"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 6 juin 2014

LA GRANDE BOUFFE EN FAMILLE DU VIEUX CAPITALISME PLEURNICHARD




TF1 avait promis la rediffusion gratos à toutes les chaînes idéologiques du monde entier. Un milliard de téléspectateurs garanti ! La mise en scène fût éblouissante. Tous les convives hauts gradés, vétérans chevrotants comme  enflures d’Etat se pamaient et congratulèrent notre Hollande poussif dans les sondages. Sur les plages de Normandie on n’avait pas lésiné sur les moyens pour re-fagoter l’histoire : longue procession de l’arrivée des chefs d’Etat blancs des principaux Etats européens, encadrés par deux enfants chérubins[1], accueillis par le majordome Hollande (ne lui manquait que la queue de pie) conviés à serrer la paluche aux vétérans glorifiés sur leur fauteuil roulant ou maintenus par une infirmière ou un jeune trouffion, projections sur écran géant des vieux films archi-connus des exactions du capital allemand en furie, spectacle de danse féérique d’hommes en noir symbolisant le boche sans casquette alternant avec des figurants victimes vêtus de gris, toile de fond de pétards de carnaval pour rappeler un peu les fumigènes létaux du D.Day, enfin vol tricolore de la patrouille de France. Le clou du spectacle fût surtout le discours du président français et les petits entrefilets concernant l’Ukraine. L'arsouille recopie toujours ses anciens discours ; il nous refit l’anaphore du "rêve" des pauvres mecs massacrés sur les plages made en Normandie[2].

LE DISCOURS HEMIPLEGIQUE DE LA HOLLANDIE

Le discours fût certes brillant (un historien de renom avait prêté sa plume). Hollande, excellent orateur sait lire en public un texte peaufiné par son staff mieux que Hitler qui s’agitait comme un grand nerveux et jetait un regard oblique sur son texte. Il ne s’est pas débarrassé des facilités de l’anaphore électoraliste (répétition d’une même phrase pour faire de l’effet au public) avec ellipse. De bout en bout il rend hommage aux vétérans « à qui nous devons notre liberté » et à ceux « qui sont morts pour nous » « dont nous sommes les héritiers ». Le phrasé est impeccable, veste près du cul levée par le vent, presque comme le pompon du Duce aussi court sur pattes. La leçon d’histoire est oecuménique, des satisfecits il y en a pour tout le monde : les anglais (la reine cette rombière reste de marbre), les ricains (Obama applaudit), les canadiens, les polonais, les 177 pioupious français, les résistants, et même les allemands « victimes du nazisme » (Angela applaudit)[3] l’armée rouge (Poutine applaudit) De Gaulle (Sarkozy applaudit) etc. L’Europe a su rester en paix depuis 70 ans assura l’apparatchik officiel en cravate bleue… et les guerres de Corée, du Vietnam, d’Algérie, l’Europe n’y était pour rien ?
Même la population normande est célébrée puisqu’on nous révèle que 20.000 personnes civiles ont été zigouillées au cours du D.Day ; ce qu’on ne  nous avait point appris à la communale. Ce discours lénifiant mérite qu’on s’y arrête pour les deux subtilités majeures qu’il contient.
La première est évidemment la soudaine réhabilitation de la résistance nationale, présentée comme indispensable à la réussite du débarquement. La résistance est la grande cocue de la « libération ». J’ai souvent analysé ses heurts et malheurs pour ne pas y revenir ici dans le détail. Mais l’intonation majeure à relever est évidemment la remise au second plan de la shoah lanzmanienne qui était le bréviaire de tout discours officiel depuis la fin des années 1970, et qui faisait enrager les idéologues et journalistes de ladite extrême droite et de leurs colistiers musulmaniaques. Rappelons que l’idéologie de la résistance du peuple français, présentée comme majoritaire en premier lieu par les faussaires staliniens, contre l’occupant allemand avait été ridiculisée et amoindrie par une certaine historiographie US depuis la fin des années 1970 par les Robert Paxton et Philippe Burrin[4]. Or c’est le nœud gordien des années Mitterrand auquel Hollande fît un pied de nez pour des raisons tout à fait actuelles et électoralistes… Le passé du maître à penser de Hollande avait été peu reluisant et un modèle de caméléon. Venu des cercles maurrassiens ce cuistre garda toujours de solides amitiés pas seulement avec le sinistre Bousquet (comme De Gaulle avec son ministre Papon). L’opposition des extrêmes c’est pour le public des naïfs. Toutes les fractions bourgeoises finissent complices à la suite des guerres impérialistes au nom de « l’unité de la patrie ». On a fait mine d’oublier que l’idéologie de la « réconciliation nationale » avait été de juger rapidement quelques têtes de cons du régime vichyste pour maintenir en place tant de collabos encore utiles à l’appareil d’Etat, stopper les règlements de compte, éviter la mise en accusation des voleurs d’appartements de juifs déportés au nom de la paix « sociale » désirée et  retrouvée[5]. Or la mise au rebut de la résistance était jusqu’ici pain béni pour la bourgeoisie US qui déniait toute prétention à la France de se libérer elle-même, rançon de sa perte de puissance coloniale, et évidemment agréait aux vieilles fractions féodales monarchistes et héritières du pétainisme comme le FN. En relookant la résistance, Hollande renvoie la mère Le Pen et sa confrérie au pétainisme de ses pères idéologiques. L’air de rien Hollande restaure la « fierté nationale » et vient flatter cette « ferveur populaire » des touristes présents par milliers autour de la cérémonie, ce qui devrait lui permettre de remonter dans les sondages[6].

LES RAISONS CACHEES DU DEBARQUEMENT INTEMPESTIF EN NORMANDIE


Ce fût un massacre éhonté, la plupart des barges coulèrent avant d’atteindre les plages au nom américanisé des milliers de parachutistes furent zigouillés avant d’atteindre le sol. La véritable raison de ce coup foireux en vie humaine fût la précipitation des bourgeoisies américaine et britannique pour arriver à envahir l’Allemagne plus vite que l’armée impérialiste de Staline, engagement forcené à moitié raté vu que « l’armée rouge » arriva première à Berlin !
En s’appesantissant sur sa restauration de la « fierté nationale » ( renvoyant le FN dans ses cordes pétainistes) Hollande esquive la vérité impérialiste. Il la maquille, avec l’aide de l’historien François Bédarida, en égratignant simplement la mystique de l’armée US libératrice : révélation de 20.000 victimes civiles en Normandie[7], constat des commentateurs obligés de l’inefficacité aérienne américaine et anglaise (qui vaut toujours à leur armada une franche hostilité en Bretagne et en Normandie) – les bombardements étaient à l’époque très collatéraux au point que les premiers bombardements US du jour J tuèrent près de 2000 soldats américains ! – et les ouvrages paraissant concernant des milliers de viols des libérateurs jusque là passés sous silence[8].
La deuxième subtilité du discours de Hollande consista à faire avaler qu’il n’était plus question de commémoration misérabiliste avec sonnerie aux morts mais que les grands du monde, antifascistes patentés pouvaient plaider encore le refrain du « plus jamais ça » et nous promettre la paix universelle. La retransmission mondiale gratuite fût émaillé de la question majeure : Obama et Poutine allaient-ils se serrer la paluche ? Leurs regards se croiseraient-ils ? Ne voyait-on pas un Poutine faire grise mine et un Obama tout sourire ? Suspense. Angela était en train de recoller les morceaux avec la tête de morue décongelé quand on apprenait que le mafieux ukrainien démocratiquement élu demandait le cessez le feu avec le « tsar Poutine ». Le petit Valls vint plastronner son intronisation diplomatique en déclarant cette forte sentence : « la paix est notre bien le plus précieux ». L’affaire était entendue pas seulement bon coup de ravalement pour les sondages internes, mais de la gonflette pacifiste pour faire avaler un rôle nodal de la bourgeoisie française dans les bisbilles internationales où elle est ballotée entre ses intérêts pour son armement et ses obligations sous la férule US.
Un mot enfin sur le « fabuleux » débarquement. Il n’est pas si reluisant comme trésor de liberté légué au monde. Sous l’œcuménisme du discours hollandien passèrent à la trappe les terribles rivalités et marchandages impérialistes à la Libération. Ce débarquement ne fût qu’un « second front » et n’a pas autant contribué à l’effondrement de la bourgeoisie allemande en furie qu’on le proclame ce fût une action tardive et opportuniste. Tout le poids de la guerre et du nombre faramineux de prolétaires en uniforme massacrés fût porté jusque là par la Russie de l’incapable Staline. C’est le prolétariat russe et polonais qui supporta les sacrifices les plus considérables. Même les différents débarquements alliés en Afrique du Nord, en Sicile puis en Italie n'avaient constitué que des opérations mineures en comparaison de l'intensité des combats qui avaient lieu sur le front russe.
En conclusion, je ne dédaigne pas malgré tout que les amerloques aient achevé le régime nazi, même partiellement, mais cela permit surtout de maintenir le capitalisme fauteur de guerres incessantes, et un enrichissement faramineux de l’auguste América et de sa vieille complice la perfide Albion. C’est là que le bât blesse dans la cérémonie conviviale de la vieille bourgeoisie européenne aux basques de l’américaine et dans le discours de notre Don Quichotte national. Parmi les augustes invités de cette festivité bourgeoise triomphaliste on ne comptait aucun représentant des autres continents, ni asiatiques ni africains. Normal puisque le discours propagandiste hémiplégique n’aurait pu se répandre dans la commémoration pleurnicharde et hypocrite en présence des autres dictateurs des pays « en guerre ». L’Europe est en paix depuis 70 ans oui mais à condition que les guerres continuent à se dérouler, opposant les grandes puissances européennes russe et américaine, dans un lointain si proche désormais. Car la question de l’Ukraine n’est pas réglée et que la majorité des sondés pensent qu’une nouvelle guerre mondiale est possible.  


[1] La figuration paternaliste des matchs de foot a gagné l’imagination des hautes sphères ; on a collé deux minots pour encadrer toutes les huiles européennes dont certains ne savaient pas quoi faire des mioches du décor, soit leur donner la main soit leur demander leur prénom. Une touche d’angélisme dans un souvenir pleurnichard de l’enfer impérialiste ? Et que dire de la morgue de la reine, cette potiche anglaise qui foula le tapis rouge avec son auguste limousine et resta impavide tout au long de la cérémonie puis fit coucou de la main comme sa célèbre marionnette en réveil matin fabriquée en Chine.
[2] Il faut noter que cette notion de rêve agitée sur estrade électorale est commune à tous les politiciens pécheurs de voix moutonnières, l’électeur cet âne adore élire des partis oligarchiques tout en professant son horreur des sectes et des partis stalinistes. A la veille de son tremplin présidentiel en 2004, le mis en examen perpétuel Sarkozy n’avait-il pas plastronné : « c’est maintenant qu’il faut faire de nos rêves une réalité » ! Quant à l'idéal présumé des spadassins américains, on enrôla non des antifascistes émérites prompts à botter Hitler hors d'Europe mais des tueurs à gage; la soldatesque US avait été recrutée avec des brochures ou articles vantant la France comme "pays du sexe", et la vérité de tous les engagements militaires en tout pays reste depuis l'antiquité: être armé légalement pour le plaisir de tuer, piller et violer. En témoignent les viols des versaillais à Paris en 1871, ceux des "boches" en 1914 en France ceux des soudards français lors de l'occupation de la Ruhr, des troupes nazies en Russie et en Italie en 1943, des troupes russes en 1944 en Allemagne, etc. Le présumé combat pour la liberté reste singulièrement aiguisé et motivé par les pires perversions humaines.
[3] Séquence émotion lorsque deux vétérans l’un français l’autre allemand s’embrassèrent au milieu du spectacle. Réconciliation universelle et restauration de la légitimité bourgeoise allemande. On notera que sur You Tube, plusieurs films glorifient le martyre des comploteurs de l’opération Valkirie. Ce putsch raté en vue de l’assassinat d’Adolf (qui signifie loup en vieil allemand) sert de blanc seing à la bourgeoisie allemande qui se prétend victime elle aussi de l’hitlérisme, son simple valet. En réalité ce quarteron de généraux féodaux souhaitait refaire le coup de l’Armistice de 1918 pour éviter l’invasion de l’Allemagne, pas de pot les Alliés n’ont pas accepté de les soutenir.
[4] Et l’invraisemblable trucage du film d’Ophuls « Le chagrin et la pitié » (1972) que j’avais emmené mon père (fondateur d’un maquis d’auvergne) voir avec moi (il avait connu et combattu avec plusieurs des protagonistes interviewés).  Pour les Paxton et Ophuls il n’y avait pas eu 40 millions de résistants (ce qui est vrai) mais 40 millions de collaborateurs (ce qui est faux) ; il y avait eu certes cet accommodement que nota Sartre mais surtout une souffrance indicible. Des historiens de gouvernement se moquèrent de la passivité de la classe ouvrière quand deux millions de jeunes prolétaires étaient prisonniers en Allemagne. Jeune étudiant dans l’Etat de Virginie, Paxton avait été formé avec un manuel de « french bashing » qui enseignait dans une brochure répandue : « Après l’effondrement de la France, les français se sont couchés et ont laissé les allemands les piétiner » (cf. l’intéressant ouvrage de Pierre Laborie : « Le chagrin et le venin » (folio Gallimard 2014) ; l’auteur fournit  par ailleurs une étrange explication selon laquelle on pouvait être à la fois résistant et pétainiste.






[5] Idem pour les tortionnaires nazis, la plupart des criminels qui avaient massacrés la population d’Oradour sur Glane furent relâchés car nombre d’entre eux étaient des « malgré nous »  alsaciens, et qu’il avait fallu calmer les protestations venues d’Alsace, en embaumant les centaines de femmes et d’enfants d’Oradour. La plupart des grands industriels nazis ne furent pas inquiétés non plus; et les grandes "marques" teutonnes enrichies pendant la croisade de leur Hitler ont accru leurs profits après guerre, et sont encore dominantes sur le marché mondial, preuve que la guerre n'a pas vraiment été perdue pour le capital allemand. 
[6] La résistance reste toujours présentée comme une énigme de l’histoire alors qu’elle n’en est pas une. Les nouveaux pouvoirs collusion des gaullistes, des staliniens et des ex-collabos eurent tout intérêt à l’enterrer. Idem de la part du trotskysme et du maximalisme pour lesquels elle ne fût qu’un mouvement petit-bourgeois oubliant que – au cœur de la contre-révolution – la plupart des engagés n’eurent pas le choix, à la fin c’était le STO ou les bois ! Et aucune révolution n’a jamais été possible dans la situation de pays envahi, le droit des peuples à s’exploiter eux-mêmes restant de fait dominant ; par ex. la Commune de Paris n’a pas permis de garder l’Alsace et la Lorraine… Or toutes les "résistances" ne furent pas bourgeoises: grèves contre l'occupant, nombreuses manifestations populaires courageuses contre ses exactions et meurtres d'otages, le fait répandu de planquer les enfants juifs, de se moquer des boches en uniforme, d'écouter la radio d'outre-manche, de se conformer à une désobéissance civile en permanence etc. On y verrait plus clair sur ce passé si on le plaçait en comparaison avec le présent où existent les mêmes lâchetés et les mêmes marques de courage.
[7] Sans compter 10.000 soldats allemands tués et autant d’américains de canadiens et d’anglais pour un résultat déjà décisif à Stalingrad et qui aurait pu être obtenu à partir du débarquement réussi en provence
[8] L’ouvrage de Mary Louise Roberts – Des GI’s et des femmes – relativise cette découverte en dénonçant le racisme dominant dans l’armée US qui non seulement humiliait les noirs mais leur fît porter le chapeau des viols en général… Sans oublier l’ouvrage du conseiller de Sarkozy, Patrick Buisson (Années 40 années érotiques) qui pour intéressant qu’il soit charge surtout la résistance et la collaboration « horizontale » (toutes les françaises auraient été séduites par les beaux boches en uniforme puis après par les beaux ricains (le français moyen étant peu viril et moche...), normal pour un ancien directeur de Minute !

jeudi 5 juin 2014

LE FOOT JEU DU FRIC EST FOUTU FACE AU MATCH DE LA LUTTE DES CLASSES




A une semaine du Mondial, le métro de Sao Paulo se met en « grève illimitée »
Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

Les employés du métro de Sao Paulo ont entamé jeudi 5 juin une « grève illimitée », mettant sous forte pression les autorités à une semaine du coup d'envoi du Mondial dans la capitale économique brésilienne. Le métro de Sao Paulo constitue la principale voie d'accès à l'Arena Corinthians, le stade luxueux où sont programmés la cérémonie inaugurale et six des 64 rencontres du Mondial, dont le match d'ouverture Brésil-Croatie le 12 juin.

La grève va affecter 4,5 millions d'usagers dans cette mégapole de 20 millions d'habitants. Le syndicat des 10 000 employés du métro juge insuffisante l'offre de réajustement salarial annuel de 7,8 % proposée par le gouvernement de l'Etat de Sao Paulo. Il réclame une augmentation de 16,5 %.
« Il n'est pas possible d'accepter une augmentation à moins de deux chiffres », avait déclaré avant l'annonce officielle du débrayage le président du syndicat, Melo Prazeres Junior. « C'est le monde réél. L'inflation du prix des aliments et l'inflation générale sont bien plus élevées » que la proposition des autorités, avait-il souligné.
Si le Brésil connaît une situation de quasi-plein emploi, la croissance désormais presque à l'arrêt, associée à une inflation flirtant avec les 6,5% qualifié de maximum par le gouvernement lui-même, contribuent à la mauvaise humeur générale.
« RIEN N'A CHANGÉ » DEPUIS UN AN
Cette grève s'ajoute à des mouvements sociaux récurrents dans la ville et au Brésil à l'approche de la Coupe du Monde. Mercredi soir, près de 4 000 militants du mouvement des sans domicile fixe et 400 membres de la police militaire ont manifesté séparément près du stade Arena Corinthians, où ils ont bloqué une des principales avenues de la mégapole.
Lors d'une manifestation à Sao Paulo, le 4 juinexactement, Sao Paulo avait donné le coup d'envoi de la fronde sociale historique qui allait ébranler ce gigantesque pays émergent de 200 millions d'habitants en pleine Coupe des confédérations. Des manifestations d'abord limitées d'étudiants paulistes réclamant la gratuité des transports publics et durement réprimées par la police militaire, avaient rapidement fait tâche d'huile dans tout le pays.
Des centaines de millions de manifestants brésiliens rejetant toute bannière politique avaient dénoncé, parfois violemment, les 11 milliards de dollars d'argent public dépensés pour l'organisation du Mondial et réclamé des investissement massifs dans les transports publics, la santé ou l'éducation.
Un an plus tard, « rien n'a changé », affirme Antonio Carlos Costa, fondateur de Rio da Paz, une ONG qui a gonflé mardi 3 juin des ballons de football géants devant le Parlement de Brasilia pour protester contre le coût du Mondial. Selon lui :
 « Le peuple est descendu dans la rue et aucun des trois pouvoirs (fédéral, Etats, municipal) n'a été à la hauteur pour répondre aux demandes. Le Brésil est la septième économie mondiale, mais il n'est qu'au 85e rang de l'Indice de développement humain. On y commet 50.000 assassinats par an. C'est normal que la population se fâche si on engloutit beaucoup d'argent dans la construction de stades. »
La présidente Dilma Rousseff, défendant le legs du Mondial, plaide que le gros des investissements publics (aéroports, mobilité urbaine) ont été faits « sans aucun doute pour le Brésil » et pas pour l'événement.
Mais « les enquêtes d'opinion montrent que la perception sur les services et l'économie ne s'est pas améliorée » depuis juin 2013, souligne Bruno Batista, responsable du grand sondage national régulièrement commandé par la Confédérations des Transports.

LA POLICE AVEC LES OUVRIERS !  (EXTRAITS DU Figaro)

Les autorités brésiliennes sont sous pression à sept jours du coup d'envoi du premier match du Mondial de football. Les employés du métro de Sao Paulo entament aujourd'hui une «grève illimitée» en raison de l'échec des négociations salariales. Le syndicat des 10.000 employés du métro de la capitale économique du Brésil juge insuffisante l'offre de réajustement salarial annuel de 7,8% proposée par le gouvernement de l'État de Sao Paulo. Il réclame une augmentation de 16,5%, presque identique à celle que les policiers ont obtenu après plusieurs grèves.
Le président du syndicat, Melo Prazeres Junior avait d'ailleurs déclaré quelques jours avant l'annonce officielle de la grève: «Il n'est pas possible d'accepter une augmentation à moins de deux chiffres (....). C'est le monde réel. L'inflation des aliments et l'inflation générale sont bien plus élevées que la proposition des autorités». En attendant un compromis entre les autorités brésiliennes et le syndicat, la grève va affecter 4,5 millions d'usagers dans la mégapole de 20 millions d'habitants. Or, le métro de Sao Paulo est la principale voie d'accès à l'Arena Corinthians, le stade luxueux où sont programmés la cérémonie inaugurale et six des 64 rencontres de la Coupe du Monde dont le match d'ouverture Brésil-Croatie le 12 juin… Il reste donc sept jours pour trouver un compromis.

Une grève qui touche aussi le secteur aérien

Les techniciens au sol de LatamAirlines, la plus importante compagnie aérienne latino-américaine, ont également menacé ce mercredi le gouvernement de faire grève pendant 48 heures dans sept pays de la région. La date reste pour le moment confidentielle mais le mouvement pourrait entraîner des retards et annulations à quelques jours à peine du début de la Coupe du Monde. Le représentant syndical de la compagnie au Pérou a déclaré ce mercredi que la grève sera suivie par les mécaniciens de la compagnie aérienne basés au Brésil, Paraguay, Chili, Argentine, Pérou, Équateur et Colombie. Juan Carlos Talavara a assuré que sans «maintenance technique des avions, ceux-ci ne pourront pas décoller». Les mécaniciens souhaitent, au même titre que les employés du métro de Sao Paulo «une revalorisation de leurs salaires» après dix ans sans réajustement et une réorganisation des heures de travail de nuit.

Les policiers ont déjà obtenu gain de cause

Les policiers de Brasilia ont eux déjà obtenu du gouvernement et de la police fédérale une augmentation de salaires. Menaçant de faire grève pendant le Mondial de football, ils ont décroché une première hausse de 12% en juillet puis de 3,8% en janvier 2015. En échange, ils seront dans l'obligation de travailler entre le 12 juin et le 13 juillet, dates de la Coupe du Monde. Ils ont également obtenu lundi une «amnistie» pour leur grève de 2012 qui avait entraîné à Salvador de Bahia près de 150 homicides, des pillages, agressions et vandalisme pendant onze jours. La décision - intervenue lundi dernier - ne concerne pour le moment que les policiers de Brasilia mais elle devrait s'étendre au reste du pays dans les prochains jours.
À sept jours du Mondial, la liste des villes touchées par les contestations s'allongent: Rio de Janeiro, Sao Paulo, Salvador, Serra, Florianopolis… Mercredi soir, près de 4.000 militants du Mouvement des travailleurs Sans Toit et 400 policiers militaires à la retraites venaient grossir les rangs de la contestation à Sao Paulo. En parallèle, des milliers de personnes manifestent contre le coût de la coupe du Monde jugé exorbitant. La présidente Dilma Roussef défend le legs du Mondial, elle affirme que le gros des investissements publics ont été faits «sans aucun doute pour le Brésil» et non pour l'évènement en particulier. La tension est à son comble d'autant que le gouvernement craint une reprise des troubles, comme en juin 2013 en pleine Coupe des Confédérations. Des centaines de millions de manifestants avaient violemment dénoncé les 11 milliards de dollars d'argent publics dépensés pour le Mondial. Ils réclamaient des investissements dans les transports publics, la santé ou l'éducation. Les manifestations ont été durement réprimées par la police militaire. Dorénavant, la contestation change de forme, elle se structure autour des syndicats, plus organisés que la population, qui pourrait toutefois redescendre la rue.

lundi 2 juin 2014

CRISE, IMMIGRATION ET FASCISME





(Contribution de JLR  lue à la réunion de Voix des Travailleurs dimanche 1er juin à Paris, il ne nous est pas encore parvenu de compte rendu ni de résumé de cette réunion de camarades de divers groupes : les sujets initiaux proposés étaient les suivants :
-          La crise quelle Crise?
-          Les conséquences : guerres, fascismes, destruction du moral et des acquis de la classe ouvrière ?)

Un salut amical d’abord à tous les camarades présents à la réunion où je regrette de ne pouvoir être présent, coincé que je suis dans ma province arriérée. Je tenais tout de même à apporter ma contribution sur les trois sujets majeurs qui sont proposés par Robert Paris : quelle crise ? conséquences de cette crise : guerres ? fascismes ? et enfin destruction des acquis de la classe ouvrière. 

1.   Sur la Crise :
Tout le monde sait que le capitalisme est en crise. Il le dit lui-même par les mille voix baveuses de son hydre de Lerne médiatique. Pour certains, assez superficiels, Cassandre au petit pied, à la Paul Jorion le Capital est au bord de l’effondrement et ils le souhaitent afin qu’il se régénère pacifiquement. Pour d’autres, économistes chevronnés ou du dimanche, le Capital ne s’en sort pas trop mal : les bulles financières se gonflent et se dégonflent, les pays émergents deviennent détergents comme le Brésil qui a cassé sa tirelire en écoulant ses matières premières chez l’acheteur chinois sans songer à préserver ses arrières, et peine à assurer la coupe du monde footeuse. Les faibles révolutionnaires maximalistes psalmodient dans leur coin leur conviction journalière de la chute finale. On peut donc discuter des heures sur la crise, ses interprétations pessimistes ou optimistes, comparer les politiques de New Deal d’avant-guerre à l’ultra-libéralisme aujourd’hui, mais on n’en saura pas plus, d’un point de vue marxiste sur les échéances de l’effondrement du système d’exploitation mondiale. La stagnation des salaires, qui s'est étendue du secteur exposé à la concurrence internationale à l'ensemble de l'économie, c'est la concurrence de la Chine et des nouveaux pays industriels. Le quasi disparition de l'inflation, c'est la pression permanente sur les prix exercée par ces économies à faible coût. L'abondance des produits de grande consommation à des prix relativement bas, pour le grand profit des consommateurs européens, c'est la montée des importations de pays devenus les ateliers du monde. L'explosion de l'endettement des particuliers, c'est le substitut trouvé par les banques avec la complicité des Etats, pour maintenir la consommation en dépit de la stagnation ou de la baisse des revenus salariaux, préparant ainsi la crise de 2008. La montée des inégalités, en particulier celle entre les revenus du capital et ceux du travail, c'est l'écart considérable entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Des gauchistes bon teint à la gauche gouvernementeuse (et sa fée croissance) tous proclament que c’est la faute aux banquiers ces méchants agioteurs qui trafiquent dans le dos des électeurs. Or ce simplisme dans la dénonciation du capitalisme « financier » est inopérant politiquement et faux en réalité et protègent finalement la complicité des partis politiques et l’ordonnancement des Etats bourgeois. L’Etat continue sans hésiter à faire baisser les salaires des prolétaires en général (et souvent ne peut rien lui non plus contre les « destructions d’emploi », mais il répartit et étale la misère tant qu’il le peut et le pourra.
 Les aides et reversements sociaux de toute sorte – sans oublier les allocations familiales, source de revenus incontestable et offerte au tout venant – évitent désormais les explosions émeutières dans les pays non plus les plus développés mais les plus anciens, en Europe en particulier. Des révolutionnaires qui au nom d’une soit disant « même attaque » de toute la classe ouvrière - « Comme tous ceux qui prétendent avoir dans leur poche une panacée contre les souffrances des masses » (dixit Marx) - laissent de côté ce constat ne peuvent rien comprendre à l’atonie, au manque de solidarité et aux divisions communautaires qui paralysent le prolétariat en une époque que l’on peut nommer réactionnaire, c'est-à-dire où la bourgeoisie fait la pluie et le beau temps sans pouvoir être encore menacée politiquement par la classe révolutionnaire historique. Mais pas réactionnaire comme la période qui suivit la défaite de la Commune de Paris ou la dissolution du bolchevisme dans le stalinisme. Une période où les idées dominantes les plus réactionnaires – croyances religieuses, culte du fric et de la réussite sur le dos des autres, ostracismes divers, etc. – tiennent le haut du pavé, et vont de pair, si je puis dire avec les bas salaires. L’idéologie est aussi basse en ce moment que sont bas les salaires et aussi navrante que la grande faiblesse des ouvriers à se défendre eux-mêmes !
Revenons partiellement à la question économique. Régulièrement reviennent à la mode les théories les plus éculées. Comme l’inexistence du prolétariat on nous ressort aussi qu’il n’est rien sans les patrons, et des pervers comme Paul Fabra ont même été jusqu’à imaginer que la loi de la valeur de Marx ne tenait pas debout. On trouve actuellement des gens qui nous assurent que les ouvriers ne rapportent plus rien, qu’on leur fait en quelque sorte la charité en leur donnant du travail. Outre la confusion avec les « assistés » - couches les plus pauvres et souvent assez réactionnaires qui votent Sarkozy ou Le Pen – ce raisonnement pue le mépris de l’ancienne classe nobilière qui vécut si longtemps sur le dos des esclaves.
Concernant Fabra j’ai demandé à Robert Paris de démontrer l’inanité de ses élucubrations de notre point de vue marxiste. Il s’en est acquitté au-delà d’une simple réplique mieux que je n’aurais pu le faire, comme certains ont pu le lire sur mon blog et sur le site Matière et Révolution. Robert n’est pas le premier en France  du point de vue marxiste et révolutionnaire à remettre à sa place un auteur quelconque qui prétendait réfuter Marx en son entier et qui prétendait que la méthode marxiste n’était pas scientifique, en outre que la théorie de la valeur était « erronée » fausse, considérant enfin comme « marginaliste »  le concept de « force de travail ».
Robert Paris va à l’essentiel avec une bonne couche d’explications de Marx dans la réfutation d’un intellectuel économiste hors des réalités capitalistes (un temps à la mode dans les écoles de l'élite bourgeoise, barristes en particulier) et en grande partie tombé dans l’oubli vu… la toujours pertinente méthode marxiste en économie saluée même par les plus grands économistes bourgeois contemporains comme « basique » pour la compréhension de la crise hors des fadaises d’un Thomas Picketty ou de feu Raymond Barre.
La force de travail, la transformation du produit du travail en valeur d’échange, toutes ces notions renvoient à la classe productrice et à sa place centrale dans la marche du système. C’est pourquoi les questions économiques fondamentales nous ramènent toujours à la lutte des classes. 

2. RELATIVISER UN PONCIF : LA CRISE CAUSE DE TOUT
Les politiciens bourgeois dans leur discours radoteurs et ampoulés ne cessent d’évoquer Madame la Crise et son frère fainéant le chômage, comme dans l’Antiquité on invoquait les dieux méchants qui provoquaient les tempêtes. La crise finit par expliquer tout et rien, on vient de le voir dans la navrante électorale campagne européenne. Avant on disait c’est pas ma faute, c’est la faute à l’autre. Maintenant c’est pas notre faute mais celle de la crise. Cela sonne creux et c’est inoffensif.
Ce que Adam Smith et Marx disait de l’abêtissement de l’ouvrier parcellaire est un peu comparable au prolétaire consumériste de nos jours. Pour limiter cet abêtissement Smith recommandait des doses homéopathiques d’instruction ; et Marx parla de « pathologie industrielle ». Plus que la crise en soi – dont l’aspect premier, économique, aboutit à dynamiser la lutte de classe – l’abêtissement politique auquel est parvenu le système pose de sérieuses questions sur la capacité de la classe ouvrière à s’émanciper. Le long repli sur soi et les fausses théories socialisantes sur l’Etat d’assistance les nationalisations, les remboursements de la Sécurité sociale, etc. ont abouti à infantiliser – même pas à démoraliser – un grand nombre de prolétaires. Claude Bitot l’a dit justement dans son dernier livre : on réclame un dû à papa l’Etat, on ne voudrait surtout pas le culbuter. On se lamente sur la perte des « acquis » (les syndicalistes anarchistes et trotskiens) mais outre que ces acquis (garantie d’emploi dans le public, retraites avancées pour les fonctionnaires, etc.) n’ont jamais bénéficié qu’à une minorité de travailleurs, ils partent en lambeaux ; sous notre nez, grâce au cirque syndical la retraite disparaît peu à peu elle aussi. Le capitalisme est logique : no futur no garantie mes bien chers frères d’en bas!
Croire encore à cette stupidité propagandiste gauchiste (que j’avais entendue lors de votre précédente réunion) selon laquelle la bourgeoisie attaquerait de la même façon la classe ouvrière, est une imbécilité simpliste. Si c’était le cas, on aurait déjà fichu en l’air le système.
Les révolutionnaires ont toujours le souci de la rupture et lorsqu’elle survient ils en sont les premiers surpris souvent par des causes auxquelles ils n’avaient pas pensé. Aujourd’hui, plutôt que de vaticiner, il faut à mon avis creuser les causes et origines des divisions, en particulier sur la question fourre-tout de l’immigration – qui est systématiquement barrée par des leçons de morale hystérique afin d’en attribuer la paternité diabolique au seul FN. Et ainsi de la laisser au fond du tiroir comme MM Hollande et Merkel. Le pendu en Europe  n’est pas le chômage mais l’immigration, autant ne pas parler de la… corde du pendu !
Personne ne semble plus s’étonner de l’expansion des comportements communautaristes, les coutumes folkloriques, pour ne pas dire arriérées que subit la population en France (et pas que les français de souche) et dont se moquent les élites : les revendications de droits outranciers aux guichets des services sociaux, les piscines pour femmes voilées, les hôpitaux avec docteurs femmes uniquement, crèches avec Belphégor sage-femme etc. Toutes ces exigences ou requêtes, à « tolérer » selon l’hypocrisie étatique servent à annihiler tout esprit de classe et de solidarité.
Cela va plus loin lorsque les « théoriciens » du code identitaire musulman, des groupes islamistes organisés, ouvertement antisémites, défilent dans la rue, comme n’osent plus le faire nos fachos à béret incliné d’avant-guerre. Si les extrémistes musulmans étaient des fascistes, on pourrait dire qu’on laisse à nouveau le fascisme à sa guise dans la rue. Le fascisme était basé sur une des principales puissances industrielles de la planète par sur le chef de bande divinisé Mahomet ou les rois du pétrole.
Notons comment le groupe anarchiste Reflex pose le problème sans le résoudre dans une attitude de fiers à bras « antifascistes » mais pas assez musclés pour aller policer les « barbus » qu’ils nomment aussi « tordus » ou « cinglés d’Allah »:
« Les militants antifascistes ont toujours eu beaucoup de mal à appréhender les phénomènes en France du racisme, du néo-conservatisme et du fascisme autre que celui à base « nationale » ou européenne, et principalement ceux de culture musulmane : pouvions-nous ou non, par exemple, vider nous-même des manifs pro-Palestine les « barbus » islamistes ou les groupes suspects utilisant la symbolique Magen David = Svastika. Ne passerions-nous pas pour des racistes ou des « suppôts du sionisme » à décider de dégager tel individu ou tel groupe politiquement marqué, hors les habituels négationnistes autoproclamés « de gauche » ou tel chefaillon identitaro-nationaliste imprudemment égaré dans la rue ? Les derniers débats sur le voile ont permis de faire un peu de ménage, mais se sont accompagnés aussi de lourds contentieux pas encore réglés. Des éclaircissements demeurent nécessaires ».
J’ai été présent à ces manifs à Paris (2004 et 2006) et sidéré par les cris racistes et meurtriers que j’entendais, je vous laisse imaginer ce qu’un électeur du FN ou les passants de souche du quartier auraient pu penser. Comme on était encore sous le règne de Sarkozy j’ai pensé que ce laissez-faire était intentionnel, voulu par l’Etat pour encourager non pas tant le racisme qu’une hostilité diffuse envers tout ce qui est arabe. Je ne préconise pas comme les anars de Réflex le coup de poing contre ce qu’ils n’osent pas appeler nouveaux fascistes, mais une réflexion sur l’intrusion de la religion et surtout de religieux hard dans la vie civile et plus étonnant encore dans les boites (la revendication d’une salle de prière est-elle une revendication de classe ?). En milieu prolétaire il faudrait discuter de tout cela et pas laisser les gens sous le contrôle de divers gourous ou imams improvisés, qui se répandent comme l’écrit encore Réflex : « Cette politique de l’appel à l’imam, utilisée tant par les pouvoirs de droite que « degôche », consistait dans les périodes de troubles dans les quartiers périphériques, à prendre comme interlocuteur et médiateur un imam, et si cette solution ne marchait pas, on envoyait les flics. Les « frankenstein » au petit pied se rendaient-ils compte alors qu’ils répétaient au calque le scénario utilisé dans les anciennes colonies ? Une ligne toujours suivie actuellement, qui n’est pas sans conséquence dans la formation d’une croyance. Cette pratique est aussi une méthode de division de la population, en créant, ou légitimant, une « troisième force » en fait plus supplétive qu’autre chose contre les associations de quartiers et autres éducateurs forcément soupçonnés de connivences « gauchistes ». On a vu cette politique à l’oeuvre dans tout le monde musulman, et pas seulement par les services américains : des régimes ont aidé à l’éclosion et/ou au développement de groupes islamistes pour écarter ou réduire l’influence communiste ou simplement progressiste dans la région. Ceux qui ont joué à ce jeu-là s’en mordent aujourd’hui les doigts : Les Frères Musulmans, Ben Laden, les Talibans ou le Hamas n’auraient pas l’importance qu’ils ont aujourd’hui s’il n’avaient pas reçu l’aide intéressée de divers services occidentaux (ou israéliens dans le cas du Hamas, pour casser l’OLP) dans les années 70 et 80, au nom de l’affrontement Est/Ouest. En France, cette politique a puissamment aidé au développement des premières structures intégristes et islamistes. On comprendra le terme islamiste sur sa définition du « politico-religieux » versus l’adjectif islamique, uniquement religieux. (…)
Ils essaiment : « … les Témoins de Jéhovah de l’Islam. Leur célébrité médiatique doit beaucoup à leur apparence : barbe plus ou moins longue selon leur ancienneté dans le mouvement, djellaba ou gandoura blanche, calotte sur la tête et une paire de Reebok ou de Nike aux pieds. Ils sillonnent tous les quartiers habités par les populations d’origines musulmanes pour ramener les jeunes paumés sur le « droit chemin » d’Allah. leur vision de l’Islam, très fermée, se veut strictement apolitique, moraliste, non violente, de tradition mystique et soufie ».
En résumé on assiste au spectacle du repli national face au repli… identitaire. On ne sortira pas de cette ornière ni par un coup de gourdin de l’oligarchique FN ni par la tolérance œcuménique, ni par les prières, ni par les seules grèves économiques face à un nouvel et étrange nouvel « ennemi intérieur » qui détruit toute unité du prolétariat, car la dynamique historique de la lutte a toujours été ouvriers français et immigrés même combat), par des pratiques avérées sans fard à la « Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans et chef du Conseil européen de la fatwa et de l’institut de formation des imams de l’UOIF (qui) souhaiterait la restauration du califat dans les pays musulmans et bloquer tout effort d’adaptation pour les musulmans vivant en Europe » (ibid texte de Réflex). Jusqu’à un certain Farid Smahi conseiller régional FN en Ile de France, les deux extrémismes, musulman comme FN, se ressemblant comme deux gouttes d’eau finalement. Bénite ou pas.

3. GUERRE ET FASCISME :
Je serai plus bref sur ces deux questions. Concernant l’Ukraine, il est évident que personne ne veut de la
3ème boucherie mondiale. L’affaiblissement de la France électorale est bienvenu pour Poutine et Merkel – qui se fichent des supplétifs « populistes » - et veulent continuer leur relation commerciale privilégiée, même si cela déplaît à Obama. Obama également se fiche du résultat ponctuel et limité du FN. Les grands bourgeois méprisent complètement les excroissances populistes sans avenir et sans ossature réelle qui leur servent en fait de contre-poids, de faire valoir selon les circonstances et d’exutoire aux laissés pour compte.
L’élection dite « honteuse » en France a mis en lumière ce qu’on savait déjà, même avec les rond de jambe de Sarkozy, c’est l’Allemagne qui porte le chapeau en Europe quoiqu’elle ait besoin d’une France pas trop minable, preuve en est que certains responsables allemands espèrent que le désastreux Hollande n’ira pas jusqu’à son terme.
Quant au fascisme supposé, envisagé ou imaginé c’est du pipeau pour analphabètes politiques. L’immense abstention a concerné des eurosceptiques, et aussi chez les électeurs honteux du FN même s’ils étaient focalisés et sidérés par les expressions les plus caricaturales outrancières et visibles des « cinglés d’Allah », ce en quoi on ne peut leur donner tort.[1]
Le fascisme fut un des instruments de la bourgeoisie pour finir d’abattre la vague révolutionnaire du prolétariat, même pas la contre-révolution comme le dit Trotsky, puisque la social-démocratie avait déjà fait le sale boulot[2]. Aujourd’hui le prolétariat ne s’est pas encore vraiment mis en colère. La social-démocratie
n’ose plus dire son nom. Tout est inédit. Les partis populistes type FN font du yoyo et sont constamment menacé de disparition parce qu’il n’y a rien derrière ni réel parti ; le FN fonctionne comme une oligarchie sans démocratie et avec un parrainage clanique, il ne pourra jamais encadrer la population comme le parti nazi ni atteindre un petit peu de la ferveur dont jouissait le parti hitlérien. La comparaison donc laissons-là aux ignorantins et aux maquilleurs d’opinion.
La dite vague brunette en Europe – France[3] et Angleterre en tête – renvoie à la problématique confuse, pudibonde ou scandaleuse de l’immigration, ou plutôt des immigrations et de l’impuissance des gérants du capitalisme à solutionner les exodes de population et les agressions. En ouvrant large mais en laissant la plupart dans la plus cruelle misère.
En espérant que quelqu’un fera la synthèse des débats recevez mes cordiales salutations.



[1] Cf. le dernier attentat dit « antisémite » en Belgique est un concentré de tout ce que la propagande bourgeoise est capable pour généraliser la confusion tout azimuts : le type chopé à la descente de train en France se serait « radicalisé » en prison, après une trajectoire de petit dealer il serait devenu un fervent propagandiste du « djihad », etc. En réalité ce pauvre mec (« loup solitaire » terme à la mode) peut tout aussi bien avoir été manipulé à la fois par les services secrets des pétromonarchies, la CIA et les sbires de l’Etat « juif » de Netanyaou ; au bout du compte, l’attentat criminel sert à « faire voter massivement » face au « danger de l’antisémitisme » en même temps qu’il criminalise l’ensemble de la population arabe, et les prolétaires parmi eux., générant une arabophobie délirante. Ambiance frileuse de préparation à la guerre ? (ajout après écriture du texte)
[2] La vieille chnoque de LO Arlette, vu la platitude de sa secte et de la gourde qui lui a succédé, n’a pas trouvé mieux que de s’aligner sur la débilité politique de la famille des saltimbanques gauche caviar Bedos père & fils. Il lui fallait frapper fort en effet car tout un chacun a pu être frappé par la faconde très arlettienne adoptée par la grosse Le Pen depuis un bout de temps : elle pose à sa façon presque gouailleuse « à la représentante des travailleurs… franchouillards »… Pour l'ancienne tronche de Lutte ouvrière (qui était pas née à l’époque) "on a connu ça avec Hitler dans les années 1930. La montée de l'hitlérisme en Allemagne a reposé sur une thématique à la fois contre les juifs, et en même temps en faisant toute une démagogie pour dire qu'ils sont 'social' et qu'ils feront des choses pour les travailleurs. On a vu ce que ça a donné, on a vu la montée vers la guerre." C’est la nième fois que la comparaison était faite. Après tous les gauchistes et anars ordinaires, en décembre dernier, papy Guy Bedos affirmait : "Marine Le Pen fait la campagne de Hitler. Elle a simplement remplacé les juifs par les arabes et les nègres". Quant à son rejeton, Nicolas, il a été blanchi par la justice pour l'avoir traitée de "salope fascisante". Comme on meurt d’ennui face à la pauvreté politique de la scène française, la grosse conne oxygénée ne va pourtant pas redonner du jus à la tricherie institutionnelle bourgeoise ; ils mentent tous, pas seulement Hollande et en plus ils rackettent grands patrons et maquereaux pour remplir leurs salles électorales. (Vu à la télé). Je le re-répète le FN n'est pas un parti fasciste - quitte à faire hurler les jeunes bobos lycéens ignares - ni royalise ni bonapartiste, c'est tout simplement un petit parti gériatrique de type bourgeois populiste, et à fonctionnement oligarchique et népotiste, point barre.  (2ème ajout aussi post écriture).

[3] La victoire du Front national ne s’appuie pas sur une vague particulièrement remarquable. Les électeurs du FN ont été près de deux millions moins nombreux dimanche que lors du dernier scrutin d’envergure nationale  (4 711 000 dimanche contre 6 421 000 lors du premier tour des présidentielles de 2012).