"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 25 avril 2018

LETTRE OUVERTE AUX CHEMINOTS non grévistes et grévistes

Une grève qui s'éternise est une grève qui agonise
« La lutte économique “fait penser” les ouvriers uniquement à l'attitude du gouvernement envers la classe ouvrière; aussi quelques efforts que nous fassions pour "donner à la lutte économique elle-même un caractère politique", nous ne pourrons jamais, dans le cadre de cet objectif, développer la conscience politique des ouvriers (jusqu'au niveau de la conscience politique social-démocrate), car ce cadre lui-même est trop étroit ».
Lénine (1903)
« Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque choque en qualifiant le mouvement "d'inutile" tandis que le patron de la CGT Bernard Thibault reconnaît une grève "trop longue pour tout le monde, en particulier pour les grévistes"  (1995)    

Il existe une multitude de formes de grève, la mythique grève générale,la grève « sauvage », la grève spontanée, la grève instantanée, la grève programmée, la grève préventive, la grève indéfinie, la grève stéréotypée et la grève trahie. Cette dernière est quasiment introuvable sur les sites de recherche du web ni en tout cas ses causes et responsables à de rares exceptions (militantes) près. Par contre la gauche bcbg, gouvernementale comme oppositionnelle et avec tous ses suivistes gauchistes, n'étale que des
histoires de grèves victorieuses de 1936 à 1995 par exemple pour le seul cas de la France. Elle ment comme le web et de la manière la plus totalitaire qu'il soit. L'histoire de la plupart des grèves montre qu'elles ont coûté beaucoup de peine et d'argent aux prolétaires des diverses catégories, qu'elles ont été affaiblies pour ne pas dire trahies par les appareils syndicaux, anciens ou modernes. Car il ne faut pas se leurrer la seule grève victorieuse c'est la révolution. Toutes les grèves ont abouti la plupart du temps à de savants et opaques marchandages. Telle petite grève a pu être victorieuse pour imposer la réintégration d'un camarade licencié sous la menace de devenir grande ou d'affoler tel patron ou tel ministre. La plupart des grandes et longues grèves qui ont confronté gouvernement et tel secteur, comme celle des mineurs en Angleterre au début des années 1980, ont pour caractéristique d'avoir été longues et... défaites1. A l'époque grève dite « innovante » avec les fameux flying piquets, et qui ont mené à la défaite. Il faut toujours se méfier des grèves « innovantes » !
Les grèves courtes sont souvent plus efficaces que les grèves longues. Par exemple la généralisation en 1968 s'est produite en 3 à 4 jours. Dans toutes les grèves où j'ai eu l'occasion de participer au cours de ma vie, j'ai toujours défendu l'idée que si notre grève ne s'étend pas rapidement, c'est foutu ; et extension évidemment non limitée aux barrières de la corporation ni cloisonnée comme la farce (cloisonnée par les apparatchiks syndicaux de tous secteurs) du « tous ensemble » de 1995. Le trou d'air de 68 s'explique surtout d'ailleurs par le manque de contrôle (d'encadrement!) de la classe ouvrière. Sous le bla-bla « soixantehuitard » vantant la réforme des mœurs, nos éduqués commentateurs nostalgiques oublient opportunément de signaler la principale rouerie de accords « paritaires » de 68. Les syndicats gagnent leur droit d’entrée au sein de l’entreprise avec la loi du 27 décembre 1968 qui officialise la surveillance et coopération syndicale dans toute entreprise. En Angleterre, les délégués syndicaux existaient eux depuis l’après Première Guerre mondiale.

Je suis personnellement profondément désolé de ne pas vous promettre la conservation de vos « avantages » (et inconvénients) ni de vous promettre une victoire certaine grâce aux sirènes d'une extrème gauche extrêmement bête et caricaturale2. Je pense même qu'il doit y avoir de sévères prises de bec entre vous et que, contrairement aux sirènes des syndicaux anars jusqu'auboutistes, « ça se passe mal » et met à mal le fameux « tous ensemble ». On ne peut même pas faire de la surenchère en criant « virez les syndicats et leurs amis gauchistes » puisque, faute de revendications unitaires et anti-corporatistes, vous n'avez acquis aucune popularisté face à l'ensemble de la classe ouvrière ; ni vous dire « stop » car, non seulement ce n'est pas vous qui déciderez de l'arrêt de cette grève bidon mais le système totalitaire « novateur » mis en place par les canailles syndicales, mais nombre parmi vous ont déjà dit stop individuellement et sont obligés de se taire pour ne pas être crucifié comme « jaunes ». Et pourtant, ne vaut-il pas mieux écourter une défaite programmée pour mieux garder ses forces pour l'avenir ? Ou on aura vraiment l'occasion de lutter tous ensemble et « mêlés » mais avec de vraies organisations prolétariennes, un parti et un programme de classe ! Derrière le cirque syndicalo-gauchiste il n'y a rien de crédible politiquement et socialement, ni relève électorale de gauche caviar, ni programme de remplacement eu capitalisme libéral ; juste quelques pauvres clowns au fond du décor, les Mélenchon, Poutou et Ruffin. Tous ceux de ma génération qui ont fait une grève d'au moins un mois n'ont jamais refait grève de leur vie !

Nombre d'entre vous qui ne font pas partie des idéologues agités du bonnet des sudistes gauchistes qui promettent la lune et une insurrection romantique pour après-demain, voire qui ont lâché cette grève obscure ont certainement conscience que « c'est plié ». Les « réformes » d'Etat pour toujours plus de mondialisation déréglementée avancent partout à pas de pachyderme, et ce n'est pas votre secteur (nationalisé) qui va les bloquer. On va vous lâcher une concession quelconque, sur le statut (qui serait responsable de la dette) ou (dans les négoces secrètes paritaires) tel avantage cogestionnaire pour une partie des syndicats qui trouveront soudain l'accord respectable, et briseront la fumeuse « unité syndicale », vieux mensonge classique qui sert à éviter de prendre eux-mêmes l'affaire de la grève dans leurs propres mains. Mais le pire pour une grève, justifiée ou pas n'est-ce pas l'indifférence et l'immobilité de la grande masses des concernés, les exploités qu'ils soient des bureaux ou des usines privées ?

Une image comparée est frappante qui signifie la tranquillité de l'Etat face à cette longuette grève
militarisée par les obscurs appareils syndicaux : au début de mai 68 Pompidou est allé tranquillement visiter la Roumanie alors qu'il aurait dû rester veiller au lait sur le feu, il revient en vitesse, De Gaulle lui s'affole à la fin du mois et court en Allemagne consulter son Massu ; avril 2018 Macron Badinguet rend visite à son pote Trump sans le moindre souci pour ses arrières sociales, et d'autres balades sont prévues à Moscou et ailleurs.

Au début cette grève cyclique et hyper programmée par les généraux syndicaux gêna les prolétaires des grandes villes, mais il y a tant d'autres moyens de transport que, de guerre lasse, chacun se démerde. La grève à la SNCF, à raison de deux jours sur cinq depuis début avril, est sans conséquence sur la vie personnelle des trois quarts des Français, selon un sondage BVA pour Orange publié mercredi, c'est à dire ce jour. Mais la grève des cheminots est un sujet de conversation, puisque 84% des Français disent en avoir discuté avec des collègues, amis ou proches, dont 68% à plusieurs reprises. Sondage réalisé par internet les 23 et 24 avril auprès d'un échantillon de 1.007 personnes majeures (méthode des quotas).

PETIT RAPPEL DE LA FABRIQUE D'UNE GREVE ARTIFICIELLE

Les syndicats se basent toujours sur les trous de mémoire (et l'absence de mémoire sur leurs trahisons successives sur le web) pour inventer de nouvelles formes d'action susceptibles de faire oublier leurs mascarades antérieures, qui ont toutes menées aux échecs successifs sur les retraites, la loi travail, etc. Rien que ce souvenir devrait pourtant ôter à tout ouvrier l'envie de commencer une grève AUX ORDRES DES SYNDICATS. Voici la chronique de la fabrique dispendieuse et épuisante :
  • Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT) décideront "le 15 mars" d'une éventuelle grève, en fonction des premières réunions de concertation avec le gouvernement sur la réforme du rail, a annoncé mardi soir Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-cheminot (27 février).
  • La plupart des syndicats de la SNCF a annoncé jeudi une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la réforme en cours de l'entreprise (16 mars).
  • Sept syndicats de fonctionnaires avaient appelé à une "journée de mobilisation" le 22 mars, a-t-on appris mardi de sources concordantes à l'issue d'une réunion entre les neuf syndicats ... "Sept fédérations sur neuf appellent à la grève et à la mobilisation pour le 22 mars", a déclaré à l'AFP Christian Grolier (FO) (le 6 fév 2018).

On a vu où ont conduit ces hétérogènes mobilisations, mêlées souvent dans les commentaires aux exactions du lumpenprolétariat de Notre dame des glands (comme s'il s'agissait d'un même monde aux mêmes objectifs contre le « criminel Macron »), voire à la mise en vedette du procès ridicule fait aux rigolos tarnaciens, et évidemment à la fronde universitaire des bobos floués dans leurs ambitions diplômées : une démobilisation et un désintérêt croissant, non pas seulement de « l'opinion », mais de la plupart des prolétaires qui ne se sentent ni concernés par un statut particulier (fabriqué après-guerre par les ministres staliniens pour remettre les ouvriers à la tâche), ni intéressés par les discours creux des agités du bonnet syndicalistes gauchistes. J'ai trouvé un parfait résumé de la situation sur le site du CCI concernant une époque passée : « On voit depuis plusieurs mois une totale dispersion des luttes, ponctuée par quelques journées d’action syndicales stéréotypées de moins en moins mobilisatrices qui renvoient les ouvriers à un sentiment d’impuissance ». Description impeccable et cruelle certes pour ceux qui se sont laissés embarquer dans cette grève tout à fait « stéréotypée » !

C'est pourtant une leçon de l'histoire de la lutte des classes que vous auriez dû retenir : les syndicat préparent et accompagnent les défaites successives ! Sinon leurs officines ne recevraient plus aucun subside de l'Etat et les milliers de « permanents », ennemis du travail salarié pour leur pomme, seraient obligés d'aller pointer à pôle emploi pour incompétence. Le gouvernement Macron reste droit dans ses bottes, comme Juppé en 95, mais ce n'est ni une faiblesse ni signe qu'il pourrait plier par... manque de souplesse avec ses « partenaires sociaux ». Le gouvernement Chirac de 1995 n'est pas tombé et une autre réforme est passée haut la main sans crier gare.

UNE TRAHISON PEUT EN CACHER UNE AUTRE, CAMARADES CHEMINOTS

Sortez du panneau dans lequel vous êtes tombés ! Revisitons la mythologie de la « victoire » de 95. D'abord la version mensongère d'un caméléon de l'idéologie staliniste passé par la CFDT pui retourné à la CGT ; voici ce qu'il confiait à l'Huma (journal tenu à bout de bras par un grand banquier) il y a quelques années ; le ponte Dalbero explique avec des demi-vérités pour effacer le souvenir des débordements du syndicalisme étatique en 1986 et pour nous servir une « restauration de l'autorité syndicale » face aux ouvriers désabusés :

« S’il y a eu une organisation plutôt spontanée de la grève chez les cheminots, cette mobilisation n’a été possible que parce que nous, syndicats, l’avions construite pendant des années. Depuis le conflit important de 1986 (qui portait sur des retraits de primes et l’introduction d’une nouvelle grille salariale – NDLR), des coordinations s’étaient créées, un peu en défiance vis-à-vis des syndicats. Il a fallu reconstruire l’unité syndicale pour que les cheminots reprennent confiance. Alors, on a fait tout un travail d’information et de sensibilisation auprès des agents. On voyait 
la SNCF arriver dans une impasse avec le nouveau contrat de plan, qui prévoyait la fermeture de milliers de kilomètres de voies ferrées et la casse des emplois liée au gros problème d’endettement de la compagnie.
.On a pu tenir pendant trois semaines grâce à l’unité syndicale, et au fait que les assemblées générales de cheminots étaient souveraines pour prendre les décisions, donc à l’abri des querelles de clocher. Au final, quand Juppé a retiré sa réforme, on a eu un grand sentiment de victoire, mais en gardant toujours une certaine vigilance. Avec le recul, je regrette que le conflit n’ait pas pu se prolonger pour d’autres catégories de professions. Mais nous, en tant que cheminots, on n’avait aucun mandat pour le faire. Il y a eu de vifs débats et de grosses déchirures à l’intérieur de la CFDT à l’occasion de ce mouvement ».

Le ponte Dalbero explique fort bien ensuite comment la colère des grévistes contre la trahison syndicale a été récupérée par les professionnels gauchistes :

« Par la suite, le débat a été saignant, une partie des cheminots CFDT a quitté le syndicat pour créer SUD rail. Je suis parti en 2003, quand Chérèque a trahi brutalement l’unité syndicale pour signer la réforme des retraites. J’ai ensuite adhéré à la CGT, où j’ai fait une véritable cure de rajeunissement, en retrouvant l’esprit de transformation sociale et de syndicalisme de masse qui animait la CFDT des années 1970. Pour moi, 1995 a été porteur d’espoir pour le rail et pour d’autres secteurs. On sait que les cheminots répondent présent dans la mobilisation quand il y a une unité syndicale ».3

La vérité sur la « victoire de 95 », on la trouve sur le site d'un groupe qui n'était pas encore devenu une secte frileuse. L'article est une superbe démonstration du bis repetita que vous êtes en train de vivre avec cette grève cadenassée par l'imaginaire bureaucratique et finalement pas du tout innovante en matière de dévitalisation et de trahison à venir :

« Le mouvement n'avait-il pas été victorieux ? Juppé n'avait-il pas tremblé devant la masse des manifestants ? La classe ouvrière n'avait-elle pas retrouvé "sa dignité" et renoué avec la "solidarité" et "l'unité dans la lutte" ? A cette époque, celui qui émettait le moindre doute là-dessus passait au mieux pour un rabat-joie, au pire pour un "jaune". Et pour mieux envelopper la classe ouvrière dans cette euphorie de la victoire et dans ce sentiment trompeur de puissance retrouvée, la bourgeoisie mettait les bouchées doubles. Des syndicats aux médias, des gauchistes aux instances patronales et gouvernementales, tous s'accordaient à voir dans l'événement un "nouveau mai 68", le prototype de futures "explosions sociales" du même acabit qu'il fallait s'attendre à voir surgir un peu partout »4.

Poursuivons avec cet excellent article qui montre au passage qu'il y avait un vrai risque de « généralisation » (ou selon le langage de Macron, de « coagulation ») en 95, ce qui n'est pas du tout le cas surtout avec les mascarades des divers gauchistes et leur promesse d'un remake de 685, et où le soutien financier organisé par l'intelligentsia bobo sert à dissoudre la véritable solidarité qui ne peut être que la généralisation c'est à dire « l'explosion » hors syndicats de grèves sœurs et de cœur :

« Loin d'avoir constitué une "gaffe", l'annonce, simultanément au plan Juppé sur la sécurité sociale, d'attaques ciblant spécifiquement les cheminots était une provocation parfaitement calculée qui allait permettre de lancer le mouvement. Les syndicats allaient se servir de la combativité existant chez les cheminots pour pousser par tous les moyens le maximum d'ouvriers à se mobiliser dans un mouvement parfaitement encadré, que ces derniers n'étaient pas prêts à mener et qu'ils ne contrôlaient pas. A cette fin, les syndicats ont systématiquement agi à l'inverse de leurs pratiques habituelles de sabotage. Ils ont arboré un langage hyper-radical et contestataire vis-à-vis du gouvernement, contrairement à la période où la gauche était au pouvoir. Tous les principaux syndicats se sont immédiatement portés à la tête du mouvement, poussant systématiquement les ouvriers à s'engager dans la lutte, à la SNCF, puis à la RATP et dans l'ensemble du secteur public. Unis, ils ont lancé des appels aux manifestations, poussant ainsi de plus en plus de travailleurs à entrer en grève. Ils se sont imposés en mettant d'emblée en avant les besoins vitaux de la lutte, ressentis comme tels par les ouvriers depuis des années et ceci afin de les dénaturer, et notamment le besoin primordial de l'extension du mouvement. Ainsi, les intersyndicales se sont démenées pour l'extension de la grève au-delà du secteur, en particulier en organisant des délégations massives de cheminots dans les centres de tri et les Télécoms, en éludant l'essentiel : pour être réellement au service de la lutte, le besoin vital de prise en charge de l'extension ne pouvait que venir des assemblées ouvrières et être assumé par elles-mêmes. C'est derrière les intersyndicales et les "unions syndicales" qu'ils ont appelé à "lutter tous ensemble". Ils ont mis en avant la "souveraineté des AG" et laissé les ouvriers "décider" au sein de celles-ci, mais dans un cadre et selon des modalités d'actions déjà décidés et contrôlés par leurs appareils. Un tel simulacre était destiné dans le fond à éluder l'antagonisme irréconciliable entre d'un côté le souveraineté des AG, la lutte autonome du prolétariat et, de l'autre, la présence des syndicats dans la lutte. Dans de nombreux secteurs, comme dans la plupart des centres de tri postaux, dans les Télécoms, à l'EDF-GDF, les syndicats ont manipulé un minimum de grévistes pour entraîner un maximum d'ouvriers dans la grève et dans les manifestations. Il a suffi que, 3 semaines plus tard, Juppé retire les attaques concernant la SNCF pour que toute cette mobilisation, sous-contrôle, retombe aussitôt comme un soufflé ».

VOUS ALLEZ REMONTER AU MEME ROCHER DE SISYPHE6

« La bourgeoisie a pu ainsi mener les opérations à sa guise : elle a fait partir le mouvement comme elle le voulait et elle a pu le faire cesser, quasiment du jour au lendemain, quand elle l'a voulu, juste à la veille de la trêve des confiseurs. Tout était donc bien réglé comme du papier à musique Comment s'y est-elle prise ?
  • à travers une focalisation médiatique sur la lassitude manifestée par une partie des ouvriers qui voulaient reprendre le travail et surtout sur les AG où était votée la reprise;
    - alors que les syndicats n'avaient cessé de pousser systématiquement un maximum de nouveaux secteurs à rentrer dans la grève, il a suffi qu'ils cessent cette pression pour faciliter la reprise. Cela démontre d'ailleurs que la "combativité syndicale" n'était pas liée à une quelconque "pression de la base", contrairement à la propagande alimentée par les médias et entretenue par les groupes gauchistes. Le travail s'est alors partagé entre la CFDT et les syndicats modérés qui ont appelé directement à la reprise du travail tandis que la CGT et FO ont dit qu'ils suivraient les décisions des AG ;
  • - les syndicats ont joué sur l'absence de centralisation du mouvement qu'ils avaient provoquée et entretenue : le fait que chaque AG décide dans son coin de la poursuite ou non de la grève a permis une propagation "spontanée" de la vague de reprise. De fait, la CGT et FO ne sont jamais apparus comme divisés, ni surtout comme des diviseurs. Les deux principaux syndicats "combatifs" n'ont, au contraire, pas cessé de proclamer la nécessité pour les ouvriers de rester unis et ont même largement mis en garde contre le développement d'une division entre "jusqu'au boutistes" et ouvriers.

Aux cris de triomphe des syndicalistes d'hier clamant que, grâce à eux, le mouvement avait fait reculer Juppé et la classe ouvrière s'était renforcée, s'oppose le constat d'évidence : le plan Juppé sur la sécurité sociale est passé. Quant à l'illusion que cette "expérience" aurait permis à la classe ouvrière de se renforcer en réapprenant à se défendre, qu'elle y aurait retrouvé ses réflexes de lutte, de solidarité de classe et d'unité, elle aussi s'est révélée une chimère.
A tout cela les ouvriers ont été incapables d'opposer la moindre résistance sérieuse, et pour cause. Pris dans la nasse de syndicats renforcés par leur nouvelle image, les ouvriers en butte aux attaques se sont retrouvé baladés, atomisés, dispersés dans des actions syndicales impuissantes et isolées, sans trouver la force de contester et encore moins de déborder cet encadrement syndical omniprésent. Bref, les syndicats ont eu les mains plus libres que jamais, dans les années suivantes, pour faire leur sale boulot habituel de saucissonnage, de division et de sabotage ouvert »7.


CONVERGENCE VERS LA DISSOLUTION DE LA PROTESTATION

Depuis la défaite des syndicats lors de la réforme des retraites de 2003, qui était pourtant l’un des conflits les plus massifs de la fonction publique, la technique des gouvernements successifs, avertis de la décrépitude généralisée de la confiance envers les machines syndicales, est davantage de laisser pourrir un conflit que de négocier.
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait négocié en sous-main deux « victoires » sur les syndicats dès son arrivée au pouvoir, qui servirent surtout à « victimiser » ces appareils financés par l'Etat : l’instauration du service minimum, et une des premières réformes des régimes spéciaux de retraite (en feuilleton sans fin). L'invention de la « grève perlée » est dérisoire et ne peut masquer l'affaiblissement généralisé du syndicalisme de collaboration à la gestion de l'Etat. Elle aura révélé encore une fois la détérioration du système de régulation conflictuelle – négociation paritaire et ouvriers aux ordres – cette vieille manipulation ne fonctionne plus ou est de courte durée8.
Sans insulter la partie des cheminots encore en grève, le gouvernement et ses affidés les assimile quand même à des hors-la-loi non démocrates. C'est le patron Pepys qui leur explique depuis un plateau TV que la loi réformant la gestion SNCF étant votée par « le parlement », «en continuant la grève vous vous opposez au peuple » ! Le peuple n'existe pas, mais le prolétariat oui et il reste l'ennemi de la société hypocrite dite démocratique. Une telle déclaration est faite pour me convaincre de rester en grève ! Et jusqu'au bout ! Mais le même genre de provocation a permis les victoires bourgeoises précédentes. Par exemple lors de la discussion à l'Assemblée nationale de la réforme ferroviaire qui visait à regrouper sous une même holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF, organisme qui gère le réseau ferré) qui avait suscité 14 jours de grève un mois de juin. La mobilisation s'était effritée peu à peu et le texte était définitivement adopté par les députés un 21 juillet. On s'ingénie à vous envoyer à chaque fois, camarades cheminots, et sans faiblir, dans la voie de garage parlementaire !9
Je suis d'accord avec Robert Paris du site Matière ou Révolution : « Pour conclure, la quasi-totalité des organisations syndicales ou de gauche, sans parler de l’extrême gauche présentent comme une « solution » : la reprise de la dette SNCF par l’Etat !! Les gros malins !! Comme si cela solutionnait quoique ce soit !! Oui, là où Macron a raison, c’est qu’il faudra bien, de toutes les manières, que quelqu’un la paie cette dette. Et ce sera ou les cheminots et usagers ou les capitalistes ! C’est là que se place le choix et pas dans l’Etat !! ».

LA GREVE EN SOI N'EST PAS UNE FORME DE LUTTE EXCLUSIVE NI UNIFICATRICE

Surtout pour cet avenir proche où la classe ouvrière sera de plus en plus dispersée en petite unité et où la condition de sa force, de son unité se trouvera hors de la myriade d'entreprises, la manifestation, en se protégeant des casseurs idiots ou policiers, permettra d'occuper la rue pour y tenir des AG réellement collectives de tous les travailleurs d'où qu'ils viennent, un peu comme Nui debout en a été une esquisse limitée. La manifestation, si elle n'est pas laissé sous contrôle des complices oppositionnels de l'Etat, a en plus tendance à devenir un mode de pression plus important, puisque faire la grève reste compliqué dans le privé et coûte cher dans tous les cas, alors qu’on peut manifester sans faire grève (en prenant un jour de congé par exemple).
Votre échec « programmé » ne doit pas vous démoraliser, camarades cheminots. Cessez de vous en référer aux vieilles lunes de la gauche bourgeoise et de ses suivistes gauchistes. Le monde est en train de changer, certes pas dans le sens où nous le voudrions. Mais pourquoi ne pas se poser la question d'un nouveau programme de société ? Le capitalisme est-il éternel ? Impossible à remplacer ?
Tiens, relisons sélectivement ce confus de Sorel mais avec ses pépites. La même année que Réflexions sur la violence (1908), il publie La Décomposition du marxisme, où il analyse « l’ascension » des ouvriers vers la petite-bourgeoisie, due au trade-unionisme, aux réformes sociales et au socialisme parlementaire qui n’échappe pas au destin des autres partis politiques, « coalitions formées pour conquérir les avantages que peut donner la possession de l’Etat » (chap. II). Et cette réflexion à faire pâlir de jalousie Lénine : « la IIe Internationale pratique la « conservation d’un langage marxiste par des gens devenus complètement étrangers à la pensée de Marx ».
L'affaissement et la trahison du socialisme parlementaire et des syndicats, Sorel l’explique par la perte de la notion de classe, réduite à un regroupement des mécontents contre « les riches » : « Le terme prolétaire finit par devenir synonyme d’opprimé ; et il y a des opprimés dans toutes les classes ». çà vous dit rien ?
A charge de revanche Sorel déshabille Lénine qui voyait derrière toute grève l'hydre de la révolution : « Les syndicats révolutionnaires raisonnent sur l’action socialiste exactement de la même manière que les écrivains militaires raisonnent sur la guerre ils enferment tout le socialisme dans la grève générale ils regardent toute combinaison comme devant aboutir à ce fait ; ils voient dans chaque grève une imitation réduite, un essai, une préparation du grand bouleversement final ».

Voilà c'est tout ce que je voulais vous dire camarades cheminots, un peu de lecture ne vous fera pas de mal. Bon courage quand même.


NOTES
1Au début des années 1980, un projet de restructuration des mines est avancé. Trop chères, pas assez rentables, et produisant un charbon dont le coût est excessif : le parallèle avec 2018 est facile à établir. Commence alors la grève la plus longue que le Royaume-Uni ait connue depuis 1926. Margaret Thatcher ne lâche rien, consciente qu’il s’agit là d’une occasion unique de défaire le « socialisme non démocratique », c’est-à-dire le syndicalisme, après avoir vaincu le « socialisme démocratique » dans les urnes. À l’époque, on a comptabilisé près de 33 000 piquets de grève. Les affrontements sont nombreux et résultent de la stratégie d’Arthur Scargill, un militant syndical, basée sur les « flying pickets ». C’est un système ingénieux : les grévistes qui en faisaient partie étaient choisis parmi ceux qui avaient une réelle connaissance des luttes, sur le terrain, et étaient payés par le syndicat même. Qu’importe : l’opinion publique assiste au spectacle d’affrontements d’une rare violence, et dans le même temps, ne ressent pas dans sa chair l’arrêt du travail des mineurs. En effet, le pays continue de fonctionner, malgré la grève. Les dégâts sont alors irréversibles. Dix mille défections chez les grévistes en 1985. Cela s’amplifie, et finalement, la grève cesse brutalement en mars. Les mineurs n’ont rien obtenu, et tout perdu : la culture de la grève a disparu dans le Royaume-Uni et les mineurs perdent tout simplement toute visibilité politique. Le journaliste Owen Jones parlera ainsi du « chant du cygne du mouvement ouvrier britannique ». Est-il utile d’insister sur l’enjeu symbolique que revêt alors la lutte menée aujourd’hui par les cheminots français ?
2Je n'ai pas cessé de m'inquiéter de votre mouvement, alternant colère et incompréhension, stupeur et indignation face au bashing SNCF. Comme en témoigne ma série d'articles sur ce blog :
- Attaque gouvernementale réussie à la SNCF
- Le new big bang syndical : trouvailles incongrues pour mieux saboter toute sérieuse riposte des cheminots
- Les choristes des syndicats gouvernementaux
- la grève proclamée larmoyante à la SNCF
- SNCF bashing épisode 3 : A qui sert la grève « intermittente » ?
- Bashing SNCF épisode 4 : négociation piège à cons
- Bashing SNC épisode 5 : vers la défaite des syndicats « tous ensemble ».
4Il faut que vous lisiez intégralement ce lumineux article (et il y en a tant d'autres) : http://fr.internationalism.org/ri336/dec95.html

5Cette grève fabriquée, intermittente et incontrôlable par un système d'AG centralisées, est très en deçà de ce qu'on a vécu en 95, il n'y a pas d'envois de délégations massives aux autres secteurs hors SNCF mais des visites de touristes aux AG étroitement ficelées par les appareils syndicaux et leurs complices et concurrents sudistes. Les visites sont vécues comme « instructives » sur la corpo et confinent aux témoignages passifs, sans aucun esprit critique : http://www.europe1.fr/societe/en-marge-de-la-greve-trois-cheminots-se-mettent-en-marche-pour-aller-rencontrer-macron-3621734
Où l'on trouve un niveau de discussion lamentable avec pour centre cette notion creuse d' « usager » : https://comptoir.org/2018/04/09/greve-des-cheminots-on-a-ete-voir-une-ag-de-linterieur/

« La dernière intervention est celle d’un usager. Il propose de créer un collectif d’usagers, qui pourrait aider à la distribution de tracts ou à d’autres tâches ingrates mais d’une impérieuse nécessité. Les cheminots opinent du chef, une fois de plus. Le micro, enfin, est lâché. Les délégués syndicaux appellent à voter pour la suite du mouvement, et tout le monde se dirige vers les boîtes en carton prévues à cet effet. Je note d’ailleurs que lors de ce vote, chacun vote dans une boîte séparée, selon son affiliation professionnelle : TER, EIC… Ce qu’une personne ne manque pas de souligner : « Il s’agit de créer des moyens d’assembler un mouvement hétérogène et le chemin emprunté lors des votes semble ne pas s’y engager. Il faut qu’on en parle entre nous, le système du vote doit impérativement être repensé. Les syndicats sont nécessaires, puisqu’ils disposent d’outils pensés en vue de ce type de bataille, mais il faut que le mouvement dispose d’une réelle autonomie et surtout, qu’il dépasse le cadre strict desdits syndicats. »
6Empruntée à la mythologie grecque, l’expression ""le rocher de Sisyphe"" est une métaphore qui symbolise une tâche interminable. En effet, Sisyphe, l’un des personnages de la mythologie grecque, avait déclenché la colère des dieux de l’Olympe. En guise de châtiment, ces derniers le condamnèrent à grimper au sommet d’une montagne en faisant rouler un immense rocher. Cependant, une fois au sommet, Sisyphe n’avait pas assez de place pour y bloquer son rocher qui redescendait aussitôt, obligeant Sisyphe à le remonter encore…".
7Merci encore à l'auteur de cet article qui signe VP, et que je connais certainement.
8En Allemagne, où la pratique syndicale est beaucoup plus regroupée (avec la Confédération des syndicats allemands comme principal interlocuteur) et mieux combinée avec le gouvernement, les conventions collectives signées entre le syndicat et l’employeur garantissent la paix sociale pendant leur durée.En France, il peut très bien y avoir une convention collective signée par deux syndicats minoritaires, sur une augmentation salariale de 2%. Mais il peut y avoir grève deux semaines plus tard lancée par deux autres syndicats sur le même accord, pour avoir une augmentation salariale de 4%.
9http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/les-principales-greves-de-la-sncf-depuis-30-ans-1396790.html et voir enfin à travers la lucarne que cela se passe mal depuis un moment: https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/sncf-la-greve-par-intermittence-etait-elle-une-fausse-bonne-idee_2720887.html

vendredi 20 avril 2018

SNCF BASHING, épisode 6: LA GRANDE ABSENTE LA CLASSE OUVRIERE


et les nullités syndicalo-gauchistes
« Je vois bien que, quand les peuples sont mal conduits, ils conçoivent volontiers le désir de se gouverner eux-mêmes ; mais cette sorte d'amour de l'indépendance, qui ne prend naissance que dans certains maux particuliers et passagers que le despotisme amène, n'est jamais durable : elle passe avec l'accident qui l'avait fait naître ; on semblait aimer la liberté, il se trouve qu'on ne faisait que haïr le maître ».
Tocqueville (L'ancien régime et la révolution, Chap 3, « Comment les français ont voulu des réformes avant de vouloir des libertés »).


La détestation de Macron peut-elle mener à la révolution ? Tocqueville écrit aussi dans un chapitre bourré de rébus et pas toujours clairvoyant: «  l'expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire celui où il commence à se réformer ».Le gouvernement Macron ne se réforme pas – il ne peut pas réformer l'Etat bourgeois en l'espèce – mais il prétend réformer, c'est à dire accélérer le processus d'ubérisation d'un capitalisme mondial hyper endetté. Il prétend mettre fin aux lenteurs et au laxisme des gouvernements précédents. Avec une arrogance certaine,le président Macron prétend foncer, sans se calfeutrer, vers une consécration européenne. Tous les gouvernements précédents avaient fait l'objet d'un état de grâce. Celui-ci fait l'objet d'une particulière disgrâce comme on peut le constater par toutes les agitations qu'il suscite.

MACRON BONAPARTISTE

Difficultés cycliques et récurrentes de la bourgeoisie française ou coup de pied dans la fourmilière ? Prenons les choses à l'envers du décor en gardant en tête que pour bien gouverner tout Etat doit disposer d'une opposition conséquente, faire-valoir ou alternative.
Mettons que Macron se casse les dents. Le pays est gagné par la paralysie, une chienlit pire que celle qui déstabilisa De Gaulle. Quelle alternative ? Macron obligé de dissoudre l'assemblée à sa botte pour de nouvelles élections, chose jamais vue en début de mandat... Quels partis pour séduire un électorat hétéroclite et un prolétariat absent ? Ou plutôt quels programmes de la part de la myriade de micros partis soit pour endiguer le libéralisme « en folie » soit pour préserver un changement dans la continuité ? Voire quel inimaginable nouveau mai 68 porteur de changements sociétaux mais surtout pas de bouleversement révolutionnaire de la société capitaliste ?
Résultat, la détestation de Macron, du fait de sa surexposition, ne mène à rien. On peut même faire la déduction de nombre de journalistes « analystes » ou « chef du service politique », et proches du pouvoir : les divers mécontentements empilés rendent service à Macron ; ils oublient d'ajouter que c'est aussi pourquoi il mise sur la lenteur à solutionner des contestations qui servent à revaloriser la fonction autoritaire de l'Etat. Mais pas seulement. Le problème est qu'il n'y a plus d'opposition crédible, ni aucun « cabinet fantôme » en France avec l'écroulement de la fausse opposition droite/gauche. Il y faudra des années... De la gauche unie on est passé à la gauche plus rien, et surtout à la gauche n'importe quoi. De la droite « qui rassemble » on est tombé dans une droite qui tremble dans ses casemates dispersées.
En France, en réaction à la déshérence des partis, le bonapartisme a toujours été une solution transitoire et nécessaire, avec les quelques grandes lignes suivantes :
. la conception hiérarchique de la société impliquant la constitution d'une élite fondée sur le mérite ;
  • la prééminence de l'exécutif gouvernemental sur les assemblées parlementaires ;
  • le bien-fondé d'une administration centralisée ;
  • la volonté de réconciliation nationale par-delà les partis diviseurs ;
  • la grandeur de la Patrie ;
  • redonner de l'importance au clergé ;
  • construction de logements sociaux, grands boulevards, livrets d'Epargne pour les ouvriers, accent mis sur l'éducation populaire, etc
  • politique sociale audacieuse mais visant à favoriser émulation et arrivisme
Le bonapartisme introduit aussi des réformes sociales novatrices, au nom du « bien de tous » mais en réalité pour dissoudre le prolétariat comme le lui reproche, sous Badinguet, l'AIT. Le bonapartisme réapparaît toujours dans les périodes d'instabilité politique, mais n'explique pas tout ni ne résout toutes les contradictions contrairement à l'analyse qu'en fait Trotsky1 ; il ne signifie pas à tous les coups que c'est le prolétariat qui est menaçant.

UNE CLASSE OUVRIERE ABSENTE DANS TOUTES CES AGITATIONS PROFESSIONNELLES ET CATEGORIELLES

Désolé pour les adeptes d'un prolétariat invariable ou toujours sur les charbons ardents, mais il faut bien le noter, pas seulement face aux faibles mobilisations dans la rue, mais la classe ouvrière ne suit pas les bobos en ébullition. Le Nouvel Obs voudrait bien dissoudre cette notion de bobos, mais la réalité est là : au mètre carré de manifestants ce sont surtout les bobos syndicaux qui agitent les fanions de leur chapelle syndicale ; d'ordinaire plus il y a de drapeaux syndicaux concentrés moins il y a de prolétaires réellement en lutte. La minorité « bloqueuse » de bobos étudiants du NPA n'abuse pas la majorité des braves étudiants inquiets pour leurs examens qui risquent pourtant de ne plus leur assurer un statut de cadres ni même de cadres du prolétariat. Les glands de la croizade marginale en Bretagne servent de repoussoirs à toute lutte sérieuse de classe.
L'absence d'un engouement ou d'une pression tangible de la masse de la classe ouvrière n'est pas simplement liée à sa méfiance vis à vis des agitations dispersées et creuses, mais plus fondamentalement un questionnement sur les revendications des uns et des autres. A Air France ils ne se battent pas contre un salaire de misère. A la SNCF, où beaucoup n'y croient plus et sont conscients qu'on les a parqués dans une grève archi bidonnante, la notion de « bastion ouvrier », vieille resucée stalinienne, appliquée naguère aux grosses usines automobiles, a du plomb dans l'aile. Le mensonge des oppositionnels (site en construction) de la gauche dite radicale et de ses suivistes trotskiens repose toujours dur l'OUBLI, l'oubli des trahisons successives et récurrentes des syndicats2, l'oubli que les nationalisations c'est fini et que cela n'a jamais été un acquis ouvrier n'en déplaise aux falsificateurs trotskistes de toute secte3.
A la défense des nationalisations on a substitué la « défense du service public ». Douce plaisanterie ! Comme si on pouvait placer sur le même plan une gestion très capitaliste et très hiérarchisée des entreprises publiques et les coopératives ouvrières de naguère !
OUBLI aussi de la farce de 1995 du « tous ensemble » creux et mensonger ! Les gauchistes et leurs complices syndicalistes nous resservent cette année comme un mythe victorieux, alors que l'éviction de Juppé n'a rien changé au long terme et que, il faut le dire, la concession temporaire aux cheminots, a permis par la suite de Fillon à Macron, de faire passer toutes les réformes de retraite (qui ne sont jamais terminées...). Le bastion ouvrier, avec ses avantages (et inconvénients) peut bien devenir un bastion de la réaction, mais il ne concerne pas les intérêts de toute la classe ouvrière4 ni ne représente une option de gestion alternative au capitalisme.
Par contre, la bourgeoisie et Macron se sont moqués de la prétention à la « généralisation » affichée avec d'autres mots par les grands comédiens à la tête des centrales syndicales. Pas de « coagulation » en cours a pu remarquer, narquois, Macron. Evident mon cher Watson avec cette compil hétéroclite des mécontents, des abusés et des cocus ! « Convergence » a dit le moustachu de la CGT avec lunettes de soleil pour manifs maigriches le 19 avril, mais parce qu'il fallait bien qu'un syndicat joue au rassembleur de tous les mécontents quand les autres se pinçaient le nez (oubli quand tu nous tiens ! Ils ont fait exactement la même chose en 95 et à chaque épisode des défilés corbillards pour les retraites!). Convergence est d'ailleurs aussi creux que généralisation, et grève générale des brêles gauchistes. Généralisation de quoi ? Encadrés dans une grève cloisonnée non créée par les ouvriers eux-mêmes ni contrôlée par eux... généralisation de l'enfermement corporatif oui ! Et qu'est-ce qu'une généralisation qui ne mélange pas, qui ne permet pas de véritables AG inter-entreprises ?
Plus grave toute cette agitation est creuse et ne concerne en rien l'émancipation de la classe ouvrière. Elle n'est comparable en rien au surprenant et inclassable mai 68 où on n'entendit pas ces fadaises - « il faut faire reculer le gouvernement », « défense de notre statut », « augmentez les salaires » - où dominait un sentiment confus, peut-être romantique, mais prégnant qu'on pouvait changer la société pas en passant son temps à canarder les CRS, ni à bêler les slogans syndicaux, ni à planter des salades et fumer un joint à notre dame des glands !
ON OUBLIE finalement que c'est grâce à toutes ces inutiles balades syndicales que la plupart des « réformes » sont passées sous Sarkozy et prédécesseurs. Les bonzes professionnels savent si bien organiser confusion, dispersion et division.

LE SUIVISME DES RADIS GAUCHISTES derrière la « grève loto »
Septième, puis huitième journée de grève des cheminots, quatrième épisode du mouvement syndicrate commencé en avril (6e selon moi), lequel ne perturbe en rien l'Etat, reste cloisonné derrière les grilles SNCF et les cartels syndicaux. Les usagers peuvent crever et s'ils protestent c'est parce qu'ils sont complices de Macron. Cheminots syndiqués, fonctionnaires encartés, retraités du syndicalisme ou encore salariés CGT de l'énergie (EDF ubérisé) ont eu beau converger hier dans « une première tentative de construction d'un front commun » (sans blague) contre Emmanuel Macron, ils n'ont abusé personne sur la mascarade en cours et leur 133 mobilisations chétives dans toute la France avec l'invitation des gentils étudiants.
Penchons-nous sur le raisonnement torve du NPA, dans les « numéros » de l'Anti-capitaliste, cette antre à bobos se rend bien compte que la classe ouvrière ne suit pas mais lui propose toujours de se coller aux basques des grands syndicats traîtres et d'adhérer à ses gadgets politiques bourgeois :
« Pourtant le gouvernement, tout comme les patrons et directions d’entreprises, campent fermement sur leurs positions. Au grand dam des directions syndicales, ils n’offrent que des simulacres de « négociation ». Jamais il n’a été aussi clair que pour faire aboutir les revendications des mouvements en cours (rejet des contre-réformes, salaires, retraites, conditions de travail, statut, service public, accès à l’université…), la lutte secteur par secteur, entreprise par entreprise ne peut suffire. Les revendications sont diverses mais l’ennemi est commun. Divisés, éparpillés chacun dans son coin, aucun de nous ne sera en mesure de gagner. Unis dans un grand « Tous ensemble », nous pouvons mettre un coup d’arrêt à l’offensive macronienne et commencer à imposer nos exigences.
On le sait, ce ne sera ni simple ni facile. Plusieurs obstacles, qu’il est nécessaire d’identifier, se dressent sur la voie de la généralisation et de l’unification.
En premier lieu, même si le néolibéralisme que le gouvernement porte en étendard ne parvient pas à imposer son hégémonie idéologique dans la majorité de la population, les défaites et reculs du passé pèsent. Les divisions sont ainsi évidentes au sein de la classe des salariés, entre ceux et celles qui conservent encore certains acquis et les autres, déjà précarisés et corvéables à merci, ceux et celles qui sont attaqués et d’autres qui espèrent passer entre les gouttes. L’affaiblissement des traditions collectives de lutte et d’organisation, au profit de la recherche de solutions individuelles, est une réalité. Cette situation est illustrée par les sondages qui montrent, à la fois, le rejet croissant du macronisme au sein des classes populaires et la difficulté à réunir un soutien majoritaire à la grève des cheminots ».
Poursuivons la lecture du queuisme idéologique des militaires NPA, et sa façon d'exhiber à la classe ouvrière l'exemple suprême de radicalité anti-capitaliste anarchiste surprême de NDL... un secteur (?) en pointe de la lutte :
« Le gouvernement et le patronat, puissamment aidés de leur appareil médiatique, en jouent à fond pour tenter d’isoler et discréditer les secteurs en pointe de la lutte. A cela se combine une politique de répression que l’on a rarement vu se développer à un tel niveau – de l’offensive quasi militaire contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu’aux expulsions violentes d’universités occupées, en passant par les persécutions de syndicalistes comme celle dont notre camarade Gaël Quirante est victime, sans parler du traitement toujours plus inhumain réservé aux réfugiés.La politique de la majorité des directions syndicales, qui ne se résignent pas à abandonner leurs illusions dans le « dialogue social » et à engager l’indispensable épreuve de force, continue de tirer en arrière. C’est le cas avec la forme de grève « perlée » imposée à la SNCF pour suivre le calendrier des prétendues négociations avec le pouvoir. Et que penser des organisations de la fonction publique qui, après la grève assez réussie du 22 mars, repoussent l’appel à une nouvelle journée au… 22 mai ? ».
Les vieux barbons syndicaux et la machinerie étatique syndicale et leurs « illusions » ! On se pâme devant tant de servilité du soldat trotskiste ! Poursuivons pour mesurer le degré de queuisme même en dénonçant au passage la supercherie mélenchonienne, et l'illusion entretenue d'un réveil de ce pauvre 1er mai voué aux minables processions du personnel syndicrate :
« Les choix des partis politiques qui se situent dans le camp du mouvement ont également des répercussions. Comment à ce sujet ne pas être dubitatif devant l’appel de la France insoumise à une manifestation nationale le 5 mai, lancé sans concertation avec personne et sans lien avec le développement réel de la mobilisation sociale ? Alors qu’à l’évidence le 1er Mai prendra cette année une signification toute particulière ? D’autant que cet appel se double de l’intention de créer « partout en France » des « comités du 5 mai », au moment même où des collectifs unitaires de défense du service public commencent à se former dans une série de villes et quartiers. Ces dernières initiatives, qui reprennent une expérience positive du mouvement de 2003, peuvent en revanche s’avérer très utiles : avec toutes les organisations qui le souhaitent, que l’on appartienne ou non à un parti, un syndicat, une association, se regrouper pour soutenir concrètement les grèves et mobilisations en cours, les populariser, contrer la propagande gouvernementale – et pourquoi pas, décider de manifestations ».
Le préposé NPA, Jean-Philippe Divès n'a aucune honte à promettre la lune sous les oripeaux catégoriels et syndicaux, à imaginer une invisible extension, une généralisation creuse et une auto-organisation... de la syndicratie, avec pour flambeau les blocages d'une minorité d'activistes NPA déguisés en étudiants: « Mais l’essentiel se joue bien sûr dans et à partir des mouvements déjà engagés : l’extension et la généralisation, l’auto-organisation, l’unification – comme on en voit les premières expressions dans les facs occupées et les assemblées générales de cheminots – sont les tâches de l’heure. Macron et ses ministres répètent sur tous les tons qu’ils « ne croient pas à la convergence des luttes ». Tout l’enjeu est maintenant de leur donner tort ».
L'enjeu reste d'épuiser les grévistes obstinés, à tort ou à raison, et à ce titre les entraîneurs trotskiens sont forts. Un deuxième pigiste « accompagne les illusions syndicales » :
« L’affluence tombe généralement de moitié, du premier jour au deuxième, les responsables de la CGT étant les premiers à ne pas encourager aux AG du deuxième jour... à quoi bon, puisque le calendrier est fixé ? ».
Le calendrier trotskiste est lui aussi fixé par la trilogie exemplaire mouvement étudiant/NDDL/cheminots encadrés, mais tout ce potentiel colérique égrené par Stella Monot a fait plouf :
« Le mouvement étudiant continue à monter dans les facs. L’émotion grandit face aux brutalités policières, dont celles commises à NDDL. La manifestation de Marseille du 14 avril est apparue comme un succès. On peut donc s’attendre à ce que rien ne retombe chez les cheminotEs pour la prochaine séquence les 18 et 19 avril. Sans compter que le 19 avril est le prochain grand rendez-vous des colères, en grève et dans la rue ».
Macron provoque « mais il tremble », surtout face au top de la lutte anti-capitaliste :
« La répression et la violence touchent aussi les zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui, après avoir gagné l’annulation d’un aéroport inutile et nuisible pour l’environnement, souhaitent rester sur place pour continuer à travailler la terre et à expérimenter un mode de vie alternatif à celui du capitalisme. Inacceptable pour le gouvernement. Mais quoi qu’il en dise, il ne parvient pas à mettre fin à cette occupation déterminée ».
L'expérimentation d'un mode de vie alternatif au capitalisme a pourtant déjà tournée court et descillé quelques-uns de ses plus naïfs admirateurs ploum-ploum5. La ridicule expérimentation anarchiste de marginaux désoeuvrés permet d'éviter de parler de réelle perspective révolutionnaire voire d'un programme de renversement de la bourgeoisie6. Après avoir rameuter depuis le début aux ordres des appareils syndicaux gouvernementaux, les gauchistes se hasardent à se découvrir critiques :
« La stratégie de « la grève loto » est ainsi remise en cause par celles et ceux qui sont déterminés à aller vers un mouvement d’ensemble. Il est désormais important de regrouper localement, régionalement, voire nationalement les grévistes qui défendent cette orientation avec des AG inter-gares, des coordinations de salariéEs des secteurs en grève, bref, de faire des pas concrets vers la convergence des luttes ».
Mieux, ils/elles surenchérissent alors que l'empilement des protestations se tasse et n'est plus qu'une « coïncidence » (Mélenchon) :
« Étendre les grèves et les faire converger ! Cette conscience qu’il faut aller vers le « touTEs ensemble » pour infliger une défaite au gouvernement et faire ravaler un tant soit peu leur morgue aux riches et aux patrons commence à se frayer un chemin dans les têtes. Il faut désormais bousculer le calendrier défini par les directions syndicales. C’est le moment d’y aller ! ».
C'est le moment d'y aller, mais où ? Les éditorialistes de l'Anti-capitaliste se succèdent à la vitesse du débit oratoire creux de Poutou mais alternant tout feu toute flamme et état dépressif :
«... il faut faire quelques constats politiques. Le premier est que, si la colère est très forte, il n’y a pas de secteur suffisamment puissant pour obtenir une victoire seul. Cela tient à la difficulté, dans un contexte de recul du mouvement ouvrier, à construire des mobilisations majoritaires, en raison, notamment, de la politique des directions syndicales, et à de la détermination du gouvernement ».
On a un résumé en creux du suivisme trotskiste et leur impuissance à encadrer « une classe ouvrière éclatée » (j'aime bien le lapsus politicien et militaire « nous avons besoin ») pour leur « camp social » malgré des quêtes racoleuses et leur fabrique de comitards prêts à relayer une « grève loto » de plus en plus nullissime :
«  C’est pour cela qu’en gardant en tête ce sur quoi insiste souvent LO avec raison, qu’il n’y a pas de convergence des luttes sans luttes, le NPA a initié les réunions unitaires des organisations politiques. Nous avons besoin d’un mouvement profond et interprofessionnel d’une classe ouvrière éclatée, fracturée, en recherche de stratégie, de projet de société. C’est pour cela que nous bataillons pour la constitution de collectifs unitaires de soutien à la grève des cheminotEs et aux services publics : il s’agit d’appuyer la mobilisation de notre camp social partout, au-delà des lieux de travail, pour construire des convergences, enrichir les débats ».
Où le NPA rend service au FN et à « l'opinion » en soutenant la pagaille des « zones de non-droit »
La « colère » des militaires du NPA se trouve des compensations face à l'ingratitude des « masses », cette branche krivinesque du trotskisme décati a toujours fait l'apologie de tout ce qui bouge, même les plus réactionnaires manifestations de la décomposition de la petite bourgeoisie, du violeur Ramadan au voyou de NDDL. La théorie du NPA c'est l'apologie de la populace et du grabuge : la révolution commence dans les « zones » qui échappent à l'Etat : glands de NDDL et glands du Mirail même combat !
Je vais citer enfin l'intégralité du communiqué de soutien toulousain aux « jeunes » émeutiers musulmaniaques des banlieues « défavorisées », ainsi vous verrez ce que signifie l'engagement trotskiste caméléon, un satisfecit complet à l'expansion de la religion musulmane, avec notions inventées de racisme d'Etat et un comique soutien aux très bourgeoises et très hypocrites « institutions internationales ». Que ce genre de communiqué fasse comprendre à ceux qui me lisent en étant dubitatifs sur la nature bourgeoise de cette clique, qu'ils font partie des pires ennemis de la classe ouvrière, et que, si un jour ils étaient au pouvoir ils interdiraient les grèves des cheminots tout comme ils enverraient la troupe dans les quartiers ! C'est avec le même raisonnement que leurs pères en trotskisme ont envoyé à l'abattoir des « libérations nationales » des millions d'ex-colonisés, qu'ils n'ont jamais remis en cause la nature capitaliste du stalinisme ; ils sont par conséquent des impotents coulés dans l'idéologie anarchiste sans principe et étrangers à la théorie marxiste toujours vivante.
« Depuis plus de 48h, des jeunes du quartier du Mirail à Toulouse s’affrontent à la Police. Les raisons de la révolte avancées dans la presse seraient liées à l’interpellation d’une femme voilée et à la mort d’un détenu de la prison de Seysses.
Au-delà des faits, la révolte des jeunes du Mirail exprime le ras-le-bol face à la répression quotidienne contre les habitants du quartier : contrôles au faciès, racisme d’Etat, islamophobie institutionnelle, violences en prison sur les détenus.
Les lois islamophobes donnent une légitimité à la Police pour harceler les musulmanes jugées trop voilées dans la rue. Parce qu’elles oppriment et stigmatisent une partie de la population, ces lois doivent être retirées.
Les conditions de détention en prison et les violences qui y sont associées sont intolérables et la France a été plusieurs fois épinglée sur cette question par des institutions internationales. La jeunesse des quartiers, qui vit sous pression policière et judiciaire permanente, le sait bien et ne supporte plus cette situation dans et hors de la prison.
Le NPA 31 exprime sa solidarité envers les jeunes et les habitantEs du Mirail qui subissent ces violences. Nous exigeons que les forces de répression se retirent immédiatement du quartier du Mirail et rentrent à la caserne.
Toulouse, le 18 avril 2018. 

NOTES


1La bourgeoisie a à nouveau eu recours au bonapartisme en 1851, en raison de l'instabilité de la Deuxième république. C'est ce que Marx décrit dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, à propos du Second Empire de Napoléon III. Marx et Engels ont également qualifié de bonapartisme le régime de Bismarck. Dans La guerre civile en France (1871), Marx généralise le bonapartisme :
En réalité, c'était la seule forme de gouvernement possible, à une époque où la bourgeoisie avait déjà perdu, -  et la classe ouvrière n'avait pas encore acquis,  - la capacité de gouverner la nation.[1]
Le 12 avril 1890, Engels écrivait à Sorge: « Tout gouvernement actuel devient, nolens-volens, bonapartiste ». Trotsky et sa définition passe-partout du bonapartisme :
« Par bonapartisme, nous entendons un régime où la classe économiquement dominante, apte aux méthodes démocratiques de gouvernement, se trouve contrainte, afin de sauvegarder ce qu’elle possède, de tolérer au-dessus d’elle le commandement incontrôlé d’un appareil militaire et policier, d’un "sauveur" couronné. Une semblable situation se crée dans les périodes où les contradictions de classes sont devenues particulièrement aiguës : le bonapartisme a pour but d’empêcher l’explosion. »

2Que vous pouvez vous remémorer dans mon livre : « L'aristocratie syndicale », ed du pavé 2010.
3Lénine n'a jamais défendu les nationalisations. Elles servent à la bourgeoisie pour reconstruire le pays après guerre et en même temps à diviser la classe ouvrière entre privé et public (cf. mon livre sur le syndicalisme pourri p.223 et suivantes). La SNCF ou ce qu'il en reste est/était une boite extrêmement hiérarchisée et d'un culot monstre vis à vis de ses employés. Une boîte juste défendable par les bobos trotskiens ! Tout le monde a oublié que les grèves du mitan des années 1980 ont été non seulement réellement prolétariennes mais motivées par l'ignominie de la hiérarchie « nationalisée » ; par exemple à la suite de la série d'accidents atroces de 1985, la hiérarchie ne trouve pas mieux que de lancer un questionnaire humiliant sur la compétence des agents (cf. p.195 de mon livre, paragraphe : « des accidents sociaux à répétition à la SNCF »).
4Même avec l'argutie du syndicaliste moyen : « après les cheminots ce sera toi ! », or le toi est déjà passé à la casserole !
5Dénomination fort péjorative au cours des années 1960 et 1970 des anarchistes qui défiaient la police en fin de manif ou s'exerçaient à la casse gratuite de vitrines.
6Comme par exemple celui-ci : QUE VEUT LA LIGUE SPARTACUS ?