"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 12 février 2011

LA JOIE, LE COUP D’ETAT DE L’ARMEE ET LES FRANGINS DE DIEU

ET COURAGE A NOS FRERES DE CLASSE QUI TENTENT DE GENERALISER LA LUTTE AUJOURD’HUI EN ALGERIE


«Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et chargé le Conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays», déclare hier vendredi soir le caniche de Moubarak, Omar Souleiman, permettant aux manifestants du centre du monde, la place Tahrir, de laisser éclater une joie dont ils avaient été frustrés la veille. Moubarak qui, après un volte-face certainement très calculé avec les suggestions US, s’en est allé dans sa résidence secondaire de Cham el-Cheikh car il veut mourir au pays. À l'instant où le Conseil suprême des forces armées s'est substitué au président, l'Égypte a donc basculé dans un régime d'exception. Les militaires maintenant assument directement le pouvoir et la responsabilité du balayage des rues. Les entrevues avec les dits représentants de l’opposition ont révélé aux militaires que les frangins sont toujours aussi taré, ce dont le monde entier ne doute pas et qu’il n’y a aucun parti crédible chez les libéraux ni avec le free-lance ElBaradei.
On continue à nager en plein délire sur une soit disante fraternisation de l’armée avec le peuple ; laquelle armée aurait refusé de tirer, ce qui est faux puisqu’elle tira aussi au début des événements, puis fut rappelée à l’ordre par les commanditaires et DRH américains pour limiter les dégâts de la police. Cette armée est restée on s’en souvient faussement neutre au début des attaques des flics en civils et des féodaux contre les premières occupations de la place Tahrir, laissant tuer plus de 300 personnes et assistant impassible à la souffrance de milliers de blessés.
La jeunesse révoltée est en train de se faire voler sa révolte par la même vieille camarilla militaire qui soutenait le régime Moubarak. Cette camarilla va jouer bien sûr de la mystification démocratique comme n’importe quelle bourgeoisie occidentale, mettons la France. Soit elle va mettre sur pied un clan d’officiers genre capitaines portugais pour ficeler un parti laïque porteur de valeurs « républicaines » face à de petites formation dites de gauche mais faiblassses, et surtout face au « parti islamiste » des frangins désintégristes de la société moderne. Les frangins néo-fascistes peuvent ainsi être appelés à jouer le rôle de bouc-émissaire façon FN en France. En politique la désignation, même fictive, et exagérée du pire, sert toujours à maintenir les horreurs du temps présent.
Dans ce cadre classique, le Conseil suprême des forces armées s'est lui-même engagé vendredi matin à mener les réformes promises par le régime, dont la tenue d'élections «libres et transparentes». Rien ne garantit pourtant qu'el-geish («l'armée»), qui a fourni tous ses présidents au pays depuis le renversement de la monarchie par les «officiers libres» en 1952, acceptera de rendre aussi facilement le pouvoir aux civils. Surtout parce que ceux-ci ont été les premiers à lui demander de s'en emparer. Tragique ironie, alors que s’il s’était agi vraiment d’une révolution, et non d’un simple soulèvement populaire parasité secondairement par les musulmaniaques capitalistes, le prolétariat égyptien aurait pu nommer ses propres « Conseils » pas ouvriers qui fait démodés mais disons « prolétaires » qui caractérise assez bien l’ensemble de la population majoritairement salariée et au chômage.
La rupture avec le régime sortant n'est donc pas totalement consommée, le Conseil suprême des forces armées étant jusqu'à nouvel ordre présidé par le ministre de la Défense, le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, un autre caniche de Moubarak, qui a salué la foule réunie vendredi soir devant le palais présidentiel. Un autre mensonge sur le soit disant changement pour masquer la fébrile continuation de l’ordre bourgeoise est évidemment cette histoire de poursuive en justice le dictateur retraité de force. Les masses, emplies de bonheur et de feu d’artifices le vendredi soir, vont être réduites à nouveau à l’état de spectatrices des enquêtes longue durée à la recherche des fortunes de Moubarak et Ben Ali.
Les militaires sont restés évasifs, concernant la plus important, la façon dont ils vont gérer les affaires publiques. Dans son premier communiqué (numéroté comme un avis des brigades rouges) diffusé jeudi en fin d'après-midi, l'instance suprême de l'armée a annoncé sa décision de «rester réunie en session permanente pour (…) protéger la nation, les acquis et les ambitions du grand peuple d'Égypte». Le vice-président Omar Souleiman et le premier ministre Ahmed Chafiq n'ont «aucune autorité sur le Conseil suprême des forces armées», a précisé un officier supérieur auprès du journal progouvernemental Al-Ahram.
L'Égypte se démarquerait ainsi de la Tunisie, qui n'est pas sortie du cadre constitutionnel après la chute de Ben Ali et qui a toutes les difficultés aujourd'hui à «se débarrasser du premier ministre Mohammed Ghannouchi». Au Caire, l'urgence est au contraire de recomposer un échiquier politique gangrené par trente dans d'immobilisme. Le secrétaire général du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, Hossam Badraoui, un réformateur nommé quelques jours plus tôt, l'a d'ailleurs bien compris en annonçant sa démission hier soir. Le parlement n’est comme en France qu’une assemblée de putes avocats et larbins du régime qui devrait être dissous immédiatement pour sa capacité à frauder systématiquement.
Quel que soit le futur gouvernement, il sera confronté à d'importants défis sociaux et économiques dans un pays sclérosé par 30 années d'un pouvoir autoritaire et corrompu. La presse et le web bourgeois se gardent bien de nous informer des grèves qui continuent en Egypte et en Algérie.
Le chef du « conseil » militaire était le 3ème caniche de Moubarak de l'ancien régime, ce ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui vieux cacique de 75 ans risque d’être contesté au sein de la camarilla militaire. Tout reste à faire pour la bourgeoisie égyptienne. Pour les manifestants hétérogènes, ils se doutent eux aussi, avec la gueule de bois de ce samedi, que la chute de Moubarak ne marque pas le début du processus de transition. Tout reste opaque, sauf une certitude, l’armée doit tenter de rétablir l’ordre bafoué pacifiquement et courageusement par les masses de prolétaires et de jeunes.
Il faut dire ici notre mépris total pour la lâcheté de nos gouvernants complices des dictatures arabes et israëlienne. Jeudi, à l’annonce du maintien de Moubarak au pouvoir, Sarko en direct se contente de dire « c’était inéluctable » avec un bla-bla tout ce qu’il y a de plus puant concernant le trucage financier et élitaire du parlementarisme français donné en exemple. Le lendemain, le VRP de l’armement français et de ses trusts pétroliers salue le « courage » de Moubarak.Lâche et complice jusqu'au bout! Notez bien qu'aucun média n'a mis en évidence cette lâcheté de Sarkozy... nouvelle preuve de la servilité et pluralité suiviste des médias!
Toute la bourgeoisie du nord au sud est liguée pour calmer la colère de nos frères de classe arabe, et nous, nous restons encore divisés et isolés ! Elle est pas belle la vie ?

PS: la manif à Alger a fait plof et c'est bien vu que ce n'étaient que les partis bourgeois oppositionnels qui voulaient phagocyter la protestation sociale contre le régime.

mercredi 9 février 2011

TEMPETE AU MAGHREB ET AU MOYEN ORIENT

Tract de Controverses

NOTA BENE: La situation est extrêmement tendue aujourd'hui mercredi 9 février. La police et l'armée égyptienne ont tué en plusieurs endroits du pays, des vidéos témoignent de ces nouveaux crimes (un jeune homme seul dans une ruelle tué froidement par balle par un flic et un camion qui écrase des manifestants dans une ville de province) Plusieurs commissariats et édifices publics ont été détruit en représailles. On ne peut que partager l'angoisse du rédacteur du blog "cris d'Egypte" accessible par Libé.A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.

Nos braves syndicats ont appelé hier à aller manifester partout devant les ambassades d'Egypte, mais cet appel un mois après le début du soulèvement populaire est passé dans un entrefilet si mince et si peu visible que seuls les historiens véreux de l'avenir extrairont cet entrefilet pour faire croire à une mobilisation immédiate des aristos syndicaux, malheureusement pas suivis...
Je réitère, vu la situation dangereuse, le risque d'une répression plus inouïe, la nécessité de descendre dans la rue ici partout sur les places publiques, pas devant des ambassades de merde, mais pour faire pression contre notre gouvernement complice non pas parce qu'il y a peu nos ministres allaient passer de somptueuses vacances auprès des tueurs actuels mais parce que comme me le souffle un commentateur anonyme du message précédent: LES DICTATEURS NE DICTENT PAS MAIS OBEISSENT à leurs commanditaires occidentaux. Ce qui veut dire qu'il faut laisser le côté la fable d'une dictature qui s'accrocherait au pouvoir (sans porte de sortie... alors que l'Allemagne est prête à héberger Moubarak) mais que nous tiendrons pour DIRECTEMENT RESPONSABLE D'UN EVENTUEL CARNAGE NOTRE ETAT BOURGEOIS!

SOLIDARITE AVEC NOS FRERES DE CLASSE EGYPTIENS!
TENONS NOUS PRET A RIPOSTER AUX FUSILLADES DES MERCENAIRES D'ETAT - d'un Etat dont le nôtre est complice (il lui a fourni des armes jusqu'à vendredi dernier) CONTRE UNE POPULATION SANS ARMES!




Que se passe-t-il en Afrique du Nord et au Moyen Orient ? L’onde de choc qui a pris naissance en Tuni­sie (déc.2010) et semble s’étendre à l’ensemble de cette région, a son épicentre actuellement en Égypte (février 2011). Qu’est-ce que ces pays ont en commun pour qu’un mouvement populaire chez l’un d’eux pro­duise des protestations et révoltes semblables chez les autres ?

Ils présentent d’abord une caractéristique identique : que ce soit des monarchies ou des républiques, tous sont des régimes autoritaires ou dictatoriaux, corrom­pus, où règnent le népotisme et le clanisme. Malgré cela, ils ne sont pas isolés du reste du monde et en su­bissent les influences dominantes. La généralisation du mode de production capitaliste ainsi que de ses rapports sociaux joue en faveur de la dissolution des liens archaïques dans lesquels ces régimes ont jusqu’à aujourd’hui puisé leur raison d’être. Il s’agit aussi de tenir compte du rôle joué par les grandes puissances dans la permanence de ces dictatures, ainsi que dans les tensions qui gèrent leur existence politico-écono­mique.
La crise économique et les mutations sociologiques :

Les populations de ces pays vivent des mutations culturelles et sociologique. Ce sont autant de facteurs nouveaux dans les causes qui mettent en mouvement les masses populaires s’opposant aux modes de fonc­tionnement sociaux et politiques en vigueur. Ces mu­tations touchent en premier lieu la jeunesse qui a pro­fité d’une instruction ayant atteint un niveau presque comparable à celui des pays occidentaux, facteur im­portant d’une ouverture au monde, à ses réalités (cf. le rôle d’internet dans les manifestations) mais aussi à ses mirages. La plupart de ces pays, à part les monar­chies pétrolières, n’ont d’autres alternatives que d’es­sayer de gagner une place « d’atelier » des pays riches dans la concurrence économique. Cela qui leur a per­mis, alors que l’Europe et les États-Unis entraient en récession, de maintenir. Un certain niveau de dévelop­pement (4,5% pour la Tunisie). Mais cela est insuffi­sant pour assurer l’intégration souhaitable sur le mar­ché du travail de ces milliers de diplômés tunisiens et autres. Pire, la plupart d’entre eux n’ont d’autre choix que l’exil ou la vente à la sauvette, elle aussi soumise au bakchich du policier. De plus, une des consé­quences de la crise, le renchérissement des denrées de subsistances est un facteur récurrent et aggravant pour les révoltes des populations en colère. Les mutations sociales sont aussi de nouveaux facteurs de contradic­tions. Les populations de ces pays sont de plus en plus urbanisées, et de fait les rapports traditionnels tendent à se dissoudre au profit d’une prolétarisation marquée par l’extension de bidonvilles. L’essentiel de la classe laborieuse y vit de petits métiers de subsistance, petits commerces, petits artisanats, etc., ouvriers de petites entreprises, d’ « ateliers » d’investisseurs étrangers, ainsi que du travail intermittent dû au tourisme. Ces conditions sont données par la structure économique et sociale de ces pays.

Malgré la présence d’oppositions de type islamiste qui rêvent, dans ces pays, de substituer des dictatures théocratiques aux républiques monarchiques, une grande part de la population et de la jeunesse ont d’autres aspirations qui se sont exprimées dans les mouvements et révoltes ces derniers mois. C’est évi­demment la nature sociale de la contestation qui déter­mine les expressions de ce à quoi aspirent les masses en mouvement. Ce prolétariat des pays dits émergents ne peut donc s’élever qu’à des revendications qui ne peuvent être qu’en opposition directes avec leur per­ception du tort qui leur est fait. Il veut : moins de cor­ruption, une justice équitable, moins de clientélisme, du travail, bref l’établissement des valeurs modernes qui assurent la liberté de l’individu dans un contexte de marché.

C’est aussi par l’usure au pouvoir des ces dictatures, pour la plupart trentenaires, outre les facteurs précé­dents, qu’il faut comprendre la simultanéité des mou­vement de protestation. Il ne faut pas chercher dans ce processus élémentaire de révolte des ferments révolu­tionnaires, anticapitalistes, processus sur lequel la classe ouvrière de ces pays s’élancerait pour avancer ses revendications anticapitalistes. De plus, on ne peut pas comparer ces pays avec les européens, tant du point de vue du prolétariat que de leur place dans l’économie mondiale, ni du point de vue de leur im­portance dans les relations sociales et politiques des grandes puissances. Il faut retenir que le prolétariat occidental subit les effets de la crise, sans réagir outre mesure à la lente dégradation des conditions de vie d’une partie de la population, ni aux mesures d’austé­rité qui commencent à s’appliquer en Europe. Les ex­plosions de colère en Grèce ou les huit semaines contre la réforme des retraites en France n’ont pas dé­bouché sur des perspectives claires du point de vue de la lutte des classes, même si une certaine critique des syndicats s’est manifestée à travers la tenue d’Assem­blées Générales Interprofessionnelles.

Les mouvements de protestations en Tunisie et en Égypte avec leurs moyens mis en œuvre, c’est-à-dire la manifestation d’abord massive et pacifique, à part quelques moments de colère face à la provocation, puis l’attaque et la mise à feu des symboles politiques des régimes, les sièges des partis au pouvoir, té­moignent de la détermination et du puissant rejet des profiteurs étatiques. La formation de comités de vigi­lance en vue de protéger certains quartiers des incur­sions de pilleurs (Égypte autant que Tunisie) sont des manifestations de protection émanant d’un mouve­ment populaire, une forme de solidarité sociale, de re­fus d’un désordre destructeur. Ces comités ont été des réponses immédiates, pas davantage, contre les cas­seurs de Ben Ali ou ceux de Moubarak visant à susci­ter le désordre et justifier la répression des dictateurs corrompus. Cependant, ces comités, contrairement aux illusions des gauchistes n’ont rien à voir avec des embryons de Conseils Ouvriers. En l’absence de lutte de classe, d’autres expressions de solidarité et de cla­rification par rapport aux manifestations de jeunes et de chômeurs ne se sont pas formées, ni donc expri­mées..
Les puissances impérialistes et les pays de la région

Compte tenu des rapports entre les grandes puissances et les pays d’Afrique du Nord comme du Moyen-O­rient (par exemple leurs accords économiques, poli­tiques et stratégiques), les bouleversements qui peuvent survenir dans cette région inquiètent l’Europe et les États-Unis. L’Europe a des intérêts importants au Maghreb où elle se fournit en énergie. De plus, elle veut stopper ou du moins contrôler l’afflux d’immi­grants du Maghreb et surtout d’Afrique noire dont les principales voies d’accès passent par le Maroc (détroit de Gibraltar) et les côtes tunisiennes vers l’Italie. Des accords douaniers et policiers sont en vigueur avec ces pays qui semblent les respecter, d’où l’entassement et les mauvais traitements que subissent ces immigrants dans les camps de filtration que recèlent le Maroc et la Tunisie. Ces autres zones de non-droit ne sont pas l’objet d’un quelconque intérêt d’où qu’il vienne. Les USA ,de leur côté, ont étendu leur influence géopoli­tique sur l’ensemble du Maghreb comme auparavant au Moyen-Orient, pendant que la France gardait ses intérêts économiques, cependant notablement écornés avec l’affaire tunisienne, dans ses anciennes colonies. Mais la contagion tunisienne qui touche l’Égypte, risque d’ébranler cette véritable place stratégique du dispositif américain qu’est le Moyen-Orient (canal de Suez, relations Israël…). Obama se montre plus cir­conspect avec Moubarak qu’il ne l’a été envers Ben Ali. Il hésite sur la solution dite « démocratique » à mettre en place tout en se déclarant favorable aux manifestations pacifiques et à la liberté d’internet.
Où va-t-on

A qui vont profiter ces mouvements populaires ? A part ceux qui aspirent à la chute de toutes les dicta­tures, c’est-à-dire leurs propres victimes, il est remar­quable de constater que ces mouvements se sont dé­ployés en Tunisie et en Égypte, sans leader ni partis politiques à leur tête. Il s’est même exprimé en leur sein le refus de voir quiconque s’en faire le porte pa­role ou le représentant. Il faut approfondir cet aspect afin d’avoir une appréciation plus proche de la réalité pour appréhender la nature de ces évènements qui semblent ne correspondre à aucun schéma préétabli. Les aspirations de ces populations en révolte ne sont certes pas anticapitalistes, et il est improbable que le futur y apporte une quelconque satisfaction, La seule perspective serait que la lutte des classes dans les pays développés fasse la jonction avec la lutte des classes dans les pays émergents (ou l’inverse) lorsque la crise globale du capitalisme fera sentir toutes ses consé­quences destructrices sur l’ensemble de la planète.

4 février 2011, Controverses

Publié par Controverses
Forum pour la Gauche communiste internationaliste
http://www.leftcommunism.org
leftcom@googlegroups.com

dimanche 6 février 2011

TUNISIE: UNE REVOLUTION POUR LES ASSASSINS?

Le jasmin est une fleur empoisonnée en Tunisie en ce moment. La bourgeoisie occidentale et ses bobos gauchistes n'ont pas cessé de nous bêler, en nous coupant la parole, qu'il fallait se féliciter de la "révolution pacifique" tunisienne. Envers du décor: après tous les chants de sirènes des divers démocrates gauchistes nationaux et gauchistes arabes, avec drapeau au cul, la police continue à tuer dans les commissariats. Voilà ce qui attend les prolétaires qui se laissent bercer par les chants démocratiques bourgeois "nationaux", toujours plus de misère et de mitraille comme disait vous savez qui. Meilleure preuve hélas qu'il ne s'agit aucunement d'une révolution mais d'un jeu de chaises musicales dans l'appareil de domination de la bourgeoisie qui s'assoit avec le soutien de l'occident bourgeois sur un soulèvement de la misère. Preuve aussi que rien ne peut être changé sans une dissolution préliminaire des forces de police criminelles avec armement automatique du prolétariat, seule force honnête et auto-contrôlée pour empêcher le chaos, c'est à dire la continuité pour les massacreurs aux ordres de la bourgeoisie.
Et de la Tunisie à l'Egypte et ailleurs, c'est à dire même en Occident où les "frangins" de l'Etat - les syndicats - ces équivalents aux frères islamo-nationalistes, sont ultra silencieux par les temps qui courent. Mais cela pourrait-il étonner mes chers lecteurs internationalistes ici?

(Extrait du Figaro ce dimanche)

Quatre personnes ont été tuées samedi dans des affrontements entre des manifestants et des policiers dans la ville de Kef, dans le nord-ouest de la Tunisie, a-t-on appris de source syndicale et d'un habitant de Kef joints par téléphone.

Un précédent bilan, communiqué à l'AFP en début de soirée par une source syndicale et une source au ministère de l'Intérieur, faisait état de deux morts de trois blessés graves.

Deux des blessés graves, touchés par balles, ont succombé à leurs blessures, ont précisé à l'AFP selon ces sources.

D'après l'agence gouvernementale TAP, les manifestants voulaient le limogeage du chef de la police de la ville du Kef pour "abus de pouvoir dans l'exercice de ses fonctions".

Selon des sources syndicales jointes par l'AFP à Kef, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Kef pour réclamer le départ du commissaire Khaled Ghazouani.

La manifestation a dégénéré en affrontements lorsque ce dernier a giflé une manifestante, provoquant la colère de la foule qui a tenté de s'introduire dans le poste de police avant d'y mettre le feu.

La police a répliqué en tirant et deux manifestants, âgés de 19 ans et 49 ans, ont été tués sur le champ, selon ces sources. Trois autres manifestants avaient été grièvement blessés avant que deux d'entre-eux ne meurent.

Samedi soir, le calme était revenu à Kef et le chef de la police locale, Khaled Ghazouni, a été "placé en état d'arrestation", selon une source syndicale.
La veille, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté devant un poste de police de Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne dans le centre du pays, après la mort de deux personnes qui y étaient détenues.

Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a confirmé leur mort, affirmant qu'il s'agissait d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime du président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier.