De l'utilisation des vandales
Suivi de l'interview de deux lycéens
"Le lumpenprolétariat, cette lie d'individus dévoyés de toutes les classes, qui établit son quartier général dans les grandes villes, est de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est absolument vénale et importune. "Tout chef ouvrier qui emploie ces vagabonds comme gardes du corps, ou qui s'appuie sur eux, prouve déjà par là qu'il est un traître au mouvement". Engels
Les dégâts des émeutes de samedi partout en France sont en effet, considérables et inimaginables même en mai 68: commerces saccagés, pillages, destructions de bâtiments publics comme la mairie de Limoges, probablement accomplie par des black blocs dotés d'une certaine culture politique puisqu'il a été tagué "comme pendant la Commune de Paris", piètre référence; or cela a été une des principales conneries des communards que d'avoir cramé l'hôtel de ville qui contenait des archives de plusieurs siècles. Comme je l'avais annoncé dans mon dernier article, ce fut bien un foutoir, en pire.
Nos lycéens ? De pauvres vandales ? Nouveaux luddites : la négociation par l'émeute? Guerre hybride de Poutine? Qui a allumé la mèche? Poser la question est déjà y répondre de notre part à nous tous les milliers. Hein, qui avait vraiment intérêt à un tel désordre ? Est-ce Mélenchon qui préparerait la bordélisation du pays? Laissons répondre Mélenchon qui dit vrai tout en restant dans la généralité: "Le désordre est organisé par le préfet qui interdit l’accès à la place de la République en gazant sans relâche." Le Premier ministre a oublié le terme "organisé", pour botter en touche : "Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités", "On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est VOTRE responsabilité politique ».
C'est pourtant tout faux. La complaisance du gourou Mélenchon aux jeunes indifférenciés des lumpen est à la fois infantile et inopérante puisque la plus grande partie de la jeunesse n'est pas en âge de voter. On ne peut lui contester d'avoir dit une partie de la vérité: "le gouvernement a joué avec le feu (sic) en comptant sur le pourrissement de la situation. Jouant tout de même au Mélenchon bon prince: "je vous appelle au calme". Il exècre le terme chaos et lui préfère pourrissement, qui signifie qu'on laisse s'enliser une situation (plus culpabilisateur pour dénoncer un gouvernement) alors que le chaos, c'est le vide et qu'il n'y a plus d'issue. Mais c'est bien plutôt de décomposition du système capitaliste, et pas le pourrissement imaginé par Mélenchon qui veut faire croire qu'on peut le réformer en rasant gratis et en fusillant les riches.
Comme cet autre toxique de Trump, il dit une chose et son contraire le lendemain; à chaque émeute avec pillage, c'est la faute du gouvernement, la violence, ce sont toujours les policiers en ignorant ce qu'ils prennent sur la gueule, ce qui excuse les pilleurs ; donc c'est un soutien. Il a le toupet, sans rougir, de répondre à la journaliste qui l'interroge qu'il ne sait pas ce que c'est les mortiers et que ce n'est pas son problème, avec ce langage d'un gamin de dix ans. Par après, le lendemain, il assure professer la non-violence.
Et, en vérité, lui-même, même en prenant son air patelin, il est dépassé par des événements inédits, plus violents partout en une seule journée qu'en un mois en 1968, et qui n'étaient pas prévisibles à ce point même pour lui, menteur rondouillard. Ajoutons ce curieux aveu de faiblesse: " Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraires à nos méthodes. » Le "sans signification politique" vaut son pesant de cacahuètes. Il dit qu'il faut refuser d'y participer mais de fait il y participe en ne les dénonçant pas comme étrangères à la lutte de la classe ouvrière.
Quand un évènement lui échappe et met en cause sa prétention à contrôler la "radicalité", il sort "sans signification politique", quand les deux mamelles de son argumentaire en général sont, elles, vraiment de nature infra-politique: antiracisme et islamophobie, accompagnées du simplet "c'est toujours la faute aux autres", en l'occurrence le gouvernement qu'il voudrait bien relayer l'an prochain.. Il faut noter que Mélenchon correspond à ce que dit Engels du lumpenprolétariat1; il ne cache pas son empathie pour le lumpen, en particulier islamiste des banlieues; sachez aussi que dans les milieux bobos parisiens le mot racaille est interdit de séjour. Engels qualifiait le lumpen de décomposition du féodalisme, vieux constat qui pourrait se traduire aujourd'hui comme suit: wallah le lumpen, c'est la décomposition de l'islamisme.
Mélenchon est encore plus drôle lorsqu'il donne des leçons de compétence au gouvernement. C'est une technique. Il ne nous dit pas laquelle. Donner des bonbons aux émeutiers? Payer tout le monde 4000 euros par mois ? En organisant (comment ?) ce nunuche "maintien de la tranquillité" ? Pourtant surpris de ces actions "sans signification politique", il a le culot de faire croire que lui, devin insoumis, aurait anticipé. Mais anticipé quoi? À gouverner, ce dont il est incapable avec ses fadaises, tant il est creux avec ce genre de blague pour simplet: "nous avons besoin d'une issue positive". Ou encore en reprenant la mendicité lycéenne: "dix milliards", on va pas se disputer pour des bouts de chandelle quand on en est à 3500 milliards de dette! Aux commerçants spoliés, il suffit de leur faire un chèque, on va pas pinailler pour des bouts de chandelle !2
De même cela ne lui coûte pas cher de mentir : "nous ne dirigeons pas le mouvement lycéen, c'est lui-même qui décide avec ses syndicats". On ne sait pourtant pas qui décide quoi. Ce qu'on sait, c'est qu'il place ses petits boyards (petits chefs militaires) et ses enturbannés tricolores devant les manifestants. Les arguments sympas donnés à ses petits boyards sont l'insulte: oui, on peut traiter les flics de bâtards (ACABEUH), c'est de bonne guerre, le premier ministre est un pauvre type et un gugusse. Toujours cette capacité mélenchonesque à empêcher toute réflexion politique en sponsorisant l'attaque des personnes avec des promesses invraisemblables. Il évite d'aborder la nature des pillages qui n'ont rien à voir avec la misère.
Vantard et menteur, il excelle dans l'esbroufe, déformant et tordant à l'envers faits et drames, et surtout, ce pourquoi il est réactionnaire: il pose au meilleur défenseur de la "démocratie" bourgeoise. Le fait révolutionnaire, insoumis par excellence, c'est de voter ! C'est lui enfin le principal démagogue de la jeunesse et du jeune lumpenprolétariat. C'est lui, le gourou révélé des ânes de LFI, qui accompagne et soutient ce dit pourrissement que le gouvernement a laissé se développer. LE MONDE décrit bien ce qui n'a rien à voir avec la pauvre théorie du pourrissement façon Mélenchon, un mode de décomposition, anti-parti à la LFI et nihiliste: "Les objectifs des petits rassemblements autonomes qui se forment dès la matinée ? Avancer vers l’Élysée, la place de la Concorde, ou Opéra, aussi loin que possible. Il n’y a pas de cortège, pas de chef, pas de but véritablement défini, juste des individus en mouvement, aux pieds légers. « Grève, blocage, manif sauvage ! », clame-t-on derrière les masques en galopant vers l’avenue de l’Opéra".
Malgré les discours fades de la mère Le Pen et d'un président en fin de règne sans solution, l'État peut se reposer pour l'instant sur une opinion publique tétanisée et une colère lycéenne dispersée et dubitative. Combien de temps ? Outre une dénonciation médiatique hystérique, disproportionnée et confuse sur les causes, de destructions très disproportionnées, et d'émeutes très mal contrôlées, en effet, le bordel de samedi permet à l'État de poser au chevalier blanc, même s'il reste soupçonné d'avoir accumulé les braises. On se rappelle, ma génération, du "pompier volant", Red Adair, américain devenu célèbre par l'utilisation de sa méthode pour stopper les incendies et les fuites géantes de pétrole ou de gaz, en posant un explosif à la source. Hélas, les grenades de désencerclement et de lacrymogène n'y suffiront pas.
Osons trois leçons pour un bouleversement qui n'en est qu'à son début:
Première leçon, au-delà de l'émeute – même si des manipulations de l'ombre sont toujours possibles (le comique Vance taxe notre immigration) –, c'est une confirmation de la perte de contrôle politique du terrain social, car l'émeute, même vilaine, manipulée ou pas,, exprime l'état de déliquescence de la société capitaliste actuelle. Pour preuve, radico Mélenchon et radiquette Sandrine Rousseau n'ont pu cacher leur désarroi3. La gauche spectatrice n'a pas d'explication satisfaisante sauf: tout est de la faute de la police (dont elle se servirait autant si elle était au pouvoir).
Deuxième leçon, pour ma part, liquider politiquement Mélenchon à son tour après avoir ciblé Bardella (mais c'est pas gagné). Mélenchon lui-même donne tous les jours un bâton pour se faire battre. Il vient de déclarer qu'il va mettre au pas l'administration et "la nettoyer", discours qui fait radical pour de jeunes idiots suivistes mais de nature à terroriser les vieux électeurs qui, en plus, avec les déclarations policières de toutes les cliques de droite qui étalent un affolement calculé, choisiront celles-ci en cas de panne du RN. Son arrogance pateline et vantarde de ce soir n'entamera pas la certitude des aveugles qui l'adulent, mais il en sera pour ses frais, les industriels et grands bourgeois ne cesseront pas de le considérer comme un petit bourgeois plein de plumes.
Troisième leçon, qui est liée à la perte de contrôle politique étatique et de l'encadrement de la classe ouvrière, une violence urbaine, pourtant ancienne avec des comportements antisociaux qui s'aggravent et en particulier lors des compétitions sportives, surtout de football. Les forces de l'ordre en France sont incapables d'une répression efficace contre la violence des racailles. Le fiasco de la finale Liverpool-Real Madrid au Stade de France en 2022 en avait été une illustration parfaite. La théorie du maintien de l'ordre "à la française" se base sur une répression violente et principalement réactive.
PRELIMINAIRES POUR UN POURRISSEMENT OU SIMPLE SABOTAGE?
On nous annonçait la veille une révolution plus ou moins rajaunie. Les journalistes nous assuraient que le pouvoir tremblait. On allait voir ce qu'on allait voir. Une levée du peuple: gilets jaunes, avec la plupart de leurs chefaillons improvisés devenus électeurs du RN, des paysans, des routiers, des porteurs de valise du Hamas, accessoirement lycéens et étudiants pas encore partis en vacances. Dès l'aube on annonça des filtrages aux carrefours de filets jaunes rescucités.
Dès la fin de la matinée tout était clair pourtant. Le ministre, avec ses conseillers flics, avait mis en place une technique très efficace: la nasse. Elle est toujours utilisée lors des diverse manifs d'ampleur. Cela consiste à fragmenter les troupes de manifestants par des cordons policiers, les empêchant de rester un corps uni. Vous restez coincé et ils ne vous laissent pas sortir de la nasse. Vous êtes cadenassé, sans jeu de mots. Mes deux lycéens interviewé en ont fait l'expérience pendant cinq heures.
Pour ce terrible jour plein de fantasmes journalistiques (le chaos) la théorie de la nasse fût élevée au rang d'une science stratégique imparable. Il a suffi de laisser se masser en matinée les premiers arrivants, surtout jeunes excités à l'idée d'un grand soir supposé après tant d'annonces d'une collection de catégories sociales, pour qu'ils se prennent pour l'avant-garde d'une vraie révolte générale. Sauf qu'ils se sont vite rendus compte qu'ils étaiet cadenassés, c'est à dire coupés de la manifestation officielle des chars de carnaval inoffensifs des cliques syndicales (la CGT seule cette fois-ci). Il a suffi de lancer leurs barbouzes immédiatement suivis par les marginaux lumpen ou clochards sans tête et à leur suite quelques naïfs lycéens. Cela, gaza, jeta et enfuma la place dite de la République.
Après quoi, surtout si vous n'avez pas compris, il suffit de suivre le déroulé du bourrage de crâne des employés du journalisme d'Etat. Un premier déplore une atteinte à la démocratie par les black blocs qui, non seulement empêchent de manifester le gros des troupes pacifistes, mais en quelque sorte leur interdisent de s'exprimer, ce fameux droit démocratique limité aux traîne-savates syndiqués. D'ailleurs la nasse dure au point que le même employé rajoute qu'ils empêchent scandaleusement la manif de démarrer.
Plus les bagarres enfumées durent dans la nasse, plus les employés de la propagande affichent leur honte parce que tous les médias étrangers nous voient. Il leur faut aussi restituer la vérité, via CNEWS, ce sont tous des fils à papa qui aiment casser pour casser, se gardant pour l'heure de cibler les arabes et les noirs de banlieue. Pourtant, tout finit par se savoir, dès que les masques tombent; une bonne partie descend de la Seine Saint Denis.
UNE SEULE CONSIGNE: NE PAS INTERVENIR
L'imagerie officielle fait un petit tour en province pour découvrir, avec stupeur, que l'utra-gauche enfonce le portail de la mairie de Marseille. Ils y mettent du temps et comme un quidam pose la question: pourquoi la police n'intervient-elle pas? Des vitrines sont défoncées, il ne faut pas l'ombre d'un crs pour que la vue des dégâts ne soit pas brouillée pour la France moyenne. Un syndicaliste policier, pas très intelligent répond: "vous ne vous rendez pas compte, si on intervient on est tout de suite entouré par une centaine qui vont nous lyncher (ce qui est très improbable car dès que dix flics chargent ils s'envolent tous comme des mouettes), mais ce benêt lâche le morceau: "on a ordre de ne surtout pas intervenir"4.
Toujours en gros plan sur la nasse de la place, le cameraman de service zoome sur une policière qui trébuche et semble avoir été victime d'un lancer de pierre; soutenue par ses collègues, elle ne semble pas très atteinte. Dans les minutes qui suivent va passer le sous-titre à répétition: un policier blessé par les manifestants; possible que cela efface la gêne provoquée par l'absence de chiffres vérifiables de nombreux policiers dits amochés. Voilà cet autre employé, en voix off, qui s'indigne encore que la manif soit empêchée de commencer, mais là, c'est indubitable, juge-t-il, on assiste à une insurrection, une guerrilla... ces imbéciles sont incontrôlables. Des boutiques sont déjà pillées. On annonce qu'une armurerie a été enfoncée. Tremblez braves gens dans vos chaumières! Et cet autre de déplorer: voilà avec ces dégâts de l'ultra-gauche, toutes les revendications ont disparues, ces gens sont venus pour casser.
En sous-titre apparaît une révélation ébouriffante: "La possibilité que l'ultra-gauche fasse dégénérer dans les collèges", d'après l'entourage de M. Nunez (hi hi). On va être abreuvé ensuite d'images d'incendies non plus de simples poubelles mais de bâtiments (très peu de voitures). Le suspense continue, on nous informe qu'à Bordeaux se déroule une manif sauvage de lycéens et de gilets jaunes. Lepremier indigné revient au crachoir: si çà se développe ça va foutre en l'air le mouvement social! Il aurait pu préciser que c'est déjà le cas. Les sous-titres de CNEW ne varient pas: PILLAGES ET TENSIONS. Les quatre chaînes montrent maitenant des avenues vides. A 17H20, BFM sous-titre: MANIFESTATION TERMINEE. VIOLENCES A PARIS.
Depuis le début de l'après-midi jusqu'en soirée pas une seule image de la foule manifestante. En soirée non plus, zoom sur des poignées de flics cavalant et incendies de poubelles rougeoyantes dans la nuit. Une pensée pour les sociétés Sulo, Contenur, Craemer, et Ese, fabricants de poubelles dont les usines tournent à plein régime, rapportant des millions d'euros de bénéfices payés par les contribuables. Une pensée aussi pour les fabricants de vélos de location.
LCI ajoute: HEURTS ET PILLAGES EN MARGE DES DEFILES, puis: "PLUSIEURS CORTEGES SAUVAGES AU COEUR DE PARIS.
LECORNU parte à 20H: "Nous ne nous laisserons pas intimider". Un beau lapsus car il va plutôt comme un gant aux lycéens et révèle plutôt la peur du gouvernement. Sa dénonciation d'une "violence d'une extrême intensité" montre ses limites de vocabulaire et n'a pas de quoi effrayer une mouche.
Les désordres ne sont pas terminés à 22H mais toujours pas d'images des nombreux manifestants encore sur place. Série de gros plans sur les incendies, et commentaires moralisateurs et généralistes par flics et généraux en plateau.
Lundi rebelotte mais les médias n'ont qu'une bande de zonards et quelques lycéens qui s'ennuient en vacances pour filmer deux ou trois brasiers et zoomer sur une charge policière. La soirée TV est réservée aux grands clowns: Le Pen, Philippe, Mélenchon suivi de Zemmour et enfin Jupiter, l'air hébété devant son pupitre d'écran.
A bientôt pour d'incertains lendemains. Albanie, Belgique, Italie, la révolte des "jeunes" gronde...
TEMOIGNAGE DE DEUX LYCEENS DE 17 ANS (Y. et M.)
(papy devant sa télé et les jeunes au charbon)
JLR: Je vous résume mon avis. La préfecture a parfaitement organisé le pied par le système des nasses. Sur ce point Mélenchon a vu juste tout en restant à cette généralité idiote que tout serait la faute de la police. L'émeute, plus ou moins préparée ou favorisée, a toujours un formidable moyen de manipuler les foules et de baiser l'opinion publique. Mais dans l'ensemble quelle a été votre perception?
Y.: une joie permanente malgré le fait qu'on était nassés et noyés sous les gaz. Il y a eu des blessés des deux côtés et un mort.
JLR: tu es sûr?
Y: oui mais chuuut... bon les black blocs c'était vraiment une minorité ça n'explique pas tout. Les ruesétaient remplies partout. C'était énorme gare du nord et gare de l'Est. Nous on est resté prisonniers cinq heures dans la nasse au départ de République. On en était réduit à la confrontation incessante avec les CRS, ils nous chargaeint mais on les chargeait aussi. Quand ils ont enfin consenti à nous laisser passer pour rejoindre la grande manif, ils nous ont fouillé au corps et nous ont piqué masques et lunettes.
JLR: de mon temps cela constituait la preuve qu'on était des casseurs avec en prime un coup de bidule. Des sources dans l'environnement de Nunez (rires) ont fait savoir que des black blocs seraient venus de Londres et de Berlin, vous en avez entendu?
- non, c'est le fantôme de l'étranger
JLR: la cinqième colonne...
Y: on s'en fout, c'était noir de monde et dans toutes les rues avoisinantes...
JLR: moi j'ai rien vu de tout ça, les quatre chaines d'infaux n'ont montré, et systématiquement, que les incendies. Mais vous avez pas hote d'avoir pillé?
M: mais c'était pas nous, pas les lycéens, pas les jeunes, pas les manifestants, mais les mecs en insécurité sociale.
(ils me montrent leurs portables avec images et films pour prouver leurs dires).
JLR: à votre avis ça va reprendre après les vacances?
Y: une autre manif est prévue par les syndicats...
JLR: oui mais ça c'est un éteignoir classique des pompiers syndicaux...
Y: on verra, mais c'était vraiment une manif de convergences.
JLR: en coursde route vous avez pourtant oublié vos revendications pour un comportement anti-étatique?
Y: c'est pas vrai, regarde tout au long du boulevard Magenta l'exhibition de centaines de panneaux en carton...
JLR: pourquoi vous avez toléré le drapeau palestinien et le drapeau nationaliste français?
Y: tu peux pas dire ça, nous les lycéens en lutte on ne peut pas rester silencieux pendant que se déroule un génocide en Palestine.
JLR: mais vous soutenez le Hamas et un Etat palestinien! c'est de la foutaise,, l'Etat facho israélien, soutenu par le grand Satan débile, ne le permettra jamais en tant que puissance régionale.
Y: si on doit soutenir...
JLR: non, vous soutenez ainsi le Hamas qui n'est aucunement le représentant du peuple palestinien, vous reprenez les conneries de Mélenchon. Et le drapeau tricolore, franchement vous pouvez pas vous débarasser de ce machin de Mélenchon qui vise à intégrer mais nationalement les immigrés? En 68 on n'a jamais vu ce machin tricolore ridiculiser nos manifs.Revenonsà la composition du défilé et à l'ambiance.
Y: toutes les catégories de la population, parents, médecins, profs, même des vieux. On déferlait. On assiégeais Paris. On était partout, à Concorde, à Bastille...
JLR: comment vous le saviez que vous étiez partout?
M: nos téléphones... on s'est même approchés de l'Elysée.
JLR: et cette histoire de mains arrachés, c'est les gars qui ont fait eux-mêmes la connerie de les ramasser?
M: pour beaucoup de jeunes c'était leur première manif et ils ne sont pas habitués aux précautions, en plus des grenades ressemblent à celles de désencerclement.
JLR: et les pillages, c'était qui?
Y: pas les lycéens, c'est une récupération des marginaux, piques-assiette des banlieues, on les voyait surgir en bandes, plutôt des adultes masqués.
JLR: ouais je me rappelle un ancienne manif où ils étaient desendus de leur banlieue pour piquer le portable des lycéens. Et vous n'en avez pas profité vous aussi pour piquer des vêtements ou dessacs de marque?
M: pas du tout, on se tenait à l'écart. En tout cas dans notre foule il y avait une véritable solidarité.
JLR: allez dites-moi la vérité, dans l'ensemble vous aviez fini par vous en foutre de vos revendications, c'était l'ivresse de combattre l'Etat comme les anars... car de toute manière l'éducation nationale est naze, ils n'ont plus de fric et préfèrent avancer 70 millions à Zelenski. Dans tous les domaines ça bloque. Aucun aspirant préésident n'est crédible ni n'aura de solution réelle, pourtant ils se battent comme des chiens pour une place qui ne va plus être enviable.
Et vous l'avant-garde de mes vieux jours, à un moment, vous ne pouvez plus être de simples lycéens mais des acteurs de rue, du combat social, qui pensent politiqument...
Ils rougissent:
M: oui un peu comme les anars.
JLR: la révolution c'est pas l'émeute?
M: non.
NOTES
1 Merde à l'historien maquignon Jean-Claude Bourdin qui a récusé cette notion,
2L a mère Le Pen apparaît plus logique, avec une réflexion proche de celle des lycéens: faut arrêter de donner 70 milliards pour la guerre en Ukraine!
3Madame 2% Tondelier résume bien la confusion et la gêne des élus de la gauche bobo: « J’en ai ras-le-bol de la doctrine de maintien de l’ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite car ça finit par être une atteinte aux libertés publiques et, en plus, cela met tout le monde en danger : les manifestants et les policiers. » « J’en ai ras-le-bol de la doctrine de maintien de l’ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite car ça finit par être une atteinte aux libertés publiques et, en plus, cela met tout le monde en danger : les manifestants et les policiers. »
4 Le lendemain, dimanche matin s'élèvera une polémique portée par plusieurs maires: pourquoi les policiers ont-ils laissé piller les magasins? Avec le même genre de réponse: ils ne pouvaient pas être en même temps au four et au moulin.


