"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 19 avril 2016

UN PROCES DE MOSCOU BONDIEUSARD A PARIS



Des juges Bondieusards(activistes communautaristes de BONDY) condamnent une ministre « raciste » et « colonialiste »

« Les voilà donc juges après avoir été bourreaux, toujours du côté du manche, contrôleurs des poids et des mesures, redresseurs d'histoire. (…) Alors que « l'hitlérisme » reste hors l'histoire (…) « le stalinisme » a été banalisé grâce à l'histoire de l'antifascisme ».
Louis Janover (Nuit et brouillard du révisionnisme, 1996).


On a la tête qui tourne. On ne sait plus où donner de la tête. On a envie de donner sa tête à couper. Que faut-il dire ou ne pas dire pour ne pas être stigmatisé. S'intéresser à un fait divers pour sa signification ou sa répétition, cela ne signifie-t-il pas que vous êtes manipulé, et pire consentant ? Les débats dans les groupes de discussion sur face book sont pas plus libres et ni politiques - la censure automatique de l'autocensure intériorisée d'une noria de commissaires de base gauchiste-islamiste insultant immédiatement -  que la kermesse hippie place de la République où règne d'ailleurs un fascisme rouge-vert, comme l'a montré l'expulsion ridicule du philosophe de boudoir à tiroir Finkielkraut ; preuve de plus qu'on ne peut pas sérieusement discuter politique, forcément d'un point de vue de classe dans la rue et dans les dits réseaux sociaux avec le masque de l'anonymat, sauf pour les services spéciaux. Sans crise majeure du pouvoir bourgeois, lequel ne sera jamais foldingue au point de nous laisser discuter par milliers dans les rues, on peut toujours attendre. Les manifestations archi traditionnelles, outre de dégourdir les jambes, ont pour but justement d'empêcher depuis des générations toute assemblée de rues ; en 68, comme c'était impossible de la même manière dans les entreprises, il fallut se réfugier dans les amphis des facs.

Mais les discussions sur la toile sont aussi très limitées et virent vite à l'épithète, à l'injure, aux menaces. Prenons le sujet qui agite généralement avec une vélocité surprenante les « réseaux sociaux » : la goujaterie musulmane (l'affirmation arrogante de sa religion) – bon c'est déjà islamophobe et raciste, tel que formulé – alors prenons plutôt sous l'autre aspect : la liberté (démocratique) de se pointer voilée pour récupérer son passeport avec une tête taciturne. A Marseille je crois, une femme voilée étant venue idoine réclamer ce document s'était vu exiger de dévoiler son visage ; retournant dans ses pénates se plaindre auprès de ses enfants ou grands frères, ceux-ci n'eurent de cesse que de se précipiter au lieu dit de l'administration pour crier qu'ils allaient tout faire sauter (ou au moins casser des gueules) en raison de l'exigence qui avait été faite à leur mère de se « mettre à nu ». Les employés furent bien sûr terrorisés.

L'anecdote n'est qu'une parmi tant d'autres, quotidiennes dans plus de banlieues que d'autres. On le sait, et tant qu'il n'y a pas égorgement d'homme, on n'y peut rien. Moi je plains les employés. Quand même, même s'ils n'ont eu affaire qu'à des musulmans qui pratiquent une religion d'amour, et que c'est pas tous les jours forcément un musulman qui s'en prend à ces salauds des bureaux administratifs.

Celui qui avait répercuté l'information fût aussitôt sommé de s'expliquer pour sa focalisation sur une certaine catégorie de la population, l'invectiveur précisant que les individus en colère eussent ou être juifs, cathos ou athées. J'ai répondu que l'argument était fort pauvre, qu'il y avait plutôt une question de proportion et de comportement qui clochait, et qui n'est pas le fait en général des multitudes d'autres religions. Que n'avais-je pas dit ? L'insulte n'aurait pas suffi à me faire avaler la poussière de la honte islamophobe, mon juge – nommé Jules Bonnot (une référence en matière de socialisme) – déclara que s'il avait une bombe, celle-ci aurait été pour moi. Les mains tremblantes de terreur j'ai dû lui répondre que la bande à Bonnot était une bande à connots, mais le cave s'accrochait toujours et défendait comme un beau diable la nécessité de laisser l'islam se répandre, démocratiquement, et si je m'y opposais c'était parce que j'étais un f... Enfin je résume. J'ai demandé au médiateur de me débarrasser de ce gamin sectaire et, pour tout dire, prototype commun de la militance ordinaire du gauchisme sur le web.

La pensée unique antiraciste a du plomb dans l'aile, non pas qu'il faille devenir raciste ni que le racisme à l'état primaire soit présentable, quoiqu'il faudrait ré-expliquer que le racisme n'est pas une maladie ni une phobie congénitale, mais généralement la peur de l'autre, de l'étranger. La question de s'indigner contre le racisme a pris une tournure officielle presque en même temps que le réveil de la classe ouvrière à la fin des années 1960 au niveau mondial, au terme de décolonisations longues et incomplètes, mais aussi avec la résonance de la lutte pour les droits des citoyens noirs américains.

Jusqu'aux années 1980, être antiraciste faisait partie de toute conscience universelle et pas seulement de l'être de gauche, il n'était pas nécessaire de mener de polémiques longues ou ardues, c'était une évidence, comme l'écrivait Janover : « Dans un certain milieu, se dire communiste, hors des rets du PC, suffisait pour affirmer son irréductible opposition au racisme, à la xénophobie, à la répression policière comme à d'autres plantes vénéneuses qui envahissent le parterre fleuri de la « démocratie ». Un tel engagement signifiait bien autre chose que d'égrener le chapelet d'incantations sur le fascisme ordinaire ».

Désormais il faudrait faire étalage d'un antifascisme et d'un antiracisme qui n'irait plus de soi, qui donnerait un laissez-passer estampillé pour ne pas se faire traiter de nazi. Il ne resterait plus que l'antiracisme pour apparaître « de gauche » et « multiculturel », tolérant et soutien aveugle à une religion qui sert de matrice à toutes les exclusions et d'alibi aux meurtres terroristes. L'antiracisme a pris une tournure spécifiquement électorale avec l'élection de François Hollande en 2012, alors qu'il restait consensuel lorsque le Premier ministre Jospin fît ouvrir des salles de prière musulmane dans les usines. La résurgence de l'intégrisme religieux en lieu et place du stalinisme a permis aux trotskiens une certaine continuité politique, après le soutien critique au rideau de fer ils ont pu prolonger avec le soutien au rideau sur le visage de la femme musulmane ; d'ardent défenseurs des libérations nationales impérialistes, faisant le choix eux aussi de la préférence immigrée, les derniers mohicans bordiguiens s'étaient également assis dans cette continuité de la défense des pauvres sous-développés en 2003 en criminalisant LO pour son opposition au port du voile en classe par les enseignants1. L'extrême-gauche et les résidus de ce qui était nommé ultra-gauche se sont mis à produire une nouvelle série de commissaires politiques, en phase avec la démocratie (bourgeoise), assurant qu'il vaut mieux perdre son âme à voter pour un bourgeois « socialiste » que perdre son temps à voter FN. Chose si bien résumée encore une fois par Janover : « La liberté de pensée se limitera alors à ne pas penser la liberté, ou à la penser en termes convenus, ce qui revient au même »2. Le repli identitaire qui caractérise tant la décomposition capitaliste a trouvé ses gardiens du temple d'un « multiculturalisme » qui voile la misère et les frontières de classe, en masquant d'étranges bigots qui ont fait leur réapparition.

L'idéologie dominante est très ambiguë, double, vice-versa, elle affirme une chose et son contraire, mais est capable de dénoncer aussi le contraire du contraire. Alors que l'essentiel de la campagne mondiale est centré, partout, sur le terrorisme arabe et musulman, Monsieur Padamalgam vient toujours contredire un certain Monsieur Amalgam3, au nom d'une défense si ce n'est de la civilisation musulmane, au moins des croyants musulmans, « premières victimes du terrorisme » (argument de recrutement national). L'antiracisme islamophile ressemble étrangement à l'antifascisme (plutôt islamophobe d'ailleurs en 1936 face aux massacres des troupes marocaines de Franco) de la guerre d'Espagne : au nom de la guerre prioritaire contre le fascisme, il fallait laisser dans sa poche toute idée de révolution ; celui qui parlait de révolution était un traître pour ceux qui étaient au front. Depuis l'invention de l'islamophobie, le monde est ainsi divisé entre le bien et le mal, les nuances sont affaire de traîtres ou de sous-marins fâchistes. Dans la guerre au terrorisme, il ne faut donc pas troubler les électeurs musulmans, même s'il y a une portion de tarés parmi eux, c'est en effet porter atteinte à l'union... nationale, à la messe... démocratique et conviviale. Quand Dieudonné se moque du petit Ilan Halimi cruellement torturé et tué à Bagneux, la salle du spectacle, maghrébine au complet, ricane. Quand Merah abat froidement des enfants et un instituteur juifs, pas de manifestation de l'ampleur de celle pour Charlie. La nomenklatura antiraciste et islamophile oublie que pendant des années aucun imam n'a protesté lors des attentats antérieurs, il eût été scandaleux non pas qu'ils excusent ce dont ils ne sont pas responsables, mais qu'ils laissent croire qu'ils désapprouvaient. De l'avis des procureurs antiracistes et de leurs souteneurs trotskiens, qui approuvent peu ou prou les meurtres terroristes, car légitime revanche du pauvre contre le riche blanc, colonisateur pourtant bien après le colon Mahomet.

On est bien là dans l'univers décrit par Orwell, plus celui de la guerre d'Espagne que le règne de Brejnev. Pour Estasia, le camp opposé à trois autres grands impérialismes, ce qui prévaut est « le culte de la mort », ou l'oblitération du moi pour la cause ; kif kif bourricot daech. Contrairement à Jean Gauchiste, Winston Smith n'arrive pas à adhérer à l'amnésie sélective chez Big Brother. Il est alors traqué par la police de la pensée (notons que cette image est devenue fleur de rhétorique chez n'importe quel journaliste arrogant). Chaque journée comporte deux minutes de haine, pas cinq prières. Mais la grande distraction reste le procès, l'humiliation de celui qui pense autrement.

Laissons là le roman. Sans être capable de voir réellement la guerre des classes, Orwell a essayé de creuser l'aptitude moutonnière de l'espèce humaine ou, en général, le quidam le plus ordinaire se croit investi de la mission de catéchiser ses semblables ; c'est le propre de l'islamiste moyen, c'est le cas du gauchiste moyen ; et ils ne se rendent pas compte à quel point ils sont communs, triviaux

La novlangue est tout à fait le langage de l'islamophilie : « L'ignorance c'est la force », « la liberté c'est l'esclavage », « la guerre c'est la paix »... « le terrorisme c'est l'amour », « la terreur c'est le coeur »...

Lors des procès de Moscou, alors que tout démontre que les sadiques staliniens ne songent qu'à déshonorer, à flétrir leurs otages avant de les faire exécuter, partout dans le monde on applaudit aux sentences cyniques alors qu'aucune preuve sérieuse n'a été mise sur la table. Les accusés ont la même mine que les malfrats criminels qu'on a mêlé à eux dans le box. Les accusateurs « ne discutent pas ». C'est encore plus beau et excitant quand l'accusé, tout innocent qu'il soit, avoue ; on le méprise de garder au fond de lui-même un zeste en cette croyance sectaire nommée communisme ; ou on le méprise deux fois plus de craquer seulement pour sauver ses proches. Dans l'argumentation, l'islamiste à double nationalité garantie, logé nourri en France, et son compère le gauchiste du service public, pratiquent le même chantage que le taré de daech, avec sa sulfateuse à fourmis humaines, ou avec son couteau de boucher qui va trancher la gorge de celui qui est ficelé et qui a été tellement battu pendant des jours qu'il ne peut même pas mordre les couilles au crétin qui va lui ôter la vie.

Le condamné par Moscou, par daech ou par tel juge gauchiste de clavier doit collaborer à sa mise à mort (psychologique rassurez-vous dans le cas de l'internaute présumé FN) en avouant lui-même ce dont on l'accuse et en dénonçant ses comparses. C'est ce qui est arrivé à la ministre Laurence Rossignol, sauf qu'elle s'est abstenue à la fin, elle, de dénoncer ses comparses ; et pour tout dire son chef de gouvernement qui lui a demandé d'aller s'abaisser devant des petits juges communautaristes et pro-islamisme soft ou hard4.


UN ETAT FAIBLE, REFLET DE LA DECREPITUDE DE SES INSTITUTIONS LAIQUES
(envoie au casse-pipe une ministre maladroite et peut-être malagauche)

Je me fiche généralement de la carrière ou de la santé des personnes du pouvoir, mais j'estime que toute personne, quelle que soit sa classe d'appartenance ou ses opinions politiques, a droit au respect ; même les pires criminels, en France en tout cas, ont droit au respect en prison ; ce qui ne veut pas forcément dire que c'est une généralité. Or, lorsque la ministre Laurence Rossignol est contrainte par son chef ministériel - c'est évident – de rendre des comptes au « Bondy blog », qui n'est pas que je sache une institution officielle de la république, elle est traitée moins bien qu'un criminel. On lui demandera si elle n'a pas eu envie de pleurer, peut-être de se suicider. Je sais que la mode est au sado-masochisme télévisuel. Les émissions de divertissement questionnent les invités politiques sur leur vie privée, pour savoir s'ils regardent des films pornos ou s'ils trompent leurs femmes. Une Léa Salamé peut interrompre le Président comme s'il était un vulgaire voisin de comptoir. Cette familiarité et goujaterie réunies qui avaient pour dessein de rapprocher les citoyens des hommes politiques décrédibilisés. C'est le contraire qui se développe ! Et à force de les ridiculiser – cf. le petit journal débile de C+ pour bondieusards extravertis – on ridiculise non seulement la politique bourgeoise, ce qui ne serait pas grave, mais toute politique, toute réflexion politique sensée et débarrassée des scories personnelles ou événementielles.

La particularité proéminente de la novlangue stalino-musulmane est qu'elle est très pointilleuse sur les mots, qu'elle s'arroge même de les traduire et interpréter à sa façon, comme Vichinsky. Une fois les mots en cause l'accusé est perdu. Il s'est trahi par ses mots ou ses mots l'ont trahi.

Le prétexte est tout trouvé avec la ministre des femmes, elle a dérapé avec une formule, quoique baffouillante » qui se résumait – dans sa critique des grandes maisons de couture qui vont faire du fric avec les tenues musulmanes – à ceci : « les femmes portant le voile sont comparables à des nègres américains qui étaient pour l'esclavage ».

La ministre n'a jamais pourtant parlé du voile, comme elle le démontrera à ses juges, mais elle est victime de la novlangue de son propre parti qui, ayant fait supprimer la notion de race, dérape à travers la bouche de sa ministre. Bien fait pour le parti gouvernemental qui reste un hypocrite client de l'antiracisme de salon, mais malheur à la récipiendaire envoyée au casse-pipe !

Les procureurs du Bondy Blog commencent fort et sans gêne avec ce regard de tueur du magistrat d'Outreau qui aime humilier avant de questionner : « Laurence Rossignol a l'allure d'une ministre, tailleur taillé, yeux bleus (sic ! Gauloise?), mais qui racontent tellement de turpitudes » ; elle a tenu sur RMC un « propos raciste, vite éclaboussés (sic) sur tous les réseaux, 7000 tweets horrifiés (sic) qu'une ministre française puisse prononcer une telle folie, une pétition de plus de 35000 signatures pour demander sa démission... ». « Elle reçoit dans un ministère paumé (re-sic) (…) il faut passer par une salle d'attente (les Bondy juges auraient dû disposer du tapis rouge!) (…) Elle reçoit. Il fallait l'esprit clair et le cœur en pierre pour se confronter à nos hostilités épidermiques » (sic sic).

Un premier juge bondieusard, façon procureur,  lui demande brutalement si (comme coupable de racisme) elle n'a pas songé à démissionner. Non, dit dans son box la pauvre ministre qui fait encore la fière avec ses yeux bleus et son tailleur taillé.

Un deuxième juge bondieusard s'énerve : « Vous savez, « Nègre qui était pour l'esclavage », c'est comme dire que « des youpins étaient pour les camps de concentration » ou « des bougnoules étaient pour les ratonnades ». L'énervement de l'antiraciste professionnel prête à sourire dans le public, de la part d'un milieu communautariste qui tolère l'intolérable et qui traite de collabo harki depuis 50 ans tout travailleur arabe incroyant ou qui ne veut pas marcher au pas communautariste.

La ministre fait mine de s'énerver, mais on ne lui en laisse pas le temps : est-ce qu'elle a regretté ses propos... le soir en rentrant chez elle ? Oui, oui, avant d'ouvrir le frigo ou de faire la bise aux enfants. La ministre étale sa culture, elle n'a pas voulu se moquer des nègres, ce n'était qu'une image par rapport à Oncle Tom. Le commissaire Mehdi la coupe : « à ce moment-là, vous vous êtes fait la réflexion « intérieurement » que c'était une erreur ? ».

  • c'est un mot d'autrefois...

Les trois juges :

  • c'est un mot raciste ! Et insultant ! Utilisé autrefois de manière raciste !

Widad coupe à nouveau la condamnée : « Est-ce que vous comprenez qu'il y  a des collectifs qui vous accusent de révisionnisme ? ».

Nous le public, on reste tétanisé ! Qui sont ces collectifs ? Des élus bondieusards ? Des syndicats antiracistes ? Notre ministre serait-elle en danger?

La ministre est désolée mais n'argumente pas trop. A mon humble avis c'est signe de culpabilité avérée ou avariée. Alors Widad assène l'énorme responsabilité de Laurence Rossignol dans la perpétuation de l'esclavage, elle protège le souvenir de Jules Ferry : « votre propos a un sens extrêmement fort et qui nie la responsabilité de la France notamment sur l'esclavage (…) Il y a un fond extrêmement grave dans vos propos puisqu'on a l'impression que la France n'a aucune responsabilité dans l'esclavage ».

A cet endroit, le public et moi-même nous interrogeons sur cet étrange procès...d'intention heureusement : comment se fait-il qu'à partir d'un dérapage verbal, compréhensible (la dame ministre aurait pu dire mieux en citant La Boétie « la servitude volontaire », à laquelle elle renvoie d'ailleurs par après) et anodin dans les tonnes de conneries débitées chaque jour par les médias, concernant une affaire de mode juteuse à destination surtout d'ailleurs de bigotes friquées, on en vienne à mettre en cause le passé colonial de la France et pas l'esclavage généralisé à l'époque des conquêtes sarrazines ?

Le public se gratte la tête et la mienne lorsque Wilad, rivalisant d'amalgame – et fort éloignée du verre d'eau de la mode islaminguante – remet le couvert sur les collectifs plaignants – la Fondation Frantz fanon et les Indivisibles – divers comités invisibles pourtant dans les institutions officielles qui gèrent notre porte-monnaie : ils portent plainte pour « révisionnisme » ! Le ton se fait discriminatoire et terroriste : « quelque part, avec votre propos, vous niez la responsabilité française et occidentale sur la traite négrière, c'est pour cela que vous serez devant le juge ».

L'antiraciste gauchisant de banlieue n'est jamais si impressionnant que lorsqu'il vous renvoie devant le juge bourgeois, certainement plus héritier d'une famille colonialiste que la singulière ministre accusée. Widad explique en outre avec commisération à cette idiote de ministre (« est-ce que vous comprenez ? ») qu'elle a vexé les noirs et … les jeunes !

La coupable fait profil bas, on sent le rouge lui monter au visage : « Je comprends bien entendu... de tout cela, j'ai absolument conscience... Evitons les comparaisons ».

-C'est vous qui avez commencé (les comparaisons) !

Ragnagna. Et quatre fois les juges bondieusards lui demandent si elle a peur des 400 plaintes déposées contre elle.

La ministre (piteuse) : c'est désagréable. Puis, plus perspicaces, les bondieusards osent la question qui tue: de la solidarité des potes du gouvernement. La ministre ne chante pas comme un rossignol et laisse deviner qu'on lui a ordonné d'aller au casse-pipe devant un « parlement » bondieusard.

Puis les juges, sachant que leurs sœurs en bondieuseries sont généralement considérées comme aliénées par les blancs fachos racistes et puants, accusent la ministre d'avoir traité les femmes musulmanes comme telles. L'accusée, de réception, esquive du fait qu'elle n'a en effet jamais parlé du terme voile ni voilé de terme dans l'entretien avec le lourdaud Bourdin, mais elle ment puisque le voile fait partie de la tenue chic améliorée des grands couturiers à destination de l'immense clientèle musulmane. Les juges parviennent à lui faire dire néanmoins et franco de port que le voile n'est pas une aliénation. La victime de la novlangue bondieusarde commence à flancher. Les trois procureurs Badrou, Mehdi et Widad en profitent pour enfoncer le clou du spectacle : « le hijab, c'est se couvrir les cheveux. C'est la même chose ». Bing, à dégager!

La bourge aux yeux bleus, qui a froissé son tailleur taillé, refuse avec un culot certain un débat sur le « voile islamique », mais elle va déraper encore prouvant sa culpabilité sous l'oeil narquois de ses petits juges islamo-staliniens : « je réponds non pas sur le terrain de l'aliénation, je réponds sur le terrain des militantes ».

Ah la malheureuse! L'inconsciente! On lui tombe sur le rable : « quoi ? Militantes de l'islam ? Le voile militant ? Ces femmes ont le droit de porter le voile ! Vous êtes aussi ministre des Droits des femmes qui portent le voile ».

Medhi rajoute la couche supérieure : « qu'elles portent le hijab ou non » ! Na !

La ministre n'en peut plus, elle avoue : « Qu'elles portent le hijab, qu'elles portent une perruque, qu'elles portent une cornette... ». Mais Widad s'acharne : « vous avez, en tant que représentante d'un Etat (pas celui des bondieusards) insulté et fragilisé leur droit à se vêtir comme elles l'entendent. Est-ce que vous savez que les femmes voilées sont les principales victimes des actes islamophobes ? ».

A bout de souffle la ministre concède pataude : « Bien sûr. Je sais... Ces femmes, mon bureau leur est ouvert ». Elle n'a même plus la ressource bolchevique de leur crier qu'elles sont surtout victimes de leurs mecs en général et d'une religion aliénée. Ah si, quand même, si, elle se rebiffe : « y a des intégristes... une emprise religieuse ». On la coupe sans ménagement : « qu'est-ce que vous racontez » ? La ministre au regard bleu azur gaulois se contorsionne pour tenter de témoigner que des femmes voilées veulent l'égalité entre les femmes et les hommes », la juge bondieusarde corrige sévèrement : « c'est la majorité des femmes voilées ». Na !

Il ne reste plus qu'à faire parler l'accusée sur les troubles relations du franco-gouvernement avec l'Arabie saoudite, pourtant principal vendeur de voiles, hein ? Qui c'est qui lui vend des armes au pétromonarque : « par contre, si des marques proposent des vêtements islamiques »... ce n'est pas bien ».

Confondue dans son racisme colonialiste intrinsèque de sale blanche, avec yeux bleus et tailleur taillé, complice des massacreurs de 4 millions d'enfants arabes (dixit Onfray) la pauvre condamnée trouve encore la force de défendre sa vertu : « Pourquoi je réagis sur cette question des marques islamiques ? Parce que je vois s'installer une progression dans l'espace public de signes identitaires à vocation religieuse et/ou politiques qui se confondent. Et je sais que quand les religions envahissent l'espace public, elles sont rarement porteuses de progrès et d'émancipation. Et là quand on parle de mode islamique, on parle de tenue religieuse à dimension politique ».

Je vais m'arrêter là. Je dois avouer moi aussi, mais pas sous la contrainte, que je suis mais totalement d'accord avec ce dernier aveu de la ministre bourgeoise crucifiée par les trois représentants de la nation bondieusarde. Le reste du procès est minable et si irrespectueux vis à vis de la femme ministre que l'arrogance communautariste des trois caïds du Bondy blog ne peut même plus être comparée à un procès stalinien – lequel tuait l'innocent coupable – parce qu'ils ont été finalement les jouets du système étatique de tolérance électorale et que ce petit dialogue sado-maso sertvira à amuser les banlieusards paumés, à défaut de leur faire réfléchir en tant que prolétaires. Cet antiracisme ergoteur de petits beurgeois journalistes communautaires prétend prendre la place de la théorie communiste pour déplacer le conflit en enfermant tout affrontement politique dans l'antagonisme abstrait entre racisme et antiracisme, islamophilie et islamophobie.




NOTES

1Brochure rouge : « La laïcité, un principe bourgeois » p.24. Et voir mon article de septembre 2015: NOVLANGUE ET INQUISITION ANTIRACISTE EN FRANCE

2Nuit et brouillard du révisionnisme, p.132. A l'époque les saltimbanques intermittents de la politique secouriste s'exhibaient pour les sans-papiers – Krivine s'était lamenté de « la violation d'une Eglise (…) alors que le curé avait tout juste commencé sa messe » - au point que Janover pouvait s'interroger : « Grâce aux efforts persévérants des antifascistes, la république va-t-elle finir par réintégrer le giron de l'Eglise et par redevenir sinon sa fille aînée, du moins son enfant d'adoption ? ». Vingt ans après la filiation semble réussie avec le bon pape François qui, lui, sous les ors du Vatican ne prend en charge que 12 sans-papiers!

3Pour utilisation de ces deux personnages , Le Figaro a supprimé tous mes commentaires, considérés comme contraires à l'esprit de la république.

4Je n'épiloguerai pas sur un folle nommée Houria Bouteldja, qui, sur le web ou à la télévision, exprime carrément un véritable fascisme arabe, où la goujaterie musulmane fait figure de politesse. Je ne connaissais pas cette grue : http://marianne.net/indigènes.république.homophobie-houria-bouteldja.