"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 3 mars 2026

IRAN : UNE DRAMATISATION SIMPLISTE QUI TOMBE DANS LE RIDICULE


 qui rate son objet, relève de l'eschatologie et se moque du prolétariat

À la mémoire de Yanar Mohammed  (assassinée par l'islam politique)


Dès qu'il se produit un événement grave je me précipite sur le web pour chercher la prise de position des groupes que je considère comme les plus sérieux parmi lesquels le CCI ; celui-ci tarde souvent à afficher son analyse des faits, mais cette fois-ci, le 1er mars il a fait l'effort de fournir, aussi vite que moi, une prise de position immédiate sur la guerre en Iran, inattendue par tous les spécialistes et les mollahs eux-mêmes (en même temps que moi donc, sauf que, comme Mirabeau, je suis un parti à moi tout seul, qui prend position immédiatement en général du point de vue de classe, bien que je ne sois qu'un influenceur au petit pied).

Déception totale ! Le titre est consternant : « le capitalisme c'est la guerre, il faut renverser le capitalisme ». Non pas que je sois en désaccord avec le propos, mais c'est le même titre et la même dernière phrase de tous leurs articles ; ce pourquoi ils ont perdu de nombreux lecteurs. Reste permanente, comme fond argumentaire, une vision catastrophique de la situation mondiale. Une vision pour tout dire eschalotologique, finalement apolitique. On déplore des centaines de morts comme argumentaire de base ; et alors ? Et votre révolution elle aura « zéro mort » ?

Le contenu est un radotage permanent, on trouve 8 fois le mot chaos : « une plongée vertigineuse dans la barbarie et le chaos » ; «  le Moyen-Orient plonge dans un chaos guerrier d’une ampleur inédite » ; « Une expression de la barbarie du capitalisme » ; « un capitalisme qui plonge inéluctablement l’humanité dans un chaos guerrier généralisé » ; « Partout, le chaos règne » ; « La classe ouvrière n’a pas à choisir de camps » ; « Face à la barbarie du capitalisme, une seule issue : l’internationalisme prolétarien ».

UNE INCAPACITE A PRODUIRE UNE ANALYSE DIALECTIQUE

Leur raisonnement demeure étroitement binaire, il y a la bourgeoisie et le prolétariat, le capitalisme et la révolution. Lorsque le prolétariat est évoqué il n'existe pas dans la géopolitique, ou accessoirement comme gréviste ; gréviste ne s'élevant à une conscience de classe révolutionnaire qu'à partir de la hausse des salaires. Cela relève du dualisme comme le bien et le mal. La joie des masses partout de la mort du dictateur papy Khamenei est méprisable...

Je vous avais déjà signalé, comme lors de leur dernière réunion publique à Paris, cette infamie – « les révoltes sont de pièges de la bourgeoisie – le CCI vient de nous en sortir une autre, qui résume bien un raisonnement binaire de secte hors de la réalité : «  les guerres ne sont que des affrontements entre bourgeoisies rivales »1

Avec cette affirmation généraliste, vous êtes assis sur un pylone à vingt mètres de haut et vous nêtes capable que de voir les mouettes voler et pialler, sans entendre le coassement des grenouilles plus bas. Non les guerres ne sont pas simplement des affrontements entre bourgeoisies rivales, formulation qui relève de la phase anarchiste ou pacifiste à la LFI ou NPA. Je ne vais pas développer ici longuement ; tout comme les guerres ne sont pas mises en cause généralement par les grèves corporatives2. Les guerres relèvent de situations politiques, sociales et historiques ; elles ne sont pas toutes de même nature : locales, régionales, nationales, impérialistes, courtes, longues, rationnelles, irrationnelles, justifiables, injustifiables, etc.

Contrairement à ce qui suinte de leur démonstration, à peu près comme leur fraction concurrente, toute guerre actuelle est un prolégomène à la prochaine guerre mondiale. Or la guerre actuelle en Iran n'est ni une guerre régionale ni une guerre en alliés des deux côtés opposés. L'Iran de l'Etat théocratique est seul. La Russie et la Chine n'ont jamais été ses alliés, tout au plus des relations commerciales. La Russie est trop occupée à produire ses armements pour les envoyer au front ukrainien pour en réserver aux mollah. La Chine n'intervient pratiquement à l'extérieur depuis des siècles, sauf avec ses ambitions pour Taïwan.

Il n'y a pas de chaos régional entre différents nationalismes. La plupart des monarchies pétrolières, y inclus l'Arabie Saoudite et Israël, font front commun contre le régime politique islamiste assassin ; celui-ci donne d'ailleurs des armes pour s'enfoncer dans son isolement, en bombardant tout le monde (= crise du triumvirat dont le président a déclaré, en colère contre cette dispersion imbécile ; « on ne contrôle plus rien »). Confirmant l'affaiblissement du régime terroriste qui ne va pas tarder à s'effondrer sous peu.

Le principal facteur de chaos régional reste l'Iran théocratique, dont les proxys (satellites selon ce terme à la mode des journalistes) sont soit eux aussi très affaiblis depuis juin 2025, soit menace secondaire face à la ruée israélienne contre un Liban victime collatérale. L'Iran théocratique est devenu une puissance régionale destabilisatrice au niveau mondial depuis 1979 avec cette volonté acharnée de détenir l'arme nucléaire. Malgré les sanctions internationales et les attaques des forces occidentales coalisées, elle a développé une stratégie terroriste du type de Daech jusqu'au hamas, combattant par ses méthodes terroristes ses agresseurs déguisés, chez eux contre leurs civils ; par exemple les attentats en France ont été provoqués par la découverte que les avions français qui bombardaient l'Iran à l'époque étaient pilotés par desaviateurs...français.

Cela n'élimine pas le fait que la plupart des puissances importantes utilisent aussi des méthodes terroristes, mais pour une propagande mondiale, et comme principale justification des deux belligérants alliés, USA et Israël (plus ou moins d'accord sur la finalité) les méfaits passés et surtout les dizaines de milliers d'assassinés début janvier, servent de faire valoir à leur gigantesque armada.

Je ne me prononce pas ici sur les hypothèses diverses pour les échéances impérialistes de cette guerre. Mon propos est de mettre en évidence qu'elle n'est pas une simple guerre entre rivaux capitalistes profiteurs et corrompus. D'autant qu'elle soulève indignation et espoirs dans le monde entier. D'autant qu'on ne peut rester indifférent face à l'élimination des pires salauds : croyez-vous que nos pères de la gauche communiste maximaliste en 1945 déplorait le jugement de Nuremberg ?

LE POIDS DE L'OPINION PUBLIQUE MONDIALE ET DU PROLETARIAT

Alors que nos amis du CCI plaide pour un lent réveil gréviste de la classe ouvrière qui ne serait capable de combattre la guerre qui via ses revendications salariales (encore un ajout au bêtisier du CCI)3, partout la guerre pose des questions politiques : oui les capitalistes en sont responsables mais comment en sortir, n'est-elle pas quand même utile provisoirement pour éliminer des salauds, quelles perspectives et solutions pour une socité aux d'autres guerres sont plus injustifiées encore... Contrairement aux craintes de camarades iraniens il y a peu, les salauds de mollahs n'ont pas réussi à réveiller le nationalisme et ce depuis la guerre des douze jours, car, excédée par les massacres récurrents, la population iranienne (et les ouvriers) préfèrerait même être délestée de ces salauds par le diable, et même avec un roitelet transitoire.

Deux facteurs vienent faire voler en éclat la vision simpliste binaire, eschatologique et chaotique : les opposants pacifistes de tout acabit aux Etats Unis et une population iranienne voulant absolument faire chuter la république islamique., et surtout, revendication totalement révolutionnaire, séparer l'Etat de l'islam terroriste. (tout cela ne préoccupe pas notre secte maximaliste, car le système quoi qu'il arrive restera capitaliste...)

Cette guerre a un fil à la patte. Elle ne coule pas de source. Trump a eu du mal à s'y résoudre, pas seulement à cause des mises en garde du Pentagone, ni à cause des grèves corporatives des ouvriers américains, mais parce que « l'opinion » (vocable généralement méprisé), qui comprend les oppositions diverses, les sondages et les basses classes qui se souviennent de l'humiliation de 1979 et de la guerre du Vietnam ont produit la théorie du « zéro-mort » (ignorée du CCI dans sa tour d'ivoire dualiste). Chaque jour, les médias se sentent obligés de souligner que Trump a pris des risques (et surtout vis à vis des midterms de juin). Ce qu'on caractérise comme une conduite erratique n'est en vérité que zig-zags pour endormir le prolétariat. Il est vrai que Trump se fiche de la population iranienne, mais en cela il heurte la population mondiale et une partie de ses maga, au point que tout le monde se range derrière l'armée israélienne : oui le moins pire c'est surtout de démolir ce régime nazi. Il y a déjà des désertions, des marins ont sympathisé avec les soldats américains et israéliens ; 1500 gardiens de la réaction ont été zigouillés, oui on n'est pas obligé de comparer avec le bordel en Irak...

Le régime théocratique est foutu et c'est cela qui nous intéresse, pas les radotages du CCI. Oui on espère et on sait que seule une décomposition de l'armée (mal payée, paupérisée), comme au Portugal en 1975 – même si elle n'ouvre pas la voie immédiate à la grande révolution finale - peut seule permettre l'armement de la population, ce que rejette résolument le clown Trump. Une guerre civile par après ? Tant pis. Il n'y a que Trump pour oser proposer de pardonner aux collabos islamistes criminels. Oui il faut d'abord se placer dans la peau des iraniens pour raisonner politique et pas jouer au donneur de leçon abstrait de la réalité violente, intolérable, désespérante . Il valait mieux ne rien faire, rester chez soi, ne pas souhaiter cette intervention militaire, certes impérialiste, mais pas inutile et intérressante sauf pour les désespérés désespérants qui nous promettent comme les curés la paix dans l'éternité.4

Le gréviculteur méprise au fond la classe ouvrière. Il reste léniniste, la conscience de classe (la conscience de la guerre capitaliste) doit être apportée de l'extérieur, voir il faut expliquer à l'ouvrier que sa grève est anti-guerre et en solidarité avec les masses bombardées en Iran, Israël, etc. Et il n'hésite pas à finir avec ce vieux mensonge déconcertant :« Pour mettre fin aux guerres, il faut renverser le capitalisme ! L’histoire a montré que la classe ouvrière est la seule force qui peut mettre fin à la guerre capitaliste. C’est la force du prolétariat révolutionnaire qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, en 1917 en Russie et en 1918 en Allemagne ! Ces mouvements révolutionnaires ont été capables d’imposer l’armistice aux gouvernements ».

Le prolétariat, mais aussi les femmes et les paysans, n'ont pas mis fin à la Première Guerre mondiale, c'est la bourgeoisie qui n'a eu que ce seul moyen pour faire cesser la vague révolutionnaire et son armistice fût un foutage de gueule pour le prolétariat pour lui permettre vingt ans plus tard de recommencer. Pourtant c'est du chaos militaire qu'est issue une certainr révolution d'Octobre.


Enfin, le plus important pour la période à venir sera de se pencher sur  une onde de choc géopolitique aussi importante que la chute du mur de Berlin, voire plus si le prolétariat est amené à s'en mêler.







NOTES

1 La suite est encore plus navrante : «  Dans ces conflits toujours plus nombreux, ce sont toujours les exploités qui sont pris en otage et qui se sacrifient pour les intérêts de ceux qui les oppriment et les tuent ! ». Le « toujours » reflète bien l'inertie de leur analyse par rapport à ce que signifie mondialement le rébus iranien et les questions posées à la population et au prolétariat.

2« Comme nous l’avons montré dans de nombreux articles, depuis 2022, nous assistons à un véritable réveil de la combativité ouvrière à l’échelle mondiale. En refusant les sacrifices imposés par l’économie de guerre, les travailleurs manifestent une solidarité concrète envers leurs frères de classe piégés sous les bombes ».

3« En refusant les sacrifices imposés par l’économie de guerre, les travailleurs (grévistes) manifestent une solidarité concrète envers leurs frères de classe piégés sous les bombes ». Le raccourci vaut son pesant de cacahuètes, comme ceux sur la révolte et les guerres entre bourgeois seuls. Avec une telle saillie, le prolétariat, eschatologique, est la bonne mère de toutes les révoltes, antiracistes, féministes, écologiques, et. La secte rivale, GIGC, est aussi délirante sur la dualité simpliste bourgeoisie/prolétariat ; après s'être indignée pour Maduro, comme le CCI, elle ne comprend rien au populisme de Trump : « Mais pour aujourd’hui défendre ses intérêts impérialistes au niveau requis par la situation, la bourgeoisie américaine va devoir aussi redoubler ses attaques contre son propre prolétariat. Il en va inévitablement de même pour les autres rivaux impérialistes. Ils doivent attaquer leur propre classe ouvrière s’ils veulent pouvoir avoir ne serait-ce qu’un strapontin à la table de jeu ». C'est le même gréviculteur croyant pouvoi expliquer à l'ouvrier qu'il est contre la guerre dès qu'il mène une grève économique ; or dans plusieurs secteurs importants Trump garanti de bons salaires, sinon comment mobiliser sérieusement ?

4 « Au contraire, le désordre mondial va franchir un nouveau palier dans la barbarie ! Car contrairement à ce qu’affirme Trump, l’hypothétique effondrement du régime, loin d’apporter la stabilité, ne sera que le prélude à une nouvelle plongée dans l’horreur : un Iran instable et morcelé par des factions rivales et surarmées, l’éclosion de groupes terroristes incontrôlables, une spirale sans fin de vengeances claniques, religieuses ou ethniques, des populations terrorisées cherchant par tous les moyens à s’enfuir… Quoi qu’il arrive, le chaos va s’accroître considérablement ! »


dimanche 1 mars 2026

FUREUR EPIQUE : MERCI TRUMP MAIS ENCORE UN EFFORT


 Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.”George Orwell

« Toute guerre doit être cachée par un épais mur de mensonges'.Winston Churchill

« Qu'est-ce que vous pensez de tous ces spécialistes qyui affirment que Trump n'interviendra pas ? » Darius Rochebin

« Les conditions d’un conflit général en 1886

L’affaire orientale est un peu longue, il me faut entrer dans un tas de détails, vu les bêtises absurdes que la presse française, y compris Le Cri, a répandues sur ce sujet, sous l’influence russo-patriotique . Au mois de mars 1879, Disraeli envoya quatre vaisseaux cuirassés dans le Bosphore ; leur seule présence suffit pour arrêter la marche triomphale des Russes sur Constantinople, et pour déchirer le traité de San Stefano. La paix de Berlin régla, pour quelque temps, la situation en Orient. Bismarck réussit à établir un accord entre le gouvernement russe et le gouvernement autrichien ».1 Marx (lettre à Engels)

UNE GUERRE LIBERATRICE DU PEUPLE IRANIEN ?

Incontestablement Trump et Nethanyahou, avec leur dite « guerre préventive » sont mal placés pour jouer les nobles sauveteurs de l'immense population iranienne opprimée et massacrée par l'Etat religieux islamique. Tous deux ont présidé au génocide à Gaza. D'où vient le fait que nous ayons été des millions à souhaiter cette intervention n'en déplaise à Frankestine Mélenchon ?

D'abord l'admiration pour cette immense et courageuse révolte, écrasée provisoirement à la mitrailleuse les 8 et 9 janvier ; admiration aussi et surtout pour sa remise en cause de la religion arabe terroriste, quand la population est perse à plus de 95% et renie désormais massivement les colichets religieux ridicules et surtout l'oppression des femmes.

Deuxièmement, le constat effarant que ce peuple, sans armes et sans classe ouvrière forte, ne peut chasser les bandes armées islamistes, voire les éradiquer pour le bonheur de l'humanité.

Troisièmement l'espoir tout de même que l'armada américaine fasse tomber ce régime religieux totalitaire, avec ce léger sentiment de culpabilité du fait que tout marxiste vacciné se doit de ne soutenir aucun camp. Des guerres ont pu, au bout du compte, faire tomber des régimes étatiques sordides, en 1871 et en 1917 par exemple, certes grâce à une puissante classe ouvrière et avec des partis politiques révolutionnaires. Hypothèse fort improbable de nos jours pour un pays hyper encadré par des milices nombreuses de tueurs professionnels.

Avouons que nous aimions nous laisser manipuler par le feuilletonniste erratique Trump promettant d'intervenir pour « libérer » le peuple iranien de ses tortionnaires ; puis nous avions été déçu dans notre for intérieur. Trump n'avait-il pas laissé faire les massacres de début janvier ? L'ensemble des commentateurs journaleux ne nous répétez que Trump, étant un président de paix, fuyait à tout prix toute issue militaire. Concédant à leur tour que, malgré tout, des négociations a minima avec les nazis islamistes, restaient possibles. Trump n'était-il pas, ce requin del'immobilier, uniquement motivé par l'intérêt financier, se fichant du sort des uraniens ? Il se dégonflait. Il était coincé. Sa base MAGA ne comprendrait pas qu'il mette fin au zéro-mort ricain... Sur toutes nos chaînes (idéologiques) d'infaux, rétribués chacun 500 euros la soirée, défilaient nos « spécialistes » généraux, les Yakovlev le plus con, Dutatre le plus tarte, Pellistrandi le rouquin, Palonnianis, Chauvancy, Desportes et le gringalet franco-américain à tête de crevette Gallagher. Tous juraient sur leur mère que Trump n'interviendrait jamais, et pourquoi ?

Hein pour quoi faire après ? Hein pour quoi faire ? Hein et quel changement de régime ? Hein ?2

Puis, répété ad nauseum : jamais des bombardements n'ont libéré un pays, il faut des troupes au sol ! Hein il faut des troupes au sol, et Trump ne peut pas se le permettre ! Oui ne peut pas se le permettre ! N'en doutons pas, foi de général commandant 5000 hommes !

A se demander s'ils n'étaient que les simples benêts de l'éclectique bourgeoisie européenne contestataire de l'Oncle Sam, ou de simples crétins héritiers de Maginot ? (je pensais : si on va à la guerre, avec tous ces incapables, on est foutu d'avance).

Le suspense durait depuis si longtemps qu'on finissait par être dégoûté en pensant aux milliers de morts massacrés en Iran et à ces millions d'être humains meurtris dans leur impuissance et débectant désormais l'oncle Trump.

SOUDAIN TRUMP CAUSA UNE IMMENSE SURPRISE A TOUS CES RIGOLOS KAKIS

Inattendu, grâce à ses sconseillers intelligents de la CIA, il prit tout le monde à brûle pourpoint ! Bon dieu : suffisait d'y penser ! Effet garanti au niveau international : sans demander l'avis à une quelconque chambre d'enregistrement bourgeoise, la fureur devint épique ! Non pas au niveau stratégique ni pour contrôler le pétrole destiné à la Chine mais pour FAIRE TOMBER LE REGIME IRANIEN ! Et dans la lancée subite, zigouiller papy Khamenei et 40 sous-fifres.

Nous retrouvâmes une certaine joie, quoique, en mon for intérieur je pensais à Marc Chirik me disant que, en 1945 n'avaient été exécuté qu'une poignée des chefs nazis, et que le boulot n'avait pas été fini. Mais nous restons, naïves victimes de l'idéologie démocratique occidenale qui infecte jusqu'à nos pores, dans l'attente du grand nettoyage...à chaque fois.Les ennemis de mes ennemis ne sont-ils pas mes amis?

AUSSITOT LA GAUCHE BOURGEOISE ENTIEREMENT PACIFISTE DE DENONCER LE GUERRIER TRUMP

Ces partis bourgeois, qui ne changent jamais d'avis comme on sait (1914, 1940, etc.), s'affirment outrés de ce retournement de veste qui leur convenait tant qu'ils en ignoraient la doublure, surtout la clique à Mélenchon, copine avec les salariés du Hamas rétribués par le patron suprême des cloches islamistes, admiratrice de l'islamisme politique inventé en 1979 puis exporté de Téhéran à Alger.

Et, comme dit un autre, Trump était jusque là pour composer avec lesassassins de janvier ! Hein, pourquoi a-t-il changé d'avis ?

Il a pourtant changé d'avis avec l'argument le plus percutant qui soit. Et, comme je le pense, en assurant un possible bide à venir, en assurant que l'échec sera le produit du peuple iranien incapable de renverser ses tyrans...

Libération, journal de gauche mendiante (aux abonnés) fustige le lendemain, dimanche, le « président de la paix « qui embrase toute la région, un aspirant de la paix devenu artisan de la guerre, puis dans la foulée dénonce la méchante extrème droite qui en profite pour parler de « guerre contre l'islam », car l'islam c'est la paix et l'amour. Oubliant de préciser que les meilleures chances de stabilisation de la région, seraient l'éradication de l'Etat théocratique nazi. Pobablement hors de portée et de visée des deux justiciables Trump et Netanyahou.

Pourtant le début de cette guerre (furtive?) zigouille magnifiquement le principal gang des tueurs de masse, puis les frappes sont ciblées, pas massives, ont pour fonction d'éviter les victimes collatérales, quoique la précision militaire soit un mythe et le zéro-mort ricain déjà une fable. La promesse d'une guerre courte aurait plutôt tendance à nous rassuer nous les naïfs spectateurs pas obligés tous les soir de nous rendre aux abris. 

Les ennemis de la guerre aux mollahs se levèrent tous comme un seul homme. Macron le petit, depuis son bureau leva son stylo pour y mettre fin. Coqurel, Rima Hassan, la grosse Panot et le grand chauve qui a remplacé le rouquin, de protester vivement contre une intervention qui « nuit à la stabilité de la région » ; on ne peut en effet que souscrire à la paix des cimetières. Ces histoires de disparition généralisée du voile chez les femmes iraniennes et la fréquentation disparue des mosquées c'est une manœuvre de la CIA. Rima Hassan, grande prêtresse xde l'islam politique  a condamné l’opération et affirmé sur le réseau X que « l’Iran a le droit de se défendre », estimant qu’Israël est l’agresseur ; oui les mollahs tueurs ont le droit de défendre leurs intérêts et leurs crimes. L'Etat théocratique travaille à paacifier la région quand l'Etat criminel d'Israel travaille à sa destruction. CQFD. Sa complice Mathilde Panot a évoqué « une guerre illégale contre l’Iran », accusant Israël et les États-Unis de menacer la paix mondiale.

Le grand argentier Coquerel semble débuter avec une argumentation géopolitique juste :

« Qui croira que la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël a à voir avec la sauvegarde du peuple iranien massacré par le régime dictatorial des Mollah et le désarmement dans la région ? Depuis plusieurs décennies, toutes les interventions impérialistes dans cette région remontent au pétrole et aux intérêts géo-stratégiques des Etats-Unis et de ses alliés. À chaque fois tous les peuples en ont été victimes. Il en est de même cette fois avec des risques de déflagration globale dans la région et de menace pour le monde ».

La suite déglingue tout ce raisonnement raisonnable de la part d'un bourgeois électoraliste soumis :

« La France doit coûte que coûte être du côté de la paix et du droit international même affaibli. Elle doit demander d’urgence la convocation du conseil de sécurité de l’Onu dans l’espoir de faire cesser cette guerre ». Quasiment les mêmes propos pacifistes foutage de gueule que le poltron Macron. L'espoir électoral musulmaniaque fait vivre.

J'ai écrit cinq articles sur le cas Trump depuis 2017, ils restent tous valables. Dans celui du 17 août, je concluais :

« Je concluais pourtant que cette volonté trumpiste de « ressouder la nation est préparer la pleine guerre ». Pari réussi, depuis la mise en cause des accords sur l'Iran plus aucun média US ne critique « l'empereur Trump ». Hier soir BFM (tv aux ordres de Washington) la prestation des journalistes était lamentable de complaisance eu égard à l'inauguration de l'ambassade US à Jérusalem Est, les journaleux à plat-ventre dénonçaient le seul Hamas pour l'envoi au casse-pipe de milliers de Palestiniens3. Plus de cent morts en incluant ceux de la semaine dernière et des milliers de blessés par BALLES. Des hommes, des femmes et des enfants, mains nues, sans armes, tirés comme des lapins ! Immonde Netanyaou ! Immonde Trump !

À suivre évidemment chaque jour... avec heurts et malheurs.

NOTES

1« (…) Du reste, est-il vrai que le général Boulanger dit à qui veut l’entendre : « Il faut la guerre uniquement pour empêcher la révolution sociale en France » ? Si c’est vrai, que cela serve d’avertissement [au parti socialiste], ce brave Boulanger a des allures fanfaronnes que l’on peut pardonner à un militaire, mais qui donnent une triste idée de son esprit politique. En tout cas, ce n’est pas lui qui sauverait la République. Sommé de choisir entre les socialistes et les Orléans, il est certain qu’il s’arrangera avec ces derniers dès lors qu’ils lui assureront l’alliance russe. Dans tous les cas, les républicains bourgeois de France sont dans la même situation que le tsar : ils voient se dresser devant eux le spectre de la révolution sociale et ils ne connaissent qu’un moyen de s’en préserver : la guerre.

Marx/Engels : Guerre mondiale et Révolution - Matière et Révolution

2Même noble opinion pacifiste par Frankenstine : l’Iran a été agressée par Israël. « Les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Quels sont leurs objectifs ? » s’interroge Jean-Luc Mélenchon, qui estime que ce conflit pousse « la région puis le monde entier davantage au bord d’un drame global ». Le fondateur du parti d’extrême gauche appelle ainsi le gouvernement français à « refuser la guerre » et à « n’y aider d’aucune façon ».


vendredi 20 février 2026

Au courrier : panorama des groupes révolutionnaires en Iran


 Panaroma des forces se réclamant des positions communistes selon l IA de GOOGLE (xavier)

Dans les années 1980 en Iran, la scène politique d'extrême gauche était particulièrement riche et fragmentée. Si la majorité des groupes étaient d'inspiration marxiste-léniniste classique, maoïste ou trotskiste, un courant spécifique s'est distingué par sa rupture avec le "communisme mainstream" (pro-soviétique ou pro-chinois) pour se rapprocher des thèses de la Gauche communiste (notamment allemande et italienne).

Le groupe le plus emblématique de cette tendance est l'Union des combattants communistes (UCC), qui donnera naissance au "Communisme ouvrier".

1. L'Union des combattants communistes (UCC) et Mansoor Hekmat

L'UCC (Ettehad-e Mobarezan-e Komonist), fondée à la fin de 1978 par Mansoor Hekmat, est le groupe qui a le plus explicitement intégré des éléments de la Gauche communiste européenne (Bordiga, Pannekoek) dans son logiciel théorique pour critiquer la situation iranienne.

Rupture avec le "Tiers-mondisme" : Contrairement aux autres groupes (comme les Fedayin ou le Toudeh) qui soutenaient initialement Khomeiny au nom de l'"anti-impérialisme", l'UCC a très vite dénoncé la nature capitaliste d'État du nouveau régime.

Influence de la Gauche Italienne : L'UCC a repris la critique de la "révolution démocratique" chère à la Gauche communiste italienne (Bordiga). Pour eux, l'Iran n'était pas un pays "semi-féodal" (vision maoïste), mais un pays pleinement intégré au capitalisme mondial. La révolution devait donc être directement socialiste.

Influence de la Gauche Allemande/Hollandaise : Le mouvement a mis l'accent sur l'auto-organisation ouvrière et a critiqué la bureaucratie des partis traditionnels, se rapprochant du conseillisme (Pannekoek, Gorter).

2. Le courant du "Communisme ouvrier"

En 1983, l'UCC fusionne avec le groupe kurde Komala pour former le Parti communiste d'Iran (PCI). À l'intérieur de ce parti, Mansoor Hekmat (*) développe la théorie du "Communisme ouvrier".

Il rejette l'URSS et la Chine comme étant des "capitalismes d'État".

Il s'oppose radicalement à l'islam politique, qu'il voit comme un mouvement réactionnaire de la bourgeoisie, là où d'autres gauchistes y voyaient un allié contre les États-Unis.

3. Les liens avec les organisations internationales

Ce courant iranien a entretenu des relations polémiques et théoriques avec les héritiers de la Gauche communiste en Europe :

Le Courant Communiste International (CCI) : Bien que le CCI ait critiqué l'UCC pour certains de ses aspects jugés encore trop "activistes" ou "substitutistes", il y a eu des débats intenses entre ces organisations dans les années 80.

Le milieu "Bordiguiste" : Certains militants iraniens en exil ont rejoint ou collaboré avec des fractions issues de la Gauche italienne, partageant leur vision d'un internationalisme strict qui refuse de choisir un camp dans les guerres régionales (comme la guerre Iran-Irak).

Résumé des caractéristiques de ces groupes radicaux

Groupe Leader clé Influence théorique Position sur 1979
UCC / PCI Mansoor Hekmat Marx, Bordiga, Pannekoek Contre-révolution bourgeoise/islamique
Komala (aile gauche) Ibrahim Alizadeh Maoïsme puis Marx Lutte nationale et sociale au Kurdistan
Groupes conseillistes Divers collectifs Pannekoek, Luxemburg Pouvoir aux Shoras (conseils ouvriers)
Note : La répression brutale de 1981-1983 par la République Islamique a forcé la quasi-totalité de ces militants à l'exécution, à la prison ou à l'exil (notamment vers le Kurdistan ou l'Europe), où ils ont continué à développer ces théories.

Souhaiteriez-vous que je développe davantage les divergences précises entre Mansoor Hekmat et les courants "Bordiguistes" européens de l'époque ?


Ma réponse est oui.

(*) https://slguardian.org/perils-of-nationalism-mansoor-hekmats-enduring-lessons/


L'ENIGMATIQUE EPSTEIN, NOUVEAU RASPOUTINE ?

 


Quel est le nouveau « moine fou » ? Trump ou Epstein ?

LES FRASQUES SEXUELLES DES ELITES BOURGEOISES VONT-ELLES FAVORISER LA REVOLUTION EN 2026 ?

Quelle part du financier, du sexuel, du chantage....


Deux siècles séparent Marie-Antoinette et Jeffrey Epstein et un siècle de Raspoutine, mais le scandale a le même effet sur la perception de la pourriture des élites bourgeoises. Trump, empêtré dans le golfe persique, est très embêté, pas seulement parce que restent encore en attente d'autres révélations sur sa complicité avec Epstein, mais parce que l'ampleur des conséquences de cette affaire pédophilo-fiancière a fait passer au second plan son blabla sur l'Iran, au point que tout le monde n'a plus rien à foutre qu'il intervienne ou pas en Iran.

Plus que les guerres en cours ou le nombre des grèves (seul phare anticapitaliste de mes amis gréviculteurs du CCI), cette affaire relève de l'absence de morale d'un système immoral et fier de l'être. Elle relève d'un niveau politique supérieur au seul plan économique, elle est donc subversive. Or toutes les révolutions, à ma connaissance, se sont produites après des scandales sexuels, ou, en tout cas, ceux-ci ont été une composante de l'indignation des masses ; car il y a une dimension morale dans toutes les révolutions1. En prélude à la révolution bourgeoise de 1789, les scandales de la noblesse, mêlant religion, curés, sexe, frasques du marquis de Sade et politique, ont contribué à l'effondrement de l'Ancien régime.

Avant d'être scandale sexuel, le cas du charlatan Raspoutine (à ne pas confondre avec Poutine) illustre ce qui fascine et révulse à la fois la conscience de classe à l'époque des révolutions russes de 1905 et 1917. On peut même regretter d'abord que surtout la paysannerie et une grande partie de la classe ouvrière russe soient « suggestionnées », voire subjuguées par ce personnage étrange, alcoolique dépravé. Il vient d'en bas, comme nous. Il peut guérir le fils du tsar. Paradoxalement il infuse une mystique de la possibilité d'échapper à sa condition. Il apparaît comme guide spirituel vers ube liberté possible. On oublie que la population russe était encore dominée par un esprit mystique, ce qui explique que le prêtre Gapone (socialiste policier) ait été en tête de la première et dramatique manifestations de masse en 1905 à Saint Pétersbourg. Les prophéties de Raspoutine fascinent un peuple et un prolétariat qui pensent à un avenir pour combattre le présent2. Les révoltes au début des périodes révolutionnaires peuvent être paradoxales ; par exemple la Commune de 1871 à Paris est d'abord une réaction de défense nationale. En 1916, après la Douma, Raspoutine et la tsarine seront accusés de connivence avec l’ennemi. Ce guérisseur mystique qu’on adulait à Pétrograd se fera de plus en plus d’ennemis, dont l’Eglise qui commence aussi à lui échapper. Il est un pacifiste, mais on l’impute à fournir des renseignements à l’étranger (comme le prince Andrew) quand, pour le peuple Russe, les occidentaux dépravés sont de la même engeance.

En 1905 les masses ne se lèvent pas vraiment contre le capitalisme. Les fondements politiques de la monarchie ne sont pas les seuls à être fortement contestés pendant la première crise révolutionnaire de 1905. On reproche tout autant à la noblesse son mode de vie, et son libertinage, marque d’une appartenance perverse à un Ancien Régime en déclin. Une partie de la bourgeoisie russe s'indigne de la débauche de la noblesse puis des frasques sexuelles de cet étrange conseiller du tsar, qui caresse sous les draps les jeunes princesses au moment du coucher au palais. La noblesse est de plus en plus perçue par l'ensemble de la population comme une classe décadente motivée par le libertinage et la débauche 3. L'idée d'une révolution pour rétablir un ordre moral est en chemin. On en reste cependant sur ce seul plan philosophique à une vision idéalisée d'un peuple innocent, d'une bourgeoisie vertueuse face à une noblesse composée de « malades », comme fût désignée la Marie-couche-toi-là, Marie-Antoinette4.

La place pardoxale et surprenante de Raspoutine au sommet de l'Etat russe résume le processus de décomposition du tsarisme russe à la veille de février 1917, l’inconsistance d’un pouvoir qui, quelques mois seulement après la mort de ce triste personnage, sera renversé par le principal mouvement révolutionnaire du XXe siècle.  Raspoutine est l’expression la plus caricaturale, celle d’un immense territoire plongé dans le sous-développement, l’archaïsme et la brutalité de rapports féodaux persistants malgré l’abolition du servage.

J'ai découvert ensuite une analyse très pertinente du cas Raspoutine, et assez inattendue de la part d'un groupe trotskien plutôt agité du bonnet et antifa ras des cacahuètes, Révolution Permanente, dont je fais miens les extraits suivants5.

UN PERSONNAGE HORS DE LA LOGIQUE DE L'HISTOIRE

« Quelque chose qui n’était pas dans la logique de l’histoire » : ainsi fut qualifié Raspoutine par Kerenski, chef du Parti socialiste révolutionnaire et ministre-président du gouvernement provisoire après février 1917. Cette citation symbolise à elle seule l’incrédulité que suscitait à l’époque l’influence de ce « moine fou » sur le couple impérial. Pourtant, si la position de pouvoir prise par Raspoutine, moine mystique et illettré, a tout d’une erreur historique improbable en ce début XXe siècle, il n’en reste pas moins qu’elle s’explique. Auprès de Nicolas II, les personnages de ce type, rebouteurs, mages et possédés, sont nombreux : ils sont le symptôme de la décadence du tsarisme russe et de la déligitimation de l’autocratisme russe après la révolution avortée de Février 1905. Un phénomène analysé avec humour par Trotsky dans son Histoire de la Révolution Russe (I, ch. 4 "Le tsar et la tsarine") : « plus la dynastie s’isolait et plus l’autocrate se sentait délaissé, plus il ressentait le besoin de l’au-delà ».

« Les archives permettent de dresser le portrait d’un homme aux fortes caractéristiques de gourou. Doté d’un grand pouvoir de persuasion et de séduction, son influence est particulièrement remarquable auprès des femmes (en premier lieu de la tsarine) et il enchaîne les conquêtes sexuelles, jusqu’à dix par jour selon les sources. Des relations dont on peut se demander dans quelle mesure elles sont consenties (toute ressemblance avec Epstein serait forfuite). En effet, le gourou maîtrise également l’art de l’hypnose et d’une grande sensibilité psychologique, et plusieurs récits relatent sa capacité à obtenir ce qu’il veut de ces personnes mises dans un état de semi-conscience.

« L’ascension de Raspoutine est téléguidée en sous-main par une partie de l’élite russe qui y voit le moyen de prendre le pouvoir, dans un contexte où le tsar Nicolas II, déconnecté de la réalité politique, est incapable de gouverner le pays. La majorité des historiens s’accordent d’ailleurs à relativiser l’influence souvent attribuée à Raspoutine dans la conduite des affaires politiques de la Russie. Pour Trotsky, « mis en valeur au moment opportun, "l’homme de Dieu" trouva bientôt des auxiliaires haut placés ou, plus exactement, ils le trouvèrent, et ainsi se forma une nouvelle coterie dirigeante qui mit solidement la main sur la tsarine, et par l’intermédiaire de celle-ci, sur le tsar. »

« Si Raspoutine est le symbole de la décadence du tsarisme en Russie, il est aussi celle d’une absence d’alternative crédible au sein des sphères de pouvoir pour remplacer un tsar qui s’achemine lentement vers l’agonie. En ce début de XXe siècle, face à l’inconséquence de Nicolas II, nombreux sont les hommes d’influence, à la Cour, à la Douma ou encore dans l’armée qui songent à le renverser, mais aucun ne s’y résout. L’idée d’une Révolution de Palais ne restera qu’un doux rêve. On craint trop de s’attaquer directement du tsar, et d’arriver au pire en voulant faire mieux.

Raspoutine devient alors, à défaut, la cible privilégié des attaques, le meilleur prétexte pour s’en prendre de manière détourné au tsar. Ses excès, réels ou supposés, exaspèrent. On le soupçonne d’organiser des orgies, de manquer à la bienséance, de ridiculiser le pouvoir russe dans la population et à l’étranger. Il est même d’accusé être un espion, à la solde de l’Allemagne, qui chercherait, avec la complicité de la tsarine, née princesse du Deuxième Reich, à affaiblir la Russie dans le contexte de la première guerre mondiale. un autocratisme russe qui, après la révolution de 1905, se maintient tout en craquelant chaque jour un peu plus : où, à côté d’un tsar qui, à la veille de la Révolution de février 1917, se comporte avec l’insouciance d’un enfant en bas âge, un « moine fou » en arrive à conseiller la tsarine, faire nommer des ministres et prendre des décisions politiques majeures pour le pays.

« Qui a le pouvoir en Russie en début de XXe siècle ? Personne ne le sait trop. Dans les classes dominantes, face à la décadence du tsarisme, c’est la paralysie qui domine. On attend : on craint trop, par une action précipitée, de faire une erreur qui pourrait tout bouleverser. A l’image de l’assassinat de Raspoutine, acte individuel de quelques personnes haut placées, et qui va précipiter encore davantage le tsarisme dans le gouffre. Face à cette expectative, dans laquelle personne ne veut, ne peut prendre le pouvoir, c’est le peuple russe lui-même qui va montrer la voie. Moins de trois mois plus tard, et même si cette ère nouvelle ne va pas résoudre, loin s’en faut, toutes les contradictions sociales et culturelles du pays, en particulier dans les campagnes, l’alliance des ouvriers et des paysans va mettre fin définitivement au règne du tsarisme en Russie, et tourner la page de ce clan d’un autre âge, dont Raspoutine fut en définitive une illustration emblématique, qui gouvernait le pays ».

LA PORNOGRAPHIE BOURGEOISE MISE A NU

Du point de vue de l'aspect gourou charlatan, il y a du Raspoutine chez Trump ; du point de vue de la perversion sexuelle Epstein en est le sosie à dimension mondiale, même sans barbe, il est emblématique de la concupiscence d'une bourgeoisie décadente qui ne pense qu'à jouir et à détruire. L'affaire Epstein n'a pas fini de faire des vagues, voire de provoquer des tempêtes politiques conduisant vite à la guerre des classes. S’il est difficile d’en mesurer l’ampleur et d’en prévoir les effets, on peut néanmoins être certain que ce genre de scandale politico-sexuel aura des implications profondes pour une conscience de classe radicalisée. L’histoire de la chute « scanaleuse » de l’Ancien Régime féodal offre à cet égard un terrain d’analyse suffisamment scandaleux et édifiant pour ne pas en douter. La gauche bourgeoise de Mitterrand avec ses affairistes glauques comme Lang, nous a longtemps raconté que la Révolution était démocratique, éthique, égalitaire, etc. avec tous les gauchistes en service d'ordre électoral. Aujourd'hui le scandale des corrompus au niveau financier d'abord, sexuel criminel ensuite dévoile au grand jour, mondialement, l'étendue des compromissions, des ramificatins de gangsters hors la loi, sans foi ni loi que leur intérêt et leurs perversions infantiles. Toute l'affaire reste explosive et nécessiterait une IA vraiment intelligente, tellement elle défie l'imagination : pour quoi et pour qui ont été filmés à leur insu tous ces riches pervers ? Persuadés qu'ils étaient que leur ami était un « obsédé sincère », comme eux et cachotier de cochonneries partagées dans des îles ou des hôtels de grand luxe...

Il faut entendre « scandale » au sens plein : non pas seulement le bruit des alcôves, mais ce mécanisme moderne par lequel la corruption mêle manipulations politiques, mépris des faibles, viols d'enfants, sexe, argent, mensonges, exploitation, etc. Du jamais vu à ce niveau-à. Raison de plus pour ficher en l'air ce déjà « ancien régime » qui aurait déjà dû être abattu depuis longtemps. Dernière remarque, l'orchestration et l'instrumentalisation de la dénonciation effrénée du pédocriminel et de certains de ses comparses hauts placés sert aussi de « cache-sexe » à une vraie dénonciation du système de fonctionnement du capitalisme. Avec une différence, Epstein-Raspoutine est mort mais l'autre est à Washington.



ILLUSTRATIONS POST SCRIPTUM


  Charlemagne couchait avec sa sœur, Aliénor d’Aquitaine. Elle a entretenu une liaison avec son oncle, Raymond de Poitiers. Catherine de Médicis aimait aussi les femmesNymphomane notoire, sa fille Margot aurait subi les assauts de ses trois frères, dont Henri III qu’on qualifierait aujourd’hui de reine queer tandis que les jolis hommes focalisaient aussi les désirs de Louis XIII, dévot tourmenté. "Quel contraste avec son priapique papa ! Persuadé jusqu’à 40 ans que son pénis était un os, Henri IV aimait frénétiquement les femmes. Même à peine pubères. Aujourd’hui, il serait incarcéré pour pédophilie" s’exclame Alain Dag’Naud. "En fait, personne ne se gênait. Les puissants aimaient qui bon leur plaisait. On veillait uniquement à perpétuer sans ambiguïté le lignage royal". De fait, les seuls scandales sexuels visaient exclusivement celles qui étaient investies de cette mission. Dans l’affaire de la Tour de Nesles (1312-14), Philippe Le Bel s’avère surtout scandalisé par le péril que l'infidélité de ses deux belle-filles fait courir à la dynastie. D’où sa fureur et les atroces supplices que leurs malheureux amants vont subir .

Le faible de Louis XV pour les très jeunes femmes, rabattues par des agents dans son parc aux cerfs, fait certes jaser. Mais moins que sa faiblesse envers les femmes qui gouvernent à sa place (la Pompadour) ou celles réputées indignes de ses faveurs (la du Barry). Si elle n'est pas un motif de scandale, la sexualité de son petit-filsLouis XVIsuscite plutôt du souci sinon de la pitié puisqu’elle est inexistante.

"La puissance sexuelle était un attribut attendu des rois, analyse Alain Dag’Naud. Le dégoût de Louis XVI pour la bagatelle va contribuer à sa perte de prestige". Et faire des désirs insatisfaits de son épouse, Marie-Antoinette, la cible de tous les fantasmes. Une littérature de caniveau bravant la censure lui prête des maîtresses (ses amies Lamballe et Polignac), un amant (le Suédois Fersen) ; même si ce sont surtout ses dépenses et son ingérence politique qui choquent l’opinion.

Alternant des périodes pudibondes et de relâchement des mœurs, le XIXème siècle ignore globalement les scandales sexuels. Une chance pour ce polisson de Napoléon III qui collectionnait les conquêtes


Les écarts sexuels sous la IIIe république

En revanche, la très moraliste IIIe république (1870-1940) verra une presse sans vergogne faire payer au prix fort leurs galipettes désordonnées à de nombreux politiciens. Le décès du président Félix Faure en pleine gâterie prodiguée par sa maîtresse le 16 février 1899 à l’Elysée ? Loin de s’en outrer les Français préfèrent en rire avec son rival Clémenceau ("Il Il se croyait César, il n'est mort que Pompée").

Les penchants triolistes du très vert Maréchal Pétain auraient eu de quoi davantage choquer les Français de l’Occupation. Ils n’en sauront rien. Le président de l’Assemblée André Le Troquer échappera, lui, à la prison ferme mais pas à l’infamie quand en 1959 sont révélés ses "ballets roses" avec des mineures sous les ors de la République. Scandale monté de toutes pièces pour nuire à Georges Pompidou, l’affaire Markovic (1968), qui prête à sa femme Claude la participation à des partouzes, fera pschitt. Devenus discrets sur la vie privée de nos dirigeants, les médias français tairont les escapades extraconjugales de ses successeurs Giscard d’Estaing, Chirac, Mitterrand.

Favori de l’élection présidentielle à venir, Dominique Strauss-Kahn, notoirement libertin, croyait jouir de cette immunité jusqu’à ce qu’il se mette à la faute au fameux Sofitel de New York en 2011. Fatal en terre anglo-saxonne, le scandale s’avère monstrueux. "Cette affaire scelle un changement accéléré par #MeToo, analyse Alain Dag’Naud. Désormais, chez nous, on ne rigole plus avec les frasques sexuelles de ceux qui nous gouvernent."

A partir des années 1950, ce sont Édouard Herriot, qui de notoriété publique aimait que ses maîtresses s’habillent en infirmière, ou encore Edgar Faure célèbre pour ses réparties. A une femme appuyée contre une cheminée, il aurait par exemple lancé : « Si c’est pour moi, pas trop cuit », à une autre, « Mademoiselle, je ne vous dévisage pas, je vous envisage ». « Il s’en dégage au long cours un insupportable fumet de machisme archaïque, lié au sexisme et à la phallocratie » résume Jean Garrigues.

Valéry Giscard d’Estaing, un séducteur compulsifEt le vent de féminisme qui souffle sur les années 1970 n’y changera rien, la tradition se perpétue. Valéry Giscard d’Estaing, dit Valéry « Folamour », était lui aussi un séducteur compulsif. « Giscard est le seul chef d’État au monde dont on sait à peu près sûrement où il ne couche pas » aurait lancé Maurice Couve de Murville, ancien Premier ministre. Jacques Chirac reprend le flambeau : « Son ancien chauffeur raconte que lorsqu’il avait rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près » raconte Jean GarrigueCharlemagnes. « Trois minutes, douche comprise » aurait lui-même lancé l’intéressé. Quant à Mitterrand, l’apparition d’une « fille cachée » et la révélation de sa double vie, ne l’a pas empêché de collectionner les maîtresses jusqu’à la fin de sa vie. Dans l’ombre, les premières dames ont toujours fait bonne figure, ravalant leur humiliation. Seuls De Gaulle et Pompidou semblent avoir été épargnés par cette frénésie.

Nos dirigeants, tous des séducteurs ?

Quel démon a bien pu s’emparer de nos dirigeants ? Le pouvoir, tout simplement, « le plus puissant des aphrodisiaques » affirmait l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. Une idée que développe Serge Hefez : « On est tout le temps au milieu des autres, en train de séduire, de décider, d’agir, dans un état d’éveil sensoriel permanent ». Et puis les femmes ne résistent pas aux hommes de pouvoir, dit-on, comme s’en vantait Edgar Faure : « Quand j’étais ministre, quelques femmes m’ont résisté ; une fois président du Conseil, plus une seule ». A l’ère post me too elles ont pourtant appris à dire non. L’affaire DSK en a été l’exemple le plus criant. Depuis, les accusations d’agressions et de harcèlement pleuvent sur les politiques. Le droit de cuissage a vécu.

La folle rumeur du couple Pompidou échangiste

Peu de gens les ont vues, mais tout le monde en parle en cet hiver 1968 : des photos de madame Claude Pompidou participant à une soirée échangiste. Le coup est rude pour la carrière politique de son époux Georges, ex-premier ministre de De Gaulle. D’autant que derrière ces images compromettantes se cache une sordide affaire de meurtre. La police vient en effet de retrouver le cadavre de Stevan Markovic, un malfrat yougoslave qui évolue dans la Jet Set parisienne. Ni une ni deux, la rumeur se répand dans les salons et bientôt dans la presse : Markovic aurait été l’organisateur de ces soirées échangistes dont les époux Pompidou « raffolaient ». Sa mort : une façon de le faire taire. Il s’avéra rapidement que les clichés n’étaient que des photos montages et, en 1969, le couple lava son honneur en gravissant les marches de l’Élysée.


Il faut dire en conclusion de ces quelques exemples, surtout français, que leur impact resta limité à l'hexagone. Le scandale Epstein présente une toute autre gravité. Il éclabousse les élites bourgeoises au niveau mondial, même la couronne britannique risque de passer à la trap


NOTES

1D'ailleurs sur cette question, le CCI est le seul groupe à s'être penché sur la questiion à une époque, même 'il passe son temps à nous expliquer que la guerre est capitaliste et que la seule réflexion des ouvriers tourne autour de leeur feuille de paye. cf. Le legs dissimulé de la gauche du capital (IV) : Leur morale et la nôtre | Courant Communiste International et plusieurs textes de 2024 à 2022.

2 Notamment sa prédiction de la tuerie de la famille du tsar. Dans une lettre datée de décembre 1916, il écrivit ces mots troublants : "Si je meurs ou si vous me faites tuer, vous perdrez votre fils et votre couronne dans les six mois qui suivront. Le peuple russe maudira votre famille, et tous vos proches périront..." Cette prédiction s'est réalisée avec une précision stupéfiante. Six mois après l'assassinat de Raspoutine, la révolution russe éclata, conduisant à l'abdication du Tsar Nicolas II et, ultimement, à l'exécution de toute la famille impériale en 1918. Il avait prédit aussi les bouleversements sociaux qui allaient secouer la Russie et transformer le pays, L'avènement des technologies modernes Ses visions incluaient des machines volantes et des moyens de communication instantanée entre les hommes. Les changements climatiques L'émergence de nouvelles puissances mondiales Il annonça le déclin des anciennes puissances et l'émergence de nouveaux empires. Toutes choses qu'un autre prédicateur avait aussi, et rationnellement anticipé, Vladimir Oulianov Lénine.

3 Les attitudes et comportements sexuels dans la Rome antique sont visibles dans l'art ratriotomain, la littérature, les inscriptions et dans une moindre mesure dans les restes archéologiques comme les artefacts érotiques ou l'architecture. Il a parfois été avancé qu'une caractéristique de l'ancienne Rome est une « licence sexuelle illimitée » .

4 Les lettres de cachets et les pamphlets, tels que Les amours de Charlots et Toinette, Pièce dérobée à V……[Versailles] (1779), La Foutromanie, poèmes lubriques en six chants de Gabriel Sénac de Meilhan (1780), La Messaline française, Ou les nuits de la duch. . . . . de Pol. . . . . Et Aventures mystérieuses de la pr......se d'He.... et de la ..... (1789), Le Godmiché royal (1789), Fureurs utérines de Marie-Antoinette, femme de Louis XVI (1791).