"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 2 septembre 2012

LES CONTES DES MILLE ET UNE BIGOTERIES DU CAPITALISME ALLEMAND


Le drapeau de l'empire byzantin vous rappelle-t-il quelque chose?
POURQUOI ARTE TRAFIQUE L’HISTOIRE DE L’HUMANITE ?

(Les nouvelles inventions de l’antiracisme historique)

« Il n’y a pas d’orientalisme, de sinologie, d’iranologie, etc. Il y a des disciplines scientifiques (…) Il n’y a pas d’Orient, il y a des peuples, pays, régions, sociétés, cultures, en grand nombre sur la terre. Certains ont des caractères communs (durables ou passagers). (…) Les orientalistes sont encore nombreux à être prisonniers de l’orientalisme, à être enfermés dans un ghetto et souvent à s’y complaire. (…) La complaisance des orientalistes pour leur ghetto s’est trouvée aggravée par les nécessités de la spécialisation et les séductions du professionnalisme… ».  Maxime Rodinson
L’Allemagne est le principal pays vendeur de véhicules haut de gamme dans les quartiers nord de Marseille et dans le 9-3. L’Allemagne est la principale boutique commerciale pour pauvres avec capuches ou voiles, avec son enseigne LIDL, qui boute dehors ses clients sans ménagement dès qu’ils sont passés à la caisse. L’Allemagne tient à développer le commerce d’armes avec les « frères musulmans » : le commandant de la marine égyptienne, Osama Ahmed el-Gendy, a déclaré vendredi que l’Egypte a signé un accord avec l’Allemagne dans lequel le gouvernement des Frères musulmans vont recevoir deux sous-marins d’attaque de type-209. Comme on comprend que l’Allemagne ait besoin de glorifier la « civilisation musulmane » quitte à réviser l’histoire réelle , en reprenant la thèse de l’orientaliste nazie Sigrid Hunke (1913-1999) célèbre depuis 1960 pour son ouvrage : « Le soleil d’Allah illumine l’Occident » qui défendait la thèse d’un islam civilisateur, pionnier, au géni exceptionnel, auquel l’Occident devrait tout, philosophie, mathématiques, science expériementale, tolérance religieuse, etc. (voir l'annexe du livre de Gougenheim, Aristote au Mont Saint-Michel).
L’Allemagne, qui se sent encore  coupable de l’hitlérisme, s’est alignée sur l’antiracisme historique US, nouvelle mode d’interprétation et de trucage de l’histoire. J’ai déjà dit mille fois ce que je pensais sur l’antiracisme en général , cette foire à l’encan de l’idéologie bourgeoise, comme le racisme son demi-frère, pour m’appesantir à nouveau sur cette mystification.
« Le Proche-Orient carrefour économique, scientifique et culturel ! Accompagnez-nous dans cette odyssée fabuleuse de l’Orient à l’Occident ». Chant du départ de la série cultuelle destinée à célébrer le divin islam !
L’émission du vendredi 1er septembre sur la chaîne allemande ARTE a suscité mon ire et mon dégoût, d’abord face à la gamine puis face à l’écran. Dans le genre émission culturelle et cultuelle on ne pouvait faire pire : « De l’Orient à l’Occident ». Le sommaire était séduisant : les premiers hommes et l’écriture, la naissance des monothéismes, etc. J’en voulais à la petite (15 ans) d’avoir refusé d’assister à l’émission « culturelle ». Je n’avais pas mégoté mes arguments : « vous êtes vraiment bornés vous les ados… z’intéressez à rien, nullards, obsédés des jeux vidéos, ignares en histoire de la 6ème à la terminale… Je comprends que t’as ramé pendant tes vacances pour te fader L’écume des jours du trompettiste Vian mais pour une fois qu’une chaîne télé fait l’effort de vous résumer 200 bouquins sur l’histoire de la création de l’humanité tu préfères twitter avec tes copines.. va chier ! ».
Très vite je me suis ressaisis, consterné par l’avalanche musulmaniaque qui suintait d’Arte. Ouf me dis-je la gamine a échappé à une des pires propagandastafel !
L’Etat boche réglait ses comptes d’abord avec ces salauds de grecs qui n’honorent plus leurs factures. Les commentaires affirmatifs sont débités avec une faconde surprenante qui dispute à la connaissance réelle la superficialité des commandes d’Etat bourgeois. L’écriture a été inventée en Mésopotamie il y a 5000 ans. Ouais mais ils y étaient pas pour en être si sûrs. L’art de la chaîne allemande avec collaboration francophile est de laisser croire à de « récentes découvertes », et de prétendre dégommer des poncifs. Tiens justement, contre ces truands de grecs : « La Grèce fait oublier l’apport de l’Orient à la construction du monde », « les grecs ont emprunté beaucoup aux autres civilisations ».
L’arrière-cuisine des cuistres d’Arte part en même temps d’une conception impérialiste néo-nazie du développement des civilisations :le progrès ce sont les conquêtes d’Alexandre le grand comme par après les razzias des armées arabes. En passant, l’anonyme truqueur met dans la bouche d’Alexandre le refrain de l’émission : « Alexandre a pris conscience de ce que l’Occident devait à l’Orient ». La voix off du comédien préposé à la lecture propagandiste ajoute (ce qui fait plus probant en archéologie, surtout celle des employés d’Assad !) : « les fouilles ont montré comment les découvertes orientales ont influencé l’Occident ». Et ces pauvres grecs n’ont été encore une fois que de vulgaires copieurs : « Les grecs ont apprivoisé les idées orientales jusque dans la représentation de leurs dieux… Regardez bien ces portraits grecs ils sont typiquement orientaux… les orientaux ont appris aux grecs à fabriquer leurs statuettes… le moule était une technique orientale… Les colonies grecques d’Asie mineure ont joué un rôle dans la propagation des idées orientales. Le savoir faire et la philosophie se sont ensuite propagés à l’ensemble du monde… Alexandre a compris que les statues grecques dont il était si fier étaient d’origine orientale…. Regardez bien le portrait d’Ischtar, la déesse babylonienne, mais c’est elle que les grecs ont copié pour créer leur Aphrodite ! Ach ! On croyait que toute l’histoire occidentale commençait par les Grecs ! Des pans entiers du monde moderne reprennent des traditions déjà existantes à Babylone… les grecs purent assimiler les connaissances orientales. Thalès n’a pu réaliser ses calculs qu’en s’appuyant sur les archives des babyloniens… les savants grecs avaient accès aux recherches des savants de Babylone…
Nulle part on n’entend rappeler qu’au niveau artistique, les arabes avec leurs arabesques se sont beaucoup inspirés des indous et de la civilisation byzantine…

ARTE LAISSE EQUIVALOIR ORIENT ET ARABES…
Les peuples de Syrie, d’Egypte, du Liban, d’Irak, etc. ne sont pas arabes avant les grandes invasions des troupes mahométanes.
Entre chaque commentaire la propagande opère par des images subliminales – paysages musulmans actuels, minarets, intérieur de l’église de Cordoue, le tout mêlé aux ruines babyloniennes – et  jamais il n’est précisé (pendant la première partie de l’émission) que les populations traitées en Irak, dans le sud de la Turquie et en Egypte ne sont pas arabes. Il faut attendre le 7e siècle ap. J-C pour que les invasions arabes « arabisent » la plupart des pays du Proche et Moyen Orient que l’on classe aujourd’hui dans l’aire dominée par la dictature musulmane. Les commentaires évitent aussi en général de resituer les grandes cités antiques sous leur nom moderne ce qui fait que, pour le téléspectateur franchouillard tout comme l’acquéreur d’une BMW série 6 cabriolet des quartiers nord de Massilia, on n’aperçoit qu’une carte sans frontière d’un soi-disant Orient arabe !
Avec la deuxième série c’est encore le « triomphe de la volonté » qui pointe le bout de sa croix gammée : « Le triomphe du monothéisme ». Tout baigne dans l’œcuménisme, les trois monothéismes ont pour père ce bon vieux Abraham. Avec les lourdingues bottes teutonnes, on nous rabâche que ce processus (monothéiste) « né au Proche-Orient » a fini « par gagner tout l’Occident » : « … maintenant (ton joyeux) il y a partout des mosquées, des temples, des églises (oubliées les synagogues ?) et ce sublime flash-back : « c’était déjà le cas lorsque les premières villes sont apparues il y a 6000 ans » ! Le larbin dithyrambique en perd la notion des dates car, il y a 6000 ans n’existaient pas les fameux monothéismes ni leurs garages à croyants.
Les emprunts grecs à l’Egypte sont passés sous silence et l’Egypte n’est évoquée que très brièvement que pour le génie monothéiste d’Akhénaton, coup de chapeau aux frères musulmans nationalistes et bons clients de l’industrie d’armement teutonne ?
Nouvelle insistance bottée sur le polythéisme des premiers juifs, lesquels auraient tort de se considérer comme les premiers inventeurs du monothéisme (hein et le pharaon Akhénaton ?) et de plus le brevet est détenu par le crucifié de Jérusalem ! C’est surtout Paul de Tarse qui a fait le boulot de propagande et qui l’a payé cher chez les ritals. La voix de la teutonnie commerciale rabâche encore que ce concept révolutionnaire est venu d’Orient (oh oui mes frères d’Egypte en espèces sonnantes et bénies !).  
En troisième partie, les cuisiniers d’Arte se lâchent carrément : l’islam a transformé le monde entier ! Oublié le christianisme et son universalisme, trafiquons gaiement la religion ethnique arabe et parons-là de cet universalisme dont elle n’a que foutre. L’islam a permis l’unification des tribus nomades arriérées, fécondons l’Etat islamique en 622. Le coran a renforcé cette unité en régissant (= commander) le quotidien des musulmans. Le commentaire enfle d’enflures a-historiques : « après la paix de Damas (première victoire de l’impérialisme mahométan) ce nouveau type de gouvernement allait changer la donne dans le monde entier ». Hurrah !
« Et il n’a pas imposé sa croyance aux chrétiens » ! Faux, ils sont réduits à l’état de citoyens de seconde zone dits dhimmis, hyper imposés puis éliminés à la première occasion !
Je passe sur le facétieux et accommodant compte rendu du comique voyage nocturne du PN Mahomet (je le décrypte dans mon livre), car le tout est assaisonné d’un bla-bla œcuménique sur une soi-disant tolérance de cet aliéné de Mahomet. Quand les fainéantes armées de Bédouins envahissent le grenier à blé oriental l’Egypte, le servile commentateur pour la teutonnie commerciale en délire ne trouve pas mieux que de marteler le refrain des épisodes précédents (çà c’est de la gute propagandastafel !) : « (sur l’image subliminale des colonnes de Cordoue’s church) l’islam avait changé la face du monde, pas seulement révolutionné l’Occident mais le monde entier ». Dernier coup de chapeau aux commerciaux de l’Egypte des Frères acheteurs et aux copains de l’université musulmane d’Istanbul qui ont fourni la matière à la série historicienne d’Arte, et les spécialistes embrigadés d’Etat : « La civilisation arabe a ouvert la voie à un culte de la religion qui s’est développé à une vitesse extraordinaire et a créé un empire (une clientèle ?) mondial ». Les nazis d’Arte ne craignent pas d’assurer que l’islam compterait plus de deux milliards de sectateurs dans le monde entier, alors qu’en 2003 il n’en était décompte que 1,3 milliards. La suite promet d’être encore plus trafiquée et odieuse : Le miracle de Cordoue (à suivre dimanche prochain).
Mon livre à paraître est centré sur le lien immigration et religion : « L’immigré fataliste et sa religion policière ».
PS : il faut lire la conquête de l’Egypte par Amelineau (sur le web)
Genèse de l’idée de conquête chez les Musulmans.
 
Lorsque la victoire eut accompagné les premières armes des Musulmans, lorsque la conquête de la Perse eut montré que rien ne pouvait tenir contre le courage fanatisé des sectateurs de l’Islam, lorsque le succès de l’invasion musulmane en Syrie, la conquête des lieux saints du christianisme et de Jérusalem eurent prouvé que le colosse de l’empire romain n’était pas invulnérable, alors les idées que Amr avait entretenues dans les années de sa jeunesse purent se préciser ; il vit quel avantage immense ce serait pour ses compatriotes que de posséder un pays où l’on était certain de récolter non seulement ce qu’il fallait pour vivre, mais aussi de quoi faire vivre le pays déshérité de l’Arabie, d’assurer le bien-être à cette Arabie, même la richesse à tous les Musulmans. Ce serait une faute en histoire et en philosophie de représenter les conquérants arabes comme des gens simples, mus seulement par le désir de faire du prosélytisme religieux ; ils n’étaient pas inaccessibles aux autres passions, aux appétits qui sont souvent les mobiles des actes humains. Les conducteurs de l’invasion musulmane étaient des gens intelligents, réfléchis, susceptibles d’instruction, sinon instruits, avides d’apprendre ce qui leur manquait, comme ils le firent bien voir aussitôt après la conquête ; ils avaient aussi tout l’égoïsme nécessaire aux conquérants, et la cruauté dont ils firent preuve ne différa pas sensiblement de celle que les Perses, plus froidement, plus sauvagement cruels, avaient montrée lors de l’invasion qui venait à peine de finir lorsque Cyrus arriva en Égypte. Qui dit conquête dit guerre, tyrannie et cruautés ; le sens de la conservation personnelle l’emporte nécessairement sur les sentiments d’humanité.
Et ce qu’il dit sur les historiens arabes :
Il est vraiment surprenant que les Arabes n’aient cherché à conserver le souvenir des grandes choses qu’ils avaient exécutées au viie siècle en Égypte que trois cents ans environ après les événements passés. Les Coptes nous offrent du moins des documents contemporains ; les Arabes ne nous ont livré que des compilations faites au plus tôt deux siècles et demi ou trois siècles après les événements, quand ce n’est pas cinq ou six, même sept. Comme la tradition de ces faits n’avait pu se faire qu’oralement, je laisse à penser quelle confiance méritent de tels auteurs pour la question de la conquête de l’Égypte.
Le nombre des historiens arabes de race ou de langage est encore assez nombreux et parmi eux on rencontre des hommes qui jouissent d’une grande renommée et qui la méritent bien peu, comme nous allons voir. L’Arabe n’est pas historien ; c’est à peine un compilateur qui insère les renseignements qu’il trouve n’importe où, pêle-mêle et sans critique. L’Arabe est avant tout poète : il a pu faire dans la poésie des œuvres remarquables ou du moins qui passent pour l’être ; il y a réuni une quantité d’allusions à ses mœurs, aux faits de sa vie journalière et à ceux de son histoire, il y a fait entrer surtout d’interminables généalogies qui avaient pour lui un grand intérêt mais qui en ont beaucoup moins pour ceux qui n’appartiennent pas à sa race. Comme je l’ai dit à propos des auteurs coptes, on ne peut guère lui faire un reproche de sa manière de traiter l’histoire et la poésie ; il devait avant tout chercher à plaire à ses congénères et contemporains et non pas à ceux dont il ne connaissait pas même le nom et l’origine. Fidèle au fondateur de l’islamisme qui était un grand poète, il était destiné à écrire des chansons de geste, ou, si l’on veut, des poèmes épiques, mais non des œuvres proprement historiques. Aussi ne recherche-t-il que des faits merveilleux ; il est encore plus friand de miracles que les chroniqueurs de notre moyen âge. Ce qu’il lui faut, ce qu’il se plaît surtout à raconter, ce sont des actes héroïques qui ne manquèrent certes pas de se produire dans la vie d’un peuple guerrier ; ce sont les grands coups d’épée qui illustrent un homme et dont le récit, passant avec admiration de génération en génération, étonnera encore les derniers lecteurs ou auditeurs. La suite chronologique des événements ne le tente pas, la suite logique des faits avec l’indication des causes lui sourit encore moins, malgré la prudence innée qu’il apporte à certains actes de la vie ; il ne se dit aucunement, il ne se doute même pas peut-être que les événements politiques ont des causes tout comme les choses de la vie ordinaire ; son génie est tourné vers l’action, et non pas vers la spéculation et la réflexion. Le fatalisme lui semble la loi de toutes choses. Aussi peut-on être assuré que, si divers écrivains, qu’on range dans la catégorie des historiens, parlent d’un même événement, ils en donneront tous un récit différent, à moins que tous ne l’aient transcrit d’un même auteur précédent. Les auteurs arabes n’ont pas en effet le respect de la propriété littéraire : ils copient purement et simplement leurs prédécesseurs. S’il est consciencieux, il arrive parfois qu’un auteur arabe cite ses sources ; mais le plus souvent il se contente d’écrire : un tel, fils d’un tel, qui le tenait d’un tel, fils d’un tel, lequel l’avait entendu raconter à un tel, fils d’un tel, et ainsi de suite. S’il s’aperçoit d’un conflit entre les divers témoignages, il s’en tire en ajoutant gravement : « Mais Dieu sait ce qui est vrai. » Cela suffisait, et l’on ne pensait pas que ce n’était pas à Dieu que les historiens destinaient leurs ouvrages, mais aux hommes qui avaient besoin de s’instruire.
Les historiens arabes avaient, il est vrai, à lutter contre de grandes difficultés et ils ont à peu près prouvé que ces difficultés étaient insurmontables. Lorsqu’ils arrivèrent à la domination politique, ils n’étaient que peu instruits sur les civilisations auxquelles ils succédaient, ils étaient vraiment peu en état de connaître les ères, les années, les mois qui ne correspondaient pas aux leurs puisque les différents computs étaient en désaccord les uns avec les autres et qu’ils avaient conservé leur année lunaire, malgré les inconvénients qui en résultaient pour eux. Ils ne connaissaient pas, ou presque pas, les pays qu’ils envahissaient ; les noms des grandes villes mêmes leur échappaient et ils en ignoraient complètement l’histoire ; ils n’avaient aucune connaissance des littératures étrangères et, à supposer qu’ils les eussent connues, leur génie n’était pas fait pour les goûter et les apprécier. Ils appartenaient à un autre type de races ; on ne peut le leur reprocher, on ne peut que constater les difficultés de leur position. Ces réflexions rendront compréhensibles les erreurs que j’aurai à signaler dans la seconde partie de cette étude, ainsi que la manière dont les auteurs arabes ont entendu l’histoire. Je le répète, ils étaient admirablement faits pour écrire des chansons de geste, c’est-à-dire le récit de combats où l’important était de donner de grands coups d’épée, et de la sorte ils ont produit leurs Actions héroïques, connues sous le nom de Mogaciddiu ».
NB bis : résumé de l’expansion de l’islam : « Né en Arabie, l'islam s'est étendu pendant ses premières décennies, rapidement au nord-est vers l'Irak, l'Iran, la haute Mésopotamie ; et à l'ouest vers la Syrie, la Palestine et l'Égypte (les provinces les plus riches de l'Empire byzantin). L'islam pénètre le monde chrétien et gréco-romain peu après la mort du prophète de l'islam Mahomet. Sous les Omeyyades, l'expansion continue, les conquêtes territoriales se faisant par voie terrestre jusqu'au Maghreb à la fin du VIIe siècle et jusqu'aux côtes espagnoles au début du VIIIe siècle. En 712, les Maures franchissent le détroit de Gibraltar et envahissent l'Espagne. Ils sont arrêtés à Poitiers en 732 par les troupes du maire du palais, Charles Martel.
Expansion vers l'Asie centrale, Boukhara, Kaboul, et ils atteignent la frontière de l'Indus. Contact avec l'Empire byzantin, la mer Caspienne et Caucase au nord. La mer Méditerranée est contrôlée par l'Empire byzantin lequel est une menace sur les conquêtes arabes. Les Arabes construisent une flotte et attaquent Constantinople sans succès à trois reprises, le feu grégeois jouant un rôle déterminant en faveur des Byzantins. Les Byzantins restent maîtres de la mer et bloquent donc l'expansion musulmane, ainsi que le commerce avec les Arabes. La mer reste une frontière, mais devient une mer d'échanges. Après une conquête rapide d'un siècle, les frontières ne bougent plus jusqu'au XIe siècle. Quand les Arabes ont conquis un territoire, ils établissent des camps à part et vivent du fruit de leurs conquêtes et d'impôts (la jizya) versés par les non-musulmans, en échange d'une liberté et protection restreinte ».
NB trio : « Les arabes veulent changer l’histoire de l’Egypte », preuve que l’histoire est devenue partisane le débat fait rage aussi entre historiens arabes et israéliens :
« La thèse que les pyramides d’Egypte n’auraient pas été bâties par des esclaves juifs mais par des ouvriers libres et rémunérés est défendue par Zahi Hawass, le patron des antiquités égyptiennes. Pour cet égyptologue, la chose est donc entendue, « des esclaves n’auraient jamais pu avoir leur tombeaux près de celui du roi », martèle t-il. « Ce ne sont pas des esclaves comme l’ont montré de nombreux films, mais bien des hommes libres qui ont transporté et assemblé les millions de tonnes de pierres des pyramides ». Selon lui « tous participaient de leur plein gré à un grand projet national ». Rappelons d’abord que les pyramides sont les tombeaux des pharaons, anciens rois d’Egypte. Elles ont été construites entre l’an 3200 et 1700 avant notre ère, et sont bâties avec de la pierre et des briques. Les premières pyramides (tombes de Saqqarah et Abydos) ont été construites en 3000 av JC (« époque thinite »). Les célèbres pyramides de Chéops, Chépren et Mykérinos datent de « l’ancien empire », soit entre 2780 et 2300 av JC. Bibliquement parlant les esclaves juifs ont bâti les pyramides. À l’époque de Moïse le peuple hébreu était sous la domination de pharaon et était utilisé comme esclave pour construire les temples et pyramide. Après grâce à Moïse il a libéré son peuple (les plaies d’Égypte, la mer morte qui s’ouvre en deux, etc etc). Les théologiens estiment que l’esclavage des juifs par les égyptiens a commencé environ en l’an 1700 av JC et a pris fin en l’an 1250 av JC (date de la sortie d’Egypte avec Moïse). A l’époque de la sortie d’Egypte, le pharaon en exercice était Ramsès II (nouvel empire). A cette époque, les esclaves juifs ont été utilisés pour la construction de temples et autres bâtiments. Historiquement parlant l’historien grec Hérodote d’Halicarnasse, qui vivait au Ve siècle av. JC, avait décrit clairement comment les bâtisseurs des pyramides furent des esclaves. La découverte de baraquements et d’un cimetière civil à proximité des pyramides de Khéphren et Mykérinos conforte l’idée selon laquelle les ouvriers bâtisseurs étaient majoritairement des Hommes soumis à une corvée. L’esclavage des juifs en Egypte était bien réel. Les Egyptiens réduisirent en esclavage « les enfants d’Israël » qui participèrent à des constructions pour Pharaon Sinon pourquoi les juifs avaient été chassés d’Egypte au temps des pharaons ? Dans l’Égypte ancienne, l’esclavage était une institution. Et tous les esclaves, la propriété de Pharaon. Une main-d’oeuvre servile et inépuisable édifiant de gigantesques pyramides. Jusqu’à la fondation de l’égyptologie, vers le milieu du XIXe siècle, les travaux sur l’esclavage dans l’Égypte ancienne s’inspiraient essentiellement des sources grecques. Lesquelles se complaisaient à décrire les sujets des pharaons comme un peuple servile contraint par le fouet à édifier les monuments inutiles de rois mégalomanes.Aucun égyptologue sérieux ne peux douter aujourd’hui qu’il ait existé en Égypte des personnes contraintes de travailler gratuitement pour d’autres sauf ….Zahi Hawass, le patron des antiquités égyptiennes, qui veux d’un seul coup nier la servitude des Hébreux en Égypte. Cet égyptologue prétend que des artisans libres et même bien traités ont construits les pyramides et les tombeaux des pharaons, alors que tout le monde sait que les juifs fuyaient l’esclavage, sinon pourquoi les pharaons (athées) poursuivaient-ils les juifs dans leur exode afin de les tuer ou les faire revenir en Égypte? Même dans le Coran ont dit que le pharaon persécutait les juifs, esclaves utilisés en particulier pour la construction des pyramides. Alors faudrait t-il aujourd’hui rectifier le Coran pour dire tout à fait le contraire que pharaon utilise des artisans libres et n’on pas des esclaves juifs ? Certains historiens arabes antijuifs sont aujourd’hui en plein révisionnisme historique. Leurs falsifications et diffamations visent à changer l’histoire des Hébreux. Les adversaires d’Israël basent souvent leurs actions sur le mensonge. Et voila il y’a quelques jours les guides arabes falsifient l’histoire de Jérusalem au musée de la Tour de David. Plus grave encore, la Jordanie et les Palestiniens voulaient récemment voler les Manuscrits de la Mer Morte. Ces rouleaux, vieux de 2.000 ans, ont pourtant permis de mieux comprendre le judaïsme.
Ftouh Souhail, Tunis pour JSSNews

samedi 25 août 2012

TUNISIE : LE POUVOIR CONTROLE LES SALAFISTES



Malgré une dramatisation intentionnelle de la presse bourgeoise occidentale, les carottes ne sont pas cuites en Tunisie pour les salafistes. Cette mouvance est équivalente au FN en France, mais constituée de jeunes  sectaires et non de grabataires comme dans la maison Le Pen. Le président tunisien est bien considéré de la population et a pris ses leçons politiques en Occident. Il a compris l’intérêt de l’agitation au niveau « extrémiste » hors du gouvernement. Les exactions des salafistes servent à conforter le gouvernement, et la menace d’alourdir la pression par des lois coraniques (qui ne verront pas le jour, fait le reste.
Contrairement aux commentaires affolés, le tourisme a fait le plein encore une fois cet été en Tunisie.  Et les femmes vont conserver leurs droits parce que c’est le pays d’Afrique du  nord où existe et combat une véritable classe ouvrière. Bien que faible, l’article suivant du Point frôle la réalité.
JLR

Le Point.fr - Publié le 24/08/2012 à 19:45
Les "modérés" d'Ennahda restent étrangement silencieux face aux violences commises par les islamistes radicaux. Décryptage.
Si l'année 2011 a été marquée en Tunisie par la victoire électorale du parti islamiste Ennahda, 2012 semble placé sous le signe des violences salafistes. Débarrassés du joug de la dictature du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali, ces islamistes radicaux sèment depuis près d'un an la terreur dans la Tunisie nouvelle. Sit-in dans les universités, commissariats caillassés, chaînes de télévision assiégées, expositions annulées..., ils dictent leur propre loi au nom de l'atteinte au sacré. Des incidents étonnants dans un pays que l'on disait à la pointe de la modernité arabe.
"Les salafistes existaient sous Ben Ali", rappelle Vincent Geisser (1), chercheur spécialiste de la Tunisie à l'Institut français du Proche-Orient de Beyrouth. "Alors qu'il a fermement combattu les djihadistes, au nom de la lutte contre le terrorisme, Ben Ali n'a pas inquiété les salafistes, qui se voulaient apolitiques, au contraire des islamistes (aujourd'hui réunis sous la bannière d'Ennahda, NDLR). Des villes comme Bizerte ou Menzel Bourguiba voient se développer un réseau souterrain de prédication littérale de l'islam, à l'aide de DVD fournis "sous le manteau" grâce à la présence de commerçants ultra-radicaux. Les chaînes satellitaires saoudiennes se chargent du reste. Frappés par la crise économique, de nombreux jeunes sont séduits.
Refuge face à la dictature
"Même si elle reste massivement laïque, une partie de la jeunesse tunisienne s'est réfugiée dans le salafisme sous Ben Ali", explique Vincent Geisser. "Dans un contexte de musèlement de la liberté d'expression, cette doctrine constituait un véritable abri", ajoute-t-il. La révolution du Jasmin va bouleverser la mouvance. La chute de Ben Ali va s'accompagner d'une amnistie générale des opposants politiques, permettant aux cadres salafistes, exilés jusqu'ici en Europe, de revenir s'installer en Tunisie. Suivant l'exemple des salafistes d'Égypte, le mouvement décide de rentrer en politique. "Les salafistes ont vu là une opportunité historique d'accéder à leur but ultime : la création d'un État islamique", explique au Point.fr le sociologue Samir Amghar (2), spécialiste du salafisme.
Ils se démarquent ainsi des islamistes modérés d'Ennahda, qui défendent, d'après eux, une vision trop progressiste de l'islam, et - sacrilège - s'allient à des partis laïcs pour accéder au pouvoir (les deux partis de centre gauche du Congrès pour la République et d'Ettakatol, NDLR). Pour les salafistes, le concept de démocratie est insoluble dans une société islamique. Pour se faire entendre, ils multiplient les opérations coup de poing. Un Français vient d'ailleurs d'en être victime. Jamel Gharbi, conseiller régional socialiste des Pays de la Loire, a indiqué mercredi avoir été roué de coups par des militants islamistes radicaux. Tandis qu'il se promenait jeudi soir, en compagnie de sa femme et de sa fille de 12 ans, dans le quartier du port de Bizerte, ville dont il est originaire, il a été violemment pris à partie.
Un Français attaqué
"Nous avons croisé un groupe d'une cinquantaine de salafistes qui les ont agressées verbalement en raison de leurs vêtements d'été, qui n'avaient pourtant rien de choquant", raconte-t-il à l'AFP. Après avoir crié à ses proches de s'enfuir, il affirme avoir vu les agresseurs se ruer sur lui et le "frapper à coups de matraques et de gourdins". "Personne ne m'a secouru", insiste-t-il. "Je n'ai dû mon salut qu'au fait que j'ai réussi à m'enfuir. Si j'étais tombé à terre, ils m'auraient lynché." L'incident s'est produit en marge du festival de Bizerte, qui a lui aussi été pris pour cible par des militants radicaux.
Armés de bâtons et de sabres, 200 d'entre eux ont attaqué, le 16 août dernier, un évènement organisé dans le cadre de la "Journée al-Aqsa", faisant cinq blessés. Étonnamment, les critiques des organisateurs ont visé la police qui, selon eux, aurait attendu une heure avant d'agir. En tout cas, les quatre salafistes qui ont été arrêtés au moment des heurts ont tous été relâchés une semaine plus tard. Autre élément troublant, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues non plus dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, lorsque des centaines de salafistes ont pris d'assaut une quinzaine de maisons de Sidi Bouzid, ville symbole du Printemps arabe où s'est immolé Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010.
Double jeu
Fin juillet, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, avait expliqué chercher le dialogue avec les salafistes, afin de ne pas retomber dans "l'oppression, la torture, l'emprisonnement" qui caractérisaient le régime de Ben Ali. "Les chasser et les pourchasser ne fera qu'augmenter leur exclusion et radicaliser leur engagement", avait-il ajouté, selon l'AFP. Tolérance ou complicité ? Pour sa part, Vincent Geisser préfère parler de "stratégie populiste identitaire". "La position du gouvernement, aux mains d'Ennahda, est loin d'être homogène", souligne le chercheur.
Ainsi, "si le ministère de l'Intérieur aimerait de son côté répondre fermement aux violences, d'autres comme le député Sadok Chourou plaident pour une intégration des salafistes au parti. Là-dessus, Rachid Ghannouchi adopte une position médiane, dans le but de récupérer l'électorat salafiste dont une partie a voté pour Ennahda lors des dernières élections", analyse le spécialiste de la Tunisie. Pour le sociologue Samir Amghar, il existerait en réalité une vraie collusion entre les deux partis islamistes.
"Les dirigeants d'Ennahda, étant au pouvoir, sont forcés de tenir un discours modéré en public", rappelle-t-il. "Mais en interne, une bonne partie d'entre eux sont d'accord avec les thèses salafistes." Dans cette stratégie, les salafistes seraient chargés de réaliser en sous-main la "sale besogne". "Les salafistes font pression sur la sensibilité musulmane de l'opinion publique tunisienne, afin de créer un rapport de force en faveur d'une islamisation de la société", estime le spécialiste de la mouvance. Cela pourrait expliquer pourquoi, le 1er août dernier, Ennahda a déposé à l'Assemblée nationale constituante un projet de loi... punissant l'atteinte au sacré.
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Par Armin Arefi
 
 (1) Vincent Geisser, auteur de Dictateurs en sursis et coauteur avec Michaël Béchir Ayari de Renaissances arabes (Éditions de l'Atelier)
(2) Samir Amghar, auteur de Les islamistes au défi du pouvoir (Éditions Michalon)

mardi 24 juillet 2012

HOLLANDE INAUGURE LES CHRYSANTHEMES

...et déguise un crime commis par la bourgeoisie lâche en France!

C’est sûr il n’est pas stressant comme l’autre zèbre disparu des écrans, omniprésident et agaçant PN.
Mais il va le devenir s’il ne sait pas fermer sa g… Le changement… c’est du passé ! Drôle de passé emberlificoté!
Et comme il n’a pas plus de solution à la crise endémique, obsédante et pantelante, il s’essaie au bla-bla commémoratif. Son but minima : défendre la pérennité des institutions bourgeoises des IVème à la Vème républiques bourgeoises : ni l’Etat ni ses flics ne doivent être mis en accusation mais « les français » en général comme en 1945 le nazisme était devenu selon les nationalistes juifs la faute au peuple allemand ! (voir articles de Chazé et Chirik contre cette mystification bourgeoise). Le président "normal" est devenu président banal.

LA MEME HYPOCRISIE QUE LA COMMEMORATION ANNUELLE DE 14-18!

Comme ses prédécesseurs Hollande est un peigne-cul de l'idéologie bourgeoise américaine qui exige une repentance permanente, qui stipule:
- tu corneras éternellement avoir sauvé la France "vichyste"
- tu agiteras la seule victimologie juive pour mieux faire oublier les crimes des guerres actuelles.

Guaino et Chevènement assurent l’après-vente

Comme il est aussi ridicule d’accuser la France que l’Allemagne, sauf pour crétins écervelés, le violoniste sarkozien Guaino nous refait le coup du héros planqué à Londres mais excuse aussi l’appareil d’Etat et ses flics :
«Ma France, elle n'était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin!» Ancien barde chauvin de Nicolas Sarkozy à l'Élysée devenu député UMP des Yvelines, Henri Guaino a réagi lundi aux propos tenus la veille par François Hollande. Lors de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv', le chef de l'État de gauche normale a disqualifié l'arrestation, l'internement et la déportation de 13.520 Juifs de nationalité étrangère réfugiés en France, dont plus de 4000 enfants, de «crime commis en France par la France». Sur BFMTV et RMC, Guaino s'est interrogé sur ce que la France «a à voir avec cela», marquant la distinction entre «la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice» et l'autre France. «Elle était à Londres, elle était avec la France libre, elle était dans les maquis», a-t-il indiqué.
Chevènement en rajoute dans la confusion en oubliant de signaler que ses ancêtres du PS avaient tous voté pour l’intronisation du maréchal Putain (que Sarko a fait enseigner comme le sauveur de Verdun mais pas le déporteur d’enfants juifs), et excuse, comme petit Valls, l’obéissance des flics.
Jean-Pierre Chevènement aurait donc « corrigé » les propos du président de la République qui, «dans son discours du 22 juillet, a malheureusement omis de dire que les crimes commis par les policiers et les gendarmes français, lors de la rafle du Vél' d'Hiv', l'ont été sur l'ordre de l'État français de Vichy collaborant avec l'Allemagne nazie». Pour le sénateur du territoire de Belfort, «c'est occulter les accords passés avec la Gestapo par René Bousquet, alors secrétaire général de la police, agissant pour le gouvernement de Vichy. C'est faire comme si Pétain était la France et comme si le véritable coup d'État opéré le 10 juillet 1940 par un gouvernement de capitulation n'avait pas existé».
C’est vrai en partie seulement, car, il  n’est interdit à aucun être humain même sous uniforme de désobéir à des ordres criminels. Pour ma part, je ne connais que quatre gendarmes qui ont déserté à l’époque en Auvergne. Avec les seuls arguments que flics et militaires peuvent comprendre en temps de guerre. Lorsque mon père est entré dans la caserne de Rochefort Montagne, revolver au poing : vous nous rejoignez dans la résistance ou je tire ?
Ceux-là n’ont pas été complices des déportations honteuses.

RESUME: La vérité ni Guaino ni Chevènement ne la rectifient:

1. c'est un "Etat" bourgeois (pas les français en général) qui a fait le sale boulot aidé des flics qui obéissent à n'importe quel régime;
2. La France et sa population n'y sont pour rien: près de deux millions de jeunes prisonniers en Allemagne, + fusil dans le dos de la soldatesque boche pour les autres.
Bientôt, nous apprendrons que les nazis étaient aux ordres de la France. Faudrait pas oublier quand même que l'armée nazie a écrasé l'armée française et arrêter de nous faire marrer avec cette histoire de repentance de vaincus cocus, qui est une autre manière d'excuser le régime nazi et de faire risette au nationalisme juif.
Au fond, le triomphe de la falsification de l'histoire, cette protection éhontée des institutions collabos de la guerre et de ses crimes (magistrats + flics) c'est la preuve qu'en 1945... le fascisme a gagné, comme disait Amadeo Bordiga!

Le témoignage d’une déportée alors qu’elle était enfant décrit bien l’absence de scrupules des flics. J’ai habité plusieurs années à côté de l’ancien emplacement du Vel d’Hiv, je n’y passe jamais sans un frisson.
Depuis vingt-sept ans, Sarah Lichtsztejn-Montard témoigne. Elle raconte, deux fois par semaine, à des collégiens et lycéens, son arrestation en juillet 1942 dans la rafle du Vél d’Hiv, sa fuite, son arrestation à nouveau en mai 1944, sa déportation à Auschwitz.(…) Sarah reste seule avec sa mère. En juin 1942, elle doit coudre une étoile jaune sur ses vêtements et se souvient «des regards». Le 15 juillet 1942, dernier jour d’école, une camarade l’avertit que se prépare une «rafle générale de Juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards…» Un commissaire de police a donné l’alerte. Mais la mère n’y croit pas (à cette fable d’un flic juste ?) . «Elle m’a dit "en France, arrêter des femmes, des enfants… Ce n’est pas possible".»
Le lendemain matin, 6 heures, des coups sur la porte. Sarah est réveillée en sursaut. Entrent deux inspecteurs de la police française. La mère de Sarah les implore de laisser sa fille. «Elle était presque à genoux, j’avais honte.» Dans la cour de l’immeuble, elles rejoignent deux autres familles. Dans la rue, c’est le chaos. «On voyait arriver des parents hagards, tenant à bout de bras des petits enfants mal réveillés, qui pleuraient. Les gens sortaient de partout, avec des affaires ficelées à la hâte, des matelas d’enfants sous le bras. Ils étaient entourés de policiers, comme s’ils étaient des criminels.»
Sarah a 14 ans. «Je n’étais pas comme les préadolescentes d’aujourd’hui. J’étais une petite jeune fille naïve, qui vouait une confiance absolue aux grandes personnes.» Ce moment où elle monte dans le bus, poussée par les policiers, l’instant où elle voit, restés sur le trottoir, ses camarades non juifs, signe pour Sarah «la fin de l’enfance».
Les bus arrivent rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris. Les passagers sont poussés à l’intérieur du Vél d’Hiv, grand stade couvert voué aux manifestations sportives et concerts. «Il y avait déjà environ 5 000 personnes. Un brouhaha énorme. Une chaleur suffocante.» Constamment, de nouveaux autobus «viennent déverser leurs cargaisons». La journée passe sans eau ni nourriture. Les quelques toilettes sont rapidement bouchées, l’odeur devient insupportable. Les enfants pleurent.
La verrière du stade a été peinte en bleu, pour ne pas être repérée des avions bombardiers. Le soleil à travers répand «une lumière verte, glauque». Sarah regarde les visages rongés d’inquiétude sur les gradins. Elle a l’impression de voir «des fantômes verts».
Les policiers français - «ce jour-là, je n’ai vu aucun Allemand» , insiste Sarah - ne répondent pas aux questions. Ils répètent juste que le but de la rafle est d’envoyer des travailleurs dans les camps en Allemagne. Vers 17 heures, Sarah voit arriver des personnes handicapées, grabataires ou malades, certains en fauteuil ou sur des brancards. Sa mère comprend qu’on leur a menti. «Elle m’a dit : "Ce n’est pas pour travailler, ces gens-là ne peuvent pas travailler. Il faut se sauver."»

jeudi 19 juillet 2012

DELINQUANCE FINANCIERE : Qui a manipulé le libor ?


Un nouveau scandale touche la finance britannique de la City, à Londres depuis une quinzaine de jours. La banque Barclays a admis avoir manipulé le Libor durant la crise financière, dévoilant au grand jour un scandale qui pourrait impliquer des dizaines d'établissements...
Le Libor, c’est quoi?
Le Libor ou London Interbank Offered Rate est le taux interbancaire londonien. Il est calculé sur la base des estimations des intérêts dus par de grandes banques internationales sur les prêts qu'elles s'accordent les unes aux autres, mais ces estimations sont fournies par les banques elles-mêmes, sans vérification indépendante.
Ce taux n'est ainsi pas déterminé par un régulateur national, mais fixé par une quinzaine de grands établissements bancaires au rang desquels Barclays, Royal Bank of Scotland mais aussi des banques d'autres pays telles que Bank of America, Deutsche Bank, HSBC, BNP Paribas, Société Générale, Crédit agricole. Ce taux sert de référence pour quelque 550.000 milliards de dollars (447.000 milliards d'euros) de produits dérivés de taux, mais aussi pour certains crédits immobiliers ou étudiants et des cartes de crédit. L’impact de sa manipulation n’est donc pas limité au seul Royaume-Uni et à la seule sphère financière.
Que s’est-il passé?
Le mois dernier, la Barclays a admis avoir manipulé le Libor durant la crise financière, dévoilant au grand jour un scandale qui pourrait impliquer des dizaines d'établissements. La direction de la banque, qui a dû démissionner depuis, a affirmé que les régulateurs étaient au courant de ses activités mais qu'ils ne les avaient pas empêchées. L'établissement a accepté de payer une amende de 453 millions de dollars (362 millions d'euros) mais l'accord ne le met pas à l'abri des poursuites.
La tentative de manipulation du Libor, qui s'est déroulée entre 2005 et 2009 selon les autorités, implique que des millions d'emprunteurs ont payé un taux d'intérêt majoré ou minoré sur leur dette. Selon les aveux de Barclays, des traders de la banque ont tenté dès 2005 de manipuler le Liborpour gonfler les profits du groupe et, à partir de 2008, ils ont minimisé les estimations des intérêts payés à d'autres banques pour enjoliver la situation financière de Barclays, alors fragilisée par la crise. La publication de courriers électroniques montrant que des banquiers se félicitaient de l'efficacité de la manipulation en s'offrant mutuellement du champagne a suscité la colère d'une partie de l'opinion publique à l'encontre du secteur bancaire, renfloué pendant la crise à coups de dizaines de milliards de livres d'argent public.
Barclays, seule engluée dans le scandale?
Les investigations sur le scandale du Libor menées par les autorités nord-américaines, européennes et japonaises concernent désormais une dizaine de grandes banques internationales, mais Barclays est à ce jour la seule à avoir reconnu des agissements répréhensibles. La Royal Bank of Scotland (RBS) est notamment impliquée dans ce scandale et pourrait devoir s'acquitter d'une amende de presque 190 millions d'euros pour les mêmes raisons, selon The Times. D'autres banques seraient mouillées dans l'affaire, selon Reuters: Citigroup, UBS et HSBC sont également dans le collimateur. Selon le Financial Times, une vingtaine de banques dans le monde sont concernées. Aucune banque française – après avoir dû tout de même répondre à quelques questions– n'a pour l'instant été citée.
Quel futur pour Barclays?
Les amendes qui seront infligées à d'autres banques mettront «en perspective» les ennuis de Barclays, assurent les dirigeants de la banque britannique dans une note interne. «À mesure que d'autres banques trouveront des accords à l'amiable avec les autorités, et que les détails en seront rendus publics, notre situation sera finalement mise en perspective», déclare le comité exécutif de Barclays dans une note aux salariés datée de vendredi. La direction de Barclays y admet que ses clients, actionnaires et régulateurs «ont tous le droit de se sentir déçus».
Aurait-on pu éviter tout ça?
Oui mais la prévention est rarement préférée à la guérison dans la finance. La Banque d'Angleterre a publié vendredi dernier un échange d'emails dans lequel il apparaît que son gouverneur Mervyn King avait appuyé en 2008 des propositions de réforme du mode de calcul du Libor formulées par l'actuel secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner. Le Washington Post avait rapporté un peu plus tôt que celui qui était à l'époque président de la Réserve fédérale de New York avait suggéré dès 2008 aux régulateurs britanniques de réformer la façon dont ils calculent ce taux interbancaire.
Geithner avait fait six recommandations aux gouverneurs de la Banque d'Angleterre, dont celle de supprimer les mesures incitatives qui pouvaient encourager les banques à manipuler le taux et de mettre en place «une procédure de notification crédible», selon le Washington Post, qui cite un email. «Les recommandations de la Réserve fédérale de New York nous paraissent judicieuses. Nous allons demander à la BBA (Fédération des banquiers britanniques) d'inclure dans leurs délibérations les idées contenues dans votre note», peut-on lire dans l'email. 
Le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, a notamment déclaré vendredi que l'Union européenne allait donner la priorité absolue à l'enquête sur le Libor et d'autres cas impliquant notamment l'Euribor. Par ailleurs, avec l'aide de son homologue du Connecticut George Jepsen, Eric Schneiderman, ministre de la justice de l'Etat de New York, a ouvert il y a plus de six mois une enquête sur les soupçons de manipulation du Libor de la part de grandes banques internationales, a annoncé dimanche son porte-parole.
(d’après Reuters et 20 minutes)

dimanche 15 juillet 2012

Des milliers d'ouvriers en grève dans une usine textile d'Egypte

Plus de 23.000 salariés de la plus grande entreprise de textiles d'Egypte se sont mis en grève dimanche en réclamant une revalorisation de leurs salaires. L'usine de la société nationale Misr Spinning and Weaving, à Mahalla dans le delta du Nil, a déjà connu en 2008 des manifestations qui ont déclenché une vague de grèves à travers le pays, considérée par beaucoup comme le catalyseur de la révolte qui a abouti à la chute du président Hosni Moubarak en février 2011.
Sept mille des grévistes de Misr Spinning and Weaving ont organisé un sit-in dans l'usine en réclamant une hausse des salaires de base, le renvoi de responsables corrompus et l'amélioration des conditions dans l'hôpital rattachés à l'entreprise.

Un sit-in qui risque de durer

«Je demande au président Mohamed Morsi de prêter attention aux travailleurs qui l'ont élu», a déclaré un militant syndicat de l'usine, Wedad El Demerdach, en assurant que le sit-in se poursuivrait jusqu'à ce que les revendications des grévistes aient été satisfaites.
De nombreux salariés égyptiens, encouragés par le soulèvement du début 2011, ont élargi les revendications politiques à la sphère économique et observé des grèves ces derniers mois dans l'espoir d'obtenir des augmentations et une amélioration de leurs conditions de travail. La majeure partie de ces mouvements sociaux ont pris fin, mais certains arrêts de travail continuent d'être observés de temps à autre. De petites manifestations ont lieu devant le palais présidentiel au Caire depuis l'élection de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans. Nombre de ces rassemblements portent sur les questions du chômage et des salaires.
Avec Reuters

LE JEU DES SEPT ERREURS: COMPAREZ LE PARLEMENT BOURGEOIS TUNISIEN ET LE PARLEMENT BOURGEOIS FRANCAIS
 

mardi 3 juillet 2012

Le prolo, l’expert et le mépris de classe avec la stratégie du « pote à pote »




Le jeune député Olivier Ferrand mort après son jogging n’est pas une bien grande perte pour la classe ouvrière qu’il méprisa. Animateur du think tank moderniste Terra Nova, qui a imaginé les thèmes parcellaires et petits bourgeois qui ont contribué à la victoire hollandaise de 2012, il en rajoutait une couche pour amenuiser toujours plus le rôle historique du prolétariat et conforter le discours confusionniste de l’oligarchie bourgeoise.  Il priorisait l’action vers ceux qu’il nommait avec son clan d’énarchiens les outsiders, les précaires en tout genre. Il préconisait un travail de « pote à pote » de militant bobo pour faire baisser l’abstention dans les quartiers défavorisés (où il y a eu encore les plus forts taux d’abstention).
Son clan Terra Nova continuera à insister  sur les  valeurs creuses : valeurs culturelles - solidarité, ouverture, tolérance -  concepts boboïsants sensés  fédérer  les outsiders, les diplômés et les classes intermédiaires. Pour les labos idéologiques de l’oligarchie (comme pour feu Sarko)  les valeurs socio-économiques doivent passer au second plan.
Laissons au crédit de O. Ferrand (président fondateur de Terra Nova) d’avoir dénoncé pendant la campagne électorale la vindicte cynique du clan sarkozyste (évanoui dans la nature)  avec cette conne de Ginette qui cibla les Français précarisés «  Sous les coups de boutoir du sarkozysme, le virus anti-assistanat a métastasé au sein de la société française. Les chômeurs sont devenus des « assistés », des «profiteurs », des « fraudeurs » […] Dans cette logique néoconservatrice, les Français déclassés ne doivent pas être aidés car ils sont responsables de leur sort. […] Laurent Wauquiez l’a à nouveau martelé cette semaine : 466 euros de RSA-socle pour survivre, c’est encore trop. […] Ces milieux populaires déclassés sont aussi attaqués dans leur identité. Ce sont les «jeunes » fainéants, la « racaille » de banlieue… Et naturellement les Français d’immigration récente. A ceux-là, on fait comprendre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Que leur religion allogène n’a pas sa place dans la République. » Mais là où Ferrand avait tort c’était de vouloir replacer les « précarisés » dans la « communauté nationale » bourgeoise alors qu’ils sont et restent formellement dans la classe ouvrière, et que le problème n’est pas leur abstentionnisme mais le fait qu’en grande partie ils votent Le Pen et Sarkozy, et méprisent le concept de classe ouvrière. O.Ferrand en souhaitant rapprocher les assistés réacs et les couches moyennes des bobos aisés et protégés ne jouait que dans la cour de la tricherie électorale bourgeoise, et, en ce sens, il a aidé le PS à retourner au commandement de l’exploitation, les « assistés » ont choisi un nouveau maître.
Malgré son côté nunuche, typique des écrits professoraux, il me paraît louable de republier l’article du zigoto F.Sawicki, malgré ses défauts et son absence de vision dialectique de la utte des classes.

10 juin 2011
Par FRÉDÉRIC SAWICKI Professeur de science politique à Paris-I 

«Ah ! Prolo, mon ami, quand donc sortiras-tu de ta stupeur ?» Voilà le genre d’invectives dont étaient truffés les libelles anarchistes au tournant du XXe siècle. A cette question, les avant-gardes d’alors répondaient : «Jamais !» Un siècle plus tard, Bruno Jeanbart et Olivier Ferrand, au nom de Terra Nova, apportent la même réponse.
Comme l’a montré Marc Angenot, les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes de la Belle Epoque, ainsi que certains socialistes, n’étaient en rien populistes. Ils étaient persuadés de détenir la Vérité. Ils n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer l’avilissement de l’ouvrier embourgeoisé, conservateur ou réformiste, inconscient de sa classe et de son intérêt : faire la révolution. Leur espoir résidait dans le lumpenprolétariat : «Les sans-métier, les sans-travail, trimardeurs, filous, prostituées, déclassés sont les révolutionnaires de demain», écrivait le Libertaire le 7 avril 1907.
L’analogie avec la philosophie qui inspire le rapport «Gauche : quelle stratégie pour 2012 ?» est frappante. Les classes populaires contemporaines (ouvriers et employés) ne sont pas conscientes de leur intérêt (s’adapter à une société toujours plus ouverte et concurrentielle) : abandonnons-les à leur propre sort (le protectionnisme xénophobe) et tournons-nous vers d’autres groupes messianiques. Certes, il ne s’agit plus de faire la révolution communiste. L’avenir radieux pour nos modernes avant-gardes n’est plus la fin ou le dépassement du capitalisme. Quant aux outsiders de la société d’aujourd’hui, ils regroupent «ceux qui cherchent à rentrer sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires […] soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces "exclus" par conviction culturelle».
Qu’est-ce qui unit ce nouveau groupe ? L’ouverture, la solidarité, l’optimisme et la tolérance. En effet «contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socio-économiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes». En un mot, l’ennemi de classe n’est plus le capitaliste, le bourgeois, le rentier, la finance internationale, mais les «insiders» : entendez tous ceux qui sont attachés à leur statut, qui défendent «le présent et le passé contre le changement».
Il serait ici trop long de corriger toutes les erreurs d’analyse sociologique contenues dans ce rapport : confusion entre agrégats statistiques et groupes sociaux réels («les diplômés», «les femmes», «les jeunes»…), utilisation de catégories fourre-tout (insiders-outsiders, «les quartiers», «les minorités»…), naturalisation des «électorats» (comme en témoignent l’usage répété du terme «électorat naturel» et l’idée que le 3e âge serait voué à voter à droite), opposition artificielle entre valeurs culturelles et valeurs socio-économiques, qui fait beau jeu par exemple de l’importance des enjeux de dignité, de reconnaissance et de justice que portent bien des luttes ouvrières, vision idéalisée des classes moyennes… Ce qui choque au premier chef est l’incompréhension et pour tout dire le mépris des classes populaires qu’il trahit.
Que la classe ouvrière ne soit plus ce qu’elle n’a jamais été (une classe unifiée consciente d’elle-même porteuse de progrès) ( !? ho ho !), que les classes populaires soient plus divisées que jamais, qu’une part importante d’entre elles (près de 15% si l’on prend en compte les inscrits et non les votants) vote Front national, personne ne le nie. Mais, on finirait par l’oublier, les ouvriers et les employés, quoique très défiants vis-à-vis de la politique, continuent majoritairement de voter à gauche dans les scrutins majeurs (56% des ouvriers et 51% des employés ont voté Ségolène Royal au second tour en 2007). Ces chiffres globaux varient sans nul doute selon le statut, la taille de l’entreprise, le lieu de résidence et la qualification. Mais, faute d’échantillon assez vaste, il n’est guère possible d’extrapoler, au-delà du fait que ce sont les policiers et les militaires qui sont les plus marqués à droite et le reste des fonctionnaires les plus à gauche. Ce que nous apprennent les enquêtes de terrain, c’est que le durcissement des clivages entre générations, genres, statuts, territoires et origines ethniques qui divisent aujourd’hui les classes populaires, ainsi qu’une partie non négligeable de ceux qu’Olivier Schwartz nomme les «petits-moyens», a d’abord des causes socio-économiques et politiques et non pas culturelles. La désindustrialisation, le chômage endémique, la précarité, l’intensification du travail, les inégalités scolaires, les difficultés d’accès à la propriété d’un logement, la baisse du pouvoir d’achat les touchent au premier chef, elles et leurs enfants.
Au final, le sentiment d’insécurité sociale et le mal-être que génèrent leurs conditions de vie exacerbent d’autant plus les petites jalousies et haines sociales qu’ils sont habilement instrumentalisés par la droite et l’extrême droite et que la gauche ne sait y répondre. Il est significatif que, à aucun moment, le rapport de Terra Nova ne s’interroge sur la responsabilité des partis de gauche, et singulièrement du PS, dans le désenchantement politique des classes populaires. Mais est-ce si étonnant de la part de hauts fonctionnaires sans expérience politique locale qui se définissent comme progressistes et non pas socialistes et qui ne croient plus aux partis de masse ? Le modèle de la primaire dont ils se sont fait les chantres tourne en effet le dos au travail d’éducation politique de fond. Il acte la transformation des partis en machine à fabriquer des programmes électoraux ad hoc par l’intermédiaire d’experts et de spécialistes en communication. Pour nécessaire que soit cette tâche, rien ne remplacera le travail de politisation par la formation et par l’exemple (en respectant personnellement quand on est élu ou militant les principes qu’on promeut pour les autres, en promouvant des candidats dans lesquels le peuple, dans sa diversité, puisse se reconnaître…) qui inscrit durablement les valeurs de gauche dans la réalité et dans les esprits.
De ce point de vue, reconnaissons-le, Ferrand et Jeanbart sont des cibles faciles. Ils sont les symptômes d’une dérive d’une partie de la gauche qui a cru en l’avènement d’une société d’individus, qui s’est complu à penser que l’action politique pouvait se borner à résoudre les problèmes un à un, en déconnexion de tout projet global, sans référence à une sociodicée ( ? hi hi). Une action dépourvue d’un grand récit social nommant les inégalités et les injustices, les dominants et les dominés et traçant une perspective, fût-elle lointaine, d’émancipation et de société meilleure pour les plus faibles.
Pas de nostalgie d’un bel hier dans ces propos. Le socialisme est à réinventer, mais à partir des acquis du passé, pas en lui tournant le dos. Si les socialistes savent pour qui et pour quoi ils se battent en priorité, s’ils le font savoir et s’ils le prouvent par leurs actes et leurs comportements, s’ils donnent aux classes populaires le sentiment qu’ils les écoutent et qu’ils les respectent, ils parviendront à leur faire accepter certains sacrifices, et à leur faire abandonner le sentiment, actuellement justifié, qu’elles paient plus que les autres les coûts de l’adaptation à la globalisation économique et culturelle.

Auteur (avec Rémi Lefebvre) de : «la Société des socialistes. Le PS aujourd’hui», Ed. du Croquant, 2006.

COMMENTAIRE :
 Extrait de Ferrand : "Qu’est-ce qui unit ce nouveau groupe ? L’ouverture, la solidarité, l’optimisme et la tolérance. En effet «contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socio-économiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes». MONSIEUR FERRAND MET-IL LE NEZ DEHORS PARFOIS? on rit jaune à la lecture de cet extrait. En quoi les chômeurs, les précaires, les femmes à temps partiels, les jeunes des cités sont-ils plus solidaires que l'ouvrier de 50 ans qui bosse à l'usine depuis trente ans?? Ne serait-ce plutôt pas le contraire compte tenu de l'atomisation du travail, d'un apolitisme souvent revendiqué, de l'absence de culture syndicale chez "cette nouvelle classes populaire " comme la nomme Ferrand. L'on rit jaune également lorsque le président de Terra Nova explique que [ils sont ] " soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces "exclus" par conviction culturelle». Elle est où la conviction culturelle des dits diplômés les amenant à soutenir d'emblée les exclus? Si les mouvements en faveur des sans papiers trouve écho chez une minorité de "diplômés" , (en fait des citoyens engagés politiquement , ce qui ne se limite pas aux diplômés comme le démontre RESF) , on ne voit guère les classes supérieures mouiller leur chemise pour les chômeurs non qualifiés , les femmes à temps partiel, etc. En revanche, ce qui est certain et malheureux, c'est que la plupart du temps, ces quelques diplômés militants dans l'âme ou simplement citoyens, s'émeuvent très peu des licenciements massifs dans les usines. Les prolos 'ouvriers ou employés) ne doivent compter que sur eux et lorsque soutien il y a, il provient, notamment en province des commerçants, profs, parents d'élèves, qui voient bien que 200 ou 300 chômeurs de 40/50 ans, c'est une tragédie humaine , individuelle et collective, ce sont aussi des écoles, des commerces qui ferment et donc la mort annoncée de toute une ville. Sawicki ajoute : "Ce que nous apprennent les enquêtes de terrain, c’est que le durcissement des clivages entre générations, genres, statuts, territoires et origines ethniques qui divisent aujourd’hui les classes populaires, ainsi qu’une partie non négligeable de ceux qu’Olivier Schwartz nomme les «petits-moyens», a d’abord des causes socio-économiques et politiques et non pas culturelles. La désindustrialisation, le chômage endémique, la précarité, l’intensification du travail, les inégalités scolaires, les difficultés d’accès à la propriété d’un logement, la baisse du pouvoir d’achat les touchent au premier chef, elles et leurs enfants. Au final, le sentiment d’insécurité sociale et le mal-être que génèrent leurs conditions de vie exacerbent d’autant plus les petites jalousies et haines sociales qu’ils sont habilement instrumentalisés par la droite et l’extrême droite et que la gauche ne sait y répondre."

dimanche 1 juillet 2012

VOYEURISME ET BIZNESS DE LA GAY PRIDE



La "gay price" au cul des semi-remorques de la gauche « normale »

La Gay Pride parisienne a aussi un  "coût", elle aurait rassemblé samedi environ 60.000 personnes selon la préfecture de police. Outre les 60.000 participants qui défilaient de Montparnasse à Bastille, la "fière" démonstration aurait également rameuté sans doute plusieurs dizaines de milliers de voyeurs. Il n'y a pas de mal à se faire plaisir. Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) s'est réjoui et a estimé que "cette participation exceptionnelle est due aux attentes des personnes LGBT suite aux annonces faites" par le gouvernement d'ouvrir le mariage aux homosexuels, mais, a-t-il ajouté, « il faut encore avancer sur la question de l’homoparentalité.Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait assuré vendredi soir que le "droit au mariage et à l'adoption pour tous serait institué" au cours du quinquennat, sans toutefois préciser la date. « Le mariage pour tous » sera-t-il l’équivalent inoffensif du même calibre que les « radios libres », gadget électronique bon enfant et musical qui, en mai 81, avait fait crier aux jeunes apolitiques crédules que l’accession au pouvoir de Mitterrand signifiait plus de liberté et rompait avec une droite bornée ?
Nous traînions tout à fait par hasard au début de la manif bobo (j’allai à la FNAC montparnasse pour acheter des ouvrages sur la question de l’immigration, sujet sur lequel je mène un travail de longue haleine). L’ambiance était sympa, pas de bousculades ni d’haleine avinée comme à la deuxième manifestation annuelle obligatoire bobo-socialo dite fête de la musique (un acquis politique du perv J.Lang). Divas, trans et drag-queens paradaient déjà sous les flashs des voyeurs parisiens et des touristes. Quelle joie de voir papy main posée sur le cou d’une drag-queen de 1M90 ! Ou mamie entre deux solides gaillards de haute taille déguisés en bonnes sœurs avec talons aiguilles rouges (pointure 46). Bref le carnaval homo-hétéro-bobo battait déjà son plein. Tout le long, marchands de frites et de déguisements,  et aussi  les boutiquiers politiques de la petite bourgeoisie, la spartacist Ligue avec son étal, et le Font de Gauche avec quelques fanals  pour rivaliser  avec le drapeau multicolore de la « fête des fiertés ».
Le Gai Moto club ouvrait le cortège, mais avec cinq motos banales sauf une Harley Davidson, suivis par plus de 80 associations, souvent représentées qui avaient dû louer de gigantesques camions sur lesquels étaient juchés: Les Gais retraités, l'association des parents et futurs parents gays et lesbiens, Têtu, des associations d'entreprises comme Embrayage (l'association des personnels LGBT de PSA Peugeot citroën) ou Homobus (RATP) , David et Jonathan (mouvement homosexuel chrétien), Beit Haverim (groupe juif gay et lesbien), Homosexualité et socialisme ou encore Gay Lib (les gays de l'UMP), et plus détonant le camion des gays et lesbiennes de la maison poulaga (ils tiraient sur  la foule heureusement avec des pistolets à eau ! Et on ne pouvait qu’être attendri au regard tendre du flic homo lorsqu’il vous demande vos papiers en temps normal où il est déguisé de la même manière).
Savoir que des membres du gouvernement, le maire homo Delanoé et deux comédiens fayots précédaient ce carnaval, avait tout pour favoriser l’exaltation démocratique, conviviale, irénique, et socialement multi-compatible de la jeunesse qui se dandinait au cul des semi-remorques de la gauche « normale » (pas en zone islamique, voyons, ne soyez pas bêtes !) ; le jour où les homos et les gouines défileront ainsi dans les pays arabes, vous pourrez en conclure qu’on aura remisé le mode de production arriéré des anciennes colonies au musée de la reine Victoria et aux chiottes de monseigneur Dupanloup.
Comment ne pas avoir une pensée émue pour tous les homos persécutés en Ukraine et dans la plupart des pays arabes ? Et surtout pour la condition de la femme ? Peu d’arabes en effet, pas de punkettes voilées, le multiculturacisme et multisexualisme de la gauche bourgeoise avait au moins éloigné pour la journée ces cafards du trottoir parisien.
Mais, examinons brièvement les revendications. Il faut noter en passant que, vers le milieu du cortège, deux semi-remorques trade-unionistes s’étaient intercalés. Empanachés par deux énormes montgolfières : les ballons de la CGT et de la CFDT ! Tiens ! même la syndicratie avait envoyé son barnum publicitaire pour racoler la jeunesse sans aprioris sexuels ! La CGT thorézienne avait pourtant doctement répudié et anathémisé le défilé gay-lesbienne dès ses premiers pas : « ce n’est pas une tradition de la classe ouvrière » (comprenez : la tradition de la classe ouvrière c’est de baiser le dimanche matin et de procréer pour la « reproduction »).
Bien sûr on peut, du point de vue maximaliste révolutionnaire, manifester contre telle ou telle ou toutes les injustices du capitalisme, mais l’organisation de manifestations sur des sujets parcellaires et qui, sous le mode carnavalesque, contribue plus au ridicule qu’à faire prendre conscience de la gravité de telle ou telle question (en pays arriéré on torture et tue des homosexuels, en pays « avancé » on licencie certains ou on humilie, etc.). Fêter la musique, ou défiler en bonne conscience pour la liberté sexuelle, ne dérange aucun gouvernement bourgeois, bien au contraire car la musique subliminale qui est diffusée aux oreilles adolescentes qui croient se mêler à des adultes « subversifs » et iconoclastes – parce qu’ils montrent leur cul et leurs sangles de cuir SM ? – cette musique c’est celle des sirènes électorales, du libéralisme hypocrite qui, sous couvert de l’égalité, maintient la xénophobie de classe, le découpage du prolétariat en communautés, en religions, en couleur et en sexe, voire en transexe.
Alors maintenant les revendications de tous ces bobos. Outre le mariage, la communauté LGBT revendique également le droit à l'adoption pour les couples de même sexe et l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes. Le président normal ( ?) de ces bobos se serait également déclaré favorable à ces propositions ; ce qui est dans le vent américain puisque Obama s’est prononcé en faveur du mariage homosexuel. Comment faire pour être plus révolutionnaire que Obama et Hollande ?
Je ne suis ni macho ni salaud ni bobo, mais simplement hétéro et prolo. Le mariage est pour moi, en tant que marxiste, la première forme de prostitution obligatoire de la femme. Je ne vois donc pas pourquoi je défendrais le mariage des homos et lesbiennes. Je ne vois donc rien de révolutionnaire dans cette revendication qui agrée tant aux dirigeants bourgeois, et qui ne peut que renforcer « l’opposition » religieusement catholique, musulmane et juive !
Par contre qu’ils aient toute liberté pour vivre ensemble et être respectés dans leur choix, OK . L’adoption d’enfants, rare de toute façon (il est quasiment impossible d’adopter légalement en France) – qui suppose donc l’adoption d’enfants du « sud », me paraît de la dernière stupidité. Tant pis si vous me considérez comme prude, réactionnaire et dépassé. Nous vivons dans une société décadente au point de vue politique et économique (je me fiche de la morale en général, qui est bourgeoise et cynique), où une partie des problèmes sociaux provient de l’éclatement du couple parental, où les mômes perdent tout cadre éducationnel. Vous m’objecterez que cela ne vaut pas mieux un couple où le mari bat sa femme, et devant ses enfants, ni les familles monoparentales. OK. Mais c’est encore pire avec les couples homos : hé Robert qui fait la maman ce soir ? Toi si tu veux, répondit Bernard.
On ne sait pas ce que seront les rapports familiaux et sexuels dans la société communiste de l’avenir. On sait qu’ils n’auront rien à voir avec ceux d’aujourd’hui ni avec une quelconque société dictatoriale islamique, mais souhaitons qu’ils ne soient pas le bordel généralisé !
Ah, j’allais oublier. Après les camions homo-bobo-stéréo, juste après les barnums syndico-pédalo-démago, suivaient les caravanes publicitaires pour des marques automobiles (5 voitures roulaient les unes derrière les autres avec des hôtesses en tenue correcte) ainsi que des PME. La société marchande, comme aurait dit Guy Debord, atteint au sublime en marchant. Les défilés syndicaux, et politiques déguisés en drag-queens de la démocratie bourgeoise, seront traités désormais comme tout film  à la télévision, entrecoupé d’encarts publicitaires. C’est bien le comble de la démocratie du fric et des injustices que de mêler le mercantilisme et le consumérisme le plus minable aux espoirs frelatés de conquête de la liberté humaine.
Voilà pourquoi la "gay pride" est devenue la "gay price". Fière et vendue.