"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 29 septembre 2011

6 PERSONNAGES EN QUETE DE HAUTEUR


On se prendrait presque au jeu de cette mini « loft story ». Chaque candidat au pompon final n’a-t-il pas ses chances ? Sauf François. Il a déjà couché dans la piscine avec la gogo girl Ségolène. Le petit Manuel aurait bien des accointances avec cette dernière mais elle est trop grande pour lui. Plutôt cougar, Ségo lorgne vers Arnaud, mais à condition qu’il accepte un rapport SM. Il semble méfiant, elle lui a déjà reproché de s’être moqué de son ex François. Martine semble séduite par le vieux marginal Jean-Michel, et attend son heure.

Une ombre plane sur le plateau que ne masque ni l’éclairage ni la poudre sur le visage des comédiens professionnels. Le producteur de l’émission n’a pas de chance pour cette deuxième série, il a pioché dans une bande d’anarchistes. Il a dû faire éjecter un obsédé trop marqué à la culotte, Dominique. Assez déprimés les restants se sont réunis dans le salon. Toutes et tous veulent s’en prendre aux banques – pas au FMI, ni à la Commission européenne ni à l’Etat français ni à la justice américaine - avec ce côté proudhonien pour défendre l’épargne des français, mâtiné d’un stakanovisme bon teint qui, sous la langue de bois de Martine – « relancer la croissance par l’investissement » - n’est qu’une imitation de « travailler plus pour la France » du premier candidat éjecté, Nicolas S. François, pour une fois, est complice de Martine dans la discussion autour du samovar (offert par Jean-Pierre Pernaut) : « il faut rétablir la confiance dans l’avenir ». Admirable François qui tend vers le haut, et avec une forte ostentation son cou amaigri par tant de gymnastique présidentielle ; il sait bien que l’avenir du groupe de copains est un long passé. Autant François est évasif, autant Martine se veut concrète (cherche-t-elle à le séduire ou à le déstabiliser ?). Elle parle de croissance, d’emploi, de gens qui ne peuvent pas se soigner, d’impôt sur la fortune, ce qui fait révolutionnaire.

Manuel leur fait les gros yeux à tous soudain. Vous rêvez tous éveillés, réplique-t-il en posant son bol avec colère : « il faut dire la vérité à tous les copains qui vont voter pour nous ! Il faut faire comme ma potesse d’Outre Rhin, mollo pour les salaires ! Et, je vous le dis, l’effort à faire pour redresser l’économie sera plus important que celui exigé pour reconstruire le pays après 1945 » ! Manuel est très remonté contre Arnaud, d’abord parce qu’il plaît à Ségolène, ensuite parce qu’il dit des conneries du matin au soir et que çà commence à bouillir dans le loft. Il faut pas jouer au tout Etat comme du temps de Leonid. Le souci c’est d’aider les PME (il est d’accord là-dessus avec Martine) : « je dirai même un soutien à la compétitivité des PME soutenu par un effort à faire partager aux français ».

Ségolène intervient bien décidée à ne pas s’en laisser compter par p’tit Manu. Elle se fait plus anarchiste que le gauchiste de service, Arnaud (et c’est bien pour lui faire un appel du pied sous la table du salon) : « je veux interdire les licenciements boursiers, changer les règles du jeu, sortir de ce système ». (Arnaud se pâme et croit avoir entendu dire que la Royal veut sortir du système capitaliste). La Ségolène atteint des accents comparables à Arlette : « quand les patrons se barrent, il faut que l’entreprise soit reprise par les ouvriers, des coopératives de production, et çà marche ». Arnaud sourit, ravi, lui qui est simple employé chez Mac Do. Martine manifeste alors son inquiétude, sousentendu qu’on ne va tout de même bolcheviser toute l’industrie et nos chères PME, premier patron de France : « il faut garder les entreprises rentables ! ».

François n’a pas digéré que Martine, au début de la mise au point sur les transats balance ce truc brillant : « relancer la croissance par l’investissement », aussi lui oppose-t-il cet autre formule : « le problème est le financement de l’économie ». Remarquez que la formule est drôle en elle-même : qu’est-ce qu’une économie qui doit être « financée » alors que la finance devrait être l’aboutissement de l’économie, ou, dit autrement qu’une économie saine n’a pas besoin d’être financée ? Comme son ex, Ségolène, François garde un bon souvenir de certains aspects de la vie en couple bourgeois (Mr. Gouvernement et Mme Patronat) : une entreprise rentable, des bénéfices partagés, des salaires modérés, un chômage avouable, etc. Il ne propose pas un remariage mais de garder des relations familiales conviviales, elle gardera les enfants Arnaud et Manuel pendant qu’il ira faire les courses au supermarché des PME. C’est à ces p’tits jeunes qu’il pense le tendre François avec son « contrat de génération », pour qu’ils aient du travail : Manuel comme ministre de l’Intérieur et Arnaud, secrétaire d’Etat au tourisme et aux camps de vacances CGT.

Martine, qui sent que François se gonfle les chevilles et prend quelques voix de plus au standard d’Europe 1 et de la chaîne parlementaire, n’en peut plus, que dire pour rabaisser ce coq en pâte qui s’est fait cirer les dents et teindre ses rares cheveux ? Si si, elle a trouvé : « Je crois à la gestion française ! ». Pas terrible pourtant vu l’absence de réaction des autres copains. Arnaud profite du silence pour trépigner comme un ado qui veut être pris au sérieux et se lancer dans une tirade de lycéen, enamouré lui aussi par les PME : « je crois à la révolution verte ! Nous avons besoin de faire éclore des milliers d’entreprises innovantes, mais à condition de nous couvrir… les autres ils mettent bien des capotes, regardez les brésiliens, pourquoi pas nous ? ».

Manuel, qui frémit à chaque parole de son principal rival dans le cœur de Ségolène – mais qui est attiré de plus en plus par le bel éphèbe François – n’en peut plus : « je ne crois pas aux solutions administratives et juridiques de l’époque de Leonid ou de Joseph ! On ne sauvera pas notre bourgeoisie en la surtaxant mais par la partouze industrielle ! ».

Arnaud devient polisson : « c’est du Jean-François Copé ! ». Manuel ne laisse pas passer : « Ah non Arnaud, t’as pas le droit ! Trop facile ! Tu vises en dessous de la ceinture ! Aider la bourgeoisie c’est être de gauche ! Vouloir plus de flics, c’est être de gauche ! ».

Martine tente à son tour de consoler Manuel en s’en prenant au polisson : « tu exagères Arnaud, le protectionnisme n’a aucun sens, 60% de notre économie relationnelle se passe de capotes et autres stérilets de papa ! »

Ségolène a senti passer le vent du boulet, ne risque-t-elle pas d’être la prochaine éjectée du loft ? Martine et Arnaud ne se sont-ils pas déclarés plus français que François ? Elle rentre dans le lard : « Il faut interdire les délocalisations ! Il faut que les Etats agissent plus vite que les spéculateurs ! », puis, dans la grande tradition du socialisme caviar elle élève son propos pour faire rêver la classe ouvrière : « Il faut faire de la France un pays d’entrepreneurs », et, parodiant le grand dirigeant prolétarien G.Séguy, elle s’exclame : « Il faut un Grenelle des PME ! », tout en assénant un grand coup (pour séduire encore Arnaud le gauchiste BCBG) : « en avant pour la réforme fiscale au service de la révolution technologique ».

François, conscient que les délires de p’tit chouArnaud et de la chèvre, pourraient nuire à la réputation du loft socialiste, tempère les ardeurs, préserve la chèvre et le chou et ne souhaite pas que ce soir le petit fils d’Yves Montand serre la paluche à un nouvel éjecté : « Il faut associer l’Etat et l’entreprise… cette histoire de protectionnisme est une caricature (voyons cher Arnaud mon petit !)… Le mot clé, c’est la réciprocité, tu l’apprendras tu verras avec ta compagne, l’ancienne présentatrice d’un journal télé… Puis il s’élève au-delà des conflits individuels, feint la colère en tendant ses petits bras : « regardez la Chine, hein ! elle a une monnaie inconvertible, elle met capote sur capote. D’où qu’elle est la réciprocité ? ».

Manuel, débordé par tant d’emphase ne sait plus quoi dire (il atteint avec impatience la fin de l’émission avec le sujet policier), il évoque une contribution écologique et une contribution des machines pour ceux qui croient que le futur loft de gouvernement ne veut qu’une surexploitation des travailleurs sous les termes « restaurer la croissance ».

Martine sent le coup fourré de François avec son « contrat de génération ». Comme elle est la plus vieille avec ce grand nigaud Jean-Michel du parti radical (pouet pouet), elle espère bien au moins Matignon ou le ministère de la culture. Elle en rajoute : « …exonération des charges pour l’embauche… pour les seniors, bilan de compétence à 45 ans et taxer les entreprises qui s’en débarrassent… ».

Le ton est monté, quoique nullement politique et nullement passionnant, car les bilans de compétence les prolétaires en subissent tous les ans. Arnaud rattrape le coup et surenchérit, et se cabre en auguste porte-parole du lobby écolo-bobo :

« La révolution écologique va nous permettre de réindustrialiser le pays ». Puis (avec des trémolos dignes d’un Jules Ferry ou d’un Henry Ford) l’archange de la gauche juridique clean chante : « Il faut faire naître une nouvelle génération de capitaines d’industrie basé sur un grand plan d’économie d’énergies dans les logements qui permettra de remiser le nucléaire français et le pétrole arabe au rang de la hache et de la cheminée de nos grand-mères ! ».

Martine, il est vrai, venait d’évoquer les milliers d’emplois en vue pour doubler les cloisons des appartements, poser des triple vitrages, combler les combles et généraliser les panneaux solaires, au total des métiers d’avenir passionnant pour les jeunes dans le prochain socialisme municipal et écologique.

Les derniers instants filmés dans le loft laissent voir une certaine complicité des copains et des copines. Aux vannes des merdeux Arnaud et Manuel, succèdent quelques bonnes blagues. Manuel à Ségolène : « Tu es royale… ah ah », même si l’autre ne goûte guère et pense visiblement « qu’est-ce que t’es mauvais ! ». Martine se retient d’aller gifler François qui joue au grand homme, au rassembleur et qui parle trop vite pour être fair play. La bande de copains et de copines ne cause pas longuement de la police. Pas besoin tous OK pour faire barrage sur le sujet à une certaine Marine (à ne pas confondre avec Marine). Oui urgence il faut plein de nouveaux policiers et expulser au cas par cas. Arnaud qui fait une nouvelle bourde en usant du terme « généreux » perd toute chance de conquérir le cœur de Ségolène : « gaffe… généreux ! certainement pas, où tu vas l’angelo ? ». Manuel sera l’as de la reconduction aux frontières, mieux que le zozo de l’Elysée.

Excédé par ces filles qui ne cessent de lui donner la fessée devant tout le parterre, Arnaud se venge en les piégeant pour leurs relations troubles avec un certain Guérini de Marseille (et a demandé à être protégé par la police). Martine tombe dedans et défend le mafieux au nom de « la justice », Manuel culbute aussi. Arnaud sourit, n’est-ce pas cet idiot de Manuel qui avait assuré à deux reprises que les français pensent que trois hommes politiques sur quatre sont pourris ? Les deux M n’ont-ils pas ainsi confirmé que le loft socialo est pourri ?

Les derniers échanges sont désespérés. Personne ne veut quitter le loft. Qui sera le meilleur gagnant-gagnant ? François veut que le gagnant soit réformé. Arnaud un arbitre. Martine qui a déjà dit qu’elle voulait qu’on lui sucre 30% de son salaire, aura le mot de la fin, se tournant vers les spectateurs du jeu, personnalisant : « nous avons besoin de vous, de toi ». Le gras et chantant Jean-Michel clôt en vérité la messe : « la république laïque doit être défendue comme un bien sacré ». Quoique ce ne soit pas le dernier qui parle qui a raison. François laisse l’impression d’avoir été le curé de toutes ces bonnes âmes. Ne fut-il pas onctueux à souhait, se préparant sans doute à être le dernier éjecté du loft ?

mercredi 28 septembre 2011

Chérèque "en rouge" chez Le Monde

Je m'efface platement devant tant de commentaires lucides de lecteurs du Monde sur la pub outrancière faite au faux-cul Chérèque - j'ai éliminé les gogols de l'apologie du syndicat gangbang pour neuneus - ces libres commentaires révèlent mieux que tout sondage l'état de décrépitude dans la classe ouvrière des syndicats, des partis de gauche et des "tueurs" au gouvernement avec l'ignoble affaire Karachi (mais il y en eût tant d'autres sous Chirac: attentat contre la magasin Tati - Irangate - massacre d'Ouvéa, etc.). Le Monde garde les commentaires sous les articles, ce qui est important. Libé en les renvoyant à l'intérieur pratique la censure et tue les commentaires. Or depuis quelques années, les commentaires sont devenus plus intéressants que les articles bruts des journalistes.

Commentaires choisis à Le coup de sang de François Chérèque

Sur le syndicalisme en France il y a beaucoup à critiquer par sa bureaucratisation et division et défense des intérêts corporatismes dans beaucoup de cas. Malheureusement la CFDT est toujours très proche du pouvoir ( politique et MEDEF) et sa modération dans les moments difficiles fait beaucoup du mal au syndicalisme. On peut accepter être modéré dans les formes mais pas dans le fond. La CGT au moins est capable de faire bouger le peuple et elle a de vrais syndicalistes dans sa base. Pas agir contre ce Gouvernement UMP à ce moment c’est de la collaboration. Malheureusement le PS n’est pas non plus un parti de gauche ( imaginer DSK comme son candidat debut 2011 montre la position à droite du PS) et le PCF avec Mélenchon et son discours PS le dimanche à la Fête de l’ Humanité ne donne pas d’espoir à la gauche française à ce moment sans père et sans mère. L’alternance UMP / PS consolide le système UMPS (changer pour rien changer). Soit il est le temps de finir avec une démocratie parlementaire qui est incapable de représenter les intérêts du peuple ( mais représentent ceux des oligarchies , politiciens, lobbies, …) et passer à une démocratie directe ( consultations directes et fréquentes au peuple sans intermédiaires) avec un minimum de « élus » et une administration réduite et efficace … La brochette de 6 candidats aux premières socialistes elle est un brochette qui ne tient pas pour gérer les changements nécessaires et la crise…. même à six ils donnent pas confiance. Trop d’ ego-latrie et très peu de compétences et expérience national et internationale … Mais TSS tout sauf Sarkozy et ses complices doit être la priorité en 2012 pour sauver …

J’ai mal au coeur en lisant l’article. Non pour le cynisme des hommes d’État que nous connaissons bien, hélas. L’histoire nous raconte tant d’hommes sacrifiés, massacrés au nom de la raison d’État. Tant de sang versé au front ou au travail. Je ne m’interroge plus sur la nécessité ou non, de maintenir un système étatique qui met une puissance économique et militaire entre les mains de personnes les plus assoiffées de pouvoir.
C’est en lisant votre prose concernant le syndicalisme, que je me suis senti mal, je vous cite : « Les syndicats ont perdu la bataille – la réforme est passée – mais ils ont gagné la confiance majoritaire de l’opinion. »
Je crois que vous exagérez. Selon moi, le syndicalisme français est décrédibilisé depuis plus d’une dizaine d’années. Depuis 1905 ? Il se maintient en vie grâce à un clientélisme local qui lui permet d’avoir quelques cotisations à la fin du mois. Les grandes centrales, sauvées pour le moment par la réforme de la représentativité syndicale, disparaitront lorsque le clientélisme ne sera plus possible à mettre en place, malgré les efforts des patrons et du pouvoir politique (qui souhaitent tous deux la paix sociale…). Ce ne sont pas tant les défaites que leur manque d’engagement dans la bataille qui les décrédibilise. Surtout que leur manque de combativité est plus que visible. La rigolade sur les retraites en 2010 est à ce titre pathétique. De Mars à Octobre, nous avons lutté : de grèves en grèves, de petites journées de marche en défilés joyeux… En octobre, nous étions épuisés, tristes, vidés. Chérèque et Thibault sont tous les deux responsables. Et leur stratégie d’essoufflement était écrite depuis longtemps… Nous en parlions entre nous dès le mois de mai. Rien de nouveau sous le soleil, cet été là. Maintenant, il me semble surtout que les revendications vont au-delà des conditions de travail. Elles concernent les conditions de vie. Chérèque ne veut pas s’engager. Entre nous, il faut une bonne dose d’humour pour payer ses cotisations à la CFDT et ils ont Chérèque quelques fois à la télé ! Fou rire garanti pour l’orthophoniste comme pour l’ouvrier licencié !
Quant à Thibault, cet homme est mort syndicalement et politiquement. Bernard, tu te souviens de la charte d’Amiens ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». Tu rejoins dans le caveau le cadavre de Chérèque qui ne sait pas qu’il est mort. Bernard, tu as peut-être été un camarade. Une dernière fois, fais nous plaisir, dis-le lui. Tu lui rappelleras pour l’énerver que la CFDT a défendu l’autogestion dans les années 1970 .. même si cela n’a pas duré.
Les Bernards ! ! Je ne m’inquiète pas pour leur avenir. L’État français sait être reconnaissant. Un pantouflage quelconque.

Bonjour monsieur « militant ».
Je ne tiens pas à vouloir convaincre un militant. C’est fatigant et inutile. Pour les autres lecteurs, ils trouveront sur le ouaibe, des articles éclairants (sites de gauche évidemment) pour expliquer pourquoi des salariés l’ont traité de collabo. De social-traître. De félon. Un digne héritier de Nicole Notat, Edmond Maire… Un homme qui voit dans la mondialisation, un espoir de progrès.
Kenavo en effet…

§

Qu’il s’émeuve, ainsi, sur le sujet, n’est pas offusquant en soi. Il n’est pas loin de la vérité. Mais on peut toujours se demander : Qu’est-ce qui n’a pas « marché », ou ne marche plus, pour justifier une telle sortie? Nietzsche écrivait que « nul ne ment autant que l’homme indigné ». Ce ne sont pas ses allégations qui constituent le mensonge, nous le savons. Il est dans son rôle syndical, à cause des travailleurs tués, et aussi citoyen et politique, nous pouvons avoir des opinions. Mais l’ire soudaine nous interroge. La CFDT fut toujours habile pour les circonvolutions. La précédente responsable de Chérèque, Notat, on sait comment elle a « atterri ». Pas mal pour une syndicaliste. Ceci dit, un syndicat a le droit d’être modéré.
Mais le sujet garde toute sa gravité. L’énervement de Fillon, à l’Assemblée, après le trait acéré de Mamère, tombe sous l’adage de Nietzsche, tant par sa forme (furibarde) que par son contenu (qui demeure pauvre : aller évoquer l’affaire DSK, pour la présomption d’innocence).

L’affaire Karachi- « Karachigate »-nous invite à réaliser que l’Etat, à son sommet , est capable de sacrifier délibérément la vie de 11 compatriotes au nom de querelles de clans (clan Balladur contre clan Chirac, M.Sarkozy n’étant alors qu’un simple exécutant devenu depuis lors un bénéficiaire) désireux de s’emparer du pouvoir laissé vacant depuis la fin du 2ème septennat de François Mitterrand. Des politicards prêts à tout pour parvenir au sommet de l’Etat manifestent alors leur mépris sans borne pour la démocratie comme pour la République. Il n’est plus question seulement de petits arrangements à la petite semaine entre amis pour se partager les prébendes, les postes et les avantages qui vont avec. Il s’agit d’abonder les caisses de partis supposés l’emporter à la présidentielle de 1995 puis la présidentielle de 2002 et même la présidentielle de 2007.C’est une priorité absolue: il faut obtenir de l’argent pour gagner à défaut de pouvoir s’appuyer sur un large réseau de militants et de soutien dans la société civile. De l’argent il y en a dans l’industrie pétrolière, beaucoup même. Il y en a aussi(beaucoup également)dans le commerce d’armes. C’est le cas, précisément de l’affaire Karachi. Là où nous avons un petit souci c’est que plutôt que de verser l’argent des rétro commissions lié au contrat signé aux Pakistanais l’argent semble avoir été versé(malencontreusement)sur un compte de campagne de l’équipe Balladur-Sarkozy(ce dernier étant déjà le numéro 2 de l’équipe Balladur),en espèces ou en liquide si vous préférez. Le non versement de ladite somme aux Pakistanais a abouti à l’attentat que l’on sait(= mesure de rétorsion).L’argent en question apparaît bien dans les comptes de campagne de M.Balladur. Nous devrions pouvoir passer, après avoir mis tout cela au clair, à la VIè République.

Le vent tourne, Chérèque tente de se refaire une virginité ?

Comment ne pas s’indigner des comportements d’hommes politiques qui par leurs trafics ont provoqué la mort de leurs concitoyens pour leur enrichissement personnel ;Haute trahison , meurtre par biais de tiers , association de malfaiteurs ; quand a cela s’ajoute le mépris des familles le bannissement a vie et l’ostracisme a perpétuité sont des peines encore trop douces .

De vrais comédiens cette Cfdt . Le Canard avait bien caricaturé ce Chérèque même, lors de la réforme des retraites, allant comploter par l’entrée de service à Matignon…un vrai « SOCIAL KILLER ».

Ce syndicat réformiste est en fait COLLABORATIONNISTE : ils font semblant de se battre mais désertent toujours au moment opportun pour traiter en coulisses et signer ce que le personnel rejette au prétexte que s’ils n’avaient pas signé « c’aurait été pire »…mais le pire arrive quand même! Si un journaliste d’investigation pouvait s’intéresser aux promotions à France-Télécom ,il pourrait facilement en conclure que l’entreprise aime bien les syndiqués cfdtistes et comprendre quelque part pourquoi cette « boîte » en est arrivé là…C’est un ancien des Télécoms qui parle là.

Le « c’aurait été pire », je l’ai entendu rue de Paradis à chaque fois que la CFDT signait, soit avec le patronat, soit avec le pouvoir en place….ou avec les deux!!!
A vomir. |

J’aimerais bien que la CFDT non explique vraiment ce que s’est qu’un candidat « républicain » et pourquoi le FN en est exclu. Je crois qu’il y aurait de quoi se marrer

Ce pauvre Chérèque n’est plus guère crédible. Il l’est d’avantage dans son rôle habituel de sous-marin du pouvoir en place, ou de paillasson UMP…

Tout le monde sait que la CFDT joue le jeu du gouvernement UMP et que ça ne date pas de Chérèque. Ces « coups de sang » à la télé une fois de temps en temps ne sont que de la poudre aux yeux.

Chérèque n’a rien d’autre à faire. Râler pour la seule chose qui indigne autant à droite qu’à gauche. Et faire oublier ses compromissions et ses accointances avec le pouvoir et le patronat Ce sont des types comme lui qui ont ridiculisé l’idée même de syndicat auprès des salariés. Au grand bonheur du Medef.

Chérèque est l’as du double langage et dans les actes c’est le Rantanplan de Fillon. Avec Nicole Notat ils auront fait beaucoup de mal au monde du travail, et permit une régression sociale sans précédent.

Chérèque est féroce en effet : il a renoncé à faire réussir tout mouvement social se présentant à lui. Il se comporte comme un paillasson depuis 10 ans, fillon et sarko, dont les jours sont comptés, ne vont pas se mettre à le respecter maintenant !

Le zozoteur à son Fillon nous fait son Boorlo…

Chérèque ne « pousse une gueulante » que lors des campagnes pour les élections professionnelles, de manière à se refaire une virginité, pour faire oublier que la fédération qu’il dirige ne fait qu’accompagner toutes les réformes imposées par les gouvernements successifs. Assez de rodomontades, par pitié !

On voit et on entend beaucoup Monsieur Chérèque , à tout propos et hors de propos , dans les médias, à l’approche des élections professionnelles dans la Fonction publique ! Bien davantage en tout cas que ses concurrents et rivaux syndicaux que les mêmes médias ignorent superbement. À quoi tient cette évidente et suspecte complaisance ? Veut-on déjà, dans le cadre de l’alternance PS/droite, probable en 2012, nous habituer à un futur » ministrable » ?

Au fait, elle est en où l’affaire de la caisse noire de l’UIMM qui avait arrosé tout le monde (politiciens comme syndicats) ? c’est drôle comme ça a fait pschittttt…

Les syndicats, en France, ont-ils encore une quelconque utilité au passage?

mardi 27 septembre 2011

GREVE DES ENSEIGNANTS : L’INSTRUMENTALISATION DES « DéPOUILLéS »



Après les bobos marginaux « indignés », ces messieurs-dames de l’Eduque Naze ont rempli les rues pour réclamer « des moyens ». Dans le cortège parisien, une poignée des « jardiniers de l’intelligence » (cf. V.Hugo, père d’Adèle H, cité par le poète François H) se sont dépouillés pour le carnaval syndical hyper-corporatif, en compagnie du privé (ce qui fait plus chic). Une trentaine marcha torse nu (femmes en sous-tif) pour attirer les médias sur la dure condition enseignante pourtant refroidie par les coupes budgétaires. Même pas foutus de se mettre à poil complètement, c'est bien encore du radicalisme syndical nunuche en slip!

Que s’indigne-t-on parce que le budget de l’E.N. est « dépouillé » ? La retraite n’a-t-elle pas été « épurée » ? Et les allocs fin de droit « cramées » au point que les stages maquillés voient arriver des chômeurs qui ne peuvent même pas se payer la cantine le temps de leur gommage des chiffres officiels ? Mais nos braves répétiteurs à moitié à poil poursuivent leur petit bonhomme de chemin dans leur cocoon avec les mêmes revendications que l’an passé, ou qu’il y a dix ans, voire beaucoup plus longtemps. On a toujours manqué d’enseignants et il en manquera de plus en plus avec l’accroissement du nombre d’élèves qui est moins grave certes que les coupes budgétaires du gouvernement de rigueur sarkozyste. Les élèves on peut toujours les caser à 30 ou 40 dans une salle avec des profs au rabais. Il s’agit de préserver les « bons établissements » tout en laissant dériver les zones à fort chômage, à burqa et à bazars orientaux… il sera toujours temps de récupérer le trop plein illettré sous l’uniforme kaki. Mêmes ritournelles syndicales d’enseignants moutonniers… on a toujours manqué d’enseignants, tous les gouvernements font des suppressions de poste… dans la cour de l’école on y danse tous en rond.

Les « dépouillés » se seraient organisés eux aussi en « collectifs » comme les indignés avec leurs têtes d’iroquois et leur petite fumette: se réunissent-ils habillés ou nus ?

Voici en tout cas une masse d’électeurs potentielle, pour ne pas dire assurée, enfin pas tout à fait, à la gauche caviar. Le gouvernement et son sinistre de l’éduque naze, Chatel, la joue plutôt suicidaire à sept mois de la Présidentielle, cette capricieuse, maugréent certains. Sarko ferait bien de cesser de se moquer des « fonctionnaires protégés », vu qu’il s’est fait gauler grave au sénat.

Allons bon, cette mascarade des « dépouillés » a été si bien préparée par l’aristocratie syndicale que personne ne s’en plaindra ni ne changera de programme télé ce soir. Grève proprette, annoncée à l’avance de trois calendriers majeurs pour la bourgeoisie :

- à la veille du vote au Parle-ment du budget 2012 (jeudi) pour que les O.S. pèsent sur ledit vote (comme elles l’ont fait brillamment pour les retraites) qui envisage la suppression de 14.000 postes ; disons que le gouvernement en laissera passer 12.000 seulement histoire de saluer la « pression » des OS et de compatir à la douce colère des « dépouillés », au comportement « moral » et « citoyen » assuré.

- à la veille de la 2ème « primaire » des candidats socialistes à la candidature suprême, qui sont accourus à perdre haleine pour embrasser leur principale base électorale ; ils étaient tous là les menteurs sauce gauche caviar, les Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélanchon. A Toulouse, petit chahut émaillé de slogans contre Sarkozy du côté des rangs lycéens. Ils étaient dans les 200 venus principalement des établissements publics pour soutenir leurs professeurs. «Nous sommes 35 par classe en moyenne pour cette rentrée. Comment va-t-on faire pour avoir notre bac dans ces conditions», interroge Audrey, 16 ans, en classe de première à Colomiers.

- et enfin à sept mois de la Présidentielle où il n’est pas sûr que le méchant dirlo Sarko soit battu, car les répétiteurs des pauvres sont une race très malléable et assujettie à l’idéologie dominante ; certains conviennent que Sarko a dégradé les choses mais il y a belle lurette qu’elles l’étaient dépouillées, pardon dégradées les choses… alors lui ou un autre… Et ce n’est pas qu’une question de nombre, il faudrait des profs compétents qui doivent désormais (eh oui) avant tout apprendre à apprendre, supporter des gosses non socialisés, etc. Impossible et inimaginable. Le milieu répétiteur gnangnan peut tout aussi bien voter Sarko que par exemple François H. quand on voit le nombre de rombières et de rombiers à gauche comme à droite qui ont plaint le pervers DSK, et qui ne voient que Sarko de taille à le remplacer dans leur cœur nunuche d’électeur…

François H., qui risque au final d’être le doublon du M.X (Gaston lagaffe Deferre en 1965), n’est pas trop crédible pour ces enseignants « responsables » pour le pays, qui pensent qu’il ne faut pas « creuser le déficit budgétaire ». Le député de Corrèze et candidat à la primaire socialiste a promis, il y a quelques semaines, qu’il recréerait en 5 ans, s’il était élu à l’Elysée, les «60 000 à 70 000» postes supprimés dans l’Education nationale depuis 2007. Même le bobo enseignant le plus catéchisé à l’idéologie gauche caviar ne croit pas à cette fable repiquée au candidat gauchiste caviar (et antibraquemard) Montebourg…

Ecarquillant ses grands yeux de Flanby amaigri, François H. est venu dire bonjour aux « dépouillés » en tendant aux journalistes son petit communiqué: "Le mouvement enseignant d'aujourd'hui, d'une ampleur exceptionnelle, exprime d'abord la profonde colère de la communauté éducative envers la politique que le président de la République inflige, depuis cinq ans, à l'école et ceux qui y travaillent". Il exprima, selon son porte fifre Sapin, "aussi une volonté de changement » : « Je veux redonner par une politique ambitieuse et une nouvelle confiance, sérénité et ambition à notre Ecole. Pour moi elle est la première priorité nationale, et c'est pourquoi je réitère ma proposition de faire adopter une loi de programmation qui permettra de créer 60.000 postes sur cinq ans dans l'Education nationale"(x). Son ex, Ségolène Royal, candidate avec les autres primaires du PS, n’a pas promis monts et merveilles, mais s’est contentée d’être sobre pour marquer moralement qu’elle "soutient totalement la mobilisation des enseignants et de l'ensemble du personnel éducatif », soulignant qu’elle remettrait l'éducation au coeur de tout », si tous ces défilants voulaient bien venir se faire rhabiller le jour sacré de l’élection, en ajoutant pour ces benêts qu’elle rétablirait les postes supprimés.

(x) C’est une grosse farce que chacun peut décrypter. Ainsi faut bien faire attention à l’équipe de campagne de François H., son porte-cigarette M. Sapin a précisé qu’il « reste très attaché à la maîtrise des dépenses publiques », qu’il n'y aura « pas d'augmentation globale des effectifs de la fonction publique ». Eh bé comment qu’y feront ? « Les créations de postes dans l'éducation nationale seront compensées par des suppressions de postes dans d'autres ministères. » Exemple ? Suppression de casernes de CRS, d’aristos syndicaux pléthoriques dans les « administrations »… Et ne pas oublier que François H. compte surtout sur « la croissance » c'est-à-dire sur la productivité de la classe ouvrière pour embaucher ; comprenez si pas de croissance, ce ne sera pas de sa faute, mais de la vôtre !