"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 11 août 2026

RETOUR A OUTREAU: LE COMMISSAIRE ET LE POLICIER (suite)


Suite de "RETOUR à Outreau: le commissaire et le curé

Suivi de: Il y a plus d'humanité dans un commissariat que dans une discussion entre gauchistes.




Dominique : On ne pouvait. Pas. Elle avait changé d'idée. Il l'avait briefé.

JLR : Tu l'avais briefé ?

Dominique : Tout le monde passe par là. Tout le monde ? Non non non. Parce que en fait, quand elle est revenue le lundi, elle avait moins de choses à dire. Elle s'était fait engueuler par les autres détenus pendant tout un week-end. Et donc elle était revenue en disant Non, non, ce que j'ai dit vendredi, c'était pas vrai, etc. Bon, plus personne ne la croyait. Parce que comment elle pouvait faire durer une histoire pareille ? Par contre, le juge, il a recommencé. Il nous a fait revenir sur place les uns après les autres. L'histoire se déroulait comme si on n'avait rien fait jusque-là. On reprend tout à zéro. Et on recommence. Est ce que tu peux évoquer l'histoire des lettres ? Les lettres ? Ouais, ils devaient être abasourdis, les jurés. Non, les jurés, ils avaient pas l'air. Probablement que je ne comprenais pas grand-chose. Je voyais mes avocats qui s'injuriaient. Mais c'était comme un tourbillon pour eux. Vraiment un tourbillon. Où ils ont dû être débordés par eux. Enfin, sombre histoire. Il y a eu des lettres, des noms.

Oh ! Quelle chance ! Tu peux les mettre sur la table. Non, mais tu vas arrêter. Elle est arrêtée en février. Arrêtée en novembre pendant neuf mois. Elle est en prison et elle cherche quelqu'un pour un peu peser sur ses affaires. Donc elle m'écrit. Je ne suis pas étonné, parce que je suis certainement la seule personne dans son entourage à la Tour du Renard. Mais comment vous étiez dans son entourage justement ? Elle habite en face de chez moi. Sur le même palier, je suis au septième étage. Elle est catholique ? Non.

Vous êtes voisins ?

On est voisins. C'est une question de voisinage. Ah bon ? Bon, Je suis pour elle la seule personne qui est un petit peu attentive aux autres. Et donc c'est logique qu'elle m'écoute et elle me prie pour me dire qu'elle a besoin de moi pour que je surveille son appartement puisque je suis en face. Pour que je téléphone à sa belle-mère, pour lui dire qu'elle est en prison, qu'elle a besoin de d'affaires, etc. Donc moi je téléphone à la belle-mère. Vous savez, elle me demande de faire une démarche auprès des assistantes sociales. Ce que je fais d'ailleurs, plutôt surpris. Je ne suis pas reçu chez les assistantes sociales. C'est après coup que j'ai compris pourquoi les assistantes sociales ne voulaient pas me recevoir.

Les enfants ?

Oui, par les enfants. En fait, les enfants, ils ont commencé par dénoncer leurs parents et ensuite les voisins, . Moi, je pense qu'il y a une raison. Il y a une raison pour laquelle ils dénoncent les voisins, les voisins qui habitent juste en face de chez moi, les voisins, c'est un couple de deux jeunes. Lui a 20 ans. Il revient du service militaire. Elle a seize ans. Elle a pu échapper à ses parents en se mettant avec lui. Ils ne sont absolument pas mûrs, ni l'un ni l'autre. Lui, il est incapable de faire quelque chose. Un gros fainéant. Et donc les voisins, quand ils sont arrivés, ils vont faire connaissance avec Myriam et Thierry Delay. Et ils vont se recevoir les uns chez les autres. Fais gaffe, moi j'habite en face, je le sais ça. Ouais bah ouais, j'ai vu arriver les voisins, j'ai vu qu'ils se recevaient les uns les autres. J'ai vu aussi que ça n'a pas duré. Au bout de six mois. J'ai rigolé. Il est passé à travers la porte du voisin. C'était un bulldozer. Il est rentré dans la porte. Ouais, je connais le voisin incapable de réparer sa porte qui fait appel à son beau-père. Et alors ? Ces gens là, je les connais bien. Suffisamment en tout cas pour que elle, elle s'adresse à moi.

Et elle m'écrit cinq lettres dans l'espace de quelques jours. La première chose que les flics font, quand ils rentrent chez moi, c'est d'aller chercher les lettres. Ils les trouvent dans mon secrétaire. Ce qui me fait dire que les flics savaient qu'elle avait écrit où étaient les lettres. Et donc ils étaient venus chez moi la veille. Ils avaient fait une fouille. Légalement, c'est impossible de piquer en l'absence du locataire. Moi j'aurais jamais osé… Illégalement, ça m'étonne pas. Deux fois c'est possible vu les gugusses, mais moi je l'aurais jamais fait. Parce que quand on rentre chez quelqu'un, quand on doit rentrer chez quelqu'un, on arrive avec un serrurier, le gars n'est pas là, on prend deux témoins, on sort en général les voisins, les trucs et les machins ; mais souvent la police secrète ne prend jamais de témoin. Quoi ? La police secrète ? Ils vont pas chercher le mec de Libération ou Le Figaro pour venir faire une enquête quand ils veulent, Surtout en milieu terroriste, en milieu terroriste en ce moment.

Allez avec le quartier, il y a des témoins. Tu parles des plombiers du Canard enchaîné, toi dans le Canard enchaîné, l'organe de la police, c'est pas pareil. Ils sont allés directement dans ma chambre, directement dans mon secrétaire de dossiers suspendus, et ils sont tombés sur le dossier suspendu où il y avait les lettres.

C'est impossible en l'espace de trois mois. Donc c'est au moment de mon arrestation qu'ils vont prendre ces lettres quand je vais être interrogé. Alors, moi, j'ai paniqué avec cette histoire de lettres parce qu'en fait ils vont me les mettre dans les mains avec les menottes. Qu'est-ce qu'il y avait dans ces lettres ? Ils me les mettre dans les mains au moment de me conduire à la prison. Le maton qui me reçoit à la prison de Maubeuge avec les lettres dans les mains. Il les ramasse. Donc j'étais paniqué parce que je ne pouvais plus récupérer les lettres. Elles étaient à la fouille. Mais qu'est-ce qu'il y avait dans ces lettres qui pouvait être gênant pour toi? Myriam Badaoui m'écrivait à moi, son voisin, pour que je lui rende des services. Quand on lit les lettres, on ne peut pas, on ne peut pas se dire ce mec, il a violé les enfants de Myriam. C'était une preuve pour dire que tu étais le seul à avoir une preuve écrite, que c'était impossible. Mais dans les esprits fêlés, tout est possible. Donc pourquoi le juge n'a pas voulu en faire mention nulle part ? Autre chose ?Une dissimulation de preuves ? Oui. On peut rouvrir le dossier. On attaque, alors je les récupèrer.

Dissimulation de preuves. Je suis désolé pour la dernière fois. Elle me convoque. Je viens avec les lettres, je les pose sur la table. Envoyez-moi cela. Oh ben moi celle là. Ah ouais ? Ben tu vois, c'est la dissimulation de preuves. Je savais plus quoi faire. Je les ai mis sur les genoux du flic qui était à côté de moi. Et je lui dis Mais vous avez vu ? Vous avez lu ces lettres ? Ah ben évidemment, ça te pose un problème, donc ça va les emmerder. Et on n'en a jamais. fait mention ni au procès ni nulle part. C'est aussi une affaire conclue. Il y a quelque chose d'incompréhensible. Il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre. Mais si ça dépend sous quel oeil, sous quel angle tu analyses les choses. Et ils font des choses illégales en toute impunité, bien sûr. D'abord cette fouille qu'ils ont fait la veille chez moi. Puis ils m'arrêtent. Le lendemain, ils m'interrogent et pendant l'interrogatoire, on me dit : «  Oui, mais enfin, il y a des dessins pornos sur vos murs ». C'est du porno sur mon mur ? Il y avait des dessins. Parce que moi, quand les gamins venaient chez moi, ils faisaient des dessins sur les murs. Ça, c'était un reste de 68. Les gamins s'exprimaient sur mon mur. La veille de mon arrestation, la veille, une gamine était venue chez moi. Elle était très énervée. Elle avait pris un crayon qui était sur la table et elle avait fait un grand cœur. Comme une gamine ou une ado. Mais sur la porte, non, Sur mon mur. C'est pas vraiment pornographique. De la rancœur. Et elle avait mis je ne sais plus quoi.

On me dit oui, c'est pas drôle. Il y a un cul dessiné sur votre mur. Première nouvelle. Ça me revient. Incroyable ! Les flics voyaient le cœur dans l'autre sens. Mais ils avaient raison. Ils avaient raison. Je me perds, je me perds.

JLR : attends, Monsieur le curé, je me permets une parenthèse. À Albi, en 1959, monsieur le curé nous avait dessiner toute un après-midi. Enfin, ll nous a demandé de dessiner une portée musicale d'une façon originale, deux ronds comme ça, et puis de mettre les notes au milieu ; il en avait fait des copies à la ronéo.. Et on est allé distribuer dans le quartier et dans les boîtes à lettres de ma rue, la rue de la Piale.. La mère Marie, une vieille bigote au numéro 23, s'est mise à hurler depuis sa fenêtre au troisième étage : « le petit Jean-Louis m'a mis un cul dessiné dans la boîte aux lettres.

Dominique : Parce qu'avec cette portée musicale qu'on vous avait fait dessiner, on pouvait y voir un cul. Avec le dessin de la petite fille, il y avait la forme d'un cœur à l'envers et ça ressortait. Donc voilà. Mais j'ai toujours dit que la femme, c'est un cul en forme de cœur. C'est tout. C'est un cœur. Je vais vous dire un autre truc : que les flics puissent me dire ça, je comprends, que les flics aient vu un cul parce que les flics sont des obsédés, ils ont vu un cul à la place du cœur, je comprends aussi, c'est tout. Ils sont comme moi. Je vois un cœur à la place du cul.

Qn est dans l'irréel. C'est-à dire qu'ils transforment le réel. Oui, je trouve ça formidable. Formidable, et ça m'a rassuré, je vous jure. Au moment de l'interrogatoire, je leur ai dit : vous êtes comme les gamins, c'est formidable. C'est à dire que les gamins ont réussi à entraîner les adultes avec le même nom, dans le même délire. (…). Il y a un truc aussi. Là, ça m'a beaucoup choqué. Il y a le principal du collège d'Outreau, c'était bien avant quoi Gourguechon Non, ce n'est pas ce nom là. Non, le principal il ne fait pas son boulot, (...)

Après ça, je me renseigne un petit peu et puis ils disent : « Ouais, il avait des revues pornos chez lui. Le professeur, le proviseur, le principal du collège de trop. (…) On a trouvé des revues pornos chez le psy. On vient de finir le mec il avait des magazines. On a faim, mais c'est bon. Cela se trouve, c'est meilleur. Moi aussi j'en ai. Parce que, un coup dans une poubelle, j'avais trouvé un paquet de revues. Moi, tout ce qui suit, je prends. . Moi je trouve pas ça porno. Il y avait de belles photos de femmes à poil, mais ça, c'est pas ça qui m'intéresse. Il y avait des articles qui étaient bien là dedans. En plus, non mais on ne peut pas incriminer quelqu'un qui a des revenus. Quoi, C'est pas interdit d'en acheter ? C'est comme si moi j'avais des revues de jardinage, c'est pas pour ça que je veux frauder. Oui, on me soupçonnait là-dessus et ça a été longtemps le cas. L'individu possédait des films ou des revues pornos. Et alors ?

C'était lui. Mais moi. Alors je me suis dit ben zut, s'ils viennent chez moi et qu'ils regardent, ils vont trouver aussi des revues pornos. C'est pas une preuve ! C'est fort de café quoi. Alors accuser quelqu'un en disant il y a des revues pornos chez lui. Mais encore nous, ça va... mais rappelle toi pour les homosexuels, comme ça a été terrible pendant des années et ce n'est que récemment que ça a cessé. Moi je me rappelle que dans les parcs, ils se faisaient casser la figure, etc. Mais c'est encore vrai, ils craignent encore. À Lille, il y a eu un bar gay qui s'est fait incendier. Ils sont malheureux. C'est pas évident. Mais à l'époque, tu étais pédé, tu étais fiché à la police comme pédé. C'était un délit à l'époque. Pendant 50 ans, ça a été un délit d'être homosexuel. Alors que les ministres et les présidents eux-mêmes étaient bi ou homos, là, ils se permettaient ce qu'ils voulaient. Quand on fait beaucoup de choses, je ne veux pas vous révéler un secret d'Etat, mais on nous fait de grandes leçons sur la pédophilie, etc. Mais moi, j'ai entendu beaucoup de choses sur Monsieur Jack Lang qui n'était pas très reluisant et c'était un homme de pouvoir. Bien sûr, il ne sera jamais emmerdé.

(…) Ils ont fait une visite intéressante à la fin août. Quand ils m'ont reparlé de ce dessin qu'il y avait sur le mur. Un cœur ? L'un d'eux me répond : « Non, c'est un cœur à cœur ». C'est de l'interprétation. C'est marrant parce que si tu dis non, c'est de l'art. C'est de l'art ou c'est du lard. Alors ils me disent : « Bon, on va y aller. Bah ouais, on y va ». Donc tout de suite, on m'emmène à Sangatte, on revient à Outreau. On arrive à la tour. En bas de l'immeuble, il y avait un caméraman de FR3 qui nous attendait par hasard. (...)

Alors pour m'emmerder, il téléphone à son frère. Et le Chef lui dit : « Bon bah c'est tout, laissez tomber. Revenez. On est repartis à Calais, 180 à l'heure sur l'autoroute du Nord. Et. Surprise, très longtemps après, je trouve des photos. Ils y étaient allés. Le lendemain, ils sont allés prendre des photos dans mon appartement sans me le demander. Illégal. Il n'y avait pas de témoin. Ils ne sont pas rentrés avec des témoins. Non, Je n'ai jamais entendu dire par quelqu'un du voisinage qu'ils étaient rentrés. Non, ils l'ont fait illégalement. Après, c'est possible si le juge l'ordonne. La commission rogatoire, ils ont le droit. J'ai jamais vu dans le dossier une réquisition, là. Donc c'est qui ? C'est Misère qui a fait ça ? Non, non, toi tu es du côté de la police. C'est toujours les gars de la DPJ, les aubergines. Mais moi je pense que, au point où il en était, c'est pas étonnant qu'il ait fait des choses illégales.

Charles : Je crois qu'il était tellement stressé qu'il n'avait plus comment s'en dépêtrer et qu'il fallait à tout prix trouver des preuves, parce que toi, tu avais des preuves comme ça qu'on peut avoir sur un dossier. C'est comme ça qu'on avance dans la merde. D'ailleurs, ils l'ont tellement salopé que bah ouais, mais c'est comme ça qu'on se fout dans la merde. Ils sont cons, mais de toute façon, ils sont cons depuis le début. Ouais, je suis d'accord, ils sont cons depuis le début. Un peu de recul justement de faire des choses illégales ?

Dominique : Comment elle s'appelle ? Celle de Saint-Omer ? Non. De Aire sur la Lys. C'est à côté, Elle se présente comme pédopsychiatre. Alors, elle a une carte de visite longue comme ça et donc il faut se méfier, justement. Elle veut qu'on reparle de cette histoire ? inversement proportionnel à la qualité des individus. Au mois de mai, là, le fils Legrand va être convoqué au tribunal à Rennes. Le fils Legrand, c'est le fils de celui qui s'appelait Daniel Legrand, qui s'appelle donc pareil, dont le père était dans le bâtiment si je me souviens bien, et qui était un squatteur de boîtes pornos en Belgique. Mais voilà, le père est décédé, Le fils, pas tout jeune, avait des dettes en plus. Le fils Legrand au moment où il est inculpé, il est mineur. Donc ils ont inculpé le père, jugé par le tribunal des mineurs, mais ils ne l'ont pas jugé aux mineurs. Alors que le gamin, il s'était fait reconnaître parce qu'il avait été arrêté en Belgique, parce qu'il avait fait un chèque en bois pour une mobylette. Ça se passe Comment on fait un truc de passe-passe ? Je ne sais pas pourquoi, mais ça va être bizarre aussi ça.C'est une homonymie. Ils ont fait passer le faire à la place du fils. Mais le résultat c'est que maintenant la phrase la fameuse psy qui s'en est aperçue, elle a réussi. Elle a porté plainte auprès du procureur de Douai pour qu'il repasse au tribunal des mineurs. Non, mais les membres de la commission des faits, ils disent : « Voilà ils était mineur ». Oui, mais maintenant il n'est plus. Bah si, il a été jugé comme majeur, il n'y a pas de prescription jugée. Non, mais il y a un vice de forme. C'est clair que ça va durer trois semaines. Et pour obtenir quoi au juste ? (…)

Tout cela est mieux raconté dans le livre du prêtre ouvrier Dominique Wiel, vendu à plus de 70 000 exemplaires (2006). C'est moi qui l'ai informé que, dans son dos, son éditeur en avait profité pour l'éditer en collection de poche en 2008 sans le lui dire ni le dédommager.


IL Y A PLUS D'HUMANITÉ DANS UN COMMISSARIAT FRANÇAIS QUE                              DANS UNE DISCUSSION ENTRE GAUCHISTES

article de 2016

« Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l'étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l'être le plus universellement reprisé. Si les raisons pour lesquelles on le méprise sont souvent de fausses raisons qui relèvent de l'idéologie dominante, les raisons pour lesquelles il est effectivement méprisable et méprisé du point de vue de la critique révolutionnaire sont refoulées et inavouées. Les tenants de la fausse contestation savent pourtant les reconnaître, et s'y reconnaître. Ils inversent ce vrai mépris en une admiration complaisante ».

Mustapha Kayati (brochure situationniste de 1967)


  Résumons le problème des 50 dernières années pour la révolution. Qu'est-ce qui empêche la révolution, la prolétarienne - la seule vraie, la seule sérieuse sans utopie pour faire cesser la folie du monde - de préoccuper en premier lieu l'immense majorité des prolétaires ? Les fins de mois difficiles ? Pas toujours. Ma femme qui m'a trompé avec un bourgeois ? La révolution ne sera pas un lupanar et la classe ouvrière n'ira pas au paradis. Le rêve consumériste ? Pas vraiment ? Le crédit ? Au contraire, la révolution procédera à un moratoire des dettes, et licenciera les banquiers. Les corporatismes syndicaux ? Pas vraiment tant que fonctionne l'assistanat, qu'on ne meurt pas de faim en France, et que les « partenaires sociaux » se concèdent des augmentations paritaires périodiquement, certes outrageusement inégalitaires versant patronat, et qu'on laisse le chômeur se culpabiliser lui-même dans sa solitude. Les promesses des partis politiques ? Vous voulez rire ? Les élections ? Vous vous moquez de moi !

Non le véritable obstacle à la révolution, défendu avec brio par la droite bourgeoise, la gauche bourgeoise et son parti stalinien en tête, le voici brut de fonderie et inaltérable : une révolution, c'est sanguinaire ! Une « aventure sanguinaire », vous allez savoir de la part de qui. C'est même équivalent à une guerre, répétait naguère et jadis ma belle-mère qui ne connaissait l'histoire ni d'avant ni d'après. Tous nos terroristes en herbe d'un marxisme ringardisé, anarchisme, néo-althussérien (Al tu sers à rien!) parlent d'un temps qu'ils ne peuvent pas connaître, où il était possible de n'être point encore trépanés par la sotte idéologie terroriste de donneurs de leçon en chambre de « principes de classe », gradés de l'inévitable « violence révolutionnaire » qui ne saurait transiger avec la platitude des pacifistes réformards (ouf!). Ils ne connaissent nos bambins de l'émeute de rue, nos lycéens intransigeants avec la barbarie du monde, habités de cette jouvence révolutionnaire, que la pose antifa, précieuse garantie de non-conformisme, et cette haine primaire du flic de base, qui font jouir au parfum des lacrymos et à l'odeur de la poudre...d'escampette. Une de leurs idoles papy Rouillan, n'a-t-il pas eu le courage de dire que les tueurs terroristes étaient « courageux »... de tirer dans un tas de civils sans armes. Le principal leader bobo-trostko-Besancenot n'a-t-il pas dîné avec le diable qui effraie encore tous les patrons de Navarre et du plat pays du Nord ? Une poignée de derniers dinosaures bordiguiens n'assure-t-elle pas que les attentats de Daech sont une annonce du revival de la « guerre de classes » ? Ou il n'y aura qu'une lame de couteau entre le « terrorisme révolutionnaire » et le « terrorisme de peuple opprimé ».

Ils portent tous le tee-shirt Guevara, le Vinchinsky cubain chargé d'exécuter par centaines, en tant que « ministre de l'Intérieur » (du stalinisme), les opposants politiques ou tous ceux qui cachaient un drapeau étoilé dans leurs caves. Les parents de nos nouveaux « anarchostaliniens » - rois putatifs éphémères du gauchisme tiers-mondiste n'avaient-ils pas tant aimé défiler avec la tronche du général Ho Chi Minh, et des maréchaux Lénine-Staline-Trotsky, avec la géniale inscription : « le pouvoir est au bout du fusil » ? Quoique ce ramassis de has been nous fasse pitié avec leur reconversion dans l'écologie gouvernementale et leur compréhension paternaliste de tout ce qui « s'indigne » (en 68 c'était « tout ce qui bougeait »).

Pourquoi leur jeter la pierre aux « jeunes » (meneurs bobos mégalos) de penser qu'une révolution, une vraie, c'est violent . Persuadé comme eux que la classe dominante, telle Bill Gates, ne va pas distribuer sa fortune colossale (dont nous les prolétaires, ne voulons pas sous sa forme argent ou immobilière), et qu'il faudra la contraindre à sortir de ses blockhaus dorés, je ne pense pas, malheureusement pour nos lycéens puristes khmers rouges ou cet idiot de Trostky, que tous les moyens soient bons.

Désolé, je préfère mille fois l'absence de révolution à une révolution qui implose en règlements de compte sanglants et où la classe ouvrière « prendrait la place » de la bourgeoisie pour affirmer sa « terreur révolutionnaire ». Sur le sujet, l'historiographie bourgeoise et les journalistes superficiels, sont gagnants à tous les coups, bains de sang inoubliables : 1793, révolution française (quoique bourgeoise) ; 1871, la Commune de Paris (pas vraiment clean selon Marx et Elisée Reclus) ; 1917, révolution bolchévique (mais massacre injustifiable de Kronstadt) ; 1937, guerre d'Espagne si cruelle...

Oubliant évidemment de balayer devant les mausolées aux deux grandes boucheries mondiales. Mais sur l'analyse, l'étude et des conditions de l'exercice de la violence en temps de révolution prolétarienne, personne ne vient contredire les doctes moralistes bourgeois qui ramènent l'essentiel des révolutions à des tueries ; surtout pas le discours du gauchiste moyen sur la Toile qui promet que la révolution sera « impitoyable » et que « c'est un principe qui ne se discute pas » (un petit coco arrogant et sûr de ses acquisitions « marxistes », m'a répliqué que voter à gauche de la part d'un policier ne signifie plus rien – il faudra tous les descendre – et donc les mettre dans le même tas que ceux qui votent FN).

L'anarchiste de base est en tout point d'accord avec l'historien bourgeois réac et révisionniste : une révolution, c'est sanguinaire, on n'épargnera aucun des bourgeois, on trucidera tous les flics et pourquoi pas aussi leurs femmes même si elles nous hurlent qu'ils sont aussi des prolétaires.

On est là au cœur de la propagande planétaire de la bourgeoise avec son utilisation intensive, surmédiatisée, du terrorisme islamique. Aucun groupe politique à prétention révolutionnaire n'a eu le courage politique, se fichant du qualificatif de pacifiste par le terrorisme intellectuel germanopratin, de dénoncer cette hystérie largement partagée ; excepté le CCI, cf. l'article du regretté Marc Chirik « Terreur, terrorisme et violence de classe », moquant des Duces qui, du haut de leur petite taille, et après avoir été porter plainte au commissariat du coin pour le vol de leur ipod ou ipad, échafaudent les principes invariants de la « terreur de classe », au souvenir de Couthon sur sa chaise roulante.

Quelle joie pour la classe régnante « démocratiquement corrompue» que les supplétifs du gauchisme multiculturel viennent plaider pour un même type de terreur contre les populations « récalcitrantes », quelles qu'elles soient, quand toute cette ribambelle de marginaux ingouvernables s'imagine un jour au pouvoir.

Hier, post-68, c'était pénible et assez insoutenable de soutenir qu'une révolution c'est forcément violent mais pas nécessairement un holocauste. Je me souviens m'être opposé cent fois aux militants staliniens qui dénonçaient « l'aventure gauchiste », le « vous voulez un bain de sang bande de petits cons » ; ou ce collègue vieil ouvrier : « Ah ouais, vous avez barbouillé Pasteur dans la cour de la Sorbonne, mais, bande d'imbéciles, Pasteur a apporté plus à l'humanité que vous ne lui apporterez jamais avec vos pots de peinture » (salut à toi Jean Delannoy, ami d'enfance de Line Renaud, si tu es encore de ce monde). Avec le recul, oui mon vieux collègue Jean et les militants staliniens avaient raison, et nous étions trop immatures et trop ignorants de l'histoire pour ne leur opposer que notre naïveté dans une main et un pavé dans l'autre.

Ce n'est pas de leur faute à nos lycéens « anarchostaliniens » ou lycéens éternels, me direz-vous. Je le concède et que le premier qui ne s'est jamais trompé de bulletin de vote leur jette la première urne en bois. Je concède en effet que ces divers jeunots gauchistes radicaux, indignados de première, sont là pour nous amuser ; la vie politique bourgeoise est si morne. Il suffit de lui montrer un CRS pour que le lycéen hurle : voilà l'ennemi !

Il suffit de leur montrer un étudiant qui se prend un vulgaire coup de poing dans le pif par un flic pour que la toile s'enflamme. Pauvre chéri, dans les années 1950 les CRS tuèrent des ouvriers ; tu vivrais au pays de l'antiracisme outre Atlantique, c'est une balle dans la peau qui t'attendrait. Nous sommes plusieurs à avoir pris des coups de la police en manif ou en grève depuis des années, jamais la toile ne s'est enflammée pour nous, et la pharmacienne du coin a fait le boulot de consolation. Le plus scandaleux n'est pas dans la violence inévitable du mercenaire d'Etat, mais dans l'esquive de l'Etat. C'est Cazeneuve qui méritait une baffe en guise de remerciement pour sa lâcheté à balancer le lourd appareil judiciaire sur un vulgaire lampiste ; comme pour la mort d'un marginal écolo tué par une grenade en pleine poire, l'État, ses ministres et ses journalistes mènent campagne contre un de leurs exécutants de base. C'est pas nous, c'est lui, cet idiot de flic de base qui a commis une « bavure ». C'est la même esquive avec les paradis fiscaux de Panama que Big Brother procède, où le « président de gauche » caracole qu'il a toujours eu raison de dire qu'il n'aimait pas « la finance », alors qu'il est assis dessus, et que nous, les prolétaires pauvres, on se fout d'une poignée de milliardaires, planqués à l'abri d'immenses couches petites bourgeoises profiteuses des miettes de l'or capitaliste.

La violence physique et permanente du système est chloroformée dans la conscience des prolétaires par l'accumulation des mensonges déconcertants, où tous les chats sont gris.

LA POLICE A CHANGÉ…

Dur métier que celui de policier de nos jours. Pourtant, vu le chômage de longue portée, ils sont nombreux les jeunes prolétaires à faire la queue aux centres d'embauche, comme aux centres de recrutement pour l'armée ; pas pour l'amour de la fonction, mais parce qu'il y existe une paye décente et une garantie de durée dans l'emploi. Lors d'une garde à vue, menotté, un officier de police, qui fût tout à fait correct avec moi, m'en boucha un coin : « Mais monsieur, moi aussi je suis un prolétaire et mon père était ouvrier ». Adoptant profil bas, je n'ai pas osé lui répliquer : « D'accord, mais alors on verra si vous êtes vraiment un prolétaire, le camp que vous choisirez au moment de la révolution ».

Partout il est filmé, plus qu'une vedette de cinéma en train de traîner à Conforama. S'il passe dans les allées d'Auchan, on va considérer que c'est un feignant en vadrouille, alors qu'il est venu acheter des plats cuisinés en boîte pour cinq types en garde à vue. Il est tenu régulièrement d'assister à des stages de déontologie où la leçon de morale importe plus que le maniement de la matraque télescopique. Si la photo ou le film d'une « action un peu dure » apparaît sur la toile, il peut mettre une croix sur sa carrière. La presse gouvernementale le dénonce chaque jour ou se moque de ses maladresses en compatissant avec ses agresseurs, lycéens cagoulés et persuadés que se faire un flic est le summum du premier acte fondateur révolutionnaire (pendant que son pote prendra un selfie pour le montrer aux copines), ou salafistes excités en pyjama ; le plus pitoyable exemple récent de la connivence antiraciste institutionnelle est celui de la manif annulée des « fachos » belges en région bruxelloise où la racaille pro-daech, leur succédant, est venue lancer des pierres sur les policiers, ceux-ci répliquant mais... à la grande indignation des journalistes.

Au cours de ma carrière dans le service public, j'ai assisté plus d'une fois à des agressions et altercations populaires, d'une certaine catégorie de populations de banlieue, aux cris odieux et barbares contre des flics venus faire des constats ; je vous laisse à penser auprès de qui aurait penché mon soutien si cela avait dégénéré. La police s'est humanisée, avait triomphé le blaireau Sarkozy. C'est un peu vrai. Dans les commissariats, on trouve maintenant des « pédés » et des « gonzesses » en uniforme ; je me souviens avoir vu tomber mon dentier lors d'une gay pride à Paris, voyant passer le char de la préfecture de police avec ses « folles » je hélai une policière qui saluai le camion :

- c'est vos collègues ?

  • Oui, me répondit-elle, comme une évidence.

    Je m'éloignai en secouant la tête dubitativement. Cependant, j'insiste là-dessus, en pays développé c'est une petite révolution réformiste en interne, qui, certes ne change pas dans le fond la police, j'ai vu des policiers, femmes ou peut-être homos - (attention, je ne traite pas ici tous les policiers de « pédés » ou de « sales nègres », ce qui était le fait des milices syndicales du PCF dans les années 1970, tombés au rang d'électeurs du RN)) – capables de frapper aussi violemment des non-encadrés par les syndicats ou « alliés objectifs du pouvoir » .

LES GAUCHISTES N'ONT PAS changé...

Un peu néophyte sur le terrain des forums de discussion, j'en ai trouvé un très intéressant où les insultes ne prennent pas le dessus et où le principal animateur possède l'autorité et l'intelligence de bien le cadrer, et qui permet, divergences ou pas, de discuter d'un point de vue « de classe » sans a priori et en restant très intolérant avec les anathèmes. Même dans le cas d'une discussion mal engagée.

La mise en route avait commencé par la republication de ces policiers italiens qui avaient ôté leurs casques face aux manifestants en décembre dernier (2016), la date n'étant pas précisée.

L'introducteur voulait sans doute simplement ridiculiser le clown pacifiste et électoraliste Peppe Grillo, mais révélait une opinion quelque peu moisie sur la nature de la police, suite à une interpellation (non policière) d'un lecteur capable de discerner : « je vous trouve trop généraliste, il existe forcément des flics qui refusent de tabasser des manifestants,etc., mais en très petite quantité, infime. »

La réponse était de facture très classique : « Parce qu'ils sont les chiens de garde de la bourgeoisie. Ils ont pour fonction de défendre l'Etat et les rapports de production en place. C'est pas le cas d'un travailleur de chez Dassault, qui comme ailleurs, produit de la plus-value..

Un autre s'opposait aussi à cette vision trop classique : « Mais dans les deux cas ce sont les intérêts des employeurs qui s'opposent aux nôtres, alors pourquoi ne pas parler aux flics comme des travailleurs de la fonction publique (ce qu'ils sont) pour tenter de les joindre à notre cause le jour où le contexte économique et social sera propice à la révolution ? ».

Il lui est répondu : « Un flic est un flic... Il est payé pour faire respecter l'ordre bourgeois. Comme un juge... autant la propagande dans la troupe me semble réalisable, autant chez les flics, je n'y crois pas, même si dans l'action révolutionnaire, une partie peut nous rejoindre. N'ayez pas d'illusions, il suffit de voir le rôle de ces ordures au Chili, transformées en tortionnaires de masse. Ces mecs fusilleront du prolo dans la révolution, bien avant que certains changent de camp. C'est l'essentiel à retenir ».

Robin Goodfellow prend la parole à son tour : « Le problème de ce post, c'est qu'il balance un article de 2013, sans contexte, pendant le mouvement des Forconi, qui est assez comparable aux Bonnets rouges. Que les flics se solidarisent avec les petits patrons artisans et commerçants n'engage aucune incidence envers un mouvement prolétarien. Mais la discussion semble cesser là, et je n'y retrouve plus mes propres remarques, censurées ?

Dommage, cela pouvait permettre enfin un début de réelle discussion sur un sujet sensible, qui est l'arlésienne du gauchisme ou plutôt sa honteuse arrière-pensée, car cette idéologie est profondément anti-révolutionnaire, étrangère à notre grande Rosa (« la révolution abhorre le meurtre »), et qu'il faut nous attacher à notre époque à montrer que les grands moments, les grandes avancées de la révolution ne dépendent pas de la quantité de terreur, ni ne sont responsables des dérapages de classes ennemies ou de fous furieux. Et je me contenterai pour finir de souligner que si la domination de la bourgeoisie se perpétue, les formes en ont changé, pas forcément à son avantage malgré la modernisation électronique et antiraciste. La tradition du mouvement ouvrier disait : nous ne pouvons compter que sur la désobéissance de l'armée, prolétaires sous l'uniforme tu restes un travailleur !

C'est fini les armées de métier un peu partout en Europe.

La tradition du mouvement ouvrier disait : « armement du prolétariat ».C'est fini, on ne peut pas laisser distribuer n'importe comment les armes. La tradition du mouvement ouvrier disait : « Les flics sont nos principaux ennemis. » La tradition avait déjà tort, les principaux ennemis sont les institutions bourgeoises, partis et syndicats. C'est grossièrement pas faux, mais insuffisant. Pour inverser un argument d'un participant qui disait que le retournement de flics pendant la révolution en notre faveur serait minime, j'ai envie de préciser que pour encadrer une aussi vaste population de prolétaires en révolte, les contingents de flics sont trop « minimes » pour suffire à terroriser et ramener à l'obéissance les immenses foules modernes.Ou alors qu'on m'explique pourquoi Mussolini a créé les chemises noires et Hitler les SA.J'ai la réponse, vous faites pas de bile, révolutionnaires de salon : parce que les flics ne sont pas assez nombreux et souvent plus proches de la population travailleuse que les militaires d'aujourd'hui !

(je reviendrai sur le sujet dans mon book sur la guerre d'Espagne et vous verrez que l'histoire se rit des simplismes et qu'un type en uniforme peut être parfois plus humain qu'un civil pervers).



Alexandre Collignon

4 avril 20:00


Bah déjà, ce serait sympa d'éviter le ton condescendant avec des expressions du type "mon coco".
Des flics de " gauche " ou " plutôt de gauche " y en a toujours eu. Personne n'a rien appris ici. Être de "gauche" n'empêche pas d'être con, réac, chauvin ou même autoritaire.
Des flics révolutionnaires, pas sûr qu'il y en ait vraiment.

De toute façon, il n'y a rien à attendre des bras armés de l'État bourgeois. Juste le moment venu, s'il y a quelques taupes dedans, bah elles pourront aider. Mais police et militaires restent les gardes-chiourmes du capital. Des ennemis. Nul besoin d'arriver à la maîtrise de marxisme pour le comprendre. On l'apprend en première année, ça.

Quant à faire la liste de tous les corps de métier représentés dans les victimes des derniers attentats, ce n'est vraiment pas le sujet ici, et ça serait trop long (et n'oublions pas non plus les chômeurs, les branleurs assumés... et Diesel !).


Historique

Jean-louis Roche

4 avril 19:31

non mon coco pas forcément, faut pas être anti-flic primaire. Moi, dans ma longue carrière dans le public, j'ai connu plein de flics honnêtes plutôt de gauche, qui se vivaient comme prolétaires, et dans les révolutions, heureusement qu'une partie de la police et de l'armée est avec nous, sinon tu peux te brosser avec du poil à chiendent utopique. Pendant la guerre d'Espagne, plein de flics et de militaires du côté des ouvriers ont été massacrés par les franquistes. Bon cela dit, Beppe Grillo est un clown qui peut jouer en ce moment, comme tous les démagogues, sur "la police avec nous contre le terrorisme", et c'est l'union sacrée à la con, mais te bile pas le pauvre flic en faction peut se faire zigouiller comme n'importe quel civil du Bataclan!

Alexandre Collignon

4 avril 18:40

"Beppe Grillo a encouragé les CRS a rallier le mouvement". Ça fait penser au fameux " CRS avec nous " cher à l'extrême droite... Et aux nuit-deboutants désormais.







Cher Alexandre, toi qui ne fait pas de différence entre un flic qui vote FN ou à gauche, qui dénonces avec fougue les "bras armés de l'Etat", qui disposes d'un "maîtrise en marxisme", qui trouves matière à t'indigner de soudards qui, certes, obéissent aux ordres, en frappant violemment des dizaines de jeunes lycéens (pas les ouvriers), tu ne fais que voir le bâton du CRS et pas le Palais de l'Élysée. Si tu réfléchissais un peu, malgré ton ignorance en histoire, tu te demanderais deux choses: 1. pourquoi cette violence ici et maintenant alors que la gauche bourgeoise nous a accoutumés depuis des années à bichonner avec blouses blanches ses petits étudiants défilant gnangnan? 2. pourquoi les médias ne cessent d'exagérer une mobilisation mollassonne depuis une quinzaine de jours, gonflant les chiffres, zoomant sur la place des nouveaux indignés de la république?


La réponse, cher égorgeur de policier, et théoricien de la terreur rouge: en une telle période de "lois d'exception", on donne assez envie aux prolétaires en général de rester chez eux, de faire confiance à la police pour les protéger des bombes, pour que toute mobilisation "provoquée" se ridiculise en une seule "radicalisation" étudiante et la figuration tranquille des bonzes syndicaux. Ce qui, à l'épuisement, et à force d'enterrements successifs par de gentilles ou méchantes promenades, même brutales, devrait permettre de faire passer une loi bancale, mais sine qua non pour la bourgeoisie et ses délégués politiques. Ceci dit, en réalité cette loi existe déjà dans le privé arbitraire et dans les conditions pour immigrants et migrants ET enfin, il faut le noter, indépendamment du charivari autour de la loi, peut-être réussir à lancer enfin un mouvement bobo indignados en France où en effet le vide politique est désespérant et où la gauche bourgeoise peine à se renouveler.

(...)

si tu lis ma réponse sur PU, tu verras que les corps de police sont numériquement insuffisants en temps de révolution, qu'ils sont facilement dissous si la révolution est en montée, et que je militerai si je suis encore vivant pour en garder les plus honnêtes professionnels plutôt que de confier l'ordre "révolutionnaire" aux criminels des prisons espagnoles relâchés par ces connards d'anarchistes et qui mirent en pratique ton terrorisme révolutionnaire comme hommes des basses œuvres d'une fausse révolution contre des milliers de civils coupables de porter la cravate ou la soutane (et de plus comme exécutants des guépéous espagnols).



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