"Quoiqu'il en coûte...en vies humaines"
Jupiter a réuni à l’Élysée tous les requins aspirant à lui succéder dans les mêmes fonctions de baratineur du peuple pour leur présenter confidentiellement (hi hi) l’état de la menace liée à la guerre hybride menée par la Russie contre l’Europe et la France. Parce que des sabotages et accidents suspects se multiplient en Europe: sabotage coordonné de voies ferrées aux Pays-Bas, déraillement d’un train entre Caen et Rouen (44 blessés), incendies simultanés près d’un site militaire à Sorgues, attaques de drones en Allemagne et en Lituanie. Macron a assuré que la nature de l’agressivité russe change : les actions visent désormais des cibles pouvant toucher des civils (on s'attendait à ce qu'il nous le révèle). Tous les participants ont été convaincus, sauf Fabien Roussel (PCF), qui dit « n’avoir rien appris de particulier ». Macron n’attribue pas cependant publiquement les nouveaux incidents à la Russie, contrairement à certains pays de l’Est. Il veut éviter une escalade tout en prétendant renforcer la protection des infrastructures nationales. Il laisse sous-entendre que concernant le prix du pétrole, tout est de la faute du détroit d'Ormuz, mais n'ose pas faire la pub de la voiture électrique. Il a annoncé :un plan de protection des infrastructures sensibles, et un possible recours au régime d’état d’alerte de sécurité nationale, avec promotion militariste à la clé. Il est resté énigmatique sur la nature du soutien réel des pays européens à la bourgeoisie ukrainienne, en particulier sur l’implication d’industriels français (ex. Safran dans le missile Flamingo), les drones abattus par l'OTAN
Macron a ainsi posé au lanceur d'alerte face aux divers requins politiques sur une soi-disant intensification des actions hybrides russes, de plus en plus dangereuses pour les civils, et prépare la France à une possible escalade en Europe. Pour le peu de temps qu'il lui reste à se prendre pour le maréchal de France.
MACRON NE
VEUT PAS REARMER POUR DEFENDRE LA FRANCE MAIS FAIRE DES AFFAIRES AVEC
LA BOURGEOISIE UKRAINIENNE
Macron
réarme la France non pour la défense, mais pour l’intégration
dans la logique de guerre des blocs impérialistes. Laquelle logique
suppose l'augmentation des stocks d’artillerie, la relance
de la production de munitions, la réorganisation de l’industrie de
défense, et un discours
sur “l’économie de guerre”. Macron avait déjà explicitement
parlé d’“économie de guerre” en 2022 et 2023. Discours qui
signifie: réquisition
possible des entreprises (comme c'est le cas en Ukraine),
accélération des chaînes de production, commandes massives
d’armement, priorité
donnée aux industries militaires.
En clair, l’État se propose de réorganiser le capitalisme autour de la production militaire, comme en 1914 ou 1939. Ce n’est pas une politique de paix : c’est une politique de préparation structurelle à un conflit prolongé. Laquelle est déjà en cours: livraison de canons Caesar, missiles SCALP, formation de soldats ukrainiens, discours sur “ne rien exclure”. Et surtout : Il prépare l’opinion à l’idée d’un conflit direct avec la Russie, même si ce n’est pas la position officielle.
Pourquoi cette militarisation ? Globalement, le capitalisme est en crise, la France n'est pas la seule concernée par l'effondrement industriel, tous les impérialismes sont à la recherche d'un nouvel "espace vital", conquête de nouveaux territoires ou marchandages terroristes sans fin comme dans le cas de l'État colon d'Israël. Macron a demandé en 2022 et 2023 que la France passe à une “économie de guerre” en tant que priorité nationale. La Loi de programmation militaire 2024-2030 a été un tournant, votée sous Macron par toutes les mafias nationales, elle prévoit 413 milliards d’euros pour les armées que les retraités auront du mal à financer. C’est la plus forte hausse depuis les années 1960. Elle inclut :une relance de la production de munitions, la modernisation nucléaire (SNLE 3G, missiles M51), des drones MALE (sic), des satellites militaires, etc. Macron a personnellement négocié ou soutenu des ventes majeures de Rafale à l’Inde, l’Égypte, la Grèce, les Émirats, etc. Les voyages diplomatiques incluent systématiquement : des discussions sur les contrats d’armement, des rencontres avec les industriels, des accords de coopération militaire. La diplomatie française est devenue une diplomatie d’armement.
MACRON FAIT MINE D'IGNORER LE REFUS D'EMBRIGADEMENT DES POPULATIONS
En Ukraine, la bourgeoisie militarisée derrière son clown Zelensky généralise une mobilisation forcée, rafle les jeunes dans la rue. En Russie, Poutine repousse une mobilisation des Russes de souche mais rafle prisonniers et migrants, tout en faisant venir de la chair à canon de Corée du Nord ou d'Afrique. Macron sait tout cela, c'est pourquoi il milite pour une conscription déguisée avec quatre mesures: le Service National Universel (SNU), les réserves dites opérationnelles, les réserves "citoyennes", et les formations militaires dans les lycées.
La guerre moderne reste une guerre capitaliste criminelle, et Macron prépare la France à y participer, sachant cyniquement que la technologie ne remplace pas les corps humains, que tous les États réarment massivement, que les classes populaires et surtout le prolétariat devront être les premières mobilisées, et que sa classe d'appartenance et ses généraux se préparent à un conflit, dit pieusement de "haute intensité".
Un parallèle historique vient mettre Macron en pleine déconfiture. Une comparaison entre cette France 2024 /et l'Europe 1912 va nous éclairer sur tout ce qui freine ou décrédibilise tous les petits Macron de l'Europe actuelle. On peut et on doit soupeser, prévoir, indiquer concrètement les possibilités de combats, pas seulement économiques, des masses prolétariennes aujourd'hui. Je préfère parler de prolétariat, qui est plus explicite pour les masses modernes que classe ouvrière ; dans mon livre de 2008, je rappelle que dans le Manifeste, Marx utilise 48 fois le terme prolétariat et une dizaine de fois classe ouvrière. Ce travail d'approfondissement politique n'est pas fait par les petits groupes maximalistes qui préfèrent radoter leurs généralités1.
Les deux moments historiques présentent des ressemblances structurelles : montée des tensions internationales, réarmement massif, crise sociale interne, et un État qui se militarise pour compenser son affaiblissement économique. Mais les différences sont tout aussi importantes : absence de conscription de masse, sociétés moins nationalistes, et capacités industrielles insuffisantes pour une guerre totale en 2026.
France 2026 : militarisation d’un État faible en crise. Selon l’analyse du Diplomate (2025), la France est devenue le laboratoire avancé du réarmement européen, avec un budget militaire en hausse de 6,7 milliards € pour 2026, dans un contexte où l’État français est sous pression, réarmement massif sous impulsion de l’OTAN, tensions budgétaires dont les retraites sont montrées comme la principale cause, ce qui n'est pas tout à fait faux (cf. mon article: la retraite, ce serpent de mer insoluble du 23 octobre 2025), une crise politique profonde avec une présidentielle délirante. Cette bourgeoisie française qui veut réarmer drastiquement en couvrant le pays de nouvelles taxes, d'impôts avec l'explosion des prix de l'essence, va finir par être incapable de maîtriser les insurrections sociales et politiques à venir. Et ce n'est pas fait pour nous choquer que la guerre ou sa préparation favorise souvent des révolutions ; ce fut vrai aussi en 1789 quand l'Etat royaliste était surrendetté.
Dans l'Europe de 1912, on assista irrémédiablement à une course à la guerre dans un monde impérialiste récemment constitué. Les années 1910 sont marquées par les rivalités impériales (Royaume-Uni vs Allemagne, une course à l’armement ; des alliances rigides, une multiplication des crises régionales ; une montée générale du nationalisme). L’Europe de 1912 était donc un continent prêt pour une guerre totale. Si on compare avec notre époque en 2026, on peut trouver des points communs. Les tensions géopolitiques croissantes:
1912 : Balkans, rivalités impériales, alliances explosives.
2026 : Ukraine, OTAN vs Russie, Chine vs États-Unis, Moyen-Orient.
Course à l’armement
1912 : dreadnoughts, artillerie lourde, mobilisation industrielle.
2026 : drones, missiles, cyber, réarmement européen.
Crises internes
1912 : conflits sociaux, montée du socialisme, grèves massives.
2026 : inflation, crise sociale, tensions politiques, problème des retraites.
Les États issus du 19ᵉ siècle, sont en quête de puissance. Dans les deux périodes, l’État militarise pour compenser ses fragilités internes. On tombe surtout sur des différences majeures:
Pas de conscription de masse en 2026
1912 : millions de soldats mobilisables immédiatement.
2026 : armées professionnelles, réserves limitées, difficultés de recrutement ., indifférence aux termes patriotiques.
1912 : nationalisme de masse, patriotisme agressif. 2026 : scepticisme, divisions, faible mobilisation populaire. 2026: pas vraiment une montée générale des nationalismes;
Absence d’alliances rigides
1912 : Triple Alliance / Triple Entente → engrenage automatique.
2026 : OTAN, mais avec des marges de manœuvre politiques réduites comme la santé mentale de Trump.
La militarisation de 2026 espère surfer sur une classe ouvrière inorganisée et absente de toute lutte contre les guerres. On peut déplorer une lutte des classes désorganisée, un travail fragmenté (plateformes, intérim, logistique, une conscience de classe éclatée), une colère diffuse mais non structurée. des mobilisations sporadiques à dominante interclassiste (Gilets jaunes, retraites).
La crise sociale de fond est plus grave qu'en 1912 ! méfiance envers les élites, perte d'influence des mafias syndicales, crises politiques à répétition, perte de contrôle social et juridique de l'État. La classe ouvrière de 1912 était concentrée ; celle de 2026 est certes dispersée mais comme l'eau qui dort. En 1912, la concentration de classe dans le maillon faible russe a ébranlé le système mondial et mené à l'interruption de la guerre mondiale. Les partis de gauche et les syndicats ont trahi. En 2026, les masses savent que tous ces organismes sont devenus des traîtres professionnels.
La révolution russe de 1917 n’est pas due strictement aux grèves, ni à une « imbécilité syndicaliste ». Elle est le résultat d’une combinaison explosive : effondrement militaire, famine, colère populaire, mobilisation politique, révolte des femmes, mutineries de soldats, et paralysie du régime tsariste.
1917 = grèves + famine + guerre + révolte des femmes + mutineries + conscience politique. Aucun facteur seul n’aurait suffi. Les grèves sont un élément déclencheur, pas la cause unique. Les grèves de février 1917 (notamment à l’usine Poutilov) ont été massives, mais elles n’étaient pas seulement économiques. Elles portaient sur le pain, la paix, la chute du tsar, même si tous les ouvriers n'avaient pas une conscience révolutionnaire. Les manifestations des femmes de soldats sont déterminantes.
Le 23 février (8 mars dans notre calendrier), des dizaines de milliers de femmes manifestent pour :le pain, la fin de la guerre, le retour des maris du front. Elles entraînent les ouvriers, puis les soldats. La guerre est l'étincelle majeure qui aggrave la misère, tue massivement ("ce régime nous tue") et finit par discréditer le pouvoir étatique du tsar. Les mutineries mènent à l'insurrection et au démantèlement de l'appareil d'Etat. Sans l'action des soldats, les ouvriers auraient été vaincus. L'extension de la révolution n'est pas l'extension des grèves mais l'occupation des rues, le blocage des ponts,, la prise des gares. La révolution est un mouvement social total, pas une simple histoire de grèves généralisées (à la 68).
La comparaison a ses limites. Il n'y a pas eu que les grèves en Russie mais des manifestations massives puis armées. Aujourd'hui, même sans usines centrales importantes, les masses de prolétaires, du fait des moyens techniques décuplés, des réseaux, d'une rapidité de l'information couplée avec l'expansion de la misère, c'est un prolétariat moderne dangereux, certes pas majoritairement composé d'ouvriers manuels, mais qui peut encore mieux se lever en masse dans les villes, les quartiers. Avec une capacité de paralysie du système et de rayonnement bien plus étendue que n'ont pu l'atteindre les mouvements révolutionnaires en Allemagne et en Russie.
J'ose même avancer qu'on peut s'attendre à bien pire que l'assassinat d'un archiduc, mais à l'explosion d'une bombe nucléaire, pas forcément russe, qui soulèverait l'indignation de l'humanité entière, pouvant déboucher sur des réactions massives spontanées un peu partout, avec des coordinations politiques résolues et intraitables.
EN VÉRITÉ MACRON N'EST QUE LE VRP EN FAILLITE DU COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL FACE A UN PROLÉTARIAT QUI S'EN FOUT.
A la suite de sa dramatisation militaire, Macron est suivi par tous les médias qui se déchaînent pour mettre en garde, convaincre, bourrer le crâne sur la voloté poutinienne de...détruire l'Europe. C'est justifier l'acculement du capitalisme français – alors qu'on assure que c'est le cas du capitalisme russe seulement – à recourir à l'armement à outrance.
Depuis 2017, Macron a renforcé les liens entre l’État et les grands groupes d’armement français :?Dassault Aviation (Rafale) Thales (radars, électronique militaire) Safran (moteurs, drones) Naval Group (sous-marins, frégates) MBDA (missiles). C'est-à dire les piliers du complexe militaro-industriel français. Macron a systématiquement augmenté leurs commandes, facilité leurs exportations principalement vers l'Ukraine au nom de la défense d'une Europe perpétuellement imaginée comme à la veille d'une invasion russe; de plus les patrons de l'industrie d'armement sont étroitement associés aux consultations stratégiques.
Pourquoi Macron mise autant sur l’armement ? Plusieurs facteurs structurels (non idéologiques) expliquent cette orientation : le déclin industriel. La France a perdu 40 % de son industrie depuis 1980, des secteurs entiers (automobile, électronique, chimie). L’armement reste un des rares secteurs exportateurs, et technologiquement avancés, mais il est improductif, donc une perte au final qui ne peut aucunement remettre sur pied une industrie française irrémédiablement improductive face à la Chine, entre autres. Pire, l'État devient l'otage du complexe militaro-industriel, la recherche est priorisée pourb cette mafia de l'armement et le retour à une économie civile de plus en plus improbable.
Plus scandaleux et minimisé, voire sciemment ignoré par les médias, est l'utilisation de "l'argent public", c'est à dire le fric récolté par l'État capitaliste démocratique, y inclus la fameuse dette. Cette dette est vouée à participer à "l'effort de guerre" - et surtout, soit dit en passant, est la cause en grande partie de cette catin. C'est pourquoi démultiplier les profits du militarisme impose de taper sur les retraités au nom d'une solidarité interclassiste… patriotique et niaise.
Une autre cause majeure de l'endettement a été l'achat de la paix sociale de Mitterrand à Macron, par peur de la classe ouvrière, des largesses qui plombent les budgets de l'Etat jusqu'à aujourd'hui, idée pourtant controversée sur laquelle je reviendrai, et sur le fameux "quoiqu'il en coûte".
Pour l'heure, hors de toute culpabilité sur les causes de la dette, le deal est simple, sous l'agitation contre l'ours russe, Macron donne notre argent à la bourgeoisie ukrainienne, qu'elle nous rend pour enrichir nos industries d'armement de mort. Et plus dérisoire et ridicule, sous prétexte de défendre une démocratie occidentale tigre de papier. Bien sûr cette industrie de la mort assure des milliers d'emplois (non productifs) mais il se confirme qu'il n'y a pas de partage des richesses, comme s'en plaint la gauche populo-nationaliste, qui les (ces richesses) les partagerait entre ses différentes mafias une fois au pouvoir, avec le drapeau tricolore des foules imbéciles qui ovationnent le guru national-populiste Mélenchon.
1Le CCI en particulier qui clôt tous ses articles avec ce type de considération généraliste : "Cette guerre ne correspond en rien aux intérêts de la classe ouvrière de quelque région que ce soit. Si elle ne peut rester indifférente face aux balles et aux bombes et se sent solidaire de toutes ces victimes, la classe ouvrière n’a pas à prendre parti dans tous ces conflits, mais doit clairement dénoncer tous les camps impérialistes impliqués. Sa solidarité, elle doit l’exprimer dans son combat contre la classe exploiteuse des capitalistes et dans le développement de sa lutte à travers le monde contre toutes les mystifications nationalistes, en défendant plus particulièrement l’internationalisme prolétarien". Ils utilisent eux aussi largement cette notion increvable de...rire: le pouvoir d'achat! Les prolétaires n'ont aucun pouvoir sinon celui de dépenser pour leurs besoins vitaux.




