"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 16 mai 2019

LE GRAND MENSONGE EUROPEEN ET L'IMPUISSANCE DU VIEUX NATIONALISME



« L’Angleterre a une double mission à remplir en Inde : l’une destructrice, l’autre régénératrice - l’annihilation de la vieille société asiatique et la pose des fondements matériels de la société occidentale en Asie » Karl Marx (1853).
« Nous ne devons pas oublier que ces communautés villageoises idylliques, malgré leur aspect inoffensif, ont toujours été une fondation solide du despotisme oriental, qu’elles enfermaient la raison humaine dans un cadre extrêmement étroit, en en faisant un instrument docile de la superstition et l’esclave de règles admises, en la dépouillant de toute grandeur et de toute force historique ». Marx

« Je lance un appel aux déçus du socialisme et j'aspire à réunir deux français sur trois »
Giscard d'Estaing (1984)


En 2018 , le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker a inauguré une statue colossale de Karl Marx, offerte par la Chine à la ville de Trèves, où celui-ci est né il y a 200 ans. Juncker énonça la raison pour laquelle l'Union européenne devrait s'inspirer de Marx. «La philosophie de Marx a enseigné aux Européens que l'objectif de notre temps était de développer les droits sociaux ». Baratin mensonger et hypocrite, avec cet ajout pour adouber un client aussi respectable que la « Chine communiste » : «Marx n’est pas responsable des atrocités commises par ses prétendus disciples ». Marx ne s'use que si l'on s'en sert, idem pour le passé glorieux du mouvement ouvrier. Les commentaires haineux contre « le génocidaire » Marx furent nombreux. La référence à l'odieux stalinisme sert toujours de repoussoir au communisme historique par tous les éditorialistes défenseurs des privilégiés, et le trotskisme avait fini par passer entre les mailles.

Mesurera-t-on un jour à quel point le trotskisme a pu inspirer les élites bourgeoises ? Je ne vais pas lister le nombre d'anciens trotskistes passés armes et bagages au service de leur Etat bourgeois respectif ou comme conseillers aux basques des futurs dictateurs des « libérations nationales ». Si le trotskisme a été une réaction louable face à la dégénérescence stalinienne, s'arc-boutant sur l'internationalisme, il est devenu très vite dans les années 1930 un supplétif de la gauche bourgeoise en Occident, puis s'est rallié à l'union antifasciste pour la reprise de la guerre mondiale. Ses derniers spéculateurs et plaisantins politiques de notre temps n'affichent plus qu'une bouillie inconsistante de révoltes catégorielles et communautaristes dont nous n'avons que faire. Le paon Trotsky, de son vivant, fût un créateur de spécificités et d'inventions politiques qui tournaient le dos au processus révolutionnaire prolétarien, et disons surtout géopolitique-prolétarien en vue d'une mirifique « Europe socialiste ».

Le 30 juin 1923 on pouvait lire dans la Pravda un article de Léon Trotsky, une vraie plume de paon :
« En liaison avec le mot d’ordre de « Gouvernement Ouvrier et Paysan », le moment est venu, selon moi, d’avancer celui des « États-Unis d’Europe ». C’est seulement en reliant ces deux slogans que nous disposerons d’une réponse précise, à la fois globale et graduelle, aux problèmes les plus brûlants de l’Europe. La dernière guerre impérialiste était fondamentalement une guerre européenne. La participation épisodique des Etats-Unis et du Japon n’en modifia pas le caractère européen. Après avoir obtenu ce qu’ils désiraient, les Etats-Unis se sont retirés du brasier européen et sont retournés chez eux.
C’est parce que les forces productives capitalistes étouffent dans le cadre des États nationaux européens, que la guerre a éclaté. L’Allemagne s’était fixé pour tâche d’ « organiser » l’Europe, d’unir économiquement le continent sous son propre contrôle, afin d’être en mesure de concurrencer sérieusement la Grande-Bretagne dans la lutte pour le contrôle du monde. L’objectif de la France était de démanteler l’Allemagne. La faible population française, son caractère essentiellement rural et son conservatisme économique empêchent la bourgeoisie française ne serait-ce que d’envisager d’organiser l’Europe. Cette tâche s’est révélée dépasser les forces du capitalisme allemand, pourtant soutenu par la machine militaire des Hohenzollern. La France victorieuse ne maintient désormais sa domination que par la balkanisation de l’Europe. La Grande-Bretagne encourage et soutient la politique française de morcellement et de pillage de l’Europe, tout en dissimulant ses actes derrière son traditionnel masque d’hypocrisie. En conséquence, notre malheureux continent est découpé, divisé, brisé, désorganisé et balkanisé, transformé en asile de fous. L’invasion de la Ruhr est une opération démente motivée par des calculs à courte vue (la ruine finale de l’Allemagne) - combinaison familière aux psychiatres ».
Il ajoutait dans cet article passionnant de lucidité politique et d'analyse de la décadence du capitalisme : « L’économie européenne ne peut se développer au sein des États et des frontières douanières imposées à Versailles. L’Europe se trouve devant un choix : soit détruire ces frontières, soit faire face à la menace d’une décadence économique complète. Mais les méthodes adoptées par la bourgeoisie au pouvoir pour dépasser les frontières augmentent seulement le chaos existant et accélèrent la désintégration ».
Mais Trotsky rêvait tout haut : «  à un degré incomparablement supérieur (à Octobre 17), le triomphe de la révolution en Europe stimulera la révolution en Amérique et dans d’autres parties du monde »1.
Presque un siècle plus tard, une secte en France, LO reprend cette antienne d'Etats-Unis socialistes d'Europe que ni Lénine ni les gauches maximalistes n'avaient jugé utile de prendre en compte2. Dans sa lutte féroce pour conserver son socle de 1% de la minorité de la population qui va sacrifier en sa faveur au rite électoral truqué la secte LO appelle à des « Etats-Unis socialistes d’Europe », un premier pas vers une « République socialiste universelle ». Nathalie Arthaud en profite pour dénoncer les mesures de protectionnisme de ceux qui estiment, comme La France insoumise, qu’il est nécessaire de s’appuyer sur les frontières. « Ce sont des positions réactionnaires, cela sert le grand capital. Les frontières n’ont jamais arrêté l’exploitation ou la rapacité de la bourgeoisie », quand son colistier le chefaillon syndical Mercier juge que c’est aller « sur le terrain de l’extrême droite ». Avec LO on est dans le monde des bobos enseignants et des militants fonctionnaires coupés de toutes les contradictions sociales du capitalisme décadent. On prône un internationalisme immigrationniste à bon compte, gratuit et sans conséquence pour une vulgaire secte jamais concernée par un changement réel de société ni ne risquant jamais non plus d'accéder au pouvoir... de nuire totalement au prolétariat.

DECADENCE ET MISE EN CAUSE DES ELITES

La mise en cause des élites ne date pas de la colère des gilets jaunes. Depuis le début du XX ème siècle la décadence du système capitaliste mondial était constatée et décrite par des grands auteurs non marxistes, aux ouvrages retentissants : décadence des nations, déclin de l'Europe, déclin de l'Occident (Oswald Spengler, Toynbee, Daniel Halévy, etc.). Pour Valéry, l'Europe avait raté le coche en étant incapable de s'unifier. Spengler était plus précis : « Le déclin n'est pas une catastrophe extérieure mais une ruine intérieure »3. Cela Trotsky ne le comprit pas plus qu'il ne comprit vraiment le pourrissement intérieur de la révolution en Russie. Le déclin qui avait frappé l'expérience révolutionnaire en Russie pouvait être relié au déclin de la politique occidentale en général (fin de la nation) et qui allait mener à la reprise de la guerre mondiale, plus atroce que la précédente.
Le déclin s'exprima surtout par le repli nationaliste, l'allemand Spengler proposa pour son pays l'isolationnisme ; l'Allemagne n'échapperait à la décadence généralisée qu'en se repliant sur elle-même, en s'inspirant des vertus authentiquement prussiennes. Pour Toynbee, la fin de la civilisation européenne ne signifiait pas la fin de la civilisation occidentale parce que le christianisme lui survivrait.
Après la fin de la Première Guerre mondiale, la notion de décadence (européenne ou française) et celle d'humiliation étaient assez répandues. Vilfredo Pareto comparait le déclin de la bourgeoisie dirigeante à la décadence de la République romaine (ce que Marx et Engels avaient prévu bien avant lui). La classe dirigeante cherche à tout prix à se maintenir au pouvoir et utilise la ruse lorsqu'elle ne dispose plus de la force, soumise régulièrement à la pression aléatoire des masses, considérées à l'époque comme classes prolétariennes dangereuses. Les élites doivent se renouveler sans cesse par un apport venu des classes inférieures : « la mobilité sociale est le meilleur antidote contre les révolutions sociales »4. Roberto Michels développait « la loi d'airain de l'oligarchie : « Quand un conflit se produit entre les dirigeants et les masses, les premiers sont toujours victorieux s'ils savent rester unis ».
Cette unité de l'oligarchie européenne avait été scellée dans la félonie, on s'en souvient, au moment du traité de Lisbonne ; on se souvient aussi des efforts de Mitterrand pour faire élire le chancelier Kohl. Angélique Merkel vient à son tour épauler un Macron en perdition face au RN en déclarant avoir « des confrontations avec Macron » ; manière diplomatique de faire avaler qu'il ne serait pas traité comme un vulgaire allié secondaire de l'Allemagne et un peu voire quelques fois anti-allemand comme la plupart des partis souverainistes franchouillards et Zemmour. Macron ne peut pas se laisser tailler des croupières par le principal parti populiste français en lui laissant les thèmes de la France « indépendante » et de la limitation de l'invasion migrante. Peu probable qu'il inverse la tendance sondagière réelle (pas celle des suce-boules de BFM) même avec sa tronche sur les affiches électoralistes.
C'est au lendemain de la Seconde Boucherie mondiale que la fable européenne est mise sur la table, sans en référer évidemment à Trotsky. Personne n'a vraiment souligné qu'il s'agissait d'une fable « internationaliste », ou d'une parodie d'une partie du monde sans frontières, que la bourgeoisie avait choisi d'inventer à la fois pour conjurer les démons d'un renouveau d'une vague révolutionnaire dans la zone du monde où le prolétariat avait été le plus menaçant, et en réalité de figer un hinterland US où la confrontation avec l'URSS fût longue et pesante. La Russie stalinienne resta ainsi pendant plus de soixante années la figuration d'un internationalisme caricatural, aux portes d'une Europe assiégée par un risque permanent d'invasion par l'armée « rouge », en réalité un impérialisme de sous-développés dont le trotskisme resta le souteneur jusqu'à l'effondrement du système concentrationnaire « soviétique ». Cet effondrement signifiait aussi celui du trotskisme qui, en dépit de cet échec patent mua à un salmigondis de projets moderniste avalisant « théoriquement » les nouveautés militantes qui réduisent l’internationalisme à une prétendue « solidarité internationale », ou plutôt à une multiplicité de « solidarités » diverses et variées avec des groupes hétéroclites dans différents pays (et qu’il faudrait « faire converger »). Or, une myriade de solidarités plus ou moins reliées ne font pas une stratégie pas plus marxiste que prolétarienne. L'entité européenne a connu divers aléas et en connaîtra d'autres, mais elle est et restera une passoire du capitalisme débridé et décadent, comme une chétive couverture « internationaliste » des mêmes rivalités exacerbées.
Le pur internationalisme « contemplatif » ou juridique était pour Marx un produit du monde bourgeois, comme le nationalisme ; et j'ajouterai par après comme la mode de l'immigrationnisme tout azimut5. L'invention d'une Europe étriquée puis beaucoup plus tard « élargie » n'aura été qu'une figuration d'une fin des frontières des pays « développés », en réalité terrain privilégié pour la compétition et l'écoulement des marchandises des plus grandes puissances. Cette « solidarité européenne » des « pères de l'Europe », tel le banquier aventurier Monnet, n'aura été que le faux nez des sous-fifres de la puissance américaine qui va encore s'enrichir avec la reconstruction du principal champ de bataille de la guerre mondiale (cf. plan Marshall). Le milliardaire Monnet privilégie une filière américaine d'approvisionnement contre l'indépendance nucléaire française, projets qui aboutissent au traité de Rome, le 25 mars 1957 et sur le projet d'élargissement de la Communauté au Royaume-Uni. Bien qu'obligé de travailler avec Monnet, Gaulle le qualifia de « petit financier à la solde des américains ». L'Europe « libérée » est donc bien une création américaine, une «américanisation » 70 ans avant que Régis Debray ne s'en rende compte. De Gaulle restera un emmerdeur pour l'impérialisme américain et probablement le dernier « résistant » national d'une puissance disparue. Selon lui, l'Europe unie devait se résumer à un partenariat franco-allemand ; n'a-t-il pas dit un jour: « L'Europe ? C'est la France et l'Allemagne ; le reste, c'est les légumes ! ».
Tout cela c'était il y a longtemps, l'Europe a flamboyé avec les trente glorieuses puis elle s'est révélée un tigre de papier et un mirage inconséquent bien digne de la théorie trotskiste dégénérée. Elle prétendait à un statut politique et géopolitique intermédiaire entre la nation classique et les empires impérialistes quand finalement, comme cette campagne électorale le confirme, la contradiction se résume entre l'espoir (vain et impossible) à un retour au simple protectionnisme national et une compétition destructrice d'un conglomérat de pays dirigés par une bureaucratie incontrôlable par les populations et complètement soumis aux directives du libéralisme sauvage de la plus puissante bourgeoisie, et son principal valet, l'Allemagne6.


LA GRANDE CONFRONTATION ENTRE DEUX GUGUSSES DU PAF

L'Europe « intermédiaire » entre nation maintenue (avec ses chimères obsolètes économiquement et politiquement) et grandes puissances, c'est donc un lourd passé mythifié et mystifié. La chaîne LCI nous a servi avant-hier un nouveau numéro de "La Grande Confrontation", émission stimulante de David Pujadas où il montre aussi ses qualités de manipulateurs de débats7, où il nargue avec brio tous ceux qui l'ont viré de France 2. Invités : Zemmour et Cohn-Bendit comme VRP des deux tendances qui s'affrontent. Audimat garanti. Ce duel idéologique fût flamboyant et un bon spectacle avec toutes les facéties dont sont capables ces deux personnages. On en eût pour la redevance, bons mots, échanges tendus, coups de projecteurs pointus sur l'histoire passée de l'Europe et du monde. La confrontation résuma assez bien la compétition idéologique pour ces poussives élections européennes qui ne passionnent ni les foules ni le prolétariat. Zemmour ne se privera pas de brocarder « l'ami de Macron ». Avec son agitation permanente (chien de lunette arrière quand cela lui convient, oiseau battant de l'aile quand il est contrarié) Zemmour est un petit teckel qui n'a jamais tort et qui s'arrange pour avoir toujours le dernier mot même dans la guerre des yeux. Il profite de ses origines juives pour sortir des propos qui ne sont souvent que des clichés classiques de l'extrême droite et des colons séfarades. Cohn Bendit est vieux et usé, ses techniques pour désarçonner l'adversaire sont érodées et il n'est même plus drôle. Lui-même est décevant d'esprit étroit à la mode communautariste ; cet ami sincère de Macron affirme tout de même être « membre de la disapora », ce dont on se branle. Il est au total assez décevant avec cette concession communautariste d'ancien étudiant anar, culotté et universaliste qui nous avait épaté en mai 68. Zemmour est plus jeune et de l'école des snipers intronisés par Ruquier. Il sait comment emporter la mise à chaque coup bas par ses réparties de petit roquet et ses grimaces ; c'est l'as de la communication non verbale.
Le gugusse figure de musée de mai 68 est donc venu parader sans honte ni plaisir, pour servir la soupe à la bande à Macron. Il est partout pour sauver le soldat Macron (non exposé à une prise d'otage en Afrique). On le trouve en meeting, le 6 mai, aux côtés de Pascal Canfin, pour vanter la vision écolo mégalo d'Emmanuel Macron. Daniel « le rouge » ne se contente pas d'apporter son soutien à la macronie néo-bonapartiste8. On le trouvait aussi aux côtés du candidat peu avant. Il était présent à Berlin en janvier 2017 lorsque le candidat à la présidentielle s'apprête à tenir son discours à la Humbold Universität, consacré au couple franco-allemand. Peu de temps avant le discours, les deux hommes ont rencontré l'ancien ministre allemand Joschka Fischer (ex-gauchiste promu ministre), grand ami de Cohn-Bendit et apôtre comme lui du fédéralisme européen9. Avant d'être député européen, « Dany le rouge » a longtemps été adjoint au maire de Francfort, et, chargé de l'immigration, il a reconnu face à Zemmour en avoir autorisé l'expulsion d'un millier (l'aveu était calculé comme l'histoire de « confrontations » avec Merkel ; il ne faut pas laisser le label du contrôle de l'immigration – tremplin électoral de l'heure d'une prise en compte d'une majorité d'électeurs de « l'invasion migrante et islamiste »10 - à la seule Marine Le Pen11.

Je me suis moqué jadis des modernistes petits bourgeois (néo-marcusiens) qui pronostiquaient la disparition de la classe ouvrière et l'inessentialisation du travail12 parce qu'ils n'avaient fait que recopier les sociologues bourgeois et qu'ils étaient et restent hors des subtilités des maquillages idéologiques bourgeois, lesquels reprennent d'ailleurs certaines de leurs élucubrations puisqu'il n'est plus question que de « couches moyennes hautes et basses ». Et il ne s'est pas passé ce qu'ils avaient prévu. Non seulement la classe ouvrière existe toujours et est maintenue avec ses divisions traditionnelles (aristocratie ouvrière, boulots répétitifs, nota une myriade d'activités de contrôle, de surveillance et de livraisons...), mais elle a été surtout cataloguée et découpée en communautés raciales, en couches d'ouvriers blancs « racistes » (cf les gilets jaunes « provinciaux) et d'immigrants forcément internationalistes quoique militants de la prime à la braguette et de la « sécurité sociale » française13. Annonçant le duel télévisé sur des chaises des magasins BUT, l'éditorialiste de TF1, Christophe Jakubyszyn lui n'a pas peur des mots :
«  Sur la question des migrations, le choc est à venir », dit l’éditorialiste, qui dénonce « le système tel qu’il est organisé aujourd’hui : quand vous acceptez un migrant à Rome, il arrive à Paris et il compare les systèmes de prestations sociales, les droits au logement, le regroupement familial, l’éducation… » Le fameux benchmarking migratoire, dénoncé par tout l’éventail politique, de LREM au RN ».
L'originalité du prolétariat est qu'il a toujours été qu'il est constamment nié comme classe. L'argument de la générosité migratoire vient comme pour signifier qu'il faut laisser des strapontins à la misère, la partager en quelque sorte et celui qui renâcle devant une invasion effective dans les grandes villes surtout c'est un facho ou un petit blanc raciste14. Dans ces conditions la bourgeoisie ne produit plus ses propres fossoyeurs mais une immense masse d'individus hyper individualistes et à la merci de tous les chantages patronaux et policiers, prêts à se vendre pour un plat de lentilles et surtout pas à mourir pour une révolution impossible ou sacrificielle. Nuançons qu'il en est de l'immigration sauvage comme de la nature des couches petites bourgeoises, ça peut changer suivant les moments ; en 1848 le Manifeste communiste considère que les classes moyennes ne sont pas révolutionnaires ; en 1875, Marx montre leur rôle révolutionnaire et leur passage imminent au prolétariat15.
Venons-en à nos deux gugusses qui se fichent du prolétariat comme de leurs premières chemises. L'organisation du débat avec des invités de corporations lésées par ladite mondialisation qui est en même temps une européénisation des esprits confus et une dissolution des intérêts nationaux ou locaux dans une concurrence « sans patrie ». Les témoignages de ce patron routier (floué par la concurrence étrangère), de cet agriculteur étranglé par la concurrence espagnole ou belge, de ce banquier européiste ou de cette femme du nord expliquant sa vision de la remise en cause de l'identité française, puis de l'étudiante bobo, n'étaient pas un panel complet des nuances du gris européen qui, pourtant comme je l'ai mis en évidence, ne comporte que deux couleurs ternes. Les différents témoignages, par leur véracité et sincérité estomaquaient visiblement notre pauvre Dany le rouge, habitué aux fastes de la macronisation, quand tout était plaisir pour l'iconoclaste Zemmour, sourire perpétuel en coin. Le moment qui m'a le plus fait rigoler a été le témoignage de l'étudiante bourgeoise qui était venu faire la pub du programme Erasmus. Sans gêne Zemmour s'est payé l'oie bourgeoise privilégiée avec ses concepts nunuches de droits de l'homme et autres sornettes républicaines et surtout américaines. L'indignation féministe de Dany le rouge ne changea en rien la perception que nous avions du ridicule langage de cette petite bourgeoise « déléguée de l'empire » comme lui a balancé sans pitié, mais sans vulgarité le petit Zemmour. Ce dernier dit bien des choses justes mais dans un cadre faux et mortifère, le cadre national disparu et sans solution sérieuse à opposer à la clownerie européenne. Le bla-bla européiste de Cohn-Bendit n'avait aucun intérêt et ne pouvait abuser personne, même pas ses anciens alliés écolos qu'il méprise comme secte, quand lui a été admis dans la grande secte présidentielle. Tout le monde attendait le grand choc sur l'invasion migratoire et on n'allait pas être déçus avec un Cohn-Bendit rétropédalant sur son ancienne dénonciation (gauchiste et conviviale) du protectionnisme, campagne de rattrapage du macronisme sur la bande à Le Pen, mais toujours « le plus allemand des français et le plus français des allemands » ; Zemmour le recadra d'un sévère « vous êtes resté un anarchiste allemand »16.
Quoiqu'on pense des errements et compromissions d'un Cohn-Bendit qui a toujours été un anarchiste, intelligent et à la gouaille familière, il est quand même représentatif de l'aboutissement du gauchisme et de l'ultra-gauchisme rangé des voitures, et même de notre milieu maximaliste qui reste imprégné des mêmes poncifs gauchistes et néo-syndicalistes depuis tant d'années sans apercevoir ce qui a changé dans la domination bourgeoise. D'ailleurs sur la question européenne la plupart des gauchistes ne peuvent pas se démarquer vraiment de « l'internationalisme européen » de Macron car cela signifierait qu'ils tomberaient dans « les bras du fascisme » ! Heureusement pour eux il n'y a qu'un tour de piste électorale... On en vient au clou du spectacle et « premier souci des français en général que les élites jusque là méprisaient royalement sur le sujet, soutenues hystériquement par leurs idiots utiles gauchistes.
La « pression migratoire » devrait s’accentuer dans les décennies à venir, notamment en provenance d’Afrique. Zemmour a en garde une énième fois contre l’« invasion » :  « Ils viendront chez nous ». Il déplora que les anciens présidents Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac aient « instauré toutes ces règles favorables à l’immigration », qui ont débouché sur « un droit social quasiment égal » à celui des Français. L'invasion migratoire à laquelle l’Europe devra faire face dans les années à venir est impitoyable : « On a une Afrique qui est passée de 100 millions d’habitants à un milliard en un siècle, et nous irons vers 2 milliards, voire plus. On a une Afrique qui est passée de 100 millions d’habitants à un milliard en un siècle. Ils seront bientôt 2 milliards et viendront chez nous. La Commission de Bruxelles est favorable à l’immigration depuis le début ».
Cette argumentation est notoirement insuffisante et ne peut que flatter l'électeur du RN. Zemmour n'explique pas le fond du pourquoi du comment. Lui aussi ne sait plus ce qu'est la classe ouvrière et est incapable de décrire les manœuvres de refonte des populations est le démantèlement d'une Europe « trop sociale ». Il associe ses réflexions les plus protectionnistes irréalistes à des vérités sociales ; beaucoup de pays du continent africain ne pourront pas en effet « se développer suffisamment pour donner des conditions de vie dignes à tous ces gens ».

Quand David Pujadas lui fait enfin valoir que « les migrants fuient la guerre », il fait mouche sans
Humour accessible aux seuls ch'tis
que Cohn-Bendit puisse le contredire :
« Selon une étude de Médecins du monde, sur tous les migrants de 2015, il y a 13% qui fuyaient la guerre. Tout le reste ne fuyait pas la guerre. Et il y avait 70% d’hommes ». C'est donc bien d'une invasion qu'il s'agit et vue comme telle par une majorité de la population, blanche, noire ou ce qu'on voudra en France et qui n'est ni raciste ni n'a envie d'une venue du RN au pouvoir.
Zemmour a même le culot de soulever la surnatalité africaine qui reste un sujet tabou pour les bobos qui militent pour la procréation et un accueil tout azimut de la misère du monde « décolonisé »17. Et il ose même dire que paradoxalement c'est le colonialisme avec ses progrès techniques, « civilisationnels » et ses médecins qui est responsable de cette natalité galopante. Pas d'objection de Cohn-Bendit qui concède par ailleurs qu'il faut combattre l'islamo-fascisme. Les échanges spontanés et vindicatifs entre nos deux gugusses sont bêtes à pleurer :
  • Cohn-Bendit : tu veux supprimer l'humain ?
  • Zemmour : oui c'est l'humain qui va nous envahir.

Dans les tentes « décoloniales » la colère a dû bouillir ; il paraît qu'ils sont plus nombreux les partisans de la folle Houria Boutelja à l'université bas de gamme. Marx est vilipendé sur les blogs arabes pour son soutien criminel au colonialisme18. Or, même si Zemmour a repiqué une partie de l'analyse marxiste du processus de développement capitaliste « progressif » avec la colonisation, il faut rappeler que ce développement a été contradictoire, et ni spécifique au monde européen ni bénéficiaire au bout du compte aux colonisateurs, la chute de l'Europe en 1945 c'est la perte des colonies sous diktat américain ou russe ; les libérations nationales africaines n'ont rien à voir avec la création de nations modernes au XIX ème siècle ; l'invasion migratoire actuelle n'a rien à voir avec l'immigration passée dans un monde en perpétuelle situation d'implosion sociale et économique. Ce sujet nos amuseurs publics sont incapables de le traiter sérieusement ni de l'approfondir ni d'y trouver solution.
Trotsky notait dans ses écrits les plus percutants que « la découverte de l’Amérique, qui d’abord enrichit et rehaussa l’Espagne, lui devint ensuite néfaste. Les grandes voies commerciales s’écartèrent de la péninsule. Les Pays-Bas s’étant enrichis, se détachèrent de l’Espagne. Après eux, l’Angleterre érigea sa suprématie sur l’Europe, et pour longtemps ».
Les nationalistes vietnamiens, néo-marxistes ou non, se sont appuyés sur la colonisation française (sa culture révolutionnaire par exemple, ou son système éducatif, etc) pour combattre la bureaucratie mandarinale vietnamienne au pouvoir, et donc pour combattre en même temps la colonisation chinoise que cette dernière propageait, et finir par combattre la domination française. Au passage, les nationalistes vietnamiens ont aussi utilisé la colonisation française pour glacer et figer leurs propres conquêtes coloniales. Conclusion: la colonisation est un phénomène complexe, où les victimes et les bourreaux ne sont pas identifiables de manière aussi simple que le laissent penser les anticolonialistes tiers-mondistes d'une époque révolue ou ceux de l'actuelle mouvance post-coloniale. Marx avait donc une appréhension assez judicieuse de cette réalité internationale.

EN CONCLUSION

La grande absente comme toujours d'une grande foire électorale bourgeoise, plus foire d'empoigne nationale partout où elle est organisait qu'un quelconque souci « internationaliste » ; où le dindon de la farce reste évidemment une classe ouvrière passive et encore désorientée. C'est l'absence de voix alternatives en faveur d'une société débarrassée du capitalisme, dont l'évocation même passe pour définitivement utopiste. La réflexion avec la méthode marxiste reste pourtant référentielle et lancinante dans ce monde des faux semblants humanitaires.
Marx ne dit nullement que la luttes des classes est une fatalité qui s'impose à l'humanité ; elle n'a pas toujours existé (cf. les communautés primitives), elle n'est pas une « essence » de 'humanité, elle prendra fin, sans que rien ne soit perdu des acquisitions culturelles et matérielles de l'humanité.
Marx ne dit pas que le prolétariat a toujours été conscient. L'intensité de cette conscience varie. C'est même dans le paroxysme de la révolte des classes intermédiaires, qui finiront par être absorbées par le mouvement universel du prolétariat. La lutte des classes n'est pas la prédication de la haine entre les classes. On peut encore dire de nos jours, sans honte et sans peur de paraître ringard, que la prise de conscience claire de la lutte des classes et la mise en cause de la plupart des mystifications bourgeoises sont un enseignement du marxisme.









« Ce qu'il faut faire immédiatement à un moment bien déterminé de l'avenir dépend naturellement tout à fait des circonstances historiques dans lesquelles il faut agir. Votre question se pose au pays des nuages et représente donc pratiquement un problème fantasmagorique, auquel on ne peut répondre qu'en faisant la critique de la question elle-même. Nous ne pouvons résoudre une équation que si elle inclut déjà dans ses données les éléments de sa solution. (…) Vous me renverrez peut-être à la Commune de Paris. Mais, abstraction faite de ce qu'il s'agissait d'un simple soulèvement d'une ville dans des conditions exceptionnelles, la majorité de la Commune n'était pas socialiste, et ne pouvait pas l'être ».
Marx à F. Domela Nieuwenhuis (Londres le 22 février 1881)


NOTES

2Dans un autre contexte, avant 1914, Lénine avait proclamé la nécessité d' « Etats Unis républicains d'Europe », ce qui n'avait pas le même sens mais découlait des vieilleries déjà dépassées du soutien aux bourgeoisies progressistes. Lénine et l'IC se battirent pour la révolution mondiale après la victoire d'Octobre mais pas pour une caricaturale révolution européenne. Pour Lénine le mot d’ordre de Trotsky était « opportuniste et générateur d’illusions ». Ce sont les trotskiens révisionnistes du NPA qui inventent un Marx partisan d'une révolution européenne pour essayer de valider cette improvisation du Trotsky qui se prenait pour un nouveau Marx..
3Spengler distinguait trois grands types d'âme auxquels correspondent trois types de cultures fondamentalement différentes : l'âme apollinienne (celle de la culture antique), l'âme faustienne (celle de la culture occidentale) et l'âme magique (celle des arabes).
4La promotion des sportifs de banlieue illustre tout à fait cela à notre époque, cf. l'entregent Teddy Riner pour les négociations avec les Emirats, et les successifs ministres d'origine maghrébine.
5Le mot "azimut" provient du mot arabe " az-samt" qui signifie chemin au XVème siècle. Il a pour origine l'astronomie et signifie actuellement l'angle horizontal entre le sens d'un objet et une direction de base .
6Wikipédia explique mieux que moi l'aboutissement de la situation en Europe et une même partition en Asie après 1945 :
  • Une économie ruinée Les difficultés économiques affectent également pays vaincus et pays vainqueurs  : endettement, inflation, problèmes de ravitaillement, pénurie de main d'œuvre, effondrement de la production.
  • Des métropoles coloniales contestées La guerre a mis en évidence les faiblesses et les divisions des puissances coloniales. Elle a réveillé les nationalismes indigènes qui contestent de plus en plus la tutelle des métropoles européennes ( Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas ) :
  • - troubles annonçant la partition en Inde ;
  • - émeutes de Sétif en Algérie ;
  • - déclarations d'indépendance en Indochine et en Indonésie.
La 2e guerre mondiale a accentué le déclin de l'Europe amorcé au lendemain du premier conflit mondial. Même si en 1945, l'Europe est associée à la création de l'Organisation des Nations Unies ( ONU ), où le Royaume-Uni et la France sont admis comme membres permanents du Conseil de sécurité, elle est affaiblie, divisée, et va devenir un lieu d'affrontement entre les deux seuls vrais vainqueurs, les États-Unis et l'Union soviétique.L'Europe va subir une coupure profonde et durable sur le plan idéologique, politique et économique, symbolisée par le « rideau de fer » que Churchill évoque dès 1946 dans le discours de Fulton, et qui va en faire à l'époque de la guerre froide un des principaux enjeux de la rivalité américano-soviétique.
A l'issue de la Seconde Guerre mondiale qui voit la reddition du Japon le 15 août 1945, la Corée est divisée à hauteur du 38ème parallèle en deux zones d'importance à peu près égales. Au nord, l'Union soviétique favorise un régime communiste dont l'homme fort est le secrétaire du Parti du Travail et ancien résistant à l'occupation japonaise, Kim Il-sung , tandis que le sud soutenu par les Etats-Unis est dirigé avec une poigne semblable par un vieux leader nationaliste, vigoureusement anticommuniste, Syngman Rhee .


7 Le nain journaliste livra ses dernières recommandations aux « six Français » qui vont interroger les duettistes Daniel Cohn-Bendit et Eric Zemmour. « Soyez vous-mêmes, parlez avec votre langage, ne vous sentez pas obligés de mimer les hommes politiques. » Ni les présentateurs télé. « Je vous demanderai, ceux qui sont plutôt dans la dynamique de la construction européenne, de vous adresser plutôt à Eric Zemmour, qui est plutôt pour la souveraineté nationale. Et ceux qui pensent plutôt que l’Europe est mal barrée, de vous adresser à Daniel Cohn-Bendit qui, lui, est un avocat de la construction européenne. »
8On ne m'empêchera pas de penser que les urnes ont été aussi bourrées pour son élection, comme pour celle du maire du Touquet Fasquelle, Balkany à Levallois, pour Marchais à la fin (explication qui m'avait été fournie par Alain Lipietz un jour de marché il y a des lustres à Villejuif où je diffusais RI et lui ses tracts écolos). En démocratie bourgeoise, le bourrage des urnes arrive juste après le financement frauduleux et la proportionnelle. Lire : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/bourrer-les-urnes-comment-ca-marche_1196640.html

9L'ancien leader étudiant n'est plus un simple compagnon de route. Il lui donne aussi des pistes pour son programme électoral. Selon Le Parisien, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron testait, dès février 2017, l'hypothèse d'une nomination de Daniel Cohn-Bendit dans son gouvernement. Hypothèse alors écartée, en raison de la "liberté de parole" de l'intéressé qui aurait pu s'avérer "difficile à gérer". Ce qui ne l'empêchât pas de faire partie des invités lors de la fameuse soirée du premier tour à La Rotonde.  Dany le rouge est régulièrement au téléphone avec le président de la République. Il n'hésite pas à s'exprimer à ce sujet dans les médias. Voire à dénoncer telle ou telle mesure qu'il désapprouve, de la politique migratoire de la majorité à certains choix économiques, comme celui de supprimer l'ISF, voire "le déficit d'intelligence politique" du gouvernement.  En septembre 2018, après la démission fracassante de Nicolas Hulot, son nom circule pour le remplacer au ministère de la Transition écologique. Daniel Cohn-Bendit n'hésite pas à mettre en scène son hésitation. Les deux hommes se retrouvent à l'occasion d'un long échange à l'Elysée, et c'est encore l'ex-soixante-huitard qui donne la conclusion dans une formulation surprenante : "On a décidé d'un commun accord que je ne serai pas ministre", annonce-t-il. Et d'expliquer : "J'étais divisé, je me suis dit : c'est le bon moment. Pour la première fois de ma vie, je me suis dit 'pourquoi pas'. Le Président m'a dit : 'Si tu es ministre, tu perds ta personnalité, tu n'as plus cette liberté. Est-ce que tu veux cela ?' On est d'accord que c'est une fausse bonne idée." Et en plus l'autre se fout de sa gueule.

10Qui est une réalité indéniable malgré le déni des béni-oui-oui irréalistes des bobos gauchistes au nom de leur internationalisme humanitaire « contemplatif » et creux. Si je prends l'exemple de Bagneux ou de Meulan, où j'ai l'occasion de passer parfois. Dans la journée à Meulan il n'y a que des noirs qui déambulent, le bon immigratoire date de 2015 avec une majorité d'hommes seuls (12% de la moyenne départementale), leur seul refuge idéologique est la requête d'une mosquée. A Bagneux en fin de journée il n'y a qu'une majorité de femmes voilées dans les supermarchés. Cette concentration de populations pauvres et déracinées n'est pas plus propice au bonheur humain qu'à des besoins communs avec la population française ni entre prolétaires en général ; c'est bien ce qui contente le Capital.
11Il n'est pas de petit profit de se servir du moindre dérapage, comme par exemple cet élu municipal auvergnat d'adoption de LFI, ardent antifa, qui vient de passer au RN, qui sert si benoîtement à « expliquer » la collusion des extrêmes, et surtout la guerre du grappillage électoral.
12« Précis de communisation », éditions du pavé 2008.
13 Précarisation à outrance et flexibilité outrageante sont la réalité de la continuation et aggravation de l'exploitation des prolétaires. Dans Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-up, Mathilde Ramadier livre une analyse au vitriol des conditions de travail d'un salarié de jeune pousse. Anglicismes à tout-va, contrôle permanent, culte de la flexibilité... Lire son interview par Challenges sur ces quatre ans de prolétariat nouvelle génération. https://www.challenges.fr/start-up/quand-la-coolitude-des-start-up-se-transforme-en-proletariat-nouvelle-generation_477708
14Christophe Guilluy encore une fois a bien vu le découpage opéré par l'ordre bourgeois « progressiste et antiraciste », la gentrification du centre des villes et l'occupation immigrée de leurs pourtours pour les prolétaires chargés des jobs les plus serviles et... expulsables. Les bobos nient l'invasion par l'utilisation des chiffres nationaux qui ne sont pas en effet effrayants, mais on ne juge de l'invasion réelle qu'en observant la concentration dans les villes principales ; c'est une noyade «voulue » du prolétariat dans une masse de pauvres grandissante ; on s'étonne et on s'indigne que les prolétaires de souche n'imaginent que des solutions nationales à cette invasion de la misère mais en même temps on leur radote à fond la caisse que le stalinisme était le communisme, massacreur de milliards d'êtres humains...
15Au moment de la Première internationale, Bakounine était plus clair sur la question de la guerre favorisant la révolution que Marx, il disait que tous les prolétariats devaient se lever contre une guerre nationale et « mettre à profit la situation de guerre pour liquider leur propre bourgeoisie ». Pour Marx le prolétariat n'avait pas encore à s'opposer à la guerre et surtout pas par des méthodes terroristes.
16Ce à quoi Dany « le macronien » (de la diaspora) inventa que Marchais l'avait ainsi dénoncé parce qu'il était antisémite ; crétinisme à la mode ! Marchais n'était pas antisémite, comment aurait-il pu l'être quand les principaux conseillers du PCF de l'époque étaient de brillants intellectuels juifs qui lui rédigeaient ses discours ? L'expression « anarchiste allemand » nous choqua à l'époque parce qu'il s'agissait d'un clin d'oeil nationaliste se servant de la persistance du revanchisme anti-allemand vingt ans après 1945 parmi la classe ouvrière aussi.
17On se rappelle que le défunt Pascale Sevran avait été criblé d'injures pour avoir abordé le sujet tabou dans le monde bobio et leurs communautés autarciques.
18Ces révisionnistes ignorants, majoritairement islamistes, n'y comprennent rien. Marx nous disait que l’histoire de l’humanité, c’était l’histoire des luttes des classes. Bouteldja nous dit que c’est l’histoire des Blancs asservissant les Autres, les colonisés. Qui est donc le Blanc ? Il est le produit de l’histoire occidentale qui commence en 1492 quand la race blanche s’auto-invente à partir de la traite des Noirs, explique cette demeurée.
Marx écrit dans Le Capital que le capitalismes s'est développé dans la boue et le sang, il n'est pas cet affreux colonialiste que conchient les fascistes musulmans:
« La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore. Aussitôt après, éclate la guerre mercantile; elle a le globe entier pour théâtre. (…) Les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partagent d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. (…) Ce fut la traite des nègres qui jeta les fondements de la grandeur de Liverpool ; pour cette ville orthodoxe le trafic de chair humaine constitua toute la méthode d’accumulation primitive. Et, jusqu’à nos jours, les notabilités de Liverpool ont chanté les vertus spécifiques du commerce d’esclaves. »