"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 10 avril 2015

Du trotskysme ordinaire à l’anarchisme de salon solitaire, itinéraire d'un bourgeois "autonome"



Le vieux milieu maximaliste révolutionnaire n’a jamais ignoré que Corneille Castoriadis ne fût, au temps de sa brève militance comme gourou de la comète «Socialisme ou Barbarie», qu’un habile pompeur des courants de gauche communiste de l’Internationale communiste,  du moins ses courants léniniste et conseilliste. Marqué par la théorie dégénérée et confuse du trotskysme qui n’aura produit en général que des bâtards politiques tout juste bons à se recycler dans l’idéologie bourgeoise.(1)
Il paraît que le grand drame de Cornelius Castoriadis fût d'avoir été chauve très jeune. Faut-il croire que cela lui a fait pousser des cheveux labyrinthiques à l'intérieur du cerveau et justifié les superlatifs ridicules de ses admirateurs inconditionnels? «Génie», «Titan de l’esprit», penseur de la liberté sans étiquette, un penseur révolutionnaire... rarement hagiographie aura été aussi lèche-bottes. L’auteur François Dosse ne nous ménage ni superlatifs ampoulés ni déclarations énamourées pour son «héros-Eros grec». La page de couverture est plutôt ratée avec la tronche de Casto en gros plan, plus docteur Mabuse effrayant que le doux crâne d’oeuf génie immémorial qu’on veut faire vénérer à l’étudiant bobo impubère.

Il faut pas mal de culot et une faconde toute stalinienne pour écrire: «Il ne fait guère de doute que Castoriadis a fécondé l’intelligentsia française de son savoir sur le phénomène stalinien» (p. 37). Bien avant que Corneille Casto ne se barre du trotskysme souteneur du stalinisme et même tout le temps de la courte existence de S ou B, avant 1949 les groupes et cercles de la gauche communiste (2) avaient dénoncé et combattu «le phénomène stalinien», et d’ailleurs Trotsky le premier, et plus courageusement que Corneille le héros grec d’un patachon d’édition.

Hagiographie de type stalinienne qui gomme carrément toute l’arrière-cuisine du politicien Castoriadis, première période, sa façon de pomper Pannekoek (3) et ses diverses manoeuvres pour récupérer les vrais militants du prolétariat Chazé, Véga, etc., les détacher de la gauche italienne (cercle originaire du PCI) et de Internationalisme (Gauche Communiste de France avec Marc Chiric). Tout cela est raconté dans mon livre : Lucien Laugier, la critique de Socialisme ou Barbarie, épuisé et qui n’aura jamais les honneurs des éditions bourgeoises comme La découverte.
Tout au long des 500 pages, F.Dosse nous fait croire en une longue rivalité émulatrice avec l’autre grosse tête du cercle néo-trotskyste Lefort pour l’élaboration de «l’imaginaire radical», gommage! Personne ni F.Dosse ne vous révélera que Corneille était comme un petit enfant admiratif face à tout ouvrier de chez Renault, ni qu’il pompa sa radicalité de pas très vieux combattants de classe comme Chazé, Mothé et Véga; plus tard arriveront deux autres recrues de choix d’une autre pointure et capables de rivaliser avec le gourou, Lyotard et Souyri. Il posait au discoureur mais il n’était qu’un synthétiseur le temps d’un bref amour intellectuel d’une décennie pour le «prolétariat» rêvé ou imaginaire chez les bipèdes de sa caste intellectuelle mitoyenne et inconstante.

Le trotskysme dégénéré d’après-guerre, comme celui perpétué par LO de nos jours, n’est qu’une copie démocrate en façade du stalinisme. Lorsqu’un trotskyste rompt avec le trotskysme, soit il rompt avec la politique et devient obsédé sexuel, soit il embrasse l’anarchisme; c’est cette dernière solution de continuité que choisit Corneille le corniaud avec sa GRANDE théorie de la suppression de la figuration dirigeants/dirigés. (4)
On comprend que Corneille et son équipe aient grand besoin de recruter de vrais militants ouvriers, ou en tout cas de lutteurs convaincus de l’action nécessaire en milieu ouvrier, car comme F.Dosse le reconnaît: «Le petit groupe né en 1949 sous le nom de Socialisme ou Barbarie appartient pour l’essentiel au monde intellectuel. la plupart ont suivi un cursus universitaire» (p.62). Une bande d’agrégés et de futurs psychanalystes auxquels se joindront quelques militants «modestes». Dosse évoque brièvement page 64 les contacts pris dès 1948 avec la Fraction française de la gauche communiste (FFGC) «où se trouvent davantage de militants ouvriers pour l’essentiel de militants italiens bordiguistes». La correspondance Laugier/Suzanne Voute que j’ai reproduite montre bien que la fraction italienne résiste mieux au charme de Corneille que ceux du groupe de Chiric, qui, par un tournant invraisemblable décide d’aller protéger sa peau au Venezuela («sauver les cadres») en 1952 face à la croyance en la venue de la troisième der des der au moment de la guerre de Corée, laissant son groupe se vider au profit du cercle à Casto.
Corneille Casto croit lui aussi dur comme fer à la venue de la troisième boucherie mondiale, car en politique internationale il aura toujours été miro, comme le prouvera son pensum de 1980 «devant la guerre» (farce effarante sur ladite statocratie soviétique), à la veille de la chute de la maison Russie (5).
Au cours des années dites de la déstalinisation (Allemagne 53, Hongrie 56), S ou B est évidemment un apport d’air frais dans l’atmosphère empuantie par le stalinisme ergoteur, et du fait de l’absence d’une gauche communiste conséquente en Europe, et du fait du manque de précisions d’un Bordiga sur la nature du stalinisme; mais Corneille Casto et ses groupies ne sont pas très clairs non plus avec leur troisième système dit bureaucratique, notion plus néo-trotskienne que novatrice, impuissante à rendre compte de la réalité et de la spécificité du capitalisme d’Etat de type stalinien; l’analyse était plus claire chez le GCF dont hélas le gourou était en train de planter des salades au Venezuela.

A la fin des années 1950, et pas loin de sa disparition, le groupe de Casto compte à peine 50 personnes et n’a jamais fonctionné comme une véritable organisation centralisée malgré les discours volontiers léniniens sur le parti par Corneille.  Affectivement puéril, as des stupides jeux de rôle et avant tout séducteur (c’est Dosse qui le dit), Casto parle toujours le premier et veut tout régenter; bravo la lutte contre la séparation dirigeants/dirigés; la vie de S ou B c’est comme dans tout groupe anar: il y a toujours un gourou même si le titre n’est pas officialisé et si les victimes sont certaines d’être anti-léninistes tout en étant consentantes.

Tout va très vite, dès 1959 Corneille commence à tout réviser du marxisme au prolétariat. L’intellectuel super brillant en a marre du joujou prolétariat et de son gadget dirigeants/dirigés qui recoupait plutôt ridiculement la distinction de classe bourgeoisie/prolétariat. Il va étendre son enflure théorique et psychologique aux gens en général, à toute la société. Plus althussérien qu’Althusser il dit dans son premier texte interne que les autres refusent de voir publier dans S ou B: «c’est Marx qu’il faut casser» (p.132). Corneille est taxé de bureaucratisme et mieux encore de «voleur» par Bourdet! Et touche juste. Corneille Casto est vexé! (6) L’honorable cadre de l’OCDE va alors encore plus aller grouiller avec les intellectuels de gouvernement et ramifier ce réseau indispensable d’amis professeurs hauts placés dans l’appareillage mandarinal pour être sponsorisé plus tard aux grandes écoles bourgeoises.

La saga de la «figure hors norme et trop méconnue, qui est restée marginale jusqu’au bout, malgré son élection comme directeur d’études à l’EHESS au début des années 1980», tient plus d’une version romancée de la place réelle, et infinitésimale, du bonhomme dans la vie politique et sociale en France. Il est mort politiquement pour les milliers de jeunes révolutionnaires au moment de mai 68. Pour nous les lycéens parisiens, ceux qui connaissent par chance l’histoire des minorités révolutionnaires de l’après-guerre, ce n’est qu’un Charlot qui a abandonné le combat politique pour se faire du fric avec la profession de psychanalyste-curé pour les riches au vague à l’âme. Son petit livre avec Morin et Lefort - La Brèche - se vend bien mais ne casse pas des briques. Michel Polnareff, Jacques Lanzmann le parolier et Jean-Luc Godard avec son superbe film comique "La chinoise" ont bien autrement annoncé mai 68 que les pensées psychiatriques de Corneille Castorama. Si Mai 68 a été pour une bonne part, il faut le reconnaître, un mouvement de protestation petit-bourgeois, au moins la contestation ne faiblit jamais contre les mandarins du savoir: universitaires comme vieilles badernes littéraires ou militantes, on s’en bat les couilles!

On préfère chercher à connaître les oeuvres de Rosa Luxemburg, de Lénine, de Bordiga, de Trotsky et de Marx. On se marre quand on lit page 207 que Cohn-Bendit apostrophe un jour Touraine (père de l’actuelle ministre arrogante): «Vous feriez bien de lire Socialisme ou Barbarie, car cette revue démontre que le prolétariat existe bien, que ce n’est pas un fantasme intellectuel".(7)

Dans les années 1970 Corneille est fourré au milieu de l’intelligentsia de gauche bourgeoise qui se pâme pour la CFDT et Lip. Il reste transparent pour les jeunes générations et n’a aucune importance comme référence même lorsqu’il réussit à se faire republier en poche 10-18; il n’apparaît plus que comme un homme qui a renié son passé militant, sans que nous sachions qu’il avait été un magouilleur de première et avait finalement coulé le groupe S ou B, groupe faible parce que dépendant d’un leader dit charismatique. Corneille Casto flirte avec toute la smala de la franc-maçonnerie syndicale du Cercle Saint Just avec son vieux complice Lefort et Rosanvallon, think tank de la social-démocratie française en convalescence. Ce milieu intello qui se veut inspirateur des politiques bourgeois est complètement hors du prolétariat et du militantisme révolutionnaire, milieu qui méprise et ignore complètement ces petits personnages d’opérette philosopharde. Casto c’est Castorama comme le luit chantent ces amis bobos écolos pour ses 70 ans: «Chez Casto, y a tout ce qui faut, concepts et matériaux, socialisme ou barbarie n’ont plus de secret pour lui. Casto, Casto, Castoriadis, à l’écouter c’est un délice» (p. 249). Mais basta la plaisanterie, Casto la science s’acquoquine avec le must des historiens les plus réacs de Furet à Gauchet, sans oublier Aron, et les Domenach, Mongin, Thibaud,  grands penseurs cathos de la modernité et de l’imaginaire radical bourgeois. Corneille brille dans les salons bourgeois en y parlant, devant un parterre ébahi de tant de science infuse néo-prolétarienne (qui sent bon le cambouis démocrate), de l’auto-organisation ou de l’autonomie radicale, concepts si bandant que la CNT espagnole lui demandera de venir faire conférence en Espagne. Lorsque ce grand anti-stalinien de la dernière heure intervient sur «la logique des magmas et la question de l’autonomie», il démontre en quoi «l’imaginaire radical» est fondamental «rendant caduques toutes les théories déterministes»... au moment «où il prend des distances explicites vis-à-vis du marxisme et se plonge dans l’univers psychanalytique» (p.261).

Quant il pense avoir remis le pied à l’étrier, en fait surtout parmi l’intelligentsia des beaux quartiers, il prétend se mêler de la vie politique mais il est lamentable, à la traîne de la bureaucratie CFDT, puis il se goure complètement sur la domination militaire russe, au point de passer pour une éponge de la CIA. Il a épousé une riche bourge psychanalyste; dans le luxueux appart qu’ils occupent un «nègre» en tenue de larbin ouvre la porte aux amis surpris d’un tel décorum...

F.Dosse en rajoute une louche par chapitre, Casto a «quelque chose de prométhéen» (p.374); mieux son «acte héroïque» consiste en une «déplatonisation de l’histoire de la pensée»... Morin et BHL font pitié à côté du grand déstalinisateur et rénovateur de la grécitude imaginaire! Casto innove tellement dans sa pensée prométhéenne qu’il ne s’aperçoit pas qu’il reprend les pires poncifs de tous les réacs anti-révolution: octobre 1917, un putsch; révolution ne signifie pas effusion de sang; elle est «autotransformation explicite de la société»; «elle ne signifie nullement vouloir faire table rase du passé»; «elle est accélération de ce projet d’autonomie»... Quel tissu d’âneries bourgeoises! Et dire qu’il y a des sectes comme Lieux communs ou nos braves communisateurs pour vénérer ces idioties...

Pour «dégager une conception de l’histoire de la gangue hégéliano-marxiste» et de «toute forme d’hétéronimie» rien de plus subversif qu’un Serge Latouche selon qui l’oeuvre du «penseur du 20e siècle» fait le passage entre marxisme et écologie. « L’écologie est subversive, car elle met en question l’imaginaire capitaliste qui domine la planète (...) » et « montre l’impact catastrophique de la logique capitaliste sur l’environnement naturel et sur la vie des êtres humains. ». Il suffit de voir les politiciens écolos hors du pouvoir, réduits à moins  de 2% de l’électorat et pleurant pour y retourner, pour mesurer le niveau élevé de subversité de ces cuistres gauchistes recyclés déchets politiques renouvelables.

Cerise sur le gâteau Casto, la psychanalyse aurait pu contribuer à l’émergence de l’autonomie de la pensée et subséquemment de l’autonomie en politique. Selon Corneille le corniaud, une psychanalyse bien comprise devait permettre à l’individu de tenter l’organisation d’une vie personnelle plus libre, plus autonome, c’est-à-dire une vie de petit-bourgeois qui serait free lance de son temps avec ses propres lois privées. Du Proudhon dans le texte!

Castoriadis ajoutera ce gros truisme anar que nous avons besoin d’un individu autonome pour faire le lien avec le politique : « Une société autonome ne peut être formée que par des individus autonomes. Et des individus autonomes ne peuvent vraiment exister que dans une société autonome », laquelle définira, à son tour, ses propres lois. Ou l’art de la tautologie pour ne rien dire ni déroger à l’ordre des classes dans les salons ou les conférences universitaires !

Dans son must «l’Institution imaginaire de la société» (1975), le procès historique est conçu comme «création» indéterminée, et où l’institution de la société ne découle pas de lois, ni naturelles, ni rationnelles, ni d’aucune sorte, mais est œuvre de l’«imaginaire social instituant», qui crée ex nihilo normes, catégories, valeurs, classifications, par lesquelles la société règle les rapports avec les autres sociétés, les relations entre individus, le rapport à la nature. Bonjour l’improvisation artistique!

En 2004, contre la compilation ultra-gauche du faussaire Bourseiller, un rédacteur du CCI dressait avec pitié l’oraison funèbre de Corneille: «L'autre organisation ayant les faveurs de Bourseiller, S ou B, avait pour principal théoricien Cornélius Castoriadis qui, dans sa dérive anti-marxiste, en est venu dans son livre «Devant la guerre» au cours des années 1980, à soutenir implicitement l'effort de guerre de Reagan face à la menace suprême qu'aurait représenté le militarisme russe. Moins de dix ans après, l'impérialisme russe s'écroulait comme un château de cartes. Quelle lucidité chez ce "penseur" aujourd'hui adulé des élites universitaires ! Il faut d'ailleurs noter que c'est le même "esprit rare" qui, sous la signature de Paul Cardan, avait annoncé, dans les derniers numéros de S ou B au milieu des années 60, la fin des crises économiques du capitalisme, cela moins de 5 ans avant l'arrivée de la crise ouverte de ce système !»

Soucieux de parfaire l’image de leur idole, les Latouche, Dosse et Caumières refusent les labyrinthes divergents, ubiques, orbiques et pervers de l’itinéraire de Casto, une première époque militante politique suivie par une époque purement philosophique; ils arguent qu’il y a eu au contraire continuité et cohérence puisqu’aux deux époques il chérissait le terme d’autonomie. Oui, certes mais comme bobo maître chez soi.

(1) La plupart des scissions du trotskysme d’après-guerre n’ont donné que des croupions ou sectes néo-staliniennes, ou des dérives modernistes anti-marxistes à la S ou B. En France, un avorton du capital comme Combat communiste n’a produit que des idéologues plumitifs des idées dominantes ou des pisse-copies comme Coleman, qui traite tout le monde d’antisémite, et s’en prend exclusivement moralement à Castoriadis (et à ses fans bobos de Lieux communs) pour ses propos de comptoirs pourtant moins bêtes que les zigzags islamophiles et antiracistes bcbg de YC, sur le site des gauchistes décomposés mondialisme.org. Bien qu’ayant dragué Michel Roger et ses aventures romancées des origines du CCI, Coleman n’intéresse plus grand monde avec sa revue éclectique Ni pat ni front de classe qui, à bout de souffle d’apolitisme éthique, compile dernièrement des infos sur les fachos repiquées sur le web, qu’il appelle «confusions» et dont la gentille libertarienne Bataille socialiste sert de marque de lessive. Coleman c’est le castorama du trotskysme décomposé.
(2) Bon je sais cette qualification ne dira rien de bon aux néophytes! Qu’ils se renseignent alors du côté des premiers opposants à Staline, en Russie même, sur le parcours de Bordiga et Pannekoek, sur le travail des fractions avant-guerre Bilan et etc., Internationalisme à la même époque que S ou B, même si ce dernier groupe s’est tiré une balle dans le pied en 1952 en laissant champ libre à un groupe confus comme S ou B avec leader charismatique girouette... Tout cela pour dire que S ou B et Casto n’étaient qu’un groupe de crevards sans avenir du fait qu’ils pillaient le meilleur du passé prolétarien sans s’en réclamer. Brillant mais creux, le Corneille avait un côté pervers narcissique patent, mais subi à l’époque par ses ouailles s’en pouvoir lui tenir la dragée haute. Henri Simon a le mieux décrit le personnage jusqu’à présent. Sur le site de l’ex-fraction du CCI, FGCI, vous devez pouvoir lire un texte d’Internationalisme: «S ou B seul au monde». Considérons que même si tous les héritages sont devenus des sectes, les héritiers de la Gauche communiste n’ont pas renié le combat du prolétariat, quand les bâtards du trotskysme et les diverses assocs universitaires fans de S ou B, et le courant moderniste et communisateur, ont tous remis en cause et le marxisme et l’alternative violente au capitalisme, le communisme.
 (3) Dans les Cahiers du communisme de Conseil du début des années 1970, Robert Camoin insistait sur la tricherie de Corneille Casto et en particulier le fait qu’il n’ait pas publié une des réponses de Pannekoek.
(4) Bordiga s’est moqué tardivement de cette facétie anar de Corneille dans un texte emberlificoté au titre cucul la praline: la Batrachomyomachie - que j’ai reproduit dans mon livre cité, mais que vous pouvez lire sur internet sur le site de Philippe Bourrinet..
(5) Dont Cespède se moquera avec brio dans un article de Révolution Internationale ou de la Rint (Revue Internationale).
(6) Un autre mégalomane fait une brève incursion dans S ou B en 1960, Guy Debord qui dénonce immédiatement «une bouillie psychologique et anthropologique»: «l’expression de la frange la plus gauchiste et la plus fantaisiste de ces managers et cadres moyens de la gauche qui veulent avoir la théorie révolutionnaire de leur carrière effective dans la société» p. 140, cf. Internationale Situationniste n°9, août 1964; j’avais acheté ce numéro en 1967. Au moins Debord était plus lucide que l’arriviste Cohn-Bendit qui a toujours considéré Corneille Casto comme son maître à penser...
(7) C’était attribuer beaucoup trop d’importance au cercle néo-trotskien disparu! Mais le plus drôle est ce Cohn-Bendit qui avait bien oublié ce propos en 1985 à Canal plus lorsque je lui ai rappelé qu’il avait défendu le prolétariat en 68 comme révolutionnaire, il m’avait répondu: «je n’ai jamais dit une bêtise pareille»... mais il était déjà en pleine intégration dans l’univers bourgeois médiatique dominant.