"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mardi 7 janvier 2014

DIEUDONNE ET LE DEUXIEME DEGRE




« Quand la politique tsariste se trouvait dans une impasse le gouvernement organisait un pogrome ».
Kaminski (« Céline en chemise brune », 1938)

ORCHESTRATION DE LA CAMPAGNE ANTI-DIEUDONNE

La chasse à l’homme hystérique dont Dieudonné est la cible a tout du pogrome médiatique. La campagne des années 1980 autour de la négation des chambres à gaz n’avait pas atteint une telle intensité. Même la campagne autour de l’Affaire Dreyfus au siècle précédent n’avait pas atteint les campagnes les plus reculées du fait que la télévision et internet n’existaient pas. Le saltimbanque est certes infréquentable pour les amis du gouvernement antiraciste quoique chacun ait envie en catimini de le traiter de « sale nègre ». A une époque où les juifs ne sont plus persécutés on assiste à une étrange inversion des rôles par la musique dominante. Cela serait risible si le sujet restait confiné à la rubrique pipole, au niveau du pédophile cinéaste Roman Polanski qui a déclaré être le nouveau capitaine Dreyfus. Mais un succès hors des sentiers balisés du show-bizness officiel, provoquant un glauque retour du refoulé, est devenu affaire d’Etat. On va essayer de comprendre pourquoi et comment.

Au mois de décembre le petit ministre de l’Intérieur avait déjà commencé à pomper tout l’air médiatique sur le diable Dieudonné. Le chef d’orchestre ce n’est pas lui ni Israël et ses sponsors français mais tout l’appareil du PS, le gouvernement et ses conseillers occultes. Derrière ce moralisme d'Etat bourgeois et le vieux terrorisme intellectuel germanopratin autour de la "religion de la Shoah", un souci avant tout : les deux échéances électorales de 2014, municipales et européennes. Les rapports secrets des Préfectures ont tiré l’alarme : fort risque d’abstention, les « français » sont dégoûtés des principaux partis officiels quoique ne voulant pas donner la France au FN. Les crânes d’œuf de l’élite bourgeoise n’ont pas eu assez de toute l’année 2013 pour plancher sur un sujet pouvant raviver l’intérêt des masses d’électeurs. Pour faire oublier que c’est bien la gauche bourgeoise qui est au pouvoir, il y avait bien eu la longue campagne sur le mariage gay, qui avait agité vainement les salles de rédaction et une certaine Frigide Barjot. L’assassinat accidentel du jeune Clément Méric n’avait pas focalisé très longtemps l’attention des « masses spectatrices » sur un événement tout juste du niveau d’un fait divers, et retombé comme un soufflé.
Un contributeur sur Agoravox pose la question première : « pourquoi une telle soudaine focalisation sur Dieudonné qui pendant dix ans a accumulé tant de provocations qu’il ne passait plus lui-même qu’à la rubrique faits divers de justice ? ». Et il ajoute judicieusement que n’importe quel comique « blanc » coupable de telles provocations aurait été éliminé depuis longtemps de l’exposition aux médias. Plusieurs explications sont possibles. Dieudonné a été longtemps lui-même une girouette insaisissable, copain avec Cohn-Bendit lors de sa tentative électorale à Dreux contre le FN, puis copain avec parrain Le Pen. Si le commerce antisémite de Dieudonné a aussi longtemps prospéré c’est d’abord que l’Etat avait d’autres chats à fouetter, d’abord la bagarre entre factions de droite et de gauche au sommet de l’Etat ; la figuration du diable a été, plusieurs mois durant, Sarkozy avec ses probables puis improbables ennuis judiciaires. En deuxième lieu, Dieudonné contrairement à Soral ou aux négationnistes d’antan fait rire, et fait rire de plus en plus de gens de la « basse classe ». Même pour 38 euros les « populations de banlieue » affluaient au spectacle ; excepté Wiewiorka dans son article du Monde - « Derrière la vague Dieudonné l’essor d’un public anti-système » - avec une photo exhibant de pauvres  malheureux encapuchonnés et voilées dans la file d’attente du spectacle – personne n’a tenté d’analyser vraiment la nature du « rire populaire » hors circuits balisés télévisuels surfant sur le dérangeant tout visuel d’internet. Français ces pauvres gens de la photo[1] certes mais français issus de l’immigration qui échappent au comique troupier d’Hollande et autres Gad Elmaleh qui ne font rire que les salles de bobos. Wiewiorka se retient de traiter le public de Dieudonné d’imbéciles, comme tant d’autres l’ont fait sans vergogne contre les électeurs de la famille Le Pen, mais le mépris bourgeois est là :

« Ce public est aussi sensible à la démagogie antisystémique de Dieudonné qu'il est perméable à sa haine des juifs et d'Israël. Celle-ci tranche, en partie au moins, avec l'antisémitisme classique qui s'était révélé et développé avec l'affaire Dreyfus et s'est maintenu actif jusqu'au milieu du XXe siècle. Durant cette période a prospéré une thématique au cœur de laquelle les juifs étaient accusés de miner la culture et la nation françaises. A partir des années 1980, des thèmes inédits sont apparus, ou ont trouvé une nouvelle jeunesse : la Shoah a été niée ou accusée d'être à l'origine d'un juteux business, et l'antisionisme s'est plus ou moins confondu avec la haine des juifs. En fait, c'est surtout parmi ceux qui s'identifient à la cause palestinienne parce qu'ils sont eux-mêmes d'origine maghrébine, ou à l'islam radical, en butte à Israël et aux Etats-Unis, que s'est développé le nouvel antisémitisme, tandis que l'ancien régressait. Et c'est là où on trouve Dieudonné ».

Dieudonné peut-être, mais ce qui gêne Wiewiorka comme ses collègues bourgeois c’est que – même si la « fédération ludique» d’une distraction pour noirs et immigrés avec une poignée fachos hexagonaux reste une vue de l’esprit[2] – c’est que l’antisémitisme (qui se veut comique) de Dieudonné éloigne un peu plus ce « public virtuel et sous-culturel» - ces braves gens n’existant point au bas de l’ascenseur social - des queues de moutons électeurs des mêmes escrocs politiques depuis cent ans :
« Cet avatar de la haine des juifs n'a rien à voir avec la défense de la culture et de la nation – qui irait dire de Dieudonné qu'il incarne l'une ou l'autre ? Il est lourd avec lui d'une rage qui n'a rien de nationaliste, il porte plutôt la haine d'une France puissance coloniale – le lien avec les juifs est ici qu'ils voudraient, selon Dieudonné, disposer du monopole de la souffrance historique, au détriment des Noirs. Enfin, Dieudonné parle en termes vaguement sociaux, au nom de ceux qui pâtissent de l'exclusion ou de la précarité. Comment fait-il pour plaire à l'extrême droite nationaliste autant qu'aux populations issues de l'immigration récente (maghrébine, subsaharienne), sans parler des Antillais – qui ne constituent pas spécialement le fonds de commerce du FN ? Le paradoxe se résout grâce à l'antisémitisme, qui subsume les différences et rapproche des personnes que tout sépare par ailleurs ».
Enfin pourquoi a-t-on laissé aussi longtemps prospérer un diable moins coriace que le démon Sarkozy? Mais parce qu’il officiait hors période électorale comme un saltimbanque amusant la galerie des populations dites « immigrées » que l’on défend vertueusement en général seulement en période électorale et de plein emploi, et qu’on veut bien laisser se contenter de « distractions pour pauvres incultes », amusements de bas-fonds bien utiles à la paix des rues. La morgue des classes dominantes pour les défoulements des « braves gens » ne date pas d’aujourd’hui. Dans l’Antiquité on donnait des chrétiens à bouffer aux lions. En 1900 on exposait des noirs comme bêtes de cirque. Les bourgeois ne fréquentaient pas les premières salles du cinéma muet emplies de pouilleux des classes populaires que les ouvreurs aspergeaient de DDT avant le début de la séance. La cinématographie hitlérienne exhibait des juifs en guenilles et sales. L’ère de la télévision antifasciste a montré le degré d’inculture et de bêtification que la classe bourgeoise est capable d’inoculer quotidiennement universellement. La grossière utilisation électorale de l’inqualifiable Dieudonné permet au noble intellectuel du Monde de placer tout de même les délires politiques de Dieudonné au niveau d’une certaine « culture de la liberté d’expression » et de déplorer « racisme archaïque » et « antisémitisme renouvelé ». Pourtant Dieudonné est à la contreculture dominante ce que la musique militaire est à Mozart il ne travestit pas moins que tous les politiciens bourgeois avec leur mythe démocratique et leur morgue de grands seigneurs :
«Dans les deux cas, on s'expose à en faire un martyr, mais aussi à aller à contre-courant de la culture de la liberté d'expression propre aux évolutions contemporaines. Et dans les deux cas, on corrige les effets sans aller au fond, lancinant, au fait qu'une société comme la nôtre puisse laisser place à un racisme archaïque ou à un antisémitisme renouvelé ».
Autant Wiewiorka a eu la noble tâche d’y aller mollo, autant les autres vont se mettre à hurler comme des hyènes et se charger de « martyriser » Belzébuth M’Bala M’Bala[3].  
Valls n’est qu’un sous-fifre du gouvernement et c’est donc bien l’Etat tout entier, opposition de droite comprise qui fait sus à Dieudonné.  
On n’a encore rien vu, ce n’est que le début du tintamarre. La baguette de chef d’orchestre confiée au petit Valls fait place désormais chaque jour aux violons, saxophones et autres trombones grinçants. Minute par minute au soir de l’envoi de la circulaire aux préfets le haut de Google news chapitre sur le plan de campagne contre le sang impur qui ne doit plus abreuver notre campagne électorale. Annonce d’une possible circulaire de Valls aux préfets… Publication de la circulaire annoncée… La contre attaque de Dieudonné est annoncée en titre mais sans rien. PUIS  l’armée idéologique de défense de la civilisation électorale avance ses pions : « « L’interdiction se concrétise », «  Juppé est le premier élu à interdire le spectacle à Bordeaux ! ». 

Du jamais vu ! Rarement on aura entendu des Joffrin, BHL, Copé, Klasfeld fils,  la clique SOS racisme Guillon[4] en appeler à la répression magistrale, à la police, trompettistes suivis par le chœur de la secte du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui en appelle « à une mobilisation républicaine dans chacune des villes où se tiendra un spectacle de Dieudonné M'Bala M'Bala, pour dire non à la haine antisémite »[5]. Le matin même, l’ancien soldat planqué d’Israël, fiston Klarsfeld (qui dit merci à maman et papa chaque fois qu'il fait un pet en public) avait été convié sur les ondes de France Inter (radio de la France libre) pour conjurer la menace, appelant lui l’ancien nominé de Sarkozy, rendu au service de la France hollandaise, à « manifester ». Tout avocat qu’il est, il parle mal, mélange les dates et se fout du monde avec des concepts primaires de collégien ignare : « ..dans les années 30 il y avait une terrible campagne antisémite, et on y a mis fin avec la loi Marchandeau » (1939). Il ajoute : « et les premières lois qu’a établi le gouvernement de Vichy c’est la possibilité de rétablir des campagnes antisémites »; certes mais voyons la suite : « On le voit bien au Rwanda quand on appelle à la haine il y a des crimes qui sont commis après et qui sont passibles (c’est le langage juriste répressif qui fourche) d’intoxiquer les gens ». Le diable peut être caractérisé : « Dieudonné est un intoxicateur de haine qui fédère les antisémites d’extrême droite le noyau dur de l’extrême droite, l’ultra-gauche et les islamistes donc il faut mettre un point d’arrêt et Manuel Valls a bien réagi et je lui en suis très reconnaissant et les juifs de France aussi et j’ai bon espoir que l’interdiction aura lieu bientôt ». Nul doute que les électeurs juifs seront reconnaissants à messieurs Valls et Hollande, même s’ils ne constituent pas un électorat important ni ne s’abaisseraient à être électeurs du petit Klarsfeld (non élu à Paris). Ce fringant avocat hâbleur est passé un peu vite sur le Rwanda cette épine dans la religion de la Shoah lanzmanienne – le massacre au Rwanda dont la bourgeoisie française « socialiste » porte une lourde responsabilité occultée - a détruit l’exclusivité du massacre des juifs. Il pense noyer le poisson en évoquant subitement une autre contrée qui remet en première place la victimisation juive : « Il faut interdire la haine raciale. On voit bien ce que ça a donné au XXème siècle. On voit ce que ça a donné en Afrique. Je suis reconnaissant au président d’être intervenu en Centrafrique parce que les gens se coupent en morceaux quand il y a incitation à la haine raciale et ça peut très bien se passer en France aussi. La mentalité de l’homme n’a pas évolué depuis l’époque préhistorique. Et croyez moi, c’est parce qu’on a une démocratie qu’on est attentif à ne pas inciter à la haine raciale que les choses sont apaisées ». L’avocaillon du mensonge dominant sur une supposée « nature humaine » qui découpe les autres en morceaux est non seulement enchanté qu’on finisse par faire raquer le vilain canard des millions de procès ridicules[6] mais à condition qu’on le musèle dé-fi-ni-ti-ve-ment car : « … il y a soixante dix ans on coupait en deux les juifs avec la scie au Mali, on arrêtait les enfants au Vel d’Hiv ». Tiens ! on ne connaissait pourtant que le martyre multiséculaire de millions d’africains redescendus au second rang concernant le massacre inconnu et obscur d’une minorité juive non pas au Rwanda mais au Mali ! Le juif nationaliste bourgeois est comme la mouche sur une assiette il ne voit que ses miettes à lui. Bon futur conseiller de Hollande, après avoir conseillé Sarkozy, il termine magnanime : « Normal qu’il y ait encore des antisémites. Des juifs sont embourgeoisés aujourd’hui c’est normal, mais ils sont bien intégrés ».
Au fond tout va bien, les antisémites resteront antisémites mais ils ne doivent plus faire partie du spectacle ni avoir le droit de rire. Quant aux juifs bourgeois (et non pas les bourgeois juifs) ils sont bien intégrés… à la bourgeoisie, comme la famille Klarsfeld ! Nul doute que les masses françaises vont se lever à l’appel de cet avocaillon brouillon pour manifester contre les salles de théâtre et la théâtralisation de Dieudonné.
Le matin aussi sur une autre radio d’Etat, l’humoriste de service qui ne fait même pas rire les gauchistes, S.Guillon consacre son billet matinal à traiter Dieudonné de gonzesse : « Dieudonné la honteuse ». Minable comme le fils Bedos.
Hélas, plus inquiétante est la lecture des commentaires au bas des déclarations de tous ces serviteurs de l’Etat multiracial, antiraciste et démocratique. Une large majorité dénonce une « atteinte à la liberté d’expression », soutiennent Dieudonné face soit à une énième « manipulation des juifs depuis Tel Aviv ou New York», soit face à un système politique qui dérive sur un sujet secondaire face au chômage et aux prérogatives exorbitantes de l’équipe gouvernementale de Hollande etc. Même si ce sont en majorité des militants des sectes d’extrême droite, ou surtout des individus seuls et paumés, la première conséquence incontestable est une victimisation qui profite à Dieudonné et sa clique. Le geste de la quenelle est d’une redoutable efficacité mimétique, et s’est largement répandu semble-t-il [7].
même dans la jeunesse scolaire ; cet aspect inquiétant sera difficile à éradiquer éventuellement tellement il a pris le sens d’un bras d’honneur pervers, peu coûteux face au système pour tous les perdants du rêve capitaliste ou les scolarisés boutonneux, possiblement indélébile comme perdure encore partout dans le monde, hélas 60 ans après, le swastika nazi ou le salut bras tendu qu’aucune loi ni aucune éducation n’ont pu faire disparaître
Le char de l’Etat démocratique-antiraciste en guerre contre la « haine raciale » va-t-il pouvoir marquer le peuple et le prolétariat de ses chenilles électorales? A lire le titre d’accroche de Libération pour demain – Le business de Dieudonné – la médiatologie gouvernementale s’apprête à toucher au point sensible en milieu populaire, déjà qu’on y jase pas mal sur sa quête financière culottée pour rembourser ses dettes judiciaires chose qui heurte le contribuable moyen, quoique l’uèmepé et NPA aient déjà sollicité aussi leurs électeurs de la même manière… Le Capital peut toujours frapper à la caisse pas  mais pas à la tête !
Wiewiorka a donc désigné lui, derrière le méchant Dieudonné un « public anti-système ». Aïe un public qui comporte des milliers et des milliers « d’en bas » ce n’est pas une engeance minoritaire à combattre de la même manière que la poignée de fachos et d’intellos ultra-gauches négationnistes dans les années 1980 ! Mais Wiewiorka se plante complètement en évoquant une « haine de la France coloniale » dont Dieudonné serait le dépositaire sur les planches. La détermination de Dieudonné est plus prosaïque et je vais le démontrer par mon enquête personnelle avant d’en venir au plus grave qui concerne la théorie du rire « au deuxième degré ». Notons pour l’instant le silence des groupes gauchistes et anarchistes, vont-ils se joindre à l’union nationale anti-haine raciale orchestrée par le « raciste anti-immigré » Valls ? [8]

MES DEUX RENCONTRES AVEC DIEUDONNE

En fait la première fois je ne l’ai pas rencontré personnellement. J’ai assisté à ses débuts sur scène au théâtre de la Gaieté Montparnasse avec Elie Semoun. Dieudonné et Semoun, probables simples produits des années de laxisme soixantehuitard déboussolé, firent leur fond de commerce de sketches se riant du nazisme, jouant à se moquer du nazisme comme Charlot. Or le nazisme n’est pas rigolo. En ce sens Dieudonné n’est pas le mal personnifié tombé des îles, il est le produit de génération de comiques professionnels jusqu’aux guignols de l’info qui plaisantant avec la politique et toutes les politiques ont contribué non pas à éclairer sur la politique des classes dominantes ni sur les confrontations de classe, mais à encourager le nihilisme, la dérision permanente de tout projet politique. Comme on nous fait voter comme des imbéciles on va rire désormais comme des imbéciles puisque de toute façon le pouvoir et ses intellectuels de gouvernement nous considèrent comme des imbéciles. Enfin tous ces bouffons de soupapes ludiques du système sont devenus une chambre d’écho glauque empêchant toute réflexion intelligente. Bedos défendait Deferre comme Dieudonné défend Faurisson. Comme le triste bouffon Philippe Val chiait bêtement à longueur de spectacle sur la personne de Giscard avec son collègue pédophile, et ne faisait rire que les gauchistes. J’assiste en famille au premier rang à ce que décrit Guillon :
« … le jeune M’bala rencontre la gloire en 1990 sur la scène d’un café-théâtre en duo avec un certain M. Semoun… Elie Semoun ! Imaginez sa détresse, quand dans le sketch Cohen et Bokassa, Bokassa dit à Cohen : «En 45, les boches, ils auraient pu finir le boulot», la salle entière se gondole, tout le monde pense que Dieudonné fait du second degré alors que lui sait qu’il est au premier ». L’entrée en scène a été frigorifiante et j’en parle comme fils de déporté et résistant. Semoun et Dieudonné font leur entrée en uniforme nazi et de sa voix aiguë Seimoun hurle : « Bersonne ne zortira vifant de zette zalle, doutes les issues sont bouchées ». Seule la couleur de peau de Dieudonné apparaît rassurante et je ne pense pas que Dieudonné était alors nazi ni au premier ni au deuxième degré. Après seulement la salle rie quand le père « Cohen » fait savoir au père Bamboula qu’il est descendu de l’arbre comme son fils qui s’est chamaillé à l’école avec le sien. Le comique de ces années-là, depuis Coluche et Desproges est un comique qui nous apparaît sain parce qu’il se moque du racisme primaire. Il est hors norme aujourd’hui parce qu’on ne rigole plus avec la misère et les inégalités, parce que les relations sont plus tendues entre les classes, que des gouffres se sont creusés, générant des rires inconciliables. On ne peut plus rire des mêmes choses.
La deuxième fois vers 2004, Dieudonné est en difficulté avec les médias, il collecte les noms d’oiseau. En 2003 on a lu : « L’humoriste Dieudonné fait l’objet d’une enquête préliminaire » pour déclarations incendiaires. Le 1er décembre 2003 sur le plateau de l’émission On ne peut pas plaire à tout le monde, Dieudonné avait interprété au cours d’un sketch un activiste extrémiste sioniste, portant un chapeau de juif orthodoxe à papillotes, une cagoule et un treillis militaire, levant le bras et criant «IsraHeil !» avant de lancer un appel aux jeunes des cités : « Convertissez-vous comme moi. Rejoignez l’axe du bien, l’axe américano-sioniste, qui vous offrira beaucoup de débouchés ».
Je pense alors comme beaucoup de spectateurs qu’il y a exagération et je décide de prendre sa défense, mais avant, d’aller me rendre compte sur place. Je me rends donc avec ma compagne de l’époque, Malika une kabyle née en France, à son théâtre. Nous commettons l’erreur de nous placer au premier rang dans la salle du théâtre de la Main d’or. Ce n’est jamais la bonne place si vous ne vibrez pas avec le chanteur ou le comique. D’emblée le comique nous déplaît. Il commence par cracher sur l’ouvreuse « pour faire comme Barthès » déclenchant les fou-rires d’une salle à majorité maghrébine et de femmes avec cheveux cachés. Nous sommes interloqués que cela fasse rire de cracher sur une femme. Les sketches, excepté celui sur le soldat paumé de la Grande guerre, sont lourds et minables, en particulier celui sur le cancer. Le soit disant humoriste nous regarde d’un mauvais œil, nous sommes les seuls à ne pas rire. La fin du spectacle est encore plus déplaisante c’est un véritable meeting politique où non content de dénoncer ce monde du « spectacle » qui le boycotte, Dieudonné demande à la salle de verser son obole pour son film sur l’histoire de l’esclavage, car, dit-il, il est petit-fils d’esclave. Je tique sur un tel propos, moi aussi, nous aussi la plupart des mécréants de base en Europe on est petits-fils ou arrières petits fils d’esclaves, même blancs !
Je n’applaudis pas à la fin. Je vais demander au guichet quand on peut rencontrer le bonhomme. Il arrive enfin et je vais le trouver. Je commence par lui dire qu’avec le discours qu’il tient il ne peut plus passer à la télé.
-          Quô quô quoi ?
Fait-il comme si j’avais commis un crime de lèse-majesté, ou comme un enfant privé de son jouet. Et sans épiloguer sur ses récents dérapages, je lui offre mon histoire du nazisme en lui disant que cette idéologie a une histoire, qu’il ne faut pas céder aux modes. Je le quitte en le conviant à réfléchir sur le sujet.
En partant nous devisons avec Malika. En réalité ce type que j’ai eu comme voisin enfant dans les années 1970 à Fontenay aux Roses n’est pas et n’a pas les moyens d’être un intellectuel ni un idéologue. C’était cher pour un spectacle aussi nul, et une tentative de racket des spectateurs en fin de compte. Voilà plutôt un artiste frustré de son exposition médiatique à la télévision. Ne s’y était-il pas si bien intégré jusque là ? A preuve l’émission sur la 3 d’Isabelle Giordano où il était passé récemment complaisamment avec sa maman et ses amis d’enfance larme à l’œil, bichonné presque autant que chez Drucker. De vedette il était redevenu un petit artiste de cabaret. Basta.
Dépassant le seul cas Dieudonné, on peut revoir les vieux sketches de Pierre Péchin et de Michel Leeb (que j’ai cotoyé) comme carrément racistes ! Dieudonné a pris lui le mauvais virage mais a correspondu aussi à un besoin : un comique parallèle nécessaire dans la fameuse nouvelle « société multiraciale » sans classes et sans alternative de société.
Ce n’est pas un « public anti-système » comme croit le découvrir Wiewiorka, au contraire comme on va le voir, Dieudonné leur permet de croire pouvoir s’incruster dans le système toujours un peu plus … cloisonné et atomisé.

LA THEORIE DE LA RUSE Ou la perversité du « second degré »

Ce qui est frappant dans la défense de Dieudonné face à la justice de classe c’est qu’il n’assume aucun de ses sous-entendus. Il « n’a pas dit ça ». On lui fait un « faux procès ». Il joue à la façon de Landru. Durant le procès de Landru, sur un côté de la salle du tribunal trônait le poile à charbon dont lequel ne fut retrouvé aucun ossement. Les attendus du tribunal prennent du coup un aspect ubuesque où les rieurs peuvent rester du côté de Dieudonné. Le plus drôle finalement est que nous apprenions seulement en ce moment qu’il n’avait payé aucune des énormes amendes qui lui étaient tombées dessus. De quoi le rendre plus populaire ! Pour certains seulement, pas pour ceux qu’il a grugé en leur demandant de cotiser pour le remboursement !
J’ai participé à plusieurs dialogues avec des commentateurs anonymes sur le soudain « scandale Dieudonné » où j’ai estimé celui-ci indéfendable tout en servant de girouette à une campagne d’Etat pachydermique. Un de mes contradicteurs m’interloqua en me répondant : « il faut prendre les choses au second degré ». Son pseudo était à consonance arabe. Cela a déclenché un déclic chez moi.
A croire que Dieudonné avait été à bonne école à un moment donné, expliquant sa soudaine propension à se tourner vers le « monde arabe », connu pour sa stratégie de « la ruse » d’un très vieux nationalisme, et qui n’a rien à voir avec la félonie du couteau dans le dos typique des nostalgiques de l’Algérie colonisée. En 1976 est parue la traduction d’un auteur arabe inconnu du 13ème siècle, intitulé : « Le livre des ruses, la stratégie politique des Arabes » (ed Phébus) dont l’introduction dit ceci :
« Une des surprises de l’Histoire contemporaine est l’entrée en lice, subite et inattendue, des Pays arabes. Depuis la Première Guerre mondiale, une évolution rapide  les a portés à prendre une place de plus en plus importante dans l’économie et les relations politiques…et on peut constater que leur efficacité a été extrême sans aucune comparaison avec celle déployée par d’autres pays plus riches, plus peuples et techniquement plus favorisés (…) Les politiciens et les hommes d’affaires s’effraient quelquefois de cette habileté si vite développée. En tout cas s’empressent-ils de corriger l’ancienne optique qui les avait amenés à ne plus considérer les Arabes que comme un groupe social hétérogène et sclérosé, bon tout juste pour les tâches subalternes ou l’exploitation domestique. Pourtant le génie politique arabe est loin d’être une création spontanée. L’histoire de l’Islam le montre surabondamment N’oublions pas qu’au Moyen Age, c’est auprès des politiciens arabes qu’un Frédéric II d’Allemagne allait s’instruire dans l’art de gouverner. Machiavel lui-même (par les Vénitiens) avait fait son profit des penseurs et des stratèges orientaux. A y regarder d’un peu près, on s’aperçoit que cet enseignement ne s’est jamais perdu, qu’il est même resté étonnamment vivant jusqu’àce jour dans tout l’Orient.
(…) La première opération à faire consiste à définir de part et d’autre le terme de « ruse ». Que de malentendus, que d’injustices sont nés d’une traduction maladroite d’un mot arabe ! On s’aperçoit par exemple aujourd’hui que la « patience » n’est pour les Arabes qu’une notion  générale qui englobe « la constance ferme dans ses propos et son comportement en vue d’un objectif précis » et non « le support des épreuves dans une longue résignation ». De même, la « ruse » pour les Arabes, n’est pas un moyen destiné à tromper un adversaire en usant de procédés perfides. A l’origine le terme « ruse » (hila) désigne une machine qui économise le travail humain grâce à l’application de lois physiques domestiquées par un inventeur astucieux, savant ou artisan. Cette notion, notre auteur prend bien soin de nous le rappeler, se trouve dans le Qoran : « Dieu  a usé de ruse ; Dieu est le meilleur de ceux qui se servent de ruse pour arriver à leur but » (Qoran, III 47).
(…) De toute façon, pour lui rien n’est désespéré ni désespérant dans ce monde – monde étrangement tourmenté pourtant, à la fois si près et si loin de l’Europe. Les vrais politiques, au reste, le savent bien, qui ont toujours révélé le meilleur d’eux-mêmes dans l’adversité » (René R. Khawam).

Le livre révèle en effet des préceptes qui peuvent jouer pour le soit disant « second degré », par le truchement d'un certain nombre d'intellectuels musulmans déclassés, chez les masses déshéritées qui ne sont ni incultes, ni inférieures en jugeote à ceux qui prétendent les gouverner et les moraliser. Avec ce genre de discours de la "nation arabe passée", n'importe quel sectaire peut se croire supérieur en politique aux bédouins modernes de la bourgeoisie française. Par exemple : « La science religieuse donne lieu aux caractères suivants : la gloire même si l’on est de condition humble ; la puissance, même si l’on est méprisé par les autres ; la richesse, même si l’on est pauvre ; la force, même si l’on est faible ; la noblesse personnelle même si l’on est de vile origine ; le triomphe ; l’humilité ; la générosité ; la franchise ». Cet esprit littéraire musulman de type religieux, favorise finalement un individualisme moderne autiste comme il semble justifier un nationalisme arabe universel autour du culte de la "Palestine libre" avec de très vieilles références guerrières, de "ruse guerrière"arabe qui sent le couscous avarié.
Dieudonné n’a sans doute pas lu « le livre des ruses » mais il dispose d’une bande certainement apte à le conseiller en la matière, excepté ses petits soldats, gros bras gardes du corps qui lui obéissent au doigt et à l'oeil. Plus il sera condamné plus il gagnera d’afficinados, plus il contribuera parallèlement aux antiracistes bourgeois patentés à diviser le prolétariat entre crédules d’une idéologie simpliste qui se pare d’une « perspicacité au second degré ». Comme l’écrit un commentateur anonyme : « Les médias, corrompus, sont discrédités, les politiciens, corrompus, sont encore plus discrédités, la justice affamée l’est presque autant, Dieudonné est un obscurantiste d’autant plus dangereux que vous autres ne savez absolument pas comment le contrer, la preuve ».
Le plus obscurantiste n'est pas forcément celui qu'on nous exhibe tous les jours... mais il l'est quand même complètement. Perversion du système dominant qui s'emmêle les pinceaux sur la mythique "liberté d'expression" quand il tolère pour lui-même le droit de dire n'importe quoi et de faire des leçons de morale puante.

La victimisation comme stratégie (semblable à la victimisation morale du gouvernement)

Ces multiples condamnations contribuent à faire de Dieudonné une victime du "système" auprès de ses fans, lui qui s'érige en héraut "anti-système". "L'humoriste se nourrit directement des mésaventures du citoyen, les met en scène, en abyme plutôt. Le premier narre la persécution dont est l'objet le second", écrit Le Monde. Le journal gouvernemental note aussi la stratégie (la ruse) efficace du soit disant humoriste vengeur pour remporter l'adhésion de ses aficionados : "Il ne crie pas au martyre individuel, trop malin, mais au calvaire collectif. Car ce n'est pas lui qu'on veut faire taire mais les Français."Sous entendu les pas vraiment français, et surtout les clients de son spectacle, convaincus d’être en terrain « subversif ».
Dans une interview publiée le 31 décembre par un site belge qui se présente comme un "site d'informations alternatives", il assume cette posture de victime. Alors qu'on lui demande s'il refuse de payer ses amendes pour aller en prison (ce qu'il risque, à terme pour la plus grande joie de ses codétenus), la réponse est claire : "Oui, je veux y aller ! Ces procès n’ont pas de sens de toute façon…" Il ajoute : "Tous ceux qui me jugent à Paris appartiennent au Syndicat de la magistrature. Or, l’année dernière, un journaliste a divulgué que dans le hall de ce syndicat existait un 'mur des cons' où, entre autres, il y avait ma photo dessus ! (…) C’est un peu étonnant en termes d’objectivité et de neutralité…"
Plus "rusé" encore il s'est aussi lancé à son tour dans différentes procédures judiciaires. Il a attaqué, sans succès, une journaliste qui a écrit sa biographie, ainsi que l'ancien député PS de l'Essonne Julien Dray. Plus récemment, Dieudonné a déposé une plainte contre X en visant la Licra, qui voit dans sa "quenelle" "un salut nazi inversé". Le 1er janvier 2014, il a aussi porté plainte après des menaces reçues par téléphone.
L’interviewé du NPA Julien Salingre, après avoir ressorti l’antienne ringarde de la possible revenue du fascisme semble crédible dans sa critique de la mouvance à Dieudonné mais replonge dans le discours gauchiste impuissant de type néo-stalinien où la proposition d’alternative politique ne repose que sur l’espoir de la réapparition de militants aliénés en quête du « pouvoir d’encadrement des masses » pour leur promettre cette nullité bobo et altermondialiste éculée de « vraie répartition des richesses et pour une démocratie réelle »:
« C’est finalement la force et la faiblesse de ce type de courant politique. La force, car leur discours mouvant et souvent protéiforme peut séduire des publics divers et apparaître crédible comparé aux fausses promesses des partis de gouvernement. Mais c’est également leur faiblesse, car ils se développent principalement à cause d’une démoralisation générale qui est liée à une perte de crédibilité de la perspective de réellement « changer les choses ». C’est à cela qu’il faut s’atteler aujourd’hui : si la lutte contre l’influence de Soral et consorts passe par un combat sur le plan idéologique, celle-ci ne sera pas victorieuse si elle ne s’accompagne pas de la (re-)construction, par en bas, de cadres de solidarités et de luttes collectives, antiracistes, progressistes, internationalistes, contre les dégâts de la crise, pour une vraie répartition des richesses et pour une démocratie réelle ».
On devrait mesurer la perfidie et l’absence de ruse de ce courant has been antiraciste bobo et aussi nul que le nationalisme arabe et les pitreries de Dieudonné dans la suite de l’intense tintamarre d’Etat, leur baissage de culotte dans l’union nationale contre « la haine raciale » du nouveau Che antisémite miteux et les perspectives électorales démocratiques avec les « mêmes ». Les mêmes politiciens véreux de gauche de droite et d'extrême droite qui se protègent mutuellement de toute inculpation (les cas Sarkozy, Dassault Tapie etc.)

Le scénario de dénonciation de "la haine" est en tout cas encore en pleine improvisation. Le gouvernement a lancé la campagne idéologique mais il n'est pas exclu que l'affaire s'enlise...
La morale hypocrite du gouvernement ne vaut pas mieux que le nauséabond obscurantisme qui sert de fondement à la panoplie vengeresse de la vedette contrariée Dieudonné (il répète toujours la même chose "je ne peux pas passer à la télé" (snif!). Ces deux clowns contribuent à rendre obscurs les véritables problèmes de la société actuelle, une confusion générale où les lignes politiques opposées sont devenues poreuses, et où les classes sont niées - au nom de l'oecuménisme de la "diversité" ou du complot juif - alors qu'une classe s'élève au-dessus des faux clivages de races et de religion, la classe ouvrière, mais qu'elle n'a aucun droit d'expression ni à prendre position dans les gesticulations spectaculaires de tel bateleur de foire antisémite (pas drôle) ou tel bateleur gouvernemental (désespérant).
A suivre...



[1] La photo d’ailleurs presque penser aux premières photos des juifs amassés au Vel d’Hiv du 15ème arrondissement.
[2] Quelques crânes rasés qui se mêlent à des spectateurs à dominante origine maghrébine au spectacle de l’odieux Dieudonné n’en font ni des internationalistes ni des humanistes antiracistes.
[4] Mais où est donc passé l’ancien meneur de jeu Finkielkraut ?
[5] On notera la reproduction intentionnelle du nom entier de l’état civil de Dieudonné, manière peu équivoque pour cette confrérie sponsor de l’Etat raciste israélien, typique du nationalisme juif faisant appel au subconscient présumé en général anti-immigré de l’électeur franchouillard Dupont face à ce nom bizarre pas très… français.
[6] Les condamnations :
  • une amende de 28 000 euros pour « Shoah nanas » et la phrase : « Les gros escrocs de la planète, ce sont des juifs ». Dieudonné devrait se pourvoir en cassation ;
  • une amende de 7 000 euros : « l’exploitation du souvenir de la Shoah » qualifiée de « pornographie mémorielle » ;
  • une amende de 5 000 euros pour avoir comparé « les juifs » à « des négriers » ;
  • une condamnation suite à une longue procédure judiciaire pour avoir assimilé « les juifs » à « une secte » et « une escroquerie » ;
  • une amende de 10 000 euros pour avoir remis « le prix de l’infréquentabilité » à l’historien révisionniste Robert Faurisson ;
  • une amende de 5 000 euros pour avoir assimilé la Licra à des « associations mafieuses qui organisent la censure, qui nient tous les concepts du racisme, à part celui qui concerne les juifs. En fait, ce ne sont que des officines israéliennes » ;
  • 1 000 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour avoir diffamé une journaliste ;
  • 3 000 euros d’amende pour avoir dit « Il faut savoir qu’Arthur avec sa société de production finance de manière très active l’armée israélienne qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens. » Arthur a aussi été condamné pour injures publiques envers Dieudonné ;
  • une condamnation au Québec (75 000 dollars d’amende) pour avoir insulté Patrick Bruel.
​Une condamnation à 2 000 euros d’amende pour avoir traité, en 2000, Patrick Sébastien de « con ». Il y a eu aussi cinq relaxes et des actions en justice qu’il a perdues, à part contre Arthur. En cours. Dieudonné a comparu le 13 décembre pour injure, diffamation et apologie de crime après ses propos sur l'ex-chef du "gang des barbares", Youssouf Fofana, le dingue assassin d’un jeune juif. Il risque 20 000 euros de "jours-amendes", soit 200 jours de prison s'il ne peut s'acquitter de l'amende. Le délibéré est fixé au 7 février. Ces condamnations sont ridicules non pas parce que Dieudonné ne serait pas un idiot antisémite – il est un des héraults des pires dicatures musulmaniaques – mais parce que non seulement les amendes ne sont jamais réglées Dieudonné utilisant les ficelles dites d’insolvabilité que permet le système capitalistes à tous ses escrocs majeurs, mais parce que les provocations se sont suivies les unes les autres sans jamais pouvoir être interrompues, preuve que Dieudonné est soutenu par une partie du système, qui fonctionne avec des entregents. Qui est plus coupable, Dieudonné de sortir à la pelle des conneries ou Sarkozy de recevoir comme un prince le dictateur Kadhafi et de lui serrer la paluche, sachant qu’il sera abattu tôt ou tard sous ses bons offices ?

[7] La chanson Shoah nanas si elle est redoutablement pernicieuse – le massacre des juifs ne peut être sujet de plaisanterie même si Lanzmann a changé le terme de génocide par Shoah pour contribuer à la fameuse unicité du malheur juif (la moquerie du chef de bande Mahomet ne peut pas justifier d'en faire autant pour ce génocide moderne) – chantée par des milliers de spectateurs de base, n’est pas vécue comme une simple revanche sur le barnum mondial américanophile des années 80 mais confirme que « en bas », pas chez les élites ni les milieux intellectuels, les exagérations mémorielles (cf. Sarkozy et l’imposition de la lecture du martyr Guy Môcquet) se payent toujours d’une dérision populaire « moqueuse » tôt ou tard. Michelet disait que les historiens étaient les vengeurs des peuples, pas les humoristes délirants quand même ? Il existe assez de textes du courant maximaliste pour avoir dénoncé en temps utile les mystifications démocratiques bourgeoises, du point de vue marxiste et pas dieudonnesque que vous pouvez trouver sur mes blogs.
[8] Seul le NPA évoque en page cachée le tintamarre gouvernemental, ne prend pas position, et se cache derrière l’interview emberlificotée parfois pertinente d’un certain Julien Salingre : Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique » - Julien Salingue (interview au site Femmes de Chambre) - http://www.femmesdechambre.be/julien-salingue-au-dela-des-quenelles-il-faut-remettre-du-politique/

vendredi 3 janvier 2014

30 ANS DE GUERRE NOM DE DIEU !




Une propaganda réchauffée

Mal remis des grosses bouffes stupides de fin d’année adoubées par toutes les religions vous voilà pourtant matraqués à nouveau par l’idéologie capitaliste consumériste avec la bénédiction des charlatans millénaristes. La bouffe extravagante est avant le sexe l’ingrédient favori des peuples repus une seule fois par an pour imaginer une humanité sans faim même privée de fin sociale et harmonieuse. Avec les traditionnels vœux de santé ( ?) de bonheur ( ?) et d’amitié retrouvée avec les entrepreneurs de la part d’un président de République sans charisme, ne croyez pas plus aux promesses électorales qu’à la résurrection des millions de victimes des guerres passées, présentes et à venir.

ET LE PROLETARIAT BORDEL ?

Ne vous inquiétez pas il sera encore là cette année et nous allons analyser comment il a été le souci principal de toutes les chancelleries occultes de cette histoire fabulatrice dite « 30 ans de guerre au nom de dieu », sous des tonnes de commentaires faussement objectifs et inutilement instructifs. Vous verrez à la lecture que votre serviteur n’est point encore devenu un illuminé quelconque marqué indélébilement par le siècle passé de guerres et de révolutions.

UN MENU IDEOLOGIQUE réchauffé 

Périodiquement les médias bourgeois nous servent une même guimauve idéologique simpliste peu différente de la fable du bien et du mal qui a permis de régenter les siècles d’oppression de la courte épopée humaine. J’ai été évidemment peiné par la première nouvelle de l’année, non pas l’accident du riche Schumarer ni l’hystérie autour du mégalomane Dieudonné, mais par ce sondage aux Etats Unis qui nous apprend qu’un quart des américains pense que l’homme a existé il  a des milliards d’années avec la même complexion qu’aujourd’hui. En tant que darwinien convaincu je ne peux que déplorer l’influence jusqu’à la fatuité des idéologies conservatrices diverses qui véhiculent toujours les pires croyances superstitieuses.
30 ans c’est le découpage que l’historiographie médiatico-bourgeoise enseigne à l’école comme pour cette masse d’adultes télévisuelle pour découper en tranche l’histoire moderne, comme s’il s’agissait de cycles invariables. 1914-1945 n’est-ce pas une période déjà qualifiée de « guerre de 30 ans », suivi des « 30 glorieuses » de la « reconstruction ».
Voici donc « 30 ans de guerre au nom de dieu ». La chaîne (idéologique) froide et monotone LCP a pu abuser tel spectateur sans mémoire. L’émission en deux parties présentées comme exceptionnelles n’est en fait que la reprise de la même émission déjà diffusée sur l’autre chaîne (idéologique) dite France 2. Le bourrage de crâne est immédiat. Une voix off d’un illustre anonyme que l’imaginaire perverti imagine déjà traduite de l’arabe : « Je me bats pour une idéologie bien déterminée qui est la religion ». Le tempo est donné. Suit la généralisation conviviale et fourre-tout : « Comme jadis les soldats se tuent au nom de dieu. Remonter à 30 ans pour ceux qui ont choisi de renouveler ce qu’il y a peu on considérait comme obsolète… ».
Etonnant cette révélation implicite par le terme « renouveler » qui est assez révélateur du double langage de la bourgeoisie. Elle est obligée de flirter avec des parcelles de vérité pour meubler son discours d’images crues et lui donner une apparence de crédibilité. La succession des épisodes devient une traîtrise pour toute pensée rationnelle. Les images succèdent aux images et aux témoignages « d’experts » s’effaçant mutuellement pour ne laisser que la persistance du discours mensonger plus fabulateur que simplement mensonger. La thèse principale est grossièrement pourvoyeuse d’antisémitisme. Les scénaristes intellectuels d’Etat ont tout simplement choisi de nous assurer que tout tourne autour de la question de Jérusalem. L’antienne est balancée d’emblée à parti de la fameuse guerre des six jours : « Jérusalem devient le centre des guerres » ! Ecartée d’emblée la nature impérialiste du capitalisme et les raffineries idéologiques des différents « brigands impérialistes » (dixit la momie Lénine[1]). Eliminée la question des compétitions entre grands et petits impérialismes rivaux toujours inamovibles et si peu opaques pour tout individu réfléchi et méfiant. Pour démonter cette saga invraisemblable d’une « guerre des religions » qui aurait succédé à 30 ans de paix armée de guerre froide prosaïquement « laïque » qu’il nous suffise de prendre l’année 2001 dans la perception d’un individu moyen ou d’un prolétaire lambda surtout. Qu’est-ce qui a pu attirer son attention au cours de cette année ? La focalisation des pseudo-historiens journalistes accrédités par l’Etat sur Jérusalem et le onze septembre ? Le fait que Zidane rejoigne le Real de Madrid en début d’année ? Que la Grèce intègre l’Europe en janvier ? Les Bouddhas géants détruits par les cinglés Taliban ? Qu’en octobre, peu après le onze septembre l’armée US envahisse l’Afghanistan ? Qu’en décembre la Chine devienne membre de l’OMC ?
A l’évidence le déroulement de tous ces événements ne dépend en aucune manière de la focalisation après coup de quelques idéologues accrédités sur Jérusalem et sa longue histoire biblique chargées de péchés et de fantasmes. Les citoyens israéliens et palestiniens étaient confis dans leur hostilité mutuelle locale bien compréhensible mais vaquaient à leur occupation journalière sans aucunement être consultés sur la marche du monde. Tout comme nous-mêmes en Europe ou ailleurs. Donc la refabrication de l’histoire permet toutes les falsifications avec pour axiome : plus c’est gros mieux ça passe !

PREMIER EPISODE DE LA MYSTIFICATION ANTISEMITE

Que l’on se moque de la partie des juifs encadrée par leurs professionnels parasites de la religion est politiquement incorrect. Nixon n’aimait jamais tant lui que se moquer de ses ministres et conseillers juifs. Ses successeurs ont tous affichés par la suite une bienveillance de façade pour la galerie mondiale. On peut, et c’est même salvateur pour la conscience universelle se moquer de toutes les communautés religieuses qui prétendent au messianisme, faisant oublier sous leur discours œcuménique pacifiste moderne qu’elles ont été toutes jadis des bandes génératrices de guerres incessantes entre elles.
Sous un air d’objectivité qui renvoie dos à dos croyants impérialistes (cathos et protestants et juifs)  et croyants des petites nations flouées, l’émission « instructive » prétend nous apprendre que la religiosité était aussi américaine dixit le terme « croisade » utilisé par le président Reagan. Le déroulé des faits peut être assemblé ensuite comme un puzzle de Géo Trouvetout. Et de tirer la conclusion avant toute démonstration : « A la fin des années 1970 la religion revient au cœur de la politique ». Et de passer un peu vite sur l’intronisation étrange d’un pape « polonais » face à la gigantesque lutte des ouvriers polonais. Qu’on me permette de noter ici le formidable coup de dé issu de la fumée blanche de Rome comme si le conclave des caïds des bonzes du catholicisme anticommuniste occidental avait pris sa décision en cercle fermé. Les maquilleurs et experts de « l’administration américaine » ne sont pas forcément intelligents mais, comme la réalité peut enrichir l’imagination des gouvernants, il faut bien convenir que la vision des ouvriers polonais agenouillés pour prier les a soudain rendu (les experts et les gouvernants) intelligents. Nominer un pape « polonais » fût la première pierre jetée dans le jardin stalinien  du bloc russe. Le premier ébranlement du mur de Berlin commence là et pas chez Ben Laden. Les millions qui ont ensuite porté le badge de Solidarnosc ne l’ont pas fait pour l’éruption d’une société débarrassée du capitalisme et de son frère bâtard le stalinisme mais pour les « droits de l’homme » et sa prostituée la démocratie truquée. Un autre élément de compréhension très illustratif de l’absence de crédibilité en arrière-fond du messianisme religieux (très impérialiste) n’est évoqué qu’en passant la veille de la fameuse année du massacre de septembre à New York : l’élection truquée (plus troublante encore que le déroulement réussi de l’attentat contre les twins) de Bush junior, pur représentant des « faucons » face à un Al Gore vainqueur qui s’effaça élégamment sans protester. La bourgeoisie américaine misait sur la guerre et pas question de céder au pacifisme électoral du peuple américain.
Revenons à la chronologie annuelle. Si l’Afghanistan est envahi par l’armée russe, fait de la plus haute importance puisqu’on nous signalera par la suite que cela convenait à la stratégie des faucons sachant que ce serait le Vietnam enlisé de la Russie, le commentateur dogmatique plaque son gimmick : « Jérusalem devient le centre des guerres » ! Et ma grand-mère faisait du vélo en 1900. Il suffit de glisser à nouveau pour cette première partie de bourrage de crâne (1979-1989) : « le retour de la religion en politique au Moyen Orient… pays de l’or noir (pas de l’or juif !) dont dépend le « niveau de vie » en Occident ». Petit retour en arrière sur l’accession au pouvoir du Shah d’Iran en 1953 pour égarer un peu plus du moment de la crise pétrolière très capitaliste. Ce « gendarme de Golfe » perd le contrôle. En 1978 éclatent de magnifiques grèves des ouvriers iraniens dans les raffineries de pétrole pour protester contre la répression sanglante de l’inique despote. Le commentateur n’était pas sur place ni au courant de l’activité intense des groupes nationalistes religieux mais il assure : « A la surprise générale les manifestants ne protestent pas au nom de la lutte de classe mais au nom de la religion ». C’est faux dans un premier temps. Où qu’ils soient quand ils protestent contre les meurtres de grévistes le massacre des spectateurs d’une salle de cinéma, ou pour leurs salaires, les prolétaires manifestent contre l’Etat et ses bandes armées. Les médias filment ce qu’on leur dit de filmer : zoom sur les ouvriers polonais agenouillés mais par sur leur exigence que des micros soient posés dans la salle de négociation patrons-syndicalistes ; zoom sur une bande criant que dieu est grand quand les ouvriers iraniens discutaient d’autre chose que de dieu dans leurs assemblées générales et leurs comités.
Le commentateur émérite laisse ensuite la parole à des transfuges ex-« gardiens de la révolution » réfugiés aux USA et à un fier expert de la CIA. Ils ne disent pas que les experts de la CIA sur le terrain mouline en faveur des fanas de la religion mais déroulent un raisonnement généraliste chevauchant trente glorieuses et trente religieuses. Objectivement on ne peut les contredire : après 1945 l’islam avait laissé la place au nationalisme arabe, qui a déçu (sic les fumeuses « libérations nationales »), puis est remplacé par les « forces de l’islam radical ». La classe ouvrière et les peuples martyrisés sont déjà éliminés de l’équation. Place au combat gigantesque entre le bien (démocratique) et le mal (islamiste). Quoique (hum hum) l’Occident parraine le doux Massoud au chapeau rond des montagnes et un certain Ben Laden allié efficace contre le « danger bolchevique ». En objectif les mains pleines notre expert de la CIA raffine l’analyse pour compatir avec une certaine inconscience américaine : « L’administration américaine misait sur l’enlisement de la Russie en Afghanistan aidant le mouvement religieux à se développer mais ignorant aller au devant « d’effets pervers ».
La France n’est pas en reste qui héberge le futur curé dictateur Khomeini. On glisse une révélation alléchante, pour illustrer la demi-naïveté américaine. C’est donc le général israélien Segev (donc un comploteur juif) qui révèle le projet de tuer Khomeini à sa descente d’avion. Revirement du président Carter qui, vu l’ampleur des grèves, conseille d’éviter cette connerie. Au cours de la nuit du coup de semonce de Carter le chef des armées du Shah a consigne de rejoindre les « insurgés », pas les ouvriers en grève massive, mais les clans politiques religieux. Plus question du projet secret de flinguer Khomeini. Le spectateur est aux anges, il est dans les secrets d’Etat. Ce « documentaire » ne peut pas mentir. Le documentaire d’origine anglo-américaine en profite pour tacler les manigances de la bourgeoisie française : « la France cherchait un accord privilégié pour le pétrole avec la future équipe dirigeante. Le Capital n’a pas d’odeur ni de couleur religieuse ! Modulation accréditant « l’honnêteté démocratique » des marchands impérialistes en compétition : « Tout le monde croyait Khomeini démocrate avec qui le marchandage était possible ».
Hélas très vite les nouveaux gouvernants adopte la loi coranique et on assiste « à l’identification de la politique à la religion ». Ce salaud de Khomeini « prend l’Occident à revers. L’impérialisme est désigné comme principal ennemi » (comprenez impérialisme = Israël + USA). Braves américains nous sussure l’expert de la CIA, les occidentaux se sont fait rouler les pauvres : « Khomeini avait été sous-estimé ». Foin du critère ringard d’impérialiste car les patrons de l’expert ne militent que pour les « droits de l’homme » : « Le concept d’impérialisme devient « grand Satan » et donc devient critère religieux ». A la bonne heure ! Merci Khomeini. La bourgeoisie américaine n’est-elle pas soudain humiliée par le fiasco de la tentative de libération des otages de l’ambassade ? : « Les otages américains pendant plus de quatre cent jours ont permis à Khomeini de cimenter son système ». Traduisez il montre à tous les petites nations qu’il est possible de tenir la dragée haute au grand Satan US ! 

CRISE DE L’IMPERIALISME ET RENOUVEAU IDEOLOGIQUE

Etrange est la libération des otages au moment de l’élection de Reagan, le premier grand faucon du satanisme impérialiste judéo-américain. L’Etat religieux iranien a joué un pion visant à apaiser le nouveau Satan mais le méchant en profite pour rebondir en utilisant aussi la religion puisque le simple débarquement de mercenaires d’armée ne suffit plus comme au Vietnam et qu’il faut « gagner l’opinion ». Un commentaire flirtant avec la vérité plus ou moins objective vient à nouveau faire entrer le téléspectateur dans le secret des dieux (et puis Reagan est gaga et l’expert ne risque pas sa place avec Obama comme nouveau patron) : « Reagan a offert aux religieux les moyens d’influencer la sphère politique comme jamais ». Remarquez que ce n’est pas offensant pour l’ex-patron de l’administration étatique : les petites nations sont toujours méprisables et manipulables.
Le combat entre rivaux impérialiste de grandes et petites nations est esquivé car en fait, nous révèle l’expert pervers, les fondamentalistes évangélistes et leurs amis juifs grouillent entre eux pour pousser à la guerre… pour le lobby d’armement (mais ce n’est pas précisé). Reagan c’est « la droite nationaliste au pouvoir »… pas l’impérialisme toucouleur US ! Et d’ajouter toujours avec cette ambiguïté d’un écolier de la CIA : « L’idée persiste (aux USA) que nous sommes le nouveau peuple élu ». Suivez mon regard vers Jérusalem… :  « Les évangélistes ont le regard tourné vers Jérusalem. Ils sont persuadé qu’ils devront combattre tant que le Temple de Salomon ne sera pas reconstruit ». Il n’est pas précisé si Jésus Christ se déplaçait avec une mobylette roulant à l’or noir. Donc, fond de la détermination biblique de Reagan et Cie : « Cette croyance messianique partagée (comprenez par les juifs et les faucons) va être utilisée à des fins politiques ». In gold we trust devient in God we fuck ! Arrière-fond de la détermination du gouvernement US, non pas le lobby de l’armement ni les réserves pétrolières mais « Ce groupe de protestants évangélistes qui veulent un soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël et sont contre toute autonomie palestinienne ». N’oublions pas « qu’il y a deux mille ans l’esplanade des Mosquées était déjà le carrefour des juifs et des musulmans ». CQFD ! Il faut enfoncer le clou des révélations historiques de potache de CIA, tout s’explique : « La reconstitution du temple est devenu l’enjeu après la guerre des six jours ». Pas les annexions de l’Etat impérialiste et nationaliste israélien. Un illustre sociologue historien Schlomo Sand ajoute : « On a attendu 2000 ans pour libérer Jérusalem. Dieu est avec nous ». Le commentateur émérite de déplorer à nouveau les « conséquences » : l’éruption de la résistance palestinienne. Et la victoire du sionisme religieux différent du sionisme laïque de la fondation de l’Etat d’Israël ! Une fanatique juive nationaliste a droit à la parole pour compléter « l’objectivité » de la réduction de la bagarre des impérialismes régionaux au statut religieux et immémorial de Jérusalem, la conquête des colonies : « est un droit donné par dieu et par conséquent il n’y a pas de place pour un Etat palestinien »… et elle ajoute, parodiant notre Le Pen national : « vous aussi si vous n’y faites pas gaffe les arabes vont vous envahir » ; « la vraie guerre c’est l’islam contre le mal judéo-chrétien ».
Retour à la chronologie pour le téléspectateur abasourdi par une telle arrogance « juive ». Le 30 juillet 1980 Jérusalem est décrétée capital d’Israël au nez et à la barbe de l’ONU. Commentaire avisé : « la bagarre au nom de dieu sur les esplanades s’ouvre pour les décennies à venir ». Qui n’a pas compris que la politique internationale ne tourne plus comme une toupie autour de Jérusalem et que la chute de l’URSS, les guerres ultérieures en Yougoslavie en Irak ou en Afrique par exemple n’ont pour fil conducteur que la querelle des esplanades ? Jérusalem n’est-elle pas la matrice fondamentale du religieux s’emparant de la politique ?
« L’utilisation politique de la religion va se propager et sera plus difficile à maîtriser ». Menteur. ET qui se contredit immédiatement par après : « L’Occident va instrumentaliser à nouveau la religion l’opposition sunnites/chiites que l’Amérique va savoir réactualiser et utiliser ». On se demande à cet endroit si le « documentaire » n’est pas dicté par les faux-culs de l’impérialisme français et anglais face à la masse de téléspectateurs convaincus que chaque fois que l’armada américaine se pose quelque part elle fout le merdier.

NOUVEAUX DEGUISEMENTS DU NATIONALISME ET DE L’IMPERIALISME DE PETITES NATIONS

Pour celui qui lit attentivement sous les incohérences du discours propagandiste du capitalisme occidental il y a matière à approfondir du point de vue marxiste les manigances des impérialistes dominants. L’épisode de la prise du pouvoir en 1979 de Saddam Hussein va en être l’illustration. On nous dit que Saddam Hussein redoutait l’ascension de Khomeini. C’est évident l’impérialisme irakien ne pouvait que redouter son principal compétiteur régional chiite l’Iran. On nous dit que Saddam n’était « pas présentable » mais fréquentable car « laïque » au début et « socialiste ». L’expert près la CIA nous affirme toujours pour sembler culpabiliser l’Occident impérialiste, que : « L’Occident a poussé Saddam Hussein contre l’Iran ». C’est faux et vrai à la fois. Représentant du petit impérialisme irakien Saddam avait un intérêt commun pour l’heure. Le 22 juillet 1980 se déclenche la terrible guerre Irak/Iran qui va durer huit ans, dite première guerre du Golfe. Notre expert près la CIA nous assure que c’est l’Irak qui a décidé cette guerre » mais que « personne en Occident ne l’a contesté ».
A cet endroit très elliptique il nous faut entraîner le téléspectateur vers un autre documentaire plus intéressant et révélateur sur You Tube : « Guerre d’Irak, les dossiers secrets » (de Wikileaks). Très gênant pour l’armada démocratique US. Outre les meurtres impunis un peu partout dans le monde des militaires américains, les soldats tirent à maintes reprises sur des civils sans armes leurs rivaux « terroristes » louent les services de handicapés pour jouer les kamikazes ! L’envie de siéger auprès de dieu n’est pas forcément l’apanage des gens normaux. De 2004 à 2009 les exactions de l’armée américaine en Irak sont effroyables. Bush exalte sa volonté de libérer le peuple d’Irak mais laisse les forces policières irakiennes massacrer des enfants à la perceuse. Après la « victoire » grâce aux armées de « la démocratie » la torture sera généralisée par les bandes armées irakiennes. Tous ces massacres n’ont pas plus à voir avec la mince pellicule religieuse. Les gens sont tués parce que sunnites ou chiites, Jérusalem est loin. « La création d’Al Qaida est une conséquence de l’entrée de l’armée américaine en Irak ». Toute une génération d’enfants et d’adolescents est initiée aux rites de la guerre moderne, nullement religieuse, mais basée sur l’appât du gain et de l’esprit de bande. Tel médecin est rétribué pour fournir un contingent de femmes handicapées kamikazes. Les révélations de Wikileaks « mettent en danger nos soldats sur le terrain » déclare l’Etat US, pas les meurtres et dégâts irréparables du pachyderme américain. Obama, parodiant le « Ich bine in berliner » de Kennedy, viendra chanter son salamalikoum au Caire le 4 juin 2009. La fin de ce documentaire plus près de la vérité est cruelle, témoignage d’une ombre iralkienne : « Vous nous avez obligé à vivre dans le cauchemar de démocratie » !

OU LE VRAI DIEU RESTE LE PETROLE  ET SA VOILEE L’ARGENT

Reprenons la suite du documentaire réchauffé de la chaîne (idéologique) parlementeuse française. Saddam vire de bord et utilise l’artifice religieux à son tour. Un rigolo du nom de Colombo, moins fin que le fameux inspecteur tartine sur le retour au messianisme séculier autour du mythe de Kerbala : « offrir le paradis c’est mieux que toutes les odyssées laïques ». Menteur. On a vu que la détermination des combattants était plus sûrement l’appât du gain pas de mourir pour le roi de Prusse et que les kamikazes étaient plutôt choisis parmi des demeurés. Et de nous infibuler que la détermination des divers combattants arabes, protestants et juifs est l’attente de l’arrivée du Messie. Si la conscription a disparu dans les armées des pays riches remplacée par l’appât du gain et la volonté d’échapper à Pôle emploi, qu’est-ce qui nous empêche de penser qu’il en est de même pour les soldats « terroristes », et non pas ce désir médiatisé à outrance de « se sacrifier pour dieu » ? Mais les prolétaires sous l’uniforme obligatoire n’intéresse ni les journalistes superficiels ni les historiens d’Etat. Place aux généraux de l’islamisme et de la sainte démocratie occidentale.
Le commenteur émérite frôle la vérité de l’impérialisme iranien : « Khomeini veut le leadership du monde arabe mais il n’est pas sunnite » ! Pétain aussi voulait le leadership du monde européen mais il n’était pas allemand ! Le commenteur redevient commentateur lorsqu’il révèle que Khomeini voulait non répandre la religion mais « vendre la révolution d’Iran » à l’ensemble du monde, habillée des oripeaux islamiques. Et pas de meilleur thème unificateur que la revendication de la « justice en Palestine ». Où l’on retrouve Jérusalem et pas le dieu Capital.
Le Liban est la charnière de la guerre qui vient en 1982 : « Poudrière qu’Israël vit comme une menace ». Où Jérusalem écarte pétrole et manigances des grands impérialismes. Hamieh du Amal entre en scène : « Israël est une cellule cancéreuse du monde musulman ». Le juif voilà l’ennemi ! Il ajoute : « Si Israël n’existait pas on vendrait gentiment le pétrole pas des armes ».
Comme tout impérialisme l’Iran crée ses troupes d’intervention externes à sa mesure d’impérialisme nain : le Hezbollah, parti de dieu : « une des principales sources du terrorisme ».

LA DEUXIEME GUERRE DU GOLFE ET L’IRANGATE

L’expert de la CIA révèle qu’on espère en haut lieu que la guerre dure. Pourquoi ? Parce que les grandes puissances livrent des armes des deux côtés. Le général israélien Segev crache le morceau : la reconstruction sera une mine d’or. C’est encore un juif qui parle, n’est-ce pas ?
Scandale qui ne peut être longtemps tenu secret : des armes sont envoyés clandestinement par l’Amérique en Iran. La bourgeoisie iranienne ne crache plus sur le grand Satan. Le merdier américain est universellement reconnu : « on retrouve partout les empreintes digitales de l’Amérique ».  La fin des hostilités est de l’eau de boudin : on n’a pas trouvé d’armes chimiques en Irak. Qu’importe, l’industrie d’armement y a trouvé son compte même si on enterrait 200 personnes par jour au plus fort du massacre. L’expert de la CIA se fait philosophe : « Les guerres ne se terminent jamais comme prévu ». Mais malgré les scandales et les révélations elles recommencent toujours. Khomeini est obligé de signer la paix mais les deux Etats sont endettés. Dieu n’est pas une banque crédible. Que faire ?
La chute du mur de Berlin en 1989 provoque un redoublement d’intensité des guerres locales. Le marteau et l’enclume de la guerre froide refroidie a réchauffé tous les petits impérialismes indépendamment de… Jérusalem. La compétition des diverses nations atour non de Jérusalem mais des champs pétroliers ne se déroule plus « au nom des idéologies mais au nom de dieu ». C’est vrai d’ailleurs Bush père n’assure-t-il pas que « dieu continue à protéger les Etats Unis d’Amérique » ? Le refrain revient pour la deuxième partie du docu ressorti pour ce premier jour de l’an 2014 par notre télévision d’Etat : « On disait dieu mort, mais depuis la fin des années 1970, la religion fait son retour sur les champs de bataille ». On se garde de préciser que la national-impérialisme a fait son retour. On en rajoute une couche : « Des guerres saintes comme jadis se tournent vers Jérusalem ». Pas vers la maîtrise de l’or noir.
Nulle querelle pour l’hégémonie régionale des divers petits impérialismes en lice avec le graissage militaire des grandes puissances pour expliquer l’abcès sur le Moyen Orient mais une autre trouvaille des scénaristes d’Etat : « L’exode massif des juifs de Russie vers Israël accroit l’affrontement juifs/musulmans ». La formulation est ici particulièrement perverse. D’abord des juifs viennent d’autres pays, ensuite les juifs d’Urss sont plutôt maltraités à leur arrivée et on leur réserve les basses besognes et l’enrôlement d’office dans l’armée. Une partie de la population israélienne n’est nullement religieuse comme nombre d’arabes ne se considèrent pas comme musulmans. La propaganda d’Etat a de ces simplifications miteuses !
La deuxième guerre d’Irak a lieu parce que l’impérialisme irakien, personnifié par les médias par le seul dictateur Saddam, a besoin de se rembourser des faramineuses dépenses de guerre, achats d’armes non offertes par les lobbies occidentaux. Saddam se paye donc le Koweit son principal créancier, ce qui le rend célèbre aux yeux des vagabonds du monde entier et des gauchistes tiermondistes. Saddam a-t-il été piégé par l’ambassadrice américaine. En dépit de toutes les circonvolutions de notre commenteur, oui. Complètement. Grâce à cette incartade au « droit international », les roitelets brigands du Koweit sont replacés sur leur trône mais surtout la bourgeoisie américaine (pas le peuple américain) reprend pied dans le territoire le plus riche en pétrole du coin.
Avènement du « nouvel ordre mondial » selon Bush : « Un monde où les forts respectent les droits des faibles »… à rester faibles. Proclamant encore une fois : « God save United States » contre « Allah Akbar », qui est moins équipé en matériel de pointe. Colombo dépeint un paradoxe américain qui n’en est pas un mais le classique double langage bourgeois, flibustier impérialiste qui se fout d’établir la démocratie comme de la première chemise de Washington.
ET de déplorer que l’intrusion impérialiste américaine ne soit pas vécue comme une aide des puissants au faibles mais comme foutage de gueule sanglant, générant un nationalisme humilié favorisant la « vengeance terroriste ». Et de nous asséner cette vérité qu’il eût fallu proclamer plus avant : « Le nouvel ordre mondial américain n’est pas dieu ni la paix mais le pétrole ». Cette affirmation n’est qu’une demi-vérité car contrairement aux dénonciations des gauchistes de l’époque il s’agit aussi d’une opération géostratégique, voire principalement stratégique et passagère car, comme on le voit aujourd’hui, les Etats Unis peuvent détenir une indépendance énergétique avec le gaz de schiste (et se désengager de la région et de Jérusalem…).
Au lieu de développer sur une vérité subite bien que partielle, le commentateur redevient commenteur et se retourne vers le centre du monde… idéologique : Jérusalem. « Les missiles scud de Saddam vers Jérusalem travaillent à galvaniser ses troupes face à l’armée américaine ». Sans compter le monde arabe qui s’exalte de voir terroriser le « monde juif ».
On peut noter un anti-américanisme aléatoire qui alterne avec une fixation sur Jérusalem. La propaganda aime à désorienter. La saga connait des rebondissements. Toute la gent journalistique s’offusque que l’armada US s’arrête aux portes de la capitale et laisse massacrer la population chiite qu’elle avait poussé à s’insurger contre l’Etat irakien. L’expert nous décrit cet arrêt comme un échec mais dit en même temps le contraire : c’était pour maintenir et renforcer la présence américaine dans la région et lui permettre d’installer des bases militaires permanentes en Arabie Saoudite, pas très heureuse de ces campements.

NOUVELLE IDEOLOGIE PLANETAIRE : LE NORD CONTRE LE SUD

On cherchait avidement comment remplacer la césure Ouest/Est. Grâce aux guerres du Golfe l’idéologie impérialiste s’est enrichie de cette nouvelle notion qui élimine la caractéristique méprisable de tiers-monde, restaure la fable des riches contre les pauvres et réactualise d’une certaine façon le concept crétins des libérations nationales « anti-impérialistes ». Les conservateurs américains sont crédités de la trouvaille du concept de « clash des civilisations » qui remise la classe ouvrière internationale au musée de la hache et du rouet, et justifiera peu à peu la fable interclassiste du multiculturalisme.
Pour la séquence 1998-1992, Jérusalem doit être situé au Nord puisque elle redevient centrale dans le discours de propaganda éclectique : « Jérusalem devient (on croyait qu’elle l’était déjà devenue depuis 1967 !?) le centre symbolique des belligérants ». On en rajoute une couche sur l’exode des juifs de Russie : « …occupation vécue comme une colonisation et entrainant la première intifada ». L’infirme à voix fluette Sheik Yassine trône à la fondation du Hamas paramiliatire. Le Hezbollah est une créature iranienne qui va plus ou moins s’associer au Hamas qui se réclame de l’idéologie des Frères musulmans égyptiens. Ces deux bandes au service des impérialismes iranien et arabe sont typiques des petits nationalismes étriqués à vocation mondialiste dont le programme fictif et imaginaire se couvre de la prétention à créer « la république islamique de Palestine ». Le commenteur est incapable de voir que l’affaiblissement fatal du Fatah est dû à l’affaiblissement de l’impérialisme russe. Le général israélien Segev note que les iraniens ont soutenu le Hamas et est bien conscient que c’est à la suite de l’effondrement de la maison stalinienne que les barbes ont poussé en Iran comme en Palestine, pas faute de coiffeurs ni de rasoirs.
Entre en scène le journaliste controversé, bien que souvent pertinent Enderlin qui lui, reste bien plus sur le terrain social que notre commenteur. Il décrit l’embrigadement de générations d’adolescents à l’avenir bouché. Là encore au lieu d’approfondir l’absence de socialisation et de constitution d’une classe ouvrière homogène dans ces régions, le commenteur ramène sa fraise pour nous ramener par la main à Jérusalem ou Itzak Rabin vient d’être assassiné. Enderlin déplore qu’aucune enquête n’ait abouti sur les commanditaires de crime, épilogue sur le combat pacifiste de Rabin contre la « droite religieuse ». Possible qu’une fraction de la bourgeoisie israélienne ait commandité le crime pour couler un peu plus la possibilité d’un demi-Etat palestinien, mais là n’est pas le propos, il s’agit encore de diaboliser Jérusalem.
En réalité, provocations, focalisation sur Jérusalem n’ont pour dessein que de faire passer au second plan la domination américaine, et la nécessité de l’entretien d’un conflit interminable dans une région dont la ressource régulière et peut-être plus importante que le pétrole est d’assurer une rente aux lobbies internationaux de l’armement. 

L’ACTE 3 DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

Le scénario désignant souterrainement, l’air de pas y toucher, « l’Amérique juive » sous le commentaire neutre va connaître son épilogue spectaculaire avec l’évocation de  l’attentat du onze septembre 2001. En intro, le grand barbu saoudien milliardaire des montagnes afghanes déclarant : « Dieu a frappé l’Amérique en son cœur ». Le conte des « 30 ans de guerre religieuse » va atteindre les crêtes de Jérusalem pas les abysses du capitalisme. Pour certains téléspectateurs arabes car chaque épisode de la saga s’adresse à chaque communauté avec l’art de la feinte, le commenteur journaliste devient un vengeur des peuples sans nation et un substitut à la ferveur contre Satan. L’inspecteur Colombo commente : « Ben Laden symbolisait l’opposition du monde de l’argent et de la croyance » ; il était « une représentation mythologique de la bataille finale ». Enderlin revient : « Arafat n’a pas compris que l’opinion internationale allait mettre dans le même sac A Qaida et les nationalistes palestiniens » ; et de citer un édile israélien : « Le 11 septembre a été un véritable miracle pour la politique israélienne » ; de quoi alimenter le fantasme du complot juivo-américain !
Quelle que soit les suppositions que l’on peut faire sur le drame new-yorkais il est incontestable qu’il a servi à lancer un hypernationalisme américain comme le massacre de Pear Harbor avait permis d’entrainer « l’opinion amaricaine » dans la guerre mondiale II. Et d’autoriser le lobby militaire à envahir l’Afghanistan au mois d’octobre au nom de « la guerre globale contre le terrorisme ». Comme là où Attila posait son cul, il ne repoussera rien après la razzia impérialiste. Le jeune Bush aura été « appela pour réaliser cette mission » (entendez appelé par dieu). Détruire Ben Laden est complètement secondaire, c’est bien après qu’il sera exécuté en train de regarder des VHS porno. C’est l’expert de la CIA qui le dit, car ce n’est plus qu’un secret de Polichinelle : l’Afghanistan n’était qu’une escale pour virer vers Mésopotamie et Iran, mais surtout envahir enfin complètement l’Irak. L’impérialisme américain est une colombe au long cours. L’armada américaine affichait une prétention à éliminer le terrorisme (mensonge le terrorisme planétaire reste nécessaire aux grandes puissances) mais son but restait, reste « d’étendre son rayon d’action ». Le téléspectateur se sent à nouveau dans le secret des dieux et même ravi lorsque parole est donnée a un ancien trouffion : « Tout n’était que mensonges ». « La guerre contre l’Irak a été inutile » dit un autre. Détrompe-toi spectateur qui te croit intelligent, cette lucidité est typique de la propaganda démocratique, elle peut dire parfois une vérité, plutôt une demi-vérité mais toujours accompagnée du commenteur qui tue toute indignation, au niveau du « c’est comme ça » : « Ce ne fut qu’une invasion et une occupation. Jadis on appelait ça de l’impérialisme ».
Pas de quoi fouetter un chat. On ne peut que faire des constats même plus s’indigner :
-          « L’Amérique a augmenté son contrôle sur la région ».
-          « Les deux mondes se tournent le dos. Hamas et Hezbollah se renforceront par la disparition de l’Etat d’Israël ».
-          Le méchant Ahmadinejah, déjà disparu des écrans n’était-il pas un nouvel Hitler ?
-          « L’AIPAC, puissant lobby israélien néo-conservateur désigne comme nouvel ennemi à abattre l’Iran » (encore Jérusalem la juive…)
Enderlin vient compléter la mystification en imaginant une nouvelle guerre mondiale : « si on va vers une guerre religieuse cela amènera jusqu’au communautés juives et évangélistes en Europe et aux USA ». Fantasme de journaliste car cela fait 30 ans en effet que se déroule la 3ème guerre mondiale qui se déroule surtout dans les villes du « sud », qui fait des milliers de morts civiles plus que n’en ont jamais fait les guerres mondiales et les guerres d’indépendances nationales.
La parade parenthèse d’Obama le pacifique aura servi à leurrer un temps la classe ouvrière internationale avant que son successeur ne reprenne le flambeau impérialiste vers une toujours possible véritable quatrième guerre mondiale de 30 ans ou beaucoup moins.
Le docu menteur se termine par une dernière escarmouche visant les colons et nationalistes juifs avec leur « plan de judéisation » de Jérusalem jusqu’en 2020.
Est évoqué comme solution la fiction d’un Etat palestinien arabe quoique « elle ne parvienne pas à s’imposer ».
Notre cher expert pervers de la CIA est laconique : « Le terrorisme international continuera à faire les gros titres pour les décennies à venir ».
Un soldat israélien se montre désemparé et confie qu’on lui reproche de rester en uniforme.
Une musique lugubre sert de générique de fin avec une citation de la bourgeoise philosophe Hannah Arendt hors sujet.
Il y en a eu pour tout le monde pour les nationalistes juifs, pour les antisémites arabes, pour les antisémites français mais tout cet éclectisme peut se défendre de tout parti pris. C’est cela la mystification démocratique bourgeoise : le règne de la confusion. Le pouvoir de l’impuissance du spectateur qui ne peut s’empêcher de penser que les 30 ans de guerre arbitrairement découpés par la propaganda dominante se sont bien déroulés AU NOM DU CAPITALISME.








[1] Lénine est mort jeune dans une terrible paralysie et a été ridiculisé par un mausolée stalinien, mais que penser de la momie du massacreur Sharon maintenu en coma artificiel 8 ans durant !