"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

lundi 9 décembre 2019

UN MOUVEMENT DE MECONTENTEMENT DE VIEUX SANS AVENIR


« Le management tue. La précarité tue. La pauvreté tue. Un étudiant, une lycéenne s'immole : être jeune n'épargne plus du désespoir d'être sans avenir  (…) On mesure mal aussi, dans la jeunesse surtout, la part de plus en plus sensible des trajectoires déviées, des refus de se conformer, des retours à la terre, des quêtes d'autres manières de vivre. La crise sans fin du capitalisme néo-libéral n'est pas seulement économique, elle est existentielle ». Laurent Jeanpierre (l'OBS)

« Il n'y a plus de vision politique, au plein sens du terme, capable de tracer une perspective d'avenir claire. D'où les réactions de colère, comme celle qui s'est exprimée l'hiver dernier avec les gilets jaunes, qui sont en train de se propager partout. Parce que la dimension psychologique signe l'échec de la politique à cerner les problèmes de la société et à proposer la manière d'y remédier. L'absence de perspective d'ensemble est saisissante ». Marcel Gauchet


Il me souvient qu'au début de l'année 1968, s'étaient déroulées des manifestations pour la défense de la retraite qui n'avaient passionné personne et qu'on avait vite oubliées avec l'explosion du mois de mai posant brutalement un problème d'alternative au capitalisme et pas une histoire d'agenda pour chacun et chacune en fin de carrière professionnelle ni de répartition des avantages corporatifs du système des retraites hiérarchisées capitalistes... Il me souvient qu'au début de tous les grands mouvements de révolte « révolutionnaire » et pas sans lendemain triste de paisible retraité, comme en 68, c'est la jeunesse qui portait le flambeau. Nos jeunes d'aujourd'hui ne se soucient plus de politique mais veulent un logement et un salaire pour réussir leurs études...
Cette focalisation soudaine et si bien organisée sur la retraite est aussi une dépolitisation de la lutte contre l'exploitation, comme l'explique si bien une spécialiste, Danièle Linhart1.
Avec nos deux « grèves générales» fictives – la grève générale a toujours été un mythe anarcho-syndicaliste et de plus quasi impossible en temps réel dans le monde moderne – ce sont des vieux syndicalistes, de vieux gauchistes blanchis sous le harnais qui mènent la danse. Quand on est jeune on se fiche de la retraite, on veut combattre pour la vie et surtout pour voir plus loin que la limite individuelle et sociale de la retraite. Que les vieux prolétaires, usés par le travail, la désirent, tant mieux, mais qu'ils se laissent berner par les spécialistes de l'encadrement politique « moral »2 et les bateleurs de foire syndicale qu'elle peut leur apporter bonheur et « bon niveau de vie », on a le droit de s'en moquer. Loin d'être un tremplin pour un mouvement collectif de classe, cette « colère organisée » surfe sur l'individualisme de la société de loisir et des besoins artificiels créés par le capitalisme décadent ; il faut lire là-dessus l'excellent Marcel Gauchet dans le dernier numéro de l'OBS3. La création des 35 heures a généré le besoin de plus de loisirs, comme pour les retraites longues, un moindre intérêt pour le travail tout en accroissant la souffrance sociale par une pression accrue pour la rentabilité des multiples tâches requises ». C'est Mitterrand comme je le redis plus loin qui a ouvert la boite de Pandore des déficits colossaux. L'âge pivot à 64 ans proposé par les sous-fifres macroniens n'est qu'un retour lent aux fatidiques 65 ans voir plus si affinités avec la longévité. Pratiquement aucune minorité politique ni aucun groupe n'a compris la manœuvre en cours, sauf Matière et Révolution4.

UNE COLERE « organisée »5

Le gouvernement a programmé en toute connaissance de cause cette « colère organisée ». À aucun moment il n'a cherché à désamorcer ce mouvement syndical de protestation corporative. Il joue l'opinion depuis la veille de la programmation syndicale, et il n'a rien à craindre ni des résidus gilets jaunes ni de la « colère syndicale » feinte. Il compte bien tirer avantage d'un « conflit dur », envisagé et souhaité dans les couloirs ministériels, où, quoiqu'il arrive il posera au « réformateur courageux » ; avec une relative sérénité compte tenu de ce que les appareils syndicaux ne risquent pas, dans ce cadre pipé, d'être débordés par « leur base » (les couillons comme l'instillent les médias). Il a fait montre d'un culot provocateur en faisant déclencher sur commande syndicale un bordel gréviste reposant sur les privilégiés des transports publics, surtout sur décision et contrôle des généraux syndicaux, sans que son projet soit officiellement présenté, les sous-fifres ministres se permettant de narguer le public en considérant avec morgue « que les gens se mobilisent contre une réforme qu'ils ne connaissent pas ; le commis d'Etat à barbe dépeinte viendra siffler la fin de la récré mercredi.
Le « mouvement social » de rejet du « plan Macron » fabriqué de toute pièce, programmé et millimétré par les syndicats gouvernementaux est une vaste fumisterie qui vise à entraîner dans le mur de larges couches angoissées de la société plus que simplement mécontentes. Le petit rouquin bras droit de Mélenchon, ces amis des décoloniaux racistes, qui a décrété que la retraite était « la mère des batailles » se fout du monde comme de la réelle lutte des classes : le but de la lutte de classe n'est pas la retraite aménagée ou garantie mais la mise à bas du capitalisme. L'arbre de Noël de la « revanche des syndicats » sur les gilets jaunes (dixit les médias serviles) sent l'imbroglio fabriqué par ces domestiques de l'Etat bourgeois en complicité avec ses édiles du sommet. En général je me fie aussi en politique à mes sentiments, j'ai été enthousiaste au début de Mai 68, aussi au début du mouvement des gilets jaunes. Là ça pue, ça met mal à l'aise, ça sent le débat obscur de spécialistes. Il est fait référence à 1995, 2003, 2010 où à chaque fois les gouvernements auraient reculé face aux manifestations syndicales. Or on s'aperçoit que tel est pris qui croyait prendre. Les gouvernements successifs font passer petit à petit la pilule amère ; la plupart des lois sociales délétères pour encadrer plus le travail sont passées par morceaux. Les secteurs dits « privilégiésé ont tous été passés à la moulinette, EDF a été démantelé sans que les syndicrates mettent le feu à la plaine. Au printemps 2018, le statut de la SNCF a été cassé par l’Assemblée nationale. La SNCF sera éclatée en 2020 en plusieurs sociétés anonymes, le réseau ferroviaire ouvert à la concurrence avec la prévision de la suppression de milliers de kilomètres de lignes. Le statut des cheminots datant de plus d’un siècle sera supprimé pour les nouveaux embauchés au 1er janvier 2020. Plus grave que le projet en pointillé de retraite par points, la réforme de l'assurance chômage qui humilie un peu plus les chômeurs est passée à l'as il y a deux mois avec l'accord des collabos syndicaux, et les petites querelles autour des interrogations sur la retraite par points évitent soigneusement de traiter de la retraite amoindrie des chômeurs et chômeuses à partir de cinquante ans. Il est vrai que le cas des chômeurs mobilise peu la population salariée en confortable CDI attachée à ses prérogatives de corporation !6

Certes le grand responsable du chaos sur ce plan reste Mitterrand qui, en faisant passer la retraite de 65 à 60 ans, a certes ravi plusieurs générations de plusieurs classes – pour faire croire que la gauche était une amie sincère de la classe ouvrière contrairement à la droite au moins sur un point – et avec quelques nationalisations pour l'honneur, mais en négligeant l'inflation faramineuse et prévisible du nombre de retraités par rapport aux actifs pour les années à venir... eux par contre en diminution constante.

Certes les couches moyennes (la petite bourgeoisie salariée, les cadres supérieurs, médecins, avocats, etc.) est touchée et elles le font savoir sans pour autant s'associer à l'effort gréviste surtout concentré et limité au secteur public, et où les salariés du privé sont encore les dindons de la farce, coincés dans la paralysie des transports par une pseudo « grève générale » et exclus des avantages en faveur des « agents de l'Etat ». Avec l'enfoncement dans la crise mondiale (qui n'est pas une simple question de déficits) l'Etat bourgeois est certes amené à scier sur la branche sur laquelle il était assis depuis au moins cinquante ans, à mécontenter ces couches moyennes qui le soutenaient et tirent la langue désormais sans pour autant manifester la moindre solidarité avec les classes inférieures. C'est pourquoi le « tous ensemble contre une même attaque » est une esbrouffe ridicule des syndicalistes gauchistes et même de nos minorités dites anciennement « ultra-gauches »7. Les couches moyennes ne sont pas encore prêtes à « tomber dans le prolétariat » ni à renoncer à leurs privilèges et retraites supérieures ; leur programme restera pour longtemps la nunucherie écologique, une écologie qui n'est pas pour tout le monde mais pour ceux qui en ont les moyens.

La révolution c'est pas pour maintenant et ce ne sera pas une soirée de gala !

Naguère notre vieil ami et camarade Marc Chirik ne cessait de nous dire que le problème pour la bourgeoisie ce n'était pas la dureté du pouvoir ou de savoir si tel président se prenait pour Napoléon ou De Gaulle, mais de disposer d'une opposition forte avec un projet un tant soit peu crédible. C'est bien là tout le problème des gouvernants actuels, et pas seulement en France. Comme on a pitié de voir les Corbyn, Mélenchon et autres Salvini, qui ne sont aucunement des recours crédibles ni sérieux à la crise politique grandissante de la fable démocratique bourgeoise. La soit disante lutte pour des retraites décentes vise en fin de compte à faire croire que dans le capitalisme une masse de privilégiés (encore au boulot) pourrait échapper à la misère qui se généralise. Il faut par contre dire la vérité aux prolétaires, comme le disait le jeune fondateur du CCI en Europe à a fin des années 1970, Raoul Victor : « le passage à une autre société supposera des sacrifices et la fin des besoins inutiles créés par le capitalisme, mais il n'y a pas d'autre chemin ». Les vrais révolutionnaires ne sont pas des vendeurs de rêves syndicrates, des gauchistes aux utopies plouques. Ils ont pour tâche de dénoncer les menteurs professionnels et d'affirmer qu'une autre société est possible sans concessions à l'écologie punitive des bobos ni aux moralistes d'un capitalisme propre.




NOTES


1« Même si de fortes mobilisations apparaissent chez les travailleurs de la santé (sans doute parce qu'ils savent que leur travail concerne tout un chacun) force est de constater que le travail s'estompe progressivement comme enjeu politique. La question de son organisation et de sa gestion n'est pas au centre des révoltes, ni des luttes. C'est que le patronat a réussi à le « dépolitiser » (…) le patronat à créé les conditions d'une insensibilisation du travail comme enjeu de société et enjeu politique laissant l'emploi et le salaire comme seules questions apparentes ». Danièle Linhart (Repolitiser le travail)
2Selon l'excellent Marcel Gauchet, l'extrême gauche : « … elle, en revanche, est en train de muter sous l'influence de la nébuleuse néoféministe, décoloniale, indigéniste, « minoritariste ». Elle n'est plus révolutionnaire au sens classique, mais morale. Cette nouvelle extrême gauche se complaît dans la dénonciation de tous ceux qui n'adhèrent pas à sa vision des choses, les renvoyant dans la catégorie des « ennemis du genre humain » ou des « salauds ». Et elle ne se contente pas de les poursuivre de sa vindicte, elle entend les empêcher de s'exprimer ».
3« Au fond, la retraite d'aujourd'hui réalise le rêve du socialisme utopique du XIXe siècle : un revenu et des loisirs ! Mais les actifs d'aujourd'hui craignent que cet état de grâce – qui ne concerne pas tous les retraités ! - ne se reproduise pas pour les nouvelles générations. C'est une dimension nouvelle qui n'était pas aussi présente en 1995, car, depuis, le sentiment de déclassement du pays, pour ne pas parler de déclin, s'est grandement accentué. On touche donc là à quelque chose de très lourd qui révèle la crise de l'identité française, au sens historique du terme ». Qui touche surtout à une politique de l'autruche où la retraite serait une sorte de club méditerranée permettant de remiser la société socialiste ou communiste future au rang de la hache et du rouet.

4Mention spéciale pour la lucidité de MATIERE ET REVOLUTION : « ...ils vont mettre en scène une mobilisation syndicale et un faux recul gouvernemental avec un Grenelle et une nouvelle réforme des retraites acceptée par certains syndicats. Tous crieront à la victoire partielle et en même temps toutes les autres attaques passeront en douce comme la privatisation du rail, la destruction de l’hôpital public, la guerre tous azimuts, les attaques des chômeurs et de la sécu, etc...En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contrôler, pour éviter que la classe ouvrière ne s’auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital…En effet, secteur par secteur, ce n’est que les travailleurs que les syndicats organisent pour préparer la journée du 5 décembre et les suivantes, non, c’est les négociations avec le pouvoir qu’elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, pour tous les syndicats. Tous sont reçus. Tous négocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent dès maintenant ! https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036

5Je n'invente rien, c'est la consternante secte NPA, association de sergents recruteurs des syndicats gouvernementaux et sponsors des fachos décoloniaux qui rend compte des préparatifs de tous ces faux amis des ouvriers et des retraités : « L’organisation de la mobilisation des cheminots
Dès septembre, 5 syndicats de la RATP (FO, UNSA, CGC, SUD et Solidaires)  lançaient un appel à la grève reconductible à partir du 5 décembre. Désireux de ne pas subir une défaite de plus et tirant les leçons de l’échec de 2018, dès septembre 2019, SUD Rail et UNSA ferroviaire lançaient, eux aussi, un appel à la grève reconductible à partir du 5 décembre contre le projet Delevoye, suivi par FO et la CGT » (lu sur le site du NPA avec les mêmes lamentations pitoyables sur la « grève générale » qui va mettre à bas le capitalisme... en dansant derrière les syndicats gouvernementaux. Les chiffres sur le taux de grévistes chez les cheminots sont trafiqués, la grève n'y est pas suivie majoritairement, le taux élevé des conducteurs de train oublie de mentionner que c'est une minorité de l'effectif des cheminots. Le caméléonnisme bien connu de ce courant trotskien, qui se couche devant toutes les modes, adopte aussi la couleur jaune, l'éclectisme et l'interclassisme de nos pauvres gilets jaunes est ainsi exalté et intégré au « mouvement social » exemplaire ! Parmi ces caméléons islamophiles de tous les communautarismes un certain Léon Crémieux (chef d'une certaine 4e internationale, vous connaissez cette secte vous?) conclut une longue explication servile de la fabrique « colère syndicale », confondant la retraite avec l'avenir d'une société débarrassée du capitalisme, ce qui est le comble du réformisme radical: « Le mouvement pour les retraites pose directement la question de la société dans laquelle nous voulons vivre, débarrassée de l’exploitation et des oppressions, organisée démocratiquement pour la satisfaction des besoins sociaux. Faire avancer cette perspective dépendra dans les jours qui viennent de la force du mouvement social ». La messe est dite par ce vieux rigolo des « sphères dirigeantes » du trotskisme embaumé.
La secte ouvriériste LO est moins éclectique, plus critique vis à vis des « directions syndicales » mais tout aussi rabatteuse : «en 1995 Juppé s’était montré aussi arrogant que Macron l’est aujourd'hui, et il avait dû manger son chapeau face à la détermination des grévistes. Aujourd'hui, nous pouvons en faire autant, si nous reprenons confiance dans notre force collective.Beaucoup d’entre nous se méfient des confédérations syndicales et de leurs calculs d’appareils qui les ont régulièrement conduits à sacrifier les intérêts des travailleurs.Eh bien, il faut se battre avec la conviction que nous pouvons nous organiser pour contrôler et diriger notre mouvement de façon démocratique. Avec la conviction que nous pouvons décider et agir sans attendre les consignes des confédérations ».
6Secteur privé : 19 millions de salarié, secteur public : 4 millions ! (84 % des actifs). Je n'ai aucune admiration pour les corporations ni pour les ouvriers « corporatistes » idiots au souvenir des tristes mineurs roumains amis de Ceausescu, ni pour les exactions naguère de grévistes staliniens, ni pour ces grévistes suivistes des ordres syndicaux, minoritaires, pas très courageux et planqués au fond des hangars sans nulle considération pour la masse de prolétaires obligés de subir leur blocage égoïste et sans communication publique pour justifier de rester minoritaire sans souci de partager une expérience de lutte réelle. Le CCI résume bien l'aliénation de la notion de classe  : « « La bourgeoisie est parvenue à leur faire croire que la classe ouvrière n’existait plus, qu’ils n’étaient pas des ouvriers mais des cheminots, des urgentistes, des électriciens, des enseignants, des pilotes, des laborantins. Mieux encore, aux yeux de la classe dominante : des “citoyens”.
)
7Il est symptomatique que le courant de la « gauche communiste » (italienne et allemande) qui voit confirmé massivement ce qu'il avait justement dénoncé pendant un demi-siècle – l'implosion du système des partis politiques et des syndicats (sans voir l'implosion de leurs propres partis fictifs néo-léninistes) – soit incapable de s'orienter face à cette nouvelle donne politique et donc d'orienter autrement que par d'antédiluviens clichés : « tous ensemble pour faire reculer le gouvernement », ou « une même attaque contre les travailleurs ». Ce qui revient à encourager une collection de corporatismes et de privilèges de « grosses boites », en oubliant que des revendications unitaires ne sont pas une série de privilèges corporatifs, en oubliant aussi que toutes les révolutions ont été menées par la petite bourgeoisie (Robespierre et Lénine étaient avocats) et que les basses classes y ont toujours servi de masses de manœuvre, et que demain encore la petite bourgeoisie voudra mener en tête la lutte contre l'Etat mais en maintenant ses prérogatives de classe... arriviste.

vendredi 6 décembre 2019

La grève du père Noël


A grands sons de trompette nous fut annoncée la bataille générale pour défendre « la retraite » le 5 décembre. On allait voir ce qu'on allait voir. Gaffe Macron, tu nous accuses de faire une « grève corporative », il t'en cuira ! Nous sommes tous concernés avec ta magouille pour fabriquer la retraite à la carte, pardon à points ! Tu veux nous rouler dans la farine d'une « retraite plus juste » face aux « privilégiés » des régimes spéciaux ! Nous ne sommes pas dupes, tu veux déshabiller Paul pour habiller Pierre, et piquer à Pierre aussi pour Raymond ! La CGT et les gauchistes se sont proclamés généraux d'un mouvement « comparable à 1995 ».
Il est vrai qu'il y a un réel déséquilibre des retraites, des gouffres abyssaux pour certaines caisses, des inégalités criantes entre régimes, une ribambelle de corporatismes pour qui ne se contente d'en appeler au « père Noël social » en régime capitaliste ; mais les forts en gueule apparatchiks syndicaux et gauchistes se fichent de poser le problème autrement qu'en hurlant « A bas Macron ». Car poser le fond du problème serait le relier à la crise capitaliste, à un « Etat social » » en déliquescence, incapable de réguler ses divers systèmes d'assurance et de protection sociale, dans le maelstrom de la crise économique mondiale. Poser le problème serait être capable même pour les minorités révolutionnaires hors des mafias syndicales de ne pas se contenter d'en appeler à la « généralisation de la lutte », mais de préciser ce que doit devenir cette lutte « généralisée » ou « généralisable », et surtout de dire quelle perspective sociale et historique est envisageable. On fait tomber le gouvernement ? Oui mais on le remplace par quoi et par qui ?
Vous croyez à une autre société mes cocos ? Mais laquelle ? Revenir aux nationalisations de papa, à papy Brejnev, à la Corée du Nord, à la mode Cuba ? Et la retraite, une fin en soi? Cette mort sociale haussée au rang de Valhalla syndicrate, quelle dérision de la part de ces professionnels du radotage de la mythique et ringarde "grève généraaale"!

Relisez le texte de Rosa ci-dessous et surtout ses dernières lignes, il y avait pour l'aile révolutionnaire de la vaillante et pas encore traître social-démocratie, un projet de changement de société qui motivait les masses ouvrières, le socialisme, un socialisme pas encore défiguré par les socialistes de gouvernement, le stalinisme et les tiersmondistes gauchistes. Appeler à la généralisation des grèves dans la période actuelle en espérant qu'elles accoucheront automatiquement d'un bébé révolutionnaire est comme attendre que le fer rouillé se transforme en lingot d'or.
Oui cette grève « pour la retraite », soigneusement programmée par les arcanes du pouvoir au jour dit avec la complicité des technocrates syndicaux en pleine période où le consommateur est roi et où les enfants croient encore au père Noël est une grève faussement collective (comme le fallacieux "tous ensemble" de 1995, une grève où les poires n'ont rien à voir avec les pommes et où les bananes sont étrangères aux oranges : quoi de commun entre prolétaires en général et avocats, dentistes et artisans ? Et même entre ouvriers du public et du privé où chaque corporation défend bec et ongles ses petits avantages, qui sont parfois des privilèges (allons bande d'excités, c'est pas un privilège pour certains de partir à la retraite à 55 piges?).
Outre que c'est duraille de perdre une ou deux journées de travail par les temps qui courent avec des salaires de merde, le comble est de les perdre pour le grand cirque syndical d'une voire deux journées sans lendemain, hors du contrôle des masses avec les sifflets des petits perroquets trotskiens des syndicats, quelle vacuité ! Sachant que par exemple comme le raconte l'Obs, la dire réforme peut être repoussée à 2035 et que les enseignants peuvent être épargnés dans l'immédiat... Une partie des généraux syndicaux appelleront à cesser la bataille, laissant les agents de la RATP continuer à foutre la pagaille pour renverser en faveur du gouvernement « compréhensif » une opinion excédée...
Le père Noël est une ordure.

QUAND LES BONZES SYNDICAUX SE LA JOUENT MODESTES (ou comment apprendre à réfléchir avec Rosa)
(le titre est de moi, le texte extrait de « grève de masse, partis et syndicats » de notre chère Rosa Luxemburg)

Dans cette perspective le problème de l'organisation dans ses rapports avec le problème de la grève de masse en Allemagne prend un tout autre aspect. La position adoptée par de nombreux dirigeants syndicaux sur ce problème se borne la plupart du temps à l'affirmation suivante :
« Nous ne sommes pas encore assez puissants pour risquer une épreuve de force aussi téméraire que la grève de masse ». Or ce point de vue est indéfendable : c'est en effet un problème insoluble que de vouloir apprécier à froid, par un calcul arithmétique, à quel moment le prolétariat serait « assez puissant » pour entreprendre la lutte quelle qu'elle soit. Il y a trente ans les syndicats allemands comptaient 50 000 membres : chiffre qui, manifestement, d'après les critères établis plus haut, ne permettait même pas de songer à une grève de masse. Quinze ans plus tard les syndicats étaient huit fois plus puissants, comptant 237 000 membres. Si cependant on avait à cette époque, demandé aux dirigeants actuels si l'organisation du prolétariat avait la maturité nécessaire pour entreprendre une grève de masse, ils auraient sûrement répondu qu'elle en était loin, que l'organisation syndicale devrait d'abord regrouper des millions d'adhérents. Aujourd'hui on compte plus d'un million d'ouvriers syndiqués, mais l'opinion des dirigeants est toujours la même - cela peut durer ainsi indéfiniment. Cette attitude se fonde sur le postulat implicite que la classe ouvrière allemande tout entière jusqu'au dernier homme, à la dernière femme, doit entrer dans l'organisation avant que l'on soit « assez puissant » pour risquer une action de masses; il est alors probable que, selon la vieille formule, celle-ci se révélerait superflue. Mais cette théorie est parfaitement utopique pour la simple raison qu'elle souffre d'une contradiction interne, qu'elle se meut dans un cercle vicieux. Avant d'entreprendre une action directe de masse quelconque, les ouvriers doivent être organisés dans leur totalité. Mais les conditions, les circonstances de l'évolution capitaliste et de l'Etat bourgeois font que dans une situation « normale » sans de violentes luttes de classes certaines catégories - et en fait il s'agit précisément du gros de la troupe, les catégories les plus importantes, les plus misérables, les plus écrasées par l'Etat et par le capital ne peuvent absolument pas être organisées. Ainsi nous constatons que, même en Angleterre, un siècle entier de travail syndical infatigable sans tous ces « troubles » - excepté au début la période du chartisme - sans toutes les déviations et les tentations du « romantisme révolutionnaire » n'a réussi qu'à organiser une minorité parmi les catégories privilégiées du prolétariat.
Mais par ailleurs les syndicats, pas plus que les autres organisations de combat du prolétariat, ne peuvent à la longue se maintenir que par la lutte, et une lutte qui n'est pas seulement une petite guerre de grenouilles et de rats dans les eaux stagnantes du parlementarisme bourgeois, mais une période révolutionnaire de luttes violentes de masses. La conception rigide et mécanique de la bureaucratie n'admet la lutte que comme résultat de l'organisation parvenue à un certain degré de sa force. L'évolution dialectique vivante, au contraire, fait naître l'organisation comme un produit de la lutte. Nous avons déjà vu un magnifique exemple de ce phénomène en Russie où un prolétariat quasi inorganisé a commencé à créer en un an et demi de luttes révolutionnaires tumultueuses un vaste réseau d'organisations. Un autre exemple de cet ordre nous est fourni par la propre histoire des syndicats allemands. En 1878 les syndicats comptaient 50 000 membres. Selon la théorie des dirigeants syndicaux actuels, nous l'avons vu, cette organisation n'était pas « assez puissante », et de loin, pour s'engager dans une lutte politique violente. Mais les syndicats allemands, quelque faibles qu'ils fussent à l'époque, se sont pourtant engagés dans la lutte - il s'agit de la lutte contre la loi d'exception - et se sont révélés non seulement « assez puissants » pour en sortir vainqueurs, mais encore ils ont multiplié leur puissance par cinq. Après la suppression de la loi en 1891 ils comptaient 227 659 adhérents. A vrai dire, la méthode grâce à laquelle les syndicats ont remporté la victoire dans la lutte contre la loi d'exception, ne correspond en rien à l'idéal d'un travail paisible et patient de fourmi; ils commencèrent par tous sombrer dans la bataille pour remonter et renaître ensuite avec la prochaine vague. Or, c'est là précisément la méthode spécifique de croissance des organisations prolétariennes celles-ci font l'épreuve de leurs forces dans la bataille et en sortent renouvelées. En examinant de plus près les conditions allemandes et la situation des diverses catégories d'ouvriers, on voit clairement que la prochaine période de luttes politiques de masses violentes entraînerait pour les syndicats non pas la menace du désastre que l'on craint, mais au contraire la perspective nouvelle et insoupçonnée d'une extension par bonds rapides de sa sphère d'influence. Mais ce problème a encore un autre aspect. Le plan qui consisterait à entreprendre une grève de masse à titre d'action politique de classe importante avec l'aide des seuls ouvriers organisés est absolument illusoire. Pour que la grève, ou plutôt les grèves de masse, pour que la lutte soit couronnée de succès, elles doivent devenir un véritable mouvement populaire, c'est-à-dire entraîner dans la bataille les couches les plus larges du prolétariat. Même sur le plan parlementaire, la puissance de la lutte des classes prolétariennes ne s'appuie pas sur un petit noyau organisé, mais sur la vaste périphérie du prolétariat animé de sympathies révolutionnaires. Si la social-démocratie voulait mener la bataille électorale avec le seul appui des quelques centaines de milliers d'organisés, elle se condamnerait elle-même au néant. Bien que la social-démocratie souhaite faire entrer dans ses organisations presque tout le contingent de ses électeurs, l'expérience de trente années montre que l'électorat socialiste n'augmente pas en fonction de la croissance du Parti, mais à l'inverse que les couches ouvrières nouvellement conquises au cours de la bataille électorale constituent le terrain qui sera ensuite fécondé par l'organisation. Ici encore, Ce n'est pas l'organisation seule qui fournit les troupes combattantes, mais la bataille qui fournit dans une bien plus large mesure les recrues pour l'organisation. Ceci est évidemment beaucoup plus valable encore pour l'action politique de masse directe que pour la lutte parlementaire. Bien que la social-démocratie, noyau organisé de la classe ouvrière, soit à l'avant-garde de toute la masse des travailleurs, et bien que le mouvement ouvrier tire sa force, son unité, sa conscience politique de cette même organisation, cependant le mouvement prolétarien ne doit jamais être conçu comme le mouvement d'une minorité organisée. Toute véritable grande lutte de classe doit se fonder sur l'appui et sur la collaboration des couches les plus larges; une stratégie de la lutte de classe qui ne tiendrait pas compte de cette collaboration, mais qui n'envisagerait que les déifiés bien ordonnés de la petite partie du prolétariat enrégimentée dans ses rangs, serait condamnée à un échec lamentable. En Allemagne les grèves et les actions politiques de masse ne peuvent absolument pas être menées par les seuls militants organisés ni « commandées » par un état-major émanant d'un organisme central du Parti. Comme en Russie, ce dont on a besoin dans un tel cas, c'est moins de « discipline », d' « éducation politique », d'une évaluation aussi précise que possible des frais et des subsides que d'une action de classe résolue et véritablement révolutionnaire, capable de toucher et d'entraîner les couches les plus étendues des masses prolétaires inorganisées, mais révolutionnaires par leur sympathie et leur condition. La surestimation ou la fausse appréciation du rôle de l'organisation dans la lutte de classe du prolétariat est liée généralement à une sous-estimation de la masse des prolétaires inorganisés et de leur maturité politique. C'est seulement dans une période révolutionnaire, dans le bouillonnement des grandes luttes orageuses de classe que se manifeste le rôle éducateur de l'évolution rapide du capitalisme et de l'influence socialiste sur les larges couches populaires; en temps normal les statistiques des organisations ou même les statistiques électorales ne donnent qu'une très faible idée de cette influence.
Nous avons vu qu'en Russie, depuis à peu près deux ans, le moindre conflit limité des ouvriers avec le patronat, la moindre brutalité de la part des autorités gouvernementales locales, peuvent engendrer immédiatement une action générale du prolétariat. Tout le monde s'en rend compte et trouve cela naturel parce qu'en Russie précisément il y a « la révolution », mais qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le sentiment, l'instinct de classe est tellement vif dans le prolétariat russe que toute affaire partielle intéressant un groupe restreint d'ouvriers le concerne directement comme une affaire générale, comme une affaire de classe, et qu'il réagit immédiatement dans son ensemble. Tandis qu'en Allemagne, en France, en Italie, en Hollande, les conflits syndicaux les plus violents ne donnent lieu à aucune action générale du prolétariat - ni même de son noyau organisé - en Russie, le moindre incident déchaîne une tempête violente. Mais ceci ne signifie qu'une chose, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'instinct de classe dans le prolétariat russe tout jeune, inéduqué, peu éclairé et encore moins organisé, est infiniment plus vigoureux que dans la classe ouvrière organisée, éduquée, et éclairée d'Allemagne ou de tout autre pays d'Europe Occidentale. Ceci n'est pas à mettre au compte d'une quelconque vertu de « l'Orient jeune et vierge » par opposition avec « l'Occident pourri »; mais c'est tout simplement le résultat de l'action révolutionnaire directe de la masse. Chez l'ouvrier allemand éclairé, la conscience de classe inculquée par la social-démocratie est une conscience théorique latente : dans la période de la domination du parlementarisme bourgeois, elle n'a en général pas l'occasion de se manifester par une action de masse directe; elle est la somme idéale des quatre cents actions parallèles des circonscriptions pendant la lutte électorale, des nombreux conflits économiques partiels, etc. Dans la révolution où la masse elle-même paraît sur la scène politique, la conscience de classe devient concrète et active. Aussi une année de révolution a-t-elle donné au prolétariat russe cette « éducation » que trente ans de luttes parlementaires et syndicales ne peuvent donner artificiellement au prolétariat allemand. Certes, cet instinct vivant et actif de classe qui anime le prolétariat diminuera sensiblement même en Russie une fois close la période révolutionnaire et une fois institué le régime parlementaire bourgeois légal, ou du moins il se transformera en une conscience cachée et latente. Mais inversement il est non moins certain qu'en Allemagne, dans une période d'actions politiques énergiques, un instinct de classe vivant révolutionnaire, avide d'agir, s'emparera des couches les plus larges et les plus profondes du prolétariat; cela se fera d'autant plus rapidement et avec d'autant plus de force que l'influence éducatrice de la social-démocratie aura été plus puissante. Cette oeuvre éducatrice ainsi que l'action stimulante révolutionnaire de la politique allemande actuelle, se manifesteront en ceci : dans une période révolutionnaire authentique, la masse de tous ceux qui actuellement se trouvent dans un état d'apathie politique apparente et sont insensibles à tous les efforts des syndicats et du Parti pour les organiser s'enrôlera derrière la bannière de la social-démocratie. Six mois de révolution feront davantage pour l'éducation de ces masses actuellement inorganisées que dix ans de réunions publiques et de distributions de tracts. Et lorsque la situation en Allemagne aura atteint le degré de maturité nécessaire à une telle période, les catégories aujourd'hui les plus arriérées et inorganisées constitueront tout naturellement dans la lutte l'élément le plus radical, le plus fougueux, et non le plus passif. Si des grèves de masse se produisent en Allemagne ce ne seront sûrement pas les travailleurs les mieux organisés - certainement pas les travailleurs de l'imprimerie - mais les ouvriers les moins bien organisés ou même inorganisés - tels que les mineurs, les ouvriers du textile, ou même les ouvriers agricoles - qui déploieront la plus grande capacité d'action.
Ainsi nous parvenons pour l'Allemagne aux mêmes conclusions en ce qui concerne le rôle propre de la « direction » de la social-démocratie par rapport aux grèves de masse que dans l'analyse des événements de Russie. En effet, laissons de côté la théorie pédante d'une grève de démonstration mise en scène artificiellement par le Parti et les syndicats et exécutée par une minorité organisée, et considérons le vivant tableau d'un véritable mouvement populaire issu de l'exaspération des conflits de classe et de la situation politique, explosant avec la violence d'une force élémentaire en conflits aussi bien économiques que politiques et en grèves de masse alors la tâche de la social-démocratie consistera non pas dans la préparation ou la direction technique de la grève, mais dans la direction politique de l'ensemble du mouvement.
La social-démocratie est l'avant-garde la plus éclairée et la plus consciente du prolétariat. Elle ne peut ni ne doit attendre avec fatalisme, les bras croisés, que se produise une « situation révolutionnaire » ni que le mouvement populaire spontané tombe du ciel. Au contraire, elle a le devoir comme toujours de devancer le cours des choses, de chercher à le précipiter. Elle n'y parviendra pas en donnant au hasard à n'importe quel moment, opportun ou non, le mot d'ordre de grève, mais bien plutôt en faisant comprendre aux couches les plus larges du prolétariat que la venue d'une telle période est inévitable, en leur expliquant les conditions sociales internes qui y mènent ainsi que ses conséquences politiques. Pour entraîner les couches les plus larges du prolétariat dans une action politique de la social-démocratie, et inversement pour que la social-démocratie puisse prendre et garder la direction véritable d'un mouvement de masse, et être à la tête de tout le mouvement au sens politique du terme, il faut qu'elle sache en toute clarté et avec résolution, fournir au prolétariat allemand pour la période des luttes à venir, une tactique et des objectifs.



mardi 26 novembre 2019

Misérables films politiquement correct...


(banquiers pourris et voyous cyniques)
« De l’aveu des autorités compétentes, les bagnes ont toujours eu des capitaux. Cette bizarrerie se conçoit. Aucun vol ne se retrouve, excepté dans des cas bizarres. Les condamnés, ne pouvant rien emporter avec eux au bagne, sont forcés d’avoir recours à la confiance, à la capacité, de confier leurs fonds, comme dans la société l’on se confie à une maison de banque ».
Balzac (O.C. 1855)
« Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction ».
Manifeste communiste (1848)

Pourquoi traiter dans un même article de deux films en tête du box office qui semblent aussi étrangers l'un à l'autre, le premier du vieux réalisateur gauchiste Costas Gavras, soumis depuis toujours aux critères politiques simplistes de la gauche bourgeoise, et le second d'un certain Ladj Ly (à ne pas confondre avec Lady Di) apologiste du lumpenprolétariat musulman supposé assoiffé de vengeance post-colonialiste et irrasciblement anti-blanc  ? Parce qu'ils sont tous deux les deux principales facettes de la gauche et de l'extrême gauche principales propagatrices de la nouvelle confiture électorale de gauche : il existerait une solution nationale et sociale à la crise du capitalisme (concurrente du populisme) qui irait de pair avec l'ouverture totale des frontières à tous exclus du monde riche européen, au demeurant territoire raciste, fasciste et anti-féministe. Cette perspective moins subversive que « morale » peut ainsi prétendre être à la fois « anti-capitaliste » (car dénonçant les banques et telle ou telle puissance impérialiste) et « internationaliste » puisque l'abolition des frontières, même en pleine domination capitaliste, serait automatiquement révolutionnaire.
Traiter de ces deux aspects de la société en décadence quelqu'un l'a fait bien mieux que moi dans « La comédie humaine », et avec brio. L'inventeur du roman moderne a su peindre le tableau d'une société où banquiers et « racailles » voisinent sans se mésestimer (cf. La maison Nucingen). Je dois dire que, adolescent, le fait d'avoir lu très tôt Balzac, si talentueux peintre de l'essor de la société capitaliste industrielle et dessinateur du banquier remplaçant le noble poudré, m'a certainement prédisposé à devenir marxiste. Je n'ai jamais pu lire plus de trois pages du poète Victor Hugo quand Balzac ravissait mon imagination en lui faisant découvrir le monde réel sans fard. Quoiqu'il en soit des boursouflures de Hugo, de ses « Misérables » est toutefois sorti le prolétariat1.


Banquiers voyous et voyous politiques

«Adults in the Room», le dernier chant du cygne Costa-Gavras...

Le réalisateur de Z raconte la crise de 2015 du point de vue du seul Yánis Varoufákis. Un choix périlleux qui affaiblit le film ; l’éphémère ministre des Finances – pitre néo-mélenchonien éjecté du gouvernement grec en juillet 2015 – était un personnage controversé, y compris dans son ancienne famille politique gauchiste. Artiste « engagé » de la gauche bourgeoise, Gavras a voulu surfer sur l'impopularité de l'Europe dans une majeure partie des populations, y inclus les méchants populistes, un solide nombre de spectateurs putatifs... Les publicitaires du film de Médiapart à Libé ont couvert d'éloges cette « plongée dans les coulisses de la dette grecque », prétendant mettre à nu « les errements de l'Eurogroupe ».
Gravas prend pour argent comptant tout ce qu'il a dû lire dans le livre de Yanis Varoufakis et en premier lieu l'extrême auto-satisfaction de cet ex-ministre. Varoufakis ne se remet jamais en question, et le cinéaste non plus. Le souci dans une telle affaire politico-financière c'est que la lecture unilatérale des faits repose sur un point important : croire une seule et même personne sur l'échiquier européen. Au final, le scénario est surtout d'une grande démagogie, ludique certes mais démago et manichéen sans aucun doute. Si seulement c'était si simple ! On se focalise donc sur le reste, l'arrière-plan et si on veut apprécier un temps soit peu le travail on se doit d'accepter la dimension pédagogique... gauchiste du film.
On se souvient du battage international « les Grecs sont coupables »... de leur faillite ! Un peuple d’inconsidérés et de tricheurs que les autres Européens ont sauvés n’écoutant que leur bon cœur. Un déni absolu et radical des effets déstabilisateurs de l’austérité. Des larmes de crocodile sur les difficultés économiques et sociales de la population grecque. Une louange des effets bénéfiques des privatisations et de toutes les réformes structurelles possibles et imaginables, comme l'invention de concurrents à EDF pour rendre l'électricité plus chère. Jusqu'à ce que les magouilles des banques éclatent au grand jour (Goldman&Sachs et Cie). Propulsés à la faveur de la crise, Lucas Papademos, Mario Draghi et Mario Monti étaient tous liés à la banque d'affaires Goldman Sachs. Et ils ont tous trempé, aussi, dans le maquillage des comptes et la gestion des dettes européennes. Sans qu'on comprenne vraiment toutes les arcanes des chantages et manipulations financières, la gauche Mélenchon-Montebourg-Tsipras-Varoufakis nous a joué du violon nationalisations et intérêts patriotiques, avec toutes les nuances de vieux concepts cuits mais modernisés avec l'habituel anti-américanisme primaire et une vision européenne aléatoire2. 300.000 grecs ont quitté leur pays pendant la crise. Le problème était qu’à cause de la monnaie commune Athènes ne pouvait pas soutenir l’économie par un processus de dévaluation.
Peu de groupes politiques maximalistes ont fait une critique approfondie des contes de fée des idéologues résidus de la gauche sociale démocrate et stalinienne ; RI a certes dénoncé les fables de Varoufakis mais limitées à l'accusation de l'agression capitaliste extérieure à la Grèce3, comme si la bourgeoisie usurière et financière n'avait plus existé dans ce pays pendant cet épisode énième révélateur de la crise de la baudruche Europe.
Dans ses deux ouvrages Varoufakis dénonçait les « égoïsmes nationaux » mais surtout l'allemand sans comprendre que l'Allemagne n'est restée qu'un pion des Etats Unis. Les eurocrates dès le milieu des années 1960 ont vu l’établissement d’une monnaie unique européenne comme le moyen de s’emparer du pouvoir monétaire allemand. Or, à ce jeu-là, ils ont surtout réussi à être prisonnier d’une zone Euro où ils ne décident pas grand chose tant cette dernière obéit dans sa construction même aux desiderata des autorités allemandes, et où, en plus, l’Allemagne industrielle ne cesse de l’emporter sur la France en voie de désindustrialisation.
Le raisonnement de Y. Varoufakis est contradictoire et creux. Il ne cesse de vouloir montrer que, depuis le milieu des années 1960, le cours des événements ne dépend que de la poursuite d’intérêts nationaux où le fort écrase le faible, où le rusé berne le moins rusé tout en se dissimulant derrière l’idée européenne, avec une bureaucratie de l’UE qui n'aurait aucune autre ambition que de développer son pouvoir. Il en vient à croire à une réforme de l’Union européenne afin d’y faire émerger un intérêt général européen d’essence démocratique. Au chapitre « Manifeste pour démocratiser l’Europe », il fournit le même genre de guimauve que la noria gilets jaunes « interclassiste » en France: il suffirait de généraliser des assemblées citoyennes, libérant la parole aux plus pauvres. Cet équilibriste utopiste dénonce le fonctionnement actuel de l’Union européenne comme revenant à traiter différemment les gens selon leur État d’appartenance. Y. Varoufakis illusionne évidemment sur la capacité des bourgeoisies nationales à répartir équitablement les charges et les avantages, de la fallacieuse « solidarité européenne ».
Toute la littérature économico-démocrate de Varoufakis n'a en rien changé le cours des événements où la droite a finalement viré le parti gauchiste mou de Tsipras. Les Grecs ont voté à 39,7 % des suffrages pour Nouvelle Démocratie le parti de Kyriakos Mitsotakis, qui obtiendra 158 des 300 sièges que compte la Vouli, le parlement grec. Syriza, le parti de gauche d'Alexis Tsipras, n'obtint que 31,5 % des voix et 86 sièges. Malgré la reprise de la croissance depuis 2017, la population semble lassée des promesses du Premier ministre sortant, surnommé par certains le maître de la « kolotumba », c'est-à-dire de la cabriole.
Même si le chômage a diminué, le prolétariat grec subit encore lourdement les conditions de l'austérité en 2019, et la crise capitaliste, queue du monde entier, n'est pas résolue quoique le règlement des dettes diverses préoccupe autant les prolétaires que le sexe des anges.
Varoufakis et Cie se sont moqués du monde en se focalisant sur l'Allemagne, à moins qu'il ne soit qu'un imbécile biberonné aux fables gauchistes du rapiéçage écologique, féministe et antiraciste du capitalisme. La pluie et le beau temps c'est la bourgeoisie américaine qui le fait.
L'Allemagne n'a jamais honoré complètement ses dettes de 1933, donc peu avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Les engins blindés de l'armée allemande étaient réparés pendant la guerre par des techniciens américains. Ford a financé le parti nazi depuis ses débuts. La plupart des industriels nazis n'ont pas été inquiétés après 1945. La guerre du Vietnam a été menée a partir de la principale base américaine en Allemagne4. Ces contreparties du capitalisme en guerre permettent de mieux comprendre en quoi le cheval de Troie US empêche l'éclosion d'une véritable Europe plus que les égoïsmes nationaux selon le pitre Varoufakis. Quant au cavalier seul de la France qui se la joue encore grande puissance, il réside toujours sur le pillage de l'Afrique avec l'argument « humanitaire » pour « aider les régimes démocratiques » (les pourritures politiques africaines corrompues et inconsistantes comme celles du Mali), ou plus retord, soit disant pour "aider au développement" (des industriels français), "nous protéger" (des divers clients compétiteurs impérialistes des mercenaires daechiens) et y faire tuer ses commerciaux militaires sur place (13 hier pleurés par les médias comme héros du néo-colonialisme masqué).

LE LUMPENPROLETARIAT PRIX DU JURY BOURGEOIS

« J’ai fait un film rassembleur qui appelle à l’harmonie entre les Français ». Ladj Ly (réalisateur)
Prix du jury au dernier festival de Cannes, Les Misérables ont déjà séduit tout le paysage médiatique. Cinéphile averti, Emmanuel Macron a été « bouleversé par la justesse » du long-métrage allant jusqu’à demander « au gouvernement de se dépêcher de trouver des idées et d’agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers ». Ladj Ly a été longuement interviewé par tant de médias, déplorant ces policiers qui « assassinent les jeunes de banlieue ». Tant d’assassinats, tant de victimes innocentes des flics racistes lui ont donné la haine.
Du film « Les misérables », ennuyeux brouet niveau feuilleton télévisé pour « racailles », pardon, « lumpen » de banlieues déshéritées, il ne sort rien que le chaos. Son réalisateur a d'ailleurs plus plagié Balzac que Hugo en choisissant comme fil conducteur au récit de son gentil western, qui se veut docu réalité impartial, trois flics caricaturaux (style plagié aussi) : le bon, la brute, le truand (un air de déjà vu jouissif pour jeunes et vieux cinéphiles). Ces trois là possèdent les qualités du célèbre Vidocq.

Je n'aime pas la police ni la BAC, et comme communiste je pense toujours qu'il faudra dissoudre la police bourgeoise avec l'Etat et qu'espérer que celle qu'on subit aujourd'hui devienne plus humaine ou protège les femmes battues ou violées est comme rêver que Macron ait un œil crevé par un LBD. Je suis quelque part admiratif que certaines cités-ghettos portent le nom de Balzac. Mais Balzac ne prend pas parti, il laisse décrire la pègre par Vidocq. On se souvient que ce dernier est accusé à plusieurs reprises d'avoir fomenté des coups montés illégaux pour prendre les voleurs en flagrant délit (comme la BAC de nos jours). La brigade de sûreté, financée sur des fonds secrets, est constamment sujette à controverses. La brigade est haïe autant par la pègre, qu'elle met à mal, que par les hautes instances, à qui elle donne mauvaise presse. Vidocq, voyou expérimenté, est accusé à plusieurs reprises d'avoir fomenté des coups montés illégaux pour prendre les voleurs en flagrant délit. Son passé le rattrape pourtant, et, après avoir été accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, il propose un marché au chef de la sûreté : il rejoint la police pour combattre la pègre, en échange de sa liberté. Malgré des résultats exceptionnels, il provoque l'hostilité de ses confrères policiers et la fureur de la pègre qui a mis sa tête à prix... Les ennemis de Vidocq, ses ennemis se trouvent dans la pègre mais aussi au pouvoir. Ladj Ly trouve ses amis dans la pègre mais aussi au pouvoir. Cet arsouille du spectacle pousse les spectateurs en même temps dans les deux camps opposés, nous français du côté de la police vu le cynisme et le culot des bandes de lumpen et leurs amis djihadistes, et eux les djeuns dont la seule distraction est de se venger des « exactions répétées » de « flic blanc et raciste » en attendant pôle emploi ou un voyage aux pays préférés d'Allah. Malgré son blabla soit disant neutre, qui lui a permis de remporter un oscar et un satisfecit présidentiel (Car Macron connaît bien la vie en banlieue paupérisée et islamisée...), son parti-pris en faveur de la violence du lumpenprolétariat féru de vengeance et soigneusement éloigné de toute réflexion politique, milite pour l'appel au meurtre des policiers comme Graal des largués et paumés en banlieue. C'est la suite logique de « La haine » de l'excité Kassovitz. D'inégalités sociales point, de classes sociales point mais de racisme éternel oui, de bavures incessantes oui. Là où Balzac laisse dire l'ancien truand Vidocq en se méfiant du témoignage policier comme du témoignage racaille, Ladj Ly se place résolument du côté d'un lumpenprolétariat exultant applaudi par tous les médias, majoritairement de gauche désormais. Depuis le lointain effondrement du bloc de l'Est et l'usure des alternances gauche/droite en Europe et même immédiatement après mai 68, l'idéologie dominante a mué en « morale dominante » drivée par les campus US, c'est pourquoi l'Université au nord de Paris, contrôlée idéologiquement par les islamo-gauchistes (décidément les pires ennemis du prolétariat), régente la censure politique de tout ce qui est anti-libéralisme et laïcité affirmée. Dans son dernier ouvrage éclairant, Brice Couturier explique bien l'aboutissement du multiculturalisme américain comme variante de la doxa stalinienne, où les trotskiens sont les meilleurs exécutants tant parmi les juges que parmi les journalistes et les syndicalistes :
« L'endoctrinement écolo-gauchisant prodigué par notre système scolaire produit non pas les contestataires espérés, mais des générations de conformistes se surveillant mutuellement sur les réseaux sociaux »5.
Souvent avec des contradictions, des conceptions anti-marxistes et favorables à l'étroitesse politique du RN, une poignée d'éditoralistes dénonce inlassablement mais avec brio ce « pouvoir culturel » de la gauche bourgeoise tant dans les couloirs du pouvoir que dans ceux de l'opposition, où l'on voit les bobos se conformer à l'admiration du lumpen à la manière de leur maître penseur Bakounine ; Zemmour, est menacé de mort lui, comme Rushdie, par les amis de Ladj Ly et tous les chefaillons musulmaniaques du lumpenprolétariat. Plus marginales dans le battage assourdissant des grands médias et du web, des revues comme Causeur et Marianne ont fait état des éructations lamentables du cinéaste es banlieusard6. Mais silence partout ailleurs pour ne pas nuire à la promotion tout azimut du film « phare des banlieues », promis à des suites épisodiques...
On rit encore dans les chaumières du jugement contre Zemmour « 'définitivement' condamné pour provocation à la haine raciale », et de la partition de l'histrion gauchiste Noiriel dénonçant chez Zemmour « une forme de délinquance de la pensée ». Dans la génétique historique de la gauche bourgeoise, la jurisprudence stalinienne et féodale n'est jamais loin. Est-on définitivement condamnés à subir l'apologie du lumpenprolétariat musulman et à considérer que les flics sont les seuls responsables de l'exploitation capitaliste ?
Concernant le prolétariat qui va lutter contre l'attaque sur les retraites, est-on définitivement condamné à croire, selon not' bon président qu'il s'agit d'une « grève corporative » ?


notes
1Le réalisateur Ladj Ly croit malin de terminer son film par la fameuse citation de girouette Hugo : « Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs ».Or cette sentence est tout sauf révolutionnaire, elle suppose une « bonne éducation du peuple » pas le renversement du capitalisme, ce dont se fichent tous les théoriciens racialistes lumpen de nos banlieues musulmanisées, dont le seul ennemi ne peut être que l'uniforme du policier.

2 En 2015, version fort en gueule de Varoufakis : « Ce qu'ils font avec la Grèce a un nom: terrorisme", accusait Yanis Varoufakis dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo, avec cette faconde gauchiste capable de dénoncer le pouvoir de l'argent mais pas la nature même du capitalisme : « Pourquoi est-ce qu'ils nous ont forcés à fermer les banques? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s'agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme", arguait le ministre intermittent en parlant de la politique menée par les créanciers d'Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne.
3«  In fine, Syriza et Tsipras sont confirmés comme des “héros” et “victimes” de l’ex-Troïka, instance assimilée aux “méchants capitalistes”. Ainsi, malgré les attaques brutales et croissantes menées directement par l’État grec, ces dernières apparaissent comme imposées par “l’extérieur”. Le gouvernement grec qui réprime et pressure les prolétaires comme jamais, ce vrai bourreau à la tête de l’État bourgeois, retrouve là un statut de véritable “combattant” tenant tête aux “capitalistes” pour soi-disant atténuer la “souffrance du peuple grec”. Finalement, Syriza, confortée par ce coup de pouce et son “soutien populaire”, bénéficie toujours d’une image “ouvrière”. Et cette mystification est d’autant plus efficace qu’elle est très largement relayée et appuyée par les gauchistes de tous poils en Europe qui applaudissent la victoire du non pour mieux étayer leur discours sur une prétendue alternative possible à l’austérité : Depuis le 25 janvier 2015 et la victoire électorale de Syriza en Grèce, la troïka UE-BCE-FMI use d’une brutalité inouïe pour faire capituler le gouvernement Tsipras, pour que le choix populaire d’en finir avec l’austérité soit bafoué” ».(dixit les charlots du NPA).
4Sur Médiapart on peut lire ceci: Il faut savoir que l’Allemagne nazie avait suspendu le paiement de la dette extérieure à partir de 1933 et n’a jamais repris les paiements, ce qui ne l’a pas empêché de recevoir un soutien financier et de faire des affaires avec de grandes entreprises privées des États-Unis comme Ford qui a financé le lancement de la Volkswagen (la voiture du peuple imaginée par le régime hitlérien), General Motors qui possédait la firme Opel, General Electric associée à AEG et IBM qui est accusée d’avoir « fourni la technologie » qui a aidé « à la persécution, à la souffrance et au génocide », avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. La dette réclamée à l’Allemagne concernant l’avant-guerre s’élevait à 22,6 milliards de marks si on comptabilise les intérêts.
5 Brice Couturier : 1969, année fatidique, tout est parti de là (Ed de l'observatoire, 2019) et aussi lumineux : « le gauchisme culturel a accompagné une dépolitisation du mouvement, une focalisation sur les « problèmes de société » au détriment de la « question sociale ». Inclusivisme, féminicide, et autres islamophlies font partie de la panoplie de la girouette trotskienne le NPA, dont le dernier avatar est... la « giletjaunisation » du mouvement ouvrier...Quant au soutien à l'islamisation rampante à ses débuts, on pouvait faire confiance au syndicat CGT : « en 1977, la cgt avait déjà considéré comme un phénomène « progressiste » l'implantation de mosquée dans les usines, chez Renault ou Citroën (cf. Gille Kepel, A l'Ouest d'Allah (Seuil 1994). A tout point de vue RI puis le CCI ont eu totalement raison de dénoncer la gauche et l'extrême gauche comme intégralement bourgeoises et étrangères à la classe ouvrière internationale, même si ce groupe n'a pas encore été capable de souligner la conversion islamophilique et immigrationniste de ces clowns politiques.

6Au cours d'un entretien sur le site du blog du cinéma, le réalisateur originaire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis, là où Hugo a écrit son roman rigolo) dénonce « le pays qui aime faire la morale au monde entier » [la France], dont « une grosse partie » de la population « est devenue raciste et islamophobe assumée ». Il s’acharne ensuite sur celle qu’il qualifie de « conne » ou encore de « connasse », la journaliste Zineb El Rhazoui. « J’ai presque envie de l’insulter ! L’autre connasse de Zineb qui incite les policiers à tirer sur la ‘racaille de cité’. Va te faire enculer! », a éructé Ladj Ly, en référence aux propos tenus par la journaliste sur CNews, où elle prenait la défense de policiers attaqués par des délinquants. Le cinéaste s’en est ensuite pris à Éric Zemmour, sans le nommer : « Je vais même pas citer le nom de l’autre là, ce fils de pute ». « On dirait que le but de ces gens là c’est de créer une guerre civile dans ce pays », estime-t-il avant d’ajouter : « J’appelle ça le ‘terrorisme’ aujourd’hui. Ça ressemble à ça au début : tu pousses des gens à s’entretuer. C’est eux qui posent la première pierre, c’est eux les premiers terroristes ». Or ce n'est pas Zemmour qui a massacré une centaine de personnes en France depuis 2015 ! Mais les amis ou demi-amis djihadistes du publicitaire de la banlieue en pleine islamisation !