"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 18 septembre 2015

La question des réfugiés à la fin de la guerre mondiale

Alors que le monde entier n'en est qu'au début de cette immense crise des réfugiés, certains s'offusquent qu'on y attache trop d'importance, excipant que ce fût une crise d'une autre ampleur qui secoua l'Europe dès avant 1940 et surtout après 1945. Il est vrai que la crise actuelle ne fait pas suite à une guerre mondiale, mais cela n'est en rien rassurant ; la crise des réfugiés avait commencé dès la fin des années 1930 (réfugiés, russes, espagnols, allemands, juifs, etc). L'Europe fût ensuite en reconstruction et avait besoin de réparer et reconstruire d'immenses destructions du capitalisme en guerre mondiale. A notre époque, le capitalisme et ses impérialismes détruisent aussi beaucoup mais pas encore à l'échelle de 1945, au Moyen Orient, en Afrique, en Tchétchénie, en Ukraine, etc.

Personne ne dénonce plus la guerre de manière frontale. Elle fait partie du paysage. Soit elle est trop compliquée – jeu de cons à plusieurs – soit il est plus électoraliste de protester contre le sort fait aux migrants, et on se sent mieux dans sa peau à besogner pour des actes de charité. Le petit NPA, comme d'autres sectes qui se prétendent marxistes appellent à ouvrir très grandes les portes à tous les RéfugiéEs, comme le ministre bourgeois Valls appellent à bien les traiter tous humainement face à la vilaine Hongrie qui se hérisse de barbelés. Ces réformistes radicaux (ou secouristes radicaux, mais seulement en paroles) irresponsables figurants, à la suite de la championne en la matière, die Mutter Merkel, peuvent bien dire n'importe quoi – ils ne veulent pas du pouvoir ou si on les laisse y accéder, ils se tirent (cf. Syriza) – mais restent d'infantiles anarchistes hors de la réalité. Or, le système capitaliste s'étouffe, en étouffant surtout ses populations surnuméraires ! Si exalter la pénurie, l'envahissement disproportionné de populations chassées par la guerre, et la croyance à des aides sans fin, enchantent ces activistes – et qu'ils imaginent ainsi mieux « faire payer les riches » (LO) ou « la bourgeoisie » (NPA), ils se mettent le doigt dans l'oeil. C'est non seulement la bourgeoisie qui le fait payer en termes d'impôts à la classe ouvrière, mais surtout elle le lui fait payer politiquement en l'enfermant dans l'étau de la paranoïa nationale et du multiculturalisme « international ».


De Grèce et d'Italie parviennent des remarques comme quoi les caisses de solidarité européenne sont au bord du vide. Chaque pays de l'Est concerné referme des frontières qu'on croyait disparues grâce à Schengen (elles n'ont jamais disparues pour les illusionnistes d'une fumeuse « Europe des peuples »). On en entend certains relativiser contre l'hystérie qui assure qu'on doit absorber tous les migrants d'où qu'ils viennent, qui dénoncent les promesses mirobolantes faites aux candidats à la migration, se moquent de cette propagande gouvernementale qui met tout sur le dos des passeurs, ne cachent pas les exigences arrogantes de nombre de migrants (en Hongrie l'Etat n'a eu aucun mal à réaliser l 'union nationale en exhibant les images d'un train en gare où les candidats à la migration jettent la nourriture apportée par les policiers et secouristes bénévoles, et laissent, partout où ils passent des locaux dans un état de malpropreté repoussante). Toute le propagande est ainsi, baignée d'une ambiguïté constante : on fait la morale multiculturaliste et bisounours façon Valls mais, en parallèle, on exhibe les arrivants comme arrogants, et... déguisés ; France 2 diffusa hier un reportage où des petits bourgeoises syriennes cachaient leur foulard sous un chapeau à larges bords pour mieux s'infiltrer via la Hongrie et aboutir en Allemagne où elles espèrent « ouvrir un restaurant ». Ces gens-là seraient partie prenante de la classe ouvrière « internationaliste » ? Laissez-moi rire.
Tous les solidaires gauchistes – méprisons le silence des soit-disants groupes de la gauche communiste (maximaliste) - qui rampent en faveur de la solidarité pour les pas encore réfugiés cautionnent le mensonge déconcertant de l'aide aux réfugiés. C'est l'impéritie des Etats capitalistes qu'ils devraient dénoncer, et appeler à manifester non contre l'hydre famélique du FN, mais contre la guerre en Syrie. Leurs bêlements pour une meilleure solidarité, est certes bêtement utopique, mais au fond complice de leur gouvernement de gauche « antifasciste » et roi de « l'antiracisme », ces miroirs aux alouettes de nos braves marchands d'armes et souteneurs d'Al Nostra.
Petit retour en arrière éloquent avec mon petit pillage de Wikipédia.

Expulsion des Allemands d'Europe de l'Est

L’expulsion des Allemands d'Europe de l'Est est le transfert des populations allemandes (dites Volksdeutsche) vers l'Allemagne et l'Autriche actuelles. Ce mouvement de population commença au début de la seconde Guerre mondiale dans le cadre du pacte germano-soviétique, mais s'amplifia surtout à sa fin. Les déplacements de populations à la fin de la guerre se répartissent en trois vagues qui se sont partiellement chevauchées. La première correspond à la fuite spontanée ou à l'évacuation plus ou moins organisée des populations effrayées par l'avancée de l'Armée rouge de la mi-1944 au début 1945. La seconde phase correspond à des expulsions locales, immédiatement après la défaite de la Wehrmacht. Des expulsions plus systématiques ont eu lieu après les accords de Potsdam signés le 2 août 1945 par Staline, Attlee et Truman pour éviter toute revendication territoriale future de l'Allemagne sur ses voisins orientaux.
Les expulsions eurent principalement lieu dans l'actuelle Pologne (Poméranie, Prusse, 7 millions de personnes) et en Tchécoslovaquie (Silésie, Sudètes, 3 millions de personnes) mais touchèrent la plupart des pays d'Europe centrale et orientale. Ces déplacements touchèrent entre 12 et 16 millions de personnes. Ce fut l'un des grands transferts de populations de l'histoire contemporaine et le plus important parmi ceux qui eurent lieu à la fin de la guerre. Au moins 500 000 civils sont morts lors de ces transferts des suites de mauvais traitements, de maladies et de privations. Les expulsions étaient terminées au début des années 1950 et à ce moment il ne restait plus que 12 % des populations allemandes d'avant-guerre dans ces territoires. Mais l'exode s'est poursuivi ensuite individuellement.
Cet événement de l'histoire, qui, à quelques exceptions près (Saxons de Transylvanie) a mis fin à mille ans de colonisation allemande vers l'Est, reste encore mal connu y compris en Allemagne même, car les atrocités nazies et la Shoah ont longtemps occulté les souffrances des populations allemandes ; sur le plan diplomatique, il a longtemps « pollué » les relations entre l'Allemagne et ses voisins, jusqu'à ce que divers traités aient, après 1990, fini par en régler les séquelles.

Conditions des expulsés dans l'Allemagne d'après-guerre

Ancien camp pour les réfugiés à Eckernförde, photographie prise en 1951.

Ceux qui arrivaient étaient en mauvais état, particulièrement durant le dur hiver 1945-1946 lorsque les trains transportaient les « morts et les mourants dans chaque wagon (d'autres morts avaient été jetés du train le long du trajet)». Après avoir subi les atrocités de l'Armée rouge, les expulsés durent subir les représailles des populations locales de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Yougoslavie. Les lynchages, les viols et les meurtres accompagnaient souvent les expulsions. Des Allemands furent massacrés comme à Ústí ou enfermés dans des camps particulièrement rudes104. En plus de ces atrocités, les expulsés souffraient de la faim, de la soif, des maladies, de la séparation de leurs proches, de la perte de leurs droits et parfois de travaux forcés. Les traumatismes psychiques étaient nombreux et en particulier chez les enfants.
Une fois arrivés, ils découvraient un pays ravagé par la guerre. Le manque de logements dura jusque dans les années 1960, ce qui associé aux autres pénuries mena à des conflits avec les populations locales. La situation s'améliora seulement avec le Wirtschaftswunder dans les années 1950 qui ramena le taux de chômage à moins de 1 %.
La France n'avait pas participé à la conférence de Potsdam et se sentait donc libre d'appliquer les dispositions qu'elle souhaitait. Elle maintenait sa position selon laquelle elle n'avait pas approuvé les expulsions et par conséquent n'était pas responsable du relogement et de l'approvisionnement des expulsés dans sa zone. Si l'administration militaire s'occupait des Allemands arrivés avant juillet 1945, elle tenta de refouler les nouveaux arrivants en provenance de l'Est. La Grande-Bretagne et les États-Unis protestèrent contre les actions françaises, mais n'avaient aucun moyen de forcer la France à appliquer la politique d'expulsion décidée à Potsdam. La France continua de distinguer clairement les réfugiés de guerre et les expulsés de l'après-guerre. En décembre 1946, elle accueillit dans sa zone les 250 000 réfugiés allemands se trouvant au Danemark, car ceux-ci avaient été évacués durant la guerre. Les Danois d'origine allemande ne furent jamais expulsés. La France sauva ainsi de nombreuses vies compte tenu du fort taux de décès dans les camps danois117 .
Jusqu'à l'été 1945, les Alliés ne s'étaient pas mis d'accord sur la façon de gérer les expulsés. La France suggéra l'émigration en Amérique du Sud et en Australie et l'implantation des « éléments productifs » en France, tandis que les Soviétiques privilégiaient la réinstallation de millions de réfugiés en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Les Soviétiques, qui encourageaient et participaient en partie aux expulsions, ne se préoccupaient pas des conditions de vie des expulsés et demandaient aux Américains et aux Britanniques d'absorber les réfugiés dans leur zone d'occupation. En contradiction avec les accords de Potsdam, les Soviétiques ne fournirent que peu de ravitaillement aux expulsés. À Potsdam, il fut accepté que 15 % des équipements industriels de la zone occidentale, en particulier dans le domaine sidérurgique et chimique, seraient transférés à l'Union soviétique en échange de produits alimentaires, de charbon, de potasse (pour la production d'engrais), de bois et de pétrole. Les livraisons occidentales commencèrent en 1946, mais les livraisons soviétiques, désespérément nécessaires pour ravitailler les réfugiés et relancer la production agricole, ne se réalisèrent pas. Par conséquent, les États-Unis stoppèrent leurs livraisons le 3 mai 1946, tandis que les réfugiés de la zone soviétique étaient déportés à l'Ouest jusqu'à la fin 1947.
Dans les zones britanniques et américaines, la situation s'aggrava considérablement, particulièrement dans la zone britannique. Du fait de sa localisation sur la mer du Nord et sur la mer Baltique, un grand nombre de réfugiés arrivèrent par mer et les rations déjà modestes durent être réduites d'un tiers en mars 1946. À Hambourg par exemple, la surface de logement disponible par personne déjà réduite par les bombardements aériens de 13,6 m2 en 1939 à 8,3 m3 en 1945 fut encore réduite à 5,4 m2 du fait de l'arrivée massive de réfugiés. En mai 1947, les syndicats de Hambourg organisèrent des grèves contre la faiblesse des rations et les manifestants se plaignaient de l'arrivée rapide des expulsés .
Les États-Unis durent importer de la nourriture dans leurs zones et le Royaume-Uni financièrement épuisé et dépendant des importations alimentaires dut contracter un nouvel emprunt auprès des États-Unis pour financer l'acheminement de produits alimentaires en Allemagne. Les Alliés se tournèrent vers une politique d'« assimilation », considérée comme la meilleure façon de stabiliser l'Allemagne et d'empêcher la création d'une population marginalisée qui pourrait se révolter118. Ainsi tous les expulsés qui possédaient autrefois la nationalité polonaise, tchécoslovaque, hongroise, yougoslave, roumaine, etc., reçurent automatiquement la nationalité allemande.
Manifestation d'expulsés à Bonn, capitale de l'Allemagne de l'Ouest 1951

Après la fondation de la République fédérale allemande, la loi du 24 août 1952 fut destinée à améliorer la situation économique des expulsés. La loi, nommée Lastenausgleichsgesetz ou loi sur l'indemnisation garantissait une compensation financière partielle et un accès au crédit plus facile pour les expulsés ; la perte de leurs possessions fut estimée à 299,6 milliards de deutschemarks123. Des organisations furent créées pour faciliter l'intégration des expulsés dans la société allemande d'après-guerre tandis qu'à l'Est, de telles organisations étaient interdites124. La plus importante, encore active aujourd'hui, est la Fédération des expulsés (allemand : Bund der Vertriebenen (BdV)). Il s'agit d'une association à but non lucratif créée pour représenter les intérêts des Allemands chassés de leur région d'origine à l'Est de l'Europe. Elle représente les expulsés allemands et leurs descendants soit actuellement environ 15 millions de personnes. L'actuelle président est Bernd Fabritius membre de la CSU.

Raisons et justifications pour les expulsions

Étant donné l'histoire complexe des régions affectées et les intérêts divergents des puissances alliées, il est difficile de donner une liste définitive des motifs d'expulsions. Le paragraphe des accords de Potsdam à ce sujet est assez vague : « Les trois gouvernements, après avoir considéré la question sous tous les aspects, reconnaissent que le transfert vers l'Allemagne des populations allemandes restantes en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie doit être entrepris. Ils s'accordent sur le fait que ces transferts devront se faire de manière ordonnée et humaine ». Les principales raisons sont :
  • Un désir de créer des nations homogènes : C'est la raison principale selon de nombreux historiens
  • La vue des minorités allemandes comme une source potentielle de troubles : Les soviétiques et les administrations communistes du bloc de l'Est considéraient les minorités allemandes restantes comme une potentielle cinquième colonne qui pourrait interférer avec la soviétisation de ces pays. En général, les alliés occidentaux espéraient obtenir une paix plus durable en éliminant les minorités allemandes, qui selon eux, devait se faire de façon humaine
  • La punition des Allemands; Les alliés déclarèrent les allemands collectivement responsables des atrocités nazies.
  • Les considérations politiques soviétiques. Staline a vu dans les expulsions un moyen de créer de l'antagonisme entre les pays satellites de l'Union soviétique et leurs voisins. Ces États auraient donc eut besoin de la protection de l'URSS.

Le désir de créer des États ethniquement homogènes

Nationalités majoritaires en Pologne vers 1931 d'après l'historien polonais Henryk Zieliński.
La création de nations ethniquement homogènes en Europe centrale et orientale126 fut présentée comme la raison principale des décisions de Potsdam et des expulsions qui suivirent127. Le principe selon lequel toute nation doit habiter son propre État-nation a donné lieu à une série d'expulsions et de réinstallation des Allemands, des Polonais, des Ukrainiens et d'autres nationalités qui, après la guerre se sont retrouvés en dehors de leurs pays d'origine128. Les échanges de populations entre la Turquie et la Grèce ont apporté de la légitimation à ce concept. Churchill cita l'opération comme un succès dans un discours concernant les expulsions d'Allemands138,139.
Dès le 9 septembre 1944, le dirigeant soviétique Khrouchtchev et le polonais communiste Osóbka-Morawski du Comité polonais de Libération nationale signèrent un traité à Lublin sur les échanges de populations ukrainiennes et polonaises vivant du « mauvais côté » de la ligne Curzon128. La plupart des 2,1 millions de Polonais expulsés de Kresy annexé par les Soviétiques furent réimplantés dans les nouveaux territoires polonais à l'ouest136 Le tchécoslovaque Edvard Beneš, dans les décrets Beneš du 19 mai 1945, qualifie les Hongrois et les Allemands de « traîtres à la patrie », ouvrant la voie aux expulsions et aux confiscations.


Ce court historique qui demanderait des commentaires – vous pouvez en lire l'intégralité sur Wikipédia - est intéressant à plus d'un titre. Il montre que la question des réfugiés en 1945 (et seulement en Europe, car il ne faut pas oublier qu'il était au moins aussi grave en Asie) est typique par son ampleur, bien supérieure à l'actuelle crise des migrants, des conséquences de la boucherie mondiale. Ce n'est pas la faute au peuple allemand, comme l'a démontré dans un excellent texte de Henri Chazé (lisible dans mon blog Archives maximalistes ou sur le site La bataille socialiste) mais bien de l'ensemble du capitalisme, nazis et stalinistes inclus. Il faut comparer le type de problèmes posés alors, différents de ceux d'aujourd'hui : « faire payer » aux allemands alors qu'aujourd'hui personne ne veut en principe « faire payer aux syriens », préserver l'ethnicité des nations alors qu'aujourd'hui contester le multiculturalisme et le tapis rouge dressé à l'islam (cf. en Hollande) vous fait passer pour un passéiste ringard au mieux, au pire pour qui vous savez.
Le problème des réfugiés ne semble pas avoir beaucoup préoccupé les tout petits cercles révolutionnaires, marxistes ou pas, trotskystes ou anarchistes, sous réserve de plus informé (qu'il me communique alors ses données). Dommage car il me semble que, à la fois le retour des prisonniers de guerre dans leurs différents pays que les millions de réfugiés pourchassés ne risquaient pas de se faire les apôtres de la révolution violente après ce qu'ils venaient de subir ; c'est même à mon sens – face à cet aveuglement des militants pro - une des principales causes de l'impossibilité de renouveler un nouvel Octobre 17 ! Le fait que des réfugiés soient accueillis, venant donc d'un enfer, pris en charge par l'Etat « accueillant » - russes en 17, espagnols en 39, allemands de l'Est en 45, pieds noirs et harkis en 62, cambodgiens et vietnamiens en 75, allemands de l'Est en 89, etc. - ne peut que mettre en valeur la grande mansuétude de la bourgeoisie « démocratique » et obliger les arrivants à son égard.


L'article ci-dessous de la Gauche Communiste de France, de 1947, m'a semblé tout de même capable d'aller au fond du problème, dans le désarroi des masses de prolétaires à l'époque de la Libération du nazisme. Il reste d'une étrange actualité contre toutes les pleurnicheries ou même des compassions queuistes de certains qui s'en prétendent les héritiers.


LE REFUS, SEULE POSITION DE CLASSE

C'est une habitude que prennent les gouvernements dits démocratiques d'inviter chaque année le peuple à une mascarade électorale. Bien plus que de rallier des masses à une politique ou à une autre, il s'agit d'empêcher ces mêmes masses de se désintéresser des querelles impérialistes, de crainte de les voir retrouver la solution révolutionnaire de classe. Aussi, toutes les nouvelles acquisitions de la publicité sont mises en œuvre. Les staliniens présentent des films pour faire avaler leurs discours, Ramadier prêche la pénitence, espérant dans les effets d'un masochisme collectif, et De Gaulle tente de rééditer son exploit du 18 juin 1940. Les kermesses battent leur plein.
Mais, fait significatif entre autres, on ne vit plus des incidents oratoires, on tâte des barricades de revues grand-guignolesques. À Verdun, un peu partout où quelques misérables tonnes de denrées alimentaires passent, des barricades se hérissent, des députés retrouvent les gestes de 1789, l'écharpe tricolore s'engraisse des grèves suscitées spontanément. On est prêt à mourir. Mais, au dernier moment, il y a contre-ordre et tout rentre dans le calme. Ces simulacres de guerre civile, qui font hurler les démocrates et frisonner les gens bien républicains, ces attentats manqués qui soulèvent un peu de poussière sont les artifices de la nouvelle publicité politique. Et l'on y perd la tête en attendant d'y perdre la vie.
Dans cette atmosphère bien remuante, une masse de tracts d'appel, de manifestes, de conférences internationales et de solutions définitives sont jetés en pâture à la masse qui ne demande pas tellement de paroles.
Mais, au fait, que promet-on aux masses, dans tout ce flot d'éloquence et de littérature, pour les river aux besoins politiques journaliers des 2 grands blocs impérialistes ?
La Résistance a épuisé ses derniers restes de démagogie. La lutte contre le boche et le danger allemand, s'il revient comme un leitmotiv dans chaque discours, dans chaque manifeste, c'est plus comme "médaille du mérite démocratique" que comme objectif réel.
Face à la dictature nazie, on a pu croire en la démocratie des "alliés" ; mais, cette démocratie, aux yeux des travailleurs, représentait plus un niveau de vie honnête qu'une longue constitution indigeste.
Et cette démocratie est arrivée ; que d'encre, que de battage ! Les commissions, les comités de vigilance ou non ont traîné la faim des ouvriers derrière eux. A chaque tentative de lutte contre la famine les masses ont rencontré une démagogie effrénée des organismes de collaboration de classe tels les syndicats ; c'est une politique prétendument socialiste qui conserve une structure capitaliste en employant des termes révolutionnaires dans des organismes qui avaient pu jadis, dans d'autres conditions, servir la classe ouvrière.
La tactiques des États bourgeois, de la France en particulier, a consisté en définitive à amener la classe ouvrière à discuter et à chercher à résoudre des problèmes qui n'intéressaient que le déroulement économique du capitalisme.
Les revendications économiques - qui, hier encore, pouvaient être le tremplin de vagues offensives du prolétariat - enterrent, dès qu'elles s'expriment, toutes possibilités de luttes révolutionnaires, car aujourd'hui la bourgeoisie discute ces revendications mais dans le cadre bourgeois ; pour toute augmentation de salaire, la balance commerciale capitaliste présente inlassablement un déficit non fictif, mais éminemment réel.
Aussi joue-t-on sur la monnaie ; et les augmentations se soldent en définitive par des chutes du pouvoir d'achat des masses.
Et, si les ouvriers bougent pour lutter confusément contre la famine, les organismes syndicaux et les partis dits ouvriers ressortent, fort à propos, une vieille revendication enterrée pour dévier et canaliser le flux des masses.
Comme les revendications économiques tiennent compte forcément du coût de la vie et des prix, voilà du travail pour les comités tripartites - gouvernement, patronat et salariés - d'arbitrage. À chaque fois, et ceci ne rate pas; on discute des salaires pour chercher surtout une solution à la crise du régime.
La lutte ne se fait plus entre classes mais entre une société capitaliste et les conditions qui poussent cette société dans l'abîme. Les ouvriers servent de pâture ; on jette du lest ; et ce lest est toujours au détriment des conditions de vie des ouvriers.
Toutes les conditions politiques actuelles poussent la classe ouvrière vers la collaboration de classe. L'ennemi à abattre n'est plus le système mais ces imbrisables lois du déroulement économique du régime. On cherche à amoindrir les effets du capitalisme en décrépitude en consolidant tant bien que mal, par une réduction du niveau de vie des travailleurs...
Les ouvriers sont invités à participer à ce travail inutile ; toute la gauche bourgeoise - SFIO, staliniens, trotskistes - les entraîne à pallier quotidiennement à la crise du système bourgeois. Pour les uns, la grande pénitence, la ceinture au dernier cran est la solution réelle contre la famine ; c'est une façon de combattre le mal par le mal. La strychnine à petite dose peut mithridatiser, la famine par échelons successifs pourra amenuiser les forces ouvrières qui pourraient être dangereuses. Voilà la perspective Ramadier ! Pour les autres, c'est la démocratie bafouée, l'aliénation de l'indépendance nationale, la dollar porte-malheur qui sont cause de notre mauvaise situation. Que faire alors ? Réclamer le retour des staliniens au gouvernement. Solution de chantage, mais la classe ouvrière n'est pas le maître-chanteur, il n'est que la monnaie d'échange. Voilà l'horizon des "lendemains qui chantent" du PCF.
Et les troisièmes, les sans grades, les aspirants meneurs, ceux qui, de tout mouvement de masse, prophétisent immédiatement leur radicalisation, que proposent-ils comme radicalisation ? L'échelle-mobile panacée universelle, seule arme contre la famine. Est-ce le régime qui se trouve en cause ? Bien sûr que non ! Si on voulait seulement multiplier par le même coefficient les salaires et les prix, tout irait bien. Avec ceci, ils se prétendent marxistes et internationalistes, ces symboles étant si souples et si accommodants.
L'avenir, pour ces apprentis-sorciers, est à une multiplication des commissions d'arbitrage pour calculer le coefficient d'augmentation des prix. La lutte ouvrière est retenue par le souffle des machines à calculer. Et, si ça ne suffit pas, il faut diminuer les bénéfices, ce qui signifie qu'on ne pense pas à les supprimer. C'est donc la perpétuation de l'exploitation et de la guerre. Voilà les secrets du "Programme transitoire" de la 4ème, Internationale de nom seulement.
Mais ces trois solutions offertes à la masse des travailleurs ne s'encadrent pas moins dans le déroulement historique de la situation. La guerre qui s'approche inexorablement, divisant le monde et chaque pays en deux blocs impérialistes adverses, s'appuie sue ces démagogiques solutions qui ne font que préparer les diverses économies à soutenir une nouvelle vague de guerre, pour permettre au capitalisme de survivre encore. Il est vrai que les causes de cette prochaine guerre sont rejetées d'un camp à un autre et vice versa. Les fauteurs de guerre sont ceux qui admettent un bloc impérialiste contre un autre.
Que reste-t-il à la classe ouvrière ? Prendre fait et cause pour un bloc contre un autre ; mais alors elle aliène son indépendance de classe, fait les frais en sueur et en sang de la guerre impérialiste, subit saignée sur saignée pour maintenir debout l'édifice branlant du capitalisme. Elle perd sa conscience politique dans les entreprises de renflouage que lui présente l'État capitaliste. Elle ne voit plus de solution que sur le terrain de l'ennemi de classe et passe son temps à espérer dans les commissions d'arbitrage qui surgiront comme des champignons. La nature du collectivisme, qui ne pouvait demeurer enfermé dans des limites nationales, prend figure de nationalisations, portant la lutte concurrentielle du plan national au plan international.
Bien plus, la classe ouvrière ne voit plus la collectivisation comme le premier pas vers une société de consommation ; son socialisme ne se présente plus que comme une simple planification d'une économie existante et en pleine décrépitude.
À la politique indépendante de classe, la classe ouvrière est amenée à donner le pas à la démocratie : sa mission historique ne signifie pour elle qu'une recherche de mode d'élection équitable, sans tenir compte de la nature de classe de ces élections. Elle vote et votera sans s'apercevoir que, quel que soit le mode d'élection, elle est une minorité dans le monde bourgeois. Et même si elle ne se fait plus d'illusions sur la valeur progressiste des élections, habituée à choisir uniquement les solutions que lui présente la bourgeoisie, elle applique et appliquera la politique du moindre mal et sera entraînée encore plus par le char de la bourgeoisie. Que reste-t-il à faire donc ? Une seule politique, une seule tactique : le refus de toutes solutions présentées par la bourgeoisie.
La classe ouvrière n'a pas à chercher avec le capitalisme, au travers de discussions, la solution à la famine permanente. Les contradictions qui épuisent le régime actuel, les travailleurs n'ont pas à les résoudre, mais à abattre le régime. C'est la révolution qui se pose immédiatement sans programme transitoire, sans étape pédagogique. Il faut refuser l'existence et le fonctionnement du régime en sachant fort bien que ce refus entraîne le choc de classes, la guerre civile classe contre classe.
Si la classe ouvrière considère la révolution comme un mythe ou comme un continuel désir irréalisable, c'est la famine et la guerre en permanence. Refusant ces 2 fléaux engendrés par le capitalisme, on rejette tout ce qui peut perpétuer la vie de ce régime ; on oppose à tout compromis la révolution, non comme un mot mais comme un acte.
On pourrait rire de cette tactique, la trouvant trop simple ; mais à chercher une voie plus subtile, plus compliquée, on finit par tomber dans l'opportunisme et la collaboration de classe.
Et, pour l'immédiat, pas de politique du moindre mal à la mascarade d'octobre ; l'abstention consciente de classe devient un acte révolutionnaire.


Mousso





mercredi 16 septembre 2015

L'anti-nationalisme cet allié de l'impérialisme


Bruits de guerre suivis des picotements d'un Pic (moins vert)

« Inutile d'ajouter que l'immigration raisonnée sera un bienfait au lendemain d'une révolution sociale où les « villes tentaculaires » devront de plus en plus disparaître ». Louis Loréal

« Sous la domination du capitalisme, la nation ne peut jamais être pour eux (les ouvriers) un moyen de monopole du travail. Et ce n'est qu'à titre exceptionnel qu'on entend parler, chez des ouvriers rétrogrades – tels les vieux syndicalistes américains – d'un désir de restreindre l'immigration ».
Anton Pannekoek


Incroyable édito du Monde du 15 septembre: « Migrants : l'Europe des égoïsmes nationaux », où pas une fois on ne trouve le mot national, ni démonstration de ce présumé égoïsme, ni quoi ni qu'est-ce !
Condensé de cette leçon d'hypocrisie : « L’Allemagne a dit, mardi matin, qu’elle se résignait mal à cet échec : elle menace les récalcitrants de sanctions financières. Elle a raison. (…) De même peut-on comprendre que nombre de pays membres des accords de Schengen, qui instaurent la libre circulation de leurs ressortissants au sein de l’UE, aient provisoirement rétabli des contrôles aux frontières face à un afflux massif et soudain de réfugiés.(...) Même si l’Europe décide d’être relativement indifférente au sort des familles qui fuient la guerre et les persécutions les plus atroces, elle n’échappera pas aux effets déstabilisateurs du chaos proche-oriental. Du seul point de vue de la défense de ses intérêts, elle doit agir collectivement. C’eût été bien de commencer par les réfugiés ».

Malgré la virevolte piteuse de la gaffeuse et irresponsable Merkel, malgré l'effondrement de la guimauve charitable, le principal chef d'orchestre de la gauche bourgeoisie au pouvoir vient accuser tout le monde (l'autre monde, celui des sans voix), comme un vulgaire Coleman, d'égoïsme national ! Mais sans détailler car la semaine dernière il n'y avait pas plus généreux que les patrons français à la suite de leurs homologues allemands, pas plus généreux et charitable que Libération, France Inter, TF1, etc. Sauf ces galeux ces pelés d'ouvriers des sondages. Et si la « prise de position » des plumitifs anonymes du Monde ne comporte pas le terme nationalisme ni patriotisme, c'est parce que c'est indémontrable, à moins de cibler sur les diverses branches de l'extrême droite. Ce n'est pas d'égoïsme national qu'il s'agit, ni d'une volonté indirecte de se moquer des migrants (comme les dessins débiles de Charlie Hebdo), mais de sidération devant l'impéritie des dirigeants capitalistes européens face au flot de migrants, « massif et soudain », comme semble le croire ce clan de hâbleurs gouvernementaux. Cela faisait un moment que l'afflux était massif par mer, mais comme il redouble par la terre, on veut bien s'en inquiéter après avoir clamé pendant des jours qu'il n'était pas un problème. Sidération face à des promesses d'accueil intenables, avec des chiffres exponentiels démentiels... qui confirment que les grands dirigeants capitalistes sont hors des réalités.
Il leur faut continuer à masquer leur impéritie en accusant l'autre monde, celui des sans voix, des millions de prolétaires qui déplorent évidemment le sort réservé aux possibles, mais pas certain, réfugiés.

Le Monde n'est pas seulement en train de fustiger une Europe imaginaire « indifférente aux familles qui fuient la guerre », mais esquive la source de la catastrophe humaine en évitant de rappeler que, dans la guerre en Syrie-Irak (qu'on pourra bientôt appeler Syrak, car elle signifie la fin du partage Sykes-Picot) Etats-Unis et France épaulent la fraction islamique Al-Nostra, quand en face Russie et Iran soutiennent Assad, dans ce combat opaque à trois, où le troisième larron, Daesch, est soutenu par une fraction de la bourgeoisie américaine, l'Arabie Saoudite et le Qatar.

C'est là qu'est l'origine du problème pas dans un «égoïsme » national ou européen. La pensée anti-nationaliste intransigeante semble, indirectement appuyer l'impérialisme, écrivait Paul Mattick.
On oublie de rappeler que l'idéologie européenne a été remise sur pied, sous parapluie US, pour faire croire que le capitalisme dépassait les vieilles conceptions nationales-nationalistes, devenant vecteur d'une paix universelle, et aussi comme pied de nez aux prétentions « internationalistes » de la Russie stalinienne.

LA LECON DE MORALE D'UNE BOURGEOISIE COINCEE DANS SON DESIR DE GENERALISER LA GUERRE

Venir nous laisser entendre, comme les médias n'ont cessé de le faire depuis deux semaines, que les habitants de l'Europe, de la France en particulier et de Hongrie, (comprenez l'imprononçable prolétariat) sont nationalistes, c'est encore une fois vouloir faire obéir son âne en prétendant qu'il est bête comme un cloporte. Puisque tout internationalisme a disparu selon nos bons docteurs la morale des médias et, on va le voir, avec le De profundis des puces sous influence comme un petit pic-vert de la marge gauchiste, pourquoi cette difficulté à aller à la guerre, cette trouille d'avoir « à envoyer des troupes (européennes) au sol » en Syrak ? Le prétexte invoqué généralement, au débat du Parlement hier, est que cela ferait désordre et raviverait les affres des armées coloniales, et qu'il est plus valable de survoler ou pilonner simplement depuis les airs et n'y envoyer plus tard que des vrais arabes du cru au casse-pipe plus du tout national. Que nenni ! Ces millions qui sont accusés de ne pas ou plus être internationalistes (de la charité) n'ont pas envie d'aller au dit casse-pipe pour la guerre de rapine autour des champs pétroliers ! Ce n'est peut-être pas très internationaliste ni solidaire de la lutte (entre bourgeois) contre les grands méchants de Daesh, mais c'est un conscience très dangereuse, disons de bon sens humain, pas encore vraiment de classe.

73.000 soldats de métier sont projetables sur les « théâtres d'opération ». Les adorables députés, sans possibilité de vote lors de ce débat post avis présidentiel, ont parlé de la nécessité de dix mille à vingt mille hommes à envoyer là-bas... Vous imaginez, au rythme de la guerre moderne... il faudrait rétablir par après la circonscription, avec les risques d'une insurrection très rapide contre une telle guerre, certes anti-nationale, mais très impérialiste !
Je rappelle, et c'est mon avis obstiné, que Obama a été élu pour modérer les ardeurs bellicistes du capital américain, face à une population de prolétaires saturée des multiples sacrifices humains lors des deux guerres du Golfe, et gardant en mémoire l'horreur de la guerre du Vietnam ; ce qui est interprété généralement comme un affaiblissement de l'empire américain, peut être considéré en premier lieu, à mon humble avis, comme un traitement prophylactique à court terme pour endormir le prolétariat ; ce retrait américain qui a incité les vassaux européens à prendre le relais, vérifie ce qui a été analysé au paragraphe plus haut, et l'aggravation des risques pour les vassaux au front de la misère impérialiste n'en est que plus manifeste.

Ainsi, donc, toute la théorie multiculturaliste, antiraciste, anti-nationaliste, qui nous a été servie depuis deux décennies est en train de s'effriter. Elle reposait sur cet anti-nationalisme, resucée du vieil antifascisme, nommée un jour anti-terrorisme, un autre défense des valeurs de la démocratie.
La cacophonie et les réticences, voire ces refus fermes, si décriés, d'accueillir chacun son quota de migrants, est aussi révélateur de la conscience qu'ont les dirigeants bourgeois les plus avisés de l'opposition de leurs populations prolétaires à cet EFFORT DE GUERRE. Car ce sont avant tout des migrants de guerre qui viennent chercher refuge... à l'arrière. C'est un exode de guerre pas religieux ni dû à des catastrophes naturelles.
Tombent à l'eau tous les faux débats sur l'identité nationale, qui avaient pour but de faire avaler cet internationalisme de pacotille bourgeois si nécessaire aux blocs impérialistes, car l'identité nationale, supposée innée, et accouplée avec la « civilisation » chrétienne et l'islam soft, se promettait de dissoudre toute « identité prolétarienne » (je préfère le terme de conscience). C'est cet « internationalisme multiracial et multiculturel » qui aurait dû conduire à la guerre mondiale, déjà au moment de l'attentat contre les tours de New York ; bouleversement qui aurait pu être baptisé alors « l'union de la multiculturalité » contre le « nationalisme islamique », lequel comme toutes les religions ne se prive pas de faire valoir sa vocation à son « internationalisme pieux »1.

Autre preuve subséquente et phénoménale de la perte de crédibilité dans ces divers montages idéologiques, c'est justement cet exode massif, qu'il est honteux d'ailleurs de qualifier de masse de migrants, d'immigrants ou même de réfugiés (car ils ne sont pas prêts à l'être), d'une masse majoritairement composée de prolétaires, qui, non seulement ne croient plus à rien, mais n'avaient pas d'autre choix que l'exode sous la furie militaire des gangs armés du capitalisme. Tout indique qu'il s'agit du même type d'exode que la débâcle en France en 1940 : on fuit impulsivement face à l'horreur de la guerre, parce qu'on est désarmé et impuissant à s'y opposer sur place, plus de classes, plus de lois, sauve qui peut.
Ce n'est jamais au front que les guerres ont été freinées ou arrêtées, c'est à partir de l'arrière : d'où la responsabilité du prolétariat européen de ne pas céder au chantage à la compassion muette – ce qui n'empêche pas la solidarité ponctuelle sur le terrain – et il serait souhaitable qu'il engage la lutte, sous toutes ses formes (manifestations, blocages, grèves, etc.) pour endiguer la guerre, au lieu de laisser la bourgeoisie prétendre qu'elle va endiguer le flot des réfugiés avec ses quotas et ses barbelés.

Il y a de fortes chances hélas, qu'il faille en venir à assister à des attentats meurtriers et à subir des mobilisations militaires « au sol » pour que le prolétariat des pays d'Europe commence à comprendre la gravité de la situation où nous mène le capitalisme. La réflexion est déjà commencée avec la prise de conscience de l'irresponsabilité des divers chefs de guerre qui prétendent gérer la société « socialement » et « dans l'intérêt de tous », mais les massacres continuent pendant la réflexion.

LA BOURGEOISIE VA-T-ELLE DEVOIR RESSORTIR SON CARNET B ?

Le Carnet B, instrument principal de surveillance des « suspects », français ou étrangers, sous la République n°3 en France avait été créé en 1886 par le général Boulanger (qui avait gagné ses galons dans le sang contre la Commune), pour lutter contre les activités d'espionnage, puis avait été étendu à tous les individus pouvant troubler l'ordre public ou aux antimilitaristes qui promettaient de s'opposer à la mobilisation nationale. Il n'est pas nécessaire de le mettre en œuvre le 1er août 1914, le premier flic de France de l'époque, le « socialiste » Malvy a convaincu les autres membres du gouvernement que le parti, les syndicats et les anarchistes seraient fidèles au « patriotisme »... socialiste. CQFD.
Hélas, idem aujourd'hui, pas besoin de carnet B – quoiqu'il y ait bien mieux avec la surveillance sophistiquée de google – mais surtout depuis 1985 les services secrets ont raison de ne plus prendre au sérieux les sectes gauchistes et les résidus d'anars ultra-gauche (sacrés chevaliers des chemins de fer) bien qu'on les ait fait passer pour de dangereux activistes, n'étant quede braves rigolos plein de plumes avec Charlot éditeur (Hazan). Concernant le milieu maximaliste, ces quelques individus et couples qui se prennent pour les héritiers historiques des grandes heures du prolétariat, rien à craindre non plus, ils sont si déchirés en querelles personnelles et coincés par leurs radotages qu'on peut toujours les exposer dans le cirque à Médrano.
J'espère que certains s'en sortiront, et désespoir n'est pas marxiste.

COUCOU DE PIC-VERT SUR FACE BOOK

Remplaçant le pâle et incompétent Bourseiller, un observateur queuiste nous abreuve de ses compils de textes anarchistes, divers quiz et surtout recensement depuis des années des divers sectes d'extrême droite ; plus épistolier du gauchisme évanescent et contempteur fanatique des petites passerelles entre extrêmes2, plus scoliaste lassant que doué d'une pensée originale. Sa revue éclectique étant tombée sous mes yeux dans le foutoir de face book, j'ai donc parcouru les 500 pages au format PDF pour voir s'il était possible d'en extraire du jus concernant nos intellos vagabonds. Pas grand chose de consistant à part la reproduction des textes de Pannekoek et Mattick.
Pas de crainte de subversion de ce côté non plus. Passant son temps à désigner les sectes d'extrême droite comme sommet d'un iceberg glaçant de plus en plus l'Europe, taxant tout contradicteur de raciste ou d'antisémite, le zigoto qui ne peut se faire passer pour un connaisseur qu'en milieu anar ignorantin, n'élève pas plus la réflexion que les nullités antifas ; quoique la prétention intellectuelle ne soit pas feinte : le deuxième chapitre en intro à des vieilleries anarchistes s'intitule : « Des outils pour penser ». Pourquoi, après tout comme disait Proust Marcel : « un ouvrier (électricien) peut être baudelairien ». Mais les outils des anars sont quelque peu dépassés et rangés dans une caisse à outils rouillée. Si on doit retenir quelque chose des œuvres complètement brouillonnes de Coleman, ce sera l'image du moulin à vent. Il redémarre une carrière individuelle il y a une décennie en voulant concilier le marxisme sommaire qui lui a été enseigné dans la secte LO, ensuite son souci des races le mène à ses auteurs de référence à l'époque : Alain Gresh et Tariq Ramadan. Il roule à fond la caisse pour le multiculturalisme anglo-saxon et amerloque, s'indigne qu'on se moque des foulards islamiques au nom de la démocratie, et succédant à Klasfeld père le voilà « chasseur de fachosé, tous ceux qu'il a désignés comme racistes ou passeurs de xénophobie ; tout en donnant la parole à plus délirant encore que lui, les luftmenschen (complètement loufs ceux-là, ils veulent interdire la liberté d'expression au nom du culot des pauvres) !
Le pic vert de la gauche caviar, Coleman3 donc vadrouille en épistolier de cette farce élimée, la prétendue pureté de l'idéologie anarchiste, c'est son credo depuis le début des années 2000 où il a présidé à son retour artisanal en politique en s'offrant le petit nécessaire de l'imprimeur particulier, et en consacrant son œuvre – incrustée depuis sur le web – sous le sigle (stalinien) : sans patrie ni frontières, qui est aussi creux qu'un pot de confiture sans sucre et sans fruit. Il morigène des propos déplacés sur « une radio se réclamant de l'anarchisme », « qui manque d'antiracisme » tout de même ! Qui d'autre qu'un admirateur bâtard de Léon Trotsky aurait pu servir cette prose lénifiante du saint anarchisme : « Les libertaires (qui) sont traditionnellement plus sensibles aux diverses formes d'oppression que leurs concurrents marxistes ».
Son introduction à ce qu'il considère comme son chef d'oeuvre d'anthropologue des marges, l'exhumation de textes d'une encyclopédie anarchiste de 1925 à 1934, nous vaut au surplus le dithyrambe suivant :
« ...textes qui montrent un anarchisme percevant clairement le rôle de l'embrigadement patriotique dans la révolution française et l'inféodation du nationalisme républicain de la gauche socialiste (…) mais tombant dans le piège de l'anticléricalisme ».
L'anticléricalisme n'a pas toujours été un piège, et a encore de beaux jours devant lui ; il est plus respectable selon moi que le très clérical combat colemanien, encore plus sectaire et étranger à la lutte politique primordiale. Petite souris agitée d'un milieu parisien de bobos anars qui papillonnent entre Radio Courtoisie et Radio libertaire, radios pour ânes habillés de noir - curés et libertaires aiment cette couleur - et commentées par un noir (que le récipiendaire n'y voit pas malice!) - Coleman pose au poste de gourou des antifas : « Nous devons combattre la propagande de la gauche laïco-xénophobe » ! Non mais ! Et accueillir les migrants du monde entier !
Hélas, trois fois hélas, notre pic vert (de moins en moins) est un mauvais scoliaste pour vanter ainsi le crétinisme anarchiste dont les sectateurs échevelés n'ont jamais approché le matérialisme historique (disons pour les non convertis : la compréhension des étapes de l'histoire des sociétés et des nations). Il n'a même pas compris les textes de Pannekoek et Mattick reproduits plus loin dans sa dernière compil avec Adobe Reader (c'est gratuit comparé à l'auto-édition artisanale de bistrotier), lesquels, réels marxistes non délirants expliquent très clairement les étapes nationales dans la constitution du prolétariat. Outre que la nation fût le cadre de développement de l'industrialisation, Pannekoek précise même que : « l'antagonisme national (était) la forme primitive de l'antagonisme des classes ». Pannekoek est bien plus subversif et actuel que le marais anarchiste « pur » de Coleman sur la question de la nation, il est très sévère sur les dites libérations nationale ; la véritable critique de la nation, à ne pas confondre avec le nationalisme, est venue du pôle marxiste le plus lucide, pas des commentaires a-historiques du petit monde intellectuel libertaire.
Qu'est-ce que vient faire cette notion « d'embrigadement patriotique » très moderne certes, version 14-18 à l'époque de la « guerre révolutionnaire », phase inévitable dans la lutte pour la destruction du féodalisme ? Question embrigadement patriotique modernisé, les amis anars de Coleman sont au top, la CNT racolait récemment pour la « lutte à Kobané », remix du front popu en Espagne ! Pourquoi ne pas avoir rappelé aux bisounours de l'anarchisme qu'en 14 ce sont les bolcheviques qui ont innové historiquement en refusant la défense de la patrie !
Nier que le combat pour la patrie était le combat pour la liberté en Europe en 89, c'est du révisionnisme réchauffé à la Furet, ex-stalinien qui retomba dans les ornières anarchistes bourgeoises de l'historicisme bourgeois. Pannekoek suit au plus près le génial Manifeste de 1848 en s'arrêtant au paragraphe, qui a tant interloqué des générations de purs anti-nationalistes anars : « le prolétariat est encore national quoique nullement au sens du mot » ; c'est très simple pourtant, chaque prolétariat confrontant sa bourgeoisie, les ouvriers français ne font pas grève contre l'Etat anglais. Bon de nos jours c'est plus difficile, on ne sait plus contre qui on fit grève ! Pannekoek ajoute une donnée importante, la lutte de classe se déroule de plus en plus contre l'Etat, la nation devenant secondaire à l'ère de l'impérialisme où « le prolétariat dans tous les pays se perçoit comme une armée unique ».
Le nationalisme qui obsède Coleman est une vieille baderne du XX e siècle dont Mattick a prononcé l'oraison funèbre : « le nationalisme du XX e siècle instituait le développement du capitalisme d'Etat » ; un truc qui est foutu, complètement obsolescent aujourd'hui et un obstacle pour le capital lui-même : « L'organisation de la production capitaliste au plan national augmente sa désorganisation à l'échelle mondiale » (ibid). Coleman qui additionne tous les textes, n'a, il est vrai, pas le temps d'y réfléchir en les tapant sur son clavier.
Maître Coleman sur son arbre perché déplore que ces pauvres Pannekoek et Mattick « ont eu tort. Le nationalisme n'a pas reculé devant l'internationalisme », et il croit bon de nous éclairer : « ...derniers avatars du nationalisme, l'islam politique, le régionalisme identitaire ou indépendantiste et l'anti-impérialisme réactionnaire des altermondialistes ».
Notre pourfendeur d'un nationalisme poussiéreux, à la retape comparé aux mystifications dominantes (démocratie universelle, antiracisme, multiculturalisme, etc.) me fait penser à un de ses anciens collègues au staff de LO, un nommé Dumas qui au début des années 1980 sortit sa thèse selon laquelle le PCF allait à nouveau retrouver ses troupes d'antan ; alors qu'il s'effondrait irrémadiablement. Il a lui aussi un soyouz de retard, comme tous les anciens trotskiens indécrottables. Coleman est à la ramasse parce qu'il est toujours resté un intellectuel en chambre, hors des réalités. Ces intellos officiels et autres « 12 salopards » (terme très usité par l'Huma à la Libération) qu'il pourchasse en comptes d'apothicaire pour une phrase ou un mot de trop4, ne faudra-t-il pas les lyncher un jour ?Il répertorie les listes d'intellectuels de gouvernement et met en fiche tous ceux à l'extrême gauche qui lui déplaisent ou l'ignorent. Sera-t-il le grand inquisiteur, négateur du racisme anti-gaulois, épurateur impavide vengeur de la féministe et de l'enfant antiraciste qui fera tomber les têtes racistes « franco-gauloises » au prochain grand soir anarchiste, mais pur ? 
 
NATIONS ET INTERNATIONALISME

L'internationalisme n'a jamais été autant d'actualité, pas celui prolétarien qui était supposé faire avancer à pas de géants la révolution, mais un internationalisme à toutes les sauces, justement celles que listait Coleman sous le vocable nationalisme. Obnubilé par son décryptage maladif des diverses sectes néo-nationalistes, il perd de vue le village mondial, le web et les compétitions sportives. Il n'y a plus de mur de Berlin, même s'il y a des petits murs partout, la perception du monde et des problèmes du monde est désormais globale ; toutes les classes posent d'emblée, chacune, leurs problèmes à l'échelle du monde ; bourgeoisie et petite bourgeoisie sont aussi devenues des classes immigrées. Il n'y a plus que les anarchistes pour croire à la résolution localiste des problèmes. La classe ouvrière n'a pas montré de grandes vagues de lutte coordonnées internationalement – heureusement pour la bourgeoisie, cela aurait signifié une sérieuse possibilité d'ébranlement du système – mais il y a eu des luttes importantes dans plusieurs pays, pas les mieux lotis ; lire les exemples dans la presse du PCI et les communiqués de Robin Goodfellow. Paradoxalement, c'est la petite bourgeoisie, avec ses indignés, Podemos et autres Syriza, réformistes radicaux d'un système en impasse, qui ont, par devers eux, souligné que tout problème social est immédiatement mondial. La pensée étroitement franchouillarde de Coleman – mais certifié anti-gaulois - lui fait imaginer, ou plutôt recopier la presse bcbg, « une montée des extrêmes » là où il n'y a que coassement de groupuscules, même pas variables d'ajustement électoral comme le FN, lequel affiche plus le programme vieillot et invraisemblable de Marchais que celui de ses premiers pas, vulgairement thatchériste.
Avec les soubresauts de la crise et de la guerre mondiale, c'est au prolétariat que la bourgeoisie s'attend à faire face, pas à être doublée sur sa droite par des mirlitons ridicules aux opinions plus pathologiques que politiques.



Je ne veux pas tirer des plans sur la comète sur l'avenir de la nation. La nation n'était qu'une perspective en devenir, pas une tradition, selon le grand Pannekoek. La fin des frontières ne signifiera pas forcément la fin des cultures nationales. La plupart des grandes œuvres de l'humanité sont issues de ses diverses culturelles nationales pas d'un esprit éthéré ne reposant que sur des généralités universalistes. Il y a des cultures nationales qui sont incompatibles, certaines embourbées dans telle ou telle religion, et les religions elles aussi ont produit des arts. La nation n'a pas été un produit artificiel. Selon le théoricien socialiste Bauer, critiqué par Pannekoek, il y aura toujours « une différence croissante de la culture spirituelle des nations », « par la diversité de l'éducation et des mœurs ». On reparlera de tout cela lorsque les nations auront perdu « leurs racines économiques » (Pannekoek). Pour Kautsky on va vers l'assimilation des nations.
Oui Coleman le terme culture est un terme piégé, tout dépend de ce que chacun y met dedans. On n'en a pas trouvé d'autre. C'est le plus souvent un instrument d'exclusion, mais c'est aussi un mode de vie lié à des conceptions de la liberté des individus ; mais de sujets devenus citoyens nous ne sommes pas encore devenus tout simplement des hommes et des femmes.
Certaines cultures et croyances disparaîtront. Tout cela ne dépend pas du pouvoir politique mais du niveau de vie et des besoins de la société à telle ou telle étape de son développement. Une monoculture, niveau 1984 d'Orwell est impossible, et Coleman a raison de dire aussi que « la pluralité culturelle, c'est l'apartheid », mais G. Noiriel n'est pas une référence crédible. Notre Pic-vert pâle a quand même l'intelligence de décrypter le double et triple langage « culturel » de la droite bourgeoise : un jour on a droit au multiculturalisme (ce qu'il défendait lui-même il y a dix ans), un autre « aux racines chrétiennes de la France », un autre enfin à l'islamophobie ou à l'islamisme.
Concluons que ce n'est certainement pas dans le cadre de cette compil hétéroclite, farcies de clichés bourgeois bien-pensants, tombereau d'inepties de plumitifs amateurs, qu'une réflexion pourrait être menée sur l'avenir culturel ou pas, linguistique ou diversifié de la société terrienne, ou sur comment se débarrasser du capitalisme. C'est une somme de has been, de défroqués de l'anarchisme, du trotskysme et d'un marxisme-léninisme terroriste (les clowns girouette du mal nommé Mouvement communiste) qui étalent leurs considérations chaotiques et simplistes sur un monde où ils rament en tous sens.
Pendant ce temps il y a la guerre...



1« Oui l'internationalisme prolétarien peut être réactionnaire » un ami de T.Ramadan cité dans SPNF. Ce n'est plus le patriotisme qui mobilise les foules, mais dans la citation suivante on peut remplacer par internationalisme (démocratique): « Le patriotisme se cultive comme toute religion par des sacrifices humains ». Charles Boussinot, un des auteurs anars cité mais critiqué par Pic-Vert car paternaliste (?). Autre référence grotesque de Coleman, Federica Montseny ministre anar qui s'est mise au service de l'Espagne républicaine et s'écrie : « la patrie c'est l'humanité » !
2La critique de l'islam mène lentement à la xénophobie, sans doute comme les allocs mènent à la prostitution !

3 Cf. mon article de 2010 : Marceau Coleman, pic-vert de la gauche caviar, sur ce blog.
4Et les diverses sectes fachettes ou néo-fachettes : « Je surveille les élucubrations des futurs militants de Riposte laïque depuis 2007 ». Il n'a que ça à faire ? Quels sont ses revenus ? La Préfecture de Paris ?

lundi 14 septembre 2015

MERKEL LA GAFFE


Suivi de Panégyrique des gaffes des politiciens

« Il ne suffit pas que ceux d'en bas ne veuillent plus, il faut aussi que ceux d'en haut ne puissent plus ».
LENINE

«Je ne parle pas du tout de l'impéritie des maîtres ni de l'indolence des valets et des sujets qui laissent toutes choses aller comme il plaît au bon Dieu ; et pourtant, les deux réunies suffiraient déjà pour provoquer une catastrophe ».
MARX (Lettre à Ruge, 1843)

Merkel est une politicienne prudente, qui attend le bon moment pour agir”, commente le magazine brésilien Veja. Néanmoins, “elle veut occuper le centre du débat et sait que c’est à elle qu’il revient de construire une politique migratoire commune en Europe”. 

« L'Allemagne montre l'exemple dans la crise des migrants ». Alain Duhamel

« Angela Merkel est la dirigeante la plus lucide et la plus honnête en Europe. En effet, elle est en train de donner une leçon de générosité et de politique ». Hervé Gattegno (commenteur sur BFM TV)



La ville la plus riche d'Allemagne la ville de Munich s'est retrouvée dimanche saturée par l'afflux de milliers de réfugiés et que l'Allemagne a décidé de réintroduire provisoirement des contrôles à ses frontières. L'Autriche envoie l'armée à ses frontières. Au bord de la saturation, l'Allemagne a réintroduit dimanche les contrôles à ses frontières pour "contenir" l'afflux de dizaines milliers de migrants. Une volte-face pour un pays qui avait dans un premier temps ouvert ses bras à ces populations, une décision qui "assène" un "coup à Schengen". La parenthèse enchanteresse de 'Mama Merkel' ouvrant les bras de l'Allemagne à tous les réfugiés syriens demandeurs d'asile est terminée, constatent plusieurs journaleux  commenteurs: « Mais, Angela Merkel, "a dû capituler devant la réalité : son pays est au bord de la rupture et l'opinion risquait de ne plus la suivre. Certains conservateurs dénoncent même une grave erreur de jugement de sa part". Grave erreur ou gaffe historique ?
Enfin, l'immigrationniste à tous crins "Libération", revient longuement sur l'accueil des réfugiés à Munich "qui a accueilli tant bien que mal 63.000 personnes depuis le 31 août" et dont le préfet se demande "première la fois comment [il] va s'en sortir". Dans la ville la plus riche d'Allemagne il n'est "plus possible de trouver des lits : certains réfugiés dorment sur des tapis de sol et des Munichois apportent des sacs de couchage. Voilà qu'on envisage d'ouvrir les installations olympiques", écrit le quotidien, qui décrit une situation de saturation qui a sans doute poussé le gouvernement allemand à revoir sa position initiale sur l'accueil des migrants.

Impéritie, incurie, imprévoyance...

Saint-Simon vante la « classe industrielle » contre « l'impéritie de la bourgeoisie ». Les utopistes du XIXème siècle perçoivent déjà ce qui distingue le prolétariat de la bourgeoisie. Le prolétariat est la classe de l'avenir avec son perpétuel « souci du lendemain » (peur selon Babeuf), alors que jusque là les classes dominantes méprisaient « l'imprévoyance pécuniaire » du pauvre. Singulier retournement, c'est la bourgeoisie qui s'avère imprévoyante en fin de parcours à notre époque moderne, politiques au jour le jour, nez sur ses statistiques froides. Elle n'avait pas prévu les conséquences à court terme de ses guerres  dans les champs pétroliers! Elle n'avait pas prévu le raz de marée de populations apeurées ! Elle n'avait pas prévu que la vague allait être envahissante ! La charité médiatique s'éteint d'un coup, étrange girouette, et voilà notre brave bourgeoisie européenne qui montre les dents et en appelle aux armées pour protéger ses biens !
Imprévoyance certainement, comment la bourgeoisie allemande a-t-elle pu laisser son porte-voix se lancer dans pareille aventure ? D'abord la faconde arrogante de prétendre recevoir immédiatement des centaines de milliers de migrants, ensuite les arguments sociologiques : vieillissement démographique avec gros besoin de main d'oeuvre dans un pays « antiraciste » depuis l'élimination d'Hitler où une personne sur cinq est issue de l'immigration : turcs, polonais, russes, italiens, grecs, croates... ; les patrons allemands avaient rejoint le chœur des moralistes immigrationnistes qui veulent accueillir et intégrer tous les étrangers du monde et le plus vite et le mieux possible. Le PDG de la Poste, Frank Appel, avait rappelé que l’économie avait 500 000 postes vacants et a promis d’embaucher des réfugiés dès que leur situation juridique le permettra (pas forcément leur maîtrise de la langue allemande?)
Le puissant syndicat allemand IG Metall s'était engagé à aider les réfugiés à s'insérer sur le marché du travail en instaurant un programme de parrainage et de stages dans tout le pays. « L'union des travailleurs » (traduction du barnum syndical étatique) avait déjà libéré 500.000 euros pour soutenir ses activités dans les sections locales. Le patron du syndicat, Detlef Wetzel, a appelé les employeurs a créer des possibilités de formations et d'emplois, "sans profiter de cette situation qui facilite le dumping social".
Cela sent à plein nez un accommodement opportuniste car il y a plusieurs mois l'orientation de la bourgeoisie allemande était affichée en direction du recrutement de travailleurs de l'Est et en faveur du développement de l'apprentissage de la langue allemande en première langue dans les pays latins... Avec un souci de limiter, sans le dire, la venue des travailleurs turcs, parce que Pegida n'a pas forcément tort, la « kultur » musulmane finit par être envahissante. Le soudain revirement face à l'arrivée de population majoritairement musulmanes tient de l'impulsivité ou de pressions obscures dont nous aurons sans doute jamais la teneur. Il faut se poser la question pourquoi une femme de tête, figure de proue de la bourgeoisie allemande, une Thatcher plus sympathique, a pu ainsi prendre une telle orientation « humanitaire » (= écran de fumée) sans en mesurer les conséquences forcément incontrôlables ?
A la mi-août Merkel avait donc clairement favorisé, sans réfléchir (elle qui est pourtant réputée pour penser lentement) l'appel d'air ! « La situation outre-Rhin, où les migrants sont souvent hébergés sous des tentes ou dans des containers d'habitations, «n'est absolument pas satisfaisante», avait déploré la nouvelle héroïne de l'Express, du patronat et de Libération. Toutefois, Angela Merkel précisait que l'Allemagne ne serait pas débordée et que des solutions adéquates pourraient être trouvées, notamment en mobilisant «toutes les réserves de personnel» des administrations compétentes. En mai, déjà, Berlin avait annoncé solennellement que l'Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF) allait recruter au moins 2000  nouveaux fonctionnaires pour traiter les demandes d'asile en rapide hausse: un quasi-doublement des effectifs de l'agence sise à Nuremberg ».
Fin août Angélique chancelière s'était servi du drame des 70 morts dans un camion frigorifique pour lancer un avertissement pour que l'Europe « partage l'effort ». Le battage idéologique marchait si bien qu'une majorité de sondés allemands, ou d'allemand sondés, croyaient que leur auguste chancelière allait être capable de faire face au défi de l’intégration de centaines de milliers de réfugiés. De très nombreuses initiatives privées d’aide aux réfugiés voyaient le jour et on se moquait de l'égoïsme français.
Les experts s’accordaient sur un point : c’est bien sous la houlette d'Angélique que la droite allemande avait fini par accepter l’immigration. «Sans le dire clairement, elle a inscrit son action dans la ligne impulsée par les gouvernements rouge-vert [le SPD et Die Grünen, équivalents respectifs du Parti socialiste et d’Europe Ecologie-les Verts, ndlr], et de Schröder [l’ex-chancelier SPD] qui ont rénové le droit de la nationalité et mis l’accent sur l’intégration des étrangers», précisait à Libération un certain Hajo Funke.
Les gouvernements Merkel successifs ayant peu à peu modernisé le droit des étrangers et simplifié le droit d’asile, notamment en facilitant leur accès au marché du travail, il ne restait plus qu'à se féliciter du renforcement du dialogue interculturel et interreligieux où la question de l’enseignement de l’islam à l’école a conduit à la création de la Conférence sur l’islam, un cadre permanent de rencontres entre représentants des communautés religieuses musulmanes et de l’Etat fédéral. De manière générale, les experts se félicitaient de la volonté d’ouverture du monde politique allemand, qui s’est engagé en faveur d’un discours positif à l’égard des étrangers.
Gaffe dans la gaffe, celle du 7 septembre, Maman Merkel est radieuse: « L'Allemagne va être "changée" par l'afflux massif de migrants ».

PATATRAS !

A la mi-septembre, à la veille de la réunion des caciques affolés de l'UE, on referme les frontières partout, on envoie l'armée... Le flux des réfugiés est en train de s'amplifier, boosté par la promesse de l'Eldorado allemand. C'est sinistre, c'est une atmosphère de guerre qui se répand. Le plus sinistre est au niveau politique dans le choeur humanitaire qui embellissait depuis deux semaines une situation inextricable, la gauche au pouvoir, l'extrême gauche minable suiviste humanitaire et l'ultra-gauche silencieuse, laissant tout le boulot de lucidité à nos droites et extrême-droite !
Passons sur le disque rayé du FN sur l'invasion, qui se vérifie en tout cas ce coup-ci, invasion de misère et de surnuméraires dans la crise économique et en plus migratoire, mais les amis de Sarkozy se régalent à bon compte:la solidarité européenne ? De l'enrobage ! Les propos accueillant tout azimut de Merkel « un appel d'air » (Juppé). Sarkozy jubile, n'avait-il pas évoqué une « fuite d'eau » au mois de juin ?
Une de ses sous-fifre, NKM tape juste également dans la fourmilière des bonnes intentions confusionnistes: "La confusion entre le mot 'migrant' qui renvoie à toutes les migrations quelle que soit leur nature, qu'il s'agisse de migrations politiques, qu'il s'agisse de migrations économiques, et le mot 'réfugié', qui renvoie à l'immigration politique, à la suite de persécutions, ou de guerres, cette confusion est dangereuse".
Au final, droite française comme gouvernement allemand et gouvernement français à la traîne tombent d'accord chacun dans leur coin : « il faut refermer les frontières ! » ; précision faite :
"Quand on dit les fermer (les frontières), c'est que les règles pour entrer soient appliquées, que les gens ne rentrent pas clandestinement d'une manière massive, c'est ça que nous entendons".
Schengen c'est girouette à gogos comme « l'Europe des peuples » est peuple de naïfs.
D'une manière massive ! Incroyable comme si la massivité des fuites face à la guerre venait de se révéler au personnel de la droite bourgeoise en opposition ! La seule révélation, ou amplification est en effet que les migrants qui veulent se réfugier ne veulent plus passer par la mer mais ont choisi plus sûr, par terre ferme en contournant la bordure méditerranéenne pour venir se frotter aux barbelés, aux chiens policiers et aux militaires en rangs serrés.
Avant de réfléchir plus avant sur ce débordement migratoire qui affole clairement tous les Etats européens, et surtout sur l'impéritie bourgeoise qui transparaît grossièrement, il faut signaler à nouveau les mensonges par omission d'internet et toute la bande presse écrite-radio-télé, aucune comparaison avec le cynisme criminel de l'impérialisme britannique au moment du drame des réfugiés juifs de l'Exodus (1947) ni le drame vécu par rapatriés pieds noirs et harkis (1962).
Avant d'analyser la gaffe historique de Merkel, et ce qui l'a conditionné, on peut remarquer que les gaffes ne jouent pas un grand rôle en Allemagne, comparées aux campagnes américaines ou françaises qui en déversent des tombereaux tous les mois. Merkel qui prend son temps pour répondre ne commet pas beaucoup de gaffes. Citons en deux. Après le meurtre de Ben Laden, elle avait déclaré qu'elle était « heureuse que le meurtre ait été planifié pour le tuer ». Le mot heureux a été très critiqué évidemment par les conservateurs du parti chrétien, car être heureux de la mort d'une personne n'est pas une valeur chrétienne. Quand le politicien arriviste Karl-Theodor zu Guttnberg, devenu ministre de la Défense, a voulu se faire passer pour Doktor (grosse kalifikation en Germanie) alors qu'il avait plagié la plupart des parties dudit doctorat, Merkel a provoqué un tollé car elle l'a protégé, arguant qu'elle avait voulu embaucher un ministre pas un scientifique !

L'IMPREVOYANCE POLITIQUE DE LA BOURGEOISIE

Dans un ouvrage de 1983 sur la question de la pauvreté en France au XIXe siècle, l'anthropologue Jean-Baptiste Martin découvre que l'idée d'imprévoyance (financière) chapeautait la vision sociale de la pauvreté (cf. L'idéologie de la pauvreté chez l'élite canadienne-française du XIXe siècle, mémoire de Colette Pomerleau, université du Québec). On va voir que l'imprévoyance est plutôt devenue l'être inconsistant de la bourgeoisie décadente. Au XIXe siècle la bourgeoisie montante commence à mépriser la charité et son idéologie vise alors à privilégier le salariat, l'épargne et les bonnes mœurs. Le développement de l'industrie permettait la réduction de la pauvreté. Malheureusement du XXe siècle à notre siècle actuel, la pauvreté et l'encadrement étatique de l'assistance ont décuplé. L'auteure rappelle les conditions déplorables dans lesquelles évoluait la classe laborieuse québécoise vers la fin du XIXe siècle : « les ouvriers sont mal logés, dans des maisons mal bâties, malsaine et louées à des taux exorbitants ». L'interprétation dominante de la pauvreté n'a pas changé du jeune au vieux capitalisme : c'est la faute à l'individu lui-même qui refuse de travailler pour mieux se complaire dans l'oisiveté et le vice. Les philanthropes du XIXème voulaient « réformer les pauvres », pas la société bourgeoise. Les grandes études sur la pauvreté dans le capital de Marx et l'admirable ouvrage du jeune Engels nous renseignent bien mieux que le l'ampleur, la persistance et le contenu de la pauvreté. Ils s'insurgent en permanence contre ceux qui ne voient dans la misère que la misère et pas son contenu révolutionnaire, la classe ouvrière. Ils démontrent tout au long de leurs écrits que, si la bourgeoisie considèrent les ouvriers comme des enfants impulsifs et dispendieux, en réalité ce prolétariat n'est pas du tout imprévoyant pour l'avenir de l'humanité puisqu'il imagine et combat pour une autre société qui bannira à jamais l'imprévoyance, celle financière de l'ouvrier n'aura plus lieu d'être, mais la plus grave, l'impéritie bourgeoise, belliciste, inconsciente, criminelle, elle, aura été éradiquée.
Pendant le long XIXème la bourgeoisie considère que la pauvreté et le crime signifie l'inadaptation du peuple et du prolétariat aux valeurs de la nouvelle société libérale, quand plus tard ils ne seront interprétés que comme expression d'une déviation personnelle de type pathologique. Le chômeur est considéré avec un mépris souverain par la jeune bourgeoisie canadienne, à la manière d'un Sarkozy contemporain. La prévoyance (bancaire) est la principe vertu pour devenir riche. Une partie de la classe ouvrière québécoise est malgré tout prévoyante en combattant syndicalement pour la création d'assurances sociales pour prévoir de faire face « aux difficultés et aux coups durs de la vie ». La bourgeoisie est déjà débile avec son amour de l'argent, acquérir une fortune doit permettre le développement de sa personnalité ! C'est déjà une imprévoyance d'autruche face au mouvement ouvrier qui, confusément, pas à pas, ne pense qu'à la libération et au développement d'une humanité souffrante. La pauvreté, si elle n'est pas contrôlée charitablement par la religion et l'Etat, peut constituer un danger. Le père Chandonnet (que dieu ait son âme!) craignait de voir les pauvres tomber sous l'emprise des sectes hérétiques, en particulier les syndicats, pires ennemis de la foi chrétienne, qui n'avaient, on n'en doute point qu'un but : les conduire à l'apostasie. Le clergé s'efforce à nouveau de dévier les causes de la pauvreté sur l'ivrognerie parmi les ouvriers, ce qui permet de faire passer le discours de moralisation pour noyer l'esprit de révolte ; mais l'ivrognerie et l'analphabétisme sont des réalités qui devront être prises en compte par les combattants des premières organisations ouvrières.
L'idée d'une causalité due à l'imprévoyance refait surface à la fin du siècle, stigmatisée comme insouciance ouvrière. En 1822, la ville de Montréal avait passé un règlement visant à facilité la distinction entre les « mendiants autorisés » et les escrocs (comme nous entre les réfugiés et les migrants...). L'accroissement du nombre de mendiants alarma tant les citoyens que de grands débats publics furent organisés (on remarquera qu'aucun réel débat public n'est organisé à l'échelle des formidables moyens de communication modernes en ce moment sur la question des migrants. Trop dangereux car révélant l'incapacité politique et sociale de la bourgeoisie!). La conclusion des débats de l'élite bourgeoise et cléricale canadienne fut similaire à la politique immigratoire des Etats européens actuels : l'enfermement dans des camps, la réglementation du statut de pauvre et la surveillance. On n'a pas progressé ! Le révérend Malthus lui était déjà un ancêtre du FN, il proposait de priver les pauvres de tout secours, ce que rappelle ENGELS au profit des « maisons de travail », ces « Bastilles de la loi sur les Pauvres ». Ce qui favorisa l'immigration : « ...on comprend que des milliers de pauvres des îles britanniques aient préféré s'exiler en Amérique plutôt que d'aller demander l'assistance publique ». Mais cette loi rébarbative contribua à la mobilisation des ouvriers, les poussant à s'organiser eux-mêmes et pour secourir leurs congénères tombés dans la misère. L'idée d'augmenter les taxes du gouvernement pour aider les pauvres est très longtemps combattue par la société bourgeoise de l'époque, mais la conception de la charité individuelle « à la demande » fait s'effondrer la charité religieuse traditionnelle facs aux coûts grandissants d'une misère en expansion.
Si l'autorité de l'Etat ne peut plus réguler ni encadrer la misère, alors non seulement est prouvée l'incapacité de l'Etat bourgeois à gérer la société (cf. Irak et Syrie), alors la voie est ouverte à la guerre, ou à la révolution si le prolétariat a bien compris que la bourgeoisie, par son imprévoyance, mène l'humanité à la ruine et à la mort.

UNE GAFFE HISTORIQUE (pas une simple bourde)

Plus que d'une simple bourde de A.Merkel nous avons affaire à une gaffe historique grave, non pas qu'il ne faille pas s'occuper des migrants (autrement qu'en les refoulant ou en les entassant dans des camps de toile) mais parce qu'elle révèle une déchirure dans tout un pays du monde libéral bourgeois qui se prétendait ouvert et « prévoyant ». Tous les Etats sont en réalité bousculés et surpris par cet événement migratoire qui prend des proportions inattendues, malgré l'arrogance avec laquelle l'Etat allemand se vantait d'absorber 800.000 migrants avant la fin de l'année, sans oublier ce ridicule appel à l'aide de l'Etat français pour « se soulager » d'un millier, introuvables par un bureau de l'Ofpra en Allemagne.
Bourdes et gaffes sont souvent le produit inconscient d'un mensonge avorté ou d'une vérité qui ne devait point sourdre. Produit d'une exigence inattendue du moment aussi : la décision de Merkel d'accélérer le rythme d'accueil des migrants a été prématurée, sans réelle concertation malgré le suivisme de Hollande, et n'a pas vu venir la catastrophe. La bourgeoisie allemande s'en prend désormais au « manque de solidarité européenne » mais pour gommer que la gaffe de Merkel provient surtout d'une vantardise typiquement teutonne, mais la vantardise du petit mec, musclé peut-être, mais qui ne fait pas le poids. L'Allemagne, tant qu'elle n'aura ni armée conséquente, ni bombe nucléaire, ne sera jamais une grande puissance ; une économie forte ne suffit pas, de même que les monarchies pétrolières sans armes sophistiquées et protection US, n'auraient aucune voix dans le concert des impérialismes. L'Allemagne reste vassalisée par la puissance américaine et sa politique oscille entre son intérêt pour commercer avec la Russie – que la bourgeoisie US sait si bien barrer avec la bagarre en Ukraine – et son obstination à chapeauter l'Europe. La bourgeoisie allemande et son gouvernement qui inspirent la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), la soutient contre vents et marées. Ils s’accrochent donc obstinément à l’euro surévalué comme leur arme précieuse pour affaiblir l’ économie concurrente européenne et la soumettre.
La prétention allemande à gérer l'accueil des migrants ne portait pas tant sur sa propre capacité - vantée et célébrée par toute la presse franchouillarde commenteuse, mais forcément limitée en lieux d'accueil et capacité d'absorption culturelle et linguistique - à absorber un nombre infini qu'à en répartir la charge sur tous ses vassaux. Bernique ! D'où l'affolement à Munich ! Mais faut pas se prendre pour un grand quand on reste petit maman Merkel !

Des gaffes historiques il y en a eu bien avant le court règne de Merkel. Il y a gaffe et gaffe. Gaffe qui ruine une réputation, mais gaffe aussi qui entraîne tant et tant de morts inutiles. Chacun sa gaffe. Pour Raymond Poincarré, président de la république, la gaffe en 1793 a été l'exécution de Louis XVI. Napoléon a gaffé à Waterloo en sous-estimant ses adversaires. "Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque pas à notre armée un bouton de guêtre !" déclare le général Le Bœuf, ministre de la guerre en 1870 face à l'empereur. Napoléon III, vieillissant et malade, se laisse entraîner et sera incapable d’assumer ses fonctions de commandant en chef, d’où la capitulation de Sedan (2 septembre 1870). La gaffe du tsar Nicolas a été d'entrer en guerre en 1914 pour tenir sa parole auprès de la France, il en est résulté un révolution prolétarienne inoubliable. La gaffe de Mitterrand a été de laisser passer la saillie de Giscard : « vous n'avez pas le monopole du coeur ». La gaffe de Chirac a été de ne pas balancer l'affaire du Raimbow Warrior face à un Mitterrand arrogant et menteur. La gaffe de Sarkozy a été de laisser Hollande répéter 15 fois l'anaphore « moi président ». La gaffe de Chirac a été de dissoudre l'assemblée nationale, etc.

L'Europe est à deux doigts de la faillite, une faillite politique et économique qui n'est pas de la faute « aux sarrazins » qui débarquent. Un effet domino peut être généré par cette situation. Il est indéniable que les désobéissances des pays les suivistes auprès de l'Allemagne font tache d’huile. Une vague de banqueroutes politiques commence souvent dans un pays (par exemple en Grèce, qui semble oubliée...) pour s’étendre ensuite, quelques mois plus tard, aux autres, sans que soit évoquée une quelconque banqueroute économique.
Elle est toujours là comme en 2011 : « Par un jeu de dominos pervers, plusieurs pays de la Communauté européenne sont au bord de la banqueroute (Irlande, Grèce) ou mis en danger par l'explosion de leur dette publique (Portugal, Espagne, Italie), tandis que les Etats-Unis sont minés par leur déficit abyssal. (…) Les gouvernements ne sont plus que des dominos obéissant aux financiers : « En 1788, la dette se montait à environ 4 milliards de livres, alors que les recettes de l'Etat n'excédaient guère 500 millions et que les dépenses atteignaient 630 millions. Pour autant qu'on puisse le calculer, elle dépassait certainement 80 % du PIB. Il faut dire que l'intervention française dans la guerre d'indépendance américaine, à elle seule, coûta 1 milliard. A ce moment, le service de la dette absorbait environ la moitié du budget et l'endettement s'accroissait de manière inexorable. Il fallut se résigner à convoquer les états généraux pour demander des subsides. La suite est connue, sur le plan politique. » (En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/13/le-long-passe-de-la-dette-publique_1559248_3232.html#BwYf91DzrUSvk1lb.99) (Gérard Béaur, 13 août 2011)
Je ne vais pas développer aujourd'hui, mais pensant à la nuée des secouristes bobos et au discours immigrationniste des artistes gauchistes qui veulent bien prendre un migrant chez eux (mais qu'on n'entend plus une fois les projecteurs numériques éteints), je ne peux résister à piquer à Robin Goodfellow cette citation extraite de leur excellent travail sur les syllogismes d'ultra-gauche :

« Lénine faisait remarquer qu’« Un des principaux caractères scientifiques, politiques et pratiques de toute révolution véritable, c'est l'augmentation extraordinairement rapide, brusque, du nombre des petits bourgeois qui commencent à participer activement, personnellement, pratiquement, à la vie politique, à l'organisation de l’Etat. » 
 
 Derrière toute cette comédie de la charité qui cacha momentanément l'impuissance (religieuse) de l'Etat ou révéla une religiosité d'Etat incrédible, derrière ces flots de malheureux victimes des guerres des marchands d'armes européens et autres, il y a la révélation de l'impéritie, de l'imprévoyance de l'Etat à assurer paix et avenir à la société, il y a une incompétence criminelle à sauver le monde humain. La vision de cette impuissance à gouverner, qui fût manifeste avec la gaffe de Merkel, conditionnera la prolétariat à prendre au long terme, ou peut-être plus tôt, ses responsabilités historiques.



PANEGYRIQUE DES GAFFES DES POLITICIENS


ANGELA MERKEL
  • L'antisémitisme est notre devoir gouvernemental et civique. (Berlin, 17 janvier 2015)
  • Cette question de savoir comment nous agissons avec les migrants (...) va nous occuper bien, bien plus que la Grèce ou la stabilité de l'euro. (16 août 2015, sur ZDF)
  • L'Allemagne étudie à présent les moyens d'accélérer ces procédures pour se consacrer davantage aux réfugiés nécessitant vraiment une aide, comme les Syriens, les Irakiens ou les Afghans. (17 août 2015)
  • J’ai parlé ce matin au président français. La position franco-allemande que nous allons transmettre aux institutions européennes est que ceux qui ont besoin de protection (…) en bénéficient et que nous avons besoin de quotas contraignants au sein de l’Union européenne pour se partager les devoirs ; c’est le principe de solidarité. (Berne 3 septembre 2015)
  • Mais malgré les dépenses supplémentaires, nous avons l’obligation de surveiller les dépenses. Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. (5 septembre 2015)


ALAIN JUPPÉ
- Pourquoi être seulement désagréable lorsqu'on peut être parfaitement odieux ?
- Un Premier Ministre, on le lèche, on le lâche, on le lynche !
- J’ai entendu tout à l’heure que nous étions amis (avec Sarko)et donc nous sommes amis pour toujours, pas simplement jusqu’en 2017. (janvier 2015)
ALAIN MADELIN
- Le remède contre le chômage, c’est de trouver du travail aux chômeurs.
ALAIN PEYREFITTE (1925-1999)
- Si on abolissait la peine de mort, il est possible que les policiers décident de ne plus faire de prisonniers et de tirer dans le tas.
ANDRE MALRAUX (1901-1976- Pompidou a un sens extraordinaire pour prévoir ce qui n’arrivera pas.
ANDRE SANTINI
- A force de descendre dans les sondages, elle va finir par trouver du pétrole ! (à propos d'Edith Cresson )
- Je me demande si l'on n'en a pas trop fait pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard. (en 1996 alors que Giscard était encore en vie).
- Raymond Barre, c'est mon compagnon de chambre : il dort à coté de moi à l'Assemblée.
- Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland..
ARLETTE LAGUILLER
- Mes idées n'ont pas pris une ride. (2006)
ARNAUD MONTEBOURG
- Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, c'est son compagnon.
ARNO KLARSFELD (candidat aux législatives dans le XIIe)
- Je ne suis pas un expert du XIIe arrondissement mais je l'ai traversé quand j'ai couru le marathon de Paris.
BERNARD KOUCHNER.
- Il doit bien rester un angle de tir pour la paix
- Il faut protéger les crétins d'Irak, pardon, les chrétiens d'Irak.
(10/11/2010)
- Tous les pays qui ont, dans le passé, accueilli des Jeux Olympiques ont progressé sur la voie des droits de l'homme ! (déclaration conjointe de Bernard Kouchner et David Douillet)
BERNARD LAPORTE (ministre des sports)- Je voulais voir les Antilles de vive voix.
- On n'atteint pas les 3% annoncés par le Président pendant sa campagne pour le budget des sports, mais c'étaient des promesses électorales !
BERNARD TAPIE
- La limite des démocraties est que la politique est contrainte d'agir toujours dans le sens de la majorité alors que la majorité des gens sont des imbéciles. (1986)
- Pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ?
BRICE HORTEFEUX
- Il y a deux fichiers majeurs : le fichier des empreintes génitales, et le fichier des empreintes génétiques. (17/10/2010)
CARLA BRUNI-SARKOZY
- Il a cinq ou six cerveaux remarquablement irrigués (en parlant de son mari)
CHARLES DE GAULLE (1890-1970)
- L’avenir dure longtemps 
- Un ministère de la condition féminine ? Et pourquoi pas un sous-secrétariat d'Etat au tricot ?.
- vive l'Algérie Française de Dunkerque à Tamanrasset (Mostaganem 1958)
CLAUDE BARTOLONÉ
- L'avenir appartient aux défricheurs de l'avenir.(8/1994)
DANIEL COHN-BENDIT
- Il faut instituer un "impôt-homme"... Dès leur naissance, les hommes devraient payer une taxe pour protéger les femmes de la prostitution.'
DAVID DOUILLET
- On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !
- On peut surtout avoir des acquis que l'on peut mettre dans tous les domaines possibles et inimaginaux. (30/6/2011)
DOMINIQUE DE VILLEPIN.
- Le pétrole est une ressource inépuisable qui va se faire de plus en plus rare.
DOMINIQUE STRAUSS-KAHN
- C'est l'union d'un postier et d'une timbrée (à propos de l'alliance Besancenot-Laguiller).
DOMINIQUE VOYNET
Plus que jamais, il faut que les femmes se serrent les couilles... pardon, les coudes (4/2007)
DWIGHT D. EISENHOWER,  (1890-1969, président des USA de 1953 à 1961)
- Les choses sont plus comme elles sont maintenant qu'elles ne l'étaient jamais auparavant.
EDGAR FAURE (1908-1988)
- Qui a fait plus que moi pour les parents d'orphelins ?
- Voici que s'avance l'immobilisme et, nous ne savons pas comment l'arrêter..
EDITH CRESSON
- Face à un problème, il n’y a pas 36 solutions : il faut lui trouver une solution. 
EDOUARD BALLADUR
- L'abstention sera l'un de nos principaux obstacles. C'est donc par le bouche-à-bouche qu'il faudra convaincre les électeurs d'aller voter. (2/1998)
- Les gens qui continuent à voter pour nous ont bien du mérite !
EDOUARD HERRIOT (1872-1957)
- La politique c’est comme l’andouillette, ça peut sentir la merde, mais pas trop.,
- Quand les règles cessent d'être simples, elle ne sont plus appliquées au bout de huit jours.
ELISABETH GUIGOU
Si une femme politique est jolie, on sous-entend qu'elle couche. Si elle est quelconque, on dit que c'est un "tas".
ERIC WOERTH
- J’ai lancé toutes les procédures pour renforcer la fraude fiscale. (juin 2010)
FIDEL CASTRO
- Le multipartisme est une multicochonnerie. 
FRANÇOIS BAYROU
- C'est dur de vouloir penser par soi-même
- J'ai été longtemps un jeune conformiste. Et sans doute, formiste était-il de trop.
- Je pratique beaucoup Internet. J'ai toujours été familier d'Internet, depuis le premier jour, depuis avant l'arrivée d'Internet
- Si je suis élu, rien ne changera en France.
FRANÇOIS GOULARD
- Cette semaine, le gouvernement fait un sans faute; il est vrai que nous ne sommes que mardi
FRANÇOIS HOLLANDE (un concurrent d'importance face à Le Pen pour le nombre de gaffes et petits blagues)
- Jack Lang avait toutes les qualités pour briguer la Présidence de la République. C'est pour cela que je l'ai chaudement encouragé à se retirer.
- Il n’y a rien de plus terrible pour un soldat déjà anonyme que de mourir inconnu. (11/11/14)
  • je suis venu célébrer deux lois, que nous devons à l'obstination, à la volonté et au courage de Jules Ferry : la loi du 16 juin 1881 relative à la gratuité de l'enseignement primaire ; et la loi du 28 mars 1882 relative au caractère laïque et obligatoire de l'école ».(2012) Mais c'est une exemple de citation largement tronquée par les médias qui cherchent à faire honte à Hollande d'avoir salué un colonialiste, or plus loin dans le discours il ne niait pas cet aspect pourri de Ferry (quoique taxé de simple égarement) : « Tout exemple connaît des limites, toute grandeur a ses faiblesses. Et tout homme est faillible. En saluant aujourd'hui la mémoire de Jules Ferry,  je n'ignore rien de certains de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit, à ce titre, être condamnée ».


- Dans le gouvernement il y a plus de femmes que d’hommes depuis le départ de Cahuzac  .
- La crise migratoire "peut être maîtrisée et elle le sera. ( 6e conférence de presse de son quinquennat à l'Elysée à Paris, septembre 2015).




FRANÇOIS MITTERRAND (1916-1996)
  • Dans le cas douloureux, simple du point de vue du droit international, mais compliqué si l’on s’en réfère à l’enchevêtrement des faits, la France a l’intention d’adopter une attitude d’humanité. Si les navires qui transportent les émigrants touchent à nouveau un de ses ports, la France n’a pas l’intention de leur fermer ses portes, mais elle ne les contraindra pas non plus à descendre sur terre (ministre au moment de l'affaire des réfugiés juifs de l'Exodus 1947)
  • La rébellion Algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre», puis «L'Algérie, c'est la France.», puis « La seule négociation, c'est la guerre » (1954)
    - Le bicentenaire, ça ne se fête pas tous les ans, ça se fête tous les cent ans. (à l'occasion du bicentenaire de la Révolution en 1989) 

    « La révolution, c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas cette rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »(1971)


FRANK RIZZO (1920-1991, ancien maire et chef de la police de Philadelphie)
- Les rues de Philadelphie sont sûres, ce sont les gens dans les rues qui les rendent dangereuses.
GEORGES CLEMENCEAU (1841-1929)
- En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. 
- La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts.
- Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait.
- Pour mes obsèques, je ne veux que le strict nécessaire, c'est-à-dire moi.
- Un traître est celui qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre. Et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre.
- Voilà un homme admirable, courageux, qui a toujours eu des couilles au cul... même quand ce n'étaient pas les siennes. (à propos du Maréchal Lyautey )
GEORGES MARCHAIS (1920-1997)
- C'était p'têt pas vot'question, oui mais c’est ma réponse !
- Ça me branle pas ! (il répondait sur Antenne2 à une question d'Hervé Claude en 1989 ''Toutes les démocraties populaires rejettent le communisme ça ne vous ébranle pas ?" )
- Comme on me cite mal , je vais me prendre à l'envers. (1978)
- Je crois que le respect de la démocratie voudrait que j'aie le dernier mot. (1973)
- Je n'en ai discuté avec personne, mais c'est la position de mon parti. (1989)
- Le bilan global de ces soixante et un ans (de l'URSS) est positif. Le goulag ? A supposer qu'il existe... (1978)
- Nous autres communistes nous avons une position claire, nous n’avons jamais changé, nous ne changerons jamais, nous sommes pour le changement !  (1980)
- Si vous êtes en difficulté, ne me coupez pas. (1978)
GEORGES W. BUSH
- Astronautique : Pour la Nasa, l’espace est toujours une haute priorité
- Bonne mœurs : Ce serait une erreur pour les sénateurs des Etats-Unis de laisser n'importe quel type de clone humain que ce soit sortir de leur chambre
- Démocratie : Une faible participation est une indication que moins de gens sont allés voter.
- Ecologie : Ce n’est pas la pollution qui attaque l’environnement. Ce sont les impuretés de notre air et de notre eau qui en sont responsables
- Economie : La vaste majorité de nos importations vient de l’extérieur du pays.
- Economie : Il est très important pour tous de réaliser que lus le négoce augmente, plus il y a de commerce
- Géopolitique : Les troubles au Moyen-Orient engendrent des troubles dans toute cette région
- Introspection : Je pense que tous ceux qui ne pensent pas que je sois assez malin pour la tâche présidentielle sont en deçà de la réalité
- Introspection : La raison pour laquelle je crois en une baisse des impôts, c'est avant tout parce que j'y crois
- Introspection : Je ne sais pas si je vais gagner ou non, je pense que oui. Je sais que je suis prêt pour cette charge (de président). Et si je ne le suis pas, et bien tant pis !
- Pédagogie : J'aime l'idée d'une école dans laquelle les gens viendraient pour s'éduquer et resteraient dans l'état dans lequel ils sont éduqués.
- Pédagogie : La troisième priorité est de donner la première des priorités à l'enseignement.
- Philosophie : Je crois que nous sommes dans une tendance irréversible pour plus de liberté et de démocratie, mais ça pourrait changer
-  Philosophie : Je pense que nous sommes d’accord, le passé est terminé
- Philosophie : Je sais que l’être humain et le poisson peuvent coexister pacifiquement
- Philosophie : Le futur sera meilleur demain
- Philosophie : Je pense que quand vos dites que vous allez faire quelque chose et que vous ne le faîtes pas, c'est de la loyauté.
- Philosophie : La chose qui est importante pour moi, c'est de toujours me souvenir quelle est la chose la plus importante
- Préséance : La chose la plus importante n'est pas d'être gouverneur ou première Dame dans mon cas...
- Rétropolitique : Je veillerai à respecter le pouvoir exécutif, non seulement pour moi-même, mais aussi pour mes prédécesseurs
- Sécurité : Pour chaque fusillade mortelle, il y a à peu près trois fusillades non mortelles. Et ça c'est inacceptable aux Etats-Unis. C'est simplement inacceptable. Nous ferons tout pour y remédier.
- Sexualité : L'un dans l'autre, ce fut une année fabuleuse pour Laura (Busch) et moi
- Stratégie : Si nous ne réussissons pas, nous courrons le risque d’échouer. (Nicolas Sarkozy plagiat cette citation en déclarant à son tour "Si nous ne réussissons pas, nous échouerons." On sent bien là le tribut de l'élève à son maître)
- Stratégie : La mission, c'est de nous battre et de gagner la guerre afin d'empêcher la guerre.
- Stratégie : Les gens s'attendent à ce que nous échouions. Notre mission est de dépasser leur attente.
-  Stratégie : Notre Nation doit s'unifier pour se réunir
- Stratégie : Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à la solution.
- Stratégie : Nous sommes prêts pour tout événement imprévu qui peut ou ne pas se produire.
- Stratégie : La 3ème des priorités est de donner la première des priorités à l'enseignement
- Stratégie : J'ai une politique étrangère axée sur l'étranger
- Technologie : La situation critique de la Californie est la conséquence d'équipements électriques insuffisamment puissants, et donc du pouvoir insuffisant de rendre plus puissante la puissance des équipements électriques.
- Théologie : Je crois que Dieu a créé le monde. Et je pense que nous sommes en train de découvrir plus et plus et plus comment c'est actuellement arrivé.
- Inclassable : J’ai fait des bons jugements dans le passé, j’ai fait des bons jugements dans le futur.
- Inclassable : Je crois que vous m'avez mal sous-estimé.
- Muette : Lors d'un gala présidentiel retransmis sur ABC le 6 mars 2002, le président G.W.Bush fit de grands signes de la main en direction de Stevie Wonder, lorsque le chanteur aveugle arriva sur scène.
GEORGINA DUFOIX
- Avec le premier ministre, nous avons des rapports tous les matins. (à propos de Laurent Fabius )
HENRI GUAINO
Si Nicolas Sarkozy n’avait pas été là, il n’y aurait plus de démocratie en France, en Europe et dans le monde. '
JACK LANG
- Je souhaite que les français descendent dans la rue avec leur instrument à la main. (à l'occasion de la 1ère fête de la musique)- Parmi les personnes présentes il y a dix ans à l’inauguration, certaines sont bien entendu absentes mais les autres sont aujourd’hui parmi nous.
JACQUES CHIRAC
- Bien sûr que je suis de gauche ! Je mange de la choucroute et je bois de la bière.
- Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. 
- Chers ambassadeurs, portez des couleurs plus vives, faites-vous sponsoriser par les grands couturiers, soyez bronzés : n’ayez pas l’air de cadavres !
- En matière de politique internationale, on ne retient mes propos que si je dis une connerie. 
- Et je dis aux Français vous n'êtes pas dans un pays où la corruption règne.
- J'aime le bon vin, je n'abuse pas. Mais la bière a un avantage c'est que cela désaltère, vous comprenez désaltérer, cela coupe la soif et il n'y a pas trop d'alcool dedans, beaucoup moins que dans le vin. Alors on peut boire davantage.
- J'apprécie beaucoup plus le pain, le pâté, le saucisson que les limitations de vitesse.
- Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, c’est ce que j’ai toujours dit.
- Je crois qu’en Russie il y a des gens sérieux et des gens qui ne sont pas sérieux. C’est de plus en plus la même chose en France.
- Je crois que l’on est en train d’enculer des mouches qui ne nous demandent rien.
- Je crois que les deux sexes sont complémentaires. (1977)- Je suis favorable à un septennat de sept ans
- Je suis venu dire aux Français qu'il est temps de renoncer au renoncement.
- Le courage, c’est de ne pas avoir peur. (Mars 1988)
- Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.
- Ma femme est un homme politique.
- Moi, je n'aime pas les voitures blindées parce qu'on ne peut pas ouvrir les fenêtres complètement. J'aime avoir le bras dans une fenêtre ouverte.
- Moi, vous savez, je n’aime que deux choses : la trompette de cavalerie et les romans policiers.
- Pour moi, la femme idéale, c'est la femme corrézienne, celle de l'ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s'assied jamais avec eux et ne parle pas. 
- Un chef, c'est fait pour cheffer. 
- Victor Hugo disait joliment "la nature nous parle, mais nous ne l'écoutons pas". Je ne suis pas sûr d'ailleurs qu'il parlait d'écologie à ce sujet, mais enfin, peu importe. 
- Vous avez fait une connerie ? Ce n'est pas grave ! Regardez-moi ! Des conneries, qu'est-ce que j'en ai fait et je suis encore là ! Vous en ferez d'autres, allez...  (rassurant Pierre Moscovici )
JACQUES TOUBON
- En écoutant la Marseillaise, j’en ai les larmes aux yeux, comme en regardant la mort de Bambi.
- Il faut contraindre les hommes a être libres.
- Même en avion, nous serons tous dans le même bateau. 
JEAN TIBERI
- J'ai l'honneur de vous remettre la merdaille de merveille de la Ville... (remettant à Eugène Ionesco, la médaille de vermeil de la ville de Paris en Avril 1995)
JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS
- Nous ne devons pas céder à la panique, mais la situation est catastrophique.
JEAN-LOUIS DEBRE.
- Je n’imagine pas un instant cette île séparée du continent. (à propos de la Corse, citation élue meilleure perle politique pour l'année 2004)
JEAN-MARC AYRAULT
Nous voulons favoriser la montée en gamme de nos entreprises. Cela signifie favoriser l’innovation et la spéculation. (2012)
JEAN-FRANÇOIS DENIAU (1928-2007)
- J'ai mal à la France. (10/5/1981 )
JEAN-MARIE LE PEN (le champion des gaffes et gaffes à demi, un livre n'y suffirait pas)
-  Il faut rétablir la pine de mort. (l'heure de vérité)
  • Monsieur Durafour-crématoire, merci de cet aveu (1988)
  • "Mon personnel de maison est noir, mon cuisinier est noir [...] que faut-il que je fasse ? Que je me marie avec un noir, homosexuel et sidaïque ?" (21 avril 2002)

  • "Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale." (13 septembre 1987)

- Hiroshima est un détail de l'histoire aérienne de la guerre (18 septembre 1987)
- La première usine qu'il faut faire en France, c'est une usine à couilles ! (2012)
- Si je suis élu président, mon premier voyage à l'étranger ce sera Montfermeil.
- "Le bobo est plutôt de gauche et il est plutôt poilu de la gueule. C'est la mode musulmane ça, d'être poilu de la gueule. Comme ça, ça vous fait prendre pour un FLN." (17 avril 2012)
-
L'immigration ? "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois." (20 mai 2014)


JEAN-PIERRE CHEVENEMENT
- Je suis pour le basisme qui vient de la base.
- Le meilleur moyen d'apprendre à apprendre, c'est encore d'apprendre. (1984)
JEAN-PIERRE RAFFARIN
- Ces événements s’inscrivent dans une politique globale de lutte contre l’égalité dans laquelle s’investit le Gouvernement.  (2/3/2004 son plus "beau" lapsus)
- Il faut avoir conscience de la profondeur de la question du sens..
- Il faut sauter des haies et finalement, je saute les haies les unes après les autres.
- Je n'aime pas beaucoup ne pas être dans le logiciel central de moi-même
- Je suis là pour avancer pour la France avec un certain recul.
- L'avenir est une suite de quotidiens.
- L'Europe à laquelle nous devons penser demain, ce n'est pas l'Europe d'hier.
- L'intelligence de la main communique directement avec le cœur. (7 mars 2004).
- La France est encore au purgatoire puisqu'il reste des socialistes.  (2 juillet 2003)
- Les jeunes sont destinés à devenir des adultes.
- Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints. 
- Merci de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune. (s'adressant à Bernadette Chirac)
- Ne soyons pas frileux, ne soyons p
as frigide avec l'Europe.
- Notre route est droite, mais la pente est forte.
- Regardez bien au fond du flacon d'où est sortie la bulle Internet : vous verrez qu'il y reste encore beaucoup de savon !
- Tout le gouvernement va se mobiliser pour aider la France du gazon.  (13 juin 2002).
KAÏD AHMED (1921-1978, responsable algérien)
- La femme est un sujet brûlant sur lequel j'aimerais m'étendre longuement. (1968)
LAURENT FABIUS
- Il est plus facile de céder son siège à une femme dans l'autobus qu'à l'Assemblée nationale.
- Le sexe, c'est ce qu'il y a de plus profond chez l'homme et la femme. (4/9/85, L'heure de vérité)
- On m'aime mieux quand on me voit.
LEONID BREJNEV (1907-1982)
- Chez nous, il n’y a pas de parti d’opposition parce que nous pensons qu’une opposition pourrait troubler les rapports affectueux qui unissent le gouvernement au peuple.
LIONEL LUCA (député UMP "de base")
- Il n'y a pas que des cons chez nous !
LUC FERRY
- Un bon gouvernement ce n'est pas un gouvernement qui a raison tout le temps. 
LUIZ INACIO LULA DA SILVA
- Ma mère était une femme qui est née analphabète
MANUEL VALLS
- Parce que nous sommes viscéralement attachés au droit d'asile, ceux qui fuient la guerre, les persécutions, la torture, les dictatures, doivent être accueillis. (2015)
- J'étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui. 
MARIE-FRANCE GARAUD, (née en 1934, ancienne éminence grise de Georges Pompidou)
- Il ment tellement que l'on ne peut même pas croire le contraire de ce qu'il dit. (à propos de Jacques Chirac)
- Je croyais qu'il était du marbre dont on fait les statues, en réalité il est de la faïence dont on fait les bidets. (à propos de Jacques Chirac)
MARTINE AUBRY
- Aujourd'hui la parole est au dialogue.
MARISOL TOURAINE
- Il faut laisser aux femmes le temps de se retourner.
- Il y a quand même des médicaments qui soignent !
MAURICE THOREZ
  • Il faut savoir terminer une grève (1936)
  • Blum tel qu'il est (pamphlet antisémite rédigé par le « réfugié » Thorez à Moscou, mais introuvable et ignoré volontairement par les médias et internet) (cf. Blond, "Léon Blum ou la plainte," Jean Meillonnas, "Après le meeting du Vel d'Hiv': la mobilisation communiste contre M. Blum" JSP, 13 March 1937, 2. See Surkis, "Enemies Within," in French Masculinities, 115. http://quod.lib.umich.edu/w/wsfh/0642292.0037.017/--facist-fantasies-of-perversion-and-abjection-race-gender?rgn=main;view=fulltext°
  • La grève est l'arme des trusts (ministre en 1946)
MICHEL BARNIER
- Que l'on soit pour ou contre la Turquie, on ne pourra pas changer l'endroit où elle se trouve .
MICHEL DEBRE (1912-1996)
- Il faut que la contraception ait ses règles
MICHELLE ALLIOT-MARIE
- C'est en marchant que l'on trouve le mouvement, c'est en s'unissant que l'on trouve l'union. (6/2000)
- La France, c'est la Tour Eiffel et Jacques Chirac.
NADINE MORANO
- Je suis sarkozyste jusqu'au bout des globules
- Le vol de portables à l'arraché est un phénomène récent qui n’existait pas avant les téléphones mobiles (9/2011)- Me faire passer pour quelqu'un qui serait raciste, alors que j'ai des amis qui sont justement Arabes, et dont ma meilleure amie qui est Tchadienne, donc plus noire qu'une Arabe, je trouve ça choquant
NICOLAS SARKOZY
- François Fillon commence à m'emmerder avec ses caprices de jeune fille !
- Il y a quelque chose auquel je suis très attaché, c’est que la France a toujours été du côté des opprimés, toujours du côté des dictateurs.  5/9/2015

- J'ai l'honneur de vous remettre le prix de la Veuve-Clito... (alors qu'il était ministre du Budget du gouvernement Balladur, remettant le prix "Veuve-Clicquot" de la "femme d'affaires de l'année" à la présidente des laboratoires Upsa en octobre 1994)
- J'irai encore plus loin dans l'ouverture.
- Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte !
(2007)
- Je ne suis candidat à rien.
(citation élue meilleure perle politique pour l'année 2005)
- Je ne veux pas qu’aucun Français ne soit condamné à l’inactivité.
(19/3/2007)
-
Je veux mettre au service de l'injustice, plus de moyen (4/2006)
- Si nous ne réussissons pas, nous échouerons
- Une partie des français se dit "il fait une politique pour quelques-uns et pas pour tous." Si les français croient ça (et ils ont raison de le croire), je dois en tirer des conclusions immédiates.
(4/2008)
NOËL MAMÈRE
- Les écologistes ne s'intéressent pas qu'au cul des oiseaux et à la chlorophylle. 
NORA BERRA (secrétaire d'état à la santé)
- Je rappelle, dans le cadre de la vague de froid qui s'abat actuellement les principales mesures à adopter en cas de grand froid, notamment pour les populations vulnérables (sans-abri, nourrissons...)... En cas de grand froid, je recommande aux personnes les plus vulnérables d'éviter de sortir.  (4/2/2012)
PASCAL CLEMENT (Garde des Sceaux)
- Je suis peut-être nul, mais le ministre, c'est moi.
PATRICE DE MAC MAHON (1808-1893)
- La fièvre typhoïde est une maladie terrible. Ou on en meurt, ou on en reste idiot. Et je sais de quoi je parle, je l'ai eue. 
PATRICK DEVEDJIAN
- C'est mieux d'être un président bling-bling qu'un candidat plan-plan.  (à propos de Nicolas Sarkozy, 21/1/08)
  • - Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux sarkozystes, c'est tout dire. (citation élue meilleure perle politique pour l'année 2007 )
  • Les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite.
  • Les Allemands "nous ont pris nos juifs, ils nous rendent des arabes. (septembre 2015)
PHILIPPE DE VILLIERS
- Ce n'est pas que j'ai réfléchi, c'est que la réflexion s'est imposée à moi. (1995)
- Quand on va m'entendre et que l'on va me voir, ça va se voir et ça va s'entendre.
PHILIPPE SEGUIN (1943-2010)
- Ce n'est pas parce que les caisses sont vides qu'elles sont inépuisables
PIERRE MAUROY
- La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose.
RACHIDA DATI
- Les fonds d’investissement veulent une "rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle...  (26/9/2010)'- C'est un gode des bonnes pratiques...(1/4/ 2011)
- votre carrière de journaliste est pathétique ma pauvre fille (à Elise Lucet, fuyant ses questions pour Cash investigation)
RAYMOND BARRE (1924-2007)
-
Il faut mettre un frein à l'immobilisme (THE BEST!)
- L'avenir ce n'est pas la fuite en avant dans le passé.
- Cet attentat odieux voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic (au moment de l'attentat ru Copernic, 1980)
- La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler. .
- Le manque de cadres justifiait le maintien de Papon dans ses fonctions après la guerre. 
- Moi, je viens toujours au salon de l’agriculture pour voir les vaches, et voir les vaches me regarder.
- Pourquoi voulez-vous que j’esquive la question quand la question ne se pose pas ?
- Quand le moment est venu, l'heure est arrivée. .
ROBERT HUE
- Si Bush et Thatcher avaient eu un enfant ensemble, ils l'auraient appelé Sarkozy. 
ROBERT-ANDRE VIVIEN
1975 : Sous la présidence de Giscard d'Estaing. Débat visant à instituer une taxe ahurissante destiné à tuer le cinéma pornographique. Intervention de ce député de droite, qui trouvait le texte encore trop gentil ! :
- Messieurs il faut durcir votre sexe !
ROMANO PRODI
Les seuls grands travaux que Berlusconi a réalisé ont été son lifting et ses implants capillaires !
ROSELYNE BACHELOT
- 99% du changement climatique est lié à l'inclinaison de la Terre. (Paris Match, 05/09/2002)
- La moitié du nuage d'ozone qui sévit dans la région parisienne est d'importation anglaise et allemande.
- Ségolène Royal n'est pas maladroite, elle est mal à gauche. 
SEGOLENE ROYAL
- C'est moi qui maîtrise la rareté de ma parole politique, pour dire des choses intelligentes quand j'ai besoin de les dire. (2010)
- Il faut redonner de la précarité, c'est un vrai combat. (janvier 2007) - Je m'adresse à vous, à cette génération qui n'est pas encore née
- Les enfants ne mentent jamais.
- Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit. (citation élue meilleure perle politique pour l'année 2006 )- Pourquoi on va en savoir plus sur l'origine de la vie ? Parce que la comète est restée à l'abri du réchauffement climatique…(11/2014, suite à l'accostage de la sonde Philae sur la comète Tchouri)
- Qui va sur la grande muraille conquiert la bravitude. 
- Une capacité de réaction, voilà ce qui a manqué à Airbus !
- Une femme sur trois est assassinée par son mari.
SEKOU TOURE 
  • Avant l'indépendance on était au bord de l'abîme, nous avons fait un pas en avant. (Sekou Touré président-dictateur de la Guinée de 1958 à 1984)
  • SILVIO BERLUSCONI.
    - Bien sûr, leur abri actuel est tout à fait provisoire, mais justement, il faut prendre ça comme un week-end en camping. (en 2009, à propos des sinistrés du séisme de l'Aquila, qui a fait  300 morts).
    - J'ai fait mieux que quiconque dans tous les domaines où je suis intervenu.
    - Je suis le Jésus-Christ de la politique
    - Mussolini n'a tué personne, il a envoyé des gens en vacances sous forme d'exil intérieur. (2003)
    - Seul Napoléon a fait mieux que moi !
SIMONE VEIL
-
Rien de plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Un jour je me suis endormie pendant mon propre discours.
THIERRY LEPAON (secrétaire général de la CGT)
- Qu'on ne nous dise pas que le bac va être reporté ou annulé à cause de nous ! Il n'y a que 8% des lycéens qui prennent le train.(Pendant une grève des cheminots, 13/9/2014)
VALERIE BOYER (députée sarkozyste)
- Vous en connaissez, vous des lois qui ne sont pas électoralistes ?  (29/1/2012)
VALERIE PECRESSE
- Ségolène Royal est une femme qui cache une forêt d’hommes, Nicolas Sarkozy, un homme qui cache une forêt de femmes.
VALERY GISCARD D'ESTAING
- A mon âge, l'immortalité est devenue une valeur-refuge. (à propos de son élection à l'Académie Française.)
- C'est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit : je le dis d'autant plus aisément que c'est moi qui l'ai écrit. (au sujet du projet de Constitution Européenne).
- C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui ! (au sujet du projet de Constitution Européenne.) - Si le nouveau gouvernement décide de gouverner, alors il doit gouverner.
WINSTON CHURCHILL (1874-1965)
- Christophe Colomb fut le premier socialiste, il ne savait pas où il allait, ignorait où il se trouvait, et tout cela aux frais des autres.
XAVIER BERTRAND
J’ai toujours été pour les excès de rémunération. (2012)
YVETTE ROUDY
- Je suis pour l'égalité des sexes, et en tant que ministre, je prendrai toutes les mesures qui s'imposent.




Le Discours de la servitude volontaire constitue une remise en cause de la légitimité des gouvernants, que La Boétie appelle “maîtres” ou “tyrans”. Quelle que soit la manière dont un tyran s’est hissé au pouvoir (élections, violence, succession), ce n’est jamais son bon gouvernement qui explique sa domination et le fait que celle-ci perdure. Pour La Boétie, les gouvernants ont plutôt tendance à se distinguer par leur impéritie. Plus que la peur de la sanction, c’est d’abord l’habitude qu’a le peuple de la servitude qui explique que la domination du maître perdure. Ensuite vient l’idéologie (que Marx appellera opium du peuple) et les superstitions. Mais ces deux premiers moyens ne permettent de dominer que les ignorants. Vient le “secret de toute domination” : faire participer les dominés à leur domination. Ainsi, le tyran jette des miettes aux courtisans. Si le peuple est contraint d’obéir, les courtisans ne doivent pas seulement obéir, mais devancer les désirs du tyran. Aussi, ils sont encore moins libres que le peuple lui-même, et choisissent volontairement la servitude. Ainsi s’instaure une pyramide du pouvoir: le tyran en domine cinq, qui en dominent cent, qui eux-mêmes en dominent mille… Cette pyramide s’effondre dès lors que les courtisans cessent de se donner corps et âme au tyran. Alors celui-ci perd tout pouvoir acquis.“ Wikipédia


Pour souhaitables qu’elles demeurent, les révolutions sont rares. Elles supposent à la fois une masse de mécontents prêts à agir ; un Etat dont la légitimité et l’autorité se trouvent contestées par une fraction de ses partisans habituels (en raison de son impéritie économique, ou de son incurie militaire, ou des divisions internes qui le paralysent puis le disloquent) ; enfin, la préexistence d’idées radicales de remise en cause de l’ordre social, extrêmement minoritaires au départ (lire « En 1789, subversifs malgré eux »), mais auxquelles pourront se raccrocher tous ceux dont les anciennes croyances ou loyautés ont été dissoutes (11).
L’historienne américaine Victoria Bonnell a étudié les ouvriers de Moscou et de Saint-Pétersbourg à la veille de la première guerre mondiale. Comme il s’agit du seul cas où ce groupe social fut l’acteur majeur d’une révolution « réussie », sa conclusion mérite d’être rapportée : « Ce qui caractérise la conscience révolutionnaire est la conviction que les griefs ne peuvent être satisfaits que par la transformation des institutions existantes et par l’établissement d’une autre organisation sociale (12). » Autant dire que cette conscience n’apparaît pas spontanément, sans une mobilisation politique et un bouillonnement intellectuel préalables.
Serge Halimi (Eloge des révolutions, Monde diplo, 2009)


Sur la question de l'histoire de l'immigration lire ou relire l'intelligent et le lucide texte de Robin Goodfellow après les attentats de janvier, en date du 26 janvier sur ce blog.