«
Même le besoin de
grand air cesse d’être un besoin pour l’ouvrier ; l’homme retourne à sa
tanière, mais elle est maintenant empestée par le souffle pestilentiel et méphitique
de la civilisation et il ne l’habite plus que d’une façon précaire, comme une puissance étrangère qui peut chaque jour se dérober à lui,
dont il peut chaque jour être expulsé s’il ne paie pas. Cette maison de mort,
il faut qu’il la paie. La maison de lumière que,
dans Eschyle, Prométhée désigne comme l’un des plus grands cadeaux qui lui ait
permis de transformer le pauvre en homme cesse d’être un besoin pour l’homme.
La saleté, cette stagnation, cette putréfaction de l’homme, ce cloaque (au sens littéral) de la civilisation devient son élément de vie.
L’incurie complète et contre nature, la nature putride, devient
l’élément de sa vie ». Manifeste communiste de 1848
« La bourgeoisie, dont
la conscience de classe est très supérieure, par sa plénitude et son
intransigeance, à celle du prolétariat, a un intérêt vital à imposer
"sa" morale aux classes exploitées. Les normes concrètes du
catéchisme bourgeois sont camouflées à l'aide d'abstractions morales placées
elles-mêmes sous l'égide de la religion, de la philosophie ou de cette chose
hybride qu'on appelle le "bon sens". L'invocation des normes
abstraites n'est pas une erreur désintéressée de la philosophie, mais un
élément nécessaire du mécanisme de la lutte des classes. Faire ressortir cette
duperie, dont la tradition remonte à des millénaires, est le premier devoir du
révolutionnaire prolétarien ». Trotski (1938)
Marx, qui ne fût jamais un adepte du messianisme
contrairement à la plupart de nos mini-groupes maximalistes, envisageait en cas
de décadence , la ruine des classes en présence : « Le
développement historique divise la société capitaliste en deux grands camps en
conflit dont la lutte aboutira soit à la fondation d'une société supérieure,
soit à "la ruine mutuelle
des classes en présence".
Toute notre actualité depuis des décennies démontrerait
hélas la deuxième hypothèque, en laissant de côté la petite bourgeoisie, très en colère contre le capitalisme mais qui fait feu de tout bois, au niveau du simple émeutier anarchiste. Nous tenterons ici de faire le point mais pas la
fin de la gigantesque manipulation immigrationniste.. La grande faiblesse de tous nos petits groupes marxistes révolutionnaires,
même s'il faut reconnaître qu'ils sont bien isolés tout en exprimant une rare
vérité politique face aux mastodontes médiatiques et à la dictature idéologique
du Capital, est de ne pas prendre en compte l'intelligence perverse de la
bourgeoisie dominante. Bien qu'ils constatent les manœuvres et mensonges
dilatoires du pouvoir universel de la classe dominante, ils s'avèrent
incapables de mettre en avant que celle-ci pillent systématiquement les
principes du prolétariat mais pour les dissoudre de multiples manières sous une
prétention « humanitaire » et surtout avec cette nouvelle religion
« universelle » : l'écologie ; laquelle messe, figurative,
a pour but à la fois de faire croire à une relance prometteuse d'un capitalisme
« modernisé », « dépollué » et « humain », avec
la promesse de décupler les besoins en voitures électriques, mais surtout à
préparer un avenir radieux pour autant qu'on ne le mettre pas en cause, et que,
dans l'intimité, on ne gaspille pas l'eau et qu'on ne jette pas le verre avec
les ordures ménagères. Plus de classes, plus de révolution, la persécution
idéologique est
devenue la plus sûre valeur morale qui doit unifier pauvres et riches,
prolétaires comme bourgeois (= interclassisme).
Or l'avenir radieux, c'était jusqu'à il y a très
longtemps, le prolétariat qui en possédait les droits d'auteur. Se prenant
carrément pour une nouvelle AIT ou même Internationale non communiste, en tout
cas comme figuration d'un « internationalisme » écologiste, la COP
27, qui se déroule avec culot dans un pays qui n'a pas les moyens de développer
une véritable politique écologique. Citons :
« Dans son intervention à l’occasion de la COP 26 qui
se déroule actuellement en Ecosse, le président égyptien a indiqué que le
rendez-vous de la COP 27 serait « une véritable conférence africaine pour progresser dans des
domaines prioritaires tels que le financement climatique, l'adaptation et les
pertes et dommages ». Comme pour les précédentes conférences,
l'enjeu de cette future rencontre sera pour l'Afrique de franchir un nouveau
cap dans la mobilisation de l'investissement initial en capital dont elle a
besoin pour améliorer sa réponse face au changement climatique, à long terme.Le
premier point serait de parvenir à ce que les économies développées tiennent
leurs promesses tenues lors de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, de
fournir 100 milliards de dollars par an pour aider à couvrir les coûts
d'adaptation et de transition des pays en développement. Aussi faudra-t-il
aligner les marchés financiers sur les objectifs de cet accord, afin de fournir
les ressources importantes dont l'Afrique a besoin pour permettre à ses
économies de s'adapter au réchauffement climatique ».
L'argument le plus avancé pour consolider l'idéologie
bourgeoise écologique, pourtant assez illogique, est toujours la fable du
réchauffement climatique,
disons l'argument pour voiler encore les responsabilités du capitalisme :
quand le sage montre le capitalisme, l'idiot regarde le soleil. Concernant les
pays sous-développés du Tiers-Monde, qu'il faut nommer pays du sud désormais
(déconstruction idéologique woke) pour faire croire qu'ils pourraient se
développer, on leur fait la leçon pour trier leurs ordures sans se préoccuper
de leur faible industrialisation, de l'exploitation éhontée de leur peuple et
de la continuité du pillage de leurs matières premières, y ajoutant le pillage
des matières humaines ».
Cet « internationalisme » écolo-capitaliste de base aussi sur un
immigrationnisme « humanitaire » et apparemment
« sans-frontiériste » girouette qui vient effacer, voire ridiculiser
le fameux « Prolétaires de tous les
pays unissez-vous » et empêcher toute expression alternative de véritable internationalisme qui ne peut être l'accueil de toute la misère d'Afrique. Tous les débats manichéistes sur le sujet évitent l'essentiel, l'immigrationnisme n'est pas simplement une idéologie irresponsable et irrationnelle, c'est surtout un big bizness ; les dévoués sauveteurs des mers, pas du tout bénévoles, sont rétribués 4000 euros:mois.
UNE « SOURCE GOUVERNEMENTALE » AFFIRME...
Le « sauvetage des migrants » est devenu la
principale leçon de morale face à un prolétariat blanc « devenu
raciste », ainsi que l'assurent les idiots utiles islamo-gauchistes !
Aujourd'hui, c'est une "source gouvernementale" affirme faire la
morale à l'Italie et des ONG allemandes... Fumistes obscurs ! Au nom de
quoi accueillerait-on des pauvres bougres (avec la gale maintenant) qui vont
être en plus laissés à eux-mêmes la plupart du temps; errer dans les rues et
grossir le lumpenprolétariat? Ce capitalisme "humanitaire" nous
convie à approuver son chaos parce en laissant les dictateurs et féodaux
islamiques des anciennes colonies faire crever les gens et en plus s'en
débarrasser. L'argument le plus vicieux étant encore et toujours le
"réchauffement climatique". En
réalité ce cosmopolitisme hypocrite et dissolvant n'est que la destruction de
tout internationalisme de classe d'en bas, et des masses paupérisées sans
conscience de classe.
Avant de m'attaquer à l'idéologie dissolvante principale,
je vais lister la manière de récupérer en les dissolvant les principes du
communisme, même à la manière stalinienne qui reste une école de combat contre
la vraie perspective d'un communisme humain, pour toutes les factions libérales
et de la gauche disparue. Ces principes, corrélés avec leur déformation ou
dissolution par l'idéologie woke dominante, ne seront pas forcément dans leur
ordre d'importance. Je ne traiterai pas non plus des principes qui indiquent la
nécessité du parti, des formes d'organisation autonomes, de la non-prise du
pouvoir par un parti, sur la révocabilité des élus, etc., ce serait trop long
ou ce sera pour une autre fois, mais sur ces questions comme sur celles dont je
traite, l'idéologie bourgeoise est aussi astucieuse en récupération-dissolution.
L'ASSOCIATION
Le fondement de la lutte de classe dès l'origine
fût : la libre association de tous : « le but à long terme est le remplacement d'un
système divisé en classes par une "association
dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre
développement de tous".
Or, depuis pratiquement un siècle, la lutte de classe est
ridiculisée, réduite à la lutte syndicale, comme pseudo autonomie de
classe...corporative. Ce que Engels subodorait déjà au 19 ème siècle :
"Il me semble que le grand
obstacle aux Etats-Unis réside dans la position exceptionnelle des ouvriers du
pays… (La classe ouvrière du pays) a développé et s’est aussi, dans une grande
mesure, organisée elle-même en syndicats. Mais elle garde toujours une attitude
aristocratique et quand c’est possible, laisse les emplois ordinaires et mal
payés aux immigrants dont seulement une petite partie adhère aux syndicats
aristocratiques ».
Le CCI (courant
communiste international) qui produit cette citation, inverse les données à la
manière woke (= destruction et révision de l'histoire) en appliquant le progrès
ultérieur du mouvement ouvrier sur la question de l'immigration. Non ce n'était
pas déjà une tactique de division bourgeoise des ouvriers, mais bien une
crainte qu'exprimaient déjà les ouvriers américains. Et dont la
bourgeoisie s'est emparée par après. C'est oublier que les opportunistes et les
populistes s'appuient le plus souvent sur une expression politique primaire
d'en bas, quoique pas forcément dans le cas des briseurs de grève chinois
à l'époque. C'est surtout ne pas tenir compte que la question de l'immigration
a toujours été aléatoire, fluctuante, comme la peine de mort d'ailleurs
(appliquée en période de guerre mais pas toujours en période de paix). Et par
conséquent pas toujours une référence constante ni contre-révolutionnaire,
comme le croit sentimentalement le CCI. Ce raisonnement linéaire ne les
différencie pas des immigrationnistes gauchistes, misérabilistes et moralistes
plus qu'internationalistes, qui se sont mis à hurler à la faute aux blancs,
principale idiotie visant à masquer que le capitalisme n'a pas de couleur, et
même qu'il est plus raciste qu'ils ne le supposent. Je reviendrai par après sur
cette question centrale, que le CCI veut minorer à l'instar de ses ennemis
gauchistes, et aurait honte de dénoncer au wokisme. Même des sociologues
américains, non membres de la « gauche communiste » ont compris
l'ampleur de la manipulation bourgeoise :
« Au lieu
de biens tangibles, tels qu'un salaire décent et la possibilité d'acheter une
maison, des groupes d'Américains dépossédés se voient offrir une
«reconnaissance» officielle par un ensemble sans cesse croissant d'«identités»
enracinées dans la race, le genre et les préférences sexuelles, ce qui les
oppose à d'autres groupes d'Américains qui souffrent à peu près des mêmes
malheurs. Le wokisme, en tant
qu'idéologie, peut être considéré comme une fonction de l'ordre
«turbo-capitaliste» qui s'étend – un moyen de contrôler les classes ouvrières
et moyennes pour s'assurer qu'elles ne peuvent pas s'unir contre leurs maîtres
de plus en plus tout-puissant ».
L'ALIENATION DU TRAVAIL selon les bobos
« révolutionnistes" - radicalistes
Tout a été dit depuis des
décennies par les sociologues et des tas d'opportunistes politiques et syndicats
sur l'aliénation du travail, une des principales raisons pour mettre fin au
capitalisme ; de même que la dénonciation de la marchandise, avec la
création de faux besoins, tout en profitant des besoins
de luxe. Mais les salons s'en sont accommodés. Cela fait chic de contester le
travail. Mais la formulation du CCI, que je partage pourtant complètement, ne
peut que faire se gausser les idiots utiles gauchistes, pour qu'ils
l'assimilent à du stalinisme : « Le communisme, contrairement à ce
que disent certains qui parlent en son nom, n’est pas contre le travail,
"anti-travail". Même sous le capitalisme, l’idéologie du "refus du travail" n’est que l’expression d’une révolte
purement individuelle de classes ou de couches marginales. Une des premières
mesures du pouvoir prolétarien sera d’instaurer l’obligation universelle de
travailler ».
Déjà les pères et grand-pères du gauchisme réformiste
actuel, surtout du côté de l'Italie, avaient théorisé le « refus du
travail » conforme à leur génération hippie : on en a marre, on se
casse à la campagne pour vivre en communauté ! Aujourd'hui ce sont en
particulier artistes, chanteurs et cadres parisiens qui se vantent de vivre
dans leur résidence secondaire, sans renier leur gagne-pain de luxe grâce à la
« révolution » du télétravail, si propice à la réalisation de son
petit moi individualiste, pour en quelque sorte « vivre sans temps
mort » ! La communauté est cependant revenue de la campagne en zone urbaine
avec des communautés variables, raciales, islamiques, écologiques, randonneurs,
solidaires de n'importe quoi, etc.
Cette vie des bobos signifie néanmoins une victoire
libertaire de libéraux embourgeoisés et par conséquent du néant de
l'anarchisme. Bakounine posséderait aujourd'hui une trottinette électrique, et
Stirner une bicyclette de chez Décathlon. Alors on est
« radicaliste » parce qu'on quitte les zones urbaines polluées
(et dangereuses vu le nombre de migrants errants, mais faut pas le dire, cela
ne peut provenir que de la bouche des ouvriers blancs racistes). Et, voici donc
la prédiction de Marx appliquée :
L'ABOLITION DE
LA SEPARATION ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE
Le bobo des villes peut rejoindre le moyen paysan des
champs, celui qui s'enrichit avec ses produits bios, et en vrai marxiste
révolutionniste réaliser "abolition de la séparation entre la ville et la campagne",
pas besoin d'un communisme lointain et si incertain. Le CCI oublie de leur
rappeler que ce n'est pas le moment et que c'est un comportement de privilégiés
pour différencier un communisme écolo éloigné de ce stalinisme qui : « au
pouvoir a interprété cette phrase à sa façon – en justifiant l’empoisonnement
de la campagne et la construction d’immenses casernes pour loger les ouvriers.
Mais pour les vrais marxistes du 19e siècle, cette phrase n’avait pas pour sens
l’urbanisation frénétique de la planète mais l’élimination des villes
surpeuplées et la répartition harmonieuse de l’humanité sur l’ensemble du
globe. Ce projet est encore plus valable que jamais dans le monde d’aujourd’hui
avec ses gigantesques mégapoles et la pollution de l’environnement qui
sévit ». Oui mais il est réalisé déjà pour bourgeois et petits
bourgeois friqués, et c'est le cadet des soucis des ouvriers qui préfèrent
encore avoir du travail ne ville plutôt que de chômer à la campagne.
Ce confort petit-bourgeois, hors de la contrainte
urbaniste n'est pas fait pour attirer la sympathie des prolétaires laissés pour
compte ni pour souhaiter cette «fin de séparation harmonieuse ». Un auteur
américain montre une autre dissolution d'une partie de la classe ouvrière,
rendue dépendante de la charité étatique :
« Enfin, il y a
les travailleurs pauvres, dont beaucoup se considéraient autrefois comme la
«classe ouvrière» ou la «classe moyenne», mais qui sont maintenant obligés de
compter sur des programmes gouvernementaux et des subventions couvrant tout, du
loyer aux frais de scolarité, en passant par les soins de santé et la
nourriture. Le ciment qui permet au pouvoir de se maintenir est le Parti
démocrate, qui dépense maintenant régulièrement plus que le Parti républicain –
un mélange incohérent de Trumpistes, de chrétiens et d'autres perdants sur le
plan socio-économique – par des marges de trois ou quatre contre un ».
LA LIBERATION DE LA FEMME
Marx n'a pas eu des formules valables pour l'éternité, et
sa fameuse phrase généraliste, et interclassiste, n'est pas un code de loi -
l'homme assimilé en général au bourgeois et la femme au prolétaire
- la sentence reste sentencieuse et
plutôt erronée. La bourgeoisie antiraciste et féministe nomme de plus en plus
de femmes à des postes de commandement patronaux ou ministériels panachant
aussi avec des noirs et des ethnies diverses (une marque d'internationalisme
bourgeois certifié!), et dans les familles ouvrières une majorité d'hommes fait
de nos jours sans problème la vaisselle. Quelques exemples de réussite
minoritaire d'arrivistes multiculutrels ne diminueront en rien l'oppression, la
persécution, l'exploitation (par le capitalisme et pas par le mari) et le
meurtre des femmes en général. Sur ce plan, les analyses du CCI sont non
seulement percutantes mais irréprochables, contre les féminismes bourgeois et
les écolos-bobos, et intègrent la dissolution bourgeois du combat marxiste AUSSI
pour la libération de la femme des diverses oppressions qu'elle subit depuis
des siècles :
« Les travaux d’Engels dans L' Origine de la famille et de
Bebel dans La femme et le socialisme analysent le
développement historique de l’oppression de la femme, qui franchit une étape
fondamentale avec l’abolition de la communauté primitive et l’apparition de la
propriété privée et qui est restée sans solution sous les formes les plus
avancées de civilisation capitaliste. Cette démarche historique constitue par
définition une critique de l’idéologie féministe qui tend à attribuer
l’oppression des femmes à un élément inné, biologique chez le mâle humain, et
donc comme un attribut éternel de la condition humaine. Le féminisme révèle sa
démarche conservatrice, même quand il se cache derrière une critique soi-disant
radicale d'une vision du socialisme en tant que transformation "purement
économique". Le communisme n’est d’aucune façon une transformation
"purement économique". Mais, de même qu'il commence par le
renversement politique de l’Etat bourgeois, de même son but ultime de
transformation profonde des rapports sociaux implique l’élimination des forces
économiques qui sont sous-jacentes au conflit entre les hommes et les femmes et
à la transformation de la sexualité en une marchandise. De la même manière que
les féministes accusent à tort le marxisme de "n’être pas allé assez
loin", les écologistes, reprenant le mensonge selon lequel marxisme =
stalinisme, affirment que le marxisme n’est qu’une idéologie
"productionniste" parmi d'autres qui porte la responsabilité de la
destruction de l’environnement naturel au 20e siècle».
LA CRITIQUE DE
LA RELIGION
Problème ardu - pourtant
compréhensible pour le besoin des hommes de croire, besoin d'immanence où la
croyance religieuse peut concurrencer l'espoir d'un monde différent ou effacer
l'amour - reste une épine dans le pied du mouvement ouvrier dont les prétendus
représentants (par électoralisme?) demeurent ambigus avec la formule des
communards « à l 'assaut du ciel »... pour rejoindre un dieu ou
pour s'en moquer ?
Le Marx de jeunesse est peu
cité car considéré comme encore anarchiste, pourtant sa distinction reste nôtre
et fondamentale,
le combat contre la religion reste fondamental, et les tolérances bourgeoises
et de la noria islamo-gauchiste reviennent à intégrer la nécessité de la
religion comme complément indispensable à la domination capitaliste.
Qu'il ne faut absolument pas négliger,
en particulier via son importation immigrée. L'islamisation est une réalité
dont on refuse de prendre la juste mesure, et en particulier avec la notion de
morale, notion sentimentale et apolitique utilisée par le CCI pour se centrer à
la manière des gauchistes sur la notion d'antiracisme :
« La vision de la classe ouvrière n’est
pas seulement une critique de la société, c’est aussi une vision morale, dans
laquelle les besoins immédiats de parties de la classe sont subordonnés à un
but historique. Le racisme bourgeois classique tout autant que l’antiracisme de
la gauche bourgeoise crée des illusions et provoque des divisions au sein de la
classe ouvrière. Pour que la classe ouvrière fasse une révolution, elle a
besoin d’une unité qui vient d’une conscience de ses intérêts communs au niveau
international. Contre le racisme, le nationalisme et la xénophobie, la classe
ouvrière offre la perspective du communisme, une société basée sur
l’association, pas sur le renforcement de la séparation ».
Tout
cela est du bla-bla...moraliste. On ne peut pas confondre morale et conscience,
et la morale rime plus souvent avec religion. En 1938, Trotski s'était
génialement moqué de cette invocation de la morale (« forme sans
contenu »): « L'homme qui ne
veut ni retourner à Moïse, au Christ ou à Mahomet, ni se contenter d'un
arlequin éclectique doit reconnaître que la morale est le produit du
développement social ; qu'elle n'a rien d'invariable ; qu'elle sert les
intérêts de la société ; que ces intérêts sont contradictoires ; que la morale
a, plus que toute autre forme d'idéologie, un caractère de classe. ».
Ce
dérapage anti-marxiste vers le moralisme vient confirmer l'alignement du CCI
sur les campagnes gauchistes « pour contrer les fascistes », ce qui
est nommé « La théorisation bourgeoise de l’idéologie
anti-immigrés » :
« Les idéologues bourgeois défendent l’idée que les
caractéristiques de l’émigration massive actuelle vers l’Europe et les
Etats-Unis sont totalement différentes de celles de l'émigration dans des
périodes précédentes de l’histoire. Il y a derrière cela l’idée que,
aujourd'hui, les immigrés affaiblissent, détruisent même les sociétés qui les
accueillent, refusent de s’intégrer dans leur nouvelle société et en rejettent
les institutions politiques et la culture. En Europe, le livre de Walter
Laqueur, The Last Days of Europe: Epitaph for an Old
Continent, publié en 2007, défend l’idée que l’immigration
musulmane est responsable du déclin européen ».
L'auteur de ce vieil article souvent réédité, qui reste
la référence de base du CCI sur le sujet, était feu Jerry Grevin, qui avait
co-écrit il y a trente années un livre d'images sur la chute de la maison
stalinienne avec Willy Brandt,
fût un journaliste militant honnête , sans doute trop légaliste, mais qui n'a
pas pu avoir connaissance des dégâts actuels du terrorisme planétaire et de
l'islamisation rampante.
Ce n'est pas prioritairement l'islamisation qui isole le
travailleur croyant de la classe autochtone, la société bourgeoise se charge
elle-même d'imploser avec ses contradictions et ses injustices, mais avec des
lunettes de secte enfermée sur elle-même il y a un refus de voir la condition
des profs au quotidien persécutés ou menacés d'égorgement comme Samuel Paty,
des flics aussi dans leur vie privée, qui ne sont toute de même pas à mettre
sur le même plan que les criminels. Refus de voir l'influence religieuse, la
morale religieuse musulmane diffusée dans les lycées au point qu'une bonne
partie des lycéens français sont plutôt pour le port du voile dans le cadre
scolaire.
Il faut être enfermé dans une bien-pensance de secte pour
ne pas voir tous les jours, et même pas en tant que simples faits divers, une
islamisation cultuelle et sociale qui pourrit non seulement la vie publique
(agressions et égorgements au nom de l'islam) mais est un handicap douloureux au
sein de l'entreprise (fin des repas en commun et installation de mini-mosquée
en entreprise). C'est se rendre complice de l'idéologie dominante en se
contentant de nommer cela décomposition ou oubliant que, très rationnellement,
la bourgeoisie compte de plus en plus sur l'islam que sur la CGT.
Impossible de donner à tort aujourd'hui aux prévisions de
Huntington qui voyait justement la "bifurcation", la division de la
société américaine selon des lignes de division raciale noirs/blancs qui a
existé pendant des générations, aujourd’hui menacée d’être déplacée/remplacée
par une "bifurcation" culturelle entre les immigrés de langue
espagnole et les américains de souche qui parlent anglais, ce qui met en jeu
l’identité et la culture nationales américaines. Jerry Grevin n'est plus
là pour le constater, mais son groupe ne veut toujours pas le constater. Que
les médias et les gouvernement s'en régalent, n'élimine pas du tout le
questionnement, et le mécontentement en milieu ouvrier n'est pas uassi haineux
que la bourgeoisie veut le faire croire,Grévin le décrit bien par ailleurs.
Grevin s'indignait que Huntington
remarque que les immigrés de langue étrangère refusent d'apprendre l'anglais,
mais ce n'est même plus le problème ils n'ont même pas le temps d'apprendre le
français et sont plongés dans la misère des clochards parisiens. Dans le
bâtiment des ouvriers turcs n'ont même pas à apprendre notre langue et
repartent chez eux à la fin du chantier ; mais c'est une émigration
temporaire comme en Allemagne.
Les pauvres bougres qui vont
rester sans travail et à la rue...
les organisations humanitaires rétribuées par l'Europe seront allées à la pêche
d'autres malheureux qui viendront s'ajouter aux précédents... et le CCI comme
toute les cliques bourgeoises de dire : « il y en aura de plus en plus ».
Mais alors on aboutira à la « ruine mutuelle » que craignait
Marx ! Grevin se fichait que, à son époque, les migrants mexicains ne
veuillent pas apprendre l'anglais, mais pas Engels, et de prendre à témoin les
traductions en 25 langues des AG des IWW ! Bonjour la durée des AG !
Engels ce n'était pas n'importe
qui, il montrait que le non apprentissage de la langue ne pouvait que nuire à
l'unité de classe
Grevin n'est plus là pour voir que
« l'assimilation graduelle » ne fonctionne plus, et l'assimilation
culturelle encore moins. Des quartiers sont devenus communautaires où la
mosquée a supplanté l'église, les juifs ont été obligés de déménager de
Sarcelles, les bandes de dealers sont surtout constituées de noirs et d'arabes.
Simple décomposition ? Banales « peurs xénophobes » quand chaque
jour une femme ou une jeune fille se fait violer ou tuer ? La faute au
capitalisme décadent ? Certes mais, en attendant le communisme qui
résoudra tout magiquement, à qui et à quoi faire confiance ?
Vision irénique que d'espérer la
reproduction d'un noble et antiraciste mouvement ouvrier « qui peut embrasser la
diversité et le caractère international du prolétariat et construire un
mouvement uni contre la classe dominante » Or la diversité c'est justement
la théorie bourgeoise triomphante qui élimine aussi le véritable
internationalisme, en refusant le terme race pour mieux nous refiler celui
d'ethnie !
TROP D'IMMIGRATION TUE L'IMMIGRATION.
Bien entendu les campagnes idéologiques mettent surtout en
avant la menace étrangère de s'attaquer au patrimoine national et de nous
affaiblir culturellement. Mais ce n'est pas faux ! Sont-elles toujours
odieuses ces campagnes ? Ou l'Etat ne sait-il pas être moins débile que
les islamo-gauchistes ? D'abord parce qu'un nationalisme musulman
vient s'opposer au chauvinisme français, plutôt en déclin, cf. les drapeaux
arabes lors des matchs de foot. Culturellement, l'imposition de comportements
excluant de type communautaires, le racisme anti-blanc (et le racisme plus classique, anti-vieux) si à la mode, l'arriération
que constitue l'obligation du port du voile pour les femmes ou autres jupes
musulmanes, dénonciation courageusement dénoncée par la jeunesse iranienne, oui
tout cela est une récession non seulement culturelle mais sociale. Dans le
milieu du travail on résiste encore mais les entreprises étrangères comme Ikea
et Décathlon ont déjà cédé à cette imposition. La gauche bourgeoise avec
Hollande a validé ce déguisement ridicule à l'université.
Raisonnement typiquement gauchiste inversé lorsque Grevin
croyait bon d'écrire : « L’antiracisme
est un autre phénomène que la bourgeoisie utilise contre le développement de la
conscience de classe », quand il dit lui aussi que le racisme est contre
la conscience de classe. Bien sûr mais il ne s'agit pas ici de racisme mais
d'un phénomène de société qui s'appelle l'islamisation et qui est encouragé par
la bourgeoisie américaine pour affaiblir la classe ouvrière en Europe en lui
faisant croire que les migrants vont arriver de plus nombreux, que rien ne
pourra les arrêter et que c'est la faute plus au réchauffement climatique qu'à
la misère capitaliste. Ces gens dubitatifs, une majorité des ouvriers en Europe
ne s'en prennent pas au bouc-émissaire migrant en soi, il faut que nos
militants conseilleurs antiracistes cessent de les prendre pour des crétins
impulsifs :
ils voient bien que la menace provient d'une bourgeoisie complice des passeurs
officiels et clandestins (qui vient accroître la misère ici, et même pas
réduire les emplois) pour raisons pas simplement économiques mais surtout
politiques, comme je le répète, dissolvantes de la classe ouvrière.
La fusion que nous souhaitions
tous des prolétaires du tiers-monde et de la classe ouvrière des pays
industrialisés n'est plus qu'une utopie de plus, sous la pression morale dite
multiculturaliste. Des masses de réfugiés finissent prisonniers dans de vastes
camps, comme le note aussi Grevin mais sans voir l'effet de paralysie de cette
misère massive exhibée par les médias et qui provoque cette peur irrationnelle
dont il parlait mais pas au sens qu'il lui prêtait (xénophobie et bêtise), mais
parce qu'elle peut signifier l'enfermement complet de la classe ouvrière dans
de tels camps, avec l'expansion de la misère,
avec la venue d'une troisième Guerre mondiale qui ne se posait pas avec
autant d'acuité au temps où Jerry Grevin était encore vivant.
Grevin ne pouvait pas imaginer
que tout ce qu'il assurait allait être détruit non par la décomposition,
gimmick creux et simpliste du CCI, mais comme aboutissement de décennies de
destruction de la notion de classe aboutissant à tout cet embrouillamini woke.
Il pouvait encore écrire que les méchants immigrés étaient « plus un mythe
qu'une réalité » et que : « Il y a bien plus de probabilités que les immigrés soient victimes de
criminels qu'ils ne soient des criminels eux-mêmes. De façon générale, les
immigrés sont honnêtes, des ouvriers qui travaillent dur, surexploités au-delà
de toute limite, pour gagner de quoi vivre et envoyer de l’argent à leur
famille restée "au pays ». Les délinquants immigrés sont plus nombreux
en prison que les natifs !Cela ne résute pas de l'immigration en général
mais s'arrivées en masse de personnes qui ne seront pas intégrées ni dans le
travail ni dans la vie civile (dont les condamnations sont légères de plus vue
que les prisons sont pleines) et qui serviront de bouc-émissaires à la bourgeoisie
pour écarter sa responsabilité. Si cela nous effare cela ne gêne en rien la
bourgeoisie qui règne... par le chaos et la peur détournée de ses vrais
sources.
C'est faux par contre
désormais face aux arrivées massives, de nier une criminalité immigrée en
particulier sur la question sexuelle, et comme je l'ai plusieurs fois souligné
parce qu'il est imbécile de faire venir des milliers d'hommes sans femmes. Ce
n'est pas avec du bla-bla répété sur la « communauté humaine », une
prière messianique en appel à la lutte de classe rédemptrice et avec une morale
antiraciste qu'on peut appréhender ou résoudre le problème. Voire en s'appuyant
sur la fable capitaliste de l'urgence climatique qui favoriserait l'urgence de
la révolution universelle (principes du communisme). Pour l'instant c 'est
chacun pour soi et dieu pour tous.
Malgré ces contradictions
relevées et une absence d'analyse du processus machiavélique de
récupération-destruction des principes du communisme par l'idéologie
bourgeoise, Grevin concluait et analysait magnifiquement la perversion de
l'extrême gauche woke de la bourgeoisie :
« Il est essentiel d’être clair sur la différence
existant aujourd’hui entre la position de la Gauche communiste et celle de tous
les défenseurs d'une idéologie anti-raciste (y compris ceux qui se prétendent
révolutionnaires). Malgré la dénonciation du caractère raciste de l'idéologie
anti-immigrés, les actions qu'ils préconisent restent sur le même terrain. Au
lieu de souligner l’unité fondamentale de la classe ouvrière, ils mettent en
avant ses divisions. Dans une version mise à jour de la vieille théorie du
"privilège de la peau blanche", on blâme, avec des arguments
moralistes, les ouvriers qui se méfient des immigrés, et pas le capitalisme
pour son racisme anti-immigrés ; et on poursuit même en glorifiant les
ouvriers immigrés comme des héros plus purs que les ouvriers de souche. Les
"anti-racistes" soutiennent les immigrés contre les non-immigrés au
lieu de mettre en avant l’unité de la classe ouvrière. L’idéologie
multiculturelle qu'ils propagent dévoie la conscience de classe des ouvriers
sur le terrain de la "politique d’identité" pour laquelle c’est
"l’identité" nationale, linguistique, ethnique qui est déterminante,
et pas l’appartenance à la même classe. Cette idéologie empoisonnée dit que les
ouvriers mexicains ont plus en commun avec les éléments mexicains bourgeois
qu’avec les autres ouvriers. Face au mécontentement des ouvriers immigrés
confrontés aux persécutions qu’ils subissent, l'anti-racisme les enchaîne à
l’Etat. La solution qui est proposée aux problèmes des immigrés est
invariablement d’avoir recours à la légalité bourgeoise, que ce soit en
recrutant les ouvriers pour les syndicats, ou pour la réforme de la loi sur
l’immigration, ou en enrôlant les immigrés dans la politique électorale ou la
reconnaissance formelle de "droits" légaux. Tout sauf la lutte de
classe unie du prolétariat. Notre
intervention insiste sur l’unité fondamentale du prolétariat, dénonce les
tentatives de la bourgeoisie de diviser les ouvriers entre eux, s’oppose au
légalisme bourgeois, aux politiques identitaires et à l’interclassisme ».
Il faudra attendre encore longtemps.
« Dans
la famille, l'homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du
prolétariat » .
Karl Marx - 1818-1883 - L'origine de la famille, de la propriété privée et de
l'État
https://fr.internationalism.org/rint124/comm.htm
"Nier
la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c'est exiger son bonheur réel.
Exiger qu'il abandonne toute illusion sur son état, c'est exiger qu'il renonce
à un état qui a besoin d'illusions. La critique de la religion contient en
germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l'auréole." Karl Marx - 1818-1883 - avec Engels, Critique de "La philosophie du
droit" de Hegel, 1844
« Il est évident que la propagande capitaliste
exagère la colère anti-immigrés dans la classe ouvrière des métropoles. Aux
Etats-unis par exemple, malgré les grands efforts des médias bourgeois et la
propagande d'extrême-droite pour attiser la haine contre les immigrés sur les
questions de langue et de culture, l’attitude dominante dans la population en
général, y compris chez les ouvriers, est de considérer que les immigrés sont
des travailleurs qui cherchent à gagner leur vie pour soutenir leurs familles,
qu’ils font un travail trop pénible et trop mal payé pour les ouvriers "du
pays" et qu’il serait insensé de les renvoyer. » . Quoique de nos
jours, l'hypocrisie européenne bourgeoise qui oblige les pays du nord à
accueillir systématiquement des bateaux entiers qui devraient être renvoyés
d'où ils viennent commence à sentir le soufre et poser le pourquoi « one
ne les aide pas à se développer là-bas » ? ET pas par de minables
aides écologiques !
Pour critiquer les
immigrés socialistes allemands de ne pas apprendre l’anglais, Engels
écrivit : "Ils devront retirer
tous les vestiges de leur costume d’étranger. Ils doivent devenir complètement
des Américains. Ils ne peuvent attendre que les Américains viennent vers
eux ; ce sont eux, la minorité et les immigrés, qui doivent aller vers les
Américains qui constituent la vaste majorité de la population et sont nés là.
Pour faire cela, ils doivent commencer par apprendre l’anglais."
Grevin ajoute :« Les
immigrés sont accusés d'envahir les métropoles, de faire baisser les salaires
et de les dévaloriser, d’être la cause de l’épidémie de criminalité et de
"pollution" culturelle, de remplir les écoles, d'alourdir les
programmes sociaux – bref de tous les problèmes sociaux imaginables » ;
le
hic c'est que ce n'est pas tout à fait faux ! La lutte commune des
ouvriers en Grèce en 2008 est un lointain souvenir, ce pays est débordé par les
afflux incessants et les ouvriers grecs en ont aussi marre, sans être du tout
racistes !