"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 3 mars 2011

Réponse de la FGCI à Klasbatalo (Canada)

Je me plie à la demande suivante des camarades de Klasbatalo, mais ça me fait chier, j'ai pas envie de répondre aux mêmes salades éculées sur le culte de l'organisation léniniste transcendante et inoxydable, j'ai pas envie de répondre à des zigotos qui n'ont même pas pris le temps de lire le texte qui leur était soumis et qui récitent la leçon du vieux Chirik par coeur depuis 20 ans, mais qui sont incapables de répondre à ce très intéressant texte de Klasbatalo (reproduit plus bas sur ce blog):

"Comme tu l'as peut-être constaté, la FGCI a répondu à notre "contribution" en janvier dernier. Bien que nous ne soyons pas forcément en accord avec l'ensemble de leur critique qui ne semble pas, de toute façon, répondre à notre texte en soi (elle nous accuse de conseillisme par la bande - ce que nous ne sommes pas), nous pensons que cette critique s'inscrit dans un processus de débat que nous espérons voir porter un peu plus en avant. Aussi, nous nous demandions, puisque tu as déjà publié notre "contribution" sur ton blog avec tes commentaires critiques, si c'était possible pour toi d'y mettre la critique de la FGCI avec encore une fois tes propres commentaires si tu juges le tout pertinent; comme ton blog est plus lu et connu que le nôtre.

http://fractioncommuniste.org/fra/bci04/bci04_4.php

Quoiqu'il en soit camarade, reçois nos salutations les plus fraternelles,

A. pour les communistes internationalistes - Klasbatalo!
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Je me plie car je ne trouve pas grand intérêt au rabâchage bien connu des deux ou trois membres de la robuste Fraction de la gauche communiste internationale, qui a déjà scissionné de la fraction externe. La plupart des dites fractions ou groupes sont ridiculement réduits à deux ou trois individus et parlent comme s'ils étaient le parti mondial. La réponse de deux zèbres de ladite FGCI est encore plus ridicule que les sermons de la secte CCI:
1. Ils défendent cette secte comme les trotskiens défendaient le parti stalinien jusqu'à ce qu'il les fusille; et le CCI n'est pas la IIIe Internationale dégénérée, il est dégénéré tout seul.
2. Ils accusent Controverses de vouloir liquider les 3 principales organisations du milieu maximaliste, pas besoin de Controverses elles se sont liquidées elles-mêmes;
3. Le plus grand danger c'est le conseillisme, non c'est ma grand-mère! Ces vieux fossiles du CCI des années 1980 rabâchent une vieille analyse, qui reste valable, mais qui n'est pas première aujourd'hui, y a plus urgent quand le prolétariat ne bouge pas son cul contre les principales attaques et est incapable de faire montre de solidarité de classe; on se fiche des intellectuels anti-parti et des mannes de Lénine et Chirik.
Des remarques du couple arrogant FGCI (elfe j'ai failli!) sont bien sûr bonnes. Controverses c'est rien qu'un cénacle mondain mais ils n'ont tué aucun bordiguiste ni violé une vieille militante du CCI. Ils ont le droit de vivre et j'ai le droit de les ignorer. La défense masochiste de groupes inexistants à chaque événement du monde depuis des années (et je peste assez contre cette mollesse, sauf le PCI qui fait un effort pour agir vite dans les moments graves) est aussi inutile que nos deux FGCI sont invisibles, impossibles à contacter, incapables de discuter avec un sectarisme puant de marxistes bègues. C'est bien de faire le malin derrière son clavier, mais ça n'intéresse personne, et la défense prodomo du CCI et de la TCI c'est du bla-bla, ces deux sectes ne sont plus que de cercles d'incapables, invisibles aux aussi. Nos deux FGCI (voire trois, avec un membre du comité central + un de la base + une sympathisante)zigaguent avec des machins morts,un coup ils veulent faire le regroupement dans ce fantôme de Damen, et maintenant "autour"? Ils tournent pas rond quoi! La TCI ex-Battaglia (tendance communiste internationale, tendance de quoi, de qui?) c'est quoi, c'est qui, ça a scissionné sans qu'on sache pourquoi, qui et qui et qui et quoi. Le CCI c'est pareil, en plus obscur, au point que des militants en rupture de la CNT sont venus me demander "comment ça se passe là-dedans). C'est fini depuis Blanqui les orgas clandestines, partis autoproclamés, ou alors c'est louche. On peut pas faire confiance à des types qui restent cachés derrière un appareil hiérarchisé ou leur moustache, derrière un site ou derrière un bla-bla éculé sur un courant dit gauche communiste qui ne signifie plus que militants à la dérive, haines recuites, surdités, refus de l'altérité. Toutes les leçons n'ont pas été perdues de ce malheureux courant maximaliste mais les unités dispersées ne se retrouveront jamais, le prolétariat aurait bien aimé, mais il s'en passera. Le cours de l'histoire continu sans les vieux débris petits bourgeois. Et moi, chers camarades canadiens, je réponds une chose à vos donneurs de leçon: le parti n'apparait jamais avant les révolutions, vous mentez et continuez à mentir, bande de has been. Il apparaît, de toute façon après, il ne sera ni le produit du CCI ni des conseillistes. Heureusement.
JLR

PS: après une visite sur le site de TCI, le groupe autour duquel nos donneurs de leçon veulent qu'on fasse la danse du ventre, y a rien, rien de rien, pas un mot sur les soulèvements qui secouent le croissant arabe depuis deux mois! Hé camarade, leur dirons-nous, réveillez-vous on a renversé l'Etat capitaliste, pouvez-vous nous donner vos bons conseils marxistes pour avancer plus vite vers l'idéal communiste.IL y en a bien un qui répondra: fallait nous faire sonner le réveil plus tôt!

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REPONSE AU TEXTE DES COMMUNISTES INTERNATIONALISTES-KLASBATALO
SUR LEUR CONTRIBUTION A UN ETAT DE LA GAUCHE COMMUNISTE


par La Fraction de la Gauche Communiste Internationale (FGCI)

"Jung et une foule d'autres ne se laisseront jamais convaincre qu'il existe une différence de principe entre nous et Ruge, ils s'en tiennent à l'opinion qu'il s'agit uniquement de chamaillerie personnelle. Quand on leur dit que Ruge n'est pas un communiste, ils ne veulent pas le croire et manifestent leur regret de voir rejetée inconsidérément une « autorité littéraire » comme Ruge !" (Lettre d'Engels à Marx, 19 novembre 1844).

Depuis nos premiers contacts avec les camarades des Communistes Internationalistes-Klasbatalo (ex-CIM), nous n'avons eu de cesse de débattre et d'essayer de clarifier la question des forces communistes de notre époque, de ce que nous appelons le camp prolétarien, ou encore le milieu politique prolétarien. La contribution des camarades vient marquer une étape importante de notre discussion. Elle est d'autant plus importante qu'en soulignant les insuffisances actuelles des principaux groupes de la Gauche communiste - leur incapacité à assumer de manière active et décidée leur rôle de pôle de regroupement du fait du poids du sectarisme et de l'opportunisme politiques -, elle vient interpeller ceux-ci d'une part et qu'elle se fait indirectement l'écho, en s'interrogeant, des tendances croissantes au rejet et à la liquidation de ces groupes.

Alors que la crise ouverte du capital et les réactions ouvrières qu'elle provoque, annoncent l'ouverture d'un processus vers des confrontations de classes décisives, frontales et massives, l'état de dispersion et de faiblesse du camp politique prolétarien - qui devrait tendre à se renforcer et à regrouper autour de lui, autour de ses positions et orientations politiques - favorise au contraire les tendances anti-organisation de type conseilliste et anarchisante. Au point qu'aujourd'hui toute une mouvance - bien souvent constituée d'ex-militants du CCI "déçus" renforcés par des éléments anarchisants - vient militer, directement ou indirectement, explicitement ou implicitement, pour la liquidation et la disparition des principales organisations du camp prolétarien.

Déjà en avril 2009, le groupe Perspectives internationalistes avait appelé à un rassemblement des "pro-révolutionnaires" que, pour notre part, nous avions rejeté notamment pour son ignorance, c'est-à-dire en fait pour son rejet, des principales organisations de la Gauche communiste et pour sa tonalité anarchisante (cf. Notre réponse à l'Appel au milieu pro-révolutionnaire dans le bulletin 47 de la Fraction interne du CCI). Depuis, cette dynamique au rejet des principales organisations du camp prolétarien s'est accentuée ; en particulier du fait du renfort que lui apportent nombre d'anciens "adorateurs déçus" tels ceux qui se retrouvent au sein du Forum de la Gauche communiste. Ceux-ci ont adhéré dès leur sortie (volontaire) du CCI à "l'Appel de PI" et sont devenus les plus actifs pourfendeurs des organisations présentes de la Gauche communiste au point d'en prôner la disparition (cf. Controverses 3, Il est minuit dans la Gauche Communiste1). Nous avons rejeté et combattu cette thèse destructrice et liquidatrice dans le bulletin 2 de la FGCI, dans le texte Le camp prolétarien a-t-il définitivement fait faillite ?
Peut-on concilier l'inconciliable ?

Dans leur contribution, se basant sur les deux textes, les camarades du CIK "se sont donnés, ils le déclarent d'entrée, pour mandat de répondre aux deux groupes en tentant (...) de les concilier" bien que "ces deux positions semblent irréconciliables". Leur contribution souffre fortement de cette volonté de "synthèse" et de "conciliation". Se basant sur leur bonne volonté de concilier l'inconciliable, le texte des camarades est amené à des contradictions flagrantes et, du coup, à des concessions politiques dangereuses qui s'expriment dans des erreurs politiques particulièrement dangereuses. Pour résumer de manière sommaire leur contribution, les CIK semblent d'une part critiquer l'article de Controverses - qui "se veut implicitement un appel à saborder les trois principales organisations actuelles de la Gauche communiste" - tout en appuyant son argumentaire basé sur Marx et Engels : "C'est effectivement comment Marx et Engels voyaient la mise sur pied et la disparition des organisations politiques dont se dotait le prolétariat. (...) Aussi comme le souligne bien Controverses (...) après le reflux du cours des luttes, lire de l'épuisement du prolétariat écrasé le plus souvent par sa défaite, l'organisation tend à chercher une légitimité à la préservation de son existence. Elle tend alors à s'enfoncer dans des analyses particulières qui la divisent sur des questions de second ordre". Et les camarades des CIK, c'est une de leur qualité, de dire tout haut à qui ils pensent, et surtout à qui pense si fort Controverses : "On peut facilement faire un parallèle à cet effet avec le CCI qui semble s'être profondément enfoncé dans la paranoïa et l'autisme organisationnel au cours des dernières décennies"2 (nous soulignons).

En fait, tout en critiquant Controverses pour son rejet de toute continuité historique, d'assumer face au prolétariat et au milieu communiste, sa propre histoire et ses propres responsabilités - ses militants ont une histoire dont ils sont redevables -, les camarades des CIK reprennent les arguments les plus erronés de Controverses qui mènent à l'adoption d'une vision anti-parti de type conseilliste. La première erreur, peut-être la moins importante, est celle d'un CCI, et de groupes de la Gauche qui auraient faillite depuis 30 ans. La deuxième est que toute organisation, quelle que soit la période historique, le cours du rapport de forces entre les classes, quelles que soient les circonstances, et quelle que soit l'organisation - parti, fraction, groupe, cercle... -est inévitablement amenée à dégénérer en suivant mécaniquement, inéluctablement, le reflux des luttes - ce qui mène à l'abandon de tout combat de fraction3. Enfin, Marx et Engels seraient les premiers porteurs de cette vision qui auraient été ensuite reprise par Bilan et même par la Gauche communiste de France dont le CCI est issu. Rien n'est plus faux !

Dans leur volonté de concilier l'inconciliable, les camarades sont amenés à commettre deux types d'erreurs : les premières appartiennent à ce que nous qualifierons comme des malentendus ou des confusions politiques ; les secondes sont des erreurs politiques.
Les malentendus

Les principaux "malentendus" touchent à deux questions : le "regroupement" et la "discussion".

Lorsque notre fraction, comme elle l'a toujours fait, appelle au "regroupement" des forces de la Gauche communiste autour d'un "pôle de regroupement", elle ne réduit en aucune manière ce processus à une simple et immédiate adhésion à ce "pôle". Cette "simple et immédiate adhésion" ne peut signifier que l'élimination complète des divergences existantes et donc l'affirmation d'un accord quasi-total avec les positions de l'organisation-pôle. Cette vision du regroupement - qui malheureusement prévaut aujourd'hui, notamment chez les organisations issues de la Gauche communiste - est non seulement erronée mais surtout en rupture avec la tradition et la pratique historiques du véritable mouvement communiste. Ce sont cette tradition et cette pratique que nous nous évertuons à défendre et qui sont à l'opposé du sectarisme ambiant actuel, qui est marqué par la défense exclusive de "sa petite chapelle" et par le rejet des autres tendances politiques. Si on ne prend référence que sur ce qui prévalait dans la période de la fin des années 1920 et des années 1930, pourtant marquée par la contre-révolution et une classe ouvrière profondément défaite, il apparaît clairement que, malgré ces conditions particulièrement défavorables, les courants et organisations de l'Opposition internationale et surtout de la Gauche communiste (italienne, germano-hollandaise et autres) ont multiplié (parce qu'ils en ressentaient la responsabilité historique et qu'ils en avaient la volonté politique) les tentatives de regroupement de leurs forces. Ces tentatives se basaient, bien sûr, sur un certain nombre de positions fondamentales communes mais elles n'impliquaient, en aucune manière, que les divergences devaient être laissées à la porte ou mises sous la table, pour en faire partie. Elles se manifestaient par des liens directs et fréquents, par la tenue de réunions et même de conférences internationales, parfois aussi par la mise en place de structures organisationnelles communes (Secrétariats ou Bureaux internationaux...) et par l'édition de bulletins "de discussion" ou "d'information" internationaux ; et cela même si leur fusion dans une seule et même organisation ne se faisait pas.

De la même manière que ces nombreuses organisations ont cherché à se regrouper tout en mettant en avant leurs différences et en les confrontant, quand nous parlons de la TCI (ex-BIPR) comme "pôle de regroupement" digne de ce nom aujourd'hui, cela n'implique pas, à nos yeux et au vu de la tradition communiste, la nécessité absolue de se regrouper en son sein mais, tout au moins, autour d'elle, cette organisation étant au centre du processus de regroupement. C'est dans ce sens qu'à notre avis la TCI doit assumer cette responsabilité qui lui échoit aujourd'hui et que, pour l'instant, elle est seule capable d'assumer. Contrairement à ce qu'écrivent les CIK, ce n'est pas nous qui octroyons "immédiatement le « contrat » du pôle de regroupement à la Tendance Communiste Internationaliste". Mais c'est son lien "organique", à savoir son lien historique avec les organisations du passé, c'est aussi son lien théorique par sa fidélité au marxisme et son lien politique par la revendication de la continuité programmatique du mouvement ouvrier, et organisationnelle par la capacité d'intervention internationale - la presse en particulier - dans le prolétariat et en direction des autres minorités révolutionnaires ; et c'est enfin la profonde faiblesse actuelle des autres organisations qui pouvaient prétendre jouer ce rôle de "pôle de regroupement".

Malheureusement, il nous faut reconnaitre que la TCI possède aussi une faiblesse importante à ce niveau - et qu'elle partage avec toutes les autres organisations de la Gauche communiste actuelles -, faiblesse qui trouve sa source dans le poids de la contre-révolution et de la rupture organique. Celle-ci s'exprime notamment au travers d'une tendance à une vision monolithique et erronée de l'avant-garde politique du prolétariat et a du mal à concevoir l'existence de positions différentes en son sein (inévitable reflet de l'hétérogénéité qui existe au sein même de la classe). C'est de cette confrontation entre des positions différentes et même divergentes que se fait le développement de la conscience de classe et que peut surgir le processus de regroupement et d'unification des forces communistes. Il n'y a pas de regroupement et de formation d'une avant-garde conséquente et unie du prolétariat si ses différences sont ignorées ou refusées.

Critiquant notre "anathème" contre la démarche de Controverses, les CIK affirment à leur tour que "le temps est à la discussion, à l'ouverture des débats, aux critiques dures, certes, mais fraternelles" - ce avec quoi tout le monde se déclarera en accord. Mais, les camarades doivent se rendre compte qu'il y a discussion et discussion - ou plutôt débat politique et discutaillerie. Dans le cas qui nous occupe ici, la discussion ne peut avoir de sens que si elle vise à la clarification politique en vue du regroupement des véritables forces communistes. Elle ne peut donc participer à la clarification politique qu'à la condition de se situer dans le cadre programmatique et politique de la Gauche communiste. Tout autre cadre de "discussion" ne peut au mieux que correspondre à une dérive dans l'impuissance, dans la participation à la dispersion et à la confusion politiques ; au pire, en s'appuyant sur un autre type de préoccupations (remise en cause du marxisme, révision voire rejet de l'expérience historique de notre classe), elle tend en général à s'éloigner du camp du prolétariat.

"Nous nous sommes unis en vertu d'une décision librement consentie, précisément afin de combattre l'ennemi et de ne pas donner dans le marais d'à côté, dont les hôtes, dès le début, nous ont blâmés d'avoir formé un groupe à part et préféré la voie de la lutte à la voie de la conciliation. Et certains d'entre nous de crier : Allons dans ce marais ! Et lorsqu'on leur en fait honte, ils répliquent :Quels gens arriérés vous êtes ! N'êtes-vous pas honteux de nous dénier la liberté de vous inviter à suivre une voie meilleure ! Oh ! Oui, Messieurs, vous êtes libres non seulement d'inviter, mais d'aller où bon vous semble, fût-ce dans le marais (...). Mais alors lâchez-nous la main, ne vous accrochez pas à nous et ne souillez pas le grand mot de liberté, parce que nous aussi, nous sommes « libres » d'aller où bon nous semble, libres de combattre aussi bien le marais que ceux qui s'y acheminent !" (Lénine, Que faire ?).
Pour notre part, et loin d'une supposée "rigidité" qui nous opposerait à la volonté de "discussion (soi-disant) ouverte" revendiquée par les uns et les autres, nous n'avons eu de cesse, depuis notre constitution comme fraction au sein du CCI, de susciter, soulever et participer à des "débats" qui comportent des enjeux politiques réels, c'est-à-dire qu'au-delà des combats politiques que nous menons contre l'influence de l'idéologie bourgeoise au sein de notre classe (poids du conseillisme, de l'anarchisme, du démocratisme, de l'individualisme...), nous privilégions les débats avec et autour des principales organisations du camp politique prolétarien, en référence avec ces pôles historiques, et cela afin de favoriser au maximum le processus de regroupement et de clarification politiques, dans la perspective de la constitution du parti4.
Les erreurs politiques

Contrairement à la thèse conseilliste que reprennent les camarades des CIK lorsqu'ils s'appuient sur les arguments de Controverses, l'existence des organisations politiques du prolétariat est une nécessité permanente aussi bien dans la période d'ascendance du capitalisme que dans sa période historique de déclin ; et aussi bien dans les périodes de flux que dans les périodes de reflux de la lutte du prolétariat. Cette nécessité permanente est confirmée, vérifiée, par le combat permanent des communistes, à commencer par Marx et Engels - contrairement ce que reprennent les CIK -, pour la construction, le développement, la défense et même le maintien des organisations existantes. Loin d'être du "fétichisme organisationnel", ce combat permanent pour l'existence de l'organisation communiste comme expression la plus avancée de la conscience de classe est d'abord et avant tout un combat politique de confrontation et de clarification politiques qui est fait de regroupements, de ruptures, de scissions, et même de disparitions d'organisations. Il s'agit du combat pour l'homogénéité et l'unité politiques des avant-gardes politiques du prolétariat. Par contre, la fonction et la réalité formelle de ces organisations révolutionnaires sont, elles, dépendantes des périodes historiques : organisations de masse dans la période d'ascendance du capitalisme, organisations minoritaires dans sa décadence ; forme parti dans les périodes de développement massif des luttes du prolétariat et forme "fraction" dans les périodes de reflux5.

Il convient donc de tordre le cou à cette thèse conseilliste selon laquelle les organisations communistes naissent et disparaissent mécaniquement en fonction du développement et du reflux de la lutte des classes. Dire que telle fut la compréhension et la pratique de Marx et Engels, puis dans leur foulée de toute l'histoire du mouvement communiste, est une falsification de l'histoire.
Marx-Engels, la Ligue des communiste et la 1° Internationale

Nous ne pouvons revenir ici en détail sur les conditions de la dissolution de la Ligue des communistes (1852) et de la 1° Internationale (1872-1874). La thèse souvent avancée par les militants qui tournent le dos à la nécessité de l'organisation et du parti est que Marx et Engels auraient délibérément dissous ces organisations afin de se dédier aux études théoriques face au reflux de la lutte des classes. Et ils en profitent pour faire un parallèle avec leur situation d'aujourd'hui.
Ce parallèle est déjà particulièrement fallacieux dans la mesure où les périodes historiques sont complètement différentes. A l'époque de la Ligue et de l'AIT, le capitalisme était en pleine ascendance et les conditions de la lutte des classes bien différentes de celles qui prévalent suite à la 1° Guerre mondiale et à la vague révolutionnaire qui la suit. Même, les conditions qui prévalent entre la Ligue et l'AIT sont elles-aussi bien différentes : la première se trouve confrontée au fait que le prolétariat commence à peine à se constituer comme classe, qu'il est une classe en formation. Cela détermine la forme et l'action même de la Ligue en comparaison de l'AIT. "Le mouvement international du prolétariat américain et européen est à cette heure [1890] devenu tellement puissant que non seulement sa forme première et étroite - la Ligue secrète - mais encore sa seconde forme, infiniment plus vaste -- l'Association publique internationale des travailleurs -- lui est devenue une entrave, et que le simple sentiment de solidarité, fondé sur l'intelligence d'une même situation de classe, suffit à créer et à maintenir, parmi les travailleurs de tout pays et de toute langue, un seul et même grand parti du prolétariat" (Engels, 1890, Quelques mots sur l'histoire de la Ligue des communistes).
Mais surtout, la dissolution de la Ligue ne fait qu'entériner une situation de fait, à savoir l'éclatement réel de la Ligue au sein de laquelle il n'y a plus aucune unité politique : "Bref, la réserve que nous préconisions n'était pas du goût de ces gens ; il fallait essayer de déclencher des révolutions ; nous nous y refusâmes de la façon la plus absolue. La scission se produisit comme on le verra dans les Révélations" (idem, nous soulignons).

Le caractère fallacieux d'un supposé "détournement" de Marx et Engels de l'activité de parti est encore plus manifeste avec l'exemple de la dissolution de la 1° Internationale. Là non plus, nous ne pouvons revenir en détail. Néanmoins, la dissolution effective de l'Internationale a lieu en 18746. Loin de se détourner de toute tâche de "regroupement", de parti, Marx et Engels, qui ont essayé de préserver l'organisation en en déplaçant le centre à New-York, n'ont de cesse, dans les années qui suivent, de favoriser et d'intervenir dans la formation du parti allemand au point de poser, dès... 1875, leurs conditions politiques pour pouvoir y adhérer7. La légende d'un Marx se retirant pour la réflexion théorique n'est qu'une déformation de la réalité historique.

Derrière cette "interprétation" de l'histoire, repose une vision politique qui oppose la réflexion et l'approfondissement théorico-politique aux "luttes de parti", c'est-à-dire aux débats, discussions, confrontations de positions, y inclus ce que l'on traite de « chamailleries » de fraction. Or, l'expérience du mouvement ouvrier montre au contraire que ce n'est pas la réflexion "pure", débarrassée des contingences immédiates, qui est la plus favorable aux avancées théoriques et politiques, mais bel et bien les confrontations et polémiques de parti. N'est-ce pas là justement l'histoire des fractions ?
L'histoire des fractions

Nous ne revenons pas non plus ici sur l'histoire et le rôle des fractions - Lénine, Rosa Luxemburg, Pannekoek, etc... - dans la 2° Internationale que le texte des camarades laisse de côté. Pourtant cette histoire est justement le combat pour l'organisation et sa défense contre l'opportunisme et le révisionnisme.

Est tout aussi fallacieuse que la référence à Marx et Engels celle à Bilan, pour justifier la dissolution des organisations politiques prolétariennes. Certes, les CIK ne s'y réfèrent pas. Néanmoins, et dans la mesure où ils s'appuient sur ce que disent les responsables de Controverses - qui prennent l'exemple de Bilan après celui de Marx et Engels, pour justifier leur propre éloignement des « chamailleries » et liquider les organisations actuelles -, nous entendons y répondre ici. Bilan, c'est-à-dire la Gauche italienne en exil en France et en Belgique, est issu du Comité d'Entente (1925) qui est le premier regroupement interne au Parti communiste italien pour s'opposer à la bolchévisation du parti, laquelle marque la prise du pouvoir de l'opportunisme au sein du parti et de l'Internationale. Loin de s'éloigner des « chamailleries » de parti pour se dédier à "tirer le bilan" théorico-politique" de l'expérience révolutionnaire, la Gauche italienne combat pied à pied dans le parti - malgré les exclusions - au point de présenter des Thèses au congrès de Lyon en 1926. Mieux même, et au moins certains militants de Controverses devraient s'en souvenir8, les membres de la Fraction continuaient à essayer d'intervenir malgré les risques physiques dans les réunions des PC stalinisés dans les années 1930.

Ces déformations de la réalité historique ont des implications politiques très concrètes et surtout très dangereuses. Certes, les CIK9 dans leur texte expriment surtout des contradictions qui révèlent leur hésitation entre deux chemins opposés et leur volonté insensée de les concilier, ce qui les conduit aux erreurs historiques et politiques et à une position centriste dans le moment présent du combat pour le parti. Mais le texte de Controverses duquel ils reprennent les arguments est beaucoup plus conséquent, comme l'ont clairement relevé (et critiqué) les CIK eux-mêmes. Effectivement, les conséquences et implications politiques de ce texte est d'appeler "à saborder les trois principales organisations actuelles de la Gauche communiste". Il est clair que, pour notre part, nous ferons tout ce qui est notre possible, pour défendre et sauver ces organisations. Deux lignes, deux perspectives diamétralement opposées, l'une excluant l'autre. A ce titre, nous entendons combattre le texte de Controverses.
Controverses appelle à la liquidation des organisations du camp prolétarien

Selon Controverses, "assurément, il est minuit dans le siècle de la Gauche communiste car cela fait maintenant trois décennies que ce courant est traversé par une crise politique et organisationnelle très profonde". Ce constat serait dû au décalage entre la réalité des luttes, particulièrement dans les années 1980, et une vision trop optimiste de celles-ci, en particulier avec l'analyse du CCI d'alors sur "les années 1980, années de vérité". Ce qui est vrai pour le CCI le serait aussi pour le PCI "bordiguiste" qui voyait la révolution en 1975. Relevons déjà en passant que cet argument, la critique de l'analyse du CCI sur les années 1980, a surtout été utilisé par le... BIPR qui ne partageait pas du tout cette analyse. Il faudra donc que Controverses trouve une autre explication pour appeler à la dissolution du BIPR.
Mais surtout, ce constat - erroné et extrêmement dangereux politiquement, nous y revenons - s'appuie sur le supposé sabordage par Marx et Engels de la Ligue des communistes et de la 1° Internationale que nous avons déjà abordée plus haut10. Nous aurions beaucoup à dire aussi sur les raccourcis, et même sur l'utilisation des citations de Marx et Engels, du texte de Controverses afin de montrer que le maintien en vie des organisations du prolétariat dans les périodes de recul des luttes ne peut que les mener à la dégénérescence. Le texte ne fait aucune distinction ni entre les périodes historiques, ni entre les différentes formes d'organisation du prolétariat. Mais surtout, il ignore complètement les luttes politiques qui ont accompagné ces processus de dégénérescence, en particulier le combat des fractions contre ces processus. Il n'évoque que des "petites minorités entre deux vagues de lutte" dont la fonction aurait été limité au seul lien entre l'ancienne et la nouvelle organisation. Il nous suffira de relever le passage suivant pour rejeter comme typique du conseillisme, du rejet de l'organisation et du parti, la démarche actuelle de Controverses : "L'histoire a systématiquement démontré que, fondamentalement, ces dernières [les "expressions politiques organisées"] surgissent tout naturellement au cours des phases d'effervescence sociale et se disloquent lors des périodes de reflux". Plus conseilliste, tu meurs ! Nous ne développons pas plus ici car l'objet de notre critique du texte porte sur un autre aspect, plus immédiat, à savoir sur son objectif politique réel. Non seulement le texte appelle à la liquidation, au sabordage estiment les camarades des CIK, des organisations du camp prolétarien telles qu'elles existent aujourd'hui, mais pire encore il appelle à liquider tout leur héritage théorique, politique et organisationnel.

Revenons donc à la citation qui prétend qu'"il est minuit dans le siècle de la Gauche communiste". Toute une série de constats vient à l'appui de l'affirmation. Certains sont justes tels celui qui soulignent l'incapacité "à instaurer un espace commun de débat". Mais la plupart sont faux et portent en eux une remise en cause de la Gauche communiste. En effet, la thèse est que la Gauche communiste est en crise et n'a plus rien "produit" depuis la fin des années 1970 du fait qu'elle aurait surestimée la réalité de la lutte des classes dans les années 1980.

"L'infléchissement à la baisse du nombre et de l'ampleur des luttes dans l'ensemble de la classe ouvrière dès le milieu des années 1970, et leur recul généralisé dès le début des années 80, seront à l'origine d'un décalage croissant au sein de ce courant : décalage entre une réalité objective marquée par ce reflux et un discours subjectif qui le nie (...). Au lieu de comprendre cet infléchissement et ce recul généralisé des luttes en adaptant leurs orientations et mode d'organisation comme Marx et Engels nous l'avaient appris, les principaux groupes de la Gauche communiste vont persister dans leurs erreurs d'orientation".

A l'appui de cette thèse, surgie de nulle part, en tout cas que ces camarades sortent de leur chapeau aujourd'hui, blancs comme neige, alors même qu'ils ont participé à élaborer et défendre ces analyses durant presque trois décennies, vient d'abord l'argument du nombre de grève et de grévistes. Mais cela sans aucune référence explicite à un quelconque conflit, à une quelconque lutte !

Pas un mot sur la lutte des mineurs en Grande-Bretagne, pas un mot sur les luttes des COBAS en Italie, rien sur les grèves sauvages de cheminots en France et en Belgique, rien non plus sur les luttes dans les services publics, la sidérurgie dans différents pays, en particulier européens. Et surtout rien sur la grève de masse en Pologne ! Toutes ces expériences ouvrières n'ont pas existé selon Controverses. Alors effectivement, si l'on nie ces expériences - auxquelles ces camarades ont pour la plupart directement participé comme militants du CCI -, il est difficile de prendre en considération les avancées de la conscience de classe dans la classe, c'est-à-dire dans les grandes masses ouvrières, que ces expériences ont permises : la remise en cause des syndicats au point que les ouvriers en lutte, s'organisaient, ou tendaient à s'organiser, de manière autonome en coordinations ou COBAS ; l'expérience de la confrontation au syndicalisme de base dans ces organes qui visait à détruire de l'intérieur ces tentatives d'organisation ; la question de l'extension de la lutte et du nécessaire affrontement aux syndicats, c'est-à-dire le combat pour la direction politique des luttes par les assemblées, le combat pour disputer aux syndicats l'organisation et la direction des manifestations de rue ; la question de la généralisation internationale des luttes ouvrières, et combien d'autres expériences encore et leçons politiques tel que le rejet des partis de gauche, et particulièrement des partis staliniens...

Nous laisserons aussi de côté ici l'affirmation que les groupes n'ont "plus connu de processus de regroupement (...) comme durant les années 1970". La constitution du BIPR n'est-elle pas un regroupement ? La constitution des sections du CCI en Suède et au Mexique ne font-elles pas partie d'un processus de regroupement ?...
Défendre le CCI contre les attaques de Controverses

Si l'on nie toute l'expérience des années 1980, alors effectivement les avancées théoriques et politiques que les organisations communistes ont accompli n'ont pas non plus existé (le lecteur nous pardonnera de nous référer presque uniquement aux avancées de notre organisation, le CCI). Il suffit pourtant de prendre les Revue internationale du CCI des années 1980, de lire leur sommaire, pour voir à quel point cette organisation s'est prononcée, a clarifié, approfondi, s'est réappropriée aussi des questions théoriques et politiques. Citons juste quelques unes en lien direct avec la réalité de la lutte des classes des années 1980 : sur le parti (parmi d'autres :Sur le parti et ses rapports avec la classe, 1983) ; l'indispensable rôle actif, "partie-prenante" disions-nous, des organisations communistes dans les luttes, leur rôle de direction politique, et donc leur présence au premier rang de l'affrontement aux syndicats et gauchistes (cf. une grande partie des éditoriaux de la revue tout au long de ces années) ; la distinction conscience de classe et conscience dans la classe ; Les conditions historiques de la généralisation de la lutte de la classe ouvrière (1981) et le processus de la grève de masse ; le cours historique ; mais aussi, la "critique de la théorie du maillon faible" qui définissait le rôle historique central du prolétariat d'Europe occidentale (Le prolétariat d'Europe occidentale au centre de la généralisation de la lutte de classe, 1982) en opposition à la position du BIPR de l'époque sur la question (cf. ses Thèses sur les tactiques communistes dans les pays de la périphérie capitaliste) ; le fonctionnement des organisations révolutionnaires ; l'opportunisme et le centrisme dans la période de décadence (1986) ; la lutte contre le modernisme et le conseillisme ; la défense de la théorie de la décadence : Comprendre la décadence du capitalisme (1987) ; la défense des fractions dans l'histoire du mouvement ouvrier ; la guerre impérialiste et l'alternative guerre ou révolution ; la Guerre, militarisme et blocs impérialistes dans la décadence du capitalisme (1988) ; sur le jeu politique de la bourgeoisie face au prolétariat, Machiavélisme, conscience et unité de la bourgeoisie, etc...

Nous sommes sûrs de pouvoir trouver, peut-être à un degré moindre, tout une série de textes produits par le BIPR et même parmi les groupes bordiguistes qui ont survécu, qui participent tous de cet approfondissement et de ces avancées théoriques et politiques tout au long de ces années.

Ce que nous propose donc aujourd'hui Controverses, c'est d'ignorer tout cela, de faire comme si cela n'avait pas existé. Il s'agit là de la vieille rengaine "moderniste", sous une couverture plus soignée, qui prétend rejeter les apports des organisations du mouvement ouvrier et s'inscrire dans l'innovant. Alors, à l'image de tous ceux qui pataugent dans le milieu conseilliste d'aujourd'hui, et particulièrement autour de Perspective internationaliste, les camarades de Controverses affirment leur volonté de discuter avec tout le monde, loin des « chamailleries », c'est-à-dire aussi sans compte à rendre à qui que ce soit, "librement", c'est-à-dire sans référence aux débats du passé, sans référence aux principaux "fournisseurs" d'avancées théoriques et politiques de nos jours, à savoir les organisations du camp prolétarien - que l'on soit d'accord ou pas avec les positions développées ne change rien à la méthode. Bref, ils veulent bien discuter de tout sauf de ce qui... fâche : les divergences politiques réelles et les prises de position qui engagent.

S'il ne s'agissait que de cela, ce ne serait pas trop grave. Mais il y a pire. Profitant du sectarisme et des faiblesses politiques des principales organisations de la Gauche communiste, Controverses et la mouvance qui s'agglutine actuellement autour de cette revue semblent offrir une alternative à ses faiblesses auprès des éléments dispersés et isolés qui se rapprochent de la Gauche communiste et qui sont désemparés face à sa situation. Elle les mène à l'impasse et à la négation de la Gauche communiste réelle, celle qui existe aujourd'hui et autour de laquelle il faut se regrouper malgré ses faiblesses. La responsabilité première n'en revient pas à Controverses, mais bel et bien à la dérive opportuniste gravissime du CCI et aux hésitations et manque d'assurance, pour ne pas dire tendance au sectarisme, de la Tendance communiste internationaliste.

Néanmoins le combat politique contre la fausse alternative que proposent les camarades de Controverses, c'est-à-dire le combat politique contre le danger du conseillisme - surtout aujourd'hui que le CCI tire un trait d'égalité entre la Gauche communiste et l'anarchisme -, n'en reste pas moins nécessaire. Voilà comment nous avions averti ces camarades et l'ensemble du camp contre leur démarche dès leurs premières apparitions et publication publiques :

"Enfin, un petit commentaire rapide sur le Forum pour la Gauche communiste internationaliste : il s'agit donc, apparemment, de militants ayant quitté dernièrement le CCI. Nous avons pris connaissance du premier numéro de Controverses. Et disons-le sans fard, cette première lecture indique que ces camarades semblent vouloir prendre un chemin qui ne peut que les mener à la confusion politique et à la remise en cause des acquis du CCI et de la Gauche communiste. Déjà, en terme de méthode : ils ne disent pas quel a été leur parcours politique, ce qui les a amené à rompre avec le Courant et donc ne semblent pas vouloir s'inscrire dans la revendication, critique, d'une continuité théorique, politique et organisationnelle. Conséquence politique immédiate de ce rejet de tout cadre théorico-politique impératif et contraignant lié à leur histoire : d'une part, ils ne s'engagent pas dans un combat au sein du CCI pour défendre leurs positions et assumer leur opposition à la politique actuelle, et d'autre part ils se sont jetés avec un enthousiasme sans fondement, autre que la bonne volonté s'exprimant dans le désir de "surmonter tous [les] legs du passé", à savoir la dispersion, les profondes divergences et les "blessures douloureuses [des] avant-gardes du prolétariat", sur l'Appel de PI au point d'en être devenus le principal et zélé propagandiste en Europe. Ils sont donc "libres" de toute continuité et de toute référence. La conséquence la plus évidente et la plus immédiate de cette "liberté" recherchée d'avec leur propre passé politique, se retrouve par exemple dans le texte sur la situation internationale de leur revue, Tendances et paradoxes de la scène internationale. Ce texte, sans aucune référence aux analyses et positions développées par les principaux groupes communistes, sans aucune référence même au CCI et à ses positions opportunistes en la matière, est incapable de dégager une quelconque perspective pour le monde capitaliste et se refuse à prendre position sur les principales questions théoriques et politiques qui se posent aux révolutionnaires : est-ce que l'alternative historique posée par le marxisme, guerre ou révolution, reste valable ? Est-ce que le monde capitaliste s'oriente vers un renforcement des contradictions entre les plus grandes puissances impérialistes dont la dynamique propre ne peut déboucher que sur une troisième guerre mondiale généralisée ? Est-ce que la guerre impérialiste reste une question centrale à laquelle est confronté le prolétariat international ? Tout en reprenant une vision s'apparentant à celle de la théorie de la décomposition du CCI actuel, l'article n'en dit pas un mot. Nous aurions d'autres critiques, tant sur la méthode et la démarche des camarades donc, qui ne peuvent, selon nous, que les mener à s'éloigner, à quitter, le terrain du marxisme et du combat politique communiste, que sur des prises de position qui en découlent, mais tout cela mériterait une critique plus élaborée de notre part que nous ne pouvons accomplir ici. Néanmoins, il nous semblait impossible d'ignorer l'apparition de ce Forum et de ne pas en informer nos lecteurs et le camp prolétarien" (Bulletin 47 de la Fraction interne du CCI, Présentation sur l"Appel au milieu pro-révolutionnaire » Nous soulignons aujourd'hui).

Malheureusement, notre prédiction était largement en deçà de ce que ce groupe a développé depuis. Aujourd'hui, les camarades de Controverses en arrivent à appeler presque ouvertement au sabordage du CCI et de la TCI et surtout à l'oubli, l'ignorance, bref à la liquidation, des débats et des avancées théoriques et politiques de trois décennies !

Nous disons aux CIK, que même si nous maintiendrons avec les membres de Controverses une attitude fraternelle, nous voyons mal comment nous pourrons sur cette base, dans ce cadre, mener des discussions réelles, "positives", avec toute cette mouvance conseilliste. Nous ne pouvons que la combattre comme nous avons combattu l'Appel au milieu "pro-révolutionnaire" de Perspective internationaliste. Nous espérons que, contrairement à Jung, ils "se laisseront (...) convaincre qu'il existe une différence de principe entre nous et" les camarades de Controverses, qu'ils ne s'en tiendront pas "à l'opinion qu'il s'agit uniquement de chamaillerie personnelle" pour paraphraser Marx cité au début de ce texte.
Le cours historique actuel et le danger du conseillisme

"Nous pensons que le conseillisme constitue le plus grand danger pour le milieu révolutionnaire dès aujourd'hui, et bien plus que le substitutionnisme [les visions du parti défendues en particulier par le courant "bordiguiste"], il deviendra un très grand péril pour l'intervention du parti dans les luttes révolutionnaires futures. (...) Si le substitutionnisme constitue un danger surtout en période de recul dans la vague révolutionnaire, le conseillisme est un danger bien plus redoutable, surtout dans la période de montée de la vague révolutionnaire" (Revue internationale 40 du CCI, 1985, Le danger du conseillisme11).

Les CIK citent un texte d'Internationalisme (GCF) de 1947 - rédigé par le camarade MC - pour appui à leur avis selon lequel il convient d'ouvrir la discussion et les débats à tous les éléments et groupes qui prétendent se revendiquer de la Gauche communiste, indépendamment de leur dynamique et de leur histoire. Il s'agit là, selon nous, d'une erreur dangereuse. D'une part, nous ne pouvons mettre sur le même plan les groupes historiques et les groupes et éléments isolés qui cherchent à se regrouper - à se réfèrer - autour d'eux d'une part et, d'autre part, les groupes et individus qui rejettent ces organisations, le cadre historique et collectif qu'elles portent, et qui appellent même à leur disparition - Controverses exprimant tout haut, c'est son mérite, ce que les autres pensent et souhaitent tout bas. D'autre part, et du fait même des faiblesses - le sectarisme en particulier - des groupes historiques qui structurent le camp prolétarien, ou milieu politique prolétarien, "ouvrir la discussion à toutes les bonnes volontés", c'est-à-dire sans méthode et exclusive, signifie concrètement aujourd'hui, dans la réalité, plonger dans le milieu anti-parti, dans le marais dont le groupe conseilliste Perspective internationaliste est l'expression la plus caricaturale.

Le texte d'Internationalisme cité, rappelons-le en passant, n'appelle pas à la dissolution des groupes révolutionnaires face à la pire des situations contre-révolutionnaires. Mais surtout, la période de contre-révolution extrême dans laquelle il se situe, et ses conséquences sur l'activité des groupes communistes, ne peut être comparée à celle d'aujourd'hui. Malheureusement, les CIK ne prennent pas en compte - c'est un débat que nous avons à ce jour à peine abordé avec les camarades malgré, pour le moins, des incompréhensions sinon des divergences - la réalité du cours historique actuel de la lutte des classes. Si on peut "comprendre", sans les partager, les hésitations que des camarades pouvaient avoir il y a quelques années encore pour reconnaître l'existence d'une dynamique historique vers des confrontations de classes décisives, l'explosion de la crise et les réactions ouvrières croissantes et massives sur tous les continents sont depuis lors venues largement confirmer la réalité d'un cours historique vers des confrontations massives de classes. Et c'est justement le moment où on nous invite à dissoudre les organisations de la Gauche communiste et à faire table rase de leurs expériences ! Au moment même où le prolétariat en lutte va de plus en plus avoir besoin, un besoin crucial, de ses expressions les plus avancées, les plus hautes, les plus conséquentes, de sa propre conscience de classe, on nous demande de les détruire !

Paraphrasant la citation, nous sommes en droit de demander aux camarades si "les conditions et les facteurs qui ont déterminé la plus profonde défaite du prolétariat et la nuit historique de la période présente [celle de 1947] dans laquelle a sombré le mouvement ouvrier révolutionnaire ne sont [elles pas] épuisées" depuis lors ? N'y-a-t-il eu aucune "modification du cours avant la généralisation de la prochaine guerre impérialiste" que la GCF voyait comme imminente ? Surtout depuis l'éclatement de la crise ouverte et les réactions ouvrières internationales qui se font jour maintenant. En conséquence, "les révolutionnaires [d'aujourd'hui en 2010] ne peuvent [-ils] prétendre exercer une influence directe et efficace sur les événements" ? N'être que "des îlots, des hommes allant consciemment et volontairement contre le courant (...) forcément isolés des grandes masses du prolétariat" [nous soulignons] ?

Pris par leur désir centriste de concilier les thèses de Controverses et les nôtres, entre l'appel explicite à la liquidation des organisations communistes d'aujourd'hui et l'appel à les défendre et les renforcer, les camarades finissent par dénaturer le sens politique du texte d'Internationalisme et à concéder finalement que les groupes communistes d'aujourd'hui ont commis l'erreur de "s'évertuer à subsister". Nous avons vu que l'explication des conseillistes à propos de ce qu'ils appellent la "faillite" du camp prolétarien, de ce que nous considérons comme les faiblesses et insuffisances de ce camp, ne tient pas la route et porte en elle, dans un premier temps, l'abandon de l'expérience et des acquis politiques de décennies et in fine l'abandon du cadre politique, théorique, programmatique et organisationnel de la Gauche communiste.

Nous avons aussi vu que le soit-disant recul des luttes dans les années 1980 était inexistant - même s'il y a eu des avancées et des reculs durant cette période bien évidemment - et qu'il ne pouvait donc expliquer le pourquoi des difficultés du camp prolétarien aujourd'hui. D'autant qu'il n'y a pas de lien mécanique entre les aléas du développement de la lutte des classes et le développement des organisations communistes - des périodes de recul pouvant très bien correspondre à des moments de renforcement politique et même numérique des organisations.

Les faiblesses du camp prolétarien sont à la fois beaucoup plus profondes, plus "historiques", et en même temps la situation historique actuelle favorise leur dépassement. Appeler à la dissolution des groupes communistes d'aujourd'hui alors que la situation est au développement massif des luttes ouvrières n'en est que plus stupide et dangereux. En effet, les difficultés des forces communistes sont de trois ordres :

- elles continuent à souffrir, comme la classe ouvrière dans son ensemble, du poids de la contre-révolution, en particulier du stalinisme. Jamais dans son histoire auparavant, le prolétariat n'avait subi une période aussi longue, 50 ans, de contre-révolution. Une des expressions principales du poids de celle-ci sur le prolétariat et ses minorités d'avant-garde est justement la crainte du "politique", la sous-estimation et le rejet du rôle actif, dirigeant, des organisations communistes et de la conscience de classe, le rejet de l'affrontement politique avec les forces du capital et tout particulièrement avec son État. Bref, une des expressions du poids négatif de la contre-révolution est justement le conseillisme sous toutes ses variantes ;

- elles souffrent aussi, autre conséquence de la contre-révolution, de la rupture organique d'avec les organisations précédentes. Jamais la classe ouvrière et ses minorités politiques n'avaient connu une coupure aussi nette et aussi longue avec les organisation du passé. Les liens qui subsistent encore aujourd'hui sont si ténus, si minces - seuls le PCInt-Battaglia comunista et les PCInt "bordiguistes" peuvent formellement en revendiquer12 - qu'il faut prendre en compte qu'il y a eu une véritable rupture de la continuité organique13 ;

- enfin, le renforcement de la bourgeoisie au niveau de ses armes anti-prolétariennes, surtout aux plans idéologique et politique qu'elle a su développer dans la période de décadence. Le développement du capitalisme d'État ne touche pas qu'au plan économique. Ce sont tous les secteurs de la société que l'État capitaliste s'est ingénié à occuper et à absorber. Les conséquences pour les conditions de vie et de lutte du prolétariat en sont d'importance : il n'y a plus de possibilité de vie politique permanente - Bourse du travail, syndicats de masse, partis de masse, etc... - pour le prolétariat et l'État capitaliste fait tout pour éliminer et faire taire toute expression qui lui soit opposée par sa main-mise sur tous les rouages de la société - nous ne pouvons développer ici - et tout particulièrement sur les petites organisations communistes.

Et pourtant, cette situation ne doit pas nous inviter à baisser les bras. Au contraire, à l'opposé des conseillistes, les communistes s'accrochent d'autant plus à la question de l'organisation politique du fait que l'État capitaliste est devenu totalitaire comme jamais. Autant la pression sur les groupes communistes est énorme, autant nous devons nous accrocher à ceux-ci. Si nous attendons que le prolétariat fasse surgir spontanément, mécaniquement, du développement de sa lutte, les organisations communistes et le parti, alors nous nous retrouverons à coup sûr dans la situation du type de l'Allemagne en 1918. Et même en pire. Alors, nous le savons, c'est la défaite assurée. Comme nous l'avions déjà dit, entre Berlin 1918 et Petrograd 1917, nous choisissons sans aucune hésitation 1917.

Aussi petits soient les petits groupes communistes, et quelle que soient leurs faiblesses, ils sont le lien indispensable qu'il faut maintenir à tout prix afin de pouvoir doter le prolétariat au plus vite de sa principale arme : l'expression organisée et la plus haute de sa conscience de classe, le parti communiste. Ils sont le dernier fil qui nous relie à ce passé si précieux et certains veulent nous le couper ! C'est criminel. Qu'ils ne s'étonnent pas de nous trouver à les combattre de toutes nos forces.

Décembre-janvier 2010-2011

La Fraction de la Gauche communiste internationale.

Notes :

1. http://www.leftcommunism.org/spip.php?article169

2. Ou encore : "Cependant, avec Controverse, nous pensons qu'une organisation s'évertuant à subsister malgré un cours historique défavorable, qui ne produit plus de luttes à fort contenu théorique, risque considérablement de ne plus se comporter (...) en tant qu'organisation révolutionnaire et risque plutôt, dans cette période, de se comporter telle une pathétique secte d'élus"

3. Ce que le texte de Controverses appelle « chamaillerie ».

4. Quelle autre expression de refus du débat, de la discussion, et donc expression de sectarisme réel, que l'ignorance systématique des prises de position officielles des autres groupes communistes, tout particulièrement le silence sur leur congrès et autres réunions générales ? Pour notre part, nous avons pris position sur pratiquement tous les congrès que le CCI a tenus depuis 2001 tout comme nous l'avons fait sur la conférence du BIPR en 2008.

5. Le lecteur nous pardonnera la forme rapide et simple sous laquelle nous présentons à très grands traits les différentes formes que prennent, plus exactement sont contraintes de prendre, les organisations communistes selon les périodes. Il nous pardonnera aussi de ne pas développer ici les différences de fonction entre les formes parti et fraction. Il pourra toujours se référer aux textes sur le sujet que notre Revue internationale du CCI a pu publier tout au long des années 1970-1990.

6. "Par ton départ [celui de Sorge en aout 1874 du Conseil général de l'Internationale], la vieille Internationale a complètement cessé d'exister" (Engels à Sorge, septembre 1874).

7. cf. Lettre d'Engels à Bebel, mars 1875 : "Marx et moi ne consentirions jamais à adhérer à un parti nouveau édifié sur cette base".

8. Le camarade MC aimait à raconter aux jeunes militants que nous étions alors, comment les membres de la Fraction italienne s'organisaient "physiquement"pour pouvoir intervenir dans les réunions publiques des staliniens malgré les coups et les agressions, certains parfois y allant même avec un pistolet dans la poche.

9. Sans doute est-il plus juste à ce jour de parler du texte des camarades que des CIK eux-mêmes dans la mesure où, jusqu'à présent, ils s'étaient inscrits résolument dans le combat pour le parti et avaient rejeté les approches conseillistes au point de rejeter l'Appel au milieu pro-révolutionnaire de Perspective internationaliste.

10. De ce point de vue, le lecteur nous pardonnera cette parenthèse, il est, pour nous, pour le moins cocasse de relever que des militants, ceux de Controverses, viennent aujourd'hui sans aucune explication sur leur position et pratique passées prôner la dissolution de l'organisation au moindre coup de vent contraire venu. En effet, n'ont-ils pas participé à notre exclusion du CCI en 2001-2002, pour certains d'entre eux au premier rang, au nom de la « défense de l'organisation », c'est-à-dire qu'ils étaient embourbés dans le fétichisme d'organisation ? Alors même que nous leur affirmions que l'unité politique de l'organisation n'était plus. Il n'y a là qu'une contradiction apparente. En fait, que ce soit hier ou aujourd'hui, il s'agit, chez eux, de la même démarche et de la même erreur : un profond rejet (ou, au mieux, une incompréhension) du cadre collectif, des organisations politiques du prolétariat, comme lieu privilégié et indispensable, et même comme lieu unique dans la période actuelle pouvons-nous avancer, de la réflexion et de l'action communistes, des débats réels et des confrontations réelles de positions, des combats et de l'affrontement des oppositions. Le rejet "fétichisé" de l'organisation qui est le produit bien souvent d'une conception individualiste du militantisme, voire de la déception face au caractère collectif et anonyme de l'engagement et des luttes politiques dans l'organisation communiste, n'est que le calque inversé, sinon le résultat direct, du fétichisme de l'organisation qui, lui aussi, s'accompagne tout aussi souvent d'une conception tout aussi individualiste que la première, du rapport du militant à l'organisation - en particulier d'une vision mystifiée et "sacrificielle" de l'engagement communiste que nous avions qualifiée dans le CCI de "militantisme intégral".

11. http://fr.internationalism.org/rinte40/conseil.htm. Pour notre part, nous continuons à nous revendiquer de la position que le CCI avait définie alors sur le danger du conseillisme. Qu'en disent le CCI d'aujourd'hui et les membres de Controverses ?

12. Encore que leur refus, ou réticences, de se revendiquer de la Fraction italienne en exil (Bilan), seule continuité organique alors avec le PC d'Italie, en atténue encore plus la réalité.

13. Nous ne pouvons ici revenir sur les conséquences négatives profondes de cette rupture organique. Mentionnons parmi celles-ci le sectarisme qui n'avait jamais autant sévi au point que les communistes d'aujourd'hui sont incapables à ce jour de reprendre les traditions passées dans les relations entre groupes et courants, au point qu'ils s'ignorent et se décrètent "l'axe, ou la colonne vertébrale, du futur parti"

Les dessous secrets de l’amitié entre l’Italie et Kadhafi


Les dessous secrets de l’amitié entre l’Italie et Kadhafi
Eric Jozsef


L’Italie aurait soutenu militairement le colonel Kadhafi contre l’Angleterre et la France en 1969. (AFP)

Révélations sur les liens entre la Libye et la Péninsule dans les années 1970, ou sur le rôle de la France dans la mystérieuse disparition d’un avion civil au-dessus d’Ustica en 1980, alors qu’elle tentait d’abattre l’avion du colonel Kadhafi: «Intrigue internationale» du juge Rosario Priore revient sur les années de plomb italiennes dans un ouvrage qui ouvre de nombreuses pistes sur les conflits larvés autour de la Méditerranée entre les puissances de l’Europe
Il a été le juge d’instruction de l’attentat commis, en 1981, par le Turc Ali Agça contre Jean-Paul II. Le magistrat chargé, trois ans plus tôt, de l’enlèvement et de l’assassinat par les Brigades rouges du leader de la Démocratie Chrétienne Aldo Moro. Vingt ans après la fin des «années de plomb» qui ont ensanglanté l’Italie, Rosario Priore a décidé d’évoquer «les vérités qui, selon lui, n’ont jamais pu être dites». Dans un livre d’entretiens avec le journaliste Giovanni Fasanella intitulé «Intrigo Internazionale» (Intrigue Internationale, ed. Chiare Lettere), l’ancien juge analyse sous un angle plus large la vague terroriste qui a submergé la péninsule à partir de la bombe de piazza Fontana à Milan, en 1969, qui fit seize morts et enclencha une escalade dans la répression policière et les violences des groupes armés. Pour Rosario Priore, la matrice interne du terrorisme reste indéniable. Mais elle doit être replacée dans un contexte international de guerre froide mais aussi de conflits larvés autour de la Méditerranée et du Proche-Orient entre les puissances de l’Europe occidentale. «Nous avons été en guerre sans le savoir» estime Priore, «l’hégémonie sur la Méditerranée et le contrôle des sources énergétiques nous ont placés en collision avec l’axe franco-anglais qui n’a pas supporté notre rapport privilégié avec la Libye». En clair, derrière l’unité de façade contre le péril soviétique, les pays de l’Ouest ainsi qu’Israël se seraient livrés à des affrontements armés notamment à travers l’instrumentalisation de groupes terroristes lesquels auraient été également infiltrés par les services du bloc soviétique. Pour montrer la complexité du jeu international, le juge indique par exemple que dans les années soixante-dix, Moscou voyait d’un très mauvais œil l’évolution dans un sens philo-occidental du secrétaire du Parti communiste italien Enrico Berlinguer et que ses agents auraient même tenté de l’assassiner en 1973 lors d’un voyage en Bulgarie. Il révèle aussi que l’Italie, située au carrefour des rapports Est-Ouest mais aussi Nord-Sud, avait passé un accord dénommé «pacte Moro» avec les groupes palestiniens pour qu’ils puissent transiter et passer des armes sans être inquiétés dans la péninsule, en échange de l’engagement à ne pas accomplir d’attentats sur le sol italien. Le pacte aurait tenu jusqu’à la mort d’Aldo Moro, exécuté par les Brigades rouges qui selon le juge auraient d’ailleurs bénéficié, pour l’opération contre le responsable démocrate chrétien, du soutien logistique et direct de la Stasi est-allemande.

Rosario Priore ouvre ainsi de nombreuses pistes dont certaines ne pourront être complétées et confirmées que par l’ouverture des archives des différents pays concernés. Il n’en reste pas moins que le livre met en avant des scénarios inquiétants, notamment en ce qui concerne les rapports avec la Libye du colonel Kadhafi. L’Italie aurait soutenu militairement ce dernier contre l’Angleterre et la France, allant jusqu’à fournir des chars pour une parade militaire, en 1969, à Tripoli mais aussi des experts durant la guerre au Tchad. En réaction la France aurait tenté, selon Rosario Priore, en 1980, d’abattre l’avion du leader libyen dans les cieux italiens touchant par erreur, au-dessus d’Ustica, un avion civil avec à son bord 81 personnes. L’ancien président de la République italienne Francesco Cosssiga a récemment affirmé que «les Français étaient responsables de la tragédie d’Ustica». Son successeur, l’actuel chef de l’Etat Giorgio Napolitano a quant à lui parlé, à ce propos, «d’intrigues internationales».
(et c’est comme ça que vous saurez tout en lisant mon prochain ouvrage :
LES AVATARS DU TERRORISME, nouvelles réflexions sur la violence !)
A lire aussi en attendant : Choc et Simulacre » par un collectif européen d'auteurs, présenté par Michel Drac.

lundi 28 février 2011

Communiqué du PCI sur la Libye (4ème)

Le cannibalisme du régime de Tripoli montre le vrai visage d’un régime prétendument socialiste, mais soutenu par les impérialismes européens !


Après les révoltes de Tunisie et d’Egypte dont la force a fait sauter les gouvernements liés aux familles de Ben Ali et de Moubarak, c’est maintenant le tour de la Libye et du système de gouvernement centré autour de la famille Kadhafi et des tribus qui le soutiennent. Par rapport aux autres pays, il y a une différence: la révolte des masses s’est transformée en Libye en révolte armée; des détachements de l’armée, de l’aviation, de la marine ont refusé de bombarder la population et il semble que certains soient passés du côté des révoltés; Kadhafi et ses acolytes ne peuvent compter que sur les militaires des tribus de Tripolitaine et sur ses mercenaires africains et balkaniques pour réprimer le soulèvement populaire.
Mais aucun des gouvernements de ces pays n’aurait pu durer si longtemps – Ben Ali, plus de vingt ans, Moubarak plus de trente, Kadhafi plus de quarante – sans l’appui, le soutien et la reconnaissance internationale accordés par les grandes puissances impérialistes : les Etats-Unis d’abord en tant que première puissance mondiale, puis la Grande-Bretagne, la France et l’Italie, en tant qu’anciens colonisateurs de la région, sans oublier l’URSS qui, en concurrence avec les impérialismes occidentaux, s’efforçait de pénétrer dans la région. Les heurts diplomatiques qui ont fait monter la tension entre les Etats, tantôt dans un pays tantôt dans un autre se traduisant parfois en actions militaires (comme en Egypte en 1956, en Libye au début des années 80, sans parler des guerres du Golfe ou des guerres arabo-israéliennes), sont la conséquence normale de la rivalité inévitable entre puissances capitalistes ; lorsque celle-ci arrive à son point de rupture, la guerre économique et commerciale se transforme en guerre tout court.

Cependant le cadre général ne change pas ; et pour les pays impérialistes, avoir des régimes autoritaires, surtout dans les régions où la décolonisation pouvait déboucher sur une instabilité politique et sociale, était le «prix à payer» pour assurer le bon fonctionnement de l’économie mondiale et la rentrée des profits capitalistes ! En outre si Moubarak a servi à l’impérialisme occidental pour tenir en bride les prolétaires palestiniens grâce à ses bonnes relations avec Israël, Kadhafi a été utilisé pour contrôler les flux migratoires des masses africaines vers l’Europe. C’est ainsi que le récent accord (2008) entre le premier ministre italien Berlusconi et le dirigeant Libyen avait parmi ses principales clauses le contrôle de l’émigration !
C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement italien a continué, en dépit des massacres, à soutenir le maintien au pouvoir de Kadhafi, peut-être dans une Libye divisée, comme il l’a fait pendant des années : on se souvient de la phrase de Berlusconi disant qu’il ne voulait pas intervenir auprès de son «ami» Kadhafi pour «ne pas le déranger» dans un moment aussi grave pour son pays. Quant au gouvernement français qui avait dressé le tapis rouge pour recevoir le Guide Libyen, il est resté jusqu’à ces derniers jours bien silencieux ; il resterait à connaître sa responsabilité dans l’envoi par son protégé tchadien de centaines (on parle d’un millier) de combattants de la Garde présidentielle au secours du potentat libyen dès les premiers moments de la révolte…

Lors des «5 jours de Bengazi», du 15 au 20 février, une grande partie de la population de l’Est de la Libye s’est soulevée contre le despotisme, sur la vague des révoltes de masse qui, après la Tunisie et l’Egypte, ont touché, à des degrés divers, l’Algérie, le Maroc, le Yémen, Barhein, la Jordanie, le Koweit, l’Iran. A partir de la Cyrénaïque, le mouvement de rébellion s’est étendu en 10 jours à toute la côte jusqu’à atteindre la capitale Tripoli où se sont retranchés Kadhafi et ses prétoriens et d’où le chef de la «révolution» de 1969 (en réalité un coup d’Etat) a lancé la guerre contre son propre peuple.
Le nombre de victimes ne cesse d’augmenter chaque jour ; aujourd’hui la chaîne de télé Al Jazeera parle de 10 000 morts et de 50 000 blessés : un massacre perpétré par les policiers, les soldats et les mercenaires appelés par Kadhafi pour écraser la révolte et reprendre le contrôle du pays et des affaires !

Le cannibalisme du gouvernement de Tripoli montre le vrai visage du pouvoir capitaliste libyen - car c’est bien le capitalisme qui est à la base des systèmes de gouvernement opprimant dans tous les pays les larges masses, les prolétaires autochtones et immigrés ; systèmes de gouvernement où, dans les pays gonflés de pétrole ou d’autres matières premières, une mince couche de bourgeois accapare les énormes richesses qu’elle en tire, alors que les masses sont condamnées à la misère et à la faim, sans pouvoir même revendiquer le moindre droit.
Les représentants des grandes démocraties occidentales qui se vantent de la liberté dont jouiraient leurs populations, ont soutenu et armé les pouvoirs despotiques et dictatoriaux grâce auxquels ils ont pu faire des affaires en or ; et devant les massacres qui se succèdent aujourd’hui dans les pays arabes, ils n’ont qu’une idée en tête : comment sauver les profits tirés du pétrole, des ventes d’armes ou de la construction d’infrastructures destinées à «moderniser» ces pays ! Les bourses de New-York, de Londres, Berlin, Paris ou Milan chutent à cause du chaos provoqué par les révoltes ? C’est un «problème international», il faut au plus vite arriver à la pacification sociale, il en va de la finance et de l’économie mondiales ! Les manifestants sont emprisonnes, torturés massacrés par milliers en Tunisie, en Egypte, en Libye ou en Algérie ? C’est le «problème» des Tunisiens, des Egyptiens, des Libyens, des Algériens, des problèmes internes dans lesquels il ne faut pas s’immiscer» ! Les grandes usines d’armes légères et lourdes des pays capitalistes développés qui ont rempli les arsenaux de ces pays n’ont qu’un souci : comment continuer à faire des affaires ? Peu importe aux bourgeois que des milliers de civils désarmés soient massacrés par la soldatesque, les profits doivent être sauvés! Et s’il n’y a plus de Kadhafi, il faudra en trouver un autre à sa place pour continuer les affaires…

* * *
A Rome, à Madrid et à Athènes comme dans les grandes capitales européennes, on s’inquiète de l’éventuelle arrivée en masse de réfugiés venus de l’autre rive de la Méditerranée ; les ministres italiens disent ouvertement ce qui inquiète les dirigeants européens : la possibilité que puissent venir de Libye 300 000 réfugiés ; le ministre italien de la Défense, affirmant qu’il y aurait plus de 2,5 millions d’immigrés africains en Libye, agite la perspective d’une véritable invasion de masses désespérées fuyant la misère, la répression et la guerre après l’écroulement de l’Etat libyen. Et c’est pour cette raison que des navires de guerre italiens ont commencé à se positionner devant les côtes libyennes !

La véritable visage du capitalisme n’est pas constitué par la façade démocratique de la liberté d’expression, de manifestation, de réunion et d’organisation . Là où ces libertés existent c’est parce qu’elles ont été conquises par de longues luttes dans lesquelles le prolétariat a été à l’avant-garde ; et ces libertés sont toujours plus ou moins bafouées et limitées parce que le droit bourgeois qui doit toujours l’emporter, quitte à réduire ou à suspendre les autres droits démocratiques, est le droit à exploiter le mieux possible le travail salarié pour en extraire la plus-value qui, pour les capitalistes, se transforme en profit. Face à l’aggravation des tensions sociales qui pousse les prolétaires et les masses prolétarisées à s’attaquer aux piliers du pouvoir capitaliste et à ses symboles, la façade démocratique démontre qu’elle n’est qu’une mystification.

La révolte, y compris armée, qui secoue les régimes despotiques entretenus par les démocraties impérialistes peut bien arriver à faire chuter les gouvernements locaux qui avaient régné par la terreur et la répression ; mais confier à d’autres gouvernants bourgeois, moins compromis que les précédents, la tâche de «rétablir la paix civile» et d’«ouvrir la voie à la démocratie» ne peut aboutir à rien d’autre qu’au maintien de la domination des capitalistes sur les travailleurs, de la domination des intérêts bourgeois nationaux et impérialistes sur la population et tout particulièrement sur le prolétariat ; des couches petites-bourgeoises, des avocats, des juges et surtout les militaires y auront gagné en termes de reconnaissance sociale, mais l’écrasante majorité des prolétaires et des paysans pauvres continueront à devoir affronter les problèmes de survie quotidienne avec toujours autant de difficultés, si ce n’est davantage encore. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison qu’au cours de ces dernières années des millions de personnes, affrontant des périls de toutes sortes, ont émigré et émigrent à travers le monde.

Mais que trouvent dans les riches pays d’Europe ces masses d’émigrés poussés par la misère à émigrer? Ils trouvent des centres de détention pour sans-papiers, ils trouvent la police et les militaires les mieux armés du monde qui les pourchassent, les emprisonnent et les expulsent ; ils trouvent la surexploitation et le travail au noir ; et même quand ils réussissent à être régularisés, ils se heurtent au racisme et aux préjugés petit-bourgeois. La civilisation bourgeoise de ces pays qui font au monde entier la leçon sur les bienfaits de la démocratie, repose sur la même structure économique et sociale que celle des pays moins développés : sur l’exploitation capitaliste, sur la domination économique, sociale et politique de la classe qui possède tout, moyens de production comme produits, et donc qui a droit de vie et de mort sur les prolétaires du monde.

Surprises par l’incendie social qui dure depuis plus de 2 mois dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, les chancelleries des grands pays capitalistes d’Orient et d’Occident ont appelé les dirigeants de ces pays à faire preuve de «retenue» dans la répression et à «répondre» aux demandes de «liberté» et de «réformes». Des régimes qui depuis tant d’années étaient jugées comme solides, ne peuvent plus contrôler leurs masses, leurs prolétaires. Ben Ali est tombé, Moubarak est tombé, Kadhafi est en chute libre, Bouteflika vacille. Mais ce que redoutent les puissances impérialistes, c’est moins ce qui se passe aujourd’hui, que ce qui risque de se passer demain ; elles craignent que la révolte populaire ouvre la voie à des mouvements révolutionnaires prolétariens , que le prolétariat contre qui la bourgeoisie mène dans tous les pays une lutte sans trêve, trouve dans la révolte actuelle la force de se lancer ouvertement dans la lutte de classe anti-bourgeoise. La chute de Kadhafi pourrait en effet relancer la vague de révolte sociale dans les pays de la région, encourageant du même coup les masses prolétariennes des pays d’Afrique et d’Asie à se soulever à leur tour contre le despotisme capitaliste. C’est cette crainte qui motive le changement d’attitude des Etats-Unis qui, au moment où la révolte armée annonce la fin de Kadhafi, menacent d’intervenir militairement en Libye.

Malheureusement pour les prolétaires des pays en révolte, la lutte de classe prolétarienne n’est pas encore à l’ordre du jour ; les illusions démocratiques, encore trop puissantes, y font passer au second plan les véritables intérêts de classe des prolétaires. Et les prolétaires d’Europe et d’Amérique, anesthésiés depuis des décennies par l’opium démocratique, contemplent passivement ces révoltes au lieu d’y trouver un motif pour entrer en lutte contre leurs bourgeoisies, véritables vampires qui ont sucé le sang de générations de prolétaires et de paysans arabes et moyen-orientaux : ce qui serait la démonstration de ne pas être complices des répressions, des guerres et de l’écrasement des populations de ces pays, et qui serait la seule façon réelle de se solidariser avec ces prolétaires et de s’allier avec leurs frères de classe du monde entier pour défendre les intérêts prolétariens communs à tous.

Moubarak, Ben Ali, Kadhafi ou d’autres pourront être remplacés demain par un jeune militaire se disant révolutionnaire ou par un exilé politique : cela ne changera pas grand chose pour les prolétaires et les masses. Le seul véritable changement ne pourra venir que de la reprise de la lutte de classe, non seulement dans ces pays, mais aussi dans les pays capitalistes industrialisés qui sont le cœur du Moloch capitaliste mondial !

Les communistes révolutionnaires saluent les révoltes sociales des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient non seulement parce qu’elles font chuter des régimes despotiques des sanguinaires, mais aussi parce qu’elles montrent le véritable visage des pouvoirs bourgeois dans ces pays comme les pays impérialistes. Sachant que ces mouvements, mobilisant toutes les classes qui forment le peuple «affamé» de démocratie ne pourront en tant que tels se transformer en mouvement prolétarien révolutionnaire, les communistes révolutionnaires soulignent les causes matérielles, et non idéologiques, qui ont déclenché une révolte courageuse à mains nues et qui ont poussé un prolétariat jeune et combatif à se mettre en grève et à manifester. Il est impossible de s’attendre à ce que les révoltes sociales actuelles débouchent automatiquement demain sur la lutte de classe ; il faudra pour cela que les prolétaires s’organisent et luttent de manière indépendante, pour la défense exclusive de leurs propres intérêts de classe, en se libérant des illusions démocratiques et de l’étreinte suffocante des couches bourgeoises et petites-bourgeoises ; il faudra que dans ces luttes apparaissent des éléments d’avant-garde pour constituer le parti de classe, le parti communiste révolutionnaire dont la tâche sera de diriger le combat vers la destruction du pouvoir bourgeois, expression de la dictature de la bourgeoisie quel que soit sa forme, et vers l’instauration de la dictature du prolétariat et l’extension de la lutte révolutionnaire internationaliste unissant tous les prolétaires du monde contre les bastions de la contre-révolution.

La voie de la reprise de la lutte de classe n’a jamais été simple et facile ; c’est d’autant plus vrai aujourd’hui où le pouvoir de la bourgeoisie s’est énormément renforcé sur le plan du despotisme social et du militarisme et où l’œuvre pluri-décennale du collaborationnisme social-impérialiste a permis de faire accepter au prolétariat sa propre exploitation et de lui faire soutenir les exactions et les guerres de rapine bourgeoises. Mais c’est la voie qu’il est nécessaire de prendre pour en finir avec les horribles massacres perpétrés par les bourgeoisies du monde entier pour défendre leurs privilèges de classe, leur propriété privée et tout le système d’exploitation capitaliste sur lequel se fonde leur domination.

Parti Communiste International

24/2/2011

jeudi 24 février 2011

CREVER POUR UN BOUQUET DE JASMIN



Pourquoi Obama et Sarkozy laissent massacrer les libyens ?

Ce jeudi à 9h10: Des soignants témoignent des atrocités à Benghazi
Le Dr Jérôme Cau, médecin français, a expliqué sur RTL qu'après les premières manifestations, l'hôpital a reçu tellement de blessés que «la première nuit, on opérait à la chaîne. Ensuite, moi je n'étais plus là, mais les médecins ont continué à opérer pendant 3 ou 4 jours sans dormir, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus les moyens, c'est à dire plus de compresses, plus d'analgésique mais les soins étaient assurés en permanence. Même si en tant que médecin et chirurgien on est habitué à des situations des plus extrêmes, là c'est totalement démesuré, c'est incroyable c'est une catastrophe». Nadia, responsable d’une équipe d’infirmières, a elle aussi raconté sur RTL son expérience au Benghazi Medical Center. «Il y a eu les premiers tirs de missiles sur la population. Après il y a eu vraiment un défilé d’ambulances sur l’hôpital, ça ne faisait qu’empirer, en fin de journée on a reçu un flot continu de patients. (...) On peut parler de carnage surtout par rapport à la quantité de gens tués de gens blessés sur le peu de jours. C’est tout sauf de la répression ordinaire je pense».
Comme je l’ai indiqué dans mes messages du 18 et 20 février, rien n’a changé, les puissances occidentales misent toujours sur le massacre le plus horrible possible, à une échelle comparable à la semaine sanglante de 1871 (vous n’imaginez pas Londres et Washington protester contre la répression de Thiers ou invoquer un quelconque droit d’ingérence !). Il ne s’agit toujours pas de révolution en Libye, comme en Tunisie ou en Egypte, mais d’un soulèvement du peuple contre la misère et l’oppression, dont la classe ouvrière est incapable d’être la colonne vertébrale.
LE LONG SILENCE COMPLICE D’OBAMA ET SARKOZY
Inutile de s’interroger sur les grandes dictatures terroristes, Russie et Chine – qui ne peuvent que se féliciter d’un bain de sang pour calmer les populations en révolte. Inutile de s’interroger sur l’amitié renouvelée du maquereau Berlusconi, régulièrement réélu par le bon peuple italien soucieux du plein de réservoir pour la voiture individuelle.
Il n’en est pas de même pour les grandes puissances dites démocratiques. Ce qui est frappant, et très clair même aux yeux de l’opinion indistincte, est la longue complicité avec le bouffon sanguinaire Kadhafi, depuis 2008 pour la plupart des oligarques démocratiques, depuis toujours pour le capital italien. Au lieu de se flageller pour leur complicité criminelle, les dirigeants bourgeois Obama et plus encore Sarkozy se présentent comme les victimes (Oh certes commerciales) d’un « fou ». Ce fou avec lequel ils paradaient il y a si peu devant les photographes du monde entier, ils n’avaient pas assez d’amabilités pour le compter parmi leurs « amis », certes un ami riche en pétrole, mais surtout comme excellent gendarme de l’Afrique du nord, comme excellent filtre de ce vivier de main d’œuvre pour l’Europe vieillissante. Malgré ses crimes passés et ses excentricités de pervers narcissique, Kadhafi était redevenu présentable car, tout fou qu’il est, il avait saisi parfaitement qu’il pouvait finir pendu comme Saddam. On peut aujourd’hui légitimement s’interroger sur la capacité de pardon des Blair, Sarkozy et Bush à un petit dictateur cynique qui pouvait être renversé comme le tortionnaire de Bagdad. Le long silence temporisateur des Obama et Sarkozy, est venu nous apporter la réponse : Kadhafi faisait bien son boulot de négrier en chef! Il freinait aux portes de l’Europe et de l’Occident une trop grande migration de la main d’œuvre africaine. Il était le bon passeur qui régulait suivant la demande des négriers patronaux européens. Un argument accessoiriste a été constamment distillé pour tenter de rendre Kadhafi indispensable. Comme l’Afghanistan, la Libye ne serait qu’un pays arriéré, une mosaïque de « tribus » sans compter les amis d’Al Qaida (dont Kadhafi avait exterminé 2000 individus au moins pour la gloire du roi de Prusse) ; on peut noter au passage cette hogra occidentale néo-colonialiste qui se permet de mépriser les peuples dès l’instant où ils ne possèdent pas cette étrange machinerie oligarchique de truands nommé parlermentarisme, et qui s’applique tout autant au prolétariat des pays développés, considéré comme incapable de gérer la société si la bourgeoisie venait à être culbutée ! Le peuple libyen est tout à fait capable de se doter de Conseils prolétariens ou de structures élues pour remettre en route l’économie du pays malgré les destructions du fou (des financiers se portent déjà candidats pour sponsoriser la reconstruction ou occuper la main d’œuvre sur place...).
Je le répète, l’espoir, toujours présent, que Kadhafi « s’en sorte », est toujours le souci des dirigeants bourgeois et du repaire de brigands de l’ONU, sinon ils ne se contenteraient pas de simples « remontrances » très diplomatiques. Car, double intérêt, même avec sa baignoire pleine de sang humain, le colonel enguirlandé reprendrait sa tâche de négrier en chef, et, double victoire appréciable pour tous les Etats bourgeois, mettrait probablement fin au tsunami social qui lève dans le croissant arabe et interroge le monde entier. Le rouleau compresseur d’années de dictatures sanglantes en Grèce, au Chili, en Argentine n’a jamais empêché les « affaires » de continuer. Les massacres au Cambodge, au Rwanda, à Srebrenica, n’ont jamais empêché de dormir les dirigeants du capitalisme. Si Kadhafi dispose de suffisamment de mercenaires pour écraser son peuple et qu’il y parvient, ce sera un pis-aller pour nos dictateurs démocrates, mais tout sera à recommencer avec le fou, qui posera alors de nouvelles exigences….
KADHAFI A-T-IL ETE TROP LOIN ?
C’est semble-t-il le message très tardif d’Obama, qui s’est bien gardé d’en appeler à l’hypocrite « droit d’ingérence », cette vague notion occidentale qui ne sert à rien en cas de bains de sang, mais peut être très utile pour des objectifs naturels d’ingérence impérialiste comme en Irak et en Afghanistan. Tout comme il n’a aucunement évoqué ni envoi d’urgence de tonnes de médicaments (si urgents vu l’ampleur du massacre à l’arme lourde) ni nouvelle intervention militaire (Obama a été élu pour calmer l’anti-militarisme du prolétariat, en attendant le retour d’un faucon). Sans aucun doute Kadhafi a été trop loin. Jamais dans l’histoire moderne un dictateur n’avait osé tirer au canon directement sur son peuple. Hitler avait conduit le peuple allemand à l’abîme (6 millions de morts) mais on ne pouvait pas dire qu’il commandait aux bombardiers anglais et américains. Les nostalgiques du grand criminel autrichien peuvent toujours dire qu’il a été vaincu avec « son peuple ». Le petit Kadhafi, il n’est pas plus haut que ses amis Berlusconi et Sarkozy, après une apparition folklorique digne d’un film de Kusturica, a fait donner son chien de fils pour aboyer qu’ils allaient tirer dans le tas. Tirer dans le tas de leur propre peuple, pas simplement – ce qui serait simple voire compréhensible – sur une classe ouvrière en insurrection mais sur les habitants indistincts des villes et des quartiers. Ni guerre civile, ni guerre entre pays, mais massacre intérieur des civils !
Et l’ONU, et Obama de morigéner, ce qui n’est pour eux qu’une banale « affaire intérieure ». Voyez donc ces dignes héritiers des « libérateurs » de 1945, bardés de lois et de résolutions contre les « crimes de guerre » et autres atteintes « contre l’humanité », qui regardent le sang couler massivement et doctement font la leçon d’humanité à un assassin à l’œuvre qui poursuit tranquillement ses tueries, et s’en vante à la terre entière.
POURQUOI LAISSER KADHAFI ALLER AUSSI LOIN ?
Pour la simple raison que, même après leur long silence, les principaux dirigeants des pays européens et nord-américains (le Canada cire toujours les pompes de l’Oncle Samuel), vont offrir un bouquet de jasmin aux familles des nombreuses victimes : la démocratie. Sonneront alors les cloches d’honneur de la démocratie universelle pour tenter de sécher les larmes des populations endeuillées. Et, comme la misère n’est pas soluble dans la crise systémique capitaliste, on laissera les fous de Dieu développer leurs attentats comme en Afghanistan. On regrettera en catimini dans les chancelleries la main de fer de Kadhafi, mais on tirera argument des attentats islamo-fachos pour déplorer que la démocratie ne soit pas applicable dans les déserts arriérés. On n’épiloguera nullement sur l’incapacité du capitalisme à occuper tous les hommes, à leur donner travail, dignité et liberté réelle de circuler, etc.
Les mêmes lâches oligarques démocratiques qui serraient la main du fou sanguinaire déploreront alors enfin, à nouveau, comme toujours, l’arriération des masses paupérisées. Et qu’on est obligé de laisser croupir dans LEUR misère.

PS : J’ajoute un commentaire très intéressant repris du message blog qui contient le 3e communiqué du PCI : « Pendant que les medias presque abscents du terrain libyen supputent le rapport de force et les rumeurs, la taille du ” corps expéditionnaire humanitaire” de l’Otan , frégates au plus laisse supposer que c’est bien l’armée égyptienne qui risque d’être chargée de la tache sur le terrain pour le compte des USA ,dont les forces sont braquées sur le contrôle du canal de Suez. L’Otan comme l’Europe n’a pas peut-être les moyens militaires de ses ambitions, d’autant que l’Afrique sud saharienne commence à bouillir... Le pacte entre Berlusconi et Kadhafi contre les migrants : le joker libyen » (mardi 22 février). James Ridgeway – Counterpunch http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10213
Kadhafi malgré sa sénilité télévisée n’est peut être pas fini et peut jouer au “gendarme de l’occident ” en Afrique centrale comme sur ses frontières maritimes, même et surtout en cas de balkanisation de la Lybie. Quant au pétrole libyen les compagnies occidentales sont déjà maitresses de son évacuation, quelques mois d’incertitudes ne leur font pas peur, vue la flambée des prix que cela entrainera... ».
J’ajoute que si l’empire US se sert de l’armée égyptienne, avec pourquoi pas des volontaires tunisiens et yéménites, vous imaginez le symbole gagnant-gagnant pour Obama qui a appelé à l’unité du monde pour défendre … la démocratie. Une armée égyptienne, précédée d’un drapeau orné de la fleur de jasmin, entrant dans Tripoli, cela aurait un petit air de remake des brigades internationales antifranquistes, mais victorieuses pour la bourgeoisie dominante, qui pourrait ainsi complètement chapeauter la vague du croissant arabe, dite « pour les libertés démocratiques » ! Vous avez bien dit toutes les libertés démocratiques ? Et çà consiste en quoi ? En du vent, des chants, puis on range les lampions et on retourne à la misère. En toute liberté.

mardi 22 février 2011

3ème communiqué du Parti Communiste International



(ci contre Le clown sanguinaire!)

Benghazi, Derna, Al Baïda, Tobrouk, Zintan, Tripoli:
Les émeutes qui ont secoué la Tunisie et l’Egypte s’étendent à la Libye où Kadhafi tente de les noyer dans le sang


20 février 2011. Des informations non officielles parlent de 200-250 morts et plus de 1000 blessés. Les manifestations de protestation ont éclaté dans les villes libyennes les plus importantes à la suite de la vague de révolte qui touche les pays arabes du Maghreb et du Moyen-Orient, jusqu’au Golfe Persique et l’Iran. Les manifestants affrontent à mains nues les forces de sécurité libyennes; les autorités de Tripoli, craignant la fraternisation de détachements de l’armée et de la police avec les masses qui manifestent, ont fait appel à des mercenaires super-équipés venus de pays voisins: ils ont l’avantage de ne pas avoir de liens ou de rapports tribaux avec les habitants, en particulier avec les populations berbères et touaregs de Cyrénaïque, traditionnellement rebelles.

La crise économique mondiale a eu, semble-t-il, moins de conséquences qu’en Tunisie, en Algérie ou en Egypte. Cela n’empêche pas que le chômage tourne autour de 30% dans ce pays de 7 millions d’habitants (sans compter un million d’immigrés «clandestins»). Le malaise social, couplé à un climat oppressant d’autoritarisme et de contrôle politique omniprésent par le pouvoir, à l’interdiction du droit de grève, d’organisation et de manifestation, a trouvé dans les révoltes des pays voisins un exemple à suivre. Comme une gigantesque force tellurique, une poussée matérielle à se libérer de brutaux régimes oppressifs secoue le sous-sol économique et social de pays entiers, conduisant les prolétaires, les masses prolétarisées, petites-bourgeoises et paysannes, à un refus spontané et généralisé de l’ordre établi. Les objectifs sont simples, dramatiquement limités et vagues: en finir avec la corruption et le pouvoir dynastique des Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi, obtenir des droits démocratiques, mais, surtout, du travail et du pain. Et comme en Tunisie et en Egypte, les autorités en Libye y répondent par le seul moyen immédiatement à disposition pour faire face à un mouvement de protestation pacifique et arrêter la contestation de leur pouvoir: la répression sanglante, les massacres, les tirs sur la foule.

En Libye, comme dans les autres pays pétroliers qui possèdent une matière première vitale pour l’économie des grands pays industriels, la bourgeoisie pense qu’elle a tout intérêt à maintenir les profits qu’elle en tire par tous les moyens, y compris en imposant la paix sociale par une répression bestiale: cet intérêt est partagé par les bourgeoisies impérialistes d’Europe et d’Amérique, même si celles-ci sont prêtes en quelques jours à abandonner les régimes autoritaires qu’elles ont soutenus et armés pendant des décennies, voire à manoeuvrer en sous-main pour faciliter une «transition» qui ne change rien d’essentiel et permet de reprendre les affaires, une fois passée la tempête sociale. C’est ce qui explique le silence embarrassé des classes dominantes européennes ou les timides appels d’un Obama à mettre fin à la répression violente des manifestations et à accorder plus de liberté et de démocratie. Que pourrait-on attendre d’autre des bourgeoisies impérialistes dominantes, bien plus criminelles encore que les bourgeoisies arabes? D’autre part tant que les mouvements sociaux ne débordent pas des limites de la démocratie bourgeoise, des droits bourgeois, tant qu’ils ne s’attaquent pas à la propriété privée et au capitalisme et même s’ils devaient prendre la voie de l’islamisme, ils ne sont pour elles qu’un demi-mal par rapport à l’éclatement de la lutte de classe, de la lutte directe du prolétariat contre la bourgeoisie et son système économique.

* * *

En 1969 un coup d’Etat militaire dirigé par un jeune colonel, Kadhafi, renversait le roi Idris Premier, à la tête d’un régime corrompu à la solde de la Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis. Le nouveau régime prit le nom de «Grande République Arabe Populaire et Socialiste de Libye». Inutile de dire que derrière une idéologie inspirée de pan-arabisme nassérien et de social-démocratisme européen, il n’y avait rien de socialiste dans ce pouvoir qui jouait sur un nationalisme anti-américain. Les premières mesures sociales furent le doublement des salaires, la mise en place d’un corporatisme associant les ouvriers à la gestion des usines, l’instauration d’une législation fondée sur le Coran, l’interdiction de l’alcool, la fermeture des lieux nocturnes, etc. Se faisant le champion de la revanche sur les anciens colonialistes, Kadhafi confisqua les propriétés des anciens colons italiens en même temps qu’il nationalisait les sociétés pétrolières pour «restituer au peuple libyen les richesses usurpées par les oppresseurs», selon les termes de son «Livre Vert» (1976). Ces réformes et cette démagogie étaient nécessaires pour gagner un soutien populaire au nouveau régime. La France de Pompidou, avide de profiter des déboires des impérialistes anglo-saxons dans un pays producteur de pétrole, accorda son soutien à Kadhafi en lui vendant des armes modernes (avions Mirage, etc.).
La Libye est aujourd’hui le premier fournisseur en pétrole de l’Italie et elle a tissé des liens étroits avec nombre d’entreprises de l’ancien colonisateur (comme Fiat). Voilà la raison pour laquelle Berlusconi vient de déclarer qu’il ne protestait pas devant la répression dans ce pays, parce qu’il ne voulait pas «déranger» le gouvernement libyen! Quant au gouvernement Sarkozy, qui courtise Kadhafi et, depuis de nombreux mois multiplie ses efforts pour accroître les ventes françaises en Libye (y compris d’armements), il a gardé un silence assourdissant. En clair, ces réactions signifient: réprimez et massacrez, cela ne nous regarde pas!

Mais cela regarde les prolétaires de France et des autres pays, à commencer par ceux des pays méditerranéens !
Tout ce qui arrive dans les rues de Tunis, du Caire, d’Alger, de Bengazi, de Manama (Bahrein), de Saana (Yémen), etc., concerne les prolétaires parce que lorsque les bourgeois répriment dans le sang des mouvements sociaux qui demandent du pain, du travail, la liberté de s’organiser, ils agissent en tant que classe dominante contre les classes dominées et en premier lieu le prolétariat dont ils tirent la plupart de leurs profits. Quand une bourgeoisie écrase son peuple dans le sang, elle ne défend pas seulement son pouvoir, ses privilèges, sa domination ; elle défend aussi les intérêts de domination sociale et politique des autres bourgeoisies, auxquelles elle demande d’ailleurs de l’aide. La concurrence entre les bourgeois et leurs Etats est la règle sous le capitalisme et cette concurrence débouche souvent sur des guerres ; mais face aux prolétaires et aux masses prolétarisées dont le mouvement affronte les régimes politiques en place et risque d’ouvrir la voie à la lutte prolétarienne anticapitaliste, leurs différents sont mis de côté : toutes les bourgeoisies collaborent pour assurer, d’une façon ou d’une autre, le retour à l’ordre.

Sur ce plan aussi, il faut que les prolétaires tirent les leçons des événements en cours.
Les mouvements actuels, avec leurs morts et leur blessés, leurs emprisonnés et leurs torturés, expriment le mécontentement social en termes de démocratie, de changement de gouvernement ; ils peuvent arriver à faire tomber des autocrates et leurs familles, mais le pouvoir, restant solidement entre les mains de la bourgeoisie, continuera à être un pouvoir capitaliste ; il continuera à défendre les intérêts de la classe dominante, utilisant peut-être des méthodes en apparence différentes, au moins au début, mais qui seront toujours autoritaires et qui s’appuieront sur un militarisme croissant. C’est là une tendance générale, même si en raison de leurs traditions historiques te des ressources à leur disposition , cet autoritarisme et ce militarisme qui expriment la dictature de la bourgeoisie, sont camouflés dans les pays impérialistes par un voile - toujours plus mince ! - de formes démocratiques et parlementaires.

En Libye comme en Italie, en Tunisie ou en Algérie comme en France, en Egypte comme aux Etats-Unis, dans tous les pays, les prolétaires sont des frères de classe en tant qu’esclaves salariés ; mais aussi en tant que cibles de la répression qui les frappe ou les menace partout, parce qu’ils sont la seule classe qui, en s’organisant sur le terrain de la lutte immédiate indépendamment des forces bourgeoises, religieuses ou collaborationnistes, et sur le plan politique, en s’organisant en pleine autonomie en parti de classe, a la possibilité non seulement de répondre coup pour coup aux attaques bourgeoises, mais d’aller vers la conquête du pouvoir, vers la destruction de l’appareil d’Etat et l’instauration de sa propre dictature, condition indispensable pour émanciper l’humanité du capitalisme et de toutes ses horreurs.
Les mouvements en cours ont ouvert une nouvelle page dans les contradictions sociales exacerbées qui caractérisent le capitalisme
Aux prolétaires d’ici d’y répondre en rompant la collaboration entre les classes et en rejetant la mystification démocratique pour se lancer dans la voie de la lutte de classe !

Parti Communiste International

www.pcint.org

dimanche 20 février 2011

GRENADES JETEES SUR LA FOULE EN LIBYE : by by boucher Kadhafi !


QUAND LA POLICE TIRE DANS LA FOULE LES POLICIERS SONT PENDUS


Face au tsunami de la révolte des masses prolétariennes arabes, les médias occidentaux ont tenté d’abord de faire contre mauvaise partie bon cœur, vous voulez la démocratie, allez on vous la refile. Devant les masses prolétariennes hilares qui exhibaient leurs victimes ensanglantées et les mains rougies - car les masses ne veulent pas simplement la liberté, mais surtout la dignité d’une place sociale et de ne pas êtres traitées comme des mendigos – la presse bourgeoise s’est laissée aller à compatir face à la terrible et inouïe répression en particulier en Libye et au Bahreïn, espérant que celle-ci soit l’éteignoir ou plutôt le barrage pour ralentir ou faire cesser la vague qui menace désormais aux portes de l’Europe, en Russie et jusqu’en Chine.

COMMENT LES MEDIAS ont tenté par cette deuxième manœuvre DE SABOTER LA GENERALISATION DE LA LUTTE PROLETARIENNE

20 MINUTES a fait donner un spécialiste ridicule pour assurer que les enjeux seraient différents selon les pays !
Le monde a titré "Kadhafi est une machine à survivre politiquement", où un vulgaire plumitif nous expliquait en effet que Kadhafi n’est plus qu’un des valets de l’impérialisme occidental aux ordres des USA et un bon commercial pour la bourgeoisie française donc qu’il était indéboulonnable. Prenons simplement les répliques sur le site du journal bourgeois de ses propres lecteurs, et ajoutons-les bout à bout. Vous verrez que la conscience de classe fait son chemin, malgré une masse de petits cons de blogueurs qui conspuent un « langage attardé venant du marxisme » et qui sont les flics et obligés du moderne sarkozysme. Je ne mets pas de guillemets tellement je suis OK avec tous ces commentaires.
Un "expert" interrogé par le Monde il y a un mois disait la même chose sur Moubarak. Le vent de l'histoire est parfois bien joyeux et rafraîchissant. « Kadhafi est une machine à survivre politiquement" ? Il est vrai que retrouver une virginité politique après les attentats de la Pan Am à Lockerbie et d'UTA au dessus du désert du Ténéré n'est pas un mince exploit. Mais il "lit Montesquieu" et comme il ne "doit exister en Lybie que quelques reliquats de pratiques anciennes comme la torture" selon les propos tenus en 2007, par Patrick Ollier, faut-il se formaliser des personnes tuées au cours des manifestations de ces jours-ci? Cet article me fait sourire. Car des articles expliquant de pourquoi Moubarak et Ben Ali étaient indéboulonnables, on en a eu un certain nombre dans la presse. Que la Libye soit un cas différent, c'est évident. L'Egypte déjà, c'était pas la Tunisie. S'imaginer que les chancelleries occidentales vont soutenir Kadhafi uniquement pour le pétrole, vu l'historique du personnage, et vu ce qui c'est passé en Egypte et en Tunisie, faut y croire. Le pétrole, même sans Kadhafi, il sera toujours là. Khadafi a quand même vu se qui s'est passé avec Ben Ali et Moubarak. Apparemment il n'en a pas tiré les conclusions qui s'imposaient : fuir la Libye en emportant ses petites économies. S'il tarde trop à partir, il risque de finir comme Mussolini. A partir du moment où il a commencé à faire tirer à balles réelles sur les manifestants, c'était fini pour lui.

Revenons à l’immonde journal bourgeois d’Hubert Bave-Méry. Il s’indigne des exactions contre deux policiers :
« Les manifestations qui agitent la Libye depuis mardi soir s'enfoncent dans la violence. Vendredi, des manifestants ont attrapé deux policiers et les ont pendus à Al-Baïda, à 1 200 km à l'est de Tripoli, rapporte le journal Oéa, proche du réformateur Seif Al-Islam, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, sur son site internet. Ces exactions participent de la spirale de violence qui a fait au moins vingt morts depuis le début de la semaine ».
Exactions dit Le Monde ! Et les cent meurtres à chaque fois au moins dans chaque pays, Tunisie, Egypte, etc. des polices d’Etat? C’étaient pas le début de la spirale ?
Commentaires lucides dans ce même journal : « Ces policiers pendus par le peuple n'ont eu que ce qu'ils méritent. Voila ce qui arrive quand on tire à balles réelles sur le peuple. Il va falloir que Mouammar Khadafi apprenne à faire avec. Il est dans son intérêt de dégager au plus vite sinon il n'y a pas de raison qu'il ne finisse comme Mussolini, suspendu à un croc de boucher ».
Les médias bourgeois ont voulu faire croire que la cessation des meurtres par les mercenaires policiers était due à la magnanimité des pressions occidentales démocratiques. C’est faux, la cessation des meurtres les plus barbares et lâches de la police a lieu parce que la police prend peur elle-aussi à son tour. On ne vous le raconte jamais dans les journaux officiels mais les peuples se vengent toujours, des années après des policiers, les militaires les plus cruels ou des membres de leur famille, sont aussi exécutés, pendus ou égorgés !

LIBE INSISTE SUR LE COTE SANGLANT EN ESPERANT GENERALISER LA PEUR
Quand la boucherie policière prend une telle ampleur contre leur propre peuple, contre des femmes et des enfants et des hommes sans armes, les régimes les plus sanguinaires ne tiennent plus qu’à un fil. Mais si dans certains cas, dans des périodes de reflux de la lutte du prolétariat mondial (comme au milieu des années 1970 au Chili et en Argentine, et en Iran en 1980) des bourgeoisies locales, avec l’appui des grandes puissances, ont pu massacrer sans vergogne, les principaux bouchers sont toujours rattrapés (Pinochet, Karadzic, Saddam, etc.).
Aujourd’hui la vague internationale est trop forte pour que la simple répression sanguinaire puisse l’endiguer. Et la vague n’est plus une simple protestation de rue :
« La contestation semble se transformer en véritable insurrection dans l'est, surtout à Benghazi. L'organisation Human Rights Watch (HRW), se basant sur des sources médicales et des témoins, a fait état ce samedi d'un bilan global de 84 morts, dont 55 à Benghazi, bastion de l'opposition, où les affrontements ont été particulièrement violents hier vendredi (vidéo amateur commentée par Euronews) ».
Au Bahreïn (le Pigalle des bourgeois bigots d’Arabie Saoudite) où la répression était partie pour être aussi cynique qu’en Libye, elle se dégonfle déjà pourtant dans ce petit pays : « Après le retrait des chars de l'armée de la capitale comme le demandait l'opposition, principalement chiite, les manifestants ont réoccupé la place. La police n'est pas intervenue, à l'exception d'un bref tir de grenades lacrymogènes sur l'un des axes conduisant à la place, faisant six blessés. L'armée, qui était déployée dans la capitale Manama depuis jeudi en réponse à une manifestation contre le régime, s'est retirée du centre névralgique, la place de la perle, samedi. C'était l'une des conditions exigées par l'opposition pour l'ouverture du dialogue proposé vendredi soir par le prince héritier, Salman ben Hamad Al-Khalifa. L'autre exigence est la démission du gouvernement actuel. Une fois l'armée partie, les manifestants sont revenus en masse. Ils ont enlevé les barbelés qui entouraient la place et ont installés des tentes, sous la surveillance d'un hélicoptère. La police n'est pas intervenue, conformément à un ordre donné par le prince héritier. En parallèle, l'union générale des syndicats de Bahreïn a appelé à une grève générale illimitée à partir de dimanche pour exiger la liberté de manifester pacifiquement sans intervention des forces de l'ordre. La veille au soir, l'armée avait tiré sur des manifestants à Manama, faisant des dizaines de blessés parmi les opposants au régime. La répression de leur mouvement a fait six morts en moins d'une semaine, et au moins 95 blessés.
Au Yémen la foule pacifique a été attaquée lâchement à la grenade et agressée par des bandes armées de flics en civils! Un étudiant a été tué par balle et cinq autres ont été blessés dans des violents affrontements ont éclaté alors que des partisans du régime ont tenté de prendre d'assaut le campus de l'Université de Sanaa, foyer de la contestation. Vendredi, quatre personnes ont été tuées par balles à Aden, principale ville du sud, lorsque la police a dispersé des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont indiqué des sources médicales. Les flics ont tiré à balles réelles sur les étudiants qui leur bloquaient l'accès. Aden, grande ville du sud où la répression est plus violente, a connu de son côté une nouvelle journée d'émeutes, marquée par la mort d'un adolescent. Ce dernier a été tué samedi soir par une balle perdue lors de la dispersion par les forces de sécurité d'une manifestation contre le régime, selon une source hospitalière. Dix personnes ont été tuées dans cette ville depuis le début du mouvement le 13 février, et douze au total dans tout le pays. Un peu plus tôt, trois personnes avaient été blessées, dont deux fillettes de 9 et 11 ans, lorsque la police avait ouvert le feu pour disperser un rassemblement de centaines de personnes, venues défiler à Aden après les funérailles d'un manifestant.
A Djibouti, les affrontements ont repris samedi au lendemain d'une manifestation sans précédent contre le président Ismaël Omar Guelleh qui a dégénéré en de violents affrontements ayant fait officiellement deux morts. Les affrontements ont repris ce matin dans entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre. En Mauritanie des manifestations contre le manque d'eau et la hausse des prix dans la ville mauritanienne de Vassala (sud-est), frontalière avec le Mali, ont été sévèrement réprimées vendredi par les forces de l'ordre, a affirmé samedi un parti d'opposition, du Rassemblement des forces démocratiques (RFD). Le RFD a mis en garde le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz contre «les solutions sécuritaires» «qui ne sauraient que compliquer la situation», exigeant la libération des manifestants arrêtés. Au Yémen aussi le peuple prépare des cordes.

LE FIGARO PLUS HONNETE SUR LE TSUNAMI SOCIAL
« La contestation au Maghreb ne faiblit pas »
« L'ONG Human Rights Watch (HRW), qui se base sur des sources médicales et des témoins, affirme de son côté que le nombre total de morts depuis le début du mouvement dépasse les 100 morts, selon la BBC. Le mouvement contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, semble se transformer en véritable insurrection dans l'est du pays. Pour tenter de limiter les appels à la mobilisation via les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, l'accès à internet à été coupé dans la nuit de vendredi à samedi, puis de nouveau dans la nuit de samedi à dimanche. Le procureur général a ordonné l'ouverture d'une «enquête» sur les violences et a appelé «à accélérer les procédures pour juger tous ceux qui sont coupables de mort ou de saccages». Le colonel Kadhafi n'a toujours pas fait de déclaration officielle, mais les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont promis vendredi aux «groupuscules» à l'origine des manifestations une riposte «foudroyante».
VERS DES INSURRECTIONS GENERALISEES ?
Il faut tomber sur le site Romandie News pour trouver des infos plus précises sur la capacité de riposte des masses là où c’est le plus dur sous la dictature fasciste de Kadhafi ce bon client de notre bourgeoisie devenu l’obligé d’Obama:
« Le rédacteur en chef de Quryna, citant des sources des forces de sécurité, a expliqué qu'une foule qui entendait participer aux obsèques de manifestants tués vendredi a pris d'assaut samedi une caserne militaire abritant un bataillon connu sous le nom de Foudhil, qui se trouve sur l'itinéraire du cimetière.Les protestataires ont notamment jeté des cocktails Molotov en direction de la caserne, selon la même source. Les militaires ont riposté à balles réelles tuant au moins 12 manifestants et faisant un grand nombre de blessés, a-t-on ajouté.Il s'agirait, selon la même source, de la troisième attaque contre cette caserne depuis le début mardi des manifestations contre le régime du numéro un libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, qui semblent avoir tourné à l'insurrection dans l'est du pays. Un résident de Benghazi a déclaré à la BBC que les militaires avaient tiré sur la foule au mortier à la mitrailleuse de 14,5 mm. C'était "un massacre" de civils et les hôpitaux manquent de sang, selon la chaîne de télévision en arabe Al-Jazira, qui cite des témoins ».

COMBIEN DE TEMPS RESTERONS-NOUS ICI SPECTATEURS PASSIFS ?

vendredi 18 février 2011

ADRESSE URGENTE AUX PROLETAIRES DU MONDE ARABE

L’heure est grave.

Les régimes dictatoriaux tuent de plus en plus. En Libye et au Bahreïn les flics tirent directement à balles dans la foule. Les morts s’accumulent, mais rien ne semble devoir vous arrêter. Dehors le temps du chantage des flics terroristes et des embrouilles religieuses. Dehors le temps de la peur de la police. Fini les mensonges des journaux, radios et télévisions. La vérité du système d’oppression – misère et meurtres à répétition – ne peut plus être cachée.

La population tunisienne des prolétaires et des étudiants chômeurs a été la première à réagir victorieusement aux conséquences de la crise mondiale du capitalisme en faisant tomber un premier dictateur ; et on en oublie l’Algérie prolétarienne meurtrie où les grèves et soulèvements limités n’ont pas cessé. Toutes les forces capitalistes du monde se sont liguées alors pour agiter sous le nez des prolétaires en révolte ce vulgaire chiffon de papier où sont inscrits les mots « libertés démocratiques ». On a même hâtivement qualifié la révolte tunisienne de révolution de jasmin. Le but de tout ce cirque était évidemment de faire croire à des solutions nationales dans une hâtive réconciliation nationale pardonnant tous les crimes et sévices de l’Etat bourgeois. Les manifestants eux-mêmes qui s’enveloppaient du drapeau national ne mesurèrent pas à quel point ils se laissaient enfermer dans une impasse en laissant au second plan la question sociale. Le résultat de cette politique d’œillères nationales est là, une seule solution croient certains face à la continuation de la misère… nationale : la fuite vers les pays où il y a du travail mieux payé !
Ensuite la population prolétaire d’Egypte a suivi l’exemple tunisien en faisant chuter plus rapidement encore un autre dictateur à partir de la place Tahrir devenue centre de la lutte pour focaliser l’attention du prolétariat mondial grâce à Al Jazeera et France 24. Comme en Tunisie l’armée fût chargée, par la bourgeoisie locale et internationale, de limiter les dégâts en virant sans ménagement, après quelques inutiles journées d’hésitation, la principale potiche de l’Etat.

UNE GRADATION DANS LA VAGUE DE FOND

Chaque pas de cette magnifique vague d’insubordination pousse plus loin les exigences du prolétariat internationaliste que les observateurs borgnes ne voient pas avancer et qu’ils croient masqué ou disparu. Autant les prolétaires tunisiens se sont laissés enfermer dans les plus du drapeau national sous les chants de la liberté virtuelle retrouvée autant ils ont buté sur l’absence de concrétisation de cette liberté - emplois et salaires conséquents – autant ils se retrouvent avec la seule « solution nationale » : la fuite d’un pays de misère vers les rivages hostiles de Lampedusa.
Au contraire, dans leur gigantesque masse, les prolétaires égyptiens ont trouvé la première marche de la réelle voie émancipatrice : la lutte de classe à l’intérieur des barrières nationales. Alors que la bourgeoisie se réjouissait déjà de la joie des manifestants de la place Tahrir face au départ du tyran, autant son armée a été chargée immédiatement de tenter de mettre fin oralement aux grèves qui se développent.
La théorie des dominos est l’explication la plus simpliste que les médias ont trouvé pour tenter d’expliquer un phénomène de généralisation qui échappe à tous. En réalité, sous la pression de la crise systémique, qui frappe inégalement les pays du monde mais surtout le réservoir de main d’œuvre de l’Europe, le croissant arabe, la lutte frontale, sans intermédiaires vendus à l’ennemi étatique, poursuit son chemin au Yémen, Barheïn et en Libye. Dans le cas de ces trois pays, avec une classe prolétarienne plus faible qu’en Tunisie et Egypte, une répression sans fard, la lutte prend un tour plus politique. Il ne faut pas se faire d’illusions pacifistes ou trop optimistes, un boucher sénile comme Kadhafi peut accomplir un immense massacre avant de tomber, pendu nous l’espérons. Il s’agit d’une lutte, non plus pour le pain, mais pour renverser un domino capitaliste particulièrement odieux et bichonné par Sarkozy et Obama. Les prolétaires libyens ne pourront pas y parvenir isolés. Mais, dans chaque pays apparaît à chaque fois une lueur géniale en faveur de l’union grandissante du prolétariat, au Yémen et au Bahreïn les manifestants vont dans ce sens en criant : « Ni sunnites, ni chiites, union nationale », comme en Algérie ils peuvent crier « ni kabyles, ni arabes, tous prolétaires » !
Un autre acteur, immensément important du mouvement, vient à son tour montrer l’exemple du pas supplémentaire à accomplir : le prolétariat iranien. Alors que, en Tunisie comme en Egypte, le mouvement était resté compartimenté dans ses illusoires solutions nationales démocratiques sans qu’il n’y ait d’appel à une jonction de la lutte des deux peuples – sans doute à cause des deux pays muselés intercalés (Algérie et Libye) – les courageuses premières manifestations iraniennes pour bafouer l’état de siège ont lieu en solidarité avec la lutte en Tunisie et en Egypte. Malgré les médias qui s’efforcent de nous expliquer que l’Iran ne fait pas partie du monde arabe, la population iranienne démonte le mensonge : les autocraties et oligarchies capitalistes sont les mêmes partout.

NE PAS S’ARRETER EN COURS DE ROUTE

Nous pouvons être satisfait, malgré l’existence encore de crimes des polices, du fait que la masse prolétarienne d’Egypte et de Tunisie ait obtenu la fin de l’état de siège. La fin de l’état de siège n’est pas une vraie démocratie prolétarienne. Comme fanal incontournable, l’expérience tunisienne et égyptienne nous enseigne qu’il n’est pas possible que le mouvement démarre ou continue derrière les factions bourgeoises des dites oppositions libérales ou islamistes. L’échec de la mobilisation en Algérie est clairement dû à la pourriture et compromission de tous les partis dits d’opposition. Ce qui a fait démarrer en force la lutte en Tunisie et Egypte a justement été l’appel des internautes et Al Jazeera. Il ne faut pas sous-estimer la possibilité d’utilisation des moyens modernes ; en mai 68 les radios avaient favorisé au début la généralisation du mouvement, même après que le pouvoir gaulliste ait fait interrompre les émetteurs radio et télévision.
Si pour l’instant la Sainte Alliance de la bourgeoisie mondiale et arabe n’a pas réussi à éteindre la dynamique de révolte pays par pays, elle peut encore éteindre l’incendie des dominos en laissant faire une féroce répression dans les pays comme la Libye encore tenus en main par des leaders terroristes qu’elle n’a pas réussi à éliminer comme Saddam Hussein, et leur faire porter le chapeau de meurtres massifs et ainsi finir par terroriser tout le monde !


CAMARADES, FRERES DE CLASSE DE LA ZONE DU CROISSANT ARABE

Vous devez lancer des appels internationalistes aux prolétaires des pays développés pour manifester eux aussi leur soutien aux prolétaires sous le feu de la mitraille, et pour arrêter la main des tueurs appeler leurs gouvernements à cesser toute fourniture de munitions de toutes sortes à ces régimes barbares. Isolés dans vos régions domino par domino, vous serez vaincus et nous avec vous.
En général ceux qui sont en lutte sont plus à même d’appeler à l’extension et au soutien de la lutte. Les prolétaires européens ne se sentent pas concernés directement, bien qu’ils vous approuvent, parce que nos médias nous mentent en présentant votre lutte comme simple conquête de la démocratie à l’occidentale ; les commentaires des blogs révèlent que la plupart des gens croient qu’il s’agit d’un « problème arabe » ou de menace des pantins nationalistes islamistes. La vérité est que votre lutte inquiète la bourgeoisie mondiale (imams et curés compris), qu’elle est sociale comme partout, contre le chômage et la « hora » bourgeoise. Isolés par la domination des mensonges, chacun des prolétaires conscients ne peut que vous soutenir et vous approuver. MAIS POUR QUE LA COLERE SE LEVE ICI VOUS DEVEZ APPELER EXPLICITEMENT LE PROLETARIAT DE TOUS LES PAYS A VOUS SOUTENIR !
SACHEZ QUE LES PREMIERS APPELS REVOLUTIONNAIRES EN 1917 EN RUSSIE ET EN 1968 EN France ONT ETE FAIT A DESTINATION DES PROLETAIRES DU MONDE ENTIER !
Cela seul peut retenir la main criminelle de la bourgeoisie. Nous ne pouvons plus nous contenter de rester les spectateurs des solutions nationales : des massacres à répétition de prolétaires et d’étudiants.

Signé : Parti Pris Pour l’Insurrection Prolétarienne internationale.

jeudi 17 février 2011

UNE BRANCHE DU TROTSKISME CLOUEE AU PILORI EN ALGERIE

Je vous livre ce commentaire piqué sur un forum Libé sur l’Algérie, à vousq de juger. Son auteur est apparemment du genre nationaliste (ou fédéraliste ?) kabyle, le ton est très haineux mais il doit bien y avoir quelques vérités. Ceux qui connaissent le « Parti des Travailleurs » en France (complice occulte de francs-mac, ces frères laïcs du front bourgeois républicain) ne seront pas étonné. Ceux qui en savent un peu plus sont conviés à contribuer ici. L’Algérie par sa situation géographique et par tradition, si le soulèvement prend, aura une importance encore plus grande pour les prolétaires d’Europe que l’Egypte ou la Tunisie. Je ne crois pas non plus que les frangins néo-fachos soient une menace actuellement dans ce pays aussi. Avec ce qui se passe en Libye et au Bahreïn, le weekend risque d’être chaud.

La Vermine (Louisa Hanoune) au Service du Régime Minable d'Alger le Plus CORROMPU de la terre

Parue dans Le Soir D'Algerie (seul Journal de L'opposition en Algerie) de ce Jeudi

Depuis votre promotion publique quand vous aviez accompagné la répression de 2001 en Kabylie, ceux qui ne savaient pas que vous étiez recrutée par les services du ministère de l’Intérieur au temps d’El Hadi Khediri ont pu être surpris par votre enthousiasme débordant pour Bouteflika. En réalité, vos compromissions successives conjuguées à la haine viscérale que vous avez pour tout ce qui vient de la Kabylie, chose que vous partagez si bien, entre autres, avec Yazid Zerhouni, ont sonné le moment de votre activation ouverte.
A l’ouverture du vent de liberté qui souffle sur la rive sud de la Méditerranée, paniquée plus que vos mentors lors des premières émeutes de janvier dernier, vous aviez d’abord joué votre personnage de «pompette » en récitant la chanson réduisant l’injustice et la misère des populations, en particulier de sa jeunesse, à la cherté de l’huile et du sucre. Maintenant que la répression est dans la rue, c’est à vous qu’on endosse le rôle de porte-parole du ministère de l’Intérieur pour, non seulement proclamer «l’échec» des manifestations mais délivrer un satisfecit et un encouragement aux troupes commandées par Ould Kablia. Encore une fois, vous ne pouvez pas rater l’occasion de désigner, dans le sillage du pouvoir, le RCD comme unique appelant à la marche du 12 février, méprisant les organisations sociales et les associations qui ont rejoint la Coordination. Le problème n’est pas que vous vous attaquez à un parti parce qu’il revendique le droit d’expression et de manifestation dès lors que vous avez choisi le rôle de courtisane du chef de l’Etat. Mais pour décerner des labels politiques, il vous faut sortir des orgies dans lesquelles vous avez plongé votre parti. Pour le moment, vous comme vos complices n’êtes ni de droite ni de gauche. Vous êtes occupés à célébrer vos acquis avec la direction d’un syndicat dominée par des prébendiers maffieux et dont l’unique rôle est d’étouffer la voix des travailleurs par le chantage et la corruption. Si vous aviez été effectivement trotskyste à 20 ans, il est alors bien vrai que le trotskisme mène à tout. Ce vagabondage est encore plus visible lorsqu’on suit vos positions quand vous êtes à Paris entre les murs de l’Internationale. En effet, vos mentors algériens savent que vous êtes une salariée de la 4e internationale. Ce qu’ils ne savent pas peut-être est qu’en tant que telle, vous défendez avec force et zèle la marocanité du Sahara. Je vous cite «…Ce plan d’autonomie du Sahara vise à l’éclatement de la nation marocaine,… l’armée espagnole a envahi le Sahara marocain en 1882 et le peuple marocain a lutté dans l’unité – dans le rif et au sud – pour l’indépendance de toute la nation marocaine»(1). Ce qui pose problème, vous le comprendrez, n’est pas votre accord avec la position de votre organisation originelle sur le Sahara occidental comme «partie intégrante de la nation marocaine» mais votre double langage en fonction de vos intérêts immédiats. Cette transhumance est pour vous une règle. Vous dépouillez vos députés en détournant une partie de leur salaire pour financer la construction d’une villa à Hydra en leur faisant croire que vous bâtissez un nouveau siège pour le PT. Il a fallu l’intervention du bureau de l’APN pour arrêter ces extorsions. Non contente de voter toutes les lois de finances qui programment les licenciements des travailleurs et l’enrichissement des clientèles du régime, vous avez mené campagne pour le viol de la Constitution qui impose la présidence à vie de Bouteflika ; c'est-à-dire la pérennisation de la politique actuelle. En 2008, vous avez accompagné le président de l’Assemblée pour son voyage en Afrique du Sud. Lors de l’escale du Caire, vous vous rendez compte que vous devez continuer le reste du voyage en classe économique. Scandale ! Vous refusez de poursuivre le voyage avec les «gueux», préférant une prise en charge par l’ambassade d’Algérie au Caire pour un séjour de 4 jours. Ce n’est pas tout, vous avez exigé que l’APN sanctionne l’un de ses employés qui a fait votre réservation en classe économique et vous avez obtenu son licenciement. Et vive la classe ouvrière !! Enfin, dans le registre de l’apparence trotskiste, vous êtes en passe d’être l’étalon de l’opportunisme. L’aveuglement de la 4e Internationale, en faisant sien l’adage qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, vous a menée à soutenir Saddam Hussein dans la répression et le déni de droit qu’il a fait au peuple irakien du fait qu’il serait contre l’impérialisme américain alors qu’il en était le pion avancé de la guerre contre l’Iran. Le conglomérat d’organisations, allant des ultras nationalistes aux antimondialistes, que Saddam finançait et qui se réunissait régulièrement à Baghdad, a toujours eu un invité de marque, en la personne de Jean-Marie le Pen. C’est ainsi que lorsque le tortionnaire des militants nationalistes algériens préparait sa fille Marine à prendre la main de la mouvance raciste qu’il dirigeait toujours en France, vous l’aviez rencontrée en prenant part toutes les deux à une réunion présidée par Saddam en personne. Entre gens de bonne compagnie, on sait se retrouver. Vous avez tenu une réunion avec Bouteflika, à la présidence, il y a cinq jours. Sachant que vous accomplissez ses missions sans état d’âme, nous attendons de découvrir la nouvelle feuille de route qui vous a été confiée. Pour l’instant, contentons-nous de révélations partielles de votre pedigree. Vous devez, tout de même, savoir que les prochaines élections ne seront organisées ni par Zerhouni ni par Ould Kablia. La machine à distribuer les sièges est aujourd’hui en panne. Votre fin de mission est programmée. L’audit nationale qui arrivera avec la phase de transition nous permettra de découvrir, j’en suis sûr, d’autres facettes de votre inépuisable personnage.
N. A.-H.
* Député du RCD. Vice-président de l’APN
1 Le Maghreb : où mène le protectorat américain ? La vérité, revue théorique de la IVe Internationale ; n°30 nouvelle série (n°636) - Mai 2002 ; pages 14 et 15
PS : A partir d’aujourd’hui, nous répondrons à chaque mensonge par deux vérités. Chiche !

lundi 14 février 2011

2ème communiqué du PCI sur l'EGYPTE

Egypte: Moubarak est tombé, le régime capitaliste et l'Etat bourgeois restent


Suscitant la liesse des manifestants, Hosni Moubarak a donc annoncé qu'il démissionnait, en remettant ses pouvoirs à l'armée. Celui qui se voulait quelques heures encore à peine auparavant le défenseur de la constitution et le rempart ultime contre le «chaos», a ainsi entériné une sorte de coup d'Etat à froid (selon la constitution c'est le président du parlement qui aurait dû assurer la relève du pouvoir).
Toutes les déclarations et manoeuvres du gouvernement n'ont pu empêcher que les affrontements et les manifestations massives se soient succédées en Egypte depuis 18 jours. Le vendredi 11 février des foules encore plus massives que lors des manifestations précédentes ont envahi les rues du Caire et des autres grandes villes, malgré les déclarations du «Raïs» affirmant qu'il abandonnait la réalité du pouvoir à son vice-président.
Après les premières manifestations rassemblant quelques milliers de personnes, surtout des jeunes de la petite-bourgeoisie mobilisés par l'internet, les «spécialistes du monde arabe» et autres «commentateurs avertis» expliquaient doctement que le régime Moubarak était solide et qu'une situation à la tunisienne était impossible en Egypte. L'irruption de dizaines de milliers de manifestants venus des quartiers populaires du Caire lors des manifestations des 26 et 28 janvier a complètement changé la donne. Ce n'était en outre plus seulement au Caire, mais dans d'autres grandes villes égyptiennes que des masses gigantesques sont venues crier leur haine du pouvoir, bousculant par leur nombre les policiers.
Rien n'y a fait: ni la coupure des réseaux internet et de la téléphonie mobile, ni la censure des médias, ni la férocité de la répression (plus de 300 morts début février), ni les demi-concessions de Moubarak, n'ont pu empêcher cette déferlante dont la source se trouve dans les conditions de vie toujours plus misérables des masses prolétarisées. Pour les cercles dirigeants de la bourgeoisie égyptienne, comme pour ceux des autres pays arabes de la région et les impérialismes américains et européens, la question était comment réussir à contenir la colère qui s'exprime dans les rues et les places d'Egypte, d'éviter que la révolte ne devienne insurrection, voire qu'elle se transforme en révolution.
D'autant plus que les derniers jours ont vu un facteur inquiétant nouveau pour les capitalistes: l'entrée en lutte de la classe ouvrière. Des appels ont commencé à circuler pour une grève générale et les premiers arrêts de travail ont été signalés dans les jours précédant le départ de Moubarak. Le 10 février des dizaines de milliers de travailleurs étaient en grève, la vague de grève la plus importante depuis les mouvements de grève dans le textile de 2007-2008 qui avaient été durement réprimés. Des grèves ont éclaté dans différentes administrations, dans les transports en commun du Caire et les chemins de fer. Dans la zone du canal de Suez 3000 ouvriers du pétrole se mettaient en grève. Dans la région industrielle de l'Egypte, le delta où se trouve l'essentiel de l'industrie égyptienne, on signalait une grève de 4000 ouvriers à l'usine chimique Al Nasr à Helwan, de 2000 ouvriers (en fait surtout des ouvrières) à l'usine textile de la même ville, 2000 également à l'usine Sigma Pharmaceuticals de Quesna; à Al Mahalla, la capitale de l'industrie textile, l'épicentre des luttes de 2007-2008, une grève générale illimitée était déclenchée le 10 février à la Misr Spinning and Weaving Textils Factory, la plus grande usine d'Egypte, qui emploie 24 000 personnes, etc.
Les revendications portent sur les salaires, très bas (le salaire minimum est de 70 dollars par mois), l'amélioration des conditions de travail, l'embauche définitive des travailleurs précaires, etc.
Toutes ces grèves, dont nous n'avons probablement qu'un petit aperçu, se sont déclenchées indépendamment du syndicat officiel qui a comme fonction de maintenir la paix sociale et d'empêcher les luttes ouvrières. Encore partielles, elles sont de bonne augure pour l'avenir, à condition que les travailleurs réussissent à s'organiser sur des bases de classe, indépendamment non seulement des structures syndicales vendues aux patrons et à l'Etat bourgeois et en rejetant tous les faux frères qui voudraient les utiliser pour leurs objectifs bourgeois (comme ceux qui ont fait arrêter la grève de la Misr Spinning and Wearing Textiles Factory après le départ de Moubarak).
* * *
Alors que l'Arabie Saoudite et l'Autorité palestinienne, mortellement effrayées par le mouvement des masses, ont toute suite affirmé leur soutien à Moubarak, le gouvernement américain a multiplié les pressions pour une «transition politique et pacifique», c'est-à-dire pour que celui-ci cède la place, seule façon de prévenir des affrontements aux risques incalculables: le fusible Moubarak devait sauter pour protéger le capitalisme des décharges à haute tension qu'un déchaînement de la lutte des classes dans le plus grand pays du Moyen-Orient ne manquerait pas de produire, avec des retombées dans toute la région. Au sein du régime, les proches alliés de Moubarak ont sans doute caressé l'idée d'une alternative à l'iranienne ou à la chinoise: l'écrasement de la contestation, après que l'inévitable lassitude ait au moins momentanément calmé l'ardeur des manifestants. Les cercles bourgeois les plus influents, ceux qui sont le plus représentés parmi les chefs militaires, ont jugé ce scénario trop risqué, comme l'a trouvé de son côté l'impérialisme américain.
L'armée égyptienne a été rapidement mobilisée pour canaliser la foule, protéger les édifices, les biens et les services essentiels, tout en laissant la police se salir les mains dans la répression. Complètement absents des premières grandes manifestations, les Frères Musulmans, la seule force d'opposition importante que le gouvernement ait laissé se développer, ont essayé de prendre le train en marche: leur rôle sera irremplaçable demain pour maintenir l'ordre bourgeois. Aujourd'hui, les chefs militaires, après avoir annoncé la dissolution du parlement et la suspension de la constitution, promettent le retour du pouvoir aux civils dans 6 mois; entre-temps ils élaboreront une nouvelle constitution.
Quelles que soient les formes que prendra le changement de régime, le pouvoir politique bourgeois demeure intact en Egypte; pire, l'Armée, principal pilier de ce pouvoir, ressort momentanément auréolée de cette transition. Mais les prolétaires égyptiens apprendront vite, s'ils ne s'en doutent pas encore, que c'est contre eux que vont se mobiliser les successeurs de Moubarak, que c'est sur eux que va s'abattre à nouveau la répression de la police et de l'armée, et que pour défendre leurs intérêts ils devront lutter seuls, sans les petits-bourgeois démocrates, nationalistes ou religieux. En Tunisie après que Ben Ali ait été chassé, un nouveau gouvernement, dirigé par le même premier ministre, a été mis en place pour que rien ne change d'essentiel: la police a expulsé brutalement les manifestants qui campaient dans Tunis et elle continue à tirer sur la foule (2 morts encore le 4 février), les capitalistes continuent à exploiter, tandis que les politiciens se préparent à la future farce électorale, couronnement espéré du rétablissement et du renforcement de l'ordre bourgeois.
Il en sera inévitablement de même en Egypte. D'ores et déjà le Conseil militaire suprême semble vouloir interdire toute réunion d'organisations ouvrières ou de syndicats, interdisant ainsi de fait les grèves, et il devrait appeler à la reprise du travail. La période qui vient sera celle des luttes ouvrières et les prolétaires égyptiens auront besoin en plus de leur détermination, de la solidarité de leurs frères de classe des autres pays.
Ebranlé par une crise économique sans précédent, l'ordre capitaliste mondial laisse apparaître un peu partout ses fissures. L'avenir est au retour de la lutte prolétarienne, non seulement dans les pays dits «périphériques», mais aussi dans les pays capitalistes «centraux» les plus riches où les conséquences de la crise ont pu être jusqu'ici largement amortis.
Cela ne se fera pas en un jour ; il faudra aux travailleurs de tous les pays dépenser beaucoup d'énergie et de courage pour résister comme leurs camarades égyptiens ou tunisiens à la répression, pour déjouer les fausses alternatives présentées par les laquais de l'ordre capitaliste ; il faudra beaucoup d’efforts pour retrouver la voie de la lutte de classe et pour constituer l'organe dirigeant indispensable de la lutte prolétarienne révolutionnaire internationale, le parti communiste mondial; mais si ces efforts réussissent, ils déboucheront sur la réapparition du spectre du communisme. Il sera alors possible de s'écrier à nouveau:
Que les bourgeois de tous les pays tremblent à l'idée d'une révolution communiste! Les prolétaires n'y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner.

Parti Communiste International, 13/2/2011

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