"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 25 août 2026

SUPPRIMONS LES MILLIARDAIRES: le slogan bobo raccoleur du mélenchonisme étriqué

 


  Une campagne électorale bourgeoise, ce ne sont pas seulement des promesses, auxquelles plus personne ne croit, en particulier la masse croissante d'abstentionnistes. C'est provoquer avant tout des réactions passionnées de l'ordre de la psychologie, « faire le buzz » pour dériver totalement du politique, empêcher les gens de penser politique et vivifier la confusion mentale dans des bavardages ubuesques. Cette fonction dissolvante de toute intelligence politique, irrationnelle et frappant au sentiment plutôt qu'à la raison, tous les dictateurs, à commencer par Hitler, l'ont largement pratiquée. Une déclaration qui fait le buzz n'engage pas forcément tout le parti dont l'un des membres se permet une déclaration provocatrice. 

L  La sortie incongrue, le venin non ingurgité de Manon Aubry (piquée par un serpent) lui a valu l'ire d'un certain Jean-Michel Aplatti (devant les milliardaires) ; mais aussi des commentaires d'économistes distingués expliquant qu'on ne peut pas condamner l'arrivisme ni le fruit d'un certain travail (sic). Ce que j'ai noté en premier lieu, c'est que la piqûre venimeuse a induit une prise en charge par la brunette elle-même d'une telle sortie anti-riche, assurant ne pas parler au nom du dit parti : « Certains pensent comme moi et je ne me dédierai pas même s'ils tronquent ma déclaration. » Portée par le parti, ce serait grave en effet : comment cette secte, supposons au pouvoir, s'y prendrait-elle pour supprimer les très riches : saisies immédiates des châteaux ? Pillage des comptes en banque ? Suppression des héritages des plus fortunés au profit de l'État mélenchonien ? Enfermement de ces outrageusement fortunés dans des camps de travail écologiques ? Égorgement des plus récalcitrants par les camarades du Hamas ?

Le discours radical de LFI est plus ou moins rythmé par les déclarations les plus bêtifiantes des couteaux voyous (Rafaël Arnaud, Louis Boyard, Sébastien Delogu) et les mégères apprivoisées (Manon Aubry et Mathilde Panot), que le guru ne soutient que du bout des lèvres, car leur secte n'est pas constituée que de connards et connasses. Les plus grosses conneries font office de langage radical mais n'ont aucun lien avec la réalité de la lutte des classes. Cette radicalité en carton ne protège nullement contre les morsures de vipère.

Avant d'examiner le but lénifiant, presque léninifiant et raccoleur du pointage des riches, rappelons ici que jamais les déclarations provocatrices (anti-police, anti-financiers, anti-Le Pen, etc.) ne mettent en cause le système capitaliste en tant que tel, avec deux arguments qui, à eux seuls, plombent tout sérieux du programme présumé complet de LFI : un projet de gestion capitaliste plus gentille avec une « moyenne des revenus » (on y vient, on y vient...) qui serait intronisée et solutionnée dans le cadre national (drapeau national et banderole tricolore affichés par leurs députés fémino-black-écolo) ce qui est une incurie notoire en même temps qu'une insulte à l'internationalisme.

 C'est pourtant une tradition de la gauche bourgeoise que de dénoncer les riches, excuse pour ne pas dénoncer le système en tant que tel. On rappelle souvent que la gauche a trahi en août 1914, oubliant qu'elle a continué de trahir par après. Ainsi la dénonciation des 200 familles (banquiers et actionnaires) sert à dévier le deuil et la colère de la classe ouvrière à la suite du massacre patriotique vers une véritable indignation contre les causes de la guerre et pas simplement pour l'attribuer à des fauteurs de guerre. Ce discours séduit particulièrement les classes petites bourgeoises qui ont aussi donné leur écot au massacre et dont la pensée politique est profondément artisanale. 

Ce populisme est du même ordre à l'extrême droite de l'époque, la droite nationaliste et catholique. À la veille du mystificateur Front populaire, il existe en effet une misère prégnante et visible face à l'opulence exhibée des riches. Il faut dire surtout, pour nos initiés, qu'on est en pleine contre-révolution où la classe dominante triomphe idéologiquement avec des masques arrangés de la défense de son système dit démocratique : antifascisme, stalinisme, cinquième colonne… Toutes ces astuces idéologiques servent évidemment à égarer le prolétariat pour lui éviter de lutter vraiment contre les institutions capitalistes. Ce populisme, de Mélenchon à Le Pen, pardon de Blum à Maurras, sert à préparer à nouveau les esprits au sacrifice patriotique. (lire la notice de Wikipédia qui résume bien l'utilisation par la gauche bourgeoise de cette fixation sur les 200 familles).

Voilà, je ne développerai pas plus parce que j'ai déjà écrit plusieurs articles mettant en évidence la charlatanerie du programme mélenchonien ; non seulement son absence de sérieux et un populisme crasse, mais comme nullité programmatique bourgeoise et plateforme de petit boutiquier anarchiste se moquant totalement du programme historique du prolétariat. La pauvre Aubry, étrangement mordue par une vipère (ce qui expliquerait son dérapage insensé et, dans l'affolement… électoral), obéit quand même au retournement idéologique du guru et de ses esclaves. Peu avant, seul comptait l'électorat des banlieues, plutôt créolisées, mais ayant atteint ses limites et sans pouvoir ouvrir une brèche dans un électorat immigré de deuxième génération pas plus idiot que les ouvriers de souche. Ainsi, malgré des sondages à deux chiffres, peau de balle pour une présence au second tour présidentiel… sans la jonction avec la petite bourgeoisie blanche, qui était captée jusqu'ici par les résidus du PS, du PCF et les sectes vertes. 

Ce cavalier seul de LFI ne lui permet même pas une présence gagnante au premier tour. Donc sus aux bobos. Les bobos sont naturellement excédés par les très riches qui les exploitent, les dominent et surtout leur font envie. Les moins cons ne vont pas croire une seconde aux conneries d'Aubry, mais au moins cela sert-il à dire merde aux riches. Mais ce sont toujours ces mêmes électeurs des autres sectes de la gauche pourrie que la clique veut récupérer. Peine perdue, les Glucksmann, et divers croupions du PS et du PCF ne veulent plus de l'arrogance du Mélenchon. Ceux-ci sont donc une carte maîtresse de la bourgeoisie inquiète de l'impuissance de ses sectes de droite. Il est hors de question de laisser se reproduire l'accident de mai 81. Plutôt le RN domestiqué que LFI. Au moins intéresser les gens à la pitrerie électorale.

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