"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 10 février 2012

A PROPOS DU CRIF et de la « BANQUE JUIVE »


Le pouvoir d’Etat, depuis dix ans qu’on supporte le fou Sarkozy, procède par provocations répétées, dans tous les domaines. Que ce soit face à la classe ouvrière (voir encart ci-contre), sur la négation de l’Histoire comme catégorie indépendante des larbins gouvernementaux affligeants ; le but de ce pouvoir malade est de dissoudre toute approche rationnelle du politique et d’une critique réelle de la politique de domination impavide d’une minorité de profiteurs. Sur la question juive, toujours remise sur le tapis, mais enjolivée sous la religion d’Etat dite « shoah », fabriquée, entre autres, par le pervers Lanzmann, ce pouvoir fait très fort pour redévelopper un antisémitisme généralement latent, avec une brochette de « juifs de cour » dont chacun connaît les noms (et le soutien à Israël), et accessoirement avec la nomination du fils Klarsfeld comme conseiller à l’Elysée. Conseiller de quoi, on ne le saura jamais alors que les électeurs du 12ème n’avaient pas voulu de cet avocaillon. Par ailleurs, la prestation de Sarkozy – et du bébé présidentiel Hollande - à la cantine annuelle du Crif n’a pas plus d’intérêt que les déplacements de ses prédécesseurs pour notre propos ici, où il faut s’efforcer de relativiser ces agapes communautaristes, limitées et aussi courtoises que bourgeoises.

A cet affichage national des « juifs de gouvernement », il faut adjoindre l’intense campagne sur le web ou hors champ médiatique contre la « banque juive » Goldman Sachs, où j’ai dû batailler aussi dur que lors de l’attentat de la rue Copernic face à un antisémitisme politique virulent toujours prêt à renaître même en milieu ouvrier[1] ; et j’ai dû me bagarrer à peu près contre les mêmes conneries qu’au moment de l’attentat Copernic, mais en milieu intellectuel.

Cet antisémitisme n’est nullement bridé par la comédie du pouvoir et ses génuflexions face à la shoah business, même si des intellectuels droitiers sont punis juridiquement pour leurs interprétations simplistes. Cependant, à la fois la menace juridique contre tout quidam des plateaux officiels médiatiques qui se hasarderait à souligner nombre de bizarreries (népotisme, favoritisme, etc.) des divers lobbies et l’impossibilité de débattre réellement de quoi que ce soit face à la morgue étatique, laissent dans l’ombre une véritable misère politique, un antisémitisme interprétatif qui se donne libre cours (et pas seulement dans les jupes du FN), qui se fiche de toutes sanctions « morales », qui demeure une sorte de besace du pauvre et du solitaire. Je ne vais cependant pas me joindre au chœur des moralisateurs hypocrites mais simplement relativiser dans cette première partie, et ensuite simplement joindre un vieil article du Monde, de Marc Roche, qui relativisait lui aussi concernant ladite « banque juive » ; mais ne pouvait pas souligner que (en 2012), comme d’ordinaire, dans les campagnes électorales capitalistes, toute discussion politique réelle est bannie ; sur la crise, ou sur les compétitions de personne, on se contente encore et toujours des boucs émissaires.

Le CRIF gouverne-t-il la France ?

Chaque année, début février, le conseil pas du tout représentatif des juifs en général ni des français en particulier, donne lieu à des agapes où tout le beau monde des politiciens se précipite, en se couvrant au besoin de la kippa (ou vulgaire calotte, bout d’étoffe inventé par les vieux curés au Moyen âge pour masquer leur début de calvitie) ; pour bien assurer qu’elle n’est pas neutre, cette secte n’invite aucun particule de gauche ou gauchiste qui soutiennent la cause nationale palestinienne . Cela sent la réunion d’obligés, des hypocrites de tout bord. Et le secrétaire général de cette étrange institution se permet de distribuer des bons ou mauvais points concernant la politique de l’Etat français. Cela n’a pas plus d’importance qu’un colloque de sociologues. Ce n’est pas l’endroit où le gros des votants puise son inspiration. Cette toute petite officine n’est qu’un des multiples lobbies juifs en France, basé sur un nationalisme israélien sans failles, avec cette perpétuelle arrogance à prétendre parler au nom de tous les citoyens juifs croyants ou pas[2]. On notera seulement en passant, que le blaireau de l’Elysée a voulu fayoter un peu plus cette année en venant parader avec le soldat Shalit et tenir ce discours va-t-en-guerre qui plaît tant à la bourgeoisie US. Il n’y avait pas de quoi être fier. Qu’est-ce qu’on se fout du soldat Shalit ! Pouvait pas rester en Israël celui-là ? Il est allé y faire « son armée » pour combattre surtout les palestiniens. Maintenant c’est la mode, vous pouvez avoir la double nationalité, donc soldat Shalit devrait faire aussi du rab dans l’armée française. On souhaite que le président en faillite, s’il est encore là prochainement, aille parader au sein de l’officine musulmanne, secte du même acabit que le Crif, par exemple avec un ancien soldat musulman libéré des geôles de Guantanamo. Pour faire juste mesure clientéliste communautaire.

Guère de chance qu’en caressant le nationalo-communautarisme juif dans le sens du poil, le blaireau de l’Elysée ne remonte dans ces satanés sondages. Le même jour, un autre curieux apatride s’est illustré en agitant le danger de la « fuite des capitaux ». Tous les chiens de garde de l’Elysée aboient en effet au même moment, sinistrement, au ras de la ceinture comme il est inévitable en pareilles circonstances. Mme Morano s’en est pris au physique d’Eva Joly, rivalisant de bêtise avec F.Copé qui ferait presque regretter le bouledogue Lefebvre. Les noms d’oiseaux fleurissent à l’Assemblée, entraînant de ridicules cris d’Orfraie (le terme nazi faisant curieusement toujours plus d’effet que pute). Chaque toutou rivalise dans l’exagération bruyante pour complaire au maître. Comme on comprend tous ceux qui ont décidé d’éteindre leur télévision pour ne plus entendre ni voir les salamecs invraisemblables de cette minable campagne électorale.

Le vieux sénateur UMP Serge Bloch-Dassault a assuré donc une chose et son contraire mercredi, lors d'une réunion publique au siège de l'UMP (à ne pas confondre avec le crif), que les industriels qui n'avaient pas encore quitté la France malgré la «catastrophe économique» de l'Impôt sur la fortune (ISF) allaient le faire «à cause de Hollande». «L'ISF est une catastrophe économique qui a fait partir des milliers d'industriels (de France (où est le décompte ?). Ils vont essayer de partir maintenant qu'ils ont peur des socialistes» (ils sont partis ou pas ?), a ajouté M. Dassault, lui-même chef d'entreprise d’engins de mort, «Ceux qui restent vont partir à cause de Hollande», a-t-il ajouté, se plaçant ainsi dans la perspective d'une victoire du challenger de son maître à la présidentielle. Ce genre de déclaration dans les années 1930, provoquait la réaction populiste bien sentie : « les industriels juifs n’ont pas de patrie » ; et je me suis fait l’écho modernisé (avec ironie) de cette saillie en ajoutant « sauf Israël et les Etats Unis »[3]. C’est un fait qui est patent, même si l’extrême droite en fait ses gorges chaudes, que le langage de certains lobbyistes juifs ne change pas, reste ambigu, et relève d’un sionisme dépassé qui ne se nomme pas toujours. Sous la défense éhontée des milliardaires en place, on juge tout au prisme d’un nationalisme israélien arriéré qui prétend être le suc de la démocratie représentative, cette religion universelle frauduleuse (Israël a été longtemps glorifié comme la « seule démocratie de la région » !). Plus que le patron de l’armement qui s’est enrichi sur le dos de l’Etat, et qui reste un vassal de l’ordre américain, c’est bien le mépris bourgeois le plus puant qui se lâche : «Qui va faire la croissance ? Qui va faire les emplois ? C'est pas les pauvres... Alors les riches, c'est bien, faut les garder !», a conclu l'élu (parachuté) de l'Essonne. Gaga ou simpliste ? Ou simple aboyeur de son maître qui crache sur les chômeurs dès le lendemain.

Il n’a pas été précisé dans quel ordre protocolaire Dassault avait été invité à la cantine du Crif. Peut-être à côté d’Enrico Macias ? Dans cette confrérie on se fiche des millions d’exploités, et c’est bien le discours de guerre qui tint la vedette. Comme à chacun des discours qu'il a prononcés à la tribune du Crif depuis 2007, ou presque, Sarkozy (loyal valet d’Obama et Merkel) a de nouveau plaidé en faveur d'un durcissement des sanctions envers l'Iran dont les dirigeants proclament vouloir détruire Israël. «L'acquisition de l'arme atomique par l'Iran est inacceptable», a-t-il assuré tout en faisant mine de sermonner Israël contre une possible attaque préventive contre Téhéran. Répondant à Richard Prasquier qui avait parlé dans son discours introductif d'un «antisémitisme incrusté» en France, le président de la République a répondu que «chaque fois qu'un Juif est injurié, ce n'est pas l'affaire des Juifs mais de 65 millions de Français. Ce n'est pas une affaire communautaire, mais une affaire nationale». Après cette phrase sonore, il est allé s’asseoir pour écouter Prasquier. Le président du Crif s'est «inquiété» lui de la crise en Europe, estimant que «les crises ne se limitent pas à l'économie» mais favorisent les «nationalismes» et «réactivent la xénophobie». «Voici revenus les nationalismes autarciques que l'on croyait hors d'âge», s'est exclamé Prasquier. «Ils proposent des explications simplistes et réactivent la xénophobie, a-t-il dénoncé. Le rempart européen ne doit pas se fissurer». Le mur de la honte israélien non plus.

La réunion annuelle du Crif, autant d’importance qu’un thé dansant.

Goldman Sachs, la banque "ennemi public numéro un"

Analyse | | 30.03.10 |

Olusegun Aganga est nommé tsar économique dans le nouveau gouvernement du Nigeria. Des parlementaires italiens se mobilisent pour soutenir la candidature du président de la banque centrale d'Italie, Mario Draghi, à la tête de la Banque centrale européenne. La zone euro s'accorde sur l'aide au malade grec. A première vue, ces trois événements de l'actualité récente ne sont pas liés. Pourtant, il existe un point commun : Goldman Sachs. Les deux premiers intéressés ont appartenu à la hiérarchie de la filiale internationale, basée à Londres, de la banque d'affaires américaine. Et cette dernière a aidé la Grèce à maquiller ses comptes, précipitant la crise de l'euro.

Aux yeux des médias et des hommes politiques européens, Goldman Sachs, à la fois système d'influence et machine de spéculation financière, est plus que jamais l'ennemi public numéro un. Le mea culpa de son chef, Lloyd Blankfein, les millions de dollars offerts pour aider les PME américaines ou la limitation des bonus : rien ne parvient à atténuer cette détestation à l'encontre de l'"affreuse". L'image de la firme est au plus bas au point qu'elle a été obligée d'inclure dans son rapport 2009, publié le 26 février dernier, que la presse constitue désormais "un nouveau facteur de risque" pour ses affaires.

Pourquoi cette haine ? Tout d'abord, avec ce brin de provocation, de distance et d'arrogance qui fait grincer des dents, ce fief singulier de l'argent est sorti plus fort que jamais de la crise financière en dégageant des bénéfices plantureux. On imagine l'effet produit par cette réussite sur le salarié d'en bas victime de récession. Tel un intermittent de la morale en affaires, elle a su tirer profit de la faillite de Lehman Brothers comme du sauvetage de l'assureur AIG. Aussi, son PDG n'a jamais pu trouver les mots pour remercier l'Etat et les contribuables d'outre-Atlantique de l'avoir secourue.

Ensuite, pour ses détracteurs, l'enseigne new-yorkaise est la "face inacceptable du capitalisme". La célèbre définition, naguère appliquée par le conservateur Edward Heath, premier ministre britannique entre 1970 et 1974, au requin des OPA, Tiny Rowlands, lui irait comme un gant. En effet, l'activité historique de conseil aux entreprises cache une vaste machine à spéculer sur tout et n'importe quoi, pour son compte propre comme pour celui de ses clients. Les conflits d'intérêts sont inhérents à ce supermarché de la finance offrant toute la palette des services. Sur de nombreux marchés, la banque est à la fois juge et partie.

Troisième critique, ce pouvoir est basé sur un système d'influence politique sans pareil, aux Etats-Unis comme en Europe. Ce cénacle d'anciens dirigeants - à l'instar d'Olusegun Aganga ou de Mario Draghi - constitue un maillage serré, à la fois souterrain et public, qui n'a cessé de défrayer la chronique depuis la tourmente de l'automne 2008.

Quatrième point noir, Goldman Sachs n'a pas joué le jeu après son introduction en Bourse en 1999. Elle a refusé les impératifs qui en découlent de transparence et de communication aux actionnaires, analystes et médias. L'institution a continué d'agir comme si de rien n'était, dans le plus grand secret comme le partenariat privé d'autrefois. De surcroît, ce symbole de la banque d'investissement pur sucre ne dispose ni d'enseigne ni de guichets avec lesquels le public puisse s'identifier, ce qui renforce les préjugés.

Enfin, cet établissement fondé en 1869 par un instituteur juif bavarois est un brouet qui fleure bon aux nez antisémites. Jusqu'en 1945, il existait une division religieuse à Wall Street entre banques juives et protestantes. De nos jours, Goldman Sachs n'est plus une banque juive au même titre que JPMorgan n'a plus rien de protestant. N'empêche, les blogs anti-Goldman servent un discours fortement teinté d'antijudaïsme.

Et ainsi de suite, pour une suite sans fin. Face à une telle hostilité, les défenseurs de Goldman Sachs ne peuvent que prêcher dans le désert.

Or, au moins trois évidences s'imposent. Primo, pendant la crise, elle a continué à assurer la liquidité des marchés financiers afin d'empêcher leur implosion. Secundo, la Grèce a orchestré ses trucages comptables, pas la banque, même si le 23 février, Gerald Corrigan, président de Goldman Sachs USA, a reconnu que "les normes de transparence auraient dû être meilleures". Enfin, le culte de la méritocratie, la formidable capacité de travail des équipes et la culture collective contrôlant les ego surdimensionnés demeurent des atouts face à la nouvelle donne financière. Goldman Sachs apparaît aujourd'hui enfermée dans un statut d'entreprise bouc émissaire tout-terrain. Comme l'a expliqué l'anthropologue de la violence, René Girard, ce mécanisme victimaire - tous contre un ! - amène la communauté tout entière à se rassembler contre un individu. Dans toute dramaturgie hollywoodienne, il faut qu'un comédien se dévoue pour le rôle du petit génie du mal. Goldman Sachs, à son corps défendant, fait un assez joli Darth Vader, le méchant de La Guerre des étoiles. Si Goldman Sachs n'existait pas, on se le serait inventé. »



[1] Le premier ministre, Raymond Barre, avait choqué le 3 octobre 1980 en balançant une bien lourde bourde sur TF1 : « Cet attentat odieux voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic », lapsus que ses propos du 8 octobre à l'Assemblée nationale, assurant ses « compatriotes juifs » de la « sympathie de l'ensemble de la nation », n'ont pas effacé des mémoires. Peu avant sa mort en août 2007, Raymond Barre a imputé cette campagne de protestations au « lobby juif ». De mauvaises langues ont assurées depuis que si Giscard avait été battu en 1981 c’était parce qu’il avait payé la bourde de Barre ou pas assez visité la cantine du Crif ; ce qui est donner bien plus d’importance à ce machin qu’il n’en a. De Gaulle, Giscard et Mitterrand n’ont jamais caché leur hostilité à certains lobbies qui empiétaient sur leur pré carré (tout en ayant leurs propres « juifs de cour »), mais cela reste off en général pour laisser croire à une « unité morale » des fractions bourgeoises. A l’époque, en milieu ouvrier, je me souviens de confrontations assez pénibles où il fallait supporter les antiennes navrantes : « les juifs mènent le monde », « ils tiennent les banques », « Pompidou était fondé de pouvoir de Rothschild », etc. Sans qu’il soit possible d’en recourir à des arguments… argumentés !

[2] Ou même à se mêler de ce qui ne la regarde pas, comme la polémique comique sur l’éviction de quelques députés juifs dans les marchandages PS-Verts, cf. Libé : « Le Comité représentatif des institutions juives de France (Crif) s'invite de façon inattendue dans la négociation entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts pour la 10ème circonscription de Paris. Dans un éditorial intitulé «Les évincés» et publié sur le site du Crif, son président Richard Prasquier fait une lecture très personnelle de l'identité des élus socialistes amenés à céder leur siège, de plus ou moins bon gré, au profit de leurs alliés écologistes. «L'effet d'affichage des noms des évincés est désastreux», juge-t-il. Et Prasquier d'énumérer que l'accord a «abouti à l'éviction» de Serge Blisko, Tony Dreyfus, Danièle Hoffman-Rispal et Daniel Goldberg. Autant de personnalités «garantes», selon lui, «dans leur histoire assumée personnelle et familiale d'une mémoire des persécutions» (dont les juifs ont été victimes, ndlr). Il poursuit: «Il est tentant de parler d’antisémitisme, certains l’ont déjà fait et je me garderai de les suivre. Je pense que nous n’en sommes pas là.». Le « il est tentant », vaut affirmation, tout en dénégation…

[3] Ce qui m’a valu menaces et insultes de nunuches élevés au biberon de la Shoah, qui, en aboyant eux aussi, défendaient carrément l’appel à la fuite de capitaux par leur héros (ou du moins in memoriam Marcel le père, ex-déporté qui a eu l’immense mérite de développer pendant 50 ans les meilleurs engins de guerre, et ainsi « de donner du travail aux ouvriers » (op.cit.). Sur l’antisémitisme, je renvoie à mes articles contre Thierry Meyssan (concernant l’accession au pouvoir de Sarko), et au vieil article ci-dessus de Marc Roche sur la « banque juive cause de la crise : Lehman Brothers », pardon "Goldman Sachs" qui a fait beaucoup jaser un peu partout, et qui reste d’actualité.

mercredi 8 février 2012

PORTRAIT D’UNE SALOPE : Asma el Assad



Georges Malbrunot écrit : « Asma ne flâne plus au bras de son mari dans les ruelles de la vieille ville de Damas, avant d'aller dîner dans un de ces patios odorants, qui font le charme de la capitale syrienne. Depuis bientôt un an que la révolte secoue son pays, la première dame, vedette des magazines glamour il n'y a pas si longtemps encore avec ses colliers d'agates griffés Chanel, se fait des plus discrètes. Ses proches, au début de l'insurrection, la devinaient perturbée, gênée, sans doute mal à l'aise; elle qui a grandi dans les beaux quartiers de Londres. Comment l'étudiante du Queen's College que ses camarades surnommaient Emma pouvait-elle se taire devant tous ces jeunes, tombés en pleine quête de liberté? Comment la brillante avocate d'affaires pouvait-elle refuser de voir la réalité en face? Au grand dam de ceux qui ont longtemps espéré en elle, Mme Assad, 36 ans, n'est sortie que mardi de son lourd silence. Et encore pas directement, mais par le biais d'un courriel laconique que son bureau a transmis au quotidien britannique Times. «Le président est le président de la Syrie, non d'une faction de Syriens, et la première dame l'appuie dans son rôle.» Fermez le ban. On se croirait à un congrès du vieux parti Baas au pouvoir depuis quarante ans à Damas ».

Malbrunot soupèse des circonstances atténuantes à la péripatéticienne de luxe, lissée en occident, avant de devenir la poule de luxe du génocidaire Assad : « À plusieurs reprises, Asma participe à des réunions aux côtés de femmes venues lui raconter l'horreur de la répression. «Elle sait ce qui se passe», assure une diplomate occidentale, qui se rend fréquemment à Damas. Pourtant, devant ses hôtes, le visage d'Asma ne montre aucun signe de compassion, encore moins de réprobation devant la répression féroce qui s'abat sur les insurgés, y compris à Homs, la ville d'où est originaire son père, le Dr Fawas Akras. Des rumeurs l'ont annoncée en fuite avec ses trois enfants. «Elle n'a pas de marge de manœuvre au sein du système, constate Ignace Leverrier. Elle ne peut ni communiquer, encore moins sortir du pays.» Unie pour le meilleur et pour le pire avec Bachar el-Assad ». Et le peuple syrien, massacré, enfants égorgés, il est uni « pour le meilleur et pour le pire ?

Notons au passage que l’on ne sait jamais ce que deviennent les femmes des dictateurs déchus. Qu’est devenue la poule n°1 du harem à Kadhafi ?

Elle peut raisonnablement finir comme Marie Antoinette. Le temps joue toujours à terme pour la vérité. Quelle que soit l’amplitude des armes russes et chinoises pour massacrer le peuple syrien – et même si une partie des opposants contient encore les tarés islamistes, quand un peuple n'a plus rien à perdre car la vie n'a plus de raison d'être, renverser coût que coûte le tyran est le premier objectif noble, même si nulle révolution n’est à attendre dans ces pays arriérés où le prolétariat est inexistant, ou à peine en formation, ou simple main d’œuvre de réserve pour pays riches. La route est encore longue mais le sanguinaire tyran et sa pute seront massacrés, il est vrai qu'au prix d'énormes sacrifices. Voyez tous ces hypocrites de l’ONU qui se lamentent hypocritement quand les dictatures impérialistes de Chine et de Russie sont totalement complices du massacre inouï, et quand personne en occident n’incendie les ambassades d’Assad. Ces deux monstres de militarisme sont responsables de la durée du bain de sang, car ce n’est qu’un prolongement de leur propre politique : massacres terroristes répétés de Poutine contre sa propre population, massacre des Thibétains et des ouvriers insurgés par l’armée rouge chinoise.

Comme Eva Braun a suivi jusqu'au bout de l'horreur son Führer dans le bunker, celle là sera bien obligée de filer derrière son maître le nouveau fou syrien. On se doit de montrer du doigt ici enfin les chancelleries occidentales, y inclus le blaireau de l’Elysée (« sans surmoi », comme disent les journaleux), honte et déshonneur à tous ceux qui ont reçus en grande pompe la parvenue totalement complice d'un des pires dictateurs sanguinaires de l'histoire de l'humanité. Tout le monde savait parfaitement depuis 40 ans la nature de ce régime criminel, un des plus sanguinaire de l'histoire, cette girafe déglinguée, fils d'un des plus grand bouchers de l'humanité, ne pouvait agir autrement que papa - principal tueur de palestiniens - depuis son accession népotiste en 2001 au sommet de la mafia étatique syrienne !

Le principal bastion de l’ordre régional impérialiste, pisse le sang, et sa playmate rase les murs.

mardi 7 février 2012

LA FOLLE DECLARATION DE SARKOZY


(UNE ELECTION PRESIDENTIELLE QUI VIRE AU VAUDEVILLE)

Le blaireau de l’Elysée se sera fait longtemps désirer comme si ce tempo pouvait lui redonner du tonus dans les sondages de cours d’écoles où il s’enfonce désespérément, irrésistiblement et de plus en plus comiquement. Rien n’y fait. Parodiant l’homme de théâtre Brecht – qui dit que si le peuple ne s’exprimait pas bien il suffisait de le dissoudre, les services de sa majesté déclinante Sarko Ier, avaient décidé dimanche dernier d’éliminer la mère Le Pen de l’équation ; ravis de leur trouvaille, les petites mains des bureaucrates zélés crurent que par leur prestidigitation poussive, leur maître pouvait caracoler fifty-fifty à 33% avec Hollande. Recette pourrie, aussitôt démentie par les sondages voisins, sans compter qu’éliminer le FN des élections affaiblirait plus encore la tricherie représentative. Certains vraiment affolés, espèrent que Bayrou ne les laissera pas tomber. Puis il y a toujours Guéant pour aboyer contre la gauche « arrogante » et « angélique » (pour le voile musulmaniaque, c’est bin vrai), puis mamie Merckel qu’est venue à Paris apporter son épaule ronde et son bras en pleine croissance à un Sarkozy en petite forme, qui faisait vraiment bambin à côté (il a dû avouer qu’il ne prenait pas complètement modèle sur sa mamie) ; et pouf pouf y a des grands à la récré qu’ont été lui dire cruellement : « t’es pas cap de te défendre tout seul, t’as eu besoin d’aller chercher ta tata ! ». Rôôôô la honteueueue… Que n’aura-t-il pas tenté pour conserver la place ? Monter une claque avec des ouvriers figurants ? Il ne fait pas rire cette classe sociale avec son nouveau slogan « travailler moins pour gagner moins » !

Les « ouvriers » que l’ont présente comme une simple couche électorale (sous couverts des termes « classes populaires »), qui étaient sensés être devenus simples électeurs « racistes » du FN, sont soudain doués de conscience sociale face à l’arrogant prince qui gouverne sans plus de perruque, si l’on en croit un sondage bc bg :

« Entre Nicolas Sarkozy et les «classes populaires», la rupture semble bel et bien consommée. Selon le sondage Viavoice pour Libération (fondé sur un échantillon de population disant avoir le sentiment d’appartenir aux classes populaires), le chef de l’Etat arrive en troisième position des souhaits de victoire à la présidentielle pour cette catégorie sociale. Loin derrière François Hollande et François Bayrou (respectivement 47% et 31%). Ils ne sont que 23% parmi les plus modestes à souhaiter le succès de Sarkozy. Un résultat nettement plus faible que pour l’ensemble des Français, qui sont 30% à espérer la victoire du «président sortant». «Il y a un décrochage très net de Nicolas Sarkozy parmi ces classes populaires, commente François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice. Il apparaît comme le président des riches, et il a désormais un grand déficit de crédibilité.» Reste qu’au-delà de cette rupture l’enquête Viavoice montre qu’il est inexact de croire que les catégories modestes soutiennent massivement l’extrême droite. Marine Le Pen recueille 19% de souhaits de victoire (contre 15% pour l’ensemble des Français) devant Jean-Luc Mélenchon à 17% (contre 15% pour l’ensemble). De la même façon, il apparaît que les thèmes de la «sécurité» et de «l’immigration», généralement présentés comme des préoccupations prioritaires des couches populaires, sont loin d’être leurs principaux centres d’intérêt. Leur souci essentiel reste le chômage (71%) devant le pouvoir d’achat (48%) et la santé (28%). L’insécurité vient ensuite, avec 22%, à égalité des préoccupations concernant les déficits publics et la protection sociale ».

Et ces « classes populaires », aussi évoluées ne voteront-elles pas par conséquent pour la gauche … hollandaise (pardon aux maximalistes qui me liront) ? Maintenant que l’élite rose jasmin flatte un ouvrier français moins raciste qu’inquiet, il pourrait en effet délaisser l’affreuse fille Le Pen et le paltoquet de l’Elysée pour permettre à une autre fournée élitaire, mais de l’alternance, pour s’en mettre plein les poches et jeter quelques pièces à la bande à Mélanchon et au cartel écolo-bobo. On effleure les enjeux de changement de portefeuilles étatiques et personnels, nullement question ici de programme de société ou d’inquiéter les riches bourgeois et les marchés gangstéristes.

La personnalisation domine toujours la psychologie politique qui fait florès dans les têtes, mais le sourire pour gazette, les aboiements quotidiens des chiens de garde, rien n’accroche plus, tout s’effondre un peu plus chaque jour. Même ses principaux larbins du Figaro en viennent à rejoindre les rieurs concernant la déclaration si peu attendue de l’impétrant :

Le choix de la date de déclaration de candidature n'est toutefois pas aussi aisé qu'il y paraît : « Le calendrier des prochaines semaines est plein de chausse-trappes pour un candidat à la présidentielle, qui sait que chaque détail de sa déclaration sera scruté, pesé, analysé, commenté. Or, dans les prochains jours, ce sont les saints du calendrier qui pourraient compliquer la donne. La semaine du 20 février est, en la matière, un champ de mines. Sarkozy peut difficilement se déclarer le 21 février, jour de Mardi-gras, traditionnellement dévolu au carnaval: ce serait la porte ouverte à tous les sarcasmes. Le lendemain, 22 février, est le mercredi des Cendres, jour d'entrée dans le temps du Carême: une déclaration de candidature à la présidentielle ce jour-là serait jugée trop «bling bling» par les catholiques (électorat naturel de l'UMP), qui lui en voudraient. Le jeudi 23? La Saint-Lazare, le ressuscité le plus célèbre de l'Évangile. Touché par le Christ, Lazare se leva du tombeau. Même si Nicolas Sarkozy est devancé par François Hollande dans les sondages, l'image serait douteuse. Le lendemain, le 24 février, c'est la Saint Modeste: pour Sarkozy, qui veut trancher avec le slogan hollandais de «président normal», ce n'est pas idéal non plus. Quant au premier jour de la semaine, le 20 février, c'est le jour de Saint-Aimée: un choix qui pourrait être perçu comme le signe d'un excès de confiance. «Nous avons évidemment regardé tout cela de très près», admet un conseiller. «Dans une déclaration de candidature, tout compte», ajoute un autre. La semaine prochaine offre plus de possibilités, même si deux jours apparaissent proscrits: le 14, jour de la Saint-Valentin: trop mièvre. Et le 15, jour de la Saint Claude. Après la sortie polémique du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, sur les civilisations qui ne se «valent pas» et les critiques de la gauche, qui reproche au chef de l'État de s'appuyer sur le premier flic de France pour séduire une partie du FN, une entrée en campagne le jour de la Saint Claude susciterait, là encore, les sarcasmes de l'opposition. Reste trois jours neutres: le lundi 13 (Sainte Béatrice), le vendredi 17 (Saint Alexis) et le jeudi 16, jour de la Sainte Julienne. Pour mémoire, Julienne, en italien, se dit Giuliana, de la même famille que... Giulia. Sarkozy choisira-t-il de dédier son entrée en campagne à sa fille de quatre mois? ».

Laissons-nous aller, plutôt que d’en rester à la moquerie superstitieuse du journaliste du Figaro, à une analogie avec l’admirable pièce politique de Beaumarchais.

La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro ? comédie en cinq actes de Beaumarchais, fût écrite en 1778. Sa première représentation officielle eut lieu le 27 avril 1784 au théâtre de l'Odéon, après plusieurs années de censure. Chef-d’œuvre du théâtre français et international, la pièce a toujours été considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse, comme l’un des signes avant-coureurs de la Révolution française.

Figaro (Fillon), entré au service du comte Almaviva (Sarkozy), doit être fiancé à Suzanne (Angela Merkel), première camériste de la comtesse. Mais le comte, qui commence à s’ennuyer avec son épouse, est à la recherche d’aventures galantes. Attiré par Suzanne (Angela), il envisage de restaurer le droit de cuissage du seigneur (le droit du seigneur), qui lui permet de goûter aux charmes de toute jeune mariée avant que le mari ait pu en profiter. Aidé par le peu scrupuleux Bazile (Guéant), le comte fait à Suzanne des avances de plus en plus claires, qui entraînent celle-ci à tout révéler à Figaro (Fillon) et à la Comtesse (Carla Bruni). Le comte doit alors faire face à une coalition qui finira par triompher de lui. Ridiculisé lors d’un rendez-vous galant qui était en fait un piège, il se jette à genoux devant son épouse et lui demande pardon devant tout le village rassemblé, tandis que Figaro (Fillon est remplacé au dernier moment dans le casting par Hollande) se marie enfin avec Suzanne. L’intrigue est enrichie par l’intervention de plusieurs autres personnages, notamment Chérubin (Alain Minc), jeune page follement amoureux de la Comtesse, qui vole le ruban de la Comtesse et fait partie d'un entretien entre Suzanne et le Comte, mais aussi de Suzanne et de Fanchette (BHL). Pour continuer les permutations amoureuses, Marceline (Geneviève de Fontenay) aime Figaro et vient exiger auprès du comte qu'il se marie avec elle (ce qui deviendra impossible lorsqu’on apprendra, à l’acte III, qu’elle est la mère naturelle de Figaro !).

L’un des moments forts de la pièce est le monologue de Figaro (acte V, scène 3), d'ailleurs le plus long de l'Histoire du Théâtre français, dont un passage qui résume à merveille les griefs accumulés contre la noblesse (actualisez SVP), incarnée par le comte Almaviva, quelques années avant la Révolution :

« Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !...

Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier !

Qu’avez-vous fait pour tant de biens ?

Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus... ».

Et aussi :

  • « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »
  • « L’usage est souvent un abus »
  • « Médiocre et rampant l’on arrive à tout »
  • « En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez.
  • « Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort »
  • « Recevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots. »