"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

dimanche 2 mai 2021

Les ballons crevés de la CGT

 

CGT collabo !

Ne manquez pas en fin d'article les déductions "fachistes" de gauche et extrême gauche bourgeoises (à suivre)

Le commis de la bourgeoisie Martinez bafouillait, bredouillait, cherchait ses mots... évitait de répondre à la question du journaliste de LCI : « CGT collabo ! Ça vous fait quoi ? ».


Le bonze syndical rétribué plus de 4000 euros par mois par une maternité gérée par la mafia CGT, comme Séguy et Marchais l'étaient par la caisse de retraite des concierges (sic)1., il tremblotait non de colère mais de peur.

La manif chétive, pas seulement en raison du Covid – la CGT est en inexorable déclin - s'apprêtait à défiler gnangnan comme dab, hélas elle fût freinée deux heures d'entrée de jeu par des black blocs, mais pas seulement... Les journalistes oublièrent de préciser que cela fait des années, en particulier depuis les gilets jaunes, qu'une forte proportion de manifestants se postent systématiquement devant, en avant des cortèges syndicaux. Les gros bras CGT ont sans doute voulu cette fois-ci nettoyer ces ci-devant... Mais peine perdue ils seront attendus à la sortie.

Derrière la banderole pleurnicharde « Pour l'emploi, les salaires, les services publics, la protection sociale, les libertés et la paix dans le monde », le ronron habituel, quoique clairsemé, avait fini par s'ébranler pour finir par être ébranlé au terme du défilé place de la Nation. Plusieurs vidéos montrent des charges violentes de jeunes cagoulés ou pas contre les gros bras en service de sécurité syndicale, jets de projectiles, fanions et drapeaux CGT déchirés ; on voit aussi la police de la CGT arroser de gaz lacrymogène les assaillants qui crient en effet « CGT collabo » et « cassez vous », pas ce que suggère le communiqué CGT :

« Un important groupe d’individus, dont certains se revendiquant gilets jaunes, ont fait usage d’une extrême violence à l’encontre des manifestants », peut-on lire dans le communiqué de la CGT. « Insultes homophobes, sexistes, racistes ont précédé des actes de vandalisation des véhicules des organisations (syndicales, ndlr), et, bien plus grave, la haine s’est exprimée par un déchaînement de coups et de jets de projectiles. Notre organisation, la CGT, était particulièrement ciblée », poursuit le syndicat ».(titré : Violences inacceptables contre le monde du travail)

Non ! violences contre les mafias syndicales !

Les insultes prétendues sont à la mode et bien sûr inventées par l'appareil syndical affolé, pourquoi n'a-t-il pas ajouté non plus « fascistes », comme au temps de son règne stalinien pour discréditer tout adversaire dans la classe ouvrière ? En plus il est en effet simplet de la part des journalistes d'assimiler tous ces assaillants aux seuls black blocs.

Cette agression frontale du SO syndicrate est du jamais vu, de ma propre mémoire. Il y a toujours eu naguère des bagarres dans les coins avec les gros bras. J'en ai vu tabasser des manifestants qui ne voulaient pas rentrer dans le rang il y a trente et quarante ans. Ils m'ont moi-même envoyé à l'hôpital alors que je me contentais de diffuser un journal avec pour titre « Révolution Internationale » (en 1979). J'ai vu aussi des manifestants remis à la police par ces zélés « flics syndicaux ».

En ces temps lointains l'armada CGT faisait la loi. Maintenant c'est fini, et ils peuvent s'attendre les

Les complices

prochaines fois à ce que leurs ballons ridicules soient encore crevés. Les petits politiciens Mélenchon et Roussel sont venus caracoler et le représentant du parti à 2% (le PCF) ledit Roussel a fait le malin en déclarant « on commence à exploser de colère » ; or, pas de pot, la colère c'est plus seulement contre Macron mais contre tous ces faux-cul de la gauche bourgeoise qu'elle explose.


LA PRESSE COLLABO

Toute la presse de gauche n'a ce jour rien dit sur ces « tensions en fin de manif », France infaux, Libération, L'OBS, 20 minutes. Motus bouche cousue. C'est ce qui s'appelle de la sidération car on n'a pas besoin de ces lâches pour s'informer. Sidérés mais pas pour longtemps ; ça va gloser et interpréter et moraliser avec avidité sur les plateaux bistrots des TV et radios. Mais notons pour l'instant la complaisance de la presse et ses minauderies avec le chefaillon Martinez décrit comme en colère et ferme, alors que son interview par LCI le montre piteux, presque tremblotant, interloqué et déstabilisé par les questions simples du journaliste.


Parmi les assaillants il y avait des black blocs qui ne sont certes pas la fine fleur de la classe ouvrière, qui ne me sont pas désagréables pourtant lorsqu'ils pètent des vitrines de banques ou d'agences immobilières, mais sans aucun projet politique ni graine de réflexion dans la cervelle. Par contre on a aperçu des gens qui se considèrent encore gilets jaunes, et qui se rappellent ne pas avoir été soutenus par les mafias syndicales, voire traités de « fascistes » par celles-ci et leurs obligés islamao-gauchistes (excusez la faute de frappe). On a pu voir aussi l'extrême jeunesse de ces divers assaillants, voilà qui est inquiétant pour tous les clans syndicaux en charge de la protection de l'Etat.

Il n'y a pas que dans la tête de ces jeunes hétéroclites et sans parti de référence qu'on considére que les syndicats sont des pourritures, les ouvriers licenciés eux aussi, qui ont vu les appareils étatiques « accompagner » les fermetures de boites, ou les combines pour sauver quelques uns en laissant les autres sur le carreau, et combien qui refusent désormais de prendre une carte syndicale ?


Ce crachat contre la flicaille syndicaliste est-ce l'Annonce d'une explosion plus vaste et plus pesée socialement ou bref feu d'artifice ? L'avenir proche nous le dira, mais à mon avis certainement pas un feu de paille. Et la symbolique est terrible. Même en 68 on n'osait pas cogner contre les « traîtres » professionnels.


 « Dans les pays de vieille culture parlementaire démocratique, la bourgeoisie a admirablement appris à agir non seulement par la violence, mais aussi par la tromperie, la corruption, la flatterie, jusqu'aux formes les plus raffinées de ces procédés. Ce n'est pas pour rien que les « déjeuners » des « leaders ouvriers » anglais (c'est à dire des commis de la bourgeoisie chargés de duper les ouvriers) sont devenus célèbres et qu'Engels en parlait déjà. La réception «exquise» que fit monsieur Clemenceau au social traître Merrheim, les réceptions aimables faites par les ministres de l'Entente aux chefs de l'Internationale de Berne, etc., etc., relèvent du même ordre d'idées. « Vous, instruisez les, et nous, nous les achèterons », disait une capitaliste anglaise intelligente à monsieur le social impérialiste Hyndman, qui relate dans ses mémoires comment cette dame, plus avisée que tous les chefs de l'Internationale « de Berne » réunis, jugeait les « efforts » des intellectuels socialistes pour instruire les leaders socialistes issus de la classe ouvrière ».

 

Lénine (Les tâches de la IIIe Internationale)




les pépères récup au bureau


1Toutes révélations qui se trouvent dans mon livre « L'aristocratie syndicale » sous-titré « Le syndicat instrument de l'Etat », publié en 2010, pages 335 et suivantes sur le financement louche de tous les syndicats.


Pour les « déductions » des potes islamo-gauchistes les assaillants du 1er mai étaient manipulés par les « fachistes » (suite)


Les islamo-trotkistes du NPA avec leur syntaxe débile se gardent toutefois de qualifier de fachistes les assaillants, sans doute au souvenir le leur propre tabassage de naguère par les gros bras CGT :

«  En prenant à partie le service d’ordre de la CGT et au-delà des militantEs de cette organisation syndicale, quelques dizaines de manifestantEs non identifiés ont commis des violences inacceptables contre une composante du mouvement ouvrier. Dégâts matériels contre les véhicules, insultes et attaques physiques contre des militantEs de la CGT et celles/ceux qui en prenaient la défense… Ce sont des méthodes qui n’ont rien à voir avec notre combat social. Nous ne confondons pas le nécessaire débat stratégique autour de la construction des mobilisations et des moyens de défendre les revendications du monde du travail avec l’action violente d’une petite minorité masquée. Nous tenons à assurer la CGT et ses militantEs de notre entière solidarité. Nous dénonçons aussi l’hypocrisie de ce gouvernement qui fait mine de regretter ces agressions contre la CGT, alors qu’au quotidien il réprime ou laisse réprimer les syndicalistes depuis des années et ne cesse d’attaquer le droit du travail. Il y a urgence à ce que les différentes composantes du mouvement ouvrier, forces sociales et partis politiques, se rencontrent pour discuter de quelle stratégie pour les mobilisations, et de quelle action pour protéger nos manifestations.

Montreuil le dimanche 2 mai 2021

Le bonze télévisé Benjamin Amar en a marre, c'est encore un coup de l'extrême droite. Seul collabo à être invité sur une chaîne en perte de vitesse face à CNEWS, Benjamin Amar s'exprime sur BFMTV, dimanche 2 mai 2021. Même s'il juge la question "assez compliquée"(sic), Benjamin Amar ne nourrit pas trop de doutes quant à la provenance idéologique de ceux qui ont violenté les cégétistes parisiens du 1er-Mai. Invité à réagir ce dimanche sur BFMTV aux insultes subies par le cortège de la CGT durant les manifestations, ce membre de la direction du syndicat contestataire s'en est tenu à "des déductions" (belle peau de banane du jouranliste de BFMTV) :

"Les insultes racistes, sexistes et homophobes, elles ont (...) été foisonnantes. En plus de ça, il y avait des insultes de classe", rapporte-t-il."Alliés objectifs ». Et le syndicaliste de donner un exemple. "À plusieurs reprises on a eu « elles sont à combien les merguez?' Alors ça je vais vous dire, c'est typiquement les insultes de l'extrême droite", assure Benjamin Amar. Pourtant la CGT vend bien des merguez au milieu de ses déductions et affabulations !

"Quand on s'en prend ainsi à un cortège CGT un 1er-Mai, idéologiquement, on est bien évidemment identifié. (...) Le 1er-Mai, Marine Le Pen a déposé sa gerbe devant la statue de Jeanne d'Arc en toute tranquillité, y a pas eu de problème", a regretté le bonze. Invoquant le marxisme, le syndicaliste en cite une notion "assez utile" à ses yeux, celle des "alliés objectifs", don le fachisme qui pourtant n'existait pas plus au temps de Marx qu'aujourd'hui.

Donc le marxisme CGT est un « marxisme collabo ».

Libé reste très neutre (clientèle bobo « insurrectionnaliste » oblige), ne donnant la parole qu'à une bonze syndicaliste qui demande pour les prochaines fois... une meilleure protection policière pour les « social-traîtres » !

Du côté de France-infaux le préposé collabo est Sylvain Boulouque présumé historien des mouvements sociaux mais lui aussi ordure flicarde sans nuance pour cracher sur toute révolte.

Quant au collabo national-pétainiste, le nain Zemmour, qui ne comprend que pouic à la situation sociale et aux besoins du prolétariat, du haut de sa petite taille il n'a rien trouvé de mieux que d'accuser encore et toujours  Robespierre, Lénine mêlé à Staline, et résumer le tout à une simple bagarre d'anarchistes contre les "autorités", alors qu'il prétend par ailleurs que la CGT ne sert plus à rien. Quel petit con.

Le 4 mai c'est le principal "Berger" social, collabo fort bien rétribué lui aussi, qui insulte et appelle à...dénoncer:

«Violence bête et aveugle», «gens décérébrés [...] qui vont se déchaîner sur une manifestation et passent à autre chose le lendemain», «ultraviolents», «extrémistes»... Le chef du syndicat réformiste a eu des mots durs envers les auteurs des violences, des «militants antisystème [...] qui sont parfois de petits-bourgeois» s'en prenant à des militants CGT sincères. Laurent Berger n'a pas souhaité s'avancer sur l'appartenance politique de ces personnes, ajoutant que cela n'avait «plus de sens [...] à ce niveau-là de violence». Les bonzes CGT si, devinez quoi?

jeudi 29 avril 2021

Patapouf Anasse président ?



Fin juillet 2018, je m'étais penché sur la crise souterraine du NPA, crise interne peu médiatisée. Je me hasardais à pronostiquer un éclatement inévitable, énième effritement du courant trotskien, posant la question d'un soi-disant « retour à la centralité de la classe ouvrière ? » :

«  La tension sociale et les craintes du prolétariat face à un avenir catastrophe sont pour beaucoup plus dans cette crise du NPA qu’une histoire de rivalité avec la secte bourgeoise LFI. La petite bourgeoisie multicultiraliste et islamocompatible perd pied face au malaise induit par la montée du gangstéro-islamisme et le pourrissement des relations sociales à cause des exactions (pas incivilités) parfois meurtrières contre les simples prolétaires, soutenues et théorisées par le milieu interlope des racialistes. Même avec une procréation politique assistée le trotskisme ne pourra pas constituer une arme bourgeoise pour freiner ou dissoudre le combat de classe, il se verra réserver plus probablement un strapontin au sein d’un conseil ouvrier transgenre, mais sans voix décisive au chapitre du prolétariat »1.

Le coup tordu que vient de faire aux officiels du NPA leur tendance dite CCR-Révolution permanente2 - balancer tout de go la candidature à la présidentielle bourgeoise d'un certain Anasse Kazib, sans consulter l'organisation dont la sous-secte est affiliée et tributaire – est dans la manière très « léniniste », (cf. le comité central c'est moi et je décide ce que je veux »). On verra par après la vacuité du gang à Kazib, mais aussi les réponses empruntées et gênées de sept membres du comité central du NPA. La véritable raison n'est pas seulement qu'un petit chef syndicaliste veuille pousser jusqu'au bout la logique islamo-gauchiste de la pire branche girouette du trotskisme, mais que le NPA ne veut pas renouveler l'expérience désastreuse du coup de la candidate voilée.

Début février 2010 Olivier Besancenot avait défendu un projet « tout à fait révolutionnaire »: permettre à une femme voilée de représenter le NPA. Il avait affirmé qu'une femme peut être « féministe, laïque et voilée », puis qu'une femme voilée, «c'est l'image de notre intégration dans les quartiers». Il avait confirmé que le NPA présenterait - sur la liste du Vaucluse, en région Paca - une jeune candidate qui porte le voile : Ilham Moussaïd, étudiante et trésorière départementale de son parti, membre du «comité populaire» à Avignon. Patatras, on peut même faire remonter la trouvaille du terme islamo-gauchiste à cette époque quand moi je me contentais encore de les qualifier d'islamophiles foireux. Cette candidature cautionnant une religion arriérée (surtout pour la condition féminine) avait fait sombrer le NPA dans le ridicule total, même à chaque fois qu'il essayait de se justifier. Le NPA a survécu péniblement à cette bévue cocasse au fond, et a fait pire entre-temps en tenant meetings communs avec intégristes et pitres racialistes.

Le projet autour de Patapouf Anasse était du même ordre - « Un jeune ouvrier issu de l'immigration à la présidentielle » - d'où refus du comité central piteux de compter dans son orga un individualiste pareil, boosté dans son orgueil de présumé « représentant des jeunes des quartiers », pour avoir été un temps toléré comme grande gueule sur RMC. Certains médias ont toutefois relevé l'ambiguïté islamophile de Patapouf – mais toute démagogie n'est-elle pas comestible sur le plan électoral bourgeois ? - le 10 novembre dernier, participant à la « manif de la honte » contre « l’islamophobie », il avait déclaré : « On a des collègues, aujourd’hui, qui se font licencier parce qu’ils ne disent pas bonjour, ne serrent pas les mains, ne font pas la bise ! », lesquels mensonges avaient été soutenus par un tonnerre d'applaudissements des syndicalistes divers du NPA. La « lutte contre l'islamophobie » allant de pair avec « la convergence des luttes ».

Les 7 rusés politiciens du CC du NPA – qui signent le communiqué dénonçant la félonie de Patatpouf - ont bien compris en outre qu'il s'agissait d'une attaque contre la possible majorité de l'orga. Cette « fraction », je dirais plutôt ce «bout de gras» du NPA, existerait depuis trois ans au sein de l'orga, peut-être plus.

Leur site « Révolution permanente » - dit « nouveau site d'information d'extrême gauche » - est réalisé par les zozos de ce CCR (Courant communiste révolutionnaire) du NPA, un courant fortement lié au Partido de los trabajadores socialistas (PTS) argentin, et dont le site Internet sert d’ailleurs de modèle à « Révolution Permanente », vieille rengaine du Trotsky décati. Le PTS est une des nombreuses scissions du Movimiento al Socialismo, créé par le guru du trotskysme argentin Nahuel Moreno, qui passa sa vie à osciller selon les opportunités entre lambertisme, sandinisme et péronisme de gauche.

Leur site « Révolution permanente » est surtout la vitrine du CCR. Il fait preuve d’un activisme sans relâche, d’une lutte « antiraciste » au soutien, yeux fermés, au gang Traoré, faisant usage du fait divers comme fait politique, ne reculant ni devant les images et les titres racoleurs, ni les sources douteuses. Mais avec une insistance perverse et truquée sur la « centralité de la classe ouvrière », comme je l'avais subodoré en 2018 sans connaître l'existence de ce gang interne. Cette classe (surtout imaginée comme composée uniquement d'exploités cher UBER et de djeuns de banlieue) n'est que le décor pour afficher un langage « radical », qui donne ce qui suit; je retranscris une partie de la bouillie et des salades de sa présentation en vidéo, dégoulinante de forfanteries et d'exploitation de faits divers certes racistes mais certainement pas destinés à éveiller à la conscience politique :

«Moi militant de Sud-rail... il rappelle la participation de ses grands parents pour la patrie... je suis un jeune de banlieue... on (qui?) va essayer de porter cette candidature... ce qu'on veut c'est une vraie rupture révolutionnaire avec le capitalisme, le racisme, les idées révolutionnaires doivent apparaître dans cette élection présidentielle sinon qui les fera... On veut un Etat des travailleurs... c'est nous les ouvriers qui produisons tout... avec le covid y bouffent dans les restos hors de prix pendant que ceux d'en bas font la queue pour un sandwich...y a une dégénérescence du capitalisme... un jeune des quartiers populaires c'est ultra-subversif... pas avec un programme tout fait mais avec un projet révolutionnaire pour la classe ouvrière... on est la génération Adama, la génération Georges Floyd... on veut faire entendre la voix des quartiers populaires... même si c'est une pré-candidature... On ne peut pas faire confiance aux « directions syndicales » ni à LFI, Mélenchon il veut conserver le capitalisme... avec le comité Adama, les antifascistes... tous ces comités se rejoignent, avec la jeunesse écologique, les femmes, l'objectif c'est tout renverser, renverser la table. On est prêts, radicaux, révolutionnaires, notre camp c'est celui des gilets jaunes, les combats pour la retraite, etc. »

Anasse récupère au passage les pauvres gilets jaunes qu'il traitait de « fachistes » au départ comme tous les divers compères trotskiens. Les dits quartiers populaires ils votent pas vraiment, ou sur clientélisme, et à Trappes le mode de vie islamique l'emporte sur toute connotation ouvrière. Comme les autres bouts de gras du NPA ces gens-là vont hurler contre les tags sur une mosquée mais se fichent de l'égorgement de la prolétaire de Rambouillet ou de l'égorgement de Samuel Paty, comme ils seront joyeux le jour où un autre taré zigouillera la petite Mila.

C'est bourré de confusion, de vieilleries trotskiennes tel le front unique, tel rompre avec les directions syndicales, tel le parti cocotte minute ressorti du tombeau, pensant à la place des masses incultes. C'est un curieux mélange dogmatique de lambertisme ou de spartacist gigue mais baigné dans la marmelade des révoltes en tout genre où la « centralité » exaltée de la classe ouvrière n'est que la crème Chantilly pour protéger la centralité du parti (ce qui est en réalité insulter le parti tel qu'on pouvait le concevoir dans le mouvement ouvrier ascendant), car cette bande de rigolos ne sera jamais ni parti ni révolutionnaires3.

Une pré-candidature qui ne passe pas

Laissons-les régler leurs comptes entre eux et s'exclure mutuellement comme d'hab. Ils sont assez représentatifs de ce qui a laissé la gauche bourgeoise-écolo-racialo-féministe pantoise et disqualifiée aux yeux du prolétariat: leur incapacité congénitale à reconnaître ce qui ne va plus avec l'immigration, l'islam et une violence contre les flics qui n'est pas du tout révolutionnaire. Enfin tout ce pourquoi la gauche bourgeoise et son extrême gauche ont déjà perdu les élections et ne les gagneront plus pour un long moment. La réponse du CC (provisoire) de ce qui va rester du NPA a une certaine tenue mais n'ose pas attribuer à leurs collègues des méthodes staliniennes, mais on n'est pas dans les couloirs du NPA où fusent quolibets et insultes ; sans doute parce que leurs méthodes « démocratiques » ne valent pas mieux.

« Le problème n’est ni la personnalité d’Anasse ni le fait que la démarche serait inédite (sic). Ce qui est en jeu est une façon de faire de la politique, une manière de concevoir les rapports militants et un certain type de projet organisationnel. Autant le dire d’emblée : l’histoire colportée par le CCR-Révolution permanente, selon laquelle la démarche entreprise se ferait dans le respect du fonctionnement du NPA et de ses militantEs, ne convainc personne dans le NPA, à l’exception des membres… du CCR-Révolution permanente. Et pour cause : l’annonce publique de la « pré-candidature » d’Anasse Kazib et la campagne publique qui est menée depuis constituent de facto une rupture avec les principes du NPA, son fonctionnement et ses modalités de prise de décision, entre autres concernant les candidatures à la présidentielle.

« Le NPA — comme avant lui la LCR — n’a jamais fonctionné avec un système de « pré-candidatures » individuelles, a fortiori annoncées à l’extérieur de notre organisation, et ce pour au moins deux raisons : le rejet de la personnalisation et la volonté de garantir au maximum aux militantEs du NPA la possibilité de faire leurs choix démocratiquement et sans pression extérieure. Des centaines de militantEs ont ainsi été choqués qu’un membre du NPA annonce lui-même, en premier, publiquement, sur son compte Twitter, sa propre « pré-candidature » à la présidentielle, après l’avoir « teasée » pendant plusieurs jours. Annonce suivie deux jours plus tard d’un « communiqué de presse officiel » signé d’Anasse lui-même et rédigé à la première personne (avec 19 « je » dans ledit communiqué)…  (…) Et il ne suffit pas, comme on peut le lire dans ledit « communiqué de presse officiel », de prétendre se référer à la Commune de Paris, citation de l’appel du comité central de la garde nationale à l’appui, pour faire illusion : « Ceux qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux ». Certes. Mais c’est dommage d’avoir oublié la suite : « Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. »

« Comment peut-on en effet raisonnablement envisager que nous ayons un débat et un processus démocratiques au sein du NPA si, dès le départ, ce processus est mis sous la pression d’une campagne menée pour et avec l’extérieur ? Nous n’avons jamais procédé de la sorte, et pour cause : un parti qui fonctionne de manière démocratique doit être libre de ses choix, ce qui ne signifie évidemment pas qu’il évolue en étant étanche au monde et aux pressions extérieures, mais qu’il se dote des outils pour pouvoir résister au mieux à ces pressions et prendre ses décisions collectivement et démocratiquement. La campagne lancée par le CCR va exactement à l’inverse : il s’agit ni plus ni moins que de favoriser ces pressions en entretenant délibérément la confusion entre une campagne externe, à propos de laquelle le tout-venant est invité à se prononcer, et un processus de discussion/décision interne qui regroupe les seuls militantEs du NPA.  

...Une candidature du NPA pour la présidentielle ne peut être légitime qu’à l’issue d’une conférence nationale du NPA, préparée dans les comités du NPA. Mais au-delà, la logique des primaires ne faisant pas partie de notre logiciel politique, le choix d’une candidature doit être précédé d’un débat sur l’orientation et le projet, impliquant l’ensemble des membres du parti, et certainement pas d’une course de petits chevaux entre « pré-candidatEs », à moins de vouloir importer les logiques d’écurie dont on mesure les effets dans la plupart des partis institutionnels. (…) De manière plus globale, ce à quoi nous assistons n’est rien d’autre qu’une offensive en règle menée contre le NPA par un groupe politique autonome, le CCR-Révolution permanente, qui envisage en réalité la « pré-candidature » d’Anasse Kazib comme la rampe de lancement d’une nouvelle organisation, un « Parti révolutionnaire des travailleurs », les membres du CCR expliquant et écrivant qu’ils et elles entendent aller « jusqu’au bout ».

« La démarche actuelle du CCR est cohérente avec le comportement que ce groupe a adopté depuis de longues années vis-à-vis du NPA, duquel les militantEs du CCR sont formellement membres mais tout en s’organisant de manière séparée : réunions « Révolution permanente », organisations étudiante et féministe autonomes (« le Poing levé » et « Du pain et des roses »), articles et vidéos publiés sur le média « Révolution permanente » sans jamais rien proposer aux médias du NPA, etc. Le NPA est en réalité envisagé non comme un outil commun à construire mais comme une organisation dont il s’agit de tirer profit pour ses propres intérêts de boutique, en bénéficiant notamment de son logo, de son influence, de sa trésorerie, de la popularité de ses porte-parole, etc. »

(...)« Anasse Kazib n’est donc ni le candidat, ni même le « pré-candidat » du NPA à l’élection présidentielle de 2022.  Montreuil, le 5 avril 2021 ».

Ces bisbilles entre trotskiens n'intéressent en rien la classe ouvrière, vulgaires chamailleries entre léniniens et staliniens tout au plus et qui ne touchent pas aux questions de fond. En particulier sur le type de combat à privilégier du point de vue de la classe ouvrière. Je reviens sur ce que j'ai dit par ailleurs, le cas Anasse comme celui de la candidature voilée montre le danger d'importer (de l'extérieur) une « conscience islamiste » en lieu et place de la conscience de classe, elle-même découpée en revendications des bobos écolos, féministes, antifas, antiracistes, anti ceci, anti cela, et toutes les couleurs de la psychologie se posant en remplacement de toute sérieuse réflexion sur ce qu'est réellement la pensée révolutionnaire aujourd'hui. Et où l'histoire semble avoir perdu la raison.


NOTES

1VERS UN TROTSKISME TRANSGENRE version américaine ?https://proletariatuniversel.blogspot.com/search?q=crise+au+npa

2Le label CCR = Courant Communiste Révolutionnaire, est étrange au départ. Vol de sigle ? Pied de nez au CCI = Courant Communiste International, qui n'est tout de même pas un groupe de rigolos faussement révolutionnaires comme le gang de Patapouf. Le CCI ne semble même pas s'être aperçu de l'existence de ce prototype de secte lénino substitutive, et il a raison de s'en foutre, des sectes trotskiennes on en compte à la pelle. Ce sera un des confettis de l'éclatement du NPA.

3Voir l'interview d'un autre petit chef de cette « fraction » délirante qui se présente comme anticorporative et internationale : « ...le but était aussi, sinon surtout, de forger un outil au service de notre classe, de tous les prolétaires d’aujourd’hui, sur le terrain direct de la lutte du monde du travail, mais tout autant pour la défense des droits démocratiques et la mise en avant de revendications démocratiques radicales et transitoires, contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, mais aussi la catastrophe écologique que produit par nature le capitalisme etc. – avec les méthode de la lutte des classes comme disait Trotsky dans son « Programme d’action » pour la France en 1934.Le pari que nous faisons consiste à renouer explicitement, évidemment dans les coordonnées historiques, politiques et technologiques propres à notre époque, avec la conception léniniste du « parti-presse », jouant le rôle d’organisateur collectif non seulement de ses militants, mais aussi des secteurs de notre classe auxquels nous nous adressons en priorité, conception telle que Que faire ? l’avait esquissé en 1902. À l’instar de nos camarades qui animent le réseau de quotidiens en ligne La Izquierda Diario dans un certain nombre de pays ».Lénine doit se retourner dans son mausolée.

samedi 24 avril 2021

La prolétaire Stéphanie, deux fois assassinée par la gauche bourgeoise

 


Parmi les derniers débats superficiels qui agitent le petit monde des journalistes, on retiendra ce curieux constat : « les médias sont de gauche, l'émission de Pascal Praud est trop à droite ». Il est certain que les Zemmour et Praud ne sont pas des passeurs de la génération Mitterrand et qu'il s'y dit souvent des vérités claires comme l'eau de roche (sic) qui ne peuvent déplaire à la masse des gens, le plus souvent prolétaires qui consentent à les regarder et qui ne supportent plus les autres lèche-bottes d'un pouvoir qui se veut ni droite ni gauche, mais au fond les deux en même temps. Cependant la tonalité restant causette de bistrot n'est qu'un déversoir pour contribuer à l'abrutissement du public et n'offre pour alternative que souverainisme mité ou mondialisme creux, autour des variations et caprices de petits personnages égocentriques, qui sont rétribués pour faire le buzz et le job. Il y a une crise de la croyance aux « informations » plus anciennes que celle de la croyance aux rackets politiques.

Leçon d'infaux : la propagande de la gauche bourgeoise ne varie pas

Souvenir souvenir. Meurtre islamique de Magnanville, le principal journal des bobos titre :

Double meurtre de Magnanville : ce que l'on sait

« Lundi soir, un homme a tué un policier et sa compagne dans cette commune des Yvelines. L'Etat islamique a revendiqué l'attaque. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête ».

A chaque crime islamique Libération se garde de prendre position, se cache derrière « les faits » et finalement met tout sur le dos du FN (jamais appelé RN). Jamais le prude islam n'est mis en cause au nom de padamalgam. Le crime est atroce, même si l'enfant a été épargné (pour qu'en grandissant il reste toujours habité par cette horreur... et craigne Mahomet et sa dague à chaque coin de rue). On en reste toujours à un « ce que l'on sait » comme si on ne savait pas à chaque meurtre lâche. Par la suite on a quelquefois droit à « l'enquête suit son cours ». Les petits bâtards du NPA, lecteurs de ce torchon, eux ne se gênent carrément pas, ils n'en parlent pas, mais remplissent leurs colonnes des protestations contre les crimes racistes des policiers américains.

Les réactions au meurtre de Magnanville étaient recopiées sans commentaires par Libération (qui ne dit mot et consent) :

« Le président François Hollande a affirmé que le meurtre de Magnanville était «un acte incontestablement terroriste». Exprimant «son infinie tristesse», le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé «un acte terroriste abject. Soutien à leurs familles et collègues». C'est sûr que ce soutien piteux et impuissant aux familles endeuillées des policiers n'est pas de nature à les pousser à voter pour les socialos, les écolos ou les abrutis islamo-gauchistes !

Le résumé ce qui sera la perpétuelle absence de réaction de l'Etat est parfaitement résumé par le faux-cul mais inculpé Sarkozy désormais simple spectateur : « «notre niveau de vigilance doit être adapté sans délai […] Tous les enseignements de l'enquête judiciaire en cours sur le profil et le mobile du terroriste doivent être tirés pour renforcer la sécurité des Français et la protection de nos forces de l'ordre». Et mon cul c'est du poulet ?

Le péteux combattant islamiste (ou con battant pavillon islamiste)  Larossi Aballa appelait en vidéo à « faire de l'Europe un cimetière ». Encore heureux que Libé n'ait pas porté plainte avec le NPA pour meurtre raciste de la part des policiers ! Faisant la liste des attentats lâches contre les policiers1, dans un résumé fallacieux Libé notait: «  Alexandre Dhaussy a finalement été déclaré irresponsable pénalement par la justice en raison de troubles psychiatriques et ne sera donc jamais jugé pour ses actes », l'acquittement « psychiatrique », mais surtout antisémite de l'assassin de Madame Sarah Halimi était déjà en vogue chez les magistrats gauchistes du mur des cons2: fume un joint, tue qui tu veux et la justice crypto-gauchiste te condamnera à te faire engraisser aux frais de la société en hôpital psy pour une durée indéterminée, et tu recommenceras quand tu voudras mais avec une drogue plus dure, ce qui sera à nouveau excusable; l'africain tueur a en outre déchargé de toute responsabilité criminelle parce qu'il était avant une victime du colonialisme blanc selon les juges "anti-racistes". Au fond les racailles islamistes ne font qu'adopter le "droit de tuer" de la justice française, qui a tant besoin de se cacher derrière d'utiles égorgements aléatoires des tueurs musulmans. Pardons d'assaillants comme ils disent pudiquement sur France info, pour ne pas choquer les croyants, comme on leur apprend dans les écoles de journalisme à ne pas appeler salopards  des crapules tout juste bons à être fusillés sans jugement.

LA METHODE D'INFORMATION « DES FAITS » PAR LE TORCHON LIBERATION

« Les faits se sont produits vers 14h20 dans le sas de ce commissariat, a précisé la source policière. La fonctionnaire administrative, qui était d’abord en arrêt cardio ventilatoire, est décédée sur place, malgré l’intervention des pompiers. D’après les premiers éléments de l’enquête, elle a été touchée à la gorge ".   (notez bien pas égorgée mais simplement « touchée ».

« A 15H38 : Titre : Le meurtrier présumé est mort. Le meurtrier présumé est décédé. Est-il présumé meurtrier ou présumé décédé ? « les faits », pas de prise de position. A peu près à la même heure Libé précise : Une fonctionnaire de police est décédée après une attaque au couteau à caractère terroriste ce jeudi après-midi ».

Ce n'est qu'une chose « à caractère terroriste », pas vraiment terroriste... et l'autre con est « présumé mort » voire « présumé pas coupable »... Le premier article publié hier était conçu comme une interview des habitants de Rambouillet, et on plaçait comme dernier interrogé celui qui déclarait que cela allait encore servir au front national (l'article a disparu du paysage web).

La messe était redite, le problème prioritaire c'est le parti de Le Pen pas les assassins islamistes qui appliquent le droit religieux de tuer à chaque période de ramadan. Comprenez : le danger lorsque le couteau s'abat plutôt sur la gorge d'une femme, même pas policière, c'est que « le FN » va s'en servir !3 Aucune protestation des féministes du NPA ni du gang Traoré qui lui sable le champagne à l'abri de la presse. Les flics eux ont droit aux mêmes larmes du gouvernement compatissant qui les baise deux fois, en les héroïsant et en se gardant de trop critiquer la « pratique musulmane », comme au début sous Hitler la bourgeoisie US se gardait bien de critiquer les « pratiques nazies », jusqu'à ce que vers la fin de la guerre ils déplorent « la révélation des gaz dans les camps de la mort ».

Castex et « l'héroïsme du quotidien » : «A ses proches, je veux faire part du soutien de la Nation tout entière. A nos forces de sécurité, je veux dire que je partage leur émotion et leur indignation», a poursuivi le chef du gouvernement dans un message publié sur Twitter. Plagiant les pleureuses successives Hollande et Sarkozy.

En effet être révolutionnaire aujourd'hui c'est tuer des flics au nom de la religion « des opprimés », et ainsi s'attaquer directement à l'Etat bourgeois et raciste des français blancs de souche.

Résultat des courses concernant ce nouveau meurtre lâche d'une simple ouvrière, mère de famille qui avait encore droit à une longue vie au milieu de ses enfants, en attendant les assasinats « religieux » suivants :

- renforcer la parano et l'esprit de corps policier en privilégiant la séparation avec la population, qui ne compte pas sur la police pour la défendre même si celle-ci tient un rôle honorable et nécessaire pendant la pandémie ;

- faire croire qu'un islam doux et pacifique peut être intégré dans la société occidentale, surtout en laissant des ghettos comme Trappes se renforcer (bled pourvoyeur N°1 en France des soldats pour le djihad, et ville antisémite)

- la construction des mosquées à tout va serait un acte démocrate et républicain, avec appui des élus écologistes formés dans leur jeunesse par le trotskisme dégénéré.

- la position cynique des islamo-gauchistes est aussi très utile au gouvernement ; d'une part ils se marginalisent eux-mêmes par leur « soutien critique », pas du tout critique envers la religion islam, du même calibre que celui qu'ils affichaient pour l'URSS « contre l'impérialisme US ». On sait bien la nature de ces sectes « extrème-gauche » extrêmement poreuse aux idéologies woke. Dans chaque cas de figure les « trotskiens » choisissent toujours un camp capitaliste4, ou un accommodement tout aussi capitaliste comme LO, qui, en 1995, s'associe au plan vigipirate « à condition d'y rallier la population immigrée » pour ne pas dire musulmane (cf. mon livre p.187). Ensuite ils jouent un rôle, sous-estimé par les aveugles, de syndicats de l'islam pour laisser croire aux ouvriers musulmans qu'ils les soutiennent et en se tapant électoralement des électeurs de souche musulmane, monter sur leur dos pour assurer leur arrivisme politicien.


RETOUR VERS LE FUTUR : LA GAUCHE BOURGEOISE CAMELEON

Au cours des années 1980, années de la gauche au pouvoir, les lendemains électoraux glorieux sont tristes et c'est paradoxalement à ce qu'elle est devenue aujourd'hui une gauche lucide face au pourrissement de la société qui s'avançait même au sein de la classe ouvrière. Au gouvernement n'importe quel parti ne peut pas bercer d'illusions (fussent-elles islamo-compatibles) aussi quand les Mauroy et Cie sont informés du désir de prière dans les usines et de conflits plus d'ordre religieux que salarial, le premier ministre va lâcher une vérité que les Taubira et Cie conchient aujourd'hui au nom d'une haine racialiste et post-coloniale éternelle de la société française, ce que le Libération de l'époque traduit comme « un supposé problème musulman »: « L’existence de « groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ». Pauvre Mauroy qui sera dénoncé pire que le diable par les gauchistes pas encore islamisés, Auroux lui se dégonfle5. On apprend à l'époque toujours «La demande d'avoir des salles de prière a été faite par la CGT de Citroën». Les renseignements généraux (RG) «font des rapports évoquant "l'islam ouvrier"». On m'objectera que cette demande de prière n'a rien à voir avec les égorgements islamistes d'hier et d'aujourd'hui, mais si car la guimauve de la croyance induit d'abord la sentimentalité communautaire, sinon comme naguère dans les méthodes de la classe ouvrière sans races ni religion - prêt-à-ne-pas-penser, ces ouvriers croyants dénonceraient ou manifesteraient contre les égorgements lâches de leurs coreligionnaires.

Un management religieux était devenu nécessaire en 1983 et de bonne guerre pour un patronat sachant la nécessité d'un prolétariat immigré, et sans défense, pour mieux réaliser ses profits. Les collaborateurs syndicaux emboîtèrent le pas. La première entreprise à ouvrir une salle de prière à ses salariés musulmans en 1976 avait été Renault suivie deux ans plus tard par Talbot. Les directions d’entreprises étaient favorables à des aménagements de lieux de cultes dans leurs usines, y voyant un élément de régulation social corporatif. En 2021 on peut constater la même logique avec l'autorisation de la construction de mosquées un peu partout par les meilleurs nouveaux élus capitalistes les écologistes ; quoique la revendication de salle de prière au boulot tombe en désuétude et ridicule (qui a vraiment envie de prier ou de jouir sur le terrain de la « torture »?). En gros, du fait de l'effondrement et de la faiblesse de l'encadrement syndical laïque, la bourgeoisie avait compris qu'il lui restait le flicage musulman, bien plus efficace d'ailleurs pour éviter les grèves à répétition où la prétention à une « autonomie ouvrière », sans oublier l'intérêt de cliver religieusement la classe ouvrière.

ELOGE DE LA FESSE BLANCHE

Les écologistes n'ont pas tardé à dévoiler qu'ils sont les nouveaux khmers rouges contre des habitudes « occidentales » : supprimer le Tour de France machiste et pollueur (Doucet maire de Lyon), ne plus couper les sapins (Hurmic maire de Bordeaux), autoriser la big mosquée de Erdogan (le maire arménien de Strasbourg), etc.

L'islamo-gauchisme n'est pas seulement vert, il est aussi vert de gris, avec la même bouillabaisse qui contient l'anti-racisme de façade, l'acclamation de l'islam et l'interdiction de donner son avis surtout si l'on est blanc, porteur de « la pensée blanche » comme l'a établi l'immense philosophe Thuram, chargé de visiter les écoles de France pour enseigner ses conneries. Représentante de l'élite noire parvenue elle aussi, et qui avait su si bien se moquer de Philippe Poutou comme pauvre type sans diplôme, bombardée candidate du PS, Audrey Pulvar est venue ajouter sa touche racialiste, au nom du PS désormais à la suite des Verts multicolores, en interdisant à toute femme (blanche) de prendre la parole au milieu de femmes noires, dans les révolutionnaires réunions « en non-mixité raciale », qui signifient surtout évidemment en « mon-mixité de classe » ! Heureusement que le trotskien retraité Mélenchon a assuré que Pulvar « n'est pas raciste », non elle est pire que ça, elle est conne.

LA NOUVELLE GAUCHE ECOLO-BOBO, ANTIRACISTE ET MUSULMANIAQUE

Pour faire plaisir à la galerie sans remettre en cause les concessions aux clans, gangs et familles islamiques, le gouvernement venait de lancer des « Etats généraux de la laïcité », sans doute pour faire croire qu'il intervient un tant soit peu contre l'islamisation de la société voulue par le croupion PS, le résidu du PCF et les islamo-gauchistes ; toutefois avec des grosses têtes pour que les questions se tiennent en tout bien tout honneur. La laïque Marlène Schiappa a donc été considérée comme provocatrice par une ancienne députée, du quota gouvernemental pour une intégration ministérielle convenable des anciens colonisés, pas pour promouvoir un travail juste et équitable à tous les ouvriers venus d'ailleurs, Mme Najat Vallaud-Belkacem a vomi que la notion de laïcité est «instrumentalisée par l'extrême droite, par la droite, puis aujourd'hui, par ce gouvernement», comme son journal préféré Libération lorsque face à tout meurtre islamiste c'est un point de plus pour le FN. Selon elle, les «forces politiques» qui l'instrumentalisent sont de plus en plus nombreuses et donnent l'impression qu'elle n'est «convoquée régulièrement que pour exclure une religion, et en l'occurrence, l'islam». «J'ai beaucoup d'interrogations» a-t-elle déclaré. Pas de pot, trois jours après, il y a encore un autre con de musulmaniaque qui a flingué en plus « une femme blanche » et simple employée même pas armée pour se défendre.

N'avait-elle pas raison cependant ? ce débat sur la laïcité était-il si urgent pour le pays actuellement, alors qu'on continue d'égorger tranquillement après le meurtre de Samuel Paty avec cette pauvre Stéphanie qui n'avait que le tort d'être française et d'élever « dans la paix et l'amour » ses deux enfants. Le sujet de fond de nos cyniques mitterrandiens antiracistes et des nimbus écolos est de s'emparer électoralement du pouvoir, ou à défaut de nuire au prolétariat. En outre la laïcité n'est pas en cause à chaque égorgement : « «La laïcité est un pilier de notre République, le ciment de notre concorde, de notre paix civile et je pense qu'il faut éviter d'en faire un champ de bataille», a expliqué la « socialiste » qui croit que l'on va éviter de se défendre sur le champ de bataille de l'islam. La redondante ex-ministre de l'Etat capitaliste, diplômée et parvenue contrairement à ce manant de Poutou, exhiba ensuite son passé de prêcheuse pédagogue d'âneries et de clichés à dormir debout aux écoliers révérencieux :

«L'égal respect pour les individus quelles que soient leurs convictions religieuses ou leur absence de conviction religieuse et le fait que les services publics doivent traiter ces individus de la même manière sans discrimination». Et de conclure : «Lorsque j'expliquais cela aux jeunes, leur regard sur la laïcité changeait, ils se rendaient compte que c'est une valeur, que c'est précieux et que ça mérite d'être respecté, aimé et chéri».

On n'a pas eu droit au couplet sur l'accueil généreux des migrants vu un autre scandale en cours6. L'arc en ciel couleur caca des clans de la gauche bourgeoise patauge en vue de son inévitable fiasco électoral, mais on fait ce qu'on peut lorsque l'on est complètement ridicule face aux principes politiques du prolétariat.

Heureusement on a avec nous un virus communiste depuis 2019. Selon lui il n'y a plus de classes sociales, tous on peut les crever tous. Pas de privilégié, sauf parfois encore dans la délivrance des vaccins, plus ou moins fiables. Notre ami Convid nous rappelle à tous que les labos pharmaceutiques sont des engeances de fumiers, comme les clubs de football. Avec l'internement de toutes les populations, la fin du petit commerce mercantile, les restrictions de circulation, le monde respire mieux, on ne dépense plus inutilement, les guerres sont immobilisées, la production des bagnoles est ralentie. On se soucie non de la santé certes du vieux isolé dans le village, mais de savoir s'il n'est pas porteur du virus pour éventuellement le faire interner. Les infirmières et aide-soignantes se sont rendues compte qu'on se foutait de leur gueule. Les payes tombent « quoiqu'il en coûte ». Ne serait-on pas en voie de faire le saut automatique einsteinien dont rêvait notre ami Bordiga. Je suis sûr que le petite Stéphanie aurait ri de ma parabole assez utopiste, il faut en convenir.





NOTES


2 Ce fut une des preuves les plus tangibles de la gauchisation des trous du cul magistrats, la publication d'une vidéo du mur des cons en avril 2013, sur le site Atlantico, avait donné naissance à l'affaire du même nom. Sur ce panneau, situé dans un local privé du Syndicat de la magistrature, figuraient des photos de personnalités de droite et de parents de victimes sous l'inscription « Mur des cons ». Pendant plusieurs semaines, la polémique avait enflé. Quand les détracteurs du syndicat s'interrogeaient sur l'impartialité de la justice de classe, ses suce-boules gouvernementeurs répondaient en brandissant l'argument des images volées, qui n'auraient donc pas dû être diffusées. La ministre de couleur (libérée et adepte du vélo) Taubira avait d'ailleurs tardé à prendre une position plutôt doucereuse envers le « scandale inventé » de ses collègues magistrats bourgeois.

3Même raisonnement après le meurtre de Samuel Paty, le NPA invente une avalanche d'actes « islamophobes » par après, l'assassinat de Paty est simplement « horrible » mais il suffit de compiler des dégradations, certes débiles, mais de les coller ensemble sans lieu ni date indiquée pour excuser égorgement et meurtres d'islamistes (et ils osent s'offusquer qu'on les qualifie « d'islamo-gauchistes »)  : « Depuis l’horrible assassinat de Samuel Paty, pas un jour ne se passe sans de nouvelles violences, symboliques ou très concrètes, contre des individus, des collectifs ou des lieux de culte musulmans : dégradation de mosquées (à Montélimar, Bordeaux, Béziers…), agression armée à caractère raciste contre des femmes voilées près de la Tour Eiffel, appels au meurtre contre des militants de diverses organisations musulmanes – ou supposées telles, etc. ».La chasse aux musulmanEs et aux «islamo-gauchistes» est ouverte, et le gouvernement en est responsable | NPA (nouveaupartianticapitaliste.org) . Ce n'est même plus padamalgam mais changeons de sujet ou évitons le sujet qui fâche pours défendre systématiquement « la religion des damnés de la terre et du colonialisme ».

4Mon livre « Les trotskiens » publié à mes frais en 2002 est probablement le meilleur décryptage et déshabillage de l'histoire du trotskisme en France et reste une bible de référence. Un bonne nouvelle, la faillite il y a deux ans de l'imprimerie France Quercy, cette association de voleurs « français » qui m'a coûté si cher. Vive les impressions en Allemagne ou en Chine !

5Auroux se dégonfle aujourd'hui pour son constat de l'époque. Quand on lui lit aujourd'hui ses propos de l'époque, Jean Auroux pense qu'il faudrait «les nuancer». Mais il explique que ses informations lui étaient arrivées par le biais de syndicalistes : «ils m'avaient alerté sur le fait qu'au-delà de la revendication syndicale et sociale, certains s'étaient immiscés dans le débat syndical pour donner une couleur religieuse.» Sans intention, insiste-t-il, de casser le mouvement : «Mon état d'esprit n'était pas d'arrêter le mouvement, c'était d'éviter sa dérive.» « Une «dérive» dont la réalité de la menace n'a donc jamais été clairement établie », ajoutait Libération de l'époque toujours fidèle à toutes les modes du mensonge déconcertant.

6https://www.capital.fr/economie-politique/un-gigantesque-montage-pour-blanchir-de-largent-demantele-en-seine-saint-denis-1400516

Tags racistes ou anti-islam? Ou quand le gouvernement emprunte le langage amalgame simplet des islamo-gauchistes. Puis quand Darmanin se déplace pour voir ce qui est sur la photo, inscription  plus  théorie de l'extrême droite et pas spécialement raciste mais fausse, le problème principal n'est pas l'immigration mais l'islam qui sert de prétexte à tout meurtre de taré, du mode de vie différent mais imposé on ne peut aboutir qu'à ,l'élimination du non-croyant, c'est dans le coran.. Mais Darmanin fait dans la démagogie et le cynisme en plaçant sur le même plan l'assassinat lâche d'Elodie et un tag plutôt confus mais compréhensible; alors que si par exemple il avait été écrit avec humour: "Allah vous a prévenu"... il serait resté à Paris.



mercredi 21 avril 2021

LA MISE EN VALEUR DE L'ART « NEGRE » PAR CARL EINSTEIN

 


Après l'assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919, même si l'on n'a pas réussi à identifier son corps jeté dans le canal par les tueurs de la gauche au pouvoir, une commémoration a lieu où pour le jeune parti communiste Paul Lévi tient l'oraison funèbre. A ses côtés prend la parole un artiste révolutionnaire qui jouera un rôle très important pour l'éclosion de l'art moderne et surtout pour avoir mis en valeur l'importance de l'art africain, qui a largement inspiré cet art moderne.

Carl Einstein prononcera aussi l'oraison funèbre de Durruti puisqu'il s'était rendu en Espagne en 1936 pour combattre le fascisme espagnol. J'ai connu en 1971 le sculpteur Jean Chauvin, un contemporain qui avait aussi travaillé pour Rodin et qui manifestement, même dans l'abstraction a été influencé par « l'art nègre » (tant pis pour les incultes et primitifs racialistes de la rive gauche) ; je l'avais rencontré plusieurs fois et même interviewé mais ces abrutis d'Actuel non seulement ne l'ont pas publié mais l'ont perdu, des sculpteurs dans mes connaissances ont regretté cette perte, alors qu'il n'existe qu'un interview de Chauvin décédé en 19761.

Revenons à Carl Einstein, ainsi que le présente Liliane Meffre dans l'ouvrage : « La sculpture


nègre » (ed L'Harmattan)2 :

« La sculpture nègre de Carl Einstein compte au nombre des œuvres maîtresses du XX e siècle. Par une analyse formelle audacieuse et novatrice, cet ouvrage a, en effet, conféré aux objets d'art africains un statut définitif d'oeuvres d'art à part entière. Véritable découvreur de l'art africain, Carl Einstein a pour la première fois dans l'histoire de l'art occidental posé un regard sans préjugé, sans a priori ni ethnocentrisme sur un art dit tribal, primitif ».

***

Intellectuel, militant, théoricien de l'art de son temps et des cultures du lointain, romancier et historien, Carl Einstein joua un rôle décisif dans l'histoire des idées du XX e siècle, au croisement de l'ethnologie, de la psychanalyse et de la philosophie.

En adéquation avec son époque « trop tardive », la formation intellectuelle d'Einstein (pas de la même famille que l'autre si connu) ne fut pas systématique, mais éclectique ni scientifique. Einstein était un homme animé d'une grande curiosité, perpétuellement en partance pour des terrains de connaissance encore peu explorés. Il ne fut pas seulement l'un des plus célèbres découvreurs de l'art africain et du cubisme ; certains des textes inédits attestent qu'il fût également féru de scupture archaïque, d'Art d'Asie centrale ou encore d'art océanien. Il écrivit sur les gravures japonaises, les tissus d'Amérique du Sud, la sculpture française, les Ballets russes... Il fut surtout un autodidacte, mais suivit quelques études de philosophie, d'histoire et d'histoire de l'art. A l'instar d'autres représentants de la génération « expressionniste » (mon dada, JLR), tels Ernst Bloch ou Siegfried Kracauer, il assista aux cours de Georg Simmel, si curieux des différentes facettes de la vie moderne. Dans sa théorisation d'un sujet actif et changeant, en négociation permanente avec le monde, et pourtant solide, Einstein fut également influencé par le sensualisme empiriste d'Ernst Mach et le vitalisme de Nietzche.

Ses premières publications furent des critiques d'art – pas forcément de l'art d'avant-garde – et un roman : « Bébuquin ou les dilettantes du miracle » (1912). Par le nom de son héros, devenu son alter ego pour le reste de sa vie, qui faisait écho aux mots français « bébé » et « mannequin » ; Einstein suggérait une tension ironique entre son désir romantique de posséder une subjectivité « vierge » d'histoire et son scepticisme quant à la possibilité d'une telle subjectivité. Ses premiers textes politique, publiés comme certains de ses travaux plus purement spéculatifs dans la revue anarchiste « Die Aktion », témoignent du même besoin impératif de vivre la révolution comme rupture apocalyptique du temps continu. En cela, Einstein s'inscrivait dans le courant d'un certain messianisme juif de gauche, entre Martin Buber et Ernst Bloch, Gustav Landauer et Walter Benjamin.

C'est en 1913 qu'Einstein devint un fervent admirateur du cubisme, dans lequel il crut reconnaître sa propre quête de subjectivité contestant l'immuabilité du réel. Son soutien à la peinture cubiste demeura sans faille, comme sa grande amitié avec Daniel-Henry Kahnweiler, collectionneur et marchand d'art mondialement connu. Considérant que l'objet n'existait que par ses signes, par ailleurs infinis, les cubistes agnostiques Georges Braque et Pablo Picasso cherchaient à peindre les rapports différentiels entre ceux-ci plutôt qu'à restituer l'objet substantialisé.

L'intérêt d'Einstein pour « l'art nègre » date de la même époque. Il entreprit l'écriture du traité « La sculpture nègre » (Negerplastik) début 1914, mais, blessé peu de temps après le début de la guerre - (il avait tenu à s'engager dans l'armée pour défendre l'Allemagne, millionième preuve, contre le complotisme nazi) que les juifs n'étaient pas des comploteurs de l'arrière, mais payaient aussi de leur peau la triste « défense de la patrie) – il était hospitalisé au moment de la parution du livre, en 1915. Opposé à l'attitude viscéralement antimilitariste de la revue « Die Aktion », il s'était porté volontaire, en quête de « camaraderie » qui lui manquait en temps de paix. En 1915 il fut transféré à la section coloniale del'administration allemande de Bruxelles.

Il séjourna alors au musée de Tervuren, dont il fréquenta notamment la bibliothèque. Sa

Jean Chauvin, j'en ai possédé une...

connaissance de l'art africain s'était beaucoup approfondie lorsqu'il publia « La Sculpture africaine » (Afrikanische Plastik), en 1921. A Bruxelles, il entra également dans des Conseils de soldats. Par la suite, il devint un activiste des Conseils révolutionnaires berlinois. Cette confrontation avec le « réel » trouve également son expression dans son soutien à l'art « réaliste », attesté par sa correspondance avec le peintre Moïse Kisling. Au cours de ces années Einstein prit ses distances avec l'art moderne, jugé alors trop subjectiviste et élitiste.

Il se rapprocha de la branche marxiste du mouvement dada, autour du thème de la « fin de l'art ». L'art moderne ne retrouva les faveurs d'Einstein que deux ou trois ans plus tard. C'est dans son opus magnum, « L'Art du XX e siècle », paru en 1926 puis remanié à deux reprises en 1928 et 1991, qu'il livra ses réflexions les plus approfondies dan,s ce domaine. Le prospectus de l'éditeur annonçait : « La première tentative d'apporter de la clarté dans le chaos de l'art de notre temps, de faire la part entre ce qui a un prix et ce qui est sans valeur ». L'art moderne contestait l' « imitation », entendue comme reconnaissance, répétition, appropriation et accumulation de l'objet par le sujet. Le cubisme était au cœur de « L'Art du XX e siècle ». Exaltant Picasso et son art de la métamorphose, Einstein décrivait ce dernier comme une lutte incessante entre le principe passif et fluide de l'ahllucination et le principe actif et constructif du tectonique. Le sens « tragique » antique, dont il déplorait l'absence dans la société moderne, ressurgissait sous une forme plastique dans la peinture de Picasso.


La troisième version de « L'Art du XX e siècle » (1931) porte les marques d'une ethnologisation ou d'une « primitivisation » de la pensée de cet homme. Elle se traduisit d'abord par l'implication d'Einstein, émigra à Paris en 1928, dans la revue Documents (1929-1930) aux côtés de Georges Bataille et de Michel Leiris. Plusieurs textes publiés par lui dans la revue furent la matrice du chapitre sur le surréalisme ajouté dans son livre, « La génération romantique ». L'empreinte ethnologique fut sensible dans tous les remaniements de l'ouvrage. La primitivisation d'Einstein se manifesta également dans une dilatation de ses intérêts historiques et artistiques ; le dénominateur commun des arts auxquels il s'ouvrait était la distance, forfuite ou volontaire, qui le séparait de l'art « classique ».

ENGAGEMENT POLITIQUE

En 1932, Einstein acheva une monographie consacrée à Braque (publiée en 1934). A cette date, son approche de l'art moderne était encore positive. Mais une impatience perçait déjà dans sa correspondance ; cet art était désespérément en retard par rapport à ses attentes ontologiques et politiques. Einstein se moqua dès lors toujours plus critique envers les « hallucinations » de l'art moderne. Le pôle de la subjectivité exclusive, avait aspiré, tel un cyclone, le chaos de l'art de son temps.

L'impulsion réaliste et d'esprit collectif d'Einstein le conduisit à nouveau vers l'action politique, en 1936, aux côtés des républicains et anarchistes espagnols, en 1936. Il quitta Paris brusquement pour s'engager dans la colonne anarchiste de Durruti. De retour en France en 1939, il reprit l'écriture et trouva dans l'histoire de l'art un substitut à la politique. Tout en se demandant si celui-ci était encore nécessaire en un temps où les masses – c'est à dire un sujet qui n'était pas vraiment le sein – étaient seules à détenir la clé de l'avenir politique. Il entreprit l'écriture convulsive de divers textes d'histoire de l'art – dont un Manuel de l'art en cinq volumes dont le plan ainsi qu'un quarantaine de chapitres figurent dans ses écrits posthumes -, dans une acception bien différente de celle qui avait inspiré L'Art du XX e siècle. En 1939, Einstein fut arrêté, puis interné dans un camp. Aussitôt libéré, il tenta de s'enfuir mais s'arrêta à la frontière espagnole. Dans l'Espagne franquiste, il était un proscrit. Il se donna la mort en 1940 en se jetant dans le gave de Pau une pierre suspendue à son cou (comme cela avait été le sort de Rosa). Ce fut la fin de la lutte de la fluidité subjective contre la pesanteur objective.





1Si un de mes lecteurs a connaissance d'un lieu où ont été déposées les archives (si elles existent) de la revue Hippie ACTUEL (je connaissais Patrick Rambaud à l'époque) qu'il me le communique bordel !

2Lire aussi Vivantes figures : penser l'esthétique avec Carl Einstein (en-attendant-nadeau.fr)