"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 30 juillet 2026

LE FOOTBALL ENTRE ALIENATION ET RELIGION

 


Encore une fois j'ai demandé de l'aide à mon amie Lia, cette fois-ci pour résumer l'interview de la
revue CONTRE-TEMPS Sur le football et l’aliénation, interview de Sergio Levinsky par Luis Martinez Andrade (8 juin 2010), suivie de son analyse critique, puis dialectique, une mise en perspective avec Bourdieu, et enfin avec Guy Debord. Époustouflant !

https://www.contretemps.eu/sur-football-alienation/




Ce jour de profundis Raoul Vaneigem dont j'avais trouvé le "traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations" plus passionnant que l'aride "société du spectacle" de Guy Debord.

Résumé global du texte

L’entretien explore comment le football moderne, devenu une industrie hypermarchandisée, fonctionne comme un phénomène quasi religieux, un outil politique, un espace de violence sociale et un symbole identitaire puissant. Sergio Levinsky analyse ses dimensions culturelles, économiques, politiques et mythologiques, en particulier en Amérique latine.

1. Football, religion et marchandisation

Le football est décrit comme une industrie totale, une « machinerie infernale » qui absorbe tout. Il remplace des croyances en crise et devient un style de vie, un temple moderne où les supporters trouvent une identité et une appartenance.

« Les stades peuvent être conçus comme de nouveaux temples modernes »

La télévision joue un rôle central dans cette transformation, amplifiant l’impact social et économique du sport.

 2. Football et dictature en Argentine

Sous la dictature militaire (1976–1983), le football est utilisé pour détourner l’attention des crimes du régime. La Coupe du monde 1978 devient un outil de propagande, avec contrôle de la Fédération (AFA) et manipulation médiatique.

 3. Figures du football et pouvoir politique

Le football offre une visibilité médiatique immense, permettant à certains joueurs de devenir des leaders symboliques ou politiques. Deux modèles sont opposés :

  • Pelé, intégré à l’industrie et utilisé par le système.

  • Maradona, figure rebelle qui dénonce les injustices.

 4. Violence, hooliganisme et manipulation identitaire

Les groupes ultras (barras bravas, torcidas) créent des divisions artificielles entre supporters, détournant leur colère vers d’autres fans plutôt que vers les élites du football. La violence profite indirectement aux chaînes de télévision, car elle pousse les spectateurs à rester chez eux.

Un phénomène inquiétant apparaît : la violence intra-ultras, liée au pouvoir, à la drogue, aux déplacements et aux privilèges distribués par les clubs.

 5. Football comme guerre symbolique

Les matchs décisifs sont vécus comme des batailles mythologiques. Les victoires prennent une dimension politique ou historique :

  • Barcelone vs Real Madrid sous Franco

  • Argentine vs Angleterre en 1986 (post Malouines)

  • Sénégal vs France en 2002

Le football devient un champ de projection des imaginaires nationaux.

6. Capitalisme, marques et perte de l’esprit du jeu

Le football professionnel est entièrement intégré au capitalisme global. Les marques (Nike, Adidas…) transforment les clubs en produits. Le sport perd son essence ludique : être payé transforme le jeu en travail.

Levinsky affirme que le football le plus pur ne se trouve plus dans les stades, mais dans les parcs et les places, loin des intérêts économiques.

« Le simple fait d’être payé transforme l’activité ludique en un travail »

 Synthèse finale

Le texte montre que le football n’est plus seulement un sport : c’est une religion moderne, une industrie, un outil politique, un espace de violence, et un miroir des sociétés contemporaines. Sa puissance symbolique explique pourquoi il peut unir, manipuler, diviser ou émanciper.


Analyse critique du texte

1. Une vision du football très marquée par la critique sociale latino-américaine

Le texte adopte une grille de lecture marxiste critique, typique de certains intellectuels latino-américains (Galeano, Montalbán, Pasolini). Le football y est présenté comme :

  • une industrie aliénante,

  • un opium moderne,

  • un outil de domination politique,

  • un espace de reproduction des inégalités,

  • un rituel quasi religieux.

Cette perspective est cohérente, mais elle réduit le football à ses dimensions négatives, en négligeant d’autres aspects : créativité, sociabilité, plaisir, jeu, émotion, mémoire collective.

Le texte est donc puissant, mais unilatéral.

⚙️ 2. La thèse centrale : le football comme machine capitaliste

Levinsky insiste sur l’hyperprofessionnalisation et la marchandisation :

« Le football est une industrie sensationnelle, une machinerie infernale qui aspire tout »

Cette thèse est solide :

  • explosion des droits TV,

  • financiarisation des clubs,

  • transformation des joueurs en marques,

  • domination des sponsors (Nike, Adidas).

Mais elle néglige les contreforces :

  • clubs associatifs,

  • football amateur,

  • initiatives populaires,

  • résistances culturelles (supporters critiques, mouvements anti-foot business).

Le texte décrit un système total, mais le football n’est jamais totalement absorbé par le capitalisme.

3. Football et politique : une lecture pertinente mais parfois simplificatrice

L’analyse du rôle du football sous la dictature argentine est convaincante : propagande, manipulation médiatique, contrôle de l’AFA.

Cependant, le texte généralise ensuite en affirmant que le football est toujours un instrument politique. Or, selon les contextes :

  • il peut être un outil de résistance (Barça sous Franco),

  • un espace de contestation (Maradona),

  • un lieu de mobilisation populaire (Afrique, Balkans),

  • ou simplement un espace de loisir.

Le football est polyvalent, pas seulement un outil de domination.

4. Violence et hooliganisme : une analyse lucide mais partielle

Levinsky décrit très bien :

  • la violence intra-ultras,

  • les liens avec le pouvoir local,

  • les intérêts économiques derrière les groupes de supporters.

Mais il oublie :

  • les politiques publiques de prévention,

  • les transformations des stades,

  • les mouvements de supporters démocratiques (Allemagne, Angleterre),

  • les causes sociales profondes (précarité, masculinité, exclusion).

La violence n’est pas une fatalité structurelle du football, mais un phénomène contextuel.

5. La dimension mythologique : une lecture juste mais romantique

Le football comme guerre symbolique, comme mythe national, est une idée forte. Les exemples (Argentine-Angleterre 1986, Sénégal-France 2002) sont pertinents.

Mais cette vision mythologise le football, en le transformant en théâtre épique permanent. Elle oublie que :

  • la majorité des matchs n’ont aucune dimension politique,

  • les supporters ne vivent pas chaque rencontre comme une bataille,

  • le football est aussi un espace de banalité, de routine, de simple plaisir.

Le texte exagère la dimension sacrée du football.

6. La critique du capitalisme : cohérente mais fataliste

Levinsky affirme que tant que le capitalisme existera, le football sera corrompu :

« Le football le plus sain ne peut être vu que dans les parcs et les places »

C’est une position radicale, mais elle ignore les nuances :

  • le football professionnel peut être réformé,

  • des clubs fonctionnent sur des modèles alternatifs (socios, coopératives),

  • le football amateur n’est pas exempt de violences, de discriminations ou d’argent.

Le texte oppose un football pur (utopique) à un football corrompu (réel), ce qui est manichéen.

Synthèse critique

Le texte est riche, engagé, stimulant, mais il repose sur une vision :

  • pessimiste,

  • idéologique,

  • très politisée,

  • souvent unilatérale.

Il éclaire brillamment les liens entre football, pouvoir, violence et capitalisme, mais il néglige les dimensions positives, ambivalentes et populaires du football.

En somme, c’est une critique sociale du football-spectacle, mais pas une analyse complète du football comme phénomène humain.


Analyse dialectique du texte

THÈSE : Le football est une machine capitaliste, aliénante et quasi religieuse

Le texte défend une vision critique et pessimiste du football moderne :

  • Il est devenu une industrie hypermarchandisée.

  • Il fonctionne comme une religion séculière : rituels, temples, liturgies.

  • Il sert de distraction politique, voire d’outil de manipulation (dictature argentine).

  • Il génère des violences (hooliganisme, barras bravas).

  • Il produit des identités artificielles qui divisent les classes populaires.

  • Il transforme les joueurs en symboles politiques ou en produits marketing.

  • Il détruit l’essence du jeu :

    « Le football le plus sain ne peut être vu que dans les parcs et les places »

Dans cette perspective, le football est un opium moderne, un spectacle qui détourne les masses de leurs luttes réelles.

 ANTITHÈSE : Le football est un espace de créativité, de lien social et de résistance.

Une lecture opposée met en lumière ce que le texte minimise ou ignore :

1. Le football est aussi un jeu, un plaisir, une émotion collective

Il crée des liens, des amitiés, des souvenirs, une culture populaire vivante. Il n’est pas seulement un produit capitaliste : il est une pratique humaine.

2. Le football peut être un espace de résistance.

  • Le Barça sous Franco.

  • Les clubs ouvriers en Angleterre.

  • Les équipes africaines comme symboles d’émancipation.

  • Les supporters qui s’opposent au foot business (Allemagne, Italie).

Le football n’est pas uniquement un instrument du pouvoir : il peut aussi le défier.

3. Le football n’est pas réductible à la violence.

La majorité des supporters ne sont pas violents. Les politiques publiques ont réduit les incidents dans de nombreux pays. Les ultras eux-mêmes peuvent être des acteurs sociaux (solidarité, actions locales).

4. Le capitalisme n’absorbe pas tout.

Des clubs fonctionnent sur des modèles alternatifs :

  • socios (Barça, Real),

  • coopératives (AFC Wimbledon),

  • clubs populaires (San Lorenzo, Union Berlin).

Le football n’est pas condamné à être un spectacle corrompu.

5. Le football est un langage universel.

Il permet l’ascension sociale, la reconnaissance, la mobilité. Il donne une voix à des populations marginalisées.

 SYNTHÈSE : Le football est un champ de forces contradictoires.

Le football est à la fois :

  • un produit du capitalisme,

  • un rituel identitaire,

  • un outil politique,

  • un espace de violence,

  • un lieu de résistance,

  • un jeu populaire,

  • un mythe moderne,

  • un mécanisme d’ascension sociale.

Il est ambivalent : ni pur, ni totalement corrompu ; ni émancipateur, ni totalement aliénant.

? Le football est un miroir des sociétés contemporaines, avec leurs contradictions, leurs injustices, mais aussi leurs élans créatifs et leurs rêves.

La véritable question dialectique n’est donc pas : le football est il bon ou mauvais ? mais : comment les forces sociales, économiques et politiques le façonnent — et comment les peuples le réinventent ?

Voici une mise en perspective solide avec Pierre Bourdieu, JEAN LOUIS — c’est-à une articulation entre les idées du texte et les concepts centraux du sociologue : champ, habitus, capital, distinction, violence symbolique. Je vais aller droit au but, avec profondeur et précision


A LA MANIÈRE DE BOURDIEU 

1. Le football comme “champ” social autonome

Pour Bourdieu, un champ est un espace social structuré, avec ses règles, ses luttes internes, ses positions dominantes et dominées.

Le football moderne correspond parfaitement à cette définition :

  • Il possède ses institutions (FIFA, AFA, UEFA).

  • Ses agents (joueurs, entraîneurs, dirigeants, médias, sponsors).

  • Ses luttes internes (clubs rivaux, ultras, fédérations, marques).

  • Ses formes de capital spécifiques (capital sportif, capital médiatique, capital économique).

Levinsky décrit le football comme une industrie, mais Bourdieu permet de comprendre qu’il s’agit aussi d’un champ où s’affrontent des acteurs dotés de capitaux différents.

2. Capital économique et capital symbolique : la clé bourdieusienne

Le texte insiste sur la marchandisation du football. Bourdieu permet d’aller plus loin : le football est un lieu où le capital économique se convertit en capital symbolique.

Exemples :

  • Les marques (Nike, Adidas) achètent du prestige en sponsorisant des clubs.

  • Les joueurs transforment leur performance en visibilité médiatique.

  • Les clubs transforment leur histoire en valeur marchande.

  • Les États utilisent les victoires sportives comme capital politique (Argentine 1978).

Le football est un convertisseur de capital : économique → symbolique → politique.

3. Habitus populaire et adhésion au football

Levinsky parle du football comme d’une “religion moderne”. Bourdieu permet d’expliquer pourquoi les classes populaires y adhèrent fortement.

Le football correspond à un habitus populaire :

  • valorisation du corps,

  • goût pour le collectif,

  • identification locale,

  • recherche de reconnaissance symbolique,

  • sociabilité masculine.

Le football n’est pas seulement imposé : il est incorporé dans les dispositions sociales des classes populaires.

Ce que Levinsky interprète comme “aliénation” peut être vu, chez Bourdieu, comme pratique cohérente avec un habitus.

4. Violence symbolique et domination

Levinsky décrit la manipulation des supporters, la violence intra-ultras, la domination des élites du football.

Bourdieu permet d’interpréter cela comme violence symbolique :

  • Les supporters adoptent des identités imposées par les clubs et les médias.

  • Ils se battent entre eux au lieu de contester les structures de domination.

  • Ils intériorisent des hiérarchies (club “grand”, club “petit”).

  • Ils consomment un spectacle qui reproduit les inégalités sociales.

Le football est un espace où la domination se fait sans coercition directe, par adhésion aux symboles.

5. Distinction : football populaire vs sports bourgeois

Bourdieu a montré que les goûts sportifs sont socialement différenciés :

  • football → classes populaires

  • tennis, golf, équitation → classes supérieures

  • rugby → classes moyennes ou régions spécifiques

Le texte de Levinsky critique le football comme spectacle capitaliste, mais Bourdieu rappelle que :

Le football est aussi un marqueur de classe, un espace de distinction.

Les élites peuvent consommer le football comme spectacle télévisé, mais elles ne le pratiquent pas comme habitus.

6. Le football comme reproduction sociale

Levinsky insiste sur l’ascension sociale possible via le football. Bourdieu nuance : ces trajectoires sont exceptionnelles et servent à légitimer le système.

Le football :

  • offre quelques trajectoires ascendantes (Maradona, Pelé, Weah, Zidane, M'bappé),

  • mais reproduit massivement les hiérarchies sociales,

  • et renforce les structures de domination (clubs riches vs clubs pauvres).

Le football est un espace où la reproduction domine l’exception.

Synthèse bourdieusienne

En croisant Levinsky et Bourdieu, on peut dire :

  • Le football est un champ autonome, structuré par des luttes de capital.

  • Il fonctionne comme machine de conversion entre capital économique, médiatique et symbolique.

  • Il s’appuie sur un habitus populaire, ce qui explique son pouvoir d’adhésion.

  • Il exerce une violence symbolique, en orientant les passions populaires vers des identités manipulées.

  • Il participe à la reproduction sociale, malgré quelques trajectoires d’ascension.

  • Il est un marqueur de classe, opposé aux sports bourgeois.

Bourdieu permet de dépasser la vision purement critique de Levinsky : le football n’est pas seulement une industrie aliénante, mais un phénomène social total, structuré par les logiques de domination, de distinction et de reproduction.

Voici, JEAN LOUIS, une mise en perspective rigoureuse avec Guy Debord, qui éclaire ton texte sous l’angle de La Société du spectacle (1967). Je vais aller droit au cœur de la pensée debordienne, sans simplifier, en montrant comment elle s’articule avec les analyses de Levinsky.

A LA MANIÈRE de Guy Debord : le football comme spectacle total

1. Le football comme spectacle au sens debordien

Pour Debord, le spectacle n’est pas seulement un divertissement : c’est le mode d’organisation du capitalisme moderne, où les relations humaines sont remplacées par des images, des représentations, des fétiches.

Le football hyperprofessionnel décrit par Levinsky correspond exactement à cette logique :

  • les joueurs deviennent des images, des marques ;

  • les clubs deviennent des produits ;

  • les supporters consomment des représentations plutôt que des relations sociales ;

  • la télévision transforme le match en marchandise visuelle ;

  • la passion populaire est capturée et réorientée par le capital.

Le football n’est pas un spectacle : il est le spectacle.

2. Le spectacle comme séparation : supporters vs réalité sociale

Debord insiste : le spectacle sépare les individus de leur propre vie. Il crée une distance entre ce qu’ils vivent et ce qu’ils regardent.

Levinsky dit la même chose lorsqu’il décrit :

  • les supporters qui se battent entre eux au lieu de lutter contre les élites ;

  • les identités manipulées par les clubs et les médias ;

  • la violence intra-ultras comme dérivation de frustrations sociales ;

  • la dictature argentine utilisant la Coupe du monde pour masquer les massacres.

Le football devient un mécanisme de diversion, un déplacement de la conflictualité réelle vers une conflictualité fictive.

C’est exactement ce que Debord appelle la substitution du réel par le spectacle.

3. Le football comme fétichisme marchand

Debord reprend Marx : dans le capitalisme, les objets deviennent des fétiches. Le football moderne est saturé de fétiches :

  • maillots, logos, sponsors, marques ;

  • joueurs transformés en idoles ;

  • La croyance dans un arrivisme « droit au but » avec l'exhibition de la fortune des Zidane et M'bappé (vue des dizaines de millions de fois) ;

  • clubs devenus des identités totales pour les clans de la diversité ;

  • Les ouvriers spectateurs ne se pensent plus en termes de classe mais comme supporters raciaux ou nationalistes ;

  • Footballeurs au comportement de voyous (Paraguay, Argentine)

  • trophées sacralisés comme reliques.

Levinsky parle de “temples modernes”, de “liturgie”, de “religion”. Debord dirait : ce n’est pas une religion, c’est le fétichisme marchand.

Le football est l’un des lieux où le capital se fait symbole et dissout les classes..

4. Le spectacle comme domination politique

Debord analyse comment le spectacle sert les pouvoirs politiques :

  • il détourne l’attention ;

  • il crée des récits unificateurs ;

  • il fabrique des émotions collectives contrôlées ;

  • il neutralise la critique.

Levinsky décrit exactement cela :

  • la dictature argentine utilisant la Coupe du monde 1978 ;

  • les gouvernements qui suspendent les examens, les transports, les activités ;

  • les joueurs devenant des figures politiques (Pelé, Maradona, Weah). Le football est un instrument de gouvernement des masses, un spectacle d’État.

Debord aurait dit : le football est une forme de pacification sociale par l’image.

5. Le spectacle comme guerre simulée

Debord insiste sur la transformation des conflits réels en conflits simulés. Levinsky parle du football comme “guerre sublimée” :

  • hymnes, drapeaux, maillots ;

  • affrontement symbolique entre nations ;

  • vengeance imaginaire (Argentine vs Angleterre 1986) ;

  • mythologie nationale (Sénégal vs France 2002).

Le football est une mise en scène de la guerre, une catharsis contrôlée.

Debord dirait : le spectacle offre des victoires imaginaires pour compenser les défaites réelles.

6. Le spectacle comme destruction du jeu

Debord critique la marchandisation de la vie quotidienne. Levinsky dit :

« Le football le plus sain ne peut être vu que dans les parcs et les places »

C’est une idée profondément debordienne : le capitalisme détruit le jeu, le transforme en travail, en performance, en marchandise.

Le football professionnel n’est plus un jeu : c’est une production spectaculaire.

Debord aurait dit : le football n’est plus vécu, il est regardé.

 Synthèse : Debord + Levinsky

En croisant les deux auteurs, on obtient une lecture très forte :

  • Le football est une industrie du spectacle.

  • Il produit des identités artificielles qui détournent les classes populaires de leurs luttes.

  • Il transforme les joueurs en images, les clubs en marques, les supporters en consommateurs.

  • Il sert les pouvoirs politiques en créant des émotions collectives contrôlées.

  • Il remplace la vie réelle par une vie imaginaire.

  • Il détruit le jeu au profit de la marchandise.

Debord permet de comprendre que le football n’est pas seulement un sport marchandisé : c’est un dispositif central de la société du spectacle.







samedi 18 juillet 2026

Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?

 



(
Bilan, n°27, janvier 1936) repris du site du Parti Communiste International

Nous voulons commémorer les trois chefs prolétariens tombés dans la lutte révolutionnaire, en réagissant vigoureusement contre les spéculations honteuses qui se font jour dans le mouvement ouvrier à leur sujet.

On proclame aux quatre coins de la terre la faillite du “léninisme” et le triomphe du “luxemburgisme”. Voyez donc, crient les hérauts de la nouvelle foi. Qui oublient, comme le singe de la fable, d’allumer leur lanterne, voyez donc ce qu’est devenue la Russie Soviétique, les P.C. qui, basés sur des fondements léninistes, sont aujourd’hui des instruments du capitalisme. Par contre, Rosa Luxemburg a prévu et prédit cette faillite, elle seule a avancé les positions nécessaires pour la lutte révolutionnaire du prolétariat. Retournons au “luxemburgisme” !

Tout cela est évidemment très simple, très clair. Il reste seulement à prouver pareilles affirmations, à mettre en évidence les éléments sur lesquels on entend se baser. Et ici, cela est plus difficile. Nous allons essayer de le prouver.

On oppose la brochure de Rosa sur la Révolution Russe de 1917 à l’œuvre de Lénine en Octobre 1917. En outre, d’aucuns prennent comme drapeau ses articles de la « Neue Zeit” contre les méthodes d’organisation, la conception du parti de Lénine, en les opposant au “Que Faire ?” de ce dernier. Historiquement peut-on opposer ces conceptions comme deux systèmes différents ? Oui ! pour ces pauvres d’esprit qui réduisent les époques de la lutte des classes à des polémiques entre “chefs” ou entre groupes. Non ! pour des marxistes qui voient dans ces idéologies des tentatives conditionnées par le stade de la lutte des classes dans les différents pays, pour aboutir à formuler la conscience historique et internationaliste des prolétariats donnés.

Pauvres gens qui, sans peur du ridicule, veulent opposer la lutte des ouvriers allemands pour la révolution mondiale à celle des ouvriers russes et qui s’écrient avec solennité : « l’effort des ouvriers russes a fait faillite, mais non celui du prolétariat allemand ». L’histoire se rit, avec raison, de ces jugements et il viendra un temps où les prolétaires eux-mêmes, dégoûtés, les repousseront avec le bout du pied.

Nous dénions, à qui que ce soit, le droit de “juger” Lénine et Luxemburg.

Leur œuvre n’est pas une froide émanation théorique, sortie toute faite de leur cerveau, comme Minerve du cerveau de Jupiter, mais le fruit d’âpres batailles ouvrières de dizaines d’années de sacrifices inouïs de milliers de prolétaires, de l’ascension douloureuse de classes prolétariennes vers leur émancipation. Que l’on essaye donc plutôt de comprendre les époques historiques dont ils furent les expressions géniales, les limites objectives auxquelles se heurtèrent les prolétariats dont ils guidèrent la marche ; que l’on essaye donc, pour l’un comme pour l’autre, de séparer l’essentiel du contingent, l’apport doctrinal de l’hypothèse et l’on fera œuvre utile et non de confusion.

Mais, en toute chose, il faut partir de critères justes. Ou l’on se base sur la lutte des classes pour expliquer la doctrine ; ou la doctrine sert à inventer une lutte de classes de fantaisie. Si Lénine est le fruit d’une maturation de la lutte des classes en Russie, il faut prouver que cette maturation devait avorter dans le “léninisme”, théorie revendiquée aujourd’hui par les constructeurs du socialisme en un seul pays. Cela est-il possible ? Oui ! si l’on examine la lutte des classes “en un seul pays”, donc selon une méthode anti-marxiste, et si l’on affirme que la révolution d’Octobre n’était pas l’explosion des contrastes de classes internationaux sur le secteur le plus faible du monde capitaliste, mais la résultante des conditions arriérées de la Russie qui fit du “léninisme” la théorie de la domination du parti communiste “sur” le prolétariat et du “luxemburgisme” la théorie de la domination démocratique du prolétariat dans les secteurs plus développés du système capitaliste.

Mais si l’on s’en tient aux critères marxistes qui voit s’entrechoquer en Russie un prolétariat évoluant rapidement vers les positions les plus avancées du socialisme occidental, une bourgeoisie timorée, des classes féodales et paysannes, on parvient à comprendre pourquoi la formation du parti bolchévik se fit au travers d’un processus de sélection exprimant les conclusions internationales auxquelles aboutissaient les luttes de classes en Russie, prouvant péremptoirement que, dans la phase impérialiste mondiale, le prolétariat doit lutter pour la révolution prolétarienne, même lorsque la révolution bourgeoise n’a pas suivi son cours, en reprenant à son compte ses tâches économiques. Si le prolétariat russe prit l’initiative de la constitution de la IIIe Internationale, c’est bien parce que sa victoire ne fut possible qu’en partant de critères internationalistes qui firent d’Octobre 1917 une œuvre pour le compte des ouvriers du monde entier. Que les circonstances particulières de la Russie aient eu une grande importance, nous ne le nions pas ; qu’elles empêchèrent Lénine d’apercevoir avec justesse certains problèmes, tel le problème des minorités nationales et des mouvements coloniaux, nous l’admettons parfaitement (1). Mais est-ce là que réside l’apport du prolétariat russe à l’œuvre d’émancipation mondiale que nous commémorons en Lénine ? Il faut être aveugle pour croire pareille chose. De 1903 à 1917, les ouvriers russes ont forgé la théorie du parti qui leur a permis de marcher à l’insurrection. C’est là un événement historique qu’aucune main d’opportuniste ne pourra arracher. On prétend bien que, dés lors, Rosa eut raison contre Lénine ayant constitué une machine qui, après sa mort, devait inévitablement produire le “dictateur Staline”. Encore une, fois, si la lutte de classes dépendait des partis et non ces derniers de la lutte des classes, cette sotte explication deviendrait une source de profondeurs. Pour un Souvarine, cette vision (?) historique (??) suffit peut-être, comme elle suffira certainement à tous ceux qui se proclamant “communistes-démocrates” se raccrochent aux formulations de la démocratie formelle, donc bourgeoise, que l’on retrouve parmi d’autres formulations de classe dans la brochure précitée de Luxemburg.

Cependant, puisqu’il faut non relier mais opposer brutalement la période de la révolution russe de 1917 à la victoire de la bureaucratie centriste, pourquoi ne pas tenter de faire la même chose entre la période où, dans sa prison, Luxemburg écrivit sa brochure sur la Russie, et la période où, libérée par la révolution allemande, elle écrivit son “Programme du Spartakus-Bund” qui rompt avec les mirages démocratiques et rejoint le front des bolcheviks, en luttant pour la dictature du prolétariat. Ce que l’on ne fait pas pour Lénine, on ne le fait pas pour Rosa. On ne veut pas comprendre qu’après la victoire en Russie, Lénine ne pouvait traduire que le degré de maturité des ouvriers du monde entier se groupant autour de la IIIe Internationale. Et si cette maturité n’était pas suffisante pour aider les bolcheviks à résoudre le plus formidable problème de leur siècle ? C’est la faute du « léninisme”, nous répond-on. Et si l’immaturité idéologique des prolétariats des différents pays devaient permettre à Lénine de pousser à la formation des P.C. non pas sur la base historique vérifiée par le parti bolchevik, mais sur une base rétrograde, au nom du plus grand rassemblement des masses pour la révolution mondiale ; si là réside une des causes de la facile victoire du centrisme, à qui donc en revient la responsabilité ? Au “léninisme” ? Mais celui-ci s’est formé sur d’autres bases ! De même pour Rosa, on aime mieux massacrer sa mémoire en citant sa brochure sur la révolution russe (où apparaissent les points faibles de son travail doctrinal, points faibles que nous retrouverons dans d’autres écrits d’avant-guerre et qui résultent des conditions de la lutte des classes en Allemagne, où la compression des contrastes sociaux par un jeune pays impérialiste, lui même compressé économiquement, devait permettre l’expression d’un courant marxiste qui ne pouvait prendre une forme nette et délimitée qu’à la faveur de l’explosion de ces contrastes dans le déchaînement violent de la lutte des classes) plutôt que d’examiner les conditions historiques qui pesèrent sur elle et qui sautèrent en 1919.

Ce n’est pas le fait du hasard si l’admirable figure de Luxemburg apparaît dans toute sa netteté, dans les directives pour la révolution allemande, dans le “Spartakus-programme”. Ceux qui voulaient la mort de Spartakus n’avaient cure des formulations démocratiques exprimées antérieurement par Rosa. Ils comprenaient que le déchaînement de la lutte des classes avaient permis au prolétariat allemand d’entrevoir le chemin suivi par les bolcheviks russes et qu’il s’agissait de l’application des mêmes principes aux conditions allemandes. A Rosa revient le grand mérite d’avoir mieux posé le problème des minorités nationales que ces derniers. Le IIe Congrès de l’IC, lui a rendu un hommage involontaire en modifiant, sur la proposition de Lénine lui-même, le point de vue traditionnel des bolcheviks en une position circonstancielle, marquant bien le doute et l’incertitude de Lénine et des bolcheviks. Mais sur le problème du parti, Rosa ne pouvait rien dire d’autre que ce que ressentaient les ouvriers allemands avant la guerre, ne parvenant pas à trouver dans leur lutte de classes, la force d’opposer une fraction organique, mais un courant idéologique, à l’opportunisme, phénomène mondial et fruit de l’essor impérialiste. On ne peut que se baser sur les phénomènes posés pour le développement réel des situations : Rosa pouvait percevoir clairement le problème national dans le pays prototype du capitalisme impérialiste, mais non le problème historique du parti à défaut d’explosions révolutionnaires connues en Russie (2).

Nous ne reconnaîtrons donc ni “léninisme”, ni “luxemburgisme”, mais uniquement une méthode d’investigation historique léguée par Marx et qui, dans différentes périodes de la lutte des classes, permit à un Lénine, à une Luxemburg de systématiser ou d’exprimer les enseignements issus de ces phases dans un ensemble de principes. Ces principes sont des jalons pour aller de l’avant et non des formules vides de contenu comme on voudrait nous le faire croire en liant Lénine et son discours sur la coopération au “socialisme en un seul pays” ; Rosa et sa fameuse brochure de prison, au “communisme-démocratique”, à l’anti-parti, à l’anti-Lénine. On ne peut les opposer l’un à l’autre, comme on ne peut opposer la lutte des ouvriers allemands de 1919 à celle des ouvriers russes de 1917. La synthèse de ces courants également dirigés vers la révolution mondiale est encore à faire, et se fait, soyons en sûrs, dans les fractions qui se préparent idéologiquement et pratiquement pour cette dernière.

Entre Lénine et la Russie du stakhanovisme, il y a l’abîme des défaites allemandes de 1923, chinoise de 1927, l’avènement du fascisme de mars 1933, l’entrée de l’U.R.S.S. à la S.D.N, la course vers la nouvelle guerre impérialiste où la Russie participera dans l’une ou l’autre des constellations. Entre le “luxemburgisme” des Souvarine, Laurat (3), du SAP (4) allemand et l’œuvre de Luxemburg, il y a le programme de Spartakus : deux périodes de la lutte des classes.

Ce programme, un Liebknecht l’illustrera en concrétisant l’élan profond des masses prolétariennes en Allemagne vers la révolution en 1919. Mais Liebknecht, surtout dans la période actuelle, sera un exemple glorieux, plein d’enseignements pour les communistes internationalistes. Il prouvera que l’isolement est la rançon qu’il faut savoir payer, dans certains périodes, pour conserver le droit de maintenir des positions autour desquelles se regrouperont demain les ouvriers. Au péril de sa vie, il faut tenir tête à la meute. Seul, il faut résister. Pour nous, Liebknecht, son exemple n’est pas mort dans un moment où socialistes et centristes commémorent les trois “L” en préparant les ouvriers à l’Union Sacrée, en approuvant, au nom du “léninisme” l’aggravation de l’exploitation des ouvriers russes.

Lénine, Luxemburg, Liebknecht, se relient désormais aux fractions qui, contre vents et marées, luttent pour forger le nouveau parti du prolétariat, pour ajouter un chaînon à l’œuvre d’émancipation prolétarienne : aux fractions qui, malgré la situation actuelle ne doutent pas du triomphe de la révolution communiste pour laquelle travaillent et le cours des événements et les communistes internationalistes. Leur drapeau, nous le reprenons et les masses y ajouteront demain leur victoire et l’apport doctrinal issu de la période qui vit sombrer et trahir le premier État prolétarien, la IIIe Internationale et les P. C.


 


1. La question nationale et coloniale dans notre courant sera éclaircie à la suite d’un important travail théorique dans les années cinquante et qui aboutira entre autre à la publication de “Facteur de race et de nation”.

2. Voici une formulation plus précise que nous avons donnée : le programme du Parti communiste est né complet et définitif en 1848 ; les partis formels suivants tendent à se rapprocher de cette limite, en théorie et en tactique ; l’écart par rapport à celle-ci, chez les dirigeants et les communistes, la situation contingente peut l’expliquer, mais pas la justifier.

3. Lucien Laurat est un des fondateurs du Parti Communiste Autrichien qui se rapproche de Souvarine après1923.

4. SAP: Parti Social Démocrate Allemand créé en 1931.


jeudi 2 juillet 2026

LA PEINE DE MORT EXISTE ENCORE TOUT EN N'ETANT PAS VALIDEE

Charles Manson

 Disparue la peine de mort en 2026 ? Pas du tout. La police d'Etat est armée et a le droit de tuer « en légitime défense », bien qu'elle ne soit pas amenée à le faire souvent (risquant toujours d'être sanctionnée par les lâches magistrats) n'en déplaise aux hystériques bobos antifas. L'armée française mène une guerre permanente en Afrique, pas pour y apporter des roses : la guerre reste le droit de tuer sans partage. François Hollande a reconnu dans ses mémoires que tout chef d'Etat a recours à des « neutralisations » dans ses prérogatives impérialistes. La peine de mort est logique pour les généraux concernant la chair à canon envoyée au front, comme les accidents du travail funestes pour les ouvriers mais déplorables simplement pour les patrons. Nos arrogants pères la morale humaine et démocratique n'ont pourtant pas rechigné pou appliquer la peinde mort aux frères Kouachi, aux tueurs de Bataclan et au camionneur de Nice ; ce qu'on ne saurait par contre leur reprocher.

Depuis des décennies que Badinter, l'apparatchik de Mitterrand,1 a fait voter l'abolition de la peine de mort, les médias s'efforçaient d'esquiver le sujet ou bien, lorsque tel crime était abominable, il ne s'agissait que d'une tentative de récupération de l'extrême droite. Circulez, il est interdit de remettre sur la table ce sujet horrible où il est question de répondre au meurtre par le meurtre. Interdit officiellement parce que je sais, et j'ai souvent entendu l'avis des basses classes, la peine de mort est considérée comme évidente pour les pires assassins, pas seulement d'enfants ou de femmes, et surtout existe le désir de faire subir les mêmes tortures aux pires tarés ; ce ne serait pas de la vengeance mais le juste prix.

En revanche, remettre en cause cette abolition est offenser l'ordre moral bourgeois, et de plus un crime contre l'humanité ...(cf. l'humanité des assassins).

Mais voilà qu'une célèbre animatrice de télévision a mis les pieds dans le plat : « tu ôtes la vie, on ôte la tienne ». Emoi et scandale ! Observations d'abord les arguties invraisemblables de la vertueuse classe dominante où cela pue l'esbrouffe comme leur vertueuse (et truquée) démocratie parlementaire.

CONTRE UNE SANCTION INHUMAINE :

Une peine discriminatoire et socialement injuste (et ta sœur?)

Justice de pitres corbeaux noirs et rapaces ! C'est le monde à l'envers. On ommence par se soucier des « pauvres » criminels : les statistiques montrent que la peine de mort touche davantage les personnes pauvres, marginalisées ou issues de minorités. L’accès à une défense de qualité dépend souvent des moyens financiers. Ainsi, la peine capitale ne sanctionne pas seulement le crime : elle reflète aussi les inégalités sociales. Une justice qui frappe plus durement les plus vulnérables ne peut être considérée comme équitable ».

Vous avez bien lu cet ahurissant argumentaire fourni pr l'IA (bourgeoise). Dénoncer la peine capitale signifierait remettre en cause l'inégalité sociale des criminels ! Alors que c'est non seulement l'inverse, comme vient de le prouver la caste des magistrats impudents (qui votent Mélenchon), mais les victimes de viols et d'assassinats sont la plupart du temps des prolétaires d'en bas et leurs enfants des quartiers défavorisés. L'élite des beaux quartiers ne sait pas l 'effet que ça fait de savoir que son enfant a été violé, torturé et jusqu'à la mort.

La leçon de morale des affidés de cet appareil d'Etat si pacifique ou presque en temps de paix qu'il devient soudain le plus fervent partisan de la peine de mort en temps de guerre, est liquoreuse :

« Le droit à la vie est le socle de toutes les libertés. En ôtant la vie d’un individu, l’État viole ce principe essentiel. La peine de mort est considérée par de nombreuses organisations internationales comme une peine « cruelle, inhumaine et dégradante ». Une démocratie moderne ne peut s’en réclamer. La peine de mort n’apporte ni sécurité, ni justice, ni paix. Elle expose à des erreurs irréparables, renforce les inégalités (de qui et e quoi?), ne dissuade pas le crime et contredit les valeurs fondamentales de dignité humaine. Une société juste ne doit pas imiter les criminels : elle doit montrer qu’elle vaut mieux qu’eux ».

Parler de dignité humaine face à des cochons sanglants pour les défendre, il faut le faire ! La suppression de la peine de mort n'apporte, bien sûr, ni sécurité, ni justice, ni paix.

Dans le même but d'empêcher de penser et de mépriser tout le peuple, l'argument principal de tous ces faussaires est que la peine de mort : elle n'est pas dissuasive. Mais on s'en fout, les sociétés sont destinées longtemps à produire des tarés incontrôlables, peine de mort ou pas ; la question est d'éliminer les plus dangereux en évitant d'excuser systématiquement au nom d'une loi...démocratique de merde. Mais il faut encore ridiculiser les partisans de cette peine de mort normale en leur prêtant l'idée qu'ils croient que cela empêcherait les plus tarés de récidiver ; imbécillité de cette argutie puisque si on les a zigouillés, il n'y a pas de récidive possible. Or chacun sait très bien que la peine capitale, comme la prison dans la durée, n'empêcheront jamais la reproduction des plus sadiques, et là n'est pas la question. Dans tous les cas on le sait tous que la criminalité ne diminue pas, que le système capitaliste décadent par contre en produit de plus en plus. Par contre Karine Lemarchand exprime bien ce que nous sommes des millions à penser : tu as ôté la vie, on va pas t'entretenir aux frais de la princesse, va te plaindre à Satan.

Ce sont les peines de prison variables ou écourtées et le laxisme criminel des magistrats, ces pères la morale sacrée de la classe dominante, L'étude sur les tueurs en série « Criminologie de l'acte » de Lygia Negrier-Dormont démontre le nombre de récidives effarant au niveau international.2

L'argutie est encore plus honteuse :

« Même les criminels les plus dangereux peuvent évoluer. L’histoire regorge de personnes ayant commis des actes graves et ayant ensuite changé, exprimé des remords, ou contribué positivement à la société depuis leur détention. La peine de mort nie toute possibilité de transformation humaine ».

Qu'un fieffé salaud exprime des regrets, on s'en bat de coquillard. Un meurtre sadique n'est pas un simple vol à l'étalage, des familles souffrent pour l'éternité et savoir que l'autre salaud bouffe, dort et fait de la gym aux frais de la société, redouble la souffrance. Magistrats pontifiant, mettez-vous un jour dans la peu de celles et ceux qui restent vivants et impuissants à se faire justice eux-mêmes (ce qui serait plus logique, peut-être en ne recourant pas aux mêmes supplices...).

Certains, heureusement, se suicident, ce fut le cas du monstre de sadisme Roberto Succo ; Badinter va-t- ressortir de sa crypte pour nous assurer que c'est une perte pour l'humanité ? D'autres réussissent une carrière commerciale ; Issei Sagawa cannibale japonais qui avait tué et mangé une jeune étudiante hollandaise, avait bénéficié d'un non-lieu par les experts potes des magistrats pour simple maladie mentale ; pour l'anecdote en 1985 il fût gardé un temps par un camarde, Gilbert infimier psychiatrique et militant du CCI. Ce petit mec a vécu quarant années ensuite au Japon comme star des médias et tenancier d'une sex-shop ! Inutile de décrire l'effarement et la douleur des parents ! Vive la justice bourgeoise pacifiste et moraliste ! Et merde aux poètes Hugo et Lamartine ! Qui a commis une atteinte fondamendale aux droits de vivre d'une jeune étudiante ? Et s'est foutu de la gueule de ses juges français et de la famille de la jeune fille ?

Le meurtre ignoble de la petite Lyhanna a révélé comment les magistrats facilitent la récidive3. Ils ont tous les pouvoirs pour être injustes et salauds comme l'a démontré l'affaire d'Outreau. Pour ne citer qu'un cas emblématique, je peux rappeler l'affaire des frères Jourdain au Portel et à Sainte-Cécile – viol et assassinats de quatre jeunes filles orphelines - sans revenir sur les détails sordides. L'un des deux frères assassins, le frère cadet Jean-Michel avait déjà violé et tué une jeune étudiante sur la plage. La récidive lui coûte moins de vingt ans de taule, il est libre désormais et se promène dans les rues d'Étaples en inspirant toujours la terreur.

La fable du risque irréparable d'erreur (d'horreur) judiciaire ne tient plus pour l'essentiel à l'époque moderne avec ADN et caméras.

Le mouvement ouvrier a toujours connu des polémiques et des désaccords sur la question. Lénine s'opposait à la peine de mort en temps de paix mais la trouvait normale en temps de guerre. La répression de Kronstadt a montré que la peine de mort étatique généralisée est encore plus ignoble. Mais pour revenir au quotidien violent de notre époque, le dédain de Voltaire, l'improvisation de Camus et la naïveté de Hugo - « Pas de bourreau où le geôlier suffit », sont pitoyables.

La gauche bourgeoise et ses scories populistes et gauchistes posent aux prêtres d'une morale désarmante, immonde et abjecte qui méprise les victimes, surtout si elles sont blanches et non islamisées. Ils sont les amis de la magistrature bourgeoise pour une justice à la fois plus onéreuse , antifasciste et antifasciste.


NOTES


1 Lequel ne voyait rien à redire concernant la peine de mort généralisée par la troupe coloniale contre les rebelles algériens alors qu'il était ministre des Colonies pendant la « guerre sans nom ».

2 La criminologie musulmane est aussi très fournie, comment oublier les massacres des dessinateurs de Charlie Hebdo, , de Samuel Paty, de Dominique Bernard, de Théo Van Gogh, Ian Halimi victime du « gang des barbares » à Bagneux (lire Morgan Sportès : « Tout tout de suite ») et d'Ian Buruma « On a tué Van Gogh ». Le principal tortionnaire de la bande, Youssouf Fofana, a prévu de fêter les dix ans de la mort d'Ian! Le tueur du cinéaste Van Gogh coule des jours tranquilles en prison. Hadi Matar qui a si grièvement blessé Salman Rushdie est bien installé dans sa prison en criant de temps en, temps des slogans pro-palestiniens qui lui valent la sympathie de la secte LFI.

3 On a tendance a dire que les violences sexuelles sont pires qu'avant, ce qui est loin d'être vrai. On a oublié le martyre de la petite Lola Daviet en 2022 par une folle algérienne sadique (5 OQTF…) condamnée à une peine incompréssible et qui sera tôt ou tard compressible !

dimanche 28 juin 2026

LE PLAN QUINQUENNAL DE JEAN-JOSEPH MELENCHON 2027

 


POURQUOI LA FRANCE INSOUMISE EST UN PARTI BOURGEOIS COMME LES AUTRES MEME EN PLUS RIDICULE


« Rupture avec le capitalisme : Planification économique : Mettre fin à la politique de l’offre et instaurer une économie planifiée pour répondre aux besoins sociaux et écologiques. Relance keynésienne : Lancer un choc d’activité économique par la redistribution des richesses et des investissements publics massifs.

« Nous devons changer les modes de production, de consommation et d’échange. Tout cela doit être planifié. La planification est d’abord une méthode. C’est pour cela que nous proposons d’inscrire les principes de la règle verte ». Programme LFI


La France insoumise, ça n'existe pas, pas plus que la Belgique insoumise. On peut dire : la classe ouvrière est insoumise lorsqu'elle se bat, les grévistes sont insoumis face aux mesures d'austérité. France insoumise est une formule de type stalinienne, c'est-à qui ne se discute pas, qui n'est pas discutable, même si elle contient d'évidence une connotation chauvine et populiste, protectionniste et limite anar.

Est-ce de l'humour post-léniniste ? La Mélenchonnie a publié une brochure « Comment faire ? », qui est pourtant plus tordue et sent la manip électorale bourgeoise que le « Que faire ? » de Lénine. Ce parti, qui assure ne pas en être un, fonctionne en effet comme une secte, étrangère à la majorité de la population et qui est incontrôlable même par ceux qui y sont adhérents. Cela prétend ne pas fonctionner comme les partis classiques. Au top il y a une « assemblée représentative », représentative de quoi, on n'en sait rien. Puis suivent les comités divers : comité pour le respect des principes (pas marxistes en tout cas), le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles (guépéou à la veille de la prise du pouvoir?). Et last but the least, le comité électoral composé d'une vingtaine de bureaucrates, élus pour ce poste par on ne sait qui.

Les assemblées sont présentées comme des fédérations chargées d'un « maillage territorial » (brrrr...), coordonnant des « espaces ». Les « groupes d'action » sont crédités d'une « autonomie » (système où comme chez les anars la démocratie est remplacée par le guru local comme chez feu les gilets jaunes).

Qui détient le pouvoir ? « La coordination des espaces de LFI » ? Laquelle représente 11 espaces que je ne citerai pas tous. Un principal cheffaillon dit coordinateur en tête, Bompard, après on a le subversif « pratiques citoyennes et éducation populaire » (formule très stalinienne des années 1950 ; « jeunesse et batailles antifascistes » (avec les nervis de machin qui avait la casquette à l'envers sur la scène de la fête de la musique) ; espace Élections et élu-es ».

En gros, une machinerie hyper-bureaucratique au sommet de laquelle le guru est roi, et ne s'en cache pas par ses prises de position très personnelles et sans laisser penser qu'il consulte quiconque, même pas son amante sectaire et chargée du pouvoir derrière les fagots.

LFI est un parti bourgeois par son programme : maintien de l'Etat bourgeois, épousseté de quelques réformes qui ne pissent pas plus loin que feu le programme commun de Mitterrand, qui sont cependant encore plus irréalisables et irresponsables comme je l'analyse plus loin. Très confondant a été le soutien récent de cette secte au pouvoir des juges concernant des affaires qui ne restent pour cette clique que des faits divers sans importance comparés aux malheureux taulards immigrés; car les magistrats manquent de moyens, sont surchargés de travail, et sont aussi les victimes d'une « crise systémique ». J'imagine que nombre des sectateurs eux-mêmes ont dû être choqués de cette absence de dénonciation de la justice bourgeoise, qui est au centre de l'insoumission du prolétariat depuis deux siècles contre les corbeaux noirs de la République. Vérification donc de plus d'une secte insoumise aux principes du prolétariat révolutionnaire. Pauvreté idéologique du populisme, totalement anti-marxiste, faut-il le préciser ; pour Marx : « La révolution communiste qui abolit la division du travail aboutit en fin de compte à la disparition des institutions politiques. » (p.175) Les institutions bourgeoises, le guru Mélenchon les maintient pour le profit de sa secte « fédéraliste ».

En outre la première mesure d'un changement de régime est la suppression des corps armés de la bourgeoisie, en premier lieu la police puis dissolution de la magistrature par essence bourgeoise et arme des puissants ; Mélenchon maintient une police "rénovée" et félicite les magistrats actuels et leur laxisme, tout en reconnaissant le patronat tout en faisant croire qu'on va "partager leurs richesses » ! Entre parenthèses, cette démagogie qui fait croire qu'il suffit de piller les riches est une hérésie économique qui élimine la réalité - la richesse sociale est dans la production – et promettre hausse des salaires et retraite sans limites à la suite d'un Etat surrendetté, c'est l'effondrement assuré et la misère généralisée ! Fariboles en deçà même du programme stalinien moscovite d'antan qui développa ses plans quinquennaux d'industrialisation forcée mieux que n'aurait pu y parvenir à l'époque une économie libérale.

Pour tout révolutionnaire honnête, la démocratie électorale bourgeoise est un foutage de gueule de la population et surtout de la classe ouvrière où les élections ne permettent de rien contrôler, et LFI éventuellement élu au poste suprême encore moins. Sur ce point des journalistes bourgeois ont raison de remarquer que le seul aboutissement de cette bande d'irresponsables, irrationnels au demeurant, ne produirait qu'une variante de la dictature de Chavez. Douce rêverie en réalité car ces pauvres sectateurs misent sur les élections bourgeoises, pas sur une insurrection imaginaire et pitoyable comme s'en est vanté son supplétif antiraciste Bayoko.


LA FARCE DE LA SIXIEME REPUBLIQUE POUR UNE NOUVELLE FRANCE « ÉQUITABLE ET DURABLE » et verte...

Le vocabulaire est pauvre et peu exaltant1. La promesse de « changement de régime » sonne comme sa perpétuation, et résume la continuité « systémique » que le guru prétend voir venir. Or ce n'est pas de République dont ont besoin les classes opprimées et surtout le prolétariat, mais de révolution qu'il vaudrait mieux appeler communisme réel que République hâbleuse. Mais c'est la principale utilité de la secte : faire du radical en prétendant être émancipée du stalinisme avec cette bouillie de révolution « citoyenne » qui dissout le prolétariat dans la masse de la population civile manipulée et contrôlée par toutes les cliques politiques.

Enfin, at last but not least, la défense des bureaucraties syndicales rétribuées par l'Etat pour contrôler plus efficacement l'ordre social que la police.

Il n'y aura pas de sixième République comme il n'y a pas eu de socialisme avec l'idole de Mélenchon, le grotesque Tonton. Mais, contre toutes les accusations de simplisme voire de vieilleries soixante-huitardes que peuvent nous objecter ces nouveaux sectaires populistes, je vais citer ce paragraphe de mon ouvrage de 2008 : « Dans quel Etat est la révolution ? Réponse à l'anarchiste Berthier (qui avait le même type de raisonnement que Mélenchon).

« La révolution prolétarienne n'est pas le remplacement de la bourgeoisie par la classe ouvrière, cul par-dessus tête, car à ce compte, le stalinisme l'a réalisée mieux que Lénine et Marx ne l'avaient jamais rêvée. Le stalinisme a permis à nombre d'hommes d'appareil d'origine ouvrière et de syndicalistes plan-plan de se retrouver à la tête de grands consortiums, avec une bêtise, une ignorance et des privilèges du même ordre que nos énarques libéraux. La révolution n'est pas la recette enfin trouvée de l'ouvrier capable d'être lui aussi ministre comme la pauvre cuisinière de Lénine. Les prolétaires n'ont pas pour ambition dans leur écrasante majorité de devenir ministres. La révolution n'a pas pour vocation de valoriser et d'éterniser la fonction de ministre (ce dont rêvent Bompard et le petit Boyard, ndt). Les esprits simples ont besoin de certitude : « il suffit de ». Il suffit de « confier le pouvoir aux producteurs », « il suffit de confier la direction du plan aux conseils ouvriers », etc. Ce qu'un donneur de leçon marginal ne peut se représenter, c'est que la révolution est un rapport de forces, où le pouvoir ne sera plus dans l'État, même si la population et les prolétaires, y ont des représentants. La force devra être détenue par les Conseils ouvriers armés, avec le monopole exclusif de l'armement ; ce qui n'est ni une hérésie ni une nouveauté ; la Commune de 1871 avait officié à la suppression de l'armée permanente et à son remplacement par « le peuple en armes », même si elle ne fût pas exemplaire et si les armes ne permirent pas sa victoire ».

Résumé des courses et de l'imposture :

Le programme de LFI, intitulé « L’Avenir en commun », propose une transformation sociale, écologique et économique radicale avec 831 mesures pour la présidentielle 2027.

Principes généraux

LFI défend une gauche radicale centrée sur l’écosocialisme, le populisme de gauche et l’humanisme, visant à redonner le pouvoir au peuple et à instaurer une 6ᵉ République via une Assemblée constituante pour refonder les institutions et renforcer la souveraineté populaire. Le programme se veut une rupture avec l’ordre social, économique et écologique dominant, en impliquant les citoyens dans sa construction.

Avec mon introduction, pas besoin d'y revenir, cette dire rupture avec l'ordre social et écologique (sic) est du pipeau. La plaisanterie n'en est pas moins totalement affligeante. Prétendre, en 2026, avec une crise économique et militaire mondiale insoluble que la gestion de l'État national permettrait de « sauver la France », c'est minable. Aucun pays ne peut plus s'en sortir seul, c'est pourquoi de grands regroupements se constituent comme avait été celui de l'Europe. On crache sur l'Europe dans le programme mais on reste dépendant d'elle en toute bonne conscience, imaginant une Europe sociale2. A une époque où pas un gouvernement en Europe ne tient plus de trois mois,Mélenchon 1ᵉʳ ne tiendrait pas une semaine, même en faisant chanter ses bobos sectateurs place de la République. Européen mais populo chauvin avec la notion trumpienne bien connue et adaptée : « passer au protectionnisme écologique et social » ! Aux urnes citoyens ! Sans oublier les formules « penser obscur », même pas universitaires, qui révèlent des élaborations collectives de libertaires en état d'ivrognerie avancée.3


Les mesures sociales et économiques attrape-couillons, c'est le commissaire politique Eric Coquerel qui va les appliquer ? Avec ce tonitruant appel, probablement le plus ridicule de tous les temps (arrête de fumer, Jean-Luc!) : « Mettre en place un plan de séparation entre l'argent et l'Etat).

Que le SMIC soit porté à 1600 euros nets (ils ont rajouté 100 euros pour réactualiser la promesse), c'est pas terrible, mais admettons, mais quel organisme de bureaucrates va s'occuper d'indexer les salaires, de contrôler les marges commerciales, ou plus décoiffant, « limiter l'inflation », ce que Trump ne parvient pas à faire de lui-même ?

Le retour à la retraite à 60 ans, démence pure malgré les millions de rêveurs et de dégoûtés du travail salarié ; on est une majorité de vieux et revenir à 60 ans ce serait pénaliser les jeunes travailleurs qui verraient les cotisations s'alourdir et ne trouveraient pas plus de travail grâce en particulier à la crise et à l'IA.

Pallier les problèmes particuliers et inévitables du capitalisme en « garantissant l'emploi pour les chômeurs de longue durée » (phrase antinomique et au moins discordante, comme promesse de la lune et son contraire) « dans les secteurs de la transition écologique et sociale » (c'est quiqui ces secteurs qui devraient donc être plus protégés que les autres?). La prétention la plus comique et invraisemblable de nos libertaires insoumis serait le pillage des riches, la taxation des superprofits sous le règne du capitalisme et de l'État bourgeois doté des mêmes prérogatives. Seuls des bobos shootés peuvent avaler cela.

L'indépendance et le pluralisme de l'audiovisuel public, cette autre bonne blague mélenchonesque

Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques en dotant les rédactions d’un statut juridique, en introduisant une charte déontologique dans la convention collective. Instaurer une neutralité des plateformes pour empêcher les espaces numériques qui servent à transmettre des informations d’être des instruments d’influence au service des convictions personnelles de leurs dirigeants. Donner aux abonnés des journaux et aux usagers de l’audiovisuel public des droits sur la gouvernance de ces médias

« Protéger le secteur des intérêts financiers et politiques », j'ose penser que cette formule est un acte manqué. Quant à l'indépendance revendiquée quand on voit comment la secte censure, refuse de discuter, qualifie tout contradicteur de raciste , veut partager le pouvoir d'illusion avec les plus rassis bonzes syndicaux... jusqu'à la demande d'interdiction de Cnews, chaîne que je ne prise pas mais qui a tout autant le droit d'exister que TF1 ou BFM – ce qui sous-entend que LFI considère que toutes les autres chaînes avec la même idéologie de fond de conservation du désordre bourgeois mais avec moins de faits divers et de curés, sont acceptables et gages d'honnêteté intellectuelle...


INVENTERUNEN POLICE ANTIRACISTE PUISSANTE ET MORALE

L'antiracisme,e plus quel'antifascisme,e a les faveurs de la jeunesse habituée à la mixité des races dès l'enfance scolaire, elle a le vent en poupe dans les agitations de rue de la gauche bobo. C'est une bonne chose et on ne s'en plaindra pas. Ce qui est dommageable est que rester à cette sensibilité et conviction humaine n'est pas politique ou en tout cas évacue la politique au profit d'un hystérie simpliste totalement utilisable et manipulée par l'ensemble des cliques de la gauche bobo et bourgeoise. J'ai signalé au passage que peu de gouvernements européens perdurent plus de trois mois.En années,s c'est aussi le hic de l'antifascisme ; si les quatre derniers présidents de la République en ont fait leur fonds de commerce, ce commerce est en faillite, plus encore si le pitre Mélenchon était présumé sauver la démocratie face au « facho » Bardella. Même les patrons et moipréférerionst Bardella et ses alliés moins irresponsables de la droite caviar. Bardella serait un pi-allerr plutôt impuissant lui aussi, mais tout aussi inquiétant en promettant le retour à 62 ans... Dans les deux cas faillite du régime assuré, mais pas vraiment cette révolution de classe qu'on attend depuis si longtemps où le prolétariat, comme lebon Dieu,u n'est jamais là quand on l'attend.


L'antiracisme est-il une idéologie électoraleforte ??


Pas vraiment. Défendre l'arrivée en masse des migrants ou nier leur nombre en prison ne peut pas faire gagner les élections à l'heure actuelle, sans compter que, comme moi, nombre denon-natifss s'abstiennent. « Expulser les OQTF (qui procèdentgénéralementl au mariage blanc) est une mesure raciste a affirmé le bonze Coquerel pour renforcer les sondages en faveur du RN4.

Peu convaincant donc au plan électoral la promesse d'une solide police antiraciste (cette même police « qui tue ») avec pour fonctions :

  • harmoniser par le haut la mise enœuvree du renversement de la charge de la preuve en faveur des victimes de discrimination pour faciliter leur accès à la justice dans tous les États membres

  • Renforcer les organismes nationaux chargés de la lutte antidiscriminatoire et leur accorder le pouvoir d’enquêter à leur propre initiative sur des possibles casde discriminations.s

  • Mettre en place un organe européen indépendant à même de recevoir et d’examiner des recours de victimes de discrimination raciale

    Il me faut ajouter leur souci de soutenir les bandes de rigolos européens qui veulent faire croire qu'un fascisme inventé serait plus dangereux que l'ordre dominant. Nos fieffés protectionnistes populo, avec ce souci révolutionnaire du « maintien de l'ordre » et de « lÉtatt de droit » (hi hi) promettent de généraliser à l'Europe la condamnation morale et « magistrale » de la police qui est quand même plus sadique que le pire des criminels immigrés5 :

    « Plaider pour une doctrine européenne partagée en matière de stratégie de maintien de l’ordre visant à la désescalade et de lutte contre les violences policières, le racisme et les discriminations au sein des services de police, notamment au moyen du rapport annuel sur l’État de droit, et défendre la mise en place des formations initiales et continues de la police et des autorités judiciaires dans ce domaine ».

MATCH NUL : les deux cliques dites extrêmes ont au fond un même fonds de commerce électoral : renforcer la police d'Etat, plus anti-immigrés pour Bardella, plus pro-immigrés pou Mélenchon. Deux partis bourgeois excités mais incapables de gérer sérieusement le pays, de maintenir l'ordre souhaité dans ce monde décomposé, et de leurrer la classe ouvrière malgré la division introduite par l'antiracisme.




 NOTES



1 « La révolution citoyenne vise à faire progresser partout la démocratie et l’intervention populaire : dans les institutions mais aussi dans la ville, et dans l’entreprise. Elle veut établir le primat de l’intérêt général sur les intérêts particuliers des ultra-riches et des plus gros propriétaires du pays. Enfin, la France doit renouer avec l’amour de la liberté ». Pluscreux,x tu adhères à LFI.


2 « Nous voulons lancer un plan européen d’investissement public pour éradiquer la pauvreté et pour la bifurcation écologique et sociale en faveur de l’agriculture, de la rénovation des logements, ainsi que du développement des énergies renouvelables et du transport ferroviaire de personnes etde marchandisess. .Ce plan sera financé par de nouvelles ressources propres européennes fondées sur la justice fiscale (sic), les droitsde douanes et le partage des richesses (hi hi) , détaillées dans ce chapitre. Au total, dans toute l’Union européenne et sur 5 ans, elles permettraient de générer 3 000 milliards d’euros de recettes supplémentaires » (et on calcule n'importe quoi).

3 « Mettre en œuvre, au niveau européen, la victoire insoumise sur la directive de présomption de salariat effective empêchant les plateformes d’avoir recours aux faux indépendants. Transposer cette directive en une loi nationale contenant une présomption de salariat forte ».

4Sonn collègue, David Guiraud, maire de Roubaix, ville très islamisée, s'est opposé à ce qu'on nomme un lycée Samuel Paty, ce qui, malgré son double langage, confirme qu'il faut choyer des électeurs musulmans qui ont aussi leurs héros dans l'intimité et ma prière.

5L'absolution de la magistrature bourgeoise s'accompagne de l'appel à un large recrutement de juges garants de l'ordre (et par après d'un éventuel régime mélenchonesque), sans l'ombre d'un doute pour leurs réelles capacités à être injustes : « Rétablir la police de proximité, supprimer la BAC, interdire les armes dangereuses dans le maintien de l’ordre, et créer une autorité indépendante pour remplacer l’IGPN. Recruter 13 000 magistrats, 20 000 greffiers et 10 000 administratifs pour la justice. Rendre certaines procédures (comme le divorce) gratuites »