"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 30 juillet 2014

GAZA : LE MASSACRE DE LA POPULATION ARABE PAR L'ARMEE NATIONALISTE JUIVE





BANKSTERS PETROLIERS CONTRE BANKSTERS FINANCIERS

Les frappes aériennes et les opérations terroristes menées par l’armée israélienne contre les civils palestiniens ne datent pas d’aujourd’hui. Tout comme ce n’est pas la première fois que des gangs armés terroristes dits djihadistes se servent de leur propre population comme bouclier humain. Les tirs sans vergogne des kakis des deux camps ont toujours eu lieu depuis l’occupation de la Palestine il y a six décennies. Mais la confrontation cynique des deux bandes armées dans les territoires occupés fait partie d’un scénario inter-régional, puzzle compliqué dont les Palestiniens, femmes et enfants compris, sont les victimes innocentes. La même hypocrisie règne des deux côtés, le Hamas qui prétend être le représentant de la terre palestinienne et l’Etat « juif » qui défend sa « population civile » contre le « terrorisme ». Les banquiers du monde entier en crèvent de rire sur la panse des pétromonarques[1].

1.      LE CYNISME DU MARCHANDAGE CAPITALISTE :
Les grandes puissances sont impuissantes et les Etats sont les exécutants des grands groupes financiers et de l’armement. Que fait la police de l’ONU ? On condamne lourdement un peu partout le misérable qui traîne sur lui deux grammes de cannabis mais jamais ne sont jetés au trou les richissimes marchands d’armes, criminels de guerre professionnels, ni pendus au gibet les financiers destructeurs d’emplois et fauteurs de massacre des populations civiles. Le déroulement des guerres actuelles du capitalisme reste complètement opaque et inaccessible à la jugeote même critique du citoyen moyen, et surtout du prolétaire d’en bas choqué au milieu de ses vacances par le millier de morts palestiniennes mais pas plus que l’absence d’un maillot jaune français. Tout comme le carnage continu en Syrie, celui d’Irak et celui qui commence en Ukraine ; n’importe quel gang terroriste manipulé peut abattre un avion civil sans encourir la condamnation de la « communauté internationale » bourgeoise qui n’en finit pas d’enquêter, de soupeser, de tergiverser, de supputer pour n’en rester qu’à la déploration faux-cul.
Que se passe-t-il dans ce monde dégoulinant de sang et d’indifférence ? Qui tire vraiment les ficelles ? Parmi ce qu’il reste des petits groupes maximalistes révolutionnaires réduits à l’état de secte, on peut trouver des onces de vérité. Le CCI explique depuis longtemps, avec raison, que la fin du gendarme russe signifie aussi l’affaiblissement du gendarme américain, que l’impérialisme US est en difficultés en Irak mais on ne nous explique pas pourquoi il l’est beaucoup moins qu’il n’y paraît face à la guerre à Gaza ; seule explication faiblarde au bout du compte, une décomposition du capitalisme où « les divisions religieuses vont prendre une part de plus en plus grande ». Le groupe bordiguiste fait circuler un tract (publié aussi sur ce blog) où il dénonce avec virulence, et raison, les crimes de l’armée israélienne mais est un peu plus faiblard concernant les crimes du gang islamiste « élu » le Hamas, espérant utopiquement que les « masses palestiniennes » ont les moyens de se sortir du bourbier sanglant imposé non par les « super-impérialismes » mais par les deux grands camps antagonistes du pétrole classique (arabe) et du pétrole financier (américain, français, anglais, etc.), fonctionnant sur la base du « surlifting » (surcharge des .tankers, voir plus loin)…
Dans un vieil article, Christian Palloix soulignait les carences de l’auteur Lénine (limité par son époque à sa décharge) concernant le néo-impérialisme : « Cela ne signifie pas que archéo et néo-impérialisme ne s’enchevêtrent pas[2], car ce serait ignorer que la formation sociale capitaliste n’est pas un mode de production pur ».[3]
Le monde a changé. On ne peut plus l’examiner avec des lunettes léninistes. Il n’y a plus d’impérialisme « stade suprême » mais des bagarres « suprêmes » de champs d’influence, de réseaux et consortiums pétroliers, d’armement et de financiers sans scrupules[4]. Rosa Luxemburg a eu raison contre Lénine, à l’époque de l’impérialisme : il n’y a plus de guerres d’indépendance nationale possibles[5]. L’impérialisme a corrompu le syndicalisme et les couches supérieures de la classe ouvrière des pays riches, les « bobos » qui souscrivent totalement à l’idéologie dominante multiculturaliste et sont complices des interprétations « guerrières/humanitaires »[6].
Pour donner une idée du cynisme atteint par la gestion du capitalisme décadent qu’il suffise de citer wikipédia sur la fameuse et sordide affaire PETROLE CONTRE NOURRITURE, qui aurait pu aussi bien s’appeler famine contre paix ou tank contre vélo :
« En 1996, l'Irak, étant sous embargo international par l'ONU depuis 1991, voit son régime d'embargo sur le pétrole irakien assoupli. Les échanges pétrole contre nourriture étant imposés et contrôlés par le Comité des sanctions de l'ONU. Plusieurs enquêtes mettent en cause la régularité des opérations du programme du fait que Saddam Hussein et son entourage distribuaient de manière dissimulée à des personnalités étrangères susceptibles d'appuyer leurs causes, des "allocations de barils de pétrole". Pendant la durée du programme, l'État irakien et de nombreuses entreprises mondiales se sont partagées une somme d'environ 1,8 milliard de dollars grâce à un système ingénieux. Tout contrat d'achat de produits de première nécessité conclu entre une entreprise et l'État irakien devait être validé par le ministère des affaires étrangères du pays d'origine de la marchandise, ainsi qu'obtenir le quitus de l'ONU pour pouvoir commencer à travailler avec l'Irak. Un comité représentatif veille à valider ou bloquer le contrat conclu pour permettre de contrôler le type de marchandises importées. Plus de 2 200 entreprises, identifiées par la commission d'enquête de l'ONU (IIC) conduite par l'ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis, Paul Volcker. En parallèle, l'Irak se livre à une contrebande pétrolière par la technique du « surlifting », une surcharge secrète des supertankers, avec la complicité de plusieurs sociétés de courtage pétrolier (trading pétrolier). Cette contrebande ne bénéficie pas au peuple irakien car les revenus générés sont destinés à un réseau de sociétés écran (offshore) immatriculées dans des pays ou zones à fiscalité privilégiée. Pétrole contre lobbying : Le régime irakien délivre des bons de pétrole à des personnalités étrangères en contrepartie d'activités de lobbying pour la levée de l'embargo décidé par le Conseil de sécurité des Nations unies après la guerre du Golfe de 1991. Extrait du rapport Volcker : « Dès le départ, l'Irak préférait vendre son pétrole à des compagnies et des individus originaires de pays perçus comme « amis » de l'Irak, en particulier s'ils étaient membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, et capables potentiellement d'alléger les sanctions. » La Russie et la France sont particulièrement sollicitées ».
2.      LE CYNISME LACHE DES OPERATEURS DU CAPITALISME FINANCIER :


Comment cela se passe-t-il dans la tête des charognards capitalistes pour qu’ils ne souffrent pas du sentiment de culpabilité de « meurtriers de masse » ? Charles H. Ferguson, qui avait attiré brièvement certains médias du monde avec son documentaire oscarisé « Inside Job », explique comment une élite prédatrice s'est emparée des États-Unis et met au jour les réseaux d'influence académiques, financier et politiques ayant facilité la montée en puissance des prédateurs. Au cours des dernières décennies, les États-Unis ont subi une transformation socio économique parmi les plus radicales de leur histoire. - La finance est devenue la principale industrie américaine, alors que le secteur secondaire a pour ainsi dire disparu, même dans le domaine de la haute technologie. - Le secteur financier s'est laissé de plus en plus corrompre ; les fraudes généralisées à l'origine de la bulle immobilières restant impunies. - La part des recettes fiscales dans le PIB n'a jamais été aussi faible depuis soixante ans ; les réductions d'impôts bénéficient surtout aux nantis et aux compagnies qui engrangent le plus de profits. - Le plus choquant, c'est que les Etats-Unis, qui ont longtemps offert de fabuleuses opportunités de réussite aux ambitieux sans le sou, sont devenus l'une des sociétés les plus inégalitaires et injustes au monde. Ferguson montre comment, depuis Reagan, l'élite fortunée a pris en otage les deux principaux partis politiques. L'administration Clinton a démantelé les instances de régulation qui protégeaient l'homme de la rue des financiers rapaces. Bush a sapé les revenus de l'État par ses indécentes réductions d'impôts conçues pour les nantis. Obama a laissé les criminels de la finance n'en faire qu'à leur tête. Ce livre détaille, à travers de multiples interviews, les crimes - il n'y a pas d'autre mot - commis lors de cette quête effrénée à l'enrichissement qui a conduit à la crise financière.
Lisons la description de la « moralité » des milieux financiers en 2008 par Charles H.Ferguson, (L’Amérique des prédateurs) :
« En résumé, on ne saurait attribuer tous les ravages de la bulle et de la crise à des calculs égoïstes froidement rationnels ou à des fraudes. Il ne faudrait pas pour autant s’imaginer qu’ils résultent en partie d’erreurs innocentes commises par des personnes bien intentionnées. Ils me semblent en réalité
symptomatiques d’une certaine culture et d’un mode de gestion échappant à tout contrôle. Pendant la bulle, de nombreux cadres de Wall Street se coupèrent du réel en s’enfermant dans leur petit monde à eux. Dans leurs limousines, leurs ascenseurs privés, leurs avions, leurs hélicoptères ou même au restaurant, ils se maintenaient à l’écart de leurs subordonnés. A leur domicile, comme dans leur environnement professionnel, ils s’entouraient d’un personnel servile et d’un conseil d’administration acquis à leur volonté, fermant les yeux sur ce qu’ils tramaient. Ils évoluaient en outre dans une galaxie d’épouses-trophées, de maîtresses et de prostituées, et se droguaient pour la plupart. Leurs loisirs dépendaient de leur âge. Les jeunes opérateurs de marché préféraient les boites de nuit, de strip-tease, les jeux d’argent et la cocaïne. Les banquiers de New York ont dépensé dans des boites de nuit ou de strip-tease plus d’un milliard par an, dont une bonne part en tant que frais professionnels, remboursés par leur firme et déductibles de leurs impôts. Les cadres plus âgés, en majorité mariés, aimaient mieux jouer au golf ou au bridge, dîner dans des restaurants hors de pris, acheter des œuvres d’art aux enchères ou une propriété dans
les Hamptons ».

3.      PIC DU PETROLE OU NEO-IMPERIALISME DE LOBBIES ?

On a été longtemps intoxiqué par la théorie de la crise du pétrole, autre excuse à la crise du capitalisme et seule vraie cause des deux guerres du Golfe. Le pétrole serait-il un profit supérieur ou extérieur au mécanisme de l’exploitation classique ?
Depuis le début de ce XXIe siècle, la guerre pour le pétrole s'est engagée entre les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, et elle passe par un contrôle militaire géostratégique et un matraquage de la population mondiale sur des causes religieuses fallacieuses. Les Etats-Unis, premier consommateur et importateur mondial de pétrole, doivent désormais tenir compte de l'appétit énergétique de la Chine et de l'Inde dont la consommation en pétrole ne cesse de croître. La Chine et désormais après le Japon, le 3e importateur mondial de pétrole, et l'Inde le 7e. Nouvelle contradiction du mode de production capitaliste, cette rivalité exacerbe les tensions politiques dans de nombreuses régions du globe et provoque une crise alimentaire larvée (on préfère produire de l’essence « végétale » que nourrir les populations déshéritées. Cette guerre pour l'or noir en partie en voie de disparition change le visage du monde, telle est la véritable cause des graves conflits armés qui tuent tant d’humains civils en ce moment. Le pétrole n’avait pas une importance notable au temps de l’industrialisation critiquée par Marx, et pas encore d’une manière comparable à nos jours sous le gouvernement « prolétarien » de Lénine. On oublie que la fin de la seconde boucherie mondiale a été tranchée dans les sables du désert africain quand Hitler a perdu le contrôle des champs pétroliers. Sans pétrole pour alimenter les avions, les bateaux, les automobiles… plus de carburant pour le militarisme, ce fleuron de l’industrie de mort. Le capitalisme du XXIème siècle est beaucoup plus fragile que celui du XIXème parce que justement il dépend du pétrole, qui, en tant que tel est un polluant pour l’humanité et surtout un… fauteur de guerre et un garant de suprématie[7].
Le pic pétrolier (épuisement des ressources terrestres en hydrocarbures et baisse mondiale de l’offre) expliquerait la crise et le comportement des banksters. La théorie du pic pétrolier reste très marginale, même si la perspective de l’épuisement est tangible (confortée par le développement à outrance du gaz de schiste aux USA en particulier).
Le Capital en crise s’auto-dévore en réalité: La finance dérégulée capte le peu de croissance, la spéculation apparaît comme la seule échappatoire, mais plus prioritairement l’industrie et le travail. Le pétrole fait l’objet de la même spéculation que l’immobilier. La menace de la rareté (ou de l’extinction, même si elle est encore loin) met en concurrence apparemment les Etats, mais contrairement à la compétition marchande capitaliste classique, les puits de pétrole sont l’objet d’une compétition armée dont les Etats ne sont que les pantins au milieu d’une multitude d’autres bandes armées dites terroristes.
Les multiples guerres locales sont l’expression masquée de la crise d’hégémonie pétrolière[8], mais avec cette particularité que cette matière première ne peut pas être propriété d’Etat et qu’elle met en conflit des groupements d’intérêts, des consortiums bancaires, des cliques de financiers qui dictent leurs désidératas aux Etats. Le pétrole ou le gaz ne sont pas un capital constant. Le pétrole n'est pas exploitable à l'état brut par le premier pillard venu et il ne peut être la propriété d'un Etat (même si l’Etat en a un besoin primordial), ou d'une multinationale, donc il est soumis aux règles du droit applicables en régime capitaliste à la propriété privée des moyens de production.

L'exploitation de la force de travail, l'extorsion (accumulée) de la plus-value n’est certes pas l'unique source du capital, du profit du capitaliste (cf. le pillage de la mer et l’exploitation animale). Marx expliquait que "Le travail n'est donc pas l'unique source des valeurs d'usage qu'il produit, de la richesse matérielle. Il en est le père, et la terre, la mère, comme dit William Petty." (K . Marx : Le Capital- Livre I – Section I - ch. II - Double caractère du travail présenté par la marchandise.). Mais ce qui nous occupe ici, c'est la valeur de la marchandise, appelé improprement valeur d'échange (cf. pétrole contre nourriture…). En régime capitaliste, toute matière première qui passe par la main de l'homme se transforme inévitablement en marchandise. Qui dit travail dit rapports sociaux d'exploitation, puisque la société est divisée en classes où l'une possède les moyens de production, alors que l'autre ne possède que sa force de travail pour survivre.
Le procès de production (capitaliste) classique a eu jusqu’à présent pour seule fonction de reproduire le capital initial augmenté d'une nouvelle plus-value (accumulation du capital). Pris dans sa totalité ou dans chacune de ses parties, le capital, qu'il s'agisse du capital fixe (entreprise ou terre), du capital constant (matières premières, outils ou machines ou du capital variable (salaires), il est toujours du capital accumulé antérieurement sous la forme de plus-value ou de travail extorqué aux travailleurs. Il rentre dans la catégorie du capital constant en tant que matière première, donc sa valeur est déterminée par les mêmes lois qui régissent l'ensemble de la production en régime capitaliste.
Le pétrole, en tant que pillage du sous-sol terrien, contrairement aux autres produits en général, ne peut pas être obtenu pacifiquement ; il fait l’objet de tractations incessantes, de chantages, de menaces, etc. Le besoin phénoménal de pétrole à l'échelle mondiale en constante augmentation avive les appétits impérialistes de contrôle régional il doit investir des sommes colossales dans l'exploration des gisements de pétrole aux quatre coins du monde et dans des laboratoires de recherche, procéder à l'installation de moyens importants d'extraction sur terre ou en mer (plates-formes pétrolière). Depuis la formalisation du développement inégal du capitalisme, le pétrole est une matière première qui ne peut être traitée que par les groupes industriels des pays les plus puissants, plus puissants les groupes que leur propre Etat ! Il faut pouvoir construire des usines gigantesques pour le raffiner, pouvoir se doter de moyens de transport (tankers et pipe-lines), construire d'immenses cuves de stockage sans oublier les coûts que nécessite l'entretien (les réparations et le renouvellement) de l'ensemble de ces installations, etc. [9]

4.      LA MAIN-MISE SUR LE PETROLE EST BIEN LE MOTIF DE LA GUERRE

Le site Voltaire qui ne brille pas par indépendance d’esprit - il s’aligne sur n’importe quel gang nationaliste qui s’oppose à Washington et à ses lobbies -livre parfois des infos crédibles :
« L'accès au brut irakien était bel et bien au coeur de la décision britannique de s'engager aux côtés des Etats-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003. C'est ce que prouvent des documents confidentiels obtenus par M. Muttitt grâce à la loi britannique sur la liberté d'information, et dont le quotidien The Independent s'est fait l'écho. Cinq mois avant le début de l'invasion lancée en mars 2003, la ministre du commerce britannique, la baronne Elisabeth Symons, déclarait aux représentants des majors britanniques qu'elle ferait en sorte que ces dernières aient accès aux réserves d'hydrocarbures dans l'Irak d'après Saddam Hussein.
Le compte-rendu d'une réunion avec BP, Shell et BG (British Gas) datée du 31 octobre 2002 indique : « La baronne Symons a reconnu qu'il serait difficile de justifier que les compagnies britanniques puissent sortir perdantes en Irak (...) si la Grande-Bretagne devait être un allié proéminent du gouvernement américain durant la crise. » La ministre a alors promis « de rendre compte aux compagnies avant Noël » du résultat de ses tractations auprès de l'administration Bush à Washington.  Le ministère des affaires étrangères britannique invitait BP le 6 novembre 2002 à parler des opportunités en Irak « après le changement de régime ». Dans le compte-rendu de la réunion, on peut lire : « L'Irak est la grande opportunité du pétrole. BP est prêt à tout pour y aller, et s'inquiète que des accords politiques ne la privent de cette opportunité. » Après une autre réunion, en octobre 2002, le directeur du Moyen Orient au Foreign Office notait : « Shell et BP ne pourraient pas se permettre de ne pas avoir leur part en [Irak], pour le bien de leurs futurs à long terme. (...) Nous sommes déterminés à obtenir pour les compagnies britanniques une part honnête de l'action dans l'Irak post-Saddam. »
Un mois avant l'invasion de l'Irak, en février 2003, l'ex-premier ministre Tony Blair (futur cire-pompe du général égyptien Sissi) qualifiait d' « absolument absurde » l'idée que cette invasion puisse être motivée par le pétrole. Le 12 mars 2003, le patron de BP de l'époque, Lord Browne, déclarait : « De mon point de vue, et du point de vue de BP, ce n'est pas une guerre du pétrole. » Aux Etats-Unis, l'administration Bush n'a, bien entendu, jamais reconnu le rôle joué par le pétrole. Les mobiles, c'était les armes de destructions massives (inexistantes) de Saddam Hussein et les liens (fictifs) de ce dernier avec l'organisation terroriste Al-Qaida.  Quelques personnalités liées à l'administration Bush ont pourtant pu révéler le secret de Polichinelle, notamment Paul Wolfowitz (« La plus grosse différence entre la Corée du Nord et l’Irak (...) : l’Irak nage dans une mer de pétrole ! ») et Alan Greenspan (« Je suis attristé qu'il soit politiquement inconvenant de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre d'Irak est largement une histoire de pétrole »). Lors des réunions de l'Energy Task Force assemblée par le vice-président Dick Cheney en 2001, dans les premières semaines de l'administration Bush, une carte fut produite, faisant état d'un découpage possible de futures concessions pétrolières en Irak. L'existence de cette carte fut révélée en 2002 par décision de la justice américaine[10].
Après avoir quitté le gouvernement, Lady Symons, aujourd'hui âgée de 59 ans, est devenue conseillère de la banque d'affaires MerchantBridge, qui a réalisé d'importants profits dans des contrats de reconstruction dans l'Irak d'après-guerre, précise The Independent. En mars, Elisabeth Symons a rompu les contacts qu'elle entretenait avec le Conseil de développement économique national libyen, auprès duquel elle intervenait en tant que conseillère bénévole. L'Irak détient 8,3 % des réserves mondiales de pétrole. C'est aujourd'hui le seul producteur majeur dont les capacités de production semblent pouvoir être accrues de façon substantielle, face à la perspective d'un déclin des extractions de nombreux autres grands producteurs. Les intérêts britanniques dans le pétrole irakien remontent à la veille de la première guerre mondiale, à l'époque de la Turkish Petroleum Company. Ceux des compagnies américaines remontent à la création de l'Iraq Petroleum Company, en 1929 » (sic 1929!).
La Syrie est un point de passage stratégique pour l'acheminement des hydrocarbures. C'est aussi un gigantesque réservoir de gaz... Une situation qui n'est évidemment pas sans rapport avec la terrible guerre civile dans laquelle a été plongé le pays en 2011. Depuis la fin de la Guerre froide, les États-Unis essaient de casser la dépendance de l'Union européenne au gaz et au pétrole russe. Pour cela, ils favorisent des oléoducs et gazoducs s'alimentant dans les réserves d'Asie centrale et du Caucase mais qui évitent de traverser l'espace d'influence russe. Ils encouragent le projet Nabucco, lequel part d'Asie centrale, passe par la Turquie (pour les infrastructures de stockage), visant ainsi à rendre l'Union européenne dépendante de la Turquie, puis par la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la République tchèque, la Croatie, la Slovénie et l'Italie »[11].
La Syrie se trouve au cœur des nouveaux enjeux de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient. En novembre 2010, l'Arabie Saoudite et le Qatar ont demandé au Président Bachar El-Assad de pouvoir ouvrir des oléoducs et gazoducs d'exportation vers la Méditerranée orientale. Ces oléoducs leur permettraient en effet de desserrer la contrainte du transport maritime via le détroit d'Ormuz puis le canal de Suez et d'envoyer plus de gaz vers l'Europe (notamment le Qatar, géant gazier du Moyen-Orient). La Syrie a refusé, avec le soutien marqué de la Russie qui voit dans ces plans les volontés américaine, française, saoudienne et qatarie de diminuer la dépendance européenne au gaz russe ».

5.      LES MYSTIFICATIONS UNILATERALES DU RESEAU VOLTAIRE

Meyssan et ses acolytes ne voient que d’un oeil que cet affrontement traduit la compétition qui se joue entre les Occidentaux, la Turquie et les monarchies du Golfe, et, la Russie, l'Iran et la Syrie, auxquels s'est ajouté l'Irak qui s'est rapproché de Téhéran et de Damas au détriment de l’impérialisme US. Mais ils ne voient pas que l’affaire est plus compliquée et oppose à l’intérieur du premier camp, dit occidental, pétrole classique contre pétrole financier (banksters contre banksters), où les grandes compagnies pétrolières et les lobbies américains (banques diverses, même françaises et banque juive Goldman&Sachs) s’opposent sur la manière de capter la manne pétrolière et pour assurer la pérennité de leurs énormes profits .
Le site Voltaire piste généralement les méfaits impérialistes américains mais sans toujours détenir la bonne information ni une interprétation sensée, ainsi tous les gangs militaires islamistes ne sont pas forcément amés par le Qatar et l’Arabie Saoudite. La prise d’otage est devenu un businesse rentable pour financer les gangs militaires divers : « «L’enlèvement d’Européens contre rançon est devenu un business mondial pour Al-Qaida, qui finance ainsi ses opérations à travers le monde», écrit le New York Times ce mercredi 30 juillet dans une longue enquête consacrée au mode opératoire des djihadistes en Afrique et qui s’appuie sur les témoignages d’ex-otages, négociateurs, diplomates et officiels des gouvernements. Par ailleurs, le journaliste a eu accès a des milliers de documents internes à Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) saisis dans le Nord Mali l’an dernier. D’après le journal, Al-Qaida et ses trois branches, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Al-Qaida dans la Péninsible arabique et les Shebabs, ont touché depuis 2008 au moins 125 millions de dollars, dont 66 pour la simple année dernière. Et si tous les pays européens nient payer des rançons, la France y compris, la plupart, en sous-main, accèdent aux demandes des djihadistes. La France en tête. Depuis 2008, Paris a payé (ou fait payer via des entreprises telles Areva) quelque 58,1 millions de dollars de rançons aux djihadistes. Suivent la Suisse (12,4 millions de dollars) et l’Espagne (10,1 millions de dollars). A noter, le Qatar et Oman ont payé pour 20,4 millions de dollars alors que ces deux pays, souvent, sont utilisés comme des intermédiaires par les Occidentaux, notamment pour les otages enlevés au Yémen. Et c’est un cercle vicieux car chaque transaction en appelle une autre ».
L’article de JP Séréni dans le Monde Diplomatique – Echec d’une guerre pour le pétrole – montre mieux que la bande du site Voltaire comment les grandes compagnies, Exxon Mobil, BP, Shell, dictent aux chefs d’Etat[12] mais ne peuvent empêcher le désastre de l’Etat exécutant des basses œuvres : « Pour rassurer les compagnies anglo-saxonnes, le gouvernement américain nomme à la veille de l’invasion deux de leurs membres pour suivre le dossier : MM. Gary Vogler (ExxonMobil) et Philip J. Carrol (Shell). Ils seront remplacés en octobre 2003 par deux autres professionnels : MM. Robert McKee (ConocoPhilips) et Terry Adams (BP). Il s’agit de contrebalancer la mainmise du Pentagone, et, à travers lui, des néoconservateurs, qui ont placé leurs hommes à tous les postes ou presque, mais qui sont contestés au sein même de l’administration. Cela n’aidera pas à clarifier les ambitions américaines, qui oscilleront en permanence entre deux pôles. D’un côté, les idéologues multiplient les idées extravagantes : ils veulent construire un oléoduc pour acheminer du brut irakien vers Israël, démanteler l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ou encore faire de l’Irak « libéré » le banc d’essai d’un nouveau modèle pétrolier destiné à s’appliquer ensuite à tout le Proche-Orient. De l’autre, les ingénieurs et les hommes d’affaires, en quête de profits et de résultats, manifestent un réalisme plus terre à terre. Le choc de l’invasion sur l’industrie pétrolière irakienne s’avère dévastateur. Moins du fait du déluge de bombes et de missiles largués par l’aviation américaine que du pillage généralisé dont est victime l’Etat dans toutes ses incarnations : administrations, écoles, universités, archives, bibliothèques, banques, hôpitaux, musées, entreprises sont systématiquement dépouillés, vidés, saccagés. Les appareils de forage sont démantelés pour les hypothétiques bouts de cuivre qu’ils renferment, laissant des carcasses désossées et inutiles. Les pillages durent dix semaines, du 20 mars à la fin mai 2003. Un tiers des dommages infligés à l’industrie pétrolière l’ont été pendant les combats, les deux tiers ensuite ».
Le massacre en Irak et l’élimination de Saddam Hussein ne débouchent que sur un bilan pitoyable :
« ExxonMobil, BP, Shell, Total, mais aussi des groupes russes, chinois, angolais, pakistanais ou turcs, se précipitent néanmoins, dans l’espoir que les choses évolueront dans le bon sens pour eux. Newsweek titre le 24 mai 2010 sur le « miracle irakien » et écrit : « Ce pays a le potentiel pour devenir la prochaine Arabie saoudite. » Deux ans après, si la production augmente (plus de trois millions de barils par jour en 2012), les pétroliers s’irritent des conditions qui leur sont faites : les investissements sont lourds, la rentabilité demeure médiocre et les champs pétroliers n’entrent pas dans leurs réserves propres, ce qui déprime leurs cours de Bourse. (…) La Turquie, qui ne fait rien pour arranger les choses avec Bagdad, promet un oléoduc direct entre le Kurdistan et la Méditerranée. Chantage ? Pour une part, sans doute. Mais, sans la guerre, les compagnies auraient-elles eu le loisir de mettre les Irakiens en concurrence entre eux ? Quoi qu’il en soit, on est loin des objectifs que s’étaient fixés les Etats-Unis. Dans le domaine pétrolier aussi, la guerre fut pour eux un énorme échec. M. Alan Greenspan, qui a dirigé la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, de 1987 à 2006, et qui est donc bien placé pour connaître l’importance du pétrole dans l’économie internationale, a sans doute formulé ce qui s’approche le plus de la vérité sur cette sanglante affaire : « Je déplore qu’il soit politiquement déplacé de reconnaître ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région» (Jean-Pierre Séréni).
Les grandes compagnies pétrolières américaines et les lobbies bancaires avec leurs banksters veulent briser le « pétrole arabe » et pour ce faire leur contrôle passe par la mainmise militaire de leur Etat sur la région. Même si l’Etat vassal d’Israël commet des meurtres de masse pour ses commanditaires – le PNB d’Israël est une plaisanterie[13], ils n’ont pas les moyens de s’offrir les armes aussi sophistiquées qu’ils utilisent – et si l’Etat « juif » contient ses propres délirants exterminateurs, il n’est pas question de « jeter les arabes à la mer ». La tragi-comédie de la guerre locale doit être entretenue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une goutte de pétrole dans la région. La guerre juifs/arabes entretient en outre un nationalisme hystérique qui tue toute conscience de classe.
Pas plus que l’Etat « juif » le Hamas n’a les moyens, même avec les teeshirts à 50 euros vendus par quelques affidés à la manif à Paris, de s’offrir ses missiles ou rockets (lourds et volumineux engins sensés être introduit par des souterrains de fortune). Autant Israël est financé par la bourgeoisie américaine, autant le Hamas est financé par l’Iran, les prises d’otage, etc.

Avec pour source El Watan, journal de la bourgeoisie tunisienne, Meyssan véhicule les positions d’un camp militaire avec cette histoire de « gaz palestinien » qui serait l’enjeu du massacre en cours. Sans accuser le Mossad (SS israélien) de la cause originelle du conflit rallumé à Gaza, mais en l’accusant quand même par cette formulation : « … le Mossad a organisé l’annonce de l’enlèvement et de la mort de trois jeunes Israéliens (…) prétexte pour lancer une offensive contre le Hamas, en application de son analyse de 2007 » - Meyssan apporte un éclairage intéressant sur le soutien de l’Egypte à Israël[14] : « Le nouveau président égyptien, le général Abdel Fattah al-Sissi, a engagé Tony Blair pour le conseiller, sans qu’il démissionne pour autant de ses fonctions de représentant du Quartet [10]. Poursuivant la défense des intérêts de British Gas, il a alors suggéré une « initiative de paix » parfaitement inacceptable pour les Palestiniens, qu’ils ont d’ailleurs refusé tandis qu’Israël l’acceptait. Cette manœuvre vise clairement à donner l’occasion à Tsahal de poursuivre son offensive pour « déraciner le Hamas de Gaza ». Mais il trouve toujours le moyen de glisser un petit clin d’œil va-t-en-guerre au « camp palestinien » : « Comme à l’habitude, l’Iran et la Syrie ont soutenu la Résistance palestinienne (Jihad islamique et Hamas). De la sorte, ils ont aussi montré à Tel-Aviv qu’ils ont la capacité de lui faire aussi mal en Palestine qu’il lui fait en Irak par l’entremise de l’Émirat islamique et des Barzani ».
Si Meyssan concède une demi-vérité (la guerre « énergétique » pour le contrôle du pétrole) -qui n’explique en rien la bagarre réelle entre pétrole financier et pétrole arabe et qu’en effet Israël (ou plutôt les grandes compagnies pétrolières et le gang de Bilderberg[15]) ne veulent absolument pas éliminer le Hamas, trop utile comme cache-sexe d’une faction des consortiums pétroliers arabes - il nous refait le coup de la bipolarité nationaliste stalinienne, au cul des bourgeoisies arabes et du Hamas d’un clivage « entre Résistants et Collaborateurs à l’impérialisme » ; cela sent à plein nez le discours simpliste d’extrême droite à la Soral et pro-poutinien :
« Seule la lecture des événements d’un point de vue énergétique permet de les comprendre. Car il n’est politiquement pas de l’intérêt d’Israël de détruire le Hamas qu’il a contribué à créer pour relativiser le Fatah. Ce n’est pas non plus dans l’intérêt de la Syrie de l’aider à résister alors qu’il s’est allié à l’Otan et a envoyé des jihadistes se battre contre le pays. La période du « printemps arabe », qui devait porter au pouvoir les Frères musulmans (dont le Hamas est la branche palestinienne) dans tous les pays arabes, est révolue. En définitive l’impérialisme anglo-saxon est toujours mu par des ambitions économiques qu’il impose au mépris des logiques politiques locales. Le clivage qui structure durablement le monde arabe n’est pas entre partis religieux et laïques, mais entre Résistants et Collaborateurs à l’impérialisme.

6.      LA FAUTE AUX FONDS DE PENSION ?

Terminons par la rumeur la plus comique des causes des malversations capitalistes, qui tient la jambe à l’autre rumeur bien connue « les juifs maîtres du monde » (quoiqu’ils soient nombreux à Goldman&Sachs et dans le show-biz). Thierry Ardisson, le 25 septembre 1999, « tout le monde le sait, ce sont les fonds de pension américains qui gouvernent la France ». Bernard Pivot, le 26 septembre 1999, « on dégraisse les ouvriers français pour engraisser les retraités américains ». Bernard Thibault, playmobil à l’époque de la CGT, le 12 septembre 1999, « les fonds de pension n’ont aucune moralité ! Ce qui les intéresse, c’est leur taux de rentabilité pour leurs actionnaires ». Les fonds de pension pour le vulgum pecus peu informé sont la réincarnation de Mussolini et Ford. C’est bien connu, ils n’ont qu’un seul objectif : détruire la retraite par répartition que nous connaissons aujourd’hui en France. Avec les fonds de pension, il n’y aura que des retraites pour les nantis et rien pour les fauchés de base. Ces cochons de retraités amerloques symbolisent la domination, la dictature du « grand capital ». Surtout les fonds des enseignants à la retraite du Massachusset et de Harvard ! Les récriminations contre les fonds de pension se double d’un antiaméricanisme qui reprend des couleurs rurales avec José Bové, le Groupe Attac et les syndicalistes en sabots nationalisés. Ces fonds sont ne sont pas à confondre avec les hedge funds, ils sont devenus, du fait du baby boom des couches moyennes, des produits majeurs de la finance globale. D’origine anglo-saxonne, les fonds de pension permettent aux actifs de constituer eux-mêmes leur retraite. Ce système repose sur la capitalisation individuelle : chacun épargne pour sa future retraite et construit lui-même sa pension pendant sa vie active. Un débat s’est instauré en France sur l’opportunité de créer ces fonds, mais le gouvernement a décidé de maintenir le régime actuel. Il s'agit d'un organisme financier qui collecte l'épargne des actifs pour la placer aux meilleures conditions du marché. Les cotisations peuvent être versées par les salariés (ou par leur employeur), comme par les non-salariés. Lorsque l'actif arrive à la retraite, le fonds de pension lui verse soit une rente (mensuelle ou trimestrielle), soit un capital unique. Le fonds peut être géré par l'entreprise elle-même, et les cotisations des salariés sont alors considérées comme une dette de l'entreprise vis-à-vis d'eux. En Allemagne, par exemple, une part importante des cotisations est investie dans les actions de l'entreprise elle-même. Sur le plan de la diversification des risques, ce système présente un inconvénient majeur, car il oblige les salariés à « mettre tous leurs œufs dans le même panier ». À l'opposé se situent les fonds gérés à l'extérieur des entreprises, par des entités ayant un fort pouvoir sur les marchés financiers, et gérant des sommes très importantes au niveau mondial. Ces fonds ont une stratégie d'investissement très active, et détiennent des parts élevées dans les entreprises de façon à pouvoir en contrôler la gestion.
Le débat franco-français perdure. La société Total Fina-Elf n’est plus vraiment française (Jospin aurait laissé entrer les financiers US) comme Rhône Poulenc, Suez Lyonnaise. BNP, Saint Gobain, Michelin, Axa ou ACCOR sont contrôlés fortement par des investisseurs étrangers. Les Forrester, les Bové, les anti-OMC, les anti-américains, par conservatisme syndicrate, auraient été les meilleurs avocats des fonds de pension anglo-saxons et actionnaires étrangers.  En s’opposant à l’instauration de compléments de retraite par capitalisation, dit la droite, la gauche a facilité le passage sous contrôle étranger des entreprises. Faute d’actionnaires français, elles sont des cibles attirantes pour des investisseurs internationaux.
Aux Etats-Unis la retraite par capitalisation ne concerne pas la majorité de la classe ouvrière mais ses couches supérieures, voire la fabrique à bobo (enseignement, cadres informatiques, etc.). Dans tous les cas, les prolétaires, même actionnaires par défaut ne sont pas devenues capitalistes puisque les tâches de gestion des fonds sont assurées par des professionnels, pas spécialement des escrocs en général…
Non les retraités par capitalisation de Californie ou du Massachussets ne sont pas responsables, eux, du massacre à Gaza. Dernière remarque: si l'ONU n'était pas inféodée comme les Obama, Cameron, Hollande, Merckel et Cie aux bankers, il serait tout simple d'arrêter le massacre: l'envoi des casques bleus pour séparer les kakis excités et préserver la population civile des deux côtés. Mais le capitalisme aime le sang comme le cancer, pour jouir et détruire.
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ANNEXE  (quelques lectures instructives)


http://classiques.uqac.ca/contemporains/retour_en_haut_50.gif Louis Gill économiste, professeur retraité de l'UQAM.
La réalité contemporaine à la lumière de l’analyse marxiste”.
Montréal: 7-8 novembre 2008.



Une composante majeure, sinon la plus importante, du virage intervenu au début des années 1980 est le passage, à la faveur de la libéralisation et de la déréglementation, d’un régime d’accumulation international dans lequel le cycle du capital se déroulait sur une base nationale, à un régime proprement mondial où des masses de capital volatil détachées de l’investissement dans la production sont désormais libres de se déplacer dans l’espace planétaire strictement en fonction des besoins de leur valorisation. La principale spécificité de cette nouvelle donne est la prédominance de la finance, le développement à grande échelle de cette catégorie de capital que Marx désignait déjà comme le capital fictif il y a 150 ans et dont il a minutieusement analysé la nature dans le Livre III du Capital.
Ce que Marx désigne comme le capital fictif consiste dans les divers titres, tels les actions émises par les entreprises en contrepartie de participations au financement de leur capital réel, et les obligations émises par les entreprises et les organismes publics en contrepartie des prêts qui leur sont consentis. Ces titres circulent comme des marchandises en bonne et due forme sur un marché spécifique, le marché de la finance, distinct du marché où se transigent les marchandises réelles. Leurs prix fluctuent sur ce marché et sont fixés selon des lois qui leur sont propres. Leur mouvement autonome « renforçe l’illusion qu’ils constituent un véritable capital à côté du capital qu’ils représentent… » [2]. Les transactions financières, portant sur des titres, finissent par rendre invisible le processus qui est à l’origine des dividendes et des intérêts qui en sont les revenus.
« Ainsi, il ne reste absolument plus trace d’un rapport quelconque avec le procès réel de mise en valeur du capital et l’idée d’un capital considéré comme un automate capable de créer de la valeur par lui-même s’en trouve renforcée ». [3]
Le seul fait qu’un bout de papier permette à son détenteur de percevoir un montant déterminé à date fixe fait apparaître ce bout de papier comme un capital et le montant d’argent auquel il donne droit comme l’intérêt que rapporte ce capital. À la limite, la séparation entre le capital réel et le capital fictif censé le représenter, mais devenu autonome face à lui, peut être telle que l’apparence des choses, traduite dans les données du capital financier, soit en contradiction totale avec la réalité. « Même une accumulation de dettes, écrit Marx, arrive à passer pour accumulation de capital » [4]. Mieux encore, les titres d’une dette publique contractée pour faire l’acquisition de biens détruits par la guerre par exemple continuent à circuler alors que ces biens n’existent plus, de sorte que la ruine prend la forme de l’enrichissement; le capital fictif s’enfle dans la mesure même où le capital productif est détruit [5].
Dans la sphère financière, l’argent semble faire de l’argent sans rapport avec le processus réel de production des valeurs. Des transactions boursières portant sur les actions d’une entreprise peuvent produire un rendement financier supérieur à celui que cette même entreprise obtient dans la sphère réelle par la fabrication et la vente de marchandises. Une envolée des cours boursiers peut très bien se produire à un moment où l’économie est stagnante. Comme fruit des politiques néolibérales, dans un monde où les marchés financiers dominent l’économie de part en part, la spéculation tend à devenir le mode de fonctionnement normal de la sphère financière.
De par sa nature, la sphère financière est par ailleurs le lieu propice de la manipulation et de la fraude, le lieu où les « initiés » influencent les fluctuations des valeurs des titres pour en tirer un profit par la magie de la « comptabilité créative », par le rachat de leurs propres titres par les entreprises, grâce à l’endettement. L’éclatement de la bulle financière du début des années 2000 en a fourni un exemple frappant avec les retentissants scandales d’Enron, World Com, Tyco, etc. qui ont révélé une fraude érigée en système.
La croissance boursière des années 1995 à 2000, sans rapport avec la croissance réelle beaucoup plus faible de l'économie, avait encore une fois nourri les illusions quant à un pouvoir magique des marchés financiers de créer par eux-mêmes de la richesse. Ces illusions ont été une fois de plus brutalement contredites lorsque ce qui n'était qu'une « bulle financière » a finalement éclaté en mars 2000 amorçant une chute soutenue des cours boursiers qui allait anéantir en deux ans des milliers de milliards de dollars d'actifs financiers, priver de leur emploi des dizaines de milliers de salariés, ruiner des millions de petits investisseurs et mettre en péril les retraites reposant sur des placements qui se sont volatilisés. Après avoir culminé à 11 700 points en janvier 2000, l'indice Dow Jones chutait à 7 800 en juillet 2002, perdant 33% de sa valeur. Au cours de la même période, l'indice Standard and Poor's 500 perdait 45 % de sa valeur et l'indice NASDAQ des valeurs technologiques, 75% de sa valeur.
À l'aune de la déréglementation, on a vu déferler au cours de cette période, dans l'ensemble des secteurs mais particulièrement dans celui des technologies de l'information et des communications, une vague de création de mégaconglomérats résultant de fusions-absorptions et d'acquisitions, souvent à des prix nettement supérieurs à la valeur des actifs acquis et en contrepartie d'un endettement massif.
Pour toutes les débâcles qui en ont résulté, les mêmes causes : des acquisitions tous azimuts aux fins de l'élimination de la concurrence, réalisées à des prix dépassant la valeur réelle des actifs acquis et source d'un endettement prohibitif, dans l'expectative optimiste de bénéfices qui n'ont pas été au rendez-vous. Les conséquences : la faillite pure et simple de l'entreprise, son démantèlement ou son sauvetage in extremis par la vente d'actifs et des mesures dites de rationalisation, telles des licenciements massifs; dans tous les cas, des radiations d'actifs (de montants équivalant à la différence entre la valeur très élevée des acquisitions et la valeur du marché au moment de la radiation), la volatilisation de milliards de dollars qui révèlent brutalement leur caractère de capital purement fictif dont la valeur élevée n'était qu'artificielle, poussée à ces sommets par la spéculation et les pratiques frauduleuses.
Entre le sommet des marchés boursiers atteint en 2000 et la fin de 2002, la capitalisation boursière mondiale a chuté de 13 350 milliards de dollars (dont la moitié aux États-Unis), soit 1,3 fois le PIB des États-Unis. Cela illustre le fait que, livré à lui-même, le capitalisme est en proie à de profondes difficultés et qu’il est constamment à la recherche de moyens artificiels pour tenter de les surmonter, comme la création de masses de capital fictif, qui s’écroulent par la suite comme des châteaux de cartes.
L’importance de la crise des valeurs technologiques en 2000-2002 ne doit pas faire oublier que la totalité de la période de la mondialisation du capital de placement à l’aune de la libéralisation et de la déréglementation a été parsemée de crises financières : crise mexicaine de 1982, suivie de la crise de la dette des pays sous-développés, provoquées par la hausse du dollar et des taux d’intérêt aux États-Unis, crise boursière de 1987 aux États-Unis suivie en 1989 par la faillite et le sauvetage des Caisses d’épargne et de crédit, crise de la bourse de Tokyo et crise immobilière japonaise en 1990, nouvelle crise de la dette au Mexique en 1995, crise des pays « émergents » d’Asie en 1997 et contrecoup de cette crise au Brésil, en Argentine et en Russie.
Pour tenter d’éviter la catastrophe à la suite de l’écroulement d’importants piliers du secteur financier à l’échelle mondiale, on a vu les pouvoirs publics de l’ensemble des pays intervenir massivement dans diverses opérations de sauvetage, comme le rachat de titres toxiques, de titres du marché monétaire, de papier commercial des entreprises, d’actions des régimes de retraite, la nationalisation de banques, d’assureurs, etc., la création d’énormes quantités de liquidités par les banques centrales et la baisse des taux d’intérêt. Ces mesures ont été sans effet sur les marchés boursiers qui ont continué à piquer du nez pour retrouver, à la fin d’octobre 2008, les niveaux d’avant 2003, alors que la crise financière se propageait à l’économie réelle dont il a fallu constater qu’elle s’engageait dans une sévère récession mondiale.
Pour juger de l’état de la situation, il faut souligner que l’économie mondiale souffre d’une grave endémie systémique qui est le résultat de trente années de néolibéralisme, à savoir l’hypertrophie de son secteur financier, lieu naturel du déploiement du capital fictif, de la spéculation, de la recherche par des moyens douteux du rendement maximum à court terme, de la manipulation et de la fraude. De 5,2% en 1980, la part du secteur financier dans la capitalisation boursière a atteint 23,5% en 2007 aux États-Unis [11]. À l’échelle mondiale, la valeur des produits dérivés de toute sorte atteignait à la même date entre 300 000 et 500 000 milliards de dollars, comparativement à une valeur des marchés boursiers et obligataires de 100 000 milliards et un PIB mondial de 50 000 milliards [12].
Cela démontre que la majeure partie du capital se trouve investie dans des opérations qui ont peu à voir avec l’économie réelle, des opérations dont la valeur fluctue au gré des mouvements spéculatifs et dont le montant est propulsé à des sommets par des effets de levier donnant lieu à un endettement de l’ordre de 40 dollars par dollar investi. L’importance majeure du développement du marché du crédit à l’extérieur du système bancaire réglementé, en raison de la place croissante occupée par les fonds spéculatifs (hedge funds) et les fonds de capitaux privés non cotés en bourse (private equity funds), a largement contribué à son dérèglement et à nourrir les doutes les plus sérieux à l’égard de sa nouvelle configuration [13].
En vérité, les événements d’aujourd’hui sont si dramatiques qu’ils en incitent plusieurs à remettre en question l’architecture complète des marchés des capitaux qui a émergé au cours de la dernière décennie.[…] Comme le dit George Soros, le légendaire gérant de fonds spéculatifs : ² Ce n’est pas une crise normale, mais la fin d’une époque ² »[14]
La panique des fonds spéculatifs pressés de liquider des actifs s’élevant à 1 800 milliards de dollars au début de la crise a significativement intensifié le mouvement de chute des cours boursiers à l’automne 2008.
Le groupe mafieux ELF (cf. lire http://afriquevamal.chez.com/elf.html)
Plus ennuyeux pour Elf, la justice française a fait saisir durant l'été 1998 les comptes de trois de ses filiales, dans une affaire à rebondissements. En septembre 1993, par l'entremise d'une société luxembourgeoise LMC, l'Etat brazzavillois obtient de plusieurs banques internationales un "prêt" de 150 millions de dollars, en principe destiné à construire des lycées, moderniser la justice et relancer l'économie. Le prêt est garanti, entre autres, par Elf-Congo. Ni les lycéens, ni les juges congolais ne voient la trace de cet argent. A Brazzaville, l'Etat ne l'a pas vu passer, mais ne porte pas plainte ! Les banques non plus, sans doute discrètement remboursées. Seul s'agite l'intermédiaire, le gérant de LMC Francis Le Perven, floué de sa commission. Victime d'intimidations, convoqué par la DST, il finit pourtant par obtenir un jugement qui contraint la caution - le groupe Elf - à le dédommager. C'est ainsi qu'on apprend, par des familiers du dossier, que l'argent du prêt a "abouti chez des proches de Pascal Lissouba, mais aurait également servi à financer des campagnes électorales françaises". Avec près d'un milliard de francs, on peut en effet diversifier les "investissements". 

Pétrole une guerre d’un siècle de William Engdhal :

Cet ouvrage remet radicalement en cause l'idée que l'on se fait communément de la politique internationale et de ses enjeux. Il décrit les moyens extrêmes que les Anglo-Américains sont prêts à mettre en œuvre pour conserver une suprématie née en 1815 et renforcée au prix des deux Guerres mondiales. Nous savons, depuis l'élection de George W. Bush, que la politique américaine et le pétrole entretiennent une relation intime. William Engdahl montre que l'économie des Etats-Unis repose sur un approvisionnement en pétrole bon marché illimité, et sur la suprématie du dollar sur les autres monnaies. Vous découvrirez comment le premier choc pétrolier fut une incroyable et cynique manipulation conçue par Henry Kissinger pour opérer un transfert planétaire de capitaux vers les banques de Londres et de New York, au prix de la ruine des pays du Tiers-monde ; comment ces pays en faillite, contraints de s'endetter auprès du FMI, se virent prêter à grands frais ces mêmes capitaux dont ils avaient été auparavant spoliés. Vous verrez comment la géopolitique du pétrole est à l'origine de l'effondrement de l'Union soviétique, de l'éclatement de la Yougoslavie, et de l'arrivée au pouvoir puis de la chute des Talibans. Vous serez surpris d'apprendre comment, dans les années 1970, les mouvements écologistes anti-nucléaires financés par les grandes compagnies pétrolières, devinrent le cheval de bataille visant à entraver l'indépendance que l'énergie nucléaire aurait pu procurer à nombre d'Etats, afin de les maintenir dans l'orbite des pétroliers. Vous comprendrez enfin que la décision d'envahir l'Irak fut prise pour assurer l'hégémonie de la puissance anglo-américaine et le contrôle de l'économie mondiale pour les 50 ans à venir.


Le financement du Hamas :
 Le professeur Joseph Massad écrit : « Jusqu’à récemment, le Hamas recevait la plupart de ses financements du gouvernement iranien, connu pour financer des activités terroristes à travers le monde. L’année dernière, l’Iran a arrêté de financer le Hamas provoquant une fissure économique au sein de l’organisation terroriste.
Lors de l’interrogatoire, Tuama a fourni des informations à Israël concernant une série d’entités internationales faisant partie du réseau mondial de financement du Hamas, l’une d’elles localisée en Arabie Saoudite recevant des dons venus des quatre coins du monde. Parmi ces entités figurent l’Institution Internationale Al Qods et l’Union du Bien (“Union of Good”) dirigées par Yousef al Qardawi.
L’argent du pétrole (venant d’Arabie Saoudite, du Koweit, de Libye, des Emirats Arabes Unis et d’Irak) a commencé à affluer dans les caisses de l’OLP, en premier pour s’assurer que l’OLP n’encouragerait pas des changements révolutionnaires dans les pays arabes, et ensuite pour que les armes de l’OLP soient uniquement tournées vers Israël, tant que cela ne s’oppose pas aux intérêts de ces régimes. La guerre civile libanaise et le rôle que l’OLP y a joué dans la seconde moitié des années 1970 restait un problème, mais pour autant que les régimes arabes étaient concernés, c’était un problème qu’ils pouvaient circonscrire.
La victoire électorale du Hamas a changé les règles du jeu. Les Etats-Unis et l’Union Européenne insistent pouur que le Hamas se fasse à l’idée que ses armes doivent uniquement être tournées du côté des Palestiniens qui résistent à Israël, aucun argent ne devant être versé dans le cas contraire. Le Hamas refuse d’accepter ces exigences et considère comme une réelle alternative l’argent du pétrole (d’Arabie Saoudite, du Qatar, des Emirats Arabes Unis, du Koweit, et d’Iran), comme si aucune condition n’y était attachée. En effet beaucoup de ces financements avaient été coupés après le 11 septembre sur instruction des Etats-Unis, laissant le Hamas dépendant de financements privés en provenance de ces mêmes pays. C’est là que résident le dilemme du Hamas et sa capacité future à agir. Les scénarios possibles sont les suivants :
-  Les Etats-Unis et leurs alliés coupent toutes les sources directes et indirectes de financement à l’Autorité Palestinienne dans l’espoir de forcer le Hamas à leur emboîter le pas
-  Les Etats-Unis et leurs alliés coupent toutes les sources directes de financement (ce qui représente en réalité relativement peu d’argent) et maintiennent des sources indirectes via des canaux qui ne sont pas directement liés à l’AP mais via des ONGs (Organisations Non-Gouvernementales) comme c’est déjà largement le cas, en affirmant que ces organisations sont les seules à pouvoir obliger le Hamas à modifier son programme et que supprimer ces financements signifierait mettre au profit du Hamas les « réalisations » d’Oslo.
Quelque soit le scénario retenu (et cela dépendra du point de vue qui dominera à la Maison Blanche), le Hamas cherchera, et est en fait déjà en train de chercher, des financements alternatifs de la part des gouvernements arabes et musulmans de la région du Golfe. Comme tous ces gouvernements craignent autant maintenant la popularité du Hamas qu’ils craignaient le mouvement de la guérilla palestinienne dans les années 1960 et 1970, ils sont heureux de trouver un moyen de le contrôler et de s’assurer que la rhétorique et le potentiel que le Hamas représente n’inonderont pas leurs propres pays. Depuis que les tentatives par Israël et l’AP de détruire le Hamas par la répression (sans parler de sa criminalisation par les Etats-Unis et l’Europe et son harcèlement permanent par les Jordaniens) ont échoué à le rendre moins populaire, la mise sous tutelle parait être pour les régimes arabes la meilleure stratégie. Ce qui est escompté, c’est que le financement du Hamas par l’argent du pétrole puisse écarter la menace que celui-ci représente et puisse l’influencer dans son action.
Savoir combien de temps le Hamas résistera à un tel scénario dépend largement du clivage interne au mouvement. Au contraire du Fatah et de l’AP, le Hamas a une histoire et une réputation limpides, sans accusation de corruption ou de vol, mais complètement liées aux services à caractère social qui aident tant des dizaines de milliers de Palestiniens.
L’aura qui a entouré le groupe jusqu’à maintenant ne perdurera pas une fois que le Hamas assurera sa nouvelle charge, quelles que soient les sources de financement qu’il trouvera. Alors que plusieurs des principaux responsables du Hamas ont été assassinés par la campagne terroriste israélienne de meurtres ciblés, la direction à la tête du Hamas aujourd’hui n’est plus aussi unifiée sur les questions centrales qu’elle a pu l’être dans le passé. Il est important de noter que le Hamas a connu depuis sa création des fluctuations sur le plan idéologique, non seulement sur la question de négocier ou non avec les israéliens mais aussi sur les éléments du processus d’Oslo sur lesquels il est prêt ou non à s’engager, pour ne citer que ces deux questions centrales. Sa récente participation aux élections, lesquelles résultent d’Oslo, sont en complète contradiction avec son rejet officiel de cet accord. Son action durant ces prochains mois, si ce n’est durant ces prochaines années, permettra de savoir si le Hamas se lance dans des acrobaties idéologiques et, si c’est le cas, quelles seront les conditions de financement qu’il aura acceptées, celles des pays du Golfe ou celles des Etat-Unis et de l’Union Européenne (USA/UE).
Les différences entre les conditions USA/UE et celles venant du Golfe ne sont pas aussi marquées que les dirigeants du Hamas semblent vouloir le faire croire. Les deux côtés veulent domestiquer le Hamas en le faisant disparaître comme menace pour eux-mêmes et pour Israël. Les Etats-Unis peuvent jouer le même rôle que celui qu’ils ont joué pendant 30 ans lorsqu’ils refusaient de négocier avec l’OLP et sous-traitaient le soutien de celle-ci aux pays du Golfe. Les Etats-Unis peuvent à nouveau adopter cette stratégie pour une autre trentaine d’années.
Même si les conditions posées par les pays du Golfe peuvent apparaître moins astreignantes que celles des USA/UE, dans la mesure où ils ne vont pas se risquer à demander devant toute la planète que le Hamas abandonne son programme (seul le gouvernement égyptien avait franchi ce pas et pourrait rapidement revenir en arrière), ils peuvent lui demander de se comporter comme s’il avait effectivement changé son programme mais sans y renoncer de façon ouverte. Dans les deux cas, l’effet serait le même. Le peuple Palestinien a voté dans sa majorité pour le Hamas dans l’espoir qu’au contraire du Fatah corrompu et répressif, il puisse le délivrer en mettant un terme à l’occupation. Si le Hamas veut rester fidèle à ses principes par rapport à la question de la libération des territoires sous occupation, la seule stratégie qu’il puisse suivre est justement celle que l’Autorité Palestinienne et Arafat, sur les instructions de leurs donateurs, avait abandonnée en 1994, c’est-à-dire un retour à une mobilisation du type de celle de la première Intifada, mais sans avoir recours aux attaques-suicides qui sacrifient des vies palestiniennes et israéliennes. Les dirigeants du Hamas ont en effet fait connaître leur disposition à maintenir la trêve militaire avec Israël en place depuis plusieurs mois. En tant qu’élément central du gouvernement, le Hamas pourra aisément organiser une grève générale et des manifestations massives contre l’occupation israélienne qui seraient centrées sur le Mur de l’Apartheid, les implantations coloniales et les checkpoints.
Si le Hamas, comme certaines déclarations récentes de ses responsables l’indiquent, combine une stratégie interne avec une offensive diplomatique pour remettre sur les rails la loi internationale et le consensus exprimé dans les résolutions des Nations Unies contre l’occupation, contre les colonies et contre le Mur (tous ces aspects ont été négligés par l’Autorité Palestinienne aussi bien sous Arafat que sous Abbas par volonté de se conformer aux désirs des donateurs), il sera alors à même de maintenir et même d’augmenter sa popularité dans le peuple Palestinien.
La collaboration de l’Autorité Palestinienne, récompensée par beaucoup de financements, n’a pas ramené un mètre carré de terre palestinienne sous souveraineté palestinienne, et le Hamas n’acceptera jamais ce type de marché. Comme cela dépend des rapports de force internes au Hamas, il est difficile de savoir quelle stratégie suivra l’organisation. Comme ce n’est pas l’attribution d’argent sous condition mais plutôt une réelle stratégie pour évincer les occupants israéliens, qui mettra fin à l’occupation et permettra au Hamas de rester au pouvoir, le test pour les dirigeants du Hamas sera soit de jouer le jeu illusoire de la gouvernance sous occupation comme le Fatah l’avait fait, soit de parvenir à une mobilisation et une résistance massives et civiles contre cette même occupation.
Les ennemis du peuple Palestinien font des prières pour que le Hamas choisisse l’illusion de gouverner.
* Joseph Massad est professeur associé en Histoire intellectuelle et politique du monde arabe à l’université Colombia. Son livre The Persistence of the Palestinian Question sera publié prochainement par Routledge





[1] Le discours du NPA est non seulement sirupeux et creux mais typique de la tradition trotskienne ; ils manifestent et soutiennent au fond, réellement, les tueurs du Hamas. Ci-gît une partie du discours en province d’un autre idiot utile comparse de Besancenot, …à choisir un camp nationaliste :
« … Alors, nous dira-t-on, vous autres antisionistes, vous êtes pour la destruction de l'Etat d'Israël ? Ne mélangeons pas les choses. Les Israéliens juifs (5 millions et demi de personnes) forment aujourd'hui un peuple et ils resteront. Mais aucune paix n'est envisageable sans une égalité totale, politique et économique entre les peuples de la région. Quelle que soit la solution envisagée (un ou deux états), cela devra être les sociétés de tous leurs citoyens. Donc oui l'existence d'un « Etat Juif » (Etat Français, ça sonne mal et ça rappelle de mauvais souvenirs, n'est-ce pas ?) où les Non Juifs sont des sous citoyens est un cauchemar. Un Etat ne peut pas être à la fois juif et démocratique, c'est une contradiction. La paix passe par le respect de la citoyenneté de tous et par celui des droits humains fondamentaux. Le sionisme est une idéologie criminelle. Et c'est une catastrophe pour le judaïsme quel que soit le sens qu'on donne à ce terme. En mélangeant sciemment juif et sioniste et en assimilant toute critique d'Israël à l'antisémitisme, les sionistes transforment « l'antiisraélisme » (selon la formule d'Edgar Morin) en antijudaïsme. Ils se comportent en véritables pyromanes. Il est temps que la parenthèse sioniste se referme ».

[2] L’archéo-impérialisme se rattache aux mécanismes de domination et d’exploitation du stade concurrentiel soit l’échange international de marchandises sur la base de coûts comparatifs comme destruction de secteurs de production concurrençant les produits de la métropole (destruction de l’artisanat textile en Inde et en Afrique du nord, mais on pourrait ajouter à l’époque actuelle : destruction des industries nationales…). Le néo-impérialisme caractérise le monopolisme dans la mesure où l’exportation de capital devient le support d’activités de production implantées dans les pays moins avancés et dirigés de l’extérieur pour les besoin de l’économie dominante capitaliste, c'est-à-dire tout aussi bien la drogue que le pétrole.
[3] In L’homme et la société, 1970, N°15. Reproduit sur le site Persée.
[4] Cela ne diminue pas pour autant le génie théorique de Lénine qui voit loin pour caractériser l’impérialisme moderne : « Ce qui caractérise l’impérialisme actuel, où règnent les monopoles,  c’est l’exportation des capitaux » . Ou encore : « Si les capitalistes se partagent le monde, ce n’est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s’engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils le partagent « proportionnellement » aux capitaux », « selon les forces de chacun », car il ne saurait y avoir d’autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme ». (cf. Lire l’excellent article de Christian Palloix : La question de l’impérialisme chez Lénine et Luxemburg, sur le Portail Persée).
[5] Sa formule est datée : « L’impérialisme est l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalistes nationaux autour  des derniers territoires non-capitalistes encore libres ». (cité par Pallois).
[6] Palloix écrit génialement contre les simplistes recruteurs anars et gauchistes de base : « la conscience de classe ne se forge pas « naturellement » dans le rapport prolétaire-patron, mais dans la perception des contradictions dont est victime le prolétariat ».
[7] Dès la fin de la Seconde guerre mondiale au lendemain de la conférence de Téhéran, Roosevelt se rend en Arabie Saoudite sceller le Pacte du Quincy. Le Pacte du Quincy a été scellé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy (CA-71) entre le roi Ibn Séoud, fondateur du royaume d'Arabie saoudite, et le président américain Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta. La durée de cet accord était prévue pour une durée de 60 ans et ces accords ont été renouvelés pour une même période en 2005 par le président George W. Bush. Les rois d’Arabie Saoudite ne sont plus désormais que des VRP des compagnies pétrolières, et Roosevelt avait obtenu en échange de ladite protection de la pétromonarchie la plus grande base militaire de la région…au nez et à la moustache de Staline.
[8] Sous couvert de lutte contre des bandes armées terroristes, même sans question pétrolière à l’horizon – quoique tout territoire puisse être présumé servir au passage de canalisations – la bourgeoisie française a déjà mené deux guerres avec son pantin Hollande, à l’arrière.
[9] Le capital est forcément le produit de l'exploitation de l'homme par l'homme quel qu'en soit la forme, y compris le pétrole qui demeure une marchandise. Voici ce que disait Marx à ce sujet dans le Capital: « Il est sans importance pour le capitaliste qu'il avance le capital constant pour retirer un profit du capital variable ou qu'il avance le capital variable pour mettre en valeur le capital constant, qu'il engage de l'argent sous forme de salaires en vue d'augmenter la valeur des machines et des matières premières, ou qu'il l'engage sous forme de machines et de matières premières afin d'exploiter la force de travail. Bien que la partie variable du capital soit seule à créer la plus-value, elle ne le fait qu'à la condition que les autres parties du capital, les instruments de production, soient également avancées. Comme le capitaliste ne peut exploiter le travail que s'il avance du capital constant et qu'il ne peut mettre en valeur le capital constant que s'il avance du capital variable, ces différents éléments s'identifient dans sa conception, et cela d'autant plus facilement que le taux réel de son gain se détermine par le rapport de celui-ci, non pas au capital variable, mais au capital total, par le taux du profit et non par celui de la plus-value." (K. Marx - Le Capital –Livre III – Section I - Ch.II ).

[10] Lire aussi « Echec d’une guerre pour le pétrole » par Jean-Pierre Séréni, mars 2013 : « Longtemps, les responsables américains l’ont affirmé : l’invasion de l’Irak n’était pas destinée à s’emparer du pétrole. Pourtant, des documents récemment déclassifiés racontent une autre histoire. Pour la population irakienne, c’est une évidence ; pour les « faucons » du Pentagone, un contresens. La guerre d’Irak, qui, depuis mars 2003, a fait au moins six cent cinquante mille morts, un million huit cent mille exilés et autant de personnes déplacées, a-t-elle été une guerre pour le pétrole ? (…) En janvier 2001, quand il arrive à la Maison Blanche, M. Bush doit faire face à un problème déjà ancien : le déséquilibre entre la demande de pétrole, qui augmente rapidement en raison de la montée en puissance des grands pays émergents comme la Chine ou l’Inde, et une offre qui ne suit pas. La seule solution envisageable se trouve dans le Golfe, qui abrite 60 % des réserves mondiales, avec trois géants, l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Irak, et deux autres producteurs importants, le Koweït et les Emirats arabes unis ».

[11] La terrible guerre interne en Syrie est liée au projet Nabucco. Enterré selon Gazprom, société russe de transport et production de gaz, le projet Nabucco semble renaitre de ces cendres dans cette nouvelle guerre proche orientale. Ne dit-on pas que la Syrie est « la clé de la Maison Russie »? La guerre pour le pétrole/gaz qui permettra notamment de connecter les oléoducs Saoudiens jusqu’en Turquie (porte vers l’Asie), raflant au passage le marché syrien (arme et pétrole), en détrônant Assad, est dans les plans occidentaux. La Turquie est donc intégré au grand projet Nabucco (Bulgarie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Croatie – Slovenie – Italie – Turquie). Ce projet a pour objectif de couvrir l’Europe du gaz Saoudien et alimenter l’Asie du sud. Le projet Nabucco est un projet USA – France – Grande Bretagne. Nabucco était censé concurrencer les projets russes. Initialement prévu pour 2014, il a dû être repoussé à 2017 en raison de difficultés techniques. À partir de là, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe, mais chacun cherche toujours à étendre son projet à de nouvelles zones. Cela concerne d’une part le gaz iranien, que les États-Unis voulaient voir venir renforcer le projet Nabucco en rejoignant le point de groupage de Erzurum, en Turquie ; et de l’autre le gaz de la Méditerranée orientale : Syrie, Liban, Israël. Le gisement de gaz de Tamar en Israël découvert par la compagnie texane Noble Energy (sic) n’est pas si important qu’on a bien voulu le proclamer. Comme le Liban est aussi concerné par cette trouvaille, la position américaine vise d'une part à entretenir la division pour jouer un rôle de médiation comme elle fait semblant de le faire avec les Palestiniens, d'autre part à empêcher Israël de devenir un acteur autosuffisant.


[12] Le gouvernement Bush était composé de personnalités issues du monde économique, et singulièrement des multinationales du pétrole. Dick Cheney, l’homme qui planifia la guerre du Golfe et dirigea le premier équipementier pétrolier mondial, préside à la Maison-Blanche un groupe de travail qui a fait de l’approvisionnement énergétique la priorité absolue de la politique extérieure des USA. Qualifié de "société secrète" par le Washington Post, ce groupe a hissé la construction d’un gazoduc reliant le Turkménistan à l’océan Indien au rang d’objectif stratégique justifiant le renversement du régime taliban. En France, actuellement Hollande n’est que le petit télégraphiste des mousquetaires Total/Areva/Bouygues/Bolloré.

[13] La définition du bled israélien par wikipédia prête à sourire alors qu’il ne s’agit que d’une colonie juive américaine dont tous les habitants ficheront le camp le jour où cette bande de terre ne sera plus arrosée par le pognon américain, abandonnant une poignée de bigots au mur des lamentations :  « L'économie israélienne est un système capitaliste moderne d'un pays jeune et se caractérise par un secteur public relativement important et un secteur de la high-tech en croissance rapide. Les entreprises israéliennes, principalement dans ce domaine, sont très appréciées sur les marchés financiers mondiaux. Israël est le second pays en nombre de sociétés cotées au NASDAQ. En 2010, Israël a officiellement rejoint l'OCDE. En 2006, des milliardaires et des magnats américains dont Bill Gates, Warren Buffett et Donald Trump ont chacun loué (sic) l'environnement économique israélien2.L'État d'Israël est relativement pauvre en ressources naturelles. Ainsi, l'État hébreu importe une bonne part de sa consommation énergétique (100 % de sa consommation pétrolière par exemple) et alimentaire. Le pays importe également de grandes quantités de diamants bruts (d'Afrique du Sud notamment) et d'autres produits industriels. Le pays commerce principalement avec l'Union européenne et les États-Unis. Mais l'Asie prend de plus en plus de poids dans la balance commerciale israélienne.

[14] Mais l’Egypte compte pour du beurre, n’est pas arrosée par le pognon US comme Israël, ni meublée en matériel militaire haut de gamme.
[15] Bilderberg : Le Groupe de Bilderberg a été fondé par en 1954 à l'Hôtel Bilderberg à Osterbeek à l'invitation du Prince Bernhard des Pays-Bas, co-fondateur du Groupe avec David Rockefeller. Le Groupe de Bilderberg n’est pas un simple think tank , il est sans doute le plus puissant des réseaux d'influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l'économie, de la finance, des médias, des responsables de l'armée ou des services secrets, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Le Siècle n’est une filiale du club de Bilderberg , La French American Foundation est de son côté une filiale du Council on Foreign Relations, dont le programme 2008-2013 est connu sous le nom de "Nouvel Ordre Mondial". le Bilderberg ne veut pas d'une co-gestion franco-allemande de l'Europe, mais d'une co-gestion américano-européenne de monde occidental. Sur ce point il rejoint l'objectif de la French American Foundation.