"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 5 septembre 2015

UNE INTENSE CAMPAGNE IDEOLOGIQUE A LAQUELLE LE PROLETARIAT N’ADHERE PAS!

C’est fabuleux comment en l’espace de deux à trois journées la propagandastafel internationale a pu s’emballer sur une photo pas pire que des milliers d’autres, voire moins pire (voir sur Google images les photos de tas d’enfants morts au Proche ou au lointain Orient, qui n’ont jamais ému autant faiseurs d’opinion, journaleux et masse moutonnière de la bobosphère). On examinera au cours de cet article les ficelles et les vraies raisons de chaque bourgeoisie pour son compte dans cette soudaine commisération universaliste pour les migrants et ou réfugiés. On examinera par après pourquoi les résidus de la «gauche communiste» (les gauchistes bourgeois sont restés relativement discrets aussi)- quelques cercles qui ne sont en fait que des couples ou deux unités individuelles qui se proclament embryon du parti mondial - sont resté le bec cloué et n’ont produit aucune prise de position.

L’AFFOLEMENT MAITRISé DE LA BOURGEOISIE:

La bourgeoisie est aguerrie, on l’oublie souvent, et possède plus d’une corde à son arc de mystifications. Elle fût fort perspicace lors de la chute du mur de Berlin en présence de masses de civils qui déferlaient vers l’Ouest, masses qui ne recelaient aucune envie de révolution mais tout simplement profiter du consumérisme occidental en se débarrassant de la caserne stalinienne. Dans le cas présent, nul nouveau Brejnev pour dire de tirer dans le tas. Quand un fleuve déborde il est inutile et prétentieux de croire le juguler en plaçant des barrières en bois (ce doit être un dicton antique de Confucius issu de mon surmoi). L’ange Merkel, qui est loin d’être une conne, a saisi l’opportunité de tirer la couverture pour l’auguste bourgeoisie teutonne, la gandin Cameron a suivi mais pas pour les mêmes raisons, quant à notre Hollande il a fait tapisserie, guère plus.
La photo, que certains soupçonnent d’avoir été trafiquée tellement elle fait poupée de le petite maison dans la prairie et n’exhale aucune souffrance contrairement aux horreurs qu’on peut voir sur Google images ou Humoron, aurait «fait bouger le gouvernement» selon Till l’espiègle de tous les régimes, BHL ce fameux promoteur de la chemise blanche échancrée pour séducteur chétif avec brushing ridicule. L’image sinistre a servi d’alibi en réalité à tout le personnel politique jusqu’à la méchante Marine de Le Pen, pour étaler sa commisération et accuser qui l’impétuosité de Sarkozy en Libye, qui les ventes d’armes de Hollande, qui les obsédés de Daesch et leurs vendeurs de gamines impubères. Le dindon de la farce aura été Orban, PDG de la Hongrie, qui, à sa façon, a protesté contre «l’invasion», sans qu’on puisse absolument lui donner tort.
Ce qu’il y a de formidable avec cette «invasion», disons plutôt exode, terme que les médias aux ordres évitent d’employer, c’est qu’il hausse des chefs d’Etat bourgeois (glauques responsables de guerres de moins en moins lointaines) au rang de bienfaiteurs de l’humanité. L’ange Merkel n’a pas hésité à se féliciter que l’Allemagne soit en voie d’accueillir 800.000 migrants avant la fin de cette année, sans aucun souci qu’une Marine Le Pen boche ne vienne la doubler aux élections, ni que Pedigra ne renverse l’Etat. L’Autriche a révélé une sensibilité assez proche pour sauver et recueillir les migrants, affrétés dans des centaine de bus affrétés par ce salaud d’Orban, trop heureux de s’en débarrasser. On a dit que la France était vraiment mesquine vis à vis de tant de générosité germanophile, et ne l’est-elle pas quand on sait que son armée de mercenaires lance des tonnes de bombes depuis des mois là-bas, sans qu’aucun plumitif ne s’en émeuve?
L’Allemagne pourrait donc se retourner contre la France si son besoin en travailleurs «forcés» n’était pas en même temps un moyen de tirer son épingle du jeu. L’Allemagne est en effet un pays gériatrique, et les migrants de guerre (une bonne partie en tout cas) sont mieux formés que les générations précédentes: informaticiens, ingénieurs, profs, avocats, etc; et donc une bonne relève pour la continuité d’une classe ouvrière éduquée, consumériste et surtout très fayote avec un système autrement plus offrant que les dictatures primaires en pays musulman. Ces réfugiés ne constituent en rien un renouvellement de la classe révolutionnaire prédite par Marx; ils sont hélas plutôt comparables aux boat-people asiatiques qui vinrent se ressourcer dans la zone occidentale avec une sainte horreur du communisme de caserne (j’y reviens plus loin pour expliquer l’incroyable carence et mutisme de nos résidus du maximalisme).

La bourgeoisie française a saisi l’intérêt immédiat de cette commisération pour une photo somme toute assez banale (on pourrait croire que l’enfant vient de se planter tête première dans le sable et va se relever, par ailleurs tous les jours des photos de faits divers montrent des photos plus sinistres d’enfants morts). De Médiapart à Rue 89, les torquemadas de l’idéologie d’Etat ont rivalisé de lèche-botte blues: «Rue 89 consacre sa une aux réfugiés (comme L'Obs) et s’est engagé à y présenter une photo chaque jour «pour se donner bonne conscience» (la bobologie me fera toujours marrer!).  Avant de vous dévoiler le pot aux roses, je vous cite quelques commentaires anonymes très, pertinents à la suite des articles bourgeois:
et surtout du communiqué concernant la culotté assassin Erdogan: «L’Europe a transformé la Méditerranée en cimetière. L’humanité tout entière devra rendre des comptes»; Attaturk doit se retourner dans sa tombe face aux éructations d’un tel bigot musulman. Commentaires:

«Erdogan ! quel culot ! qui massacre en Syrie ? ... Et l'enfant !!! Il ferait mieux de dédicacer la photo à Assad, ses alliés Islamistes et Daesh ! ...

«Il a bien raison. Et la Turquie sous son gouvernement sera en première ligne: Soutien à l'Etat Islamique et aux factions islamiques qui sont en grande partie responsable de l'exode des minorités. Sa haine d'Assad et son encouragement à la population syrienne à se révolter et donc d'engendrer une guerre civile est une des causes du pourrissement de ce conflit et du calvaire des syriens. Erdogan sera jugé par l'histoire (pas par les hommes on sait bien).

«ERDOGAN qui veut donner des leçons au Européens !! C'est le comble de l'hypocrisie et typique du double langage des autorités Turques !! D'ou venaient ces Syriens par ailleurs d'origine Kurdes (Aylan Kurdi) ? De KOBANE que le pouvoir TURC (Erdogan lui même) a laissé massacrer par l'EI ! Et de quelle plage Turque ces réfugiés sont ils partis, en payant sans doute grassement des passeurs aussi Turcs, + les compromissions de la police locale qui ne fait rien pour disuader les migrants de prendre !».

Je l'ai déjà dit ici, je lis plus souvent les commentaires des articles des journalistes bourgeois que leurs articles fielleux ou mensongers; il est vrai que le commentateur anonyme peut dire des vérités que les employés de presse ne se risquent pas à exprimer, tenant trop à leurs hauts salaires. Le pot aux roses apparaît samedi dans un communiqué laconique où le gouvernement français s’engage à bombarder la partie syrienne encore contrôlée par le boucher Assad, alors que son aviation meurtrière bombarde depuis des mois l’Irak (même territoire pourtant que la Syrie, mais vieille coupure artificielle du temps impérialiste béni Sykes/Picot, 1916).

La palme du comique irrésistible est revenue à ce pauvre Sarkozy qui a assuré avoir posé le problème des migrants avant tout le monde (du PN craché) et dénoncé le «manque d’humanité de Marine Le Pen», alors que celle-ci s’alignait plutôt sur la pleurnicherie universelle de la campagne propagandiste autour d’une photo montée en mayonnaise (désolé mais j’ai pas trouvé d’autre formule). Un de ses ex-sous-fifres Xavier Bertrand a fait état d’un risque d’appel d’air «irresponsable» à la suite des déclarations généreuse du Poulidor gouvernemental Valls, alors qu’aucune inquiétude ne pointe à l’horizon, le filtrage est rigoureusement respecté par les lâches fonctionnaires de l’Ofpra: tu vas galérer au moins deux ans sans être sûr d’être accepté pour dix ans, et tu as de fortes chances de faire partie des 30.000 reconduites à la frontière chaque année; faut bien que flics et fonctionnaires justifient leurs salaires!
Enfin un autre sous-fifre de Sarkozy lâche quelques vérités sur LCP: « Le gouvernement ne défend pas les Français (…). La France soutient les rebelles syriens soi-disant démocrates contre M. Assad. Qui les a récupérés ? Al Nosra en Syrie et « Nous continuons à leur fournir des armes ». Pas mal, mais il est aussitôt cadré par un cire-pompe du gouvernement un certain Dussopt, député du fond de l’Ardèche qui le traite de fou.Le Goasquen ne manque pas d’air, oubliant de rappeler que son maître s’était occupé d’armer les rebelles libyens et à ce titre reste le principal fouteur de merde à l’origine de l’exode d’aujourd’hui; plus que ses troubles manips financières rien que ce passif lui ôte toute chance aux primaires des ripoublicains.

«La France n’exclut plus de mener des frappes en Syrie contre l’Etat islamique (EI). Selon les informations du Monde, l’exécutif étudie cette option, qui fait débat au sein même du gouvernement. Le sujet a été abordé lors d’un conseil restreint de défense réuni par le président François Hollande, vendredi 4 septembre au matin (avant la popularisation extensive en France de la célèbre photo tragique, ndt), sur la crise syrienne. Jusqu’à présent, cette éventualité était purement et simplement écartée. Paris limitait à l’Irak sa participation à la campagne aérienne menée contre l’EI, avec une place qualifiée par l’état-major « d’équipier » dans la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis. En Syrie, la France fournit conseils et armes aux rebelles « modérés ». L’exode accéléré des Syriens, l’échec de la coalition à faire reculer l’EI, ou encore le renforcement possible de la présence militaire russe sur le terrain sont en train de bousculer la position française».

«Ces derniers jours, plusieurs responsables laissaient entendre que la conviction du chef de l’Etat était faite. « Il ne serait pas aberrant d’avoir de la continuité dans notre action, là où on équipe, on forme, on soutient par ailleurs des forces » contre l’EI, c’est-à-dire en Syrie, a expliqué au Monde une source de haut niveau. « La décision est prise », affirmait même un expert bien informé, sans que l’on sache à quelle échéance, dans les prochains mois, de premières missions de reconnaissance pourraient être menées en Syrie par les Mirage 2000 basés en Jordanie ou les Rafale d’Abou Dhabi intégrés aux plans américains.
M. Hollande doit préciser ses orientations lors de sa conférence de presse de rentrée, lundi 7 septembre. Pour la France, pays désigné comme une des cibles privilégiées des terroristes de l’EI, une action en Syrie relève de la cohérence, souligne-t-on à Paris.
« Est-on en capacité de frapper efficacement ? Sans nul doute. De frapper sans dommages collatéraux ? C’est plus difficile », résume une source de haut niveau. Paris affiche une attitude prudente. La priorité pourrait être donnée à des vols de reconnaissance et de renseignement. Les avions français pourraient aussi se concentrer sur les territoires syriens totalement occupés par l’EI, visant ses centres de commandement et sa logistique.
Mais pour l’heure, diplomates et experts admettent qu’aucune perspective politique ne se dessine. Jusqu’à présent, les Occidentaux ont toujours invoqué la feuille de route édictée lors des conférences de Genève, en 2012 et 2014, qui veut que toute négociation en Syrie aboutisse à la formation par « consentement mutuel » d’un gouvernement de transition, « doté des pleins pouvoirs exécutifs », ce qui suppose que M. Assad n’y joue aucun rôle. Lors de la réunion des ambassadeurs à l’Elysée fin août, le chef de l’Etat a parlé de « neutraliser » Bachar Al-Assad. Décryptage élyséen : « Cela signifie faire en sorte qu’il ne soit pas un obstacle à la négociation. » Et non plus : s’en débarrasser au préalable. Laurent Fabius a précisé, le 28 août : « C’est la seule solution, s’il en est encore temps. Nous en discutons avec les Arabes, les Américains, les Russes, les Turcs, les Iraniens. » Le discours s’est nuancé. Les solutions sont toujours aussi lointaines».
Un aspect n’est jamais évoqué, même si le terme exode vient à être utilisé, c’est le passage de certains djihadistes parmi les glorieux «réfugiés» de la gauche bobo (chose que la police craint) et qui signifie que ceux qui reçoivent «nos bombes» sur la gueule là-bas ne vont sans doute pas oublier de rendre la pareille avec une généralisation des attentats! C’est la guerre civile moderne! Cette soeur jumelle de l’impérialiste! Les victimes de ces guerres sont les migrants... collatéraux!

En résumé, à l’Allemagne les forces vives pour pérenniser le capital à l’allemande, à la France la communion nationale comme au beau temps de «je suis Charlie» pour cautionner des bombardements étendus à la Syrie, voire un engagement au sol (qui fait l’objet de chipotages de la part du candidat Juppé); façon de consulter le peuple aveugle en le soumettant déjà à la charité publique, où subséquemment, même se rendant compte qu’il a été baisé jusqu’à la moelle, il n’aura aucune légitimité pour s’opposer à la continuité de la guerre.

Complices de le peuple et le prolétariat de cette charlatannerie charitable? Pas vraiment! Les sondages expriment quand même une vérité, la «population» française et les ouvriers du lot sondagier (allez savoir...), en majorité conséquente n’en veut pas de ces masses de migrants et pas par cynisme mais parce qu’on n’a rien à leur offrir que des camps de merde en toile comme en a promis le triste curé Valls à Calais. Curieusement on ne nous informe pas sur l’opportunité de sondages en Allemagne ni en Angleterre au même moment!? (où il vaut mieux que la bourgeoisie conseille de les éviter... vu les risques d'avis réfractaires de la "catégorie ouvrier", comme en Frankreich). L’ange Merkel, comme notre élite arrogante, se passerait-elle aussi de l’avis de ses concitoyens... mais non, mais non! Y a osmose classiste! On nous incite à en déduire que les vieux grincheux allemands, prolétaires compris, sont conscients que le paiement de leur pension dépend d’une classe ouvrière jeune, cultivée voire multilingue et vigoureuse, et que les sales boulots de larbinage dans les services ne peuvent être exécutés que sous menace de non régularisation, même avec mosquées et banques islamistes.

La France reste un pays jeune, moins soumis comparé à la vieille Allemagne salariale et syndiquée à outrance, et cette jeunesse elle la doit cette vieille pute bourgeoise, plus quand même, aux populations assimilées de la décolonisation, même avec des défauts obscurantistes et une tendance à cacher les cheveux érotiques des femmes. Ce pays n'a pas besoin d'une immigration importante pour l'heure et surtout d'une migration peut-être pas aussi "sauvage" ou "naturelle" qu'on veut nous le faire croire, migration et non fuite de "réfugiés", qui ont récusé leur admission en camps en Hongrie. Le statut de réfugiés est une notion historique liée à l'hébergement provisoire, or la plupart veulent "s'établir" en Europe, chacun pour les raisons qu'ils veulent: pays du Sud = pays de la misère éternelle, lieux de guerres incessantes, etc. Un autre élément tu par les médias est certainement aussi le vidage des camps du Liban où les réfugiés en ont marre d'être les dindons de la farce des organismes humanitaires, ces camps sont payants (cf. sur France 24: http://www.france24.com/fr/20130120-liban-camps-refugies-syrie-payants-proprietaires); sans compter que les départs massifs n'ont pas spécialement besoin de passeurs et sont favorisés par certains gouvernements (et aussi le laissez faire des "passeurs majeurs": les gouvernements grec, italien, hongrois, etc.).

Mais le prolétariat est différent du peuple et n’obéit pas au doigt et à l’oeil au grand capital comme le bobo moyen, on va analyser par après la Bérézina de la manif présumé monstrueuse de samedi. Avant finissons-en avec la charité internationale, outre manche en particulier. Cameron a annoncé, sans crainte de perdre des électeurs au profit des méchants partis racistes que le Royaume-Uni est prêt à «en faire davantage» pour surmonter la crise des migrants en Europe et à accueillir «des milliers de réfugiés syriens supplémentaires». Alors que Paris et Berlin s’étaient prononcés la veille pour la mise en place d'un programme d'accueil des migrants par tous les pays de l'Union européenne, la position du Royaume-Uni a changé hier dans la soirée lorsque David Cameron avait laissé entendre que le pays pourrait accueillir quelques milliers de réfugiés, tout en refusant l'idée de quotas européens, et pour cause, Cameron ne veut s’engager que pour un chiffre à trois zéros et il peut compter sur les fameux tabloïds vulgaires pour jouer sur la corde sentimentale tout en faisant savoir qu’il contrôle le flux. C’est dérisoire par rapport à ce qui arrive en France et en Allemagne; au total 5 000 Syriens se sont installés en Grande-Bretagne depuis quatre ans, à comparer aux 800 000 demandeurs d'asile attendus cette année en Allemagne... alors Cameron est un bon as du bla-bla, et ne tenait pas à rater cette occasion pour humilier la France et l’Europe; il a aussi promis de faire plus pour la guerre en Libye. L'appel à la pitié, à la charité publique après le bourrage médiatique avec la photo de l'enfant noyé met les opinions à la renverse, partout en Autriche comme en Angleterre affluent les "cadeaux de l'amour", véritable resucée d'Union nationale, triomphe de la charité comme dans chaque période de guerre avec leurs "colis aux prisonniers". Cela n'est pas fait pour durer, les "opinions publiques" sont facilement manipulables par les gouvernements bourgeois mais versatiles; on se marre de voir tant d'efforts des curés médiatiques en France pour demander "un effort aux français" considérés comme traîne-savates dans l'engouement charitable monté péniblement en mayonnaise; ces réticences ne sont pas non plus bon signe révolutionnaire d'une attitude qui serait réfractaire à la propagande hystérique; la classe ouvrière est désormais constituée d'une majorité d'ouvriers d'origine immigrée récente qui a connu et connait encore la misère - laquelle ne se partage pas c'est bien connu - sans compter une certaine jeunesse des banlieues qui y oit encore un coup des juifs et se sent plus proche de Daesch que des futurs chefs de service qu'on leur envoie de Syrie...

 Ce qu’il vous faut savoir, ami lecteur - et je suis bien placé tout près de calais pour l’avoir vérifié - c’est que le secours catholique britannique a livré en effet, comme l’en félicite Libé, des tonnes de vêtements... au rebut, à jeter, en trop grand nombre (et dont il n’y avait pas vraiment nécessité), et que ce machin catho était aux abonnés absents à Calais depuis 15ans que galèrent les migrants! Idem pour les secouristes belges; ils sont venus déverser des tonnes de patates... qui pourrissent en tas aux abords de la «jungle», parce que les migrants ne mangent que du riz! Les migrants eux-mêmes, pour partie, bobos émigrés, sont quelques fois très arrogants (tout leur est dû), et leurc comportement ollé ollé; j’en ai aperçu un l’autre jour, tranquillement installé sur le rail au milieu de l’autoroute et rigolant avec son portable, peut-être avec de la famille outre-manche, mais, indifférent à la circulation, à l’aise, comme en pays conquis.

UN RASSEMBLEMENT CITOYEN MAIS QUI FAIT FLOP

L’image de l’enfant mort sur la plage a été diffusée, et pas qu’un peu, jour et nuit sur toutes les chaînes depuis deux jours, mais, au grand désespoir de tous les conscientiseurs curés anars et gauchistes à la suite des journalistes énamourés de cette population en transhumance souvent mortelle, sans faire changer d’opinion ces «salauds" de français sondés!

Il était question d’une manif très importante réclamée par 20.000 ombres des réseaux sociaux. Les estimations fournies à la radio d’Etat furent d’abord assez minables: 4000 personnes. Mais consigne fût donnée à la presse de gonfler un peu plus; Le Point s’exécuta... mais vraiment très ridiculement:
« Pas en notre nom » : plus de 10 000 personnes se sont rassemblées samedi dans toute la France, et notamment à Paris, pour dénoncer les « politiques répressives » à l'encontre des migrants et soutenir les réfugiés en réponse à un appel citoyen lancé sur les réseaux sociaux. Alors que, d'après un sondage publié mercredi, l'opinion publique reste majoritairement (56%) opposée à l'accueil de migrants et de réfugiés sur le territoire français, 8.500 personnes ont manifesté à Paris, selon la police, pour « dire non aux politiques migratoires répressives qui conduisent à la mort de milliers de personnes et oui à l'accueil », a expliqué à l'AFP l'un des organisateurs, l'auteur et réalisateur Raphaël Glucksmann».

Y a un truc non? Un déséquilibre des chiffres... Comment une manif organisée par une engeance gouvernementale (les soit disants individus indépendants comme BHL ou le fils Glucksmann) peut réunir plus de 8000 personnes à Paris et seulement au total 1500 ailleurs dans le reste de la France? On se serait cru en mode bonux à la grand messe parisienne de janvier, avec conscientisation bobo mouton certifié: «Certains brandissaient la photo du petit Aylan Kurdi, un Syrien de trois ans retrouvé mort sur une plage de Turquie, une image qui a fait la une de nombreux quotidiens à travers le monde, suscitant une grande émotion. « J'en ai marre que les gens aient peur », a témoigné une participante, Véronique Wattiaux, 60 ans. « La société, c'est un brassage permanent. Je veux représenter ceux qui sont pour l'accueil» (Le Point).

Le Point précise mais ne nous dit pas tout, notamment pour expliquer la faiblesse de participation limitée aux antiracistes chevronnés: «L'appel sur Facebook de ce collectif citoyen a été relayé par plusieurs associations, comme SOS Racisme ou la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Des représentants de partis de gauche, socialistes, communistes et écologistes avaient annoncé leur intention de se joindre à la manifestation. Plusieurs responsables politiques de gauche étaient présents, notamment la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts Emmanuelle Cosse ou le député socialiste Jean-Marc Germain, mais ils ont adopté un profil bas, conformément à l'appel des organisateurs, opposés à toute récupération politique. Le Front de gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste et le syndicat étudiant Unef étaient également présents».

C’est Le Monde qui révéla les mic-macs dans l’après-midi: «Le flou s’est ainsi difficilement dissipé autour des organisations soutenant le rassemblement de solidarité avec les migrants, « Pas en notre nom », qui doit se tenir samedi à 17 heures place de la République, à Paris. Bien que se revendiquant « citoyen » et « spontané », il est apparu comme lancé par Raphaël Glucksmann, fils du philosophe André Glucksmann, à qui des militants reprochent une volonté de « récupération » et une proximité avec Bernard-Henri Lévy. Sur Facebook, alors que plus de 20 000 personnes annonçaient vouloir participer à l’appel, des associations ont finalement sauté le pas vendredi en fin de journée, à l’image de la Cimade : « C’est l’intention globale de mobilisation citoyenne qui doit primer, défend le secrétaire général de l’association, Jean-Claude Mas. Peut-être que les conditions émotionnelles et politiques sont réunies pour qu’il y ait un électrochoc. Vendredi soir, à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme (LDH), une réunion inter-associative s’est tenue, regroupant des syndicats (CGT, FSU, Solidaires) et des entités comme SOS Racisme, la Licra ou le MRAP. Elle a débouché sur un appel au rassemblement mardi 8 septembre. « Nous voulons porter trois revendications : la suspension des accords de Dublin, l’application de la directive européenne relative à la protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et l’organisation d’une grande conférence nationale sur le droit d’asile », détaille Françoise Dumont, présidente de la LDH».

En réalité, du fait que la manif de soutien aux réfugiés apparaissait comme trop bien cornaquée par le gouvernement fauteur de guerres et vendeur d’armes, la gauche mélenchonesque et sa syndicratie ne pouvaient que se désolidariser d’un truc qui ne prend pas dans la population ouvrière (les sondages en font foi), et se charger du «partage du travail» comme on disait autrefois des divisions syndicales arrangées, et laisser les débiles écolos sur la bas côté. Pour ne pas laisser récupérer par le FN des franges basses de la classe ouvrière ou conforter le «tous pourris» Terre d’asile et gauchistes et syndicats devaient donc se désolidariser de la première manif oecuménique de la gauche caviar, même si ces engeances sont surtout composées de bobos acharnés à «conscientiser» ces «cons de prolos» sur le fâchisme à nos portes. L’Immonde fait curieusement la remarque suivante: «Les militants écologistes, communistes ou anticapitalistes sont pourtant ceux que l’on retrouve dans les luttes locales de défense des migrants. Mais le discours de leurs dirigeants, qui défendent un accueil plus généreux des réfugiés, reste inaudible.Le Parti socialiste a donné l’impression de courir après l’événement : annonçant vendredi, en fin de journée, que des élus et des membres de sa direction seraient présent samedi. Le PS organisera aussi, mardi 8 septembre, un « grand meeting » parisien « en soutien aux villes solidaires avec les réfugiés ».

Bon le PS nous fait le coup de l’antiracisme plouc - de nombreux retraités bobos électeurs PS habitant désormais nos campagnes et raflant les postes d’édiles municipaux - mais qu’on ne nous raconte pas que les militants de ces partis godiches sont des représentants de l’humanité!

LA GAUCHE BOURGEOISE ET MILITANTE EN PREND PLEIN LA GUEULE... PAR LES ANONYMES

Ne vous inquiétez pas je n’y suis pas, je ne veux pas m’abonner au Monde, mais je peux mourir d’un moment à l’autre, peu importe ma petite vie au regard de l’océan de l’humanité, il reste une conscience de classe évidente, insubmersible au-delà de chaque individu; voilà ce qu’on peut lire de jouissif de la part de gens non inféodés au mercenariat!

"La "nouvelle gauche" a remplacé l'idée de lutte des classes par l'idéologie des droits de l'homme et a substitué les ONG et les "Associations" aux partis politiques. En ne tenant pas compte de l'opinion de la population, elle a contribué massivement à la montée des "populismes". Si les chapelles de l'extrême-gauche et de la "gauche de la gauche" s'emparent de la question des migrants, alors c'est foutu ! Leurs thèses irresponsables en faveur de l'ouverture des frontières tout azimuts, de l'augmentation toujours accrue des dépenses sociales et de impôts, de l'étatisation de l'économie, vont tétaniser l'opinion et freiner, sinon empêcher, l'accueil et la prise en charge nécessaire de réfugiés syriens en France».

Contre l’immonde dont un sous-fifre se permet de déclarer:
MIGRANTS «NOTRE FAILLITE COLLECTIVE»
Voici les réactions intelligentes et cinglantes:

«Absolument pas d'accord pour parler de 'faillite collective". Ce n'est pas l'Europe qui jette les réfugiés sur les routes, mais l'Etat Islamique et Bachar Et Assad. Accueillons les migrants, mais sans battre notre coulpe. Ni Onfray ni Ramadan».

«On dirait que personne ne se rappelle plus l'annonce du Califat, il y a à peine un an: "Nous allons lâcher sur vous, les Européens, une armée d'un million de croyants qui vous inonderont." Nous y sommes, semble-t-il. Que le Califat soit né de la grande confusion créée par les interventions contre le Mal ou en faveur du Bien dont la couleur varie sans cesse dans la tête des dirigeants occidentaux, c'est une autre question. Cette fois, on a l'impression qu'il y a quelqu'un qui sait où il va».

«Je ne suis pas d'accord : ce n'est pas NOTRE faillite collective. C'est celle de ceux qui se sont emparés du pouvoir peu ou pas démocratiquement et dont la seule préoccupation, c'est de maximiser les profits scandaleux d'une minorité. En dehors de cet unique objectif, l'Europe n'existe pas, n'a pas de politique étrangère, n'a pas de défense, n'a pas de politique fiscale, éducative, judiciaire...). L'inertie de l'Europe génère le terreau pour des guerres (proche orient, ex Yougoslavie, Ukraine)».

«Nous serions responsables si l'on nous avait demandé notre avis sur la guerre en Syrie et en Libye. Ce n'est pas le cas. Car nous aurions répondu : utilisez la diplomatie. L'Iran n'a pas été envahi, l'embargo a payé, les liens sont aujourd'hui renoués, la population est sauve. Les responsables des bombardements en Libye doivent êtes nommés. Onfray a commencé».

«Cette crise est avant tout une crise du Moyen-Orient, parbleu ! Pourquoi, tout simplement, les riches monarchies du Golfe n'accueillent pas "tous" leurs frères et soeurs en religion, plutôt que d'acheter des équipes de foot, des buildings et des entreprises en Europe et ailleurs. Il leur suffirait de consacrer un tout petit pourcentage de leurs centaines de milliards de pétro-dollars et la plupart des problèmes matériels (logement, alimentation, santé...) seraient résolus».(le mignon de la fille Le Pen, F. Philippot a été très convaincant en développant ce aspect le samedi soir sur BFM et a très bien souligné la responsabilité de Sarkozy, à cette nuance qu on voit mal les chrétiens aller se réfugier chez les tarés pétromonarques); le problème dit familial des LE Pen fait l'objet d'un traitement médiatique en France au moins aussi long que l'usage de la photo de l'enfant noyé, la compassion des médias pour le "pauvre vieux" - érigé pourtant comme le plus grand raciste vivant en temps normal - fait pitié.

Et je suis aussi OK avec la distance prise par Natacha Polony face à toute cette comédie si bien organisée qu'elle ne peut pas ne pas avoir été planifiée émotionnellement, ce qu'a laissé entendre l'ex-trotskien chef du parti gouvernemental, Cambadélis, hier soir dans l'émission "on n'est pas couché", avouant sous pression d'une journaliste pugnace, avoir suggéré depuis plus longtemps un battage médiatique sur les migrants (qui ne veulent pas devenir réfugiés):

«On connaît le vieux débat: émotion contre raison. Et la société du spectacle nous a tant abreuvés de cette émotion dégoulinante qui nous interdit de penser, que surgissent logiquement des réactions épidermiques. Comment les éviter quand les bons sentiments s'étalent, servant parfois de support à l'égotisme le plus indécent? (...) Raison contre émotion? Peut-on décemment prendre la posture de l'esprit fort, au-dessus des larmes, pour finir par expliquer que nous ne sommes pas responsables, et que le coup de l'émotion, ça ne prend pas? Raison ou émotion, l'opposition est parfaitement hors sujet quand il ne s'agit pas d'une simple photo, quand on ne parle plus seulement de cet enfant comme endormi, saisi avec encore tous les attributs de la vie, mais irrémédiablement figé dans nos mémoires comme une icône de ce XXIème siècle en naufrage. Ce qui se joue dans cette image, c'est bien l'avenir de l'Europe et de la France, confrontés aux mêmes horreurs que celles qui ont ébranlé le XXème siècle. Nous avons à nos portes des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards qui subissent le joug d'une barbarie sans nom. Pire, cette barbarie est le fruit d'une politique irresponsable dont on attend toujours que s'excusent ceux qui ont applaudi à l'intervention en Irak en 2003, à l'intervention en Libye en 2010. Se souvient-on que l'OTAN au nom de l'ONU a bombardé Belgrade pour bien moins que ça? Elle est soutenue par nos alliés, les Etats du Golfe dont l'Etat islamique précise dans ses documents officiels que les ressortissants bénéficient d'une dérogation pour pouvoir acheter plus de trois femmes ou fillettes sur les marchés aux esclaves, la Turquie, qui prend prétexte de sa participation aux bombardements de la coalition pour frapper ses véritables ennemis, les Kurdes, seuls résistants de terrain aux djihadistes».

 LES RAISONS DU MUTISME DES RESIDUS DU MILIEU MAXIMALISTE

Ce n’est pas la première fois que je le signale, lors de grands événements ou campagnes délirantes précédentes, le milieu politique du communisme intégral et certifié le bon a toujours un énorme retard au démarrage, mais qui s’aggrave du fait d’un monde mouvant, de la disparition de grands militants chevronnés, de l’éclatement en sectes et surtout en couples hélas, même plus de noyaux minimum à 3 comme l’exigeaient les statuts de l’AIT (NB: pour favoriser la prise de décision lors des désaccords); le couple homo ou hétéro qui se targue d'être une organisation ou qui en cornaque une même petite, scelle le règne d'une gouvernance totalitaire et corrompue, qui si elle réussit en politique ne peut accouché que d'une dictature  variante du "communisme stalinien".

Sur cette affaire des migrants c’est même normal à mon point de vue. La plupart, comme les gauchistes, sont restés sur cette vieille idée: l’immigration c’est le prolétariat. Non pas que l’idée soit fausse, le prolétariat s’est constitué nationalement mais s’est développé par la suite surtout par de grandes vagues migratoires, mais ce n’est plus tout à fait pareil, et depuis longtemps, je daterai depuis les migrations forcées après la Seconde Guerre mondiale. Des populations apeurées, pourchassées et qui trouvent refuge dans des pays plus accueillants ne sont pas de nature à contester ou combattre leurs hébergeurs. Je ne vais pas épiloguer sur le sujet, cela est fait dans un de mes derniers livres, mais il suffit de remonter aux boat-people des années 1970, en fin de celles-ci. On n’assista point à un engouement des cadors du gauchisme et de l’ultra-gauchisme pour ces «petits bourgeoise réacs» qui fuyaient en masse Vietnam et autres Cambodge «libres», ni de la gauche encore hors du fromage gouvernemental. Des intellos en compétition réconciliés sur le tard, Aron et Sartre avaient été arpenter le perron de l’Elysée.
Mais à la même époque, la «lutte des immigrés» laissait poindre une nouvelle insurrection des pauvres pour certains gauchistes et plus; pour le parti bordiguiste encore existant numériquement en France (et en effet le plus nombreux dans le camp maximaliste) la «préférence immigrée» allait secouer la torpeur de l’ouvrier français petit-bourgeois... Manque de pot l’islamisme a doublé le stalinisme à la charnière d’années de mensonges et d’illusions naïves. La secte CCI qui se repose sur son credo simpliste «la classe ouvrière = classe d’immigrés», serait en peine de nous expliquer comment les bobos syriens - qui ne veulent pas du provisoire des camps de réfugiés - mais bien monter dans l’ascenseur européen et industriel - comment ces arrivées vont renforcer le prolétariat et sa conscience plus ou moins obscure de la nécessité de renverser le capitalisme... Ou alors il leur faudra nous expliquer en quoi les un million de "réfugiés" pieds noirs en France en 1962 ont renforcé la classe ouvrière dans sa "mission" révolutionnaire internationaliste... à moins qu'ils soient conscients que ces colons ont eu comme places privilégiées: flics, garde-chiourmes et petits chefs dans les usines contenant une majorité d'immigrés du colonialisme, j'allais dire de réfugiés coloniaux happés par le profit de la métropole. La France d'alors, il est vrai encore en période de reconstruction des dégâts de World War 2 et en manque de main d'oeuvre (pour la catégorie "ouvrier" on piocha allègrement parmi les colonisés), n'avait eu aucun mal à intégrer, voire digérer UN MILLION de réfugiés colons sans compter des centaines de milliers de petites mains maghrébines, sans discussion ni tambours et trompettes!

L’évènement actuel «migrations», boosté par la propaganda mondialiste, est du même ordre que les boat-people et que la fuite éperdue autour du mur de Berlin: ils veulent se sauver ce qui est normal mais pour conserver un capitalisme moins barbare et s'installer plutôt en haut des marches... j’ai envie de dire qu’on en prend pour des années de réaction!

C’est bien beau de clamer comme la TCI - le seul groupe véritable à avoir pris position sur la crise des migrations il y a quelques mois - que c’est la faute à la crise capitaliste mondiale donc au profit, mais c’est plus compliqué. Quoique avec toutes ces chinoiseries racoleuses... ne nous fait-on pas passer hors du problème le plus important: pourquoi ces bruits de guerre et cette propagande misérabiliste juste après "l'effondrement chinois" qui n'est pas en soi chinois mais manifeste les tremblements d'un nouveau krach? Et cause réelle des soudains prurits impérialistes?


à suivre...

vendredi 4 septembre 2015

MANIPULATION D’IMAGE NECROPHILE

A la question sordide et odieuse du Figaro:

«La photo du jeune enfant syrien noyé modifie-t-elle votre vision de la crise des migrants ?»

nous étions 82% à répondre non. Toutes opinions confondues?

Non car le sondage qui était publié le même jour était confondant ou confondu:

Une tranchette de la population était questionnée sur l'arrivée (massive) des migrants, et n'en déplaise aux bonnes soeurs de la tolérance libérale anar, il transparaissait ceci:

«Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, l'opinion publique française reste majoritairement (à 56 %) opposée à l'accueil de migrants et de réfugiés sur le territoire français. Le clivage droite-gauche est évidement très marqué sur cette question. Les sympathisants Europe Ecologie/Les Verts sont les plus favorables à un accueil (73 %), suivis des électeurs socialistes (68 %) et du Front de Gauche (56 %). L'opposition la plus marquée se trouve chez les électeurs Front national (91 %), suivis par les sympathisants UMP/Les Républicains (67 %)".
Mais plus frappant encore:

«Les pauvres plus opposés que les riches.
Les cadres et professions intellectuelles supérieures, tout comme les retraités, sont à 57 % en faveur de l'accueil des migrants. Dans toutes les autres catégories socioprofessionnelles, le «non» l'emporte, avec un pic chez les ouvriers (71 %), les employés (65 %) et les autres inactifs (62 %). «Les catégories populaires sont victimes d'une triple insécurité, physique, économique et culturelle.» rappelle le sondeur. «L'immigration est perçue comme l'une des nombreuses facettes négatives d'une mondialisation porteuse de mille dangers.».

Passons sur cette dernière explication méprisante pour les «gens d’en bas» (c’est ainsi qu’est qualifiée désormais la classe ouvrière, outre d’être estampillée surtout blanche et raciste), et en plus en omettant de préciser que ces «catégories populaires» comportent aussi nombre de prolétaires antillais, africains, arabes et auvergnats, force est de considérer qu’il y a un abîme de perception sémantico-politique entre le prolétariat et la masse des bobos toutes catégories qui crottent pour les partis institutionnels rose transgenre, verts décomposés, front de boeuf de gauche ou ripoublicains. Même le mignon de Marine Le Pen, Florian le fidèle au pot, ne trouvera rien à redire à mon constat, d‘autant qu’il n’est qu’un des bouffons de la farce mijoté par papy devenu l’ami des antifas pour une éradication saugrenue du principal parti harakiri du mouroir politique français.

La conscience de classe ne serait-elle qu’une absence de conscience universelle comme ce con de Guesde refusant d’abord de soutenir le capitaine bourgeois Dreyfus au nom des pioupious du salariat? Vérifiant que Raymond Aron et François dit le Furet avaient définitivement remisé au musée Blanqui les outrances classistes du dénommé Karl Marx?

CONSCIENTISER OU BOURRER LES CRANES?

Politiquement, depuis des décennies la France est régie moralement comme une République bananière, les autres pays européens également. Voyez comment cela se passe au Congo, je n’invente rien c’est sur le Congo Forum:
«Par définition, sont considérés comme intellectuels, toutes les personnes qui s’occupent, par goût ou par profession, des choses de l’esprit. Ils sont généralement dans les carrières universitaires, scientifiques et littéraires et aussi dans les professions libérales. Les intellectuels font partie de l’élite de la nation. Par élite, on doit entendre tout ce qu’il y a de meilleur, de plus distingué dans la nation.
Outre les intellectuels, il y a les aristocrates - chefs coutumiers -, les chefs ou leaders politiques, les chefs militaires, les plus hauts fonctionnaires de l’Etat, les chefs religieux, les hommes d’affaires, les managers et les chefs d’entreprises, les vedettes de musiques populaires, les personnalités de la télévision, etc. Dans le cas précis de notre pays, la RDC, l’élite ne constitue qu’une toute petite minorité issue des milieux paysans et ouvriers qui, avec le système de gratuité de l’enseignement pendant la colonisation et les deux premières décennies d’après l’indépendance, a eu accès aux études supérieures et universitaires.
(...) Autour de ce beau projet devrait aujourd’hui se mobiliser ce qui est encore de plus ou moins valable et sain dans la société, c’est-à-dire les intellectuels, les cadres, les jeunes diplômés universitaires et la jeunesse estudiantine. Ces derniers devraient en être le porte-étendard. Où sont-ils et font-ils ? Eux dont les études et la formation ont coûté une fortune à la nation ? Qu’attendent-ils pour s’engager et s’impliquer dans la marche de la transition en cours, s’approprier le débat en cours, le réorienter et rehausser son niveau ? Qu’attendent-ils pour sensibiliser la jeunesse et conscientiser les masses populaires sur les actuels enjeux dont notre pays est l’objet, sur le défi que nous devons relever aux niveaux continental et mondial...».

C’est sûr la photo de l’enfant mort, au petit corps vulgairement rejeté sur une plage turque, ets un exemple de propagande cynique de premier ordre. Les journalistes et leurs amis bobos de la bobosphère ne se sont pas gênés pour la ressasser toute la journée. France infaux donnant le la: toute la journée la radio d’Etat a protesté contre l’absence de reproduction de l’affreuse image par l’ensemble de la presse française, centrée sur la colère des ploucs en tracteur, alors que, comme le déclara une des pétasses de la propagandastaffel, la Grande Bretagne avait largement affiché la photo, preuve d’une plus grande liberté d’expression dans ce pays! Elle manquait pas d’air sachant comment la pipolerie britannique avait avec hardiesse empêché l’exhibition de la Une anti-Mahomet de Charlie Hebdo par une autre pétasse obsédée par le beau Tariq Ramadan.
Toutes les émissions radio et télé se penchèrent sur cette carence typiquement française et un brin obscène de la presse écrite à ne pas exhiber ce pauvre enfant mort noyé, quitte à décrire le contraste entre l’aspect vacancier de la plage et le gosse martyr d’une Europe «égoïste»; sauf que le pauvre corps avait échoué sur une plage turque, même pas italienne ni grecque, sauf que c’est le gouvernement canadien qui avait refusé de l’accueillir avec sa famille; il faut dire, face à la masse des bobos, qui se mobilisent virtuellement pour que les portes soient grandes ouvertes à l’exode massif, que le Canada filtre durement, comme son confrère teuton: cinq personnes doivent se porter garante pour le migrant et lui fournir l’aide pécunière nécessaire à son entretien... autant dire que le Canada, comme l’Islande... c’est le Pérou!

Toute la flagornerie et tout le cynisme de cette journée d’intox sur un petit cadavre, alors qu’aucun gouvernement, aucun trouduc journaliste n’a fait un plat depuis des mois de centaines d’autres enfants ou adultes noyés en mer, est résumé dans le questionnaire du Figaro, propriété d’un célèbre marchand d’armes corrompu jusqu’à la moëlle! Les salauds osent tout. Vous imaginez combien cette question est obscène et perverse?
«La photo du jeune enfant syrien noyé modifie-t-elle votre vision de la crise des migrants ?»
Autrement formulé, cela revient à dire: «vous en avez rien à foutre comme nous salariés privilégiés d’un marchand d’armes sans conscience, alors ne chipotons pas ce n’est qu’une crise de migrants, autant les laisser crever et nous laisser baiser en paix»!

Cette cochonnerie des larbins du Figaro est à mettre sur le même plan que la bêtise du FN mais aussi de cette gauche caviar, veule et hâbleuse qui «est aux affaires». Son expression intello la plus dégueulasse est en une de l’Obs qui plaide pour «nos valeurs et nos devoirs», et en faveur des éructations de ce minable de Valls, réac en chef en l’occurence de ce torche-cul publicitaire pour milliardaires de gôche, après un salut circonstancié à «la remarquable chancelière»: «... soulignant de saines évidences sur l’impérieuse nécessité d’accueillir sur notre sol les persécutés et les opprimés et tordant le cou aux fantasmes: non la France n’est pas submergée» (édito d’un sous-fifre nommé M. Croissandeau). Le type est en plus hors de la réalité en nous parlant de «pauvres qui viennent chez nous (qui) ne seraient que des immigrés», quand on sait que ce sont surtout d’abord des couches moyennes qui fuient l’horreur d’une guerre où l’Occident européen et français fait partie du jeu trouble impérialiste.

L’Obs se démasque en faisant quelques pages plus loin la pub pour une pourriture franc-maçonne, le trouble Filiu (que j’avais été dénoncer en public à ladite université populaire d’Arcueil comme je vous en ai rendu compte sur ce blog, pour sa complicité avec le président de la République dans l’assoc des ennemis d’Assad et des amis djihadistes). Pauvre Filiu qui se voyait déjà best-seller il y a deux ans pour un livre qui promettait une chute rapide du tyran Assad et qui a dû rabattre ses ambitions sur un brouet qui narre un destin arabe débarrassé du maudit et ambigu Daesch. Filiu est aussi creux que le larbin Haski qui l’encense.  Haski rapporte enfin le bla-bla du chef bureaucrate du CICR, plein de douceurs philanthropiques, qui se permet de se moquer de ces «ministres de l’Intérieur» qui ont traité «la crise des migrants» à l’aune des «surenchères populistes»; il critique le bonze de la Croix rouge mais il ne décrypte surtout pas l’hypocrisie des pleurnicheries sur les migrants. Alors qu’il y a beaucoup à révéler sur la SELECTION opérée par NOS VALEURS! Partout ministres et larbins d’Etat sélectionnent, font barrage à ces populations apeurées qui pourraient receler des djihadistes (et qui en contiennent certainement comme parmi les réfugiés rwandais on découvrit d’authentiques curés génocidaires...). On reste dans le vague en direction des «classes populaires racistes», on défend «nos valeurs» mais on s’assieds sur celles-ci; l’accueil est inégalitaire, non fraternel et suspicieux, l’ONU, cette agence US, refuse de reconnaître le statut de réfugié aux kurdes de Syrie pour ne pas heurter la sensibilité nationale de l’Etat turc!
Le débat dans cette édition de l’Obs entre D’Alema et Védrine est plus instructif. Le fin diplomate Védrine surtout nous fait comprendre que derrière tant de dithyrambiques déclarations, le règne des «quotas» est roi et destiné à perdurer, à la tête du client. Contre toute « charité chrétienne», Védrine est clair: «il faut être pragmatique», donc «immigration choisie! Bien sûr les émigrations sont massives (dans une société capitaliste mondiale instable et en plein délitement, où donc les exodes n’ont rien de comparable aux émigrations du passé) mais, ajoute Védrine «les populations européennes ne sont pas en mesure de l’entendre de la part d’ «élites» qu’elles contestent». L’ex-Premier ministre italien est lui carrément délirant: «il faut aider les musulmans à s’organiser»!

Or, plus que l’aspect humain et vital (qui est compris par le prolétariat développé et conscient, où chacun ne peut souhaiter qu’ouvrir sa porte à celui qui cherche refuge face à la guerre capitaliste) c’est cet aspect invasion d’un mode de vie arriérée qui abaisse la femme qui est le plus à la base de l’hostilité des prolétaires européens face à l’arrivée de la misère (plus spirituelle que pécuniaire de nombre de migrants qui ne sont pas pauvres) des couches moyennes des zones qui subissent la guerre des compétiteurs capitalistes, et qui vont renforcer ceux qui imposent déjà leurs lois islamiques dans les quartiers déshérités.

Il y a un problème politique et sociétal sur lequel la gauche caviar et ses suivistes anarchistes ferment les yeux, dont les conséquences sont désastreuses en terme de délitement de la conscience de classe (tendance de nombre de prolétaires à croire que voter FN serait une bonne protestation, et tendance à un antisémitisme crétin et assassin chez les enfants de prolétaires d’origine maghrébine, leur nouveau «socialisme des imbéciles».

Toute la journée donc, nous aurons eu des débats, des approximations, des remontrances sur l’oubli ou la maltraitance du petit cadavre sur une plage turque, et ce n’est qu’en fin de soirée que, mal à l’aise, la radio d’Etat France Inter, donne la parole à un ancien ministre des armées qui déclare qu’on ne peut rien faire en Syrie sans l’aval de l’ONU et du fait des freins de la Russie et des pétromonarchies bien connues.

Heureusement, c’est dans le supplément télé de l’Obs que le voile d’hypocrisie est levé, mais en partie seulement. Sérieux contempteur du monde actuel, JC Guillebaud écrit:
«Avec 12 milliards d’euros de ventes d’armes depuis janvier 2015, la France vole désormais  de record en record. Il n’est pas impossible que nous ravissions in fine à la Russie la deuxième place des exportateurs d’armements (...) l’Arabie Saoudite (bon client) vient de battre, elle aussi, un «record»; celui des décapitations au sabre, et en public, en application de la charia. Cela porterait à 100 personnes - dont une femme - exécutées, notamment par décapitation, depuis janvier 2015, contre 90 l’année dernière».
Bon Guillebaud est gentil mais loin des réalités lui aussi, ce sont des milliers de morts, de torturés et de violés par Daesch (US company) qui battent tous les records et obligent à fuir des milliers sans espoir de retour. Et ce n’est pas de honte pour notre part qu’il s’agit mais de savoir si quelqu’un ou quelque parti, ici et partout, va s’engager à dénoncer réellement les guerres capitalistes, à en identifier les divers responsables impérialistes et arrêter de participer aux concerts de charité pour des populations en fuite humiliés à leur arrivée en terre inhospitalière, même si elles sont composées en grande partie par des couches moyennes qui croient encore à une survie meilleure dans le capitalisme «du nord».

mardi 1 septembre 2015

Les mystères de la glorification des réfugiés et des cris des dames patronnesses de la bourgeoisie

LES MYSTERES DE SYRIE
suivi de: charité et marxisme

«Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée.»
Victor Hugo  (Quatre-vingt-treize)


«Pour faire une bonne dame patronnesse
C'est qu'il faut faire très attention
A ne pas se laisser voler ses pauvresses
C'est qu'on serait sans situation
A ne pas se laisser voler ses pauvresses
C'est qu'on serait sans situation»

Jacques Brel



Qu'est-ce qu'ils nous gonflent! Plusieurs fois je l'aurai entendue cette remarque de "gens d'en bas" qui en ont marre du récit répétitif des "infaux". Jamais on n’aura vu la bourgeoisie mondiale, européenne et française en particulier, s’indigner autant du sort des peuples jetés dans un exode risqué et en rendre responsables «les gens», les «égoïstes de pays riches et pas surpeuplés». L’exode d’une grande majorité de syriens chrétiens ferait plutôt penser à la débâcle en 1940 en France où des milliers furent tués sous les bombes allemandes sans que personne ne puisse leur offrir un havre de paix; l’organisation de la fuite à Dunkerque et à Marseille fût catastrophique et réservée à une minorité. Les «réfugiés» syriens ou autres fuient aussi la guerre mais aucune de nos dames patronnesse de Médiapart ou de Libé-Rotschild ne nous dit de quelle guerre il s’agit et pourquoi.

Jamais lors des famines de la deuxième moitié du XXe siècle en Afrique, ou pendant les guerres raciales (mais en surface car les mystères des confrontations impérialistes germano-américano-franco-russe lors du dépeçage restent entiers) en ex-Yougoslavie on n’avait autant entendu retentir la leçon de morale; même les gesticulations humanitaires d’un Kouchner en début de carrière ne prétendaient pas faire honte au prolétariat de ne pas vouloir accueillir toute le misère du monde ou au moins la partager comme le travail; à quand les 20 heures par semaine pour partager avec les «migrants» ou les «réfugiés» par milliers d'un flux incessant?
Un certain Alain Cotta, dans son livre "Les Hordes", conseillait un capitalisme à visage humain sous peine de voir les pauvres se rassembler en hordes non contrôlables, qui mettraient ainsi en péril la pérennité du système social.
L'aide humanitaire de jadis n’était pas seulement rentable matériellement, elle l'était aussi sur un plan idéologique. Avec des médicaments ou des céréales, les anciennes puissances coloniales exportaient aussi la supériorité de leurs sociétés prétendues "démocratiques" qui prodiguaient leurs surplus médicamenteux, leurs ordis pourris et leurs vieux portables aux sous-développés.

Les nouvelles dames patronnesses de la bourgeoisie débordée par les hordes de migrants exaltent la «nécessaire" solidarité, faisant comme si cette notion effaçait ce trouble remake de la charité religieuse, interclassiste et féodale. Parler de fraternité avec les populations en fuite face aux massacres de soudards catéchisés, ex-délinquants issus de l’immigration flouée (lire «Les territoires perdus de la république" de Emmanuel Brenner), est totalement périmé car plongé dans les eaux glacées de la religion stupide.
Au début de ce XXIème siècle il ne restait du passé que l’individualisme libéral et une vague croyante électorale socialiste, maintenant il n’y a plus que le discours moralisateur antiraciste, qui esquive tout, permet tout et noie le poisson de la lutte des classes.

Alors que tous les partis politiques et leurs charlots de premier plan se sont affolés à la vision de l’exode des populations victimes de la compétition économico-politique du capitalisme et de leurs mâitres financiers, les journalistes de la gauche caviar bondissent à la rescousse pour sauver le système pervers et opaque de la charité déguisée en solidarité fictive. Dans la rubrique désintox Libération fournit un raisonnement simpliste:

«INTOX. Quand il s’agit de parler d’immigration, les hommes politiques français de droite comme de gauche se plaisent à citer la fameuse phrase de Michel Rocard (phrase dont nous avons raconté la véritable histoire dans ces colonnes) sur la France et la «misère du monde». Invité mercredi 25 août au 20 heures de TF1, le candidat à la primaire LR Alain Juppé n’a pas dérogé à la règle, se laissant aller à une version plus continentale : «L’Europe ne peut accueillir toute la misère du monde.»

«DESINTOX. L’Europe ployant sous la misère du monde ? De fait, il n’en est rien. Un exemple permet de le mesurer : selon un rapport publié en juin 2015 par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la Turquie, le Pakistan et le Liban ont accueilli chacun plus de réfugiés que l’ensemble des vingt-huit Etats membres de l’Union européenne en 2014. L’afflux vers l’Europe, d’une importance inédite depuis plusieurs années, est bien réel. Selon les derniers chiffres du HCR, plus de 300 000 réfugiés principalement venus de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak auraient rejoint l’Europe par la Méditerranée depuis janvier 2015. Mais il ne peut être isolé d’un mouvement qui touche d’autres pays bien davantage encore. «Le nombre augmente mais pas seulement vers l’Europe», explique Céline Schmitt, porte-parole du HCR, «les Syriens fuient d’abord vers les pays voisins. C’est également le cas en Irak». Ainsi sur les quatre millions de Syriens en exil, près de la moitié se trouve actuellement en Turquie».

Par ce tour de passe-passe - car personne ne pense que l’Europe ou la France puissent accueilllir toute la misère du monde ni même une partie - le cire-pompe évacue la question de la guerre, de ses causes et de nommer ses protagonistes. De plus il ne s’agit pas de quelques réfugiés en voyage économique mais de masses apeurées dont le nombre est plus faramineux que la capacité de jugement d’un millier de gauchistes charitables; il s’agit du plus important exode de populations depuis la guerre en ex-Yougoslavie, sans remonter jusqu’à 39-45 où ce fût plus grave encore. L’intox est donc bien assurée par la rubrique «libé-désintox» tous les jours car ce que ces cuistres professionnels veulent au fond c'est que l'Europe contribue à son tour après le petit Liban  à LA FORMATION DE GRANDS CAMPS DE REFUGIES POUR ABRITER A BAS PRIX TOUTE LA MISERE DES GUERRES!

Autant la bourgeoisie allemande s’affole, malgré les déclarations démagogiques de sa chancelière - c’est même près d’un million ou plus de réfugiés qui seraient attendus - et appelent «à partager le fardeau", autant les petits clercs de Mediapart stigmatisent à la manière trotsko-stalinienne cette Europe «forteresse inhumaine". Arjna, préposé à l’indignation, ne pousse pas que des cris et passe un peu vite sur une part de la réalité:

«La vague de migrants qui tentent au péril de leur vie de rejoindre l'Europe n'est pas une crise européenne, mais bel et bien une crise mondiale. Ces millions de désespérés jetés sur les routes et les mers des cinq continents, qui fuient quotidiennement leur villes et leurs villages pour essayer d'échapper à la guerre, à la famine, à la misère, aux épidémies, aux dictatures, aux persécutions nous disent à quel point le monde est devenu invivable. Des zones entières de la planète sont dévastées par la guerre, par les crises climatiques et par un néolibéralisme meurtrier. Les souffrances et le désespoir de ceux qui parviennent à s'enfuir sont tels qu'ils prennent tous les risques et d'abord celui d'y perdre la vie. Encore ne sont-ils qu'une minorité à pouvoir partir (sic). Pas une région du globe qui ne soit épargnée».

Pas une région non plus sans vastes camps de réfugiés!

«Si cette crise n'est pas européenne, elle nous en apprend beaucoup sur la réalité de l'Union Européenne. Mesquinerie, hypocrisie, inhumanité. Voilà le tryptique qui qualifie la réaction des gouvernants et des institutions européennes. Non, la barbarie n'est pas à nos frontières, elle est parmi nous. Elle se prélasse sous les ors des palais nationaux, elle se répand dans les media, elle se confortent dans les institutions. C'est elle qui organise et justifie les drames et les humiliations que subissent les migrants en route vers l'Europe. Non assistance à peuples en danger. L'union européenne la zone la plus riche et la moins peuplée de la planète est celle qui accueille le moins de réfugiés. Et dans quelle conditions! Certes si on a essayé de nous faire croire à une Europe sociale, personne n'a essayé de nous faire croire à une Europe solidaire du reste du monde. Mais ce qui se passe actuellement relève de la même inhumanité que les crimes de la traite et du colonialisme».

Cela dérape vite vers le n’importe quoi, du fait d’une inculture politique crasse, mais l’injonction stalinienne n’est pas loin, du même ordre que les sergents recruteurs pour la guerre civile espagnole en 1936, des embrigadés internationaux à la renverse en quelque sorte:

 «Il n'y a pas une minute à perdre pour ceux qui se pressent aux frontières, ceux qui se lancent à travers la Méditerranée, ceux qui sont chassés de toute part et espèrent trouver en Europe, un refuge et une vie normale. Il n'y a pas une minute à perdre pour sauver notre propre humanité».

Néantissime énième appel au firmanent des étoiles filantes gauchistes. A chaquee fois ces agitateurs, ces nains à moustache stalinienne comme leur petit chef ou des caméléons tout azimut à la kouchner, braillent à tout va dans le vide, méprisant autant les sans abris d’ici que les futurs sans abris de là-bas, mais portant beau dans les cocktails avec cinéastes et écrivains... enragés.

Lautealin en remet une couche en insultant la terre entière: "Accueillir toute la misère du monde", mais qui demande cela ? La formule, tant reprise par des millions d'idiots en France et ailleurs met l'accent sur la lâcheté qui pèse dans la classe politique depuis Rocard. C'est pratique car cette expression ne veut rien dire. Pour le commun des mortels, aussi lâche que les politicards de "gôche" et de droite, cette formulation leur évite de réfléchir sur le fond à la question de l'immigration et surtout de faire le lien, pourtant simple, entre crise économique, chômage et immigration». A défaut d’expliciter ce qu’il vient d’évoquer, il pointe un doigt vengeur contre le fonds de commerce du FN, esquive la question des guerres et donne une consistance bourgeoise à la fuite éperdue de réfugiés (mais pas encore réfugiés), une alternative une seule, la voici: « Ils n'ont qu'une seule alternative, fuir ! Fuir vers ceux qui leur tiennent un discours sur les valeurs humanitaires qui fondent nos sociétés modernes, la démocratie, la fraternité. Quelle déception. Les eldorados ne sont pas aussi accueillant qu'ils le croyaient, loin s'en faut. Des milliers de témoins gisent au fond de la Méditerranée. Qui de nous et d'eux est le plus responsable des guerres dans ces régions. Rappelons-nous comment Bush a pris prétexte pour envahir l'Irak et comment il les a laissé tombé après avoir foutu un bordel monstre dans toute la région. Qui paie les pots cassés si ce ne sont les peuples».

Le discours auto-culpabilisateur du gauchiste lambda, fils d’un vieux porteur de valises des despotismes libérés, finit lamentablement dans l’espoir que les peuples (cette notion godiche) pourraient se libérer eux-mêmes... par la démocratie bourgeoise et leurs récipiendaires, non simplement hypocrites, mais vendeurs d’armes et de larmes: «Cela dit la responsabilité des Nations, de leurs élus,  des organisations internationales est de faire face et donc de créer les conditions de l'accueil des populations».


L’ange Merkel

Pour remercier la chancelière de l’accueil que lui avait réservé l’Allemagne en janvier, une Ghanéenne a décidé de prénommer sa petite dernière, née en février, Angelamerkel. Une initiative acceptée par les services sociaux de la ville d’Hanovre où la famille est hébergée.

Après avoir dû faire face à plus de 200 000 demandes d’asile en 2014 – un record depuis 1993 –, l’Allemagne s’attendait initialement à un doublement de ce nombre cette année. En fait, selon de nouvelles estimations fournies mercredi 19 août par le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, ces prévisions seront très largement dépassées. Il évalue à 800 000 le nombre de migrants qui pourraient cette année tenter leur chance en Allemagne. Si un grand nombre vient de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan, une part importante – plus de 80 000 au premier semestre – vient des Balkans.

Les Etats-régions, qui doivent accueillir ces réfugiés selon une clé de répartition élaborée il y a plusieurs décennies, sont débordés. « Chaque jour, 500 réfugiés arrivent dans le Bade-Wurtemberg. Nous devons chaque jour construire un immeuble pour les héberger », résume Bilkay Öney, la ministre (sociale-démocrate) chargée de l’intégration dans ce Land du sud-ouest du pays. Après avoir reconverti certaines casernes, les Etats-régions multiplient les acquisitions de containers spécialement aménagés mais peuvent de moins en moins éviter d’héberger des réfugiés dans de simples tentes.

Thomas de Maizière a provoqué une polémique en proposant que les réfugiés venant de pays sûrs qui, durant un trimestre, perçoivent 143 euros d’« argent de poche » par mois, reçoivent désormais des prestations en nature, moins incitatives. Une suggestion contre laquelle s’est insurgée sa collègue sociale-démocrate chargée de la famille, Manuela Schwesig. Dimanche 16 août, dans son interview de rentrée accordée à la chaîne ZDF, Mme Merkel a jugé que l’afflux des réfugiés et les questions humanitaires, mais aussi diplomatiques et géostratégiques qu’il soulève « vont nous occuper bien davantage que la question de la Grèce et celle de la stabilité de l’euro ». A ses yeux, « le thème de l’asile pourrait être le prochain grand projet européen ». Jugeant la situation actuelle « absolument non satisfaisante », la chancelière a dit en avoir parlé à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Décision a été prise de réunir dans l’urgence tous les Etats de l’UE... dans 15 jours!

En juillet, les caciques bourgeois Européens s’étaient mis d’accord pour réinstaller 22 500 réfugiés syriens vivant actuellement dans des pays du Proche-Orient (Liban, Jordanie). Ils ne sont pas cependant parvenus à s’entendre que sur la répartition volontaire de 32 256 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie, deux pays qui n’arrivent plus à faire face à la situation. Un chiffre dérisoire face à l’ampleur des arrivées. La chancelière voudrait qu’au moins l’Union européenne se mette d’accord sur une liste des « pays sûrs » dont les citoyens ne seraient pas admis à obtenir un droit d’asile dans l’Union européenne. Le débat est très sensible en Allemagne. En 2014, le pays a jugé que trois Etats des Balkans (Serbie, Macédoine et Bosnie-Herzégovine) étaient « sûrs ». La CDU voudrait également classer le Monténégro, le Kosovo et l’Albanie dans cette catégorie mais les politiciens Verts, dont l’accord est indispensable, s’y refusent pour l’instant.

UN PLAN DU GOUVERNEMENT FUMISTE FRANCAIS

Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, qui s’est remis de son malaise cardiaque, a indiqué mardi quatre sujets qui pourraient constituer les grands axes d’un plan franco-allemand. Il s’agirait tout d’abord de créer des « points d’enregistrement » (hot spots) là où les réfugiés arrivent. Certains pays comme l’Italie ou la Hongrie sont soupçonnés de ne pas tout mettre en œuvre pour accomplir ces formalités. De son côté, la Grèce semble réellement incapable de faire face à cette responsabilité (mais on ne lui en voudra pas autant que pour ses dettes).

Deuxièmement, des procédures accélérées devraient être mises en place afin que ceux qui n’obtiennent pas l’asile repartent effectivement et rapidement (Médiapart et Kouchner sont d’accord, vu le risque de «loups solitaires» terroristes). En Allemagne, Mme Merkel a reconnu qu’on ne pouvait plus travailler en « mode normal », mais elle a fait croire au monde entier à la générosité de l’Allemagne financière et bourgeoise, et se plaint maintenant que chacun ne prenne pas une quote-part. On mobilisera des retraités, pas pour le front, mais pour venir en aide aux services d’immigration. Troisième axe : aider les pays de transit sur la route de l’UE à lutter contre les filières clandestines, même si la plupart des migrants se passent des passeurs dans leur fuite éperdue. La France pense surtout à la Libye et au Niger, l’Allemagne aux Balkans; chacun sa zone d’influence post-coloniale. Quatrième axe : à plus long terme, aider au développement des pays de départ afin de tarir le flux à la source, pour ceux qui croient encore au Père Noël.

L’exode se poursuit:

(AFP) - La Hongrie a de nouveau empêché mardi les migrants de rejoindre en train l'Autriche ou l'Allemagne, confrontées à un afflux record, alors que l'Europe reste divisée face à sa plus grande crise migratoire depuis la Deuxième guerre mondiale. Plus de 350.000 personnes ont risqué leur vie depuis le début de l'année en traversant la Méditerranée, et 2.643 personnes sont mortes en mer pour avoir voulu rallier l'Europe, a révélé par ailleurs mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), donnant la mesure du phénomène. A Budapest, les autorités ont fait évacuer la gare de Keleti après que quelque 500 migrants eurent tenté de monter, dans le chaos, à bord du dernier train qui devait partir pour Vienne à 07H10 GMT. La gare a pu rouvrir mais a été interdite d'accès aux migrants, sans indications sur la pérennité de cette mesure. L'évacuation, encadrée par plusieurs centaines de policiers, a provoqué une manifestation spontanée de 200 personnes devant la gare criant "Allemagne, Allemagne!", et "Nous voulons partir !", brandissant pour certaines leur bébé à bout de bras.

La veille, les autorités hongroises avaient fini par autoriser les candidats à l'exil à quitter leurs camps improvisés près des gares de la capitale. Conséquence : 3.650 migrants, dont beaucoup sans visas, sont arrivés lundi à Vienne, un record cette année pour une seule journée.

Un grand nombre d'entre eux ont passé la nuit de lundi à mardi dans la principale gare de Vienne, espérant poursuivre leur voyage vers l'Allemagne, qui a renoncé à renvoyer les Syriens vers leur point d'entrée dans l'UE, s'engageant du même coup à traiter leurs demandes d'asile.

D'autres migrants ont pu monter dans des trains à destination de la ville autrichienne de Salzbourg ou de Munich, dans le sud de l'Allemagne. Selon la police allemande, 3.500 demandeurs d'asile sont passés d'Autriche en Bavière entre lundi matin et mardi après-midi, un record pour cette région.

Leur arrivée, au terme d'un périple épuisant, a déclenché une vague de solidarité avec des dizaines de Munichois apportant habits, nourriture, eau et couches, au point que la police a demandé aux habitants de cesser leurs dons faute de pouvoir les gérer. Cet afflux de populations fuyant la guerre, les persécutions et la pauvreté au Moyen-Orient et en Afrique constitue "le plus grand défi pour l'Europe pour les années à venir", a estimé mardi le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Berlin.

L'Autriche traque les passeurs à défaut de traquer les marchands de canon:

Mardi encore, l'Italie a annoncé avoir secouru 221 migrants massés dans deux bateaux gonflables au large des côtes libyennes. Plus au nord, la Belgique a enregistré un flux sans précédent d'arrivées et un campement s'est improvisé près du principal centre d'enregistrement des réfugiés à Bruxelles.

En Suède, l'Agence des migrations a indiqué mardi que le nombre de demandes d'asile dans le pays avait approché la semaine dernière son record historique. "Toute l'Europe se trouve désemparée", a commenté une analyste de cette administration.

Mais les 28 pays membres de l'Union européenne restent divisés, avant une nouvelle réunion d'urgence prévue le 14 septembre. Plusieurs responsables occidentaux ont récemment fustigé les pays de l'Est membres de l'UE pour leur manque d'empressement à accueillir des migrants, mais aussi les institutions européennes. La Hongrie, critiquée par la France pour la clôture érigée à sa frontière et par l'Autriche pour sa "négligence" dans la mise en oeuvre des règles européennes sur l'asile, a convoqué les ambassadeurs des deux pays pour obtenir des explications.

"Nous devons maintenant travailler à réussir la mise en place d'une politique d'asile commune (...) et non pas nous accuser les uns les autres, nous devons changer les choses", a jugé dans ce contexte mardi la chancelière Angela Merkel, pas en retard d’une promesse pour confirmer son rôle de première dame patronnesse de l’Europe capitaliste et rentière et militante pour la construction de camps de toile de réfugiés avec ses amis Valls et Hollande.
"La priorité de l'Europe reste d'empêcher les migrants de perdre la vie en tentant de rejoindre l'Europe", a déclaré mardi le président du Conseil européen Donald Tusk, en visite à Zagreb, rivalisant de charité, sans se prononcer sur l'organisation concrète de l'accueil, comme tous les lecteurs de Médiapart et de Rue 89.

L'ex-président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus a de son côté estimé que l'Europe commettait un "suicide" en accueillant les migrants, au moins a-t-il dit que ce n’était pas un crime. Les personnes se rendant par la route de Hongrie en Autriche devaient quant à elles continuer mardi à patienter dans de gigantesques bouchons près de la frontière. La police autrichienne arrête chaque camion, fourgon ou voiture, dans le but de mettre la main sur des passeurs. Mais les "passés" n'en sont qu'au début d'une immense débâcle des démocraties bourgeoises à endiguer la misère produite par leurs guerres géopolitiques et pétrolières; le bordel va s'amplifier pire que le blocage de l'Eurostar cette nuit à Calais.


Ces mesures dans l'affolement ont été mises en place dimanche soir, trois jours après la découverte d'un camion abandonné près de la frontière avec la Hongrie, avec 71 cadavres de migrants en décomposition. Sept personnes ont été arrêtées en Hongrie et Bulgarie, dont quatre Bulgares et un Afghan.
«La Turquie et le Liban sont des terres d’accueil mais qui ont besoin d’aide. Au Liban, le nombre de réfugiés représente presque un tiers de la population. Les ressources de ces pays s’amenuisent et poussent les réfugiés à traverser la Méditerranée pour se rendre en Europe. Au Haut-commissariat pour les réfugiés, nous appelons à la solidarité avec ces Etats», déplore Céline Schmitt. Mais surtout à Décathlon.

CHARITE ET MARXISME

L’état de dénuement où sont plongés ceux qui cherchent à se réfugier dans la «forteresse-passoire» Europe nous renvoie à la notion de pauvreté. La plupart ont en effet tout perdu, mais cela n’en fera pas pour autant des révoltés. Les réfugiés n’ont en général pas le luxe d’être révolutionnaire; on ne leur demande que la reconnaissance et la soumission. Il n’y a que les intellos trotskiens à la Mickel Löwy pour croire à la réincarnation communiste à partir des galéjades de curé tiermondistes tel dom Helder Camara («Aussi longtemps que je demandais aux gens d’aider les pauvres, on m’appelait un saint. Mais lorsque j’ai posé la question: pourquoi y a-t-il tant de pauvres? On m’a traité de communiste». Même sous la révolution française les curés défroqués n’ont jamais fait de bons communistes.

Intéressons-nous plutôt aux conceptions littéraires du jeune Marx, qui se moqua si bien de ceux qui ne voyait dans la misère que la misère mais pas son aspect révolutionnaire; non pas que la révolution provienne en soi de la misère mais de ce qu’elle signifie et de ce qu’elle est comme menace; en ce sens le sort réservé, cruel et innommable aux fuyards des guerres impérialistes, doit être l’objet de notre réflexion, pas simple indignation, sur ce qui attend les prolétaires des pays encore préservés, demain: une même fuite éperdue face aux horreurs de la guerre, par ex. si la guerre en Ukraine s’aggravait...
C’est avec cette démarche, en partie encore inconsciente, que le jeune Marx va se passionner pour l’oeuvre dEugène Sue, Les mystères de Paris, publiée en feuilletons entre 1842 et 1843. Le feuillettonniste n’a été que le porte-plume d’un phénomène de société où tous les ingrédients et ressorts lui furent fourni par les lecteurs, de plus en plus ouvriers alors que l’ouvrage se destinait au début à un lectorat bourgeois, qui proposèrent des variantes au roman publié en feuilleton, dont les épisodes figuraient même au Journal des débats... parlementaires.
 Les Mystères de Paris racontent les exploits de Rodolphe de Gerolstein, grand-duc allemand qui se fait passer pour un ouvrier afin de se mêler aux populations des bas-fonds parisiens et de récompenser les pauvres vertueux. Au cours de ses expéditions, il rencontre une myriade de personnages, dont Fleur-de-Marie, jeune prostituée, et le Chourineur, ancien criminel devenu boucher. Le roman rencontre un succès inattendu, et de nombreux lecteurs issus de couches sociales défavorisées se reconnaissent dans cette représentation inédite du peuple. Sue glisse ainsi progressivement, au fur et à mesure de la rédaction, vers une idéologie socialiste, à tendance fouriériste, offrant ainsi l’exemple très rare d’une conversion politique d’un auteur par sa propre œuvre. C’est à cette idéologie, explicitée dans le roman à travers de longues digressions que Marx s’attaque dans La Sainte Famille.
Eugène Sue voulait «informer» les riches des conditions de vie misérables de prolétaires afin de favoriser le développement de la charité. L’auteur entretient des liens épistoliers avec des philanthropes bourgeois dont Marx se gausse comme de sa première chemise. Marx l’attaque sur ce terrain de la charité. Il montre que le socialisme dont Rodolphe serait l’incarnation n’est qu’une forme de paternalisme qui repose sur des présupposés de classes et une hiérarchie des individus de la société. Sans s’en rendre compte, Rodolphe a dévoilé le principal mystère: la misère humaine elle-même, l’infinie déchéance (du réfugié...) qui doit non seulement accepter l’aumône mais aussi servir de passe-temps à l’aristocratie de l’argent (les ministres du l’UE) et de la culture (les primitifs de Médiapart), satisfaire leur amour-propre, chatouiller leur arrogance, les amuser.
Le jeune Marx condamne donc ce socialisme paternaliste d’élite (on peut dire de nos jours le réformisme radical et antiraciste), de même qu’il ridiculise le projet de «banque des pauvres» (variété de produits que nous ont servi un temps les altermondialistes anars); il s’agit d’une utopie spéculative au même niveau que la Caisse d’Epargne, avec cette différence que ce n’est plus l’ouvrier seul qui perd ses intérêts mais la banque qui perd son capital.

On voit dans le chapitre 8 de La Sainte Famille que Marx s’emballe un certain moment pour la destinée de Fleur-de Marie, comme si celle-ci n’était pas seulement un personnage du roman de Sue mais existait réellement et était même l’une de ses proches, nous verrons qu’en dépit de ses réserves à l’encontre du genre, dans lequel il diagnostique une forme particulièrement nocive d’endoctrinement contre-révolutionnaire, il n’est pas resté lui-même insensible à cet aspect de son fonctionnement, et qu’il est, si on peut dire, entré dans le jeu de la fiction feuilletonesque, qui a fini par le rattraper, tant l’intrigue était bien menée.

Marx consent à créer à son tour une Fleur-de-Marie abstraite de son devenir romanesque, et une Fleur-de-Marie potentiellement épargnée par l’aliénation de l’idéologie bourgeoise que lui inculque Rodolphe. Marx semble goûter cet exercice, puisqu’il le répète au chapitre V de La Sainte Famille au sujet de Rigolette, personnage de la grisette libérée :

«C’est « une fort jolie grisette ». Eugène Sue lui a prêté le caractère charmant, humain de la grisette parisienne. Seulement, par dévotion pour la bourgeoisie et sous lʼeffet de sa propre exaltation, il lui a fallu idéaliser moralement la grisette. Il lui a fallu émousser ce qui fait la pointe de sa vie et de son caractère, à savoir son irrespect du mariage formel, ses rapports naïfs avec lʼétudiant ou lʼouvrier. Cʼest précisément par ces rapports quʼelle offre un contraste vraiment humain avec lʼépouse hypocrite, mesquine et égoïste du bourgeois, avec tout le milieu bourgeois, cʼest-à-dire avec tout le milieu officiel.» (La Sainte Famille, op. cit., p. 506.)

Marx appréciait les jolies femmes de Paris mais n’en usa pas comme le sémillant Friedrich Engels qui en fréquenta quelqu’unes et en qui les deux amis voyaient une figure du prolétariat doublée d’une figure féminine.

Ce long détour romanesque nous a apparemment éloigné du sujet, mais pas vraiment. La charité est une notion religieuse surannée, même si elle se voile du terme faux-cul de solidarité proclamé par tous les politiciens indifférents à la misère du monde comme à celle du prolétariat sur une planète de guerres où il n’y a plus aucune solution nationale ni démocratique. Les incroyables revenus des puissants, des roitelets du pétrole aux gros financiers français avec leurs retraites chapeau, qu’ils montrent l’exemple en versant à la corbeille des démunis des guerres... mais ils laissent crever des gens par milliers et ils disent «nous» comme si nous étions complices de leur exploitation et de leurs guerres.
Mais, nous, du prolétariat, nous reprenons les paroles de Robespierre:
«Quel est l’objet de la société? C’est le maintien des droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous ses membres d’exister».
Robespierre à la tribune de la Convention, 2 décembre 1792.

Mais c'est plus compliqué qu'au temps de Robespierre.

PS: une sélection des migrants très problématiques suivant les enjeux... impérialistes de chacun.  à Calais, Manuel Valls  a déclaré que les européens devaient "établir une liste de pays sûrs". Une liste permettrait d'établir les nationalités prioritaires pour l'asile. En quelque sorte c'est une sélection "a priori", car les ressortissants des pays inscrits sur cette liste seraient presque disqualifiés d'office pour obtenir l'asile. En France, l'Ofpra utilise déjà ce système mais son application à l'échelle européenne est plus problématique. Cela posera des problèmes d'ordre diplomatique et de politique internationale car tous les pays ne vont pas forcément être d'accord sur la composition de la liste.

dimanche 30 août 2015

CHAMBON SUR HYPOCRISIE INTÉGRATIONNISTE: la propaganda bucolique de TF1


Je vous avais convié sur plusieurs de mes sites à regarder l’émission de TF1 concernant un accueil «républicain» de demandeurs d’asile - présumé exemplaire - sans me faire d’illusions, plutôt aux aguets sur la manière dont la première propagandastaffel de France allait traiter le sujet. On fût servi sur un plateau puant, non seulement le bleu des Causses, mais de causeries malodorantes s’adressant aux publics les plus différents, aux plus naïfs comme aux plus cyniques.

Qui ne souscrirait à ce projet charmant de repeupler les villages désertés de nos campagnes? Qui ne verserait pas des larmes en voyant ces enfants adorables (comme tous les enfants) menacés d’abord par la guerre en pays islamiques puis par la rue en pays riche?
Ces deux idées sont d’emblée pourtant un rempart de mensonges sur la réalité de l’accueil franchouillard. Un: c’est une goutte d’eau (bénite) face à l’exode massif des populations des pays en guerre. Deux: quelle fût l’importance des subventions reçues par le brave maire d’une zone plouc plutôt raciste et coupée des réalités du monde cruel actuel?

Ensuite, jusqu’à preuve du contraire, TF1, chaîne bourgeoise pour amuser au rabais le bon peuple, ne grouille ni de prêtres ouvriers ni de communistes acharnés; le seul guide de cette mafia visuelle est-il autre que l’intérêt de l’Etat et de ses campagnes idéologiques dominantes. On a su qu’à l’origine de la «suggestion» (bien qu’avant l’exode actuel) était l’actrice-productrice Melissa Theuriau, épouse du comique Djamel. Ce couple est connu pour ses positions communistes en faveur du renversement de l’Etat bourgeois du fait de son amitié affichée avec le bourgeois qui fait figure de chef d’Etat; le couple prend régulièrement aussi de jolies vacances auprès de cet autre grand démocrate, le roi du Maroc (roitelet qui a beaucoup à se reprocher si l’on en croit certains journalistes maîtres-chanteurs).
En bref et de plus la pub maison ajoutait déjà le prêt à conclure, une fois que votre cervelle amollie aurait fini d’enregistrer la guimauve infantile du document, qu’on avait là le modèle quasi parfait du «vivre-ensemble», ce gadget anti-raciste des bobos électeurs du principal parti oligarchique français. Et aussi que cette arrivée de «nouvelles familles» (c’est à dire, pas l’immigré méchant seul avec son canif) pouvait être d’une utilité sociale certaine dans nos bleds «confrontés à la désertification rurale», à l’absence d’industrie et au nécessaire pullulement d’emplois de psychologues conseillers et d’infirmiers psychiatriques (surtout en lozère où cette industrie prospère).

Attention, gros mensonge encore, plus gros que les précédents. Tout le reportage démontre dès son début qu’il n’y a rien à tirer de ces bleds paumés: pas d’usine et les asiles pour vieux et fous ne remplissent pas les caisses de l’Etat sis à la capitale! Tel gouvernement précédent avait bien essayé d’implanter quelques-uns de nos arabes de banlieue dans tel village déserté, lequels prolétaires s’étaient enfui peu après. Il n’y a rien à développer dans une région aussi paumée et arriérée. Une année j’avais amené deux amies maghrébines à Mende, elles avaient été tétanisées à l’idée de passer plus d’une semaine dans ce trou perdu, et Malika s’était écriée à l’entrée du Super U de Mende: «enfin la civilisation»!
Donc le coup de la «vitrine lozérienne» nous avait déjà été fait. Décryptons maintenant les fables et saloperies du reportage.

On commence par le bourgeois syrien réfugié, avocat dans sa vie antérieure, et qui aura la vedette et les lauriers avec sa smala. Un clin d’oeil est fait aux boutiquiers du village qui, vu la venue de cette clientèle aux maigres ressources, sont plutôt circonspects; il faut bien leur laisser un bout de parole pour que le reportage n’apparaisse pas trop dithyrambiques et «arrangés» lorsque Raymond à Montbel ou René à la Canourgue allumeront le poste qui s’appelle maintenant écran plasma.
La boulangère: ils n’ont pas nos coutumes et n’achètent pas spécialement notre pain.
Le boucher: il est gentil le petit réfugié albanais, il aime notre viande, mais ne peut venir que deux fois par mois.

Avec moins de 400 euros par mois pour lui, sa femme et sa fille, faudra pas compter sur ces demandeurs d’asile pour relancer une vie industrielle au village; et toc pour les magiciens de re-développement rural!
Faudra pas compter non plus pour les pétitions de solidarité avec les boutiquiers, pognon d’abord, principes républicains après.

Le gros du reportage, pour nous toucher au fond des viscères, est évidemment le zoom permanent sur les mioches...cour d’école...apprentissage de la lecture par la gentille maîtresse... Ah qu’ils sont attachants! Et comme ils apprennent vite le français, surtout les tiards de l’avocat... en 5 mois pardi! Mais comme ils tirent une drôle de mine quand leurs petits copains d’un an (durée moyenne d’hébergement avant ré-expulsion) albanais, nigérien-péruviens, vont être éjectés de Chambon sur Plouc. Au demeurant on n’est à l’abri de rien puisque le caméraman doit flouter les enfants tchétchènes; Poutine enverrait-il ses tueurs patentés au fin fond des Causses? Le flou des visages tchétchènes introduit un suspense qui frôle la réalité, le bon comme le mauvais spectateur ne doit pas oublier la trilogie précarité-morosité-mortalité qui est le lot quotidien et dramatique des réfugiés, qu’on les aime ou pas, qu’on en veuille ou pas, qu’on les plaigne ou pas, qu’on les ignore ou pas.

Les deux publics sont servis par le reportage pervers. Deux applications subliminales sont psychologiquement injectées comme rails du scénario propagandiste. Le premier, de bout en bout, s’adresse à ces salauds d’électeurs tentés par le FN (que le camarade Valls a mieux dénoncé que tout morveux gauchiste à la messe dominicale du parti gouvernemental): ne vous inquiétez pas, Chambon est un super filtre. Ces demandeurs d’asile ne vont pas être systématiquement intégrés à la nation; à ce titre, le scénario nous fait lambiner dans l’attente du couperet de l’Ofpra, puis pleurer face le refus adressé au couple nigérien-bolivien ainsi qu’au couple albanais. Les salauds d’électeurs hostiles à l’envahissement respirent eux... mais pas pour longtemps. Le reportage se tourne vers les électeurs de gauche humains et gentils: rassurez-vous ils auront droit à une séance de rattrage et on les loge en attendant dans un hôtel de merde à Mende pour six mois ou moins. Adieu Chambon bonjour mendions!

Il n’échappe pas aux yeux des gentils électeurs spectateurs de gauche, aussi crédules que les méchants, cette oppression impalpable qui saisit la poitrine des parents demandeurs d’asile et cette lueur de terreur à l’idée de leur non régularisation. On imagine les cyniques magistrats de l’Ofpra qui s’amusent à jouer avec les nerfs d’êtres humains sans défense, dans la majorité des cas, afin que lors de la «seconde chance» - surenchère sordide - les mendiants d’asile soient infiniement reconnaissants devant de tels seigneurs au point de vouloir se fondre dans la masse des moutons français à défaut de se morfondre dans un camion frigorifique ou une mer horrifique.

Excepté le papa nigérien, le reportage ne nous montre que de belles jeunes filles blanches originaires du Kosovo et habitantes de Mende (clin d’oeil aux ploucs lozériens qui ne trouvent pour femmes que des vaches esseulées), car, comme en Israël, les noirs c’est mal vu, vaut mieux dix réfugiées blanches et jolies qu’un seul noir avec 4 ou 5 mioches; mais cela n’est pas explicite évidemment dans un tel reportage antiraciste. Mais, c’est déjà trop aguicheur envers le public plouc, alors il faut se retourner vers le public bobo, persuadé que la France peut accueillir toute la misède du monde. Donnons la parole à ces jeunes ignares du bistrot du bled. Fastoche, déjà à part les règles du babyfoot ils ne pigent que pouic à la grande politique à la capitale ou ailleurs! Le premier gars du village, bedeau qui ne sait ni que l’hébergement est provisoire et extrêmement sévère ni que les réfugiés n’ont pas le droit de travailler, s’emporte sans grande conviction contre des gens qui ne travaillent pas «et c’est nous qui travaillons pour eux». Quel minable, il ne sait rien et crache sur de pauvres migrants, pardon réfugiés, pense l’électeur de gauche bobo et bassiné!
Heureusement lors de la séquence suivante la voix off du gouvernement nous rassure: autre son de cloche un peu plus loin, un bobo conseiller d’éducation valide cette générosité naturelle à Chambon sur Pétaouchnoc.

La part des choses étant faite, il ne reste plus qu’à aller faire baptiser l’opération séduction humanitaire dans un bocal lozérien chez la mamie du village. Le caméraman a attendu jusqu’aux fêtes de Noël où tout cacique de bled vient faire l’aumone électorale à ses vieux avec un sac de chocolats et une paire de chaussettes pour l’hiver. La mamie est d’autant plus ravie qu’elle est filmée par TF1, sa chaîne préférée pour le décervelage. Elle dit tout ce que le maire ex-prof a envie d’entendre devant la caméra de la France entière (ou en bière): bah oui, y sont gentils et ça fait plaisir de voir des maisons vides réouvrir. La mamie télé-guidée (je ne l’ai pas fait exprès) a donc le mot de la fin conceptualisant et sculptant le «vivre-ensemble» au fond du trou lozérien.

Le gentil électeur de gauche a mal au coeur (qu’il porte à droite en ce moment) lorsqu’il apprend que les couples nigérien-péruvien et l’albanais sont déboutés de leur demande d’asile - quoique les potes du village offrent le pastis et les fléchettes à ce dernier - quand le salaud de droite (qui veut tuer Hollande cause de l’invasion) se réjouit que le seul rescapé, l’avocat et sa smala (belle femme, enfants intelligents ayant appris en 5 mois une langue que les cévenols sont infichus de jacter correctement), soient admis à intégrer la nation de «la liberté, de l’égalité, et de la fraternité» (c’est la promo que fait réciter le caméraman à la femme du bourgeois); mais rien sur infanterie-cavalerie-artillerie (cf. 18 Brumaire) du sieur Hollande en Syrie et en Afrique.

Camarades électeurs de gauche, généralisons partout des Chambon sur Plouc! Vive TF1 la chaîne qui va déchaîner les demandeurs d’asile mais en les sélectionnant selon leur catégorie sociale et la couleur de peau.
Camarades électeurs de droite, pas de souci! on ne va pas se laisser envahir par des prolétaires sans patrie et tous les malheureux de la terre! Chambon sur Plouc est notre mur grillagé hongrois, on pourra s’y faufiler mais au compte-goutte, et les vêtements déchirés!