"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 21 décembre 2011

LA DEMOCRATIE ET LE FUSIL A POMPE

LES PEUPLES ARABES EN REVOLTE? des "arriérés"? Ou L'ORCHESTRATION DE LA VIOLENCE SANS FIN CONTRE LES CIVILS PAR LES ETATS BOURGEOIS?


Ce monde en crise systémique se repait d’une violence quotidienne ahurissante. La violence est générée de haut en bas. Cohabitent plusieurs formes de violences pour l’heure au devant de l’actualité : une violence individuelle, basée essentiellement sur la vengeance par des sous-produits de cette même société qui humilie et paupérise, qui sont pointés du doigt comme « fou furieux », celui de Norvège, celui de Belgique. La réaction populaire est l’effroi et la consternation, suivies de prosternation devant la police d’Etat. La violence des gangs mafieux monte en puissance avec l’usage de kalachnikov (Grenoble, Marseille), suivie d’un espoir d’une police mieux armée pour « protéger les citoyens ».Dans les pays occidentaux, le spectacle sanglant du terroriste individuel est largement étalé, commenté, décrypté. Cette violence du terroriste individuel implique inéluctablement un regain de confiance ou plutôt d’espoir en un régime parlementaire de paix sociale, conséquences parfaitement négatives pour la violence révolutionnaire de classe à venir. Ainsi les émeutes de l’été dernier en Grande Bretagne, aussi primaires fussent-elles (pillage de magasins, incendies de véhicules) sont mises dans le même sac que l’attentat désespéré ; pire les médias nous informent de la connivence et lâcheté de la population (on ne précise jamais quelle catégorie) qui se démène pour fournir sur internet à la police des photos de manifestants dont on nous fait savoir que des centaines ont été alpagués par la justice britannique grâce cette collaboration « spontanée ».

Puis il y a cette violence récurrente, quotidienne dans le croissant arabe où on nous avait chanté les vertus d’une « révolution de jasmin ». Le jasmin a fané, et l’on ne nous parle plus que de « l’hiver arabe », des exactions des salafistes contre les coptes, des viols de femmes journalistes en Egypte, etc.

Pour s’y retrouver dans cette orchestration de la violence planétaire, il faut garder en tête deux facteurs :

- La confrontation déguisée des impérialismes, où d’Afghanistan, en Irak et en Libye, l’intervention de l’armada américaine ne rétablit aucun ordre mais sème le chaos ; il est imbécile d’en faire porter le chapeau à la seule prude America, car, comme dans une vulgaire bagarre de rue, on ne sait jamais qui a porté le premier coup, et, souvent quand la victime s’est débinée on a oublié qu’elle s’était livrée à la première provocation ;

- Face à la colère des peuples arabes, motivée en premier lieu par la crise économique qui frappe les maillons faibles de plein fouet (cf. les émouvants sacrifices en Tunisie, et les combats héroïques de la place Tahrir au Caire), la réaction perspicace de la bourgeoisie américaine avait été de lancer la mode de la démocratie représentative, après s’être convaincue que ses mercenaires locaux ne parviendraient pas à calmer la colère des peuples par des massacres incessants. L’entourloupe a fait long feu, comme lors de la libération des Etats européens du nazisme en 1945, les principales structures terroristes des Etats arabes sont restées en place. Dans un deuxième temps, la guerre en Libye a servi à éteindre un moment la soif de liberté et de travail des peuples.

L’élimination de Kadhafi n’a pas mis un point final au mouvement de révolte généralisé, non simplement du fait de la pagaille des clans bédouins incapables de plagier l’hypocrite démocratie représentative, mais parce que la misère est toujours là, croissante.

Les principaux impérialismes étaient complices depuis des mois pour renouveler le coup manqué en Libye, par le laisser-faire des massacres massifs en Syrie, lorsque le feu s’est rallumé en Egypte. La bourgeoisie maintenue au sommet de l’Etat égyptien, et dont l’armée criminelle est rétribuée par l’auguste impérialisme US, n’avait pas lésiné sur les provocations. Ses hommes de main ont été les auteurs des attentats contre les coptes.

Le 7 mai, 15 personnes avaient été tuées et plus de 200 blessées au Caire lorsque des « musulmans » ( ?) avaient attaqué deux églises, affirmant qu'une chrétienne convertie à l'islam était détenue dans l'un des lieux de culte. L’orchestration de la « montée des tensions confessionnelles », n’en était qu’à ses débuts. En octobre dernier après l’assassinat de 24 coptes et des centaines de blessés, la main sur le cœur, le Premier ministre Essam Charaf avait psalmodié que l'Egypte était "en danger". « La nation est en danger suite à ces évènements. Ces évènements nous ont ramenés en arrière (...) au lieu d'aller de l'avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines", avait-t-il ajouté. Sur sa page officielle sur Facebook, il avait appelé chrétiens et musulmans "à la retenue" et à ne pas céder aux "appels à la sédition". Ce pitre ne faisait que parer à la réponse déjà fournie par les prolétaires conscients du Caire qui, peu dupes de l’orchestration des tueurs des services secrets, avaient opposé leur colère dans la rue. A la fin de la journée du massacre des coptes, une foule avait marché vers l'hôpital en criant « Musulman, chrétien, une seule main », mettant fin aux violences près de l'établissement. Contrairement à la Syrie, à la Libye et au Yémen, l’Egypte, à l’immense population, contient une classe ouvrière expérimentée qui, des années 1970 à aujourd’hui, a su répondre par ses grèves de classe aux piétinements du pouvoir bourgeois. Plus qu’en Tunisie, la chute du dictateur égyptien a été provoquée – on l’oublie volontairement – par la grève générale en début d’année.

La nouvelle occupation de la place Tahrir est ramenée par les médias à ce simple constat : « Le peuple égyptien demande le transfert du pouvoir des militaires aux civils. En réponse, la violence à leur encontre s'accentue ». Et les médias se précipitent pour indiquer que le mouvement reste minoritaire, que la population des campagnes « ne suit pas » et a besoin « d’ordre ». Agitant alternativement fusil mitrailleur et urne représentative, la bourgeoisie cogne un jour et pleurniche le lendemain. Mais ne parvient pas à calmer la révolte. Les manœuvres pour la mise en place des premières législatives depuis l’éviction de Moubarak se déroulent depuis fin novembre dans une opacité et une violence sans fin de la part de l’Etat bourgeois maintenu tel que, avec ses assassins galonnés. Une nouvelle fois, il faut le crier bien fort, les islamistes ne sont pas à l’origine du regain de la colère, mieux ils collaborent totalement à la cuisine électorale. Mais ni leur victoire douteuse en Tunisie, ni déjà acquise en Egypte ne suffit à abuser les peuples.

Dans mon livre – Les avatars du terrorisme – j’ai utilisé certains commentaires de l’ouvrage intéressant de Mathieu Guidère (Les nouveaux terroristes). Je considérais que si une comparaison s’impose il faut placer sur le même plan stalinisme et islamisme : « …il n’est pas inutile d’esquisser un parallèle entre l’islamisme radical de nos jours et le communisme staliniste à l’heure de sa gloire idéologique et se son emprise sur les cœurs et les esprits. Beaucoup d’islamistes virulents étaient d’ailleurs, il y a quelques décennies encore des communistes convaincus (…) le traitement médiatique des événements est au cœur de la problématique terroriste, parce qu’il a un impact certain sur l’auto radicalisation des individus » (M.Guidère, op.cit.)[1]. Comme lors de l’effondrement du bloc de l’Est nous assistons depuis janvier 2011, non au simple renversement de dictatures sanglantes mais à l’effondrement du bloc islamiste qui démontre que la religion est aussi secondaire que le marxisme-léninisme désuet quand les peuples ont faim de liberté, de dignité et de travail. La collaboration empressée des islamistes au cirque électoral pluraliste truqué est la meilleure preuve de leur affaiblissement face à l’imparable crise systémique qui fait trembler le monde d’occident en orient. Je l’analyse ainsi dans mon nouveau livre : « La croyance électorale (Les élections piège à consultés) : « … avec l’agitation basique du cauchemar islamiste (pauvre imitation du fascisme), le pluralisme est en même temps intronisé comme garant d’une nouvelle dictature sans fard électoral : « Malgré les succès électoraux enregistrés par les partis religieux, le monde arabe est entré dans une phase post-islamiste. Quels qu’ils soient, les islamistes vont devoir changer leur logiciel et l’adapter à un cadre parlementaire. Plus personne n’est en mesure de revendiquer un monopole de l’islam (…) Pour ne pas encourager les tendances centrifuges, elle (la confrérie égyptienne) préfèrera s’allier à des groupes situés hors du champ islamiste »[2].

Le soulèvement des peuples arabes est un grand événement avant-coureur de l’explosion qui guette pareillement les anciens « pays riches », hyper… endettés et sans boussole désormais autre que « la démocratie » et le fusil à pompe.

C’est cette même démocratie sanglante qui fût jetée à la face des prolétaires européens désireux d’imiter la révolution prolétarienne russe. C’est cette même démocratie « weimarienne » qui massacra des milliers d’ouvriers berlinois avant de jeter les autres en pâture non simplement à Hitler, mais pour qu’ils soient véritablement soumis à la venue de la guerre mondiale. La lie de la société, le lumpenprolétariat avait fourni les premiers corps francs puis les meneurs des troupes de Hitler.

D’une manière différente, mais semblable dans son objet, la bourgeoisie égyptienne conseillée de près par les missi dominici de l’empire US, fait passer au premier plan les exactions de fanatiques recrutés et entraînés contre les coptes autant que contre tout manifestant prolétaire, comme un succédané d’une « population arriérée ».

Voyons comment l’ensemble de la presse résume les dernières exactions (je crois que j’ai repiqué çà sur l’immonde), en l’occurrence le tabassage de la jeune femme sur la photo (une autre femme en manteau rouge qui se porte à son secours est sauvagement tuée à coups de gourdin policier):

« C'est une vidéo insoutenable, le symbole en grandeur nature de l'usage répété de la force par l'armée égyptienne contre les manifestants. Sous les coups de bâton d'un essaim de soldats en uniforme, une femme s'effondre au sol. Traînée sur la chaussée par son long manteau noir, elle échoue torse nu dans son soutien-gorge bleu, le ventre écrasé par les bottes de ses bourreaux. Filmée ce week-end en plein centre du Caire, cette scène n'est qu'une illustration, parmi tant d'autres, de la nouvelle spirale de violence, qui a fait au moins onze morts et des centaines de blessés en l'espace de quatre jours. Et qui pousse, aujourd'hui, la communauté internationale à tirer la sonnette d'alarme. Dimanche, Ban Ki-moon, a été le premier à se dire «très préoccupé» par la situation. «Le secrétaire général (de l'ONU) est très inquiet par l'usage excessif de la force de la part des forces de sécurité contre les manifestants et appelle les autorités de transition à faire preuve de retenue et à respecter les droits de l'homme, dont le droit de manifester de façon pacifique», précise un communiqué des Nations unies. Quelques heures plus tard, c'est Hillary Clinton qui lui emboîtait le pas, en appelant les Égyptiens à s'abstenir de toute violence. Les inquiétudes de la communauté internationale sont fondées. Près d'un an après le réveil inattendu de la rue égyptienne qui mena, le 11 février 2011, à la chute du président Hosni Moubarak, un mauvais goût de révolution inachevée reste sur toutes les lèvres. Si le processus électoral, visant à choisir les membres du nouveau Parlement, est lancé depuis la fin novembre, l'armée -en charge de la transition- s'accroche au pouvoir, en répétant les pratiques de l'ancien régime contre ceux qui osent la défier: arrestations, répression, torture. Ce qui, en octobre dernier, fut d'abord perçu comme une «bavure» des forces de l'ordre lors des incidents de Maspero -à l'origine de la mort d'au moins 20 manifestants coptes- est en train de se transformer en une triste routine. À chaque nouvelle vague de contestation, les coups redoublent de plus belle: pluie de gaz lacrymogènes, tirs de balles réelles, harcèlement sexuel, coups de matraque… ».

Avec quelle habileté on nous déplore cette « révolution inachevée » (mais en précisant bien « révolution échouée » et acharnement de minorité qui l’a « dans le cul » avec ce « tout bénéf aux islamistes électoraux » !), je ne vous le dis pas ! Si je vous le dis, l’intertitre résume le tour de passe-passe, et appuie son mensonge sur ce fleuron machiavélique de la démocratie représentative, le sondage d’Etat omniscient et mystique :

« Pays miné par la pauvreté »

« Furieux, les protestataires de la première heure, ceux qui piétinèrent courageusement la place Tahrir en janvier dernier en rêvant de justice et de liberté, crient aujourd'hui au «vol». Qu'ils soient étudiants, femmes, ouvriers ou intellectuels, ils estiment qu'on leur a kidnappé leur révolution. À l'unisson, ils réclament la chute du maréchal Tantaoui, le chef du CSFA (Conseil suprême des forces armées), et demandent un transfert immédiat du pouvoir des militaires aux civils. Mais ces courageux contestataires -essentiellement des libéraux- doivent se rendre à l'évidence. Bien qu'armés de belles intentions démocratiques, ils ont échoué à transformer la révolution en véritable message politique, et ne représentent aujourd'hui qu'une minorité de la population dans un pays miné par la pauvreté et le manque d'éducation. Résultat: de nombreux Égyptiens, nourris depuis des décennies au lait de la «théorie du complot», les perçoivent comme des «fauteurs de troubles» à la solde d'«éléments étrangers». Ainsi, selon un sondage réalisé début décembre par l'institut d'études stratégique al-Ahram dans neuf circonscriptions égyptiennes, près de 90% des personnes interrogées estiment que le CSFA assure «les conditions adéquates à une transition démocratique». Pire: tandis que militaires et libéraux se disputent le pouvoir, c'est une troisième force, celle des islamistes, qui est en train de récolter les bénéfices de la bataille. Après avoir fait campagne, des mois durant, auprès des «Égyptiens d'en bas», au nom de la justice et de l'équité sociale, ils sont aujourd'hui les grands gagnants des urnes. Et de la révolution ».

Mais il n’y a pas eu de révolution, et la révolte des masses opprimées n’en est qu’à son début. Et la bourgeoisie mondiale endettée n’a même pas un nouveau plan Marshall à extraire des caisses vides de ses banques !

2000 femmes ont manifesté au Caire contre ces exactions honteuses, c’est pas rien ! Les élections opaques semblent se poursuivre avec le même gimmick que celui des stratèges de la démocratie truquée en occident : la menace du pire, la victoire salafiste (aussi impossible que celle du FN en France !), quand le pire les manifestants le subissent dans la rue au vu et au su de la terre entière ! Chars qui écrasent les manifestants comme en Syrie, meurtres d’enfants, viols des femmes.

Les généraux égyptiens n’ont aucun mal à se désolidariser de leurs exécutants, formellement, mais parce que les tueurs ont carte blanche sur le terrain et ne seront jamais inquiétés par leurs supérieurs. Les pleurnicheries à l’unisson de la mère Clinton visent à culpabiliser le peuple égyptien en son entier. N’est-il pas arriéré avec 40% d’illettrés ? constat à l'unisson de la presse vénale presse bien pensante française du Figaro à Marianne…

Non ceux qui se battent, pas forcément minoritaires, ne sont pas arriérés. Par contre, l’armée recrutée pour l’essentiel dans les campagnes est composée d’arriérés mentaux qui peuvent se livrer à tous les sévices sadiques dont ils rêvaient. Les centaines d’individus de ce lumpen, qui avait déjà sévis en janvier place Tahrir, sont les mêmes qui ont tués les coptes et agressés les femmes journalistes ou pas. Le pire est déjà là, et c’est contre ce pire - des centaines et des centaines d’arrestations, tortures et assassinats de nuit, des condamnations à perpète invraisemblables – que se battent ces « ennemis » de la paix électorale désignés par la presse bcbg française comme « intellectuel » et « étudiants » ; la même stigmatisation qui était utilisée par les fascistes d’antan et les généraux colons en Algérie !

Le langage de la contre révolution officielle, démocratique, représentative et vénale, est le même à toutes les époques, c’est le fiel des oppresseurs des peuples et du prolétariat.

Comme leurs consoeurs européennes font le deuil de la « croissance », les bourgeoisies égyptienne et syrienne font le deuil du tourisme. Elles savent ne pouvoir miser désormais que sur la répression la plus féroce. Des milliers et des milliers de morts vont se succéder. La démocratie représentative ne peut plus promettre ni pain ni travail.

Prolétaires du monde entier, cessez de vous indigner, révoltez-vous partout, pour les mêmes raisons que nos frères de classe arabes, et en solidarité avec ces victimes considérables ! Depuis une année jamais le capitalisme n’avait autant massacré des populations civiles en aussi peu de temps et en se réjouissant que nous demeurions des spectateurs simplement indignés ! Partout la violence de l’Etat bourgeois s’acharne et s’acharnera sans vergogne contre tous ceux qui veulent aider le capitalisme à s’effondrer, le seul bienfait urgent pour sauver l’humanité !


[1] Les nouveaux terroristes de Mathieu Guidère (p.92). La thèse mondiale d’un fascisme vert regroupant les terroristes islamistes est une baudruche commerciale pour journaliste en mal de sensation (cf article de Xavier Crettiez, Politique et violence in Les Cahiers de la sécurité intérieure n°38, 2000).

[2] Olivier Roy, directeur d’études à l’EHESS in Nouvel Obs du 8 décembre 2011.

mercredi 14 décembre 2011

RENAULT BUTIN DE GUERRE DES STALINIENS (suite)


(2ème épisode)

La gauche caviar et les historiens gauchistes au service de l’oubli des méfaits des staliniens

(Cf. relisez mon article sur ce blog, du 13 mai de cette année, Renault butin de guerre des staliniens, pour lequel j’ai reçu pas mal de menaces)

Etrangement coordonné médiatiquement le mercredi 14 décembre avec le procès intenté par la famille Renault à l’Etat, FR3 livra un documentaire retraçant la rivalité de deux industriels de génie, Louis Renault et André Citroën. Le documentaire fût pourtant dans l’ensemble d’une haute qualité historique, malgré de lourdes allusions ponctuelles à la persévérance de Citroën malgré ses origines juives. Louis Renault est décrit comme un patron seigneur, dur avec ses ouvriers. La première partie est toute de glorification pour l’émulation des deux génies, pour leur capacité patronale merveilleuse à faire produire par les femmes ouvrières des canons pour Verdun. Avantage Louis Renault avec les taxis de la Marne. Images saisissantes de ces milliers d’ouvriers veules qui acclament le seigneur de Billancourt et le ministre socialiste de la guerre Albert Thomas. Au salon automobile de Berlin, Citroën rapatrie tous ses commerciaux tandis que L. Renault se laisse photographier aux côtés d’Hitler. Personne ne songe à l’époque à lui reprocher d’être le meilleur commercial français. André Citroën meurt ruiné à la suite d’un complot du patronat des forges et des banquiers pourris de l’époque. Louis Renault connait ses premières aigreurs d’estomac face au front popu, plus sa femme, la belle Chrstiane, le cocufie avec le facho sentimental Drieu la Rochelle. Suit le commentaire lèche-botte du pigiste de FR3 : « elle participe déjà de la légende noire de Louis Renault. Les élites françaises sont prêtes à tout pour commercer avec l’Allemagne » (nb : Sarko est donc condamnable comme collabo ?). La voix off du pigiste reconnait que tous les industriels sont contraints par les caves du gouvernement fantoche pétainiste de collaborer industriellement. Autre commentaire bête : « Louis Renault commet une erreur qui ne lui sera pas pardonnée ( !? par qui ? par ses assassins staliniens ?) : « il s’accroche à son usine alors que ce sont les allemands et Vichy qui décident » ( !?)

Un peu de scénario à suspense ensuite : « Eté 44, l’heure des comptes a sonné… il est malade. L’enfermement aggrave son état de santé. Il meurt dans une clinique d’un hémorragie cérébrale ». Le docu s’effondre au final dans le mensonge le plus plat, en oubliant de dire que l’hémorragie a été provoquée par les coups sur la tête de ses geôliers staliniens. Le débat avec la petite fille de L.R. et des historiens de pacotille ne vaut même pas d’être relevé. On reste soft, et on reconnait qu’il n’y a pas toutes les raisons suffisantes pour accuser L.Renault.

A la veille de l’émission du documentaire, le ton n’était pas si courtois dans la presse bourgeoise. « L'attitude » de Renault pendant la guerre, les accusations de « collaboration » avec l'Allemagne nazie, sa « nationalisation-sanction » en 1945, écrivait Le Figaro, c'est un large pan de cette histoire controversée qui va s'ouvrir aujourd'hui (mercredi) devant la justice. Les héritiers de Louis Renault contestent en effet la confiscation de l'entreprise en janvier 1945, qui aboutira à sa transformation en Régie nationale. Ils veulent obtenir réparation et ont assigné l'État devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Une démarche dénoncée comme «une falsification de l'histoire de l'Occupation» et une «tentative de réhabilitation» par leurs adversaires. Les sept petits-enfants de Louis Renault, fondateur avec son frère de l'entreprise de Boulogne-Billancourt en 1898, attaquent l'ordonnance prise le 16 janvier 1945 par le gouvernement provisoire de la République française. Selon leur avocat, Me Thierry Lévy, ­cette «nationalisation a revêtu un caractère unique et sans précédent». «Aucune autre entreprise n'a fait l'objet d'un pareil traitement, même parmi celles dont les dirigeants ont été condamnés par la justice pour des faits de collaboration», poursuit Me Levy. Arrêté en septembre 1944, Louis Renault est mort un mois plus tard en prison. Sans avoir été jugé. Le TGI de Paris choisira de transmettre ou non la question à la Cour de cassation. Sans chiffrer son éventuel préjudice, la famille Renault dresse la liste des biens confisqués sans aucune indemnisation. Le fondateur possédait 96,8% de sa société, qui, outre «les usines dites de Billancourt et du Point-du-Jour», comprenait des terrains et bâtiments en Savoie, des «brevets, licences d'exploitation, procédés de fabrication», une succursale à Vilvorde, en Belgique, des immeubles sis aux 51 et 53 avenue des Champs-Élysées et des usines au Mans, pour ne citer que les principaux biens.

Bon c’est pas notre problème, l’Etat actuel a bien écrasé aussi le pillage et la récupération des appartements à Paris appartenant à des juifs déportés et qui ne sont jamais revenus, et jamais rendu à leurs familles au nom de la … mémoire du retour à la paix sociale ! Des millions de prolétaires ont perdu leurs maigres biens sans jamais être « remboursés » du crime impérialiste. Non, ce qui est choquant pour nous, plus que la spoliation généralisée en temps de guerre mondiale, c’est la falsification de l’histoire pour la propagande du présent.

Un certain Richard Cannavo, éditorialiste au Nouvel Obs, maquillait lui le meurtre de Louis Renault pour sponsoriser le « documentaire » de télévision. Son billet, titré « Une histoire française », déguisait ladite histoire avec une manière toute stalinienne, de concasser et absoudre les faits, que voici : « Sa vie durant, Louis Renault aura été adulé, avant de susciter la haine. Retour sur le destin tragique d’un homme qui connut gloire et fortune et mourut dans une déchéance psychologique et physique totale ».

S’il vous arrive d’être tabassé à mort, par un nazi, un flic quelconque ou un gros bras stalinien, nul doute que vous mourrez « dans une déchéance psychologique et physique totale » ! C’est bien ce qui est arrivé à Louis Renault, assassiné comme le sculpteur Aristide Mayol par les sous-hommes de main staliniens à la Libération. Le deal a toujours été masqué par les partis gaullistes (pour faire oublier leurs collègues pétainistes grillés), sans le vote concédé bien tardivement aux femmes et la concession des nationalisations « dépeçage » surtout de Renault – car la plupart des patrons enrichis durant la guerre ne furent pas inquiétés – la bourgeoisie gaulliste n’aurait pu éviter que le parti stalinien rafle la majorité des sièges au parlement. Le lâche éditorialiste du principal hebdo de la gauche bourgeoise et nationaliste juive, oppose donc le bon patron juif Citroën au méchant patron français Renault, qui tous deux se battirent vaillamment pour faire tuer le plus possible d’allemands : « 36.000 obus par jour pour Louis, 50.000 pour André. Avantage Citroën ». Dans l’accélération de la falsification, Cannavo est doublé sur sa droite par son collègue F.Caviglioli : « Louis court aussi vers son tombeau. Sous l’occupation, pour faire tourner ses usines, il fournira à l’armée allemande des véhicules de transport et de combat. Comme Berliet et Peugeot. Mais, en 1944, à l’heure des comptes, il sera le seul à être frappé. Bête noire des syndicats et de la gauche (laquelle ?) il incarnait la droite fascisante (à la place de Pétain ?). Incarcéré à Fresnes, il meurt peu après, en gardant jusqu’au bout ce silence hautain qui l’a tant fait détester ».

Sous l’avalanche des coups de ses geôliers il est pourtant remarquable, que la gueule fracassée sur le béton de la prison de Fresnes, il ait été en état de « garder jusqu’au bout ce silence hautain » qui précéda son agonie ! Les journalistes du Nouvel Obs sont aussi lâches que les plumitifs du triste et odieux « Je suis partout » !

Cannavo en rajoute une couche, page suivante, dans le genre description minable du physique, spécialité des porteplumes antisémites du maréchal : « Avec son visage rude et tendu, ses coups de gueule et ses yeux froids, Louis Renault, disons-le, a quelque chose d’effrayant ». C’est encore une fois hyper lâche et stupide. L.Renault est plus petit que le nain Hitler et il n’offre que la mine triste d’un vulgaire commercial en représentation dans une vulgaire expo de bagnoles. Renault a reçu Hitler en client, rien de plus, comme Dassault a reçu tant de dictateurs pour leur refourguer les engins de mort made in France, qui servent encore en particulier à mitrailler les manifestants arabes.

Nulle part Cannavo, qui veut ménager les abonnés du parti stalinien de Mélanchon, ne rappelle les crimes des staliniens, nombreux crimes à la dite libération pour faire oublier les leurs. Cannavo choisit, aux ordres de Jean Daniel, de maintenir l’obscurité : « Il (L.R.) meurt le 24 octobre, à 67 ans, dans des circonstances demeurées obscures (sic). Des radios révèleront une fracture de la première vertèbre cervicale, ce qui accréditerait la thèse, soutenu par sa veuve, d’une mort due à un tabassage trop poussé du vieil homme ».

Qui a tabassé à mort Louis Renault ? Pas difficile à savoir, les séides des FTP qui contrôlaient la région parisienne !

Avant même que la justice ait tranché sur la légalité de la procédure, l’oubli du comportement des staliniens s’appuie sur la question du comportement de Renault sous l'Occupation pour les journalistes surpayés comme pour les historiens rétribués pour approfondir les mensonges d’Etat. En 2010, les héritiers du constructeur avaient intenté une action en justice au Centre de la mémoire d'Oradour-sur-Glane, qui présentait une photo de Louis Renault en compagnie de Hitler et Göring au Salon de l'automobile de Berlin en 1939. La photo avait été retirée de l'exposition car il s’agissait d’un montage simpliste des staliniens pour se servir doublement du massacre perpétré en 1944 à Oradour, et justifier leur pillage de Renault, devenu bureau d’embauche prioritaire pour les familles des activistes nationalistes staliniens. Un sujet abordé avec prudence, concède le Figaro, contrairement à ses collègues gauche caviar/stalinisme pinard. Ce journal de gouvernement avance tête basse sur le sujet pour ne pas nuire à la légende officielle de la gauche collaboratrice pour la reconstruction du pays, laquelle risquerait d’être encore plus ridicule en 2012 si cet épisode venait à révéler qu’à chaque fois qu’elle a été au pouvoir, cela fut pour « faire retrousser les manches aux prolétaires », en leur désignant des boucs émissaires. Le nouveau stalinien d’estrade Mélenchon n’appuie-t-il pas sa maigre argumentation sur 36 et 45, les deux pires moments d’embrigadement de la classe ouvrière à une solution nationale avant et après guerre ? Mais bon, cela les prolétaires intelligents le savent, mais toute la presse bourgeoise du Figaro au Nouvel Obs veut surtout continuer d’enfumer les jeunes générations privées d’histoire par le roquet Sarkozy dès le lycée (ou suprême double arnaque il est interdit de critiquer Pétain, qui ne doit plus apparaitre que comme le héros de Verdun, alors que mon grand-père a fait partie de ceux qui lui ont jeté des pierres lors de sa courte visite aux tranchées…).

Pour contrer les réclamations de la famille Renault, qui exige la restitution des biens de L.Renault pillés par l’Etat stalino-gaulliste, l’Etat actuel peut compter sur les héritiers des faussaires Thorez et Frachon. La menace de rétorsion vise tout rétif à l’interprétation officielle, comme on peut le constater dans mon article du mois de mai : « Est-ce qu’un jour la France réhabilitera le fils qu’elle a renié ? Ceux qui en France croient en l’injustice infligée à Louis Renault jugent cette possibilité improbable. Or, légalement, il pourrait être prouvé que la Régie constitue un recel qui découle d’un meurtre et d’une spoliation. L’administration française ne peut accepter que cet argument remonte à la surface, car reconnaître que Louis Renault n’a pas été jugé équitablement, soulèverait le problème d’une énorme compensation pour ses héritiers. Ceux qui lèvent leur verre à la mémoire de ce grand homme à l’occasion de chacun de ses anniversaires, le 15 février, ne le font qu’avec prudence. Car il est murmuré que d’aborder publiquement un tel sujet en France, même 60 ans plus tard, pourrait provoquer des représailles. Par exemple… un contrôle fiscal ».

Au secours d’un Etat français déjà empêtré dans de colossales dettes, la CGT-métallurgie et une fédération d'anciens déportés, ainsi que la révisionniste néo-stalinienne, professeur à Paris-VII, Annie Lacroix-Riz, ressortent de la naphtaline l’hystérie post 1944 contre Louis Renault, l’arbre à came idéologique (Il s'agit d'un arbre, entrainé par des pignons, une chaîne ou une courroie crantée… conforme à la quincaillerie antifasciste éternelle). Au CNRS comme à l'École des hautes études en sciences sociales, les intellos de gouvernement marchent sur des oeufs. Henry Rousso, directeur de recherche au CNRS, reconnait que : «Renault a indéniablement fait l'objet d'un traitement particulier. C'est la seule nationalisation-sanction prononcée. Les autres répondaient à des motivations économiques ou ont donné lieu à des indemnisations». Henry Rousso rappelle «la dimension fortement symbolique de Renault», avec le Front populaire, la répression des grèves de 1938 puis l'Occupation. «Renault a travaillé pour l'économie de guerre allemande. Avec quel degré d'enthousiasme ou de contrainte? Cela reste largement à étudier», se fiche l'historien. Également directeur de recherche au CNRS, Denis Peschanski, élevé au biberon dans la secte d’Arlette Laguiller, se joint aux chœurs qui hurlent encore contre le baudet de Billancourt ; il tient en vérité à garder ses lecteurs staliniens : «Peugeot et Michelin ont, eux, noué des contacts avec les Alliés et la Résistance intérieure, ont mis en place un sabotage intelligent, des actions clandestines et ont aussi négocié secrètement le non-bombardement de leurs usines[1]. Ce que n'a absolument pas fait Renault». L’imbécile, et comment justifie-t-il que les usines Renault aient été bombardées deux fois, et quasi détruites – en passant pour la plus grande joie de la concurrence automobile US – parce qu’il fallait se coucher déjà en faveur des futurs occupants US ?

Le suc de ce maquillage du calvaire d’un patron de génie rattrapé par le capitalisme décadent en guerre, n’est-ce pas de nous refourguer le mythe blanc et pisseux des nationalisations comme charpente du socialisme… stalinien ? Pour faire suer le burnous aux ouvriers pour qu'ils "retroussent leurs manches" afin de reconstruire le pays sous la férule de l'Etat gaullo-stalinien.


[1] Menteur trotskien : C’est faux, comme le rappelle le docu de FR3, les usines Peugeot à Sochaux, Simca, etc., ont été également bombardées…

mardi 13 décembre 2011

MAFIAS SYNDICALES EN COLERE : PASSER DE L’ABANDON DE LA CLASSE OUVRIERE A SON ATTAQUE EN REGLE… D’OR


L'intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-FSU-Solidaires (officine obscure près le conseil des ministres) a programmé pour ce mardi 13 décembre, une journée de manifestations pour bêler "refuser l'austérité". La classe ouvrière n’a que foutre de cette programmation ministérielle et est à son poste d’exploitation la journée durant, laissant défiler le personnel syndical corrompu avec ses colifichets et grigris habituels.

Le Monde, s’entretenait au même moment avec le bonze François Chérèque, qui préside le trust CFDT. On verra que le bonze ne répond pas, esquive certaines questions et fait pitié par sa gentillesse avec ses « partenaires sociaux », et l’amalgame du prolétariat à Le Pen. Il parle en outre de la dette et de la règle d’or (union nationale bourgeoise) comme un chef d’Etat « responsable » et soucieux de l’effort que doivent consentir les puent-la-sueur.

Question : La Cour des comptes dénonce "les dysfonctionnements" du comité d'entreprise de la RATP et le thème de "l'argent caché des syndicats" resurgit. L'air du temps est-il antisyndical ?

Depuis que je suis syndicaliste, je n'ai jamais vu un vent d'antisyndicalisme aussi fort (non un pet des prolétaires !)

- Une partie de la droite et une fraction du patronat n'ont jamais accepté le fait syndical. (…) Un palier supplémentaire a été franchi avec le dossier du Figaro Magazine [du 3 décembre] sur "l'argent caché des syndicats", qui rapporte de façon malveillante le rapport de la commission parlementaire sur le financement des syndicats. Rapport qui n'a pas été voté et dont la publication est donc interdite. Nous allons porter plainte contre les personnes qui l'ont diffusé. (ah ah, c’est déjà fait et les mafias syndicales règlent leurs comptes en justice bourgeoise, et Le Monde comme le reste des médias, bouche cousue sur ces procès entre bonzes) ; L'antisyndicalisme n'est pas vraiment nouveau… On va jusqu'à attaquer personnellement le secrétaire général de la CGT, sa femme et sa famille. C'est très grave. Il y a une forme de poujadisme vis-à-vis du syndicalisme qui est dramatique. J'entends dans les discours que le chômage, c'est la faute des immigrés trop nombreux, les déficits sociaux, c'est la faute des assistés fainéants et les problèmes des entreprises, c'est la faute des syndicats corrompus. Cela pue le Front national !

Question : Avec la réforme de la représentativité, les syndicats vont asseoir leur légitimité sur leur audience électorale. Mais l'amélioration de leur image ne passe-t-elle pas par un aggiornamento de leurs pratiques ?

- On mélange souvent le nombre d'adhérents avec la représentativité électorale, qui couvre, grosso modo, les deux tiers des salariés. Dans ces élections, la participation oscille entre 60 % et 80 %, largement au-dessus des élections politiques locales. Mais le nombre de syndiqués est insuffisant et on ne peut pas attribuer cette faiblesse à la seule répression syndicale. La réforme de la représentativité doit nous amener à des pratiques plus en proximité avec les salariés et à plus de transparence sur nos modes de fonctionnement, y compris financiers. Il nous faut redonner du sens au syndicalisme, développer son utilité, renforcer l'intérêt des salariés.

Question : Pour sortir de la crise de l'euro, faut-il modifier les traités et renforcer la discipline budgétaire ?

(…) (cf. discussion interne entre la haute hiérarchie des mafias syndicales et les technocrates de Bruxelles). La Confédération européenne des syndicats met plusieurs conditions à l'évolution des traités : qu'on intègre un volet social, qu'on mette en place des eurobonds [euro-obligations] afin de mutualiser les dettes pour faire baisser la spéculation, et qu'on investisse dans l'économie de demain collectivement au niveau européen. C'est dans ce cadre-là que la règle d'or peut être acceptable.

Question : Le 13 décembre, vous manifestez sur le refus de l'austérité. Mais vous avez affirmé que la dette était "excessive" et qu'il était "inévitable" de la réduire. Y a-t-il une rigueur acceptable ?

- La résorption de la dette doit être une priorité des politiques budgétaires. C'est une question d'honnêteté vis-à-vis des futures générations. Ce n'est pas la nécessité de faire des économies qu'on critique, mais les choix du gouvernement. Les syndicats ont fait des propositions communes, comme par exemple d'économiser les 4,2 milliards d'euros de défiscalisation des heures supplémentaires, de remettre en cause la niche Copé pour les grandes entreprises, de créer une tranche d'impôt supplémentaire.

Question : Les syndicats ne vont-ils pas afficher leur impuissance ?

- En période électorale, les Français attendent plus du changement par le politique que par des mouvements sociaux. Si on m'avait écouté le 17 août, quand j'ai demandé un sommet social, si on avait anticipé des difficultés qui à coup sûr allaient survenir, comme la hausse du chômage, nous n'aurions pas eu à organiser une journée d'action dans un contexte électoral qui favorise le repli.

Question : Comment réagissez-vous aux enquêtes sur la montée de la défiance vis-à-vis des politiques et du sentiment d'abandon ?

- Ce n'est pas en ayant des discours politiques qui martèlent que les étrangers sont responsables du chômage et que les malades sont responsables des déficits qu'on renforcera la confiance. Les politiques doivent avoir un discours honnête et les syndicats doivent répondre à ce sentiment d'abandon. Sinon, ceux qui se sentent abandonnés iront vers les extrémismes de droite, qui flattent ces populations sans leur offrir de solutions concrètes et positives. (…) A la présidentielle, la CFDT va afficher sa neutralité et ne soutiendra aucun candidat. Comment allez-vous concilier cette position avec le bilan globalement négatif que vous dressez du mandat de Nicolas Sarkozy ? Notre critique de l'action de Nicolas Sarkozy est aussi un avertissement à la future majorité quelle qu'elle soit. On ne juge pas un gouvernement putatif, on juge un gouvernement au pouvoir. Et notre capacité d'autonomie rend légitimes (Ah Ah Ah !) ces critiques. Si nous adoptions une démarche partisane, nous serions inefficients sur la critique de ce qui se fait aujourd'hui et inefficaces demain quelle que soit la future majorité. Maintenant, c'est aussi aux politiques, comme cela se fait dans tous les pays, de reconnaître que la critique, positive ou négative, fait partie de l'action du syndicat qui est avant tout un contre-pouvoir.(et ta sœur elle est un conte du pouvoir ?)

COLÈRE FEINTE APRES LA PUBLICATION PARTIELLE DU RAPPORT FINANCIER

Les BONZES de la CGT et de la CFDT n’ont pas déjugé de la même manière la "situation insupportable" créée par le scandaleux rapport moitié secret. Seule la CGT a réclamé la publication du document, dont "la plupart des exemplaires ont été passés à la broyeuse", selon Nicolas Perruchot. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, en a appelé au président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer. "La non-parution de ce document a multiplié les allégations et les suspicions à l'égard des syndicats", a-t-il déploré sur RTL. "Je vais m'adresser au président de l'Assemblée nationale, M. Accoyer, et je vais lui demander officiellement au nom de la CGT la publication de ce rapport", a-t-il ajouté, précisant que 70 % de l'argent de la CGT provenait des cotisations de ses membres et 12 % de fonds publics. Ceci pleurniché sachant que de toute façon le rapport ne sera jamais publié.

L’autre bonze, tenu à être moins vindicatif et plus près de la fiscalité opaque des mafias syndicales, Chérèque, a rappelé – ce qu’il ne rappelle pas dans l’interview ci-dessus au Monde) qu'il était tenu au silence sur ce rapport. "Je n'ai pas la possibilité de le commenter, parce que j'ai juré devant la commission parlementaire que s'il n'était pas publié je n'avais pas le droit, sous peine d'amende, de pouvoir le commenter", a-t-il déclaré sur iTélé. M. Chérèque indique aussi que 44 % des ressources de l'organisation provenaient des cotisations, 30 % des ventes de produits internes et "seulement 30% de fonds publics". Menteur !

Etat et syndicats veulent faciliter le chômage partiel (att aque anti-ouvrière complice syndicats/gouvernement.

A la veille du grand krach attendu, mais modéré dans les médias, le chômage partiel fait son grand retour en France. Premier secteur touché, l'automobile, avec des arrêts d'activité chez PSA ou Michelin. Avec l'aggravation promise du chômage, gouvernement et complices syndicaux s'accordent sur la nécessité de promouvoir un dispositif, particulièrement prisé dans l'industrie pour éviter les licenciements. Problème : le bilan du chômage partiel lors de la précédente crise 2008-2009 fût nul, et les ouvriers les dindons de la farce des protecteurs des banques et des 1% de riches qui bouffent 40% du produit national.

Dans un autre rapport, que celui concernant les mafias syndicales, publié en février, la Cour des comptes est largement revenue sur les raisons de cet échec. Elle expliqua que les patrons français disposent de mesures de flexibilité plus pratiques comme l'intérim, les CDD ou les RTT. Le chômage partiel reste trop complexe avec trois dispositifs différents, qui se chevauchent. Voyez la différence ! La mafia CGT compte sur une fusion des dispositifs, avec éventuellement la création d'un grand fonds unique abondé par l'Etat, les employeurs et l'Unedic. "L'objectif est de généraliser le maintien de 75 % du salaire brut et de faire une réelle sécurisation de l'emploi pour décourager les licenciements, tout en renforçant le contrôle des entreprises qui y recourent", défend Maurad Rabhi, chargé de l'emploi à la CGT.

Le gouvernement ne veut pas que l’orchestre des partenaires sociaux joue trop fort du basson et du violoncelle avant la réélection présidentielle. Mais le ministère de l'emploi admet qu'une telle réforme nécessite "un nouvel accord national interprofessionnel, ainsi qu'une modification de la loi". Des conditions compliquées à réunir à moins de cinq mois de la présidentielle. Xavier Bertrand, ministre du travail, pourrait donc se contenter de défendre sa promesse d'abaisser le délai de réponse pour l'agrément de l'inspection du travail de vingt à dix jours, voire de supprimer l'accord préalable. Du calme, du calme, on discute au sommet derrière des portes matelassées. Du calme. On verra bien.