"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 18 décembre 2010

MARCEAU COLEMAN LE PIC VERT DE LA GAUCHE CAVIAR


L’antifâchisme démocrate à l’œuvre : Comment l’anarcho-trotskien Marceau Coleman bataille avec les moulins à vent des élites intellectuelles bourgeoises

"Tout à la sécurité et à la course avec le Front national, on en oublie de voir ce qui intéresse vraiment les Français." Rama Yade

« Ce n’est pas la tolérance qui fait cheminer le monde. Elle soumet et attache les classes opprimées et soumises au conformisme des privilégiés. L’histoire s’ébranle quand le troupeau humain s’écarte des illusions de la tolérance. Peu d’hommes sont des loups pour l’homme, trop sont des moutons. Les dominations de classe vacillent lorsque, dans le processus des formes organisées de la production, de violentes incompatibilités avec les engrenages traditionnels poussent l’avant-garde d’une classe jusqu’alors à genoux à se débarrasser de l’hypocrisie de la tolérance, pour emprunter la grande et intolérante voie de la Révolution“.
Bordiga (Anticléricalisme et socialisme, 1949, texte intégrable lisible sur mon 2e blog Archives maximalistes)


Sans conteste, Coleman n’a ni patrie ni frontières… de classe. Marqué depuis sa jeunesse par le breuvage stalino-démocratique de la secte de Laguiller, il poursuit un chemin chaotique qui repose sur le fondamentalisme multiculturel US. Ses productions anarcho-trotskiennes, par voie de tract ou de revue, sont si orientées grossièrement en faveur de la démocratie multiculturaliste et antiraciste de l’oncle Samuel qu’il faillit se faire démonter le portrait il y a quelques années au milieu d’une manif fréquentée par de braves « jeunes de banlieue » au front bas musulmaniaque ; ce que j’avais réprouvé à l’époque (les menaces physiques contre lui comme sa morale politique pro-occidentale). Je connais l’individu depuis 40 ans. Il fût mon chef de rayon de LO pour la prospection dans les HLM de Cachan de signatures par les « prolos » pour de meilleurs transports en commun. Le petit chef trotskien était déjà hautain, ergoteur et falsificateur. Le voici, quarante ans plus tard, de son propre chef sans le comité central de LO, chevalier de la croisade contre le danger de l’extrême droite. Il dispose des colonnes de « la bataille socialiste », site œcuménique ouvert à tous les petits chefs sans troupes du caravansérail des marginaux du gauchisme officiel, du tiers-mondiste N.Dessaux à Coleman pour que ces intellectuels marginaux nous fassent la leçon de choses et les cours de morale dont nous avons besoin pour nous agenouiller devant l’idée dominante antifâchiste démocratique et antiraciste conviviale. Chercheur expérimenté en complot « fâchiste », Coleman nous instruit donc grâce à son ami Lucien de la Bataille pivertiste, et comme le Pic vert, il martelle du bec (Sa célèbre illustration Woody Woodpecker a été créée aux States en 1940 pour distraire les enfants de la guerre, pour leur inculquer… l’obstination de la victoire…).Ce drôle d’oiseau possède en effet toutes les couleurs de la gauche caviar à l’extrême gauche verdâtre. Le Pic vert, qu'il soit mâle ou femelle, a une face supérieure verte (DCB ou Duflot) et la tête de piaf noire (CNT & cie), le croupion jaune (Besancenot), la face inférieure gris-vert (Manuel Walls) et le dessus de la tête rouge (PCF). La femelle (féministe en diable) se distingue par sa moustache noire, tandis que celle du mâle est rouge (LO), entourée de noir (CNT). Les jeunes (lycéens anars) sont plus clairs et tachetés. Enquête et révélations dans l’enfer de l’extrême droite :
« Depuis 2007, la collaboration entre Riposte laïque, la droite et l’extrême droite n’a fait que s’approfondir et ce ne sont pas les dernières déclarations de Marine Le Pen, le ven¬dredi 10 décembre 2010, qui nous contrediront. En effet, la dernière comparaison de l’avocate frontiste entre la période de l’Occupation nazie et le fait que quelques rues en France soient "occupées" une fois par semaine quelques minutes (sic) par des musulmans qui ne trouvent pas de salle assez grande pour prier, cette comparaison avait d’abord été rodée sur le site de Riposte laïque pendant des mois. Riposte laïque agit donc bien en poisson pilote, en passerelle entre l’extrême droite et la gauche comme nous l’expliquions dans le premier de nos deux articles sur les bases poli¬ti¬ques des prochaines Assises contre l’islamisation du 18 décembre reproduits sur ce même site http://www.mondia¬lisme.org/spip.php... , le second portant sur la gauche réacti¬onn¬aire du XIXe siècle, dont Riposte laïque perpétue la tradition xénophobe. Ce groupe teste en direc¬tion d’un public de gauche des formules xénophobes pour qu’ensuite le FN les balance dans les médias avec un effet dém¬ul¬tiplié par son poids élec¬toral, évid¬emment sans com¬mune mesure avec le petit lectorat de Riposte laïque. Le samedi 11 décembre 2010, à Lyon, a eu lieu un débat sur le thème des convergences politiques entre l’extrême droite et la gauche laïco-xénophobe. Nous reproduirons dans un second article les questions très intér¬ess¬antes qui ont été posées par les par¬ti¬ci¬pants à ce débat. Pour le moment, nous présentons ci-dessous le canevas de la présentation ». Selon deux journalistes du Monde (http://droi¬tes-extre-mes.blog.lemond...[NL_Titresdujour]-20101214-[zoneb]), cette comparaison est beaucoup plus vieille que je ne le pensais (Le Monde est une source indubitablement prolétarienne pour Marceau Coleman, ndt): « Le 15 mai 1993. Le FN, sous l’égide de son conseil scientifique, organisait un “colloque” intitulé “d’une résistance à l’autre, l’Histoire en question de 1940 à 1993″. Le délégué général, Bruno Mégret, y avait alors fait une intervention “remarquée”, racontée par Renaud Dely dans son Histoire secrète du Front natio¬nal (Grasset, 1999), traçant un parallèle abject entre l’occupant nazi de 1940 et les immi¬grés. “Le combat de la résistance visait à s’opposer à la fois à l’invasion allemande et à l’oppres¬sion nazie. Or, aujourd’hui il y a inva¬sion et il y a oppression.Certes, il s’agit de formes molles, non militaires de ces deux fléaux, mais les deux mots peuvent être valablement uti¬lisés.” “L’invasion, c’est naturellement l’invasion liée à l’immigration” poursuivait Bruno Mégret, la France étant, à ses yeux, “victime, depuis de nombreuses années, d’une authenti¬que invasion silencieuse et pour le moment pacifique. Il ajoutait que si “l’établissement adopte une atti¬tude de collaboration avec l’envahisseur”, “le Front natio¬nal adopte, lui, une attitude de résistance” ». Comme quoi, plus on creuse la question, plus les positions de la gauche laïco-xénophobe ne sont qu’un copier-collier de la "pensée" d’extrême droite ». Y.C. (pcc Yves Coleman autre nom de Marceau Coleman).
Pour comprendre la démarche idéaliste et néo-élitaire moraliste de Coleman il ne faut jamais oublier qu’il reste quelque part fidèle sur le fond baptismal à la secte trotskienne qui l’a engendré. LO itself a été formé pour l’essentiel non par Barta ou Pierre Bois mais par un cartel d’anciens staliniens qui ont ensuite déformés de façon sectaire à ce dérivé de stalinisme des générations d’étudiants petits bourgeois. La secte, qui s’était incrustée dans le paysage électoral français avec une « travailleuse du rang », a fini par se moyenniser, et ce n’est pas un hasard si c’est une prof, une arsouille de l’aristocratie enseignante (qui adore donner des leçons aux illettrés), qui la symbolise avec une posture « morale » accentuée et avec pour tout programme « une gauche propre » alors qu’au fond l’idéologie reste stalinienne totalitaire. LO ne part jamais des besoins de la classe ouvrière mais des besoins idéologiques de la secte pour affermir ses propres soldats et les « gens de peu » qui vont possiblement sponsoriser des élus qui ramèneront à la maison mère de précieuses prébendes concédées par « l’Etat bourgeois » pour préparer le coup de main de demain.
Hors de la secte, Coleman reste toujours dans ses miasmes mais manifeste une volonté peu commune, dans sa démarche solitaire… de les approfondir dans des domaines accessoires à la vie politique : la naphtaline homosexuelle, le détergent féministe, la complaisance avec les religions « évoluées », etc.
Plus sobrement que son éducatrice en politique quand Coleman commence à poser des questions, il évite de les poser du point de vue du prolétariat. Il les pose du point de vue de la bourgeoisie « éclairée » (cf. référence au titre « éclairé » et « voltairien » de sa réunion de café à Lyon le 14 décembre). La manière dont il pose les questions pour fournir non un cadre mais un « canevas à la discussion » mène à tout à condition d’en sortir, mais surtout pas à une clarification de la nature des campagnes idéologiques de l’Etat bourgeois ; le « canevas » ne sera plus comme on le verra au bout qu’une grosse toile humanoïde pour masquer les vraies questions de fond. Le « canevas », ce sont 6 points qu’on ne va pas suivre un par un car brouillons et surtout critères virtuels pour une « bonne pensée de gauche démocratique et multiculturelle ». Il en ressort que Coleman, chevalier solitaire d’un trotskysme humanisé, voudrait qu’on tienne compte des « évolutions » des religions ( !?), que « l’argumentaire anti-fasciste soit renouvelé » (sic !) face aux mutations de « l’idéologie de l’extrême-droite » ; tout cela fleure bon l’influence de l’historien juif Sernhell, vieil affidé de l’idéologie amerloque, qui, bien que menacé de mort en Israël, a inspiré nombre de bons communautaristes d’Etat de BHL (contrôle des médias) à Bourseiller (sciences Po) et à fifils Klarsfeld promu conseiller de l’Elysée (tous en bonne place dans le dispositif étatique dominant), dont la thèse nationaliste juive peut être résumée ainsi : la France a été la mère du fascisme et surtout la gauche politicienne du XIXème siècle « socialiste » ; avec ce complément colemanien : l’immigré en général et le juif en particulier sont des figures intouchables, pures de toute souillure.
Le racisme et l’antisémitisme sont des idéologies encore très actuelles malgré leur arriération, et les intellectuels bien pensants peuvent bien les combattre sur le plan littéraire cela ne diminue en rien leur prégnance, dans la mesure même où ces idéologies sont incluses dans le double langage des intellectuels de gouvernement … on encourage d’un côté l’expression publique de toutes les arriérations religieuses et de l’autre on donne des leçons de morale au bon prolétariat « raciste » en se moquant du fait qu’il se sente étranger à des coutumes importées qu’on lui impose sous le nez au quotidien. La révolution est aussi architecturale comme aurait dit Henri Lefebvre : dans un univers peuplé d’Eglises, de mosquées, de bazars tiermondistes, de déguisements du Sahara, etc. comment penser la liberté des individus dans ce monde où règnent les objets fabriqués par des enfants chinois et des colifichets, marchandises religieuses produites à bas prix par ces mêmes enfants, et un monde débarrassé des superstitions comme des gadgets en plastique?
Coleman dans tous les cas évacue l’équation prolétariat/bourgeoisie, comme tous ces guides moraux des classes inférieures que sont les intellectuels syndicalistes anarchistes et les grands écrivains sarkoziens. Il aborde les questions « en l’air » comme on souhaite attraper une mouche au vol. Les discussions sur la laïcité et l’Islam : « … des divergences sur la nature de la nation »( !?). Et le sexe des anges c’est une discussion « sur la pertinence de la défense de l’Etat-nation » ?
L’actuelle campagne électoralo-gouvernementale à la suite de la protestation de Marine Le Pen sur l’occupation de la rue Myrha à Paris par des musulmans en prières va nous permettre de déshabiller le collabobo Coleman. Il est criant de vérité qu’à l’occasion de cette campagne idéologique la bourgeoisie essaie de recrédibiliser ses deux fractions élitaires – droite caviar et gauche caviar – en ciblant sur le « danger Marine », « plus light donc plus dangereuse que le père ». Le principal journal bourgeois en faillite et le plus méprisant du prolétariat – Le Monde – croit avoir trouvé la faille : « Le musulman a remplacé l’immigré dans le discours de Marine Le Pen ». De Joffrin de Libé aux plumes les plus serviles du Figaro, de la Licra au NPA, tout ce beau monde veut nous relooker l’antifâchisme selon les bons vœux de Coleman. On tente de nous faire respirer ce bon air national républicain et tolérant. Chacun se rejette la balle du prétendu dérapage de Marine. Selon le PS, Sarkozy a œuvré depuis la veille de son accession au pouvoir à exhumer les eaux glauques du FN quand l’UMP accuse le PS de laxisme angélique pour avoir autorisé depuis des années la prière de rue à Paris.
L’hypocrisie en une formule du « Le Monde » résume bien le double langage bourgeois. L’immigré avait fini par être accepté, n’est-ce pas, puisque Marine « est obligée » de le remplacer par le « musulman ». Mais, en laissant de côté que la déclaration de la fille Le Pen est outrageusement instrumentalisée – pour un fait divers largement dénoncé depuis belle lurette par les simples riverains parisiens, et même des ultra-cathos (qui ont aussi le droit de se plaindre, non ? Tolérant Coleman ? (*) – c’est pourtant le discours de toute la bourgeoisie occidentale depuis la guerre mondiale ratée de septembre 2001 : le terrorisme « musulman » a remplacé le terrorisme russe !
Le danger est devenu autant extérieur qu’intérieur selon la même dialectique d’Hitler : le danger intérieur juif qui avait remplacé le danger intérieur prolétarien, au service de l’élimination historique du prolétariat universel durant la Seconde boucherie mondiale. L’immigré, de préférence maghrébin a remplacé le juif, il est à la fois « travailleur » à l’intérieur mais possible graine de terrorisme de l’entité Al Qaida. Il n’a plus d’identité de classe comme le juif de 39-45, soit c’est un bon prieur démocratique dans les enceintes (garages, moquées, etc.) prévues à cet effet par le bon Etat démocratique et multiculturel, soit, devenu largué des banlieues, il est parti s’entraîner en Afghanistan ou en Tchétchénie pour revenir au pays poser des bombes contre les « civils innocents » mais électeurs et chairs à canon lorsqu’ils sont encore vivants.
Pour éviter toute jonction de classe entre prolétaires, mais en même temps (favoriser division et incompréhension) la bourgeoisie intellectuelle et ses sous-fifres à la Coleman, somment les prolétaires de souche de se défier du… racisme et de l’extrême droite et des multiples « passerelles » qui y conduisent. L’axe du mal ainsi clairement identifié il ne reste plus qu’à voter dans le trou entre le candidat qui sera le plus anti-xénophobe ou celui qui est clairement représentatif de l’antiracisme. Coleman, comme tout gauchiste moyen, n’imagine pas un seul instant que cette entité « immigrée » soit composée de gens (arrivistes intégrés et Rachida Dati à tous les étages des administrations publiques) qui vote FN, PCF ou Sarkozy. Drôle de passerelles électorales autrement plus troublantes que les quelques gogos de « Riposte laïque ». Au passage, comme tous les traditionnels caméléons (à la LO), Coleman oublie de nous dire où il emprunte sa radicalité de façade ; c’est Bordiga qui lui a appris à dénoncer la comédie de la laïcité, mais par contre le communiste napolitain n’a jamais fait de concession aux superstitions religieuses ni décrété qu’elles avaient évolué). Coleman ne fait que picorer à droite et à gauche dans une vision confusionniste de l’histoire qui mêle XIXe et XXe siècle, à la suite des idéologues nationalistes juifs et de leurs clients américanophiles un peu partout qui alimentent la bonne conscience de l’anarchiste moyen.
UN PASTEUR DE LA THEORIE DE LA PASSERELLE
Les transfuges en politique sont très nombreux depuis même avant le XIXème siècle et on y perdrait notre latin ou notre hébreu à les lister et à être consternés par leurs lâchages, leurs opportunismes et enfin leur servilité. En France comme partout dans le monde le spectacle de la politique bourgeoise offre quotidiennement des échantillons de « vendus » et de « pourris » de divers partis, syndicats ou sectes gauchistes qui passent à l’ennemi. Ce sont souvent des allers et retours. Mais pour Marceau Coleman rien de plus horrible que de monter sur une passerelle ou un pont qui conduit vers l’enfer de l’extrême droite. Oubliées les accointances Mitterrand-Pétain, De Gaulle-Pétain, Chirac-Le Pen, Mitterrand-Le Pen, Sarkozy-Le Pen, etc. Les coulisses n’intéressent point le pasteur Coleman qui pose pour catéchiser le bon peuple, ces salauds d’électeurs «petits blancs » du FN. Peu importe qu’à droite le personnel politique vogue aux extrêmes, peu importe que l’extrême gauche instrumentalise de façon apolitique (F.haineuse…) l’extrême droite, pasteur Coleman va plus loin, il est le sergent recruteur bénévole au coin de la rue pour vous culpabiliser si vous doutez un seul instant de la gauche « propre » (barrière idéologique infranchissable pour un électeur normal) et que vous accordez un soupçon de raison à un argument d’un fâcho. La famille Le Pen a renouvelé son fond de commerce, nul ne peut le nier, le musulman remplace l’immigré, sans que le fond (du commerce électoral) ne change : la crise c’est la faute aux immigrés pas aux patrons ni aux banquiers ni aux Etats nationaux. Et si Le Pen avait eu raison en parlant il y a 30 ans de risques d’envahissement ? Quoi ? Qu’avez-vous dit là ? Mais vous êtes un horrible xénophobe, soutier inconscient de l’Hitler français ! Je vais vous dénoncer à Martine Aubry, à Dominique SK et à Besancenot !
Le vrai problème n’est pas de donner raison à Le Pen, quoique même un taré quelconque puisse avoir raison sur un point secondaire, le problème est que la bourgeoisie « tolérante », « œcuménique », « communautariste » sait ce qu’elle fait en généralisant les autorisations d’exhibition aux diverses « autorités religieuses », elle fout la merde non simplement dans la population franchouillarde (dont je n’ai que foutre) mais parmi le prolétariat sans patrie ni frontières d’intérêt ou de religiosité…
De l’extrême gauche au gouvernement d’un côté, c’est la même chanson anti-xénophobe hypocrite avec chapeau bas devant les tapis de prière des malheureux alors que, comme le dit excellemment un blogueur anonyme : « Pourquoi tant de gens prient, parce qu’ils ne croient pas aux bobards d’ici bas de nos politicards corrompus ». Les laïques en peau de lapin intégriste catho et le FN jouent les innocents les mains pleines de leur côté. ; et Libé qui est pour les « vraies valeurs de l’Islam » dénonce des pique-niques saucissons-pinards « cocktail rouge-brun contre l’Islam » le 18 déc.). Mais comme on rejette les deux tas de menteurs, pasteur Coleman vient pour épauler les premiers : « Il faut dénoncer ces rapprochements idéologiques entre droite et gauche qui sont mortifères pour tout changement social, mais il faut souligner aussi que la critique des religions doit tenir compte de leur évolution… ».
Pas du tout, on ne peut que se féliciter du rapprochement idéologique des gauche et droite bourgeoises, mais les accordailles sont déjà bien anciennes, et Coleman nous fait rire comme ce pic vert qui s’obstine à piqueter avec son bec contre l’arbre mort de la gauche caviar en croyant rallumer un peu de la croyance en un « changement social »… électoral !
Les prolétaires n’ont aucune leçon de morale à recevoir des partis élitaires comme du FN nationaliste, ni des mendiants anarchistes au coin de la rue comme le défroqué Coleman. Ils peuvent faire deux constats par eux-mêmes :
- La gauche caviar a toléré (l'apparatchik Vaillant à Paris, entre autres) l’envahissement des symboles religieux pour favoriser le profit des industriels français désireux de fixer une main d’œuvre taillable et corvéable à merci pourvu qu’on lui colle des mosquées, et la religion musulmane, comme toutes les autres, reste totalement complice du Capital,
- Comme au moment de l’affaire Dreyfus, et contrairement à Mesdemoiselles Yade et Royal, les prolétaires ne sont pas concernés que par les questions économiques mais aussi par les questions de société, de mode de vie, de cadre de vie, et surtout ont besoin de discuter « où va la société actuelle » plutôt que de s’égarer dans les questionnements et soupçons antifascistes de cet oiseau et oiseux de Coleman.


(*) En vérité (cf. cit de Bordiga en exergue) la tolérance de Coleman est très intolérante, comme celle du gouvernement et de ses médias. A chaque page il menace de « concession » au fâchisme, de glissement par des passerelles vers les méchants du FN, parce que le MONDE EXISTANT est beau, il est gentil, il est multiculturaliste, il est communautaire. Le gauchisme et l’anarchisme réunis entonnent un même chant en faveur de la préservation de l’idéologie dominante. Les particularismes excluant, les provocations intégristes, la soumission des femmes aux règles religieuses… il faut les tolérer, respecter les traditions des « peuples ». Tous les gauchistes tiers-mondistes étaient sur la même longueur d’onde dans les années 1960 et 1970, il fallait laisser les peuples se massacrer entre eux, ou les bourgeoisies nationales s’émanciper sur le dos de leurs peuples, c’était la « libération nationale », révolutionnaire… De même aujourd’hui, il faudrait intégrer selon pasteur Coleman les « évolutions des religions », contre la montée des « national-populismes ». Il contribue ainsi lui aussi à cette montée jusqu’à Hollande…
PS: pour les néophytes, Yves Coleman étant un des petits chéris du site social-démocratoc La Bataille socialiste, ce dernier admirateur des gauchistes gouvernementaux du Front Popu comme Marceau Pivert, vous comprendrez la raison de mon jeu de mots.

L'Elysée côté bilan du mouvement "général" pour les retraites...


par Arnaud Leparmentier (L’Elysée côté jardin, d'après son blog sur Le Monde du 14 dec)

Retour aux fondamentaux de 2007 sur le travail. En déplacement dans l’Eure, pour faire une visite de l’usine de moteurs Safran-Snecma, Nicolas Sarkozy a vanté sa politique industrielle, réitéré son crédo en faveur des usines. « Pour moi l’industrie, ce n’est pas une marotte. Les usines, c’est un lieu où les gens travaillent. Il faut réapprendre à aimer nos usines », a-t-il expliqué. M. Sarkozy a invité à dîner à l’Elysée le prix Goncourt Michel Houellebecq, qui imagine la France transformé en vaste site touristique. Dans un lointain écho, Nicolas Sarkozy lui a répondu au cours d’une table ronde sur la filière aérospatiale: « Le tourisme ne se développe que dans les territoires qui ont gagné de l’emploi ».
Comme à son habitude, M. Sarkozy a visité l’usine, écouté attentivement. « Je ne vais pas faire semblant de comprendre ce que je n’ai pas compris des explications qu’on m’a fait », a-t-il concédé. Mais il en ressort conforté sur la nécessité de soutenir la filière aérospatiale française.
A dix-huit mois de l’élection présidentielle, il a ressorti son crédo en faveur du travail. « Si la vraie vie est en dehors du travail, c’est toute la société qui s’effondre…Le travail, c’est ce qui libère l’homme, ce n’est pas ce qui l’aliène. C’est le chômage qui l’aliène. Quand on va au travail en se disant : mon dieu quelle horreur, je n’aime pas mon travail, je n’aime pas l’ambiance qu’il y a la bas, je ne crois pas en ce que je fais, je ne pense pas que les week-ends et les vacances soient extrêmement épanouissants », a expliqué M. Sarkozy.
Ainsi a-t-il vanté la défiscalisation des heures supplémentaires, la suppression de la taxe professionnelle (« une usine, cela se délocalise, une mairie non »), le crédit impôt recherche. « S’il n’y a pas de capital investi, le travail, il n’y en a plus ». Bref, une politique de compétitivité. « La vraie politique sociale elle consiste davantage à investir dans l’innovation plutôt que d’investir dans une nouvelle allocation sociale », assuré M. Sarkozy, qualifiant de “politique sociale monderne” les 250 millions d’euros investis dans le successeur d’Ariane 5 dans le cadre du grand emprunt.
Le style de la table ronde se voulait décontracté. Les intervenants ont parlé, presque plus que M. Sarkozy. Il a fait une plaisanterie avec Valérie Pecresse, la ministre de la recherche qui, « bonne camarade » lui tendait « une anti-sèche énorme ».
Pour finir, le chef de l’Etat a défendu la réforme des retraites. « Naturellement que la réforme est douloureuse, qui peut le contester ? Elle consistera à l’horizon 2018 à ce qu’on ait travaillé deux ans de plus sans gagner plus ». Un lointain écho au « travailler plus pour gagner plus » de 2007, revisité par la crise ?".

On attend maintenant des "directions syndicales" un même bilan de l'échec de leurs processions bêlantes: "l'échec est douloureux, qui peut le contester?". Surtout pas les aristocraties syndicales qui l'avaient programmé.

jeudi 16 décembre 2010

WikiLeaks, héros ou escrocs ?

Par Pierre Caron (sur ZDnet)

J’ai trouvé çà ce matin. J’ai pensé que cela pouvait intéresser mes chers lecteurs à l’esprit critique contrairement aux anarchistes et gauchistes neuneus qui se sont précipités pour glorifier Assange et le rigolo M.Moore, son dernier soutien (Cantona s’y mettra-t-il aussi ?). Ces infos d’un site pro recoupent en partie ce que j’avais déjà souligné dans mon article
« La grande mystification de Wikileaks ». WikiLeaks semble bien être une sorte de Canard Enchaîné international où les barbouzes de la CIA laissent passer ce qui les arrange pour manipuler l'opinion, comme le Canard sert en France régulièrement à lancer les campagnes idéologiques de la bourgeoisie. On peut y ajouter ce commentaire à l’article d’un de leurs lecteurs perspicaces :

« l'Affaire Wikileaks : le commencement d'une guerre Internaute il est essentiel de savoir, que les USA première puissance, ont toute les ressources de contrôler le monde, et veulent nous faire croire qu'ils ne parviennent pas à empêcher wikileaks de divulguer des informations classées secret défense ? En fait, il s'agit de la seconde étape de leur plan après celui du 11 septembre 2001. En effet, wikileaks révèle que l'Arabie Saoudite a demandé un soutien militaire pour anéantir la République Islamique d'Iran, c'est complètement faux, ces allégations vont uniquement favoriser une guerre proche et de grande ampleur dans le Moyen Orient (plus particulièrement la Syrie, la Jordanie, l'iran, le Liban, l'Arabie Saoudite, le Koweit). Vous observerez d'ailleurs le logo de wikileaks est assez surprenant : il s'agit de 2 globes terrestres ressemblant étrangement à un sablier annonçant l'échéance d'un décompte... Le logo ce trouve sur ce site : www.wikileaks.ch/... Le plus surprenant est que le globe terrestre du bas, une sorte de goutte cache tous les pays du monde arabe en orient... Bizarement le continent américain n'est pas représenté sur ce logo... Ca va commencer dans les pays arabes détenteur de la dissuasion nucléaire, et ça va se généraliser petit à petit dans le monde. C'est la seconde étape de l'arrivée du soi-disant "nouvel ordre mondial" Wikileaks est un leurre qui diffuse de l'intox et non de l'info... ».(Hichem 91)__________________________________

J'ai résisté pendant plusieurs semaines aux sirènes du buzz "Wikileaks" ; mais mes fils RSS se sont inexorablement remplis à 80% d'articles directement ou indirectement liés à ce sujet. J'ai donc décidé de boire la tasse jusqu'au bout, et de m'offrir une cure intensive de Wikileaks avant de passer à autre chose. Le lecteur légitimement agacé de la récurrence de ce sujet pourra arrêter ici la lecture de ce billet.
Commençons par un focus sur la naissance mouvementée de Wikileaks, qui en dit déjà long sur les orientations du projet.
• 4 octobre 2006 : Wikileaks.org est enregistré par John Young, co-fondateur de Wikileaks et fondateur de Cryptome.org, autre site bien connu pour dévoiler des documents confidentiels. Le projet Wikileaks ne possède à ce stade aucun site web ni aucune visibilité extérieure : tout se passe sur une liste de diffusion privée, où les premiers membres définissent de concert les lignes directrices du projet. Le principe fondateur est de dévoiler des documents confidentiels dérobés à des gouvernements, mais pas n'importe lesquels : "les gouvernements autoritaires non-occidentaux" ["our focus is on non-western authoritarian regimes"]. L'idéologie qui soude les membres fondateurs est basée sur le principe que le secret est forcément nuisible à la démocratie. Le groupe s'efforce dans un premier temps de mettre en place des outils et des mécanismes permettant de protéger leurs sources.
• décembre 2006 : Wikileaks se dévoile au grand public avec la diffusion d'un document volé à l'un des leaders d'un tribunal islamique en Somalie. Dans leurs interviews initiales, les porte-paroles de Wikileaks affirment posséder plus d'un million de documents confidentiels dérobés à des gouvernements. En privé, Julian Assange déclare vouloir obtenir $5 millions en donations sur les six premiers mois ; un objectif excessif qui fait claquer la porte du projet à John Young, qui accuse Wikileaks d'être à la solde de la CIA : selon lui, il n'y a qu'une manière pour un site naissant d'acquérir autant d'argent en si peu de temps, c'est d'être financé par un service d'Etat. Julian Assange répond à ces accusations par "Si escroquer la CIA peut être utile au projet, alors nous l'escroquerons" ["If fleecing the CIA will assist us, then fleece we will"], et ajoute "Nous avons déjà des soutiens de la part du NED (National Endowment for Democracy), du CFR (Council on Foreign Relations), de la Freedomhouse et d'autres tétines de la CIA" ["We have pullbacks from NED, CFR, Freedomhouse and other CIA teats"]. Young met à disposition ici et ici des archives complètes des e-mails échangés par les fondateurs de Wikileaks lors des premières semaines du projet.
Avant 2006, des documents mentionnent Assange tantôt en tant que président de l'Australian National Cognitive Facility, tantôt de l'Australian Institute for Collaborative Research, deux organismes très discrets domiciliés à une même boîte postale australienne, et dont on trouve fort peu de traces sur le web. Autant dire qu'on ne sait pas grand chose du passé d'Assange, en dehors de sa "carrière" de hacker, qu'il raconte dans son livre "Underground" publié en 1997.
Après la fondation de Wikileaks s'ensuivent plusieurs années plus ou moins intéressantes, où Wikileaks va dévoiler des documents confidentiels de diverses sources. Ce qui nous amène aux polémiques actuelles et aux événements de ces dernières semaines, qu'on pourra résumer de la manière suivante :
Début juin, l'arrestation de Manning (l'analyste qui avait transmis à Assange des dizaines de milliers de documents confidentiels sur les guerres d'Afghanistan et d'Irak), trahi par Adrian Lamo, est rendue publique. Kevin Poulsen dévoile dans son article que Manning avait également transmis à Wikileaks 260.000 câbles diplomatiques confidentiels ; mais la publication des câbles ne débutera que le 28 novembre. Entre temps, les ennuis ont commencé pour Assange : le mandat d'arrêt international contre lui, émis fin août par les autorités suédoises et annulé le lendemain même, refait surface le 1er septembre. On apprendra plus tard que l'une des plaignantes aurait des liens avec la CIA. Wikileaks en prend également pour son grade : un pirate patriote, "Th3j35t3r", s'en prend d'abord à Wikileaks et met le site hors ligne pendant plusieurs heures, avant de revendiquer l'attaque. Wikileaks quitte alors son hébergeur pour migrer sur la plateforme EC2 d'Amazon, pour s'en faire bannir à peine deux jours plus tard. Le domaine Wikileaks.org est suspendu, Paypal, MasterCard et Visa coupent le robinet financier et cessent d'accepter des dons pour l'organisation. Les sites miroirs se multiplient -- pas loin de 1700 à l'heure où j'écris cet article. Des pirates, les "Anonymous", entament des attaques de déni de service contre les sociétés qui sont hostiles à Wikileaks -- quelques milliers de volontaires sont enrôlés pour l'occasion ; puis les Anonymous changent de stratégie en incitant les volontaires à dupliquer les mémos sensibles le plus possible afin de rendre impossible leur suppression. Parallèlement, deux anciens de Wikileaks claquent la porte et fondent OpenLeaks, un projet concurrent. La dissidence interne chez Wikileaks se fait en effet sentir depuis des mois, l'attitude dictatoriale d'Assange étant dénoncée par ses proches collaborateurs. On apprend ainsi qu'Assange vivrait rubis sur l'ongle, avec pas moins de $225.000 de dépenses personnelles, de voyages en première classe, d'hôtels de luxe et de vêtements rien que pour l'année 2009 ; tandis que le supposé soutien financier au soldat Manning peine à arriver.
Et pour couronner le tout, Dimitry Medvedev a publiquement annoncé en décembre que Julian Assange devrait être candidat au Prix Nobel de la paix ! Une déclaration qui tente certainement de calmer le jeu après qu'Assange ait déclaré à un journaliste moscovite que le Kremlin devait se préparer à une nouvelle série de fuites concernant la Russie...
Toute cette agitation, rappelons-le, a pour origine la publication :
• de câbles relatant les manies et les petits défauts de chefs d'Etat du monde entier. Des "informations" dont, au mieux, on rit, mais qui ont leur place dans des magasines people, pas dans des journaux sérieux ;
• d'un câble en particulier, vivement critiqué, listant les infrastructures mondiales jugées comme critiques pour les Etats-Unis. Mais ne cherchez pas de scoop : on apprend de cette liste que les grands ports internationaux sont des enjeux critiques, au même titre que l'industrie pharmaceutique, les câbles sous-marins, et même les ponts. Mais point de bunkers ou de sites militaires secrets. La publication de cette liste a été vivement critiquée comme pouvant faciliter un attentat. Si c'est le cas, à ce titre, il faut également interdire la publication des annuaires et des cartes maritimes et routières : tout est dedans !
• de plusieurs câbles, publiés en tout début de crise, portant sur la politique extérieure américaine : on y apprend par exemple que des pays arabes, dont l'Arabie Saoudite, ont fait pression sur les Etats-Unis pour intervenir contre l'Iran ; que la Corée du Nord aurait vendu à l'Iran une technologie de missiles pouvant transporter des charges nucléaires ; que la Chine serait prête à revoir son alliance avec la Corée du Nord ; que le piratage de Google aurait vraisemblablement été commandité par le gouvernement chinois ; etc, etc. Des informations certes confidentielles, mais en rien embarrassantes pour les Etats-Unis, bien au contraire, puisqu'elles rendraient presque sympathique leur politique extérieure au moyen-Orient et en Asie.
Résumons donc cette agitation à cette observation : les seuls vrais scoops publiés par Wikileaks ces derniers mois sont très favorables aux Etats-Unis.
Cette agitation a pour le moment réussi à occulter les questions suivantes :
• Le premier principe de Wikileaks était de s'attaquer à des gouvernements autoritaires non-occidentaux. Comment Assange en est-il arrivé à mener une croisade contre un état (à peu près) démocratique et occidental, les Etats-Unis ?
• Le second principe de Wikileaks était le refus radical du secret comme principe de gouvernance. Comment Wikileaks a-t-il pu lui-même devenir une organisation secrète, au financement opaque, et dont les membres sont pour la plupart restés anonymes ? Et d'où vient l'argent ?
• Si les révélations de Wikileaks sont aussi fracassantes que ce qu'en disent les gouvernements du monde entier, comment se fait-il que rien n'ait été fait pour empêcher la diffusion de ces documents, qui était pourtant annoncée depuis des mois ?

lundi 13 décembre 2010

MARINE LE PEN LANCE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE de 2012



Marine Le Pen en dénonçant l’occupation de la rue par les prières musulmanes (impayables c’est vrai) a allumé le feu de la campagne présidentielle 2012 qui tardait à prendre son envol avec un PS collé au sol et humide. Triste campagne jusque là, avec pour seule perspective de la gauche caviar et de ses gauchistes : comment faire barrage à NS ? La réponse ne pouvait pas non plus être TSS, tout sauf Sarkozy car à ce compte un remake de la farce de 2002 accroîtrait encore la masse des abstentionnistes.
Très mitterrandiste, la droite au pouvoir sait parfaitement que l’impopularité prolongée de l’actuel président pourrait lui coûter la place en tête de l’Etat, aussi en agitant la menace du FN, elle a introduit une autre donnée qui prend de cours le PS enfariné. Mitterrand avait su sans cesse gouverner à l’aide du double langage, comme par exemple l’antiracisme et une politique rigoureuse de continuité des expulsions. Il avait su fort habilement jouer de la menace du FN en son temps pour empêcher la droite de revenir au pouvoir. Dès 1981 il avait demandé qu’on exhibe la marionnette Le Pen à la télévision, poussé à l’invention du club antiraciste et antifâchiste « Touche pas à mon pote ! » (condamné bcq plus tard par la justice pour prévarication); avait ordonnancé une campagne sur un sujet cruel de la Seconde Guerre mondiale (les chambres à gaz) qui permit de diaboliser tout opposant comme d’oublier que Mitterrand avait été un petit ministre de Pétain. Tout ce qui, de près ou de loin, se plaignait du laxisme sécuritaire de l’Etat ou d’avantages particuliers pour la population immigrée, était taxé d’affidé du FN. Résultat la droite était assimilée au FN, diabolisée comme lui.
François Fillon et Jean-François Copé ont appelé samedi à «l’union sacrée» de l’UMP, malmenée depuis le remaniement, lançant la «mobilisation» pour la réélection de Nicolas Sarkozy face au «danger» d’un retour de la gauche aux affaires et de la montée du Front national. En vérité le « danger » viendrait plutôt de la personnalité de Sarkozy, apte jusque là à fédérer tous les mécontentements contre sa personne. La gauche bourgeoise n’a pas de programme alternatif à l’austérité voulue par tous les Etats du monde pour se sauver de la crise systémique ; elle ne suscite surtout aucun enthousiasme chez les millions qui ont vu leur espoir de retraite éloignée de 2 à 5 années.
La manipulation de la droite au pouvoir est donc très mitterrandienne en agissant constamment avec le double langage, et sur plusieurs tableaux qui tous dessinent un horizon bleu Sarkozy bis. La mise en avant du facteur sécuritaire par l’exhibition des crimes de sang les plus odieux, tout comme d’une justice prétendue capable de faire la part des choses en condamnant – tout en défendant moralement la corporation - une poignée de flics aussi lourdement qu’un grand nombre de petits délinquants ou de manifestants injustement accusés de déprédations, est le socle électoral de base qui se moque du chômage. Le retrait d’une contravention pour port du niqab au volant en même temps que la mise en vedette de la fille Le Pen pour sa protestation contre les prières dans la rue, contribuent au même moment à flatter l’électeur de souche arabe autant qu’à enlever des voix au PS « antiraciste angélique » ; en effet contrairement aux illusions démagogiques du petit Besancenot avec sa copine voilée, une bonne partie de la population française d’origine immigrée (ce qui n’est pas un label de sainteté ni de conscience prolétarienne) vote UMP, ce qui est normal puisque beaucoup de dits immigrés sont aussi arrivistes que la plupart des couches moyennes autochtones.
Comment considérer cette nouvelle campagne de diabolisation de la famille Le Pen illustrée par le dessin en Une de Libé?
Comme une tentative tout azimuts pour intéresser la population aux élections sans enjeu de 2012. Pour qu'il y ait moins de 50% d'abstentions. Pour que Sarko soit réélu avec un chiffre honorable, et parce que l'oligarchie et vous les journalistes franc-macs (bravo l'orchestration en une de Libé avec le dessin des deux "monstres" à faire peur au lycéen) avaient compris que ces élections n'intéressent aucunement la classe ouvrière because en face de Sarko y a person qui répond, le PS cuit, DSK cuit de toute façon (et aussi pourri que l'actuel occupant de l'Elysée), PC, Mélanchon et gauchistes minables. Donc vous nous ressortez la grosse caisse des monstrueux Le Pen. C'est ce qui s'appelle se ficher du prolétariat. Voter c'est comme se syndiquer, ça sert à rien. Vos appels hystériques contre la prétendue menace du FN négligent que le programme du FN est aussi vide que celui du PCF. Dans la crise il n'y a aucune solution nationale ni question à résoudre pour les immigrés en général. La seule solution, et vous le savez, serait la guerre au bout de la crise mondiale, or ni le FN ni l'UMP ni la gauche caviar ne vont se hasarder à exhumer cette vérité pour l’instant (bien que l’allusion de la fille Le Pen à « l’occupation » soit parlante d’une certaine façon : qui dit occupation signifie qu’il faudrait... chasser l’occupant, mais quel occupant ? Les dollars US ? Le contingent allemand arrivé à Strasbourg ?
Le Tollé de cette nouvelle campagne idéologique n’est qu’un tohu-bohu de prétendants et prétendus. Vous nous faites tous rigoler les bons démocrates antiracistes et le chauve qui peut Copé, et de l'autre la fille Le Pen avec son discours clientéliste à deux balles. Tout cela est de la pipole politique. Vous les journalistes en accordant une importance à cette préparation électorale vous répercutez le mépris de l'oligarchie dominante (des gauchistes officiels aux toutous du gouvernement comme la Licra) contre les prolétaires français et immigrés. Vous triomphez certes après dix mois de balades syndicales inutiles où (tiens!) il n'a jamais été question de ces histoires de religion et de races, car la question sociale remise au musée de l'idéologie bourgeoise ces fadaises d'un autre âge. Vous triomphez parce qu'on a infligé une défaite humiliante à la classe ouvrière, grâce aux facéties des appareils syndicaux, sans lesquels Sarko était KO en deux jours...
Joffrin et Cie affichent la même vieille rhétorique usée…
qui avait servi à faire gagner Chirac "le truand" contre Le Pen "le facho".Vous remarquerez que le comité de rédaction de Libé se tire une balle dans le pied en page de couv avec le titre "Histoires d'excentriques", excentriques qui? Papy et fifille Le Pen ou les plumitifs de Libé?
Cet antifascisme de salon n'est d'aucun effet contre le FN qui n'est pas fasciste mais dont la clientèle, en générale petite bourgeoise ou "petits blancs", n'est pas non plus complètement méprisable. Les quartiers déshérités qui ressemblent de plus en plus, avec leurs bazars et boutiques halal, à n'importe quelle mégapole du tiers-monde + les déguisements religieux en nombre envahissant, contribuent à la perte d'identité non pas française (ça je m'en tape) mais laïque. Aucune religion ne doit dominer la cité moderne ni imposer ses us et coutumes. Mais cet envahissement par des aspects extérieurs de la religion musulmanne est voulu et recherché par l'Etat capitaliste, d'abord par gros intérêt économique (attirer les immigrés arrivistes avec plein de Rachida Dati dans les postes de chefs administratifs qui sont les plus zélés une fois en poste), ensuite pour accuser les citoyens français qui se sentent étrangers à leur tour d'être des salauds d'électeurs potentiels du FN... alors que tout est fait, avec les mêmes arguments ambigus (antiracisme et stigmatisation des roms, mais sous-entendu aussi des arabes "délinquants"), pour que les votes destinés au FN aillent à l'UMP! Votre combat de journalistes de gouvernement, aux côtés des menteurs au pouvoir est d'inventer ce clivage fâchisme/démocratie, irréel, quand le vrai clivage est classe bourgeoise pour le maintien des divisions et inégalités face aux prolétaires français et immigrés non arrivistes qui ont tout intérêt à l’abolition des barrières nationales et religieuses.