"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

mardi 16 août 2011

LE CAPITALISME ENDETTé, UN VULGAIRE POMPIER PYROMANE

« Avec la gauche au pouvoir, il ne pleuvra plus jamais le dimanche


ni pendant les jours fériés et payés ».


Madeleine Szcodrowski


(Sans consigne ni retour, pourquoi je renonce à l’activité syndicale, ed Denoël 1978)


Le surendettement des pays « maillons faibles » du capitalisme est une rigolade comparé au surendettement des puissances économiques comme les Etats Unis et le Japon, mais les petits « maillons faibles » sont tenus pour responsables de la gabegie planétaire par les plus grands via leurs bizarres agences de notation. Un préposé rédacteur maximaliste du journal « Révolution Internationale » ou cette pauvre oracle trotskienne, Arlette de LO, s’enflammeront face à la panique estivale des marchés financiers et sonneront l’heure venue du règlement de comptes des classes, le premier en faisant passer la petite bourgeoisie impulsive pour le prolétariat, et la seconde en appelant à voter au 2e tour de piste électoral pour l’amère Aubry et sa nouvelle clochette gauche caviar : « démantibuler les marchés ». On peut se moquer aussi des bobo écolos d’Attac qui prétendent « désarmer les marchés » avec leur gimmick euréka, la taxe à 0,1% sur les transactions financières, aussi fumeuse pour la survie du capitalisme que leur farce d’un soit disant « contrôle social des banques ».


La réalité de l’équation est plus complexe et sa solution pas si nunuche que l’agenouillement devant les premiers cris d’orfraie de la petite bourgeoisie désenchantée de Tunis à Tel Aviv, alors que la classe prolétaire, présumée révolutionnaire depuis 150 ans et rétive aux sacrifices chauvins, reste encore muette.


« Les marchés (sont) inquiets du ralentissement de la croissance mondiale et d’une contagion de la crise de la dette en zone euro » note le journal gouvernemental Le Figaro le 8 août. Après la crise des subprimes de 2008 dont la bourgeoisie US fût largement responsable en laissant Lehman Brothers faire faillite, le ridicule des disputes au congrès américain au sujet du relèvement du plafond de la dette a mis en évidence une nouvelle fois l’impuissance de la bourgeoisie mondiale face à sa crise monumentale. Mais ce n’est point une simple nouvelle fois, mais une impasse grave qui se profile. L’incendie avait été éteint provisoirement en 2008 en débarrassant le secteur privé de ses dettes pourries en surendettant le secteur public, c'est-à-dire les Etats. En 2011 les Etats dominants et leurs organismes économiques régulateurs n’ont plus de marge de manœuvre.


Comme est pauvre l’argumentation journalistique bourgeoise pour botter en touche avec cette stigmatisation des « marchés », cette fameuse main anonyme qui va comme un gant aux Etats profiteurs du monde entier, à leurs « opérateurs », « traders » et autres agioteurs. Les divers discours interprétatifs économiques reposent sur des mensonges répétés et génèrent la plus grande confusion et rumeurs sur la crise capitaliste et la prétention à en sortir[1]. Les « marchés », « inquiets » ou en situation « anxiogène » auraient fait pression pour la mise en place de politiques d’austérité dans tous les pays après les boucs émissaires grecs, irlandais, portugais et espagnols. La faute aux marchés anonymes ? Oui dit Demorand, réac chef de Libé, qui accuse les agences de notation à l’unisson des gouvernements bourgeois, lesquels ne sont pourtant que les délégués en chair et en os de ces mêmes marchés financiers et simples thermomètres boursiers. Une chose est sûre : pour tenter de se sauver, les Etats capitalistes, à l’unisson avec leur FMI, ne peuvent plus que jeter de l’huile sur le feu en accumulant les plans d’austérité. Et il faut reconnaître qu’ils annoncent ces plans d’austérité successifs avec une bonne foi touchante de naïveté et confondante d’ânerie quand l’ex-comparse gouvernemental de Sarko, le pantin Borloo, ne craint pas de réciter la nouvelle poudre de perlimpinpin internationale « La règle d’or » … qui prévoit d’inscrire dans la Constitution l’obligation d’un retour à l’équilibre budgétaire national dans une… « union nationale chez nous et union sacrée en Europe », tout en appuyant les cuistreries d’Attac. Il faudrait être un gus à l’état catatonique pour ne pas voir que la contagion planétaire de la crise bourgeoise ne suppose pas un risque d’explosion sociale mais que cette dernière est déjà là, flamboyante et que la classe ouvrière n’est pas du tout prédisposée à être continuellement tondue et piétinée pour les beaux yeux des opulentes classes dirigeantes des beaux quartiers et des plages réservées.


Ah Ah Ah ! L’Amérique déplore la perte de son AAA, la super note attribuée par ces agences de notation dont chacun ignorait l’existence jusqu’aux années 2000 et dont personne ne se souciait jusqu’à ce triste été 2011… Celui-là, veut minimiser la responsabilité des larbins spéculateurs des grands trusts avec le coup hyper classique de la faute à l’ordinateur, le « robot trader » : « Derrière ces traders à haute fréquence, se cachent en fait des machines. Des logiciels programmés pour passer des ordres à la micro-seconde ou moins. Leur rôle consiste à s’immiscer avant « les humains » pour passer un ordre et grapiller ainsi un cent de dollar » (Le Monde du 13 août), la journaliste Claire Gatinois n’est pas dupe et conclut que la simple spéculation ne peut pas à elle seule déclencher un krach.


Cet autre, économiste réputé propose un nouveau Bretton Woods (conférence de l’après 1945 où le dollar était devenu la principale unité de mesure) arrangement post guerre mondiale pour le repartage des marchés capitalistes, impossible désormais dans le cadre des USA en déclin et menacés par des concurrents émergés et peu dociles. Les trois A de la France sont complètement fictifs et révèlent la capacité de manipulation des agences de notation quand il s’agit de protéger un pays – largement largué face à l’Allemagne et aux USA – mais qui a toujours une capacité exemplaire d’explosion sociale à donner au monde, et dont la perte de crédibilité du personnel politique bourgeoise de gauche à droite reste inquiétante pour la gauche bourgeoise dans tous les pays développés. La fausseté de la bonne note française, aussi truquée que la mauvaise note US, est démontée de fait par l’affolement du gouvernement hexagonal qui s’est réuni précipitamment pour annoncer… plus de rigueur ; qu’est-ce qui est plus austère que l’austérité ? aurai posé Coluche : l’austérité capitaliste!


LA CRISE N’EST PAS TOMBEE DE LA DERNIERE PLUIE


Les conséquences sociales et politiques de la crise capitaliste n’ont pas cessé de se développer depuis 2008, les bricolages ou explications rassurantes des économistes de l’élite n’y ont rien changé. La crise reste la cause des guerres locales intérieures. La crise a entrainé le soulèvement des masses protéiformes du croissant arabe. La réaction pacifique et craintive des masses petites bourgeoises « indignées » en Europe repue en est aussi une conséquence secondaire, comme en Israël où les couches moyennes protestataires font semblant d’oublier la colonisation et la religion. Plus graves, les massacres répétés en Syrie annoncent le type de réplique qui sera celle des gouvernants dits démocratiques lorsque les masses prolétaires se mettront sérieusement en mouvement en occident, « tirer dans le tas » de la population est cependant en effet la démarche la plus suicidaire et révélatrice de l’impuissance bourgeoise qui, jusqu’à ce jour, soutient le tueur Assad tout en ayant l’air de le morigéner. La crise continue donc d’avancer et sa vérité est dans la violence qui va se développer. Violence et mépris de l’Etat contre sa propre population, mais violence aussi du point de vue des opprimés. A cet égard l’explosion émeutière en Angleterre marque un pas supplémentaire supérieur aux révolutions de jasmin.


Crise de confiance économique totale et pas de solution politique mondiale en vue ni consensuelle entre requins européens, ni pacifique au niveau des rapports inter-impérialistes dans les autres continents. L’implacable crise capitaliste ne simplifie pourtant pas les choses, et on laissera de côté le clown bigot dictateur iranien Amadinejad qui appelle la bourgeoisie anglaise à se placer aux côtés de son peuple au moment des émeutes… Il nous suffira de lire les enseignements et leçons qui se dégagent très clairement des rebondissements et contrastes de classes au niveau international. Par delà les pays, la vérité des classes - délimitations de classe et rôle de la seule classe révolutionnaire – se dégage lentement mois après mois.


Qu’est-ce qui pourrait freiner la terrible récession qui pointe dans le vieux capitalisme clients des pays émergents qui plongent à sa suite ? La bourgeoisie ne peut se servir éternellement de l’assistanat pour diviser le prolétariat, et se résout à se mettre à dos l’ « underclass » à la manière du chef bourge Cameron qui veut supprimer l’aide sociale aux parents des émeutiers, organise la délation aidé par les sondages lâches qui inventent une majorité silencieuse en faveur de la répression pure et simple… pour qu’ils récidivent[2]. Un peu partout, la petite bourgeoisie se ridiculise dans le pacifisme et les révolutions de jasmin puent encore l’encens bigot secoué sur les têtes des « soumis » agenouillés sous les balles. Bigoteries et génuflexions démocratiques n’empêcheront pas de voir s’amplifier les deux conséquences majeures de la récession historique du capitalisme : chômage de masse et crise du logement.


LE CAPITALISME CROULE SOUS LE SURRENDETTEMENT


Ce constat fait d’abord crouler de rire les millions de prolétaires endettés à leur petit niveau par leurs banquiers aigrefins de quartier. Dans le camp de prolétariat les dettes, l’endettement, c’est un problème dans la société dominée par l’argent pas pour le socialisme. Les meilleurs économistes du monde, marxistes de gauche caviar comme économistes de droite bobard se cassent la tête à recycler, soupeser, réorienter, juguler, additionner, soustraire, repousser, thésauriser des tonnes de dettes d’Etat que la « pompe à phynance » finit par se gripper toute seule au point que la bourgeoisie mondiale court à toutes jambes pour se sucrer, revolver au poing, dans le dos du prolétariat. Les dettes publiques s’élèvent au total dans le monde à plus de 40 000 Mds $ = le Pib des pays développés ! Le Japon est champion du monde, sa dette atteint 236% du Pib, loin devant la Grèce (157%).


La solution est pourtant simple. En 1917, le parti bolchevique avait proposé un moratoire des dettes puis avait tout simplement effacées celles-ci. Voici donc enfin, et encore le premier point du futur programme communiste contre la société capitaliste faillitaire : ANNULATION DE TOUTES LES DETTES !


Nous reviendrons ultérieurement sur ce premier point fondamental qui aidera à unifier les peuples de prolétaires autrement que les promesses piteuses de « reprise de la croissance » et autres attentes de la bénédiction du ciel telles les cycliques élections démocratiques truquées.


Après le scandale sexuel de son ex directeur, le FMI, ce prêteur international sur gages, se cabre vertueusement face à la nouvelle secousse tellurique implacable de l’économie capitaliste au plus mal avec son cancer de la dette. Docte et fort moralisateur, le FMI impose l’austérité à un nombre croissant de pays, en laissant accuser les agences de notation… pendant que notre gauche caviar française brasse du vent avec « l’audace de Mme Aubry » qui a pour slogan creux et même pas électoral : « une Europe des peuples et pas des banques ». A la veille de l’épisode suivant tant pronostiqué, l’effondrement de la zone euro, plus creux tu meurs !


Le capitalisme endetté jusqu’à la moelle, qui a cru vivre éternellement à crédit, se débat dans un véritable nouveau krach. Plus qu’un nouveau krach. Pour la BCE, ce krach est la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Les pays européens sont incapables de mettre en place un plan de sauvetage crédible pour les Etats les plus endettés. Pire, à la différence de la crise de 2008, il ne faudra pas compter sur la Chine pour sauver le monde de l’argent sale et à découvert; il est même envisagé un ralentissement de l’économie chinoise, cette éponge à dettes américaines, qui hypothèquerait plus encore l’inespérée reprise mondiale. Les banques, ces insatiables pompes à phynance obligataires de leurs Etats, pourraient se retrouver obligées de payer de plus une partie de la facture des subprimes. Selon le FMI les deux prochaines années, les banques, présentées toujours comme entités indépendantes de l’Etat, devront se refinancer de 3600 milliards de dollars sur les marchés pris d’assaut par les Etats. C’est le serpent monétaire qui se mord la queue, tant les prévisions sont aussi assommantes que les déficits financiers. Mais politiquement la crise permet encore à la bourgeoisie de, non pas mystifier sur la pérennité de son système de profit et de guerres, mais pour continuer à affaiblir le prolétariat.


COMMENT LA BOURGEOISIE JOUE ENCORE SUR LES DIVISIONS DE LA CLASSE OUVRIERE


La mondialisation/libéralisation qui a du plomb dans l’aile –au point que des fractions bourgeoises de gauche parlent de démondialisation nécessaire (idiotie autarcique) – avait fait florès avec cette histoire de dégraisser le mamouth, c'est-à-dire alléger les charges de l’Etat, virer un maximum de fonctionnaires, en croyant redonner l’élixir de jeunesse au capital décadent en misant tout sur les privatisations. Hélas, cette dématerrialisation d’un capitalisme centralisé par les Etats nationaux et surtout les grandes puissances a abouti à une bureaucratisation kafkaïenne pire que la brejnévienne, à une déréalisation des rapports humains (suicides croissants en entreprises) et à des faillites en chaîne. Dans le pays phare de la dite mondialisation, la bourgeoisie espère encore profiter des différences de statuts entre public et privé et les couches basses (dites underclass), alors qu’elle mène les MEMES attaques contre les catégories salariées (y inclus les flics… qui devraient commencer à réfléchir un peu à changer de camp avant la guerre sociale sanglante et généralisée).


A Central Falls (USA) pompiers et policiers en retraite ne recevront plus bientôt que la moitié de leur pension, ce dont se foutent évidemment les salariés non fonctionnaires, plus exposés depuis des lustres au chômage, et bien peu soucieux du revenu des mercenaires policiers. Ces mêmes fonctionnaires gagnent en plus moins que ceux qui vivent de l’aide sociale : « La moitié des familles de Central Falls vivent des différentes subventions de l’Etat, allocations chômage, pensions d’invalidité ou coupons alimentaires, maugréent Edward et ses deux collègues : « Eton les voit au supermarché : nous, on a juste les moyens de remplir un sac de courses, et eux, ils en remplissent deux » (article de Lorraine Millot, Libé du 8 août).


La misère absolue n’est plus le seul lot du tiers ou du quart monde en Russie ou en Inde ou au Sahel. Des dizaines de milliers d’enfants sans abri à Las Vegas et plus de 4 millions et demi d’américains reçoivent des bons alimentaires. La misère reste inégalitaire dans ses effets et multiplie les paradoxes :


« … dans certains pays, écrit Frédéric Lordon, les structures de la finance actionnariale et des retraites capitalisées placent objectivement en conflit diverses fractions du salariat même : pensionnés (qui ont intérêt à la rentabilité financière) contre salariés (de qui on l’extrait), salariés-licenciés d’un centre de production contre salariés-actionnaires du même groupe (dont les titres vont s’apprécier) etc. Il est absolument vain d’appeler tous ces gens à des solidarités de classe abstraites contre les structures qui les détruisent concrètement et configurent objectivement leurs intérêts sous des rapports antagoniques – plus utile en revanche de refaire les structures (anéantir la finance actionnariale, promouvoir sans cesse la répartition) pour créer les conditions concrètes propres à reconstituer les unités brisées… » (cf. La démondialisation et ses ennemis in Le Monde Diplo). Cet auteur n’a pas tort de noter une difficile solidarité directe entre prolétaires chinois et français, mais il n’est ni marxiste ni très futé en restant figé sur un état de fonctionnement du capitalisme de la veille, déjà dépassé, déjà chamboulé par la crise : « (…) De même les structures présentes du libre-échange et de la circulation des investissements directs interdisent que s’actualisent les solidarités possibles entre salariés chinois et salariés français ». Les solidarités s’actualisent avec l’éclatement du « libre-échange » sous le fouet de la crise, et s’actualiseront de toute façon par l’exemplarité des manifestations de la lutte de classe consciente comme en ce moment au Brésil où au même moment se développent des manifestations contre l’austérité dans toutes les villes importantes. Les prolétaires de la principale puissance du monde resteront longtemps encore à la traîne de la reprise de la lutte des classes. Les couches petites bourgeoises qui ont dû abandonner leur logement à crédit lors de la crise dite des subprimes en 2008 n’ont en aucune façon manifesté de révolte…


ANGLETERRE : émeutes « raciales » ou émeutes sociales ?


Le meurtre d’un jeune père de famille noir dealer n’a été que le prétexte déclencheur aux émeutes dans plusieurs villes et surtout dans Londres. Ces émeutes inattendues par les gentilhommes gouvernementaux découlent évidemment de l’amplification par la crise des inégalités sociales et de l’ostracisme de la classe régnante à l’encontre des « manants ». L’ensemble de la presse et des réseaux sociaux bourgeois s’est bien sûr empressée de qualifier cette explosion sociale d’émeutes « raciales ». Il n’en est rien, même si les pillards professionnels se sont joints à la fête. Après la révolte de la petite bourgeoisie dans les pays arabes, ces émeutes sont la deuxième conséquence de la crise capitaliste impossible à juguler, mais cette fois-ci au cœur du capitalisme occidental le plus ancien et à la bourgeoisie la plus retorse. L’Angleterre, malgré l’importante mixité des races, est certainement le pays européen où la conscience d’appartenir à une classe est la plus forte et où les enfants de la classe ouvrière sont automatiquement exclus des études supérieures. Ces émeutes sont une des premières expressions de la colère des couches les plus pauvres d’une classe ouvrière abrutie par des décennies de collaboration du travaillisme et du syndicalisme dans l’Etat bourgeois, et provisoirement muselée par une politique d’assistanat pour des générations de chômeurs. Cette réaction violente est d’ailleurs extrêmement normale et typique de l’individualisme dans lequel la politique sociale bourgeoise a enfermé les travailleurs les plus démunis et laissés pour compte des incroyables profits de la City. Il faudra néanmoins un approfondissement plus grave de la crise pour que la classe en Angleterre retrouve ses formes plus dangereuses de lutte collective et associée mais qui devra reposer sur un programme alternatif de société vu la gravité de la maladie du capitalisme, inguérissable en termes boursiers sauf sans doute en purge impérialiste mondiale. Le sens anti-bourgeois de l’émeute fût vite dissout dans le mépris de « l’opinion publique » bourgeoise.


Derrière tout ce charabia sur l’épongement impossible des dettes capitalistes et des divers « délits d’initiés » dont les dites « ventes à découvert », se profile toujours le recours final à en venir aux mains. La Chine qui en profite pour demander la réduction des dépenses militaires américaines, réaffirme ainsi que derrière la guerre économique se profile toujours la possible nouvelle guerre mondiale, non plus limitée aux territoires de feu Ben Laden. La Chine n’a pas non plus les moyens d’imposer aux States affaiblis de baisser culotte – tout comme la SDN n’avait pas pu empêcher Hitler de réarmer l’Allemagne – l’empire de la production des gadgets par les enfants exploités reste toujours dans l’obligation d’acheter des bons du trésor pourri de la néanmoins toujours principale puissance. Les guerres locales sont, in vivo, la continuation de la crise économique par d’autres moyens plus sanglants ; vendredi 12 août le chef des armées Sarko avec son adjoint corrompu Longuet est allé faire le beau à Toulon pour célébrer l’enterrement du 73 soldat français tué en Afghanistan pour les intérêts pétrolifères de la bourgeoisie, après qu’on ait tenu éloignées les familles qui voulaient lui jeter des pierres à la gueule.


Revenons à la Britannie, non pas indignée mais insurgée. Est assez typique cette partition en deux de la confrontation des classes – bourgeoisie contre prolétariat – le fait que la police meurtrière puisse faire appel sans honte à la délation dans la « population » et soutenue par les fameux « réseaux sociaux » dits démocratiques voire révolutionnaires ; ces mêmes étudiants râleurs pour la cherté des études en Britannie usent du balai respectable anti-émeutier et de panneaux muraux de dénonciation. En France en 1985, un tel appel public aurait provoqué la risée de tout le prolétariat ; cependant, contrairement aux émeutes périphériques françaises, à un stade autrement plus grave de la crise capitaliste, les émeutes anglaises sont plus significatives politiquement en termes de classe en ce qu’elles s’attaquent au cœur de la City bourgeoise et méprisent la consommation capitaliste (les boites de nourriture servaient de pavés contre les flics). Plus encore que dans les pays arabes ou en France, la bourgeoisie britannique fait toujours montre d’une incroyable « hogra » arrogante, raciste et puante, de ce mépris souverain si typique de la vieille aristocratie bourgeoise : « La cause des émeutes de Londres, c’est l’indifférence du gouvernement. Toute une génération de jeunes gens n’a plus aucun espoir économique et se sent méprisée par le reste de la société » (Richard Sennett cité par Libé).


Contrairement à la Tunisie, à l’Egypte, etc., ce sont les couches les plus basses du prolétariat, méprisées comme « sous-classe » par les commentateurs bourgeois, qui sont donc amenées à réagir préventivement contre les attaques de l’Etat des « agences de notation », avec violence et sans illusions sur le pacifisme ni sur une « vraie démocratie ». Il faut donc immédiatement (et internationalement SVP) ridiculiser cette violence et surtout la criminaliser ; on oublie les émeutes dites « raciales » aux USA dans les sixties qui avaient annoncées les « mai 68 » allemand, français et sénégalais.


Underclass ? Pour les sociologues thermomètres : « Depuis le début des années 90, la paupérisation des classes inférieures est telle qu’une nouvelle classe sociale a vu le jour, « l’underclass », constituée des familles qui ne travaillent pas depuis deux générations et vivent exclusivement des aides sociales. Dans cet univers où plus de la moitié des mères sont célibataires et où la violence est quotidienne, les réseaux sociaux classiques, porteurs de morale et d’ordre, n’ont plus cours. Par ailleurs, « l’écart entre les ouvriers et la middle class s’est encore creusé depuis dix ans ». Non il n’y a pas de nouvelle classe sociale, et la couche moyenne anglaise (aristocratie syndicale + salariés grassement rétribués) se charge de balayer les dégâts des laissés pour compte qu’elle méprise comme les ouvriers.


Libé du 10 août reconnait que les ethnies ou les sexes n’influent que peu sur les inégalités : « Les différences de revenu au sein de chaque groupe sont infiniment plus importantes que celles entre les groupes »… « en revanche, l’écart entre zones géographiques riches et pauvres est immense : dans le quartier londonien de Tottenham, il y a par exemple 10,5% de chômeurs et 30% d’inactifs (admirez la subtilité du découpage du pourcentage total de chômeurs !). Mais ce qui compte le plus, c’est la classe sociale : « L’Angleterre est un pays où la conscience d’appartenir à une classe sociale est extrêmement forte… ».


Cette réaction émeutière de cette dite « underclass » est extrêmement importante du point de vue du prolétariat car ces couches variables et inférieures, exclues de la production depuis des générations, maintenues dans une misère relative (nourriture dans les restos du cœur en France, bons aux USA, aumônes des municipalités, possédant les objets aliénants du portable à la belle bagnole, ne payant pas de loyers, etc.) ont toujours vivoté jusque là dans les pires idéologies réactionnaires : racisme contre les blancs ou vive versa, idéologie de la démerde, du deal, et surtout individualisme forcené qui ne peut déboucher justement que sur l’émeute aveugle. Mais celle-ci paradoxalement dévoile la réalité de la confrontation des classes, même si les parties dominantes ou privilégiées de la classe ouvrière restent encore spectatrices d’un processus qui va les jeter à la rue elles aussi, plus vite qu’elles ne l’imaginent dans leur couardise actuelle.


Comme la petite bourgeoisie dans les pays arabes, la dite « underclass », cette partie de la classe ouvrière assistée depuis de trop nombreuses années est amenée à réagir de sa façon « choking » contre la continuité arrogante de la crise capitaliste. Et c’est tant mieux mais insuffisant et contre-productif à terme si la partie active de la classe ouvrière n’entre pas dans la danse avec un projet alternatif non pas de pillage des magasins mais de renversement de l’Etat bourgeois. L’émeute en soi, qui ravit tant nos anarchistes moyens, reste néanmoins une réponse faible à l’attaque gangstériste et méprisante de la bourgeoisie avec ses moyens décuplés. La machinerie judiciaire tourne à plein régime pour la plus grande joie d’une majorité silencieuse lâche et jouisseuse avec ses tabloïds répugnants. Pour la partie la plus consciente de la classe ouvrière anglaise cette hystérie dénonciatrice ne passe pas, comme en témoigne Melissa : « Dans l’affaire, il n’y avait pas que des jeunes pauvres et noirs. Les personnes qui comparaissent en justice montrent au contraire une grande variété sociologique. « Quand les gens deviennent aussi fous, c’est que quelque chose ne va pas, assure Melissa. En Angleterre on a scandale sur scandale ! Les politiciens plus personne ne les croit. Avec le scandale des écoutes, on s’aperçoit que des policiers ont été payés pour donner des numéros de téléphone. Tout ça fait un ensemble. Plus la crise bancaire : les banquiers se redistribuent des bonus comme si de rien n’était. Pendant ce temps la pauvreté s’aggrave, on coupe dans les allocs. Tu tombes dans une spirale, tu perds ton boulot. Et même si tu fais des études, tu n’en trouves pas. On te dit « faut de l’expérience » (Libé du 13 août). Sur son blog, Melissa ajoute : « Vous (les bourgeois) ne gagnerez pas la bataille tant que vous n’offrirez pas à ces jeunes un peu de ce que vous offrez à vos propres enfants. Car ils savent que les plus riches sont assis sur de l’argent obtenu en exploitant les autres. Que les banquiers, les politiciens et la police les maintiennent en bas de l’échelle ». Pas besoin d’être un lecteur chevronné du Kapital de Marx pour déchirer le mensonge de la domination bourgeoise, mais Mélissa finit par dévier de son propos classiste, influencée à son tour par le pacifisme bêlant et démocratoque de la petite bourgeoisie planétaire et idéaliste : « Gandhi n’a jamais volé des Nike ».


Le cynisme des juges bourgeois est de type nazi, les enfants qu’ils condamnent n’ont même pas le droit d’ouvrir la bouche. Ces salopes de magistrats bourgeois ne sont que les cire-pompes des spéculateurs véreux qui s’enrichissent sans vergogne : ils condamnent à tour de bras de petits voleurs de tee-shirt pour mieux couvrir les « traders à haute fréquence », ces grands bandits de la finance capitaliste.


L’IMPASSE RELIGIEUSE DES « REVOLUTIONS PACIFIQUES » ARABES


Aucune nouvelle révolution bourgeoise n’est plus possible, surtout dans les ex-colonies où la classe ouvrière est inexistante en tant que classe ; il y existe bien sûr des millions d’ouvriers et de paysans pauvres mais sans conscience de classe. On ne mènera jamais une révolution au cri de « Allah Akbar ». Une vraie révolution n’est jamais pacifique. Le cul de sac des fausses révolutions arabes (manipulées pour l’essentiel depuis Washington et relayées idéologiquement par la gauche caviar européenne) est patent en Syrie avec les odieux massacres quotidiens de la population. Alors que la lutte contre le capitalisme en déliquescence va exige l’inévitable recours aux armes par la principale classe spoliée, la religion et ses thuriféraires viennent nous chanter les airs pacifistes sado-masochistes, communs à toutes ces religions de la soumission des pauvres, des offensés et des torturés.


Les prolétariats du monde entier n’ont plus rien à attendre de ces indignations pacifistes et masochistes pendant ce stupide mois de ramadan. Le Monde diplo se fait l’écho du discours d’esclave des meneurs petits bourgeois et la lamentation imbécile « dieu est avec nous »: « «Notre révolution est pacifique ». La meilleure arme des manifestants, de l’Egypte à Bahrein en passant par le Yémen. Aucune des personnes croisées n’est armée, à l’exception d’un bâton dérisoire. Même si, dans d’autres régions, des groupes armés sévissent, renforcés par des « combattants arabes » du Liban ou de l’Irak, si des vengeances locales contre des officiers et des soldats sont avérées, ces phénomènes demeurent minoritaires. Un tract du premier juin à Hama donne des instructions précises aux manifestants ; évitez tout désordre ; respectez les bâtiments publics ; abstenez-vous d’insulter ou de provoquer les forces de l’ordre. « Nous protestons contre l’oppression, nous ne voulons opprimer personne ».


Il faut noter que les tueurs d’Assad (flics et pègre sadique) tirent et torturent leur propre bourgeoisie (incursions des chars dans les quartiers huppés des villes) et préparent leur propre chute d’ici à quelque mois au profit d’une autre clique bourgeoise. Les coordinations syriennes pacifistes qui programment les promenades religieuses sous les balles des soudards sont affiliées à la bourgeoisie pacifiste, bénie par Mme Clinton et le révérend Obama, qui a en horreur l’idée que les basses classes puissent s’armer. La nécessité de s’armer pour répondre aux tueurs professionnels de l’Etat bourgeois dans les pays arriérés est cependant ambiguë et dangereuse. Etant donné l’absence de classe ouvrière organisée et non bigote – une grève générale de 15 jours suffit à faire tomber le pire des dictateurs, ce que ne peuvent faire mille manifestations pacifiques – une solution diplomatico-bourgeoise en Syrie ne peut que retomber dans l’ornière libyenne où des grandes puissances viennent défendre leurs propres intérêts parmi un conglomérat de tribus arriérées. Le recours à la « lutte armée » peut donc recouvrir n’importe quelle aventure bourgeoise de camarilla ou de clique quelconque et nullement signifier une insurrection de la misère au profit des couches les plus pauvres. La véritable lutte armée révolutionnaire suppose une classe ouvrière organisée, armée du programme révolutionnaire d’abord et capable de gagner à la cause de l’émancipation humaine la plus grande part des forces armées mercenaires, soldats et flics honnêtes.


La révolte des « campeurs » indignés en Israël en faveur d’un nouvel Etat providence, est une contestation petite bourgeoise protéiforme aussi impuissante que la révolte petite bourgeoise arabe, si bien instrumentalisée jusque là. Cette « révolte des tentes » en Israël, Etat artificiel et colonialiste, voit parader médecins, avocats, universitaires, aristocrates syndicaux qui pleurnichent pour plus de « justice sociale » comme nos lamentables « indignés » grecs et espagnols, français et etc. La petite bourgeoise et une bonne partie de l’aristocratie ouvrière sont aujourd’hui incapables de se mettre à la tête de véritables révolutions, elles pleurnichent pour tenter de récupérer leurs avantages des périodes fastes passées, elles ne militent pas pour la seule solution d’avenir : la révolution sous la direction du prolétariat de tous les pays.


LA GENDARMETTE MARTINE AUBRY


De Mélanchon à Montebourg et Aubry, la gauche bourgeoisie française croit enfin avoir trouvé le programme qui lui manquait : il suffirait de démanteler les agences de notation et d’interdire la spéculation ! La gauche Don Quichotte qui s’engage à « vaincre les marchés », à gendarmer la main invisible des marchés capitalistes, argutie digne de l’extrême gauche neuneu de Poutou du NPA et de la prof Arthaud de LO ! On en rit à gorge déployée dans les chaumières HLM ! Réformer, hexagonalement, la tricherie généralisée d’un système à l’agonie… sera-ce le nouveau « programme commun » d’une gauche déconfite historiquement et qui s’imagine revenir aux commandes de l’Etat à la faveur du tout sauf Sarkozy ?


Mme Martine Aubry, une des six candidats à la primaire PS, et la plus sponsorisée par l’appareil gauche caviar, aura pondu deux articles en ce mois d’août prétendant offrir une solution à la dite crise de surrendettement des Etats (à peine plus de deux ans après l’épisode dit crise des subprimes). Après l’appel creux à « l’Europe des peuples », voici « Contre la dette, pour l’emploi, ma « règle d’or ». Se voulant moins creux que l’article précédent, les propositions avancées sont totalement à côté de la plaque de ce qu’il est possible de faire même du point de vue bourgeois, et le PS est un parti bourgeois qui ne peut que vouloir sauver les meubles du capitalisme libéral au plus mal. Mais les meubles sont si vermoulus désormais que toute proposition apparait comme un emplâtre sur une jambe de bois. La fille du réchappé présidentiel Jacques Delors, M. Aubry veut réintroduire par la bande sa fausse solution des 35 heures – qui avaient satisfait les couches salariées moyennes mais pas diminué le chômage – avec sa première proposition de « défiscaliser les heures supplémentaires (…) qui bloquent les embauches… ». Que des âneries ! Or « défiscaliser » signifie rétablir les charges patronales et salariales (patrons et ouvriers y seraient perdants) sans compter que, de toute façon, les sociétés qui aujourd’hui fonctionnent avec les heures sup ne sont pas en général des sociétés qui peuvent compenser la surcharge de travail avec des embauches à plein temps (c’est la raison des heures sup). Les exonérations de charge introduites par le gouvernement Sarkozy restent dans la ligne de travailler plus pour gagner pour ne pas gagner moins parce que le régime des 35 heures était inopérant pour la plupart des PME, qui ne peuvent pas se permettre d’embaucher et qui ne peuvent assurer le surcroît de travail qu’avec le système des heures sup, aussi aléatoire sur une durée d’un an.


Aubry au pouvoir refoutrait la merde dans les PME alors qu’on n’est plus dans une période de croissance. Quand l’économie capitaliste va bien, les patrons peuvent se permettre des embauches mais, à l’heure de secousse violente de la crise actuelle, autant avec l’option de la droite qu’avec l’option farfelue d’Aubry, il n’y aura pas plus d’embauches, si ce n’est encore plus d’emplois précaires ou stages bidons de pôle emploi, mi-temps, CDD, missions à la con en intérim, etc. Sans compter oublier que les ajouts de banquet électoral par Mme Aubry concernant « les secteurs de l’innovation sociale et environnementale » vise avant tout l’électorat de la bobologie écolo-environnementale et gouvernementale, mais aucunement un ressourcement du capitalisme ni d’aboutir à faire diminuer le nombre de chômeurs à vie.


Deuxièmement « abaisser de 20% l’impôt sur les sociétés des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices ». Aubry prétend pénaliser les entreprises qui redistribuent les dividendes à leurs actionnaires au lieu de réinvestir dans l’entreprise. C’est une aberration. Quel serait l’intérêt d’être actionnaire d’une entreprise s’il n’est pas possible de percevoir les dividendes ? Ceux qui ont de l’argent préfèreront le replacer dans des banques ou assurances plus que dans des entreprises ; quoique les banques aient mauvaise presse désormais et que l’or et la pierre reprennent classiquement le dessus. Le but est de profiter de l’argent où qu’il soit placé et pas de financer des entreprises pour le roi de Prusse ! Aubry prend ses lecteurs et électeurs pour des imbéciles. Une telle mesure peut être en plus vraiment destructrice (du point de vue du Capital). Donc nouvelle connerie d’Aubry.


Cette faribole de prétendre favoriser le réinvestissement des bénéfices d’entreprise pour augmenter le capital de machines pour produire plus, encore faut-il qu’il y ait un besoin, un marché pour acheter cette productivité supplémentaire. Mais si la demande n’est pas là ou que le marché est engorgé, quel est l’intérêt de réintroduire les bénéfices ? A la limite répartir les bénéfices, comme on répartit des dividendes pour les actionnaires, pourquoi cette bourgeoise ne propose-t-elle pas de redistribuer également les bénéfices plutôt aux salariés ? Parce que les salariés c’est secondaire ? Ou parce qu’elle s’adresse surtout à une clientèle patronale qui peine à l’idée de cotiser à ce parti aspirant à nouveau au pouvoir qui étale des solutions farfelues.


Troisièmement : « réduction des niches fiscales », déjà cette proposition mensongère et partiale était contenue dans le sous-titre électoraliste popu de l’article « Les cadeaux fiscaux aux plus riches sont responsables de l’endettement ». La crise n’est pas principalement dûe à l’argent possédé ou récupéré par les riches.


Tout le prolétariat est d’accord pour supprimer ces niches, mais dans la marche normale de ce système que ni Aubry ni le PS ne remettent en cause, en conséquence de la suppression de leurs avantages fiscaux, les riches des niches iront placer leur argent à l’étranger ! Le problème n’est pas dans les cadeaux fiscaux. On arrive au terme de l’économie capitaliste, et on ne peut pas produire plus que les besoins actuels. On est au pied du mur. La surproduction engendre l’étouffement du système. En gros Mme Aubry envisage une solution nationale. En réalité elle rend un énorme service à M.Sarkozy dont elle favorise la réélection parce que celui-ci détient le crachoir du réalisme étroit de la rigueur et de la seule solution : attaquer toujours plus les exploités.


Ces « solutions » de la gauche Lazare, étroitement concoctées en conclave par les apparatchiks du PS, veulent faire vibrer le « peuple de gauche » en atténuant la gravité de la crise qui est mondiale, et donc insoluble dans le seul cadre français comme insoluble en Grèce ou aux Etats Unis. Mme Aubry tel l’archange Saint Michel vient mener la guerre à trois maux qui seraient exclusivement français : « déficit des finances publiques, déficit d’emploi, déficit de compétitivité ».


Il suffirait d’agir « rapidement sur l’emploi et l’investissement (et) nous rétablirons la confiance et la croissance » avec une « nouvelle ambition industrielle »! Avec les propositions bidons qu’elle a fait précédemment, elle peut toujours rêver, mais surtout elle fait semblant d’oublier une nouvelle fois que la crise est mondiale et que la petite France n’est pas une locomotive industrielle, qu’elle n’est plus compétitive face aux « grands » émergents, qu’elle ne dispose plus d’une industrie performante avec des privatisations à outrance qui ont généré une bureaucratie pire que celle des nationalisations, et que le chômage est endémique (comme son maître Mitterrand, son accession au pouvoir avec de telles fariboles le ferait également exploser nationalement).


La prétention avec cette invraisemblable « nouvelle ambition industrielle » de s’imposer « dans la compétition mondiale » par une virtuelle « croissance durable » , « associée à une gestion sérieuse de l’argent public » (par exemple comme du temps des frasques des amis financiers de son maître Mitterrand…) pour (modestement) « réduire » dette et déficits, tient plus de la sorcellerie superstitieuse que de la simple démagogie électorale !


Enfin Aubry termine avec le « je » ségoléniste et transcendantal : « j’allouerai… pour les priorités qui sont les miennes, au premier rang desquelles l’emploi, l’école et la sécurité… « Je » réorienterai vers la construction de logements sociaux et l’accession sociale ( !?) à la propriété ». Les mêmes priorités que ses concurrents électoraux N.Sarkozy et M.Le Pen, mais inversées.


Derniers gadgets de Mme Aubry : la création d’une banque publique d’investissement… comme s’il n’y avait pas déjà assez de banques. Puis un improbable « gouvernement européen ». Enfin une « régulation ferme du système financier », régulation déjà impossible par tous les gouvernements de la terre, y compris ceux de gauche !


Enfin, pauvre Aubry qui s’engage à respecter le retour au 3% de l’engagement européen en 2013, qui, si le PS au pouvoir en avait les moyens, signifierait une cure d’austérité jamais vue en France et une véritable explosion sociale auprès de laquelle Mai 68 n’apparaitrait plus que comme un vulgaire monôme d’étudiants.


La « règle d’or » de Mme Aubry n’est qu’une variante impuissante de la règle de sauvegarde de l’argent capitaliste, mais ne vaut pas un kopeck !


Comme en Angleterre, les prolétaires en tireront les leçons avec leur parti de classe pour la révolution communiste !



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L’histoire de la révolution sociale planétaire est en train de s’écrire sous nos yeux. Plus la bourgeoisie généralise partout ses plans de sauvetages, de « rigueur », de « dernière chance » sur le dos des millions d’exploités, plus elle scie la branche sur laquelle elle est assise. Il ne nous reste plus qu’à décrire les conséquences sociales et politiques en réaction à la cynique charge bourgeoise. Pour mieux rappeler qu’il existe un programme tangible non en soi pour s’occuper de la destruction du capitalisme mais fondé sur comment le remplacer plus que sur le pourquoi le remplacer.


LE CAPITALISME NE S’EFFONDRERA PAS TOUT SEUL. AIDONS-LE !


LES BOURGEOIS NE S’IMMOLERONT PAS EUX-MEMES :


VIVEMENT LA GREVE GENERALE MONDIALE POUR LA DESTRUCTION DES ETATS FINANCIERS !


(à suivre évidemment)










[1] L’organisation de la rumeur sur la faillite de la Société Générale a montré que les agioteurs peuvent fragiliser aussi le système. Le summum du mensonge est atteint en page une du Monde du 14 août où un certain Gérard Béaur, présenté comme spécialiste de l’histoire de la dette des Etats (« une lutte acharnée depuis le Moyen âge ») qui prétend que la dette est à chaque fois liée aux guerres, ou causée par les deux Guerres Mondiales par exemple, ce qui est une hérésie économique car, au contraire les principales guerres sont causées par la dette et les vainqueurs comblent largement leurs dettes (cf. les Etats Unis et la GB en 1945). M. Béaur, tout directeur de recherches qu’il est au CNRS, oublie que les agioteurs on leur coupait le kiki en 1793. Le plus grand mensonge populiste sur la marche faillitaire de l’économie capitaliste et la possibilité de la régénérer, est sans conteste le propos anti-révolutionnaire d’Attac : « Pourquoi les peuples doivent-ils accepter des plans d’austérité pour rembourser des dettes dont ils ne sont pas responsables ? » (cf. Libé du 15/08) ;sous-entendu, des élections pacifiques pourraient « moraliser » le capitalisme ! Un air de déjà vu, sarkozien voire obamesque, n’est-cepas ?




[2] Les sondages révèlent crument leur aspect réactionnaire et fabriqué en temps de crise, 68% des anglais seraient ainsi pour une répression féroce des émeutiers. En France, une même majorité silencieuse : 85% des sondés seraient pour une réduction des dépenses (qui ne sont pas précisées) et dans la même phrase plutôt pour une augmentation des impôts. La plupart des sondés ne comprennent pourtant rien aux arcanes de l’économie capitaliste, tout en comprenant parfaitement qu’elle est en faillite, et qu’aucune solution des politiciens de droite et de gauche n’est crédible.