"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 1 novembre 2026

UNE GENERATION PEU REVOLUTIONNAIRE: LA GEN Z

     


 En lisant la prise de position du principal porte-parole des lycéens, le CCI – NOTRE FORCE –, j’ai eu des doutes sur ma perception de l’actuelle réalité sociale  évènementielle :

« Les images de saccages, de pillages et de destructions commises par une minorité ont tourné en boucle sur tous les écrans. Pourquoi les médias ne diffusent-ils pas une seule image de nos assemblées générales ? Pourquoi ils ne disent pas un mot de nos tracts et de nos actions qui cherchent à étendre le mouvement à toute la classe ouvrière ? Pourquoi les médias et le gouvernement ne font que parler des dégradations et des pillages ? Pourquoi la police gaze impitoyablement les cortèges et laisse faire les attaques contre les magasins ».

     Certes il y avait des doutes chez cet organisme lycéen, enfermé dans la cour d'école électorale, sur les possibilités de la colère :

«  Mais nous devons aussi avoir le courage et la lucidité de regarder en face la principale faiblesse de notre mouvement : pour l’instant, les travailleurs ne sont pas entrés en lutte. Il faut dire que les syndicats ont tout fait pour que le mouvement ne s’étende pas aux travailleurs, en appelant à une journée d’action… le 5 novembre ! C’est ce qui s’appelle un sabotage en règle ».

Très juste, au début la syndicratie jettait de l’eau froide. :

« À cause de cette faiblesse, le risque grandit de voir le mouvement emporté par la frustration et le désespoir, tomber dans le piège de l’action minoritaire et spectaculaire, chercher à en découdre avec la police, à s’emparer de tel ou tel lieu symbolique de pouvoir… C’est un piège ! Car sur le terrain de l’affrontement minoritaire, l’État sera toujours le plus fort : il a les armes, les effectifs, les tribunaux.

4. Il faut donc impérativement garder le cap :

– Nous recentrer sur ce qui nous unit tous, sur notre revendication commune : la lutte contre la précarité.

– Affirmer encore et encore que notre force, c’est notre unité et notre solidarité dans la lutte ».(…)

– Ne céder ni aux provocations policières ni aux manipulations médiatiques, et refuser que le mouvement sombre dans la violence stérile, qui décrédibilise, divise, isole »

UNE BOUSSOLLE POUR LA LUTTE DE CLASSE ?

Cela change du tout au tout quelques jours plus tard lors du fameux 17 octobre, la machination étatique est nettement démontrée :

    «… ceux des spectateurs les moins éclairés et qui n’avaient pas participé à la manifestation pouvaient penser que, ce jour-là, seules ces scènes de chaos avaient eu lieu et que les jeunes lycéens et les étudiants ne sont, sinon des «racailles» et des «casseurs», que des irresponsables qui n’encouragent rien d’autre que ces violences…. C’est d’ailleurs l’image d’un mouvement stérile et destructeur qu’ont pu véhiculer les médias à l’étranger, occultant la masse des manifestants, leurs revendications ainsi que toute référence à sa réalité porteuse d’espoir.

Cette campagne permettait alors à la bourgeoisie et aux défenseurs de l’ordre existant:

– de justifier la brutalité du maintien de l’ordre et de la terreur, la répression et les mutilations.

– d’imposer le couvre-feu et les interdictions de manifs.

– d’occulter totalement les revendications sans avoir à y répondre.

– de dissuader et de dégoûter les participants, de les diviser, d’empêcher le développement de la mobilisation… » .

    Je fus alors saisi de honte pour n’avoir compris que la première partie (la manip des barbouzes faux ultragauches). Je cherchais à me raisonner : pauvre petit individu isolé, tu es victime de la propagande étatique qui manipule si bien cette opinion publique composée de vieux cons babyboomers comme toi. Les gens « organisés » sont naturellement plus protégés contre le machiavélisme d’Etat, voire immunisés !

    Mais je me ressaisis bientôt en comparant la première position du groupe lycéen puis la deuxième : la première me sembla raisonnable mais la deuxième décevante, marquée par un emballement juvénile et la reprise des arguments gauchistes :

 

« Dès le début, afin de tenter de tuer dans l’œuf ce mouvement de colère, l’État procédait à une répression inouïe contre des jeunes de parfois 14 ou 15 ans, blessant et mutilant, multipliant les interpellations, les gardes à vue et des poursuites judiciaires à gogo sans discernement. Mais cette politique d’intimidation sauvage avec la volonté d’instaurer un climat de terreur pour dissuader les lycéens de lutter a, au contraire, suscité une large indignation et galvanisé ces derniers. Des jeunes de banlieue, de centre-ville, de petites villes de campagne, tous les enfants d’ouvriers luttaient désormais ensemble. Les parents, les professeurs, ont également témoigné leur solidarité et soutien aux jeunes, tout autant indignés et opposés à la violence et à la terreur de l’État démocratique ».

    Alors que les médias répercutent aimablement la dénonciation de la gauche radicale bourgeoise d’un « virage autoritaire », on nous amplifie la chose (ce qui se nomme argumentaire ultra +) le groupe lycéen mue en représentant de la classe ouvrière :

« Ne nous trompons pas: la terreur est l’arme de la bourgeoisie; la démocratie n’est qu’un masque posé sur la dictature du capital. Notre arme à nous, la classe ouvrière, est celle de la réflexion, de la solidarité et de l’extension massive des mouvements de lutte. Cela, les AG étudiantes le relayent sans cesse depuis un mois. Et c’est là que réside leur véritable force. C’est bien cela qui effraie la bourgeoisie. Ces AG, cette auto-organisation, portent en germe les luttes de demain, en France et à l’échelle internationale. C’est pour cela qu’elles sont tues dans les médias.

(…) les étudiants n’ont de cesse de vouloir prendre en main leurs AG et étendre le mouvement aux travailleurs. Parce que le mouvement étudiant porte en lui les germes d’une réflexion plus profonde au sein de la classe ouvrière, et que cela, l’État ne peut le tolérer. Alors pour éviter toute propagation de la réflexion et de la conscience, la bourgeoisie déploie tout son arsenal avec au centre: la politique de la terreur, politique qui traverse la rue, les tribunaux et se termine dans les médias.

Ainsi, lors des premiers blocages, lors des premières manifestations, lors des premières occupations de facultés, l’État a réprimé, a gazé, a mis la pression avec ses robocops surarmés pour « libérer» l’espace public. En réalité, c’est surtout pour nettoyer l’espace de toute réflexion et organisation, c’est faire peur pour dégoûter de lutter, c’est interdire l’accès à tout lieu de rassemblement pour empêcher toute réflexion collective. Pas de réflexion ni discussion possible dans les blocus lycéens ou manifestations : ils nassent, ils gazent, ils matraquent. Pas de lieu pour les AG car la bourgeoisie apprend et ne fait pas la même erreur qu’en 2006 où les étudiants tenaient leurs AG au sein même des amphithéâtres: elle ferme les facultés et vire les étudiants à coups de charge de CRS ».

    Hé oui ! Il te suffisait d’ouvrir les yeux et pas te laisser absorber par leur propagande vicieuse cachant la réalité des luttes étudiantes et lycéennes, en outre si sévèrement réprimées… Pourtant la boussole me sembla bien déglinguée :

« Le mouvement en France est, aujourd’hui, l’épicentre des luttes du prolétariat mondial. Non pas du seul fait qu’il constitue une source d’inspiration puissante, (…) Il n’est que le début d’un processus ouvert sur le long terme qui contient en germe les conditions de la grève de masse révolutionnaire ».

    Or, tout cet enthousiasme de très vieux lycéens, en se contentant de la version d’un État fort, n’explique rien et surtout radote une analyse ancienne bien antérieure à la GEN Z. Malgré ses manœuvres « machiavéliques »,l’Etat français est affaibli. Ce qui ne signifie pas qu’il l’est au plan du contrôle social. Pas dans le méchant gouvernement seul, et même pas essentiellement. La est ke gros caillou dans le pied du CCI. C’est le plus gênant dans la démonstration dythyrambique : pas un mot sur la clique à Mélenchon. D’ailleurs le blog du lider Minimo est très bien fait ; le mien et celui du CCI, font amateurs sans moyens. Mais qui encourage la violence des racailles ? D’où viennent la plupart ? »

LE MONDE procède du même enthousiasme, sauf qu’il omet de souligner la victoire « pacifiste » du gouvernement, bien au-dessus de celle vantée par nos braves syndicalistes lycéens cornaqués par leur célèbre héros Mélenchon :

    « Lorsque, dans le courant de la journée, le fantasme des violences incontrôlables s’est dégonflé, la réalité est apparue, sobre et sèche : la mobilisation reste forte, malgré les craintes, malgré l’usure. Les manifestants demeurent concentrés sur leurs revendications initiales, semaine après semaine, de plus en plus préoccupés néanmoins par les entraves et les intimidations des pouvoirs publics. Quant à la « nuit des ténèbres », elle n’aura été marquée que par divers affrontements en début de soirée ».

    Sur le terrain, toutefois, la leçon est intéressante pour les lycéens naïfs – dont beaucoup se joignent gaiement aux casseurs (ce que la gauche bourgeoise paternaliste feint d’ignorer) qui croient que la démocratie n’est que le droit de gentiment manifester, et en passant de casser « les banques des riches) :

    « Les forces de l’ordre attendent dès le matin, de pied ferme, d’éventuels contrevenants. Les mêmes phénomènes seront observés dans d’autres villes, à Lyon ou Grenoble notamment. A chaque fois, les mêmes scènes : les passants jeunes sont fouillés, parfois verbalisés (près de 6 000 personnes seront contrôlées à Paris). Des sacs à dos, on sort les objets que les forces de l’ordre confisquent : masques chirurgicaux en papier, micro-dosettes de sérum physiologique, l’occasionnel gilet jaune. Maigre butin insurrectionnel ». Il est vrai que le pâle terroriste Nunez, bien que nul, a rgi que le port d’un masque d’Halloween fait encourir « une peine d’un an de prison ». Toutes les mères de France ont immédiatement protesté contre cette possible rafle de milliers d’enfants, à la suite de Ségolène Royal très indignée qu’on ait tapé sur le crâne de nos enfants de 14-15 ans bien que ses propres enfants aient été invisibles dans les cortèges déambulatoires.

     Le résumé de la conscience moyenne des kycéens est fort bien décrit par Le Monde de la gauche caviargrâce à des citations : « faut qu’on « comprenne ce que ça veut dire de ne pas se sentir en sécurité quand un tireur raciste veut vous tuer ». Elle enrage, aussi, de voir se profiler une vie croupion, sans débouché. « C’est pour ça qu’on est là. Moi je m’en fous des pillages, je veux qu’on change la vie pour nos enfants, je veux la guerre ». «  La guerre, vraiment ? « Oui, enfin que ça pète, que quelque chose arrive. »

« Le cortège s’enflamme au moment de l’arrivée d’un petit état-major de La France insoumise (LFI), Rima Hassan, Manon Aubry et Jean-Luc Mélenchon. Ça hurle, on se grimpe dessus, tout le monde veut sa photo. On scande : « Mélenchon président ».: « La jeunesse emmerde le Front national. » L’attentat raciste de Trappes a été le « déclencheur. Les motards de la Brav-M passent à travers les manifestants mais, surprise, ne matraquent pas cette fois-ci. La peur instillée est suffisante pour décourager peu à peu les moins endurcis. Un groupe de très jeunes gens venus de Drancy (Seine-Saint-Denis). Ils soutiennent avoir 15 ans, certains en paraissent 12. « C’est vraiment là, Bastille ? », demande l’un en montrant la colonne. C’est la deuxième fois qu’il vient à Paris, à quelques stations de RER de chez lui. Un autre était déjà venu deux fois voir un cousin. Ils sont perdus, vont et viennent d’un barrage à l’autre, yeux écarquillés, tremblants d’excitation et de frousse. « On voulait voir en vrai », glisse l’un. « Moi je me demandais si c’était pas des histoires inventées par les télés. »

Nos très vieux lycéens, qui l’exalte comme boussole cde la lutte de classe ne voient pas du tout les inconvénients de la génération Z ?

    De nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à l'incertitude quant à la carrière qu'ils souhaitent poursuivre. Même si il n'y a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de constater, que les offres d'emploi sont à peu près les mêmes qu'il y a quelques années.

   Ils recherchent un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, plaçant le plaisir et l'épanouissement au cœur de leurs préoccupations. Plutôt que de s'engager dans des carrières linéaires, ils préfèrent des missions variées qui leur permettent de développer leurs compétences tout en évitant la monotonie. La génération Z est souvent critiquée pour être plus asociale, individualiste et réactionnaire que les générations précédentes .

    Certaines études montrent par ailleurs que la génération Z est plus encline à quitter un poste rapidement si elle estime que ses valeurs sont compromises. La fidélité à une entreprise ne se gagne plus par l'ancienneté, mais par la qualité de l'expérience vécue au quotidien et l'alignement avec leurs idéaux.

    Ils sont soudés à leur téléphone (encore plus que la génération Y) mais privilégient les discussions en personne au travail. L'un n'empêche pas l'autre! Ils sont de grands consommateurs des produits technologiques ludiques (dont les consoles de jeu).

Quels sont les inconvénients de la génération Z ?

    De nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à l'incertitude quant à la carrière qu'ils souhaitent poursuivre. Même si il n'y a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de constater, que les offres d'emploi sont à peu près les mêmes qu'il y a quelques années. La génération Z — ou Gen Z dans la presse —, souvent appelée les zoomers, regroupe les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, généralement entre 1997 et 2012. Elle succède à la génération Y et précède la génération Alpha. A cause de la technologie, la jeune génération perd une compétence centrale que l'humanité développe depuis 5500 ans. À l'heure où les messages sont fragmentés, instantanés et souvent limités à quelques mots ou émojis, une génération entière s'éloigne d'un outil fondamental de réflexion. De nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à l’incertitude quant à la carrière qu’ils souhaitent poursuivre. Même si il n’y a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de constater, que les offres d’emploi sont à peu près les mêmes qu’il y a quelques années. Cependant, le coût de la vie augmente et en particulier en terme d’immobilier. De ce fait, la génération Z subit une pression accrue pour trouver non seulement un emploi mais de plus économiquement avantageux. Avec de plus des exigences pour le trouver épanouissant mentalement et émotionnellement.

Le jeune essayiste Pierre Valentn, brocardé comme conservateur, premier dénonciateur du wokisme, note  que la gen Z est fascinée par l’engagement religieux. Nombre de ses constats se vérifient. Les  émeutes d’octobre ne résultent pas duqui relèvent à la fois de préoccupations sans doute sincères pour certains, mais résultent pas d’une seule manipp ou perte de contrôle des syndicats, qui, plutôt, laissent faire. Ce n’est nullement un signe de radicalité la porosité anarchique des réseaux sociaux qui n’obéissent pas à  des soucis de classe.

« Le numérique favorise une sorte de conformisme des niches, soit une perte de références partagées en même temps que le renforcement des références internes à une « communauté ». Ces références périment vite, devenant plus difficiles à « suivre » ; ainsi, la question fatidique « t’as pas la réf ? » devient une menace permanente. »

Il n’y avait qu’à observer, une fois de plus, les foules de téléphones portables de lycéens orientés avec délectation vers les scènes d’agitation ou de violence pour s’en convaincre. Enfin il se passait quelque chose, il y avait du spectacle, on avait des images sensationnelles à transmettre à son entourage ou à diffuser sur les réseaux sociaux dans l’espoir de « faire des vues ». Pierre Valentin partage le constat désormais assez unanime de l’impact indéniable des smartphones et des réseaux sociaux sur les pathologies mentales. Il est plus intéresszant de filmer des CRS qui tapent sur un manifestant que de venir à son secours.

« En nous rendant dépendants des plaisirs rapides et continus, les smartphones nous rendent peu à peu incapables des longs efforts prolongés qui permettent l’accomplissement d’une de ces tâches exigeantes qui seules confèrent l’estime de soi – comme le fait de savoir maîtriser un instrument ou une discipline sportive, de suivre un cours ou une conférence, de peindre un tableau, etc. »

Le début de pratique du dépôt des smartphones dans des endroits qui leur sont dédiés avant le commencement d’un cours, depuis la rentrée 2026, semble assez concluant de ce point de vue, même s’il est sans doute encore un peu tôt pour s’en réjouir trop vite et en attendre des miracles. Il a au moins pour effet de stopper momentanément le flux permanent des notifications et autres sollicitations qui nuisent à la pensée continue et à la concentration.

LA CULTURE DE L’EXCUSE NOUVEAU BIBERON DE LA GAUCHE REFORMISTE RADICALE

    Pierre Valentin  semble notamment inspiré, entre autres, par les analyses de celui qu’il présente lui-même comme un « philosophe antilibéral », Jean-Claude Michéa.  Il faut dire que « libéral » est trop souvent confondu avec « libertaire » ou avec liberal au sens américain, ce qui en est assez différent. Pierre Valentin présente la manière dont une sorte de « paternalisme thérapeutique » a été mise en place pour répondre aux problèmes de santé mentale de cette génération et à la crise de la modernité, pour reprendre un concept pas tout à fait nouveau, doublée d’une crise morale et de l’éducation dérivée en partie de la pensée 68. On est dans l’ordre de la décomposition caîtaliste comme semble l’oublier le CCI, où les images nous montrent surtot ses lyécens scotchés à leur portable, photographiant plus pour communiquer avec les potes restés à la maison que pour duiscuter de perspectives ou d’objectifs avec les autres déambulateurs avec leurs pancartes en carton dont certaines sont vraiment débiles. L’autorité thérapeutique a alors eu tendance à prendre le dessus sur la responsabilité de l’éducation parentale et de celle de l’école, déresponsabilisant les uns et les autres et entretenant une culture de la permissivité dénuée de limites, dans laquelle on n’apprend plus vraiment à l’enfant à contrôler ses pulsions. Le problème devient préoccupant à mesure que se développe, à la suite de cela, une véritable culture de l’excuse.

    « Désormais, comme le narre Shrier, dans de nombreuses écoles aux États-Unis, les conseillers scolaires (les « avocats » des élèves à l’école) font pression sur les enseignants pour qu’ils acceptent d’excuser les retards ou les absences, qu’ils pardonnent les devoirs manqués, qu’ils autorisent un élève à se promener dans l’école en plein cours, qu’ils revoient les notes à la hausse, qu’ils réduisent ou suppriment les exigences en matière de devoirs, qu’ils proposent des examens oraux au lieu d’examens écrits à des élèves qui parfois ne disposent même pas de diagnostic officiel. Dans certains cas extrêmes, tant que les élèves citaient leur « santé mentale » comme force explicative, tout comportement pouvait être excusé, voire explicitement encouragé. »

      Le repli sur soi devient tel qu’on ne supporte plus la moindre frustration et la moindre contrariété. C’est ainsi – et Pierre Valentin paraît presque prémonitoire en l’écrivant – que « toute réaction des forces de l’ordre lors d’une manifestation militante, même violente, et toute volonté de maîtrise de ses pulsions se voient condamnées ou tournées en dérision (…). Le plus étonnant reste que cette mise au ban réputationnelle de « l’austérité » et de la « répression » survient alors même que nous sommes bien éloignés de l’ordre moral et de la frugalité des années 1950, que notre modèle économique est plus « stato-consumériste » que jamais, et que l’idéal de la jouissance pour tous est devenu la promesse culturelle décisive, appuyée par plus d’un demi-siècle de culture publicitaire ».

Il ajoute d’ailleurs un point très révélateur de notre état d’esprit bien français : « Cette volonté de voir toutes ses demandes exécutées dans et par ce cocon finit fatalement par déborder dans la sphère publique, sous la forme de réclamations déposées par l’individu contre un État qui ne sera jamais assez nourricier. »

    Car cette génération est aussi celle de tous les paradoxes et de toutes les contradictions. En manque de repères, elle ne dispose pas des enseignements du passé, ne conçoit pas le monde qui l’a précédée, semble se situer dans un présent permanent où tout semble dû, où la éléments documentés et détaillés, abordant aussi les contradictions politiques, sociétales et interpersonnelles, ainsi que la place de l’État dans l’esprit de cette jeunesse par ailleurs fragmentée et dont les rapports humains sont compliqués à plus d’un titre, évoluant entre narcissisme, complotisme, conformisme et rapports ambigus à l’autorité.

Un présent permanent où tout semble dû, où la sécurité et le confort psychique prennent le pas sur la liberté.

Le groupe vieux lycéens seul à défendre depuis plus de 50 ans la vision de la décadence de la société capitaliste, laisse de côté son analyse (juste) de la phase de décomposition au premier pétard lycéen.

 


En Allemagne la révolte étudiante, bien que hétéroclite (comme en France) s’avère plus politique surtout face la la préparation à la guerre

    Les manifestants avaient répondu à l’appel du mouvement GenZ Regelt (« la génération Z décide »), une formation se définissant elle-même comme « un groupe très hétéroclite de jeunes », selon Kaja Schwab, l’une de ses porte-parole, étudiante en sciences sociales à l’université Humboldt de Berlin, âgée de 23 ans.

« Dans de nombreux pays, la jeunesse fait entendre sa voix, avait expliqué, la veille, lors d’un échange avec des journalistes étrangers, Veronika Dinter, également porte-parole du mouvement à Berlin. Par exemple, en France, en Albanie, en Italie, en Inde et désormais aussi en Serbie, où elle remporte un grand succès politique. Et en Allemagne aussi, nous, les jeunes, commençonsdésormais à nous lever et à nous battre pour notre avenir. »

    Si les organisateurs ont revendiqué explicitement une filiation avec le mouvement des lycéens en France, les lycéens allemands avaient, eux, préféré se tenir à l’écart des rassemblements de samedi, disant craindre une récupération politique, des débordements, et surtout un manque de lisibilité dans l’organisation.

« Les structures organisationnelles [de GenZ Regelt] nous paraissent extrêmement opaques », avait expliqué Amy Kirchhoff, secrétaire générale de la Conférence fédérale des élèves, jeudi 29 octobre. Les lycéens allemands se joindront toutefois aux manifestations du 20 novembre, annoncées un peu partout en Europe.

Les médias et politiques allemands, citant des sources policières ou de renseignement, avaient de fait alerté sur un risque de tensions et de violence dans les cortèges, annonçant un important dispositif policier. Les manifestations se sont toutefois déroulées de façon pacifique pour l’essentiel, même si des canons à eau ont été utilisés à Hambourg et à Cologne. A Berlin, où des dizaines de camions de police étaient postés autour de la porte de Brandebourg, lieu du rassemblement, les forces de l’ordre ont compté environ 5 000 manifestants, contre un peu plus de 12 000 estimés par GenZ Regelt.

Un sujet d’inquiétude

A Berlin, dans un cortège composé principalement d’étudiants, on apercevait aussi bien des drapeaux du parti de gauche radicale Die Linke que celui de La France insoumise, des drapeaux rouges marqués de la faucille et du marteau, ou encore des drapeaux palestiniens. Mais c’est la question du service militaire et du réarmement qui a semblé concentrer les inquiétudes, comme résumé par différentes pancartes : « Service militaire ? Non merci », « De l’argent pour les systèmes sociaux plutôt que pour la guerre », « Tous dans la rue plutôt que sur le champ de bataille ».

« La raison principale pour laquelle je suis là, c’est à cause de la militarisation en cours dans le pays et de tout l’argent mis dans les armes plutôt que dans les écoles et le système social ou la santé », explique un jeune homme de 24 ans qui fait des études d’ingénieur et ne veut pas donner son nom. A l’initiative de Friedrich Merz, le Parlement allemand a en effet voté, en mars 2025, une ambitieuse réforme constitutionnelle autorisant le recours à l’endettement pour financer le réarmement du pays, pour lequel des centaines de milliards d’euros doivent être investis.

 

 

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