"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mercredi 2 mai 2012

TROP C'EST TROP: une campagne électorale puante


Nous aurons supporté jusqu'à ce mois de mai probablement la campagne électorale la plus minable de toute l'histoire de France. Cette campagne bourgeoisie truquée, assourdissante et merdique se termine par une valse hésitation de la majorité des pelés et tondus électeurs : ils ne savent plus où donner de la tête, à qui refiler leur vote ; tous pourris ? Pas un pour relever l’autre. Ces tristes élections laissent de toute façon un goût amer aux premiers concernés, les prolétaires, et ils n’y auront trouvé aucune promesse crédible, aucune conscience élevée, aucun espoir de changement… sauf celui de virer le petit PN de l’Elysée, qui se sera trop fait prier pour dégager sans semer la zizanie, la haine et le dégoût.
Le studio où vont s’affronter les deux candidats de la bourgeoisie est fin prêt, pré-chauffé, décoré. Les caméramen ont pour consigne de ne pas filmer le crâne dégarni de Hollande ni le nez busqué de Sarkozy. Les médias ont beau user de métaphores guerrières ("duel", "guerre des mots") ou sportive (match de boxe, etc.), tout cela sera temporisé par la réalisation de l'émission. Depuis 1981, une charte établie par le duo Serge Moati-Robert Badinter exclut les "plans d'écoute". En d'autres termes, vous ne verrez pas les deux adversaires se décomposer lorsque les coups pleuvront.  
La droite ose croire encore que le blaireau de l’Elysée va écraser son adversaire quand la gauche mise sur le calme mitterrandien de son candidat. Quel ennui et quelle décrépitude que cette campagne lassante, puante et horripilante. Ils se bagarrent déjà comme des chiffonniers à droite avec le venue de la défaite comme, parmi la gauche bourgeoise et corrompue, certains « parrains » ne souhaitent pas la victoire des futurs impuissants à « maîtriser la finance, interdire la spéculation… ».

Le challenger sortant aura tout tenté, au ras du bitume, sans vergogne, sans honte, s’adressant surtout aux vieux retraités privilégiés dont cette masse grisonnante et frissonnante de bourgeois venus s’agglutiner derrière la place du Trocadéro en agitant des drapeaux tricolores pour imiter les troupes gériatriques de la smala Le Pen. Cette campagne d’insultes et d’attaques incessantes contre le candidat Hollande se termine par la pire démagogie – qui ne fait pas recette dans les zones urbaines – la dénonciation du trop d’étrangers. Comme Hollande avait bafouillé face à la question piège du Pujadas de service, le blaireau en avait profit pour clamer « oui il y a trop d’immigrés », déclamation aussi stupide qu’inique, que pourrie… Hollande, face à Bourdin, corrige par une autre hypocrisie : « il n’y a pas trop d’immigrés en situation légale, mais il y en a trop en situation illégale ». Aucun des deux concurrents n’y changera rien et là n’est pas la question. La vraie question : il n’y a plus assez de travail pour tous dans la crise, ni pour ceux qui vivent ici ni pour ceux qu’on a fait venir. Sarkozy est un salopard qui se moque des prolétaires en général, de ceux qui sont au chômage (au début de sa campagne tardive et ratée) et de ceux qui sont au travail (exaltation de l’exploitation salariée + parade clownesque pour ridiculiser le 1er mai). Sarkozy, qui a senti le vent du boulet de sa défaite annoncée, aura rendu quand même un dernier service aux syndicats traîtres, ces parangons du travail partagé et cloisonné, ces appareils sur lesquels il a pu compter entièrement pour faire passer l’attaque sur les retraites, en les criminalisant comme « rouges » et en dénonçant leur façon de se mêler de la politique. Les fonctionnaires syndicaux s’y voyaient déjà dans ce minable 1er mai, qui ne signifie plus rien, qui ne sert qu’à faire défiler menteurs et escrocs de base. Ils pensaient, en chantant les cantiques trade-unionistes ringards : « la classe ouvrière aura oublié qu’on avait sablé le champagne avec le blaireau ». Ils n’avaient pas tort, en général la classe ouvrière a autant de mémoire qu’un piaf.
Le travail en régime capitaliste n’est ni exaltant ni une gloire, il est toujours et de plus en plus une humiliation, pour l’ouvrier comme pour l’ingénieur  (Le journaliste Bourdin sur RFM a eu le génie de formuler ainsi sa première question à Hollande : « que vaut la valeur travail quand on est au chômage ? » ; que ne l’a-t-il posée au blaireau... Le président des riches se permet lui, sans cesse, de se moquer de ceux qui travaillent en exigeant qu’ils soient soumis à ses propos imbéciles de petit boutiquier néo-nazi, parce que la majorité des millions de retraités, ces chanceux en sursis, attendent que les actifs leur servent longtemps encore la soupe, et que ces gériatriques citoyens ne pensent qu’à leur gueule.

Si les électeurs provisoires et ponctuels du FN sont réellement des protestataires et en grande partie des prolétaires ils ne peuvent pas reconduire le blaireau des capitalistes, ils peuvent aussi s’abstenir. Ceux qui voteront pour le zozo de l’Elysée sont à considérer comme des épaves de l’idéologie, nullement à plaindre, parfaitement méprisables en tant que catégorie de lumpen inconscients. Mais le trafic électoral ne simplifie pas les choses, et n’agit pas au plan rationnel. La plupart des gens ne lisent ni les journaux ni internet mais prêtent l’oreille à ce qui se dit mécaniquement à la radio et à la télé.
Dans ce cadre culturel restreint et sans oxygène pour l’esprit critique et la conscience de classe, la campagne finale simpliste de Sarkozy empeste et pue considérablement. Elle pue non seulement parce qu’elle reprend les arguties du FN (le racisme d’Etat et le communautarisme entretenu ne sont pourtant pas une invention du FN, mais le jouet à plusieurs facettes agité par la bourgeoisie de droite ou de gauche au gouvernement, avec un langage double et triple au même moment, langage de la perversion narcissique de l’imbécile Copé au dictateur Sarkozy : on dénonce comme on défend les « immigrés » en général mais tout gouvernement assure en même temps des expulsions…inévitables… et qui ne servent à rien puisque les patrons du bâtiment et des services sont toujours demandeurs d’employés sans protection ni juridique ni sociale. (Le pacha Sarkozy a fait refaire une de se résidences à Versailles par des équipes de… sans papiers, dont l’un fût expulsé à la fin des travaux).
La campagne sarkodélirante pue aussi parce qu’elle s’appuie naturellement sur la pourriture des concurrents de la gauche caviar dont les politiciens sont en bagarre permanente entre eux. La gauche caviar fait son propre tort à coups de règlements de compte. Plus que la dénonciation des promesses fallacieuses du « rêveur » Hollande (ce nul, ce mou, cet incapable, dixit Sarkozy, petit pote de cour d’école), les scandales qu’on s’envoie à la figure remplacent le cartable d’écoliers morveux. En tant que premier gangster de l’Etat, Sarkozy a du sang sur les mains (affaire Karachi, guerre en Libye, etc.) – « on ne peut point régner innocemment », disait déjà Saint Just – mais il a réussi à corrompre une partie du dit « camp ennemi ». Le scandale, étrangement relativisé de l’ancien bordel de la rue Saint Denis, renommé « J’ose » et offrant des boissons égrillardes pour le prétendu anniversaire du corrompu J.Dray, a bien failli faire capoter l’armada Hollande. Le lieu (la rue Saint Denis a longtemps été la principale artère des putes parisiennes), la venue du gros dégueulasse DSK, et la présence de deux gros poissons du staff Hollande, Valls et Moscovici, dont personne ne saura jamais s’ils ont été saluer leur ancien chef de clan mafieux (un parrain, même condamné reste LE parrain), n’a pas ébranlé les éléphants et les apparatchiks tourtereaux de l’officine bourgeoise de la rue de Solférino ni Libé ni le Nobs, ni tous les cercles bobos qui se sont évertués à minimiser en tant qu’affaire « privée » une rencontre très « maçonnique » entre truands de la députation, tout comme le viol du parrain à NY n’avait soulevé aucune objection vertueuse parmi les fidèles « amis ». Par contre, imaginez l’effet confondant et écoeurant parmi d’abord les prolétaires en général, puis accessoirement les votants FN aléatoires ! On aura noté au passage la faible amplitude de l’utilisation de ce scandale par machin Sarkozy, vu qu’il est mal placé pour faire la leçon avec ses partouzes au milieu des patrons du Cac 40, et sa nomination au FMI de Gros dégueulasse… et pour ne pas aggraver le cas de son espion J.Dray, auquel il est reconnaissant d’avoir en 2009 pris la défense de son fils dans l’affaire de l’Epad… et peut-être promis une place de sous-ministre si Hollande casse, passant encore pour un yaourt incapable de contrôler les amitiés mafieuses parallèles de ses sous-fifres de la vingt cinquième heure.
Au prétendu anniversaire de J.Dray, il n’y avait pas que des putations de gauche… et vu les liens personnels amicaux entre Dray et Sarko (et Mélanchon), le scandale pouvait éclabousser tout autour… c’est pourquoi, sur ordre d’en haut, la compagne de Gros dégueulasse, qui devait orchestrer les résultats électoraux, a été priée de se tenir hors des studios de la première chaîne d’infos d’Etat, BFM…
Dur dur d’être électeur dans cette puanteur qui émane des clans bourgeois, mêlés, complices, sans passerelle, où les uns naviguent dans les eaux basses sans se soucier des odeurs pestilentielles et des cadavres qui flottent à la surface. Le choix est triplement simple : les privilégiés (très riches et retraités aigris) voteront pour le blaireau, et les pauvres prolétaires dragués par les mafias de gauche choisiront entre Hollande l’archange en peau de yaourt et l’abstention.
Après il faudra continuer à faire la queue à pole emploi, et, comme en Irlande ils mettront des anti-vols attachés à la viande et les banques imposeront une amende à ceux qui ne disposeront pas de 1500 euros en dépôt permanent. Et les prolétaires continueront de se suicider ou d’aller voter humblement pour honorer leurs exploiteurs impavides.