"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 25 décembre 2018

QUAND LES FLICS SE COMPORTENT COMME DES VOYOUS

LE GOUVERNEMENT LEUR A DEMANDE DE "TAPER FORT" pas encore de tuer
Pierre Hempel dubitatif sur la vanité policière
Interview de notre grand spécialiste des mouvements sociaux, syndicaux et radicaux, des apaches de la presse et des médias en général, de l'anarchisme et du gauchisme, du capitalisme et du communisme, de la connerie et de son arrogance, etc. Pierre Hempel.

Jean-Louis Roche : Je tenais à avoir ton analyse de l'étape actuelle de la grande représentation théâtrale du mouvement des Gilets Jaunes à un moment où l'hystérie sécuritaire et la moralisation par l'élite d'une France menacée soudain par un prétendu regain d'antisémitisme, ou plutôt une insistance générale des médias aux ordres pour instiller que les gilets jaunes ne seraient finalement manipulés que par l'ultra droite. C'est d'ailleurs pourquoi, hier lundi, j'ai laissé ma TV éteinte parce que dès le matin ils passaient en boucle la " terrible agression de trois malheureux flics à moto" au coin du Fouquet's ainsi qu'une brave dame importunée dans le métro par une paire de tarés antisémites. Cette énième tentative autoritaire et « pédagogique » de réduire l'incendie social me sembla tellement navrante de mauvaise foi que je ne pus supporter plus longtemps la servilité de la plupart des journalistes à un despote pourtant complètement discrédité. Sur LCI, sur France infos, on pouvait lire dans la bande discontinue et subliminale : « Trop de dérives pour durer ? » ou « Est-ce la dérive de trop ? ». J'ai trouvé aussi que la victimologie réservée par tous ces plumitifs en cravate aux seuls flics blessés ou en danger était un peu fort le café compte tenu des nombreuses exactions des flics toutes catégories confondues contre ceux qu'ils n'appellent même pas citoyens mais « gilets jaunes », comme hier on les nommait « sans culotte » ou « bolcheviques ».

Pierre Hempel : Je comprends parfaitement ton indignation mais tu ne vas pas me faire croire que tu es surpris par cette nouvelle hystérie des obligés de la corruption étatique ? Ils avaient tenté le coup lors de l'acte II à l'Arc de triomphe, si je me souviens bien, où on attendait un Macron dans la pose du sauveur gaullien contre le chaos, mais qui s'était traduit en fuite éperdue au milieu des sifflets en plein quartier bourgeois pourtant. Les deux gourdins utilisés par les médias serviles depuis dimanche, la Shoah punitive comme la victimologie pour trois flics provocateurs n'ont pas abusé la grande masse des spectateurs ni ceux que l'on traite avec mépris de « gilets jaunes »; traite-t-on journaleux et godillots macroniens de « costard-cravate » ?

JLR : l'image la plus passée en boucle ne pouvait être l'épisode pricrocholin d'une petite mémé dans je ne sais quelle station de métro se dressant vigoureusement contre trois crétins, dont la version fût si multiple et variée qu'on peut tout aussi bien l'avoir inventée, mais cette « grande violence » (dixit E. Philippe) de trois flics à moto pris en chasse par une « horde » de sauvages gilets jaunes. Désolé mais on a vu bien pire, des centaines de brutalisations physiques par les flics contre des manfestants sans armes que leurs mains ! J'avoue que je suis très fluctuant sur la police, je peux être indigné qu'on assassine un policier, heureux qu'ils abattent un taré terroriste, mais mon jugement a complètement basculé depuis ce que je les vois faire depuis plus d'un mois, quelle bande de salopards ! Et cette utilisation hors de proportion d'un antisémitisme supposé généralisé à cause des gilets jaunes dont s'est ému le premier ministre, « [de] gestes antisémites » et d’« un simulacre de décapitation du chef de l’Etat ». « Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales ».

PH : Attention, nous fluctuons tous suivant que les flics sont bons pompiers ou incendiaires cyniques. Nous savons tous que le recrutement prioritaire, du point de vue efficacité dans la répression – et ce n'est pas nouveau en histoire – consiste à embaucher dans la racaille en banlieue. Vois les tronches de la plupart des CRS jeunes. Ils n'attendent que ça cogner ; ils se sont formé naturellement par eux-mêmes, cela allège les coûts des stages de formation de la CRS nationale. Par contre les CRS plus vieux, pères de famille, qui ont peut-être un de leurs enfants parmi les protestataires ou un beau-frère, on ne les voit pas s'acharner sur des femmes à terre (ce qu'un CRS islamiste peut pratiquer sans remords). Les planqués de la BAC sont très zélés en civil et avec un casque, sans même le brassard police de leur pote Benalla, pour alpaguer par derrière les manifestants les moins épais. Mais attention de ne pas généraliser, je te signale que je suis en train de lire un ouvrage - « Désobéir » des flics sous l'occupation (de Limore Yagil, ed nouveau monde ) - qui décrit comment nombre de flics ont été assez dignes pour ne pas collaborer avec les nazis.
Je t'ai déjà démontré dans un entretien précédent que je ne crois pas à une révolution khmer rouge ni à la nécessité de nouveaux goulags. Pourquoi ? Parce que les masses de citoyens, y compris en uniforme, ne veulent plus de bain de sang ou de guillotine ; cette dernière est d'ailleurs le symbole le plus crétin du mouvement par des incultes en histoire . Quoique la référence à la révolution française ne soit pas dûe aux quelques ignares qui s'en prétendent les successeurs. Il est évident que l'école ultra-réactionnaire des Courtois et Boulouque (hyper invité à la TV) sert de contre-feu pour évite de s'inspirer de la révolution russe de 1917. La chute de l'Union soviétique est la toile de fond évidemment de cet évitement pour en revenir à une véritable révolution moderne et autrement plus dangereuse pour le capitalisme ; une révolution qui a arrêté la Première Guerre mondiale et qui s'en est pris avant tout aux institutions et pas aux individus. Le « gilet jaune » moyen en se référant à 1789 est par conséquent comme un sans-culotte moyen, il ne fait pas référence à des classes sociales, ni même à la classe ouvrière qui à l'époque était quasi inexistante. Comme de plus on nous a seriné depuis une quarantaine d'années que la classe ouvrière n'existait plus, ou en tout cas qu'elle ne recouvrait plus qu'une minorité, une couche de six millions de personnes, alors banco roulons pour cet euphémisme « couche moyenne » !
Une porte-parole gilet jaune a très bien détruit l'hypocrisie des journaleux de télé concernant la prétendue arme de Eric Drouet ainsi que le racisme et la violence éperdue prêtés aux manifestants1, ce qui fait que le lendemain, ce jour, les rodomontades du premier commis avaient fondu comme neige au soleil. A chaque fois le mouvement gagne encore la bataille des images malgré les pires, ou les plus grossières roueries du système et de ses médias.

Mais, après cet aparté, permets moi de revenir à la question de la répression policière. Sur les réseaux, nos internautes sans mémoire et plein de haine ont recours finalement aux mêmes stupides amalgames que ceux du gouvernement : ce serait une dictature nazie ou en passe de le devenir! Ce n'est pas vrai, ni de près ni de loin, faut pas déconner. Le gouvernement a autorisé bien sûr des tabassages inqualifiables à ses cognes contre des manifestants pacifiques et désarmés. Mais en couvrant autant de centaines mutilations et dommages irréversibles sur les têtes, s'il peut arguer sans honte « défendre les manifestants » et éviter les morts, il n'échappe pas à la vindicte, pour le coup populaire, face à la réalité des photos et vidéos des nombreux tabassages, qu'on ne voit surtout pas sur les « chaînes » mais que la population entière peut visionner sur les réseaux. L'innovation technique se retourne contre le système. Nul doute que si nous avions eu de telles preuves formelles en 1968 nous eussions pris les armes. Il faut par conséquent le noter, jamais on n'aurait osé faire appel aux armes à l'époque autant qu'aujourd'hui ; les appels sont surtout le fait d'excités, d'enragés, mais expriment tout de même un point de non retour, une haine sur la personne de Macron et qui ne s'éteindra qu'avec son départ. L'appel aux armes a été particulièrement réitéré au moment de l'arrestation du jeune routier Eric Drouet, avec pléthore de déclarations d'amour sur facebook. Il ne faut pas toucher aux symboles considérés comme purs. L'arrestation subite de Eric a d'ailleurs été considérée comme une connerie dans les cercles du pouvoir. Il a d'alleurs été relâché le lendemain avec un motif d'inculpation minable. Par contre, de très dures sanctions tombent sur les anonymes et cela passe à l'as ; deux jeteurs de pierres sur les CRS dans l'Est ont été condamnés à un an de prison ferme ! Quand Benalla court toujours ou que les tueurs de femmes sont laissés en liberté.
L'élite bourgeoise a eu une sacrée trouille, il paraît que lors de l'acte II, (le projet d'envahir l'Elysée), un hélicoptère avait été afretté au cas où il aurait fallu exfiltrer le petit marquis de la finance en vitesse. Mais la plus grande peur, peut-être est-ce que j'exagère, a été selon moi la trouille que les masses de policiers mettent casques à bas et crosse en l'air !
JLR : non tu n'exagères pas, je le pense aussi, c'est pourquoi il a lâché aussi rapidement la prime. Mais est-ce que tu ne crois pas plutôt parce que les conseillers de Macro avaient peur que les flics « se laissent aller » à tirer dans le tas et à violer comme ils l'ont fait en 1848 ?

PH : Pas du tout, tu es un peu cinglé ! On n'est plus au dix-neuvième siècle ! Et je ne crois pas que c'était pour ménager la « fatigue » et atténuer le ras le bol des heures sup non payées, qu'ils ont allégé le nombre du troupeau pour le sixième acte. Ils pens aient sérieusement que le mouvement était sur son déclin et qu'il serait facile de ridiculiser un nombre réduit de manifestants face aux caméras du monde entier. Or, pas de pot, au pas de course les quelques centaines de gilets en jaune ont ridiculisé le nombre pourtant encore légèrement supérieurs de policiers. Cette humiliation, ils ont tenté de s'en venger avec l'utilisation de la riposte contre trois motards provocateurs. J'y viendrai par après. Ce qu'il importe de souligner est que la police « démocratique » dans un pays « parlementaire » ne peut pas se permettre de tirer dans le tas comme la police tsariste jadis ou les escouades de nazis. Pas simplement parce que cela ne s'est jamais produit ainsi, ou de façon limitée sous le gouvernement Blum ou en 1947 face aux mineurs mais massivement dans les colonies à Madagascar et en Algérie, mais parce que les « fonctionaires » policiers ne sont plus majoritairement des fils de ploucs sans foi ni loi comme les képis du dix neuvième siècle. Ils viennent pour la plupart de la classe ouvrière et ont gardé des liens familiaux étroits avec la population qu'ils fréquentent plus que les ghettos des riches. D'une certaine façon, peut-être plus que la fonction de préservation des intérêts bourgeois, leurs fonctions de protection de la population contre le lumpen prolétariat, des femmes battues (mais c'est relatif), de surveillance des écoles, de tempérance des conflits de voisinage, de surveillance de la circulation automobile, ils sont sans tous s'en rendre compte une filière de « fonctionnaires » de la classe ouvrière, avec des syndicats pour les augmentations de salaire, pour les mutations, concernant les abus de la hiérarchie. Ce n'est plus l'armée Barbare de Napoléon ou de Thiers. Par conséquent si la minorité gouvernante, au profit de la minorité enrichie par l'exploitation des prolétaires producteurs, leur demande de tirer dans le tas, malgré la capacité servile et cynique d'une minorité, il y a tous les risques que les fusils se retournent rapidement contre les commandiatires. Ne parlons pas de la composition de l'armée où les fils de prolétaires sont en majorité écrasante et totalement impropres à une guerre civile, comme l'a reconnu un député bourgeois.

JLR : Tout cela me fait marrer quand je pense au NPA qui ne cesse par avec les bobos parisiens à chaque défilé pour la sœur d'Adama Traoré de crier « dissolution de la police ». En ce moment ils ne crient plus ce slogan idiot, ils sont si silencieux aux côtés de leur concurrents ouvriéristes de LO finalement, si compréhensifs envers cet ordre « antiraciste » et « immigrationniste » contre les méchants fachos qui contrôlent les gilets jaunes. Mais je voudrais aborder les interprétations de cette images des flics à moto assaillis soudainement par es manifestants qu'on dirait venus d'on ne sait où, et qui, d'abord, m'avait choqué aussi.

PH : Oh il y a sur le web tant d'exactions bien plus choquantes des flics ! Ce qui m'importe de surligner c'est ça : On n'a pas le droit de se défendre face à la violence des flics en république « démocratique », tant qu'ils ne tuent pas massivement ? Il faut prendre les coups, se laisser crever un œil par des armes « légalement autorisées » par les gentils démocrates qui nous exploitent et se moquent de nous. J'ai bien ri quand j'ai appris que des députés godillots avaient eu la vitrine de leurs permanences pétées ! L'un surtout parce qu'il s'appelle « Chiche », ce qui est un appel à la casse, non ?
Concernant cet épisode qui a été traité au niveau d'un attentat terroriste par les médias, qui a motivé
de longues séquences d 'éducation au pacifisme par tous les journalistes, qui ne vont pas risquer de perdre leur place et fonction pour de vulgaires « gilets jaunes », le trucage a consisté en boucle à faire défiler le simple assault des flics, sans montrer aucunement comment ces mêmes flics avaient provoqué.
Le journal Libération a fort bien décrypté l'épisode qui n'est pas à l'honneur de la police, qui prouve que certains sont prêts à « tirer dans le tas » avec leur revolver « démocratique ». Ce sont ces zélés motards qui ont jetés leur petites bombes en direction de lointains manifestants, plutôt clairsemés et qui marchaient tranquillement. Interrogation : ne doit-on pas y voir d'abord une manifestation d'incompétence ? La fonction des motards n'est pas de lancer grenades lacrymogènes ni bombes assourissantes, ou alors ils font double emploi avec les CRS et gendarmes mobiles ? Deux, voire trois motos pour barrer une partie d'un long cortège ne peuvent prétendre imressionner les manifestants. Pour cela il faut une rangée de CRS, protégés par des camions et une autre rangée de CRS, et ces mêmes CRS se mettent à canarder sur ordre seulement si un danger immédiat est manifeste. Or pour qui se sont pris les trois clowns qui ont été contraints de s'enfuir à bride abattue ? Pour des braves qui se verraient bien récompensés d'une médaille par le pâtelin Castaner ? Je dois dire que Castaner s'en sort plutôt bien avec son long pardessus gris, col relevé ; un ministre de l'Intérieur doit faire au moins un mètre quatre vingt cinq et sans embonpoint ; on aurait eu du mal à imaginer le petit vieux ratatiné de Lyon venir prêcher le « rétablissement de l'ordre » ; le mignon Griveaux s'en sort bien aussi dans l'humilité ; le premier commis de droite fait sérieux mais n'incline ni à l'empathie ni à l'antipathie, il est quelconque. Ce sont tous de bons commis d'Etat bourgeois mais le problème c'est leur caïd, complètement démonétisé.
La scène donc des « violences volontaires commises contre des agents de police » a été sérieusement caviardée en boucle au point que l'image de victimologie policière a été sérieusement ébranlée pour le public. Le bourgeois Le Monde s'en est ému, je te lis :

« Plus que les faits eux-mêmes, vos questions concernent la diffusion de ces images: «Pourquoi le début de la vidéo des motards agressés sur les Champs-Elysées a été diffusé tronquée au début (et à la fin)?», nous demande ainsi Nicolas. «Les chaînes d’information ont-elles menti en raccourcissant cette séquence?», questionne Thierry. «Comment se fait-il que l’ensemble de la presse TV et papier ne montre qu’une partie de la vidéo d’hier soir sur les violences des manifestants à Paris envers quelques policiers en moto?», nous interroge Niko.
« Pour mieux comprendre cette affaire, il faut reconstituer la chronologie de la diffusion de ces images. Deux journalistes différents ont tourné les vidéos qui ont été le plus partagées, à la fois sur les réseaux sociaux et dans les médias: Stéphanie Roy et Clément Lanot. Tous deux publient une première vidéo de quelques secondes à 17h29. Dans un cas comme dans l’autre, on ne voit que le passage le plus violent de l’affrontement entre les quatre motards de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de Paris, et les manifestants. Dont les images du policier qui sort son arme à feu. Ainsi, comme CheckNews a pu le vérifier, BFM TV a par exemple diffusé des images de la scène dès 18h45, où l’on ne voit que les policiers être attaqués. Mais à partir de 22h33, la chaîne diffuse un reportage avec une séquence plus longue qui comprend le moment où les policiers jettent des projectiles (des images qui semblent correspondre à celles tournées par Stéphanie Roy) avant d’être chargés par la foule ».
Ce sont les détonations des grenades explosives des deux zélés flics qui ont attiré la foule, c'est classique dans toute manifestation, sauf que les trois idiots se sont trouvés cons. Je te lis le passage de Libération :
« Un déroulé qui colle avec celui donné par l’autre journaliste, Clément Lanot, au Parisien. Selon lui, la situation était déjà «très tendue» à ce croisement avant l’affrontement. «Il y avait eu des tirs de lacrymos juste avant, c’est pour ça que je me suis dirigé dans cette direction. J’ai alors vu ces motards prendre position au bout de l’avenue Georges-V, comme pour bloquer d’éventuels manifestants qui désireraient sortir du cortège. C’était un peu ridicule vu leur nombre. J’ai senti que ça allait mal se passer. Ça ne se voit pas à l’image, mais il n’y avait pas que des gilets jaunes, derrière moi, il y avait des individus cagoulés, vêtus de noir».
Les images de policiers à moto pris à partie par des «gilets jaunes» à Paris, samedi, ont choqué et soulevé de nombreuses questions sur les raisons et le déroulé de cette scène. Mensonge garanti avec le sous-ministre Nunez sur BFM-Flic le soir même : «Un policier sort effectivement son arme en protection de ses collègues, il n'en fait pas usage, il protège ses collègues pour faire reculer les assaillants». Non le zélé flic veut protéger sa peau. La risquait-il ? Il la faisait risquer aux manifestants oui ! Et si un lynchage avait débuté, je ne doute pas que des gilets jaunes, comme à l'arc de triomphe, auraient empêché le massacre. Et je lis ce que tu n'as entendu sur BFM ni chez ses concurrents en servilité étatique, l'avis des pigistes de terrain :


Une provocation inutile, selon plusieurs commentaires 2.


JLR : Enfin pour terminer, car je ne veux pas abuser de ton temps de libre prolétaire qui se fiche de jouer au citoyen libre, peux-tu nous dire ce que tu penses de « L'affaire du siècle » ?

PH : Ah oui. Très drôle ! En moins d'une semaine, plus d'1,6 million de personnes ont signé en ligne un texte pour soutenir un recours en justice contre l'État français. Un moyen de dénoncer "l'inaction climatique du gouvernement"."L'affaire du siècle", relayée par des célébrités, est désormais la pétition la plus signée de l'histoire de France. Le texte a recueilli plus d'1,6 million de signatures en moins d'une semaine. Selon l'une de ses initiatrices, Marie Toussaint, son succès n'est pas surprenant. "Pendant longtemps ça a été théorique le changement climatique, on le savait, on le voyait sur d'autres territoires très lointains et tout d'un coup ça rentre dans notre vie personnelle ». Je lis une compréhension très immédiate immédiatement qui a « fait réagir le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. "Je partage cette impatience, je comprends cette impatience qui est exprimée (...) nous ne pouvons plus nous contenter de signer des accords internationaux, il faut agir ici et maintenant", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter jeudi 20 décembre. Les ONG attendent désormais un engagement fort de l'État avant d'enclencher leur action en justice. En France, depuis 2016, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter ». J'ai beaucoup ri en prenant connaissance de ce remake de la pétition de Priscilla contre les taxes. J'ai pensé à la manif gaulliste de 68 sur les Champs. Voilà un autre petit complot minable du gouvernement dans la guerre des images. Il commandite une pétition tordue, qui semble le culpabiliser comme responsable (ce qui fait que autant de gilets jaunes ont pu signer) de la négligence du changement climatique (pitié ne plus utiliser « taxe carbone »), laquelle recueille bien plus de signatures nunuches écolos que la pétition qui a lancé les gilets jaunes... et le tour est joué. On prépare le retour du prétexte à payer des taxes « climatiques » ! Bof, ils auraient pu avoir un million de signatures que nous ririons plus encore.

JLR : merci de tes réponses. Elles me conviennent et je les partage.



NOTES

laeticia dewalle

2Selon la version la plus grossière d'une syndicaliste policière, cela donne : « le policier aurait pu utiliser son arme puisqu'il se trouvait en position de légitime défense. Selon Linda Kebbab, les motards ont été aperçus par la foule qui poursuivait les CRS. Les fonctionnaires ont alors fait usage de leurs grenades de désencerclement pour tenter de se ménager une possibilité de fuite. "En vain", déplore-t-elle. "Ils sont agressés. Quand on sait que des lynchages à mort de 10 contre 1 font régulièrement la Une, aisé de comprendre ce qui serait arrivé aux policiers s'il n'étaient pas parvenus à fuir." Pauvre tartuffe !
Seul LE HUFFPOST est honnête : « En effet, après que les images de l'agression ont été diffusées, de nombreux manifestants avaient rétorqué que les membres des forces de l'ordre avaient auparavant fait usage de leurs grenades, et ce en direction d'une foule pacifique. Les images dévoilées ce jour n'en dévoilent guère plus quant à la réalité de la menace subie par les fonctionnaires ».


dimanche 23 décembre 2018

L'ultra droite contrôle-t-elle les gilets jaunes ?


Dérives policières antisémites?
« Les gilets jaunes sont des gens qui ne savent pas manifester ».
Journaliste syndiqué

UN MOUVEMENT EN BAISSE OU EN MODE VEILLE ?

C'est un bonheur que la principale initiatrice du mouvement, Priscilla, même si elle est auto-entrepreneuse et résolument dans une croyance réformiste du système capitaliste, soit une jeune femme noire. Comme restera inoubliable la transparance de Eric Drouet, filmant clandestinement l'entrevue avec le ministre Rugy, fichant ainsi en l'air les milliers de rencontres secrètes entre « partenaires sociaux ».
Au lendemain de l'acte VI du mouvement, certes caractérisé par un nombre décroissant de manifestants, la bataille des images a été encore gagnée samedi dernier par des gilets jaunes « Robin des bois ». Le gouvernement avait fait passer les consignes : éviter de faire de l'info en continu, se rendant compte, après Monsieur Toulemonde, que l'info en continu popularise en continu l'intérêt des millions de téléspectateurs si las de la nullité des programmes TV. Au moins avec les gilets jaunes il y a du sport, on peut même couper le son des larbins de l'Etat qui crachent de manière discontinue sur un spectacle d'affrontements où les gens rient et se tapent sur l'épaule.
L'Etat et sa police se sont fait rouler proprement dans la farine en attendant les gilets jaunes en cette puante ville de Versailles et aux Champs. La suite fit rire la France entière. Deux centaines de gilets jaunes juchés sur la butte Montmartre et c'était déjà un coucou assuré au monde entier. Les merdias étaient eux-mêmes interloqués. On en apercevait certains en train de revêtir la pelisse jaune, preuve de plus qu'il est possible de berner les flics en la gardant dans sa poche pour ne la ressortir que sur le lieu de manifestation. A répression de bourriques, stratégie intelligente. Des floppées de manifs charentaises de la CGT, Bastille/République, étaient ridiculisées par cette manifestation sautillante, spontanée, imprévisible où à peine une centaine de personnes, riant, inquiétèrent au plus haut point les sommets de l'Etat quand 300.000 moutons CGT ne sortent jamais un Préfet de son ronflement dominical. Moche pour les gauchistes et les ultra-gauchistes du CCI : « La manifestation de rue est devenue symboliquement le lieu d'expression de la petite classe moyenne »1. On trouva plus tard un moyen d'exorciser ce foutage de gueule depuis cette horrible Eglise bâtie sur les communards massacrés par une focale sur une poignée d'abrutis d'ultra droite d'opérette.

Séquence suivante : des gendarmes, comme dans un film de de Funès, lourdement handicapés par leur équipement, coururent à perdre haleine (et boucliers) dans de petites rues de Paris après des manifestants joggeurs. Longtemps il leur fut impossible de parquer comme les fois précédentes les groupes de manifestants qui se déployaient en plusieurs endroits de la capitale. Ils étaient certainement plus de huit cent, et confirmaient que queqlues centaines de protestataires peuvent affoler l'Etat, qui avait d'ailleurs réduit considérablement le nombre de ses soudards, pour ne pas les pousser eux aussi à la "sédition" mais aussi conscient que les gilets seraient moins nombreux de fait; ils ont besoin d'autant de repose que les cognes avant de redéployer le mouvement en ordre de bataille ample et toujours débordante du pitoyable cadre institutionnel politique, syndical et municipal..
La soirée eût un aspect surréaliste. Malgré un très petit nombre de personnes vêtues de jaune, les Champs Elysées étaient en émoi, quoique sans casse, avec des poignées de gilets narguant les flics, tapant sur les bagnoles des riches, se faufilant sur les trottoirs entre les touristes riches.
Comment était-il possible que l'Etat se laisse autant ridiculiser par cette queue de gilets jaunes ? Comme qui dirait une queue de grève sans fin.

Dès le matin, de façon ponctuelle les merdias avaient tenté de traiter sur sujet comme un fait divers, mais l'audimat est cruel, la chaîne qui se faisait si zélée pour le pouvoir voyait automatiquement ses courbes d'audience chuter. Sur BFM, Bruno Jeudi pontifiait avec sa petite cravate : « … il y a en effet très peu de monde, cela sent la fin... ». Sur LCI, un autre encravaté enchaîné au pouvoir reprochait à un jeune gilet jaune, d''origine maghrébine, de vouloir faire partir les riches en supprimant l'ISF. Mais le jeune homme, Idir Ghanes, détruisait aussitôt presque de façon marxiste la plainte du larbin : « … oui je suis pour la répartition des richesses... écoutez lorsque l'on fait grève, ils se plaignent de leurs pertes financières énormes... donc ils nous volent parce que c'est nous qui produisons leur richesse ! ». Le journaliste de pleurnicher : « … mais les sociétés vont être en faillite ». Le gilet jaune faisait montre d'un calme imperturbable qui impressionna le journaliste le plus chevronné du plateau. Sur BFM, l'encravaté Jeudi perdait de sa superbe : « c'est compliqué » (la formule fourre-tout à la mode même sur les stades de football). Il en rajoutait une couche pour souligner que son attitude n'était pas compliquée non plus : « C'est organisé... ils sont divisés et inconséquents car le président a répondu à leurs demandes ».
On entrevoyait les premiers manifestants ajustant lunettes de protection et masque de papier. BFM tentait de racheter son larbinage coutumier en proposant un reportage sur un couple lambda tabassé dans une pizzeria.
Vers 12H30, les premières bagarres commençaient. Toutes les chaînes arboraient leur référent LREM. Je coupais systématiquement le son à l'apparition de chacun de ces godillots, aussi lamentables avec leur nouveau « jevousaicompris » qu'ils étaient odieux hier avec leur « jevousexplique ». Retour sur BFM qui, pour une fois, donne une approximation du bon écho du mouvement à l'international.
Sur Cnews, le pseudo historien flic et haineux Boulouque sert toujours de dame pipi : « il faut le reconnaître, il n'y a pas grand monde. Quelques dizaines de personnes, surtout des royalistes et des gens d'extrême gauche avec qui ils sympathisent ». C'est grossier comme toujours avec cet ami des pires réacs de l'Université. Le journaliste assis à côté est toujours effaré : « on ne sait pas où ils se dirigent ».

Dans la soirée les médiacrates repasseront en boucle l'agression de deux motards de la police à un coin des Champs, image violente avec une tentative de lynchage des policiers comme il y en a eu tant (et dont je sais que nombre de policiers déplorent que les médiacrates ne le montrent guère)2. On pouvait alors raisonnablement penser que, avec l'arrestation de Eric Drouet3, le ton était donné pour le bilan au lendemain.

LA CHARGE MORALISTE contrariée contre des « gilets jaunes à la dérive »

Dès le dimanche matin, il n'était plus question que de la faillite des gilets jaunes, définitivement corrompus par trois événements mortels :
  • une violence inouïe contre deux ou trois malheureux motards,
  • un chant antisémite sur la Butte montmartre
  • une effigie de Macron guillotinée avec du sang de vache pour faire plus mieux.

C'est sur LCI que cette campagne typiquement « complotiste » de l'Etat, dans la fureur et son affolement d'avoir encore perdu la bataille des images la veille, fut refroidi par d'étonnants éditorialistes de gauche et de droite pourtant, mais hommes intelligents et honnêtes.

Un éditorialiste, Arnaud Benedetti, réfuta l'amalgame de tout le mouvement aux « opportunismes qui se sont greffés » sur lui ; « pas de rendu objectif de la violence dans vos reportages, on ne se fixe que sur ce cas déplorable ce coup-ci ». Un étonnant éditorialiste de l'Huma (que je combats pourtant) fut très bon, désarçonnant la journaliste animatrice de plateau : « la violence est des deux côtés et du côté du gouvernement il y a toujours un mépris et une arrogance qui étaient devenus insupportables ». Jamet fut ancore meilleur : « OK avec Le Hyaric, le gouvernement ne cesse de dire qu'il y a eu dix morts, mais ce ne sont pas des morts dans des affrontements mais hélas que des accidents ». Benedetti se hasarda à déclarer, à la manière du faussaire Boulouque, que sur les ronds-points extrême droite et extrême gauche ont fraternisé. Une femme éditorialiste à un autre journal le recadre justement : « c'est faux, il n'y a qu'à Paris... et encore c'était plutôt dans le combat mêlé contre les forces de police ».
Sur LCI, un spécialiste est fortement culpabilisé par le flic de service et la journaliste meneuse de jeu (sic!). Il avait osé déclarer : « La force des gilets les jaunes, ils la tiennent de l'accumulation d'humiliations de la lutte contre les retraites et de la façon dont la grève SNCF a été ridiculisée, quand par après l'autre s'est pris pour Jupiter... la colère de fond elle est là et elle a compris qu'il n'y a plus rien à négocier ! ». Le flic de plateau a ensuite toute latitude pour faire la leçon au vilain petit canard en long et en large, il approuve donc celi-là la violence contre les policiers, il tolère l'antisémitisme, etc. L'autre se contente de répondre au final, et c'est suffisant pour nous : « je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de vous ».

    REPONSE A LA MAGOUILLE DU GOUVERNEMENT : Le Gilet Jaune qui cache mal la chemise brune...

Le premier commis promit des sanctions. En référant à l'agressions de trois policiers motards sur les Champs-Elysées par des « lyncheurs », samedi soir, le président avait indiqué que "des réponses extrêmement sévères seront apportées". Toutes ses ouailles journalistes et godillots attendirent toute la journée de dimanche qu'il vienne à nouveau (tenter de) siffler la fin de la récré lors d'une conférence de presse à Djamena, siègle aléatoire de la gloire de l'impérialisme français. Il n'en fut rien, le despote n'ose plus se montrer en père de l'ordre rétabli, ça n'a pas marché les fois précédentes et comment se servir d'un incident émeutier, où les deux flics ont pu sauver leur peau quand tant de manifestants ont été estropiés par leurs collègues.
Alors que la mobilisation des «gilets jaunes» a donc changé, apparemment d'ampleur, mais disons-le en raison surtout de la trêve de Noël, plusieurs actions menées lors des rassemblements en marge de l'«acte VI» ont « interpellé » nos probes médiacrates « par leur caractère outrancier voire xénophobe et antisémite ». Le chiméRIC est déjà passé aux oubliettes. Quelle est cette nouvelle « facette honteuse » et concerne-t-elle tous les gilets jaunes ?
« Un chant antisémite entonné à Montmartre »
Plusieurs centaines de «gilets jaunes» se sont rassemblés spontanément dans le quartier de Montmartre, dans le nord de Paris, samedi matin.
À cette occasion, quelques dizaines de manifestants réunis sur les marches du Sacré-Cœur ont entonné la chanson «La quenelle», dont les paroles sont de l'humoriste antisémite Dieudonné, sur l'air du Chant des Partisans. Un chant non seulement vulgaire, mais surtout associé à l'antisémitisme véhiculé par Dieudonné et son geste de la quenelle, initialement perçu comme potache mais devenu une référence claire à l'antisémitisme depuis plusieurs années4.

Au matin du samedi personne n'avait remarqué ni ouï ce chant antisémite, avait-il eu lieu ? En tout cas il était en une des médiacrates dès le dimanche matin. Evènement marginal sachant que, depuis le début de petits clans d'extrême droite grenouillent au milieu des gilets jaunes avec des RIC et des RAC, comme il y en avait en 1936 et en 1968 ; c'est d'ailleurs ce soupçon de souillure qui avait fait fuir en se pinçant le nez tous les léninistes et crypto léninistes comme NPA et CCI. Or, je vous jure, que dans n'importe quel groupe dans la rue je peux dénicher quatre ou cinq bonhommes prêts à chanter à plein gosier l'Internationale avec moi. Et cela ne sera pas en une des médias !
Ce grossissement de ce chant grossier d'un quarteron de petits cons, et aussi ce témoignage zélé d'un journaliste en quête de scoop qui a entendu d'autres crétins du même acabit dans le métro, tient plus de l'élèvement du chien écrasé à la hauteur d'une pyramide. L'utilisation « complotiste » par le gouvenement et ses obligés médiacrates d'un effroyable antisémitisme qui habiterait en fait l'esprit Gilets Jaunes confirme le mépris incessant de l'élite pour « les classes populaires » racistes (du NPA à Macron) , ainsi que le décrivait Guilluy en 2014 :
« Aujourd'hui, on joue plutôt à la vigie antifasciste sur le mode de « l'histoire qui bégaie ou de la peur des années 1930 . C'est plus subtil. Après chaque élection, on a droit à la sempiternelle analyse sur le faible niveau scolaire des électeurs du FN, qui seraient peu éduqués, presque débiles et donc apte à la manipulation »5.

Plus prosaïquement si le Macron candidat a pu jouer le rôle du preux chevalier ultime barrage au « fascisme », une femme avinée et désarçonnée représentante d'un parti d'incapables ! Il ne peut faire bis repetitas ! Et, les évènements sont très rapides, autant le chiméRIC a un coup dans le PIF, autant la perspective d'un parti jaune apparaît comme peu utile au parti présidentiel, il tâtonnerait aux alentours de 8% finalement et serait peu sucseptible de désavantager le RN...

OU LE PARALLELE AVEC L'EPOQUE DU FASCISME SOMBRE DANS LE RIDICULE

« Le premier ministre, Edouard Philippe, a dénoncé sur Twitter dimanche des « gestes antisémites en plein Paris », promettant des « sanctions pénales »

Franchement gonfler ces quelques prestations minables des micro-sectes impuissantes de l'ultra droite est dérisoire. Certes les Soral et Cousin sont probablement lus sur le Web par des milliers de jeunes incultes, mais sur le terain social ils sont zéros ces vulgaires bateleurs d'un jargon marxisto-antisémites. Qui figure le mouvement des gilets jaunes, aucun fasciste avéré. Ces derniers temps des types bizarres de la région parisienne, des bobos de la dernière heure sans doute comme on nous l'exhibe sur Cnews, un certain Thierry Paul-Violette, mèche rebelle, le cheveu gominé, proclamé « coordinateur des GJ de la région parisienne » ! Tiens déjà des coordinateurs bcbg !

On trouve surtout en première ligne des personnes autrement fiables: une femme noire, un brillant porte parole arménien, qui a appris le français à l'adolescence mieux qu'un de ces connards de l'ultra-droite, des porte parole manifestement d'origine maghrébine extrêmement fins et loquaces, et qui pour la plupart font preuve d'un pas d'un esprit de « pauvres » mais prolétarien, c'est à dire défenseurs de la dignité et de l'honneur d'une classe majoritaire sous le gilet, majoritaire dans son soutien moral, majoritaire dans la fraternité qu'elle manifeste à ce mouvement6.

Néanmoins le gonflement de l'antisémitisme est un viol de l'histoire et des enjeux, voire contribue à rendre le racisme principale horreur contemporaine à combattre au cul de nos pires exploiteurs et à la suite de leurs obligés journalistes et crétins gauchistes. Il n'y a pas de commune mesure avec le terrible passé ! Tant avec le début du XX ème siècle en Russie avec les Cent-Noirs qui n'ont pourtant pu empêcher la vague vers la révolution russe7 et cet antisémitisme virulent et spectaculaire dans les années 1930 en France8.

Non, malgré leur présence épisodique, masquée, en rapaces ou en limaces, l'ultra droite ne peut prockamer sa mainmise sur le mouvement des gilets jaunes qui, queoiqu'il arrive, épuisement, disparition provisoire ne pourra que réapparaître et sous peu vu les exigences d'attaques économiques de l'ogre étatique. Macron en Afrique a clairement indiqué qu'il ne lui reste plus que la guerre comme solution à la question sociale. Mais qu'il tire le premier et qu'il nous envoie l'armée, il verra bien.

NOTES

1Comme la grève des fonctionnaires en général, cf. Guilluy p.85.
2Lors de la manif pour les retraites devant l'hôpital Necker, j'étais au coin, j'ai vu un individu cagoulé taper avec une masse contre la large baie vitrée, et qui n'avait rien d'un manifestant (une rangée de flics à côté semblait l'ignorer) : https://blogs.mediapart.fr/gazette-debout/blog/190616/la-casse-de-l-hopital-necker-histoire-d-une-manipulation-politique. Mais de l'autre côté, en face, un groupe de CRS, coincé dans une impasse, a été canardé pendant de longues minutes sans que leur hiérarchie n'intervienne soit pour les faire dégager soit pour envoyer des renforts. J'étais moi-même tétanisé par l'ampleur des projectiles qui leur tombaient dessus, au risque de tuer, et je me mettais dans la peau de ces hommes et de ces femmes, littéralement terrorisés et certains de faire un travail pénible à défaut de devoir.

3J'ai partagé immédiatement une pétition de soutien à Eric, mais en demandant pourquoi personne n'avait rien fait pour l'arracher aux pandores, et pour suggérer d'aller le libérer du commissariat où il se trouvait – comme nous avons pour habitude de le faire lorsqu'un gréviste est arrêté parmi nous. Cela ne signifiait pas un appel à la violence comme il me le fut reproché – je ne suis pas putschiste et je ne pense pas qu'un individu puisse se permettre à appeler à l'insurrection
comme un gus à la course à l' échalote– preuve de la naïveté en général des gilets derrière clavier, ils répondirent qu'il n'avait qu'à recourir à un avocat ! En réalité, Eric aurait dû se passer de venir manifester sachant qu'il était « attendu » pour... récidive à complot contre l'Etat... J'ai précisé sur son site de soutien que, par contre je ne soutiens absolument pas son comportement d'ignorant politique et social, ni son soutien au chiméRIC qui provient surtout du marais de l'extrême droite. La justice de classe n'a rien trouvé de mieux que de l'inculper bassement pour « port d'arme illégale, la possession d'une simple petite matraque que n'importe quel routier peut avoir sur lui lorsqu'il est agressé, et sur des routes éloignées où il peut toujours crever s'il attend que la police le défende. Je sais mon père était routier et avait aussi une matraque d'auto-défense sur lui. Le jugement d'Eric est expédié au 5 juin 2019 dans l'espoir que le mouvement sera dissous depuis longtemps et qu'il aura été oublié par tous ses compagnons de combat dont nous-mêmes.


4«Une initiative que rien ne peut excuser, et que j'espère être le fait d'une minorité», a dénoncé sur Twitter la sénatrice écologiste Esther Benbassa. «Contagion insupportable chez les gilets jaunes», a également réagi le journaliste Pierre Haski, président de Reporters sans frontières. «No comment», a indiqué l'écrivain Bernard-Henry Lévy en relayant les images de la scène ».
« Un mannequin à l'effigie d'Emmanuel Macron décapité »
À Angoulême, en Charente, plusieurs «gilets jaunes» ont participé vendredi soir à une mise en scène dans laquelle un pantin portant un masque à l'effigie d'Emmanuel Macron a été décapité. Les gilets jaunes ont ensuite dansé la Carmagnole autour du brasier. Humour jacobin...

5La France périphérique, p.91. Dans ce livre Guilluy parle encore de classe ouvrière mais celle-ci disparaît curieusement dans le livre suivant – NO SOCIETY – il l'intègre hélas dans la fumeuse et inconsistante « couche moyenne » ; par ailleurs il est incpable de se rendre compte qu'il n'y a aucune solution nationale au capitalisme en crise. Mais que d'annotations judicieuses contre tous les antiracistes professionnels qui nous prennent pour des cons : « Les catégories populaires, quelle que soit leur origine, savent que le rapport à l'autre est ambivalent : fraternel mais aussi conflictuel. Elles savent qu'on peut être raciste le matin et fraternel l'après-midi. Dans ce contexte, le discours moralisateur des couches supérieures, qui vise en filigrane à remettre la « bête » dans le droit chemin s'avère inopérant. Cette volonté de créer une société multiculturelle dans laquelle « l'homme nouveau » ne reconnaitrait aucune origine, est ressentie de façon spécialement blessante par des individus qui essaient de gérer au quotidien mille et une questions ethno-culrturelles en essayant de ne pas tomber dans la haine et la violence ». p.77.78
6Le fait de retrouver autant de personnes non pas françaises de souche confirme la dimension internationaliste de la révolte (et son succès à l'étranger), contre la ghettoïsation qui avait pour but de dissoudre la solidatité interethnique de notre classe, ainsi que Guilluy le décrivait : « Contrairement à ce qui prévalait hier, les immigrés ne cohabitent plus avec le smilieux populaires traditionnels (d'origine française ou d'immigration ancienne). Cette situation participe à la création de représentations où « le pauvre » est associé « aux minorités », tandis que « le riche » est associé aux « Blancs » (…) Globalement à paris , les quelques ouvriers qui subsistent sont très massivement d'origine étrangère quand les cadres sont, eux, trs majoritairement d'origine française » (…) Partout le clivage sociale tend à recouvrir un clivage ethnique ». p. 42
7Les groupes les plus importants sont l'Union du peuple russe, l'Union des Russes et le Parti monarchiste de Russie. L'ensemble de ces groupes est appelé Cent-Noirs. Les effectifs du mouvement sont majoritairement issus de la paysannerie aisée et de la petite bourgeoisie urbaine. L'historien Nicholas Riasanovsky le décrit comme un mouvement « pré-fasciste ».
Ces groupes vont aider la police et l'armée à réprimer les foyers de contestation et multiplier les exécutions (principalement de Juifs, d'intellectuels et de progressistes)1. Les Cent-Noirs participent ainsi au pogrom de Bialystok où entre 81 et 88 juifs sont tués. Ils exécutent les députés Grigori Iollos et Mikhaïl Herzenstein, tous deux juifs et membres du Parti constitutionnel démocratique (ou parti Cadet). Le mouvement tente de regrouper ses différentes composantes sous le nom « Unification du peuple russe » (Объединённый русский народ) mais échoue et son importance diminue à partir de 1907. Les Cent-Noirs participent à la révolution de Février 1917 en soutien à l'Empire mais leur influence est limitée.

8L'antisémitisme observé au sein de sections du Parti Social Français, en particulier en Alsace et Moselle et en Algérie a été condamné par le colonel de La Rocque. Lors de la victoire du Front populaire en mai, Maurras dénonçait un « cabinet juif ». L'Action française, quant à elle, y voyait l'œuvre d'un complot juif et « la riposte du youpin ». Le 9 avril
1935, Maurras avait publié dans L'Action française un violent article antisémite contre Léon Blum, qu'il traitait de « détritus humain », ajoutant : « C'est un homme à fusiller, mais dans le dos » ; Mitterrand est à l'époque membre de l'AF. Le 21 juillet 1936, Maurras est condamné à huit mois de prison ferme et effectue sa peine à la prison de la Santé. Les maurrassiens s'indignent d'une condamnation qu'ils jugent politique, en rappelant que dans Le Populaire, on avait écrit un an plus tôt que si la guerre était déclarée, « les mobilisés abattront MM. Béraud et Maurras comme des chiens
Le colonel de La Rocque, certes xénophobe mais jamais nazi, a été tout au long des années 30 à la tête d'un mouvement de masse, (entre 600 000 et 1 millions d'adhérents), les Croix de feu, puis le Parti social français dont la devise « travail, famille, patrie » a inspiré le maréchal Pétain. La puissance de ces mouvements s’est exercée, entre autre, dans de nombreuses manifestations de rue organisées sur un mode militaire auquel ne rechignaient pas... La Rocque a été déporté en camp de concentration et est mort à son retour. Ce n'est pas un salaud comme le clame le pseudo historien nationaliste israélien Sternhell.

vendredi 21 décembre 2018

VOULEZ-VOUS MOURIR POUR LE chiméRIC ?



- Cauchy (faux gilet jaune) : la réponse de M. Macron sur les réseaux me fait penser à Trump.
- La ministre : je ne vous permets pas de comparer M. Macron à Trump.
- Cauchy : Je m'excuse.

« Le gouvernement s'associe aux médias pour créer la division en contactant d'autres personnes non à l'origine du mouvement ».
Priscilla Ludosky (communiqué du 4 décembre : la France en colères)
« "Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l'autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu'un bon indien est un indien mort ou grabataire ».
Sophie Carrouge (professeure)
« Le nom de « camarade » exprime merveilleusement cette immense fraternité : il n'a pas la froideur juridique, l'égoïsme individualiste de l'appelation de « citoyen ».
Pierre Pascal (En communisme, 1920)

« Le 4 décembre, le prolétariat fut poussé au combat par le bourgeois et l'épicier ».
Marx (Les luttes de classes en France)

L'intérêt matériel de la bourgeoisie française est lié de façon intime à la conservation de l'appareil d'Etat et à ses nombreuses ramifications. Elle préfèrera se ruiner en emprunts aux banques pour « soulager les revendications » plutôt que de voir son Etat renversé. Sa défense politique dans l'urgence l'oblige à renforcer chaque jour la répression. Jamais un pays moderne n'a compté autant de flics de toutes catégories au point qu'on se demande si les permanents flics syndicaux sont aussi nombreux. La bourgeoisie est en même temps obligée de mener une guerre idéologique ininterrompue à l'opinion publique avec ses laquais journalistes, et de faire paralyser par les gaz toutes les manifestations, et à chaque fois qu'elle le peut de mutiler les manifestants sous prétexte de ne pas les tuer pour s'éviter une insurrection impulsive du type de celles du XIX ème siècle.

Mais l'Etat bourgeois n'est pas seul, les ennemis sont aussi parmi nous. A la tête des diverses émeutes ou révolutions du passé, nombre de meneurs étaient soit d'ignares incapables soit de notoires agents de la police, mais ils n'empêchèrent pas les événements sociaux de prendre une ampleur révolutionnaire.

Aucun parti clandestin ne s'exagère autant ses moyens plus que le parti gouvernemental que le parti secret des gilets jaunes. Le parti des Priscilla, Eric et Maxime, dont le théoricien, le petit prof chauvin Etienne Chouard est devenu le guide spirituel face à leur ignardise en histoire et en politique. Tout ce petit monde se concerte au nez et à la barbe du public et des réseaux sociaux en se récriant de souhaiter former un parti politique. L'un se permet un jour d'en appeler à la prise de l'Elysée, l'autre d'expliquer les complots et enfin celle-là de bloquer les frontières (pour quoi faire ? Protéger la France de l'étranger?).
En général rarement leurs diverses propositions ridicules ne furent annoncées avec autant de fracas par les médias, comme si ces gens représentaient le monde d'en bas, cette classe ouvrière caricaturée comme « classe moyenne », ou « couche périphérique ». Ces petits perroquets des petits bourgeois floués par la crise économique mondiale se comportent comme des chefs, des vedettes qui se plaignent de ne pas être reconnus par la bourgeoisie.
Les médias les accompagnèrent plaisamment tout le temps qui leur semblait nécessaire pour jouer sur la décrue en nombre du mouvement d'occupation des ronds-points.
Lorsque cette bande d'épiciers en parti masqué, se saisit de la théorie fumeuse du RIC, toute la bourgeoisie poussa à nouveau, de gauche à l'extrême droite, des hurrah. La plupart des organes de presse titrèrent que le RIC était populaire chez une majorité de français. A partir de là le terrain était fertile pour regonfler les pourcentages de satisfaction des sondés pour une idée enfin trouvée, au-dessus de la disparité des revendications économiques, pour « unifier » le vague « peuple » derrière la meilleure sorte de repêchage politique de la protestation, une variété de référendum populaire basé sur autant de voix que la première pétition de Ludosky avait réuni. Personne ne l'a déduit jusqu'à présent, endormant le peuple avec des débats sophistiqués sur ce thème, mais c'est l'institutionalisation marginale de la « démocratie directe et opaque » d'internet1. Plus, le triomphe de l'individualisme petit bourgeois qui pense pouvoir se mêler de tout et guider l'univers depuis son clavier d'ordi.

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement...

Or nous fûmes effarés comme tant d'autres camarades gilets jaunes par la complexité du truc et de voir défiler à l'écran à nouveau spés, juristes et prescripteurs de morale démocratique. C'est une des faiblesses persistantes du mouvement d'attendre des sauveurs, de beaux parleurs comme il tolère le triumvirat des trois cuistres Priscilla-Eric-Maxime, ou ce fugace espoir pour un chanteur gauchiste has been. Faiblesse dûe en grande partie au culte de l'ignorance, ignorance de l'histoire et de l'histoire politique tout court. Il a suffi qu'on évoque la révolution française pour que drapeau et Marseillaise soient plaqués comme signes de ralliement d'un peuple qui n'est plus qu'un argument de foire. Après quoi le triumvirat des entrepreneurs pouvait jouer au jeu de Paume (14 décembre) et ces « paumés » d'appeler à se rendre à Versailles comme en 1789, Maxime gardant seul la perruque du loubard BCBG,la casquette à l'envers. Le simplisme et l'amalgame foireux ont dû occuper bien des réunions secrètes du triumvirat et de leurs amis théoriciens d'extrême droite pour accoucher d'une si minable mise en scène de la duperie du RIC.

Le RIC, dans sa construction bricolée du vieux système des référendums « populaires » n'est qu'un vieil artifice pour toutes les formes de dictatures militaires ou démocratiques : faire croire aux millions d'individus narcissiques qu'ils peuvent contrôler en permanence l'Etat bourgeois2. La consultation populaire ne rime à rien comme telle puisqu'elle est sous le contrôle total de l'Etat en place. Un référendum, pourquoi pas, avec des questions centrales et pas sociologiques, oui, mais après le renversement de l'Etat, encore que les majorités « électoralisées » ne soient le plus souvent que des conduites préfabriquées et moutonnières.
Dans sa réponse à l'entrepreneuse Priscilla, Macron qui avait inséminé l'idée de favoriser la création d'un parti jaune, se montre partisan du RIC, supercherie qui implique l'apparition d'un parti jaune. Ses services avaient déjà perçu l'intérêt de cette farce référendaire. Le Figaro rapporte le 19 décembre l'enthousiasme qui s'est emparé des proches collaborateurs du président quand ils ont vu la corde que plusieurs « gilets jaunes libres » tendaient pour se faire pendre en parti « indépendant »: « Tout le monde a le droit d'être candidat, ça s'appelle la démocratie », dirent cœur sur la main les affidés du monarque élyséen.
La « république en marche » n'avait paq hésité à commanditer un sondage à l'institut Ipsos et à le faire volontairement fuiter dans le Journal du Dimanche 3. Le parti du pouvoir renouvelle encore un sondage de la même manière pour le RIC; les sondages ont du bon parfois et reflète une opinion "de classe", un sondage ifop de novembre indiquait que 62% des français estimait le pouvoir d'achat plus important que la transition énergétique.
« Libération » décrit ainsi la genèse de la contagion du RIC sur les réseaux : « Etienne Chouard tweete : «Puisque 80% des citoyens soutiennent les GJ ET puisque 80% des citoyens sont favorables au Référendum d’initiative citoyenne (RIC), c’est une occasion en or pour défendre cette idée simple et révolutionnaire.» A partir de cette date, les militants du RIC vont faire preuve d’un prosélytisme très actif en faveur du référendum sur les groupes Facebook de gilets jaunes ». Mais sans le coup de pouce sondagier, Chouard ne serait resté qu'un minable Francis Cousin.
« Libération » poursuit :
« Le mot RIC va très vite s’imposer dans la conversation chez les gilets jaunes car il permet d’articuler politiquement le «Macron démission». Si la révolution n’est pas possible et que Macron refuse de démissionner, il faut lui tordre le bras en lui imposant une cohabitation avec le peuple. L’idée d’un «référendum» circule chez les gilets jaunes depuis début novembre : «On désire tous ici un référendum national pour une destitution», lit-on alors sur les groupes Facebook. L’idée est diffuse et pas franchement aboutie. Les militants de la démocratie réelle vont arriver avec une solution clé en main, comme une formule magique capable de résoudre tous les problèmes : le RIC ». La presse martèle ce qui est désormais prêté à tous les gilets jaunes sans avoir ni sondé parmi eux ni organiser un réferendum par exemple au moins sur les ronds-points, et cela donne cette rengaine : « Les Gilets jaunes ont réussi à faire émerger dans le débat public la question du référendum d'initiative citoyenne (RIC) ».
Cette idée de référendum « citoyen » boosté par les plumitifs aux ordres du pouvoir n'est donc pas un simple emplâtre sur une jambe de bois de la démocratie bourgeoisie comme je croyais l'avoir compris, non il est une surenchère pour renverser « quand même » Macron. Et que le pouvoir ne se fait pas faute de dégonfler dans des débats nationaux filandreux entre spécialistes juridiques, ou plus stupide, avec un panel de 100 français choisis au hasard, pour un spectacle digne d'une nouvelle émission de Patrick Sébastien !
Entretemps revoilou le plus bavard du trio, Maxime Nicolle, dit Flye rider, qui vient quand même aux manifs avec son casque de vélo : « Le référendum est pour Nicolle une option stratégique : «Si on a plein de revendications, l’Etat va nous en prendre une ou deux et on l’aura profond. Par contre, si on demande tous la même chose : que chacun puisse donner sa voix avec un référendum d’initiative citoyenne, comment ils font pour nous dire non ?».
Toujours aussi ignorant de l'histoire des peuples et des classes ouvrières, ce brave Maxime croit que sous contrôle de l'Etat en place, une majorité de la population, du peuple (bourgeois+ bobos+classe ouvrière) va voter tranquillement pour... mettre à bas l'Etat ! Sur ce plan c'est lui qui se fait niquer, car le sondage qui suit, qui semble lui donner raison, est ficelé par la propre conception de l'Etat : Le second sondage confirme également qu'une majorité de « français » est favotable au RIC ! 72 % des Français si bien conditionnés depuis quelques jours le soutiennent, croyant que le RIC n’aurait rien à voir avec un référendum lancé par le gouvernement, qui ne peut être qu'un plébiscite. Les impuissants opposants politiques du RN à LFI savent qu'il n'a aucune chance de passer et qu'il restera un miroir aux alouettes en gilets jaunes. Édouard Philippe a déclaré qu’il était pour le principe du RIC mais « pas sur n’importe quel sujet et dans n’importe quelle condition ». Tous les sujets ne seront pas acceptés. La révocation de Macron ou des godillots élus ne le seront pas. Les gilets jaunes verront très vite qu'après la comédie des miettes, la fable du RIC n'est qu'une voie de garage politicienne, simili débat centralisé et orchestré par l'Elysée et tous ces prescripteurs de sacrifice écologique la bande des godillots stupides dont on ne veut plus voir la tronche.   
En vérité ce soudain amour pour le RIC n'est qu'un travestissement de ce qui a été la force initiale du mouvement, le refus de déléguer par peur de ne plus contrôler, et aussi cette autre explication : le fouillis des revendications de couches différentes, la petite bourgeoisie avec sa guerre aux taxes faisant passer au second plan les revendications économiques des ouvriers paupérisés. La dépossession du vieux principe du mouvement ouvrier révolutionnaire -délégués élus et révocables et pas de réunions secrètes – si elle est invoquée, est irrécupérable par les épiciers du mouvement gilets jaunes. Cela leur est étranger. Seule la classe ouvrière s'affirmant ou prenant les devants peur l'imposer pas par un quelconque représentant mais sa capacité de paralyser l'Etat et pas simplement des ronds-points, par le contrôle de l'armement et la dissolution préalable des corps mercenaires de l'Etat.
Il nous faudra analyser l'impact et la dimension internationale du mouvement, avec son aspect lutte de classe de plus en plus proéminent, en particulier en Hongrie. 


ANNEXE : la disparition du paysage de tous les groupes léninistes et la réapparition des faussaires de l'ultra droite.


C'est un fait que tous les donneurs d'ordre léninistes, néo-léninistes et divers anarcho-conseillistes, toujours prêts à donner des conseils en grève radicale ou générale, du NPA au CCI, ont disparu des écrans. Bof.
Par contre, un même constat concernant les faux culs des appareils militants de gauche et d'extrême gauche :
« Grâce à la mobilisation des “gilets jaunes”, les masses constatent et observent la disposition des organisations qui se réclament de la classe ouvrière : “au mieux”, il y a celles qui à ce jour font silence radio et qui ne se sont  même pas fendu d’un communiqué ou d’un article sur le sujet (le Parti de l'Egalité Socialiste), ou encore celles qui prennent le train en route mais avec des pincettes (La France Insoumise, Lutte Ouvrière, le Parti Ouvrier Indépendant,...) et au pire celles qui dénoncent ouvertement la mobilisation (NPA, Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique, CFDT, CGT, Solidaires...). Toutes ces organisations se réclamant de la classe laborieuse refusent de s’associer à la spontanéité des masses en utilisant l’argument ultime : les fascistes sont derrières “les gilets jaunes”. Il y aurait derrière chaque “gilets jaunes” un fasciste qui le manipule. La “spontanéité” aurait été artificiellement provoqué par la clique Le Pen/Dupont Aignan.Quelle bande de capitulards ! Toutes ces organisations de pseudo-gauches au service de l’Etat bourgeois ont tellement l’habitude de maîtriser leurs affiliés et de les emmener dans des voies sans issues qu’elles s’octroient le droit de labelliser ou pas chaque mobilisation selon des critères qui leurs permettent de rester bien au chaud dans leur vie d’aristobureaucrates. Elles craignent comme la peste tout ce qu’elles ne contrôlent pas. Elles se réclament de l’Histoire de la classe ouvrière, se prétendent héritières des bolcheviks  et autres suffisances du même tonneau, mais elles sont devenues un ramassis de carriéristes bedonnant ».
Une décantation s'est produite en milieu trotskien, semblable à la mienne et à d'autres dans le milieu maximaliste, c'est ainsi que nous voyons apparaître sur le réseaux d'ex-militants du gauchisme se rendre compte de l'originalité du mouvement sans rester dans des oeillères marxologiques : « Nous sommes entrés de plain-pied dans la première séquence d’une période qui s’annonce éruptive. Le prolétariat cherche une issue pour pouvoir lutter contre les innombrables coups de gourdins que lui donne la classe capitaliste via le flot infernal et accéléré des mesures anti-ouvrières. Aussi, il s’est saisi du prétexte de la hausse du prix des carburants pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle les appareils syndicaux et organisations de la pseudo-gauche l’avaient acculé, enfermé, immobilisé . C’est une première étape qui en appelle d’autres. Cette mobilisation spontanée est plus qu’un mouvement d’humeur sans lendemain. Il est le résultat d’un processus profond en cours dans l’état d’esprit des masses.Ce processus souterrain est parvenu à un degré de maturation tel qu’il n’attendait qu’un facteur déclenchant : la hausse des prix des carburants est la goutte qui fait déborder le vase. Mais les motifs d’exaspération ne manquent pas et le détonateur aurait pu tout autant être la hausse du prix du gaz.Toutefois, pour la classe populaire, le carburant représente une très forte charge symbolique : il est en substance un paramètre essentiel, obligatoire et impérieux dans l’obtention d’un salaire à la fin du mois.Et, si en plus du salaire qui n’augmente pas, l’Etat bourgeois vampirise une énième fois les salaires à travers de nouvelles taxes ou l’augmentation de celles-ci, bref, s’il fait par dessus le marché les poches des travailleurs, il faut s’attendre à un moment ou à un autre à ce que surgisse un réflexe de légitime-défense multiforme.En outre,il faut ajouter à ce cheminement invisible de l’état d’esprit des masses, la totalité du fardeau de l’historique des attaques effectuées par tous les gouvernements successifs (avec l’aide des appareils syndicaux et des organisations de la pseudo-gauche) contre les conquêtes des travailleurs. C’est d’ailleurs en définitive cette accumulation de mesures d’anéantissement des droits et acquis de la classe ouvrière qui a été l’élément déterminant dans cette apparente soudaineté de radicalisation des masses ».
On lit par après ceci : « La lutte des classe est le moteur de l’histoire. La nature a horreur du vide. La combinaison de ces deux caractéristiques fait voler en éclat la stratégie d’enlisement de la part des aristobureaucrates des organisations syndicales et de la pseudo-gauche. La dynamique de la lutte de classe fait qu’à la suite d’un enchaînement de circonstances dû à la putréfaction du capitalisme, la classe ouvrière cherchant l’issue submerge le barrage des appareils de plus en plus boiteux car manifestement visible et flagrant. L’audace va gagner la masse ».
Décoiffant. Ces auteurs avaient affiché la même position que moi le 17 novembre :
« Nous l’écrivions il y a quelques jours dans un texte qui a tourné: le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Aujourd’hui, cette affirmation se vérifie. Les médias nous font bouffer du RIC matin, midi et soir. Pour autant, et en réalité nous le savons tous, rentrer chez nous avec le RIC, c’est retourner au chagrin, sans rien de plus dans le frigo. Mais alors, que faire? Que proposer, vers où aller? Le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Car on le sait bien, au final : le pouvoir ne nous donnera rien sur le terrain social. Ce qu’il nous a concédé jusqu’ici de plus gros est invisible, n’est pas une mesure en positif, c’est simplement le gel des prochaines mesures contre nous, suspendues le temps du mouvement. C’est aussi une porte de sortie pour la partie du mouvement qui a peur d’elle-même, de ce qu’elle pourrait être amenée à faire pour gagner. Car la question que tout le monde se pose, c’est celle-là: jusqu’où devrons nous aller pour nous faire entendre, pour vivre mieux? ».
Et cette belle réflexion renversante :
« Alors, le vertige?
Quand on en arrive là, le geste de révolte qui est à l’initiative de ce mouvement reste comme suspendu, pris de vertige devant l’ampleur de sa portée. Car finalement, les mouvements sociaux, y compris 36 ou 68, se sont arrêtés, empochant des améliorations sociales. On pourrait causer de ce bilan, savoir si les mouvements d’alors ne se sont pas fait avoir, mais ce n’est pas le sujet. Ce mouvement n’a pas le luxe de cette question, il n’a rien obtenu, ou si peu,  de la poudre de perlimpinpin. Il n’y a pas de « grain à moudre ». Nous avons face à nous une porte fermée à double tour. Les possédants ont jeté la clé. Pour sortir de notre cage, il faudra la fracasser: cela s’appelle une révolution. Et elle fait peur. On nous l’a tellement matraquée, qu’une révolution était dangereuse! Tous les moments de remise en cause du pouvoir produisent de la peur. En 68, on appelait ça « le bloc de la trouille ». C’est une réaction logique, il s’agit d’un saut dans l’inconnu ».


Quelle joie de découvrir cette communauté de pensée avec des camarades que nous ne connaissions ni d'Eve ni d'Adam !
Quand on voit le nombre et le machiavélisme de nos ennemis les spécialistes mis en place pour parader sur les TV. Tel cet Observatoire de la gauche radicale :
« Selon le politologue et ancien fondateur de l'organisation d'extrême gauche Révolution !, Henri Maler sur le site Acrimed : « Un phénomène étrange s’est produit [en 2012] sur le site du Nouvel Observateur [...] : l’apparition d’un… « Observatoire de la gauche radicale ». Curieusement, cet observatoire ne comporte (pour l’instant…) qu’un seul titulaire. Il s’agit d’un historien - un « expert » donc - du nom de Sylvain Boulouque. Plus étonnant : cet observateur est membre du comité de rédaction de la revue Communisme dont l’anticommunisme (c’est leur droit…) confond allègrement enquête historique et enquête policière (ce qui semble moins bien…). Dernière stupéfaction : Sylvain Boulouque est aussi contributeur (voire membre ?) de Fondapol, un think tank particulièrement engagé dans la défense effrénée du libéralisme. Son président n’est autre que Dominique Reynié ».
Et l'ultra droite ?
Voir par contre la récupération de notre critique du gauchisme par l'ultra droite (Castaner était mieux informé que nous!): http://rebellion.hautetfort.com/tag/francis+cousin
Le manipulateur Cousin repointe le bout de son (gros) nez : il y a des années que j'avertis nos milieux maximalistes :

jeudi 22 novembre 2012

AVERTISSEMENT AU MILIEU PROLETARIEN UNE INTRUSION D’AVENTURIERS D’EXTREME DROITE DANS LA THEORIE MARXISTE


Sur la façon dont il m'avait piégé. Et aller aussi sur :

Vosstanie dénonce aussi les truqueurs qui se cachent derrière le blog Aufheben.
Pour donner une idée de la loghorrée de ce petit personnage, habitué de Radio Courtoisie et vieil ami de Marine, voici sa définition du communisme  :
« F.C/ Le communisme c'est d'abord la communauté sacrale de ces groupes archaïques qui, des Germains de la forêt profonde aux Sioux des vastes plaines, ont durant des millénaires vécu au rythme cosmique de l'anti-argent et de l'anti-Etat, en ignorant le travail pour la vente, les divisions fonctionnalistes et la cristallisation aliénatoire en spécialités séparées puisqu'ils ne connaissaient que le produire ensemble pour la vie humaine. La communauté (la fameuse Gemeinwesen) expose ainsi l'être générique vrai de l'humain authentique selon la vieille racine mun qui définit la réciprocité organique propre à ce fait historique total qu'est le mouvement de la tradition primordiale, en un univers où tout est sacral dans l'anti- monnayable et dans l'anti-appropriable. C'est la tradition falsifiée des égarements dans la tri- fonctionnalité, à l'heure des effets ravageurs de la révolution néo-lithique, qui cassera le groupe originaire pour aller l'enfermer dans les enclosures classistes du guerrier, du paysan et du prêtre qui, à partir de l'alliage sacré/profane éclairé par la dialectique du mouvement de l'argent, pulvériseront le sacral ancestral pour le profaner toujours davantage vers cette apothéose contemporaine du triomphe démocratique de la marchandise schizophrénique ».
De ce milieu émanent en général des menaces sous prétexte islamique, ils se font passer pour des terroistes musulmans. Je n'ai pas reçu de nouvelles menaces comme en 2002 où j'avais noté ceci dans la version papier de PU : PU 52 bis version papier un courrier menaçant m'avait été expédié (ainsi d'ailleurs qu'à Coleman): (je pense vers 2002, année de l’attentat de M.Brunerie versus Chirac (Bourseiller loua en l'an 2012 finissant le bouquin de Brunerie qui venait de sortir). Ecrit en gros caractères : « COLLABO ! » ( ?) C’est ce qui était marqué en lettres géantes sur une feuille blanche envoyée à ma boite à lettres physique du Prolétariat universel, sont joints également deux feuillets qui comportent une vingtaine de versets du Coran sur la femme et menaçant les « infidèles » ; l’écriture sur l’enveloppe postée depuis Montreuil est tremblée et écrite de la main gauche.
NOTES
1Si, par après, « Libération » l'identifie à la même mode petite bourgeoise que les indignés : «  Cette idée de référendum citoyen s’inscrit dans la «démocratie Internet», cet horizontalisme radical qu’on retrouvait dans la mouvance Anonymous, chez les Indignés espagnols, Occupy Wall Street ou Nuit Debout. Sur Internet, toutes les paroles se valent, tout le monde peut donner son avis et être entendu. A contrario, la démocratie représentative fonctionne comme l’espace médiatique traditionnel, avec des représentants ou des journalistes, seuls habilités à parler, pendant que le peuple doit sagement se taire ».
La démocratie que souhaitent les gilets jaunes est celle des groupes Facebook, où tout le monde y va de son avis, où l’on signe des pétitions et où les grandes questions sont tranchées par sondage
2Dans tous les cas, sous nos deux Napoléon le système d'encadrement étatique sort vainqueur de la consultation. « Par trois fois, en l'an VIII (le Consulat), en l'an X (le Consulat à vie) et en l'an XII (l'Empire héréditaire), Napoléon Bonaparte met au référendum le changement de Constitution, sans passer par des assemblées. La consultation populaire s'apparente à un plébiscite : il s'agit de donner ou non sa confiance à un homme. La démarche prend un tour démocratique dans la mesure où le régime directorial défunt s'établissait sur le suffrage censitaire. Le tête-à-tête entre le chef et le peuple, sans intermédiaire, est l'une des marques intrinsèques du bonapartisme. Dans le concret, ce premier essai est équivoque : on attendit deux mois les résultats de la première consultation. Lucien Bonaparte, ministre de l'Intérieur, se « trompa » avantageusement dans ses additions : il fallait démontrer la base populaire du nouveau régime. De même, Napoléon le neveu. Il commença par faire proclamer, dans la nuit même du coup d'État, le rétablissement d'un suffrage universel, qui avait été sensiblement mutilé au détriment des pauvres par l'assemblée conservatrice. Puis, il procéda à une consultation, d'abord en décembre 1851, pour faire ratifier la réforme constitutionnelle qui lui attribuait une présidence décennale, puis en 1852, pour faire confirmer le rétablissement de l'Empire : dans les deux cas, un triomphe ».
3L'éditorialiste de Figaro fait cette brillante remarque : « Les happenings collectifs produisent parfois des carrières individuelles. Mais ils ne conduisent jamais à réinventer la politique ».