"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

dimanche 21 mai 2017

« FEMINISME N'EST PAS RACISME » MAIS FONT-ELLES DES PIPES ?


« Ils lèchent, ils lâchent, ils lynchent ». (les journalistes vu par E.Macron)
« Je fais vendre comme une lessive » (le même)

Tu me dis que tu vas à Fès
Mais si tu dis que tu vas à Fès,
Cela signifie que tu n'y vas pas.
Mais il se trouve que je sais que tu vas à Fès.
Alors pourquoi me mentir, à moi qui suis ton ami ?

Dicton marocain


La Chapelle barjot ?

« Vendredi, une pétition dénonçait le harcèlement de rue, dont sont victimes plusieurs habitantes du quartier La Chapelle-Pajol, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. La ville de Paris et la préfecture de police ont reconnu vendredi "un sentiment d'insécurité" pour les femmes du quartier. Un dispositif dédié pour sanctionner les auteurs de ces actes et permettre au plus vite un retour à la normale doit être mis en place ». Une pétition réclamant en effet plus de pandores trouvait là son aboutissement misérable. Le premier article « provocateur » du Parisien, comme cet organe le reconnut le lendemain, faisait état d'un phénomène pourtant ancien en banlieues islamisées, mais avec une option plus anti-migrants envahissants que anti-islam, au nord cosmopolite de la capitale ; j'y suis passé la semaine précédente, c'est en effet un univers urbain très tiers-mondiste et haut en couleurs, qui me donna l'envie de m'y balader pour m'éviter les frais de voyage à New Delhi. Il y a sans doute des délits par intermittence et un ras le bol pour certaines, pas pour toutes (les malheureuses voilées)1 :
«Nous avons toutes droit à un traitement insupportable», souligne Nathalie, 50 ans, qui revendique trente années dans le quartier, et un climat «inédit» ces derniers mois : «Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles». A l’image de cette vieille dame de 80 ans, agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble, et désormais retranchée dans son appartement ». Violée à 80 ans dans son entrée d'immeuble, quelle chance ! mais faut pas abuser.
Celles et ceux qui abusent fonctionnent en effet par contre dans le déni de réalité de la dérangeante question sexuelle du migrant, comme du chômeur ou du clochard, un aveuglement volontaire propre au judéo-christianisme gauchiste et à la gauche bourgeoise moraliste. Le racisme est le pot de colle argumentaire pour n'importe quelle idiote féministe et lesbienne dominatrice, parfaitement ostraciste et raciste en privé. Est sorti du bois un nouveau concept de la novlangue: "Féminisme n'est pas racisme", truisme aussi efficace que le commercial "je suis Charlie" ou l'imbattable "islamophobie" (de islamobobologie); la novlangue nous abreuve régulièrement de clichés orwelliens quasi indéboulonnables et qui brisent d'emblée toute réflexion et tout esprit critique, tellement l'assemblage des contraires crée la confusion et couvre l'ignoble.
Faisons un instant comme les trolls d'internet, qui se contentent de recopier les extraits qui les choquent sans capacité à contre-argumenter :
« Une dizaine de manifestants ont contesté le rassemblement des femmes de la Chapelle contre le harcèlement de rue vendredi, rapporte Le Parisien. Regroupés derrière le slogan « Féminisme n’est pas racisme », ils dénoncent le fait que cette manifestation vise des populations immigrés : « Tout ça est une manipulation raciste d’associations qui ont tout fait pour expulser les migrants ces derniers mois », a expliqué une manifestante ».
Les manifestants en question ne sont en fait qu'une poignée de touristes gauchistes dont la plupart ne sacrifient même pas une soirée à aider les assocs caritatives ad hoc. La fachosphère s'est emparée du sujet plus vite que la gauchosphère silencieuse pour l'heure, tout comme les sites anti-français et anti-flics Bondy Blog et celui de la pire indigeste de la République. Le harcèlement des femmes dans la rue ou le métro n'est ni général ni nouveau ; à trop y mettre l'accent on encourage le matriarcat féministe et sa complicité pudibonde avec l'ordre moral. De toute façon il a bien longtemps que cette situation s'est installée. Des quartiers entiers sont habités par des gens d'une autre culture et d'une religion excluante qui veulent imposer leur manière de vivre archaïque et rétrograde. Que font tous ces hommes toute la journée ? Se demande le passant lambda. C'est le même aboutissement de ghettoïsation des populations qui a été largement répandue aux Etats-Unis depuis des décennies, et qui fonctionne si bien pour dissoudre la réalité des classes ; et quand, contrairement aux trente glorieuses, la masse des exclus et des chômeurs est clairement visible ; je dirai même « ne peut plus être cachée ».

AFRICAIN S'ABSTENIR ! LA SEXUALITE ABSENTE DES MIGRANTS

Les deux plaignants ont tort – Manif pour tous et Manif pour rien - et servent à masquer le fond du problème. Celles qui se plaignent des agressions, légitimement, oublient le contexte que décrit fort justement une blogueuse de Médiapart2, une incapacité des « pouvoirs publics », pour le pas dire le laxisme de la mairie socialo-gaucho-écolo par peur de se trouver confrontée aux vrais problèmes politiques des migrations de guerre et de misère. Je le répète, lorsqu'il est en guerre le capitalisme accompagne ses troupes de bordels ambulants pour éviter les viols généralisés dans les populations occupées3. La réponse de tous les impétrants empêtrés est la même, des édiles du pouvoir macronesque, de la fachosphère et jusqu'à la gauchosphère : « ce n'est pas acceptable ! », moralement s'entend, après... dans la pratique... advienne que pourra. La fachosphère réclame l'expulsion des « pervers » quand la gauchosphère réclame la « régularisation » des « victimes de notre colonialisme ». , mais dans notre époque de réaction morale « pacifiste », le sexe est considéré comme un crime. Le déni du besoin sexuel du chômeur, du clochard comme du migrant, je crois être le seul à l'avoir dénoncé ici (un de mes articles le plus lu), au moment de l'affaire de Cologne comme au moment du vote de la loi cynique des branleurs socialos pénalisant en France les clients des prostituées. L'ordre moral bourgeois gauchiste considère l'homme d'en bas comme un eunuque, il veut bien lui donner à manger, se servir de lui pour les jobs les plus cons4, mais pas question d'imaginer qu'il ait aussi des BESOINS SEXUELS !
Femme harcelée par un arabe à Barbès
   Aucun de nos moralistes ne se pose la question du pourquoi une telle agressivité de « population masculine dense et désoeuvrée » à l'égard de femmes (hors des codes de respect de la religion mahométane), vivant en France, habillées selon le code de séduction féminin en France, eux qui, pour la plupart, n'ont connu depuis l'enfance que la vision de sacs de patates ambulantes avec ou sans grillage. On leur a répondu – les amis d'Angélique Merkel – par des cours de comportement en Allemagne, surtout en piscine, mais pas en soupesant leurs désirs d'hommes !
Le chômeur sans dents n'a pas plus les moyens de s'offrir Meetic que le migrant de rencontrer sur « jecontacte », ne faisant pas partie de la race « indo-européenne » répertoriée dûment sur ces mêmes sites où un tas de mémères moches ne sont pas poursuivies pour racisme avéré par la justice classieuse et ses sectes antiracistes, pour leur annonce minable, « adopter » prince charmant : « surtout pas arabe et africain s'abstenir ». Pire que toutes les mémères de Noël vagissantes, les dames patronnesses du féminisme gaucho réac, qui défendent le migrant à condition qu'il ne se masturbe pas. Ces infirmières du capitalisme à parité hiérarchique égale se pincent le nez, car le migrant est sale, et elles soutiennent le marché du sexe aseptisé, qui veut bien couvrir de bandelettes hygiéniques le corps du migrant qui bande encore, comme les infirmières bourges de 14 qui déchiraient les lettres trop allusives aux pioupious, bien qu'on ait construit des bordels près des tranchées   5.

LE SEXE ENSEIGNé A L'ECOLE ?


Dans le communisme il faudra probablement supprimer les profs, ou revoir complètement cette fonction aliénée et aliénante qui ne sert qu'à reproduire inégalités et hiérarchie sociale. L'Eduque naze est l'objet de continuelles réformes ou propositions pour soi-disant rétablir « l'égalité des chances » dans chaque programme électoral bidon. Aucune réforme ne tient debout et chacune se ridiculise à tour de rôle.
Dans aucun programme électoral vous ne trouverez la rubrique : « besoins sexuels de la population »6.
De même que j'ai toujours moqué depuis 50 ans la présence des parents d'élèves dans les lycées, de même je ricane qu'on prétende enseigner le sexe à l'école. Depuis quand prétend-on enseigner la vie ? En terminale on se moquait des vieux profs qui voulaient nous enseigner Rimbaud ! Mais le système se ridiculise lui-même entre moralistes de gauche et moralistes de droite. Rigolons sur un enseignement prophylactique... du plaisir :

« L'enseignante Tiphanie Duperroux confirme que la notion de plaisir "n'est pas prévue au programme" et que les thèmes abordés sont la procréation, la puberté, comment fonctionnent les appareils reproducteurs, comment faire pour obtenir un enfant et la contraception... L'éducation sexuelle est donc "un chapitre comme un autre". La masturbation et toute forme d'apprentissage d'une jouissance personnelle n'y ont pas leur place. Jusqu'à la dernière réforme du collège, aucune trace de l'existence du clitoris dans les manuels scolaires quand la question de l'anatomie intime est abordée. Une lacune considérable, selon les sexologues, qui regrettent ce tabou, en particulier concernant la sexualité des femmes »7

Vous imaginez la réaction des enseignants proches des manifs pour tous ou des manifs pour rien s'ils apprenaient qu'un élève a obtenu une réponse professorale à : « une fille est-elle obligée de faire une pipe au garçon avant de lui faire un enfant ? ». Le prof serait renvoyé et l'élève expédié fissa en camp de déradicalisation ! C'est pourquoi je me suis demandé si les dames patronnesses du gauchisme
moral et consensuel avec la situation - seulement matérielle et religieuse -, des migrants pratiquaient elles-mêmes la fellation, ce dont je doute. Problème centenaire en effet, et récemment dé-tabouisé par Madame Figaro et les journalistes coquines de Libération et du Monde. Jadis les hommes allaient aux putes pour profiter de cette petite gâterie qui leur était invariablement refusée par « bobonne ». Jusqu'à la fin des années 1960, de rigoureuses enquêtes sexuelles démontraient que les femmes européennes et nord-américaines répugnaient à ce genre de pratique, pas très bon genre, dirai-je. Beaucoup se seraient libérées de l'appréhension depuis ces années dites de « révolution sexuelle », alors qu'on aperçoit encore tant de pipes ou de sodomies au fronton des cathédrales du Moyen âge ou sur les temples khmers.

   La bourgeoisie moderne n'a pas abandonné son chantage à la sexualité refoulée, maintenue ou brisée. En tête la bourgeoisie américaine a longtemps fait chanter ses hommes politiques « pédés », on les battait et les pourchassait jusque dans les chiottes dans les années 50 en France ; le coup monté contre Assange montre la veulerie du système si on touche à ses mensonges, la chasse sans fin au Polanski révèle plus l'obstination perverse du système judiciaire US qu'il ne se justifie pour une lointaine aventure du cinéaste avec une groupie mineure à l'époque et qui s'en tape.
   Bien avant le sinistre maccarthysme, en 1927, il fallut faire tomber aussi Charlie Chaplin - pour des raisons plus politiques que morales - un immigré anglais devenu gênant politiquement. Pour sûr, Chaplin avait des goûts opposés à ceux d'un Macron – à chacun ses fantasmes – il était porté sur les femmes plutôt adolescentes. Il ne fût pas poursuivi cependant pour pédophilie. Sa deuxième femme, Lisa Grey, lui fît un procès à scandale, l'accusant « d'actes anormaux » ; elle obtint un fabuleux dédommagement et Chaplin devint la cible des « manif pour tous » de l'époque, des ligues puritaines déchaînées comme une grossière indigeste de la pute publique. L'acte « anormal » réclamé par Chaplin n'était qu'une … simple pipe, au moins une fois de temps en temps ! (l'épouse vénale en profitait pour dénoncer aux flics et à leurs chefs de la magistrature qu'il lui avait demandé d'avorter... pour mieux renchérir le dédommagement).
Seul, le tout le groupe surréaliste français prit la défense de Chaplin, d'Aragon à Breton et à Péret avec ce titre génial « HANDS OFF LOVE » que la revue « La révolution surréaliste » reproduit en français car sa première version anglaise avait été sabotée par la présentation :

« La qualité du défendeur et la nature des arguments qu’on lui oppose valent qu’on s’arrête à la plainte de Madame Charlie Chaplin, telle qu’on a pu la lire dans Le Grand Guignol. Il va sans dire que ce qui suit suppose le document authentique, et bien qu’il soit du droit de Charlie Chaplin de nier les faits allégués, le phrases rapportées, tiendra pour conformes à la vérité ces faits, ces phrases. Il s’agit de voir ce qu’on trouve à opposer à un tel homme, d’apprécier les moyens qu’on emploie pour le réduire. Ces moyens reflètent étrangement la moyenne opinion morale aux Etats-Unis en 1927, c’est-à-dire celle d’un des plus grands groupements humains, opinion qui tendra à se répandre et à prévaloir partout, dans la mesure où l’immense réservoir qui s’engorge de marchandises dans l’Amérique du Nord est aussi un immense réservoir de sottise toujours prêt à se déverser sur nous et particulièrement à crétiniser tout à fait l’amorphe clientèle d’Europe, toujours à la merci du dernier enchérisseur. (…) Cependant l’état de femme mariée est une profession comme une autre, à partir du jour où la femme revendique comme dûe sa ration alimentaire et sexuelle. Un homme que la loi met dans l’obligation de vivre avec une seule femme, n’a d’autre alternative que de faire partager des moeurs qui sont les siennes à cette femme, de se mettre à la merci de cette femme. Si elle le livre à la malignité publique, comment se fait-il que la même loi qui a donné à l’épouse les droits les plus arbitraires ne se retourne pas contre elle avec toute la rigueur que mérite un abus de confiance aussi révoltant, une diffamation si évidemment liée à l’intérêt le plus sordide ? Et de plus comment se fait-il que les moeurs soient matière à législation ? Quelle absurdité ! Pour nous en tenir aux scrupules très épisodiques de la vertueuse et inexpérimentée Mme Chaplin, il y a du comique à considérer comme anormale, contre nature, pervertie, dégénérée et indécente l’habitude de la fellation (*). (Tous les gens mariés font cela, dit excellemment Chaplin). Si la libre discussion des moeurs pouvait raisonnablement s’engager, il serait normal, naturel, sain, décent de débouter de sa plainte une épouse convaincue de s’être inhumainement refusée à des pratiques aussi générales et parfaitement pures et défendables. Comment une pareille stupidité n’interdit-elle pas par ailleurs de faire appel à l’amour, comme cette personne qui à 16 ans et 2 mois entre consciemment dans le mariage avec un homme riche et surveillé par l’opinion, ose aujourd’hui le faire avec ses deux bébés, nés sans doute par l’oreille puisque le défendeur n’eut jamais avec elle des rapports conjugaux comme il est d’usage entre époux, ses bébés qu’elle brandit comme les sales pièces à conviction de ses propres exigences intimes ? Toutes ces italiques sont nôtres, et le langage révoltant qu’elles soulignent nous l’empruntons à la plaignante et à ses avocats, qui avant tout cherchent à opposer à un homme vivant le plus répugnant poncif des magazines idiots, l’image de la maman qui appelle papa son amant légitime, et cela dans le seul but de prélever sur cet homme un impôt que l’état le plus exigeant n’a jamais rêvé, un impôt ! qui pèse avant tout sur son génie, qui tend même à le déposséder de ce génie, en tout cas à en discréditer la très précieuse expression »8.

LA FRANCE COUPEE EN DEUX OU UN DEBAT POLITIQUE PSYCHOTIQUE ?


Manif pour tous, manif pour rien, identitaires contre islamo-gauchistes, gentils contre méchants, les oppositions politiques en France se focalisent encore et toujours sur la fabrique d'un monde binaire droite/gauche et vice versa, chaque faction s'agrégeant le monopole de la France « éternelle » ou « tolérante ». Les confrontations s'apparentent plutôt de plus en plus à des querelles de fous. Je ne suis plus persuadé qu'on puisse éviter une part de psychopathologie dans toutes les confrontations politiques. L'école de Palo Alto a démontré qu'on ne pouvait plus considérer la schizophrénie comme un phénomène individuel, et que les interprétations génétiques et physiologiques doivent être remaniées en profondeur pour étudier de plus près un phénomène, pourtant ancien : le système interpersonnel (cf. L'auteur de « Faites votre malheur vous-même », Paul Watzlawick). Au dix-neuvième siècle deux psychiatres français avaient levé le lapin, ce que l'on peut voir chez le couple fusionnel comme dans les relations de groupes conflictuels dans une société éclatée et dépassée par ses propres phénomènes de décomposition :
« Dans le délire à deux, l'aliéné, l'agent provocateur , répond, en effet, au type dont nous venons d'esquisser les principaux traits. Son associé est plus délicat à définir, mais avec une recherche persévérante, on arrive à saisir les lois auxquelles obéit ce second facteur de la folie communiquée... Une fois que le contrat tacite qui va lier les deux malades a été à peu près conclu, il ne s'agit pas simplement d'étudier l'influence de l'aliéné sur l'homme supposé sain d'esprit, mais il importe de rechercher l'action inverse du raisonnant sur le délirant et de montrer par quels compromis mutuels s'effacent les divergences »9.

   Pour être clair, indépendamment du fait que je peux démontrer très précisément et concrètement cette réalité - qui explique autant mystification interpersonnelle que mystification électorale (par ex. la névrose anti-fasciste si prégnante, forme de paranoïa républicaine bourgeoise à destination des dépressifs...et la psychose du chantage au chaos) - les débats politiques actuels excluent toute rationalité et conscience de classe ; il sont proprement aliénés et fantasmatiques ; ils tournent en rond en particulier sur le sujet des vagues migratoires, avec, dans les deux parties, la trouille de la transgression sexuelle des migrants. Le capitalisme décadent parvient à mystifier la réalité en niant les besoins humains fondamentaux, il est le psychiatre mentaliste qui parvient encore à faire croire aux hommes qu'ils sont un peu fous et qu'ils feraient mieux de s'en remettre à la providence .
Si l'info, dominée généralement désormais par le fait divers (qui ne fait pas toujours diversion) est biaisée et perverse, son décryptage ou remise en situation dépend de la capacité du prolétariat à se débarrasser des bassesses qu'il subit tous les jours, au plan mental et sexuel, comme au plan salarial.



LES MIGRANTS NE SONT-ILS PAS DEVENUS NOS IRLANDAIS ?


LES MIGRANTS SOUS LE METRO PARISIEN DOIVENT-ILS SE CONTENTER DE MANGER DES POMMES DE TERRE COMME LES IRLANDAIS DE JADIS ? (explication analogique de Karl Marx)

« Nous avons vu quelle signification prend sous le socialisme la richesse des besoins humains et, par suite, quelle signification prennent un nouveau mode de production et un nouvel objet de la production : c'est une manifestation nouvelle de la force essentielle de l'homme et un enrichissement nouveau de l'essence humaine. Dans le cadre de la propriété privée, les choses prennent une signification inverse. Tout homme s'applique à créer pour l'autre un besoin nouveau pour le contraindre à un nouveau sacrifice, le placer dans une nou­velle dépendance et le pousser à un nouveau mode de jouissance et, par suite, de ruine écono­mique. Chacun cherche à créer une force essentielle étrangère dominant les autres hommes pour y trouver la satisfaction de son propre besoin égoïste. Avec la masse des objets augmen­te donc l'empire des êtres étrangers auquel l'homme est soumis et tout produit nouveau renforce encore la tromperie réciproque et le pillage mutuel. L'homme devient d'autant plus pauvre en tant qu'homme, il a d'autant plus besoin d'argent pour se rendre maître de l'être hostile, et la puissance de son argent tombe exactement en raison inverse du volume de la production, c'est-à-dire que son indigence augmente à mesure que croît la puissance de l'argent. - Le besoin d'argent est donc le vrai besoin produit par l'économie politique et l'unique besoin qu'elle produit. La quantité de l'argent devient de plus en plus l'unique et puissante propriété de celui-ci; de même qu'il réduit tout être à son abstraction, il se réduit lui-même dans son propre mouvement à un être quantitatif. L'absence de mesure et la démesure deviennent sa véritable mesure.
- Sur le plan subjectif même cela se manifeste d'une part en ceci, que l'extension des produits et des besoins devient l'esclave inventif et toujours en train de calculer d'appétits inhumains, raffinés, contre nature et imaginaires - la propriété privée ne sait pas transformer le besoin grossier en besoin humain; son idéalisme est l'imagination, l'arbitraire, le caprice et un ennuque ne flatte pas avec plus de bassesse son despote et ne cherche pas à exciter ses facultés émoussées de jouissance pour capter une faveur avec des moyens plus infâmes que l'eunuque industriel, le producteur, pour capter les pièces blanches et tirer les picaillons de la poche de son voisin très chrétiennement aimé. - (Tout produit est un appât avec lequel on tâche d'attirer à soi l'être de l'autre, son argent ; tout besoin réel ou possible est une faiblesse qui attirera la mouche dans la glu ; - exploitation universelle de l'essen­ce sociale de l'homme, de même que chacune de ses imperfections est un lien avec le ciel, un côté par lequel son cœur est accessible au prêtre ; tout besoin est une occasion pour s'approcher du voisin avec l'air le plus aimable et lui dire : cher ami, je te donnerai ce qui t'est nécessaire ; mais tu con­nais la condition sine qua non; tu sais de quelle encre tu dois signer le pacte qui te lie à moi; je t'étrille en te procurant une jouissance). L'eunuque industriel se plie aux caprices les plus infâmes de l'homme, joue l'entremetteur entre son besoin et lui, excite en lui des appétits morbides, guette chacune de ses faiblesses pour lui demander ensuite le salaire de ces bons offices.
  • Cette aliénation apparaît d'autre part en produisant, d'un côté, le raffinement des besoins et des moyens de les satisfaire, de l'autre le retour à une sauvagerie bestiale, la simplicité complète, grossière et abstraite du besoin ; ou plutôt elle ne fait que s'engendrer à nouveau elle-même avec sa signification opposée. Même le besoin de grand air cesse d'être un besoin pour l'ouvrier; l'homme retourne à sa tanière, mais elle est maintenant empestée par le souffle pestilentiel et méphitique de la civilisation et il ne l'habite plus que d'une façon précaire, com­me une puissance étrangère qui peut chaque jour se dérober à lui, dont il peut chaque jour être [XV]. expulsé s'il ne paie pas. Cette maison de mort, il faut qu'il la paie. La maison de lumière, que, dans Eschyle, Prométhée désigne comme l'un des plus grands cadeaux qui lui ait permis de transformer le sauvage en homme, cesse d'être pour l'ouvrier. La lumière, l'air, etc., ou la propreté animale la plus élémentaire cessent d'être un besoin pour l'homme. La saleté, cette stagnation, cette putréfaction de l'homme, ce cloaque (au sens littéral) de la civilisation devient son élément de vie. L'incurie complète et contre nature, la nature putride devient l'élément de sa vie. Aucun de ses sens n'existe plus, non seulement sous son aspect humain, mais aussi sous son aspect inhumain, c'est-à-dire pire qu'animal. On voit revenir les modes (et instruments) les plus grossiers du travail humain : la meule   [149] des esclaves romains est devenue le mode de production, le mode d'existence pour beaucoup d'ouvriers anglais. Il n'est pas assez que l'homme n'ait pas de besoins humains, même les besoins animaux cessent. L'Irlandais ne connaît plus que le besoin de manger, et, qui plus est, seulement de manger des pommes de terre, et même des pommes de terre à cochon, celle de la pire espèce. Mais l'Angle­terre et la France ont déjà dans chaque ville industrielle une petite Irlande. Le sauva­ge, l'animal ressentent pourtant le besoin de la chasse, du mouvement, etc., de la société. - La simplification de la machine, du travail est utilisée pour transformer en ouvrier l'homme qui en est encore au stade de la formation, l'homme qui n'est encore absolument pas développé - l'enfant -, tandis que l'ouvrier est devenu un enfant laissé à l'abandon. La machine s'adapte à la faiblesse de l'homme pour transformer l'homme faible en machine". 

Dans mon livre « Marx était-il dépressif ? » (Attali pense que oui) j'ai reproduit une autre traduction de la partie frappante de ce texte, qui exprime un Marx avec une vision non limitée à la sphère ouvrier/patron (mais un Marx de jeunesse exclu de l'interprétation étroite des « gauches communistes », c'est pourquoi la crise PAV-JJ dans le CCI ne trouva pas d'explication ni chez l'arrogant couple manipulateur ni chez les victimes, au nom du fait qu'il ne pouvait y avoir de « lutte pour le pouvoir », même pas celui sur les individus par l'organe central.. d'une organisation hors capitalisme) :
« Chaque homme cherche à créer chez l'autre un nouveau besoin (…) pour lui imposer une nouvelle dépendance et pour l'amener à un nouveau mode de jouissance (…) Chacun s'efforce de créer au-dessus des autres une force étrangère, afin d'y trouver la satisfaction de son propre besoin égoïste. Ainsi, avec la masse des objets croît le règne des êtres étrangers auxquels l'homme est asservi, et chaque nouveau produit est une nouvelle possibilité pour la tromperie et la spoliation réciproques » (p.261, traduc de Rubel?), et lire aussi p.293, Marx et Freud par Paul Mattick.




NOTES

1Quoique... Voilée peut être violée ! Omerta médiatique garantie sur la situation de la minorité de femmes dans les camps ou regroupements de réfugiés, où, inévitablement, rançon de la pauvreté extrême, plusieurs sont obligées de se prostituer avec l'accord du mari, pas forcément candauliste. Sous le voile, la putain forcée gagne au moins le droit de ne pas se faire importuner par ses clients sous le métro lorsqu'elle passe avec son cabas pour aller chez LIDL (boche boutique) quérir une nourriture sans qualité pour nourrir les petits. Comme quoi, le voile cache le pire, une humiliation plus grande de l'être humain transparent : la femme.

2« La surpopulation du quartier, quasiment masculine peut créer une impression de malaise pour les femmes. L'aménagement public ou plutôt le non-aménagement public accentue le sentiment d'insécurité, avec une circulation très dense de véhicules, des carrefours et des rues difficiles à traverser, des sorties de métro trop étroites qui font qu'on a du mal à tenir sur le trottoir. (…) Ce quartier, bien plus pauvre que la moyenne parisienne voit régulièrement arriver les plus démunis. Ainsi, à l'été 2016, un camp de migrants qui s'était installé sous le métro aérien a fait beaucoup parler de lui, de par son surpeuplement et des niveaux d'hygiène et de survie indignes. Ce camp venait bien évidemment renforcer l'occupation de l'espace public par une population très masculine et très nombreuses (les migrants sont pour la plupart des hommes) . Une fois ce camp détruit (on passera sur les conditions d'expulsion), l'espace précédemment occupé a été totalement grillagé (pour empêcher l'installation de nouveaux camps) renforçant encore la pénurie d'espace public et l'aspect hostile du paysage urbain. L'article du Parisien dénonce certainement un état de fait. Une population masculine dense et parfois désoeuvrée, occupant l'espace public car disposant pour la plupart de peu ou pas d'espace privé (mal-logement, insalubrité...) peut certainement adopter des comportements déviants et de harcèlement à l'égard de la gent féminine. Ce n'est pas acceptable.  Il est indiqué dans l'article du Parisien que la police ne réagit jamais. si cela est vrai, cela  n'est pas plus acceptable ». https://blogs.mediapart.fr/annick-vignes/blog/190517/commentaire-sur-un-article-du-parisien-les-femmes-chassees-des-rues-chapelle-pajol


3Il y aurait un livre à écrire sur les conditions des viols pendant la deuxième boucherie mondiale, fort surprenant ! Par exemple l'armée US débarquant en France a plus violé que l'armée allemande où le viol était puni par pendaison ; l'interdiction du viol des femmes juives, sous prétexte de non salissure raciale, était, officiellement du même ordre même sous l'apparente argutie raciale (mais peu respecté, voir mon article sur Smolny : « Le chemin de Dannes), le viol militaire favorise toujours l'expansion d'un terrorisme légitime parmi la population civile humiliée doublement. (Je me base ici sur des témoignages dans le Pas de Calais, où les vieux soldats allemands rescapés du front russe, et certainement acteurs de la révolution de 1919, se comportèrent dignement avec les femmes, au contraire des yankees victorieux...).

4On signale une arrivée croissante de migrants rejetés d'Allemagne, où il apparaît clairement que Merkel garde les ingénieurs et nous refile les prolétaires sans qualification. Sous le discours humanitaire du capital germano-européen perce le cul de l'hypocrisie.

5 « Ainsi l’éco-féminisme cher à Antoinette Fouque rappelait-il en décembre 2015, à l’occasion de la COP21, que le premier environnement de l’humain, c’est l’utérus.
« Si les racines de l’association entre sexe et crasse remontent à la nuit des temps, elles n’en gardent pas moins un impact culturel, symbolique, marketing d’une modernité sans failles. Dites-moi comment vous lavez votre sexe, je vous dirai dans quelle société vous vivez.
Commençons par le plus évident : traditionnellement, c’est sur le corps féminin que pèsent les stigmas de malpropreté, de faiblesse, de moiteur. Les femmes sont donc les premières cibles des produits spécialisés – lesquels promettent, croix de bois, croix de fer, de respecter leur fragilité intrinsèque, car nos vagins sont aussi délicats que des coquelicots ou des soufflés au cheddar. Les métaphores florales vont bon train, les insécurités rampantes aussi. Il s’agit d’être impeccable pour son homme, fraîche donc disponible, sans odeur donc sans passé – sans ex-amoureux, zone vierge à défricher. (http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/05/14/ce-que-l-hygiene-sexuelle-dit-de-notre-societe_5127431_4497916.html) Transition féministe oblige, les hommes prennent désormais leur part de cette injonction au propre : gels spéciaux, poudres de perlimpinpin, pilules modifiant le goût de la semence, lingettes dédiées soit au pénis (qu’il s’agit de décaper et/ou de revigorer), soit aux testicules (que l’homme contemporain préférera « fraîches et sèches »). Les emballages ne mentionnent pas ce qui se passe si vous vous trompez de lingette, ce dont nous déduirons qu’une lotion testiculaire fait tomber le pénis en poussière. Les plus consciencieux jetteront leur dévolu sur le savon spécial prépuce, zone dont on apprend par cette occasion qu’elle est constituée d’un épiderme de nature entièrement différente du reste du corps – peau de bête ou peau de chagrin, on vous laisse décider. Et bien sûr, enfin : société de classe, obsédée par la dépense, indifférente au prix environnemental de nos luxes superflus. Société toujours malade du corps, qui fait de la sexualité une insécurité, de la nature un problème… et de nos routines matinales une boucle de consommation paradoxalement antihygiénique au possible. Un exemple simple : se raser les parties intimes pour les rendre « propres », c’est multiplier les chances d’attraper une infection, qu’on tentera de contrôler à coups de remèdes détruisant la flore vaginale – stop ! Quoi que laissent entendre les rayons de votre supermarché, le vagin est autonettoyant. Le pénis et la vulve se lavent comme le reste du corps, avec attention, certes, mais avec tendresse avant tout – savonnez, rincez, séchez, c’est terminé. Le mieux est l’ennemi du bien. Et si vraiment vous voulez une tisane, plutôt que vous asseoir dessus : buvez-la. (Maïa Mazaurette Journaliste au Monde).

6Alors qu'en temps que français moyen je suis déjà pour la formule d'Henri IV : « une poule au pot pour chaque français », et j'ajoute « pour chaque immigré ». Le système d'ordre moral des Hollande, Macron et Merkel est même indigne du niveau humain atteint par les religions. L'injonction au mariage pour tous (version hétéro uniquement) date de l'antiquité évoluée, c'est à dire que les pouvoirs régaliens savaient qu'une garantie de base de la paix sociale résidait dans … l'accouplement régulier pour tous, et non pas dans cette saloperie de solitude à laquelle aucun programme des capitalistes en lice ne s'attaque. L'état misérable auquel est vouée l'espèce humaine n'est jamais tant représenté que dans les maisons gériatriques où toute formation de couple hétérosexuel ou homosexuel est découragée, où le personnel se moque des vieux couples ou de pépère surpris en train de se chatouiller le poireau. La solitude est devenue un marché : consommation compensatoire, refuge masturbatoire sur les sites pornos gratos. L'hédonisme individualiste favorisé par le règne du dieu marchandise vante autant l'avortement (comme droit automatique de tuer dans l'oeuf) qu'il accélère le processus des divorces. Même Mektoub, site de rencontre pour musulmans, est de plus en plus un cimetière de mariages ratés, comme me le racontait l'autre jour mon ami Abdel. Le capitalisme libéral-libertaire n'a plus pour morale que la destruction et atomisation des individus ; et il s'en flatte, alors que le mariage ou l'union dans la durée d'un couple qui s'aime n'est pas forcément réactionnaire ni ringard !

7 http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/sexualite-a-l-ecole-le-nouveau-combat-de-la-manif-pour-tous-7788418030


8« UNE VIE DE CHIEN : à l’heure actuelle c’est celle de l’homme dont le génie ne sauvera pas la patrie, de l’homme à qui tout le monde va tourner le dos, qu’on ruinera impunément, à qui l’on enlèvera tout moyen d’expression, qu’on démoralise de la façon la plus scandaleuse au profit d’une sale petite bourgeoise haineuse et de la plus grande hypocrisie publique qu’il soit possible d’imaginer. Une vie de chien. Le génie pour la loi n’est de rien quand le mariage est en jeu, le sacré mariage. Le génie d’ailleurs n’est de rien à la loi, jamais. Mais l’aventure de Charlot manifeste, au delà de la curiosité publique et des avocasseries malpropres, de tout ce déballage honteux de la vie intime qui toujours se ternit à cette clarté sinistre, l’aventure de Charlot manifeste aujourd’hui sa destinée, la destinée du génie. Elle en marque plus que n’importe quelle oeuvre le rôle et la valeur. Ce mystérieux ascendant qu’un pouvoir d’expression sans égal confère soudain à un homme nous en comprenons soudain le sens. Nous comprenons soudain quelle place en ce monde est celle du génie. Il s’empare d’un homme, il en fait un symbole intelligible et la proie des brutes sombres. Le génie sert à signifier au monde la vérité morale, que la bêtise universelle obscurcit et tente d’anéantir. Merci donc à celui qui sur l’immense écran occidental, là-bas, sur l’horizon où les soleils un à un déclinent, fait aujourd’hui passer vos ombres, grandes réalités de l’homme, réalités peut-être uniques, morales, dont le prix est plus haut que celui de toute la terre. La terre à vos pieds s’enfonce. Merci à vous par delà la victime. Nous vous crions merci, nous sommes vos serviteurs.
MAXIME ALEXANDRE, LOUIS ARAGON, ARP, JACQUES BARON, JACQUES-ANDRÉ BOIFFARD, ANDRÉ BRETON, JEAN CARRIVE, ROBERT DESNOS, MARCEL DUHAMEL, PAUL ELUARD, MAX ERNST, JEAN GENBACH, CAMILLE GOEMANS, PAUL HOOREMAN, EUGÈNE JOLAS, MICHEL LEIRIS, GEORGES LIMBOUR, GEORGES MALKINE, ANDRÉ MASSON, MAX MORISE, PIERRE NAVILLE, MARCEL NOLL, PAUL NOUGÉ, ELLIOT PAUL, BENJAMIN PÉRET, JACQUES PRÉVERT, RAYMOND QUENEAU, MAN RAY, GEORGES SADOUL, YVES TANGUY, ROLAND TUAL, PIERRE UNIK.
http://melusine-surrealisme.fr/site/Revolution_surrealiste/Revol_surr_9_10.htm
Les créateurs sont souvent en avance même sur les plus révolutionnaires politiques. En France, plusieurs comiques et chanteurs inventent le vent libertaire de 68 dès le milieu des sixties. On oublie que nombre de créations modernes sont soit en référence soit en hommage au prolétariat, dont ce penseur de Rodin qui orne mon blog et auquel j'ai ajouté ce portable dérisoire qui symbolise une grande demande de communication mais aliénée et cloisonnée. Le film "L'équipée sauvage" des Hells Angels avec le sublime Brando qui avait voulu en faire une dénonciation de l'exploitation des "cols bleus". En 1953, pour certains ouvriers aller rouler à fond la caisse en Harley pendant le weekend était leur seul défoulement pour oublier la semaine en usine, mais la censure bourgeoise hollywoodienne a fait des coupes qui dénaturent le scénario, et le film n'apparaît plus que comme une aventure d'une bande de voyous.


9« La folie à deux ou folie communiquée » de Lasègue et Falret (1877) republié en 1971 à Toulouse, Privat.

jeudi 18 mai 2017

LE RAJEUNISSEMENT DE LA BOURGEOISIE FRANCAISE


« On m'a souvent laissé pour mort ».
Johnny Hallyday (Flash Back tour 2006)

« Si les élites ne font que se parler à elles-mêmes, une des raisons en est qu'il n'existe pas d'institutions qui promeuvent une conversation générale, transcendant les frontières de classe ».
Christopher Lasch (La révolte des élites et la trahison de la démocratie, p.125)


Pour que le fin et élégant sondologue Brice Teinturier, fils du célèbre chirurgien Pierre du même nom1, pionnier dans la prothèse de la hanche, prédicateur infaillible du dernier résultat électoral, adresse sur une radio quelconque une supplique au gamin élu à l'Elysée en se basant sur les analyses de Christopher Lasch, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au royaume du Danemark et de la francophonie.

Electeur lambda tu es le roi des cons. Electrice lambda tu es la reine des connes. Bien sûr vous avez empêché une gourde incapable d'accéder aux ors de la République, et, croyez-vous, avoir repoussé un fâchisme imaginaire et récurrent dans la manip de gauche bourgeoise et néo-stalinienne, dès lors que vous avez bêtement adoubé un condensé d'exploiteur bourgeois de première classe pourrie. Mais en élisant sur un plateau de milliardaires – Macron est un vulgaire produit de l'élite financière 2- le candidat de la mondialisation heureuse et de la finance perverse, vous lui avez donné blanc seing pour décider à sa guise au profit de l'élite « diplômée ». C'est ce que regrette l'aimable Brice Teinturier, que les élites bourgeoises classiques aient été remplacées par les élites du diplôme, sans changer d'un iota leur mépris pour les dites masses (multitude en version moderniste), le peuple au demeurant, selon cet observateur de la comptabilité orwellienne d'un électorat figé et millimétré aux besoins du pouvoir.
Le fils Teinturier3, promu grand prêtre de l'électologie, n'en reste pas moins un lecteur superficiel de Lasch, et un énième courtisan de Macron, qu'il appelle à plus de considérations pour les « exclus du système »4, sans supputer un réel chambardement à la révolution encravatée (costard à 600 euros).

Lasch, mieux que les Debord et Bourdieu ou les minorités de la « gauche communiste », avait très bien vu le processus pathologique sous-jacent « à la base », au plan « local » – qui reste obscur pour les perroquets d'un marxisme rigide et bègue - qui conditionne la soumission électorale, initié par la démocratie américaine : « Les institutions municipales rattachent les communautés de quartiers, qui sont fondées sur des liens ethniques et familiaux et qui ont par conséquent un très fort esprit de clocher, à la culture impersonnelle du monde extérieur »5. Comme Hollande en 2012, la bande à Macron a joué largement sur le clientélisme communautariste, patriotique et islamophile.

Les meetings bourgeois ne sont pas ringards ; ils irradient grâce aux diverses assocs collaboratrices. Ils gonflent le bouche à oreille jusqu'aux cours d'école. Les prestations télévisées ne suffiraient pas à cet entregent pas si vieillot que ne le croient les résidus d'un militantisme erratique et errant du milieu maximaliste marxiste pur comme la meilleure lessive bio. C'est sur « le terrain » que la bourgeoisie répand son idéologie simpliste : votez et nous nous occupons de vous gouverner ! On s'en souviendra, nous les révolutionnaires galeux et solitaires, c'est dans la rue et dans des réunions publiques dans des locaux institutionnels qu'on établira et discutera de la destruction de cette société bourgeoise plus si jeune qu'elle ose le prétendre avec ses vieilles barbes et ses jeunes perroquets.

LA FUITE DES CERVEAUX DE DROITE...

Tout était cuit d'avance et filtrait via les médias à la botte, comme pour mieux se foutre de notre gueule et de nos désirs d'en finir avec ce monde de nullités mondaines et d'apaches chansonniers. Si tous les ânes s'appellent Martin... C'est à un Martin élitaire et hyper-individualiste qu'échoit la noble fonction de premier commis d'Etat. Le type il déclare d'emblée : « je suis un homme de droite » aux ordres d'un « banquier technocrate », promoteurs des autocars de merde. Et merde à toi électeur de gôche qui croyait avoir voté contre le fâchisme et filou Fillon ! Le mec, 1M94, adepte des sports de combat, ex-rocardien est typique du rajeunissement bourgeois, barbe en plus pour limiter la calvitie : je retourne ma veste et je vous emmerde !
Brillant n'est-ce pas ? Un énarque lui aussi, dans les quinze premiers de sa promo. Un qui avait failli en venir aux mains avec le petit Sarko. Il a tout de suite séduit Macron et sa maman. Il a renâclé lorsqu'il lui a fallu rendre compte de son patrimoine. Bourgeois atypique mais typique quand même le nouveau premier commis d'Etat. Mais il est capable d'amabilités, comme le soulignait l'iconoclaste amerloque Lasch : « Le culte (…) de l'amabilité cache sans la supprimer une compétition meurtrière pour l'acquisition de biens ou de postes ; au contraire, cette compétition est devenue plus sauvage à notre époque de désenchantement »6. Un coup de latte par ci ou par là comme toute racaille dans son club de kick boxing. La politique est un sport de combat ; Bourdieu l'avait constaté mais il ne cassait pas des briques.

Le renouvellement, la « révolution » macronienne, c'est le carburant de la mondialisation heureuse, des banksters aux dents longues, des maquereaux de Taïwan et de Vierzon, de la pourriture municipale de base hollandaise aux personnalités hiérarchiques de la « société civile ». La nomination des nouveaux promus gouvernementaux a été l'objet d'un tel marchandage (classique!) qu'il a fallu remettre au lendemain la liste des ministres intérimaires jusqu'aux fatidiques élections parlementaires de la mi-juin, de peur que les policiers de médiapart et du Canard ne révèlent des fortunes cachées des édiles « renouvelés » de la République bourgeoise (complexe Cahuzac)7.

TRANSGRESSION EN MARCHE VERS... LA DROITE COLLABO MONDIALISTE

Moyenne d'âge des « djeuns » du « nouveau » gouvernement en transition vers la « révolution » macronienne : 55 ans ! Colomb et Le Drian 70 piges. Bayrou est plus jeunôt de cinq ans . La bourgeoise gauche convenable et antifachote dira que l'expérience a été jointe à des énergies « neuves ». Mais foin du bla-bla gauche-droite à la manière du pitre égocentrique Mélenchon, le cœur du « changement révolutionnaire » reste de bien faire appliquer la « loi travaille » et « ferme ta gueule », voire par ordonnances du gamin de l'Elysée. Ah pour une surprise, c'en est une. La bobologie enthousiaste a un écran illuminé pour y croire encore, comme le souligne l'attaché es écologie gogole, D. Cohn Bendit, la nomination (provisoire) du « pape » de l'écologie, le journaliste aérien et pingouinphile Nicolas Hulot.
Néanmoins, la Bourse, qui ne ment jamais elle, a fait chuter la valeur EDF et Areva. Ce n'est pas pour rien que la bourgeoisie classique (Neuilly-Passy) appuyait Fillon, Areva et EDF sont LE POUVOIR industriel, « patriotique », dirai-je. L'écologie c'est la fraction bourgeoise pro-allemande et pro-US. La petite bourgeoisie électorale exprime le mieux la décomposition des ambitions nationales en se mettant au service du bloc dominant. Elle va aller de déception en déception, et il faut souhaiter que la bourgeoisie ne puisse plus gouverner comme avant car il ne suffit pas que ceux d'en bas ne veuillent plus.

Le mot patriotique, si désuet, est devenu un des faux nez de l'ordre bourgeois. Le gagneur Macron, comme cette pauvre Le Pen et la buse Mélenchon l'ont accordé à leurs violons électoraux mais chacun y met des épices différents. Le fait que les dites « classes moyennes » s'enthousiasment pour la fable du lutin Macron, sans épaisseur ni consistance, n'est pas tant une explication de la décomposition qu'une nouvelle volonté, médiatisée par les contrôleurs élitaires de la haute caste élitaire bourgeoise (oligarchie incontrôlable) de ridiculiser toute prétention du prolétariat à proposer un avenir à la société et à proposer une société sans compétition destructrice ni encouragement au suicide personnel.
Le petit fils d'un cinéaste lunatique et barbant risque bien de nous faire rire. Pendant l'entracte.



NOTES:

1Coucou Dr Hélène !
2Je ne cède aucunement à la démagogie dite populiste, car le soubassement de la « réussite » macronesque est indiscutable ; dans l'éloge médiatique perpétré sur TF1, le petit Macron à New York lors de la rencontre avec des « français de New York » est bien présenté comme venant recueillir des millions de dollars, convertibles en euros, pour assurer des meetings répétés et très coûteux, et très médiatisés. La preuve que le pognon pour vous faire voter ça marche à plein régime. Peuple vénal, tu as assisté à des meetings certes gratuits, mais tu t'es laissé corrompre par de belles promesses d'estrade. Un certain Lénine a écrit un jour qu'il n'était pas contre des élections démocratiques « pures », mais programme contre programme des divers candidats, sans aucun apport financier aux candidats ni ...temps d'antenne, que j'ajoute. C'est dans les OC mais je n'ai jamais réussi à retrouver ce texte d'un Lénine génial, certes encore en opposition, et qui n'eût jamais des pouvoirs régaliens comparables à ceux d'un Macron président élu par les moutons civils et totalement contrôlés dans le système monarchique des pays « développés ».
3 Teinturier peut faire référence à :
  • un métier : teinturier-dégraisseur, personne qui se charge de faire disparaître les taches des étoffes, des vêtements ; personne qui assure la coloration (teinture) des textiles, cuirs et peaux.
  • à celui qui élabore, corrige, refond les œuvres littéraires auxquelles un autre met son nom (cf. nègre littéraire).
  • au raisin teinturier, raisin dont le jus est coloré ; à une famille de cépages, dont le nom provient du fait que les baies contiennent beaucoup de tannins de couleur rouge, p.ex.

4La manipulation du prolétariat est plus complexe, d'abord en le niant sous couvert de l'intérêt général du peuple, même illettré et sans dents, et il y a un évident mépris de la « colère », lire cette intéressante interview in Libération : http://www.liberation.fr/debats/2017/05/15/anne-dufourmantelle-la-perversion-du-langage-empeche-de-sortir-de-la-colere-sociale_1569669
5La révolte des élites, p.138.
6La culture du narcissisme, p.100. Lire, et se délecter du génial Christopher Lasch : « Le triomphe apparent du capitalisme américain laissait aux critiques de la société peu de sujets de préoccupations, sauf ceux concernant le déclin de l'individualisme et la montée du conformisme » (…) Dans les années 1970, période plus dure, il semble que ce soit la prostituée, plutôt que le VRP, qui incarne le mieux les qualités indispensables à la réussite dans la société américaine. Elle aussi se vend pour de l'argent, mais on ne saurait dire que sa séduction représente un désir d'être aimé (…) Elle exploite la morale du plaisir qui a remplacé celle de la réalisation de soi, mais sa carrière, plus que tout autre, nous rappelle que l'hédonisme contemporain, dont elle est le symbole suprême, ne prend pas naissance dans la poursuite du plaisir, mais dans la guerre de tous contre tous, dans laquelle même les rencontres les plus intimes deviennent une forme d'exploitation mutuelle » (…) La recherche d »un gain dans la compétition par la manipulation des émotions envahit aussi bien les relations personnelles que les relations de travail ; c'est pour cette raison que la sociabilité peut maintenant fonctionner comme une extension du travail, par d'autres moyens. La vie personnelle, qui n'est plus un refuge contre les frustrations et les chocs subis au travail, est devenue aussi anarchique, belliqueuse et éprouvante que la vie publique. Le cocktail réduit la sociabilité à un combat social. Certains experts écrivent des manuels tactiques sur l'art de survivre en société ; ils conseillent aux mondains, qui cherchent à imposer leur image de marque, de se placer dans une position dominante dans la pièce, de s'entourer d'un groupe loyal de fidèles et d'éviter de tourner le dos au champ de bataille » (…) « L'idée que le succès repose sur la manipulation psychologique et que chaque aspect de l'existence – y compris dans le domaine du travail – est centré sur la lutte pour avoir le dessus dans les relations interpersonnelles, jeu mortel qui consiste à intimider ses amis et à séduire autrui ». « mais cet hédonisme est une duperie ; la poursuite du plaisir masque la lutte pour le pouvoir. (…) Les verbes associés au plaisir sexuel sont plus suggestifs que de coutume lorsqu'ils ont trait à la violence et à l'exploitation psychique (…) C'est pourquoi les hommes, quel que soit leur âge, dépendent souvent des femmes, sur le plan tant matériel que psychologique (…) par certains aspects, la société bourgeoise américaine est devenue une pâle copie du ghetto noir, et l'appropriation de son langage peut paraître une illustration de cette mutation. IL n'est pas nécessaire de minimiser la pauvreté des ghettos, ni les souffrances que les Blancs ont infligées aux Noirs, pour voir que les conditions de plus en plus dangereuses et imprévisibles dans lesquelles vit la classe moyenne ont créé des stratégies de survie semblables à celles des Noirs. De fait, l'attirance que les Blancs aliénés éprouvent pour la culture noire, semble montrer que celle-ci s'applique à une situation générale, dont al composante principale est la perte de confiance en l'avenir, qui se rencontre aujourd'hui dans tous les milieux » (…) Un grand nombre de gens que l'on dit, par euphémisme, appartenir à la classe moyenne parce qu'ils vont au travail « bien habillés », sont maintenant réduits à des conditions d'existence prolétariennes » (p.104). Christopher Lasch ne fait ici que développer et actualiser le célèbre passage de Marx, que j'ai si souvent cité, du prolétaire dans sa maison de mort dont il lui faut payer le loyer.
7Jean Yanne, petit boutiquier râleur, n'avait pas que ce défaut, il voyait bien comment les élites s'auto-mystifient : « La manipulation des élites est encore plus facile que celles des masses » (cf . Les clefs de la manipulation ou comment faire de votre voisin de palier votre esclave dévoué, Larousse).

lundi 8 mai 2017

CHANGEMENT PRESIDENTIEL 2017: UN MARKETING POLITICIEN EN PARTIE REUSSI


« Ce qui est « nouveau », c'est – on le devine aisément – la programme électoral de la « démocratie véritable ». Ce qui est « jeune » parce que communiste, c'est – est-il nécessaire de le préciser ? - le régime politique de M. Khrouchtchev.
Un seul point noir dans le beau raisonnement. Toute la jeunesse n'est pas intoxiquée par le « yé-yé ». Toute la jeunesse n'est pas apte à se conquérir un job lucratif grâce à la « démocratisation » promise de l'enseignement. Il y a cette masse inquiétante de jeunes inadaptés, de « sauvages », dont les excès défraient la chronique. Pour nous, communistes internationalistes, l'existence de cet abcès social incurable qu'est la jeunesse semi-délinquante constitue une manifestation du caractère explosif de la société moderne, la preuve aussi que, des jeunes générations, on peut attendre tout autre chose que la servile imitation de leurs aînés que leur propose le PCF, la certitude enfin que la jeunesse, ce n'est pas seulement l'inconsistant engouement pour les modes bruyantes ou le froid carriérisme des « raisonnables », mais encore et toujours « la révolte » contre l'ordre constitué ».

Lucien Laugier (in Programme communiste n°10, 1964)1


EXTRAITS DES DISCOURS D'INVESTITURE DES PRESIDENTS DU "CHANGEMENT"

« AINSI C'EST MOI QUI CONDUIRAI LE CHANGEMENT, MAIS JE NE LE CONDUIRAI PAS SEUL » Giscard d'Estaing
« Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d'une véritable communauté nationale ». Mitterrand 1
« Mes chers compatriotes, il m'incombe avant tout autre, au nom de la Nation tout entière, de faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers ou partisans ». Mitterrand 2
« Un nouveau septennat commence. Je voudrais qu'à l'issue de mon mandat, les Français constatent que le changement espéré a été réalisé ». Chirac 1
« Cela signifie pour moi une solidarité renforcée. Une solidarité concrètement attentive aux difficultés de chaque Français. Une solidarité qui fasse reculer la précarité et qui redonne l'espoir à ceux qui l'ont perdu ». Chirac 2
« Le peuple m'a confié un mandat. Je le remplirai. Je le remplirai scrupuleusement, avec la volonté d'être digne de la confiance que m'ont manifesté les Français ». Sarkozy
« Enfin la confiance, c'est à la jeunesse que la République doit l'accorder. Je lui rendrai la place qui doit être la sienne, la première ». Hollande
« Vous avez choisi l'audace, cette audace, chaque jour, nous la poursuivrons. Notre tâche est immense. Une majorité forte. Cette majorité de changement c'est ce à quoi notre pays aspire . La tâche est immense et imposera de continuer à être audacieux. Peuple de France rassemblé au Louvre, je vais moraliser la vie publique et renforcer l'économie ». Macron

LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE : français vous avez encore voté comme des veaux après un si long, harassant et démoralisant cirque électoral !

Enfin un homme providentiel ce Macron golden boy et "Mozart de la finance" devenu "french Obama" puis (peut-être) Paganini de l'Elysée, qui a su capter l'intérêt de la jeunesse avec les violons de sa propre ferveur pour le pouvoir bourgeois ! Disait celui là l'autre jour. L'avenir ! C'est aux jeunes de décider, me disait une gourde à une terrasse boulevard Saint Germain. Purée... Que des jeunes sur le parterre du Louvre, avec distribution de fanions tricolores à l'entrée, sans oublier la pénétration des habituels drapeaux algériens (la double peine nationale), et
Attention ceci est un montage
des rappeurs pour chauffer la salle avant de hennir à l'arrivée de l'encravaté héros des bobos de l'entreprise nationale, du grand triomphateur devant l'éternel antifascisme de camelote du TSLP( tout sauf Le Pen). Ce "véritable renouvellement du personnel politique" que nous assène chaque heure le parti médiatique se double d'un éloge permanent à "son sens de la communication" de bébé béni par les astres. Piètre scénographie pourtant.
Le premier discours avec prompteur avait été saboté par le technicien ; caméra trop décalée de côté le pauvre Macron semblait s'adresser de côté aux français ou dans le vide du studio et pas franchement les yeux dans les yeux ; le défaut de casting dommageable était corrigé quelques minutes plus tard, mais le coup de la solennité était raté avec un candidat parvenu à ne rester qu'un tronc raide devant le pupitre, sans mains, débitant des banalités républicaines pour un costume institutionnel trop large à sa taille. L'aide de camp de Ruth Elkrieff se précipita pour nous expliquer que ce discours «était riche d'enseignements », et l'opposant républicain Coppé de se féliciter de la hauteur de vue qu'il exprimait.
Le second discours, promis comme émotionnel par les employés de TF1 et de BFM, ne fût que le débit guimauve d'une démagogie simpliste, flatteuse pour l'auditoire de « mes amis »2 ; un remake du « yes we can » attribuant aux jeunes puceaux ignares de la nasse politicienne opaque et archi-ringarde et chauvine ses propres désirs gouvernementaux et une prophétie de démocratie heureuse à faire rêver Martine et ses poupées, alternant promesses paternalistes, incongrues dans ce corps de minet, enfin accumulant les anaphores de ses prédécesseurs en investiture et en cuistreries. Là aussi, le technicien avait mal cadré la caméra, en plan incliné le triangle du Louvre découpait derrière la fragile silhouette de Macron... le bicorne de Napoléon. Fadasse le Napoléon en cravate, après la longue marche empruntée de ToutanMacron tout en costard (que peuvent pas s'offrir les ouvriers illettrés) le long de la pyramide de ToutanMitterrand. Pourtant les employés de BFM ne cessaient de corner en faveur du professionnalisme du spectacle, sans jamais dire d'où sont venus les fonds de nombreux et très coûteux meetings, au risque d'innocenter filou Fillon. Le final en famille fût moins enthousiaste que lors des victoires présidentielles précédentes, l'entourage familial et les potes sur l'estrade ça fait très clanique et népotiste en diable,  pas du tout cet intérêt général qu'on nous fait ouïr à chaque investiture de chef d'Etat bourgeois. La joie n'était pas manifeste vu que Macron l'avait anticipée bêtement en se la jouant une semaine trop tôt in petto, parodiant Chirac main à la portière et poursuivi par les motards  intra-muros. En gros, fade prestation avec impression de déjà vu. Les gogos du carrousel du Louvre n'étaient même pas mis en valeur face à l'ubérisation boy, avec un champ en profondeur du fait du plan fixe collé à la tribune familiale du jeune nouveau monarque.

Ce fût incontestablement une victoire programmée de longue date, une manipulation carrément religieuse, planifiée et coordonnée par le gouvernement précédent, ses élites, ses commerciaux et de jeunots bateleurs de banquets républicains à la Bayrou et Collomb, et des chanteurs intermittents. Cette élection confortable fût un boulevard élyséen pour Macron pour une raison simple: c'est la première fois qu'un président sortant ne pouvant pas sérieusement briguer un second mandat, restant au-dessus du lot, laissant aller au casse-pipe le candidat frondeur utopiste de son vieux parti et porter seul le bilan négatif, la mise en scène avec l'épouvantail soi-disant "fâchiste" était courue d'avance.  Ceci dit en passant, une belle vengeance de Hollande finalement contre cinq ans de bashing par la droite, il se paye le luxe de leur refiler son principal héritier (la droite fumace lui attribuant le qualificatif de plus grand pervers de tous les temps). L'un des principaux chantre cire-pompe de la dictature démocratique perverse, Olivier Duhamel, a été jusqu'à assurer que la victoire macronesque était le premier coup d'arrêt "au populisme qui menace le monde entier".
Victoire en trompe l'oeil au plan politique d'avenir pourtant comme la fable du jeune Bonaparte sur le pont d'Arcole3, malgré des odes démagogiques et cyniques fausses à la jeunesse (le mouvement est cornaqué par les vieux coucous du PS et quelques traîtres à droite) c'est un nouveau gouvernement d'attaque contre la classe ouvrière et de défense de l'Europe capitaliste au nom des plus vieux clichés élimés du jacobinisme et dont la potiche "jeune" n'est même pas sûre de vieillir longtemps sous les ors et les biftons de la République financière. Pour l'heure, l'instrumentalisation des électeurs-veaux se poursuit, les sondeurs leur font déjà dire (par précaution?), qu'ils sont une majorité à "souhaiter une cohabitation". Formidable instituts "scientifiques" de la sondologie officielle! Je ne cesse de dire depuis des années que les élections "en vrai" sont inutiles, les sondages les formatant à leur guise et fournissant le résultat calculé d'avance au poil près et défini par les puissants, mais simplement ratifié par ce bon peuple sans costard et sans cravate. Et sans cervelle politique.

LES TROMPETTES DU CHANGEMENT « REVOLUTIONNAIRE »... républicain


On se souvient vaguement d'avoir vu, il y a plusieurs mois, à l'entrée des supermarchés des piles de la compilation du futur nouveau président « Révolution ». Les membres de ce large et foisonnant parti révolutionnaire « en marche », section TF1, section C.News, section BFM, section Le Monde-Huff Washington nous ont expliqué qu'il y avait – en France – un besoin de faire la politique autrement. La camarade Royale, ex-compagne de l'ancien monarque, membre d'honneur d'En marche a surenchéri que le nouvel élu suprême, au stade suprême de la promotion politicienne, « par sa jeunesse incarne la transformation ». L'employée du trust BFM, Elkrief célébrait à chaque fois qu'elle avait la parole le miracle Macron : « Macron en triomphant a transformé le vote par défaut en vote d'adhésion ». Les transfuges du PS décati se succédaient sur le plateau avec une morgue toute moderniste, pour ne pas dire macrorévolutionnaire. L'ancien édile socialo Castaner faisait jouer ses muscles rénovateurs : « le vieux système est derrière nous », « le choix des français c'est une nouvelle façon de faire de la politique », « Macron a redonné goût à la politique » ; Le Neumann de service (sous-chef du service pol de BFM) en rajoutait dans le lyrisme en prenant sa respiration : « On est devant quelque chose de totalement nouveau » ; ses yeux brillaient comme devant l'arbre de Noël quand il était petit (il risque de ne pas être promu chef du service pol de BFM s'il n'en fait pas assez). Le plus méprisable des transfuges, passé de SOS racisme à la bureaucratie PS, c'est le minus Malek Boutih qui vomit les abstentionnistes et les votes blancs : « c'est des rigolos, ils comptent pas... un mouvement immense s'est levé contre les vieux appareils... Macron va largement gagner sa majorité à l'assemblée... le mouvement est magnifique... porté par la jeunesse...» ; Boutih compte bien lui « être pris en compte » et décrocher au moins un sous-ministère aux ordres du « révolutionnaire » Macron.

MACRON AU POUVOIR, LE PROLETARIAT AU DESESPOIR

Le principal but de cette période électorale, outre assurer la pérennité des potiches de l'Etat bourgeois, aura été de dégoûter et de paralyser encore et toujours la classe ouvrière, qui ne peut s'exprimer comme telle dans ce cadre, qui n'a aucun écho à espérer du projet révolutionnaire de renversement du capitalisme – qui constitue son être – sur le terrain de son ennemi. Même le fort taux d'abstentionnistes ce coup-ci ne signifie pas une prise en compte de son existence ni une manifestation de son esprit de lutte, une grande partie des abstentions venant de la droite bourgeoise de Fillon et des sectateurs bobos du pitre Mélenchon. Les chiffres eux-mêmes, que les sondeurs connaissaient depuis deux jours et qu'on pouvait consulter sur les sites de la presse belge – quand tous les JT jouèrent au suspense infantile jusqu'au 20 heures – ne sont pourtant pas triomphalistes pour le système. Un président de la République n'est élu en France en général que avec un quart des voix. Sarkozy avait été élu par 53 % (= 19 millions d'électeurs) face à Royal 47% (= 17 millions), sur 47 millions au total et sans compter comme toujours, avec jemenfichisme, les abstentions et les nuls. En 2012, Hollande avec 51,64% (= 18 millions) battait Sarkozy à 48,36% (= 16 millions). Ce coup-ci Macron fait 20 millions ( 66% des voteurs) contre 12 à Marine Le Pen, mais abstentionnistes,votes blancs et nuls représentent un chiffre supérieur à celui du FN. Le président de la République est une nouvelle fois élu par une minorité. Il se confirme contrairement aux mensonges médiatiques que la classe ouvrière est majoritairement abstentionniste, même si une couche plus pauvre, délaissée et méprisée par les intellectuels de gouvernement succombe au vote protestataire. Le FN a bien été utilisé de bout en bout comme épouvantail et cette bêtise de retour au franc. Avec un score très inférieur à celui de Royal, la mère Le Pen peut faire une croix (gammée...) sur sa carrière politique, à moins que le système la tienne encore à bout de bras pour faire croire aux veaux électoraux qu'ils luttent (passivement) contre pire que le capitalisme.

Quoiqu'il en soit, cette abstention et le souvenir de 2002 et du félon traité de Lisbonne ont empêché une nouvelle mise en scène de front républicain, et cela ne peut masquer là encore que Macron a été élu par défaut et que plein de ses électeurs, avec pince à linge au nez, ne font aucune confiance à son programme d'exploitation « nouvelle », d'ubérisation de la « jeunesse » dans une mondialisation heureuse et sans fin. Mais il y a une autre victoire de cette vaste manip électorale avec candidat technocrate fabriqué et mis en selle avec cette invention d'une « autre façon de faire la politique » - de la même manière pourtant en votant pour qui on leur dit de voter et pour des élus ensuite incontrôlables - Macron pourrait revoir la question oubliée voire apocryphe de la cagnotte des députés... Cette victoire aura été d'avoir totalement ficelé extrême droite et extrême gauche.


LE GRAND ECART DE LA GAUCHE A L'ENCAN

Qu'il est loin le temps de « bonnet blanc et blanc bonnet », quoiqu'on avait pas vraiment affaire à un nouveau Pompidou-Poher. Mais qu'il est confirmé le rôle de rabatteur du PCF, Mélenchon le confus et les gauchistes envers la principale mystification bourgeoise. Les affiches parlent d'elle-même. Le PCF espèce en voie de disparition appelle à : « Virer Le Pen le 7 mai et à combattre Macron le 8 », c'est à dire à voter pour la continuation du gouvernement d'exploiteurs de Hollande et de fermer sa gueule le lendemain de l'élection. Pitoyable ce rabatteur-là.
Le NPA fait la roue, mais rabat indirectement sur Macron, en promettant la « revanche sociale » qui ne vient jamais depuis 40 ans au moins :

« Nous comprenons ceux et celles qui, dimanche prochain, mettront un bulletin Macron dans l’urne pour faire bar­rage à Le Pen. Mais pour faire vraiment reculer l’extrême droite et défendre nos droits sociaux avec plus de force, il va falloir reprendre l’offensive, le chemin de la grève et des manifestations, comme nous avons su le faire l’année dernière. Cet objectif, le NPA le propose à toutes celles et ceux qui se sont retrouvés dans les luttes contre la loi El Khomri, à Notre-
humour NPA collabo de la démocratie bourgeoise
Dame-des-Landes, lors de la COP21, dans les combats féministes et antiracistes, qu’ils se soient abstenus ou ait voté Hamon, Mélenchon, Arthaud ou bien entendu pour notre candidat Philippe Poutou.
Il va falloir nous doter de nos propres outils politiques, démocratiques, unitaires, en se rassemblant autour d’un programme anticapitaliste pour défendre nos intérêts, pour s’attaquer au pouvoir des capitalistes et des banquiers. Nous voulons construire un parti de combat, ancré dans les luttes quotidiennes, une force qui n’a pas peur de s’en prendre à la propriété capitaliste, qui défende la rupture avec les institutions nationales et européennes... ».
Lutte Ouvrière avec sa triste Arthaud proposent de voter quand même : « Au second, on voudrait que les travailleurs choisissent entre deux maux. Il faut refuser ce chantage. C’est pourquoi Nathalie
Attention dessin trotskiste simpliste néo-stalinien et moche
Arthaud et les militants de Lutte ouvrière voteront blanc ».Blanc? Enfin pas tellement car cette  blancheur là est plutôt salement compromise à la mystification et au chantage électoral dit démocratique.

En vérité il y a une part de vérité dans la citation du NPA ci-dessus, si ces élections ont remis sur la table, quoiqu'en pensent les filous sociologues et journalistes, l'existence de conflits entre les classes et donc le souci d'une classe en particulier, dans les discussions entre prolétaires il apparaît une préoccupation étrange, très précise, historique : « seul, isolés on ne peut rien contre leurs machineries électorales... il nous faudrait un vrai parti si on veut un jour faire la révolution ». Pas celle, capitaliste, de Macron et « ses amis ». On ne l'aura toujours pas ce parti en juin ni de lieux publics pour débattre de la seule vraie politique de classe hors des institutions bourgeoises, moment où ils vont en remettre une couche avec leur souci de cohabitation marchandée entre eux.

NOTES

1article complet sur ce blog : https://proletariatuniversel.blogspot.fr/search?q=jeunesse

2Quand le vaincu d'Alésia Mélenchonix s'était adressé peu avant aux « gens ». Nouvelle formule électorale pour remplacer le scandaleux qualificatif de camarade, de même celui de concitoyen qui va si bien aux électeurs du FN. Il a dit : « les gens lâchaient rien », j'espère qu'ils ne se sont pas vexés « les gens ».
3Le tableau du peintre Gros montrant un Bonaparte, drapeau en main, s'engageant sur le pont sous la mitraille où il aurait ainsi entraîné ses troupes pour vaincre les autrichiens, est une légende. Le petit général a dû rebrousser chemin.

lundi 1 mai 2017

LES FEMMES VOTERONT-ELLES ?


Par André Tardieu1 (28 mai 1937)

Voici un texte détonant par un homme de droite alors que l'on aurait pu espérer que la « gauche » des années 1930 aurait pu exiger l'institution immédiate du droit de vote aux femmes. Il n'en fût rien, la gauche au gouvernement Blum (mais sans une gauche stalinienne qui lui apportait un soutien très critique) promit mais ne tint pas. Tardieu oublie de mentionner que les bolcheviques ont immédiatement intronisé le vote féminin – quasi au même moment qu'aux Etats-Unis -, et celui-ci existait déjà dans plusieurs pays capitalistes. Tardieu, un peu désillusionné de la politique officielle, invoque la « carence française » par la tradition catholique et la lâcheté des partisans du vote féminin. Le problème est plus complexe, et Tardieu, même si son libelle est intéressant en particulier contre le « mensonge démocratique », oublie que les femmes n'ont pas encore investi massivement le monde du travail industriel et que, pour la plupart des ouvriers leurs femmes sont des gibiers à curé et ne peuvent que « voter réactionnaire ». La conscience de classe ne naît-elle pas sur le terrain du travail, de l'exploitation quand la femme au foyer, individualisée se rend à la messe et gobe le discours de morale politique du curé qui ne souffre aucune contestation. Les femmes qui votent depuis longtemps dans les autres pays évoqués par Tardieu ne sont pas non plus de dangereuses électrices prolétariennes. George Sand comme Louise Michel estimaient que le temps du vote des femmes n'était pas advenu, et que viendrai le temps où elles auraient à prendre leurs responsabilités. Se syndiquer et voter restaient un attribut des prolétaires hommes. En 1937, la gauche bourgeoise au pouvoir se conforme à cette mentalité dominante dans la classe ouvrière, ce qui n'est ni une gloire de la part de cette dernière ni complètement dénué de fondement car, comme le rappelle pourtant le célèbre Renan, la religion s'est maintenue partout dans le monde par les femmes (et c'est-ti pas encore vrai?); sans développer plus ce fait que la femme, dans sa condition inférieure par rapport à l'homme (qui apportait la paye au logis) n'existant pas socialement, trouvait dans le cadre religieux sa consolation ; comme d'ailleurs les femmes musulmanes voilées de nos jours qui vont se faire expliquer leur accouchement par de vieux imams qui n'ont jamais vu un clitoris. Religion compensation comme disait Marx, mais religion expression de la situation d'aliénation de la liberté pour les femmes et vérification de l'emprise des curés divers sur leur monde privé et solitaire devant le fourneau et le poids de l'élevage de la marmaille.
Le Front populiste n'a pas donné le droit de vote aux femmes, ricane Tardieu. Il y a la guerre à préparer et il faut leurrer les ouvriers avec les congés payés. Après il y eût la guerre et le droit de vote des femmes tomba dans l'oubli et les culs de basse fosse. Quelle plume ce Tardieu pour rappeler la fausseté de la légende fumiste de cette gauche bourgeoise et féministe, exaltée jusqu'au bout de l'échec électoral par les divers Hamon et autres Mélanchon!




Il y a eu, la semaine dernière, une « Journée internationale des femmes ». M. Blum y a parlé. Il a d'abord proclamé que son gouvernement avait réalisé, sous les espèces ministérielles de Mmes Brunschwig et Lacorre, l'égalité des sexes. Il a ensuite reconnu que, pourtant, les femmes ne votent pas.
Mais il a ajouté que, d'ici peu, il allait supprimer ce paradoxe. Si c'était vrai, ce serait, pour une fois, une bonne nouvelle.

La femme française infériorisée

Un homme de gauche, mille fois plus puissant que M. Blum et qui s'appelait Maximilien Robespierre, avait annoncé, dès 1789, le suffrage des femmes en proclamant que « la souveraineté réside dans le peuple, dans tous les individus du peuple ». Cent quarante-huit ans ont passé. Et les femmes françaises ne votent pas.
La Cour de Cassation, par un arrêt célèbre du 6 mars 1885, a prononcé : « Aucune disposition constitutionnelle ou légale n'ayant conféré aux femmes la jouissance des droits politiques, elles ne peuvent pas être inscrites sur les listes électorales ».
Sans doute, en 1919, la Chambre a voté que « les lois et règlements sur l'électorat à toutes les assemblées élues seront applicables à tous les citoyens français, sans distinction de sexe ». Mais le Sénat s'est mis en travers. Et les femmes continuent à ne pas voter.
Ce n'est pas la seule infériorité qui leur soit infligée. En vertu du Code civil, qui date de 1810, « l'incapacité de la femme mariée » porte toujours, malgré de légers amendements, ses iniques conséquences.
La femme mariée ne peut ni hériter de titres nominatifs, ni se faire ouvrir un compte en banque. Si le mari est un escroc, elle risque sous le régime de la communauté, de connaître des préjudices, que l'amant escroc ne pourrait pas faire subir à sa maîtresse.
Croit-on que, si les femmes avaient disposé du vote politique, le maintien de ces absurdités aurait été possible ?

Une tare française

Cette situation outrage le bon sens, l'égalité, la justice et ce qu'on appelle, à tort d'ailleurs, la
démocratie.
Le bon sens ? Qui ne voit qu'aucun des arguments utilisés contre le vote des femmes n'est admissible, dès lors que, sans autre restriction que celle d'être fou, emprisonné ou failli, tous les hommes de vingt et un ans peuvent voter ? Condorcet l'avait reconnu en 1790.
L'égalité ? Pourquoi les femmes, payant des impôts comme les hommes, seraient-elles moins intéressées qu'eux à en surveiller le vote et l'emploi ? Fermière ou laboureur, boulangère ou menuisier, c'est tout un.
La justice ? Puisqu'il est entendu que le suffrage est universel et que la nation s'y exprime, de quel droit en priver ces grandes ouvrières de vie, dont parlait M. Renan, en les réduisant à la condition de l'idiot, de l'enfant ou du fou ?
La démocratie ? Avant d'invoquer la démocratie, il conviendrait de la réaliser et il n'y a pas de démocratie là où la moitié de la nation, exclue des bureaux de vote aussi bien que des assemblées, n'a aucun moyen d'être représentée.
Cette situation, qui pèse sur la vie privée comme sur la vie publique, est un défi aux principes du régime, sous lequel les français croient vivre.

L'exemple des autres

Et, d'ailleurs, pourquoi parler du vote des femmes au futur, comme d'une aventure ou d'une expérience ? L'expérience est faite.
Cette expérience a été faite par plus de trente pays, dont les plus notoires sont la Grande-Bretagne, les Dominions, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hollande, la Suède, le Danemark, la Norvège. Et elle a donné le suffrage à plus de cent cinquante millions de femmes.
Dans aucun de ces pays, le vote des femmes n'a troublé ni la vie publique, ni la vie familiale. Il n'a ni bouleversé les partis, ni altéré les vertus féminines. Quand, d'un seul coup, le 26 avril 1920, les Etats-Unis ont accordé le suffrage à vingt millions de femmes, aucune des catastrophes annoncées ne s'est produite.
Mieux encore : les pays, où les femmes votent, sont ceux où il y a le moins de femmes travaillant hors de chez elles. Dans aucun de ces pays, personne, depuis qu'existe le vote féminin, n'a proposé de le supprimer.
Un premier ministre anglais, M. Asquith, qui avait autrefois combattu la réforme, disait en 1917 : « Un nouvel ordre de choses est né de la guerre. ET contester aux femmes le droit, qu'elles ont acquis, de se faire entendre directement serait peu conforme à l'esprit de justice, qui doit nous animer ».

Comment expliquer la carence française,

Pour expliquer le retard de la France, sinon pour l'excuser, il y a plusieurs motifs. Les uns sont secondaires. Un seul est décisif.
Une tradition catholique, qui vient de saint Paul et d'Ulpien : « Femmes, soyez soumises à vos maris ». Le droit canon s'est bâti là-dessus.
Une tradition romaine et montagnarde, que Napoléon a résumée dans ses codes : « La seule chose, qui ne soit pas française, c'est qu'une femme puisse faire ce qu'elle veut ».
Une tradition littéraire, dont nous sommes imprégnés et qui, partant de Molière, s »en vient, par Boileau et Rousseau, rejoindre Proudhon.
A côté de la tradition, il y a des fautes de tactique commises par les défenseurs du vote féminin.
Intimidés par tant d'obstacles, ces défenseurs ont cru, comme beaucoup d'autres, à l'efficacité des transactions, qui sont toujours des capitulations. Ils ont décomposé leur revendication et accepté des solutions mutilées : électorat réduit, éligibilité indéfiniment ajournée.
Ils ont ainsi méconnu deux grandes vérités. L'une c'est que le suffrage féminin est un tout. L'autre, c'est que ses adversaires ne sont pas moins hostiles aux éléments du tout qu'au tout lui-même. M. Ferdinand Buisson disait avec raison, qu début du siècle, qu'il faut, en une telle manière, prendre parti pour ou contre la doctrine générale.
Il y a enfin, dominant tous les autres, un motif politique, qui s'est constamment exprimé par la résistance du Sénat. Ce motif a été avoué par tous les rapporteurs du Luxembourg, qu'ils s'appelassent Alexandre Bérard ou Pierre Marraud. Tous ont dit : « Objection politique ».
Seulement, dans cette objection, il faut distinguer la forme et le fond, l'apparence et la réalité.
L'apparence est anticléricale. « La religion, disait M. Renan, n'est maintenue dans le monde que par les femmes ». On craint donc que le vote féminin ne donne une arme à la propagande de la chaire et du confessionnal. C'est ce que les sénateurs appellent un saut dans l'inconnu et la république en danger.
Mais cela, qui est ce qu'on dit, n'est pas vrai et personne n'y croit. Ce qui est vrai, on n'en parle pas.

La cause première

Le refus obstiné du vote féminin a la même origine que le maintien de tous les abus, dont est empoisonné notre régime politique.
A la base ? Un peuple dessaisi de toute souveraineté effective ; dont ni la liberté, ni l'égalité ne sont, faute de constitution, garanties d'aucune façon ; un peuple qui, privé du droit de voter sur les idées, vote, à raison de 25% de son effectif total, pour élire des majorités parlementaires, par qui sont représentés 2 millions et demi de français sur 42 millions.
Au sommet ? Des assemblées, dont les membres ont obtenu, tous ensemble, moins de voix que les candidats battus ; des élus qui, par la rééligibilité indéfinie et le cumul des mandats, sont condamnés à être éternellement des candidats et à transformer leur mandat en métier ; des élus qui, asservis dans ce métier aux deux objectifs de la réélection et de l'accession au pouvoir, sont d'une part les maîtres despotiques de l'exécutif, de l'administration et des citoyens, d'autre part les esclaves tremblants des « tireurs de ficelles », que manient trop souvent les puissances d'argent.
Dans ce système, tout se tient et c'est pourquoi les bénéficiaires sont si résolument hostiles à toutes les véritables réformes de structure, sur quelque point qu'elles portent.
Ils sont hostiles au vote des femmes. Mais ils ne sont pas moins hostiles au vote obligatoire, au vote familial, à l'égalisation des circonscriptions, à la proportionnelle, à la suppression du second tour.
Ils sont pareillement hostiles au référendum, à la dissolution, au recours judiciaire contre les lois inconstitutionnelles, à la réforme de l'exécutif et de la responsabilité ministérielle, à la suppression de l'initiative financière des députés (sic... Penelopegate 2017), au statut des fonctionnaires et à celui des travailleurs, à la rénovation sociale, intellectuelle et morale.
A tout cela, les prébendiers du régime n'ont jamais touché. A tout cela, ils ne toucheront pas. Il n'y a pas que les élus qui soient inviolables. Il y a aussi les abus.

Le Front populaire ne donnera pas le vote aux femmes

Dira-t-on que la France possède présentement, à la tête de son gouvernement, un révolutionnaire et que, dès lors, tout va changer ? Je n'en crois rien.
On a tort de prendre le gouvernement de Front populaire comme un accident révolutionnaire. Ce gouvernement n'est pas – c'est son chef qui l'a dit – composé d'aventuriers égarés au pouvoir. Il est le continuateur logique et le conservateur attentif du système, vieux d'un demi-siècle, que j'ai appelé le mensonge démocratique.
Les affreuses malfaçons, que j'ai rappelées plus haut et qui datent de M. Grévy, le ministère socialiste les a précieusement sauvegardées. Jamais la « machine » n'a joué plus à plein que sous son règne.
Les « réformes », qu'il a opérées, sont toutes dans la ligne de l'étatisme, à la fois despote et servile , qui, depuis cinquante ans, réconcilie des programmes anémiés. Jamais, depuis un an qu'il est tout-puissant, on n'a vu M. Blum s'occuper des refontes profondes, qu'il recommandait naguère, dans des livres, dont les uns traitaient du mariage et les autres de l'Etat.
Ces changements en profondeur, M. Blum, chef du gouvernement, les néglige – comme les négligent les réformateurs de tout poils, qui lui font face. Que dis-je? M. Blum les cultive, parce qu'il vit, plus que personne, de ces abus bourgeois.
C'est pourquoi, ayant retenu le discours où il promet le suffrage aux femmes, je crois que, soucieux de ne rien déranger de l'ordre existant, il ne leur donnera pas.

Un conseil pratique

S'il m'était permis de donner un conseil aux partisans du suffrage féminin, je dirais ceci :
1° Au lieu de minimiser la réforme en la décomposant (électorat municipal, éligibilité), il faut lui donner sa forme maxima. Tout ou rien. Car, sans le tout, il n'y aura rien.
2° Au lieu d'isoler la réforme en s'imaginant que cet isolement la protège, il faut la lier étroitement à la reconstruction totale de l'édifice français. Car, sans cette reconstruction, le vote des femmes sera, ou non réalisé, ou inopérant.
Ou bien, par un large mouvement d'opinion, on gagnera la bataille sur tout le front. Ou bien on la perdra, en détail, dans chaque secteur.
La Révolution, qui est à refaire, est un bloc, comme l'autre. C'est en bloc qu'il faut la concevoir, l'entreprendre et l'accomplir.

COMMENTAIRES ADDITIFS : LA FUMISTERIE DU VOTE TARDIF CONCEDE AUX FEMMES et les ambiguïtés du « centriste » Macron « patriote » pro-européen, pro-Allemagne, pro-ceci, pro-cela

Lorsque la bourgeoise française consent à refiler le droit de vote aux femmes, ce n'est déjà plus un cadeau mais une esbroufe. C'est la droite recyclée gaulliste – et pour faire oublier son rôle sous Pétain – qui produit cette réforme « tardive », laquelle sert au parti gaulliste à empêcher le PC stalinien de prendre le pouvoir, grâce au vote massif des femmes (libérées) pour le grand Charles.
Cela, cette condition filandreuse pour la concession du droit de vote aux femmes enfin obtenu, les gauches gouvernementales et frondeuses se gardent bien de le rappeler de nos jours. On nous gave avec quotas et parités. Macron promet moitié de femmes ministres, mais son problème est son couple fusionnel. Il devrait proposer l'élection familiale ou par couples pour justifier son injustifiable couple où il prétend réserver un fauteuil à sa maman, qu'il appelle toutes les heures. Le problème des couples au pouvoir ou de pouvoir présente un vrai danger de népotisme autoritaire qui suscite des remous jusque dans la mouvance « en marche » de cet homme fabriqué par la finance, certains s'indignant : « je vote pour un candidat, pas pour sa femme ». Au terme de cette lamentable campagne où aucun candidat n'a promis de remettre en cause le statut privilégié et la cagnotte des députés – qui fût le sujet central pour éliminer filou Fillon – vous allez, électrices et électeurs français faire triompher un népotisme qui ne se cache presque pas, cerise sur le gâteau du mensonge démocratique bourgeois2.
De Gaulle avec son aura et son autorité avait su imposer la prééminence du président de la république dans l'immédiat après-guerre, dans l'ambiance union nationale pour la reconstruction. Or il était déjà en contradiction avec la loi de gouvernance de 1901 qui indiquait que si les fonctions de présidence étaient assumées par une même personne ou par un couple, on tomberait sous le risque de l'illégalité, avec absence de contrôle des chambres et une omnipotence du président. Macron qui se vante de n'être contrôlé par aucun parti, pourrait avec son couple, instituer un régime plus autoritaire et moins contrôlable que celui (peu probable) de la mère Le Pen et ses pieds nickelés. J'ai expliqué par le passé à plusieurs reprises les dangers de sectarisation ou même de paranoïa qu'induit un couple fusionnel3. Un couple au pouvoir en politique est toujours réducteur et dictatorial ; comme je l'ai rappelé par exemple dans les grandes entreprises il n'est pas convenable de confier les rênes de direction à un couple, ce qui génère assez logiquement corruption et terrorisme. Et n'anticipons pas sur la pagaille législative.
Macron a des qualités pompidoliennes – il est un produit financier sans légitimité electorale - mais sans cette roublardise du sourcilieux auvergnat - ni un réel pouvoir personnel. Pompidou est mis en selle par De Gaulle en 1962, sentit venir une grande crise sociale. Macron en réfère à De Gaulle ponctuellement mais il n'est qu'une puce. Le remplacement de Debré par Pompidou sous décision du général : « ...constituait un scandale aux yeux des parlementaires chevronnés : non seulement parce que Pompidou qui venait de passer six ans à la banque Rothschild n'avait jamais reçu la consécration du suffrage universel et que les huit mois (juin 1958-janvier 1959) durant lesquels il avait été le directeur de cabinet de De Gaulle ne suffisaient pas à faire de lui un « professionnel » de la politique ; mais aussi et surtout parce qu'en renvoyant Debré, le général avait affirmé avec éclat son droit de révoquer n'importe quel premier ministre en n'importe quelle occasion »4.
Tous les présidents qui ont succédé au général ont su jouer de ce pouvoir régalien de faire sauter selon leur bon vouloir tout premier ministre lequel n'est plus qu'un faire-valoir, un fusible, comme l'a prouvé, à son tour, Valls vis à vis de Hollande ; et c'est pourquoi Le Pen a choisi Dupont-Aignan, insulté et traîné dans la boue par les artisses de la gôche hollandaise (et reconnaissante) comme s'il était Goebbels. Etrange dramatisation mais aussi curieux obstacle au futur couple présidentiel si, contrairement à l'expérience Chirac-Mitterrand, la cohabitation tourne mal avec un premier ministre résistant et membre d'un parti autrement consistant et implanté que la mouvance « en marche ». Plus que Pompidou, chevauchant encore un gaullisme arrogant, Macron ne sera que le jouet des financiers, et il assume totalement son 49-3 anti-ouvrier comme il l'a répliqué au perdant mécontent Mélanchon.
Le centre a toujours été un mythe en France comme le constatait le fin Gilles Martinet en 1973 :
« Il n'y a pas aujourd'hui dans le vocabulaire politique français de mot plus ambigu que celui de « centre ». De quoi s'agit-il en effet ? D'un courant qui se trouverait entre l'UDR et la gauche ? Mais s'il est bien vrai que Giscard d'Estaing est à la droite de la gauche, personne ne peut soutenir qu'il est à la gauche de l'UDR. (…) … c'est en définitive à la même source technocratique moderne que viennent puiser Lecanuet et Edgar Faure, Giscard et Pompidou (…) La base du centrisme est très hétérogène (mais en vérité toutes les bases politiques le sont). Elle comporte trois éléments essentiels :
1° une partie de la petite bourgeoisie provinciale que heurte le centralisme parisien et qu'expriment assez bien les notables « indépendants »
2° une fraction du patronat traditionnel qui accepte difficilement les changements en cours ;
3° un certain nombre de jeunes cadres qui ne se sentent pas solidaires de l'establishment technocratique et qui placeraient sans doute leur confiance dans la gauche si celle-ci ne leur apparaissait pas à la fois trop radicale dans ses objectifs et trop archaïque dans ses méthodes et ses structures ».(...) un nouvel élargissement de la majorité en direction des « centristes » signifierait la continuation du système... Ce serait la V ème moins la stabilité »5.

Aucun souci à se faire. En France on n'élit plus depuis belle Lucette sur programme, parce que de toute façon, aucun des politiciens vainqueurs n'est fichu de le « tenir ». On élit un poussin ou un vieux cacique qui est cornaqué par les mêmes équipes d'énarques depuis plus d'un demi-siècle, qu'on les nommasse banksters et financiers. Triste premier mai. En 2002 les masses de bobos et de jeunes lycéens naïfs avaient braillé sur les boulevards contre le borgne paternel. Ce jour il ne s'est rien passé. Peut-on manifester contre l'ennui ? Trois manifs éparpillées et encore un flic cramé pour le bonheur des derniers résidus indécrottables du trotskysme et du nanarchisme insurrectionnaliste de comptoir. Dernier feu d'artifice minable d'une campagne minable.

NOTES:

1Homme politique français du début du XX e siècle, proche collaborateur de Clémenceau pendant la Première Guerre mondiale, il fût trois fois premier ministre. Personnage brillant, de droite, il est affecté par le mépris que lui oppose son ex-guru Clemenceau (auquel il continuera de faire de petits signes comme cette allusion à la « révolution comme un bloc », vieille formule du « père la victoire » comme à l'égard de sa femme (lui qui fréquentait les bordels du chat noir), comme le révèle la fin de l'article. Tardieu rejoindra un temps l'extrême droite avant de finir à l'asile.
2Il y a une certaine morgue creuse d'énarque à s'arroger « de réconcilier les français » de la part d'une girouette qui, pilotée par un staff opaque fait du clientélisme à tout va : drague un coup l'électorat immigré (sa comparaison débile entre colonisation et nazisme), drague l'électorat juif via sa visite à Oradour sur Glane (on lui a soufflé que c'était sur le terrain de l'antifascisme réchauffé qu'il allait limiter les dégâts face à Marine Le Pen). Sans oublier la blague ahistorique, que j'ai dénoncée dans l'article précédent, sur la gauche stalinienne et le parti socialiste massacreur des ouvriers qui n'auraient pas su s'unir en 1932 en Allemagne... pour quoi faire ? Pour massacrer à la place de Hitler ?
Macron a affiché son total soutien à l'accueillante Angélique Merkel, qui a eu le « courage, elle » de
recevoir un million de migrants ! Il n'a pas été précisé de quel courage il s'agissait ni de quelle guerre. L'Allemagne bourgeoise ne lésine pas sur les moyens quand son industrie s'affole. Entre juin 1942 et l'été 1944, c'est 650.000 migrants français que Hitler fait venir au Vaterland : « en intégrant les 900.000 prisonniers de guerre « transformés » donc mis au travail » (cf. Vichy 1940-1944 de JP Azéma et O.Wieviorka, p.99).
3Cf. La folie à deux ou folie communiquée de Lasègue. Voir aussi les analyses de Lacan et de Anna Maria Nivolo. Voir mon livre « L'organisation eggregore » où j'explique l'implosion du CCI par l'action d'un couple pervers. En sous-main une partie de la droite dépitée dénonce la perversion du couple à trois Hollande-Royal et celle qui a succédé à « merci pour ce moment » qui en pince désormais pour Macron comme ces pauvres saltimbanques Torreton, et autres excités figurants de cinéma qui craignent pour leur abreuvoir à pognon de la culture.
4Gilles Martinet : Le système Pompidou (Seuil 1973).
5Gilles Martinet p. 160 à 165.