![]() |
| les pieds nickelés |
suivi du CRUEL DILEMME PRO ET ANTI-Mélenchon. Non seulement l'idéologie de gauche est au pouvoir à France Inter, mais elle se fait organiser des débats sur mesure comme celui mené par Pujadas. Ont été esquivées toutes les questions qui font triompher le RN: insécurité, violences quotidiennes, laxisme et injustice des robes noires, immigration et surtout les élites moalisatrices, absence de bilan critique de l'ère mitterrandolâtre. Un cénacle BCBG totalement hors du coup face à la gravité de la situation actuelle et à venir dans le court terme.
La première partie de la joute entre concurrents de cette gauche BCBG porta sur la guerre en Ukraine, question posée par un brave étudiant croyant à cette fable d'une gauche bourgeoise traditionnellement pacifiste, et qui s'inquiétait qu'on n'apporte pas un plus franc soutien militaire à Zelensky. Comment peut-on être pacifiste et souhaiter des interventions militaires ? Et laisser pontifier le principal va-t-en-guerre Glucksmann ?
Tous se prononcèrent d'une façon ou d'une autre sur une nécessité de préparer la guerre, surtout Glucksmann). C'est sûr, la Russie va tôt ou tard envahir l'Europe, assurent-ils en chœur, et il faudra bien se défendre. Tous en appelant en parallèle à une révolution écologique (qui solutionnerait tous les problèmes industriels) supposée relancer la croissance, voire sous forme de guerre à but écologique. Avec le culot, tous, de vanter la filière nucléaire, alors que sous le gouvernement Hollande leurs comparses écolos ont tout fait pour saboter et ralentir le parc nucléaire alors qu'il fallait déjà penser à le développer pour commencer à mettre fin à la dépendance pétrolière.
Sur le génocide à Gaza, sauf pour Glucksmann, la chose semblait entendue par tous. Sauf par Ségolène Royal, vieillie malgré son portrait géant derrière où elle ressemblait plutôt à Sophie Marceau, qui fit sursauter d'indignation de chaque côté les deux députés d'origine juive Guedj et Glucksmann, lorsqu'elle réaffirma, comme elle l'avait déjà dit il y a quelques mois, et courageusement: "Netanyahou est le principal responsable de la montée de l'antisémitisme." Les deux lascars l'accusèrent de culpabiliser les Juifs en général; ce qui n'avait pas du tout été son propos, très factuel. Et Glucksmann de lui faire la leçon de morale pour dangereuse concession à l'antisémitisme, et à surveiller ses mots. Les deux politiciens atténuant ainsi la principale cause de l'antisémitisme en milieu arabe et pro-palestinien. Toujours aussi ambigu, Glucksmann a récusé le qualificatif de génocide.
Le moment le plus émouvant et révélateur de l'état de misère en France fut le questionnement d'une jeune mère de famille "monoparentale" avec deux enfants, au chômage et recherchant désespérément un travail, avec un loyer de plus de la moitié de ses ressources, l'impossibilité de payer la cantine aux enfants, de payer aussi pour les faire garder lorsqu'elle retrouverait un travail, des aides peau de chagrin, des calculs basés sur ses anciennes ressources pour justifier les minimas sociaux qu'elle touche, un maire qui ne pouvait rien faire pour l'aider...Et Pujadas qui lui avait demandé si elle allait voter… et pour toute réponse, un sourire désolé. Le choix d'inviter cette jeune femme noire, prolétaire avant tout, était évidemment pervers pour laisser au second plan sa misère ouvrière et prioriser l'antiracisme humanitaire, avec des remarques condescendantes à la façon de Faure: "le problème de cette femme est simple....". Non, justement, il n'est pas simple du tout, elle est à la veille de se trouver jetée à la rue; et tous ces beaux messieurs-dame n'ont rien à lui proposer sauf leur compassion pour un "ordre juste" ou un SMIC miraculeux.
Nos candidats de la gauche caviar étaient restés tout d'abord bouche bée (les élites sont toujours gênées face à une réalité qu'elles ne côtoient pas). Puis concrètement ils furent tous incapables de répondre concrètement, sauf à noyer leurs propos dans des généralités ronflantes mais très hiérarchisées au point d'en devenir comiques, Royal nuançant que, augmenter le SMIC, c'est bien mais à condition qu'il ne rattrape pas les couches moyennes au-dessus; occasion pour mamie de ressortir son nécessaire à tricoter "gagnant-gagnant".. Les deux mamelles de cette gauche ringarde étant désormais: un ordre juste et acheter français. Et un simple ramassage électoral interclassiste avec une Royal plus bête que jamais, éructant : "Il y a un déclin global de l’ensemble des catégories sociales."! Les mêmes recettes de la médiocratie : impôts, taxes, toujours et encore ! Aucun réalisme, aucune humilité, aucune compétence. Ça bouffe a tous les râteliers… moins de 10 % aux dernières élections ! Faut se serrer pour ne pas tomber du train de la gauche, sauf à accrocher la locomotive new wave wokiste LFI.
Pas de pot, enfin pour nos sergents recruteurs d'un vote clanique, et honte pour eux, au bout du compte la jeune mère de famille les fit tomber de leur piédestal, payer 15 euros pour participer à leur vote promotionnel, c'est trop cher… provoquant sidération chez ces messieurs bien mis pour une somme aussi dérisoire pour leurs poches.
Glucksmann fit comme à son habitude un blabla ur la fiscalité et la redistribution, déplorant sans s'offusquer des salaires bas comme le bas de mon pantalon. Car il faut être payé dignement, n'est-ce pas?. Concédant qu'il faudrait bien augmenter le SMIC, mais qu'il faut produire plus donc travailler plus et mieux. C'est la rentabilité de la bourgeoisie française qui est l'enjeu.
Chacun y alla de son couplet en faveur d'un État "exemplaire", de cette urgence de "diminuer son train de vie", donc de faire des économies pour pouvoir, après, faire payer des impôts supplémentaires...Oui oui c'était formulé ainsi sans peur du ridicule ni conscience de renforcer la droite dont le cheval de bataille est "y en a marre des taxes incessantes de la gauche au pouvoir".
Olivier Faure, qui posait au sage apparatchik, se mit à, assurer que la hausse du SMIC pouvait créer des milliers d'emplois. Ainsi en Espagne, Pedro Gonzalès, en augmentant le SMIC de 60 %, avait permis la création de deux millions d'emplois (chômage à 9 % mais 8 % en France…). La question majeure n'est-elle pas celle d'une meilleure distribution de l'argent? Il oublie de mentionner que là-bas la retraite est à 67 ans et qu'il n'y a pas autant d'aides et d'allocations de toutes sortes comme en France. Il oublie de mentionner la cherté de la vie aussi en Espagne, une embellie temporaire et le problème migratoire lancinant qui vient détruire le laxisme et l'indifférence de Sanchez, sur un siège éjectable. Sans oublier la corruption (de sa femme) et l'énorme subvention européenne. L'argument de la réussite espagnole va servir de leitmotiv surtout au clan Mélenchon, mais c'est du pipeau face à l'aggravation actuelle. Ajoutons que, vu l'endettement faramineux de la France, on dirait que tous ces cuistres n'ont pas du tout envie de se retrouver au pouvoir, et sans doute aussi la mère Le Pen.
On se contredit sur les causes de la dette, pour Faure et le candidat inconnu avec la même tronche que Hollande (Maurel),, la faute à la dispendieuse dépense de dix ans de macronisme. Pour Glucksmann, la désindustrialisation. Solution pout tous: made in France et travailler plus. Du Marchais d'antan, pur jus.
Guedj alterna promesse sociale brumeuse mais en "nuançant" qu'on ne peut raser gratis et qu'il faudra bien augmenter les impôts. Avoir donc "le courage de la nuance".
LE GRAND SCHISME ANTI ET PRO-Mélenchon
La soirée dédiée à la gloire (funeste) de l'union de la gauche vintage allait être gâchée par la méchante question de la journaliste du Parisien, moins consensuelle que le petit Pujadas. Avec questionnement sur l'alliance ou pas avec la clique à Mélenchon. La bataille fut rude entre les colistiers Faure et Guedj, au point que l'apparatchik Faure y perdit son calme2, attaquant personnellement Guedj sur ses arrangements électoraux avec des partis de droite pour conserver sa place de député. Il apparut comme un petit roquet soucieux de sa dépendance aux troupes de LFI. Il est immédiatement appuyé par Royal qui s'indigne de cette obsession pour LFI, car ce sont tout de même des gens de gauche et antifascistes d'opérette. Elle tint à rappeler sa formation de sept ans sous Mitterrand et son admiration pour ce Tonton, balayant d'un revers de main l'accusation du jeunot Glucksmann, selon qui elle aurait toujours couru après les bonnes places ; et c'est pourtant vrai, on se gaussait à l'époque de ses ronds de jambe auprès de la girouette à chapeau, pour obtenir un poste de ministre.
Plus elle célébrait ce hâbleur, plus elle tentait de faire oublier que les concessions sociales – achat coûteux de la paix sociale – qui sont AUSSI une des causes de l'endettement depuis des décennies, et laissant sous la table les conséquences catastrophiques encore aujourd'hui du règne dispendieux de Tonton. Maurel, l'inconnu baratineur, surgit pour soutenir Royal et la restauration de cette vieillerie d'union de la gauche, en déclamant que la gauche: "c'est le partage du pouvoir et des richesses". Fallait oser et il osa.
Glucksmann et un Guedj véhément, luttèrent contre cette fable à peu près sur la même longueur d'onde et avec des arguments plutôt convaincants. Vrai que le personnage de Mélenchon fait peur à une partie de la population (et aux politiciens concurrents) et en outre que plus ce parti délire plus il renforce le RN. Non, une alliance n'est pas souhaitable avec un parti marche-pied du fascisme (mais lequel ?), ont ajouté les deux tenants de la droite libérale de ce parti bourgeois déconfi depuis une décennie. Car il faut tout faire pour empêcher le "fascisme" (la mère Le Pen n'est pourtant en rien fasciste) de parvenir au pouvoir en France, même en se coalisant avec n'importe qui. Même en sachant que Glucksman et Guedj sont des opportunistes comme tous les autres et se joindront à la cohue tremblante et gémissante. Et que changer d'avis est toléré sportivement entre partis bourgeois, pourvu qu'on ait l'ivresse d'un antifascisme désuet. Leur fixation à tous sur le danger fasciste sent tellement le moisi que cette rouerie a peu de chances d'être le ciment électoral de la gauche radicalement bourgeoise.
LE RENOUVEAU ET L'IMPORTANCE DE LFI POUR DISSOUDRE ET ENCADRER LA LUTTE DE CLASSE
LFI, avec sa démagogie antiraciste et antifa mitée, renouvelle la fonction d'encadrement classique de la gauche bourgeoise désuète avec ses promesses électorales creuses. L'important, hors de leur baratin électoraliste pour leur promotion et enrichissement personnel, c'est LFI qui s'en occupe. Leur hostilité contre la clique LFI évite soigneusement de dire l'importance de ce milieu idéologique woke du marécage woke de la gauche déconfite et sans projets crédibles. LFI est action et scandale. LFI joue un rôle d’encadrement politique dans les quartiers populaires, canalise la colère, empêche que le vote de la classe ouvrière en banlieue bascule vers l’abstention ou retrouve les vraies méthodes de la lutte de classe. Mélenchon n’est pas un adversaire “de droite”, ni un adversaire “identitaire”, mais un obstacle politique interne au camp du travail, au même titre que les appareils réformistes du passé. Le populisme est une substitution du peuple à la classe ouvrière, on remplace la lutte de classes par la lutte “du peuple contre les élites” ; le populisme est un instrument de dissolution du prolétariat. Le concept de “créolisation” introduit une lecture identitaire incompatible avec l’universalité de la classe. Pour le marxisme, la classe ouvrière est une, les identités sont secondaires, la fragmentation ethnique est un poison politique. Mélenchon, en valorisant la diversité comme catégorie politique, renforce les divisions internes du prolétariat. Mélenchon figure le tribun, celui qui se substitue à l'organisation et la rend figurative. Il parle "au nom du peuple". Il personnalise à outrance un combat anti-étatique poseur. Il remplace l'organisation par sa parole. De même il ridiculise, sous couvert d'indignation morale, la violence de classe par une criminalisation permanente de la police. L'histoire d'une créolisation détruit toute référence à l'internationalisme, sans oublier que les réunions publiques de LFI sont hérissées du fanion nationaliste.
Le
populisme est anti-organisationnel
: il détruit les médiations (comités de grève, partis de classe,
structures de masse) au profit d’un chef
charismatique.
Il divise le prolétariat au profit du RN – en
captant une partie du vote populaire urbain – en laissant le vote
ouvrier provincial au RN. Mélenchon n’est donc pas un
révolutionnaire. Il n’est pas un représentant de la classe
ouvrière. Il n’est pas un continuateur du mouvement ouvrier. C'est un populiste
interclassiste.
Il joue une fonction
systémique
en neutralisant la lutte de classe réelle. Le
populisme de LFI est interclassiste,
comme celui
Symétriquement, aussi populiste, le RN transforme la lutte de classes en lutte nationale. La classe est effacée par la nation (comme chez Mélenchon d'ailleurs). Le prolétariat n'est plus que le “peuple français”, l’exploitation une lubie remplacée par la “préférence nationale”, La lutte des classes n'est plus qu'une conflictualité identitaire.
Finalement, Guedj et Glucksmann avaient entièrement raison sur ce point, c'est LFI qui sert de chariot élévateur au RN.
La suite lors de leurs prochains numéros...
1 Sa formulation n'était nullement antisémite: "Ségolène Royal, interrogée sur l’antisémitisme en France, a estimé que sa « montée très inquiétante » était «due » aux « actuels dirigeants d’Israël ». «Moi, je crois qu’au contraire, il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable», a-t-elle déclaré, estimant que cela permettrait de « freiner la montée de l’antisémitisme», car « les gens mélangent tout». « Les gens se disent: ce sont les Juifs en général. Mais non, c’est Netanyahou et ceux qui l’entourent», avait-t-elle ajouté .
2 L'ayant croisé en bord de Seine lors des Jeux olympiques à Paris, je lui avais fait la remarque qu'il était l'otage de Mélenchon, sans qu'il puisse, alors, me répondre.

