"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

samedi 14 octobre 2023

PALESTINE : UNE GUERRE DE CIVILISATIONS?


 “Recevoir « les clés du Royaume des cieux » (Matthieu 16,19) signifie avoir accès à Dieu. C'est ce que Jésus a accompli pour nous. Dieu a toujours cherché celui qui "[le] cherche" (Psaume 14,2). Vous pouvez profiter de la possibilité de vous approcher de Dieu”.“Face à la destruction de l’environnement, la classe ouvrière détient les clefs de l’avenir”. CCI

«C'était une grave erreur de laisser entrer autant de gens de culture, de religion et de concepts totalement différents, car cela crée un groupe de pression à l'intérieur de chaque pays qui a fait la même chose», a déclaré l'ancien chef de la diplomatie américaine, âgé de 100 ans. Henry Kissinger a affirmé qu’il était «douloureux» de voir ces manifestants se réjouir à Berlin de l’agression contre Israël.

 “Il faut aussi voir que les Palestiniens n’ont jamais su s’affirmer et décider seuls de leur démarche. Ils n’ont jamais été que le bras armé des Arabes et de leur Ligue, ou des Iraniens”. Boualem Sensal


Après le nouvel égorgement d'un professeur à Arras on nous assure que c'est la boucherie en Palestine qui risque de s'étendre1. De s'étendre à quoi et où ? Pour une fois que ce n'est pas un arabe qui égorge mais un tchétchène, de quoi faire perdre sa posture au nain Zemmour...

La violence va-t-elle s'étendre au réchauffement climatique, ce souci numéro un de la bien-pensance capitaliste qui prétend nous sauver avec la terre entière sans distinction de classes ? Un tel oecuménique souci apparaît franchement ridicule face à ces deux guerres actuelles déchaînées en Ukraine et en Palestine. Cette préoccupation récurrente des bobos de toutes casquettes, dérivative et superficielle motive aussi des sectes qui imaginent que la classe ouvrière possède les « clés » pour empêcher la catastrophe2.

Retournons un peu arrière sur les conditions d'une guerre, revancharde et inhumaine des deux côtés. Le massacre indicible des bandes armées du Hamas, cet abattage ignoble d'êtres humains, a été suffisamment établi, filmé et dénoncé pour qu'on en rajoute. Les fractions bourgeoises, dites d'extrême gauche avec les cliques autour de Mélenchon se sont déshonorées en défendant de façon fielleuse les bandes armées du Hamas, afin de complaire à un électorat musulman nationaliste et généralement complaisant avec les pires crimes terroristes pourvu qu'on évoque l'avis d'Allah ou le virtuel et invraisemblable Etat palestinien3 ; cette cuistrerie du principal parti bobo ne nous étonne pourtant pas du tout, ces gens-là ont soutenu par le passé aussi bien le stalinisme que les futurs dictateurs des fausses décolonisations.

De même l'impéritie du gouvernement d'extrême droite colonialiste du sinistre Netanyahou n'a échappé à personne. Engagé dans un accroissement des colonisations en Cisjordanie, ce sinistre ministre d'Etat impérialiste4, n'avait pas trouvé mieux que de masser les troupes au nord pour terroriser la population palestinienne opposée à ce vol de ses territoires5. Résultat, en pleine journée de bigoterie nationale juive, les bandes islamistes ont pu appliquer leur terrorisme sur une masse de civils sans défense. Pas une surprise donc comme ont voulu nous le faire avaler la majorité des médias en France pro-nationalistes juif. La terrible réplique du cynique ministre de guerre, démultipliant les assassinats de civils « collatéraux », est venue confirmer que l'aile la plus stupide de la bourgeoisie israélienne s'est fait piéger ! Venant épauler un opprobre international qui restait hésitant.

Mais, le plus culotté c'est cette prétention à défendre la civilisation « contre la barbarie », comme si l'Etat israélien et ses soudards étaient innocents, comme si la barbarie des cliques militaristes arabes devait considérée comme « indépendante » de ses financements européens et iraniens, puis être digérée comme explication principale du chaos du monde actuel (le mal contre le bien). La probable invention de 40 bébés égorgés a montré aussi toute l'ignominie de cet Etat et de ses multiples homologues souteneurs en Occident, pour perpétrer une revanche sanglante et irrationnelle. Cette forfaiture nous oblige à rappeler que toutes les guerres ont besoin d'inventer des mensonges pour terroriser et tétaniser les populations. Qui ne se souvient pas de l'invention des « armes de destruction massive » attribuée à Saddam Hussein pour justifier les assauts terrorisants de l'armada US ?

GUERRE OU TERRORISME OU LES DEUX ?

"La lutte engagée contre l'Allemagne est la lutte même de la civilisation contre la barbarie", lançait, le 8 août 1914 devant des académiciens, le philosophe français Henri Bergson, enrôlé comme nombre d'intellectuels dans une croisade nationaliste haineuse lors de la Grande Guerre. Le concept du "barbare" allemand et l'argument "racial", selon la terminologie de l'époque, dominent alors la bataille intellectuelle et la propagande. "La certitude de la supériorité de la race a balayé tout scrupule et autorisé le manichéisme. Il y a désormais l'Allemand et les autres, le barbare et les civilisés", relèvent les historiens Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker dans 14-18 : retrouver la guerre.

Le 4 octobre 1914, 93 intellectuels allemands lancent un "appel au monde civilisé". Ils évoquent les héros allemands de la philosophie, de la musique, de la littérature, et retournent contre leurs adversaires français et anglais l'accusation de barbarie en dénonçant les "actes de cruauté" sur le front par des troupes troupes coloniales françaises "non civilisées". "

L'évêque de Londres en 1915 incite à tuer tous les Allemands, "de peur que la civilisation entière ne soit totalement assassinée". 

A notre époque les exemples de propagande belliciste ne manquent pas : du prétendu arsenal d’armes de destruction massive détenu par feu Saddam Hussein en Irak à la question du génocide discutable au Kosovo, aux chiffres bidons de la famine en Somalie, ou aux faux massacre de manifestants en Libye…

Il faut remonter à, 1914 pour analyser l'invention moderne massive des bobards de guerre. La référence reste le « livre jaune » (dont la définition et l'occurrence ont disparu de wikipédia (?) ; cette merde franc-maçonne et complotiste avant l'heure est heureusement décrite par l'honorable historien Jean-Jacques Becker :

« Le Livre jaune français rassemblait les documents diplomatiques de la crise de juillet 1914. Il fut publié en décembre 1914. Il contenait en particulier un faux manifeste, l’annonce que la mobilisation générale autrichienne avait précédé la mobilisation générale russe. Au moment où il fut publié, cela n’eut évidemment pas grande influence sur le cours de la guerre, mais il fut utilisé au moment de l’établissement du traité de Versailles pour prouver la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre, puisque l’Autriche-Hongrie n’avait pu agir sans l’assentiment allemand. Dix ans plus tard, la protestation contre cette affirmation de la responsabilité allemande fut un argument puissant de la propagande nazie »6.

Ce livre jaune, qui donnera lieu à d'autres imitations nationalistes de couleurs différentes , avait été élaboré sous la direction du secrétaire général du Quai d'Orsay, Philippe Berthelot (il est consultable sur le web en catimini, et contre paiement, en vous alléchant avec un air complotiste).

Les mensonges sont omniprésents dans les récits de la Grande Guerre car, clés le début, il faut cacher le but de guerre inavoué de la France, qui est de récupérer l'Alsace-Lorraine. Première grosse manipulation de la vérité, dès le 4 août 1914, quand le président Poincaré exalte solennellement, dans son message aux Chambres, l'attitude de la France qui « a fait jusqu'au dernier moment des efforts suprêmes pour conjurer la guerre - ce qui est faux - dont l'Allemagne supportera devant l'Histoire l'écrasante responsabilité ». 

On ne peut plus négliger, que bien avant la mise en selle des fondamentalismes religieux, qui détruisent toute réflexion politique rationnelle, la bourgeoisie française a favorisé le facteur du racisme et donc les fonds baptismaux du nazisme. Reste largement ignoré dans les manuels scolaires et une connaissance ouvriériste des événements de 1920 en Allemagne, ce qui a été nommé LA HONTE NOIRE ; c'est à dire l'occupation insolente de la bourgeoisie française par des troupes de colonisés7. Déjà, pendant la guerre, les Allemands avaient été effrayés par la vision des soldats noirs :

« ...bon nombre de soldats allemands sont persuadés, pendant la guerre, que les Noirs sont des cannibales. Eux qui ne les ont rencontrés que dans les exhibitions foraines sont imprégnés des représentations coloniales et sont persuadés que les Noirs sont des sauvages qui tuent les prisonniers, achèvent les blessés et les mutilent. Ils couperaient en particulier le nez, les parties sexuelles et surtout les oreilles. S’il n’est pas interdit de penser que les tirailleurs maghrébins et sénégalais ont combattu avec leur culture de la guerre où l’usage de l’arme blanche et la mutilation rituelle de l’adversaire tiennent leur place, il est à noter que les caricatures françaises ont confirmé cette image terrible du Noir (Maghrébin ou Sénégalais, la caricature française ne fait pas plus de différence que les Allemands pour qui tout ce qui est coloré est noir) tenant un couteau entre les dents, portant sous le bras les têtes d’ennemis décapités ou encore se parant de colliers d’oreilles. Il fallut même que la censure intervienne pour interdire tel ou tel dessin qui justifiait, par sa violence, le bien-fondé des plaintes allemandes devant l’opinion publique mondiale. La Première Guerre mondiale a donc été un moment déterminant en Allemagne dans la fabrication du stéréotype du sauvage noir »8. Pendant la guerre on fit croire aux allemands que les noirs venus de France étaient cannibales et privilégiaient le viol des gretchens blondes !

A cette différence près que, aujourd'hui, la barbarie des « fous de dieu » accomplit même ce que les soldats noirs (les marocains étaient aussi considérés comme noirs) des colonies auraient été incapables de faire ! Ils étaient d'ailleurs aimé par la foule des civils quand les généraux estimaient qu'au moins cela limitait la perte de sang des « vrais français » ; sans compter que la patrie ne fut pas plus reconnaissante pour les milliers de tués et blessés.

Enfin, contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire depuis plus d'un siècle ce n'est pas un attentat simple qui peut déclencher une guerre mondiale, en l'occurrence celui de Sarajevo, mais d'abord la paralysie du prolétariat mondial, et surtout comme le démontre Becker, « les mobilisations nationales ».

CIVILISATION OCCIDENTALE CONTRE « CIVILISATION » MUSULMANE ?

Il est certain qu'il vaut mieux vivre dans la plupart des démocraties occidentales pour se déplacer quand on a les cheveux longs, qu'on est habillé comme on veut, qu'on est une femme avec tous ses atours, qu'on donne la main à son coming out, etc. La meilleure preuve n'est autre que cette folle envie, à tout prix, des millions de migrants de foncer ici. On a le droit de penser, lorsque l'on est soumis à l'islam ou aux diverses idéologies gauchistes wokistes que l'homme blanc est coupable de tous les malheurs du monde, que la polic est raciste et tue par plaisir tous les basanés, etc.

J'ai le droit de penser que la société occidentale est aussi un enfer pour les millions de pauvres, les chômeurs, les persécutés et les méprisés comme dans le dernier, et admirable ? film de Kaurismaki ; une société complètement à l'Ouest9 où tous les jours des prolétaires sont tués ou gravement handicapés dans les accidents du travail, tant de femmes assassinées pour un oui, pour un non, etc...

En face, et dans une démarche évidente de prosélytisme, la «civilisation islamique » avance bien plus aliénée et injuste que nos hypocrites démocraties ; il ne faut pas craindre de différencier en pissant sur les oeillères de l'extrême-bêtise de gauche bourgeoise ; Boualem Sensal fournit une explication éclairée :

« Conflit de civilisations » n’est pas davantage la bonne terminologie. Pour les islamistes, il n’y a de civilisation qu’islamique, tout le reste n’est que Djahilia, le monde noir du péché, de l’ignorance et de la barbarie qu’il faut, par ordre d’Allah, convertir, soumettre ou détruire. Cette guerre sainte ne cessera qu’à la victoire totale d’Allah sur terre. Voilà à quoi nous avons à faire, voilà ce qui tourne dans la tête des islamistes.

La lutte contre le terrorisme et la guerre sont l’affaire de nos gouvernements, mais la guerre à la guerre sainte, qui s’en occupe, les politiques, les religieux, les philosophes ? En fait, personne. Sur ce terrain, l’islamisme ne rencontre aucune résistance. Au contraire, les idiots utiles et les opportunistes accourent de tous côtés pour se trahir et le servir. En France, on trouve de grands noms dans la liste des renégats, des hommes politiques, des universitaires, des artistes, de toutes origines, toutes confessions. Mais les idiots et les opportunistes seront tués comme les autres à la fin de leur service. L’ingratitude est la première qualité des islamistes, ils ne s’embarrassent d’aucune morale ».

L'ennui avec Boualem Sensal est que s'il dit une part de vérité sur les mafias musulmaniaques c'est pour soutenir la... « démocratie israélienne » où comme dans l'antiquité seuls les seigneurs peuvent voter mais pas les esclaves...

UNE NOUVELLE GUERRE MONDIALE ENTRE RELIGIONS ?

Les derniers événements, sous l'ombre du massacre ininterrompu en Ukraine, avec l'implication d'Etats islamisés, pourraient laisser à penser que l'on se dirigerait vers une nouvelle bipolarisation de « guerre chaude » : Occident chrétien conte Orient musulman. Or ce n'est et ce ne restera qu'un mirage pour brouiller l'esprit des peuples. Le capitalisme ne s'identifie à aucune religion, il s'en sert idéologiquement, mais sa croyance reste le profit et les milliardaires musulmans aussi, qui, tout riches pétroliers qu'ils sont restent dépendants et exécutants des grandes puissances. Les blocs les plus probables qui font trembler la terre entière s'unifieront probablement autour des USA et de la Chine. Le prolétariat international ne nous a pas encore confié ses clés pour empêcher ces colosses de détruire l'humanité.

Il faut oser le dire, dans les deux cas on ne peut plus parler de civilisations ! Il faudra à l'humanité bâtir une autre civilisation universelle, peu importera son appellation, certainement plus communauté humaine retrouvée qu'un vague communisme lesté d'un lourd passif et d'interprétations mensongères.

MODE DE VIE, CULTURE, CROYANCES : y a rien qui va !

La notion de civilisation inclut des valeurs communes, le souci d'un bien-être commun, et de mettre fin à ce qui détruit la vie commune, la violence. Elle inclut aussi la notion de progrès, de liberté de création et de respect de chacun.

Tout cela n'existe plus et n 'est pas prêt d'exister sous la domination capitaliste. La gauche bourgeoise exhibe comme fonds de commerce le multiculturalisme. Certes celui-ci fait partie de l'histoire de l'humanité, ou plutôt en a fait partie au sens où chaque région a une histoire, une culture des arts propres. Or ce que défend la gauche bourgeoise c'est un mélange qui serait progressif et permettrait la cohabitation des croyances vestimentaires avec les plus érotiques. Vous ne verrez pas une jeune femme en robe transparente se promener à Barbès sans ennuis. Partout ailleurs en banlieue on voit par contre un nombre croissant de « voilées , qui suscitent nos interrogations et nous révulsent en tant que français laïcs (nous qui avons été capables de récuser la croyance religieuse de nos parents). Aboutissement des malheurs de la guerre, et pas forcément des couches les plus pauvres10, et du regroupement familial, on voit débarquer, certes avec de nombreux drames, de plus en plus de femmes, voilées, souvent maltraitées en cours de route et, qui naturellement croient être protégées par des préceptes religieux arriérés.

C'est certainement parce que nous sommes intrinsèquement racistes comme nous le moralisent les gauchistes et le CCI. Ce dernier, sous le titrage « Xénophobie et division, deux armes de la bourgeoisie », nous explique ceci :

« Pour accompagner ses pratiques ignobles et répugnantes, la bourgeoisie ne se contente pas d’éloigner ou d’éliminer ceux qu’elle n’accepte pas sur son sol. Elle cultive les peurs, instrumentalisant les pires réflexes xénophobes au sein de la population, montant les ouvriers les uns contre les autres, opposant les populations locales aux migrants présentés comme de dangereux concurrents qui viennent « prendre leur place » et « dégrader leurs conditions de vie ».

C'est une morale infantile de curés pubères. Premièrement la question n'est pas abstraitement une méchanceté de la bourgeoisie (elle gère comme elle peut des afflux massifs jamais vu). Deuxièmement, dire qu'elle « instrumentalise les pires réflexes xénophobes au sein de la population » c'est prendre le peuple en France et le prolétariat pour des cons. Là encore ce genre de morale est digne de petits intellectuels souffreteux. Oui l'immigration massive pose des problèmes partout, d'ailleurs à la bourgeoisie comme à la classe ouvrière. Considérer l'étranger comme un concurrent ou un futur apache, cela toujours existé dans le mouvement ouvrier ; ce n'est pas automatiquement du racisme et je peux tout à fait comprendre pourquoi certains sont devenus racistes.

Les faits actuels sont pourtant têtus. Malgré les trucages de la gauche caviar, les faits divers sont majoritairement « animés » par les derniers arrivés Qui remplit les prisons françaises exiguës ?

Un autre groupuscule composé d'intellectuels lunatiques et staliniens, LO, va plus loin dans le négationnisme de la réalité :

«  Alors que leur nombre est dérisoire au regard de la taille de l’Europe et de sa population, les dirigeants au pouvoir font croire que la situation serait ingérable. Mais de l’aveu même de l’agence européenne qui comptabilise les entrées irrégulières dans l’UE, il y en aurait eu 230 000 cette année, à peine quatre fois le nombre de gens venus écouter le Pape durant sa messe. Les pays européens ont les moyens de les accueillir, mais leurs dirigeants n’abandonneront pas la politique du bouc-émissaire qui leur permet de faire diversion devant le mécontentement qui grandit à cause de l’inflation et de la crise économique ».

Ces chiffres trotskiens sont faux, bien inférieurs à la réalité11. Les petits profs de LO ne vont jamaisse promener au nord de Paris où on peut voir en quoi « les pays européens ont les moyens de les accueillir ». Il y a en effet la politique du bouc-émissaire de la part de l'Etat bourgeois, mais ces cons de trotskiens ne se demandent pas deux secondes pourquoi elle fonctionne ! Parce qu'il y a une réalité qui s'appelle la misère et des agressions de plus en plus fréquentes (c'est la faute au capitalisme, s'excuse mon voisin islam-gauchiste!) : au lieu de regarder avec méfiance ou de se défendre s'il se fait voler, le prolétaire français devrait s'en prendre abstraitement...à l'inflation !

Enfin un discours est commun entre la secte stalinienne et le CCI, c'est le suivant et il est navrant :

« Par contre, les migrants seront à côté de nous dans les entreprises et dans nos quartiers et deviendront nos sœurs et nos frères de classe. Et en tant que travailleurs, nous devons être pour la liberté de circulation et d’installation et pour que tous les travailleurs, d’où qu’ils viennent, aient les mêmes droits. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’humanité, c’est aussi une question vitale pour le camp de la classe ouvrière ».

C'est un bobard digne des cannibales supposés en 1914 ! On note l'emploi du futur fictif car la plupart s'ils trouvent un logement décent vont atterrir dans une variante de ghetto, voire coloniser un HLM entier faisant des habitants français des étrangers à leur tour (sic) ; ce que les sociologues nomment pudiquement « concentration spatiale des populations migrantes ». Quant à leur présence dans les entreprises, celles-ci resteront occupées, surtout par nos bobos-syndicalos gauchistes, fonctionnaires et employés de l'aristocratie ouvrière avec emploi garanti à vie. Les droits chez les petits patrons de merde, qu'ils soient syndicaux n ou humains, ne sont pas prêts d'y exister.

QUAND LES MOSQUEES REMPLACENT LES EGLISES ET LES PERMANENCES DU PARTI

Enfin les deux sectes squizzent l'envahissement religieux dans les quartiers et dans les emplois des magasins comme LIDL, électro-dépôts, Action, magasins allemands, chinois, etc. où l'habit fait, c'est le cas, hélas, le moine, où l'apparence fonde aussi les communautarismes, où nombre d'ouvriers supportent mal l'arrogance et le comportement islamique, où s'indignent que des barbus refusent de prendre le volant parce qu'une femme l'a touché, voire sali aux yeux du nommé Allah.

Ces sectes, qui se proclament marxistes, n'ont pas vu le monde changer. Le CCI qui ne cesse d'en référer à la décomposition du capitalisme, n'en tire pas toutes les conséquences avec cette vision idéaliste et hypocrite d'une classe ouvrière, limitée à l'appât du gain, comme l'imaginent les syndicaux, et hermétique au bordel croissant des masses d'humains en déshérence où domie plus le chacun pour soi qu'un racisme rassurant pour les curés et aumôniers militants.

Les prédicateurs musulmans, presque aussi nombreux que les dealers font l'animation des quartiers et peuvent servir d'intermédiaires avec la police. Des populations entières ont foutu le camp, les juifs de Sarcelles, plein de prolétaires français partis en province ou supportant sur place.

Le premier parti municipal de France, le PCF s'en est aperçu tardivement, après avoir glorifié la spécificité « immigré » :

« « Dans la bataille pour l’hégémonie spirituelle et idéologique, le PC est confronté à une force religieuse qui n’est plus le catholicisme, mais l’islam… Une permanence politique, comme une mosquée, marque symboliquement un quartier ou une commune. Avec 27 permanences communistes contre 82 mosquées, le PC est désormais nettement surclassé par l’islam du point de vue de la capacité à imposer l’hégémonie culturelle dans le cœur de l’ancienne banlieue rouge ».

N'importe que sociologue honnête peut noter que c’est globalement la nature de la migration qui change depuis les années 1980, plus féminine et familiale, puis statutairement plus précaire à partir des années 1990, modifiant profondément l’inscription des groupes migrants dans la société, et de fait les conditions de l’acculturation. Contrairement aux élites féministes bourgeoises elles restent cloîtrées dans l'appart ; vous les croisez de plus en plus nombreuses, voilées et soumise au mari qui rapporte la paye. La plupart de ces femmes ne sont donc même pas prolétarisées, quand leurs maris n'ont pour AG que la mosquée du vendredi et qu'ils travaillent dans de petites unités où conscience de classe et grève sont des mots intraduisibles.

DECOMPOSITION DE LA CLASSE OUVRIERE ?

On peut le penser si on lit ce qui suit, avec des lueurs d'espoir dont les sociologues sont incapables d'entrevoir mais qui, à mon avis, vont dépendre des catastrophes à venir du fait du capitalisme et qui remiseront la croyance musulmane à sa place, secondaire, de croyance personnelle. Il faut persister à, envisager une vraie civilisation ou alors crever !

« L'entreprise de production est sans doute l'un des lieux où les rapports sont les moins ethnicisés. La France ressemblerait donc sur ce point aux Etats-Unis où, comme l'a remarqué I. Katznelson, l'identité ouvrière hégémonique à l'usine se fragmente en de multiples identités ethniques sur le chemin qui ramène les ouvriers à leurs lieux de résidence. «Dans l'usine, je suis un ouvrier, dehors je suis un étranger.» Cette formule doit être toutefois nuancée tant il est vrai que la division ethnique joue un rôle non négligeable dans les rapport sociaux du travail, comme l'a prouvé l'expérience de G. Wahlraff relatée dans Tête de Turc (La Découverte, 1986).

Pourtant, des quatre études de cas analysées ici (Billancourt avant et après 1975, les papeteries de Condat et la Paumellerie électrique à Terrasson dans le Sud-Ouest), il ressort que le monde de l'entreprise n'est ni cloisonné ni géré selon les ethnies. Il serait même plus intégrateur (parce que plus à l'écart ?) que l'habitat. Puisque les étrangers semblent acceptés sur leur lieu de travail, pourquoi sont-ils alors rejetés dans la cité par leurs voisins ? Et d'ailleurs, le sont-ils ? Aucune réponse globalisante n'est satisfaisante, tant les paramètres sont nombreux. En matière de logement social ouvrier, des pratiques diverses sont menées par des agents institutionnels tout aussi divers. Il s'ensuit des effets soit bénéfiques, soit pervers, mais dans la plupart des cas, non maîtrisés. Pourquoi les étrangers deviennent-ils la cible des problèmes dûs au logement ? Certes, leur visibilité, leurs pratiques, leurs familles nombreuses les y prédisposent. Mais la perception des différences est accrue dans l'espace de résidence, car, comme l'a montré Michel Verret, celui-ci est un lieu d'affirmation des identités. La famille immigrée apparaît comme une enclave du Tiers-monde dans une société ouvrière qui a un projet de mobilité sociale et qui investit d'autant plus dans des biens

 Dans les communes du «9-3» où subsistent les traces de cette strate culturelle marxiste-léniniste, les nombreux commerces halal, les mosquées et autres salles de prières ainsi que les pratiques vestimentaires (niqab et jilbab pour les femmes, qamis et barbe pour les hommes) attestent, de leur côté, de la prégnance de la couche musulmane en cours de sédimentation depuis une trentaine d’années dans le département, comme dans de nombreux autres quartiers et banlieues populaires partout en France. Dans certains de ces territoires, c’est même l’idéologie islamiste radicale qui s’est enracinée. Mais l’observation des paysages de ces villes communistes ou anciennement communistes révèle également qu’une autre couche culturelle, que nous appellerons la «couche yankee», s’est aussi massivement déposée. Dans ces territoires, l’adresse d’un certain nombre de restaurants McDonald’s illustre ainsi de manière hautement symbolique que nous avons changé de référentiel et que la culture américaine a désormais pignon sur rue dans l’ancienne banlieue rouge.

On rappellera que, dans les années 1950, l’implantation de Coca-Cola sur le marché français ne se fit pas sans peine. En pleine guerre froide, et alors que les communistes avaient quitté le gouvernement en 1947, le Parti communiste s’opposa à ce que L’Humanité nomma alors la «Coca-colonisation» et voyait dans la petite bouteille noire une arme insidieuse visant à asseoir l’influence yankee en France. Pour le poète communiste Louis Aragon, le Coca-Cola relevait clairement de la civilisation américaine qu’il qualifiait de «civilisation des frigidaires», ayant avant tout vocation à ses yeux à fournir des glaçons au consommateur de Coca-Cola. Ironie de l’histoire, et signe de la victoire du soft power américain, c’est à Grigny, commune de l’Essonne dirigée par le PC depuis 1945, que Coca-Cola a implanté en 1986 l’un de ses cinq sites de production en France. Dernière illustration du télescopage des différentes influences culturelles « .


NOTES

1Ce meurtre lâche et dégoûtant on le doit aux bobos avec œillères chrétiennes et stalino-moralistes : les assocs charitables des islamo-bobos, tel Vent debout, s’étaient alors opposées à l’expulsion de cette famille de petits terroristes, avec les autres sectes secouristes, le Mrap, la Cimade, RESF 35, etc… Tous ces curés avaient fait pression sur le personnel politique local, notamment les petits bourgeois candidats aux municipales de Rennes. Finalement les bureaucrates de l’Etat avaient remis en liberté la famille Mogouchkov, leur permettant de faire valoir leur liberté de tuer et d'empêcher les jeunes d'écouter de la musique..

2Ainsi le CCI croit nous rassurer en affirmant au pifomètre quelques jours avant les massacres en Israël, certes peu écologiques,: « Car la classe ouvrière, parce qu’elle porte en elle une société où la production n’est plus tournée vers le profit mais les besoins de l’humanité, détient les clefs de la survie de l’humanité. Son combat sera long et chaque jour sous le règne du capitalisme ne cessera d’aggraver le réchauffement climatique et la pollution, mais il n’y a pas d’autres issues ». La guerre capitaliste se fiche pourtant royalement de la pollution et des populations « collatérales ».

3Invraisemblable pour plusieurs raisons. Cette promesse est passéiste, elle pouvait se concevoir il y a 50 ans, à l'époque des présumées libérations nationales ; mais elle est aujourd'hui totalement caduque pour un territoire plus petit que la corrèze, sans terre ni réels moyens de production ; enfin surtout, avec depuis des décennies, le désenchantement des indépendances des anciennes colonies européennes, la faillite économique et la forfaiture des élites des années d’indépendance, la sclérose du symbolique national, tout projet politique dans ces régions est désormais figé et aliéné par la barbarie religieuse.

4Qui appuie tel ou tel autre Etat client comme par exemple l'Azerbaïdjian en lui fournissant des armes pour chasser les Arméniens de leurs terres ancestrales.

5Un exemple de leur comportement odieux et qui justifie la colère des prolétaires arabes. Mercredi, trois habitants de Qusra, un village dans le sud-est de Hurawa, ont ainsi été tués impunément par des colons masqués, affirment des habitants. Lors de leurs funérailles, des colons ou des soldats - selon les témoignages - ont abattu un homme venu se recueillir. Quelques heures plus tard, des paysans palestiniens dans leur champ essuyaient des coups de feu à Marda, un village à l’ouest de Hurawa. Le peu de retentissement qu’ont eu ces crimes dans les médias israéliens s’explique, en partie, par un certain désintérêt pour la dérive violente des colons, une semaine seulement avant l’attaque des hommes du Hamas qui ont tué, violé et pris en otage des civils et des militaires.

7Lire absolument ici/LeNaourHonteNoire.indd (revue-quasimodo.org) ; la contre-révolution ce n'est pas simplement l'assassinat de Rosa et Karl, c'est aussi la fabrique du racisme par la bourgeoisie française triomphante !

9Au sens figuré : Ne plus très bien savoir ce que l'on fait ou dit !

10On peut lire dans l'OBS un article d'un défenseur sans limites des migrants, qui veut démontrer que toute la misère du monde n'existe pas, et qui explique que les migrants en général sont plutôt issus de couches moyennes, arrivistes, et qui ont les moyens de se payer le voyage...à leur risque et périls !

11En soi les chiffres peuvent être relativisés par les curés de médiapart ou de Libé mais par omission, la concentration dans les grandes villes, et là ça déborde (la Suède vient de le comprendre à son détriment).

mardi 10 octobre 2023

DANS LECARNAGE : UNE PREUVE QUE L'UNION SACREE NE FONCTIONNE PLUS

 

Les crapules du hamas à l'oeuvre

(LES CINQ PRINCIPAUX MENSONGES DECONCERTANTS)

Après une attaque ignoble et lâche contre tant de civils en Israël, qui tend à faire oublier des exactions identiques par les soudards russes en Ukraine, on est embarqué dans une hystérique union nationale, qui ferait presque penser à l'affaire Dreyfus à la veille de 1914. L'intrusion de bandes armées en ULM et en mobylettes des sadiques tueurs du hamas est présentée comme pogroms antisémites, en quelque sorte comme une guerre avant tout raciste. Si on ne peut nier la haine répugnante qui surgit des deux côtés, c'est se moquer du monde, sachant que derrière les tueurs sadiques, sorte d'armée mexicaine, donc pas une vraie armée mais des bandes d'endoctrinés islamiques qui ont pour but, non de libérer une quelconque Palestine (libérer de quoi ? Des juifs ? Du capitalisme?) pour y installer des ordures de dictateurs pires que le gouvernement israélien !

Cet événement horrible ne nous empêche pas de faire des comparaisons historiques, certainement pas avec la Shoah (quoique les terroristes islamistes aient le même mépris de la vie humaine que les nazis), mais avec Pearl Harbor où l'Etat US prétendit ne pas être au courant, et ce qui servit aux USA à entrer dans la guerre mondiale, et aussi au 11 septembre 2001 où la surprise aurait dû aussi déboucher sur une guerre mondiale.

La surprise d'un des Etats bourgeois les plus paranos et disposant d'une protection militaire exceptionnelle nous interroge. Certes l'extrême droite au pouvoir de Netanyahou , comme Méloni en Italie, se révèle incompétente à tous points de vue. Le corrompu Netanyahou est un irresponsable de première, il a privatisé l'armée, encouragé la poursuite de la colonisation , provoqué des humiliations contre la population palestinienne. Ces carences de suffisent pas à faire croire à une surprise de l'Etat bourgeois israélien, qui se nomme lui-même « Etat juif », Etat affaibli par les querelles de ses divers partis politiques. On trouve foule de commentaires pertinents du genre : « Et si Netanyahou avait été mis au courant de ces préparatifs d’agression et avait laissé faire pour qu’une « bonne guerre » ressoude le pays derrière lui ? ». Ou cet autre : «  Je me demande si Netanyahou ne le savait pas ..car vu la loi qu'il voulait faire passer sur la corruption n'est pas a l'origine de cette (surprise).... En effet comment réunir le peuple juif qui était en discorde sur cette loi ? Une "union sacrée" qui tomberait à point nommé ? »

Le retour ne bâton ne sera que plus dramatique, aggravant une situation inextricable, dans l'épisode actuel où l'incapable Netanyahou, pour tenter de masquer ses carences, a décidé de frapper de façon pachydermique contre la bande de Gaza, causant sans doute déjà plus de morts côté palestinien ; quand, des voix raisonnables l'appellent à limiter la force sans partage et à négocier, seule façon de sauver les otages.

Négocier ne serait pas un péché avec une organisation, certes criminelle et indéfendable, mais avec laquelle l'Etat bourgeois israélien a composé pendant des années ; le Hamas est pour partie une créature d'Israël qui,, à son origine, a encouragé son émergence dans le but d'équilibrer l'influence de l'OLP...

Deuxième mensonge sur les causes de l'intrusion des bandes de tueurs1, ce n'est pas un combat des juifs contre les arabes2, mais un carrefour de rivalités impérialistes où, pour partie, l'Iran tire les ficelles pour contrer le rapprochement de l'Etat d'Israël avec les autres ordures d'Arabie Saoudite3. L'enjeu n'est plus régional mais inquiétant pour le monde entier avec la perspective de reconstitution de nouveaux blocs, et surtout de l'un contre l'autre : la Russie en guerre est alliée de l'Iran, de la Corée du Nord, avec une bourgeoisie chinoise bienveillante, mais pas encore décidée à franchir le pas du soutien direct, sauf lorsqu'elle posera les pieds sur Taïwan... L'afflux d'armement américain au large de la Palestine est un bonus pour la bourgeoisie russe qui peut en déduire un ralentissement du soutien militaire à l'Ukraine.

Le professeur du CNRS, Ran Halévi a parfaitement résumé la montée dans l'horreur pour la période qui vient, même lors des atrocités en Ukraine on ne nous avait pas montré les horreurs :

« À l’époque, ce sont des armées régulières qui s’affrontaient loin des populations civiles, loin aussi des caméras et des images instantanées. Aujourd’hui, nous assistons en direct à une «guerre asymétrique» dans toute son horreur, où quelques centaines de terroristes équipés d’armes légères, de roquettes quasi artisanales et de quelques bulldozers ont réussi à tenir en haleine l’une des plus puissantes armées du monde ; à investir des bases militaires mal gardées, des localités, des quartiers, des maisons, en massacrant indistinctement des centaines de personnes ; avant de ramener de force à Gaza des dizaines d’otages, même morts, comme autant de monnaies d’échange. (…) À la stupeur des derniers jours s’ajoute l’interrogation sur les raisons qui ont conduit le Hamas à lancer cette guerre. Pourquoi maintenant ? À quelle fin ? Ses dirigeants ne peuvent ignorer le prix terrible de la riposte israélienne, surtout pour la population de la bande de Gaza, qui vit dans une misère noire sous la botte d’un pouvoir fondamentaliste, impitoyable, qui a dépensé des milliards non pour améliorer son quotidien, créer des routes et des écoles, mais pour fabriquer des armes, creuser des tunnels, entraîner des enfants à la guerre sainte et entretenir la culture du martyre. C’est que, pour les leaders du Hamas, on l’oublie parfois, le djihad prime sur tout, même la realpolitik ».

« L’attaque du Hamas atteint aujourd’hui une démocratie vacillante, aux prises avec un coup d’État engagé par son gouvernement contre les fondations constitutionnelles de l’État ; une société livrée depuis des mois à une guerre civile larvée qui met à nu les fractures, les anomalies, les non-dits de la coexistence nationale, entre laïcs et religieux, Juifs et Arabes, partisans de la solution de deux États et zélateurs messianiques du Grand Israël. Et, présidant à ce chaos, un premier ministre cerné par des inculpations au pénal pour corruption et prêt à tout sacrifier pour faire plier l’ordre légal à ses impératifs personnels, avec le concours d’une camarilla de suppôts serviles, d’alliés indélicats et de mercenaires de l’extrémisme ».

Alors que les images du massacre des civils restent toujours pour nous insoutenables (mais que pèsent les mots face à cette barbarie?), c'est au tour de la population palestinienne de subir le terrorisme d'Etatde la bourgeoisie israélienne et de son armée, même décomposée et égarée. C'est au tour de la population de Gaza, qui a certes été moutonnière en élisant le hamas, et qui ne s'aperçoit pas encore que la bourgeoisie israélienne n'est qu'un de ses ennemis, d'être massacrée et terrorisée otage des combats entre fous du hamas et tueurs de l'armée d'en face: plus de 600 ont déjà été tués et beaucoup vont mourir sous les bombes, ou même de faim vu qu’Israël a décrété un siège total, coupure de l'eau et de l'électricité, en tirant dans le tas, sur la » prison à ciel ouvert ».

MOURIR POUR ISRAEL ? MOURIR POUR LA PALESTINE VIRTUELLE ?

Du point de vue du prolétariat, même s'il est indigné par le massacre de la population en Israëll, de toute origine d'ailleurs, ce qui permet aux va-t-en guerre de laisser croire à une éventualité d'extension mondiale...certainement pas. Il me faut enfin souligner un troisième mensonge : une prétendue mobilisation mondiale des réservistes de la nommé familièrement Tsahal, ou Raymonde si vous voulez. C'est du pipeau. La plupart des jeunes, comme en Ukraine et Russie n'ont pas envie de mourir pour des patries qui n'existent pas ou sont des créations de l'impérialisme du XX ème siècle. Notre TV d'Etat a bien interviewé quelques naïfs (ou menteurs) atterrissant à Orly pour aller « sauver la patrie juive », mais ce n'est pas la réalité depuis avant ce massacre.

L’ancien chef d'état-major, le général Eizenkot avait prédit un avenir funeste pour la défense du pays avec la focalisation obsessionnelle sur des réformes qui déchirent le pays sous la houlette du clown d'extrême droite Netanyahou, et qui, se traduisait déjà par le refus des milliers de réservistes de s’engager «sous une dictature» et avec une quasi-paralysie de la vie publique, que les parents des otages fustigent en haïssant un premier ministre sanguinaire et inconscient comme les ministres bigots qu'il a placé à la tête de l'armée et de la police.

L'extrême gauche islamo-gauchiste dans la tourmente : leur faux internationalisme

On conclura pas un cinquième mensonge , l'équivalence entre terrorisme arabe et terrorisme juif, avancée par la clique à Mélenchon. Tous les médias « d'union nationale » s'acharnant sur lui, la classe ouvrière, français et arabes, serait plutôt encline à le défendre, surtout face à l'ignominie journalistique. Or, cette position, qui n'est pas un soutien aux atrocités, mais du genre pacifiste (qui n'est pas entièrement fausse, comme il le dit « la violence appelle la violence », mais le pacifisme est creux et sert à désarmer le prolétariat4.

La hargne avec laquelle LFI est pourchassée restaure les climats classiques des mobilisations bourgeoises pour les guerres : menaces juridiques et physiques, campagnes d'intoxication où ne se confrontent plus que le diable et le bon dieur. Mais la position de LFI est paradoxalement une garantie pour l'ordre bourgeois que si l'insoumission « prolétarienne » se réveille vraiment, il faudra des politiques (en apparence ennemi de la chanson nationale) pour encadrer, limiter et dévitaliser la véritable lutte de classe contre la guerre, qui pose, non le pacifisme bêlant, mais de retourner les armes contre la bourgeoisie et ses cliques du monde entier, y inclus leurs bandes de tueurs terroristes (des deux côtés).

Quant au petit NPA et sa défense du peuple palestinien, c'est la vieille position ringarde et invraisemblable d'une libération nationale fictive qui n'a jamais existé que comme mystification, depuis 1945. Le trotskisme néo-stalinien est mort depuis longtemps, on peut les laisser jouer dans leur pré carré. Par contre les tarés indigènes de la pute publique et les cliques d'islamistes excités pourraient être dissous comme cinquième colonne on ne s'en plaindrait pas, mais l'Etat bourgeois en a besoin en France pour que, en compagnie de Zemmour et de la mère Le Pen, ils favorisent un esprit lénifiant et va-t-en guerre généralisée de « défense nationale » par-delà les classes, les exploités et les exploiteurs. La cinquième colonne a toujours été utile à la paralysie des esprits.

Les conséquences de cette deuxième guerre qui massacre les civils (oublions l'Arménie), par la production accrue d'armements, par des impôts croissants5, la hausse du prix des matières premières ne vont pas consolider l'union nationale rêvée par toute les forces bourgeoises, elles sont au moins ainsi prévenues.

PS: hier soit presque tous les "analystes", y compris des journalistes israéliens, convenaient  que le discours de Netanyahou était minable et creux, aujourd'hui qu'il fait bombarder dans le tas c'est presque un héros (consigne su quai d'Orsay  à tous les esclaves journalistes?); il est vrai qu'on nous dévoile les horreurs au fur et à mesure, au point qu'on ne peut que souhaiter l'exécution des assassins sadiques des bandes délirantes (sans uniforme) du dit hamas (cf. le massacre des bébés), et s'attendre au pire pour les otages, sans aucune confiance pour le boucher Netanyahou..


NOTES

1Certes, comme l'explique un trotskien : «  L’UE doit reconnaître la réalité du crime d’apartheid en Israël Début mars 2023, une délégation de diplomates européens s’est rendue à Huwara et Zatara, deux villes palestiniennes du gouvernorat de Naplouse, où des colons israéliens se sont livrés à de violentes attaques. Les violences à Huwara et alentour ont choqué par leur ampleur et leur intensité, des centaines de colons israéliens y prenant part. Toutefois, pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, ces agressions soutenues par l’État font depuis longtemps partie de la vie quotidienne. L’absence quasi-totale d’obligation de rendre des comptes, la participation étayée de soldats israéliens à certains actes de violence et le fait même que les colonies continuent de s’étendre au mépris du droit international sont autant de manifestations du système d’apartheid imposé aux Palestinien·ne·s. Au lendemain de leur visite, les diplomates européens ont condamné les attaques visant des Palestiniens à Huwara ». Or cette histoire dite d'apartheid est secondaire, comme je l'ai souligné, c'est d'un conflit impérialiste qu'il s'agit à la fois poussé par la bourgeoisie iranienne et pour le contrôle de la région. Les gauchistes à leur façon appuient l'interprétation générale frauduleuse d'une « guerre raciste ».

2La plupart des bourgeoisies des pays arabes n'ont jamais rien eu à foutre de la bande de Gaza et de sa misère.

3On a une idée des retournements de situation et des changements de camps impérialistes incessants par rapport aux puissances moyennes régionales, si on rappelle que, avant sa fondation en tant que tel en 1987, le Hamas était principalement financé par l’Arabie saoudite et la Syrie. Israël n’en nourrissait pas une grande inquiétude, l’organisation ne développant pas encore d’actions armées. Aujourd’hui, le Hamas est principalement appuyé par le Qatar et par l’Iran.

4Le CCI dans sa prise de position, tardive comme toujours, utilise aussi cette notion ambiguë de paix : « La paix, la classe ouvrière devra la conquérir en renversant le capitalisme à l’échelle mondiale, ce qui passe aujourd’hui par un développement de ses luttes sur un terrain de classe, contre les attaques économiques de plus en plus dures que lui assène un système plongé dans une crise insurmontable ». Bizarre cette promesse (électoraliste?) de paix, alors que la révolution est une guerre de classe pas pacifiste du tout, et probablement de longue durée ! Les lapsus du CCI s'accumulent et c'est un signe d'opportunisme classique et d'un langage de ...châtié !

5En France le pillage éhonté annoncé des caisses de retraite par le gouvernement, confirmant son action de gangster contre les retraites, devrait réveiller les encadreurs syndicaux, sinon...

dimanche 1 octobre 2023

SOUVENIRS SOUVENIRS: quand la CGT et le PCF ont inventé la catégorie "immigrés" pour mieux dissoudre l'identité de classe

 


QUAND L'OUVRIER D'USINE NE FUT PLUS QUALIFIE TEL MAIS COMME "immigré"

Evidemment je m'en souvenais vaguement puisque, à la Gauche Marxiste, nous diffusions à Renault et marchions avec ceux des Cahiers de Mai présents dans la lutte. Quel bonheur de trouver ce magnifique travail d'une chercheuse qui  restitue le sel de la lutte de classe post 68 et lutte contre l'oubli! Et qui ridiculise les révisionnismes de la gauche du capital et leur wokisme racialiste! Où l'on comprend à quoi a servi l'invention d'un antiracisme obséquieux et moraliste dès les années 70 quand la gauche bourgeoise sabotait les luttes ouvrières tout en préparant la liquidation idéologique du prolétariat autrement dit les linéaments du wokisme d'aujourd'hui si américanophile.
A l'époque les organisations nationalistes arabes comme le GISTI tentent de noyer la spécificité de classe ouvrière sous le mot d'ordre de "grève générale contre le racisme"

Mars-avril 1973 à Renault-Billancourt : une grève ouvrière (pas immigrée)

11Renault, « référence nationale » [Hatzfeld, op. cit. : 356] et tout particulièrement l’usine de Billancourt est, à plusieurs titres, un terrain d’enquête privilégié : entreprise nationalisée, elle est à la fois, depuis les années 1950, le fer de lance de la modernisation industrielle et une « vitrine sociale » [Bardou et al., 1977 ; Hatzfeld, op. cit.]. Réputée « forteresse ouvrière » [Frémontier, 1971], Billancourt a connu toutes les grandes grèves de l’après-guerre et prend valeur d’exemple [ibid. : 15 ; Fridenson, 1998 : 15]. Tout ce qui se passe d’important dans le champ des luttes ouvrières et politiques prend, peu ou prou, Renault comme témoin ou étalon [13] – que l’on pense à Georges Séguy, alors secrétaire général de la cgt, venant en mai 1968 à Billancourt s’adresser aux ouvriers en grève pour faire évaluer les résultats de Grenelle, ou aux étudiants se rassemblant par deux fois aux portes de l’usine pour se joindre aux ouvriers [14]. Après 1968, l’usine de Billancourt, bastion cgt, devient l’un des lieux d’intervention des militants révolutionnaires, notamment ceux de la Gauche prolétarienne [15], qui soutiennent une autre idée de la politique et des luttes ouvrières, en même temps qu’un lieu d’actions ouvrières novatrices [16].

12La grève des ouvriers des presses que l’usine connaît en 1973 a ainsi, elle aussi, valeur d’exemple des grèves des années 1970. Tout d’abord, par son caractère de « grève bouchon » [17], puis par la nature de ses revendications et son organisation singulière, elle oppose deux conceptions de la lutte ouvrière : « institution syndicale » versus formes d’autonomie ouvrière [Bardou et al., op. cit. : 302]. La grève des ouvriers des presses déploie ainsi ce que des ouvriers soutiennent et proposent face à l’organisation du travail en vigueur, victorieusement, puisque cette grève met fin à la division arbitraire des classifications, donc des salaires entre les ouvriers de l’atelier. Elle constitue ensuite un terrain d’enquête privilégié de la tension « luttes ouvrières »/« luttes de l’immigration » identifiée précédemment : parce que menée par des ouvriers étrangers, elle pose, selon les syndicats, le « problème des immigrés », là où les grévistes soutiennent, eux, un principe égalitaire de rémunération du travail ouvrier.

• Contre l’arbitraire et la division

13Le 21 mars 1973, les 377 ouvriers du département 12 de l’usine Renault de Billancourt (emboutissage, grosses presses) cessent le travail. Ils déclarent qu’ils ne le reprendront que lorsque la direction aura attribué la même classification à l’ensemble des ouvriers qui travaillent sur les presses. Ils ont pour mot d’ordre : « À travail égal, salaire égal ; p1f (coefficient 162 maxi) pour tous. »

14En effet, jusqu’alors, les os sont payés selon un système de « cotation de poste » : chaque poste de travail est coté ; de cette cote dépend le salaire de l’ouvrier. Les postes d’os sont divisés en sept classes de cotation, chaque classe se subdivisant en trois niveaux (mini, moyen, maxi) selon les différences de formation. Or les ouvriers se rendent compte que ce système de cotation est largement utilisé par la direction pour augmenter les cadences et ne correspond, concrètement, à aucune différence réelle dans le travail effectué. En effet, « durant la période qui suit la grève du 38 [emboutissage, petites presses], où la question des classifications est largement discutée dans le département 12, les ouvriers des presses constatent que ceux qui se trouvent en tête de ligne appartiennent toujours à la classe 9, et s’y trouvent à la suite de décisions individuelles de la maîtrise. C’est ce que les ouvriers appellent les classifications “à la tête du client”. Les ouvriers du 12 constatent que ces promotions sont liées, en règle générale, au rôle qu’acceptent de jouer certains ouvriers dans l’accélération continue des cadences. Les divisions introduites parmi eux par les classifications et les coefficients sont directement utilisées par la direction pour augmenter le rendement » [18]. Début mars 1973, à la suite de la victoire des ouvriers du département 38 qui ont obtenu « la classe 9 pour tous », ceux des presses forment une délégation et déposent la même revendication auprès du chef de département. Comme le précisera un ouvrier, « on travaille tous à la même machine, la même pièce, mais on n’est pas à la même classe. L’autre est en classe 8, l’autre est en classe 9. Il n’y en a pas un qui travaille plus dur, c’est le même travail. Alors on ne doit pas distinguer » [19].

15Dans le même temps, les discussions se poursuivent entre ouvriers et les divisions se précisent : dans l’atelier 12.50, certains sont en classe 8, d’autres en classe 9, d’autres enfin sont passés p1f (professionnel de fabrication de niveau 1). Cette classification fait suite à l’engagement qu’a pris la direction de Renault de revoir les classifications, à l’issue de la longue grève des os de l’usine du Mans en mai 1971. Classification maison créée en mai 1972, « elle ne faisait pas entrer les os de plain-pied dans la filière des professionnels, puisqu’elle constituait un p1 à part, le p1f, mais elle rompait quand même avec la classification des os et constituait aux yeux des travailleurs une promotion » [20]. Mis en application en juillet 1972, le passage au p1f est largement laissé à l’appréciation de la maîtrise, qui choisit les candidats devant passer un essai. Entre juillet 1972 et mars 1973, 16 des 377 ouvriers du département sont passés p1f, sans que leur ancienneté, leur travail ou leur formation diffèrent de ceux des autres ouvriers du département. Le 19 mars 1973, les ouvriers de l’atelier demandent une nouvelle entrevue à leur chef de département. N’obtenant aucune réponse, ils se réunissent : « La revendication du passage à p1f est largement discutée par les trois équipes, qui se mettent en grève l’une après l’autre mercredi 21 mars. » [21] Les 377 ouvriers des presses (ateliers 12.50 et 12.61) cessent le travail et occupent leurs ateliers. La grève durera jusqu’au 11 avril.

• Chronologie de la grève

16• Le 22 mars, la grève du département 12 est générale : ouvriers de l’équipe de nuit restés après l’heure, de l’équipe du matin, de celle de l’après-midi, tous discutent des coefficients et de la façon arbitraire selon laquelle ils sont attribués. Le 22 mars au soir, le chef de département reçoit les représentants syndicaux et quatre ouvriers grévistes (les « délégués sans mandat » [22], chargés de porter auprès de la direction les revendications que les grévistes ont fixées en assemblée générale). « En début de séance, il a été précisé que la discussion se limiterait au problème du passage de classe 8 en classe 9 pour les os presses. » [23] Le passage en classe 9 est accordé à partir du 1er avril 1973 : « Les os presses dont l’ancienneté dans le poste est supérieure à 6 mois et qui possèdent l’expérience et les connaissances exigées passeront en classe 9 au plus tard le 2 avril », précise un communiqué de la direction [24]. La cgt appelle à la reprise. Les ouvriers du poste de nuit, qui occupent l’atelier, refusent cette proposition qui ne garantit ni « à travail égal, salaire égal » ni le p1f pour tous. La grève se poursuit.

17• Le 23 mars, la direction annonce que la réduction de travail sera inévitable pour 7 000 personnes travaillant à la production en aval si la grève continue. Les ouvriers des presses poursuivent la grève et occupent leur atelier par rotation.

18• Le 25 mars, une première rencontre a lieu entre la direction des fabrications, les délégués syndicaux et des grévistes, qui revendiquent le p1f pour tous. La direction refuse. Dans la nuit du 25 au 26 mars, la maîtrise intervient vainement pour essayer de remettre en route les presses. Les ouvriers de l’équipe de nuit ripostent et arrêtent les machines [25].

19• Le 26 mars, les ouvriers des secteurs en aval des presses sont renvoyés chez eux deux heures trente plus tôt. Dans l’après-midi, une nouvelle réunion a lieu entre grévistes, syndicats et direction, et se poursuit dans la soirée. Elle n’aboutit pas.

20• Le 27 mars, nouvelle réunion de discussion entre direction, syndicats et ouvriers en grève, lesquels sont chargés de téléphoner toutes les deux heures à ceux qui occupent l’atelier, pour faire état de l’avancée des négociations. La direction confirme le passage en classe 9 pour tous les ouvriers des presses à compter du 1er avril 1973 et annonce l’attribution d’une prime de « risque santé » qui amène le salaire horaire quasiment au niveau du p1f. Elle reconnaît par là la pénibilité du travail sur presses, où « le personnel […] est exposé effectivement et en permanence au bruit de la presse qui bat » [26]. Cependant, la pérennité de cette prime n’est garantie que si l’ouvrier travaille aux presses durant sept ans. En cas de mutation dans un délai inférieur à sept ans, l’ouvrier perd la prime. Les grévistes réclament la prime garantie sans condition. Les négociations se poursuivent.

21Alors que la réunion de négociation n’est pas terminée, des délégués cgt exposent ce qui a été obtenu aux grévistes de l’équipe de l’après-midi, dont c’est le tour d’occuper l’atelier, et organisent un vote pour la reprise [27]. Seule la moitié de l’équipe vote. Le vote est favorable à la reprise, mais les ouvriers ne reprennent pas le travail. La cgt publie un communiqué de victoire qui paraîtra dans L’Humanité le lendemain, sous le titre : « Renault : la victoire des 400 os est celle de la solidarité dans la lutte. » L’équipe de nuit, dès qu’elle arrive dans l’atelier, refuse de reprendre le travail tant que des discussions n’ont pas eu lieu entre l’ensemble des grévistes (les trois équipes réunies) [28].

22• Le 28 mars, les trois équipes tiennent une réunion aux presses, et aucun délégué syndical n’est admis à y participer. Les ouvriers des presses refusent les propositions de la direction. La poursuite de la grève est votée à main levée, sur le slogan « À travail égal, salaire égal. p1f coefficient 162 maxi pour tous ». « La revendication est claire et nette : le p1f coefficient 162 maxi pour tous ! À travail égal, salaire égal ! Cette revendication est acquise à deux centimes près, le mardi 27 mars. Et pourtant la grève continue. Pourquoi ? Les os des presses ont refusé l’accord parce que l’indemnité spéciale de 0,24 F n’était pas garantie. Il faut sept ans d’ancienneté dans l’atelier pour qu’elle soit acquise. Les os des presses ne veulent pas perdre leur salaire en cas de mutation sur un poste moins payé. Ce que refusent les grévistes : c’est que la direction, une fois qu’elle nous a pris notre santé sur le poste dur nous déclasse lorsqu’on n’arrive plus à faire le travail […]. La revendication est simple : pas de perte de salaire pour mutation ! Pas de déclassement ! […] Nous voulons : “À travail égal, salaire égal ! Le p1f coefficient 162 pour tous !” Garantie de la classification en cas de mutation. » [29]

23• Le 29 mars, L’Humanité publie un article intitulé : « Renault-Billancourt : les 400 os poursuivent leur mouvement », qui semble avoir gommé celui de la veille. Des ouvriers des presses des usines Renault de Flins et de Sandouville débrayent à leur tour.

24• Le 30 mars, la direction met en chômage technique 7 000 ouvriers de l’usine de carrosserie montage de Billancourt (ucmb). Les ouvriers des presses poursuivent leur grève et occupent toujours leur atelier, par rotation.

25• Le 2 avril, les ouvriers des presses de l’usine Renault de Douai se mettent en grève à leur tour.

26• Le 4 avril, toutes les presses de Billancourt, Flins, Sandouville, Douai sont en grève (totale ou partielle). À Billancourt, une nouvelle entrevue a lieu entre ouvriers, direction et syndicats. La direction refuse le p1f, maintient sa position : « Classe 9 maxi » pour tous, en proposant de transformer la prime de « risque santé », garantie au bout de sept ans d’ancienneté, en une « prime d’attente, s’ajoutant au taux de base, donc non soumise à la clause de garantie de sept ans » [30]. Parallèlement, elle annonce une reprise des discussions générales portant sur les classifications « de l’os à l’ingénieur » [31] avec les organisations syndicales, si le travail reprend aux presses. Les grévistes des presses de Billancourt refusent les propositions, demandant que la situation des presses soit réglée indépendamment des discussions générales sur les classifications et que la « prime d’attente » soit intégrée au salaire.

27• Le 6 avril, la cgt et la cfdt appellent au « débrayage général » pendant deux heures « en signe de solidarité ». Le comité de lutte Renault diffuse un tract intitulé : « C’est si bon… deux p’tites heures de grève », dans lequel il critique les « grèves de soutien » et défend une autre idée de la grève [32].

28• Le 9 avril, les agents de maîtrise occupent les ateliers des presses et tentent de faire redémarrer les machines, pour forcer à la reprise. Les ouvriers des presses les en empêchent et déclarent que les négociations ne reprendront pas sous la menace. Ils exigent que les agents de maîtrise et le personnel de surveillance évacuent les ateliers. Une fois l’atelier évacué, les discussions reprennent entre ouvriers, direction et syndicats. Les grévistes acceptent de négocier sur la base du coefficient 160, au lieu du « 162 maxi », à condition qu’il soit garanti pour tous en cas de mutation. En fin de journée, un accord intervient entre ouvriers et direction sur cette base. La direction accepte de créer un taux horaire particulier et un nouveau coefficient – le coefficient 160 n’existait pas dans la grille de classification Renault –, garantis à tous les ouvriers des presses de Billancourt. Comme le souligne le communiqué qu’elle fait paraître à l’issue de l’entrevue, « ce taux et ce coefficient sont garantis à titre individuel […]. En outre, compte tenu du caractère spécifique du travail sur presses, ils sont également garantis en cas de prêt temporaire, quelles que soient la cause et la durée de celui-ci. Aucune mutation n’interviendra visant ce personnel par suite de fait de grève. Compte tenu du caractère spécifique du travail sur presses, en cas de mutation du fait de l’entreprise, la direction s’engage à procéder au reclassement des intéressés à niveau équivalent avec, éventuellement, recours à une action complémentaire de formation » [33]. La direction reconnaît par là implicitement le principe « à travail égal, salaire égal » pour les ouvriers des presses. À l’issue de la rencontre, les syndicats obtiennent de la direction qu’un vote à bulletin secret ait lieu le lendemain matin pour avaliser les résultats des négociations.

29• Le 10 avril, le vote a lieu à midi, mais tous les grévistes ne sont pas présents. Le résultat donne 107 pour la reprise, 75 contre (sur 377 ouvriers au total). La situation est confuse, quelques presses tournent dans l’après-midi et dans la nuit.

30• Le 11 avril, les presses tournent de nouveau au département 12, mais avec une forte proportion d’absents. La reprise est totale l’après-midi.

31• Le 22 mai, la direction de la Régie Renault annonce que le « système de classement du personnel os » est modifié à compter du 1er juin 1973 : « La paie au poste est supprimée : les classes de salaires (5, 6, 7, 8, etc.) n’existent plus. Le salaire sera calculé à partir d’un classement en quatre niveaux, qui seront définis par la qualification de l’emploi tenu (complexité du travail, difficulté particulière d’exécution de la tâche, etc.). Chaque niveau constitue une catégorie professionnelle distincte. […] les qualifications de manœuvre et d’ouvrier spécialisé sont supprimées. Elles sont remplacées par celle d’agent productif. » [34]

32À un niveau d’ensemble, si la cotation de poste comme principe de rémunération ne disparaît pas au sens strict [35], elle subit cependant une importante modification : ce n’est plus le poste lui-même qui définit le salaire (« la paie au poste est supprimée »), mais « l’emploi tenu » [36] – à un emploi précis (agent productif catégorie A, B, C ou qualifié) correspond un coefficient de rémunération ; la différenciation des salaires se voit ainsi réduite dans le nouveau schéma de classifications et de rémunérations. Cependant, la division entre agents productifs (anciens os) et professionnels (anciens op) demeure et donnera lieu à d’autres conflits [37]. La grève des ouvriers des presses aura cependant obligé la Régie à modifier le système de classifications et à reconnaître, pour ce qui est de l’atelier des presses proprement dit, un coefficient garanti à tous les ouvriers des presses, sans distinction [38].

• Une grève ouvrière exemplaire de la séquence

33La grève des ouvriers des presses est emblématique d’un profond changement dans l’histoire des luttes ouvrières que l’on peut situer à la fin des années 1960 [Bardou et al., op. cit. : 294]. Elle donne à voir une rupture entre ouvriers et syndicats et impose de disjoindre lutte ouvrière et lutte syndicale, que « l’histoire du mouvement ouvrier », quant à elle, conjoint. Au fil des événements, cette grève peut en effet être identifiée, à plusieurs titres, comme une grève proprement ouvrière. Elle fut, tout d’abord, impulsée, dirigée et organisée par les ouvriers eux-mêmes, à distance des syndicats. Les formes d’organisation ouvrière telles que l’assemblée générale des grévistes – seule autorisée à prendre des décisions –, l’occupation de l’atelier par rotation émanent de la grève ; un nouveau dispositif de délégation y voit le jour, les « délégués sans mandat » qui sont issus du collectif gréviste et chargés de porter les revendications de l’assemblée générale des grévistes auprès de la direction [39]. Ces pratiques internes à la grève ouvrent à un nouveau mode de rapport ouvriers/direction, en dehors, voire en face, des organisations représentatives, de l’« institution syndicale » [ibid. : 302]. Dans bon nombre de tracts d’alors [40], l’idée d’une lutte menée par les ouvriers eux-mêmes est récurrente ; et la presse de tout bord insiste sur la rupture avec le système de négociations contractuelles entre syndicats et direction [41] que marque une telle grève.

34En outre, cette grève montre que l’émergence de ces nouvelles formes d’organisation va de pair avec celle de revendications singulières, ne correspondant pas à celles des plates-formes syndicales. Les ouvriers se battent en effet sur le mot d’ordre « à travail égal, salaire égal », lequel vient mettre en cause le système salarial de cotation de poste, là où les syndicats cherchent à négocier « une grille unique des salaires, de l’os à l’ingénieur » [42] qui, elle, maintient le principe des cotations. Le refus des ouvriers des presses de voir l’arrêt de leur grève subordonné aux discussions générales sur les classifications, menées uniquement entre syndicats et direction, en témoigne. Les ouvriers des presses soutiennent ainsi un énoncé singulier quant aux principes de rémunération du travail ouvrier, qui rompt avec l’organisation du travail mise en place par la direction et avalisée par les syndicats : avec le mot d’ordre « à travail égal, salaire égal. p1f pour tous », ils « affirment qu’ils sont les seuls juges de la difficulté d’un travail et qu’ils ne veulent plus être payés suivant les machines, comme des machines » [43].

35La disjonction ouvriers/syndicats amène donc à distinguer le point de vue des ouvriers et celui des syndicats sur la grève. Et ce d’autant que, pour les syndicats, ce fut une « grève d’immigrés » – identification qui témoigne a contrario de la « nationalisation du mouvement ouvrier, [qui] en fait le défenseur des ouvriers nationaux » [Gallissot et al., op. cit. : 14], renvoyant par là même à l’idée d’une « classe ouvrière française » dont sont exclus les ouvriers étrangers [44]. Tant pour la cgt que pour la cfdt, cette grève posait en effet le « problème des immigrés » et le « problème des conditions de travail » [45]. L’idée d’un « problème des immigrés » et sa mise en exergue montrent combien, du point de vue des centrales syndicales, les ouvriers étrangers sont identifiés avant tout comme des étrangers et non comptés comme ouvriers. « Dans les faits, nous n’avons pas les mêmes droits aussi bien vis-à-vis du patron que vis-à-vis, malheureusement, des centrales syndicales. Nous n’avons pas notre place entière, en tant qu’ouvriers tout simplement », avançait un ouvrier de Billancourt que j’ai interrogé [46]. « Problème des immigrés » et son corollaire « grève d’immigrés » fonctionnent ici comme opérateurs d’une mise à l’écart, venant asseoir l’idée d’un conflit catégoriel et en minorer la portée. Tout au long de la grève, le nom « ouvrier » fut dénié aux grévistes, qu’il s’agisse du secrétaire de la section cgt Renault parlant, le 5 avril, du « chant des esclaves noirs exprimant leur protestation » [47] ou de L’Humanité qui, le 10 avril, analyse la grève et souligne dans l’en-tête de l’article relatant le vote de la reprise : « Les os des presses sont, dans leur quasi-totalité, immigrés. Beaucoup n’ont jamais voté. Pour certains, la grève illimitée signifie la recherche d’un gain à tout prix dans un travail de remplacement à l’extérieur. » [48]

36Si les ateliers des presses ne comptent que des étrangers, essentiellement algériens, espagnols et portugais, les revendications soutenues lors de cette grève montrent que, pour les ouvriers, il ne s’est nullement agi de poser un quelconque « problème des immigrés », mais celui de la prise en compte de la nature de leur travail et de sa pénibilité. Un gréviste soulignait : « Une grande presse, ça fait beaucoup de bruit. Il n’y a que des étrangers là-dedans : Espagnols, Portugais, Algériens, Marocains, mais il n’y a pas de Français qui y travaillent. » [49] Un autre précisait : « On demande à travail égal, le salaire égal, parce qu’il y a des ouvriers qui font le même travail que nous et qui gagnent plus que nous. Je ne suis pas contre les autres, mais je parle des immigrés comme moi, on fait le même travail et on n’est pas bien, on n’est pas pareil nous. Tout le monde, il y a beaucoup de différences si vous voulez entre les ouvriers, mais ce n’est pas les ouvriers qui font ça. Cette fois-ci tout le monde est d’accord pour aller jusqu’au bout, parce que tout le monde a compris, le travail que font les gars, qu’il est vraiment très dur, et ils sont décidés cette fois-ci pour faire la grève et continuer jusqu’au bout. » [50] « Immigré » renvoie ici à l’usage discriminant que la direction fait de la nationalité (aux presses, il n’y a que des étrangers) et au jugement qui est porté, selon cet interlocuteur, sur les ouvriers étrangers (« On n’est pas bien », « On n’est pas pareils nous »). « Immigré » fonctionne ici comme l’opérateur d’une différenciation – entre « nous » que l’« on » appelle « immigrés » et les autres, ouvriers. Il n’est pas, dans les propos de cet ouvrier, l’objet d’une revendication spécifique, « identitaire », bien au contraire : il opère comme une désignation en extériorité, le déni d’« ouvrier ».

37Dès lors se distinguent deux registres de la grève, irréductibles l’un à l’autre : un registre ouvrier qui se donne sous un énoncé égalitaire, valable pour tous (« À travail égal, salaire égal ») et dans des modes d’organisation singuliers, internes à la grève ; et un registre syndical qui déploie l’idée d’une « grève catégorielle », cherchant tout d’abord à l’inscrire dans le schéma des négociations salariales syndicats/direction, puis à la circonscrire en la qualifiant de « grève d’immigrés ».

38L’historiographie contemporaine, en inscrivant la grève des presses dans une histoire des « grèves d’immigrés » ou des « luttes de l’immigration », prolonge l’image que les syndicats en ont donnée, occultant par là même ce que les énoncés des ouvriers des presses ont disposé de singulier, quant à la question du salaire et du compte du travail. La rupture portant sur la hiérarchie que représente l’énoncé victorieux « À travail égal, salaire égal » est en effet occultée par une telle qualification, déplacée dans son contenu et déniée comme résultat d’une capacité ouvrière. Parler de « grèves d’immigrés » ouvre ainsi à un double déni : déni du caractère résolument ouvrier de cette grève singulière ; déni de l’intériorité à la France de ces ouvriers.

Laure Piti

Grèves ouvrières versus luttes de l'immigration : une controverse entre historiens | Cairn.info