Le cannibalisme du régime de Tripoli montre le vrai visage d’un régime prétendument socialiste, mais soutenu par les impérialismes européens !
Après les révoltes de Tunisie et d’Egypte dont la force a fait sauter les gouvernements liés aux familles de Ben Ali et de Moubarak, c’est maintenant le tour de la Libye et du système de gouvernement centré autour de la famille Kadhafi et des tribus qui le soutiennent. Par rapport aux autres pays, il y a une différence: la révolte des masses s’est transformée en Libye en révolte armée; des détachements de l’armée, de l’aviation, de la marine ont refusé de bombarder la population et il semble que certains soient passés du côté des révoltés; Kadhafi et ses acolytes ne peuvent compter que sur les militaires des tribus de Tripolitaine et sur ses mercenaires africains et balkaniques pour réprimer le soulèvement populaire.
Mais aucun des gouvernements de ces pays n’aurait pu durer si longtemps – Ben Ali, plus de vingt ans, Moubarak plus de trente, Kadhafi plus de quarante – sans l’appui, le soutien et la reconnaissance internationale accordés par les grandes puissances impérialistes : les Etats-Unis d’abord en tant que première puissance mondiale, puis la Grande-Bretagne, la France et l’Italie, en tant qu’anciens colonisateurs de la région, sans oublier l’URSS qui, en concurrence avec les impérialismes occidentaux, s’efforçait de pénétrer dans la région. Les heurts diplomatiques qui ont fait monter la tension entre les Etats, tantôt dans un pays tantôt dans un autre se traduisant parfois en actions militaires (comme en Egypte en 1956, en Libye au début des années 80, sans parler des guerres du Golfe ou des guerres arabo-israéliennes), sont la conséquence normale de la rivalité inévitable entre puissances capitalistes ; lorsque celle-ci arrive à son point de rupture, la guerre économique et commerciale se transforme en guerre tout court.
Cependant le cadre général ne change pas ; et pour les pays impérialistes, avoir des régimes autoritaires, surtout dans les régions où la décolonisation pouvait déboucher sur une instabilité politique et sociale, était le «prix à payer» pour assurer le bon fonctionnement de l’économie mondiale et la rentrée des profits capitalistes ! En outre si Moubarak a servi à l’impérialisme occidental pour tenir en bride les prolétaires palestiniens grâce à ses bonnes relations avec Israël, Kadhafi a été utilisé pour contrôler les flux migratoires des masses africaines vers l’Europe. C’est ainsi que le récent accord (2008) entre le premier ministre italien Berlusconi et le dirigeant Libyen avait parmi ses principales clauses le contrôle de l’émigration !
C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement italien a continué, en dépit des massacres, à soutenir le maintien au pouvoir de Kadhafi, peut-être dans une Libye divisée, comme il l’a fait pendant des années : on se souvient de la phrase de Berlusconi disant qu’il ne voulait pas intervenir auprès de son «ami» Kadhafi pour «ne pas le déranger» dans un moment aussi grave pour son pays. Quant au gouvernement français qui avait dressé le tapis rouge pour recevoir le Guide Libyen, il est resté jusqu’à ces derniers jours bien silencieux ; il resterait à connaître sa responsabilité dans l’envoi par son protégé tchadien de centaines (on parle d’un millier) de combattants de la Garde présidentielle au secours du potentat libyen dès les premiers moments de la révolte…
Lors des «5 jours de Bengazi», du 15 au 20 février, une grande partie de la population de l’Est de la Libye s’est soulevée contre le despotisme, sur la vague des révoltes de masse qui, après la Tunisie et l’Egypte, ont touché, à des degrés divers, l’Algérie, le Maroc, le Yémen, Barhein, la Jordanie, le Koweit, l’Iran. A partir de la Cyrénaïque, le mouvement de rébellion s’est étendu en 10 jours à toute la côte jusqu’à atteindre la capitale Tripoli où se sont retranchés Kadhafi et ses prétoriens et d’où le chef de la «révolution» de 1969 (en réalité un coup d’Etat) a lancé la guerre contre son propre peuple.
Le nombre de victimes ne cesse d’augmenter chaque jour ; aujourd’hui la chaîne de télé Al Jazeera parle de 10 000 morts et de 50 000 blessés : un massacre perpétré par les policiers, les soldats et les mercenaires appelés par Kadhafi pour écraser la révolte et reprendre le contrôle du pays et des affaires !
Le cannibalisme du gouvernement de Tripoli montre le vrai visage du pouvoir capitaliste libyen - car c’est bien le capitalisme qui est à la base des systèmes de gouvernement opprimant dans tous les pays les larges masses, les prolétaires autochtones et immigrés ; systèmes de gouvernement où, dans les pays gonflés de pétrole ou d’autres matières premières, une mince couche de bourgeois accapare les énormes richesses qu’elle en tire, alors que les masses sont condamnées à la misère et à la faim, sans pouvoir même revendiquer le moindre droit.
Les représentants des grandes démocraties occidentales qui se vantent de la liberté dont jouiraient leurs populations, ont soutenu et armé les pouvoirs despotiques et dictatoriaux grâce auxquels ils ont pu faire des affaires en or ; et devant les massacres qui se succèdent aujourd’hui dans les pays arabes, ils n’ont qu’une idée en tête : comment sauver les profits tirés du pétrole, des ventes d’armes ou de la construction d’infrastructures destinées à «moderniser» ces pays ! Les bourses de New-York, de Londres, Berlin, Paris ou Milan chutent à cause du chaos provoqué par les révoltes ? C’est un «problème international», il faut au plus vite arriver à la pacification sociale, il en va de la finance et de l’économie mondiales ! Les manifestants sont emprisonnes, torturés massacrés par milliers en Tunisie, en Egypte, en Libye ou en Algérie ? C’est le «problème» des Tunisiens, des Egyptiens, des Libyens, des Algériens, des problèmes internes dans lesquels il ne faut pas s’immiscer» ! Les grandes usines d’armes légères et lourdes des pays capitalistes développés qui ont rempli les arsenaux de ces pays n’ont qu’un souci : comment continuer à faire des affaires ? Peu importe aux bourgeois que des milliers de civils désarmés soient massacrés par la soldatesque, les profits doivent être sauvés! Et s’il n’y a plus de Kadhafi, il faudra en trouver un autre à sa place pour continuer les affaires…
* * *
A Rome, à Madrid et à Athènes comme dans les grandes capitales européennes, on s’inquiète de l’éventuelle arrivée en masse de réfugiés venus de l’autre rive de la Méditerranée ; les ministres italiens disent ouvertement ce qui inquiète les dirigeants européens : la possibilité que puissent venir de Libye 300 000 réfugiés ; le ministre italien de la Défense, affirmant qu’il y aurait plus de 2,5 millions d’immigrés africains en Libye, agite la perspective d’une véritable invasion de masses désespérées fuyant la misère, la répression et la guerre après l’écroulement de l’Etat libyen. Et c’est pour cette raison que des navires de guerre italiens ont commencé à se positionner devant les côtes libyennes !
La véritable visage du capitalisme n’est pas constitué par la façade démocratique de la liberté d’expression, de manifestation, de réunion et d’organisation . Là où ces libertés existent c’est parce qu’elles ont été conquises par de longues luttes dans lesquelles le prolétariat a été à l’avant-garde ; et ces libertés sont toujours plus ou moins bafouées et limitées parce que le droit bourgeois qui doit toujours l’emporter, quitte à réduire ou à suspendre les autres droits démocratiques, est le droit à exploiter le mieux possible le travail salarié pour en extraire la plus-value qui, pour les capitalistes, se transforme en profit. Face à l’aggravation des tensions sociales qui pousse les prolétaires et les masses prolétarisées à s’attaquer aux piliers du pouvoir capitaliste et à ses symboles, la façade démocratique démontre qu’elle n’est qu’une mystification.
La révolte, y compris armée, qui secoue les régimes despotiques entretenus par les démocraties impérialistes peut bien arriver à faire chuter les gouvernements locaux qui avaient régné par la terreur et la répression ; mais confier à d’autres gouvernants bourgeois, moins compromis que les précédents, la tâche de «rétablir la paix civile» et d’«ouvrir la voie à la démocratie» ne peut aboutir à rien d’autre qu’au maintien de la domination des capitalistes sur les travailleurs, de la domination des intérêts bourgeois nationaux et impérialistes sur la population et tout particulièrement sur le prolétariat ; des couches petites-bourgeoises, des avocats, des juges et surtout les militaires y auront gagné en termes de reconnaissance sociale, mais l’écrasante majorité des prolétaires et des paysans pauvres continueront à devoir affronter les problèmes de survie quotidienne avec toujours autant de difficultés, si ce n’est davantage encore. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison qu’au cours de ces dernières années des millions de personnes, affrontant des périls de toutes sortes, ont émigré et émigrent à travers le monde.
Mais que trouvent dans les riches pays d’Europe ces masses d’émigrés poussés par la misère à émigrer? Ils trouvent des centres de détention pour sans-papiers, ils trouvent la police et les militaires les mieux armés du monde qui les pourchassent, les emprisonnent et les expulsent ; ils trouvent la surexploitation et le travail au noir ; et même quand ils réussissent à être régularisés, ils se heurtent au racisme et aux préjugés petit-bourgeois. La civilisation bourgeoise de ces pays qui font au monde entier la leçon sur les bienfaits de la démocratie, repose sur la même structure économique et sociale que celle des pays moins développés : sur l’exploitation capitaliste, sur la domination économique, sociale et politique de la classe qui possède tout, moyens de production comme produits, et donc qui a droit de vie et de mort sur les prolétaires du monde.
Surprises par l’incendie social qui dure depuis plus de 2 mois dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, les chancelleries des grands pays capitalistes d’Orient et d’Occident ont appelé les dirigeants de ces pays à faire preuve de «retenue» dans la répression et à «répondre» aux demandes de «liberté» et de «réformes». Des régimes qui depuis tant d’années étaient jugées comme solides, ne peuvent plus contrôler leurs masses, leurs prolétaires. Ben Ali est tombé, Moubarak est tombé, Kadhafi est en chute libre, Bouteflika vacille. Mais ce que redoutent les puissances impérialistes, c’est moins ce qui se passe aujourd’hui, que ce qui risque de se passer demain ; elles craignent que la révolte populaire ouvre la voie à des mouvements révolutionnaires prolétariens , que le prolétariat contre qui la bourgeoisie mène dans tous les pays une lutte sans trêve, trouve dans la révolte actuelle la force de se lancer ouvertement dans la lutte de classe anti-bourgeoise. La chute de Kadhafi pourrait en effet relancer la vague de révolte sociale dans les pays de la région, encourageant du même coup les masses prolétariennes des pays d’Afrique et d’Asie à se soulever à leur tour contre le despotisme capitaliste. C’est cette crainte qui motive le changement d’attitude des Etats-Unis qui, au moment où la révolte armée annonce la fin de Kadhafi, menacent d’intervenir militairement en Libye.
Malheureusement pour les prolétaires des pays en révolte, la lutte de classe prolétarienne n’est pas encore à l’ordre du jour ; les illusions démocratiques, encore trop puissantes, y font passer au second plan les véritables intérêts de classe des prolétaires. Et les prolétaires d’Europe et d’Amérique, anesthésiés depuis des décennies par l’opium démocratique, contemplent passivement ces révoltes au lieu d’y trouver un motif pour entrer en lutte contre leurs bourgeoisies, véritables vampires qui ont sucé le sang de générations de prolétaires et de paysans arabes et moyen-orientaux : ce qui serait la démonstration de ne pas être complices des répressions, des guerres et de l’écrasement des populations de ces pays, et qui serait la seule façon réelle de se solidariser avec ces prolétaires et de s’allier avec leurs frères de classe du monde entier pour défendre les intérêts prolétariens communs à tous.
Moubarak, Ben Ali, Kadhafi ou d’autres pourront être remplacés demain par un jeune militaire se disant révolutionnaire ou par un exilé politique : cela ne changera pas grand chose pour les prolétaires et les masses. Le seul véritable changement ne pourra venir que de la reprise de la lutte de classe, non seulement dans ces pays, mais aussi dans les pays capitalistes industrialisés qui sont le cœur du Moloch capitaliste mondial !
Les communistes révolutionnaires saluent les révoltes sociales des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient non seulement parce qu’elles font chuter des régimes despotiques des sanguinaires, mais aussi parce qu’elles montrent le véritable visage des pouvoirs bourgeois dans ces pays comme les pays impérialistes. Sachant que ces mouvements, mobilisant toutes les classes qui forment le peuple «affamé» de démocratie ne pourront en tant que tels se transformer en mouvement prolétarien révolutionnaire, les communistes révolutionnaires soulignent les causes matérielles, et non idéologiques, qui ont déclenché une révolte courageuse à mains nues et qui ont poussé un prolétariat jeune et combatif à se mettre en grève et à manifester. Il est impossible de s’attendre à ce que les révoltes sociales actuelles débouchent automatiquement demain sur la lutte de classe ; il faudra pour cela que les prolétaires s’organisent et luttent de manière indépendante, pour la défense exclusive de leurs propres intérêts de classe, en se libérant des illusions démocratiques et de l’étreinte suffocante des couches bourgeoises et petites-bourgeoises ; il faudra que dans ces luttes apparaissent des éléments d’avant-garde pour constituer le parti de classe, le parti communiste révolutionnaire dont la tâche sera de diriger le combat vers la destruction du pouvoir bourgeois, expression de la dictature de la bourgeoisie quel que soit sa forme, et vers l’instauration de la dictature du prolétariat et l’extension de la lutte révolutionnaire internationaliste unissant tous les prolétaires du monde contre les bastions de la contre-révolution.
La voie de la reprise de la lutte de classe n’a jamais été simple et facile ; c’est d’autant plus vrai aujourd’hui où le pouvoir de la bourgeoisie s’est énormément renforcé sur le plan du despotisme social et du militarisme et où l’œuvre pluri-décennale du collaborationnisme social-impérialiste a permis de faire accepter au prolétariat sa propre exploitation et de lui faire soutenir les exactions et les guerres de rapine bourgeoises. Mais c’est la voie qu’il est nécessaire de prendre pour en finir avec les horribles massacres perpétrés par les bourgeoisies du monde entier pour défendre leurs privilèges de classe, leur propriété privée et tout le système d’exploitation capitaliste sur lequel se fonde leur domination.
Parti Communiste International
24/2/2011
« Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde qui doit toujours lutter pour des connaissances nouvelles". Rosa.Luxemburg. "Le principal héritier du fascisme est l'antifascisme". BORDIGA
"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)
Marx (L'idéologie allemande)
«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »
Thucydide
lundi 28 février 2011
jeudi 24 février 2011
CREVER POUR UN BOUQUET DE JASMIN

Pourquoi Obama et Sarkozy laissent massacrer les libyens ?
Ce jeudi à 9h10: Des soignants témoignent des atrocités à Benghazi
Le Dr Jérôme Cau, médecin français, a expliqué sur RTL qu'après les premières manifestations, l'hôpital a reçu tellement de blessés que «la première nuit, on opérait à la chaîne. Ensuite, moi je n'étais plus là, mais les médecins ont continué à opérer pendant 3 ou 4 jours sans dormir, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus les moyens, c'est à dire plus de compresses, plus d'analgésique mais les soins étaient assurés en permanence. Même si en tant que médecin et chirurgien on est habitué à des situations des plus extrêmes, là c'est totalement démesuré, c'est incroyable c'est une catastrophe». Nadia, responsable d’une équipe d’infirmières, a elle aussi raconté sur RTL son expérience au Benghazi Medical Center. «Il y a eu les premiers tirs de missiles sur la population. Après il y a eu vraiment un défilé d’ambulances sur l’hôpital, ça ne faisait qu’empirer, en fin de journée on a reçu un flot continu de patients. (...) On peut parler de carnage surtout par rapport à la quantité de gens tués de gens blessés sur le peu de jours. C’est tout sauf de la répression ordinaire je pense».
Comme je l’ai indiqué dans mes messages du 18 et 20 février, rien n’a changé, les puissances occidentales misent toujours sur le massacre le plus horrible possible, à une échelle comparable à la semaine sanglante de 1871 (vous n’imaginez pas Londres et Washington protester contre la répression de Thiers ou invoquer un quelconque droit d’ingérence !). Il ne s’agit toujours pas de révolution en Libye, comme en Tunisie ou en Egypte, mais d’un soulèvement du peuple contre la misère et l’oppression, dont la classe ouvrière est incapable d’être la colonne vertébrale.
LE LONG SILENCE COMPLICE D’OBAMA ET SARKOZY
Inutile de s’interroger sur les grandes dictatures terroristes, Russie et Chine – qui ne peuvent que se féliciter d’un bain de sang pour calmer les populations en révolte. Inutile de s’interroger sur l’amitié renouvelée du maquereau Berlusconi, régulièrement réélu par le bon peuple italien soucieux du plein de réservoir pour la voiture individuelle.
Il n’en est pas de même pour les grandes puissances dites démocratiques. Ce qui est frappant, et très clair même aux yeux de l’opinion indistincte, est la longue complicité avec le bouffon sanguinaire Kadhafi, depuis 2008 pour la plupart des oligarques démocratiques, depuis toujours pour le capital italien. Au lieu de se flageller pour leur complicité criminelle, les dirigeants bourgeois Obama et plus encore Sarkozy se présentent comme les victimes (Oh certes commerciales) d’un « fou ». Ce fou avec lequel ils paradaient il y a si peu devant les photographes du monde entier, ils n’avaient pas assez d’amabilités pour le compter parmi leurs « amis », certes un ami riche en pétrole, mais surtout comme excellent gendarme de l’Afrique du nord, comme excellent filtre de ce vivier de main d’œuvre pour l’Europe vieillissante. Malgré ses crimes passés et ses excentricités de pervers narcissique, Kadhafi était redevenu présentable car, tout fou qu’il est, il avait saisi parfaitement qu’il pouvait finir pendu comme Saddam. On peut aujourd’hui légitimement s’interroger sur la capacité de pardon des Blair, Sarkozy et Bush à un petit dictateur cynique qui pouvait être renversé comme le tortionnaire de Bagdad. Le long silence temporisateur des Obama et Sarkozy, est venu nous apporter la réponse : Kadhafi faisait bien son boulot de négrier en chef! Il freinait aux portes de l’Europe et de l’Occident une trop grande migration de la main d’œuvre africaine. Il était le bon passeur qui régulait suivant la demande des négriers patronaux européens. Un argument accessoiriste a été constamment distillé pour tenter de rendre Kadhafi indispensable. Comme l’Afghanistan, la Libye ne serait qu’un pays arriéré, une mosaïque de « tribus » sans compter les amis d’Al Qaida (dont Kadhafi avait exterminé 2000 individus au moins pour la gloire du roi de Prusse) ; on peut noter au passage cette hogra occidentale néo-colonialiste qui se permet de mépriser les peuples dès l’instant où ils ne possèdent pas cette étrange machinerie oligarchique de truands nommé parlermentarisme, et qui s’applique tout autant au prolétariat des pays développés, considéré comme incapable de gérer la société si la bourgeoisie venait à être culbutée ! Le peuple libyen est tout à fait capable de se doter de Conseils prolétariens ou de structures élues pour remettre en route l’économie du pays malgré les destructions du fou (des financiers se portent déjà candidats pour sponsoriser la reconstruction ou occuper la main d’œuvre sur place...).
Je le répète, l’espoir, toujours présent, que Kadhafi « s’en sorte », est toujours le souci des dirigeants bourgeois et du repaire de brigands de l’ONU, sinon ils ne se contenteraient pas de simples « remontrances » très diplomatiques. Car, double intérêt, même avec sa baignoire pleine de sang humain, le colonel enguirlandé reprendrait sa tâche de négrier en chef, et, double victoire appréciable pour tous les Etats bourgeois, mettrait probablement fin au tsunami social qui lève dans le croissant arabe et interroge le monde entier. Le rouleau compresseur d’années de dictatures sanglantes en Grèce, au Chili, en Argentine n’a jamais empêché les « affaires » de continuer. Les massacres au Cambodge, au Rwanda, à Srebrenica, n’ont jamais empêché de dormir les dirigeants du capitalisme. Si Kadhafi dispose de suffisamment de mercenaires pour écraser son peuple et qu’il y parvient, ce sera un pis-aller pour nos dictateurs démocrates, mais tout sera à recommencer avec le fou, qui posera alors de nouvelles exigences….
KADHAFI A-T-IL ETE TROP LOIN ?
C’est semble-t-il le message très tardif d’Obama, qui s’est bien gardé d’en appeler à l’hypocrite « droit d’ingérence », cette vague notion occidentale qui ne sert à rien en cas de bains de sang, mais peut être très utile pour des objectifs naturels d’ingérence impérialiste comme en Irak et en Afghanistan. Tout comme il n’a aucunement évoqué ni envoi d’urgence de tonnes de médicaments (si urgents vu l’ampleur du massacre à l’arme lourde) ni nouvelle intervention militaire (Obama a été élu pour calmer l’anti-militarisme du prolétariat, en attendant le retour d’un faucon). Sans aucun doute Kadhafi a été trop loin. Jamais dans l’histoire moderne un dictateur n’avait osé tirer au canon directement sur son peuple. Hitler avait conduit le peuple allemand à l’abîme (6 millions de morts) mais on ne pouvait pas dire qu’il commandait aux bombardiers anglais et américains. Les nostalgiques du grand criminel autrichien peuvent toujours dire qu’il a été vaincu avec « son peuple ». Le petit Kadhafi, il n’est pas plus haut que ses amis Berlusconi et Sarkozy, après une apparition folklorique digne d’un film de Kusturica, a fait donner son chien de fils pour aboyer qu’ils allaient tirer dans le tas. Tirer dans le tas de leur propre peuple, pas simplement – ce qui serait simple voire compréhensible – sur une classe ouvrière en insurrection mais sur les habitants indistincts des villes et des quartiers. Ni guerre civile, ni guerre entre pays, mais massacre intérieur des civils !
Et l’ONU, et Obama de morigéner, ce qui n’est pour eux qu’une banale « affaire intérieure ». Voyez donc ces dignes héritiers des « libérateurs » de 1945, bardés de lois et de résolutions contre les « crimes de guerre » et autres atteintes « contre l’humanité », qui regardent le sang couler massivement et doctement font la leçon d’humanité à un assassin à l’œuvre qui poursuit tranquillement ses tueries, et s’en vante à la terre entière.
POURQUOI LAISSER KADHAFI ALLER AUSSI LOIN ?
Pour la simple raison que, même après leur long silence, les principaux dirigeants des pays européens et nord-américains (le Canada cire toujours les pompes de l’Oncle Samuel), vont offrir un bouquet de jasmin aux familles des nombreuses victimes : la démocratie. Sonneront alors les cloches d’honneur de la démocratie universelle pour tenter de sécher les larmes des populations endeuillées. Et, comme la misère n’est pas soluble dans la crise systémique capitaliste, on laissera les fous de Dieu développer leurs attentats comme en Afghanistan. On regrettera en catimini dans les chancelleries la main de fer de Kadhafi, mais on tirera argument des attentats islamo-fachos pour déplorer que la démocratie ne soit pas applicable dans les déserts arriérés. On n’épiloguera nullement sur l’incapacité du capitalisme à occuper tous les hommes, à leur donner travail, dignité et liberté réelle de circuler, etc.
Les mêmes lâches oligarques démocratiques qui serraient la main du fou sanguinaire déploreront alors enfin, à nouveau, comme toujours, l’arriération des masses paupérisées. Et qu’on est obligé de laisser croupir dans LEUR misère.
PS : J’ajoute un commentaire très intéressant repris du message blog qui contient le 3e communiqué du PCI : « Pendant que les medias presque abscents du terrain libyen supputent le rapport de force et les rumeurs, la taille du ” corps expéditionnaire humanitaire” de l’Otan , frégates au plus laisse supposer que c’est bien l’armée égyptienne qui risque d’être chargée de la tache sur le terrain pour le compte des USA ,dont les forces sont braquées sur le contrôle du canal de Suez. L’Otan comme l’Europe n’a pas peut-être les moyens militaires de ses ambitions, d’autant que l’Afrique sud saharienne commence à bouillir... Le pacte entre Berlusconi et Kadhafi contre les migrants : le joker libyen » (mardi 22 février). James Ridgeway – Counterpunch http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10213
Kadhafi malgré sa sénilité télévisée n’est peut être pas fini et peut jouer au “gendarme de l’occident ” en Afrique centrale comme sur ses frontières maritimes, même et surtout en cas de balkanisation de la Lybie. Quant au pétrole libyen les compagnies occidentales sont déjà maitresses de son évacuation, quelques mois d’incertitudes ne leur font pas peur, vue la flambée des prix que cela entrainera... ».
J’ajoute que si l’empire US se sert de l’armée égyptienne, avec pourquoi pas des volontaires tunisiens et yéménites, vous imaginez le symbole gagnant-gagnant pour Obama qui a appelé à l’unité du monde pour défendre … la démocratie. Une armée égyptienne, précédée d’un drapeau orné de la fleur de jasmin, entrant dans Tripoli, cela aurait un petit air de remake des brigades internationales antifranquistes, mais victorieuses pour la bourgeoisie dominante, qui pourrait ainsi complètement chapeauter la vague du croissant arabe, dite « pour les libertés démocratiques » ! Vous avez bien dit toutes les libertés démocratiques ? Et çà consiste en quoi ? En du vent, des chants, puis on range les lampions et on retourne à la misère. En toute liberté.
mardi 22 février 2011
3ème communiqué du Parti Communiste International

(ci contre Le clown sanguinaire!)
Benghazi, Derna, Al Baïda, Tobrouk, Zintan, Tripoli:
Les émeutes qui ont secoué la Tunisie et l’Egypte s’étendent à la Libye où Kadhafi tente de les noyer dans le sang
20 février 2011. Des informations non officielles parlent de 200-250 morts et plus de 1000 blessés. Les manifestations de protestation ont éclaté dans les villes libyennes les plus importantes à la suite de la vague de révolte qui touche les pays arabes du Maghreb et du Moyen-Orient, jusqu’au Golfe Persique et l’Iran. Les manifestants affrontent à mains nues les forces de sécurité libyennes; les autorités de Tripoli, craignant la fraternisation de détachements de l’armée et de la police avec les masses qui manifestent, ont fait appel à des mercenaires super-équipés venus de pays voisins: ils ont l’avantage de ne pas avoir de liens ou de rapports tribaux avec les habitants, en particulier avec les populations berbères et touaregs de Cyrénaïque, traditionnellement rebelles.
La crise économique mondiale a eu, semble-t-il, moins de conséquences qu’en Tunisie, en Algérie ou en Egypte. Cela n’empêche pas que le chômage tourne autour de 30% dans ce pays de 7 millions d’habitants (sans compter un million d’immigrés «clandestins»). Le malaise social, couplé à un climat oppressant d’autoritarisme et de contrôle politique omniprésent par le pouvoir, à l’interdiction du droit de grève, d’organisation et de manifestation, a trouvé dans les révoltes des pays voisins un exemple à suivre. Comme une gigantesque force tellurique, une poussée matérielle à se libérer de brutaux régimes oppressifs secoue le sous-sol économique et social de pays entiers, conduisant les prolétaires, les masses prolétarisées, petites-bourgeoises et paysannes, à un refus spontané et généralisé de l’ordre établi. Les objectifs sont simples, dramatiquement limités et vagues: en finir avec la corruption et le pouvoir dynastique des Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi, obtenir des droits démocratiques, mais, surtout, du travail et du pain. Et comme en Tunisie et en Egypte, les autorités en Libye y répondent par le seul moyen immédiatement à disposition pour faire face à un mouvement de protestation pacifique et arrêter la contestation de leur pouvoir: la répression sanglante, les massacres, les tirs sur la foule.
En Libye, comme dans les autres pays pétroliers qui possèdent une matière première vitale pour l’économie des grands pays industriels, la bourgeoisie pense qu’elle a tout intérêt à maintenir les profits qu’elle en tire par tous les moyens, y compris en imposant la paix sociale par une répression bestiale: cet intérêt est partagé par les bourgeoisies impérialistes d’Europe et d’Amérique, même si celles-ci sont prêtes en quelques jours à abandonner les régimes autoritaires qu’elles ont soutenus et armés pendant des décennies, voire à manoeuvrer en sous-main pour faciliter une «transition» qui ne change rien d’essentiel et permet de reprendre les affaires, une fois passée la tempête sociale. C’est ce qui explique le silence embarrassé des classes dominantes européennes ou les timides appels d’un Obama à mettre fin à la répression violente des manifestations et à accorder plus de liberté et de démocratie. Que pourrait-on attendre d’autre des bourgeoisies impérialistes dominantes, bien plus criminelles encore que les bourgeoisies arabes? D’autre part tant que les mouvements sociaux ne débordent pas des limites de la démocratie bourgeoise, des droits bourgeois, tant qu’ils ne s’attaquent pas à la propriété privée et au capitalisme et même s’ils devaient prendre la voie de l’islamisme, ils ne sont pour elles qu’un demi-mal par rapport à l’éclatement de la lutte de classe, de la lutte directe du prolétariat contre la bourgeoisie et son système économique.
* * *
En 1969 un coup d’Etat militaire dirigé par un jeune colonel, Kadhafi, renversait le roi Idris Premier, à la tête d’un régime corrompu à la solde de la Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis. Le nouveau régime prit le nom de «Grande République Arabe Populaire et Socialiste de Libye». Inutile de dire que derrière une idéologie inspirée de pan-arabisme nassérien et de social-démocratisme européen, il n’y avait rien de socialiste dans ce pouvoir qui jouait sur un nationalisme anti-américain. Les premières mesures sociales furent le doublement des salaires, la mise en place d’un corporatisme associant les ouvriers à la gestion des usines, l’instauration d’une législation fondée sur le Coran, l’interdiction de l’alcool, la fermeture des lieux nocturnes, etc. Se faisant le champion de la revanche sur les anciens colonialistes, Kadhafi confisqua les propriétés des anciens colons italiens en même temps qu’il nationalisait les sociétés pétrolières pour «restituer au peuple libyen les richesses usurpées par les oppresseurs», selon les termes de son «Livre Vert» (1976). Ces réformes et cette démagogie étaient nécessaires pour gagner un soutien populaire au nouveau régime. La France de Pompidou, avide de profiter des déboires des impérialistes anglo-saxons dans un pays producteur de pétrole, accorda son soutien à Kadhafi en lui vendant des armes modernes (avions Mirage, etc.).
La Libye est aujourd’hui le premier fournisseur en pétrole de l’Italie et elle a tissé des liens étroits avec nombre d’entreprises de l’ancien colonisateur (comme Fiat). Voilà la raison pour laquelle Berlusconi vient de déclarer qu’il ne protestait pas devant la répression dans ce pays, parce qu’il ne voulait pas «déranger» le gouvernement libyen! Quant au gouvernement Sarkozy, qui courtise Kadhafi et, depuis de nombreux mois multiplie ses efforts pour accroître les ventes françaises en Libye (y compris d’armements), il a gardé un silence assourdissant. En clair, ces réactions signifient: réprimez et massacrez, cela ne nous regarde pas!
Mais cela regarde les prolétaires de France et des autres pays, à commencer par ceux des pays méditerranéens !
Tout ce qui arrive dans les rues de Tunis, du Caire, d’Alger, de Bengazi, de Manama (Bahrein), de Saana (Yémen), etc., concerne les prolétaires parce que lorsque les bourgeois répriment dans le sang des mouvements sociaux qui demandent du pain, du travail, la liberté de s’organiser, ils agissent en tant que classe dominante contre les classes dominées et en premier lieu le prolétariat dont ils tirent la plupart de leurs profits. Quand une bourgeoisie écrase son peuple dans le sang, elle ne défend pas seulement son pouvoir, ses privilèges, sa domination ; elle défend aussi les intérêts de domination sociale et politique des autres bourgeoisies, auxquelles elle demande d’ailleurs de l’aide. La concurrence entre les bourgeois et leurs Etats est la règle sous le capitalisme et cette concurrence débouche souvent sur des guerres ; mais face aux prolétaires et aux masses prolétarisées dont le mouvement affronte les régimes politiques en place et risque d’ouvrir la voie à la lutte prolétarienne anticapitaliste, leurs différents sont mis de côté : toutes les bourgeoisies collaborent pour assurer, d’une façon ou d’une autre, le retour à l’ordre.
Sur ce plan aussi, il faut que les prolétaires tirent les leçons des événements en cours.
Les mouvements actuels, avec leurs morts et leur blessés, leurs emprisonnés et leurs torturés, expriment le mécontentement social en termes de démocratie, de changement de gouvernement ; ils peuvent arriver à faire tomber des autocrates et leurs familles, mais le pouvoir, restant solidement entre les mains de la bourgeoisie, continuera à être un pouvoir capitaliste ; il continuera à défendre les intérêts de la classe dominante, utilisant peut-être des méthodes en apparence différentes, au moins au début, mais qui seront toujours autoritaires et qui s’appuieront sur un militarisme croissant. C’est là une tendance générale, même si en raison de leurs traditions historiques te des ressources à leur disposition , cet autoritarisme et ce militarisme qui expriment la dictature de la bourgeoisie, sont camouflés dans les pays impérialistes par un voile - toujours plus mince ! - de formes démocratiques et parlementaires.
En Libye comme en Italie, en Tunisie ou en Algérie comme en France, en Egypte comme aux Etats-Unis, dans tous les pays, les prolétaires sont des frères de classe en tant qu’esclaves salariés ; mais aussi en tant que cibles de la répression qui les frappe ou les menace partout, parce qu’ils sont la seule classe qui, en s’organisant sur le terrain de la lutte immédiate indépendamment des forces bourgeoises, religieuses ou collaborationnistes, et sur le plan politique, en s’organisant en pleine autonomie en parti de classe, a la possibilité non seulement de répondre coup pour coup aux attaques bourgeoises, mais d’aller vers la conquête du pouvoir, vers la destruction de l’appareil d’Etat et l’instauration de sa propre dictature, condition indispensable pour émanciper l’humanité du capitalisme et de toutes ses horreurs.
Les mouvements en cours ont ouvert une nouvelle page dans les contradictions sociales exacerbées qui caractérisent le capitalisme
Aux prolétaires d’ici d’y répondre en rompant la collaboration entre les classes et en rejetant la mystification démocratique pour se lancer dans la voie de la lutte de classe !
Parti Communiste International
www.pcint.org

(ci contre Le clown sanguinaire!)
Benghazi, Derna, Al Baïda, Tobrouk, Zintan, Tripoli:
Les émeutes qui ont secoué la Tunisie et l’Egypte s’étendent à la Libye où Kadhafi tente de les noyer dans le sang
20 février 2011. Des informations non officielles parlent de 200-250 morts et plus de 1000 blessés. Les manifestations de protestation ont éclaté dans les villes libyennes les plus importantes à la suite de la vague de révolte qui touche les pays arabes du Maghreb et du Moyen-Orient, jusqu’au Golfe Persique et l’Iran. Les manifestants affrontent à mains nues les forces de sécurité libyennes; les autorités de Tripoli, craignant la fraternisation de détachements de l’armée et de la police avec les masses qui manifestent, ont fait appel à des mercenaires super-équipés venus de pays voisins: ils ont l’avantage de ne pas avoir de liens ou de rapports tribaux avec les habitants, en particulier avec les populations berbères et touaregs de Cyrénaïque, traditionnellement rebelles.
La crise économique mondiale a eu, semble-t-il, moins de conséquences qu’en Tunisie, en Algérie ou en Egypte. Cela n’empêche pas que le chômage tourne autour de 30% dans ce pays de 7 millions d’habitants (sans compter un million d’immigrés «clandestins»). Le malaise social, couplé à un climat oppressant d’autoritarisme et de contrôle politique omniprésent par le pouvoir, à l’interdiction du droit de grève, d’organisation et de manifestation, a trouvé dans les révoltes des pays voisins un exemple à suivre. Comme une gigantesque force tellurique, une poussée matérielle à se libérer de brutaux régimes oppressifs secoue le sous-sol économique et social de pays entiers, conduisant les prolétaires, les masses prolétarisées, petites-bourgeoises et paysannes, à un refus spontané et généralisé de l’ordre établi. Les objectifs sont simples, dramatiquement limités et vagues: en finir avec la corruption et le pouvoir dynastique des Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi, obtenir des droits démocratiques, mais, surtout, du travail et du pain. Et comme en Tunisie et en Egypte, les autorités en Libye y répondent par le seul moyen immédiatement à disposition pour faire face à un mouvement de protestation pacifique et arrêter la contestation de leur pouvoir: la répression sanglante, les massacres, les tirs sur la foule.
En Libye, comme dans les autres pays pétroliers qui possèdent une matière première vitale pour l’économie des grands pays industriels, la bourgeoisie pense qu’elle a tout intérêt à maintenir les profits qu’elle en tire par tous les moyens, y compris en imposant la paix sociale par une répression bestiale: cet intérêt est partagé par les bourgeoisies impérialistes d’Europe et d’Amérique, même si celles-ci sont prêtes en quelques jours à abandonner les régimes autoritaires qu’elles ont soutenus et armés pendant des décennies, voire à manoeuvrer en sous-main pour faciliter une «transition» qui ne change rien d’essentiel et permet de reprendre les affaires, une fois passée la tempête sociale. C’est ce qui explique le silence embarrassé des classes dominantes européennes ou les timides appels d’un Obama à mettre fin à la répression violente des manifestations et à accorder plus de liberté et de démocratie. Que pourrait-on attendre d’autre des bourgeoisies impérialistes dominantes, bien plus criminelles encore que les bourgeoisies arabes? D’autre part tant que les mouvements sociaux ne débordent pas des limites de la démocratie bourgeoise, des droits bourgeois, tant qu’ils ne s’attaquent pas à la propriété privée et au capitalisme et même s’ils devaient prendre la voie de l’islamisme, ils ne sont pour elles qu’un demi-mal par rapport à l’éclatement de la lutte de classe, de la lutte directe du prolétariat contre la bourgeoisie et son système économique.
* * *
En 1969 un coup d’Etat militaire dirigé par un jeune colonel, Kadhafi, renversait le roi Idris Premier, à la tête d’un régime corrompu à la solde de la Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis. Le nouveau régime prit le nom de «Grande République Arabe Populaire et Socialiste de Libye». Inutile de dire que derrière une idéologie inspirée de pan-arabisme nassérien et de social-démocratisme européen, il n’y avait rien de socialiste dans ce pouvoir qui jouait sur un nationalisme anti-américain. Les premières mesures sociales furent le doublement des salaires, la mise en place d’un corporatisme associant les ouvriers à la gestion des usines, l’instauration d’une législation fondée sur le Coran, l’interdiction de l’alcool, la fermeture des lieux nocturnes, etc. Se faisant le champion de la revanche sur les anciens colonialistes, Kadhafi confisqua les propriétés des anciens colons italiens en même temps qu’il nationalisait les sociétés pétrolières pour «restituer au peuple libyen les richesses usurpées par les oppresseurs», selon les termes de son «Livre Vert» (1976). Ces réformes et cette démagogie étaient nécessaires pour gagner un soutien populaire au nouveau régime. La France de Pompidou, avide de profiter des déboires des impérialistes anglo-saxons dans un pays producteur de pétrole, accorda son soutien à Kadhafi en lui vendant des armes modernes (avions Mirage, etc.).
La Libye est aujourd’hui le premier fournisseur en pétrole de l’Italie et elle a tissé des liens étroits avec nombre d’entreprises de l’ancien colonisateur (comme Fiat). Voilà la raison pour laquelle Berlusconi vient de déclarer qu’il ne protestait pas devant la répression dans ce pays, parce qu’il ne voulait pas «déranger» le gouvernement libyen! Quant au gouvernement Sarkozy, qui courtise Kadhafi et, depuis de nombreux mois multiplie ses efforts pour accroître les ventes françaises en Libye (y compris d’armements), il a gardé un silence assourdissant. En clair, ces réactions signifient: réprimez et massacrez, cela ne nous regarde pas!
Mais cela regarde les prolétaires de France et des autres pays, à commencer par ceux des pays méditerranéens !
Tout ce qui arrive dans les rues de Tunis, du Caire, d’Alger, de Bengazi, de Manama (Bahrein), de Saana (Yémen), etc., concerne les prolétaires parce que lorsque les bourgeois répriment dans le sang des mouvements sociaux qui demandent du pain, du travail, la liberté de s’organiser, ils agissent en tant que classe dominante contre les classes dominées et en premier lieu le prolétariat dont ils tirent la plupart de leurs profits. Quand une bourgeoisie écrase son peuple dans le sang, elle ne défend pas seulement son pouvoir, ses privilèges, sa domination ; elle défend aussi les intérêts de domination sociale et politique des autres bourgeoisies, auxquelles elle demande d’ailleurs de l’aide. La concurrence entre les bourgeois et leurs Etats est la règle sous le capitalisme et cette concurrence débouche souvent sur des guerres ; mais face aux prolétaires et aux masses prolétarisées dont le mouvement affronte les régimes politiques en place et risque d’ouvrir la voie à la lutte prolétarienne anticapitaliste, leurs différents sont mis de côté : toutes les bourgeoisies collaborent pour assurer, d’une façon ou d’une autre, le retour à l’ordre.
Sur ce plan aussi, il faut que les prolétaires tirent les leçons des événements en cours.
Les mouvements actuels, avec leurs morts et leur blessés, leurs emprisonnés et leurs torturés, expriment le mécontentement social en termes de démocratie, de changement de gouvernement ; ils peuvent arriver à faire tomber des autocrates et leurs familles, mais le pouvoir, restant solidement entre les mains de la bourgeoisie, continuera à être un pouvoir capitaliste ; il continuera à défendre les intérêts de la classe dominante, utilisant peut-être des méthodes en apparence différentes, au moins au début, mais qui seront toujours autoritaires et qui s’appuieront sur un militarisme croissant. C’est là une tendance générale, même si en raison de leurs traditions historiques te des ressources à leur disposition , cet autoritarisme et ce militarisme qui expriment la dictature de la bourgeoisie, sont camouflés dans les pays impérialistes par un voile - toujours plus mince ! - de formes démocratiques et parlementaires.
En Libye comme en Italie, en Tunisie ou en Algérie comme en France, en Egypte comme aux Etats-Unis, dans tous les pays, les prolétaires sont des frères de classe en tant qu’esclaves salariés ; mais aussi en tant que cibles de la répression qui les frappe ou les menace partout, parce qu’ils sont la seule classe qui, en s’organisant sur le terrain de la lutte immédiate indépendamment des forces bourgeoises, religieuses ou collaborationnistes, et sur le plan politique, en s’organisant en pleine autonomie en parti de classe, a la possibilité non seulement de répondre coup pour coup aux attaques bourgeoises, mais d’aller vers la conquête du pouvoir, vers la destruction de l’appareil d’Etat et l’instauration de sa propre dictature, condition indispensable pour émanciper l’humanité du capitalisme et de toutes ses horreurs.
Les mouvements en cours ont ouvert une nouvelle page dans les contradictions sociales exacerbées qui caractérisent le capitalisme
Aux prolétaires d’ici d’y répondre en rompant la collaboration entre les classes et en rejetant la mystification démocratique pour se lancer dans la voie de la lutte de classe !
Parti Communiste International
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dimanche 20 février 2011
GRENADES JETEES SUR LA FOULE EN LIBYE : by by boucher Kadhafi !
QUAND LA POLICE TIRE DANS LA FOULE LES POLICIERS SONT PENDUS
Face au tsunami de la révolte des masses prolétariennes arabes, les médias occidentaux ont tenté d’abord de faire contre mauvaise partie bon cœur, vous voulez la démocratie, allez on vous la refile. Devant les masses prolétariennes hilares qui exhibaient leurs victimes ensanglantées et les mains rougies - car les masses ne veulent pas simplement la liberté, mais surtout la dignité d’une place sociale et de ne pas êtres traitées comme des mendigos – la presse bourgeoise s’est laissée aller à compatir face à la terrible et inouïe répression en particulier en Libye et au Bahreïn, espérant que celle-ci soit l’éteignoir ou plutôt le barrage pour ralentir ou faire cesser la vague qui menace désormais aux portes de l’Europe, en Russie et jusqu’en Chine.
COMMENT LES MEDIAS ont tenté par cette deuxième manœuvre DE SABOTER LA GENERALISATION DE LA LUTTE PROLETARIENNE
20 MINUTES a fait donner un spécialiste ridicule pour assurer que les enjeux seraient différents selon les pays !
Le monde a titré "Kadhafi est une machine à survivre politiquement", où un vulgaire plumitif nous expliquait en effet que Kadhafi n’est plus qu’un des valets de l’impérialisme occidental aux ordres des USA et un bon commercial pour la bourgeoisie française donc qu’il était indéboulonnable. Prenons simplement les répliques sur le site du journal bourgeois de ses propres lecteurs, et ajoutons-les bout à bout. Vous verrez que la conscience de classe fait son chemin, malgré une masse de petits cons de blogueurs qui conspuent un « langage attardé venant du marxisme » et qui sont les flics et obligés du moderne sarkozysme. Je ne mets pas de guillemets tellement je suis OK avec tous ces commentaires.
Un "expert" interrogé par le Monde il y a un mois disait la même chose sur Moubarak. Le vent de l'histoire est parfois bien joyeux et rafraîchissant. « Kadhafi est une machine à survivre politiquement" ? Il est vrai que retrouver une virginité politique après les attentats de la Pan Am à Lockerbie et d'UTA au dessus du désert du Ténéré n'est pas un mince exploit. Mais il "lit Montesquieu" et comme il ne "doit exister en Lybie que quelques reliquats de pratiques anciennes comme la torture" selon les propos tenus en 2007, par Patrick Ollier, faut-il se formaliser des personnes tuées au cours des manifestations de ces jours-ci? Cet article me fait sourire. Car des articles expliquant de pourquoi Moubarak et Ben Ali étaient indéboulonnables, on en a eu un certain nombre dans la presse. Que la Libye soit un cas différent, c'est évident. L'Egypte déjà, c'était pas la Tunisie. S'imaginer que les chancelleries occidentales vont soutenir Kadhafi uniquement pour le pétrole, vu l'historique du personnage, et vu ce qui c'est passé en Egypte et en Tunisie, faut y croire. Le pétrole, même sans Kadhafi, il sera toujours là. Khadafi a quand même vu se qui s'est passé avec Ben Ali et Moubarak. Apparemment il n'en a pas tiré les conclusions qui s'imposaient : fuir la Libye en emportant ses petites économies. S'il tarde trop à partir, il risque de finir comme Mussolini. A partir du moment où il a commencé à faire tirer à balles réelles sur les manifestants, c'était fini pour lui.
Revenons à l’immonde journal bourgeois d’Hubert Bave-Méry. Il s’indigne des exactions contre deux policiers :
« Les manifestations qui agitent la Libye depuis mardi soir s'enfoncent dans la violence. Vendredi, des manifestants ont attrapé deux policiers et les ont pendus à Al-Baïda, à 1 200 km à l'est de Tripoli, rapporte le journal Oéa, proche du réformateur Seif Al-Islam, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, sur son site internet. Ces exactions participent de la spirale de violence qui a fait au moins vingt morts depuis le début de la semaine ».
Exactions dit Le Monde ! Et les cent meurtres à chaque fois au moins dans chaque pays, Tunisie, Egypte, etc. des polices d’Etat? C’étaient pas le début de la spirale ?
Commentaires lucides dans ce même journal : « Ces policiers pendus par le peuple n'ont eu que ce qu'ils méritent. Voila ce qui arrive quand on tire à balles réelles sur le peuple. Il va falloir que Mouammar Khadafi apprenne à faire avec. Il est dans son intérêt de dégager au plus vite sinon il n'y a pas de raison qu'il ne finisse comme Mussolini, suspendu à un croc de boucher ».
Les médias bourgeois ont voulu faire croire que la cessation des meurtres par les mercenaires policiers était due à la magnanimité des pressions occidentales démocratiques. C’est faux, la cessation des meurtres les plus barbares et lâches de la police a lieu parce que la police prend peur elle-aussi à son tour. On ne vous le raconte jamais dans les journaux officiels mais les peuples se vengent toujours, des années après des policiers, les militaires les plus cruels ou des membres de leur famille, sont aussi exécutés, pendus ou égorgés !
LIBE INSISTE SUR LE COTE SANGLANT EN ESPERANT GENERALISER LA PEUR
Quand la boucherie policière prend une telle ampleur contre leur propre peuple, contre des femmes et des enfants et des hommes sans armes, les régimes les plus sanguinaires ne tiennent plus qu’à un fil. Mais si dans certains cas, dans des périodes de reflux de la lutte du prolétariat mondial (comme au milieu des années 1970 au Chili et en Argentine, et en Iran en 1980) des bourgeoisies locales, avec l’appui des grandes puissances, ont pu massacrer sans vergogne, les principaux bouchers sont toujours rattrapés (Pinochet, Karadzic, Saddam, etc.).
Aujourd’hui la vague internationale est trop forte pour que la simple répression sanguinaire puisse l’endiguer. Et la vague n’est plus une simple protestation de rue :
« La contestation semble se transformer en véritable insurrection dans l'est, surtout à Benghazi. L'organisation Human Rights Watch (HRW), se basant sur des sources médicales et des témoins, a fait état ce samedi d'un bilan global de 84 morts, dont 55 à Benghazi, bastion de l'opposition, où les affrontements ont été particulièrement violents hier vendredi (vidéo amateur commentée par Euronews) ».
Au Bahreïn (le Pigalle des bourgeois bigots d’Arabie Saoudite) où la répression était partie pour être aussi cynique qu’en Libye, elle se dégonfle déjà pourtant dans ce petit pays : « Après le retrait des chars de l'armée de la capitale comme le demandait l'opposition, principalement chiite, les manifestants ont réoccupé la place. La police n'est pas intervenue, à l'exception d'un bref tir de grenades lacrymogènes sur l'un des axes conduisant à la place, faisant six blessés. L'armée, qui était déployée dans la capitale Manama depuis jeudi en réponse à une manifestation contre le régime, s'est retirée du centre névralgique, la place de la perle, samedi. C'était l'une des conditions exigées par l'opposition pour l'ouverture du dialogue proposé vendredi soir par le prince héritier, Salman ben Hamad Al-Khalifa. L'autre exigence est la démission du gouvernement actuel. Une fois l'armée partie, les manifestants sont revenus en masse. Ils ont enlevé les barbelés qui entouraient la place et ont installés des tentes, sous la surveillance d'un hélicoptère. La police n'est pas intervenue, conformément à un ordre donné par le prince héritier. En parallèle, l'union générale des syndicats de Bahreïn a appelé à une grève générale illimitée à partir de dimanche pour exiger la liberté de manifester pacifiquement sans intervention des forces de l'ordre. La veille au soir, l'armée avait tiré sur des manifestants à Manama, faisant des dizaines de blessés parmi les opposants au régime. La répression de leur mouvement a fait six morts en moins d'une semaine, et au moins 95 blessés.
Au Yémen la foule pacifique a été attaquée lâchement à la grenade et agressée par des bandes armées de flics en civils! Un étudiant a été tué par balle et cinq autres ont été blessés dans des violents affrontements ont éclaté alors que des partisans du régime ont tenté de prendre d'assaut le campus de l'Université de Sanaa, foyer de la contestation. Vendredi, quatre personnes ont été tuées par balles à Aden, principale ville du sud, lorsque la police a dispersé des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont indiqué des sources médicales. Les flics ont tiré à balles réelles sur les étudiants qui leur bloquaient l'accès. Aden, grande ville du sud où la répression est plus violente, a connu de son côté une nouvelle journée d'émeutes, marquée par la mort d'un adolescent. Ce dernier a été tué samedi soir par une balle perdue lors de la dispersion par les forces de sécurité d'une manifestation contre le régime, selon une source hospitalière. Dix personnes ont été tuées dans cette ville depuis le début du mouvement le 13 février, et douze au total dans tout le pays. Un peu plus tôt, trois personnes avaient été blessées, dont deux fillettes de 9 et 11 ans, lorsque la police avait ouvert le feu pour disperser un rassemblement de centaines de personnes, venues défiler à Aden après les funérailles d'un manifestant.
A Djibouti, les affrontements ont repris samedi au lendemain d'une manifestation sans précédent contre le président Ismaël Omar Guelleh qui a dégénéré en de violents affrontements ayant fait officiellement deux morts. Les affrontements ont repris ce matin dans entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre. En Mauritanie des manifestations contre le manque d'eau et la hausse des prix dans la ville mauritanienne de Vassala (sud-est), frontalière avec le Mali, ont été sévèrement réprimées vendredi par les forces de l'ordre, a affirmé samedi un parti d'opposition, du Rassemblement des forces démocratiques (RFD). Le RFD a mis en garde le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz contre «les solutions sécuritaires» «qui ne sauraient que compliquer la situation», exigeant la libération des manifestants arrêtés. Au Yémen aussi le peuple prépare des cordes.
LE FIGARO PLUS HONNETE SUR LE TSUNAMI SOCIAL
« La contestation au Maghreb ne faiblit pas »
« L'ONG Human Rights Watch (HRW), qui se base sur des sources médicales et des témoins, affirme de son côté que le nombre total de morts depuis le début du mouvement dépasse les 100 morts, selon la BBC. Le mouvement contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, semble se transformer en véritable insurrection dans l'est du pays. Pour tenter de limiter les appels à la mobilisation via les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, l'accès à internet à été coupé dans la nuit de vendredi à samedi, puis de nouveau dans la nuit de samedi à dimanche. Le procureur général a ordonné l'ouverture d'une «enquête» sur les violences et a appelé «à accélérer les procédures pour juger tous ceux qui sont coupables de mort ou de saccages». Le colonel Kadhafi n'a toujours pas fait de déclaration officielle, mais les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont promis vendredi aux «groupuscules» à l'origine des manifestations une riposte «foudroyante».
VERS DES INSURRECTIONS GENERALISEES ?
Il faut tomber sur le site Romandie News pour trouver des infos plus précises sur la capacité de riposte des masses là où c’est le plus dur sous la dictature fasciste de Kadhafi ce bon client de notre bourgeoisie devenu l’obligé d’Obama:
« Le rédacteur en chef de Quryna, citant des sources des forces de sécurité, a expliqué qu'une foule qui entendait participer aux obsèques de manifestants tués vendredi a pris d'assaut samedi une caserne militaire abritant un bataillon connu sous le nom de Foudhil, qui se trouve sur l'itinéraire du cimetière.Les protestataires ont notamment jeté des cocktails Molotov en direction de la caserne, selon la même source. Les militaires ont riposté à balles réelles tuant au moins 12 manifestants et faisant un grand nombre de blessés, a-t-on ajouté.Il s'agirait, selon la même source, de la troisième attaque contre cette caserne depuis le début mardi des manifestations contre le régime du numéro un libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, qui semblent avoir tourné à l'insurrection dans l'est du pays. Un résident de Benghazi a déclaré à la BBC que les militaires avaient tiré sur la foule au mortier à la mitrailleuse de 14,5 mm. C'était "un massacre" de civils et les hôpitaux manquent de sang, selon la chaîne de télévision en arabe Al-Jazira, qui cite des témoins ».
COMBIEN DE TEMPS RESTERONS-NOUS ICI SPECTATEURS PASSIFS ?
vendredi 18 février 2011
ADRESSE URGENTE AUX PROLETAIRES DU MONDE ARABE
L’heure est grave.
Les régimes dictatoriaux tuent de plus en plus. En Libye et au Bahreïn les flics tirent directement à balles dans la foule. Les morts s’accumulent, mais rien ne semble devoir vous arrêter. Dehors le temps du chantage des flics terroristes et des embrouilles religieuses. Dehors le temps de la peur de la police. Fini les mensonges des journaux, radios et télévisions. La vérité du système d’oppression – misère et meurtres à répétition – ne peut plus être cachée.
La population tunisienne des prolétaires et des étudiants chômeurs a été la première à réagir victorieusement aux conséquences de la crise mondiale du capitalisme en faisant tomber un premier dictateur ; et on en oublie l’Algérie prolétarienne meurtrie où les grèves et soulèvements limités n’ont pas cessé. Toutes les forces capitalistes du monde se sont liguées alors pour agiter sous le nez des prolétaires en révolte ce vulgaire chiffon de papier où sont inscrits les mots « libertés démocratiques ». On a même hâtivement qualifié la révolte tunisienne de révolution de jasmin. Le but de tout ce cirque était évidemment de faire croire à des solutions nationales dans une hâtive réconciliation nationale pardonnant tous les crimes et sévices de l’Etat bourgeois. Les manifestants eux-mêmes qui s’enveloppaient du drapeau national ne mesurèrent pas à quel point ils se laissaient enfermer dans une impasse en laissant au second plan la question sociale. Le résultat de cette politique d’œillères nationales est là, une seule solution croient certains face à la continuation de la misère… nationale : la fuite vers les pays où il y a du travail mieux payé !
Ensuite la population prolétaire d’Egypte a suivi l’exemple tunisien en faisant chuter plus rapidement encore un autre dictateur à partir de la place Tahrir devenue centre de la lutte pour focaliser l’attention du prolétariat mondial grâce à Al Jazeera et France 24. Comme en Tunisie l’armée fût chargée, par la bourgeoisie locale et internationale, de limiter les dégâts en virant sans ménagement, après quelques inutiles journées d’hésitation, la principale potiche de l’Etat.
UNE GRADATION DANS LA VAGUE DE FOND
Chaque pas de cette magnifique vague d’insubordination pousse plus loin les exigences du prolétariat internationaliste que les observateurs borgnes ne voient pas avancer et qu’ils croient masqué ou disparu. Autant les prolétaires tunisiens se sont laissés enfermer dans les plus du drapeau national sous les chants de la liberté virtuelle retrouvée autant ils ont buté sur l’absence de concrétisation de cette liberté - emplois et salaires conséquents – autant ils se retrouvent avec la seule « solution nationale » : la fuite d’un pays de misère vers les rivages hostiles de Lampedusa.
Au contraire, dans leur gigantesque masse, les prolétaires égyptiens ont trouvé la première marche de la réelle voie émancipatrice : la lutte de classe à l’intérieur des barrières nationales. Alors que la bourgeoisie se réjouissait déjà de la joie des manifestants de la place Tahrir face au départ du tyran, autant son armée a été chargée immédiatement de tenter de mettre fin oralement aux grèves qui se développent.
La théorie des dominos est l’explication la plus simpliste que les médias ont trouvé pour tenter d’expliquer un phénomène de généralisation qui échappe à tous. En réalité, sous la pression de la crise systémique, qui frappe inégalement les pays du monde mais surtout le réservoir de main d’œuvre de l’Europe, le croissant arabe, la lutte frontale, sans intermédiaires vendus à l’ennemi étatique, poursuit son chemin au Yémen, Barheïn et en Libye. Dans le cas de ces trois pays, avec une classe prolétarienne plus faible qu’en Tunisie et Egypte, une répression sans fard, la lutte prend un tour plus politique. Il ne faut pas se faire d’illusions pacifistes ou trop optimistes, un boucher sénile comme Kadhafi peut accomplir un immense massacre avant de tomber, pendu nous l’espérons. Il s’agit d’une lutte, non plus pour le pain, mais pour renverser un domino capitaliste particulièrement odieux et bichonné par Sarkozy et Obama. Les prolétaires libyens ne pourront pas y parvenir isolés. Mais, dans chaque pays apparaît à chaque fois une lueur géniale en faveur de l’union grandissante du prolétariat, au Yémen et au Bahreïn les manifestants vont dans ce sens en criant : « Ni sunnites, ni chiites, union nationale », comme en Algérie ils peuvent crier « ni kabyles, ni arabes, tous prolétaires » !
Un autre acteur, immensément important du mouvement, vient à son tour montrer l’exemple du pas supplémentaire à accomplir : le prolétariat iranien. Alors que, en Tunisie comme en Egypte, le mouvement était resté compartimenté dans ses illusoires solutions nationales démocratiques sans qu’il n’y ait d’appel à une jonction de la lutte des deux peuples – sans doute à cause des deux pays muselés intercalés (Algérie et Libye) – les courageuses premières manifestations iraniennes pour bafouer l’état de siège ont lieu en solidarité avec la lutte en Tunisie et en Egypte. Malgré les médias qui s’efforcent de nous expliquer que l’Iran ne fait pas partie du monde arabe, la population iranienne démonte le mensonge : les autocraties et oligarchies capitalistes sont les mêmes partout.
NE PAS S’ARRETER EN COURS DE ROUTE
Nous pouvons être satisfait, malgré l’existence encore de crimes des polices, du fait que la masse prolétarienne d’Egypte et de Tunisie ait obtenu la fin de l’état de siège. La fin de l’état de siège n’est pas une vraie démocratie prolétarienne. Comme fanal incontournable, l’expérience tunisienne et égyptienne nous enseigne qu’il n’est pas possible que le mouvement démarre ou continue derrière les factions bourgeoises des dites oppositions libérales ou islamistes. L’échec de la mobilisation en Algérie est clairement dû à la pourriture et compromission de tous les partis dits d’opposition. Ce qui a fait démarrer en force la lutte en Tunisie et Egypte a justement été l’appel des internautes et Al Jazeera. Il ne faut pas sous-estimer la possibilité d’utilisation des moyens modernes ; en mai 68 les radios avaient favorisé au début la généralisation du mouvement, même après que le pouvoir gaulliste ait fait interrompre les émetteurs radio et télévision.
Si pour l’instant la Sainte Alliance de la bourgeoisie mondiale et arabe n’a pas réussi à éteindre la dynamique de révolte pays par pays, elle peut encore éteindre l’incendie des dominos en laissant faire une féroce répression dans les pays comme la Libye encore tenus en main par des leaders terroristes qu’elle n’a pas réussi à éliminer comme Saddam Hussein, et leur faire porter le chapeau de meurtres massifs et ainsi finir par terroriser tout le monde !
CAMARADES, FRERES DE CLASSE DE LA ZONE DU CROISSANT ARABE
Vous devez lancer des appels internationalistes aux prolétaires des pays développés pour manifester eux aussi leur soutien aux prolétaires sous le feu de la mitraille, et pour arrêter la main des tueurs appeler leurs gouvernements à cesser toute fourniture de munitions de toutes sortes à ces régimes barbares. Isolés dans vos régions domino par domino, vous serez vaincus et nous avec vous.
En général ceux qui sont en lutte sont plus à même d’appeler à l’extension et au soutien de la lutte. Les prolétaires européens ne se sentent pas concernés directement, bien qu’ils vous approuvent, parce que nos médias nous mentent en présentant votre lutte comme simple conquête de la démocratie à l’occidentale ; les commentaires des blogs révèlent que la plupart des gens croient qu’il s’agit d’un « problème arabe » ou de menace des pantins nationalistes islamistes. La vérité est que votre lutte inquiète la bourgeoisie mondiale (imams et curés compris), qu’elle est sociale comme partout, contre le chômage et la « hora » bourgeoise. Isolés par la domination des mensonges, chacun des prolétaires conscients ne peut que vous soutenir et vous approuver. MAIS POUR QUE LA COLERE SE LEVE ICI VOUS DEVEZ APPELER EXPLICITEMENT LE PROLETARIAT DE TOUS LES PAYS A VOUS SOUTENIR !
SACHEZ QUE LES PREMIERS APPELS REVOLUTIONNAIRES EN 1917 EN RUSSIE ET EN 1968 EN France ONT ETE FAIT A DESTINATION DES PROLETAIRES DU MONDE ENTIER !
Cela seul peut retenir la main criminelle de la bourgeoisie. Nous ne pouvons plus nous contenter de rester les spectateurs des solutions nationales : des massacres à répétition de prolétaires et d’étudiants.
Signé : Parti Pris Pour l’Insurrection Prolétarienne internationale.
Les régimes dictatoriaux tuent de plus en plus. En Libye et au Bahreïn les flics tirent directement à balles dans la foule. Les morts s’accumulent, mais rien ne semble devoir vous arrêter. Dehors le temps du chantage des flics terroristes et des embrouilles religieuses. Dehors le temps de la peur de la police. Fini les mensonges des journaux, radios et télévisions. La vérité du système d’oppression – misère et meurtres à répétition – ne peut plus être cachée.
La population tunisienne des prolétaires et des étudiants chômeurs a été la première à réagir victorieusement aux conséquences de la crise mondiale du capitalisme en faisant tomber un premier dictateur ; et on en oublie l’Algérie prolétarienne meurtrie où les grèves et soulèvements limités n’ont pas cessé. Toutes les forces capitalistes du monde se sont liguées alors pour agiter sous le nez des prolétaires en révolte ce vulgaire chiffon de papier où sont inscrits les mots « libertés démocratiques ». On a même hâtivement qualifié la révolte tunisienne de révolution de jasmin. Le but de tout ce cirque était évidemment de faire croire à des solutions nationales dans une hâtive réconciliation nationale pardonnant tous les crimes et sévices de l’Etat bourgeois. Les manifestants eux-mêmes qui s’enveloppaient du drapeau national ne mesurèrent pas à quel point ils se laissaient enfermer dans une impasse en laissant au second plan la question sociale. Le résultat de cette politique d’œillères nationales est là, une seule solution croient certains face à la continuation de la misère… nationale : la fuite vers les pays où il y a du travail mieux payé !
Ensuite la population prolétaire d’Egypte a suivi l’exemple tunisien en faisant chuter plus rapidement encore un autre dictateur à partir de la place Tahrir devenue centre de la lutte pour focaliser l’attention du prolétariat mondial grâce à Al Jazeera et France 24. Comme en Tunisie l’armée fût chargée, par la bourgeoisie locale et internationale, de limiter les dégâts en virant sans ménagement, après quelques inutiles journées d’hésitation, la principale potiche de l’Etat.
UNE GRADATION DANS LA VAGUE DE FOND
Chaque pas de cette magnifique vague d’insubordination pousse plus loin les exigences du prolétariat internationaliste que les observateurs borgnes ne voient pas avancer et qu’ils croient masqué ou disparu. Autant les prolétaires tunisiens se sont laissés enfermer dans les plus du drapeau national sous les chants de la liberté virtuelle retrouvée autant ils ont buté sur l’absence de concrétisation de cette liberté - emplois et salaires conséquents – autant ils se retrouvent avec la seule « solution nationale » : la fuite d’un pays de misère vers les rivages hostiles de Lampedusa.
Au contraire, dans leur gigantesque masse, les prolétaires égyptiens ont trouvé la première marche de la réelle voie émancipatrice : la lutte de classe à l’intérieur des barrières nationales. Alors que la bourgeoisie se réjouissait déjà de la joie des manifestants de la place Tahrir face au départ du tyran, autant son armée a été chargée immédiatement de tenter de mettre fin oralement aux grèves qui se développent.
La théorie des dominos est l’explication la plus simpliste que les médias ont trouvé pour tenter d’expliquer un phénomène de généralisation qui échappe à tous. En réalité, sous la pression de la crise systémique, qui frappe inégalement les pays du monde mais surtout le réservoir de main d’œuvre de l’Europe, le croissant arabe, la lutte frontale, sans intermédiaires vendus à l’ennemi étatique, poursuit son chemin au Yémen, Barheïn et en Libye. Dans le cas de ces trois pays, avec une classe prolétarienne plus faible qu’en Tunisie et Egypte, une répression sans fard, la lutte prend un tour plus politique. Il ne faut pas se faire d’illusions pacifistes ou trop optimistes, un boucher sénile comme Kadhafi peut accomplir un immense massacre avant de tomber, pendu nous l’espérons. Il s’agit d’une lutte, non plus pour le pain, mais pour renverser un domino capitaliste particulièrement odieux et bichonné par Sarkozy et Obama. Les prolétaires libyens ne pourront pas y parvenir isolés. Mais, dans chaque pays apparaît à chaque fois une lueur géniale en faveur de l’union grandissante du prolétariat, au Yémen et au Bahreïn les manifestants vont dans ce sens en criant : « Ni sunnites, ni chiites, union nationale », comme en Algérie ils peuvent crier « ni kabyles, ni arabes, tous prolétaires » !
Un autre acteur, immensément important du mouvement, vient à son tour montrer l’exemple du pas supplémentaire à accomplir : le prolétariat iranien. Alors que, en Tunisie comme en Egypte, le mouvement était resté compartimenté dans ses illusoires solutions nationales démocratiques sans qu’il n’y ait d’appel à une jonction de la lutte des deux peuples – sans doute à cause des deux pays muselés intercalés (Algérie et Libye) – les courageuses premières manifestations iraniennes pour bafouer l’état de siège ont lieu en solidarité avec la lutte en Tunisie et en Egypte. Malgré les médias qui s’efforcent de nous expliquer que l’Iran ne fait pas partie du monde arabe, la population iranienne démonte le mensonge : les autocraties et oligarchies capitalistes sont les mêmes partout.
NE PAS S’ARRETER EN COURS DE ROUTE
Nous pouvons être satisfait, malgré l’existence encore de crimes des polices, du fait que la masse prolétarienne d’Egypte et de Tunisie ait obtenu la fin de l’état de siège. La fin de l’état de siège n’est pas une vraie démocratie prolétarienne. Comme fanal incontournable, l’expérience tunisienne et égyptienne nous enseigne qu’il n’est pas possible que le mouvement démarre ou continue derrière les factions bourgeoises des dites oppositions libérales ou islamistes. L’échec de la mobilisation en Algérie est clairement dû à la pourriture et compromission de tous les partis dits d’opposition. Ce qui a fait démarrer en force la lutte en Tunisie et Egypte a justement été l’appel des internautes et Al Jazeera. Il ne faut pas sous-estimer la possibilité d’utilisation des moyens modernes ; en mai 68 les radios avaient favorisé au début la généralisation du mouvement, même après que le pouvoir gaulliste ait fait interrompre les émetteurs radio et télévision.
Si pour l’instant la Sainte Alliance de la bourgeoisie mondiale et arabe n’a pas réussi à éteindre la dynamique de révolte pays par pays, elle peut encore éteindre l’incendie des dominos en laissant faire une féroce répression dans les pays comme la Libye encore tenus en main par des leaders terroristes qu’elle n’a pas réussi à éliminer comme Saddam Hussein, et leur faire porter le chapeau de meurtres massifs et ainsi finir par terroriser tout le monde !
CAMARADES, FRERES DE CLASSE DE LA ZONE DU CROISSANT ARABE
Vous devez lancer des appels internationalistes aux prolétaires des pays développés pour manifester eux aussi leur soutien aux prolétaires sous le feu de la mitraille, et pour arrêter la main des tueurs appeler leurs gouvernements à cesser toute fourniture de munitions de toutes sortes à ces régimes barbares. Isolés dans vos régions domino par domino, vous serez vaincus et nous avec vous.
En général ceux qui sont en lutte sont plus à même d’appeler à l’extension et au soutien de la lutte. Les prolétaires européens ne se sentent pas concernés directement, bien qu’ils vous approuvent, parce que nos médias nous mentent en présentant votre lutte comme simple conquête de la démocratie à l’occidentale ; les commentaires des blogs révèlent que la plupart des gens croient qu’il s’agit d’un « problème arabe » ou de menace des pantins nationalistes islamistes. La vérité est que votre lutte inquiète la bourgeoisie mondiale (imams et curés compris), qu’elle est sociale comme partout, contre le chômage et la « hora » bourgeoise. Isolés par la domination des mensonges, chacun des prolétaires conscients ne peut que vous soutenir et vous approuver. MAIS POUR QUE LA COLERE SE LEVE ICI VOUS DEVEZ APPELER EXPLICITEMENT LE PROLETARIAT DE TOUS LES PAYS A VOUS SOUTENIR !
SACHEZ QUE LES PREMIERS APPELS REVOLUTIONNAIRES EN 1917 EN RUSSIE ET EN 1968 EN France ONT ETE FAIT A DESTINATION DES PROLETAIRES DU MONDE ENTIER !
Cela seul peut retenir la main criminelle de la bourgeoisie. Nous ne pouvons plus nous contenter de rester les spectateurs des solutions nationales : des massacres à répétition de prolétaires et d’étudiants.
Signé : Parti Pris Pour l’Insurrection Prolétarienne internationale.
jeudi 17 février 2011
UNE BRANCHE DU TROTSKISME CLOUEE AU PILORI EN ALGERIE
Je vous livre ce commentaire piqué sur un forum Libé sur l’Algérie, à vousq de juger. Son auteur est apparemment du genre nationaliste (ou fédéraliste ?) kabyle, le ton est très haineux mais il doit bien y avoir quelques vérités. Ceux qui connaissent le « Parti des Travailleurs » en France (complice occulte de francs-mac, ces frères laïcs du front bourgeois républicain) ne seront pas étonné. Ceux qui en savent un peu plus sont conviés à contribuer ici. L’Algérie par sa situation géographique et par tradition, si le soulèvement prend, aura une importance encore plus grande pour les prolétaires d’Europe que l’Egypte ou la Tunisie. Je ne crois pas non plus que les frangins néo-fachos soient une menace actuellement dans ce pays aussi. Avec ce qui se passe en Libye et au Bahreïn, le weekend risque d’être chaud.
La Vermine (Louisa Hanoune) au Service du Régime Minable d'Alger le Plus CORROMPU de la terre
Parue dans Le Soir D'Algerie (seul Journal de L'opposition en Algerie) de ce Jeudi
Depuis votre promotion publique quand vous aviez accompagné la répression de 2001 en Kabylie, ceux qui ne savaient pas que vous étiez recrutée par les services du ministère de l’Intérieur au temps d’El Hadi Khediri ont pu être surpris par votre enthousiasme débordant pour Bouteflika. En réalité, vos compromissions successives conjuguées à la haine viscérale que vous avez pour tout ce qui vient de la Kabylie, chose que vous partagez si bien, entre autres, avec Yazid Zerhouni, ont sonné le moment de votre activation ouverte.
A l’ouverture du vent de liberté qui souffle sur la rive sud de la Méditerranée, paniquée plus que vos mentors lors des premières émeutes de janvier dernier, vous aviez d’abord joué votre personnage de «pompette » en récitant la chanson réduisant l’injustice et la misère des populations, en particulier de sa jeunesse, à la cherté de l’huile et du sucre. Maintenant que la répression est dans la rue, c’est à vous qu’on endosse le rôle de porte-parole du ministère de l’Intérieur pour, non seulement proclamer «l’échec» des manifestations mais délivrer un satisfecit et un encouragement aux troupes commandées par Ould Kablia. Encore une fois, vous ne pouvez pas rater l’occasion de désigner, dans le sillage du pouvoir, le RCD comme unique appelant à la marche du 12 février, méprisant les organisations sociales et les associations qui ont rejoint la Coordination. Le problème n’est pas que vous vous attaquez à un parti parce qu’il revendique le droit d’expression et de manifestation dès lors que vous avez choisi le rôle de courtisane du chef de l’Etat. Mais pour décerner des labels politiques, il vous faut sortir des orgies dans lesquelles vous avez plongé votre parti. Pour le moment, vous comme vos complices n’êtes ni de droite ni de gauche. Vous êtes occupés à célébrer vos acquis avec la direction d’un syndicat dominée par des prébendiers maffieux et dont l’unique rôle est d’étouffer la voix des travailleurs par le chantage et la corruption. Si vous aviez été effectivement trotskyste à 20 ans, il est alors bien vrai que le trotskisme mène à tout. Ce vagabondage est encore plus visible lorsqu’on suit vos positions quand vous êtes à Paris entre les murs de l’Internationale. En effet, vos mentors algériens savent que vous êtes une salariée de la 4e internationale. Ce qu’ils ne savent pas peut-être est qu’en tant que telle, vous défendez avec force et zèle la marocanité du Sahara. Je vous cite «…Ce plan d’autonomie du Sahara vise à l’éclatement de la nation marocaine,… l’armée espagnole a envahi le Sahara marocain en 1882 et le peuple marocain a lutté dans l’unité – dans le rif et au sud – pour l’indépendance de toute la nation marocaine»(1). Ce qui pose problème, vous le comprendrez, n’est pas votre accord avec la position de votre organisation originelle sur le Sahara occidental comme «partie intégrante de la nation marocaine» mais votre double langage en fonction de vos intérêts immédiats. Cette transhumance est pour vous une règle. Vous dépouillez vos députés en détournant une partie de leur salaire pour financer la construction d’une villa à Hydra en leur faisant croire que vous bâtissez un nouveau siège pour le PT. Il a fallu l’intervention du bureau de l’APN pour arrêter ces extorsions. Non contente de voter toutes les lois de finances qui programment les licenciements des travailleurs et l’enrichissement des clientèles du régime, vous avez mené campagne pour le viol de la Constitution qui impose la présidence à vie de Bouteflika ; c'est-à-dire la pérennisation de la politique actuelle. En 2008, vous avez accompagné le président de l’Assemblée pour son voyage en Afrique du Sud. Lors de l’escale du Caire, vous vous rendez compte que vous devez continuer le reste du voyage en classe économique. Scandale ! Vous refusez de poursuivre le voyage avec les «gueux», préférant une prise en charge par l’ambassade d’Algérie au Caire pour un séjour de 4 jours. Ce n’est pas tout, vous avez exigé que l’APN sanctionne l’un de ses employés qui a fait votre réservation en classe économique et vous avez obtenu son licenciement. Et vive la classe ouvrière !! Enfin, dans le registre de l’apparence trotskiste, vous êtes en passe d’être l’étalon de l’opportunisme. L’aveuglement de la 4e Internationale, en faisant sien l’adage qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, vous a menée à soutenir Saddam Hussein dans la répression et le déni de droit qu’il a fait au peuple irakien du fait qu’il serait contre l’impérialisme américain alors qu’il en était le pion avancé de la guerre contre l’Iran. Le conglomérat d’organisations, allant des ultras nationalistes aux antimondialistes, que Saddam finançait et qui se réunissait régulièrement à Baghdad, a toujours eu un invité de marque, en la personne de Jean-Marie le Pen. C’est ainsi que lorsque le tortionnaire des militants nationalistes algériens préparait sa fille Marine à prendre la main de la mouvance raciste qu’il dirigeait toujours en France, vous l’aviez rencontrée en prenant part toutes les deux à une réunion présidée par Saddam en personne. Entre gens de bonne compagnie, on sait se retrouver. Vous avez tenu une réunion avec Bouteflika, à la présidence, il y a cinq jours. Sachant que vous accomplissez ses missions sans état d’âme, nous attendons de découvrir la nouvelle feuille de route qui vous a été confiée. Pour l’instant, contentons-nous de révélations partielles de votre pedigree. Vous devez, tout de même, savoir que les prochaines élections ne seront organisées ni par Zerhouni ni par Ould Kablia. La machine à distribuer les sièges est aujourd’hui en panne. Votre fin de mission est programmée. L’audit nationale qui arrivera avec la phase de transition nous permettra de découvrir, j’en suis sûr, d’autres facettes de votre inépuisable personnage.
N. A.-H.
* Député du RCD. Vice-président de l’APN
1 Le Maghreb : où mène le protectorat américain ? La vérité, revue théorique de la IVe Internationale ; n°30 nouvelle série (n°636) - Mai 2002 ; pages 14 et 15
PS : A partir d’aujourd’hui, nous répondrons à chaque mensonge par deux vérités. Chiche !
La Vermine (Louisa Hanoune) au Service du Régime Minable d'Alger le Plus CORROMPU de la terre
Parue dans Le Soir D'Algerie (seul Journal de L'opposition en Algerie) de ce Jeudi
Depuis votre promotion publique quand vous aviez accompagné la répression de 2001 en Kabylie, ceux qui ne savaient pas que vous étiez recrutée par les services du ministère de l’Intérieur au temps d’El Hadi Khediri ont pu être surpris par votre enthousiasme débordant pour Bouteflika. En réalité, vos compromissions successives conjuguées à la haine viscérale que vous avez pour tout ce qui vient de la Kabylie, chose que vous partagez si bien, entre autres, avec Yazid Zerhouni, ont sonné le moment de votre activation ouverte.
A l’ouverture du vent de liberté qui souffle sur la rive sud de la Méditerranée, paniquée plus que vos mentors lors des premières émeutes de janvier dernier, vous aviez d’abord joué votre personnage de «pompette » en récitant la chanson réduisant l’injustice et la misère des populations, en particulier de sa jeunesse, à la cherté de l’huile et du sucre. Maintenant que la répression est dans la rue, c’est à vous qu’on endosse le rôle de porte-parole du ministère de l’Intérieur pour, non seulement proclamer «l’échec» des manifestations mais délivrer un satisfecit et un encouragement aux troupes commandées par Ould Kablia. Encore une fois, vous ne pouvez pas rater l’occasion de désigner, dans le sillage du pouvoir, le RCD comme unique appelant à la marche du 12 février, méprisant les organisations sociales et les associations qui ont rejoint la Coordination. Le problème n’est pas que vous vous attaquez à un parti parce qu’il revendique le droit d’expression et de manifestation dès lors que vous avez choisi le rôle de courtisane du chef de l’Etat. Mais pour décerner des labels politiques, il vous faut sortir des orgies dans lesquelles vous avez plongé votre parti. Pour le moment, vous comme vos complices n’êtes ni de droite ni de gauche. Vous êtes occupés à célébrer vos acquis avec la direction d’un syndicat dominée par des prébendiers maffieux et dont l’unique rôle est d’étouffer la voix des travailleurs par le chantage et la corruption. Si vous aviez été effectivement trotskyste à 20 ans, il est alors bien vrai que le trotskisme mène à tout. Ce vagabondage est encore plus visible lorsqu’on suit vos positions quand vous êtes à Paris entre les murs de l’Internationale. En effet, vos mentors algériens savent que vous êtes une salariée de la 4e internationale. Ce qu’ils ne savent pas peut-être est qu’en tant que telle, vous défendez avec force et zèle la marocanité du Sahara. Je vous cite «…Ce plan d’autonomie du Sahara vise à l’éclatement de la nation marocaine,… l’armée espagnole a envahi le Sahara marocain en 1882 et le peuple marocain a lutté dans l’unité – dans le rif et au sud – pour l’indépendance de toute la nation marocaine»(1). Ce qui pose problème, vous le comprendrez, n’est pas votre accord avec la position de votre organisation originelle sur le Sahara occidental comme «partie intégrante de la nation marocaine» mais votre double langage en fonction de vos intérêts immédiats. Cette transhumance est pour vous une règle. Vous dépouillez vos députés en détournant une partie de leur salaire pour financer la construction d’une villa à Hydra en leur faisant croire que vous bâtissez un nouveau siège pour le PT. Il a fallu l’intervention du bureau de l’APN pour arrêter ces extorsions. Non contente de voter toutes les lois de finances qui programment les licenciements des travailleurs et l’enrichissement des clientèles du régime, vous avez mené campagne pour le viol de la Constitution qui impose la présidence à vie de Bouteflika ; c'est-à-dire la pérennisation de la politique actuelle. En 2008, vous avez accompagné le président de l’Assemblée pour son voyage en Afrique du Sud. Lors de l’escale du Caire, vous vous rendez compte que vous devez continuer le reste du voyage en classe économique. Scandale ! Vous refusez de poursuivre le voyage avec les «gueux», préférant une prise en charge par l’ambassade d’Algérie au Caire pour un séjour de 4 jours. Ce n’est pas tout, vous avez exigé que l’APN sanctionne l’un de ses employés qui a fait votre réservation en classe économique et vous avez obtenu son licenciement. Et vive la classe ouvrière !! Enfin, dans le registre de l’apparence trotskiste, vous êtes en passe d’être l’étalon de l’opportunisme. L’aveuglement de la 4e Internationale, en faisant sien l’adage qui dit que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, vous a menée à soutenir Saddam Hussein dans la répression et le déni de droit qu’il a fait au peuple irakien du fait qu’il serait contre l’impérialisme américain alors qu’il en était le pion avancé de la guerre contre l’Iran. Le conglomérat d’organisations, allant des ultras nationalistes aux antimondialistes, que Saddam finançait et qui se réunissait régulièrement à Baghdad, a toujours eu un invité de marque, en la personne de Jean-Marie le Pen. C’est ainsi que lorsque le tortionnaire des militants nationalistes algériens préparait sa fille Marine à prendre la main de la mouvance raciste qu’il dirigeait toujours en France, vous l’aviez rencontrée en prenant part toutes les deux à une réunion présidée par Saddam en personne. Entre gens de bonne compagnie, on sait se retrouver. Vous avez tenu une réunion avec Bouteflika, à la présidence, il y a cinq jours. Sachant que vous accomplissez ses missions sans état d’âme, nous attendons de découvrir la nouvelle feuille de route qui vous a été confiée. Pour l’instant, contentons-nous de révélations partielles de votre pedigree. Vous devez, tout de même, savoir que les prochaines élections ne seront organisées ni par Zerhouni ni par Ould Kablia. La machine à distribuer les sièges est aujourd’hui en panne. Votre fin de mission est programmée. L’audit nationale qui arrivera avec la phase de transition nous permettra de découvrir, j’en suis sûr, d’autres facettes de votre inépuisable personnage.
N. A.-H.
* Député du RCD. Vice-président de l’APN
1 Le Maghreb : où mène le protectorat américain ? La vérité, revue théorique de la IVe Internationale ; n°30 nouvelle série (n°636) - Mai 2002 ; pages 14 et 15
PS : A partir d’aujourd’hui, nous répondrons à chaque mensonge par deux vérités. Chiche !
lundi 14 février 2011
2ème communiqué du PCI sur l'EGYPTE
Egypte: Moubarak est tombé, le régime capitaliste et l'Etat bourgeois restent
Suscitant la liesse des manifestants, Hosni Moubarak a donc annoncé qu'il démissionnait, en remettant ses pouvoirs à l'armée. Celui qui se voulait quelques heures encore à peine auparavant le défenseur de la constitution et le rempart ultime contre le «chaos», a ainsi entériné une sorte de coup d'Etat à froid (selon la constitution c'est le président du parlement qui aurait dû assurer la relève du pouvoir).
Toutes les déclarations et manoeuvres du gouvernement n'ont pu empêcher que les affrontements et les manifestations massives se soient succédées en Egypte depuis 18 jours. Le vendredi 11 février des foules encore plus massives que lors des manifestations précédentes ont envahi les rues du Caire et des autres grandes villes, malgré les déclarations du «Raïs» affirmant qu'il abandonnait la réalité du pouvoir à son vice-président.
Après les premières manifestations rassemblant quelques milliers de personnes, surtout des jeunes de la petite-bourgeoisie mobilisés par l'internet, les «spécialistes du monde arabe» et autres «commentateurs avertis» expliquaient doctement que le régime Moubarak était solide et qu'une situation à la tunisienne était impossible en Egypte. L'irruption de dizaines de milliers de manifestants venus des quartiers populaires du Caire lors des manifestations des 26 et 28 janvier a complètement changé la donne. Ce n'était en outre plus seulement au Caire, mais dans d'autres grandes villes égyptiennes que des masses gigantesques sont venues crier leur haine du pouvoir, bousculant par leur nombre les policiers.
Rien n'y a fait: ni la coupure des réseaux internet et de la téléphonie mobile, ni la censure des médias, ni la férocité de la répression (plus de 300 morts début février), ni les demi-concessions de Moubarak, n'ont pu empêcher cette déferlante dont la source se trouve dans les conditions de vie toujours plus misérables des masses prolétarisées. Pour les cercles dirigeants de la bourgeoisie égyptienne, comme pour ceux des autres pays arabes de la région et les impérialismes américains et européens, la question était comment réussir à contenir la colère qui s'exprime dans les rues et les places d'Egypte, d'éviter que la révolte ne devienne insurrection, voire qu'elle se transforme en révolution.
D'autant plus que les derniers jours ont vu un facteur inquiétant nouveau pour les capitalistes: l'entrée en lutte de la classe ouvrière. Des appels ont commencé à circuler pour une grève générale et les premiers arrêts de travail ont été signalés dans les jours précédant le départ de Moubarak. Le 10 février des dizaines de milliers de travailleurs étaient en grève, la vague de grève la plus importante depuis les mouvements de grève dans le textile de 2007-2008 qui avaient été durement réprimés. Des grèves ont éclaté dans différentes administrations, dans les transports en commun du Caire et les chemins de fer. Dans la zone du canal de Suez 3000 ouvriers du pétrole se mettaient en grève. Dans la région industrielle de l'Egypte, le delta où se trouve l'essentiel de l'industrie égyptienne, on signalait une grève de 4000 ouvriers à l'usine chimique Al Nasr à Helwan, de 2000 ouvriers (en fait surtout des ouvrières) à l'usine textile de la même ville, 2000 également à l'usine Sigma Pharmaceuticals de Quesna; à Al Mahalla, la capitale de l'industrie textile, l'épicentre des luttes de 2007-2008, une grève générale illimitée était déclenchée le 10 février à la Misr Spinning and Weaving Textils Factory, la plus grande usine d'Egypte, qui emploie 24 000 personnes, etc.
Les revendications portent sur les salaires, très bas (le salaire minimum est de 70 dollars par mois), l'amélioration des conditions de travail, l'embauche définitive des travailleurs précaires, etc.
Toutes ces grèves, dont nous n'avons probablement qu'un petit aperçu, se sont déclenchées indépendamment du syndicat officiel qui a comme fonction de maintenir la paix sociale et d'empêcher les luttes ouvrières. Encore partielles, elles sont de bonne augure pour l'avenir, à condition que les travailleurs réussissent à s'organiser sur des bases de classe, indépendamment non seulement des structures syndicales vendues aux patrons et à l'Etat bourgeois et en rejetant tous les faux frères qui voudraient les utiliser pour leurs objectifs bourgeois (comme ceux qui ont fait arrêter la grève de la Misr Spinning and Wearing Textiles Factory après le départ de Moubarak).
* * *
Alors que l'Arabie Saoudite et l'Autorité palestinienne, mortellement effrayées par le mouvement des masses, ont toute suite affirmé leur soutien à Moubarak, le gouvernement américain a multiplié les pressions pour une «transition politique et pacifique», c'est-à-dire pour que celui-ci cède la place, seule façon de prévenir des affrontements aux risques incalculables: le fusible Moubarak devait sauter pour protéger le capitalisme des décharges à haute tension qu'un déchaînement de la lutte des classes dans le plus grand pays du Moyen-Orient ne manquerait pas de produire, avec des retombées dans toute la région. Au sein du régime, les proches alliés de Moubarak ont sans doute caressé l'idée d'une alternative à l'iranienne ou à la chinoise: l'écrasement de la contestation, après que l'inévitable lassitude ait au moins momentanément calmé l'ardeur des manifestants. Les cercles bourgeois les plus influents, ceux qui sont le plus représentés parmi les chefs militaires, ont jugé ce scénario trop risqué, comme l'a trouvé de son côté l'impérialisme américain.
L'armée égyptienne a été rapidement mobilisée pour canaliser la foule, protéger les édifices, les biens et les services essentiels, tout en laissant la police se salir les mains dans la répression. Complètement absents des premières grandes manifestations, les Frères Musulmans, la seule force d'opposition importante que le gouvernement ait laissé se développer, ont essayé de prendre le train en marche: leur rôle sera irremplaçable demain pour maintenir l'ordre bourgeois. Aujourd'hui, les chefs militaires, après avoir annoncé la dissolution du parlement et la suspension de la constitution, promettent le retour du pouvoir aux civils dans 6 mois; entre-temps ils élaboreront une nouvelle constitution.
Quelles que soient les formes que prendra le changement de régime, le pouvoir politique bourgeois demeure intact en Egypte; pire, l'Armée, principal pilier de ce pouvoir, ressort momentanément auréolée de cette transition. Mais les prolétaires égyptiens apprendront vite, s'ils ne s'en doutent pas encore, que c'est contre eux que vont se mobiliser les successeurs de Moubarak, que c'est sur eux que va s'abattre à nouveau la répression de la police et de l'armée, et que pour défendre leurs intérêts ils devront lutter seuls, sans les petits-bourgeois démocrates, nationalistes ou religieux. En Tunisie après que Ben Ali ait été chassé, un nouveau gouvernement, dirigé par le même premier ministre, a été mis en place pour que rien ne change d'essentiel: la police a expulsé brutalement les manifestants qui campaient dans Tunis et elle continue à tirer sur la foule (2 morts encore le 4 février), les capitalistes continuent à exploiter, tandis que les politiciens se préparent à la future farce électorale, couronnement espéré du rétablissement et du renforcement de l'ordre bourgeois.
Il en sera inévitablement de même en Egypte. D'ores et déjà le Conseil militaire suprême semble vouloir interdire toute réunion d'organisations ouvrières ou de syndicats, interdisant ainsi de fait les grèves, et il devrait appeler à la reprise du travail. La période qui vient sera celle des luttes ouvrières et les prolétaires égyptiens auront besoin en plus de leur détermination, de la solidarité de leurs frères de classe des autres pays.
Ebranlé par une crise économique sans précédent, l'ordre capitaliste mondial laisse apparaître un peu partout ses fissures. L'avenir est au retour de la lutte prolétarienne, non seulement dans les pays dits «périphériques», mais aussi dans les pays capitalistes «centraux» les plus riches où les conséquences de la crise ont pu être jusqu'ici largement amortis.
Cela ne se fera pas en un jour ; il faudra aux travailleurs de tous les pays dépenser beaucoup d'énergie et de courage pour résister comme leurs camarades égyptiens ou tunisiens à la répression, pour déjouer les fausses alternatives présentées par les laquais de l'ordre capitaliste ; il faudra beaucoup d’efforts pour retrouver la voie de la lutte de classe et pour constituer l'organe dirigeant indispensable de la lutte prolétarienne révolutionnaire internationale, le parti communiste mondial; mais si ces efforts réussissent, ils déboucheront sur la réapparition du spectre du communisme. Il sera alors possible de s'écrier à nouveau:
Que les bourgeois de tous les pays tremblent à l'idée d'une révolution communiste! Les prolétaires n'y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner.
Parti Communiste International, 13/2/2011
www.pcint.org
Suscitant la liesse des manifestants, Hosni Moubarak a donc annoncé qu'il démissionnait, en remettant ses pouvoirs à l'armée. Celui qui se voulait quelques heures encore à peine auparavant le défenseur de la constitution et le rempart ultime contre le «chaos», a ainsi entériné une sorte de coup d'Etat à froid (selon la constitution c'est le président du parlement qui aurait dû assurer la relève du pouvoir).
Toutes les déclarations et manoeuvres du gouvernement n'ont pu empêcher que les affrontements et les manifestations massives se soient succédées en Egypte depuis 18 jours. Le vendredi 11 février des foules encore plus massives que lors des manifestations précédentes ont envahi les rues du Caire et des autres grandes villes, malgré les déclarations du «Raïs» affirmant qu'il abandonnait la réalité du pouvoir à son vice-président.
Après les premières manifestations rassemblant quelques milliers de personnes, surtout des jeunes de la petite-bourgeoisie mobilisés par l'internet, les «spécialistes du monde arabe» et autres «commentateurs avertis» expliquaient doctement que le régime Moubarak était solide et qu'une situation à la tunisienne était impossible en Egypte. L'irruption de dizaines de milliers de manifestants venus des quartiers populaires du Caire lors des manifestations des 26 et 28 janvier a complètement changé la donne. Ce n'était en outre plus seulement au Caire, mais dans d'autres grandes villes égyptiennes que des masses gigantesques sont venues crier leur haine du pouvoir, bousculant par leur nombre les policiers.
Rien n'y a fait: ni la coupure des réseaux internet et de la téléphonie mobile, ni la censure des médias, ni la férocité de la répression (plus de 300 morts début février), ni les demi-concessions de Moubarak, n'ont pu empêcher cette déferlante dont la source se trouve dans les conditions de vie toujours plus misérables des masses prolétarisées. Pour les cercles dirigeants de la bourgeoisie égyptienne, comme pour ceux des autres pays arabes de la région et les impérialismes américains et européens, la question était comment réussir à contenir la colère qui s'exprime dans les rues et les places d'Egypte, d'éviter que la révolte ne devienne insurrection, voire qu'elle se transforme en révolution.
D'autant plus que les derniers jours ont vu un facteur inquiétant nouveau pour les capitalistes: l'entrée en lutte de la classe ouvrière. Des appels ont commencé à circuler pour une grève générale et les premiers arrêts de travail ont été signalés dans les jours précédant le départ de Moubarak. Le 10 février des dizaines de milliers de travailleurs étaient en grève, la vague de grève la plus importante depuis les mouvements de grève dans le textile de 2007-2008 qui avaient été durement réprimés. Des grèves ont éclaté dans différentes administrations, dans les transports en commun du Caire et les chemins de fer. Dans la zone du canal de Suez 3000 ouvriers du pétrole se mettaient en grève. Dans la région industrielle de l'Egypte, le delta où se trouve l'essentiel de l'industrie égyptienne, on signalait une grève de 4000 ouvriers à l'usine chimique Al Nasr à Helwan, de 2000 ouvriers (en fait surtout des ouvrières) à l'usine textile de la même ville, 2000 également à l'usine Sigma Pharmaceuticals de Quesna; à Al Mahalla, la capitale de l'industrie textile, l'épicentre des luttes de 2007-2008, une grève générale illimitée était déclenchée le 10 février à la Misr Spinning and Weaving Textils Factory, la plus grande usine d'Egypte, qui emploie 24 000 personnes, etc.
Les revendications portent sur les salaires, très bas (le salaire minimum est de 70 dollars par mois), l'amélioration des conditions de travail, l'embauche définitive des travailleurs précaires, etc.
Toutes ces grèves, dont nous n'avons probablement qu'un petit aperçu, se sont déclenchées indépendamment du syndicat officiel qui a comme fonction de maintenir la paix sociale et d'empêcher les luttes ouvrières. Encore partielles, elles sont de bonne augure pour l'avenir, à condition que les travailleurs réussissent à s'organiser sur des bases de classe, indépendamment non seulement des structures syndicales vendues aux patrons et à l'Etat bourgeois et en rejetant tous les faux frères qui voudraient les utiliser pour leurs objectifs bourgeois (comme ceux qui ont fait arrêter la grève de la Misr Spinning and Wearing Textiles Factory après le départ de Moubarak).
* * *
Alors que l'Arabie Saoudite et l'Autorité palestinienne, mortellement effrayées par le mouvement des masses, ont toute suite affirmé leur soutien à Moubarak, le gouvernement américain a multiplié les pressions pour une «transition politique et pacifique», c'est-à-dire pour que celui-ci cède la place, seule façon de prévenir des affrontements aux risques incalculables: le fusible Moubarak devait sauter pour protéger le capitalisme des décharges à haute tension qu'un déchaînement de la lutte des classes dans le plus grand pays du Moyen-Orient ne manquerait pas de produire, avec des retombées dans toute la région. Au sein du régime, les proches alliés de Moubarak ont sans doute caressé l'idée d'une alternative à l'iranienne ou à la chinoise: l'écrasement de la contestation, après que l'inévitable lassitude ait au moins momentanément calmé l'ardeur des manifestants. Les cercles bourgeois les plus influents, ceux qui sont le plus représentés parmi les chefs militaires, ont jugé ce scénario trop risqué, comme l'a trouvé de son côté l'impérialisme américain.
L'armée égyptienne a été rapidement mobilisée pour canaliser la foule, protéger les édifices, les biens et les services essentiels, tout en laissant la police se salir les mains dans la répression. Complètement absents des premières grandes manifestations, les Frères Musulmans, la seule force d'opposition importante que le gouvernement ait laissé se développer, ont essayé de prendre le train en marche: leur rôle sera irremplaçable demain pour maintenir l'ordre bourgeois. Aujourd'hui, les chefs militaires, après avoir annoncé la dissolution du parlement et la suspension de la constitution, promettent le retour du pouvoir aux civils dans 6 mois; entre-temps ils élaboreront une nouvelle constitution.
Quelles que soient les formes que prendra le changement de régime, le pouvoir politique bourgeois demeure intact en Egypte; pire, l'Armée, principal pilier de ce pouvoir, ressort momentanément auréolée de cette transition. Mais les prolétaires égyptiens apprendront vite, s'ils ne s'en doutent pas encore, que c'est contre eux que vont se mobiliser les successeurs de Moubarak, que c'est sur eux que va s'abattre à nouveau la répression de la police et de l'armée, et que pour défendre leurs intérêts ils devront lutter seuls, sans les petits-bourgeois démocrates, nationalistes ou religieux. En Tunisie après que Ben Ali ait été chassé, un nouveau gouvernement, dirigé par le même premier ministre, a été mis en place pour que rien ne change d'essentiel: la police a expulsé brutalement les manifestants qui campaient dans Tunis et elle continue à tirer sur la foule (2 morts encore le 4 février), les capitalistes continuent à exploiter, tandis que les politiciens se préparent à la future farce électorale, couronnement espéré du rétablissement et du renforcement de l'ordre bourgeois.
Il en sera inévitablement de même en Egypte. D'ores et déjà le Conseil militaire suprême semble vouloir interdire toute réunion d'organisations ouvrières ou de syndicats, interdisant ainsi de fait les grèves, et il devrait appeler à la reprise du travail. La période qui vient sera celle des luttes ouvrières et les prolétaires égyptiens auront besoin en plus de leur détermination, de la solidarité de leurs frères de classe des autres pays.
Ebranlé par une crise économique sans précédent, l'ordre capitaliste mondial laisse apparaître un peu partout ses fissures. L'avenir est au retour de la lutte prolétarienne, non seulement dans les pays dits «périphériques», mais aussi dans les pays capitalistes «centraux» les plus riches où les conséquences de la crise ont pu être jusqu'ici largement amortis.
Cela ne se fera pas en un jour ; il faudra aux travailleurs de tous les pays dépenser beaucoup d'énergie et de courage pour résister comme leurs camarades égyptiens ou tunisiens à la répression, pour déjouer les fausses alternatives présentées par les laquais de l'ordre capitaliste ; il faudra beaucoup d’efforts pour retrouver la voie de la lutte de classe et pour constituer l'organe dirigeant indispensable de la lutte prolétarienne révolutionnaire internationale, le parti communiste mondial; mais si ces efforts réussissent, ils déboucheront sur la réapparition du spectre du communisme. Il sera alors possible de s'écrier à nouveau:
Que les bourgeois de tous les pays tremblent à l'idée d'une révolution communiste! Les prolétaires n'y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner.
Parti Communiste International, 13/2/2011
www.pcint.org
samedi 12 février 2011
LA JOIE, LE COUP D’ETAT DE L’ARMEE ET LES FRANGINS DE DIEU
ET COURAGE A NOS FRERES DE CLASSE QUI TENTENT DE GENERALISER LA LUTTE AUJOURD’HUI EN ALGERIE
«Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et chargé le Conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays», déclare hier vendredi soir le caniche de Moubarak, Omar Souleiman, permettant aux manifestants du centre du monde, la place Tahrir, de laisser éclater une joie dont ils avaient été frustrés la veille. Moubarak qui, après un volte-face certainement très calculé avec les suggestions US, s’en est allé dans sa résidence secondaire de Cham el-Cheikh car il veut mourir au pays. À l'instant où le Conseil suprême des forces armées s'est substitué au président, l'Égypte a donc basculé dans un régime d'exception. Les militaires maintenant assument directement le pouvoir et la responsabilité du balayage des rues. Les entrevues avec les dits représentants de l’opposition ont révélé aux militaires que les frangins sont toujours aussi taré, ce dont le monde entier ne doute pas et qu’il n’y a aucun parti crédible chez les libéraux ni avec le free-lance ElBaradei.
On continue à nager en plein délire sur une soit disante fraternisation de l’armée avec le peuple ; laquelle armée aurait refusé de tirer, ce qui est faux puisqu’elle tira aussi au début des événements, puis fut rappelée à l’ordre par les commanditaires et DRH américains pour limiter les dégâts de la police. Cette armée est restée on s’en souvient faussement neutre au début des attaques des flics en civils et des féodaux contre les premières occupations de la place Tahrir, laissant tuer plus de 300 personnes et assistant impassible à la souffrance de milliers de blessés.
La jeunesse révoltée est en train de se faire voler sa révolte par la même vieille camarilla militaire qui soutenait le régime Moubarak. Cette camarilla va jouer bien sûr de la mystification démocratique comme n’importe quelle bourgeoisie occidentale, mettons la France. Soit elle va mettre sur pied un clan d’officiers genre capitaines portugais pour ficeler un parti laïque porteur de valeurs « républicaines » face à de petites formation dites de gauche mais faiblassses, et surtout face au « parti islamiste » des frangins désintégristes de la société moderne. Les frangins néo-fascistes peuvent ainsi être appelés à jouer le rôle de bouc-émissaire façon FN en France. En politique la désignation, même fictive, et exagérée du pire, sert toujours à maintenir les horreurs du temps présent.
Dans ce cadre classique, le Conseil suprême des forces armées s'est lui-même engagé vendredi matin à mener les réformes promises par le régime, dont la tenue d'élections «libres et transparentes». Rien ne garantit pourtant qu'el-geish («l'armée»), qui a fourni tous ses présidents au pays depuis le renversement de la monarchie par les «officiers libres» en 1952, acceptera de rendre aussi facilement le pouvoir aux civils. Surtout parce que ceux-ci ont été les premiers à lui demander de s'en emparer. Tragique ironie, alors que s’il s’était agi vraiment d’une révolution, et non d’un simple soulèvement populaire parasité secondairement par les musulmaniaques capitalistes, le prolétariat égyptien aurait pu nommer ses propres « Conseils » pas ouvriers qui fait démodés mais disons « prolétaires » qui caractérise assez bien l’ensemble de la population majoritairement salariée et au chômage.
La rupture avec le régime sortant n'est donc pas totalement consommée, le Conseil suprême des forces armées étant jusqu'à nouvel ordre présidé par le ministre de la Défense, le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, un autre caniche de Moubarak, qui a salué la foule réunie vendredi soir devant le palais présidentiel. Un autre mensonge sur le soit disant changement pour masquer la fébrile continuation de l’ordre bourgeoise est évidemment cette histoire de poursuive en justice le dictateur retraité de force. Les masses, emplies de bonheur et de feu d’artifices le vendredi soir, vont être réduites à nouveau à l’état de spectatrices des enquêtes longue durée à la recherche des fortunes de Moubarak et Ben Ali.
Les militaires sont restés évasifs, concernant la plus important, la façon dont ils vont gérer les affaires publiques. Dans son premier communiqué (numéroté comme un avis des brigades rouges) diffusé jeudi en fin d'après-midi, l'instance suprême de l'armée a annoncé sa décision de «rester réunie en session permanente pour (…) protéger la nation, les acquis et les ambitions du grand peuple d'Égypte». Le vice-président Omar Souleiman et le premier ministre Ahmed Chafiq n'ont «aucune autorité sur le Conseil suprême des forces armées», a précisé un officier supérieur auprès du journal progouvernemental Al-Ahram.
L'Égypte se démarquerait ainsi de la Tunisie, qui n'est pas sortie du cadre constitutionnel après la chute de Ben Ali et qui a toutes les difficultés aujourd'hui à «se débarrasser du premier ministre Mohammed Ghannouchi». Au Caire, l'urgence est au contraire de recomposer un échiquier politique gangrené par trente dans d'immobilisme. Le secrétaire général du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, Hossam Badraoui, un réformateur nommé quelques jours plus tôt, l'a d'ailleurs bien compris en annonçant sa démission hier soir. Le parlement n’est comme en France qu’une assemblée de putes avocats et larbins du régime qui devrait être dissous immédiatement pour sa capacité à frauder systématiquement.
Quel que soit le futur gouvernement, il sera confronté à d'importants défis sociaux et économiques dans un pays sclérosé par 30 années d'un pouvoir autoritaire et corrompu. La presse et le web bourgeois se gardent bien de nous informer des grèves qui continuent en Egypte et en Algérie.
Le chef du « conseil » militaire était le 3ème caniche de Moubarak de l'ancien régime, ce ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui vieux cacique de 75 ans risque d’être contesté au sein de la camarilla militaire. Tout reste à faire pour la bourgeoisie égyptienne. Pour les manifestants hétérogènes, ils se doutent eux aussi, avec la gueule de bois de ce samedi, que la chute de Moubarak ne marque pas le début du processus de transition. Tout reste opaque, sauf une certitude, l’armée doit tenter de rétablir l’ordre bafoué pacifiquement et courageusement par les masses de prolétaires et de jeunes.
Il faut dire ici notre mépris total pour la lâcheté de nos gouvernants complices des dictatures arabes et israëlienne. Jeudi, à l’annonce du maintien de Moubarak au pouvoir, Sarko en direct se contente de dire « c’était inéluctable » avec un bla-bla tout ce qu’il y a de plus puant concernant le trucage financier et élitaire du parlementarisme français donné en exemple. Le lendemain, le VRP de l’armement français et de ses trusts pétroliers salue le « courage » de Moubarak.Lâche et complice jusqu'au bout! Notez bien qu'aucun média n'a mis en évidence cette lâcheté de Sarkozy... nouvelle preuve de la servilité et pluralité suiviste des médias!
Toute la bourgeoisie du nord au sud est liguée pour calmer la colère de nos frères de classe arabe, et nous, nous restons encore divisés et isolés ! Elle est pas belle la vie ?
PS: la manif à Alger a fait plof et c'est bien vu que ce n'étaient que les partis bourgeois oppositionnels qui voulaient phagocyter la protestation sociale contre le régime.
«Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et chargé le Conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays», déclare hier vendredi soir le caniche de Moubarak, Omar Souleiman, permettant aux manifestants du centre du monde, la place Tahrir, de laisser éclater une joie dont ils avaient été frustrés la veille. Moubarak qui, après un volte-face certainement très calculé avec les suggestions US, s’en est allé dans sa résidence secondaire de Cham el-Cheikh car il veut mourir au pays. À l'instant où le Conseil suprême des forces armées s'est substitué au président, l'Égypte a donc basculé dans un régime d'exception. Les militaires maintenant assument directement le pouvoir et la responsabilité du balayage des rues. Les entrevues avec les dits représentants de l’opposition ont révélé aux militaires que les frangins sont toujours aussi taré, ce dont le monde entier ne doute pas et qu’il n’y a aucun parti crédible chez les libéraux ni avec le free-lance ElBaradei.
On continue à nager en plein délire sur une soit disante fraternisation de l’armée avec le peuple ; laquelle armée aurait refusé de tirer, ce qui est faux puisqu’elle tira aussi au début des événements, puis fut rappelée à l’ordre par les commanditaires et DRH américains pour limiter les dégâts de la police. Cette armée est restée on s’en souvient faussement neutre au début des attaques des flics en civils et des féodaux contre les premières occupations de la place Tahrir, laissant tuer plus de 300 personnes et assistant impassible à la souffrance de milliers de blessés.
La jeunesse révoltée est en train de se faire voler sa révolte par la même vieille camarilla militaire qui soutenait le régime Moubarak. Cette camarilla va jouer bien sûr de la mystification démocratique comme n’importe quelle bourgeoisie occidentale, mettons la France. Soit elle va mettre sur pied un clan d’officiers genre capitaines portugais pour ficeler un parti laïque porteur de valeurs « républicaines » face à de petites formation dites de gauche mais faiblassses, et surtout face au « parti islamiste » des frangins désintégristes de la société moderne. Les frangins néo-fascistes peuvent ainsi être appelés à jouer le rôle de bouc-émissaire façon FN en France. En politique la désignation, même fictive, et exagérée du pire, sert toujours à maintenir les horreurs du temps présent.
Dans ce cadre classique, le Conseil suprême des forces armées s'est lui-même engagé vendredi matin à mener les réformes promises par le régime, dont la tenue d'élections «libres et transparentes». Rien ne garantit pourtant qu'el-geish («l'armée»), qui a fourni tous ses présidents au pays depuis le renversement de la monarchie par les «officiers libres» en 1952, acceptera de rendre aussi facilement le pouvoir aux civils. Surtout parce que ceux-ci ont été les premiers à lui demander de s'en emparer. Tragique ironie, alors que s’il s’était agi vraiment d’une révolution, et non d’un simple soulèvement populaire parasité secondairement par les musulmaniaques capitalistes, le prolétariat égyptien aurait pu nommer ses propres « Conseils » pas ouvriers qui fait démodés mais disons « prolétaires » qui caractérise assez bien l’ensemble de la population majoritairement salariée et au chômage.
La rupture avec le régime sortant n'est donc pas totalement consommée, le Conseil suprême des forces armées étant jusqu'à nouvel ordre présidé par le ministre de la Défense, le maréchal Mohammed Hussein Tantawi, un autre caniche de Moubarak, qui a salué la foule réunie vendredi soir devant le palais présidentiel. Un autre mensonge sur le soit disant changement pour masquer la fébrile continuation de l’ordre bourgeoise est évidemment cette histoire de poursuive en justice le dictateur retraité de force. Les masses, emplies de bonheur et de feu d’artifices le vendredi soir, vont être réduites à nouveau à l’état de spectatrices des enquêtes longue durée à la recherche des fortunes de Moubarak et Ben Ali.
Les militaires sont restés évasifs, concernant la plus important, la façon dont ils vont gérer les affaires publiques. Dans son premier communiqué (numéroté comme un avis des brigades rouges) diffusé jeudi en fin d'après-midi, l'instance suprême de l'armée a annoncé sa décision de «rester réunie en session permanente pour (…) protéger la nation, les acquis et les ambitions du grand peuple d'Égypte». Le vice-président Omar Souleiman et le premier ministre Ahmed Chafiq n'ont «aucune autorité sur le Conseil suprême des forces armées», a précisé un officier supérieur auprès du journal progouvernemental Al-Ahram.
L'Égypte se démarquerait ainsi de la Tunisie, qui n'est pas sortie du cadre constitutionnel après la chute de Ben Ali et qui a toutes les difficultés aujourd'hui à «se débarrasser du premier ministre Mohammed Ghannouchi». Au Caire, l'urgence est au contraire de recomposer un échiquier politique gangrené par trente dans d'immobilisme. Le secrétaire général du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, Hossam Badraoui, un réformateur nommé quelques jours plus tôt, l'a d'ailleurs bien compris en annonçant sa démission hier soir. Le parlement n’est comme en France qu’une assemblée de putes avocats et larbins du régime qui devrait être dissous immédiatement pour sa capacité à frauder systématiquement.
Quel que soit le futur gouvernement, il sera confronté à d'importants défis sociaux et économiques dans un pays sclérosé par 30 années d'un pouvoir autoritaire et corrompu. La presse et le web bourgeois se gardent bien de nous informer des grèves qui continuent en Egypte et en Algérie.
Le chef du « conseil » militaire était le 3ème caniche de Moubarak de l'ancien régime, ce ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui vieux cacique de 75 ans risque d’être contesté au sein de la camarilla militaire. Tout reste à faire pour la bourgeoisie égyptienne. Pour les manifestants hétérogènes, ils se doutent eux aussi, avec la gueule de bois de ce samedi, que la chute de Moubarak ne marque pas le début du processus de transition. Tout reste opaque, sauf une certitude, l’armée doit tenter de rétablir l’ordre bafoué pacifiquement et courageusement par les masses de prolétaires et de jeunes.
Il faut dire ici notre mépris total pour la lâcheté de nos gouvernants complices des dictatures arabes et israëlienne. Jeudi, à l’annonce du maintien de Moubarak au pouvoir, Sarko en direct se contente de dire « c’était inéluctable » avec un bla-bla tout ce qu’il y a de plus puant concernant le trucage financier et élitaire du parlementarisme français donné en exemple. Le lendemain, le VRP de l’armement français et de ses trusts pétroliers salue le « courage » de Moubarak.Lâche et complice jusqu'au bout! Notez bien qu'aucun média n'a mis en évidence cette lâcheté de Sarkozy... nouvelle preuve de la servilité et pluralité suiviste des médias!
Toute la bourgeoisie du nord au sud est liguée pour calmer la colère de nos frères de classe arabe, et nous, nous restons encore divisés et isolés ! Elle est pas belle la vie ?
PS: la manif à Alger a fait plof et c'est bien vu que ce n'étaient que les partis bourgeois oppositionnels qui voulaient phagocyter la protestation sociale contre le régime.
mercredi 9 février 2011
TEMPETE AU MAGHREB ET AU MOYEN ORIENT
Tract de Controverses
NOTA BENE: La situation est extrêmement tendue aujourd'hui mercredi 9 février. La police et l'armée égyptienne ont tué en plusieurs endroits du pays, des vidéos témoignent de ces nouveaux crimes (un jeune homme seul dans une ruelle tué froidement par balle par un flic et un camion qui écrase des manifestants dans une ville de province) Plusieurs commissariats et édifices publics ont été détruit en représailles. On ne peut que partager l'angoisse du rédacteur du blog "cris d'Egypte" accessible par Libé.A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.
Nos braves syndicats ont appelé hier à aller manifester partout devant les ambassades d'Egypte, mais cet appel un mois après le début du soulèvement populaire est passé dans un entrefilet si mince et si peu visible que seuls les historiens véreux de l'avenir extrairont cet entrefilet pour faire croire à une mobilisation immédiate des aristos syndicaux, malheureusement pas suivis...
Je réitère, vu la situation dangereuse, le risque d'une répression plus inouïe, la nécessité de descendre dans la rue ici partout sur les places publiques, pas devant des ambassades de merde, mais pour faire pression contre notre gouvernement complice non pas parce qu'il y a peu nos ministres allaient passer de somptueuses vacances auprès des tueurs actuels mais parce que comme me le souffle un commentateur anonyme du message précédent: LES DICTATEURS NE DICTENT PAS MAIS OBEISSENT à leurs commanditaires occidentaux. Ce qui veut dire qu'il faut laisser le côté la fable d'une dictature qui s'accrocherait au pouvoir (sans porte de sortie... alors que l'Allemagne est prête à héberger Moubarak) mais que nous tiendrons pour DIRECTEMENT RESPONSABLE D'UN EVENTUEL CARNAGE NOTRE ETAT BOURGEOIS!
SOLIDARITE AVEC NOS FRERES DE CLASSE EGYPTIENS!
TENONS NOUS PRET A RIPOSTER AUX FUSILLADES DES MERCENAIRES D'ETAT - d'un Etat dont le nôtre est complice (il lui a fourni des armes jusqu'à vendredi dernier) CONTRE UNE POPULATION SANS ARMES!
Que se passe-t-il en Afrique du Nord et au Moyen Orient ? L’onde de choc qui a pris naissance en Tunisie (déc.2010) et semble s’étendre à l’ensemble de cette région, a son épicentre actuellement en Égypte (février 2011). Qu’est-ce que ces pays ont en commun pour qu’un mouvement populaire chez l’un d’eux produise des protestations et révoltes semblables chez les autres ?
Ils présentent d’abord une caractéristique identique : que ce soit des monarchies ou des républiques, tous sont des régimes autoritaires ou dictatoriaux, corrompus, où règnent le népotisme et le clanisme. Malgré cela, ils ne sont pas isolés du reste du monde et en subissent les influences dominantes. La généralisation du mode de production capitaliste ainsi que de ses rapports sociaux joue en faveur de la dissolution des liens archaïques dans lesquels ces régimes ont jusqu’à aujourd’hui puisé leur raison d’être. Il s’agit aussi de tenir compte du rôle joué par les grandes puissances dans la permanence de ces dictatures, ainsi que dans les tensions qui gèrent leur existence politico-économique.
La crise économique et les mutations sociologiques :
Les populations de ces pays vivent des mutations culturelles et sociologique. Ce sont autant de facteurs nouveaux dans les causes qui mettent en mouvement les masses populaires s’opposant aux modes de fonctionnement sociaux et politiques en vigueur. Ces mutations touchent en premier lieu la jeunesse qui a profité d’une instruction ayant atteint un niveau presque comparable à celui des pays occidentaux, facteur important d’une ouverture au monde, à ses réalités (cf. le rôle d’internet dans les manifestations) mais aussi à ses mirages. La plupart de ces pays, à part les monarchies pétrolières, n’ont d’autres alternatives que d’essayer de gagner une place « d’atelier » des pays riches dans la concurrence économique. Cela qui leur a permis, alors que l’Europe et les États-Unis entraient en récession, de maintenir. Un certain niveau de développement (4,5% pour la Tunisie). Mais cela est insuffisant pour assurer l’intégration souhaitable sur le marché du travail de ces milliers de diplômés tunisiens et autres. Pire, la plupart d’entre eux n’ont d’autre choix que l’exil ou la vente à la sauvette, elle aussi soumise au bakchich du policier. De plus, une des conséquences de la crise, le renchérissement des denrées de subsistances est un facteur récurrent et aggravant pour les révoltes des populations en colère. Les mutations sociales sont aussi de nouveaux facteurs de contradictions. Les populations de ces pays sont de plus en plus urbanisées, et de fait les rapports traditionnels tendent à se dissoudre au profit d’une prolétarisation marquée par l’extension de bidonvilles. L’essentiel de la classe laborieuse y vit de petits métiers de subsistance, petits commerces, petits artisanats, etc., ouvriers de petites entreprises, d’ « ateliers » d’investisseurs étrangers, ainsi que du travail intermittent dû au tourisme. Ces conditions sont données par la structure économique et sociale de ces pays.
Malgré la présence d’oppositions de type islamiste qui rêvent, dans ces pays, de substituer des dictatures théocratiques aux républiques monarchiques, une grande part de la population et de la jeunesse ont d’autres aspirations qui se sont exprimées dans les mouvements et révoltes ces derniers mois. C’est évidemment la nature sociale de la contestation qui détermine les expressions de ce à quoi aspirent les masses en mouvement. Ce prolétariat des pays dits émergents ne peut donc s’élever qu’à des revendications qui ne peuvent être qu’en opposition directes avec leur perception du tort qui leur est fait. Il veut : moins de corruption, une justice équitable, moins de clientélisme, du travail, bref l’établissement des valeurs modernes qui assurent la liberté de l’individu dans un contexte de marché.
C’est aussi par l’usure au pouvoir des ces dictatures, pour la plupart trentenaires, outre les facteurs précédents, qu’il faut comprendre la simultanéité des mouvement de protestation. Il ne faut pas chercher dans ce processus élémentaire de révolte des ferments révolutionnaires, anticapitalistes, processus sur lequel la classe ouvrière de ces pays s’élancerait pour avancer ses revendications anticapitalistes. De plus, on ne peut pas comparer ces pays avec les européens, tant du point de vue du prolétariat que de leur place dans l’économie mondiale, ni du point de vue de leur importance dans les relations sociales et politiques des grandes puissances. Il faut retenir que le prolétariat occidental subit les effets de la crise, sans réagir outre mesure à la lente dégradation des conditions de vie d’une partie de la population, ni aux mesures d’austérité qui commencent à s’appliquer en Europe. Les explosions de colère en Grèce ou les huit semaines contre la réforme des retraites en France n’ont pas débouché sur des perspectives claires du point de vue de la lutte des classes, même si une certaine critique des syndicats s’est manifestée à travers la tenue d’Assemblées Générales Interprofessionnelles.
Les mouvements de protestations en Tunisie et en Égypte avec leurs moyens mis en œuvre, c’est-à-dire la manifestation d’abord massive et pacifique, à part quelques moments de colère face à la provocation, puis l’attaque et la mise à feu des symboles politiques des régimes, les sièges des partis au pouvoir, témoignent de la détermination et du puissant rejet des profiteurs étatiques. La formation de comités de vigilance en vue de protéger certains quartiers des incursions de pilleurs (Égypte autant que Tunisie) sont des manifestations de protection émanant d’un mouvement populaire, une forme de solidarité sociale, de refus d’un désordre destructeur. Ces comités ont été des réponses immédiates, pas davantage, contre les casseurs de Ben Ali ou ceux de Moubarak visant à susciter le désordre et justifier la répression des dictateurs corrompus. Cependant, ces comités, contrairement aux illusions des gauchistes n’ont rien à voir avec des embryons de Conseils Ouvriers. En l’absence de lutte de classe, d’autres expressions de solidarité et de clarification par rapport aux manifestations de jeunes et de chômeurs ne se sont pas formées, ni donc exprimées..
Les puissances impérialistes et les pays de la région
Compte tenu des rapports entre les grandes puissances et les pays d’Afrique du Nord comme du Moyen-Orient (par exemple leurs accords économiques, politiques et stratégiques), les bouleversements qui peuvent survenir dans cette région inquiètent l’Europe et les États-Unis. L’Europe a des intérêts importants au Maghreb où elle se fournit en énergie. De plus, elle veut stopper ou du moins contrôler l’afflux d’immigrants du Maghreb et surtout d’Afrique noire dont les principales voies d’accès passent par le Maroc (détroit de Gibraltar) et les côtes tunisiennes vers l’Italie. Des accords douaniers et policiers sont en vigueur avec ces pays qui semblent les respecter, d’où l’entassement et les mauvais traitements que subissent ces immigrants dans les camps de filtration que recèlent le Maroc et la Tunisie. Ces autres zones de non-droit ne sont pas l’objet d’un quelconque intérêt d’où qu’il vienne. Les USA ,de leur côté, ont étendu leur influence géopolitique sur l’ensemble du Maghreb comme auparavant au Moyen-Orient, pendant que la France gardait ses intérêts économiques, cependant notablement écornés avec l’affaire tunisienne, dans ses anciennes colonies. Mais la contagion tunisienne qui touche l’Égypte, risque d’ébranler cette véritable place stratégique du dispositif américain qu’est le Moyen-Orient (canal de Suez, relations Israël…). Obama se montre plus circonspect avec Moubarak qu’il ne l’a été envers Ben Ali. Il hésite sur la solution dite « démocratique » à mettre en place tout en se déclarant favorable aux manifestations pacifiques et à la liberté d’internet.
Où va-t-on
A qui vont profiter ces mouvements populaires ? A part ceux qui aspirent à la chute de toutes les dictatures, c’est-à-dire leurs propres victimes, il est remarquable de constater que ces mouvements se sont déployés en Tunisie et en Égypte, sans leader ni partis politiques à leur tête. Il s’est même exprimé en leur sein le refus de voir quiconque s’en faire le porte parole ou le représentant. Il faut approfondir cet aspect afin d’avoir une appréciation plus proche de la réalité pour appréhender la nature de ces évènements qui semblent ne correspondre à aucun schéma préétabli. Les aspirations de ces populations en révolte ne sont certes pas anticapitalistes, et il est improbable que le futur y apporte une quelconque satisfaction, La seule perspective serait que la lutte des classes dans les pays développés fasse la jonction avec la lutte des classes dans les pays émergents (ou l’inverse) lorsque la crise globale du capitalisme fera sentir toutes ses conséquences destructrices sur l’ensemble de la planète.
4 février 2011, Controverses
Publié par Controverses
Forum pour la Gauche communiste internationaliste
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NOTA BENE: La situation est extrêmement tendue aujourd'hui mercredi 9 février. La police et l'armée égyptienne ont tué en plusieurs endroits du pays, des vidéos témoignent de ces nouveaux crimes (un jeune homme seul dans une ruelle tué froidement par balle par un flic et un camion qui écrase des manifestants dans une ville de province) Plusieurs commissariats et édifices publics ont été détruit en représailles. On ne peut que partager l'angoisse du rédacteur du blog "cris d'Egypte" accessible par Libé.A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.
Nos braves syndicats ont appelé hier à aller manifester partout devant les ambassades d'Egypte, mais cet appel un mois après le début du soulèvement populaire est passé dans un entrefilet si mince et si peu visible que seuls les historiens véreux de l'avenir extrairont cet entrefilet pour faire croire à une mobilisation immédiate des aristos syndicaux, malheureusement pas suivis...
Je réitère, vu la situation dangereuse, le risque d'une répression plus inouïe, la nécessité de descendre dans la rue ici partout sur les places publiques, pas devant des ambassades de merde, mais pour faire pression contre notre gouvernement complice non pas parce qu'il y a peu nos ministres allaient passer de somptueuses vacances auprès des tueurs actuels mais parce que comme me le souffle un commentateur anonyme du message précédent: LES DICTATEURS NE DICTENT PAS MAIS OBEISSENT à leurs commanditaires occidentaux. Ce qui veut dire qu'il faut laisser le côté la fable d'une dictature qui s'accrocherait au pouvoir (sans porte de sortie... alors que l'Allemagne est prête à héberger Moubarak) mais que nous tiendrons pour DIRECTEMENT RESPONSABLE D'UN EVENTUEL CARNAGE NOTRE ETAT BOURGEOIS!
SOLIDARITE AVEC NOS FRERES DE CLASSE EGYPTIENS!
TENONS NOUS PRET A RIPOSTER AUX FUSILLADES DES MERCENAIRES D'ETAT - d'un Etat dont le nôtre est complice (il lui a fourni des armes jusqu'à vendredi dernier) CONTRE UNE POPULATION SANS ARMES!
Que se passe-t-il en Afrique du Nord et au Moyen Orient ? L’onde de choc qui a pris naissance en Tunisie (déc.2010) et semble s’étendre à l’ensemble de cette région, a son épicentre actuellement en Égypte (février 2011). Qu’est-ce que ces pays ont en commun pour qu’un mouvement populaire chez l’un d’eux produise des protestations et révoltes semblables chez les autres ?
Ils présentent d’abord une caractéristique identique : que ce soit des monarchies ou des républiques, tous sont des régimes autoritaires ou dictatoriaux, corrompus, où règnent le népotisme et le clanisme. Malgré cela, ils ne sont pas isolés du reste du monde et en subissent les influences dominantes. La généralisation du mode de production capitaliste ainsi que de ses rapports sociaux joue en faveur de la dissolution des liens archaïques dans lesquels ces régimes ont jusqu’à aujourd’hui puisé leur raison d’être. Il s’agit aussi de tenir compte du rôle joué par les grandes puissances dans la permanence de ces dictatures, ainsi que dans les tensions qui gèrent leur existence politico-économique.
La crise économique et les mutations sociologiques :
Les populations de ces pays vivent des mutations culturelles et sociologique. Ce sont autant de facteurs nouveaux dans les causes qui mettent en mouvement les masses populaires s’opposant aux modes de fonctionnement sociaux et politiques en vigueur. Ces mutations touchent en premier lieu la jeunesse qui a profité d’une instruction ayant atteint un niveau presque comparable à celui des pays occidentaux, facteur important d’une ouverture au monde, à ses réalités (cf. le rôle d’internet dans les manifestations) mais aussi à ses mirages. La plupart de ces pays, à part les monarchies pétrolières, n’ont d’autres alternatives que d’essayer de gagner une place « d’atelier » des pays riches dans la concurrence économique. Cela qui leur a permis, alors que l’Europe et les États-Unis entraient en récession, de maintenir. Un certain niveau de développement (4,5% pour la Tunisie). Mais cela est insuffisant pour assurer l’intégration souhaitable sur le marché du travail de ces milliers de diplômés tunisiens et autres. Pire, la plupart d’entre eux n’ont d’autre choix que l’exil ou la vente à la sauvette, elle aussi soumise au bakchich du policier. De plus, une des conséquences de la crise, le renchérissement des denrées de subsistances est un facteur récurrent et aggravant pour les révoltes des populations en colère. Les mutations sociales sont aussi de nouveaux facteurs de contradictions. Les populations de ces pays sont de plus en plus urbanisées, et de fait les rapports traditionnels tendent à se dissoudre au profit d’une prolétarisation marquée par l’extension de bidonvilles. L’essentiel de la classe laborieuse y vit de petits métiers de subsistance, petits commerces, petits artisanats, etc., ouvriers de petites entreprises, d’ « ateliers » d’investisseurs étrangers, ainsi que du travail intermittent dû au tourisme. Ces conditions sont données par la structure économique et sociale de ces pays.
Malgré la présence d’oppositions de type islamiste qui rêvent, dans ces pays, de substituer des dictatures théocratiques aux républiques monarchiques, une grande part de la population et de la jeunesse ont d’autres aspirations qui se sont exprimées dans les mouvements et révoltes ces derniers mois. C’est évidemment la nature sociale de la contestation qui détermine les expressions de ce à quoi aspirent les masses en mouvement. Ce prolétariat des pays dits émergents ne peut donc s’élever qu’à des revendications qui ne peuvent être qu’en opposition directes avec leur perception du tort qui leur est fait. Il veut : moins de corruption, une justice équitable, moins de clientélisme, du travail, bref l’établissement des valeurs modernes qui assurent la liberté de l’individu dans un contexte de marché.
C’est aussi par l’usure au pouvoir des ces dictatures, pour la plupart trentenaires, outre les facteurs précédents, qu’il faut comprendre la simultanéité des mouvement de protestation. Il ne faut pas chercher dans ce processus élémentaire de révolte des ferments révolutionnaires, anticapitalistes, processus sur lequel la classe ouvrière de ces pays s’élancerait pour avancer ses revendications anticapitalistes. De plus, on ne peut pas comparer ces pays avec les européens, tant du point de vue du prolétariat que de leur place dans l’économie mondiale, ni du point de vue de leur importance dans les relations sociales et politiques des grandes puissances. Il faut retenir que le prolétariat occidental subit les effets de la crise, sans réagir outre mesure à la lente dégradation des conditions de vie d’une partie de la population, ni aux mesures d’austérité qui commencent à s’appliquer en Europe. Les explosions de colère en Grèce ou les huit semaines contre la réforme des retraites en France n’ont pas débouché sur des perspectives claires du point de vue de la lutte des classes, même si une certaine critique des syndicats s’est manifestée à travers la tenue d’Assemblées Générales Interprofessionnelles.
Les mouvements de protestations en Tunisie et en Égypte avec leurs moyens mis en œuvre, c’est-à-dire la manifestation d’abord massive et pacifique, à part quelques moments de colère face à la provocation, puis l’attaque et la mise à feu des symboles politiques des régimes, les sièges des partis au pouvoir, témoignent de la détermination et du puissant rejet des profiteurs étatiques. La formation de comités de vigilance en vue de protéger certains quartiers des incursions de pilleurs (Égypte autant que Tunisie) sont des manifestations de protection émanant d’un mouvement populaire, une forme de solidarité sociale, de refus d’un désordre destructeur. Ces comités ont été des réponses immédiates, pas davantage, contre les casseurs de Ben Ali ou ceux de Moubarak visant à susciter le désordre et justifier la répression des dictateurs corrompus. Cependant, ces comités, contrairement aux illusions des gauchistes n’ont rien à voir avec des embryons de Conseils Ouvriers. En l’absence de lutte de classe, d’autres expressions de solidarité et de clarification par rapport aux manifestations de jeunes et de chômeurs ne se sont pas formées, ni donc exprimées..
Les puissances impérialistes et les pays de la région
Compte tenu des rapports entre les grandes puissances et les pays d’Afrique du Nord comme du Moyen-Orient (par exemple leurs accords économiques, politiques et stratégiques), les bouleversements qui peuvent survenir dans cette région inquiètent l’Europe et les États-Unis. L’Europe a des intérêts importants au Maghreb où elle se fournit en énergie. De plus, elle veut stopper ou du moins contrôler l’afflux d’immigrants du Maghreb et surtout d’Afrique noire dont les principales voies d’accès passent par le Maroc (détroit de Gibraltar) et les côtes tunisiennes vers l’Italie. Des accords douaniers et policiers sont en vigueur avec ces pays qui semblent les respecter, d’où l’entassement et les mauvais traitements que subissent ces immigrants dans les camps de filtration que recèlent le Maroc et la Tunisie. Ces autres zones de non-droit ne sont pas l’objet d’un quelconque intérêt d’où qu’il vienne. Les USA ,de leur côté, ont étendu leur influence géopolitique sur l’ensemble du Maghreb comme auparavant au Moyen-Orient, pendant que la France gardait ses intérêts économiques, cependant notablement écornés avec l’affaire tunisienne, dans ses anciennes colonies. Mais la contagion tunisienne qui touche l’Égypte, risque d’ébranler cette véritable place stratégique du dispositif américain qu’est le Moyen-Orient (canal de Suez, relations Israël…). Obama se montre plus circonspect avec Moubarak qu’il ne l’a été envers Ben Ali. Il hésite sur la solution dite « démocratique » à mettre en place tout en se déclarant favorable aux manifestations pacifiques et à la liberté d’internet.
Où va-t-on
A qui vont profiter ces mouvements populaires ? A part ceux qui aspirent à la chute de toutes les dictatures, c’est-à-dire leurs propres victimes, il est remarquable de constater que ces mouvements se sont déployés en Tunisie et en Égypte, sans leader ni partis politiques à leur tête. Il s’est même exprimé en leur sein le refus de voir quiconque s’en faire le porte parole ou le représentant. Il faut approfondir cet aspect afin d’avoir une appréciation plus proche de la réalité pour appréhender la nature de ces évènements qui semblent ne correspondre à aucun schéma préétabli. Les aspirations de ces populations en révolte ne sont certes pas anticapitalistes, et il est improbable que le futur y apporte une quelconque satisfaction, La seule perspective serait que la lutte des classes dans les pays développés fasse la jonction avec la lutte des classes dans les pays émergents (ou l’inverse) lorsque la crise globale du capitalisme fera sentir toutes ses conséquences destructrices sur l’ensemble de la planète.
4 février 2011, Controverses
Publié par Controverses
Forum pour la Gauche communiste internationaliste
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dimanche 6 février 2011
TUNISIE: UNE REVOLUTION POUR LES ASSASSINS?
Le jasmin est une fleur empoisonnée en Tunisie en ce moment. La bourgeoisie occidentale et ses bobos gauchistes n'ont pas cessé de nous bêler, en nous coupant la parole, qu'il fallait se féliciter de la "révolution pacifique" tunisienne. Envers du décor: après tous les chants de sirènes des divers démocrates gauchistes nationaux et gauchistes arabes, avec drapeau au cul, la police continue à tuer dans les commissariats. Voilà ce qui attend les prolétaires qui se laissent bercer par les chants démocratiques bourgeois "nationaux", toujours plus de misère et de mitraille comme disait vous savez qui. Meilleure preuve hélas qu'il ne s'agit aucunement d'une révolution mais d'un jeu de chaises musicales dans l'appareil de domination de la bourgeoisie qui s'assoit avec le soutien de l'occident bourgeois sur un soulèvement de la misère. Preuve aussi que rien ne peut être changé sans une dissolution préliminaire des forces de police criminelles avec armement automatique du prolétariat, seule force honnête et auto-contrôlée pour empêcher le chaos, c'est à dire la continuité pour les massacreurs aux ordres de la bourgeoisie.
Et de la Tunisie à l'Egypte et ailleurs, c'est à dire même en Occident où les "frangins" de l'Etat - les syndicats - ces équivalents aux frères islamo-nationalistes, sont ultra silencieux par les temps qui courent. Mais cela pourrait-il étonner mes chers lecteurs internationalistes ici?
(Extrait du Figaro ce dimanche)
Quatre personnes ont été tuées samedi dans des affrontements entre des manifestants et des policiers dans la ville de Kef, dans le nord-ouest de la Tunisie, a-t-on appris de source syndicale et d'un habitant de Kef joints par téléphone.
Un précédent bilan, communiqué à l'AFP en début de soirée par une source syndicale et une source au ministère de l'Intérieur, faisait état de deux morts de trois blessés graves.
Deux des blessés graves, touchés par balles, ont succombé à leurs blessures, ont précisé à l'AFP selon ces sources.
D'après l'agence gouvernementale TAP, les manifestants voulaient le limogeage du chef de la police de la ville du Kef pour "abus de pouvoir dans l'exercice de ses fonctions".
Selon des sources syndicales jointes par l'AFP à Kef, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Kef pour réclamer le départ du commissaire Khaled Ghazouani.
La manifestation a dégénéré en affrontements lorsque ce dernier a giflé une manifestante, provoquant la colère de la foule qui a tenté de s'introduire dans le poste de police avant d'y mettre le feu.
La police a répliqué en tirant et deux manifestants, âgés de 19 ans et 49 ans, ont été tués sur le champ, selon ces sources. Trois autres manifestants avaient été grièvement blessés avant que deux d'entre-eux ne meurent.
Samedi soir, le calme était revenu à Kef et le chef de la police locale, Khaled Ghazouni, a été "placé en état d'arrestation", selon une source syndicale.
La veille, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté devant un poste de police de Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne dans le centre du pays, après la mort de deux personnes qui y étaient détenues.
Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a confirmé leur mort, affirmant qu'il s'agissait d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime du président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier.
Et de la Tunisie à l'Egypte et ailleurs, c'est à dire même en Occident où les "frangins" de l'Etat - les syndicats - ces équivalents aux frères islamo-nationalistes, sont ultra silencieux par les temps qui courent. Mais cela pourrait-il étonner mes chers lecteurs internationalistes ici?
(Extrait du Figaro ce dimanche)
Quatre personnes ont été tuées samedi dans des affrontements entre des manifestants et des policiers dans la ville de Kef, dans le nord-ouest de la Tunisie, a-t-on appris de source syndicale et d'un habitant de Kef joints par téléphone.
Un précédent bilan, communiqué à l'AFP en début de soirée par une source syndicale et une source au ministère de l'Intérieur, faisait état de deux morts de trois blessés graves.
Deux des blessés graves, touchés par balles, ont succombé à leurs blessures, ont précisé à l'AFP selon ces sources.
D'après l'agence gouvernementale TAP, les manifestants voulaient le limogeage du chef de la police de la ville du Kef pour "abus de pouvoir dans l'exercice de ses fonctions".
Selon des sources syndicales jointes par l'AFP à Kef, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Kef pour réclamer le départ du commissaire Khaled Ghazouani.
La manifestation a dégénéré en affrontements lorsque ce dernier a giflé une manifestante, provoquant la colère de la foule qui a tenté de s'introduire dans le poste de police avant d'y mettre le feu.
La police a répliqué en tirant et deux manifestants, âgés de 19 ans et 49 ans, ont été tués sur le champ, selon ces sources. Trois autres manifestants avaient été grièvement blessés avant que deux d'entre-eux ne meurent.
Samedi soir, le calme était revenu à Kef et le chef de la police locale, Khaled Ghazouni, a été "placé en état d'arrestation", selon une source syndicale.
La veille, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté devant un poste de police de Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne dans le centre du pays, après la mort de deux personnes qui y étaient détenues.
Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a confirmé leur mort, affirmant qu'il s'agissait d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime du président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier.
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