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« Le marxisme est une conception révolutionnaire du monde qui doit toujours lutter pour des connaissances nouvelles". Rosa.Luxemburg. "Le principal héritier du fascisme est l'antifascisme". BORDIGA
«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »
Thucydide

Barack Obama a engagé les hostilités (pour l’instant seulement politiques), assurant soupçonner
Révélation : GRAMSCI N'ETAIT PAS MARXISTE
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ANTONIO GRAMSCI
Par Gatto Mammone (revue Bilan 1937)
Antonio Gramsci, récemment décédé dans une clinique de Rome – où le fascisme l’avait fait admettre dans un état désespéré suite aux dix années de tortures physiques et morales de réclusion – vient d’être tué une seconde fois par ses apologistes. En effet, toute la presse centriste et le Front populaire, du « Grido del Popolo » au « Nuovo Avanti » et « Giustizia e Libertà », s’est jetée sur son cadavre pour spéculer et dénaturer sa pensée et son œuvre dans un but contre-révolutionnaire. La presse centriste, qui avait depuis quelques temps laissé tomber dans l’oubli le « chef » du prolétariat italien, profite de sa mort pour accentuer sa campagne contre le « trotskysme » qui, dans la langue italienne, se traduit par « bordiguisme ».
Nous avons vu Palmiro Togliatti, dans la commémoration officielle de la mort de Gramsci, affirmer que le Parti communiste réalisa entièrement les buts que Gramsci lui a assignés.
Nous, qui avons combattus de son vivant les déficiences politiques de Gramsci tout en appréciant certains traits de son caractère et de son intelligence, nous estimons que la plus digne commémoration, l’unique forme prolétarienne de commémoration, ne consiste pas dans une sorte de canonisation du disparu, en lui attribuant une infaillibilité et une sorte de clairvoyance divinatrice et prophétique, mais tout au contraire en dénonçant les erreurs et les fautes, c'est-à-dire la partie négative et caduque de son œuvre afin que celle-ci ne puisse en ternir la partie vivante et durable – qui devient partie intégrante du patrimoine du prolétariat dans son ascension dans la voie révolutionnaire.
Et les faiblesses et incompréhensions ne manquent pas dans l’œuvre de Gramsci, tant à cause de son origine sociale qu’à l’époque où il s’insère dans le mouvement ouvrier italien.
Intellectuel, il avait étudié la théologie et la philosophie à Turin, il avait subi l’influence culturelle de cette philosophie idéaliste de Gentile, son frère spirituel – et lui aussi victime du fascisme – dans l’utopie du libéralisme rénové et « révolutionnaire ». Le marxisme n’était plus pour Gramsci la négation du positivisme et de l’idéalisme, mais une filiation de ces philosophies reniées par les idéologues du capitalisme. L’évolution du capitalisme italien ou révolution bourgeoise n’avait pu avoir les formes achevées qu’elle eût en d’autres pays, conduisit Gramsci à postuler l’hypothèse de l’insertion du prolétariat dans l’accomplissement de la « révolution libérale ». Ainsi, dans le domaine politique il avait subi l’influence, comme d’autres intellectuels de l’immédiat avant-guerre du révisionnisme de Salvemini, qui voyait dans la solution du problème méridional un moyen de surmonter la crise du socialisme dans sa dégénérescence vers le réformisme parlementaire qui s’intégrait dans le capitalusme.
Et Gramsci, Sarde de naissance, opta pour le fédéralisme qu’il chercha à soutenir au sein même du Parti communiste.
Il appartient à cette génération qui est venue au mouvement ouvrier pendant la guerre – il fut même au début interventionniste, comme l’a remarqué Tasca, lançant la flèche de Parthe – et il chercha à se relier à la masse ouvrière, favorisé en cela par le fait qu’il habitait Turin, véritable « capitale prolétarienne » de l’Italie.
Togliatti, dans la commémoration d…citée (illisible), affirme que « quand éclata la révolution russe, Gramsci fut l’unique en Italie qui fut immédiatement capable d’en comprendre la véritable signification historique et le premier à propager le léninisme, la lutte contre le réformisme et le centrisme (c'est-à-dire le courant de Serrati) pour la formation du parti révolutionnaire du prolétariat. Et après la scission de Livourne, dans la lutte contre le gauchisme prédominant, ayant à sa tête Bordiga, aujourd’hui allié du fascisme. Gramsci défit politiquement Bordiga ».
Autant d’affirmations, autant de mensonges.
Le mouvement de « l’Ordine nuovo » pour les conseils d’usines procédait d’une négation radicale de la théorie marxiste : à la thèse communiste du parti de classe luttant pour la destruction de l’Etat capitaliste, était opposée l’autre de l’ébauchement du nouveau monde ouvrier, du monde des « Conseils » (embryons des Soviets) au sein même de la société bourgeoise. Gramsci et l’Ordine Nuovo surestimaient le problème du contrôle ouvrier en admettant la possibilité de réaliser une forme économique socialiste, avant la prise du pouvoir et la destruction de l’appareil étatique bourgeois (tout comme c’est le cas des « socialisations » de Catalogne en 1936) et avec un parti qui resterait uni, de Bordiga à Turati. Et les bonzes réformistes de 1919-1920, ceux qui trahirent au moment de la prise des usines, étaient eux aussi pour ce contrôle ouvrier et ils se crurent, de ce fait, être aussi partisans des soviets. La première délégation italienne envoyée en Russie, était formée en majorité de ces champions qui devaient ensuite passer avec armes et bagages au fascisme.
Gramsci était alors pour l’unité du parti, y compris les réformistes, dont seulement les plus compromis et les moins assimilables devaient être exclus, cas après cas, pendant que le « Soviet » et la fraction communiste (abstentionniste comme elle s’appelait alors) soutenaient la scission avec le réformisme en bloc, comme idéologie contre-révolutionnaire.
Quand nous tînmes en 1920, à Florence,
Ce fut seulement après le second Congrès de Moscou – auquel Bordiga fut appelé directement par l’I.C. à participer – que la base d’un accord fut trouvée et
Et si les conditions historiques en mûrissent seulement en 1921, les conditions pour la création du parti de classe ne purent sauver le prolétariat italien de la défaite, ce fut quand même ce parti (sous la direction de la gauche) qui sut, l’arme à la main, protéger la retraite de la classe ouvrière italienne, en même temps que dans le domaine syndical, il réussissait à orienter les masses vers la constitution d’une Alliance du Travail basée sur les luttes économiques, et dans les syndicats de
C’est cette tactique de la gauche qui a créé la solide base prolétarienne dont a bénéficié ensuite le centrisme, en s’en prévalant et malgré la direction centre-droite imposée par Moscou en 1923, à l’insu de la base du parti qui, encore à la conférence d’organisation de mai 1924, devait se prononcer à une énorme majorité pour la gauche, et ce furent encore des « gauchistes » qui, à la tête du mouvement syndical, dirigèrent les grèves de 1925, dernier sursaut de classe du prolétariat italien.
C’est toujours cette même base qui, après 1928, s’est sacrifiée, ou mieux, qui a été sacrifiée par la bureaucratie centriste pour justifier, « in corpore vili », leurs prébendes à Moscou, alors qu’il y avait à la tête de l’appareil illégal du parti un provocateur, Vecchi, et d’autres qu’on n’a pas su ou voulu identifier au Comité Central. C’est cette même bureaucratie couarde et corrompue qui est à la tête du parti, quand Gramsci et Terracini sont tombés dans les mains de l’ennemi de classe, pour suivre aujourd’hui la politique de trahison et qui, aujourd’hui, persécute en s’appuyant sur l’appareil étatique et policier russe, nos camarades Calligaris, Mariottini.
Une fois le parti créé, à Livourne, Gramsci, comme du reste aussi Togliatti, furent complètement absorbés par la forte personnalité de Bordiga et, pas même à Rome, en 1922 – quand furent votées les thèses dites de Rome – ils ne manifestèrent un désaccord et c’est seulement ensuite qu’ils marquèrent leur opposition.
Entre-temps, les contrastes entre le P.C.I. et l’I.C. se précisaient dans l’opposition aux thèses des 3e et 4e congrès de l’I.C. sur les questions du Front Unique et du problème des rapports entre Parti et masse, qui recélaient la dissension sur la nature du Parti vicié à l’origine par l’I.C. et les problèmes nouveaux surgis du fait de l’existence de l’Etat prolétarien. Ces contrastes nous mettaient en opposition avec la ligne de Zinoviev-Boukharine, c'est-à-dire, si vous le voulez, de Lénine-Trotsky. Ainsi, déjà au 4e congrès de l’I.C. en novembre 1922, la gauche reste à la tête du parti seulement pour raison de discipline et avec une ligne politique imposée, jusqu’à ce que Moscou, ayant réussi à créer un centre et une droite, puisse écarter la direction de gauche – alors en prison – et la supplanter avec le bloc centre-droite.
Gramsci qui, au début, avait opposé une résistance aux manœuvres de Moscou – il suffit de rappeler son dédaigneux refus à la proposition faite après Livourne par l’I.C. d’essayer de supplanter Bordiga – finit par se prêter à cette création d’un courant du centre qui ne reflétait en rien l’orientation du parti italien issu de la scission de Livourne.
Nous revendiquons entièrement cette scission de Livourne – cette scission « trop à gauche » - surtout aujourd’hui que les nouveaux maîtres, après 16 ans et une réaction comme le fascisme, tâchent d’effacer cette scission au profit d’une « unité organique » qui nous mettrait sur le même pied que celui qui conduisit au désastre de 1919-20 et qui compromettait dès le début le premier réveil de la classe ouvrière d’Italie.
Certes, il y avait dans le parti, et dans la direction qu’il s’était donnée, des germes d’opportunisme. Je me rappelle de mon opposition, lors de la dernière réunion de la fraction abstentionniste, pendant le Congrès de Livourne, à la liste des noms à présenter pour la direction du nouveau parti. Sur cette liste, figuraient en effet Gennari, Bombacci et d’autres qui avaient jusqu’au dernier moment entravé la constitution de ce parti.
Et je ne parle pas du groupe parlementaire hérité du parti socialiste qui, par une ironie du sort, à nous anciens abstentionnistes, comprenait des éléments inutilisables.
Mais ce fut surtout le poids énorme de
« Chef » du prolétariat italien, Gramsci ne le fut jamais et n’aurait jamais pu l’être. Sa volonté et son esprit de décision, qualités indispensables d’un chef, se ressentaient de son état physique ; ainsi, en 1921, il subit l’influence de Bordiga tout comme après 1923, celle des dirigeants de l’I.C. « après la mort de Lénine ».
Le « chef » prolétarien est le produit d’une époque historique et l’expression dans une phase déterminée des aspirations et des intérêts de la classe ouvrière dans sa lutte révolutionnaire. Bordiga fut ce chef du prolétariat italien pendant la période d’après-guerre, uniquement parce qu’il sut le premier affirmer la nécessité de le doter d’un parti solidement fondé sur un programme communiste-marxiste. Mais « chef » signifie une fonction dans une phase donnée de la lutte émancipatrice du prolétariat et non une dignité acquise à vie surtout quand, au cours de cette lutte, surgissent continuellement des problèmes nouveaux qu’il faut savoir comprendre pour les résoudre. Le « chef » de la révolution italienne pourra être ou ne pas être Bordiga, mais il le fut certainement – et non pas Gramsci – de 1919 à 1921.
Ainsi Turin, ce centre objectivement favorable et où la majorité de la section du parti était avec nous – les abstentionnistes – ne facilita pas à Gramsci – quoiqu’en dise Togliatti – ni la compréhension immédiate de
Et encore en 1924, quand Gramsci, entré au Parlement et devenu le leader politique du parti, orientait les masses, à l’éclosion de l’affaire Matteoti, vers le débouché parlementaire, vers l’opposition légale au gouvernement fasciste, pour créer le vide autour d’un parlement qui, amputé de la sécession de l’Aventin, ne reflétait plus la volonté du peuple. Et les sécessionnistes bourgeois de l’Aventin, repoussaient naturellement et la proposition de grève générale et celle du refus par les paysans de payer les taxes pour la raison que « l’antifascisme » démocratique, écrivit Togliatti, n’était pas pour une lutte décisive contre Mussolini… !
Est-ce qu’aujourd’hui le Front Populaire, surgi de l’Union de « l’antifascisme de classe » centriste et de l’antifascisme bourgeois et qui exprime un front unique, prélude à l’Union sacrée, peut lutter « sérieusement » contre le régime fasciste, c'est-à-dire pour la destruction du régime capitaliste ?
Mais de cette politique, Gramsci n’est plus responsable. Arrêté en octobre 1926, il échappa ainsi à la lourde responsabilité d’une politique dont il avait été l’un des artisans.
Et Togliatti « qui ne se décide pas ainsi qu’à son habitude » comme Gramsci lui-même le caractérisait, s’est « décidé » à devenir le chef – titre que cette fois nous ne contesterons pas – de la politique de trahison quand les Gramsci, les Terracini et les Scocimarro furent ensevelis dans les geôles fascistes. Et cela n’est pas pour nous étonner.
Le sous-chef de la bande des forbans centristes, Grieco, a récemment écrit dans « Stato Operaio » que « l’aversion de Togliatti pour Bordiga et le « bordiguisme » a toujours été profonde, je dirais presque physique ». Pour une fois, nous sommes d’accord avec Grieco ; cette aversion est celle des agents de la bourgeoisie contre l’unique courant resté fidèle à la lutte pour le communisme.
Et nous n’hésitons pas à affirmer que Gramsci, reconnaissant complètement ses erreurs passées, unique forme de réhabilitation prolétarienne (tout comme Serrati sut se racheter de ses lourdes fautes de 1919 et 1920) se serait peut-être rallié au prolétariat révolutionnaire. Dans une lettre datant de janvier 1924, il avait reconnu l’erreur commise en 1919-1920 par son groupe de l’Ordine Nuovo, repoussant la proposition des abstentionnistes de passer à la constitution immédiate, à l’échelle nationale, du parti de classe du prolétariat italien ; et une autre lettre datée d’octobre 1926 (à la veille de son arrestation) adressée à l’Exécutif de l’I.C. contenait des critiques que surent faire les centristes italiens de la première heure, les Gramsci, Terracini et Scocimaro – tandis qu’il appartenait aux épigones, les Togliatti, Grieco et DI Vittorio, de se prostituer à Staline, le « grand pilote » des défaites prolétariennes et le bourreau du prolétariat russe.
Gatto Mammone
(pseudo de Virgilio Verdaro, 1885-1960, voir sa biographie sur le site Smolny)
(1) Tasca a écrit dernièrement dans le « Nuovo Avanti » que des divergences s’étaient manifestées entre Gramsci et le centre dirigeant du parti à l’étranger et a mis au défi les Togliatti et Grieco de donner une publicité à cette documentation. Aucune réponse n’a été faite par ceux qui, pour honorer Gramsci, veulent se servir de son cadavre pour valider leur politique de destruction du prolétariat révolutionnaire. Inutile d’insister sur le rôle que joue Tasca dans cette affaire. Devenu conseiller attitré du capitalisme français, Tasca cherche à profiter des dissentiments survenus entre Gramsci et Togliatti, pour mieux introduire son poison socialdémocrate parmi les ouvriers.
Par-delà Gramsci et avec Gramsci
contre ses fossoyeurs bordiguiens
Dans le numéro précédent de Bilan, pour réagir rapidement à l’annonce de la mort de Gramsci, un communiqué avait été publié l’associant à Camillo Berneri assassiné en Espagne par les staliniens:
(…) Le capitalisme a supprimé physiquement l’un et l’autre, parce que, malgré les responsabilités de l’un dans la genèse du centrisme (le stalinisme, ndt), malgré la fonction négative et contre-révolutionnaire de l’idéologie anarchiste défendue par l’autre et condamnée par les événements d’Espagne ; Gramsci et Berneri pouvaient, par leur passé, par l’honnêteté de leurs convictions que tant d’arrivistes et d’aventuriers flagellaient, devenir une menace pour l’ordre constitué, le « fasciste » tout aussi bien que le « démocratique » (…) GRAMSCI, chef du prolétariat italien ? Non, parce qu’à aucun moment il n’a su mettre au profit de la classe ouvrière son grand talent, son esprit de sacrifice, sa fermeté dans la lutte contre l’ennemi. Gramsci, provenant d’un milieu intellectuel qui en avait déjà faussé la formation, n’avait pas su s’approprier l’esprit du marxisme qu’il avait pourtant étudié avec tant d’endurance. Et c’est cela qui donne à sa lutte un caractère encore plus noble. Sans pouvoir saisir l’évolution réelle des événements, sans pouvoir contribuer à leur orientation révolutionnaire, il a donné sa vie à la cause du prolétariat. (…) Les vies de Gramsci et de Berneri appartiennent au prolétariat qui s’inspire de leur exemple pour continuer sa lutte ».
Voici donc la première vraie biographie de Gramsci sur internet par un de ceux qui avaient combattu à ses côtés tout en lui montrant ses erreurs. Je me suis tapé la frappe puisque la saisie de la compil de Bilan est loin de son terme, et le site Smolny a donc mon autorisation pour repiquer cette frappe et combler la grave lacune dans son dictionnaire du mouvement révolutionnaire (*).
La plupart des biographies comportent des à peu près ou des mensonges (versions staliniennes et trotskiennes bien sûr). L’article de Pietro Tresso de
Gramsci a, par sa démarche d’intellectuel hésitant, favorisé l’installation du stalinisme en Italie, comme en témoigne sa lettre au renégat Togliatti de mai 1923 où il se rallie à l’idée opportuniste du parti de masse contre la fraction Bordiga. Mais Gramsci n’est pas un pourri, il marche sur des œufs, et à chaque pas reconnaît telle erreur ou reste dubitatif. En novembre 1922 il avait refusé de voter contre Bordiga malgré les pressions de Zinoviev, Boukharine et Trotsky. Quand, dans son histoire de la gauche communiste, Bordiga fulmine contre ceux qui assimile les abstentionnistes aux tribunistes hollandais et aux conseillistes, il a d’abord fait un parallèle (sans les confondre) entre gramscisme et kaapédisme, mais pour vouer aux gémonies tous ceux qui seraient tenté de classer comme monolithique le courant abstentionniste. Dans la revue « Il Soviet » où des articles se moquent du conte de la « guerre révolutionnaire », Bordiga a fait publier des articles de Pannekoek et de Gorter ; et il ajoute même de Lukacs quand bien même il était précisé qu’on ne pouvait pas « reprendre à son compte toutes es affirmations qui y sont contenues ». En note il rappelle sa propre honnêteté, à travers Rosmer qui se fit fort de « rappeler comment Bordiga ayant exposé les positions de l’ordinovisme avec une parfaite « honnêteté » à la demande de Lénine, celui-ci fut encore plus convaincu qu’il fallait donner l’ « investiture » à Gramsci et ses camarades.
(*) Le cadenas, pourtant épais de ma cave, a été fracturé. J’ai soupçonné d’abord des voisins crypto-fachos. Curieux qu’on m’ait dérobé un carton plein de l’œuvre conjointe de Janover et Rosa. Ne serait-ce pas l’œuvre de trotskiens NPA ? Rosanover s’est bien vendu dans ce milieu réviso-anarchiste mais reste invendable ailleurs…
MALADIE CHRONIQUE D’UN BORDIGUIEUX
Dans mon Blog du 22 nov 2008 où je détaillais les raisons du marasme des milieux révolutionnaires et où je remettais à sa place les chienneries du sieur Michel Olivier, j’avais glissé des remarques sur Gramsci qui furent jugées trop élogieuses par Robert Camoin, prude gardien d’un temple qui ne lui appartient pourtant pas :
« En Russie, comme en Italie, au début du siècle dernier, dans deux pays où l’industrie n’était pas dominante mais fortement concentrée en deux ou trois grandes villes, la petite bourgeoisie fût appelée à suppléer à la faiblesse de la bourgeoisie, comme l’a génialement analysé Gramsci. Gramsci, plus que Bordiga et à l’inverse de Staline, garda le souci que les ouvriers soient formés et éduqués le plus vite possible au début de la révolution afin de ne pas laisser à la myriade des couches petites bourgeoises traditionnelles la direction de la société. Son message a été perdu sous la récupération stalinienne et par la rigidité bordiguiste ».
J’aurais pu reproduire une partie de l’introduction que j’ai réservée pour le n°3 de Tempus Fugit de F.Langlet (qui sera publié en 2050) pour une partie qui comporte des textes de Laugier et la traduction enfin en français du « Gramsci » de John Mac Cammett », et qui dit ceci :
« Gramsci dérange encore comme Bordiga de nos jours. Récemment un émissaire du Vatican assurait qu’il était mort en chrétien avec une croix dans sa chambre… Gramsci, par son œuvre intense, reste irrécupérable par les curés de la bourgeoisie. Gramsci ne fut pas un intellectuel cultivé mou, ni Bordiga un affreux politique inculte. Par delà la mort des deux plus grands théoriciens italiens, il reste le témoignage de la fraternité et de l’amitié dans le combat (leçon pour les malheureuses sectes autistes d’aujourd’hui) : En décembre 1926, Bordiga retrouva à l’île d’Ustica Antonio Gramsci, son adversaire politique. Bordiga, contrairement à toute légende, n’était pas un sectaire dans les rapports de parti, et faisait passer au premier plan les rapports humains. Malgré leurs divergences, Bordiga et Gramsci étaient liés par une vieille amitié, qu’ils conservèrent contre vents et marées, au point que Gramsci séjourna dans la maison de Bordiga en 1924. Bordiga dirigeait la section scientifique et Gramsci la section littéraire et historique. Préoccupé par la santé délabrée de Gramsci, Bordiga proposa au centre du parti de le faire évader de l’île. Mais cela n’eut pas de suite. Il est typique qu’en 1927, bien que Togliatti fut devenu le numéro un du parti, Gramsci écrivit non à Ercoli – « un certo Togliatti », comme il le disait avec mépris-, mais à Bordiga. En 1934-35, de brèves rencontres eurent lieu entre ce dernier et Gramsci, malade, en déjouant la surveillance de la police, qui l’accompagnait à la clinique de Formia. »
Dans le n° 73 de sa revue « Présence Marxiste », Robert, prévenu par mes soins des petits coups de poignards (amicaux) dans le dos de M.Olivier en profite pour régler ses comptes avec moi, en couvrant d’effusions légèrement baveuses « l’estimé camarade Michel » (et que je te rermercie par ci et par là) auquel il envoie ses comiques et habituelles « mes salutations communistes les meilleures» (faconde complètement anti-marxiste, jamais usitée par Marx en tout cas : existe-t-il un bonjour communiste, une « bonne nuit communiste » ?). Dans l’ensemble il passe complètement à côté du comportement sergent destructeur d’Olivier, et, sans aucune rigueur, « là et ici » il s’en prend au « camarade Jean-Louis Roche ». Dans l’ensemble, autant Olivier joue hypocritement au rassembleur auprès des quelques paumés qui lui demandent audience, autant le patelin Robert joue au type tolérant, ce que dément toute sa production pamphlétaire et son attitude hilarante de maître d’école dans ses rapports avec les autres. Il est libre de tout jugement de valeur, appréciations ou critiques à mon encontre, mais il y a un esquive permanente chez lui, on y reviendra.
Certes tout ce qu’il décrit comme flagorneries du BIPR et de son seul représentant de commerce en France est vrai, qui veut nous refiler l’embryon congelé du « parti de classe » à condition qu’on considère qu’il en est l’accoucheur… ou le « médiateur »… Il tend soudain une main moite au félon Olivier : « Oublieux de la lutte âpre que nous menâmes Marc, toi, moi et lui contre Galard, de l’espèce gramscienne, aujourd’hui il (JLR) vient nous seriner que Gramsci c’est plus intéressant que Bordiga ». Robert cite ensuite la partie du blog évoquée ci-dessus : quand je note « bordiguistes superficiels » il ajoute en italiques « ça n’existe pas mon cher », donc les bordiguiens sont forcément profonds ; qu’on se le dise. Je place entre guillemets « fatalisme religieux » et « sectaire stérile », caractéristiques fournies par l’historien John Mac Cammett, non par moi. Je ne dis pas que Gramsci était plus intéressant que Bordiga, je dis que Bordiga ne détenait pas toute la solution et que Gramsci a de beaux restes. C’est de la révision hurle notre petit maître en culottes courtes, mais sans faute d’orthographe ! C’est de la révision de dire que Bilan compta Gramsci au rang des « nôtres ».
Le lecteur qui aura lu le texte de Gatto Mammone ci-dessus peut se faire un avis clair. Ni Bordiga ni Bilan ne considérèrent Gramsci comme un chien crevé. Je réitère qu’il y a du Benito chez Camoin. Il sait pourtant qu’il a tort puisqu’il dit, à propos de mon appréciation : « que ce ne soit pas exact-exact, il suffira d’ouvrir à la page 1364 – il ignore l’article que je viens de retaper, mais même dans ce communiqué antérieur à l’article, on trouve un éloge troublant pour notre marxiste totalitaire, ou plutôt blanquiste récipiendaire : « Les vies de Gramsci et de Berneri appartiennent au prolétariat qui s’inspire de leur exemple pour continuer sa lutte » (c’est pourtant exact-exact). Bilan ne se contente pas d’affirmer sa solidarité mais affirme que tout n’est pas négatif dans l’œuvre de Gramsci. Dans les Quaderni del carcere, il est l’un des rares à oser poser, après Lénine, le rôle ambigu des intellectuels et des émules inconstants de la petite bourgeoisie. Il qualifie très tôt le personnage de Mussolini comme « blanquisme d’épileptique »
Robert qui joue les encyclopédistes est très ignorant pour des pans entiers de l’histoire révolutionnaire ; et ce n’est pas la première fois que je le fais mettre à genoux les mains sur la tête devant le tableau noir. Robert Camoin, tu me copieras 50 fois la phrase suivante :
- L’œuvre de Gramsci, en reconnaissant que sa partie négative ne peut ternir la partie vivante et durable, est devenue partie intégrante du patrimoine du prolétariat dans son ascension dans la voie révolutionnaire.
Tu réfléchiras ensuite à tes exagérations obséquieuses. La « lutte âpre » commune contre Galard « de l’espèce gramscienne » (à exterminer ?) des quatre mousquetaires évoqués, certes fondateurs du CCI en 1976, ne fut qu’un combat autour d’une tasse de thé, mon pauvre ami. D’abord pour une fois que tu as du bien de Marc Chirik, c’est bon à prendre. Mais il n’y eût pas de lutte pour défendre Bordiga contre Gramsci, et le CCI ne s’est jamais identifié au bordiguisme, ni focalisé contre l’ordinovisme – quoiqu’il contint de bons ordinovistes comme Taly et Raoul Victor - même s’il a fini par singer un bordiguisme faisandé. On parlait peu de Gramsci dans les réunions publiques naguère et Galard fût toujours un adversaire courtois qui, finalement, par son humour, sa faconde de bourgeois tranquille et sympathique, a eu raison des hystéries du PIC et du CCI. Lui peut continuer à se promener la tête haute dans la rue quand les autres rasent les murs de leurs illusions perdues ou rampent pour ne pas perdre leur place dans la hiérarchie de secte.
Robert n’a été qu’une comète dans la durée du CCI (5 ou 6 ans, moi 20 d’internement), puis s’était échappé pour tenter de former son propre parti. En cela il est respectable et courageux. Il a compris bien avant nous les tares politiques du CCI, et celles de MC. Mais au lieu de tirer un bilan de sa trajectoire (et de la nôtre) il s’est raidi. L’esquive la voilà : quel parti envisage-t-il ? Comment fonctionnera ce parti ?
Il se vante d’avoir fait le chemin inverse de Laugier. Or Laugier, en se détachant du bordiguisme, n’a pas vraiment rejoint le conseillisme, mais il a approfondi en véritable mémorialiste les erreurs du mouvement révolutionnaire des sixties, et en particulier il a déshabillé les théories invariantes et retrouvé l’esprit de « Il Soviet », l’esprit fraternel de Bordiga. Les écrits de Laugier laisseront des semences autrement plus fructueuses que les rabâchages ou la copie monastique de Robert. Laugier est un approfondisseur, Robert un équarisseur, et le pire est qu’on a besoin des deux dans le mouvement révolutionnaire.
Robert, en faisant le chemin inverse de l’anarchisme au bordiguisme n’est pas remonté complètement aux sources de Bordiga mais s’est coincé les pieds dans les bordiguieuseries ; ceci dit, contrairement à la démarche malhonnête du BIPR et de son ministre Olivier, Robert ne cache jamais les divergences, affirme une conviction révolutionnaire inébranlable, malgré des excès.
A chacun ses excès camarade Robert ! Tu trouves ma dénonciation des contrôles policiers « Manifestant votre trop du cul », « du dernier vulgaire ». Mais c’est par manque d’humour et surtout par indifférence des « affaires inséparables de l’ordure ». Je me coltine l’actualité comme pourrait le faire une presse quotidienne et cela implique parfois un manque de recul, mais j’assume, d’autant que je suis le seul à assumer ce travail et qu’apparemment plusieurs dizaines de personnes dans le monde se connectent pour me lire.
Je suis grossier quand on me cherche, mais jamais vulgaire ; je reste gentil avec les animaux et les enfants. Mon article en effet virulent non en soi par les termes choking mais parce que sa dénonciation de l’arbitraire policier a atteint son but, et certainement pas par « manque de doigté »… dans le cul comme dirait Robert. Je ne me suis jamais réclamé de Céline ni de son procédé artistique, car ce type et ses écrits me répugnent. J’ai depuis une éternité choisi de m’exprimer au plus près du langage parlé, ce n’est pas fait pour plaire à tout le monde mais c’est ainsi.
Quant à mes photos sur mon blog, dont je ne suis pas le seul réalisateur, elles n’ont pas été initialement de mon fait, mais elles y resteront. Je suis en effet contre l’anonymat. Je te rappelle que nous sommes les deux seuls à exposer au public notre identité véritable, qui pourrait tôt ou tard nous valoir peut-être des ennuis, mais laisse-moi rire de tous ces révolutionnaires anonymes qui signent de pseudos et que la police sait pourtant si exactement aller cueillir au petit matin quand elle le veut !
Si tu es jaloux qu’on me trouve « beau mec », laisse-toi pousser la barbe !
Le problème récurrent est que chacun, dans l’isolement, ne sait plus où il en est. Robert peut parler dans une page de « la décomposition politique de la classe ouvrière, pourrie jusqu’à la moelle par l’idéologie démocratique » mais quelques pages plus loin nous affirmer « seul le prolétariat est totalement sain ». Chacun des fondateurs défroqués du CCI peut bien dans son coin affirmer une chose, protester, geindre, insulter l’autre, rien n’est nouveau, ni dû à la décomposition du monde, pour un mouvement révolutionnaire en catatonie. Avant-guerre, les querelles entre militants dispersés, les Victor Serge, Monate, Rosmer, Naville furent terribles (lire la biographie de Naville par Alain Cuenot, ed Bénévent, les 300 premières pages, après l’histoire du PSU on s’en fout). Les groupes s’étaient tous fossilisés. Les vieux militants marginalisés n’y croyaient plus, puis à la fin des sixties… Il faut bien considérer que nous sommes tous des has been, y compris les vieillards des sectes qui se la pètent « squelette du parti futur » alors qu’il ne restera dans la poussière que leurs cannes. Cela n’empêchera pas le mouvement de renaître ni de se développer mais à partir des principes des plus grands, Rosa et Lénine, via nos pauvres écrits s’il en reste des traces.
Salutations hivernales !



les voix des locataires résonnent sous le plafond, marmonnant d’éternelles plaintes. Sous d’étroites fenêtres sont accrochées trente deux peintures ; chacune accompagnée d’un dialogue entre locataires tels que :


COMMENT FR3 PREPARE
MARIE DRUCKER EN MARRAINE DE GUERRE :
Le mercredi 3 décembre le sujet de l’émission « Droit d’inventaire » est œcuménique : « A quoi sert
On peut facilement décrypter le montage de propagande en défense de l’idéologie chauvine patronné par ce vendeur de livres de gare superficiels. Les séquences sont choisies sans chronologie et des flash-backs lamentables doivent servir à faire passer le message sarkozien : il faut défendre la patrie si elle est en danger. Le préposé Darcos a déjà obligé les enseignants à faire passer à nouveau Pétain pour le « héros de 14-18 », au point que nombre de professeurs font des commentaires hors programme (et en demandant aux élèves de le pas prendre de notes) pour rappeler l’ordure que fut Pétain qui envoya au massacre à Verdun et collabora en 1940 avec Hitler. Si la bourgeoisie opère à la continuité du bourrage de crâne patriotique, il ne nous est pas interdit d’en révéler les discontinuités troublantes pour les marchands de canons et de pétrole. On dira que le régime interne fait fi de toute loi en internant sous des prétextes spécieux de doux rigolos anarchistes, qu’il envoie sa meute policière avec des chiens renifler dans les salles de classe, qu’il fait croire que
Héroïque service public télévisuel. Le scénario est cousu de fil sarkozien d’emblée : on ne commence pas par 1789, comme cela eût été logique, mais par l’évocation pleurnicharde du pauvre Guy Mocquet dont le grand historien Sarkozy avait rappelé la mémoire. A Chateaubriant (en allant à la mort) : « tous chantent
INTERMEDE CONTESTATION :
Faut bien en parler parce que ça se sait, les années 1960 sont d’étranges années d’insubordination, où « rien n’est épargné », où la contestation érode tout. Ce charlot de Jimmy Hendrix détourne l’hymne national US en mangeant sa guitare. Les affreux Sex Pistols dénaturent God save the Queen.
TRAVERSEE DU DESERT :
L’EMBELLIE ELECTORALE :
Heureusement, main dans la main Ségo et Sarko sortirent de la tranchée boueuse des stades de foot et du découpage bourgeois des circonscriptions pour se saisir de l’étendard ensanglanté des mains fragiles de Le Pen et le lever à la gloire de la bourgeoisie française ininterrompue de Thiers à Pétain, de Mitterrand à Chirac. Le pouls du spectateur s’accélère lorsque la charmante présentatrice, d’une diction parfaite, annonce la venue de Philippe Seguin, haut personnage cramoisi de l’Etat. Vient-il le brave pour jouer son rôle de sermonneur politique contre les offenses au drapeau ? Non, comme un vulgaire invité, il vient témoigner que son père a bien été tué par des balles allemandes et qu’il frissonne encore de cet évènement capital dans la vie d’un enfant, la remise d’une médaille posthume en l’honneur de son papa. Très touchant, et combien cette prestation sincère nous donnait grande envie de mourir pour la patrie afin de laisser à nos enfants un souvenir pieux.
Le maître de cérémonie avance alors sa fraise : «
Du coup je me suis demandé s’il ne faudrait pas le chanter à chaque passage du cortège de Sarkozy , après avoir ôté sa casquette? (Mon père, résistant auvergnat, a été giflé à Vichy pour ne pas avoir enlevé son galure au passage chantant du Maréchal).
Le nouveau grand chant-bêlant sarkozien de FR3 ne laisse pas cette idée s’incruster dans ma tête et fonce sabre au clair comme à Valmy : « La contestation détruit notre patrimoine. Il y a le risque qu’on ne défende pas la nation si elle est attaquée ! ».
La candide marraine de guerre se tourne ensuite vers l’honorable chèvre Seguin : « à quoi ça sert un hymne national ? »
Seguin, affable et l’air de se faire chier : « cela rappelle les valeurs qui ont fondées notre communauté nationale ». Il en rajoute avec son air penaud : « enfant je voulais dormir avec ma médaille ».
SEQUENCE RETOUR ARRIERE :
« On va leur en mettre une couche féministe en revenant sur 14 », a dit Gallo à l’équipe de préparation du scénario patriotique et unanimiste. Gallo ne va pas avouer dans ce chapitre en arrière qu’on impose une vision pétainiste de l’histoire dans nos écoles, ni rappeler les causes de la guerre de rapine (dixit Lénine) ni qui a provoqué l’arrêt de la guerre, non, il vient nous conter la vie des « héroïnes ». Honneur aux poilus mais aussi à leurs femmes. Les héros masculins meurent en masse pourtant grâce aux bombes fabriquées à l’arrière par les « héroïnes ». La vie est un calvaire pour tous en 1914, sauf pour les marchands de canon et les exemptés syndicalistes.
Zoom sur la statue dédiée à Louise de Bettignies, une espionne française fusillée par les boches. Ouah ! Le décor est planté : oublié l’arrière avec ses marchands de canons planqués et leur vie au bordel, place aux petites fourmis qui suppléent les hommes en usine. Ah elles ont bien du mérite, les bombes pèsent près de sept kilos et il faut trimer 12 à 13 heures par jour. Tranchons dit le prompteur de Gallo : « ces infirmières, ces ouvrières se sont distinguées et ont fait un pas vers la libération des femmes. Elles sont les oubliées de l’histoire ». Sacredieu !
Le principal libérateur des femmes en guerre, l’ordure socialiste passé à
Panégyrique par un technicien indécrotablement stalinien : « Partout les femmes retroussent leurs manches. Elles remplacent le mari à la moisson et à l’usine… Une révolution qui ne dit pas son nom, pour la première fois les femmes acceptent de faire le travail de l’homme… postières, ramoneuses, 400.000 s’engagent pour fabriquer des obus à la chaîne». Elles remplacent le mari… au cimetière connard de Gallo ! Et pour bouffer ! Le boucher Joffre les félicite comme il décore les troupiers écharpés au combat technologique avancé. L’imbécile communisateur de service va plus loin dans « l’analyse » : « C’est sur elles que repose la mutation industrielle ! » Et on les voit joyeuses au travail grâce aux « actualités neutres » de l’époque ; pensez, treize heures par jour cela évite les soucis de penser. Mais, heureusement elles se battent avec les syndicats. Trop c’est trop. En mai 1917, nos courageuses productrices d’obus se rebellent, non contre la guerre mais pour une heure de travail en moins et un franc de plus. Gouvernement d’Union nationale, patrons et syndicats accèdent avec joie à cette requête et félicitent les femmes pour leur combativité. En plus, elles ont des acquis non négligeables. Vu que les maris paradent en uniforme au front et ne rentrent plus le soir à la maison, qui garderait les moutards ? Humaniste le gouvernement de communauté nationale accorde en plus des pouponnières sur le lieu de travail, les femmes peuvent ainsi allaiter entre deux obus. Et des cantines super, et même des coopératives pour qu’elles puissent se faire plaisir en tant que consommatrices. Quand on le leur demande gentiment, elles accroissent les cadences : « c’est leur façon à elle de gagner la guerre », précise Gallo.
SEQUENCE : 1915, LES LETTRES RAYONS DE SOLEIL
De 1917 on revient à 1915 ! Faut plaindre la femme à Gallo quand il va au supermarché, elle croit qu’il est au rayon légumes et il a déjà filé à la quincaillerie. Il serait indécent de laisser l’homme Gallo monopoliser le crachoir concernant ces héroïnes méconnues par les sorbonnards, aussi la douce Marie reprend-elle la chansonnette sur les marraines de guerre. Créées « spontanément » les « marraines de guerre » deviennent « dans l’enfer du front », « la conscience patriotique du soldat ». Gallo en rajoute une louche : « ils sont des milliers à tenir dans les tranchées grâce aux marraines ». Bobard, ils ne tiennent pas mais vivent dans la terreur totale. Les marraines - ces tocards de FR3 ne le précisent pas - sont surtout aussi des petites filles, auxquelles on imagine mal que les soldats aient envie de confier les horreurs de la guerre et leur misère sexuelle. On trouve des lettres de « marraines » sur nombre de cadavres et cela leur fait une belle jambe.
SEQUENCE PAIX : 11 NOVEMBRE 1918
Par la grâce du saint esprit et le vide des manuels scolaires, la guerre s’arrête : « les cloches sonnent », « les femmes sont devenues plus fortes ». On les remercie, il faut rendre les usines aux hommes et accoucher massivement. Gallo semble déplorer que la contraception soit sévèrement punie, mais avec un soupir qui laisse entendre qu’il faut bien comprendre les généraux patriotiques et les blessures au moral des bourgeois, frustrés de la non continuation de la guerre.
SEQUENCE ACTUALITE :
Une femme est à présent dans le studio, elle aura deux fonctions successives ; la première femme de soldat en Afghanistan et par après, militaire en retraite.
Candide Marie : votre mari rentre dans un mois, quelques jours ? Vous vous écrivez ?
Femme de militaire : non, il a internet !
Candide Marie : Vous vous rendez compte Max, c’est une incroyable révolution des mœurs !
Maximum Gallo : oui on le voit le corps de la femme est libéré ?
(le militaire, officier, est-il comme le chef de gare ? et, lui reluque-t-il « sex uniform » depuis un QG des montagnes afghanes ?)
SEQUENCE 1923 ( !!??? le spectateur suit-il encore ?)
Max Gallo : un événement considérable, Radiguet qui publie un roman pour les femmes. Et aussi une loi qui définit que l’avortement est une atteinte à la sûreté de l’Etat ! La voix caverneuse de l’historien de gouvernement s’est à peine éteinte qu’on reste sur le cul : n’y-a-t-il pas des événements plus importants et plus graves en 1923, une tentative insurrectionnelle du prolétariat en Allemagne, Hitler et Mussolini qui paradent, la société des nations qui culbute…
SEQUENCE 1943 :
La femme de Gallo le cherche au rayon papier WC maintenant. Une gentille mamie vient apporter le témoignage de ses dix neuf ans, sans rapport ni avec 1914 ni 1923. Elle a vu les sévices des schleus et a été elle-même prise en otage. Question subtile du maître de cérémonie, près des rouleaux Sopalin :
- et après, vous avez eu envie de vous engager dans l’armée ?
L’héroïne malgré elle : ils ont pas voulu de moi !
ON sent là très nettement que l’historien de gare veut nous aider à comprendre que depuis la grande Muette a nettement évolué.
Gros plan sur Rirette en uniforme de l’armée de l’air. Elle est jeune et déjà médaillée. Elle est déjà cadre supérieur dans ce métier d’avenir qu’est l’armée. Elle était chauffeuse-livreuse de bombes avec ce langage communiquant si bien manié par les militaires pour journalistes. Elle a appris par cœur les réponses à fournir :
- J’ai été amenée à utiliser les bombes de mon avion en République Centrafricaine…
Candide Marie : hum hum…
- enfin j’étais là pour « délivrer mes bombes »… en protection… en légitime défense… heu heu… dans le but de servir mon pays.
Candide Marie : Vous vous rendez compte Max, un homme sur cinq est une femme dans l’armée maintenant…
Max : et ça évolue…
La femme du militaire qui regarde internet en Afghanistan revient en uniforme civil. Elle témoigne combien encore lycéenne elle avait été traumatisée par le massacre de 38 militaires français à Beyrouth.
Candide Marie : vous préférez avoir votre mari près de vous et dans un bureau ou au loin pour défendre
- oh vous savez, je préfère bien sûr quand il est avec moi, mais j’ai besoin d’admirer mon mari. Je l’aime quand il fait ce qui le passionne.
TABLEAU DE REPARTITION DES 13.000 SOLDATS FRANÇAIS SUR LES « TERRITOIRES D’OPERATION » DANS LE MONDE .
SEQUENCE REPENTIR ALGERIE 1956
Habile orang-outan Gallo va et vient du présent au passé. Ce grand singe sarkozien a voulu prévenir et justifier les nouvelles interventions contre les indigènes en montrant qu’il se soucie d’un embrigadement correct des rebeus de banlieues déshéritées dont les grand-pères et familles ont été massacrés par l’armée française en pleine « pacification du département ».
Mais avant de lancer le sujet colonial qui fâche, la séquence est rocky : on massacre chez les Bédouins mais on danse en métropole. Toujours ce souci de l’unité du front et de l’arrière chez le grand macaque historien de gouvernement. Les appelés obligatoires n’avaient-ils pas les mêmes aigreurs que ceux de 1914 pour l’arrière qui batifolait ? On ne nous dit pas si les femmes se libèrent dans les usines de l’arrière ni combien de femmes algériennes ont été « libérées » par le viol des soudards. Un témoin vient témoigner que « adversaire invisible » (sic) « les indépendantistes ont recours à la terreur » ; les anciens fellaghas qualifiés alors de terroristes, et victimes de sévices, apprécieront, mais pas grave, ils sont en voie de disparition comme les pioupious de 14 pense Gallo, et on peut donc embrouiller leurs petits enfants.
Après le petit coup de chapeau aux instruments du colonialisme défait, coup de chapeau aux « indépendantistes » : la bourgeoisie française reconnaît la « guerre » et la « torture ». Courageux un demi-siècle plus tard !
Et comme excuse et jointure avec l’invité suivant, il est naturel de victimiser la masse des appelés face à ces salauds de militaires professionnels qui étaient animés par l’esprit de revanche parce que les Viets les avaient bouté dehors ! Eux ont foutu la merde, De Gaulle a libéré l’Algérie, tout le reste n’est que billevesée de généraux félons !
SEQUENCE QUATRIEME HOMME
Gallo ex-cire pompe de Chevènement adopte le profil bas. Chevènement, ex-gauchiste et ex rédacteur du programme commun de la gauche fait tout de même la fine bouche sur l’interprétation de la guerre d’Algérie mais il laisse faire. Dans un studio d’Union nationale on ne va pas se disputer n’est-ce pas ? Hé Toto elle était où la défense de la patrie entre départements ? Du côté des fellaghas peut-être. Le Che réformard noie le poisson :
- la guerre était affreuse mais inévitable et l’indépendance nécessaire.
Max la menace : c’est la fin d’une certaine armée (comprenez : celle de Sarko n’est plus aussi polluée). D’ailleurs le général De Gaulle avait bien définit cette armée : la bombe atomique, une force d’intervention et des soldats perdus… l’armée pétainiste était achevée (sic).
- mais quel a été le meilleur président militaire ? et pour appuyer sur le bouton le président est seul?
Chevènement : De Gaulle a été le meilleur. Mais, vous savez, en tant qu’ancien ministre de
Avis aux « ennemis » donc, notre glorieuse démocratie bourgeoise dépend d’un zigoto que le citoyen lambda ne connaît pas, qu’il ne contrôle pas !
SEQUENCE DEBARQUEMENT
De 1962 on retourne à 1944, la femme de Gallo pense à ce moment-là qu’il est au rayon des surgelés. Quatre « héros » prêts à mourir sur terre, en mer ou dans les airs pour
Sous-fifre de Gallo et Maria : vous étiez prêt à mourir pour la patrie ?
- ma foi, c’est bien de mourir pour la patrie, mais vaut mieux pas ! On se sent pas spécialement des héros… tous nos copains sont morts… on a eu de la chance…
SEQUENCE ACTUALISATION-MOBILISATION
C’est la séquence la plus ridicule. Le sous-off qui apparaît sur le plateau a le visage lisse d’un jeune adulte, s’exprime difficilement comme la plupart des jeunes officiers. L’intention de Gallo implose d’elle-même. Ce n’est pas un appelé, livré au front révolver dans le dos par la bourgeoisie, c’est un de ces gars qui n’ont pour espoir de faire carrière et de gagner le niveau de vie des couches moyennes qu’en s’enrôlant volontairement au service de l’industrie d’armement. Ce n’est ni un héros ni un patriote, les mercenaires marchent au fric et leurs employeurs leur font dire ce qu’ils veulent. Candide Marie est la voix des généraux :
- montée d’adrénaline quand les balles sifflaient à vos oreilles sous le feu des Talibans en Afghanistan ? Vous ressentiez quoi ?
- vous savez on a pas le temps de réfléchir…
(Candide Marie en aparté à Max : putain il est con ou quoi on lui avait dit de dire qu’il pensait à la patrie !)
Candide Marie (insistante): vous combattez pour l’honneur de
- hum hum… il est plus honorable de mourir pour
CONCLUSION AU GALOP
Max Gallo : oui çà a un sens… il y a la crise financière… il y a des solutions coordonnées nationales. Entre les nations il y a des rapports de force. Le XXI e siècle montrera que la guerre est une possibilité. Dès lors la question se pose de mourir pour la collectivité. La défense du sol peut se faire sur des territoires extérieurs ».
Edifiant chers lecteurs internautes ! Vous avez là le résumé de la théorie sarkozienne et le but recherché d’Union nationale par un minable traficotage de l’histoire. Le sergent recruteur Gallo et la petite marraine de FR3 se sont adressés aux prolétaires et au peuple comme ils n’osent pas le faire dans les médias pour intellectuels. Le langage chauvin et militariste apparaît indéniablement clair : la bourgeoisie aux abois va vouloir demander les mêmes sacrifices en vies humaines pour régler l’addition de sa monstrueuse crise. Mais c’est une autre histoire entre vouloir et pouvoir.
A suivre…