"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 8 octobre 2010

COMMENT JOURNALISTES ET GAUCHISTES PROTEGENT LES APPAREILS SYNDICAUX



- « LES PROPOSITIONS DE L’ELYSEE DIVISENT LES SYNDICATS » (le figaro de vendredi)
-« LES SYNDICATS ENTRE RADICALISATION ET EXASPERATION », titre du Monde.
-« LA RADICALISATION DU MOUVEMENT VIENT DE LA BASE » titre de 20 MINUTES;

Le Figaro analyse : « Nicolas Sarkozy a-t-il réussi à semer la zizanie au sein de l'intersyndicale en dévoilant jeudi deux amendements majeurs à sa réforme des retraites ? Oui, peut-on répondre en première analyse, si l'on s'en tient aux réactions relativement contrastées des principales centrales. D'un côté, il y a les «durs» gauchistes (Solidaires, CGT…), sans surprise insatisfaits. «Ce ne sont pas des amendements de nature à modifier la critique fondamentale sur le caractère injuste et inefficace de la réforme», a jugé Bernard Titi de la cégéti. « Le leader cégétiste accuse le gouvernement d'adopter une «posture de dédain qui est en train de provoquer davantage de colère et de détermination» et appelle toujours les salariés à se mobiliser mardi. «Cela montre que des marges de manœuvres sont encore possibles et que la mobilisation est capable de faire bouger un certain nombre de lignes sur un texte qu'on nous présentait comme parfait», a-t-il poursuivi toujours avec son célèbre langage abstraite. De l'autre, la bande à Grosminet Chérèque de la CFDT qui, sans crier victoire et renoncer à la mobilisation de mardi, saluent les avancées consenties. Les amendements ridicules du roi Sarko One : «C'est un pas en avant qui contribue à réduire les inégalités de la réforme», juge la CFDT qui trouve même «pertinente» la ponction supplémentaire sur les revenus du capital pour financer la mesure destinée aux mères de trois enfants et plus. «On ne peut pas soulever des injustices et critiquer le gouvernement quand il y répond, même imparfaitement», lèche Jean-Louis Malys, le « M. Retraite» de la CFDT. Pour les machins de cadres CFTC et Unsa, superlèches-bottes le gouvernement a fait un effort indéniable. 20 minutes fait part ensuite de l’aide fraternelle du roi Sarko à ses vassaux syndicaux : « Nicolas Sarkozy a aussi voulu aider les principaux leaders syndicaux à éviter que le conflit dérape. «Il fait tout pour encourager Titi et Grosminet à tenir bon face à leurs bases de plus en plus revendicatives , explique Bernard Vivier », lequel veut nous faire croire que les deux clowns auraient perdu le contrôle de la base. Pour cet expert, les annonces de jeudi permettent donc surtout aux patrons de la CGT et de la CFDT «de dire qu'ils ont obtenu des avancées grâce à la mobilisation de leurs militants». Les plumitifs de 20 minutes vont dans le sens de Monsieur Dautanqueue du Monde (cf. post précédent hier) et veulent faire croire qu’il y aurait des risques (sous-entendu de « débordements ») mais que les broquilles de Sarko peuvent être prises en compte comme autre chose qu’un foutage de gueule gouvernemental: « Un pari risqué puisque les amendements présentés peuvent «certes faire baisser la pression auprès de certains salariés qui vont réfléchir à deux fois avant de faire grève plusieurs jours, mais aussi les encourager à taper encore plus fort», selon un autre spécialiste en relations sociales, contacté par ce journal gouvernemental.
20 MINUTES nous sert ensuite « la radicalisation du mouvement (qui) vient de la base »
«Dernière cartouche» ou «continuité dans le mouvement»? La prochaine mobilisation contre la réforme des retraites prévue mardi, avec grève reconductible et illimitée au programme, n’est pas perçue de la même manière par tous les syndicats et selon les niveaux de responsabilité. Si pour l’heure, les leaders syndicaux ne se sont pas trop avancés sur une radicalisation du mouvement, les différentes fédérations sectorielles, cheminots en tête, ont décidé de prendre les devants.
«C’est la base qui nous demande de faire une grève reconductible», a affirmé sur France Info ce jeudi le cheminot Bruno Duchemin, de la FGAAC-CFDT, qui estime que les syndicats de la SNCF sont «dans l’obligation de durcir» le mouvement. Et c’est bien la base qui en détient le succès, selon les fédérations. «C'est la dernière cartouche, sinon il faudra plier les gaules», estime Philippe Touzet, délégué central Sud-RATP, contacté par 20minutes.fr. «On va quand même essayer, mais ça va dépendre de comment ça embraye ailleurs [dans les autres secteurs]», ajoute-t-il, estimant que la RATP et la SNCF sont les porte-étendards du mouvement.

NOTEZ BIEN : dans les porte-étendards présumés des transports (dernière catégorie ouvrière capable de bloquer la France entière mieux qu'une grève générale) les mecs de la RATP en ont marre de faire grève cycliquement pour les "désidératés" des généraux syndicaux et, de toute manière, comme nous l’a expliqué hier Monsieur Dautanqueue, à la RATP ils sont tenus à la loi sarkozienne d’obligation de service minimum… A la SNCF une partie des cheminots a fait grève pour rien 15 jours en avril, et ils n’ont pas envie eux aussi de récidiver pour le beau Serge ou le beau Titi, ou l’excité de base. DONC les secteurs (encore épargnés par la suppression de la retraite) RATP et SNCF ne sont les porte-étendards de rien du tout, et (classiquement) archi-ficelés par leurs mafias syndicales. Deuxièmement, notez-bien, s’il n’y a pas de véritable grève d’un secteur central, les manifestants pourront bien défiler avec les lycéens et les collectionneurs de timbres syndicaux, tout le monde pourra aller se coucher devant « l’opinion publique », c'est-à-dire le gouvernement bourgeois.

LE TOURBILLON DES AVIS DIVERGENTS ET MULTIPLES : UNE DIVERSION POUR PROTEGER LA BASE DES APPAREILS SYNDICAUX

20 MINUTES continue à féliciter le CGT de haut en bas et de bas en haut, dont un bonze qui lâche que les préavis de 24 h c’est de toute façon du pipeau sans réelle dynamique au bout d’un an de défilés inutiles. Tout en haut de l’échelle cégété, le discours est beaucoup plus mesuré, on laisse la pagaille assurer un bon sommeil aux ministres du gouvernement : «La CGT n’appelle pas à la grève reconductible (comme à la CFDT). Mais nous, on l’a toujours dit: ce sont les salariés qui décideront de ce qu’ils feront(ah ah!). Si certains veulent reconduire, ils reconduiront», indique le bonze Eric Aubin à 20minutes.fr. A la CFDT, le cynisme est encore plus manifeste, les bonzes « savent » ce que pensent le travailleurs baladés (qui sont ‘en crise ») : «On n’a aucun appel en faveur d’une grève illimitée. Et c’est loin d’être la majorité pour une grève reconductible. Ils sont en situation de crise, ils ne peuvent pas se le permettre financièrement», explique Jean-Louis Malys, secrétaire national du syndicat, à 20minutes.fr.
Malys malin rassure le gouvernement avec un langage à la Titi Bernard qui fait « bouger les lignes » et la « largeur » : «La force du mouvement, c’est sa largeur. S’il y a radicalisation, il y a un risque que l’opinion se retourne». La radicalisation n’est donc pas un enjeu mais un « jeu » complémentaire souhaité par les généraux syndicaux, dans la mesure où elle favorisera le « retournement de l’opinion » (les travailleurs bloqués dans les transports et excédés si ça dure contre les excités gauchistes « reconducteurs » à la bêtise illimitée…). Dans la mesure surtout où elle accréditera la théorie gauchiste, trotskienne et anarchiste, que les « directions trahissent » la base et "ont encore trahi" et "faudra les empêcher la prochaine fois de nous trahir". Ainsi seront sauvegardés les appareils en entier sous le soleil de la défaite, si longue à être reconnue. Et on se perdra à nouveau dans la focalisation sur ce « salaud » de Sarko et on déblatèrera sur la crise du syndicalisme… qui aura été vaincu du fait de son très faible nombre de cotisants…

5 commentaires:

  1. tu sais ce qu'ils te disent, les gauchistes ?

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  2. et moi donc! Un jour le grand nombre saura enfin tout ce dont le gauchisme a été responsable dans la conservation sociale. Le gauchisme aura été au XXe siècle une des pires idéologies réactionnaires propagées par les enfants de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, au sens propre et au sens figuré.

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  3. Faut-il attendre la décomposition des appareils syndicaux pour qu'il se passe quelque chose de significatif. Faut-il se passer de participer aux manifestations afin de conforter notre président dans l'acceptation des "réformes" par le bon peuple. Faut-il conforter l'élite syndicale dans leur rôle de modérateur, c'est à dire d'allié objectif du gouvernement.

    Le nombre de questions ne manquent aux travailleurs. Mais à titre personnel je marcherai dans le cortège traîne savate.

    On verra bien la suite, même si elle semble écrite d'avance, mais rien n'est écrit d'avance…

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  4. Je suis d'accord avec votre souci, et j'ai moi-même envie de marcher avec tout le peuple travailleur pour dénoncer cette honteuse attaque gouvernementale. Mais je ne marche toujours pas dans les processions syndicales parce que:
    - elles ne permettent aucune discussion et sont solidement encadrées vers la sortie
    - aucun fanion syndical pourri ne mérite qu'on se place derrière lui.

    Si vous "marchez" dans les processions et pensez ne pas être un allié objectif (?) du gouvernement, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil (les manifs sont programmées AVEC le gouvernement), et, pire, vous supposez un "débordement" qui ne peut être , à l'heure actuelle, que le baston imbécile.
    La vraie question qui reste posée, et qui ne s'évacue pas en disant je fonce quand même derrière tout ce qui bouge reste et restera "quelle alternative?"
    Le système est en crise très grave, Sarkozy aurait pu se passer de cette attaque (et se barrer tranquilos dans 2 ans) s'il la mène ce n'est pas par sadisme mais parce qu'il a été élu par la bourgeoisie pour sauver les meubles. Je vous concède que toute l'armada gouvernement+syndicats complices n'ont jamais eu autant de mal à calmer la haine sourde des millions de prolétaires abattus mais trop faibles pour l'heure pour réellement répliquer, vu l'ampleur de la tâche.
    Puisque rien n'est pssoible dans la rue ni dans des grèves ficelées par la hiérarchie syndicale de bas en haut et de SUD à CGT, rien ne nous empêche de créer des cercles de réflexions, des comités de lutte ou ce que vous voudrez, mais alors il faudra concenir d'abord que, sans un minimum d'organisation, sans parti conséquent et programme révolutionnaire simple et clair, toute action volontariste serait forcément prématurée, suicidaire et alliée objective des fossoyeurs actuels de la haine contre une exploitation sans fin.
    Que faire? dites-vous donc, je vous ai répondu mais je ne vous méprise pas de marcher dans les rues ni tous ces milliers qui marquent quand même le coup, mais en ordre dispersé et avec 37 régimes de retraite différents...

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  5. Tout le problème du syndicalisme réside dans son conservatisme intrasèque du moment. Le problème n'est pas tant pour moi la question des retraites, mais celui de la vie en général, c'est à dire à l'esclavagisme salarié.

    La question de l'esclavagisme salarié ne semble pas à l'ordre du jour dans les grandes centrales syndicales, on assiste au contraire à un renouveau des luttes corporatistes induites par les syndicats.

    Il me semble que l'abolition du salariat pourrait être un programme encore viable de nos jours. Je vous concède qu'il contient des relents d'utopie. Mais il me semble que c'est le nœud du problème d'où découle toutes les luttes parcellaires.

    J'ai bien conscience que c'est un terrain maintes fois labouré mais qui reste en jachère actuellement. C'est d'ailleurs à l'absence ou la présence d'un tel programme que l'on peut reconnaître de le degré de compromission des syndicats.

    J'avoue que c'est un peu lapidaire, et je n'ai pas la prétention de proposer un programme complet en dix lignes. D'autant plus qu'il faut se mettre d'accord sur des fondements d'ordre philosophiques et s'appuyer sur une théorie qui ne soit pas réfutable dans les dix minutes qui suivent.

    Après vient l'inévitable question de l'association. Or nous savons que les partis et les individus porteurs de projets « révolutionnaires » sont atomisés et qu'ils tiennent jalousement à leur petit particularisme, c'est leur droit, mais cela constitue ainsi un frein à l'action.

    Il me semble que vous connaissez la question mieux que moi. Je vous pris de bien vouloir m'excuser de traiter ces sujets un peu vite… car il y aurait quantité de choses à développer.

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