"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 27 mars 2010

Les nouveaux laboratoires de la mystification écologique :

le bonheur de prendre les prolétaires pour des cons et de le leur chanter en démocratie capitaliste restaurée

OU LES PRETENTIONS DE L’ANARCHISME LIBERAL

Edito de Joffrin de ce samedi : « Le bonheur une idée neuve » : « Le bonheur ? Une idée neuve dans la mondialisation. Une urgence pour les citoyens. Le Forum de Rennes, qui se tiendra les 26 et 27 mars, débattra de cette idée d’apparence intemporelle, qui prend soudain une actualité aiguë. La crise a interrompu la croissance : suffit-il de relancer le logiciel économique pour en sortir ? Ou bien faut-il poser des questions plus fondamentales comme celles-ci : la croissance rend-elle heureux ? L’accumulation des richesses matérielles, objectif principal des grandes nations du monde postmoderne, débouche-t-elle sur une société de bien-être ? Vaut-il mieux changer de valeurs et de perspectives ? ». Une cinquantaine de débats sur deux jours, des dizaines de personnalités nationales et internationales, 15 0000 spectateurs attendus, le Forum Libération «Le Bonheur une idée neuve!» a démarré vendredi matin à Rennes. Du faux paysan promu député européen, Bové, au bateleur de foire (électorale) Cohn-Bendit, intellectuels peigne-culs, francs-macs et policiers syndicaux se sont rendus à la grand messe de Rennes.

« Revitaliser la démocratie par une participation accrue et mobiliser les citoyens, deux enjeux majeurs pour Daniel Cohn-Bendit, député d’Europe Ecologie, et l’historien Pierre Rosanvallon, invités à débattre sur les nouvelles utopies ». Ainsi est présentée une des séquences de l’intense campagne politique menée par une partie de l’appareil d’Etat européen sur le site Libé-Rennes par la journaliste Anne Le Bon. Laquelle nous fournit l’intéressant résumé suivant (tant pis pour mes lecteurs qui n’ont pas déjà lu le message blog antérieur sur le sujet – qui a levé le lapin en milieu maximaliste sur la vocation « sociétale » des bobos écolos à venir sur le terrain diffuser les mensonges bourgeois – mes lecteurs négligents peuvent se rattraper en lisant ci-dessous à la suite) ; je me livrerai ensuite à une analyse de ce texte typiquement anarchiste libéral :

« L’abstention massive aux élections, notamment locales, est souvent perçue comme un désintérêt pour les questions politiques. Une erreur d’interprétation, selon l’historien Pierre Rosanvallon : « Dans les 2/3 des cas, l’abstention est une décision politique », affirme-t-il. « S’ils refusent de voter, c’est que l’offre ne leur plaît pas », acquiesce Daniel Cohn-Bendit. Cet acte traduit un divorce entre la société et la sphère politique et pointe du doigt la nécessité de recourir à de nouvelles pratiques, plaçant le citoyen au cœur des discussions.
« On réduit l’espace décisionnel aux élections, c’est pour ça que la politique ne fonctionne pas », estime Daniel Cohn-Bendit, qui rêve d’un système impliquant les citoyens au quotidien. « Si on veut du temps pour la participation citoyenne, il faut réduire le temps de travail ! », ajoute-t-il. Une proposition accueillie par les applaudissements du public rennais. « Il faut politiser la société en dehors des échéances électorales », affirme encore le député européen. Pour faire évoluer les pratiques politiques, il propose de s’inspirer du système des coopératives, modèle vers lequel il lorgne pour faire évoluer Europe Ecologie. Ni parti, ni simple réseau, une structure au sein de laquelle les décisions seraient prises collectivement. « Il y a une dimension utopique à ce projet : il faut dépasser la forme traditionnelle des partis et inventer de nouvelles formes de coordination », explique Daniel Cohn-Bendit.
L’utopie de la démocratie participative délibérative, replaçant le débat citoyen au cœur des décisions politiques, est cependant loin d’être réalisée. Pierre Rosanvallon déplore le manque d’interactions entre les citoyens et le gouvernement : « On élit un représentant, mais il faut en permanence lui demander des comptes. Elire un super représentant et lui laisser les rênes, ce n’est pas de la démocratie ». Daniel Cohn-Bendit pointe, quant à lui, un autre responsable de la perte de vitesse de la démocratie : les médias. « J’attend que les journalistes remettent en question les politiques, qu’ils aient une attitude de défiance. »

LACHEZ-NOUS LES RÊNES INTELLECTUELS DE GOUVERNEMENT!

Ce texte est assez emblématique du totalitarisme impuissant de la bourgeoisie. Comme aux temps d’Hitler et de Staline, la démocratie impériale bourgeoise envoie ses missi dominici, ses « commerciaux » de la petite bourgeoisie (parvenus comme Bové et Cohn-Bendit) et une flopée d’intellectuels inoccupés du fait de l’extinction du militantisme gauchiste, pour catéchiser le peuple indistinct mais surtout le bon prolétariat. Rien de nouveau dans l’attirail idéologique ressorti du grenier vermoulu de 68. Ce n’est pas dans les vieilles outres qu’on peut faire de nouvelles lanternes. Franchement nous ressortir cette vieille outre d’autogestion quand les cadres et structures du pouvoir de la principale classe dominante n’ont pas changé et ne changeront pas tant qu’on ne leur foutra pas sur la gueule[1].

Résumons : en gros le plénipotentiaire d’Etat Rosanvallon[2] (lire la note SVP) suggère à ses maîtres que l’abstention politique des prolétaires n’est pas bien méchante et qu’il suffirait de leur proposer de fonctionner comme les assocs de parents d’élèves dans les quartiers pour revivifier la « parole citoyenne ». Pauvre con qu’est-ce que tu nous racontes ? Tu te prends pour qui ? On t’a rien demandé d’abord. Les assocs de parents d’élèves ont toujours été le monopole de cette même petite bourgeoisie passée du statut d’électeur gauche caviar à la prétention du citoyen plus citoyen que ses inférieurs (prolétaires et flics) à discuter de la politique local à défaut de la grande politique réservée aux nombreux oligarques intermédiaires nationaux, européens et régionaux. La plupart des ouvriers n’y mettent jamais les pieds dans ces assocs de merde où viennent parler les couches intermédiaires soucieuses de la réussite scolaire de « leurs » enfants ; les autres de toute façon sont largués : familles mono-parentales, familles immigrées impressionnées par le savoir et le bla-bla de petits profs incompétents, familles qui ont honte de venir plaider de la nullité de leur enfant et à qui il est interdit de protester contre la nullité des profs de collège. Mettez le voile et bouclez-la !

Cette campagne de recrutement sur le terrain à défaut d’une télé idéologique décrédibilisée ne sortira évidemment pas de quelques préaux d’école[3]. L’idéologie bobo, avec sa taxe carbone d’Etat et l’encouragement aux privations pour les classes pauvres afin de sauver les résidences secondaires de la pollution, n’est pas prête de pénétrer en milieu ouvrier.

UN GOUFFRE GRANDISSANT ENTRE PROLETAIRES ET BOBOS CULTIVES

C’est un fait la classe ouvrière a disparu… culturellement. Depuis 30 ans on nous plaint. On nous assure que la classe ouvrière, si au moins elle n’a pas disparu physiquemnt, a perdu son « identité de classe », est rongé par des religions arriérées, ne fait plus grève mais se laisse gentiment jeter à la rue, etc. Or c’est au niveau culturel que la classe dangereuse, paradoxalement pour le bourgeois ignare et le militant douteux, est en train de se renforcer. Autant des sixties au seventies on a pu voir se rapprocher le niveau culturel de la jeunesse par l’inflation des études littéraires, ce qui faisait qu’un fils de prolétaire pouvait trouver un langage commun avec même les fils de grands bourgeois, autant le gap (l’abîme) entre fils de prolétaires et fils de bobos et grands bobos n’a cessé de s’accentuer depuis une vingtaine d’années. La politique d’Etat de dauche à goitre n’a cessé d’aggraver les inégalités sociales, économiques et scolaires. Une partie des scolarisés fils de petits bourgeois parviennent même au niveau du bac avec une connaissance nulle en histoire, en littérature, en géographie, etc. (la suppression de certaines matières dans les classes terminales confirme la volonté de la bourgeoisie de conforter ce numerus clausus de l’ignorance). Ce n’est ainsi pas simplement le dégoût de la vanité politique bourgeoise qui explique les désaffections multiples mais la perte d’un langage commun, de références communes, et même de joies communes (tels qu’on pouvait considérer les grands concerts rocks d’antan, quand maintenant il y a les concerts pour racailles, les concerts plus intimes pour bobos jazzis, etc.). La chute du militantisme de conviction part de ce constat également. La plupart des militants des partis bourgeois n’ont jamais été que des promoteurs d’autocollants. Ce qui en reste est tellement collant sur les marchés qu’on les évite. Dans le milieu ultra-gauche disparu, il n’y a jamais eu un nombre appréciable de prolétaires. Dans le milieu anar actuel qui s’est approprié le terme pour faire peur à la police, ce ne sont que petits bourgeois déclassés et individualistes réduits à de petits métiers marginaux ou du petit commerce. Dans le milieu maximaliste, malheureusement il ne reste aussi que de petits intellectuels ergoteurs.

LA CULTURE MOINS ON EN A PLUS ON CHIE DESSUS :

Eloge de l’ignorant prolétaire contre Rose en ballon

Ce « gap » entre bobos cultivés – surtout celui des amis des Rosanvallon et DCB – et une masse de jeunes prolétaires qui n’ont aucune base de discussion commune ni langage commun, est assez extraordinaire. Il résume à lui seul les frontières de classe. L’ignorance des subtilités langagières des intellectuels de gouvernement tout comme les éclats de rire à l’évocation de l’autogestion, et encore plus de la trouvaille anarchiste éculée de Cohn-Bendit « fonctionnons en « coopératives », confirme qu’il n’y a pas de discussion possible avec les bonimenteurs accessoires de la bourgeoisie. Qu’est-ce qu’il est minable de Cohn-Bendit !

L’ignorant prolétaire n’est pas si idiot qu’on le croit. Il a compris l’essentiel : on se fout carrément de sa gueule en lui suggérant qu’il va pouvoir venir discuter dans les quartiers (avec ou sans un retour aux 35 heures), sans que soit changé son régime débilitant dans l’entreprise, avec la continuation des inégalités de salaires, avec les mêmes fainéants auto-promus aux fonctions politiques nationales et européennes. Naguère les militants intellectuels du camp maximaliste n’avaient pas compris le b a ba de la conscience de classe, et une partie ne le comprend toujours pas… les mêmes ex-militants du CCI, individus gravitant autour de Perpective Internationaliste : la conscience de classe n’est pas culture mais « conscience » ; cette conscience n’exclut pas la « connaissance » mais celle-ci ne passe pas par les arcanes de l’Etat bourgeois mais par l’existence de prolétaire, la souffrance et la réflexions sur ses causes, et l’action des partis révolutionnaires (quand ils existent). Marc Chirik s’était bien moqué d’eux il y a30 ans : « moi je n’ai pas usé mes fonds de culotte sur les bancs de la Fac » ! Tout comme il avait rappelé le mépris des intellectuels mencheviques face aux ouvriers bolcheviques illettrés, tout comme Trotsky souligna dans « Questions du mode de vie » qu’en temps normal les ouvriers se fichent de la politique et la laisse aux autres…

Oui l’on ressent parfaitement que la bourgeoisie et ses laquais en vert voudraient bien faire semblant de croire qu’un dialogue serait possible face à une classe ouvrière perpétuellement en rupture de ban. Ils voudraient « communiquer », rétablir une « interaction entre citoyen et gouvernement » (cf Rosenballon) ! Nos pauvres ânes « communisateurs », qui rêvèrent d’une classe inférieure non disparue (culturellement) ont fourni bel et bien la batterie idéologique nécessaire aux Rosanvallon et DCB, incapables par eux-mêmes d’inventer quoi que ce soit. Mais ils n’ont transmis que des vieilleries totalement solubles sous les coups de tsunami de la crise systémique. Tous ils ont voulu nous faire croire que le règne des partis est fini. Non tous les partis oligarchiques de dauche à goitre continuent à se partager le pouvoir pendant que les faux électrons libres Rose-en-ballon et Cohn-Bendit tapent sur le tambour du garde-champêtre

pour « politiser » gratis mais se tirent royalement une balle dans le pied :

« Il y a une dimension utopique à ce projet : il faut dépasser la forme traditionnelle des partis et inventer de nouvelles formes de coordination ». Oui car elle est utopique cette prétention bourgeoise à racoler à nouveau avec une politique des mains vides un prolétariat de plus en plus accablé de chômage, de répression et de misère.

La connerie bourgeoise est en effet une idée neuve en Europe !



[1] Croyez-moi si j’avais pu me rendre à Rennes pour y intervenir, tous ces laquais d’un pouvoir répugnant auraient passé un sale quart d’heure, ou même si n’importe lequel de mes camarades maximalistes avait pu y prendre la parole. Mais c’est filtré et les journalistes sont de si bons copains de Cohn Bendit qu’ils auraient squizzé ce genre d’intervention « d’en bas », des sans-grades, de qui n’existent plus, qui n’ont jamais compté et dont on se fout de la gueule.

[2] Plus qu’un simple franc-mac, Rosanvallon symbolise, bien après Daniel Mothé, toute la pourriture des anciens syndicalistes intellectuels passés au service du pouvoir (et financés directement par les assocs patronales). Son intense collaboration capitaliste est décrite sur Wikipédia. Il a été successivement permanent syndical de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), membre du Parti socialiste unifié (PSU) puis du Parti socialiste. En 1982, il crée la Fondation Saint-Simon avec François Furet, dont l'autodissolution eut lieu le 31 décembre 1999[]. Il s'engage en 1995 dans la défense de la réforme de la Sécurité sociale présentée par le gouvernement Juppé en 1995, signant notamment une pétition parue dans Le Monde en sa faveur. Il est membre depuis 2002 du Conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France, depuis 2004 du Conseil scientifique de l'École normale supérieure. Il crée en 2002 , avec le soutien financier de grandes entreprises (Altadis, Lafarge, les AGF, EDF, Air France...), La République des Idées, un « atelier intellectuel » qu'il préside. Son ambition est de « refonder une nouvelle critique sociale », détachée de ce qu'il nomme l'« archéoradicalisme » ou l’« idéologie radicale-nostalgique ». Ce groupe édite une revue, La Vie des Idées ainsi qu'une collection de livres aux éditions du Seuil, et a organisé en 2006 le forum de Grenoble sur la « nouvelle critique sociale ». En mai 2009, dans le cadre de la République des Idées, il organise de nouveau un forum à la Maison de la Culture de Grenoble, "Réinventer la Démocratie. Comme pourriture on ne fait pas pire, même Cohn-Bendit apparaît à côté comme un simple enfant de chœur.

[3] Cohn-Bendit était venu pendant la campagne dans le préau en face de chez moi. Quelle chance pour lui, j’étais en voyage et je me promettais de lui filer comme d’hab une déculottée – sur le terrain il est plus nul que sur les plateaux télé et se fait casser assez facilement mais ses amis journalistes le taisent – mais aurait-ce été opportun de l’honorer de ma présence ?

vendredi 26 mars 2010

Danger abstention ?

Quoi le cadavre du PCF bouge encore ? Braouzec, dépité de Seine Saint Denis, quitte le PCF pour rejoindre la mouvance bob écolo, Pourquoi ?

« Pour moi, la forme "parti" est dépassée. On voit qu'une des qualités d'Europe Ecologie, c'est d'avoir transcendé cette forme politique traditionnelle. Quand vous avez plus de 50% d'une population qui ne va pas voter, et cela d'une manière structurelle; quand ces pourcentages d'abstention passent à 75 % pour les 18-30 ans; quand on y ajoute entre 4% et 5% qui votent blanc… il y a, à l'évidence, une crise des formes d'organisation qui n'ont plus rien à voir avec le monde contemporain. Appartenant au PCF, je considère que la forme de mon parti est dépassée et morte. Mais c'est une question qui est posée à l'ensemble des partis ». Pauvre homme ou sage politicien qui veut continuer à intoxiquer son ancienne clientèle hors Parle-ment sur les bienfaits des réformes possibles dans le capitalisme au niveau de la municipalité, du quartier, de l’arrondissement? Quand l’abstention massive – dans les latrines électorales - inquiète ses collègues gouvernants ?

L'abstention en banlieue, plus grave que les émeutes ? a titre par contre un certain Luc Bronner Dans LeMOnde d’aujourd’hui ou plutôt d’hier soir.

« Médiatiquement et politiquement, l'abstention des cités sensibles ne vaut pas une émeute avec son cortège de voitures incendiées et d'images spectaculaires pour illustrer la gravité de la crise des banlieues. Les résultats des élections régionales, qui prolongent les constats des précédents scrutins, devraient pourtant interpeller la société française, plus encore que des véhicules brûlés. Avec des taux d'abstention qui dépassent les 70 % des inscrits, les habitants des quartiers difficiles ont exprimé leur sentiment d'être en dehors de la vie électorale, en dehors du système politique, en dehors de la République. Là où les émeutes de 2005 avaient été provoquées par quelques milliers de jeunes, souvent adolescents, le refus de voter est un signal de défiance vis-à-vis du politique envoyé par plusieurs centaines de milliers d'habitants, Français, adultes, qui ont symboliquement brûlé les urnes, jugées inutiles. Avec, comme pour les émeutes de l'automne 2005, une ville symbole : Clichy-sous-Bois figure en tête du palmarès des communes les plus abstentionnistes avec 31,3 % de votants au second tour. Plus de 6 000 des 9 000 électeurs de cette ville de Seine-Saint-Denis ont refusé de se déplacer - un chiffre à comparer aux quelque 200 à 300 émeutiers recensés, en octobre 2005, ou aux 400 habitants qui avaient participé à une marche silencieuse après le décès de deux adolescents à l'origine des émeutes. Une défiance exprimée dans des proportions comparables à Grigny, à Stains, aux Mureaux, à Sarcelles, à Bobigny ou à Villiers-le-Bel, autant de villes qui incarnent la "crise des banlieues". Comment comprendre cette attitude de retrait de la vie démocratique? ». Bonne question, mais observez comme le journaliste bcbg opère un glissement à la Zemmour, il pointe du doigt les français de « récente immigration » et la politique ultra-répressive du gouvernement :

« Elle (l’attitude de retrait) témoigne d'abord du profond sentiment d'abandon. Les milliards d'euros investis dans la rénovation urbaine n'y font rien. Ni la communication autour du plan espoir banlieue de Fadela Amara resté à l'état de promesse. Au-delà de la frontière symbolique du périphérique, l'idée dominante est celle d'une mise à l'écart. Un sentiment validé par le dernier rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) : un tiers des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté. Ces résultats prolongent également, dans le champ électoral, les phénomènes de ségrégation. Puisque la République trahit ses promesses, la majorité des habitants, pas simplement une poignée d'émeutiers, ne se sentent plus liés par leurs devoirs électoraux. Car la ghettoïsation des quartiers n'a cessé de progresser au point que certaines cités abritent presque exclusivement ce qu'on appelle sur le reste du territoire des "minorités visibles" - pour ne pas dire "Noirs" et "Arabes" - et qui sont devenues des "majorités visibles" dans certains territoires ».

Le sagace journaliste opère un curieux glissement ensuite sur « les étrangers » , mais il mélange tout et je t’ajoute les habitants, et je t’ajoute les « djeuns », et je t’ajoute la probabilité d’être contrôlé au faciès:

« La statistique publique se garde bien d'aborder frontalement le sujet : dans le dernier rapport de l'Onzus, ce sujet n'existe pas. Pratiquement aucune donnée sur les étrangers. Ni sur la répartition spatiale des populations issues de l'immigration. Or ce que les pouvoirs publics s'évertuent à ne pas voir, les habitants le constatent tous les jours. Dans l'accès à l'emploi avec, par exemple, un taux record de chômage de 42 % pour les hommes de moins de 25 ans. Dans les problèmes de transports en commun - Clichy-sous-Bois est toujours à 15 km mais à plus d'une heure de Paris. Dans les rapports avec la police - la probabilité d'être contrôlé pour un Maghrébin est huit fois plus élevée que pour un Blanc ».

Puis on revient à l’immigration indistincte (qui dans sa catégorie récente ou sans-papier ne peut pas voter) où on nous chiffre la « ghettoïsation » et la probable contagion des « étrangers » sur les électeurs « issus de l’immigration » :

« Quant à l'immigration, la fonction d'accueil reste toujours aussi mal partagée : la Seine-Saint-Denis, par exemple, absorbe plus d'étrangers que tous les autres départements d'Ile-de-France réunis, hormis Paris. Entre les deux recensements de 1999 et 2006, leur nombre a augmenté de 22,8 %, concentrés dans les communes les plus pauvres de ce département, là où la proportion d'étrangers était déjà la plus élevée. Là, aussi, où se concentrent les Français que l'on présente toujours comme "issus de l'immigration". Au fond, c'est le silence des quartiers qui devrait nous alarmer plus que le bruit, ponctuel, des violences urbaines. Pourquoi le souffle créé par les émeutes de 2005, qui s'était traduit par une diminution de l'abstention lors de la présidentielle de 2007, est-il retombé aussi vite ? Comment des citoyens tolèrent-ils de telles conditions de vie sans exprimer leur colère autrement que par le non-vote ? Comment se fait-il qu'aucune force politique, associative ou syndicale ne parvienne à représenter ces populations ? ». Houlà l’angoissante question ! Les ouvriers sans patrie, sans Marseillaise et pauvres gaulois mêlés auraient-ils une âme et aucune reconnaissance du ventre ?

Puis notre plumitif bourgeois nous décrit ce qui est le mépris actuel des oligarchies politiques de gauche et de droite – ce n’est pas un futur mépris – c’est la dictature du mensonge électoral qui sévit depuis des dizaines d’années !

« Le plus gênant est que l'abstention place les quartiers dans un cercle vicieux. Parce que les hommes politiques pourront être tentés par une lecture cynique et considérer ces territoires comme définitivement "non rentables" électoralement. Pour la droite, qui y recueille des scores dérisoires. Pour la gauche, qui obtient des pourcentages flatteurs mais un nombre de voix réduit. Pourquoi, en effet, prendre le risque de s'aliéner des clientèles alarmées par l'image du jeune à capuche pour ne rien gagner du côté de la banlieue ? Pourquoi se mettre à dos le monde rural, également en grande difficulté mais qui continue de voter, pour des quartiers à la dérive mais abstentionnistes ? Le piège se referme sur les banlieues populaires ».

Conclusion : en ne votant pas pour les délégués oligarchiques de vos exploiteurs vous êtes encore plus méprisés par eux ! Ce pourri n’allait évidemment pas accoucher d’un article pour le prolétariat universel sur un sujet poreux comme l’abstention – sinon il n’aurait pas la permission d’écrire dans un tabloïd bourgeois[1]. L’abstention en soi n’est ni un acte révolutionnaire ni la garantie que la classe ouvrière ne va pas se laisser encore berner au prochain tour. La religion démocratique est très tenace, plus accroc que le voile musulman en milieu urbain. L’ignominie de ce journaliste se place surtout au niveau de l’hypocrisie régnante sur la prétendue soit décomposition soir recomposition de la classe ouvrière. Celle-ci n’a ni couleurs ni sexes, ou plutôt elles les possèdent tous mais cela est un facteur d’altérité humaine et ne la divise pas en tant que telle. C’est le bourgeois journaliste, les médias sarkoziens en général, et la vieille baderne des communautarismes qui s’ingénient à diviser le prolétariat avec faits divers, exagération des phénomènes de violences dans les lycées (par ex. la prétendue barre de fer qui n’était qu’une tringle à rideau), adoubement des exactions policières contre les immigrés. L’ignominie de ce journaliste tient dans son trafic des données : il n’est pas du tout sûr que la majorité des abstentionnistes soient d’origine étrangère ou motivé par leur rejet dans les ghettos de banlieue. D’abord nombre de banlieues ouvrières ne sont pas plus « à risque » que certaines rues huppées de Paris la nuit. Au contraire, pas souci d’intégration je suis sûr que nombre d’immigrés de génération récente sont plus conformistes et, pour appuyer leur désir d’intégration, sont facilement attirés dans les urnes par les petits bourgeois verts « antiracistes » et les débris des partis de gauche. En mentant un tout petit peu sur cet aspect, en en faisant une question d’étrangers « ghettoïsés » le journaliste véreux veut laisser croire que tout « bon français » ne peut lui que participer à la soumission de la dictature électorale sous le régime des partis oligarques. Or, comme l’a posé un autre journal la semaine passée – « pourquoi vous ne votez lus ? » - la question n’est même plus l’abstention. La question est qu’il y a eu prise de conscience, de l’ère Mitterrand à l’ère sarkozienne que, soit dit en passant les 1er ministres n’ont jamais été que de vulgaires exécutants comme les députés, que plus aucun parti n’est crédible, non pas comme le dit ce pauvre Braouzec (parce que la forme – bourgeoise – du parti serait morte) car il roule pour un parti quand même de merde et vert, mais parce qu’aucun parti actuel de peut avancer un PROGRAMME CREDIBLE CONTRE LA CRISE SYSTEMIQUE !

Ne pas voter – car il n’y a pas de choix entre les candidats fainéants aux fonctions de fainéants (qui seront supprimées après notre révolution prolétarienne si on est capable d’aller jusqu’au bout de notre histoire) – n’est pas suffisant pour « protester » : les lois scélérates passent comme d’habitude grâce aux clowneries parlementaires, la bourgeoisie jette chaque jour à la rue des prolétaires et se prépare à démultiplier ses attaques économique (retraites, fins de droits, expulsions, etc.). La grève syndicale est devenu un handicap premier face à toute réelle grève ou lutte d’envergure. Contrairement aux propos soporifiques des effaceurs d’histoire, nous n’avons aucun complexe à affirmer que le prolétariat se donnera bientôt les moyens non pas de javelliser les urnes vermoulues et puantes ni de coller en GAV les chefs syndicaux et leurs complices de base, mais de créer ses propres organismes politiques : conseils ouvriers, conseils de quartier, etc. sans se soucier si Machine porte un voile ou si machin n’a que des papiers temporaires.

PS : il me faudra faire bientôt un état des lieux des divers cercles et individualités en attente de la révolution, bien qu’il n’y ait aucune « colonne vertébrale » (pas encore) dans le milieu maximaliste. Le cercle qui semble le plus dynamique à l’heure actuelle « Perspective internationaliste » appelle depuis quelque temps au « regroupement », souci fort louable. Mais le problème est qu’il ne regroupe qu’un quarteron d’intellectuels et que gravite autour une poignée de petits bourgeois ex-membres du CCI qui s’interrogeront le restant de leur vie sur le sexe non des anges mais de la classe ouvrière (appellation d’ailleurs plutôt féminine) quand ce n’est pas du prolétariat (appellation masculine). La façon d’ergoter et d’étaler sa science de cette poignée d’intellos lors de leurs séances publiques garantit la fuite de tout prolétaire désireux de participer au combat politique révolutionnaire, recomposé ou restauré, mais certainement pas par la petite bourgeoisie intellectuelle.

La synthèse de discussion de leur réunion à Paris du 20 mars (lisible sur leur site IPPI) est vraiment tout ce qu’il y a de plus vague et bien intentionné : « De manière générale, tous les participants ont souligné la nécessité cruciale de mettre en avant des perspectives claires. Ceci s’explique par les enjeux très importants contenus dans la situation présente et aussi par l’impasse que représente, tant pour notre classe que pour la classe dominante, cette question des perspectives ». Or, connaissant le genre de participants éclectiques et désabusés il m’étonnerait qu’ils aient viré leur cuti pour revenir « conseiller » un prolétariat que certains ont perdu de vue depuis la fin de leurs années de militantisme. Ce qui transparaît d’ailleurs dans la synthèse. C’est toujours la même ambiance bancale : les uns assurent que la classe ouvrière n’est plus rien comme les bons bourgeois, les autres, plus ou moins hésitant, monte en mayonnaise tel ou tel événement dans un pays secondaire comme la Grèce exaltée comme future initiatrice[2]. Parmi les nombreux qui doutent, et qui en fait ont toujours vécu en observateurs du prolétariat, il y a ceux qui radotent les âneries de la sociologie bourgeoise sur un prétendu « phénomène de recomposition du prolétariat et (en) ce qu’il rend plus difficile pour la conscience de classe ». Cet état d’âme est typique de l’intellectuel centriste qui n’a jamais été dans le besoin, et qui fait rigoler les prolétaires conscients qu’il n’y a rien de changé entre les classes malgré des études statistiques poussées dans les labos de la petite bourgeoisie. On imagine sans mal qu’il n’y a pourtant aucune perspective commune entre ceux qui doutent, ceux qui se moquent et ceux qui timidement croient que la prolétariat (tel que le leur avait enseigné le CCI) a encore une chance ; mais une chance pour quoi ?

Après nous avoir rappelé une banalité à pisser de rire (« Rappeler que c’est le prolétariat qui fait fonctionner le capitalisme » le rappeler à qui ?), la synthèse nous balance une sentence typiquement idéaliste anarchiste : « Qu’il est nécessaire de quitter le terrain de la revendication pour se poser la question de comment vivre décemment sans obéir au capitalisme ». Ouaf ! Comme quoi ceux qui doutent, ceux qui ont flirté avec le modernisme et la communisation des oufs, ont bien contaminé PI qui cache son néant politique derrière un phrasé de plus en plus snob dans sa revue ; ils confondent « quitter le syndicalisme et quitter la lutte immédiate sociale, hic).

Appeler à l’unité des petits bourgeois dispersés et des bonnes volontés des militants de PI ne pouvait en effet « rencontrer aucune opposition » car personne n’est opposé à ce que la rivière Seine poursuive son cours. Ni ne l’interrompe.

Le contenu de cette prise de position a été ainsi défini :

* « Il s’adresse à l’ensemble du prolétariat international et pas uniquement au prolétariat grec ;

* Il se replace dans le contexte général de la crise économique et de ses conséquences ;

* Il rappelle que ce qui se passe en Grèce actuellement est ce qui attend l’ensemble du prolétariat ;

* Qu’il est donc important de réagir à cette situation sur un terrain de classe ;

* Il faut dénoncer les discours de la bourgeoisie, entre autres, l’amalgame qui est fait entre : « pas de soutien à l’Etat grec et pas de soutien au prolétariat grec » ;

* Enfin, nous devons développer nos perspectives : Nécessité d’élargir le mouvement et donc, lancer un appel aux autres prolétaires à entrer en lutte, Souligner ce que montre ce mouvement et insister sur la potentialité qu’il contient d’une perte d’illusions, Faire la critique du fonctionnement capitaliste et montrer que le prolétariat lutte pour autre chose, Appeler les minorités révolutionnaires à prendre leurs responsabilités compte tenu des enjeux de la période. Cette proposition de prise de position commune répond d’ailleurs à ce dernier point et s’inscrit également dans la dynamique qui a été formalisée dans l’Appel au milieu révolutionnaire lancé par P.I ». Du bla-bla à la mode CCI d’il y a 25 ans, un syncrétisme – un saint crétinisme d’intellectuels – parfaitement creux, parce que vague (ils ne s’entendent pas entre eux sur ce qu’est le prolétariat auquel ils prétendent continuer à s’adresser), les cercles divers qui sont évoqués sont aussi révolutionnaires que toutes les fédés de la FA, en tant que cercle intellectuel émollient ils n’ont aucune légitimité pour indiquer au prolétariat ce qu’il doit faire, et la Grèce n’est pas un exemple à suivre. Il est parfaitement révélateur enfin que l’opportunisme parasitaire intellectuel attende que la classe ouvrière aille au casse-pipe avant de se proposer d’en être le guide éclairé, et se garde de proposer solutions ou programme !

Reçu à la boite aux lettres attendues le n°53 de leur revue :

« la marchandisation de la condition humaine peut-elle être renversée ? »

HAITI – AFGHANISTAN- VENEZUELA – CONSCIENCE DE CLASSE –

REIFICATION -CONTROVERSE

Sommaire

Editorial 3

Haïti : La malédiction du capitalisme. 6

Mission rampante en Afghanistan. 9

"Le socialisme du 21ème siècle" - Et ça continue ! 14

Qelques pensées non finies sur la conscience de classe. 17

Propos sur la réification. 20

La crise dans la production et la crise au marché ont la meme cause : la forme-valeur 28

Malgré un titre général à chier, malgré une tendance frénétiquement masturbatoire à vouloir faire riche en vocabulaire avec le terme réification, sans jamais l’expliquer au lecteur non universitaire (= chosification), cette revue est intéressante, mais sans plus. Ce n’est pas un organe d’orientation politique ni révolutionnaire. Cette revue s’adresse à un milieu restreint d’intellos cultivés. Ce qui est bon, ainsi l’article de Sander « quelques pensées non finies… » ne fait que rappeler que le meilleur du peu qu’ils ont gardé de la théorie révolutionnaire acquise dans le CCI. L’analyse de la crise, malgré une dramatisation classique, ainsi que l’analyse des mystifications bourgeoises sont faibles. La polémique avec Controverses sur valeur et marché tourne en rond, et n’intéresse au fond personne. Penchez-vous plutôt sur la « revendication » de la destruction du capitalisme. Mais ne rêvez pas, d’autres forces, d’autres éléments réfléchissent déjà à la nécessité de la création d’un nouveau parti politique révolutionnaire, qui n’agira ni sur le plan légal (élections, TV, etc.) ni sur le plan de la collaboration syndicale à l’ordre dominant.



[1] Je signale que les post sont de plus en plus censuré en général et qu’il ne sera plus possible d’y exprimer quoi que ce soit. J’avais déjà dénoncé 20 minutes il y a un an qui ne se contente pas de censurer mais rewrite à sa façon les commentaires. C’est le cas désormais aussi du Figaro qui a refusé de passer mes commentaires en défense de la jeune lyéenne qui a tapé avec une tringle à rideau son prof – la presse a menti en disant « barre de fer » et jamais on ne suppose que les profs ou les machinistes RATP peuvent avoir une attitude provocatrice face aux djeuns - ainsi qu’un pointe visant les artistes qui ont perdu tout crédit comme Jacouille et Doc Gynéco en léchant leur mètre Sarkozy, et qui vont de plus en plus aller pointer au pôle emploi, comme Sarkozy en 2012 ? Je n’écris pas de messages insultants pourtant sur les post, et il me reste Libé. Pour combien de temps ?

[2] Les responsables du cercle PI ne pouvaient certes pas encore deviner que Sarkozy et Merckel allaient se fendre que quelques crédits pour apaiser la bourgeoisie grecque et dégonfler ce « laboratoire social » imaginé par toutes les sectes gauchistes. Mais ils ont toujours tendance à lire dans le marc de café social comme au temps de leur participation au CCI, en croyant que le prolétariat va déjouer d’un coup les mystifications ou les parades de la bourgeoisie, et persistent à croire que la bourgeoisie manquerait de plus en plus de moyens économiques face au prolétariat, ce qui est faux.

mardi 23 mars 2010



Ciné rafle à 3 balles


Beaucoup trop de pub pour


un téléfilm simpliste



Dimanche dernier j’ai raflé les enfants et leur copain – ils ont râlés et protestés qu’ils voulaient rester scotchés à leurs jeux débiles d’Internet – mais je n’ai pas cédé pour les forcer à aller voir une sale page d’histoire, trop méconnue et qu’on ne doit pas oublier. Pourquoi la salle de classe de cette école du quartier de la Goutte d’or était-elle déserte le 18 juillet 1942 ? Mon ami André Jarnolles, dont les cendres sont depuis longtemps dispersées en Méditerranée, me raconta qu’il s’était rendu en classe normalement. La classe était vide, tous ses copains juifs avaient été « raflés » la veille. Un autre ami, de la même génération que André m’avait témoigné ceci : « Déjà encadré par les képis, mon copain dont les parents étaient voisins de palier des miens m’a confié sa montre. - je te la rendrai à ton retour… - non je n’en aurai plus besoin, avait-il répliqué ». Ce genre de témoignage vous prend à la gorge (mais je ne sais pas rendre par écrit l’émotion que provoque cette anecdote en version orale). Ce film « La rafle » prétend restituer la journée du 17 d’arrestations massives à l’improviste et sauvages par la police bourgeoise de Pétain, au petit jour et dans la précipitation des lâches en uniforme. Le sujet était ardu. Je ne jette pas la pierre à la réalisatrice. Tout le monde ne s’appelle pas Polanski ou Huston. Pourtant représenter l’horreur et l’ignominie, le cinéma peut y parvenir, mieux qu’un livre ou qu’un témoignage. C’est raté avec ce téléfilm.


UN VAGUE APERCU D’UNE HISTOIRE TRONQUEE

Certes ce film n’est pas complètement inutile, il donne un aperçu de l’ignominie de l’Etat français et de sa police : des femmes et des enfants ont été tabassés comme des chiens, certains on préféré se suicider, un grand nombre se sont battus avec leurs faibles moyens face aux soudards armés. Comment ne pas avoir un haut le cœur à voir (même en reconstitution cinématographique) en visualisant le port infâmant d’une étoile jaune sur les paletots d’enfants ou sur la poitrine d’un adulte, comme du vulgaire bétail? Comment ne pas avoir envie de pleurer en voyant les gosses entassés dans des wagons à bestiaux, et qui, pour une part, vont mourir pendant le transport ? Comment ne pas imaginer le déchirement des mères à qui on arrache les enfants ? Or, si le téléfilm montre ces scènes, il le fait de manière si plate, si artificielle qu’il en atténue la gravité. Là où il eût fallu suggérer l’insoutenable, la réalisatrice est tombée dans l’empirique qui effleure. On l’imagine sans peine ordonner aux enfants figurant de pleurer : « faites semblant de chialer ! Moteur ». « Arrêtez de faire semblant de pleurer ! Coupez ! ». La reconstitution frise ainsi très souvent le ridicule avec le petit héros juif blondinet qui joue en plus comme un pied. Le Vel d’Hiv reconstitué n’est pas du tout dramatique. Les enfants y jouent en faisant la nique aux uniformes. Le débordement de merde des latrines de la triste salle de sport vélocipèdique ne rend même pas compte du rapide encrassement et de la fin d’hygiène minimale pour toute la population incarcérée. Le comique Gad Elmaleh, qui n’a jamais été très drôle, est nul et s’ennuie visiblement sur le plateau du tournage. Mélanie Laurent compose son talent présumé aux litres de larmes de cinéma que lui déversent les maquilleuses. Jean Reno est aussi moins efficace comme toubib d’urgence que Jean Yanne en tant que routier mélomane. L’acteur qui incarne le pourri Laval est bien trop propre sur lui comparé au larbin cradingue de Pétain dans la réalité, empuanti par ses mégôts et ses caries. Même les gosses jouent mal dans cette reconstitution poussive. Si l’on compare à « La guerre des boutons » ou à « Au revoir les enfants » de Louis Malle, les enfants de ce film sont de mauvais amateurs.

Certes on va s’en servir bientôt comme documentaire idéologique destiné aux écoles[1] dans le cadre du bourrage de crâne sur la shoah exclusive, mais nullement pour permettre de réfléchir à autre chose que la méchanceté foncière des nazis, jamais pour mettre en cause la capitalisme, horizon indépassable de l’espèce humaine délivrée éternellement des guerres mondiales. Malgré le battage médiatique intense – « vous allez chialer », « le Vel d’Hiv est reconstitué tel que », « il faut y aller » - le film est mal bâti. Les séquences sont désordonnées. Pourquoi ne pas en être resté au niveau des « raflés » et avoir prétendu situer les responsabilités politiques en montrant en alternance un Hitler de carnaval, bon père de famille et gai luron ? En général les soit disantes incursions historiques sur le personnage d’Hitler sont incrédibles. Ce type avait tout du dément, mais se focaliser sur ce seul dictateur est oublier la machine d’Etat allemande[2]. Toutes les figurations d’Hitler dans le cinéma moderne sont clownesques, simplistes et simplement ridicules.


LES JUIFS SANS DEFENSE SUBSTITUéS AU PROLETARIAT

L’histoire réelle de l’utilisation des juifs comme bouc-émissaires reste à faire du point de vue marxiste[3]. « La rafle » s’en tient aux clichés les plus éculés au niveau du complot antisémite digne du Moyen âge ; on rafle les juifs pourquoi ? Parce qu’ils sont juifs et qu’il faut les exterminer ! Une partie du faux est dans le vrai et une partie du vrai dans le faux. La vérité il faut la chercher dans le cadre de la guerre mondiale. Dès 1942 la bourgeoisie allemande sait qu’elle est sur la pente de l’échec. Elle perd du terrain en Afrique et de plus en plus en Méditerranée. Pourquoi rafler les juifs en France en particulier ? Pas pour alimenter l’industrie de guerre allemande essoufflée puisqu’on les envoie à la mort par privation ou par gazage. Pourquoi prendre autant de risques à déporter des enfants en les séparant de leurs parents ? Avec le risque que, même dans la population allemande, cette action délirante soit considérée comme au ban du genre humain… et sera fatale et indélébile au passif de toute la bourgeoisie allemande au XXe siècle. On ne peut pas le comprendre si on oublie la situation de guerre où les informations sont cloisonnées, où règne la terreur militaire et policière, où surtout la classe ouvrière est décimée (deux millions de jeunes prolétaires prisonniers français en Allemagne durant les 5 années de la guerre). La classe ouvrière n’existe plus comme classe dangereuse, bien qu’elle ne soit pas morte. Cela n’empêcha pas que de nombreux hommes et femmes – courageux comme il est admirable de l’être dans ces conditions, au péril de leur situation sociale et même de leur vie – s’ingénient à soustraire aux barbares en uniforme de nombreux enfants juifs. J’ai eu l’honneur de connaître à Malakoff une vieille institutrice qui, alors âgée de 20 ans, est partie en train dans le sud de la France en emmenant des dizaines d’enfants juifs avec elle sous prétexte de « colonie de vacances »; et qui a refusé tout honneur et toute reconnaissance officielle comme membre de la «Confrérie des justes » de la part de l’Etat colon et assassin d’Israël. J’ai même beaucoup plus d’admiration pour ce genre de personnes (dont mon père, ce héros résistant et protecteur de juifs) que pour les hautains défaitistes marxistes de la soit disante intrépide « gauche communiste historique », qui en appelaient à la « révolution prolétarienne » contre les deux camps, mais bien à l’abri d’une clandestinité encore possible. L’action délirante du régime nazi – accouplée avec la veulerie de bourgeois pétainiste – ne peut donc s’expliquer de façon rationnelle et économique. Elle ne peut non plus être expliquée sérieusement par une volonté d’anéantir la « juiverie internationale » en tuant les enfants. Qu’on me trouve un seul texte nazi qui proclame officiellement, dans les médias de l’époque, face à la population allemande ou mondiale : « on va tuer tous les enfants des juifs pour qu’ils ne se reproduisent plus » ? Quand l’immense majorité des populations en guerre ne savait pas qu’on raflait des enfants ni qu’on allait les gazer. En guerre l’échelle de commandement et les niveaux de décision sont comme la chaîne à l’usine : l’exécutant intermédiaire ne voit pas ce qui se passe au bout. Je ne veux pas défendre la police française qui a été honteuse, mais gageons que si nombre de flics avaient su où étaient envoyés les enfants, on aurait pu les faire entrer en sédition (peut-être mais pas sûr). Les flics, comme les cheminots exécutaient les « ordres » de leurs patrons, comme ils le font en temps normal. Etrange et effrayante banalité : en temps de paix, obéir aux ordres « de travail » n’est pas spécialement criminel, mais en temps de guerre l’habitude d’obéir sans discuter peut confiner au sadisme animal ou à une inconscience pathologique grave.

L’explication de la rafle trouve par contre ses fondements sur le plan idéologique. Déjà, dans la zone orientale de l’Europe, la propagande de l’Etat bourgeois allemand avait suffisamment développé depuis les années 1930 le fantasme du « juif bolchevique ». L’ « ennemi intérieur » qui avait fait trembler Hindenburg en 1918 et toute la République de Weimar par la suite, ne devait plus être caractérisé comme « le prolétariat » mais « les juifs » toutes classes confondues. C’est le bourgeois « juif Rathenau » qui avait baissé culotte en signant les accords de fin de la guerre et qui avait fait passer l’Allemagne pour vaincue ; c’est en face la rouge, la « juive Rosa » qui avait sapé le moral des troupes. Ce sont les communistes « juifs » en Allemagne qui avaient affaiblis l’armée et fomentés les grèves. Intronisé « ennemi intérieur » à la place du prolétariat, le juif indistinct était désormais, pour la propagande en uniforme, non un simple fauteur de troubles mais celui qui « poignardait dans le dos » la nation allemande. Par chance un bonne partie des juifs était prolétaires ou commerçants ruinés, ce qui revient au même. L’Etat bourgeois pouvait donc montrer du doigt ces « inutiles » en les opposant au reste de la classe ouvrière allemande, dénoncer des « parasites » dits bourgeois ou petit-bourgeois propres à générer le chaos plutôt qu’à sauver la nation « au-dessus de toutes les autres » qui leur avait pourtant donné généreusement le sein ; après d’ailleurs qu’une bonne partie d’entre eux aient fui les pogromes tsaristes et même les premiers camps staliniens en croyant trouver refuge en Allemagne. La rafle des juifs dans toute l’Europe sera de toute façon un échec tant elle est inique, irrationnelle et barbare, typique d’un Etat aux abois. L’Etat français lâche ne peut même pas tenir les quotas fixés par les nazis. Il faudra tout de même attendre 1945 pour que les « nobles » Alliés débarquent non pour libérer en urgence les juifs et toutes les populations sous la botte nazie, mais pour mettre la pâtée à la bourgeoisie allemande et l’éliminer de sa prétention à rester la première tête de bloc impérialiste mondial et pour… enrichir la vertueuse Amérique, en préparant d’autres guerres, mais en rétablissant tout de même une paix de réparation et de reconstruction aux prolétaires d’Europe. Hitler avait gagné la guerre, il avait gagné son pari – éliminer le marxisme de l’histoire – ce n’était pas le prolétariat qui avait mis fin à la barbarie nazie mais l’armée de la bourgeoisie américaine, avec l’aide de 20 millions de cadavres russes.


PIQURE DE RAPPEL

La rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942), souvent appelée rafle du Vel' d'Hiv, est la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. En juillet 1942, le régime nazi organise l'opération « Vent Printanier » : une énorme rafle de Juifs dans plusieurs pays européens. En France, le régime de Vichy mobilise la police française pour participer à l'opération: à Paris, 9 000 policiers et gendarmes, sans état d’âme et sans honte, rafleront les Juifs. Le 17 juillet, en fin de journée, le nombre des arrestations dans Paris et la banlieue était de 13 152, selon les chiffres de la préfecture de police. Les juifs français étant normalement fichés depuis 1940 (le dernier recensement français ayant recueilli des données religieuses est celui de 1874), les autorités connaissent leur adresse (« fichier Tulard »). René Bousquet, le secrétaire général de la police nationale, accompagné de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, rencontre le 4 juillet, au siège de la Gestapo à Paris, les SS Knochen et Dannecker, général SS qui dirige la police allemande en France. Un nouvel entretien, dans les bureaux de Dannecker avenue Foch, afin d'organiser la rafle prévue pour le 13 juillet 1942, se tient le 7 juillet en compagnie de Jean Leguay, l'adjoint de Bousquet, accompagné de François, directeur de la police générale, Hennequin, directeur de la police municipale, André Tulard, en charge des questions juives à la préfecture, Garnier, sous-directeur du ravitaillement à la préfecture de la Seine, Guidot, commissaire de police à l'état-major de la police municipale et enfin Schweblin, directeur de la police aux questions juives. La rafle vise les juifs allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et les indéterminés, âgés de seize à cinquante ans. Des dérogations exceptionnelles pour les femmes « dont l'état de grossesse sera très avancé » ou « nourrissant leur bébé au sein » sont prévues, mais « pour éviter toute perte de temps, ce tri ne sera pas fait au domicile mais au premier centre de rassemblement par le commissaire de la voie publique ». Les nazis prévoient de faire arrêter par la police française 22 000 Juifs étrangers dans le Grand Paris, qui seront conduits à Drancy, Compiègne, Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Les instructions du directeur de la police municipale de Paris Émile Hennequin, le 12 juillet 1942, stipulent que «1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux […] 2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire. […] 7. […] Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire». Le 13 juillet 1942, la circulaire n°173-42 de la préfecture de police ordonne l’arrestation et le rassemblement de 27 391 Juifs étrangers habitant en France. Finalement, un peu de retard est pris. Les autorités allemandes évitent d'ordonner la rafle pour le 14 juillet, bien que la fête nationale ne soit pas célébrée en zone occupée, ils craignent une réaction de la population civile. A rafle a donc lieu deux jours après. 12 884 Juifs sont arrêtés (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes). Un nombre indéterminé, prévenu par la Résistance ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, parvient à échapper à la rafle (le film dans le générique de fin prétend que 10.000 juifs ont été soustraits aux rafleurs, ce qui paraît exagéré vu la rapidité de la rafle).

Les ignobles conditions qui font suite aux arrestations brutales et inopinées ne laissent pas le temps aux personnes d’emporter le strict nécessaire. Les familles sont séparées. Après leur arrestation, une partie des juifs est emmenée par autobus dans le camp de Drancy (au nord de Paris). Une autre partie est envoyée vers le Vélodrome d'hiver (situé dans le XVe arrondissement), qui sert de prison provisoire. Ce sont donc environ 7 000 personnes qui devront survivre pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d'eau. Ceux qui tentent de s'enfuir sont tués sur le champ. Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande (dans le département du Loiret) et Pithiviers, avant d'être déportés vers les camps d'extermination allemands. Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre. En 1979, Jean Leguay, le représentant du secrétaire général de la police nationale, René Bousquet, en zone occupée, est inculpé pour son implication dans l'organisation de la rafle, mais cet ami encombrant de Mitterrand est assassiné avant de pouvoir être jugé, en 1993, par un individu présenté comme déséquilibré (alors que tout concourt à laisser sourdre qu’il a été manipulé, les médias n’avaient pas cessé de filmer Bousquet en train de balader son chien devant son domicile). Selon la préfecture de police, le nombre de personnes arrêtées s'élève à 13 152. Cette scandaleuse rafle d’êtres humains, de civils innocents destinés à la mort, passe l’entendement si l’on s’en tient au descriptif simpliste du film. Quoi ? Aucune réaction de la population ? Les français, tous des lâches ? Les policiers tous des ordures ? Laval on a bien fait de le fusiller et Bousquet de l’abattre comme un chien même tardivement… Voilà ce que peut penser le spectateur encore boutonneux ou l’adulte féru d’Internet mais ignare en histoire récente. La réalisatrice Mme Roselyne Bosch (sic !) a pu nous trimballer avec les poncifs les plus nunuches sur les « boches » justement. On perd de vue les raisons impérialistes de la Seconde Guerre mondiale et on ne comprend surtout pas que, partout, le capitalisme a aussi bombardé massivement femmes, enfants et civils indistincts. La shoah devient la « fleur du mal » et plus personne n’y comprend rien, à part pleurer sur le sort des pauvres juifs.


LA DISCUSSION AVEC LES ENFANTS DANS LA VOITURE

Certains avaient versé une larme. Ils étaient contents d’être venus finalement pour apprendre sur un moment dramatique de l’histoire de France que l’histoire n’est pas belle à voir. De but en blanc je leur ai demandé si cela était possible aujourd’hui. Pour Abdel, 16 ans, certainement mais contre d’autres races, les arabes ou les pakistanais par exemple. Elodie, 13 ans, et Roberto, 17 ans, approuvaient. Mes questions étaient plus précises : est-ce que la police fait la même chose en France par rapport aux sans-papiers reconduits dans leur pays d’origine ?

Pour tous c’était évident. Alors je reformulai mon questionnement : est-ce que l’arrivée de plus en plus fréquente de gens d’Afrique du nord, et surtout d’Europe centrale par exemple, dans la clandestinité, qui viennent placer leurs enfants dans les écoles, qui sont pris automatiquement en compte avec « les allocs », puis dont les parents tentent de légaliser ensuite leur présence, n’exige pas un contrôle par l’Etat en place d’un flux des populations qui ne génère pas forcément plus de chômage mais accroît la misère sociale ? Comme ma question était plutôt longue et qu’ils devaient penser que je cherchais à les embrouiller, je fis un raccourci : qu’on le veuille ou non l’action des flics de raccompagnement à la frontière des immigrés clandestins n’est tout de même pas comparable à la rafle des juifs ?

Ils me faisaient des yeux ronds avec ce léger froncement de sourcil adolescent qui toise votre vieillesse ennemie. Elodie fut la première à réagir :


- mais merde on est tous des êtres humains ! On n’a pas à renvoyer les gens comme ça et les enfants n’ont rien fait de mal. Oui c’est comme les flics de Pétain !


Abdel ajouta un argument qui pouvait me convaincre :


- le problème n’est pas ceux qui viennent avec leurs valises, roumains, afghans ou africains, c’est ceux qui les font venir, les patrons anglais, les petits entrepreneurs français. Ils les font venir pour les payer au lance-pierre puis ils se désintéressent de leur situation juridique.


- Mais le fait que la police les expulse ce n’est tout de même pas pour les envoyer à la mort comme la police pétainiste ?


- Non, convint Abdel, sauf pour certaines expulsions politiques…


Roberto était plus nuancé :


- ceux qui sont là on les garde mais on ne peut pas accueillir tout le chômage du monde.


On n’était pas parti pour engager un grand débat car nous approchions de la maison de Roberto qui nous quittait pour aller au match. Je lui demandai s’il avait aimé le film et où il aurait été pendant la guerre :


- je te les aurais butté les nazis… ouais ouais… d’ailleurs il y a un jeu sur la résistance qui vient de sortir. Je vais l’acheter. Je t’apprendrai Jean-Louis et tu verras… on peut être un bon résistant et butter autant de nazis qu’on veut.


J’ai freiné et laissé descendre Roberto, un fan de Tarantino. Je me suis dit que l’idéologie nationaliste avait encore de beaux jours devant elle avec cette couillonnade de « résistance » petite bourgeoise. Pas seulement sous la forme logicielle.











[1] Ces imbéciles d’enseignants vont en tout cas organiser des sorties groupées au cinoche pour édifier nos petits à l’idéologie de la vertu antiraciste triomphante si décalée par rapport à la réalité des races qui continuent à être opprimées.



[2] Qui reste autant arrogante de nos jours. Le mépris évident de la bande à Merckel pour la Grèce et les autres pays européens dans la crise économique confirme toujours la volonté de domination impérialiste continue de la bourgeoisie allemande, malgré sa cure de modestie sous Adenauer et sa rémission « anti-fasciste ».



[3] Quoique j’y ai grandement contribué avec mon livre « Le nazisme et son ombre sur le siècle » (Cahiers Spartacus, 2001) à la suite de la gauche communiste maximaliste qui est inexistante dans les rayons d’histoire officielle.