"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 23 février 2023

Après le 7 mars enterrement par la "vague générale"?

 

En souvenir de Lafif Lakhdar (traducteur de plusieurs textes du CCI en arabe, et érudit politique
chaleureux)

Attention cet article est écrit avec ChatGPT

ci-joint Karl Marx quand il a pris un coup de vieux à 65 ans

Libération nous confirme avec ou sans l'obstruction parlementaire du clan trotskien de Mélenchon que le gouvernement peut dormir sur ses deux oreilles:

"En dehors de l’index seniors, le premier article du texte, qui acte la fin de certains régimes spéciaux, n’a subi que quelques modifications à la marge. Un article 1er bis et ter a notamment été ajouté impliquant que «le gouvernement remet au Parlement un rapport sur la possibilité, les conditions et le calendrier de mise en œuvre d’un système universel de retraite faisant converger les différents régimes». La droite sénatoriale défendant avec acharnement la fin des régimes spéciaux, l’article 1 devrait être adopté sans soucis. Encore une fois en vertu de l’utilisation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative, les sénateurs auront à se prononcer sur cette réforme des retraites «dans un délai de quinze jours après avoir été saisis», donc d’ici au dimanche 12 mars à minuit".

Le chef de bande Macron, qui prétend "descendre dans la rue pour expliquer au peuple la "nécessité urgente de la réforme", n'a pas risqué grand chose en se déplaçant, de bonne heure, aux Halles de Rungis, peuplées à cette heure surtout par les patrons petis-bourgeois de la boucherie; tiens à propos de boucherie, Macron en a lâché une bonne, en catimini avec la même rengaine simpliste: "la réforme est bien sûr nécessaire, on ne va pas augmenter les impôts et diminuer les retraites...il faut appliquer ces ressources à autre chose...". Voilà à peu près ce que j'ai entendu mais le sens était là, l'affectation concerne évidemment en priorité les milliards pour la guerre en Ukraine! Et Macron a déjà gagné puis le palais Bourbon est déjà cocu et que le Sénat, peuple de policiens de droite est déjà acquis à la cause finale.

LE CAS MELENCHON: diviseur de la gauche hétéroclite ou recadreur de la petite bourgeoisie?

Cohn-Bendit dit la vérité sur la base idéologique du populiste Mélenchon et lui-même d'ailleurs: « Je dirai une chose méchante. Une fois trotskiste, toujours trotskiste. Vous savez, il faisait partie de la secte la plus débile : l’OCI. Il y a des gens qui ont pu être dans leur jeunesse un peu débile. Ça peut arriver à tout le monde, même à moi. Mais lui il n’a pas changé. Il est resté dans la même structure mentale".

Le Monde, peuple d'ex-maos en explique la continuité: "Le Parti ouvrier indépendant, héritier de la formation trotskiste lambertiste OCI, a investi des candidats aux législatives pour la Nupes et héberge des réunions du « Parlement populaire » dans ses locaux historiques parisiens. Un moyen pour Jean-Luc Mélenchon de renouer avec sa jeunesse militante"1.

Sous le verbiage "unitaire", la gauche cacophonique n'est plus qu'un panier de crabes comme la droite. Sa prétention à incarner une politique "isoumise", en verité soumise aux pires magouilles électorales sans lendemain, et sa vanité à contrôler un mouvement strictement planifié par la syndicartie, est en faillite.

Libération a titré sa une! "L'écrasant Monsieur Mélenchon", mais dans le sens fouteur de merde. Conseillé par son staff trotskien d'origine, il sait qu'il faut savoir parfois aller à contre courant pour remonter la pente. Il n'est pas en position de faiblesse, contrairement aux dires des commentateurs superficiels, car, si la syndicratie échoue il pourra dire: "ce n'est pas de ma faute et on ne m'a pas écouté". Plus malin qu'on ne croit l'animal. Il lui fallait aussi se débarrasser de son aile bourgeoise la plus débile écolo-bobos qui le proignardait dans le dos (cf. Affaire Quatennens); en effet les avanies et positions archi-débiles de cette caste à féministes bourgeoises enragées, sont les meilleures sources de renforcement de la clique à la mère Le Pen.

Le moustachu CGT, en passe de refiler son mandat à une féministe wokiste anti-ouvrière, a beau accuser le leader Insoumis de «vouloir s’approprier le mouvement social en reléguant les syndicats au second plan», fait ringard. Le principal doryphore de l'Etat, Berger, comme son nom l'indique a cru radical de dénoncer le bordel chez Bourbon, mais c'est ce qui nous a le plus intéressé et fait rigoler dans la classe ouvrière, qu'au moins ces clowns ne se prennent pas au sérieux comme les traîtres syndicrates.

Malin comme toujours, Mélenchon n'en a pas rajouté, inversant les choses à la manière de Poutine: «Oublions ces propos diviseurs. Pour réussir le 7 mars, il faut être unitaires! Élargir le front de l’engagement, pas le rabougrir».

Un journaliste rapporte que Mélenchon sait affirmer, sous la table, une attitude "maximaliste" dans son projet de "révolution citoyenne". L’ex-candidat à la présidentielle néglige et méprise les forces syndicales jugées incapables de soulever des masses. «Le mouvement social est hors d’état d’organiser quoi que ce soit. Vous êtes bloqués d’un côté, pour plein de raisons, je ne porte pas de jugement, c’est comme ça», avait-il asséné en juillet dernier. Il a toujours dit: si cela ne tenait qu’à lui, il reverrait la charte d’Amiens qui garantit l’indépendance du mouvement syndical vis-à-vis les partis politiques. «Qu’est-ce qu’on me saoule avec la charte d’Amiens! Ça a 116 ans, même moi je n’ai pas 116 ans!», rugissait-il en septembre à la Fête de l’Humanité, déplorant une séparation qui limiterait les convergences.

L'avencée en parallèle de RFI vise en permanence à doubler la syndicratie, en particulier avec l'intronisation d'une caisse de grève, tactique de recrutement classique chez les stals et trotskiens:

«Nous la destinons à des grévistes des secteurs stratégiques pour le blocage mais qui ne peuvent pas tenir longtemps du fait de l’inflation», "On a repris les modèles utilisés par les syndicats mais ce n’est en rien de la concurrence. Nous sommes complémentaires et on touche des réseaux différents». «C’est une façon pour nous de renouer avec le militantisme social des gros partis de gauche du passé, le PCF ou même le PS. Ça lève une partie de la défiance des gens vis-à-vis des politiques.» Mais autre époque, quiconque n'est pas Marchais et Mitterrand!

Mathilde Panot, cheffe wokiste de la clique écologique, s'est fait tirer le portrait pour "ne pas être dans la ligne" – quoique n'étant pas membre de la secte mélenchoniste. La folle Ruisseau - "dite influente sur le terrain radical et féministe par les journalistes les plus bêtes, qui avait déclaré que la lutte de classe et l'écologie sont "dans nos veines depuis toujours" , a tancé indirectement l' "erreur" du "leader maximo" – pape désormais d"une Mélenchon académie -sur "la manière dont nous fonctionnons", voulant que sa petite personne soit mieux associée aux "décisions"...bientôt elle va lui reprocher de ne pas être une femme.

EN AVANT POUR UNE GREVE GENERALE BIDON DE 7 MARS...

La syndicratie continue à assurer l'organisation artificielle de la protestation, laquelle est largement en dessous du mouvement en 2008 et 2010, comme on le verra par après; elle est plutôt une lutte...finale, au sens c'est terminé, rentrez chez vous, on s'occupe de la défaite!

L’intersyndicale clame à qui veut l'entendre « faire du 7 mars la journée la plus forte » depuis le début du mouvement le 19 janvier, a déclaré Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

J'ai noté la remarque acide d'un journaliste du "Parisien", avec cette formule de recrutement généralisé, ou prétendu tel: "pas de manifestation ou de grèves "par procuration". Procuration tiens tiens, un nouveau langage syndical? Car en général ils prétendent justement, surtout minoritaires, faire grève par procuration. C'est donc une "mobilisation générale" et moutonnière qui est recherchée comme une grande vague sitôt refluée. Le journaliste questionne alors subtilement: "S’agit-il de ne pas décourager d’éventuelles grèves reconductibles ? « On ne décourage pas les mobilisations qui vont au-delà du 7 mars », répond Patricia Drevon (FO), renvoyant à cette formule du communiqué de l’intersyndicale publié mardi : « Ensemble, dès le 7 mars, mettons un coup d’arrêt à ce projet de réforme des retraites inacceptable ». Plus drôle dans l'hyper corporatif une petite cheffe CGT précise l'ordonnancement de la "vague générale": "Il appartient à chacun, dans chaque entreprise, de se mobiliser, relève la syndicaliste CGT, pour qui il n’y aura pas de grèves ou de manifestation « par procuration ». « Le patronat va être attentif à ce que produit la grève : la paralysie, le ralentissement voire l’arrêt de la production économique ». Une menace "révolutionnaire" en quelque sorte qui va faire trembler gouvernement et patronat. Un autre sous-fifre syndical, de l'Unsa, trahit la fabrique syndicrate de la mobilisation artificielle: « Tout ça démontre que nous sommes stratégiques, nous savons monter des mobilisations, nous sommes calmes, sereins, déterminés et que nous allons gagner ».

Sans oublier le minus néo-stal Roussel qui appelle, avec la reine des bobos parisiens, les maires politiciens à l'union avec les retraités en fermant les portes de leur résidence polituque principale. Tout a été préparé et confirme qu'on se dirige tout droit, malgré des variations au goût du jour vers un énième enterrement syndical.

La répétition de l'histoire de la lutte pour les retraites... comme une farce syndicale

Qu'est-ce qu'un enterrement syndical, réponse dans le journal Révolution Internationale de décembre 2007, qui a toujours été clair sur la question::

"La journée d’action des fonctionnaires du 20 novembre avait comme objectif non seulement d’être une “soupape desécurité” face au mécontentement qui monte dans leurs rangs mais aussi de servir de journée d’enterrementde la grève des cheminots et des travailleurs de la RATP ;des “funérailles nationales” en quelque sorte".

"Pour casser les reins de la classe ouvrière et empêcher ses luttes futures, la bourgeoisie a utilisé une stratégie classique (qui avait fait la preuve de son efficacité dans les années 1980 et 1990) : elle a “choisi” un secteur cible pour développer sa manœuvre, celui des transports et notamment la SNCF. Un secteur numériquement assez minoritaire et dont la grève ne peut que créer une gêne pour les autres travailleurs (les “usagers”). L’objectif visé était de rendre la grève des transports impopulaire afin de monter les “usagers” contre les grévistes, diviser la classe ouvrière, briser la solidarité au sein de celle-ci, empêcher toute tentative d’élargissement de la lutte et culpabiliser les grévistes. La deuxième raison pour laquelle la bourgeoisie a décidé d’attaquer spécifiquement les secteurs disposant d’un “régime spécial” c’est que, dans ces derniers, les syndicats (et notamment la CGT) sont particulièrement forts, permettant ainsi de garantir un plus grand contrôle de la combativité et d’éviter tout “débordement”. Enfin, la troisième raison justifiant le choix de ces secteurs “cibles”résidait dans le fait qu’ils sont traditionnellement marqués par un fort esprit corporatiste (notamment à la SNCF) qui a toujours été alimenté par les syndicats".

RI se rendait compte plus qu'aujourd'hui de la stratégie du "report syndical" des échéances pour les manifestations, comme je l'ai souligné à la fin de mon article précédent; l'éloignement à plusieurs jours des manifestations aboutissant en général à faire baisser la tension et à ouvrir sans mal toutes les manoeuvres de division des syndicrates divers.

"C’est pourquoi l’ouverture des “négociations” reportées au 21 novembre, après la journée de grève de la fonction publique, était totalement bidon. Si la CGT et legouvernement avaient repoussé le début des discussions officielles, c’était non seulement pour que cette journée d’action puisse servir d’enterrement à la grève des traminots parisiens et des cheminots mais aussi pour “faire durer”le mouvement afin de le “pourrir” en montant les ouvriers les uns contre les autres, tout cela sur fond de campagne médiatique de criminalisation des grévistes afin de rendre la grève impopulaire".

Mais depuis des années stratégies et tactiques syndicales ne visent point à faire tomber le gouvernement, seul Mélenchon y prétend, mais ces syndicats sont là pour lui en reprocher l'utopie et...l'irresponsabilité parlementaire, comme si "la rue syndicale" pouvait inquiéter les partis de politicards et le gouvernement...

Toujours dans les colonnes de RI, on lit concernant le 24 juin 2010

"Les syndicats pensent porter l'estocade, le coup de grâce… au mouvement. Une troisième Journée d'Action est programmée. Compte tenu de l'ambiance relativement morose des deux précédentes, cette journée de veille de vacances doit être une sorte de "manifestation enterrement". La mécanique est bien huilée : une Journée d'Action de même ampleur que les précédentes signifierait que "l'affaire est pliée". Avec les deux mois de congés d'été qui suivent, le but est de faire perdre toute miette d'espoir sur un quelconque possible développement de la lutte. Les syndicats avaient même déjà, certainement, préparés leur discours : "Nous avons essayé, mais la combativité n'est pas suffisamment présente dans les rangs ouvriers". Découragement garanti !".

Le  7 septembre de la même année, RI continue comme aujourd'hui, mais plus qu'hier à croire en une résurrection des masses, quand la syndicratie se permet sans honte de jouer les pompiers (ou bien ils ne se relisent pas?):

"Cette Journée d'Action s'annonce d'emblée comme très suivie. Pourtant, c'est la première fois qu'une manifestation est organisée si tôt dans l'année scolaire. Avant même le 7 septembre, devant l'ampleur de la grogne dans les rangs des prolétaires, les syndicats promettent d'organiser sans attendre une nouvelle manifestation un samedi pour que "tout le monde puisse participer". Le 7 septembre : 2,7 millions de manifestants. La coupure de l'été n'y aura donc rien fait, la rentrée s'annonce chaude et part sur les mêmes bases qu'elle a fini. Des appels à la grève reconductible commencent à fleurir. Face à l'ampleur de la grogne et à la massivité de la mobilisation, l'intersyndicale réagit immédiatement :elle annule, mine de rien, la manifestation du samedi, écarte la possibilité d'une grève reconductible et annonce dans la foulée une nouvelle Journée d'Action pour dans… 15 jours (le 23 septembre) ! Il s'agit de casser la dynamique, de temporiser. Ce "sens de la responsabilité" de l'intersyndicale sera d'ailleurs salué par les plus hauts représentants de l'Etat français".

Le 23 septembre il y a 3 millions de manifestants, moitié moins aujourd'hui au top de la mobimmolbilisation...

"3 millions de manifestants dans les rues ! Le mouvement enfle donc encore. Pour la première fois, les cortèges hésitent à se disperser. Plus exactement, dans de nombreuses villes, quelques dizaines de personnes par-ci, quelques centaines par-là, restent discuter à la fin de la manifestation. Des tracts d'interprofessionnelles commencent à appeler à la prise en main des luttes par les ouvriers eux-mêmes2. Dans quelques villes, la CNT AIT organise des Assemblées Populaires pour "libérer la parole" (le CCI se joindra ensuite à cette excellente initiative). A partir de ce moment, ces assemblées de rue auront un succès certain, parvenant à regrouper chaque semaine plusieurs dizaines de participants, notamment à Toulouse3.

Cette volonté de s'auto-organiser exprimée par des minorités révèlent que l'ensemble de la classe commence à se poser des questions sur la stratégie syndicale, sans oser tirer encore toutes les conséquences de leurs doutes et questionnements".

Le 12 octobre se confirme la stratégie d'épuisement de la syndicratie

"Cette nouvelle Journée d'Action rassemble 3,5 millions de personnes en lutte ! Record battu !

Plus important encore, l'atmosphère est relativement effervescente. Les Assemblées Générales interprofessionnelles commencent à se multiplier, on peut en compter plusieurs dizaines dans toute la France. Elles regroupent chaque fois entre 100 et 200 participants. La politique de l'intersyndicale y est de plus en plus ouvertement critiquée, de nombreux tracts de ces interprofessionnelle affirment même qu'elle nous mène volontairement à la défaite4. Preuve de cette dynamique, à Toulouse, en plus des Assemblées Populaires organisées par la CNT AIT (et, dans une moindre mesure, le CCI), un appel est lancé pour organiser une assemblée de rue tous les jours devant la Bourse du Travail à 18 heures [elle continue à se réunir encore aujourd’hui, 20 octobre] et à lancer des appels par tracts.

La grève reconductible est finalement décidée par la majorité des syndicats. Compte tenu de ce marathon (le mouvement a commencé il y a 7 mois !) et des nombreux jours de grève posés par les travailleurs lors des Journées d'Action à répétition, cette grève reconductible arrive très tard. Les salaires des ouvriers sont déjà largement amputés. C'est en tout cas le calcul que font les syndicats. Et pourtant, ce mouvement, lui aussi, sera relativement bien suivi" bien que moins encadré qu'aujourd'hui.

La stratégie syndicale est déjà au point:

  • elle vide de son intérêt l'AG, les personnels ne s'y rendent donc pas puisque tout est déjà décidée ;

  • elle permet aux médias de présenter les votes de la reconduction de la grève comme le fruit d'une extrême minorité, ceci dans le but de rendre le mouvement impopulaire.

D'ailleurs, les syndicats tirent là sur leur plus grosse ficelle : paralyser les transports (à partir du 12 octobre, de nombreux trains ne circulent plus et le blocage des raffineries fait planer la menace de la pénurie d'essence) pour créer des tensions au sein de la classe ouvrière et dresser ceux qui veulent (doivent) aller travailler contre les grévistes.

Le 16 octobre 2010 la violence marginale au service de l'enterrement syndical:

"Second samedi de manifestation. Une nouvelle fois, près de 3 millions de personnes se retrouvent à battre le pavé. (...) L'Etat exploite la présence de quelques jeunes casseurs dans les rangs lycéens pour réprimer très violemment certains "bloqueurs" et jeunes manifestants (un enfant de 17 ans a failli perdre un œil à la suite d'un tir de Flash-Ball à Montreuil, en banlieue parisienne). Les forces de l'ordre attisent d'ailleurs elles-mêmes la colère par de véritables "provocations policières". Le but est clair : faire dégénérer le mouvement en le faisant plonger dans la violence aveugle et l'affrontement stérile aux flics. Par-là même, l'Etat cherche à tout prix à rendre la lutte impopulaire, à faire peur aux jeunes, à leurs parents et à toute la classe ouvrière".

 Le 19 octobre la grève "par procuration" des bonzes syndicaux:

"La menace du blocage des raffineries, qui planait depuis le 12 octobre, est effectivement mise à exécution. En général, sans même de décision en AG, les troupes de la CGT paralysent les sites, sous l'ordre de leur syndicat. Très vite, l'essence manque dans de très nombreuses stations (entre 1000 et 2000 selon les estimations)".2

LE CCI A LA REMORQUE DE LA MOBILISATION SYNDICALE

Au lieu de porter le même esprit critique qu'en 2010, ce groupe politique minoritaire croit pouvoir surfer sur un mécontentement, plus aveugle que conscient de la force et complicité des ennemis de la classe ouvrière, de l'aspect pas du tout unitaire – retraites diverses et régimes spéciaux dont le privé n'a que foutre – en fin d'une incapacité totale à déborser les mafias syndicales. "Prendre nos luttes en mains? Mais elles sont depuis le début aux mains de la syndicratie! On affirme "nous étions des millions dans la rue" mais le titre du tract dit le contraire: "être nombreux ne suffit pas". Après nous avoir rappelé leur nouveau dada, l'intégration des étudiants comme ouvriers 3, puis égrené les échecs successifs en 2010 et 2019, sous le titre creux "l'avenir appartient à la lutte de classe, ils osent la comparaison avec Mai 68 en prenant pour appui la photo que j'ai prise des lycéennes "Tu nous mets 64, on te re-Mai 68"; preuve qu'ils me lisent avec stress.

"Préparer la lutte autonome de la classe ouvrière"? C'est vraiment mal barré, contrairement à ces incorrigibles professeurs de combativité chaque fois résurgente et plus forte, dans cet imaginaire enfiévré du volontarisme maximaliste. Et pour en débattre c'est en ligne, autant dire en chaussons et pyjama.

Question débat il faut remarquer que tous ces minuscules groupes sectaires, composés de vieux, se réunissent entre eux ils n'en parlent à personne, tellement ils ont peur de la contradiction, de la mienne en particulier. Le numéro 23 de la fraction externe du CCI, qui voit la guerre venir à coup sûr – Révolution ou guerre " cercle mégalomaniaque constitué d'une personne en France et de deux au Canada, nous informe (après coup) qu'une réunion intergroupes à son initiative s'est tenue à Paris mais  ni où et quand. Ce "débat au sein du camp prolétarien" n'était pourtant constitué que d'ennemis héréditaires qui ne représente qu'eux-mêmes en particulier le genti rédacteur de Matière et Révolution, le solidaire Robin Goodfellow, un groupe de jeunes autonomes (?), un type de la CNT-AIT, etc, et sic "une délégation importante dun CCI". Le tout présidé par le missi dominici de tant de veuves esseulées du CCI, Michel Olivier. L'ambiance est présentée comme un appel à une conjonction de la lutte façon bienveillante, démocrate, alors qu'ils sont tous ultra-sectaires et jaloux de leur prérogatives de seuls prolégomènes à l'ouvrage du "parti futur de classe", plus léninistes purs que trotkistes pourris. La fraction externe du CCI, baptisée GIGC, sans doute pour faire plus redondant, se flatte avec le groupe tendancieux italien TCI d'organiser des comités contre la guerre, qui sont tout à fait artificiels même s'ils ont raison d'objecter au CCI que la lutte de classe suppose aussi la lutte contre la guerre. Un encart nous rappelle la haine que leur voue le CCI, les traitant comme parasites et "agents provocateurs de l'Etat", quand l'auguste GIGC se contentent de les qualifier gentiment d'opportunistes.

Bien que leurs analyses mutuelles de cette bande de septuagénaires soient proches les unes des autres et lucides sur la crise du capitalisme et la menace de guerre mondiale, ils restent des sectes de petits professeurs sans aucune incidence ou influence sur la lutte de classe en général. Hélas, oserais-je dire tellement me dégoûtent les organismes de masse de la bourgeoisie (quoique de moins en moins massives) syndicrates et politicardes.


1Un site résidu du PCF lui ressert une soupe salée et véridique: https://lepcf.fr/Avec-la-Nupes-les-liens-se-resserrent-entre-les-trotskistes-lambertistes-et

3Conception imbécile en deçà de la géniale et toujours valable brochure situ "de la misère en milieu étudiant", que je viens de relire avec joie.


mercredi 22 février 2023

The Women of The Industrial Workers of the World (I.W.W.)

 


The Women of

The Industrial Workers

of the World (I.W.W.)

[Les femmes des Ouvriers Industriels du Monde]

                                 Traduction : Jean-Pierre Laffite

 

Le mouvement féministe était bourgeois à l’origine et il l’est…resté jusqu’à nos jours, avec les diverses pitreries de la petite bourgeoisie dont la plus ridicule est Sardine Ruisseau. Le texte qui suit montre que le combat des femmes prolétaires n’est pas séparable de la lutte de classe. (JLR)

L’Industrial Workers of the World (I.W.W.) a été l’un des premiers syndicats industriels à adopter le concept d’égalité des sexes et à étendre ses adhésions aux femmes. Dès sa création, en tant qu’organisatrices, agitatrices, militantes et membres actives, les femmes ont joué un rôle important dans le développement du syndicat.

L’I.W.W. a été formé en 1905 après que William Haywood avait appelé à une réunion d’anarchistes, d’anarcho-syndicalistes et de syndicalistes à Chicago. L’objectif était de former un “One Big Union” [un unique grand syndicat] – de créer un système de syndicalisme industriel qui organiserait les travailleurs pour toute une industrie au lieu de les organiser par métier ou par profession. La perspective dotée d’une conscience de classe du syndicat séduisait de nombreux militants et douze des membres fondateurs du syndicat étaient des femmes, parmi lesquelles des pionnières telles que Mother Jones et Lucy Parsons.

Les femmes des I.W.W. sont rapidement devenues des piliers aux yeux du public, en partie à cause de la nature non conventionnelle de leurs activités d’organisation, mais surtout en raison de leurs compétences à faire passer le message. Lucy Parsons, Elizabeth Gurley Flynn et Matilda (Rabinowitz) Robbins étaient de puissantes oratrices et elles ont motivé d’innombrables partisans à se joindre à la cause du syndicat. Inspiré par Gurley Flynn, le troubadour I.W.W. Joe Hill a écrit The Rebel Girl, une chanson encore largement chantée, qui en est venue à personnifier le rôle de la femme dans le syndicat comme étant quelqu’un  d’intrépide, de gentil et de dévoué à la cause de la classe ouvrière. Bien que La Fille rebelle ait pu être écrite pour Flynn, ce sentiment s’est répandu dans la vision du monde du syndicat. Les I.W.W. considéraient les femmes comme des activistes et des partenaires égales, plutôt que comme un simple soutien auxiliaire. Les femmes étaient actives dans le syndicat dans tous les coins du monde, mais elles avaient la plus grande influence dans la région orientale des États-Unis. Contrairement aux États de l’Ouest, où les travailleurs avaient tendance à être plus migrateurs par nature, la région orientale était remplie d’usines où les femmes travaillaient dur dans les métiers du vêtement, du textile et de la fabrication du tabac. Les femmes de la base dans ces usines ont joué un rôle important dans la lutte pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. En particulier, elles se sont révélées essentielles lors de la grève de l’entreprise du textile Lawrence de 1912 et de la grève de l’entreprise de la soie Paterson de 1913, se plaçant en première ligne de la lutte, laquelle a entraîné de nombreuses blessures et arrestations.

Elizabeth Gurley Flynn a rejeté les critiques concernant la participation des femmes aux grèves : « Les IWW ont été accusés de pousser les femmes au front. Ce n’est pas vrai. C’est plutôt que les femmes n’ont pas été maintenues à l’arrière, et c’est naturellement qu’elles se sont donc déplacées vers l’avant ». Dans les grèves et dans la lutte générale pour de meilleures conditions sociales et de travail pour la classe ouvrière, les femmes des I.W.W. ont été plus qu’une source d’inspiration pour les ouvriers ou des sujets de discussion pour les journaux – elles ont été les pionnières du mouvement pour l’égalité entre les sexes et l’intégration des femmes dans le mouvement syndical.

Lorsque l’on fait des recherches sur le rôle des femmes dans les I.W.W., il n’y a pas mieux pour commencer que les Industrial Workers of the World Records, une source qui documente les difficultés que la classe ouvrière a dû surmonter, grâce à la correspondance, aux procès-verbaux de procès, aux comptes rendus de réunions et aux délibérations syndicales, ainsi qu’aux brochures. Les Elizabeth Gurley Flynn Papers sont une petite collection qui a eu une grande influence sur la compréhension de la vie personnelle ultérieure du membre féminin le plus célèbre des I.W.W. Elle se compose principalement de correspondance familiale écrite alors que Flynn était en prison et lors de voyages en Union soviétique, en Europe de l’Est et dans l’ouest des États-Unis dans les années 1960, et elle contient des commentaires politiques ainsi que ses impressions sur la vie carcérale et ses voyages. Pour une vision plus large de ses expériences de vie, nous vous suggérons d’écouter une interview orale d’histoire avec Elizabeth Gurley Flynn. Enregistrée en 1962, il s’agit d’une conversation franche avec Flynn dans laquelle elle discute de son éducation et de son entrée sur la scène politique en tant qu’“oratrice”, de ses efforts d’organisation et de son action de défense du travail au nom des Industrial Workers of the World (I.W.W.), ainsi que de l’évolution de ses convictions politiques. Une description particulièrement intéressante de son arrestation en vertu du Smith Act et de ses années passées en prison au Women’s Reformatory d’Alderson, en Virginie Occidentale, est particulièrement intéressante.

La poétesse, féministe et activiste, Matilda (Rabinowitz) Robbins a été l’une des premières organisatrices ainsi qu’une militante et une écrivaine toute sa vie pour le One Big Union. Elle s’est d’abord impliquée avec les I.W.W. pendant la grève de Lawrence en tant que bénévole, et elle a ensuite prouvé sa force de caractère pendant la grève du textile de Little Falls où elle est devenue l’organisatrice centrale de la grève après l’emprisonnement des autres organisateurs. Pendant 14 semaines, elle a dirigé le comité de grève, organisé les piquets de grève quotidiens et la cuisine de grève, pris des dispositions concernant l’aide juridique pour les travailleurs emprisonnés et mobilisé du soutien, avec l’aide d’une autre femme, elle aussi membre des I.W.W., Helen Schloss. Pendant les trois années suivantes, elle a parcouru le pays, organisant les travailleurs du textile à l’Est et les travailleurs de l’automobile à Detroit, où elle a été emprisonnée pour ses activités. Les Matilda Robbins Papers contiennent des écrits personnels, des photographies et des coupures de presse, et ils constituent une source formidable pour comprendre les philosophies d’une des premières activistes des droits des femmes.

Les articles de la journaliste syndicale et militante Mary Heaton Vorse s’avéreront également instructifs pour celui qui s’intéresse aux I.W.W. Bien qu’elle ne soit pas elle-même une wobbly(*), Vorse a croisé les I.W.W. tout au long de sa carrière. Ses articles comprennent des écrits portant sur : les I.W.W. ; les grèves du textile de Lawrence, Massachussetts, et de Henderson, Caroline du Nord ; l’affaire Sacco-Vanzetti ; les Palmer Raids(**) et les affaires du syndicalisme criminel (1921-23) ; ainsi que de la correspondance avec Elizabeth Gurley Flynn.

Les articles de Charles et de Jennie Velsek, mari et femme travaillant en équipe, offrent des informations sur les activités d’organisation du travail de la part de ce couple. Charles a été secrétaire de la section locale 110 de l’IWW Agricultural Workers Industrial Union (AWIU) et, pendant une brève période, président du conseil exécutif général des IWW. Jennie était une figure active du mouvement ouvrier et elle a participé à de nombreuses grèves des I.W.W.

La secrétaire personnelle de William Haywood(***), Elizabeth Serviss Fox, a noué des relations uniques avec la direction du syndicat. Sous la forme de trois lettres manuscrites de Haywood, les papiers de Serviss Fox offrent une vision personnelle unique des événements qui ont entouré le procès en appel de Haywood et sa fuite finale en Russie.

Enfin, pour des photographies, du matériel graphique et des images d’objets fabriqués, veuillez consulter notre Women of the I.W.W. Image Gallery [Galerie d’images des Femmes de l’IWW]. L’on y trouvera des images de membres des I.W.W. tels qu’Elizabeth Gurley Flynn, Matilda Robbins, Mother Jones, la militante australienne Violet Wilkins, Minnie Wyman, Elizabeth Serviss Fox, Helen Keller et des femmes de la base inconnues et participant à des grèves, à des activités récréatives et d’organisation. Il convient de noter en particulier les images numériques d’un fanion et d’un sac à main ornés de perles, fabriqués par un membre de I.W.W tandis qu’il était en prison, ainsi qu’une matraque dédicacée, fabriquée à partir d’un métier à tisser et utilisée pendant la grève du textile de Lawrence.

 

Source : https://reuther.wayne.edu/node/12932

 

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(*) Le mot "wobbly" est un surnom pour les membres des IWW. (NdT).

(**)  Les Palmer Raids désignent les tentatives menées par le Département de la Justice américain pour arrêter et expulser des militants communistes et des activistes anarchistes américains, sous le ministère d’Alexander Palmer, procureur général des États-Unis. (NdT).

(***) William Dudley Haywood (1869-1928), a été une figure centrale du mouvement ouvrier américain. Il a été un dirigeant de la Western Federation of Miners, un membre fondateur et un leader des IWW et un membre du Comité exécutif du Parti socialiste américain, avant d’être un des fondateurs du Parti communiste auquel il appartiendra jusqu’à sa mort. (NdT).

vendredi 17 février 2023

LA DANSE DU VENTRE DES SYNDICATS AUTOUR DU PARLEMENT


5ème épisode

Préambule sur la manif parisienne de ce jour 

On apprend toujours en discutant sur le lieu d'une manifestation, et à en juger de l'ampleur ou pas1.

Peu importe le nombre, la manif se déroulant en période vacancière, on notera simplement en passant que les médias s'ingénient à souligner la baisse de la fréquentation, avec lourdeur.

Choses vues : comme c'est devenu une habitude à Paris, les manifestations se scindent en deux cortèges parallèles. Le premier cortège, atteignant le boulevard de l'Hôpital, seulement après deux heures du début, confirmait le choix des généraux syndicaux de continuer à prétendre faire masse sur un parcours court de Bastille à Place d'Italie. Devancé comme toujours par la pré-manif comportant plusieurs milliers de rétifs aux cortèges syndicrates ; quelques discussions échangées plus fines comme toujours que dans le gros des cortèges traîne-savates et sans gogol à mégaphone éructant des trucs débiles à répétition.

Le défilé officiel suivant s'écoulait derrière les employés municipaux en gilets bleu criard, les troupes CFDT orange, des troupeaux étudiants agités, pratiquant ponctuellement des sit-in bruyants, avec des slogans du genre « A bas le patriarcat », composés de futurs cadres de la gauche bourgeoise et de prochains syndicalistes de base (pour échoués du système universitaire), clos par les cadres de la CFTC. Tombant au bout de 400 mètres à peine de la fin de ce cortège sur les voitures balais de la municipalité j'étais étonné de la maigreur de ce défilé et je m'inquiétais presque de l'absence du dernier « syndicat ouvrier », la CGT, lorsqu'on m'expliqua que le deuxième cortège se déployait (étroitement) boulevard Vincent Auriol. Je traversai et rejoignis cet endroit où les ballons de SUD ouvraient la marche suivi par les ballons FO et CGT. Ce deuxième cortège était manifestement plus ouvrier, plus âgé et avec plus de nez rouges CGT. La CGT n'est plus pour longtemps une référence « ouvrière » puisque la succession déjà programmée de moustache Martinez vise à le remplacer par une féministe wokiste.

Le seul slogan intelligent que j'entendis provenait des rangs FO « Pas pour Macron et sa guerre ». C'est la première fois que je vis le personnel syndical aussi angoissé à l'idée de voir crever leurs ballons aux branches des arbres de l'étroite avenue Vincent Auriol, ce fade et inutile ex-président du temps jadis, on les dégonflait partiellement ou la voiture porteuse de l'attirail déviait vers un trottoir sans arbres. Je dois avouer que je jouissais à l'idée de voir ces ballons crevés.

Par bonheur j'eus la chance de côtoyer un bel italien observant le défilé (mesdames vous vous fûtes pâmées! Et elles le mataient en défilant). Sur l'appréciation de la situation en France, il me dit son admiration car en Italie au niveau protestation sociale « il n'y a plus rien ». J'objectais que selon moi il s'agit plus d'une manipulation du pouvoir pour recrédibiliser une opposition mal en point depuis des années. Il n'était pas d'accord estimant que cela démontrait une vraie colère ; d'ailleurs quelques minutes auparavant un jeune militant du CCI m'avait rétorqué : « nous pensons le contraire de toi, c'est d'abord une attaque contre la classe ouvrière ». Mon italien se questionnait à haute voix : « je ne comprends pas pourquoi Macron a été se mettre à dos la CFDT, alors que c'est un syndicat aimable avec le pouvoir ». Alors je lui ai répondu :

- mais il était nécessaire que le Berger syndical joue à l'unisson de la fable « unitaire » car c'est tout le syndicalisme qui est en crise de représentativité ; pour envelopper et encadrer l'ampleur du mécontentement (certes individualiste et très corporatiste) les soit disant radicaux CGT et SUD n'auraient pas suffi à déployer autant de fumigènes ! Et à drainer une telle masse de gens ! Sans compter que la CFDT n'est pas le premier syndicat de France pour rien, elle encadre une masse de cols blancs en certains endroits bien plus nombreux que les cols bleus ! Et ces cols blancs tombent aussi parmi les cols bleus !

Lorsque nous avons évoqué la question de la guerre en Ukraine, j'ai demandé à l'italien quelle était la raison de l'absence d'un mouvement de protestation en France comparable aux manifs contre la guerre au Vietnam durant les sixties ?

  • - en Italie par contre la dénonciation contre la guerre est publique, mais vous en France étant donné que les médias sont à fond pour l'Ukraine, ils vous coupent l'herbe sous les pieds.

Quand nous avons observé la présence et la proportion d'éléments petits bourgeois dans les cortèges, étudiants féministes, cadres CFDT et CGC, je lui ai fait part de mon analyse sur la fameuse chute de la petite bourgeoisie dans le prolétariat, accélérée de nos jours avec la crise du Capital : « le problème est que ces couches chutent avec leurs idéologies pourries, féminisme délirant, communautarismes, écologie punitive, moralisme sexuel, etc. ». Il eût cette réponse que je trouvai décoiffante avec cette langue de miel :

  • - ma parce qu'il faut oun parti !

L'homme avait lu Bordiga, sans se déclarer bordiguiste. Mais c'est sur l'appréciation du mouvement qu'il fût encore plus incisif :

  • - les manifestations actuelles c'est bien mais il y a une différence avec 95, et j'y étais, tu y étais aussi ? Aujourd'hui il y a des manifestations mais peu de vraies grèves, en 95 il y avait moins de manifestations mais plus de grèves, qui ont duré un mois et demi.

Sur l'expérience bolchevique de prise du pouvoir par le parti (bon dieu pourquoi parler de ça dans une minable manif sur les retraites?), mon ami italien était moins proche de moi. Il tiquait quand je lui ai dit que le parti ne devait pas se faire bouffer par le pouvoir d'Etat dans la transition au communisme, et qu'on ne pourrait pas mettre l'immense masse de la petite bourgeoisie dans des goulags mais qu'on devrait l'associer aux changements révolutionnaires, qu'on aurait besoin des qualifiés de cette masse... Sans doute un bordiguiste clandestin et pas déniaisé ?

Voilà pourquoi je suis rentré chez moi, malgré plus de 8 kilomètres dans les pattes, content de m'être déplacé pour des défilés qui ne m'enchantent guère.

LE JEU DE DUPES DU BARNUM SYNDICAL UNITAIRE

Je n'ai pas vraiment réussi à convaincre celles et ceux avec qui j'ai échangé durant la manifestation du caractère artificiel de « l'organisation » du mécontentement, et je ne suis pas tout à fait satisfait d'être à contre-courant. Je pense cependant qu'il n'a échappé à personne ce scénario où au parle-ment on s'écharpe entre « responsables » et « rigolos » pour une réforme prétendue pliée d'avance face à « une rue » gentiment contestataire, nombreuse mais simple chaire à discours syndicaux.


L'image détournée choisie pour cet article, allusion à une iconographie de 68 quasi introuvable (car anti-démocratique...)2 à côté de tant d'autre dessins de l'atelier des beaux arts), avec laquelle j'avais illustré mon livre en 1988, illustre assez bien l'actuelle comédie médiatique et ses risques. Il y a peu de chances que la lutte de classe fasse tomber les quilles de cet opéra (opération séduction de la gauche contestataire) avec des choeurs aussi dissemblables et des partitions cacophoniques où on a joint diverses catégories du genre chauffeur de taxi, du transgenre commerçant, du genre féministe sinistre, du genre étudiant, voire du sous-genre lycéen.

Le programme de la protestation ordonnancée continue de paraître improvisé quand chacun sait qu'il n'en est rien, alors que la fonction de « coordinateur » syndical (peu spontanée) sort de l'ombre, sans doute une nouvelle race de syndicalistes, probablement sous-offs des généraux3. Poste doté en plus de la coordination avec les journalistes. Ce qui est formidable, et qui ne semble choquer personne, est que toute cette tragédie en actes de la babylonie syndicale décadente tourne autour de Ulysse parlementaire qui promet d'officier pour le clientélisme des retraites diverses, quand cela reste aux mains de la mafia ministérielle. On est sensé imaginer que la syndicratie est en mesure de faire plier l'Etat (pardon le gouvernement) via les rigolos de la Nulles, pour, un : faire croire que le parle-ment sert à quelque chose, quand vendredi soir son clapet sera fermé, et pour, deux : faire croire à un pouvoir de la « rue syndicalisée », qui ne sert qu'à diluer toute réelle lutte de classe dans diverses « actions » corporatives et manifs traîne-savates où le nombre ne signifie pas plus que les chiffres des stades au moment des manifestations sportives.

Plus drôle on nous vante une rue « pacifique » comparée à un hémicycle « violent ».

UNE CRISE SOCIOLOGIQUE ?

Le « mécontentement » version journalistes sociologues n'est qu'un sentiment d'insatisfaction où tous les chats sont gris. Les débats, que ce soit - soit disant - pour les plus défavorisés, avec la blague des 1200 euros, ou pour l'allongement ou le raccourcissement, ne donnent lieu qu'à une ridicule foire d'empoigne, où le slogan, sur le site de Quatennens par exemple – Sauvons nos retraites - ne signifie rien et rien du tout que...le maintien des inégalités actuelles dont monsieur toutlemonde est sensé craindre une attaque généralisée alors qu'elle est torve et ciblée, pas la même pour chaque corporation, diluée ou chloroformée avec la clause à pépère. Attaque multiforme, irrationnelle, injustifiable par Macron et sa clique de bedeaux ministres, parce qu'ils ne connaissent rien à la condition salariée et qu'ils prennent le peuple et surtout le prolétariat pour des imbéciles, or l'imbécile collectif c'est eux !

En 2019 Macron, lors de ses tournées explicatives pour effacer le mouvement des gilets jaunes, montrait déjà qu'il n'y connaît rien et surtout n'y connaît rien aux questions sociales et dit des conneries plus grosses que lui4 :

«  Prenons un enseignant, qui va avoir une retraite de 1 100, 1 200 euros. Ça peut être plus pour certains selon la fin de carrière qu’ils ont eue. Il arrive, il a 65 ans… Beaucoup m’en ont parlé. Il est angoissé parce qu’il se dit : "Dans dix ans, les enfants travaillent, c’est dur pour eux, c’est moi qui les aide déjà. Le jour où je veux rentrer à l’Ehpad ou à la maison médicalisée, c’est quoi ? 1 500, parfois 1 700 par mois."»

Heureusement pour eux les enseignants ont une retraite autour de 2500 euros. Quant aux EPHAD à 1500 euros ? Quel ignorant plaisantin ce bourgeois !

On nous explique que ce mécontentement est basé sur un sentiment de déclassement comparable à celui des gilets jaunes, « sentiment » au cœur de la « colère sociale », sous-entendu nouveau radotage version conflit riches versus pauvres. Ce discours sociologique c'est à la télé. Lorsque la télé vient à Albi voir les généraux syndicats en visite des troupes, ceux-ci révèlent à leur tour le but profond de la pièce de théâtre dans l'amphithéâtre national (et lire la note 1).

Martinez : On a besoin de « dialogue social ». A partir du moment où on parle des problèmes des gens, on a un soutien massif.

Berger : On est au centre du mouvement social. On montre que le mouvement syndical « est de retour »

Martinez : On défend un syndicalisme de proximité, du monde du travail.

Berger : le syndicalisme est en train de montrer sa centralité dans le monde du travail. Dans ce cadre pacifique, on va construire l'intersyndicale au soir du 7. On est indépendants des partis politiques. On fait un exercice démocratique de la démocratie.

LA GREVE A EVITER...CAR DISPENDIEUSE

La CGT, dont le patron Philippe Martinez s'était prononcé pour des «grèves plus dures, plus nombreuses, plus massives, et reconductibles», a appelé les salariés des secteurs des transports et de l'industrie à débrayer pendant 24 heures. Cheminots, dockers, électriciens, gaziers, salariés de la chimie et du verre devraient donc lever le pied et le poing jeudi prochain.Toutefois, les perturbations devraient moins peser sur le quotidien les Français. Dans le secteur des transports ferroviaires, la grève de jeudi ne devrait pas engendrer trop de suppressions ou de retards de trains.

Un souci d'économie des grèves qui permet de les limiter et nouvelle manière de les saboter... la grève restant plus dangereuse que la manifestation plus diluée et toutes classes et tous mécontentements mêlés ...

« La mobilisation de jeudi 16 février sera «moins suivie par les cheminots», assure Fabien Dumas, secrétaire fédéral SUD-rail, qui estime que les grévistes seront surtout «des militants et syndiqués habituels». «Nous sommes bien conscients qu'un empilement de journées de grève peut peser douloureusement sur les salaires et ne fait jamais plier un gouvernement. Ce que font en revanche des blocages reconductibles comme ceux de 1995 ou du 7 mars prochain».

Cette journée du 16 février avait une visée surtout symbolique, continuer à « assiéger » le parle-ment en train de causer sornettes sur une texte de réforme inamovible.

L'ombre d'une grève reconductible : « on va durcir le mouvement »

Menaces des généraux syndicaux : «si malgré tout le gouvernement et les parlementaires restaient sourds à la contestation populaire, l'intersyndicale appellerait les travailleurs et les travailleuses, les jeunes et les retraités à durcir le mouvement en mettant la France à l'arrêt dans tous les secteurs le 7 mars prochain». Frédéric Souillot, le patron de Force Ouvrière, déclarait sur BFMTV avoir mis en garde Élisabeth Borne au téléphone : «Si nous ne sommes pas entendus, […] on va durcir le mouvement». Fabien Dumas, secrétaire fédéral de SUD-rail, table quant à lui sur une mobilisation massive dans le secteur ferroviaire, SUD-rail, la CGT-Cheminots et l'intersyndicale RATP ayant déjà appelé à une grève massive et reconductible. Des cheminots ont ainsi déjà déposé leurs déclarations d'intention de grève alors que cela est possible jusqu'à 48h avant le jour J.

Toutefois, le Berger des cols blancs a précisé de son côté ne pas encore être «dans la logique de la grève reconductible» et que «ce n'est pas un appel à la grève générale» non plus, expliquant que le 7 mars fera l'objet d'un «appel à la grève de 24 heures mais pas forcément davantage». Comme le rappelle au Figaro Yvan Ricordeau, le mot «reconductible» n'apparaît pas dans le communiqué commun. La journée du 7 mars devrait surtout se traduire par une mobilisation «plus musclée», avec des actions diversifiées et renforcées.

Une journée de grève « totale », « reconductible » (mais pas générale), on en a vu d’autres. Cela gêne une partie du pays, mais les travailleurs qui le peuvent, et sans illusion ou sans choix, s’organisent tant bien que mal pour aller au boulot. Avec les confinements les « citoyens » ont appris à réagir vite, à s’adapter. Les blocages et les pitreries des Robins des bois vont contribuer à desservir la fable de l'unité universelle des confréries syndicales...et renforcer le caractère « borné » du gouvernement.

L'INTERPRETATION DE DEUX MINORITES A VOCATION REVOLUTIONNAIRE


Le groupe maximaliste « Révolution Internationale » a analysé intelligemment la comédie des 5 premiers actes ! « À cela s’ajoutait, sur les mêmes plateaux de télévision et les mêmes émissions radio, un « débat » assourdissant sur l’injustice de la réforme pour telle ou telle catégorie de la population. Il faudrait la rendre plus juste en intégrant mieux les profils particuliers des apprentis, de certains travailleurs manuels, des femmes, mieux prendre en compte les carrières longues, etc.

Bref, toujours le même piège, pousser à ce que chacun se préoccupe de sa propre situation,tout en mettant uniquement en avant le sort des « catégories » les plus défavorisées face à cette attaque !Mais au final, tous ces contre-feux, mis en place durant les trois dernières semaines, n’ont pas fonctionné. Et la combativité exprimée par un à deux millions de manifestants impose désormais aux syndicats de s’adapter à la situation. D’où le décalage de la prochaine journée de mobilisation du 26 au 31 janvier. Si les « partenaires sociaux » de la bourgeoisie justifient ce changement par la nécessité « d’inscrire le mouvement dans la durée en réalité, il s’agit pour eux de se donner du temps afin de poursuivre l’entreprise de division et de sabotage de la lutte. D’ailleurs, dès le 20 janvier, ils se sont empressés d’appeler les « bases à s’organiser » en lançant des appels à des méthodes de lutte totalement stériles telles que « aller devant une préfecture faire du bruit », « couper le courant des permanences des députés» ou « aller manifester sa mauvaise humeur devant celles-ci ». Tout cela sans oublier d’isoler les secteurs les uns des autres en appelant, par exemple, à une journée de grève dans les raffineries pour le 26 janvier. Autant de gesticulations qui ne visent qu’à tenter d’organiser la dispersion, d’épuiser et d’amoindrir le rapport de force d’ici le 31 janvier. Nul doute que les mobilisations secteur par secteur vont également se multiplier d’ici là.

Les travailleurs doivent prendre en main la lutte. Comment, à l’inverse de ce travail de sabotage préventif des luttes, créer un rapport de force permettant de résister aux attaques contre les conditions de vie et de travail ? Par la recherche du soutien et de la solidarité au-delà de sa corporation, de son entreprise, de son secteur d’activité, de sa ville, de sa région, de son pays.En s’organisant de façon autonome, à travers des assemblées générales notamment, sans en laisser le contrôle aux syndicats. Par la discussion la plus large possible sur les besoins généraux de la lutte, sur les leçons à tirer des combats et aussi des défaites. Car il y aura des défaites, mais la plus grande défaite serait de subir les attaques sans réagir. L’entrée en lutte est la première victoire des exploités. L’autonomie, la solidarité et l’unité sont les jalons indispensables à la préparation des luttes de demain. Car les luttes actuelles ne sont pas seulement des expressions de résistance contre la dégradation des conditions de vie et de travail. Elles sont également la seule voie vers la reconquête de la conscience d’appartenir à une seule et même classe. Elles forment le principal sillon à travers lequel le prolétariat pourra entrevoir une alternative à la société capitaliste :le communisme ».

Tout cela est bel, bon et généreux. Sauf que les travailleurs n'ont ni décidé du mouvement ni organisé celui-ci. Sous le verrouillage complet du ballet syndical il est pour le moins présomptueux voire ridicule, d'imaginer que les travailleurs pourraient arracher le contrôle des AG par les appareils syndicaux ! Quant à affirmer que « l'entrée en lutte est la première victoire des exploités » c'est comme d'affirmer que marcher au pas est une victoire. Mieux qui peut croire à cette alambiquée « reconquête de la conscience » et au « sillon » de manifs strictement corporatives et syndicales vers... le communisme ? C'est non seulement aller vite en besogne mais ridicule, même « poussée à bout » ou avec grèves reconductibles ce mouvement si encadré ne peut viser qu'à faire tomber le gouvernement et à le remplacer par un autre...aussi capitaliste. Le communisme attendra, et ce n'est pas parce que vous l'invoquez à la fin de chaque article qu'il redeviendra plus crédible.

La secte qui paraît la plus proche du mouvement ouvrier (et employé), la plus éloignée du wokisme débile du NPA par exemple ou des Nulles, Lutte ouvrière est pour partie plus incisive et s'élève plus que RI au-dessus de la stricte manifestation pour les retraites, elle relie justement à la question de la guerre, absente du discours « communiste » (mais en fin d'article) de RI :

« Ici, nous avons à poursuivre notre combat contre la retraite à 64 ans, le recul de nos salaires et des droits ouvriers. Il faut le faire en ayant en tête la nécessité de reconstruire une force politique pour pouvoir, demain, refuser de servir de chair à canon dans la guerre que fomentent les capitalistes. Les confédérations n’ont appelé à riposter que tardivement, mais elles devaient aussi démontrer qu’une attaque telle que cette contre-réforme des retraites doit obligatoirement être négociée avec elles et que le gouvernement a eu tort de vouloir passer outre. L’ampleur des manifestations le 19 janvier, à laquelle elles ne s’attendaient peut-être pas, vient les conforter. Leur intérêt est de montrer qu’elles sont des interlocuteurs indispensables, mais aussi qu’elles méritent ce rôle en montrant leur capacité à contrôler les réactions des travailleurs. C’est ce qu’elles ont fait en fixant une date pour une nouvelle journée de grève et de manifestation le 31 janvier, avant sans doute de fixer des dates ultérieures en fonction du calendrier parlementaire. Jusqu’où les confédérations syndicales sont-elles prêtes à mener un mouvement contre le projet gouvernemental ? Il leur faut en tout cas obtenir de celui-ci quelques concessions, quelques inflexions au projet, qui leur permettent de justifier l’abandon des grèves et des manifestations à un certain moment. Ce moment peut évidemment être différent pour les uns et pour les autres, et l’unité syndicale réalisée pourrait donc être provisoire. Quoi qu’il en soit, les travailleurs ne peuvent pas leur donner de chèque en blanc et s’en remettre entièrement aux directions syndicales pour diriger une riposte qui les concerne tous. Il faut que, dans les entreprises et les secteurs en lutte, les travailleurs se donnent les moyens de décider de leur mouvement, il faut que se mettent en place des assemblées générales et des comités de grève démocratiquement élus.

Pour avoir une chance réelle de l’emporter, il faudra non seulement des manifestations massives, comme celles du 19 janvier, mais également des grèves frappant les capitalistes au portefeuille. Il faut que le mouvement s’étende, que la colère s’exprime suffisamment pour inquiéter le gouvernement et le patronat. (...) si celui-ci est suffisamment déterminé, c’est la bourgeoisie elle-même qui ira demander à son valet Macron de retirer sa réforme. Et face à une classe ouvrière renforcée, mobilisée et consciente, il deviendra possible d’imposer d’autres reculs au pouvoir politique et au patronat ».

Le discours de ce groupe trotskien peut paraître radical aux naïfs, voire être équivalent à celui maximaliste de RI. Il n'en est rien. Tout transpire le queuisme envers les syndicats officiels et une extension avec les pires ennemis de la lutte...les appareils syndicaux et leurs clairons de base ou du sommet. Que l'initiative des généraux syndicaux aient répondu à une possible explosion indépendante de classe (vision de RI et de LO) ou que l'Etat (gouvernement + partis et syndicats) aient pris les devants, la suite du programme coule de source et, d'une part vise à épuiser les colères ou les mécontentements, et d'autre part à faire croire à une victoire de l'un ou l'autre camp. Dans tous les cas la bourgeoisie sera gagnante : si la réforme reste en place, le gouvernement sera le salaud quand la confrérie syndicale et la gauche bourgeoise apparaîtront comme des « amis sincères » mais aussi désolés que nous d'avoir échoué ; si la réforme est annulée, même résultat, quoique inversé, syndicats et gauche bourgeoise gagneront plus en crédibilité même si rien n'aura changé dans la diversité et inégalité des retraites. Le calendrier manifestatoire et contestataire prête enfin à réflexion.

UNE CONJONCTION ET UN CURIEUX ETIREMENT entre la présentation de la réforme au parle-ment et les journées de manifestations syndicales opposées au projet criminel :

  • - le projet est présenté par la mère Borne le 10 janvier

  • - LFI veut organiser la première manifestation le 20 janvier

  • - les syndicats annoncent la leur le 19 janvier

  • - LFI doit se résoudre à reprogrammer la sienne le 21 janvier où la mobilisation est bien moindre que celle des syndicats

  • - la journée syndicale du 16 février fait pâle figure par rapport à celle du 19 janvier (effet recherché par les traîtres syndicaux?) mais le mont de Vénus est promis pour le 7 mars.

Tiens voilà du boudin ! Il aura fallu 9 jours pour une première réaction à la présentation parlementaire de la réforme, 24 pour celle du 11 février, puis 5 jours après celle du 19 – pour une pure raison prosaïque il y aurait encore eu 24 jours d'attente « pour les masses », certes comblées par telle ou telle grève corporative ou action Robin des bois. On a beau nous dire que la programmation syndicale accompagne les querelles au parle-ment ou prétendent lui faire la pression, la distance entre deux manifs fait passer la prévenance de grèves reconductible pour une baleine dégonflée, mais trop louche comme tout enterrement repoussé ou à la façon de la justice bourgeoise à la saint Glinglin. Mais il faudra quand même attendre encore 19 jours...le temps de passer à autre chose, qu'une guerre mondiale survienne, que Macron se tue en trottinette car tout passe et lasse. Le Graal promis pour le 7 mars aurait ainsi toutes les chances d'être un deuil, confirmé dès le lendemain pour un des carnavals wokistes des plus prisée, la journée mondiale de la femme, surtout celles d'Iran et d'Afghanistan.

 

NOTES

1La manif à Albi, la ville chérie de mon enfance, fût gonflé démesurément par l'aristocratie syndicale en déplacement et vantée hors de proportion en chiffres et en signification ; il est vrai qu'en ce moment démagogique je prends pus au sérieux les chiffres de la police. L'importance du mécontentement en province je m'en fous, je l'ai vécu au temps des gilets jaunes, c'est épidermique et sans lendemain ; depuis 1789 les provinces françaises sont toujours restées plouques.

2 La mystification de la « démocratie bourgeoise », comme toute mystification aussi bien chez Mao que chez les islamistes, commence dès l'enfance, avec ce PARLEMENT MOBILE A BORDEAUX : « Une drôle d’agora en bois posée là, au milieu de l’atrium du campus de la victoire de l’université de Bordeaux. Des estrades de part et d’autre d’une structure à roulettes. Une cinquantaine de jeunes âgés de 15 à 24 ans sont entassés sur des assises inconfortables. Ils sont conviés à l’assemblée des jeunes : le «parlement génération transition». «Vous contribuez à la vie politique à votre façon. On vous donne la parole aujourd’hui !» lance le maire écologiste de la ville de Bordeaux, Pierre Hurmic »

https://www.liberation.fr/forums/a-bordeaux-un-parlement-mobile-la-parole-est-a-la-jeunesse-20230214_BP3E4BEZU5HOFJIQTUA7RQLA2Q/

3« Du côté du raffinage, ce sont aussi essentiellement « des appels à participer aux manifs » qui sont prévus, a indiqué à l’AFP Éric Sellini, coordinateur CGT pour TotalEnergies ».