"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 1 juin 2026

LES PETITS IMPERIALISMES SONT-ILS DESORMAIS VICTORIEUX CONTRE TOUTE GRANDE PUISSANCE ?

 



Avec la répétition du constat « c'est l'Iran qui a gagné », la plupart des journalistes essentialisent cette nouvelle théorie : à notre époque dans les guerres les petits gagnent toujours contre les gros. Thèse audacieuse et quelque peu discutable mais qui mérite d'être discutée ; j'aimerais avoir l'avis du CCI sur le sujet et de mes lecteurs. Présenter les libérations nationales comme des victoires de petits contre les grands me paraît assez simpliste et exagéré, sachant que ce fût une bagarre entre grandes puissances et anciennes puissances coloniales dépossédées par plus puissantes qu'elles.

De même j'ai du mal à croire que si l'Iran a été si « résilient » c'est sans l'aide de la Russie et de la Chine. Tant d'ogres penchés sur le berceau pétrolier...

Cependant il y a d'autres analyses à mener, moins répétitives et aussi simplistes que celles produites par le milieu maximaliste qui ne voit pour horizon qu'une nouvelle boucherie mondiale. Le livre de Bertrand Badie dont je vous livre des bonnes feuilles - « Par-delà la puissance de la guerre, la mystérieuse énergie sociale » - présente un évident intérêt parce qu'il démontre que loin de nous diriger vers la troisième der des der, les guerres actuelles sont menacées d'étouffement, voire tournent en rond. Cet ouvrage écrit à la fin de l'année passée est extraordinairement prémonitoire et tout ce qu'il décrit explique bien la situation de paralysie dans le détroit d'Ormuz. Les grandes puissances sont toutes à la peine, et les deux puissances secondaires les plus barbares, Israël et Iran s'auto-annihilent sanguinairement sans porte de sortie.

Par contre, sa troisième partie « la mystérieuse énergie sociale » est complètement loufoque. Ce type n'a jamais entendu parler de la classe ouvrière en tant que classe révolutionnaire et seule classe capable depuis un siècle d'empêcher ou de mettre fin aux guerresL Il se met à nous conter que toute la myriade des contestations et agitations diverses des bobos, partout sur la planète,des féministes aux partisans des genres et des carottes vertes sont les vrais emmerdeurs du capitalisme. Son assimilation du populisme au nazisme prouve son manque de sérieux et son ignorance des conditions actuelles de la lutte DES classes. Son analyse géopolitique reste intéressante, malgré son absence d'explication de sa « socialisation de la guerre », notion confuse.

LA PUISSANCE NE GAGNE PLUS LES GUERRES (sous-titre de l'auteur)

« Les alliances ont eu peut-être leur utilité dans le passé, mais aujourd'hui elles sont inutiles et n'ajoutent rien à la force des nations auxquelles elles créent d'autres ennemis ». Nehru

On peut imaginer que, face à de telles mutations, la puissance cherche à survivre en recourant à sesformes les plus extrêmes, et vienne ainsi se réfugier chez le dieu Mars. La chronique du nouveau millénaire semble confirmer l'hypothèse : il n'est qu'à prendre en compte l'augmentation constante du nombre de conflits, déjà bien sûr liée à l'accroissement du nombre d'Etats coexistant désormais sur la planète. De plus en plus meurtrières, coûteuses et destructrices, toujours mieux dotées en armes sans cesse plus sophistiquées, les guerres perdent pôurtant, elles aussi, leur capacité d'antan. Rares sont celles qui, depuis 1945, ont donné naissance à un nouvel ordre régional, encore moins mondial ; rares sont celles qui ont réellement fait disparaître le problèmes qu'elles étaient censées résoudre ; rares enfin sont celles qui ont débouché sur une vraie victoire obtenue par le plus puissant à la faveur de cette « bataille décsive » que vantait Clausewitz en son temps... Trois pentes se dessinent, qui perturbent lourdement la grammaire consacrée et expliquent ces échecs : les guerres se font davantage contre des groupes humains que contre d'autres Etats, égaux ou du moins comparables ; elles perdent leur finalité explicite qui les intégrait autrefois dans une compétition cruellement rationnelle ; elles échappent au jeu transactionnl qui conduisait jadis à la paix du vainqueur. La puissance dans le guarre, et surtout dans les nouvelles formes de conflit, en perd son latin : la potentia tirait son sens du mariage de l'idée de force et de celle d'efficacité. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

GUERRES ENTRE ETATS OU GUERRES SOCIALES ? (sous-titre de l'auteur)

Il est donc bien loin le temps des « gladiateurs » de Hobbes, celui où les Etats s'affrontaient, entre acteurs presque symétriques ou du moins de puissance équivalente, pour reprendre la définition donnée, au cours de la Seconde Guerre mondiale, par un maître de la discipline, l'Etat-Unien Quincy Wright. La symétrie interétatique était, en fin de compte, à la base même de la rationalité des guerres : celles-ci jouaient leur rôle, avec une douloureuse efficacité, dès lors qu'elles opposaient la puissance de l'un à celle de l'autre, et conféraient consensuellement la victoire au plus fort et au plus rusé. Depuis 1945, une tendance qui était en longue gestation s'est révélée soudain décisive : la guerre s'est intimement mêlée aux sociatés ; elle s'est en quelque sorte « socialisée ». On avaiat vu poindre le phénomène dès la Révolutiion française, mais il fût vite rattrapé par les Etats jouant du nationalismeet de la mobilisation citoyenne. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le processus a vite gagné en ampleur et surtout en autonomie sopus l'effet de deux facteurs : la décolonisation et la guerre d'intervention

La première met bien évidemment l'énergie sociale au centre des ouvelles mobilisations guerrières et substitue ces dynamiques inédites au canon traditionnel qui perd de sa capacité. La scconde crée un souffle de puissance asymétrique qui, au lieu de rallier la population locale, l'enferme dans l'escalade de la résistance. Daans l'ambiance coloniale, la bataile d'Alger en 1957, devait « éradiquer le terrorisme » ; elle a au contraire galvanisé la base sociale du FLN ; les mêmes mots viennent aujourd'hui à la bouche du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, pour justifier les bombardements massifs et aveugles sur Gaza, dès octobre 2023, avec exactement le smêmes résultats, si on en croit le Secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, ou si on se réfère aux sources israéliennes livrées par le quotidien britannique The Guardian qui font état, après dix-neuf mois de guerre, de 8900 combattants du Hamas tuéssur un total présumé de 42 000, 83% des victimes étant des civils (The Guardian, 21 août 2025)... Et on se souvient des 2?7 millions de tonnes de bombes déversées sur le Cambodge par l'US Air Force sentre 1969 et 1973, pour « stopper la progression du communisme » ; elles eurent pour résultat d'activer l'enrôlement de la population en soutien aux Khmers rouges.

On a en réalité mal compris tout ce qu'impliquait cette socialisationdu (?) jeu guerrier, t notamment l'inversion qui en dérivait. La guerre était jadis un moment fort d'activation de l'allégeance citoyenne, un temps de parfait alignement à la faveur duquel l'individu n'existait que par son total abandon dans un univers de sécurité et d'hosilité entièrement défini, et même dicté par l'Etat : on retrouve une impeccable filiation de la pensée conduisant directement de Thomas Hobbes à Carl Schmitt et qui anourri des siècles d'efficacité étatique et guerrière. Ne pas s'ys soumettre relevait de l'absolue trahison et de ce qu'on appelait précisément la « cour martiale »...

Aujourd'hui le découplage est total, il socialise la guerre et la transforme, en amont comme en aval de celle-ci ; de même que la guerre trouve de plus en plus son origine dans des causes sociales qui affaiblissent l'Etat et le subordonne à des dynamiques conflictuelles qu'il ne parvient pas à maîtriser, de même elle agit activement sur le corps social selon des modalités qui échappe au projet politique des princes.

En amont, on constate cette montée en force des dynamiques socialesd qui sont porteuses de ces orages martiaux. La souffrance sociale dépasse aujourd'hui la rivalité de puissance comme source d'affrontements internationaux. Issue de l'humiliation subie, comme en Palestine, ou de fléaux matériels liés notamment aux déréglements planétaires, mais aussi aux inégalités, cette souffrance est largement rebelle aux lois du canon et de la puissance.

(…) Sous cette pression, d'incessantes constructions et reconstructions identitaires s'affirment en venant des profondeurs des sociétés, conditionnant les conflits et inversant le jeu classique où seule l'identité citoyenne était assignée par ordre du prince : la construction identitaire l'emporte ainsi de plus en plus sur le poids des idéolgies prescrites et les entrepreneurs politiques gagnent désormais en sachant habilement s'y adapter.

(…) Il y a en réalité une touche nouvelle et décisive, même révolutionnaire, portée à la guerre d'antan: celle-ci s'accomplit de plus en plus sur la base d'identités instables et changeantes, sur celle d'une régression de l'opposition jadis structurante du public et du privé, le premier devant simplement effacer le second ; on devine alors pourquoi les civils sont de plus en plus les cibles favorites des guerres nouvelles, mais aussi leur inventeur et réinventeur privilégié. Produits d'identités figées et absolues hier, les guerres sont aujourd'hui les otagesd des identités fluctuantes et mulrtiples. On a beau leur opposer les doctrines de contre-insurrection les plus sophistiquées : rien n'y fait, la puissance ne gagne décidément plus les guerres, comme la guerre d'Algérie l'avait déjà signifié...

D'autant que cette socialisation est tout aussi remarquable en aval, évoquant l'horreur du cercle vicieux. La déstabilisation sociale liée à la guerre devient désastreuse : la moitié de la population haïtienne souffre de la faim liée aux affrontements continus, à laquelle s'ajoutent les effets ravageurs de la nouvelle épidémie de choléra. Près de 18 millions de Birmans sont en insécurité alimentaire, 7 millions de Congolais sont en état de malnutrition et six millions sont déplacés.

(…) Il ne s'agit pas seulement de « dégâts collatéraux » ou de « tristes bilans », mais d'une recomposition totale de la société comme jamais connue auparavant, modifiant en profondeur et durablement la structure sociale, les identités, les croyances et conférant à la fluidité sociale qui en dérive une dynamique échappant totalement aux cadres politiques.

(…) On en dira de même des effets de concientisation : Ukrainiens agressés et envahis, Palestiniens détruits et méprisés, Congolais qui n'ont jamais connu un état de paix, sont porteurs d'une énergie et d'une résilience sociales qui défient toutes les lois de l'ingénierie politico-diplomatique et qui sont irréductibles à la grammaire classique de la guerre, à la dualité simpliste du vainqueur et du vaincu : cette forme inédiate d'appropriation sociale des conflits rend vaine toute escalade militaire. Les guerres contre les sociétés, même en lambeaux, ne se gagnent plus.

GUERRES sans finalités ou à finalités renversées ? (sous-titre de l'auteur)

(…) On voit bien le décalage qui se profile aujourd'hui : si l'adversaire n'est plus un Etat ou n'est qu'un Etat faible, la clarté de cette opposition fondatrice vient évidemment à s'esomper. Face à un combattant non étatique, quel est le but : « l'éradiquer » ? Contrôler un territoire devenu insécure ? Restaurer sa propre domination ? En substituer une autre ?

La question a couru tout au long des guerres de décolonisation : les réponses fluctuantes et indécises que les puissances coloniales lui ont adréssées ont été un atout pour un adversaire dont la puissance était pourtant toujours inférieure. L'interrogation a été relancée à la faveur des guerres d'intervention, qui se sont banalisées avec une mondialisation timidement amorcée au XIX ème siècle, et qui ont périlleusement sorti le jeu martal de cet affrontement symétrique que nous décrivions.

(…) La problématique a-t-elle vraiment changé depuis. La même analyse n'est-elle pas pertinente quand il s'agit de la guerre du Vietnam, de celle d'Afghanistan, d'Irak ou de Somalie, pour lesquelles se mêlent et s'entremêlent les doctrines confuses dun containment, du peace-making et du regime change ? Et d'autres Etats ne partagent-ils pas la même expérience ? La France au Sahel a vécu celle-ci à ses dépens : en 2013, l'opération Serval cultivait déjà l'ambiguïté en prétendant libérer le Mali de la menace djihadiste.

(…) Il y a probablement plus : la guerre froide et l'équilibre de la terreur ont peu à peu rendu impossible la confrontation classique, conforme à la grammaire des gladiateurs hobbesiens. Le choc entre puissances égales devenait trop co^teux et annulait ainsi les stratégies classiques et le jeu à somme nulle qui les rationalisait. Aussi les guerres n'opposent-elles plus directement des intérêts antagoniques, mais visent des sociétés pour les refaire à l'image des plus puissants, objectif déjà impossible, et plus encore pour reconstituer une chaîne de pouvoirs politiques nationaux plus favorables.

(…) Cette « société guerrière », en se banalisant, semble annoncer que la guerre est de plus en plus menacée de perpétuité. Celle d'autrefois ne préparait pas vraiment la paix, mais la « non-guerre » ou plus exactement, un nopuvel « entre-deux-guerres » reposaant sur un aménagement provisoire des litiges : celle d'aujourd'hui conduit au mieux à la « non-solution » ou à l'affrontement infini modulé par des rythmes inégaux de violence. Dans le modèle classique, le vainqueur se voyait reconnaître le droit de négocier, en condition de force, le litige qui l'opposait au vaincu. La victoire, l'art diplomatique, la ruse des uns et des autres donnaient sens et épaisseur à la négociation qui débouchait sur de nouvelles configurations territoriales et toute une série d'obligations qui étaient acceptées de part et d'autre et avaient valeur de droit. La « bataille décisive », chère à Clausewitz, avait fait son travail. Aujourd'hui rares sont les guerres gagnées et, sans même parler de paix, rares sont les guerres débuchant sur un ordre nouveau et paritairement accepté: à l'exception de quelques opérations sous mandat des Nations Unies, comme « Tempête du désert » (1991), la sortie des conflits reste incertaine, précvaire et ne produit aucune donne communément acceptée au point de produire un nouveau droit. Les seules victoires sensibles sont, de façon surprenantes, celles du faible sur le fort, comme ce fût le cas avec les guerres de décolonisation qui, depuis 1945, ont toutes été gagnées par le dominé, le moins doté en ressource de puissance.

(…) La puissance n'a pas accompli son travail d'antant : elle est tétanisée, devenue trop ambiguë pour produire un ordre, l'illusion d'une paix ou au moins l'apaisement que procure un nouvel équilibre reconnude part et d'autre.

(…) Ces croisades « pour la civilisation » sont vite devenue des fiascos : même les alliances les plus « sacrées » se retournent contre la ouissance » (p.60).

« Le vent populiste - qui commençait à souffler outre Atlantique dans le seconde décennie du XXI ème siècle et inventait le trumpisme – déplaça le débat vers un postulat plus simple : s'engager globalement envers l'Autre coûte de plus en plus cher et risque de rapporter de moins en moins, contrairement à des formes d'implication plus ponctuelles et plus contrôlées ». (…)

L'appel populiste à la puissance (sous-titre de l'auteur)

« Derrière chaque séquence populiste, même les plus anciennes, se cache très souvent cette « puissance contrariée » qu'on cherche à restaurer. La défaite française de 1871 a nouri le boulangisme et ce désir de « voir et complimenter l'armée française », comme le chantait Paulus au début de la III ème République ; cele de 1918, subie par l'Allemagne, a alimenté le populisme nazi ; l'effondrement de l'URSS a instillé le populisme poutinien au sein de la Russie post-soviétique. De façon plus subtile, la marginalisation des Etats venant d'acquérir coûteusement leur indépendance et l'humiliante relégation qu'ils euent alors à subir de la part des vieilles puissances ont activé le populisme tiers-mondiste, tout comme la éception d'une Italie, trop faiblement associée à la victoire de 1918, a ouvert la voie à Mussoloni et à son éloge de la force (…) La dénonciation communed'un déclassement national, à l'origine évidentede tous les maux, vaut mécaniquement stigmatisation de tous les « complots » venant du « cosmopolitisme » ; elle se prolonge dans l'exaltation du protectionisme, du souverainisme, de l'identitarisme et dans l'appel à une restauration nationale, tout cela passant par une demande sociale de puissance ».

MONDIALISATION DE LA MYSTIFICATION SYNDICALE POUR AFFAIBLIR LA CLASSE

 


UNE MANIPULATION BOUFFONNE


Glabre, leFigaro ce matin parodie Lutte Ouvrière, L'Huma ou un blog mélenchonien : « Les droits des travailleurs dans le monde en «crise systémique», notamment en France ». On ne souligne pas assez désormais la simultanéité universelle de la propagande dominante dans la mondialisation de la putréfaction capitaliste . C'est évident concernant la guerre qui concerne plus ou moins gravement toute l'humanité. C'est encore plus vrai au niveau social. Ce ne devrait être un secret pour personne que le principal frein et obstacle à une nouvelle guerre mondiale reste le prolétariat et non pas les multiples contestations petites bourgeoises de tout ordre1. On se targue de son inexistence. Il est entendu qu'il est débile et incapable d'autonomie. Bien sûr il reste la principale classe exploitée, méprisée et humiliée, mais que nenni la Confédération Syndicale Internationale, collègue de notre CGT s'en fiche : « c'est une attaque coordonnée contre la démocratie » ! Mais en quoi le monde du travail serait-il concerné par une démocratie bourgeoise qui se fabrique sesélecteurs à coups de millions ?

Plus simpliste gauchiste tu pètes ou tu adhères à la secte LFI : « c'est un coup d'Etat des milliardaires ».

«L'édition 2026 de l'indice CSI des droits dans le monde révèle que la crise des droits des travailleurs ne se limite plus à quelques cas marginaux - elle est désormais au cœur même des démocraties», a commenté Luc Triangle, secrétaire général de la CSI. Il dénonce ainsi «une attaque coordonnée contre la démocratie - un coup d'État des milliardaires, soutenu par des dirigeants politiques; les travailleurs sont dépouillés de leurs droits et réduits au silence, et les économies sont manipulées au profit d'une poignée de puissants».

Rien à voir avec la paye ou les licenciements déguisés, le raisonnement syndicalo-gauchiste devient foutraque : « ...liste des pays à surveiller (sic ! Par qui?) alors que les attaques portées aux libertés des travailleurs accélèrent l'érosion de la démocratie». En cause, «des restrictions de la négociation collective et le recours à la force contre les travailleurs».

Quelle érosion de la démocratie et de quelle démocratie ?

« Quant à la France, elle connaît «son plus mauvais classement, signe d'un déclin prolongé des droits des travailleurs, notamment caractérisé par une répression des militants syndicaux et des restrictions imposées aux manifestations». De façon générale, le nombre de pays qui refusent aux travailleurs l'accès à la justice, les placent en détention ou recourent à la violence, aux atteintes à la liberté d'expression ou de réunion, est en hausse dans le monde, selon cette enquête.

la surveillance numérique qui permet de «contrôler et de mettre au pas le personnel, de faire taire les travailleurs et d'empêcher la mobilisation syndicale» ; et les gouvernements qui «écartent les syndicats et les consultent de moins en moins» lors de l'introduction de nouvelles lois sur le travail ou de réformes de la législation du travail ».

On est stupéfié par cette vérité bureaucratique qui remplace les travailleurs par les ouailles syndicales. Sans oublier ce lieu commun des sociologues : « la crise est devenue systémique». Enfin tout s'éclaire avec la montée du « fâchisme » : «la montée de l'extrême droite en Europe se traduit de plus en plus par de l'hostilité envers les syndicats et leurs membres».

Vous l'avez compris, c'est l'extrême droite qui monte les ouvriers contre les syndicats. Fallait l'inventer, ils l'ont inventé !

Cette prétention à se soucier au niveau international d'un intérêt (très syndicrate) pour le sort de la défense des travailleurs pue comme un chacal. Les appareils syndicrates sont si choyés en France qu'aucune personne honnête ne peut les plaindre ; quant aux manifs quelle inanité de déplorer une immense répression, oui mais quand ils tireront à la mitrailleuse dans la foule comme en Iran !

Le CCI, ma modeste personne et tant d'autres minorités, avons consacré des centaines d'articles qui démontrent fort bien que les syndicats sont devenus des agents du capital qie je me contenterai aujourd'hui de citer les réactoions des lecteurs anonymes.

« Étonnant cet article. Pour avoir quitté le monde du travail il y a peu, force est de constater que ce mo nde syndical est très protégé en France. Essayez de licencier un syndicaliste du privé qui a dépassé les bornes en France ; autorisation de l’inspection du travail puis, si refus Ministère du travail. Sans parler des Prud’hommes où le salarié est parfaitement défendu. Dans la fonction publique, des pans entiers n’envisagent même pas la tenue d’un conseil de discipline pour des faits qui conduiraient un salarié du privé à un entretien préalable…Bref, le syndicalisme a encore de beaux jours en France ! Alors qu'à Cuba et au Venezuela, c'est le paradis des travailleurs.
Sans parler de la Chine, modèle à suivre pour les travailleurs, sans oublier la Corée du Nord. Je n'entends pas les syndicats s'y plaindre de la politique du gouvernement et le chef d'état semble très populaire ».

« Les syndicats ne représentent pas les travailleurs. Le taux de syndicalisation en France est très faible. Les dirigeants syndicaux sont des apparatchiks grassement payés, qui instrumentalisent une minorité, les syndiqués, pour abuser du droit de grève et prendre le pays en otage. Si les grèves servaient réellement les intérêts des travailleurs, depuis le temps, il n'y aurait plus besoin de grèves. Ce rapport est une manipulation qui ne devrait pas être la source d'un article qui ne met pas ces informations en perspective et n'en dénonce pas le caractère biaisé ».

En résumé un rapport syndicaliste à vocation internationale pour ridiculiser un peu plus la classe ouvrière de tous les pays sans pourtant pouvoir faire avaler ce gros mensonge d'une équivalence de la répression anti-ouvrière contre les prolétaires en Europe, et même en Amérique, et celle qui prévaut en Russie, Chine, Iran, Afrique où même la perspective gauchiste de syndicats libres reste une lubie ridicule paralysant aussi toute option de combat de classe.

Cette mondialisation de la propagande syndicaliste collaborationniste de la démocratie bourgeoise la plus puante, se voudrait unificatrice des millions de travailleurs dans encadrement syndical à vocation militaire au bout du compte : la défense de la démocratie bourgeoise. Hélas c'est peine perdue et pâtée pour les petits toutous de gauchistes.


1Thèse imbéile de Bertrand Bdie, intéressante pourtant sur la paralysie actuelle des impérialismes les plus puissants : « Par delà la puissance et la guerre, la mystérieuse énergie sociale » ed Odile Jacob

vendredi 22 mai 2026

Le charlot TRUMP a-t-il incendié le capitalisme ?

 


« Le poisson commence par puer de la tête » Erasme


DRAME DES GRANDES PUISSANCES : ELLES NE PEUVENT PLUS ENVAHIR LES NATIONS SECONDAIRES


Le principal point vraiment commun entre Néron et Trump est qu'ils ont fait carrière dans l'immobilier, pour le reste Donald ne devrait pas assassiner Mélania et il se vante de vouloir supprimer les guerres, du moins celles qui coûtent cher au capitalisme américain, mais font exploser les profits du complexe militaro-industriel..

Le principal fait révélateur de la chute en cascades de l'empire américain est bien sûr figuré unanimement par l'exhibition de ce personnage égotiste, fantasque et erratique, qui joue au faiseur de roi, contrôlant la marche du monde1. Or rien n'est plus faux. Trump ne contrôle rien, même pas le bouton pour lancer ses troupes kakies, avec son chantage lassant à un nouveau bombardement plus massif, comme cette femme frigide qui vous assure : un jour je finirai par vraiment faire l'amour et plus la guerre. Ceux qui pensaient le contraire peuvent réviser leur jugement avec les baffes que le régime terroriste iranien lui fout sans cesse. Au niveau géopolitique on n'a jamais rien fait cesser en 24 heures (comme le déplore notre pauvre Lecornu). Les financiers et les marchés sont eux les vrais maîtres. Autre constat incontestable de la faiblesse américaine, leur dite Administration obligée de demander l'aide chinoise mais aussi, sous des airs de mépris, celle de l'Europe, dont on examine plus loin les réticences de nature...sociale.

Le make america great again est déjà une faillite complète, depuis longtemps annoncée et confrmée. Ce qui se déroule, ce ne sont pas les caprices d'un Trump dérangé du cigare, ce sont bien les atermoiments du capitalisme mondial pris dans ses contradictions et tergiversations (voir l'article de RI : La guerre au Moyen-Orient précipite l’économie capitaliste dans le chaos2.)

L'impuissance croissante de l'impérialisme américaine

Le souvenir de la défaite au Vietnam est le parfum de celle qui se confirme en Iran3. Le basculement de l'hégémonie américaine, malgré la gloriole au moment de la chute du bloc russe, fût certes progressif ; il n'est pas nouveau mais partie inégrante de la décadence capitaliste depuis un siècle, à ceci près qu'on en subit une phase terminale dont nul ne sait pour l'heure jusqu'où elle va conduire l'humanité. La plupart des journalistes qui insistent sur le fait que la guerre là-bas avec ses destructions massives n'a servi à rien et que la seule porte de sortie serait la négociation, n'ont pas tort mais pas raison non plus parce que la négociation (permanente et douloureuse) n'aboutit pas non plus. L'échec militaire US, avec son barouf sanglant pour les populations civiles (encore iraniennes), permet à une puissance régionale de ridiculiser l'armada américaine dite la plus puissante du monde (et incitatrice pour les autres concurrents), avec un culot sans fard sur deux plans : la paralysie du détroit d'Ormuz si vital pour toute l'économie mondiale et des capacités de nuisance incontestables contre toutes les monarchies de la région et en prime même désormais versus le territoire européen.

La glaciation en nouveaux blocs n'est pas avérée

On exagère la puissance montante de la Chine qui demeure seulement pour l'instant la principale puissance économique du monde, toujours très prudence quant à ses ambitions militaires, et surtout modeste4. Malgré sa possession de l'arme nucléaire, son armée n'est pas au niveau même de l'armée russe. On peut certes considérer que Trump et Poutine sont allés à Canossa en Chine pour cesser de se faire balader en Iran et en Ukraine. En revanche même si l'indifférence a été réservée à Trump et l'amitié à Poutine, tous ces potentats sont perplexes et incapables de prévoir les conséquences du lendemain pour leurs gesticulations et crimes; les navires de guerre chinois qui tournent quotidiennemenyt au large de Taïwan sont des gesticulations, qui certes ridiculiset Trump, mais de même nature que ce que fait le clown: "gaffe je vais t'écraser".

 Aucun des belligérants n'a confiance en l'autre.Autant on ne voit pas les dividendes recueillis par Trump dans l’opération américaine en Iran, autant ceux de la Chine apparaissent clairement, que ce soit diplomatiquement ou financièrement, mais pas au plan militaire, ce qui fonde sa discrétion en Iran. Par ecemple ine intrervention à Taïwan est pour l'heure impossible au niveau d'un abordage très compliqué, voire d'une contribution du Japon5. Cette visite d’État de deux jours du petit Poutine visait à afficher la soit-disant solidité du « partenariat sans limite » scellé face à l’Occident par leursautocrates en 2022, mais consacre aussi l’ascendant du géant chinois face à un Kremlin anxieux du pas de deux sino-américain. Le prétendu "axe" russo chinois n'est jamais qu'un axe de pacotille. Tout, et plus encore, sépare la Russie de la Chine, à commencer par les ambitions territoriales chinoises sur la Sibérie...

Par dessus tout, je le répète, excepté le génocide en Palestine avec un Etat inexistant, le fait marquant est que les grandes puissances ne peuvent plus prétendre envahir un pays inférieur, comme ce fût le cas pour l'Union dite soviétique en 89-91. Autrement dit, le capitalisme dominant ne peut plus envahir mais s'autodétruire !6

UN DANGER INTERIEUR MAINTENU SOUS LA TABLE

Les clichés se sont accumulés : l'Europe serait menacée par la Russie, la Russie marcherait déjà main dans la main avec la Chine, l'Iran aurait renouvelé son armement le plus efficace, missiles et drônes sophistiqués, le pouvoir iranien serait divisé, idem pour Trump et le criminel Netanyahou, etc. etc.

C'est oublier qu'on période de guerre les mensonges ou approximations sont roi et reine. Sans examiner chacun de ses mensonges, force est de considérer que chacun de ces Etats connaît d'énormes problèmes internes inavoués, que nous sommes encore une infime minorité à démontrer ; que le blocage d'internet ne suffit pas à rendiguer.

La Russie n’a aucun intérêt viable à attaquer l’Europe, des journalistes en viennent même à constater que Poutine est le moins foldingue de la bande car les yeux rivés sur son propre prolétariat, au si beau passé. Une agression directe contre un membre de l’OTAN même limitée ou hybride serait stratégiquement suicidaire pour la Russie. Elle dispose déjà d’un front ouvert en Ukraine depuis 2022, avec des pertes humaines et matérielles considérables, une économie entièrement réorientée vers la guerre  (qui coûte tès cher), une démographie en déclin structurel,enfin surtout elle est à la peine, comme la bourgeoisie ukrainienne pour recruter des milliers de prolétaires de souche (allant jusqu'à chercher de la chair à canon en Afrique). L’OTAN représente une alliance militaire et économique supérieure à son PIB, en technologie et en capacité de projection. Même un "test" limité risquerait l’activation de l’article 5, l’escalade conventionnelle puis nucléaire. La Russie n’a ni l’intérêt ni les moyens d’une conquête ou d’une déstabilisation durable de l’Europe de l’Ouest ou du Centre. Son objectif déclaré reste la sécurisation de son voisinage immédiat, pas l’expansion territoriale en Europe.

L'Europe n'a pas dit son dernier mot, elle reste le principal marché du monde, l'amante désiirée par tous les régimes autocratiques et leurs migrants ; plus inquiétant, elle est l'aire géographique où le prolétariat reste le plus dangereux contre tout mobilisation militaire pour le pétrole ou les beaux yeux de la princesse.

De la Chine à l'Iran, l'état d'esprit du prolétariat reste encore au niveau du mystère, mais il n'y a aucune raison ni aucun terrorisme, ou terreur d'Etat, qui empêche de penser que colère et indignation se renforcent souterrainement, en évitant la formule de la taupe de Marx.

Concernant la conscience du prolétariat européen et américain, je vous laisse lire les articles du CCI, qui n'exagère pas tout le temps concernant l'ampleur des luttes économiques des deux côtés de l'Atlantique. Il faudrait marquer plus l'impuissance de nos « démocraties » à diffuser l'esprit belliciste dans la population et chez les jeunes, donc surtout parmi le prolétariat. Un sympathisant arabe du CCI me disait récemment « les américains sont lâches ». Quelle idiotie ! Le prolétariat américain a assez donné de 1914 au Vietnam, c'est donc lui qui terrorise Trump... et l'empêche d'envoyer au casse-pipe les « boys ». Les plus criminels avec leurs successives flotilles pour Gaza, même s'ils sont victimes du terrorisme juif, sont les populistes nationalistes de la clique à Mélenchon. Ce sont eux les principaux diffuseurs pour l'heure de l'idéologie patriotique.

Le prolétariat français n'est pas prêt à risquer sa vie s'il ne peut plus faire son plein d'essence et n'a plus les moyens de passer des vacances lointaines. Pourra-t-il profiter de la vacance du pouvoir?


NOTES


1J'ai toujours dit au niveau psychologique, car constaté lors de mes rencontres personnelles et sur le plan politique en particulier, que la destinée du pervers narcissique est l'échec et la solitude. Je plains déjà le devenir de Trump.

3 Commencée le 28 février 2026, la guerre contre l’Iran est la quatrième opération militaire américaine de changement de régime en terre d’islam depuis le début du XXIe siècle. Elle a été précédée par celles de l’Afghanistan (2001-2021), de l’Irak (2003-2011) et de la Libye (2011), qui se sont toutes terminées par de cuisants échecs.

4Selon les renseignements américains, l’Iran réussirait notamment à rétablir rapidement ses capacités grâce au soutien de la Russie et de la Chine. Cette dernière, par exemple, aurait continué de fournir à Téhéran des composants utiles à la fabrication de missiles pendant le conflit. Pas terrible comme aide impérialiste !

5La Chine ne peut pas envahir Taïwan. Les satellites détecteraient immédiatement les préparatifs. Souvenez vous du débarquement de Normandie. L'armée taïwanaise serait prête à rejeter à la mer toute tentative. Une flotte est vulnérable aux missiles anti-navire! Article d'amateur ne connaissant rien du sujet. Cette visite à l'empire du milieu, entre terre et centre terre, un vrai bide, un record de nullité, avec un lion édenté et un empereur bedonnant sans charisme ! Oui, les taïwanais ont raison, On peut ajouter cette leçon d'Ukraine et de l'Iran : les grandes puissances ne sont plus assuéres de ganger une guerre contre des puissances inférieures ; les élites bourgeoises chinoises l'ont compris depuis des siècles. Sans oublier l'excelente qallusion de Xi Jinping au piège de Thucydide.

6Voir surr LFI, on lira avec intérêt : De Trump à Poutine, «nous assistons à une crise de la puissance», selon le politologue Bertrand Badie

Donald Trump face à Vladimir Poutine et Xi Jinping : la puissance traditionnelle est-elle de retour ? Et avec elle, des empires prêts à tout pour défendre leur chasse gardée, y compris par la guerre ? Voilà un cliché qu'il faut déconstruire, et c'est justement l'idée du livre Par-delà la puissance et la guerre, la mystérieuse énergie sociale, de Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po Paris. Selon lui, une énergie sociale très diverse et des mobilisations « empathiques » aux mouvements de colère ont recomposé les relations internationales.




mardi 19 mai 2026

LA GAUCHE SOURNOISE AVEC MELENCHON

 

Rodrigo Arenas

UN POPULISME PATELIN, SOURNOIS ET IMPOSTEUR

(par pitié pour « les pauvres » contre les riches)


« Le mensonge n'est un vice que quand il fait du mal ; c'est une très grande vertu quand il fait du bienoyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardment et toujours ». Voltaire (1736)

« Un mensonge répété mille fois finit par devenir une vérité » Goebbels


Ce ne sont pas des insoumis qui saluent le maire musulman de New York pour sa prétendue politique sociale révolutionnaire mais des soumis à la république bourgeoise si elle en venait à les laisser se servir du manche et prpagateurs d'un patriotisme de gauche et de solutions nationales populistes. La clique mélenchonesque a célébré avec ferveur la victoire de Zohran Mamdani, nouveau maire de New York, non pas pour son projet démagogique d'instaurer une soi-disant « véritable justice sociale » mais comme un clin d'oeil sournois pour « en même temps » signifier qu'un politique musulman est aussi capable de gérer n'importe quelle institution bourgeoise comme un vulgaire laïc, principale voie d'intégration « républicaine » pour une nouvelle élite bobo quand la majorité des derniers arrivés va rester dans la merde et l'incertitude du lendemain. Acte radical et « insoumis » par excellence le nouvel édile a prêté serment sur le Coran, cette religion « anti-capitaliste ». Il a aussi fait cette déclaration aussi foudroyante que communiste : « il ne devrait pas y avoir de milliardaire ». J'en ai rougi.

Débauche de visuels, des mélenchoniens-niennes apparaissent en plus gros plan que Zohran Mamdani lui-même, semblant de fait reléguer le New-Yorkais à la place d’un suppléant. C'esr à crever de rire de voir ces sectateurs, jamais avares de critiques sur l’impérialisme américain, s’approprier les promesses très locales d’une campagne spécifiquement conçue pour New York, par un parti pas spécialement socialiste. Politiquement, cette récupération grossière s’inscrit chez les insoumis dans la mise en scène de leur absence de tout véritable internationalisme, sauf, pour la galerie, dans la complainte racialiste.. L’eurodéputée insoumise Manon Aubry n’avait pas manqué de publiciser son passage à New York où elle était allée s'exhiber tractant avec les affidées voilées et pas de Zohran Mamdani.

Le copier-coller photogénique et égotiste a ravi lesdéputés Anaïs Belaoussa, François Piquemal, et on a vu, sans rire, que le compte officiel « La France Insoumise Paris », faisait figurer également Sophia Chikirou, Danièle Obono, et Sarah Legrain. On lira avec amusement une des meileures démonstrations du ridicule de Mélenchon sur le site Plateforme jaune1.

Un mélenchonien pur jus Rodrigo Arenas a même ressorti le slogan de Barack Obama à sa façon : « yes we can again ». valeureux prix nobel de la paix en ayant continué la guerre en Irak et provoqué la guerre civile en Lybie, premier grand promoteur des drones, n'ayant en outre nullment apaisé les tensions raciales malgré la morale antiraciste2. La promotion de la lignée Obama- Mamdani est pourtant d'une bizarre insoumission comme on le rappelera plus loin.

Le cinéma de LFI, sous l'étiquette dite insoumise n'est pas du tout insoumise à l'idéologie de la traditionnelle gauche bourgeoise, on peut résumer son obscurantisme anti-marxiste : pour le gros des troupes excitées, une petite bourgeoisie éclairée soucieuse de justice sociale pour « les pauvres contre les riches » ; sournoisement, pour accompagner la misère sur fond communautariste, morale anti-raciste (patriotique pour ne pas dire nationaliste) et...fédéralisme anarchiste. En gros c'est son simple programme attrape-immigré. On ne peut s'empêcher de faire l'analogie inquiétante, en notre actuelle dangereuse période de guerres incessantes avec la démagogie pacifiste et sociale du Front popu de 1936 qui a su si bien désarmer la classe ouvrière à la veille de la Seconde boucherie mondiale.. Les promesses électorales n'engagent que ceux qui en sont dupes.

Mamdani promet ce que n'importe quel parti bourgeois freançais peut proposer ou a déjà proposé il y a des lustres : gratuits les transports, gel des tickets de métro, taxer davantage les riches, définancer la police et de décriminaliser la prostitution. Et la messe en plus : débanaliser la bascule fasciste et dénoncer le racisme.


La substitution

La victoire du maire musulman est exhibée comme une leçon pour une capacité de la gauche populiste tout azimut à gouverner sans renoncer à «sa radicalité» (poil au nez!), comme le déclare Mathilde qui veut nous faire tomber dans le panneau :. «Cette victoire porte en elle une leçon : seule la gauche de rupture peut battre l’extrême droite», cheffe des députés mélanchonfiles.

On peut noter, cocassement, que ce n'est pas le capitalisme qui est à abattre mais cette mouvance de types peu recommandables (certes) l'effroyable extrême droite, les fascistes quoi. On remarquera aussi cette nouvelle tentative de recréer, à la place de l'antique opposition gauche/droite, un même dualisme simpliste (si bénéfique électoralement jadis) aclassiste binaire des extrêmes qui écraserait tout désormais, y inclus tous les pachydermes socialos, centristes et droitards ; avec une once néo-stalinienne de culpabilisation des abstentionnistes.

C'est d'ailleurs ce radotage pour lycéens trotskiens infantiles dont se fait le porte-bagage le nouveau maire de la banlieue nord, Bally Bagayoko. L'homme émacié, à tête de mort, est visiblement très intelligent, ne s'énerve jamais (contrairement à son guru) discours avec ce français impeccable d'apparatchik formé pendant vingt ans au langage municipal. Le cancer de la vie politique française serait donc la « normalisation du RN », aussi Tête de mort opine du bonnet et déclare, sentencieux : « il ne faut pas banaliser le RN », sûr de son effet devant des journalistes stupéfiés de tant d'aisance dans la simplicité.

Sera-t-il l' Obama français qui remisera cruellement, par une insurrection intra-secte, papy Mélenchon au rouet et à l'EPHAD ? Quoiqu'il en soit du devenir de la secte , l'édile, pourtant simplement municipal de New York, lui, résume tout le programme insoumis (éventuel) au ras des pâquerettes...locales : justice fiscale, gel des loyers, etc. Toutes choses inapplicables sur le long terme et aussi au niveau national. Là où le bât blesse plus gravement, c'est sur le positionnement politique de ce brave musulman. Il est précisé dans le langage mélenchonien que celui-ci a des «  positions fortes sur la guerre à Gaza ». Le genre d'argument électoral qui séduit d'abord l'électorat musulman, les antisémites et la noria des gogols islamo-gauchistes ensuite ; au point que « Les leçons sont nombreuses pour le camp de la rupture dans le monde entier » dixit la mélenchonette Clémence Guetté . Rupture ? Surtout pas avec le capitalisme !

Autrement dit le populisme peut se muer en soutien à un nationalisme rêvé, d'ailleurs le plus improbable ; il y faudrait la destruction du principal porteur du terrorisme juif, l'Etat d'Israël, ce que les souteneurs du terrorisme arabe refusent évidemment de reconnaître. Je ne développerai pas ici ce que devrait être la véritable prise de position internationaliste, sauf si on me le demande.

La confluence entre le maire de New York et celui de Saint-Denis concerne leur volonté électorale, initiale, de supprimer la police. Une fois en place, pfuit ! Mamdani a été reçu pour une amicale discussion avec l'anti-police Trump, à la suite de laquelle il déclara : « La police a un rôle crucial à jouer, mais à l’heure actuelle, on compte sur elle pour pallier les échecs du filet de sécurité sociale, ce qui l'empêche de remplir ses véritables fonctions », du Mélenchon pur jus une fois en place. Bayagoko a changé d'avis sans le laisser paraître car « il faut renforcer la police de proximité. Qui l'eût cru ?

Evoquons la filiation politique de «l'insoumis » newyorkais. Tout honnête homme juge un parti sur son histoire passé et présente. Mais certains mentent effrontément ou esquivent totalement. Par exemple un mélenchonien moyen pourrait-il nous prouver la filiation entre Bardella et le parti nazi ? Quand moi je peux prouver la filiation trotskienne d'un Jospin avec un poste gouvernemental bourgeois. Quand je peux également démontrer que le parti démocrate US était à l'origine un parti esclavagiste ; ensuite, modernisé, c'est le parti qui a été le principal fauteur ou poursuiveur des guerres impérialistesdu XXème siècle : Wilson 1917, Roosevelt 1941, TRUMAN 1950, Kennedy (suivant Eisenhowwer 1965) suivi par JOHNSON, CLINTON 1999 (les deux conflits en Irak et en Afghanistan avaient commencé sous la présidence du républicain Bush mais poursuivis sans honte par Obama.

Drôle de parti insoumis me direz-vous. Voire ennemi du prolétariat, sauf quand ce dernier est pauvre et soumis politiquement.

UN REPORT DES PAIEMENTS PAR L'ETAT CONTRE LA BASCULE FASCISTE

Toute la mélenchonerie et pas que, à la queue suivent socialos, verts et gauchistes, pour saluer un « changement de la vie »3. Leur nouveau héros Mamdani s'était félicité le 12 mai d’avoir bouclé son premier budget pour 2027, de 125 milliards de dollars, comblant le trou de 12 milliards de dollars laissé par son prédécesseur. «Nous ne l’avons pas fait sur le dos des gens qui travaillent, s’est vanté l’édile. Nous l’avons fait tout en finançant les parcs, les bibliothèques, des rues plus sûres et des investissements historiques dans le logement social.» Il est, paraît-il, parvenu à réaliser quelques milliards de dollars d’économies dans le fonctionnement de la tentaculaire administration municipale. Mais ses détracteurs avancent qu’une bonne partie des 12 milliards de dollars comblés dans le budget viendraient de gestes de l’État de New York. Le budget de celui-ci prévoit effectivement 7,6 milliards de dollars de gestes supplémentaires pour la ville, selon le Time, dont 4 milliards de dollars concédés dans la dernière ligne droite. Une nouvelle taxe était prévue pour les résidences. Mamdani a en revanche renoncé à augmenter la taxe foncière après une grogne des propriétaires car il ne faut pas oublier que le populisme électoral ne vise pas que les immigrés mais surtout la petite bourgeoisie.

La plus grosse partie de ces 4 milliards de dollars obtenus auprès de l’État vient de l’autorisation de celui-ci à une opération comptable permettant d’économiser 2,3 milliards de dollars sur deux ans, selon le New York Times . Concrètement, la ville va reporter jusqu’en 2032 des paiements qu’elle doit faire aux fonds de retraite municipaux, dont bénéficient notamment les pompiers, les policiers, les professeurs et d’autres fonctionnaires new-yorkais.

Un tel report n’aura pas d’incidence sur les pensions versées dans l’immédiat. Mais il «équilibre le budget sur le dos des futurs new-yorkais», qui devront bien payer un jour, a notamment taclé dans un communiqué la Citizens Budget Commission, un think thank citoyen non-partisan qui analyse les finances de la ville. Dénonçant «des manœuvres déjà vues dans le passé», l’organisation regrette «un coup unique qui laisse le problème à résoudre l’an prochain». En gros il a augmenté les taxes, reporté des dettes et quémandé de l'aide budgétaire; Bravo le subterfuge et bon vent à l'outrecuidance mélenchonienne !

Enfin, outre que ce cinéma sur la gloriole du démagogue de New York est incrédible, la véritable faille et carence de LFI est de vouloir nous faire croire, pas vraiment que le capitalisme serait complètement soluble au niveau national, mais qu'il existerait une solution réformiste, dans le sens de son Tonton de 1981 qui s'y est cassé le nez, du « quoiqu'il en coûte » macronien, avec des retraites généreuses pour tous. Néantissime, non seulement parce que cela mènerait à l'effondrement et à la misère généralisée, mais surtout parce qu'il n'y a pas de solution à la crise au niveau national dans la décadence capittaliste accélérée.. L'Europe avait été aussi conçue pour sauver les meubles et elle est aussi en faillite. Le nationalisme économiste populiste est très bien, mais pour la clownerie oppositionnelle. Et je tiens à terminer avec une prévision pessimiste, contre ces faux révolutionnaires qui promettent la lune (« y a de l'argent »...) dans un régime capitaliste en décomposition. Il y a 50 ans notre camarade Raoul Victor avait dit ceci en réunion de section :  « La révolution c'est pas une partie de plaisir, on y connaitra aussi la misère et le malheur ». Au début...




UN FILM ADMIRABLE : L'ABANDON

Les derniers jours de Samuel Paty


ou la défense mélenchonesque des crimes terroristes


« L’Abandon ne se mouille jamais en ce qui concerne le débat de la laïcité à l’école et les moyens de ralliement d’un islamisme radical. Ses pistes les plus pertinentes sont toujours laissées à l’état d’esquisses. Comment expliquer le pouvoir toxique pris par les parents d’élèves face aux représentants de l’éducation nationale ?

Le portrait de Brahim Chnina est à vrai dire la clé de voûte que le film n’assume pas. Il y a pourtant beaucoup à dire de ce père, dont l’expérience régulière du racisme et de l’islamophobie en France l’amène à ne pas douter du discours diffamant de sa fille. La racine du mal est pourtant là, dans ce contexte abrasif de méfiance générale et de haine larvée ».

Quels parents d'élèves ? Ce mélenchonien noit le poission. Faut aller aux réunions de ceux-ci pour découvrir l'agressivité, confirmée par des faits divers, des parents arabes. Oui il faut le voiler pour le plumitif bobo. L'immigré, quel qu'il soit est un saint. Le père salaud, taré islamisé n'a rien à voir avec l'islam, c'est la faute au racisme français et à l'islamophobie.

Dans les rangs de LFI (la folie intégrale) et de sa galaxie de YouTubers, streamers « décoloniaux » et influenceurs de la gauche radicale, c’est l’hystérie collective. Le film est qualifié de « dangereux », de « machine à préjugés », et accusé de faire le jeu du Rassemblement National à l’aube des échéances électorales de 2027.« Tous les musulmans sont méchants, la scène de la mort le mec crie “Allah Akbar”… Ils font un film pour le RN. » On croit rêver. Un influenceur majeur caricature ainsi un drame national, réduisant la reconstitution fidèle d'un attentat islamiste à un simple tract électoral. C’est le degré zéro de la pensée, mais le degré maximum de la complaisance.

Totalement d'accord avec ce commentaire suivant :

« Un film sobre, clinique, rigoureusement adossé aux enquêtes de police, aux rapports de l'Inspection générale et aux procès fleuves qui ont mis la France face à ses démons. Ce film retrace l’engrenage infernal que tout le monde connaît, mais que certains feignent d'oublier : une rumeur mensongère initiée par une élève absente, l'emballement d'un parent d'élève et d'un militant islamiste sur les réseaux, la faillite d'une institution prompte à s'ouvrir le parapluie, la lâcheté ordinaire et, au bout du chemin, la barbarie terroriste. Un film qui rend un hommage nécessaire à un hussard noir de la République, décapité pour avoir commis le « crime » d’enseigner la liberté d’expression. Un pur devoir de mémoire.


Et pour une fois je suis d'accord avec Goldnadel

« Le premier abandon, il est l’œuvre de l’État qui n’a pas protégé un professeur. Le second c’est aujourd’hui cette gauche radicale politique et médiatique qui refuse de protéger la mémoire du professeur. Pourquoi ? Parce que défendre Samuel Paty jusqu’au bout et sans condition c’est reconnaître trois choses : Que l’islamisme existe , qu’il tue, et qu’il ne se combat pas en parlant de «racisme systémique».

Pire, il est alimenté par l’immigration invasive et irrésistible. Et reconnaître cela, c’est faire exploser l’alliance politique construite depuis 10 ans entre une partie de l’extrême gauche et les mouvances de l’islam politique. Alors on préfère attaquer le film. On préfère insulter le RN et la droite. Un pays qui ne peut plus faire un film sur un professeur assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression sans déclencher une tempête de haine et de mépris est un pays en péril de mort cérébrale puis physique.

Samuel Paty n’appartenait à aucun parti. Il appartenait à l’école de la république. Ou de ce qu’il en restait. En refusant de le défendre, l’islamo-gauchisme ne défend pas les musulmans"






NOTES

1https://www.plateformejaune.com/post/la-gauche-bourgeoise-a-la-toujours-a-remorque-de-l-extreme-droite-islamiste-youssef-brakni-une-cr

2Barack Obama, prix Nobel de la guerre ! | Courant Communiste International Comme quoi Trump peut légalement et sournoisement revendiquer le prix ou...se l'attribuer.

3La Tondelier secrétaire nationale des Ecologistes, fait la même analyse : «Dans la bascule fasciste en cours aux Etats-Unis, cette victoire est une source d’espoir incroyable et une inspiration pour la gauche qui ne renonce ni à ses valeurs, ni à gouverner pour changer la vie des gens maintenant», juge-t-elle. Ce profil «franchement de gauche, avec des propositions radicales et concrètes» doit être «une source d’inspiration pour notre gauche française», renchérit la députée Clémentine Autain qui siège au sein du groupe écologiste.