"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 25 octobre 2008

MAI 68 OU L’IMPACT DE L’INCOMPRIS

Par Lucien Laugier (1975 ?)

Remarque préliminaire: Les hypocrites commémorations sur 68 se sont éteintes. On peut en reparler sereinement. L'époque paraît bien rose comparée à la dramatique récession qui commence à ravager le monde. Alors, les prolétaires sont restés relativement passifs et plutôt spectateurs d'une jeunesse généreuse et dispersée. Aujourd'hui plus question de plaisanter ni de laisser les étudiants ou des émeutiers jouer à lance caillou avec la police, il faut refaire le monde. C'est urgent. Seule la classe ouvrière peut y prétendre. Il n'y a plus de parti pour le faire à sa place, et les petits clans à prétention de guidage révolutionnaire sont si sclérosés, replis sur eux-mêmes et haineux entre eux qu'on se fiche de leur regroupement éternellement impossible. Mai 68 a montré que le parti de masse c'était fini depuis belle lurette, et que la révolution n'a pas besoin de chefs ni de donneurs de leçons bien au chaud et qui laissent les prolétaires aller au casse-pipe à leur place. Laugier a vu juste. Il est bien le principal mémorialiste du ténu mouvement marxiste du XXe siècle. Voici un texte, parmi d'autres, passionnants et instructifs, qui seront publiés début 2009 dans Tempus Fugit, revue électronique non fugitive. La terrible dépression qui se profile redonne déjà goût à la lecture. En Allemagne on commence à s'arracher les oeuvres de Marx. Tant mieux. Les textes des révolutionnaires modernes et leur histoire vont retenir l'attention de plus en plus de ceux qui voient bien la marche à l'abîme. Mais gare, si tous les ânes se disent désormais marxistes, tous les marxistes ne sont pas des ânes! (JLR)

Je dois constater aujourd’hui, non sans quelque étonnement rétrospectif, que le retrait forcé de Bordiga à la suite de sa première maladie, ne nous affecta pas outre mesure. De même d’ailleurs que l’élimination de deux camarades qui étaient entrés en conflit avec la direction du Parti au sujet des questions dont j’ai parlé précédemment (Encore que de façon aussi inélégante qu’obscure dont fut accomplie cette élimination laissa à quelques uns d’entre nous un certain goût d’amertume sur les raisons desquelles il sera opportun de revenir ultérieurement plus en détail).

Peut-être ces deux faits également marquants, quoiqu’à des échelles différentes n’obscurcissent pas complètement l’opinion de la plupart en raison des événements des années suivantes : dès 1965-66 survint un changement sensible du climat politique et idéologique de la société gaulliste, surtout chez les jeunes.

Avec le recul, il est désormais possible de vérifier la réalité d’un phénomène dont nous n’eûmes à l’époque qu’une perception limitée bien que ses divers indices ne cessèrent d’aiguiser notre curiosité. Après des années et des années de monopole stalinien sur la littérature ouvrière - monopole aux effets fastidieux et écoeurants – on se mettait de divers côtés à publier des textes, des études ramenant au jour, au moins partiellement, la vérité étouffée durant les sombres années de la période à laquelle Edgar Morin a donné le nom de « glaciation théorique » et qui est totalement imputable à la toute puissance du stalinisme (surtout parmi les intellectuels occidentaux) durant la première décennie de l’après-guerre. J’en fournirai preuves et exemples dans d’autres chapitres, me bornant ici au seul aspect que nous en connaissions dans le PCI en ce qui concernait l’apparition, dans la capitale d’un nouveau « jeune public » avide de connaître la véritable histoire des mouvements révolutionnaires et particulièrement sur les chapitres que le stalinisme avait totalement falsifiés. Progressivement, les camarades de Paris se lièrent avec quelques éléments faisant partie de ce public et commença alors, lentement mais avec régularité, un fait qui contribua à nous faire oublier les tristes mésaventures relatées plus haut : l’accroissement numérique du parti.

Je passerai ici sur l’enthousiasme que suscita cet événement ainsi que sur la responsabilité qu’il porte dans le renforcement ultérieur de notre « mégalomanie ». J’en viens tout de suite aux bouleversements survenus sur la fin de la décennie et à leurs répercussions sur l’histoire de notre « groupuscule ».

Parmi ceux qui, en 1971, devaient quitter le PCI – et je dirai plus loin quelle part je pris dans cette décision – l’habitude fût vite acceptée d’expliquer la « crise » ayant provoqué notre départ par les conséquences directes ou indirectes des événements de mai-juin 1968 – opinion directement empruntée à ce qu’en disait J.Camatte, l’un des deux « sortants » de 1965, dans sa revue « Invariance ». Une affirmation qui peut être admise dans la mesure où mai 68 a mis au grand jour la fonction à laquelle étaient désormais réduites les traditionnelles « avant-gardes révolutionnaires » et dans la mesure aussi où les conséquences immédiates de l’événement ont fait du PCI un groupuscule parmi les autres.

En fait, trois ans plus tôt, tout le monde politique avait été surpris par la violence et la soudaineté de la révolte des étudiants, mais le PCI le fût moins par l’éclatement de cette révolte que par le style et les formes qu’emprunta cette intrusion aussi exaltante qu’éphémère de la Révolution au cœur de la vieille société gaulliste. Je dois souligner en effet, sans pour autant en vouloir tirer argument en faveur de la « clairvoyance » du PCI, que la rébellion des jeunes, sur la fin des années 60 ne fût pas vraiment quelque chose d’inattendu pour nous. On pourra d’ailleurs le vérifier ultérieurement à l’examen de la presse et de nos comptes rendus de réunion de l’époque. En ce qui me concerne plus particulièrement, je me souviens avoir été vivement intéressé et impressionné au printemps de 1968, par les colonnes que la presse de gauche consacra à l’effervescence régnant alors dans la Faculté de Nanterre[1].

Phénomène surprenant : les étudiants en sociologie et sciences économiques, en principe destinés à devenir les futurs cadres de la production industrielle, se mettaient à dénoncer le rôle de garde-chiourmes qu’on leur promettait sous prétexte de « psychologie du travail ». Ils démystifiaient froidement cet avenir en montrant que les savantes spéculations de la psychotechnique n’avaient d’autre but que de dissimuler la réalité répressive de la fonction qui leur était par avance dévolue. Ils s’insurgeaient également contre tous les tabous, de la société gaulliste et contre les ségrégations culturelles qu’elle entretenait. Bref, ils laissaient prévoir la maturation d’une révolte appelée à s’en prendre à tous les préjugés et interdits qui avaient paralysé la génération précédente.

Dans « Le Prolétaire », nous en avions relevé divers indices dès 1967. Si nous ignorions tout du moment où surgirait la rébellion des jeunes et plus encore les revendications qu’elle avancerait, nous la sentions pourtant venir – affichant il est vrai avec trop de certitude la conviction qu’elle s’orienterait dans le sens que nous espérions. Il est vrai aussi – et cela nous déconcertait quelque peu – que les rares contacts pris avec les « jeunes » nous les montraient sensiblement différents de ceux qu’ils auraient dû être selon notre attente. C’est ce qu’ils exprimaient à travers les aberrations « gauchistes » dont nous avions depuis longtemps fait le procès : nous nous polarisions sur l’infantilisme de ces fanfaronnades sans deviner la poussée qui s’exerçait derrière. En ceci, d’ailleurs nous subissions le lot des intéressés eux-mêmes, parmi lesquels seuls les situationnistes détenaient une perspective nette. Mais nous ignorions jusqu’à leur existence.

En dehors des « enragés » de Nanterre et du « Mouvement du 22 mars » [2], ce qui ressortait de la « contestation » étudiante et qui imprégnait toute la presse gauchiste[3], c’était une sorte de « réformisme radical » réclamant pour les étudiants « l’égalité des chances pour tous », la suppression des cours magistraux, l’abolition de la sélection, etc. toutes transformations absurdes, impossibles ou décevantes si on les posait à travers le maintien des structures de la société existante.

(Là résidait d’ailleurs la pseudo « armée secrète » des trotskystes et qu’ils révélaient volontiers de bouche à oreille : il fallait encourager les revendications concernant des réformes impossibles car cette poussée ferait éclater les limites et poserait la problème politique du pouvoir. Soit dit au passage : soyez raisonnables, réclamez « l’impossible » qui tendait au contraire à dépasser tout de suite le cadre d’une réforme de la société).

A quelques rares éléments du PCI, le radicalisme de cette dernière expression ne passa pas inaperçu. Je fus parmi ceux-là, mais, je dois le dire, pour des raisons surtout passionnelles. De toute façon, une grande divergence d’interprétation de mai 68 se produisit entre les groupes de Paris et de Marseille sur la fin du mouvement.

Dans leur appréciation de la « révolte étudiante », la plupart des camarades de la capitale maintenaient contre eux l’invective grossière (à senteur fortement stalinienne) qui lui reprochait de n’être qu’une manifestation de « fils à papa », de privilégiés qui n’étaient soucieux que de leur avenir de futurs cadres de la société capitaliste, et qui, à ce titre, ne méritaient pas l’appui, ni même la simple considération des vrais « prolétaires-ouvriers ». A Marseille, au contraire, nous commencions à percevoir, quoique d’une façon timide et contradictoire, la nature subversive du courant d’idées qui animait une rébellion qui était devenue celle de toute une fraction de la jeunesse. Nous nous efforcions d’en discerner les causes et d’en dégager les composantes au-delà d’une rudimentaire classification sociologique. Nous découvrions que la « démocratisation de l’enseignement », c'est-à-dire l’ensemble des tentatives répétées d’élargir à des couches populaires la pépinière des futurs cadres de la société, n’avait guère favorisé la « promotion sociale » dans les milieux vraiment défavorisés ; mais, par contre, elle avait introduit dans la place, c'est-à-dire dans la nouvelle université élargie aux dimensions et styles d’une caserne, un redoutable chevale de Troie : une masse trublionne de jeunes gens suffisamment instruits pour se défier et se gausser des contre-sens historiques d’une idéologie que leurs aînés n’avaient admise qu’au travers de travestissements passionnels (antifascisme, Résistance, mythe du « socialisme » russe, etc.) et assez subtils pour s’abriter derrière l’alibi de la revendication de « réforme de l’Université » (sur laquelle, il est vrai, les « contestataires » rangés ont fait couler des flots d’encre) afin de pratiquer un nihilisme destructeur dont il n’existe pourtant qu’une seule théorisation intelligente (en dépit, elle aussi, de ses limites) : le situationnisme[4].

En un certain sens, la jeunesse de cet été là, en défiant la « société de consommation », en méprisant ses plus hauts symboles – les autos qu’elle allait jusqu’à brûler devant les barricades du quartier latin, avait sauté à pieds joints dans la critique borddighienne du « Welfare », de la « prospérité », du productivisme, du carriérisme, telle que la presse du PCI la développait depuis le début des années 60. Mais elle le faisant en se référant à Marcuse et non à Bordiga. Cela suffisait à fermer les yeux à beaucoup d’entre nous.

Ce n’est pas encore ici que j’entreprendrai la laborieuse critique de l’événement mai 68, dont ce que je viens de dire constitue la face cachée souvent masquée par le souci groupusculaire de « conquérir les ouvriers ». Je ne parle pour l’instant que de ses répercussions sur l’évolution du PCI dans les années qui suivirent et au cours desquelles les conclusions de l’événement furent tirées de façon sensiblement discordante.

Mai 68 avait confirmé, avec un peu d’avance, la prévision, par Bordiga, de l’éclatement d’une vaste crise sociale dans la décennie ultérieure (1975, semblait-il). Mais, dans la première manifestation de cet éclatement, ce n’était pas le prolétariat qui s’était dressé, c’était une fraction atypique des nouvelles classes moyennes : la jeunesse des facultés et des collèges. A ce propos, le désaccord caché qui régnait dans le PCI durant les années 1969-70 tenait en ceci que les uns voyaient dans l’agitation étudiante et la grève qui l’avait suivie, les prémisses sûres d’un grand « réveil prolétarien » [5]déjà en acte, tandis que les autres restaient fortement sceptiques à l’égard de cette perspective – impressionnés comme ils l’avaient été par l’énergique fonction contre révolutionnaire assumée par les centrales staliniennes, au prestige demeuré malgré cela intact, et sur la redistribution des rôles qui faisait de la CFDT, syndicat ex-chrétien, une organisation plus combative que la CGT et dont le verbalisme pseudo-révolutionnaire permettait pourtant aux maoïstes les plus actifs d’y trouver refuge contre les exactions des « gros bras » de la CGT.

A la première de ces deux interprétations de mai 68, à son optimisme et à son triomphalisme, l’agitation ouvrière en Italie – le « Mai rampant » de la péninsule en 1969 – donna une forte impulsion, mettant à jour des initiatives qui devaient jouer un rôle déterminant dans la « seconde crise » du PCI.



[1] Sans doute dans le Nouvel Obs, cf. également l’article que j’ai écrit dans Le Prolétaire sur le discours de Thorez : « Les jeunes et le communisme ».

[2] Voir tableau des sigles et mini-lexique.

[3] Pour les trotskystes, notamment « Lutte Ouvrière », « Rouge », etc.

[4] Avec sa perspective de création des conseils ouvriers, directement inspirée de la Révolution allemande, les situationnistes, en mai 68, tentaient un retour au marxisme authentique, dont ils ne voyaient qu’un seul vrai modèle : la 1ère Internationale. Cette perspective fût soldée par un échec total, mais elle modela l’expression idéologique de l’événement parce qu’elle avait su trouver un réel répondant matériel : le mécontentement de dizaines de milliers d’étudiants (et bientôt de lycéens) et un concours de circonstances les ayant précipités vers une quasi-émeute. Les notions de « prolétarisation », « réification », « société de consommation », trouvaient alors une résonance réelle et permettaient une perspective qui paraissait plausible face à l’état d’usure du gaullisme et aux hésitations et incertitudes d’un pouvoir déshabitué de toute lutte sociale radicale depuis vingt ans. En dépit des échecs et désillusions finales, le tout aboutit à la généralisation, dans la jeune génération, de l’idée de révolution, à l’acceptation, contrainte et forcée, par toute la société, du droit de cité d’un tel concept (d’ailleurs seul moyen de le récupérer, par la suite, au profit du maintien du système existant.

[5] Le groupe de Marseille, après ses épuisantes et infructueuses tentatives d’affichage, d’intervention, etc. s’était vite convaincu de la défaite que représentaient les accords de Grenelle, pour ce que le journal italien du parti appela « le formidable coup d’épaule du prolétariat français ». Il accepta cependant le triomphalisme qui s’insinuait dans l’organisation à la faveur de telles formules. En réalité, le formidable « coup d’épaule » avait été le fait des étudiants, des lycéens, et non des ouvriers qui, par leur obéissance absolue aux garde-chiourmes staliniens de la grève, s’étaient avérés les plus fermes soutiens du conservatisme.

lundi 20 octobre 2008

AVEC LA DEPRESSION LES SCANDALES….

LES CADAVRES DE L’HISTOIRE

BOUGENT ENCORE


Ce n'est qu'un début: 20 millions de chômeurs de plus annoncés dans le monde!

Enfin du concret!

Au total 210 millions, record de 1929 battu! Pour le directeur général du BIT, ce sont les plus «vulnérables» qui risquent d'être les plus affectés par la crise. Il souligne ainsi que le nombre de «travailleurs pauvres» qui vivent avec moins de un dollar par jour pourrait croître de 40 millions tandis que celui des personnes gagnant moins de deux dollars pourrait augmenter de 100 millions entre 2007 et 2009. C'est pas d'une refondation ou d'un replâtrage du système capitaliste de misère qu'il est question mais bien de sa destruction par les millions de travailleurs, pauvres, découragés, excédés, jetés à la rue!

Aux origines de la crise capitaliste du XXe siècle on oublie toujours de mentionner la césure de la guerre de 1914, comme « stade suprême du capitalisme ». Il est éloquent que personne, excepté votre serviteur (et quelques blogonautes dispersés) ne mentionne la question de la guerre comme « solution » classique au marasme du capitalisme. Pour les dirigeants actuels du système, les Bush, Sarkozy et Cie, il suffirait de « moraliser » le capitalisme. Le ton est donné. La crise actuelle ne serait qu’une « crise financière » doublée de « scandales financiers » et… sexuels. Il est fini le temps de l’apologie de la « libre entreprise » prônée par le ministre « socialiste » Fabius en 1983 dénonçant « l’antisyndicalisme et l’antipatronalisme ».

On se garde de rappeler que la Deuxième Guerre mondiale ne fût que la continuation de la Première, et qu’elle n’est pas finie… Il est donc du plus haut intérêt de relire l’introduction de l’historien Pierre Miquel à son livre « Les poilus » (réédition Pocket). Les mêmes questions qui furent posées à l’époque se reposent aujourd’hui, avec l’amnésie organisée en plus. Les historiens en général se gardent de rappeler l’initiative géniale des bolcheviks qui, avec la classe ouvrière russe, avaient stoppé la guerre mondiale. Miquel reconnaît en filigrane avant de décrire les horreurs et de minimiser lui aussi l’importance de l’insubordination au front. Je reviendrai plus loin sur le cas des historiens francs tireurs comme Annie Lacroix-Ritz, pour montrer combien ils sont hémiplégiques eux aussi.

L’idéologie du « choc des civilisations » véhiculée depuis l’effondrement des tours new-yorkaises en 2001, reste résiduelle mais très prégnante derrière les pacifistes discours économistes. Pourtant cette idéologie n’est pas nouvelle, et reste « préparatoire » à un nouveau conflit majeur, comme permettent de s’en rendre compte Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste. En 1936, la publication du livre « la guerre totale » du maréchal Ludendorff - vedette criminelle de la Première guerre (qui finira fou) et complice d’Hitler -

aura un grand retentissement dans les cercles européens du pouvoir, à Paris comme à Berlin. Voici le résumé qu’en fournissent ces deux auteurs : « S’interrogeant sur l’émergence d’un nouveau type de conflit, il conceptualise le principe d’une guerre inégalée en intensité, qui voit s’opposer non pas des armées et des nations, mais des « races » et des potentiels économiques. En abolissant le distinguo civils/militaires, les moyens modernes de la guerre (propagande, psychologie, radio…) font de la population à la fois une cible et un enjeu du conflit. Avant tout conflit établissant un front, il faut donc engager une guerre préventive contre tout ce qui n’est pas national, tout ce qui identifié comme l’ennemi (à l’époque, les juifs, les franc-maçons, les communistes, les socialistes mais aussi l’Eglise catholique) pour éviter le fameux « coup de poignard dans le dos ». Le principe central de la guerre totale est la « cohésion animique du peuple » avec son chef en utilisant la terreur de masse. Autrement dit, une guerre totalitaire où les priorités sont la logistique, le renseignement et l’élimination préalable de l’opposant politique et racial. Ce livre contient toutes les atrocités à venir du IIIème Reich, les stratèges d’Hitler s’en inspireront constamment. Comme chacun le sait, cet attirail intellectuel sera donc largement appliqué pendant la Seconde guerre mondiale. Ce que l’on ignore souvent, c’est que les mêmes idées vont être reprises par les plus grands stratèges militaires français dès 1947 jusque dans les années 80 ». Peut-on croire que les stratèges « faucons » de nos jours auraient rompu la continuité ?

Restons-en pour l’instant à la nature de la crise actuelle d’abord et à la façon que la bourgeoisie a de la déguiser.

  1. COMMENT L’ARCHANGE SARKOZY VEUT SAUVER LE MONDE :

Le remue-ménage du président en exercice de l’Europe ne serait que risible s’il n’était aussi lamentable. Sarkozy se la pète sauveur suprême alors qu’il n’est qu’un vulgaire pion du système des privilèges, des parachutes dorés qui l’avaient sponsorisé pour occuper sa fonction de premier menteur professionnel. Sarkozy qui est passé maître es coups fourrés – il a commencé sa carrière par l’élimination de Una Bomber à Neuilly - épisode obscur et jamais éclairci dans sa carrière d’archange sauveur des enfants de maternelle et de leur institutrice – nous a fourni un excellent gage de sa soudaine honnêteté flouée ; en faisant un procès aux révélations mesquines d’un ancien directeur des RG et en montant cette histoire à dormir debout de son compte en banque pillé par d’odieux raiders informatiques, comme cela peut vous arriver à vous et moi (info et intox). Preuve de son humanité, sa femme top model s’est rendu aux obsèques du malchanceux Guillaume Depardieu (dont l’Etat s’est royalement moqué de son véhément combat, de son vivant, contre l’incurie hospitalière).

Derrière l’empereur d’un mois Sarko, mi-figue mi-raisin, les autres dirigeants font les importants : l’Europe montrerait la voie et remettrait à sa place une Amérique en déclin. Cette méthode Coué n’abuse personne. Chaque jour apporte son lot de faillites boursières, là une banque, ailleurs un consortium d’assurance. Les plus lucides reconnaissent l’entrée en récession. Ainsi Attali, au JDD : « Nous sommes au bord d'une récession. Elle tire son origine de l'effondrement du marché du crédit hypothécaire américain, qu'on nomme la crise des subprimes. Elle a détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c'est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l'explosion de la bulle internet. Cette crise n'est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont reprêté leurs prêts à n'importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher. C'était à la mode. Devant la révélation de la folie que cela représentait, on est passé, en une semaine, de l'euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D'ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : "Nous sommes en 1928" ! En quelques mois, nous sommes passés d'une économie de l'euphorie à une économie de panique et c'est cela qui risque de provoquer une récession, alors même que les fondamentaux économiques mondiaux sont excellents ».

On se demande, dans la compétition à outrance, face à la famine qui réapparaît pour les pays pauvres, et face aux vagues de licenciements qui commencent à se répandre, où sont ces « excellents fondamentaux de l’économie » ? A entendre les discours de « refondation » préparés de Sarkozy et les complaintes de divers collectifs d’associations de think-tank, la crise serait soluble dans la fin des « paradis fiscaux ». On constate que la moitié des flux financiers internationaux transitent à un moment où à un autre par des espaces de non-droit, propices au blanchiment d'argent et à « l'évasion fiscale ». Quelle évasion ? Et sur quelle planète ? Selon les estimations de ces gugusses, plus de 400 banques, deux tiers des 2000 hedge funds et deux millions environ de sociétés financières sont hébergés dans la soixantaine de paradis fiscaux et judiciaires recensés dans le monde, dont la moitié en Europe. Voilà où serait le « scandale » de la crise actuelle.

Pour le philosophe Paul Virilio, moins stupide, il n’y a pas que l’économie qui est en cause : « Le krach boursier est un crash-test grandeur nature. Même le divorce s'industrialise. On pourrait introduire une cotation dans les divorces, avec pour risque de faire apparaître que le couple et la famille sont devenus des illusions ». La rectification est d’importance. Le mal est donc plus profond. Virilio, comme un vulgaire révolutionnaire minoritaire nous parle même d’accélération de l’histoire : « Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de la mort. Son mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne sont pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une économie politique de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne la lie pas au caractère accidentel de l'Histoire ». Mais, celui-là il veut accélérer quoi ? Les faillites en chaîne ? Les cadences ?

Comme les ânes économistes Virilio veut nous faire croire que le problème serait à nouveau strictement économique ? Or, la classe dominante, y inclus Sarkozy, a compris que la résolution du problème n’est pas économique mais politique, et ensuite impérialiste (mais on le tait pour l’instant). Avant d’en venir aux scandales proprement dits, examinons la contribution des anti-sarkozystes aux enjeux graves de la période présente.

2. L’HISTOIRE HEMIPLIGIQUE DE Mme LACROIX-RIZ:

Déjà autour de 1929, la grande dépression économique tendait à être masquée par divers « scandales », affaire Stavisky, canal de Panama, exactions des Ligues et du patronat d’extrême droite, espions « bolcheviques », etc. Le vrai scandale était déjà le capitalisme, et la plus grande inquiétude de la bourgeoisie était que la classe ouvrière relève la tête malgré le rouleau compresseur du stalinisme et la montée du national-socialisme. On se garde bien de nous remémorer l’action dissolvante des partis staliniens nationaux pour embrigader à nouveau le prolétariat, pour pousser les masses à choisir un camp bourgeois. Il faut criminaliser de grands « ensembles » (blocs en constitution) pour faire adhérer les prolétariats à une nouvelle boucherie qui ne peut plus être « patriotique ». Les « scandales » n’auraient pas suffi à éliminer politiquement le prolétariat. Il fallu toute l’orgie nationaliste stalinienne pour les désorienter.

A vieilles ficelles, recettes moisies. La vieille gauche caviar tente encore de défendre le parti stalinien (cf. un récent article de papy Jean Daniel dans le Nouvel Obs qui veut disculper Thorez de l’accusation d’antisémitisme vis-à-vis de Léon Blum. Avec les trouvailles de Pennetier et Besse (dont j’ai parlé dans un ancien numéro de PU) nos quelques staliniens de choc survivants ont pourtant pris un sacré coup de vieux pour la version résistante et démocrate de leur compromission pro-hitlérienne - disons contre-révolutionnaire - de leur secte d’obédience. C’est paraît-il dû aux hasards de la recherche dans les archives départementales de Paris que Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse avaient découvert des notes établissant l’argumentaire employé par les représentants du PCF (aux ordres de Duclos et de l’éminence grise (Jean-Jérôme alias Michel Feintuch, néanmoins juif) de Moscou) auprès des "boches" à Paris. Thorez sera logé dans la banlieue de Moscou. L’exil lui avait été largement imposé par Moscou. Il signe un pamphlet contre « Blum tel qu'il est » aux relents antisémites et « l'appel du 10 juillet 1940 » favorable à la paix mais au profit de l’impérialisme russe.

La trahison de l’internationalisme par le PCF est le principal coup de poignard dans le dos du prolétariat. C’est ce qui me permet d’en venir aux prestations de Madame Annie Lacroix-Riz. Après la contribution « complotiste » et pro-arabe de son copain du Réseau Voltaire, Thierry Meyssan, dont j’ai dit toute la forfanterie et les amalgames frauduleux, cette professeure officielle (elle enseigne à Paris VII) a fait un tabac sur le web à nouveau avec une de ses conférences filmées « Europe : mythe et réalités ». Cette historienne, qui se flatte d’être marginalisée, s’est fait connaître par sa remise en cause de sujets « sensibles » comme le zycon B, et sa mise au ban reposéerait sur le fait qu’elle aurait été la première à dénoncer le financement par des entreprises (capaitalistes) des travaux des historiens qui ont pignon sur rue. Sa remise en cause de la famine en Ukraine en 1932-33 lui a valu l’ire de l’historien de LO Peschanski, qui fait partie comme Courtois et Rémond des poseurs d’histoire en odeur de sainteté. Cette défense a minima, par cette collaboratrice du Monde Diplo, de l’horreur stalinienne doit-elle étonner de la part d’une membre du Pôle de renaissance communiste (PRCF, filiale dudit PCF lobotomisé) ? Ses ouvrages sont généreusement mis à l’étalage de la fête de l’Huma. Chaque historien a la boutique qu’il peut.

Au milieu d’un certain nombre de vérités sur la collusion des patronats allemand et français et sur l’action en sous-main de la principale puissance mondiale depuis 1918, Lacroix-Riz livre à nombre d’internautes naïfs et éblouis - qui croient enfin tout comprendre - un étalage de contre-vérités… en défense de l’URSS. Qualifiée de « loup garou » étranger à la mafia des capitalistes qui auraient seuls préparés la guerre (ces salauds du Comité des Forges), l’URSS est innocentée. Mieux encore, vu sa contribution en pertes en vie humaine, c’est l’URSS qui a écrasé Hitler à Stalingrad ! Mensonge pieusement stalinien que contestait Staline lui-même, lequel avait déclaré « nous avons gagné la guerre grâce au pré-bail américain » ! On a oublié que Souvarine avait noté que les chars russes à Stalingrad étaient américains mais repeints aux couleurs russes.

L’on perçoit donc que les trafiquants d’histoire ne sont pas seulement au pouvoir mais que les résidus intellectuels du PCF voguent à nouveau à leur façon pour une Europe… débarrassée de l’impérialisme américain (alliée avec Poutine ?). Rien n’est dit sur l’ignominie du PCF, tout est mis sur le dos de l’obscur comité des Forges et sur leur, sous-fifre, l’ex-militant d’extrême droite Robert Schuman, sublimé par les gaullistes comme père de l’Europe. Grâce à Madame Annie Lacroix-Riz les masses sont enfin éclairées par l’histoire hémiplégique néo-stalinienne. Cette dame qui a passé un doctorat d’Etat sur la CGT, conforme à cet organisme de collaboration d’Etat, fait rire son auditoire en se moquant souvent de la « collaboration » des capitalistes entre eux, mais jamais de celle des syndicats. Elle ponctue son discours familier et empreint de démagogie d’allusions aux salaires toujours revus à la baisse par le patronat, argument qui remue toujours au tréfonds la fibre syndica liste de base. Elle est applaudie vivement par la salle composée d’étudiants du PCF et de la gauche bcbg. Revenons à la crise qui n’est pas encore politique du point de vue des masses opprimées.

3. LA GESTION DE LA CRISE PAR LES SCANDALES :

L’enjeu des hommes de pouvoir est, dans la période actuelle de décadence économique et politique du capitalisme, non simplement de dominer les autres hommes et s’enrichir, mais aussi sexuel. Ni Marx ni Freud n’ont épilogué sur le droit de cuissage, mais il existe encore. On est habitué aux règlements de compte qui n’en finissent pas : Villepin versus Sarkozy, Tapie versus Crédit Lyonnais, etc. Aucun des protagonistes n’a fini pourtant comme Boulin ou Bérégovoy (Mitterrand ait leur âme !). Voici le tour de DSK pour lequel un sondage complaisant faisait croire récemment qu’il était le futur présidentiable préféré des Français ; vu que les compétiteurs « socialistes » sis sur le territoire hexagonal ne sont plus que nains en foire (mais je respecte les vrais nains). DSK a reconnu avoir trompé sa compagne, milliardaire ancienne présentatrice d’une émission de télé. Celle-ci comme Madame Clinton a rassuré le peuple, l’incident a été dépassé, ils s’aiment comme au premier jour. Laissons de côté le penchant de DSK pour les clubs échangistes (cf. Sexus politicul) et se frasques cachées (je possède un témoignage d’une de ses employées lorsqu’il était à Bercy). Il n’est pas le seul. Tous les politiques d’importance ne pensent qu’à leur bite. Un groupuscule de députés européens a conçu une pétition pour supprimer les faveurs de petits nanas dans les hôtels particuliers réservés à l’élite politique européenne ; sans demander la suppression de la gratuité du viagra dévolue à ces virilités agonisantes (info peu connue du grand public). Le coup bas contre DSK vient-il de l’entourage sarkozien ? C’est ce que laissent supposer ses complices politiques au PS. Ou de concurrents au FMI ? Un prédécesseur de DSK avait déjà été viré pour des abus du même genre, sans oublier un président israélien. Il a eu le courage de reconnaître sa faute, tonne l’un, de plus dans l’empire américain, pudibond et moraliste à l’extrême (vive la libération sexuelle susurrent les anciens gauchistes devenus cadors au PS) ; il ne faut pas mentir au pays de la Bible réformée sinon il vous arrive ce qui est arrivé à Clinton. Ouais, mais notons que l’empire US est mal placé pour faire la morale : plus de 90% des sites pornos qui envahissent le web proviennent des USA.

M’enfin on se fiche de la sexualité débridée de M. DSK, et on n’engagera pas plus d’effort sur ce clavier sur le sujet, sauf que ce présumé présidentiable fait comme les autres gugusses de pouvoir, il se donne le droit d’abuser selon son bon vouloir. Et pendant que nous parlions de sa bite, nous avions laissé tomber la récession économique mondiale et l’incapacité de ce docte professeur d’économie, lui aussi, à y remédier.

Changeons de sujet, autre scandale : la tricoche pour ce pauvre Besancenot. Ainsi que le révèle l’Express (hebdo financé par les USA) la « tricoche » est un travail au noir depuis les archives policières par lequel des fonctionnaires de police livrent des informations confidentielles à des officines privées, au Canard Enchainé ou à Charlie Hebdo. Plusieurs affaires, ces derniers mois ont montré que certains "ripoux" passent de l'artisanat à l'industrie. Un article dans la revue du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN, majoritaire), titré "La Face cachée de l'intelligence économique", plaide pour une "nécessaire organisation" du secteur. Les affaires n'ont pas manqué ces derniers mois. Ce fut d'abord un commissaire divisionnaire de la très sensible sous-direction des affaires économiques et financières de Paris, pris la main dans le sac, en mars 2008. Il a reconnu avoir revendu des informations confidentielles pour un gain estimé à 20 000 euros au moins. L'espionnage par la société Tazer, dont furent victimes Olivier Besancenot, leader de la LCR, sa compagne et leur jeune fils relève de la même barbouzerie. Une officine privée a bénéficié de renseignements émanant du fichier national automobile. Un policier, en poste en province, se serait chargé de les lui fournir. Par ailleurs, les comptes bancaires du couple ont été épluchés, ce qui a conduit cette fois sur la piste d'un service des douanes. Tricoche était un auteur de vaudeville au XIXe siècle. "Tricocher" ou "aller à la tricoche": le terme s'applique à une vaste zone grise qui va du PV annulé en échange d'un gueuleton à la corruption la plus assumée. L'essor du renseignement privé et la guerre économique à laquelle se livrent les grands groupes industriels, doublée de la fascination de certains de leurs dirigeants pour les secrets d'alcôve, ont offert un nouveau débouché à cette activité parallèle. Hier, elle fleurait la bonne bouffe autour d'une nappe à carreaux: elle était artisanale. Elle s'est aujourd'hui professionnalisée, affichant désormais des prestations tarifées.

Qui pourrait ne pas être d’accord avec Besancenot que cet instrument de répression, le tazer (bidule pour flic qui sert à électriser tout rétif) est ultra-dangereux et ne pas demander sa suppression, alors qu’il a effectivement causé des morts, en particulier aux USA (cf. You tube) ? Personne, surtout pas le probe avocat de la gauche caviar et écologiste Noël Mamère ! Que voilà encore une bonne occasion pour faire de la pub au nouveau parti anti-communiste de Besancenot, voire béatifier ce dernier, vu le dangereux vide politique face au gouvernement ! Ce scandale a du bon.

Enfin, dernier scandale, mais mondial : un noir est en passe de rafler haut la main la présidence de la première puissance mondiale. L’émotion saisit partout les « petits blancs », certains aux USA ont avoué craindre une « prise du pouvoir par les noirs » (vont-ils en profiter pour violer les femmes blanches ?). Les noirs sont de plus en plus en tête de tout, de formule 1, de tennis, de golf… Le portier de Le Pen est noir… Pourquoi tant d’enflures me direz-vous ?

Cet Obama qui va s’emparer de la baraque blanche a tout pour plaire. Il est père de famille, propre sur lui, parle bien, a de l’humour, pas d’amante cachée. Kennedy blanc ou Lincoln rose il peut raisonnablement surclasser le vioc Mac Cain… C’est d’ailleurs l’argument « intelligent » de tous les pipoles d’Hollywood et autres Joan Baez pour encourager les électeurs à participer, même les plus vieux. Obama est conforme à la messe antiraciste mondiale. Il semblerait que même les masses arabes et juives prient pour sa victoire. Pourtant, à chacune de ses prestations je ne peux m’empêcher de ressentir un vrai malaise. Souvent il parle devant des auditoires en toile de fond qui alignent des rangées de vieux bourgeois à la tête chenue et aux rires carnassiers. Et s’il n’était qu’un nouveau « y a bon Banania » ? Comme le musicien de jazz qui, au beau temps de l’apartheid US avant et après guerre amusait la galerie dans les palaces des riches blancs ? La bourgeoisie US n’a-t-elle pas fourni régulièrement le « noir de service » avec Colin Powell et Condolezza Rice ? Pendant que la classe ouvrière, noire et blanche, continuait à faire les frais des guerres impérialistes et de la misère. Obama sera un président en service comme tous ses prédécesseurs et étroitement soumis aux besoins de la bourgeoisie américaine. Comme à Léon Blum ou aux négociateurs juifs allemands de la paix de 1918, il lui serait beaucoup reproché s’il échoue à illusionner la classe ouvrière dans la tourmente contre laquelle ni lui ni les faucons (les vrais cons) ne pourront échapper à leurs responsabilités répressives et impérialistes. Qu’il évite de se faire tailler une pipe sous le bureau de la maison des blancs riches, ou une éventuelle balle perdue.

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