"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 28 juin 2026

LE PLAN QUINQUENNAL DE JEAN-JOSEPH MELENCHON 2027

 


POURQUOI LA FRANCE INSOUMISE EST UN PARTI BOURGEOIS COMME LES AUTRES MEME EN PLUS RIDICULE


« Rupture avec le capitalisme : Planification économique : Mettre fin à la politique de l’offre et instaurer une économie planifiée pour répondre aux besoins sociaux et écologiques. Relance keynésienne : Lancer un choc d’activité économique par la redistribution des richesses et des investissements publics massifs.

« Nous devons changer les modes de production, de consommation et d’échange. Tout cela doit être planifié. La planification est d’abord une méthode. C’est pour cela que nous proposons d’inscrire les principes de la règle verte ». Programme LFI


La France insoumise, ça n'existe pas, pas plus que la Belgique insoumise. On peut dire : la classe ouvrière est insoumise lorsqu'elle se bat, les grévistes sont insoumis face aux mesures d'austérité. France insoumise est une formule de type stalinienne, c'est-à qui ne se discute pas, qui n'est pas discutable, même si elle contient d'évidence une connotation chauvine et populiste, protectionniste et limite anar.

Est-ce de l'humour post-léniniste ? La Mélenchonnie a publié une brochure « Comment faire ? », qui est pourtant plus tordue et sent la manip électorale bourgeoise que le « Que faire ? » de Lénine. Ce parti, qui assure ne pas en être un, fonctionne en effet comme une secte, étrangère à la majorité de la population et qui est incontrôlable même par ceux qui y sont adhérents. Cela prétend ne pas fonctionner comme les partis classiques. Au top il y a une « assemblée représentative », représentative de quoi, on n'en sait rien. Puis suivent les comités divers : comité pour le respect des principes (pas marxistes en tout cas), le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles (guépéou à la veille de la prise du pouvoir?). Et last but the least, le comité électoral composé d'une vingtaine de bureaucrates, élus pour ce poste par on ne sait qui.

Les assemblées sont présentées comme des fédérations chargées d'un « maillage territorial » (brrrr...), coordonnant des « espaces ». Les « groupes d'action » sont crédités d'une « autonomie » (système où comme chez les anars la démocratie est remplacée par le guru local comme chez feu les gilets jaunes).

Qui détient le pouvoir ? « La coordination des espaces de LFI » ? Laquelle représente 11 espaces que je ne citerai pas tous. Un principal cheffaillon dit coordinateur en tête, Bompard, après on a le subversif « pratiques citoyennes et éducation populaire » (formule très stalinienne des années 1950 ; « jeunesse et batailles antifascistes » (avec les nervis de machin qui avait la casquette à l'envers sur la scène de la fête de la musique) ; espace Élections et élu-es ».

En gros, une machinerie hyper-bureaucratique au sommet de laquelle le guru est roi, et ne s'en cache pas par ses prises de position très personnelles et sans laisser penser qu'il consulte quiconque, même pas son amante sectaire et chargée du pouvoir derrière les fagots.

LFI est un parti bourgeois par son programme : maintien de l'Etat bourgeois, épousseté de quelques réformes qui ne pissent pas plus loin que feu le programme commun de Mitterrand, qui sont cependant encore plus irréalisables et irresponsables comme je l'analyse plus loin. Très confondant a été le soutien récent de cette secte au pouvoir des juges concernant des affaires qui ne restent pour cette clique que des faits divers sans importance comparés aux malheureux taulards immigrés; car les magistrats manquent de moyens, sont surchargés de travail, et sont aussi les victimes d'une « crise systémique ». J'imagine que nombre des sectateurs eux-mêmes ont dû être choqués de cette absence de dénonciation de la justice bourgeoise, qui est au centre de l'insoumission du prolétariat depuis deux siècles contre les corbeaux noirs de la République. Vérification donc de plus d'une secte insoumise aux principes du prolétariat révolutionnaire. Pauvreté idéologique du populisme, totalement anti-marxiste, faut-il le préciser ; pour Marx : « La révolution communiste qui abolit la division du travail aboutit en fin de compte à la disparition des institutions politiques. » (p.175) Les institutions bourgeoises, le guru Mélenchon les maintient pour le profit de sa secte « fédéraliste ».

En outre la première mesure d'un changement de régime est la suppression des corps armés de la bourgeoisie, en premier lieu la police puis dissolution de la magistrature par essence bourgeoise et arme des puissants ; Mélenchon maintient une police "rénovée" et félicite les magistrats actuels et leur laxisme, tout en reconnaissant le patronat tout en faisant croire qu'on va "partager leurs richesses » ! Entre parenthèses, cette démagogie qui fait croire qu'il suffit de piller les riches est une hérésie économique qui élimine la réalité - la richesse sociale est dans la production – et promettre hausse des salaires et retraite sans limites à la suite d'un Etat surrendetté, c'est l'effondrement assuré et la misère généralisée ! Fariboles en deçà même du programme stalinien moscovite d'antan qui développa ses plans quinquennaux d'industrialisation forcée mieux que n'aurait pu y parvenir à l'époque une économie libérale.

Pour tout révolutionnaire honnête, la démocratie électorale bourgeoise est un foutage de gueule de la population et surtout de la classe ouvrière où les élections ne permettent de rien contrôler, et LFI éventuellement élu au poste suprême encore moins. Sur ce point des journalistes bourgeois ont raison de remarquer que le seul aboutissement de cette bande d'irresponsables, irrationnels au demeurant, ne produirait qu'une variante de la dictature de Chavez. Douce rêverie en réalité car ces pauvres sectateurs misent sur les élections bourgeoises, pas sur une insurrection imaginaire et pitoyable comme s'en est vanté son supplétif antiraciste Bayoko.


LA FARCE DE LA SIXIEME REPUBLIQUE POUR UNE NOUVELLE FRANCE « ÉQUITABLE ET DURABLE » et verte...

Le vocabulaire est pauvre et peu exaltant1. La promesse de « changement de régime » sonne comme sa perpétuation, et résume la continuité « systémique » que le guru prétend voir venir. Or ce n'est pas de République dont ont besoin les classes opprimées et surtout le prolétariat, mais de révolution qu'il vaudrait mieux appeler communisme réel que République hâbleuse. Mais c'est la principale utilité de la secte : faire du radical en prétendant être émancipée du stalinisme avec cette bouillie de révolution « citoyenne » qui dissout le prolétariat dans la masse de la population civile manipulée et contrôlée par toutes les cliques politiques.

Enfin, at last but not least, la défense des bureaucraties syndicales rétribuées par l'Etat pour contrôler plus efficacement l'ordre social que la police.

Il n'y aura pas de sixième République comme il n'y a pas eu de socialisme avec l'idole de Mélenchon, le grotesque Tonton. Mais, contre toutes les accusations de simplisme voire de vieilleries soixante-huitardes que peuvent nous objecter ces nouveaux sectaires populistes, je vais citer ce paragraphe de mon ouvrage de 2008 : « Dans quel Etat est la révolution ? Réponse à l'anarchiste Berthier (qui avait le même type de raisonnement que Mélenchon).

« La révolution prolétarienne n'est pas le remplacement de la bourgeoisie par la classe ouvrière, cul par-dessus tête, car à ce compte, le stalinisme l'a réalisée mieux que Lénine et Marx ne l'avaient jamais rêvée. Le stalinisme a permis à nombre d'hommes d'appareil d'origine ouvrière et de syndicalistes plan-plan de se retrouver à la tête de grands consortiums, avec une bêtise, une ignorance et des privilèges du même ordre que nos énarques libéraux. La révolution n'est pas la recette enfin trouvée de l'ouvrier capable d'être lui aussi ministre comme la pauvre cuisinière de Lénine. Les prolétaires n'ont pas pour ambition dans leur écrasante majorité de devenir ministres. La révolution n'a pas pour vocation de valoriser et d'éterniser la fonction de ministre (ce dont rêvent Bompard et le petit Boyard, ndt). Les esprits simples ont besoin de certitude : « il suffit de ». Il suffit de « confier le pouvoir aux producteurs », « il suffit de confier la direction du plan aux conseils ouvriers », etc. Ce qu'un donneur de leçon marginal ne peut se représenter, c'est que la révolution est un rapport de forces, où le pouvoir ne sera plus dans l'État, même si la population et les prolétaires, y ont des représentants. La force devra être détenue par les Conseils ouvriers armés, avec le monopole exclusif de l'armement ; ce qui n'est ni une hérésie ni une nouveauté ; la Commune de 1871 avait officié à la suppression de l'armée permanente et à son remplacement par « le peuple en armes », même si elle ne fût pas exemplaire et si les armes ne permirent pas sa victoire ».

Résumé des courses et de l'imposture :

Le programme de LFI, intitulé « L’Avenir en commun », propose une transformation sociale, écologique et économique radicale avec 831 mesures pour la présidentielle 2027.

Principes généraux

LFI défend une gauche radicale centrée sur l’écosocialisme, le populisme de gauche et l’humanisme, visant à redonner le pouvoir au peuple et à instaurer une 6ᵉ République via une Assemblée constituante pour refonder les institutions et renforcer la souveraineté populaire. Le programme se veut une rupture avec l’ordre social, économique et écologique dominant, en impliquant les citoyens dans sa construction.

Avec mon introduction, pas besoin d'y revenir, cette dire rupture avec l'ordre social et écologique (sic) est du pipeau. La plaisanterie n'en est pas moins totalement affligeante. Prétendre, en 2026, avec une crise économique et militaire mondiale insoluble que la gestion de l'État national permettrait de « sauver la France », c'est minable. Aucun pays ne peut plus s'en sortir seul, c'est pourquoi de grands regroupements se constituent comme avait été celui de l'Europe. On crache sur l'Europe dans le programme mais on reste dépendant d'elle en toute bonne conscience, imaginant une Europe sociale2. A une époque où pas un gouvernement en Europe ne tient plus de trois mois,Mélenchon 1ᵉʳ ne tiendrait pas une semaine, même en faisant chanter ses bobos sectateurs place de la République. Européen mais populo chauvin avec la notion trumpienne bien connue et adaptée : « passer au protectionnisme écologique et social » ! Aux urnes citoyens ! Sans oublier les formules « penser obscur », même pas universitaires, qui révèlent des élaborations collectives de libertaires en état d'ivrognerie avancée.3


Les mesures sociales et économiques attrape-couillons, c'est le commissaire politique Eric Coquerel qui va les appliquer ? Avec ce tonitruant appel, probablement le plus ridicule de tous les temps (arrête de fumer, Jean-Luc!) : « Mettre en place un plan de séparation entre l'argent et l'Etat).

Que le SMIC soit porté à 1600 euros nets (ils ont rajouté 100 euros pour réactualiser la promesse), c'est pas terrible, mais admettons, mais quel organisme de bureaucrates va s'occuper d'indexer les salaires, de contrôler les marges commerciales, ou plus décoiffant, « limiter l'inflation », ce que Trump ne parvient pas à faire de lui-même ?

Le retour à la retraite à 60 ans, démence pure malgré les millions de rêveurs et de dégoûtés du travail salarié ; on est une majorité de vieux et revenir à 60 ans ce serait pénaliser les jeunes travailleurs qui verraient les cotisations s'alourdir et ne trouveraient pas plus de travail grâce en particulier à la crise et à l'IA.

Pallier les problèmes particuliers et inévitables du capitalisme en « garantissant l'emploi pour les chômeurs de longue durée » (phrase antinomique et au moins discordante, comme promesse de la lune et son contraire) « dans les secteurs de la transition écologique et sociale » (c'est quiqui ces secteurs qui devraient donc être plus protégés que les autres?). La prétention la plus comique et invraisemblable de nos libertaires insoumis serait le pillage des riches, la taxation des superprofits sous le règne du capitalisme et de l'État bourgeois doté des mêmes prérogatives. Seuls des bobos shootés peuvent avaler cela.

L'indépendance et le pluralisme de l'audiovisuel public, cette autre bonne blague mélenchonesque

Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques en dotant les rédactions d’un statut juridique, en introduisant une charte déontologique dans la convention collective. Instaurer une neutralité des plateformes pour empêcher les espaces numériques qui servent à transmettre des informations d’être des instruments d’influence au service des convictions personnelles de leurs dirigeants. Donner aux abonnés des journaux et aux usagers de l’audiovisuel public des droits sur la gouvernance de ces médias

« Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques », j'ose penser que cette formule est un acte manqué. Quant à l'indépendance revendiquée quand on voit comment la secte censure, refuse de discuter, qualifie tout contradicteur de raciste , veut partager le pouvoir d'illusion avec les plus rassis bonzes syndicaux... jusqu'à la demande d'interdiction de Cnews, chaîne que je ne prise pas mais qui a tout autant le droit d'exister que TF1 ou BFM – ce qui sous-entend que LFI considère que toutes les autres chaînes avec la même idéologie de fond de conservation du désordre bourgeois mais avec moins de faits divers et de curés, sont acceptables et gages d'honnêteté intellectuelle...


INVENTERUNEN POLICE ANTIRACISTE PUISSANTE ET MORALE

L'antiracisme,e plus quel'antifascisme,e a les faveurs de la jeunesse habituée à la mixité des races dès l'enfance scolaire, elle a le vent en poupe dans les agitations de rue de la gauche bobo. C'est une bonne chose et on ne s'en plaindra pas. Ce qui est dommageable est que rester à cette sensibilité et conviction humaine n'est pas politique ou en tout cas évacue la politique au profit d'un hystérie simpliste totalement utilisable et manipulée par l'ensemble des cliques de la gauche bobo et bourgeoise. J'ai signalé au passage que peu de gouvernements européens perdurent plus de trois mois.En années,s c'est aussi le hic de l'antifascisme ; si les quatre derniers présidents de la République en ont fait leur fonds de commerce, ce commerce est en faillite, plus encore si le pitre Mélenchon était présumé sauver la démocratie face au « facho » Bardella. Même les patrons et moipréférerionst Bardella et ses alliés moins irresponsables de la droite caviar. Bardella serait un pi-allerr plutôt impuissant lui aussi, mais tout aussi inquiétant en promettant le retour à 62 ans... Dans les deux cas faillite du régime assuré, mais pas vraiment cette révolution de classe qu'on attend depuis si longtemps où le prolétariat, comme lebon Dieu,u n'est jamais là quand on l'attend.


L'antiracisme est-il une idéologie électoraleforte ??


Pas vraiment. Défendre l'arrivée en masse des migrants ou nier leur nombre en prison ne peut pas faire gagner les élections à l'heure actuelle, sans compter que, comme moi, nombre denon-natifss s'abstiennent. « Expulser les OQTF (qui procèdentgénéralementl au mariage blanc) est une mesure raciste a affirmé le bonze Coquerel pour renforcer les sondages en faveur du RN4.

Peu convaincant donc au plan électoral la promesse d'une solide police antiraciste (cette même police « qui tue ») avec pour fonctions :

  • harmoniser par le haut la mise enœuvree du renversement de la charge de la preuve en faveur des victimes de discrimination pour faciliter leur accès à la justice dans tous les États membres

  • Renforcer les organismes nationaux chargés de la lutte antidiscriminatoire et leur accorder le pouvoir d’enquêter à leur propre initiative sur des possibles casde discriminations.s

  • Mettre en place un organe européen indépendant à même de recevoir et d’examiner des recours de victimes de discrimination raciale

    Il me faut ajouter leur souci de soutenir les bandes de rigolos européens qui veulent faire croire qu'un fascisme inventé serait plus dangereux que l'ordre dominant. Nos fieffés protectionnistes populo, avec ce souci révolutionnaire du « maintien de l'ordre » et de « lÉtatt de droit » (hi hi) promettent de généraliser à l'Europe la condamnation morale et « magistrale » de la police qui est quand même plus sadique que le pire des criminels immigrés5 :

    « Plaider pour une doctrine européenne partagée en matière de stratégie de maintien de l’ordre visant à la désescalade et de lutte contre les violences policières, le racisme et les discriminations au sein des services de police, notamment au moyen du rapport annuel sur l’État de droit, et défendre la mise en place des formations initiales et continues de la police et des autorités judiciaires dans ce domaine ».

MATCH NUL : les deux cliques dites extrêmes ont au fond un même fonds de commerce électoral : renforcer la police d'Etat, plus anti-immigrés pour Bardella, plus pro-immigrés pou Mélenchon. Deux partis bourgeois excités mais incapables de gérer sérieusement le pays, de maintenir l'ordre souhaité dans ce monde décomposé, et de leurrer la classe ouvrière malgré la division introduite par l'antiracisme.




 NOTES



1 « La révolution citoyenne vise à faire progresser partout la démocratie et l’intervention populaire : dans les institutions mais aussi dans la ville, et dans l’entreprise. Elle veut établir le primat de l’intérêt général sur les intérêts particuliers des ultra-riches et des plus gros propriétaires du pays. Enfin, la France doit renouer avec l’amour de la liberté ». Pluscreux,x tu adhères à LFI.


2 « Nous voulons lancer un plan européen d’investissement public pour éradiquer la pauvreté et pour la bifurcation écologique et sociale en faveur de l’agriculture, de la rénovation des logements, ainsi que du développement des énergies renouvelables et du transport ferroviaire de personnes etde marchandisess. .Ce plan sera financé par de nouvelles ressources propres européennes fondées sur la justice fiscale (sic), les droitsde douanes et le partage des richesses (hi hi) , détaillées dans ce chapitre. Au total, dans toute l’Union européenne et sur 5 ans, elles permettraient de générer 3 000 milliards d’euros de recettes supplémentaires » (et on calcule n'importe quoi).

3 « Mettre en œuvre, au niveau européen, la victoire insoumise sur la directive de présomption de salariat effective empêchant les plateformes d’avoir recours aux faux indépendants. Transposer cette directive en une loi nationale contenant une présomption de salariat forte ».

4Sonn collègue, David Guiraud, maire de Roubaix, ville très islamisée, s'est opposé à ce qu'on nomme un lycée Samuel Paty, ce qui, malgré son double langage, confirme qu'il faut choyer des électeurs musulmans qui ont aussi leurs héros dans l'intimité et ma prière.

5L'absolution de la magistrature bourgeoise s'accompagne de l'appel à un large recrutement de juges garants de l'ordre (et par après d'un éventuel régime mélenchonesque), sans l'ombre d'un doute pour leurs réelles capacités à être injustes : « Rétablir la police de proximité, supprimer la BAC, interdire les armes dangereuses dans le maintien de l’ordre, et créer une autorité indépendante pour remplacer l’IGPN. Recruter 13 000 magistrats, 20 000 greffiers et 10 000 administratifs pour la justice. Rendre certaines procédures (comme le divorce) gratuites »

mercredi 24 juin 2026

LE FEMINISME REAC TENTE DE CACHER LA MISERE SEXUELLE généralisée


 ET LA GAUCHE BOURGEOISE SE FOUT DE LA MISERE SEXUELLE DES MIGRANTS

"Les jeunes hommes n’osent plus séduire" : Brigitte Lahaie, 70 ans (ancienne héroïne du porno soiuxantehuitard), a un avis bien tranché sur l’affaire Patrick Bruel, "Je ne sais pas où on va"

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie est l'amour du travail. » Paul Lafargue

«Violent», «victimaire», «anti démocratie» : la propagation du discours masculiniste inquiète le Sénat, mais aussi, selon le Figaro les 25-34 ans seraient-ils particulièrement sensibles à ces discours ! Où ont-ils été les chercher ? Chez la secte LFI ? Dans les jupons de mamans féministes ?

Résumé du deal homophobe : Après sept mois d’audition, la délégation des droits des femmes du Sénat a rendu son rapport sur la « mouvance masculiniste » (qui est comme la mouvance facho assez vaporeuse) dont le discours mi dominateur mi-victimaire, séduit notamment des jeunes hommes isolés, mal dans leur peau, en manque de repères (sic). Il ne sera pas du tout questionné sur le mal de vivre de ces jeunes ni de la misère sexuelle régnante, tout âges confondus.

Un travail, semble-t-il, accablant de dizaines de femmes bureaucrates : Une centaine d’auditions. Sept mois de travail. Un rapport de 291 pages. Une citation en préambule, tirée de La Servante écarlate de Margaret Atwood : «Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux. Les femmes ont peur que les hommes les tuent. 1». Or Margaret Atwood n'est pas une féministe imbécile, et sa citation va à l'encontre de ce «  rapport sur le masculinisme » où les politiciennes Laurence Rossignol (PS), Béatrice Gosselin (LR) et Olivia Richard (Union centriste) expriment une « inquiétude profonde », car si elles craignent, plutôt légitimement, pour «les droits des femmes », ceux-ci restent secondaires car il s'agit au fond de la « protection de la démocratie»  car, bienentendu les dits masculinistes (machos pour faire simple) sont tous des fachos.- car le document serait un travail de fond offrant un tour d’horizon complet de cette mouvance violente. Sans aucune honte à essentialiser les dames députés se sont appuyées sur le cas du zigoto meurtrier au Canada qui, avant d'être descendu par les flics a laissé un horrible manifeste « masculiniste » , quatrième tuerie du genre. Les indignées dames politiciennes reçues dans l'enceinte des vieux machins d'une assemblée figurative, se soucient comme de leurs premiers jupons du cloisonnement des sexes, de l'impossibilté pour une masse d'hommes croissante d'espérer vivre avec une compagne, notamment les migrants. Tirer dans le tas des femmes qui se refusent systématiquement, j'y avais aussi pensé dans ma jeunesse dans ces boites où il était aussi impossible d'espérer draguer comme aujourd'hui les sites de rebncontre ne sont que des lieux d'échecs patentés.

Qu'il est lointain le temps du « droit à la caresse » et pas seulement, mais pas prioritairement ni « de classe », mais ce vaste mouvement de contestation de l'ordre infériorisant les femmes dans les années 1970, avec des manifestations, des grèves (car a lutte des femmes ouvrières est au cœur de la lutte declasse) et les campagnes pour le droit à l’avortement, l’égalité salariale et l’accès à des postes de responsabilité.

La misogynie : lecture masculine du monde ?

Les imbéciles sont de sortie et ce sont les idéologues petites bourgeoises féministes à la Sardine Ruisseau. Les hommes forcément machos n'auraient pas droit à la caresse. Le mot « caresse » lui-même vient de l'italien carezza (« marque d'affection »), dérivé de caro (« cher »), et est attesté en français depuis le Moyen Âge. La carence en caresse, c'est la solitude, le reflet d'un monde déshumanisé où la sexualité doit rester férocement vénale. Si vous frôlez mon épaule désormais je vous fous un procès au cul ! C'est nous les ultr-gauches qui en 68 avons caricaturé la célèbre apostrophe de Lafargue, pas un quelconque journaliste de télévision2

Ils n'ont rien d'autre à faire au Sénat ?La buvette était fermée ? En clair les femmes sont innocentes et c’est la faute des hommes….Bien sûr qu’il y a des cons chez les hommes mais chez les femmes aussi. Quand on entend les vertes saltimbanques parler de déconstruire les hommes


Les discours masculinistes sont une version plus agressive des discussions de comptoir d’autrefois. Ils sont caricaturaux mais ils fonctionnent parce que la société crée les conditions d’une réception favorable: Le discours ambiant est particulièrement misandre, basé sur l’idée qu’il y aurait une « haine des femmes » distillée depuis la nuit des temps par le patriarcat.

    Ce rapport est consternant de bêtise… avec cette magistrature cynique, exposée avec le drame de la petite Lyhanna, une justice des affaires familiales à 90% « féministes » (comme si des femmes ne pouvaient pas être tarées), d’une justice qui condamne les hommes (sauf les migrants masculins) même en cas de divorce par consentement mutuel et qui accorde d’emblée systématiquement la garde des enfants aux femmes (80% des cas)…! Le discours woko-féministe, lui, feint d'ignorer les atteintes faites aux femmes au nom de l’islam radical ou même de l'islam tout court. Qui a si longtemps ignoré les violences faites aux enfants des classes inférieures .

Ce qui est frappant, c’est qu’il n’y a aucun homme dans cette commission. Cela aurait permis de garantir une plus grande objectivité.Le risque est que le rapport soit à charge contre les hommes. Défendre l’identité masculine ne devrait pas être criminalisé. En revanche nous ne devons cautionner aucune violence faite aux femmes.solutions suggérées sont à côté de la plaque. Ce qu'il faudrait, c'est recréer des occasions de socialisation et de rencontre entre hommes et femmes, célébrer l'amour hétérosexuel. Il faudra attendre un changement complet de la marche à la mort du capitalisme, si on croit encore possible une humanisation des rapports humains et sexuels, en se moquant du robot chatGBT qui nous propose « d'humaniser nos testes ».


ET LA GAUCHE BOURGEOISE SE FOUT DE LA MISERE SEXUELLE DES MIGRANTS

(j'ai posé la question à mon pote chatGBT et ses réponses me sont apparues très pertinentes, ce pour quoi je l'ai d'ailleurs félicité)


Si par « misère sexuelle » on entend les difficultés à trouver des relations amoureuses ou sexuelles, certains chercheurs et commentateurs ont parfois étudié les liens possibles avec des facteurs comme l'isolement social, la précarité économique, les normes culturelles, le déséquilibre hommes/femmes dans certaines populations, ou encore les difficultés d'intégration de certains groupes immigrés.

Cependant, il faut être prudent : il n'existe pas de consensus scientifique montrant que l'immigration, en général, serait une cause directe de la « misère sexuelle » dans une société. Les difficultés relationnelles observées dans les pays occidentaux sont généralement expliquées par un ensemble de facteurs plus larges :

  • évolution des modes de rencontre ;

  • urbanisation et isolement social ;

  • transformations des normes de couple ;

  • usage des applications de rencontre ;

  • inégalités économiques ;

  • problèmes de santé mentale et de confiance en soi ;

  • changements démographiques.

Certains débats publics abordent néanmoins des questions plus spécifiques :

  • l'arrivée de populations majoritairement masculines dans certains flux migratoires ;

  • les différences culturelles concernant les relations hommes-femmes ;

  • les tensions liées à l'intégration ;

  • les perceptions de concurrence sur le « marché matrimonial ».

Ces sujets sont souvent peu discutés de manière nuancée parce qu'ils touchent simultanément à la sexualité, à l'immigration et à l'identité, trois thèmes qui suscitent rapidement des réactions émotionnelles et politiques fortes.

Si votre question est plutôt : « Existe-t-il des recherches sérieuses sur le lien entre immigration et difficultés affectives ou sexuelles des hommes ? », je peux vous présenter ce que montrent les études en sociologie et en démographie, ainsi que leurs limites.

On en parle de la misère sexuelle, mais souvent sous des termes différents, et le sujet est très controversé.

Si par « misère sexuelle » on entend les difficultés à trouver des relations amoureuses ou sexuelles, certains chercheurs et commentateurs ont parfois étudié les liens possibles avec des facteurs comme l'isolement social, la précarité économique, les normes culturelles, le déséquilibre hommes/femmes dans certaines populations, ou encore les difficultés d'intégration de certains groupes immigrés.

Cependant, il faut être prudent : il n'existe pas de consensus scientifique montrant que l'immigration, en général, serait une cause directe de la « misère sexuelle » dans une société. Les difficultés relationnelles observées dans les pays occidentaux sont généralement expliquées par un ensemble de facteurs plus larges :

  • évolution des modes de rencontre ;

  • urbanisation et isolement social ;

  • transformations des normes de couple ;

  • usage des applications de rencontre ;

  • inégalités économiques ;

  • problèmes de santé mentale et de confiance en soi ;

  • changements démographiques.

Certains débats publics abordent néanmoins des questions plus spécifiques :

  • l'arrivée de populations majoritairement masculines dans certains flux migratoires ;

  • les différences culturelles concernant les relations hommes-femmes ;

  • les tensions liées à l'intégration ;

  • les perceptions de concurrence sur le « marché matrimonial ».

Ces sujets sont souvent peu discutés de manière nuancée parce qu'ils touchent simultanément à la sexualité, à l'immigration et à l'identité, trois thèmes qui suscitent rapidement des réactions émotionnelles et politiques fortes.

Si votre question est plutôt : « Existe-t-il des recherches sérieuses sur le lien entre immigration et difficultés affectives ou sexuelles des hommes ? », je peux vous présenter ce que montrent les études en sociologie et en démographie, ainsi que leurs limites ».

J'objecte alors au robot : « tu ne réponds que par des généralités or l'arrive de masses d'hommes sans femmes et avec difficulté pour en trouver c'est l'indifférence des bourgeois et des féministes ».

Il continue à me vouvoyer :

« Je comprends l'argument que vous avancez : lorsqu'une population compte un nombre important d'hommes célibataires, en particulier de jeunes hommes ayant peu de perspectives de couple, cela peut créer des tensions sociales. Ce n'est pas une idée marginale ; des démographes, sociologues et historiens ont étudié les effets de déséquilibres entre les sexes dans différentes sociétés.

Là où le débat devient plus complexe, c'est lorsqu'on attribue ce phénomène à une seule cause ou à un seul groupe de responsables.

Sur le plan factuel, certains flux migratoires ont effectivement été majoritairement masculins, notamment parmi les jeunes adultes. Cela peut modifier localement la structure démographique. Mais l'ampleur de l'effet dépend du pays, de la période, de la région concernée et de la composition des autres groupes de population.

Concernant l'idée d'une « indifférence des bourgeois et des féministes », on entre davantage dans l'interprétation politique que dans le constat empirique. Il existe des féministes qui considèrent que les difficultés affectives ou sexuelles de certains hommes constituent un vrai sujet social, tandis que d'autres estiment que personne n'a de droit à une relation ou à un partenaire. De même, certaines élites politiques ou économiques peuvent minimiser ces questions, alors que d'autres s'en inquiètent pour des raisons de cohésion sociale ou de sécurité.

Une distinction importante est que reconnaître l'existence d'hommes isolés affectivement ou sexuellement n'implique pas automatiquement qu'il existe une solution politique simple. Une société peut constater un problème de célibat masculin, de solitude ou de frustration relationnelle sans qu'il soit évident de savoir comment y répondre tout en respectant la liberté individuelle de chacun.

Si vous le souhaitez, nous pouvons examiner une question plus précise, par exemple :

  • les données sur les déséquilibres hommes/femmes liés à l'immigration en France ;

  • les recherches sur les conséquences sociales d'un excédent d'hommes célibataires ;

  • les raisons pour lesquelles ce sujet est peu présent dans le débat public.


Ces trois questions sont liées mais méritent d'être distinguées.

1. Les déséquilibres hommes/femmes liés à l'immigration en France

Tous les flux migratoires ne sont pas identiques. Historiquement, certaines immigrations de travail étaient très masculines. Aujourd'hui, la population immigrée dans son ensemble en France n'est pas massivement déséquilibrée entre hommes et femmes, notamment à cause du regroupement familial et de l'installation durable.

En revanche, certains flux récents, notamment de demandeurs d'asile ou de migrants économiques jeunes, ont souvent comporté davantage d'hommes que de femmes. Cela peut créer localement ou temporairement des déséquilibres, surtout dans certaines tranches d'âge.

La question importante n'est pas seulement le nombre total d'hommes et de femmes, mais leur répartition :

  • âge ;

  • niveau d'études ;

  • situation économique ;

  • préférences culturelles et religieuses ;

  • lieux de résidence.

Deux groupes peuvent avoir un équilibre numérique global tout en rencontrant des difficultés importantes à former des couples.

2. Que dit la recherche sur les sociétés avec un excédent d'hommes ?

Les chercheurs utilisent parfois l'expression « surplus masculin » (male surplus).

Les travaux réalisés en démographie et en sociologie suggèrent qu'un excédent significatif de jeunes hommes célibataires peut être associé à :

  • davantage d'isolement social ;

  • une compétition accrue pour trouver une partenaire ;

  • une baisse du bien-être psychologique ;

  • dans certains contextes, davantage de violence ou d'instabilité sociale.

Mais il faut être prudent : ce n'est pas une loi mécanique. Les effets observés dépendent aussi de la prospérité économique, des institutions, de la cohésion sociale et des normes culturelles.

Par ailleurs, les difficultés relationnelles masculines observées aujourd'hui dans plusieurs pays occidentaux concernent aussi des populations non immigrées. Les chercheurs évoquent souvent la transformation des rencontres, la montée du célibat, les applications de rencontre, la précarité économique et l'affaiblissement de certains cadres sociaux traditionnels.

3. Pourquoi ce sujet est-il peu discuté ?

Plusieurs raisons sont souvent avancées.

Premièrement, beaucoup de personnes craignent qu'évoquer la frustration sexuelle ou affective masculine puisse être interprété comme une revendication de « droit » aux femmes, ce qui suscite des réactions négatives.

Deuxièmement, l'immigration est déjà un sujet très polarisé. Dès qu'on établit un lien entre immigration et tensions sociales, certains y voient une analyse légitime tandis que d'autres y voient un risque de stigmatisation.

Troisièmement, les élites politiques, médiatiques et universitaires ont souvent davantage parlé de l'emploi, du logement, de l'éducation ou de la discrimination que des difficultés amoureuses et sexuelles, jugées plus privées ou plus difficiles à traiter politiquement.

Quatrièmement, il existe un malaise plus général autour de la solitude masculine. Depuis quelques années, ce sujet commence davantage à être étudié, mais il reste moins visible que d'autres formes d'inégalités.

En résumé, il est raisonnable de dire que les déséquilibres démographiques et les difficultés relationnelles de certains hommes sont des sujets réels et étudiés. En revanche, il est beaucoup plus difficile d'établir que l'immigration serait la cause principale de la « misère sexuelle » en France. Les données disponibles pointent plutôt vers un ensemble de facteurs démographiques, économiques, culturels et technologiques qui interagissent entre eux.

Question qui offusque le gauchisme bien-pensant: pourquoi on minimise le nombre d'étrangers en prison pour agressions sexuelles?

"La réponse dépend de ce que l'on entend par « minimiser ».

D'abord, il faut noter que les statistiques existent et sont régulièrement publiées. Par exemple, les données du ministère de la Justice et de l'administration pénitentiaire indiquent qu'environ 23 à 25 % des personnes détenues en France sont de nationalité étrangère, alors que les étrangers représentent une part plus faible de la population totale.

En revanche, pour les agressions sexuelles, les statistiques détaillées par nationalité sont moins souvent mises en avant dans le débat public que les chiffres globaux sur les violences sexuelles. Il existe néanmoins des données administratives sur les personnes mises en cause ou condamnées selon les infractions.

Pourquoi certaines personnes ont-elles l'impression qu'on minimise ces chiffres ?

  • Certains médias et responsables politiques parlent peu de la nationalité des auteurs par crainte d'alimenter des amalgames entre immigration et criminalité.

  • D'autres considèrent que la nationalité seule n'explique pas les comportements criminels et préfèrent mettre en avant l'âge, le sexe, la précarité sociale ou le niveau d'intégration.

  • À l'inverse, des critiques estiment que cette prudence conduit parfois à éviter des sujets pourtant d'intérêt public.

Il faut aussi faire attention à plusieurs limites statistiques :

  • « Étranger » et « immigré » ne sont pas la même chose. Un immigré naturalisé français n'apparaît plus dans les statistiques de nationalité étrangère.

  • Les chiffres de prison concernent toutes les infractions, pas seulement les agressions sexuelles.

  • Les comparaisons doivent tenir compte de l'âge et du sexe : les populations composées de davantage de jeunes hommes ont généralement des taux de délinquance plus élevés, quelle que soit leur origine.

Il est donc exact que certains groupes d'étrangers sont surreprésentés dans certaines statistiques pénales, et ce n'est pas un sujet tabou au sens où les données sont publiées. En revanche, le désaccord porte surtout sur l'interprétation : certains y voient principalement un effet de l'immigration, d'autres estiment que des facteurs démographiques et socio-économiques jouent un rôle important également. C'est là que se situe l'essentiel du débat.

Le sentiment que la classe ouvrière est mise de côté ou dépeinte de manière superficielle par les grands médias est partagé par de nombreux sociologues et observateurs des médias. Cette invisibilisation et le débat autour de son rôle politique reposent sur des mécanismes économiques, sociologiques et historiques bien précis.

Pourquoi les médias tendent-ils à minimiser la classe ouvrière ?

L'absence ou la caricature des classes populaires dans le paysage médiatique ne relève pas forcément d'un complot secret, mais plutôt de la structure même du système médiatique actuel :

  • L'origine sociale des producteurs d'information : La grande majorité des journalistes, présentateurs et éditorialistes sont issus de milieux urbains, favorisés, et possèdent de longs parcours universitaires. Il se produit un effet de « bulle » ou de biais de proximité : on parle plus facilement des réalités que l'on côtoie au quotidien.

  • Le modèle économique et publicitaire : Les grands médias privés (et une partie du secteur public) dépendent des revenus publicitaires ou d'audiences monétisables. Les annonceurs cherchent en priorité à capter l'attention des profils dotés d'un fort pouvoir d'achat (les CSP+). Les programmes et les sujets d'actualité sont donc naturellement calibrés pour plaire à ces catégories.

  • Le piège des mots (glissement sémantique) : Dans le discours médiatique, l'expression « classe ouvrière », qui évoque une fierté et une force collective, a progressivement été remplacée par des termes comme « les exclus », « les précaires », « la France d'en bas » ou « les assistés ». Ce changement réduit une classe sociale productive à un statut de victime passive ou de problème social à régler.

Le débat autour de la « seule classe révolutionnaire »

Affirmer que la classe ouvrière est la seule force véritablement révolutionnaire est au cœur de la théorie marxiste et du matérialisme historique. Selon cette vision, le prolétariat est la seule classe qui, en se libérant de l'exploitation capitaliste, libère l'humanité tout entière, car elle n'a aucun privilège de propriété à défendre.

Le paysage social a toutefois profondément changé, ce qui amène les analystes à nuancer la situation :

  • Une classe ouvrière métamorphosée : Les grandes usines d'autrefois ont souvent fermé en Occident en raison des délocalisations, mais le monde ouvrier n'a pas disparu. Il s'est déplacé vers les secteurs de la logistique, des transports et des services (livreurs, agents d'entretien, aides à domicile). En France, la somme des ouvriers et des employés représente encore près de 45 % de la population active.

  • L'éclatement des collectifs : L'individualisation du travail (horaires décalés, contrats courts, auto-entrepreneuriat, ubérisation) brise les solidarités traditionnelles. Il est devenu beaucoup plus difficile de construire une « conscience de classe » unifiée et de s'organiser collectivement (par les syndicats ou les partis) quand on travaille de manière isolée.

  • La pluralité des luttes : Aujourd'hui, une partie des mouvements progressistes et révolutionnaires considère que la lutte des classes, bien que fondamentale, doit s'articuler avec d'autres combats majeurs qui traversent la société, comme l'urgence écologique, le féminisme ou les luttes contre les discriminations.

Si la classe ouvrière moderne conserve un pouvoir de blocage économique immense (comme le montrent les grèves dans les secteurs clés), son invisibilisation médiatique contribue à l'empêcher de se percevoir elle-même comme le moteur politique majeur qu'elle a pu être par le passé.


FLASH-BACK sur la nouvelle idéologie feministe bourgeoise


Le masculinisme et la notion de « misère sexuelle » sont deux concepts distincts mais souvent associés dans certains débats sur les relations entre les sexes.

Le masculinisme

Le masculinisme désigne un ensemble de mouvements ou d'idées qui affirment défendre les intérêts des hommes. Il recouvre des courants très variés :

  • Certains se concentrent sur des questions comme le suicide masculin, la santé mentale, les droits des pères après une séparation ou les difficultés scolaires des garçons.

  • D'autres développent une critique du féminisme, parfois modérée, parfois très hostile.

  • Certaines communautés en ligne peuvent adopter des discours plus radicaux, présentant les relations entre hommes et femmes comme un conflit permanent.

Il n'existe donc pas un seul masculinisme, mais plusieurs tendances parfois très différentes.

La « misère sexuelle »

L'expression « misère sexuelle » désigne l'idée qu'une partie de la population souffre d'un manque de relations affectives ou sexuelles, subi plutôt que choisi.

Cette notion peut être abordée sous plusieurs angles :

  • Psychologique : solitude, isolement social, manque d'intimité ou de reconnaissance.

  • Sociologique : transformations des modes de rencontre, inégalités de statut social, effets des applications de rencontre, évolution des normes relationnelles.

  • Politique ou idéologique : certains groupes présentent l'accès au sexe ou aux relations comme une question de justice sociale.

Le lien entre les deux

Dans certains milieux masculinistes, la « misère sexuelle » est mise en avant pour expliquer le mal-être de certains hommes, notamment jeunes. Cependant, les analyses divergent fortement :

  • Certains chercheurs soulignent que la solitude affective et sexuelle est un phénomène réel qui touche des hommes et des femmes.

  • D'autres critiquent l'idée selon laquelle la société ou les femmes auraient une obligation de répondre à cette souffrance.

  • Les débats deviennent particulièrement sensibles lorsque la frustration sexuelle est utilisée pour justifier de l'hostilité envers les femmes ou pour revendiquer un « droit » aux relations sexuelles, notion qui n'est pas reconnue dans les sociétés démocratiques.

Ce qu'en disent les sciences sociales

Les recherches tendent à montrer que les difficultés relationnelles sont généralement liées à un ensemble de facteurs : isolement social, santé mentale, précarité économique, compétences relationnelles, normes de genre et évolution des modes de rencontre. Elles ne peuvent pas être réduites à une seule cause.

Comment le féminisme aborde la question

La plupart des courants féministes ne nient pas l'existence de la solitude affective ou sexuelle. En revanche, ils remettent souvent en question l'expression « misère sexuelle » lorsqu'elle semble suggérer qu'une personne aurait droit à des relations sexuelles avec autrui.

Du point de vue féministe, plusieurs principes sont centraux :

  • Chaque personne dispose librement de son corps et de sa sexualité.

  • Le consentement est indispensable à toute relation sexuelle.

  • Personne n'a l'obligation de satisfaire les désirs affectifs ou sexuels d'une autre personne.

Une autre lecture de la souffrance relationnelle

De nombreuses féministes reconnaissent que certaines personnes souffrent de solitude, de rejet ou d'absence de relations intimes. Elles proposent souvent d'analyser cette souffrance sous l'angle de :

  • l'isolement social ;

  • les normes de masculinité qui découragent parfois l'expression des émotions ;

  • les difficultés économiques ou psychologiques ;

  • les transformations des modes de rencontre et de la vie amoureuse.

Dans cette perspective, le problème principal n'est pas un manque de sexe en soi, mais un manque de liens affectifs, de reconnaissance ou d'intégration sociale.

Les critiques féministes du concept

Certaines féministes considèrent que la notion de « misère sexuelle » peut être problématique lorsqu'elle :

  • réduit les relations humaines à l'accès au sexe ;

  • présente les femmes comme responsables de la frustration des hommes ;

  • transforme une souffrance réelle en revendication dirigée contre un groupe.

Des points de convergence possibles

Malgré les oppositions souvent mises en avant, certains chercheurs et militantes féministes s'intéressent aussi à :

  • la solitude masculine ;

  • la santé mentale des hommes ;

  • les difficultés relationnelles contemporaines ;

  • les effets des normes de genre sur les hommes comme sur les femmes.

Ainsi, le désaccord porte généralement moins sur l'existence de la souffrance affective ou sexuelle que sur ses causes et sur les solutions à envisager. Le féminisme tend à considérer que la réponse passe par davantage d'égalité, de liberté et de qualité des relations humaines, plutôt que par l'idée d'un droit à l'accès sexuel.





















































au commentaire de O-Connor



1Cette écrivaine canadienne a fait une critique courageuse du mouvement #Metoo en même temps qu'elle diagnostiquait un système judiciaire inefficace et dépassé. Elle a aussi mit en garde les féministes d'aujourd'hui face à un possible dérapage menant à l'instauration d'une « justice populaire » qui peut se transformer en « lynchage solidifié culturellement dans lequel le type de justice accessible est jeté par la fenêtre et des pouvoirs extrajudiciaires sont mis en place et maintenus ». Elle a été traitée de tous les noms pour avoir osé affirmer l'équivance entre les sexes,  affirmant que « ma position fondamentale est que les femmes sont des êtres humains, avec (…) des comportements sains et démoniaques (…) y compris le crime. »


2Le « droit à la paresse » est une expression rendue célèbre par le livre Paul Lafargue, intitulé Le Droit à la paresse.Publié d'abord sous forme d'article en 1880 puis en brochure en 1883, cet essai est une critique de ce que Lafargue appelle la « religion du travail ». Il soutient que la société industrielle pousse les travailleurs à valoriser excessivement le travail, au détriment du repos, des loisirs, de la créativité et du bien-être. Le titre est volontairement provocateur. Lafargue ne défend pas l'oisiveté totale, mais revendique une réduction importante du temps de travail afin que chacun puisse disposer de temps libre pour vivre pleinement.

L'expression est devenue célèbre dans les débats sur :

  • la durée du travail ;

  • les congés payés ;

  • l'automatisation ;

  • l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;

  • la critique du productivisme.

Aujourd'hui encore, « droit à la paresse » est souvent employé de façon figurée pour défendre le repos, les loisirs ou une remise en question de l'idée selon laquelle la valeur travail serait sacrée.



lundi 1 juin 2026

LES PETITS IMPERIALISMES SONT-ILS DESORMAIS VICTORIEUX CONTRE TOUTE GRANDE PUISSANCE ?

 



Avec la répétition du constat « c'est l'Iran qui a gagné », la plupart des journalistes essentialisent cette nouvelle théorie : à notre époque dans les guerres les petits gagnent toujours contre les gros. Thèse audacieuse et quelque peu discutable mais qui mérite d'être discutée ; j'aimerais avoir l'avis du CCI sur le sujet et de mes lecteurs. Présenter les libérations nationales comme des victoires de petits contre les grands me paraît assez simpliste et exagéré, sachant que ce fût une bagarre entre grandes puissances et anciennes puissances coloniales dépossédées par plus puissantes qu'elles.

De même j'ai du mal à croire que si l'Iran a été si « résilient » c'est sans l'aide de la Russie et de la Chine. Tant d'ogres penchés sur le berceau pétrolier...

Cependant il y a d'autres analyses à mener, moins répétitives et aussi simplistes que celles produites par le milieu maximaliste qui ne voit pour horizon qu'une nouvelle boucherie mondiale. Le livre de Bertrand Badie dont je vous livre des bonnes feuilles - « Par-delà la puissance de la guerre, la mystérieuse énergie sociale » - présente un évident intérêt parce qu'il démontre que loin de nous diriger vers la troisième der des der, les guerres actuelles sont menacées d'étouffement, voire tournent en rond. Cet ouvrage écrit à la fin de l'année passée est extraordinairement prémonitoire et tout ce qu'il décrit explique bien la situation de paralysie dans le détroit d'Ormuz. Les grandes puissances sont toutes à la peine, et les deux puissances secondaires les plus barbares, Israël et Iran s'auto-annihilent sanguinairement sans porte de sortie.

Par contre, sa troisième partie « la mystérieuse énergie sociale » est complètement loufoque. Ce type n'a jamais entendu parler de la classe ouvrière en tant que classe révolutionnaire et seule classe capable depuis un siècle d'empêcher ou de mettre fin aux guerresL Il se met à nous conter que toute la myriade des contestations et agitations diverses des bobos, partout sur la planète,des féministes aux partisans des genres et des carottes vertes sont les vrais emmerdeurs du capitalisme. Son assimilation du populisme au nazisme prouve son manque de sérieux et son ignorance des conditions actuelles de la lutte DES classes. Son analyse géopolitique reste intéressante, malgré son absence d'explication de sa « socialisation de la guerre », notion confuse.

LA PUISSANCE NE GAGNE PLUS LES GUERRES (sous-titre de l'auteur)

« Les alliances ont eu peut-être leur utilité dans le passé, mais aujourd'hui elles sont inutiles et n'ajoutent rien à la force des nations auxquelles elles créent d'autres ennemis ». Nehru

On peut imaginer que, face à de telles mutations, la puissance cherche à survivre en recourant à sesformes les plus extrêmes, et vienne ainsi se réfugier chez le dieu Mars. La chronique du nouveau millénaire semble confirmer l'hypothèse : il n'est qu'à prendre en compte l'augmentation constante du nombre de conflits, déjà bien sûr liée à l'accroissement du nombre d'Etats coexistant désormais sur la planète. De plus en plus meurtrières, coûteuses et destructrices, toujours mieux dotées en armes sans cesse plus sophistiquées, les guerres perdent pôurtant, elles aussi, leur capacité d'antan. Rares sont celles qui, depuis 1945, ont donné naissance à un nouvel ordre régional, encore moins mondial ; rares sont celles qui ont réellement fait disparaître le problèmes qu'elles étaient censées résoudre ; rares enfin sont celles qui ont débouché sur une vraie victoire obtenue par le plus puissant à la faveur de cette « bataille décsive » que vantait Clausewitz en son temps... Trois pentes se dessinent, qui perturbent lourdement la grammaire consacrée et expliquent ces échecs : les guerres se font davantage contre des groupes humains que contre d'autres Etats, égaux ou du moins comparables ; elles perdent leur finalité explicite qui les intégrait autrefois dans une compétition cruellement rationnelle ; elles échappent au jeu transactionnl qui conduisait jadis à la paix du vainqueur. La puissance dans le guarre, et surtout dans les nouvelles formes de conflit, en perd son latin : la potentia tirait son sens du mariage de l'idée de force et de celle d'efficacité. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

GUERRES ENTRE ETATS OU GUERRES SOCIALES ? (sous-titre de l'auteur)

Il est donc bien loin le temps des « gladiateurs » de Hobbes, celui où les Etats s'affrontaient, entre acteurs presque symétriques ou du moins de puissance équivalente, pour reprendre la définition donnée, au cours de la Seconde Guerre mondiale, par un maître de la discipline, l'Etat-Unien Quincy Wright. La symétrie interétatique était, en fin de compte, à la base même de la rationalité des guerres : celles-ci jouaient leur rôle, avec une douloureuse efficacité, dès lors qu'elles opposaient la puissance de l'un à celle de l'autre, et conféraient consensuellement la victoire au plus fort et au plus rusé. Depuis 1945, une tendance qui était en longue gestation s'est révélée soudain décisive : la guerre s'est intimement mêlée aux sociatés ; elle s'est en quelque sorte « socialisée ». On avaiat vu poindre le phénomène dès la Révolutiion française, mais il fût vite rattrapé par les Etats jouant du nationalismeet de la mobilisation citoyenne. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le processus a vite gagné en ampleur et surtout en autonomie sopus l'effet de deux facteurs : la décolonisation et la guerre d'intervention

La première met bien évidemment l'énergie sociale au centre des ouvelles mobilisations guerrières et substitue ces dynamiques inédites au canon traditionnel qui perd de sa capacité. La scconde crée un souffle de puissance asymétrique qui, au lieu de rallier la population locale, l'enferme dans l'escalade de la résistance. Daans l'ambiance coloniale, la bataile d'Alger en 1957, devait « éradiquer le terrorisme » ; elle a au contraire galvanisé la base sociale du FLN ; les mêmes mots viennent aujourd'hui à la bouche du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, pour justifier les bombardements massifs et aveugles sur Gaza, dès octobre 2023, avec exactement le smêmes résultats, si on en croit le Secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, ou si on se réfère aux sources israéliennes livrées par le quotidien britannique The Guardian qui font état, après dix-neuf mois de guerre, de 8900 combattants du Hamas tuéssur un total présumé de 42 000, 83% des victimes étant des civils (The Guardian, 21 août 2025)... Et on se souvient des 2?7 millions de tonnes de bombes déversées sur le Cambodge par l'US Air Force sentre 1969 et 1973, pour « stopper la progression du communisme » ; elles eurent pour résultat d'activer l'enrôlement de la population en soutien aux Khmers rouges.

On a en réalité mal compris tout ce qu'impliquait cette socialisationdu (?) jeu guerrier, t notamment l'inversion qui en dérivait. La guerre était jadis un moment fort d'activation de l'allégeance citoyenne, un temps de parfait alignement à la faveur duquel l'individu n'existait que par son total abandon dans un univers de sécurité et d'hosilité entièrement défini, et même dicté par l'Etat : on retrouve une impeccable filiation de la pensée conduisant directement de Thomas Hobbes à Carl Schmitt et qui anourri des siècles d'efficacité étatique et guerrière. Ne pas s'ys soumettre relevait de l'absolue trahison et de ce qu'on appelait précisément la « cour martiale »...

Aujourd'hui le découplage est total, il socialise la guerre et la transforme, en amont comme en aval de celle-ci ; de même que la guerre trouve de plus en plus son origine dans des causes sociales qui affaiblissent l'Etat et le subordonne à des dynamiques conflictuelles qu'il ne parvient pas à maîtriser, de même elle agit activement sur le corps social selon des modalités qui échappe au projet politique des princes.

En amont, on constate cette montée en force des dynamiques socialesd qui sont porteuses de ces orages martiaux. La souffrance sociale dépasse aujourd'hui la rivalité de puissance comme source d'affrontements internationaux. Issue de l'humiliation subie, comme en Palestine, ou de fléaux matériels liés notamment aux déréglements planétaires, mais aussi aux inégalités, cette souffrance est largement rebelle aux lois du canon et de la puissance.

(…) Sous cette pression, d'incessantes constructions et reconstructions identitaires s'affirment en venant des profondeurs des sociétés, conditionnant les conflits et inversant le jeu classique où seule l'identité citoyenne était assignée par ordre du prince : la construction identitaire l'emporte ainsi de plus en plus sur le poids des idéolgies prescrites et les entrepreneurs politiques gagnent désormais en sachant habilement s'y adapter.

(…) Il y a en réalité une touche nouvelle et décisive, même révolutionnaire, portée à la guerre d'antan: celle-ci s'accomplit de plus en plus sur la base d'identités instables et changeantes, sur celle d'une régression de l'opposition jadis structurante du public et du privé, le premier devant simplement effacer le second ; on devine alors pourquoi les civils sont de plus en plus les cibles favorites des guerres nouvelles, mais aussi leur inventeur et réinventeur privilégié. Produits d'identités figées et absolues hier, les guerres sont aujourd'hui les otagesd des identités fluctuantes et mulrtiples. On a beau leur opposer les doctrines de contre-insurrection les plus sophistiquées : rien n'y fait, la puissance ne gagne décidément plus les guerres, comme la guerre d'Algérie l'avait déjà signifié...

D'autant que cette socialisation est tout aussi remarquable en aval, évoquant l'horreur du cercle vicieux. La déstabilisation sociale liée à la guerre devient désastreuse : la moitié de la population haïtienne souffre de la faim liée aux affrontements continus, à laquelle s'ajoutent les effets ravageurs de la nouvelle épidémie de choléra. Près de 18 millions de Birmans sont en insécurité alimentaire, 7 millions de Congolais sont en état de malnutrition et six millions sont déplacés.

(…) Il ne s'agit pas seulement de « dégâts collatéraux » ou de « tristes bilans », mais d'une recomposition totale de la société comme jamais connue auparavant, modifiant en profondeur et durablement la structure sociale, les identités, les croyances et conférant à la fluidité sociale qui en dérive une dynamique échappant totalement aux cadres politiques.

(…) On en dira de même des effets de concientisation : Ukrainiens agressés et envahis, Palestiniens détruits et méprisés, Congolais qui n'ont jamais connu un état de paix, sont porteurs d'une énergie et d'une résilience sociales qui défient toutes les lois de l'ingénierie politico-diplomatique et qui sont irréductibles à la grammaire classique de la guerre, à la dualité simpliste du vainqueur et du vaincu : cette forme inédiate d'appropriation sociale des conflits rend vaine toute escalade militaire. Les guerres contre les sociétés, même en lambeaux, ne se gagnent plus.

GUERRES sans finalités ou à finalités renversées ? (sous-titre de l'auteur)

(…) On voit bien le décalage qui se profile aujourd'hui : si l'adversaire n'est plus un Etat ou n'est qu'un Etat faible, la clarté de cette opposition fondatrice vient évidemment à s'esomper. Face à un combattant non étatique, quel est le but : « l'éradiquer » ? Contrôler un territoire devenu insécure ? Restaurer sa propre domination ? En substituer une autre ?

La question a couru tout au long des guerres de décolonisation : les réponses fluctuantes et indécises que les puissances coloniales lui ont adréssées ont été un atout pour un adversaire dont la puissance était pourtant toujours inférieure. L'interrogation a été relancée à la faveur des guerres d'intervention, qui se sont banalisées avec une mondialisation timidement amorcée au XIX ème siècle, et qui ont périlleusement sorti le jeu martal de cet affrontement symétrique que nous décrivions.

(…) La problématique a-t-elle vraiment changé depuis. La même analyse n'est-elle pas pertinente quand il s'agit de la guerre du Vietnam, de celle d'Afghanistan, d'Irak ou de Somalie, pour lesquelles se mêlent et s'entremêlent les doctrines confuses dun containment, du peace-making et du regime change ? Et d'autres Etats ne partagent-ils pas la même expérience ? La France au Sahel a vécu celle-ci à ses dépens : en 2013, l'opération Serval cultivait déjà l'ambiguïté en prétendant libérer le Mali de la menace djihadiste.

(…) Il y a probablement plus : la guerre froide et l'équilibre de la terreur ont peu à peu rendu impossible la confrontation classique, conforme à la grammaire des gladiateurs hobbesiens. Le choc entre puissances égales devenait trop co^teux et annulait ainsi les stratégies classiques et le jeu à somme nulle qui les rationalisait. Aussi les guerres n'opposent-elles plus directement des intérêts antagoniques, mais visent des sociétés pour les refaire à l'image des plus puissants, objectif déjà impossible, et plus encore pour reconstituer une chaîne de pouvoirs politiques nationaux plus favorables.

(…) Cette « société guerrière », en se banalisant, semble annoncer que la guerre est de plus en plus menacée de perpétuité. Celle d'autrefois ne préparait pas vraiment la paix, mais la « non-guerre » ou plus exactement, un nopuvel « entre-deux-guerres » reposaant sur un aménagement provisoire des litiges : celle d'aujourd'hui conduit au mieux à la « non-solution » ou à l'affrontement infini modulé par des rythmes inégaux de violence. Dans le modèle classique, le vainqueur se voyait reconnaître le droit de négocier, en condition de force, le litige qui l'opposait au vaincu. La victoire, l'art diplomatique, la ruse des uns et des autres donnaient sens et épaisseur à la négociation qui débouchait sur de nouvelles configurations territoriales et toute une série d'obligations qui étaient acceptées de part et d'autre et avaient valeur de droit. La « bataille décisive », chère à Clausewitz, avait fait son travail. Aujourd'hui rares sont les guerres gagnées et, sans même parler de paix, rares sont les guerres débuchant sur un ordre nouveau et paritairement accepté: à l'exception de quelques opérations sous mandat des Nations Unies, comme « Tempête du désert » (1991), la sortie des conflits reste incertaine, précvaire et ne produit aucune donne communément acceptée au point de produire un nouveau droit. Les seules victoires sensibles sont, de façon surprenantes, celles du faible sur le fort, comme ce fût le cas avec les guerres de décolonisation qui, depuis 1945, ont toutes été gagnées par le dominé, le moins doté en ressource de puissance.

(…) La puissance n'a pas accompli son travail d'antant : elle est tétanisée, devenue trop ambiguë pour produire un ordre, l'illusion d'une paix ou au moins l'apaisement que procure un nouvel équilibre reconnude part et d'autre.

(…) Ces croisades « pour la civilisation » sont vite devenue des fiascos : même les alliances les plus « sacrées » se retournent contre la ouissance » (p.60).

« Le vent populiste - qui commençait à souffler outre Atlantique dans le seconde décennie du XXI ème siècle et inventait le trumpisme – déplaça le débat vers un postulat plus simple : s'engager globalement envers l'Autre coûte de plus en plus cher et risque de rapporter de moins en moins, contrairement à des formes d'implication plus ponctuelles et plus contrôlées ». (…)

L'appel populiste à la puissance (sous-titre de l'auteur)

« Derrière chaque séquence populiste, même les plus anciennes, se cache très souvent cette « puissance contrariée » qu'on cherche à restaurer. La défaite française de 1871 a nouri le boulangisme et ce désir de « voir et complimenter l'armée française », comme le chantait Paulus au début de la III ème République ; cele de 1918, subie par l'Allemagne, a alimenté le populisme nazi ; l'effondrement de l'URSS a instillé le populisme poutinien au sein de la Russie post-soviétique. De façon plus subtile, la marginalisation des Etats venant d'acquérir coûteusement leur indépendance et l'humiliante relégation qu'ils euent alors à subir de la part des vieilles puissances ont activé le populisme tiers-mondiste, tout comme la éception d'une Italie, trop faiblement associée à la victoire de 1918, a ouvert la voie à Mussoloni et à son éloge de la force (…) La dénonciation communed'un déclassement national, à l'origine évidentede tous les maux, vaut mécaniquement stigmatisation de tous les « complots » venant du « cosmopolitisme » ; elle se prolonge dans l'exaltation du protectionisme, du souverainisme, de l'identitarisme et dans l'appel à une restauration nationale, tout cela passant par une demande sociale de puissance ».