"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

jeudi 30 avril 2009

« CONTROVERSES »

LE PROFIL PHILOSOPHIQUE D’UNE NOUVELLE

REVUE DE PROFESSEURS QUI SE RECLAMENT DE LA GAUCHE COMMUNISTE MARXISTE

Le marxisme est une école, et, en empruntant une expression à Louis Pergaud, on peut dire que c’est là où « l’on ouvre les portes de la vie ». C’est avec cette méthode que le prolétaire va mieux connaître le monde qui va être le sien en gardant toutefois sur celui-ci un regard sans cesse interrogateur. Le marxisme peut donner la compréhension pour combattre dans la société des classes. C’est le rôle du marxisme d’impulser la nécessité du savoir et de l’esprit critique. Et par conséquence, c’est aussi la tâche difficile de tout groupe révolutionnaire réaliste mais s’il comprend que le marxisme ne s’apprend pas à l’école et que le prolétariat se fout des intellectuels es marxisme. Une catégorie dont nous allons parler indubitablement dans cet article.

Il n’y a pas grand monde sur cette planète de la dite Gauche communiste internationaliste, nébuleuse peuplée surtout d’intellectuels has been, agitée par des haines sourdes. Au dos du quatrième de couverture les deux pelés de cette nouvelle revue à prétention trimestrielle donnent une liste d’adresses web de ce qu’ils considèrent être le weborama de la « gauche communiste » :

- un premier pâté liste PCI et sous PCI + une web-bibliothèque ;

- un deuxième pâté liste le CCI et ses bâtards exclus : le CCI accolé à ses cinq poignées de personnes exclues qui ont formées autant de sous-sectes et qui n’ont quasiment plus aucun atome crochu commun excepté la Fraction interne qui parodie, quelle proximité peut-il bien y avoir entre le GCI anarcho-gauchiste, les intellectuels sentimentaux de PI et les communisateurs du réseau ?

- un pâté pour le BIPR seul, groupe néo-léniniste avec moumoute conseilliste,

- un pâté pour « les autres » , qui sont 9, un individu par portail excepté Smolny et Tumulto composés des deux mêmes ;

- un dernier pâté contient quelques ouvrages des trois principaux écrivains de « brochures » de cette gauche communiste : Michel Roger, la main anonyme du CCI, et moi-même sous mes deux identités de Roche et Hempel. (Pourquoi n’a-t-il pas mis l’adresse du Prolétariat Universel ?)

Désolé de commencer par la fin de cette revue, mais c’est pour mieux vous éclairer sur le curieux œcuménisme de « Controverses » et mesurer son profond irréalisme.

Nul doute que cela part d’une bonne intention. Ces camarades veulent à l’évidence briser la glace de ce milieu mal défini, hétéroclite composé de divorcés brouillés à mort, de cocus des espoirs de révolution immédiate et de doux dingues qui se prennent pour le parti mondial de demain. Plutôt que de jouer les grands seigneurs de la théorie qui vont faire accoupler dignement Marx et Darwin pour mieux commémorer l’année anniversaire de ce dernier et tartiner à leur tour sur la crise économique, ces camarades obscurs auraient été mieux avisés :

  1. de nous dire qui ils sont, combien et d’où ils viennent ; cela ne nous satisfait pas de lire qu’ils ont été pour partie militants et sympathisants « des diverses organisations de la gauche communiste » (en Belgique ?),
  2. de faire un état des lieux de ce milieu de la « gauche communiste » car le tableau est autrement plus complexe que la série de « pâtés » produite au dos du quatrième de couv.
  3. Définir le dessein réel de ce projet de « forum » sans s’encombrer des quatre priorités affichées forts redondantes : décaper le marxisme de sa rouille, dégripper la philosophie scientifique du marxisme, redorer la théorie économique et dépoussiérer sur la période de transition, se fader les questionnements petits bourgeois sur l’écologie, etc. Faute de quoi le projet risque de demeurer académique et d’ennuyer les prolétaires qui veulent mener un combat politique.

Dessein honorable de vouloir, en affichant ces priorités philo-politiques, « dépasser la crise politique qui sévit au sein et entre les groupes de la Gauche communiste ». Or sans méthode, sans savoir dans quoi ils s’embarquent, nos obscurs nouveaux refondateurs d’un marxisme oxygéné, immunisé contre la grippe porcine et stalinienne, nous jouent de l’œcuménisme : soyez gentils camarades, débattez entre vous, ou au moins serrez-vous la main ! Les mannes de la Gauche communiste vous en conjurent !

Comme ils sont joyeux et consentants de l’appel aux retrouvailles des débris du CCI rêvé par PI (Perspectives Internationalistes) – dont j’ai déjà souvent stipendié la mollesse politique et les prétentions intellectuelles – car dans une maison en ruines on peut trouver encore une pièce pour s’asseoir à la bonne franquette et disputer de la pluie et du beau temps. Suffit de vouloir s’asseoir !

Michel Roger, l’eocuméniste en chef, après avoir été longtemps un super Vichinsky, passait par là. Il a vu de la lumière dans la maison délabrée et il s’est permis d’entrer. Il s’est mis à taper de ses deux petites mains : « Bravo, bravo, la controverse a toujours du bon et surtout de l’ampleur, il suffit de la pratiquer, même par les moyens les plus malhonnêtes ». Michel a été à bonne école un demi-siècle dans le CCI, société toute de convivialité où règne la devise : pour briller il faut éteindre les autres. On ouvre les vannes de la discussion à toute berzingue puis on les referme brutalement une fois que le parti mondial est sur les rails ou à flots.

Si nous reprenons l’introduction de « Controverses », nous lisons l’encensement habituel du parti bolchevique mais une curieuse apologie d’un Lénine écrivain rétif. Illitch ne se laissa pas emmerder par les contraintes des réunions de parti, car il les séchait pour écrire ses ouvrages contre Bogdanov ou un autre. Certes on conviendra que ce ne fut pas un péché, les réunions d’orgas sont si chiantes en général que Lénine fut mieux inspiré d’aller rédiger certains de ses livres plutôt que de se fader toutes les réunions barbantes. Mais moi je peux dire, en tant qu’atome indépendant, que je me fiche de réunions de groupe et que je ne pose pas au reconstructeur de parti ! Pas « Controverses », ou alors c’est un type seul, ou deux canards laqués ! Fini les militants ? De la merde le fonctionnement organisationnel ? Chaque militant de groupe peut sécher les cours du moment que c’est pour brochurer comme Lénine et ainsi « approfondir » hors des réunions du parti (tiens çà me rappelle les intellectuels de PI quand ils paradaient encore dans le CCI).

D’ailleurs « Controverses » y pouvaient pas plus mal choisir : plein de revues portent ce nom ! Le terme lui-même n’est ni fédérateur ni unifiant, il signifie contestation incessante et polémique sans fin. Nos refondateurs retombent dans l’autre face de l’autisme des sectes qui s’ignorent, pas parce qu’elles comptent des enfants de divorcés des mariages disparus, mais parce qu’elles se situent sur d’autres terrains. Ce qui importe n’est pas que les schizos se mettent à parler aux paranos mais qu’il y ait une langue commune. Or, dans sa majorité ce milieu est constitué d’anciens étudiants devenus profs qui font profession d’approfondir « intellectuellement » dans l’espoir d’avoir une reconnaissance politique du prolétariat pour certains mais, de plus en plus, des gens en général. Les plus sérieux, et qui agissent pour le prolétariat, restent encore les maisons-mère : PCI, CCI, Battaglia. Comment voulez-vous leur demander de « controverser » avec des progénitures bâtardes qu’ils ont renié, et lesquelles justifient ce reniement en s’éloignant toujours plus (pas tous) du sujet prolétarien et en cultivant la haine à petit feu ?

Le ou les auteurs de « Controverses » ne connaissent pas bien l’histoire du mouvement révolutionnaire. Comment peuvent-ils écrire dès la première page que « les conseils ouvriers prennent la direction du pays en octobre 17 » ? Qui va les croire ?

Ils ne connaissent pas bien et il ne suffit pas de connaître. Partant d’une démarche de refondation philosophico-politique, darwinienne et écologique, ils se placent du point de vue de la controverse de Valladolid : il suffit que les gens dudit milieu se rencontrent, pardon « se parlent ». Pourquoi ne pas organiser un stage de psychologie de groupe ? Malgré la maigreur de leurs propos sur leur site balbutiant on peut penser qu’ils s’imaginent que l’emplacement va devenir un extraordinaire « forum » pour marxistes guéris de l’autisme sectaire…

Il ne suffit pas de connaître, il faut aussi comprendre qu’on ne fait pas du marxisme révolutionnaire avec de bons sentiments. Il ne suffit pas d’afficher ses classiques du marxisme et de venir nous enseigner le « matérialisme historique et dialectique », notions assez peu marxistes (Marx n’a jamais parlé de matérialisme dialectique !).

Car non seulement on ne connaît pas, mais on ne comprend pas.

  1. Connaissance : les groupes révolutionnaires du passé (début XXe et années 30) n’ont jamais tenu de colloques communs ni expérimentés un forum internet, cela eût été sans doute intéressant, quoique les débats dans le jeune parti bolchévik aient été suffisamment intéressants et divers pour creuser sans forfanterie d’une ouverture du débat à tout vent. Et de quoi discutèrent-ils ? Surtout de la pratique et des orientations politiques par rapport à des « événements ». Il y eût des débats philosophiques qui ne sont plus nécessaires aujourd’hui, mais dont rêvent encore nombre d’intellectuels enculeurs de mouche.
  2. Compréhension : ce sont les événements qui ont tranché pour les groupes politiques sans qu’il y ait des conférences internationales ploum-ploum comme celles du CCI et de Battaglia, qui avec le recul n’ont servi à rien ; cette idéologie, abandonnée par le CCI fossilisé, infecte encore ses militants désenchantés qui veulent refonder … les mêmes insanités. C’était du bla-bla de comparer avec Zimmerwald et Kienthal qui ne furent pas des conférences de débat gentillet, de comparaison de positions de plateforme, mais qui ont dû trancher par rapport à « l’événement » : la guerre. Ce fut tout autre chose que de discuter si le parti menchevik était pour l’intervention dans les syndicats et la fraction bolchevique contre, ou l’inverse. C’est face à l’attaque de la bourgeoisie que les groupes politiques se positionnent. C’est l’événement qui sélectionne les groupes.

Sur la diversité, sur l’hétérogénéité des divers groupes, sans entrer dans les détails, Rosa prenait l’exemple d’un courant qui emporte des bateaux. Certains peuvent échouer sur la berge, voire se fracasser, d’autres précèdent et parviennent avant les autres au port. C’est une sélection naturelle qui s’opère, comme aurait pu le dire un certain Darwin sans faire d'ombre à Marx. C’est ainsi c’est la vie !

Site web : http://www.leftcommunism.org/

mercredi 29 avril 2009


PPDA :


LA REINSERTION D’UN CUISTRE



Il y a licencié et licencié. Pour l’heure des centaines de licenciements pleuvent comme conséquence de la crise du système des capitalistes régnant. Ces pauvres ouvriers, employés et cadres bénéficieraient d’un « accompagnement social » pour « se recaser ». Pour partie, sans nul doute ce recasement signifie un quelconque emploi de balayeur ou de nounou, pour les autres le désarroi de la solitude au chômage. Et ce n’est qu’un début. Néanmoins, comme cela a été assuré par les bourgeois et leur représentant PPA au cours de l’émission TV sur la chaîne Arte, cela resterait marginal. A preuve les zones de violence ouvrière délimitée en bordure de l’Est de la France du Nord au Sud. Etrange limitation de la carte des conflits du travail en limite des frontières avec le reste de l’Europe, image subliminale au demeurant qui ne pouvait mieux laisser croire à un vague front aux frontières de l’Europe virtuelle exposée à la grippe porcine, délimitant comme par hasard une nation assiégée par la crise…


M. Patrick Poivre d’Arvor, ex premier présentateur de France, avait lui perdu son emploi pour insolence déplacée avec le maître du pays, le blaireau Sarkozy. On pouvait espérer que ce milliardaire du journalisme bcbg aurait ressenti quelque part dans son éjection un peu de cette amertume et de cette colère des gens d’en-bas évoqués ci-dessus. Que nenni ! Les bourgeois se reclassent toujours dans l’élite bourgeoise.


On allait voir ce qu’on allait voir. L’intrépide et inusable journaliste allait se venger de sa mise au placard élyséenne. Pour se refaire une place au soleil médiatique, ce vieil ami de la mafia Bouygues se devait de frapper fort. Hélas le vieux bougre déplumé n’est plus capable que de farces et attrapes.


Le titre de l’émission fût aguicheur : « Crise : bientôt la révolution ? ». Très bon titre. Pourquoi pas ? N’allait-on pas y faire des révélations à faire frémir le pouvoir sarkozien sur une chaîne bilingue plus ou moins indépendante, à cheval sur deux frontières ? PPDA flambant neuf n’allait-il pas enfin donner la parole aux sans-voix, à ces violents licenciés et frappés par les mercenaires d’Etat qui scandalisent le XVIe, les sénateurs et la rédaction du Figaro ?



D’entrée, le cadre est froid comme d’hab avec les débats sur la télé teutonne. PPDA a fait un stage à l’évidence pour être aussi plat et conformiste que les habituels encravatés de ce machin culturel et glacial. Les invités d’honneur ne sont pas du tout des révolutionnaires. Un bonze d’Etat, Chérèque fils est assis près du meneur de jeu recyclé, avec salaire conséquent. Un patron allemand de Continental, vieil actionnaire chenu, expose toute sa morgue. Copé, un plénipotentiaire sarkozien tête à claques toise la salle avec tout son mépris de bourgeois repus. Nathalie Artaud, clone d’Arlette Laguiller, sourit en coin avec sa coupe de cheveux court de tout membre de secte trotskienne. En face, dans les travées du studio aménagé en cage de cirque, on distingue des prolétaires, invités là pour le décorum, choisis pour leur animosité contrôlée.


Le premier flic syndicaliste de France et négociateur patenté de la suppression de la retraite a les honneurs pour enfiler les perles de ses phrases et réaffirmer le creux de ses discours. On perçoit que le patron allemand, malgré la traduction simultanée, n’a rien à dire de consistant. Comme toute émission qui respecte le trafiquage de la réalité sociale, on a droit à des séquences sur le terrain. La première est extraordinaire car elle s’attache d’abord à éviter toute perception internationale de la crise, toute communauté de combat au-delà des frontières. Reportage donc sur une grève… de la faim en Allemagne. Après que PPDA ait assuré que les conditions étaient bien différentes. Il y a des syndicats « forts » en Allemagne, ça négocie tranquillement, pas de violences et même mieux… On a choisi de nous balader près des tentes de travailleurs turcs qui faisaient la grève de la faim contre le trust Volkswagen après qu’une centaine d’entre eux aient été proprement licenciés. Dix jours et puis victoires le trust les a tous recasés. Retour sur le plateau. En écoutant les borborygmes du patron allemand, on pense qu’il est le prototype des patrons français. Il se fiche de tout dialogue et de toute concession, il prend les ouvriers pour de la marchandise et la crise ce n’est pas de sa faute. A cet endroit on se dit que les ouvriers ont raison de séquestrer ces nullards, même si cela n’aboutit à rien, parce qu’on ne peut pas discuter avec ces gens-là. Les bonzes syndicaux adorent parodier la discussion avec la racaille patronale et faire des ronds de jambes, mais nous savons que c’est sur notre dos. Une passe d’armes avec une députée de Die Linke, avorton néos-stalinien, qui fait partie du décor et qui comme LO et le clone de Laguiller n’a que des solutions néo-staliniennes à offrir en partage.


Passe d’armes aussi entre l’idiot Copé et un syndicaliste CGT de Grandange. Qu’il est gentil et beau parleur ce syndicaliste. Il a rôdé tant de fois son bla-bla qu’il n’a pas à en changer une virgule à la télé. C’est bien récité. Il explique calmement le manque de parole du Président, mais jamais ne semble s’en offusquer. Pire, il se laisse humilier par Copé le singe qui exige qu’il le regarde dans les yeux alors que le syndicaliste avait tourné la tête devant la cuistrerie du bourgeois :


- regardez-moi, c’est ça le débat, la démocratie, moi je vous au regardé…



Copé nous rappelle les Badinter, Jospin et Cie qui en parlant mimait les mêmes gestes que le boss Mitterrand. On voit les mêmes mimiques que le boss Sarko, presque les mêmes tics d’épaules. On croirait entendre un discours du blaireau :


- Je compatis… la situation est pénible. Certes certains patrons ne sont pas corrects. Il est facile de critiquer nos partis politiques qui font des efforts… mais nous organisons un accompagnement social et des missions pour la recherche d’emploi.



Une employée intérimaire avec beaucoup d’aménités lui demandera : « quelle reconversion sociale ». Le faux derche arrogant lèvera les yeux au ciel en guise de réponse. Puis, comme le syndicaliste semblait vouloir ramener sa fraise, trop poliment à notre avis, PPDA, l’ex-grand caïd de TF1 se dressa sur ses ergots. Comme tout président de plateau télévisé ou responsable de secte marxiste, il coupa :


- non il ne faut pas qu’il s’établisse un dialogue entre vous deux, une autre personne a demandé la parole…



C’était si insipide cette reconversion du bourgeois PPDA que, dégoûtés à vomir, nous avons éteint le poste à mensonges.



Le prolétariat n’a à perdre que toutes les chaînes de télévision.



BIENTOT LA REVOLUTION AVEC L’EXPLOSION DES RETRAITES



Heureusement hors de l’info intox, la révolution fait son chemin et elle n’est pas loin, et elle n’est pas seulement préparée par la crise systémique. Les bourgeois comme PPDA n’ont pas besoin de retraite. On la dénie désormais à la grande masse des prolétaires et ce sera une des raisons de plus pour la déclencher cette révolution. Qu’on en juge.


Aucune décision n'a été prise sur le décalage de l’heure de la retraite par un gouvernement frileux car le sujet est jugé «politiquement invendable» en ce moment. «Je ne vois pas comment demander aux Français de travailler plus alors qu'ils se battent pour garder leur emploi», avoue une source ministérielle. «On ne s'interdit pas de réfléchir sur la manière de gérer les finances publiques, mais il y a un temps pour combattre la crise et un temps pour en sortir», insiste-t-on à l'Élysée. Hé hé ! Comment peut-on y réfléchir, dit un syndicaliste CGT, au moment où les seniors sont mis à la porte des entreprises et où le gouvernement refuse de taxer celles qui ne font pas d'efforts ?». Monde surréaliste, alors que les syndicats ont laissé passer la retraite au-delà des 65 ans, ils font encore les beaux : «Si la solution passe par un recul de l'âge de départ, ce sera sans nous», avertit Jean-Louis Malys, le «M. Retraites» de la CFDT. «Si la réponse du gouvernement est de remettre en cause le modèle social, on ne l'acceptera pas», abonde Jean-Claude Mailly, le patron de FO. Seule Danièle Karniewicz, présidente CFE-CGC du régime général, a une voix légèrement discordante. «Il faudra bien accepter un jour de jouer sur le niveau des cotisations et l'âge de départ», concède-t-elle. Du côté du patronat, où l'on prône depuis longtemps un recul légal de l'âge de départ à la retraite, seul moyen selon lui de garder les seniors dans les entreprises, l'idée est plutôt bien accueillie. «Il faut aller au bout du sujet, le traiter dans sa globalité - emploi des seniors, pénibilité et retraite - pour trouver des solutions qui n'ont encore jamais été mises sur la table», plaide Laurence Parisot, la présidente du Medef. Pour elle, la question doit être réglée en 2010, une fois pour toutes, de manière à garantir «un système de retraite pour plusieurs générations». Le Medef compte faire des propositions avant cet été. Hic ! Reculer l'âge de la retraite ne suffira pas à équilibrer les comptes. Le porter à 61 ans ne réduirait, selon le Conseil d'orientation des retraites, que de 2 milliards le déficit du régime général en 2050 (et de 5,7 milliards pour un départ à 62 ans), laissant alors une ardoise de près de 40 milliards. Si aucun «rendez-vous retraite» n'est légalement prévu pour 2010 - le prochain est programmé en 2012 -, tous les partenaires sociaux l'appellent de leurs vœux. «Je ne vois pas comment on pourra faire l'économie d'une telle réunion en 2010», avoue-t-on à Matignon. Sarko n’aura-t-il même pas le temps de terminer son mandat, après avoir baisé les pieds de toutes les reines du capitalisme ?