"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 20 février 2026

Au courrier : panorama des groupes révolutionnaires en Iran


 Panaroma des forces se réclamant des positions communistes selon l IA de GOOGLE (xavier)

Dans les années 1980 en Iran, la scène politique d'extrême gauche était particulièrement riche et fragmentée. Si la majorité des groupes étaient d'inspiration marxiste-léniniste classique, maoïste ou trotskiste, un courant spécifique s'est distingué par sa rupture avec le "communisme mainstream" (pro-soviétique ou pro-chinois) pour se rapprocher des thèses de la Gauche communiste (notamment allemande et italienne).

Le groupe le plus emblématique de cette tendance est l'Union des combattants communistes (UCC), qui donnera naissance au "Communisme ouvrier".

1. L'Union des combattants communistes (UCC) et Mansoor Hekmat

L'UCC (Ettehad-e Mobarezan-e Komonist), fondée à la fin de 1978 par Mansoor Hekmat, est le groupe qui a le plus explicitement intégré des éléments de la Gauche communiste européenne (Bordiga, Pannekoek) dans son logiciel théorique pour critiquer la situation iranienne.

Rupture avec le "Tiers-mondisme" : Contrairement aux autres groupes (comme les Fedayin ou le Toudeh) qui soutenaient initialement Khomeiny au nom de l'"anti-impérialisme", l'UCC a très vite dénoncé la nature capitaliste d'État du nouveau régime.

Influence de la Gauche Italienne : L'UCC a repris la critique de la "révolution démocratique" chère à la Gauche communiste italienne (Bordiga). Pour eux, l'Iran n'était pas un pays "semi-féodal" (vision maoïste), mais un pays pleinement intégré au capitalisme mondial. La révolution devait donc être directement socialiste.

Influence de la Gauche Allemande/Hollandaise : Le mouvement a mis l'accent sur l'auto-organisation ouvrière et a critiqué la bureaucratie des partis traditionnels, se rapprochant du conseillisme (Pannekoek, Gorter).

2. Le courant du "Communisme ouvrier"

En 1983, l'UCC fusionne avec le groupe kurde Komala pour former le Parti communiste d'Iran (PCI). À l'intérieur de ce parti, Mansoor Hekmat (*) développe la théorie du "Communisme ouvrier".

Il rejette l'URSS et la Chine comme étant des "capitalismes d'État".

Il s'oppose radicalement à l'islam politique, qu'il voit comme un mouvement réactionnaire de la bourgeoisie, là où d'autres gauchistes y voyaient un allié contre les États-Unis.

3. Les liens avec les organisations internationales

Ce courant iranien a entretenu des relations polémiques et théoriques avec les héritiers de la Gauche communiste en Europe :

Le Courant Communiste International (CCI) : Bien que le CCI ait critiqué l'UCC pour certains de ses aspects jugés encore trop "activistes" ou "substitutistes", il y a eu des débats intenses entre ces organisations dans les années 80.

Le milieu "Bordiguiste" : Certains militants iraniens en exil ont rejoint ou collaboré avec des fractions issues de la Gauche italienne, partageant leur vision d'un internationalisme strict qui refuse de choisir un camp dans les guerres régionales (comme la guerre Iran-Irak).

Résumé des caractéristiques de ces groupes radicaux

Groupe Leader clé Influence théorique Position sur 1979
UCC / PCI Mansoor Hekmat Marx, Bordiga, Pannekoek Contre-révolution bourgeoise/islamique
Komala (aile gauche) Ibrahim Alizadeh Maoïsme puis Marx Lutte nationale et sociale au Kurdistan
Groupes conseillistes Divers collectifs Pannekoek, Luxemburg Pouvoir aux Shoras (conseils ouvriers)
Note : La répression brutale de 1981-1983 par la République Islamique a forcé la quasi-totalité de ces militants à l'exécution, à la prison ou à l'exil (notamment vers le Kurdistan ou l'Europe), où ils ont continué à développer ces théories.

Souhaiteriez-vous que je développe davantage les divergences précises entre Mansoor Hekmat et les courants "Bordiguistes" européens de l'époque ?


Ma réponse est oui.

(*) https://slguardian.org/perils-of-nationalism-mansoor-hekmats-enduring-lessons/


L'ENIGMATIQUE EPSTEIN, NOUVEAU RASPOUTINE ?

 


Quel est le nouveau « moine fou » ? Trump ou Epstein ?

LES FRASQUES SEXUELLES DES ELITES BOURGEOISES VONT-ELLES FAVORISER LA REVOLUTION EN 2026 ?

Quelle part du financier, du sexuel, du chantage....


Deux siècles séparent Marie-Antoinette et Jeffrey Epstein et un siècle de Raspoutine, mais le scandale a le même effet sur la perception de la pourriture des élites bourgeoises. Trump, empêtré dans le golfe persique, est très embêté, pas seulement parce que restent encore en attente d'autres révélations sur sa complicité avec Epstein, mais parce que l'ampleur des conséquences de cette affaire pédophilo-fiancière a fait passer au second plan son blabla sur l'Iran, au point que tout le monde n'a plus rien à foutre qu'il intervienne ou pas en Iran.

Plus que les guerres en cours ou le nombre des grèves (seul phare anticapitaliste de mes amis gréviculteurs du CCI), cette affaire relève de l'absence de morale d'un système immoral et fier de l'être. Elle relève d'un niveau politique supérieur au seul plan économique, elle est donc subversive. Or toutes les révolutions, à ma connaissance, se sont produites après des scandales sexuels, ou, en tout cas, ceux-ci ont été une composante de l'indignation des masses ; car il y a une dimension morale dans toutes les révolutions1. En prélude à la révolution bourgeoise de 1789, les scandales de la noblesse, mêlant religion, curés, sexe, frasques du marquis de Sade et politique, ont contribué à l'effondrement de l'Ancien régime.

Avant d'être scandale sexuel, le cas du charlatan Raspoutine (à ne pas confondre avec Poutine) illustre ce qui fascine et révulse à la fois la conscience de classe à l'époque des révolutions russes de 1905 et 1917. On peut même regretter d'abord que surtout la paysannerie et une grande partie de la classe ouvrière russe soient « suggestionnées », voire subjuguées par ce personnage étrange, alcoolique dépravé. Il vient d'en bas, comme nous. Il peut guérir le fils du tsar. Paradoxalement il infuse une mystique de la possibilité d'échapper à sa condition. Il apparaît comme guide spirituel vers ube liberté possible. On oublie que la population russe était encore dominée par un esprit mystique, ce qui explique que le prêtre Gapone (socialiste policier) ait été en tête de la première et dramatique manifestations de masse en 1905 à Saint Pétersbourg. Les prophéties de Raspoutine fascinent un peuple et un prolétariat qui pensent à un avenir pour combattre le présent2. Les révoltes au début des périodes révolutionnaires peuvent être paradoxales ; par exemple la Commune de 1871 à Paris est d'abord une réaction de défense nationale. En 1916, après la Douma, Raspoutine et la tsarine seront accusés de connivence avec l’ennemi. Ce guérisseur mystique qu’on adulait à Pétrograd se fera de plus en plus d’ennemis, dont l’Eglise qui commence aussi à lui échapper. Il est un pacifiste, mais on l’impute à fournir des renseignements à l’étranger (comme le prince Andrew) quand, pour le peuple Russe, les occidentaux dépravés sont de la même engeance.

En 1905 les masses ne se lèvent pas vraiment contre le capitalisme. Les fondements politiques de la monarchie ne sont pas les seuls à être fortement contestés pendant la première crise révolutionnaire de 1905. On reproche tout autant à la noblesse son mode de vie, et son libertinage, marque d’une appartenance perverse à un Ancien Régime en déclin. Une partie de la bourgeoisie russe s'indigne de la débauche de la noblesse puis des frasques sexuelles de cet étrange conseiller du tsar, qui caresse sous les draps les jeunes princesses au moment du coucher au palais. La noblesse est de plus en plus perçue par l'ensemble de la population comme une classe décadente motivée par le libertinage et la débauche 3. L'idée d'une révolution pour rétablir un ordre moral est en chemin. On en reste cependant sur ce seul plan philosophique à une vision idéalisée d'un peuple innocent, d'une bourgeoisie vertueuse face à une noblesse composée de « malades », comme fût désignée la Marie-couche-toi-là, Marie-Antoinette4.

La place pardoxale et surprenante de Raspoutine au sommet de l'Etat russe résume le processus de décomposition du tsarisme russe à la veille de février 1917, l’inconsistance d’un pouvoir qui, quelques mois seulement après la mort de ce triste personnage, sera renversé par le principal mouvement révolutionnaire du XXe siècle.  Raspoutine est l’expression la plus caricaturale, celle d’un immense territoire plongé dans le sous-développement, l’archaïsme et la brutalité de rapports féodaux persistants malgré l’abolition du servage.

J'ai découvert ensuite une analyse très pertinente du cas Raspoutine, et assez inattendue de la part d'un groupe trotskien plutôt agité du bonnet et antifa ras des cacahuètes, Révolution Permanente, dont je fais miens les extraits suivants5.

UN PERSONNAGE HORS DE LA LOGIQUE DE L'HISTOIRE

« Quelque chose qui n’était pas dans la logique de l’histoire » : ainsi fut qualifié Raspoutine par Kerenski, chef du Parti socialiste révolutionnaire et ministre-président du gouvernement provisoire après février 1917. Cette citation symbolise à elle seule l’incrédulité que suscitait à l’époque l’influence de ce « moine fou » sur le couple impérial. Pourtant, si la position de pouvoir prise par Raspoutine, moine mystique et illettré, a tout d’une erreur historique improbable en ce début XXe siècle, il n’en reste pas moins qu’elle s’explique. Auprès de Nicolas II, les personnages de ce type, rebouteurs, mages et possédés, sont nombreux : ils sont le symptôme de la décadence du tsarisme russe et de la déligitimation de l’autocratisme russe après la révolution avortée de Février 1905. Un phénomène analysé avec humour par Trotsky dans son Histoire de la Révolution Russe (I, ch. 4 "Le tsar et la tsarine") : « plus la dynastie s’isolait et plus l’autocrate se sentait délaissé, plus il ressentait le besoin de l’au-delà ».

« Les archives permettent de dresser le portrait d’un homme aux fortes caractéristiques de gourou. Doté d’un grand pouvoir de persuasion et de séduction, son influence est particulièrement remarquable auprès des femmes (en premier lieu de la tsarine) et il enchaîne les conquêtes sexuelles, jusqu’à dix par jour selon les sources. Des relations dont on peut se demander dans quelle mesure elles sont consenties (toute ressemblance avec Epstein serait forfuite). En effet, le gourou maîtrise également l’art de l’hypnose et d’une grande sensibilité psychologique, et plusieurs récits relatent sa capacité à obtenir ce qu’il veut de ces personnes mises dans un état de semi-conscience.

« L’ascension de Raspoutine est téléguidée en sous-main par une partie de l’élite russe qui y voit le moyen de prendre le pouvoir, dans un contexte où le tsar Nicolas II, déconnecté de la réalité politique, est incapable de gouverner le pays. La majorité des historiens s’accordent d’ailleurs à relativiser l’influence souvent attribuée à Raspoutine dans la conduite des affaires politiques de la Russie. Pour Trotsky, « mis en valeur au moment opportun, "l’homme de Dieu" trouva bientôt des auxiliaires haut placés ou, plus exactement, ils le trouvèrent, et ainsi se forma une nouvelle coterie dirigeante qui mit solidement la main sur la tsarine, et par l’intermédiaire de celle-ci, sur le tsar. »

« Si Raspoutine est le symbole de la décadence du tsarisme en Russie, il est aussi celle d’une absence d’alternative crédible au sein des sphères de pouvoir pour remplacer un tsar qui s’achemine lentement vers l’agonie. En ce début de XXe siècle, face à l’inconséquence de Nicolas II, nombreux sont les hommes d’influence, à la Cour, à la Douma ou encore dans l’armée qui songent à le renverser, mais aucun ne s’y résout. L’idée d’une Révolution de Palais ne restera qu’un doux rêve. On craint trop de s’attaquer directement du tsar, et d’arriver au pire en voulant faire mieux.

Raspoutine devient alors, à défaut, la cible privilégié des attaques, le meilleur prétexte pour s’en prendre de manière détourné au tsar. Ses excès, réels ou supposés, exaspèrent. On le soupçonne d’organiser des orgies, de manquer à la bienséance, de ridiculiser le pouvoir russe dans la population et à l’étranger. Il est même d’accusé être un espion, à la solde de l’Allemagne, qui chercherait, avec la complicité de la tsarine, née princesse du Deuxième Reich, à affaiblir la Russie dans le contexte de la première guerre mondiale. un autocratisme russe qui, après la révolution de 1905, se maintient tout en craquelant chaque jour un peu plus : où, à côté d’un tsar qui, à la veille de la Révolution de février 1917, se comporte avec l’insouciance d’un enfant en bas âge, un « moine fou » en arrive à conseiller la tsarine, faire nommer des ministres et prendre des décisions politiques majeures pour le pays.

« Qui a le pouvoir en Russie en début de XXe siècle ? Personne ne le sait trop. Dans les classes dominantes, face à la décadence du tsarisme, c’est la paralysie qui domine. On attend : on craint trop, par une action précipitée, de faire une erreur qui pourrait tout bouleverser. A l’image de l’assassinat de Raspoutine, acte individuel de quelques personnes haut placées, et qui va précipiter encore davantage le tsarisme dans le gouffre. Face à cette expectative, dans laquelle personne ne veut, ne peut prendre le pouvoir, c’est le peuple russe lui-même qui va montrer la voie. Moins de trois mois plus tard, et même si cette ère nouvelle ne va pas résoudre, loin s’en faut, toutes les contradictions sociales et culturelles du pays, en particulier dans les campagnes, l’alliance des ouvriers et des paysans va mettre fin définitivement au règne du tsarisme en Russie, et tourner la page de ce clan d’un autre âge, dont Raspoutine fut en définitive une illustration emblématique, qui gouvernait le pays ».

LA PORNOGRAPHIE BOURGEOISE MISE A NU

Du point de vue de l'aspect gourou charlatan, il y a du Raspoutine chez Trump ; du point de vue de la perversion sexuelle Epstein en est le sosie à dimension mondiale, même sans barbe, il est emblématique de la concupiscence d'une bourgeoisie décadente qui ne pense qu'à jouir et à détruire. L'affaire Epstein n'a pas fini de faire des vagues, voire de provoquer des tempêtes politiques conduisant vite à la guerre des classes. S’il est difficile d’en mesurer l’ampleur et d’en prévoir les effets, on peut néanmoins être certain que ce genre de scandale politico-sexuel aura des implications profondes pour une conscience de classe radicalisée. L’histoire de la chute « scanaleuse » de l’Ancien Régime féodal offre à cet égard un terrain d’analyse suffisamment scandaleux et édifiant pour ne pas en douter. La gauche bourgeoise de Mitterrand avec ses affairistes glauques comme Lang, nous a longtemps raconté que la Révolution était démocratique, éthique, égalitaire, etc. avec tous les gauchistes en service d'ordre électoral. Aujourd'hui le scandale des corrompus au niveau financier d'abord, sexuel criminel ensuite dévoile au grand jour, mondialement, l'étendue des compromissions, des ramificatins de gangsters hors la loi, sans foi ni loi que leur intérêt et leurs perversions infantiles. Toute l'affaire reste explosive et nécessiterait une IA vraiment intelligente, tellement elle défie l'imagination : pour quoi et pour qui ont été filmés à leur insu tous ces riches pervers ? Persuadés qu'ils étaient que leur ami était un « obsédé sincère », comme eux et cachotier de cochonneries partagées dans des îles ou des hôtels de grand luxe...

Il faut entendre « scandale » au sens plein : non pas seulement le bruit des alcôves, mais ce mécanisme moderne par lequel la corruption mêle manipulations politiques, mépris des faibles, viols d'enfants, sexe, argent, mensonges, exploitation, etc. Du jamais vu à ce niveau-à. Raison de plus pour ficher en l'air ce déjà « ancien régime » qui aurait déjà dû être abattu depuis longtemps. Dernière remarque, l'orchestration et l'instrumentalisation de la dénonciation effrénée du pédocriminel et de certains de ses comparses hauts placés sert aussi de « cache-sexe » à une vraie dénonciation du système de fonctionnement du capitalisme. Avec une différence, Epstein-Raspoutine est mort mais l'autre est à Washington.



ILLUSTRATIONS POST SCRIPTUM


  Charlemagne couchait avec sa sœur, Aliénor d’Aquitaine. Elle a entretenu une liaison avec son oncle, Raymond de Poitiers. Catherine de Médicis aimait aussi les femmesNymphomane notoire, sa fille Margot aurait subi les assauts de ses trois frères, dont Henri III qu’on qualifierait aujourd’hui de reine queer tandis que les jolis hommes focalisaient aussi les désirs de Louis XIII, dévot tourmenté. "Quel contraste avec son priapique papa ! Persuadé jusqu’à 40 ans que son pénis était un os, Henri IV aimait frénétiquement les femmes. Même à peine pubères. Aujourd’hui, il serait incarcéré pour pédophilie" s’exclame Alain Dag’Naud. "En fait, personne ne se gênait. Les puissants aimaient qui bon leur plaisait. On veillait uniquement à perpétuer sans ambiguïté le lignage royal". De fait, les seuls scandales sexuels visaient exclusivement celles qui étaient investies de cette mission. Dans l’affaire de la Tour de Nesles (1312-14), Philippe Le Bel s’avère surtout scandalisé par le péril que l'infidélité de ses deux belle-filles fait courir à la dynastie. D’où sa fureur et les atroces supplices que leurs malheureux amants vont subir .

Le faible de Louis XV pour les très jeunes femmes, rabattues par des agents dans son parc aux cerfs, fait certes jaser. Mais moins que sa faiblesse envers les femmes qui gouvernent à sa place (la Pompadour) ou celles réputées indignes de ses faveurs (la du Barry). Si elle n'est pas un motif de scandale, la sexualité de son petit-filsLouis XVIsuscite plutôt du souci sinon de la pitié puisqu’elle est inexistante.

"La puissance sexuelle était un attribut attendu des rois, analyse Alain Dag’Naud. Le dégoût de Louis XVI pour la bagatelle va contribuer à sa perte de prestige". Et faire des désirs insatisfaits de son épouse, Marie-Antoinette, la cible de tous les fantasmes. Une littérature de caniveau bravant la censure lui prête des maîtresses (ses amies Lamballe et Polignac), un amant (le Suédois Fersen) ; même si ce sont surtout ses dépenses et son ingérence politique qui choquent l’opinion.

Alternant des périodes pudibondes et de relâchement des mœurs, le XIXème siècle ignore globalement les scandales sexuels. Une chance pour ce polisson de Napoléon III qui collectionnait les conquêtes


Les écarts sexuels sous la IIIe république

En revanche, la très moraliste IIIe république (1870-1940) verra une presse sans vergogne faire payer au prix fort leurs galipettes désordonnées à de nombreux politiciens. Le décès du président Félix Faure en pleine gâterie prodiguée par sa maîtresse le 16 février 1899 à l’Elysée ? Loin de s’en outrer les Français préfèrent en rire avec son rival Clémenceau ("Il Il se croyait César, il n'est mort que Pompée").

Les penchants triolistes du très vert Maréchal Pétain auraient eu de quoi davantage choquer les Français de l’Occupation. Ils n’en sauront rien. Le président de l’Assemblée André Le Troquer échappera, lui, à la prison ferme mais pas à l’infamie quand en 1959 sont révélés ses "ballets roses" avec des mineures sous les ors de la République. Scandale monté de toutes pièces pour nuire à Georges Pompidou, l’affaire Markovic (1968), qui prête à sa femme Claude la participation à des partouzes, fera pschitt. Devenus discrets sur la vie privée de nos dirigeants, les médias français tairont les escapades extraconjugales de ses successeurs Giscard d’Estaing, Chirac, Mitterrand.

Favori de l’élection présidentielle à venir, Dominique Strauss-Kahn, notoirement libertin, croyait jouir de cette immunité jusqu’à ce qu’il se mette à la faute au fameux Sofitel de New York en 2011. Fatal en terre anglo-saxonne, le scandale s’avère monstrueux. "Cette affaire scelle un changement accéléré par #MeToo, analyse Alain Dag’Naud. Désormais, chez nous, on ne rigole plus avec les frasques sexuelles de ceux qui nous gouvernent."

A partir des années 1950, ce sont Édouard Herriot, qui de notoriété publique aimait que ses maîtresses s’habillent en infirmière, ou encore Edgar Faure célèbre pour ses réparties. A une femme appuyée contre une cheminée, il aurait par exemple lancé : « Si c’est pour moi, pas trop cuit », à une autre, « Mademoiselle, je ne vous dévisage pas, je vous envisage ». « Il s’en dégage au long cours un insupportable fumet de machisme archaïque, lié au sexisme et à la phallocratie » résume Jean Garrigues.

Valéry Giscard d’Estaing, un séducteur compulsifEt le vent de féminisme qui souffle sur les années 1970 n’y changera rien, la tradition se perpétue. Valéry Giscard d’Estaing, dit Valéry « Folamour », était lui aussi un séducteur compulsif. « Giscard est le seul chef d’État au monde dont on sait à peu près sûrement où il ne couche pas » aurait lancé Maurice Couve de Murville, ancien Premier ministre. Jacques Chirac reprend le flambeau : « Son ancien chauffeur raconte que lorsqu’il avait rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près » raconte Jean GarrigueCharlemagnes. « Trois minutes, douche comprise » aurait lui-même lancé l’intéressé. Quant à Mitterrand, l’apparition d’une « fille cachée » et la révélation de sa double vie, ne l’a pas empêché de collectionner les maîtresses jusqu’à la fin de sa vie. Dans l’ombre, les premières dames ont toujours fait bonne figure, ravalant leur humiliation. Seuls De Gaulle et Pompidou semblent avoir été épargnés par cette frénésie.

Nos dirigeants, tous des séducteurs ?

Quel démon a bien pu s’emparer de nos dirigeants ? Le pouvoir, tout simplement, « le plus puissant des aphrodisiaques » affirmait l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. Une idée que développe Serge Hefez : « On est tout le temps au milieu des autres, en train de séduire, de décider, d’agir, dans un état d’éveil sensoriel permanent ». Et puis les femmes ne résistent pas aux hommes de pouvoir, dit-on, comme s’en vantait Edgar Faure : « Quand j’étais ministre, quelques femmes m’ont résisté ; une fois président du Conseil, plus une seule ». A l’ère post me too elles ont pourtant appris à dire non. L’affaire DSK en a été l’exemple le plus criant. Depuis, les accusations d’agressions et de harcèlement pleuvent sur les politiques. Le droit de cuissage a vécu.

La folle rumeur du couple Pompidou échangiste

Peu de gens les ont vues, mais tout le monde en parle en cet hiver 1968 : des photos de madame Claude Pompidou participant à une soirée échangiste. Le coup est rude pour la carrière politique de son époux Georges, ex-premier ministre de De Gaulle. D’autant que derrière ces images compromettantes se cache une sordide affaire de meurtre. La police vient en effet de retrouver le cadavre de Stevan Markovic, un malfrat yougoslave qui évolue dans la Jet Set parisienne. Ni une ni deux, la rumeur se répand dans les salons et bientôt dans la presse : Markovic aurait été l’organisateur de ces soirées échangistes dont les époux Pompidou « raffolaient ». Sa mort : une façon de le faire taire. Il s’avéra rapidement que les clichés n’étaient que des photos montages et, en 1969, le couple lava son honneur en gravissant les marches de l’Élysée.


Il faut dire en conclusion de ces quelques exemples, surtout français, que leur impact resta limité à l'hexagone. Le scandale Epstein présente une toute autre gravité. Il éclabousse les élites bourgeoises au niveau mondial, même la couronne britannique risque de passer à la trap


NOTES

1D'ailleurs sur cette question, le CCI est le seul groupe à s'être penché sur la questiion à une époque, même 'il passe son temps à nous expliquer que la guerre est capitaliste et que la seule réflexion des ouvriers tourne autour de leeur feuille de paye. cf. Le legs dissimulé de la gauche du capital (IV) : Leur morale et la nôtre | Courant Communiste International et plusieurs textes de 2024 à 2022.

2 Notamment sa prédiction de la tuerie de la famille du tsar. Dans une lettre datée de décembre 1916, il écrivit ces mots troublants : "Si je meurs ou si vous me faites tuer, vous perdrez votre fils et votre couronne dans les six mois qui suivront. Le peuple russe maudira votre famille, et tous vos proches périront..." Cette prédiction s'est réalisée avec une précision stupéfiante. Six mois après l'assassinat de Raspoutine, la révolution russe éclata, conduisant à l'abdication du Tsar Nicolas II et, ultimement, à l'exécution de toute la famille impériale en 1918. Il avait prédit aussi les bouleversements sociaux qui allaient secouer la Russie et transformer le pays, L'avènement des technologies modernes Ses visions incluaient des machines volantes et des moyens de communication instantanée entre les hommes. Les changements climatiques L'émergence de nouvelles puissances mondiales Il annonça le déclin des anciennes puissances et l'émergence de nouveaux empires. Toutes choses qu'un autre prédicateur avait aussi, et rationnellement anticipé, Vladimir Oulianov Lénine.

3 Les attitudes et comportements sexuels dans la Rome antique sont visibles dans l'art ratriotomain, la littérature, les inscriptions et dans une moindre mesure dans les restes archéologiques comme les artefacts érotiques ou l'architecture. Il a parfois été avancé qu'une caractéristique de l'ancienne Rome est une « licence sexuelle illimitée » .

4 Les lettres de cachets et les pamphlets, tels que Les amours de Charlots et Toinette, Pièce dérobée à V……[Versailles] (1779), La Foutromanie, poèmes lubriques en six chants de Gabriel Sénac de Meilhan (1780), La Messaline française, Ou les nuits de la duch. . . . . de Pol. . . . . Et Aventures mystérieuses de la pr......se d'He.... et de la ..... (1789), Le Godmiché royal (1789), Fureurs utérines de Marie-Antoinette, femme de Louis XVI (1791).

mardi 17 février 2026

POURQUOI TRUMP FERME SA GUEULE (3ème partie)



Parce qu'il n'a plus la maîtrise du jeu dans lequel il s'est fourré. Ce qui marque en outre les limites du populisme1.

Donald Trump a-t-il mis fin à huit guerres depuis son arrivée au pouvoir en janvier, comme il le revendique? Dans les faits, le bilan de son cinéma de médiations inconsistantes est nettement facétieux. Face aux guerres, à Gaza, en Ukraine et enIran, il est puant d'indifférence ; au fond il n'a rien fait cesser du tout ni en 24 heures ni en trois mois dans le mécanisme des guerres perpétuellement recommencées (c'est la nature du capitalisme). L’une des conséquences concrètes du « pacifisme » de Trump a été non seulement de peupler son administration de militaires d’active ou récemment retraités, mais aussi le fait qu'il est obligé de déléguer au Pentagone la décision et les modalités d’emploi de la force sur les théâtres de guerre où les Etats-Unis sont activement engagés. Cela s’est traduit par une intensification des frappes aériennes américaines, de l’Afghanistan (où le nombre de frappes est le plus élevé depuis 2012) à la Somalie en passant par l’Irak, la Syrie et le Yémen. Si tu prônes la paix, fais la guerre ! Le populisme au pouvoir est aussi laisser faire la guerre aux autres comme en Ukraine et à Gaza, pour ensuite se féliciter d'y avoir mis fin, quoique toujours provisoirement et après la victoire des plus puissants.

Trump est un simple pervers narcissique vieilli, qui a réussi contre toute attente, qui a toujours raison même quand il déconne à plein tube. Il sait être même franchement ignoble, comme lorsqu'il fait déclarer par un de ses sous-fifres ministériels, devant Rochebin hier soir, à propos de son inaction pour faire tomber le régime des mollahs assassins : « le peuple iranien doit se libérer lui-même ». L'idéologie populiste n'est ni un internationalisme ni un humanisme « démocratique », il est un enculage des peuples (excusez ma grossièreté).

De Gaza au Venezuela, le bedonnant et impuissant Trump a montré combien il est bon à rien et ne finit rien. Les guerres sans vainqueurs sont ses limites involontaires et dépendantes de la doctrine (contraignante) « zéro mort » comme je l'ai rapporté dans les deux parties précédentes. Parce que le populisme trumpien n'a pas une vraie vocation impérialiste, pas d'occupation en vue comme sous Nixon ou Reagan ou Hitler. Par impuissance comme le révèle l'immobilisation coûteuse de son armada dans le Golfe persique. Et la trouille de toutes les dictatures pétrolières environnantes. Poutine est probablement lui aussi de plus en plus dans une situation d'impuissance également comme vient de le prouver le bloczage de starlink (merci Elon Musk). Je persiste à dire qu'il va se passer des choses oimportantes cette année.

Ce personnage bouffi avec moumoute laquée, de plus en plus antipathique, même dans sa base maga (déçue de sa lâcheté pour l'Iran mais surtout par la hausse des prix et la vacuitéde ses droits de douane), expose des caractéristques typiques des caïds nationaux d'un monde décadent, ou en décomposition comme dit le CCI. Besoin de reconnaissance et prise de risque : remise en question du statu quo Les dirigeants pipoles parvenus au pouvoir contre les pronostics ont tendance à prendre davantage de risques et à vouloir davantage bousculer le statu quo. Ils ont soif de reconnaissance et besoin de prouver leur domination sur les autres, y compris par l’insulte. L’une des conséquences est que le dirigeant populiste, s’il ne se sent pas respecté, cherchera à délégitimer ses adversaires par tous les moyens. A l’inverse, il sera sensible à la flatterie, voire à la corruption. Surtout, le leader populiste, arrivé au pouvoir « contre l’élite », sait qu’il doit sa légitimité à sa base, d’où le besoin constant de « nourrir » cette base, y compris lors de discours familiers s’adressant également aux audiences mpndiales. Avec cet appel constant à la violence qui imprègne la société et conditionne en même temps la jeunesse, quand cette personnalisation de la vie politique ne peut conduire qu'au meutre, comme on vient de le voir en France (le jeune Quentin), à l'instigation répétitive de la faction populiste de gauche, toujours prête à hurler « mort aux fachos ». Trump n'est pas du tout pacifiste au fond (cf. son coup d'Etat raté). Le populisme s'il devait durer pourrait aboutir au chaos d'une guerre civile pas du tout révolutionnaire.

Le populisme est une faiblesse politique avant tout. Il est scandaleux et honteux ; Trump traîne l'affaire Epstein comme un boulet ue même le bombardement de l'Iran ne pourrait pas liquider face à la société américaine, et mondiale. Cette idéologie bâtarde supprime l'antique manipulation binaire : l'opposition gauche/droite où le prolétariat devait choisir un camp bourgeois contre un autre. Comme l'a noté justement le CCI, le fascisme permit d'aller à la guerre en établissant l'opposition binaire démocratie/dictature au niveau international. Le populisme moderne manifeste une impossibilité à aller à la guerre (il est division nationale et politique erratique) Et la classification progressistes contre populistes , reste vaseuse et ne peut remplacer le clivage droite/gauche.

Pourquoi cette opposition n'est pas ou plus utilisable dans la tension Iran/USA ?

D'abord parce que cette mystification s'est complètement usée un peu partout, en Occident bien entendu. Ensuite parce que Trump négocie directement avec les dictateurs génocidaires gardiens de la réacion sur les cadavres de milliers de morts. On ne négocie pas avec des génocidaires normalement lorsque l'on s'affiche « démocratique » ? Il ne fût pas possible de négocier avec Hitler. Mais il leur serre la main et à l'autre salaud Netanyahou. Par conséquent : exit la vieille confrontation démocratie/dictature ; ce père la moumoute n'a aucune vélléité pour mettre à bas réellement les dictatures vénézueliennes et cubaines ; comme Nixon contrôlant l'Amérique du sud avec des Pinochet. Il permet de vérifier que le populisme au gouvernement ne change rien fondamentalementà l'autocratie bourgeoise., les mêmes financiers et les mêmes généraux continuent à tirer les ficelles du pouvoir.

L'émancipation ou au moins le respect des peuples est le cadet de ses soucis, y inclus le peuple américain. Le trumpisme a émergé lors de sa première campagne présidentielle en 2016. Sa rhétorique s'inscrit dans une mélasse populiste qui propose des solutions nationalistes invraisemblables aux problèmes politiques, économiques et sociaux dans le peuple mais surtout contre la classe ouvrière. Le populisme n'est pas une manipulation à l'origine mais a éclos face à l'insécurité croissante, à une immigration affolante et au mépris des élites bourgeoises mais aussi intellectuelles avec levaste marais petit-bourgeois. Comme le dit un auteur, il ne faut pas confondre démagogie et populisme ; la démagogie renvoie à l'idée de dire au peuple ce qu'il veut entendre, alors que le populisme renvoie à l'idée de faire ce que l'opinion publique souhaite entendre...

LE POPULISME NE PEUT PAS ETRE UN INTERNATIONALISME

C'est pourquoi il n'est nullement question pour le milliardaire adipeux de risquer de mettre en danger un régime exemplaire pour lui de mise au pas d'une immense population meutrie. Cette scorie du nationalisme est un chauvinisme bâtard qui n'a pas les moyens de redevenir un vrai nationalisme et se fiche des crimes immenses chez les voisins. Une internationale populiste ? Impossible. Il n'est que l'invariable « chacun pour soi », patchwork de mécontentements: tes immigrés ne sont pas  les miens, mes produits sont meilleurs que les tiens, ma culture est supérieure, des colères régionalistes, un racisme péquenot,  haine de la centralisation étatique, ce mouvement ne peut même pas favoriser une union nationale s etc. 

 Début juillet 2018, en Italie, le chef de la Lega (Ligue) et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, admirateur de Donald Trump et de Vladimir Poutine, se qualifiant lui-même de « populiste », avait lancé́ l’idée d’une « Ligue des ligues en Europe », définie comme « l’alliance des populismes qui unirait tous les mouvements souverainistes qui « veulent défendre leur peuple et leurs frontières ». Son idée directrice était que les mouvements dits populistes en Europe ont une « vision commune », opposée à celle de « l’Europe des élites, des banques, de l’immigration et du travail précaire ». Enfin élever ce pauvre mouvement des gilets jaunes au rang de révolte pure, fait pitié ; comme Bannon ci-après. La fin du clivage gauche/droite n'est en tous cas pas le fait de Salvini et Cie et leur équipée concurrentielle risque de ne pas faire long feu.

Aux États-Unis, Steve Bannon, éphémère conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche, s’est autoproclamé le chef d’orchestre de cette offensive dite « populiste » en Europe et, plus largement, dans d’autres régions du monde. Sa conception du « populisme » n’est pas conceptuellement nouvelle : elle est fondée sur l’idée-force d’un dépassement du clivage droite-gauche, remplacé par l’opposition entre les élites et le peuple. Ce qui est nouveau, c’est l’idée d’une « internationale populiste ». Dans une interview publiée le 5 janvier 2019 sur le site de L’Express, Bannon célèbre le mouvement transpolitique des « gilets jaunes » en les donnant pour un exemple à suivre, celui d’une mobilisation de masse caractérisable par le « ni droite ni gauche » : « Aujourd’hui, ces perdants de la mondialisation, paupérisés comme jamais, se réveillent et crient : “Stop !” La beauté́ de leur action est qu’elle réunit des gens de droite comme de gauche. Au pays de la Révolution française, le mouvement des gilets jaunes mène la mère des batailles. Ils sont une inspiration pour le monde entier. » Pchitt

LE TRUMP AFFAIBLI PEUT-IL SORTIR DU TROU EN BOMBARDANT Khamenei ?

Le populisme peut être à géométrie variable. Les Américains sont contre une intervention militaire en Iran, mais les électeurs de Donald Trump pour. Trump a parlé de « calme avant la tempête », semblant évoquer une nouvelle guerre imminente, confirmant que si le populisme est toujours un chauvinisme étroit, alors le populisme en politique étrangère, c’est aussi la guerre. Et un bombardement des mollahs assassins que j'aprouverais totalement en espérant au moins la chute de ce régime criminel. En détails, les avis sont très partagés voire majoritairement opposés à l'intervention militaire.Près de trois quarts des Américains (74 %) s'inquiètent de la possibilité d'une implication des États-Unis dans une guerre encore plus massive avec l'Iran. Les démocrates sont évidemment beaucoup plus inquiets (93 %) que les républicains (57 %). Environ 2 Américains sur 10 déclarent qu'ils soutiendraient une force militaire américaine visant à renverser le gouvernement iranien, environ la moitié s'y oppose et 3 sur 10 déclarent ne pas être sûrs. La croyance en la doctrine « zéro mort » reste vivante, même si tous les sondés compatissent avec la population iranienne.

Terminons par les suppositions de la B.B.C.

Le régime s'effondre, remplacé par un régime militaire.

Beaucoup pensent que c'est l'issue la plus probable.

Si le régime est clairement impopulaire auprès d'une grande partie de la population et que les vagues successives de manifestations qui se sont succédé au fil des ans l'affaiblissent davantage, il reste néanmoins un appareil sécuritaire puissant et omniprésent qui a tout intérêt à maintenir le statu quo.

Les principales raisons pour lesquelles les manifestations n'ont jusqu'à présent pas réussi à renverser le régime sont l'absence de défections significatives dans leur camp, tandis que ceux qui détiennent le pouvoir sont prêts à recourir à une force et à une brutalité illimitées pour rester au pouvoir.

Dans la confusion qui suivrait toute frappe américaine, il est concevable que l'Iran se retrouve gouverné par un gouvernement militaire fort, composé en grande partie de membres du CGRI.

Car pas d'opposition structurée ni clasee ouvrre forte... (JLR)

Les voisins arabes de l'Iran dans le Golfe, tous alliés des États-Unis, sont naturellement très nerveux à l'heure actuelle, craignant que toute action militaire américaine ne finisse par se retourner contre eux.

L'Iran riposte en posant des mines dans le golfe Persique.

Cela représente depuis longtemps une menace potentielle pour le transport maritime mondial et l'approvisionnement en pétrole, depuis la guerre Iran-Irak de 1980-1988, lorsque l'Iran a effectivement miné les voies maritimes et que les dragueurs de mines de la Royal Navy ont aidé à les déminer.

Le détroit étroit d'Ormuz, entre l'Iran et Oman, est un point de passage stratégique. Environ 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) et entre 20 et 25 % du pétrole et des dérivés du pétrole transitent chaque année par ce détroit.

L'Iran a mené des exercices visant à déployer rapidement des mines marines. S'il venait à le faire, cela aurait inévitablement un impact sur le commerce mondial et les prix du pétrole.

L'Iran riposte en coulant un navire de guerre américain.

Un capitaine de la marine américaine à bord d'un navire de guerre dans le Golfe m'a un jour confié que l'une des menaces iraniennes qui l'inquiétait le plus était une « attaque en essaim ».

Il s'agit d'une attaque au cours de laquelle l'Iran lancerait un nombre tellement important de drones hautement explosifs et de torpilleurs rapides sur une ou plusieurs cibles que même les redoutables défenses rapprochées de la marine américaine seraient incapables de tous les éliminer à temps.

La marine du CGRI a depuis longtemps remplacé la marine iranienne conventionnelle dans le Golfe, dont certains commandants avaient même été formés à Dartmouth à l'époque du Shah.

Les équipages navals iraniens ont axé une grande partie de leur entraînement sur la guerre non conventionnelle ou « asymétrique », cherchant des moyens de surmonter ou de contourner les avantages techniques dont bénéficie leur principal adversaire, la cinquième flotte de la marine américaine.

La marine du CGRI a depuis longtemps remplacé la marine iranienne conventionnelle dans le Golfe, dont certains commandants avaient même été formés à Dartmouth à l'époque du Shah.

Les équipages navals iraniens ont axé une grande partie de leur entraînement sur la guerre non conventionnelle ou « asymétrique », cherchant des moyens de surmonter ou de contourner les avantages techniques dont bénéficie leur principal adversaire, la cinquième flotte de la marine américaine.

Le naufrage d'un navire de guerre américain, accompagné de la capture éventuelle de survivants parmi son équipage, serait une humiliation considérable pour les États-Unis.

Bien que ce scénario soit jugé improbable, le destroyer USS Cole, d'une valeur d'un milliard de dollars, a été gravement endommagé par un attentat suicide d'Al-Qaïda dans le port d'Aden en 2000, tuant 17 marins américains.

Avant cela, en 1987, un pilote de chasse irakien avait tiré par erreur deux missiles Exocet sur un navire de guerre américain, l'USS Stark, tuant 37 marins.

Outre la possibilité d'une guerre civile, comme celle qui a frappé la Syrie, le Yémen et la Libye, il existe également le risque que, dans le chaos et la confusion, les tensions ethniques dégénèrent en conflit armé, les Kurdes, les Baloutches et d'autres minorités cherchant à protéger leur propre peuple dans un contexte de vide politique à l'échelle nationale.

Une grande partie du Moyen-Orient serait certainement heureuse de voir disparaître la République islamique, notamment Israël, qui a déjà porté de lourds coups aux mandataires de l'Iran dans toute la région et qui craint une menace existentielle liée au programme nucléaire présumé de l'Iran.

Le plus grand danger aujourd'hui est que le président Trump, après avoir rassemblé cette puissante force près des frontières iraniennes, fasse faire demi-tour à sa flotte en se vantant d'avoir signé des accords potables (sur le dos du peuple iranien). Pour l'heure Khamenei a gagné grâce au « zéro mort » comme je le soulignais dans la première partie : Le souci du "zéro-mort" offre aux adversaires des Etats-Unis - incapables de gagner un combat conventionnel contre l'armée américaine - un moyen rapide, facile et peu coûteux de faire échouer la première puissance du monde et de limiter ses ambitions.

Ce pauvre Trump, acculé par l'affaire Epstein, a pourtant une chance de prolonger un peu son règne bancal (Musk l'a poignardé dans le dos avec la paralysie de starlink), en lançant des bombardements ciblés et en tuant le guide sadique, car les protestations internationales contre une telle interventionnne seraient pas plus inquiétantes ou méchantes que celles qui suivirent la guerre des 12 jours.