"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 13 octobre 2026

LFI ce parti petit-bourgeois bonimenteur des élèves et expression de la décomposition politique des couches intermédiares



 LE TERRORISME DES CLASSES ET COUCHES PETITES-BOURGEOISES


Extraits de l'article fondamental de Marc Chirik en 1980, que j'ai inclus dans mon tome 2 de son œuvre en 2008, l'article est reproduit intégralement sous forme de petit livre disponible sur le site des éditions Smolny. A la RP du CCI, j'avais convié les assistants à se reporter sur leur site, mais il y est introuvable, dommage. Je peux expédier le fichier du tome II (500 pages) à qui m'en fera la demande.

Je reviendrai sur les raisons pour lesquelles la "jeunesse" (thème hors classe) en France semble ficelée par le principal parti petit-bourgeois, LFI, et surtout son apologie de la violence, surtout flicophobe et outrancière. On peut effectivement soutenir qu'une partie de la colère lycéenne et étudiante n'est pas motivée d'abord par un idéal égalitaire, mais par la crainte d'un déclassement social. Pendant plusieurs décennies, les études supérieures ont été perçues comme la voie d'accès aux professions de cadre et à un mode de vie de classe moyenne supérieure. Si l'IA réduit fortement la demande de certaines tâches intellectuelles de bureau, ce sont précisément ces perspectives qui sont menacées. L'angoisse n'est pas tant : « tout le monde doit être égal », mais plutôt : « après des années d'études, je refuse d'avoir le même statut économique que celui auquel j'espérais échapper ». Autrement dit, la peur de la prolétarisation des diplômés, mais qui débouche sur leur impuissance et ifficulté à admettre tomber dans le prolétariat...Pourtant nous, en bas, on s'est toujours marré: tout le monde n'est pas fait pour les études!

Toutes proportions gardées, Mélenchon et ses ouailles ne sont pas des terroristes comme ceux des années 1980, quoique leur soutien archaïque au Hamas soit plus qu'ambigu avec une détestation du nationalisme juif qui fleure l'antisémitisme. L'intérêt de l'article de Marc Chirik est qu'il traite le fond de la violence terroriste, terrifiante, en mode crime de masse, mais aussi, comme on peut le déduire, concernant les émeutes de rue d'éléments désespérés de la petite bourgeoisie, ce qui est encore le cas d'une bonne partie des étudiants qui se destinaient à devenir cadres, mais seront contraint pour beaucoup d'envisager de devenir "cadres" du prolétariat par défaut (syndicrates et politiciens au verbe radical), sans la sécurité del'emploi. Ce parti petit-bourgeois éclectique, anti-marxiste, empêchant de penser politique, est aussi le principal souteneur des petits patrons et de solutions réformistes populistes invraisemblables pour faire durer le capitalisme, avec la taxe anti-riche de Zucman. Ses prestations publiques relèvent en général d'un terrorisme intellectuel et ses activistes sont d'une bêtise que l'on ne nommera pas ici, reflet désarmant de l'inanité de ces sous-classes.

Au moins, en 68, on pouvait déplorer cet ennui, implacable compagnon d'une jeunesse intellectuelle désoeuvrée, en rêvant de le dissoudre d'une épaisseur "messianique", en projet politique. Pour l'heure la petite bourgeoisie décomposée n'offre pour réflexion moraliste, que l'antiracisme et le bashing du RN, et ses "enfants" se font représenter par une lycéenne voilée qui réclame 10 milliards ou rien.


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Les classes petites-bourgeoises (paysans, artisans, petits commerçants, professions libérales, intellectuels) ne constituent pas des classes fondamentales dans la société. Elles n'ont pas de mode de production particulier à présenter ni aucun projet de société à offrir. Elles ne sont pas des classes historiques dans le sens marxiste du terme. Elles sont par excellence les moins homogènes des classes sociales. Même si dans leurs couches supérieures elles tirent leurs revenus de l'exploitation du travail des autres, et, à ce titre, font partie des privilégiées, elles sont dans leur ensemble soumises à la domination de la classe capitaliste dont elles subissent la rigueur des lois et de l'oppression. Aucun devenir ne se présente à elles comme classe. Dans leurs couches supérieures, le maximum de leurs aspirations est de parvenir à s'intégrer individuellement dans la classe capitaliste.

Dans leurs couches inférieures, elles sont destinées implacablement à perdre toute propriété et "indépendance" des moyens de subsistance et à se prolétariser. Dans leur immense masse moyenne, elles sont condamnées à végéter, économiquement et politiquement écrasées par la domination de la classe capitaliste. Leur comportement politique est déterminé par le rapport de force entre les deux classes fondamentales de la société: le capitalisme et le prolétariat. Leur résistance sans espoir aux lois impitoyables du Capital les amène à une vision et un comportement fatalistes et passifs. Leur idéologie est le "sauve-qui-peut" individualiste et collectivement, les multiples variétés de lamentations plaintives, la recherche de consolations misérables, les impuissants et ridicules sermons pacifistes, humanistes de toutes sortes. Écrasées matériellement, sans aucun avenir devant elles, végétant dans un présent aux horizons complètement bouchés, piétinant dans une médiocrité quotidienne sans bornes, elles sont dans leur désespoir la proie facile à toutes les mystifications, des plus pacifiques (sectes religieuses, naturistes, anti-violence, anti-bombe atomique, hippie, écologistes, anti-nucléaires, etc...) aux plus sanglantes (Cent-noirs, pogromistes, racistes, Ku-Klux-Klan, bandes fascistes, gangsters et mercenaires de tout acabit, etc.).

C'est surtout dans ces dernières, les plus sanglantes, qu'elles trouvent la compensation d'une dignité illusoire à leur déchéance réelle que le développement du capitalisme accroît de jour en jour. C'est l'héroïsme de la lâcheté, le courage des poltrons, la gloire de la médiocrité sordide. C'est dans ces rangs que le capitalisme, après les avoir réduits à la déchéance extrême, trouve une réserve inépuisable pour le recrutement de ces héros de la terreur. S'il est arrivé parfois le long de l'histoire des explosions de colère et de violence de la part de ces classes, ces explosions restaient sporadiques et ne sont jamais allées au delà de jacqueries et révoltes car aucune autre perspective ne s'ouvrait à elles sinon celle d'être écrasées. Dans le capitalisme, ces classes perdent complètement leur indépendance et ne servent que de masse de manœuvre et d'appui aux affrontements que se livrent les différentes fractions de la classe dominante tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières nationales.

Dans des moments de crise révolutionnaire et dans certaines circonstances favorables, le mécontentement profond d'une partie de ces classes pourrait servir de force d'appoint à la lutte du prolétariat. L'inévitable processus de paupérisation et de prolétarisation des couches inférieures de ces classes, est un chemin extrêmement difficile et douloureux à parcourir et donne naissance à un courant de révolte particulièrement exacerbée. La combativité de ces éléments provenant plus spécialement des artisans et de l'intelligentsia déclassée, repose plus sur leur état d'individus désespérés que sur la lutte de classe du prolétariat qu'ils ont beaucoup de mal à intégrer. Ce qui les caractérise fondamentalement, c'est : l'individualisme, l'impatience, le scepticisme, la démoralisation et leurs actions qui relèvent plus de suicide spectaculaire que d'un but à atteindre. Ayant perdu "leur passé", n'ayant aucun avenir devant eux, ils vivent un présent de misère et la révolte exaspérée contre la misère de ce présent ressenti dans l'immédiat et comme un immédiat. Même si en contact avec la classe ouvrière et son devenir historique, ils parviennent à s'inspirer d'une façon généralement déformée de ses idéaux, cela dépasse rarement le niveau de la fantaisie et du rêve. Leur véritable vision de la réalité reste le champ réduit et borné de la contingence.

L'expression politique de ce courant prend des formes extrêmement variées qui va de la stricte actuation individuelle aux différentes formations de sectes fermées, de conspiration, de complot, de préparation de "coup d'État" minoritaire, d'actions exemplaires et, à l'extrême, le terrorisme. Ce qui constitue leur unité dans cette diversité, c'est leur méconnaissance du déterminisme objectif et historique du mouvement de la lutte des classes, leur méconnaissance du sujet historique de la société moderne, seul capable d'assurer la transformation sociale: le prolétariat. La persistance des manifestations de ce courant est donnée par la permanence du processus de prolétarisation de ces couches tout le long de l'histoire du capitalisme. Leurs variétés et diversités sont le produit des situations locales et contingentes. Ce phénomène social accompagne tout au long de l'histoire la formation de la classe prolétarienne et se trouve ainsi mêlé à des degrés divers au mouvement du prolétariat dans lequel ce courant importe des idées et des comportements qu'il charrie et qui sont étrangers à la classe.

Cela est vrai tout particulièrement en ce qui concerne le terrorisme. Il faut absolument insister sur ce point essentiel et ne laisser aucune ambiguïté à ce sujet. Si, à l'aube de sa formation de classe , le prolétariat, dans sa tendance à s'organiser, ne trouve pas encore sa forme appropriée et utilise le type d'organisation de sociétés conspiratives, secrètes, héritage de la révolution bourgeoise, cela ne change en rien la nature de classe de ces formes, leur inadéquation au contenu nouveau, celui de la lutte de classe du prolétariat. Rapidement le prolétariat sera amené à se dégager de ces formes d'organisation et méthodes d'action et à les rejeter définitivement.

Tout comme pour ce qui concerne l'élaboration théorique et sa phase utopiste, la formation d'organisations politiques de la classe passait inévitablement par la phase de sectes conspiratives. Mais il importe de ne pas alimenter la confusion, de ne pas faire de nécessité vertu, ne pas confondre les divers stades du mouvement et savoir distinguer la signification différente et opposée de leur manifestation dans des stades différents. De même que le socialisme utopique se transformera, à un certain stade atteint par le mouvement du prolétariat, d'une grande contribution positive en une entrave au développement ultérieur de ce mouvement, de même et à ce même stade, les sectes conspiratives seront désormais frappées du signe négatif et stérilisant pour le développement ultérieur du mouvement. Le courant représentant les couches en voie d'une difficile prolétarisation ne saurait désormais être la moindre contribution à un mouvement de classe déjà développé.

Non seulement ce courant doit revendiquer le type d'organisation de sectes et de méthodes de conspiration, mais, arrivant avec un retard toujours plus accentué sur le mouvement réel, il est amené dans son exacerbation à pousser cette revendication à outrance, à en faire une caricature, trouvant son expression extrême en préconisant l'action terroriste. Le terrorisme n'est pas simplement l'action de terreur. C'est là se placer sur un terrain terminologique. Ce que nous voulons faire ressortir et mettre en relief c'est le sens social et la différence que ces termes recouvrent.

La terreur est un système de domination, structuré, permanent, émanant des classes exploiteuses. Le terrorisme par contre est une réaction de classe opprimée, mais sans devenir, contre la terreur de la classe opprinante? Ce sont des réactions momentanées, sans continuité, des réactions de vengeance et sans lendemain. Nous trouvons la description émouvante de ce genre de mouvement dans Panaït Istrati et ses Haïdoucs dans le contexte historique de la Roumanie de la fin du siècle dernier. Nous les retrouvons dans le terrorisme des narodnikis russes et, aussi différentes qu'elles se présentent, chez les anarchistes et la bande à Bonnot; elles relèvent toujours de la même nature: vengeance des impuissants parce qu'impuissants.

Elles ne sont jamais l'annonce d'un nouveau, mais l'expression désespérée d'une fin, de sa propre fin. Réaction impuissante d'une impuissance, le terrorisme n'ébranle pas et ne peut ébranler la terreur de la classe dominante. C'est une piqûre de moustique sur la peau d'un éléphant. Par contre, il peut être et est souvent exploité par l'Etat pour justifier et renforcer sa terreur. Il faut absolument dénoncer le mythe qui veut que le terrorisme serve ou puisse servir de détonateur pour déclencher le mouvement de la lutte du prolétariat. Cela serait pour le moins très singulier qu'une classe au devenir historique ait besoin de chercher dans une classe sans devenir l'élément détonateur de sa propre lutte. Il est absolument absurde de prétendre que le terrorisme des couches les plus radicalisées de la petite bourgeoisie a le mérite de détruire dans la classe ouvrière les effets de la mystification démocratique, de la légalité bourgeoise, et de lui enseigner la voie indispensable de la violence.

Le prolétariat n'a aucune leçon à tirer du terrorisme radical, sinon celle de s'en écarter et de le rejeter, car la violence contenue dans le terrorisme se situe fondamentalement sur le terrain bourgeois de la lutte. La compréhension de la violence nécessaire et indispensable, le prolétariat la tire de son existence propre, de sa lutte, de ses expériences, de ses affrontements avec la classe dominante. C'est une violence de classe qui diffère de nature, de contenu, de forme et de méthodes aussi catégoriquement du terrorisme petit-bourtgeois que de la terreur de classe exploiteuse dominante.

Il est absolument certain que la classe ouvrière manifeste généralement une attitude de solidarité et de sympathie, non pas à l'égard du terrorisme qu'elle condamne en tant qu'idéologie, organisation et méthodes, mais à l'égard des éléments qui s'y livrent. Cela pour des raisons évidentes:

1) parce qu'ils sont en révolte contre l'ordre de terreur existant que le prolétariat se propose de détruire de fond en comble;

2) parce que comme la classe ouvrière, ils sont également des victimes de la cruelle exploitation et oppression de la part de l'ennemie mortelle du prolétariat: la classe capitaliste et son Etat. Le prolétariat ne peut pas ne pas manifester sa solidarité à ces victimes en essayant de les sauver des mains des bourreaux, de la terreur d'Etat existante et en s'efforçant de les dégager de l'impasse mortellement dangereuse: le terrorisme, dans lequel ils se sont fourvoyés.

LA VIOLENCE DE CLASSE DU PROLETARIAT

Nous n'avons pas à insister ici sur la nécessaire violence de la lutte de classe du prolétariat. Le faire serait enfoncer des portes ouvertes, car, voilà bientôt deux siècles depuis les Egaux de Babeuf, que la démonstration théorique et dans les faits de sa nécessité et inévitabilité a été apportée. Il est aussi vain de répéter à n'en plus pouvoir en la présentant comme une découverte cette vérité que toutes les classes sont amenées à user de la violence et aussi le prolétariat. En se contentant d'énoncer ces vérités devenues des banalités, on finit par établir une sorte d'équation vide de tout sens "violence=violence". 

On établit ainsi une équivalence, une identité aussi simpliste qu'absurde entre la violence du capital et la violence du prolétariat, et on passe à côté, on escamote leur différence essentielle, l'une étant oppressive et l'autre libératrice. Dire et redire cette tautologie "violence=violence" et se contenter de démontrer que toutes les classes en usent, pour établir sa nature identique, est aussi intelligent, génial, que de voir une identité entre l'acte du chirurgien faisant une césarienne pour donner naissance à la vie et l'acte de l'assassin éventrant sa victime pour lui donner la mort, par le fait que l'un et l'autre se servent d'instruments qui se ressemblent: le couteau exerçant une action sur un même objet: le ventre, et recourant à une même technique apparemment fort semblable: celle d'ouvrir le ventre. Ce qui importe au plus haut point ce n'est pas de répéter: violence, violence, mais de souligner fortement leur différence essentielle et dégager le plus clairement possible ce en quoi, pourquoi et comment la violence du prolétariat se distingue et diffère de la terreur et du terrorisme des autres classes. En établissant une différence entre terreur et violence de classe, ce n'est pas pour des raisons de querelles, de terminologie, de répugnance affective au mot terreur, ni pour des raisons de pudeur de vierges intimidées, mais pour faire ressortir plus clairement la nature de classe différente, le contenu et les formes différentes que le même mot recouvre et estompe. Le vocabulaire retarde sur les faits et souvent aussi le manque de la distinction dans les mots témoigne d'une pensée insuffisamment élaborée et entretien une ambiguïté toujours nocive. Comme exemple on peut citer le mot de "social-démocratie" qui ne correspond en rien à l'essence révolutionnaire et au but d'une société communiste que se propose l'organisation politique du prolétariat. Il en est de même pour le mot "terreur" qu'on trouve parfois dans la littérature socialiste, même chez nos classiques, accolé au mot "révolutionnaire" et "du prolétariat". Il faut instamment mettre en garde contre les abus qui consistent à recourir à des citations littérales de phrases, sans les rétablir dans leur contexte, les circonstances dans lesquelles elles étaient écrites, l'adversaire qu'elles visaient au risque de déformer et de trahir la véritable pensée de leurs auteurs.

Il faut encore souligner que la plupart du temps ces auteurs, tout en utilisant le mot terreur prenaient de grandes précautions pour établir la différence de fond et de forme entre celle du prolétariat et celle de la bourgeoisie, entre La Commune de Paris et Versailles, entre la révolution et la contre-révolution dans la guerre civile en Russie. Si nous pensons qu'il est temps de distinguer ces deus termes, c'est pour lever les ambiguïtés que leur identification entretient et surtout, cette ambiguïté qui ne veut voir là qu'une différence de quantité, d'intensité et non de nature de classe. Et même s'il ne s'agissait strictement que d'un changement de quantité, cela entraînerait pour les marxistes qui se réclament de la méthode dialectique, un changement de qualité.

En répudiant la terreur en faveur de la violence de classe du prolétariat, nous entendons, non seulement exprimer notre répugnance de classe à l'égard du contenu réel d'exploitation et d'oppression qu'est la terreur, mais également en finir avec les finasseries casuistiques et hypocrites sur "la fin justifie les moyens". Les apologistes inconditionnels de la terreur, ces calvinistes de la révolution que sont les bordiguistes, dédaignent les questions de formes d'organisation et de moyens.

Seul existe pour eux le "but" pour lequel toutes les formes et tous les moyens peuvent être indifféremment utilisés. "La révolution est une question de contenu et non de forme d'organisation", répètent-ils inlassablement, sauf... sauf... pour ce qui est de la terreur. Sur ce point, on est catégorique: "pas de révolution sans terreur", et n'est pas un révolutionnaire celui qui n'est pas capable de tuer quelques enfants; ici, la terreur, considérée comme moyen devient une condition absolue, un impératif catégorique de la révolution et de son contenu. Pourquoi cette exception? on pourrait aussi, à l'inverse, se poser d'autres questions. Si vraiment les questions de moyens et de formes d'organisation sont si importantes pour la révolution prolétarienne, ne serait-il pas, possible qu'elle s'accomplisse avec la forme monarchiste ou parlementaire par exemple? Pourquoi pas?

La vérité est que vouloir séparer le contenu et les formes, la fin et les moyens, est une pure absurdité. Dans la réalité, contenu et formes sont intrinsèquement liés. Une fin ne contient pas n'importe quels moyens, mais ses moyens propres et les moyens déterminés ne sont valables que pour des fins déterminées. Toute autre approche n'est que de la spéculation sophistique. Quand nous rejetons la terreur comme mode d'existence de la violence du prolétariat, ce n'est pas pour on ne sait quelle raison morale mais parce que la terreur, comme contenu et méthode, s'oppose par nature au but que se propose et poursuit le prolétariat.

Les calvinistes de la révolution croient-ils vraiment et peuvent-ils nous convaincre que pour atteindre notre but, le communisme, le prolétariat pourrait et devrait recourir aux moyens d'immenses camps de concentration et d'extermination systématique des populations par millions et millions, ou par l'installation d'un immense réseau de chambres à gaze, scientifiquement encore plus perfectionnées que celles d'Hitler? Le génocide fait-il partie du Programme et de la "voie calviniste" du socialisme?! Il suffit de rappeler l'énumération que nous avons faite des principales caractéristiques du contenu et des méthodes de la terreur, pour voir au premier coup d'oeil tout l'abîme qui sépare et oppose le prolétariat de celle-là.

1) "être liée organiquement à l'exploitation et pour l'imposer". Le prolétariat est une classe exploitée et lutte pour la surpression de l'exploitation de l'homme par l'homme.

2)"être le fait d'une classe privilégiée". Le prolétariat n'a aucun privilège et lutte pour la suppression de tout privilège.

3) "être le fait d'une classe minoritaire".

Le prolétariat représente avec les travailleurs l'immense majorité de la société. D'aucuns voudraient peut-être voir dans cette référence notre "indécrottable penchant pour les principes de la démocratie", de majorité et de minorité, sans prendre garde que ce sont eux qui sont obnubilés par ce problème, en faisant de plus, de la minorité, par horreur viscérale de la majorité, le critère de la vérité révolutionnaire. Le socialisme est irréalisable s'il ne repose pas sur la possibilité historique et ne correspond pas aux intérêts fondamentaux et à la volonté de l'immense majorité de la société.

C'est là un des arguments clé de Lénine de "L'Etat et la Révolution", et également de Marx affirmant que le prolétariat ne saurait s'émanciper sans émanciper l'humanité toute entière.

4)"être le fait d'un corps spécialisé"... Le prolétariat, a écrit sur son drapeau la destruction de l'armée permanente, de la police, pour l'armement général du peuple et avant tout du prolétariat. "tendant à se dégager de tout contrôle de la société". Le prolétariat rejette, comme objectif toute spécialisation, et dans la mesure de l'impossibilité de sa totale réalisation immédiate, l'exigence de sa soumission totale au contrôle de la société.

5) "se reproduire et se perfectionner sans fin". Le prolétariat entend, lui, mettre fin à cette reproduction et à ce perfectionnement et s'engage dans la voie dès le premier jour de sa prise du pouvoir.

6) "n'avoir d'autre raison d'être que dans la soumission et l'écrasement de la communauté humaine". Les buts du prolétariat sont diamétralement opposés. Sa raison d'être est celle de la libération et l'épanouissement de la société humaine.

7) "développer les sentiments d'hostilité et de violence entre les groupes sociaux: nationalisme, chauvinisme, racisme, etc. Le prolétariat supprime tous ces anachronismes historiques devenus des monstruosités et des entraves à l'unification harmonieuse, possible et nécessaire de toute l'humanité.

8) "développer des sentiments et des comportements d'égoïsme, d'agressivité sadique, l'esprit de vengeance, de guerre incessante et quotidienne de tous contre tous, etc..."

Le prolétariat au contraire développe des sentiments tout nouveaux: de solidarité, de vie collective, de fraternité de "tous pour un et un pour tous", d'une libre association de producteurs, d'une production et consommation socialisées. Et si l'essence des classes exploiteuse est de: "plonger toute la société dans un état de terreur sans fin", le prolétariat, lui, fait appel à l'initiative et à la créativité de tous qui dans un enthousiasme général prennent leur vie et leur sort dans leur propres mains.

La violence de classe du prolétariat ne saurait être la terreur puisque sa raison d'être est précisément de briser la terreur. C'est jouer sur les mots que de considérer comme la même chose et les confondre en les désignant par les mêmes mots: violence ou terreur, le comportement de l'assassin exhibant son couteau et la main qui l'immobilise et l'empêche de commettre le meurtre. Le prolétariat ne saurait recourir à l'organisation de pogroms, au lynchage, à la création d'Ecole de Torture, aux viols, aux procès de Moscou, comme moyens et méthodes pour la réalisation du socialisme. Ces méthodes, il les laisse au capitalisme, parce qu'elles font partie de lui, lui sont propres, adaptées à ses buts,, et qui portent le nom générique de TERREUR. Ni le terrorisme avant, ni la terreur après la révolution ne sauraient être des armes du prolétariat pour l'émancipation de l'humanité.



lundi 12 octobre 2026

LA VIE DIFFICILE D'UN PROLETAIRE CRS AUJOURD'HUI

 

Une affiche de nature à réjouir les cocardiers LFI

Pour l'avoir constaté, pour l'avoir écrit et dit publiquement, j'affirme que les CRS sont des prolétaires. Pas leurs chefs ni les ministres qui les envoient au casse-pipe. Deux CRS avaient été invités lors de mon départ en retraite il y a déjà vingt ans. Chaleureux, humains, ils nous avaient conté leurs très difficiles "conditions de travail" et les nombreuses dépressions dans leurs rangs, insultes grossières, crachats, et se moquaient avec humour des ordres de fond de leurs commandants: "lâchez les chiens".

Perçus et dénoncés comme des "chiens fascistes" par les gauchistes neuneus instrumentalisés par la flicophobie de la clique à Mélenchon (qui, une fois au pouvoir, utiliserait aussi les CRS), ils sont généralement perçus par une partie de la population comme des méchants larbins du pouvoir. Plus révoltant est l'acharnement des médias et de la gauche national-populiste à les criminaliser, alors qu'ils respectent en général des règles de maintien de l'ordre très précises, très balisées (ils sont obligés à une formation très rigoureuse) et qu'ils ont la justice au cul à la moindre incartade. Pour avoir étudié leur histoire depuis 1945, ils n'ont été amenés à tuer que de très rares fois : à Manosque en 1998, un jeune Algérien est abattu, et en 2011 un homme est abattu après une poursuite en automobile. En Martinique, ce sont des forces spéciales qui ont assassiné, pas les CRS. Ils n'ont tué qu'une personne en mai 1968.

Pour parodier l'écrit situationniste de Mustapha Kayati, le CRS est l'être le plus méprisé en France. A l'heure actuelle, il est l'objet d'une persécution permanente de la part de son propre gouvernement et de la gauche bourgeoise en opposition. Les journaux télévisés ne cessent de les culpabiliser, voire de les ridiculiser pour complaire à la conscience politique primaire des ados lycéens. Mélenchon et ses admirateurs - plus flicophobes qu'islamophobes - ne cessent d'exagérer la répression avec des arguments de café du commerce électoraliste : on frappe nos enfants, on éborgne les jeunes, on leur arrache une main (le lycéen n'avait qu'à pas la ramasser), etc. Dénonciation perverse car elle est mensongère par rapport aux faits réels. Nos gentils "enfants" de 13 à 16 ans, certains sont aptes à tuer ou violer (cf. derniers faits divers et le tireur de 14 ans à Aubagne) et on ne voit pas pourquoi, lorsqu'ils cassent (pas la majorité), incendient ou jettent au sol une femme policière avant de la rouer de coups, les "forces de l'ordre" devraient leur tendre des fleurs.

Très perverse et stupide, cette dénonciation effrénée des CRS qui sont le plus souvent attaqués, objets de lancement de pierres, de boulons, de fumigènes qui peuvent tuer ou brûler un visage même sous un casque de Robocop (tenue absolument indispensable face à la lâcheté des canardages honteux d'émeutiers parfois flics eux-mêmes). "Nos enfants sont des anges" qui défilent donc pacifiquement et viennent simplement "jouer" avec les CRS. Très perverse cette fixation sur des exécutants hyperfilmés par la foule, le plus souvent soupçonnés par leur hiérarchie, les magistrats gauchistes et la plupart des journalistes. La foule défile avec des refrains ridicules; on entend encore CRS/SS, l'idiot et lassant ACAB dont la plupart ne savent pas ce qu'il signifie (slogan de la sous-culture punk) ou "tout le monde déteste la police" (sauf eux lorsqu'ils portent plainte quand ils sont sont cambriolés ou agressés par une racaille).

Plus que perverse est cette fixation sur une dénonciation hystérique des CRS qui, finalement, exonère les commanditaires gouvernementaux, dépolitise la protestation sociale ou lycéenne, et surtout fait oublier que la gauche, une fois au pouvoir, se sert aussi bien de la répression des CRS (pas des politiciens aux ordres).

Tant pis pour les excités et les fanatiques de cette fonction, si nécessaire face aux émeutes des couches petites bourgeoises (paysans, gilets jaunes, marginaux écolos) sur les plages ou en montagne. Les employés des CRS sont bien des salariés utilisés pour une sécurisation publique ambiguë, mais du fait qu'ils sont en première ligne pour freiner toute colère sociale, sont ficelés juridiquement pour éviter toute mort à la différence de l'armée qui, elle, peut tirer dans le tas. Finalement les CRS sont comme les syndicats, des garanties de maintien de l'ordre. Dans les années 1970-1980, les gros bras CGT remettaient d'ailleurs à leurs camarades fonctionnaires les manifestants un peu trop violents, comme aujourd'hui ils peuvent aider à surveiller au milieu des cortèges.


LEUR INDISPENSABLE CREATION EN 1945

"Les CRS participent au rétablissement de la légalité républicaine." Elles remplissent plus particulièrement des missions de surveillance et de prévention des pillages et des trafics illicites. Mais aussi l'assistance aux personnes sinistrées. La garde des prisonniers allemands. La surveillance des centres d'internement de miliciens et de collaborateurs".1

Cette organisation est donc créée par toutes les forces politiques (libérées) avec l'aval du général de Gaulle et le PCF. Les CRS assurent, de concert avec les troupes alliées, la garde des dépôts de matériel sensible. (camps de surplus) . Les CRS traquent aussi les prisonniers pétainistes évadés.


Ces premiers CRS sont majoritairement composés d'ouvriers, surtout adhérents du PCF et dont une partie a participé au combat nationaliste pendant la Résistance. Je ne vais pas épiloguer sur l'enveloppe publicitaire d'époque pour amenuiser leur fonction répressive (sauveurs en montagne, secouristes, maîtres-nageurs). Exemple: u
n détachement de la compagnie de Grenoble garde les débris d'un Dakota d'Air France tombé à 2300 m dans le Vercors. La mémoire collective des CRS situe là leur engouement pour le sauvetage en montagne. En juillet, la surveillance de la construction du barrage de Tignes sert d'entraînement à une section de la compagnie. En été 48, des CRS étaient formés dans le but de créer dans les Alpes et les Pyrénées les premières sections de montagne. Celles-ci ne seront officiellement mises en place qu'en 1957.

Passons directement à l'année charnière qui va gommer complètement le rôle de secouristes attribué aux premiers régiments de CRS. Deux ans à peine après la fin de la guerre, la classe ouvrière relève la tête, brise l'union nationale pour s'insurger contre les privations d'un gouvernement gaullo-stalinien, obligeant la clique à Thorez à le quitter précipitamment.

C'est l'année 1947 qui va séparer, si je puis dire, l'ouvrier-CRS du reste de la classe ouvrière, mais avec de nombreuses surprises: le CRS désobéit, voire se solidarise avec les grévistes, mais ne tue jamais un autre ouvrier. Au final, onze compagnies seront dissoutes cette année 1947.


La dissolution de deux puis onze compagnies de CRS en 1947

Cette épuration avait limité leur nombre après que le parti stalinien se soit précipité pour retourner dans l'opposition contestataire et figurative. En particulier à la suite d'une manifestation à Marseille (du 12 novembre 1947) à l'appel de la CGT et du PCF, non réprimée par certains CRS proches du parti dont le comportement avait été jugé « douteux », plusieurs compagnies sont dissoutes et les CRS réorganisées de sorte à faire disparaître l'influence dite communiste en leurs rangs. Le 18 novembre 1947, Jules Moch s’était associé à Edouard Depreux à l’Assemblée Nationale pour dire que les CRS avaient « fait la courte échelle » aux manifestants, Gaston Defferre, autre personnage influent de la SFIO, les accusant même de leur avoir fourni des armes.

Des auteurs ont démontré que le départ du parti stalinien n'était pas de son fait mais d'un traquenard des socialistes gouvernementaux. Les CRS ayant au contraire fait tout leur possible pour « limiter les dégâts à la mairie » où ils furent les seuls à intervenir (cf Maurice Aghulon). Autre manip portant sur les raisons du choix surprenant de l'envoi de CRS réputés proches du PCF assurer le service d’ordre d’une manifestation communiste, alors que le mouvement des grèves de 1947 en France n'avait pas encore été relancé. Plusieurs éléments concourent à prouver la véracité de l'hypothèse d'une stratégie d’élimination de ces CRS, de la part des responsables socialistes de l’époque, parmi lesquels la phrase du président de la République Vincent Auriol à son président du Conseil jusqu'au 22 novembre, Paul Ramadier lui demandant pourquoi ces CRS « n’avaient pas été dissoutes comme il avait été convenu il y a trois semaines. On a perdu du temps ».

Cette dissolution ne pouvait, parallèlement, que complaire au parti stalinien car leurs ouailles, même en uniforme de flics (pas très protégés des cailloux) croyaient encore comme une large partie de la classe ouvrière et des minorités maximalistes d'époque à une révolution prolétarienne.

Si le procès-verbal de la conférence sur la création des CRS dans la région de Marseille et le processus de nomination de leurs officiers allait bien dans le sens une forte proportion de résistants dans une région où ils étaient souvent staliniens, ces CRS assumaient ensuite leur rôle avec une « bonne volonté et un esprit d’initiative significatifs ». Maurice Agulhon a de plus établi que les rapports avec le PCF étaient bien plus lâches que les anticommunistes ne voulaient le croire. De plus ailleurs, le parti méprisait ces flics peu sûrs et ne leur donnait ni cartes d’adhérents, ni cadres particuliers, ni liens avec les syndicats staliniens. Malgré cette dissolution, dix ans plus tard, en mai 1958, les CRS n'obéiront qu'avec réticence aux ordres de Jules Moch; ainsi, à Ajaccio le 24 mai, ils s'éloignent du lieu requis et vont garder des points sensibles sans importance, délaissant leur mission officielle qui était de rétablir l'ordre dans la ville. Cette attitude correspond à une conscience sociale d'individus encore récemment ouvriers ou paysans, mais aussi face à la force et à la détermination des vrais prolétaires.

En 1947, toujours, trois CRS sont pris en otage par les séides du PCF (cf. Roger Pannequin) . Ils subissent un véritable interrogatoire, et les moqueries des mineurs grévistes "sur la dérision qu'il y avait à rester au service du pays pour 8000 francs par mois". Pourtant ces récents CRS ne sont pas terroristes.

Les deux cheminots tués en gare de Valence, ne l'ont pas été par les CRS mais par des gendarmes et des soldats affolés. Deux CRS sont pris en otages et échangés contre des grévistes arrêtés. Thorez (une fois en opposition) fait croire que les CRS ont tiré sur la foule. En décembre, à Saint Etienne, 150 gendarmes sont fait prisonniers par les grévistes. Cette même année la droite accuse les CRS d'avoir pris fait et cause pour les manifestants. Ouvriers comme CRS sont aussi victimes d'accidents; comme le s ignale Robrieux, près de Dijon un car de CRS s'était renversé: causant trois morts et sept blessés.

Une d izaine d'ouvriers ont été tués en 1947, par des soldats pas par les CRS, tenus à l'écart pour leur rôle strict de pacification sociale. En 1948, lors de la grève des mineurs, ce sont des CRS qui sont tués. L'accusation "CRS = SS" part de la direction du PCF de retour en opposition, alors qu'en 1947 les staliniens défendaient les CRS issus des "milices patriotiques". Contre les manifestations géantes, le gouvernement écarte les CRS car circule l'idée que 20 % d'entre eux sont soucieux de la classe ouvrière, plus que des désideratas des staliniens. Encore dans leur position contestataire de façade, un de leurs députés déclare que les grévistes ne doivent pas avoir peur de ces soldats "car ils sont leurs frères". Les cadres du PCF fustigaient les "agents de l'étranger" plutôt que les CRS. Le ministre de l'Intérieur Jules Moch fît donc dissoudre onze compagnies de CRS par peur de la fraternisation et fît appel à l'armée; les membres des compagnies "dangereuses" sont suspendus sans traitement. Les CRS sont aussi opportunément mis en cause par le gouvernement qui leur a donné les ordres de répression pourtant. Cette menace sous-jacente des CRS conscients n'a pas été vaine pour ces salariés. Le droit syndical est reconnu aux CRS tout comme le statut de fonctionnaires mais pas le droit de grève.

Ce sont 10.000 soldats qui sont envoyés, par contre, patrouiller dans le Pas de Calais pendant la grève des mineurs. Cependant dans plusieurs villes du Midi, des forces de l'ordre sont neutralisées, désarmées ou faits prisonniers.

Les grévistes chantent en 1947 lors de réunions et des défilés, « Gloire au 17e », écrite par le chansonnier Montéhus au XIXe siècle en soutien aux soldats du 17e régiment d’infanterie de Béziers, qui avaient désobéi aux officiers lors de la révolte des vignerons du Languedoc en 1907, se mutinant avec armes et munitions, plutôt que la réprimer.

Au cours de ces grèves de 1947 en France, le pouvoir politique est tenté de voir dans ces mentions de fraternisation entre grévistes et policiers et militaires, souvent plus idéalisées par les premiers que réelles, des preuves des visées insurrectionnelles. Au soir du 29 novembre, les locaux du quotidien marseillais Rouge-Midi] sont perquisitionnés et leur journaliste Michel Barak détenu dix jours avant même la parution d'un article relatant les événements de Saint-Étienne, le jour même, où « envoyés contre le peuple, l’armée et la police rejoignent les travailleurs». La nuit suivante, quand le député PCF Raoul Calas appelle à une fraternisation entre CRS et grévistes, il est immédiatement expulsé de force de l'Assemblée nationale à 5 heures 30 du matin.

Le 20 novembre, Henri Martel, leader CGT, assure dans un meeting à Bully-les-Mines, que les grévistes ne doivent pas avoir peur des soldats car ils sont leurs frères. Lors d'un autre à Boulogne-sur-Mer, Auguste Defrance leur a même présenté deux soldats, dans l'espoir de démontrer la fidélité à la classe ouvrière de la classe 1943 des réservistes.

Les CRS continuent à inquiéter le pouvoir en 1948, d'autant qu'ils subissent la "répression" de la population. Le 2 octobre 1948, après que les CRS aient repris le puit Laval, dans le Gard, 70000 personnes l'investissent à nouveau. Les policiers sont frappés à coups de barres à mines et de pics. Beaucoup seront grièvement blessés, les membres fracturés...

Le Commandant Principal Fonty  se grime en mineur et se mêle à eux afin  de mieux appréhender leur situation et leur état d'esprit. Face aux nombreux CRS blessés ses officiers lui posent la question de l'emploi des armes ; il répondra : "Jamais, sauf pour riposter au feu de l'adversaire!". Le 20 octobre la CRS n°161 est prise à partie à "la Grand Combe" dans le bassin d'Alès ( cette unité comptera 80 blessés dans ses rangs). Contrairement à d'autres forces engagées, les CRS ne feront pas usage de leurs armes.

EN MAI 1968 LES CRS N'ONT TUE PERSONNE

L'agitation étudiante, née à la faculté de Nanterre le 22 mars avec l'occupation de la tour administrative de cette dernière, s'étend à la Sorbonne le 3 mai. Avant même que les CRS arrivent à Paris les manifestants scandent "CRS SS!"(comme les staliniens en 1948 et preuve de l'influence encore proivisoire des staliniens au début de mai))… Les CRS sont accusés de tous les maux et de tous les dérapages des forces de l'ordre. Un commandant de CRS  témoin de violences dans la rue réunira ses troupes pour leur dire : "Ce comportement est indigne de policiers, au premier qui commet de telles exactions, je demanderai sa révocation immédiate". 40 compagnies sont utilisées simultanément à Paris pour faire face aux graves émeutes de mai - juin..

De très durs affrontements les opposent, à de nombreuses reprises, à des manifestants peu organisés. Les C.R.S. comptent de nombreux blessés, dont plusieurs grièvement. Les CRS déplorent 656 blessés dans leurs rangs, dont 114 ont dû être hospitalisés. Le nombre de victimes des incidents de mai se montent à cinq. Philippe MATHERION meurt après avoir été poignardé dans de mystérieuses conditions à Paris, Eric TAUTIN se noie à Flins. Pierre BAYLOT est l'unique ouvrier tué par balles à Sochaux par un CRS (pourtant pas prouvée, la justice saisie classera l'affaire), Henri BLANCHET qui dans la même ville tombe d'un mur et le commissaire LACROIX percuté à Lyon par un camion sans conducteur pédale d'accélérateur bloquée par un pavé; le commissaire était décédé d'une crise cardiaque. Dans son livre "Printemps des enragés" Christian Charrière dira que les CRS étaient : "Les troupes les plus disciplinées et les mieux préparées". Les CRS n'ont pas "tiré dans le tas" et n'ont causé qu'un seul mort, sans que cela soit vraiment démontré.

Au cours de la période récente, Malik Oussekine. (Blessé mortellement par les Voltigeurs, ce corps de police créé en 1969, sera dissous à la suite de cette affaire). Lors de la crise du COVID, plusieurs compagnies de CRS ont manifestés leur solidarité à l'égard du personnel médical et leur portant petits-déjeuners et repas ou en leur témoignant leur soutien en applaudissant et en actionnant leur "deux-tons".


LA FEMINISATION DES CRS


Voici en l'an 2000 un capitalisme devenu sexuellement démocratique tout en étant ultra moralisateur et sentimental, pour preuve ce gentil bourgeois va--en guerre Glucksmann qui dit être "amoureux de la nation" et son homolgue, néo-stalinien Mélernchon qui promeut le bonheur comme dans tout manuel stalinien d'après-guerre. Chaque colonel, patron ou chef de service, chef politique ou cheffaillon syndical veut désormais sa portion de femmes dans le service. Réactionnaire comme je suis j'ai toujours du mal à voir des femmes, plutôt petites, e uniforme aux côtés de gros balèzes. La féminisation cérésiale comment en 2004. Une dizaine de jeunes femmes sont orientées dès leur sortie d’école vers les compagnies autoroutières. Une femme lieutenant de Police est affectée en qualité de chef de section dans une unité de maintien de l’ordre. Une femme commissaire principale assure les responsabilités de directeur zonal adjoint à Metz. C'est en 2009 que les  premières gardiennes de la paix intègrent les unités de service général. Depuis lors on les aperçoit de plus en plus nombreuses pour encadrer les manifestations en ville. Elles sont aussi capables de matraquer que les hommes. Toutefois leur force physique relative est de peu de poids lorsqu'on voit les poussées des cordons de CRS pour contenir des manifestants très agressifs et insultant sans honte ces femmes.


Je reste indigné par le traitement odieux et irrespectrueux de cette jeune femme policière jetée au sol d'un couop de pied au cul, dont l'agresseur, merdeux de16 ans est déjà relâché et ne sera jugé qu'en janvier avec l'excuse de minorité par un magistrat gauchiste. Lors de la crise du COVID, plusieurs compagnies de CRS ont manifestés leur solidarité à l'égard du personnel médical et leur portant petits-déjeuners et repas ou en leur témoignant leur soutien en applaudissant et en actionnant leur "deux-tons".


LA VIE DIFFICILE D'UNE FEMME CRS


Entre défis professionnels et enjeux sociaux, la vie d’une femme CRS est marquée par des contraintes spécifiques : un métier exigeant, un environnement majoritairement masculin, et des conditions de travail souvent difficiles. Les CRS interviennent dans des situations de crise, parfois dangereuses, et doivent gérer des équipes dans des conditions physiques et psychologiques extrêmes. Les femmes CRS, rares dans ce corps, doivent prouver leur capacité à diriger dans des contextes périlleux, tout en conciliant cette exigence avec des attentes souvent plus strictes que pour leurs homologues masculins. Elles apparaissent souvent plus avisées en situation de commandement. On peut lire sur le web le cas de Nadia avec son parcours atypique : master en droit, réussite à l’école de police, puis formation intensive avec exercices physiques et tactiques complexes. Elle doit s’imposer dans un environnement masculin, tout en espérant obtenir sa première affectation. Les femmes CRS vivent aussi des pressions sociales : elles sont souvent perçues comme des exceptions, et doivent affronter des stéréotypes. Isabelle, membre du collectif Femmes des Forces de l’Ordre en Colère, a témoigné du stress et de l’insécurité vécus par les proches des CRS, ainsi que du manque de reconnaissance et de moyens pour les forces de l’ordre www.ici.fr. Elle a expliqué que la visibilité de violences contre des CRS (comme un incendie provoqué par un cocktail molotov) suscitait une angoisse particulière, car chaque uniforme est perçu
Selon Isabelle, les conditions de travail sont « déplorables » : manque de moyens, absence de reconnaissance hiérarchique, et une violence sociale croissante contre les forces de l’ordre. Les femmes CRS, en plus de ces défis, doivent souvent gérer la double charge professionnelle et familiale, tout en restant visibles dans un milieu où elles sont peu nombreuses. 
Ces femmes réussissent malgré tout, mais leur parcours est souvent long, exigeant et marqué par des combats pour la reconnaissance et l’amélioration des conditions de travail.

Trois mois seulement après sa création, le collectif des Femmes des Forces de l'Ordre en Colère compte déjà 7.000 membres, notamment Isabelle, une Marseillaise mariée depuis 12 ans à un policier. Une vie très difficile pour elle-aussi. Elle a témoigné ce mardi matin sur France Bleu Provence.

- Pourquoi avoir créé ce mouvement des Femmes des Forces de l'Ordre en Colère ?

Isabelle : Les forces de l'ordre travaillent dans des conditions déplorables. Le manque de moyens ne leur permet pas d'intervenir de manière optimale. Les gouvernements, quels qu'ils soient, n'apportent pas de réponses satisfaisantes. Les policiers ne bénéficient d'aucune reconnaissance de la part de leur hiérarchie. Et la réponse de la justice n'est pas à la hauteur de ce qu'ils subissent. Tout cela est inadmissible.

FBP : Avez-vous peur pour votre mari ?

Isabelle : Oui, parce que beaucoup de citoyens ne respectent plus l'uniforme. Il y a une haine anti-policiers, anti-forces de l'ordre qui grandit en France. Nos maris nous racontent ce qu'ils subissent au quotidien, on voit dans quel état ils sont quand ils rentrent à la maison. Ce n'est plus possible de continuer ainsi.

FBP : Vous avez été choquée par l'agression de CRS à Paris en marge des défilés du 1 er mai, l'un d'eux est gravement brûlé au visage.

Isabelle : Mettez-vous à la place d'une femme de CRS, ils sont tous habillés pareil. Elle est devant sa télé et elle voit un CRS prendre feu. Vous imaginez le stress. Est-ce que c'est le mien, est-ce que c'est le père de mes enfants ? Parce qu'il ne faut pas oublier que les policiers sont aussi des maris, des papas, des fils. Notre colère monte, on ne peut plus laisser faire ça.




1 1946. Article de presse "Une journée chez  les CRS"  la CRS n° 174 de Saint Thys

dimanche 11 octobre 2026

LE RETOUR D'UNE GAUCHE SOUMISE AU PATRIOTISME


 « Les ouvriers n’ont pas de patrie », écrivent Karl Marx et Friedrich Engels dans Manifeste du Parti communiste (1848). Au sein du mouvement ouvrier français, l’hésitation est palpable à la fin du siècle, même si le marxiste Jules Guesde et le socialiste Jean Jaurès appellent à concilier patriotisme et internationalisme – ce dernier écrit ainsi : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. »1


Le patriotisme version Mélenchon: un héritage stalinien

Ce patriotisme socialiste sombre piteusement avec leur vote des crédits de guerre en 1914. Il faut attendre trois ans avant qu'une minorité dénonce cette trahison de l'internationalisme. Produit de la scission de 1920 contre le socialisme mou de Blum, une majorité se dégage pour l'adhésion à la IIIᵉ Internationale, mais avec des personnages sans consistance : Cachin et Frossard. La SFIC (section française de l'Internationale communiste) est désormais le PCF. Un parti qui refuse de célébrer le 14-Juillet, et de chanter La Marseillaise. Le reflux révolutionnaire en Russie, qui s'accélère vers la fin des années 1920, donne naissance au "socialisme dans un seul pays" La révolution n'est plus une question de généralisation au niveau international, mais une sorte de chacun pour soi où le communisme trouverait sa place dans un cadre patriotique, tout en recevant des leçons d'un grand frère russe qui, lui, aurait réussi à bannir le capitalisme de son territoire. Au même moment, l'écrasement de la tentative révolutionnaire prolétarienne débouche sur la montée du nazisme qui se présente lui aussi comme "national-socialiste". Dans tous les pays, les millions de prolétaires sont conviés à s'identifier à ces différents socialismes nationaux, dont le fameux Front populaire hybride en France, qui fait croire que le principal ennemi est désormais le nazisme. Sous quelques concessions sociales importantes (les congés payés) le patriotisme stalinien dissout la classe dans le peuple chauvin. Grand-père de Mélenchon, Jacques Duclos, le 14 juillet 1935, au fameux stade Buffalo, à Montrouge, fait équivaloir La Marseillaise et L’Internationale, le drapeau tricolore et le drapeau rouge.

En conséquence, le 2 septembre 1939, les élus "de gauche unie" trahissent une nouvelle fois le prolétariat en votant à l'unanimité les crédits de guerre du gouvernement Daladier. Ce qui déclenche l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne dès le lendemain. Pour leur part, ces communistes en peau de lapin sont des girouettes. Thorez était déjà parti vers son régiment d'attribution. Staline s'est mis en colère contre ce patriotisme et a exigé du PCF qu'il rétropédale pour dénoncer "la guerre impérialiste", ce qui ne mange pas de pain, mais peut être interprété comme la retrouvaille d'un vrai internationalisme, sauf qu'il reste un nationalisme inféodé au principal pays stalinien.

Passons sur les compromissions du PCF pendant la guerre (demande de reparution de l'Huma à la Kommandatur) et un comportement de mafia nationaliste dans la résistance avec assassinat des opposants trotskistes au stalinisme.

Dans la période qui suit la Libération, Maurice Thorez soutient que la « classe ouvrière » doit se comporter en « classe nationale ». La nature des partis de gauche depuis 1914 les a toujours conduits à voter les crédits de guerre, preuve de leurs bases fondamentalement bourgeoises sous le vernis des mots socialistes ou communistes.

Le 12 mars 1956, tous les députés du PCF votent en faveur des pouvoirs spéciaux attribués au gouvernement Guy Mollet chef de la SFIO. Les petits héritiers de ce parti étriqué cherchent encore à masquer cette trahison du fait qu'au même moment ils réclamaient "la paix en Algérie" ou "la fin de la torture" mais sous l'angle de la négociation sous parapluie colonial, l'Union française, mais pas en faveur de l'indépendance de l'Algérie.

Le gauchisme d'époque, en l'occurrence un trotskisme minoritaire et absent des médias, défend lui les nationalismes d'indépendance nationale, comme aujourd'hui un improbable État palestinien. Ce ne sont que des minorités, des sectes trotskistes dont certains des membres vont se mettre au service des nouveaux dictateurs sanglants. Cette prétendue étape nationale populaire supposait classiquement par après le passage à la révolution communiste, mais on n'était plus en 1848 ou en 1917, mais dans un monde décadent où la constitution de nouvelles nations ne pouvait signifier une révolution industrielle ni sociale mais la constitution de territoires partagés entre les deux blocs de la guerre froide. Plein de petits Mélenchon ont été élevés à ce biberon patriotique pour petits peuples soi-disant libérés de la colonisation alors que celle-ci est demeurée sous une forme plus perverse.

C'est en Mai 68 que le concept de patrie est ridiculisé, reléguant même au second plan le nationalisme de peuple sous-développé et destiné à le rester. Les derniers délires de ce chauvinisme pour sous-développés sont surtout portés par les sectes maoïstes et les admirateurs des posters de Che Guevara.

Les bordiguistes ont un peu raison, malgré mai 68, de répéter que la période de contre-révolution n'est pas finie. Le concept de patriotisme refait surface sur les ruines de 68 qui a fini surtout dans le jouir sans entraves, hippie. La gauche bourgeoise, voteuse de tant de crédits de guerre "patriotique" n'osait pas réutiliser le terme patriotique depuis la fin de la guerre d'Algérie (une guerre raciste comme disait bébé Mélenchon dans son parc à bébés). Le programme commun de 1972 ne contenait aucune référence à la nation. Avec l'ex-pétainiste Mitterrand (plus menteur que Bardella), proche des Croix de feu, la patrie est ressortie du grenier en clignant des yeux. En 1978, l'ancien ministre de l'Intérieur pendant les massacres en Algérie, déclarera sans rire: "la France, pour moi, c'est moi". C'est une marée de drapeaux tricolores qui accompagne sa marche au Panthéon après son triomphe électoral inattendu. Peu après le succès de 1981, le gang socialiste a retrouvé la patrie, oubliant sa collaboration aux massacres des chair à canon successives; dans le préambule des “110 propositions pour la France” on lit: “Nous proclamons notre attachement irréductible à la patrie.” »

L'idéologie de De Gaulle (vieil ennemi de Mitterrand), grand successeur patriote de Pétain, les années passant, allait progressivement réinvestir le champ politique, de Tonton à Régis Debray. L'idéologie européenne avait eu du mal à s'implanter après 1945. Elle sembla prédominer jusqu'à la chute du bloc russe, avec les idéologues écologistes surtout et les gauchistes rangés des voitures comme Cohn-Bendit.

Progressivement, la politique européenne devient impopulaire à cheval sur la dernière décennie du XXᵉ siècle et le début du XXIᵉ. Les fractions de droite s'emparent petit à petit de ce rejet d'une politique européenne. Le soubassement de cette contestation poursuit pourtant le but initial de cette Europe "libérée", dissoudre le prolétariat dans la nation "multipliée", "diversifiée" des "peuples européens"; ce que l'adolescent Mélenchon saisit déjà comme créolisation avant de devenir à l'âge adulte cire-pompe de Tonton2. Culotté, le droitier Chevènement ouvre la brèche en 2002, la nation doit être désormais une priorité; en 2007, sa groupie Ségolène Royal appelle "les Français" à "avoir chez eux le drapeau tricolore". En 2012, Arnaud Montebourg s'affiche comme le garant du "made en France".

Quant au lider Minimo, sa position a dérapé au niveau local banlieusard, véritables "grands ensembles" métissés à but final électoral. Après avoir voté, tu rentres chez toi et tu laisses ton élu décider ce qu'il veut à ta place.

En 2012, il faisait l’éloge de la « nation républicaine » et de la « nation universaliste », mêlant, longtemps après son grand-père Jacques Duclos, Internationale et Marseillaise. C’est surtout en 2017 qu’il fabrique vraiment une campagne bleu-blanc-rouge, exaltant le drapeau tricolore et la patrie. « Je ne suis pas un nationaliste, je suis un patriote », chiant toutefois sur le drapeau en agitant le souvenir de la colonisation comme une faute indélébile (comme le capitalisme lui-même ?), surtout à destination des électeurs chauvins musulmans, qui, pourtant, ceux récemment débarqués, savent bien qu'une bourgeoisie coloniale a été remplacée par une bourgeoisie gangstériste.

La cocarde patriotique est à nouveau dépoussiérée dans le cirque présidentiel actuel. Du Lider Minimo au très européiste va-t-en guerre Raphaël Glucksmann, en passant par Fabien Roussel, petit-fils de Georges Marchais, ou encore par le provincial François Ruffin, qui n’a pas hésité à s’enrouler dans un drapeau tricolore en une de Marianne, en février dernier. Coiffé comme un snob de Neuilly, le sous-fifre Jérôme Guedj., qui s'est cru présidentiable, a assuré que le patriotisme républicain favoriserait le "patriotisme économique".


QUAND L'ANTIRACISME REMPLACE L'INTERNATIONALISME

Le 18 novembre 2018, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), le lider Minimo anime une des « rencontres nationales des quartiers populaires ». A la banlieue créolisée ou métissée, il lâche :« Je n’ai pas peur, je n’ai pas honte de le dire : ce que vous voyez là, c’est la nouvelle France. » En 2024, la nationaliste palestinienne, égérie mélenchonesque qui affole CNEWS, est présente lors de la clôture électorale européenne où le gourou se pavane, alternant colère théâtrale ou bonhomie paternaliste : " Cette nouvelle France, c’est nous, les bigarrés, les mélangés qui refusons absolument le venin qui leur permet de rester au pouvoir – la division du peuple par le racisme" .

Lider Minimo s'imagine une nouvelle France, certes métissée et islamisée, mais à condition d'être patriotique; merde à Le Pen, cette sale fasciste! Or ce concept d'une nouvelle France est fumigène pour les lycéens; cette France bigarrée existe depuis longtemps, le prolétariat a toujours été composé de diverses nationalités d'origine, et ce, même depuis 1914, où par "antiracisme patriotique", la bourgeoisie et ses partis socialistes n'ont pas hésité à transformer en chair à canon des hommes noirs et arabes réquisitionnés de force dans les colonies. Le fascisme ne passera pas. La véritable "intégration" sera démocratiquement patriotique et se déploiera sur les champs de bataille de la 6ᵉ République.

Bouffon! Si le métissage est désormais plus important c'est du fait de la faillite inévitable des libérations nationales "patriotiques" (exaltées par les gauchistes) qui ont livré d'immenses populations du dit tiers-monde à la misère patriotique, puis à fuir éperdument vers les "pays riches" pour échapper aux tortures de leurs "libérateurs", oppresseurs cyniques et sanguinaires. Cette vérité que le wokisme décolonial moraliste inverse3, justifie toujours le choix affectif du camp des pauvres dictateurs contre le colonialisme éternel; des députés LFI aiment se rendre en Algérie embrasser le camarade libérateur le dictateur Teboune comme Marchais adorait aller faire un bisou bucal à Brejnev, comme Besancenot se complaît à aller fleurir la tombe de Guevara. çà c'est la gauche éternelle, visqueuse, victimologue et tartufe!

UN IDENTITARIME RELIGIEUX COMMUN AUX DEUX POPULISMES

Le populisme, de Mélenchon et de Le Pen est d'inventer comme essentielle une opposition entre un peuple, considéré comme vertueux, et une élite corrompue. « Le maître est le peuple », a dit un jour le lider Minimo. Pour l'otage de LFI, le petit Olivier Faure, tout s'explique: "e piège, c’est d’avoir laissé la droite et la droite extrême s’engouffrer dans une vision identitaire de la France. C’était une erreur de ne pas avoir su répondre à cette question ».

Pas du tout, c'est la même exaltation patriotique; le RN s'occupe de la campagne et LFI des "grans ensembles". Le chauvinimse c'est le RN (rejet des étrangers) quand LFI défend un nationalisme métissé et donc antiraciste. Dans les deux cas ils pourront défiler ensemble dans le même uniforme kaki.

La religiosité catho de l'extrême-droite est bien connue. Il fallait en créer une autre, versant contestataire islamique. C'est fait avec lider Minimo qui tombe dans l'apologétique de l'islam (ne pas confondre islam et islamisme) : « J’ai renoncé à une forme d’anticléricalisme grossier duquel je veux m’excuser auprès de ceux que j’ai pu blesser dans le passé ». Un bon leader se doit toujours d'être ambigu et surtout menteur. Devant la commission d'enquête parlementaire, il a assuré qu'il "n'acceptera jamis l'entrisme religieux", sachant très bien que cette vieille notion trotskienne est toujours intégrable.

Il faut le constater le populisme a besoin de la religion patriotique et du patriotisme religieux. Quand demain la guerre sera là, la tradition chrétienne conditionnera les sacrifices; côté islam, le hadith sur la foi est très explicite: "L'amour de la patrie fait partie de la foi". La partition en faveur ou défaveur des juifs, avec l'Etat hébreu colonialiste au milieu, marque drôlement deux doubles langages. D'un côté une extrême droite qui s'affiche amie et protectrice des juifs alors que, historiquement, elle a été la principale porteuse de l'idéologie antisémite et, en face, une fausse insoumission, a priori hostile à l'antisémitisme, mais qui au fond n'est pas éloignée de celui traditionnel de l'extreme droite; LFI caressant l’électorat musulman dans le sens du poil en axant sa campagne sur le « génocide » à Gaza, minimisant un antisémitisme bien réel dans ses rangs, refusant de reconnaître sa fréquentation d'individus appartenant à la mouvance islamiste pour profiter de leurs réseaux lors de chaque échéance électorale. Il y a un aspect pacte germano-soviétique dans cette stratégie risquée du lider Minimo qui devrait aussi se laisser pousser une longue barbe. Car, vouloir réglementer la foi, c’est l’assurance d’une défaite : « Si vous voulez vous disputer avec Dieu, c’est perdu d’avance », Or lider Minimo c'est lui, dieu.

NOTES

1Je suis très redevable à l'article, dans Le Monde de Ariane Ferrand: "La nation, une idée passée à droite que la gauche veut réinvestir".

2Pour une fois son ex-compère électoral, Ruffin note justement: : « Son mentor, François Mitterrand, avait glissé sans trop de douleur du combat social, économique, vers celui des valeurs. Mélenchon fait de même quarante ans plus tard. » Il ajoute avec pertinence, que Mélenchon fait du « néo-Terra Nova », du nom de ce groupe de réflexion proche du PS qui recommandait de forger une identié aux couches moyennesc petites bourgeoises à partir de minorités plurielles, en 2011, après avoir décrété la fin du prolétariat.

3 Dans les commentaires du Monde, on trouve celui-ci: "Témoignage vécu: dans ma salle des profs d'un lycée du 93, les collègues militants LFI auto-proclamés, monochromes, qui vivent à Paris et viennent d'un milieu social très aisé, donnent des leçons de morale à tout le monde, en particulier aux collègues racisés. Je vous laisse imaginer le ressenti de ces collègues, issus de la banlieue, vivant en banlieue, qui s'entendent donner de leçons d'antiracisme et de lutte contre l'islamophobie par ces fils à papa bourgeois..." Ou celui-ci: "Vous parlez visiblement des familles qui se laissent prendre par le discours de victimisation systématique qui est le fond de commerce de la gauche depuis bien trop longtemps. Il y a en d'autres qui refusent cette vision manichéenne. Ben non, avec un neveu marié avec une marocaine parfaitement intégrée, deux cousines respectivement épouses d’un algérien et d’un tunisien, personne dans une famille qui connaît un peu le métissage ne se reconnaît dans le discours du chef de la Meute".



Le principal opium du peuple, le football, est la première manifestation de la joie patriotique et expression de l'union nationale aliénante.