"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

lundi 14 janvier 2013

NOUVELLES DU FRONT « ANTITERRORISTE »




Exemple d’article lèche-cul du pouvoir



Mali: la France "en guerre contre le terrorisme", bombarde le Nord 

(un triste exemple d’article lèche-cul du QG de la bourgeoisie française, en gras les nuances de la propaganda totalitaire et univoque qui vous auraient échappé en lisant mon article d’hier)
Créé le 13-01-2013 à 17h46 - Mis à jour à 23h32
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Quatre avions de chasse Rafale des forces françaises ont conduit dimanche des frappes aériennes au Mali près de Gao (nord), détruisant des camps d'entraînement et des dépôts logistiques des groupes islamistes armés, a annoncé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. (c) Afp
BAMAKO (AFP) - L'armée française, "en guerre contre le terrorisme" au Mali, a bombardé pour la première fois dimanche des positions islamistes dans le nord du pays, à Gao et Kidal, au coeur des territoires jihadistes.
"Bloquer les terroristes, c'est fait. Ce qui a commencé à être fait aujourd'hui, c'est s'occuper des bases arrière des terroristes" dans le Nord, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
Interrogé sur la durée de l'intervention française en première ligne, M. Fabius a estimé que "c'est une question de semaines".
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir lundi après-midi, à l'initiative de la France, pour discuter de la situation au Mali et informer les membres sur son intervention.
Quatre avions de combat Rafale ont notamment détruit des camps d'entraînement et des dépôts logistiques près de Gao (environ 1.200 km au nord de Bamako), selon le ministère français de la Défense.
"La France est en guerre contre le terrorisme, où qu'il se trouve, pour préserver sa sécurité, et celui du Mali, pays ami", avait déclaré dans la matinée le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.
Il "y a eu une dizaine de frappes, dans Gao et près de Gao", selon un habitant sur place. "Toutes les bases des islamistes ont été détruites".
"Les Français ont fait du bon travail. Presque tous les islamistes ont fui Gao. Ceux qui sont encore là sont cachés dans les maisons et attendent la tombée de la nuit pour fuir", a assuré un élu de la ville.
Les avions français ont aussi frappé à Aghabo, à 50 km de Kidal, dans l'extrême nord-est du pays, selon une source de sécurité régionale. Aghabo est une base importante du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam).
Un camp de combattants jihadistes a été visé à Léré, près de la Mauritanie, et des cibles ont été atteintes près de Douentza (800 km au nord de Bamako).
"Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain", a expliqué M. Le Drian.
Gao, Kidal, et la ville historique de Tombouctou sont les trois principales villes du Nord malien, en majorité désertique.
Sous la coupe des islamistes depuis près de neuf mois, elles sont devenues des points névralgiques pour les groupes armés opérant dans ces zones: Ansar Dine, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).
Régime totalitaire
A Tombouctou, où les jihadistes ont mené ces derniers mois lapidations et amputations, un enseignant a fait état d'un "début de panique" parmi les familles des islamistes partis au combat, assurant que "beaucoup essayent de partir dans le désert".
Présentés comme des "soudards à bord de Toyota avec quelques armes", les islamistes sont en réalité "bien entraînés" et dotés "d'un matériel moderne, sophistiqué, beaucoup plus robuste et efficace que ce qu'on pouvait imaginer", déclare-t-on dimanche dans l'entourage présidentiel français.
Alors que la France a estimé que son intervention avait permis de donner un "coup d'arrêt" aux islamistes qui venaient de s'emparer de Konna et menaçaient de progresser vers le Sud, l'armée française a franchi un cap dans son engagement en frappant dans le Nord au coeur des territoires jihadistes.
L'intervention française doit permettre aux forces maliennes de "reprendre leur marche en avant pour l'intégrité" du territoire, a indiqué M. Le Drian.
La perspective d'une avancée des troupes maliennes vers le Nord, région traditionnelle des Touaregs, est d'ores et déjà dénoncée par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg malienne).
Partisan de l'autodétermination, le MNLA avait lancé en janvier 2012 une offensive dans le Nord avant d'en être évincé peu après par Aqmi, le Mujao et Ansar Dine.
Les discussions entre gouvernement malien, MNLA et Ansar Dine, qui devaient avoir lieu à Ouagadougou le 21 janvier, "ne sont plus d'actualité", a indiqué par ailleurs dimanche une source proche de la présidence burkinabè.
A Bamako, l'influent capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes de mars 2012, jusqu'ici réticent à toute intervention étrangère, a estimé samedi que la France avait joué "un rôle capital" aux côtés de l'armée malienne.
Acteur clé et plutôt hostile à une intervention militaire étrangère, l'Algérie a "autorisé sans limite le survol de son territoire" par les avions français en route vers le Mali, selon Laurent Fabius, qui s'est aussi prévalu du soutien du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
"Ce que nous avons à l'esprit, c'est que si les troupes africaines doivent remonter au Nord, il faudra que les Algériens ferment leurs frontières", a précisé le ministre français.
Le Premier ministre malien Diango Cissoko est d'ailleurs arrivé dimanche à Alger pour une visite de deux jours.
Les préparatifs s'accélèrent pour le déploiement d'une force ouest-africaine chargée, avec l'aval de l'ONU, de déloger les groupes liés à Al-Qaïda.
Les premiers éléments de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) se mettent en place, sous la direction d'un général nigérian, Shehu Abdulkadir, déjà arrivé au Mali selon Lagos, qui fournira "environ 600 hommes".
Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes au Mali. Le Bénin va envoyer 300 soldats.

dimanche 13 janvier 2013

LA GAUCHE BOURGEOISE EN GUERRE AU MALI : EMPECHER LA PARTITION



Comme à chaque déclenchement de guerre, les fossiles organisés petitement, du milieu maximaliste sont silencieux : pas de tracts, pas de prise de position sur le web (sauf peut-être le PCI bordiguiste qui a dû en sortir un à 50 exemplaires (pour l’histoire). Seule la presse sur la Toile de Lo et du NPA dénonce a minima et sans frais la nouvelle bordée impérialiste :
 NPA: "3 mois après il annonce le déclenchement de l’intervention militaire au Mali ! Il est passé du « nous n’interviendrons pas » au « nous protégerons nos ressortissants » pour finir à l’intervention directe. L’ancienne puissance coloniale n’entretient pas des troupes sur ce continent pour rien. Elle poursuit, dans la tradition de tous les gouvernements qui se sont succédés, son rôle de gendarme, pour protéger ses intérêts, pour soutenir les gouvernements qui sont à sa botte. La menace islamiste constitue le paravent de cette opération militaire. Le NPA dénonce cette intervention militaire impérialiste décidée par Hollande, une fois de plus sur le dos des peuples ! Ce n’est pas de cette façon que les maliens se libéreront de tous les fondamentalismes. Montreuil, le 11 janvier 2013 ».
Le NPA n’est ni prolétarien ni révolutionnaire, et en appeler à la libération des « maliens » est aussi subversif qu’en appeler à la libération des « français » en 14-18.
L’impuissance une nouvelle fois des expressions organisées les plus anciennes du milieu maximaliste repose bien sûr sur une incapacité à analyser de façon marxiste la situation.
Prenons l’analyse fournie par le journal belge Internationalisme du CCI l’an passé :
 « Depuis six mois, le Mali est entré dans une situation de guerre qui n’offre elle aussi aucune perspective d’apaisement avant longtemps. Là encore, les dignes représentants de la bourgeoisie démocratique occidentale n’ont de cesse de s’offusquer et de s’inquiéter de l’enfer qui attend les habitants de cette région où les bandes armées peu ou prou islamistes sévissent sans vergogne. Mais qu’en est-il de ces velléités et de tout ce battage médiatique censé nous interpeller sur le sort de ces deux pays en particulier ? Rien ! Du vent et encore du vent ! Non seulement les grandes puissances ne se préoccupent au fond aucunement de la barbarie que vivent les populations vivant en Syrie ou au Mali, comme partout ailleurs, mais elles n’ont pour réelle problématique que de calculer les bénéfices possibles à tirer d’une intervention militaire et les risques qui en découleraient. Ces deux situations (Syrie et Mali) sont une expression critique de l’impasse dans laquelle se trouve le monde capitaliste et de l’impuissance dans laquelle sont plongées les puissances occidentales. Au Mali, il s’agit d’un imbroglio qui est directement issu à la fois de la pourriture sociale qu’a laissé derrière lui le colonialisme français et de son incapacité à faire vivre un État malien suffisamment stable. L’explosion des différentes fractions qui sont apparues ces derniers mois en dit assez long sur l’état de déliquescence de toute cette région, bien au-delà du Mali proprement dit. De l’Aqmi au Mnla en passant par les divers groupes dissidents et opposants au régime de Bamako, tous plus “vrais croyants” les uns que les autres, il s’agit de cliques de bandits armés qui ne sont pas apparues hier par enchantement. On nous dit que le facteur déclenchant de cette nouvelle zone de chaos sahélienne a été le retour des touaregs anciennement enrôlés par Khadafi, c’est-à-dire de centaines d’hommes entraînés, aguerris, et traînant avec eux des armes lourdes. Comme s’il ne fallait pas s’y attendre ! Comble de “surprise”, la Libye n’ayant pas de frontières communes avec le Mali, les touaregs ont dû franchir deux frontières : Libye-Algérie et Algérie-Mali. Et ils n’ont même pas été désarmés (!), venant grossir de façon significative les rangs et les forces d’une rébellion touarègue chronique, excitant de ce fait les appétits des petits truands locaux et régionaux.  Car le ver était depuis longtemps dans le fruit. Le Mali, avec l’ensemble du Sahel, fait en effet partie de ces endroits historiquement difficilement contrôlables du fait de l’existence d’une myriade de populations aux cultures différentes et parmi lesquelles les ex-puissances coloniales, en l’occurrence la France, ont pendant plus de 150 ans excité et entretenu les dissensions, selon l’adage : “diviser pour mieux régner”. Et si la situation actuelle est le produit de ce qu’on appelait la “Françafrique”, elle ne peut qu’être aggravée par la guerre larvée qui se mène entre les États-Unis et la France depuis vingt ans pour le contrôle du marché des matières premières africaines. Après le Soudan, il n’est donc pas impossible que le Mali connaisse une partition en deux États. En attendant, une épidémie de choléra se développe à Goa, que les islamistes forcenés ont de surcroît miné aux alentours, prenant toute la population en otage. Mais, soyons rassurés, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à des sanctions contre les rebelles du nord du Mali dans une résolution adoptée à l’unanimité jeudi, tandis que la Cedeao refuse toute ingérence militaire occidentale dans le pays !"
EXTRAIT d’Internationalisme 2 octobre 2012 (« La situation en Syrie et au Mali révèle l’avenir dans le capitalisme »).
Le crétinisme de la théorie du chaos (une analyse de type anarchiste) est incapable de rappeler les méthodes classiques, inchangées, des incursions impérialistes. Le fait d’avoir gobé l’hypothèse farfelue agitée par le médias de la partition ne leur a pas permis de permettre ni une intervention contre la guerre ni d’en comprendre le déroulement ; tout comme de continuer à gober « l’impuissance des grandes puissances » et  cette histoire « d’islamistes forcenés » ! Par après ils donneront des explications recopiant les analyses des journalistes bourgeois snobs confirmant un scandaleux « chaos capitaliste ».
En octobre, le petit PCI semblait prendre les devants (plus cohérent au niveau marxiste que le CCI sur la question de la guerre) : « Non à une intervention militaire impérialiste française au Mali ! » ; avec ces bons vieux mots d’ordre usés jusqu’à la corde et aussi efficaces que l’illumination nocturne de la Tour Eiffel : « Impérialisme hors d’Afrique ! » et « Vive la révolution communiste mondiale ! », le terrible slogan subversif qui va embraser les masses maliennes et francophones !
Un vieux relent de la miteuse « libération nationale » ou de « révolte de pauvres croyants » filtre dans les présupposés de l’article bordiguiste avec cette singulière préférence à la dictature… de la charia: « Ces dernières (les organisations islamistes)  étaient probablement mieux armées, mais elles auraient profité surtout, semble-t-il (sic), de la colère des populations de Tombouctou et d’autres villes devant les abus des Touaregs ; le rétablissement de l’ordre, fût-ce l’ordre islamique  d’une charia brutale (sic), aurait apparemment (sic) été apprécié positivement, au moins au début, par certaines couches de la population ». Une note ajoute cette référence au journal bourgeois Le Monde :  « Le premier ministre est menaçant : « il faut dès maintenant sécuriser les grandes villes du Mali » ; qui vise-t-il vraiment, sinon les opposants à sa politique capitaliste parmi les masses ? ». Très ambigus les bordiguiens n’est-ce pas ? D’où qui sont ces fantômatiques « opposants » ? Sont-ce les islamophiles aigus ?
La Gauche à pouvoir = Bras armé DES INDUSTRIELS  (1)
Lors de son discours à Kinshasa pour le congrès mondial de la francophonie, Hollande, dit Pingouin petit-bras,  avait  proclamé à l’égal de son prédécesseur le hâbleur Sarkozy : « Le temps de la Françafrique est révolu. » Après son appui au coup d’État d’Alassane Ouattara en Côte-d’Ivoire et le bombardement de la Libye, la bourgeoisie française a donc cette fois-ci délégué la gauche bourgeoise, soutenue par les frères ennemis de la droite déconfite (sauf le Chevènement de papier Mélenchon et les gentils LO et NPA), pour « défendre les ressortissants français » et « porter secours » au pitre président du Mali face aux hordes « islamistes ». Discours béton classique de toute grande puissance depuis 2001 pour défendre son pré carré. Le bobardement idéologique concerne la région Azawad , qui une région du Sahara grande comme deux fois la France. Incorporée à l’empire colonial français au sein de l’AOF (Afrique Occidentale Française), elle fut intégrée au Mali lors de sa déclaration d’indépendance. Depuis plus de cent ans, ce territoire est revendiqué par les Touaregs, peuple berbère repoussé par les Arabes dans le désert du Sahara au Moyen Âge.
Le Mali est le troisième producteur d’or d’Afrique. Du pétrole a été découvert dans l’Azawad, qui pourrait être exporté en Europe par l’Algérie. Son sol est également riche en gypse, en uranium, etc. Malgré ces richesses, le Mali est un des pays les plus pauvres du monde, le revenu par habitant y est de moins d’un dollar par jour et l’espérance de vie ne dépasse pas 48 ans. Il est pillé par la dette, par les exigences cyniques et cupides du FMI (comme la monoculture du coton qui a décimé la culture vivrière) et par les industriels  français (Air liquide, Total, Bouygues…), qui tiennent à garder le contrôle des ressources maliennes. L’intervention militariste coûte cher : envoi d’un matériel de guerre ultra-sophistiqué et aérien pour réduire au minimum les pertes « blanches » (si je peux dire) ; lesquels soldats professionnels volontaires perçoivent le triple de leur solde pour la durée de l’intervention (qui pourra être longue ce coup-ci). La communication du staff élyséen est étroitement surveillée, les lampistes journalistes accrédité auprès du suivi des opérations ne doivent lire que les mêmes communiqués contrôlés au poil près par le Ministère de la Défense (pardon de la Guerre).
Le général en chef Hollande avait officialisé devant l’Onu le 25 septembre un projet d’intervention dans l’Azawad. La Mission de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) au Mali a très vite pris forme : les armées de Côte-d’Ivoire, du Sénégal et du Burkina ont eu le temps de préparer au moins 3 300 soldats pour soutenir l’armée malienne. De la chair à canon qui agira directement pour le compte de l’impérialisme protecteur des grandes fortunes industrielles en France qui méprise les acteurs déserteurs.
En catimini, lors de son voyage « amical » à Alger le généralissime Hollande a parachevé le plan d’intervention « humanitaire » en serrant très fort dans ses bras Bouteflika lequel craint que le conflit ne déborde sur son territoire avec l’Aqmi, sans oublier un débarquement inopiné de réfugiés touaregs. La bourgeoisie algérienne est dans ses petits souliers vu le maintien des miasmes de la révolte dudit Printemps arabe qui pourrait se réveiller comme un cauchemar si en plus de la crise, les bourgeoisies locales exigeaient l’impôt du sang. La participation discrète de la bourgeoisie algérienne à l’action en cours, vise à consolider ses liens avec les États-Unis et la France pour s’assurer un rôle de puissance régionale nord-ouest-africaine.
La partition du Mali était jusque là une des options actées par les impérialismes complices. Tant qu’ils pouvaient y piller à leur guise les ressources de la zone contrôlée par les « bandits islamistes », rien ne les empêchait effectivement d’appuyer la constitution d’une république laïque ou islamique de l’Azawad. La masse des Touaregs, éjectée par la camarilla islamique faisait déjà son deuil. L’option de « l’unité », voire d’une récupération des Touaregs à condition qu’ils acceptent de « composer » avec la « république malienne », semble la voie choisie par les Rafales et drones français.

LA REFLEXION DE ROGALSKI...
"Des repères plus difficiles dans un contexte de mondialisation accrue:
"La nouvelle période qui surgit marquée par la fin des blocs et des camps militaires et par un processus de mondialisation suscite un effet de brouillage idéologique effaçant la frontière entre mondialisme et internationalisme et affectant la solidarité entre travailleurs.
Des questions jaillissent .
- Comment être internationaliste ? Comment articuler son combat avec la persistance des États-Nations, lieux toujours vivants des enjeux sociaux ? Quels types de liens établir entre les forces progressistes ? Comment construire une toile d’araignée planétaire qui s’inscrive dans le défi de la mondialisation et prenne en compte la mondialisation des défis ?
La crise actuelle, dont la mondialisation est la figure principale, appelle à adapter les luttes et les manifestations de l’internationalisme aux conditions du moment ne serait-ce que parce qu’elle a pour effet de déstabiliser les solidarités constituées. A chaque étape du développement du capitalisme -impérialisme, colonialisme, néocolonialisme, montée des multinationales, financiarisation, mondialisation, etc.- des défis nouveaux ont été posés à la solidarité internationale des travailleurs.
Le processus de mondialisation a pour effet d’accroître à l’échelle de la planète la concurrence des travailleurs. Le débat récurrent sur la retraite par capitalisation qui se substituerait ou compléterait le système par répartition en offre un exemple. Les sommes collectées sont placées par des Fonds de pensions sur les places financières internationales. Les retraites américaines peuvent ainsi bénéficier de l’exploitation des travailleurs asiatiques. Ainsi par le biais de la capitalisation on distille des mécanismes d’adhésion aux valeurs du capital et on brise les bases d’une solidarité internationale.
Pour sortir de ce piège, l’internationalisme des travailleurs doit-il coller au mouvement d’internationalisation pour l’accompagner ? Le risque d’une dérive mondialiste -participer au phénomène, l’accompagner, le croire accompli et accepter ses normes et ses « contraintes »- le guetterait alors à coup sûr. Ainsi l’internationalisme peut n’être qu’un alibi s’il est invoqué pour s’engager dans des constructions super-étatiques à souveraineté et à démocratie limitées.
Le maintien de l’État-nation devient une exigence dans la stratégie de défense des salariés pour lesquels l’Etat se doit d’apporter protection et assistance aux individus menacés par les effets de la mondialisation. Cette position s’appuie sur le fait que le capital mondialisé s’inscrit de moins en moins dans une échelle nationale dont il essaie de repousser les entraves qu’elle constitue pour lui.
L’internationalisme d’aujourd’hui doit affronter les enjeux de son époque, encore fortement marquée par le siècle écoulé et doit se préparer à faire face dans ses analyses comme dans ses modes d’organisation à ceux de demain. A ces conditions, l’internationalisme ne sera pas battu en brèche par la mondialisation. L’internationalisme du 21° siècle doit intégrer des dimensions nouvelles qui vont bien au-delà du « prolétaires de tous les pays unissez-vous » et qui résultent des enjeux nouveaux induits par la mondialisation (sécurité, environnement, mouvements de capitaux, montée de l’économie mafieuse, etc..) dont les réponses dépassent le cadre unique des États-Nations et supposent des coordinations -souveraines de préférence. Il faut reconquérir de façon solidaire la perte de la maîtrise du développement ».

(cf. L’internationalisme pris au piège de la mondialisation par Michel Rogalski, Economiste (EHESS-CNRS), directeur de la revue Recherches internationales). Ces questions que Rogalski posait en 1999 sont très pertinentes, plus pertinentes que la solution de Charlot qu’il propose – une coordination souverainiste – et qui renvoient à la véritable renaissance de l’internationalisme… par les prolétaires de tous les pays, disposant de véritables organisations révolutionnaires avec un pied dans la réalité.

Cet après-midi je propose à Paris de détourner la manif contre le mariage homo en manif contre la guerre, ce serait une excellent manière d'enc. la bourgeoisie, mais je doute fort que les réacs en bas résille et soutane apprécieraient... ils pestent contre les homos mais sont agenouillés derrière le pingouin généralissime qui promeut la guerre de rapine de leur classe.


Demain on ébauchera sur ce blog, les raisons de l’affaiblissement du véritable internationalisme dans la (faible) classe ouvrière en Afrique, dans le même sens que ce que j’ai développé dans mon livre « Immigration et religion », mais plus par rapport aux méfaits du « colonialisme syndical » européen.

(1)" la gauche à pouvoir" n'est pas une faute de frappe, mais un approfondissement de la notion de "gauche au pouvoir"... face à "gauche à rien" des rigolos Mélanchon, Poutou et Machine de LO.



vendredi 11 janvier 2013

RAPIDES NOTES DE LECTURE



Danton, le géant de la révolution par David Lawday


Un bon livre d’histoire par un anglais « dantoniste ». Le personnage truculent de Danton vaut le détour, c’est un bourgeois courageux. Son éveil au libéralisme le conduit à sa perte sous la Terreur. Beaucoup moins clair que Robespierre sur la question de la "guerre révolutionnaire", le premier ministre commissaires aux armées passe son temps à essayer de rattraper et dédommager les Belges victimes des pillages et viols des soudards du félon Dumouriez, pseudo héros de la fausse bataille de Valmy de l'armée de "la liberté", oppresseur des peuples sur le terrain loin des utopies partisanes anarchistes et marxistes.
L’auteur nous mène dans les secrets d’alcôve avec ce Danton Frankenstein qui va récupérer le cadavre de sa première femme Gabrielle - décédée en couches alors qu'il trinquait avec les généraux à Bruxelles - pour lui mouler le visage, qui épouse peu après une ado de 16 ans, puis est guillotiné deux mois plus tard. A lire les phrases sonores de Danton, à écouter sa grivoiserie on croit entendre Depardieu dans le rôle titre. Difficile en effet désormais de détacher Danton de Depardieu. Danton est un centriste, souvent confus, hésitant mais sans conteste courageux jusqu’au bout et bourré d’ironie féroce contre le puceau vertueux Robespierre dont il s’est souvent si bien moqué. Seule différence avec Depardieu, il n'a pas quémandé un passeport russe pour ne pas emporter "la patrie à la semelle de ses souliers".
 Il s’est cru tout puissant. Fatale erreur en période révolutionnaire. Le livre se lit donc comme on visionne un film passionnant. Ceux qui désirent connaître un peu mieux du point de vue des classes opprimées la Révolution des bras nus, ont intérêt à lire les grands classiques (Lefebvre, Aulard, D.Guérin, Dommanget, etc.) mais aussi Hazan et… jl Roche (cf La guerre révolutionnaire de Robespierre à Lénine).


Mao, sa cour et ses complots, Derrière les murs rouges par Jean-Luc Domenach


Une bonne mise à jour du stalinisme chinois après tant d’ouvrages. Mais pour ceux qui n’ont jamais lu il y a quarante ans Simon Leys ou les articles de Piere Souyri dans Socialisme ou Barbarie. Domenach actualise les données sur le fonctionnement de la bureaucratie chinoise, atténue l’ampleur des massacres pendant la « révo cul dans la Chine pop » . En tout cas on comprend mieux la cupidité des faux communistes chinois aujourd’hui, avec des parents pareils. Je le répète, à conseiller à ceux qui n’ont jamais suivi de près les soubresauts du stalinisme en Chine, sinon les histoires de bureaucrates serviles de tout Etat, c’est longuet et chiant.


Marie-Claude Vaillant-Couturier : Une femme engagée du PCF au procès de Nuremberg

Paul Vaillant-Couturier était un éditorialiste brillant de l'Huma avant-guerre (dont M.Chirik me confia qu'il aimait lire les textes) qui mourut peu après son mariage avec la très jeune et jolie Marie-Claude qui allait devenir après-guerre l'une des principales égéries du parti stalinien avec Danièle Casanova. La trajectoire de cette femme courageuse, qui a tant souffert dans les camps nazis mais s’est battue pour aider ses congénères, qui a survécu en rendant hommage aux victimes par son témoignage au niveau international, forcerait plutôt l’admiration. Hélas elle s’est mise à la Libération au service d’une cause complice de la guerre, le stalinisme. Elle sert de cache-sexe aux ambigus Thorez et Marchais (qui avaient fui la France) tout en chantant l’hymne chauvin. Elle devient la complice de la reconstruction de la France sous le terrorisme idéologique de l’hyménée gaullo-stalinienne.
L’auteur D.Durand ment à plusieurs reprises : sur le stalinisme complice du nazisme, sur la grève de 1947 à Renault, sur la raison du vote concédé aux femmes en 1944… MC PVC est complice jusqu’au bout de Staline : « …je sais qu’il n’existe pas de camps de concentration en URSS » assure-t-elle au procès Kravtchenko et David Rousset.
Seule pourtant la déportée MC Vaillant-Couturier semble sortir la tête haute de ce panégyrique fait pour complaire aux vieux caciques staliniens retraités – pour son passé de prisonnière et non pas d’édile d’un parti gouvernemental - elle se rend compte combien le tribunal de Nuremberg était une vaste comédie… pour excuser le capitalisme.

1940-1945 Années érotiques de Patrick Buisson (Livre de poche): Travail, partouze, orgie? savez-vous que le maréchal Pétain était peu catholique en position allongée et fameux coureur de jupons et qu'en temps de guerre les collabos ne pensent qu'à baiser, comme les résistants aussi d'ailleurs. On raconte que dans le bunker d'Hitler, sachant tous qu'ils étaient cuits, ils se sont livrés à une dernière orgie?  Reich, fureur et bestialité! L'enfer d'un des moments clé de la décadence capitaliste ne serait-il pavé que de partouzes finales?

MISERE DE LA PENSEE ECONOMIQUE par Paul Jorion


Misère de l'économie de la pensée politiquei  Le m'as-t-u-vu Jorion, un temps célébré comme dame Soleil de la crise à rebondissements du capitalisme, Jorion n'est plus que la dame pipi qui baratine une littérature de moins en moins économiste et de plus en plus libéraliste utopique. Ce pépère narcissique se permet de dire que Marx avait tout faux concernant la base de la crise capitaliste (la baisse tendancielle du taux de profit) dans son "capitalisme à l'agonie", qu'il espère pourtant bien ranimer par un bouche à bouche démocratique et gogologique. J'ai refourgué mon exemplaire illico sur price minister. Exit Jorion.

LES LIVRES CHERS (qu'il vous fait faire  acheter par la médiathèque du coin)

BIOGRAPHIE DE ROSA PAR JOHN PETER NETTL (version courte, Cahiers Spartacus): une évidence et qu'il faut acheter pour sa propre table de nuit.

1917 LES HOMMES ET LA REVOLUTION de l'inépuisable Marc Ferro: en papier bible les docus de toutes les tendances à l'état brut. Bien mais bourré de coquilles, (ed omnibus).

L'ENFANCE ABANDONNEE ET DELINQUANTE DANS LA RUSSIE SOVIETIQUE (1917-1937) par Dorena Caroli (L'Harmattan) : pour les vrais combattants de l'alternative au capitalisme pas trop étonnés de son taux de délinquance, comment nos ancêtres maximalistes ont tenté de résoudre la question.