cas, les éditions Smolny, boostées par leur succès avec Flammarion et des pubs un peu partout même chez les gauchistes ont perdu la confiance politique que je leur faisais au début.

UN PSEUDO MARXISTE PAS GUERI DU MAOISME



Tom Thomas a poursuivi depuis des années un travail d'écriture qui se veut d'obédience marxiste et explicative pour les « masses ». Malheureusement il a été formé (déformé) par le maoïsme dans sa jeunesse. Maoïstes et trotskistes sont en général déformés à vie lorsqu'ils ont passé trop de temps dans les régiments gauchistes. Ils restent surtout ignorants de la véritable histoire du mouvement révolutionnaire, et incapables de sortir de leur intellectualisme individualiste. On ne peut pas sérieusement parler et dénoncer l'Etat, son autoritarisme et sa nature de grand représentant du capital sans connaître au découvrir les analyses des groupes de la « gauche communiste » (maximaliste) et sans relire Lénine. Sinon vous pouvez toujours citer à tour de bras Marx mais celui-ci n'avait pas toutes les données du futur qui est notre actualité et notre fardeau.

Tom Thomas pèche par deux défauts récurrents : il voit le fascisme sans cesse au bout de la rue (comme n'importe quel neuneu du NPA), et l'Etat contient tout le mal, surtout la théorie complotiste, c'est ainsi qu'il imagine l'épisode Covid : « mise en œuvre grandeur nature d'une surveillance étroite et d'un sévère encadrement policier de toute la population au prétexte d'un confinement nécessaire ». Pourtant nous savions déjà la puissance et efficacité de cette surveillance étroite, plus en idéologie qu'en police de la rue d'ailleurs, mais face à la pandémie du covid, et j'ose le dire sans fard, l'Etat bourgeois a été bien plus responsable (malgré son mensonge initial sur l'inutilité du masque) que tous les clusters gauchistes et tous les petits irréalistes anarchistes ou maoïstes qui n'y voient que complot comme ma grand-mère qui imaginait le diable tapis derrière la cheminée, à chaque coup de vent au-dessus de sa chaumière lozérienne.



NOTES

1Décédé à la suite d'un avc et non pas suicidé comme me l'avait dit l'ancien membre de S ou B, Jean de la librairie La Boulangerie à Montrouge.

2Après la fin de Pouvoir Ouvrier, j'avais participé à la création de la « Gauche Marxiste », petit groupe plus nombreux que RI à l'époque, mais resté sur de nombreuses positions gauchistes soixantehuitardes (travail dans les syndicats, confusion sur la nature du stalinisme, soutien au féminisme) ; j'ai raconté sa courte histoire qui est accessible à la BN et à Amsterdam. Souyri était venu nous donner des cours d'économie et n'avait pas encore publié son ouvrage sur la dynamique du capitalisme (qui fait référence désormais pour des fondateurs du CCI, moins décadentistes depuis qu'ils ont quitté l'organisation). Souyri m'avait déconseillé de me rapprocher de RI : « je me méfie de ce genre de groupes, ce sont des sectes ». Finalement j'ai trouvé qu'il avait tort, le CCI a été une école de réelle restauration du marxisme pour plusieurs générations. Souyri avait une connaissance limitée de la « gauche communiste » (maximaliste) probablement par la faute de Véga (qui avait pourtant été éduqué sur le sujet par Marc Chirik) et qui était chargé des liens (brefs) avec le parti bordiguiste, mais qui finalement s'est allié avec l'aventurier Castoriadis pour décréter que c'était des mouvements dépassés. Solide orateur, mais girouette espagnole Véga serait retourné au POUM à la fin de sa vie. Les « vieux » de Pouvoir ouvrier ont tous fini dans le milieu universitaire et historien (cf. le salut de Marc Ferro à Souyri : https://www.jstor.org/stable/24268494 ) de la même manière que les anciens profs gauchistes installés « communisateurs » dans la librairie l'Harmattan et en milieu étudiant. 

Le dernier réceptacle néo-barbariste décomposé du "conseillisme" reste Echanges qui a aussi perdu le prolétariat au milieu du covid, prône le retour aux activités "bibliques"; ainsi lance-t-il une affligeante "enquête sur le vécu du salariat" dont toutes les questions relèvent de l'esprit du bobo parisien sans problème d'emploi ni de logement, extrait désopilant: "On ne peut pas comprendre autrement la poussée morale qui pousse de plus en plus de jeunes gens à déserter les filières auxquelles on les avait préparés et à s'orienter vers des tâches agricoles ou artisanales quasi-bibliques (sic, HS a pris un coup de vieux hippie!) (charpentier, boulanger, berger, maraîcher, ferronnier, etc.); leur désertion ne prend pas origine dans une insatisfaction par rapport aux conditions de travail, mais par rapport à la finalité de ce travail nourrissant manifestement le chaos écologique" (cf. Echanges n°171, été 2020). Evidemment personne n'a répondu à ce sondage crétin de bobo herboriste étranger à la réalité sociale!

3Que j'ai conchié royalement malgré ses diverses insultes et lettres de menace : https://proletariatuniversel.blogspot.com/search?q=roland+simon . Les deux andouilles recrutées par Eric le boss ont évidemment fait semblant d'ignorer mon histoire du maximalisme.

4L'ancien trotskien Mélanchon, pour cause électorale immigrée, défend les déguisemnts musulmans avec toute sa clique et le Huffpost, le soutien à la député Obono (et au député Taché, qui porte si bien son nom) est grotesque pour essayer de regonfler un peu plus l'idéologie antiraciste fumeuse : https://www.huffingtonpost.fr/entry/obono-et-tache-ulceres-par-le-tweet-de-ce-depute-lrem-raciste-et-homophobe_fr_5f68650bc5b6de79b677d5e3. Le député macroniste a eu diablement raison de se moquer de cette gauche en vérité islamo-stalinienne, et sur la même longueur d'onde « internationaliste » que Erdogan! Mais bon cette pitrerie s'est déroulée en Espagne et pour équivalence en France en pubobo pour la soumission musulmaniaque on a la secte UNEF. Mais le port du masque anti-covid obligatoire ne serait-ce pas lui aussi un complot islamo-gauchiste? Tous masqués tous islamisés!

Malgré leur racolage islamo-électoral, les élus islamo-gauchistes verts sont l'exemple même de la tartufferie électorale, seule vote la petite bourgeoisie ultra minoritaire et inculte (personne ne l'a souligné mais la suppression de l'arbre (mort) de Noël n'était pas une mesure écolo, mais visait démagogiquement l'électorat musulman qui croit que Noël est une fête chrétienne, ce qui est faux et archi-faux et remonte à la haute antiquité! Outre d'être incultes, ces anciens gauchistes promus maires bourgeois se comportent comme des petits Staline.

Résultats des élections à Bordeaux:
Inscrits: 151324
Votants: 58 002
Exprimés: 57 029 soit 37,69%
Hurmic : 26 509 soit 17,51% Florian : 25 163 soit 16,62%
Poutou 5 357 soit 3,54%
Victoire de Hurmic de 1 346 voix.




lundi 14 septembre 2020

CONTRE LA CRIMINOLOGIE ET CRIMINALITE (politique) DE LA CONTESTATION GAUCHISTE

 


Remarques introductives sur le lumpenprolétariat dans la phase ascendante du capitalisme

Les travaux des historiens Stuart Hall, Edward Thompson et Eric Hobsbawn avaient fort bien décrit la part de la population qui avait été surcriminalisée au cours de l'accumulation primitive. Avec la phase d'industrialisation quand les pauvres des villes ne pouvaient plus entrer dans les corporations de métier en voie de dissolution, se développa un lumpenprolétariat surcriminalisé. La classe ouvrière et le lumpenprolétariat se sont formés en Europe entre 1790 et 1830. Initialement le lumpenprolétariat est une composante du paupérisme. Ce lumpen que les médias bourgeois se refusent à qualifier comme tel, c'est aussi bien tel grand bourgeois corrompu que le fils d'un manœuvre et d'une femme de ménage. Ce qui le distingue ce n'est pas le fait qu'il est exclu du marché du travail mais qu'il n'a aucune conscience de classe, qu'il joue un rôle réactionnaire dans la lutte des classes. Déjà son utilité anti-ouvrière conduisait la bourgeoisie à renoncer à réprimer le crime et à empêcher les petits trafics (vols à la tire, prostitution, etc.)[1]. Le prolétariat a toujours été plus maltraité que les apaches dont certains, à la mentalité cynique, pouvaient se recycler dans la police à la manière du célèbre Vidocq. Placé en garde à vue, j'ai pu constater un langage commun et une complicité entre une racaille et les flics. Il est à peine besoin de mentionner que le romantisme de la déviance, qui la concevait comme l'expression d'une dissidence politique ou d'une diversité enrichissante, a définitivement buté contre l'austère réalité de la victimisation. La criminologie de gauche a toujours lourdement insisté sur le fait que la cible du contrôle social et de la punition était apparemment constitué par des personnes appartenant aux classes défavorisées ; elle a toutefois été beaucoup plus discrète sur cet autre fait, non moins décisif, que les victimes de la criminalité traditionnelle faisaient également partie de ces mêmes classes, et que la classe ouvrière n’était pas composée que d’honnêtes travailleurs[2]. La disqualification du lumpenprolétariat par les socialistes honnêtes de l'époque ne signifiait pas une répudiation des masses au chômage ou paupérisées. Pour Marx et Engels le sous-prolétariat, à un moment donné pouvait être amené à intégrer la lutte du prolétariat[3]. Les positions actuelles de la criminologie « gauche radicale » - ou en tout cas de ladite « pensée insoumise » - ne sont en aucun cas scientifiques, il n'en est aucune qui soit pleinement congruente avec l’ébauche du programme communiste de Marx, dont il importe de rappeler la sentence que le monde a davantage besoin d'être transformé que d'être interprété à nouveau. La « radicalité » de la gauche bobo et gauchiste se résume le plus souvent à dénoncer la police, ce qui sent le moisi anarchiste impuissant et l’incapacité théorique à intégrer des changements cruciaux pour l’avenir de la lutte des classes et la place de la violence[4].

Impunité des racailles et complaisance bourgeoise

Alors que le procès des attentats de « Charlie Hebdo », de Montrouge et de l’Hyper Cacher se poursuit, la seule violence reconnue par l’Etat bourgeois, celle illustrée par les faits divers, imprègne la société mais confirme que les forces mervenaires de cet Etat n’ont pas pour fonction de défendre la population ni surtout la classe ouvrière. Du point de vue du militant révolutionnaire, la violence est d’abord personnifiée par les forces juridiques et sociales de l’Etat – patrons, juges et flics – et à l’occasion il vous démontrera les mille formes insidieuses de la violence dans le capitalisme décadent, dans l’entreprise, le milieu carcéral, les hôpitaux psychiatriques ; s’il est d’obédience gauchiste, il exercera lui aussi cette même violence par un discours moral, qu’il se nomme antiraciste ou antifasciste.

Communément jusqu’à la fin du siècle dernier, la pensée de gauche, présumée amie des exploités, pouvait se contenter de dire comprendre la violence en général comme un méfait du capitalisme, et, pour ce qui concernait les faits divers, la mettre sur le compte du chômage (marginalisation des jeunes au chômage), des problèmes de couple (mauvaise éducation), des cas particuliers non excusables ni explicables (viols, meurtres). Au plan politique, sans confondre tous les phénomènes liés à la violence, la gauche comme la droite, se relayant au pouvoir se sont longtemps contentés de promettre plus de policiers et « plus de justice ».

Il y a deux grandes approches – l’intervention, l’identification des groupes à risque de commettre des crimes et la prise de mesures pour limiter leur délinquance, et les approches communautaires – impliquant la communauté locale dans la lutte contre la criminalité. L’accumulation de faits divers honteux et criminels au cours de cet été a rappelé que tout est à la fois plus complexe et surtout que les politiques de tout bord sont impuissants à réfléchir le problème et pour tout dire s’en fichent.

Il y a un bon moment pourtant est apparu un « réalisme de gauche »  dans la criminologie de la criminologie critique comme une réaction contre ce qui était perçu comme l’échec de la gauche à s’intéresser concrètement à la criminalité quotidienne, permettant au réalisme de droite de monopoliser l’agenda politique sur la loi et l’ordre. Ce réalisme de gauche soutient que la criminalité affecte de façon disproportionnée les travailleurs, mais que des solutions qui ne font qu’accroître la répression servent à aggraver le problème de la criminalité. Ils soutiennent plutôt que les causes profondes de la criminalité résident dans la punition relative, bien que des mesures préventives et policières soient nécessaires, mais qu’elles devraient être contrôlées démocratiquement, c’est-à-dire par les mêmes politiciens qui s’en fichent avec en prime la négation de toute criminalité concernant l’immigration, une gauche taubiraresque en quelque sorte qui, in fine, a pour vocation à surtout criminaliser le travailleur blanc et à valoriser, via les délires féministes toutes sortes de genres, de communautés, de catégories sexuelles et en excuser tel ou tel dérapage[5].

De plus, il ne faut jamais oublier que la gauche bourgeoise, lorsqu’elle est au pouvoir, sait non seulement très bien se servir de la police contre grévistes ou manifestants en général, mais aussi que les mesures de prévention du crime et des exactions individualites coûtent cher. Avec un double langage marxiste de circonstance le radicaliste de la gauche bourgeoise au pouvoir vous assurera toujours qu’il faut rester dans le « réalisme » c’est-à-dire ne pas oublier que les réformes sont forcément bien intentionnées mais limitées et dépassées en permamence du fait des inégalités structurelles sous-jacentes au fonctionnement du système capitaliste. 

Premièrement, les criminologues « radicaux » se cachent donc derrière la loi dans les sociétés capitalistes comme un mécanisme de contrôle servant, hors de leur contrôle et compétence,  les intérêts de la classe dominante. Ils se permettaient même de mépriser une 'fausse conscience' de la classe ouvrière, avant d’inventer sa disparition pour flatter les « couches moyennes ». Deuxièmement, les criminologues radicaux attribuaient le crime aux problèmes socio-économiques intrinsèques à la société capitaliste, négligeant les problèmes d’explication du crime dans la société stalinienne. Troisièmement, de même que la publication des faits divers était interdite pendant le long règne du stalinisme[6], les criminologues mélenchoinistes et gauchistes considèrent comme secondaire voire normale la violence particulière de catégories de l’immigration inintégrable et de bondieuseries islamistes ; ils ne dénoncent pas les menaces de morts des lâches islamistes de clavier (cf. la jeune Mila) ni l’implantation islamiste dans le monde du travail mais une « zemmourisation » de la société[7]. Par conséquent, ils n’ont aucune crédibilité dans la majorité de la classe ouvrière, quelle que soit la couleur de peau des travailleurs. Quatrièmement, les criminologues gauchistes peuvent toujours invoquer le jugement dernier pour couvrir leur indulgence-complicité avec le « crime du pauvre » en renvoyant le critique à la chanson bien connue  que le passage d’une société capitaliste à une société socialiste finira par éliminer le crime et se traduira par la libération humaine. Cinquièmement, si, jadis, nos  radicaux criminologues distinguaient entre l’action révolutionnaire du prolétariat, motivée par la vraie conscience de classe, et les crimes du 'lumpenproletariat' avec son absence de conscience et ses accointances avec le système capitaliste, cette notion n’est même plus utilisée ; la gauche bourgeoise peau de chagrin s’est alignée sur le trotskisme le plus stupide : tout ce qui bouge est révolutionnaire.

La théorie de l’anomie de Durheim, qui pouvait très bien servir d’explication tangible au dérèglement social confirmant la décadence du capitalisme, est récupérée en sens inverse comme référence pour excuser tous les comportements marginaux et criminels. Les jeunes dealers ne sont-ils pas  contraints de se procurer de façon illégitime les fonds dont ils ont besoin pour soutenir le style de vie exigé par nos sociétés de consommation, par suite de leur exclusion du monde du travail[8]. 

La gauche bourgeoise et sa queue dite extrême gauche ont été pendant un demi siècle, disons depuis la fin de la seconde boucherie mondiale, à la fois les principaux bonimenteurs de la classe ouvrière et les pires liquidateurs de toute possibilité de révolution. Mais ces fractions de la bourgeoisie libérale et stalinienne ont considérablement mué depuis les années 1980, plus exactement depuis l'effondrement du mur de Berlin. En France après l'expérience accidentelle et amère de la gauche au pouvoir avec le colonisateur Mitterrand, les élites de la gauche caviar (terra nova) avaient promus les immigrés de suppléants à remplaçants de cette vieille classe ouvrière blanche et forcément raciste. Non par simple charité chrétienne mais parce que les immigrés n'importe qui peut parler à leur place, et qu'ils ne constituent pas un danger politique. Ils sont exploitables par les élites comme les « pauvres » sont exhibés par les curés comme victimes à plaindre et à récompenser par l'aumône sociale. La pensée de gauche antiraciste et antifacho est d’ailleurs un condensé de pensée chrétienne et stalinienne. Appliqué au nazisme, cette pensée politique dissolvante est un mensonge et un crime contre l’histoire. Le nazisme n’est pas en premier lieu un racisme. Peut-on d’ailleusr vraiment intégrer l’antisémitisme dans le racisme ? A l’origine, l’utilisation de l’antisémtisme par les nazis est la grande théorie du bouc-émissaire communiste. Première cause de l’usage immodéré de la dénonciation du juif : la revanche pour la (fausse) défaite de 1918 et la désignation des juifs comme race bolchevique.

 

DES LUTTES PARCELLAIRES AUX PARTICULARISMES DISSOLVANTS

 

Il faut le rappeler pour l’honneur de l’histoire du réel mouvement révolutionnaire, c’est un tout petit groupe autour du titre de son journal « Révolution internationale » qui, au début des années 1970, dénonce l’intronisation des « luttes partielles » par le gauchisme (libérations nationales, féminisme, écologisme, etc.). A cinquante années de distance on peut mesurer comment cette diversification de la contestation a servi de laboratoire à l’idéologie multiculturaliste dissolvante qui domine de nos jours, et cette bouillie de chat absolument pas universaliste, était bien partie de la principale puissance impérialiste hippie.

Alors que la classe ouvrière pouvait représenter un danger de lutte indépendante au XX ème siècle, déniaisant toute pitié des gouvernants et de leurs élites, voilà qu’au XXI ème siècle elle n’est plus un objet d’inquiétude. D’autres concepts l’ont tétanisée : l’islam, la menace jaune (bis repetita), la covid 19, etc. La religion écologique et antiraciste écrase tout quand  les migrants (nouveaux saints) et les « races » opprimées sont un objet plus malléable et de nature à autoriser des leçons de morale qui évitent de penser politiquement. L’antiracisme vise à modifier la pensée politique de la classe ouvrière et à assimiler toute critique de cette idéologie à une soumission à la montée du nationalisme de droite dans les villes désaffectées et délabrées. Pourtant la montée de la droite dite extrême parmi la classe ouvrière (partiellement) a été inextricablement liée aux reniements successifs de la gauche bourgeoise au pouvoir et dans l’opposition amplifié par son œcuménisme migratoire qui singe un internationalisme frelaté, plus européen et pro-américain que véritablement. Le parti de la mère Le Pen est d’ailleurs frappé à son tour de la même désaffection que les autres partis bourgeois et ce n’est pas le beauf Bigard qui va rendre sa politesse à la politique de classe.

La victimisation était dans ses fonds baptismaux avant de devenir le principal bénitier de l'Etat bourgeois démocratique et européen. Je n'examinerai pas ici les influences américaines indéniables (esquissées par RI naguère), et amplifiées après la chute du mur berlinois, mais la cacophonie américaine s'est répandue naturellement et règne encore en maître à penser en Occident ; on peut le constater sur le web, les textes et livres sur la victimisation criminelle sont peu nombreux en langue française mais très nombreux et pertinents en langue anglaise/américaine. J'y ai trouvé matière abondante à une analyse rigoureuse des sources et des contradictions de la morale bourgeoise contemporaine.

Référence est faite largement à la criminologie marxiste, en général objet d'examen avant tout par les marxistes staliniens et par après par leurs dégénérés gauchistes comme Mucchielli et cie. Le marxisme stalinien jusqu'au début des années 1970, avait des difficultés à associer marxisme et criminologie, tout en contestant les formes juridiques de la punition. Pour résumer grossièrement : absence de solutions concrètes pour lutter contre les crimes, vu comme simple conséquence de la pourriture du système capitaliste (vous avez noté qu’en Russie stalinienne  le compte-rendu des faits divers était interdit, et la prison et les goulags ne concernaient que les « déviants » politiques). Avec la complicité de James Dean, l'époque inclinait à idéaliser la figure du délinquant, même dans un groupe qui avait rompu (en partie) avec le trotskisme (Socialisme ou Barbarie) on pouvait trouver des articles sur le « voyou révolutionnaire »

Comme frappée d'Alzheimer la gauche bobo dite insoumise en particulier a toujours tendance à minimiser la portée des actes terroristes islamistes (cf Charlie Hebdo), en brodant autour du thème de l’enfant perdu, victime de déterminismes sociaux. Le pervers sexuel Tariq Ramadan, qui a longtemps tenu meetings communs avec intellectuels de gauche et Besancenot a conjecturé plus d'une fois un problème d’ « égalité de droit et de chance » en plaidant que Mohamed Merah se serait « senti systématiquement renvoyé à ses origines ». Pour cette mouvance, qui prétend en référer au marxisme il ne s'agirait que de jusqu'auboutisme de jeunes sans avenir ni espoir, « parcours montrant la grande violence symbolique qui s'exerce sur les plus faibles dans une société comme la nôtre ». Le meurtre lâche de dizaines de civils est une violence pourtant pas très symbolique, sauf vérification généraliste de la pourriture de l’esprit capitaliste décadent, individualiste et bigot. Les lointains caciques de l'extrême gauche fervente du terrorisme de « libération nationale » ont les héritiers bobos qu'ils méritent, avec la même ornière meurtrière que ce con de Sartre[9]

La misère étudiante des militants gauchistes des années 80 devenus universitaires est qu’ils sont restés coincés dans cette idéologie qui croyait à l'émancipation des pauvres et des colonisés par le terrorisme nationaliste (contrairement à la génération de soixante-huit). L'arsouille Mucchielli consultant autorisé des médias, a même fini par croire que la science est d’extrême-gauche. Émerveillé par son statut de sociologue officiel, il place des paradoxes gentiment contestataires dans ses titres de livres ou d’articles tels : « Le Scandale des ‘tournantes’. Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique », « Délinquance et immigration : le sociologue face au sens commun », « Travailler sur la déviance. Problèmes méthodologiques et déontologiques des recherches en sciences sociales ». Pauvre tâche !

Pourtant déjà dans les années 1970, des « réalistes » de gauche remarquaient que les victimes de rue de la classe ouvrière étaient plus susceptibles d'être des membres de cette même classe, fallait-il se contenter de dire à cette même classe : « on ne peut pas s'en prendre à des individus quand même dépendants de votre classe, c'est la faute au capitalisme ! ». Les crimes « ordinaires » étaient caractérisés par trois critères : la punition relative, la marginalisation et l'inculture. Ces réalistes réformistes comprenaient qu'il faille sévir contre la criminalité mais surtout veiller à transformer des rapports sociaux délétères en combattant verbalement les inégalités sociales, tout en faisant croire que la justice pénale pourrait un jour favoriser la justice sociale. Un auteur soutint que la criminalité était passée à une échelle supérieure depuis la Seconde Guerre mondiale : hausse du niveau de vie et élaboration de dispositions sur l’aide sociale allaient de pair avec un taux de criminalité plus élevé. Comment oublier que la mafia italienne avait collaboré et aidé les « libérateurs » américains ? (cf. la famille Gucci) Et qu'elle est restée une institution aussi indispensable à la justice de classe que les marchands de canon.

Enfin dernier particularisme dissolvant, la prétention à l’égalité salariale promotionnelle des uns (noirs) et des autres (femmes). Après « Justice pour Adama », mais pas justice pour les prolétaires victimes des menaces des « barbus » ou des violences des petites frappes des « cités », les « réalistes de gauche » veulent nous jouer la musique d’une bonne hiérarchie des salaires pour les noirs et les femmes. Que les gauchistes salariés et syndiqués soient épris de leur propre promotion sociale et envisagent des strapontins pour deux autres catégories de l’espèce humaine, ne dérange en rien l’ordonnancement capitaliste[10]. Ce n’est qu’une apologie « radicale » de l’arrivisme !

La gauche bobo-écolo municipale qui aiment pédaler entre ses résidences secondaires et trinquer avec les parvenus du trafic de drogue, est en train de se ridiculiser avec sa promo des mosquées et l’interdiction des sapins de Noël (concession stupide à l’islamisation car la fête de Noël n’est nullement et n’a jamais été une fête religieuse, que je suis seul à remarquer) ; ces maires bobo-écolos élus de façon minoritaire sont en plus incultes[11].

 

COMMENT LES VICTIMES DE LA CLASSE OUVRIERE PEUVENT-ELLES SE DEFENDRE ?

 

Je l’ai dit et redit, la loi bourgeoise interdit de se défendre soi-même lors d’une agression, été elle est assortie du fameux « tout acte peut se retourner contre vous-même » et « la réaction doit être proportionnée ». Les flics, qui n’ont pas pour mission de nous défendre nous les prolétaires, les gens de peu, sont en position pour minimiser la responsabilité de l’agresseur surtout s’il est mineur. Depuis les années Taubira et Cie (la gauche antiraciste radicale) il écopera d’un rappel à la loi ou de trois mois avec sursis. J’ai tenté d’expliquer dans l’article précédent que cette règle foutage de gueule des victimes sert à paralyser toute idée de riposte naturelle ou juste, en gros à indiquer qu’il est interdit de se défendre soi-même. Au nom d’une éducation anti-autoritaire, masquant un laxisme volontaire de privilégiés au pouvoir, le voyou migrant est sponsorisé héros de la lutte primordiale anti-police (cf le bien nommé Les misérables et autres « la haine »). Finalement la voyoucratie remplit très bien le rôle de la police dans les quartiers qu’elle contrôle. Elle est un ferment de contrôle social tout autant et même un plus car n’est-elle pas anti-police ? N’est-ce pas enfin la faute à l’Etat qui n’a pas su créer le nombre d’emplois nécessaire à résorber le chômage des jeunes de cette banlieue ?

Les français ouvriers et racistes n’ont qu’à migrer en province. Le NPA et LFI n’iront jamais sermonner tel pote islaminguant de vouloir violer Mila et se fichent que les parents des tarés estiment le coran au-dessus de la République pourvu qu’ils votent « France insoumise ». Quand la presse bourgeoise s’étale en commentaires fumeux sur les « faits divers » ce n’est pas pour organiser une campagne sécuritaire à l’ancienne comme le clament les contestataires gauchistes, c’est pour confirmer qu’il faut survivre dans l’insécurité, bien montrer que autant on ne peut compter sur les flics, autant on peut compter sur la racaille pour continuer ses exactions, sa loi en quelque sorte, et une loi qui participer de l’intimidation quotidienne de la principale classe exploitée.

La première réaction qui nous vient à l’esprit nous prolétaires est « défendons-nous nous-mêmes », voire « armons-nous comme les beaufs américains ». Pas brillant. Le concept d’autodéfense a été appliqué naguère par les milices communistes et trotskistes pour combattre le fascisme, et pouvait se justifier. L’autodéfense de nos jours, de plus face à la voyoucratie, sent le vinaigre. Ce peut-être l’association de tout et de n’importe quoi, donc inapproprié et dangereux. On ne peut pas, comme cet idiot de boulet jaune crier « policiers nazis » - car ils ne sont pas des nazis – ni exiger que la police soit présente au coin de chaque rue déserte le soir.

On ne peut se contenter de plaisanter en disant souhaiter ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment ni appeler à la constitution de milices d’autodéfense. Des agressions ont lieu de plus en plus sur le chemin du travail, des comportements islamistes autoritaires se répandent à la RATP.

Cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à des réponses qu’on est en droit d’attendre avant tel grand soir qui n’advient jamais. Cela se fera naturellement. De plus en plus de gens s’équipent de batte de baseball. Au moment de l’interdiction de la vente d’armes autres que de chasse en France, deux millions de fusils à pompe étaient déjà dans la nature. On voit surtout beaucoup plus de gens, même des femmes réagir lors d’agressions subites même au couteau d’un taré face aux multiples agressions de conducteurs de bus, de vigiles. 

Dans la classe ouvrière il y a toujours eu des capacités d’auto-défense collective, bien sûr au moment des grèves et manifestations mais aussi sur le plan des mœurs. Je me souviens au début de ma carrière d’électricien qu’un jour, la femme d’un collègue était venue se plaindre auprès des gars de la base de Clamart qu’il la battait. Il fût convoqué par un groupe d’ouvriers au fond du hangar là-haut et se prit une rouste mémorable qui lui a sans doute ôté toute honte bue, toute envie de récidiver. On pourrait étendre cette pratique à tous les maris lâches et aux petites frappes de banlieue qui n’écopent que du comique « rappel à la loi », une bonne rouste et tu te calmes !

Ou remettre en vogue le fouet, comme ils font dans LEUR pays. 



[1]    Comme de nos jours la justice « de classe » se contente du « rappel à la loi » ou ne distribue que des peines avec sursis. Les condamnés à d'aussi ridicules peines, personnages sans foi ni loi, sont d'ailleurs reconnaissant à cette « justice », et par conséquent prêts à collaborer avec les enquêtes de police ou à se mettre au service des dominants en cas de révolution. La gauche bourgeoise en France a su comme jamais auparavant les fractions de droite, théoriser la victimisation et un laxisme arrogant propre à lui aliéner les suffrages des « aliénés du salariat ». Un commentateur pourtant de droite, reprend nos éléments de langage concernant les journaux « de gauche » : 'Comme le milliardaire  Soros &Co, ces organes de la « gauche du Capital » prônent la dépénalisation des drogues et donc, censurent une réalité avérée par cent sources ».

[2] Des questions complexes de classe et de genre ont été mises en lumière lorsque la violence sexuelle et physique contre les femmes est apparue dans les tribunaux locaux du milieu du XIXe siècle. À Middleton, dans le Lancashire, malgré l’importance de la main-d’œuvre féminine dans l’industrie, ces cas associent surtout l’identité sociale des femmes au foyer et au quartier. Ils présentaient des masculinités qui contredisaient la respectabilité croissante de l’organisation et de la politique des travailleurs. Les actes ont été publiés dans les salles d’audience et dans les journaux locaux. La violence sexuelle et physique des hommes, souvent associée aux loisirs et à l’ivresse, aux affaires d’affiliation et aux querelles de quartier des femmes, a produit un portrait composite du désordre que les magistrats de la classe moyenne visaient à discipliner mais sans rien y changer au fond… au fond de la mine où des femmes étaient violées dans la promiscuité du travail et la semi nudité des corps. 

[3] Aux États-Unis, 12 millions de personnes sont prises dans un système de contrôle pénal de masse, et la plupart d’entre elles sont des jeunes hommes noirs ou latinos sans diplôme et au chômage. Dans les huit premiers mois de 2014, par exemple, les communautés noires et latinos représentaient 86% des personnes arrêtées pour possession de cannabis à New York. À l’échelle du pays, sur les 1 100 personnes tuées chaque année par la police, 95% des victimes sont des hommes, la moitié ont moins de 34 ans, et les Noirs sont fortement surreprésentés (un mort sur quatre). Ensuite, les biais sont également inhérent au système judiciaire : les populations minoritaires manquent de moyens de défense convenables, à quoi s’ajoute le fait que des agents publics les incitent à plaider coupable. Quand les accusés font face à un jury, celui-ci est le plus souvent blanc. L’injustice ne s’achève pas quand les gens sont libérés de prison : après leur peine, ils peuvent avoir perdu leur droit de vote, avoir été exclus du logement social, voir leurs droits parentaux retirés.

[4] L'argument de Marx que la police sert «à accélérer l'accumulation du capital en augmentant le degré d'exploitation du travail » était une synthèse partiale et partielle de la fonction effective de la police, laquelle est plus complexe à l’époque moderne et ne se résoud pas par le simpliste « A bas la police ».. Le policier moderne n’est pas seulement celui qui est en uniforme, c’est un travailleur dont les tâches sont de plus en plus soumises à un processus aliénant de taylorisation. Non seulement ce phénomène est discuté depuis plus de vingt ans par la sociologie de la police, mais il faut tenir compte de la signification de la syndicalisation policière, qui est moins une mesure de résistance à la parcellarisation des tâches, qu’un même flicage par les syndicats dits ouvriers empêchant de se considérer comme salariés et enfermant dans le corporatisme. Les employés de police sont aussi des êtres humains et des « prolétaires » comme me l’a dit l’un d’eux, et non plus de simples soudards comme sous l’Ancien régime.

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Left_realism. Les particularismes font florès et la bêtise crimonologue est un puits sans fond.  En criminologie, les féministes noires et les féministes raciales critiques attirent l’attention sur le traitement discriminatoire des femmes non blanches dans le système de justice pénale, comme les instructions judiciaires aux jurés dans les procès de viol pour renoncer à l’hypothèse selon laquelle les femmes noires sont chastes. Par ailleurs, le féminisme lesbien relie l’oppression des femmes à l’hétérosexisme et au contrôle par les hommes de l’espace social des femmes en « prenant en compte le point de vue féministe pessimiste radical de l’alcoolisme logique ».C’est ainsi que la féminisme dans le monde a pu constater l’oppression des hommes dans l’activité économique des pays en développement

[6] Il est intéressant de dire pourquoi ? Parce que ces faits divers vérifiaient comme le capitalisme d’Etat qu’on était bienencore en société capitaliste ! La Pologne « passée » dans le camp socialiste  avait conservé pendant plus de 25 ans le code pénal qui était en vigueur sous l'ancien régime

[7] Ce qui est accorder une bien grande importance à ce petit journaliste et le diaboliser à bon compte. L’islamisation effective des sociétés du nord de l’Europe est une réalité. Erdogan en est le pape théorique, donc les mélenchonistes et les gauchistes les enfants de chœur ? Zemmour ne dit pas des bêtises. Ce que ne voient pas se hystériques contradicteurs staliniens (qui veulent l’interdire d’expression), c’est que sous un discours qui se veut néo-gaulliste, il s’adresse à un public ouvrier (certes pas le meilleur), dénonçant l’abandon des nationanlisations et du nucléaire , célébrant des « personnalités » comme Thorez et Marchais, conchiant l’Europe libérale, déniant à juste titre que le racisme soit le principal problème à combattre… et il trouve en effet comme je l’ai déjà remarqué un large public hors des milieux petits bourgeois.

[8] La pensée « radicale » de la gauche bourgeoise transformiste s’inspire grandement des penseurs dissolvants de toute cohérence marxiste, et peut se réclamer des approximations de Michel Foucauld qui niait comme simpliste la notion de classe dominante, lequel révélait de façon transparente sa rupture avec les principaux postulats du marxisme, avec ses sommes livresques – Surveiller et punir – où il jouait à celui qui a tout mieux compris du système d’oppression.

[9] La fameuse sentence de ce crétin politique girouette : « Abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre », est reprise dans « Fusillez Sartre » en 2016 par l’islamo fasciste Houria Bouteldja en 2016, comme quoi les indigestes de la République ne sont que des avortons de la gauche bourgeoise. http://indigenes-republique.fr/test1/

[10] A la fin de ma carrière de prolétaire salarié, mon contremaître était noir et ma cheffe de service arabe, je n’ai eu aucun problème avec eux, je les trouvais même plus humains que les tarés de souches chefaillons que j’ai contrariés et combattus toute ma vie. Mais c’est tout.

[11] https://www.etaletaculture.fr/culture-generale/noel-ne-fete-pas-la-naissance-de-jesus/