« La
seule négociation, c'est la guerre ». Mitterrand
« La
mémoire, c’est l’organisation de l’oubli ». Henry Rousso
« Quelle
heure est-il ? » Alain Finkielkraut
La
gauche bourgeoise et son extrême gauche ne changeront jamais.
Adeptes du mensonge déconcertant, ils prolongent toujours leurs
falsifications historiques. On pourrait même estimer que les
principaux « complotistes » ce sont ces engeances de
bateleurs de foire qui ne se présentent même plus comme les amis de
la classe ouvrière. Même la minorité la plus ouvriériste LO s'est
convertie à la dénonciation du racisme (et des
« discriminations »),
en lieu et place d'une réelle dénonciation politique du système
politique d'exploitation « multiraciale », si j'ose dire
avec ses mythes antifas et décoloniaux. Apôtres néo-staliniens des
« libérations nationales » - et des pratiques
terroristes des affidés « jeunes nationalistes », la
plupart des trotskiens n'ont jamais reconnu l'aspect erroné et
contre-révolutionnaire de cette théorie « tiers-mondiste »
(sauf peut-être Bensaïd). C'est pourquoi, avec les idéologies
woke, intersectionnelle et la débilité de la guimauve transgenre,
ils continuent sur la même ligne sur le plan d'une rebellocratie, à
prétendre « éveiller » les masses... électorales. Avec
pour base, la même morale terroriste qui était celle du
stalinisme : tu n'est pas d'accord avec les camarades donc tu es
un fasciste !
Par
contre la classe ouvrière, les gens de peu, évoluent eux et, par
leur abstention massive ou même leur vote protestataire (certes pour
des bons à rien comme la mère Le Pen et l'histrion Zemmour), ils
ont enterré cette « gauche » hâbleuse de carnaval
antifa, pleurnicharde et repentante pour n'importe quoi pourvu que la
culpabilité soit attribuée à Godot gouvernement.
UNE
ETRANGE CABALE ANTI-FRANCE
Plusieurs
« infaux » apparues au devant de l'actualité prouvent
encore et toujours que l'information est dosée, planifiée, selon
l'orientation nécessaire soit face à la menace souterraine du
prolétariat, soit par rapport, soit par rapport aux faits divers
relevant de la voyoucratie ou d'une immigration sauvage, soit par
rapport à l'islamophilie du patronat forcément antiraciste (mais
pas anticapitaliste). Je ne prendrai que trois exemples. La période
électorale étant une course de coqs le double langage est de mise
face à un électorat divers, et « ethniquement »
hétérogène, on a donc pu voir un Benzema réintégré en équipe
de France bien que directeur et entraîner aient juré ne plus
vouloir l'y voir à cause de ses pratiques de racaille. Or
l'électorat algérien en particulier vote, poussé par les imams qui
les amènent en car s'inscrire sur les listes électorales.
Or les électeurs arabes se plaignaient qu'il n'y ait plus d'arabes
en équipe de France sans cacher leur amour pour Benzema. L'étude
« scientifique » concernant la « massive
pédophilie » dans l'Eglise catholique, pourquoi nous a-t-elle
été jetée à la face en ce moment ? Que les curés
s'affranchissent de leur castration sexuelle merde, c'est la seule
solution !
Le pouvoir n'est pas simplement commander ou imposer, comme le
croient les révolutionnaires simplistes, ou les rebelles crétins,
c'est induire. Lancer au grand jour avec force commentaires indignés
des sociologues et rougissement de quelques soutanes en période
pré-électorale et face au succès de Zemmour, sur la pédophilie
cathophilesque, induit bien sûr que « toutes les religions se
valent » (dans leur arriération) et implique que les croyants
musulmans et leurs conseillers « radicaux » se marrent :
« porter le voile est quand même pas criminel comme le viol
d'enfants » ! Le troisième élément de cette campagne
pour ridiculiser la France et pas seulement sa bourgeoisie, c'est
cette commémoration du 17 octobre 1961.
Plusieurs
polémistes qualifiés de néo-fascistes par la bien-pensance
médiatique de la gauche rétro et bobo – nota l'excellent Mathieu
Bock-Côté, ne cessent de dénoncer une prégnance de l'idéologie
américaine. C'est un fait incontestable. Les têtes de bloc font
toujours le vent et le bon temps chez les pays secondaires,
économiquement et politiquement évidemment. La hiérarchisation de
la diffusion et le contrôle des informations, pour l'observateur un
tant soit peu intelligent, permettent la domination des idées les
plus abstruses.
En
général on se contente de traiter des problèmes politiques comme
s'ils ne dépendaient que du cadre de l'hexagone. On vient de
s'indigner qu'un diplomate algérien ait proposé que la masse des
algériens en France puissent peser comme communauté organisée en
France (comme Erdogan le fait en Allemagne, et dans certaines villes
en France). Mais ces pressions, divers lobbies ou assocs de sauvetage
de migrants, fonctionnent ainsi depuis belle lurette avec pour pain
béni l'éternelle culpabilisation de la France, des divers
gouvernement, non en vue d'une révolution prolétarienne
internationaliste, par exemple, mais de fait pour annihiler toute
reconnaissance de la pourtant indestructible lutte des classes !
On ne peut nier que, même sans concertation, les anti-impérialistes
US de jadis ont embrassé sans honte et sans remord cette idéologie
de la décomposition sociale et d'une identité nationale, où
finalement, malgré les jérémiades de tous les procureurs échevelés
d'un colonialisme impardonnable à jamais, la France comme l'Europe
restent des colonies des Etats-Unis.
Les
commémorations sont en général inutiles, moches et adipeuses de
flagornerie. C'est encore plus vrai avec cette énième
« anniversaire » du massacre de 1961. Plein de pays comme
la plupart des médias de bourrage de crâne en France, y compris le
larbin d'Etat Macron, ont déploré, fustigé, dénoncé la politique
« coloniale » de la France. Pourtant on ne commémore pas
le massacre des américains au Vietnam, même si l'on peut se réjouir
que le sida ait tué le principal menteur d'une sinistre guerre en
Afrique du Nord... sans aucune arme de destruction massive.
Le
plus culotté a été le gouvernement algérien se joignant au
coryphée universel pour assouvir ses bisbilles avec le gouvernement
français. Macron a été dénoncé parce qu'il avait dit, pourtant
en privé, une banalité connue de tous : l'Algérie est dominée
et exploitée par une Camarilla militaire. Certes, et sans doute me
direz-vous : cela vaut quand même mieux que si c'était la
mafia islamiste qui avait réussi à s'installer au pouvoir !
Certes, certes...
DENONCER
LA CONCURRENCE VICTIMAIRE QUI JUSTIFIE LE NATIONALISME TERRORISTE (ou
le terrorisme nationaliste) et fausse la réalité historique
Néanmoins,
en pointant du doigt cet événement, longtemps tenu sous le boisseau
mais pas le pire crime de l'époque, les caïds de l'armée
algérienne font mine de ne pas voir la poutre qu'ils ont dans l'oeil
(lire la notice de Wikipédia sur le massacre de milliers de harkis
eux-mêmes lâchés par la bourgeoisie française). Font-ils
repentance pour les crimes encore plus disproportionnés de leurs
pères « libérateurs du colonialisme » ? Comment
osent-ils faire croire – pour ressouder dans un chauvinisme ringard
le peuple algérien – que le FLN « avait gagné »,
alors qu'en réalité il avait perdu militairement car c'est Kennedy
qui est venu voir De Gaulle pour lui dire de se casser et de renier
son slogan imbécile « L'Algérie c'est la France » !
J'ai
à plusieurs reprises rappelé la mystification et l'interprétation
unilatérale dominante au profit des tueurs terroristes du FLN. J'ai
expliqué que le plus scandaleux avait été, dans le cadre des
rackets du FLN sur la population ouvrière immigrée, et en
particulier dans le bidonville de Nanterre, les petits chefs
nationalistes avaient envoyés au casse-pipe, et endimanchés des
milliers de pauvres travailleurs naïfs.
Les bateleurs de foire de la gauche bourgeoise et leurs complices
islamo-gauchistes font dans le simplisme le plus crétin. Appeler,
sous le régime de couvre-feu, alors que l'on vivait une époque, non
de guerre civile nationale, mais de guerre terroriste, où la
population était prise en étau des deux côtés de la Méditerranée
entre terrorisme d'Etat et terrorisme de type déjà musulmaniaque,
c'était en effet envoyer au casse-pipe des centaines qui allaient
bientôt se faire bousiller ; deux ami(e)s à moi étaient sur
le grand boulevard devant le cinéma Rex et ont entendu les
fusillades et vu des cadavres à même le trottoir ou dans des
poubelles.
Qu'on
imagine à Paris en 1943 qu'un groupe de résistants ait appelé à
défiler des milliers et des milliers contre l'occupant nazi, et le
massacre aurait été autrement considérable. Pourquoi pas me
direz-vous s'il existe dans les masses un besoin irrépressible
d'aller même à la mort afin de clamer en faveur d'une liberté
indiscutable ? Seulement ce n'est pas sur cette générosité-là
que fonctionnait le FLN. Il opérait des descentes menaçantes dans
les gourbis des pauvres ouvriers, exigeant l'obole nationaliste, un
comportement de musulman conforme, recourant au meurtre, surtout
contre les harkis ou les opposant du MNA. Il y a deux ans déjà je
titrais :
La
commémoration trafiquée du 17 OCTOBRE 1961
(...)
A la trinité idéologique qui fonde le totalitarisme politique
bourgeois en France – féminisme/écologisme/islamophilisme – il
ne faut jamais oublier la pipolisation de la vie politique agrémentée
d'un antiracisme de façade,
joujou de l'intégration réussie mais pour une infime minorité. La
bourgeoisie multiculturaliste ne repose que sur le maintien des
inégalités dans les tribus communautaires. (…)
il ne faut jamais oublier que la classe dominante et ses divers
pipoles trafiquent en permanence l'histoire passée. C'est Orwell, je
crois, qui fait dire à un de ses personnages : « qui
maîtrise le passé, maîtrise l'avenir ». Quand la bourgeoisie
et ses médias mentent autant sur le présent, on peut leur faire
confiance pour officier au crime de mémoire. Dans ce crime les
principaux collabos sont évidemment, à l'extrême gauche du
capital, les trotskiens, perpétuels défenseurs du stalinisme et de
la mystification des libérations nationales, enfin toutefois
meilleurs propagandistes de l'islamisme avec leur ancien petit chef
Plenel et jappant d'impatience dans la chasse au Zemmour aux côtés
des pires indigestes de la République.(...)
« Hidalgo
ne le fait pas de façon neutre ni objective. Elle vise bien
évidemment la clientèle des nombreux électeurs bobos ignorants et
anticolonialistes à retardement. Elle parade en compagnie d'un
sous-ministre algérien, énième bureaucrate issu du sérail des
escrocs politiques qui mettent le peuple et le prolétariat algérien
en coupe réglée depuis des décennies. Intéressons-nous d'abord à
la façon dont procède l'ensemble de la presse, se contentant de
reproduire le « communiqué » suivant de l'AFP et la
scène, près de la Seine :
« Le
17 octobre 1961 plus de 20.000
Algériens défient,
à l'appel du Front de libération nationale (FLN), le couvre-feu
qui leur a été imposé dans la capitale. En effet, après une
série d'attentats en France contre des policiers, les autorités
avaient instauré début octobre 1961 un couvre-feu pour les
Algériens, dans Paris et sa banlieue. Le FLN avait appelé les
Algériens à braver ce couvre-feu, qualifié de raciste et qui
entravait ses activités. La police est submergée et des
affrontements commencent. La
situation dégénère, plus de 12.000 manifestants sont arrêtés et
quelques dizaines
à plus de 200, selon les sources, sont tués par balle, à coups de
pioche ou de crosse de fusil, et jetés dans la Seine par les
forces de l'ordre ». Hidalgo
ne se contente pas de commémorer mensongèrement mais elle
inaugure ! Le communiqué diffusé par l'AFP maquille la
réalité :
ce
ne sont pas des algériens qui défilent (souvent contre leur gré,
voir plus loin) mais qui « défient ». La nuance est de
taille, elle signifie un combat, voire une dignité de colonisés et
justifiée. C'est tout juste si les attentats arbitraires contre les
policiers sont mentionnés, sinon le contexte de la manifestation ne
relevait que de la sainteté. On ne qualifie pas le FLN de gang
nationaliste, ce qu'il était, mais on extirpe la qualification de
raciste « qui entravait ses activités » (?). Dans une
formule éthérée et qui ne signifie rien on nous rapporte le
propos hidalguien : « une ville qui n'accepte pas ce type
de répression ». On est dans la lune et Hidalgo prend le
peuple parisien pour un ramassis d'imbéciles sans mémoire ?
Son grand manitou Mitterrand devant lequel elle s'est tant courbée,
de la même filiation « socialiste » ne clamait-il pas à
l'époque que la seule négociation c'était la guerre ?
(...)
Le garde des Sceaux Mitterrand, collègue du
facho Papon, a laissé sans broncher aller à la guillotine des
nationalistes algériens, qu'ils aient ou non du sang sur les mains
: 45 décapitations en 500 jours. René Coty a rejeté 45 fois la
grâce, pour laquelle Mitterrand s'est prononcé 8 fois seulement.
Parmi les guillotinés, un nom est attaché comme une macule à
celui de Mitterrand : Fernand Yveton, militant du Parti communiste
algérien exécuté le 11 février 1957. En 1981, président de la
République, il fait adopter l'abolition de la peine de mort parce
qu'on n'est plus en période de guerre; en 1982, il impose à sa
majorité l'amnistie pour les généraux putschistes d'Alger de
1961.
ESQUIVER
LA VRAIE LECON DU MASSACRE DE 1961 : la fin du mythe
antifasciste
Mme
Hidalgo reste dans une généralité vaseuse, qui est à la mode
anti-France. Toutes les élites bourgeoises se la jouent
internationalistes (démocrates) et anticolonialistes post-festum,
mais on épargne le grand Charlot qui commandait au « fasciste »
Papon. Sur le moment le massacre des jouets du FLN n'a aucune
conséquence politique. Il faudra attendre la fin des années 80
pour que Brigitte Lainé et Jean-Luc Einaudi, l'archiviste et
l'historien, au détriment de leurs carrières,
parviennent à briser le mur du silence mais qui sera reconstruit
finalement par les interprétations frauduleuses de la bourgeoisie
« socialiste » et de leurs serviteurs trotskiens. Cette
répression de pauvres prolétaires encore colonisés aura pourtant,
temporairement, une conséquence historico-politique indéniable. Le
miroir brisé de la résistance en France était apparu d'abord à
la suite de la sortie du film « Le chagrin et la pitié »
en 1971. Même si les abrutis maoïstes continuaient à s'en
réclamer, il apparaissait que la population française était
restée hors du résistancialisme, soumise, et la part belle était
faite surtout aux juifs résistants comme le montage communautariste
de Lanzman sur la Shoah. A la fin des années 1980,
l'épisode dramatique de 1961 révéla une autre dimension au
public : la continuité du personnel politique d'Etat fasciste
et démocratique avec la présence au premier plan d'un salaud comme
Papon, membre du gouvernement gaulliste, qui intentait procès sur
procès aux historiens lanceurs d'alerte comme on dit aujourd'hui.
Le fait qu'un gouvernement composé d'anciens pétainistes et de
gaullistes ait fait tirer comme des lapins sur les prolétaires
algériens, mit en lumière pour les plus attardés que la
résistance française était de nature bourgeoise, c'est à dire
caméléon et opportuniste en diable.
Mais
cette leçon là il fallut la faire oublier aussi promptement. Les
trotskiens s'en chargèrent. Puisque la théorie antifasciste avait
du plomb dans l'aile, et l'apologie des libérations nationales des
tonnes de sang, il suffit de s'accrocher à l'antiracisme puis
ensuite, plus longtemps après de se livrer aux éloges de l'islam.
Et surtout, comme le voit très bien Zemmour, la mode anti-France
est venue coiffer le tout, sorte de transfiguration de
l'internationalisme gauchiste néo-stalinien. Depuis deux ou trois
décennies c'est très chic de conchier la France en tant que nation
(bof) mais surtout en tant que moment historique de la civilisation
mondiale avec son histoire propre mais qui se doit d'être
culpabilisée.
Le gauchiste moyen de l'après 68 avait cru comprendre que comme la
nation c'est ringard, en adoptant toutes les idéologies à la mode
transfrontières on pouvait ainsi vivre pleinement un
internationalisme imaginaire ici et maintenant.
Car
dans ce massacre il n'y a pas qu'un seul responsable, en
l'occurrence la France mise dans le même sac que son gouvernement
mais le gang nationaliste FLN qui, le FLN qui n'a jamais pu assumer
le 17 octobre : il leur aurait fallu s’expliquer sur leurs
erreurs et les exactions commises. J'ai déjà plusieurs fois écrit
sur
le sujet et rappelé l'inconscience dont ont fait preuve les
chefaillons nationalistes algériens, dont le plus criminel est
connu désormais : Omar Boudaoud.
« De
leur côté, les socialistes sont discrédités. Guy Mollet et la
SFIO ont trahi leurs électeurs en engageant la France dans la
guerre coloniale, en recourant à la torture et à la terreur. En
monopolisant le destin de tous les Algériens, le FLN a occulté la
mémoire de bon nombre d’entre eux. L’action des émigrés
algériens en France s’en est trouvée dévalorisée, voire
oubliée. Pour deux raisons. La première est interne au FLN, qui
n’a jamais réellement reconnu sa Fédération de France comme une
unité combattante alors qu’elle était, au prix de grands
sacrifices, son banquier. La seconde raison réside dans l’horreur
d’une autre guerre sans nom, celle qui opposait le MNA de Messali
Hadj, à l’origine le principal mouvement indépendantiste
algérien, au FLN. Cette guerre fut particulièrement dure en
France, où il
s’agissait de contrôler l’émigration algérienne et la manne
financière qu’elle représentait.
L’historien Mohamed Harbi estime que quatre mille personnes ont
trouvé la mort dans cet affrontement fratricide. Le FLN ne
souhaitait donc pas donner trop d’importance à l’action de sa
Fédération de France.
Les
dirigeants du FLN-France analysent donc le couvre-feu du 6 octobre
1961 comme une menace politique majeure. Aussi, malgré le
durcissement de l’action policière, sensible depuis la fin août,
et malgré le manque de soutien politique en France, ils prennent le
risque de descendre dans la rue. C’est un risque énorme car, même
s’ils ne peuvent imaginer l’horreur qu’atteindra la
répression, l’expérience passée leur a enseigné que les
manifestants seront arrêtés en grand nombre et exposés à la
répression policière. Ils ont hélas doublement perdu leur pari,
sur le plan humain d’une part, sur le plan politique d’autre
part, puisque, on l’a vu, les partis de gauche ne se sont pas
mobilisés et que l’opinion publique, mal informée par les médias
et abusée par la censure gouvernementale, ne s’est pas retournée
en faveur du FLN.
Un
fiasco politique doublé d’un martyre cruel, voilà
le bilan de la décision politique d’Omar Boudaoud.
Un bilan que ni les dirigeants du FLN-France – évincés du
pouvoir – ni le FLN lui-même – enclin à noyer les détails
honteux de la lutte dans l’aura de sa victoire – n’ont eu à
cœur d’honorer ensuite.
C'est
comme les commémorations de 14-18, pas une ne dénonce
l'impérialisme ! Donc l'ampleur de la répression du régime
gaullo-pétainiste a en même temps contribué pour la gauche
bourgeoise et son extrême gauche à coiffer d'un voile pudique la
terreur et les exactions du FLN contre les prolétaires algériens.
Les
nationalistes algériens ne s'adressent pas à des petits voyous
arrivistes ratés, mais à des prolétaires qui triment dur et
vivent dans des conditions insalubres. Ils ne sont pas chômeurs
mais généralement manœuvres dans le bâtiment. La plupart
subissent une cotisation mensuelle forcée par le FLN : 3000
francs. Ils sont isolés dans leur bidonville. Leurs camarades de
travail français ne les invitent pas chez eux. Les cotisations
forcées sont la principale source de revenus des nationalistes qui
s'adressent à ces prolétaires sous les termes de « nos
frères musulmans ». Le terrorisme de masse est le fait de
saint De Gaulle. Il y avait eu les milliers de massacrés à
Madagascar en 1945, il y aura un millier de morts parmi les
tunisiens le 26 juillet 1961 et bientôt un nombre inconnu
d'algériens en plein Paris le 17 octobre 1961 sous le commandement
du préfet nazi Papon.
Le
plus comique est l'appel aux français du FLN du 20 octobre 1961 avec des
idées communistes (peut-être Daech va-t-il s'en inspirer après
lecture de mon rappel : « fraterniser partout dans les
usines, les chantiers, les quartiers, les universités, avec les
travailleurs et tous les émigrés algériens » (…)
annulation du couvre-feu raciste »,
assurant que jamais le FLN n'a exécuté un policier « uniquement
parce qu'il est policier. Aucune exécution n'est ordonnée sans que
le coupable ait été jugé criminel (sic ».
(…) Ce massacre ne sera jamais commémoré comme
celui d'un pan de l'idéologie capitaliste de la reconstruction :
la continuité entre Etat pétainiste et Etat gaulliste pour tenter
de conserver les colonies face aux exigences des nouvelles
puissances impérialistes. Il sert de plus, commémoré par la
gauche bourgeoise et l'extrême gauche du capital, à rendre service
à l'idéologie multiculturaliste américaine qui est la dissolution
en acte du prolétariat et une fausse suppression des frontières.
Mais, par les temps qui s'accélèrent, franchement le sort
électoral de Hidalgo et de sa groupie, cela vous tracasse ?
(…)
La lecture rétroactive par la bien-pensance de gauche caviar et du
gauchisme bobo des meurtres policiers de prolétaires otages du FLN
dans l'inévitable
manif au casse pipe d'octobre 1961,
oublie de rappeler que des dizaines de policiers en uniforme étaient
abattus et que, par conséquent la plupart des « français »
assistaient aux « ratonnades » dans l'indifférence. A un
toubib qui lui pose la question – à quoi cela sert-il d'abattre un
policier qui garde un édifice public ? - un des terroristes de
l'époque répond : « c'est un salaud, un tortionnaire ».
A ce même médecin qui lui rétorque que cela ne peut que monter
encore plus l'opinion contre les nationalistes algériens, il répond
qu'il s'en fout, qu'il veut incendier la France. Cette attitude
provoque l'indignation jusque parmi les meilleurs « porteurs de
valise » du FLN. A l'époque « l'opinion » et celle
des policiers n'est pas pour une simple déchéance de la nationalité
mais pour la peine de mort sans discussion et publiquement tous les
musulmans étaient mis dans le même sac.
Les algériens pris dans les rafles sont systématiquement renvoyés
en Algérie dans « leurs douars d'origine » mais plus
souvent internés dans des camps. En 1961 Le Monde fait savoir le
mécontentement de la population (on ne la formate pas encore avec
les sondages) et de la police devant « la faiblesse des lois en
matière de répression du terrorisme ».
Au
lendemain du massacre de la manifestation pacifique et sans armes,
même pas un canif avant la découverte, tenue sous le boisseau, de
nombreux cadavres dans la Seine, Jean Ferniot désapprouve la
manifestation de la veille (remplacez De Gaulle par Hollande, FLN par
Daech et OAS par Marine Le Pen, sans les gauchistes au rang
d'extrémistes vu qu'ils se sont fondus dans la gauche caviar
antiraciste, et vous aurez le même discours de l'élite
d'aujourd'hui) : « En fin de compte, les manifestations
parisiennes d'hier, et les raisons qui les ont provoquées, risquent
de servir les extrémistes des deux camps. Pour le général De
Gaulle, alors que l'OAS multiplie ses provocations et que le FLN
étend le théâtre de la violence, le chemin est très étroit qui,
pour mener à un règlement, doit éviter les écueils dressés par
ses adversaires et, parfois, par des serviteurs trop zélés »
(page 219 du livre de Einaudi). Ce n'est pourtant pas l'OAS qui a
massacré le 17 octobre ni le FLN qui a tiré dans la foule des
ouvriers endimanchés et mains nues !
Exemple
pour des générations de journalistes soumis et suivistes, Jacques
Fauvet nous révèle comment il a fait école jusqu'à nos jours :
« Le FLN ne manquera pas d'exploiter les sanglants incidents de
Paris (…) Pourtant il en porte la responsabilité puisque ici et là
c'est le terrorisme musulman qui est à l'origine de ces drames (…)
Les lâches attentats commis au hasard contre les agents de police
ont amené à prendre des mesures, qui sont peut-être critiquables,
mais qui visent à
assurer
autant la sécurité des musulmans que celle des agents en évitant
aux premiers d'être des victimes, comme cela est arrivé, de
mitraillades de nuit » (page 220). Etrange qu'il ne nomme pas
les auteurs des « mitraillades de nuit » ?
Comique, ou plutôt pitoyable, est l'appel aux français du FLN du 20 octobre avec des
idées communistes (peut-être Daech va-t-l s'en inspirer après
lecture de mon rappel : « fraterniser partout dans les
usines, les chantiers, les quartiers, les universités, avec les
travailleurs et tous les émigrés algériens » (…)
annulation du couvre-feu raciste », assurant que jamais le FLN
n'a exécuté un policier « uniquement parce qu'il est
policier. Aucune exécution n'est ordonnée sans que le coupable ait
été jugé criminel (sic ).
Inutile
d'étayer plus la comparaison. Même s'il existe des similitudes, la
situation mondiale est totalement différente. Les libérations
nationales, nécessaires certes comme étape historique, se sont
révélées être de nouvelles supercheries d'un capital découpé en
blocs mais aussi en multiples rivalités de ce qui fût appelé les
pays non-alignés. Les pays dits libérés n'ont pas pu procéder à
une industrialisation et à un développement d'un prolétariat laïc
comme au XIX ème siècle en Europe.
Ce
qui me frappe le plus chez le racketteur du FLN est qu'il a tout de
même un projet politique concevable ( la mise à bas du
colonialisme). Il se paie sur le dos des travailleurs qu'il est
chargé de rançonner sinon torture ou peine capitale ; Einaudi
ne parle pas des cadavres dans la Seine avant le 17 octobre et sans
doute pas exécutés par la police ni de certains corps coulés dans
le ciment de chantiers au bénéfice d'héritage pour un
compatriote... Le racketteur du FLN dépend de la cotisation forcée
de ces mêmes travailleurs. Nos petits paumés de l'islamo-terrorisme
sont rétribués par un tas d'intermédiaires de l'Arabie Saoudite,
de la Turquie, de l'Iran (bien avant-hier) et ne croient qu'au pognon
ou à la possibilité de jouir de meurtres et de viols, comme tout
guerrier sous uniforme.
ET
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Après
le cessez-le-feu
du 19 mars 1962, les directives du FLN ne sont pas les mêmes dans
toutes les wilaya. Certaines vont plutôt dans le sens d'un
apaisement. Mais l'état-major de l'Armée
de libération nationale (ALN) estime que le « sort des
harkis sera décidé par le peuple et devant Dieu ». Les harkis
sont inscrits sur des listes noires et surveillés. Dès le 19 mars
1962, des meurtres et enlèvements sont signalés notamment en wilaya
V. À Saint-Denis-du-Sig,
16 harkis sont massacrés1.
22 membres du Commando
Georges sont massacrés à Saïda
en avril 1962. Certains ont été égorgés, d'autres massacrés à
coups de baïonnette, de pique, de pierre. Sur les 300 harkis du
commando Georges, composé pour l'essentiel d'anciens combattants du
FLN « retournés », une soixantaine parviennent à
survivre aux massacres des harkis en rejoignant la France. Le sergent
du Commando sera notamment ébouillanté vivant dans un chaudron2.
Très
rapidement, les harkis commencent à être torturés et massacrés
par la population. Les accords d'Évian interdisent à l'armée
française d'intervenir, et les soldats français ne peuvent agir à
la demande des harkis3.
Cependant, ces assassinats restent dans un premier temps des cas
isolés. Le FLN se donne le temps de procéder à un recensement
complet de ceux qu'ils considèrent comme des traîtres4.
Le 15
avril 1962, les « événements » étant officiellement
terminés, le ministère des Armées français ordonne le désarmement
immédiat des harkis1.
Le 1er mai 1962, toutes les harkas sont dissoutes1.
Le 12 mai 1962, le ministre français des Armées, Pierre
Messmer, donne l'instruction de ne pas permettre aux harkis de
rejoindre individuellement la métropole, contrairement aux
engagements pris par l'armée française5,3.
Le 16 mai, le ministre d’État chargé des affaires algériennes,
Louis Joxe,
demande par télégramme de sanctionner les personnes participant au
rapatriement des harkis en France3.
42 500 harkis, avec leur famille, peuvent s'établir en France
métropolitaine sur un nombre total de supplétifs évalué entre
200 000 et 250 0006.
C'est à partir de l'indépendance, le 3 juillet 1962, que la
situation bascule. Des chefs régionaux du FLN appellent ouvertement
au massacre de tous les harkis7.
Des civils sont assassinés par l'ALN dans des charniers8.
D'autres sont atrocement torturés dans des « centres
d'interrogatoires » puis exécutés. Des harkis sont crucifiés
sur des portes, certains ont la musculature arrachée avec des
tenailles8.
Les massacres incluent parfois des femmes et des enfants8.
Le nombre de
harkis tués après le cessez-le-feu varie selon les estimations
entre 10 000 et 150 000 mais reste incertain9.
Il semble qu'en 2005, les historiens s’accordent à évaluer de
60 000 à 70 000 le nombre de morts10.
Certains parlent de 150 000 victimes mais ce chiffre est
probablement extrapolé.
De nombreux harkis furent également arrêtés et emprisonnés.
La suite ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_de_harkis
Quasiment à la même époque et en nombre c'est tout de même
plus considérable que la probable centaine d'hommes tués à Paris
le 17 octobre 1961 ! L'oubli gauchiste est certainement volontaire puisque le trotskisme s'est écroulé en 1945 en s'alliant
à la résistance nationaliste, et, sans doute, en participant au
massacre (normal?) de milliers de collabos auxquels ils assimilent
eux aussi les harkis comme les nationalistes islamistes !
NOTES