"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 21 novembre 2022

DU BON USAGE DE LA CHARITE IMMIGRATIONNISTE



« Officier d'un tribunal estably contre les Juifs, Les Mores & les Hérétiques, pour s'enquerir de ceux qui pechent contre la Foy ».  Définition de l’inquisiteur au 17 e siècle

“Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller.” Nietzsche

« La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste » (Manifeste du Parti Communiste, 1847, K Marx et F. Engels).

« Cette catégorie de socialistes réactionnaires seront toujours, malgré leur feinte compassion pour la misère du prolétariat et les larmes qu’ils versent à ce sujet, combattus énergiquement par les communistes, car : l) ils se proposent un but impossible à atteindre. 2) ils s’efforcent de rétablir la domination de l’aristocratie, des maîtres de corporations et des manufacturiers avec leur suite de rois absolus ou féodaux, de fonctionnaires, de soldats et de prêtres, une société qui, certes, ne comporte pas les maux de la société actuelle, mais qui en comporte tout au moins autant, et ne présente même pas la perspective de la libération, grâce au communisme, des ouvriers opprimés.3) ils montrent leurs véritables sentiments chaque fois que le prolétariat devient révolutionnaire et communiste: ils s’allient alors immédiatement avec la bourgeoisie contre le prolétariat ».

Friedrich Engels, Principes du Communisme (XXIV. EN QUOI LES COMMUNISTES SE DIFFÉRENCIENT-ILS DES SOCIALISTES ? 1847)

Galas de charité médiatique

Les aventures à rebondissement « humanitaire » du bateau Océan viking du trust « SOS Méditerranée auront au moins servi, du fait du scandale médiatique, à lever pour le plus grand nombre l’hypocrisie de l’humanitaire appliqué au soi-disant sauvetage normal des migrants « exposés aux intempéries de la mer ». L’hypocrise de la gauche capitaliste est apparue dans toute son ampleur et faconde pour ce qu’elle est, charité bien ordonnée. Et surtout en tant que faux internationalisme. Pourquoi et comment ?

Traditionnellement dans toute l’histoire du mouvement ouvrier jusqu’à nos gauchistes et même notre milieu maximaliste anti-syndicats et anti-partis, on considérait l’immigration comme un phénomène naturel favorisant plutôt une démultiplication de la classe ouvrière indépendamment des diverses nations, races ou origines. La classe ouvrière, étant une classe internationale, allait pourtant se voir dissoute dans la dite mondialisation, surtout après l’effondrement du « socialisme réellement existant » au profit d’une idéologie « humanitaire » où bourgeoisie et petite bourgeoisie posent à un humanitarisme de curé supposé démontrer que le capitalisme moderne peut intégrer diverses populations, quoique avec les mêmes règles qu’au temps de la colonisation : pour faire venir et exploiter à fond des prolétaires de pays arriérés et simples havres de matières premières pour les principales grandes puissances, sans que ces impérialismes ne s’inquiètent le moins du monde de ces pouvoirs barbares qui, finalement, servent à approvisionner en main d’œuvre soumise au chantage à la misère et à l’expulsion. On a l’habitude de critiquer les vilains passeurs et maintenant leurs collabos humanitaires, mais jamais au grand jamais les Etats corrompus et sadiques de ces zones où on puise sans vergogne la « matière première humaine ».

C’est un fait désormais : les édiles bobos et un tas d’officines secrètes (banques allemandes ?) financent des ONG crapuleuses[1]. L’origine des subventions est extraordinaire de poisse idéologique et confirmation de la commercialisation de l’humanitaire et de sa source pour des emplois payés au niveau de celui des cadres supérieurs dans l’industrie ; dont les revenus s’échelonnent entre 2000 et 4000 euros pour les matelots du sauvetage… industriel. Le PDG de « SOS Méditerranée » a le culot de déclarer : « on ne fait pas de business ! on fait de l’humanitaire et on sauve des vies » . C’est doublement faux, d’abord parce que l’humanitaire devrait rester bénévole or c’est désormais une profession, plutôt bien rémunérée et attractive oécuméniquement, deuxio le sauvetage des vies, s’il a lieu, apparaît à bien l’observer comme une mise en scène planifiée. C’est presque une sinécure avec un voyage touristique en Méditerranée qui sent l’aventure et la bonne conscience charitable. Travailler dans un bureau ? Pouah ! Sillonner les mers à la recherche de pauvres hères pour les jeter dans une autre « misère loto », c’est autrement passionnant. Les subventions aux faux bénévoles sont faramineuses, pour des emplois qui sont devenus légions et qui ont pour argument la charité servant à dénoncer la non-participation de l’Etat bourgeois :

« SOS Méditerranée se veut donc un modèle. L’association opère désormais en partenariat avec la Fédération internationale de la Croix Rouge. Elle déclare disposer de 10 millions d’euros de ressources par an. Elle est financée à 89% sur fonds privés et à hauteur de 11% par des collectivités plutôt à gauche, du conseil départemental de la Loire-Atlantique (200.000 euros de subvention annuelle) à la ville de Paris (100.000 euros récemment renouvelés), en passant par Marseille, la région Bretagne, Brest, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Rennes ou Strasbourg. Rien de précis en revanche sur les plus gros donateurs privés ».

Dix millions de ressources par an pour se balader en bateau, voire bronzer en attendant que les collègues passeurs viennent livrer la marchandise humaine, l’aventure c’est l’aventure avec le confort à bord et le sentiment d’être le centre du monde…charitable.

La mairie « socialiste » de Paris a fait attribuer une subvention de 100.000 euros au profit du gang « SOS Méditerranée »… les bobos entretiennent les bobos. Hidalgo s’est attirée les foudres de la méchante droite « raciste et fasciste » du fait que la municipalité bobo est endettée à hauteur de 10 milliards d’euros (une de raisons pour laquelle Hidalgo a été obligée de doubler les impôts de ses braves électeurs). Ce qui choque la droite bourgeoise ne peut nous choquer nous, en tant que marxistes révolutionnaires depuis 2017, c’est du cinéma pour se faire passer pour « internationaliste » alors qu’il ne s’agit que d’une collaboration à la mondialisation capitaliste hypocrite – qu’on ne peut expliquer par le radotage bateau du CCI (la décomposition) – mais par une mystification, avec l’attirail anti-raciste, pour éviter au prolétariat en général de penser que la boutique humanitaire n’a rien à voir avec l’internationalisme mais avec la charité bourgeoise ; penser indépendamment du « prêt à penser secouriste » la  chose qui est hérétique pour les élites de la gauche et de l’extrême gauche du capital, ou alors c’est que vous êtes un fasciste. Le jeune Marx avait dénoncé l’hypocrisie de ce genre de charité gauchiste : « la bourgeoisie prêche la charité, la miséricorde, la résignation, autant d ’obstacles à la violence et à la révolution ».

« Les principes sociaux du christianisme ont justifié l'antique esclavage, glorifié le servage du moyen âge et s’entendent également au besoin à défendre l’oppression du prolétariat malgré tous les petits airs navrés qu’ils se donnent. Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d’une classe dominante et d’une classe opprimée, et n’ont à offrir à cette dernière que le pieux souhait que la première veuille bien se montrer charitable. Les principes sociaux du christianisme placent dans le ciel le règlement consistorial de toutes les infamies subies sur cette terre. Les principes sociaux du christianisme proclament que toutes les infamies des  oppresseurs envers les opprimés sont ou bien la juste punition du péché originel et des autres péchés, ou bien l’épreuve à laquelle le Seigneur, dans sa sagesse, soumet ceux qu’ii a sauvés. Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi-même, l’abaissement, la soumission, l’humilité, bref toutes les qualités de la canaille. . . Les principes sociaux du christianisme sont des principes de cafards ,et le prolétariat est révolutionnaire... »[2]

La défense des pauvres immigrés valorisation excessive de la charité

L’aspect fallacieux de la charité a été fort bien dénoncée au début du 19 ème siècle par les saint-simoniens : « C’est donc une triste mais instructive vérité à reconnaître et à mettre à profit cette impuissance de la charité collectivement et individuellement exercée. Il est donc malheureusement incontestable que cette charité, malgré son organisation puissante, malgré les nombreuses sociétés d’assistance qu’elle a fondées, malgré l’abondance des offrandes et des legs pieux, et malgré le concours actif de la bienséance municipale ; c’est une triste et instructive vérité à proclamer bien haut, que la charité, alimentée par tant de canaux et tant de sources intarissables, ne peut pas préserver la cité qui se dit et se croit la plus civilisée de l’univers, d’avoir en son sein, à côté des merveilles d’une construction gigantesque, à côté de ses fastueux palais et de ses riches comptoirs, des populations nues et affamées, dont les privations et les souffrances extrêmes ne sont pas purement locales »[3]

La charité est héritage de la religion, qui a pour but de servir d’échappatoire à la question de la révolte sociale, un des ingrédients donc de « l’opium du peuple » La charité chrétienne n’est donc qu’une forme de perpétuation éternelle de l’ordre social en cours. Charles Fourier est plus direct :

« Il fallait à l’Économie politique un beau masque pour cacher sa vilaine figure. C’est une science qui ne parle qu’à la bourse : elle devait se former un allié qui parlât au cœur, une secte qui, réduisant les jouissances du luxe et les voluptés en actes religieux, aurait prouvé que l’amour des richesses et des voluptés est très compatible avec la probité, la charité et les passions généreuses ».

C’est chez les gauchistes des deux clans trotskiens NPA et LO que la charité bien convenue est masquée sous le discours immigrationniste le plus stupide. Ils procèdent comme dans leur vassalisation à la gauche bourgeoise en faisant passer les institutions de l’ordre bourgeois (syndicats et partis politiques) comme nécessaires à la lutte de classe. Cela est conforme à leur ancien discours charitable, sur le fond, concernant les prétendues libérations nationales. D’ailleurs leur wokisme qui se fixe férocement contre le colonialisme passé (comme le fascisme passé) sert à faire oublier leur soutien indéfectible à l’arrivée au pouvoir des pires dictateurs tiers-mondistes. Leur soutien à la « lutte des immigrés » (considérée comme une catégorie spécifique était finalement aussi une lutte charitable, et, au fond, un mépris de ces peuples sous l’exaltation formelle.

Le NPA se situe hors du combat politique et balade ses jeunes adhérents hystérisés dans une dynamique très inquisitoriale sur le plan psychologique : «… les idées racistes et nauséabondes et les politiques migratoires mortifères doivent être combattues à tous les niveaux ». Hurlant contre l’hydre « fasciste », et comme les charitables faux socialistes du 19 ème, le NPA invoque le « droit international » (sans doute pour faire internationaliste) mais hélas en fait la mafia européenne :

« L’Italie de Georgia Meloni, l’extrême droite « post-fasciste », refuse de laisser accoster les bateaux, y compris contre le droit international. Cette situation permet à la France et à l’hypocrite Darmanin, mais également à la Norvège, à l’Allemagne et nombreux autres pays de leur donner des leçons de droits humains tout en ne faisant rien ». (C’est intitulé sans rire « article de la catégorie antiraciste)

Tout en ne faisant rien, l’Allemagne en particulier ? Rigolos, la moitié des bateaux ONG sont allemands et pour cause, celle-ci a besoin de main d’œuvre à bon marché et peut compter donc sur l’appui des gauchistes français et des verts allemands !

 Lutte Ouvrière, après avoir protesté contre le sort fait aux migrants, nous joue de la flûte mondialiste : « La planète est devenue un grand village où, même sans partager la langue et la culture des femmes et des hommes vivant à des milliers de kilomètres, nous en partageons les malheurs et les espoirs. Et c’est maintenant qu’il faudrait multiplier les frontières et les rendre infranchissables ? ».

Pour sûr la bourgeoisie mondiale nous invente chaque jour de nouvelles nations, mais la dénoncer cela revient-il à appeler toute l’Afrique et au reste à venir migrer en Europe ? LO est en permanence ambigu et danse d’un pied sur l’autre, laissant penser même à un moment revenir sur le terrain de classe contrairement au cosmopolite et inconsistant NPA :« Ce sont les exploiteurs à la recherche de profits qui provoquent et façonnent les migrations. Mais tout en rassemblant et en mélangeant les travailleurs des quatre coins du monde, les capitalistes ont toujours eu pour politique de les diviser et de les dresser les uns contre les autres ».

Autrement dit, et c’est là la stricte vérité, les migrants ne viennent pas s’eux-mêmes, mais parce que les patronats leur proposent la lune et la misère avec. Or, dans son édito, Nathalie Arthaud vante le beurre et l’argent du beurre, et surtout, oublie, comme CCI et tutti quanti, que le système se sert de l’immigration non seulement comme tactique éprouvée et traditionnelle de diviser la classe ouvrière mais pour liquider toute possible renaissance du véritable internationalisme qui ne supposait pas une immigration de dépeuplement, de masses transitant dans l’affolement d’un continent à l’autre, où le système a généralisé d’immenses camps d’internement et où des centaines meurent en mer du fait des chants de sirènes des capitalistes avec les chœurs gauchistes immigrationnistes irresponsables.

« Les immigrés sont tous des travailleurs et quasiment tous les travailleurs sont des immigrés. S’ils n’ont pas changé de continent ou de pays, ils ont changé de région ou de ville. La fraternité de classe doit nous conduire à être du côté des migrants contre nos exploiteurs et nos gouvernants. Car c’est ensemble que nous aurons la force de briser les chaînes de l’exploitation ».

Tout ça c’est du bla-bla qu’on a tous répété pendant des décennies, cela reste vrai, mais vain et hors d’une réalité où la bourgeoisie ridiculise cette fraternité internationale au niveau d’une charité mondialisée.

Mais derrière cet immigrationnisme qui ne déroge pas à la bien-pensance réformiste, ces groupes, d’origine stalino-trotskiste défende un programme totalement réactionnaire, comme le rfévèlent leurs critiques à l’Etat providence. >La première ébauche de l’État providence (le Sozialstaat ou "État social") a vu le jour en Allemagne. Le chancelier Bismarck mit en place un système d’assurances sociales, afin de contrer l’influence grandissante du socialisme au sein d’une classe ouvrière en plein développement. Au 20ème siècle, par suite aux deux guerres mondiales cet Etat providence a été remis au goût du jour par les diverses factions de la gauche bourgeoise de Marchais à Mélenchon. On imagine d’ailleurs ce que ferait un tel Etat restauré face à l’afflux de migrants…

 

LA DENONCIATION DE LA CHARITE DU POINT DE VUE DES BASSES CLASSES

Les précurseurs dits utopistes, bien à tort quand on compare leurs travaux à la démagogie moderne de la gauche bourgeoise et de ses gauchistes. Le progrès industriel au 19 ème supposait d’y associer le progrès social, afin d’accroître les revenus de l’ouvrier, mais surtout à le soustraire au besoin d’assistance, à lui donner, en un mot, les moyens de se passer du secours de la charité.

Les dits utopistes, plus radicaux et peu enclins à respecter les traditions catholiques, s’approprient « l’utopie des classes inférieures ».  Saint-Simon (1760-1825) reconnaît dans son Nouveau Christianisme (1825), produit de la sécularisation de la société postrévolutionnaire par l’intermédiaire des institutions étatiques, que la charité n’est jamais réellement réalisée, les carences se maintenant, de sorte que le besoin se fasse régulièrement ressentir, afin d’assurer l’hégémonie d’une classe sur l’autre. L’Église, qui se préoccupe plus de règne temporel que de l’élévation spirituelle des foules, ne parvient pas à effacer la misère morale et sociale, si elle ne l’accentue.

Les pauvres dont parle Saint-Simon sont aussi les migrants d’aujourd’hui, avec leurs misères et leurs méfaits inévitables : « Les pauvres, étant nourris par charité, sont mal nourris ; ainsi leur existence est malheureuse sous le rapport physique. Ils sont encore plus malheureux sous le rapport moral, puisqu’ils vivent dans l’oisiveté, qui est la mère de tous les vices et de tous les brigandages dont ce malheureux pays est infesté ».

Saint-Simon reproche au clergé catholique de « sacrifier » la classe des pauvres aux laïques riches et investis du pouvoir, à condition que ces derniers consentent eux-mêmes à se laisser dominer sous tous les rapports par les ecclésiastiques, comme c’est le cas surtout, hélas, avec l’islamisme aujourd’hui.

COMMENT ECHAPPER A CETTE POISSE de charité bourgeoise ?

« Prêtres et philosophes ont distingué les bonnes et mauvaises passions, prétendant qu’en exerçant de bonnes actions, telles la charité, on peut espérer le bonheur de l’au-delà ». Charles Fourier

Pour Saint-Simon, la notion de fraternité vient se substituer à la charité, accomplissant le vœu de la Révolution française, en détournant la fraternité d’armes.  La conclusion à laquelle aboutit Saint-Simon rappelle celle de saint Paul (1Cor 1,17-25), à savoir la folie du monde :

« La société actuelle est véritablement le monde renversé. Puisque la nation a admis pour principe fondamental que les pauvres devraient être généreux à l’égard des riches, et qu’en conséquence les moins aisés se privent journellement d’une partie de leur nécessaire pour augmenter le superflu de gros propriétaires »..

Saint-Simon emploie rarement le terme de charité qu’il conçoit comme négativement connoté. En revanche, il préfère le concept d’association qui exprime mieux le lien d’interdépendance qui relie tous les composants d’un même système : si l’un des maillons est faible, cette faiblesse menace l’ensemble du système ; aussi le système a pour fonction de renforcer ses faiblesses. Le besoin de charité trahit l’imperfection de la société et l’incompétence des membres et institutions qui la composent. Une pareille attitude n’est plus tenable après 1789 car la misère des uns permettrait d’élever les autres, supposant alors dans l’humanité deux espèces distinctes, reconnaissant à l’une la légitimité à exercer son « pouvoir » de charité sur l’autre contrainte à lui être redevable, l’une dotée d’une âme supérieure et l’autre condamnée aussi à la misère morale. Pour Fourier l’indigence est entretenue par la classe dominante afin qu’elle puisse exercer sa domination maligne en revêtant le masque de la bienfaisance. Il y voit l’expression d’une « volupté » qui témoigne du projet sciemment criminel de la finance soutenue par l’Église, preuve que le Christ a bien été vendu à Mammon (Mat. 6,24) et que la société célèbre le Veau d’or. Idem pour l’islam. Fourier est génial comme le nota Marx, avec sa belle écriture il va à l’essentiel :

« Il fallait à l’Économie politique un beau masque pour cacher sa vilaine figure. C’est une science qui ne parle qu’à la bourse : elle devait se former un allié qui parlât au cœur, une secte qui, réduisant les jouissances du luxe et les voluptés en actes religieux, aurait prouvé que l’amour des richesses et des voluptés est très-compatible avec la probité, la charité et les passions généreuses. (…) La charité ! elle est impossible par l’immensité des misères que nulle aumône ne peut faire disparaître ; elle est de plus dangereuse, en causant la répugnance du travail dont le peuple est détourné quand il trouve des aumônes abondantes. Il y a de plus, impossibilité de discerner les vrais pauvres d’avec les intrigants ». (…)  « la civilisation tombe dans le ridicule et l’impuissance jusque dans ses entreprises les plus louables, comme celle de secourir l’indigent  ». Le miséreux est ainsi habitué à la paresse et à la mendicité ».

Le précepte humaniste  « ne faites pas aux autres ce que l’on n’accepterait pas pour soi-même » se solde par un échec car il perd, à long terme, autant le miséreux que la main secourable. Dans la Phalange idéale, Fourier pratique une « charité fédérale », la philosophie devant toujours se méfier des séductions de la religion car cette dernière, digne des plus hautes considérations, risque de l’entraîner dans les méandres du crime (ce qui était très anticipateur de l’islam délétère au XXI ème siècle !

Victor Considérant (1808-1893), philosophe et économiste polytechnicien fouriériste, dénoncera l’extraordinaire manipulation de la charité en approfondissant les réflexions théologiques : le dolorisme du christianisme est détourné par les chrétiens eux-mêmes qui discréditent les paroles du Christ en pratiquant une charité au nom du bien tout en concourant au mal.

Osé vous paraîtra le commentaire suivant qui ne peut accepter le migrant comme un saint, à la manière de nos religieux et inquisiteurs islamo-gauchistes !

« Si la douleur, si les souffrances, si toutes les misères nous sont imposées par la volonté absolue de Dieu […] ; si nous ne pouvons mériter auprès de lui, rentrer en grâce, et gagner notre salut éternel que par ces douleurs, par ces souffrances, et par notre résignation à les supporter […], la charité alors est une très grande inconséquence… Porter secours à votre frère qui souffre, c’est tendre un piège à sa faiblesse, c’est lui enlever des mérites, des occasions, des moyens de salut […]. Voilà les conséquences où le dogme mène ».

On a longtemps cru dans le mouvement ouvrier et révolutionnaire qu’on vivrait peu à peu un effacement des frontières, que la charité laisserait la place à la solidarité…de classe et à une fraternité universelle. Or la capitalisme décadent détruit de plus en plus ces deux vertus.

L’empathie et la solidarité altruiste ne disparaissent jamais dans les basses classes et surtout dans la classe ouvrière mais l’explosion démographique et les flux en tous sens des populations, dus surtout à l’incapacité croissante du capitalisme de réguler son système et d’aller insensiblement vers l’abîme, changent les données de l’internationalisme. La bourgeoisie s’est posée désormais en moraliste antiraciste, féministe, immigrationniste, remplaçant les idéaux universalistes de fraternité des peuples, du développement des peuples dans leurs aires d’existence et de culture respective, par un capharnaüm planétaire où tous les chats sont gris et tous les migrants des victimes du racisme et pas du capitalisme déglingué.

 

 

NOTES

 



[1] Migrants: les liaisons dangereuses entre ONG et passeurs, cet article du Figaro, qui fait florès dans les médias aujourd’hui, est encore trop gentil concernant cette collaboration entre mafia des passeurs et faux bénévoles, s’appuyant lui aussi un peu trop sur l’argument humanitaire comme cache-sexe d’une exploitation de la misère des « sans patrie » pour vivre normalement : «  Les opérations de secours, comme celle menée par l’Ocean Viking, sont accusées par l’agence européenne de contrôle aux frontières Frontex d’«influencer la planification» des réseaux d’immigration clandestine. Les associations, elles, réfutent toute collusion.  Viking, Rise Above, Géo Barents, Mare Jonio, Sea Watch 3, Open Arms Uno et tant d’autres bateaux ambulants, la flotte des ONG en Méditerranée n’a jamais été aussi étoffée. La moitié est liée à des ONG allemandes. Ces navires sont au moins une vingtaine à se répartir les interventions en mer, épousant le rythme effréné imprimé par les réseaux du crime organisé qui s’enrichissent sur la détresse humaine en mettant à l’eau, principalement depuis les côtes libyennes, des embarcations surchargées d’exilés. Avec, en toile de fond, cette question lancinante dans les pays d’accueil: les humanitaires sont-ils, sans le vouloir, les garants d’un système qui ne fonctionnerait pas aussi bien sans eux? ». Les employés du Figaro n’y comprennent rien parce qu’ils ne peuvent se situer du point de vue de classe du prolétariat car il s’agit surtout d’une campagne idéologique, pas principalement pour dénoncer l’extrême droite, mais pour faire avaler une notion pourrie, cette notion fallacieuse d » charité « internationaliste », sachant surtout que lorsqu’elle est au pouvoir la gauche bourgeoise est la plus acharnée à « défendre nos frontières ». 

J'ai écrit plusieurs  articles sur cette question de la perversion de l'internationalisme, et même sa liquidation par la bourgeoisie, lire celui-ci en particulier de 2019, même si j'ai l'impression d'analyser dans le vide et sans aucune réaction: Le prolétariat universel: LA VIEILLE LEGENDE DE L'INTERNATIONALISME (proletariatuniversel.blogspot.com)

[2] Marx et Engels, Etudes philosophiques. A ce point de vue l’islamisation mondiale a largement dépassé le christianisme. Et cf https://www.cairn.info/revue-constructif-2020-2-page-15.htm

[3] François Barthélémy Arlès-Dufour ( 1797-1872), saint-simonien et légataire universel de Prosper Enfantin.

jeudi 17 novembre 2022

Arrêter la guerre mais à quel prix et pour quoi faire ?

 

Les lâches

Zelenski décrédibilisé ? A-t-il perdu une occasion de se taire ?

On vit une époque où tout est basé sur la dépolitisation, ce qui est classiquement, comme dans la plus banale des dictatures primaires, le meilleur moyen d’empêcher de réfléchir sérieusement les classes exploitées et surtout la classe ouvrière. La petite bourgeoisie, dans toutes ses variantes, s’énerve depuis un moment, ses écolos, ses féministes, ses barricadiers s’emportent, cassent tout mais ne dérangent en rien le système. Attendez voir quand le prolétariat s’y mettra. Donc l’idéologie mouille la poudre partout, en particulier aussi au niveau culturel. J’entre dans ma médiathèque à la recherche d’ouvrages plutôt marxistes ou du moins s’intéressant à la lutte de classe, sur la guerre actuelle… rien, sur les tables à l’entrée : des BD idiotes pour les mômes, des machins écolos et féministes, la culture des plantes, des ouvrages sur la condition des migrants et les palmiers du Sahara. Le maire de ma ville, ancien stalinien s’est reconverti écolo, comme la plupart de ses compères (ce qui explique d’ailleurs l’origine du sectarisme et du moralisme éhonté de toutes ces bandes de la Nupes nulles). Je croise une jeune élève en abaya ; elle n’est pas autorisée à la porter au lycée, tant mieux, donc rien ne l’empêche de se déguiser à l’extérieur. Dans la salle de lecture de la presse la couverture de Charlie hebdo est systématiquement repliée vers l’intérieur pour ne pas choquer le lectorat musulman.

La Turquie et l’Arabie Saoudite financent mosquées et écoles coraniques, et de plus en plus de migrants musulmans débarquent dans l’espoir eux aussi de devenir des électeurs du prophète. Tout va bien, l’ordre est protégé par le comportement cultuel promo-islam et leur férule âgeuse vieille, c’est une legs cultuel de la guerre américaine en Afghanistan ; après avoir armé les djihadistes de l’époque pour aider à faire chuter le bloc russe, même si les afghans se sont retournés contre eux. Les impérialistes US ont compris l’intérêt de cohabiter avec l’idéologie islamiste et, ce qui est la principale honte des démocraties bourgeoises (et la preuve de la pourriture de la démocratie bourgeoise) : laissant un tiers de l’humanité sous le contrôle des pouvoirs islamiques qui humilient et tuent des femmes. 30 ù de la population mondiale est islamisée : en 2050 les musulmans seront aussi nombreux que les chrétiens. Vous me direz qu’on s’éloigne ici de la guerre en cours, et que problème de l’islam criminel est secondaire, voire une fixation excessive. Que nenni, Poutine comme Biden s’en est servi[1] sans vergogne pour terroriser les ukrainiens. La réputation de cruauté des milices tchétchènes n’est plus à démontrer. La guerre dans sa durée est en général une série de mensonges, et celui de Zelenski fait figure de bévue enfantine comparée aux tonnes de mensonges des deux côtés et en particulier de celui de l’impérialisme russe. On va s’interroger sur l’alignement « unanimiste » de tous les vassaux et généraux français lécheurs de bottes de l’impérialisme américain. Zelenski, depuis le début, n’est que le jouet des américains, il ne faudrait pas que ses chevilles enflent. On le sermonne en ce moment sans se gêner, en particulier les généraux français, qui remplacent de plus en plus les journalistes dans les médias, ce qui aurait dû nous indigner depuis longtemps. Les généraux sont des gros cons. Un général français en exercice est venu se joindre au chœur des chargés de mission médiatique mondiale pour relever une « perte de crédibilité » de Zelenski, mais pour faire acte complet d’allégeance à l’impérialisme en chef : « L’OTAN a été exemplaire dans sa mesure et dans son sang-froid". "L'Otan fera la guerre si nécessaire mais elle ne fera pas la guerre par accident et encore moins par caprice » ; il faut que Zelenski cesse de « semer le doute », CQFD ! Et ce général de rappeler qu’un jour les politiciens devront bien passer sous les ordres des généraux[2]

LA FABLE DE LA GUERRE CONTROLABLE

Il faut remarquer que le présumé accident en Pologne est révélateur du fait que dans toute guerre les bourgeoisies en lice ne contrôlent pas tout, et que la menace de guerre mondiale va planer encore longtemps… jusqu’à ce qu’eux-mêmes ne puissent plus en contrôler le déclenchement. Il ne faut pas oublier que la guerre est un phénomène inconscient pour ne pas dire cynique, primaire et irresponsable sous la domination capitaliste ; d’autant qu’elle apparaît irrationnelle à notre époque, elle en vient à être inévitable, sauf à être stoppée par une révolution.

La une du journal la montagne que j’ai publiée ci-contre résume assez bien l’aboutissement de la préparation nationaliste à la guerre dans ses divers titres, et en quelque sorte gênant, un parallèle négligé par tous du début de la guerre qui avait commencé par l’invasion de la…Pologne : « Le devoir est pour tous », « Mobilisation générale en France », « La même mesure est décrétée en Angleterre »,


« devant le gouffre ». Et humour sordide habituel du pacifisme bourgeois, dans le même genre de faconde que notre G2O : « Une suprême (sic) démarche sera tentée aujourd’hui à Berlin pour inviter l’Allemagne à cesser les hostilités » ! Même le petit Zelenski, en tee-shirt kaki,  est adepte de ce double langage en déclarant : « il est temps de mettre fin à la guerre destructrice de la Russie », c’est-à-dire de la continuer… quand russes et américains sont en train, sous la table, de négocier une paix provisoire, sur le corps torturé  des ukrainiens et les laissant veufs de la Crimée. Le pape christiano-gauchiste a lui aussi suggéré à Dieu de se dépêcher de « mettre fin à la guerre au plus vite ». Question bénédiction il s’y connaît.

Remplacez Allemagne par Russie et vous aurez un avant-goût de ce qui suivra.

UNE CURIEUSE « réaction mesurée »

Alors que dans la soirée du dit bombardement sur le « territoire européen » la plupart des journalistes jouent à l’affolement, la réaction mesurée du principal impérialisme a fait sourire les plus dubitatifs parmi nous autant qu’elle a choquée les commentateurs superficiels. Hé oui, ce n’est qu’une temporisation ; il est tout aussi probable que les deux missiles ou drones aient été tirés par les soudards de Poutine[3], mais l’heure n’est pas venue à la surenchère. Pourquoi ?

Parce que le monde entier est touché par les conséquences de la guerre. En premier lieu au niveau économique nous vivons un important changement de période tournée vers l’économie de guerre. La Russie dont le PIB est deux fois inférieur à celui de la France, du fait de l’effort de guerre plonge et son PIB a chuté de 4%. Même s’il a tendance à ne pas trop faire le lien avec la guerre – c’est le rôle des munichois de la Nupes de faire croire que la lutte contre la vie chère » ne relèverait que de la contestation électoraliste de Macron - L’européen moyen subit hausse de l’essence et grand bond des prix dans les supermarchés, ce qui est moins grave que des millions d’ukrainiens privés de chauffage et d’électricité ; cet aspect de la guerre n’est pas du tout relevé comme une ignoble innovation poutinienne (décadente…) de cibler toujours plus la population civile ; même Hitler n’avait pas fait ça, se contentant d’écraser tout sur son passage avec ses chars et ses avions. On se contente de l’interpréter comme une faiblesse militaire de Poutine.

En deuxième lieu, les observateurs bourgeois les plus attentifs, économistes ou sociologues, ne cachent pas que la terre, dite planète ce qui fait plus plané…terre[4], s’oriente non prioritairement vers le réchauffement climatique ni pour la mirifique urgence climatique, mais vers de graves affrontements sociaux et politiques ; les généraux ne cachent pas miser sur la nécessaire préparation pour que les populations soient convaincues de l’inéluctabilité de la guerre… comme en 14 et en 39. Mais avant cette perspective, il faudra les mettre au pas avec « le devoir est le même pour tous ». La menace du prolétariat, comme en 1918, presse les divers impérialismes donc à SUSPENDRE PROVISOIREMENT la guerre mais jamais à y mettre fin, vu la menace prolétarienne qui se profile déjà, même à travers de simples grèves corporatives un peu partout, car, nouveauté gravissime de notre époque : la lutte économique va se développer politiquement, et pas simplement à partir des grèves ici ou là, non contre cette récurrente crise économique qui n’en finit pas, mais contre les objectifs de destruction de l’humanité de la bourgeoisie affolée et sans avenir crédible.

L’insistance à humilier Zelenski n’efface pas les conséquences de l’incident, qui favorisent une généralisation de l’armement dans chaque pays. Plusieurs pays, dont la Lituanie, réclament un renforcement de la défense aérienne du flanc est de l’Otan. Particulièrement vulnérables à la menace russe, les pays de l’Est, la Pologne et les petits pays Baltes en tête, disent leur besoin de réassurance de la part de l’Alliance. L’Allemagne s’est portée volontaire pour soutenir la défense aérienne de la Pologne, qui partage 530 kilomètres de frontières avec l’Ukraine.

Les attentats terroristes vont se multiplier comme en Turquie. En général ils sont bienvenus pour souder la population derrière l’Etat « national ».

SOUS LA GUERRE, PROVISOIREMENT pas généralisée, LE RETOUR DE L’ECONOMIE DE GUERRE

Pourtant, derrière la complicité militaire de façade (aussi provisoire), le protectionnisme revient en force dans ce monde de plus en plus fragmenté. Face aux risques multiples qui pèsent sur l’économie mondiale et la montée des tensions géopolitiques, les États, Amérique en tête, défendent avant tout leurs intérêts nationaux. Le vaste plan anti-inflation de Biden, voté en août par le Congrès, provoque des tensions avec ses alliés traditionnels, sud-coréens, européens et japonais. Les « alliés » français renâclent également :

«Le véritable risque européen, c’est le décrochage technologique, industriel et économique, qui laisserait le champ libre aux États-Unis et à la Chine» (Bruno Le Maire).

La  stratégie de Biden n’est pas seulement commerciale elle est industrielle, et s’appuie sur la croissance de ses ventes d’arme. Plus fielleux, et caractéristique de l’économie de guerre, le fait de se centrer sur la protection du marché intérieur vise à ficeler le prolétariat dans le nationalisme (= protectionnisme décomplexé), comme le souligne cette femme experte en économie. «La promesse de campagne de Biden en 2020 visait à ce que le commerce extérieur bénéficie plus aux travailleurs américains» » (Elvire Fabry).

La guerre en Ukraine a renforcé la dépendance de l’Europe à l’impérialisme US sur le « front » énergétique et sur celui de la défense militaire. Les États-Unis financent en grande partie l’aide militaire à l’Ukraine. Et elle court derrière la cavalcade à la guerre. En Allemagne décisions pour développer une nouvelle et vraie armée allemande capable de contrôler l’Europe. En France multiple gesticulations de Macron pour lui aussi préparer la guerre. J’ai déjà montré comment il se prenait pour Déroulède. Tout en agitant des phrases pacifistes sonores au G20 il a ordonné l’entraînement militaire exceptionnel de 20.000 militaires de toute l’Europe dans le sud de la France pour un remake du débarquement. Et les généraux qui ne cessent de se plaindre que, avec les moyens actuels, même nucléaires, la France ne pourrait pas tenir plus de trois jours dans une guerre conventionnelle ! Partisans ceux-là aussi d’une nouvelle, et ridicule, ligne Maginot ?

GUERRE HYBRIDE ?

Je ne partage pas ce concept de guerre hybride, ahistorique, inventé par tel économiste bourgeois, la guerre actuelle a un premier aspect irrationnel mais reste toujours fondé sur des débâcles économiques. Mais, en conclusion je suis assez d’accord avec l’article qui suit :

« Le concept de Guerre Hybride se réalise sous nos yeux : les Etats sont alliés sur le terrain militaire mais adversaires sur le terrain économique. Nos amortisseurs sociaux sont détruits par la guerre hybride au Sud important une pauvreté et donc un endettement imposé pour financer sa prise en charge, associé à une inflation imposée par la destruction de notre diversification énergétique léguée par De Gaulle (la férocité des attaques intérieures contre Total et ses projets au Gabon , et contre la filière nucléaire, contre la production intensive de céréales et notre indépendance alimentaire vient surtout des écologistes ).

Au G20 de Bali, Emmanuel Macron a demandé à Xi Jinping de ramener les Russes à la table des négociations et a dit son intention de téléphoner bientôt à Vladimir Poutine. Quelques jours plus tôt, le chef d’état-major américain, Mark Milley, avait douté de la possibilité que la guerre se termine par une victoire militaire ukrainienne et envisagé une «fenêtre de négociations».

Les appels à la «paix», à la «désescalade», aux «négociations» et au «cessez-le-feu» se multiplient dans les chancelleries et les états-majors occidentaux depuis la libération de Kherson par les forces ukrainiennes. À l’approche de l’hiver, les inquiétudes énergétiques des pays européens grandissent. La guerre coûte cher. Elle entame les stocks des armées occidentales, y compris celle des États-Unis. Les Occidentaux redoutent que les avancées militaires ukrainiennes s’accompagnent d’une nouvelle escalade russe. Ils craignent aussi un scénario du chaos à Moscou, dans l’hypothèse où le président russe serait écarté du Kremlin, peut-être par son aile radicale. Autant de raisons qui poussent certaines voix à appeler à un gel rapide des combats.

Mais il est rare que les espoirs diplomatiques formulés dans les enceintes internationales trouvent un écho sur le terrain. Ils rappellent surtout que les leçons de 2008 (guerre de Géorgie) et de 2014 (première guerre d’Ukraine) n’ont pas été apprises par tous: les cessez-le-feu et les compromis diplomatiques sont toujours utilisés par la Russie pour déstabiliser le pays qu’elle occupe, gagner du temps, et regrouper ses forces avant de lancer une nouvelle offensive. Quant à la Chine, elle n’a pas condamné l’offensive russe en Ukraine et s’est jusque-là gardée de trop critiquer Moscou. Son action, pour l’instant, devrait se limiter à essayer de bloquer les élans nucléaires du régime russe. Ce qui est déjà pas mal, mais qui ne met pas fin à la guerre ».

Il y a peu de chances que les discussions de Bali aient un effet pacifique, car elles entrent en conflit avec la réalité du terrain. Le temps de la négociation est passé. Il avait été brièvement ouvert par Volodymyr Zelensky au début de la guerre. À l’époque, le président ukrainien s’était dit prêt à des concessions. Mais la Russie, persuadée qu’elle allait gagner en quelques jours, n’avait pas saisi la perche. Depuis, les crimes de guerre commis contre les civils ukrainiens et les succès de la contre-offensive ukrainienne ont changé la donne ».

Pas sûr que la prétendue victoire ukrainienne « sur tous les fronts » (dixit un médaillé US) ait changé la donne. Enfin ce n’est certainement pas le froid en Ukraine qui turlupine les dirigeant bourgeois du monde entier (surtout la Chine) mais la crise de… l’économie en guerre !

 

 

NOTES 

 


[1] Alors que Vladimir Poutine se présente comme le protecteur des chrétiens d’Orient et le dernier rempart contre l’islamisme radical, il n’a pas hésité à envoyer sa « propre armée islamiste » combattre en Syrie. En endossant le rôle de défenseur des musulmans face aux « terroristes » qui s’opposaient au régime de Damas et en promettant la reconstruction de mosquées détruites, Ramzan Kadyrov offrait ainsi une autre légitimité religieuse à Moscou.

[2] Et le général de préciser : "Il y a un processus décisionnel qui est très normé. C'est en fait une itération entre le politique et le militaire. Le politique va commencer par définir ses objectifs, le militaire va lui dire quel genre d'options est envisageable pour remplir ses objectifs. Le politique s'exprime à nouveau puis donne ses ordres et à la fin et s'il le faut, on déclenchera une opération". Pour Michel Yakovleff ce n'est qu'à ce prix que l'Otan est crédible : "L'Otan est une réelle garantie de sérieux. C'est l'adulte dans la maison de fous, à l'heure actuelle", conclut-il.

[3] Question mensonges l’impérialisme américain est très fort, pour ceux qui connaisse le lassez-faire à Pearl Harbor pour justifier l’entrée en guerre… et a-t-on oublié les bobards sur les armes de « destruction massive », du même ordre que le récurrent argument (fallacieux) sur la menace nucléaire russe, factice ! Les bourgeoisies ne veulent pas se suicider !

[4] Je me laisse aller aussi à des jeux de mots ce qui est désormais le quotidien des titres de Libération qui a toujours un peu piqué les idées de Charlie Hebdo.

mercredi 9 novembre 2022

COMMENT LA BOURGEOISIE DISSOUT LES PRINCIPES DU PROLETARIAT



« Même le besoin de grand air cesse d’être un besoin pour l’ouvrier ; l’homme retourne à sa tanière, mais elle est maintenant empestée par le souffle pestilentiel et méphitique de la civilisation et il ne l’habite plus que d’une façon précaire, comme une puissance étrangère qui peut chaque jour se dérober à lui, dont il peut chaque jour être expulsé s’il ne paie pas. Cette maison de mort, il faut qu’il la paie. La maison de lumière que, dans Eschyle, Prométhée désigne comme l’un des plus grands cadeaux qui lui ait permis de transformer le pauvre en homme cesse d’être un besoin pour l’homme. La saleté, cette stagnation, cette putréfaction de l’homme, ce cloaque (au sens littéral) de la civilisation devient son élément de vie. L’incurie complète et contre nature, la nature putride, devient l’élément de sa vie ». Manifeste communiste de 1848

 « La bourgeoisie, dont la conscience de classe est très supérieure, par sa plénitude et son intransigeance, à celle du prolétariat, a un intérêt vital à imposer "sa" morale aux classes exploitées. Les normes concrètes du catéchisme bourgeois sont camouflées à l'aide d'abstractions morales placées elles-mêmes sous l'égide de la religion, de la philosophie ou de cette chose hybride qu'on appelle le "bon sens". L'invocation des normes abstraites n'est pas une erreur désintéressée de la philosophie, mais un élément nécessaire du mécanisme de la lutte des classes. Faire ressortir cette duperie, dont la tradition remonte à des millénaires, est le premier devoir du révolutionnaire prolétarien ». Trotski (1938)

Marx, qui ne fût jamais un adepte du messianisme contrairement à la plupart de nos mini-groupes maximalistes, envisageait en cas de décadence , la ruine des classes en présence : « Le développement historique divise la société capitaliste en deux grands camps en conflit dont la lutte aboutira soit à la fondation d'une société supérieure, soit à "la ruine mutuelle des classes en présence". 

Toute notre actualité depuis des décennies démontrerait hélas la deuxième hypothèque, en laissant de côté la petite bourgeoisie, très en colère contre le capitalisme mais qui fait feu de tout bois, au niveau du simple émeutier anarchiste. Nous tenterons ici de faire le point mais pas la fin de la gigantesque manipulation immigrationniste.. La grande faiblesse de tous nos petits groupes marxistes révolutionnaires, même s'il faut reconnaître qu'ils sont bien isolés tout en exprimant une rare vérité politique face aux mastodontes médiatiques et à la dictature idéologique du Capital, est de ne pas prendre en compte l'intelligence perverse de la bourgeoisie dominante. Bien qu'ils constatent les manœuvres et mensonges dilatoires du pouvoir universel de la classe dominante, ils s'avèrent incapables de mettre en avant que celle-ci pillent systématiquement les principes du prolétariat mais pour les dissoudre de multiples manières sous une prétention « humanitaire » et surtout avec cette nouvelle religion « universelle » : l'écologie ; laquelle messe, figurative, a pour but à la fois de faire croire à une relance prometteuse d'un capitalisme « modernisé », « dépollué » et « humain », avec la promesse de décupler les besoins en voitures électriques, mais surtout à préparer un avenir radieux pour autant qu'on ne le mettre pas en cause, et que, dans l'intimité, on ne gaspille pas l'eau et qu'on ne jette pas le verre avec les ordures ménagères. Plus de classes, plus de révolution, la persécution idéologique[1] est devenue la plus sûre valeur morale qui doit unifier pauvres et riches, prolétaires comme bourgeois (= interclassisme).

Or l'avenir radieux, c'était jusqu'à il y a très longtemps, le prolétariat qui en possédait les droits d'auteur. Se prenant carrément pour une nouvelle AIT ou même Internationale non communiste, en tout cas comme figuration d'un « internationalisme » écologiste, la COP 27, qui se déroule avec culot dans un pays qui n'a pas les moyens de développer une véritable politique écologique. Citons :

« Dans son intervention à l’occasion de la COP 26 qui se déroule actuellement en Ecosse, le président égyptien a indiqué que le rendez-vous de la COP 27 serait « une véritable conférence africaine pour progresser dans des domaines prioritaires tels que le financement climatique, l'adaptation et les pertes et dommages ». Comme pour les précédentes conférences, l'enjeu de cette future rencontre sera pour l'Afrique de franchir un nouveau cap dans la mobilisation de l'investissement initial en capital dont elle a besoin pour améliorer sa réponse face au changement climatique, à long terme.Le premier point serait de parvenir à ce que les économies développées tiennent leurs promesses tenues lors de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, de fournir 100 milliards de dollars par an pour aider à couvrir les coûts d'adaptation et de transition des pays en développement. Aussi faudra-t-il aligner les marchés financiers sur les objectifs de cet accord, afin de fournir les ressources importantes dont l'Afrique a besoin pour permettre à ses économies de s'adapter au réchauffement climatique ». 

L'argument le plus avancé pour consolider l'idéologie bourgeoise écologique, pourtant assez illogique, est toujours la fable du réchauffement climatique[2], disons l'argument pour voiler encore les responsabilités du capitalisme : quand le sage montre le capitalisme, l'idiot regarde le soleil. Concernant les pays sous-développés du Tiers-Monde, qu'il faut nommer pays du sud désormais (déconstruction idéologique woke) pour faire croire qu'ils pourraient se développer, on leur fait la leçon pour trier leurs ordures sans se préoccuper de leur faible industrialisation, de l'exploitation éhontée de leur peuple et de la continuité du pillage de leurs matières premières, y ajoutant le pillage des matières humaines »[3]. Cet « internationalisme » écolo-capitaliste de base aussi sur un immigrationnisme « humanitaire » et apparemment « sans-frontiériste » girouette qui vient effacer, voire ridiculiser le fameux  « Prolétaires de tous les pays unissez-vous » et empêcher toute expression alternative de véritable internationalisme qui ne peut être l'accueil de toute la misère d'Afrique. Tous les débats manichéistes sur le sujet évitent l'essentiel, l'immigrationnisme n'est pas simplement une idéologie irresponsable et irrationnelle, c'est surtout un big bizness ; les dévoués sauveteurs des mers, pas du tout bénévoles, sont rétribués 4000 euros:mois.

UNE « SOURCE  GOUVERNEMENTALE » AFFIRME...

Le « sauvetage des migrants » est devenu la principale leçon de morale face à un prolétariat blanc « devenu raciste », ainsi que l'assurent les idiots utiles islamo-gauchistes ! Aujourd'hui, c'est une "source gouvernementale" affirme faire la morale à l'Italie et des ONG allemandes... Fumistes obscurs ! Au nom de quoi accueillerait-on des pauvres bougres (avec la gale maintenant) qui vont être en plus laissés à eux-mêmes la plupart du temps; errer dans les rues et grossir le lumpenprolétariat? Ce capitalisme "humanitaire" nous convie à approuver son chaos parce en laissant les dictateurs et féodaux islamiques des anciennes colonies faire crever les gens et en plus s'en débarrasser. L'argument le plus vicieux étant encore et toujours le "réchauffement climatique". En réalité ce cosmopolitisme hypocrite et dissolvant n'est que la destruction de tout internationalisme de classe d'en bas, et des masses paupérisées sans conscience de classe.

Avant de m'attaquer à l'idéologie dissolvante principale, je vais lister la manière de récupérer en les dissolvant les principes du communisme, même à la manière stalinienne qui reste une école de combat contre la vraie perspective d'un communisme humain, pour toutes les factions libérales et de la gauche disparue. Ces principes, corrélés avec leur déformation ou dissolution par l'idéologie woke dominante, ne seront pas forcément dans leur ordre d'importance. Je ne traiterai pas non plus des principes qui indiquent la nécessité du parti, des formes d'organisation autonomes, de la non-prise du pouvoir par un parti, sur la révocabilité des élus, etc., ce serait trop long ou ce sera pour une autre fois, mais sur ces questions comme sur celles dont je traite, l'idéologie bourgeoise est aussi astucieuse en récupération-dissolution[4].

L'ASSOCIATION

Le fondement de la lutte de classe dès l'origine fût : la libre association de tous :  « le but à long terme est le remplacement d'un système divisé en classes par une "association dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous". 

Or, depuis pratiquement un siècle, la lutte de classe est ridiculisée, réduite à la lutte syndicale, comme pseudo autonomie de classe...corporative. Ce que Engels subodorait déjà au 19 ème siècle :

"Il me semble que le grand obstacle aux Etats-Unis réside dans la position exceptionnelle des ouvriers du pays… (La classe ouvrière du pays) a développé et s’est aussi, dans une grande mesure, organisée elle-même en syndicats. Mais elle garde toujours une attitude aristocratique et quand c’est possible, laisse les emplois ordinaires et mal payés aux immigrants dont seulement une petite partie adhère aux syndicats aristocratiques ».

Le CCI (courant communiste international) qui produit cette citation, inverse les données à la manière woke (= destruction et révision de l'histoire) en appliquant le progrès ultérieur du mouvement ouvrier sur la question de l'immigration. Non ce n'était pas déjà une tactique de division bourgeoise des ouvriers, mais bien une crainte qu'exprimaient déjà les ouvriers américains.  Et dont la bourgeoisie s'est emparée par après. C'est oublier que les opportunistes et les populistes s'appuient le plus souvent sur une expression politique primaire d'en bas, quoique pas forcément dans le cas des briseurs de grève chinois à l'époque. C'est surtout ne pas tenir compte que la question de l'immigration a toujours été aléatoire, fluctuante, comme la peine de mort d'ailleurs (appliquée en période de guerre mais pas toujours en période de paix). Et par conséquent pas toujours une référence constante ni contre-révolutionnaire, comme le croit sentimentalement le CCI. Ce raisonnement linéaire ne les différencie pas des immigrationnistes gauchistes, misérabilistes et moralistes plus qu'internationalistes, qui se sont mis à hurler à la faute aux blancs, principale idiotie visant à masquer que le capitalisme n'a pas de couleur, et même qu'il est plus raciste qu'ils ne le supposent. Je reviendrai par après sur cette question centrale, que le CCI veut minorer à l'instar de ses ennemis gauchistes, et aurait honte de dénoncer au wokisme. Même des sociologues américains, non membres de la « gauche communiste » ont compris l'ampleur de la manipulation bourgeoise :

« Au lieu de biens tangibles, tels qu'un salaire décent et la possibilité d'acheter une maison, des groupes d'Américains dépossédés se voient offrir une «reconnaissance» officielle par un ensemble sans cesse croissant d'«identités» enracinées dans la race, le genre et les préférences sexuelles, ce qui les oppose à d'autres groupes d'Américains qui souffrent à peu près des mêmes malheurs. Le wokisme, en tant qu'idéologie, peut être considéré comme une fonction de l'ordre «turbo-capitaliste» qui s'étend – un moyen de contrôler les classes ouvrières et moyennes pour s'assurer qu'elles ne peuvent pas s'unir contre leurs maîtres de plus en plus tout-puissant ».

L'ALIENATION DU TRAVAIL selon les bobos « révolutionnistes" - radicalistes 

Tout a été dit depuis des décennies par les sociologues et des tas d'opportunistes politiques et syndicats sur l'aliénation du travail, une des principales raisons pour mettre fin au capitalisme ; de même que la dénonciation de la marchandise, avec la création de faux besoins, tout en profitant des besoins de luxe. Mais les salons s'en sont accommodés. Cela fait chic de contester le travail. Mais la formulation du CCI, que je partage pourtant complètement, ne peut que faire se gausser les idiots utiles gauchistes, pour qu'ils l'assimilent à du stalinisme : «  Le communisme, contrairement à ce que disent certains qui parlent en son nom, n’est pas contre le travail, "anti-travail". Même sous le capitalisme, l’idéologie du "refus du travail" n’est que l’expression d’une révolte purement individuelle de classes ou de couches marginales. Une des premières mesures du pouvoir prolétarien sera d’instaurer l’obligation universelle de travailler ».

Déjà les pères et grand-pères du gauchisme réformiste actuel, surtout du côté de l'Italie, avaient théorisé le « refus du travail » conforme à leur génération hippie : on en a marre, on se casse à la campagne pour vivre en communauté ! Aujourd'hui ce sont en particulier artistes, chanteurs et cadres parisiens qui se vantent de vivre dans leur résidence secondaire, sans renier leur gagne-pain de luxe grâce à la « révolution » du télétravail, si propice à la réalisation de son petit moi individualiste, pour en quelque sorte « vivre sans temps mort » ! La communauté est cependant revenue de la campagne en zone urbaine avec des communautés variables, raciales, islamiques, écologiques, randonneurs, solidaires de n'importe quoi, etc. 

Cette vie des bobos signifie néanmoins une victoire libertaire de libéraux embourgeoisés et par conséquent du néant de l'anarchisme. Bakounine posséderait aujourd'hui une trottinette électrique, et Stirner une bicyclette de chez Décathlon. Alors on est « radicaliste » parce qu'on quitte les zones urbaines polluées (et dangereuses vu le nombre de migrants errants, mais faut pas le dire, cela ne peut provenir que de la bouche des ouvriers blancs racistes). Et, voici donc la prédiction de Marx appliquée :

L'ABOLITION DE LA SEPARATION ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

Le bobo des villes peut rejoindre le moyen paysan des champs, celui qui s'enrichit avec ses produits bios, et en vrai marxiste révolutionniste réaliser  "abolition de la séparation entre la ville et la campagne", pas besoin d'un communisme lointain et si incertain. Le CCI oublie de leur rappeler que ce n'est pas le moment et que c'est un comportement de privilégiés pour différencier un communisme écolo éloigné de ce stalinisme qui : « au pouvoir a interprété cette phrase à sa façon – en justifiant l’empoisonnement de la campagne et la construction d’immenses casernes pour loger les ouvriers. Mais pour les vrais marxistes du 19e siècle, cette phrase n’avait pas pour sens l’urbanisation frénétique de la planète mais l’élimination des villes surpeuplées et la répartition harmonieuse de l’humanité sur l’ensemble du globe. Ce projet est encore plus valable que jamais dans le monde d’aujourd’hui avec ses gigantesques mégapoles et la pollution de l’environnement qui sévit ». Oui mais il est réalisé déjà pour bourgeois et petits bourgeois friqués, et c'est le cadet des soucis des ouvriers qui préfèrent encore avoir du travail ne ville plutôt que de chômer à la campagne.

Ce confort petit-bourgeois, hors de la contrainte urbaniste n'est pas fait pour attirer la sympathie des prolétaires laissés pour compte ni pour souhaiter cette «fin de séparation harmonieuse ». Un auteur américain montre une autre dissolution d'une partie de la classe ouvrière, rendue dépendante de la charité étatique :

« Enfin, il y a les travailleurs pauvres, dont beaucoup se considéraient autrefois comme la «classe ouvrière» ou la «classe moyenne», mais qui sont maintenant obligés de compter sur des programmes gouvernementaux et des subventions couvrant tout, du loyer aux frais de scolarité, en passant par les soins de santé et la nourriture. Le ciment qui permet au pouvoir de se maintenir est le Parti démocrate, qui dépense maintenant régulièrement plus que le Parti républicain – un mélange incohérent de Trumpistes, de chrétiens et d'autres perdants sur le plan socio-économique – par des marges de trois ou quatre contre un »[5].

LA LIBERATION DE LA FEMME

Marx n'a pas eu des formules valables pour l'éternité, et sa fameuse phrase généraliste, et interclassiste, n'est pas un code de loi - l'homme assimilé en général au bourgeois et la femme au prolétaire[6] -  la sentence reste sentencieuse et plutôt erronée. La bourgeoisie antiraciste et féministe nomme de plus en plus de femmes à des postes de commandement patronaux ou ministériels panachant aussi avec des noirs et des ethnies diverses (une marque d'internationalisme bourgeois certifié!), et dans les familles ouvrières une majorité d'hommes fait de nos jours sans problème la vaisselle. Quelques exemples de réussite minoritaire d'arrivistes multiculutrels ne diminueront en rien l'oppression, la persécution, l'exploitation (par le capitalisme et pas par le mari) et le meurtre des femmes en général. Sur ce plan, les analyses du CCI sont non seulement percutantes mais irréprochables, contre les féminismes bourgeois et les écolos-bobos, et intègrent la dissolution bourgeois du combat marxiste AUSSI pour la libération de la femme des diverses oppressions qu'elle subit depuis des siècles :

« Les travaux d’Engels dans L' Origine de la famille et de Bebel dans La femme et le socialisme analysent le développement historique de l’oppression de la femme, qui franchit une étape fondamentale avec l’abolition de la communauté primitive et l’apparition de la propriété privée et qui est restée sans solution sous les formes les plus avancées de civilisation capitaliste. Cette démarche historique constitue par définition une critique de l’idéologie féministe qui tend à attribuer l’oppression des femmes à un élément inné, biologique chez le mâle humain, et donc comme un attribut éternel de la condition humaine. Le féminisme révèle sa démarche conservatrice, même quand il se cache derrière une critique soi-disant radicale d'une vision du socialisme en tant que transformation "purement économique". Le communisme n’est d’aucune façon une transformation "purement économique". Mais, de même qu'il commence par le renversement politique de l’Etat bourgeois, de même son but ultime de transformation profonde des rapports sociaux implique l’élimination des forces économiques qui sont sous-jacentes au conflit entre les hommes et les femmes et à la transformation de la sexualité en une marchandise. De la même manière que les féministes accusent à tort le marxisme de "n’être pas allé assez loin", les écologistes, reprenant le mensonge selon lequel marxisme = stalinisme, affirment que le marxisme n’est qu’une idéologie "productionniste" parmi d'autres qui porte la responsabilité de la destruction de l’environnement naturel au 20e siècle»[7].

LA CRITIQUE DE LA RELIGION

Problème ardu - pourtant compréhensible pour le besoin des hommes de croire, besoin d'immanence où la croyance religieuse peut concurrencer l'espoir d'un monde différent ou effacer l'amour - reste une épine dans le pied du mouvement ouvrier dont les prétendus représentants (par électoralisme?) demeurent ambigus avec la formule des communards « à l 'assaut du ciel »... pour rejoindre un dieu ou pour s'en moquer ?

Le Marx de jeunesse est peu cité car considéré comme encore anarchiste, pourtant sa distinction reste nôtre et fondamentale[8], le combat contre la religion reste fondamental, et les tolérances bourgeoises et de la noria islamo-gauchiste reviennent à intégrer la nécessité de la religion comme complément indispensable à la domination capitaliste.

Qu'il ne faut absolument pas négliger, en particulier via son importation immigrée. L'islamisation est une réalité dont on refuse de prendre la juste mesure, et en particulier avec la notion de morale, notion sentimentale et apolitique utilisée par le CCI pour se centrer à la manière des gauchistes sur la notion d'antiracisme :

« La vision de la classe ouvrière n’est pas seulement une critique de la société, c’est aussi une vision morale, dans laquelle les besoins immédiats de parties de la classe sont subordonnés à un but historique. Le racisme bourgeois classique tout autant que l’antiracisme de la gauche bourgeoise crée des illusions et provoque des divisions au sein de la classe ouvrière. Pour que la classe ouvrière fasse une révolution, elle a besoin d’une unité qui vient d’une conscience de ses intérêts communs au niveau international. Contre le racisme, le nationalisme et la xénophobie, la classe ouvrière offre la perspective du communisme, une société basée sur l’association, pas sur le renforcement de la séparation ».

Tout cela est du bla-bla...moraliste. On ne peut pas confondre morale et conscience, et la morale rime plus souvent avec religion. En 1938, Trotski s'était génialement moqué de cette invocation de la morale (« forme sans contenu »): « L'homme qui ne veut ni retourner à Moïse, au Christ ou à Mahomet, ni se contenter d'un arlequin éclectique doit reconnaître que la morale est le produit du développement social ; qu'elle n'a rien d'invariable ; qu'elle sert les intérêts de la société ; que ces intérêts sont contradictoires ; que la morale a, plus que toute autre forme d'idéologie, un caractère de classe. »[9].

Ce dérapage anti-marxiste vers le moralisme vient confirmer l'alignement du CCI sur les campagnes gauchistes « pour contrer les fascistes », ce qui est nommé « La théorisation bourgeoise de l’idéologie anti-immigrés » :

« Les idéologues bourgeois défendent l’idée que les caractéristiques de l’émigration massive actuelle vers l’Europe et les Etats-Unis sont totalement différentes de celles de l'émigration dans des périodes précédentes de l’histoire. Il y a derrière cela l’idée que, aujourd'hui, les immigrés affaiblissent, détruisent même les sociétés qui les accueillent, refusent de s’intégrer dans leur nouvelle société et en rejettent les institutions politiques et la culture. En Europe, le livre de Walter Laqueur, The Last Days of Europe: Epitaph for an Old Continent, publié en 2007, défend l’idée que l’immigration musulmane est responsable du déclin européen ». 

L'auteur de ce vieil article souvent réédité, qui reste la référence de base du CCI sur le sujet, était feu Jerry Grevin, qui avait co-écrit il y a trente années un livre d'images sur la chute de la maison stalinienne avec Willy Brandt[10], fût un journaliste militant honnête , sans doute trop légaliste, mais qui n'a pas pu avoir connaissance des dégâts actuels du terrorisme planétaire et de l'islamisation rampante.

Ce n'est pas prioritairement l'islamisation qui isole le travailleur croyant de la classe autochtone, la société bourgeoise se charge elle-même d'imploser avec ses contradictions et ses injustices, mais avec des lunettes de secte enfermée sur elle-même il y a un refus de voir la condition des profs au quotidien persécutés ou menacés d'égorgement comme Samuel Paty, des flics aussi dans leur vie privée, qui ne sont toute de même pas à mettre sur le même plan que les criminels. Refus de voir l'influence religieuse, la morale religieuse musulmane diffusée dans les lycées au point qu'une bonne partie des lycéens français sont plutôt pour le port du voile dans le cadre scolaire.

Il faut être enfermé dans une bien-pensance de secte pour ne pas voir tous les jours, et même pas en tant que simples faits divers, une islamisation cultuelle et sociale qui pourrit non seulement la vie publique (agressions et égorgements au nom de l'islam) mais est un handicap douloureux au sein de l'entreprise (fin des repas en commun et installation de mini-mosquée en entreprise). C'est se rendre complice de l'idéologie dominante en se contentant de nommer cela décomposition ou oubliant que, très rationnellement, la bourgeoisie compte de plus en plus sur l'islam que sur la CGT.

Impossible de donner à tort aujourd'hui aux prévisions de Huntington qui voyait justement la "bifurcation", la division de la société américaine selon des lignes de division raciale noirs/blancs qui a existé pendant des générations, aujourd’hui menacée d’être déplacée/remplacée par une "bifurcation" culturelle entre les immigrés de langue espagnole et les américains de souche qui parlent anglais, ce qui met en jeu l’identité et la culture nationales américaines. Jerry Grevin n'est plus là pour le constater, mais son groupe ne veut toujours pas le constater. Que les médias et les gouvernement s'en régalent, n'élimine pas du tout le questionnement, et le mécontentement en milieu ouvrier n'est pas uassi haineux que la bourgeoisie veut le faire croire,Grévin le décrit bien par ailleurs[11].

Grevin s'indignait que Huntington remarque que les immigrés de langue étrangère refusent d'apprendre l'anglais, mais ce n'est même plus le problème ils n'ont même pas le temps d'apprendre le français et sont plongés dans la misère des clochards parisiens. Dans le bâtiment des ouvriers turcs n'ont même pas à apprendre notre langue et repartent chez eux à la fin du chantier ; mais c'est une émigration temporaire comme en Allemagne.

Les pauvres bougres qui vont rester sans travail et à la rue[12]... les organisations humanitaires rétribuées par l'Europe seront allées à la pêche d'autres malheureux qui viendront s'ajouter aux précédents... et le CCI comme toute les cliques bourgeoises de dire : « il y en aura de plus en plus ». Mais alors on aboutira à la « ruine mutuelle » que craignait Marx ! Grevin se fichait que, à son époque, les migrants mexicains ne veuillent pas apprendre l'anglais, mais pas Engels, et de prendre à témoin les traductions en 25 langues des AG des IWW ! Bonjour la durée des AG ![13]

Engels ce n'était pas n'importe qui, il montrait que le non apprentissage de la langue ne pouvait que nuire à l'unité de classe

Grevin n'est plus là pour voir que « l'assimilation graduelle » ne fonctionne plus, et l'assimilation culturelle encore moins. Des quartiers sont devenus communautaires où la mosquée a supplanté l'église, les juifs ont été obligés de déménager de Sarcelles, les bandes de dealers sont surtout constituées de noirs et d'arabes. Simple décomposition ? Banales « peurs xénophobes » quand chaque jour une femme ou une jeune fille se fait violer ou tuer ? La faute au capitalisme décadent ? Certes mais, en attendant le communisme qui résoudra tout magiquement, à qui et à quoi faire confiance ?

Vision irénique que d'espérer la reproduction d'un noble et antiraciste mouvement ouvrier « qui peut  embrasser la diversité et le caractère international du prolétariat et construire un mouvement uni contre la classe dominante » Or la diversité c'est justement la théorie bourgeoise triomphante qui élimine aussi le véritable internationalisme, en refusant le terme race pour mieux nous refiler celui d'ethnie !

TROP D'IMMIGRATION TUE L'IMMIGRATION.

Bien entendu les campagnes idéologiques mettent surtout en avant la menace étrangère de s'attaquer au patrimoine national et de nous affaiblir culturellement. Mais ce n'est pas faux ! Sont-elles toujours odieuses ces campagnes ? Ou l'Etat ne sait-il pas être moins débile que les islamo-gauchistes ?[14]  D'abord parce qu'un nationalisme musulman vient s'opposer au chauvinisme français, plutôt en déclin, cf. les drapeaux arabes lors des matchs de foot. Culturellement, l'imposition de comportements excluant de type communautaires, le racisme anti-blanc (et le racisme plus classique, anti-vieux) si à la mode, l'arriération que constitue l'obligation du port du voile pour les femmes ou autres jupes musulmanes, dénonciation courageusement dénoncée par la jeunesse iranienne, oui tout cela est une récession non seulement culturelle mais sociale. Dans le milieu du travail on résiste encore mais les entreprises étrangères comme Ikea et Décathlon ont déjà cédé à cette imposition. La gauche bourgeoise avec Hollande a validé ce déguisement ridicule à l'université.

Raisonnement typiquement gauchiste inversé lorsque Grevin croyait bon d'écrire : « L’antiracisme est un autre phénomène que la bourgeoisie utilise contre le développement de la conscience de classe », quand il dit lui aussi que le racisme est contre la conscience de classe. Bien sûr mais il ne s'agit pas ici de racisme mais d'un phénomène de société qui s'appelle l'islamisation et qui est encouragé par la bourgeoisie américaine pour affaiblir la classe ouvrière en Europe en lui faisant croire que les migrants vont arriver de plus nombreux, que rien ne pourra les arrêter et que c'est la faute plus au réchauffement climatique qu'à la misère capitaliste. Ces gens dubitatifs, une majorité des ouvriers en Europe ne s'en prennent pas au bouc-émissaire migrant en soi, il faut que nos militants conseilleurs antiracistes cessent de les prendre pour des crétins impulsifs[15] : ils voient bien que la menace provient d'une bourgeoisie complice des passeurs officiels et clandestins (qui vient accroître la misère ici, et même pas réduire les emplois) pour raisons pas simplement économiques mais surtout politiques, comme je le répète, dissolvantes de la classe ouvrière. 

La fusion que nous souhaitions tous des prolétaires du tiers-monde et de la classe ouvrière des pays industrialisés n'est plus qu'une utopie de plus, sous la pression morale dite multiculturaliste. Des masses de réfugiés finissent prisonniers dans de vastes camps, comme le note aussi Grevin mais sans voir l'effet de paralysie de cette misère massive exhibée par les médias et qui provoque cette peur irrationnelle dont il parlait mais pas au sens qu'il lui prêtait (xénophobie et bêtise), mais parce qu'elle peut signifier l'enfermement complet de la classe ouvrière dans de tels camps, avec l'expansion de la misère,  avec la venue d'une troisième Guerre mondiale qui ne se posait pas avec autant d'acuité au temps où Jerry Grevin était encore vivant.

Grevin ne pouvait pas imaginer que tout ce qu'il assurait allait être détruit non par la décomposition, gimmick creux et simpliste du CCI, mais comme aboutissement de décennies de destruction de la notion de classe aboutissant à tout cet embrouillamini woke. Il pouvait encore écrire que les méchants immigrés étaient « plus un mythe qu'une réalité » et que : «  Il y a bien plus de probabilités que les immigrés soient victimes de criminels qu'ils ne soient des criminels eux-mêmes. De façon générale, les immigrés sont honnêtes, des ouvriers qui travaillent dur, surexploités au-delà de toute limite, pour gagner de quoi vivre et envoyer de l’argent à leur famille restée "au pays ». Les délinquants immigrés sont plus nombreux en prison que les natifs !Cela ne résute pas de l'immigration en général mais s'arrivées en masse de personnes qui ne seront pas intégrées ni dans le travail ni dans la vie civile (dont les condamnations sont légères de plus vue que les prisons sont pleines) et qui serviront de bouc-émissaires à la bourgeoisie pour écarter sa responsabilité. Si cela nous effare cela ne gêne en rien la bourgeoisie qui règne... par le chaos et la peur détournée de ses vrais sources.

C'est faux par contre désormais face aux arrivées massives, de nier une criminalité immigrée en particulier sur la question sexuelle, et comme je l'ai plusieurs fois souligné parce qu'il est imbécile de faire venir des milliers d'hommes sans femmes. Ce n'est pas avec du bla-bla répété sur la « communauté humaine », une prière messianique en appel à la lutte de classe rédemptrice et avec une morale antiraciste qu'on peut appréhender ou résoudre le problème. Voire en s'appuyant sur la fable capitaliste de l'urgence climatique qui favoriserait l'urgence de la révolution universelle (principes du communisme). Pour l'instant c 'est chacun pour soi et dieu pour tous. 

Malgré ces contradictions relevées et une absence d'analyse du processus machiavélique de récupération-destruction des principes du communisme par l'idéologie bourgeoise, Grevin concluait et analysait magnifiquement la perversion de l'extrême gauche woke de la bourgeoisie :

« Il est essentiel d’être clair sur la différence existant aujourd’hui entre la position de la Gauche communiste et celle de tous les défenseurs d'une idéologie anti-raciste (y compris ceux qui se prétendent révolutionnaires). Malgré la dénonciation du caractère raciste de l'idéologie anti-immigrés, les actions qu'ils préconisent restent sur le même terrain. Au lieu de souligner l’unité fondamentale de la classe ouvrière, ils mettent en avant ses divisions. Dans une version mise à jour de la vieille théorie du "privilège de la peau blanche", on blâme, avec des arguments moralistes, les ouvriers qui se méfient des immigrés, et pas le capitalisme pour son racisme anti-immigrés ; et on poursuit même en glorifiant les ouvriers immigrés comme des héros plus purs que les ouvriers de souche. Les "anti-racistes" soutiennent les immigrés contre les non-immigrés au lieu de mettre en avant l’unité de la classe ouvrière. L’idéologie multiculturelle qu'ils propagent dévoie la conscience de classe des ouvriers sur le terrain de la "politique d’identité" pour laquelle c’est "l’identité" nationale, linguistique, ethnique qui est déterminante, et pas l’appartenance à la même classe. Cette idéologie empoisonnée dit que les ouvriers mexicains ont plus en commun avec les éléments mexicains bourgeois qu’avec les autres ouvriers. Face au mécontentement des ouvriers immigrés confrontés aux persécutions qu’ils subissent, l'anti-racisme les enchaîne à l’Etat. La solution qui est proposée aux problèmes des immigrés est invariablement d’avoir recours à la légalité bourgeoise, que ce soit en recrutant les ouvriers pour les syndicats, ou pour la réforme de la loi sur l’immigration, ou en enrôlant les immigrés dans la politique électorale ou la reconnaissance formelle de "droits" légaux. Tout sauf la lutte de classe unie du prolétariat. Notre intervention insiste sur l’unité fondamentale du prolétariat, dénonce les tentatives de la bourgeoisie de diviser les ouvriers entre eux, s’oppose au légalisme bourgeois, aux politiques identitaires et à l’interclassisme ». 

Il faudra attendre encore longtemps.


[1]« Il est néanmoins indéniable que le fait qu'un agriculteur se suicide chaque jour en France est indissociable de la pression qu'il reçoit de l'administration ou de l'opinion, qui dépasse un simple contrôle ou une seule contravention. C'est l'omniprésence, la surabondance, qu'il faut aujourd'hui stopper ». https://www.lefigaro.fr/vox/societe/suicide-d-un-paysan-l-agriculture-francaise-meurt-d-un-exces-de-normes-20221108

[2]Ce n'est pas le réchauffement climatique qui est en soi une fable mais son utilisation systématique pour cacher la responsabilité du  capitalisme in situ qui n'a pas attendu un réchauffement prévisible puisqu'il y a a contribué et y contribue toujours.

[3]La complicité et le la concussion légendaire des chefs d'Etat « démocratiques » avec les pires dictateurs des pays dits pauvres (sous la férule d'un poignée de riches salopards), est légendaire. Les JO attribués au+ Qatar en sont un des exemples des plus scandaleux, preuve aussi que l'immigrationnisme « humanitaire » a des frontières à respecter. https://www.liberation.fr/sports/football/au-qatar-les-deces-suspects-des-travailleurs-nepalais-20221108_QA2WGJF7CVCFXBGXUQZRVS7AD4/

[4]Autre exemple la guerre imaginée comme génératrice de révolution, dont Lénine disait qu'elle était un cadeau fait à la révolution, toutes les guerres depuis 1945 n'ont plus été ce cadeau ; la guerre en Ukraine est un drôle de cadeau de la part d'un peuple russe lâche et toujours...esclave, malgré son glorieux passé.

[6]« Dans la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat » .
Karl Marx - 1818-1883 - L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'État

[7]https://fr.internationalism.org/rint124/comm.htm

[8]"Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c'est exiger son bonheur réel. Exiger qu'il abandonne toute illusion sur son état, c'est exiger qu'il renonce à un état qui a besoin d'illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l'auréole." Karl Marx - 1818-1883 - avec Engels, Critique de "La philosophie du droit" de Hegel, 1844

[9]Leur morale et la nôtre. A lite en entier, et aussi : « La cause du vide des formes obligatoires pour tous c'est que, dans toutes les circonstances importantes, les hommes ont un sentiment beaucoup plus immédiat et plus profond de leur appartenance à une classe sociale qu'à la "société". Les normes de morale "obligatoire pour tous" reçoivent en réalité un contenu de classe, en d'autres termes, antagonique. La norme morale est d'autant plus catégorique qu'elle est moins "obligatoire pour tous". La solidarité ouvrière, surtout dans les grèves ou derrière les barricades, est infiniment plus catégorique que la solidarité humaine en général ».

[10]J'ai pu me procurer l'ouvrage sur internet/

[11] « Il est évident que la propagande capitaliste exagère la colère anti-immigrés dans la classe ouvrière des métropoles. Aux Etats-unis par exemple, malgré les grands efforts des médias bourgeois et la propagande d'extrême-droite pour attiser la haine contre les immigrés sur les questions de langue et de culture, l’attitude dominante dans la population en général, y compris chez les ouvriers, est de considérer que les immigrés sont des travailleurs qui cherchent à gagner leur vie pour soutenir leurs familles, qu’ils font un travail trop pénible et trop mal payé pour les ouvriers "du pays" et qu’il serait insensé de les renvoyer. » . Quoique de nos jours, l'hypocrisie européenne bourgeoise qui oblige les pays du nord à accueillir systématiquement des bateaux entiers qui devraient être renvoyés d'où ils viennent commence à sentir le soufre et poser le pourquoi « one ne les aide pas à se développer là-bas » ? ET pas par de minables aides écologiques !

[12]Ce que Grevin n'omettait pas de signaler, quoique cela aille totalement à 'encontre du même immigrationnisme que les gauchistes : «  Il faut remarquer que les forces de la justice et de l’ordre capitalistes semblent incapables ou ne veuillent pas faire quoi que ce soit pour soulager des maux sociaux qui accompagnent l’immigration massive de la période actuelle ».

[13] Pour critiquer les immigrés socialistes allemands de ne pas apprendre l’anglais, Engels écrivit : "Ils devront retirer tous les vestiges de leur costume d’étranger. Ils doivent devenir complètement des Américains. Ils ne peuvent attendre que les Américains viennent vers eux ; ce sont eux, la minorité et les immigrés, qui doivent aller vers les Américains qui constituent la vaste majorité de la population et sont nés là. Pour faire cela, ils doivent commencer par apprendre l’anglais.

[14] Grevin ajoute :« Les immigrés sont accusés d'envahir les métropoles, de faire baisser les salaires et de les dévaloriser, d’être la cause de l’épidémie de criminalité et de "pollution" culturelle, de remplir les écoles, d'alourdir les programmes sociaux – bref de tous les problèmes sociaux imaginables » ; le hic c'est que ce n'est pas tout à fait faux ! La lutte commune des ouvriers en Grèce en 2008 est un lointain souvenir, ce pays est débordé par les afflux incessants et les ouvriers grecs en ont aussi marre, sans être du tout racistes !

[15]Le Lénine petit bourgeois qualifiait l'ouvrier américain d'aristocrate, alors qu'il subissait « les jaunes » comme  briseurs de grève, de même bourgeois et révolutionnistes bobos  traite l'ouvrier blanc européen de raciste alors qu'il est confronté aux nouveaux arrivant qui, par exemple pour des petits logements à Paris, sont prioritaires, quand tant d'employés français noirs et blancs doivent venir de lointaines banlieues