"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

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vendredi 15 avril 2022

PARABOLE DES LECONS DES ELECTIONS BOURGEOISES

 


(programme de Mélenchon et absence de programme de Macron)

Définition de la PARABOLE : Court récit allégorique, symbolique, de caractère familier, sous lequel se cache un enseignement moral ou religieux, que l'on trouve en partie. dans les livres saints et qui fut utilisé par le Christ dans sa prédication. Le Seigneur a conduit son peuple par une voie obscure, afin que ses desseins s'accomplissent. Il a parlé à son peuple en paraboles (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p.17).[Le Messie] enseigne sur les places des cités et les marches du Temple (...). Il emprunte au sol la trame de ses paraboles et l'objet de ses images. C'est le figuier stérile dans la vigne; (...) c'est l'ivraie que l'on arrache et que l'on jette au feu, comme l'homme d'iniquité du champ céleste; c'est l'eau vive qui désaltère à jamais (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p.201):


Les élections ne font plus recette. A chaque tour de piste on nous sert les mêmes lamentations sur l'abstention « qui se confirme », en particulier chez les jeunes et les ouvriers. Plus intéressant et jouissif ce titre du Figaro : Les partis traditionnels menacés de disparition ! Mais pas tous les partis, hélas. Les partis populistes de l'hologramme Mélenchon et du nain Zemmour se voient plein d'avenir.

Examinons maintenant les « soucis » dominants qui ponctuent les leçons que la bourgeoisie tente de tirer de son carnaval électoral minable.

Certains voient dans le marasme et l'éclatement électoral, devenu cyclique, une partition de la société en deux : ceux d'en bas et les élites d'en haut. Presqu'une parabole de l'ancien clivage mystificateur gauche/droite. Tous d'ailleurs concourent à une recherche effrénée de la restauration de cette vieillerie : Mélenchon avec son aura né-stalinisme et woke qui offre à manger à toutes les nuances des idéologies petites bourgeoises : féminisme, écologisme, wokisme, anti-racisme de curés, promesses salariales mirifiques, etc. j'y reviens dans l'analyse de leur programme totalitaire et utopique). Zemmour le pauvre sous-dictateur qui voulait être le chantre d'une restauration de la bonne droite exploiteuse sans vergogne de la classe ouvrière, en se basant sur le seul ras-le-bol d'une invasion cultuelle en effet problématique, du reste encouragée par la gauche bourgeoise et saluée de manière racoleuse par le candidat au deuxième tour Macron qui allie voile et féminisme, deux idéologies assez complémentaires dans leurs paradoxes et leur débilité.

Malheureusement, une autre interprétation vient flouter la première. Après la disparition des « partis traditionnels », la société française serait désormais découpée en trois portions : l'élite libérale, un populisme de l'ivraie d'extrême droite (national-identitaire) et un populisme de gauche  (dit « gauche radicale »); soit l'ordre d'arrivée des trois principaux cyclistes des élections déjà déterminées et officialisées par les sondages « scientifiques américains » (qui en sont les inventeurs et que les nazis utilisèrent pour mesurer le moral de leur population). Je suis apparemment le seul à le souligner depuis des décennies - tout comme le scandale de la non destitution des arrivistes qui trahissent leur parti en cours de mandat - même nos mini-groupes révolutionnaires passent à côté : pourquoi organiser des élections dites démocratiques alors qu'elles sont déjà établies par les sondages, preuves « scientifiques » que le pouvoir bourgeois a les moyens de découper en tranches une population moutonnière, un peuple d'abrutis qui se laisse segmenter, et mieux encore est conduit, dressé, conditionné à oublier la lutte des classes pour une lutte des places authentiquement et exclusivement psychologique désormais, toujours au profit et du narcissisme des dominants ?

Le partage des tâches n'est pas abandonné pour autant. La segmentation de la population en trois composantes peut être vue ainsi : les riches, les bobos et les ouvriers réacs. Les riches continuant à jouer et à profiter de leurs places de riches. Les bobos continuant à agiter des animations parcellaires et apolitiques, les ouvriers étant présumés disséminés entre le vote contestataire version curé Mélenchon et le vote protestataire cuvée Le Pen. Si le clivage gauche/droite n'apparaît plus dans sa simplicité qui fût son ordinaire, il est convenu que chacun se situe de toutes manières de gauche ou de droite. Avec cette distinction, ou mention, que si un bourgeois vote Le Pen il est irresponsable et suicidaire et quand un ouvrier l'imite cela signifie qu'il n'est plus qu'un beauf raciste ; c'est à peur près l'idéologie diffusée comme de l'encens par Libération et l'OBS1.

Naguère un ouvrier qui se respectait ne pouvait jamais voter pour la droite (la bourgeoisie) mais pour la gauche (défenseur du peuple contre les nantis). Or, dixit la gauche au pouvoir et traité de Lisbonne, il est apparu définitivement que gauche et droite sont interchangeables au niveau de la gestion de l'Etat capitaliste. Etonnez-vous donc de la progression de l'abstentionnisme et même des votes protestataires et contestataires : ils manifestent que des parties hétéroclites de la population doutent du système en tant que tels, mais ces parties mécontentes sont bien entendu incapables d'imaginer des solutions que dans le système. Seule une classe ouvrière éveillée et réveillée pourrait ramener la vraie politique au premier plan et les seules perspectives d'avenir. Mais faut pas rêver, le chaos va encore se prolonger.

On va par après examiner le « programme », plutôt viatique des institutions bourgeoises (mourante donc même si elles se croient éternelles), des deux principaux rivaux qui pourraient prétendre retaper un minimum le subterfuge gauche/droite, pâle imitation du classique bourgeoisie/prolétariat.

Soit d'une part la bande du curé Mélenchon et celle du psychiatre Macron. Je laisse de côté la vieille toupie Le Pen qui sert au deux bandes, celle du curé qui montre du doigt un figuier stérile, facho et raciste, repoussoir idéal à électeurs bobos et crétins, celle du psychiatre qui a manœuvré pour être sûr de l'emporter face à une mémère nulle et pas charismatique. Notons que l'hystérie antifa ne fonctionnant plus comme lors de la plantade de Jospin, on fait appel à l'incompétence de la perruque oxygénée et au rôle international de la France qui serait laminé et ridiculisé. Ce qui n'est pas faux. Macron a obtenu en effet une image internationale, jeune président arrogant et culotté, atout non négligeable pour la bourgeoisie française en temps de guerre ; c'est pourquoi tous les caïds des partis politiques en extinction, toute la smala des écrivains et parasites artistes nous supplient de voter pour notre élégant psy. Les sondages ont déjà tranché même si on s'efforce de maintenir le suspense par la menace d'une victoire satanique de l'ivraie peroxydée.

LE « PROGRAMME » néo-stalinien, féministe et utopique de Mélenchon

C'est le programme type d'une secte non destinée à parvenir au pouvoir dans le cadre de l'ordre capitaliste, et c'est encore moins une plate-forme anticapitaliste, quoique parfois cela en est la couleur mais toujours malodorante.

En gros, comme je l'ai souligné depuis la création de ces faux insoumis mais petites bières de leur guru Mélenchon, on s'en prend aux grandes fortunes, Des bobos trotskiens à l'électorat mitoyen de Mélenchon, on s'en prend aux grandes fortunes qu'on veut piller afin de « nationaliser ». Les promesses jetées en l'air, comme les cauchemars immigratoires de Zemmour restent encadrées dans la nation. La politique est vue comme un match de football.

La secte de Mélenchon se flatte de représenter la Seine Saint Denis, car ce petit parti bourgeois sait à qui il doit ses suffrages et mise pour son avenir, en particulier en promettant mosquées sur place et encouragement à l'ouverture de boucheries halal au nom de la diversité... commerciale et religieuse2. Rester dans l'opposition d'une part parce que personne ne peut plus proposer monde et merveilles économiquement, sauf le minuscule PCF qui promettait une retraite à 60 ans avec « une bonne pension » et « des jours heureux ».... Roussel avait promis d'aller « jusqu'au bout » (de ses 3%) quand Mélenchon, lui, même sans le dérisoire appoint d'un parti gériatrique, assurait ne pas « plaisanter » car il « allait être élu » (déclaration à l'OBS).

Un acquis de la gauche bourgeoise :la culture stalinienne de l'oubli.

On a pu lire un édito sur RTL qui résume à peu près la honte qui avait saisi le curé Mélenchon :

«Le leader de La France Insoumise ne supporte pas le procès en islamo-gauchisme que lui intente le gouvernement. Un procès qui était plutôt lancé jusque-là par Marine Le Pen. Et c’est vrai aussi que l’accusation d’islamo-gauchisme est portée sans aucune nuance par les ministres Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer. La France Insoumise serait quasiment devenue co-responsable de l’attentat immonde de Conflans-Sainte-Honorine. Mais la réaction de Jean-Luc Mélenchon montre que ces membres du gouvernement ont touché un point sensible. Est-ce qu'il y aurait une ambiguïté de la France Insoumise avec l’islamisme ? Oui… Jean-Luc Mélenchon demande des preuves. Il y en a une. Même s'il s'en défend : sa participation à la manifestation du 10 novembre 2019. Une manifestation co-organisée par des infréquentables et notamment par le Collectif contre l’islamophobie, proche des Frères musulmans et cheval de Troie de l’islamisme politique.l y a aussi dans les rangs de la France Insoumise des communautaristes et autres indigénistes que Jean-Luc Mélenchon accepte sans problème ».

L'accusation d'islamo-gauchisme est très juste, et nous n'avons pas attendu que le gouvernement s'en servir mais seulement de façon opportuniste et provisoire puisque, se proposant de racoler les électeurs (arabes et musulmans) de Mélenchon, Macron vient de nous faire partager sa vision glamour du voile, pourtant qui n'a pas changé comme aliénation de la femme et drapeau d'une religion politique arriérée. La preuve unique du journaliste de RTL est pourtant superficielle, les preuves sont bien plus nombreuses et graves dans le programme mélenchonien.

Une première preuve, comme je l'avais écrit ici il y a longtemps est un héritage d'une méthode « communiste stalinienne » : «  On ne s’en souvient pas, mais pendant toute l’après-guerre, dans le bloc stalinien, il était exclu et interdit de parler des faits divers. Pourquoi ? Parce qu’il fallait laisser supposer que dans le « socialisme réel » les faits divers avaient disparu contrairement à la zone capitaliste de la planète. Pourquoi gommer les faits divers ? Parce que les faits divers sont des péchés qui reflètent à des degrés divers l’état réel de la société bourgeoise. Le vol, le meurtre, la violence envers les femmes, le nombre et l’état des prisons, les putasseries de la justice de classe bourgeoise, sont des « révélateurs » troublants, mais qui peuvent être interprétés différemment selon le bord auquel on appartient. La droite bourgeoise reste simpliste : faut plus de flics et plus de prisons, ce que propose Mélenchon dans son programme électoral de 2022. Un socialisme mélenchonien qui réclame beaucoup plus de flics c'est une cerise sur le gâteau du régime capitaliste maintenu mais amendé par des corrections bobos.

La deuxième preuve est la symbolique d'une radicalité anti-raciste et surtout complice de la noria islamo-gauchiste, avec cette groupie nommée Danièle Obono qui fait partie de la maigre troupe vociférante de 17 parlementaires « insoumis » : « Derrière son guru Mélenchon, Danièle Obono, est chargée de la partition « coucou aux enfant mal nés de la république antiraciste ». Elle n’a rien fait de mal en soi et ne risque nullement la persécution stalinienne et facho sur un Roger Salengro ou sur Léon Blum. Elle est restée la cheville ouvrière (pardon anti-ouvrière) de la filière islamo-gauchiste entre clientèle électorale et lumpen de banlieue où le rap côtoie efficacement le droit de vote. Elle a serré la main au pervers sexuel Tariq Ramadan, ne s’est pas départie de son amitié pour les indigestes de la République, et trouvait normal qu’un chauffeur de bus musulman ne se salisse pas les mains en touchant un volant tripoté peu avant par une femme. Voilà ce qu'on nous présente comme l'élite antiraciste et l'amie des immigrés et des « gens du peuple », c'est à dire pas du prolétariat. Le parti anti-traditionnel de Mélenchon a néanmoins peu de chances de faire le même carton que dimanche dernier aux législatives où l'encadrement des « partis traditionnels récupère son encadrement de la population.

La troisième preuve que j'avais distinguée avant la lecture de leur programme pour rire3 : une porosité du choix électoral, assez irrationnelle comme la politique internationale : un électeur « de gauche » peut voter désormais Le Pen ou Zemmour, même un électeur mélenchonien pour « faire barrage au salaud de Macron » quand une autre partie du « peuple de gauche » peut voter Macron « pour faire barrage à la facho ».

La quatrième preuve est que LFI est avant tout un parti de bobos (et de pauvres consommateurs frustrés du type « ultra-gauche » émeutière), avec bien moins d'ouvriers que chez le RN, quand bien même il semble avoir engrangé dernièrement des « voix ouvrières » vu « la vie chère ». On y trouve majoritairement des petits bourgeois, comme le sociologues nous aident à l'identifier : « ...avec un niveau de diplôme élevé (il obtient 28% des voix chez les personnes ayant un diplôme de niveau bac+3 et plus contre 16% chez celles ayant un diplôme inférieur au baccalauréat) et un niveau de revenu faible (il recueille 30% des suffrages des personnes vivant dans un foyer au revenu mensuel inférieur à 1 250€, contre 19% de celles qui vivent dans un foyer où le revenu est supérieur à 3 000€). Si on y ajoute un fort sur-vote chez les jeunes en sa faveur (35% des voix chez les moins de 35 ans), on constate que somme toute, on retombe sur la sociologie du vote de la plupart des partis de gauche radicale dynamiques (?) dans les démocraties occidentales : un électorat jeune, urbain et diplômé, mais (encore ?) mal inséré professionnellement et inquiet sur son avenir. L'alliance, donc, du libéralisme culturel et de l'antilibéralisme économique. L'électorat de Podemos en Espagne ou de Bernie Sanders aux États-Unis, y correspond parfaitement ».

Enfin cinquième preuve, le racolage de l'électorat musulman. Il faut faire d'emblée la remarque suivante pour expliquer comment des prolétaires d'origine immigrée récente, indépendamment de leur religion, se précipitent pour aller voter. En soi, si l'on s'en tient aux critères bourgeois, c'est le plus parfait modèle d'intégration, pas du tout un comportement communautariste. Respectable pour des gens dont les pères ont subi les horreurs de l'occupation coloniale et qui subissent encore des boulots de merde. De « récents » électeurs donc et plus naïf que les autochtones habitués aux mensonges électoralistes. La religion de chacun joue quand même un rôle en politique, mais on voit qu'elle est devenue aussi stratégie électorale :

« Une étude de l'Ifop pour La Croix montre que quatre électeurs catholiques sur dix ont voté Marine Le Pen ou Éric Zemmour, et 69% des musulmans pour Jean-Luc Mélenchon. Par ailleurs, 69% des Français musulmans ont voté Jean-Luc Mélenchon. Est-ce un vote d'adhésion, lié au projet économique du candidat notamment, ou un rejet d'Éric Zemmour et Marine Le Pen, qui ont en partie fait campagne sur la crainte de voir la France s'islamiser ?

Les travaux de Claude Dargent ou de Vincent Tiberj ont montré que les Français musulmans votent, de manière massive et quasi unanime pour la gauche. Cette orientation électorale s'inscrit dans la longue durée. (…) Claude Dargent a par ailleurs expliqué que ces Français ne votent pas en raison de leur foi, mais en raison de leur positionnement social et de leur environnement professionnel. L'expérience de la précarité et la mémoire ou l'expérience des migrations par exemple, nouent leur alliance avec les gauches plus que leur positionnement religieux ».

Il y avait beaucoup de choses justes dans cet article, mais ce spécialiste du vote religieux se trompe complètement sur les musulmans. On ne peut pas dire que les musulmans en général votent Mélenchon pour des raisons sociales et non religieuses religion, même si une grande partie d'entre eux, ouvriers se sentent obligés plutôt de s'exprimer d'abord en raison de leur conscience de classe que sur une base religieuse. Il y a là aussi un aspect irrationnel. Mélenchon n'est pas Allah, même si parfois on a l'impression qu'il « s'y croit » (cf. « ma personne est sacrée »). Mélenchon ne représente que du vent. La droite bourgeoise le tace de futur « Chavez » et d'ami discret de Poutine. Ce n'est pas faux mais superficiel. Mélenchon n'avait aucune chance de parvenir au pouvoir, il sert, comme les partis traditionnels de la gauche caviar, de fusible anti-social, de geulard radical contre les méchants .

UN PROGRAMME IMBUVABLE

Programme placé sous le régime de la continuité politique « républicaine » il nous est annoncé une « Sixième République », comme si cinq n'avaient pas suffi. Pas une révolution mais une République enfin bcbg garantie par Monsieur le curé. D'emblée sont appelés les fachos « gilets jaunes » (anti-mélenchonistes de la première heure), doublé d'un appel à faire voter les mômes de 16 ans, sans l'autorisation des parents, et, attention le vote sera obligatoire, comme à Moscou. Sans oublier un droit de vote, mais seulement local aux étrangers, supposés être tous des braves gens fleurant le « bon peuple » si cher dans son aspect hétéroclite aux populistes. Un droit de vote « monsieur propre » supposant inéligible « à vie » tout politicien condamné pour corruption ; belle idée qui si elle était appliquée, éliminerait l'ensemble des politiciens bourgeois, magouilleurs et menteurs, y inclus le curé Mélenchon.

Mesure complémentaire d'appel du pied aux amants des fake news : abroger la loi sur le passe vaccinal.

UN COMBAT UTOPIQUE STALINIEN CONTRE LE CHOMAGE ET SUR LE VOLET SOCIAL

Service citoyen obligatoire pour les moins de 25 ans et payé au SMIC.

Abrogation des lois Macron, rétribution des chômeurs avec leur dernier salaire (et si c'était un salaire de merde?)

Revenu minimum à 1063 euros (= le bonheur!)

Une sixième semaine de congés payés, sans doute pour baptiser la sixième République.

Suppression du travail le dimanche, pour aller à la messe ?

Retraite à 60 ans, super !

32 heures généralisées.

Suppression du burn out au travail. (en chantant l'Internationale?)

Remboursement à 100% de la sécurité sociale (super)

Création de 10.000 places en EPHAD (pour une fin de vie heureuse sur chaise roulante!)

Interdire les expulsions de logement (= loyer gratuit pour les seuls concernés + = Jospin (plus un chômeur dans la rue))

Minimum retraite à 1400 euros (le pied, surtout avec des Ephad à 3000 euros par mois)

Limitation des différences de salaires de 1 à 20 (presque le programme initial de Macron : REVOLUTION)

Instaurer le vote de défiance par les salariés en entreprise (vieille mesure imaginaire trotskienne)

Droit de veto suspensif sur les licenciements (encore de l'imaginaire trotskien)

Augmenter l'ensemble des salaires (chic ! Mais Macron vient de repiquer l'idée avec un coup de pouce électoral au SMIC avant l'été)

Commission de contrôle (moscoutaire) de vérification de l'égalité de traitement salarial hommes et femmes (clause à placer aussi dans l'électorat suivant)

Les promesses n'engagent que celui qui les formule...



A L'ATTENTION DE L'ELECTORAT FEMINISTE ET BOBO

Changement d'Etat civil gratuit avec « liberté de genre »

Déconjugaliser l'allocation handicapé (?)

Abolition de la prostitution (mais pas de la misère sexuelle)

Légaliser le cannabis (surtout à Grenoble pour le dealer Piolle)

Manger 100% bio dans les cantines scolaires.

Garantir sans limite le doit d'asile (c'est beau comme un camion)

Mieux accueillir les étrangers (surtout ceux qui n'ont pas les moyens de vivre et se loger dans les quartiers à bobos)

Neutraliser les autoroutes (et aller en vélo partout en province)

Autoriser la PMA aux transgenres

Augmentation de 15% aux salaires des profs (plus réaliste que le doublement de la mère Hidalgo qui se prenait pour Chirac bis)

19 élèves minimum par classes (même dans les grands ensembles?)

Intégrer l'écologie (cette science du bobo moyen) avec la cause animaliste du pervers narcissique Aymeric Caron (pour donner le droit de vote aux poules)

Mettre fin à l'élevage intensif (et nourrir les populations avec l'eau de pluie)


A L'ATTENTION DE LA CLIENTELE MUSULMANE ET DE POUTINE

Pas de financement d'Etat aux édifices religieux (mais autorisations sans limite de constructions privées de mosquée et autres favoritismes communautaires)

Faire de la discussion avec Moscou une priorité (pour discuter avec le boucher Poutine?)

Un milliard d'euros pour toute violence faite aux jeunes ( ? et deux milliards pour violence faite aux vieux?)

CONSOLIDER L'ETAT BOURGEOIS

Rétablir une police de proximité.

Rénover les prisons (mais ne pas en construire d'autres)

Augmenter « considérablement » les effectifs de police (mesure forcément prolétarienne).



***********************

Ce programme mélenchonien comprend une foule d'autres mesures que je n'ai pas jugé nécessaire de lister pour mettre en relief les plus mémorables. La « formation ant-capitaliste », comme on le voit, cette plate-forme électorale s'adresse à trois catégories : les pauvres, les bobos et les musulmans. Promesse générale de raser gratis, ce qui est une hérésie non seulement pour les fractions bourgeoises régnantes mais pour nous aussi, communistes révolutionnaires, car certaines mesures frôlent des exigences possibles seulement dans une société débarrassée du capitalisme ; mais ainsi formulées dans un bréviaire « réponse à tout » plutôt totalitaire, elles ne peuvent qu'enchanter pour une courte période électorale une bonne partie des bobos qui n'y croient pas vraiment ! C'est ce que je nomme une utopie réactionnaire compil de mensonges intenables. La conclusion le vérifie, c'est quoi ce programme « populaire » qui demande une augmentation « considérable » des forces de police, ces amis du prolétariat sans doute ?

LA PARABOLE DU SYSTEME MACRON


Me prendra beaucoup moins de temps car ce type est un bourgeois menteur qu'on ne peut ni admirer ni respecter. Il a tous les pouvoirs, le soutien indéfectible des élites financières, intellectuelles, journalistiques, artistiques, et des deux ex-président. Jamais un candidat président, excepté peut-être Chirac, n'a obtenu un tel unanimisme de faux-culs. A nous faire adhérer à TSM, tous sauf Macron !

Heureusement qu'il nous reste l'abstention, et sans le régime obligatoire du curé-stalinien Mélenchon.

Macron n'a pas de programme, autre que la gestion aléatoire de l'Etat bourgeois. Il ment systématiquement dans la rue à toute personne en détresse, comme il avait menti à la femme d'Yvan Colonna. On ne peut que le décrédibiliser sur son comportement, qui se veut populacier, mais qui est arrogant et méprisant : chassez le naturel bourgeois et patronal, il revient au galop. Il cause à l'homme de la rue comme le patron cause à son ouvrier, avec condescendance et morgue pleine. Le dit citoyen ou électeur n'existe pas, il est transparent la plupart du temps quoiqu'on en fasse un héros des urnes durant quelques semaines ou quelques jours et après il sait qu'il doit retourner à la niche.

Voici cet homme qui, dans la rue, a sèchement tancé Emmanuel Macron ce mercredi en Alsace. Leur échange nous a tous mis mal à l'aise.

"La manière dont vous avez traité les gens depuis le début de votre mandat est un scandale" , "Vous êtes aussi arrogant, aussi méprisant, aussi cynique (...). Vous avez assassiné l'hôpital. J'ai jamais vu un président de la Ve République aussi nul que vous".

En peu de mots l'essentiel était dit.

En fait l'interlocuteur n'ayant donné qu'un exemple il faut le ridiculiser en disant qu'il « a plein d'arguments à mettre sur la table », puis par après lui indiquer que « tout se mélange dans sa tête », noble argument de psychiatre qui met la main sur votre personnalité !

"Eh bien, je vous remercie d'avoir plein d'arguments à mettre sur la table. Je suis prêt à débattre avec vous. Vous le voyez, je suis là, y'en a pas beaucoup, dans une démocratie, on peut débattre mais si vous avez des idées toutes faites et que vous n'êtes pas prêt à débattre, on peut pas y arriver. Sur l'hôpital, je vous donne des faits. J'ai mis 12 milliards par an."

Réponse :

"Mais oui... Débattre de quoi avec vous ? C'est pour ça que 5.700 lits ont été supprimés en 2021. Tous les vendredis soir, les médecins, les soignants font une minute de silence pour protester contre les moyens qu'ils ont pas, avant même que vous ne soyez élu", lui répond alors son interlocuteur.

Macron n'était pas l'agresseur (ce cochon d'électeur qui votera jamais pour lui) :

"Je vous remercie de dire que ça date d'avant, moi je vous respecte. Vous dites des choses très agressives mais je vous respecte", objecte Macron.

Macron tenait la main de son vis-à-vis geste paternaliste typique du petit patron (pour ne pas s'en prendre une dans la poire?) ce qui est aussi familier et irrespectueux que celui qui vous tend la main gauche.

A la place du gars j'aurais répondu : vous n'avez que des arguments psychologiques preuves que vous ne me respectez pas, et l'agresseur c'est vous dès qu'on manifeste et c'est vous qui avez fait crever les yeux des gilets jaunes...

Le gars ne se démonte toujours pas :

"Moi aussi, je vous respecte mais je voterai jamais pour vous"Avec toutes les casseroles que vous traînez derrière, que ce soit l'affaire Benalla, et Kohler (Alexis Kohler, le secrétaire général adjoint de l'Élysée NDLR), votre petit copain".

Pour esquiver en effet ses nombreuses casseroles Macron porte encore un jugement psychologique et totalement méprisant :

"Vous, ça se mélange quand même beaucoup dans la tête. Vos arguments, ça va quand même dans tous les sens".

J'aurais plutôt rétorqué : ça se mélange pas du tout, c'est la somme de vos mensonges et c'est vous qui tentez de draguer les électeurs dans tous les sens et de tout bord, en ne tenant aucune promesse !

Mais finalement le gars s'est bien moqué de Macron,

"Bah oui, je vais aller me faire soigner".

L'autre lui fait une réponse débile niveau pervers narcissique, qui dit tout et son contraire sur le ton de la morale curé, en faisant passer son interlocuteur pour un con...fus, avec tout le respect qui lui est dû.

"Dites pas ça, y'a des gens qui sont vraiment malades. Mais en tout cas, vous confondez beaucoup de choses, je vous le dis avec beaucoup de respect", a cru conclure Macron.

Tu confonds tout âne bâté mais je te le dis avec respect !

En effet un tel échange révèle et justifie la détestation en politique non seulement du petit Macron mais de toute une classe sociale élitaire et méprisante pour laquelle les prolétaires n'existent pas et dont ils se moquent du vote... anonyme et impuissant.

 

NOTES

1Libération, par excellence porte-voix des bobos, avait misé sur une place au second tour de sa vedette Mélenchon, surnommé meilleur orateur de France.

2Le plus caricatural de la bande de la « gauche radicale » (comme mes radis) est le bourgeois cadre-dirigeant Eric Piolle, maire « colo-bobo de Grenoble, concepteur de toutes les nouvelles inventions marginales dans une ville qui allie la poudre blanche des racailles et l'or blanc des skieurs des « couches moyennes ».

3Le programme le plus comique et délirant de bêtises reste celui de Anasse Kazib, comme quoi le trotskisme mène à n'importe quoi: https://www.marianne.net/politique/gauche/presidentielle-2022-anasse-kazib-candidat-marxiste-et-adoube-par-les-decoloniaux . En comparaison Poutou nous est apparu presque comestible.


samedi 14 mai 2022

UNE CRITIQUE COMPLETEMENT HORS-SOL DU ROI DES BOBOS MELANCHON

 

Appréciations erronées du plus vieux groupe maximaliste de France et de Navarre: « Il doit son relatif succès à la mobilisation de l’électorat populaire et ouvrier des anciens « bastions rouges » de la banlieue parisienne et des concentrations ouvrières de la plupart des grandes villes françaises. Sa candidature a pris également chez beaucoup de jeunes pourtant plus méfiants envers tous les discours convenus des bonimenteurs patentés du cirque électoral. Alors que les partis historiques de la gauche, PS et PCF en tête, ont fait naufrage, décrédibilisés, incapables de représenter le moindre espoir aux yeux d’électeurs désabusés, La France insoumise (LFI), avec son leader charismatique Mélenchon, se présente désormais comme la « force de gauche » par qui peut venir l’espérance d’un avenir meilleur. Elle se donne à la fois l’image du recours face au « libéralisme » bourgeois, au « pouvoir de l’argent » et des « riches », face aux attaques du pouvoir macronien comme au danger « fasciste » du Rassemblement national de Marine Le Pen… »1 CCI

Plus creux et comique : « LFI est désormais la principale force de la gauche capable d’assumer ce rôle d’encadrement idéologique du prolétariat ». CCI

«  La tentative idéologique ignoble de LFI de division générationnelle que l’on a vu déjà à l’œuvre pendant la pandémie ». CCI


L'article est superficiel, analyse avec une optique vieille de 40 années comme si LFI était un PS en voie de reconstruction, et sans tenir compte, par esprit de secte du long article que j'ai consacré à la mystification de ce personnage sans intérêt et attirant surtout la masse hétéroclite des bobos, pas la classe ouvrière2. Pas du tout surtout une critique argumentée et sérieuse de l'aspect bouillabaisse du programme du clan LFI, même pas un minimum crédible comparé à l'ancienne aile gauche antédiluvienne du PS, le PSU. LFI ne prétend même pas remplacer la funeste union de la gauche, qui visait surtout à museler la classe ouvrière. Mélenchon s'était présenté en 2017 comme camelot d’un mouvement plus transversal nommé La France insoumise (LFI). Son objectif n’est plus de « rassembler la gauche » mais de « fédérer le peuple ».

L'ECOSYSTEME POLITIQUE DE LA FAUNE A MELENCHON 

Le programme, simplement comme façade électorale, de la faune à Mélenchon est aussi improbable et invraisemblable et pour la bourgeoisie et pour le prolétariat; c'est une compilation des divers fantasmes et rêveries de communautés marginales urbaines. Le rôle politique incontestable de Mélenchon est important pour l'Etat, son opposition caricaturale a bien pour fonction d'encadrer cette faune dans ses révoltes comme dans ses émeutes, en lui laissant croire le pouvoir général accessible au nom d'un anticapitalisme très policé et national. Dans le concret urgent du moment il est à signaler la première bannière de cette clique, la chanson écologique, avant la question politique et sociale, sert à excuser le capitalisme, certes pollueur, mais face auquel il suffirait d'institutionnaliser une politique d'Etat bio pour « sauver la terre ». L'idéologie écologique de Macron à Mélanchon est l'idéologie de la conservation du capital et du bourrage de mou des « jeunes »

S’inspirant de la stratégie de nouveaux partis politiques tels que Podemos en Espagne, le leader Insoumis décida alors de délaisser la symbologie de gauche (L’Internationale, le drapeau rouge) et l’axe « gauche-droite » au profit d’une rhétorique opposant le « peuple » aux « élites ». Mal lui en a pris puisqu'il se trouve désormais avec un concurrent sur presque les mêmes bases populistes (mot inconnu du CCI) - le RN – et que conglomérat des Nupes n'est qu'un marais interclassiste dominé par les pleureuses petites bourgeoises.

LA NUPES DES DUPES

L'élargissement relatif de la victoire improbable d'un « camp de la gauche des travailleurs écologiques » avec la Nupes des dupes, arrogante « Nouvelle Union populaire écologiste et (peu) sociale » en vue des législatives vengeresses, n'est pas qu'un élargissement faiblard de la bouillabaisse LFI – communautariste et multiculturaliste wokiste - c'est surtout une mise en coupe réglée sous la bannière de la bourgeoisie écolo et de ses petits camelots islamo-gauchistes au service d'un prétendu sauvetage écologique du capitalisme avec toutes les industries bios qu'on nous promet pour « générer des emplois » et « sauver la terre », mais pas l'humanité ! Cette idéologie, bourrée dès les maternelles, est le cadet des soucis de la classe ouvrière bien que motivant surtout bobos enseignants et directeurs de conscience managériaux. A quoi sert le « changement écologique » en Ukraine ? Devrait-on réclamer des bombes propres ? Préserver les forêts et les animaux du débile Aymeric Caron3 ? Exiger des hommes qu'ils fassent la vaisselle avec la demeurée Sandrine Rousseau ? Violer sans vergogne les femmes avec Taré Ouaf ouaf ? Ecouter les fabulations d'Obono ambassadrice de la smala Traoré et des racialistes? Dealer la poudre blanche avec le principal commerçant parachuté des résidences à bobos parisiens, Piolle, au milieu d'une population arabe au chômage à Grenoble (grâce aux jeux olympiques...).

Continuer à mettre au premier plan « le combat écologique » carnavalesque (au plan électoraliste) au même moment que les massacres en Ukraine c'est cela la meilleure contribution de la bande à Mélenchon pour effacer toute réelle critique « politique » du capitalisme et de ses impérialismes ; l'article du CCI qui passe son temps à dénoncer cette vieillerie, le chauvinisme (surtout anti-européen), des mélenchoniens et rate la cible principale : la cuistrerie sentimentalo-écolo de cette clique qui, ce faisant, prétend faire de la politique à la place de ses électeurs (dans le même sens que l'abruti Caron) ou des naïfs qui rêvent de ces incapables au pouvoir, et dont les quelques maigres protestations pacifistes, voire la complaisance emberlificotée envers Poutine (par génétique anti-impérialisme US), ne protestent nullement d'un point de vue de classe contre la guerre. Plus grave que le futur engagement patriotique de Mélenchon, le rédacteur de l'article aurait pu noter la principale mesure anti-capitaliste et fumiste de son programme: le doublement des effectifs de police. L'écologie c'est pousser à éviter de penser aux conséquences principales du capitalisme, non pas sur les forêts ou les océans, mais sur les millions de vies humaines et sur ses guerres qui se moquent de l'écologie de la chair humaine comme moi je me moque de mes premiers slips.

La tentative bourgeoise burlesque et lourdingue de refaçonner une droite crédible et une gauche audible via la danse à mille pattes de l'extrême mémère Le Pen et de son compétiteur extrême Mélenchon n'est qu'une parabole mort-nèe, vanité de politiciens incrédibles. La porosité électorale des électeurs des deux bords en dit long sur la désagrégation de l'idéologie électorale plus qu'elle ne renforce ou signifie un avenir par des diverses sectes politiques qui constituent ces soi-disant extrêmes, et encore plus sur la disparition de la gauche magicienne. L'autre jour, à la caisse d'Aldi, un vieil ex-stalinien m'assure que Le Pen avait prévu que l'Amérique attaquerait la Russie, m 'assure aussi qu'il connaît l'histoire car Staline a renversé tout seul Hitler. Comme je lui démontre le contraire, il m'attend à la sortie pour me dire qu'il faut voter Mélenchon... Dans une analyse électorale qui sent la naphtaline, le CCI abandonne subitement sa notion de décomposition ! Pourtant il s'agit bien là réellement de décomposition, et pas de reconstitution de professionnels de l'opposition officielle bcbg !

L'article du CCI s'est certainement appuyé sur ce genre de commentaire de sondeur professionnel (et je prends plus au sérieux les sondeurs en général avec leur démarche scientifique quasiment corroborée depuis des décennies):

« Plus les électeurs sont jeunes, plus ils vont avoir tendance à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier obtient ainsi plus de 22% des intentions de vote chez les 18-24 ans, contre seulement 7% chez les 70 ans et plus ».

D'abord la catégorie jeune ne signifie rien4. Actuellement les jeunes n'ont aucune conscience ; c'est un fait historique la jeunesse ne s'émancipe vraiment qu'au moment des grandes cassures historiques : par exemple 1789, 1917, 1968... Nulle critique non plus du contenu du programme qui prétend faire voter à partir de 16 ans, alors que l'influence parentale reste prédominante voire nocive. En plus les jeunes de la période actuelle, surtout des couches moyennes n'ont qu'une vague indignation écolo-compatible, pas la plupart des jeunes ouvriers. En plus cette évocation d'une possible révolte via le vote mélenchonien, sous le fanion mité et inconsistant d' « union du peuple » (à la place d'union de la gauche...disparue) , est un travestissement de la réalité, ainsi que la décrit la très sérieuse fondation Jean Jaurès :

« Le vote Mélenchon en 2022 est donc pour l’instant davantage un vote de catégories intellectuelles supérieures. Mais cela se constate-t-il également au niveau des revenus et des catégories socio-professionnelles ? Alors qu’en 2017 il obtenait des scores assez similaires au sein des professions intermédiaires, des ouvriers et des employés en surperformant même chez ces derniers (29% des voix), les intentions de vote des ouvriers et des employés sont désormais inférieures à celles des professions intermédiaires. Plus encore qu’en 2012 et qu’en 2017, le vote Mélenchon n’est ni un vote de classe, ni un vote populaire. Pour autant, on peut être frappé par la déconnexion existante entre les hauts niveaux de diplôme et les faibles revenus de l’électorat Mélenchon. Cette déconnexion, qui existait déjà d’une certaine manière en 2017, confirme que le candidat de l’Union populaire performe particulièrement au sein de cette frange de la population à fort niveau d’éducation mais dont le niveau de vie ne suit pas.

On comprend dès lors pourquoi les questions de pouvoir d’achat et de lutte contre les inégalités sont particulièrement citées par les électeurs de Jean-Luc Mélenchon comme les enjeux les plus importants. C’est d’ailleurs sur la montée des préoccupations concernant le pouvoir d’achat que Jean-Luc Mélenchon a construit sa dynamique des dernières semaines. Le programme « L’Avenir en commun » porté par l’Union populaire se compose à la fois d’un ensemble de mesures s’attaquant au libéralisme économique et financier, et proposant d’assurer davantage d’égalité et de justice sociale »5.

Par après l'analyse suivante est encore plus claire :

Départements ultramarins, campagnes alternatives, bastions syndicaux, «génération climat», banlieusards, musulmans et bataillons de la gauche diplômée des métropoles constituent l’archipel mélenchoniste. Quant à ces 20 %, ils correspondent essentiellement à des catégories plutôt populaires et dépolitisées : elles estiment que le clivage entre la gauche et la droite n'explique plus la chose publique d'aujourd'hui, comme d'ailleurs 40 % de l'ensemble des Français.

Comment décrypter leur démarche ? Ces 20 % sont avant tout des "fâchés pas fachos", pour reprendre une formule de Jean-Luc Mélenchon. Comme au Brésil, en Italie ou aux États-Unis, une portion de plus en plus importante des populations se sent lésée et ne vit la politique qu'au travers de ses multiples colères.  Ces populations ne raisonnent plus en termes de partis politiques, mais au travers du prisme de frustrations auxquelles les politiques ne répondent plus. Ils ont voté Mélenchon parce qu'ils sont fâchés, mais ce ressentiment est d'abord dirigé contre Emmanuel Macron, et non prioritairement contre Marine Le Pen, puisqu'elle n'était pas dans les sphères du pouvoir.

Nos professeurs de maximalisme ringard oublient de plus, comme la politocratie officielle, ceux qui, jeunes et chômeurs, abstentionnistes et voteurs blanc, se fichent du politicien délirant Mélencon et la « division générationnelle » n'existe pas dans la réalité chez les abstentionnistes, quoiqu'il soit positif que les jeunes y soient aussi nombreux :

« C’est une habitude, les abstentionnistes ont une nouvelle fois été particulièrement nombreux chez les jeunes et les moins favorisés. Près de 30% des moins de 35 ans (29% chez les 18-24 ans, 28% des 25-34 ans) ne se sont pas déplacés pour ce 1er tour de la Présidentielle 2017, pour comparativement 16% chez les 60-69 ans et 12% chez les électeurs de plus de 70 ans. En termes de catégories socioprofessionnelles, on recense également 29% d’abstentionnistes chez les employés et les ouvriers, pour 21% chez les cadres et 22% chez les professions intermédiaires. L’abstention a également dépassé les 25% sur l’ensemble des salariés et des personnes au chômage. Il faut se tourner vers les retraités pour trouver une participation sensiblement plus forte, de 87% contre 13% d’abstention ».

Les (anciennes) gauches se sont officiellement fait des papouilles mais on ne dit plus les gauches mais la nouvelle (faune) union populaire écologique et sociale (la Nupes), autrement dit les diverses cliques des idéologies bobos, nouvelles mafias qui se disputent le gâteau électoral avec hargne et coups bas comme tous les vieux machins! Vous imaginez que ces tripatouillages vont illusionner les prolétaires? On n'a pas un prolétariat aveugle ni lâche comme celui de Russie ici!

La faune mélenchocompatible, néanmoins perpétuellement conflictuelle, s'affiche désormais avec un «V» rouge, vert, mauve et rose qui veut dire «victoire» évoquant le début du terme et qui peut se faire avec les doigts, comme Churchill Comme le Z de l'impérialisme russe... Les vieux récalcitrants éléphants du PS ont trouvé à mon sens les mots justes pour déshabiller cette pauvre comédie : « rafistolage » selon JM Ayrault, « signature de reddition » selon l'ancien trotskien Cambadélis, « une sympathie qui ne couvre pas les désaccords » selon Claude Bartolone. Sans oublier l'indifférence de Stéphane Le Foll. Certes le PS est mort, mais il n'est pas prêt d'être remplacé.

UN VOTE UTILE CAMELEON ET TRES VOLATILE

Pauvre Mélenchon il n'aura été qu'un « vote utile », « vote par procuration » pour une haine apolitique, pour un rejet de la clique au pouvoir mais sans alternative crédible. De plus, hélas trois fois hélas, la part des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ayant voté pour Marine Le Pen a augmenté, pas vrai?. Ce n'est plus du carnaval électoral mais une chienlit institutionnelle comme aurait dit le grand Charles ! Une moisissure des boites à voter! Allez retrouver vos petits électeurs là-dedans. L'électeur est devenu une girouette sur laquelle vous, petit politicien, ne pouvez même plus compter ! Aussi pour barrer la route au fascisme inexistant une bonne partie des mélenchoniens a finalement voté Macron6 ! Le meilleur du pire peut côtoyer le diable et sa grand-mère !

Avec le propagandiste du voile en piscine, Piolle de Grenoble, et la garantie municipale clientéliste  de développer les mosquées, la gauche mélenchoniste fait des ravages en terre islamique : Près de sept électeurs musulmans sur dix ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, dimanche 10 avril, au premier tour de la présidentielle, selon une étude l’Ifop pour La Croix. Si des appels à voter pour le camelot de La France insoumise ont été relayés au sein de la communauté musulmane ! Qui se ressemble s'assemble.

« LFI est désormais la principale force de la gauche capable d’assumer ce rôle d’encadrement idéologique du prolétariat ». Pas du tout, d'abord parce que gauche ne veut plus rien dire, ensuite parce que LFI ne prétend pas encadrer le prolétariat comme un vulgaire syndicat mais le diluer dans la notion fumeuse de peuple... Espéranza tchi tchi tchi

Les forces, non pas d'encadrement, mais de dilution et d'égarement du prolétariat, resteront multiples et aussi désordonnées qu'actuellement, cela ne signifie pas qu'elles seront moins destructrices de la recherche d'unité du prolétariat mais la clique clientéliste à Mélenchon n'est pas la plus dangereuse car sa notoriété et son influence n'ira pas plus loin que les Podemos et cie. La petite bourgeoisie tourne le dos à l'histoire qui finit toujours par se moquer d'elle.


NOTES


3Ce PN intronisé dans les médias naguère par le pitre Ruquier, représente l'aille fasciste du bourbier mélanchonien. Il a milité pour un « permis de voter ». En 2017, sur un plateau télé, Aymeric Caron avait qualifié de "gênant" le fait "que dans une démocratie, puissent participer des personnes qui n'ont aucune connaissance des enjeux du vote en question". « "Le citoyen inculte et irresponsable n’aura plus voix au chapitre. Personne ne pourra plus participer à la vie de la communauté sans avoir apporté les preuves qu’il en est digne. À cet effet, un permis de voter sera instauré". C'est l'autre version de la mystification démocratique bourgeoise car le vote général n'est établi que pour les cons certifiés. Et de toute façon cela revient au même, une fois élus les édiles bourgeois ne sont plus contrôlables par les braves électeurs soumis...comme les insoumis derrière leur guru.

4Pourquoi ne nous bassine-t-on pas aussi avec le « vote étudiant » ? Ce qui ravirait le CCI, think thank moderniste qui nous a inventé il y a quelques années l'étudiant comme membre de la classe ouvrière ! Ont-ils jamais vu le comportement de l'étudiant en stage en entreprise ces petits profs coupés des réalités ?

6 D'après le sondage réalisé par Ipsos-Sopra Steria du 21 au 23 avril, 42% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont voté pour Emmanuel Macron au second tour. En 2017, ce chiffre s'élevait à 52%. La part de vote pour Marine Le Pen passe de 7% en 2017 à 17% en 2022. Le pourcentage de votes blancs ou d'abstention parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon est stable, à 41%.

lundi 13 juin 2022

UNE VICTOIRE A LA PYRRHUS DE LA GAUCHE NUNUCHE



On assista donc au discours le plus ridicule de la Vème République. La prise de parole du roi des bobos dimanche soir se voulait pontifiante et populiste, profondément patriote, avec des mots nunuches tout droit sortis de la panoplie rance stalinienne. Pas très enthousiaste finalement... une victoire de la Nupes représenterait un plus
«pour nos vies personnelles et le destin de la patrie commune» : patrie commune ? Nos vies personnelles ? De tous et de chacun ? « Un autre monde est possible » ? (oui mais lequel?) ; « La démocratie peut nous donner de nouveau le moyen de changer de cap» (oui mais lequel?) :«faire vivre un nouvel avenir en commun» (en commun avec quoi et avec qui?. Avec cette prétendue intelligence du peuple et cet étrange engouement si populiste pour « l'intérêt de la patrie » nos « radicaux » d'estrade sont prêts à gouverner avec un programme ! Lequel ? 650 pages fourre-tout, hétéroclites et sans principes autres qu'une ribambelle de promesses antiracistes, wokes, étranges et intenables.

Il est difficile de trouver la totalité des discours des mélanchoniens, et c'est voulu, tellement ils contiennent des billevesées romantico-neuneus. Le langage est commun avec le stalinien relouké Fabien Roussel, ne pas confondre avec le colonel du même nom, qui carrément a repris les mêmes munucheries staliniennes des années 40 : « le droit au bonheur au travail » (sic) et « les jours heureux ». Je me suis souvent demandé s'ils croyaient aux conneries qu'ils débitent d'estrade en estrade. En un sens oui puisqu'il s'agit de séduire un électorat très religieux, et qui les soutiens (cf. la plupart des groupies et obligés de Mélenchon sont tous réélus en Seine Saint Denis qui n'est plus un bastion de la classe ouvrière mais de l'idéologie multiculturaliste. Cette histoire de bonheur et de jours heureux est très religieuse. Dans l'autre tradition celle, réelle et respectable, du mouvement ouvrier et du marxisme, on n'a jamais débité et accumulé des sornettes pareilles, tout est relatif, même parfois dérisoire comme le fameux « à l'assaut du ciel »1, mais avec LFI et ses accolytes nunuches on atteint des sommets de bêtises . Les faux insoumis mais vrais suivistes de la vieille idéologie de gauche stalinienne en ont gardé le comportement sectaire et agressif, cela ne fait pas un programme. On a du mal parfois à comprendre les délires de la petite bourgeoisie tant elle apparaît coupée de la réalité des classes. Mais c'était la même chose au temps du stalinisme: ils (staliniens et trotskiens) défendaient le pays du socialisme « réel » ou « dégénéré », tout en sachant que ce n'était pas vrai, mais psychologiquement leur vaillance à en convaincre et à tarabuster leurs interlocuteurs hilares ou rétifs, les faisait se surpasser et leur conférait, même avec les mensonges les plus honteux, cet esprit de supériorité d'une élite qui « expliquait » ce qu'il fallait penser à défaut d'ouvrir la voie à une pensée vraiment révolutionnaire. Le fond de l'ardeur à soumettre aux partis d'époque résidait bien sûr dans la recette immémoriale de l'anti-fascisme de salon ; au moindre désaccord à la CGT ou au PC vous étiez qualifié de facho ! De nos jours c'est le même simplisme qui prévaut de la part des élites de la gauche en attente de retrouver le caviar, vous pouvez être qualifié tout autant de « faire le jeu de l'extrême-droite ». Qui n'a jamais servi depuis 75 ans que de figurine repoussoir voire de force d'appoint pour réguler le jeu électoral.

D'ailleurs le RN de principal opposant à Macron, se trouve relégué à une troisième place minable, et c'est la majeure leçon de cette première qualif pour le deuxième tour de piste. Des journalistes se sont inquiétés de savoir pourquoi Mélenchon était tant mis en vedette dans les médias voire salué comme « grand orateur », or le résultat est là, au lieu d'avoir une représentation électorale tripartite qui aurait ouvert une crise de régime, le succès de LFI vient restaurer la vintage bipolarité politique qui a permis au régime de tenir depuis la guerre, naguère droite/gauche, et maintenant en plus bancal une droite pas totalement libre et une gauche gueulante. Cela peut mieux correspondre aux besoins de l'Etat bourgeois face à la crise sociale qui vient et aux conséquences de la guerre en Ukraine. Non pas que, comme en 36 syndicats et partis collent aux grèves pour les saboter de l'intérieur, mais, en faisant mine d'ignorer le besoin d'unité sociale et politique du prolétariat, pour fractionner toutes les révoltes à venir en combat de races, en genres, en féminisme, en écologie, enfin toutes les salades du programme bordélique des nunuches de la gauche bobo, dissolvant toute identité de classe.

Curieusement pas tant que çà, pervers plutôt, et sans le crier sur les toits, le programme touffus et tout fou est pourtant relativement secondaire, à destination des bobos rêveurs, c'est bien la classe ouvrière qui est ouvertement draguée, on lui promet, si elle s'engage à déferler le prochain dimanche électoral «  pour le destin et pour la patrie commune » : peuple tu auras droit avec moi à la retraite à 60 ans, je supprimerai le travail forcé au RSA et je garderai les 80 milliards que ce salaud de Macron veut retirer du budget de l'Etat !

Déferler ? Il n'y va pas de main morte le roi des bobos insoumis sauf au gourou ! Sans doute se prend-il pour le pape désormais avec près de 6 millions de voix derrière lui (ce qui n'est pas rassurant et confirme hélas le degré d'abrutissement électoraliste d'une bonne partie de la population en France)2. Mieux ajoute-t-il : « Macron surnage dans un océan d’abstention, de bulletins blancs et nuls ». Cette envolée vaut aussi son pesant de cacahuètes, Mélenchon lui fait semblant mais surnage aussi ; il est en peine pour recruter ces millions de prolétaires devenus indifférents face aux picrocholines disputes des politiciens bourgeois et petits bourgeois.

Une excellente tribune dans Libération montre la démagogie des deux côtés, penser qu'agiter « pouvoir d'achat et retraite » suffirait à redonner espoir dans les partis bourgeois en lice, c'est d'abord prendre les ouvriers pour des cons, de plus incultes ; d'abord et naturellement le parti godillot de Macron :

« Devant les effets déstabilisateurs d’un contexte social à fleur de peau, l’incertitude laissée par le Covid et renforcée par Poutine, devant les menaces que font planer sur nos vies et nos démocraties le réchauffement climatique, les seules mesures annoncées par Renaissance sont la mise en place d’un «paquet pouvoir d’achat» cet été et la conduite d’une réforme des retraites aux contours mal définis. Un réalisme minimaliste qui finit par paraître une folie devant l’ampleur des enjeux qui nous guettent »3.

La bande à Mélenchon agite aussi ces deux mamelles sociales (comme si les électeurs en général ne regardaient que le bout de leurs chaussures), mais derrière le programme reste incrédible et pour la bourgeoisie et pour le prolétariat :

« ce programme a comme une allure d’artifice. D’autant plus quand, dans le détail, on constate que ces propositions sont de tout ordre, et mélangent position de principe, ambitions générales, mesures techniques précises ou annulation de politiques existantes. Elles ne soucient pas de s’arrimer au réel de l’exercice de pouvoir : elles n’anticipent pas les obstacles qui se poseront à leur praticabilité, comme cette proposition de taxe similaire à la taxe Tobin dont chacun a pu mesurer l’inefficacité quand il fut question de la mettre en place sous le quinquennat de François Hollande. Elles manquent ainsi de méthode »4

Tout ce cirque est perçu pour ce qu'il est désormais, un moment éphémère de l'actualité pour cette masse d'électeurs abstentionnistes qui culpabilisent tant ces politiciens en compétition toujours élus avec une minorité de voix et incontrôlables une fois en place ; rejet du cirque vintage pas simplement par indifférence à mon point de vue – à moins d'oublier les années Mitterrand et l'enrichissement de la gauche bourgeoise – mais par rejet conscient de leurs divers mensonges et promesses de la lune :

« Cet enchaînement d’images politiques sans lendemain suscite de la lassitude, le sentiment de l’impuissance du politique et que la solution à nos problèmes se trouve ailleurs. Elles laissent la vie politique à ceux qui en ont quelque chose à espérer, concrètement. Reste des bases militantes galvanisées et dans l’attente d’un résultat de scrutins qui ne concernent plus une majorité des inscrits.Tandis que pour les premiers, ce nouveau fonctionnement politique d’images éphémères vouées à être dégonflées au contact du réel fabrique de l’indifférence et renforce la plongée dans l’incertitude, pour les autres il exacerbe la croyance, et rend nécessaire de formuler de nouvelles images pour que la foi se maintienne ».

La stratégie d'une « union populaire » calquée sur 36 : fâchés pas fachos

Si le parti de Mélenchon et des autres clowns des cliques petites bourgeoises ne représenteront jamais la classe ouvrière, comme le RN, le PS ou LRM d'ailleurs, le parti LFI a été plus conscient que ses acolytes merdeux de la nécessité de sa fonction, non pas la victoire inventée et présumée – le système électoral est si bien découpé que les sondages ne se trompent quasiment jamais – mais figurer un parti d'opposition influent et audible ; ce pour quoi sa préoccupation n'a pas été « sauver la planète », « arrêter de bouffer les animaux » avec l'abruti Caron, ni « interdire les féminicides », ni « supprimer la police bourgeoise » mais promettre la lune et le caniveau aux prolétaires abstentionnistes ou votant par dérision pour la fille Le Pen, mais de draguer lourdement la prolétariat, ainsi que le résume assez bien un organe de presse :

« Tout au long de la campagne, Jean-Luc Mélenchon et ses troupes ont insisté sur le social en martelant les mots «retraite à 60 ans» et «smic à 1 500 euros» pour bâtir un front anti-Macron allant de la gauche aux «fâchés pas fachos». Une stratégie de reconquête d’une partie de l’électorat RN que la tête de file des insoumis mettait déjà en scène en 2012 en allant affronter Marine Le Pen à Hénin-Beaumont lors des législatives. Mais ces électeurs pourront-ils enjamber le fossé qui les sépare de Mélenchon sur les sujets sociétaux ? A la veille du premier tour, Jean-Luc Mélenchon s’interrogeait : «Peut-être qu’en fait ça n’existe pas les fâchés pas fachos mais je veux quand même y croire.» La Nupes mise surtout sur un élan des classes populaires qui se sont abstenues au premier tour ».

Espéranza tchi tchi tchi. Même Libération qui fonctionne de plus en plus avec des jeux de mots dans ses titres, soutient en général les fables de la gauche bourgeoise et bobo a fini par se moquer :

« Jean-Luc Mélenchon raconte souvent les mêmes histoires. Il regarde en arrière pour parler du présent, voire du futur. Lors de la dernière semaine de campagne, après une conférence de presse pour répondre aux différentes attaques de La République en marche, il prévenait en petit comité : «Dimanche soir, à la tombée des résultats, c’est un nouveau monde qui s’ouvre, tout s’ouvre, et rien ne sera plus pareil, tous les calculs de ceux qui prédisent le monde tomberont à l’eau.» La Nupes a cinq jours pour renverser un monde »5.

Les nunuches ne renverseront rien du tout et on en reviendra fin juin aux soucis du quotidien et à cette douleur lancinante de ne pouvoir rien faire face au massacre en Ukraine.

PS : SUR L'INSTRUMENTALISATION DES FRONTS POPULAIRES POST-FESTUM

Quelques remarques comparatives avec le Front popu de 1936, que LFI se plaît à évoquer tellement c'est loin, voire mythifié, en évitant soigneusement les années d'austérité mitterrandesque. En général les fronts populaires des années 1930 ont servi à désarmer le prolétariat et à la paralyser à la veille de la seconde boucherie mondiale. Incontestablement le front populaire disposa d'une majorité écrasante au parlement avec ses divers partis (déjà désignés par nos pères en révolution marxiste comme bourgeois et ennemis de la classe ouvrière), mais c'est un fait. La bande des bobos autour de Mélenchon peut gagner une centaine de promos à la députation, alors qu'elle n'en avait que 17 jusque là, mais n'atteindra jamais le score de la gauche bourgeoise et stalinienne des années 1930.

Le regroupement des partis de gauche ne s'est pas déroulé comme avec les partis nunuches de la bobocratie parisienne, mais face à une réalité certaine : une journée d'émeutes menées par les cliques d'extrême droite d'époque. Il ne s'agissait pas d'une union ouvrière contre le capital mais d'une réunion de la gauche de la bourgeoisie pour faire front face à la montée des impérialismes fascistes et nazis. Alors ceux qui s'appellent « patriotes » sont les membres de l'Action française (coucou Mélenchon!).

Le programme électoral du « front popu » modéré et bourgeois

C'est clairement, sous couleur pacifiste un programme de préparation à la guerre, l'alternative n'est pas « guerre ou révolution », mais « guerre ou paix »... qui prépare la paix prépare la guerre ! Le programme du Front populaire, censé se structurer autour de son slogan électoral « Pain, Paix, Liberté », est plus concrètement organisé en deux rubriques : défense de la démocratie avec des petits règlements de compte interne et secondaires (désarmement et dissolution des ligues, obligation cocasse pour les organes de presse de publier leur bilan financier pour permettre à leurs lecteurs de connaître l'identité de ceux qui les financent, promotion des droits syndicaux et de l'école laïque) et de la paix. En dehors de la volonté de nationaliser les industries pour soustraire la politique extérieure de la France à l'influence des marchands de canon, « cette plateforme somme toute modérée témoigne davantage de préoccupations électorales que d'une claire perception de la situation internationale : ni la question coloniale, ni les dangers extérieurs, ni la situation en Europe ne semblent préoccuper ses signataires » et l'antifascisme reste essentiellement à destination interne, De ce point de vue c'est quasiment la même démarche de la gauche nunuche, sauf qu'il n'y a pas le nazisme en face et que la grande majorité des ouvriers, contrairement à 1936, n'ont aucune envie de suivre le roi des bobos.

Etrangement mais significativement pour une époque encore sous le soleil de la révolution en Russie, la victoire électorale de la gauche d'époque donne le pouls de la situation sociale tendue, salaires misérables, patrons de droit divin, etc. Le nouveau gouvernement de gauche blabla sera surpris tout de même quand quelques jours à peine plus tard des grèves éclatent dans des usines d’aviation du Havre Le 11 mai, 600 ouvriers et 250 employés des usines Bréguet arrêtent le travail pour demander la réintégration de deux militants licenciés pour avoir fait grève le 1er mai. L’usine est occupée et les tentatives de la police de déloger les grévistes échouent, les dockers se solidarisant des grévistes. Le 13 mai, c'est au tour des usines Latécoère, à Toulouse, puis le 14 à celles de Bloch, à Courbevoie, d'être occupées. Le mouvement se répand comme une trainée de poudre, atteignant rapidement les entreprises voisines. Le mouvement se généralise avec une joie évidente. Malgré les paroles rassurantes de Léon Blum, le climat qui règne alors en France a des connotations clairement révolutionnaires. Peu ou pas encadré par des organisations politiques ou syndicales, le mouvement trouve des causes multiples et fortement localisées, mais a aussi un côté festif. Comme l'a écrit la philosophe Simone Weil dans la revue La Révolution prolétarienne, ce sont de véritables « grèves de la joie » : on fête la victoire électorale de la gauche, la dignité ouvrière retrouvée après une longue période de contention et de répression.

La fin de « la semaine des deux dimanches », soit le retour aux 48 heures, généra une forte opposition populaire et syndicale, avec grèves et manifestations. La répression qui s’ensuivit, avec licenciements massifs et nombreuses arrestations, marqua la fin du Front populaire.

La répression du « gouvernement ouvrier » et le sale boulot des syndicats a cassé les jambes du prolétariat qui, après la fable des accords de Munich ira à nouveau pieds et poings liés se faire massacrer par milliers au-delà de la ligne Maginot.


Les différences sautent aux yeux si on compare aujourd'hui la théâtrale et réchauffée « union populaire » avec l'époque du « front populaire ». En 36 les ouvriers n'avaient jamais vu des gens qui se prétendaient sociales et communistes se dresser contre la classe ouvrière au nom de la défense de la patrie (en oubliant que la SFIO avait collaboré en 14). La classe ouvrière était reconnue comme telle voire célébrée. Même si elle déjà très encadrée par le PCF et sa CGT, elle était capable de se trouver dans le même état d'esprit libéré des ouvriers russes, allemands ou espagnols.

Aujourd'hui cette classe n'existe plus aux dire des élites bourgeoises et des traîtres professionnels des cliques de bobos diplômés, il n'y en a que pour cette scie les couches moyennes, plutôt cultivées, en accession à la propriété, possédant un vélo électrique et une résidence secondaire plutôt à Courchevel et à Grenoble.

Les Blum et Thorez possédaient une véritable aura auprès du public ouvrier, en comparaison Mélenchon n'est qu'un fabulateur d'estrade voire un bistrotier derrière son comptoir. L'expérience de la révolution russe restait à l'horizon dans sa dimension internationaliste. L'horizon de Mélenchon est si étriqué et improbable – notre patrie – qu'il fait pitié et que l'Europe fait meilleure figure au plan cosmopolite.

Le programme du front popu contenait des concessions importantes sur les salaires et avec la création des vacances mais le pouvoir patronal, la police et l'armée restaient intouchables... ce serait la même chose avec un premier ministre en costume Mélenchon mais quasiment sur siège éjectable, même par la classe ouvrière, tellement... il ne pourrait rien tenir.

Le souci de la classe ouvrière n'était pas (pas seulement) le niveau de vie et la retraite, les événements internationaux traversaient ses débats et inquiétudes : guerre d'Espagne, bouleversements à l'Est, Mussolini, Hitler. Parler d'un futur autre était un souci politique premier. Avec la clique à Mélenchon, comme avec ses autres compétiteurs, on n'entendit pratiquement jamais parler de la guerre en Ukraine et surtout de ce qu'il faudrait faire pour ne plus rester spectateurs. Cette bande de bobos qui prétendait conscientiser, expliquer, n'a rien fait du tout pour élever le débat ni désigner la seule classe qui peut être le fer de lance contre la misère, la guerre et la destruction du monde.

En 1936, la guerre n'était pas loin. En 2022, on n'est sûr de rien... Quoiqu'il arrive, les diverses fractions bourgeoises et bobos n'auront en rien aidé à réfléchir ni véritablement proposé de changer l'ordre des choses. Et du monde.


NOTES


1Formule concernant les communards, ambiguë, interprétée en général comme aller vers la libération de l'humanité, mais aussi pour buter... le ciel et toutes les croyances religieuses qui, elles, sont au service du capitalisme.

2Le blog du roi des bobos est pitoyable, bourré de photos et de témoignage d'admiration, c'est au même niveau que la cour du roi Macron.

4ibid

5«Cf. l'article : «  La gauche unie en son genre ».



jeudi 24 septembre 2026

PRIMATES SOCIALISTES: une gauche bourgeoise impuissante et dépassée

 

les pieds nickelés

suivi du CRUEL DILEMME PRO ET ANTI-Mélenchon. 
Non seulement l'idéologie de gauche est au pouvoir à France Inter, mais elle se fait organiser des débats sur mesure comme celui mené par Pujadas. Ont été esquivées toutes les questions qui font triompher le RN: insécurité, violences quotidiennes, laxisme et injustice des robes noires, immigration et surtout les élites moalisatrices, absence de bilan critique de l'ère mitterrandolâtre. Un cénacle BCBG totalement hors du coup face à la gravité de la situation actuelle et à venir dans le court terme.

ET LES RAISONS DU SUCCÈS DU PARTI MAXIMALISTE LE PLUS DANGEREUX

La première partie de la joute entre concurrents de cette gauche BCBG porta sur la guerre en Ukraine, question posée par un brave étudiant croyant à cette fable d'une gauche bourgeoise traditionnellement pacifiste, et qui s'inquiétait qu'on n'apporte pas un plus franc soutien militaire à Zelensky. Comment peut-on être pacifiste et souhaiter des interventions militaires ? Et laisser pontifier le principal va-t-en-guerre Glucksmann ?

Tous se prononcèrent d'une façon ou d'une autre sur une nécessité de préparer la guerre, surtout Glucksmann). C'est sûr, la Russie va tôt ou tard envahir l'Europe, assurent-ils en chœur, et il faudra bien se défendre. Tous en appelant en parallèle à une révolution écologique (qui solutionnerait tous les problèmes industriels) supposée relancer la croissance, voire sous forme de guerre à but écologique. Avec le culot, tous, de vanter la filière nucléaire, alors que sous le gouvernement Hollande leurs comparses écolos ont tout fait pour saboter et ralentir le parc nucléaire alors qu'il fallait déjà penser à le développer pour commencer à mettre fin à la dépendance pétrolière.

Sur le génocide à Gaza, sauf pour Glucksmann, la chose semblait entendue par tous. Sauf par Ségolène Royal, vieillie malgré son portrait géant derrière où elle ressemblait plutôt à Sophie Marceau, qui fit sursauter d'indignation de chaque côté les deux députés d'origine juive Guedj et Glucksmann, lorsqu'elle réaffirma, comme elle l'avait déjà dit il y a quelques mois, et courageusement: "Netanyahou est le principal responsable de la montée de l'antisémitisme." Les deux lascars l'accusèrent de culpabiliser les Juifs en général; ce qui n'avait pas du tout été son propos, très factuel. Et Glucksmann de lui faire la leçon de morale pour dangereuse concession à l'antisémitisme, et à surveiller ses mots. Les deux politiciens atténuant ainsi la principale cause de l'antisémitisme en milieu arabe et pro-palestinien. Toujours aussi ambigu, Glucksmann a récusé le qualificatif de génocide.

Le moment le plus émouvant et révélateur de l'état de misère en France fut le questionnement d'une jeune mère de famille "monoparentale" avec deux enfants, au chômage et recherchant désespérément un travail, avec un loyer de plus de la moitié de ses ressources, l'impossibilité de payer la cantine aux enfants, de payer aussi pour les faire garder lorsqu'elle retrouverait un travail, des aides peau de chagrin, des calculs basés sur ses anciennes ressources pour justifier les minimas sociaux qu'elle touche, un maire qui ne pouvait rien faire pour l'aider...Et Pujadas qui lui avait demandé si elle allait voter… et pour toute réponse, un sourire désolé. Le choix d'inviter cette jeune femme noire, prolétaire avant tout, était évidemment pervers pour laisser au second plan sa misère ouvrière et prioriser l'antiracisme humanitaire, avec des remarques condescendantes à la façon de Faure: "le problème de cette femme est simple....". Non, justement, il n'est pas simple du tout, elle est à la veille de se trouver jetée à la rue; et tous ces beaux messieurs-dame n'ont rien à lui proposer sauf leur compassion pour un "ordre juste" ou un SMIC miraculeux.

Nos candidats de la gauche caviar étaient restés tout d'abord bouche bée (les élites sont toujours gênées face à une réalité qu'elles ne côtoient pas). Puis concrètement ils furent tous incapables de répondre concrètement, sauf à noyer leurs propos dans des généralités ronflantes mais très hiérarchisées au point d'en devenir comiques, Royal nuançant que, augmenter le SMIC, c'est bien mais à condition qu'il ne rattrape pas les couches moyennes au-dessus; occasion pour mamie de ressortir son nécessaire à tricoter "gagnant-gagnant".. Les deux mamelles de cette gauche ringarde étant désormais: un ordre juste et acheter français. Et un simple ramassage électoral interclassiste avec une Royal plus bête que jamais, éructant : "Il y a un déclin global de l’ensemble des catégories sociales."! Les mêmes recettes de la médiocratie : impôts, taxes, toujours et encore ! Aucun réalisme, aucune humilité, aucune compétence. Ça bouffe a tous les râteliers… moins de 10 % aux dernières élections ! Faut se serrer pour ne pas tomber du train de la gauche, sauf à accrocher la locomotive new wave wokiste LFI. 

Pas de pot, enfin pour nos sergents recruteurs d'un vote clanique, et honte pour eux, au bout du compte la jeune mère de famille les fit tomber de leur piédestal, payer 15 euros pour participer à leur vote promotionnel, c'est trop cher… provoquant sidération chez ces messieurs bien mis pour une somme aussi dérisoire pour leurs poches.

Glucksmann fit comme à son habitude un blabla ur la fiscalité et la redistribution, déplorant sans s'offusquer des salaires bas comme le bas de mon pantalon. Car il faut être payé dignement, n'est-ce pas?. Concédant qu'il faudrait bien augmenter le SMIC, mais qu'il faut produire plus donc travailler plus et mieux. C'est la rentabilité de la bourgeoisie française qui est l'enjeu.

Chacun y alla de son couplet en faveur d'un État "exemplaire", de cette urgence de "diminuer son train de vie", donc de faire des économies pour pouvoir, après, faire payer des impôts supplémentaires...Oui oui c'était formulé ainsi sans peur du ridicule ni conscience de renforcer la droite dont le cheval de bataille est "y en a marre des taxes incessantes de la gauche au pouvoir".

Olivier Faure, qui posait au sage apparatchik, se mit à, assurer que la hausse du SMIC pouvait créer des milliers d'emplois. Ainsi en Espagne, Pedro Gonzalès, en augmentant le SMIC de 60 %, avait permis la création de deux millions d'emplois (chômage à 9 % mais 8 % en France…). La question majeure n'est-elle pas celle d'une meilleure distribution de l'argent? Il oublie de mentionner que là-bas la retraite est à 67 ans et qu'il n'y a pas autant d'aides et d'allocations de toutes sortes comme en France. Il oublie de mentionner la cherté de la vie aussi en Espagne, une embellie temporaire et le problème migratoire lancinant qui vient détruire le laxisme et l'indifférence de Sanchez, sur un siège éjectable. Sans oublier la corruption (de sa femme) et l'énorme subvention européenne. L'argument de la réussite espagnole va servir de leitmotiv surtout au clan Mélenchon, mais c'est du pipeau face à l'aggravation actuelle. Ajoutons que, vu l'endettement faramineux de la France, on dirait que tous ces cuistres n'ont pas du tout envie de se retrouver au pouvoir, et sans doute aussi la mère Le Pen.

On se contredit sur les causes de la dette, pour Faure et le candidat inconnu avec la même tronche que Hollande (Maurel),, la faute à la dispendieuse dépense de dix ans de macronisme. Pour Glucksmann, la désindustrialisation. Solution pout tous: made in France et travailler plus. Du Marchais d'antan, pur jus.

Guedj alterna promesse sociale brumeuse mais en "nuançant" qu'on ne peut raser gratis et qu'il faudra bien augmenter les impôts. Avoir donc "le courage de la nuance".

LE GRAND SCHISME ANTI ET PRO-Mélenchon


La soirée dédiée à la gloire (funeste) de l'union de la gauche vintage allait être gâchée par la méchante question de la journaliste du Parisien, moins consensuelle que le petit Pujadas. Avec questionnement sur l'alliance ou pas avec la clique à Mélenchon. La bataille fut rude entre les colistiers Faure et Guedj, au point que l'apparatchik Faure y perdit son calme2, attaquant personnellement Guedj sur ses arrangements électoraux avec des partis de droite pour conserver sa place de député. Il apparut comme un petit roquet soucieux de sa dépendance aux troupes de LFI. Il est immédiatement appuyé par Royal qui s'indigne de cette obsession pour LFI, car ce sont tout de même des gens de gauche et antifascistes d'opérette. Elle tint à rappeler sa formation de sept ans sous Mitterrand et son admiration pour ce Tonton, balayant d'un revers de main l'accusation du jeunot Glucksmann, selon qui elle aurait toujours couru après les bonnes places ; et c'est pourtant vrai, on se gaussait à l'époque de ses ronds de jambe auprès de la girouette à chapeau, pour obtenir un poste de ministre.

Plus elle célébrait ce hâbleur, plus elle tentait de faire oublier que les concessions sociales – achat coûteux de la paix sociale – qui sont AUSSI une des causes de l'endettement depuis des décennies, et laissant sous la table les conséquences catastrophiques encore aujourd'hui du règne dispendieux de Tonton. Maurel, l'inconnu baratineur, surgit pour soutenir Royal et la restauration de cette vieillerie d'union de la gauche, en déclamant que la gauche: "c'est le partage du pouvoir et des richesses". Fallait oser et il osa.

Glucksmann et un Guedj véhément, luttèrent contre cette fable à peu près sur la même longueur d'onde et avec des arguments plutôt convaincants. Vrai que le personnage de Mélenchon fait peur à une partie de la population (et aux politiciens concurrents) et en outre que plus ce parti délire plus il renforce le RN. Non, une alliance n'est pas souhaitable avec un parti marche-pied du fascisme (mais lequel ?), ont ajouté les deux tenants de la droite libérale de ce parti bourgeois déconfi depuis une décennie. Car il faut tout faire pour empêcher le "fascisme" (la mère Le Pen n'est pourtant en rien fasciste) de parvenir au pouvoir en France, même en se coalisant avec n'importe qui. Même en sachant que Glucksman et Guedj sont des opportunistes comme tous les autres et se joindront à la cohue tremblante et gémissante. Et que changer d'avis est toléré sportivement entre partis bourgeois, pourvu qu'on ait l'ivresse d'un antifascisme désuet. Leur fixation à tous sur le danger fasciste sent tellement le moisi que cette rouerie a peu de chances d'être le ciment électoral de la gauche radicalement bourgeoise.


LE RENOUVEAU ET L'IMPORTANCE DE LFI POUR DISSOUDRE ET ENCADRER LA LUTTE DE CLASSE

LFI, avec sa démagogie antiraciste et antifa mitée, renouvelle la fonction d'encadrement classique de la gauche bourgeoise désuète avec ses promesses électorales creuses. L'important, hors de leur baratin électoraliste pour leur promotion et enrichissement personnel, c'est LFI qui s'en occupe. Leur hostilité contre la clique LFI évite soigneusement de dire l'importance de ce milieu idéologique woke du marécage woke de la gauche déconfite et sans projets crédibles. LFI est action et scandale. LFI joue un rôle d’encadrement politique dans les quartiers populaires, canalise la colère, empêche que le vote de la classe ouvrière en banlieue bascule vers l’abstention ou retrouve les vraies méthodes de la lutte de classe. Mélenchon n’est pas un adversaire “de droite”, ni un adversaire “identitaire”, mais un obstacle politique interne au camp du travail, au même titre que les appareils réformistes du passé. Le populisme est une substitution du peuple à la classe ouvrière, on remplace la lutte de classes par la lutte “du peuple contre les élites” ; le populisme est un instrument de dissolution du prolétariat. Le concept de “créolisation” introduit une lecture identitaire incompatible avec l’universalité de la classe. Pour le marxisme, la classe ouvrière est une, les identités sont secondaires, la fragmentation ethnique est un poison politique. Mélenchon, en valorisant la diversité comme catégorie politique, renforce les divisions internes du prolétariat. Mélenchon figure le tribun, celui qui se substitue à l'organisation et la rend figurative. Il parle "au nom du peuple". Il personnalise à outrance un combat anti-étatique poseur. Il remplace l'organisation par sa parole. De même il ridiculise, sous couvert d'indignation morale, la violence de classe par une criminalisation permanente de la police. L'histoire d'une créolisation détruit toute référence à l'internationalisme, sans oublier que les réunions publiques de LFI sont hérissées du fanion nationaliste.

Le populisme est anti-organisationnel : il détruit les médiations (comités de grève, partis de classe, structures de masse) au profit d’un chef charismatique. Il divise le prolétariat au profit du RN – en captant une partie du vote populaire urbain – en laissant le vote ouvrier provincial au RN. Mélenchon n’est donc pas un révolutionnaire. Il n’est pas un représentant de la classe ouvrière. Il n’est pas un continuateur du mouvement ouvrier. C'est un populiste interclassiste. Il joue une fonction systémique en neutralisant la lutte de classe réelle. Le populisme de LFI est interclassiste, comme celui du PS, mais d'une façon caricaturale gauchiste : il mélange ouvriers, petits bourgeois urbains, fonctionnaires, étudiants, précaires. Ce mélange est une dissolution du prolétariat. LFI empêche l'affirmation d’une conscience de classe.

Symétriquement, aussi populiste, le RN transforme la lutte de classes en lutte nationale. La classe est effacée par la nation (comme chez Mélenchon d'ailleurs). Le prolétariat n'est plus que le “peuple français”, l’exploitation une lubie remplacée par la “préférence nationale”, La lutte des classes n'est plus qu'une conflictualité identitaire.

Finalement, Guedj et Glucksmann avaient entièrement raison sur ce point, c'est LFI qui sert de chariot élévateur au RN.

La suite lors de leurs prochains numéros...

LES RAISONS DU SUCCÈS (TEMPORAIRE) DU PARTI MAXIMALISTE LE PLUS DANGEREUX (pour une gestion inconséquente de l'État bourgeois et ouvrant la voie à une misère généralisée du prolétariat)


Le
succès actuel de Mélenchon autour de 19 %, comparable à celui d’Édouard Philippe dans certains sondages, ne s’explique pas par une seule cause. Des facteurs politiques, sociaux et géopolitiques se sont accumulés, développant une anxiété politique. La crise mondiale actuelle a créé un environnement émotionnel et politique qui favorise les candidats perçus comme : anti-système, anti-guerre. Mélenchon a une position critique sur l’OTAN et les logiques de blocs.,Une partie de l’électorat inquiet du risque d’escalade voit dans LFI une voix “pacifiste”, même si son soutien spectaculaire au nationalisme est rédhibitoire pour la majorité de la population.

Mais avec cette préoccupation pour Gaza, Mélenchon capte massivement l’électorat jeune, urbain, politisé sur les questions internationales. Dans les quartiers populaires, son discours sur Gaza est perçu comme un soutien bienvenu. Pétrole / inflation Les crises énergétiques renforcent les attentes de protection sociale. Mélenchon promet de protéger de la misère. Cette montée dans les sondages est la conséquence du rejet du macronisme élitaire et du sentiment d'abandon par un État soucieux d'enrichir toujours les mêmes. Dans ce contexte, deux personnages émergent face à la crise de confiance politique (pour l'heure ils font jeu égal dans les sondages. La posture de Mélenchon est rassurante au fond pour l'État, pas besoin de gilets jaunes pour autant que la campagne électorale ficelle la colère sociale. Édouard Philippe est une figure rassurante, technocratique, “postmacroniste”) bien que concurrencé par ses voisins libéraux.

Le programme social de Mélenchon apparaît comme maximaliste, presque révolutionnaire. Ce maximalisme, même s'il est creux, peut abuser dans une période de tension sociale. Le retour de la retraite à 60 ans, s'il était crédible, permettrait de rallier la majorité des couches exploitées car le travail ne rend pas libre contrairement à la reprise du slogan nazi par ce pauvre Retailleau. Le SMIC à 1600 euros net, est vécu comme une mesure non seulement souhaitable mais urgente pour la masse paupérisée. Enfin, contre la dette, “désobéir aux règles européennes”, “ne pas rembourser la dette illégitime” → Ce discours maximaliste séduit l’électorat gauchiste et les couches moyennes intellectuelles qui voit la dette comme une conséquence inadmissible des gouvernements précédents.

Ce programme n’est pas majoritaire dans le pays, mais il est extrêmement mobilisateur dans les zones urbaines et les banlieues. Mélenchon ne progressera pas “dans la classe ouvrière” au sens classique, sa clientèle reste:les jeunes précaires, les diplômés déclassés, les salariés du secteur public, les quartiers populaires urbains à densité immigrée.

Mélenchon est omniprésent, clivant, identifiable,doté d’un discours simple et anticapitaliste. Le passage à 19 % n’est pas un “mystère” : c’est l'aboutissement de des attaques sociales planifiées, des crises géopolitiques permanentes, d'un repli sur des polarisations identitaires, et surtout des promesses sociales qui enthousiasment le bon peuple. Mélenchon reste bloqué autour de 19 % — un socle solide, mais structurellement minoritaire — pour des raisons profondes, qui dépassent les crises du moment. Mélenchon est perçu comme agressif, clivant, imprévisible, beaucoup de gens cherchent la sécurité, la stabilité, la prévisibilité. Mélenchon mobilise, mais effraie une partie de l’électorat modéré. Son programme maximaliste qui attire… mais inquiète et apparaît peu vraisemblable dans la crise, irréaliste, coûteux, risqué.: retraite à 60 ans, SMIC à 1 600 €, blocage des prix, désobéissance à l'Europe, remise en cause de la dette. Ce programme séduit les convaincus, mais reste incrédible pour la majorité des gens, et plus encore pour la fraction bourgeoise au pouvoir.

On peut se questionner sur cette exposition outrancière, au tout début du tohu-bohu électoral, favorisée par les médias et préjuger d'un ultérieur coup fourré ou à la faveur d'un drame international, comme à destination du RN, pour les ramener à plus de modestie électorale. Pour la classe dominante, ces deux partis restent des irresponsables, voire dangereux au point de risquer de provoquer un chaos dont on ne sait s'il se manifestera sous forme de guerre civile ou d'érection d'une dictature.

Dernier facteur, la disparition du vieux système partisan et bipolaire. Le PS, LR, PCF, EELV sont devenus des forces d’appoint, pas des forces structurantes. Cela a élargi un espace pour : un pôle national populaire (RN), un pôle populaire urbain (LFI),un pôle centriste technocratique (Philippe / Attal / Macronisme post-Macron).

Le discours identitaire discours fracture, exagère les discriminations, soutient le groupe terroriste Hamas, insulte la police, etc. Mélenchon apparaît comme un gourou à la tête d'une secte. Il rejette toute nouvelle union de la gauche et veut rester la locomotive qui posera ses conditions en cas de victoire. Sa volonté de rupture institutionnelle (une 6ᵉ République), il n'en a pas la carrure historique et cela est perçu comme un gadget électoral. Le RN, lui, parvient à fédérer une majorité potentielle. Advienne qui pourra.


1 Sa formulation n'était nullement antisémite: "Ségolène Royal, interrogée sur l’antisémitisme en France, a estimé que sa « montée très inquiétante » était «due » aux « actuels dirigeants d’Israël ». «Moi, je crois qu’au contraire, il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable», a-t-elle déclaré, estimant que cela permettrait de « freiner la montée de l’antisémitisme», car « les gens mélangent tout». « Les gens se disent: ce sont les Juifs en général. Mais non, c’est Netanyahou et ceux qui l’entourent», avait-t-elle ajouté .

2 L'ayant croisé en bord de Seine lors des Jeux olympiques à Paris, je lui avais fait la remarque qu'il était l'otage de Mélenchon, sans qu'il puisse, alors, me répondre.