"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 28 novembre 2015

AVEUGLEMENT INTERIEUR ET AMIS SINCERES DES TUEURS ISLAMISTES


Impérialisme et terrorisme (complémentaires et indispensables)


  • "Les cagots me tueront"f.  Paul-Louis Courier Oeuvres complètes, 1834) 
  • « Si tu traites un néerlandais de raciste, il te donne tout ce que tu veux »Ayaan Hirsi Ali (Ma vie rebelle) 
  • « Quant aux femmes communistes en Afghanistan, il faut les tuer ». Abdellah Azeem
  • "L'Arabie Saoudite est un Daesch qui a réussi". Eric Zemmour


  1. Le grand remplacement de la nation et du stalinisme par « peau de balle »1

« Il faut pavoiser vos balcons » pour la "jeunesse de la France" a demandé le président Hollande la veille de la commémoration du massacre des civils (du 13 novembre) pour ce vendredi 27. En selfie ou en tapisserie l'oriflamme national connaît en ce moment un succès mondial. Comme le « je suis Charlot » de janvier, cette exhibition peut tout autant signifier « je suis baisé ». L'exhibition et l'agitation du fanal chauvin, même atténuée par une argutie patriotique qui se veut négatrice de tout nationalisme, ne signifie pas autre chose qu'une déclaration de guerre, par l'affirmation symboliquement nationale où le prolétariat est floué et humilié depuis 150 ans. Guerre! cet assassinat ciblé et massif de civils inoffensifs et festifs ? Mais alors qu'on nous désigne l'Etat ou l'armée responsable de ce crime !

Cette consolation pitoyable par le drapeau mité de la bourgeoisie n'aurait pas pu être rapiécé sans les régulières déjections contre le chant qui l'accompagne par les petits beurgeois des stades de foot, depuis des années. Nous, les soixante-huitards avions commencé bien avant eux à mépriser le symbole de la nation bourgeoise classique. On le brûlait ou on le déchirait derrière les barricades pour le remplacer par le fanal rouge. A cette différence près, d'avec les nihilistes petits beurgeois, qu'on ne remettait pas en cause l'histoire de la nation française, ni le moment révolutionnaire que l'oriflamme républicain avait symbolisé, ni l'apport culturel et politique de la France au monde entier.
Sur le site Atlantico, un certain Guylain Chevrier explicite clairement le paradoxe :: « L’idée de nation s’affronte à un double rejet. D’une part, en raison d’un traitement européen de la nation qui la minore à la faveur d’une construction de caractère fédéral, voulue par la sociale démocratie européenne, à laquelle a emboîté le pas la droite républicaine. On assimile ainsi, la résistance des nations à plus d’intégration politique européenne, à un égoïsme des peuples, à du nationalisme.
D’autre part, l’idée de nation s’oppose à la nouvelle figure de l’opprimé, l’immigré, adoptée par la gauche de la gauche après le désenchantement du communisme, et le deuil de l’ouvrier comme figure de l’émancipation commune par la suppression des classes. La défense sans condition des étrangers sans –papiers, au nom d’une solidarité internationale, va avec l’idée de fin des frontières à laquelle résiste la Nation, qui se définit par le territoire sur lequel le peuple exerce sa souveraineté. La Nation a été du coup assimilée à du nationalisme de façon absurde, mais logique lorsque l’on suit ce raisonnement ».
Qu'un ex-trotskien arriviste comme Mélenchon, ou tout autre gauchiste moyen, considère comme « fâchiste » la nation, alors qu'il ne reste qu'un suppôt des solutions nationales, révèle que l'apparent paradoxe du mépris de la nation au profit de la théorie de la nation multiculturelle, peut se retourner du jour au lendemain à une nouvelle apologie simpliste de la nation... en guerre pas très nette. L'apologie de la nation était, que l'on sache, depuis 70 ans, le fonds de commerce des amis staliniens du sieur Mélenchon.
Le stalinisme disparu et la nation évanescente dans les discours hors cycles d'attentats, il n'y a même plus place pour autre chose , toutes classes confondues, que ce vague cosmopolitisme de l'antiracisme, de l'anti-terrorisme et de l'amour renaissant pour la police et les grands inaugurateurs de chrysanthèmes, ces chefs d'Etat de « nations » victimes des « hordes d'assassins » ; c'est à dire peau de balle pour les parents des victimes, et mièvreries comme les démonstrations pacifiques pleurnichardes de janvier.

Que la nation soit un cadavre ambulant, personne n'en doute plus depuis que la mère Hannah Arendt l'avait assuré dans les années 1950. Que la plupart des partis de gauche ou gauchistes lui demandent encore du lait bio et d'accueillir toute la misère du monde ne rendra pas plus productrice la vieille vache. Mais tout ce qui s'oppose à la (vieille) nation est-il révolutionnaire pour autant ?

Avant dans revenir aux « hordes d'assassins », la propagande stalinienne n'avait-elle pas vocation à être internationaliste ? Et le nazisme à être international ? Et chaque religion bien avant à être des conquérantes mondialistes ?
Force est de reconnaître que la nation décatie reste le plus sûr moyen d'encadrement des prolétariats et le réservoir percé de tous les gauchistes hors sol. Qu'elle est une sorte de chasse gardée de la bourgeoisie, de repli dès qu'un tsunami menace à l'horizon, surtout dans l'Europe fédérale, pour ne pas dire féodale caméléon. Presqu'une valeur sûre !

L'échec de la révolution russe, qui avait stoppé momentanément la guerre mondiale, avait ouvert la voie à une reprise du massacre généralisé, y participant avec le masque grimaçant du stalinisme. Le stalinisme fût indétrônable durant un demi-siècle. Il était devenu une religion laïque universelle. On craignait son intrusion et son expansion de Tombouctou à Washington. Il exista, dans les années 1950, une véritable paranoïa « anti-communiste », qui inspira la plupart du temps des succès de librairies pour les pires nanars de la science-fiction. Le livre daté de l'anarchiste Orwell – 1984 2- au service des services secrets de sa Majesté durant la guerre, était avant tout un livre anti-communiste, simple inversion de 1948, considérée comme le début de la « guerre froide » (expression inventée justement par Orwell). Ce système dit totalitaire n'avait pas réussi lui-même à éradiquer les religions et, alors pourtant que Staline et Brejnev avaient su composer avec les chefs religieux musulmans, les successeurs se firent voler la vedette par le bloc américain qui su faire germer le bébé djihadiste en Afghanistan et ainsi défaire le bloc de l'Est pas seulement grâce à sa puissance militaire. Dix ans avant la chute du Mur de Berlin, le colosse stalinien avait révélé ses pieds d'argile, face aux bouleversements en Iran et en Afghanistan3.
L'histoire des bagarres de brigands impérialistes n'a jamais été binaire ni manichéiste ainsi que l'on a voulu nous le faire croire tout au long de la guerre froide, se servant toujours des clivages religieux. Il n'y a pas eu que des Etats compradores mais, constamment des conflits entre alliés du même camp ; il est faux d'affirmer que la fin des blocs aurait ouvert une boite de pandores. Par exemple, après 1945 l'impérialisme US éjecte l'armée anglaise d'Iran ; ce qui n'empêche pas en 1951 les britanniques de renverser le gouvernement Mossadegh qui avait nationalisé les ressources pétrolières, puis les américains de reprendre la main en installant le shah Reza. Personne n'a oublié la crise de Suez, 1956, où britanniques et français durent évacuer la queue basse face aux froncements de sourcils russo-américains.
L'histoire du contrôle de la principale région pétrolière du monde ne concerne en rien Mahomet enterré à Médine, mais un gigantesque puzzle où se déroulent coups fourrés, manœuvres sordides entre puissances, affrontements souterrains derrière rencontres au sommet souriantes et couteaux dans les poches.

Petit rappel, quelques exemples, du long enfantement du « monstre  djihadiste», sans remonter au « grand jeu » du XIXe siècle et à toutes les conséquences de la fin de l'Empire ottoman, où tout ne peut être mis sur le dos des américains, qui sont parfois absents du jeu ou mis hors jeu :
  • c'est à la fin des années 1950 que le père de Tariq Ramadan tombe d'accord avec la CIA que la meilleure 5e colonne pour saper le boc russe est l'islam, et qu'il disposera des meilleurs locaux d'implantation en Europe de l'Ouest en Allemagne et en France (les descendants des Frères musulmans en France ont pour mission actuellement d'y former les imams). Le meilleur propagandiste fourbe de l'islamisation généralisée est sans conteste l'ami altermondialiste des gauchistes, le fils Ramadan.
  • L'auguste démocratie américaine guide les premiers pas d'Al Qaïda pour virer les russes d'Afghanistan ;
  • l'administration Carter préfère laisser accéder au pouvoir le barde islamiste (chiant) Khomeiny pour éviter l'ascension du parti staliniste Tudeh4 qui aurait offert une position privilégiée à l'URSS pour profiter du pétrole iranien ;
  • l'invasion israélienne du sud-Liban en 1982 aboutit à l'union de l'Iran chiite et du Hezbollah, ce qui n'empêchera pas les américains de livrer clandestinement des armes à l'Iran au moment de sa guerre avec l'Irak ;
  • la pétromonarchie saoudienne pense pouvoir acheter les mouvements islamistes dans les années 1970 ; mal lui en prend, le roi Fayçal est tué parce qu'il a introduit une invention satanique, la télé5 ;
  • à la fin des années 1970, prises d'otages à l'ambassade US de Téhéran + invasion russe en Afghanistan ;
  • dans les années 1980, la Syrie finance la minorité chiite d'Arabie Saoudite et les terroristes palestiniens, en lien avec l'URSS ;
  • l'abandon de l'Afghanistan par une fraction des faucons de l'armée américaine après le retrait russe – bien avant la chute du mur de Berlin - laisse des bandes armées de soldats djihadistes entraînés pendant huit ans par les conseillers US, voit l'émergence des talibans et la dissémination des « afghans »soutenus financièrement par la dictature saoudienne. Bombe à retardement qui leur explosera à la figure le 11 septembre 20016.
  • Lors de son intronisation, avec son discours du Caire, Obama a vanté un peu trop un panarabisme flatteur pour l'islam mais aussi pour l'islamisme7 ;
  • les bombardements ultérieurs de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, du Mali, ou autres interventions en Somalie, Niger, Somalie, Yémen, Pakistan, avec des avions ou des drônes, n’ont fait que massacrer des civils de plus en plus fanatisés contre les «  mécréants »sans jamais frapper la chambre de torture wahhabite qu’est l’Arabie Saoudite et ses pays-pétro-frères….
  • Les alliés occidentaux ont renversé des régimes qui combattaient le salafisme (Irak et Libye)
  • Les Américains arment - depuis le début de la guerre civile syrienne - les rebelles sunnites islamistes « modérés » de l’ALS ou de Hazem qui, eux-mêmes, vendent leurs armes occidentales à Daech ;
  • la grande Coalition anti-Daech est composée de toutes les pétromonarchies totalitaires, gangstéristes et esclavagistes du Golfe.
  • la Turquie islamiste de l'assassin terroriste Erdogan fait partie des alliés, alors que c’est Ankara qui, avec l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït, a le plus aidé objectivement l’Etat islamique et la quasi totalité des groupes jihadistes agissant en Syrie : livraisons d’armes, laisser-passer, préférant bombarder les Kurdes que Daesch.



La vision manichéenne et la dénonciation verbale du terrorisme en général sert à masquer les connivences entre le plus grand pays « vengeur démocratique » et ses alliés européens, en premier lieu la France, deuxième puissance militaire européenne, avec ces bandes islamistes qu’ils avaient armées, entretenues et utilisées contre l’URSS. La soi-disante lutte contre le terrorisme n'a pas pour but de faire respecter les droits de l'homme mais de servir de couverture aux stratégies de domination et de partage des tâches dans la région.

Les attentats en France impliquent ou plutôt viennent conforter un tournant (en cours avant) vers une nouvelle répartition des alliances où Pierre pourra s'aligner avec Jacques même si Paul n'en veut pas. L'ensemble des camps en présence instrumentalisent la confessionnalisation de la guerre de rapine au milieu du chaos irako-syrien. On ne peut que formuler des hypothèses. Daesch a certainement perdu nombre de ses soutiens sunnites des pétromonarchies, car le revirement des Etats-Unis en faveur de l'Iran a fait craindre un lâchage de l'Arabie Saoudite ; alors que jusque là un certain nombre d'Etats s'accommodaient des délires de Daesch : Israël, Turquie, etc.
Nulle part on ne voit un affaiblissement des Etats-Unis, qui continuent à régner par le chaos justement et à tirer les ficelles des pires situations, tout en envoyant au casse-pipe une nation vassale, la France sous Hollande comme sous Sarkozy, dépendante des intermédiaires US et des clients-fournisseurs du Golfe8.

Pour parodier un commentateur éclairé, ce n’est pas la première fois qu’il faut choisir entre le cancer et le sida : « Le précédent moderne le plus instructif est la décision de Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill de s’allier avec Joseph Staline pour vaincre Adolf Hitler. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’une des issues de cette grande alliance fut la prise de contrôle de toute l’Europe de l’Est par l’Union Soviétique. Mais l’alternative aurait été la prise de contrôle de toute l’Europe, Est et Ouest, et peut-être même davantage, par l’Allemagne nazie.
L’Irak n’est pas l’Europe, Daesh n’est pas le parti nazi, Obama n’est pas Roosevelt, Hassan Rohani n’est pas Churchill. En d’autres termes, l’analogie est loin d’être parfaite. Mais l’idée est la même: parfois les pays doivent former des alliances avec des nations peu recommandables pour éviter la victoire d'un rival présenté comme le pire ».
Ni grand remplacement musulman ni guerre des civilisations (que les islamistes revendiquent), les attentats – qu'ils soient préparés en Syrie ou ailleurs – sont des aspects concomitants de la bagarre inter-impérialiste pour le contrôle du monde capitaliste. Il existe cependant une similitude avec les années 1980. Alors nous disions que le terrorisme (style Baader ou palestinien) ne pouvait se manifester qu'en l'absence de luttes ouvrières au premier plan de la vie de la société. Les périodes d'attentats anarchistes à la fin du XIX e siècle permettaient à l'ordre dominant de prendre des mesures d'exception qui visaient surtout à museler le mouvement ouvrier, qui dans ces moments restait paralysé. Actuellement l'idée reste fondamentale, mais plus encore. L'objectif de la bourgeoisie, ou plutôt la logique infernale de sa crise économique n'ayant pour autre solution qu'une nouvelle guerre mondiale, elle mène une guerre biaisée, une guerre interne qui ne dit pas son nom, disons une préparation militaire très spéciale et très barbare; depuis des années des milliers de civils sont massacrés un peu partout, surtout dans les pays les plus mal lotis par le « progrès ». Jusque là, personne ne s'étonnait ni ne protestait vraiment, même chez les maximalistes : les peuples du Sud ne sont-ils pas habitués à être de la chair à canon ? De tels attentats en Europe, en pays développés, provoqueraient assurément la révolution immédiatement, un prolétariat non embrigadé restant dangereux pour l'ordre social pourvoyeur de misères et de guerres...
Je pense toujours que la guerre mondiale est impossible sans l'assentiment des grandes masses de prolétaires des pays européens mais que les coups de boutoir répétés du dit terrorisme, croissants et de plus en plus sanguinaires, ont pour but d'énerver le « taureau prolétarien ». Rien ne dit que ce dernier ne va pas céder à l'agitation de la muleta terroriste, si dans la durée, comme le pronostique le sergent recruteur pompier pyromane Valls, un assassinat de masse de plus grande ampleur, un de ces jours, ne va pas inciter à faire endosser l'uniforme à tous pour « intervenir au sol » : la presse gouvernementale se félicite ces jours-ci qu'un « grand nombre de jeunes » veuillent aller à l'armée...

Pour l'heure nulle colère révolutionnaire des masses en France mais recueillement et attente passive.
Fenêtres pavoisées, bougies, dessins et silences.

  1. Du soutien gauchiste à l'islam durci : des mots d'ordre rances

De même que les mots n'ont pas grand sens en face du malheur des personnes qui ont perdu un être cher, de même tous les sens des termes sont chamboulés dans le monde actuel. Le président de la république française qui a officié à des funérailles nationales en effet dignes et sobres, a utilisé le mot de fraternité dans la « guerre actuelle »9. Outre que nous ne savons pas ce que recouvre cette dite guerre : guerre contre qui ? Guerre de préparation à une autre guerre mondiale ? Guerre du mensonge généralisé ? Qu'on me permette de douter de cette notion de fraternité. Le secourisme, l'entraide généreuse et incontestable des premiers témoins des assassinats barbares sont des réactions humaines de compassion, qu'on peut trouver sous toutes les latitudes, qui ne sont pas particulières à la France ou à une classe sociale. Mais je n'y vois aucune fraternité. A l'heure où avaient lieu les fusillades criminelles, je me promenais du côté des Halles où la même population que celle de Bataclan, jeunes cadres trentenaires, se distrayait verre en main dans les diverses terrasses extérieures des bistrots qui jouxtent Beaubourg, quand en face d'eux, allongés au sol, ivres morts, des épaves humaines cuvaient leur alcool de mauvais vin. Je passais, mais je n'aurais pu m'arrêter boire un verre devant ces hommes couchés à même le sol, suintant leur propre pisse. Le président a dit : « on va continuer à s'amuser... à danser... ». Et le quidam interviewé à brûle pourpoint sur le boulevard : « même pas peur ! On va leur montrer qu'on peut encore rire, etc. ».
Les assassins islamistes ne sont pas les représentants des pauvres ou des prolétaires, et le chômage n'est pas une incitation à tuer son semblable, mais cette réponse, hédoniste, révèle l'irréalité et l'inconscience du monde consumériste où nous vivotons. On se répand en analyses sociologiques sur les causes possibles ou probables des engagements cyniques de petits beurgeois. On est choqué du nombre de vies fauchées mais on retombe dans la … même vanité religieuse : la prière et le recueillement.
Le capitalisme est comme protégé par des oeillères : la mort froide d'un côté et de l'autre ces bons robocops harnachés comme des chevaliers du Moyen âge qui nous protègeront (peut-être) des prochaines rafales. Il n'y a plus qu'à regarder droit devant et la larme à l'oeil pour les disparus.
La réflexion est elle-même parasitée par des questions incongrues : désespérance sociale ? Voyoucratie radicalisée ? Suicidaires drogués ? Joie de « tirer dans le tas » ? (qui n'en a jamais eu envie au boulot ou dans la solitude de la vieillesse?) Faut-il défendre la civilisation européenne ? Faut-il avoir honte d'être laïc ? Ou musulman ? Doit-on supprimer les religions ? Bombarder l'Arabie Saoudite ?
La presse n'est jamais lue aussi avidement. Les émissions de télé passent en boucle les mêmes « spécialistes » du terrorisme et politologues patentés qui n'expliquent rien et justifient tout.

Un professeur, Olivier Roy, assure que « le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste ». Sur le fond c'est plus en effet un "problème interne" au capitalisme, et Roy le souligne bien: 
"La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte".

Il conclut par une formule oecuménique qui lui vaut les louanges de tous ses collègues islamophiles et même des édiles gouvernementaux : « Il ne s'agit pas de la radicalisation de l'islam mais de l'islamisation de la radicalité ». Les jeux de mots ou les inversions sémantiques sont souvent amusants mais cachent un vice de raisonnement. Prenons donc ce terme à la mode de « radicalisation ». Il est utilisé depuis quelques années pour caractériser les auteurs d'attentats, très jeunes souvent, et on nous décrit une sorte de basculement soudain dans l'embrigadement islamiste.
Laissons à la critique rongeuse des souris la passé girouette du radicalisme républicain. Qu'on me permette ici aussi de récuser un terme inadéquat, peut-être adéquat pour le bourrage de crâne anti-terroriste dominant. Par le passé, encore à la fin du XX e siècle, le terme de radicalisation, était d'usage en milieu maximaliste révolutionnaire lors de chaque grève ouvrière ou de manifestations lycéennes. On disait : les ouvriers de l'usine Untel après la trahison des syndicats, vont-ils se radicaliser ? Pour les uns, fallait pas rêver ; pour les autres, si la lutte s'étend aux autres entreprises il y aura radicalisation. Comprenez : les ouvriers en viendront à se poser des questions non réformistes, voire révolutionnaires ou seront plus à l'écoute de notre parti de classe...

Dans la cas des tueurs impérialo-terroristes quelle radicalisation possible ? Quelles que soient le raisons – dégoût d'une société excluante, raciste, inégalitaire, haine de soi, honte d'être en échec, désir de vengeance, fables imaginaires sur la victimisation post-coloniale – comment celles-ci, accumulées ou obsessionnelles, pourraient-elles être considérées comme une révolte anti-sociale ?
Comment cette soi-disant « radicalisation », montant en mayonnaise islamiste, signifierait-elle le passage à un niveau supérieur de conscience ?
Parmi les synonymes on trouve durcissement et maximalisation, termes que je trouverais plus convenables pour une soumission à une idéologie criminelle, mais qui seraient contradictoires si, comme il est sous-entendu, la dire radicalisation partait d'une réelle révolte sociale comme celle d'un ouvrier licencié qui fait grève mais qui ne va pas égorger pour autant son patron.
Nos braves spécialistes oublient de creuser un peu plus sur la jeunesse des criminels djihadistes. On veut bien s'étendre sur le racisme, la difficulté à s'intégrer si on s'appelle Mohamed. Si tous les immigrés s'appellent Mohamed, tous les Mohamed ne sont pas des tueurs ! Ce qui est pourtant notables est que pratiquement jamais de vieux imams se font sauter mais qu'en général ce sont de jeunes voire très jeunes hommes, encore adolescents – et dieu sait si l'adolescence dure longtemps à notre époque – des, comme on dit, pas finis, pas socialisés, biberonnés aux jeux de guerre électronique où on tue sans remord, jeux inventés par les super militaires américains concepteurs et champions de l'informatique du décervelage.
Ce n'est même pas à un durcissement de l'enfance ou de l'adolescence attardée qu'on assiste, mais à un saut impulsif vers l'attrait du pognon et d'un petit grade. Le plaisir risque d'être bref mais qu'importe puisque la réflexion ne vient qu'avec l'âge. Après la provocation vestimentaire (l'uniforme permet le défi sous le regard outré des cons de gaulois) – barbe de chèvre et pyjamas pour les types, voile pour les filles – le billet d'avion est offert, la réception assurée. Mais la sélection commence, sectaire. La mise à l'épreuve est sévère. Gilles Kepel dresse un constat peu brillant du sort des « volontaires étrangers » (jeunes merdeux européens que les médias présentent comme les cadres en Syrie!?) : « ...les volontaires étrangers qui viennent, fascinés par ce pseudo-califat où ils pensent réaliser un idéal de rétablissement de la justice et de la vérité universelles, où se mêlent eschatologie et rémanences tiers-mondistes. Les Français et les Belges étaient considérés avec mépris par les autres. Ils n’avaient aucune expérience du combat. On les envoyait donc pour les attentats-suicides ou on les cantonnait aux tâches de logistique. Ou alors, ils étaient geôliers des otages ».
Je reviens à la prestation d'Olivier Roy dans Le Monde, qui termine ainsi : « Quant aux convertis, ils choisissent l'islam parce qu'il n'y a que ça sur le marché de la révolte radicale ». Rejoindre Daesh, c'est la certitude de terroriser ».
On est là en plein délire d'interprétation conforme à ce qu'on nous rabâche sur la « radicalisation » dans les divers médias. Comme « révolte radicale » on fait mieux que de massacrer à la kalach ! Non cette engeance n'est même pas du domaine de la vengeance. La vengeance sociale participe d'une conscience collective alors que l'idéologie musulmane est essentiellement individualiste. Si vous dites à n'importe lequel de ces forcenés que le coran c'est de la m...., il vous flanque un coup de couteau dans le ventre, lui seul n'a de compte à rendre qu'à Allahou Akbar. Ces individus sont le produit du capitalisme décadent : môa jouir avant tout, et môa jouir vite, môa tuer l'autre parce que c'est jouissif ; l'autre (con) est toujours une entrave à MES désirs. Môa pouvoir tuer sans vergogne des inconnus qui sont étrangers à frérots et soeurettes.
Toutes ambitions qui n'ont rien à voir avec le coran sauf dans ses parties criminogènes, et une fourberie criminelle. Une passion pour tuer qui ne nous est pas étrangère. Combien de cadres narcissiques sans robe de nuit ne tuent pas au quotidien dans l'entreprise, à pôle emploi, dans la gendarmerie leurs « inférieurs » ? Et ces vieux machins imamologues peau de balle, sans cravate, qui, incitent à tuer les mécréants (terme du MA) avec forces gestes, ces aimables vieillards cacochymes, infirmes, moches ou aveugles jouissent eux par procuration de voir les petits beurgeois insatisfaits de leur expérience de raquetteurs baver d'admiration à leurs prêches criminels et prompts à se fournir en armes de guerre sur internet. Cette logique de mort n'est pas une vieille resucée des temps antiques comme l'imaginent les magazines genre Marianne ou Paris-Match, ni un verset de Ben Laden, mais le terme ultime d'une fausse opposition à la société capitaliste qui, comme elle, n'a que le meurtre comme solution à l'humanité, car la religion existe depuis toujours par rapport à la mort et pas face à la vie.
La déradicalisation promise comme séance de rattrapage est une faillite complète au Danemark et en Angleterre, et c'est la solution que nous chantent les médias français en période de deuil, alors que la guerre se poursuit là-bas – et qu'on devrait y renvoyer les beurgeois passés à l'ennemi - et qu'on veut nous faire supporter les millions de réfugiés fuyant le crime impérialiste.
Les convertis qui choisissent l'islam « parce qu'il n'y a que ça sur le marché de la révolte radicale », est une formule idiote mais qui recèle une partie de vérité. La révolte en général ne dépend pas et ne se trouve pas sur un marché quelconque et n'est pas vénale. La soi-disant révolte islamique est, elle,vénale, car elle dépend de financements obscurs intra-muros en France en particulier ; on ne nous fera pas croire que c'est l'argent de la drogue ou un crédit bancaire qui permettent le voyage vers le « lieu sacré ». Une réelle révolte radiale ne peut être que désintéressée. Par contre, le vide idéologique opéré par les médias depuis des décennies gommant l'existence de la classe ouvrière, niant comme utopiste le projet communiste révolutionnaire, a en effet nettoyé des devantures des librairies comme des discussions médiatisées ou des réunions publiques cette alternative ; ce projet de révolutionner la société. Même si d'infimes groupes, couples ou individus persistent à défendre la nécessité d'une révolution prolétarienne, fraternelle, internationale, ils ne risquent pas d'être audibles dans le grand ennui dominant pour les jeunes et les personnes seules.
Heureusement le manichéisme ambiant tente d'intéresser les spectateurs méprisés à un débat entre pour et contre, entre cyniques et cyniques. Le gnafron Onfray, anarchiste mou du genou, s'est montré compréhensif envers l'Etat islamique par son tweet : « Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique récoltent nationalement la guerre de l'islam politique ». C'est quoi « l'islam politique », un ramassis de tueurs lâche ? Quelle guerre ? Un Etat en guerre a-t-il pour priorité « courageuse » de tuer dans le dos des civils pour éviter d'affronter la véritable armée adverse ? Nouvelle « arme des pauvres » embrigadés dans une guerre obscure et qui n'ont pas les moyens de tuer massivement avec des chars ou des bombesA ? L'idéaliste Onfray, petit nihiliste d'estrade, qui n'a jamais brillé que sur son ignorance des besoins des masses pauvres et du prolétariat, était déjà plus que confus avec son Traité d'athéologie, et il a viré sa cutie vis à vis d'une religion criminogène au moment où c'est vraiment pas rentable, au moment où le terme islamophobie devient justifié. Lire: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/il-faudra-faire-sans-michel-onfray-169999

Interviewé pour plus de précisions sur sa pensée iconoclaste (sic à géométrie variable) par Le Point qui l'a sponsorisé depuis des mois comme le plus grand philosophe français, l'athée pourfendeur pour rire de l'islam, porteur de valise du nihilisme camusien se fait porte-voix, non du peuple musulman planétaire opprimé, mais d'un présumé Etat universel petit beurgeois : « Il faut se demander ce que signifie faire la guerre à un peuple qui est celui de la communauté musulmane planétaire, l'oumma. La France est-elle à ce point naïve qu'elle imagine pouvoir déclarer la guerre à des pays musulmans sans que ceux-ci réagissent (…) Si nous continuons à mener cette politique agressive à l'endroit des pays musulmans, ils continueront à riposter comme ils le font. La France devra cesser cette politique islamophobe alignée sur les Etats-Unis. Elle devrait retirer ses troupes d'occupation ».Gnafron bouffi ne nous explique pas non plus ce que sont "des pays musulmans", des Etat compradores ou des cliques qui martyrisent leur peuple comme l'a vérifié la conclusion du printemps arabe et la terreur ayatollesque en Iran? Ou les deux?
Les choses sont moins simples, mais on ne peut pas laisser dire que la bande de tueurs de Daesch et la plupart des dirigeants des pays arabes en guerre sont les représentants des peuples qui subissent la guerre (et la fuient pour tenter de se réfugier...chez l'ennemi européen). Quant au terme islamophobe, ce pauvre Onfray l'a tellement reçu dans la gueule qu'il le retourne comme les gosses.

Quand Onfray veut légitimer cette bande d'assassins sans foi ni loi, il est encore plus ridicule et révèle encore que les anarchistes de son espèce ont toujours choisi un camp dans les guerres : « une trêve pourrait être signée entre l'EI et la France pour que son armée dormante (sic les petits beurgeois tueurs du Bataclan) sur notre territoire pose les armes » ; où plutôt que ses potes et lecteurs anars belges n'en refilent pas aux impérialo-terroristes rétribués et manipulés par les vieillards islamologues. Admirable lutte intelligente, coutellerie au poing : « C'est une guerre menée par l'islam politique avec autant d'intelligence que l'Occident mène la sienne, mais avec moins d'armes ou avec d'autres armes que les nôtres – des couteaux et non des porte-avions, des kalachnikovs à 500 euros et non des avions furtifs coûtant des millions de dollars. Ils disposent également d'une vision de l'histoire, ce que nous sommes incapables d'avoir, tout à notre matérialisme trivial » .10

 Gnafron est aussi irresponsable que les cagots tueurs et dire qu'on nous le présentait comme le plus grand philosophe vivant et un esprit original! Même le premier ministre bourgeois militariste Valls a raison contre ce petit con de prof: "aucune excuse sociale, sociologique ou culturelle" n'est admissible pour justifier le meurtre des civils sans défense, ici ou ailleurs.

La responsabilité de la France, qui ne se flagelle pas assez, est régulièrement stigmatisée dans les colonnes de Libé-Rotschild, quotidien post-soixante-huitards indépendant de l'argent et des pressions gouvernementales. Voici une liste de pétitionnaires, néo-staliniens, néo-coupatiens et crypto-trotskiens réunis pour la bonne cause - contre l'ennemi intérieur gouvernemental -  les Bidet, Hazan et autres Enzo Traverso, chapeau : « A qui sert leur guerre ? ». Notons au passage qu'ils sont abondamment moqués par les internautes qui protestent que la liste ne contient aucun plombier mais comme d'hab un ramassis de profs, « touristes munichois ». La pétition s'offusque de ce que « les bombardements français accroissent les menaces et contre les dérives liberticides » ; elle a pour souci « éviter que ne sombrent des jeunes des milieux populaires », car « la France, en bombardant, multiplie les djihadistes ». Et les djihadistes en tuant nos civils, sans distinction de races, ne multiplient-ils pas les policiers?
Ce misérabilisme honteux comme cadre d'explication revient à cautionner une légitimité aux tueurs impérialo-terroristes, plus produits de notre société déjantée et des conneries des américains que d'une indépendance nationale quelconque ou d'une légitimité de cagots barbares! Ces vieux gauchistes radotent leur credo d'il y a 40 ans quand ils soutenaient les guévaristes staliniens et les khmers rouges ! Dont on sait l'aboutissement, en jeunes bourgeoisies compradores qui ont générées des dictateurs impitoyables. On n'a pas vu ces vieux hiboux pétitionner contre l'assassinat sadique du petit Ilan Halimi à Bagneux par un soi-disant djihadiste très antisémite, peut-être parce que la France ne bombardait pas à l'époque. L'assassinat des enfants juifs à Toulouse par cette salope de Merah peut-on même oser se demander si il correspondait à un bombardement français ? Même s'il y avait eu un bombardement français dans un pays qui n'était pas le sien, rien ne justifiait ce lâche crime de péteux djihadiste !
Les « correspondances » ou « causalités » de ces messieurs les profs gauchistes en chemisette, ne sont pas une dénonciation ni de la guerre impérialiste ni des crimes de terreur islamiste, ils sont une complicité de faux-cul avec un ennemi. En ne dénonçant que le gouvernement français ils se font les complices des grandes puissances qui se cachent derrière l'armée française et lui laissent faire le sale boulot : Angleterre, Allemagne, Etats-Unis.
Ils défendent un Etat qui n'existe pas mais un conglomérat d'anciens militaires assassins au service naguère de Saddam Hussein, et rétribués par une des pires dictatures cagot de la planète l'Arabie Saoudite, comme hier nos collabos défendaient le régime nazi. Si un des peuples (de la mosaïque bordélique syrienne et irakienne) se sent opprimé par la bourgeoisie française qu'il fasse sauter ministères ou symboles du pouvoir mais pas les civils. Il n'est aucunement prouvé que les bombardements français fassent énormément de victimes civiles. Oeil pour œil, dent pour dent, sont des préceptes religieux mais aucunement révolutionnaires. Ces défenseurs du peuple d'en face pissent donc sur leur propre peuple et sont à vomir. Ils sont enfin des menteurs bobos qui prétendent sauver « des jeunes des milieux populaires » - où l'islamisme est applaudi plus comme défi aux profs de leur acabit qui reproduisent les inégalités sociales (et dont la majorité n'a pas envie de mourir pour peau de balle) - alors qu'une médiocrité de petits beurgeois est prête à leur exploser la gueule de sales gaulois parce qu'ils sont certainement les pires des mécréants, des complices fourbes.
Je n'évoque ici que très partiellement le milieu gauchiste et anarchiste. J'ai déjà évoqué le soutien de l'OCL-Alternative libertaire aux armées kurdes réactionnaires. Contrairement à Onfray et aux pétitionnaires chez Rothschild ils ne sont pas avec les terroristes de Daesch mais avec les terroristes kurdes, voyez la différence. Tous ces gens sont hors piste et sans intérêt pour une réelle lutte politique contre la domination capitaliste et son enfumage idologico-religieux. Je n'aborde leur dramatique compromission avec les crimes inadmissibles des bandes armées du capital saoudien et américain (selon les variations saisonnières des alliances impérialistes) que pour m'interroger sur les anciens mots d'ordre du mouvement ouvrier en période de guerre. Je suis probablement celui qui a le plus écrit dans le mouvement révolutionnaire sur la complexité de la lutte en temps de guerre. Lutte contre la guerre, bien sûr, toujours, mais comment ?
LES INVARIANTS :
  • Défaitisme révolutionnaire : c'est la position la plus pointue dégagée par le théoricien Lénine, donc défaite de sa propre bourgeoisie, phénomène qui ouvre la voie à l'insurrection interne du prolétariat, malheureusement cela ne s'est pas confirmé comme en Russie, par ex la France défaite en 1940 voit la fuite éperdue des populations et les tanks allemands qui rentrent comme dans du beurre ; le défaitisme appliqué au XX e siècle a montré des gauchistes choisissant plutôt le camp de l'ennemi et en fait jamais celui du prolétariat.
  • A la déclaration de guerre : grève générale contre sa propre bourgeoisie, idem du jamais vu.
  • Pendant la guerre : favoriser la lutte de classe sur le terrain de classe de la grève et des manifestations pour l'approvisionnement, malheureusement nombre d'anciens marxistes sont tombés dans la résistance nationale comme la plupart des gauchistes ont soutenu la lutte de partisans, toutes luttes qui ne mènent qu'à la restauration de l'Etat bourgeois.
LES NOUVEAUTES :
  • les massacres ethniques : comment s'y opposer d'un point de vue de classe ? Là aussi, bernique et peau de balle ; le prolétariat n'a rien fait pour s'opposer à la déportation des juifs en 1941-42, ni bougé son cul internationalement lors du génocide arménien ; sans parler des génocides successifs en Afrique ;
  • face aux attentats terroristes, quelle défense ? Comme à la fin du XIX e siècle... la police d'Etat ! Les manifestations pieuses et pacifiques de janvier, contrairement à ce que raconte le CCI ci-dessous n'ont pas été une lutte sérieuse ni une protestation efficace contre ledit terrorisme mais un miaulement derrière le gouvernement bourgeois compatissant.
  • Les attentats terroristes qui ne sont pas toujours en lien direct avec la guerre impérialiste doivent-ils empêcher toute réflexion à cause de la soporifique pleurnicherie nationale ; certainement pas, mais ce n'est pas en criant « non à la guerre » que la conscience de la responsabilité du capitalisme avancera d'un pouce.
  • Le problème est global tant et si bien qu'il peut apparaître disproportionné ou inconséquent de s'en prendre à notre propre gouvernement ; il faut être capable de discerner que les arguties des faux opposants gauchistes sont les mêmes que ce gouvernement impérialiste, usant des mêmes dérivatifs, car la pauvreté et le chômage ne sont pas des facteurs d'embrigadement à la guerre ou au terrorisme ; nos donneurs de leçons gauchistes et anarchistes nous brament qu'il fallait écraser la nazisme (même avec l'aide de Churchill et Staline) mais soutiennent les tueurs islamistes qui sont pires.



  1. L'analyse la plus lamentable de l'ultra-gauche décatie :
Bien après tout le monde et après l'extinction des feux, le couple CCI11 ramène sa fraise avec un titre commercial : « Attentats à Paris : à bas le terrorisme ! À bas la guerre ! À bas le capitalisme ! ». Ceux-là ne font pas partie des amis sincères des tueurs islamistes. Le contenu se rapproche plus d'une véritable maximalisme que des concessions gauchistes au terrorisme d'assassins impavides de petit peuple musulman opprimé par les bombes françaises (mais qui vient se réfugier dans les bras avares de l'Europe) ; il pêche hélas par des inventions incrédibles sur une lutte imaginaire des bobos festifs et ex-étudiants en goguette.
Ce qui frappe immédiatement est le discours racoleur propre à faire rire la secte de l'intérieur, en démagogue de la jeunesse et une certaine jeunesse. En janvier, commence-t-on à nous chuchoter pour nous accrocher au bouton de chemise « Daesch avait tué des papys » !? Or premièrement les papys étaient tout sauf des vieux cons et deuxio Bernard Maris avait le même âge que le rédacteur du pensum anti-terroriste (68 ans, ce qui n'est pas considéré comme vieux de nos jours, et Maris malgré la critique que je lui ai porté était un fringant gaillard). Suit un recopiage de la presse bourgeoise sur cette jeunesse des lieux festifs à la mode, sans nous dire encore laquelle12. Beaucoup d'à peu près donc surtout que près de la moitié étaient plutôt des quadras et certainement pas soucieux de changer la société.
Le pire dans la fabulation suit : « C'est cette même génération qui avait rêvé de reprendre le flambeau de mai 68 lors du mouvement social de 2006 en France et qui avait justement exprimé sa solidarité avec les artistes assassinés de Charlie Hebdo en se mobilisant massivement lors des manifestations de janvier ». Cette lubie d'une lutte en janvier est agaçante. Les défilés compatissants ont été organisés et encadrés gentiment par toutes les officines gouvernementales, les ouvriers et les ouvriers immigrés ou assimilés n'y étaient pas. Plus c'est gros plus ça passe ?
On y reviendra à cette jeunesse qui tendait ses bras fragiles (et sans armes) vers les pavés de 68. Pour le moment on nous rabâche que l'Etat islamique est « un pur produit de la décadence », mais, faut-il le spécifier  (c'est pour ceux qui n'auraient pas pigé) « directement secrété par la phase actuelle de décomposition du capitalisme ». On radote aussi que l'effondrement de l'URSS est la cause de cette décomposition, donc de la paralysie des deux classes principales qui, telles deux catcheurs bourrés, ne pourraient plus se combattre. Et de nous seriner à nouveau, ce qui est faux comme le faux nez de Pinocchio, que les Etats-Unis ne sont plus le gendarme du monde. Couple rigolo ! Et qui ressort de ces archives des analyses complètement bidons du rapport entre grandes puissances. Un couple fusionnel a toujours raison, n'est-ce pas ? Mais même dans le détail il se goure : Daesch serait né de la déliquescence de l'Etat irakien ! Faux du départ des troupes US. Les généraux de Saddam Hussein colonne vertébrale de Daesch ? C'est oublier les conseillers américains et la noria des divers Etats de la région intéressés à soutenir telle ou telle bande armée islamiste ; le proto-Etat s'est constitué autour d'un noyau d'Al Qaïda. La politique de marginalisation des sunnites par le gouvernement irakien dominé par les chiites a joué un rôle essentiel dans le ralliement d'un certain nombre de sunnites d'Irak à Daesch. Il y a une difficulté à qualifier Daesch : islamo-fascisme ! Pas très adapté. Le fascisme s'appuyait sur un réel Etat bourgeois et avait un programme moins cucul.
« La guerre impérialiste a nourri l'Etat islamique », non c'est le contraire les bandes armées islamistes « radicales » se sont nourries des querelles impérialistes et de l'apparente prise de distance de l'impérialisme américain. Les « proto-Etats parallèles et incontrôlables » sont pourtant diablement utiles à la diabolisation mondiale de la compétition contre l'islamisme, aux intérêts de blancheur immaculée de l'empire US et à ses vassaux israélien et turc. Bien que mettant tout sur le dos de la rhétorique spécieuse de la décomposition du capitalisme, notre couple maximal a raison de souligner la responsabilité des grandes puissances « bien souvent à l'origine de la création de toutes ces cliques meurtrières et obscurantistes qu'elles ont cherchées à instrumentaliser » ; ce qui est pourtant contradictoire avec l'idée de chaos incontrôlable exprimé auparavant (les pétromonarchies et les Etats-Unis roulaient pour Daesch tant qu'il n'était pas question de renouer avec l'Iran)13.
Il paraît qu'ils avaient une boussole du marxisme en 1990, moi qui était encore dans le bateau je ne l'ai point vue. En 1980 leur boussole déglinguée voyait venir la révolution mondiale pour... peau de balle. En 1990 l'éclatement complet de l'URSS, réduite à des confettis... peau de balle aussi.
Quant à l'appréciation de Daesch comme une barbarie « dont sont capables tous les Etats du monde », il y a une légère exagération et simplification, non ?
Certainement que les attentats internes aux pays européens sont une sorte de boomerang mais on ne peut l'expliquer par le sempiternel gimmick de la décomposition capitaliste ni par l'irrationalité, autre gimmick passe-partout du couple CCI et très anti-marxiste.
Ce n'est pas un simple brouet de gauchiste gnangnan. Il y a bien trois composantes qui composent les petits criminels drogués de Daesch : des petits bourgeois, des paumés de banlieue et des délinquants, bandes d'assassins manipulés qui méritent d'être classés dans le pire lumpenprolétariat, mais notre couple maximal ne développe pas sur « l'absence de perspective », pas de ces ânes tueurs (dont on se fiche et heureusement que la police les a descendu) mais concernant la majorité des prolétaires des banlieues ouvrières, y inclus des familles des tarés qui se sont sacrifiés pour peau de balle. Ce n'est pas l'essentiel la rencontre entre les petits beurgeois et les obscurantistes du Levant, c'est le travail de sape idéologique contre l'histoire et la place de la classe ouvrière qui mérite d'être analysé, et pourquoi c'est dans les pays concernés par les fausses libérations nationales, sans alternative prolétarienne, du fait de la faiblesse historique de leurs classes ouvrières, du fait de la corruption des élites dites « libératrices » et « marxistes-léninistes » qu'on est retombé au degré zéro de la religion la plus expansive et la plus criminogène.
L'hypocrisie de l'Union nationale « vivre ensemble » est bien dénoncée. Mais, comme chez les gauchistes pétitionnaires on se focalise sur l'escalade du militarisme, qui est toujours en escalade d'une façon ou d'une autre, mais rien sur le nouvel ennemi intérieur, qui « sont pas des rigolos » comme dirait Benzéma ! Les bombardements ne résoudront en rien la pourriture intérieure à la nation, la culture de la haine et des cloisonnements communautaires et, toujours, la négation et destruction de la seule classe qui pouvait homogénéiser cette société vers un but non porté par la vengeance et le sadisme du meurtre de l'autre parce qu'il a plus ou parce qu'il a moins.
Le dramatique massacre vient de démontrer qu'on peut tuer massivement dans la cinquième puissance militaire et policière du monde ses propres concitoyens. Que faut-il en déduire ? Comment se défendre ? Par la police ? Peau de balle, elle est au service de Neuilly où il n'y a jamais d'attentats.
Qui est l'ennemi ? Est-ce simplement les Etats impérialistes en général et « le terrorisme », ou notre propre incapacité de prolétaires à nous unir et à sortir de la « servitude volontaire » ?


ON REVIENT FINALEMENT AUX FABULATIONS FRANCO-FRANCAISES :

Le couple CCI, docteur Tant mieux, même quand le prolétariat ronfle ou se contente de Michel Drucker le dimanche après-midi invente une insubordination de masse là où il n'y a que misérables défilés mortuaires. Les jérémiades de janvier par les poseurs de bouquets et de bougies sont dépeints comme « manifestations spontanées », « de rue », au point que la bourgeoisie, surprise, « a pris le train en marche » (Hollande prend généralement l'avion) ; et les promenades spontanées nous ont pourtant fait vraiment pitié en défilant derrière le premier ministre israélien chefs des colons et d'autres criminels de guerre. Des « élans spontanés de solidarité qui favorisent la réflexion » où « la rue peut représenter une force politique » (c'est quoi ce truc?). Quant aux restrictions de liberté, c'est très peu étayé et pas démontré. Quelle restriction de liberté à rester chez soi quand des tarés courent les rues kalach en main prêts à tirer sur tout ce qui bouge ? Vive la restriction de liberté !
Le reste n'est que bouillie gauchiste sur les dérivés journaliers de la presse bcbg : la recrudescence des courants politique bourgeois xénophobes, les actes anti-immigrés, le FN, Nadine Morano... Mais tous ces gens, pour contestables qu'ils soient ne massacrent pas à la kalach les passants !
Le plus pitoyable advient pour caricaturer la lutte ouvrière contre le capitalisme. L'exposé nous embarque dans les actions secouristes du 13 novembre au soir, et on ajoute à cet « héroïsme » (le langage est le même que les psalmodies de Hollande sur l'entraide aux Invalides) l'accueil « significatif » par les bobos allemands fans de Merkel aux migrants, quand on voit le résultat de cette invasion ininterrompue actuellement dans la majorité des populations en Europe... jusqu'à la fabrication inévitable de nouveaux grands bidonvilles comme à Calais.  Bonjour les dégâts pour la solidarité de classe inventée, imaginaire ou subsumée. Quant à la « logique xénophobe des Etats les plus démocratiques », c'est le monde à l'envers, y a pas plus accueillantes que nos démocraties représentatives... de la gabegie (quitte à expulser les plus anciens réfugiés) et on ne nous dit rien de l'accusation in fine de ces charmants Etats contre une classe ouvrière « raciste » qu'insupporte le drapeau de Daesch - le voile intégral - qui se répand sans vergogne dans les cités des prolétaires éloignés du centre ville, cités périphériques désertées par les bobos militants ou donneurs de leçon. A quoi bon dénoncer la guerre en général si c'est pour fermer les yeux sur le "souffrir ensemble" ou sur les véritables causes, au Bataclan, du "mourir ensemble", si c'est laisser revenir les apprentis tueurs francophones de Syrie en leur offrant comme stage de rattrapage des séances de "déradicalisation" par des psychologues qui leur promettront merveilles et gentillesses dans un monde qui ne favorise que le meurtre et l'éradication de toute conscience humaine.

Du bla-bla enfin digne de la convivialité gouvernementale, qui ne repose sur aucune lutte significative de classe ces dernières années, si ce n'est pour évoquer en conclusion la référence, le mouvement de 2006 – la gentille lutte estudiantine contre le cépéeu – où notre couple maximal, en échanges courtois, invente une rencontre amicale entre racailles de banlieue et jeunes étudiants bobos, qui n'a jamais eu lieu et où des hurluberlus de banlieues (ne pas parler de cités ouvrières) se sont fait plaisir en piquant le portable des fils à papa en promenade dans Paris; quand maintenant, certains d'entre eux - jeunesse de France? -  peut-être devenus papas  à leur tour, continuent à cracher sur les gaulois ou à payer le loyer à tout l'escalier pour pouvoir constituer la base arrière pour mener leurs petits trafics illicites. Quand d'autres exigent salles de prière en entreprise et nounous voilées pour habituer les bébés à Belphégor.
C'est ça l'absence de perspective de classe ! Et les plus belles citations de Rosa sentent pour l'heure aussi le réchauffé. Hélas.

 (Avertissement inscrit à l'entrée de l'abbaye de Thélème ) :

"Cy n’entrez pas hypocrites, bigots,
Vieux matagots, marmiteux boursouflés,
Tordcoulx badaux plus que n’étaient les Goths,
Ny Ostrogoths, précurseurs des magots,
Haires, cagots, caffars empantouflés."
 

  (Rabelais, Gargantua 1535)


Notes:

1L'expression était utilisée au Moyen âge, comme signifiant « mes couilles » devenu familier en argot ouvrier, c'est à dire rien du tout pour vous, ou « pour de prunes ». Dans le tragique moment des attentats à Paris, l'expression me semble convenir pour les victimes, peaux trouées de balles... pour que dalle ! (du breton dall = aveugle).
2Qui vient d'être plagié par un auteur algérien collaborateur de l'édition bourgeoise parisienne – titré 2084 – qui plagie aussi les fantasmes de l'envahissement musulman par les Houellebecq et Cie, a été dûment récompensé par la fabrique de l'idéologie franco-islamophile, mais démocratique « républicaine »
3Lire le très clairvoyant et honnête livre de Yvonnick Denoël : 1979, guerres secrètes au Moyen-Orient, ed nouveau monde, dont aucune édition officielle en France n'a voulu (trop craignos pour les bourgeoisies française et américaine).
4L'inquiétude US est exagérée, bien que Giscard leur dise que ce parti staliniste a une influence faible ; la rivalité France/USA à l'époque n'est pas feinte, mais les deux pays seront finalement perdants. Par ailleurs, contrairement aux fables de sectes ultra-gauche les grèves n'ont pas vraiment menacé le régime en transition du shah aux ayatollahs : « Le mouvement ouvrier est important, sans être moteur : tout comme l'opposition libérale , il vient se greffer sur un mouvement d'abord religieux, mais issu des campus universitaires » Yvonnick Denoël, p.52.
5« Les groupes « à risque » sont d'abord les ouvriers des exploitations pétrolières qui manifestent régulièrement dans les années 1950 et 1960 contre leurs conditions de travail et leur maigre salaires. Sous le règne de Faiçal, des leaders ouvriers disparaissent sans que l'on entende plus jamais parler d'eux » (p.130 de 1979 Guerres secrètes).
6Qui, plus le temps passe, reste un mystère. Hors des interprétations dites révisionnistes, mais pas entièrement fausses, certains persistent à penser que c'est une fraction de la bourgeoisie US contre une autre ou une des deux fractions pétrolières rivales, qui a téléguidé ou laissé faire l'attentat... qui a justifié un retour en force pachydermique du contrôle américain au milieu des requins de la région.
7Il faut faire l'effort par contre de se mettre dans la peau des populations abruties par la gouvernance islamique. Le témoignage de Ayaan Hirsi Ali est édifiant : « Nous avions toujours été persuadés qu'en tant que musulmans, que somaliens nous étions supérieurs aux infidèles, et nous nous rendions compte que ce n'était pas le cas » (p. 370 de son témoignage autobiographique). Le commerce en France défend la non discrimination du voile intégral et la priorité d'une certaine clientèle. Le conglomérat Zara a préféré licencier deux de ses employés (le vigile et le chef du magasin), alors que l'ensemble des travailleurs du magasin  avaient refusé l'entrée à une voilée intégrale; le patron Zara a ensuite présenté ses excuses à la famille de la voilée... intégralement satisfaite. Pire, depuis des années des comportements islamistes arriérés étaient tolérés en entreprise : refus pathologique de serrer la main aux collègues féminines ou refus de toucher le matériel (bus ou train) dont elles s'étaient servies... et c'est seulement en "période d'exception" que le gouvernement s'en émeut, quand les gauchistes n'en soufflent mot alors qu'ils avaient fait tout un ramdam naguère craignant la généralisation de syndicats FN...
8 Au plan intérieur, en janvier comme en novembre, qui plus est à l'approche des élections, les politiciens de l'arc en ciel chauvin doivent faire des professions de foi islamiquement correctes et pactiser avec des organisations islamistes pour courtiser le vote musulman, important dans les quartiers ouvriers, et plus docile que l'abstentionnisme laïc...

9Observant ce moment émouvant sur l'écran de ma télé, j'essayais de me mettre dans la peau d'un spectateur de l'Union nationale en 1914 et de me prendre pour un Rosmer ou un Monatte, je n'y parvenais pas car la situation est trop dissemblable. Nous ne sommes pas (encore) en guerre mondiale et les « boches » ne venaient pas à l'arrière égorger ou fusiller des spectateurs sans défense au nom d'une vengeance de peuple opprimé religieusement. Par contre, moi qui ne goûte jamais les chants patriotique et trouve surannée la Marseillaise, je dois avouer que le passage « ils viennent égorger nos fils et nos compagnes » me paraissait tristement d'actualité ! Et que je n'avais pas envie de cracher sur la tombe des victimes françaises en reprochant leur assassinat à Hollande.
10D'après les citations de l'article de Maurice Szafran, bien gentil comparé à moi : « Quand Michel Onfray trouve bien des excuses à l'Etat islamique » (Challenges). A la suite de ces déclarations ignominieuses le gnafron Onfray peut faire une croix sur sa carrière de littérateur, à moins qu'il confirme qu'il était bourré. Il a suspendu son dernier fumier sur l'islam qui promet d'être salement complice des tueurs islamistes.
11Vous avez remarqué depuis quelque temps que j'utilise le mot couple et non groupe pour les gens du milieu maximaliste. Je ne fabule pas et ne m'en réjouis pas non plus – c'est la faute à l'islamisme triomphant - mais la plupart ne sont en effet que des couples hétéros certes, voire stériles, mais usurpent leur qualité. Je dois dire que je préfère les groupes de deux, car ceux de trois comportent inévitablement un gourou. Le CCI est lui aussi un couple, réfugié en province, paranoïaque, et régit par un couple, le reste n'étant que des individus éparpillés, expression de la soumission volontaire aux deux gugusses qui ont détruit peu à peur (sic) l'ancienne organisation.
12Gilles Kepel fait le même constat que moi : « « Mais cette fois, à la différence des attentats de janvier dont les cibles étaient des «islamophobes», des «apostats» et des Juifs, ils tuent tout le monde. Ils ont visé des cafés bobos et branchés mais où se retrouvent aussi des enfants issus de l’immigration post-coloniale. La jihadosphère a abondamment applaudi mais il n’y aura pas de mouvement «Je ne suis pas le Carillon» ou «Je ne suis pas le Bataclan», comme il a pu y avoir «Je ne suis pas Charlie». Cela va se retourner contre eux. Le terrorisme aveugle est spectaculaire, tactiquement plus efficace, mais beaucoup moins stratégiquement et politiquement. Le terrorisme a une économie politique, il doit embrayer sur des populations qu’il mobilise à ses côtés, sinon il s’effondre, le modèle s’épuise ».

13On nous dit que des Etats incontrôlables comme Daesch ont déjà existé en Afrique ? Exemples ? Pour parodier wikipédia je dirai : REFERENCE EXIGEE ! La plupart des nations libérées nationalement sont restées des Etats compradores souvent de leur ancienne puissance colonisatrice.

mardi 24 novembre 2015

DE LA « FAILLITE » DU MARXISME AU TRIOMPHE DU DJIHADISME...


Dans ses mémoires Nadejda Kroupskaïa, la femme de Lénine écrit que celui-ci avait dit, après la conclusion du débat  de 1903: « Je ne pouvais pas rester tranquillement assis en entendant dire qu’il n’y a pas d’ouvriers capables d’être membres des comités. La question traîne en longueur ; le parti souffre d’un mal, c’est évident. Les ouvriers doivent entrer dans les comités ».
Nadejda Kroupskaïa Воспоминания о Владимире Ильиче Ленине (Souvenirs de Vladimir Illitch Lénine, Politizdat, 1989) p. 85, et Lénine, Œuvres, op cit, vol.8, p.414.



« La lutte du prolétariat n’est pas simplement une lutte contre la bourgeoisie pour le pouvoir d’Etat, mais une lutte contre le pouvoir de l’Etat ». Anton Pannekoek


« Le parti de Lénine fut le seul à comprendre les devoirs qui incombent à un parti réellement révolutionnaire. Son mot d’ordre - « Tout le pouvoir entre les mains du prolétariat et de la paysannerie » - a garanti le progrès de la révolution.Ce faisant, les bolcheviks ont résolu la célèbre question de la « majorité du peuple », ce cauchemar qui oppresse depuis toujours les sociaux-démocrates allemands. Elevés dans le culte du crétinisme parlementaire, ceux-ci transposent simplement sur la révolution les recettes éprouvées, bonnes pour le jardin d’enfants parlementaire : pour faire quoi que ce soit, il faut commencer par avoir la majorité. Même chose donc s’agissant de la révolution : conquérons d’abord une « majorité ». Or la dialectique réelle des révolutions inverse cette sagesse, bonne pour les taupes du parlement. Le chemin ne conduit pas de la majorité à la tactique révolutionnaire, il mène à la majorité par la tactique révolutionnaire. Rosa Luxemburg
1. COMMENT LA BOURGEOISIE A FAVORISE LA MONTEE DE L'ISLAMISME ?
La chute du stalinisme a laissé un grand vide. Il faut reconnaître qu'il représentait un espoir pour les millions de déshérités du vieux comme du tiers-monde. Espoir frelaté puisqu'il n'était plus que l'ombre de la grande révolution russe, ombre sordide de la contre révolution. Le projet était laïc mais avait tenté de liquider les religions avant de composer avec. Ne pouvant plus promettre le ciel aux prolétaires, une bonne partie de ceux-ci étaient retournés vers les superstitions extra-terrestres, ou plus prosaïquement n'attendaient même pas la chute du mur de Berlin. Le stalinisme nous a laissé cependant un drôle de bâtard « capitaliste » le maoïsme éternel en Chine dont on lira immédiatement la critique libérale comique de la révolution prolétarienne, où règne plus le confusionnisme que le confucianisme. On rappellera par après les tentatives malheureuses des bolcheviques pour domestiquer l'islam ; impossible de dissoudre les religions tant qu'on aura pas prouvé qu'un monde meilleur et véritablement hors du capitalisme sera possible.Les dites "libérations nationales", qui se réclamaient d'un flambeau révolutionnaire anti-prolétarien, ont partout installé des bourgeoisies compradores des grandes puissances, et d'une façon le plus souvent si dictatoriales et brutales qu'il était plus sûr de croire aux mirages de l'au-delà qu'au banditisme des derniers dominants parvenus. L'islamisme chiite et sunnite est parvenu à concilier toutes voiles dehors l'oppression singulière sur terre et les contes de fée pour l'au-delà; en cela le capitalisme peut lui être reconnaissant, et c'est pourquoi il a laissé installer et développer partout des Londonistan, Belginistan, etc. Les charmes de l'au-delà sont inopérants pour le prolétariat des pays développés, mais pas encore détergent, quand Obama et Hollande fuient comme la peste le choix "d'envoyer des troupes au sol"; au souvenir du désastre du Vietnam, de l'Afghanistan et de l'Algérie, il faudrait voir à voir qu'il n'y ait pas une insurrection généralisée des prolétaires convaincus que les guerres sont un meurtre généralisé au profit du capitalisme; ils ne le disent pas mais on peut le déduire: on devrait être heureux que les dirigeants de la planète se contentent de nous servir que le terrorisme... ce bâtard de guerres qui ne disent pas leur nom.
En réalité de la tentative de révolution mondiale à partir de la Russie aux différentes parodies de révolutions singées par les luttes nationales téléguidées par les deux blocs, les religions n'ont jamais disparues, ni pu être éradiquées, ce qu'elles devront être tôt ou tard si une société humaine et juste peut sauver l'humanité. Elles ont continué à jouer leur rôle d'abrutissement et d'infantilisation des populations et surtout du prolétariat. Preuve du triomphe (prolongé) de la bourgeoisie, preuve aussi que tout reste à faire pour éliminer les superstitions qui entraveront encore longtemps la libération de l'esprit humain.
J'évoque le cas de Cuba ensuite juste pour moquer la disparue – ou inexistante - IV e internationale dont les derniers héritiers éclectiques et féminophiles du NPA sont les souteneurs dans un état de plus en plus critique. Le NPA est en effet englué pour une large part dans une islamophilie ridicule au nom d'une tolérance marxologique, dont les staliniens de Cuba ont fait peu de cas, leur barbe était aussi longue que celle des salafistes mais leurs femmes ont conservé à l'air libre leur chatoyante chevelure hispanique. Le cas du Vietnam est marqué par un simple renvoi de lecture a bilan dérisoire d'une aussi longue et cruelle guerre pour conserver le système capitaliste ; les bouddhistes se sont montrés aussi violents et « suicidaires » que leurs compères des autres religions.
Par contre l'analyse qui suit de l'effondrement du mythe de la Libération nationale en Afrique est très intéressante dans le cas du Mozambique où l'auteur largement cité démontre l'utilisation des clans musulmans pour faire régner l'ordre anti-ouvrier, avant comme après. Le Bondy blog nous fournit ensuite, à travers la critique du livre d'Enderlin, une approche historique de la pourriture du nationalisme juif, qui ne vaut pas mieux que son jumeau, maintenu dans la misère, le nationalisme cosmopolite arabe. Enfin je reproduis en grande partie un article sur le mouvement national algérien avec une idéologie musulmane très présente à l'époque et qui nous avait parue inexistante du fait que la plupart des leaders par la suite ont été des kabyles athées.
PRENDRE congé du marxisme-léninisme

Il faut avoir lu cet extraordinaire texte poétique du parti « communiste » chinois actuel pour résumer plus de 50 ans de massacre idéologique et historique du vieux projet d'émancipation sociale et politique du mouvement ouvrier mené à bien par la bourgeoisie mondiale, ou plutôt ses multiples officines de propagande, journalistes et écrivains, préparé, facilité, imagé et caricaturé par 50 ans de règne d'un communisme de caserne, incapable de rivaliser économiquement et intellectuellement avec le vieux capitalisme libéral. Relayé par un maoïsme qui se pérennise sans honte comme capitalisme émergent sans honte, le cadavre du stalinisme a servi depuis des décennies à remiser la classe ouvrière au musée du XIX e siècle. De Raymond Aron aux think tanks des partis de la gauche bourgeoise, du PCF couche-moyenneux électoralement aux petits profs modernistes, tous se sont ligués pour diagnostiquer la disparition du prolétariat et sa fantaisie révolutionnaire, décrite comme invention inconsistante de la « secte léniniste ».

Il est certain que la ghettoïsation des banlieues est une des explications à la défection du sentiment patriotique et de l'amour du travail, qu'il vaut mieux s 'appeler Alain que Mohamed lorsqu'on se présente à Pôle emploi. Mais ce n'est pas parce qu'on est chômeur ou dernier en classe qu'on devient djihadiste criminel. L'explication de la montée et expansion de la religion musulmane provient plutôt de cette destruction de toute réflexion socialiste, communiste, d'une propagande qui a décrété que les combats politiques du mouvement ouvrier pour « changer la société » n'avaient été que gentille utopie d'esclaves. Jadis, la plupart des ouvriers de l'immigration se fondaient et se portaient au-devant du combat socialiste.
La charnière de l'échec symbolique pour les pays du sud d'une pensée révolutionnaire de type socialiste semble bien avoir été le succès de la « révolution chiite » en Iran à la fin des années 1970. La petite bourgeoisie dirigée par les ayatollahs s'est assise sur les grandes grèves des ouvriers iraniens qui firent tomber le régime du Shah plus vite que les prières du clergé chiite. En Occident la chute quelques années plus tard du stalinisme renforça l'acharnement à se moquer de la classe ouvrière de la part des élites bourgeoises européennes, qui inventèrent l'internationalisme... européen.
Jusqu'à cette époque un ouvrier polonais ou maghrébin en France en venait, au milieu de ses camarades français, à espérer lui aussi « changer la société », soit de façon réformiste en votant pour « le candidat de gauche le mieux placé au second  tour » ou en s'abstenant pour être sur la position révolutionnaire des groupes politiques extra-parlementaires dans l'attente de l'insurrection qui ne vient jamais. En remplacement il n'y eu plus rien, avec la montée du chômage, de l'indécrottable individualisme, le fameux chacun pour soi, tous ces facteurs ne pouvaient que renvoyer vers la ou les religions, ou simplement vers un hédonisme égoïste de consommateur au ras des rayons.
La démocratie bourgeoise avec son mépris patent pour les classes paupérisées, ses préférences classieuses, ses techniques frauduleuses électorales où les partis élisent leurs représentants et se fichent des veautants, a généré une violence sourde, permanente, une haine qui peut s'alimenter à ce qu'on raconte en long et en large à la télé, mais où chaque exemple n'est qu'une conséquence d'un même dégoût d'une société stupidement hiérarchisée, cloisonnée et excluante.

Les appareils syndicaux ont également tué toute idée d'internationalisme en laissant de côté la plupart des ouvriers immigrés « non qualifiés », en s'abstenant de les mêler à leurs représentations hiérarchiques, en refusant qu'ils soient embauchés dans les entreprises « nationalisées ».

Les sectes gauchistes et autres assocs n'ont pas eu non plus la réputation d'accueillir les ouvriers non nationaux dans leurs instances ; les mêmes agitateurs français arrivistes à la Dray, Mélanchon ou Désir ont fait carrière sur une lutte qu'ils « menaient » charitablement. C'est d'ailleurs la charité qui est à la base de la morgue des Plenel, ancien petits caïds gauchistes, et qui explique pourquoi ils défendent mordicus « la religion des pauvres » et les crimes des « délégués des pauvres ». Ils font des vœux charitables en appelant à l'ouverture totale des frontières, mais ils ne sont plus là s'il faut s'occuper de l'intendance. Ils appelaient au vote des immigrés depuis des années avec leur maison mère au gouvernement, mais cela n'empêcha pas les dits immigrés de voter pour les élus de leur pays, parmi les pires bigots de la planète. Il faut relire le discours de la servitude volontaire du jeune Etienne La Boétie pour voir combien les ouvriers de souche comme immigrés peuvent aimer pendant longtemps la soumission aux pires clichés que leur tendent les sergents recruteurs de la gauche bourgeoise, ses gauchistes ou leurs islamistes.
L'islamisme, en écho à ses maîtres bourgeois, peut prétendre avoir fait effondrer le marxisme, mais celui-ci n'est ni embaumé ni sanctifié. C'est pourquoi il reste une arme dangereuse dans les mains du prolétariat. Un million de fois plus puissante que le coran ou la kalach de l'assassin au coin de la rue.

Rions un peu maintenant avec les chinois.

« C’est dans la Russie que Marx considérait comme arriérée qu’éclata la "Révolution d'Octobre"qui devait finalement se solder par un échec; elle descendit du train de l’histoire. Encore plus arriérée, la Chine communiste établie comme un clone de l’Union soviétique par "transfert de la révolution", tout en «maintenant fermement le marxisme-léninisme», revint en arrière à grand pas en déclarant qu’elle n’était qu’au"stade primaire du socialisme". La Réforme explora de nouvelles voies, mit en œuvre l’"économie de marché" entra d’elle-même à l'OMC dirigée par le capital international; «elle s’est branchée sur l’étranger», et ainsi obtint une rare opportunité de développement, et d’un saut est devenue la deuxième économie du monde. Le développement économique de la Chine fut la conséquence du rejet des dogmes communistes marxistes-léninistes, et après la Réforme la Chine ne se rapprocha pas du communisme marxiste, mais s’en éloigna toujours plus. En fait, il n’est pas difficile de faire l’oraison funèbre et le bilan de la théorie marxiste et du mouvement communiste: les faits sont là. Mais en Chine c’est particulièrement "sensible"jusqu’à n’en souffler mot. Toutefois, le président russe Vladimir Poutine n’avait pas autant de scrupules, déjà à la fin de 1999, quand il déclara solennellement dans sa proclamation du nouveau millénaire que l’expérience du communisme au cours des cent dernières années avait été un échec!
Poutine fit un résumé aussi de l'histoire tragique du mouvement communiste de l'Union soviétique, lorsqu’il déclara d’une manière poignante: «Au cours du siècle qui va s’achever, la Russie a passé les trois-quarts du temps à vivre sous le drapeau de la lutte pour les principes communistes. Il est erroné de ne pas voir ce point, ou même de nier les réalisations incontestables de cette période. Mais si nous ne réalisons pas que, dans ce genre d’expérience sociale,la société et les gens ont payé le prix fort, nous commettons une erreur colossale. La principale erreur, la voici: le régime soviétique n'a ni enrichi le pays,ni fait prospérer la société, ni donné la liberté aux gens. Mener l’économie avec un modèle idéologique, a conduit notre pays à être très loin derrière les pays développés. Il peut être difficile de l’admettre, mais
pendant près de 70 ans nous nous sommes développés dans une impasse et cette voie s'écartait de la voie saine de la civilisation humaine.» La déclaration de Poutine ouvre les yeux, sa réflexion est objective et approfondie. Il n’a pas nié que l'Union soviétique socialiste avait atteint des "succès incontestables" et qu’elle avait plusieurs fois organisé un grand défilé militaire pour célébrer sa victoire sur les fascistes lors de la Seconde Guerre mondiale et il s’est montré profondément attristé de l'effondrement de la puissante Union soviétique. L'année où Eltsine transmit le pouvoir à Poutine, très attaché à la Russie sa mère patrie, il l’encouragea par ces mots: «prends bien soin de la Russie». (…) Le parti au pouvoir ne peut pas regarder seulement ses propres intérêts immédiats, il devrait être hautement responsable devant l’histoire, il ne faut surtout pas entraîner le milliard 300 millions de Chinois au sacrifice collectif pour un marxisme-léninisme qui est déjà en ruines. Les gouvernements qui ont mené la Réforme doivent garder la tête claire, se faire une idée précise et réaliste de la situation, la regarder en face et reconnaître avec sagesse et courage le fait objectif incontestable qu’est l’échec du mouvement communiste international et la faillite du marxisme-léninisme; il faut prendre fermement congé du marxisme léninisme et accueillir à bras ouverts une nouvelle époque."Du chat blanc et du chat noir, le bon chat est celui qui attrape les souris".
Le communisme ne peut pas se réaliser, il ne peut même pas passer du"stade primaire"au « stade médian ». Mieux vaut être pragmatique, réaliser le "rêve chinois"des "quatre modernisations"et y travailler dur. Comme il n’y a aucune différence entre le « rêve chinois » et le "rêve américain", il n'y aucune nécessité à gaspiller de la salive à propos d"ismes"ou de bannières, il faut courageusement, avec un esprit pragmatique, dénouer ce nœud idéologique ».


Les tentatives malheureuses des bolcheviques pour domestiquer l'islam

On ne peut pas passer sous silence la refabrication de l'histoire par les crypto-staliniens, vieux intellectuels qui vénèrent encore Thorez et Aragon, oublient toutes les saloperies chauvines véhiculées par PCF et sa corde CGT ; ainsi voyons la « nuance » laïcisme opposée à la laïcité, un comble confusion toujours défendue par les trostkiens, leur ex ou leur infiltrés :

« Par ailleurs, il est aussi bon de rappeler que la tradition du communisme français n'a jamais fait de l'athéisme et de la laïcité, à la différence des sociaux-démocrates et des libres penseurs bourgeois, une « religion à rebours », ce que Maurice Thorez dénonçait dans les années trente sous le terme de « laïcisme ». Laïcisme qui camouflait, mal, le renoncement d'une certaine gauche aux principes fondamentaux de la gauche: radicalisme et égalitarisme social, internationalisme, anticolonialisme, anti-impérialisme. Laïcisme qui précisément dépassait de loin la « laïcité » qui n'est rien d'autre que l'affirmation du droit à la liberté de conscience pour tous, sans exclusions Rappelons d'ailleurs que, à cette époque, c'est aussi au nom d'une certaine « laïcité », de fait du laïcisme, que les socialistes refusaient dans les faits l'accès de leurs syndicats aux travailleurs italiens, polonais, juifs, considérés comme « trop religieux », voire « fondamentalistes », alors que la CGTU communiste leur était ouverte. A l'époque, en France, cela n'avait pas grand chose à voir avec les musulmans, mais les comportements de la France « laïque » officielle étaient somme toute assez semblables à ceux que l'on retrouve aujourd'hui. Dans l'Algérie coloniale, c'était ce même argumentaire « progressiste » qui permettait d'ailleurs déjà à la « République » de traiter ses « citoyens Français musulmans » selon d'autres lois que les autres (chrétiens et juifs). L'histoire de la « ségrégation républicaine » mérite donc d'être confrontée aux dilemmes que rencontrèrent, sous d'autres cieux et dans des situations présentant parfois plusieurs similitudes, les bolcheviques russes. Mais le socialisme s'était à l'origine, avant Marx, développé comme un mouvement tirant son radicalisme du christianisme, et c'est par rapport à un christianisme qu'il estimait nécessaire de déconstruire plus radicalement encore, que Marx plaça sa réflexion sur la religion. D'où l'iconoclasme radical, « athée ». Ayant pris en compte la situation d'oppression qui donnait à la religion sa force au sein des milieux populaires, et sans poser la question qu’est-ce que la foi ?, les partis politiques marxistes n’ont toutefois pas exigé de leurs membres ou sympathisants qu'ils soient athées, mais uniquement qu'ils combattent pour la justice et l'égalité sociale, qu'ils prennent acte de l'existence de la lutte des classes, du combat contre les tendances « individualistes bourgeoises » pouvant exister au sein de chaque être humain et qu'ils analysent, scientifiquement, c'est-à-dire sans a priori, la réalité environnante. Sans préjuger des questions religieuses en soi, mais en prenant en revanche le maximum de distances envers les Eglises et les hiérarchies basées sur la religion.
C’est pourquoi les bolcheviks eux-aussi ne firent pas de l’athéisme un point de leur programme. La réalité de l'évolution concrète du processus révolutionnaire en Russie et dans les pays du bloc soviétique allait plus tard forcer en revanche le destin dans ce sens. Le parti bolchevik avait accueilli au départ en son sein des croyants, en particulier des musulmans, puisqu'il s'agissait d'une population marginalisée au sein de la société russe. Ce que d'autres partis communistes allaient faire également. Doit-on rappeler que le Parti communiste indonésien, qui allait jouer un rôle essentiel dans la libération nationale du pays, fut formé à partir de la transformation d'une organisation politique islamique,  Sarekat islam, en organisation membre de l'Internationale communiste ? Léon Trotsky notait d'ailleurs en 1923 que dans plusieurs régions à dominante musulmane de l'ex-empire russe, près de 15 % des militants du Parti communiste étaient des musulmans[1]. A la fois beaucoup et peu donc. Il considérait ces recrues avec intérêt mais aussi avec une certaine condescendance typiquement eurocentrique : « Des nouvelles recrues révolutionnaires inexpérimentées qui tapent en ce moment à notre porte ». Dans certaines régions d’Asie centrale soviétique, les musulmans représentaient toutefois jusqu’à 70 % des effectifs ».
http://www.lapenseelibre.org/article-marx-lenine-les-bolcheviks-et-l-islam-n-60-104736418.html
Après ce tableau idyllique des truands staliniens, adulateurs des prétentions de l'Etat russe, voyons la réalité plus perturbante des bolcheviques au pouvoir et face aux exigences islamiques. Très tolérants avec l'islam, les ministres bolcheviks avaient autorisé voile et tribunaux islamiques mais devaient déchanter très vite  (j'ai abordé la question dans mon livre sur l'immigration, à partir de la page 172): « La « libre concurrence » entre islam et marxisme s'annonçait plus forte que prévue et les marxistes n'en sortaient pas systématiquement victorieux. Dans le même temps, et pour toutes ces raisons cumulées, les autorités supprimèrent en 1924 les subventions publiques aux tribunaux islamiques. A tous les niveaux, il existait dans le système soviétique une « révolution dans la révolution ». La nouvelle légalité était dans les faits de toute façon souvent impossible à mettre en pratique car beaucoup de jeunes femmes qui refusaient d’accepter un mariage arrangé par leur famille ou de se marier à un mari polygame, n'avaient aucun moyen d'imposer leur vue puisqu'elles n'avaient aucun moyen de trouver un travail rémunéré à la fois en raison de leur manque d'éducation et de la lenteur de la reconstruction économique. C'était la période dite de « Nouvelle politique économique » (NEP) (...)
Le retour d'une politique privilégiant le russe comme « langue d'intercompréhension » alla de pair avec la relance d'une politique d'uniformisation idéologique en principe apte « à dépasser » les « localismes », nationaux et religieux. Le marxisme-léninisme, conception idéologique inventée sous Staline, à partir d'une interprétation rigide du marxisme et des pensées de Lénine s'imposa progressivement comme inéluctable à cette étape, à partir de la fin des années 1920.
(…) au nom des droits de la femme en particulier, Moscou lança une série d'attaques contre l'islam, connues sous le nom de « khoudjoum », mot que l'on peut traduire par attaque, offensive, voire agression. A l'occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars 1927, des manifestations de masse furent organisées à Tachkent, Samarkand et d'autres villes à majorité musulmane, avec des militantes des organisations de femmes soviétiques ayant souvent subi différentes formes d'oppression dans leurs familles. De petits groupes de femmes musulmanes montèrent sur des podiums et se dévoilèrent en public, après quoi on brûla leurs voiles. Cette opération visait à créer une « femme nouvelle », ayant « une conscience d'acier », apte à réaliser en tant que travailleuse et à un rythme époustouflant les objectifs modernisateurs mis de l'avant par Moscou. Les militantes communistes durent retirer le voiles qu'elles pouvaient porter jusque là, en particulier afin de mener un travail éducatif ou politique dans les mosquées.
(…)Des compromis purent ainsi être trouvés au quotidien entre islamité et communisme. La mère était de nouveau encensée dans les années 1930 en lieu et place de la femme individualisée et autonome des années 1920, et le foulard traditionnel des paysannes russes fut de nouveau considéré comme un vêtement plus décent que les cheveux à l'air des « bourgeoises décadentes ». L'avortement fut de nouveau interdit et une politique nataliste prônée. Ce qui dans les faits permettait aux musulmanes traditionnelles de maintenir leur mode de vie, sans plus vraiment chercher en revanche à occuper les premières places dans la vie politique et sociale, plus souvent laissées aux hommes ».
Puis il y eu une vague de répression des comportements islamiques jusqu'à la guerre, viol de femmes voilées, internement d'imams, au point que de nombreux prisonniers musulmans se joignirent à l'armée nazie.
La Russie capitaliste actuelle a inscrit la religion musulmane au rang de ses quatre religions nationales. Poutine fait la visite conviviale des mosquées pour ménager aussi bien l'Iran chiite que les pétromonarchies wahhabites . Les tentatives conciliatrices au cours de l'expérience bolchevique ont démontré que la synthèse n'était pas possible entre « pouvoir soviétique » et islam.
http://www.lapenseelibre.org/article-marx-lenine-les-bolcheviks-et-l-islam-n-60-104736418.html

L'anti-cléricalisme à Cuba une laïcité primaire?

Après la dite révolution de 1959 (coup d'Etat des barbus petits bourgeois), Cuba est devenu un État officiellement athée et a limité la pratique religieuse. Le régime expulsa ou incarcéra plusieurs centaines d’ecclésiastiques : de 1959 à 1961, 80 % des prêtres chrétiens professionnels et des ministres des églises cubaines ont quitté Cuba pour les Etats-Unis (ce qui n'était pas une grosse perte, certes). Les biens du clergé furent nationalisés. Le nouveau gouvernement castriste persécuta les pratiquants de la Santeria et les tint à l'écart du PC. Les relations entre le nouveau gouvernement et les congrégations étaient tendues, le nouveau gouvernement cubain était très soupçonneux des opérations de l'Église, la blâmant de la collaboration avec la CIA pendant le débarquement de la baie des Cochons et du stockage d'armes pour une « contre-révolution ».
Depuis les années 1990, les religions connaissent un regain de vitalité dans l’île. La crise provoquée par l’effondrement du bloc soviétique poussa de nombreux pauvres à se tourner vers la charité des Églises. Des associations chrétiennes comme Caritas pallient encore de nos jours les lacunes du système d’aide sociale. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l’athéisme d’État . Jusqu'en 1998, le régime castriste avait supprimé le jour de Noël. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II a effectué une visite historique sur l'île, invité par le gouvernement cubain et l'Église catholique.
Cependant, un Bureau des Affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille les activités des Églises (autant que la circulation des touristes) qui doivent obtenir la reconnaissance des autorités. Certains prêtres catholiques se sont ralliés au régime castriste, alors que d’autres comme Oswaldo Playa sont des dissidents actifs. L'Église fait toujours face à des restrictions de communication écrite et électronique, et ne peut seulement accepter que des donations provenant de fonds autorisés par l'État. Faudrait voir qu'on leur construise des mosquées...



Sur les déceptions et roueries de la libération nationale du Vietnam lire ici, la démonstration est plus éloquente qu'un article du CCI :
http://reseauinternational.net/vietnam-de-la-liberation-nationale-a-un-etat-vassal-transpacifique-1975-2015/



En attendant le messie: Effondrement du mythe de la libération nationale en Afrique

Sur la faillite des mouvements de libération nationale en Afrique, on lira sans tarder Michel Cahen sur Cairn, contribution géniale  :http://www.cairn.info/revue-historique-2006-1-page-113.htm

Cet ignorant en histoire de la Gauche communiste ne fait ni référence à Rosa Luxemburg ni à RI, qui ont expliqué la vacuité et l'impossibilité de libérations nationales à l'enseigne du développement des nations européennes au XIX e siècle, mais on ne lui en voudra pas vu la qualité de son étude qui aboutit aux mêmes conclusions que le camp maximaliste, mais on notera tout de même ici que l'opportunisme islamiste s'empare de cette artificialité des récente nations du XX e siècle pour justifier sa oumma impérialisto-terroriste.

Lutte d’émancipation anti-coloniale ou mouvement de libération nationale ? Processus historique et discours idéologique. Le cas des colonies portugaises, et du Mozambique en particulier (2006) :

« Il est en effet courant de qualifier les luttes armées qui se sont déroulées dans les anciennes colonies portugaises de « luttes armées de libération nationale »  ou d’employer des formules proches telles que « mouvements de libération nationale », ou encore « fronts de libération nationale ». On trouve bien quelques autres formules, telle l’anglaise freedom fighters, mais qui désigne juste des combattants, sans charge conceptuelle. Les pays indépendants que ces mouvements ont, après une longue lutte, réussi à créer sont qualifiés de « nouvelles nations » ou, quand on veut préciser plus avant leur politique de construction (…) Il est courant de parler de la « crise des États-nations d’Afrique » : pourtant toute analyse dévoile rapidement qu’il s’agit en premier lieu de la crise d’un discours de pouvoir imité des idéologies politiques et des théories de la nation française, portugaise et même britannique – il est intéressant de noter que les élites africaines des anciennes colonies britanniques sont tout autant « néo-jacobines », officiellement, que celles des anciennes colonies françaises et portugaises. De telles « théories », pourtant officiellement répétées et au nom desquelles on réprime le « séparatisme » et le « tribalisme », ne sont guère en cohérence avec la généralisation des pratiques ethno-clientélistes de l’immense majorité des dirigeants. Sur le plan économique, on n’a guère vu de processus d’unification de marchés nationaux. Des forces centrifuges ethniques, religieuses, sociales, se développent, qui sapent la stabilité de ces États – de ces nations, dit-on. Bref, ces États-nations semblent avoir échoué. (…) L’histoire de l’État « moderne » en Afrique contemporaine est évidemment fort différente, puisque des États, issus de la colonisation, ont dû tenter de fabriquer des « nations » dans l’espace de frontières qui n’ont pas été le produit de mille ans de guerre, d’ajustements progressifs et d’unification de marchés, mais de tractations inter-impérialistes qui, de 1884 à 1891 essentiellement, les ont fixées. Toutes les frontières sont artificielles, mais celles-là sont artificielles, décidées en un laps de temps extrêmement court, et par des acteurs extérieurs largement ignorants du terrain.
L´État post-colonial africain se trouve donc confronté à une tâche presque impossible : opérer la légitimation moderne de son territoire, par la fabrique rapide d’une nation qui ne correspond guère à la réalité des peuples et identités présents dans son aire. La mainmise sur l’État, totale ou simplement dominante, d’un groupe social déterminé – en général soudé autour d’une identité ethnique – va donc s’opérer au nom de la nation, processus d’autant plus important que cette mainmise conditionne largement l’accès à la rente (captation de l’aide internationale, revenus du pétrole, etc.) en l’absence de processus historique « bourgeois » d’accumulation de capital. Il y a évidemment un projet d’État-nation, mais cela ne saurait suffire à qualifier cet État d’État-nation. Or c’est précisément ce que l’on fait.
(…) Quand un État est ressenti comme avant tout prédateur, voire kleptocrate, non seulement il ne renforce pas la « production de la nation », mais encore il provoque des réactions anti-étatiques qui suivront les lignes de mobilisation disponibles dans la population, souvent des lignes ethniques, voire ethno-religieuses. De plus, le fait que l’État africain, outre son comportement prédateur, est spatialement et structurellement non représentatif des peuples partiellement présents au sein de ses frontières, affaiblit considérablement les processus d’identification.
(…) Le marxisme apparaît dès lors, dans un contexte où la lutte armée est inévitable, comme l’expression d’un nationalisme « moderniste ». Il est la forme, portée par une minorité radicale et acceptée par des secteurs plus larges des élites, trouvée pour exprimer leur occidentalisation subalterne. Il fait taire, mais ne fait pas pour autant disparaître, le poids d’autres modèles, comme le montrera par exemple plus tard la fascination de Samora Machel pour N’Gungunhana Samora Machel, qui succéda en 1969 à Eduardo Mondlane.... Toute la politique des premières années de l’indépendance visera non point tant à « socialiser » qu’à encadrer la population pour la moderniser autoritairement, pour la nationaliser. (…) Le leitmotiv idéologique du Portugal colonisateur était : « Moçambique só é Moçambique porque é Portugal » ( « Le Mozambique n’est le Mozambique que parce qu’il est le Portugal » )
Il est intéressant de constater, de ce point de vue, que l’utilisation du facteur ethnique pendant la guerre coloniale (1961/1964-1974) n’a jamais été systématique, ou a été utilisé après coup, alors que l’antagonisme était déjà clairement exprimé par les intéressés. On peut certes supposer que la PIDE portugaise   La Police internationale et de défense de l’État (PIDE),... n’a pas été dormante dans l’activation de l’antagonisme entre les Bacongos et les Ovimbundus d’Angola, et les antagonismes internes aux Bacongos, qui entraînèrent la scission du FNLA et l’apparition de l’Unita formée par des cadres ovimbundus Unita : Union nationale pour l’indépendance totale... et cabindas  Les Cabindas sont une branche de peuplement bacongo... en 1965-1966. Mais ce ne sont nullement ces services secrets portugais qui ont inventé, ni même aggravé, ces antagonismes : les massacres de travailleurs contratados ovimbundus des plantations portugaises de café dans le Nord angolais lors de la grande révolte du printemps 1961 sont, alors, encore dans toutes les mémoires   Les Ovimbundus avaient été recrutés de force par les.... On peut penser aussi que le général A. Spinola, gouverneur de la Guinée, a activé, contre les Balantes côtiers et animistes, l’alliance avec les musulmans dans sa tactique des « Congrès des peuples de Guinée ». Mais l’alliance « structurelle » entre les hiérarchies musulmanes mandingues et peules et l’administration coloniale portugaise « catholique » existait depuis longtemps ». (…)

Du reste, si manipulation il y eut, on peut chercher à en voir les résultats sur la durée. Ainsi, en Guinée-Bissau, le PAIGC  Le PAIGC, Parti africain de l’indépendance du cap... avait eu de réelles difficultés d’implantation en zones musulmanes mandingues et peules, utilisées par les Portugais. Mais, une fois au pouvoir, il réussit à recréer une alliance de même type que celle existant, on l’a vu, sous les Portugais (entre l’État moderne – maintenant indépendant – et les hiérarchies musulmanes), allant jusqu’à nommer ministre un grand commerçant musulman de Gabú, ancien député « fasciste » à l’Assemblée nationale portugaise ! Cette politique fut menée simultanément au tournant économique néolibéral (à partir de 1985) favorable, entre autres, aux réseaux marchands mandingues, et ruineuse pour l’économie rizicole des Balantes, fer de lance de la lutte anti-portugaise. De ce fait, ces derniers votèrent massivement pour l’opposition en 1994 et 2000. Chassé du pouvoir par la guerre civile de 1998-1999 et les élections de 2000, le PAIGC conserva le meilleur de son implantation dans ces mêmes milieux musulmans qui avaient été largement instrumentalisés par les Portugais pendant la guerre de libération ».



Cet auteur génial conclut au niveau historique que les termes de « libération nationale » après 1945 sont inappropriés et ne devraient plus être utilisés. En effet l'impérialisme n'a faits que créer des nations artificielles dont les couches petites bourgeoises dégénérées, dans le chaos actuel, ne trouvent pas mieux que de se jeter dans les bras de l'islamisme à marche forcée.
Le Bondy blog donne un résumé du livre du courageux Charles Enderlin :
 
http://bondyblog.liberation.fr/201409070001/lirresistible-ascension-du-messianisme-juif/#.VlQsJ-IqGKI

"En Palestine, les Britanniques ont permis le développement modéré de la présence de Juifs en majorité laïques. Or les Arabes refusent qu’on attribue leur terre à un autre peuple. Ils se révoltent en 1936. Suite à un plan de partage entre Juifs et Palestiniens proposé par Londres, le mouvement sioniste doit choisir la nature de l’Etat juif qu’il veut créer en Palestine. Soit un Etat laïque pour les Juifs retournant comme peuple sur leur terre ancestrale ; ou bien un Etat à dominante messianique, avec un groupe cultuel trouvant refuge sur la terre promise par Dieu à leurs ancêtres.
Ben Gourion, Président de l’Agence juive, socialiste, non religieux et pragmatique, est « (…) favorable au partage de la Palestine sans pour autant renoncer à l’idée du droit historique des Juifs sur la Terre d’Israël, fondement du mouvement sioniste. Mais à ses yeux, il convient d’être réaliste. Seuls l’immigration, le développement économique, la force militaire et d’éventuelles négociations avec les pays arabes détermineront, pense-t-il, les frontières du futur Etat. (…) L’opposition à cette stratégie est quasi générale » de la part des Juifs. Ce plan est rejeté par les Arabes.
Les fondamentalistes progressent avec la création d’une institution spirituelle et législative, un nouveau Sanhédrin, le tribunal du peuple juif. Sharon fait finalement évacuer et détruire des implantations. En 2009, les élections ramènent la droite et des éléments d’extrême droite au pouvoir avec le retour de Netanyahu. Obama est dans un premier temps soucieux d’obtenir un arrêt complet de la colonisation, ce qui crée de fortes tensions avec le gouvernement israélien. Obama ne veut finalement plus geler la construction dans les implantations.
L’idéologie nationaliste religieuse s’est répandue dans certaines unités de l’armée. 2010 voit la reprise de la colonisation. En 2011, 50 rabbins ont affaire à la justice pour une lettre publiée pour interdire à des Juifs de louer des logements à des Arabes ; cette affaire est classée sans suite mais cette lettre est approuvée par 44 % des Juifs israéliens. L’intégrisme imprègne de plus en plus l’armée : par exemple, « sur les ordres de leurs rabbins, un nombre croissant de militaires nationalistes religieux refusent tout contact avec des femmes soldates ».
La société israélienne est devenue de plus en plus religieuse depuis les accords d’Oslo. Les fondamentalistes ne représentent que 13 % de la population mais ils ont beaucoup d’enfants. En 2011, « plus de 51 % des Israéliens croyaient en la venue du Messie ».



La terrible et honteuse occupation juive capitaliste de la Palestine – un nationalisme juif qui faisait vomir Einstein - qui avait longtemps fait l'objet d'un combat de « libération nationale » emmené plutôt par des néo-marxistes, est ainsi devenue l'étendard mondial de la nouvelle guerre de religion binaire pour toutes les fractions religieuses islamistes. Et la solution communiste reste la destruction de l'Etat juif et... l'empêchement de la construction d'un Etat bourgeois arabe !

Messali Hadj et le mouvement nationaliste algérien

par Nick Barrett (6 septembre 2009)
« La première organisation à revendiquer l’indépendance pour l’Algérie est l’étoile Nord-africaine (ENA). Entre 1920 et 1924, 120 000 travailleurs immigrés maghrébins, dont 100 000 Algériens, s’installent en France et pour beaucoup dans la région parisienne. L’ENA est fondée en 1924 parmi les travailleurs immigrés algériens sous l’impulsion du Parti communiste français et suite à une décision du 6e comité exécutif de l’Internationale communiste (IC). Le PCF avait présenté Hadj Ali AbdelKader aux élections législatives de 1924, et il lui manqua seulement 20 voix pour être élu. Selon les rapports de police, le travail du PCF parmi ces travailleurs algériens à porté ses fruits : on estime à 8 000 le nombre de musulmans sympathisants ou adhérents du PCF. Le même rapport les cite comme « les régiments de choc du bolchévisme ». Hadj Ali, un communiste, sera le premier dirigeant de l’ENA. Le Journal de l’ENA l’Ikdam est imprimé par la CGTU (syndicat d’obédience communiste). Messali Hadj rejoint l’organisation en 1926 et deviendra le principal dirigeant du mouvement national algérien pendant 30 ans.
Le contexte politique est important. Cela se passe sept ans seulement après l’espoir soulevé par la Révolution russe. La crise à la fin de la guerre à vu l’émergence de partis communistes dans la plupart des pays industrialisés, des tentatives de révolution en Allemagne, en Hongrie, en Italie, et des soulèvements dans les colonies. Avec la guerre du Rif, la révolution chinoise en 1925-27, un vent de liberté souffle dans les colonies et semble faire écho au premier congrès des peuples à Bakou en 1920, organisé à l’apogée de l’lnternationale communiste. Mais à partir du milieu de la décennie le mouvement communiste international entre en crise. En Russie la politique du « socialisme dans un seul pays » à pris le pas sur le développement de la révolution mondiale, et l’épuration et la bureaucratisation du parti bolchevik est bien en cours. Au niveau international, les généraux du Kuomintang, soutenus par PIC, occupent Shanghaï en 1927 puis massacrent les ouvriers du parti communiste chinois tuant dans l’œuf la révolution chinoise. La stratégie des partis communistes fut dictée par la nécessité pour Moscou de forger des alliances avec des bourgeoisies et donc de freiner les revendications les plus radicales. Ce tournant marque tout le développement du mouvement nationaliste algérien.
(…) Le mouvement nationaliste à su forger une idéologie face à l’occupation coloniale. Sa grande faiblesse était l’absence de courants démocratiques et révolutionnaires capables d’argumenter pour une extension sociale de la lutte et de faire face politiquement à la confiscation de la révolution algérienne. Elle eu lieu d’abord en partie par Ben Bella lors de la dissolution du gouvernement provisoire de la république algérienne pendant l’été 1962 et la répression des militants de l’intérieur de la IIIe wilaya (la Kabylie), puis, et avant tout, par le coup d’état de Boumédiène en 1965 qui mettait fin aux expressions démocratiques d’opposition et ouvrait la voie au système étatique dirigé par l’appareil du FLN.
(…) La question de la religion n’a presque à aucun moment été un obstacle au développement du mouvement nationaliste. Pourtant, elle était omniprésente dans les discours des dirigeants nationalistes. C’était la revendication elle-même d’indépendance qui posait problème pour la gauche française.
http://quefaire.lautre.net/Messali-Hadj-et-le-mouvement
Le site Que faire ? Produit des articles intéressants, documentés. Il n'est pas rédigé ni par des excités anarchistes ni des ignorantins... mais le raisonnement final sent toujours le stalinien arriéré1, anti-trotskien primaire.



2. LA PSYCHOLOGIE DE L'ISLAMO-GAUCHISME



Antoine Boulangé du documenté mais trouble Que Faire, tresse des lauriers au champion de la communion démocratie-islam, Alain Gresh , en commençant par les clichés sur les banlieues a-ban-don-nées:
« Aujourd’hui, une grande partie de la gauche dénonce la menace que constituerait les ghettos et le communautarisme, qui s’opposeraient aux valeurs d’égalité républicaine. Comme le dit Gresh, des valeurs abstraites peuvent obscurcir la compréhension du monde. En effet, le concept même de communautarisme est biaisé. On reproche aux populations immigrés de se séparer alors que c’est justement le système raciste qui les opprime et les marginalise « ce n’est pas le communautarisme qui crée les ghettos, c’est l’inverse ». La menace communautariste est un fantasme et au lieu de la dénoncer, la gauche devrait se solidariser des populations qui subissent le racisme, lutter à leur côtés. Le retour par exemple des pratiques religieuses dans les banlieues est en fait le produit d’un racisme croissant et d’un abandon du terrain social qui était auparavant organisé par le PC, les syndicats... (encadré oui et divisé ! Interjection de jlr). Au lieu de stigmatiser les jeunes filles qui portent le foulard, nous devons défendre leurs droits à pratiquer librement leur religion (ah ah!).
Gresh montre aussi qu’on ne peut pas comprendre la religion comme un monolithe, « l’islam serait d’une essence réactionnaire ». Comme toute religion, l’islam est en fait divers : il n’y a rien de commun entre un roi du pétrole saoudien et un jeune des banlieues, un jeune Palestinien ou Irakien... ».
Gresh est pourtant clairement un des fourriers de l'islamisme rampant, un des ces charitables médiatisés comme Plenel comme avocats des pauvres croyants, dont l'arrière grand-père était colonisé comme ma grand-mère esclave du seigneur de Châteauneuf de Randon et victime de ses sévices racistes :
« Gresh développe une analyse qui rejoint ici la véritable analyse marxiste de la religion. Le marxisme ne critique pas la religion indépendamment de la société et insiste sur sa nature contradictoire. Elle justifie d’un côté le système, c’est le fameux « opium du peuple », mais elle traduit aussi un espoir, une aspiration confuse au changement, « un cœur dans un monde sans cœur ». Gresh souligne le danger qu’il y aurait à « substituer la question religieuse à la question sociale », qui est le véritable problème. Par exemple, voir dans Tariq Ramadan un religieux réactionnaire et non un militant musulman altermondialiste, avec qui nous pouvons lutter.(ouaf ouaf!) Si l’analyse de Gresh est pertinente et nécessaire, elle contient un certain nombre de limites. L’objectif de Gresh est de pouvoir arriver à un « vivre ensemble », quelle que soit la religion. » « Gresh souligne souvent que le racisme sert à masquer le fait que tous les travailleurs ont des intérêts communs, que les immigrés ne sont pas différents de nous, qu’ils sont simplement des travailleurs souvent parmi les plus précaires. L’analyse marxiste montre que ces rapports sociaux sont intimement liés à l’exploitation économique et au contrôle exclusif des moyens de production par une infime minorité de la population. Pour mettre fin à ces rapports il faut donc s’attaquer à la racine du problème. On ne pourra pas mettre fin au racisme, à la guerre sans remettre en cause la propriété privée des moyens de production et donc le cadre politique actuel qui la garantit, la démocratie bourgeoise. Celle-ci, qui multiplie les proclamations sur l’égalité, est intrinsèquement inégalitaire et raciste.
Pour nous, la lutte contre le racisme est une voie nécessaire pour unir les gens sur une base de classe, pour unir les travailleurs quel que soit leur origine, leur couleur, leur sexe, leur religion afin qu’ils prennent collectivement le contrôle de la société et instaurent une véritable démocratie, basée sur l’auto-organisation des travailleurs. C’est pour cela que les marxistes ne doivent pas tomber dans le piège des divisions religieuses ou nationales, pour mettre fin au fameux « diviser pour mieux régner ». En finir avec le racisme implique de lutter pour un autre monde.
Les perspectives que développe Gresh sont très modérées comparée à la dénonciation implacable du monde qu’il fait. Alors qu’il dénonce à juste titre l’illusion qu’a eu la gauche sur le rôle civilisateur de la France, il tombe, même sans le vouloir, dans le piège selon lequel la nation française pourrait incarner un autre modèle pour la planète « Dans un univers mondialisé, régi par les règles du libéralisme sauvage, une nation doit aussi se fixer une ambition : la défense d’un modèle social (...) qui retrouve le vrai sens du mot « réforme » (...) pour un monde multipolaire régi par le droit international ». Au contraire, mettre fin au racisme et à l’impérialisme nécessite de détruire le cadre même des nations. Comme le disait Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».
Malgré ces faiblesses (Gresh s’est toujours présenté d’ailleurs comme un modéré, un réformiste et non un radical), cet ouvrage reste fondamental pour éclaircir les positions à gauche sur l’islam et le racisme. C’est un antidote indispensable aux théories bushistes et leurs versions françaises, de droite comme Sarkozy, mais aussi malheureusement de gauche. L’extrême gauche n’a pas su non plus s’opposer clairement à cette logique comme le montre sa passivité voire son soutien à la loi sur le foulard. Ces positions ne peuvent que renforcer le sentiment chez les musulmans qu’ils ne peuvent compter que sur leurs seules forces. Au lieu de développer une unité de classe, cette politique, comme l’explique Gresh, augmente les divisions et affaiblit l’ensemble des opprimés et des exploités : « Dans le cadre de la campagne islamophobe... je suis frappé par le nombre de jeunes qui en réaction s’affirment musulmans. L’un d’eux m’a déclaré : « je suis musulman athée ». Il y a une telle stigmatisation qu’il veut se sentir solidaire, tout comme un juif athée qui insistera sur sa judaïté pour ne pas faire de cadeaux aux antisémites. Au lieu de renforcer l’intégration, le type de débat que nous avons eu (...) a abouti à une stigmatisation qui renforce la cohésion d’une communauté musulmane imaginaire et qui favorise du même coup les groupes les plus extrémistes ».
La trouvaille du réformisme radical d'obédience trotskienne se résume à l'antienne moraliste sur l'antiracisme comme stade suprême du génie politique, mais qui n'est ni politique ni indication d'une réflexion de classe révolutionnaire qui se bat d'abord sur le terrain économique pas sur celui de la moralisation radoteuse bourgeoise ; au moins apprend-on qu'il y a plus réformiste qu'eux, ce vague plumitif de Gresh mais de la même noria de bobos étrangers aux soucis du prolétariat, acharnés eux aussi à le qualifier de "raciste", participant de la dissolution de l'esprit de classe et du développement des délires islamistes des "pauvres à éduquer à la démocratie" bourgeoise même s'ils ont de l merde dans la tête. Leur ouverture totale à l'immigration est ridicule, idiote et utopique, ridicule parce qu'ils se solidarisent avec l' irresponsable Merkel et avec le mensonge qui fait croire à un cas français, idiote parce que ce n'est pas le FN qui pose les bombes, utopique parce que partout les prolétaires autochtones subissent comme un envahissement l'arrivée massive des migrants des guerres impérialistes (et n'en veulent pas...) - en moins grand nombre disent-ils avec les statiticiens gauchistes mais esquivant la concentration dans les villes principales et leurs métros - de l'Algérie (camps des subsahariens incendiés) à la Roumanie (rejet des Roms), à la Pologne et à l'Allemagne. En gros la position religieusement laxiste, aussi charitable qu'elle est inconsciente, de la gauche si peu extrême du réformisme radical, sert de baume sur la jambe de bois du discours prometteur des gouvernants (très tolérants surtout en période électorale, Hollande l'a emporté grâce au vote des banlieues a-ban-don-nées); de plus ils s'allient constamment avec les puissants pour dénoncer comme ennemi n°1 un parti cacochyme vaguement marchaisien, contribuant à faire passer l'ennemi intérieur impérialiste, criminel et bigot, l'islamisme, pour secondaire.
Catherine Samary, pieuse féministe en chef du NPA en 2011, écrivait, soi-même:

« Il ne s’agissait donc pas de nier l’existence de courants intégristes et de se taire sur leurs violences : dans les collectifs que nous avons formés, nos nouveaux camarades, frérots et seurettes (hi hi) musulmanes nous aidaient au contraire à résoudre une difficulté majeure du combat contre l’islamophobie (dans une société où l’islam est une réalité nouvelle) : celle de discerner... un barbu d’un autre, une femme voilée, d’une autre, bref d’appliquer des grilles de lecture politiques, idéologiques aux musulmans comme au commun des mortels !
Si la montée du port du foulard islamique était effectivement en partie associée à l’offensive de courants dits “salafistes” (en France minoritaires mais très présents dans certains milieux et quartiers), il était essentiel de comprendre d’autres facteurs poussant à l’affirmation publique d’une “identité musulmane”. » Pour ne parler que de la France, d’une part, il faut souligner la croissance de cette population (passant de 1 à plus de 6 millions de personnes sur trois décennies) avec le regroupement familial après l’arrêt de l’immigration – ce qui, statistiquement augmentait le nombre de femmes voilées ». 
 
Les militantes bobos du NPA islamophile et les femen cucul-la-praline nous font pitié. Après la féminisation systématique du vocabulaire par les milieux gauchistes, l'injonction camarades est précédée désormais de l'imbécile injonction islaminguante "frères et soeurs"! C'est sûr, comme aurait dit Rosa, la statistique c'est bon pour les taupes de la bourgeoisie « antiraciste » et racoleuse électorale. Comme conclusion sur cette psychologie gauchisto-fémino-chrétienne, se reporter au chapitre 1 : Prendre congé du marxisme-léninisme.



Lire aussi :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-pourquoi-la-tunisie-fournit-153255


1Une analyse proche, disons oecuménique, est avancée par l'ISM : "En Algérie, l’islam était au cœur de l’identité de l’Etoile Nord Africaine, raconte un pieux musulman de l'ISM qui veut gommer la diversité du FLN à dominante kabyle. Le programme élaboré lors de l’assemblée générale de mai 1933 affirmait : « Pour notre salut, pour notre avenir, pour occuper une place digne de notre race dans le monde, jurons tous sur le Coran et par l’Islam de travailler avec acharnement pour sa réalisation et pour son triomphe final ». Cette place centrale de l’islam dans le projet du mouvement national algérien fut clairement énoncée par les fondateurs du FLN dans l’article premier de la déclaration du 1ier novembre 1954 lorsqu’ils posèrent la revendication d’un « Etat souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Youssef Girard (http://www.ism-france.org/analyses/L-islam-comme-source-de-liberation-8207-article-13806).
Ce site nationaliste islamiste (ISM) réagit ainsi aux lois d'exception : « Depuis des années, les responsables politiques, aussi bien à droite qu’à gauche, et les médias dominants ciblent spécifiquement la communauté musulmane vivant en France et qui serait la nouvelle « cinquième colonne », l’ennemi intérieur, un relais d’un ennemi extérieur aux contours flous : le barbare musulman vivant en marge de la « Civilisation » et la menaçant.
Contre cet ennemi intérieur, ces barbares qui ont infiltré la « Civilisation » en franchissant le limes, l’État a mis en place une législation et des pratiques d’exception : en 1994, en dehors de tout cadre légal, internements de militants ou de personnes « réputées » proches du Front islamique du salut (FIS) à Folembray, expulsions administratives d’imams ou de responsables associatifs musulmans, loi contre le hijab de 2004 dans les établissements scolaires publiques, loi de 2010 interdisant le niqab, prohibition des « prières de rue » pour les seuls musulmans, etc.

A l’extérieur, depuis que la menace « verte », « islamiste », a remplacé la menace « rouge », « communiste », l’armée française s’est lancée dans une série de guerres et « d’interventions » d’inspiration néo-coloniale : guerre du Golfe contre l’Irak en 1991, « intervention » en Afghanistan depuis 2001, « intervention » en Libye en 2011, guerre au Mali depuis 2012, « intervention » en République centrafricaine depuis 2013, « intervention » en Irak et en Syrie depuis 2014, etc.

Les récents attentats viennent justifier auprès d’une opinion publique terrorisée la mise en place de nouvelles mesures d’exception à l’encontre de notre communauté, qui est jugée collectivement responsable des attaques du 13 novembre 2015, et l’intensification des bombardements français en Syrie et en Irak, dont les principales victimes sont des civils qui subissent déjà les horreurs de la guerre depuis trop longtemps.

Ce mouvement islamique de libération conclut :
« Contre les mesures d’exception dont elle est victime, notre communauté ne saurait se contenter de justifications sur la nature pacifiste de l’islam ou de donner des gages d’intégration, de « francité » ou de légalisme. Face à des mesures d’exception nous frappant collectivement, nous ne saurions donner qu’une réponse politique collective fondée sur notre identité. Car nos réponses « humanistes », « patriotiques » ou « occidentales » ne seront qu’une manière de dévitaliser le corps de notre communauté en nous leurrant sur les attaques réelles auxquelles nous devons faire face.

Face à un appareil répressif d’État qui nous cible parce que nous sommes musulmans, il est totalement dérisoire de jouer les « humanistes », les « patriotes », les « Européens » ou les « civilisés » car l’appareil d’État se moque éperdument de nos circonvolutions. Nous sommes attaqués en tant que musulmans, nous devons donc impérativement répondre en tant que musulmans ».

Qu'est-ce que l'ISM ?
L'International Solidarity Movement est une organisation non-gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et pour la fin de l'occupation israélienne. Nous utilisons des méthodes de résistance non-violentes et des actions directes pour affronter et défier les Forces illégales d'occupation israélienne et leur politique.