« Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde qui doit toujours lutter pour des connaissances nouvelles". Rosa.Luxemburg. "Le principal héritier du fascisme est l'antifascisme". BORDIGA
"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)
Marx (L'idéologie allemande)
«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »
Thucydide
samedi 20 novembre 2010
jeudi 18 novembre 2010
LES DELIRES DU GRAND CONSEIL GCI A L’ETOILE ROUGE

QUI TOURNE
(Des délires évidents concernant le mouvement colin-maillard sur la planète France)
Attention lecteur, je vous invite sur une autre planète, où des mutants ultra-communistes ont perçu vaguement les vibrations de la baudruche française - ce serpent chinois de papier syndical qui a fasciné près d’un an les gauchistes du monde entier - quoique dégonflée sans que personne n’avoue en être responsable. Ces mutants se prenant pour des abeilles industrieuses, se croient investis d’en délivrer le miel au monde entier. On pensait avoir touché le fond lunaire avec les frasques anarchistes de la maison-mère CCI sans principes marxistes (cf. message blog précédent ci-dessous), on va voir qu’une autre progéniture bâtarde du CCI peut bien en affichant des principes soi-disant mantras (parti terroriste ou terrorisme de parti) reproduire les pires compromissions activistes des gauchistes et des anarchistes de base. Le GCI dispose des Trois Piliers de l'énergie Jedi :
• La Connaissance, contenue dans les Archives Jedi (mélange d’anarchisme et de marxisme bête)
• La Force (des autres et des lycéens envoyés au casse-pipe)
• L'auto-discipline (la discipline militaire de parti formel et informel)
La capsule a aluni avec quelques secousses gênantes. Le sol est noir et rouge, curieux mélange de teinte, n’est-ce pas ? Vous êtes sur l’étoile filante du GCI (Groupe Communiste Internationaliste) dont le véritable nom n’est connu que des initiés de la Grande Ourse : Grand Conseil Intergalactique. En dépit du décor typiquement, anarchiste noir et rouge (les mutants aiment à mêler les contraires), vous n’êtes pas non plus en Chine maoïste malgré l’étoile rouge qui tourne dans les chambres au-dessus de la tête de lit de tous les activistes, si peu nombreux et provenant non de l’univers comme leur prospectus internet le prétend mais surtout de la galaxie belge. Curieux mutants, cette espèce bipède d’universitaires wallous est issue du croisement hideux de l’anarchisme et du CCI en l’an 1979 de l’ère reaganienne. Ces extraordinaires caméléons de l’espace marxiste/mantra interstellaire sont-ils à considérer dans le camp du maximalisme, m’objecterez-vous ?
Certes à chaque paragraphe de leurs longues si longues billevesées numériques sur leurs e-book riches en copié-collé d’articles ergonomiques et d’explications professorales pour collégiens de 3ème, on se doute qu’ils sont maximalistes en tout, démesurés dans l’observation des fourmis terrestre, emphatiques lorsqu’ils voient poindre un régiment de termites. Il y a maximaliste et maximaliste. Cela n’en fait point des cosmonautes sérieux du camp révolutionnaire terrien, mais certainement des gentils guerriers du Jedi. Le langage est parfois nébuleux, hollywoodien, conférant cette espèce d’étrangeté des habitants des planètes inconnues de l’Empire galactique du goulag. Langage un peu comparable à celui des martiens staliniens au début de leur message interstellaire : « Quand ça commence à grincer dans des bastions de la paix sociale ». Veulent-ils parler des planètes bourgeoises ou seulement de la terre ? Leur langage cinématographique se formalise après une offensive de l’Empire galactique dont ont été victimes de méprisables êtres terre à terre: « …à travers la planète (sic) (qui) a entretenu parmi les prolétaires des zones attaquées moins frontalement l’ultime illusion qu’en acceptant d’énièmes sacrifices, qu’en renonçant au cours de leurs luttes à s’affronter véritablement à leurs exploiteurs, qu’en se vendant en définitive au moindre mal, ils sauveraient leur peau du pire ».
Le Conseil GCI ne peut avoir que 4 membres à la fois. Il se compose de deux membres à vie (tels Yoda ou encore M.M. sous-chef dans l’ancien CCI), de un membre sud-américain à long terme (en fonction pour plusieurs années) et d’un membre à court terme, ancien cosmonaute trotskien (élu pour quelques mois ou quelques années). Ces 6 membres ont pour tâche de diriger et guider l’Ordre GCI (Grand Conseil Intergalactique) contre l’Empire américain ; ils ont une particularité unique à l’aune de toutes les galaxies connues d’être les généraux jupitériens et la troupe lunaire. Le Conseil Conseil central GCI ne se déplace en général dans l’actualité terrestre que la nuit avec des bougies. Nous avons reçu partiellement leur message, entrecoupé des grésillements de galaxies parasitaires, et malgré un langage vampirique et exponentiel, nous croyons en avoir saisi partiellement le sens, dont est extraite la traduction terrestre suivante : Le GCI (Grand Conseil Intergalactique) communique que :
« La mécanique est huilée, certes, mais elle n’a rien d’un perpetuum mobile qui mettrait le capital à l’abri de sa contradiction fondamentale. La classe bourgeoise, qui personnifie les intérêts du capital, n’a jamais eu et n’aura jamais, en dépit de ses efforts politiques et militaires multiséculaires et permanents en ce sens, la capacité de régler à sa guise le cours mondial des choses, et ce pour l’implacable raison que les nécessités vampiriques et exponentielles de la valorisation du capital ne laissent à ses défenseurs aucun « choix », aucune possibilité de freiner sa course (n’en déplaise aux sinistres idéologues de la « décroissance »), aucun moyen de remédier même partiellement à sa nature catastrophique, de suspendre le cours de son attaque permanente contre nous. Celui-ci ne peut même que s’accélérer à tous les niveaux, et tôt ou tard les zones relativement préservées devront également faire l’objet de brutales restructurations et mesures d’austérité, en somme d’attaques des salaires et de nos conditions de survie qui ne pourront pas être absorbées sans réaction, assimilées au cours « normal » et acceptable des choses, ce qui remettra à chaque fois davantage en jeu la stabilité de l’ensemble ».
Après avoir nettoyé l’écran des poussières de météorites anarchistes qui en gênaient la lecture, nous saisissons mieux LE ROMAN planétaire du retour de Jedi (prononcez Jeudail), quoique le titre soit long et fastidieux: « La lutte contre la réforme des retraites en France : unification et radicalisation d’un mécontentement profond et diffus ». Le prologue n’est pas très prolétarien mais imagine que ce sont des prolétaires sans combinaison syndicale qui auraient décidé de bloquer le carburant des navettes trade-unionistes, alors qu’il est fort connu en pays franc que les bonzes syndicaux ont fait la navette en février comme en septembre pour ordonner la grève puis la faire cesser lorsqu’elle eût assez amusé la galerie. (Etrange pour des anti-syndicalistes aussi chevronnés que les honorables Grand Conseil GCI (avec papier à en tête) qu’ils aient été aussi mal informés par les ondes perverses de radio France sur le sabotage de la grève des raffineries en février, ignorant le « souvenir encore vivace » de la façon dont les aristos syndicaux ont stoppé net la lutte sans prévenir, et récidivé en octobre sans que personne n’y voit pouic. L’important n’est-il pas pour un romancier de produire de belles descriptions pour faire rêver la lectrice :
« A partir du 12 octobre, en marge de ces défilés inoffensifs, des mouvements de blocages dans les raffineries, dans les dépôts de carburant et plus en amont, dans les terminaux portuaires s’en prennent directement à la sève même des flux marchands et de la production. Outre la distribution proprement dite des produits finis, c’est en effet la production elle-même qui dépend aujourd’hui entièrement du transport puisqu’elle fonctionne quasi totalement à flux tendus (pour éviter au maximum les frais liés à l’immobilisation de matières premières, de pièces détachées, de produits finis, etc.), sans compter que le pétrole est aussi une des matières premières essentielles dans plusieurs des industries clefs d’Europe occidentale, comme par exemple l’industrie chimique ».
Le Grand Conseil GCI voulant sans doute partir de l’histoire véridique du partage du travail des grands aristocrates syndicaux, les méchants « mouvementistes » qui organisaient les enterrements manifestes d’une colère déjà embaumée, a préféré révéler, sans imagination, qu’il avait laissé tomber la rédaction de la véracité des faits pour se rendre auprès des distractions fournies aux petits aristocrates de base, version plus conforme à la star war gauchiste.
Les anarchistes et staliniens brûleurs de pneus étaient conscients au plus haut niveau de conscience spatiale : « Le développement des pratiques du blocage exprime en effet objectivement un refus accru de l’invitation bourgeoise permanente à se sacrifier pour sauver l’économie en crise au nom de la sauvegarde de « notre compétitivité », de « l’emploi » et de « notre système social » ou encore de « la stabilité de la zone euro ».
Le Grand Conseil GCI affabule ensuite, en revenant à la partie imaginaire de son roman :
« Ce développement de l’action directe s’accompagne de la constitution d’« assemblées interpros » (pour « interprofessionnelles »), relativement mal nommées puisqu’en de nombreux endroits, elles réunissent, outre les travailleurs sans distinction de profession, des lycéens et des chômeurs. Ces assemblées sont les formes d’organisation dont se dotent les prolétaires en lutte pour centraliser et coordonner leurs actions et ainsi répondre aux besoins que pose la nouvelle direction prise par le mouvement dès lors qu’il va au-delà des défilés pacifiques préconisés par les grandes centrales syndicales. Aussi, avec toutes leurs contradictions et hétérogénéités, nous considérons ces « assemblées » comme des premières formalisations de la tendance de notre classe à : s’unifier dans la lutte et dépasser les divisions et les cloisonnements imposés par la structuration professionnelle des grandes centrales syndicales ; développer son associationnisme et son autonomie contre les organisations social-démocrates qui préconisent des « journées d’action nationale » réduites à de simples défilés moutonniers ». Du jamais vu, mais quel talent fictionnel !
Autre versant de la fiction, la rencontre nationale de Tours dont personne n’a plus entendu parler depuis le 6 novembre où étaient convoqués tous les brûleurs de pneus et barreurs de routes de France, ni non plus des dépôts de gerbes gauchistes le 11 novembre sur la tombe du mouvement carbonisé depuis le début par les aristos syndicaux et leurs sergents recruteurs de base.
La séquence suivante du scénario s’enfonce un peu plus dans les brumes de la galaxie nanopolitique du Grand Conseil GCI – lequel nous avait inventé des Conseils ouvriers en Iran vers 1980 – et nous, qui vivions d’assez prêt par nos diverses oreilles (des cosmonautes des services publics et des géologues du privé) ne reconnaissons les descriptions suivantes que comme farfelues et inconnues dans nos régions, bien que nous eussions beaucoup apprécié qu’elles y soient appliquées à notre climat social morose et lunaire :
« Dans ses faits et gestes, comme dans son organisation, le mouvement a ainsi pris un caractère progressivement plus territorial et plus autonome, les travailleurs de secteurs divers s’organisant directement eux-mêmes, décidant de leurs actions, non plus dans chaque entreprise isolément mais collectivement, avec les chômeurs et les lycéens, et se donnant pour objectif clair d’empêcher la bonne marche des affaires. L’agilité et la mobilité montrent clairement leur supériorité sur l’abnégation à soutenir le siège de telle entreprise, tel bâtiment, tel nœud des flux : on fuira l’affrontement direct et les infrastructures, rendues à leur normalité productive par l’intervention brutale des forces de l’ordre, sont rebloquées dès leur départ. Enfin, et cela n’est pas de moindre importance en terme de processus d’autonomisation du mouvement, ces pratiques se sont accompagnées d’une multiplication impressionnante d’expressions écrites (tracts, banderoles, tags, bulletins de lutte, textes d’analyse, etc.) qui expriment à différents niveaux la nature profonde de ce mouvement, à savoir d’être le mouvement de négation, d’abolition de l’ordre social existant, d’être porteur de la destruction de ce qui nous détruit ». Admirable prose, du Julien Coupat à l'état pur!
Non tout cela est hélas le fruit d’une imagination malade ou bien… Nous pensons plus sérieusement, nous pauvres terriens assoiffés du désir d’une véritable lutte conduite par les cosmonautes de base et du milieu, que la bande de Jedi, le Grand Conseil GCI avait probablement dû abuser de notre ignoble picrate Beaujolais (Ils avaient été livrés en Belgique avant les japonais ?) pour délirer ainsi sur ce triste tortillard syndical sans fin ni scénario crédible de happy end.
Le message interstel-blog était ensuite à nouveau brouillé et nous ne percevions plus que des termes étranges, inconnus au bar-tabac Jupiter ou à la piscine Saturne : « mouvementisme… autonomisation des luttes….guerre contre… les centrales syndicales (où ? où ?)… guerre contre l’Etat (ouah super !)… Une phrase était compréhensible soudain : « Dans la perspective pratique de briser le « mouvementisme » syndical qui mène la lutte à l’impuissance, à l’essoufflement et à l’épuisement, ce texte a ceci de fort qu’il pose également la question du comment continuer ?, comment aller plus loin ?, évoquant entre autres la nécessité d’imposer une temporalité de lutte propre au mouvement (et non plus décidée par les centrales syndicales) ; de développer toujours plus avant l’action offensive, organisée et coordonnée de manière autonome : les auteurs du textes soulignent ainsi l’initiative de la constitution d’une « Coordination nationale et autonome pour contourner les mots d’ordre des centrales syndicales, dont la première réunion a eu lieu à Tours le 6 novembre… (grésillements) de « passer par un nécessaire mouvement des occupations », faisant en cela directement référence aux « éléments du grand mouvement social des instituteurs à Oaxaca au Mexique qui a débouché sur la grande insurrection populaire de tout le Sud-Mexique : occupation permanente d'une place de la ville, occupation et création de plusieurs antennes radios de lutte, réappropriation des chaînes de télé locales et nationales ; grève générale par blocage économique local total ; paralysie des moyens de communication d'État et des forces de répression par occupation-réappropriation ; etc. »
Revêtus de leur tenue noire et gothique pour entrainer les lycéens (les membres du GCI disposent aussi de l’uniforme ouvrier ou militaire pour les autres types d’intervention, quoiqu’ils préfèrent se déplacer toujours avec leur scaphandre en chambre, + le foulard pour masquer qu'ils sont vieux)) se félicitent que des lycéens aient été au casse-pipe et que des dizaines soient en prison en attente de jugement, car cela leur apprendra à devenir vraiment révolutionnaire : « Aujourd’hui, sans atteindre le niveau d’embrasement des banlieues en 2005, il est à souligner que des modes d’action radicaux (manifs sauvages, saccages, pillages, incendies, actions directes menées par de petits groupes très mobiles…) ont également été adoptés par les lycéens au cours des manifestations : Si les centrales syndicales sont les ennemies politiques de la lutte (négociation et cogestion avec le patronat, revendications minimalistes, structure pyramidale et ultra-hiérarchisée), leurs Services d’Ordre (SO) sont les ennemis directs des manifestants. À coups de tonfas, de gazeuse, de gants plombés, les SO attaquent physiquement tous ceux qui ne manifestent pas docilement comme le souhaitent les syndicats : coordonnés avec les flics, ils tabassent et arrêtent les lycéens trop turbulents, ils encadrent et empêchent ceux qui préfèreraient partir en manifestation sauvage, etc. ».
Le spectre du GCI (Grand Conseil Intergalactique) hante le monde...
« Le mouvement actuel se distingue en termes de dépassement des cloisonnements sectoriels, d’auto-organisation et de contamination de pratiques ciblées contre l’économie et l’État En termes de limites du mouvement, évitons d’emblée la pseudo-distinction entre les limites « internes » au mouvement, les limites qu’il « se serait imposées » de par ses « faiblesses propres », et les limites « externes », qui lui « auraient été imposées » par la force tant physique qu’idéologique. Le mouvement de négation des conditions existantes est un produit de celles-ci. Même s’il est précisément ce qui leur est irréductible, non-intégrable, non-assimilable, il naît sur le sol même de ces conditions, dans un rapport de force mondial donné, et reproduit encore des traits et idéologies de cette société. Au-delà de sa durée propre, chaque mouvement qui rompt tangiblement avec le temps de la valorisation capitaliste nous rend à notre contemporanéité fondamentale avec toutes les luttes passées et à venir, nous lie chaque fois plus intimement les uns aux autres dans notre communauté de lutte, dans notre étrangeté radicale à ces relatifs « retours à la normale » auxquels nos ennemis aspirent pour différer la chute de leur monde putride ». Le style c'est l'ombre du GCI et l'ombre est le style du GCI. Pas bon pour réussir au cinéma. Les metteurs en scène gauchistes sont bien décidés à ne pas se laiser licencier par moins talentueux qu'eux.
Nous saluons franchement camarades martiens votre langage cosmique et vous invitons à venir en France le tenir aux bouches de métro. Vous serez conviés ensuite à visiter les lieux nettoyés de manifs traine-savates et les carrefours lavés des brûlures de pneus. En prime vous sera offert un pneu rechapé de n’importe quelle JA.
RESUME POUR CEUX QUI NE PIGENT POINT LE MARTIEN DANS LE TEXTE :
Le GCI est une micro-secte anti-syndicaliste mais très syndicaliste en réalité, très anti-gauchiste mais très gauchiste en réalité, très anti-anarchiste mais très anarchiste en réalité, très prolétaire mais tout à fait anti-prolétaire en réalité avec son exaltation de la vague "lutte du peuple" comme au Mexique, très parti mais en réalité très anti-parti de classe. La lecture des citations ci-dessus révèle qu’un groupe, n’importe quel groupe qui se prétend radical peut reproduire les mensonges et les pires poncifs gauchistes. Ce pitoyable cercle de vieux intellectuels tient le même discours grèvegénéraliste que n'importe quel gauchiste fonctionnaire, discours creux et ridicule.
Les choses ont été simples en France :
- Pour les masses (non des millions mais des centaines de milliers dans plusieurs manifs avec même manifestants des services publics, des municipalités, des nombreux vieux des syndicats, etc.) + une partie des lycéens qui ont été lancés dans les promenades par une concertation secrète Sarko-syndicats dans l’espoir qu’ils allaient casser (je déduis mais je n’ai pas de preuves, mais qui n'avait pas besoin d'être "complotée" non plus pour tenter la même chose) les balades épuisantes,
- Pour les énervés de base, des syndicalistes CGT des ports, de EDF, etc. ont joué à l’action « indépendante » des syndicats aux côtés des "incontrôlables" avec les mêmes méthodes… poujadistes habituelles de leurs syndicats : blocage de carrefour, pneus brûlés. Ces petits cordons d’agités anars et staliniens n’ont jamais été rejoint par la masse : l’action de blocage ne permet pas plus la discussion que de défiler sous le hurlement des sonos syndicales,
- La grève des raffineries bis a été une excellente manœuvre, très machiavélique, très contrôlée avec deux objectifs : contenter une foule de gens qui sur les forums du web ou dans les boites gueulaient qu’il fallait tout bloquer (et le syndicat CGT leur aura démontré par le fait que cela ne menait à rien), et en second lieu, faire planer le risque de pénurie qui est bon pour cette connasse d’opinion publique ; paradoxalement ce n‘est pas cette 2e hypothèse qui a marché, mais la première… venant conforter le sentiment d’impuissance des prolétaires spectateurs de keur propre humiliation.
- S’il est une leçon à retenir de la soi-disante lutte en France c’est bien l’intelligence tactique des aristocrates syndicaux qui ont « accompagné » comme on accompagne un tombeau et la prestation des seconds rôles, les imbéciles gauchistes et anarchistes qui ont permis par les actions dites de « blocage » de liquider la vraie carence de la protestation prolétaire : l’impossibilité de débattre et de décider (même s’il y eût semble-t-il des AG pour poser les vraies questions comme à Toulouse par exemple).
Il faut le répéter, le mouvement sous le nombre mou et les nombres exagérés n’était ni cohérent ni unifié, et malheureusement la vérité de sa faiblesse intrinsèque n’apparaissait que sur les forums internet où des prolétaires du privé (non "umpistes") ne mâchaient pas leurs mots contre les défilants aux régimes spéciaux maintenus… et contre cet extraordinaire suivisme derrière des aristocrates syndicaux assez minables pourtant. Lamentable jeu colin-maillard.
QUANT AUX RESIDUS DU VIEUX MILIEU MAXIMALISTE: pas brillant. Le BIPR devenu Tendance Communiste Internationaliste (TCI) n'a pas confirmé les espoirs pingres et naïfs de l'ex fraction interne du CCI qui s'est scindée également en deux (2 et 2 font 4, et 4 divisé par 2 donne 2), un couple croyant toujours au redressement possible de la maison-mère CCI, et les autres pas et proche du cercle Klasbatalo du Canada. Sur le site canadien CMAQ, comme on me l'a signalé, vous pouvez lire les errances du clash de l'ex Battaglia Comunista qui semblait pourtant imminisé des délires des autres tout petits groupes depuis 50 ans: "Scission dans le BIPR, maintenant TCI - Qu'en est-il? (en date du jeudi 9 décembre). Quant au CCI, il dégénère de plus en plus vite, pas la peine de s'énerver comme une aile de la fraction "dite interne" qui lui a consacré un long article sur son révisionnisme concernant la "violence de classe", mais en s'appuyant sur le plus mauvais brouet sur le sujet "Terrorisme ou communisme" de Trotsky. Certes sur le fond la nouvelle théorisation des braves étudiants "fifils de la classe ouvrière" (une connerie de première) est doublée de l'exaltation de leur pacifisme manifestant opposé à la "violence aveugle" des "lascars de banlieues", mais cela ne fait que confirmer le caractère petit bourgeois de cette secte, emmenée par une nouvelle théoricienne Jiang Qing (veuve de Mao). Appliquez cette théorie aux gardes rouges de 1967-68 et vous verrez l'effet "culturel" produit!
mardi 16 novembre 2010
DES ENSEIGNEMENTS POUR LE PROLETARIAT MONDIAL ..
OU
DES RENSEIGNEMENTS SUR LA Sénilité du CCI ?
(Du danger de la propagande grèvegénéraliste)
S’il y a eu un mouvement de protestation sur les retraites, personne ne s’en est aperçu au niveau international, ou plutôt n’aurait pu s’en apercevoir avec le seul site du CCI qui pendant dix mois n’a ni pris position ni reflété une quelconque discussion de ses sympathisants (enfants de militants) ou en son sein (exigu) concernant la principale attaque gouvernementale bourgeoise contre la classe ouvrière, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le mouvement de protestation s’est incroyablement délité comme on pouvait prévoir qu’il le serait, canalisé depuis le début non comme flot impétueux mais comme long fleuve tranquille bordé par la certitude en béton que les syndicats ne menaient pas à l’abattoir. Voilà l’agence mondiale française du CCI qui se réveille tout à coups alors que les lampions de la fête amère sont éteints. Depuis son site fade et imbitable il annonce triomphalement au monde entier : « Ce mouvement est déjà riche en enseignements pour le prolétariat mondial » et « nous nous efforcerons dans la mesure de nos forces de traduire ces textes (du forum de discussion) dans les principales langues ».
Déjà que le prolétariat en France ne sait plus où il en est, on se demande quelles leçons il pourrait fournir aux autres prolétariats ! Depuis un an il n’y a eu AUCUNE discussion concernant la longue mascarade syndicale sur les retraites sur le blog de ces messieurs les leaders politiques marxistes du prolétariat mondial, et on apprend qu’ils vont « s’efforcer » de traduire des discussions qui n’ont pas eu lieu… Heureusement qu’il n’y a quasiment rien à traduire, car comme ils ne sont guère plus de deux ou trois par pays, le prolétariat universel attendrait trois siècles le bilan de la glorieuse lutte défaite des aristos syndicaux en France comme celui de la magnifique lutte des resquilleurs grecs qui ont portés triomphalement leur dompteur de gauche au pouvoir (Cf. Brève chronologie des événements de la lutte contre la réforme des retraites » par ICConline du 22 octobre).
La chronologie rétroactive de l’agence du CCI, RI augure que chacun peut fort bien prendre un train en marche, en rappelant justement que le train avait eu du mal à démarrer depuis la première JA du 23 mars, mais il est criminel de faire croire que la locomotive est devenue fiable à partir du 23 septembre et très accommodant soudain avec les agités du milieu puant de la CNT AIT. Le principal « regroupement international marxiste en vue de la fondation du parti mondial de la révolution de demain » fait la promo et s’agenouille devant cette poignée de gugusses anarchistes qui flirtent avec les staliniens comme avec n’importe quel antisarkozyste primaire. Donc l’agence RI a vu que le 23 septembre « le mouvement enfle », que « des cortèges hésitent à se disperser », que « des tracts d’interprofessionnelles (elles sont sexy ?) commencent à appeler à la prise en main des luttes… » et : « Dans quelques villes, la CNT AIT organise des Assemblées populaires pour « libérer la parole » (le CCI se joindra ensuite à cette excellente initiative) » (notez bien c’est eux qui la spécifie cette « excellente initiative »). La sénilité politique et activiste du CCI est traduite immédiatement en jargon français : « Cette volonté de s’auto-organiser exprimée par des minorités révèlent (singulier !) que l’ensemble de la classe commence à se poser des question sur la stratégie syndicale, sans oser tirer encore toutes les conséquences de leurs doutes et questionnements ». Vous imaginez donc que cette dizaine de personnes qui ne veut pas remonter dans les cars syndicaux en fin de manif et la poignée d’agités anars expriment cette « volonté de s’auto-organiser » ! Mais s’organiser à partir de quoi ? Des manifs composées majoritairement des vieux retraités des encadrements syndicaux, des bénéficiaires des régimes spéciaux, des habituels employés municipaux réquisitionnés et des troupes gauchistes sans diplômes, permettent au rédacteur de l’agence RI d’accompagner les gros ballons des syndicats, en validant leurs chiffres et le mensonge de la participation du secteur privé lors des processions dominicales rajoutées aux JA pour faire peuple. ..
Toute l’action de la poignée des vieux has been de RI a donc été de compter les manifestants et de collecter les divers tracts anars qui circulent pour se pâmer devant cette volonté de « communiquer » malgré le son assourdissant des sonos des aristos de la négociation au long cours. Pire l’agence RI, incapable de sortir le moindre tract de la qualité de celui du PCI ou des camarades de Tumulto de Toulouse (avec Controverses), nous resservent les tracts… des anarchistes ! Quelle décadence !
Une chronologie honnête contient les déclarations des protagonistes des deux bords sinon elle ne sert à rien pour comprendre le déroulé des événements ni en tirer la leçon. Leur chronologie ne fait qu’exagérer d’éventuelles discussions au coin de la rue et des AG interprofessionnelles virtuelles, ou qui furent inconsistantes comme en 1995. La seule révélation de la « trahison systématique » des syndicats, portée par le déambulateur du CCI (ce squelette du parti) est le bluff des AG par catégories et par étages (bof comme si on le savait pas); mais avec un simplisme manichéen, les « enseignements pour le prolétariat mondial » se résumeraient à ces cortèges lassants d’une foule « trahie » par les méchants syndicats. Trahie au bout de la rue ?
L’échec du mouvement se résume-t-il à la perpétuelle trahison des méchants syndicats ?
DU DANGER OPPORTUNISTE DE LA PROPAGANDE GENERALISTE ET GREVEGENERALISTE
Avant de radoter pour les diverses « autonomies » de la lutte et « d’extension massive de la lutte et de la solidarité », un réel parti politique aurait analysé la situation : quelles forces en présence ? comment l’attaque a-t-elle été préparée par la bourgeoisie ? quels objectifs donner au mouvement s’il se « durcit » ?
Si l’agence RI s’était posé ces questions, elle aurait tenu compte :
- Du fait que la classe ouvrière ne subit que des échecs depuis 1993 sur cette question des retraites, qu’elle est encore incapable de relever la tête tant qu’elle ne saura pas prendre les risques nécessaires pour une véritable confrontation (grèves et rejet des syndicats)
- Que le gouvernement a clairement laissé entendre qu’il ne toucherait pas aux régimes spéciaux et qu’il a ainsi rassuré les aristocraties syndicales du secteur public, qui ont pu ainsi organiser mollement et sans risques les promenades successives ;
- Qu’il n’y avait aucune grève pour être le socle à une véritable généralisation des luttes, excepté la grève des raffineries ordonnée (et arrêtée brutalement sans raison par les syndicats en temps et en heure), pour démontrer aux jusqu’auboutistes dans leur rang (qui étaient persuadés qu’il suffisait de bloquer l’essence pour mettre Sarko KO) que ce blocage ne servait à rien
- Que la « trahison » attendue des syndicats n’est pas venue comme d’ordinaire – ils accompagnent des enterrements sans risques et sans trop s’exposer (cf. le langage abstrait et ambigu des grands bonzes aristocrates) – et a été supplantée par l’habituelle « radicalisation » gauchiste et anarchiste (il est vrai que Sarko a manqué son coup en espérant que les lycéens – pas les petits bourges étudiants – allaient casser).
- En profiter pour offrir au prolétariat universel une analyse plus large de la SIGNIFICATION de l’attaque sur les retraites comme des expressions de fin de vie du capitalisme, et OSER dire que la retraite, comme le salariat, sera supprimée dans le communisme.
Au lieu de cette réflexion, l’agence RI a réagi avec lâcheté, suivant les troupes anarcho-syndicalistes. Sommet de cet opportunisme syndicaliste, est la reproduction d’un tract d’une assemblée générale de Saint Sernin à Toulouse, Le tract présenté comme « Des tentatives de lutter en dehors du contrôle syndical » est si bref et pauvre en généralités qu’il ne sert qu’à amplifier la sono syndicale pour les présents. Il appelle à la fusion de tout et n’importe quoi à l’exemple improbable de la Grèce. Plus grave aucune critique n’est portée au tract d’une AG gare de l’Est à Paris, tract grèvegénéraliste de la plus belle eau… inter-classiste, où on lit que « … nous ne devons pas apparaître comme défendant des intérêts catégoriels mais ceux de toute la population travailleuse, y compris les petits paysans, marins-pécheurs ( !?), petits artisans ( !?), petits boutiquiers (ah ah !), qui est jetée dans la misère avec la crise du capitalisme. Nous devons les entraîner et nous mettre à la tête de toutes les luttes pour mieux nous en prendre au capital ». On se demande bien qui est ce « NOUS » qui va prendre le pouvoir pour se mettre à la tête de toutes les couches de la population, mais cela ne pose pas problème à l’autiste agence de RI qui pense que ce « nous » ce sera elle !
La pire compromission de l’agence RI est enfin son « plein soutien » au tract de la CNT Toulouse : « Comment lutter ? Par une Résistance Populaire Autonome »( !?). Comme tout tract radical anarchiste il comporte quelques vérités mais surtout des billevesées critiques-critiques et archi-activistes habituelles de la mouvance anarchiste jusqu’auboutiste et infantile (actions menées en général conjointement avec les syndicalistes CGT et SUD), stupidités auxquelles l’agence en France du parti mondial de la révolution ne porte AUCUNE critique :
- « la conduite de la lutte n’est pas le monopole de qui que ce soit (fonctionnaires syndicaux ou autres professionnels, etc. » ; ahurissant ! donc cette conduite est aussi celle… des aristos syndicaux !
- « les revendications doivent être unifiantes pour éviter la mise en opposition entre les salariés, les consommateurs, voire les usagers » ; doublement ahurissant de voir se cotoyer cette catégorie syndicale « les salariés » aux côtés d’autres catégories qui peuvent être autant bourgeoises que prolétaires ou chômeurs !
- « Pour sensibiliser partout où c’est possible, à notre disposition : les barrages filtrants, les piquets volants sur les axes routiers… cortèges tintamarres (comme pour un mariage)… rassemblements devant Palais de Justice, Pole emploi, etc. »…
C’est ce qui s’appelle organiser la dispersion. C’est le credo complémentaire, aux côtés des « réformistes » des syndicats pour tous les connards de léninistes anarchistes et de gauchistes conseillistes pour « apporter la conscience de l’extérieur » ou pour « sensibiliser » comme ils disent les millions de prolétaires qui avaient bien besoin d’eux pour se rendre compte qu’ils étaient floués par le gouvernement et que celui-ci tomberait comme une prune avec quelques barrages routiers et les petites phrases des chefs aristocrates syndicaux à la veille de chaque JA !
La secte CCI était morte depuis ses procès de Moscou au milieu des années 1990, son cadavre dégage encore les odeurs pestilentielles des égouts de la petite bourgeoisie intellectuelle. Les étudiants, ces carriéristes de plus en plus floués par la crise, sont encore montrés aux prolétaires comme exemplaires avec leur victoire contre le CPE qui a encore aggravée le chômage des fils de prolétaires sans diplômes. Le cadavre du CCI pue encore plus lorsqu’il prétend fin octobre qu’en France « s’accroît la solidarité entre différents secteurs ». Ce mensonge est une couronne de fleurs mortuaires offerte aux fossoyeurs syndicaux.
FAUSSE RESSOURCE DE L’ACTIVISME
Un article de la revue bordiguiste Programme communiste (texte de Milan 1952, republié en 1971) avait déjà cloué au pilori la décadence politique des sectes comme RI-CCI ; Extraits :
« 1 - Il existe une objection courante, qui n'a elle-même rien d'original, puisqu'elle a déjà accompagné les pires épisodes de dégénérescence du mouvement ouvrier - c'est celle qui consiste à sous-estimer la clarté et la continuité des principes et qui incite à «être politique», à se plonger dans l'activité du mouvement, qui indiquera lui-même les voies à prendre; à ne pas s'arrêter afin de décider en étudiant des textes et en tirant les leçons d'expériences précédentes, mais à poursuivre son chemin sans trêve dans le vif de l'action.
2 - Cet activisme pratique est à son tour une déformation du marxisme, soit qu'il veuille mettre en premier plan l'esprit de décision et la vivacité de groupes de direction et d'avant-garde sans grands scrupules doctrinaux, soit qu'il réduise tout à la décision et à la consultation «de la classe» et de ses majorités, sous couvert de choisir la voie que, poussés par l'intérêt économique, la plupart des travailleurs préfèrent. Ce sont de vieux trucs, et jamais aucun traître, vendu à la classe dominante, n'a quitté le Parti sans soutenir primo, qu'il était le meilleur et le plus actif défenseur «pratique» des intérêts ouvriers; secundo, qu'il agissait ainsi de par la volonté manifeste de la masse de ses partisans ou... de ses électeurs.
3 - La déviation révisionniste, par exemple l'évolutionnisme réformiste et légalitaire de Bernstein, était au fond activiste et non ultra-déterministe. Il ne s'agissait pas de remplacer le but révolutionnaire trop élevé par des revendications limitées que la situation permettait d'obtenir, mais de fermer les yeux devant la brûlante vision de l'arc historique complet. On disait: le résultat du moment est tout, proposons-nous des buts immédiats et limités, à l'échelle non pas universelle, mais locale et transitoire, et il sera possible de modeler de tels résultats par la volonté. Des syndicalistes partisans de la violence, à la Sorel, dirent la même chose et finirent de la même façon: les premiers se préoccupaient davantage d'arracher des mesures législatives par la voie parlementaire, les seconds de remporter des victoires catégorielles et au niveau de l'entreprise; mais les uns et les autres tournaient le dos aux tâches historiques ».
DES RENSEIGNEMENTS SUR LA Sénilité du CCI ?
(Du danger de la propagande grèvegénéraliste)
S’il y a eu un mouvement de protestation sur les retraites, personne ne s’en est aperçu au niveau international, ou plutôt n’aurait pu s’en apercevoir avec le seul site du CCI qui pendant dix mois n’a ni pris position ni reflété une quelconque discussion de ses sympathisants (enfants de militants) ou en son sein (exigu) concernant la principale attaque gouvernementale bourgeoise contre la classe ouvrière, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le mouvement de protestation s’est incroyablement délité comme on pouvait prévoir qu’il le serait, canalisé depuis le début non comme flot impétueux mais comme long fleuve tranquille bordé par la certitude en béton que les syndicats ne menaient pas à l’abattoir. Voilà l’agence mondiale française du CCI qui se réveille tout à coups alors que les lampions de la fête amère sont éteints. Depuis son site fade et imbitable il annonce triomphalement au monde entier : « Ce mouvement est déjà riche en enseignements pour le prolétariat mondial » et « nous nous efforcerons dans la mesure de nos forces de traduire ces textes (du forum de discussion) dans les principales langues ».
Déjà que le prolétariat en France ne sait plus où il en est, on se demande quelles leçons il pourrait fournir aux autres prolétariats ! Depuis un an il n’y a eu AUCUNE discussion concernant la longue mascarade syndicale sur les retraites sur le blog de ces messieurs les leaders politiques marxistes du prolétariat mondial, et on apprend qu’ils vont « s’efforcer » de traduire des discussions qui n’ont pas eu lieu… Heureusement qu’il n’y a quasiment rien à traduire, car comme ils ne sont guère plus de deux ou trois par pays, le prolétariat universel attendrait trois siècles le bilan de la glorieuse lutte défaite des aristos syndicaux en France comme celui de la magnifique lutte des resquilleurs grecs qui ont portés triomphalement leur dompteur de gauche au pouvoir (Cf. Brève chronologie des événements de la lutte contre la réforme des retraites » par ICConline du 22 octobre).
La chronologie rétroactive de l’agence du CCI, RI augure que chacun peut fort bien prendre un train en marche, en rappelant justement que le train avait eu du mal à démarrer depuis la première JA du 23 mars, mais il est criminel de faire croire que la locomotive est devenue fiable à partir du 23 septembre et très accommodant soudain avec les agités du milieu puant de la CNT AIT. Le principal « regroupement international marxiste en vue de la fondation du parti mondial de la révolution de demain » fait la promo et s’agenouille devant cette poignée de gugusses anarchistes qui flirtent avec les staliniens comme avec n’importe quel antisarkozyste primaire. Donc l’agence RI a vu que le 23 septembre « le mouvement enfle », que « des cortèges hésitent à se disperser », que « des tracts d’interprofessionnelles (elles sont sexy ?) commencent à appeler à la prise en main des luttes… » et : « Dans quelques villes, la CNT AIT organise des Assemblées populaires pour « libérer la parole » (le CCI se joindra ensuite à cette excellente initiative) » (notez bien c’est eux qui la spécifie cette « excellente initiative »). La sénilité politique et activiste du CCI est traduite immédiatement en jargon français : « Cette volonté de s’auto-organiser exprimée par des minorités révèlent (singulier !) que l’ensemble de la classe commence à se poser des question sur la stratégie syndicale, sans oser tirer encore toutes les conséquences de leurs doutes et questionnements ». Vous imaginez donc que cette dizaine de personnes qui ne veut pas remonter dans les cars syndicaux en fin de manif et la poignée d’agités anars expriment cette « volonté de s’auto-organiser » ! Mais s’organiser à partir de quoi ? Des manifs composées majoritairement des vieux retraités des encadrements syndicaux, des bénéficiaires des régimes spéciaux, des habituels employés municipaux réquisitionnés et des troupes gauchistes sans diplômes, permettent au rédacteur de l’agence RI d’accompagner les gros ballons des syndicats, en validant leurs chiffres et le mensonge de la participation du secteur privé lors des processions dominicales rajoutées aux JA pour faire peuple. ..
Toute l’action de la poignée des vieux has been de RI a donc été de compter les manifestants et de collecter les divers tracts anars qui circulent pour se pâmer devant cette volonté de « communiquer » malgré le son assourdissant des sonos des aristos de la négociation au long cours. Pire l’agence RI, incapable de sortir le moindre tract de la qualité de celui du PCI ou des camarades de Tumulto de Toulouse (avec Controverses), nous resservent les tracts… des anarchistes ! Quelle décadence !
Une chronologie honnête contient les déclarations des protagonistes des deux bords sinon elle ne sert à rien pour comprendre le déroulé des événements ni en tirer la leçon. Leur chronologie ne fait qu’exagérer d’éventuelles discussions au coin de la rue et des AG interprofessionnelles virtuelles, ou qui furent inconsistantes comme en 1995. La seule révélation de la « trahison systématique » des syndicats, portée par le déambulateur du CCI (ce squelette du parti) est le bluff des AG par catégories et par étages (bof comme si on le savait pas); mais avec un simplisme manichéen, les « enseignements pour le prolétariat mondial » se résumeraient à ces cortèges lassants d’une foule « trahie » par les méchants syndicats. Trahie au bout de la rue ?
L’échec du mouvement se résume-t-il à la perpétuelle trahison des méchants syndicats ?
DU DANGER OPPORTUNISTE DE LA PROPAGANDE GENERALISTE ET GREVEGENERALISTE
Avant de radoter pour les diverses « autonomies » de la lutte et « d’extension massive de la lutte et de la solidarité », un réel parti politique aurait analysé la situation : quelles forces en présence ? comment l’attaque a-t-elle été préparée par la bourgeoisie ? quels objectifs donner au mouvement s’il se « durcit » ?
Si l’agence RI s’était posé ces questions, elle aurait tenu compte :
- Du fait que la classe ouvrière ne subit que des échecs depuis 1993 sur cette question des retraites, qu’elle est encore incapable de relever la tête tant qu’elle ne saura pas prendre les risques nécessaires pour une véritable confrontation (grèves et rejet des syndicats)
- Que le gouvernement a clairement laissé entendre qu’il ne toucherait pas aux régimes spéciaux et qu’il a ainsi rassuré les aristocraties syndicales du secteur public, qui ont pu ainsi organiser mollement et sans risques les promenades successives ;
- Qu’il n’y avait aucune grève pour être le socle à une véritable généralisation des luttes, excepté la grève des raffineries ordonnée (et arrêtée brutalement sans raison par les syndicats en temps et en heure), pour démontrer aux jusqu’auboutistes dans leur rang (qui étaient persuadés qu’il suffisait de bloquer l’essence pour mettre Sarko KO) que ce blocage ne servait à rien
- Que la « trahison » attendue des syndicats n’est pas venue comme d’ordinaire – ils accompagnent des enterrements sans risques et sans trop s’exposer (cf. le langage abstrait et ambigu des grands bonzes aristocrates) – et a été supplantée par l’habituelle « radicalisation » gauchiste et anarchiste (il est vrai que Sarko a manqué son coup en espérant que les lycéens – pas les petits bourges étudiants – allaient casser).
- En profiter pour offrir au prolétariat universel une analyse plus large de la SIGNIFICATION de l’attaque sur les retraites comme des expressions de fin de vie du capitalisme, et OSER dire que la retraite, comme le salariat, sera supprimée dans le communisme.
Au lieu de cette réflexion, l’agence RI a réagi avec lâcheté, suivant les troupes anarcho-syndicalistes. Sommet de cet opportunisme syndicaliste, est la reproduction d’un tract d’une assemblée générale de Saint Sernin à Toulouse, Le tract présenté comme « Des tentatives de lutter en dehors du contrôle syndical » est si bref et pauvre en généralités qu’il ne sert qu’à amplifier la sono syndicale pour les présents. Il appelle à la fusion de tout et n’importe quoi à l’exemple improbable de la Grèce. Plus grave aucune critique n’est portée au tract d’une AG gare de l’Est à Paris, tract grèvegénéraliste de la plus belle eau… inter-classiste, où on lit que « … nous ne devons pas apparaître comme défendant des intérêts catégoriels mais ceux de toute la population travailleuse, y compris les petits paysans, marins-pécheurs ( !?), petits artisans ( !?), petits boutiquiers (ah ah !), qui est jetée dans la misère avec la crise du capitalisme. Nous devons les entraîner et nous mettre à la tête de toutes les luttes pour mieux nous en prendre au capital ». On se demande bien qui est ce « NOUS » qui va prendre le pouvoir pour se mettre à la tête de toutes les couches de la population, mais cela ne pose pas problème à l’autiste agence de RI qui pense que ce « nous » ce sera elle !
La pire compromission de l’agence RI est enfin son « plein soutien » au tract de la CNT Toulouse : « Comment lutter ? Par une Résistance Populaire Autonome »( !?). Comme tout tract radical anarchiste il comporte quelques vérités mais surtout des billevesées critiques-critiques et archi-activistes habituelles de la mouvance anarchiste jusqu’auboutiste et infantile (actions menées en général conjointement avec les syndicalistes CGT et SUD), stupidités auxquelles l’agence en France du parti mondial de la révolution ne porte AUCUNE critique :
- « la conduite de la lutte n’est pas le monopole de qui que ce soit (fonctionnaires syndicaux ou autres professionnels, etc. » ; ahurissant ! donc cette conduite est aussi celle… des aristos syndicaux !
- « les revendications doivent être unifiantes pour éviter la mise en opposition entre les salariés, les consommateurs, voire les usagers » ; doublement ahurissant de voir se cotoyer cette catégorie syndicale « les salariés » aux côtés d’autres catégories qui peuvent être autant bourgeoises que prolétaires ou chômeurs !
- « Pour sensibiliser partout où c’est possible, à notre disposition : les barrages filtrants, les piquets volants sur les axes routiers… cortèges tintamarres (comme pour un mariage)… rassemblements devant Palais de Justice, Pole emploi, etc. »…
C’est ce qui s’appelle organiser la dispersion. C’est le credo complémentaire, aux côtés des « réformistes » des syndicats pour tous les connards de léninistes anarchistes et de gauchistes conseillistes pour « apporter la conscience de l’extérieur » ou pour « sensibiliser » comme ils disent les millions de prolétaires qui avaient bien besoin d’eux pour se rendre compte qu’ils étaient floués par le gouvernement et que celui-ci tomberait comme une prune avec quelques barrages routiers et les petites phrases des chefs aristocrates syndicaux à la veille de chaque JA !
La secte CCI était morte depuis ses procès de Moscou au milieu des années 1990, son cadavre dégage encore les odeurs pestilentielles des égouts de la petite bourgeoisie intellectuelle. Les étudiants, ces carriéristes de plus en plus floués par la crise, sont encore montrés aux prolétaires comme exemplaires avec leur victoire contre le CPE qui a encore aggravée le chômage des fils de prolétaires sans diplômes. Le cadavre du CCI pue encore plus lorsqu’il prétend fin octobre qu’en France « s’accroît la solidarité entre différents secteurs ». Ce mensonge est une couronne de fleurs mortuaires offerte aux fossoyeurs syndicaux.
FAUSSE RESSOURCE DE L’ACTIVISME
Un article de la revue bordiguiste Programme communiste (texte de Milan 1952, republié en 1971) avait déjà cloué au pilori la décadence politique des sectes comme RI-CCI ; Extraits :
« 1 - Il existe une objection courante, qui n'a elle-même rien d'original, puisqu'elle a déjà accompagné les pires épisodes de dégénérescence du mouvement ouvrier - c'est celle qui consiste à sous-estimer la clarté et la continuité des principes et qui incite à «être politique», à se plonger dans l'activité du mouvement, qui indiquera lui-même les voies à prendre; à ne pas s'arrêter afin de décider en étudiant des textes et en tirant les leçons d'expériences précédentes, mais à poursuivre son chemin sans trêve dans le vif de l'action.
2 - Cet activisme pratique est à son tour une déformation du marxisme, soit qu'il veuille mettre en premier plan l'esprit de décision et la vivacité de groupes de direction et d'avant-garde sans grands scrupules doctrinaux, soit qu'il réduise tout à la décision et à la consultation «de la classe» et de ses majorités, sous couvert de choisir la voie que, poussés par l'intérêt économique, la plupart des travailleurs préfèrent. Ce sont de vieux trucs, et jamais aucun traître, vendu à la classe dominante, n'a quitté le Parti sans soutenir primo, qu'il était le meilleur et le plus actif défenseur «pratique» des intérêts ouvriers; secundo, qu'il agissait ainsi de par la volonté manifeste de la masse de ses partisans ou... de ses électeurs.
3 - La déviation révisionniste, par exemple l'évolutionnisme réformiste et légalitaire de Bernstein, était au fond activiste et non ultra-déterministe. Il ne s'agissait pas de remplacer le but révolutionnaire trop élevé par des revendications limitées que la situation permettait d'obtenir, mais de fermer les yeux devant la brûlante vision de l'arc historique complet. On disait: le résultat du moment est tout, proposons-nous des buts immédiats et limités, à l'échelle non pas universelle, mais locale et transitoire, et il sera possible de modeler de tels résultats par la volonté. Des syndicalistes partisans de la violence, à la Sorel, dirent la même chose et finirent de la même façon: les premiers se préoccupaient davantage d'arracher des mesures législatives par la voie parlementaire, les seconds de remporter des victoires catégorielles et au niveau de l'entreprise; mais les uns et les autres tournaient le dos aux tâches historiques ».
samedi 13 novembre 2010
LES SYNDICATS FRANCAIS FONT LA MANCHE

Le grave problème de l’heure, la survie du couple Chérèque-Thibault, ne nous ayant pas effleuré, l’obscure intersyndicale nous annonce que les grévistes vont être indemnisés. Quels grévistes et pour quelles journées? On sait pas. La CFDT donnerait une aumône de 18 euros à ses adhérents (peu nombreux à avoir été longtemps en grève), ce qui s’appelle priver Paul pour récompenser Pierre. La CGT promet de donner à tous et ne donnera rien. Et ceux qui ont perdu leur journée de travail par défaut de transport qui les indemnisera ?
« Les syndicats CGT du groupe Total ont annoncé vendredi que les fonds récoltés en solidarité avec les salariés des raffineries qui ont cessé le travail durant 18 jours contre la réforme des retraites seront reversés à tous les grévistes. La CFDT a quant à elle prévu d'indemniser ses seuls adhérents grévistes, à hauteur de 18 euros par jour non travaillé, et avec ses propres fonds.
Titre de Libération : La CGT indemnise l'ensemble des travailleurs
«L'ensemble des fonds reçus» en solidarité «servira intégralement à compenser les heures de grève des salariés grévistes, qu'ils soient adhérents ou non d'une organisation syndicale», a affirmé dans un communiqué Charles Foulard, coordinateur CGT du groupe Total (6 raffineries sur 12 en métropole). Charles Foulard souligne que «des fonds de solidarité» en faveur des grévistes dans les raffineries continuent d'affluer - «plusieurs comptes bancaires spécifiques ont été mis en place» - et un chiffrage sera rapidement établi. «Un minimum d'heures de grève, non indemnisées, sera fixé dans chaque établissement» le cas échéant intersyndicalement, ajoute-t-il en assurant «la traçabilité et la transparence» de l'opération ».
OK mais alors on veut micro et caméras de TF1 comme au Téléthon ou lors des soirées électorales pour contrôler la distribution des fonds récoltés. « Ceoim » corrige sur le forum de Libé les mensonges dont la CGT a l’habitude : « La CGT SNCF qui faisaient la manche lors des manifs dans ma sous-préfecture de Charente Maritime à reversé les sommes collectées uniquement à ses adhérents grévistes. Donc cet article est au moins partiellement mensonger. La CGT, c'est bien ce syndicat qui avait envoyé son "service d'ordre" pour déloger manu militari des sans papiers ? A quand en France des syndicats à l'allemande, qui ne font pas de politique mais qui ont les couilles et les moyens de peser quand ils décident de bouger ? Tiens à propos de réforme des retraites, rien n'est joué en Allemagne sur l'allongement à 67 ans en 2029 dont on nous assure continuellement que ça a été accepté sans faire de vagues ». Ceoim rêve sur l’Allemagne où les barnums syndicaux sont et seront très fragiles si çà pète hors des entreprises. Le syndicalisme pépère et confortable à l’allemande c’est fini avec les durs impondérables de la crise systémique. La procédure d'indemnisation «existe depuis 1974», explique Mme Karvar de la CFDT mais, selon les statuts, elle doit concerner les seuls mouvements «internes aux entreprises», mais la confédération a décidé à titre «exceptionnel» de l'étendre au mouvement interprofessionnel sur les retraites. La mère Karvar aurait mieux fait de proposer de … cotiser pour les retraites raccourcies…
C'est pour se racheter de leurs 8 enterrements que les deux jumeaux syndicaux font la manche?
D'abord les 18 euros par jour de la CFDT c'est jouer au syndicat allemand et se ficher du monde, une aumône! Ensuite les quêtes syndicales CGT ou CFDT c'est toujours louche et on ne sait jamais qui en bénéficie. Ensuite encore c'est tenter de faire avaler la défaite perpétuelle - depuis Balladur la lutte de défense des retraites a TOUJOURS échoué! - avec des clopinettes. C'est comme le paiement des jours de grève en général qui m'a toujours fait rire, moyen pour syndicat, patronat et Etat de faire passer l'essentiel au second plan. On vous baise mais on en rajoute une louche!
Laissons la conclusion à Gile sur le forum de Libé ce matin :
« Après ces semaines de mascarade, on fait quoi ? Stop ou encore ?? J'ai pas de conseils à donner à Thibault et Chérèque mais vu la râclée qu'ils ont prise, je leur suggérerais de cesser de fanfaronner sur l'air du "au bout jusqu'à la victoire" car le bout on y est et c'est la cata pour les centrales syndicales qui vont laisser la peau des fesses dans ce conflit, tant en crédibilité qu'en finances. Mais s'ils veulent encore se tabasser, qu'ils fassent comme fait le PS, c'est à dire réunir les instances dirigeantes du syndicat, mettre sur la table un projet de programme et..................... se crêper le chignon entre anciens et modernes.
dimanche 7 novembre 2010
1 REFORME ET 8 ENTERREMENTS

Histoire des trois grands acteurs de la lutte pour des retraites diversifiées et inégalitaires : FLUX, REFLUX et AFFLUX
FLUX
Les médias se mélangent les pinceaux : il n’y a pas eu seulement 8 manifs cette année mais 11 dont 3 samedi pour «élargir au privé et aux lycéens et étudiants ». Manifs tortillard. Manifs de corbillards à chaque fois. Plus difficile à manœuvrer que les cortèges étudiants la « multitude salariée » a été plus longue à épuiser, bien qu’elle ait été surtout composée de vieux prolétaires et des bénéficiaires des régimes spéciaux, qui les ont conservés mais qui savent qu’ils passeront tôt ou tard à la casserole. Il y avait, il faut le reconnaître sans concession à l’attaque gouvernementale, une certaine absurdité à vouloir combattre une vilenie anti-ouvrière en espérant l’empêcher alors que seule une lutte offensive l’aurait permis. Suffit la mascarade des défilés flonflons ! Vous en redemandez ? Ils peuvent vous en resservir encore fin novembre ! Les bonzes auront eu du mal à calmer les troupes mais s'ils y sont arrivés. C'est pas de leur faute. Les "suivistes" croyaient triompher en marchant à pied avec des drapeaux bleu blanc rouge en chantant des conneries, et que ce serait suffisant pour faire plier la bourgeoisie? Pour ces milliers qui ont cru au père Noël avant décembre c'est une victoire il débarque bientôt et on le nomme d'ordinaire Saint Nicolas...
Prenons tous ensemble (sic) un peu de recul : TOUTES les protestations contre les attaques successives sur les retraites ont été DEFAITES de la même manière : tous les défilés du monde n’y ont rien changé, au contraire. L’aristocratie syndicale a joué le même scénario à chaque fois :
1. Unité des syndicats pour défiler une fois tous les quinze jours,
2. Déclarations fiers à bras des chefs syndicaux contre leurs employeurs du gouvernement (les syndicats dépendent du ministère du travail… même si certains de leurs chefs sont payés par la caisse de retraite des concierges…)
3. Un peu de violences dans la rue avec la peu discrète participation de provocateurs professionnels avec flics en baskets,
4. Quoique la tactique du casseur jusqu’auboutiste ait peu fonctionné pour impressionner « l’opinion publique », les chefs syndicaux ont dénoncé des « agissements policiers » alors que naguère ils s’en servaient pour dénoncer leurs bases gauchistes « irresponsables ».
5. Fin du scénario : les syndicats se divisent en laissant un seul jouer les jusqu’auboutiste (comme par hasard le chouchou du gouvernement la CGT qui va pouvoir ainsi ramasser le max de voix aux élections professionnelles).
REFLUX
Il n’y a rien de pire qu’un mouvement social qui se termine en eau de boudin. A ce titre la bourgeoisie triomphe. On ne peut plus appeler un chat un chat. Ce n’est sur les forums qu’invectives et insultes. Comme toujours, comme au moment de l’Affaire Dreyfus, comme à la veille de la guerre, comme au second tour des élections bourgeoises, vous êtes sommés de choisir entre deux camps sinon vous êtes un traître pour les deux. Il n’y a plus de place que pour les enculeurs et les enculés.
Le rouleau compresseur idéologique écrase les derniers manifestants trempés jusqu’aux os dans le crétinisme syndicaliste anti-sarkozyste primaire :
- Le gouvernement de la bourgeoisie se garde de triompher en chantant, seul un vague porte-parole adjoint « s’est borné à estimer » qu’il faut que cela cesse sinon les syndicats « se tireraient une balle dans le pied » ;
- Le principal collabo de l’Etat Chérèque, avec des précautions de sénateur pervers conçoit « qu’il y ait une mobilisation légèrement inférieure, compte tenu du fait que la loi a été votée ». Ce qui s’appelle voter en touche. Et a ajouté, avec le ton du sacristain « il est exclu que la mobilisation puisse faire reculer Sarkozy » et expliqué qu’il faut revenir « aux éléments de la crise, chômage des jeunes et des seniors ». Ce qui s’appelle syndiquer en touche.
- Mailly de FO a déploré « un certain gâchis dans la conduite du mouvement par les syndicats ». Quel gâchis ? L’unité a été parfaite jusqu’au coin de la rue ! Comme Chérèque il fait dépendre l’affaiblissement du mouvement non des processions syndicales nunuches mais de « l’adoption de la réforme des retraites au parlement » (ce dont pourtant se fichaient les manifestants)
- Le PS par la voix de son éléphantineau Benoît Hamon a confirmé sa vision parlementaire des prolétaires floués : « mouvement exceptionnel de solidarité entre Français du public et du privé » ; et les autres « français » ou « immigrés » au chômage il s’en tape le coquillard ?
- Comme le PS, sabre au clair, Bernard Thibault sera jusqu’au bout « avec les Français et avec les syndicats » (pardon celle-là était encore de Hamon), non Thibault s’est contenté de dire « la CGT ira jusqu’au bout », ajoutant avec les phrases lumineuses d’abstraction dont il est coutumier, sabir aristocrate que seuls ses compères aristos syndicaux comprennent : « il n’est pas aberrant qu’il y ait une séquence de long combat du flux et du reflux ». Flux et reflux sont donc les nouveaux héros de la saga syndicale jusqu’aux élections professionnelles qui permettront la victoire du troisième larron : Afflux... des prébendes de l’Etat.
AFFLUX
Psychologie du syndiqué de base
1) Sarko est un salo
2) je n'ai pas assez collé de badges couleur orange de mon syndicat
3) je veux encore manifester dans la rue derrière le camion sono ou porter le gros ballon de mon syndicat
4) je pense qu'il fallait frapper plus fort au début grâce à l'unité des syndicats qui sont toujours avec nous au début
5) hélas grand malheur les syndicats pour la première fois de leur histoire se divisent
6) heureusement mon syndicat, la CGT, "ira jusau'au bout de la rue
7) la CFDT réformiste est morte pour les élections professionnelles bientôt
8) tous ceux qui critiquent les syndicats sont les alliés objectifs de ce salo de Sarko, des sales umpistes à qui on cassera la gueule une fois qu'on aura viré ce salo de Sarko.
PS pour les syndicalophiles acharnés : pas vrai que les grands bonzes sont grillés à vie, à chaque fois depuis 15 ans ils reprennent la tête des "troupes" qui les suivent lesquelles oublient que Chérèque et Thibault s'étaient fait virer des manifs en 2003 et 2007.
L'alzheimer est le mal de la classe ouvrière, c'est pas guérissable pour 1/3 des militants de l'appareil gouvernemental CGT qui sont... retraités. Signe du désarroi qui s'est installé suite à ce long fleuve tranquille pour une retraite heureuse dans le capitalisme, les ouvriers licenciés de Molex, après avoir un peu espéré des syndicats vont prier le bon dieu... navrant mais ils sont aussi les victimes de l'absence de parti crédible et de la politique des syndicats pourris.
Enfin, arrêtez tous les invectives. Parlons entre nous hors des enceintes des flics syndicaux: le problème n'est pas le retraite en soi mais l'avenir du capitalisme. Est-ce que vous croyez qu'il peut s'améliorer? Est-ce que vous croyez en un véritable changement de société possible? Est-ce que vous pensez que, nous les millions de prolétaires, on est incapable de se réunir pour discuter et élire nos propres organisations, les contrôler, INTERDIRE LES CONCILIABULES SECRETS, FAIRE COMME LES OUVRIERS POLONAIS EN 1981: mettre des micros dans toutes les réunions au sommet, avec ou sans intersyndicales pour contrôler et contester ce que tout "représentant" peut dire ou "magouiller"..
répondez là dessus et la discussion pourra s'engager.
REPONSE A UN BOBO SOCIALO
La fraction bourgeoise, le PS en opposition, n'a plus de programme because on est plus en 1981 mais 30 ans plus tard avec une énorme crise économique et que le PS ne tient pas à assumer. Par respect pour le quinqua bobo que tu es, permet-moi de te dire qu'il faut un paquet d'année pour fabriquer un leader à gauche ou un leader à droite comme présidentiable et que ledit leader se prenne deux ou trois vestes avant d'y parvenir: Mitterrand a mis dix ans, pour les autres (Rocard, Jospin, Fabius, etc.) c'était trop court. Lula au Brésil a mis 15 ans après deux échecs. Voilà juste pour te dire que deux ans c'est trop court pour fabriquer un nouveau ténor de la gauche bourgeoise! Donc tes amis et directeurs de conscience bobo et trotsko peuvent jouer les contestataires tranquillement - et de toute façon ils nous fourniront un zozo pour la forme au moment de la future mascarade électorale - qui sera battu et vous, les idiots de base viendrez encore pleurnicher que "l'ouvrier fait son propre tort lui-même" en votant Sarko ou Marine.
mercredi 3 novembre 2010
VILE MULTITUDE

M. Thiers. […] Maintenant, ces hommes que nous avons exclus, sont-ce les pauvres ? non. Ce n’est pas le pauvre, c’est le vagabond, qui souvent, par des moyens licites ou illicites, gagne des salaires considérables, mais qui ne vit pas dans un domicile à lui appartenant ; qui se hâte, quand il est sorti de l’atelier, d’aller au cabaret, qui ne met aucun intérêt à son domicile, aucun. Savez-vous pourquoi ? Qui ne met aucun intérêt à son domicile parce que souvent il n’a pas de famille, ou quelquefois, quand il en a, il ne l’intéresse pas à l’asile qu’il habite.
Il y a une quantité de ces vagabonds qui ont des salaires considérables ; d’autres qui, par des moyens illicites, gagnent suffisamment pour avoir un domicile, qui n’en veulent pas avoir. Ce sont des hommes qui forment, non pas le fond, mais la partie dangereuse des grandes populations agglomérées ; ce sont ces hommes qui méritent ce titre, l’un des plus flétris de l’histoire, entendez-vous, le titre de multitude. Oui, je comprends que certains hommes y regardent beaucoup avant de se priver de cet instrument ; mais des amis de la vraie liberté, je dirai les vrais républicains, redoutent la multitude, la vile multitude, qui a perdu toutes les républiques. Je comprends que des tyrans s’en accommodent, parce qu’ils la nourrissent, la châtient et la méprisent (Vive approbation et bravos à droite). Mais des républicains chérir la multitude et la défendre, ce sont de faux républicains, ce sont de mauvais républicains. (Même mouvement). Ce sont des républicains qui peuvent connaître toutes les profondeurs du socialisme, mais qui ne connaissent pas l’histoire. Voyez-la à ses premières pages, elle vous dira que cette misérable multitude a livré à tous les tyrans la liberté de toutes les républiques. C’est cette multitude qui a livré à César la liberté de Rome pour du pain et des cirques. (Très-bien ! très-bien !)
C’est cette multitude qui, après avoir accepté en échange de la liberté romaine du pain et des cirques, égorgeait les empereurs ; qui tantôt voulait du misérable Néron, et l’égorgeait quelque temps après, par les caprices aussi changeants sous le despotisme qu’ils l’avaient été sous la république ; qui prenait Galba, et l’égorgeait quelques jours après parce qu’elle le trouvait trop sévère ; qui voulait débaucher Othon ; qui prenait l’ignoble Vitellius, et qui, n’ayant plus le courage même des combats, livra Rome aux barbares. (Applaudissements à droite. – Agitation.)
C’est cette vile multitude qui a livré aux Médicis la liberté de Florence ; qui a, en Hollande, dans la sage Hollande, égorgé les Witt, qui étaient, comme vous le savez, les vrais amis de la liberté ; c’est cette vile multitude qui a égorgé Bailly, a applaudi au supplice, qui n’était qu’un abominable assassinat, des Girondins ; qui a applaudi ensuite au supplice mérité de Robespierre ; qui applaudirait au vôtre, au nôtre ; qui a accepté le despotisme du grand homme, qui la connaissait et savait la soumettre ; qui a ensuite applaudi à sa chute, et qui, en 1815, a mis une corde à sa statue pour la faire tomber dans la boue. (Applaudissements et bravos répétés sur tous les bancs de la majorité.)
M. Bixio. Ce sont des mouchoirs brodés qu’on lui avait attachés au cou.
M. Napoléon Bonaparte, de sa place. Ce sont les royalistes (Vive agitation.)
M. Thiers. C’est cette multitude… (Interruption.)
M. Napoléon Bonaparte. Je demande la parole…
De toutes parts, à droite. A l’ordre ! à l’ordre !
M. Napoléon Bonaparte. Je demande…
M. le président. M. Napoléon Bonaparte, je vous rappelle à l’ordre.
M. Thiers, se retournant vers M. Napoléon Bonaparte. Et vous, qui m’interrompez, et à qui…
M. Napoléon Bonaparte, de sa place. Voulez-vous me permettre…
Au centre et à droite, avec force. Non ! non !
[La querelle s’envenime, Thiers s’en prend aux choix politiques de Bonaparte, qui demande de nouveau la parole, est rappelé à l’ordre avec inscription ; la censure est votée contre lui à une grande majorité, le tumulte augmente, les membres de l’extrême-gauche font de très vives réclamations et quittent l’hémicycle, puis reviennent… le silence finit par se rétablir]
[…]
M. Napoléon Bonaparte. J’ai été rappelé à l’ordre, et même un vote de censure a été proposé. Avant qu’il ne soit prononcé, j’ai le droit, aux termes du règlement, de m’expliquer. Je me suis permis d’interrompre M. Thiers ; j’ai été, je l’avoue, emporté par un vif sentiment, que je n’ai pu maîtriser, quand j’ai entendu M. Thiers dire… (Interruption) que c’était le peuple.
De toutes parts, à droite. Non ! non ! la multitude !
M. Thiers. Non ! non ! j’ai dit : la multitude.
[Bonaparte réagit ensuite contre l’attaque personnelle dont il a été victime. « Vous n’avez pas plus le droit de me demander pourquoi je siège de ce côté, que moi je n’ai celui de vous demander pourquoi vous siégez de l’autre ». La censure est votée une nouvelle fois contre lui]
[…]
M. Thiers. En France, Messieurs, quoi qu’en dise la calomnie, il n’y a partout, sur tous les bancs, dans tout le pays, que des vaincus de Waterloo, et je suis sûr que je ne serai démenti par personne. (Marques très-vives d’approbation à droite). Ce n’est pas le nom du peuple que j’ai prononcé ; je sais que la calomnie est toute prête ; je vais la déjouer d’avance ; j’ai dit c’est la vile multitude ; ce n’est pas là le peuple, ce n’est pas le vrai peuple.
Eh bien, écoutez, la France nous juge, elle sait la langue française, quoiqu’on la défigure bien indignement, elle sait ce que veut dire le peuple et ce que veut dire la multitude, elle comprendra mes paroles. Tant pis pour ceux qui veulent défendre la multitude, je leur laisse cet honneur, quelque nom qu’ils portent.
Je leur laisse ce triste honneur ; ce n’est pas le peuple, le vrai peuple qui incendie les palais, les statues, égorge à Paris, qui verse le sang…
A droite. C’est vrai ! c’est vrai !
M. Labrousse. Ce n’est pas la multitude qui a assassiné le maréchal Ney.
M. Thiers. Le peuple, le vrai peuple, celui que nous voulons appeler dans les comices, ce vrai peuple, il souffre des crimes de ce que j’appelle la multitude. Quand vous avez troublé le pays, que vous l’avez troublé sous prétexte de le rendre heureux et de le faire marcher plus vite dans la voie de la liberté, c’est ce vrai peuple, répandu dans vos campagnes, qui souffre, qui travaille, qui paye vos fautes, vous qui vous dites ses amis. (A droite. Très-bien !)
[…]
Moniteur universel, 25 mai 1850
samedi 30 octobre 2010
Известия

De notre Kamarade Ivan Rioufol des IZVESTIA FIGARO
rédacteur en chef: Jean Edouard Susseboule
La stratégie gagnante de la droite résistante
Par Ivan Rioufol le 27 octobre 2010
Caramba, encore raté! Le mai 68 qu'annonçait une fois de plus la gauche (comme elle le fait presque chaque année depuis qu'elle est dans l'opposition) ne franchira vraisemblablement pas le cap des vacances de la Toussaint. Mardi, comme il fallait s'y attendre, le mouvement étudiant n'a pas réussi à mobiliser une jeunesse qui, pour la majorité d'entre elle, ne se reconnaît visiblement pas dans l'opposition moutonnière à la réforme des retraites. D'autant que celle-ci est destinée, malgré ses imperfections, à alléger la charge des CRS qui pèse sur chacun. Le PS, qui se voit en porte-parole d'une génération qu'il incite, fort de ses relais dans le monde éducatif, à descendre dans les rues, est en train de se faire lâcher par ceux-là mêmes qui rechignent, à l'évidence, à accorder leur soutien à un courant politique incapable d'aligner une proposition nouvelle. En fait, le gauchisme ne fait plus recette auprès des jeunes, qui n'ont sans doute pas fini de surprendre par leur lucidité.
La majorité a évidemment eu raison de tenir bon sur ce dossier des retraites conduit par notre bien aimé Kamarade Eric Woerth. Ce dernier, chassé sans relâche par une meute médiatique qui réclamait sa démission, sort d'ailleurs grandi de cette épreuve qu'il a surmontée. Je déplore néanmoins le vain entêtement du gouvernement à vouloir sauver un vieux modèle social dont tout le monde sait qu'il n'a plus les moyens de ses ambitions. Il y a une forte attente de vérité dans l'opinion pipole, qui est parfaitement informée de l'état des comptes publics. Il est donc inutile de lui faire croire en la résurrection de l'Etat communiste. Mais n'est-ce pas cette solution de facilité que caresse notre ingénieur des âmes Nicolas Sarkozy, qui envisagerait de nommer le centriste opportuniste "social" Jean-Louis Borloo, tendance ne boit jamais d'eau, comme premier ministre? Pour ma part, je vois plus en lui l'homme "sympa" du compromis permanent que l'utile résistant aux forces rétrogrades de la gauche caviar. Qu'en pensez-vous ?
PS: Un syndicat jaune a osé déclarer: «On ne va pas faire des manifs pendant six mois, c’est une évidence», a indiqué le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, estimant toutefois que «si on peut accentuer...
UN COMMUNIQUE DU SECRETAIRE GENERAL DE NOTRE PARTI
Georges Mélenchu
Notre tâche immédiate est non pas d'« introduire » le socialisme, mais uniquement de passer tout de suite au renversement du tsar Nicola par les Soviets des députés municipaux du Front de gauche.
Tâches du Parti
1. convoquer sans délai de nouvelles élections parlementaires;
2. modifier le mode d’élection, principalement :
a) en les rendant gratuites,
b) en interdisant aux riches et aux curés de voter,
c) en rétablissant la retraite à 60 ans pour tous avant de convoquer aux urnes;
3. changer la dénomination du Front de gauche en Cervelle de gauche.
jeudi 28 octobre 2010
UN GRAND MERCI AUX SYNDICATS

UNE EBAUCHE DE BILAN
Qu’est-ce qu’ils ont pu suer à freiner les aristocrates syndicaux tant cela poussait derrière. Et modérer mois après mois en arguant de leur civilité républicaine ! Révélation : ils trahissaient depuis le début ! Mais les religieux du syndicalisme veulent toujours croire à la rédemption de Saint Pouget et Saint Pelloutier lorsqu’ils sont en lévitation, pardon en manifestation.
Mon article le plus lu jusqu’au milieu du mois d’octobre était « Prière de ne pas déranger la trahison en cours » (daté au 27 septembre) qui était une revue de presse de ce qui filtrait pour calmer le jeu :
« Au mois de mai dernier, un journaliste de la chaîne idéologique du Sénat, E.Kessler définissait la journée d’action sur les retraites du mois en question comme une « mobilisation en trompe l’œil » : « Non. Cette journée pourrait au bout du compte se résumer à un jeu de rôle assez classique. Depuis le début, le gouvernement a compris qu’il ne peut absolument pas compter sur un quelconque soutien syndical sur ce dossier. La CFDT a payé trop cher son acquiescement à la réforme Fillon de 2003, par une hémorragie des adhérents - 10% sont partis - pour qu’aucun syndicat ne se risque au compromis. La concertation – pas la négociation - organisée depuis des semaines vise à les ménager, mais en réalité, l’Elysée vise surtout à gagner la bataille de l’opinion. D’où une communication par petits pas successifs. Pour aboutir à ce qui était depuis le début l’hypothèse la plus probable : la fin de la retraite à 60 ans. Elle est acquise, quelle que soit la mobilisation d’aujourd’hui. Simplement, en l’annonçant avent les manifs, le gouvernement pourra, en fonction de leur ampleur, moduler son impact social en jouant sur différents amortisseurs : le rythme des changements, la prise en compte des métiers pénibles, des carrières longues, etc. ». Finaud il ajoutait comment le gouvernement avait acheté la paix sociale : « Dès à présent, le gouvernement annonce que les régimes spéciaux – agents SNCF, RATP ou EDF notamment – ne seront pas concernés par la réforme. Pour quelle raison ? Concession révélée 24 heures avant cette journée d’action. Au mieux, leur système de retraite sera concerné à partir de 2018. C’est évidemment une annonce tactique pour essayer de contenir tout mouvement chez les cheminots ou les conducteurs de métro, eux qui donnent le plus de visibilité aux grèves. Au risque de brouiller le message d’une réforme qui veut affirmer un principe d’équité. Cela s’appelle acheter la paix sociale…».
Je suis toujours d’accord avec le commentaire de Pawel de Révolution Internationale en juin 2010 même si ce petit groupe est resté invisible tout le long des dix mois : « Le gouvernement et les syndicats ont travaillé ensemble contre la classe ouvrière ». Mais ont-ils bien travaillé dans une corrida qui a duré longtemps, comme les gouvernants l’avaient présumé dès janvier 2010, et qui sait combien de temps les larmes vont continuer à couler et les envies sanguinaires perdurer ?
On lisait dans mon message blog de septembre que beaucoup ne se faisaient aucune illusion : « entièrement d'accord gros foutage de gueule des syndicats, en tout cas des 2 "majoritaires" qui j'espère vont devenir tout pitipiti à force d'arrangements et de concessions au medef et consorts. On n'arrivera à rien si on ne continue pas à mettre la pression. y'a plus qu'à faire des manifs sauvages tout seuls toutes les semaines ». Cet autre agrée sur la trahison perpétuelle: « Bonne question!! Malheureusement je suis convaincue que les dirigeants syndicaux ne sont plus du tout au service ni à l'écoute de la rue. Bien au contraire!!! Ils ont passé des accords que nous ignorons (plus personnels que politique) et ne servent qu'à endiguer notre colère. Subtilement, en prétextant ceci ou cela, ils éteignent la flamme à chaque fois ». Les syndicats ne préparent que les défaites selon celui-ci : « C'est quand-même flagrant quand on voit que les seuls conflits réussis pour les ouvriers se passent toujours sans eux..!! Tant qu'on restera sous la coupe des vedettes syndicales qui ont chauffeur et tout ce qui suit, je pense que Sarkozy n'aura aucun souci à se faire ».
D’une façon générale il n’est apparu, depuis la mi-janvier, date où Fillon avait posé sur la table le projet de réforme des retraites, AUCUNE CRITIQUE DES SYNDICATS, excepté sur mon blog et le site du CCI, rien sur les sites gauchistes bien sûr, rien sur Rue 89 ni sur Agora, ni sur LE POST (site aux ordres) ni sur Médiapart.
Dans les commentaires glanés de ci de là, j’avais trouvé « Hêtre », le 21 septembre, qui récidive sur Médiapart en cette fin octobre (avec un discours très maximaliste : les syndicats ont encore trahi, vive le communisme) : «Que syndicats et partis de gauche soient prêts à trahir, une fois encore, les gens qui leur auront, pour d'obscures raisons, fait confiance, voilà qui ne fait guère de doute. Combien de milliers de gens dans les rues pour, dans le meilleur des cas, une toute petite chose, une négociation, qui verra les riches, à travers l'Etat qu'ils ont acheté, octroyer quelques miettes à leurs pauvres ? Participation active des syndicats et partis de gauche à l'éventuelle aumône… Seule l'Idée du communisme. Ajout. Nous n'avons pas besoin des syndicats (et des partis) ».
LE TRIOMPHE DU CRETINISME SYNDICALISTE
Dans les corridas successives, la muleta syndicale de Sarkozy a fini par épuiser une masse à front de bœuf avec les cornes adéquates. Mais on pourra gloser sur le constat que les syndicats s’en sortent bien. Et qu’on va continuer à avoir la rage, et que ça pètera un jour ou un autre, mais on sera revenu à l’étable, et on continuera à coucher sur la paille et à ruminer.
Voici ma chronologie mortelle complète, plus précise que celle de Libération :
14 janvier : vœux à la presse de Fillon et doigt d’honneur à la classe ouvrière avec la présentation de la réforme des retraites.
25 janvier : gaffe de Sarkozy qui annonce que la réforme passera à l’été mais se reprend « avant la fin de l’année ».
16 février : les aristocrates syndicaux annoncent que la riposte sera importante
12 avril : ouverture de la concertation gouvernement/syndicats
23 MARS : première JA sur les retraites. François Chérèque : « La réforme est mal comprise par les salariés ».
23 MAI 2010 JA: Libé : « Le gouvernement échappe à une mobilisation massive »
26 MAI : Libé « Les ouvriers paieront l’addition »
Bernard Thibault : « Nous jouons une grosse partie ».
SONDAGES : 57% des français restent attachés à la retraite à 60 ans, contre 41% prêt à aller au-delà.
27 MAI : Libé « Le gouvernement rassuré, les syndicats aussi ».
16 JUIN : Eric Woeth annonce que la retraite sera repoussée dans un premier temps de deux ans.
24 JUIN : 2ème JA, deux millions de manifestants revendiqués par les syndicats.
20 JUILLET : discussion du projet au parlement. Le gouvernement se fiche du scandale Bettencourt.
7 SEPTEMBRE : 3ème JA, près de trois millions de manifestants selon les syndicats.
23 SEPTEMBRE : Le Monde titre : « Fillon inflexible, les syndicats offensifs »
13-15 SEPTEMBRE : adoption en première lecture du projet par les députés. Tous les médias témoignent que l’opinion publique trouve injuste la réforme des retraites.
24 SEPTEMBRE : Georges Frêche déclare : « La retraite ça me fait peur »
2 OCTOBRE : deuxième procession du samedi sensée réunir public et privé, toujours près de trois millions de manifestants.
5 OCTOBRE : titres de la presse : « appel aux grèves reconductibles ».
Bernard Thibault : « L’unité des syndicats doit survivre à tous les événements »
François Chérèque : « Si les salariés veulent aller plus loin, ce n’est pas moi qui les retiens »
7 OCTOBRE : Selon Le Monde, la fédération CGT des cheminots fait preuve d’une grande prudence ; Bernard Thibault : « La CGT ne souhaite pas jouer le jeu de la radicalisation ».
8 OCTOBRE : toujours en proue pour le larbinage gouvernemental Le Figaro croit bon de titrer (ce qui est une gaffe !) : « Les propositions de l’Elysée divisent les syndicats ».
10 OCTOBRE : François Chérèque (essoufflé) : « Le 12 sera le dernier moment pour protester ».
11 OCTOBRE (le même) : « Je déplore que le gouvernement (ait) besoin de l’affrontement »
12 OCTOBRE : 4ème JA, près de quatre millions de manifestants.
15 OCTOBRE : Bernard Thibault : « L’objectif en soi des mouvements de grève (…) n’est pas de stopper l’activité économique (…) Il va bien falloir que le gouvernement aborde le fond du problème ».
16 OCTOBRE : procession syndicale du samedi, encore beaucoup de manifestants.
19 OCTOBRE : 5ème JA. Beaucoup de manifestants.
21 OCTOBRE : Sarkozy : « On n’a pas le droit de prendre en otage des gens qui n’y sont pour rien ».
23 OCTOBRE : 2ème sondage truqué du Figaro (après celui de Juin), 53% des sondés pour se coucher devant vote du parlement. Sondage Libé ; 79% des sondés pour que le gouvernement négocie. Sarkozy passe sous la barre des 30% de sondés satisfaits.
24 OCTOBRE : Borloo a couillonné Fillon dans la gestion de la fermeture des raffineries.
25 OCTOBRE : Eric Woerth : «Une fois la loi votée, elle doit s’appliquer. C’est la démocratie ».
26 OCTOBRE : Bernard Thibault : « On aura montré qu’on s’est battu jusqu’au bout ».
La version dite définitive du projet de loi sur les retraites est adoptée au Sénat.
Eric Woerth « saisit au bond la perche que lui a tendu le secrétaire général de la CFDT, Frnaçois Chérèque qui a dit souhaiter l’ouverture de négociations sur l’emploi des seniors et des jeunes ». Le ministre a salué cette ouverture d’esprit comme la veille la présidente du Medef, Laurence Parisot ainsi que la ministre Lagarde. (Parle à mon cul, j’ai mal à ma tête). Ainsi soient-elles !
27 OCTOBRE : Bernard Thibault : « Le mouvement n’est pas fini ». Il dénonce les policiers déguisés en manifestants. Pinçon-Charlot : « On va incontestablement vers une guerre de classes » (au pluriel classes). Le directeur du Point déclare que la réforme est passée.
28 OCTOBRE : 6ème JA. les médias annoncent deux fois moins de manifestants.
DES SYNDICATS TOUJOURS TRES EFFICACES AUX COTES DU GOUVERNEMENT
Tiens il y en a qui n’oublie pas un passé récent comme ce cheminot sur son blog qui nous rappelle les états de service d’un certain Nanard T. en 2003:
« Alors, le Nanard T., secrétaire général de la CGT, ce parangon de dialogue, rappelez-vous comment il avait traité le dernier conflit sur les régimes spéciaux des cheminots.
Grève prévue: Nanard veille au grain. Le matin, avant le début de celle-ci, notre big boss de la CGT, parce qu'il a veillé au grain justement, nous a dit en substance , "rentrez chez vous, ya rien à voir, les p'tits gars, on va négocier !", ça c'est de la lutte de classe de haut niveau !
Et quand il négocie, le Nanard, c'est costaud ! Rappelez-vous (encore !) 2003, et les retraites, il a été tellement sympa dans la négoce avec Fillon...que tout est passé les doigts dans le nez !
Laisser passer une réforme avec un million de personnes dans la rue "tous ensemble ! " à Paris, du grand art ! ».
En dix mois c’est avec 6 JA + 2 procession du samedi, avec à chaque fois disons deux millions de personnes pour faire une moyenne. Donc Nanard T. il a fait sortir 16 millions de personnes « tous ensemble » pour « laisser passer » une réforme meilleure encore que celle de 2003 pour la bourgeoisie !
Mieux, contrairement à d’autres fois, il n’a pas été nécessaire de faire jouer la division syndicale, ni d’envoyer les gros bras (trop vieux et décatis) du PCF pour faire rentrer dans l’ordre et la paix sociale les derniers énervés. La tactique de l’épuisement finit toujours par payer. Ce n’est pas le gouvernement qui a pu profiter des vacances d’été (hélas pour lui) mais les syndicats qui, profitant des congés de la Toussaint, peuvent déplorer, comme ce soir, ou reconnaître qu’il y avait beaucoup moins de manifestants…
Chérèque s’est donc couché plus ouvertement que Thibault et devrait le payer encore une fois aux toutes prochaines élections professionnelles. Sur le fond, la bourgeoisie peut respirer, elle a encore sauvé la religion syndicaliste qui a été au cœur des bêlements manifestants.
Il faut aussi comprendre les moutons qui ont traîné savates autant de fois pour rien, il n’y a point de proposition alternative, pas de parti révolutionnaire concurrent des partis syndicaux, car les syndicats fonctionnent désormais comme les partis parlementaires et n’ont pas plus besoins d’adhérents qu’eux :
- L’Etat les finance (Delanoë en sait quelque chose)
- Ils sont élus par des élections professionnelles désormais comparables aux législatives, et les appareils syndicaux choisissent comme ils veulent leurs « députés ouvriers » (de mes couilles) comme les partis « démocratiques » parachutent leurs docteurs et avocats dans les circoncriptions comme syndicalistes de la loi et l’ordre.
Confusément, ces milliers d’employés de bureaux qui étaient dans les manifestations plus nombreux que naguère, certes aux côtés de l’aristocratie des vieux de la fonction publique, ont compris qu’on va les faire bosser jusqu'à en crever, ou pour le dire génialement comme nos amis lycéens « Métro, Boulot, Tombeau ». Ils ont compris partiellement aux côtés des ouvriers plus durs que le système va à l’abîme et n’a aucune solution alternative.
CET IMBECILE DROIT A LA RETRAITE
Ni mai 68, ni Octobre « rampant », ni « grève générale par procuration », le mouvement qui est en passe de s’effilocher n’a que ce qu’il mérite. Il n’y a eu pratiquement pas de vraies AG, on n’a pensé qu’à défiler comme des ânes. On a laissé les aristocrates syndicaux « expliquer » qu’il fallait que la « colère s’exprime », que le « mécontentement » soit visible, autrement dit ridiculiser toute la réflexion politico-sociale qui est toujours présente dans les consciences et des baladés par les syndicats d’Etat et de ceux qui sont restés ostensiblement chez eux.
Pendant du crétinisme syndical, il faut dire que LE DROIT A LA RETRAITE , comme le droit à un salaire équitable, fustigé en son temps par Marx, est de la foutaise. Tout le mouvement a défilé sous ce drapeau mité, alors que des millions ne la connaissent pas, ne la connaitront pas. Fixer à la lutte de classes un droit à la retraite est comme promettre une chaise roulante à un paralytique. La retraite n’est pas un but politique, la retraite est réac, la retraite c’est le chômage rétribué, c’est la solitude et la maladie dans le système actuel.
Cela ne fait pas de Sarkozy un révolutionnaire avant-gardiste. La loi de cette estafette des profiteurs est un crime dans les conditions actuelles d’exploitation. Mais, et je ne développe pas aujourd’hui, si nous revendiquons l’abolition du salariat après la victoire de la révolution, nous pourrons aussi revendiquer l’abolition de retraite !
ENFIN une leçon essentielle pour le pouvoir : SANS LES SYNDICATS IL N’EST RIEN
Prenons la stratégie dit de fermeté du gouvernement, elle a au final complètement plombé l’avenir de son président. Droit dans ses bottes il est grillé. Des pans entiers d’illusions électorales ont désormais fondu comme neige, même l’argument sécuritaire s’est retourné contre lui avec une impopularité accrue de ses forces mercenaires pour leurs exactions et comportements de voyous contre les jeunes lycéens, et l’emprisonnement de manifestants ouvriers.
Sarkozy a tablé successivement sur les tactiques suivantes qui ont toutes été des échecs lamentables :
- Il a voulu tabler sur les vacances d’été, et une campagne sécuritaire vicieuse sur les Roms, qui s'est retournée contre lui au niveau international !
- Il avait misé sur l’effet républicain des votes larbins du parlement et du sénat à la rentrée, plouf en septembre, jamais on ne s’était aussi peu soucié du vote de l’oligarchie,
- Il a espéré, en bon anti 68tard primaire, que la raréfaction de l'essence lui ouvrirait les bras de cette espèce courante l'automobiliste, il n'en a rien été, "l'opinion" a même été outrée qu'on prétende réquisitionner les grévistes alors que le pays n'est pas en guerre...); les blocages qui ne sont pas une action de classe en soi, ont été populaires dans la mesure où ils ont permis aux grévistes des autres secteurs d'économiser leur paye (merci quand même aux grévistes des raffineries qui ont payé de leur personne);
- Il a espéré un retournement de la fameuse opinion publique par la mise en orbite des lycéens casseurs, en réalité l’opinion a fait la différence entre les casseurs et des lycéens intelligents et lucides sur l’avenir social,
- Il a instillé la menace d’attentats terroristes (pour relayer un discours sécuritaire détruit par les matraques de ses CRS), qui auraient pu avoir lieu mais qui, si tel avait été le cas, lui auraient coûté sa place comme ce faut le cas d’Aznar en Espagne….
- Jusqu’à la veille de la 6ème JA il a cru pouvoir utiliser les images (pourtant limitées) de la violence des casseurs – qui sembla un temps émouvoir la province – mais cela s’est retourné contre lui et son gouvernement avec les images confondantes de flics déguisés en voyous ou avec des badges que leur avait donné le syndicat de police sociale, la CGT.
Six tentatives qui ont échoué lamentablement. Sarkozy peut dire un grand merci aux syndicats qui ont persévéré à faire trainer les savates jusqu’aux congés de la Toussaint, où double leurre – du fait des vacanciers – ils ont pu « déplorer » avec le gouvernement une « baisse » de la fréquentation des promenades syndicales qui finissent toujours dans des nasses et les sourcières policières des grandes villes, préparées à dessein conjointement par les encadreurs syndicaux et les préfets.
Oui sans les syndicats SARKO il était K.O.
Est-ce que le mouvement syndical repartira après les vacances ? Franchement, si c’est pour rester enfermé dans les mêmes barrières syndicales, en laissant Thibault radoter « le mouvement continue »… sans perspective et en continuant à se foutre de la gueule du peuple travailleur, autant qu’il se suicide tout de suite.
mercredi 27 octobre 2010
SUPPLIQUE AU TSARCOZY NICOLAS
" Souverain, nous, les ouvriers, nos enfants, nos femmes et nos vieillards débiles, nos parents, nous sommes venus vers toi, souverain, pour demander justice et protection. Nous sommes réduits à la misère, on nous opprime, on nous accable de travail au dessus de nos forces, on nous injurie, on ne veut point reconnaître en nous des hommes, on nous traite comme des esclaves qui doivent endurer leur sort et se taire. Nous avons patienté, mais on nous précipite de plus en plus dans l'abîme de l'indigence, de l'asservissement et de l'ignorance. Le despotisme et l'arbitraire nous écrasent, nous étouffons. Les forces nous manquent, souverain ! La limite de la patience est atteinte ; pour nous, voici venu le terrible moment où la, mort vaut mieux que le prolongement d'insupportables tourments. "
Tels sont les accents solennels dans lesquels la menace des prolétaires gronde à travers la supplique des sujets ; tel est le début de la fameuse pétition des éboueurs de Marseille. Elle dépeignait toutes les persécutions et toutes les injures que le peuple subissait. Elle énumérait tout : depuis les suicides qui émouvaient les entreprises jusqu'à la servitude politique du pays. Elle demandait une rémunération conséquente, des journalistes indépendants, la séparation du syndicat et de l'Etat, du travail pour les jeunes, du travail pour les vieux et l'abandon de la retraite au flambeau. Mais, avant tout, elle exigeait la dissolution du Sénat inutile et un moratoire sur le chômage.
" Voilà, souverain, disait enfin la pétition, les principaux besoins que nous te soumettons. Ordonne et jure de les satisfaire, et tu rendras la France puissante et glorieuse, tu imprimeras ton nom dans nos cœurs, dans les cœurs de nos enfants et petits enfants, à tout jamais. Si tu refuses d'entendre notre supplication, nous mourrons ici, sur cette place, devant ton palais de l’Elysée. Il n'y a point d'autre issue pour nous, nous n'avons aucun motif d'aller ailleurs. Devant nous, il ne reste que deux voies : celle qui mène à la liberté et au bonheur, celle qui mène à la tombe. Indique-nous, souverain, celle que nous devons choisir, nous la suivrons sans répliquer, quand bien même ce serait le chemin du trépas. Que notre vie soit sacrifiée pour la France épuisée par les tourments. Nous ne regretterons point ce sacrifice, nous l'offrirons volontiers. "
Et ils l'offrirent en effet.
La pétition des ouvriers opposait à la phraséologie confuse des résolutions libérales les termes précis de la démocratie prolétarienne ; de plus, elle y introduisait l'esprit de classe en exigeant la séparation du syndicat et de l’Etat et du travail pour tous. Sa signification politique n'est cependant pas dans le texte, mais dans le fait. La pétition servait de prologue à une action qui unirait les masses ouvrières en face du fantôme d'une république idéalisée, et cela pour dresser immédiatement l'un contre l'autre le prolétariat et l’oligarchie bourgeoise, comme deux mortels ennemis.
La marche des événements est restée dans toutes les mémoires. Les incidents se succédèrent, durant quelques jours, avec une remarquable progression, poursuivant toujours le même objectif. Le 3 novembre, la grève éclata à ERDF et à la RATP pour une fois contre les syndicats obscurs du Métro. Le 7 novembre, les grévistes étaient cent quarante mille. La grève atteignit son apogée le 10 novembre. Le 13, on rétablit le courant sur toute la France. Ainsi, nous sommes en présence d'un mouvement d'abord économique qui part d'un motif occasionnel. Ce mouvement s'étend, entraîne les employés par dizaines de milliers et se transforme par conséquent en un événement politique. A la tête du mouvement se trouve les syndicats, organisations d'origine étatique. Les radicaux gauchistes, que leur politique de banquets avec la gauche sectorielle a acculés dans une impasse, brûlent d'impatience. Ils sont mécontents du caractère purement économique de la grève et poussent en avant le meneur du mouvement, Thibault. Celui ci s'engage dans la voie de la politique et trouve, dans les masses ouvrières, un tel débordement de mécontentement, d'irritation et d'énergie révolutionnaire que les plans de ses inspirateurs thnik tank s'y perdent et s'y noient. La social démocratie passe au premier plan. Martine Aubry est accueillie par des manifestations hostiles, mais bientôt elle s'adapte à son auditoire et le subjugue. Ses mots d'ordre deviennent ceux de la masse et sont fixés dans la pétition.
Le gouvernement se tait. Pour quelle raison ? Perfidie ? Provocation ? Ou bien misérable affolement ? L'un et l'autre. Les bureaucrates, à l'instar du toutou Frédéric Lefebvre, demeurent stupides, éperdus. La clique de Chérèque qui s'est hâtée de mettre fin au " printemps " et qui, par conséquent, a préparé consciemment un massacre, permet aux événements de se développer jusqu'à leur terme logique. Internet a toute liberté d'informer le monde entier sur les étapes parcourues par le mouvement de 2010. Le moindre concierge, à Clermont-Frerrand, sait trois jours à l'avance qu'à Paris, le dimanche 9 novembre, à deux heures de l'après-midi, la révolution va éclater. Et le gouvernement français ne fait rien pour prévenir l'effusion de sang.
Dans les onze sections du syndicat Solidaires, les meetings se succèdent sans interruption. On élabore, on rédige la pétition et on délibère sur le plan d'un cortège qui s'avancera vers le palais de l’Elysée. Thibault court en voiture d'une section à l'autre, les agitateurs de la social-démocratie, Hamon et Fabius, perdent la voix à force de parler et tombent exténués. La police ne se mêle plus de rien dans les manifestations. Elle n'existe plus.
Conformément à la résolution prise en commun, on s'avance paisiblement vers le palais : on ne chante pas les vieux slogans dentifrice, on ne porte pas de drapeaux syndicaux, on ne prononce pas de discours. Les manifestants sont endimanchés. Dans certaines parties de la ville, on porte des posters de Guevara et des casquettes orange CGT. Partout on se heurte aux troupes. On supplie les CRS d'accorder le passage, on pleure, on essaie de tourner les barrières grillagées ou de les traverser.
Les CRS flinguent toute la journée. Les morts se comptaient par centaines, les blessés par milliers. Le nombre exact ne put être établi, car la police enlevait les cadavres pendant la nuit et les enfouissait secrètement. A minuit, le 9 novembre, Thibault écrivait : " Aux soldats et aux officiers qui massacrent nos frères innocents, leurs femmes et leurs enfants, à tous les oppresseurs du peuple, ma malédiction syndicale. Aux soldats qui aideront le peuple à obtenir la liberté, une carte ollélé CGT. Je les relève de leur serment de soudards envers le président traître qui a ordonné de verser le sang innocent... " L'histoire se servit du plan fantastique de Thibault pour arriver à ses fins et il ne restait au bonze qu'à sanctionner de son autorité trade-unioniste ses conclusions révolutionnaires.
Le mercredi 10 novembre, à la séance du conseil des ministres, Borloo, qui ne jouissait alors d'aucun pouvoir véritable, proposa de délibérer sur les événements du 9 novembre et de prendre des mesures " pour prévenir désormais d'aussi déplorables incidents ". La proposition de Borloo fut repoussée comme " n'entrant pas dans la compétence du conseil et n'étant pas inscrite à l'ordre du jour de la séance ". Le conseil des ministres ignora le début de la révolution mondiale, parce que cette révolution n'était pas inscrite à l'ordre du jour de sa séance.
II
La manifestation historique du 9 novembre se présenta sous un aspect aussi nul qu’une manif traine-savate bien entendu, mais nul n'aurait pu prévoir son débordement. Le syndicaliste que l'histoire avait mis à la tête de la masse ouvrière, pour quelques jours, d'une manière si inattendue, marqua les événements du cachet de sa personnalité, de ses opinions, de sa coiffe Beatles. Et ces apparences dissimulèrent, aux yeux de bien des gens, le sens réel des événements. Mais la signification essentielle du 9 novembre ne réside pas dans le cortège symbolique qui s'avança sous la pluie vers le Palais de l’Elysée. Le bob de Thibault n'était qu'un accessoire. Le véritable acteur, c'était le prolétariat. Il commence par une grève, s'unifie, formule des exigences politiques, descend dans la rue, attire à lui toutes les sympathies, tout l'enthousiasme de la population, se heurte à la force armée et ouvre la révolution mondiale. L'énergie révolutionnaire des cols blancs parisiens n'est pas l'œuvre de Thibault, il ne fit que la découvrir sans l'avoir soupçonnée. Fils d'un ouvrier, gaulliste, stagiaire à la SNCF, puis après des études syndicales poussées, agitateur parmi les cheminots avec l'autorisation bienveillante de sa hiérarchie, il se trouva tout à coup à la tête d'une multitude qui comptait des centaines de milliers d'hommes. Sa situation officielle, son bob les jours de pluie, ses cheveux bien peignés les jours ensoleillés, l'exaltation des masses encore non conscientes et la rapidité fabuleuse des événements avaient fait de Thibault un " chef".
Homme d'imagination désordonnée, avec un caractère d'aventurier, de tempérament timide avec une nuance d’abstraction, complètement ignare dans les questions sociales et révolutionnaires, Thibault était aussi peu capable de régler les événements que de les prévoir. Il se laissa porter par eux.
La société libérale crut longtemps que la personnalité de Thibault recelait tout le mystère du 9 novembre. On l'opposait à Martine Aubry et à Ségolène Royal comme un chef politique qui aurait eu le secret de séduire les masses, tandis que les PCF et Front de gauche ne formaient, disait on, qu'une secte de doctrinaires. On oubliait qu'il n'y aurait pas eu de 9 novembre si Thibault n'avait trouvé sur son chemin plusieurs milliers de cols blancs conscients qui avaient passé par l'école mitterandienne. Ils l'encerclèrent aussitôt du rayonnement de leurs portables d'où, même s'il l'avait voulu, il n'aurait pu s'échapper. Mais il n'essaya même pas. Hypnotisé par son propre succès, il se livra au flot montant des imperméables et des coupe-vent.
Et pourtant, si, dès le lendemain de la sanglante manif du weekend avec public et privé, nous comprenions que le rôle politique de Thibault se subordonnait absolument aux faits, nous surestimions encore ses qualités personnelles. Dans l'auréole de son courroux syndical, la malédiction aux lèvres, il nous apparaissait de loin comme une figure de style presque pelloutienne. On eût dit que les puissantes passions révolutionnaires s'étaient réveillées dans la poitrine d'un jeune syndicaliste, planton du dépôt de Saint-Lazare. Que vîmes-nous ensuite ? Lorsque la flamme tomba, Thibault se montra sous son vrai jour, dans sa nullité politique et morale. Les poses qu'il affecta devant tout l’internet, ses pauvres écrits "syndicalistes-révolutionnaires " datés de l’ère krasuckienne, naïfs et grossiers, son retour à Montreuil, ses rapports clandestins avec le gouvernement de Sarkozy, les deniers de Lagarde, ses entretiens prétentieux et absurdes avec Libération et 20 Minutes, sa conduite bruyante, ses fanfaronnades et, enfin, la misérable trahison qui fut cause de sa perte, tout cela détruisit définitivement l'idée que nous nous étions faite de Thibault le 9 novembre. Malgré nous, nous viennent à l'esprit les paroles pénétrantes de Mélenchon chef de la secte du front de gauche, qui, dès la réception du premier mail sur le séjour de Thibault dans les caves de l’Elysée, déclara : " C'est dommage... Pour sa renommée dans l'histoire, il eût mieux valu qu'il disparût mystérieusement comme ce con de Pujadas. On garderait la belle légende romantique d'un syndicaliste qui ouvrit les écluses de la révolution mondiale... Il y a des hommes, ajoutait Mélenchon, avec la fine ironie qui le caractérise, il y a des hommes que l'on aime mieux compter parmi les martyrs que parmi les camarades de son parti... "
III
" Il n'y a pas encore de peuple révolutionnaire en France. " Voilà ce que Pinçon-Charlot écrivait, dans le livre qu'il publiait chez Gallimard sous le titre La classe du Fouquet’s, le 7 novembre 2010, c'est à dire deux jours avant que les régiments de CRS n'écrasassent la manifestation des cols blancs parisiens.
" Il n'y a pas de prolétariat révolutionnaire en France ", déclarait par la bouche d'un renégat socialiste Georges Frêche la nouvelle scission du PS avec Valls, pauvre duc provincial qui, en trois mois, dans ses banquets, avait acquis plus de cholestérol que son cœur n’en pouvait supporter. Et cette déclaration n'avait pas eu le temps d'arriver jusqu'à Paris que, déjà, internet transmettait au monde entier la grande nouvelle du début de la révolution mondiale...
Nous l'attendions, nous ne doutions pas d'elle. Elle avait été pour nous, pendant de longues années, une simple déduction de notre " doctrine " qui excitait les railleries de tous les crétins de toutes nuances politiques. Ils ne croyaient pas au rôle révolutionnaire des cols blancs ; en revanche, ils croyaient à l'efficacité des pétitions syndicales, à Ségolène l’écervelée, à Besancenot le voilé, à Julien Coupat dit Caténaire... Il n'y avait pas de préjugé politique qu'ils n'acceptassent les yeux fermés. Seule, la foi dans les cols blancs salariés leur paraissait un préjugé.
Non seulement Jean-Luc Hees et Philippe Val, mais tous les journalistes et sondeurs du Figaro au service de l’oligarchie sarkozienne, furent pris à l'improviste. Ce fut avec des regards d'épouvante et d'impuissance qu'ils observèrent, de leurs fenêtres, le drame historique qui se déroulait. L'intervention des intellectuels de cour dans les événements eut un caractère vraiment pitoyable et nul, tant et si bien qu’on oublia même leurs noms. Une députation, composée de quelques littérateurs et professeurs avec Philippe Sollers, se rendit auprès de François Fillon et du comte Borloo, " dans l'espoir, expliquait la presse libérale, d'éclairer la question de telle manière qu'on n'eût pas à employer la force armée ". Une montagne marchait contre une autre montagne, et une poignée de démocrates croyaient qu'il suffirait de se morfondre dans les antichambres de deux ministères pour éluder l'inévitable. Fillon refusa de recevoir la députation ; Borloo ouvrit les bras en signe de détresse. Ensuite, comme si l'on eût voulu, avec un sans gêne digne de Depardieu, introduire les éléments de la farce dans la plus grande des tragédies, le principal syndicat de police nia que des agents aient porté autre chose que des basquets Nike lorsqu’ils étaient déguisés en casseurs. Mais, dans la conscience républicaine des RG, dans cette informe masse de brouillard, les journées de novembre laissèrent une trace très précise. Pour un temps indéterminé, ils remisèrent aux archives notre pipolisme traditionnel avec son unique avantage : la foi en un heureux jeu de chaises musicales gouvernementales. Le règne stupide de Sarkozy fut, pour ce pipolisme, l'époque de son épanouissement. L'oukase de réforme parlementaire du 11 septembre en fut le fruit le plus mûr. Mais le 9 novembre balaya le " printemps " qu'il remplaça par la dictature militaire et par la toute puissance de l'inoubliable général Xavier Bertrand, que la fraction villepinienne des bébés Chirac venait justement de destituer du poste de grand maître de l’UMP. En même temps se dessinait plus nettement dans la société libérale la scission entre la démocratie et l'opposition prolétarienne. La manifestation des cols blancs donna plus de poids aux éléments bobos de l'intelligentsia, de même que, précédemment, la manifestation des cheminots avait servi d'atout dans les mains des éléments opportunistes enseignants. Pour l'aile gauche caviar de l'opposition, la question de la retraite à 60 ans se présenta enfin sous son aspect réel, comme une question de vie et de mort, de prépondérance des grands âges, d'impétuosité de la part des lourdes masses non-syndiquées. Et, en même temps, le prolétariat révolutionnaire, hier encore " fiction politique " des marxistes, devenait aujourd'hui une puissante réalité.
" Est-ce maintenant, écrivait l'influent hebdomadaire libéral La Tribune, après les sanglantes journées de novembre, que l'on peut mettre en doute l'idée de la mission historique du prolétariat urbain de la France? Evidemment, cette question, du moins pour le moment historique actuel, est résolue, non par nous, mais par les cols blancs qui, en ces mémorables journées d'horreur et de sang, ont inscrit leurs noms dans le livre d'or du mouvement social mondial. " Entre l'article de Copé et les lignes que nous venons de citer, il y avait un intervalle d'une semaine, et, cependant, c'est une page d'histoire qui les sépare.
IV
Le 9 novembre marque un tournant dans la conscience politique de la bourgeoisie capitaliste. Si, dans les dernières années d'avant la révolution, au grand dépit du capital, fut créée toute une école de démagogie gouvernementale (par les procédés du célèbre Alain Minc), qui provoquait les cols blancs à des conflits économiques avec les employeurs, dans le but de les détourner de tout conflit avec le pouvoir gouvernemental, désormais, après le weekend rouge, la marche normale des raffineries fut complètement interrompue. La production ne s'effectuait que par à coups, dans les intervalles qui subsistaient entre les files d’automobilistes. Les fantastiques bénéfices réalisés sur la rareté de l’essence, au lieu de revenir à l'industrie pétrolière qui subissait une crise, enrichissaient les gérants de stations service, jouissant d'un monopole ; le capital ne pouvait donc se résigner à voir la croissance progressive de l'anarchie intérieure en faveur du petit commerce. Les différentes branches du privé faisaient faillite les unes après les autres. Les cartels de Solidaires, les congrès des diverses CNT, les soi disant " amis de Lutte ouvrière ", qui ne sont que des syndicats déguisés, et les autres organisations du capital qui, hier encore, conservaient leur virginité politique, votaient aujourd'hui des ordres du jour de défiance à l'adresse de l'autocratie policière et s'exprimaient dans le langage du communisme. Les municipalités, non contentes de se joindre aux intersyndicales, passaient à l'avant-garde ; le syndicat des viticulteurs de Narbonne, composé en effet de marchands, occupa à cette époque la première place.
La lutte entre les différentes branches du capital qui cherchent à s'arracher les grâces et les faveurs du ministère des finances recule provisoirement devant le besoin que l'on ressent en général de renouveler le régime gouvernemental et les têtes de con. A la place des simples notions de radicalisation et de subversion, ou à côté d'elles, apparaissent des idées plus complexes : développement des AG, élargissement de la lutte. En même temps que ces pensées essentielles, toutes les déclarations, les faux sondages et les promesses vides des ministres organisés expriment le grave souci qu'ils ont de calmer les masses ouvrières et les cols blancs. Le capital a perdu ses illusions au sujet des vertus curatives de la répression policière qui, en frappant l'ouvrier, touche le portefeuille des cols blancs ; il en vient à cette solennelle conclusion que la marche pacifique de l'exploitation capitaliste exige un régime de retraite réel. " Toi aussi, Brutus ! " s'écrie la presse réactionnaire lorsqu'elle voit les militants de l’UMP, ces Vieux-Croyants, conservateurs de l'antique libéralisme travailler de leurs mains à dévier la question des retraites sur des balivernes de comptoir. Mais cette clameur n'arrête pas le Brutus de l'Elysée. Il doit suivre la courbe de son évolution politique pour, à la fin de l'année, au moment où le mouvement prolétarien atteint Noël, revenir se réfugier sous l'égide séculaire, une et indivisible, de Saint Nicolas.
V
Mais le massacre d'octobre eut une influence particulièrement remarquable et profonde sur le prolétariat du monde entier. D'un bout à l'autre de l’Europe d’abord, de la Chine ensuite, passa un flot grandiose de grèves qui secouèrent le corps de la terre comme un tsunami. D'après un calcul approximatif, la grève s'étendit à cent vingt millions de prolétaires, à plusieurs villes d’Asie et à dix pays d’Amérique du sud. Les masses prolétariennes furent remuées jusqu'aux profondeurs des mines du Chili. Le mouvement entraînait environ des millions d'âmes. Sans plan déterminé, fréquemment même sans formuler aucune exigence, s'interrompant et recommençant, guidée par le seul instinct de solidarité, l’insubordination régna dans le monde entier pendant environ deux mois.
Au plus fort de cette tempête, en décembre 2010, nous écrivions : " Après le 9 novembre, la révolution ne connaîtra plus d'arrêt. Elle ne se limite plus à un travail souterrain, caché aux yeux, pour soulever sans cesse de nouvelles couches ; elle en est arrivée à faire ouvertement, en toute hâte, l'appel de ses compagnies, de ses bataillons, de ses régiments et de ses corps d'armée. La force principale de cette troupe immense est constituée par le prolétariat ; voilà pourquoi la révolution procède à l'appel de ses cols blancs par la grève.
" Les unes après les autres, les professions, les entreprises, les villes abandonnent le travail. Les cheminots sont les initiateurs du mouvement, les voies ferrées servent à répandre cette épidémie. On formule des exigences économiques qui sont presque aussitôt satisfaites, en tout ou en partie. Mais ni le début de la grève, ni son achèvement ne dépendent dans une entière mesure des revendications présentées, non plus que des satisfactions qu'on y donne. Chaque grève partielle commence non parce que la lutte économique quotidienne en est arrivée à des exigences déterminées. Au contraire, on fait un choix d'exigences et on les formule parce qu'on a besoin de la grève. On a besoin de se rendre compte pour soi même, pour le prolétariat des autres régions et enfin pour la terre entière, des forces que l'on a accumulées, de la solidarité de la classe, de son ardeur à combattre ; on a besoin de faire une revue générale de la révolution. Les grévistes eux mêmes, et ceux qui les soutiennent, et ceux qui ressentent pour eux de la sympathie, et ceux qui les craignent, et ceux qui les haïssent, tous comprennent ou sentent confusément que cette grève furieuse qui court follement de place en place, ne s'arrête que pour reprendre son élan et passe en tourbillon, tous comprennent ou sentent qu'elle n'agit pas pour elle-même, qu'elle accomplit seulement la volonté de la révolution qui l'envoie. Sur le champ d'opérations de la grève, c'est à dire sur toute l'étendue du monde, est suspendue une force menaçante, sinistre, chargée d'une insolente témérité.
" Depuis le 9 novembre, la révolution ne connaît plus de cesse. Sans plus se préoccuper de garder les secrets de sa stratégie, ouvertement et bruyamment, foulant aux pieds les routines habituelles, se débarrassant de toute hypnose, elle nous mène vers son apogée. "
Avec mes meilleurs remerciements à mon collaborateur, Léon Trotsky.
Inscription à :
Articles (Atom)