"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 11 décembre 2017

LA MORT ORDINAIRE D'UN CHANTEUR DE VARIETES


« La musique seule peut parler de la mort ».
André Malraux, La condition humaine.

Fin de saga d'un rebelle milliardaire endetté

Je ne voulais pas oublier initialement cet article après qu'on nous ait goinfré tout azimut pendant quatre jours et demi1 avec les commémorations diverses de la mort de Johnny Hallyday, où l'obscène rivalisa avec union des larmes nationales, gros cubes de riches et petite croix autour du cou d'un homme pas vraiment vieux mais au visage ravagé par l'alcool, mais la réaction provocatrice, mais si fine, de Finkielkraut, qui choque tant l'unanimité nationale pleureuse, a mis le doigt dans le mille, ou une partie du mille feuilles idéologique...Ce qui m'interrogeait était le silence de la gauche bourgeoise. Aucune effusion du côté des trotskiens ; comme pour les attentats, chez les NPA il faut croire que le décès de Johnny ne relevait même pas du fait divers2, quant à la secte LO ils vivent toujours en vase clos dans leur univers stalinien où il n'y a que des « travailleurs » qui n'aiment que écouter que du Jean Ferrat et que applaudir au discours de la bécasse à la ducasse et que aux choeurs de l'armée rouge ? Johnny n'était-il que un simple amuseur « populaire » enrichi par des fans consentants et électeurs du FN ? Ou que un simple VRP de l'impérialisme US raciste, de ses bécanes lourdingues et de ses films que pour garçons vachers ?3
Voici ce que j'écrivis en premier lieu.

Hé Johnny ! Que le COMMERCE, lui, il est éternel !

Jeudi. Quelques heures avant l'ouverture du supermarché Carrefour à la Cité de l'Europe à Calais, ayant appris la mort du rocker dans la nuit, le directeur a fait lever fissa une poignée d'employés pour pousser au milieu du magasin le bloc de rayonnages, prêt depuis plusieurs jours, chargés de CD, de livres et d'un portrait de Johnny adolescent. Le commerce capitaliste vous prend aux tripes par les sentiments : jeunesse éternelle, twist again and always, souvenirs souvenirs...
Bref, photo sentimentale du grand blond à la guitare et cercueil de CD trônaient à l'ouverture devant les rayons informatiques, ce qui nous occasionna quelques réflexions humoristiques entre consommateurs éclairés et pas nécessairement admirateurs du chanteur et de ses déhanchements moins érotiques que ceux d'Elvis. Depuis au moins deux semaines, contrairement aux fans neuneus à qui les médias faisaient croire qu'on peut lutter contre le cancer, il faut dire que la plupart des magazines « chauffaient la salle », et la future mobilisation de masse, en préparant de façon obscène l'annonce de la mort du double francisé d'Elvis.
Je découvris une autre façon de mener l'enquête ou même de draguer dans les allées du centre commercial puisque je posais la question suivante à un certain nombre de femmes (fans?) de tout âge et en tout bien tout honneur : « Etes-vous triste aujourd'hui ? ». Une fois sur deux la personne restait interloquée, non pas de la teneur de ma question, mais parce qu'elle était anglaise, et que, à Calais. Elle ne pigeait que pouic, et, malgré le Brexit (ou à cause du) les anglais continuent à venir remplir leurs chariots de vins bas de gamme et de bières moins chères. La plupart des francophones étaient tristes évidemment, le plus grand nombre de fans résidant dans les Hauts de France, région pauvre qui aime la danse populaire et la violence contenue dans le rock and roll.
Tous les politiciens hexagonaux y ont été de leur selfie condoléant. Plus étonnant a été la réaction coincée de la gauche bourgeoise (j'ai évoqué plus haut le silence méprisant des trotskiens).
Le mutisme de la gauche bourgeoise reposait-il sur le fait que le « parvenu » Johnny n'avait jamais caché ses sympathies pour le libéralisme bourgeois, même le plus provocateur à la Sarkozy, bien qu'il s'en soit mordu les doigts et même finalement désolidarisé4. Mélenchon, qui n'aimait jamais tant que photographier les vedettes lorsqu'il n'était que un second rôle au PS, ne savait pas que dire (si je pleure mon électorat va penser que je suis vendu aux produits impérialistes, si je ris je vais m'aliéner un électorat qui hésite entre moi et Marine). Donc il n'a rien dit puisque le chanteur « de droite » est trop « populaire ». Du côté de la Bible à bobos, l'OBS, un Serge Raffy est encore plus obséquieux face à que la récup nationale macronesque : « Son œcuménisme de rocker mérite à coup sûr un immense hommage. Mais que vient faire la République dans ce deuil ? C'était un géant, certes. Il souhaitait qu'on voir en lui un simple saltimbanque. Sans message, sans leçon de morale. Peut-on pleurer une idole sans le transformer en statue ? La disparition du « monument Johnny » marque la fin historique des baby boomers. Est-ce cet événement que certains veulent glorifier par un quasi « deuil national » ? ».
Et si Hollande avait été encore au pouvoir, que le Raffy lui aurait-il reproché de surfer idem sur une « union nationale en deuil »5 ? Nulle dimension internationaliste chez le porte-plume de l'OBS, mais la même gêne que Mélenchon face à un « saltimbanque de droite », au pote des milliardaires. La plus ridicule condoléance est venue du léger Hollande pour prendre un peu de poussière de gloire du « dieu Johnny » : « on aurait bien aimé le retenir » (allusion pataude à « Retiens la nuit », qui nous berça adolescents avec des transistors grésillants dans nos tentes de camping où les filles ne voulaient pas se risquer). Remarque assez imbécile quand on sait l'état où vous met le cancer à la fin. C'est Polnareff qui a montré plus de dignité : « Il valait mieux qu'il parte, au moins il ne souffre plus ».

Autant la gauche bourgeoise se montra gênée, gênée de feindre l'indifférence, autant la droite oécuménique et son pendant macronesque afficha son affliction et une compassion biblique. Opportunité quand tu nous tiens ! Ne fallait-il pas surfer sur une émotion populaire qui s'annonçait comme massive, qui prenait des proportions gênantes où, deux décennies après la disparition de Coluche, une vedette de music-hall menaçait de ravir le vedettariat à la camarilla de politiciens officiels. Tout le monde n'est pas d'accord avec moi, l'instrumentalisation nationale aurait été acquise dès les premiers râles de Johnny. Ce que je ne pense point. L'hommage national aux Champs a été contraint et forcé, et la polémique entre premiers rôles gouvernementaux a traîné quelques jours : coût d'une telle opération, plan vigipirate, risques de flop ou pagaille d'une venue massive de « beaufs ». Toutes les oreilles policières et journalistes ont averti que la masse trépignait et ne se laisserait pas voler son deuil, qu'elle viendrait de toute façon en Harley ou en voiture neuve à 169 euros par mois à vie.
Le rendez-vous fût massif en effet. Certainement un million sur les Champs et quinze millions, dont moi, devant la télé. Du jamais vu pour n'importe quelle queue de pie présidentielle, et l'enterrement de Victor Hugo était réduit à une pauvre manif de la CGT.
La prétention de Macron à discourir avant la messe était une gageure6. Sachant que les premiers rangs, venus de province étaient plutôt électeurs du FN. Cela n'a pas raté, les sifflets ont commencé... mais n'ont pas duré. Macron a réussi à les bluffer finalement avec un discours bien tourné qui flattait à mort les fans et leur idole, dans lequel il ne se mettait aucunement en avant, et puis continuer à siffler se serait vite retourné comme une honte pour les siffleurs « beaufs ».
Les deux écrivains attitrés Labro et Rondeau firent un discours de fines plumes. Labro osant égrener, parmi d'autres facettes du personnage, son aspect caméléon mais se faisant étriller pour avoir oublié de nommer les filles adoptives (certes caprice de vieux riche). Rondeau, journaliste au Monde qui avait fait scandale en interviewant jadis en une de ce journal intello, un vulgaire rocker, fit le beau en indiquant que Laeticia lui avait décrit la mort « héroïque » et mystique de l'homme Johnny : il est tombé par terre et ses yeux ouverts étaient dirigés vers le ciel7.
Le pape, devant sa télé, devait se frotter les mains pour la pub mondiale de la principale multinationale. Cela dégoulinait de mysticisme. La croyance pipole stupide en l'immortalité de leur « idole » - ce qui était pourtant une hérésie dans l'Ancien Testament – venait se jeter dans les bras des pires bigoteries qui entrecoupaient les discours des amis du beau monde sans foi ni loi.
Le plus ridicule fût Bruel qui commença par décrire une virée en Lamborghini et un arrêt picole avec louche de caviar avec son ami qu'il croyait immortel ; oubliant que seuls les académiciens bourgeois sont immortels, du moins le croyait-on jusqu'à ce qu'un vulgaire mortel chantant vienne leur faire concurrence. Le clou du spectacle d'affectation nationale et d'affliction musicale était bien sûr la bénédiction du curé gauchiste en santiags avec la pompe à encens, et sa tête de Léo Ferré, qui figurait la facette bad boy du passé d'un Jojo rangé des Harley en fin de carrière, bon père et presque papy de la nation. Quoique rebelle milliardaire endetté.

Pour tout dire, le spectacle religieux fût un concert réussi. Jésus Christ, ce hippie, ne nous en
voudra pas d'autant que Johnny a chanté toute sa vie avec sa croix autour du cou. Il lui manqua cependant la djellaba de Jésus et ne se promena jamais pieds nus sur scène. Jésus ne connut point l'électricité pour amplifier le son des guitares ni ne voyagea à bord d'une Lamborghini. Exhiber le luxe était contre révolutionnaire en ces temps là. Il y avait un côté obscène chez le Hallyday du XX e siècle finissant post bigoterie universelle de chanter la misère spirituelle du commun des mortels prolétaires tout en roulant carrosse, mais comme l'art ne peut pas être prolétarien, on aima quand même. Un riche peut connaître des déceptions d'amour comme un prolétaire, peut connaître la dépression, quoiqu'ils soient une infime minorité à mourir dans la rue. C'est pourquoi le sort de Johnny jette le trouble en nous, qu'on l'ai aimé ou pas.

Johnny était né relativement dans la rue, dans un milieu bohème artiste qui ne vivait pas si
pauvrement (le manteau dont il est vêtu, mes parents n'auraient pu me l'offrir à l'époque). Mais cette histoire de Johnny nous touche parce qu'elle nous renvoie à notre vie personnelle. Ce qui est étranger aux groupes politiques, quels qu'ils soient, y compris ceux qui se disent marxistes. L'individu n'existe pas en politique, et « le parti » n'a aucun compte à lui rendre8. C'est pourquoi nos pauvres bobos gauchistes ils restent coincés et ne peuvent rien dire sauf à se ridiculiser. Pourtant L'Huma a publié un article tout à fait digne et correct sur Hallyday, même si, inévitablement, on ne peut douter qu'il s'agisse d'une opération de séduction électoraliste car les vieux ouvriers, oui que ils aiment beaucoup Johnny dont les chansons gueulées, à fond la caisse, leur ont parfois donné du baume au cœur pour les humiliations subies au boulot, nota « qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? » et « je ne suis pas un héros »9.

Comparé aux enterrements corbillards silencieux et emmerdants, l'hérésie pouvait entraîner l'ire du catho de base, mais ce ne fût pas ridicule, et ce ne fût pas, quoiqu'on en dise une invention européenne ou d'homme blanc irrespectueux envers la religion. On chante le gospel dans les églises américaines. L'église française a évolué, elle est devenue païenne sans complexe, elle laisse depuis longtemps entrer les musiciens dans l'église au moment des mariages ou des enterrements, le rock remplacer ou cohabiter avec la musique sacrée. Vous ne verrez jamais cela dans une mosquée ou une synagogue10. La faculté de « récupération » de l'église catholique n'est donc pas négligeable et elle est loin d'être moribonde en Amérique du Sud et en Afrique11.


LA FIN D'UNE CERTAINE CULTURE IRENIQUE POST 1945 ?

J'en viens à la déclaration provocatrice, comme toujours, de Finkielkraut : « Pour Finkielkraut, seuls les «petits blancs» ont rendu hommage à Johnny, pas les «non-souchiens» qui « brillaient par leur absence ». Moi je l'aime bien finalement Finki, pas pour son soutien à l'Etat colon Israël, mais pour sa capacité à aller à rebrousse-poil de l'idéologie libéral gauchiste antiraciste dominante. Il faut toujours des extrêmes pour animer l'ennui politique dominant, Finki est l'extrême de la raciste Houria Boutelja et de tous les anonymes qui ont fait du tueur débile Merah leur idole. L'humour sur la question sociétale et ses labyrinthes idéologiques actuels provoque la déflagration. Je m'y attendais. Je voyais bien moi aussi cette dominante de visages blancs, malgré quelques noirs quand même, antillais sans doute. Hurlent tous ces bien-pensants qui ont baratiné que supprimer le mot race de la constitution supprimerait le racisme. Hurlent tous ceux qui sont contre tout contrôle des migrants mais ne s'occuperont jamais de leur trouver un foyer et un travail. Mais leurs amis antiracistes professionnels relativisent aussitôt que c'est parce que le rock est désormais ringard, que la dépouille de Johnny signifie la fin de l'emprise des baby-boomers, des égotistes, ces consommateurs sans âme, ces vieux jeunes !
Ces furieux contre le provocateur Finki ont certainement raison sur un plan : la société française est devenue multiculturelle. Il faut laisser construire à gogo mosquées et clubs de foot animés par des intégristes musulmans, laisser les élèves défavorisés insulter leurs profs, applaudir au port généralisé du voile. Toute la musique « que j'aime » serait désormais le rap. Le rock c'est pour les vieux blancs racistes ; d'ailleurs (hum hum) il paraît que Elvis l'était12.

Ce constat très pertinent de Finki n'est pourtant qu'un vrai constat, l'aboutissement des cloisonnements communautaristes. Les noirs et les arabes on ne les vit point, ou en nombre, aux enterrements pour Charlie13. Les noirs et les arabes – pour parler de façon tristement schématique – ils ne se montrent qu'en banlieue lors des manifs pour protester contre des exactions policières, ou pour soutenir n'importe quelle exaction de voyou si cela concerne « la race ». On aimerait bien les voir pourtant plus nombreux dans les manifestations « de classe » (ouvrière) ; quoique chacun soit toujours libre de manifester pour ce qu'il veut.

Mais, comme toujours, la provoc de Finki reste superficielle et décalée par rapport à la réalité sociale, et que nombre de noirs et d'arabes étaient aussi devant leur écran de télévision. Je ne pense pas qu'on puisse reprocher non plus à d'innombrables prolétaires blancs de ne pas être venus à l'enterrement pipole ; Finki ne nous dit pas quelles classes ou couches composait cette masse de gens, ni la proportion de voyeurs ou de joggers. Ensuite la mort d'une vedette de variétés depuis le temps du général – lequel déclara que Johnny serait plus utile à la construction des autoroutes – ne peut pas enterrer les années 60. Il ne fût qu'un personnage de ces années-là, et c'est réduire l'histoire à un spectacle de Michou Drucker que d'imaginer que les préoccupations des gens pendant 50 ans ont été les santiags et les vêtements ridicules de scène du caméléon Johnny.

L'ENVIE DE PROLONGER LA VIE... ou d'assister à un cancer


L'émotion populaire renvoie à quelque chose de plus profond, et qui nous touche tous, toutes races confondues, quelles que soient nos « idoles ». J'ai pour cela deux explications dont vous pouvez inverser l'ordre.
La première est que le dégoût de la politique en général (« noir c'est noir... il nous reste l'espoir »), renferme les gens (j'évite de dire toujours les prolétaires ce qui finit par paraître ...communautaire!) dans des soucis d'ordre privé et sentimental. Assister à un concert (et aussi cancer) d'une bête de scène les touche bien plus que les lamentables meetings électoraux. Le plaisir est immédiat par le chant, le rythme, l'ambiance. Les lendemains chantants tu peux toujours attendre et te morfondre politiquement.
La deuxième est ce refus de vieillir et d'accepter la mort qui est typique justement de la génération des baby-boomers. Jusqu'à nos jours le cancer a été une maladie cachée, masquée; on trouve encore nombre de nécrologies qui indiquent "victime d'une maladie incurable"; car elle était honteuse cette maladie; honteuse parce qu'imbattable, qu'elle ridiculise la médecine, et qu'elle signifie qu'il y a un gêne pourri dans votre hérédité familiale. Avec l'exhibition du cancer de Hallyday, on aura certainement décomplexé l'information sur le sujet mais pas fait avancer le schmilblic.  Obscène et fallacieuse fût cette prétention, étalée par les médias, à combattre la maladie à coups de gueule ou de doigts d'honneur, ou avec les prières des fans. Johnny put allumer le feu souvent mais conjurer le sort en vain. Certainement au courant depuis l'an passé du mal qui le rongeait, et auquel l'abus de tabac, d'alcool et de drogues illicites n'est pas étranger, il faisait le fanfaron. Il mena une série de concerts au titre de « Rester vivant » avec une grosse tête de mort qui pendait au-dessus de la scène de chaque représentation. Le chanteur à tête de loup et au sourire désarmant soliloquait avec sa maladie à travers les paroles poignantes qu'on lui avait composé sur mesure : « l'envie de prolonger la vie ». Les meilleures incantations même musicales ne peuvent rien contre ce putain de cancer, surtout du poumon ; j'en sais quelque chose pour avoir été aux premières loges lors de l'agonie d'Anouke et d'autres. Tout le corps part en couille, se vide littéralement en un liquide infâme. Le malade meurt littéralement de faim car il ne peut plus manger. Je plains les proches de Hallyday qui lui ont tenu compagnie jusqu'aux derniers jours, et, désolé, mais toutes classes et races confondues, le chagrin des autres allume toujours une immense peine en nous. Pauvres êtres humains nous sommes périssables comme les fleurs, mais pas tous en même temps. Notre espoir et notre joie réside dans le fait que l'humanité ne s'arrête pas à la mort de celui-là ou de celle-ci. Que nos successeurs vont connaître à nouveau la vie et peut-être un monde meilleur.
Johnny a probablement dit à ses médecins : « stop débranchez-moi, je veux pas finir complètement décomposé ». Peut-être est-ce une de ses dernières blagues d'avoir attendu que l'écrivain bourgeois oecuménique d'Ormesson le précède. Johnny était croyant depuis toujours, sinon il n'aurait pas porté la croix catholique pendue à son cou même pour les concerts les plus hérétiques. Il a dû penser que monter au ciel avec d'Ormesson serait moins emmerdant qu'avec Mireille Mathieu. C'est sans doute le seul vrai combat qu'il a pu imaginer. M'ont fait rigoler les inventions de ses amis ou des toubibs clientélistes qui ont clamé qu'il avait mené un combat acharné contre le cancer. On ne peut pas lutter contre le cancer soi-même comme on ne peut pas réparer tout seul sa jambe cassée. Les soignants vous bourrent de cachets, pas de music-hall, et dosent d'une manière plus alchimique que scientifique avec la chimio. Le crabe, lui, avance inexorablement même si vous avez « encore envie de vivre ».

L'agitation des tout petits scandales sur le déroulement des cérémonies ou de la dernière provoc de Finki, servent à laisser au second plan l'essentiel : la recherche sur le cancer n'a pas progressé depuis des décennies. La « science capitaliste » est plus apte à tuer des milliers d'hommes à des distances lointaines qu'à guérir les milliers qui souffrent et périssent de cette maladie glorifiée comme « incurable »14. Incurable comme le capitalisme ?





NOTES



1Alors que des informations autrement plus graves sur ce qui se passe dans le monde méritaient de rester en une, la grave provocation de Trump contre les Palestiniens, l'armement accéléré de la Corée du Sud, l'invraisemblable déclaration de victoire de la camarilla gouvernementale irakienne assurant avoir fini la guerre contre daesh, les vagues de destruction d'emploi dans les grandes surfaces et les banques, etc.
2Par contre, ils passent du temps à défendre un vieux bureaucrate du PS, qui fût un de leurs pères trotskistes en sa jeunesse, accusé d'antisémitisme pour avoir publié un montage bête de Soral montrant Macron comme otages des juifs et des banques, ce qui n'est pourtant pas totalement faux ni antisémite, quand chacun sait que Goldman&Sachs, banque de banksters est couramment nommé banque juive. Et qu'il y a quand même des magnats juifs aussi pourris que nos magnats chrétiens ou musulmans. Naguère, des groupes, pas aussi étroits, qui faisaient eux partie de mouvement révolutionnaire (S ou B et Pouvoir ouvrier) n'hésitaient pas à parler des concerts de rock comme événements ; même si ultérieurement a été théorisé cette truie « le soulèvement de la jeunesse ».
3Pour ce qui me concerne, cela ne me fit ni chaud ni froid, il n'est pas un proche et je le savais condamné malgré les sottises sur sa robustesse et un (impossible) combat contre une telle maladie. Comme je l'ai dit au début de mon livre jadis (« Les cartons d'Albi ») on ne peut nier qu'il fait partie de l'histoire de France au même titre que De Gaulle et Bardot, que, même à partir de l'exemple américain il a envoyé valser la musique de papa. Quant à sa trajectoire personnelle et ses fortunes diverses elles sont secondaires. Comme interprète il fût un soleil. Je l'ai croisé souvent involontairement, enfant d'abord, à Albi,où il fît un de ses premiers concerts vers 1961 ; il était venu se balader dans mes belles rues autour de la cathédrale. J'ai assisté avec indifférence à son concert au palais des sports vers 1967 à Paris, plus intéressé par la mise en scène (danseuses aux seins nues avec paillettes) . Puis je le vis parfois dans les rues de Paris où il passait dans les 70 avec ses hordes parasites de Harley Davidson. Enfin, à l'enterrement de Coluche à Montrouge, je marchais derrière lui avec Michel Leeb, dans le maigre cortège qui accompagna le comique jusqu'au cimetière. Chacun est accompagné d'une chanson lors de son premier amour, moi, avec Anouke, c'était en 1969 : « Que je t'aime » et le Polnareff du « je te donnerai tous les bateaux ».
4Tant de bardes à la Doc Gynéco, qui firent la lèche à Sarko, ont fini aux oubliettes médiatiques.
5Pas vraiment, comme on le verra grâce ) Finki...
6A l'origine Macron devait discourir à l'intérieur de l'Eglise, où il ne risquait pas de sifflets de la part de la haute caste réunie sous toit catholique. Cela eût été une transgression à la veille (le 9) de l'anniversaire de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ! Chacun tint son rang, les curés dedans et la République dehors, mais Johnny attend désormais d'être béatifié. On le fit passer pour un saint, oubliant ses frasques de riche parvenu ou ses abus sur les sans grades, même si on nous rappela lourdement qu'il avait donné son cachet de concert aux sidérurgistes de Longwy en lutte en 1979.
7Pitoyable imagerie mystique, en général on ne tombe pas par terre lors d'un malaise pour se retourner et regarder le bon dieu. La réalité est simple : on débranche dès que le malade fait signe. Ce qu'un hebdo pipole a fort bien résumé : « madame, c'est maintenant ». C'est cela qui est terrible pour les proches, pas vraiment pour celui qui est débranché, en vérité euthanasié, et qui voit la fin de ses souffrances.
8Pour exemple, j'ai envoyé de vieux films de vacances à des responsables du CCI, récemment, qui contenaient des moments de vacances avec de charmant(es) camarades disparus. Ni merci, ni merde. Et je doute même qu'ils les aient transmis aux concernés. Je ne peux résister à ajouter cette anecdote qu a choqué les personnes que j'avais fait venir à leur dernière réunion publique à Paris. Une sympathisante de Rennes (j'espère non militante) a déclaré : « je ne veux surtout pas que mon fils devienne prolétaire ». Réunion de bobos ?
9Le rock n'a jamais été subversif, un défouloir tout au plus. C'est le rock qui a fait tomber le mur de Berlin, plus encore que la course aux armement qui a épuisé l'URSS. Avec le rock on peut s'amuser entre fils de bourgeois ou d'ouvriers. Le rock a cassé les frontières et les clichés politique bien plus que nos vieux refrains révolutionnaires. S'il contient plus d'amusement immédiat, de communication sociale joyeuse dans le présent, que nos lointains déhanchements communistes, inatteignables lendemains, il reste une mode aléatoire, et c'est bien la CIA qui a sponsorisé les grands concerts qui ont servi à culbuter les choeurs ringards de l'armée rouge !
10Lors d'un mariage familial, mon fils, guitariste, avait composé une chanson pour sa grand-mère et la chanta au beau milieu de l'Eglise avec l'accord du curé.
11Le chant au moment des enterrements est immémorial en Afrique. Au Burkina Faso des veillées de chants sont organisées lors des funérailles mossi pour tous les défunts ou défuntes décédés des suites d’une mort jugée socialement acceptable et alors que leur statut permet la tenue de rites funéraires. Aux îles Tonga, les femmes chantaient des complaintes autour du cadavre et les continuaient encore au dessus de la tombe.Les Maori de la Nouvelle Zélande ont laissé des chants funéraires d’une beauté rare. Ils s’appelaient Waiata tangi et étaient chantés en choeur. En Amérique, nous trouverons la même coutume et les mêmes productions orales. Chez les Indiens du Paraguay, dès que le guerrier défunt était paré de ses armes, les femmes de sa famille éclataient en pleurs effroyables. Puis elles se levaient deux par deux, entonnaient un chant monotone et faisait en dansant le tour de la cabane. Ces chansons et ces danses étaient continuées par les femmes pendant trois jours. Les hommes se tenaient à l’écart et vaquaient à leurs occupations habituelles.

12Etrange étrange, le rock qui vient du blues et du jazz, donc d'une musique inventée par les noirs révoltés, reste quand même immortel pour autant de noirs que de blancs. Il faut constater tout de même une communautarisation musicale. Les boites en banlieue parisienne sont dominées par la musique antillaise. Pratiquant depuis peu le Linky Hop, j'ai pu vérifier que cette danse de 1930, inventée par les noirs américains, était pratiquée surtout par une jeunesse à majorité blanche. Pourtant elle reste ouverte à tous, et nos plus brillants danseurs ou profs de cette danse qui fait fureur depuis deux ans sont noirs.
13Je l'avais signalé sur mon blog à l'époque, mettant cette absence plus sur une conscience de classe, même faible, rétive à ces grandes communions nationalistes d'un hypocrite « tous ensemble contre le terrorisme » planifiées et encadrées par l'Etat bourgeois ; malheureusement il semble que le prolétariat est en grande partie divisé, et que chacun pense « nos morts ne sont pas les vôtres ».
14Plusieurs amis et camarades sont actuellement frappés par le cancer, et c'est à eux que je pense. Je leur dis qu'il n'est pas aussi rapide pour tous, que certains connaissent de longues rémissions et je les embrasse. Tous, de toute façon, malade ou pas, on atteint tôt ou tard, le point « fatal », le moment « final ».

samedi 2 décembre 2017

QUAND LES PRINCIPAUX ETATS VOYOUS REGULENT JURIDIQUEMENT LE COMMERCE MONDIAL


« Sans le renversement révolutionnaire du capitalisme, aucune cour internationale d’arbitrage, aucune réorganisation “démocratique” de la Société des Nations, ne sauraient sauver l’humanité de nouvelles guerres impérialistes ». Lénine (1917)
« Mes compatriotes ne doivent pas prendre prétexte de la culpabilité passée de l’Allemagne pour fermer les yeux » ; la défense des droits humains peut impliquer de « prendre les armes ». Gauck (président allemand 2014)


Deux scandales scandés par le MEDIAWEB

On lit en ce moment ceci en une de la presse et du médiaweb : « L'enquête sur les activités du groupe cimentier Lafarge en Syrie, soupçonné d'avoir financé l'État islamique de 2012 à 2014 pour maintenir en fonctionnement son site de Jalabiya, s'accélère. Trois cadres du groupe ont été mis en examen vendredi à l'issue de 48 heures de garde à vue pour «financement d'une entreprise terroriste», «violation du règlement européen» concernant l'embargo sur le pétrole syrien et «mise en danger de la vie d'autrui»1.

De manière obsessionnelle on lit aussi, sans rapport apparent avec le scandale précédent, que « L'inculpation de Michael Flynn menace la Maison-Blanche » ; cet ancien conseiller de Trump aurait menti sur le degré de collusion de Trump avec « l'ingérence russe dans la campagne électorale ». L'objet de cet article sera de montrer les accointances et les raisons de ces scandales martelés par les menteurs professionnels accrédités à la désinformation généralisée.

EN FINIR avec l'impérialisme juridique américain ?

C'est le titre d'un court article du député de droite gaulliste Pierre Lellouche dans Marianne de la fin novembre 2017 (j'ai rajouté le point d'interrogation). Ce député, qui avait déjà protesté en son temps contre les sanctions visant la SNCF, considérée, et non pas Pétain le bref, comme coupable de la déportation des juifs français, fait un constat évident : « Depuis une dizaine d'années, de très importantes sanctions financières ont été infligées par les autorités judiciaires américaines à des entreprises européennes. Et comme il s'agit des Etats-Unis, puissance qui ne peut faire que le bien (benevolent power) , ces sanctions sont imposées au nom, bien entendu, des plus nobles causes : lutter contre la corruption ou la fraude fiscale, punir ceux qui contournent les sanctions contre les « Etats voyous » ou jugés comme tels par les Etats-Unis, protéger les consommateurs ou les règles de la Bourse ou du marché ».
Il liste ensuite toutes les entreprises françaises qui ont trinqué : BNP Paribas, Alstom, le Crédit Agricole, Airbus, Sanofi, Veolia. Ces mêmes entreprises sont obligées de se soumettre au contrôle américain « relevant du secret des affaires ». Il dénonce « une application du droit pénal américain hors des Etats-Unis (qui) détruit le droit international tel qu'il est construit sur la base de la souveraineté des Etats ». C'est donc une arme de soumission et de destruction systématique de leurs concurrents étrangers ». Très bien vu, mais pas analysé en profondeur sur l'état du capitalisme2.
La juridicisation de la vie politique et sociale on connait depuis un moment. Cette mode a été imposée par l'impérialisme dominant surtout depuis la chute de l'ex URSS. A l'anti-communisme primaire a succédé la morale primaire. Il faut s'interroger plutôt sur cette nouvelle forme de compétition entre entreprises, multinationales en façade, par Etats interposés, ou mieux par justice interposée.
On se souvient qu'en décembre 2014: « Un accord entre la France et les Etats-Unis a été signé pour immuniser la SNCF contre des poursuites sur le territoire américain visant sa responsabilité dans la Shoah. Pour cela, la compagnie ferroviaire indemnisera les victimes américaines à hauteur de 100.000 euros »3. La SNCF, et non pas le maréchal et sa milice armée, était accusée d'avoir, durant la seconde guerre mondiale, transporté près de 76.000 de juifs vers les camps de la mort. Seuls 3.000 d'entre eux en sont revenus. Avec cet accord, l'Etat américain s'engagea à immuniser la SNCF contre toutes poursuites judiciaires (on rigole du tour de passe passe mafieux). Il ne s'était agi que de modérer les ambitions de la SNCF en territoire américain. La SNCF n'avait pas participé aux négociations concernant son éventuelle inculpation pour « crime de guerre »...
L'ambassadrice française aux Droits de l'homme (sans ticket), Patrizianna Sparacino-Thiellay avait annoncé cet accord lors d'une visio-conférence de presse, "la SNCF n'a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. (...) c'est de la responsabilité des autorités françaises" d'en assumer les conséquences, a rappelé la diplomate française. Encore une autre subtilité de langage diplomatique pour dire que si la SNCF a été un instrument, l'Etat français actuel devait bien, lui, raquer à sa place, en tout cas à la place de Pétain.
Bon sang chauvin ne saurait mentir. En juillet 2014 l'Huma faisait râler à sa place le justiciable Le Flock Prigent contre les multiples attaques « juridiques » américaines, lequel en devient même léniniste: « CHANTAGE AMÉRICAIN :Nous venons donc d’abandonner à la fois notre souveraineté, des savoir-faire technologiques essentiels que peu de pays au monde maîtrisent et que nous avons mis des années à construire, et une entreprise rentable qui dispose de débouchés commerciaux indéniables. En l’espèce, la loi du marché ne justifiait nullement cette vente. Outre son rejet du pouvoir socialiste, l’une des raisons qui ont conduit Patrick Kron à vendre Alstom à GE est la menace de poursuites pour corruption qui pèse sur les dirigeants du groupe français, sans qu’il soit possible d’en mesurer le bien-fondé. Il s’agit bien là d’un chantage américain. En effet, nous sous-estimons toujours les pratiques déloyales et illégales américaines dans la compétition économique mondiale. Rappelons qu’au nom de la « guerre contre le terrorisme », la NSA écoute la planète entière, en particulier les entreprises étrangères qui concurrencent les firmes américaines4. Ainsi, depuis la fin de la guerre froide, les Américains ont développé une véritable stratégie planétaire de domination politique, juridique et économique : la mondialisation n’est finalement que l’imposition au reste du monde du droit et des lois américains. C’est là la définition même de l’impérialisme.
« LA PERTE DE SAVOIR FAIRE ESSENTIELS BÂTIS SUR DES ANNÉES DONT LA LOI DU MARCHÉ NE JUSTIFIAIT PAS LA VENTE.»
L’affaire Alstom est à rapprocher d’autres offensives que les États-Unis ont déclenchées contre nous, profi-tant de notre faiblesse politique du moment. A cause d’un président impopulaire et passif (Hollande): remise en cause par Washington de la vente de navires Mistral à la Russie et véritable racket dont a été victime BNP Paribas. C’est pourquoi il est temps de sortir de l’aveuglement dans lequel nous baignons : nous ne sommes plus amis depuis longtemps avec les États-Unis, tout au plus alliés. La guerre économique est depuis longtemps déclarée et il est affligeant que nous ne rendions pas les coups ! Ainsi, contrairement aux allégations du gouvernement, le dossier Alstom n’est en aucun cas une victoire française. C’est uniquement une victoire de GE qui a eu tout ce qu’il voulait. Ce qui est incroyable, c’est que l’entreprise américaine a pu dérouler toute sa stratégie sans la moindre opposition de la part de notre pays.
INCOMPÉTENCES
L’affaire Alstom révèle donc l’incompréhension de la compétition économique des dirigeants politiques français. Le gouvernement n’a pas été à la hauteur des enjeux. Mis à part les rodomontades d’Arnaud Montebourg, rien n’a été fait. Pire, certains, dans la haute administration, ont torpillé dès le départ l’option d’un rachat d’Alstom par la France. Ils ont eu le toupet de justifier cette décision au nom de « l’intégration silencieuse des discours du Front national dans la politique économique de la France ». Une note de l'Huma tenait à se démarquer de tout discours nationaliste, tout en restant national et donnant une petite clique à la CGT : «  Affligeant. Défendre les intérêts nationaux, c’est aujourd’hui être du Front national ! Enfin, il convient de ne pas oublier le silence assourdissant des syndicats, que l’on n’a pas entendus dans cette affaire : comment la CGT, d’habitude plus réactive, a-t-elle pu rester absente de ce dossier ? Ce sont là autant de signes inquiétants d’une démission collective ».

La France n'est pas seule obligée de cracher au bassinet, il faudrait évoquer aussi l'Allemagne avec l'affaire Volkswagen, et d'autres pays européens. Cette juridicisation des rapports économiques interpelle évidemment tout honnête homme sur le fallacieux droit international chanté depuis 1945, comme le soit disant contrôle des ventes d'armes entre pays belligérants5 ; quand la pièce de théâtre à terreur froide Corée/Trump côté jardin, quand, côté cour, les affaires, militaires et mafieuses, vont bon train.

LES CONSEQUENCES « JURIDIQUES » DE L'IMPERIALISME

On peut dire que c'est avec la fin des expansions coloniales que naît l'impérialisme. Marx notait que l’aube de la production capitaliste était marquée par la « découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires […]. Le régime colonial […] assurait des débouchés aux manufactures naissantes [et les] trésors directement extorqués hors de l’Europe […] refluaient à la mère patrie pour y fonctionner comme capital », ce qui permit aux capitalistes européens d’établir d’immenses réserves de richesses vouées à être ensuite transformées en capital. Bien qu’il remarque que le « pouvoir de l’État » a joué dans ces transformations, Marx ne fait pas mention du droit international à l'époque. On ne peut cependant pas nier que ces processus internationaux ont été médiatisés par le droit international. L’expansion coloniale a été réalisée par l’intermédiaire d’un droit d’acquisition des territoires coloniaux, tandis que plusieurs traités ont joué un rôle central afin de garantir le commerce, la navigation et le règlement des guerres entre prédateurs concurrents. Marx pouvait assister à l'expansion régulière du capitalisme depuis l’Europe, et à l'affermissement du rôle de la bourgeoisie pour donner « un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays » au point que « l’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles ». Déjà s'estompait la différence entre économie mondiale et économie nationale.

L’analyse de Marx de la politique mondiale fut en réalité très limitée par l'état du capitalisme de son temps, encore « jeune ». La contribution approfondie du marxisme en matière de relations internationales revient à Lénine, qui fut le premier à synthétiser les réflexions de Rudolf Hilferding, Rosa Luxemburg et Nicolaï Boukharine pour expliciter le lien entre capitalisme tout entier et les conflits du système au niveau mondial entre Etats capitalistes. Dans L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, il expliquait que la concentration du capital due à la course au profit mène inévitablement à limpérialisme, c’est-à-dire à une politique agressive, économique et militaire, des Etats capitalistes visant à accroitre leur domination sur les autres Etats capitalistes, rivaux ou plus faibles. La conséquence de cet impérialisme était décrite par l’apparition de frictions et de conflits entre puissances capitalistes qui, parce qu’elles recherchent de nouveaux débouchés pour leurs produits, s’affrontaient déjà pour le contrôle des territoires non capitalistes, les colonies ; et il y a affrontement désormais en plus, un siècle plus tard, comme les quelques exemples repris ci-dessus le démontrent, entre entreprises et cartels industriels, sous arbitrage de la justice... d'Etat dominant6.
Marx aurait tout à fait compris l'aboutissement impérialiste et juridique du capitalisme moderne, puisqu'il avait montré, dans le contexte des « Lois sur les manufactures », qu’ « entre deux droit égaux, c’est la force qui tranche », autrement dit que devant deux arguments juridiques irréfutables, c’est la force qui résout la contradiction. Dans la « Préface » de la Contribution à la critique de l’économie politique, Marx décrit le droit comme l’une des « formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience [du conflit de classe] et le mènent jusqu’au bout ». Concernant l'idéologie, Engels a montré que la fonction du droit est essentiellement, de servir d’écran de fumée pour masquer les processus « réels » à l’œuvre dans le monde.
Loin d’être d'apaiser les relations internationales, le droit international depuis 1945 en est venu en fait à cornaquer et à déchirer le monde .
Les rivalités nationales, loin de se résorber, se sont intensifiées dans la période de 1914. Hilferding a fourni le premier l'analyse de la naissance de l'impérialisme, soutenant que les prédictions de Marx au sujet de la concentration du capital se sont révélées justes à la fin du XIXe siècle. Avec la banqueroute et le rachat de certaines firmes, l’industrie capitaliste s’est trouvée concentrée aux mains de plusieurs corporations en situation de monopole. Afin de garantir leur stabilité et leurs profits, ces firmes se sont organisées en cartels, réalisant la fusion des capitaux industriel et financier au sein de vastes blocs. Ce mouvement a opposé les capitalistes au « libre échange » et aux limites que celui-ci imposait au regroupement en cartel.
La solution à ce problème a été double : augmenter la taille de la zone tarifaire grâce à la conquête de colonies, et exporter le capital. Cette dernière stratégie combinait la vente de marchandises à l’étranger, le développement à vaste échelle et l’investissement dans les manufactures, les infrastructures de transports, etc. ; elle repose sur l’établissement d’entreprises commerciales à l’étranger et l’exploitation directe de la main-d’œuvre étrangère. En raison de leur sous-développement relatif, les économies capitalistes moins avancées ont à chaque fois fourni le plus grand nombre d’opportunités pour accroître les profits. Boukharine et Lénine ont été plus loin, montré qu’une division internationale du travail découlait du processus décrit par Hilferding, et correspondait à l’avènement d’une phase qualitativement distincte du capitalisme, alors décrit selon Lénine comme «un système universel d’oppression coloniale et d’asphyxie financière de l’immense majorité de la population du globe par une poignée de pays “avancés” ». Les Etats rivaux étaient conduit à s'affronter sur le « territoire économique ». La concurrence « économique » s’est transformée en concurrence politique et militaire.
On pourrait croire qu'ils n'ont pas traité de façon explicite, du droit international. Bien au contraire, ils lui sont carrément rentré dans le chou. Boukharine, Lénine et Hilferding ont ainsi tous démontré que le droit international constituait l’un des mécanismes de la lutte entre puissances impériales, et l’un des instruments pour sanctionner l’oppression coloniale. Les traités internationaux, définis comme une manière de codifier un certain équilibre au sein des rapports de forces, en offrent un exemple manifeste. Pour Lénine, le Traité de Versailles repose sur une « paix dissymétrique et prédatrice », et a fait émerger une situation « dans laquelle soixante-dix pour cents de la population mondiale est mis en servitude ».
Par conséquent, Lénine a aussi décrit les institutions internationales de son temps comme basées sur un code juridique hypocrite. La Société des Nations était en particulier vue par lui comme une « meute de loups qui se saisissent mutuellement à la gorge », « une pure imposture […] une caverne de brigands, chacun essayant de dérober quelque chose aux autres ». Il a défendu l’idée que les institutions juridiques internationales incluaient et exprimaient les rivalités engendrées par l’impérialisme. Le capital financier est « un facteur si puissant, si décisif, pourrait-on dire, dans toutes les relations économiques et internationales, qu’il est capable de se subordonner et se subordonne effectivement même des États jouissant d’une complète indépendance politique ». Lénine soutient en fait que l’impérialisme n’était pas uniquement le fait des puissances coloniales et de leurs colonies, mais qu’il s’étend à des « formes variées de pays dépendants qui, nominalement, jouissent de l’indépendance politique, mais qui, en réalité, sont pris dans les filets d’une dépendance financière et diplomatique » – ce qu’il nomme des « semi-colonies »7. Cependant, il expliquait clairement que l’impérialisme s’exprimait en priorité dans le lien immédiatement juridique que la puissance coloniale entretient avec la colonie. L’annexion politique « rend souvent l’annexion économique plus facile, moins cher […] plus accessible et moins pénible ».
Il y a peu d'analyses marxistes « techniques » sur le droit international, on doit à Pachoukanis d'avoir approfondi Lénine pour les conséquences « juridiques » de l'impérialisme8. Dès lors que les États sont structurés en classes et qu’ils sont pris dans les filets d’un impérialisme, cette stratification de classe s’exprime à travers le droit international. Reprenant ainsi la théorie de Lénine sur l’impérialisme, Pachoukanis montre que, loin d’être un corps de règles générales neutre, le droit international équivaut à « la forme juridique de la lutte des États capitalistes entre eux pour la domination du reste du monde » : fondamentalement, c’est ainsi qu’est façonné l’ordre juridique international. À la suite de Lénine, Pachoukanis aborde le rôle joué par certains traités pour structurer et organiser la domination impérialiste, et conclut qu’une « obligation issue d’un traité n’est rien d’autre que la concrétisation, sous une forme spécifique, des rapports économiques et politiques ». Les vainqueurs de 1945 n'ont pas dérogé à la règle... juridique.

Enfin, la domination coloniale, sous sa forme juridique, ne fut pas, pour Pachoukanis, l’unique moyen qui permettait au capitalisme avancé d’exploiter les États moins développés. Elle officialisait une égalité formelle de tous les sujets mais reconnaissant en même temps des inégalités de richesse réelles ; le droit international reconnaît « l’égalité de droit entre États bien que leur pouvoir et leur poids dans les relations internationales soient incomparables », ce que l’absence d’État international centralisé renforce. La corrélation entre violence et forme marchandise contamine également la forme juridique, étant donné que la justification des droits repose clairement sur la violence de l’autorisation à posséder en priorité comme loi du plus fort. La loi du plus fort est le ciment juridique du droit international. La coercition est inhérente à la forme marchande.

LE DROIT PENAL INTERNATIONAL COUVRE LE CAPITALISME

Plusieurs juristes ont démontré la farce de ce droit qui essentialise (réduit à une seule dimension) les diverses conséquences de la barbarie capitaliste. Des actes ignominieux au cours d'une guerre, ou de persécution de populations, ne font plus partie du système global de violence mais sont imputés à quelques « fruits pourris » ; le droit pénal s'occupe de « violences conjoncturelles et de leur caractère anormal »9, comme le concierge témoin d'un fait divers. Le rapport « pratique » aux droits de l’homme est profondément dépolitisé. Le juriste nationaliste Mohamed Bedjaoui restreint la définition de l'impérialisme à l'oppression de l'homme blanc, le droit international a, selon lui, « permis la colonisation, l’exploitation de l’homme par l’homme, les discriminations raciales, [et a] facilité et légalisé l’enrichissement des pays riches ». Le droit international classique est pour l'ex-conseiller du FLN, « dérivé des lois de l’économie capitaliste et du système politique libéral », et dans sa version contemporaine, il continue d’autoriser l’exploitation néo-coloniale au sein de laquelle les firmes multinationales remplacent les États. Définition non seulement simpliste mais complice des nouveaux Etats post-coloniaux. Aux côtés des juristes autorisés, Bedjaoui considère qu'il n'y a pas de lien nécessaire entre droit et impérialisme. On a vu que pour le juriste bolchevique Pachoukanis, contrairement au juridte bourgeois Mohamed Bedjaoui, le droit dépend pourtant structurellement du capitalisme.
Boukharine et Lénine avaient parfaitement vu la division internationale du travail, non pas au sens de complot, mais où les classes dominantes charchent à satisfaire leurs intérêts à travers le droit international. Le marché mondial du capitalisme moderne ne vise pas au regroupement des différentes économies nationales quand, même des entreprises d'une même nation sont prêtes à s'allier avec un conglomérat d'un autre pays. Comme l'a démontré le juriste indien B.S.Chimni, c'est le droit international qui avait permis l'accélération des colonisations en Afrique sous couvert d'un droit des « nations civilisées » d'un côté, et, de l’autre, « l’achèvement du colonialisme ne constitue pas celui de l’impérialisme mais le début d’une nouvelle phase : l’impérialisme sans colonies ». La période 1945-1980 a été marquée par l’essor du néo-colonialisme, situation dans laquelle « l’indépendance politique marche main dans la main avec la dépendance économique » dit ce juriste (pratiquement luxemburgiste), ce qui déteint sur le droit international. La souveraineté de chaque État était pour la première fois reconnue à part égale, mais ce principe juridique a perpétué les inégalités réelles favorisées par le droit international. Ces États (dits nations libérées) nouvellement dotés d’une personnalité juridique s’inscrivaient alors dans un droit écrit sous l’ère coloniale, « expression géométrique de l’hégémonie que la doctrine bourgeoise exerce encore aujourd’hui ».
Pour le juriste indien, à partir des années 1980 la principale évolution du capitalisme repose sur l’essor « d’une classe capitaliste transnationale », classe véritablement globale, sans attache précise à un système économique national, à la pointe du tournant de la «mondialisation ». Le capital transnational dépend de manière essentielle d’un « espace économique fonctionnel, homogène et mondialisé » et de la liberté de circulation pour les capitaux. Pour Chimni, les institutions internationales jouent à ce titre un rôle crucial, et, de manière analogue à la fonction de l’État dans les phases antérieures du capitalisme, elles ont servi à faire tomber « les obstacles locaux à l’accumulation du capital ». Ainsi, l’OMC, le FMI et la Banque mondiale ont-ils remodelé les économies des sociétés périphériques de manière à les rendre bien plus attractives aux yeux du capital transnational. Il ne défend pas l’idée d’un État global qui aurait supplanté les États nationaux, mais soutient plutôt que la mondialisation a transformé la place structurelle qu’occupe chaque État souverain au sein de l’ordre international, ce qui a conduit à la création des institutions internationales et à la mise en œuvre par ces États des fonctions d’un État global. Comme cette évolution représente un pas en arrière face aux bénéfices du droit démocratique bourgeois,Chimni a théorisé au milieu du carnaval altermondialiste la nécessité d'un nouveau mouvement social et global qui devrait tenter de soumettre cette forme étatique aux principes de la démocratie et à l’autorité de la loi. Un utopiste radical à sa façon.

L'économiste Charles-Albert Michalet considère que l’analyse du comportement des firmes multinationales est indispensable à la compréhension du système économique mondial qui se crée à travers leur développement, il n’en reste pas moins convaincu qu’il faut rechercher les causes à l’origine de la multinationalisation des entreprises dans les contradictions inhérentes à la dynamique du capitalisme. Ces firmes conservent un ancrage national. Certes, elles constituent des entités autonomes qui fixent leurs stratégies et organisent leur production indépendamment des découpages nationaux, mais cela ne signifie pas qu’elles soient dépourvues d’une nationalité et qu’elles forment des entités souveraines. Elles ont une appartenance nationale qui est déterminée par la nationalité des capitaux qui contrôlent la maison mère, de sorte que le pays d’origine est aussi celui où sont rapatriés les profits réalisés par les filiales à l’étranger.

À ce titre, la firme multinationale doit être perçue comme négation du commerce international, son activité à l’étranger tendant à se substituer à l’exportation. La multinationalisation des entreprises constitue ainsi une remise en cause radicale de la théorie standard de l’échange international qui assimile les économies nationales à des boîtes de facteurs de production mobiles à l’intérieur et immobiles internationalement.
La genèse des multinationales d’origine française semble calquée sur le schéma américain. Dans l’un et l’autre cas, la stratégie des firmes est défensive. Il s’agit de défendre des positions oligopolistiques exploitées jusque-là par le biais de l’exportation et qui se trouvent menacées par une concurrence accrue. Là s’arrête la ressemblance. Les voies française et américaine de l’internationalisation diffèrent pour deux raisons : d’une part l’écart existant entre le niveau de développement des deux économies, d’autre part la différence dans la prise de conscience des avantages offerts par l’internationalisation de la production. L’avantage oligopolistique que détiennent les firmes américaines est fondé sur une avance technologique elle-même liée à leur appartenance à l’économie la plus développée du monde. Leur implantation à l’étranger revient à exploiter l’inégal développement des économies nationales en bénéficiant à la fois d’économies d’échelle et d’une réduction des coûts salariaux. L’investissement à l’étranger des firmes françaises ne vise pas prioritairement des économies moins développées compte tenu des risques politiques encourus et surtout de l’exiguïté des marchés locaux. Au contraire, leur implantation à l’étranger concerne avant tout des pays de niveau de développement comparable ou plus élevé, comme les États-Unis, ce qui met en doute l’idée que la production à l’étranger vise à protéger une position oligopolistique préalablement acquise par l’exportation. Ce qui explique les longs marchandages avec la SNCF sur fond de punition antifasciste.

Deux concepts lui semblent cruciaux dans Le Capital. D’une part, l’expansion du marché mondial doit être comprise comme une condition indispensable au développement du capitalisme, d’autre part, la division internationale du travail qui en résulte entraîne un développement inégal entre pays à l’avantage de ceux qui sont les plus riches au départ. Michalet souligne deux constats à travers l’inventaire critique qu’il dresse des principales théories d’inspiration marxiste : la nécessité pour les pays capitalistes développés d’étendre le marché à l’échelle mondiale et la possibilité pour eux de bénéficier d’un transfert de valeur au détriment des pays les moins développés. Cependant, ces phénomènes ne suffisent pas à eux seuls pour expliquer les caractéristiques de l’économie mondiale qui se met en place sous l’égide des FMN. L’internationalisation du capital décrite par les théories marxistes reste cantonnée aux relations d’échange sur le marché mondial, alors que pour saisir les spécificités de l’économie mondiale inhérentes au développement des FMN elle devrait être perçue en termes de délocalisation des processus de production. D’où le basculement théorique que Michalet opère dans Le Capitalisme mondial, en rompant avec l’analyse de l’économie internationale, fondée sur le primat donné à la sphère de circulation, afin d’élaborer une analyse de l’économie mondiale privilégiant la sphère de production.
Aux yeux de Michalet, le principal mérite de Marx dans Le Capital est d’introduire une rupture radicale par rapport à l’approche standard en économie internationale en fondant l’analyse sur deux principes essentiels qui sont développés ultérieurement par Rosa Luxemburg. Le premier principe consiste à admettre que l’ouverture d’une économie nationale sur le marché mondial, loin de relever d’un choix de politique économique entre libre-échange et protectionnisme, constitue une nécessité impérieuse pour un pays développé, en ce sens que le marché mondial représente dès l’origine une condition indispensable au développement du capitalisme. D’un côté, la baisse des coûts à l’importation des biens salariaux et des matières premières permet de contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit. De l’autre, les débouchés extérieurs permettent de lutter contre la surproduction de marchandises et, par suite, la suraccumulation de capital. Quelles qu’en soient les modalités, le développement du marché mondial se traduit par une extension des rapports de production capitalistes au niveau international.
Le second principe inhérent à l’analyse de Marx revient à considérer que le commerce extérieur, loin d’assurer des relations égalitaires entre pays co-échangistes, est à l’origine de relations de domination sur le marché mondial, qui sont fondées sur la concentration et la centralisation du capital au sein des grandes entreprises des pays développés et qui sont à même d’opérer un transfert de valeur des pays moins développés vers les pays plus développés. Ce transfert de valeur tient à l’avance technologique dont disposent les pays développés et qui leur permet de vendre leurs marchandises sur le marché mondial à des prix fixés au-dessus de leurs valeurs, de sorte que les entreprises engagées dans le commerce extérieur obtiennent un taux de profit plus élevé que celles qui exercent leurs activités sur le seul marché domestique. Les échanges internationaux servent donc de fondement à un développement inégal des pays en fonction de leurs positions au sein de la hiérarchie instaurée par la division internationale du travail.

Michalet justifie la nécessité d’un retour à Marx par les impulsions qui incitent les entreprises capitalistes à conquérir des débouchés extérieurs et qui résident dans les relations entre le procès de valorisation du capital et son procès d’accumulation. Le principal obstacle auquel se heurte le procès de valorisation du capital tient aux limites de la demande qui imposent aux entreprises d’élargir sans cesse leurs marchés, notamment au plan mondial, afin de réaliser sous forme de profit la plus-value créée. Or, cet élargissement repose sur le procès d’accumulation du capital, condition d’une reproduction élargie des rapports de production capitalistes, notamment à travers leur extension mondiale. La conquête de marchés à l’étranger apparaît ainsi comme une nécessité pour la croissance des entreprises et comme un facteur déterminant dans leurs stratégies d’investissement.
Avec la théorie de l’impérialisme comme stade suprême du capitalisme de Lénine et, plus encore, avec l’ouvrage précurseur de Boukharine, de nouveaux pas ont été franchis, après Marx, dans la compréhension de la dimension internationale du procès de valorisation du capital et de son procès d’accumulation. Des trois changements apportés par rapport à l’analyse de Marx-le capital financier, les monopoles et l’exportation des capitaux - c’est le troisième qui retient le plus l’attention de Michalet. L’exportation des capitaux qui prend le pas sur l’exportation des marchandises constitue une caractéristique centrale de l’impérialisme. Les déterminants de l’exportation des capitaux sont nombreux, mais le plus fondamental est la tendance à la surproduction de marchandises, toujours présente dans le fonctionnement du capitalisme et qui se traduit en période de crise par une suraccumulation de capital ; celle-ci se manifeste dans le capitalisme financier, où les banques d’affaires dominent la grande industrie, sous la forme d’une suraccumulation de capital-argent. En outre, l’exportation de capitaux dans des zones moins développées élargit les marchés à l’exportation des marchandises compte tenu des nouvelles activités marchandes qu’elle génère à l’étranger. En tant qu’exutoire à la suraccumulation du capital, l’exportation des capitaux permet d’étendre les rapports de production capitalistes à des régions moins développées, ce qui crée en retour de nouveaux débouchés extérieurs pour écouler les marchandises produites par les pays développés. 

Cependant, cette rupture apparaît inachevée pour deux raisons avancées par Michalet. D’une part, au plan factuel, la théorie de l’impérialisme a vieilli en ce qu’elle apparaît inadaptée pour décrire et interpréter les relations économiques internationales qui se développent après la seconde mondiale. Depuis le début des années 1960, l’exportation de capital n’a plus pour but principal d’acquérir le contrôle sur des matières premières et des ressources énergétiques dans les pays en développement. Son objectif prioritaire est de délocaliser la production des entreprises d’un pays développé vers une région du monde ayant atteint un niveau de développement comparable. D’autre part, au plan théorique, la rupture inaugurée par la théorie de l’impérialisme par rapport aux théories de l’échange international est incomplète, parce qu’elle reste centrée sur l’internationalisation de la sphère de circulation du capital, alors qu’une réelle prise en compte du rôle des firmes multinationales exige de s’intéresser à l’internationalisation de la sphère de production.

La fixation des gauchistes sur les multinationales depuis une trentaine d'années ne permet pas une vraie lutte contre le capital ; la principale multinationale reste l'Eglise catholique ! Leur étendue et leurs ramifications ne dévoilent pas la politique concurrentielle des Etats comme la juridisation mafieuse et le racket des entreprises aussi bien par Washington que par Moscou. Michalet voit bien pourtant l’influence décisive des désidératas des États-Unis, qu'il nomme « régulation » (triste euphémisme), en tant que puissance hégémonique, sur les diverses « régulations nationales » (penser : règles pénales). Il théorise une collusion États-multinationales jouant comme principe de régulation, et non pas racket. Il s’ensuit une concertation implicite, non proclamée, entre un pouvoir économique qui s’étiole, celui des États nationaux, et celui en plein essor d’acteurs privés, les multinationales, qui font prévaloir leurs intérêts particuliers. La collusion/concertation acquiert une ampleur qualitativement nouvelle avec la globalisation financière caractérisant la mondialisation à partir du milieu des années 1980.
À l’ère de la domination de la finance de marché (le capitalisme financiarisé) sur la finance de banque (l’économie d’endettement) une double contradiction émerge dans le fonctionnement de l’économie mondiale. D’une part, la césure entre l’espace national sous autorité étatique et l’espace mondial où les FMN (firmes multinationales dans le jargon économiste) développent leurs stratégies s’est accentuée avec la globalisation financière, parce que celle-ci confère un rôle accru au marché des capitaux et qu’elle intensifie la concurrence sur le marché mondial des biens. 

Michalet croit pouvoir en déduire une plus grande liberté d’action acquise par les acteurs multinationaux, à l’origine de la hausse de leur rentabilité financière, avec pour contrepartie une plus forte instabilité des marchés et aussi que la capacité globale de l’économie mondiale à se réguler a reculé, alors que les besoins d’une régulation accrue se font sentir. Ce grand économiste, idole des altermondialistes, passe complètement à côté de la « division internationale du travail », c'est à dire de la compétition accrue, même à l'intérieur de chaque impérialisme dominant, entre fractions haineuses, soucieuses de leurs propres intérêts. La persécution de la fraction Trump est, comme je l'ai déjà plusieurs fois souligné, le reflet opaque de la bagarre entre deux fractions de la bourgeoisie américaine, pétrole financier contre pétrole classique. La fraction Trump ne s'est jamais cachée de vouloir travailler avec la Russie (les forages dans le nord de l'Europe sont réalisés avec les russes), mais la fraction financiaro-pétrolière des Obama-Clinton orchestre une culpabilisation internationale contre le « fou Trump », non parce qu'il est en effet zarbi, mais parce qu'au plan militaire (Syrie, Irak, Ukraine) cette fraction est directement opposée aux intérêts russes, lesquels ne se croisent pas forcément avec tous les intérêts de la fraction Trump. Compliqué n'est-ce pas ?
Pas tant que cela si l'on comprend l'intense bagarre économique des Etats dominants et de leurs paniers de crabes industriels (USA, Russie, Chine, Allemagne, Angleterre, France) pour se piquer mutuellement par tous les moyens, juridiques comme militaires), les marchés intérieurs, les zones pétrolières et le fond des mers avec les terres rares, puisqu'il n'y a plus de colonies à partager. Même au prix de la désagrégation de fictives unités nationales. La guerre contre le terrorisme opaque et les interdictions de commercer avec les Etats voyous – quand tous les Etats tendent à se comporter comme des voyous – sont la principale régulation actuelle du commerce international !
Une amorce à des réflexions à prolonger pour mieux décrypter les mystères de la politique internationale.




NOTES 

1Ce qu'on ne crie pas sur les toits c'est ceci : le dirigeant du groupe Lafarge qui a supervisé les négociations financières avec l’organisation Etat islamique était candidat FN aux dernières municipales à Paris. Faut-il rappeler, que, sous la table, le FN est acquis à l'impérialisme russe, lequel le soutient financièrement ? Mais en sous-main, le gouvernement de gauche n'a pas pour autant sermonné Lafarge pendant les deux ans qu'ils ont commercé « empiriquement » avec Daesch ; l'Etat américain n'était-il pas au courant lui non plus ? Les oukases pour punir la Russie, auront été bien douloureux surtout pour l'Etat français qui n'aura pas pu écouler ses bateaux ; les autorisations de commercer avec l'Iran restent au compte-goutte et bien incertaines avec les revirements de Trump.
2Lellouche est évidemment moqué par les blogs d'extrême-droite qui récusent l'absence de continuité entre Vichy et la République d'après-guerre, et font allusion aux origines juives du député. La position chiraquienne, on s'en souvient, était de nier cette continuité, mais pas la position américaine. Où notre extrême droite est au moins d'accord sur un point avec l'Etat racket US – la France actuelle comme continuité de l'Etat pétainiste – mais pas pour raquer. Cette fraction bourgeoise passéiste ne cachant pas par ailleurs son amitié pour le tsar Poutine, un autre maréchal que voilà.
3Les victimes américaines n'étaient pour la plupart pas nées pendant la guerre... ni n'avaient été directement victimes.
4Ce qui est complètement indubitable !
5On pourrait lister longuement les ventes d'armes ou de pièces de rechange entre industries françaises et allemande pendant la guerre de 1914 ou le fait que des entreprises américaines ont continué à commercer avec IGFarben pendant 39-45, etc. Examiner le prêt bail refilé à Staline pour qu'il tienne tête à l'armée allemande, et les chars américains repeints aux couleurs russes à Stalingrad. L'industrie capitaliste ne fait pas de sentiment et n'a pas de morale. Question cynisme deux factions de la bourgeoisie allemande nous jouent encore la valse à deux temps, militariste avec pacifiste. En 2014, la République fédérale figurait sur la troisième marche du podium des marchands de canons, derrière les Etats-Unis (31 % du marché mondial) et la Russie (27 %), et juste devant la Chine et la France (environ 5 % chacune). La position de M. Gabriel tranche avec celles de la chancelière Angela Merkel ou du président Joachim Gauck.Traduisant le désir croissant de l’Allemagne d’assumer des responsabilités internationales en adéquation avec son poids économique, ce dernier ne ratait pas une occasion de plaider pour que son pays « s’implique plus tôt, avec plus de détermination et de façon plus conséquente » dans les conflits et les opérations de paix. « Mes compatriotes, avait déclaré Gauck, ne doivent pas prendre prétexte de la culpabilité passée de l’Allemagne pour fermer les yeux » ; la défense des droits humains peut impliquer de « prendre les armes ». Cette dernière affirmation lui a valu le qualificatif d’« odieux va-t-en-guerre » de la part de Die Linke. le parti de la gauche radicale.

6Ce qui est reproché à Poutine, par exemple l'occupation de la Crimée, est une autre façon de faire de la politique économique que les Etats-Unis, pour parodier une célèbre formule.
7Ce qui est une compréhension prémonitoire et géniale de la future fumisterie des libérations nationales, compréhension qu'il oubliera en cours de route mais que lui rappellera Rosa Luxemburg.
8Pachoukanis est un juriste bolchévique, connu après la période révolutionnaire initiale. Il a été le théoricien du droit du Soviet suprême dans les années 1920 et 1930 ; il avait dirigé l’Institut de droit de l’Académie des sciences de Russie. Bien qu’il ne fit pas partie de l’Opposition de gauche, son travail est tombé progressivement en disgrâce aux yeux du régime stalinien, et Pachoukanis, dénoncé comme « ennemi du peuple », fut exécuté en 1937.
9cf. Tor Krever. La cour pénale de La Haye sert ainsi d'arbuste qui cache la forêt du capitalisme en condamnant régulièrement tel ou tel "criminel de guerre" comme si ce n'était pas le capitalisme qui est le principal criminel de guerre. Un chien de guerre bosniaque a tout de même réussi à se suicider au nez et à la barbe des juges de la fausse paix.

lundi 27 novembre 2017

DU COUPLE PERVERS NARCISSIQUE EN POLITIQUE: Calomnies et insultes sur un forum stalinien facebook





Voyage dans l'enfer des forums ghettos où est parquée une soit disant liberté d'expression








 Le vampire devant son clavier. N'ayez point peur autant que lui, en réalité il n'a que la tronche d'un aimable chauffeur routier. Il n'aime que la fuite.





FORUM FACEBOOK (sans bouc) "Socialisme ou barbarie"
3 674 membres · 2 nouveaux membres
« Forum politique consacré au mouvement ouvrier. Toutes ses sensibilités - exceptées ses dégénérescences réformistes, staliniennes et maoïstes - sont les bienvenues.(par contre sont bienvenues les dégénérescences trotskiennes?)Participer aux débats est fortement encouragé, pour peu que les insultes et les calomnies n'aient pas cours. Les propos racistes, sexistes, virilistes (?)1, homophobes, etc, ne sont pas tolérés. »


Eric Ratinaud, dit Aucordier m'avait fait signe sur facebook il y a un an et demi, se montrant intéressé par « mes idées ». L'échange avait été tout de suite cordial. Il m'avait confié s'être fait virer de plusieurs forums et avoir fini par monter le sien, qui avait « marché », où participaient des milliers et surtout une audience remarquable dans le monde arabe où beaucoup l'applaudissaient de mener un combat soutenu contre la délirante Houria Boutelja, ce qui lui valait l'inimitié du monde gauchiste et bobo complaisant avec les théories de « racialisés », aussi pourries finalement que celles de l'extrême droite. Je m'étais rendu chez lui les bras chargés de livres que je lui avais offert. Je le découvris en compagnie d'une compagne plutôt avenante, une prof dépressive qui sortait d'HP. L'intérieur de son logement était sale et en désordre mais je n'y attachai aucune importance sur le moment. Je les reçus ensuite royalement à dîner chez moi. Nous semblions en parfait accord politique sur l'analyse de la situation en général, et j'étais heureux après tant d'années de solitude (politique) de trouver des « frères de classe ».

Je pensais que nous allions pouvoir faire fructifier des échanges fraternels même dans cet univers électronique très hétéroclite où tous les chats sont gris et les repères brouillés. Or sur un forum où l'on ne se voit ni ne se connait, les idées peuvent s'entrechoquer brutalement. On ne sait pas qui est qui ni au nom de quoi il parle. Je les avais mis en garde sur ma propension à rejeter les comportements affinitaires en politique puisque j'avais été un des premiers à combattre dans le CCI les attitudes claniques. J'espérais que je n'étais pas assis à nouveau sur un même cloaque.
Un premier accrochage se produisit avec une amie de Gwen, à qui je répondis certainement un peu brutalement à sa bêtise de raisonnement gauchiste mais certainement pas en la traitant de salope comme la groupie du foromiste le prétend dans une copie d'écran. Le comparse de cette fille, par contre, s'en mêla en m'insultant avec une vulgarité sexuelle invraisemblable ; je l'avais remis en place. Apprenant l'incident Gwen, bombardée ou plutôt promue médiatrice depuis peu du forum au nom accrocheur. Gonflée de l'importance que lui avait conféré le boss, elle me ferma l'accès au forum (punition pour deux ou trois jours seulement prévint-elle) avec un sermon d'institutrice de maternelle ; elle reçut de ma part une fessée non déculottée dont elle se souvient encore, mais j'espère qu'elle ne portera pas plainte pour pincement de postérieur. Eric fît l'étonné et rabibocha les morceaux, mais peu de temps après, il se mit à me ridiculiser sous le nom de mon blog, ce qui revenait à me rabaisser publiquement. Je lui répondis en le citant sous son vrai nom. Que n'avais-je pas commis ?
Ce fût aussitôt un déchaînement de haine, je « balançais » à la police. J'étais soudain « une immonde crapule », selon les termes religieux de sa groupie. Une telle avalanche me fît penser au chantage classique des sectes de trouillards ou des tristes individus de partis politiques qui ont quelque chose à se reprocher2. Les pires accusateurs en période de révolution ou d'après-guerre sont souvent des gens pas net3. Pas la moindre aménité ni possibilité de se justifier pour un incident mineur alors que la veille encore nous étions « les meilleurs camarades du mond », alors que deux jours avant il ne savait comment me remercier pour lui avoir envoyé une thèse sur la Gauche italienne...

Puis se succédèrent les attaques ad hominem se nourrissant du peu qu'ils avaient réussi à savoir de4 il disposait d'un pouvoir bien plus radical avec les boutons électroniques de facebook que lorsqu'il devait faire exclure un militant non conforme à la ligne de sa secte qui regrette toujours la destruction de l'URSS « socialiste » par le capitalisme.
ma vie intime, sur mes enfants, etc. Il n'était pas possible de leur répondre de manière suivie puisqu'ils bloquaient la possibilité l'accès au forum à chaque nouvelle saillie, pour garder le dernier mot insultant (c'est très pénible et sadique). Et cela n'en finissait jamais. Puis j'avais laissé tomber, me fichant d'être radié de leur forum ; je pensais que pour un ancien stalinien Spartacist (il avait soutenu l'intervention russe en Afghanistan)

J'avais perdu mon temps, par naïveté, en croyant tomber sur des gens honnêtes. J'avais accepté quelques courts articles de Ratinaud qu'il me disait avoir tant de peine à écrire alors qu'il « aurait aimé avoir mes facilités d'écriture » ; je ne cherchais nullement à l'écraser en brandissant ma plus longue expérience et mon labeur intellectuel passé et prolifique, je faisais assaut de modestie et je lui avais proposé de cosigner avec moi mon livre sur la guerre d'Espagne, lui demandant de travailler dessus et me faire des corrections ; en réalité je m'aperçus que non seulement il n'y connaissait rien mais que en plus il n'avait rien foutu avec la copie du manuscrit, et qu'en réalité il souhaitait voir honorer son vrai nom, pas son pseudo Aucordier, au cas où Les cahier Spartacus nous auraient publié. Dès qu'il apprit que les Cahiers ne prenaient pas le livre, il m'expédia un laconique et dédaigneux SMS « laisse tomber ». Il perdait ainsi une occasion de notoriété avec son vrai blaze au fronton d'une édition quand même côtée en milieu révolutionnaire. Je n'étais plus que de la merde pour lui. Je ne me préoccupai plus de ces chauve-souris aux pratiques relevant plus de la psychiatrie que d'une démarche militante prolétarienne ou même révolutionnaire.

Incidemment en cette fin d'année je pus accéder à nouveau à ce forum, croyant y trouver des prises de position sur les événements, leurs indignations de révoltés de clavier et le copier-coller de leurs sujets de haine, mais non ils échangeaient encore avec plusieurs anonymes insultes et calomnies sur ma personne, quasiment un an après que nous avions cessé tout contact.

Ratinaud posant évidemment à la victime persécutée, comme le montre des « screens » que je joins à cet article : « il me chie dessus à longueur de page », comme si ce petit personnage agoraphobe, cloîtré chez lui et péteux de répondre au moindre coup de fil, était ma préoccupation principale lorsque je rédige un article politique. Il doit être lu par de vieux gamins pas finis pour gober pareilles âneries de persécuteur persécuté.
Je découvris un échantillon de noms d'oiseaux me concernant et répandus dans mon dos jusque là : épave léniniste, grossier personnage, girouette dépressive, hussard napoléonien, petit tyran, tout juste bon à dégueuler sur les camarades, n'hésite pas à livrer en pâture leur identité, insultant les femmes, juste un vieil alcoolique, profonde vulgarité qui confine à la coprolalie, maladie de Gilles de La Tourette, etc. On verra par après comment sont manipulés les participants au forum.

AFFECTION DESTRUCTION PUIS SOUMISSION5

La méthode utilisée pour me mettre le grappin dessus avait été toute simple, c'est celle de toute secte et surtout du pervers narcissique type : il t'accueille les bras ouverts comme un être merveilleux, puis lorsque tu es dans la confiance, presque dans l'addiction amicale, brutalement, sans crier gare il opère à la déstabilisation mentale : « t'es grillé ! » t'es une balance de la police parce que tu as donné mon nom ! C'est l'argument meurtrier de tout apprenti stalinien6, et qui a servi à éliminer sans preuve tout opposant non pas à la ligne mais « au caïd » à deux balles de chaque cellule de parti brejnévien. Je n'ai pas laissé passer cette accusation infâme, comme je le leur interdis aujourd'hui encore sur leur forum « fermé »7 ; je n'en resterai pas là puisque j'ai fait saisir par huissier les pages d'insultes et de calomnies ainsi que les adresses IP de leurs divers comparses injurieux qui ne me connaissent ni d'Eve ni d'Adam. Ce sont eux qui ont les premiers balancé mon identité – rien qu'en disant « le type qui tient le blog prolétariat universel » - aussi je ne vois pas pourquoi je me serais gêné, et je ne me gêne toujours pas pour dénoncer nommément leurs manipulations et leur ignominie..
Parce que c'est trop facile d'appeler au lynchage de quelqu'un, et de salir sa réputation, en mentant sur l'embrouille du pêchage à la ligne sur internet de personnes seules, occupation de tant de paumés enfermés chez eux à défaut d'une réelle occupation sociale. Le cyberharcèlement est devenue une passion perverse destructrice très recherchée, hélas en milieu lycéen comme chez les ratés sociaux infantiles.

J'avais compris plus ou moins depuis le début leur manège de secte. Ratinaud, chômeur professionnel, menteur et falsificateur depuis une si longue (dé)formation dans une des pires sectes trotskistes néo-staliniennes (15 ans à la Spartacist League), savait alterner bienveillance et attitude ordurière, parades de procureur et menaces physiques.
La Spartacist est la pire secte trotskiste, le groupscule le plus stalinien du point de vue de la manipulation des personnes et de la spécialité d'attaques des personnes pour les culpabiliser ou les rendre dépendantes. Petit chef trotskiste un jour, petit Ratinaud toujours. Il faudrait détailler toutes les tactiques vicelardes bien connues de cette secte pour bien identifier le Aucordier, qui se cache chez lui – il ne met jamais le nez dehors aux manifs ou aux réunions politiques des groupes – à la manière des chefs gauchistes en général qui envoient les autres au casse-pipe et restent planqués derrière un pseudo, qui leur évite d'être reconnu par leurs anciennes victimes ou comparses restés dans la secte, où ils se croient les rois du monde. Mais un gourou sans groupie n'a pratiquement aucun pouvoir. Celui-là a réussi à en dégoter une en longue maladie (on ne dira pas laquelle ni celle du gourou)
Cette comparse elle, issue d'un vieux milieu stalinien, m'apparut immédiatement sous l'emprise de ce type (et du prozac?). Je m'étonnais de son dévouement qui confinait à la soumission, mais elle me répondit un jour : « je le protège, oui je suis son infirmière », le plus drôle lorsque je lui signalais ses attitudes de non réponse ou de tout ramener à lui, était aussi cette réponse : « il est comme ça » ! Sur le forum elle est son chien de garde et son perroquet, prenant en tenaille le moindre contradicteur qui ose contredire son gourou. Elle est la Jeannette Thorez-Vermesch du forum et éjecte à tour de bras avec le couperet du bouton « médiation ».


Je pouvais observer donc la semaine dernière que Gwen avait toujours une araignée au plafond, procédait de manière affinitaire voire maternante, et menait toujours la cybercabale contre moi un an après, sachant que je peux lire mais pas répondre ; conduisant l'orchestration et la manipulation insultante de participants ravis qui accourent et vomissent en meute, comme on dit8. Gwen guide le harcèlement névrotique avec brio :
  • sous une tonalité qui se veut objective elle répond à un questionnement très péjoratif d'une complice : »de bonnes idées hélas exposées avec une profonde vulgarité qui confine à la coprolalie » ;
  • Un nommé Abdennasser Sari ajoute que « après les réunions publiques interminables les militants éculaient à mort (?) la totalité buvait » (!?)
  • à un certain Alexandre Collignon, qui ne me connait ni d'Eve ni d'Adam qui déclare avoir bien envie « de le traiter de sale misogyne sur la publi de Stéphane Lucien », elle répond : « ça ne sert à rien, il va te bloquer et t'insulter ». (ce Collignon est leur espion sur ma page facebook comme je m'en rends compte au nombre d'insanités qu'il balance. Il répond : « ouais mais au moins Stéphane Lucien et bien d'autres sauront... ».(Stéphane Lucien peut être une bonne prise pour les « camarades » du forum, c'est un sérieux archiviste et une personne pas sectaire, il doit donc apparaître comme une de me victimes).
  • Collignon ajoute qu'il est persuadé que je suis alcoolique, ce qui rend (moi et un autre) « complètement lunatiques et cyclothymiques. Hystériques comme tu dis. Et lorsqu'ils sont bien beurrés, tous deux semblent frappés par le syndrome Gille-de-la-Tourette.... »

Le gourou en rajoute une couche en assurant que « aujourd'hui il me chie dessus à longueur de pages... » (je ne parle pas de lui sur mon blog!). Puis il fait le beau Serge, se donnant le beau rôle (cf le screen).

Sur une autre page, j'avais commenté la remarque de l'enseignant archiviste, Stéphane Lucien, qui refusait de s'exprimer sur les réunions non mixtes encouragées par un syndicat du 93 pour ne pas se solidariser avec « la direction », je disais : « m'enfin, sous prétexte de toujours te différencier de ton patron, tu ne protesterais pas si un collègue était accusé de pédophilie par solidarité avec ce collègue ? (j'aurais pu tout aussi bien dire avec un collègue ayant commis un crime, car, de mon point de vue c'est une hérésie totale cette histoire de non mixité et confine au racialisme)9. Un Frédéric répond : « jean-louis de plus en plus glauque ». Stéphane n'a rien compris à mon objection et dit : « Comparer les pédophiles au syndicalisme je préfère ne pas répondre ». Vous avez compris que je contestais son corporatisme étroit qui, comme au moment de l'affaire Dreyfus autorisait des socialistes à conclure « il est coupable parce que c'est un bourgeois » ; il m'est arrivé d'afficher mon accord avec mon patron contre l'attitude raciste d'un collègue sans que je me sente traître à la classe ouvrière. Ces réunions non mixtes sont une insulte si je puis dire au syndicalisme traditionnel, presque pornographique ! Les quolibets de Colligon suivent évidemment.
Sur une autre copie, on peut voir comment la groupie Gwen manœuvre pour mettre son son aile Stéphane qui n'est pas membre du forum et invente ceci : « parfois il fait des incursions pour insulter des gens dont Stéphane, Eric ou moi (… ) il insultait les femmes », etc.

Gwen demande à son sous-fifre Collignon (qui est l'espion sur ma page facebook) : « tu n'as pas un petit screen pour me consoler ». L'espion qui venait du bar s'exécute à chaque fois, et en bonne prof elle le récompense d'un petit pouce levé, comme la maîtresse donne une image au bon élève, le gourou aussi sur une autre de mes saisies d'écran. Collignon y prend tellement plaisir qu'il en remet une couche (copie 7).
Je rappelle que je ne peux pas répondre et que je ne veux surtout plus apporter de l'eau à leur moulin, sinon de toute façon ils vont me bloquer à nouveau (le pouvoir infernal du faible sur le web!).

CLAP DE FIN

On peut voir la bande des quatre, le gourou msqué Aucordier/Ratinaud qui mène l'embarcation psychiatrique en forme de container poubelle, Gwen la secrétaire aux manettes du forum et les deux autres commères qui ont été adjoint depuis un certain temps (copie bis 8).





NOTES


1Assez inculte, le gourou du forum a sans doute voulu dire « machiste » car viriliste, d'usage récent et peu courant, à l'origine n'a pas du tout le même sens : « (Médecine) État d'une personne du sexe féminin qui présente un développement des caractères sexuels secondaires de type masculin → voir hirsutisme, « virilisme pilaire ». La fabrique idéologique féministe de l'écriture idiote inclusive se l'est accaparé comme synonyme de machisme. Simple masque du vocabulaire car, le gourou, comme Ramadan, ne se cache pas en privé d'être un macho de première, se vantant de ses origines espagnoles, sans oublier la façon dont il drive de manière paternaliste sa groupie. Son forum est une mixture imbuvable de cris et de fureur, de rodomontades alternant avec satisfecits de complaisance, baignant dans les concepts gauchistes les plus contradictoires, sous couvert de flatter le libre débat du « mouvement ouvrier », l'émancipation des femmes ici et maintenant (gadget libéral) et une morale qui n'existe même plus dans les cours de maternelle.
2 Le clash en septembre 2016, vous donnera une idée de la violence des propos, lisibles sur le web et non en échange privé, mais ces propos foldingues aurait dû les calmer, du moins je le croyais (sur mon blog j'avais protesté contre l'enthousiasme sadique de petits anars morveux à voir cramer un CRS place de la République), n'importe quelle harpie stalinienne d'antan, cliente régulière de Sainte Anne, aurait pu éructer ce qui suit ! Et avec un langage très « viriliste » pourtant interdit sur le forum du « mouvement ouvrier ».

« 8 février 18:35
Tu t'es mis à encenser les flics parce que tu les renseignes, immonde crapule !
On donne jamais les noms !
8 février 19:58
t'inquiètes connasse ils les ont déjà!
tu es immonde
et par ailleurs, tu devrais laver ta bouche avec du savon
Pas étonnant que tes gosses ne te parlent plus, tu n'as qu'ordures et immondices à la bouche, et tes méthodes de facho aggravent ton cas
pas étonnant non plus que tout le monde te fuit comme la peste, tu es fou à lier et imbuvable
tu devrais consulter un psychiatre pour faire soigner tes délires persécutoires, tes accès de diarrhée verbale, ton érotomanie mâtinée de mégalomanie
MOI (JLR) : Bof... c'est vous qui êtes toqués tous les deux (et je répète que je ne m'abaisserai pas à te dire que ton malade m'a dit sur toi) vous vous êtes pas gênés pour balancer mon nom, mais faites gaffe, j'ai les moyens d'être très méchant. Pour l'heure continue à te faire soigner, ton vocabulaire montre que la guérison est loin. Ce sera tout maintenant je te dégage.
ELLE : Tu n'as pas à t'abaisser, tu es déjà tombé bien bas, en te faisant l'auxiliaire des RG. Ton nom, nous ne l'avons pas balancé, tu délires. Ma guérison est loin ? Pauvre pomme, en plus d'être un révolutionnaire en carton-pâte, te voilà psychiatre avec un diplôme trouvé dans un paquet de lessive sans nul doute. Le seul malade qui devrait te préoccuper, c'est toi-même ! Des malades, j'en ai rencontré des tas à l'HP où j'ai fait deux séjours : mais ils avaient sur toi cet immense avantage d'être lucides. Quant à tes menaces, elles ne m'impressionnent pas : j'ai grandi dans une cité de banlieue où je me suis pas mal battue, et j'ai enseigné dans le 93 pendant longtemps, et je ne compte plus les fois où j'ai dispersé des émeutes et tenu tête à des caïds. Tu ne me fais pas peur, je t'attends, guignol !
3Et quand c'est sur le net, c'est encore moins net. Non je rigole.
4« Depuis la destruction contre-révolutionnaire de l’Union soviétique, la LCI a fait face à des luttes répétées pour maintenir notre continuité révolutionnaire contre une succession de directions opportunistes ». (secte spartacist: 2017) http://www.icl-fi.org/francais/spf/43/intro.html ; article le gauchisme en France depuis 10 ans CCI 2006 https://fr.internationalism.org/rinte21/gauchisme.htm
5Sans doute un lointain écho au slogan soixantehuitard : provocation, répression, révolution.
6Et j'ai bien fait de donner son nom comme des violées par Ramadan ont bien fait de dénoncer ledit frère Tariq, pour que les victimes oubliées réapparaissent. Donner le nom d'un PN sert aux victimes, pas à la police. La police et la justce aiment trop les PN, ces procéduriers qui leur permettent de gagner leur vie. Les plaintes des citoyens ordinaires la police les met au panier en général ; si vous devez porter plainte à la police c'est seulement pour votre assurance dans le cas du vol d'un portable. Moi qui ai eu à porter plainte à plusieurs reprises contre des agressions de notables (maire, paysan arrogant, voyou, fisc) je peux témoigner qu'ils s'en fichent et mieux, dans le cas du voyou qui m'avait agressé en voiture, ils lui avaient donné les coordonnées de mon blog et mon adresse perso, et l'avaient laissé me photographier dans les murs du commissariat. C'était normal, une vraie balance reste choyée.
7En réalité, d'après la loi, il est possible de dire à peu près n'importe quoi sur les forums qui sont considérés comme du domaine privé.
8Ayant consacré une longue étude à la façon dont la police suit le mouvement révolutionnaire depuis l'Okhrana et le Préfet Lépine (père d'Aragon sic!), j'ai relevé une constante : la police se mêle des débats des congrès ou possède ses propres informateurs internes. Avec internet c'est génial, même plus besoin de se déplacer, il suffit de s'inscrire sous un pseudo dans n'importe quel forum et de jeter ponctuellement de l'huile sur le feu, comme personne n'y raisonne sérieusement, on jette une remarque, une insulte, on félicite le plus ordurier, et le tour est joué, c'est le bordel et c'est répugnant, et il ne peut rien en sortir de sain. Le flic sur le site Aucordier ce peut être Collignon ou Aucordier lui-même, qui a une prise classique pour être ou devenir balance, il est dans le besoin. Staline fût depuis le début du parti bolchevique un agent de l'Okhrana, mais il avait une autre envergure que Ratinaud qui est trop vieux et impotent pour faire carrière universelle.
9J'ai étayé un peu plus l'argumentation sur l'indignité de ces stages néo-islamistes et néo-féministes gogols dans l'article précédent, sans être sûr d'être compris ni par mes persécuteurs (mais ceux-là je les emmerde) mais par les mannequins qui boivent leurs calomnies. Notamment le super zélé Collignon, mais j'ai obtenu son adresse IP.