En lisant la prise de position du principal porte-parole des lycéens, le CCI – NOTRE FORCE –, j’ai eu des doutes sur ma perception de l’actuelle réalité sociale évènementielle :
« Les images de saccages, de
pillages et de destructions commises par une minorité ont tourné en boucle sur
tous les écrans. Pourquoi les médias ne diffusent-ils pas une seule image de
nos assemblées générales ? Pourquoi ils ne disent pas un mot de nos tracts et
de nos actions qui cherchent à étendre le mouvement à toute la classe
ouvrière ? Pourquoi les médias et le gouvernement ne font que parler des
dégradations et des pillages ? Pourquoi la police gaze impitoyablement les
cortèges et laisse faire les attaques contre les magasins ».
Certes il y avait des doutes chez cet organisme lycéen, enfermé dans la cour d'école électorale, sur les possibilités de la colère :
« Mais nous devons aussi avoir le courage et la lucidité de regarder en face la principale faiblesse de notre mouvement : pour l’instant, les travailleurs ne sont pas entrés en lutte. Il faut dire que les syndicats ont tout fait pour que le mouvement ne s’étende pas aux travailleurs, en appelant à une journée d’action… le 5 novembre ! C’est ce qui s’appelle un sabotage en règle ».
Très juste, au début la syndicratie
jettait de l’eau froide. :
« À cause de cette
faiblesse, le risque grandit de voir le mouvement emporté par la frustration et
le désespoir, tomber dans le piège de l’action minoritaire et spectaculaire,
chercher à en découdre avec la police, à s’emparer de tel ou tel lieu
symbolique de pouvoir… C’est un piège ! Car sur le terrain de l’affrontement
minoritaire, l’État sera toujours le plus fort : il a les armes, les effectifs,
les tribunaux.
4. Il faut donc impérativement
garder le cap :
– Nous recentrer sur ce qui
nous unit tous, sur notre revendication commune : la lutte contre la
précarité.
– Affirmer encore et encore
que notre force, c’est notre unité et notre solidarité dans la lutte ».(…)
– Ne céder ni aux provocations policières ni aux manipulations médiatiques, et refuser que le mouvement sombre dans la violence stérile, qui décrédibilise, divise, isole »
UNE BOUSSOLLE POUR LA LUTTE DE CLASSE ?
Cela
change du tout au tout quelques jours plus tard lors du fameux 17 octobre, la
machination étatique est nettement démontrée :
«… ceux des spectateurs les
moins éclairés et qui n’avaient pas participé à la manifestation pouvaient
penser que, ce jour-là, seules ces scènes de chaos avaient eu lieu et que les
jeunes lycéens et les étudiants ne sont, sinon des «racailles» et des «casseurs»,
que des irresponsables qui n’encouragent rien d’autre que ces violences…. C’est
d’ailleurs l’image d’un mouvement stérile et destructeur qu’ont pu véhiculer
les médias à l’étranger, occultant la masse des manifestants, leurs
revendications ainsi que toute référence à sa réalité porteuse d’espoir.
Cette campagne permettait alors
à la bourgeoisie et aux défenseurs de l’ordre existant:
– de justifier la brutalité
du maintien de l’ordre et de la terreur, la répression et les mutilations.
– d’imposer le couvre-feu
et les interdictions de manifs.
– d’occulter totalement les
revendications sans avoir à y répondre.
– de dissuader et de dégoûter les participants, de les diviser, d’empêcher le développement de la mobilisation… » .
Je fus alors saisi de honte pour n’avoir compris que la première partie (la manip des barbouzes faux ultragauches). Je cherchais à me raisonner : pauvre petit individu isolé, tu es victime de la propagande étatique qui manipule si bien cette opinion publique composée de vieux cons babyboomers comme toi. Les gens « organisés » sont naturellement plus protégés contre le machiavélisme d’Etat, voire immunisés !
Mais je me ressaisis bientôt en
comparant la première position du groupe lycéen puis la deuxième : la
première me sembla raisonnable mais la deuxième décevante, marquée par un emballement
juvénile et la reprise des arguments gauchistes :
« Dès le début, afin de tenter de tuer dans l’œuf ce mouvement de colère, l’État procédait à une répression inouïe contre des jeunes de parfois 14 ou 15 ans, blessant et mutilant, multipliant les interpellations, les gardes à vue et des poursuites judiciaires à gogo sans discernement. Mais cette politique d’intimidation sauvage avec la volonté d’instaurer un climat de terreur pour dissuader les lycéens de lutter a, au contraire, suscité une large indignation et galvanisé ces derniers. Des jeunes de banlieue, de centre-ville, de petites villes de campagne, tous les enfants d’ouvriers luttaient désormais ensemble. Les parents, les professeurs, ont également témoigné leur solidarité et soutien aux jeunes, tout autant indignés et opposés à la violence et à la terreur de l’État démocratique ».
Alors que les médias répercutent aimablement la dénonciation de la gauche radicale bourgeoise d’un « virage autoritaire », on nous amplifie la chose (ce qui se nomme argumentaire ultra +) le groupe lycéen mue en représentant de la classe ouvrière :
« Ne nous trompons pas: la terreur est l’arme de la bourgeoisie; la démocratie n’est qu’un masque posé sur la dictature du capital. Notre arme à nous, la classe ouvrière, est celle de la réflexion, de la solidarité et de l’extension massive des mouvements de lutte. Cela, les AG étudiantes le relayent sans cesse depuis un mois. Et c’est là que réside leur véritable force. C’est bien cela qui effraie la bourgeoisie. Ces AG, cette auto-organisation, portent en germe les luttes de demain, en France et à l’échelle internationale. C’est pour cela qu’elles sont tues dans les médias.
(…) les étudiants n’ont de cesse
de vouloir prendre en main leurs AG et étendre le mouvement aux travailleurs.
Parce que le mouvement étudiant porte en lui les germes d’une réflexion plus
profonde au sein de la classe ouvrière, et que cela, l’État ne peut le tolérer.
Alors pour éviter toute propagation de la réflexion et de la conscience, la
bourgeoisie déploie tout son arsenal avec au centre: la politique de la
terreur, politique qui traverse la rue, les tribunaux et se termine dans les
médias.
Ainsi, lors des premiers blocages, lors des premières manifestations, lors des premières occupations de facultés, l’État a réprimé, a gazé, a mis la pression avec ses robocops surarmés pour « libérer» l’espace public. En réalité, c’est surtout pour nettoyer l’espace de toute réflexion et organisation, c’est faire peur pour dégoûter de lutter, c’est interdire l’accès à tout lieu de rassemblement pour empêcher toute réflexion collective. Pas de réflexion ni discussion possible dans les blocus lycéens ou manifestations : ils nassent, ils gazent, ils matraquent. Pas de lieu pour les AG car la bourgeoisie apprend et ne fait pas la même erreur qu’en 2006 où les étudiants tenaient leurs AG au sein même des amphithéâtres: elle ferme les facultés et vire les étudiants à coups de charge de CRS ».
Hé oui ! Il te suffisait d’ouvrir les yeux et pas te laisser absorber par leur propagande vicieuse cachant la réalité des luttes étudiantes et lycéennes, en outre si sévèrement réprimées… Pourtant la boussole me sembla bien déglinguée :
« Le mouvement en France est, aujourd’hui, l’épicentre des luttes du prolétariat mondial. Non pas du seul fait qu’il constitue une source d’inspiration puissante, (…) Il n’est que le début d’un processus ouvert sur le long terme qui contient en germe les conditions de la grève de masse révolutionnaire ».
Or, tout cet enthousiasme de très vieux lycéens, en se contentant de la
version d’un État fort, n’explique rien et surtout radote une analyse ancienne
bien antérieure à la GEN Z. Malgré ses manœuvres « machiavéliques »,l’Etat
français est affaibli. Ce qui ne signifie pas qu’il l’est au plan du contrôle social.
Pas dans le méchant gouvernement seul, et même pas essentiellement. La est ke
gros caillou dans le pied du CCI. C’est le plus gênant dans la démonstration
dythyrambique : pas un mot sur la clique à Mélenchon. D’ailleurs le blog
du lider Minimo est très bien fait ; le mien et celui du CCI, font
amateurs sans moyens. Mais qui encourage la violence des racailles ? D’où
viennent la plupart ? »
LE MONDE procède du même enthousiasme, sauf qu’il omet de souligner la
victoire « pacifiste » du gouvernement, bien au-dessus de celle
vantée par nos braves syndicalistes lycéens cornaqués par leur célèbre héros
Mélenchon :
« Lorsque, dans
le courant de la journée, le fantasme des violences incontrôlables s’est
dégonflé, la réalité est apparue, sobre et sèche : la mobilisation reste
forte, malgré les craintes, malgré l’usure. Les manifestants demeurent
concentrés sur leurs revendications initiales, semaine après semaine, de plus
en plus préoccupés néanmoins par les entraves et les intimidations des pouvoirs
publics. Quant à la « nuit des ténèbres », elle n’aura été marquée
que par divers affrontements en début de soirée ».
Sur le terrain, toutefois,
la leçon est intéressante pour les lycéens naïfs – dont beaucoup se joignent
gaiement aux casseurs (ce que la gauche bourgeoise paternaliste feint d’ignorer)
qui croient que la démocratie n’est que le droit de gentiment manifester, et en
passant de casser « les banques des riches) :
« Les forces de
l’ordre attendent dès le matin, de pied ferme, d’éventuels contrevenants. Les
mêmes phénomènes seront observés dans d’autres villes, à Lyon ou Grenoble
notamment. A chaque fois, les mêmes scènes : les passants jeunes sont
fouillés, parfois verbalisés (près de 6 000 personnes seront
contrôlées à Paris). Des sacs à dos, on sort les objets que les forces de
l’ordre confisquent : masques chirurgicaux en papier, micro-dosettes de
sérum physiologique, l’occasionnel gilet jaune. Maigre butin insurrectionnel ».
Il est vrai que le pâle terroriste Nunez, bien que nul, a rgi que le port d’un
masque d’Halloween fait encourir « une peine d’un an de prison ».
Toutes les mères de France ont immédiatement protesté contre cette possible
rafle de milliers d’enfants, à la suite de Ségolène Royal très indignée qu’on
ait tapé sur le crâne de nos enfants de 14-15 ans bien que ses propres enfants
aient été invisibles dans les cortèges déambulatoires.
Le résumé de la
conscience moyenne des kycéens est fort bien décrit par Le Monde de la gauche caviargrâce à des
citations : « faut qu’on « comprenne ce que ça veut
dire de ne pas se sentir en sécurité quand un tireur raciste veut vous
tuer ». Elle enrage, aussi, de voir se profiler une vie croupion,
sans débouché. « C’est pour ça qu’on est là. Moi je m’en fous des pillages,
je veux qu’on change la vie pour nos enfants, je veux la guerre ». « La
guerre, vraiment ? « Oui, enfin que ça pète, que quelque chose arrive. »
« Le
cortège s’enflamme au moment de l’arrivée d’un petit état-major de La France
insoumise (LFI), Rima Hassan, Manon Aubry et Jean-Luc Mélenchon. Ça hurle, on
se grimpe dessus, tout le monde veut sa photo. On scande :
« Mélenchon président ».: « La jeunesse emmerde le
Front national. » L’attentat raciste de Trappes a été le « déclencheur. Les motards de la Brav-M passent à
travers les manifestants mais, surprise, ne matraquent pas cette fois-ci. La
peur instillée est suffisante pour décourager peu à peu les moins endurcis. Un groupe de très jeunes gens venus de Drancy
(Seine-Saint-Denis). Ils soutiennent avoir 15 ans, certains en paraissent
12. « C’est vraiment là, Bastille ? », demande l’un en
montrant la colonne. C’est la deuxième fois qu’il vient à Paris, à quelques
stations de RER de chez lui. Un autre était déjà venu deux fois voir un cousin.
Ils sont perdus, vont et viennent d’un barrage à l’autre, yeux écarquillés,
tremblants d’excitation et de frousse. « On voulait voir en
vrai », glisse l’un. « Moi je me demandais si
c’était pas des histoires inventées par les télés. »
Nos très vieux lycéens, qui l’exalte comme boussole
cde la lutte de classe ne voient pas du tout les inconvénients de la génération
Z ?
De
nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à
l'incertitude quant à la carrière qu'ils souhaitent poursuivre. Même si il n'y
a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de
constater, que les offres d'emploi sont à peu près les mêmes qu'il y a quelques
années.
Ils
recherchent un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, plaçant le
plaisir et l'épanouissement au cœur de leurs préoccupations. Plutôt que de
s'engager dans des carrières linéaires, ils préfèrent des missions variées qui
leur permettent de développer leurs compétences tout en évitant la monotonie. La génération Z est souvent
critiquée pour être plus asociale, individualiste et réactionnaire que les
générations précédentes .
Certaines études
montrent par ailleurs que la génération Z est plus encline à quitter un poste
rapidement si elle estime que ses valeurs sont compromises. La fidélité à une
entreprise ne se gagne plus par l'ancienneté, mais par la qualité de
l'expérience vécue au quotidien et l'alignement avec leurs idéaux.
Ils sont soudés à
leur téléphone (encore plus que la génération Y) mais privilégient les
discussions en personne au travail. L'un n'empêche pas l'autre! Ils sont de
grands consommateurs des produits technologiques ludiques (dont les consoles de
jeu).
Quels sont les inconvénients
de la génération Z ?
De
nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à
l'incertitude quant à la carrière qu'ils souhaitent poursuivre. Même si il n'y
a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de
constater, que les offres d'emploi sont à peu près les mêmes qu'il y a quelques
années. La
génération Z — ou Gen Z dans la presse —, souvent appelée les zoomers, regroupe
les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010,
généralement entre 1997 et 2012. Elle succède à la génération Y et précède la
génération Alpha. A
cause de la technologie, la jeune génération perd une compétence centrale que
l'humanité développe depuis 5500 ans. À l'heure où les messages sont
fragmentés, instantanés et souvent limités à quelques mots ou émojis, une
génération entière s'éloigne d'un outil fondamental de réflexion. De
nombreuses personnes de la génération Z sont confrontées au stress et à
l’incertitude quant à la carrière qu’ils souhaitent poursuivre. Même si il n’y
a pas de changements majeurs dans les emplois proposés. En effet, force est de
constater, que les offres d’emploi sont à peu près les mêmes qu’il y a quelques
années. Cependant, le coût de la vie augmente et en particulier en terme
d’immobilier. De ce fait, la génération Z subit une pression accrue pour
trouver non seulement un emploi mais de plus économiquement avantageux. Avec de
plus des exigences pour le trouver épanouissant mentalement et
émotionnellement.
Le jeune essayiste Pierre Valentn, brocardé comme conservateur, premier dénonciateur du wokisme, note que la gen Z est fascinée par l’engagement religieux. Nombre de ses constats se vérifient. Les émeutes d’octobre ne résultent pas duqui relèvent à la fois de préoccupations sans doute sincères pour certains, mais résultent pas d’une seule manipp ou perte de contrôle des syndicats, qui, plutôt, laissent faire. Ce n’est nullement un signe de radicalité la porosité anarchique des réseaux sociaux qui n’obéissent pas à des soucis de classe.
« Le numérique favorise
une sorte de conformisme des niches, soit une perte de références partagées en
même temps que le renforcement des références internes à une
« communauté ». Ces références périment vite, devenant plus
difficiles à « suivre » ; ainsi, la question fatidique
« t’as pas la réf ? » devient une menace permanente. »
Il n’y avait qu’à observer, une fois de plus, les foules de téléphones portables de lycéens orientés avec délectation vers les scènes d’agitation ou de violence pour s’en convaincre. Enfin il se passait quelque chose, il y avait du spectacle, on avait des images sensationnelles à transmettre à son entourage ou à diffuser sur les réseaux sociaux dans l’espoir de « faire des vues ». Pierre Valentin partage le constat désormais assez unanime de l’impact indéniable des smartphones et des réseaux sociaux sur les pathologies mentales. Il est plus intéresszant de filmer des CRS qui tapent sur un manifestant que de venir à son secours.
« En nous rendant dépendants des plaisirs rapides et continus, les smartphones nous rendent peu à peu incapables des longs efforts prolongés qui permettent l’accomplissement d’une de ces tâches exigeantes qui seules confèrent l’estime de soi – comme le fait de savoir maîtriser un instrument ou une discipline sportive, de suivre un cours ou une conférence, de peindre un tableau, etc. »
Le début de pratique du dépôt des smartphones dans des endroits qui leur sont dédiés avant le commencement d’un cours, depuis la rentrée 2026, semble assez concluant de ce point de vue, même s’il est sans doute encore un peu tôt pour s’en réjouir trop vite et en attendre des miracles. Il a au moins pour effet de stopper momentanément le flux permanent des notifications et autres sollicitations qui nuisent à la pensée continue et à la concentration.
LA CULTURE DE L’EXCUSE NOUVEAU BIBERON DE LA GAUCHE REFORMISTE RADICALE
Pierre Valentin semble notamment inspiré, entre autres, par
les analyses de celui qu’il présente lui-même comme un « philosophe
antilibéral », Jean-Claude Michéa. Il faut dire que « libéral » est
trop souvent confondu avec « libertaire » ou avec liberal au sens américain, ce qui en est assez différent.
Pierre Valentin présente la manière dont une sorte de « paternalisme
thérapeutique » a été mise en place pour répondre aux problèmes de santé
mentale de cette génération et à la crise de la modernité, pour reprendre un
concept pas tout à fait nouveau, doublée d’une crise morale et de l’éducation
dérivée en partie de la pensée 68. On est dans l’ordre de la décomposition
caîtaliste comme semble l’oublier le CCI, où les images nous montrent surtot ses
lyécens scotchés à leur portable, photographiant plus pour communiquer avec les
potes restés à la maison que pour duiscuter de perspectives ou d’objectifs avec
les autres déambulateurs avec leurs pancartes en carton dont certaines sont
vraiment débiles. L’autorité thérapeutique a alors eu tendance à prendre le
dessus sur la responsabilité de l’éducation parentale et de celle de l’école,
déresponsabilisant les uns et les autres et entretenant une culture de la
permissivité dénuée de limites, dans laquelle on n’apprend plus vraiment à
l’enfant à contrôler ses pulsions. Le problème devient préoccupant à mesure que
se développe, à la suite de cela, une véritable culture de l’excuse.
« Désormais, comme le narre Shrier, dans de
nombreuses écoles aux États-Unis, les conseillers scolaires (les
« avocats » des élèves à l’école) font pression sur les enseignants
pour qu’ils acceptent d’excuser les retards ou les absences, qu’ils pardonnent
les devoirs manqués, qu’ils autorisent un élève à se promener dans l’école en
plein cours, qu’ils revoient les notes à la hausse, qu’ils réduisent ou
suppriment les exigences en matière de devoirs, qu’ils proposent des examens
oraux au lieu d’examens écrits à des élèves qui parfois ne disposent même pas
de diagnostic officiel. Dans certains cas extrêmes, tant que les élèves
citaient leur « santé mentale » comme force explicative, tout
comportement pouvait être excusé, voire explicitement encouragé. »
Il ajoute d’ailleurs un point très révélateur de notre état d’esprit bien français : « Cette volonté de voir toutes ses demandes exécutées dans et par ce cocon finit fatalement par déborder dans la sphère publique, sous la forme de réclamations déposées par l’individu contre un État qui ne sera jamais assez nourricier. »
Car cette génération est aussi celle de tous les
paradoxes et de toutes les contradictions. En manque de repères, elle ne
dispose pas des enseignements du passé, ne conçoit pas le monde qui l’a
précédée, semble se situer dans un présent permanent où tout semble dû, où la éléments
documentés et détaillés, abordant aussi les contradictions politiques,
sociétales et interpersonnelles, ainsi que la place de l’État dans l’esprit de
cette jeunesse par ailleurs fragmentée et dont les rapports humains sont
compliqués à plus d’un titre, évoluant entre narcissisme, complotisme,
conformisme et rapports ambigus à l’autorité.
Un
présent permanent où tout semble dû, où la sécurité et le confort psychique
prennent le pas sur la liberté.
Le groupe vieux
lycéens seul à défendre depuis plus de 50 ans la vision de la décadence de la
société capitaliste, laisse de côté son analyse (juste) de la phase de décomposition
au premier pétard lycéen.
En Allemagne la révolte étudiante, bien que hétéroclite (comme en France) s’avère plus politique surtout face la la préparation à la guerre
Les manifestants avaient répondu à l’appel du
mouvement GenZ Regelt (« la génération Z décide »), une
formation se définissant elle-même comme « un groupe très hétéroclite de jeunes »,
selon Kaja Schwab, l’une de ses porte-parole, étudiante en sciences sociales à
l’université Humboldt de Berlin, âgée de 23 ans.
« Dans de nombreux pays, la jeunesse fait entendre sa voix,
avait expliqué, la veille, lors d’un échange avec des journalistes étrangers,
Veronika Dinter, également porte-parole du mouvement à Berlin. Par exemple, en France, en Albanie, en Italie,
en Inde et désormais aussi en Serbie, où elle remporte un grand
succès politique. Et en Allemagne aussi, nous, les jeunes, commençonsdésormais à nous lever et à nous battre pour notre avenir. »
Si les organisateurs ont revendiqué explicitement une
filiation avec le mouvement des lycéens en France, les lycéens allemands
avaient, eux, préféré se tenir à l’écart des rassemblements de samedi, disant
craindre une récupération politique, des débordements, et surtout un
manque de lisibilité dans l’organisation.
« Les structures organisationnelles [de GenZ
Regelt] nous paraissent extrêmement
opaques », avait expliqué Amy Kirchhoff, secrétaire générale
de la Conférence fédérale des élèves, jeudi 29 octobre. Les lycéens
allemands se joindront toutefois aux manifestations du 20 novembre,
annoncées un peu partout en Europe.
Les médias et
politiques allemands, citant des sources policières ou de renseignement,
avaient de fait alerté sur un risque de tensions et de violence dans les
cortèges, annonçant un important dispositif policier. Les manifestations se
sont toutefois déroulées de façon pacifique pour l’essentiel, même si des
canons à eau ont été utilisés à Hambourg et à Cologne. A Berlin,
où des dizaines de camions de police étaient postés autour de la porte de
Brandebourg, lieu du rassemblement, les forces de l’ordre ont compté environ
5 000 manifestants, contre un peu plus
de 12 000 estimés par GenZ Regelt.
Un sujet d’inquiétude
A Berlin, dans un cortège composé principalement d’étudiants, on
apercevait aussi bien des drapeaux du parti de gauche radicale Die Linke que
celui de La France insoumise, des drapeaux rouges marqués de la faucille et du
marteau, ou encore des drapeaux palestiniens. Mais c’est la question du service
militaire et du réarmement qui a semblé concentrer les inquiétudes, comme
résumé par différentes pancartes : « Service militaire ? Non
merci », « De l’argent pour les systèmes sociaux plutôt que
pour la guerre », « Tous dans la rue plutôt que sur le champ
de bataille ».
« La raison principale pour laquelle je suis là, c’est à cause de
la militarisation en cours dans le pays et de tout l’argent mis dans les armes
plutôt que dans les écoles et le système social ou la santé », explique
un jeune homme de 24 ans qui fait des études d’ingénieur et ne veut pas
donner son nom. A l’initiative de Friedrich Merz, le Parlement
allemand a en effet voté, en mars 2025, une ambitieuse réforme
constitutionnelle autorisant le recours à l’endettement pour financer le
réarmement du pays, pour lequel des centaines de milliards d’euros doivent être
investis.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire