"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 4 avril 2018

SNCF bashing, épisode 3: A QUI SERT UNE GREVE SYNDICALE INTERMITTENTE?


Nos nouveaux ploum-ploum y croient.
Nouveauté syndicale ou vieillerie corporative renouvelée ?
Les journalistes se sont échinés à trouver un qualificatif pour la grève des cheminots contre le projet de privatisation de la SNCF par le gouvernement Macron : grève en pointillé, grève perlée, alors que j'ai tendance à me moquer de cette grève « programmée », si bien « organisée » et « dévitalisée » d'emblée en la nommant « grève intermittente du spectacle syndical ». Aucun terme n'est satisfaisant au regard de la définition juridique des diverses formes de grèves sur le site du ministère du travail : la grève perlée désigne le fait de « travailler au ralenti ou dans des conditions volontairement défectueuses, sans interruption véritable d’activité », Elle est d'ailleurs illégale, ce qui offenserait le collaborationnisme des bonzes syndicaux dont les think tank ont sagement proposé un calendrier loufoque de débrayage deux jours sur cinq pendant trois mois afin de suffisamment ôter aux prolétaires concernés toute envie de recommencer une grève dans les années à venir. C'est quoi cette grève à la con avec ambiance 14-18, et des militaires encore au coin des rues?

On me permettra de noter ici (intermittence du narrateur) combien, sans crier gare et sans commentaires étonnés de nos sociologues gouvernementaux ou des connards communisateurs, la classe ouvrière redevient soudain première au hit-parade des infos gouvernementales, prééminente, dangereuse, paralysante, dérangeante même entourée des garde-chiourmes syndicaux et des gauchistes aboyeurs ! On l'ausculte soudain dans ses « privilèges », ses retraites « dispendieuses » pour l'Etat notre ami à tous... Quoi ils existent encore ces pkanqués du rail et de la voirie, mais pour emmerder les « usagers », s'accrocher à leurs privilèges qui ruinent la nation, qu'on leur envoie les flics !
En 1995 ce sont surtout les roulants (métier en voie d'extinction...) qui étaient majoritaires dans la lutte, maintenant ils s'y seraient tous mis... à 30% ! Faudra que la débâcle finale du cirque syndical passe pour une défaite majeure de tout le prolétariat, nom de nom ! On veut voir Micron 1er et Madame se mirer au soleil dès juin !

Ce n'est pas non plus une grève tournante, comme le croit Juan du blog « Révolution ou guerre »1, laquelle consiste en des arrêts successifs des différents services de l'entreprise, ou des différents ateliers d'une usine, afin que les effectifs ne soient jamais au complet au même moment dans l'entreprise. Le cirque syndical actuel intermittent, est pourtant assimilable en termes de légalité à la classique grève tournante, supposant, en principe, une minimisation des pertes de salaire (ce qui reste sujet à caution vu que la direction de la SNCF menace de coupes plus importantes dans les salaires même en incluant les journées travaillées).
On ne connaît pas encore la destinée en durée de cette grève intermittente (qui s'arrête et reprend par intervalles) mais ce qu'on peut déjà noter est qu'elle est parfaitement orchestrée par chefs et sous-chefs syndicaux, quand bien même les syndicats sont devenus tout petits par rapport à la place qu'ils tenaient avant.
La nouvelle (présumée) invention d'une « d'usure », de «bras de fer », qui permettrait aux ouvriers de tenir sans trop de dégâts jusqu'au terme des trois mois afin de servir de claque à la gauche parlementaire pour contester une dernière fois le « Jupiter des riches », a pour principale fonction préliminaire, introductive au scénario improbable, de faire oublier à l'ensemble de la classe ouvrière, en France, les promenades corporatives antérieures et autres unions syndicales foireuses qui ont si bien conduit aux défaites successives dont la dernière en date, sur le code du travail avec ronde dérisoire autour du bassin de l'Arsenal. Deux menaces extraordinaires pèsent sur les petites têtes des appareils syndicaux : la spontanéité de classe (soudaine et inattendue comme en mai 68) et la généralisation du mouvement prolétarien, avec ou sans étudiants, avec ou sans retraités.
Formellement la première menace n'a jamais existé pour la sauvegarde d'une des très vieilles entreprises nationalisées (la nationalisation n'a jamais été une mesure socialiste ni un acquis ouvrier) et même pour un statut juridique avantageux elle est en voie de disparition à peu près partout. Les bonzes et les petits réduits gauchistes ont tout préparé, de l'arrière-cuisine syndicale au calendrier qu'ils auraient pu nommer « de la balade syndicale au chant parlementaire ». La deuxième menace est toujours un casse-tête pour la noria des encadreurs professionnels, alors ce coup-ci – l'extension – ou la généralisation est conseillée... avec la manière, généralisation qu'ils avaient tous, de la CGT à SUD machin chose, saboté lors de toutes les grèves des 50 dernières années, pour « être responsables » (Séguy), « limiter les débordements » (Viannet), « ouvrir les négociations » (Krasucki), etc.
Martinez qui serait invisible en tête de cortège sans sa moustache Staline revival a osé même un très bakouninien « Fédérez-vous !». Les grévistes suivistes des généraux syndicaux se fédérer ? Mais comment ? Et entre qui est qui ? Basta c'est des mots. Des mots mis en musique syndicale vintage par Philippe Martinez, cornant en faveur d'une «journée nationale de mobilisation interprofessionnelle» le jeudi 19 avril. Et ce, «dans la recherche de convergence des luttes». Presque du Besancenot dans le texte. Côté province, dans les Bouches-du-Rhône, l’union départementale cégétiste appelle même, dès ce mercredi, à un «grand rassemblement de lutte» devant la gare Saint-Charles, afin d’étendre la contestation. Ah « étendre la contestation », Râ lovely comme c'est bandant ! La contestation (ce piège à cons...) pourra aussi compter, médiatiquement Ruffin, sur Tartempion, sur Jean-Luc Mélenchon, partisan lui aussi d'un appel au fédéralisme de la contestation. «Compte tenu du nombre des protagonistes engagés et de leur diversité, le mouvement fédérateur peut partir d’eux, du terrain, partout où c’est possible», juge le fondateur de La France insoumise sur son blog, lundi, en exhortant les salariés : «Agissez ! Auto-organisez-vous ! Fédérez-vous !»
Rassemblement, convergence, fédéralisme, des mots creux typiques des ploum-ploums anars qui crient « grève générale » chaque fois qu'ils doivent payer une amende.
Les dirigeants syndicaux ont tous leur bac désormais, et sont capables de varier le bla-bla médiatisé. Quand l'un affiche des ficelles trop grosses, inhabituelles ou fort ridicules pour tout ouvrier qui réfléchit et reste doué de mémoire, on peut s'attendre à ce que face au « maximalisme » langagier de certains, se dresse un minimalisme plus terre à terre et à l'enthousiasme moins délirant que celui du trotskien de base : « La «convergence des luttes […], cela ne s’improvise pas, a réagi lundi le numéro 1 de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, auprès de l’AFP. Ce n’est pas parce que vous avez plusieurs points de conflit qu’obligatoirement cela coagule.»
Exceptés quelques vieillards cacochymes, qui ne pouvaient déjà pas lancer un vrai pavé à l'époque, et qui imaginent un nouveau « soulèvement de la jeunesse », voire des barricades restaurées rue Gay-Lussac, un journaliste peut toujours se renseigner sur la réalité morne actuelle en allant trouver un universitaire politologue pas bête : «... prudence pour Baptiste Giraud, maître de conférence en sciences politiques à l’université Aix-Marseille : «Mai 68 peut inspirer symboliquement des franges de militants, mais ce n’est pas ça qui va faire converger les luttes. A l’époque, le privé, et notamment l’industrie, était fortement syndiqué. Aujourd’hui, le monde du travail n’a plus rien à voir : seuls les secteurs public et parapublic bénéficient d’un fort ancrage syndical. Pour cette raison, la mobilisation générale du monde du travail est hautement improbable.» En revanche, une forte mobilisation dans un secteur «peut inciter un autre secteur à se mobiliser à son tour», ajoute l’universitaire.
Oui mais, on n'est plus en mai 68. Le pouvoir n'est plus du même type d'autoritarisme lourdingue, il ne se laisse pas surprendre, il prend les devants ; un nouveau mai 68 est impensable pour trois raisons : la classe ouvrière est archi atomisée, l'économie n'est pas en mauvais point (elle est propice aux augmentations salariales, et Macron mise dessus) et les étudiants sont retournés à leurs études et sont mignons tout plein ; les lycéens, qui auraient bien besoin de faire péter le système, qui doivent attendre fin mai la sélection de Parcoursup, l'américanisation de la reproduction sociale, se réveilleront quand les flambeaux syndicaux seront déjà éteints.

Le but de la grève intermittente longue est de :
  • faire chier les millions de prolétaires usagers et qui vont le faire savoir, pas dans le sens du carnaval syndicalo-gauchiste ;
  • ringardiser un peu plus la classe ouvrière en épuisant la population avec cette agitation ponctuelle, creuse politiquement, inscrite dans la durée où on ne discute de rien d'important, ni d'alternative de société ni de possibilité de fonctionner autrement pour l'humanité, donc à des kilomètres des débats géniaux, souvent utopiques de 68, mais autrement plus passionnants. 
Pour sa deuxième journée intermittente la grève corporative à la SNCF aurait été moins suivie, nul doute que la tendance à la baisse va se confirmer. Les Etats-majors syndicaux n'ignorant pas que la grève à Air France pique du nez, et lançant en même temps des actions corporatives un peu partout comme ils l'avaient fait en 1995, ce qui ne propage en rien le feu mais la dispersion en des tonnes de revendications corporatives, plus corporatives unes que les autres. Je me suis promené dans le quartier gouvernemental aujourd'hui et je ne vis nulle inquiétude dans les regards qui émergeaient des limousines.

Pour ce troisième épisode, je conclus en me pliant en deux sur la menaçante parole d'un quelconque chefaillon permanent syndical, qui a dans sa poche en permanence le numéro de téléphone du patron et du ministre concerné. Le secrétaire adjoint de la CGT-Cheminots, Thierry Nier, pense que le gouvernement doit "prendre ses responsabilités et ouvrir des négociations" au sujet de la réforme de la SNCF. Interrogé par franceinfo, Thierry Nier l'assure : la grève ne se poursuivra "que si les négociations ne s'ouvrent pas avec le gouvernement". Comprenez : on appuiera sur le bouton fin de la grève intermittente dès les négociations secrètes seront ouvertes, et après on vous fera savoir sur le perron de l'Elysée s'il faut faire la négociation ou la révolution.



Nous ne sommes pas des "gréviculteurs"
¨par Marc Chirik

(Des journalistes et des politiciens s'en sont pris à un vulgaire député d'En Démarche, pour l'usage du terme « gréviculteur » ; or ce terme est ancien dans notre milieu révolutionnaire, c'est ainsi que les meilleurs marxistes ont toujours qualifiés les anarchistes gréviculteurs obsessionnels de la fumeuse grève générale (et leurs bâtards Besancenot, Poutou et Cie). L'intervention orale au 3ème congrès de Révolution Internationale, en 1978 reflète cette époque et pour l'essentiel, pour l'intervention d'un vrai groupe politique maximaliste (mais y en a plus) demeure une leçon de choses. (reproduit d'après un enregistrement audio et en bon français)

« ...C'est vrai qu'il y a une distinction qui se fait entre l'action de l'organisation comme telle, et celle des militants. C'est vrai aussi que le militant agit partout comme membre de l'organisation, mais là se fait la distinction: c'est sur les plans où se situent ces activités. C'est cela que ne voient pas ceux qui sont amenés à dire que les militants doivent chercher à être les chefs dans les luttes immédiates. Cette vision n'est pas tout à fait la nôtre. Ce que nous cherchons, nous, ce n'est pas de demander sa confiance à la classe pour qu'elle nous délègue la direction de ses luttes, mais de faire en sorte que la conscience de la classe se généralise pour que ce soit elle en tant que classe qui assume ses tâches. C'est là notre tâche fondamentale.
Nous ne pouvons pas dire seulement "généralisation" des luttes, les syndicats sont capables de récupérer ce mot d'ordre, on l'a déjà vu. Nous devons en dire plus, ne pas limiter la généralisation à l'espace, mais l'étendre au fond, allant des luttes pour des questions partielles aux questions générales. Dans les luttes nous devons toujours avoir présent à l'esprit trois soucis:
- pourquoi est menée cette lutte ?
- qui la mène ?
comment se mène-t-elle ?

La grève n'est pas en elle-même une panacée. Les syndicats peuvent déclencher des grèves sur des revendications anti-prolétariennes, on l'a vu en Italie avant 1914, avec des grèves qui préparaient les ouvriers à la guerre. Nous ne sommes pas des "gréviculteurs".
Ce n'est pas un hasard sir la question de l'intervention directe se pose à nous aujourd'hui, cela révèle deux moments: celui du développement des luttes ouvrières, et celui du développement de l'organisation des révolutionnaires qui est de plus en plus impliquée concrètement dans les luttes. Pour répondre à ce problème, il faut souligner que:
- l'intervention des militants est toujours sous le contrôle de l'organisation,
- le militant ne doit jamais exiger que la lutte dans l'usine atteint une conscience globale pour y participer, pour en être un facteur actif en intervenant. Nous devons absolument faire nôtre ce que Marx disait dans le Manifeste sur les communistes qui sont les combattants les plus décidés dans la lutte de classe.
- tant l'organisation que le militant n'ont pas à faire de la surenchère, à être plus radicaux que les ouvriers; cette attitude existe chez certains groupes parce qu'ils sont isolés, coupés de la classe, comme le FOR.
- les militants de la classe ouvrière doivent mener la lutte locale de la manière la plus effective et la plus efficace. Ce n'est ni un sport, ni une fête, comme peuvent le penser les surréalistes ou les situationnistes. Etre au sein des luttes, avec sérieux et responsabilité, c'est le contraire de ce que font les anarchistes qui font la "grève générale" tous seuls ou des "actions exemplaires". C'est avoir la conviction d'une victoire partielle possible et rejeter l'attitude du style "le capitalisme n'a rien à accorder", défendre les positions des ouvriers contre les atteintes du capital, et être avec eux décidés à faire aboutir la lutte.
- Notre dénonciation des syndicats et courants anti-prolétariens doit être la plus énergique possible; cela signifie qu'elle ne doit jamais prendre des formes abstraites, plaquées sur la lutte, mais être le démasquage concret, dans le faits, à travers les problèmes pratiques, de leur nature anti-prolétarienne.
- Nous devons exercer une vigilance constante à l'égard des manoeuvres anti-prolétariennes; si, au début de la lutte, il est difficile de démontrer les manoeuvres syndicales, il faut s'assurer de pouvoir les dénoncer immédiatement, au fur et à mesure du développement de la lutte.
- à l'égard de toute tentative de formation de groupes au sein de usines, il faut être conscient que de tels groupes, comme ceux qui se réclamaient de l'autonomie ouvrière, sont des groupes politiques qui entravent la formation de l'organisation politique de la classe. Par contre, nous apportons notre soutien à tout surgissement réel de groupes de réflexion dans les usines ou les quartiers et nous y participons ».

UNE SEULE NOTE (eh oui)
1A ma connaissance, ce camarade est le seul à se prononcer courageusement pour dénoncer le carnaval syndical : « La tactique que les syndicats ont mis en place isole d’avance le combat des travailleurs de la SNCF dans la corporation et dans un planning de journées de grève qui ne peut que les enfermer encore plus dans une grève sans autre perspective que de la faire durer “jusqu’au bout ”… ce qui, très rapidement, provoquera la division au sein même des grévistes entre ceux qui voudront et pourront faire grève et ceux qui ne le pourront pas, ou moins, et qui se décourageront. La tactique syndicale des journées d’action est à rejeter. Elle impose des revendications et des combats corporatistes et isolés. Pire même, en imposant les préavis légaux pour faire grève et en n’appelant plus aux assemblées générales dans bien des dépôts SNCF - sur ce point DRH, “ management ” et syndicats œuvrent de concert dans toutes les entreprises –, les journées d’action syndicales font de la grève une décision purement individuelle et non collective ce qui affaiblit d’autant la volonté de combat et le sentiment de solidarité ouvrière, chaque ouvrier étant renvoyé à sa conscience ou volonté “ individuelle ”, y compris maintenant à la SNCF en faisant une déclaration individuelle préalable ». Il a une solution bonux, mais complètement décalée avec la réalité, conforme à ce que définissait Marc Chirik en 1978 (voir plus bas le texte de Marc) mais c'était en 1978 !
« S’opposer par la grève et l’extension à l’enfermement et l’isolement syndical. Pour cela, il convient d’avancer des revendications les plus unitaires possibles que les autres travailleurs puissent reprendre pour leur propre compte.
Quelques propositions parmi d’autres (et à discuter, voire à décliner, selon les situations locales particulières) : les travailleurs de la société de nettoyage des gares ONET sont en grève. Il faut avancer qu’ils aient les mêmes conditions de travail et de salaire que les cheminots – voire, selon la force de la grève, exiger la fin des sous-traitants et leur embauche par la SNCF. Face aux menaces de licenciements à Ford Bordeaux, maintien des salaires et du contrat de travail jusqu’à la fin de leur chômage, voire embauche dans des services publics. Ou encore, puisque la retraite des cheminots va être de nouveau attaquée, avancer la revendication de la mise à niveau de toutes les retraites, publiques-privées, sur celle des cheminots ou plus largement des transports publics. Ou bien encore, dans la foulée des revendications à Air France, augmentation des salaires et des retraites pour tous… Tout ce qui va dans le sens de l’unité est à reprendre. Tout ce qui va dans le sens de l’isolement est à rejeter.
Enfin, partout où c’est possible, il convient que les travailleurs les plus combatifs et les plus convaincus de ces orientations, du besoin de lutter contre l’isolement et les pièges syndicaux, se regroupent en comités de lutte ou “ assemblées interpro ” – peu importe le nom – afin de s’organiser et d’intervenir collectivement partout où ils le peuvent pour assumer ce combat à la fois pour l’extension et l’unification et contre leur sabotage par les syndicaux. Car, le combat pour l’extension et l’unification ne pourra faire l’économie de cet affrontement politique contre les organes particuliers, car agissant directement en milieu ouvrier, de l’État capitaliste que sont les syndicaux et les partis de gauche.
Dès le 3, dans tous les dépôts SNCF, assemblées générales pour imposer la grève reconductible ! Dans les entreprises, les quartiers et les villes, extension et unification de la grève, des manifestations et du combat de classe !Dans les entreprises, les quartiers et les villes, regroupement et organisation des travailleurs les plus combatifs désireux de combattre pour l’extension et l’unification de la lutte ! ».

Tout cela c'est souffler dans le mégaphone des comiques syndicaux avec cette invention des « revendications unitaires » improbables et même caricaturales. Faut pas se tromper d'époque ni de moment camarade ! La grève c'est pas la révolution ! Même si tu crois encore, à la suite de papy Lénine que derrière toute grève se planque la révolution.


lundi 2 avril 2018

LES CROQUE-MORTS de la grève programmée larmoyante à la SNCF


Je bénis la grève perlée!
Après la phase d'héroïsation des victimes de « l'hydre terroriste » voici que les suivistes gauchistes relaient le gouvernement avec l'hydre de la grève générale qui n'a pourtant aucune chance d'exister à partir d'une grève ultra-corporative ni même de rivaliser avec la « surprise » du mouvement sans commandants syndicalistes ni trotskiens en mai 68. En effet, c'est un classique la lutte de classe ne peut procéder que par surprise, sans permission ni autorisation ministérielle et des obscurs bureaux syndicaux, c'est à dire hors des programmations des partis faux-culs et des syndicats gouvernementaux et de leurs groupies gauchistes. Les vieux machins comme Krivine auront beau écumer les villes de province pour enseigner un mai 68 complètement refabriqué à la manière des caporos trotskistes qui n'y jouèrent aucun rôle, c'est à dire en réinventant une union de la gauche picrocholine de vieux coucous qui ne sont plus pris au sérieux (voir plus bas) – la défaite programmée des cheminots maquillée en un scénario à dormir debout, concocté surtout pour emmerder des millions de prolétaires sans statuts ni garantie salariale, qu'elle soit brève ou étalée dans le temps, sera ensuite exhibée comme symbole de l'impuissance de toute la classe ouvrière voire une preuve de plus de sa « disparition ».
Voici une grève Hollywood, scénarisée et officialisée comme un feuilleton à épisodes variables avec l'aval de l'aumônerie de l'Elysée, sans compter les modifications de scénario ou nouvelles versions telles que le gouvernement veut bien mettre en veilleuse telle revendication, ou "reculer" selon les larbins syndicaux qui ont toujours une traîtrise prévue dans leurs cartables de généraux de la terrrible négociation; sans oublier comment les autres événements politiques ou mécontentements "populaires" (sondalogie organisée) vont peser, voire comment va procéder même la fermeté ou pas envers les marginaux zadistes.

On va dire que je harcèle ici le NPA mais cette secte donne les verges pour se faire fesser. Je le répète la nature du gauchisme moderne, néo-stalinisme recyclé moitié libertaire (version Bakounine, lire ci-dessous le texte de Rosa sur la fable de la grève générale), est d'être suiviste par rapport à l'élite bourgeoise, sur tous les plans de la MORALE voulue : féminisme bobo, antiracisme anti-ouvrier, antifascisme de pacotille, lâcheté face aux campagnes anti-terroristes, complicité avec les pires nationalistes et les pires religions, etc.

Seule la secte LO a refusé de s'associer à la confrérie de la gauche décatie communiant pour la circonstance cheminote, qui n'est pas une simple attaque contre les avantages (et inconvénients) d'une corporation qui n'est plus ce qu'elle était, mais une réorganisation technocratique aux ordres de Bruxelles dans une compétition mondiale exacerbée où il n'est plus question de « reconstruire le pays » mais de se débarrasser des dinosaures de la reconstruction pour générer un profit sans concession et sans entraves corporatives. Cet appel oecuménique il faut vous l'imaginer comme si, au début de 1968, Mitterrand, Marchais, Séguy et les divers bonzes syndicaux avaient été les initiateurs de la « grève généralisée » (c'est à dire une grève spontanée qui se généralisa et non pas mise en branle aux ordres des milliers de sous-offs syndicaux) « pour mettre en mouvement les classes populaires » (!?). Le scénario nomme « modalité » par les faux-culs du NPA n'est pas une seconde critiqué pour son aspect militaire et fallacieux, voire surtout démoralisant parce qu'il laisse toute initiative aux appareils ; on y ajoute simplement d'autres scénarios, grève reconductible dans un coin, ou « campagne unitaire d'opposition au gouvernement et de soutien à la grève », c'est à dire des coquins enturbannés bleu-blanc-rouge qu'on pourrait placer en tête des défilés syndicaux bien ordonnés comme naguère les austères promenades PS-PC-GT-PSU, + ploum-ploums en fin de cortège et drapeaux trotskistes. Tous ces commandants et sous-chefs nous proposent donc de les « suivre », afin de « modifier le rapport des forces en faveur du monde du travail » (sic) ; « monde du travail », « classes populaires », vocabulaire féministe débile et vocables sociologiques qui fleurent bon l'anarchisme bon teint, oecuménisme et nullissime du « tous ensemble » merdique et touché coulé depuis 95. Vous remarquerez et vous retiendrez un seul argument qui peut mettre en danger toutes ces constructions syndicalo-gauchistes bourgeoises: l'exigence de négociations filmées en direct et visibles par toute la population prolétaire; exigence qui avait été la mienne comme délégué de classe en 1969 (exigence oubliée de mai 68 par tous ces chenapans arrivistes) et surtout par les ouvriers polonais en 1980 (micros dans la salle des négociations et répercussion par hauts parleurs dans l'usine de Gdansk). Vous m'objecterez, mais faudrait être en période révolutionnaire pour imposer cela aux négociateurs professionnels de l'ombre! C'est ce que je voulais vous faire dire!
Après le scénario torché apprêté, voici le « plan de travail » et la feuille de route des sergents recruteurs syndicaux :

Communiqué du NPA :« La modalité d’organisation de la grève à la SNCF, de deux jours sur cinq, fait grincer des dents, car elle est en-deçà de la nécessité d’une grève reconductible. De même, la date du 19 avril est bien lointaine… d’autant que FO refuse d’y participer. Mais ces coups de frein ne sont pas réellement nouveaux, et pour les révolutionnaires, la question est de savoir ce qu’ils et elles peuvent faire pour modifier le rapport de forces en faveur du monde du travail.
C’est ce que nous avons fait en interpellant les autres courants de gauche pour une campagne unitaire d’opposition au gouvernement et de soutien à la grève. Il nous reste à décliner cette campagne sur le plan local, pour mettre en mouvement les classes populaires. C’est ce que nous faisons également en défendant bien sûr la grève reconductible et des manifestations de masse, unitaires et unifiant les différents secteurs, mais surtout en convaincant autour de nous de la nécessité d’un « touTEs ensemble ». Cette nécessité repose sur la similitude des attaques dans les différents secteurs, sur la possibilité de gagner davantage quand on se bat au même moment, et sur la nécessité de construire une opposition politique contre Macron, c’est-à-dire une intervention politique du prolétariat sur la scène nationale, sa constitution en classe active.
Un élément clé dans cette équation sera l’action du secteur privé. À partir des négociations annuelles obligatoires, à partir de la mobilisation contre les licenciements, des possibilités existent. C’est pourquoi la lutte à Ford (voir page 8), animée notamment par notre camarade Philippe Poutou, revêt une grande importance dans la situation : elle peut contribuer à poser la question de l’entrée dans la bataille de ­millions de travailleurEs ».


Contre les mensonges de la gauche (décatie) et de l'extrême gauche bourgeoise (figurante et suiviste) lisez et relisez jeunes gens notre bonne Rosa Luxemburg :
Dès 1902, Rosa Luxem­burg ana­lyse la grève géné­rale en Bel­gique pour la conquête du suf­frage uni­ver­sel égal, qui venait de s’achever sur un échec. Elle écrit à cette occa­sion que « la pre­mière condi­tion pour appré­cier sérieu­se­ment la grève géné­rale, c’est de dis­tin­guer entre grèves géné­rales natio­nales et grèves inter­na­tio­nales, grèves poli­tiques et grèves syn­di­cales, grèves indus­trielles en géné­ral et grèves pro­vo­quées par un événe­ment déter­miné, grèves décou­lant des efforts d’ensemble du pro­lé­ta­riat, etc. » Il faut donc éviter « toute ten­ta­tive de sché­ma­ti­ser, de reje­ter ou de glo­ri­fier som­mai­re­ment cette arme »1. En 1913, après un nou­vel échec en Bel­gique, elle rap­pelle que « la grève poli­tique de masse n’est pas, en elle-même, un moyen mira­cu­leux. Elle n’est effi­cace que dans une situa­tion révo­lu­tion­naire, comme expres­sion d’une éner­gie révo­lu­tion­naire for­te­ment concen­trée, et d’une haute ten­sion des anta­go­nismes. Déta­chée de cette éner­gie et de cette situa­tion, trans­for­mée en une manœuvre stra­té­gique déter­mi­née long­temps d’avance et exé­cu­tée de façon pédante, à la baguette, la grève de masse ne peut qu’échouer neuf fois sur dix. »
lire l'ensemble de cet excellent article ici : http://www.critique-sociale.info/928/rosa-luxemburg-et-la-greve-de-masse/


Grève de masse, parti et syndicat

Rosa Luxemburg



Presque tous les écrits et les déclarations du socialisme international traitant de la question de la grève générale datent de l'époque antérieure à la révolution russe, où fut expérimenté pour la première fois dans l'histoire, sur une large échelle, ce moyen de lutte. Cela explique pourquoi ces écrits ont pour la plupart vieilli. Ils s'inspirent d'une conception identique à celle d'Engels, qui, en 1873, critiquant Bakounine et sa manie de fabriquer artificiellement la révolution en Espagne, écrivait :
« La grève générale est, dans le programme de Bakounine, le levier qui sert à déclencher la révolution sociale. Un beau matin tous les ouvriers de toutes les entreprises d'un pays ou même du monde entier abandonnent le travail, obligeant ainsi, en quatre semaines tout au plus, les classes possédantes soit à capituler, soit à attaquer les ouvriers, si bien que ceux-ci auraient le droit de se défendre, et par la même occasion d'abattre la vieille société tout entière. Cette suggestion est bien loin d'être une nouveauté : des socialistes français et à leur suite des socialistes belges, ont, depuis 1848, souvent enfourché ce cheval de bataille qui, à l'origine, est de race anglaise. Au cours du développement rapide et vigoureux du chartisme parmi les ouvriers anglais, à la suite de la crise de 1837, on prêchait dès 1839, le « saint mois », la suspension du travail à l'échelle de la nation [1], et cette idée avait trouvé un tel écho que les ouvriers du nord de l'Angleterre tentèrent en juillet 1842 de la mettre en pratique. Le Congrès des Alliancistes à Genève, le 1° septembre 1873, mit également à l'ordre du jour la grève générale. Simplement tout le monde admettait qu'il fallait pour la faire que la classe ouvrière soit entièrement organisée et qu'elle ait des fonds de réserve. C'est là précisément que le bât blesse. D'une part les gouvernements, surtout si on les encourage par l'abstention politique, ne laisseront jamais arriver à ce stade ni l'organisation ni la trésorerie des ouvriers; et d'autre part les événements politiques et les interventions des classes dominantes amèneront l'affranchissement des travailleurs bien avant que le prolétariat ne parvienne à se donner cette organisation idéale et ce fonds de réserve gigantesque. Par ailleurs, s'il les possédait, il n'aurait pas besoin du détour de la grève générale pour parvenir à son but [2]”.
C'est sur une telle argumentation que se fonda dans les années suivantes l'attitude de la social-démocratie internationale à l'égard de la grève de masse. Elle est dirigée contre la théorie anarchiste de la grève générale qui oppose la grève générale, facteur de déclenchement de la révolution sociale, à la lutte politique quotidienne de la classe ouvrière. Elle tient tout entière dans ce dilemme simple : ou bien le prolétariat dans son ensemble ne possède pas encore d'organisation ni de fonds considérables - et alors il ne peut réaliser la grève générale - ou bien il est déjà assez puissamment organisé - et alors il n'a pas besoin de la grève générale. Cette argumentation est, à vrai dire, si simple et si inattaquable à première vue, que pendant un quart de siècle elle a rendu d'immenses services au mouvement ouvrier moderne, soit pour combattre au nom de la logique les chimères anarchistes, soit pour aider à porter l'idée de la lutte politique dans les couches les plus profondes de la classe ouvrière. Les progrès immenses du mouvement ouvrier dans tous les pays modernes au cours des vingt-cinq dernières années vérifient de la manière la plus éclatante la tactique de la lutte politique préconisée par Marx et Engels, par opposition au bakouninisme : la social-démocratie allemande dans sa puissance actuelle, sa situation à l'avant-garde de tout mouvement ouvrier international est, pour une très grosse part, le produit direct de l'application conséquente et rigoureuse de cette tactique.



On peut lire sur le site « Révolution ou guerre », « pour une riposte prolétaire efficace... », l'avis du dernier rejeton d'un CCI pur (pas encore devenu secte, sorte de CCI de jadis conservé dans le formol des mêmes radotages généralistes) mais complètement irréaliste. Il appelle à crier plus fort dans le mégaphone des sergents gauchistes. On n'appelle pas toujours ou à tout moment à la « lutte générale », et surtout pas quand les dés sont pipés à ce point. Cet appel concomitant à entrer en lutte avec les cheminots est du type de l'erreur économiste, pour ne pas dire syndicaliste mode CGT 1905, c'est à dire sans tenir compte de la
situation politique (favorable aux menées bourgeoises) ni de l'environnement politique (campagnes terroristes et anti-terroristes, jugement des zozos de Tarnac, crucifixion de Sarkozy, etc.) ni surtout de la longue programmation de ladite grève perlée avec une avalanche de commentaires qui ont déjà détruit toute possible solidarité généralisée et toute grève généralisable.
Maintenant, vous êtes libres d'exprimer votre avis, mais c'est à mon sens peine perdue de se mettre au service d'une lutte déjà criminalisée, déjà inintéressante pour ses principales revendications corporatives qui laissent croire à une sécurité... statutaire pour le prolétariat dans un régime capitaliste en pleine tourmente et sans rivages crédibles.


Il faudra savoir attendre.

mercredi 28 mars 2018

UN FAUX SCOOP ANTISEMITE : l'instrumentalisation politique de la marche blanche


LE BUT : créer une ambiance 14-18 pour mieux étouffer la grève annoncée des cheminots !

« Tuer un policier dans le Bronx ou un carabinier dans la campagne de Naro, tirer dans le dos d'un officier, cela lui semblait une chose d'honneur . Et cette façon de penser n'était pas nouvelle pour moi, c'est ainsi que pensaient les contremaîtres de la soufrière qui touchaient de l'argent des patrons et de nous, qui nous assuraient le travail et assuraient notre rendement aux patrons, et ceux qui ne payaient pas les offensaient dans leur honneur ».

Léonardo Sciascia : Les oncles de Sicile (Einaudi, Turin 1960)

« N'empêche que deux innocents ont été envoyés à la chaise électrique, et toute l'Amérique savait qu'ils étaient innocents, les juges le savaient, et le Président, et ceux qui font les journaux et ceux qui les vendent ».
Léonardo Sciascia : L'antimoine.

Mettons que tout se mélange dans ma tête. Peut-être n'est-ce pas de ma faute... Les infos sont avalanche perpétuelle, marmelade apparemment inconsidérée que le vent, la pluie et les arbres colportent jusqu'à la moindre cabane bambou; le fait divers criminel côtoie annonces gouvernementales comme la vie des stars est logée à la même enseigne que les leçons de morale politique bourgeoise ou les desideratas de n'importe quel puissant journaliste ou banquier.

Comment s'y retrouver au quotidien ? Nous étions, il y a peu, dans une ambiance de conditionnement ou de préparation à une grève d'envergure mais en pointillé, au goutte à goutte quoi comme ce flacon suspendu au chevet du malade alité à l'hosto. Puis on eût cette étranger fixation sur Sarkozy avec des buts inavouables. Puis s'est produit l'attentat sinistre près de Carcassonne, où le sacrifice d'un lieutenant-colonel a donné un amplitude considérable au crime crapuleux dit islamiste modifiant la morne litanie habituelle, et haussant cet homme naïf et fort boy-scout au rang de héros de la nation1. Occasion trop bonne pour ranimer l'antiterrorisme officiel qui ne sert à rien si l'on ne s'en sert pas. ET donc la compassion nationale du « vous n'aurez pas ma haine », sublime version du masochisme chrétien qui accompagne l'éternité du terrorisme obscur comme Lucifer qui dit merde à Allah et au Christ ressuscité.
Un imbécile membre du parti dit insoumis a ensuite amplifié l'indignation par sa goujaterie déplacée et servi de bouc-émissaire judiciarisé à la pensée moyenne des gauchistes en général et des trotskistes radicaux en particulier : tuer un flic ou un militaire c'est révolutionnaire !
Mal lui en prit il fût dénoncé sans vergogne par son propre chef Mélenchon qui, de peur de perdre trois points dans les sondages, fit une amende honorable fort ridicule à la Chambre, saluant le pauvre Arnaud Beltrame comme un « héros de la condition humaine »2. Franchement, tant le meurtre sadique du gradé gendarme que celui de tous ceux depuis 2015 qui ont tenté de s'opposer aux tarés islamistes et ex-voyous, n'en font ni des héros ni des représentants de la « condition humaine », n'en déplaise à Malraux, mais des victimes de la guerre opaque intrinsèque au capitalisme, que Macron a nommé « islamisme souterrain », euphémisme creux. Les trotskistes eux sont restés lâchement silencieux, n'osant même pas soutenir pourtant un frère en idiotie.
Le lampiste qui s'était félicité du meurtre du gendarme n'a même pas été foutu d'assumer ses propos et tant pis pour lui s'il a été lâché par Mélenchon, mais il n'a fait qu'exprimer le sentiment de tout(es) les encadré(es) du NPA. La sanction qui le frappe, certes du sceau de l'imbécillité politique, est en même temps une épée de Damoclès pour toute remise en cause de l'union nationale et des mensonges grossiers de l'Etat.
Qui ne dit mot consent. Pendant la guerre d'Algérie les trotskiens portaient les valises d'armes du FLN et ne dénoncèrent jamais les attentats terroristes. Les bambins du prophète dégénéré persistent pour les meurtres au nom d'Allah. Ni LO ni le NPA ne publient, depuis plusieurs attentats, la moindre prise de position pour dénoncer ces crimes, comme je l'ai signalé à plusieurs reprises. Même le meurtre crapuleux de l'octogénaire dame d'origine juive n'a pas mérité une ligne de compassion, n'est-ce pas qu'un fait divers ? et avec le risque que la compassion étalée heurte leurs électrices porteuses de voile et y voyant une concession à l'Etat « fasciste » d'Israël ! C'est seulement aujourd'hui, ce soir, que, vu l'ampleur de la marche blanche le NPA se fend d'un communiqué pour délivrer ses condoléances à la famille de Mireille Knoll, protestant contre l'antisémitisme mais rien sur le massacre islamisque du Super U ni les possibles assassins antisémites de la vieille dame, et du coup les activistes du NPA sont absents de la marche blanche, qui est respectable au sens où elle exprime le soutien d'une masse de parisiens aux personnes d'origine juive, même si la récup nationale va bon train. LO et Arthaud motus bouche cousue !

Cette façon de désinformer les ouailles trotskiennes obéit pourtant à une stratégie de secte. Elle évite aux sectateurs et sectatrices de voir la réalité et leur permet de vivre dans le monde enchanté de la lutte, pas de classe ouvrière aux races indistinctes, mais dans un meltin pot idéologique et tous azimuts. Le portail du NPA ne titre que sur la préparation de la grève poussive des cheminots depuis des semaines ; les bagarres picrocholines entre extrèmes étudiants et le soutien enflammé à toutes les protestations marginales rivalisent avec la joie de voir Sarkozy traîné à nouveau en justice. Cela crée un climat dans la petite tête des très jeunes recruté(e)s qui ont l'impression d'échapper au bombardement (certes et bobardements) des médias bourgeois. Mais équipés d'oeillères ils ne se rendent pas compte qu'on les empêche ainsi de comprendre ce qui se passe réellement « en politique ». Ne peut-on voir là un remake des limites du socialisme ringard franchouillard, ce même vieux syndrome Jules Guesde se fichant de l'affaire Dreyfus ; baignant dans l'idéologie libertaire du début du siècle dernier, pour le mouvement ouvrier en général la lutte des classes n'était envisagée que comme exclusivement gréviste (les prolétaires n'ayant pas voix au parlement) et les querelles ou avanies de société bourgeoise ne mériteraient qu'indifférence. On sait l'aboutissement du pauvre Guesde dans ce refus de la politique, la soumission à la Défense nationale patriotique. Le NPA est tout simplement en train de nous fabriquer une génération d'imbéciles bornés, futurs sergents recruteurs de la syndicratie et des profs simplets3, mais totalement à la remorque du système macronien : les portails LO et NPA sont surtout dédiés à la reproduction des interventions télévisées de Arthaud, Poutou, Besancenot et de papy Krivine autour de leurs poncifs féministes, antiracistes et antifas d'opérette ; ce qui leur confère une aura publicitaire de radicaux bien connus du public, présents dans le PAF pourtant uniquement comme faux révolutionnaires cacahuètes, gages de morale bcbg mais pas d'éthique anticapitaliste, et partant, forts limités et radoteurs dans leurs invectives ou semblant de raisonnements qui sentent le rance de la gauche fânée.

CRIME ANTISEMITE OU CRIME CRAPULEUX ?
LE MENSONGE A PLUSIEURS SOURCES COMME les plats épicés

BFM a lancé de fausses infos, mais personne n'a répercuté en France que le taré de Carcassonne avait exigé au début la libération du dernier tueur fanatique vivant, et lâche survivant, de l'assassinat de masse du Bataclan, Salah Abdeslam. Le meurtre de Mireille Knoll a supplanté tout questionnement sur l'incapacité policière à empêcher le taré de réaliser sa deuxième tuerie au Super U de province. L'héroïsation du gendarme Beltrame servant à éteindre aussi les questions sans réponse Ruth Elkrief était déchaînée parlant d'une « rescapée du Vel d'Hiv » et du « gendarme qui s'est sacrifié » mais pour ajouter que la haine d'Israël est aussi la haine des juifs.

INTERMEDE AU CIMETIERE DE BAGNEUX

Peu désireux d'aller suivre les récupérateurs politiques à la marche blanche, j'ai choisi ce jour de me rendre à l'enterrement de la dame assassinée sauvagement. Peu après 14 H arrive le cercueil suivi de plusieurs voitures qui s'écoulent dans les allées du vaste cimetière, très vieux cimetière où des juifs sont enterrés ici depuis le Moyen âge. Deux cent à trois cent personnes seront présentes, plutôt âgées avec Kippas et certainement nombre de personnalités que je ne connais pas. Au bout de l'allée où va être déposée la dépouille, je vois soudain arriver Macron avec une kippa. Il attire bien sûr tous les regards, embrasse les personnalités religieuses. La foule est très digne même si les smartphones photographient pendant quelques instants le président. Puis viennent les discours des chefs religieux qui sont franchement nationalistes pro-israéliens et qui affirment que le meurtre de Mireille est un odieux acte antisémite. J'ai envie de dénoncer cette affabulation mais je ne veux pas troubler ce qui aurait dû être un enterrement intime pour la famille au lieu d'être cette ridicule récupération communautariste et nationaliste, avant celle, cacophonique, de la marche blanche à Paris. Ni prendre des risques inutiles face à leurs nervis nationalistes. Je ne peux m'empêcher de penser que si cette pauvre dame était morte de sa belle mort, il n'y aurait eu que la quinzaine de membres de sa famille et pas tous ces bourgeois et rabbins qui ne se soucient jamais des pauvres femmes, vieilles et seules, juives ou pas. Le seul à avoir parlé dignement fût le fils de Mireille Knoll.

LA CREATION D'UNE AMBIANCE « UNION NATIONALE »

Le battage idéologique emphatique contre l'antisémitisme supposé de ce qui pouvait rester dramatique fait divers reste dans toutes les têtes mais le terrorisme ambiant des médias et des politiciens exige le silence. Or la précipitation à qualifier ce crime d'antisémite aurait reposé sur la lenteur de la justice à qualifier ainsi le meurtre ignoble par son voisin de Sarah Halimi, « juive de 65 ans » à Paris en avril 2017. Tous les meurtres n'ont pas vocation à être antisémite, et cette précipitation à grands sons de trompe et de tromperies ne peut que nous interroger sur la violence d'une telle campagne aussi « totalitaire » que simpliste.
Il suffit de décrypter les versions successives de la presse.
Certainement produit par une agence de presse, et reproduit un peu partout, on lit d'abord :

« Mardi, les deux suspects du meurtre de Mireille Knoll ont été mis en examen pour "homicide volontaire à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion", " vol aggravé par trois circonstances" et "dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux". Ils ont été placés en détention provisoire ».  
20 minutes précise plus tard :
«  Mireille Knoll, de confession juive, avait 85 ans et vivait seule depuis le décès de son mari, rescapé du camp d’Auschwitz. Elle-même avait échappé de peu à la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942. L’autopsie a révélé que la victime était décédée avant même l’incendie. Une dizaine de traces de coups de couteau « plus ou moins profonds » ont été relevées sur son corps. Quant au feu, son origine criminelle a été confirmée par deux départs de feu distincts, précise une source policière. Lundi soir, le parquet a ouvert une information judiciaire, notamment pour « assassinat en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion » et confiée les investigations au deuxième district de police judiciaire ».
Mais il est encore possible de supposer un crime crapuleux :

« Si le parquet a retenu l’hypothèse d’un crime à caractère antisémite, les enquêteurs se montrent très prudents. La piste d’un cambriolage ayant mal tourné n’a pas été écartée. Les suspects pourraient avoir voulu profiter de l’état de santé de Mireille Knoll, handicapée et très affaiblie, pour commettre un vol en dépit de son niveau de vie relativement modeste. « Il n’est pas rare que le parquet choisisse la qualification la plus haute pour pouvoir faciliter le travail d’enquête », explique une source proche du dossier ».
«Il n'est pas rare que le parquet choisisse la qualification la plus haute », tiens tiens ! Même sans preuves ! C'est pourtant cette « qualification la plus haute » que retiennent les chefs religieux communautaristes et nationalistes, et qui est claironnée peu après par le Président Macron lui-même aux Invalides devant le catafalque du lieutenant-colonel :
« L'obscurantisme barbare (...) nie la valeur que nous donnons à la vie, valeur niée par le terroriste de Trèbes, valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu'elle était juive et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire ».

Un seul paquet donc pour l'obscurantisme barbare, avec l'antisémitisme pour seul motif. Comme tout s'explique ! D'ailleurs, s'il faut en croire Gérard Colomb, ministre de l'Intérieur : « Lors des questions au gouvernement ce mardi à l'Assemblée, Gérard Collomb a d'ailleurs dénoncé les "stéréotypes" à l'origine du meurtre selon lui. "Les deux auteurs ont été rapidement retrouvés (...) mais ce qui était terrible, c'est que l'un des auteurs disait à l'autre 'C'est une juive, elle doit avoir de l'argent'", a rapporté le ministre de l'Intérieur ».

Le Crif, instrument du nationalisme israélien, se déchaîne et met au ban de la marche blanche et Mélenchon (soupçonné de connivences avec les indigents de la République) et la mère Le Pen, trop contente de poser à la principale combattante de l'antisémitisme « islamiste »...

Simone Rodan-Benzaquen, Directrice d’AJC Europe (American Jewish Committee), elle, ment carrément : « La France doit marcher pour Mireille Knoll, notre grand-mère assassinée. La haine qui a tué douze personnes depuis 2006 parce qu'elles étaient juives est un problème pour la République, ce sur quoi elle a été bâtie et ce qu'elle défend. Aujourd'hui: une survivante de l'Holocauste de 85 ans, sans défense, peut être assassinée dans son appartement parce que juive ».

Mirielle Knoll n'est pas « une survivante de l'Holocauste », son mari oui l'était.

En réalité il semble bien que la vieille dame vivait plutôt isolée, ses enfants vivant en Israël, et qu'elle ouvrait sa porte un peu à n'importe qui. Les deux zigotos sortaient de prison et l'ont probablement massacrée sous l'effet de la drogue ou complètement avinés. Quant à la réflexion rapportée comme preuve par Colomb, c'est un cliché assez répandu, mais qui ne conduit pas en général au meurtre sadique4, ni ne fait des répétiteurs simplets des antisémites patentés.

BFM, comme toutes les télés et radios qui relaient hystériquement la dénonciation de l'antisémitisme comme cause nationale parfaitement aléatoire, en rajoute, et vainement et impulsivement quand on constate que la persécution ou les agressions contre des juifs sont récurrents, et notamment depuis les milieux les plus arriérés de l'islamisme qui, comme généralité a bon dos et sert plus encore à culpabiliser les prolétaires musulmans. Ruth Elkief, en chef propagandiste, fait l'impasse sur la triste manip de Carpendras où tout le monde était tombé à bras raccourcis sur le FN, alors que les dégradations du cimetière juif avaient été commises par des petits merdeux. La gauche arrogante avait alors empli les rues avec un résistant confirmé, idole politicienne d'une génération d'arrivistes trotskistes ministrables, Tonton Mitterrand.

Pour le meurtre barbare de Ilan Halimi et celui de Merah, pratiquement pas de manifestation. Il n'y pas de grève d'ampleur à enfumer ni exigence d'une campagne idéologique particulière sans doute à l'époque de la part des fractions bourgeoises.
Le relief donné à l'assassinat de cette pauvre dame, hors de proportion, avec précipitation, sans enquête judiciaire approfondie, pour un meurtre de sinistres crapules sans foi ni loi, et qu'ils soient antisémites ou pas, ne peut nous empêcher de nous questionner sur une aussi soudaine gonflette de la (récurrente et pas toujours lucide) dénonciation à tout va de l'antisémitisme, alors que c'est un tueur, bien identifié et « neutralisé », se réclamant de daesch qui, lui, a commis et assumé quatre lâches assassinats près de Carcassone.
Avec la focalisation sur la pauvre dame, française avant d'être juive (ce que je réponds au discours communautariste de Kalifat), on sort des bas fonds de la question de la guerre « souterraine » où est impliquée la bourgeoisie française, et, bonus, on imprime tant la leçon de morale antiraciste comme sommet de la pensée démocratique que, forcément, les futurs grévistes vont passer pour des malotrus portant atteinte à la « communauté nationale », et qu'ils devront s'attendre à se faire casser la gueule par le public uni autour de son grand prêtre Macron 1er, avec son beau profil bourbonien. Car leur statut catégoriel et clanique on s'en tape quand il y a mort d'homme à cause des « terroristes souterrains », cette hydre à mille lernes5.

AU SOUVENIR DE L'UNION SACREE...exemplaire encore de nos jours pour émouvoir l'opinion

Le 31 juillet 1914, à l'annonce de l'assassinat de Jean Jaurès, le gouvernement qui se réunit dans la nuit craint des réactions violentes dans les grandes villes, et retient dans la capitale deux régiments de cuirassiers en instance de départ pour la frontière1. Cependant, rapidement, les rapports des préfets et de la police qu’obtient le ministre de l’Intérieur Louis Malvy lui font estimer que les organisations de gauche ne vont pas déclencher de troubles. Dans le même temps, la direction du Parti socialiste (SFIO) fait savoir qu’elle n’appellera pas à des manifestations. « L’assassinat de M. Jaurès n’a causé dans les esprits qu’une émotion relative. Les ouvriers, les commerçants et les bourgeois sont surpris douloureusement, mais s’entretiennent beaucoup plus de l’état actuel de l’Europe. Ils semblent considérer la mort de Jaurès comme liée aux évènements actuels beaucoup plus dramatiques. » Xavier Guichard, directeur de la police municipale de Paris, rapport adressé le 1er août 1914 à 10 h 25 au ministère de l’Intérieur.Le 1er août, les socialistes, par le biais du secrétaire général de la CGT, décident de soutenir la politique du gouvernement et de se préparer à la Guerre. Le 1er août à 14 h 25, afin de ne pas empêcher le ralliement des ouvriers à la guerre par la décapitation des syndicats et rassuré par la réaction des instances nationales de la CGT, le ministre de l’Intérieur, Louis Malvy, décide, dans un télégramme adressé à tous les préfets, de ne pas utiliser le Carnet B. Le carnet B avait été créé par le général Boulanger en 1886 pour faciliter les mesures de mobilisation. Il contenait la liste des noms des personnes susceptibles de s'opposer aux ordres de mobilisation ou de troubler l'ordre public en cas de conflit. Ces fichiers étaient tenus par la gendarmerie qui était par ailleurs chargée de le mettre en application; À 16 h 25, ce même 1er août, une affiche jaune manuscrite est placardée à la préfecture de police, sur les bureaux de poste et les monuments publics. Dans les heures qui suivent, sur les murs de toutes les mairies de France, les affiches blanches d’appel à la mobilisation avec les drapeaux tricolores sont collées.
Le dimanche 2 août, ainsi que le dit Jean-Jacques Becker, ayant recensé les sources les plus diverses, les Français se situent « à peu près à égale distance de la consternation et de l’enthousiasme, amalgamant en quelque sorte la résignation et le sens du devoir »; Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, le lendemain, l’Angleterre déclare la guerre à son tour.
La mobilisation est une grande réussite : on dénombre à peine 1,5 % de défections.
Pas de meilleure preuve du contrôle de la situation que l'étiage sondagier, c'est challenges qui nous confirme l'embellie pour Jupiter pas du tout impressionné par la menace de grève générale des cheminots gauchistes :

« Après deux mois de baisse, la popularité de l’exécutif repart à la hausse pour la première fois depuis novembre, selon les résultats du baromètre politique Odoxa pour France Inter, L'Express et la presse régionale publié mercredi 28 mars. Alors que s’annoncent plusieurs conflits sociaux, le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe gagnent, tous les deux, deux points en mars avec 45% de jugements positifs contre 54% de négatifs ».

LES MENACES SYNDICALES TERRRRRIBLES POUR DE « réelles négociations »

PARIS (Reuters) - Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont appelé mardi la ministre des Transports à ouvrir de "réelles négociations" sur la réforme du système ferroviaire, faute de quoi la grève unitaire censée débuter le 3 avril sera maintenue.
Dans un courrier commun adressé à Elisabeth Borne, la CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots reprochent au gouvernement de ne pas avoir "pris la juste mesure du mécontentement des cheminots", hérissés notamment par la fin programmée de leur statut et l'ouverture à la concurrence.
"Il est nécessaire d'ouvrir de réelles négociations avec les cheminots et leurs organisations syndicales", écrivent ces dernières en réponse à une précédente lettre d'Elisabeth Borne, qui leur a été adressée la semaine dernière.
Sans faire de concessions sur le fond, la ministre y proposait un nouveau calendrier de discussions et évoquait des "négociations approfondies", plus seulement une "concertation", un infléchissement sémantique insuffisant pour les syndicats.
"Le gouvernement fait le choix de n'ouvrir aucune négociation sérieuse", répliquent-ils dans leur lettre datée de mardi, dont Reuters a obtenu une copie, réitérant au passage leur menace d'un "conflit majeur".
Les quatre organisations demandent que soient inscrits huit chapitres à l'ordre du jour, notamment la dette et le financement en général, le statut de l'entreprise, l'ouverture à la concurrence et les droits sociaux des employés.

Les positions sont difficilement conciliables dans la mesure où les syndicats espèrent faire reculer l'exécutif sur le principe de l'ouverture à la concurrence et sur la suppression du statut des cheminots pour les futures recrues, deux mesures au coeur du projet gouvernemental.
"Il n'y a pas vraiment d'espoir de bouger, en tout cas à court terme", a déclaré à Reuters un négociateur de la CFDT-cheminots, Sébastien Mariani. "La grève du 3 et du 4 n'est très probablement pas évitable, sauf coup de théâtre."
Interrogée par franceinfo sur la possibilité que la mobilisation soit annulée, Elisabeth Borne a répondu que "l'intérêt de la SNCF et des cheminots (était) qu'on avance dans la concertation", sans répondre directement à la question.
La ministre des Transports a précisé lors de cette interview qu'elle présenterait vendredi un premier bilan des concertations, qui ont selon elle permis d'avancer "sur des sujets concrets".
L'épreuve de force a débuté jeudi dernier, avec une manifestation qui a réuni entre 16.500 et 25.000 personnes dans le cortège des cheminots, à Paris.
Elle doit se poursuivre avec une grève d'un genre inédit à la SNCF, à raison de deux jours par tranche de cinq jours, qui servira à jauger l'état des forces en présence.
Selon le nouvel agenda de discussions, les syndicats ont rendez-vous vendredi pour une réunion multilatérale, la dernière avant les deux premières journées de conflit ».

TERRRIBLES DETERMINATION A OUVRIR DE VRAIES NEGOCIATIONS qui rappellent la TERRIBLE détermination de la CGT de 1914 ! Mais les gauchistes antiracistes de SUD risquent bien de tout faire capoter plus tôt que prévu avec leur radicalisme hors pair : « Tandis que les syndicats CGT, Unsa et CFDT ont choisi de faire grève deux jours sur cinq jusqu'aux 27 et 28 juin, le syndicat SUD privilégie lui une grève illimitée qui sera reconductible tous les jours.
Opposés au projet de réforme de la SNCF, les syndicats vont passer à la vitesse supérieure au retour du week-end de Pâques. À partir du mardi 3 avril, c'est en effet l'intersyndicale au grand complet qui va se mobiliser. Avec toutefois deux stratégies différentes. Alors que les syndicats CGT, Unsa et CFDT ont choisi une grève à épisodes de deux jours sur cinq (les 3-4 avril, 8-9, 13-14 puis 18-19...) jusqu'aux 27-28 juin. Le syndicat SUD privilégie de son côté une grève illimitée qui sera reconductible tous les jours, les assemblées générales de grévistes devant «décider collectivement des suites à donner». «Il y aura des assemblées générales tous les jours», confirme au Figaro Emmanuel Grondein, secrétaire fédéral à SUD Rail. Avant de poursuivre: «Les cheminots doivent s'emparer du mouvement, c'est à eux de voir comment ils veulent mener la grève». Le syndicaliste estime qu'il «vaut mieux taper fort tout de suite».
C'est le grand soir ou jamais en quelque sorte, mais une chose est sûre, consternée par la réapparition de bandit Sarkozy, justement poursuivi par un parquet gauchiste, et par la répétition des attentats antisémites, l'opinion ne va pas s'amouracher des grévistes tout à son admiration des gendarmes. Elle finira aussi par savoir que chaque année depuis quelque temps la SNCF embauche 10.000 prolétaires sans statut. Déjà foutue la grève ? Possible mais dans la paix du cimetière de Bagneux avec la bénédiction du grand prêtre Macron.


NOTES:

1Ce n'était certainement pas un homme entraîné comme les forces spéciales, mais tout ancien soldat des sales guerres vous dira qu'on ne peut rien contre type qui tient un couteau dans une main et un pistolet dans l'autre. Le gendarme a tenté le coup comme je l'aurais peut-être tenté moi-même, ou pas. Je me suis déjà trouvé dans une telle situation jadis dans une librairie à Issy les Moulineaux dans les 80. Sortant du travail pour acheter Le Monde, je tombai sur un individu qui menaçait d'un couteau le couple des libraires. J'ai vite réfléchi que je n'avais nulle chance de le désarmer. Je suis arrivé à lui faire ranger son canif après force paroles bienveillantes et respectueuses, quoiqu'étant menacé à mon tour. Il avait fini par ne plus me menacer et était parti. Aujourd'hui avec la mentalité islamique,
L'armée en profite pour faire sa pub
infusée dès leur jeune âge aux gamins – on tue pour un rien - je serais mort comme le malheureux gendarme. Je ne peux m'empêcher de dire que maintenant il faudrait tous être prêt à réagir comme ce lieutenant-colonel et ce soldat qui avait tenu tête au taré Merah, quitte à mourir, mais debout !
2Mélenchon a tenu, courageusement d'ailleurs, à être présent à la marche blanche, et sous les insultes a apporté... son soutien à la farce de l'union nationale patriotique, bien mise à mal par les nationalistes juifs et la présence de la mère Le Pen, il a péroré avec un chapeau mitterrandien : « toute la communauté nationale serre les rangs ». Et en parallèle avec Joey Starr : JoeyStarr a mis la fièvre à l'Assemblée nationale avec son "Eloquence".Le rappeur et comédien a donné une représentation du spectacle dans lequel il reprend les grands discours de l'Assemblée ».

3Le système macronien flatte aussi la gent enseignante en lançant ce projet (révolutionnaire?) de bourrer le crâne aux mioches dès 3 ans. C'est vraiment se ficher du prolétariat ! La source des inégalités, de l'exclusion des récents migrés, de la ghettoïsation, des injustices sociales pour les sans diplômes n'est pas dans une réforme de l'école ni un ascenseur social retapé, mais dans le maintien féroce des privilèges, de la mentalité de compétition et la séparation toujours exaltée des écoles d'élite pour la progéniture des nantis. Scolariser les mômes à 3 ans n'y changera rien et Macron le sait très bien. Il s'en fout. Son cas sera plus grave que celui de Sarkozy lorsqu'on apprendra d'où viennent les fonds qui lui ont permis de se faire élire.
4Au même âge ma propre mère aurait pu subir le même sort. Isolée dans un bled de Seine et Marne, elle s'ennuyait ferme et laissait entrer les jeunes qui traînaient dans le coin. Je l'avais mis en garde. Un jour je retrouvai la maison sens dessus dessous, puis je la plaçai en maison de retraite. Si elle avait été elle aussi assassinée aurait-on dit que c'était un crime raciste contre une femme d'origine... auvergnate, et peut-être même juive, vu nos lointaines origines.
5On apprend par la bande que des enquêtes se poursuivent sur les massacres terroristes passés : « Un homme placé en garde à vue le 20 mars dans le cadre de l'enquête sur les attentat de janvier 2015 à Paris a été mis en examen vendredi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et placé en détention provisoire ».


Bourg la Reine, av Léon Bloy, entrée de Cachan, la mairie laisse depuis des semaines cette inscription. Cet Abdallah était un autre type de terroriste (libération nationale) pas aussi dingo que nos actuels islamistes, et il n'est pas prouvé qu'il ait tué deux diplomates. Mais laisser ces inscriptions peut donner l'exemple aux djihadistes de Bagneux qui ne vont pas tarder à demander la libération d'Abdeslam... comme hier la municipalité PCF laissait le plafond des HLM décorés de "mort aux juifs", sans les faire effacer rapidos. Enfant, le futur tueur de Ilan, Fofana, était ainsi déjà "éduqué"!