"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 4 décembre 2008


COMMENT FR3 PREPARE LA GUERRE



MARIE DRUCKER EN MARRAINE DE GUERRE :

Après avoir été le bouffon de Mitterrand et de Chevènement, Max Gallo, le pseudo-historien s’est mis au service de Sarkozy and Co. En récompense il patronne la nouvelle émission de propagande de FR3 aux côtés de l’élégante brunette Marie Drucker. Dans cette émission militaire mensuelle, on ne cause pas, on ne débat pas, généraux, spécialistes ou témoins lambda doivent dire leur texte entrecoupé d’un montage d’images. Papy Gallo trône comme père fouettard et la brunette comme l’élève qui pose les bonnes questions.

Le mercredi 3 décembre le sujet de l’émission « Droit d’inventaire » est œcuménique : « A quoi sert la Marseillaise aujourd’hui ? ». A rien ! répondent en chœur les antimilitaristes convaincus, les nationalistes non français et les abrutis des stades de foot. Comme pour les élections prud’homales, plus de 75% des travailleurs n’en ont rien à foutre (sondage du Prolétariat Universel sans lien avec la Sofres). La chaîne du « service public » où sont infiltrés depuis longtemps des gentils staliniens intellectuels avait décidé de nous jouer l’air désuet de l’Union nationale. Max Gallo nous fait comprendre à chaque fois qu’il fait le beau devant la caméra que nous sommes tous des ignorants, tout juste s’il n’a pas voulu nous faire apprendre l’intégralité du chant nationaliste, qui est en réalité fort longuet. Ce chant bourgeois, militariste et déiste comporte 12 couplets.

On peut facilement décrypter le montage de propagande en défense de l’idéologie chauvine patronné par ce vendeur de livres de gare superficiels. Les séquences sont choisies sans chronologie et des flash-backs lamentables doivent servir à faire passer le message sarkozien : il faut défendre la patrie si elle est en danger. Le préposé Darcos a déjà obligé les enseignants à faire passer à nouveau Pétain pour le « héros de 14-18 », au point que nombre de professeurs font des commentaires hors programme (et en demandant aux élèves de le pas prendre de notes) pour rappeler l’ordure que fut Pétain qui envoya au massacre à Verdun et collabora en 1940 avec Hitler. Si la bourgeoisie opère à la continuité du bourrage de crâne patriotique, il ne nous est pas interdit d’en révéler les discontinuités troublantes pour les marchands de canons et de pétrole. On dira que le régime interne fait fi de toute loi en internant sous des prétextes spécieux de doux rigolos anarchistes, qu’il envoie sa meute policière avec des chiens renifler dans les salles de classe, qu’il fait croire que la France est le dernier pays à ne pas emprisonner les malfrats dès l’âge de dix ans… on s’en branle, cela ne nous impressionne pas. Disons que les menaces étatiques auront permis de doucher quelques naïfs qui courent les rues altermondialistes sur la bonté de l’Etat, et surtout renforcé les plans de l’Etat terroriste qui a besoin de futurs bien juteux attentats dans les supermarchés, les gares ou le métro, afin de justifier ses prochaines aventures militaires et de mettre sur le dos de ploum-ploum les actions de ses services spéciaux de l’ombre. En espérant que la population voudra bien consentir à se sacrifier « pour la patrie » et mon cul.

Héroïque service public télévisuel. Le scénario est cousu de fil sarkozien d’emblée : on ne commence pas par 1789, comme cela eût été logique, mais par l’évocation pleurnicharde du pauvre Guy Mocquet dont le grand historien Sarkozy avait rappelé la mémoire. A Chateaubriant (en allant à la mort) : « tous chantent la Marseillaise », déclare un quidam. Des mecs qui se sacrifient pour la patrie, doit comprendre le spectateur obligé, pas comme ces crétins de stade qui bouffent des frites et picolent en sifflant l’hymne sacré sans risque de se prendre un obus boche. Le ton est donné. L'historien de gouvernement sarkozien place la Marseillaise sous le parapluie de l’anti-fascisme, ce gros mensonge déconcertant. Ce n’est pas Gallo qui ira vous expliquer pourquoi Mocquet a été flingué, il faut rester ami avec la vieille mafia du PCF. Mocquet a été flingué à cause des attentats terroristes des abrutis de partisans du PCF, et le parti du pacte avec le nazisme s’en est servi pour faire oublier sa collusion à la queue de l’impérialisme russe. C’est cela l’union nationale intellectuelle, il faut ménager pour son passé débile cette faction stalinienne fossile qui a été si utile pour remettre les ouvriers au travail en 1945, et, en la consolidant pour ses mensonges historiques lui donner toute latitude pour aboyer à l’unisson de l’Etat si guerre il y a (afin, en particulier que, comme en 1914, les délégués CGT, ces petits bourgeois planqués, ne soient pas envoyés au front). La Marseillaise, à la Libération est un tube inégalé dès lors, ajoute, indifférent à notre œil critique, un autre zozo.

INTERMEDE CONTESTATION :

Faut bien en parler parce que ça se sait, les années 1960 sont d’étranges années d’insubordination, où « rien n’est épargné », où la contestation érode tout. Ce charlot de Jimmy Hendrix détourne l’hymne national US en mangeant sa guitare. Les affreux Sex Pistols dénaturent God save the Queen. La France n’est pas épargnée, Gainsbourg transforme l’hymne sacré en reggae, mais il fait amende honorable en achetant à prix d’or l’original après avoir réussi à faire chanter avec lui les crânes rasés sous le béret vert qui étaient venus plomber son concert. Brave Gainsbourg patriote reggae.

TRAVERSEE DU DESERT :

La Marseillaise n’est plus ensuite qu’une vieille relique pour le FN ou pour « nos » sportifs en larmes chauvines scolaires lorsqu’ils décrochent l’or des stades. Yannick Noah tente une rermake flower power avec « Aux rêves citoyens ». Jusqu’où allait-on aller dans l’indécente décadence ?

L’EMBELLIE ELECTORALE :

Heureusement, main dans la main Ségo et Sarko sortirent de la tranchée boueuse des stades de foot et du découpage bourgeois des circonscriptions pour se saisir de l’étendard ensanglanté des mains fragiles de Le Pen et le lever à la gloire de la bourgeoisie française ininterrompue de Thiers à Pétain, de Mitterrand à Chirac. Le pouls du spectateur s’accélère lorsque la charmante présentatrice, d’une diction parfaite, annonce la venue de Philippe Seguin, haut personnage cramoisi de l’Etat. Vient-il le brave pour jouer son rôle de sermonneur politique contre les offenses au drapeau ? Non, comme un vulgaire invité, il vient témoigner que son père a bien été tué par des balles allemandes et qu’il frissonne encore de cet évènement capital dans la vie d’un enfant, la remise d’une médaille posthume en l’honneur de son papa. Très touchant, et combien cette prestation sincère nous donnait grande envie de mourir pour la patrie afin de laisser à nos enfants un souvenir pieux.

Le maître de cérémonie avance alors sa fraise : « La Marseillaise est un chant de marche de l’armée du Rhin. Je le dis pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire : « c’est un chant de marche… « marchons »… pas pour des types assis dans des stades… c’est un chant de résistance contre la tyrannie… ».

Du coup je me suis demandé s’il ne faudrait pas le chanter à chaque passage du cortège de Sarkozy , après avoir ôté sa casquette? (Mon père, résistant auvergnat, a été giflé à Vichy pour ne pas avoir enlevé son galure au passage chantant du Maréchal).

Le nouveau grand chant-bêlant sarkozien de FR3 ne laisse pas cette idée s’incruster dans ma tête et fonce sabre au clair comme à Valmy : « La contestation détruit notre patrimoine. Il y a le risque qu’on ne défende pas la nation si elle est attaquée ! ».

La candide marraine de guerre se tourne ensuite vers l’honorable chèvre Seguin : « à quoi ça sert un hymne national ? »

Seguin, affable et l’air de se faire chier : « cela rappelle les valeurs qui ont fondées notre communauté nationale ». Il en rajoute avec son air penaud : « enfant je voulais dormir avec ma médaille ».

SEQUENCE RETOUR ARRIERE :

« On va leur en mettre une couche féministe en revenant sur 14 », a dit Gallo à l’équipe de préparation du scénario patriotique et unanimiste. Gallo ne va pas avouer dans ce chapitre en arrière qu’on impose une vision pétainiste de l’histoire dans nos écoles, ni rappeler les causes de la guerre de rapine (dixit Lénine) ni qui a provoqué l’arrêt de la guerre, non, il vient nous conter la vie des « héroïnes ». Honneur aux poilus mais aussi à leurs femmes. Les héros masculins meurent en masse pourtant grâce aux bombes fabriquées à l’arrière par les « héroïnes ». La vie est un calvaire pour tous en 1914, sauf pour les marchands de canon et les exemptés syndicalistes.

Zoom sur la statue dédiée à Louise de Bettignies, une espionne française fusillée par les boches. Ouah ! Le décor est planté : oublié l’arrière avec ses marchands de canons planqués et leur vie au bordel, place aux petites fourmis qui suppléent les hommes en usine. Ah elles ont bien du mérite, les bombes pèsent près de sept kilos et il faut trimer 12 à 13 heures par jour. Tranchons dit le prompteur de Gallo : « ces infirmières, ces ouvrières se sont distinguées et ont fait un pas vers la libération des femmes. Elles sont les oubliées de l’histoire ». Sacredieu !

Le principal libérateur des femmes en guerre, l’ordure socialiste passé à la Défense nationale, Viviani est exhibé : « Debout femmes françaises, préparez-vous à remplacer les hommes ! ».

Panégyrique par un technicien indécrotablement stalinien : « Partout les femmes retroussent leurs manches. Elles remplacent le mari à la moisson et à l’usine… Une révolution qui ne dit pas son nom, pour la première fois les femmes acceptent de faire le travail de l’homme… postières, ramoneuses, 400.000 s’engagent pour fabriquer des obus à la chaîne». Elles remplacent le mari… au cimetière connard de Gallo ! Et pour bouffer ! Le boucher Joffre les félicite comme il décore les troupiers écharpés au combat technologique avancé. L’imbécile communisateur de service va plus loin dans « l’analyse » : « C’est sur elles que repose la mutation industrielle ! » Et on les voit joyeuses au travail grâce aux « actualités neutres » de l’époque ; pensez, treize heures par jour cela évite les soucis de penser. Mais, heureusement elles se battent avec les syndicats. Trop c’est trop. En mai 1917, nos courageuses productrices d’obus se rebellent, non contre la guerre mais pour une heure de travail en moins et un franc de plus. Gouvernement d’Union nationale, patrons et syndicats accèdent avec joie à cette requête et félicitent les femmes pour leur combativité. En plus, elles ont des acquis non négligeables. Vu que les maris paradent en uniforme au front et ne rentrent plus le soir à la maison, qui garderait les moutards ? Humaniste le gouvernement de communauté nationale accorde en plus des pouponnières sur le lieu de travail, les femmes peuvent ainsi allaiter entre deux obus. Et des cantines super, et même des coopératives pour qu’elles puissent se faire plaisir en tant que consommatrices. Quand on le leur demande gentiment, elles accroissent les cadences : « c’est leur façon à elle de gagner la guerre », précise Gallo.

SEQUENCE : 1915, LES LETTRES RAYONS DE SOLEIL

De 1917 on revient à 1915 ! Faut plaindre la femme à Gallo quand il va au supermarché, elle croit qu’il est au rayon légumes et il a déjà filé à la quincaillerie. Il serait indécent de laisser l’homme Gallo monopoliser le crachoir concernant ces héroïnes méconnues par les sorbonnards, aussi la douce Marie reprend-elle la chansonnette sur les marraines de guerre. Créées « spontanément » les « marraines de guerre » deviennent « dans l’enfer du front », « la conscience patriotique du soldat ». Gallo en rajoute une louche : « ils sont des milliers à tenir dans les tranchées grâce aux marraines ». Bobard, ils ne tiennent pas mais vivent dans la terreur totale. Les marraines - ces tocards de FR3 ne le précisent pas - sont surtout aussi des petites filles, auxquelles on imagine mal que les soldats aient envie de confier les horreurs de la guerre et leur misère sexuelle. On trouve des lettres de « marraines » sur nombre de cadavres et cela leur fait une belle jambe.

SEQUENCE PAIX : 11 NOVEMBRE 1918

Par la grâce du saint esprit et le vide des manuels scolaires, la guerre s’arrête : « les cloches sonnent », « les femmes sont devenues plus fortes ». On les remercie, il faut rendre les usines aux hommes et accoucher massivement. Gallo semble déplorer que la contraception soit sévèrement punie, mais avec un soupir qui laisse entendre qu’il faut bien comprendre les généraux patriotiques et les blessures au moral des bourgeois, frustrés de la non continuation de la guerre.

SEQUENCE ACTUALITE :

Une femme est à présent dans le studio, elle aura deux fonctions successives ; la première femme de soldat en Afghanistan et par après, militaire en retraite.

Candide Marie : votre mari rentre dans un mois, quelques jours ? Vous vous écrivez ?

Femme de militaire : non, il a internet !

Candide Marie : Vous vous rendez compte Max, c’est une incroyable révolution des mœurs !

Maximum Gallo : oui on le voit le corps de la femme est libéré ?

(le militaire, officier, est-il comme le chef de gare ? et, lui reluque-t-il « sex uniform » depuis un QG des montagnes afghanes ?)

SEQUENCE 1923 ( !!??? le spectateur suit-il encore ?)

Max Gallo : un événement considérable, Radiguet qui publie un roman pour les femmes. Et aussi une loi qui définit que l’avortement est une atteinte à la sûreté de l’Etat ! La voix caverneuse de l’historien de gouvernement s’est à peine éteinte qu’on reste sur le cul : n’y-a-t-il pas des événements plus importants et plus graves en 1923, une tentative insurrectionnelle du prolétariat en Allemagne, Hitler et Mussolini qui paradent, la société des nations qui culbute…

SEQUENCE 1943 :

La femme de Gallo le cherche au rayon papier WC maintenant. Une gentille mamie vient apporter le témoignage de ses dix neuf ans, sans rapport ni avec 1914 ni 1923. Elle a vu les sévices des schleus et a été elle-même prise en otage. Question subtile du maître de cérémonie, près des rouleaux Sopalin :

- et après, vous avez eu envie de vous engager dans l’armée ?

L’héroïne malgré elle : ils ont pas voulu de moi !

ON sent là très nettement que l’historien de gare veut nous aider à comprendre que depuis la grande Muette a nettement évolué.

Gros plan sur Rirette en uniforme de l’armée de l’air. Elle est jeune et déjà médaillée. Elle est déjà cadre supérieur dans ce métier d’avenir qu’est l’armée. Elle était chauffeuse-livreuse de bombes avec ce langage communiquant si bien manié par les militaires pour journalistes. Elle a appris par cœur les réponses à fournir :

- J’ai été amenée à utiliser les bombes de mon avion en République Centrafricaine…

Candide Marie : hum hum…

- enfin j’étais là pour « délivrer mes bombes »… en protection… en légitime défense… heu heu… dans le but de servir mon pays.

Candide Marie : Vous vous rendez compte Max, un homme sur cinq est une femme dans l’armée maintenant…

Max : et ça évolue…

La femme du militaire qui regarde internet en Afghanistan revient en uniforme civil. Elle témoigne combien encore lycéenne elle avait été traumatisée par le massacre de 38 militaires français à Beyrouth.

Candide Marie : vous préférez avoir votre mari près de vous et dans un bureau ou au loin pour défendre la France ?

- oh vous savez, je préfère bien sûr quand il est avec moi, mais j’ai besoin d’admirer mon mari. Je l’aime quand il fait ce qui le passionne.

TABLEAU DE REPARTITION DES 13.000 SOLDATS FRANÇAIS SUR LES « TERRITOIRES D’OPERATION » DANS LE MONDE .

SEQUENCE REPENTIR ALGERIE 1956

Habile orang-outan Gallo va et vient du présent au passé. Ce grand singe sarkozien a voulu prévenir et justifier les nouvelles interventions contre les indigènes en montrant qu’il se soucie d’un embrigadement correct des rebeus de banlieues déshéritées dont les grand-pères et familles ont été massacrés par l’armée française en pleine « pacification du département ».

Mais avant de lancer le sujet colonial qui fâche, la séquence est rocky : on massacre chez les Bédouins mais on danse en métropole. Toujours ce souci de l’unité du front et de l’arrière chez le grand macaque historien de gouvernement. Les appelés obligatoires n’avaient-ils pas les mêmes aigreurs que ceux de 1914 pour l’arrière qui batifolait ? On ne nous dit pas si les femmes se libèrent dans les usines de l’arrière ni combien de femmes algériennes ont été « libérées » par le viol des soudards. Un témoin vient témoigner que « adversaire invisible » (sic) « les indépendantistes ont recours à la terreur » ; les anciens fellaghas qualifiés alors de terroristes, et victimes de sévices, apprécieront, mais pas grave, ils sont en voie de disparition comme les pioupious de 14 pense Gallo, et on peut donc embrouiller leurs petits enfants.

Après le petit coup de chapeau aux instruments du colonialisme défait, coup de chapeau aux « indépendantistes » : la bourgeoisie française reconnaît la « guerre » et la « torture ». Courageux un demi-siècle plus tard !

Et comme excuse et jointure avec l’invité suivant, il est naturel de victimiser la masse des appelés face à ces salauds de militaires professionnels qui étaient animés par l’esprit de revanche parce que les Viets les avaient bouté dehors ! Eux ont foutu la merde, De Gaulle a libéré l’Algérie, tout le reste n’est que billevesée de généraux félons !

SEQUENCE QUATRIEME HOMME

Gallo ex-cire pompe de Chevènement adopte le profil bas. Chevènement, ex-gauchiste et ex rédacteur du programme commun de la gauche fait tout de même la fine bouche sur l’interprétation de la guerre d’Algérie mais il laisse faire. Dans un studio d’Union nationale on ne va pas se disputer n’est-ce pas ? Hé Toto elle était où la défense de la patrie entre départements ? Du côté des fellaghas peut-être. Le Che réformard noie le poisson :

- la guerre était affreuse mais inévitable et l’indépendance nécessaire.

Max la menace : c’est la fin d’une certaine armée (comprenez : celle de Sarko n’est plus aussi polluée). D’ailleurs le général De Gaulle avait bien définit cette armée : la bombe atomique, une force d’intervention et des soldats perdus… l’armée pétainiste était achevée (sic).

- mais quel a été le meilleur président militaire ? et pour appuyer sur le bouton le président est seul?

Chevènement : De Gaulle a été le meilleur. Mais, vous savez, en tant qu’ancien ministre de la Défense , je connaissais le code. On est quatre à le connaître : le président puis le premier ministre, puis celui de la « défense » et un quatrième dont on ne doit pas dire le nom.

Avis aux « ennemis » donc, notre glorieuse démocratie bourgeoise dépend d’un zigoto que le citoyen lambda ne connaît pas, qu’il ne contrôle pas !

SEQUENCE DEBARQUEMENT

De 1962 on retourne à 1944, la femme de Gallo pense à ce moment-là qu’il est au rayon des surgelés. Quatre « héros » prêts à mourir sur terre, en mer ou dans les airs pour la France, mais selon la candide Marie. L’exode est survolé comme une honte. Ces fuyards ne connaissaient-ils donc pas la page glorieuse et pétainiste de Verdun où nos « héros » ont fait front pendant que leurs femmes se libéraient à la tambouille des obus ? Heureusement les témoignages des héros du débarquement viennent effacer cette lamentable débâcle. Les anciens combattants me plaisent toujours pourtant au niveau des tripes et les journalistes n’arrivent jamais à les faire passer pour des cons.

Sous-fifre de Gallo et Maria : vous étiez prêt à mourir pour la patrie ?

- ma foi, c’est bien de mourir pour la patrie, mais vaut mieux pas ! On se sent pas spécialement des héros… tous nos copains sont morts… on a eu de la chance…

SEQUENCE ACTUALISATION-MOBILISATION

C’est la séquence la plus ridicule. Le sous-off qui apparaît sur le plateau a le visage lisse d’un jeune adulte, s’exprime difficilement comme la plupart des jeunes officiers. L’intention de Gallo implose d’elle-même. Ce n’est pas un appelé, livré au front révolver dans le dos par la bourgeoisie, c’est un de ces gars qui n’ont pour espoir de faire carrière et de gagner le niveau de vie des couches moyennes qu’en s’enrôlant volontairement au service de l’industrie d’armement. Ce n’est ni un héros ni un patriote, les mercenaires marchent au fric et leurs employeurs leur font dire ce qu’ils veulent. Candide Marie est la voix des généraux :

- montée d’adrénaline quand les balles sifflaient à vos oreilles sous le feu des Talibans en Afghanistan ? Vous ressentiez quoi ?

- vous savez on a pas le temps de réfléchir…

(Candide Marie en aparté à Max : putain il est con ou quoi on lui avait dit de dire qu’il pensait à la patrie !)

Candide Marie (insistante): vous combattez pour l’honneur de la France. Vous vous voyez comme un patriote n’est-ce pas ? Vous imaginez que vous allez mourir pour la France ?

- hum hum… il est plus honorable de mourir pour la France qu’écrasé par une voiture.

CONCLUSION AU GALOP

Max Gallo : oui çà a un sens… il y a la crise financière… il y a des solutions coordonnées nationales. Entre les nations il y a des rapports de force. Le XXI e siècle montrera que la guerre est une possibilité. Dès lors la question se pose de mourir pour la collectivité. La défense du sol peut se faire sur des territoires extérieurs ».

Edifiant chers lecteurs internautes ! Vous avez là le résumé de la théorie sarkozienne et le but recherché d’Union nationale par un minable traficotage de l’histoire. Le sergent recruteur Gallo et la petite marraine de FR3 se sont adressés aux prolétaires et au peuple comme ils n’osent pas le faire dans les médias pour intellectuels. Le langage chauvin et militariste apparaît indéniablement clair : la bourgeoisie aux abois va vouloir demander les mêmes sacrifices en vies humaines pour régler l’addition de sa monstrueuse crise. Mais c’est une autre histoire entre vouloir et pouvoir.

A suivre…

France hausse budget militaire : La loi relative à la programmation militaire 2009-2014 (sic!), a été examinée fin octobre 2008 en Conseil des ministres. Le budget 2009 prévoit une hausse de 5,4% à 32,02 milliards d'euros.

lundi 1 décembre 2008

Une solidarité internationale

avec les emprisonnés de Tarnac


« Je dis que la flamme révolutionnaire brûle où elle veut et qu’il n’appartient pas à un petit nombre d’hommes, dans la période d’attente que nous vivons, de décréter que c’est ici ou là seulement qu’elle peut brûler. Il faut être bien sûr de soi pour en décider ainsi et « L’ Humanité », fermée comme elle est sur des exclusives de toutes sortes, n’est pas tous les jours le beau journal enflammé que nous voudrions tenir entre les mains ».

André Breton (1926)

Il faut s’en féliciter il n’y a pas eu qu’une pétition d’intellectuels pour soutenir les soit-disant « ultra-gauches terroristes », partout sur les blogs (sauf sur Libération qui avait bloqué toutes les réactions de colère après le remake terroriste contre son journaliste) c’est une même protestation qui s’affirme contre les nouvelles « lettres de cachet ». Des comités de soutien se sont formés en France et une cinquantaine de personnes ont été protester au palais de « justice ». A l’étranger aussi, des manifestations de soutien ont eu lieu en Russie, en Belgique, et depuis les USA, l’Italie et l’Espagne des motions de soutien nous sont parvenues permettant de voir que les mêmes mesures de provocations gouvernementales sont préparées dans d’autres pays. La fraction du CCI signale que des manifestations ouvrières au Mexique sont l’objet de tirs depuis des hélicoptères.

Le Comité de soutien bruxellois aux inculpés du 11 novembre (soutien11novembre@bruxxel.org) a fait parvenir le communiqué suivant :

« Le 25 novembre a été créé à Bruxelles d’un Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre arrêtés dans le cadre de l’enquête sur les sabotages des TGV en France. Des arrestations et perquisitions ont eu lieu chez des membres belges du Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre. Le 27 novembre, 10H45 : lors d’un contrôle routier sous caméras de repérage, un membre du Comité fraîchement créé est interpellé à Bruxelles parce que la voiture qu’il conduit est signalée dans le fichier Schengen. Alors que lui-même ne fait l’objet d’aucun signalement de recherche, il est immédiatement arrêté et menotté lorsque les policiers découvrent des documents relatifs au Comité. La voiture, un rétroprojecteur et tous les documents trouvés dans le véhicule sont saisis. L’automobiliste est emmené au commissariat de la rue Marché au Charbon et maintenu menotté à un banc et sans pouvoir manger de 11 H du matin à 20H. Il est interrogé par des inspecteurs du Parquet fédéral qui l’interrogent au sujet du Comité et cherchent à savoir qui est le responsable du Comité de soutien. A 20H il est emmené avec trois voitures de police place du Jeu de Balle. Le 27 novembre, 20H : sept inspecteurs du Parquet fédéral font irruption au domicile de Philippe Simon, au-dessus de la librairie « Imaginaire », place du Jeu de Balle à Bruxelles. Pendant deux heures, en l’absence de Philippe Simon, munis d’un mandat de perquisition sur lequel étaient mentionnées apparemment les infractions « association de malfaiteurs » et « détérioration en réunion », les policiers fouillent minutieusement l’appartement et copient tous les fichiers de son ordinateur pour finalement emporter celui-ci. Des revues politiques et des cd ont également été saisis. Le 28 novembre, 1H : le membre du comité est relâché mais la voiture, la liste d’adresse électronique et tout le matériel du Comité sont saisis. Cette arrestation, cette perquisition et ces saisies laissent présumer qu’une procédure pour faits de terrorisme a été ouverte en Belgique en relation avec les événements français. S’organiser en vue de soutenir des personnes incriminées pour terrorisme est désormais criminalisé. Détenir des documents relatifs à un Comité de soutien est directement prétexte à arrestation, perquisition. La saisie des documents du Comité et d’un fichier d’adresses est inacceptable. Les adresses des personnes reprises dans le fichier saisi apparaissent dorénavant dans une enquête pour faits de terrorisme ! Dorénavant ils peuvent craindre d’être poursuivis eux-mêmes. Philippe Simon et le membre du Comité de soutien arrêté se voient également, tous deux, associés avec l’enquête menée en France. Ceci est excessivement grave. Il y a clairement amalgame entre lutte politique et terrorisme. Le Comité de soutien bruxellois aux inculpés du 11 novembre s’est constitué non seulement pour obtenir la remise en liberté des personnes arrêtées en France mais également pour dénoncer les législations anti-terroristes qui prolifèrent partout en Europe. L’utilisation du terme « terrorisme » pour qualifier les idées portées par certaines personnes constitue une épée de Damoclès qui plane au-dessus de toutes les formes d’actions politiques et sociales. Cet incident en est une nouvelle preuve. Selon nous, les opérations de police de ce 27 novembre sont clairement une tentative d’intimidation à l’encontre du Comité de soutien bruxellois. Nous dénonçons catégoriquement ces pratiques. Nous exigeons la restitution immédiate des objets et documents saisis. Nous protestons à nouveau contre l’existence et l’utilisation de ces législations anti-terrorisme ainsi que la libération des inculpés français ».

Le groupe GCI de Belgique a fait circuler un communiqué qui dénonce une stratégie de l’Etat bourgeois visant à :

« Occulter la nature fondamentalement terroriste de sa domination en assimilant exclusivement le terrorisme aux réactions violentes du prolétariat, tout en amalgamant délibérément celles qui se situent dans une perspective de classe et celles qui se trouvent dévoyées par divers encadrements vers des objectifs aclassistes, réformistes, religieux, de libération nationale, etc.;

Renforcer son arsenal légal, juridique et idéologique de répression contre la moindre contestation de l'ordre marchand;

Imposer parmi les exploités la division idéologique entre "innocents" et "coupables", entre "honnêtes citoyens" et "barbares terroristes ».

Chacun comprend que ce n’est qu’une attaque préliminaire contre l’ensemble du prolétariat contraint de s’insurger contre la crise économique capitaliste qui va générer encore plus de misère. Cette lutte ne sera pas pacifique puisque l’Etat bourgeois envoie ses flics contre les ouvriers licenciés, puisque les manifestations sont hyper fliquées et donnent lieu à des internements arbitraires. L’Etat bourgeois croit impressionner, il se fout le doigt dans l’œil.

D’Espagne, des camarades nous envoient le commentaire suivant : « …nous devons manifester notre solidarité avec ce groupe accusé à tort par l'Etat dans une action de la police pour prévenir les luttes des prolétaires à venir les prochains mois à cause des retombées sur la classe de l’actuelle crise économique. Même chez nous un militant de la CNT a passé 5 jours à la prison pour une amande de 50 € !!!!!!!!!!! ». Par ailleurs, ils me savent gré d’avoir corrigé une appréciation élogieuse du texte « L’insurrection qui vient », de tonalité anarchiste en effet et creuse. (Le site Indy média du Canada avait publié cette appréciation littéraire un peu rapide sans mon accord, car ce sont de braves démocrates libertaires sans principes, comme les divers Indy média qui publient à peu près n’importe quoi).

Ces camarades ajoutent : « Et à coté de notre solidarité, nous devons critiquer les positions politiques de la mouvance situ avec ses solutions à la con. Nous pouvons aussi parler de Jaime Semprun, Riesel et les encyclopédistes du XXI siècle et autres groupes du même genre qui ont abandonné toute position de classe pour des positions contraires au développement du mouvement de négation de la société capitaliste. Ils sont très loin du mouvement prolétaire dans un monde idéaliste tout a fait contraire à la lutte révolutionnaire. Pour terminer ici à Barcelone samedi des groupes gauchistes ont organisé une manif contre la crise. Nous sommes encore dans la premier phase du mouvement dans la quelle les groupes gauchistes et les petits syndicats « alternatifs » et « basistes » ont encore le contrôle des grèves et manif. Nous espérons une réaction des ouvriers pour dépasser cette phase ».

A l’intérieur des groupes gauchistes en France, la colère monte contre la compromission des états-majors. Silence radio des « directions » de LO et LCR qui avaient pleurniché leur soutien au vieux terroriste Rouillan. Florilège sur le site du NPA :

- « A part une jolie prise de position d'Olivier Besancenot "c'est pas nous c'est pas nous...", Personne dans ce parti pour dénoncer l'opération de propagande de l'état terroriste et pour défendre 9 innocents jetés en prison pour l'exemple. Rappelons aussi que la FA est la seule organisation politique à avoir apporté son soutien aux accusés, qui rappelons-le, sont en train de subir la torture blanche dans les geôles ultra-modernes de la SDAT. En tout cas, va bien falloir leur trouver et leur mettre quelque chose sur le dos à ces innocents, pour que le pouvoir, les médias et la gauche (même dite extrême) syndicalo-politique traîne savate n'aient pas l’air con après s’être aussi vite ralliés aux premières rumeurs anti-terroristes ? ! Et apparemment, il n’y aurait pas de postier dans le coup !!! (comité de soutien aux inculpés de Tarnac) ».

- « Je suis étonné du silence radio de tout ces gens qui sont dans le national de la LCR comme du NPA". Je souhaiterais qu'une position positive et courageuse aboutisse rapidement » ;

- « Rebonjour, je pense que la direction de la ligue doit très rapidement sortir un communiqué national pour appeler à soutenir ces 9 camarades de TARNAC et quelle ne peut plus se taire et elle se doit de prendre position rapidement suite à son communiqué qui est "une erreur politique" car précipité et se couchant devant la pression médiatique du pouvoir réac, fasciste, raciste et autoritaire de droite et beaucoup de Copains et Camarades pensent cela et nous devons exercer une pression forte sur le "national de la ligue" pour qu'il révise enfin leur position inadéquate et j'appelle encore tout les comités et camarades de la ligue et du NPA à faire pression sur "les dirigeants de la ligue" pour voir sortir un nouveau communiqué qui nous fera honneur cette fois-ci !!! Je suis étonné du silence assourdissant de ces derniers tant prompts à réagir sous la pression télévisuelle maladroitement alors que là c'est les militants qui se doivent de le faire et je suis étonné du peu de réaction aussi pour le moment des comités et j'espère qu'il vont enfin se réveiller. On ne peut pas abandonner des Camarades sur le bord de la route sans secours "par peur peut-être ou électoralisme ou même par maladresse politique" si on se prétend être des révolutionnaires et la direction de la ligue sortirait grandi de sortir un "beau communiqué positif et surtout courageux et généreux" à l'égard des 9 de Tarnac et sinon un Parti qui veut changer le monde et créer une société juste , égalitaire et fraternelle ».

- un autre estime qu’un franc soutien aux emprisonnés : « pourrait se retourner contre la crédibilité du mouvement social en cas de culpabilité avérée des garçons. A ce stade, bien plutôt que "(...) pren(dre) position pour la libération des camarades", pourquoi pas une démarche pour défendre bec et ongle tous les droits des prévenus et demander haut et fort les preuves matérielles de leur culpabilité? Dès lors que les preuves résisteront aux premières enquêtes, ta démarche convaincra au-delà même du mouvement ».

Le problème n’est pas là pourtant avec l’absence de preuves et la précipitation de l’Etat « courante » pour réprimer sans distinction (par ex. la semaine dernière il y a eu près de mille mises en examen en France !). Même s’il y avait l’ombre d’une preuve, le totalitarisme étatique est patent.

Les protestations sont venues initialement, et courageusement du milieu anarchiste, avec la FA en particulier.

LA LACHETE DES REVOLUTIONNAIRES DE SALON

On doit déplorer cependant que d’autres appareils, aux côtés des officiels gauchistes financés par l’Etat pour leur participation électorale, aient choisi de se situer du côté des « soupçons » de l’Etat. L’inconsistant BIPR (Battaglia comunista) se tait. Mais la principale particule ultra gauche, le CCI (courant communiste international derrière l’Etat) et ses succédanés, sont partis du principe veule besancenotien: « M’sieur l’agent, nous on est pas des terroristes ». Ils se sont ingéniés à dénoncer le terrorisme et non pas l’anti-terrorisme fabriqué de l’Etat… terroriste. Au nom de la vertu anti-terroriste interclassiste, les jeunes alpagués de Tarnac ont été « manipulés » (donc ils ont dû se balader du côté des caténaires…). Déclaration du CCI : « Il n'y a donc aucun doute à avoir, qu'ils soient réellement coupables ou non des actes dont l'État français les accuse, ces "autonomes" n'ont été en réalité que des marionnettes dans les mains de la bourgeoisie. La vraie question est donc pourquoi ? Pourquoi les avoir laissé faire pendant des mois ? Et pourquoi les arrêter en grande pompe aujourd'hui en les traitant comme les pires des criminels ? ». Terriblement ambigu pour cette avant-garde auto proclamée de la lutte des classes ! N’est-ce pas ? Et ces imbéciles ont pris pour argent comptant la manipulation bourgeoise en spectateurs trouillards:

« Des actes impuissants contre la domination de la bourgeoisie. Ce petit groupe "d'autonomes" est en train d'être broyé par la machine judiciaire. La bourgeoisie qui cyniquement leur a tendu un piège pendant des mois se jette sur ces proies faciles aujourd'hui comme des hyènes enragées avec tout son arsenal répressif. Ainsi, pour avoir (peut-être) bloqué des trains et mis une belle pagaille, cette poignée d'éléments déclassés (bien que provenant d'un milieu familial aisé, insiste lourdement la propagande pour mieux les discréditer) se retrouvent accusés aujourd'hui "d'actes de terrorisme" et "de recours organisé à la lutte armée" contre l'État, encourant des peines allant jusqu'à 20 ans de prison ! Rien de moins ! Il est possible que ceux qui ont commis ces sabotages pensaient, par ces actes spectaculaires et symboliques, réveiller les consciences et démontrer que le système est finalement vulnérable, etc. Dans une certaine mesure, il y a chez ces éléments l'expression d'un sentiment de révolte brute et désespérée contre l'inhumanité de ce système. Mais en se fourvoyant dans de tels actes stériles qui ne représentent pas plus qu'une piqûre de moustique sur une peau d'éléphant, ces éléments n'ont fait, surtout, que révéler leur propre impuissance. Il s'agit d'éléments déboussolés mus par une révolte avant tout individualiste et qui se livrent à des actions absurdes. Commettre de tels actes ne relève pas seulement de la naïveté mais aussi et surtout de la stupidité. En réalité, de telles actions n'ont aucune chance de réveiller la moindre conscience au sein de la classe ouvrière. Elles ne font que souligner le désespoir impuissant et l'isolement de leurs auteurs. En fait, s'imaginer que de tels actes, émanant par nature d'une infime minorité, pourraient participer de la lutte contre le système d'exploitation relève d'une bonne dose de mégalomanie. De tels actes de sabotage n'ont rien à voir avec les méthodes de lutte de la classe ouvrière. Ces méthodes désespérées sont complètement étrangères et totalement aux antipodes des luttes collectives et solidaires de cette dernière. Ainsi, si nous dénonçons la répression de l'État bourgeois qui s'abat aujourd'hui sur ces déclassés surveillés et manipulés, nous rejetons aussi sans ambiguïté leurs hypothétiques actes de sabotage ».

La répression de l’Etat n’est nullement dénoncée puisque cette secte avalise tous les soupçons répandus par les médias !

La fraction « interne » du CCI, clone grotesque de cette secte, en rajoute une couche suiviste : « au moment où nous publions ce document sur notre site internet (21 novembre), nous prenons connaissance de la prise de position faite, sur la même question, par la section en France du Courant Communiste International à l'occasion du sabotage des voies de chemins de fer et de la campagne médiatique qui s'en est suivi dans ce pays sur un soit disant réseau "ultra-gauche" terroriste. Bien que nous ayons été exclus de cette organisation (nous considérons que notre place en tant que minorité organisée est toujours en son sein), nous tenons à signaler que nous partageons l'essentiel de sa prise de position - même si nous pouvons regretter que le texte ne se limite qu'à la situation immédiate en France alors que la question se pose au niveau international ». Et, plus comique ces pauvres types publient ce texte de péteux sur Indy média signé "Steve Tremblay"; la faction surrenchériste qui s'imagine interne "tremble" donc à l'externe devant les possibles soupçons policiers! (Nous la nommerons donc ici "Steve le péteux" qui dit pas son nom).

Pour les historiens, on peut signaler que ce groupe d’intellectuels lâches cciens ne fait que récidiver, ils pourront trouver le même genre de dénonciation des « moustiques » anarchistes dans un vieil article d’un certain Max (devenu communisateur) crucifiant Van der Lubbe (alors que Bilan soutenait celui-ci contre l’hystérie des nazis, auteurs eux-mêmes de l’incendie du Reichstag !). Sans oublier un article lamentable sur Baader d’un nommé Chardin (devenu historien spécialiste de la gauche italienne), qui bien qu’il ait été un con financé par les services secrets de l’Est, n’était pas à placer au même niveau que les manipulations de l’éléphant étatique.

De telles prises de position pleutres face à l’Etat au nom de la lutte de classe « collective », « gréviste », « dirigée par l’organisation », ne font que rejeter les prolétaires dans l’ornière : « vive la police démocratique en cagoule ».

Il ne s’agit pas ici de se solidariser avec toute une mouvance qui rêve d’action « directe » stupide pour « réveiller les masses », mais d’alerter sur des méthodes policières qui ne peuvent que préparer la pire des répressions contre le prolétariat qui sera contraint à se défendre, puis à recourir à des actions violentes de masse loin des émeutes altermondialistes ou des gentils jeteurs de pavé de 1968, s’il ne veut pas être courbé sous les fourches caudines de la préparation à la troisième guerre mondiale, qui reste la seule « solution » à la crise bourgeoise. Les grèves sont toujours limitées et celles qui se déroulent encore ne mènent qu’à l’impasse corporative. L’époque est venue de luttes politiques, de grèves politiques, de manifestations politiques contre les attaques de l’Etat, non pas derrière de la mouvance anarchiste qui réclame un retour à l’Etat « de droit » ou à une « justice impartiale », mais à l’affirmation du prolétariat par le projet de transformation de la société qui inclut, derrière lui, les couches petites bourgeoises paupérisées et les milliers d’individus injustement incarcérés au nom de la raison d’Etat machiavélique.

PS : un certain Do me fait parvenir ce qui suit :

Il est important de visiter le site du comité de soutien aux inculpés de Tarnac :

http://www.soutien11novembre.org

Le FBI n'aimait pas l'une des personnes arrêtées (on nous l'a assez dit à la télé) et l'avait signifié à l'agent de la CIA Nicolas Sarkozy (cliquable). Celui-ci s'est aussitôt empressé de servir ses chefs américains en faisant infiltrer le groupe informel d'ami-e-s auquel cette personne appartenait, c'est ainsi que la télé peut nous dire qu'ils étaient "surveillés" depuis six mois. L'agent spécial infiltré a tenté de les pousser à commettre ces sabotages. Comme il n'y est pas parvenu, la nouvelle police politique fabriquée par le sarkonazi, la DCRI, a saboté elle-même les caténaires SNCF ; voyant qu'il n'y avait aucune réaction contrairement à l'époque d'AZF (cliquable), Sarko a pensé qu'il pouvait passer à l'étape suivante, c'est-à-dire accuser les diverses personnes dont cette page est en train de prendre la défense d'avoir commis ces sabotages afin de pouvoir leur en faire porter le chapeau. L'agent infiltré a tenté de pousser ce groupe informel d'ami-e-s de Tarnac à commettre de tels sabotages afin de les prendre en flagrant délit, mais il n'y est pas parvenu. Aussi, profitant qu'une partie du groupe informel dont on parle se situait à un moment donné près d'une ligne de TGV, la DCRI a placé une pièce servant au sabotage sur la caténaire de cette ligne afin de pouvoir ensuite accuser les inculpés d'avoir commis ce sabotage. Et le flic infiltré a ensuite témoigné contre eux sous X en se faisant passer pour un repenti !



dimanche 30 novembre 2008

JOURNALISTE ! VOS PAPIERS !

MANIFESTANT ! VOTRE TROU DU CUL SVP !


« Louis XVI était un homme bon qui aimait son peuple. Il enfermait ses opposants à la Bastille. Il était soucieux de justice. Il embastillait toujours plus de prisonniers. Puis il les oubliait ».

Michelet (La révolution française, de mémoire)

Il faut que vous sachiez, vous qui nous lisez à l’étranger grâce à cette merveilleuse toile universelle, que la France est un pays à vocation jacobine terroriste grâce à son Pinocchio Blaireau Ier et à sa poupée vaudou Rachida Dati. Cet homme, formé à la dure école de premier flic de France, a entrepris de révolutionner les méthodes primaires de fichage de la population qui ne sauraient désormais plus se restreindre aux banales traces d’ADN et au fichage anthropométrique. La préservation de l’ordre en France lors des manifestations de rue criminalise, depuis l’accession au trône de notre monarque Pinochetien et de sa Pompadour, le moindre manifestant syndical ou délinquant de 12 ans, et fait peser sur leur tête la hache de l’accusation virtuelle de terrorisme ou de proxénétisme. On le sait désormais, tout porteur de badge CGT, terroriste potentiel, est prié d’enlever, en fin de manif, ce badge idiot de syndicat complice du gouvernement, puis de défiler entre les camions de CRS pour être pris en photo et filmé jusqu’au trou du cul, ce qui est certainement une innovation pour enrichir le dictionnaire Maîtron de tant d’anonymes et pacifiques manifestants. La police aime être reconnue comme source fiable pour les historiens.

Après avoir visité les musées d’Abou Ghraib et de Guantanamo, notre Paillasse nationale a également bouleversé les règles en matière de criminalité supposée. Dans le domaine de la contrainte judiciaire, la contrainte médiévale par corps est rétablie du fait du droit ninja, nouvel uniforme de la magistrature avec cagoule découpée dans les anciennes robes (pour réduire la crise du textile) et pataugas rachetés aux surplus US. Notre nouveau Pétain, présent à Douaumont - feu le maréchal a été restauré comme « héros » de 14-18 dans les écoles par le collabo Darcos - peut, selon son bon plaisir, vous envoyer ces ploucs chez vous à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.


Il est recommandé de ne pas dramatiser à l’excès les exactions et humiliations dont vient d’être victime un journaliste français par ce nouveau droit ninja. Les policiers exécutants anonymes encagoulés comme de vulgaires terroristes sont fidèles à la tradition japonaise qui leur sert de prête-nom : ils font partie de la classe des non-humains et par leur activité criminelle de terreur contre les personnes, leurs méthodes peu orthodoxes et hors l’ancienne loi, ils sont à placer au même rang que les criminels et les vagabonds. Ce sont les meilleurs soutiers du blaireau chef de la canaille étatique. Nouveaux corps francs néo-nazis ils impressionnent jusqu’au moindre brave gardien de la paix, considéré comme un vulgaire chien écrasé lorsque les 4X4 ninjas passent en trombe, mitraillettes à la fenêtre et tête de con au volant.

Tollé général de l’ensemble de la presse française bien pensante et des partis politiques bien pansus donc. Un journaliste a été humilié devant ses enfants, embarqué manu militari en pleine nuit, et obligé de baisser à deux reprises sa culotte. On n’a pas précisé si Rachida Dati était présente ou pas. Auquel cas il faudra classifier l’exaction policière comme délit anal et perversion libidinale. Pensez ! Ce n’était point un vulgaire écolo de Corrèze, un « irlandais » de Tarnac, un pue la sueur de Renault mais un monsieur bien, ancien directeur à Libération, un bourgeois propre sur lui. Bavure donc, avis au gouvernement de s’excuser !

Magnifique presse démocratique qui s’émeut pour un bourgeois humilié, que n’a-t-elle pas roulé dans la boue les petits jeunes de Tarnac ? Combien sa prestation fût servile pour trouver mille autres preuves à l’absence de preuves policières et gouvernementales.

SI LES JEUNES ETUDIANTS DE TARNAC SONT EN TAULE C’EST BIEN GRACE A VOUS JOURNALISTES VEULES ! VOUS N’AVEZ PAS ECRIT UNE SEULE LIGNE POUR DENONCER LES MEMES METHODES D’HUMILIATION DONT JULIEN COUPAT ET SES AMIS ONT ETE VICTIMES. SI VOUS AVIEZ EU DES COUILLES, CES JEUNES SERAIENT DEJA EN LIBERTE AVEC LES EXCUSES DE LA POLICE ET DES LACHES MAGISTRATS. VOUS AURIEZ ETE AVEC LES ACCUSATEURS DE DREYFUS. VOUS AURIEZ ETE DE LA MËME FACON AVEC LES MAGISTRATS PETAINISTES ! NE VENEZ PAS VOUS PLAINDRE !

La campagne de presse orchestrée par le gouvernement sarkosuiviste a fait un mal considérable à de jeunes innocents. Comme la population française est un concert de veaux, comme disait le camarade De Gaulle à la Libération, la plupart vont croire longtemps encore à la culpabilité des jeunes de Tarnac, grâce à vos lâches écrits de collabos.

CONSEILS AUX NINJAS LORS DES PROCHAINES ARRESTATIONS :

Lorsque vous vous livrez aux empreintes anales vérifiez bien l’état du trou :

- si le trou est bien fermé, petit, délicat comme un trèfle à quatre feuilles, du type des trous du cul de Tarnac, n’hésitez pas à présenter le non-prévenu nu à la magistrate perverse : il contient un fer à cheval anti-caténaire ;

- si le trou est sale et malodorant, relâchez-le immédiatement, c’est un collègue en civil ;

- si le trou est à demi ouvert, c’est un cadre supérieur ou un contremaître, relâchez-le aussi immédiatement car il admire la police qui protège sa résidence secondaire ;

- si le trou est large et profond, malheur à vous, c’est un journaliste, relâchez-le sur le champ (pas dans les champs) avec les excuses du ministre de bretelle.

CONSEILS AUX MANIFESTANTS EN GARDE A VUE :

- ne chiez pas 48 heures avant la manif,

- lorsqu’on visite pour la première fois votre trou du cul : pétez. Vous ne risquez pas l’offense aux forces de l’ordre puisque ce n’est pas une parole vulgaire ;

- lors de la deuxième visite, dans le bureau de la magistrate (il y a de plus en plus de femmes pour cette sale besogne) ne prononçez aucune phrase : chiez debout. C’est bien connu, les femmes ont un sens olfactif développé, la magistrate va quitter la pièce en vomissant. Elle ne pourra pas vous condamner à deux ans de prison pour offense à magistrat, puisque chier debout caractérise un malaise physique indépendant de la volonté.

- Achetez un pyjama à rayures car Blaireau Ier va bientôt rouvrir le camp des Mille pour y interner tous les opposants politiques sérieux et les caricaturistes qui se moquent de lui.

vendredi 28 novembre 2008

LES BONNES PAGES DE LA

« LETTRE INTERNATIONALISTE »

Ou les nouvelles facéties de Gaston Lagaffe


Pauvres apostats, pauvres exclus des sectes. Il en est qui retournent benoîtement cultiver leur jardin. D’autres, après de longues années d’errance, reviennent tête baissée au bercail. Quelques uns continuent d’affirmer leurs convictions sans plus être militant de quelque organisme que ce soit. Le marxisme stalinien a fait beaucoup de mal au marxisme de Marx. On oublie que le stalinisme n’est pas seulement la figure la plus connue de la contre révolution mais a été l’expression de la réaction de la petite bourgeoisie intellectuelle dans le repli national de la révolution internationale. L’identification au pouvoir d’Etat des léniniens a été pour quelque chose dans cette décrépitude et ce renflouement des couches petites bourgeoises. En Russie, comme en Italie, au début du siècle dernier, dans deux pays où l’industrie n’était pas dominante mais fortement concentrée en deux ou trois grandes villes, la petite bourgeoisie fût appelée à suppléer à la faiblesse de la bourgeoisie, comme l’a génialement analysé Gramsci. Gramsci, plus que Bordiga et à l’inverse de Staline, garda le souci que les ouvriers soient formés et éduqués le plus vite possible au début de la révolution afin de ne pas laisser à la myriade des couches petites bourgeoises traditionnelles la direction de la société. Son message a été perdu sous la récupération stalinienne et par la rigidité bordiguiste.

La crise du mouvement révolutionnaire depuis 1968 n’est pas due simplement aux mirages de la société de consommation en milieu prolétaire, que le profond ébranlement du capitalisme déchire aujourd’hui. Elle est la conséquence de l’épuisement des conflits internes entre marxistes anarchistes et marxistes anarchistes. Elle est, de plus, la conséquence de l’absence de confiance des millions de prolétaires dans les partis politiques dirigés par les mêmes intellectuels, y inclus les minimes minorités révolutionnaires. Il ne faut pas celer la vérité, excepté quelques unités individuelles, les prétendus futures excroissances révolutionnaires ne se sont jamais implantées en milieu ouvrier, ou lorsque certains particules avec ce titre y parvinrent, ce fût comme pour les officines de M.Besancenot et Mme Laguiller, en se coulant dans le plus plat clientélisme syndicaliste et électoraliste.

Que peut faire un groupe d’intellectuels en marge, conscient de la malignité du système d’oppression actuel ? Prôner le grand soir, bien entendu, car sans référence au prolétariat le marxisme comme théorie de bouleversement de la société n’existe plus. En appeler à l’union des prolétaires, cette évidence que chacun sait depuis deux siècles, mais au nom d’un type d’organisation de masse, par exemple les conseils ouvriers, dont, malgré les contorsions théoriques des uns et des autres, chaque secte envisage d’en être la tête pensante. Or, la plupart des militants des groupuscules sont des ignorants qui postulent à un pouvoir plus considéré et considérable que celui qui leur est imparti individuellement dans leur cercle d’amis. Comment, dans ce cas, espérer devenir crédible ?

Par le passé du mouvement révolutionnaire, les acteurs de la lutte des classes ont gagné la confiance des prolétaires par leur engagement risqué, ont payé de leur personne et ne se sont pas réfugié dans l’anonymat. Les minorités actuelles sont des minorités assises confortablement devant un clavier d’ordinateur, et leur activité est dorée, sans embûches. Alors que nous entrons dans une période où tout révolutionnaire devra parler haut et fort publiquement, l’Etat réagit en montrant sa terreur contre d’inoffensifs jeunes anarchistes, pour dire clairement ce qui attend les révolutionnaires sincères et incorruptibles. La police viendra les contraindre par corps dans leur foyer même quand il le faudra, sous les prétextes les plus farfelus.

Une organisation politique révolutionnaire, basée sur des principes de fer, est plus que jamais indispensable, mais les bases n’en sont pas encore là. L’absence de confiance en tout nouvel organisme prolétarien intransigeant avec l’hypocrite démocratie bourgeoise est surtout prolongée par les groupes gauchistes institutionnels mis en vedette par les médias. Les « Lutte Ouvrière » et NPA-LCR ont une complicité actuelle indéniable avec l’orientation « anti-terroriste » du pouvoir d’Etat, dans une atmosphère où des attentats de plus en plus cruels touchant toutes les nations vont se développant, meilleure manière de préparer la nouvelle guerre mondiale. En affichant leur soutien au dénommé Rouillan, petit personnage dont les hauts faits d’armes se résument au meurtre stupide de deux bourgeois, ces deux organismes trotskiens rendent non seulement service à la politique va-t-en guerre de M.Sarkozy, mais annihilent toute confiance des prolétaires envers des organisations dont la radicalité de façade ne se résume finalement qu’à l’apologie du meurtre des bourgeois. C’est le système d’exploitation qu’il s’agit de tuer, en bloquant ses rouages, en détruisant ses organismes de conservation des inégalités, juridiques et militaires. Qui peut croire que c’est par hasard que sont projetés sur tous les écrans européens des films qui font l’apologie des « révolutionnaires » Mesrine et Baader ? A quand un film sur la « merveilleuse » saga d’Action Directe ?

Ce qui caractérise le régime capitaliste dit démocratique c’est un totalitarisme supérieur à ceux du nazisme et du stalinisme.

Peut-on dénoncer ce régime planétaire totalitariste en prétendant le remplacer par un autre régime totalitaire conduit par la petite bourgeoisie flouée ? Les divers gauchistes et anarchistes n’ont aucune chance. Le gouvernement des anarchistes, tout le monde l’a compris désormais, c’est le chaos. Celui des gauchistes ne pourrait être qu’un stalinisme relooké tellement leur absence d’imagination politique est minable.

La petite bourgeoisie, dans sa diversité et ses méandres sociologiques, n’est pas une classe intrinsèquement pourrie. Et elle n’est pas négligeable vu son énorme place dans la population. Si elle comprend qu’elle doit s’allier avec le prolétariat, sans le subsumer, elle pourra jouer aussi un rôle dynamique dans la révolution. De même, ses intellectuels non compromis, ont leur place dans le combat pour une autre société. Malheureusement, la partie intellectuelle (enseignants et cadres) traîne le vieux boulet du substitutionnisme depuis le début du XXe siècle. Le syndicalisme révolutionnaire et le mouvement des conseils d’usine en Italie en 1919 eurent le souci légitime de se démarquer du pouvoir des intellectuels, toujours en recherche d’hégémonie prédominante du fait de bagage culturel. Ces deux mouvements furent cependant récupérés par la bourgeoisie au nom d’un ouvriérisme platement suiviste et syndicaliste qui permit d’interdire à l’intellectuelle Rosa Luxemburg de venir parler dans les assemblées ouvrières.

Ce constat ne suffit pas à blanchir la petite bourgeoisie intellectuelle de nos jours. L’héritage du stalinisme pèse encore plus lourd qu’on ne croit. La majorité des dirigeants bolcheviques étaient des intellectuels, cette nature ne fut aucunement rédhibitoire toute le temps où ils furent les dignes représentants du prolétariat contre la guerre mondiale, mais cette caractéristique reprit le dessus lorsqu’ils s’identifièrent à l’Etat national, hors des réalités du prolétariat. Le parti bolchevique de cette époque fut plus un conglomérat d’individus, dans un cadre cohérent, que le parti de fer que la tradition léninfiante et bordiguieuse a inventé. La question fut piégée à l’époque dans le faux problème : pouvoir d’Etat « prolétarien » ou pouvoir des usines. Elle fut tranchée quand les quelques 200.000 petits bourgeois intellectuels et artisans de l’Ancien régime se précipitèrent pour occuper les places dans l’appareil d’Etat. La résistance dispersée puis passive du prolétariat fut vaine et il le paya par cinquante années de contre révolution. (cf. Lire mon livre : « Dans quel « Etat » est la révolution ? » que Harvard m’a commandé).

Le Hic de l’histoire de la paralysie du mouvement révolutionnaire moderne est là. Tant qu’aucun groupe constitué, en voie de constitution ou en constitution au moment des premiers grands affrontements, ne prendra pas à bras le corps cette question, le prolétariat universel ne marchera pas et n’ira pas au casse-pipe sous les promesses radieuses du lendemain qui chante par quelques intellectuels veules.

Les intellectuels en politique ont en général repris la tunique des clercs d’anciens régimes. Ils moralisent. Ils vitupèrent. Leurs leçons sont « historiques », « marxistes », « déterministes ». Mieux, ils ont dépassés le stade du petit individu réactionnaire, ils sont l’expression sublimée de la « volonté commune », d’une pensée groupale. Ils toisent l’individu non organisé comme une espèce de type inférieur qui n’a jamais accédé au nirvana de la « collectivité ». L’histoire de la lutte des classes n’est plus que l’histoire des groupes politiques, du moi groupal qui transcende la masse de chair physico-chimique. L’individu, surtout prolétaire, pion sous le capitalisme reste pion dans l’Organisation. Les incantations sur le Parti se font pourtant sans cesse au nom de fortes individualités : Marx, Lénine, Bordiga, etc. Lesquels furent plus efficaces et restent dans l’Histoire plus par leurs incartades individuelles que par leur soumission à une organisation anonyme.

Les petits partis révolutionnaires du passé furent plus des conglomérats d’individus aux fortes personnalités tendus vers le but commun qu’une armée de soudards suivistes. Sans les citer on a en tête une myriade de groupuscules qui, depuis des décennies, prêchent discipline, sens de l’organisation, mais en ridiculisant tout vote majoritaire (ségoléniste) comme une farce (ce qui est souvent vrai) au nom d’un centralisme organique où les intellectuels détiennent le pouvoir de décision (ce qui n’est pas un mal si ceux-ci s’en tiennent aux principes et ne trahissent pas). La quadrature du cercle peut être aisément dépassée si les principes politiques ne contreviennent pas aux destinées du prolétariat, mais c’est le prolétariat qui doit rester maître au bout du compte de ces destinées. C’est pourquoi les organismes du pouvoir transitoire du prolétariat ne doivent pas être soumis à un parti.

Malheureusement, l’influence délétère du stalinisme s’est infiltrée insidieusement dans ce bel agencement. Aucun groupuscule ne tolère et n’a toléré la moindre tendance ni fraction en son sein au cours des décennies écoulées, et c’est ce qui a mené à leur perte. Aucune organisation comme aucun individu n’est fiable en soi. C’est une tartufferie de première de prétendre à un monisme du prolétariat dans le projet de transformation de la société. Le prolétariat est multiple, contient des milliers de projets, de forces vives, et il n’a nul besoin de chef, de parti dirigeant, de « cadres » prolétariens pour venir à bout de la mission qui lui est impartie historiquement. Qui vivra verra.

LA DEFENSE POISSEUSE D’UN CERCLE DE BIBLIOTECAIRES EDUCATIFS

Cette longue introduction se suffit à elle-même, et c’est tout à fait accessoirement que je répondrai à Michel Olivier qui vient faire le beau avec le dernier numéro de sa revue « La lettre internationaliste » contre les efforts de réflexion de quelques uns, en particulier Robert Camoin et moi-même. Dans un court article fielleux – « Polémique ou réflexion ? Quelle méthode ? - ce sergent recruteur du BIPR (organisme italien qui se réclame de la tradition révolutionnaire, aux positions à géométrie variable), vient faire la leçon aux « individus » :

« Il existe aujourd’hui un certain nombre de petites revues le « Prolétariat Universel » et « Présence marxiste », qui n’expriment que les pensées de leurs rédacteurs, elles ne sont pas les organes des réels courants politiques organisés et historiques. Leur existence est la manifestation de la faiblesse du courant de la Gauche communiste.

Devraient-elles exister ? La réponse est non. Mais peut-on empêcher leur existence ? Non bien sûr. De toute façon, c’est un fait, elles existent un point c’est tout ».

Passons sur le constat que le questionnement est typiquement stalinien, car alors qu’il n’avait pas encore été éjecté du CCI, Michel Olivier fut de longues années son meilleur Vichinsky, et penchons-nous plutôt sur ce que Gaston Lagaffe (ainsi était-il dénommé naguère pour ses régulières gaffes en politique) indique comme « réels courants politiques organisés ». Il s’y prend évidemment très mal. Il commence par nous faire une belle publicité pour le site de lectures (conseillées) Smolny qui « met à disposition des lecteurs des documents historiques ». Le site Smolny, qui ne compte que deux ou trois pékins déçus du CCI, s’est décrédibilisé par la publication d’une œuvre honorable de Rosa Luxemburg sur l’économie politique enveloppée dans une lourde introduction à la gloire de la starlettre Louis Janover qui vomit la révolution russe et dénie tout soutien de Rosa à Lénine. Notre Gaston Lagaffe assure que les polémiques dirigées contre cette publication n’auraient été qu’une « dérisoire polémique entre individus ». Critiquer la starlettre Janover et ses fans, une polémique contre des individus ! Du Marchais pur jus !

« Fausse polémique » que d’avoir incriminé la mise en selle du moi de M.Janover et sa position anarchiste contre la révolution russe ! Smolny n’est pas un cercle politique déguisé (comme disaient les méchants du CCI) : « De nombreux (sic) membres associés (dont lui) sont uniquement intéressés par la diffusion de textes introuvables du mouvement ouvrier ».

Au demeurant : « La critique serait beaucoup plus intéressante et solide si elle portait sur l’aspect politique de l’introduction ». Oh le falsificateur ! Les critiques de Robert Camoin, de Michèle, de moi-même, et d’autres camarades que je ne nommerai pas, ont pourtant été pour l’essentiel sur l’aspect politique infâme de l’introduction panégyrique de la starlettre !

Robert Camoin a vu, dès le début, que l’unique rédacteur de la « lettre internationaliste », jouait les rassembleurs œcuménique de tous les exclus du CCI. Cette revue opéra dès ses débuts les mêmes censures que ses anciens petits copains de la « fraction interne » (clône autiste du CCI) à mon encontre.

Avant de révéler l’objectif totalement opportuniste et arriviste de ce foutage de gueule, je me suis marré en lisant son appel à rejoindre le creux BIPR et un encouragement à la discussion fraternelle entre sectes qui se haïssent cordialement et se foutent sur la gueule en réunion.

On se retourne alors vers le seul rédacteur de la lettre, et unique représentant théorique dudit BIPR (Battaglia comunista) en France : « Pourquoi la lettre existe-t-elle ? » Pour le « moi » de Gaston Lagafe dont l’existence seule exprimerait « les réels courants politiques organisés » ?

Michel Olivier prétend que le parti de demain sera la fusion des petites sectes incapables de se regrouper depuis trente ans et qui ont franchi le seuil de la haine perpétuelle, on a le droit de rêver à la transformation du plomb en or !

Bon prince, grand seigneur, Gaston Lagaffe esquive, il ne veut pas « polémiquer inutilement avec les individus », aussi se veut-il rassurant, en bon fétichiste de l’œcuménisme, il pique les textes des autres : de Robert, de Guillamon… et prend ses lecteurs pour des cons. C’est ce qu’il a toujours fait, même avec sa thèse universitaire. Il s’est fait virer du CCI pour des raisons peu honorables, bien que discutables (l’hystérie néo-stalinienne invente ce qu’elle veut), mais qui ne sont pas toutes fausses, en particulier mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle.

Il s’est bien gardé de prendre position sur l’introduction fumeuse de la starlettre dans le numéro précédent de sa « lettre » individuelle, et pour cause : depuis des mois il rame pour que Smolny publie ses œuvres, ou du moins une traduction des œuvres des communistes de gauche dont il a patronné la traduction et le chapeautage introductif. Tant mieux si cet ouvrage est publié, espérons simplement que Smolny ne va pas lui imposer une introduction de ce pauvre Janover.

PS : Depuis 6 mois, sans avoir connaissance de son pétard de carnaval, je cherchais à joindre Michel Olivier – qui se targue d’être le seul à avoir vu venir la fin du cycle bienheureux du capitalisme - comme d’autres camarades, vu la gravité de la situation. Il ne répondit jamais, tout à ses activités ludiques de paisible retraité. C’est ce qui s’appelle faire de la politique dans son petit coin. La rando est certes « la manifestation de la faiblesse du courant de la gauche communiste ».

mardi 25 novembre 2008

Quelle crise

et conséquences pour les exploités ?


On a beau parcourir les maigres revues révolutionnaires, les sites des uns et des autres, les analyses des « spécialistes », aucun ne répond vraiment à la nature de la sévère crise capitaliste actuelle. On y vient bien partout une crise aux causes multiples face à l’idéologie totalitaire officielle qui ne veut y voir que malignité d’affairistes et de banquiers véreux. Et tout un monde d’intellectuels rêveurs de révolution et d’anarchistes excités d’attendre Godot : ce prolétariat évanescent pour les plus bêtes, ou cette masse qui ne désirerait qu’un nouveau parti de fer pour fendre un capitalisme à l’agonie, quoique certains aient encore des doutes.

La situation mondiale appelle incontestablement une réflexion de fond. Et pas n’importe quelle réflexion pour bavards économistes. Une réflexion politique sur le projet communiste réactualisé, hors des sornettes du bagage de rapiéçages néo-stalinistes à la manière du NPA et des résidus du PCF, hors d’un communisme frugal à la Bitot, hors d’un communisme féodal à la manière des anarchistes ou de leurs amis de Tarnac, certes férocement et injustement emprisonnés au nom d’une raison d’Etat anticipatrice, cynique et machiavélique.

Cette réflexion passe forcément par une meilleure connaissance de l’histoire du mouvement révolutionnaire, lequel, seul îlot lucide au milieu du marasme capitaliste, détient toujours la bonne boussole. Vont être publiés des éléments rassemblés pour une histoire vivante de la « Gauche italienne » qui constituent les linéaments pour cette réflexion moderne dans le sens de la révolution qui vient.

Au début de l’inquiétante année prochaine, qui viendra sûrement elle aussi, la revue Tempus Fugit fournira à ses lecteurs des armes (théoriques) indispensables, en France en particulier par la traduction d’ouvrages inédits dans cette langue, que l’on peut sérier ainsi : Gramsci-Espagne 1937-le PC internationaliste à la fin de la guerre et dans les années 1950. En effet, c’est de la compréhension de la contre révolution (des années 1920 aux années 1960) que le mouvement révolutionnaire ne peut qu’extraire sa vitalité et « restaurer » les principes qui font sa solidité et pérennité. Ont été traduits les livres suivants :

- Gramsci de John Mac Cammett : on a tout intérêt à mieux connaître la trajectoire de Gramsci, en n’oubliant pas qu’il fût un théoricien considérable, même s’il fût amalgamé par le stalinisme car il transforma « le parti d’une secte en un parti de masse » stalinien. Ce théoricien si décrié par des bordiguistes superficiels, qui avait considéré que « l’extrémisme de Bordiga conduisait au fatalisme religieux », a encore des choses à nous dire. Bordiga le « sectaire stérile » a eu raison sur le fond contre le philosophe Gramsci, mais Gramsci a de beaux restes, et Bordiga ne détenait pas toute la solution, une solution trop léniniste. La revue Bilan ne s’y était pas trompé qui compta Gramsci au nom des « nôtres ». A réfléchir.

- La victoire de Franco, c’est la défaite du prolétariat, Mario de Leone et la révolution espagnole, de Fausto Bucci et Rossano Quiriconi : compagnon de la première heure de Bordiga, De Leone fût un des membres de la Fraction en désaccord avec Bilan sur le sens des événements d’Espagne. Il se rend courageusement en Espagne avec Russo et Bruno Zecchini pour aider le prolétariat espagnol. Bilan n’est pas homogène, contrairement à une historiographie simpliste ; son leader Vercesi (Ottorino Perrone) milite lui aussi un temps en faveur de tout ce qui peut permettre l’affirmation du prolétariat dans l’étau sordide des camps fascistes et antifascistes. La fraction de la Fraction ne se soumet pas à l’hystérie antifasciste, elle est censurée par le POUM. De Leone meurt à Barcelone, en communiste. Ses funérailles sont imposantes. Le prolétariat espagnol lui rend un profond hommage. Livre passionnant.

- Agustin Guillamon, enfin traduit lui aussi, livre une analyse précise et pertinente sur la même période : Les bordiguistes et la guerre civile espagnole.

- Un chapitre de l’ouvrage de Peregalli « le PC internationaliste de 1943 à 1945 » écrit les questions fondamentales qui vont agiter le plus important parti communiste du XXe siècle à la fin de la deuxième boucherie mondiale.

- Enfin, une collecte de lettres des militants de la Fraction française de la Gauche italienne éclairera les lecteurs sur la force et l’actualité de ce courant malgré son effritement et sa dispersion. Comme pour les graines d’une plante vivace, la pluie violente de la crise mondiale fera éclore à nouveau, resplendissante, la théorie marxiste.

Pour donner une petite idée de la subtilité de ce courant, de sa vitalité, on pourra lire ci-dessous une lettre du jeune Jacques Camatte, alors encore marxiste convaincu et ses questionnements très actuels au « maître ».

Toulon le 12 mars 1959

Cher Amadeo (Bordiga),

Cette lettre à un avantage c'est qu'elle ne réclame pas une réponse immédiate. En effet je viens poser une question qui m'a d'ailleurs été posée par des camarades et des sympathisants, mais nous n'attendons pas de cette réponse la lumière sur le marxisme c'est pourquoi nous ne sommes pas pressés, depuis longtemps nous sommes sûrs de sa validité. Si avant c'était pour nous une simple réalité d'ordre intellectuel, c'est devenu grâce au travail du parti et en particulier au tien, une réalité physique et charnelle. J'en viens donc rapidement à la question.

Elle peut se traduire ainsi : "vous dites qu'actuellement – étant donné la grande défaite subie par le prolétariat, et étant donné les falsifications apportées à la théorie, le travail de militants marxistes doit être de tendre à la restauration du marxisme et la reconstruction du parti de classe, l'un étant lié à l'autre, et, vous ajoutez la crise, la catastrophe prévue par Marx arrivera, mais est-ce qu'il n'y aura pas d'autres crises entre notre époque et celle où vous prévoyez la catastrophe ? Si il y a d'autres crises pourquoi ne pas essayer de les utiliser, et alors certains (les sympathisants surtout) de dire pourquoi nous ne ferions pas des compromis avec des éléments de "gauche", la crise pouvant arriver et nous ne pas être connus ".

A cela nous rétorquons qu'ils ont un relent de stalinisme. En effet les staliniens disaient surtout après la guerre que les ouvriers devaient se mettre en mouvement parce qu'il y avait la crise. Ce sont ces mêmes staliniens qui étudient actuellement le cycle des crises et essayent de savoir pourquoi il n'y a pas eu une crise de type de celle de 1929. Ces gens-là spéculent sur Marx lorsqu'il dit : "Jusqu'ici la durée périodique de ces cycles est de 10 ou 11 ans, mais il n'y a aucune raison pour considérer ce chiffre comme constant. Au contraire on doit inférer des lois de la production capitaliste, telles que nous venons de les développer, qu'il est variable et que la période des cycles se raccourcira graduellement" (Le Capital, Editions Sociales, Livre I, tome III, page 77) ; si le cycle se raccourcit beaucoup de nos staliniens pouvaient même inventer des crises et se couvrir de l'autorité de Marx. Maintenant qu'ils délaissent de plus en plus l'agitation pour embrasser le pacifisme le plus béat, il faut expliquer le retard de la crise et, dans une phase ultérieure (pour être en accord avec Krouchtchev qui dit que les guerres sont inévitables, donc les guerres aussi (en parlant marxiste), montrer que les crises sont évitables et que Marx s'est trompé (connue la chanson).

Alors est-ce correct de renvoyer ces éléments à la préface d'Engels aux "Luttes de classes en France" de 1895, où il explique comment sont liées les possibilités de prise du pouvoir et les phénomènes de crise ? La justesse de cette position est confirmée par la Révolution russe (victoire) ou par la révolution allemande de 1923 (défaite). Là encore ils peuvent rejouer de l'immédiatisme (ce sont les trotskystes ici, qui tiennent le premier rôle) pour dire qu'il faut utiliser tous les petits déséquilibres économiques qu'ils baptisent crises, et qu'il faut soutenir tous les mouvements (prolétariens ou non) qu'ils baptisent de révolutions.

Nous leur opposons bien entendu la position de la Gauche. Ce qui est déterminant c'est la présence du parti de classe. Lui seul peut englober les ouvriers qui viennent sur une base de classe (parce qu'ils retrouvent leur caractère de sans réserve). Donc nous répondent-ils actuellement vous pensez que les crises peuvent seulement amener des militants puisqu'il n'y a pas de parti pour utiliser ces crises qui tendent à affaiblir le pouvoir de l'Etat.

Alors voilà la question centrale posée : "comment concevez-vous ces petites crises type la récession américaine, et pourquoi la grande crise dont vous parlez est-elle si éloignée ? Elle viendra plus de 10 ans après la fin de la guerre alors qu'après la guerre de 1914-18 elle est venue 10 ans après."

Certains économistes, comme Ch. Bettelheim, invoquent les investissements dans les usines automatisées, de charges militaires (certains se servent de l'argument de l'introduction de l'automation pour dire que le capitalisme monopole ne s'oppose plus du tout à l'introduction de progrès techniques). Nous avons pensé qu'il fallait surtout tenir compte de la formation de nouveaux marchés nationaux (Chine, Inde par exemple) et au fait qu'il tend à s'en créer d'autres (le problème de l'Afrique Noire, etc.) ceci permettrait une accumulation élargie plus ample à plus long terme.

De plus nous essayons d'intégrer les petites crises dans cet ensemble. En tenant toujours compte que pour nous ce qui nous intéresse dans la phase actuelle c'est la reconstruction du parti de classe. Ne peut-on considérer les choses de la façon suivante (et pour développer cela, je me réfère à ce que tu as développé sur les cycles longs et courts). Il y a de grandes crises type 1929 d'une périodicité donnée qui prouve la réalité de la position de Marx et en même temps que le capitalisme est bien arrivé dans la phase ultime (ce qui ne veut pas dire qu'il doit mourir immédiatement, fatalement ; on peut mourir après plusieurs attaques). Mais cette grande crise est annoncée par d'autres dont l'ampleur est plus grande, et elle peut être suivie d'une série d'autres dont l'ampleur est aussi atténuée pour passer ainsi à un autre cycle. Dans ces différents stades le prolétariat présente des attitudes différentes, cela dépend de l'état de la lutte de classe, si il a été battu comme le prolétariat allemand de 1923, on ne peut entrevoir la possibilité d'une prise du pouvoir. Donc, d'après moi, il ne faut pas seulement voir le développement (d'une manière absolue) de la crise, il faut tenir compte du développement du parti, autrement position purement mécaniste. Alors il est peut-être intéressant de montrer à quelle partie du cycle appartient la crise américaine de 1958. De même nous pouvons expliquer les petites crises de 1954, etc.

A mon point de vue cela à un double intérêt. Anti-immédiatiste. Les immédiatistes étant ceux qui sont incapables d'attendre la crise, et, qui pour ce donner une dignité veulent voir partout des signes de reprise, et pour cela veulent tout rafistoler ; les militants sachant ainsi qu'on ne crée pas les conditions de la lutte, ils peuvent prendre – pour ainsi dire – une position de tir plus avantageuse pour détruire cette infâme société. L'autre intérêt est un intérêt critique pour l'étude du mouvement ouvrier, montrer l'incapacité des mouvements à comprendre le problème de la tactique tel qu'il est magnifiquement exposé dans les "Thèses de Rome". Nous pouvons dire aux camarades : de petites crises auront lieu avant la crise finale qui amèneront des éléments sur nos positions de classe, mais ceci ne sera réellement que si nous sommes restés fermement sur les positions du Programme communiste, donc actuellement il nous faut étudier afin de ne pas être plus tard débordé par les nouveaux venus : la théorie a toujours marquée un retard sur la pratique, nous devons être cet élément qui doit rétablir l'équilibre des forces.

Je m'excuse de m'être tant étendu tout en ne réussissant pas à être aussi clair que je l'aurai voulu, mais je voudrai que tu comprennes la question que j'essaye de poser le mieux possible. Ce n'est pas une préoccupation d'activisme. Je sais que tôt ou tard tu expliqueras cela, de la même façon que tu as donné la position sur la Russie et puis tu l'as magistralement démontré de A jusqu'à Z. Je suppose que, encore comme pour la série russe, tu donneras une synthèse (type "quaranti anni …") de tout le travail sur le capitalisme, tu reviendras donc à la perspective et tu nous préciseras cela, c'est pourquoi je te dis que je ne suis pas pressé. J'aimerais avoir seulement (et ce à l'occasion de la prochaine réunion à laquelle j'assisterai sans doute) s'il n'y a pas d'erreur dans cette appréciation qualitative.

Ti saluto caramente rinovellando la gioia che provo à leggere le magnifiche tue demonstrazione delle nostra teoria.

Oscar