"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 23 août 2026

 LA CONSTITUTION DE RÉVOLUTION INTERNATIONALE


par Michel Roger (1948-2024)

Voici le meilleur historique de la fondation du groupe Révolution Internationale, factuellement et humainement, de plus relu et approuvé par des personnalités politiques incontestables, connues pour leur droiture et intégrité, du mouvement maximaliste. Comme rappel qu'on n'oublie pas Michel pour son long combat politique communiste de toute une vie, deux ans après sa disparition. JLR

Article mis en ligne le 21 février 2023 par ArchivesAutonomies

https://archivesautonomies.org/spip.php?article5651



Les deux à trois années qui précèdent Mai 1968 furent des années de remontées des luttes ouvrières ; les années suivantes (1969-1975) connurent une grande ferveur politique et une effervescence militante, voilà pourquoi nous avons souhaité, dans les lignes qui suivent, être le plus précis possible afin de permettre aux lecteurs de se rendre compte des tâtonnements des uns et des autres pour se faire une opinion, de l’ambiance et des liens existants entre les différents protagonistes, groupes ainsi que des discussions intenses et fiévreuses qui se sont déroulées entre eux, parfois des nuits entières.

L’histoire politique du milieu révolutionnaire au cours de ces années de braise est compliquée et agitée. Nous nous excusons, encore une fois, auprès des lecteurs de cette façon de rédiger l’histoire, mais comment faire vivre autrement un tel bouillonnement. Il restera aux lecteurs de faire un effort pour lire l’ensemble des documents cités pour appréhender l’effervescence et suivre le positionnement des différents groupes et individus cités. Toutefois, comme un très grand nombre de revues et documents de l’époque cités sont et seront à disposition sur ce site avec des renvois par un clic, l’effort devrait en être facilité, nous en faisons le pari.
Encore quelques mots :

"Nous voudrions voir planer l’histoire dans cette région sereine où il n’y a ni passions ni rancunes ni désirs de vengeance. Nous lui demandons ce charme d’impartialité parfaite qui est la chasteté de l’histoire." .

...écrivait Fustel de Coulanges, cet historien traditionaliste auquel rien ne m’attache.

Ce ne sera pas le cas pour nous ! Nous faisons partie des historiens engagés !

1- L’Internationalisme chevillé au corps : d’Internacionalismo à RI (1966-1968)

Dès leur naissance Internationalisme comme Internacionalismo étaient internationalistes, non seulement par leur composition : espagnols, français, égyptiens et vénézuéliens, etc., mais encore par leurs positions politiques et théoriques et aussi par leurs pratiques. Internacionalismo s’est toujours défini comme partie du mouvement communiste mondial renaissant et a recherché des contacts internationaux. C’était une pratique et une préoccupation constante et une raison d’exister dans une période difficile où les organisations révolutionnaires étaient quasi inconnues et inexistantes. Tout déplacement dans le monde de leurs membres était l’occasion de mettre en pratique cette préoccupation et d’établir des contacts, de renforcer le travail international comme le montre l’envoi de la délégation d’Internacionalismo au Congrès de News and Letters [1] à Détroit en 1964, puis l’activité de ses membres en France, Suisse, Espagne, Italie, Chili, Argentine, Pérou ou aux USA à New York.

En septembre 1966, "Raoul" pour continuer ses études, s’installe à Toulouse. Tout en poursuivant son activité politique avec Internacionalismo, il commence une activité sur place et réussit, en peu de temps, à créer un petit cercle de sympathisants autour de lui. (Pép., M.Po,…).

En pleine guerre froide entre les deux blocs impérialistes, les discussions de ce petit cercle tournent autour des luttes de "libération nationale". C’est l’époque où les trotskistes et les maoïstes organisent les Comités Vietnam et de nombreuses manifestations violentes avec des mots d’ordre comme "Vietnam vaincra !"..... Puis, les trotskistes de la JCR [2], en romantiques, reprennent le mot d’ordre "Un, deux, trois Vietnam !" . Le camarade d’Internacionalismo est tout particulièrement bien placé pour dénoncer les guérillas, notamment celles en Amérique latine.

Durant l’été 1967, "Raoul" est rejoint par Marc Chirik, "Juan" ou "Marco" ; ensemble ils se déplacent en Europe où ils prennent contact à Paris avec G. Munis [3] puis à Amsterdam avec Ben Sitjes [4] et le groupe Spartacus, etc. Ils vont ensemble avec G. Munis en Italie pour défendre l’idée d’une reprise importante des luttes de classe, prendre contact et organiser des réunions avec Battaglia Comunista et Damen [5], Programma Comunista, Lotta Comunista et Cervetto [6] qui était, aux dires de ces deux-là, un personnage très chaleureux. Mais aucun ne sont en accord avec ce que "Marco" et "Raoul" défendent par rapport à la décadence du capitalisme et surtout par rapport au changement de cours qui se dirige vers de nouveaux affrontements de classe. Ils retournent ensuite à Toulouse où ils organisent une "réunion ouverte" [7] pour rendre compte de leur voyage et sur ce qu’ils pensent des organisations révolutionnaires existantes.

Installé ensuite à Paris chez Maximilien Rubel pendant 3 mois, "Marco" poursuit son travail de contact au nom d’Internacionalismo. Il réussit à organiser une "réunion secrète" en décembre 1967 sur la demande de 6-7 membres de Programme communiste dont Claude Bitot [8], Philippe Leclercq, Serge Demianiw [9]. A cette cette réunion il y a des membres des Cahiers de discussion pour le socialisme de conseil [10] animés par Rubel, G. Munis, Pouvoir ouvrier (PO) [11] et des individus de la librairie La Vieille Taupe [12]. Le camarade "Valois" (qui venait de rompre avec LO avant de sombrer dans une dépression profonde) qui participera auparavant à la création de Révolution Internationale, est aussi présent à cette réunion. Des camarades dans la mouvance [13] du groupe Informations et Correspondance Ouvrières (ICO) refusent de participer à cette rencontre car il y a des "groupes politiques" comme PO et son chef de file "Véga". Mais, à l’orientation conseilliste d’ICO, il faudrait, peut être, ajouter de vieilles inimitiés qui pouvaient remonter à l’époque de leur militance commune à ou autour de Socialisme ou Barbarie [14].

A cette réunion Marc Chirik défend une nouvelle fois l’idée que la période est caractérisée par la fin de la reconstruction économique d’après guerre [15] et développe son analyse de la nouvelle période historique qui va vers des affrontements de classe. Il développe le parcours des révolutionnaires internationalistes durant la guerre de 1940-1945 et il retrace l’histoire de la Fraction italienne durant toute cette défavorable et périlleuse phase historique. Il défend également sa position sur la question syndicale et la décadence du capitalisme.

De cette première phase de prise de contact, il constate malheureusement qu’il n’y a pas grand-chose à attendre, pour l’instant des groupes politiques existants alors en Europe, qu’il faut continuer le travail autour d’Internacionalismo pour préparer le regroupement des forces révolutionnaires qui vont obligatoirement naître avec le développement de la crise du capitalisme. Il rentre, ensuite en janvier au Venezuela où paraît le numéro 8 d’Internacionalismo (janvier 1968) annonçant les "râles du capitalisme". Sur le chemin du retour, il passe par New York où il organise deux réunions sur "la décadence du capitalisme" et "la fin de la reconstruction" sur la base de la théorie de Rosa Luxembourg, avec les membres de la section de News and Letters qui avaient été intéressés lors de la Conférence de Détroit en 1967. Il prend contact notamment avec Jutidh A., Al. M. ou "McIntosch" et Dick. G. Dick défendait à l’époque l’idée que c’était peut-être vrai ce que défendait MC mais qu’il "y avait beaucoup d’exagération dans ses conclusions". Richard Greeman, lui, faisait partie de l’autre tendance "orthodoxe" et majoritaire de la section de News and Letters.

C’est pour avoir compris le nouveau cours historique et donné une telle analyse de la situation - c’est-à-dire "la fin de la reconstruction d’après-guerre" et ses conséquences : la nouvelle perspective impliquait la tendance au surgissement de mouvements de la classe ouvrière -, qu’Internacionalismo a été peut-être un des seuls groupes à n’avoir pas été surpris par "Mai 68", à avoir su s’orienter dans les événements et avoir pu ainsi définir sa portée du mouvement, mais également ses limites.

Quand "Mai 68" éclate, les camarades du Venezuela décident d’envoyer Marc Chirik en France. Ils pensent que c’est fondamental qu’il puisse participer aux luttes qui s’y déroulent. Internacionalismo a publié un tract dès le 3 mai saluant le mouvement et en indiquant qu’il n’est pas question de comprendre ce mouvement comme un mouvement d’étudiants mais comme un mouvement plus profond : un mouvement ouvrier en lien avec le développement de la crise et les "râles" du système capitaliste.

Sur le chemin de la France, il s’arrête, à nouveau, à New York où il prend contact, une nouvelle fois, avec la section de News and Letters et le Comité de grève de l’université à Columbia [16]. Il fait un exposé au sein du Comité et avec sa minorité plus politisée il traite de la situation et il pousse cette dernière minorité, au sein du comité, à faire un tract pour diffuser à New York et pour ne pas rester enfermé sur Columbia. A tous, il défend l’idée de la fin de la reconstruction d’après-guerre et du développement de mouvements de lutte de la classe ouvrière. La minorité du comité se dit convaincue, se retire pour rédiger un tract puis organiser un meeting où Judith A. devait prendre la parole.

Marc Chirik (M.C) arrive le 15 juin à Paris. Il est reçu par son vieux compagnon et complice de toujours : Jean Malaquais. Il retrouve "Valois" chez les situationnistes. "Raoul" le rejoint depuis Toulouse et ensemble, ils prennent contact avec Munis qui, très dynamique et enthousiaste à cette époque, il diffusait des tracts contenant sa prise de position sur les événements.

"Raoul" et Marc Chirik font une nouvelle tentative pour réunir tous les groupes révolutionnaires existants : le Groupe de liaison pour l’action des travailleurs (GLAT), les situationnistes, ICO [17], PO, et des individus isolés : Claude Bitot, Philippe Leclerc, Serge Demianiw, Camatte, Dangeville [18] qui créera ensuite Fil du temps et enfin Munis. Encore une fois on assiste à un combat où personne n’essaie de dépasser ses aversions personnelles et fait jouer de vieilles rancœurs alors que la période demandait une plus grande écoute et mobilisation. Munis était le plus enthousiaste et demandeur de contacts et d’action, toutefois il refusa d’assister à cette réunion si les situationnistes et PO devaient être représentés. Ils réussissent, enfin, à organiser une petite conférence entre la Vieille Taupe, "Valois", Munis, et quelques éléments de PO.

Ils rencontrent ultérieurement les situationnistes et Guy Debord qui croient que l’histoire commence avec eux ; Raoul Vaneigem est "intéressé" par les positions politiques défendues. Ces derniers sont, malgré leurs réticences, étonnés et balancés devant par les positions d’Internacionalismo. Ils découvrent avec intérêt la "Gauche hollandaise" et se prétendent prêts à publier le livre de Pannekoek Les conseils ouvriers. Ils décident de le publier chez Gallimard où ils ont leurs entrées. Gallimard est d’accord mais demande s’il y a des héritiers de Pannekoek. M.C. est chargé de retrouver son fils ; ce dernier accepte. En fait, le travail de traduction n’a jamais abouti en ce qui les concerne.

De la même façon, un situationniste "Polvo" ou "Polvorinos" de Toulouse se dit prêt à traduire les Grundprinzipien [19] de Ian Appel et part vivre pour faire cette traduction quelques mois chez Appel au cours de l’été 1968. Malheureusement de cette expérience rien n’est sorti.

Dans cette période, ce qui était le plus évident et ressenti par beaucoup, c’était la nécessité de renouer avec l’histoire et le passé politique du mouvement ouvrier. Encore une fois, les révolutionnaires constataient qu’ils étaient bien seuls et impuissants face aux responsabilités et devant les tâches immenses posées par les événements. Il fallait renouer les fils avec la Gauche communiste des années 20. Tout le monde et les divers groupes politiques existants le ressentaient fortement. C’est ainsi que Ben Sitjes de Spartacus voulait publier les mémoires de Pannekoek et Appel écrire, en la dictant, l’histoire du KAPD, toutes ces idées n’aboutirent pas.

L’histoire est bien souvent terrible et sans pitié pour ceux qui ne tirent pas les bonnes leçons. La fin des événements de 68 se chargea d’emporter tous ceux qui n’allèrent pas jusqu’au bout de la compréhension des événements ni ne prirent à bras le corps la nouvelle période et ses conséquences. On a vu la disparition du Mouvement du 22 mars, des situationnistes, de PO et dans une moindre mesure des Cahiers de Mai, etc. Et même ceux qui étaient un peu moins ballottés par l’histoire se retrouvaient isolés, sans théorie et sans organisation. Ils se dirent que, plus jamais, ils ne voulaient subir une telle impuissance. MC, "Raoul" et quelques autres tirèrent la conclusion qu’il allait falloir tout reconstruire, se tourner vers les jeunes et les nouvelles énergies révolutionnaires et ne plus compter sur les "vieilles barbes" existantes qui se montraient trop blasées en attente de meilleures conditions politiques et ce pour le meilleur des cas.

En Mai 68, trois membres d’Internacionalismo se trouvent en Europe, Raoul, Eduardo habitant Bruxelles, puis MC dès son arrivée mi-juin. Les deux premiers participent très activement aux événements.
L’énorme activité déployée par "Raoul" permet rapidement la constitution, autour de lui, d’un noyau plus solide à Toulouse. Eduardo participe activement aux comités des situationnistes [
20] et à toutes les manifestations ; il prend souvent la parole dans des meetings, notamment devant l’usine Renault.

Dès la deuxième quinzaine de mai, "Raoul" et MC, tous les deux présents à Paris, analysent qu’ils sont maintenant dans la période de reflux du mouvement et estiment nécessaire que les groupes politiques prolétariens tirent la signification historique de "mai" ainsi que ses limites.

Pour Castoriadis : "la crise a traversé quatre étapes nettement distinctes" :

"1°) du 3 au 14 Mai, le mouvement étudiant, jusqu’alors limité à Nanterre, s’amplifie brusquement, gagne l’ensemble du pays, et, après les combats de rues, la nuit du 11 Mai et la manifestation du 13, culmine dans l’occupation généralisée des universités.
2°) du 15 au 27 Mai, commençant à Sud-Aviation (Nantes), des grèves spontanées avec occupation des locaux éclatent et s’étendent rapidement. Ce n’est que l’après-midi du 17, après des débrayages spontanés chez Renault-Billancourt, que les directions syndicales sautent dans le train en marche, et parviennent à prendre le contrôle du mouvement pour conclure finalement avec le gouvernement les accords de Grenelle.
3°) du 28 au 30 Mai, après le rejet brutal par les travailleurs de l’escroquerie des accords de Grenelle, directions syndicales et partis "de gauche" essayent de transposer les problèmes au niveau des combines "politiques", cependant que la décomposition de l’appareil gouvernemental et étatique arrive à son comble.
4°) à partir du 31 Mai, les couches dominantes se ressaisissent, de Gaulle dissout l’Assemblée et menace les grévistes. Communistes, fédérés et gaullistes sont d’accord pour jouer la farce électorale, cependant que les directions syndicales retirent les "préalables" généraux à la négociation et tentent de conclure au plus vite des accords par branche."

Pour MC et "Raoul" si cette analyse n’est pas fausse, ils préfèrent défendre l’idée que le mouvement était dans une phase ascendante jusqu’au 17 mai [21] puis de reflux lorsque le PCF et les syndicats aidés par toutes les tendances de la gauche social-démocrate, multiplient les agissements pour tenter de le contrôler avec les accords de Grenelle en essayant de l’encadrer puis de le détourner. Dès lors, c’est face à une nouvelle situation que l’on se trouvait.

Ils souhaitent maintenant ouvrir un large débat sur les leçons [22] à tirer et les perspectives de ce qu’ils viennent de vivre. Dans ce but ils proposent à nouveau des rencontres entre les groupes et individus isolés déjà cités ci-dessus : l’IS, PO, la Vieille Taupe, Alarma,. [23]. L’IS et PO refusent d’y participer et la rencontre qui a lieu est un demi-échec en l’absence des deux principaux groupes politiques existants. Ce n’était qu’un demi-échec parce que des contacts sont pris et surtout parce que ces camarades sont encore plus convaincus de l’impossibilité de compter sur les groupes existants, perdus dans la confusion et l’autosuffisance. Ils pensent que le regroupement des révolutionnaires ne pourra pas se faire, en France, autour d’un des groupes existants. "Raoul" et MC sont maintenant convaincus de la nécessité de constituer, en France, un groupe politique nouveau sur la base de positions politiques cohérentes comme celles d’Internacionalismo et ce n’est qu’ultérieurement que ces prémices devraient pouvoir entraîner l’adhésion de ces individualités une fois le travail de réflexion et de regroupement commencé.

2 - La création de Révolution Internationale (RI). (juillet 1968 - juin 1969)

C’est dans ces conditions que se regroupent/rencontrent à partir de juillet 68 à Toulouse de façon informelle un certain nombre de camarades des milieux anarchistes comme Llopart et Pép, conseillistes (sans le savoir) et situationnistes. Ce qui était en jeu était la discussion, la compréhension des événements et ce qu’il fallait faire. Dès septembre 68 les réunions de discussion organisées, réunissaient parfois plus de cinquante personnes chez "Xavier Freixas". Tous ces camarades étaient inorganisées et voulaient le rester.

En parallèle avec cela, une autre tendance se dégage.

La réunion de constitution de RI se tient en septembre 68 à Toulouse, sur la base d’une première déclaration de principe minimale, septembre 1968, R.I. comprenant alors une dizaine de membres un peu plus décidés que le milieu en recherche : 3 membres d’Internacionalismo : "Raoul", MC, Clara ; 2 ex-anarchistes : Pép et C.G., un ex LO, "Valois" ; et 3 sans aucun passé politique : Christina P., "M.Po", "J.E" - "Jonas". Sauf trois, tous étaient des étudiants, mais le nouveau groupe est internationaliste non seulement politiquement mais encore dans sa composition avec des Portugais, des Espagnols, des Vénézuéliens et des Français. Ce groupe porte bien évidemment les tares du milieu dans lequel il a surgi [24] ainsi que des aberrations estudiantines en vogue à l’époque et desquelles il aura du mal à se dégager. La critique du stalinisme étant très répandue et, bien sûr, normale à cette époque, toute contrainte, notamment organisationnelle, était rejetée. C’était le cas dans ce premier noyau de camarades. S’il existait l’influence des anciens d’Internacionalismo, il y avait également le poids de petits groupes surgissant ici et là et recherchant surtout à comprendre et à ne pas s’engager trop rapidement dans une "aventure" politique trop contrainte. RI était ballotté dans deux directions comme beaucoup de groupes de l’époque : le spontanéisme et l’organisation. Il est donc presque naturel que le premier numéro de RI porte sur "Le pouvoir des conseils ouvrier" (numéro 1 - décembre 1968) car toute organisation était ressentie comme incompatible avec l’auto-organisation de la classe ouvrière. Pendant toute une longue période dans RI, la question de l’organisation politique reste encore au second plan par rapport à la spontanéité de la classe ouvrière.

Pendant toute une première période a subsisté deux types de structures en parallèle : des camarades se retrouvant avec la volonté de s’organiser politiquement plus clairement et un noyau de camarades se réunissant pour discuter indépendamment ou avec les premiers. L’évolution des événements pouvait faire que les réunions étaient parfois mêlées ainsi que les intervenants. Rien n’était ni très clair, ni très précis même dans la tête de tous.

Dés lors une question se pose. Peut-on véritablement tracer une filiation entre Internationalisme de 1944-52, Internacionalismo de 1964-68 et RI ? RI n’est-il pas plutôt dans la continuation des groupes surgis après Mai 68 et le "nouveau mouvement ouvrier" [25].

Nous avons souligné le manque de détermination politique dans le sens d’attentisme du milieu politique prolétarien existant avant 68, ce constat aura, cependant, une seule utilité : celui de jouer pour Révolution Internationale le rôle de repoussoir. Les camarades les plus décidés à se regrouper, redoutaient de se trouver devant un nouveau mouvement d’ampleur du style de Mai 68 et de rester encore une fois impuissants devant lui.

C’est, en grande partie, grâce au maintien des contacts avec tous les autres groupes prolétariens et en se confrontant à eux que RI parviendra, d’une certaine façon, à préciser ses propres positions et à mieux saisir sa propre identité et dynamique politique. Les membres de RI étaient encore très immatures et peu formés politiquement. C’est dans ce contexte que RI participe à une rencontre organisée par ICO pendant l’été 69 à Bruxelles et est amené à se confronter au conseillisme voire aux idées libertaires.

Les 7 premiers numéros de RI "ancienne série" sont, notamment, une polémique constante contre tous les autres groupes : situationnistes (nᵒ 2 et 3), Alarme, le GLAT, Socialisme ou Barbarie (nᵒ 7), ICO (n°3), PO, Programme communiste, Invariance. Le développement de RI, à l’époque, a été le signe d’une présence politique grandissante dans le milieu politique, aussi bien sur le plan national qu’international. RI qui en 1970 ne représente rien, a les "honneurs" d’une courte présentation dans Le Monde, parmi une double page citant les groupes issus de "Mai", et un tableau le situant parmi les "autres groupes politiques" dans le n°3 de février 1970 de l’Idiot International, revue de la nouvelle gauche gauchisto-modernisto-conseilliste, le fondateur en étant l’aventurier Jean-Edern Hallier.

Le travail international, encore une fois, n’est pas négligé, en juillet 68, MC et Claude Bitot (ancien "secrétaire" de la section de Paris du PCI, qui venait de le quitter un an auparavant) se rendent en Italie pour inciter Battaglia Comunista à prendre l’initiative d’une conférence des groupes de la Gauche communiste. Ce fut un dialogue de sourds puisque pour Battaglia comme pour les autres "Partis" bordiguistes, Mai 68 n’a aucune ou peu de signification. Ils rencontrent également le groupe La Rivoluzione Comunista de Calogero Lanzafame [26]. Une tentative de contact est prise également en Belgique avec d’anciens membres de la "Fraction belge de la gauche communiste" divisés maintenant en 2 groupes : Fil du temps avec Dangeville et Bilan avec Anne Manne [27]. La discussion se poursuivra plusieurs mois avec ce dernier groupe sans autre résultat que de détacher Robert Couthier qui restera jusqu’à sa mort un contact très proche du CCI. (Depuis lors le groupe Bilan n’existe plus ; Anne Manne a assisté en 1978 à un congrès de RI).

Au dernier trimestre 68, RI avait publié son premier numéro (décembre), et pourtant il commence à élargir son intervention et développe aussi des contacts nationalement et internationalement. D’abord, le nombre de ses militants augmente à Toulouse où se trouve la majorité de ses militants. Les discussions portent sur la compréhension de "Mai 68", la critique des gauchistes, l’intervention dans les luttes : notamment les C.A.E. ; Comités d’action étudiants de l’époque et la nécessité de les étendre dans les quartiers ouvriers. Le groupe organise aussi des réunions "ouvertes" sur les syndicats, la "nature de l’URSS" et encore les "luttes de libération nationale". Des énergies militantes se regroupent : Marc L. (venant de l’UEC : les étudiants du PCF), Marylène Louis. (ex militante de la JEC, Jeunesse étudiante chrétienne) et des sympathisants : "M.Rx". (venant de L'UNEF et sympathisant de la JCR-trotskyste), puis, Jean S. (venant du MRJC, Mouvement rural de la jeunesse chrétienne et de la mouvance de l’UNEF).

Ce dernier trimestre 68, RI participe à Toulouse aux Comités d’action dans lesquels il a un certain écho, notamment au sein du Comité d’action de droit et de sciences économiques. C’est en leur sein que "M.Po" et "Raoul" ont gagné Marylène Louis, "M.Rx.", puis Jean S. (d’abord sympathisants proches, dont le processus de rapprochement aboutira en octobre 1971 par son adhésion à RI). Lors d’une AG de tous les Comités d’action de Toulouse "M.Po" et "Raoul" prendront la parole devant plus d’un millier d’étudiants où ils pourront défendre les idées révolutionnaires et dénoncer la politique trotskiste de noyautage des Comités, la nécessité de ne pas s’enfermer sur le terrain universitaire en organisant des meetings dans les quartiers ouvriers et surtout contre la volonté de noyer le mouvement dans la lutte antifasciste (ils appellent à ne pas confondre la répression avec le fascisme en expliquant la nature et la fonction du fascisme pour la bourgeoisie). Les camarades de RI ont défendu l’idée qu’il n’y avait pas de danger de fascisme en automne 68 que le meilleur moyen de lutter contre la répression c’était que se développent les luttes ouvrières.

Pendant toute la période de participation de RI aux Comités d’action de droit et de sciences économiques, les propositions de RI sont bien souvent adoptées à la majorité et les trotskystes de la LCR mis en minorité. C’est ainsi que ce Comité d’action avait organisé une réunion dans les quartiers ouvriers à Toulouse sur la question de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes russes et que, notamment, le mot d’ordre de RI avait été inscrit sur les affiches d’appel à la réunion, il comportait une dénonciation de l’impérialisme russe et du capitalisme d’État.

Parallèlement à cela deux membres de RI : "Raoul" et C.G., après mai participent à la "Commission ouvrière" créée par des ouvriers combatifs de Sud Aviation. A une motion d’exclusion de ces camarades proposée par les trotskistes de la LCR, les ouvriers votent pour leur maintien dans la commission.

Au niveau national, RI a un écho important, la Déclaration de principe de RI sert de référence à des camarades qui se regroupent dans ICO [28]. En janvier 1969, le groupe Le Conseil de Nantes, groupe de tendance situationniste qui dirige l’UNEF locale, débarque à Toulouse pour rencontrer et discuter avec RI, ils s’engagent à diffuser la presse de RI à Nantes où ils en effectuent une bonne diffusion (une cinquantaine d’exemplaires de RI sont vendus par eux à cette époque). En février 1970, ils écrivent un nouveau texte "Propositions aux révolutionnaires", signé Yvon Chotard, avant de disparaître.

Fin 68 se fera, également, un voyage de prise de contact avec le petit groupe autour de Robert Camoin qui publie les Cahiers du communisme de conseils à Marseille.

Revenons quelques instants sur Internacionalismo qui ne s’est pas dissout en 1968. Tout le matériel technique, sauf les archives bien cachées, a disparu dans la rafle de la police et malgré le changement de gouvernement en septembre 1969 [29] ; rien n’a été retrouvé. Le système politique est au Venezuela encore plus pourri qu’aux USA où existe aussi le "spoil system" ; au changement de gouvernement tous les fonctionnaires, notamment la police, changent et perdent leur emploi. De ce fait, tout le matériel ainsi que les fichiers et les dossiers, partent avec eux.

Du fait de la perte du matériel technique, le numéro 12 d’Internacionalismo sur les conseils ouvriers (traduction de RI ; avant le numéro 15 d’Internacionalismo plus complet) s’est fait rudimentairement. Malgré les pires difficultés la volonté des camarades reste inébranlable. Le matériel de fortune et le papier est entassé dans une vieille voiture. Et, un beau jour, elle disparut ! Tout le travail a dû être recommencé. Dans ces conditions, deux camarades prirent peur et abandonnèrent toute activité militante. Mais, d’autres énergies s’agrègent au groupe comme le frère de "Guillo", le groupe se compose maintenant de 5 camarades dont "Guillo", Pedro, Sixto et Eduardo (ce n’est pas le même Eduardo que précédemment cité). En janvier 1969, au retour de MC les réunions formelles recommencent, c’est un nouveau départ pour Internacionalismo qui reprend ses activités de façon plus systématique et se réorganise.

3- Dégager de nouvelles énergies révolutionnaires, notamment autour d’ICO. (1969-1972)

A Toulouse, le groupe RI organise, comme déjà signalé, des réunions "ouvertes" sur des sujets généraux qui ont trait à "la déclaration de principes" : les syndicats, la décadence, le trotskysme, etc. où assistent, tout au moins au début, plus d’une dizaine de sympathisants.

Les 14 et 15 juin 1969, c’est la rencontre nationale d’ICO à Taverny où est discutée la question de l’organisation des révolutionnaires au sein de la classe ouvrière. Pour cette rencontre, RI rédige un texte sur la "nécessité de l’organisation", spécialement pour cette rencontre [30]. RI participe à cette rencontre puis à celle de Bruxelles au cours de desquelles il s’initie à la bataille politique aussi bien contre des marginaux-modernistes que des éléments plus sérieux du GLAT, à Cohn-Bendit [31] qu’à un Paul Mattick et à ses théories qui sont autrement plus sérieuses. A cette rencontre, une camarade de News and letters, Judith A., a pu aussi participer, et RI a pu prendre contact avec un groupe d’immigrés portugais [32] (dont Charles Reeves) qui possédait des positions proches des siennes. C’est avec un membre de ce groupe "M" et J.A. que MC se rend, une nouvelle fois, en Italie pour prendre contact avec le Comité de grève de la Fiat à Turin. Ils constatent l’absence totale de tous les partis dits "bordiguistes". Ces camarades rencontrent également les groupes comme Potere operaio et Lotta continua, à Milan, Gênes et à Florence.

Parallèlement à son travail au sein des groupes politiques révolutionnaires, le groupe de Toulouse de RI continue son travail militant local, fin octobre 1969, M.Rx adhère formellement après un processus de rapprochement qui a duré un an. En 1970 apparaît un journal lycéen J’étais, je suis, je serai très influencé par RI, donc certains membres vont effectuer un processus de rapprochement en 1970 : "Charly" - Charles Réguenas, "Mano" et Patrice Lec. Mano adhérera à RI en 1972 avant de créer la section du PCI (Programme communiste) à Toulouse, puis de disparaître.
Pour la première fois de son histoire RI est confronté au problème de la pénétration de l’État bourgeois en son sein. Au cours de l’année scolaire 1969-70 beaucoup d’éléments tournaient autour du groupe dont l’individu "L. Monfort" qui a signé la première partie de l’article sur le problème paysan (RI n° 4). Après plusieurs mois où il assistait aux réunions ouvertes, il a parlé et il a avoué de son plein gré être un "indic" que les flics "tenaient". Au départ, disait-il, il était un militant d’extrême droite qui, effrayé par Mai 68, avait décidé de s’infiltrer dans les organisations d’extrême gauche pour informer la police. Mais maintenant il se dit convaincu par les positions de RI et veut sortir de cet imbroglio. Il demande de l’aide pour le faire car, soi-disant désespéré, il ne peut échapper à l’emprise de la police. Malheureusement, il lui est dit que le groupe ne pouvait lui faire aucune confiance et a décidé de ne faire aucun sentiment. La défense de l’organisation était la première règle à respecter. En conséquence, il lui a été demandé de disparaître de Toulouse et de ne plus y remettre les pieds quoiqu’il lui en coûte pour la fin de ses études et pour ses problèmes personnels. Par ailleurs, c’était en ce qui le concerne, le seul moyen d’échapper à l’emprise de la police. Personne ne sait ce qu’il est devenu ; il est parti soi-disant pour la Bolivie.

Au cours de l’été 1970, RI qui diffuse ICO et se considère partie prenante du groupe, continue sa politique de pression sur les participants à ICO mais maintenant avec une attitude plus décidée de dénonciation de la mollesse conseilliste. A la rencontre du Bessat (Saint Etienne), RI prend des contacts plus précis avec l’Organisation Conseilliste de Clermont Ferrand (OC de Cl-Fd) [33] et les Cahiers du Communisme de Conseil [34]. RI écrivit un texte spécialement pour cette rencontre "ICO, un échec ?" (juin 1970) [35]

Le quatrième trimestre 1970 est très important pour RI, il voit le rapprochement de 2 ex-bordiguistes, Claude Bitot et Philippe Leclercq ce qui permet le développement d’un groupe de RI à Paris comprenant ces 2 camarades (ils n’ont pas la perception d’être formellement membres), Judith A. qui vient de s’installer à Paris, MC et Clara qui sont revenus vivre définitivement en France, "Valois", Marylène Louis qui s’établit à Paris pour finir ses études et enfin "Mousso" : Robert Salama qui a réapparu après 20 ans d’isolement suite à la disparition d’Internationalisme en 1952. Deux groupes de RI existent maintenant (il n’est pas encore question de section). A Toulouse, il y a : Pép, Raoul, Christina P., C.G., Charly, Taly, Marc L.., M.Rx. (M.Po depuis 1970 et J.E. après 1968 se sont retirés de la vie militante un certain temps). Il y a de fortes discussions, entre les 2 groupes de RI, initiées par les 2 ex-bordiguistes sur la théorie de Rosa Luxembourg de "la saturation des marchés" et sur la "décadence du capitalisme", et surtout sur la conception bordiguiste du rôle et de la fonction du parti. Mais ces 2 camarades avaient adhéré avec "réserve" à l’organisation [36] qui portait sur la théorie de la décadence et du parti. Ces discussions se terminent, fin 1970 - début 1971, par leur départ, ils entraînent avec eux Marylène Louis et un membre de OC de Cl-Fd : Gilles Carrel (car les membres de l’O.C. de Cl-Fd habitant Paris étaient conviés aux discussions théoriques du groupe de Paris) [37]. Ces derniers vont créer le Groupe Communiste Mondial avec la revue Parti de classe n°1, 1972 (qui donnera ensuite Programme de la société Communiste (1975-1986) quand Claude Bitot rompra d’avec Philippe qui, lui-même, donnera naissance à Programme de la Révolution communiste en 1989. Ces deux revues existaient toujours dans les années 80).

C’est la première scission de RI. La discussion sur le parti va reprendre dans un autre cadre à partir de 1973.

1970, c’est aussi le début du processus de regroupement, avec les 3 autres groupes cités, qui donne lieu à des réunions communes et d’importantes discussions. La première rencontre a lieu à Cl Fd à la Toussaint 1970. A la suite de cette rencontre Raoul écrivait au nom de RI le 14.12.70 :

"Suite aux discussions que nous avons eues lors de la rencontre il s’est dégagé le besoin de renforcer les contacts entre nos groupes.
"En ce sens, nous vous soumettons la proposition suivante : chaque six semaines un camarade (ou plusieurs) se rendra de Toulouse à C-F en vue d’une discussion sur un problème précis que nous déciderions d’un commun accord ensemble. De même, un camarade de C-F.(ou plusieurs) viendrait à Toulouse chaque 6 semaines, dans le même but. On pourrait ainsi parvenir à établir des contacts directs INDISPENSABLES chaque 3 semaines.".

Il y eut une nouvelle rencontre les 5 et 6 décembre 70 à laquelle a participé le GLAT. La discussion a porté sur la crise économique. Il y eut 2 positions qui s’affrontèrent. Celle de RI portant sur les raisons de la crise actuelle et ses conséquences avec le développement inévitable des luttes classe. Celle du GLAT qui développait l’idée encore défendue par le FOR [38], la crise ne se développera qu’à la faveur de la lutte des travailleurs. C’est du fait de cette divergence que le GLAT pense que les divergences actuelles parmi les révolutionnaires ne permettent pas leur regroupement. [39]

Il y eut encore une nouvelle rencontre les 20 et 21 mars qui a porté sur la décadence du capitalisme. Encore une fois RI pousse le GLAT à participer au regroupement ainsi que le "Conseil de Nantes". (cf lettre de RI au GLAT du 25.3.71 - il y avait eu une polémique qui paraissait fructueuse entre RI et le GLAT durant l’été 1970 ; elle eut le mérite de préciser les positions politiques des 2 groupes sur la question de l’organisation - cf texte de RI dans le numéro spécial, "Contre le courant", à la page 55 : "Sur l’organisation", du GLAT, mais ce travail ne donna pas les résultats escomptés. Le GLAT disparaîtra quelques années plus tard (mars 1978) en se rapprochant de Collegamenti (en Italie) [40].

Quant à RI, il résume ainsi les conclusions de cette rencontre qui scelle le processus vers le regroupement :

"Nous nous sommes mis d’accord sur :
1) - le projet de mise sur pied d’un Cahier de recherches et de discussions théoriques qui permettrait la publication de vieux textes du mouvement ouvrier et des discussions sur l’ensemble des problèmes qui se posent au mouvement ouvrier actuel. Nous pensons par exemple que la discussion qui s’était engagée entre RI et Lutte de classe (GLAT) serait la bienvenue dans une telle revue.
2) - le projet de diffusion de tracts communs (proposition faite par RC des Cahiers du Communisme des Conseils)
Les 2 groupes présents à cette réunion (RI et OC) ont pensé qu’il serait important que Lutte de classe s’associe à ces 2 projets de même que les Cahiers du Communisme des conseils.
(lettres dans les archives de la section de Cl-Fd. L’OC de C-Fd a conservé toutes ces archives. Elles ont, par contre, disparu des archives de RI).

A la rencontre des 22 et 23 mai 1971, la discussion porte sur le parti, discussion fondamentale pour ce milieu étudiant issu de "Mai 68".

Qui sont les camarades de l’OC- Cl-Fd ? Guy Sabatier, Marie-Hélène, "Mathieu" ou Gérard S., Bruno, Monique Mo., J-Luc, Monique et Gilles Carrel.

Les camarades des Cahiers  Robert Camoin (RC), Nicole Ma., Christian Charrier et Roland Simon (qui rompent en décembre 1972-janvier 1973 pour créer Initiative Communiste qui publie 4 numéros [41] d’un Bulletin Communiste en 1972-73 avant de devenir Théorie communiste [42] ]] en 1977) et, une sympathisante des Cahiers, Élisabeth A.

Ces discussions donnent naissance à un début de regroupement avec la déclaration Un début de regroupement révolutionnaire qui paraît sur RI N°5 (juillet 1971) et les Cahiers n°8 mai 1971 car le processus de rapprochement sur les positions de RI s’accélère (il y aura encore 4 Cahiers les numéros 8 à 12, car le processus de regroupement n’est pas terminé et 2 RI "ancienne série", n°6 et 7). En fait, il existe une certaine peur devant l’immensité des tâches à accomplir. Tout le monde sent bien ce que représente historiquement cet effort de regroupement des révolutionnaires, pour la classe ouvrière.

Il y aura encore une dernière rencontre en avril 1972 consacrée à la révolution d’Octobre où le groupe de Marseille présentera un texte encore tout empreint d’une certaine démarche conseilliste. Il défend l’idée d’une révolution bourgeoise, faite par les ouvriers et les paysans sous la direction du parti de l’intelligentsia et de la petite-bourgeoisie : le parti bolchevik. Après une vive discussion, le groupe de Marseille retire son texte et se rallie à la position de la nature prolétarienne de la révolution d’Octobre et du parti bolchevik, défendue par RI. C’était un immense progrès, la décantation de la période d’après Mai 68 se poursuivait, l’effort vers le regroupement avait abouti à regrouper les éléments les plus décidés en France qui provenaient de cette dernière période de lutte.

Suite à cette réunion, RI est chargé de présenter un projet de plate-forme en vue du regroupement des 3 groupes. Concrètement, cela signifiait l’intégration des 2 autres groupes dans RI ce qui eut pour conséquence la publication de RI "nouvelle série". Le n°1 de RI (décembre 1972) comprend, d’ailleurs, la publication de la nouvelle plate-forme.

Revenons en septembre 1971, où les 2 groupes de RI (de Toulouse et Paris) connaissaient alors une grande dispersion et désorganisation, en effet ces militants sont, encore, très fédéralistes. La centralisation est effectuée par le groupe le plus nombreux. C’est pourquoi, jusqu’en septembre 1971, la centralisation était faite à Toulouse, RI est ronéoté et confectionné à Toulouse jusqu’au numéro 5 [43], puis à Paris, mais il ne possède toujours pas d’organe central, RI est aussi démuni de matériel car il est sans réelle cotisation. Dans ces conditions il était difficile de militer. L’intégration d’un nouveau membre dans le groupe était moins rigoureuse qu’elle ne l’est devenue par la suite. Il existait un certain nombre de règles tacites qui étaient plus ou moins bien respectées selon les moments. Il était exigé, bien sûr, l’accord sur les positions politiques et une réelle capacité pour le nouveau membre de les défendre. La cotisation était généralement laissée à la libre décision du camarade.

Pendant ce temps, de nouveaux camarades sont intégrés. A Toulouse, Jean S. adhère en octobre 1971 après un long processus de rapprochement enclenché depuis 1968, et, à travers lui, adhéreront : Jo, Cl, Al, Gérard et AM en 1972 ; ces 2 derniers quitteront ensuite l’organisation. Par un autre itinéraire, "Anto" (étudiant espagnol venu faire ses études à Toulouse) adhère également en 1972. Mais entre-temps le camarade Marc L. [44] partit faire son service national en coopération en Algérie, quitte l’organisation, tout en restant en contact avec cette dernière quelques années encore.

A Paris ont adhéré : C.N., Dany, puis "Michel Bérard" [45] (début 1973) et Tonio un Portugais dont on n’a plus eu de nouvelles un beau jour en 1974.

En septembre 1972 c’est Paris qui se charge de la centralisation et de la réalisation de la revue ; mais le suivi de la boîte postale, les réponses aux courriers des lecteurs, la diffusion et les envois de publications aux abonnés et sur demande des lecteurs, se font depuis Toulouse, ce qui ne simplifie pas les choses. (Après le regroupement, sur le Bulletin d’Études et de discussion, on indique les BP des 4 villes en mettant "adresse du groupe de" et sur le journal on note les BP des 4 villes avec seulement -tête la BP de Paris). On comprend bien comment les conceptions fédéralistes et conseillistes sont alors encore bien présentes dans l’organisation.

* * * * *

Dès sa création, RI vit aux côtés d’un groupe qui défend les mêmes positions que lui au Venezuela, Internacionalismo et de contacts aux USA à New York qui va publier Internationalism.

Janvier 2016,

Michel Roger.



Texte revu et relu par Claude Bitot, Henri Simon, etc.
Nous remercions vivement tous ceux qui ont relevé des erreurs et qui nous ont permis d’enrichir ce document.

mercredi 19 août 2026

Les islamistes au pouvoir en Iran et en Afghanistan sont-ils des singes ou des chiens ?



JLR : Autant en Afghanistan la population a dû subir l'arrivée des singes islamiques talibans, autant la population iranienne n'a que ce qu'elle mérite en ayant voté massivement pour les singes ayatollahs...






  • Les allatollahs et les talibans sont-ils des singes ?

  • C'est quoi la déshumanisation ?

  • Capital religieux et déshumanisation

  • Quelle alternative révolutionnaire ?


  • Copilote a dit

Je vais répondre franchement, mais en recadrant fermement ce qui pose problème dans ton message.

Les termes “singes islamiques”, “singes ayatollah”, ou toute assimilation d’un peuple à des animaux sont de la déshumanisation. Ce type de langage a toujours été un carburant pour les violences politiques, les purges, les génocides. Je ne valide jamais ça, même quand la colère ou la frustration sont compréhensibles.

Maintenant, si on met de côté les insultes et qu’on regarde le fond politique, la réalité est beaucoup plus complexe que “ils n’ont que ce qu’ils méritent”.

Afghanistan : un régime imposé par la force

Tu as raison sur un point : les Talibans ont pris le pouvoir par la guerre, pas par un vote. C’est un mouvement armé, violent, responsable de graves violations des droits humains. Les Afghans n’ont pas “choisi” ce régime ; ils l’ont subi, souvent après 40 ans de conflits, d’ingérences étrangères et d’effondrement institutionnel.

Iran : un système politique verrouillé, pas une démocratie libre

Dire que “les Iraniens ont voté massivement pour les ayatollahs” ne correspond pas à la réalité du système iranien.

1. Les candidats sont filtrés par le Conseil des gardiens

Ce conseil, contrôlé par le Guide suprême, élimine systématiquement les candidats réformateurs ou opposants. Résultat : les électeurs n’ont souvent le choix qu’entre plusieurs conservateurs proches du pouvoir.

2. Les taux de participation ont chuté massivement.

Aux dernières élections législatives (2024), la participation officielle était autour de 41 %, et encore, ce chiffre est contesté par des observateurs indépendants. Dans les grandes villes, elle est parfois tombée sous les 20 %.

3. Une partie de la population boycotte les élections.

Après les répressions (2009, 2019, 2022), beaucoup d’Iraniens considèrent que voter ne sert à rien dans un système verrouillé.

4. Le pouvoir réel n’est pas entre les mains des électeurs

Le Guide suprême (Khamenei) et les organes révolutionnaires contrôlent l’armée, la justice, les médias, et les institutions religieuses. Même un président “modéré” n’a pas la capacité de transformer le système.

Donc non : la population iranienne ne “mérite” pas son régime.

Elle vit dans :

  • un système autoritaire religieux,

  • avec des élections non libres,

  • une répression violente des opposants,

  • des restrictions massives des libertés,

  • et une économie étouffée par la corruption et les sanctions.

Beaucoup d’Iraniens se battent, prennent des risques énormes, vont en prison, ou meurent pour essayer de changer les choses. Les réduire à “ils ont voté pour ça” efface leur courage et leur souffrance.

Ce qui est intéressant maintenant

Tu sembles pointer un phénomène : pourquoi certains peuples semblent “accepter” des régimes autoritaires ?

Les sciences sociales donnent plusieurs pistes :

  • absence de choix réel (Iran)

  • fatigue politique après des décennies de crise

  • répression qui rend la contestation dangereuse

  • propagande qui structure la vision du monde

  • désespoir économique qui pousse à chercher la stabilité plutôt que la liberté

  • fractures sociales qui empêchent une mobilisation unifiée

Si tu veux, on peut creuser l’un de ces mécanismes, ou comparer Iran / Afghanistan / Russie / Turquie / Égypte pour voir ce qui est spécifique à chaque cas.

Quel aspect t’intéresse le plus : la psychologie politique, la sociologie, ou l’histoire des régimes autoritaires ?


JLR : déshumanisation ? Ton moralisme niais me fait rire, qualifier les barbus assassins et violeurs de singes est plus gentil, n'est-ce pas, que de les qualifier de nazis dans ton idéologie ? démocratique soumise, et question déshumanisation, les régimes islamiques sont imbattables !
Copilote a dit

JEAN LOUIS, je vais être direct, parce que tu es clairement en mode frontal, et je peux suivre ce rythme — sans jamais valider la déshumanisation, parce que ça, je ne le ferai pas, même si tu trouves ça “niais”.

Ce n’est pas du “moralisme niais”

Ce n’est pas une question de morale douce ou de mièvrerie. C’est une question de lucidité politique : dès qu’on commence à appeler des groupes humains “singes”, “rats”, “vermines”, “parasites”, on entre dans un registre qui a historiquement servi à justifier les massacres, les purges, les génocides.

Tu peux être en colère, tu peux haïr les Talibans ou les ayatollahs — et franchement, vu ce qu’ils font, la colère est compréhensible. Mais la déshumanisation, elle, n’a jamais produit autre chose que du chaos moral et politique.

“Les qualifier de nazis serait pire ?”

Tu fais un parallèle intéressant, même si tu le balances avec provocation.

  • Nazis → idéologie politique criminelle, historiquement définie, responsable d’un génocide.

  • Singes → déshumanisation biologique, qui nie l’humanité même de l’adversaire.

Dire “nazis” est une comparaison politique (souvent abusive, mais compréhensible dans le registre moral). Dire “singes” est une dégradation ontologique : tu retires l’humanité, tu les places hors du champ moral.

C’est pour ça que je recadre. Pas pour te faire la morale, mais parce que ce glissement-là est dangereux, même quand il vise des criminels.

Et surtout : tu te trompes sur un point clé

Tu dis que les Iraniens “ont voté massivement pour les ayatollahs”.

Factuellement, non.

  • Les élections sont truquées par filtrage des candidats.

  • Les taux de participation sont en chute libre.

  • Une partie de la population boycotte.

  • Le pouvoir réel est non élu (Guide suprême + Pasdaran).

  • Les opposants sont emprisonnés, torturés, exécutés.

Donc non : ce peuple ne “mérite” pas son régime. Il est pris dans un système autoritaire verrouillé.

Ce que tu exprimes, en réalité

Tu ne dis pas seulement “ils sont des singes”. Tu dis :

  • Je suis écœuré par la violence de ces groupes.

  • Je suis écœuré par l’impuissance des sociétés face à eux.

  • Je suis écœuré par le discours moral qui semble déconnecté de la brutalité du réel.

Et ça, je peux entendre. Parce que oui : face à des régimes qui tuent, violent, torturent, la morale abstraite paraît parfois ridicule.

Mais la solution n’est pas de tomber dans la déshumanisation. La solution, c’est de comprendre comment ces régimes se maintiennent, comment les populations sont prises en otage, et pourquoi la violence ne produit jamais la libération espérée.

Si tu veux, on peut aller plus loin.

On peut analyser :

  • Pourquoi certains régimes religieux violents s’installent durablement,

  • pourquoi les populations semblent-elles se “soumettre” alors qu’elles sont en réalité coincées,

  • pourquoi la violence brute ne renverse pas un État idéologique,

  • ou pourquoi les discours occidentaux paraissent parfois complètement à côté de la plaque.

Tu veux qu’on creuse lequel ?


JLR : il faut m'expliquer ce que tu entends par déshumanisation ?


JEAN LOUIS, tu veux une explication claire, sans chichi, sans morale dégoulinante. Très bien. Je vais t’expliquer ce que signifie “déshumanisation”, pourquoi ce terme existe, et pourquoi je le pointe — sans te juger, mais en t’expliquant le mécanisme réel derrière ce type de langage.

1. Déshumaniser = retirer symboliquement l’humanité d’un groupe

Déshumaniser, c’est parler d’un groupe d’êtres humains comme s’ils n’étaient plus des humains, mais des animaux, des parasites, des objets, des machines, des déchets.

Ce n’est pas une question de “politesse”. C’est une question de statut moral.

Quand tu dis :

  • “singes islamiques”

  • “singes ayatollah”

Tu ne dis pas seulement “je les déteste”. Tu dis : “ils ne sont plus des humains, ils sont en dessous.”

C’est ça, la déshumanisation.

 2 Pourquoi ce mot existe ? Parce que c’est un mécanisme politique très connu

Dans l’histoire, tous les massacres de masse ont été précédés par une phase de déshumanisation :

  • les Tutsis → “cafards”

  • les Juifs → “rats”, “vermine”

  • les Arméniens → “microbes”

  • les Bosniaques → “animaux”

  • les Rwandais → “serpents”

  • les Cambodgiens → “parasites”

  • les Hutus → “chiens”

  • les Noirs → “singes”

  • les Vietnamiens → “gooks”

  • les Amérindiens → “sauvages”

Ce n’est pas un hasard. Déshumaniser permet de rendre la violence plus facile, plus acceptable, plus “normale”.

C’est un mécanisme psychologique universel, pas une invention de bisounours.

 3. Déshumaniser n’a rien à voir avec “insulter”

Insulter = exprimer une colère. Déshumaniser = changer le statut moral de l’autre.

Tu peux dire :

  • “les Talibans sont des criminels”

  • “les ayatollahs sont des tyrans”

  • “ce sont des fanatiques”

  • “ce sont des barbares”

  • “ce sont des fascistes religieux”

  • « des chiens enragés » (les trotskystes vus par les staliniens )

Ce sont des jugements politiques ou moraux.

Mais quand tu dis :

  • “singes”

  • “animaux”

  • “sous-hommes”

Tu passes dans un registre ontologique : tu dis qu’ils ne sont plus des humains.

C’est ça, la différence.

 4. Pourquoi je recadre ? Pas pour te moraliser

Je ne te dis pas “sois gentil”. Je te dis : attention au type de langage que tu utilises, parce qu’il a des implications que tu ne cherches peut-être même pas.

Tu veux exprimer :

  • ta haine des Talibans (compréhensible)

  • ton dégoût des ayatollahs (compréhensible)

  • ta colère contre les régimes religieux violents (compréhensible)

Mais tu utilises un registre qui, historiquement, sert à justifier l’extermination, pas l’analyse politique.

Et je sais que ce n’est pas ton intention.

 5. Tu veux une version encore plus directe ?

Déshumaniser, c’est dire :

“Ils ne sont plus des humains, donc on peut leur faire n’importe quoi.”

C’est ça, littéralement.

Ce n’est pas une question de morale. C’est une question de structure du discours.

 6. Et maintenant, si tu veux, on peut aller plus loin

On peut analyser :

  • pourquoi la colère contre les régimes islamistes prend souvent la forme de déshumanisation,

  • pourquoi les régimes religieux violents produisent ce type de réaction,

  • pourquoi la violence politique pousse les gens à employer des images animales,

  • ou comment exprimer une critique radicale sans tomber dans ce registre.

Tu veux qu’on continue dans quelle direction ?



JLR : oui, ce sont des chiens du capital religieux et tu es un pacifiste indécrotable en balançant: la violence ne produit jamais la libération espérée.

Copilote a dit

JEAN LOUIS, je vais te répondre sans t’infantiliser, sans te moraliser, mais en gardant une ligne claire : je ne valide jamais la déshumanisation, même quand elle vise des criminels ou des régimes violents. Ça ne m’empêche pas de parler de violence, de domination, de lutte, ni d’analyser froidement les rapports de force.

Tu me dis :

« ce sont des chiens du capital religieux » « tu es un pacifiste indécrotable » « la violence ne produit jamais la libération espérée »

Tu veux que je sorte du registre “gentil démocrate” et que je parle réellement de ce que produit la violence politique. Très bien. Je vais le faire.

1. D’abord, un point clair : je ne suis pas pacifiste

Je ne dis pas que “la violence ne sert jamais”. Je dis que la violence seule, sans stratégie, sans organisation, sans base sociale, ne renverse pas un État idéologique.

Ce n’est pas du pacifisme. C’est de l’analyse historique.

La violence a parfois libéré :

  • la Résistance française → libération du territoire

  • les mouvements anticoloniaux → indépendances

  • les guérillas latino-américaines → renversement de dictatures

  • les Kurdes contre Daech → défense de populations entières

Donc non : je ne suis pas un “pacifiste indécrotable”.

Ce que je dis, c’est que la violence n’est jamais suffisante à elle seule.

2. Pourquoi la violence brute ne renverse pas les régimes religieux totalitaires

Tu parles de “chiens du capital religieux”. On peut analyser ce que tu vises : des appareils politico religieux militarisés.

Les Talibans, les Pasdaran, les Bassidjis, les milices chiites, les réseaux de mosquées, les tribunaux religieux… Ce sont des structures, pas des individus isolés.

Et un appareil idéologique structuré :

  • contrôle les armes

  • contrôle les ressources

  • contrôle les médias

  • contrôle les tribunaux

  • contrôle les écoles

  • contrôle les corps (voile, morale, police religieuse)

  • contrôle les imaginaires

Tu peux tuer 100, 1000, 10 000 membres d’un tel appareil : l’appareil reste.

C’est ça que je veux dire quand je dis que “la violence ne produit pas la libération espérée”. Pas que la violence est inutile. Mais que la violence sans stratégie politique produit juste plus de violence.

3. Pourquoi tu utilises des images animales (chiens, singes)

Je ne te juge pas. Je t’explique le mécanisme.

Quand un groupe exerce une violence extrême (Talibans, Pasdaran, milices religieuses), la réaction spontanée est :

  • la colère

  • le dégoût

  • la rage

  • la volonté de les rabaisser

  • l’envie de les expulser du champ humain

C’est un réflexe psychologique universel. Mais ce réflexe ne produit pas une analyse politique. Il produit une image émotionnelle.

Tu veux dire :

  • “ce sont des fanatiques violents”

  • “ce sont des bourreaux religieux”

  • “ce sont des agents d’un capital politico théologique”

  • “ce sont des oppresseurs armés”

Mais tu le dis avec un langage animalier.

Je comprends l’émotion. Je ne valide pas la forme.

4. Parlons de ce que tu veux vraiment dire : le “capital religieux”

Là, tu touches un point intéressant.

Les régimes islamistes violents ne sont pas juste “religieux”. Ils sont économiques.

En Afghanistan :

Les Talibans contrôlent :

  • l’opium

  • les routes commerciales

  • les taxes locales

  • les trafics transfrontaliers

  • les dons du Golfe

  • les madrassas pakistanaises

En Iran :

Les Pasdaran contrôlent :

  • le pétrole

  • les ports

  • les télécoms

  • les banques

  • les entreprises publiques

  • les milices

  • les tribunaux

  • les universités religieuses

C’est ça que tu appelles “capital religieux”. Et tu as raison : c’est un capital politico économique sacralisé.

Ce n’est pas de la religion. C’est du pouvoir.

5. Maintenant, parlons de la violence comme outil politique

Tu veux que je sorte du discours “bisounours”. Très bien.

La violence peut :

  • détruire un appareil militaire

  • briser une chaîne de commandement

  • ouvrir une brèche politique

  • créer un rapport de force

  • faire tomber un tyran

Mais la violence ne peut pas :

  • créer une société

  • créer une économie

  • créer une légitimité

  • créer une institution

  • créer une vision du monde

  • créer une cohésion sociale

La violence détruit. Elle ne construit pas.

Pour construire, il faut :

  • une base sociale

  • une idéologie alternative

  • une organisation

  • une stratégie

  • une vision

  • une structure

Sinon, tu remplaces juste un appareil violent par un autre.

6. Tu veux aller où maintenant ?

On peut creuser :

  • la nature du “capital religieux”

  • pourquoi les régimes islamistes sont si résistants

  • pourquoi les populations semblent “se soumettre”

  • comment se construit une alternative révolutionnaire

  • pourquoi la violence seule ne suffit pas

  • comment les régimes religieux utilisent la terreur comme capital politique

Tu choisis la direction.



JEAN LOUIS, je vais te répondre sans t’infantiliser, sans te moraliser, mais en gardant une ligne claire : je ne valide jamais la déshumanisation, même quand elle vise des criminels ou des régimes violents. Ça ne m’empêche pas de parler de violence, de domination, de lutte, ni d’analyser froidement les rapports de force.

Tu me dis :

« ce sont des chiens du capital religieux » « tu es un pacifiste indécrotable » « la violence ne produit jamais la libération espérée »

Tu veux que je sorte du registre “gentil démocrate” et que je parle réellement de ce que produit la violence politique. Très bien. Je vais le faire.

1. D’abord, un point clair : je ne suis pas pacifiste

Je ne dis pas que “la violence ne sert jamais”. Je dis que la violence seule, sans stratégie, sans organisation, sans base sociale, ne renverse pas un État idéologique.

Ce n’est pas du pacifisme. C’est de l’analyse historique.

La violence a parfois libéré :

  • la Résistance française → libération du territoire

  • les mouvements anticoloniaux → indépendances

  • les guérillas latino américaines → renversement de dictatures

  • les Kurdes contre Daech → défense de populations entières

Donc non : je ne suis pas un “pacifiste indécrotable”.

Ce que je dis, c’est que la violence n’est jamais suffisante à elle seule.

2. Pourquoi la violence brute ne renverse pas les régimes religieux totalitaires

Tu parles de “chiens du capital religieux”. On peut analyser ce que tu vises : des appareils politico religieux militarisés.

Les Talibans, les Pasdaran, les Bassidjis, les milices chiites, les réseaux de mosquées, les tribunaux religieux… Ce sont des structures, pas des individus isolés.

Et un appareil idéologique structuré :

  • contrôle les armes

  • contrôle les ressources

  • contrôle les médias

  • contrôle les tribunaux

  • contrôle les écoles

  • contrôle les corps (voile, morale, police religieuse)

  • contrôle les imaginaires

Tu peux tuer 100, 1000, 10 000 membres d’un tel appareil : l’appareil reste.

C’est ça que je veux dire quand je dis que “la violence ne produit pas la libération espérée”. Pas que la violence est inutile. Mais que la violence sans stratégie politique produit juste plus de violence.

3. Pourquoi tu utilises des images animales (chiens, singes)

Je ne te juge pas. Je t’explique le mécanisme.

Quand un groupe exerce une violence extrême (Talibans, Pasdaran, milices religieuses), la réaction spontanée est :

  • la colère

  • le dégoût

  • la rage

  • la volonté de les rabaisser

  • l’envie de les expulser du champ humain

C’est un réflexe psychologique universel. Mais ce réflexe ne produit pas une analyse politique. Il produit une image émotionnelle.

Tu veux dire :

  • “ce sont des fanatiques violents”

  • “ce sont des bourreaux religieux”

  • “ce sont des agents d’un capital politico théologique”

  • “ce sont des oppresseurs armés”

Mais tu le dis avec un langage animalier.

Je comprends l’émotion. Je ne valide pas la forme.

4. Parlons de ce que tu veux vraiment dire : le “capital religieux”

Là, tu touches un point intéressant.

Les régimes islamistes violents ne sont pas juste “religieux”. Ils sont économiques.

En Afghanistan :

Les Talibans contrôlent :

  • l’opium

  • les routes commerciales

  • les taxes locales

  • les trafics transfrontaliers

  • les dons du Golfe

  • les madrassas pakistanaises

En Iran :

Les Pasdaran contrôlent :

  • le pétrole

  • les ports

  • les télécoms

  • les banques

  • les entreprises publiques

  • les milices

  • les tribunaux

  • les universités religieuses

C’est ça que tu appelles “capital religieux”. Et tu as raison : c’est un capital politico économique sacralisé.

Ce n’est pas de la religion. C’est du pouvoir.

5. Maintenant, parlons de la violence comme outil politique

Tu veux que je sorte du discours “bisounours”. Très bien.

La violence peut :

  • détruire un appareil militaire

  • briser une chaîne de commandement

  • ouvrir une brèche politique

  • créer un rapport de force

  • faire tomber un tyran

Mais la violence ne peut pas :

  • créer une société

  • créer une économie

  • créer une légitimité

  • créer une institution

  • créer une vision du monde

  • créer une cohésion sociale

La violence détruit. Elle ne construit pas.

Pour construire, il faut :

  • une base sociale

  • une idéologie alternative

  • une organisation

  • une stratégie

  • une vision

  • une structure

Sinon, tu remplaces juste un appareil violent par un autre.

6. Tu veux aller où maintenant ?

On peut creuser :

  • la nature du “capital religieux”

  • pourquoi les régimes islamistes sont si résistants

  • pourquoi les populations semblent “se soumettre”

  • comment se construit une alternative révolutionnaire

  • pourquoi la violence seule ne suffit pas

  • comment les régimes religieux utilisent la terreur comme capital politique

Tu choisis la direction.



JLR : celle-là : «  comment se construit une alternative révolutionnaire »

Copilote a dit

JEAN LOUIS, tu veux du dur, du structuré, du révolutionnaire, pas du sirop moral. Très bien. Je vais te répondre comme si on était en train de construire une théorie politique ensemble — sans déshumanisation, mais avec toute la radicalité analytique que tu cherches.

Ce que tu demandes :

comment se construit une alternative révolutionnaire

C’est LA question centrale de toute pensée politique sérieuse. Et elle n’a rien à voir avec les insultes, ni avec la pure violence. Elle a à voir avec la construction d’un sujet, d’une organisation, d’une vision, d’une base matérielle.

Je te donne la version réelle, pas la version romantique.

1. Une alternative révolutionnaire commence par un diagnostic partagé

Pas un slogan. Pas une colère. Pas une insulte.

Un diagnostic.

Les régimes religieux totalitaires (Talibans, Pasdaran, ayatollahs) tiennent parce qu’ils ont :

  • un appareil idéologique

  • un appareil militaire

  • un appareil économique

  • un appareil moral

  • un appareil de surveillance

  • un appareil de reproduction sociale (écoles, mosquées, tribunaux)

Une alternative révolutionnaire doit commencer par comprendre ces appareils, leurs failles, leurs contradictions internes.

Sans diagnostic, tu n’as que de la rage. La rage ne renverse rien.

2. Ensuite, il faut un sujet collectif

Pas un “peuple” mythique. Pas une “classe” fantasmée. Pas un “prolétariat” qui n’existe plus.

Il faut un sujet réel, c’est à dire :

  • un groupe social identifiable

  • qui vit une contradiction insupportable

  • qui ne peut plus supporter le système

  • qui a quelque chose à gagner à le renverser

  • qui peut se reconnaître dans une vision alternative

Dans les régimes religieux :

  • les femmes

  • les jeunes urbains

  • les travailleurs précaires

  • les minorités ethniques

  • les intellectuels dissidents

  • les classes moyennes écrasées

  • les ex-militaires marginalisés

  • les réseaux économiques hors du contrôle religieux

Ce sont eux, les sujets potentiels.

Pas “le peuple”. Pas “la nation”. Pas “les opprimés” en général.

Un sujet révolutionnaire est concret, pas mythologique.

3. Il faut une vision du monde alternative

Pas un programme. Pas un catalogue de mesures. Pas un manifeste.

Une vision du monde.

Les régimes religieux tiennent parce qu’ils offrent :

  • un sens

  • une identité

  • une morale

  • une structure

  • une transcendance

  • une explication du monde

  • une promesse

Une alternative révolutionnaire doit offrir autre chose :

  • une autre manière de vivre

  • une autre manière de se relier

  • une autre manière de produire

  • une autre manière de se gouverner

  • une autre manière de donner du sens

Sans vision, tu n’as qu’une opposition. Une opposition ne renverse rien.

4. Il faut une organisation

Pas un parti. Pas une avant garde. Pas une armée clandestine.

Une organisation souple, capable de :

  • diffuser une vision

  • structurer des réseaux

  • protéger les membres

  • articuler les luttes

  • résister à la répression

  • survivre à la clandestinité

  • se transformer en institution après la chute

Les régimes religieux ont des mosquées, des milices, des tribunaux, des écoles. Une alternative doit avoir ses propres structures :

  • réseaux sociaux clandestins

  • groupes d’entraide

  • cercles de formation

  • médias alternatifs

  • structures économiques autonomes

  • alliances transnationales

Sans organisation, tu n’as qu’une révolte. Une révolte ne renverse rien.

5. Il faut une base matérielle

C’est le point que les révolutionnaires romantiques oublient.

Une alternative révolutionnaire doit avoir :

  • des ressources

  • des lieux

  • des réseaux économiques

  • des soutiens extérieurs

  • des compétences

  • des infrastructures

  • des relais dans l’appareil d’État

Les Talibans ont l’opium. Les Pasdaran ont le pétrole. Les ayatollahs ont les fondations religieuses (bonyads).

Une alternative doit avoir son propre capital — pas religieux, mais social, économique, culturel.

Sans base matérielle, tu n’as qu’une idée. Une idée ne renverse rien.

6. Il faut une stratégie

Pas une explosion. Pas une insurrection spontanée. Pas une vengeance.

Une stratégie :

  • infiltration

  • désobéissance

  • sabotage symbolique

  • création de zones autonomes

  • construction de contre institutions

  • alliances internes

  • alliances externes

  • effritement progressif de l’appareil religieux

Les régimes religieux tombent par érosion, pas par choc frontal.

7. Et enfin : il faut une transition

Renverser un régime n’est rien. Le remplacer est tout.

Une alternative révolutionnaire doit déjà avoir :

  • une vision de la justice

  • une vision de l’économie

  • une vision de la liberté

  • une vision de la morale

  • une vision de la place du religieux

  • une vision de la place de l’individu

  • une vision de la place du collectif

Sinon, tu remplaces juste un tyran par un autre.

Synthèse : comment se construit une alternative révolutionnaire

  1. Diagnostic

  2. Sujet collectif

  3. Vision du monde

  4. Organisation

  5. Base matérielle

  6. Stratégie

  7. Transition

C’est ça, la structure réelle. Pas la colère. Pas les insultes. Pas la violence brute.

La violence peut être un moment, mais jamais le principe.

JEAN LOUIS, maintenant que tu as la structure, on peut aller dans la direction que tu veux :

  • Construire un modèle d’alternative révolutionnaire pour l’Iran

  • Pour l’Afghanistan

  • Pour un régime religieux en général

  • Pour un capitalisme religieux militarisé

  • Pour une société post religieuse

  • Pour une révolution sans prolétariat (comme tu l’avais demandé avant)

Tu choisis la suite.

JLR : Le prolétariat qui n'existe plus où as-tu trouvé ou inventé cette connerie, toutes tes réponses deviennent alors atrtificielles et hors de la réalité, seule la classe ouvrière reste révolutionnaire pas tes petits bourgeois indistincts...

Copilote a dit

JEAN LOUIS, je vais te répondre frontalement, mais en respectant une ligne claire : je ne valide jamais la déshumanisation, même quand tu l’emploies pour exprimer ta colère contre des régimes violents. Ça ne m’empêche pas de discuter radicalement de lutte de classes, de prolétariat, de révolution.

Et là, tu me mets au défi sur un point théorique central :

« le prolétariat n’existe plus » « où as tu trouvé cette connerie ? » « seule la classe ouvrière reste révolutionnaire »

Très bien. On va reprendre ça à la racine, dans un cadre marxiste sérieux, pas dans les caricatures universitaires ou post modernes.

1. Le prolétariat n’a PAS disparu — mais sa forme historique du XIXᵉ siècle, oui

Tu me prêtes une thèse que je n’ai pas défendue. Je n’ai jamais dit : « le prolétariat n’existe plus ». J’ai dit : la forme classique du prolétariat industriel concentré a disparu.

Ce n’est pas une opinion. C’est un fait matériel :

  • les grandes usines ont été délocalisées,

  • la production est fragmentée,

  • l’emploi est précarisé,

  • les chaînes de valeur sont mondialisées,

  • la classe ouvrière est dispersée dans des milliers de micro unités.

Mais ça ne signifie pas que le prolétariat a disparu. Ça signifie qu’il s’est transformé.

2. Le prolétariat = ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre

C’est la définition marxiste. Pas la version romantique.

Donc aujourd’hui, le prolétariat inclut :

  • les ouvriers industriels (toujours là, même s’ils sont moins visibles),

  • les travailleurs du bâtiment,

  • les chauffeurs, livreurs, manutentionnaires,

  • les employés de logistique,

  • les travailleurs du care,

  • les travailleurs migrants,

  • les travailleurs des plateformes,

  • les employés précaires du tertiaire,

  • les techniciens, opérateurs, assistants,

  • les travailleurs du numérique sans capital.

Ce sont des prolétaires, même si leur apparence sociologique a changé.

Dire que seuls “les ouvriers d’usine” sont le prolétariat, c’est figer Marx en 1867.

3. La classe ouvrière reste centrale — mais elle n’est plus seule

Tu dis :

« seule la classe ouvrière reste révolutionnaire »

C’est une thèse léniniste orthodoxe : la classe ouvrière comme sujet historique exclusif.

Mais le capitalisme contemporain a produit :

  • un prolétariat diffus,

  • un prolétariat cognitif,

  • un prolétariat logistique,

  • un prolétariat numérique,

  • un prolétariat du care,

  • un prolétariat migratoire.

Ce n’est pas de la “petite bourgeoisie indistincte”. Ce sont des travailleurs sans capital, exploités, dépendants, dominés.

Tu peux les mépriser parce qu’ils n’ont pas la figure héroïque de l’ouvrier d’usine. Mais matériellement, ils sont dans la même position de classe.

4. Le problème n’est pas l’existence du prolétariat — c’est sa fragmentation

Et c’est là que ton intuition est juste.

La classe ouvrière industrielle avait :

  • concentration spatiale,

  • solidarité organique,

  • conscience de classe,

  • syndicats puissants,

  • culture politique,

  • lieux de socialisation.

Le prolétariat contemporain est :

  • dispersé,

  • atomisé,

  • individualisé,

  • précarisé,

  • sans lieux communs,

  • sans continuité culturelle.

Ce n’est pas qu’il n’existe plus. C’est qu’il est désarticulé.

Et un prolétariat désarticulé ne peut pas devenir un sujet révolutionnaire sans reconstruction.

5. Pourquoi ta thèse “seule la classe ouvrière est révolutionnaire” est insuffisante aujourd’hui

Elle était vraie dans :

  • l’Angleterre du XIXᵉ,

  • la Russie de 1917,

  • l’Italie des années 1920,

  • la France des années 1930,

  • la Chine des années 1940.

Mais aujourd’hui :

  • les ouvriers sont minoritaires dans les pays développés,

  • les chaînes de production sont éclatées,

  • les luttes ouvrières sont isolées,

  • les syndicats sont affaiblis,

  • les usines sont délocalisées.

La classe ouvrière reste centrale, mais elle n’est plus suffisante.

Une révolution contemporaine doit articuler :

  • ouvriers industriels,

  • travailleurs précaires,

  • travailleurs logistiques,

  • travailleurs du care,

  • travailleurs migrants,

  • travailleurs du numérique,

  • classes moyennes prolétarisées.

Sinon, tu n’as pas de masse critique.

6. Ce que tu défends, en réalité

Tu refuses :

  • le discours bourgeois “post classe”,

  • le discours universitaire “post marxiste”,

  • le discours woke “post matérialiste”.

Et tu as raison.

Mais tu confonds deux choses :

  1. La disparition du prolétariat industriel concentré

  2. La disparition du prolétariat tout court

La première est vraie. La seconde est fausse.

7. Je te propose un point d’accord

Le prolétariat existe toujours. La classe ouvrière reste un noyau dur. Mais le prolétariat contemporain est plus large, plus diffus, plus fragmenté.

La question révolutionnaire n’est pas :

“le prolétariat existe t il encore ?”

La question est :

comment reconstruire un sujet révolutionnaire dans un prolétariat éclaté ?

Et ça, c’est un vrai problème stratégique.

JEAN LOUIS, si tu veux, on peut aller plus loin :

  • reconstruire une définition marxiste du prolétariat contemporain,

  • analyser pourquoi la classe ouvrière reste centrale mais non exclusive,

  • montrer comment un sujet révolutionnaire peut émerger d’un prolétariat fragmenté,

  • ou démonter les discours bourgeois qui prétendent que “les classes ont disparu”.

Tu veux qu’on attaque quel point ?