"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 9 mai 2026

La race, la classe et la crise de l’idéologie bourgeois


 par Loren Goldner


Herman Melville : entre Charlemagne et l’Homme cosmique anté mosaïque. La race, la classe et la crise de l’idéologie bourgeoise chez un écrivain de la Renaissance américaine. (traduction Yves Coleman1) Et extrait du Manifeste de Joao Bernardo


Ce qui suit est une série d'extraits d'un ouvrage passionnant, très intéressant sur l'histoire américaine, riche d'enseignements historiques, mais d'un contenu culturel qui risque de rebuter nos activistes maximalistes plus séduits par des textes bruts de propagande. L'intérêt de ce choix de ma part est de nous faire remonter aux sources de l'antiracisme superficiel et gauchiste. Sources ne veut pas dire héritage car ces cons d'antiracistes gauchistes et mélenchonesques ne se situent pas du tout du point de vue du prolétariat avec leur guru hystérique ; leur idéologie est en réalité confusionniste et interclassiste, et sert à désarmer la classe ouvrière. Goldner démontre bien que la focalisation sur la question raciale sert à dissoudre la classe ouvrière. Je ,regrette que sa démonstration ne se soit pas approndie par la dénonciation de l'antiracisme.


« Les Premiers Américains en rouge, noir et blanc: race et classe aux États-Unis La centralité de la race dans la formation de la classe ouvrière américaine, le fait que les questions de race et de classe soient inséparables, peuvent être résumés très succinctement: en 1848 et en 1968, lorsque des explosions de la classe ouvrière se sont produites en Europe sous la bannière du «socialisme» et du «communisme», le contrôle qu’exerçait le Parti démocrate sur la classe ouvrière américaine s’est effondré sous la pression de la question raciale.

Telle est la clé de l’américanisation du marxisme. C’est seulement très récemment que l’on a commencé à admettre qu’il était impossible de discuter de la formation de la classe ouvrière américaine sans une analyse de la race. Les questions de race et de classe dans l’histoire de l’Amérique ont été abordées par des penseurs comme W.E.B. DuBois, Eugene Genovese, C.L.R. James, Eric Foner, ou plus récemment, Allen et Ignatiev.(...)

Notre thèse est simple : dans les années 1670, au Massachusetts et en Virginie, se sont cristallisées deux composantes fondamentales de l’idéologie américaine. Les Puritains, à la suite de la guerre contre les Indiens Péquots en 1636 et contre le roi Philip en 1676, ont inventé la justification théologique des guerres d’extermination en s’inspirant largement de l’Ancien Testament qui lui-même puisait dans l’ancien dualisme perse de la lutte entre le Bien et le Mal. Et ces deux sources ont été projetées sur la peau foncée de leurs ennemis qui s’opposaient à la «mission dans le désert» des Puritains. En Virginie, après que les esclaves noirs et les serviteurs blancs sous contrat (indentured servants) se furent soulevés ensemble durant la révolte de Bacon en 1676 (...) La guerre du roi Philip (de son vrai nom Metacomet, chef wampanoag) opposa, en 1675 et 1676, les Wampanoags et Narragansetts aux colons alliés aux Iroquois dans la Nouvelle-Angleterre actuelle. L’indentured servant signait un contrat qui le rendait totalement dépendant de son propriétaire. Ce document pouvait lier des soldats ou des mercenaires à leurs chefs au Moyen Age et fut utilisé par les puissances européennes pour coloniser l’Amérique. Le contrat durait de trois à sept ans et la personne n’était pas payée, sinon nourrie et logée. En 1776, au moment de la Déclaration d’indépendance, 5 % de la population américaine vivait sous ce statut. Révolte de Bacon : Suite à des incidents violents entre les Indiens Doegs et des colons, Nathaniel Bacon (vers 1640-1676), élu de Virginie, organisa des milices illégales dans la colonie britannique de 5 planteurs commença à créer une idéologie et une pratique favorisant les Blancs pauvres au détriment des Noirs, afin de mieux enchaîner les Blancs pauvres au statu quo. La fusion de ces deux phénomènes apparus dans les années 1670 produisit une structure complexe qui perdura en Amérique durant trois cents ans, et dans laquelle les questions de classe et de race ainsi que l’expansion impériale devinrent inséparables. La clé de cette idéologie est la vision d’une condition de classe comme une condition raciale. Dès le début de l’élaboration de ce modèle complexe, les questions de la race et de l’empire nuisirent à toutes les tentatives de formuler une politique de classe. Cette «logique» s’est imposée, en particulier, durant deux périodes. La première a été l’essor et la consolidation de la démocratie jacksonienne de 1828 à son effondrement au cours de la crise de 1850 qui a abouti à la séparation entre le Nord et le Sud des Etats-Unis. 1848 (l’année des révolutions européennes) fut l’année cruciale au cours de laquelle la Virginie pour lutter contre les Indiens qui harcelaient les fermiers. Vingt trois chefs de la rébellion furent pendus, mais la plupart des révoltés blancs furent finalement amnistiés contrairement aux esclaves noirs qui s’étaient joint à la révolte. 1Andrew Jackson, 1767-1845, avocat, juge, propriétaire d’esclaves, gouverneur de Floride puis président des Etats-Unis (1829-1837) élu au suffrage universel avec le soutien du tout nouveau Parti démocrate et de sa machine électorale. On parle des années 1820-1845, comme celles de la «démocratie jacksonienne», dans la mesure où cette période correspond à plusieurs tendances qui ont influencé l’histoire des Etats-Unis : la création du Parti démocrate (qui existe toujours), où le nombre de citoyens autorisés à voter fut multiplié par sept ; le «système des dépouilles» ou patronage, toujours en vigueur, qui consiste pour un candidat gagnant à faire accéder à des fonctions officielles ceux qui l’ont soutenu pendant sa campagne, et sont censés être choisis en fonction de leurs mérites réels et non de leur naissance, donc aussi parmi le «peuple» ; le soutien à la colonisation interne de l’Ouest américain par des fermiers libres, petits propriétaires terriens. 

Pour ce qui concerne la «démocratie» vis-à-vis des Indiens et des esclaves, Jackson déporta des milliers d’Indiens Cherokees, provoquant la mort de 4 000 d’entre eux, et ne toucha absolument pas au système de l’esclavage des Afro-Américains. Aujourd’hui on appelle parfois «jacksoniens» les républicains partisans d’interventions extérieures mais hostiles à la stratégie de «nation building» (l’exportation de la «démocratie», sur le modèle de ce que firent les Américains au Japon, et en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale, et qu’ils prétendirent faire en Irak.(Bataille autour de la guerre américano-mexicaine1 et la question de l’esclavage (réanimée par la guerre) détruisirent la coalition démocratique jacksonienne. Entre 1828 et 1848, l’Amérique blanche connut un niveau d’activité politique et une participation populaires alors inconnus en Europe. L’histoire européenne existe par rapport à l’histoire de l’Amérique comme un «film que l’on rembobinerait». Des spécialistes des sciences politiques comme V.O. Keys et W.D. Burnham2 ont décrit comment la participation du peuple américain à la vie politique (dans les limites de la démocratie bourgeoise) atteignit son apogée durant la guerre de Sécession, resta à ce niveau jusque dans les années 1890, puis commença à décroître de plus en plus jusqu’à aujourd’hui. Ce dernier déclin coïncide avec la montée d’une nouvelle phase du capitalisme, exaltée entre 1900 et 1920 surtout par le «progressisme». Déclenchée suite au vote de l’annexion du Texas en 1845 par le Congrès américain, ce conflit dura de 1846 à 1848 et se termina par la vente forcée d’une partie très importante du Mexique aux Etats-Unis, soit le Texas, la Californie, l’Utah, le Nevada, le Colorado, le Wyoming, le Nouveau-Mexique, et l’Arizona. Cette guerre d’annexion fut particulièrement meurtrière (13 000 morts du côté américain, 25 000 du côté mexicain) et humiliante pour l’armée mexicaine sous-équipée du point de vue de son armement comme de son organisation sanitaire. Elle permit d’étendre l’esclavage à de nouveaux territoires. Valdimer Orlando Key (1908-1963) a étudié le rôle des groupes d’intérêts, de la rationalité des votes dans les processus électoraux et de la politique dans le Sud des Etats-Unis ; Walter Dean Burnham (1930-) s’est spécialisé dans l’analyse quantitative des tendances nationales dans les votes populaires et la façon dont ces tendances ont influencé le système des partis. (…) 

En Europe, en revanche, la participation des masses à la vie politique démocratique bourgeoise rejoignit le niveau atteint par l’Amérique à la moitié du XIXe siècle seulement avant, ou après, la seconde guerre mondiale. En dépit de leur rhétorique anticapitaliste, les luttes des grands partis socialistes et communistes européens avaient essentiellement pour objectif réel de propulser l’Europe occidentale dans la phase de la «domination réelle du capital1». Le second pic de la participation populaire à la vie politique correspond à la montée de la machine politique du «New Deal» de Franklin D. Roosevelt et son hégémonie dans la politique américaine de 1932 à 1964, hégémonie qui, comme celle de son prédécesseur jacksonien, fut anéantie par la montée du mouvement noir à l’intérieur du pays et une question touchant à la domination de l’empire (le mouvement contre la guerre du Vietnam).

Depuis le milieu des années 1960, le paysage politique américain (à commencer par la politique électorale) a été redessiné par l’effondrement de l’aile conservatrice du Parti démocrate dans le Sud (les «Dixiecrats»), son absorption par les républicains, et l’entrée d’un grand nombre d’Euro correspond aux lois «Jim Crow») ou des immigrés, sinon pour restreindre les flux et prétendre «américaniser» au maximum les nouveaux venus. (…) compte tenu de la baisse régulière de la participation électorale au XXe siècle, l’hégémonie républicaine à l’échelle nationale n’a été l’expression que d’une impasse, qui s’exprime clairement dans le fait qu’à peine plus de 50% de la population américaine exerce son droit de vote. Nous avons donc «contourné» l’hypothèse du social-démocrate Michael Harrington selon laquelle les démocrates américains représenteraient une «social-démocratie immergée » aux Etats-Unis, contrairement au socialisme européen. En réalité, les démocrates américains ne sont que la pointe d’un mouvement général dans les sociétés capitalistes occidentales, comme le montrent la crise et le déclin des partis socialistes, communistes et travaillistes occidentaux et de leurs Etats-providence depuis les années 1960 sous l’impact de facteurs semblables à ceux qui ont miné l’influence des démocrates américains.

Dans le contexte spécifique des Etats-Unis, ce n’est que lorsque les ouvriers blancs rompront avec un schéma qui remonte au XVIIe siècle qu’une véritable politique de classe pourra émerger. Mais il faut également situer l’expérience de la classe ouvrière américaine dans le cadre plus global de l’histoire du mouvement socialiste international, si l’on veut tenter d’expliquer son incapacité à avoir un impact significatif aux Etats-Unis. Cela exige une analyse mondiale des phases du développement capitaliste, analyse fondée sur une distinction entre accumulation extensive et accumulation intensive. La première forme, en anglais «white ethnics» (littéralement, les «ethniquement blancs» qu’il serait plus juste d’appeler les Euro-Américains si la terminologie racialiste n’était pas hégémonique), désigne les descendants des Européens dont les «Blancs anglosaxons protestants» (WASP) sont censés représenter «l’élite», avec des nuances selon leur intégration plus ou moins récente dans la société américaine, l’intensité variable de leur relation avec leur pays d’origine, leur religion (catholique, protestante, juive), etc. Depuis 1989, il y a eu douze années de présidence républicaine et seize années de présidence démocrate : G.W. Bush (1989-1993), Bill Clinton (1993-2001), G.W. Bush (2001-2009), Barack Obama (2009-2016), le républicain Trump commençant son mandat en 2017. (Note de Loren Goldner (2017) : 

Selon Michael Harrington, le Parti démocrate jouait plus ou moins le rôle d’un parti social-démocrate européen, sans pourtant avoir rompu avec les partis «bourgeois» et s’être déclaré un «parti ouvrier». Il considérait donc que les socialistes pouvaient y entrer comme on entre dans le Parti travailliste au Royaume-Uni. Une nette rupture, en tant que parti de classe, n’était pas nécessaire à ses yeux. (…) On assiste à un «changement de phase» dans l’accumulation capitaliste mondiale aux alentours de 1900. Les symptômes les plus importants de ce changement sont la stabilisation de la croissance en pourcentage de la classe ouvrière par rapport au reste de la population sous le capitalisme et l’importance croissante du secteur improductif des services. (…) Je ne me livre pas ici à une analyse sociologique des divers fragments des classes improductives, car j’axe mon analyse sur la reproduction sociale matérielle. Il ne faut pas oublier que le capital est un «circuit», et même plutôt (dans des circonstances normales) une figure hélicoïdale. Ce fonctionnement permet d’isoler la classe ouvrière productive du reste de la société: seules les marchandises qui enrichissent cette classe (V, capital variable) ou qui contribuent à l’élargissement du capital constant (C) «rentrent» dans la production sociale élargie.

La consommation de la bourgeoisie (une partie de Pl, la plus-value du secteur II, celui qui produit des biens de consommation) et de ses «parasites» ne rentre PAS dans le circuit: elle est déduite de la plus value totale. Donc la consommation du secteur militaire, des flics, des gardiens de prison, des fonctionnaires d’Etat, des employés des banques et de l’immobilier, de la plupart des «services», des cadres, des «cols blancs» est improductive. Il ne faut pas perdre de vue que la majorité de la population active aujourd’hui est composée d’individus qui appartiennent à l’appareil nécessaire à l’administration du Capital. Les implications pour la révolution sont énormes dans la mesure où l’une des premières mesures du prolétariat victorieux sera de démanteler cet appareil de gestion en libérant toute la force de travail qu’il contient et gaspille, permettant ainsi une réduction globale du temps de travail nécessaire.

D’où, d’ailleurs, l’importance d’élaborer un programme avant la révolution. Nous ne voulons pas instaurer le «contrôle ouvrier» dans des secteurs comme les banques, les assurances, les entreprises d’armement, etc. Nous désirons les dissoudre. (Et cela n’implique pas du tout que les salariés de ces secteurs ne sont pas des prolétaires!) J’ignore exactement comment ces distinctions, si importantes à mon avis, se traduisent directement en termes stratégiques pour la lutte de classe. Mais il s’agit d’une question essentielle. La classe ouvrière productive (que l’on doit considérer à l’échelle mondiale, pas de façon isolée dans tel ou tel pays) a une énorme population improductive sur le dos. Il y a cinquante ans, on pouvait encore penser qu’il suffisait de mettre «tout» sous contrôle ouvrier, mais aujourd’hui «l’économie» a vu les campagnes se vider et le nombre de petits producteurs artisanaux décliner (en deux mots, l’accumulation primitive), ce phénomène se poursuit, mais, au lieu de contribuer à la croissance d’une force de travail productive, ce changement démographique accroît en fin de compte le secteur des services. 

C’est un signe que le capitalisme se heurte à un mur, et doit périodiquement détruire ses capacités de production afin de se maintenir. À cause de cet obstacle, l’accroissement de la productivité du travail social global ne peut plus bénéficier à la société, et devient plutôt un problème pour les rapports sociaux dominants. L’arrivée au pouvoir de Franklin D. Roosevelt et le New Deal keynésien en 1933 consolidèrent cette phase de «domination réelle du Capital sur le Travail», et la gestion de cette phase par le Parti démocrate fut son véritable contenu historique de 1933 à sa débandade au cours de la crise survenue au milieu des années 1960. Là encore, notre démarche contraste nettement avec celle des spécialistes de l’«histoire sociale» qui ont étudié l’histoire de la classe ouvrière américaine au cours des vingt dernières années. Ils ignorent en général des concepts marxistes comme celui de la reproduction élargie ou d’un modèle social et démographique qui situerait dans une telle perspective l’émergence et les luttes de la classe ouvrière.

(…) Le marxiste italien Amadeo Bordiga (cf. mon article «Le communisme est la communauté humaine matérielle : Amadeo Bordiga et notre temps») a considéré que la question agraire, la mise en place d’une agriculture capitaliste, était la révolution fondamentale à l’origine du capitalisme . Une société ne peut être pleinement capitaliste et vivre l’expérience de la domination réelle, tant qu’un faible pourcentage de la main-d’œuvre travaille encore dans l’agriculture. Cette analyse permet de jeter un nouvel éclairage sur l’histoire du socialisme et du communisme européens. On constate une remarquable correspondance entre la présence, aux XVIIe et XVIIIe siècles, du despotisme éclairé dans un certain nombre de pays et l’existence d’un puissant parti socialiste ou communiste, au pouvoir ou dans l’opposition, dans toute l’Europe au XXe siècle. Les partis communistes, en particulier, semblent avoir eu le plus d’influence dans les pays dominés par l’absolutisme, et moins d’influence dans ceux qui ont réussi à créer une «société civile» à la fin des guerres de la Réforme. Aux 1Inclus dans le recueil d’articles de Loren Goldner traduits en français, Revolution in our life

iveau régional) où de grands partis communistes ont existé, à un moment ou à un autre, avant ou après la seconde guerre mondiale. L’effondrement de ces partis coïncide avec la fin de l’agriculture précapitaliste, et ces partis, quand ils ont accédé au pouvoir, ont essentiellement accompli cette tâche eux-mêmes. L’absence de mercantilisme, liée à l’absence d’une question agraire précapitaliste aux États-Unis, est la clé pour comprendre pourquoi aucun parti socialiste ou communiste de masse n’est apparu ici. La phase intensive de l’accumulation du capital et le dépeuplement des campagnes semblent coïncider à la fois avec la crise des partis socialistes et communistes ouest-européens et avec la crise de ces partis au pouvoir en Europe de l’Est, en Union soviétique et ailleurs. Cette combinaison entre mercantilisme, question agraire, accumulation extensive et mouvement ouvrier officiel durant la période 1840-1945, est la clé permettant de comprendre la crise contemporaine du mouvement marxiste. Pourquoi le «marxisme vulgaire» de la IIe et de la IIIe Internationales a-t-il reproduit le matérialisme mécaniste des Lumières ? Parce que ces mouvements étaient des extensions de la révolution bourgeoise et non des mouvements visant à renverser le capitalisme. Le monde était moins capitaliste que ne le croyaient les révolutionnaires européens avant 1914. Pendant la dernière décennie de sa vie, Marx a étudié l’agriculture et la commune paysanne russes. Il doutait en effet de plus en plus du modèle unilinéaire de développement capitaliste qu’il avait élaboré dans ses travaux antérieurs, modèle qui fut popularisé durant un siècle par ses disciples. Le mouvement socialiste européen ignorait cette dernière étape de l’évolution intellectuelle de Marx, et il avait aussi ses propres raisons pour la passer sous silence. C’est pourquoi il a été conquis par la rationalité de l’État despotique éclairé. (...)

Ainsi, on peut distinguer un niveau «politique» dans la crise du Parti démocrate autour de «1848» et de «1968» à propos de l’interdépendance entre les questions de la race et celles de l’empire, et un niveau «économique» dans la correspondance entre l’hégémonie démocrate de 1933 à 1964 et la phase de la domination réelle du capital. Mais des politiciens comme Andrew Jackson ou Franklin D. Roosevelt, qui incarnent ces phases, exigent un «troisième» niveau d’analyse. On ne peut saisir le tableau complet de la centralité de la race dans l’expérience américaine de la classe sans s’intéresser à la dimension du mythe et de la culture. Avant et après 1933, des intellectuels comme Wilhelm Reich et Ernst Bloch ont tenté d’explorer les aspects subjectifs du triomphe du fascisme en Allemagne et d’analyser ce qui attirait les individus vers les mythes fascistes. Dans le contexte américain, contrairement à l’Europe, le mythe a imprégné la culture et a eu un aspect potentiellement positif et émancipateur. Il est en outre impossible de comprendre l’hégémonie idéologique de la classe capitaliste, sans avoir recours au niveau des mythes, niveau habilement exploité durant la dernière décennie par la droite hégémonique néoconservatrice. Car, en Amérique, c’est «la société civile qui a construit l’Etat» (comme l’a écrit le sociologue allemand Werner Sombart) tandis qu’en Europe c’est l’Etat qui a construit la société civile.

Aux Etats-Unis, la religion et les mythes dérivés de la religion n’ont jamais subi la critique des Lumières, critique indispensable au succès des révolutions bourgeoises sur le continent européen. C’est le Saint Empire romain germanique qui a servi à la fois de cadre de référence précapitaliste pour l’Europe, et aussi de source idéologique pour les prétentions universelles de l’Etat mercantiliste (...)

L’émergence de la suprématie et du racisme des Blancs en tant qu’idéologie vers les années 1670 a provoqué l’extinction de cette utopie de l’interrègne (utopie présente au niveau du mythe), mais certains aspects de cette utopie refont surface chaque fois que l’idéologie dominante américaine entre en crise. (...)

 La conscience historique de l’Europe, comme nous l’avons indiqué plus haut, découle d’un passé précapitaliste qui fait référence au Saint-Empire romain germanique; le passé «précapitaliste» de l’Amérique c’est l’Israël antique. Nous pouvons observer cette dialectique à l’œuvre dans l’opposition entre la vision adamique et le «sacrum imperium» (l’empire sacré) dans l’histoire antique au sein de l’idéologie américaine, c’est-à-dire la présence centrale de l’imagerie de l’Égypte ancienne : les Puritains utilisent la métaphore religieuse de l’Exode tout comme les Noirs ; un autre courant opposé chez les Noirs croit que l’Égypte ancienne était une civilisation noire-africaine ; les francs-maçons puisèrent dans la symbolique égyptienne au XVIIIe siècle; et enfin on pourrait citer la revitalisation de l’héritage égyptien dans des productions culturelles (Edgar Poe, Herman Melville), au milieu du XIXe siècle, et peut-être actuellement. On attribue généralement deux sources principales à la tradition occidentale, l’Israël antique et l’Antiquité gréco-romaine, qui se considéraient toutes deux comme issues de l’«archétype» égyptien. De ce point de vue, l’Exode marque une rupture à la fois avec le mythe et avec l’archétype. Pourtant, dans les périodes d’interrègne, ce qui avait été refoulé revint massivement à la surface, comme pendant l’Antiquité tardive (200-476 après Jésus-Christ) ou à la Renaissance, et l’Égypte ancienne tint toujours un rôle proéminent dans ces périodes. Il existe également une dimension «orientale» dans cette tradition d’une «royauté cosmique«, d’Alexandre le Grand à Napoléon. Cette dimension orientale est une autre expression de l’autodéfinition de l’Occident comme une rupture anti mythique par rapport à l’Égypte ancienne et au Proche-Orient antique.

(…) Enfin, la guerre froide a transposé les premières guerres chrétiennes avec les musulmans arabes et turcs en un combat mondial contre le «despotisme oriental». Le libéralisme est né avec l’expulsion de l’archétype de la réalité, dans les années 1670. Il est également apparu en même temps que la physique atomique, l’économie politique et le racisme. (…)

La beat generation dans les années 50 puis les hippies dans les années 60 reprirent un certain nombre de leurs idées : culte de la nature, pacifisme, végétarisme, etc. (...) Le travailleur blanc est ainsi apparu sur la scène politique américaine en alliance avec l’expansionnisme génocidaire dirigé contre les Amérindiens et l’acceptation de l’esclavage sudiste. Ce modèle complexe a été reproduit à l’échelle internationale avec le New Deal de Franklin D. Roosevelt, et son alliance avec les Dixiecrats (les démocrates Ce mot désigne aussi la terre que Dieu aurait promise à Abraham, Isaac et Jacob, puis Moïse pour les Hébreux. 1Errance dans le désert, désigne l’épisode mythique durant lequel «les enfants d’Israël campent au pied du mont Sinaï où ils reçoivent leur loi : la Torah dont les dix premiers commandements ont été énoncés par Dieu à Moise (...). Le voyage ne devait durer que quelques jours mais, à l’idée de devoir faire une conquête militaire, les anciens esclaves prennent peur et refusent d’aller plus loin. Dieu décide donc que les Hébreux resteront dans le désert pendant quarante ans, temps qu’une nouvelle génération grandisse et entre en Terre Promise. 

Pendant ces quarante années, les Hébreux reçoivent une nourriture appelée «manne”, qui tombe du ciel tous les matins. Ils construisent un Tabernacle, sorte de Temple portatif dans lequel a lieu le culte.» Ce récit mythologique (ici extrait du site e-talmud) peut être transposé, sur le plan niveau métaphorique, à l’histoire de tout peuple ou tout mouvement politique qui lutte pour sa libération et raisonne dans un cadre religieux, juif ou chrétien. (…)

Le statut social inférieur des Noirs a donné aux Blancs pauvres et, plus tard, aux travailleurs blancs, une place dans la hiérarchie sociale à un échelon un peu plus élevé que les Afro-Américains. Il a créé, avec d’autres facteurs dans l’idéologie libérale américaine, une dualité chez le travailleur blanc entre son statut de «citoyen» (blanc) et celui de prolétaire. Des aspects fondamentaux de la dégradation expérimentée en Europe dans le cadre de la condition prolétarienne ont été projetés sur les Noirs, et y sont restés depuis lors. Cette particularité met en place une «dialectique» entre expansion extérieure et racisme intérieur, parce que les fondements théologiques de l’idéologie justifiant l’expansion sont une forme de lien social. (...)

La fondation de l’État américain a été construite sur l’«équilibre des pouvoirs» dont la fonction ultime est de cacher le pouvoir derrière une décentralisation apparente. Dans l’Europe mercantiliste, comme nous l’avons indiqué, l’État a institué la société civile ; en Amérique, la société civile a institué l’État. La volonté de s’évader hors d’une histoire inséparable de ses références originelles aux Lumières, l’idéologie «adamique» du jardin d’Eden du Nouveau Monde, le rôle inhabituel (du moins par rapport à l’Europe) de la «présidence impériale» en matière de politique étrangère (cf. Andrew Jackson, Franklin D. Roosevelt) ont posé les fondations pour la dialectique entre la guerre et la crise interne sur la question de la race. Mais tout ce libéralisme du XVIIIe siècle a été entaché dès le début par la nécessité de faire «sonner le tocsin au milieu de la nuit», comme le disait Jefferson en 1820, par le «fait» qu’un cinquième de la population était réduite en esclavage. De même, James Madison était conscient de la fragilité de la démocratie américaine menacée par la combinaison de la présence des Amérindiens à la Frontière et des esclaves noirs au sein des colonies. La nature anhistorique de cette «américanité», donc de cette» blanchité», était un autre «lien social», qui, dans les moments de crise, donnait cependant naissance à des idéologies qui semblaient se référer perpétuellement à la présence d’un «élément inassimilable» dans l’histoire américaine. (…)

On appelle «Reconstruction» les années 1865 à 1877 qui ont vu la fin de la Guerre de Sécession et la suppression de l’esclavage, le retour des Etats du Sud dans la Confédération et la volonté de ces mêmes Etats d’empêcher, par tous les moyens, les ex-esclaves de devenir des citoyens comme les autres. Les grèves de masse concernèrent notamment la sidérurgie où la lutte se détermine par une défaite (30 000 Noirs furent embauchés pour briser cette grève). Vingt-cinq «émeutes raciales» contre les Noirs se déroulèrent durant «l’été rouge» (Red Summeri) entre avril et octobre 1919. Des «émeutes raciales» à Mobile, Beaumont et Détroit. Ce terme hypocrite désigne souvent des pogromes contre les Noirs durant lesquels des centaines d’ouvriers blancs descendaient dans les quartiers populaires noirs pour tuer des Afro-Américains et incendier leurs maisons.

Red Scare (ou Peur rouge, 1917-1920) durant la première guerre mondiale la presse mène campagne contre les immigrés anarchistes opposés à la guerre, contre le syndicat des IWW, etc. Une loi contre la sédition fut votée par le Congrès en 1918 et plusieurs Etats jugèrent les syndicats criminels (…) Maccarthysme, dès 1947 le gouvernement Truman créa des commissions d’examen des opinions politiques des fonctionnaires, des intellectuels de la classe moyenne, souvent juifs.) La guerre froide relança la dimension théologique du XVIIe siècle avec la notion de vengeance. La théodicée de la lutte du Bien contre le Mal radical fut transposée de la Frontière à une lutte mondiale, et l’ennemi interne fut qualifié d’«anti américain».

On a souvent noté que les guerres ont apporté certains progrès sociaux à la population afro-américaine dans la mesure où l’invocation de la démocratie, nécessaire pour mobiliser la population en faveur de la guerre, contrastait violemment avec la réalité sociale des Noirs. Cette tendance a culminé avec la guerre du Vietnam dans les années 1960. C’est ici que nous arrivons au pont entre l’approche marxiste traditionnelle de la question de la classe aux Etats-Unis et la dimension mythique essentielle pour comprendre la politique de ce pays. C’est le concept du pseudo-sacré, en dernière analyse, la conscience du fonctionnaire, et son lien avec la notion d’un «empire sacré» universel.

La civilisation «métissée» du Nouveau Monde s’est également développée aux Amériques depuis le XVIe siècle dans des pays comme le Mexique et le Brésil. Mais l’Amérique du Nord possède un caractère unique en raison de son origine qui puise dans la tradition protestante radicale de la Réforme, alors que l’Eglise catholique et l’Etat despotique éclairé ont joué leur rôle respectif dans d’autres parties du continent (ce qui, une fois de plus, explique la présence de partis socialistes et communistes plus importants dans ces pays). La première élaboration du «pseudo-sacré» s’est manifestée par la volonté de Charles Quint et des Habsbourg de créer un empire universel, prétexte de lutter contre l’espionnage soviétique, le sénateur Joseph McCarthy (1908-1957) décida de s’appuyer sur la presse pour créer des scandales à répétition qui, dans un premier temps, augmentèrent sa popularité puisqu’il s’attaqua aux intellectuels, aux universitaires, à l’industrie du cinéma, etc. Mais ce démagogue anticommuniste ne se contenta pas de calomnier les militants staliniens et les sympathisants d’extrême gauche et de gauche durant la guerre froide (attitude qui ne pouvait que lui être bénéfique), il s’en prit aussi à des héros de guerre en lançant contre eux des accusations absurdes, ce qui finit par ruiner sa carrière politique. (…)

Le racisme est une idéologie aussi moderne que la science atomistique et l’économie politique, et apparaît précisément au moment où ces archétypes sont en train de disparaître, pour être remplacés par la vision moderne, dégradante, d’un sous-homme digne seulement d’être un esclave. (En outre, les archétypes auront également tendance à réapparaître au cours des crises sociales durant lesquelles le racisme sera radicalement attaqué, comme dans les années 1840 et 1960.) économie politique et le libéralisme, le racisme est une création des années 1670 et des origines de la modernité, dont les «théoriciens» fondateurs incluent aussi bien Boone, Crockett et les mythes fondamentaux des Blancs que Locke et Hobbes (...)


Le marxisme n’a pas su – à quelques exceptions près, comme Ernst Bloch – traiter en profondeur la dimension du mythe. Mais l’importance de l’influence néo-platonicienne chez Marx se manifeste dans la théorie de l’infini réel, compris dans un sens «naturaliste» où le rôle de l’imagination humaine est de transformer les lois de la nature elles-mêmes. La colonisation du marxisme par la vision des fonctionnaires d’Etat a considérablement augmenté cette faiblesse. On ne peut pas s’attendre à ce qu’une couche sociale, dont la conscience est piégée dans le pseudo-sacré, soit capable de développer une critique adéquate de cette même conscience. (...)

Le «procès du moi absolu», le rôle du pseudo-sacré dans la culture et la politique, de Pascal aux années 1970, montre comment un certain «marxisme» a été colonisé par une problématique qui lui était extérieure, à savoir celle des fonctionnaires d’Etat improductifs. (...) A ce moment de l’évolution politique, le «moi absolu» est entré dans la tradition de la «gauche». La suite du développement du pseudo-sacré passe par Louis Napoléon Bonaparte en 1851, et enfin, étape capitale et décisive, par Bismarck; tous deux utilisèrent avec succès la démagogie envers la classe ouvrière. Avec Bismarck et l’unification de l’Allemagne, le «premier pays sous développé», le «moi absolu» esthétisé du pseudo-sacré est passé de l’universalité au nationalisme populiste, et a pu servir de modèle. (…)

Tout nationalisme «tiers-mondiste» entre 1905 (guerre russo-japonaise) et 1975 (percée du «néolibéralisme» et crise/déclin de ce genre d’Etat au service du développement) a eu une tonalité «allemande», ce «nationalisme populiste romantique» élaboré par Fichte, en rupture avec l’universalisme français et celui de la Révolution française. (cf. mouvements «anticoloniaux» du siècle suivant. (Ferdinand Lassalle, l’interlocuteur social-démocrate de Bismarck et le porte-parole de gauche de la fonction publique d’Etat, est le prototype même de la figure du pseudo-sacré). Une fois arrivé au stade «allemand» de l’évolution de cette conscience, nous pouvons retracer le reste de sa trajectoire en partant, après 1905, de la constitution du triangle Occident/Russie/«tiers-monde», des personnages de Roosevelt, Hitler et Staline (1933) dans la consolidation de la phase de la domination réelle, et enfin de l’«anti-impérialisme» nationaliste du tiers-monde de 1945 à 1975.

Il ne s’agit pas seulement de «l’histoire des idées» parce que cette idéologie repose sur la couche qui gère l’Etat mercantiliste et sur son programme économique pour «l’Etat mercantiliste fermé». L’histoire de ces concepts aussi ouvre la voie à un débat sur le mouvement noir aux États-Unis, représentés par des personnages tels que W.E.B. DuBois (qui a reçu une éducation en partie prussienne), Marcus Garvey, et les nationalistes noirs des années 1960.

(…) Marcus Garvey, 1887-1940. Né en Jamaïque, il vint vivre aux Etats Unis et créa en 1917 l’Association universelle pour l’amélioration de la cause noire (UNIA), organisation afro-américaine de masse pendant quelques années. Partisan d’un retour des descendants des esclaves noirs en Afrique, il est considéré comme un précurseur du panafricanisme. Comme tout nationaliste, Garvey tint des discours contradictoires et confus : il alla jusqu’à affirmer dans des interviews en 1937 et en 1939 que ses partisans avaient été les «premiers fascistes» et que Mussolini avait «copié son fascisme» sur l’UNIA, tout en écrivant aussi des poèmes à la même période dénonçant la «brutalité» de Mussolini, sa «folie» et son «manque d’éducation».

(…) Déjà pendant la guerre du Pacifique, les Japonais avaient utilisé le thème de l’oppression des Afro-Américains dans leur propagande. Mais ce n’était qu’un avant-goût du problème posé lorsque les États-Unis durent rivaliser avec l’Union soviétique et la Chine pour obtenir l’allégeance du bloc des «non-alignés» (du tiers-monde) au cours de la période de la décolonisation (1945-1962) et en particulier après la Conférence de Bandung en 1955. Suite à la «décision Brown» en 1954 et au boycott des bus à Montgomery en 1955, l’utilisation des soldats américains pour imposer la déségrégation dans la crise de Little Rock fut un événement important pendant la guerre froide. L’expérience que les Afro-Américains avaient eue en Europe (à la fois le fait de se battre sur les champs de bataille et de participer à une «guerre pour la démocratie») avait intensifié leur désir (comme durant les guerres précédentes) de connaître un peu plus de démocratie dans leur pays natal. Mais le renouveau de leurs luttes se déroula dans un contexte international où leur oppression n’avait rarement, voire jamais, été aussi fortement évoquée, en particulier parce que «l’opinion internationale» incluait désormais de nombreux pays du tiers-monde et en particulier des Etats africains qui n’existaient pas avant la seconde guerre mondiale. La bibliothèques, les parcs publics, les terrains de tennis ou de golf, les équipes sportives, les théâtres et cinémas, etc., opérations toutes menées au nom du principe hypocrite du «séparés mais égaux». Conférence de Bandung, première conférence de 29 pays africains et asiatiques dits «non alignés» dont la Chine maoïste, l’Egypte nassérienne, l’Inde de Nehru et l’Indonésie de Soekarno, et l’une des sources de l’idéologie tiers-mondiste qui se prétend indépendante des impérialismes américain, européen et russe.

Dans l’affaire Brown, la Cour suprême prit position contre le ministère de l’Education et déclara la ségrégation illégale sur tout le territoire américain ce qui déclencha des centaines de mouvements notamment dans le Sud pendant la décennie suivante. Le boycott des bus à Montgomery dura treize mois et obligea la Cour suprême en 1956 à déclarer illégale la ségrégation dans les transports. La ville de Little Rock devint tristement et mondialement célèbre quand, dans le cadre des suites légales de l’affaire Brown, un lycée local refusa de scolariser neuf élèves noirs avec le soutien du gouverneur et de la Garde nationale en 1957. De nombreuses manifestations racistes se déroulèrent dans cette ville et le président Eisenhower finit par envoyer mille soldats pour faire appliquer la loi. Les autorités locales (dont le Parti démocrate) résistèrent pendant près de deux ans, les élèves afro-américains étant en permanence protégés par des soldats qui leur servaient de gardes du corps car les élèves et les parents blancs les harcelaient.

La législation sur les droits civiques au début des années 1960 fut le résultat d’abord et avant tout des luttes de masse menées par les Noirs et leurs alliés en Amérique, mais le nouveau contexte international favorisa aussi leur succès. Voyons, en conclusion, comment les différents niveaux de la politique, de l’économie et du mythe se sont combinés, aboutissant au crescendo atteint durant la période 1964-1969. A ce moment-là, le Parti démocrate du New Deal fut laminé en tant que parti dirigeant national ; l’hégémonie économique des États-Unis atteignit son apogée au niveau mondial ; et le «pseudo-sacré», l’idéologie des classes moyennes improductives dans le champ politique «progressiste», a été détruite. Dans l’immédiat, cette destruction a été forgée par deux causes indissociables : l’essor du mouvement noir et l’intensification de la guerre du Vietnam. Mais, juste au-dessous de la surface, ces deux aspects de la crise exprimèrent un changement dans la position économique internationale des Etats-Unis et, par conséquent, un aplatissement, suivie d’une chute rapide, du niveau de vie de la classe ouvrière américaine. Cela a été annoncé par les débuts de la régression du niveau de vie des Noirs, régression que, selon certains critères, l’on peut dater du début des années 1960. Dans l’histoire de la classe ouvrière américaine après la seconde guerre mondiale, la récession de 1957-1958 a constitué un tournant. Elle marque le début des investissements directs américains massifs dans la production à l’étranger, dans un premier temps au Canada et en Europe occidentale, et à partir de la seconde moitié des années 1960, de plus en plus dans certaines zones spécifiques du tiers-monde.

  Pour l’économie nationale des États Unis cela signifie la fin de l’expansion de la main-d’œuvre industrielle et le tarissement de l’emploi industriel pour les migrants noirs venus du Sud. Les Afro-Américains ont été les premiers à subir la pression sur les revenus et la restriction des possibilités qui frappèrent la classe ouvrière blanche à partir du milieu des années 1960. Avec le recul, il nous est facile d’effectuer cette constatation mais, à l’époque, très peu d’observateurs, encore moins des responsables de haut niveau dans le domaine politique ou économique, étaient conscients que l’expansion d’après-guerre s’était, pour l’essentiel, épuisée en 1965. L’un des principaux signaux du mécontentement de la classe ouvrière fut le succès de Wallace lors des deux élections de 1964 et 1968 (George Wallace, 1919-1998, représentant de l’Alabama, juge puis gouverneur. Démocrate, il devint partisan de la ségrégation raciale après son échec aux élections de 1958. Il se présenta aux primaires démocrates en 1964 contre Lyndon Johnson et remporta 1/3 des votes dans plusieurs Etats etrt de l’électorat ouvrier «ethniquement blanc» dans le Nord. A l’époque, cela fut largement interprété comme une réaction contre le soutien des démocrates à des lois favorables au développement des droits civiques et de l’Etat- providence ; mais aussi une réaction contre les soulèvements urbains des Afro-Américains entre 1964 et 1968, et contre la radicalisation du mouvement noir entre la phase de la lutte pour les droits civiques (1954 - 1965) et celle du Pouvoir noir en 1965-1966. 

Mais la pression économique naissante a alourdi le climat social et rendu la question raciale plus volatile. Historiquement, il semble incontestable que les travailleurs blancs américains ont connu en même temps les succès du mouvement noir et la pression sur leur propre situation par le biais de l’industrialisation, et qu’ils ont donc associé les deux phénomènes. Telle est la «base matérielle» de la nouvelle phase du racisme des Blancs au sein de la classe ouvrière (racisme dont nous avons essayé précédemment de retrouver les racines historiques très anciennes): l’émancipation des Noirs a été la première manifestation, et la plus palpable, des conséquences de la dévalorisation pour la classe ouvrière blanche. En outre, cela s’est produit dans une situation sans précédent, pour l’Amérique, de déclin économique généralisé au niveau national. Après le milieu des années 60, les deux ailes de la coalition du New Deal (la classe moyenne libérale et la classe ouvrière blanche) ont emprunté des directions différentes. La classe moyenne «libérale», qui s’est aujourd’hui entichée du malthusianisme post-moderne, fixe toujours l’ordre du jour de la «gauche» américaine, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Parti démocrate. Il est donc compréhensible que la classe ouvrière «ethniquement blanche» reste emprisonnée dans son ghetto provincial dominé par le clientélisme politique urbain (clientélisme qui est la vraie forme d’existence d’une «social-démocratie immergée» en Amérique). La question raciale façonne l’ordre du jour et a déterminé les résultats de la politique nationale américaine depuis 1964. (…) la question raciale touche de nombreux aspects de la politique américaine qui, à première vue, ne sont pas immédiatement liés à la race, et obtint 13,5 % des voix en tant qu’indépendant (score le plus élevé depuis 1924 pour un tel candidat) en 1968 contre Richard Nixon. (…) En effet, spécialement depuis le début de l’ère Reagan, des questions comme la criminalité, le maintien de l’ordre et l’application des lois, les prisons, la peine de mort, le sida, l’éducation, l’alphabétisation, la dégradation des villes, la réforme de l’aide sociale, les guerres des gangs liés à la drogue, le salaire minimum et même la politique étrangère (comme au Moyen-Orient ou en Afrique du Sud) ont toutes un soubassement racial qui effectue des ravages sur les anciens éléments de la défunte coalition du New Deal. 

La plupart de ces phénomènes résultent directement du déclin économique et des restructurations permises par la haute technologie, qui ont toutes deux réduit le nombre d’emplois bien rémunérés chez les cols bleus, situation qui avait permis d’acheter deux décennies de stabilité sociale après la seconde guerre mondiale. En détournant l’attention des véritables sources de ces phénomènes dans l’économie mondiale capitaliste, les conservateurs exploitent au maximum l’incapacité de l’actuelle opposition organisée à formuler une solution alternative sérieuse. Ces phénomènes sont la matérialisation visible de la dévalorisation et de la crise économique actuelle qui touche les travailleurs blancs, et ils sont associés dans l’esprit des exploités à la question noire. Telle est la manifestation la plus récente, et peut-être la plus meurtrière de la façon dont, dans l’histoire de l’Amérique, les questions de classe ont toujours été présentées comme des questions de race. 

La classe ouvrière américaine a toujours été une classe internationale, puisqu’elle a été nourrie par les immigrés issus des régions agricoles non viables de l’Europe entre 1840 et 1924, puis ceux originaires des Caraïbes et d’Amérique latine après 1945. Le capitalisme a lui aussi toujours été un système international. Mais depuis la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement depuis le début de la désindustrialisation de l’économie américaine et son déclin dans les années 1960 et 1970, l’internationalisation de l’économie mondiale et donc aussi de la position de la classe ouvrière a définitivement brisé l’apparent cadre «national» de la politique pour la classe ouvrière. La dernière fois que la classe ouvrière a pu se «dispenser» d’avoir une politique autonome aux États-Unis, cela s’est produit dans les années 1930, dans un contexte d’isolement après la défaite de la vague révolutionnaire mondiale de 1917-1921. Il n’y a jamais eu de solution viable et durable pour la classe ouvrière dans un cadre national, quel qu’il soit, mais jamais cette vérité n’a été aussi palpable qu’aujourd’hui. Depuis les années 1970 au moins, (les observateurs les plus charitables estiment que la chute du niveau de vie réel aux États-Unis depuis 1973 a atteint 15%), la classe ouvrière américaine dans son ensemble a été prise dans un jeu à somme négative : en effet, la stratégie des capitalistes à l’échelle mondiale a été de réduire la masse salariale au détriment des travailleurs américains et européens en imposant des innovations de haute technologie dans les secteurs de pointe et en déplaçant la production de masse dans le tiers-monde. Comme nous l’avons souligné, la première phase de ce processus affectait déjà les travailleurs américains à la fin des années 1950 et ses premières victimes ont été les Noirs et parmi eux ceux qui auraient pu rejoindre les rangs de la classe ouvrière, au début des années 1960. La vision malthusienne du monde défendue par les anciens partisans du camp «libéral», ainsi que par la plupart de la «gauche» aux Etats-Unis, les rend incapables de répondre efficacement à cette situation.

Pour renouveler avec succès les mouvements de la classe ouvrière internationale, et a fortiori ceux de la classe ouvrière américaine, il faudra rompre avec ce jeu à somme négative qui domine l’économie internationale. Sans une telle perspective, la lutte contre les politiques d’austérité ne pourra être menée en utilisant des catégories discréditées (essentiellement, la chimère d’un nouvel État-providence keynésien, ou plus récemment, la greffe d’une «politique industrielle» nationale sur un tel Etat). L’hégémonie idéologique du courant conservateur est telle qu’elle peut fixer la quasi-totalité de l’ordre du jour politique «visible» en manipulant les symptômes de la crise sociale provoquée par ses propres décisions ; la pseudo-opposition de gauche, toujours attachée à la perspective malthusienne et entropique de la fonction publique d’Etat, est suffisamment prisonnière du néo-libéralisme pour peindre le monde à sa propre image. une Tant qu’une stratégie internationale ne sera pas développée pour affronter crise internationale et une classe capitaliste internationalement organisée, (…) on peut prédire que de nombreux travailleurs blancs continueront à percevoir le sous-prolétariat noir comme la cause la plus immédiate, à leur porte, de leur propre appauvrissement. Dans une telle situation, la base matérielle du racisme se renforcera, et des décennies de blocage et de dérive du système politique américain continueront à avoir des effets délétères ».



Point final. Un manifeste. (Les principaux points de ce texte de 2012 ont été développés dans le Manifeste sur la gauche et les gauches écrit en 2014 et reproduit dans ce numéro, NdT) de Joao Bernardo ancien de Combate

« Je suis las. Pour être honnête, j’en ai vraiment marre. Pas seulement d’écrire en vain – ce qui serait sans importance – mais que d’autres avant moi aient écrit en vain et que quelques-uns partagent aujourd’hui le même sort. 1. La fin des régimes soviétiques a suscité en moi deux grandes illusions: j’espérais, que, une fois le capitalisme d’Etat liquidé, on cesserait de confondre le socialisme avec les nationalisations et la centralisation économique ; et je pensais également qu’apparaîtrait une nouvelle synthèse programmatique, dépassant le marxisme et l’anarchisme doctrinaires. De nombreux marxistes, malgré tout leur matérialisme historique, s’échinent à vouloir revenir quatre-vingt-quinze ans en arrière pour ressusciter l’étatisme et le centralisme. Ils continuent à promouvoir le nationalisme, comme si celui-ci n’était pas synonyme d’étatisme, dans la mesure où une nation est – ou aspire à être – la sphère d’existence d’un État. Néanmoins, il faut reconnaître que certains marxistes ont fait un effort d’autocritique, qui aboutira peut-être à rajeunir l’héritage de Marx. Parmi les anarchistes, cependant, on n’assiste même pas à une telle évolution, parce que, étant hostiles à la pensée dialectique, ils croient que l’on peut 174 revenir en arrière dans l’histoire et avec les mêmes recettes, reconstruire correctement ce qui a fait faillite …


Pour lire l'intégralité de ces textes :


la_gauche_identitaire_contre_la_classe_fe_vrier_2017-2.pdf

1Il faut saluer l'immense travail accompli depuis des décennies, comme auteur d'articles de la revue trotskienne « Combat communiste », qu'il a saisi informatiquement, un immense travail de ce correcteur d'imprimerie (il a travaillé chez Gallimard) comme 'archiviste et traducteur. Je note cela bien que mes rapports avec aient souvent été tends ; je l'ai rencontré pour la première foi il y a 50 ans à Cachan en 1972 où il était petit chef de LO, mais petit à petit il semble s'être décrassé de sa couche de petit chef dans tous les domaines, devenant éditeur libéral capable par exemple de publier mon livre sur Marc Chirik, co-écrit avec Michel Roger. Joao Benardo que j'ai toujours admiré comme le meilleur écrivan de l'ancienne ultra-gauche, m'a franchement épaté avec son Manifeste « j'en ai marre », référencé à la suite de Goldner.

mardi 5 mai 2026

RAPPORT ODIEUVISUEL : l'omerta de la gauche caviar et bobo mise à nue



Pour les nombreux prolétaires qui doutent encore que le personnel politique de la gauche bourgeoise ne puisse pas être comparé à la pourriture de la gauche bourgeoise, le rapport Alloncle tiendra de la révélation divine. Ce rapport a été adopté finalement, malgré toute une série de menaces, de ragots et le jour même dénoncé par la présidente de l'Assemblée nationale. Hou le vilain
 
Charles Alloncle, député de l'Union des droites pour la République (UDR, parti fondé par Éric Ciotti, le Benito de Nice et allié au Rassemblement national - RN), tous des fâchistes peu recommandables. Mais on s'en fout, seule importe la constatation de la corruption audiovisuelle si aveuglante avec ses dessous, combines et surtout une idéologie de gauche bourgeoise les deux mains dans le cambouis, artistes et journalistes ne sont-ils pas surtout d'anciens gauchistes aux nobles  idéaux maintenus: prôner la démocratie vertueuse en n'oubliant pas de se remplir les poches dans "le public" et sur le dos du public!

"Gabegie abyssale" à France Télévisions ? C'est ce qu'a décrypté pendant des mois via les questionnements osés aux vedettes de télévision et journalistes cumulards, dont la plupart refusent de livrer leurs revenus de fortun&s parvenus, ce Charles Alloncle, en tant que rapporteur de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public,

Pas triste la gabegie ! Le seul reproche que je ferai à ce rapporteur, honni comme sordide procureur par tous les collabos de gauche bourgeoise et amis sincères de tous ces millionnaires de l'abrutissement public, est sa considérable naïveté : atant croire qu'un simple rapport public sur l'enrichissement de batteleurs de foire pourrait aboutir au nettoyage des écuries d'Augias de l'Etat bourgeois.

Pour le reste bravo ! Il permet de révéler au grans jour la corruption et la puanteur des députés et journalistes de la gauche bourgeoise et des petis cons trotskiens du PA et de la secte LFI.

Premier concerné France Info a dû jouer profil bas, presque neutre, précisant tout de même que cela vient d'un député « ciottiste » (le Benito de Nice).

« Le député ciottiste propose aussi de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques, susceptibles d'apparaître publiquement dans l'exercice de leurs fonctions, à un engagement de neutralité et d'impartialité incluant les propos et comportements publics tenus en dehors de leurs fonctions. Il souhaite aussi revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République.

Il recommande par ailleurs de réduire de trois quarts le budget alloué aux jeux et aux divertissements sur la télévision publique et de réduire d'un tiers le budget des sports de France Télévisions. L'ensemble des préconisations visent à dégager plus d'un milliard d'euros d'économies par an, soit un quart des crédits alloués par l'Etat à l'audiovisuel public. Charles Alloncle recommande d'utiliser cette somme pour l'entretien du patrimoine et pour le désendettement de l'Etat ».

L'enquête fût longue et sérieuse . Cinq mois de commission, 67 auditions, 237 personnes interrogées... Charles Alloncle n'a pas caché sa gratitude envers ceux qui l’ont abreuvé de révélations tout au long de ses travaux : «On m’a dit qu’il y avait une forme d’omerta chez France TV. Très souvent, les sources me parlaient avec une grande réticence et me donnaient rendez-vous dans des lieux extrêmement confidentiels voire incongrus, de peur des représailles. Jusqu’au bout, je préserverai leur anonymat. Je sais ce qu’ils risquent et c’est grâce à eux qu’il y a eu autant de révélations

Les coulisses des médias sont bien verrouillées. Pas touche au « service public », j'allais dire sévice idéologique non privatisé. Plusieurs animateurs, dont Nagui, sont nommément cités dans le rapport, qui les accuse — entre autres griefs — d'« opacité » sur leurs rémunérations et leurs sociétés de production. Nagui, qui produit historiquement N'oubliez pas les paroles via sa structure Air Productions, conteste vigoureusement et traite le bloc député de raciste (argument classique de la gauche caviar). Il sort même de ses gonds de clown d'écran. Il qualifie Charles Alloncle de « petit fonctionnaire de la médisance » et l'accuse, en direct, d'instrumentaliser son rôle parlementaire pour mener une campagne personnelle contre des figures du « service public ». L'extrait fait immédiatement le buzz, dépassant les 4 millions de vues sur les réseaux sociaux en moins de 48 heures, ce que ne provoquera jamais un article du CCI. L'affaire a immédiatement provoqué une onde de choc. Les patrons de France Télévision ont publié rapidos un communiqué de soutien au millionnaire et homme d'affaire d'estrade Nagui, Pour une fois Médiapart avait eu jasis la bonne dent dure : « Nagui vaut cent millions d'argent public » ; mais ce trust douteux reste toujours le principal influenceur de la gauche décomposée : « Après l’adoption du rapport sur l’audiovisuel public, l’extrême droite se frotte les mains. L’écosystème Bolloré a pesé de tout son poids pour alimenter cette offensive contre le service public ».

Mais la mise en cause des cumulards comme Patrick Cohen, Arthur et d'autres, si elle montre l'arrogance de ces parvenus, grâce au « sévice public » aculturé, - nous fait jouir de voir ces larbins des puissants questionnés comme des petits voyous. Mais l'enrichissement de ces clowns n'est pas le le plus scandaleux ni les millions dépensés dans les grands hôtels à Cannes, les voyages en première classe ou les voitures de maîtres. C'est après tout comme dans la plupart des grandes entreprises nationalisées : le droit de cuissage à la PPDA ou à la Depardieu.

Le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a confié au Figaro TV avoir reçu des témoignages «d’une très grande gravité», portant sur des violences sexuelles qu’aurait couvertes la direction de France Télévisions, «moyennant des clauses de confidentialité et des indemnités extrêmement onéreuses»

Le 31 mars, Jacques Cardoze, ancien présentateur de Complément d’enquête, était auditionné par la commission d’enquête et a porté «des accusations très graves sous serment, affirmant que les montants énormes d’indemnités de départ - à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros - masqueraient l’achat du silence de certains témoins ou victimes de violences sexuelles». Avant même ce témoignage, Charles Alloncle dit avoir été alerté en privé par «des victimes ou des témoins d’agressions sexuelles». «Ces personnes m’ont écrit pendant cette commission d’enquête pour me dire qu’on leur avait demandé de partir, après avoir dénoncé ces faits à des dirigeants de France TV, moyennant des accords de confidentialité particulièrement onéreux», précise le rapporteur ».

Silence des féministes gauchistes nationalisées ?

L'OMERTA HONTEUSE DE LA GAUCHE CAVIAR ET PAILLETTES

Au tout début de l'enquête, tels des staliniens effarouchés, toute la clique de la gauche bourgeoise, et sans doute vertueuse comme Staline - Les députés Les Républicains (LR), le Parti Socialiste (PS), Europe Écologie Les Verts (EELV) et La France Insoumise (LFI) – a fait part de sa volonté d'interdire l’enquête, dénonçant comme un scandale de chercher à rendre transparent cet odieuvisuel nationalisé. Cachez ces artistiques fortunes pour l'amusement du peuple et que je ne saurais voir ! Ce supposé service public qui coûte 4 milliards€, utilise les fonds des contribuables lapidés et avec une dérive de frais de personnels culminant avec salaires à 100.000€ !, ainsi qu’à des abus, des magouilles et des conflits d’intérêts avec trois ou quatre sociétés privées...pas du tout nationalisées ! Pour une gauche « radicale » qui défilait le premier mai en dénonçant les milliardaires, cela fait pathétique.

LE SERVICE PUBLIC, CE CACHE-SEXE DES COPAINS ET DES COQUINS

J'ai toujours considéré que les nationalisations étaient une invention des gestionnaires bourgeois (nationalistes) à la Dze Gaulle, nullement pour émanciper ou uinfier la classe ouvrière, mais la diviser en embauchant surtout après guerre le personnel du parti et du syndicats staliniens, créant ainsi une nouvelle aristocratie ouvrière avec garantie d'emploi et retraite avancée.

La défense d'un « service public » pompe à pognon pour artistes bourgeois ou journalistes compromis batteleurs d'une idéologie pourrie (qui méprise les sans dents) et qui a imbibé toute la société en effaçant l'autre idéologie de droite ringarde, n'a produit que le même poison, le même purin : je mens donc je suis. Ils se bousculèrent tous les lâches comme les compromis, les faux-culs comme les peine à jouir.

LE MONDE est pitoyable contre le « procureur Deloncle » à qui on reproche des petites choses, hors sujet : « L’impression d’une monopolisation du temps de parole par Charles Alloncle, dénoncée par de nombreux observateurs, se confirme plutôt dans les chiffres : le rapporteur a capté 14 % du temps de parole, si l’on s’en tient uniquement à ses questions et monologues, selon les calculs des Décodeurs. Et même 28 %, si l’on élargit à l’ensemble des échanges ».

Indignée fût l'ex-bébé Mélenchon, Raquel Garrido. « C’est du travail ni fait ni à faire. C’est du temps perdu, même par rapport au pouvoir législatif. Je rappelle qu’on est dans un pays où le pouvoir gouvernant est essentiellement concentré entre les mains de l’exécutif où l’Assemblée nationale a très peu de pouvoir (sic). Faire, par un groupe parlementaire, une commission d’enquête par année, c’est le maximum du pouvoir qu’il y a et, là, ça a été totalement au service d’un objectif politique qui consiste à privatiser tout le secteur audiovisuel public », L'ex-bébé LFI accusa en outre le rapport de « tuer la culture, l’exception culturelle, l’intermittence du spectacle et l’audiovisuel public ». Avec 13 émissions de jeux débiles tous les jours, c'est sûr que le service public relève le niveau intellectuel. Et que Reichmann et Nagui s'en foutent plein les poches sans forcer et sans avoir mené des études supérieures. Qu'ils s'enrichissent à bon compte, tant mieux pour eux, mais c'est l'ensemble de la bizarre pompe à finances (publique) à tous les niveaux qui a basculé dans le déficit géant.

Le député insoumis Aurélien Saintoul a souligné « l'incohérence des propos », Le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public est «inepte et contre-productif» selon Erwan Balanant, député MoDem.

Le résidu du parti stalinien fût le plus inquiet ; on lit dans l'Huma : « Il sera publié le 4 mai prochain. Il provoque de vives inquiétudes, à la fois par la demande de suppressions de chaînes et stations, mais aussi par un dénigrement organisé de la parole d’autrui (?). Le rapport de Charles Alloncle tient ses promesses : il est dangereux. Il a été adopté de justesse, ce lundi 27 avril, à 12 voix contre 10, le reste des députés s’abstenant. Les travaux de cette commission, menés depuis novembre dernier, ont été marqués par une mise en accusation du service public audiovisuel, en même temps qu’un véritable cirque médiatique orchestré par son rapporteur Charles Alloncle, député de l’Hérault et membre du parti d’Éric Ciotti, l’Union des Droites pour la République (UDR). 63 auditions se sont tenues, et 238 personnes ont été entendues, dont beaucoup de vedettes du petit écran. Dès vendredi, des premiers éléments du rapport, très inquiétants ont fuité...

La confrontation Nagui-Alloncle a révèlé la duplicité et complémentarité du statut hybride des grands animateurs-producteurs, qui sont à la fois employés du service public et chefs d'entreprise privée, c'est à dire bourgeois ayant pignon et pognon sur rue, et sous les applaudissements du peuple distrait.

Comme cire-pompe des puissants et de leurs animateurs-producteurs, de leurs côteries et tentatives de viol, le NPA fût le plus minable contre « le tombereau d'ordures de Alloncle validé » :

« Durant des semaines qu’ont duré les auditions de ladite commission, son rapporteur, Charles Alloncle, proche d’Éric Ciotti et en phase avec le Rassemblement national, s’est livré à des attaques en règle contre le service public, demandant des suppressions de chaînes et se livrant à une campagne de dénigrement systématique à l’égard de ses responsables, animateurs et journalistes. Ce qui lui a valu plusieurs rappels à l’ordre de la présidente de l’Assemblée nationale mais aussi du président de la commission, le député Horizons du Calvados, Jérémie Patrier-Leitus. Dans le même temps, Alloncle profitait des audiences pour servir la soupe à Bolloré et à ses médias qui lui ont ouvert largement leurs colonnes et leurs antennes. La publication de ce tissu d’âneries et de calomnies avant même de l’avoir lu, au nom, bien sûr, de la « démocratie ». Preuve que la macronie est toujours prête à faire la courte échelle à la droite de la droite en attendant un retour d’ascenseur ».

Comme quoi l'antifascisme du petit bourgeois sert à excuser toutes les turpitudes, enrichissement et voluptés des copains et des coquins du « service public », ou de ce con de public qui en redemande.













samedi 2 mai 2026

BOUFFONNERIE : LE PREMIER MAI N'EST PLUS CE QU'IL ETAIT


suivi de "A quoi sert Mélenchon?"

et l'olibrius candidat

Depuis longtemps le premier mai ne passionne plus la foule ; celle-ci était en effet amaigrie depuis des lustres pour ne pas dire des années. Jadis et naguère, depuis 1945 en tout cas, on nous faisait défiler par paquets, corporations ou partis. Or depuis la fin des années 1980, il s'était produit un nouvel ordonnancement : les non organisables ou non organisés défilaient de plus en plus nombreux devant le cortège planifié et encadré des bureaucraties syndicales et de leurs suiveuses, les sectes gauchistes. Mais voilà que cette pré-manifestation prenait finalement une dimension plus imposante que sa queue organisée et ficelée. Fallait-il ré-imposer de force l'ancienne configuration ? Que nenni à une époque où les gros bras staliniens ont fondu avec leurs rides d'agonisants encore encartés. Impossible d'inverser la chose car les inorganisés sont habiles pour longer sur les trottoirs et les CRS peu soucieux des envies de leurs néanmoins collègues salariés.

De même que tous les partis politiques (bourgeois, faut-il le rappeler aux abstentionnistes?) se sont présentés aux dernières élections municipales sans étiquette ; avec la même pensée neuronale nos organisateurs syndicrates ont décidé qu'il valait mieux supprimer les barrières corporatives ou autres qui rythmaient le défilé plan-plan naguère au temps où les ouvriers votaient encore majoritairement pour la gauche social-démcrate et stalinienne.

Ainsi, nous voilà tous défilant comme un seul troupeau sans étiquette où les ballons syndicaux peuvent encore prétendre représenter toute la manifestation ; encore faut-il rappeler qu'ils sont gonflés à l'hélium, gaz plus léger que l'air et donc aussi volatile que les promesses syndicales. Les abribus servent de bureau de recrutement, de pétitionnement et de diffusion de tracts sur papier glacé, ne contenant que quelques phrases vides de toute réflexion, renvoyant au musée du rouet et de la hache nos vieilles Gestetner poussiéreuses.

Cette foule mollassonne est venue défiler pour des raisons diverses et incertaines. Disons, pour donner raison au lider Maximo, que ce pouvait être pour protester contre cette atteinte à ce jour de repos supplémentaire dont les origines sanglantes sont méconnues des jeunes voire oubliées. Un jour où ma boulangère et mon fleuriste donneront le mauvais exemple pour les patrons fiévreux et foireux . Mélenchon se gardera de toute solidarité avec les employés des commerces arabes ouverts jours et nuits, même le dimanche et qui se fichent des martyrs de 1890.

Cette foule est lâche et peu dynamique. A part crier que « tout le monde n'aime pas la police » ou que « le fascisme ne passera pas », elle attend, avec ce frisson du voyeur, que quelques encapuchonnés bombardent de cannettes ou de morceaux de béton les protecteurs casqués de l'Etat macronien pour ensuite s'enfuir comme des lapins à la moindre charge.


UN DISCOURS DE CLASSE POPULISTE


Le clou, j'allais dire le clown du spectacle, fût, pour les médias, surtout le discours « de classe » de Mélenchon. Sa tribune, au coin de la place dite de la République, plagiait allègrement le fonds de commerce d'un concurrent plus sérieux, la grande surface Leclerc : « Bloquer les prix, libérer nos vies ». Leclerc faisait plus militant ! « Lutter contre la vie chère ».

Entouré de ses groupies qui boivent les bons mots du lider Maximo et hochent de la tête comme mon chien gadget chinois sur la lunette arrière, il attaque par une saillie saluant la classe ouvrière. Il dénonce une prétendue fête du travail, crie sous des applaudissements nourris : « il faut travailler moins pour gagner plus ». Il faut un temps libre, le temps choisi...et aller faire le plein (de vie?) chez Leclerc. C'est tout à fait dans l'air du temps. Au milieu du parcours on assista à l'installation laborieuse par de vieux nanars d'une banderole moche, mal écrite, accrochée par une ficelle tendue entre deux réverbères : « Crève le travail » ? applaudie par les rangées successives. Et après, on fait comment ? Saluons néanmoins la révolution des fainéants avant l'heure post-révolution ?

Un couplet féministe nunuche s'impose ensuite : « sans l'aide gratuite des femmes au foyer, sans salaire, à l'entretien quotidien de la reproduction sociale, il n'y aurait pas d'accumulation capitaliste possible, car, il faut le rappeler, le capitalisme est l'appropriation de la propriété privée ». (applaudissements). Curieux raisonnement vaguement marxisant et racoleur qui oublie que les femmes servent surtout à l'accumulation capitaliste dans les usines et depuis les débuts. Et les hommes au chômage à la maison, ils contribuent à quoi ?

La causerie en tribune souffre cependant d'un argumentaire familier, à tu et à toi, trumpiste et du


même type de vantardise. Le lider Maximo s'y croit et ses ouailles du premier cercle en ont presque les larmes aux yeux . Mélenchon n'est qu'un néo-stalinien qui veut nous promettre des salaires garantis pour tous, idem pour chômeurs et étudiants et la remontée du capitall français grâce à de nouvelles nationalisations où les riches seront moins riches. On est au cœur de la mystification anti-capitaliste mélenchonnienne : c'est du Mitterrand bis, cuvée 81-83, avec un gros soutien aux inspecteurs du travail et aux juges islamo-gauchistes, que le noble parlement feançais a heureusement défendu. On s'attend presque à ce qu'il prétende comme le grand délirant Trump que les « français » vivent les plus beaux jours de leur vie. Le projet mélenchonien reste très nationaliste-trotskien. La révolution internationale n'a aucne compatibilité avec des nationalisations ou une échelle universelle des salaires !

Le clou du discours, certes brillant tant il ressemble à ceux du PN Trump, version populiste de gauche bourgeoise, est surtout la dénonciation in fine des milliardaires, ces salauds. Une affichette en nombreux exemplaires circulera dans le cortège, admirée voire photographiée : « mon problème c'est les milliardaires ». Mélenchon ne fait que plagier le sociologue américain Peter Turchin obsédé par les présidents américains milliardaires ; ce pitre de sociologue nous refile une définition du pouvoir des élites bourgeoises niveau gauche bobo, évoquant des « pouvoirs plus mous » (sans doute Mélenchon et sa clique, opposants éternels rouges comme les radis qui sont blancs à l'intérieur. ('cf. page 36 in Le chaos qui vient », ed Tempus, 10 euros).

Du Zola me direz-vous. Non mais une vision simpliste de la bourgeoisie, portée par tous ces petits bourgeois qui jalousent plus riches qu'eux. Et après un éventuel bouleversement émeutier, faudra-t-il les pendre cette minorité de très riches, de puissants et d'actionnaires ? Possible puisque le lider Maximo en réfère à Robespierre comme un défenseur de l'éligibilité contrôlée par le peuple (le prolétariat il s'en fiche le maximo sans barbe). Un mensonge de plus, c'est la Commune de Paris qui a posé la première la question de la révocabilité et le exécutions à la va vite sont étrangères à la théorie du prolétariat.

Pour ne prendre que le Lénine d'avant la révolution de 17, celui-ci a fourni des descriptions autrement plus complexes de l'Etat bourgeois et de son fonctionnement - il a prouvé par devers lui qu'il peut y avoir un Etat bourgeois sans bourgeoisie! - loin de ce simplisme mélenchonien qui focalise du doigt sur les très riches. Dénoncer les riches comme étant la bourgeoisie en tant que telle est aussi un wokisme qui exclut le terme de classe – laquelle n'est pas seulement composée des possédants, elle compte ses institutions, ses syndicats laquais qu'elle rétribue, ses serviteurs faussement radicaux comme la clique LFI, chargée d'encadrer les électeurs immigrés, la petite bourgeoise commerçante et agricole envieuses des plus riches... L'échelle mobile des salaires, vieilles lubie trotskienne il peut la vouloir et faire rigoler banquiers et patrons.

Enfin il faut (électoralement) bloquer le prix du carburant et zou : « vous savez ce que vous avez à faire » , « c'est pas la peine que je vous le dise », mais le guru sans barbe le leur dit : « moins d'un an mes petits amis, et zou, on fait le porte à porte, ON Y VA» (où?).



Voilà c'est un résumé de mémoire parce qu'Open Office m'a fait une vacherie, détruisant un texte bien plus long et argumenté contre les arguties minables de Mélenchon. Je n'étais pas présent lors de sa plastronnade devant leur tribune sinon il m'aurait entendu l'interrompre contre ses pires énormités. J'ai donc suivi sa causerie filméev sur son blog. A lire et surveiller car il est très bien fait ce blog, malgré une affabulation du personnage avec photos en vedette ; lui et ses secrétaires écrivent très bien sur l'actualité avec les prises de poisition réacs que nous connaissons, mais plus lisible que nos rudes sectateurs, mais honnêtes, du maximalisme.


Il y a un an , en janvier 2025 j'écrivais ceci sur le lider Maximo de la grande surface française

A quoi sert Mélenchon ?

Mélenchon et sa clique font l'objet d'un tir de barrage incessant de la part de toutes les autres factions bourgeoises, alors que ponctuellement il a parfois raison mais toujours tort lorsqu'il veut se faire passer pour radical. Un jour les plus réactionnaires lui seront reconnaissants pour son utilité politique dans la farce oppositionnelle à l'Etat bourgeois. Pour trois raisons majeures :

  1. Mélenchon sert à encadrer la population immigrée et à la séparer de la classe ouvrière au motif qu'elle serait la plus ostracisée et la plus pauvre, au moyen bien entendu Mélenchon sert à conforter le nationalisme immigré de la fable de l'antiracisme et du blasphème Adolfe Bardella. Cette tâche d'encadrement est aussi utile que celle des syndicats ; imaginez le mouvement social sans ces principaux collaborateurs de l'Etat, à l'heure actuelle ce serait le chaos et certainement pas la révolution. La population immigrée d'origine devenue française donc apte à voter, est incitée à participer aux urnes avec la promesse que les élus soumis à Mélenchon viendront payer leur loyers.

  2. Mélenchon sert à conforter le nationalisme immigré, ce qui est en second lieu une excellente tâche de dissolution de tout internationalisme ; et, en effet, par exemple, des parasites et des touristes algériens algériens, mais pas les ouvriers, exhibent leur drapeau nationaliste à chaque match de foot, cette palinodie de classe est clairement rédhibitoire pour l'ensemble du prolétariat. Mélenchon est l'héritier de la théorie débile des libérations nationales où un colonialisme capitaliste a été remplacé par un autre colonialisme mafieux. Cette théorie fumeuse des gauchistes les plus cons les a toujours enfermés dans le soutien aux pires dictateurs, en gestation ou après, pourvu qu'ils se disent anti-capitalistes . Mais cette position, dite elle aussi anti-capitaliste a son intérêt pour l'Etat français. L'intérêt du double jeu. Les généraux mafieux d'Alger et leur potiche peuvent compter sur les insoumis à la nation colonisatrice éternelle pour justifier leur nationalisme « libéré », bénissant la flétrissure de tout opposant et l'internement comme otage d'un écrivain français vieux et malade . La mafia dite insoumise peut donc parallèlement servir d'interlocuteur entre les deux parties, comme les mafias syndicales sur le plan social

  3. Enfin le plus remarquable dans l'agitation apparemment chaotique du cirque mélenchonien est cette façon d'empêcher de penser sérieusement la politique. Il n'est plus question de discours argumentés ou de débats contradictoires. Tout est désormais petites phrases, insultes, accusations sans fin des individus Et un seul programme : raser gratis.

Qui part trop tôt arrive trop tard

« L'important c'est de participer » Baron de Coubertin

La secte LFI a eu les honneurs de la principale chaîne bourgeoise TF1 ce soir. L'olibrius Mélenchon a voulu poser au prétendant sérieux en cravate, costume et mine de croquemort . Modestement l'olibrius a plaisamment affirmé qu'il est l'homme de la situation. Etant le seul à pouvoir y répondre... (il ne manque pas d'air). Et, savez-vous, dans l'urgence ! L'urgence de quoi ? De prendre la place de l'autre ? Aucune chance après une telle proclamation égotiste. Son programme : battre à plate couture le RN ! Aucune chance non plus. Cette visée signifie de fait que la secte LFI n'a pas de programme sérieux et va à la cata complète en plus avec le tas d'autres candidats inutiles de l'arc politicien. Ce n'est pas en dénonçant le racisme à chaque coin de rue et en exhibant le drapeau palestinien lors de chaque exhibition militante que cet olibrius et ses groupies infantiles vont un tant soit peu effacer les deux préoccupations principales : l'insécurité liée à l'immigration sans limites et l'appauvrissement généralisé. 

Trois facteurs importants crucifient la prétention de l'olibrius, il est tombé au 59 ème rang des personnalités préférées (c'est le patron Leclerc qui est en tête!), trop clivant et agressif,, deux: la majorité des abstentionnistes ne votent jamais pour sa clique (et pourtant ils sont nombreux avec de faibles revenus mais nev croient pas à la lune démagogique) et trois, plus grave, du fait que 60% des musulmans votent pour lui, c'est une hérésie politique qui heurte toute personne consciente et rationnelle; il a été prouvé dès le 19ème siècle que dès qu'entre en question la religion elle devient prioritaire dans les choix politiques. Ce qui de fait inquiète plus encore la population, hormis les petits bourgeois recrutés, voyant dans l'olibrius le principal porteur en France du nazislamisme.

Par conséquent, ne représentant aucune tradition internationaliste même en situation insurrectionnelle cette secte faussement radicale car populiste nationaliste ne ferait pas le poids; sa vision nationale étriquée et communautariste n'est pas du niveau à répondre à une grave situtaion, en effet, mais qui exige des réponses sans frontières pour le prolétariat international. L'olibrius septuagénaire devrait plutôt préparer sa sépulture politique avec son vide sidéral. Sidérant car le ridicule ne tue toujours pas. En tout état de cause, les autres fractions bourgeoises se précipitent déjà pour s'en servir de repoussoir. La secte devrait grandement leur faciliter la tâche avec ses outrances et ses dévots "créolisés".

«L'heure du grand changement est venue. Faisons vivre une nouvelle France rassemblée sur des objectifs nationaux conformes à l'intérêt général humain. C'est le moment d'une révolution citoyenne», assure sans rire, par tract, le lider minimo national-bobo dans sa lettre aux « français » (peuple de France). Plus creux qu'une affiche électorale !