"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 13 décembre 2011

MAFIAS SYNDICALES EN COLERE : PASSER DE L’ABANDON DE LA CLASSE OUVRIERE A SON ATTAQUE EN REGLE… D’OR


L'intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-FSU-Solidaires (officine obscure près le conseil des ministres) a programmé pour ce mardi 13 décembre, une journée de manifestations pour bêler "refuser l'austérité". La classe ouvrière n’a que foutre de cette programmation ministérielle et est à son poste d’exploitation la journée durant, laissant défiler le personnel syndical corrompu avec ses colifichets et grigris habituels.

Le Monde, s’entretenait au même moment avec le bonze François Chérèque, qui préside le trust CFDT. On verra que le bonze ne répond pas, esquive certaines questions et fait pitié par sa gentillesse avec ses « partenaires sociaux », et l’amalgame du prolétariat à Le Pen. Il parle en outre de la dette et de la règle d’or (union nationale bourgeoise) comme un chef d’Etat « responsable » et soucieux de l’effort que doivent consentir les puent-la-sueur.

Question : La Cour des comptes dénonce "les dysfonctionnements" du comité d'entreprise de la RATP et le thème de "l'argent caché des syndicats" resurgit. L'air du temps est-il antisyndical ?

Depuis que je suis syndicaliste, je n'ai jamais vu un vent d'antisyndicalisme aussi fort (non un pet des prolétaires !)

- Une partie de la droite et une fraction du patronat n'ont jamais accepté le fait syndical. (…) Un palier supplémentaire a été franchi avec le dossier du Figaro Magazine [du 3 décembre] sur "l'argent caché des syndicats", qui rapporte de façon malveillante le rapport de la commission parlementaire sur le financement des syndicats. Rapport qui n'a pas été voté et dont la publication est donc interdite. Nous allons porter plainte contre les personnes qui l'ont diffusé. (ah ah, c’est déjà fait et les mafias syndicales règlent leurs comptes en justice bourgeoise, et Le Monde comme le reste des médias, bouche cousue sur ces procès entre bonzes) ; L'antisyndicalisme n'est pas vraiment nouveau… On va jusqu'à attaquer personnellement le secrétaire général de la CGT, sa femme et sa famille. C'est très grave. Il y a une forme de poujadisme vis-à-vis du syndicalisme qui est dramatique. J'entends dans les discours que le chômage, c'est la faute des immigrés trop nombreux, les déficits sociaux, c'est la faute des assistés fainéants et les problèmes des entreprises, c'est la faute des syndicats corrompus. Cela pue le Front national !

Question : Avec la réforme de la représentativité, les syndicats vont asseoir leur légitimité sur leur audience électorale. Mais l'amélioration de leur image ne passe-t-elle pas par un aggiornamento de leurs pratiques ?

- On mélange souvent le nombre d'adhérents avec la représentativité électorale, qui couvre, grosso modo, les deux tiers des salariés. Dans ces élections, la participation oscille entre 60 % et 80 %, largement au-dessus des élections politiques locales. Mais le nombre de syndiqués est insuffisant et on ne peut pas attribuer cette faiblesse à la seule répression syndicale. La réforme de la représentativité doit nous amener à des pratiques plus en proximité avec les salariés et à plus de transparence sur nos modes de fonctionnement, y compris financiers. Il nous faut redonner du sens au syndicalisme, développer son utilité, renforcer l'intérêt des salariés.

Question : Pour sortir de la crise de l'euro, faut-il modifier les traités et renforcer la discipline budgétaire ?

(…) (cf. discussion interne entre la haute hiérarchie des mafias syndicales et les technocrates de Bruxelles). La Confédération européenne des syndicats met plusieurs conditions à l'évolution des traités : qu'on intègre un volet social, qu'on mette en place des eurobonds [euro-obligations] afin de mutualiser les dettes pour faire baisser la spéculation, et qu'on investisse dans l'économie de demain collectivement au niveau européen. C'est dans ce cadre-là que la règle d'or peut être acceptable.

Question : Le 13 décembre, vous manifestez sur le refus de l'austérité. Mais vous avez affirmé que la dette était "excessive" et qu'il était "inévitable" de la réduire. Y a-t-il une rigueur acceptable ?

- La résorption de la dette doit être une priorité des politiques budgétaires. C'est une question d'honnêteté vis-à-vis des futures générations. Ce n'est pas la nécessité de faire des économies qu'on critique, mais les choix du gouvernement. Les syndicats ont fait des propositions communes, comme par exemple d'économiser les 4,2 milliards d'euros de défiscalisation des heures supplémentaires, de remettre en cause la niche Copé pour les grandes entreprises, de créer une tranche d'impôt supplémentaire.

Question : Les syndicats ne vont-ils pas afficher leur impuissance ?

- En période électorale, les Français attendent plus du changement par le politique que par des mouvements sociaux. Si on m'avait écouté le 17 août, quand j'ai demandé un sommet social, si on avait anticipé des difficultés qui à coup sûr allaient survenir, comme la hausse du chômage, nous n'aurions pas eu à organiser une journée d'action dans un contexte électoral qui favorise le repli.

Question : Comment réagissez-vous aux enquêtes sur la montée de la défiance vis-à-vis des politiques et du sentiment d'abandon ?

- Ce n'est pas en ayant des discours politiques qui martèlent que les étrangers sont responsables du chômage et que les malades sont responsables des déficits qu'on renforcera la confiance. Les politiques doivent avoir un discours honnête et les syndicats doivent répondre à ce sentiment d'abandon. Sinon, ceux qui se sentent abandonnés iront vers les extrémismes de droite, qui flattent ces populations sans leur offrir de solutions concrètes et positives. (…) A la présidentielle, la CFDT va afficher sa neutralité et ne soutiendra aucun candidat. Comment allez-vous concilier cette position avec le bilan globalement négatif que vous dressez du mandat de Nicolas Sarkozy ? Notre critique de l'action de Nicolas Sarkozy est aussi un avertissement à la future majorité quelle qu'elle soit. On ne juge pas un gouvernement putatif, on juge un gouvernement au pouvoir. Et notre capacité d'autonomie rend légitimes (Ah Ah Ah !) ces critiques. Si nous adoptions une démarche partisane, nous serions inefficients sur la critique de ce qui se fait aujourd'hui et inefficaces demain quelle que soit la future majorité. Maintenant, c'est aussi aux politiques, comme cela se fait dans tous les pays, de reconnaître que la critique, positive ou négative, fait partie de l'action du syndicat qui est avant tout un contre-pouvoir.(et ta sœur elle est un conte du pouvoir ?)

COLÈRE FEINTE APRES LA PUBLICATION PARTIELLE DU RAPPORT FINANCIER

Les BONZES de la CGT et de la CFDT n’ont pas déjugé de la même manière la "situation insupportable" créée par le scandaleux rapport moitié secret. Seule la CGT a réclamé la publication du document, dont "la plupart des exemplaires ont été passés à la broyeuse", selon Nicolas Perruchot. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, en a appelé au président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer. "La non-parution de ce document a multiplié les allégations et les suspicions à l'égard des syndicats", a-t-il déploré sur RTL. "Je vais m'adresser au président de l'Assemblée nationale, M. Accoyer, et je vais lui demander officiellement au nom de la CGT la publication de ce rapport", a-t-il ajouté, précisant que 70 % de l'argent de la CGT provenait des cotisations de ses membres et 12 % de fonds publics. Ceci pleurniché sachant que de toute façon le rapport ne sera jamais publié.

L’autre bonze, tenu à être moins vindicatif et plus près de la fiscalité opaque des mafias syndicales, Chérèque, a rappelé – ce qu’il ne rappelle pas dans l’interview ci-dessus au Monde) qu'il était tenu au silence sur ce rapport. "Je n'ai pas la possibilité de le commenter, parce que j'ai juré devant la commission parlementaire que s'il n'était pas publié je n'avais pas le droit, sous peine d'amende, de pouvoir le commenter", a-t-il déclaré sur iTélé. M. Chérèque indique aussi que 44 % des ressources de l'organisation provenaient des cotisations, 30 % des ventes de produits internes et "seulement 30% de fonds publics". Menteur !

Etat et syndicats veulent faciliter le chômage partiel (att aque anti-ouvrière complice syndicats/gouvernement.

A la veille du grand krach attendu, mais modéré dans les médias, le chômage partiel fait son grand retour en France. Premier secteur touché, l'automobile, avec des arrêts d'activité chez PSA ou Michelin. Avec l'aggravation promise du chômage, gouvernement et complices syndicaux s'accordent sur la nécessité de promouvoir un dispositif, particulièrement prisé dans l'industrie pour éviter les licenciements. Problème : le bilan du chômage partiel lors de la précédente crise 2008-2009 fût nul, et les ouvriers les dindons de la farce des protecteurs des banques et des 1% de riches qui bouffent 40% du produit national.

Dans un autre rapport, que celui concernant les mafias syndicales, publié en février, la Cour des comptes est largement revenue sur les raisons de cet échec. Elle expliqua que les patrons français disposent de mesures de flexibilité plus pratiques comme l'intérim, les CDD ou les RTT. Le chômage partiel reste trop complexe avec trois dispositifs différents, qui se chevauchent. Voyez la différence ! La mafia CGT compte sur une fusion des dispositifs, avec éventuellement la création d'un grand fonds unique abondé par l'Etat, les employeurs et l'Unedic. "L'objectif est de généraliser le maintien de 75 % du salaire brut et de faire une réelle sécurisation de l'emploi pour décourager les licenciements, tout en renforçant le contrôle des entreprises qui y recourent", défend Maurad Rabhi, chargé de l'emploi à la CGT.

Le gouvernement ne veut pas que l’orchestre des partenaires sociaux joue trop fort du basson et du violoncelle avant la réélection présidentielle. Mais le ministère de l'emploi admet qu'une telle réforme nécessite "un nouvel accord national interprofessionnel, ainsi qu'une modification de la loi". Des conditions compliquées à réunir à moins de cinq mois de la présidentielle. Xavier Bertrand, ministre du travail, pourrait donc se contenter de défendre sa promesse d'abaisser le délai de réponse pour l'agrément de l'inspection du travail de vingt à dix jours, voire de supprimer l'accord préalable. Du calme, du calme, on discute au sommet derrière des portes matelassées. Du calme. On verra bien.

dimanche 11 décembre 2011

Dernières nouvelles avant la tragédie?


Jean-Paul Fitoussi est directeur de recherche à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il répond aux questions de Liberation.fr.

L'accord entre Paris et Berlin vous semble-t-il un bon chemin pour sortir l'Europe de la crise?

Non. Le deal franco-allemand est décalé par rapport à la crise sans précédent que l'on vit en Europe. Il prendra un temps à être mis en pratique quand il faudrait être beaucoup plus réactif. Un accord sur la discipline budgétaire et une union monétaire seraient acceptables s'il existait un gouvernement fédéral et des Etats qui acceptent la règle du jeu. Ce n'est pas le cas. Promouvoir la vertu à tout prix, renforcer encore la rigueur dans des pays qui ont abdiqué toute liberté budgétaire est non seulement incohérent, mais contre-productif...

Pourquoi?

Parce que la crise à laquelle on est confrontés n'est pas la conséquence d'un laxisme budgétaire! L'Irlande, premier pays à tomber, avait un excédent budgétaire de 2,9% en 2006 et une dette publique de moins de 24%! Tout comme l'Espagne, 2,4% en 2006 et 36%. Ce qui a produit le tumulte actuel, ce n'est donc pas la trahison de Maastricht et des critères du pacte de stabilité. Ce sont les flux de capitaux spéculatifs. Ils avaient massivement investi ces pays et les ont fui. Il aurait seulement fallu les empêcher d'y rentrer en taxant les flux à court terme, à l'instar de ce qu'avait fait le Chili dès 1991 avec l'encaje: le pays a été mis à l'abri des dysfonctionnements économiques et financiers. Mais ça, Maastricht ne le permet pas.

Le pacte franco-allemand reposerait donc sur un mauvais diagnostic, entraînant un remède inefficace?

Oui, et on continue à détailler encore plus le traité européen. Plus il est "encadrant", et donc contraignant, plus il empêche la réaction rapide. Et comme il a, en plus, une clause qui tient du pêché originel, on fonce dans le mur. C'est la fameuse clause de non sauvetage (no bail out), qui interdit aux Etats unissant leur monnaie de s'entraider. Avec l'interdiction faite (par le même traité de Maastricht) de recourir à la Banque centrale européenne pour financer leurs déficits, les États ont été contraints d'emprunter sur les marchés. Résultat: ils doivent satisfaire aux critères et exigences de l'industrie financière et des agences de notation. Et les marchés punissent les Etats dits laxistes par des taux d'intérêts élevés sur leurs emprunts...

De Paul Krugman à Joseph Stiglitz, de Jeffrey Sachs à Kenneth Rogoff, beaucoup d'économistes préconisent aussi de voir la BCE devenir beaucoup plus interventionniste...

Que la BCE commence déjà par jouer le rôle normal d'une banque centrale, comme dans tous les autres pays du monde, et achète des nouveaux emprunts d'Etats émis avant de racheter des obligations sur le marché secondaire! Pour se donner de l'oxygène, il faut aussi des eurobonds qui permettront de financer de projets de croissance et de lutter contre le chômage. Or, ces deux options, les seules à même de nous sortir de la crise, sont fermées: c'est une erreur doctrinale fondamentale. Au lieu d'en changer, on la renforce. Conséquence: on entretient de l'austérité généralisée. Aucune politique d'expansion n'est donc possible. Et la récession est annoncée: elle fera beaucoup de malheureux, et quelques heureux, ceux qui achèteront des actifs en chute libre...

Mais comment gérer le risque de l'inflation, qui fait si peur à l'Allemagne? Le rachat direct de la dette d'un Etat par sa banque centrale revient à faire marcher la planche à billet....

Je redoute moins l'hyperinflation que l'hyper-récession. Ce que l'on vit est de l'ordre de la tragédie. L'Europe est coincée et se retrouve à faire de la surenchère sur l'austérité. Les pays multiplient les plans d'austérité pour montrer patte blanche aux marchés financiers et aux agences de notation. Lesquels, après les avoir poussé à faire cela, leur reprocheront d'avoir laissé filer la croissance...

Le retour du débat sur la "règle d'or" va-t-il resurgir et diviser, à l'image du débat sur la constitution européenne en 2005?

Derrière les apparences, ce débat-là fracture les partis à droite comme à gauche. Il va phagocyter les débats de la campagne et c'est un drame. Il va détourner du vrai débat et renforcer notre incapacité à prendre les bonnes décisions.

L'alternative, c'est la sortie de l'euro?

Non. Ce serait un cataclysme économique. La monnaie serait dévaluée, les dettes publiques s'envoleraient. Le protectionnisme rayonnerait. Et la récession ferait exploser le chômage. Un cycle dévastateur et durable.

lundi 5 décembre 2011

Pourquoi les arabes votent-ils aussi inconsciemment que les occidentaux ?


Du fait qu’il n’y a pas eu de révolution, ni bourgeoise ni prolétarienne dans les pays du croissant arabe, la polémique creuse entre ceux qui crient haro sur l’islamisme « galopant » et ceux qui prétendent qu’il s’agit de respecter un « libre choix » des peuples « libérés des dictateurs », n’est qu’un mensonge de plus des médias pour obscurcir la réalité de la domination capitaliste ininterrompue.

Si les élections « libres » avaient été dangereuses nul doute que l’impérialisme américain et ses alliés occidentaux et régionaux comme Israël se seraient une nouvelle fois ligués pour maintenir la dictature de tel ou tel dictateur. La victoire de l’islamisme est bienvenue pour la bourgeoisie US qui entend préserver son contrôle de la principale zone pétrolière du monde. Il n’était pas question d’importer de quelconques partis républicains ou de faire naître artificiellement des partis laïques en terre colonisée et où les puissants dictateurs ont toujours régné grâce à la religion de la soumission musulmane. Ces pays n’ayant connu ni révolution industrielle ni une classe ouvrière capable de s’affirmer historiquement au moment de la décolonisation, ont maintenu leurs peuples dans l’arriération religieuse, cette superstition tutélaire et séculaire pour les méprisés et les offensés.

Plus profondément, nulle part l’Etat bourgeois dictatorial simple n’a été renversé. Le pouvoir est resté localisé dans les mains du gouvernement. Seules ont été renversées des têtes couronnées naguère sous la protection des impérialismes. Le pouvoir bourgeois a continué à s’exercer grâce à ses institutions particulières comme l'Administration, la police, l'armée et l'appareil de l'État inchangé. Ces institutions ont donc continué à élaborer et transmettre les décisions au nom de la nation (avec le soutien inconscient du drapeau dans lequel s’enveloppaient les manifestants), en particulier organiser les élections dites démocratiques et punir, en attendant, ceux qui croyaient l’heure d’une libération humaine advenue. Le pouvoir ainsi maintenu n’est pas simplement politique, il s’exerce en même temps par l'intermédiaire d'un certain nombre d'institutions qui ont l'air de n'avoir rien en commun avec le pouvoir politique, qui ont l'air d'être indépendantes de lui alors qu'elles ne le sont pas. Via la famille, et, d'une façon générale, de tout le système scolaire qui, en apparence, est fait pour distribuer le savoir, est fait pour maintenir au pouvoir la caste sociale privilégiée et exclure des instruments du pouvoir toute autre classe sociale. Les institutions de savoir, de prévoyance et de soins, comme la médecine, aident aussi à soutenir le pouvoir politique. Ces institutions étaient restées dans les mains des diverses sectes islamistes et leur croissant rouge, avec une puissance de rayonnement comparable à celle des syndicats et des particules de gauche dans les pays occidentaux. C’est le même jeu opposition/pouvoir qui a entraîné l’adhésion des masses. Ce pouvoir ambigu repose évidemment sur un terrorisme quotidien, une violence politique obscure. Démasquer cette violence politique obscure, immanente, dont la religion est le masque rédempteur, est impossible dans de telles conditions même pour les infimes minorités de prolétaires conscients qui ont refusé de participer à la mascarade du choix impossible entre mêmes fractions arriérées seules autorisées à concourir, comme nos grands partis étatiques institutionnels dits républicains et composés exclusivement d’avocats, de magistrats et de l’élite de l’ENA, machine à fabriquer les « hommes d’Etat » de la bourgeoisie.

Le pouvoir politique, en Orient comme en Occident, va beaucoup plus profond qu'on ne le soupçonne; avec ses centres et des points d'appui invisibles, peu connus. Sa véritable force de mystification se trouve là où on ne s'y attend pas, dans les masses elles-mêmes mystifiées. La domination étatique, qui se renouvelle à chaque élection « démocratique », n'est pas simplement l'expression, en termes politiques, de l'exploitation économique, elle est instrumentée par ses soit disantes « oppositions » religieuses et laïques. Il est entendu par démocratie l'exercice effectif du pouvoir par une population qui ne serait ni divisée ni ordonnée hiérarchiquement en classes, et qui est présumée détacher pour les fonctions de régentement gouvernemental des clans politiques qui ne lui doivent aucun compte et qui basent leur seule séduction sur le changement… dans la continuité étatique. Il est clair que le régime de dictature de classe, ce pouvoir de classe qui s'impose par la violence de ses divers instruments pré-existants moralistes et culpabilisant l’individu rétif[1], ne peut que se perpétuer au mieux avec le système d’élections de fractions au programme bourgeois et religieux, comme en Occident règne toujours l’alliance du sabre et du goupillon. Le pouvoir dit religieux ou laïque est toujours la religion du pouvoir. Il n’a rien à voir avec le sens immémorial et jamais réalisé de la démocratie comme pouvoir du peuple. Le peuple est sensé confier le pouvoir à ceux qui s’en emparent pour le garder à leur profit. Le pouvoir est toujours confiscation des voix des électeurs. Les électeurs ne font que ratifier un pouvoir déjà existant. La sous-ministre Mme Jeannette Bougrab a commis une gaffe en disant que des dictatures avaient aussi été élues. Ce qui fut confirmé jadis par les élections pour les Mussolini et Hitler. Gaffe parce que la démocratie bourgeoise est de la même manière une dictature.

Le prolétariat ne s’étant pas exprimé comme tel avec ses propres organismes et partis, comme en Occident, il n’y avait donc aucune alternative à la dictature que la dictature. Certains pourraient objecter que les masses arabes ont besoin de faire l’expérience des élections dites « libres » comme les prolétaires des pays développés pour, malgré les ignominies qui les attendent avec les divers clans islamistes, apprendre à se constituer en force politique. Cette expérience fût le lot des prolétaires européens au mitan du XIXème siècle. Des parlementaires, élus du peuple, tentèrent d’affirmer la politique de la classe ouvrière, comme non limitée à la lutte économique syndicale, et pour affirmer un projet de société révolutionnaire. Cette politique de participation au jeu démocratique pipé de la démocratie bourgeoise s’est avérée être un échec sur toute la ligne, en particulier au moment de la Première Guerre mondiale. Depuis la mystification démocratique est demeurée malgré tout très forte. Elle a imprégnée toutes les classes sociales comme une véritable nouvelle religion, en grande partie du fait de l’échec de la révolution mondiale après l’étouffement de la révolution prolétarienne en Russie.

Les peuples, le prolétariat surtout, ont besoin d’exemples concrets, ou de croire qu’un autre type de société est possible. L’idéologie démocratique se nourrit de cet empirisme et dénonce avec candeur toute alternative au capitalisme comme utopique. Après la chute du socialisme de caserne russe, les Verts, anciens gauchistes, ont remplacé l’idéologie stalinienne par la prétention d’une société du possible raisonnable, maintenant les classes dans un espoir de parvenir à une « terre propre » et d’une économie non polluante dont les PME seraient la colonne vertébrale. En Occident ce libéralisme anarchiste est bien mis à mal par la crise systémique. En Orient, l’islamisme, qui a repris le bâton de commandeur des « libérateurs nationaux » devenus dictateurs, dénonce la pornographie occidentale et prétend également annoncer une terre propre aux nouveaux croyants démocratiques. Les corbeaux noirs psalmodient la même fable occidentale que des milliers sont morts "pour que tu puisses voter". C’est la même crise systémique qui va mettre à mal le pouvoir des barbus hystériques, soft ou hard. Les prolétaires des pays arabes, qui souffrent déjà et ne se font guère d’illusions, auront eux aussi à se confronter à leur nouvelle démocratie dictatoriale. Ils ne trouveront la force politique de se confronter aux appareils d’Etat que s’ils ne se laissent pas enfermer dans les prétendues solutions nationales, en renouant avec l’histoire politique et sociale de leurs frères de classe des pays européens. Mais à condition que ceux-ci s’engagent au même niveau dans la lutte frontale contre l’Etat. Il faut malheureusement le redire, c’est forcément le prolétariat des pays développés qui doit montrer l’exemple pour faire tomber les barrières nationales, linguistiques et religieuses dans les pays arabes dits libérés des dictateurs, mais pas de l’Etat ni de l’armée bourgeoise. Sinon, si le prolétariat occidental, chinois ou russe, ne se relève pas, ils seront embrigadés eux aussi dans la seule véritable solution capitaliste, la guerre mondiale, une nouvelle fois.

Pour le prolétariat universel il n’existe pas d’autre alternative que le programme communiste, renversement de l’Etat et élections véritablement démocratiques[2], non de partis bourgeois seuls en lice, mais de comités révocables chargés de mettre fin à l’exploitation, à la corruption généralisée et aux guerres de rapine pétrolière.

Nous ne sommes rien, soyons tout !


[1] L’individu électeur est isolé dans « l’isoloir », livré à lui-même, par conséquent livré à la mystification dominante du faux choix dit démocratique, c'est-à-dire ficelé dans cette puissance obscure...comme à confesse, comme au parloir du prisonnier ; il peut s’exprimer mais derrière des grilles ou des barreaux qui aliènent son jugement. La puissance démocratique invisible est alors semblable alors à un dieu tout puissant devant lequel il faut s’agenouiller.

[2] Interdiction de vote aux membres les plus haïs des classes exploiteuses, aux officiers militaires, aux anciens patrons, etc.

samedi 3 décembre 2011

L'Argent craché des syndicats


Ou la source des revenus des "principaux ennemis" de l'Etat et du patronat...

La presse de la gauche caviar, stalinienne mélenchonesque et les gauchistes, se tait sur le sujet. Comme si le prolétariat ne savait rien de la pourriture des syndicats, ne voyait rien et ne comprenait rien. Article au même titre à lire sur le journal gouvernemental Le Figaro, qui doit la vérité aux riches qui le lisent et doit servir à fermer les yeux des prolétaires soupçonneux de tant de méchanceté pour de si bons "partenaires sociaux", plus souvent invités à la table de Sarko que les cire-pompes du Figaro. Journal de salauds menteurs, rétribués pour saloper l'honnête "vrai instrument", et supposé seul moyen de défense des prolétaires, alors que chacun sait que tous les syndicalistes du plus stalinien au plus anarchiste, sont des colombes blanches, désintéressées et sincèrement dévouées à leur carrière, à leur nombril et à leur clan.

A LIRE ABSOLUMENT SUR LE FIGARO DE CE JOUR

jeudi 1 décembre 2011

NAPOLEON SARKOZY EN RADE A TOULON


Le président Sarkozy s’est souvenu que l’illustre criminel de guerre Bonaparte avait lancé sa conquête de l’Egypte depuis Toulon. L’histoire se répète comme une vulgaire farce électorale. Notre caporal épinglé, affublé parfois du sobriquet de Naboléon, ou de Pétain le bref, a tenu un discours peu glorieux de catastrophe dans le deuxième port historique français. C’est la seule vérité qu’on peut lui concéder. En surface il parodia assez bien le maréchal Pétain qui, dans sa célèbre affiche pointait du doigt les vranzais d’époque, avec pour légende : « Français ! vous n’êtes ni vendus ni trahis ni abandonnés, VENEZ AVEC MOI AVEC CONFIANCE ». Les milliers de groupies qui, amenées en cars, avaient emplis la salle, applaudirent rituellement comme savaient le faire les milliers de collabos artisans, industriels et commerçants de l’ère de « l’amitié franco-allemande » en période de guerre mondiale, où « ami français » était joyeusement méprisé et piétiné. La comparaison s’arrêtera là, car la légende d’une Allemagne bismarkienne, selon le bourgeois Montebourg (et qui sous-entend « hitlérienne » prédatrice) est ridicule. Je reviendrai au cours de cet article sur cette Allemagne accusée d’ exiger « la discipline » pour une austérité tout azimuts. Des dessinateurs gauchistes se sont efforcés eux aussi de caricaturer Sarko en Pétain concernant les discours de limitation des immigrés par ses sous-fifres, ce qui n’est pas entièrement faux – manifestant la continuité idéologique des successifs gouvernements de la république bourgeoise des années 30 à aujourd’hui – mais inadéquat pour comprendre l’impasse bourgeoise actuelle, à la manière superficielle des gauchistes et autres anarchistes.

Piètre discours électoraliste au fond pour un commis d’Etat et des grandes banques quand il n’y a plus rien à promettre que « l’effort », la « discipline », et autres vertus réservées aux seuls prolétaires exploités. La salle avait été soigneusement nettoyée de toute pancarte à l’américaine ou des habituels tee-shirts à l’effigie de la vedette plébiscitaire ; assez semblable à une tournée du Jacques Doriot, avec un peu moins de musclés au premier plan. Sarkozy a lu péniblement le discours de ses tâcherons nègres, dont le nerveux Guaino au premier rang des groupies. Leni Riefenstahl peut dormir tranquille, son « triomphe de la volonté » n’aura pas été égalé par les cameramen de TF1 au service du petit caporal de l’Elysée. Les vieux bourgeois agglomérés dans la salle avaient la même mine patibulaire que les spectateurs du Maréchal ou les soutiers du Général d’après guerre. Leur mine contrite reflétait bien l’impasse de la bourgeoisie française peu soudée derrière les gesticulations de son principal bonimenteur. Plombées par les deux affaires interminables du pervers DSK et de l’affaire Karachi (le financement gangstériste de la fraction Balladur-Sarkozy), les deux principales factions de la bourgeoisie française sont dans la m…

Les électeurs voteront comme toujours dans six mois comme on les fait voter, à coup de manipulations sondagières et de financements occultes, et peu importe leur choix, aucun de leurs champions n’apportera de solution à la crise systémique, qui, cette vache, se moquera probablement bien d’eux aussi avant les échéances de la mystification démocratique. La comparaison avec le pétainisme impuissant est prégnante dans tout le discours du caporal « épinglé ». C’est quasiment la même antienne que la bourgeoisie française humiliée de 1940 : pas d’a priori idéologique, non au marchandage des partis, la faute au front mitterrandien (Retraite à 60 piges, 35 heures) ; et celle-ci, typiquement pétainiste « contre ceux qui ont conduit le pays à la tourmente ». Et aussi cette fleur de rhétorique capitaliste éculée : « l’avenir de la France est dans la compétitivité et la productivité ».

Charmant pour les millions qui bossent et qui engraissent les riches, ministres, avocats et chanteurs de variétés. ! Se sont succédées des tautologies qui ravissaient les patrons sous occupation allemande : « c’est le travail qui crée le travail », « c’est l’investissement qui crée l’investissement ». Cette foi de charbonnier quitte ostensiblement le pétainisme, lequel ne se posait pas le même type de problème, la guerre tuant suffisamment de chômeurs et développant les emplois en nombre pour le matériel militaire et les blockhaus. Notre caporal épinglé n’a même plus les moyens de la « révolution nationale » : « Nous avons le devoir de chercher toutes les solutions pour créer des emplois ». Une dernière allusion au pétainisme évite Verdun mais n’évite pas le néant : « Nous ne gagnerons pas la bataille de l’emploi sans les chefs d’entreprises et sans les partenaires sociaux ». Et pourtant ce sont bien des patrons flexibilisant et tueurs dont la classe ouvrière a un besoin urgent de se débarrasser, tout comme des syndicats collabos qui auront bien du mal pourtant à baiser le prolétariat, dans cette « bataille », comme ils s’y sont ingéniés avec la suppression homologuée de la retraite.

Le discours lu péniblement, lorsqu’il prend une tournure protectionniste (« Lever les tabous sur les freins de la compétitivité française » = merde à la Chine et à l’Allemagne) entraîne les applaudissements nourris des groupies blafardes. Ce n’est qu’un pied de nez au potache d’estrade Montebourg et à la grosse Le Pen. Le caporal épinglé glisse ensuite sur la croissance de l’immatériel, ce qui fait plus chic. Est évoquée une quelconque « immense révolution », qui ne peut pas rejeter « le progrès » et la nécessité hugolienne de « reprendre la maîtrise de notre destin » vers le chemin aride et peu glorieux de la… croissance. Croissance et compétitivité des PME sont les mêmes mamelles du PS et de l’UMP. Le principal ennemi est tout désigné, c’est le prolétariat international, pour toutes les fractions bourgeoises de droite à gauche : « pas d’immigration non contrôlable qui menace notre protection sociale » (comprenez : les allocs et le filtrage des candidats à l’exploitation forcenée en Europe). La salle des groupies applaudit à rompre le sonotone des électeurs à Mélenchon. L’Europe est la seule voie de salut (comme sous Pétain…) et heureusement qu’elle possède à l’heure actuelle de bons politiciens technocrates capables de décider à la place des peuples moutonniers. Grâce à la crise, le petit caporal épinglé, qui n’a jamais inventé que le fil à couper les salaires, assure ses chers compatriotes avoir réussi à « tout réinventer » ; le mensonge en politique est en effet une invention permanente. Les chefs lumineux de l’Europe vont continuer à « traiter », un traité par jour s’il le faut, toujours pour plus de « discipline », de « responsabilité », etc. La salle des groupies est vent debout pour le final avec zoom sur le premier rang des commis d’office ministériels ? L’air pourtant… consternés. Le petit père de la nation, sans moustache et sans galon de général, se livre ensuite à la baignade de foule apprêtée et larvaire. Le marchand de montres socialistes, J.Dray est ensuite convié sur le plateau de la chaîne idéologique la plus consultée, BFM, pour apporter le petit brin de critique de bon aloi qui différencie la république gaullienne de la dictature sanglante d’Assad la girafe de Russie : « le seul problème est la banque centrale va-t-elle rembourser ? », ses montres ou les dettes nationale ? Mère Aubry et la fille Le Pen se succèdent pour dénoncer l’inféodation à l’Allemagne. Aubry avec ces trois magnifiques solutions à la crise capitaliste en France : plus de solidarité, plus de démocratie et plus de PME (écologique si possible) : « notre candidat Hollande sera celui du redressement pour sauver les PME qui sont en train de crever parce que les banques ne prêtent pas ».

Lui succède donc Marine Le Pen qui, gaullienne pas chienne et anti-pétainiste à retardement, conspue la fin de la « France libre ». On se passera de nommer et citer les nullités politiques et économistes qui se succèdent au parloir des journalistes plus rigolards qu’effarés de tant d’incongruités de leur principal patron et des ses souris concurrentes.

AUCUN DEBAT NI AUCUNE SOLUTION POUR TOUTES LES FACTIONS BOURGEOISES

Ils disent tous à peu près la même chose. Dans la crise la déliquescence politique s’accélère et révèle un même fond d’idéologie vieillotte nationale. Le clivage de leur confrontation ne recoupe pas même les divers partis en lice, divisés eux-mêmes. Le clan au pouvoir est lui-même un mélange hésitant de libéralisme coupable et de protectionnisme contrit. Il se dégage de ce magma une aile souverainiste (nationaliste primaire) qui va du parti sarkozien à Montebourg, Mélanchon et son petit PCF, et une aile européenne qui part aussi du parti sarkozien aux verts, Cohn Bendit et tutti quanti du lobby pro-fédéraliste allemand. Il n’existe pas plus de solution nationale qu’européenne pourtant à la crise.

Sarkozy rêve à une France réindustrialisée mais il ne sait pas comment cela serait possible, même immatériellement. Le PS crie sur tous les toits que la solution réside dans la multiplication des PME. Les verts veulent bien donner leur accolade à ce parti morpion de l’Etat bourgeois, mais à condition que les PME sauvent le monde en s’appuyant sur le lobby écologique.

La méchante Allemagne fait figure de séductrice et de bouc émissaire. La « peur » évoquée dans son discours de Toulon II par le caporal épinglé, y fait une allusion indirecte tout en encourageant le recours au baiser du tueur. Montebourg, Aubry, Mélanchon, Le Pen fille, surfe sur la même allusion, et vu la connaissance réduite des causes de la seconde boucherie mondiale, le thème est porteur électoralement pour les français sous politisés et niais. De toutes parts, le « c’est la faute aux autres » est le langage commun, inter-national, de tous les dirigeants capitalistes. En France, Sarkozy est accusé de se coucher devant Merkel. La ficelle n’est pas bien grosse, l’exigence de « l’effort », de la « discipline », de « l’austérité » qui ne dit plus son nom, n’est pas le fait de la seule bourgeoisie allemande, mais la chanson de tous les Etats démocratiques bourgeois !

Sait-on le nombre faramineux de pauvres en Allemagne ? Sait-on que l’Allemagne est le troisième pays le plus endetté au monde. Sous le règne de Merkel ce pays s’est autant de fois endetté que du temps des quatre précédents chanceliers.

La dette actuelle de l’Allemagne : 2079 milliards d’euros = 83,2% de son PIB ! Mieux encore, la bourgeoisie d’Outre Rhin triche pire que la Grèce en ne comptant pas les dépenses pour les retraités, les malades et les personnes dépendantes, auquel cas sa dette sera accrue de plus de 5000 milliards supplémentaires !

Dette de la France : 1591 milliards = 81,7 % de son PIB.

L’Italie est championne du dépassement des 100% : 1843 milliards = 119% de son PIB.

Heureusement le président plus pour longtemps, en rade idéologique à Toulon, a parlé d’une « immense révolution » ! Y aura de quoi faire. Contre lui et ses compatriotes concurrents.