"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 16 mars 2022

CRISE DE LA GUERRE TRADITIONNELLE (épisode 9)

 


Guerre irrationnelle ?

(suivi de l'attrition de l'armée russe)

« Fuite aberrante dans la barbarie guerrière », juste image du CCI. En voyant toute cette accumulation de destructions de bâtiments civils et un nombre de morts civiles et militaires invérifiables du fait de l'opacité, inhérente en temps de guerre, des deux camps, il se pose beaucoup de questions sur lesquelles on ne peut répondre. Malgré les affirmations hystériques occidentales, l'Etat russe n'avait pas l'intention de tuer massivement les civils. Les chiffres les plus sérieux indiquent que la tuerie serait de l'ordre de quelques centaines, ce qui est déjà certes horrifiant et se retourne contre Poutine et sa clique militaire, mais qui ne signifie pas un génocide puisque Poutine et sa clique se félicitent de permettre des couloirs de « civils en fuite » probablement d'un pays « nazifié »1. Par ailleurs il y a chaque jour beaucoup plus de morts dus au covid !

Les deux causes de ce « dérapage » sont d'une part le fait que la guerre éclair a été impossible et d'autre part que le matériel militaire russe est en partie obsolète et fait des ravages « collatéraux ». Il devient stupide de personnaliser l'agression impérialiste russe sur le seul dictateur Poutine ; un dictateur reste toujours un délégué de la bourgeoise, et, en temps de guerre, il est entouré d'une clique de généraux tout aussi intéressés à préserver l'ordre et leur prébendes.

Si certains intellectuels, comme Marcel Gauchet, reprennent la notion de décomposition (bien après le CCI...), personne dans l'appareil propagandiste de la médiacratie occidentale ne réfléchit à la possibilité d'une perte de contrôle du gouvernement russe, tout en expliquant qu'il s'est mis dans la merde2. Cette notion de « perte de contrôle » est toutefois à relativiser. Comme j'en ai déjà fait état, le système se maintient aussi en « organisant » le chaos ou en le limitant, par exemple par la désimplication lâche de la diplomatie américaine, qui n'a paq envie non plus d'une troisième guerre mondiale :

« Julianne Smith, ambassadrice des États-Unis auprès de l’Otan, lors d’un briefing avec la presse. Elle n’a pas souhaité s’étendre sur les conséquences hypothétiques de tel ou tel «scénario», comme une incursion dans l’espace aérien d’un pays allié. «Notre intérêt n’est pas l’escalade», a-t-elle insisté ». La plupart des dirigeant des grandes puissances ne sont pas fous, même s'il faut en surveiller des un peu toqués ; une anecdote, durant le mandat Trump, un haut responsable chinois avait appelé le général en chef de l'armée américaine lui demandant si Trump n'allait pas causer un drame, le général lui répondit : « ne craigniez rien, on est là ». Seule une poignée d'intellos et artistes tarés sont va-t-en guerre généralisée.

Au départ pourtant le projet d'invasion militaire a été plus rationnel et plus calibré que ne l'affirment divers commentateurs qui n'ont cessé de clamer que Poutine était en échec. Le choix d'envahir en plein hiver, parmi les hypothèses des généraux russes, pas plus idiots que les occidentaux, supposait que, en cas de sanctions, le chantage à la livraison du blé, aurait une action complémentaire et terrorisante pour l'ordre occidental, sans souci des répercussions pour les pays du Sud... Même si en été il n'y a pas de boue pour freiner les chars.

Toutes les guerres qui vont se développer en ce début de siècle, seront dépendantes de la césure inaugurée par cette invasion de l'Ukraine : imprévisibilité, piétinement, acharnement, et surtout transparence des saloperies mutuelles des « criminels de guerre » des belligérants de tout bord ; ce qui est extrêmement négatif pour le militarisme quelles que soient ses prétextes, nationaux, démocratiques, territoriaux, etc. L'énorme fluidité des réseaux sociaux est catastrophique pour les cliques militaires qui passent plus de temps à chercher comme rendre à nouveau opaques leurs guerres de brigandage, et surtout sachant que les généraux, eux, savent le danger de la classe ouvrière.

La guerre comme projet avec des buts impérialistes précis est rationnelle, mais en durant et en se développant, et maintenant directement dans les pays centraux du vieux capitalisme, elle devient irrationnelle ; comme on pouvait le lire en 1977 dans la revue internationale (n°11) d'un groupe drivé encore par un penseur du mouvement ouvrier, original et très profond, Marc Chiric, héritier rare de la véritable tradition marxiste avant-guerre, différenciée du trotskisme et du stalinisme :

« La seule fonction de l'économie de guerre est...la GUERRE ! Sa raison d'être est la destruction effective et systématique des moyens de production et des forces productives et la production des moyens de destruction – la véritable logique de la barbarie capitaliste »3.

Ce que la médiacratie nomme une « erreur historique de Poutine » n'est pas une erreur, surtout quand on n'oublie pas que, malgré l'effondrement du pacte de Varsovie, la puissance américaine n'a jamais cessé de faire pression pour dépouiller l'Empire russe de ses restes. Et cela continue même si elle reste à distance et se sert de son pion allemand pour poignarder l'Europe quoique la bourgeoisie allemande ait le cul entre deux chaises : approvisionnement à plus de 50% en gaz russe et obligation d'acheter des avions made in USA.

Maintenant, comme toute dictature dans le chaos généralisé, l'armada russe a accumulé fautes et impuissance, non seulement à cause de la « courageuse » résistance du nationalisme ukrainien, mais surtout parce que les troupes ukrainiennes sont équipés d'engins de destruction ciblée très efficaces... qu'i sont fourni par le bloc occidental, où l'Europe se la joue unie, fort provisoirement et en prétextant n'agir que par des sanctions économiques. Notons au passage la sanctification du milliardaire corrompu Zelinski, ancien clown professionnel, qui plastronne et surjoue au Winston Churchill bis, tout en retenant systématiquement les hommes pour les envoyer au casse-pipe national. Nombre d'observateurs se méfient aussi de la propagande nationaliste ukrainienne qui en rajoute des couches ; par exemple maternité bombardée était probablement vide et on a promené dans les gravats une femme enceinte dont on voyait qu'elle était vivante, puis on nous a annoncé qu'elle était morte ainsi que son bébé.

Un autre élément à prendre en considération, qui a été quelques fois évoqué ces jours-ci face aux ratages militaires russes et autres dommages collatéraux. Poutine et sa clique ont mis du temps à comprendre que la situation allait se complexifier, et pour une raison héritée du fonctionnement étatique stalinien :

« (comme en Chine)...il est apparu que cela ne fonctionnait pas (l'information de bas en haut) , parce que dans le capitalisme d'Etat stalinien, les responsables locaux craignent pour leur carrière/promotions s'ils annoncent de mauvaises nouvelles »4

Longue ou courte ?

Pourquoi Poutine fait durer ? C'est la première question.

Professeur à Sciences Po, ancien économiste en chef de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Sergei Guriev, ancien conseiller économique du gouvernement russe au début des années 2010. Exilé en France, après avoir critiqué les arrestations d’opposants à la réélection du président russe, en 2012. Il explique pourquoi Poutine a sous-estimé les sanctions occidentales. Et comment, privé de l’argent des hydrocarbures, il peinerait à poursuivre la guerre et à financer la répression dans son pays. Observant la polarisation politique aux Etats-Unis, le retrait d’Afghanistan des troupes américaines [achevé fin août 2021] et le manque d’unité en Europe, Poutine était convaincu que l’Occident était faible et divisé. Il pensait que l’invasion de l’Ukraine serait bouclée en quelques jours, comme celle de Crimée [en 2014], et que les sanctions occidentales viendraient tard, voire pas du tout. Il a, en outre, sous-estimé la résistance ukrainienne et surestimé la force de l’armée russe5.

Il fait durer pour deux raisons. D'abord il ne veut pas perdre la face, ou perdre la place, après s'être tant ridiculisé aux yeux du monde entier et surtout de la classe ouvrière. Deuxio parce que, même sous des apparences neutres, l'impérialisme américain continue à faire pression, arme les nationalistes ukrainiens et laisse l'Europe s'enfoncer dans le chaos migratoire, lequel est en train de devenir plus pesant et déstabilisant que la venue des syriens naguère, pour l'ordre intérieur et l'économie des pays européens ; sachant que tous leurs dirigeants sont débordés, ne savent pas comment cela va tourner, et que les moins dépressifs croient qu'ils suffira de renvoyer chez eux cette population aux yeux bleus et aux cheveux blonds, preuve de leur lointaine origine viking.

Mais il y a une autre dimension plus importante que tous les spécialistes de télévision oublient. Comme l'histoire des vétérans du Vietnam, les soldats du contingents, même s'ils ne sont qu'un tiers, restent des prolétaires et il apparaît qu'on leur a menti, comme il est probable que nombreux ont été ceux qui ont refusé de tirer sur les civils. La dénonciation de la guerre en Russie, même si elle est minoritaire, pose problème. Le retour des cercueils de soldats n'est pas forcément de nature à remettre en cause cette guerre, car la bande à Poutine peut toujours raviver la haine nationaliste des parents dont les fils « ont été tué par les nazis ukrainiens »... Mais quand même si cela dure. Le vrai problème n'est pas de sauvegarder l'Ukraine mais d'abattre le criminel Poutine (c'est la raison pour laquelle il se barricade plus que Zelensky, et pas ce qu'on lui prête, une peur ridicule du covid).

En outre, dans la durée, la mascarade nationaliste ne peut tenir longtemps, et c'est pourquoi les démarches pour négocier au plus vite sont de mise en ce moment, réchauffées par la poursuite des bombardements sélectifs, quoiqu'elles traînent en longueur. Poutine montre des « ouvertures » car il ne veut pas subir le sort de Krouchtchev, démis par un coup d'Etat militaire, mais lui sans sang sur les mains et sauveur de l'humanité avec Kennedy lors de la crise de Cuba (en cas d'éjection, coupable de tant de crimes de masse depuis 20 ans, Poutine finira pendu comme Mussolini ou castré comme Khadafi)6.

La mascarade nationaliste au nom de la mystification démocratique bourgeoise ne peut tenir longtemps ici au centre de l'Europe. Ce n'est pas la Syrie, ni l'Afghanistan. Ici ce n'est pas seulement « l'opinion » des gens en général, même si existe une liberté de circulation de l'information comme nulle part ailleurs, du fait que le système ne peut plus mentir à la colonne vertébrale de la société, le prolétariat, mais en laissant dire la réalité des faits, les noyer dans ses solutions fausses ou des mirages idéologiques.

Impact pour le prolétariat mondial

Le congrès du CCI, certes d'une toute petite organisation – avec le mot congrès on imagine une grande salle remplie de politiciens staliniens – et qu'ils devraient plutôt nommer « réunion générale annuelle » de notre fraction (ce qui ferait moins ridicule) – est plein de considérations géniales pour le développement de la lutte de classe, en particulier sur la question de la « politisation de la guerre ». Lors de leur réunion publique à Paris, j'ai avec culot fait référence à une réflexion d'Althusser (décrié et méprisé depuis 68 puisqu'il a servi de maître penseur aux cons maoïstes), mais un con peut dire parfois une vérité. Il l'exprimait ainsi : Pourquoi la révolution a-t-elle eu lieu en Russie ? (ndlr en 1917) Parce qu'avec le déchaînement de la guerre impérialiste, l'humanité était entrée dans une situation objectivement révolutionnaire. L'expérience et l'horreur de la guerre allaient, en tout pays, servir de relais et de révélateur à la longue protestation d'un siècle entier contre l'exploitation capitaliste »7. Ce que le texte du congrès du CCI résume plus simplement et profondément : « la conscience socialiste n'est pas le produit mécanique de la lutte quotidienne, mais qu'elle est le produit du mouvement historique de la classe » cf. page 37).

L'omniprésence de cette guerre « contre les civils » a pris le pas sur les sujets secondaires en comparaison : campagne présidentielle, coût de la vie, matchs de foot, etc. >Chacun ne peut s'empêcher d'imaginer, en passant devant des barres d'immeuble, les mêmes explosions en façade qu'on nous montre dans les villes ravagées d'Ukraine, et de penser que cette société aboutit à tout foutre en l'air, irrationnellement : pour qui, pour quoi chasse-t-on par la terreur une population de millions de personnes désarmées, en détruisant toute son industrie et ses sources d'approvisionnement, et aussi sa fourniture importante de blé pour le monde entier ? Tabula rasa à laquelle l'immobilisme sert de justificatif à de nouveaux crimes de guerre et de gigantesques destructions qui resteront impunis ! Cette guerre aboutit déjà à « politiser » le prolétariat. Même si la médiacratie veut, comme l'anarchosyndicalisme placer le souci au niveau moral ou psychologique :

Pourtant, comme Agathe, nombreux sont ceux à voir leur moral se dégrader à cause du conflit ukrainien. Et ce, même s’ils ne sont pas directement concernés. « Ce n’est pas parce que la guerre ne nous regarde pas qu’elle ne nous touche pas », résume Karine Danan, psychothérapeute à Saint-Nazaire. Parce qu’elle survient juste quand on pensait en terminer avec la pandémie, beaucoup la perçoivent comme une fatalité, et cela accentue notre sentiment d’insécurité. Les médias entretiennent aussi un climat anxiogène, argumente la spécialiste : « Quand les journalistes emploient des expressions comme “l’apocalypse” ou “la troisième guerre mondiale”, on ne peut pas attendre des gens qu’ils restent indifférents. »

à suivre comme toujours...


NOTES

1Cette sortie de Poutine a fait s'indigner l'élite occidentale, or c'est oublier que l'antifascisme en Russie est resté, plus qu'en Occident, une mystification traditionnelle de la bourgeoisie russe qui, du temps des Brejnev et cie jouaient de cette lyre pour désigner le « camp du capitalisme » ; sans oublier que c'est le pays qui a fourni le plus lourd tribut à la « paix » de 1945, j'allais dire à la paie sanglante.

2Cette notion de perte de contrôle est analysée par le CCI dans son 24 ème congrès (cf. Rint n°167), laquelle s'appliquait d'abord au rabougrissement du gendarme du monde, les USA. Deux idées intéressantes étaient soulignées, d'une part le fait que la « décomposition » « affectait la forme des conflits impérialistes et aussi la prise de conscience du prolétariat », et ensuite, comme le montra la crise du covid, « une absence de concertation internationale des pays centraux » (= chacun pour soi). Je rends à César ce qui est à César, ils ont vu avant moi, certes sans en tirer toutes les conséquences, comme nous les apprend la guerre actuelle, une crise de la guerre traditionnelle

3Citation en page 54 de la revue internationale n°167. Revue consacrée à leur 24 ème congrès, mais avec des textes trop longs, des répétitions pesantes : 150 fois le mot décadence, 100 fois le mot décomposition, 50 fois le mot irrationnel, 20 fois « pezrte de maîtrise », idem pour « chacun pour soi », « chaos », etc. Certes une revue militante ne se cache pas d'être propagandiste, et surtout pas l'OBS ou Paris-Match, mais, malgré une réflexion très approfondie sur la décennie écoulé, cela aurait pu être plus synthétique. Je me suis accroché pour tout lire attentivement, en plusieurs fois.

4cf. RINT page 24 (Pandémie et le développement de la décomposition). Mais attention à cette fixation et interprétation « maladive » sur le cas Poutine, comme on le lit ci-après, cela sert surtout à esquiver la responsabilité du capitalisme et du capitalisme russe : « « La communauté du renseignement partage un nombre croissant de rapports sur le "comportement de plus en plus instable" de Vladimir Poutine, âgé de 69 ans. On le dit atteint de la maladie de Parkinson, souffrant des conséquences d'un Covid long ou bien encore atteint d'un cancer incurable. Le visage de plus en plus "enflé" du maître du Kremlin attise, en effet, les pires rumeurs sur son état de santé. "Il y a eu un changement identifiable dans sa prise de décision au cours des cinq dernières années environ. Ceux qui l'entourent voient un changement dans la pertinence et la clarté de ce qu'il dit et dans la façon dont il perçoit le monde qui l'entoure", aurait affirmé une source proche de l'alliance du renseignement Five Eyes. La source a déclaré que cette incapacité à penser clairement était aggravée par l'absence de "boucle de rétroaction négative", le dirigeant russe " n'étant tout simplement pas briefé" sur les éléments d'échec de l'invasion ».

6On notera l'empressement des dictateurs démocratiques occidentaux à vouloir discuter et maintenir des liens avec pareil « criminel de guerre », sans doute parce qu'ils sont nombreux.

7La seule évocation d'Althusser fit lever les yeux au ciel du planton intello de 50 années de RP du CCI à Paris, monsieur de Galar, représentant de l'association des faux-culs socio-anrarchos Cahiers Spartacus.

L'armée russe n'est plus ce qu'elle était

(source Le Figaro et Le Monde)

Son attrition est confirmée en Ukraine !

Trois semaines après le début de sa guerre en Ukraine, l’armée russe est à la peine. Engagée sur la base d’une décision politique prise en comité bien trop restreint (la partie économique du gouvernement et même un certain nombre de membres du conseil de sécurité ont paru surpris de la tournure des événements), cette « opération militaire spéciale » se fonde sur une vision stratégique et politique déformée de la réalité ukrainienne qui a conduit à une planification pour le moins hasardeuse de l’intervention. Les biais d’analyse du Kremlin sur les dynamiques internes de cette ex-république soviétique sont perceptibles depuis des années. Le défaut d’expertise est, en outre, probablement aggravé par la distension des liens entre les élites des deux pays après l’annexion de la Crimée en 2014.

Confrontée à une résistance inattendue, tant de l’armée que de la population ukrainiennes, et subissant une importante usure de ses ressources humaines et matérielles, l’armée russe est bien loin de l’image qu’elle a projetée au cours des dix dernières années.

Tout cela a fait oublier que l’armée russe, dont la réforme n’a été véritablement engagée qu’après 2008, partait de loin : dix à quinze ans de sous-financement conduisant à une attrition irréversible des capacités héritées de l’URSS.

La modernisation de l’outil militaire russe, bien réelle et accompagnée d’un vrai soutien budgétaire, n’a pu être que progressive et sélective – car si la Russie reste parmi les pays consacrant une part significative (environ 4 % par an en moyenne entre 2010 et 2020) de leur produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses de défense, la faiblesse relative de celui-ci se traduit par une contrainte financière persistante.

La première mesure de la réforme de 2008 a consisté à de larges coupes dans le corps des officiers, «car il y avait un peu le syndrome de l'“armée mexicaine” [une situation où les décisionnaires seraient plus nombreux que les exécutants, NDLR]». Le résultat est drastique : de 365.000 officiers, l'armée russe passera à 142.000 entre 2008 et 2012, soit une chute de plus de 60% des effectifs.

La principale faille russe observée sur le terrain concerne d'ailleurs sa coordination. Un problème stratégique beaucoup plus structurel, symbolisé sur le sol ukrainien par la désarticulation entre l'armée de terre et les troupes aéroportées (VDV), indépendantes. Et ce malgré l'effort évident d'«interarmisation» mené par la Russie.

Si bien que, sur le terrain, elles semblent parfois «pataudes» et inadaptées. À cela s'ajoute la question de la corruption, endémique dans l'armée russe, qui n'a jamais pu être résolue malgré la modernisation. «Au milieu des années 2010, le procureur général de Russie estimait que 20% du budget militaire s'évaporait», se souvient le chercheur. Concrètement, les commandes de matériel peuvent être officiellement faites et payées, mais jamais livrées. Ce qui joue un rôle sur les «petits matériels de cohérence, comme les radios», mais aussi sur le volume de munitions.

L'avenir paraît bien sombre pour l'armée russe. Quand bien même elle parviendrait à ses fins en Ukraine, elle aura laissé dans la bataille des hommes, dont des officiers, et des stocks importants.


 

dimanche 13 mars 2022

CRISE DE LA GUERRE TRADITIONNELLE (épisode 8)


 (Bilan de la Réunion Publique à Paris du CCI, suivi de Krivine-la-cravate)

QUE FAIRE CONTRE UNE GUERRE QUI A POUR BUT DE TUER MASSIVEMENT LES CIVILS SELON LE CRIMINEL DE GUERRE POUTINE ET DE LES LAISSER MASSACRER SELON LE BLOC DE L'OUEST POUR FAIRE CROIRE QU'IL N'Y EST POUR RIEN ?

Voici un extrait très pertinent recopié d'un article du Figaro, qui confirme mon analyse de guerres hybrides désormais et à vocation extensive, de plus confirmant que les généraux en période de guerre sont parfois plus « marxistes » que le commun des journalistes blablateurs :

« La victoire rapide espérée par Vladimir Poutine n'aura pas lieu. « La guerre pourrait durer », prévient le général Burkhard. La question de la capacité des forces russes à tenir dans la durée va être posée. « Ce qui pourrait ouvrir la porte à des négociations plus équilibrées qu'attendues », prévient le plus haut gradé de l'armée française en s'interrogeant sur la fin de la guerre. Les revers stratégiques de l'armée russe ont bouleversé les plans du Kremlin. « Cela rend Vladimir Poutine d'autant plus imprévisible », estime le général Burkhard, en prévenant que « tout peut arriver ». Dans une troisième page, à diffusion restreinte, le CEMA met aussi en garde les généraux sur les conséquences en France du conflit et les troubles qu'il pourrait générer ».

« La guerre de haute intensité est de retour en Europe », dit-il. L'hypothèse était envisagée par les généraux français dont la mission se focalise sur la préparation de l'armée française à ce type d'engagement. Aujourd'hui, elle ne serait pas en mesure d'y faire face. Conscient de l'urgence, le chef d'état-major mettait en garde il y a quelques mois encore contre une accélération de l'histoire. Il n'imaginait pas un basculement aussi rapide ».

Face à cette guerre de « haute intensité » avec une léthargie du prolétariat mondial, il était naturel que des minorités révolutionnaires se posent des questions, c'est le cas du groupe italien qui publie Battaglia Comunista » :

« Le premier aspect concerne l'absence d'un mouvement politique suffisamment fort pour contrer les crises du capitalisme et les guerres qui en découlent, qui sont la "solution" temporaire à ses contradictions. Les organisations révolutionnaires éparpillées ne constituent pas, à l'heure actuelle, une référence politique suffisamment forte pour poser une alternative à la barbarie du capitalisme ».

Ce groupe pense sans doute qu'un parti peut même remplacer le prolétariat, mais son souci d'en appeler à un fin de l'éparpillement des groupes révolutionnaires ne s'est pas concrétisé comme me l'ont confirmé les militants du CCI samedi dernier à Paris, lequel groupe lui se soucie plus de la réaction massive tôt ou tard du prolétariat mondial, soulignant en conclusion de l'un de ses tracts que la solution réside :

« ...dans le développement partout dans le monde des luttes massives et conscientes. En particulier conscientes qu'elles constituent une préparation pour le renversement du système responsable des guerres et de toute la barbarie qui menace de plus en plus l'humanité : le système capitaliste ».

Pied de nez de l'histoire, il faut noter, sans acrimonie, que - alors que depuis plus de 50 ans ce groupe dénonçait le risque de destruction de l'humanité et que les tuteurs de l'idéologie le faisaient passer pour ringard - sauf à nommer le capitalisme, tous les médias reproduisent en long et en large ces mêmes mises en garde politiques ! Il était tout naturel que j'aille donc assister à une reprise de leurs réunions publiques après trois ans de covid depuis 2019, paralysant donc tout débat public.

ANALYSER LES CAUSES DE LA GUERRE ET COMMENT LUTTER: bilan d'une réunion publique clairvoyante

L'exposé, court et sobre, répondit à ces deux questions sans fard. Tous les Etats et impérialismes dominants sont tous AGRESSEURS ; mais avec une erreur que j'ai relevé par suite : « les seuls qui sont réellement attaqués sont TOUS LES TRAVAILLEURS DU MONDE ». Ce qui est faux et illogique : ce sont les populations indistinctes qui sont sous les bombes, et si ce n'étaient que les travailleurs clairement attaqués comme tels, on serait déjà en révolution. Mais dans l'ensemble et dans sa conclusion il n'était pas possible à tout individu conscient d'être en désaccord avec le contenu.

La réunion se déroula dans une ambiance amicale, excepté la présence d'un vieux ronchon sectaire. Une nouvelle génération de militants répondit avec ouverture d'esprit et intelligence aux critiques ou divergences, sans agressivité (ce qui était rare chez les anciens). Les débats furent animés en particulier par V., ouvriers de Renault Flins qui nous fît rire en témoignant que les ouvriers de son usine se passionnaient plus pour les résultats du PSG que de réfléchir et se prononcer contre la guerre, sauf ponctuellement à prendre en compte le risque de nucléarisation. Evidemment l'inoxydable Galar, pourtant plus âgé de trois ans que Krivine, et natif de l'avant-Deuxième boucherie mondiale, occupa une partie des débats avec des considérations plus complexe s sur l'histoire et les différents types d'économie, mais au fond minimisant la gravité des conséquences de cette guerre au cœur de l'Europe.

Pour ma part, j'ai d'abord tenu à rappeler les positions ridicules des gauchistes, en particulier de Sud/PTT demandant … augmentation de 300 euros et exprimant ainsi un mépris typique du syndicalisme qui croit que les ouvriers ne sont mobilisables que pour des sous et incapable d'une conscience politique contre la guerre capitaliste. Quant aux négateurs du prolétariat, en particulier dans les pays où le nombre de centres industriels a été réduit, j'ai insisté sur le rôle mineur d'une seule usine que ce soit Poutilov en 1917 car les Conseils ouvriers ont été créés dans une noria de petites unités de production, quant à Renault au cours de la révolution « rose » de mai 68, les ouvriers y sont restés enfermés par le syndicat CGT, ce qui n'empêcha pas un certain nombre d'aller au quartier latin manifester avec les étudiants, ni d'autres lieux de production de créer des comités d'action.

Ensuite mon souci fût de lancer le débat sur comment dénoncer et lutter contre cette guerre capitaliste. On ne peut pas se contenter d'en appeler comme le CCI à une « généralisation des luttes » ou à radoter que les « ouvriers n'ont pas de patrie » (ce qui est certes toujours vrai), ni laisser croire que la grève serait la seule arme de lutte, lesquelles peuvent être diverses et variées (comme le disait Rosa) : manifestations de rue, actions exemplaires, blocage d'usines d'armement, etc.

Contre cette idée de généralités et de radotages, la plupart des réponses portèrent sur la nécessité de poser un cadre internationaliste et qu'il n'y avait là rien que de très concret, qu'il fallait avant tout rappeler les grands principes de classe. Sans remettre en cause cette argumentation, je n'en continuais pas moins à maintenir qu'il y avait nombre de répétitions dans leur presse, et que, désormais comme je l'avais souligné en introduction, nous entrons dans une nouvelle période où les guerres ne peuvent plus être locales, confirmant d'ailleurs la prévision d'une fin du capitalisme, que le mouvement certainement pré-révolutionnaire apportera des réponses à nos hésitations, confusions ou généralités politiques, même au niveau du vocabulaire. La dénonciation du patriotisme ukrainien est également boursouflée, les gens se défendent d'abord sur place prosaïquement face à un envahisseur assassin et pillard.

J'ai également dit que le groupe était aussi impuissant que nous les observateurs en leur disant que leurs tracts ne servaient à rien, mais que leur site internet était bien plus efficace, vu les dizaines de milliers de connexions, autrement supérieures aux maigres chiffres de mon blog.

Enfin je les ai caractérisés de secte en l'absence d'intensité de la lutte classe, ce qui m'a valu des réponses, d'ailleurs tout à fait amicales et pas hystériques, pour rejeter ce qualificatif, tout en acceptant l'idée de sectes pour les premiers mouvements socialistes au 19ème siècle, mais pas dans le sens péjoratif habituel. J'ai donc acquiescé modestement du bonnet.

Au total une réunion habitée par la gravité du moment, où certains imaginent une guerre courte (moi) d'autres longue, mais dans tous les cas des suites dramatiques et une accélération de l'histoire comme disait le général plus haut. Sans oublier une discussion plus large sur l'irrationalisme de Poutine comparée au rationalisme d'Hitler...

Marquée par une série de questionnements très concrets, un débat franc et fraternel avec toujours cette conviction que seul le prolétariat peut mettre fin à la guerre, comme tant d'exemples du passé le prouvent, mais surtout en vue d'une transformation révolutionnaire du monde.


KRIVINE-la-cravate

Toute la gauche bourgeoise et dite extrême gauche trotskienne, y compris la plupart des députés PS formés à cette idéologie néo-stalinienne, dont Mélenchon, est en deuil. Krivine est monté au ciel des fabulateurs rejoindre Pablo, Lequenne, Pierre Frank, et tous ces chefaillons pseudo-révolutionnaires qui depuis la guerre défendirent les pires idéologies tiers-mondistes et rabatteuses électorales en faveur de la gauche bourgeoise.

Initialement bébé de l'école stalinienne, le petit Krivine finit par être entraîné par ses grands frères dans le giron trotskien. Chef étudiant il se fait connaître en 1968 dans le corridor du quartier latin, mais en moins séduisant que les Cohn-Bendit et Sauvageot, eux plus représentatifs de l'atmosphère libertaire. Le trotskiste sent déjà le moisi. Il nous fait rigoler lorsqu'il apparaît après l'imagerie échevelée de 68 avec treillis et robes hippies, encravaté dans la lucarne télévisée comme candidat à la présidence de la pute publique. Brushing soigné il s'adresse à la ménagère guettée par le cancer à cause de la poêle Tefal. La suite au longe terme de sa carrière médiatique comme icône gauchiste plutôt bcbg le conduira à la députation, si bien nommée. Rien de révolutionnaire sauf à conduire la politique girouette du plus caméléon des sectes gauchistes, qui, du soutien à Brejnev, et aux aventuristes des fausses libérations nationales, aux appels à voter systématiquement pour la gauche bourgeoise aux deuxièmes tours de la mystification électorale, et aussi un engagement militant au cul des syndicats, qui mena en définitive au misérable wokisme.

En tout cas le trotskien bcbg n'est pas mort à cause des poêles Tefal.

dimanche 6 mars 2022

CRISE DE LA GUERRE TRADITIONNELLE (épisode 7)


 Résilience (définition simple) : Psychologie. Capacité d'un individu à supporter psychiquement les épreuves de la vie. Capacité qui lui permet de rebondir, de prendre un nouveau départ après un traumatisme.

«Vous subirez des conséquences que vous n’avez encore jamais connues». Poutine


Un plan de Résilience... du commandant Macron

Depuis longtemps nous sommes habitués à ce que la politique ne soit plus qu'une question de psychologie. Les analyses officielles et journalistiques relèvent désormais de réflexions comportementales, de conceptions morales, de moralisme racial dans le cas du wokisme. La psychologie « politique » sert plus encore à faire la leçon de ce qui est loi Pas trop de différences au fond avec hier quand les staliniens culpabilisaient les ouvriers rétifs en les traitant de fascistes ou d'ennemis de la défense de la nation, et que les syndicats vous traitez d'allié du patron si vous contestiez leurs ordres de marche. C'est plus accentué aujourd'hui pour empêcher de poser les vraies questions politiques. C'est aussi pourquoi la guerre ne peut plus être abordée de la même façon, la défense de la patrie fait ringard, on veut nous enrôler avec la défense de la bouillie démocratique bourgeoise au nom de laquelle le président comédien Zelensky appelle les hommes ukrainiens à aller se faire tuer (vu la faible crédibilité de notion de patrie ukrainienne).

Prétendu négociateur de paix, tout en fournissant des armes sous la table au Guevara en carton pâte d'Ukraine, Macron est venu se pointer avec la prétention d'anticiper les conséquences de la guerre qui se font déjà sentir pour les entreprises et la population française. Macron a promis mercredi 2 mars un « plan de résilience » pour soutenir l’économie française :

« Nombre de secteurs économiques souffrent ou vont souffrir, soit parce qu'ils dépendent des importations de matières premières venues de Russie et d'Ukraine, soit parce qu'ils exportent vers ces Pays. Notre croissance va être impactée ».

D'aucuns, plutôt modestes prédisent qu'une crise mondiale, comparable à celle de 1973, se profile à l'horizon de Kiev. D'autres encore tirent la sonnette d'alarme en vue d'une paupérisation qui sera susceptible de provoquer des mouvements de protestation plus plus grave que celle de nos ringards gilets jaunes drogués au comique RIC, psaume à une démocratie de carnaval interclassiste ridiculisé par ce que la bourgeoisie est en train de bafouer en Ukraine : chaque camp n'a aucune parole, chacun joue le rôle du bon et du méchant, tous se menacent. La psychologie du candidat Macron, aussi « oligarque » que son pote Poutine, relève pourtant d'un infantilisme et du foutage de gueule. Les traumatismes des couches paupérisées, en particulier de la classe ouvrière, ne vont pas tomber en « résilience » mais sont plutôt menaçants. 

Après le "quoi qu'il en coûte" du 39 aout 2020 qui ne rassure pas pour l'épongement de la dette étatique, le "pardon" équivaut lui aussi à l'improvisation du "quoi qu'il arrive" pour prévenir l'insurrection sociale... D'une part parce que l'Etat ne peut plus pomper les déshérités qui ont du mal à joindre les fins de mois, et d'autre part parce qu'ils sont réputés prêts à tout faire péter, et pas par des grèves gentiment corporatives. Surtout parce qu'ils sauront se moquer et conchier le terme résilience, anti-social, et qui signifie surtout PARDON !

Macron ne peut dire la vérité, car elle aussi est dangereuse. L'Etat pour trouver de l'argent doit donc désormais taper sur les couches moyennes. Et ça c'est super, même si la petite bourgeoisie (médecins, ingénieurs, profs, etc.) va encore voter Mélenchon, Jadot, Arthaud, ou même Zemmour (artisans, flics, paysans), elle va être amenée à « tomber dans le prolétariat » (dixit Marx) ; j'analyserai une autre fois cette dynamique intempestive et subversive.

La montée à la guerre n'est plus ce qu'elle était...

Au risque de me contredire, puisque je vous ai affirmé dans ma communication précédente que tout semblait concourir vers la der des der, malgré l'avancée cynique et pachydermique de la soldatesque poutinienne, rien n'est simple dans la crise guerrière. Les mensonges et chantages de Poutine sont grossiers et à pisser de rire (il n'y a que ses bureaucrates péteux pour faire semblant de les prendre au sérieux. Côté occidental, la dramatisation à outrance sert à tenter de faire oublier la responsabilité des impérialismes rivaux qui se la jouent sainte Nitouche. Luc Ferry touche juste sur les causes de la guerre « défensive » du magma russe : Luc ferry

« Certains pensent pouvoir tout expliquer par la personnalité de Poutine, son autoritarisme et son rêve fou de reconstituer la grande Russie. Je crains que les choses ne soient plus compliquées, que les anathèmes moralisants, quelle que soit leur part de vérité, interdisent de comprendre le fond de l’affaire. Pour commencer, nous aurions dû nous opposer, comme Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le demandaient, à la promesse faite par l’Otan en 2008 d’intégrer l’Ukraine. Il fallait à la place organiser une grande conférence sur la sécurité en Europe  (…) Ce fut un casus belli pour la Russie et, loin de protéger l’Ukraine, on la mettait en danger. Du reste, le président Zelensky lui-même se dit aujourd’hui prêt à discuter d’un «statut neutre» de son pays».

L'analyse de Ferry transparaît et est vérifiée en quelque sorte par un moment de sincérité du truand Poutine. Il a averti que l'Ukraine pourrait perdre son «statut d'Etat» si elle continuait à refuser de céder aux exigences russes, réclamant notamment un statut «neutre et non nucléaire» pour l'Ukraine et sa démilitarisation, ce que la bande à Zelenski, qui cherche à adhérer à l'Union européenne et à l'Otan, juge inacceptable. Les autorités ukrainiennes «doivent comprendre que si elles continuent de faire ce qu'elles font, elles mettent en question l'avenir du statut d'Etat ukrainien. Et si cela se passe, elles en seront entièrement responsables», a ajouté Poutine au cours d'un repas grotesque avec la table à rallonge qui a fait suffoquer le monde entier, garnie par une rangée de pétasses, à l'occasion de la prochaine Journée de la femme, une des fêtes staliniennes les plus célébrées dans le pays.

Curieuse guerre médiatisée avec dramaturgie prononcée mais toujours les mêmes images en boucle côté occidental : immeubles éventrés, quartiers vides, fumées au loin, mais quasiment pas d'images de cadavres, pas de film de la "résistance" comme on avait pu en voir sur la guerre civile espagnole, la résistance héroïque reste invisible ! Mensonges comme Poutine. On dénonce des bombardements par avions, or nul avion n'est visible depuis le début du conflit. On donne des chiffres fantaisistes, invérifiables sur le nombre de civils et de soldats tués, et de blessés.

Poutine est bien un criminel de guerre comme il l'a prouvé lors des guerres précédentes, mais il ne fait pas tirer indistinctement dans le tas comme en Syrie. L'Europe transparente est juste à côté. Les civils ne sont pas visés sauf ceux qui se déguisent en soldats. Hélas la soldatesque tire souvent à l'aveugle et le matériel militaire russe est parfois déficient.

LES EMBARRAS DE DU MAITRE CHANTEUR POUTINE

Comme je l'ai dit au tout début, Poutine voulait une blitzkrieg qui lui aurait permis de mettre la main illico sur l'Etat et d'y placer à la manière classique stalinienne un personnel fantoche. Au lieu de quoi tout a été ralenti, en effet par la résistance de la population, et de plus en plus par l'indignation mondiale.

Plus la guerre d'invasion dure, plus la chute de Poutine sera dramatique, comme le lui prédit l'ancien conseiller de Gorbatchev, Andreï Gratchev Cette guerre vient de plus ouvrir les yeux au brave « consommateur » qu'il soit petit bourgeois ou ouvrier, sur ce que le capitalisme est capable de faire en temps de guerre, mais qui est plus opaque en temps de paix : te faire fuir sous les bombes, détruire ton immeuble, te pousser à n'emmener que quelques vêtements, voire à faire partir ta femme et tes gosses pour te faire tuer pour la patrie, aux ordres désormais d'un ex-comédien de télé, intronisé chef de guerre avec tee-shirt décoré ! Dépouillé de tes pauvres biens tu peux imaginer que l'envahisseur fera occuper ton appartement et récupérer le peu d'objets que tu possédais au profit du successeur... Il s'était passé la même chose, et en pire, en Syrie mais c'était loin et ça concernait des arabes...

Or cette fuite éperdue de millions d'ukrainiens n'était pas envisagée par Poutine grâce à une guerre éclair ; ce qui fait que la situation, se prolongeant de manière catastrophique, tourne à un certain irrationalisme (comme dit le CCI). Quel intérêt de faire cesser le travail partout dans un pays, de faire fuir des millions ? La table rase absurde ? Un simple objectif géopolitique d'encercler une région et une zone côtière ? Puis de restaurer tout l'ex bloc russe ? lancer de mini bombes nucléaires, voire envahir les autres pays européens (comme le crie le boutefeu Zelenski) ?

Restaurer des zones tapons face aux autres impérialismes, certainement ! mais ni expansion outre mesure ni guerre mondiale, comme nous le content les autres boutefeux, d'ailleurs minoritaires en Europe (comme le sinistre BHL).

Ce qu'il faut considérer, hors des cris de putois occidentaux à prétention pacifiste - comme cet automobiliste qui a giflé un cycliste et qui s'est pris un gnon puis dénonçant une tentative de meurtre – c'est que le dit « stratège » Poutine s'est mis dans la merde. Et que cela a des conséquences pour l'ensemble de la bourgeoisie.

UNE GUERRE A EFFET SOCIAL BOOMERANG MONDIAL

Le boycott des produits russes et les sanctions économiques sont déjà en train de se retourner aussi contre le bloc occidental ; nous faisant doublement rire avec une résilience impossible, et l'impossibilité pour le prolétariat mondial de croire que Poutine en serait responsable seul !

Il se produira de graves conflits sociaux bientôt en Russie. Le bla-bla psychologique et dramatisant des journalistes occidentaux dits « libres » accumule les confusions. Les comparaisons fleurissent avec l'avant Deuxième Guerre mondiale. La Tchécoslovaquie fut envahie militairement par l'armée nazie. Ce pays avait été sacrifiée par le ministre Daladier, président du Conseil français, et Chamberlain, son homologue britannique, qui avaient cédé, par pacifisme et volonté de négocier aux exigences du Führer par l'accord de Munich en 1938. « Nouveau Munich » pour le ministre de la Défense britannique ! Poutine = Hitler ? Pourquoi chercher du côté allemand pour qualifier le maître du Kremlin, alors qu'un autre dictateur, du même pays, a agi de la même manière ? En septembre 1939, sur l'ordre de Staline et en vertu d'un accord secret avec Hitler, l'armée russe occupa la partie orientale de la Pologne. En novembre 1939, Staline attaqua la Finlande et, au terme d'une guerre de plusieurs mois, y conquit une province. En juin 1940 également, l'armée russe annexa les trois États baltes : l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Et comment oublier la famine organisée par l'Etat stalinien en Ukraine...1

Or, s'il faut faire une comparaison, ce n'est pas avec la guerre en Yougoslavie et ses massacres "ethniques"; Poutine ne se livre pas à un massacre ethnique, vise à éviter la tuerie des civils, et parce cette guerre est plus déstabilisante avec ses répercussions économiques et sociales; c'est bien avec Prague 1968, et ses conséquences que la comparaison s'impose. La période du printemps « démocratique » de Prague prend fin lors de l'invasion qui a lieu dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 août. 400 000 soldats, 6 300 chars des pays du Pacte de Varsovie appuyés par 800 avions, 2 000 canons, envahissent le pays. « L'opération Danube » préparée depuis le 8 avril, mobilisa pour l’essentiel des troupes russes. Cette invasion de la Tchécoslovaquie provoque la mort de 72 à 90 personnes et fait plusieurs centaines de blessés. Alexander Dubček appelle son peuple à ne pas résister. L'armée russe avait gagné mais non seulement perdu la bataille de l'opinion mondiale, mais sapé ses propres fondations staliniennes au long terme.

L’invasion provoqua une importante vague d’émigration qui finit par s’arrêter quelque temps plus tard : on estime le nombre des départs à 70 000 immédiatement après l’intervention. Sur toute la période des dernières années du bloc stalinien, 400 000 Tchécoslovaques quittèrent leur pays. Cet événement marqua le début de la décomposition du bloc de l'Est, même s'il fallut attendre deux décennies. Aujourd'hui, avec la crise économique mondiale qui va être aggravée, tout va être plus rapide. D'abord le criminel de guerre (en fin de règne), s'il aura pu envahir ou s'il peut envahir totalement le pays, sera incapable de tenir 44 millions d'habitants, même s'il a souhaité en faire partir quelques millions. Et, sans doute contrairement aux tchèques les ukrainiens se donneront les moyens de revenir...

En Russie, la population n'apparaît pas complètement aveuglée par le nationalisme néo-stalinien. Les réseaux sociaux font circuler les informations gênantes pour le dictateur et ses larbins bureaucrates. Malgré une batterie de menaces la population réagit progressivement.

La Douma a voté à l’unanimité une révision du code pénal prévoyant jusqu’à quinze ans d’emprisonnement en cas d’«informations mensongères» sur les forces armées.

Les médias russes ont été enjoints de parler uniquement d’une «opération militaire spéciale» - le terme labellisé depuis qu’il a été employé par Vladimir Poutine -, certainement pas d’invasion ou d’attaque. C’est ce grief, qui a officiellement été invoqué pour suspendre deux derniers médias indépendants encore en activité, l’emblématique radio Écho de Moscou et la chaîne de télévision Dojd («Pluie», en russe). Le ton est donné par les chaînes fédérales qui font tourner en boucle le récit officiel sur l’«opération spéciale» et ses objectifs: «démilitarisation et dénazification» de l’Ukraine, un pays «qui n’existe pas historiquement» et qui se retrouve «dans la main des Américains». Avec le verrouillage de l’information, l’heure est aux appels à l’«unité». «Ce n’est pas le moment de se diviser, c’est le moment de s’unir. (Mais contre un nazisme inexistant?) Et s’unir autour de notre président», a estimé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Gratchev lui n'est pas tendre avec ce pauvre Poutine :

 « Les sondages fiables manquent pour mieux cerner l’état d’esprit des Russes, préciser les clivages face à cette crise majeure, mais les signes épars d’un malaise sont palpables. De là également, la communication officielle mise sous le boisseau concernant les pertes militaires. Un sujet ultra-sensible car susceptible de raviver le traumatisme des guerres d’Afghanistan et de Tchétchénie. Une chape de plomb tombe sur la Russie, mais le retour des cercueils plombés ne pourra pas longtemps être caché. Déjà 5000 morts dont deux généraux russes en Ukraine...
Poutine croit pouvoir recréer l’URSS de 1950, mais c’est impossible : il n’a pas un PCUS de dix millions d’adhérents, des goulags où envoyer des millions de personnes, ni un régime de terreur stalinien : va-t-il faire exécuter des centaines de milliers de russes comme en 1937-38 ?
Enfin, il a 69 ans, il règne depuis 23 ans, les jeunes russes n’ont jamais connu que lui, et ils sont ouverts sur le monde, ne fut-ce que par Internet. Quel avenir propose-t--il aux jeunes russes, sinon la guerre et la dictature ?Sa guerre contre l’Ukraine sera son tombeau »2.

Une pétition, lancée par un vétéran de la défense des droits de l’Homme, Lev Ponomarev, a réuni près de 1 million de signatures. Signe de défi au régime terroriste et de l'ampleur de la remise en cause de la guerre « nationale » près de 10.000 personnes ont été arrêtées en Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février, selon l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations.

Même s'il écrase la résistance nationale ukrainienne, Poutine restera disqualifié mais aura rendu service au système tout entier en ayant fait croire que la seule alternative était démocratie US contre knout russe, ou même laissé au second plan plus grave, comme le prédit Ferry, possiblement la constitution d'un bloc sino-russe.

Je reprends en conclusion, sans résilience, deux commentaires piochés sur le web.

« Le terrain ukrainien pourrait ainsi rapidement se transformer en une sorte d’Afghanistan bis [la guerre d’Afghanistan, entre 1979 et 1989, a été un échec pour l’URSS, la population se révoltant contre les nombreux décès]. Pour Poutine, s’il s’entête en Ukraine, alors la colère grondera en Russie et, comme pour l’URSS avec l’Afghanistan, cette guerre pourrait devenir un des facteurs du rapprochement de la fin du régime ».

« Aussi parce que, face aux géants du XXIe siècle que sont les Etats-Unis et la Chine, la Russie n’a pas d’atout. Elle n’a rien pour se maintenir au niveau et ne sait pas comment se protéger de ces deux impérialisme rivaux. La seule carte qui lui reste, c’est l’usage de la force, héritée de la puissance soviétique. Et, comme le temps manque à Poutine, comme la stabilité le menace, il a pris cette décision soudaine de renverser la table. Pour mieux préparer son effondrement ?


NOTES

2« Avec cette guerre en Ukraine, nous assistons aux dernières convulsions de l’empire russe [qui, officiellement, a couru de 1721 à 1917, NDLR], dont l’idéologie a été reconduite sous l’empire soviétique, et dont les restes demeuraient aujourd’hui. Le rapport avec feu l’Union soviétique est très présent dans toutes ces manœuvres. Et d’ailleurs, il ne se fait pas sentir qu’en Ukraine : tout l’espace de l’ex-URSS est frappé, avec encore récemment le conflit autour du Haut-Karabakh [entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan], sur le Kazakhstan – un autre champ de mines pour son mélange entre les populations russophone et kazakhe – et sur la Biélorussie – dont la situation aujourd’hui n’est que le fait de reste de l’Union soviétique [le pays sert de base arrière aux militaires russes] ».



vendredi 4 mars 2022

CRISE DE LA GUERRE (suite 6)

 


POURQUOI TOUTES LES CONDITIONS SONT REUNIES POUR LA DER DES DER (la troisième) ?

« Une voiture ukrainienne croise des tanks russes à l’arrêt. Le conducteur stoppe sa guimbarde et, par la fenêtre, demande aux soldats ce qu’il se passe. «Plus d’essence», répondent, un rien honteux, les ankistes. «Vous voulez que je vous ramène en Russie?» leur lance l’Ukrainien. Une seconde de silence, puis un éclat de rire général » (blague ukrainienne).

LE PROLETARIAT RUSSE EST LACHE ET SOUMIS

J'ai déjà fourni deux explications : terreur intérieure et pérennité du nationalisme stalinien. Mais cette lâcheté est relative et pas destinée à durer1. On peut en ajouter un troisième, l'engagement des braves soldats du pays pour défendre les populations russophones de l'Est de l'Ukraine :

« Sur place, les petits noyaux de contestation s'agrandissent de jour en jour, en témoignent les arrestations. Dans les faits, les Russes ne s'attendaient pas à une attaque massive contre son voisin ukrainien, mais à des opérations ciblées sur l'Est du pays pour venir en aide aux populations russophones.

"L’espace informationnel russe est de plus en plus en vase clos. Ce ne sont pas les mêmes informations qu’en Europe, c’est beaucoup plus opaque et le conflit se concentre sur l’Est de l’Ukraine, ils n’ont pas les mêmes images", confirme Lukas Aubin ».
Le peuple russe est encore plus lâche que le peuple allemand en 39-45, au moins pouvait-on considérer que celui-ci avait vu son prolétariat décapité après 1919 et était excusable de subir la terreur hitlérienne. Il y a une autre raison à cette impuissance que j'évoquerai par après, et qui renvoie à la crise de la guerre et comment la bourgeoisie a innové pour l'encadrer. Son armée ne fait pas dans la dentelle, on tue des civils systématiquement et on tire aussi sur les centrales nucléaires, après avoir reproché au camp occidental de vouloir une guerre nucléaire! Or jouer à renouveler un nouveau Tchernobyl équivaudrait à un suicide de la soldatesque russe, elle-même. Que ces tarés en kaki en crèvent tant mieux, mais sans nous !
La soldatesque en réalité ne dispose pas spécialement d'un matériel modernisé, comme l'affirment nos pitres généraux sur les plateaux télé, mais encore des vieilleries nommées « orgues de Staline » qui tirent dans tous les sens, manquent la cible envisagée (usines, hôpitaux!) et tuent les cibles collatérales, c'est à dire les civils ; c'est pourquoi, les ukrainiens connaissant bien cet armement minable, fuient en masse ; et ce dépeuplement massif retourne le monde entier contre les saloperies ininterrompues du criminel de guerre du Kremlin.
Une interprétation militaire (pro-occidentale) veut que la Syrie servi de terrain d’entraînement à l’armée russe, et que l'Occident a fait preuve de faiblesse2. Des armes nouvelles y auraient été testées. "Plus de 300", se vantait même en juillet dernier le ministre russe de la défense : drones, missiles anti-char, missiles sol-air, avions de combats, équipements de vision nocturne, etc. 60 000 militaires russes y sont passés ces dernières années, pour acquérir de l’expérience de terrain. Et puis c’est en Syrie encore que la Russie a développé le recours à des forces armées clandestines – les mercenaires de Wagner, qui débutent en Syrie, se développent en Afrique, reviennent aujourd’hui en Ukraine. "De Damas à Kiev, c’est la méthode Poutine", résume un journal libanais. Pourquoi la Russie a-t-elle dû décamper en Afghanistan, pas seulement à cause d'un arsenal vieillot ?
Cela va nous permettre de démolir l'interprétation militaire. Le camp occidental n'a en effet rien fait pour punir la Russie qui utilisa armes chimiques, des millions de mines antipersonnel, et pratiqua sans vergogne la tabula rasa. Les généraux russes arguèrent déjà moderniser leurs matériels (dont l'emploi des hélicoptères Mil Mi-24 Hind à partir du milieu de la guerre qui fera (provisoirement) pencher la balance côté soviétique jusqu'à l'arrivée des FIM-92 Stinger, aussi efficaces aujourd'hui en Ukraine) adoptant également une certaine autonomie au sein des unités, ce qui permettait toutes les exactions. Mais l'armada russe allait vers une défaite inéluctable, d'abord sur le terrain après avoir mis en place une présumée « armée gouvernementale afghane » de 302 000 hommes, mais chaque année après 1986, 32 000 soldats désertaient, et surtout vu le coût économique de la guerre. Enfin c'est la colère montant en Russie, avec le retour des milliers de cercueil, qui oblige Gorbatchev (pas débile comme Poutine) à retirer la soldatesque. Cette défaite russe ouvre la boite de pandore de l'islamisme...
DES EXPLICATIONS COMPLEMENTAIRES ET VICIEUSES...
Venant probablement d'un des réseaux de la gauche bourgeoise pacifiste, la Syrie sert aussi à une autre interprétation (dans la catégorie antiraciste) : les européens accueillent volontiers les « migrants » ukrainiens (vaccinés et blancs) alors que les syriens étaient refoulés. D'abord ce n'est pas vrai, ils ont été accueilli en nombre, en particulier par l'Allemagne, ensuite ce n'est pas la même civilisation, ce genre de réfugiés est le vecteur d'un islam politique impérialiste ; si l'islam n'était qu'une simple religion... Ensuite les ukrainiens sont des voisins. Pourquoi les syriens voisins de l'Egypte et de l'Algérie n'ont-ils pas été se réfugier chez leurs voisins ?

Le pitre Jean-Pierre Le Goff fait partie de ces sociologues confus qui considèrent que la guerre en Ukraine « constitue un coup de massue qui marque la fin d’une époque et, j’espère, de ses illusions »3. D'abord, les guerres n'avaient pas cessé avant, la seule différence est qu'elles se sont rapprochées. Nullement une nouvelle époque (à moins qu'il ne nous appelle lui aussi à la défense patriotique dans un cadre « mondialiste » et pas internationaliste. Mais il fait partie aussi de cette ribambelle de penseurs à la noix qui considèrent que le djihadisme passe à la poubelle. Faux c'est la même chose islamisme et néo-stalinisme. Poutine a été programmé pour penser en nationaliste totalitaire et ne saurait être un rempart contre l’islamisme et le multiculturalisme puisque s’ils n’emploient pas les mêmes moyens. Leurs objectifs sont voisins les islamistes ayant été élevés dans la haine de l’Occident et rêvent de détruire laïcité et mode de vie sans contraintes au quotidien. Le fractionnement des Nations pour obtenir par la menace et la violence leur soumission à leurs croyances et à leur pouvoir en font des copies conformes .

Le soutien militaire russe avait permis au dirigeant syrien fantoche de se maintenir au pouvoir au terme d’une guerre sans pitié contre la rébellion. La Russie était intervenue en Syrie, pays sans prolétariat organisé et limité par la pensée islamique, pour tenir à bout de bras un régime dit allié, alors qu’en Ukraine elle intervient pour restaurer son empire disparu dans une guerre forcément transparente dans une Europe où on n'est pas habitué aux exactions guerrières su proches.

Un prolétariat désarmé par la nouvelle tactique bourgeoise

A un peu plus de deux heures de route commence l’Ukraine en guerre, où 120 000 militaires russes affrontent 90 000 ukrainiens, selon les chiffres de l’Etat-Major français. C'est très près de nous qui croyions il y a peu que nous ne risquions rien, vu les conflits impérialistes éloignés. L'horreur, les destructions, les meurtres de civils et en particulier d'enfants sont le fait du criminel de guerre Poutine.

Contrairement à l'inaction du camp occidental en Syrie, la bourgeoisie européenne, même avec l'inaction de la bourgeoisie américaine, a réagi fermement, étonnant même le criminel de guerre Poutine. En décidant de sanctions économiques à l'échelle mondiale - du jamais vu, même si des relations commerciales vitales sont maintenues comme dans toutes les guerres hypocrites4 (gaz et pétrole pour l'Allemagne) – la bourgeoisie européenne désarme le prolétariat. Pourquoi me direz-vous avec vos yeux étonnés de marxistes ringards ? Parce qu'elle ôte ainsi la principale arme du prolétariat en temps de guerre : la sanction économique par la grève totale, généralisée ou générale si vous voulez. C'est comme cela que le prolétariat italien en 1943 a préparé la chute de Mussolini ! Ce sont les grèves en Russie en 1918 qui donnent corps au slogan si peu révolutionnaire pourtant « la paix et le pain ».

Ce désarmement idéologique explique que, paradoxalement d'une part, il serve à accroître le nationalisme des ouvriers russes – qui vont être privés de denrées alimentaires plus hausse des prix – et que d'autre part les ouvriers des pays industrialisés restent tétanisés par ce mensonge pacifiste, alors que notre hypocrite bourgeoisie prétend ainsi ne pas être belliciste. Si qu'elle est belliciste avec ces mesures, si qu'elle est belliciste en refilant des armes au nationalisme ukrainien. Si que les prolétaires ukrainiens ne pouvaient rien faire, comme nous en 40, face à une guerre éclair !

LE PACIFISME EST SURTOUT UNE ARME BOURGEOISE CONTRE LE PROLETARIAT

Le pacifisme prétend à une union des classes protestant contre la guerre sur un plan humanitaire qui est violé partout. Il réussit en générale à dissoudre les prolétariats dans ses pleurnicheries démocratiques bourgeoises et accompagne en définitive, les mains liées du prolétariat, jusqu'au dénouement militaire et fratricide. Extrême gauche et extrême droite pétainiste-poutinienne s'affichent résolus défenseurs de la carte pacifiste, de Mélenchon au NPA qui soutient « les forces sociales et politiques qui, en Ukraine, se battent à la fois contre le mépris poutinien du droit à l’autodétermination, contre la privatisation de leur pays par des oligarques et contre leur régime antidémocratique », aux côtés donc des nationalistes ukrainiens. Ces trotskiens sont aussi lamentables que leurs pères en 1940.

Lutte Ouvrière est moins lamentable que les trotskistes wokistes, avec un discours en apparence de l'ordre de l'internationalisme classqiue :

« Biden, Macron et leurs semblables voudraient nous embrigader. Il faut refuser l’union sacrée derrière eux. Cette guerre n’est pas la nôtre ! (…) Comme le proclamait Jaurès avant la Première Guerre mondiale : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». C’est toujours vrai et c’est pour cela qu’il faut le renverser ! ».

Mot d'ordre généraliste mais creux, sans prolétariat reconnu et agissant. Le CCI, du milieu maximaliste ne peut pas dire autre chose et c'est bien dommage. Mais l'absence de véritables groupes révolutionnaires sérieux, constatables avant chaque guerre mondiale, renvoie à l'inexistence actuelle du prolétariat. Et, à la place de la bourgeoisie, je ne me gênerai pas pour lancer la crise finale, vu l'inconscience du prolétariat russe et la niaiserie du prolétariat européen.



NOTES

1Dans ce genre de situation, inaction du prolétariat face aux massacres, on comprend que Rosa Luxemburg ait eu envie de se suicider, et qu'elle constata par après que le seul être humain n'était plus que l'agent de police au coin de la rue.

2« Comme si la Syrie avait servi de laboratoire à Vladimir Poutine pour tester sa politique d’expansion, pour tester ses moyens militaires, pour tester aussi sa marge de manœuvre face aux Occidentaux. "On retrouve la même rhétorique russe, les mêmes mensonges, la même propagande éhontée, estime Karim Bittar, comique chercheur en science politique. Vladimir Poutine ne fait que répliquer en Ukraine les stratégies, les techniques de guerre qu'il a utilisées en Syrie pendant des années. Les armes russes ont été testées en Syrie, ainsi que les limites de la patience occidentale." "Le fait que les Etats-Unis n'aient pas été en mesure de le faire reculer en Syrie a conduit Vladimir Poutine à penser qu'il pouvait envahir l'Ukraine sans susciter la levée de boucliers à laquelle il est confronté aujourd'hui ».

3Le Goff fait aussi écho aux explications psychologiques des journalistes et du CCI, l'irrationnalisme : « Le discours poutinien diffère des délires politico-religieux des islamistes et nous confronte à une autre forme de déraison. Il est marqué par le «mensonge déconcertant» issu du communisme totalitaire. L’énormité des propos et le renversement éhonté entre l’agresseur et l’agressé déstabilisent la raison et le sens du réel. C’est véritablement «le monde à l’envers» dans une idéologie et une propagande où ce qui est blanc est noir, où la guerre, c’est la paix, où l’agression est synonyme de libération des peuples. Pour des nouvelles générations qui n’ont pas connu le communisme et la guerre froide, cette logique est difficilement pensable ». Non le discours de Pouline n'est pas différent de celui des islamistes, ce sont les mêmes idéologies arriérées du capital en décomposition.

4La bourgeoisie américaine en 1940 continua à commercer avec l'Etat nazi en matière d'armement...

mercredi 2 mars 2022

CRISE DE LA GUERRE « TRADITIONNELLE » EPISODE 2

 


Dans les nouvelles formes d'entrée dans la guerre moderne, il existe toujours trois constantes historiques :

  • un prolétariat inerte, battu socialement ou pas réveillé politiquement ;

  • une désignation indiscutable de l'ennemi ;

  • une union nationale de tous les partis politiques bourgeois.

Pour lutter contre la guerre il existe toujours aussi trois constantes plus ou moins opérantes :

  • épuisement militaire d'un camp ;

  • un mouvement pacifiste mondial la plupart du temps figuratif

  • une insurrection révolutionnaire débouchant ou pas sur une révolution universelle.


RESUMONS AVEC « LIBERATION » LES PRELIMINAIRES DE LA GUERRE (où il apparaît en filigrane que l'agresseur n'est pas tout à fait l'agresseur)

Pourquoi la situation a-t-elle dégénéré en 2021 ?

« Pour la plupart des Ukrainiens, la menace d’une intervention russe plus large en Ukraine n’est donc que le dernier épisode d’une guerre inachevée de huit ans. Malgré la signature des accords de Minsk entre l’Ukraine et la Russie, sous le patronage de la France et de l’Allemagne, censés mener à une sortie du conflit, les combats ininterrompus dans le Donbass ont fait plus de 14 000 morts depuis 20141.

La situation s’est envenimée en novembre, lorsque Washington a demandé à Moscou des explications sur des mouvements de troupes «inhabituels» à la frontière ukrainienne. En avril, la Russie avait déjà massé des soldats près de l’Ukraine et en Crimée annexée, avant de retirer une grande partie de ses troupes.

La Russie accuse de son côté les Occidentaux de livrer des armes à Kiev et de mener des exercices militaires «provocants» dans la région (sic). Vladimir Poutine, souhaitant redéfinir l’architecture sécuritaire sur le continent européen, qu’il juge défavorable à la Russie, a exigé de la part de Washington des «garanties» écrites, dont l’assurance que l’Ukraine n’adhérera jamais à l’Otan – des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

L’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique représente depuis la fin de la guerre froide l’un des objectifs stratégiques du pays pour contrer l’influence de Moscou. En avril 2008, lors du sommet de Bucarest, tous les membres de l’Otan ont fait valoir à Kiev une perspective d’adhésion, sans annoncer de calendrier.

La crise de 2014 a marqué une accélération de la coopération entre l’Alliance atlantique et Kiev, sans toutefois apporter de réponses aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine. En juin 2020, le pays est néanmoins devenu l’un des six pays partenaires «nouvelles opportunités» de l’Otan, augmentant un peu plus la collaboration entre Kiev et les membres de l’Otan. Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réaffirmé son souhait que son pays rentre dans l’organisation, réclamant un calendrier d’adhésion «clair et réalisable» ».

OBSERVONS DU COTE DE LA BOURGOISIE MILITARISTE DES DEUX CAMPS

EN FRANCE :

On note que la plupart des médias bourgeois (forcément) dans le monde ne nous montrent pratiquement pas de cadavres, alors qu'on nous assure qu'ils se comptent par milliers2. Normal, historiquement on ne nous les montre qu'à la fin des guerres. Pourquoi ? Parce que en Russie comme en Occident il n'y a pas meilleure preuve qu'il nous faut marcher par millions contre leur guerre capitaliste ! Les sacs en plastique russes ne devraient pourtant pas tarder à faire parler d'eux.

On n'avait jamais vu autant de généraux venir parader sur les plateaux de télévision ; il est vrai qu'en 1914 et 1939 la télévision n'existait pas. Toutes les conditions seraient presque réunies : le prolétariat y est inerte, tant que l'implication dans la guerre reste indirecte il continuera à sommeiller ; il n'est en tout cas pas prêt du tout à risquer sa peau, non pour la patrie (cette vieillerie) ni pour une démocratie corrompue ; les zozos qui veulent rejouer la farce des brigades internationales en Espagne de jadis ne sont que des cons identitaires, qu'ils aillent se faire trouer la peau par les bandes armées de Poutine, on s'en tape3.

La propagande occidentalo-américaine a réussi pour l'heure à faire figurer une unité internationale en Europe en particulier en simplifiant à l'extrême, à la façon patriotique classique, le bien contre le mal, autrement dit la démocratie bourgeoise contre une dictature...bourgeoise.L'ensemble du personne politique bourgeois français a rallié l'unanimisme national qui suppose toutes les classes confondues dans un même objectif de guerre possible (cf. l'autocrate Macron et sa « confiance » en l'armée française, Lemaire et sa guerre économique, BHL et sa lâcheté militariste habituelle) ; malgré leurs ambiguïtés, les Zemmour et Méléchon ont réaffirmé leur « patriotisme ».

EN RUSSIE :

Le premier mensonge, déjà avancée par la propagande occidentale, a d'abord été de dire que tout était de la faute au fou « irrationnel » Poutine, autrement dit ce qui sert de subterfuge « psychologique » afin d'oublier les conséquences au long terme de l'effondrement du bloc russe ; la bourgeoisie française n'avait-elle pas espéré 1914, 40 ans après la perte de l'Alsace et de la Lorraine ?

Le deuxième mensonge, toujours en cours, est de prétendre que l'Otan n'intervient pas, alors qu'elle organise la livraison d'armes de puis plusieurs pays limitrophes européens, tout comme ils usent du prétexte humanitaire comme arme de guerre « psychologique » contre l'armée russe, par un accueil en fanfare des réfugiés « blancs » de souche ! (les noirs étant refoulés vers le territoire ukrainien).

Le troisième mensonge est de prétendre que la Russie est une « puissance pauvre » et que, dans la « nouvelle guerre » à dimension économique , comme l'a prétendu le ti jeune du gouvernement bourgeois Gabriel Attal : «l'objectif" des pays occidentaux : "Que le coût de la guerre soit tel que Vladimir Poutine soit contraint d'y renoncer ». Vantardise bien prétentieuse.

Bien avant cette guerre, dite pourtant « fratricide » on se satisfaisait de considérer que la Russie avait un PIB inférieur à l'Espagne (et le CCI aussi) ; une manière de plus d'humilier la Russie. Or ce jugement arbitraire et chauvin est faux.

PUISSANCE PAUVRE ?

Vérifions avec le Figaro :

Est-il vrai que le plus vaste État de la planète, qui veut être considéré comme une grande puissance, ne produit pas plus de richesses que Madrid ? Cette comparaison a-t-elle un sens ? Peut-on vraiment relativiser la puissance économique russe ? Si l'on en croit les chiffres de la Banque mondiale, le PIB espagnol s'élevait à 1281 milliards de dollars en 2020 et 1393 milliards de dollars en 2019. Pour la Russie, le PIB 2020 tournerait autour de 1483 milliards de dollars, contre 1687 milliards un an plus tôt, toujours selon la même source. Un peu plus de 200 milliards de dollars séparent ainsi Moscou de Madrid, mais les chiffres restent tout de même à l'avantage de la Russie ! Le PIB est insuffisant pour déterminer la richesse d'un pays. Le PIB en parité de pouvoir d'achat (PPA), qui permet de lisser les différences entre les niveaux de vie et faire des comparaisons qui aient du sens. Résultat, le PIB en PPA de l'Espagne atteint 1984 milliards de dollars, selon le FMI, tandis que celui de la Russie explose à 4450 milliards de dollars. Les deux pays ne jouent plus du tout dans la même cour.

Non seulement la richesse russe est bien plus importante que celle de l'Espagne, mais la nature de son économie lui donne aussi un pouvoir considérable à l'international. Le géant est notamment le premier exportateur mondial de gaz et le deuxième exportateur de pétrole. «L'Europe a fait une erreur stratégique en devenant progressivement dépendante du gaz russe», pointe Marc Touati, Président Fondateur du cabinet ACDEFI (Aux Commandes De l'Économie et de la Finance). Pour le gaz naturel, Moscou fournit 40% de la consommation annuelle du vieux continent.

Le blocage (privation) de la circulation des matières premières et du blé russe pourrait avoir un effet social boomerang, pas seulement en Russie, ridiculisant les blocages économiques européens :

« Moscou est un grenier à blé. Le pays est à l'origine de 10% de la production mondiale et 20% des exportations. De nombreux pays ont un besoin vital du blé russe pour nourrir leur population. C'est notamment le cas des pays arabes. En Tunisie, 60% des importations de blé viennent d'Ukraine et de Russie. L'Égypte est le premier importateur de blé au monde et le deuxième client de la Russie avec 3,5 millions de tonnes achetées jusqu'à mi-janvier, selon S&P Global. «Le printemps arabe est né de la flambée du cours du blé», rappelle Marc Touati. À terme, les freins aux exportations russes décidés par les Occidentaux pourraient être à l'origine de troubles majeurs dans ces pays si des pénuries ou des flambées de prix devaient arriver.

La faiblesse du manque de nouvelles technologies n'est pas dommageable pour l'heure car étalée dans le temps, elle pourrait être surmontée.

Dernier point qui sépare l'économie des deux pays et qui explique la différence de poids sur le plan politique et diplomatique : l'utilisation que font ces pays de leur argent. Ainsi l'Espagne, comme la plupart des pays européens, consacre moins de 2% de son PIB à la défense (1,4% soit 17,5 milliards de dollars en 2020 selon Eurostat). La Russie, elle, est le troisième plus gros budget de défense au niveau mondial selon Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Moscou y consacre plus de 4% de son PIB (près de 62 milliards de dollars en 2020). En outre, il possède un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et fait partie du cercle restreint des pays possédant l'arme nucléaire. C'est même le premier pays en nombre de têtes.

La richesse ne fait pas tout. L'État le plus vaste de la planète puise sa puissance des différentes ressources dont il dispose en masse et qui restent vitales pour de nombreux pays, à commencer par le gaz pour l'Europe mais surtout le blé pour d'autres régions du monde. Enfin, la Russie, puissance nucléaire, investit largement dans son industrie de la défense, à haute technologie spatiale et nucléaire Ce qui lui permet aujourd'hui d'être le troisième budget militaire de la planète ».

POURQUOI LA POPULATION RUSSE NE PEUT PAS ENCORE S'INDIGNER FACE A LA GUERRE,

Il est le plus souvent trompeur de juger du point de vue de son pays et de l'idéologie chauvine à prétention universaliste sous couvert du mot démocratie. Il faut donc essayer de se placer du point de vue, du champ de vision de l'ennemi ou surtout des populations qu'il régente. Les documentaires du Arte m'ont permis d'approcher plus précisément le point de vue nationaliste russe. Là aussi l'histoire prime comme dans toutes les guerres du passé. L'idéologie de la « défense nationale », de la « protection de la patrie », du sauvetage de « sa civilisation », ressurgit au galop. Et Poutine va s'en servir face à une menace concrète (ne relevant pas de la paranoïa), en 2005 le rapprochement de Kiev avec l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), alliance militaire créée en 1949 pour faire face à la «menace soviétique». Une nouvelle proximité impensable et insupportable pour le chef du Kremlin, qui craint, pas comme il le dit une simple menace pour la sécurité de son pays mais comme obstacle de plus à la reconquête du glacis russe ; l'argument de la « menace pour la sécurité du pays » marche en tout cas pour une immense population éduquée au « protectionnisme » nationaliste stalinien.


On glose souvent en France sur l'aspect vieillot de l'antifascisme, mais en Russie, et le temps ne fait rien à l'affaire, on n'a jamais oublié les dizaines de millions de morts sous la botte nazie. On voit un Poutine régulièrement se rendre devant les monuments au morts, discourir devant un parterre de vieux généraux en retraite la poitrine inondée de médailles, discourir avec son habituel ton patelin vis à vis du peuple russe en affirmant que seule la Russie avait permis de gagner la guerre mondiale4.

L'immobilisme de la population russe ne s'explique donc pas forcément par la censure et la terreur policière. Le peuple russes et ses satellites ont été conditionnés par près de 70 ans de situation de citadelle (faussement) communiste et assiégée. Le vieux parti stalinien, réduit à un état minuscule, comme le PCF, véhicule encore un nationalisme qui convient à Poutine et qui irradie encore dans les milieux populaires et la classe ouvrière. Le peuple a été éduqué, peut-être plus qu'en Occident à se méfier des infos manipulées de l'Ouest, certainement en oubliant les manipulations dans leur dos. Ce qui ne saurait durer lorsque le voile se déchirera, c'est aussi une des principales raisons pour laquelle Poutine misait sur une guerre éclair.

En outre, les historiens à la solde du pouvoir, comme leurs collègues européens, se chargent de rappeler que les élites ukrainiennes se sont placées du côté d'Hitler et o,nt été responsables de massacres de russes à l'époque. C'est pourquoi, même si cela nous paraît étrange et en décalage, Poutine ne dit pas n'importe quoi en parlant de « dénazifier l'Ukraine » ; l'argument n'est pas rationnel, mais il vise l'inconscient collectif. Et cela marche5. Pas pour longtemps grâce aux improvisations de Poutine.

L'ERREUR DE POUTINE RESIDE DANS LE RECOURS A UNE GUERRE CONVENTIONNELLE (mais au sens arbitraire)

Jamais on n'avait vu une puissance continentale se lancer dans une guerre extensive sans alliés de poids. Même pas une géopolitique révolue, comme le croient les experts militaires, mais une géopolitique solitaire ! La guerre de 1914 opposera de multiples alliances coalisées. Hitler signe le traité d'alliance de l'Axe avec le Japon et l'Italie en 1940, puis s'assure la neutralité naïve de Staline. Poutine s'est lancé seul dans une bataille en perdition face au monde entier, sans obtenir ni le soutien de la Chine ni de l'Inde, ni de la Turquie !

Dans l'expectative, après avoir subi l'arrogance occidentale, Poutine a choisi la guerre avec quelques suppositions favorables ; il savait que l'Otan ne pouvait pas directement envoyer des troupes pour porter secours à l'Ukraine. Il savait que la dépendance européenne au pétrole et au gaz russes ferait hésiter des pays comme l'Allemagne à imposer des sanctions lourdes (malgré son potentiel réarmement elle continue à dépendre du gaz russe...). Le plan russe était de frapper vite et fort, de décapiter le gouvernement ukrainien, d'établir un régime fantoche à Kiev et de faire le dos rond face aux sanctions occidentales. 

L’armée russe a ensuite opté pour une stratégie militaire très conventionnelle en trois temps : pilonner, rentrer, rester. En premier lieu, elle a opté pour des tirs de suppression de longue portée pour stériliser les défense ukrainienne, notamment dans sa composante aérienne. Rien que dans les premières 24 heures, près de 200 missiles avaient été tirés selon les chiffres communiqués par le Pentagone, certains depuis des sous-marins ou des navires.

Poutine avait certainement oublié la faculté des caïds ukrainiens à réveiller le nationalisme, mais, malgré leur résistance acharnée avec les fournitures militaires occidentales, ce n'est pas cette résistance qui inquiète le plus Poutine. Il continue d'ailleurs à faire bombarder sans discrimination population civile et militaires ukrainiens.

LE BOOMERANG DE LA POPULATION RUSSE...


La presse occidentale a déjà essayé de récupérer le désarroi des jeunes recrues russes avec des manchettes comme celle-ci : « Les soldats russes pleurent et se mutinent à la radio, et le monde entier peut écouter ». Aucune preuve n'a été fournie même si nous souhaitons ici de telles réactions de « démoralisation » dans l'armée envahisseuse. C'est tout simplement pour alimenter une protestation vue comme romantique et l'insérer dans l'unanimisme occidental innocent et hypocrite. Franchement jamais un camp bourgeois ne peut célébrer mutinerie de soldats autrement qu'en soumission à sa propre idéologie de classe.

Au risque de ne pas vouloir tomber dans les stéréotypes, la finalité d'une Ukraine libre, c'est quoi? Les femen ? L'antiracisme bc bg ? L'usine à PMA pour les gens de l'ouest..., des chômeurs libres ? Le secteur productif acheté et géré par les gentils patrons de l'Ouest...la vie solitaire des villes à l'européenne et la paupérisation à la campagne comme il y a 80 ans? La liberté reste un bien précieux mais pour quoi y faire? A l'Est rien de nouveau, mais à l'Ouest non plus. Pas de quoi faire rêver les milliers d'ukrainiens qui s'enfuient ni la population russe. Quand l'idéologie va-t-en guerre « sécuritaire » de l'autocrate Poutine ne suffit plus, il reste la répression.

Mardi 1er mars, près de 6 500 personnes avaient été arrêtées dans 103 villes du pays. Les participants risquent des amendes allant de 2 000 à 300 000 roubles (de 175 à 25 000 euros) et une peine de prison pouvant atteindre 30 jours. Au premier jour de l'offensive, le 24 février, les autorités avaient déjà menacé de poursuites les futurs participants à ces manifestations. Les forces de l'ordre, désormais, verrouillent les lieux de rassemblement éventuels, afin d'anticiper les regroupements prévus en soirée. Les protestations, même individuelles, sont interrompues au bout d'une poignée de minutes et les fourgons de police bondés partent tous les soirs au commissariat.

Cette guerre peut certes devenir un catalyseur de l’opposition russe, laquelle n'est aucunement révolutionnaire. L’opinion publique russe peut se désolidariser progressivement de Vladimir Poutine sous le double effet des sanctions, notamment monétaires et bancaires, et de l’augmentation des pertes militaires, mais sans envie de se laisser régenter par de nouveaux édiles bourgeois. Il s'agit toujours d'une opposition petite bourgeoisie pro-occidentale et qui ne séduit pas vraiment le prolétariat russe, lequel se sent encore plus proche de la grande Russie dite « communiste ». C'est pourquoi, car rien n'est étanche dans la propagande mondiale pour la conservation du capitalisme, on fait donner le révisionniste Courtois qui vient confondre Lénine et Poutine avec ses mensonges et amalgames... qui vont dans le sens de Poutine !

Parenthèse courtelinesque...

Lisons l'amalgame à la Courtois, l'expert en révisionnisme, wokiste avant l'heure,  :

« Et Lénine ayant instauré, le 8 novembre, le Conseil des commissaires du peuple, la Rada proclama, le 3 décembre, la République populaire d’Ukraine. Lénine réagit avec rage et violence. Il savait que si l’Ukraine échappait à son pouvoir, il perdrait le grenier à blé de l’Europe et une puissante industrie charbonnière et métallurgique. Mais surtout, en marxiste radical, il savait que la puissance du sentiment national ukrainien ferait exploser le principe de la guerre des classes qui commandait toute son action. Il annonça la couleur dès le 5 décembre: «Nous sommes aujourd’hui témoins d’un mouvement national en Ukraine et nous disons: nous sommes partisans sans réserve de la liberté totale, illimitée du peuple ukrainien. (…) Mais nous tendons une main fraternelle aux ouvriers ukrainiens et nous leur dirons: avec vous, nous lutterons contre votre bourgeoisie et contre la nôtre.» Déjà Orwell! ».

« Néanmoins, l’Ukraine participa en novembre aux premières élections organisées en Russie au suffrage universel des hommes et des femmes, qui aboutit à la formation de l’Assemblée constituante, réclamée depuis un demi-siècle tant par les démocrates que les révolutionnaires. Celle-ci, réunie à Saint-Pétersbourg le 18 janvier 1918, fut dispersée par la force dès le lendemain, sur ordre personnel de Lénine ».

Courtois a tout faux cf mon article Lénine contre Poutine... l'erreur de Lénine mais sur une autre question, l'envoi de la troupe par exemple en Pologne, fût d'avoir défendu une thèse caduque – la guerre révolutionnaire – vieille croyance marxiste déjà désuète, aboutissant à deux ans de guerre (perdue) après avoir réveillé le nationalisme polonais ! Idem à Kronstadt. Tout à fait en accord avec Poutine qui reproche à Lénine d'avoir laisser filer l'Ukraine...

Revenons à nos moutons oligarques.Le mécontentement des oligarques russes, entravés dans la conduite de leurs affaires à l’étranger et cumulant les pertes financières depuis 72 heures, est peu probable, contre les espoirs du petit Attal, car ce sont tous des laquais du régime qui les a aidé à s'enrichir par la corruption, et ils sont donc peu motivés pour « demander justice » auprès des gangsters internationaux qui se nomment démocrates.

Les sanctions européennes visent donc un mélange d’intimes de Vladimir Poutine et des hommes d’affaires réputés pour être très influents. De quoi mettre la pression sur Vladimir Poutine ? "Aucune chance, il est bien trop tard pour que cela puisse avoir un impact sur la guerre ou la détermination de Vladimir Poutine", souligne Kadri Liik, spécialiste de la politique russe au Conseil européen pour les relations internationales.

D’où l’importance pour Vladimir Poutine d’en finir au plus vite avec cette invasion. "Les corps des soldats russes morts au combat ne sont pas encore revenus en Russie, donc la population n’a pas encore pu prendre conscience du coût humain de cette guerre", rappelle Kadri Liik. L’idée qu’ils influencent la politique de Poutine est une pure fantaisie​, estime Angus Roxburgh, ancien correspondant de la BBC à Moscou, dans un article de The Guardian. Mais frapper la classe dirigeante – les membres de la Douma, du Sénat, du conseil présidentiel, dans les services de sécurité et de la télévision d’État, serait une approche plus créative et efficace

Plus le conflit traîne en longueur, plus le risque de désordre social interne sera grand pour Vladimir Poutine. Et à ce moment-là, peut-être que l’argent et le soutien des oligarques pourraient avoir un impact.

La menace nucléaire est à la fois imbécile, irréelle et krouchtchévienne. L’agression contre l’Ukraine est tout droit sortie d’une géopolitique que l’on pensait révolue. Pire, les rodomontades nucléaires du «maître du Kremlin» ressuscitent une paléontologie de guerre froide : revoilà les titans balistiques et Docteur Folamour, l’apocalypse now...

« Il faut y voir une forme d’intimidation des Ukrainiens, en premier lieu. Par l’emploi d’une arme nucléaire tactique contre l’Ukraine, Vladimir Poutine signalerait sa détermination tout en pariant sur le fait que l’OTAN n’oserait pas escalader. Faire cela isolerait davantage la Russie sur la scène internationale et ne manquerait pas d’exposer Vladimir Poutine à une fronde au sein de son état-major. C’est là un scénario improbable mais pas impossible ».

Pour le final ; je vous livre des réflexions collectées dans la presse, à lire avec des pincettes, mais qui reflètent à mon avis une bonne part de la réalité entre partisans d'une guerre longue (les bourgeois occidentaux) et d'une guerre courte (de la bourgeoisie russe affolée). La guerre n'est plus classique non plus avec la cyberguerre, même si elle se croit fondamentale, et ne remplace en rien la seule véritable opposition à la guerre, celle du prolétariat en action. Et dans le cybernétique les russes demeurent sans doute les plus forts...

SUR LE FAMEUX CONVOI MILITAIRE RUSSE DE 60 KILOMETRES

« Il semble aussi que le convoi soit arrêté du fait d'un manque criant d'essence et de ravitaillement. Une légèreté logistique qu'on retrouve sur d'autres colonnes. Des blindés venus de l'Est, par exemple, se sont retrouvés en panne d'essence sur l'autoroute de Kiev. Nombre d'unités russes sont arrivées dans le pays avec, dans leur paquetage, seulement trois jours de rations, pas plus.

Résultat, on commence à voir des soldats russes s'en prendre à des épiceries, faisant main basse, sur toutes les victuailles et bouteilles d'eau qu'ils peuvent emporter. Encore plus étrange : nombre d'unités, y compris des unités d'élite, ne communiquent entre elles qu'avec des talkies-walkies civils, parfaitement audibles par tout le monde. La petite communauté des radio-amateurs ukrainienne s'est d'ailleurs jetée sur l'aubaine, collectant du renseignement à la pelle et parfois même s'autorisant un brouillage en règle des communications de l'armée russe en pleine bataille. 

Visiblement, les forces de Vladimir Poutine n'était absolument pas prête au combat en Ukraine, comme le confirme général Dominique Trinquand, expert militaire et ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU à New York. Sur franceinfo, il précise ainsi que s'il s'agit d'une "information donnée par le Pentagone", "il est anormal qu'une colonne soit arrêtée durant plus de 48 heures, bien visible sur les images satellite. L'armée russe a toujours eu des problèmes de logistiques. Plusieurs interlocuteurs sur place expliquent que la logistique russe n'a pas progressé comme nous le pensions. Il faut également se rappeler que ces colonnes viennent de Biélorussie. L'attaque de Karkhiv est très importante : elle permet d'avoir un axe logistique qui vient directement de Russie".

C'est sans doute l'une des plus grandes surprises de la guerre entamée par la Russie en Ukraine: malgré des mois de préparation, la superpuissance de l'est est entrée dans le conflit avec un degré d'impréparation qui étonne même les plus pessimistes des analystes militaires occidentaux.

Loin du Blizkrieg sans coup férir dont Vladimir Poutine et ses généraux rêvaient sans doute, la guerre s'enlise, l'Ukraine résiste, les colonnes s'étirent et la logistique défaille.

Partout, les images ahurissantes de matériels détruits ou abandonnés, en panne d'essence ou les récits de soldats manquant de nourriture, les vidéos de simples civils bloquant le passage de blindés russes de leurs corps font de l'armée russe la sidérante (mais néanmoins encore redoutable) risée du monde.

L'un des signes les plus étonnants de ces flottements techniques peut même être entendu, en direct et sans aucun filtre, par tout un chacun: une partie des forces russes est si mal équipée qu'elle doit s'en remettre aux transmissions radio HF et aux talkies-walkies pour communiquer

Le plus fou? Une partie de ces échanges, qui peuvent parfois révéler de cruciales informations tactiques sur ceux qui les émettent ou ceux qui les reçoivent, peuvent être écoutés partout dans le monde par quiconque dispose d'une connexion Internet.

Il est sans doute plus compliqué de motiver les soldats russes que de motiver les soldats ukrainiens qui eux défendent leur terre, leurs maisons, leurs rues, leurs villages ou leurs villes. Alors que les Russes finalement sont vus comme des assaillants et comme les méchants par toute la population. Et ils ne s'attendaient sûrement pas à ça", a-t-il estimé.

"Les Ukrainiens et les Russes sont des peuples très proches. Toutes les familles russes ont des liens avec les familles ukrainiennes et inversement. Ce sont des gens qui parlent exactement la même langue. Bien souvent on parlait de deux pays mais d'un seul peuple, alors c'est sans doute difficile pour les soldats russes de voir qu'ils ne sont pas du tout bien accueillis", a-t-il poursuivi. "Et au contraire, ils sont vus comme des adversaires redoutables."

Selon le général, le moral des troupes russes "ne semble pas au plus haut". "On a un certain nombre de témoignages -même s'il faut s'en méfier en tant de guerre...

SUR LA CYBERGUERRE

Les Russes, qui sont eux-mêmes victimes de la censure du Kremlin et ne savent pas réellement ce qui se passe. Afin d’informer les citoyens russes sur ce que subit l’Ukraine, le collectif de hackers Anonymous a appelé les internautes à se servir de Google Maps. Comment? En postant des avis sur les commerces russes.

L’initiative est partie d’un internaute qui a interpellé le collectif, appelant à publier des avis afin “d’informer la population russe” sur la guerre en Ukraine. Lundi 28 février, Anonymous, qui a déjà déclaré une “cyberguerre” contre le Kremlin, a relayé la publication sur Twitter pour lui donner de la visibilité. Le but est donc simple: sélectionner un commerce en Russie, laisser un avis et donner dans la foulée des informations sur le conflit.

L'armée russe tue des civils ukrainiens. Russie, réveille-toi!”

Et l’appel a bien été entendu. Sur Google Maps, les commentaires de soutien à l’Ukraine se sont multipliés dans les avis liés aux commerces russes. “La nourriture était excellente! Malheureusement, Poutine nous a coupé l’appétit en envahissant l’Ukraine. Tenez tête à votre dictateur, arrêtez de tuer des innocents! Votre gouvernement vous ment. Levez-vous!” peut-on notamment lire. “L’homme qui prétend être le maître de la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine indépendante. Depuis le début de la guerre, l’armée russe tue des civils ukrainiens. Russie, réveille-toi, est-il écrit dans les avis de l'un des Burger King de Moscou.

Afin d’informer les citoyens russes sur ce qui se passe vraiment en Ukraine, le collectif de hackers Anonymous a appelé les internautes à se servir de Google Maps.

Tous les moyens sont bons pour contourner la censure. Depuis six jours qu’a débuté l’invasion russe en Ukraine, tous les regards sont tournés vers l’Est et scrutent l’évolution de la situation. Tous, sauf les Russes, qui sont eux-mêmes victimes de la censure du Kremlin et ne savent pas réellement ce qui se passe. Afin d’informer les citoyens russes sur ce que subit l’Ukraine, le collectif de hackers Anonymous a appelé les internautes à se servir de Google Maps. Comment? En postant des avis sur les commerces russes.

L’initiative est partie d’un internaute qui a interpellé le collectif, appelant à publier des avis afin “d’informer la population russe” sur la guerre en Ukraine. Lundi 28 février, Anonymous, qui a déjà déclaré une “cyberguerre” contre le Kremlin, a relayé la publication sur Twitter pour lui donner de la visibilité. Le but est donc simple: sélectionner un commerce en Russie, laisser un avis et donner dans la foulée des informations sur le conflit.

“Impliquez-vous: trouvez un magasin/café/restaurant au hasard en Russie dans une grande ville sur Google Maps et écrivez dans l’avis ce qui se passe réellement en Ukraine. Merci de diffuser l’idée”, écrit l’internaute. “Bonne idée. Tous ceux qui voient ce tweet, faites-le. Faisons passer le mot”, relance Anonymous.

Selon plusieurs médias, dont BFMTV, les commentaires étaient légion il y a quelques heures, mais ce mardi en milieu de soirée, ils semblaient plus difficiles à trouver, indiquant que la plupart ont dû être supprimés.

D’autres internautes encore ont utilisé ce service pour faire parvenir des photos du conflit jusqu’aux Russes en les téléchargeant dans les galeries photos des monuments du pays. Selon Vice, on peut voir des clichés de civils blessés, de soldats russes capturés en Ukraine en cliquant sur les aperçus des galeries photo des emplacements populaires moscovites. Une fois encore, les exemples de photos donnés par Vice et illustrés par capture d’écran, ne sont plus visibles sur Google Maps ce mardi soir.

Poutine lui avec son Roskomnadzor, le service de régulation des médias a fait bloquer ou limité l’accès à la couverture médiatique étrangère de la guerre en Ukraine, y compris Facebook et Twitter. Ainsi a été donné l’ordre aux médias nationaux d’effacer toutes les allusions aux civils tués par les forces russes, blacklistant également les termes “invasion”, “offensive” et “déclaration de guerre”.

“Nous soulignons que seules les sources officielles russes disposent d’informations actuelles et fiables”, a indiqué Roskomnadzor dans un communiqué, alors qu’officiellement Moscou appelle son intervention en Ukraine une “opération militaire spéciale” destinée au “maintien de la paix”.

On se félicite cet apm de ce qu'une délégation de négociateurs russes est prête à poursuivre mercredi 2 mars des pourparlers avec des représentants de Kiev, a indiqué le porte-parole du Kremlin, près d'une semaine après le début de l'invasion russe du pays.

Hé hé, mais le camp impérialiste occidental n'a pas plus d'intérêt au fond que la guerre dure !

Le boomerang peut frapper de quel côté, l'un ou les deux ?



NOTES

1 La soi-disant « révolution orange », violemment réprimée par les forces de l’ordre (plus de 80 morts et près de 2 000 blessés), conduit à la chute du président fantoche pro-russe, le 22 février 2014. Vladimir Poutine profite du conflit pour annexer la Crimée, une péninsule stratégiquement importante sur la mer Noire. La population locale approuve ce rattachement à la Russie à une écrasante majorité (plus de 96 %) à l’issue d’un référendum condamné par la bourgeoise communauté internationale, en totale contradiction avec ses idéaux démocratiques surtout quand une consultation populaire ne s'incline pas devant ses exigences. Les premiers combats éclatent lorsqu’une partie des provinces de Donetsk et de Lougansk, dans le Donbass ukrainien, lesquelles s’autoproclament «républiques populaires» après des référendums jugés eux aussi illégaux.

  • 2Des milliers de soldats ukrainiens et russes ont été tués dans cette guerre : l'Ukraine ne communique pas encore sur ses pertes militaires, mais assure avoir tué près de 5000 soldats russes.

  • Selon le ministère de la santé ukrainien, 352 civils, dont 14 enfants, sont morts depuis le début de l’invasion russe. Au moins 11 personnes ont été tuées à Kharkiv.

  • L'ONU dresse le bilan provisoire des pertes civiles dans la guerre en Ukraine : 102 morts dont 7 enfants et 304 blessés mais les chiffres réels sont "considérablement" plus élevés, selon l'ONU.

  • Près de 500 000 Ukrainiens se sont réfugiés dans les pays frontaliers selon l'ONU, plus de 280 000 personnes sont accueillies par la Pologne.

3 Légion internationale ? Parmi eux, on trouve d’anciens légionnaires et des militants de groupes identitaires prônant une violence radicale. Ceux-là ne s’affichent pas sur des conversations internet ouvertes au grand public. Certains connaissent bien l’Ukraine. L’un d’eux, ayant autrefois servi dans la «108e brigade bosniaque» dans les années 1992-1993, s’est retrouvé formateur en Ukraine de mercenaires ayant pris part à la révolution de la place Maïdan, à Kiev, en 2014. Ce putsch qui a conduit à la destitution de Ianoukovitch, le président ukrainien prorusse.

4Ce qui est faux, sans le prêt bail US et les tanks américains repeints aux couleurs de l'URSS, Staline aurait fini pendu. Néanmoins on peut s'interroger sur la longue absence américaine pendant quatre années laissant Hitler assassiner des millions de prolétaires russes et juifs du pays qui avait le plus effrayé la bourgeoisie mondiale et arrêté me premier holocauste impérialiste de 1914 !

5Pour justifier l'« opération militaire », les médias officiels reprennent la communication du Kremlin présentant l'Ukraine comme un pays aux mains de néonazis responsables d'un génocide et contrôlés par l'Occident.

« À Saint-Pétersbourg, les médias n’utilisent jamais le mot d’invasion, ils parlent d’opération militaire », explique à Marianne Franck, jeune étudiant français installé à Saint-Pétersbourg depuis 3 mois. L'expression est partout, des titres des grands médias russes aux élements de langage utilisés par les différents journalistes ou présentateurs des chaînes inféodées au pouvoir. Lundi 28 février, le président Vyacheslav Volodin a approuvé une proposition de loi visant à punir les « mensonges » sur les actions des troupes russes. Dans son article sur « Ce qui se passe en Ukraine », publié le 24 février, le correspondant du tabloïd populaire Komsomolskaïa Pravda (KP) commence ainsi par expliquer pourquoi cette intervention est une opération spéciale et non une guerre. Il n’est pas question « d’occuper le territoire de l’Ukraine » mais de « protéger la population civile du Donbass », poursuit le journaliste.