"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 28 mars 2013

LA PAYSANNERIE UNE VIELLE SOUS-CLASSE D’ACCAPAREURS





Il reste de vieilles croyances anarchistes selon lesquelles le paysan aurait un potentiel révolutionnaire. Selon cette lubie le paysan, être près de la terre, serait incontestablement le dernier humain plus près de la vraie vie contre l’industrialisme forcené pour un retour aux vrais choses de la vie. Tant de jacqueries du passé abonderaient en faveur de cet être révolté traditionnellement contre les puissants, les accapareurs, les féodaux puis les atroces banquiers. La dernière  parodie de jacquerie paysanne passée de mode  n’aurait-elle pas été la pantalonnade écolo du promu député le moustachu intellectuel recyclé du Larzac, José Bové ? Luttant contre les OGM criminels d’un capitalisme pourtant soucieux de nourrir une humanité finissante et affamée à condition de démultiplier les profits sans égards pour la traçabilité des produits de la terre, de la mer  et de Mac Donald. 

L’intellectuel anarchiste marginal, hors des réalités du capitalisme finissant peut toujours se bercer des citations de l’apôtre de la paysannerie primitive, Tolstoï, rétif au modernisme, presque bolchevique, qui espérait un retour salvateur à la « terre » : « La conscience des hommes ne peut pas être apaisée par de nouvelles inventions, mais seulement par une vie nouvelle »[1] . Concédons qu’il y a une part de vrai dans cette distance prise avec la copulation de la science et du profit. Mais pour l’essentiel,  c’est du pipeau d’intellectuel déphasé avec la réalité d’une classe sac de patates, dénuée de conscience universelle, âpre au gain et à l’impérialisme territorial. La classe paysanne, non reconnue comme véritable classe par le marxisme, a toujours été une classe servile vis-à-vis des dominants. Elle resta soumise sous le règne de la féodalité du moment qu’on lui promettait de la protéger et de continuer à exploiter ses ouvriers agricoles, pauvres du cru ou immigrés. Avec le règne de la bourgeoisie, les grandes exploitations fermières, si bien nommées – le paysan même petit est fier d’être « exploitant agricole » - ont prospéré et prospèrent toujours même en enfumant l’atmosphère des pires produits chimiques de l’industrie capitaliste. 

En France, cette sous-classe bénéficie toujours des cajoleries des politiciens électoraux même si son nombre a périclité considérablement, sauf dans les campagnes où les gros paysans font toujours la loi avec le soutien entier de l’appareillage judiciaire parasite. La conscience du paysan dans la société de consumation marchande et de consultation fictive se résume à un individualisme foncièrement foncier, même si quelques originaux socialisant ne confirment pas la règle. Le paysan jaloux des riches est motivé par le besoin effréné de toujours plus de terre, de bestiaux, l’envie de s’accaparer sans témoin  des biens du voisin. Le secret de l’enrichissement est la vitesse. Un jeune « exploitant agricole » sait qu’il doit profiter vite, à condition que les banques lui octroient des crédits, même faramineux, pour se doter du matériel agricole performant. Les vieux paysans le voient arriver comme un corbeau de mauvais augure et s’ils ne peuvent pas le tuer au moins s’empressent-ils de le menacer s’il tente de déborder de ses terres.
Le paysan moderne s’endette donc, et s’endette royalement. Il est pain béni pour les banques qui lui fournissent immédiatement crédit à vie, sachant que la naïveté primaire fait bon mariage avec l’appât du gain…capitaliste. Mieux le paysan est comme toujours son propre patron, du moins c’est ce qu’il croit jusqu’au jour de la faillite. Il décide quand il veut d’aller semer le blé, même le dimanche car les curés ne font plus la loi. Il agrandit son territoire sur le communal grâce à la loi trentenaire et peut compter sur les tribunaux de classe et l’Etat fan de la propriété privée. Pourtant les premières années du postulant à l’enrichissement terrien sont dures et abêtissantes. Il faut sacrifier toute vie libre à la traite des animaux matin et soir, compter sur une concubine qui accepte l’odeur de la merde, la servitude de la nourriture de la volaille et les cancans étroits du village. Les vignerons sont constamment en butte aux limites de territoire et aux invasions ou vols des romanichels. Les éleveurs de cochons font face aux pétitions contre les mauvaises odeurs par les riverains retraités planqués. La paysannerie dans ses diverses composantes n’est que la guerre de tous contre tous. Les exactions paysannes contre les préfectures de l’Etat et leurs violences contre les « forces de l’ordre » bénéficient d’une indulgence que ne connaissent pas les manifestations d’ouvriers. Pour l’anarchiste moyen, habité par le souvenir du Larzac, du lac de Naussac, des Pyrénées à Nantes, il s’agit d’une glorieuse lutte contre l’Etat « prédateur », prolégomènes à un retour à la vraie vie,  individualiste, cossue et au bon air, sans les produits chimiques de la ville spoliatrice.
Les médias totalitaires compatissent aux deux catégories qui seraient les plus touchées par le suicide final : la police et la paysannerie.  Pur mensonge, on dénombre régulièrement un nombre plus fréquent de passage à l’acte de prolétaires.
Les policiers, universellement méprisés surtout par les tribunaux, sont les nouveaux exploités de la « tolérance étatique » face à une criminalité indispensable à l’achat de Porsche pour les avocats. Pour quelques paysans qui recourent à la solution létale, au sommet de l’endettement, les médias ne leur consacrent que la rubrique des chiens écrasés en saluant leur dignité, hélas, et  en passant à l’info suivante.
Dans l’ordinaire du paysan la dignité n’a pourtant aucune place. Dans la guerre de tous  contre tous, certains sont de véritables champions et ne font que concrétiser les désirs de tous. Lorsqu’un paysan meurt normalement, ou prenant la retraite, tous, autour vautour, vont tout faire pour récupérer ses terres, gage d’une progression du cheptel et donc des bénéfices laitiers et consuméristes. Le maire de base, souvent paysan lui-même, tête ou otage d’un clan villageois, se battent comme cochons en foire, pour dénoncer un rival qui a mordu avec son hangar sur le communal. Les tribunaux provinciaux sont remplis de requêtes pour venger des poules écrasées par le tracteur de Martin.
Tolstoï a tort ici pour les besoins capitalistes du paysan. Les nouvelles inventions, qui vont accroître son endettement, lui sont indispensables. Les trayeuses électroniques de plusieurs vaches à la fois, délaissant le tabouret et la branlette des pis  à papy labour, lui donnent des yeux de Chimène. Il va pouvoir enfin regarder Koh-Lanta en même temps que les ouvriers privilégiés des villes. Tranquilles eux après leurs sept heures peinards et leurs luxueuses 35 heures, quoique sans compter le temps de transport. Son profit va être immédiatement proportionnel aux milliers de litres de lait, même cradement filtré, qu’il va refiler au camion du laitier. Le fumier Montesento  existe aussi en France européenne.
La solidarité paysanne est incontestable devant les tribunaux bourgeois, alliances ou mésalliances opportunistes visent à couler le concurrent et à toucher de substantielles « indemnités ». De fait les banques et les tribunaux sont les meilleurs alliés du paysan, du moins de celui qui « réussit ».
Comme le flic bien dans sa peau, comme le patron qui « prend ses responsabilités », comme le cadre du secteur public, le paysan vote Sarkozy. Comme l’actionnaire ou le retraité chapeau le paysan vole impunément et il est dans « son droit ». Toujours plus, telle est la doctrine du paysan.


[1] Cité par Georges Anquetil dans son très anti-homosexuel brouillon « Satan conduit le bal » (1925).

mardi 26 mars 2013

COMMENT LA BOURGEOISIE VIOLE SA PROPRE LEGALITE





Etant bien convenu que nous sommes en régime libéral démocratique et que c’est le peuple qui, en votant, choisit ses dirigeants politiques, les contrôle tout au long de leur mandat ou les révoque s’ils commettent des malversations.
Stop plus personne ne croit à ces fadaises, et peu imaginent qu’un autre système politico-social pourrait se débarrasser de politiciens appointés, menteurs professionnels et intouchables. Et d’en conclure qu’il faut faire avec, s’indigner juste ce qu’il faut et faire confiance aux oublis de la mémoire.
Il est surtout remarquable que le système de domination bourgeois moderne procède toujours comme si ses caïds politiques étaient naturellement bons, dévoués et profondément honnêtes. Certes les partis politiques sont tous des tavernes putrides où les divers caïmans se disputent le pouvoir sur la majorité des simples votants. Et si vous affirmez qu’ils sont tous pourris de droite à gauche et aux extrêmes, gare à vous, cela signifie – puisque vous niez le droit à l’existence républicaine de divers partis concurrents – que vous êtes un fasciste.
On ne peut qu’être frappé par la répétition outrancière d’affirmations qui, de prime abord sont totalement mensongères pour ne pas dire culottées lorsqu’il s’agit de distraire le public autour d’une personnalité. A vrai dire Machiavel est dépassé, la bourgeoisie use et abuse d’un double et même d’un triple langage. Elle fait dire à ses médias le contraire du contraire  de ce qui est l’évidence pour toute intelligence moyenne. Le vocabulaire et le sens premier des mots sont violés en permanence. Ainsi une crapule qui a détourné des fonds publics demeure Monsieur le député, un dirigeant syndical qui a signé un accord pourri reste le représentant du personnel. Les petites frappes de banlieue restent caractérisés comme des « jeunes », alors que dans années 1950, tout journaliste les étiquetait voyous ou apaches. Un ancien président de la République qui a accumulé les pires mensonges et des insultes de charretier doit rester considéré comme Monsieur le Président. Le prolétaire qui tu son patron qui le persécutait reste toujours lui un « forcené ».
La façon dont la bourgeoisie met en scène les personnages publics célèbres est inqualifiable, profondément irritante et délibérément répétitive dans leur phase de gloire comme dans leur faillite personnelle. La façon cavalière dont les lobbies de M. Strauss-Kahn assuraient avec force sondages qu’il allait être qu’il devait être de toute manière le futur chef de l’Etat, ne se discutait pas, comme le commercial qui anime un samedi entier le racolage avec  micro et dont la voix big brother parade et poursuit sans façon chaque consommateur attelé derrière son caddie dans le vaste supermarché de son quartier sans que personne n’aille casser la gueule au camelot. C’est imposé voilà tout, vous pouvez éviter de rentrer faire vos courses dans ce supermarché, comme vous pouvez vous abstenir de voter et de répondre aux enquêtes téléphoniques des instituts de sondage. ILS s’en FICHENT. Tout à l’heure vous étiez un fasciste et maintenant vous n’êtes qu’un marginal inoffensif.
La chute de DSK donna lieue à de répétitifs commentaires attristés de morale conjugale, féministe et bienséante autant de la part de ses adversaires réjouis que de ses amis interlopes odieux. Et cela dura au moins trois ans, et le sujet reste encore d’actualité chaque fois qu’un journaliste manque d’imagination dans la morne actualité quotidienne de la vie en régime capitaliste. Encore l’art d’enculer les mouches pour distraire des vrais problèmes.
Le scandale autour des personnalités doit être rigoureusement scandaleux. Vous avez le choix de prendre partie pour la victime ou pour son criminel, quoique dans les deux cas vous ne vous sentiez pas à l’aise. Tous les milieux son touchés, ainsi j’ai entendu dire, de la bouche d’un collègue ouvrier : « Marie Trintignant cette salope a foutu en l’air la carrière d’un chanteur de talent » ; ledit chanteur Cantat n’est pourtant qu’un pauvre PN sans intérêt, cynique à souhait qui a pu compter sur la justice de classe toujours magnanime pour les crimes « passionnels». Les fans restent fans du pire criminel parce que l’émotion prime sur la raison. Le sportif handicapé Pistorius – il courait sur une piste -  a bénéficié, et mondialement, du même traitement de faveur. La presse semblait s’inquiéter terriblement du risque qu’il ne dispose pas d’une liberté provisoire et allait presque jusqu’à regretter qu’on ne lui permette plus de voyager à l’étranger. Pendant des semaines le « pauvre champion » fit les Unes. De la femme qu’il a lâchement abattu de plusieurs coups de revolver on ne parla plus, sauf dans un entrefilet pour nous informer qu’elle avait été réduite en cendres. Encore une salope qui l’avait cherché. Pistorius aurait-il la possibilité de reprendre son entraînement et de participer aux prochains olympiques. Allez savoir… Autant l’athlète était beau et admirable aux temps de ses exploits, autant la compassion était de rigueur compte tenu de son handicap et de sa capacité coriace à refuser de se considérer comme criminel (un coureur ne vise toujours que le triomphe). Encore un PN friqué pratiquement assuré d’un  jugement compassionnel. C’est comme çà…
En résumé, tous ces individus, et bien d’autres sont analysés en tant qu’individus de pouvoir. Vous êtes sommés de les juger comme tels, avec leurs travers individuels, leurs tragédies et leurs gloires qui doivent vous servir de référence pour vos vies minables de gagne-petit. Jamais ne sont véritablement analysées leurs relations de pouvoir et d’influence. Jamais n’est soupesé la nature et l’état du monde qui les a enfantés. Ils doivent demeurer eux aussi des pierres qui roulent en dehors de toute classe d’appartenance, en dehors de tout critère qui motive domination et exploitation.
UN DIMANCHE D’INTOX PRESIDENTIELLE
Tel était le titre qu’avait choisi le journal Libération il y a un an presque jour pour jour pour qualifier la liste      crise rendait la situation ingérable pour les bonimenteurs qui méprisent si bien le prolétariat, et qu’il fallait laisser endosser la tunique de l’austérité par les rivaux de la gauche énarchique, pour justifier quelques années après le retour d’une droite qui-avait-bien-dit-la-vérité alors que leurs successeurs promettaient la « croissance » ; ce sont les bordiguistes qui ont le mieux analysé cette manœuvre.
des propositions mensongères du candidat Sarkozy à un moment où lui-même savait à peu près qu’il n’avait pas grande chance d’être réélu par ces maudites « couches moyennes » qui l’avaient lâché, prêtes même à élire n’importe quel pingouin à sa place. Entre parenthèses c’était faire beaucoup d’honneur aux couches petites bourgeoises qui ne décident de rien en général au niveau de l’Etat mais votent toujours pour un candidat de parti officiel lorsque vient la consigne féodale de l’alternance. Une partie de la bourgeoisie, et du camp de la droite, voulait se débarrasser de toute façon de ce blaireau histrion. Et pas pour une question de personne mais parce que l’approfondissement de la
Le tumulte autour du come-back de Sarkozy correspond non pas au seul désir de « vengeance » d’un petit personnage sans envergure, mais à la gravité de l’enfoncement économique de la France, que l’on dit si proche de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie… Mais il ne s’agit pas d’une renaissance d’un élu (à coups de pognon)  qui n’a pas varié d’un iota dans sa vérité – tailler des croupières aux « avantages sociaux », supprimer les retraites et faire passer les chômeurs pour des incapables – que d’une manœuvre dilatoire pour parer à toute éventualité dramatique si l’autre ne pouvait aller jusqu’au bout de son mandat.
Sarkozy a beau traîner toute une série de scandaleux enrichissements, où il a été impliqué nommément, il reste un intouchable. Avez-vous vu gangster Chirac et roi des mafieux Pasqua finir leurs jours (gâteux) en prison. Non parce que ces intouchables symbolisent la bourgeoisie dans son ensemble, laquelle ne va jamais se faire hara-kiri.
Voilà qu’un juge terrible, au nom aussi paradoxal que le vocabulaire à tiroir des puissants, méchant Gentil a osé convoquer comme un vulgaire criminel de droit commun, même pas de droit élitaire, Monsieur le Président. Parce que Sarkozy aurait abusé de la faiblesse d’une milliardaire un peu gaga. Au passage notons que c’est pas la pire vilenie que Sarkozy ait commis, la liste est longue pour son rôle d’entremetteur louche pour ses amis successifs du sérail bourgeois jusqu’au Karachigate, ou plus simplement sa responsabilité dans la mort des soldats français envoyés au casse-pipe. En soi la milliardaire en question, même gaga, a le droit de distribuer son argent comme elle l’entend, même si elle entend mal et que, comme toutes les vieilles rombières richissimes elle était en manque des paillettes d’or du pouvoir. Les vieux on les laisse pourrir dans leur trou, sauf s’ils sont riches et dispendieux. La vieille dame riche fût si flattée que le blaireau au sommet de sa gloire vint lui rendre visite en faisant des courbettes. Oui elle pouvait être fière, son pognon avait donné à Sarkozy la tronche de la France « qui gagne » et qui s’enrichit en faisant bosser les millions de prolétaires. C’est quand même mieux qui si elle avait refilé l’oseille à Le Pen, hein ? Fasciste !
Le magistrat  pas gentil n’a certainement pas agi sur commande – cette espèce est bien trop fière et arrogante – mais il savait que s’occuper de plus près du candidat des riches ne pouvait pas déplaire du tout à ses patrons de la gauche au pouvoir et encore moins aux millions de prolétaires, qui ne sont pas les flics et militants abrutis qui envahissent les espaces de post, les espèces de…
Les juges bourgeois ont un pouvoir impressionnant en effet en France, et beaucoup de politiciens et patrons véreux (trop visiblement véreux) l’ont appris à leurs dépens. Les juges ne sont ni les accusateurs publics au temps des révolutions ni des révolutionnaires déguisés avec une bavette de bébé, ils contribuent puissamment de par leur statut de rigidité carcérale à la mystification démocratique en rendant possible, contrairement au régime à parti unique, de pincer les plus pourris pour la galerie afin que la masse des pourris continuent à régner.
Normalement, les politiques s’inclinent devant les juges, respectent pendant des années leurs décisions quotidiennes souvent parfaitement iniques face aux « petites gens ». Avec les groupies Mauricette NKM, Rachida Datée et Moreno la cochonne, la meute affiliée au réseau Sarkozy s’est pourtant mise à pousser des cris d’orfraie face à la désobligeance de ce « petit juge », qui « déshonore » la France (comprenez barbouille la trogne à Sarkozy). Ils n’allaient pas aboyer avec les autres pour mordre la main qui les a nourris et promus aux belles places ministérielles. Sans peur du ridicule cette fraction de la droite plus rien a ainsi affirmé que la justice n’est vraie que lorsqu’elle, la droite, est en charge du pouvoir d’opprimer la société. Oui une honte d’inculper, oui inculper même si on a changé le mot en vocable plus convivial de mise en examen, un homme aussi intègre, et surtout honnête ! Les rivaux du Sarkozy éliminé de la piste et ses ex-amis laissés sur le bord du trottoir  riaient en coin, protestant fort mollement, peu enclins comme le noble parti au pouvoir, à violer une Dame justice bien utile lors des fortes tempêtes internes.
Donc, le dimanche 24 mars, vous étiez au volant de votre voiture, ou devant le journal odieuvisiuel, ou avachi depuis des heures face à votre ordi, et vous n’avez par conséquent pas pu échapper à un long dimanche de fiançailles présidentielles et de retrouvaille de l’ex-président avec son opinion paramétrée exprès par l’institut de sondage de garde dominical, habituel concierge dictant « l’opinion » des locataires et propriétaires du territoire hexagonal. Toutes les dix minutes à la radio, dans la même version dans les multiples chaînes de télé, les cristaux liquides et les casques Sennheiser laisser couler, purulent, le refrain « Sarkozy contre-attaque » ; même qu’on apprenait (de source sûre ?) que le commis de la droite caviar avait menacé sans façon le magistrat au sortir de ses dix heures d’interrogatoire (merci M. le magistrat pour ce traitement « citoyen » !). On imagine les tombereaux d’insultes qui ont fusés en catimini, micro off ; parmi les truands du clan Sarkozy. Pourtant la dite justice et ses officiants font partie de l’appareil militaire de l’Etat bourgeois !  Et la preuve était servie que Dame justice peut être violée si elle ne se soumet point aux divers intouchables de la république inégalitaire et raquetteuse.
Plus ridicule la droite  « plus rien » (l’UMP n’est plus qu’un cadavre rongé par des ambitions de nullards), a osé comparer avec le procès d’Outreau, vaste et pénible erreur judiciaire cntre des prolétaires sans défense. Or le procès d’Outreau mené par un autre intouchable rigide a démontré que la justice de classe reste impitoyable pour les faibles (surtout en période de crise économique où il faut racler même les fonds de tiroir des plus pauvres), et que, même s’il y a eu des excuses et un petit plaisir pour nous les sans grades de voir le petit juge tortionnaire des pauvres obligé de s’expliquer comme un petit garçon face aux questions pointue de deux excellents députés. Cet arriviste impavide et inhumain n’a pas outre mesure été sanctionné et a poursuivi une carrière ascendante chez les flics d’élite. Il s’est permis de s’engraisser copieusement en faisant condamner lourdement Libération qui avait mal parlé de lui. Ce juge n’obéissait pas lui non plus au pouvoir de droite en place, mais il n’allait pas non plus contre l’indifférence ministérielle antique concernant les sans défense ; il resta choyé comme une prune par son clan hiérarchique. Maintenant concernant la méchant Gentil faudrait pas qu’il « déconne » en faisant la même « erreur professionnelle » avec un intouchable. Lui risque le placard ou une balle dans le citron, comme le juge Michel ; voilà ce qui arrive à celui qui veut faire le malin avec la légalité fictive. Un Boulin l’a compris lui aussi, mais trop tard.
Le plus sublime dans ce viol de la légalité bourgeoise, j’allais dire létalité judiciaire, par la faction de droite mise à nu, reste quand même l’accusation de partialité du juge. Songez, ce salaud, pardon ce « type », qui déshonore Marianne Sarkozy, avait – hé hé – commis il y a plusieurs mois du temps de la présidence de France Sarkozy un article dénonçant déjà les forfaitures de Sarkozy, sa, disons le mot odieux « corruption », auprès de laquelle le pauvre Cahuzac n’est qu’un néophyte, c’est bien la preuve qu’il roulait pour « la gauche ». CQFD ! Les bandits pas manchots de la droite caviar se permettent en simultanéité technicolor de poser aux défenseurs de l’impartialité légendaire des juges bourgeois ! On ne dira pas ici que c’est un comble mais un argument de catacombe.
Honteux vraiment il se permettait « déjà », « à l’avance », de pointer du doigt d’une magistrature corrompue (entendez ceux qui se laissent « acheter » par la gauche rivale) notre Sarkozy national de « corruption » et sans plus de preuve que tout ce que ces idiots de prolétaires imaginent aux portes grinçantes de Pôle emploi ! Et çà marche, nombre d’électeurs neuneus, parmi les ouvriers serviles du privé et l’encadrement du secteur public n’en retiennent déjà que l’idée du « complot » du clan Hollande, affublés de juges « véreux ». Comme disait l’intellectuel Goebbels, si souvent cité à juste raison pour sa maxime, vous répétez un million de fois un mensonge et il devient vérité. D’ailleurs Sarkozy a appris d’Hitler, comme tous les politiciens bourgeois modernisés, qu’il faut se déplacer souvent d’un endroit à l’autre en avion dans un court laps de temps pour aller porter le même mensonge en des endroits différents, car les radiations médiatiques ne sont pas suffisantes si la vedette du politico-business ne vient pas serrer un millier de paluches pour que des milliers d’autres jalousent les heureux bénficiaires qui ne vont plus se laver les mains pendant deux mois.. Voyager à l’étranger fait plus chic aussi, bien que les escales du blaireau en Suisse et en Libye nous portent à supputer qu’il fait pâle figure à côté des excusions de Rommel.
Et voilà nous retombons dans ce machiavélisme amélioré mais un peu simplet, efficace par son caractère répétitif, lancinant et pervers  que j’ai étrillé tout au début de cet article. Un bourrage de crâne digne de feu la propagandastaffel qui fait passer à la trappe l’essentiel dans la passe  d’armes entre méchant Gentil et gentil Sarkozy: de tous les bords politiciens les élections se gagnent non par l’avis des braves votants mais par le pognon, il suffit d’abrutir ces pauvres médiaspectateurs  pour qu’ils croient participer. Faites ce que je vous dis ne faites pas ce que je fais, roucoule l’homme politique en chaire et en toc. C’est le même discours que le voleur à la tire, pris la main dans le sac, et qui assure que sa victime lui a donné le contenu du sac avec son consentement. Comment ne pas être séduit par autant d’honnêteté ?
Toutes les dix minutes, à chaque édition d’infos, quelle qu’elle soit, était fourni un sondage béni assurant que 60% des français croyaient à un retour triomphal du (sauveur ?) Sarkozy crucifié par un évêque cochon. Prodigieux sondage car à la même époque l’an dernier Sarkozy plafonnait à 30% à peine d’un autre institut de formatage de l’opinion. C’est la première fois dans l’histoire des sondages modernes qu’un politicien prend 30% de plus en un an. C’est phénoménal, imaginez un unijambiste blanc triomphant de tous les gros musclés blacks à deux jambes sur un cent mètres. Il est vrai qu’il y a du Pictorius chez Nicolas et qu’on risque de l’appeler Sarkorius pour la période qui vient.
D’ailleurs un journal populaire régional qui sait si bien s’adresser aux lecteurs non intellectuels – Le Parisien - a fort bien résumé involontairement la campagne d’enculage de mouches qui se profile : « Sarkozy n’est pas fini ». Oui mais ne dit-on pas cela d’un adulte qui a été mal sevré ?
L’aile bourgeoise de gauche sait très bien que Sarkozy ne sera pas plus condamné que Pasqua, mais le viol auquel se livre une droite minable, qui sert très bien à renforcer chez leurs « couches moyennes » la conviction que si la gestion de l’Etat par une fraction ou une autre c’est blanc bonnet et bonnet blanc, est propice idéologiquement à laisser voter que la gauche, même étatisée, s’attaque (un peu) aux riches et à une de leurs mascottes. C’est toujours un petit quelque chose de pris comme dit mon voisin syndicaliste chaque fois que son délégué lui annonce qu’il aura 0,001% d’augmentation.
La prochaine campagne électorale présidentielle est déjà lancée. Sarkozy se prend pour un coureur de fond alors oubliant son âge et ses incidents de jogger, et des concurrents moins vermoulus. Rattrapera bien qui rattrapera le dernier. Ils vont recommencer à nous faire chier quotidiennement comme au temps de la première compétition du blaireau, où pendant des années on nous a infligé sa trogne quotidiennement avec son moindre pet de souris. Je suis de tout cœur pour une fois avec les électeurs déçus que finalement Hollande n’ait pas réussi à nous débarrasser définitivement du paysage cet histrion. Quoique j’aie tendance à penser à ce que le « gentil » Hollande a chuchoté à un mioche ingrat – qui réclamait la potiche vedette des cours de maternelle : « Sarkozy tu ne le reverras plus ». Comme président c’est sûr – aucun président de droite n’a jamais été réélu après avoir été écarté du pouvoir central -  mais comme emmerdeur çà l’est moins.