"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 12 octobre 2026

LA VIE DIFFICILE D'UN PROLETAIRE CRS AUJOURD'HUI

 

Une affiche de nature à réjouir les cocardiers LFI

Pour l'avoir constaté, pour l'avoir écrit et dit publiquement, j'affirme que les CRS sont des prolétaires. Pas leurs chefs ni les ministres qui les envoient au casse-pipe. Deux CRS avaient été invités lors de mon départ en retraite il y a déjà vingt ans. Chaleureux, humains, ils nous avaient conté leurs très difficiles "conditions de travail" et les nombreuses dépressions dans leurs rangs, insultes grossières, crachats, et se moquaient avec humour des ordres de fond de leurs commandants: "lâchez les chiens".

Perçus et dénoncés comme des "chiens fascistes" par les gauchistes neuneus instrumentalisés par la flicophobie de la clique à Mélenchon (qui, une fois au pouvoir, utiliserait aussi les CRS), ils sont généralement perçus par une partie de la population comme des méchants larbins du pouvoir. Plus révoltant est l'acharnement des médias et de la gauche national-populiste à les criminaliser, alors qu'ils respectent en général des règles de maintien de l'ordre très précises, très balisées (ils sont obligés à une formation très rigoureuse) et qu'ils ont la justice au cul à la moindre incartade. Pour avoir étudié leur histoire depuis 1945, ils n'ont été amenés à tuer que de très rares fois : à Manosque en 1998, un jeune Algérien est abattu, et en 2011 un homme est abattu après une poursuite en automobile. En Martinique, ce sont des forces spéciales qui ont assassiné, pas les CRS. Ils n'ont tué qu'une personne en mai 1968.

Pour parodier l'écrit situationniste de Mustapha Kayati, le CRS est l'être le plus méprisé en France. A l'heure actuelle, il est l'objet d'une persécution permanente de la part de son propre gouvernement et de la gauche bourgeoise en opposition. Les journaux télévisés ne cessent de les culpabiliser, voire de les ridiculiser pour complaire à la conscience politique primaire des ados lycéens. Mélenchon et ses admirateurs - plus flicophobes qu'islamophobes - ne cessent d'exagérer la répression avec des arguments de café du commerce électoraliste : on frappe nos enfants, on éborgne les jeunes, on leur arrache une main (le lycéen n'avait qu'à pas la ramasser), etc. Dénonciation perverse car elle est mensongère par rapport aux faits réels. Nos gentils "enfants" de 13 à 16 ans, certains sont aptes à tuer ou violer (cf. derniers faits divers et le tireur de 14 ans à Aubagne) et on ne voit pas pourquoi, lorsqu'ils cassent (pas la majorité), incendient ou jettent au sol une femme policière avant de la rouer de coups, les "forces de l'ordre" devraient leur tendre des fleurs.

Très perverse et stupide, cette dénonciation effrénée des CRS qui sont le plus souvent attaqués, objets de lancement de pierres, de boulons, de fumigènes qui peuvent tuer ou brûler un visage même sous un casque de Robocop (tenue absolument indispensable face à la lâcheté des canardages honteux d'émeutiers parfois flics eux-mêmes). "Nos enfants sont des anges" qui défilent donc pacifiquement et viennent simplement "jouer" avec les CRS. Très perverse cette fixation sur des exécutants hyperfilmés par la foule, le plus souvent soupçonnés par leur hiérarchie, les magistrats gauchistes et la plupart des journalistes. La foule défile avec des refrains ridicules; on entend encore CRS/SS, l'idiot et lassant ACAB dont la plupart ne savent pas ce qu'il signifie (slogan de la sous-culture punk) ou "tout le monde déteste la police" (sauf eux lorsqu'ils portent plainte quand ils sont sont cambriolés ou agressés par une racaille).

Plus que perverse est cette fixation sur une dénonciation hystérique des CRS qui, finalement, exonère les commanditaires gouvernementaux, dépolitise la protestation sociale ou lycéenne, et surtout fait oublier que la gauche, une fois au pouvoir, se sert aussi bien de la répression des CRS (pas des politiciens aux ordres).

Tant pis pour les excités et les fanatiques de cette fonction, si nécessaire face aux émeutes des couches petites bourgeoises (paysans, gilets jaunes, marginaux écolos) sur les plages ou en montagne. Les employés des CRS sont bien des salariés utilisés pour une sécurisation publique ambiguë, mais du fait qu'ils sont en première ligne pour freiner toute colère sociale, sont ficelés juridiquement pour éviter toute mort à la différence de l'armée qui, elle, peut tirer dans le tas. Finalement les CRS sont comme les syndicats, des garanties de maintien de l'ordre. Dans les années 1970-1980, les gros bras CGT remettaient d'ailleurs à leurs camarades fonctionnaires les manifestants un peu trop violents, comme aujourd'hui ils peuvent aider à surveiller au milieu des cortèges.


LEUR INDISPENSABLE CREATION EN 1945

"Les CRS participent au rétablissement de la légalité républicaine." Elles remplissent plus particulièrement des missions de surveillance et de prévention des pillages et des trafics illicites. Mais aussi l'assistance aux personnes sinistrées. La garde des prisonniers allemands. La surveillance des centres d'internement de miliciens et de collaborateurs".1

Cette organisation est donc créée par toutes les forces politiques (libérées) avec l'aval du général de Gaulle et le PCF. Les CRS assurent, de concert avec les troupes alliées, la garde des dépôts de matériel sensible. (camps de surplus) . Les CRS traquent aussi les prisonniers pétainistes évadés.


Ces premiers CRS sont majoritairement composés d'ouvriers, surtout adhérents du PCF et dont une partie a participé au combat nationaliste pendant la Résistance. Je ne vais pas épiloguer sur l'enveloppe publicitaire d'époque pour amenuiser leur fonction répressive (sauveurs en montagne, secouristes, maîtres-nageurs). Exemple: u
n détachement de la compagnie de Grenoble garde les débris d'un Dakota d'Air France tombé à 2300 m dans le Vercors. La mémoire collective des CRS situe là leur engouement pour le sauvetage en montagne. En juillet, la surveillance de la construction du barrage de Tignes sert d'entraînement à une section de la compagnie. En été 48, des CRS étaient formés dans le but de créer dans les Alpes et les Pyrénées les premières sections de montagne. Celles-ci ne seront officiellement mises en place qu'en 1957.

Passons directement à l'année charnière qui va gommer complètement le rôle de secouristes attribué aux premiers régiments de CRS. Deux ans à peine après la fin de la guerre, la classe ouvrière relève la tête, brise l'union nationale pour s'insurger contre les privations d'un gouvernement gaullo-stalinien, obligeant la clique à Thorez à le quitter précipitamment.

C'est l'année 1947 qui va séparer, si je puis dire, l'ouvrier-CRS du reste de la classe ouvrière, mais avec de nombreuses surprises: le CRS désobéit, voire se solidarise avec les grévistes, mais ne tue jamais un autre ouvrier. Au final, onze compagnies seront dissoutes cette année 1947.


La dissolution de deux puis onze compagnies de CRS en 1947

Cette épuration avait limité leur nombre après que le parti stalinien se soit précipité pour retourner dans l'opposition contestataire et figurative. En particulier à la suite d'une manifestation à Marseille (du 12 novembre 1947) à l'appel de la CGT et du PCF, non réprimée par certains CRS proches du parti dont le comportement avait été jugé « douteux », plusieurs compagnies sont dissoutes et les CRS réorganisées de sorte à faire disparaître l'influence dite communiste en leurs rangs. Le 18 novembre 1947, Jules Moch s’était associé à Edouard Depreux à l’Assemblée Nationale pour dire que les CRS avaient « fait la courte échelle » aux manifestants, Gaston Defferre, autre personnage influent de la SFIO, les accusant même de leur avoir fourni des armes.

Des auteurs ont démontré que le départ du parti stalinien n'était pas de son fait mais d'un traquenard des socialistes gouvernementaux. Les CRS ayant au contraire fait tout leur possible pour « limiter les dégâts à la mairie » où ils furent les seuls à intervenir (cf Maurice Aghulon). Autre manip portant sur les raisons du choix surprenant de l'envoi de CRS réputés proches du PCF assurer le service d’ordre d’une manifestation communiste, alors que le mouvement des grèves de 1947 en France n'avait pas encore été relancé. Plusieurs éléments concourent à prouver la véracité de l'hypothèse d'une stratégie d’élimination de ces CRS, de la part des responsables socialistes de l’époque, parmi lesquels la phrase du président de la République Vincent Auriol à son président du Conseil jusqu'au 22 novembre, Paul Ramadier lui demandant pourquoi ces CRS « n’avaient pas été dissoutes comme il avait été convenu il y a trois semaines. On a perdu du temps ».

Cette dissolution ne pouvait, parallèlement, que complaire au parti stalinien car leurs ouailles, même en uniforme de flics (pas très protégés des cailloux) croyaient encore comme une large partie de la classe ouvrière et des minorités maximalistes d'époque à une révolution prolétarienne.

Si le procès-verbal de la conférence sur la création des CRS dans la région de Marseille et le processus de nomination de leurs officiers allait bien dans le sens une forte proportion de résistants dans une région où ils étaient souvent staliniens, ces CRS assumaient ensuite leur rôle avec une « bonne volonté et un esprit d’initiative significatifs ». Maurice Agulhon a de plus établi que les rapports avec le PCF étaient bien plus lâches que les anticommunistes ne voulaient le croire. De plus ailleurs, le parti méprisait ces flics peu sûrs et ne leur donnait ni cartes d’adhérents, ni cadres particuliers, ni liens avec les syndicats staliniens. Malgré cette dissolution, dix ans plus tard, en mai 1958, les CRS n'obéiront qu'avec réticence aux ordres de Jules Moch; ainsi, à Ajaccio le 24 mai, ils s'éloignent du lieu requis et vont garder des points sensibles sans importance, délaissant leur mission officielle qui était de rétablir l'ordre dans la ville. Cette attitude correspond à une conscience sociale d'individus encore récemment ouvriers ou paysans, mais aussi face à la force et à la détermination des vrais prolétaires.

En 1947, toujours, trois CRS sont pris en otage par les séides du PCF (cf. Roger Pannequin) . Ils subissent un véritable interrogatoire, et les moqueries des mineurs grévistes "sur la dérision qu'il y avait à rester au service du pays pour 8000 francs par mois". Pourtant ces récents CRS ne sont pas terroristes.

Les deux cheminots tués en gare de Valence, ne l'ont pas été par les CRS mais par des gendarmes et des soldats affolés. Deux CRS sont pris en otages et échangés contre des grévistes arrêtés. Thorez (une fois en opposition) fait croire que les CRS ont tiré sur la foule. En décembre, à Saint Etienne, 150 gendarmes sont fait prisonniers par les grévistes. Cette même année la droite accuse les CRS d'avoir pris fait et cause pour les manifestants. Ouvriers comme CRS sont aussi victimes d'accidents; comme le s ignale Robrieux, près de Dijon un car de CRS s'était renversé: causant trois morts et sept blessés.

Une d izaine d'ouvriers ont été tués en 1947, par des soldats pas par les CRS, tenus à l'écart pour leur rôle strict de pacification sociale. En 1948, lors de la grève des mineurs, ce sont des CRS qui sont tués. L'accusation "CRS = SS" part de la direction du PCF de retour en opposition, alors qu'en 1947 les staliniens défendaient les CRS issus des "milices patriotiques". Contre les manifestations géantes, le gouvernement écarte les CRS car circule l'idée que 20 % d'entre eux sont soucieux de la classe ouvrière, plus que des désideratas des staliniens. Encore dans leur position contestataire de façade, un de leurs députés déclare que les grévistes ne doivent pas avoir peur de ces soldats "car ils sont leurs frères". Les cadres du PCF fustigaient les "agents de l'étranger" plutôt que les CRS. Le ministre de l'Intérieur Jules Moch fît donc dissoudre onze compagnies de CRS par peur de la fraternisation et fît appel à l'armée; les membres des compagnies "dangereuses" sont suspendus sans traitement. Les CRS sont aussi opportunément mis en cause par le gouvernement qui leur a donné les ordres de répression pourtant. Cette menace sous-jacente des CRS conscients n'a pas été vaine pour ces salariés. Le droit syndical est reconnu aux CRS tout comme le statut de fonctionnaires mais pas le droit de grève.

Ce sont 10.000 soldats qui sont envoyés, par contre, patrouiller dans le Pas de Calais pendant la grève des mineurs. Cependant dans plusieurs villes du Midi, des forces de l'ordre sont neutralisées, désarmées ou faits prisonniers.

Les grévistes chantent en 1947 lors de réunions et des défilés, « Gloire au 17e », écrite par le chansonnier Montéhus au XIXe siècle en soutien aux soldats du 17e régiment d’infanterie de Béziers, qui avaient désobéi aux officiers lors de la révolte des vignerons du Languedoc en 1907, se mutinant avec armes et munitions, plutôt que la réprimer.

Au cours de ces grèves de 1947 en France, le pouvoir politique est tenté de voir dans ces mentions de fraternisation entre grévistes et policiers et militaires, souvent plus idéalisées par les premiers que réelles, des preuves des visées insurrectionnelles. Au soir du 29 novembre, les locaux du quotidien marseillais Rouge-Midi] sont perquisitionnés et leur journaliste Michel Barak détenu dix jours avant même la parution d'un article relatant les événements de Saint-Étienne, le jour même, où « envoyés contre le peuple, l’armée et la police rejoignent les travailleurs». La nuit suivante, quand le député PCF Raoul Calas appelle à une fraternisation entre CRS et grévistes, il est immédiatement expulsé de force de l'Assemblée nationale à 5 heures 30 du matin.

Le 20 novembre, Henri Martel, leader CGT, assure dans un meeting à Bully-les-Mines, que les grévistes ne doivent pas avoir peur des soldats car ils sont leurs frères. Lors d'un autre à Boulogne-sur-Mer, Auguste Defrance leur a même présenté deux soldats, dans l'espoir de démontrer la fidélité à la classe ouvrière de la classe 1943 des réservistes.

Les CRS continuent à inquiéter le pouvoir en 1948, d'autant qu'ils subissent la "répression" de la population. Le 2 octobre 1948, après que les CRS aient repris le puit Laval, dans le Gard, 70000 personnes l'investissent à nouveau. Les policiers sont frappés à coups de barres à mines et de pics. Beaucoup seront grièvement blessés, les membres fracturés...

Le Commandant Principal Fonty  se grime en mineur et se mêle à eux afin  de mieux appréhender leur situation et leur état d'esprit. Face aux nombreux CRS blessés ses officiers lui posent la question de l'emploi des armes ; il répondra : "Jamais, sauf pour riposter au feu de l'adversaire!". Le 20 octobre la CRS n°161 est prise à partie à "la Grand Combe" dans le bassin d'Alès ( cette unité comptera 80 blessés dans ses rangs). Contrairement à d'autres forces engagées, les CRS ne feront pas usage de leurs armes.

EN MAI 1968 LES CRS N'ONT TUE PERSONNE

L'agitation étudiante, née à la faculté de Nanterre le 22 mars avec l'occupation de la tour administrative de cette dernière, s'étend à la Sorbonne le 3 mai. Avant même que les CRS arrivent à Paris les manifestants scandent "CRS SS!"(comme les staliniens en 1948 et preuve de l'influence encore proivisoire des staliniens au début de mai))… Les CRS sont accusés de tous les maux et de tous les dérapages des forces de l'ordre. Un commandant de CRS  témoin de violences dans la rue réunira ses troupes pour leur dire : "Ce comportement est indigne de policiers, au premier qui commet de telles exactions, je demanderai sa révocation immédiate". 40 compagnies sont utilisées simultanément à Paris pour faire face aux graves émeutes de mai - juin..

De très durs affrontements les opposent, à de nombreuses reprises, à des manifestants peu organisés. Les C.R.S. comptent de nombreux blessés, dont plusieurs grièvement. Les CRS déplorent 656 blessés dans leurs rangs, dont 114 ont dû être hospitalisés. Le nombre de victimes des incidents de mai se montent à cinq. Philippe MATHERION meurt après avoir été poignardé dans de mystérieuses conditions à Paris, Eric TAUTIN se noie à Flins. Pierre BAYLOT est l'unique ouvrier tué par balles à Sochaux par un CRS (pourtant pas prouvée, la justice saisie classera l'affaire), Henri BLANCHET qui dans la même ville tombe d'un mur et le commissaire LACROIX percuté à Lyon par un camion sans conducteur pédale d'accélérateur bloquée par un pavé; le commissaire était décédé d'une crise cardiaque. Dans son livre "Printemps des enragés" Christian Charrière dira que les CRS étaient : "Les troupes les plus disciplinées et les mieux préparées". Les CRS n'ont pas "tiré dans le tas" et n'ont causé qu'un seul mort, sans que cela soit vraiment démontré.

Au cours de la période récente, Malik Oussekine. (Blessé mortellement par les Voltigeurs, ce corps de police créé en 1969, sera dissous à la suite de cette affaire). Lors de la crise du COVID, plusieurs compagnies de CRS ont manifestés leur solidarité à l'égard du personnel médical et leur portant petits-déjeuners et repas ou en leur témoignant leur soutien en applaudissant et en actionnant leur "deux-tons".


LA FEMINISATION DES CRS


Voici en l'an 2000 un capitalisme devenu sexuellement démocratique tout en étant ultra moralisateur et sentimental, pour preuve ce gentil bourgeois va--en guerre Glucksmann qui dit être "amoureux de la nation" et son homolgue, néo-stalinien Mélernchon qui promeut le bonheur comme dans tout manuel stalinien d'après-guerre. Chaque colonel, patron ou chef de service, chef politique ou cheffaillon syndical veut désormais sa portion de femmes dans le service. Réactionnaire comme je suis j'ai toujours du mal à voir des femmes, plutôt petites, e uniforme aux côtés de gros balèzes. La féminisation cérésiale comment en 2004. Une dizaine de jeunes femmes sont orientées dès leur sortie d’école vers les compagnies autoroutières. Une femme lieutenant de Police est affectée en qualité de chef de section dans une unité de maintien de l’ordre. Une femme commissaire principale assure les responsabilités de directeur zonal adjoint à Metz. C'est en 2009 que les  premières gardiennes de la paix intègrent les unités de service général. Depuis lors on les aperçoit de plus en plus nombreuses pour encadrer les manifestations en ville. Elles sont aussi capables de matraquer que les hommes. Toutefois leur force physique relative est de peu de poids lorsqu'on voit les poussées des cordons de CRS pour contenir des manifestants très agressifs et insultant sans honte ces femmes.


Je reste indigné par le traitement odieux et irrespectrueux de cette jeune femme policière jetée au sol d'un couop de pied au cul, dont l'agresseur, merdeux de16 ans est déjà relâché et ne sera jugé qu'en janvier avec l'excuse de minorité par un magistrat gauchiste. Lors de la crise du COVID, plusieurs compagnies de CRS ont manifestés leur solidarité à l'égard du personnel médical et leur portant petits-déjeuners et repas ou en leur témoignant leur soutien en applaudissant et en actionnant leur "deux-tons".


LA VIE DIFFICILE D'UNE FEMME CRS


Entre défis professionnels et enjeux sociaux, la vie d’une femme CRS est marquée par des contraintes spécifiques : un métier exigeant, un environnement majoritairement masculin, et des conditions de travail souvent difficiles. Les CRS interviennent dans des situations de crise, parfois dangereuses, et doivent gérer des équipes dans des conditions physiques et psychologiques extrêmes. Les femmes CRS, rares dans ce corps, doivent prouver leur capacité à diriger dans des contextes périlleux, tout en conciliant cette exigence avec des attentes souvent plus strictes que pour leurs homologues masculins. Elles apparaissent souvent plus avisées en situation de commandement. On peut lire sur le web le cas de Nadia avec son parcours atypique : master en droit, réussite à l’école de police, puis formation intensive avec exercices physiques et tactiques complexes. Elle doit s’imposer dans un environnement masculin, tout en espérant obtenir sa première affectation. Les femmes CRS vivent aussi des pressions sociales : elles sont souvent perçues comme des exceptions, et doivent affronter des stéréotypes. Isabelle, membre du collectif Femmes des Forces de l’Ordre en Colère, a témoigné du stress et de l’insécurité vécus par les proches des CRS, ainsi que du manque de reconnaissance et de moyens pour les forces de l’ordre www.ici.fr. Elle a expliqué que la visibilité de violences contre des CRS (comme un incendie provoqué par un cocktail molotov) suscitait une angoisse particulière, car chaque uniforme est perçu
Selon Isabelle, les conditions de travail sont « déplorables » : manque de moyens, absence de reconnaissance hiérarchique, et une violence sociale croissante contre les forces de l’ordre. Les femmes CRS, en plus de ces défis, doivent souvent gérer la double charge professionnelle et familiale, tout en restant visibles dans un milieu où elles sont peu nombreuses. 
Ces femmes réussissent malgré tout, mais leur parcours est souvent long, exigeant et marqué par des combats pour la reconnaissance et l’amélioration des conditions de travail.

Trois mois seulement après sa création, le collectif des Femmes des Forces de l'Ordre en Colère compte déjà 7.000 membres, notamment Isabelle, une Marseillaise mariée depuis 12 ans à un policier. Une vie très difficile pour elle-aussi. Elle a témoigné ce mardi matin sur France Bleu Provence.

- Pourquoi avoir créé ce mouvement des Femmes des Forces de l'Ordre en Colère ?

Isabelle : Les forces de l'ordre travaillent dans des conditions déplorables. Le manque de moyens ne leur permet pas d'intervenir de manière optimale. Les gouvernements, quels qu'ils soient, n'apportent pas de réponses satisfaisantes. Les policiers ne bénéficient d'aucune reconnaissance de la part de leur hiérarchie. Et la réponse de la justice n'est pas à la hauteur de ce qu'ils subissent. Tout cela est inadmissible.

FBP : Avez-vous peur pour votre mari ?

Isabelle : Oui, parce que beaucoup de citoyens ne respectent plus l'uniforme. Il y a une haine anti-policiers, anti-forces de l'ordre qui grandit en France. Nos maris nous racontent ce qu'ils subissent au quotidien, on voit dans quel état ils sont quand ils rentrent à la maison. Ce n'est plus possible de continuer ainsi.

FBP : Vous avez été choquée par l'agression de CRS à Paris en marge des défilés du 1 er mai, l'un d'eux est gravement brûlé au visage.

Isabelle : Mettez-vous à la place d'une femme de CRS, ils sont tous habillés pareil. Elle est devant sa télé et elle voit un CRS prendre feu. Vous imaginez le stress. Est-ce que c'est le mien, est-ce que c'est le père de mes enfants ? Parce qu'il ne faut pas oublier que les policiers sont aussi des maris, des papas, des fils. Notre colère monte, on ne peut plus laisser faire ça.




1 1946. Article de presse "Une journée chez  les CRS"  la CRS n° 174 de Saint Thys

dimanche 11 octobre 2026

LE RETOUR D'UNE GAUCHE SOUMISE AU PATRIOTISME


 « Les ouvriers n’ont pas de patrie », écrivent Karl Marx et Friedrich Engels dans Manifeste du Parti communiste (1848). Au sein du mouvement ouvrier français, l’hésitation est palpable à la fin du siècle, même si le marxiste Jules Guesde et le socialiste Jean Jaurès appellent à concilier patriotisme et internationalisme – ce dernier écrit ainsi : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. »1


Le patriotisme version Mélenchon: un héritage stalinien

Ce patriotisme socialiste sombre piteusement avec leur vote des crédits de guerre en 1914. Il faut attendre trois ans avant qu'une minorité dénonce cette trahison de l'internationalisme. Produit de la scission de 1920 contre le socialisme mou de Blum, une majorité se dégage pour l'adhésion à la IIIᵉ Internationale, mais avec des personnages sans consistance : Cachin et Frossard. La SFIC (section française de l'Internationale communiste) est désormais le PCF. Un parti qui refuse de célébrer le 14-Juillet, et de chanter La Marseillaise. Le reflux révolutionnaire en Russie, qui s'accélère vers la fin des années 1920, donne naissance au "socialisme dans un seul pays" La révolution n'est plus une question de généralisation au niveau international, mais une sorte de chacun pour soi où le communisme trouverait sa place dans un cadre patriotique, tout en recevant des leçons d'un grand frère russe qui, lui, aurait réussi à bannir le capitalisme de son territoire. Au même moment, l'écrasement de la tentative révolutionnaire prolétarienne débouche sur la montée du nazisme qui se présente lui aussi comme "national-socialiste". Dans tous les pays, les millions de prolétaires sont conviés à s'identifier à ces différents socialismes nationaux, dont le fameux Front populaire hybride en France, qui fait croire que le principal ennemi est désormais le nazisme. Sous quelques concessions sociales importantes (les congés payés) le patriotisme stalinien dissout la classe dans le peuple chauvin. Grand-père de Mélenchon, Jacques Duclos, le 14 juillet 1935, au fameux stade Buffalo, à Montrouge, fait équivaloir La Marseillaise et L’Internationale, le drapeau tricolore et le drapeau rouge.

En conséquence, le 2 septembre 1939, les élus "de gauche unie" trahissent une nouvelle fois le prolétariat en votant à l'unanimité les crédits de guerre du gouvernement Daladier. Ce qui déclenche l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne dès le lendemain. Pour leur part, ces communistes en peau de lapin sont des girouettes. Thorez était déjà parti vers son régiment d'attribution. Staline s'est mis en colère contre ce patriotisme et a exigé du PCF qu'il rétropédale pour dénoncer "la guerre impérialiste", ce qui ne mange pas de pain, mais peut être interprété comme la retrouvaille d'un vrai internationalisme, sauf qu'il reste un nationalisme inféodé au principal pays stalinien.

Passons sur les compromissions du PCF pendant la guerre (demande de reparution de l'Huma à la Kommandatur) et un comportement de mafia nationaliste dans la résistance avec assassinat des opposants trotskistes au stalinisme.

Dans la période qui suit la Libération, Maurice Thorez soutient que la « classe ouvrière » doit se comporter en « classe nationale ». La nature des partis de gauche depuis 1914 les a toujours conduits à voter les crédits de guerre, preuve de leurs bases fondamentalement bourgeoises sous le vernis des mots socialistes ou communistes.

Le 12 mars 1956, tous les députés du PCF votent en faveur des pouvoirs spéciaux attribués au gouvernement Guy Mollet chef de la SFIO. Les petits héritiers de ce parti étriqué cherchent encore à masquer cette trahison du fait qu'au même moment ils réclamaient "la paix en Algérie" ou "la fin de la torture" mais sous l'angle de la négociation sous parapluie colonial, l'Union française, mais pas en faveur de l'indépendance de l'Algérie.

Le gauchisme d'époque, en l'occurrence un trotskisme minoritaire et absent des médias, défend lui les nationalismes d'indépendance nationale, comme aujourd'hui un improbable État palestinien. Ce ne sont que des minorités, des sectes trotskistes dont certains des membres vont se mettre au service des nouveaux dictateurs sanglants. Cette prétendue étape nationale populaire supposait classiquement par après le passage à la révolution communiste, mais on n'était plus en 1848 ou en 1917, mais dans un monde décadent où la constitution de nouvelles nations ne pouvait signifier une révolution industrielle ni sociale mais la constitution de territoires partagés entre les deux blocs de la guerre froide. Plein de petits Mélenchon ont été élevés à ce biberon patriotique pour petits peuples soi-disant libérés de la colonisation alors que celle-ci est demeurée sous une forme plus perverse.

C'est en Mai 68 que le concept de patrie est ridiculisé, reléguant même au second plan le nationalisme de peuple sous-développé et destiné à le rester. Les derniers délires de ce chauvinisme pour sous-développés sont surtout portés par les sectes maoïstes et les admirateurs des posters de Che Guevara.

Les bordiguistes ont un peu raison, malgré mai 68, de répéter que la période de contre-révolution n'est pas finie. Le concept de patriotisme refait surface sur les ruines de 68 qui a fini surtout dans le jouir sans entraves, hippie. La gauche bourgeoise, voteuse de tant de crédits de guerre "patriotique" n'osait pas réutiliser le terme patriotique depuis la fin de la guerre d'Algérie (une guerre raciste comme disait bébé Mélenchon dans son parc à bébés). Le programme commun de 1972 ne contenait aucune référence à la nation. Avec l'ex-pétainiste Mitterrand (plus menteur que Bardella), proche des Croix de feu, la patrie est ressortie du grenier en clignant des yeux. En 1978, l'ancien ministre de l'Intérieur pendant les massacres en Algérie, déclarera sans rire: "la France, pour moi, c'est moi". C'est une marée de drapeaux tricolores qui accompagne sa marche au Panthéon après son triomphe électoral inattendu. Peu après le succès de 1981, le gang socialiste a retrouvé la patrie, oubliant sa collaboration aux massacres des chair à canon successives; dans le préambule des “110 propositions pour la France” on lit: “Nous proclamons notre attachement irréductible à la patrie.” »

L'idéologie de De Gaulle (vieil ennemi de Mitterrand), grand successeur patriote de Pétain, les années passant, allait progressivement réinvestir le champ politique, de Tonton à Régis Debray. L'idéologie européenne avait eu du mal à s'implanter après 1945. Elle sembla prédominer jusqu'à la chute du bloc russe, avec les idéologues écologistes surtout et les gauchistes rangés des voitures comme Cohn-Bendit.

Progressivement, la politique européenne devient impopulaire à cheval sur la dernière décennie du XXᵉ siècle et le début du XXIᵉ. Les fractions de droite s'emparent petit à petit de ce rejet d'une politique européenne. Le soubassement de cette contestation poursuit pourtant le but initial de cette Europe "libérée", dissoudre le prolétariat dans la nation "multipliée", "diversifiée" des "peuples européens"; ce que l'adolescent Mélenchon saisit déjà comme créolisation avant de devenir à l'âge adulte cire-pompe de Tonton2. Culotté, le droitier Chevènement ouvre la brèche en 2002, la nation doit être désormais une priorité; en 2007, sa groupie Ségolène Royal appelle "les Français" à "avoir chez eux le drapeau tricolore". En 2012, Arnaud Montebourg s'affiche comme le garant du "made en France".

Quant au lider Minimo, sa position a dérapé au niveau local banlieusard, véritables "grands ensembles" métissés à but final électoral. Après avoir voté, tu rentres chez toi et tu laisses ton élu décider ce qu'il veut à ta place.

En 2012, il faisait l’éloge de la « nation républicaine » et de la « nation universaliste », mêlant, longtemps après son grand-père Jacques Duclos, Internationale et Marseillaise. C’est surtout en 2017 qu’il fabrique vraiment une campagne bleu-blanc-rouge, exaltant le drapeau tricolore et la patrie. « Je ne suis pas un nationaliste, je suis un patriote », chiant toutefois sur le drapeau en agitant le souvenir de la colonisation comme une faute indélébile (comme le capitalisme lui-même ?), surtout à destination des électeurs chauvins musulmans, qui, pourtant, ceux récemment débarqués, savent bien qu'une bourgeoisie coloniale a été remplacée par une bourgeoisie gangstériste.

La cocarde patriotique est à nouveau dépoussiérée dans le cirque présidentiel actuel. Du Lider Minimo au très européiste va-t-en guerre Raphaël Glucksmann, en passant par Fabien Roussel, petit-fils de Georges Marchais, ou encore par le provincial François Ruffin, qui n’a pas hésité à s’enrouler dans un drapeau tricolore en une de Marianne, en février dernier. Coiffé comme un snob de Neuilly, le sous-fifre Jérôme Guedj., qui s'est cru présidentiable, a assuré que le patriotisme républicain favoriserait le "patriotisme économique".


QUAND L'ANTIRACISME REMPLACE L'INTERNATIONALISME

Le 18 novembre 2018, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), le lider Minimo anime une des « rencontres nationales des quartiers populaires ». A la banlieue créolisée ou métissée, il lâche :« Je n’ai pas peur, je n’ai pas honte de le dire : ce que vous voyez là, c’est la nouvelle France. » En 2024, la nationaliste palestinienne, égérie mélenchonesque qui affole CNEWS, est présente lors de la clôture électorale européenne où le gourou se pavane, alternant colère théâtrale ou bonhomie paternaliste : " Cette nouvelle France, c’est nous, les bigarrés, les mélangés qui refusons absolument le venin qui leur permet de rester au pouvoir – la division du peuple par le racisme" .

Lider Minimo s'imagine une nouvelle France, certes métissée et islamisée, mais à condition d'être patriotique; merde à Le Pen, cette sale fasciste! Or ce concept d'une nouvelle France est fumigène pour les lycéens; cette France bigarrée existe depuis longtemps, le prolétariat a toujours été composé de diverses nationalités d'origine, et ce, même depuis 1914, où par "antiracisme patriotique", la bourgeoisie et ses partis socialistes n'ont pas hésité à transformer en chair à canon des hommes noirs et arabes réquisitionnés de force dans les colonies. Le fascisme ne passera pas. La véritable "intégration" sera démocratiquement patriotique et se déploiera sur les champs de bataille de la 6ᵉ République.

Bouffon! Si le métissage est désormais plus important c'est du fait de la faillite inévitable des libérations nationales "patriotiques" (exaltées par les gauchistes) qui ont livré d'immenses populations du dit tiers-monde à la misère patriotique, puis à fuir éperdument vers les "pays riches" pour échapper aux tortures de leurs "libérateurs", oppresseurs cyniques et sanguinaires. Cette vérité que le wokisme décolonial moraliste inverse3, justifie toujours le choix affectif du camp des pauvres dictateurs contre le colonialisme éternel; des députés LFI aiment se rendre en Algérie embrasser le camarade libérateur le dictateur Teboune comme Marchais adorait aller faire un bisou bucal à Brejnev, comme Besancenot se complaît à aller fleurir la tombe de Guevara. çà c'est la gauche éternelle, visqueuse, victimologue et tartufe!

UN IDENTITARIME RELIGIEUX COMMUN AUX DEUX POPULISMES

Le populisme, de Mélenchon et de Le Pen est d'inventer comme essentielle une opposition entre un peuple, considéré comme vertueux, et une élite corrompue. « Le maître est le peuple », a dit un jour le lider Minimo. Pour l'otage de LFI, le petit Olivier Faure, tout s'explique: "e piège, c’est d’avoir laissé la droite et la droite extrême s’engouffrer dans une vision identitaire de la France. C’était une erreur de ne pas avoir su répondre à cette question ».

Pas du tout, c'est la même exaltation patriotique; le RN s'occupe de la campagne et LFI des "grans ensembles". Le chauvinimse c'est le RN (rejet des étrangers) quand LFI défend un nationalisme métissé et donc antiraciste. Dans les deux cas ils pourront défiler ensemble dans le même uniforme kaki.

La religiosité catho de l'extrême-droite est bien connue. Il fallait en créer une autre, versant contestataire islamique. C'est fait avec lider Minimo qui tombe dans l'apologétique de l'islam (ne pas confondre islam et islamisme) : « J’ai renoncé à une forme d’anticléricalisme grossier duquel je veux m’excuser auprès de ceux que j’ai pu blesser dans le passé ». Un bon leader se doit toujours d'être ambigu et surtout menteur. Devant la commission d'enquête parlementaire, il a assuré qu'il "n'acceptera jamis l'entrisme religieux", sachant très bien que cette vieille notion trotskienne est toujours intégrable.

Il faut le constater le populisme a besoin de la religion patriotique et du patriotisme religieux. Quand demain la guerre sera là, la tradition chrétienne conditionnera les sacrifices; côté islam, le hadith sur la foi est très explicite: "L'amour de la patrie fait partie de la foi". La partition en faveur ou défaveur des juifs, avec l'Etat hébreu colonialiste au milieu, marque drôlement deux doubles langages. D'un côté une extrême droite qui s'affiche amie et protectrice des juifs alors que, historiquement, elle a été la principale porteuse de l'idéologie antisémite et, en face, une fausse insoumission, a priori hostile à l'antisémitisme, mais qui au fond n'est pas éloignée de celui traditionnel de l'extreme droite; LFI caressant l’électorat musulman dans le sens du poil en axant sa campagne sur le « génocide » à Gaza, minimisant un antisémitisme bien réel dans ses rangs, refusant de reconnaître sa fréquentation d'individus appartenant à la mouvance islamiste pour profiter de leurs réseaux lors de chaque échéance électorale. Il y a un aspect pacte germano-soviétique dans cette stratégie risquée du lider Minimo qui devrait aussi se laisser pousser une longue barbe. Car, vouloir réglementer la foi, c’est l’assurance d’une défaite : « Si vous voulez vous disputer avec Dieu, c’est perdu d’avance », Or lider Minimo c'est lui, dieu.

NOTES

1Je suis très redevable à l'article, dans Le Monde de Ariane Ferrand: "La nation, une idée passée à droite que la gauche veut réinvestir".

2Pour une fois son ex-compère électoral, Ruffin note justement: : « Son mentor, François Mitterrand, avait glissé sans trop de douleur du combat social, économique, vers celui des valeurs. Mélenchon fait de même quarante ans plus tard. » Il ajoute avec pertinence, que Mélenchon fait du « néo-Terra Nova », du nom de ce groupe de réflexion proche du PS qui recommandait de forger une identié aux couches moyennesc petites bourgeoises à partir de minorités plurielles, en 2011, après avoir décrété la fin du prolétariat.

3 Dans les commentaires du Monde, on trouve celui-ci: "Témoignage vécu: dans ma salle des profs d'un lycée du 93, les collègues militants LFI auto-proclamés, monochromes, qui vivent à Paris et viennent d'un milieu social très aisé, donnent des leçons de morale à tout le monde, en particulier aux collègues racisés. Je vous laisse imaginer le ressenti de ces collègues, issus de la banlieue, vivant en banlieue, qui s'entendent donner de leçons d'antiracisme et de lutte contre l'islamophobie par ces fils à papa bourgeois..." Ou celui-ci: "Vous parlez visiblement des familles qui se laissent prendre par le discours de victimisation systématique qui est le fond de commerce de la gauche depuis bien trop longtemps. Il y a en d'autres qui refusent cette vision manichéenne. Ben non, avec un neveu marié avec une marocaine parfaitement intégrée, deux cousines respectivement épouses d’un algérien et d’un tunisien, personne dans une famille qui connaît un peu le métissage ne se reconnaît dans le discours du chef de la Meute".



Le principal opium du peuple, le football, est la première manifestation de la joie patriotique et expression de l'union nationale aliénante.

jeudi 8 octobre 2026

FAUX LYCÉENS ET SABOTAGE DE LFI



Après bientôt trois semaines de blocages des lycées, les présidents ou animateurs des organisations lycéennes sont pointés du doigt par les moins cons, au motif qu’ils ne sont plus lycéens, mais désormais en études supérieures. Il y a même pire, le bébé Mélenchon Boyard. Ce matin, le jeune lycéen (attardé de 26 berges) Louis Boyard, en outre député LFI, a posé son cul sur le bitume au devant d'une foule de lycéens. C'est la tactique mélenchonesque depuis la manif avant-hier. Même si personne ne vous a rien demandé, vous vous placez presque comme un manifestant lambda, en tête du cortège, quoiqu'avec l'écharpe nationaliste. Vous n'avez plus qu'à vous laisser filmer par les médias qui, eux, pratiquent la triple manipulation: 1. assurer que c'est manipulé par Mélenchon, 2. faire passer ces faux lycéens pour représentants légitimes des "mômes" lycéens, politique mélenchonesque carrément paternaliste, comme leur appel aux parents et aux écharpes tricolores (pour protéger "des enfants") et surtout 3, ridiculiser l'insubordination lycéenne en laissant croire qu'elle est désormais ficelée. Je prends trois des principaux jeunes manipulateurs, autoproclamés porte-paroles du mouvement, et validés tels par les médias de l'État par une exposition, démocratique et "soucieuse que la jeunesse s'exprime". 

Ryad Rani a été formé par la secte LFI et secrétaire auprès d'un de leurs députés et placé à la tête d'une syndicratie. Il récite le discours de la lune mélenchonesque, notamment la solution taxe Zucman qui est devenue le récit romantique anti-riches du national-populisme; c'est une question de fric (et du fric il y en a), ânerie de première, qui est anti-révolutionnaire, antimarxiste car le problème de l'enrichissement et de la fin de la dette, c'est la production, or la France ne produit plus. C'est une réforme technocratique qui ne change en rien à la structure du capitalisme. 

On interviewe complaisamment le faux lycéen, lui permettant d'ergoter comme un vieux briscard et de s'autoriser à jouer au radical syndicaliste avec une liste des revendications lycéennes qui sont très corporatives, d'un réformisme très utopique dans l'immédiat ; et au bout du compte totalement invraisemblables et irréalistes avec l'incurie totale actuelle de l'État,

.Sous les feux des projecteurs complaisants, il maîtrise déjà l'art du mensonge substitutionniste: « Notre mobilisation, elle est par les lycéens, pour les lycéens », a-t-il assuré sur franceinfo. Sauf que le faux lycéen se considère comme un chef lycéen ! Puis le tour de passe-passe est joué, il suffit de confondre étudiant et lycéen dans un combat pas vraiment du même ordre. Sur la banderole de tête, on lit : « Révolte lycéenne et étudiante », sic ! Il laisse porter aux autres le drapeau chauvin et chante la Marseillaise avec eux dans toutes les AG de rues où il n'est pas question de réfléchir ni discuter mais de hurler contre la police, le fascisme et Macron, voire d'assurer que Brigitte est un mec.

L'État est de plus dans l'incapacité même de défendre sa propre police, ridiculisée par tout l'arc politique des vieux barbons récupérateurs; celle-ci est exhibée en plus impuissante évidemment à faire cesser autre chose qu'une petite manif, mais pas assez nombreuse pour intervenir partout. On ne sélectionne que les images des tabassages par les robocops mais pratiquement pas le déluge infernal de pierres et de fusées qui blessent certains d'entre eux ; ce qui n'abuse pas "la France silencieuse" qui décuple ses envies de vote en faveur du RN. La chaîne russe RT s'en donne à cœur joie pour dénoncer le chaos en France, en particulier à destination des pays arabes ou dictatoriaux ; elle pourrait donner la parole sans fausse note à la courroucée mère Le Pen. courroucée

Sabrine Kharbach, elle aussi fausse lycéenne, est déjà dans les étages estudiantins supérieurs et jeune bonze d'une Union étudiante. Loin d'être la pauvresse qu'elle prétend être, elle est déjà étudiante en anthropologie à l'université d'Aix-Marseille, et, précoce bureaucrate politique, elle a occupé un certain nombre de fonctions représentatives au plan local et national. Il fallait voir sa faconde face à l'antique Alain Duhamel, tour à tour moqueuse (la gentille wokiste n'avait que faire d'un vieux croûton, n'est-ce pas?) lui faisant la leçon sur la barbarie policière jadis en 1962 à Charonne, sans écouter le croûton qui lui répondait que c'était à l'époque de la guerre d'Algérie; il aurait pu lui demander plutôt pourquoi les flics n'avaient plus ordre de tirer à balles par leurs "députés et ministres démocratiques". Certainement pas pour ses rodomontades antigouvernementales, à la sauce d'une formation trotskienne. C'est parce que c'est la classe ouvrière ici qui est le vrai danger permanent si le gouvernement déconne sur les lycéens, déjà noyés pourtant dans le concept fumeux de jeunesse. Elle s'intronise en plus comme représentante au fond du "monde du travail" des ouvriers et paysans, avec déjà le langage technique de toute vieille bureaucrate syndicale: 

"On est rejoint par tous les travailleurs et agriculteurs. On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas dix milliards sur la table; ce qu'on veut, c'est un investissement massif réel. Tant qu'on n'aura pas les 10 milliards avec toutes les propositions que l'on a chiffrées avec les propositions des lycéens et des étudiants, on continuera à manifester, à bloquer. À chaque fois, cette "spontanée" fournit le kit révolutionnaire tout prêt aux compères étudiants, d'abord aux naïfs lycéens, les invitant à consulter une "plateforme de revendication" comprenant un "kit de mobilisation." Gageons que le kit en question a été rédigé dans l'appart à Mélenchon...

Comme il faut diviser la "jeunesse" en gauche et droite, lamentable et éternelle forfaiture bourgeoise, il faut en sponsoriser un autre, côté droit, basané plutôt pour garantir l'antiracisme.

Nathanaël Combary est déjà pourtant un vieux "lycéen" (comme ma vieille sœur) de dix-huit ans. Mons, rougeoyant que les trois autres, il est carrément un produit du système dominant, Il a été reçu au ministère de l'Éducation nationale dans le cadre du mouvement de protestation des lycéens, en tant que président du conseil d'administration de Renouveau lycéen, une organisation qui veut représenter les intérêts des élèves du secondaire. I

Un troisième larron, exposé par les médias embrassant Mélenchon dans le cortège parisien, Elwan avait accouru pour rejoindre les empanachés bleu-blanc-rouge de la France Insoumise qui défilaient en chantant la Marseillaise. Pris par l’épaule par un Jean-Luc Mélenchon radieux, arborant lui un brassard blanc en signe de paternalisme pitoyable, le faux lycéen lui a parlé à l’oreille avant de l’embrasser sur la joue, avec enthousiasme. Une scène immortalisée en photo que le vieux gourou a publiée sur sa propre page Instagram, avec la légende suivante : «Rencontre de tribuns du peuple». Une séquence gratifiée de 126.000 «likes». «Le proche présent et le futur de la France», a dit un commentaire honnêtement complice, Preuve de ce que je ne cesse de répéter, le national-populisme est apolitique, vise à empêcher de penser politique. La politique est du domaine de l'affection. Chaque faux lycéen est confirmé dans son statut de colleur d'affiches électorales, comme rwan qui vante "le vieux" gourou: "C’est celui qui va sauver la France, j’en suis persuadé. Et tout du moins, c’est LFI qui va sauver les jeunes. Et nous, comme on est l’avenir de ce pays, on va faire en sorte de gagner !»

Les "jeunes"! Surtout pas les classes sociales! Les vrais ennemis de ces "jeunes" ne sont pas les cordons de CRS ni le "F.Haine", mais ceux qui sont dans leur dos: les vestes oranges CGT qui balisent le parcours "en défense", les orateurs faux lycéens qui les invitent à croire "révolutionner" l'Éduque naze" avec plus de profs et des locaux propres, comme promesses dérisoires à une fin immédiate de la reproduction sociale.

LFI ne contrôle pas encore totalement l'insubordination lycéenne, d'abord parce que sa compréhension est limitée. Il ne s'agit pas d'une simple contestation à la 68, mais d'une insubordination profonde, et probablement irréversible, qui peut déborder l'encadrement des chefs petits-bourgeois parachutés par Mélenchon et Cie.

Ce n'est pas par un redoublement des bagarres contre les flics que le mouvement pourra rester autonome et se développer en lien avec le prolétariat, ni par l'arrivée des pompiers sociaux les jours prochains pour les "soutenir" comme la corde soutient le pendu, s'il ne dénonce pas les manips grossières en cours, il s'effondrera; ce qui semble déjà le cas avec Tartuffe fait star, Bally Bagayoko qui multiplie les selfies et les autocrates confirmant qu'il est un bon politicien car lui "il vient sur le terrain et soutient".

Franchement, s'exalter de la présence de ce clown manipulateur et menteur, puis être joyeux d'exhiber des drapeaux tricolores dans une foule qui chante la Marseillaise, cela n'a plus rien à voir avec mai 68, ni avec l'internationalisme.

La noyade de l'insubordination est déjà programmée. Prochain mouillage, celui d'une intersyndicale unitaire sortie du chapeau le 13, et avec les daronnes, Sabrine Kharbach et les dames de charité citoyenne; d'autres suivront si nécessaire pour que Lecornu puisse dormir sur ses deux oreilles. Le peuple, cet indistinct personnage de Victor Hugo, selon l'acception national-populiste, cette engeance si prisée électoralement, si manipulable, dissout toute lutte de classe.

Danger en suspens : l'État est affaibli, n'a pas le pognon nécessaire pour l'Eduque naze, emprunte pour la guerre, ne sait pas comment interrompre l'insubordination, craint une renaissance de gilets jaunes, même s'il compte énormément sur le sale boulot de Mélenchon, même s'il réduit de dix centimes le gazole. Dans ces conditions, c'est le chaos qui menace et pas la révolution internationale.

Bon sang, il faut le hurler: c'est cette idéologie national-populiste qui prépare vraiment à la guerre, l'exaltation d'une solution nationale derrière le drapeau des chair à canon successives.



mercredi 7 octobre 2026

INSUBORDINATION LYCEENNE: LA HAINE DECHAINEE DES MEDIAS


"
Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l'étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l'être le plus universellement méprisé." De la misère en milieu étudiant (internationale situationniste)

« Les « insoumis » ont mis un brassard blanc pour faire la courte échelle à celles et ceux qui portent une cagoule noire ». Sébastien Le Cornu1

"Devant l’école des Beaux-arts à Paris, le blocage a débuté à 7 h 30. Lundi, en assemblée générale, a été votée par 250 étudiants la création d’un « pôle du quartier latin », voté également par des étudiants de Sciences Po, reprenant les traditions de Mai-68 pour « un espace de concertation politique et de refuge pour les lycéens et les étudiants », explique Raphael. Alors qu’un passant, excédé, vient de critiquer vertement la mobilisation, l’étudiant y voit le signe de « la bourgeoisie qui a peur parce qu’il y a une énorme partie de la jeunesse qui est en colère ».

La question de « l’avenir de guerre et de précarité » qu’on promet aux jeunes est au cœur des préoccupations. « Nous, on ne veut pas gagner sa vie à la perdre », prévient Raphaël. (extrait d'un journal)

Beau résumé du début, vite gommé par ce ramdam réactionnaire et haineux des journaleux du pouvoir. Le bistrotier Praud s'en est donné à cœur joie pour célébrer son amour de l'uniforme et de l'autorité des dominants. TF1 et sa sous-chaîne LCI, comme BFM, les gogols Switeck et Rochebin, se sont complus à étaler les images des violences émeutières, à la fois pour scandaliser cette pute d'opinion et colérer la gauche avec l'exposition calculée de rabassages policiers, limités en réalité, afin de dissoudre tout l'intérêt du mouvement massif et conscient des lycéens qui sont tout de même plus conscients et angoissés que les étudiants.

Toutes proportions gardées, le déchaînement de haine, de mensonges et de fabulations des médias ferait presque penser au déversement de boue du Figaro après l'écrasement de la Commune de Paris en 1871. Pourquoi une telle haine,me direz-vous? Mais parce que la bourgeoisie a peur, comme le notaient ces jeunes manifestants avec qui je discutais épisodiquement tout au long du cortège.

Je dois l'avouer, une manifestation sans violences m'emmerde, c'est comme un match de foot sans buts. Les manifestations pacifiques ne servent à rien sauf à faire croire à ce que le Lecornu (Lecocu) vient de nous chanter sans peur du ridicule : "cesser les cours pour un temps de démocratie interne"; pour l'instant la démocratie interne, c'est la BAC.

On a le résumé gentiment syndicrate du Le Monde : "Battant le pavé dans tout le pays, lycéens et étudiants, mais aussi profs et parents ont réclamé des moyens pour l’éducation, un plan d’urgence pour le bâti scolaire, la suppression de Parcoursup ou encore l’amélioration des emplois du temps".

Les slogans rapportés par les pigistes sont les plus débiles bien sûr : "La jeunesse emmerde Parcoursup" et aussi "le Front national", tout en défilant derrière le même drapeau que le RN., mais surtout ceux du parti national-populiste avec ses drapeaux chauvins saupoudrés un peu partout dans le cortège et au devant de celui-ci: « L’avenir de la nation passe par l’éducation », « Moins de flics, plus de fric "; "ACAB", "tout le monde déteste la police" (c'est pas vrai)2; "slamo tutti antifascisti". Pas les plus significatifs d'un mouvement, non pas de contestation (terme réducteur et applicable aux gauchistes neuneus) mais de protestation politique. Et de colère qui ne peut se limiter à des revendications économiques désespérées, celles qui dénoncent nettement le capitalisme: précarité généralisée et guerre pas encore généralisée3. Passés sous la table, les panonceaux reprenant les slogans de Mai 68 "Sois jeune et tais-toi", ou celui-ci: "5 ans d'études = précarité"; ou encore celui-là: "De l'argent pour l'éducation, pas pour la guerre".

Le compte-rendu des violences policières est transfiguré par ces mêmes pigistes se faisant l'écho d'une perception nunuche par tel ou tel lycéen apeuré d'avoir quitté les jupes de maman: "« Quand on voit les images [de violences sur les lycéens], c’est immoral, les policiers qui font ça, ils devraient être suspendus », s’agace Nolhan devant le lycée professionnel Frédéric-Bartholdi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). La veille, assure-t-il, l’une de ses camarades « s’est fait embarquer à coups de pied parce qu’elle voulait brûler une poubelle ». Plus de 6 000 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement. Parmi elles, 5 000 ont été placées en garde à vue, dont 4 400 mineurs (L'immonde). Des mineurs en garde à vue, on en frissonne ! C'est le nazisme qui est de retour! Mais qu'est-ce qu'ils croient ces gentils mineurs ? Que l'éducation en régime capitaliste va éliminer la sélection et instaurer une égalité des chances ? Qu'on va laisser les plus excités d'entre eux balancer des boules de pétanque et des morceaux de marbre aux coins acérés (j'ai vu péter ainsi le bas des vitrines en marbre et les bouts distribués aux plus tarés) menacer de mort les CRS? Sachant que le plus souvent ces objets contondants sont balancés d'abord par les barbouzes et repris par les petits cons encagoulés qui croient que le capitalisme va être renversé si on tue un CRS ("tuons-le, brûlons-le").

Les gardes à vue ne sont pas méchantes (j'y ai été conduit par le passé). Les flics font extrêmement attention aux mômes et aux cardiaques. Le syndrome Malik Oussekine plane toujours au-dessus de leur tête. Bobos tartuffes contestataires flicophobes, vous n'étiez pas encore conçus dans l'utérus qu'en 1936 et après-guerre, et pendant la guerre avec l'Algérie, les flics étaient chargés de tirer à balles réelles.

Ces internements provisoires seront-ils utiles à ce qu'ils comprennent que la lutte des classes n'est pas un jeu d'enfants ? Pas sûr. Le séjour chez les pandores va plus sûrement servir à se vanter sur les réseaux sociaux. La réalité, c'est surtout de nombreux blessés chez les manifestants et aussi chez les flics, mais c'est un mensonge (de gauche bourgeoise oppositionnelle) de dire que les flics ont chargé systématiquement. La colère qui se transforme en émeute est normale, et preuve du sérieux de la confrontation sociale, où les barbouzes ne sont pas les premiers à caillasser. Il ne faut pas abuser la population, et je le vois à chaque fois, les flics ne chargent que lorsqu'ils reçoivent mortiers et caillasses. Ils ne foncent pas dans la foule au hasard; à plusieurs reprises j'ai vu la foule se muer en corridor pour qu'ils aillent appréhender ou bastonner les plus énervés4. On a vu avant-hier une jeune policière chassée en meute par des racailles, jetée au sol d'un vulgaire coup de pied au cul qui la fit tomber au sol suivi de coups de pied à la tête. Répugnant comportement de racailles (de banlieue ou pas) ; et pas une féministe bourgeoise ni Sardine Ruisseau pour dénoncer cette ignominie. Preuve que les vrais fachos ne sont pas ceux qu'on montre du doigt!"

Je dois l'avouer, chaque fois que je vois insulter comme une pute une femme policière, j'interviens pour saquer l'idiot : "Tu lui cries dessus si tu crois que c'est efficace, mais pour sa fonction, pas pour ce qu'elle est en tant qu'être humain!" doigt!"5.

1Je souscris pleinement par contre à la déclaration de ce lycéen jugé au tribunl qui a choqué nos braves magistrats laxistes pour les racailles et qui s'était adressé ainsi à un cogne: "«On a pris les lycées. Demain on va mettre le feu à l’Élysée. Le 17 octobre ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes !» Il est aussi accusé d’avoir outragé un policier en ces termes, après son interpellation : «Vous êtes absurde espèce d’andouille. Vous êtes méprisable. Vous êtes les chiens de garde du pouvoir.» Plus sympa encore a été le soutien du public criant au magistrat: "vous êtes une pourriture"; du jamais vu en général dans cette enceinte terrorisante et puante de l'ordre bourgeois inique.

Laissant sous la table de même les agressions contre profs et proviseures, la gauche bourgeoise et bobo, et les syndicalistes choisissent aussitôt l'opportunité racoleuse pour dénoncer vivement une répression disproportionnée; un bobo député cocolo au Parle et met, a même osé: "on a utilisé des armes de guerre contre des enfants" car "l'État policier" ne veut pas entendre les revendications des "jeunes" et que la matraque ne résoudra rien; ce qui est vrai, comme est vrai que lorsque "les socialistes" sont au pouvoir, ils ont aussi besoin de cette matraque si méprisée. Cet oubli fait le bonheur, au même moment, des professeurs de haine médiatique qui, eux, se servent de l'image de cette pauvre policière, terrorisée et humiliée, pour en appeler à l'opinion de chercher avec cette entité gazeuse les moyens de faire payer les familles des merdeux. Sans oublier la remarque mélenchonesque pour sous-développé intellectuel: "la police est raciste", ce qui est une insulte raciale pour les nombreux policiers noirs pourtant visibles sous l'habit robocop, et pas spécialement électeurs de la mère Le Pen.

Est héroïsé au passage le tartuffe Bally Bagayoko: " En arrivant près de la place de la Nation, proche du malaise - sans doute en raison des émanations de gaz ou de fumée –, il a été exfiltré par son équipe".

Venu plastronner en compagnie de la racaille des politiciens éculés du PS, qui espèrent vainement récupérer des électeurs soumis et insoumis, le clown de LFI était venu se mettre en scène face aux CRS qui ne bougeaient pas, "écartant les bras et se collant en marche arrière sur un rang de manifestants: "Arrêtez, ne les tapez pas! Les CRS ne tapaient rien du tout, puis, excédés par ce cirque, avaient fini par lâcher une lacrymo pour éloigner tout ce beau monde. Puis gros plan sur le pauvre maire de banlieue arrosé de collyre - victimisé et héroïsé comme "proche du malaise" - par les quatre ou cinq baraqués qui le portaient comme une poupée gonflable. LFI ne peut pas manipuler ce qu'ils ne contrôlent pas plus que les autres rackets politiques, mais sert à appuyer et diffuser une flicophobie dérisoire comme seule radicalité politique éliminant toute réelle réflexion sur l'État profond de la bourgeoisie: "« Lycéenne, lycéen, protège-toi de la police : les keufs sont partout, masque ton visage et quelqu’un filme. 

Les parents d'élèves engagés à venir servir de casques blancs par le paternaliste Mélenchon n'ont rien encadré du tout mais se sont trouvés réduits à manifester comme les autres, quoiqu'on nous ait exhibé un seul cordon dérisoire en blanc ne protégeant rien, parmi la foule des jeunes, enthousiasmés, qui apprennent ainsi la lutte collective dont est porteur le prolétariat.

Outre le drapeau cocardier, l'oriflamme palestinien est de sortie à chaque fois pour faire croire que le nationalisme palestinien ferait partie de la lutte des classes ; les porteurs de keffiehs sont ridicules, comme les fachos palestiniens saluant la mémoire du criminel Mohammed Merdah.


LA VIOLENCE DE MANIF CONFONDUE AVEC LES FAITS DIVERS

Le Figaro, toujours à la pointe du discours policier terroriste noie le poisson politique et social : "Jamais la violence n’a été aussi forte dans l’espace public en France. Les violences physiques hors du cadre familial ont passé la barre des 20 000 faits par mois commis et signalés à la Justice. Du jamais vu. Cela correspond désormais à près de 700 infractions recensées par jour ! Il s’agit bien des agressions dans la rue, dans les espaces culturels ou commerciaux, les établissements scolaires ou au travail". C'est équivalent aux émeutes en Nouvelle Calédonie en 2024 qui avaient fait des morts... Tous ces incapables cheffaillons flics et journalistes ont trouvé la cause du problème, ce n'est pas leur incompétence aux ordres des racketts politiques depuis des décennies qui est la cause du problème et de notre dégringolade PISA, ce sont... les réseaux sociaux !

Cette confusion est adoubée par le mépris total des lecteurs bourgeois cultivés: "Le niveau intellectuel des enfants puis adolescents ne cesse de dégringoler depuis des décennies, ils n'arriveront à rien, d'ailleurs la prodigieuse vacuité des caisses publiques rend impossible de leur attribuer quoi que ce soit".

Il faut brider l'IA et fermer les réseaux sociaux, implore tel maire, et que les parents interdisent de mal faire leurs progénitures.

UNE MANIF AUX CONTENUS PLUS POLITIQUES QUE LYCEENS

Il faut avoir marché en dialoguant pour rendre compte, hors de la perversion des pigistes, leur adoubement d'une gauche contestataire bourgeoise et leur prétendue indigbation pour les feux d'artifice (sic) de cette bande si nombreuse de "racailes", souvent même pas lycéenne.

Comme toujours depuis au moins quatre décennies le gros des manifestants défile toujours devant les racketts gauchistes et syndicaux, même si LFI y a llanté quelques fanions nationalistes en tête de cortège. Les discussions, sous le brouhaha et la passio des jeunes lycéens, révélaient une conscience politique révolutionnaire en éveil, tout autant que proclamation soudainet décoiffante de leur référence à mai 68. J'ai d'ailleurs été autorisé par une AG place de la République à prendre la parole. Je l'ai ai félicité pour leur mouvement, leur rappelant que j'avais leur âge en 1968 et qu'ils sont la nouvelle flammevrévolutionnaire, formule du socialisteKarl Liebknecht en novembre 1918. J'ai été chaleureusement applaudi, puis interviewé. J'ai regrettéd'avoir fait une interventiin simplement louangeuse et trop courte, oubliant de leur sigaler que la question la plus importante posée en 68 a été la non-récupération par les partis et syndicats, la nécessité de rester autonomes avec AG souveraines et délégués élus et révocables6. Mais cette question, je me suis rendu compte au cours de la marche, qu'elle est déjà dans la tête de certains lycéens.

J'ai rigolé enfin avec les ouvriers (tous de la mairie de Paris qui débrarquèrent avec leurs voitures balais pour foutre à la poubelle les pannonceaux en carton, souvent pas terribles:

- il y en a que vous ne devriez pas jeter !


LA REUNION PUBLIQUE DU SEUL GROUPE REVOLUTIONNAIRE PRESENT A PARIS

Evidemment vous mépriserez que ce ne soit pas là un groupe à la taille des partis professionnels et qui empestent sur les bars des plateux télévisuels. Le Courant Communiste International dont les origines remontent justement à 1968 tenait sa RP après avoir publié sur internet un bon tract sur les "évènements" (comme on disait de mai 68) en cours, puis appeler à cette RP les lycéens ayant envie de réféchir plus sur ce que peut être une alternative révolutionnaire. Evidement il n'y en eu point, hélas. Quelques étudiants, déjà bien conscients politiquement et convaincus de l'importance du prolétariat pour l'avenir.

Il faut y insistrer, dans l'ensemble la discussion, plutôt le débat, s'est déroulé très chaleureusement, avec un niveau politique hors du commun et des réflexions très pertinentes sur les magouillent de la bourgeoisie. Le débat polémique avec les représentants de deux autres groupes marxistes, le PCI et la TCI (dont je vous laisse deviner qu'ils comportent aussi l'horrible mot communiste dans leurs sigles) fût très éclairant tout en étant respectueux. Les critiques du tract du CCI furent surtout menées, parfois avec pertinence par ces autres militants, et ce débat entre groupes divergents mais assis sur le même socle, ne fût pas ennuyeux, même pour les individus isolés comme moi; c'est une erreur de croire que ces groiuopes seraient des sectes alors qu'ils pruvent à chaque fois leur capacité d'écoute sans jamais être fanatiques dans leurs réponses.

Le débat est resté trop centré sur la révolte lycéenne à mon avis, sans prendre en copte ou resituer celle-ci dans un contexte de grave crise de l'ens emble du capîtalisme. Je peut signaler le débat anecdotique sur l'étudiant comme peti-bourgeois devenu "enfant de la classe ouvrière", thèse toujours discutable. Finalement je trouve que kl'insistance du représentant du PCI sur une vision "classique" de l'étudiant comme petit bourgeois, même si elle paraît exagérée désormais, restene partie valable, une bonne partie d'entre eux se démènent encore pour devenir cadre ou se rabattre sur les fonctions honorifiques de chef syndical ou anuimateur politique des sectes gauchistes puis parlementaires. Le représentant de la TCI a justement critiqué a propagande du CCI depuis des mois qui laisse croire à la fin de la contre révolution en exaltant un tas de grèves corporatistes dans le monde sans débordement des syndicats. Remarque juste qui aurait dû être étayée par ce que je reproche au CCI: ne voir la lutte de classes que dans le cadre gréviste, alors que les "événements " actuels mettent en avant qu'ekle se passe surtout dans la rue et à un niveau plotique: précarisation et guerre, et pas sécurité de l'emploi et victoires corporatives.

La polémique sur la question de la violence de classe a révélé encore une fois que c'est kle CCI qui reste le plus clair sur la question, que cette histoire de haine appuyée sur une citation d'époque d'unMarx pas toujours judicieux par notre ami bordiguiste, est désuette et qu'on la laisse aux gauchos mégalos flicophobes.

Plusieurs autres questions d'importance ont été posées sans forcément la réponse adéquate. La conclusiuon fût nulle de chez nulle, sans aucune synthèse deb la discussion; e fût le cas loirs des RP précédentes. Il devrait être interdit de conclure une réunion matérialiste par l'eucharistie du prolétariat. Et avec undiscours rébarbatif répétant à chaque fois de façon simpliste le résumé du credo organisationnel.

Le prolétariat n'est pas dieu, rédempteur de tous les péchés. Quand ça pète toute la population est engagée à choisir son camp, c'est ce qu'avait compris Lénine utilisant ponctuellement le mot de peuple car la classe ouvrière en révolution est tout sauf une"classe fermée". Et aujourd'hui, en attendant cet heureux et très difficile et dangereux moment d'un processus révolutionnaire, où qu'il est le prolériat en Russie, en Iran, en France engoncé dans une brumeuse procession électorale tristounette et grossière? Dire que ça va peut-être pétrer dans trois ou quatre ans, c'est évasif (surtout qu'on a plutôt l'impression que ça va être moins loin) dans une situation mondiale dangereusement instable. Enfin conclure impose un effort intellectuel pour résumer et souligner les questions en suspens. Cela ne remet pas en cause la sincérité du concluant mais l'encourage à être moins fainéant la prochaine fois.

A la prochaine et longue vie aux lycéens.


CCI: Home page | Courant Communiste International

TCI: Tendance Communiste Internationaliste | Leftcom

PCI :http://www.pcint.org/20_Cqnd_Prg_Qsn_Site/Site_Web_PCInt_Fr.htm



NOTES 

1On ne mesure pas la chance que nous avons d'avoir comme dernier ministre de Macron, un type dont le nom signifie depuis toujours : le cocu.

2Les gauchistes excités sont les premiers à aller porter plainte chez les "cognes" (cognophobie) s'ils ont été victimes d'un cambriolage ou d'un cassage de gueule, et applaudissent cette même "police fasciste" si elle est amenée à réprimer une manif des fachos en modèle réduit.

3On veut aussi nous faire croire que sont violées les vraies revendications, mais des syndicrates et des bobos parents d'élèves: " Battant le pavé dans tout le pays, lycéens et étudiants, mais aussi profs et parents ont réclamé des moyens pour l’éducation, un plan d’urgence pour le bâti scolaire, la suppression de Parcoursup ou encore l’amélioration des emplois du temps". Foutaises, ces revndications étaient déjà formulées par la révolte lycéenne de 1998. Près de 30 après la gauche bourgeoise s'en offusque s'en s'en être plus souciée que sa collègue de droite et des lepénistes.

4Cette foule, dans la durée et surtout en fin de manif, n'est pas très glorieuse, c'est plutôt des milliers de voyeurs qui se déplacent pour voir et filmer avec le portable la guerrilla cagoulés/policiers, qui applaudit au bruit des pértards de "l'ultra-gauche", soit une contestation déléguée aux plus abrutis, qu'elle laisse tomber d'ailleurs lorsqu'ils sont apalguès.Ces manifs actuelles ne sont que de la petite bière comparées à celles où la période sera plus grave, plus risquée et plus insurrectionnelle.

5Je souscris pleinement par contre à la déclaration de ce lycéen jugé au tribunl qui a choqué nos braves magistrats laxistes pour les racailles et qui s'était adressé ainsi à un cogne: "«On a pris les lycées. Demain on va mettre le feu à l’Élysée. Le 17 octobre ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes !» Il est aussi accusé d’avoir outragé un policier en ces termes, après son interpellation : «Vous êtes absurde espèce d’andouille. Vous êtes méprisable. Vous êtes les chiens de garde du pouvoir.» Plus sympa encore a été le soutien du public criant au magistrat: "vous êtes une pourriture"; du jamais vu en général dans cette enceinte terrorisante et puante de l'ordre bourgeois inique.

6Seul LFI a intégré cette donnée que les partis prétendument insoumis ne doivent plus user des rtermes "secrétaire général", "secrétaire national", "comité central" mais coordinateur comme le second couteau Manuel Bompard à tronche de voyou, bien qu'il soit intelligent et ingénieur.Sans oublier que ce machin fonctionne comme une secte scotchée aux désidérats de son gourou, secondé par le gourou noir en second, apôtre de l'antiracisme de banlieue et porté aux nues mieux qu'un vulgaire rappeur par les djeuns apolitiques de banlieues "déshéritées" mais tout de même, et c'est positif, réfractaires au puant système démocratique bourgeois.