"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 16 septembre 2011

PRIMAIRES : AU SECOURS LES « SOCIALISTES » VEULENT ATTAQUER LES BANQUES !


Ils sont venus, ils sont tous là : Montebourg, Baylet, Hollande, Aubry, Valls, Royal. En arc de cercle devant un pupitre ils sont prêts pour le jeu télévisé animé par le bateleur Pujadas. On regrette l’absence du gros bouton pressoir de couleur pour ceux qui veulent répondre plus vite que les autres. Qui va gagner au jeu télévisé des « primaires » ? On s’en fiche. Pujadas nous a promis un clash. Ségolène va-t-elle mordre un concurrent ? Valls va-t-il aboyer ? Montebourg gaffer sur l’ex-couple Hollande-Royal ? Hollande va-t-il être flanby ou yaourt ?

Lors des préliminaires en course individuelle, Hollande se détache du lot. Sans notes, bien cambré, menton levé, il incarne une posture présidentiable. Montebourg, malgré sa haute taille, fait petit garçon qui lit ses notes, et en plus vilain gauchiste qui veut attaquer les banques. Que fait Baylet, ce radical empoté parmi la fine fleur du socialisme ? De la figuration rad-soc avé l’accent et une faconde rassurante à la Marcel Pagnol ; il fallait bien un provincial indolent pour adoucir les carnassiers en lice pour le pompon en octobre. Il défend l’allègement des charges pour les PME comme ses camarades « socialistes », les PME sont la richesse de « notre » pays, comme il défend la légalisation des drogues douces ; c’est le deuxième gauchiste infiltré de la soirée après Montebourg.

Cet impayable Pujadas qui pose la question qui tue à S.Royal – vous n’avez pas changé – laquelle ne se démonte pas et en rajoute une couche : « j’ai changé en densité, en détermination… », elle se pique de vérité : « je sens que j’aurai à demander aux français de travailler dur… j’ai voyagé dans le monde entier ». Elle a par conséquent une stature internationale grâce à Air France. Elle se voit déjà en haut de l’affiche par la volonté des résignés et des indignés car ne faut-il pas « résoudre la crise » ? Réformer les banques ? (Elle n’est pas comme son ex-page Montebourg du genre à faire payer les pauvres banquiers. Point faible, elle ne peut s’empêcher de lire ses notes, alors que Hollande et Aubry sont venus les mains dans les poches. Credo socialiste et rad-soc ; faut aider les PME. Faut créer une banque publique. Faut un impôt plus juste entre le capital et le travail. Faut une justice fiscale, faire payer les plus riches. Faut lutter contre la fraude fiscale. Faut une contribution égale du capital et du travail (bis repetita). Faut faire de la France un pays d’entrepreneurs. Faut faire de la croissance verte pour être la première puissance écologiste d’Europe. Faut mettre fin à l’hyper concentration du pouvoir : « je serai la garante de l’ordre public et moral ».

On frissonnait face à la dernière phrase de madame Lelongbec.

Hollande qui lui succède par un vice de forme de Pujadas porte beau, nuque raide il joue à l’indigné. D’emblée il assure vouloir agir pour la jeunesse, pour « nos enfants ». Le pitre ! Nos enfants, ah ah, lesquels ? Mais surtout, bréviaire de la gauche commune et unie « faut soutenir la croissance » (comme on soutient pépé sur sa canne ?). La caméra s’attarde sur le visage de son ex-femme dont le visage reste glabre. Mon premier acte, précise Flanby hautain : la réforme fiscale. Sensass Hollande a tout du premier communiant. Faut le contrat de génération. Faut 70.000 profs en plus. Sournois Pujadas lui sussure qu’il a déclaré ne pas aimer les riches, « je n’aime pas la richesse insolente rétorque bolchévik Flanby ! Qui tient à ajouter son soutien aux PME. Lui aussi, comme si tous les électeurs étaient patrons de PME.

Le petit Valls, méchamment présenté par Pujadas comme le droitier du PS, n’a qu’un souci « redresser le pays ». A coups de verges ? Non en réduisant le déficit, soutenir les PME (décidément c’est une obsession « socialiste ») car « être de gauche, c’est dire la vérité ». Et la vérité c’est « redresser le pays » car, oui car « il faut se révolter contre l’école qui reproduit les inégalités ». En créant de nouveaux postes de profs comme le suggère son colistier Hollande ? On ne saura point. Oui faut augmenter la TVA.Valls parle sans consulter ses notes ; si Royal est la garante de l’ordre moral, Manuel est le garant de la sécurité ; à chacun son turbin, Ségolène pourra toujours se rabattre sur l’Eduque naze et le petit Manuel succéder à Jules Moch et à Guéant.

Madame Aubry apparaît plus pugnace, plus sincère, bien que le visage soit marqué par les années parlementaires. Pas plus originale que ses compères elle veut « aider à l’investissement des PME » et surtout des emplois pour les jeunes… ceux qui votent sans doute. Comme la trinité religieuse elle a trois chemins de croix : l’emploi, l’éducation et le pouvoir d’achat. Trois parcours de pénitence, surtout le troisième le plus carbonisé. Elle ressasse les bêtises qu’elle a déjà dites concernant les subventions des heures supplémentaires. Elle est méchante pour les profs qui rament « faudra former des professeurs qui ne sont pas formés ». Plus dramatique voire comique (pauvres enseignants persécutés et névrosés !) : « et on va les accompagner avec les psychologues et les assistantes sociales » !? (et les salariés de F.Telecom on les accompagne pas pour les empêcher de se suicider ?). Plus gauchiste que son voisin Montebourg elle annonce que le revival du PS au pouvoir ce sera « bloquer les loyers » (imaginez l’affolement des patrons des PME en entendant une telle proposition… suicidaire pour tout candidat bourgeois). Sur les taxes pour l’eau et l’électricité on ne comprend que pouic à ce qu’elle dit mais çà se termine par une phrase sur le développement durable où il est question d’accroître le pouvoir d’achat, le seul pouvoir minable concédé à la classe ouvrière quand l’économie capitaliste va bien.

Invités à résumer leur prestation électorale de jeu télévisé, tous exaltent les valeurs de la France et en particulier la laïcité. Valls ne peut s’empêcher de donner un coup de chapeau à son possible futur employeur, Sarko en visite en Libye, et tout élu secondaire de banlieu qu’il est, il pose au ministre d’Etat : « moi je gouverne déjà avec une grande communauté des communistes aux écologistes ». Sous le regard sévère de son ex-patronne (S.Royal) Montebourg lance un caillou dans le jardin du précédent : « on ne gagnera pas en imitant Sarkozy ».

Ségolène n’est pas hostile à une ouverture au Modem (la caméra filme au même moment les doigts fébriles de Mme Aubry sur ses notes). Pujadas titille les frères ennemis Montebourg et Valls qui n’ont pas cessé de se glisser des vannes depuis le début, mais malgré des regards furibards ils n’en viendront pas aux mains ; et il n’est pas sûr que Montebourg avec son mètre quatre vingt dix viendrait à bout du petit Valls qui pratique le noble art. Pujadas tente d’énerver Hollande : vous ne regrettez pas d’avoir dit oui à Maastricht ? (On se souvient en effet de la photo de Hollande et Sarko dans Paris Match, et qui se lavaient les mains ensemble). Hollande reste imperturbable et affiche un sourire présidentiable. Vacharde la caméra sarkozienne saisit la moue que fait son ex. dite Ségolène du Poitou.

Justement Sainte Ségolène bouffe les secondes au kilomètre – à défaut de prompteur chaque concurrent est affublé d’une horloge au devant se son pupitre (de la nation) : « tant que les banques commandent les salaires baissent, la retraite baisse, etc. ».

Toujours espiègle Pujadas les titille ensuite sur la retraite à 60 ans. Capharnaüm ! Excepté Baylet, le pépère rad-soc pour la légalisation des drogues douces qui convient que tout retour en arrière (des réussites Sarko-syndicales) est impossible, les autres ondulent du cul. « Pas pou tous » assure la responsable Aubry. Les frères et sœurs ennemis s’égratignent sans que cela nous émeuve. Valls grogne contre Montebourg que le redressement de la France ne doit pas être méprisé comme « administratif ». Aubry n’allait pas épargner son principal rival : « je ne crois pas aux contrats de génération », et paf pour Hollande dont la caméra sarkozienne filme les belles dents.

Enfin Pujadas, tout sourire, jette une belle pagaille dans la basse cour avec le nucléaire. Chacun de nuancer et de s’en prendre à Hollande qui a donné le la, on ne peut pas se passer facilement du nucléaire. Faut en sortir assurent-ils tous. On ne sait pas comment. Ségolène y va de sa révolution écologique qui produira des emplois mais ne soulève ni l’enthousiasme des téléspectateurs ni de ses colistiers. Montebourg s’accroche toujours sur le tatamis avec le petit Valls, il dénonce ces banques qui ont pris le pouvoir sur la souveraineté gouvernementale.

En résumé la brochette de bourgeois « socialistes » a promis de raser gratis malgré la plus formidable crise de l’histoire capitaliste qui se dessine. Leur souci est la « croissance », c'est-à-dire une production accrue des prolétaires et d’attaquer les banques vues comme seules responsables de la « crise de la dette ». Jamais un parti électoraliste bourgeois n’a pu se faire élire en menaçant la finance capitaliste. Le PS franchouillard est vraiment « primaire » et suicidaire !Ce qui s’appelle prendre les électeurs, et surtout les prolétaires pour des cons. Ils voudraient faire de la figuration et arriver bon troisième derrière la fille Le Pen qu’ils n’auraient pas fait pire, même sans DSK.

J’en connais un au fond du palais élyséen qui a dû se poiler.