"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

jeudi 21 janvier 2016

PRECARISATION TOTALE DE L'EMPLOI ET DECHEANCE SOCIALE...

Au courrier
D'une lectrice:
"Bonsoir Jean-Louis. Quelle époque...le monde a évolué et la prostitution aussi.
Mais qu’en sera t’ il  demain des hommes et des femmes qui se prostituent d’une certaine façon aussi à leur travail?
Quand on voit que la politique de Hollande  consiste à faciliter les licenciements pour faciliter les embauches!!!!
Que l’on va réduire les indemnisations à payer par les employeurs qui licencient abusivement!!!! Ben oui mon gars, hé, sinon les mecs ils veulent plus embaucher aujourd’hui.
Et on continue, ces cons de chômeurs on va leur réduire le montant de leur alloc et on va leur proposer encore plus de formation bidon. Et s’ ils ne sont pas contents, on va les radier. Sales cons de pauvres!
Putain de merde c’est quand notre tour??  Jamais le processus va se renverser?
Vive la révolution!!!
La coupe est pleine!".

Que répondre? Alors je me suis tourné vers La Fontaine. Pssst, la grenouille c'est la classe ouvrière.


LES DEUX TAUREAUX ET UNE GRENOUILLE


Deux taureaux combattaient à qui posséderait
Une Génisse avec l’empire.
Une Grenouille en soupirait.
" Qu’avez-vous ? se mit à lui dire
Quelqu’un du peuple coassant.
-Eh ! ne voyez-vous pas, dit-elle,
Que la fin de cette querelle
Sera l’exil de l’un ; que l’autre, le chassant,
Le fera renoncer aux campagnes fleuries ?
Il ne régnera plus sur l’herbe des prairies,
Viendra dans nos marais régner sur les roseaux,
En nous foulant aux pieds jusques aux fond des eaux,
Tantôt l’une, et puis l’autre, il faudra qu’on pâtisse
Du combat qu’a causé Madame la Génisse. "
Cette crainte était de bon sens.


L’un des Taureaux en leur demeure
S’alla cacher à leurs dépens :
Il en écrasait vingt pas heure.
Hélas ! on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands.


mercredi 13 janvier 2016

Badiou et sa résurrection de Lazare Staline


Badiou est au marxisme ce que la taupe est à l'air libre, un aveugle qui prétend montrer le chemin aux borgnes. Surtout nouveau faussaire du mythe de Lazare. Mais indépendamment de ce que ce saltimbanque maoïste des médias vend comme camelote, cela ne nous empêche pas de nous interroger sur la capacité du marxisme a décrypter les dérives et délires du monde capitaliste. Dur et impossible parfois dans un monde capitaliste décadent qui produit des désespérés d'un autre type que ceux du passé, les révoltés impulsifs sociaux qui rêvaient d'un monde meilleur SUR TERRE même au prix de leur propre sacrifice, complètement étrangers à la furie des bandes de désespérés assassins qui, se réclamant de l'islam, abondent dans  la destructivité belliciste du capitalisme en invoquant les mirages du ciel.

Ce bateleur de foire vient expliquer le terrorisme djihadiste comme une sorte de retour de l'instinct de mort, où il fait mariner les vieilleries marxistes sur la religion « opium du peuple » et pacifique refuge des opprimés et des offensés. Toutes les sectes gauchistes conservent d'ailleurs cette croyance au nom de la défense des plus pauvres ou des derniers arrivés, plutôt en masse. La victimologie éternelle du colonisé immigré – qui n'a pourtant jamais connu la sale domination coloniale - sert d'eau bénite à tous ces croyants d'un autre âge. Ne pouvant expliquer par des catégories politiques les exactions terroristes, ni les défendre comme crimes inhumains, le mieux n'est-il pas encore de prendre le parti des terroristes pour « mieux les comprendre », comme les traîtres porteurs de valise d'antan: c'est la faute à l'impérialisme français « qui a commencé par bombarder les civils », nonobstant que les armées islamo-terroristes s'en servent comme « boucliers humains ». Plutôt être du côté des violeurs que des « islamophobes racistes » après les agressions sexuelles « de masse » à Cologne1 ; le NPA lance le slogan : « ni sexisme ni racisme », oubliant que les sexistes et les racistes ne sont pas ceux que l'on croit !
Il s'agit là bien d'un héritage du stalinisme et non du marxisme. La « méthode » stalinienne autorisait tout, héritière elle-même de ce genre de marxisme rigide à la Guesde qui considérait inutile de prendre position sur le cas du « bourgeois » Dreyfus; héritière de la théorie stupide du terrorisme rouge de confrère Trotsky, puis légataire testamentaire du terrorisme anti-colonial si diversifié et adaptable pour n'importe quelle puissance dominante post 45. Au nom du prolétariat et du peuple on avait pu massacrer la vieille garde bolchevique et envoyer au casse-pipe mondial des millions de russes. Au nom de la classe ouvrière, des milliers de mineurs roumains purent venir bastonner la population à Bucarest au si récent siècle dernier... Ce qu'il reste du marais ultra-gauche demeure lui aussi à la queue de la queue d'une analyse de l'islamo-terrorisme et de l'islamisation de pans entiers de la société mondiale2, qui se répand en articles de pitié et de piété sur la misère des migrants et l'horreur du terrorisme (dont seule serait responsable la bourgeoisie) ; triomphe de la « servitude volontaire » si bien résumé par les démocrates gauchistes : « on devrait avoir la liberté de circuler entièrement voilée en Occident » et raser gratis tout piéton inattendu.

Ce soutien aux « pauvres », et parmi les plus aliénés3, à une religion policière de la vie quotidienne4 et accessoirement à une classe raciste ou sans tête, est un moyen pour le petit bourgeois et son ami le bourgeois de déculpabiliser, mais nullement une action révolutionnaire pour l'humanité. C'est pourquoi au niveau primaire le bourgeois fonctionne dans sa tête comme le terroriste. Cela n'est pas un instinct de mort – ni « symptômes pathologiques » - mais une volonté très prosaïque d'éliminer l'autre, le contradicteur, le mécréant, l'exploité, le bourgeois concurrent. C'est de compétition classique et moderne qu'il s'agit et pas d'instinct de mort, lequel instinct n'explique rien et n'aboutit qu'à rien.
Badiou n'est pas le premier à se rendre compte que la guerre des trois civilisations5 a vraiment bondi après ce qu'il appelle l'échec du communisme, ce qui est déjà un mensonge puisque cet ancien partisan de Mao fait allusion à la chute du mur de Berlin, d'une société qui n'était pas plus communiste que le capitalisme n'est humain. Les « philosophes » instruits à l'école stalinienne ignorent que la tentative de communisme mondial avait été éradiquée à la fin des années 1920. Que dieu ait pitié d'eux !
Je ne cesse depuis longtemps de souligner que l'islamisme mondialiste est venu suppléer à la carence du stalinisme, mais pas pour tout le monde.

Deuxième invention du maoïste Badiou : l'islamo-terrorisme viendrait « offrir à la jeunesse mondiale, frustrée par un capitalisme qui ne tient pas ses promesses, une alternative idéologique ».
Certes cette alternative mobiliserait selon des chiffres douteux de sociologues islamo-banlieusards environ 30% de jeunes français de souche et toutes classes sociales, mais qu'on me permette de douter qu'elle constitue une séduction crédible à la majorité des prolétaires musulmans ou non, en France ou ailleurs, jeunes et vieux. Qu'on me permette de douter que l'attirance pour un soi-disant instinct de mort puisse véritablement prendre la place de l'ancienne volonté de transformer un monde pourri par le capitalisme. Qu'on me permette de rappeler que la plupart de ces engagés sont d'anciennes petites racailles et que leur « révolte » est celle d'un lumpen plus intéressé à profiter des besoins inventés par le capitalisme qu'à aider l'humanité à retrouver ses véritables besoins, plus proche de la destructivité nazie que de la vraie révolte contre toute la machinerie capitaliste du hautain chef d'Etat capitaliste qui fait bombarder à distance comme des services secrets turcs ou saoudiens qui envoient des pauvres types au casse-pipe.

La description du néant médiatique pour répondre aux attentats de janvier et novembre remarque justement qu'elle se résume à : policiers contre barbares. Ce néant baigne en effet dans la vieille désaffection du monde étroit de la petite bourgeoisie intellectuelle, qui un temps séduite à l'idée d'être le parti « d'avant-garde » d'une classe ouvrière bigarrée, a produit une noria de transfuges devenus ministres et syndicalistes plus attachés à leur promotion qu'à révolutionner la société.
Badiou n'analyse rien de bien nouveau sur le rôle des Etats bourgeois. Qu'ils soient soumis à l'oligarchie financière ne nous émeut guère. Comme la plupart des intellectuels médiatisés il vit hors de la réalité, comme le confirme son absence du critère de l'internationalisme dans la lutte contre l'Etat avec l'exemple de la Grèce, où il ne fût question que d'un mouvement de masse... petit bourgeois, apologiste d'un Etat rentier et roublard où le parti gauchiste victorieux confirma la nature de cette idéologie « des opprimés », des « valeurs progressistes », aussi blanche que le radis est rouge à l'extérieur. En bon maoïste indécrottable, Badiou n'examine que d'hypothétiques solutions nationales à la méchante « mondialisation capitaliste ».

Sous la phrase de la « grande victoire subjective de la réaction », on est bien éloigné de « l'instinct de mort » pour jeunesse sans avenir (« jeunesse populaire »), avec cette absence de critique des fossoyeurs de la gauche bourgeoise de toute alternative au capitalisme, critique qui inclut tout ce réformisme radical qui passe son temps à empêcher la construction d'aéroports, à défendre le port du voile, la construction de mosquées, et à accueillir tous les frustrés sexuels du monde : «  une grande victoire subjective de la réaction sous toutes ses formes, qui a pratiquement fait disparaître l’idée qu’une autre organisation du monde économique et social était possible, à l’échelle de l’humanité tout entière ».
Mais cette idée d'une autre organisation du monde – non seulement économique et sociale – surtout POLITIQUE est combattue chaque jour par tous ces secouristes gauchistes immigréphiles qui prétendent à son « aménagement » à l'unisson avec le Pape et les patrons français et allemands.

Badiou veut peut être ressusciter le cadavre du stalinisme qualifié de communisme par lui, mais le stalinisme équivaut au mythe de Lazare6. Or le véritable communisme ne peut ressusciter – pas seulement parce qu'il n'a jamais existé – mais parce qu'il n'a aucune lignée avec l'histoire du terrorisme – que la mao Badiou relie in fine comme une transition béatifiante, une étape vers des « retrouvailles » où l'islam copulant avec des gauchistes ressuscités accoucherait d'une société non aliénée et débarrassée du capitalisme immondialisant. Au lieu de feuilleter l'unique pensum de Jacques Mesrine, Badiou aurait dû relire Crime et Châtiment de Dostoïevski, où le héros est ressuscité sur demande du terroriste Raskolnikov, qui lit le passage de la Bible dans le quatrième chapitre sur Lazare. La fable terroriste est d'ailleurs du même niveau que celle sur la résurrection de Lazare. C'est bien le propre de toutes les religions de faire croire qu'il y aurait une vie après la mort, et que tuer ou être tué n'aurait aucune importance. C'est une idée bien antérieure au capitalisme rationnel dont accouche à son tour le capitalisme gériatrique ! Ce qui importe n'est-il pas alors de faire oublier l'alliance du capitalisme nouveau et de la religion ancienne ?

ENTRER DANS LA SUBJECTIVITE DES MEURTRIERS ?

« il faut entrer dans la subjectivité des meurtriers, autant que faire se peut. Il y a à l’évidence chez ces jeunes assassins les effets d’un désir d’Occident opprimé ou impossible. Cette passion fondamentale, on la trouve un peu partout, et c’est la clé des choses : étant donné qu’un autre monde n’est pas possible, alors pourquoi n’avons-nous pas de place dans celui-ci ? Si on se représente qu’aucun autre monde n’est possible, il est intolérable de ne pas avoir de place dans celui-ci, une place conforme aux critères de ce monde : argent, confort, consommation… Cette frustration ouvre un espace à l’instinct de mort : la place qu’on désire est aussi celle qu’on va haïr puisqu’on ne peut pas l’avoir. C’est un ressort subjectif classique ».

C'est quoi ce « désir d'Occident » ? Un désir de refoulé ? Ou cet obscur, traditionnel, et creux « désir de vengeance » typique du militaire en uniforme ? Typique du nazi qui gazait des juifs ! Aussi inexcusable que les désirs quelconques de tout criminel de guerre !
Voilà Badiou qui veut nous bluffer avec son « ressort subjectif classique » pour dédouaner les petits malfrats terroristes. Plus commune et lamentable est son explication double  : le mantra gauchiste « l'inconscient colonial non liquidé » et son compère l'islamophobe (invention des intellectuels terroristes)7. Badiou reproduit la même chanson bègue du marxisme de jadis compatissant envers la religion8 , encore professée par les variétés d'islamo-gauchisme et d'ultra-gauches terroristes d'opérette néo-stalinienne, mais lance une formule qui vise à excuser encore une fois la religion : «c’est la fascisation qui islamise, et non l’islamisation qui fascise ». On retombe encore une fois dans le néant total de l'idéologie maoïste, socle commun à tous les gauchistes bien-pensant, finalement cette invention de l'instinct de mort ce ne serait que le fascisme ressuscité. Cette bonne vieille bouillie pour demeurés gauchistes ! Et qui excuse l'enveloppe de l'impérialisme obscur du Moyen Orient , l'islam hard, salafiste, radical, égorgeur, coupeur des mains des pauvres, violeur des femmes... qui existait déjà du temps d'Hitler, et avant, dont n'importe quel merdeux lycéen peut s'inspirer pour justifier de tuer son prof juif ! Un instinct de mort, ou une prime à la connerie ? Ou à une ré-actualisation du "marxiste" Jacques Mesrine?

Que les bandes capitalistes au pouvoir se servent de cette idéologie religieuse en bien ou en mal n'étonne plus, ce qui est étonnant est que personne ne parle de supprimer cette religion en même temps que le capitalisme. Car, comme Lazare, ce mythe criminel ne devrait pas résister au temps.



1Non pas l'odieux viol individualiste mais la jouissance collective sans argent et sans frontières...

2C'est pourquoi le qualificatif ultra-gauchisme lui convenait si bien, confirmant son lien génétique avec l'anarchisme moderne, mais étranger au maximalisme de la véritable gauche communiste.

3Qui lisent moins le coran que moi – chaque page de cette compil me fait rire – ils ne me sont pas étrangers pour l'essentiel. Ils vivent l'exclusion sociale comme la plupart des prolétaires. Ils subissent la catégorisation comme victimes du racisme par ceux qui prétendent les défendre, hypocrites gouvernementaux et bateleurs gauchistes syndicalistes. Ils haïssent les profs qui reproduisent les inégalités (et dont le communisme prévoit la suppression : « l'éducateur doit être éduqué » dixit Marx). Ils souhaitent un monde de paix et de bonheur humain, pas un monde capitaliste qui ne vit que de guerres de brigands et de brigandage religieux. Mais pour cela, il faudra qu'ils prient non pour des chimères mais pour la reconstitution de la classe ouvrière, seule classe universaliste, et un parti mondial qui dépoussière cette idée neuve : la révolution communiste.

4Rythmée par les infos orientées chaque minute – mondialement et partout traduites - et que vous recevez en permanence sur votre portable. Lequel vous finissez par consulter de manière névrotique pour savoir « comment va le monde » et où a eu lieu le prochain attentat islamo-terroriste.

5Ces trois civilisations sont : la civilisation capitaliste dite laïque et multiculturaliste (qui empile cultures diverses comme un échafaudage sans méthode destiné à s'effondrer), la civilisation de la charia destinée aux immenses masses exploitées des pays du Sud, et la civilisation communiste qui passe pour une vieillerie hors sol et hors course.

6Pour Ernest Renan, cet épisode illustre le fait que « Jésus subissait les miracles que l'opinion exigeait de lui bien plus qu'il ne les faisait ». Selon ce même auteur, « le miracle est d'ordinaire l'œuvre du public bien plus que de celui à qui on l'attribue ». Dans son Histoire critique de Jésus-Christ, d'Holbach, philosophe des Lumières, souligne l'absence de témoins de la mort de Lazare : selon l'Évangile de Jean, des Juifs assistent à la résurrection de Lazare, mais personne n'était présent au moment de la mort qui a précédé la résurrection. « Il aurait fallu que ces Juifs [venus consoler la famille de Lazare pendant la période du deuil] l'eussent vu mourir, mort, embaumé », pour accréditer le miracle. L'historien philosophe voit de la « maladresse » dans la manière dont ce prodige fut opéré ; cela explique selon lui que des Juifs contemporains de Jésus aient trouvé dans cette résurrection « des caractères de fourberie ». Enfin, d'Holbach note l'absence de Lazare au moment du retour de Jésus à Béthanie dans l'Évangile selon Matthieu (26, 6-13) : Jésus « revint donc à Béthanie, où il fut reçu non par Lazare, qui fut peut-être obligé de se sauver, à la suite d'une telle imposture, mais par Simon le Lépreux ».




7Badiou ne fait que reprendre pourtant la novlangue des gouvernants et de leurs supplétifs gauchistes : frères et sœurs, islamophobie, la haine (catégorie résumé simpliste pour lycéen et passe-partout pour exploser l'ennemi fâchiste de souche, pire que le capitalisme), l'immigré source de richesse, etc. Quant à l'indignation face à la terreur islamo-radicale elle ne serait que « peurs » infondées, une arriération française... Voire un « instinct de mort » de colonialiste refoulé. La droite bcbg du Figaro utilise régulièrement ces remarques, avec sa maître à penser ex-institutrice - Mme Natacha Polony – mais avec la même logique que la novlangue de gauche caviar, prétendant à la restauration du prêt à penser antérieur lui aussi devenu obsolète et sans dénoncer les usages du système dominant qui les nourrit (aux deux sens).



8Surtout envers les monothéismes juif et chrétien. Il y a très peu d'écrits marxistes sur l'islam. Par contre à la fin du XIX ème, certains marxistes, sociologues et même bolcheviks, crurent y déceler une religion de la libération humaine comparable au christianisme. Peau de balle, elle ne peut que faire tourner en rond pendant l'éternité une soumission aux puissants, aux gourous discoureurs barbus, et des comportements quotidiens superstitieux qui auraient fait rire les premiers égyptiens.


Je vous reproduis ci-dessous l'intégralité de l'interview du philosophe maoïste:


Interview

Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort»


Le philosophe publie un ouvrage sur la tuerie du 13 Novembre, dont il impute la responsabilité à l’impossibilité de proposer une alternative au monde tel qu’il est. Il pointe notamment l’effondrement des idées progressistes, victimes d’une crise profonde de la pensée depuis l’échec du communisme.

Comment comprendre l’énigmatique pulsion de mort qui anime les jihadistes ? Des tueries de janvier à celles de novembre, chacun cherche les causes, sociales ou religieuses, de cette «radicalisation» qui, ici et ailleurs, cède à une violence inouïe. Pour le philosophe Alain Badiou, les attentats sont des meurtres de masse symptomatiques de notre époque, où règne sans limite le capitalisme mondialisé. Dans son dernier ouvrage, Notre mal vient de plus loin : penser la tuerie du 13 Novembre, qui sort le 11 janvier chez Fayard, il rappelle la nécessité d’offrir à la jeunesse mondiale, frustrée par un capitalisme qui ne tient pas ses promesses, une alternative idéologique.
Quelles différences voyez-vous ­entre les attentats de janvier et ceux de novembre ?
Dans les deux cas, on a le même contexte historique et géopolitique, la même provenance des tueurs, le même acharnement meurtrier et suicidaire, la même réponse, policière, nationaliste et vengeresse, de la part de l’Etat. Cependant, tant du côté du meurtre de masse que du côté de la réponse étatique, il y a des différences importantes. D’abord, en janvier, les meurtres sont ciblés, les victimes choisies : les blasphémateurs de Charlie Hebdo, les juifs et les policiers. Le caractère idéologique, religieux et antisémite des meurtres est évident. D’autre part, la réponse prend la forme d’un vaste déploiement de masse, voulant symboliser l’unité de la nation derrière son gouvernement et ses alliés internationaux autour d’un mot d’ordre lui-même idéologique, à savoir «nous sommes tous Charlie». On se réclame d’un point précis : la liberté laïque, le droit au blasphème.
En novembre, le meurtre est indistinct, très évidemment nihiliste : on tire dans le tas. Et la réponse n’inclut pas de déploiement populaire, son mot d’ordre est cocardier et brutal : «guerre aux barbares». L’idéologie est réduite à sa portion congrue et abstraite, du genre «nos valeurs». Le réel, c’est le durcissement extrême de la mobilisation policière, avec un arsenal de lois et de décrets scélérats et liberticides, totalement inutiles, et visant rien de moins qu’à rendre éternel l’Etat d’urgence. De là résulte qu’une intervention rationnelle et détaillée est encore plus urgente et nécessaire. Il faut convaincre l’opinion qu’elle ne doit se retrouver, ni bien entendu dans la férocité nihiliste des assassins mais ni non plus dans les coups de clairons policiers de l’Etat.
Vous analysez le 13 Novembre comme un «mal» dont la cause serait l’échec historique du communisme. Pourquoi ? C’est une grille de lecture qui paraît nostalgique et dépassée…
J’ai essayé de proposer un protocole d’explication aussi clair que possible, en partant des structures de ­notre monde : l’affaiblissement des Etats face à l’oligarchie privée, le désir d’Occident, et l’expansion du capitalisme mondialisé, face auquel aucune alternative n’est proposée aujourd’hui. Je n’ai aucune nostalgie passéiste. Je n’ai jamais été communiste, au sens électoral du mot. J’appelle «communisme» la possibilité de proposer à la jeunesse planétaire autre chose que le mauvais choix entre une inclusion résignée dans le dispositif consommateur existant et des échappées nihilistes sauvages. Il ne s’agit pas de ma part d’un entêtement, ni même d’une tradition. J’affirme seulement que tant qu’il n’y aura pas un cadre stratégique quelconque, un dispositif politique permettant notamment à la jeunesse de penser qu’autre chose est possible que le monde tel qu’il est, nous aurons des symptômes pathologiques tels que le 13 Novembre.
Donner toute la responsabilité à l’emprise tentaculaire du capitalisme mondialisé, n’est-ce pas ignorer la responsabilité de la pensée, des intellectuels qui voulaient précisément promouvoir un autre modèle ?
A partir des années 80, un certain nombre d’intellectuels, qui sortaient déçus et amers, faute d’un succès immédiat, du gauchisme des années 60 et 70, se sont ralliés à l’ordre établi. Pour s’installer dans le monde, ils sont devenus des chantres de la sérénité occidentale. Evidemment, leur responsabilité est flagrante. Mais il faut aussi tenir compte du retard pris du côté d’une critique radicale de l’expansion ­capitaliste et des propositions alternatives qui doivent renouveler et renforcer l’hypothèse communiste. Cette faiblesse est venue de l’amplitude de la catastrophe. Il y a eu une sorte d’effondrement, non seulement des Etats socialistes, qui étaient depuis longtemps critiqués, mais aussi de la domination des idées progressistes et révolutionnaires dans l’intelligentsia, singulièrement en France depuis l’après-guerre. Cet effondrement indiquait une crise profonde, laquelle exigeait un renouvellement conceptuel et idéologique, notamment philosophique. Avec d’autres, je me suis engagé dans cette tâche, mais nous sommes encore loin du compte. Lénine disait des intellectuels qu’ils étaient la plaque sensible de l’histoire. L’histoire, entre le début des années 70 et le milieu des années 80, nous a imposé un renversement idéologique d’une violence extraordinaire, un triomphe presque sans précédent des idées réactionnaires de toutes sortes.
Dans le monde que vous décrivez, il y a l’affaiblissement des Etats. Pourquoi ne pourraient-ils pas être des acteurs de régulation face au capitalisme mondialisé ?
Nous constatons que les Etats, qui avaient déjà été qualifiés par Marx de fondés de pouvoir du capital, le sont aujourd’hui à une échelle que Marx lui-même n’avait pas prévue. L’imbrication des Etats dans le système hégémonique du capitalisme mondialisé est extrêmement puissante. Depuis des décennies, quels que soient les partis au pouvoir, quelles que soient les annonces du type «mon adversaire, c’est la finance», la même politique se poursuit. Et je pense qu’on a tort d’en accuser des individus particuliers. Il est plus rationnel de penser qu’il y a un enchaînement systémique extrêmement fort, un degré saisissant de détermination de la fonction étatique par l’oligarchie capitaliste. La récente affaire grecque en est un exemple frappant. On avait là un pays où il y avait eu des mouvements de masse, un renouvellement politique, où se créait une nouvelle organisation de gauche. Pourtant, quand Syriza est arrivé au pouvoir, cela n’a constitué aucune force capable de résister aux impératifs financiers, aux exigences des créanciers.
Comment expliquer ce décalage entre la volonté de changement et sa non-possibilité ?
Il y a eu une victoire objective des forces capitalistes hégémoniques, mais également une grande victoire subjective de la réaction sous toutes ses formes, qui a pratiquement fait disparaître l’idée qu’une autre organisation du monde économique et social était possible, à l’échelle de l’humanité tout entière. Les gens qui souhaitent «le changement» sont nombreux, mais je ne suis pas sûr qu’eux-mêmes soient convaincus, dans l’ordre de la pensée et de l’action réelles, qu’autre chose est possible. Nous devons encore ressusciter cette possibilité.
Jürgen Habermas parle de l’économie comme la théologie de ­notre temps. On a l’impression que cet appareil systémique est théologique. Mais comment expliquez-vous ce qui s’est passé en France ?
Je voudrais rappeler que la France n’a pas le monopole des attentats. Ces phénomènes ont à voir avec le cadre général dans lequel vivent les gens aujourd’hui, puisqu’ils se produisent un peu partout dans des conditions différentes. J’étais à Los Angeles quand a eu lieu en Californie, après l’événement français, un terrible meurtre de masse. Cela dit, au-delà des analyses objectives, il faut entrer dans la subjectivité des meurtriers, autant que faire se peut. Il y a à l’évidence chez ces jeunes assassins les effets d’un désir d’Occident opprimé ou impossible. Cette passion fondamentale, on la trouve un peu partout, et c’est la clé des choses : étant donné qu’un autre monde n’est pas possible, alors pourquoi n’avons-nous pas de place dans celui-ci ? Si on se représente qu’aucun autre monde n’est possible, il est intolérable de ne pas avoir de place dans celui-ci, une place conforme aux critères de ce monde : argent, confort, consommation… Cette frustration ouvre un espace à l’instinct de mort : la place qu’on désire est aussi celle qu’on va haïr puisqu’on ne peut pas l’avoir. C’est un ressort subjectif classique.
Au-delà du «désir d’Occident», la France semble marquée par son passé ­colonial…
Il y a en effet un inconscient colonial qui n’est pas liquidé. Le rapport au monde arabe a été structuré par une longue séquence d’administration directe et prolongée de tout le Maghreb. Comme cet inconscient n’est pas reconnu, mis au jour, il introduit des ambiguïtés, y compris dans l’opinion dite «de gauche». Il ne faut pas oublier que c’est un gouvernement socialiste qui, en 1956, a relancé la guerre d’Algérie, et un Premier ministre socialiste qui, au milieu des années 80, a dit, à propos de la population en provenance d’Afrique, que «Le Pen pos[ait] les vraies questions». Il y a une corruption historique de la gauche par le colonialisme qui est aussi importante que masquée. En outre, entre les années 50 et les années 80, le capital a eu un impérieux besoin de prolétaires venus en masse de l’Afrique ex-coloniale. Mais avec la désindustrialisation forcenée engagée dès la fin des années 70, le même capital ne propose rien ni aux vieux ouvriers ni à leurs enfants et petits-enfants, tout en menant de bruyantes campagnes contre leur existence dans notre pays. Tout cela est désastreux, et a aussi produit cette spécificité française dont nous nous passerions volontiers : l’intellectuel islamophobe.
Dans votre analyse, vous évacuez la question de la religion et de l’islam en particulier…
C’est une question de méthode. Si l’on considère que la religion est le point de départ de l’analyse, on ne s’en sort pas, on est pris dans le schéma aussi creux que réactionnaire de «la guerre des civilisations». Je propose des catégories politiques neutres, de portée universelle, qui peuvent s’appliquer à des situations différentes. La possible fascisation d’une partie de la jeunesse, qui se donne à la fois dans la gloriole absurde de l’assassinat pour des motifs «idéologiques» et dans le nihilisme suicidaire, se colore et se formalise dans l’islam à un moment donné, je ne le nie pas. Mais la religion comme telle ne produit pas ces comportements. Même s’ils ne sont que trop nombreux, ce ne sont jamais que de très rares exceptions, en particulier dans l’islam français qui est massivement ­conservateur. Il faut en venir à la question religieuse, à l’islam, uniquement quand on sait que les conditions subjectives de cette islamisation ultime ont été d’abord constituées dans la subjectivité des assassins. C’est pourquoi je propose de dire que c’est la fascisation qui islamise, et non l’islamisation qui fascise. Et contre la fascisation, ce qui fera force est une proposition communiste neuve, à laquelle puisse se rallier la jeunesse populaire, quelle que soit sa provenance.•
Robert Maggiori , Anastasia Vécrin
Notre mal vient de plus loin, Penser les tueries du 13 novembre, Fayard, 72 pages, 5 euros.(ne dépensez pas votre argent, je l'ai commandé et en ferai la critique si toutefois l'ouvrage contient d'autres délires anti-marxistes).

samedi 9 janvier 2016

Agressions sexuelles "de masse" en Allemagne : Amalgame et Tabou vont en bateau, et la sexualité tombe à l'eau !

Emotions à retardement après de multiples agressions à caractère sexuel sur l'équivalent de la place Tahrir à Cologne, Germanie ! Rien n'est jamais surprenant avec le déni de réalité de la morale immigrationniste de la classe bourgeoise du gouvernement des « valeurs de gauche » à ses périodiques qui font avaler la sauce. Chaque fois que se produit un fait divers, personne n'est pour ce satané Amalgame. Chaque fois qu'un français de souche commet un meurtre, personne ne soupçonne les français d'être tous des meurtriers sadiques ; par contre lorsqu'un arabe commet un délit, chaque honnête homme sait qu'il y a de fortes chances qu'Amalgame stigmatise les origines, la religion mortifère mais pas forcément l'ensemble des citoyens de cette origine. Quelle que soient les origines quand un individu commet un délit c'est Tabou, quand ce sont des individus, c'est la faute à Amalgame. Un Amalgame prend toujours plus d'ampleur qu'un Tabou. L'événement est plus sujet à Amalgame et le drame à Tabou; Un Amalgame peut en cacher un autre. Un Tabou peut dérailler.

Là où le sabre blesse c'est quand le gouvernement se fiche de Tabou et d'Amalgame et s'arroge le souci de la modération pour couvrir une irresponsabilité immigrationniste, une politique de ratissage large et incompétente des fuyards de la guerre où tous les gouvernements capitalistes sont impliqués. La leçon de morale antiraciste est ancienne ; j'ai rappelé récemment qu'un gouvernement aussi colonialiste (c'est à dire « raciste » si je prenais pour argument comptant la caractéristique sentimentale gauchiste) que celui des De Gaulle et Guy Mollet imposait immédiatement un « halte à ce maudit Amalgame » (contre tous les arabes) lors de chaque attentat du FLN, sachant que « Amalgame » se répandait de plus belle, imposant le silence sur les crimes de l'armée française, ceux de compère Tabou. C'est à peu près ce que nous subissons aujourd'hui où la nouvelle « corvée de bois »1, pour justifier le meurtre par balles policières d'un «jeune homme excité », est : « il a crié Allahou Akbar ! ».

La stigmatisation du présumé coupable Amalgame n'est donc aucunement une négation de l'innocent Tabou, mais sa justification. C'est ce qu'on appelle un tabou maîtrisé. Le remettre en cause signifierait le transgresser, donc être coupable de crime de lèse-majesté, non pas d'opposition politique mais d'affirmation « raciste ». Tabou, d'origine polynésienne, est contagieux et dangereux parce qu'il met en cause le caractère sacré de l'Etat bourgeois, amalgame d'origine capitaliste. Celui qui dévoile Tabou est donc répréhensible et forcément coupable, il doit être disqualifié comme forcément raciste. C'est pourquoi l'antiracisme est le mantra du personnel de l'Etat bourgeois et du gauchiste lambda, et l'ostracisme politique et social la muselière pour tous ceux qui ne marchent pas au pas de la psalmodie antiraciste. Ce qui n'élimine pas l'exaltation des sentiments xénophobes qui sont facilement customisés dans le cadre des nombreux potes d'Amalgame et plus si possible.

Il paraît que le premier Tabou était celui de l'homogamie, rapport avec sa parentèle, il faut bien reconnaître qu'à l'ère moderne la sexualité des migrants comme des immigrés n'est pas seulement un tabou mais aussi un oxymore. Elle n'existe pas pour les bourgeois repus de plaisirs sous les lambris du pouvoir quand les journalistes femmes baisent avec les députés après avoir rédigé leurs articles dénonçant ce salaud d'Amalgame et exigeant de punir les consommateurs ou clients des bordels ou des péripatéticiennes en van du bois de Vincennes où va traîner Tabou. Sans le dire à Amalgame.».2.

APRES LES "TUERIES DE MASSE" VOICI LES "AGRESSIONS SEXUELLES DE MASSE"

Le bruit a couru tout d'abord qu'il s'était produit des choses bizarres en Allemagne en la seule ville de Cologne. On supputait la chose pendue aux basques de Tabou mais bandeau sur Amalgame. Si la presse allemande a eu consigne de taire les exactions pendant cinq jours, la presse française a attendu dix jours pour ne laisser passer que le prudent Tabou : « que sait-on des agressions du nouvel an ? ». Se rangeant encore plus prudemment derrière les confrères allemands : «  Selon des informations du Welt am Sonntag, citées par le Monde3, la police de Cologne disposerait d’informations très précises sur les auteurs des agressions, contrairement aux premières déclarations. « Seule une petite minorité de ces personnes étaient des Nord-Africains, la plus grosse partie était des Syriens », affirme l'édition dominicale du quotidien conservateur Die Welt, contredisant les premières déclarations de la police selon lesquelles il s’agissait de jeunes hommes « en grande partie originaires d'Afrique du Nord ». Contrairement aux déclarations officielles, les personnes contrôlées auraient « présenté des documents reçus lors de l’enregistrement des demandes d’asile », selon les déclarations d’un policier au journal allemand. Celui-ci précise que ces hommes « voulaient surtout commettre des agressions sexuelles, ou, pour le dire dans leur logique, s’amuser sexuellement. »
Parce que selon Tabou les migrants sont mauvaises gens de vouloir « s'amuser sexuellement », privilège réservé aux bourgeois de souche.

Un luxe de précautions de notre brave Tabou sans doute pour ne pas lancer des pogroms sexistes contre les migrants indifférenciées, embourbées dans des prévenances quasi monacales et un jugement minimaliste à se pâmer : « Le chef du syndicat de la police en Rhénanie du Nord-Westphalie, Arnold Plickert, cité par le Welt am Sonntag, dément les déclarations des autorités, qui disent ne disposer à ce stade d’aucun élément impliquant des réfugiés. Au total, il s’agirait de « plus de 2 000 personnes presque toutes de type arabe, réparties dans un rayon de deux kilomètres autour de la gare centrale », écrit encore le journal, des informations qui seraient confirmées par un rapport de la police de Cologne daté du 2 janvier. Révélées à mesure que s’accumulaient les plaintes de femmes victimes d’agressions sexuelles ou de vols en plein centre-ville, les agressions du Nouvel An à Cologne scandalisent depuis l’Allemagne. Des cas ont aussi été signalés dans d’autres villes, comme Stuttgart ou Hambourg, mais aussi en Suisse et en Finlande ».

La maire de Cologne, Henriette Reker, avait même déclaré que « rien ne permettait de dire qu’il s’agissait de réfugiés » et fait rire la blogosphère en demandant aux femmes de marcher à la distance d'un bras tendu des étrangers qu'elles sont amenées à croiser. En tout cas pas un bras d'honneur, ce qui eût été une manifestation de racisme.
Le Bild publia enfin le rapport de police tabou pendant cinq jours : « Le rapport, dont Bild publie de larges extraits, décrit une place de la Gare bondée, où des milliers de personnes, essentiellement des hommes « issus de l’immigration », très alcoolisés, sont rassemblés et tirent des pétards et des feux d’artifice sur la foule et la police. Déjà au début de l’intervention des forces de l’ordre, vers 21 h 45, des passants rapportent à la police avoir été témoins de rixes, vols et agressions sexuelles sur des femmes. « Même l’apparition de la police et les mesures d’ordre n’ont pas dissuadé les groupes d’effectuer leurs méfaits, ni devant la gare de Cologne ni à l’intérieur », relate le document. Alors que, vers 22 h 45, l’esplanade se remplit encore, les femmes présentes, « accompagnées ou non, doivent effectuer une véritable “course d’obstacles” pour traverser la place de la Gare »4.


NOUVEL ARGUMENT DE TABOU : UNE DELINQUANCE D'UN NOUVEAU TYPE ?
Cela frise ensuite l'amalgame, de la place Tahrir à la place de la gare de Cologne et près de sa cathédrale indestructible, des hordes d'hommes en rut ont agressé nos belles blondes allemandes aux yeux azur. L'impensable devient le pensé de cet idiot d'Amalgame ou l'inconscient de l'effronté Tabou. Ce n'est pas un seul individu délinquant justiciable mais des « bandes » insaisissables par une police impuissante. Une « énorme mutation » d'une délinquance « collective », forcément organisée et plus culottée qu'un pervers isolé. Il faut casser Amalgame à la racine, aussi Le Point stoppe l'incendie : « Les agressions sexuelles à Cologne libèrent le discours anti-migrants ». Bon sang, bien sûr ! Elles étaient calculées pour, les agresseurs sexuels n'étant que des innocents... les mains pleines.
Le déni persiste comme la grippe chez cet organe (de presse) : « 31 suspects dont 18 demandeurs d'asile ont été identifiés à la suite des violences commises la nuit du Nouvel An à Cologne, en Allemagne. Le débat politique s'intensifie sur la possible implication de réfugiés ». Le nombre de
plaintes liées aux événements de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne s’élève ensuite à cent soixante-dix, et que les plaintes se sont multipliées également dans d’autres villes d’Allemagne pour des faits similaires : à Stuttgart, à Munich, à Berlin et à Hambourg, où cinquante plaintes ont été enregistrées pour agressions sexuelles le soir du Nouvel An ». Vous remarquerez que la sexualité des migrants n'existe qu'en tant que phénomène d'agression.
On apprend enfin que « la classe politique » prône la fermeté contre les demandeurs d'asile. Amalgame éclate de rire quand Tabou semble renfrogné.
Le revoici pourtant le méchant Tabou qui pointe le bout de son nez statistique et qui se fait appeler « bombe démographique » quand Welcome refugies, son pire ennemi, plaide pour « crise migratoire » son amante éplorée:
« D'après les statistiques de l'Organisation internationale pour les migrations établies pour les onze premiers mois de 2015 sur l'ensemble des migrants, toutes provenances confondues, plus de 69 % sont des hommes, contre 13 % de femmes et 18 % de mineurs. Parmi ces derniers, la moitié sont sans famille connue. Enfin, dans cette même population, 90 % sont de jeunes hommes : « Les agressions sexuelles d'une centaine de femmes en Allemagne ont suffi à lancer une polémique sur la disproportion du nombre d'hommes parmi les réfugiés. 5»
« La bombe à retardement démographique a amené certains pays soit à fermer presque totalement leurs frontières (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovénie, Danemark, Suède), soit à contrôler strictement le flux des arrivants. Ainsi, le Canada, qui avait généreusement annoncé par la voix de son jeune et tout nouveau Premier ministre Justin Trudeau qu'il était prêt à accueillir 25 000 réfugiés, vient de préciser les conditions d'entrée de ceux-ci sur son territoire : désormais ne seront admises au Canada que les familles et les femmes seules ».
Haro sur les hommes seuls ! Vous remarquerez qu'il n'est toujours pas fait mention de besoins sexuels ni d'interrogation plus avancée sur cet étrange comportement de prédateurs moyen-orientaux aux pays du cul occidental affiché partout sur les murs.
Les migrants ou les admis comme bons réfugiés n'ont pour unique souci que de travailler, dit Tabou, de prier à quatre pattes dans le nouveau pays d'accueil, et amener leurs enfants à condition d'oublier la cabriole et autres légèretés pornographiques que ne condamne pas Daech qui est échangiste et achète comme il veut des femelles.
Un journaliste, proche d'Amalgame, détonne dans la pudibonderie universellement horrifiée des mains baladeuses à Cologne, quoique avec un langage châtié, mettant en garde contre la « disproportion » des sexes et en faveur non du retour des réfugiés chez eux mais des « conditions normales »6


UNE IMPERITIE HONTEUSE DE LA BOURGEOISIE SUR LA QUESTION MIGRATOIRE


Depuis quelques mois, les défenseurs de Tabou essayaient de nous faire croire que désormais ce
n'était que des familles qui migraient, qui demandaient l'asile, quand bien même photos et reportages continuaient à exhiber une masse d'hommes. Jamais le mot impéritie n'a trouvé tant de sens pour caractériser l'irresponsabilité bourgeoise. Cette irresponsabilité part de ce que j'ai déjà souligné dans l'article de 2013 : le mépris de la sexualité des prolétaires et de ceux qui s'y apparentent sur leurs radeaux de fortune. Et je me fiche de ce que Tabou et Amalgame peuvent en penser.
Véritable gabegie, abomination cet accueil démagogique des réfugiés sous la houlette de l'irresponsable Merkel, sans ratio des sexes, confirme bien le mépris de l'élite bourgeoise pour la sexualité des chairs à industrie et le peu de cas qu'elle fait des femmes prolétaires en général non soumises à l'islam et confrontées aux besoins primaires de péquenots islamisés, pas encore régularisés ni socialisés.
Dans le cocon démocratique bcbg européen on se gargarise de la nécessaire parité des sexes et des races, convivialité paritaire qui n'est que foutaise, mais il a échappé aux élites occidentales pourries les conséquences d'un déséquilibre des sexes avec l'arrivée massive de migrants sans migrantes (déséquilibre qui n'échappe plus aux bourgeoisie asiatiques, sachant qu'il est producteur de guerres). La bourgeoisie n'a pas toujours été insouciante de cette question, en particulier durant les guerres passées. Remarquons au passage que Daech et son bâtard Boko Aram sont plus soucieux de fournir du sexe à leurs tueurs enthousiastes! Partout la bourgeoisie a organisé des bordels de campagne sinon ses soudards se servaient dans la population civile : les japonais en Corée, les américains comme les allemands en France, les français en Algérie, etc. Les guerres restant toujours une généralisation permissive des viols.
Cette gabegie, impossible assimilation à un rythme contrôlé de populations en majorité mâles, qui se choque d'attouchements et de quelques viols probables dans les coins du souterrain de la gare de Cologne, voile plus encore un phénomène d'oppression des femmes qui s'est généralisé bien avant la pression migratoire, avec une masse d'hommes de souche en déshérence, et dont les statistiques policières réelles des exactions sont tues. Tabou et Amalgame se rencontrent depuis longtemps dans le métro, aux heures de pointes, dans les moments de festivité populaire. Les femmes de toute origine, voilées ou pas, se font tripoter, sont battues, persécutées. Nombre de celles qui se voilent ne le font pas pour la religion mais pour tenir à distance les goujats. Nombre d'autres préfèrent risquer l'accident de la route à scooter plutôt que de se laisser entasser et doigter dans les transports en commun tous les matins ou les fins d'après-midi.

SILENCE SUR LA SEXUALITE DANS LES CAMPS DE REGUGIES

Personne ne peut ignorer la promiscuité dans les nouveaux bidonvilles qui se multiplient, la saleté, le chagrin et les privations de tout ordre, en particulier la libido ; revoici Tabou qui montre le bout de son sexe. Amalgame est prêt à régler son tribut. Dans les camps, une partie des femmes se prostituent même mariées car cela permet au couple avec enfants de survivre. Amalgame n'en parle pas, père Tabou, non plus. Un temps les grecs avaient organisé une île bordel pour réfugiés, l'île de Kos, mais on n'en entend plus parler. Dans la capitale7, la prostitution d'albanaises, de syriennes, etc. est devenue un marché lucratif qui abolit les frontières maquerelles avec les Eros center germanique. Certaines chaînes d'infaux dites d'investigation ont bien traité de la prostitution de jeunes étudiantes grecques pour se payer la drogue, mais Tabou ne veut pas qu'on parle de ses clientes pas si réfugiées qu'on veut bien le proclamer8.
Vient le moment où la demande déborde. La bourgeoisie allemande, qui contrairement à l'hypocrite et nunuche bourgeoisie française, assume des bordels officiels clean et garantis pour les laids, les handicapés et les obsédés, ne peut plus répondre à la demande de pacification des besoins sexuels.
Sans oublier, comme ne veut pas en entendre parler Tabou, que nombre des arrivants sont des ploucs islamistes qui considèrent les femmes européennes non voilées comme des putes accessibles sans monnayer.
Que la Chancelière chancelle ou continue dans la dentelle immigrationniste, le carnaval aura lieu :
« Nous espérons que les poursuites les plus fermes seront bien lancées », a déclaré, sans allusions hétérosexuelles, la maire de Cologne, Henriette Reker. L’édile a ajouté que la ville allait « rappeler aux visiteurs de culture différente que pour le carnaval il ne faut pas confondre la fête et les comportements festifs avec une invitation aux violences sexuelles ». Le carnaval doit en effet démarrer au début de février.
En panne de voiture l'autre jour, j'ai marché en vain des kilomètres sans qu'un automobiliste de souche ne daigne me secourir. Il est vrai qu'avec mon blouson à capuche en plastique de Tati j'avais l'air d'un migrant. Rentré au bercail j'ai été à la gare acheter un billet pour Cologne, où je me mêlerai à la foule carnavaleque pour tripoter les nibars des robustes blondasses d'Outre-Rhin. C'était la tradition au Moyen âge où même les curés pouvaient faire de l'exhib avec leurs robes. Et, au cours des années d'avant les guerres de religion du XXIème siècle c'était le seul moment où la femme allemande avait le droit de tromper son mari. Cher Tabou, les traditions se perdent.


TABOU ET AMALGAME VONT EN TANK
Tabou et Amalgame ont fini par se serrer la main en prenant connaissance de l'info suivent :

« La compagnie de gendarmerie de Calais vient de recevoir trois véhicules blindés, rapporte le journal Nord Littoral. "Ces engins ont pour mission d’apporter un soutien de poids aux forces de l’ordre agissant dans le cadre du maintien de l’ordre", explique le journal. Désormais conservés dans les hangars de la gendarmerie, il faudra attendre l'accord du préfet pour faire sortir deux d'en eux. S'il fallait en sortir plus, c'est le premier ministre qui devrait donner son accord.  "L’arrivée de ces trois blindés coïncide avec la recrudescence d’assauts sur la rocade portuaire calaisienne ou sur l’autoroute A16", souligne le journal ».

1Pour ceux qui ne connaissent pas, lire la définition sur wikipédia.

2Je renvoie le lecteur à mon article sur ce blog du 30 novembre 2013 : « La principale prostitution n'est pas celle que vous voyez (la répression libidinale de l'abbé Hollande contre la sexualité des ouvriers immigrés) ».

3Cet organe moraliste retenait son souffle, précisant que ce journal allemand était tout de même classé à droite, ce qui est toujours utile aux électeurs de gauche pour éviter qu'ils ne soient piégés à l'amalgame.

4 le Monde du 3 juillet 2013, ne prenait pas de gants pour décrire des événements fondateurs en un pays lointain: Egypte : près d'une centaine d'agressions sexuelles sur la place Tahrir ces derniers jours. (http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2013/07/03/egypte-pres-d-une-centaine-d-agressions-sexuelles-sur-la-place-tahrir-ces-derniers-jours_3441013_3212.html). Ou dans des articles sur les viols collectifs en Inde, presqu'une tradition.

5«  Par ailleurs, parmi les mineurs sans famille – dont 90 % sont des garçons –, la quasi-totalité de ceux qui se présentent dans les pays européens se voit accorder le droit d'asile, pour des raisons humanitaires évidentes. Mais la conséquence démographique est inquiétante : ainsi, la Suède vient de s'apercevoir que, dans sa population de 16 à 18 ans, le ratio est aujourd'hui de 123 garçons pour 100 filles. C'est un déficit plus important que celui de la Chine (117 pour 100), après des années de campagne pour un fils unique. Une politique antinataliste d'ailleurs abandonnée depuis quelques mois par Pékin parce que jugée dangereuse ».

6« Pour éviter que cette disproportion entre les sexes ne vienne à provoquer des incidents en Europe, dont les réfugiés sont déjà accusés à Cologne, il ne reste plus qu'à souhaiter et à faciliter le retour de conditions normales de vie en Syrie, en Irak et en Afghanistan. Seule condition pour espérer la réunification de familles aujourd'hui dramatiquement dispersées ».

7En 2011, selon le ministère grec de la Santé, l’incidence du sida a explosé, pour une hausse de 1.500% dans le centre d’Athènes. Un virus transmis surtout par les toxicomanes, via les seringues. Aujourd’hui, en plein jour, dans le centre-ville et devant des universités, des junkies se piquent, et meurent doucement en silence. «Ce sont surtout des étrangers, mais de plus en de Grecs tombent aussi dans la drogue», déplore Kristina Sanaratzi, porte-parole de Médecins du monde. «Ce que l’on voit à Athènes pour la drogue, en pleine scène ouverte, c’est absolument terrifiant. C’est le pire endroit d’Europe»,


8« La traite des enfants et des adolescents est un phénomène persistant et féroce qui touche surtout les migrants. Les Nigérianes sont exploitées par des réseaux de prostitution avant même d’arriver en Italie. Tandis que les adolescents d’Afrique de l’Ouest, Égyptiens et Afghans sont les plus exposés au travail au noir », souligne Raffaela Milano, directrice des programmes Italie-Europe de Save the Children.


PS: Tabou "antiraciste" en complicité avec la police et les médias sélectifs taisent ou passent au second plan les conséquences de la misère sexuelle des réfugiés en gonflant outre mesure un épisode libertin crade entre trois jeunes français, mais quid du réfugié ougandais qui a violé et étranglé une jeune couple à Rouen (il était expulsable mais son gouvernement n'en voulait pas...). Silence aussi sur les agressions sexuelles de réfugiés afghans en France: http://www.bfmtv.com/societe/une-jeune-femme-sauvee-de-justesse-d-un-viol-collectif-dans-un-train-941661.html

mardi 5 janvier 2016

ENTRE LES ATTENTATS LA PROPAGANDE CONTINUE...



Deux émissions commémoratives interprétatives des attentats par la propagande d'Etat de FR3

par Lou Soliterre

Ils ont osé. Le premier documentaire de propagande nous prend par la main pour nous promener dans les allées du pouvoir. Presque minute par minute on reste pendu aux basques des grands organisateurs de la lutte anti-terroriste, moins avant qu'après, les mousquetaires Valls, Cazeneuve et Le Drihan, la figurante Taubira n'étant là que pour le décor. Tel d'Artagnan, le président Hollande décrit ponctuellement son état d'esprit aux différentes étapes ; ou bien ce sont ses mousquetaires qui en rendent compte. Le scénario est si bien léché que pratiquement n'apparaît jamais l'effet de surprise indubitable des crimes islamo-terroristes sur le personnel gouvernemental et la tétanisation des services policiers de l'Etat, que tout le monde a ressenti en France.

Les deux massacres, celui de janvier et celui de novembre, qui se sont déroulés dans un affolement évident des services de l'Etat, sont collés bout à bout de façon obscène d'autant que les questions posées par le premier massacre n'ont reçu aucune réponse crédible avec l'explosion des suivants, tout comme la reproduction du massacre massif encore plus odieux du Bataclan (qui eût été pire au stade de France) n'a aucunement été freinée ou conjurée par les centaines de milliers de « je suis Charlie » et leur compassion envers la sauvegarde des « valeurs de la république » dans l'attente d'une série d'homélies funèbres pour « combattre le terrorisme ».

Aucune explication ni politique, ni géopolitique, ni internationale n'est fournie pour expliquer les divers attentats, leurs origines diverses ou cachées, réelles ou fausses ; un saupoudrage de généralités parsème un récit plus attaché au style fait divers et aux prévenances auprès du PN Sarkozy . Quoi de commun entre l'attentat de janvier contre un journal satirique qui se moque du symbole number one des armées de l'islamisme mondialiste, le prophète d'un autre temps, et ceux de novembre qui pouvaient trouver leur justification face à l'intervention impérialiste française1 ? Pourquoi toujours cette volonté de présenter un terrorisme unique, immanent, voire maintenant action toujours téléguidée par les seuls cinglés de Daech  quand l'Etat français soutient des résidus d'Al Qaida en Syrie?
Daech sert trop bien de couverture généraliste au bourbier moyen-oriental, direz-vous, et évite de mettre en cause de bons clients de l'industrie militaire française comme la dictature saoudienne, comme de tacler les responsabilités impérialistes de la bourgeoisie française, en tout cas de son principal délégué politique, le gouvernement Hollande.

Du cinéma propagandiste sans talent et incrédible, voilà ce qui nous fût servi. Voici d'Artagnan et ses mousquetaires mis en scène comme un quarteron de généraux pondérés qui depuis leur QG enterré gèrent la crise avec lucidité et détermination. On ne nous rappelle pas qu'en janvier, le premier souci de la propaganda n'était pas les victimes mais les croyants musulmans, car l'immigré ou le migré depuis longtemps est un meilleur supplétif électoral que les racistes de souche. Le scénario du docu tombe dans l'affabulation en faisant dire post-festum au ministre de l'intérieur que les mousquetaires gouvernementaux s'inquiétaient de possibles représailles contre les musulmans ! On n'est pas au Pakistan ni en Iran ! Cazeneuve en rajoute : « on savait que l'extrême droite était en embuscade ! ». Le commentaire off répète à plusieurs reprises que le gouvernement « se devait d'agir vite »... pour ne pas risquer de sauter ! Or, pour nous qui avons vécu devant nos postes de télé les massacres successifs, jamais la république bourgeoise, ni le gouvernement n'ont été en danger ; jamais non plus aurait-on pu voir Marine Le Pen défiler avec une petite moustache sur les Champs Elysées suivie par une troupe de morts-vivants du 6 février 1934 et d'une bande de l'OAS ressuscitée.

HOLLANDE L'HOMME QUI AVAIT PEUR DE DECIDER... et un Etat réduit au rôle de médecin urgentiste

Dans le téléfilm de FR3 voici un Hollande olympien, il pose au Clemenceau – photos certifiées à l'appui - sans moustache, ou plutôt avec cet air grave d'Obama au milieu de ses sous-fifres attendant l'élimination de Ben Laden2. Notre « chef de guerre » - plus intérieure qu'extérieure - « consulte » ses subordonnés mais tranche toujours avec panache, photos à l'appui, l'air « grave mais déterminé » ; confirmation des mousquetaires et de lui-même : « il a pas dormi de la nuit et avait les yeux rougis ». Avec ce Hollande régénéré sur le ton de la confidence au coin du feu à l'Elysée avec sérénité comme s'il était un témoin d'un drame qui aurait eu lieu il y a cinquante ans, un Valls dans la posture du matador qui se prend pour le shérif Gary Cooper dans Le terroriste sifflera trois fois, et le second couteau Cazeneuve en praticien policier omniscient, le téléfilm de la première partie commémorative est autant rébarbatif que moraliste – avec ce multiculturalisme comme meilleure antidote au vieil internationalisme3 – mais avec des perles comme celle-ci : « Les frappes aériennes (bombardements « décidés » par le maréchal Hollande) ont eu un effet limité, mais elles frappent l'opinion ! ». En tout cas ces frappes-là ne causent pas de morts dans l'opinion française.

L'incroyable conjonction des assassinats au magasin casher et la course poursuite des assassins à Dammartin laisse pantois. Il a fallu deux jours pour les retrouver et une semaine pour déduire qu'ils étaient potes avec le petit tueur Coulibaly. Aujourd'hui encore deux ou trois complices des tueurs du Bataclan courent toujours un mois après4. Rien n'est rappelé de l'incroyable irresponsabilité des journalistes en janvier qui se permettent de divulguer des infos très dangereuses pour les otages au magasin casher et dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële. Rien non plus sur la précipitation policière désordonnée dans l'intervention dans le bled du côté de Roissys (je crois être le seul à m'en être indigné), c'est une cascade d'irresponsabilités coalisées : c'est Coulibaly en abattant les premiers otages à Paris qui déclenche l'intervention qui lanternait stupidement depuis le matin à Dammartin (Hollande retrouvant son célèbre naturel hésitant  ou les grands flics tergiversant?). Et les journalistes de continuer à informer n'importe comment du côté des frangins Kouachi, enfin trouvés, alors que leur pote Coulibaly peut tout entendre à la radio, enfin les « autorités » qui trouvent le moyen de faire sortir les gosses des écoles du bled au nord de Paris pour les faire monter dans des cars (alors qu'on les avait fait poireauter toute la journée) au moment où ça commence à tirer dans tous les sens ; les balles à longue portée des frangins tueurs et des flics pouvant largement atteindre les enfants des lycées environnant ou qu'une décision stupide a fait sortir hors des bâtiments pour aller vers les cars... au pire moment.

Le congrès organisé en novembre à Versailles pour les deux chambres des élites bourgeoises équivaut au couronnement de Napoléon. La preuve de la sauvegarde de l'Etat et de la légitimité de Hollande, poursuit notre servile commentateur Voix off, c'est que tout le monde s'est levé et a chanté la Marseillaise. Faux, seule Taubira ne la chanta point, comme d'hab, car elle est une fan de Benzema (certifié par moi au vu des images vues plusieurs fois).
Quoiqu'il en soit, la voix-off de l'Etat conclut sans fard : « Un an s'achève, il faudra s'habituer à ces scènes de guerre en ville » !? Ben mon colon... Et el matador Valls d'en rajouter une couche : « il y en aura d'autres...les français doivent vivre avec ». Ah bon, mourir dans la loterie des attentats ciblés pour pouvoir continuer à vendre des armes à l'Arabie Saoudite ou à Israël ? Jamais. Dernière petite note sentimentale et subjective pour ses maîtres, le Voix off termine par une pirouette enfantine et servile : « Hollande l'optimiste et Valls le pessimiste ». Deux fumistes de l'impérialisme patriotique et nationaliste oui.

LES VISAGES DE LA TERREUR

Le deuxième téléfilm reportage, quoiqu'il n'aborde pas vraiment les questions géopolitiques ni ne mette en cause la diversité ou l'ambiguïté des motivations politiques des tueurs, ni non plus le contenu clairement belliciste et éradicateur de l'islam, est très intéressant sous ses airs sociologiques et sur les trajectoires des tueurs, filmés, connus et répertoriés, mais qui sont carrément laissés libres de leur mouvement « au bénéfice du doute » (tradition démocratique); on les emprisonne, puis en les relâche ; les plus grands tueurs qui n'ont pas écopés de la peine de mort dans la rue, ne subissent que 5 à 6 années d'emprisonnement, puis peuvent reprendre du service après l'école islamisante de la prison.
Ce téléfilm est bizarre parce qu'il ne prend en compte que les tueurs de janvier et prétend, avec le sensationnalisme propre à ce genre de reportage ras du HLM, nous faire découvrir « ce qu'ils avaient dans la tête ». L'intérêt de s'attacher cette fois-ci aux basques des petits tueurs est très pervers car s'adressant à plusieurs publics, en laissant à fond de cave les manipulations et les commanditaires d'Etats masqués au profit de la théorie aléatoire du loup solitaire, reconfigurée pour l'heure (tardive) de cette deuxième partie, en bande solitaire ! Les frères Kouachi et leur pote Coulibaly, une bande de solitaires ! fallait l'entendre sur FR 3 !

Partant du louche mais convenable « ni rire ni pleurer mais comprendre » du célèbre philosophe batave et juif, l'explication sociologique fournie lourdement peut tout à fait faire passer nos petits tueurs de la « guerre révolutionnaire islamiste » pour des héros. L'émission peut faire pleurer le spectateur gentil mais en faire rire beaucoup d'autres, et pas précisément les amis de la république bourgeoise multiculturelle et islamophile. Mais pour des marxistes pas fossilisés, nombre des éléments de ce reportage, comme je vais le montrer, confirment que les petits tueurs ratés sont bien les produits de la société bourgeoise française et non pas de cet islam dont chacun sait désormais qu'il ne s'agit que d'un décor idéologique dont ils ne sont que la parodie superficielle et débile.

Beaucoup de tautologies typiques et simplistes des émissions de propagande d'Etat à la Hitler : « les tueurs avaient rejeté les valeurs de la nation avant de la rejeter » ; remplacez tueurs par communistes... Les mannes de Beauvoir et Sartre planent sur la pensée officielle : « que se passe-t-il dans les âmes glacées des terroristes ? » ; « on ne naît pas terroriste mais on le devient ».
Voici la jeunesse des frères Kouachi et le témoignage d'oncle Mohamed. Début des années 1990, à Paris de la place Stalingrad aux Buttes Chaumont c'est la fin de la convivialité prolétarienne, le quartier est miné par le trafic de drogue, quand les frérots Kouachi sont encore bambins. Ils sont rapidement orphelins du père puis de la mère. Fin 1994, tonton Mohamed, qui fait la prière cinq fois par jour, est en tôle pour délit mineur. Les gamins sont en fugue, puis vont se retrouver dans un foyer au fin fond du Limousin.

Excusez la digression suivante. L'état d'urgence (qui limite les dites libertés publiques) est considéré comme normal par la plupart des prolétaires – les sondages ont confirmé la popularité de notre « chef des armées » qui est passé maître dans l'art du pathos d'estrade - quand cet Etat urgentiste est dénoncé gentiment donc valorisé par les pitres écologiques qui veulent se faire passer pour subversifs avec leur réformisme radical et leur soutien à l'islamisme soft ; alors qu'il ne sert quasiment à rien quand la filière terroriste a été quasiment éliminée, et qu'il faudra certainement du temps pour que les obscurs commanditaires ne reconstituent d'autres équipes de tueurs drogués5, sujet esquivé par les deux téléfilms de la propagande commémorative. Effacer l'histoire en la refondant dans l'explication officielle réchauffée très peu de temps après alors que rien n'a été réglé, que l'ennemi n'est même pas clairement identifié, que tout reste flou en attendant les prochains massacres, que le principal des ministres répète sans cesse comme aussi inévitables que s'ils étaient déjà advenus. Substitution qui a pour but d'effacer comme le ramdam fait hier et avant-hier autour d'une cassette porno distribuée sur les réseaux sociaux non réservés à la masturbation universelle privée, tournée par deux types et une jeune femme qu'on dit violée – laisse au second plan le crime de Rouen très gênant concernant le poisseux débat sur la double nationalité. L'ougandais sans papier qui a étranglé le jeune couple après avoir violé la femme, était en instance d'expulsion mais le gouvernement ougandais n'en voulait pas. Que faire de ce tueur ? La solution sera trouvée par miss Taubira, il sera condamné en France et sera entretenu pendant des années aux frais de la princesse ; comme le tueur du petit Ilan et le gourou Djamel Berghal il pourra se recycler islamiste radical derrière les barreaux et prendre du service à la suite des « héros » du monde interlope les Merah et Coulibaly, une fois sa peine écourtée pour bonne conduite. Preuve de plus que la polémique sur la double nationalité est de la foutaise6 : les pays européens sont des vaches à lait qui n'ont pas le droit de fabriquer des apatrides, dit-on – ce que sont pourtant désormais la plupart des réfugiés qui fuient une guerre où tous les Etats sont partie prenante, poussés vers le nord de l'Europe par le très humanitaire Erdogan qui se vante d'avoir liquidés 3000 kurdes et ne bouge pas le petit doigt pour empêcher les noyades incessantes.

Je me permets de rappeler que, malgré les largesses d'estrade de la mer Merkel, obtenir la nationalité, même au grand nombre, est un véritable chantage et parcours du combattant ; aux Etats Unis c'est seulement après avoir endossé l'uniforme et être morts au combat contre Al Qaida que les mexicains pouvaient obtenir la « double » nationalité américaine à l'ère des Bush! Le véritable problème ne sera jamais attaqué à la racine : comment en finir définitivement avec les frontières et l'inégalité criante de répartition des richesses sur cette putain de terre de douleur. En outre le déplacement massif de populations effarées n'a rien à voir avec la théorie de la libre circulation des gauchistes complices mais signe la marche vers la guerre mondiale comme dans les années 1930, parce que le capitalisme est devenu ingérable, irresponsable tout en prétendant être humanitaire dans des situations qui empirent et sont sans solution ; un deuxième camp va être institutionnalisé à Calais, puis il y en aura un troisième puis un quatrième, comme dans n'importe quel pays du tiers-monde.
La gabegie bourgeoise se drape dans l'humanitaire, en accusant les prolétaires d'Europe d'indifférence criminelle, pour mieux voiler les causes de la misère, non seulement la guerre, qui n'est qu'une expression de la compétition économique, mais la marche à l'abîme du monde capitaliste dans une destructuration de tous les rapports humains. Avec cette prétendue lutte contre le terrorisme comme dans la porosité des frontières européennes - au contraire de celles des Etats Unis, de la Chine et de la Russie - les Etats européens sont débordés et prétendent « contrôler ». La bourgeoisie parvient encore à atténuer son impuissance au nom de l'anti-racisme et d'une ouverture « généreuse » des frontières grâce à cet antiracisme, philosophie officielle de l'Etat qui génère d'autant plus tous les racismes et ridiculise l'internationalisme communiste qui avait des visées « sans patrie ni frontières », quoique pas dans un monde en guerre et en vases communiquant de populations de toute façon considérées « en trop », même si Merkel prétend rajeunir les exploités en Allemagne et maîtriser le débordement des réfugiés. La vérité de la crise capitaliste ne sera pas une intégration des millions de réfugiés au travail – déjà rareté sociologique – mais la généralisation de camps de la misère comme en France, en attendant le big clash.

HELLO GRIGNY

Revenons à l'analyse sociologique au ras des pâquerettes de la banlieue apache, qui permet de dissoudre les responsabilités politiques de l'Etat bourgeois dans sa faconde de médecin urgentiste, dont P.Pelloux, le survivor de la bande à Charlie, a été l'illustration pleurnicharde.
Saïd l'aîné cherche déjà un « réconfort » dans le religion quand le benjamin Chérif est un bambaucheur de première. Simultanément, le cinéma de la chaîne de gauche gouvernementale permet le suspense, Coulibaly se fait les crocs à la célèbre Grande Borne de Grigny, où quelques années auparavant un architecte taré a inventé des cages à cailleras. La Grande Borne est légendaire : échec scolaire garanti, piège social assuré pour cinquante nationalités. Le commentateur est ici aussi sidérant de multiculturalité productrice de ghetto religieux ; il déplore : « les parents tentaient d'inculquer les valeurs musulmanes 7» ! Les pauvres, quoique Saïd en ait retenu quelque chose même sans parents. Plus saisissant on apprend que le père de Coulibaly a « fait le regroupement familial » (sic)... avec ses dix enfants ! Pas mal, surtout en milieu ouvrier ou, chez les parents évolués, on a compris depuis 1945 qu'une progéniture nombreuse était la meilleure source d'échec scolaire et social, puis de tremplin vers la marginalisation!

Tout s'accélère pour l'ado Coulibaly qui est « pris dans l'engrenage », comprenez : travailler c'est trop dur, cambrioler c'est plus excitant. Mais dérapage, cerné par les flics lui et son pote de l'époque, collègue de la cambriole, sont coincés. Le pote est tué. L'affaire est écrasée et la police des polices même pas consultée à l'époque mais grandes échauffourées à la Grande Borne, les premières de cette importance nous assure la voix off (icielle). La poésie entre par la fenêtre et fait rêver un instant les spectateurs des barres absurdes, la parole est à un avocat du verbe : « l'ordre politique affronte le sentiment d'injustice ». L'exclusion sociétale justifie tout. Nulle remontrance de la violence symbolique de nos « jeunes hommes » cambrioleurs – qui rimeraient presque avec gentleman cambrioleur -, la voix off a pris partie pour celui qui va pleurer son ami en purgeant un an et demi de tôle. Là on est presque tous avec Coulibaly et on aurait envie d'exprimer notre haine (gauchiste) du gouvernement ( raciste). Voix off nous apprend qu'il est naturel que ces jeunes veuillent être des stars, avoir de l'argent, « réussir notre vie quoi ». Sacrée conscience religieuse... du capitalisme. On en reparlera.

Miracle de la cinématographie gouvernementale, nous revoici avec les autres héros de l'histoire des loups solitaires en bande, les frères caïds. Chérif le benjamin est renvoyé de son école-club de foot. Humiliation. Exclusion quand tu nous tiens. Saïd l'aîné suivait une formation de cuisinier, mais travailler ne le branchait pas trop. Comme le confie son seul pote français de l'école : « il n'aimait pas les français » (curieuse contradiction que Voix off ne relève pas : Saïd n'était-il pas français lui-même? Il agitait le drapeau français lors du match houleux contre l'Algérie...). Le grand frérot tance sévèrement sa sœur de ne pas épouser un français. Que voilà un bon début de « radicalisation », je dirais même d'éradication racaille voire de répudiation de la communauté... gauloise.

Saïd part à Paris en 2000 et se met à porter la jupe et la barbe pendante et clairsemée8 (ce qui horripile tonton) ; il ne va pas tarder à s'attribuer un non de guerre islamiste. Il fréquente la bande de la Butte Chaumont où quelques-uns se vantent déjà du désir de mourir pour la terre d'islam, font des prières de rue à une dizaine et sont cornaqués par un jeune imam auto-proclamé, Farid qui laissera tomber tout cet attirail pour rentrer dans le rang quelques années plus tard comme infirmier rangé des kalachnikofs9.
Toujours pour s'adresser aux spectateurs gentils musulmans, Voix off va ensuite justifier la « radicalisation » des futurs tueurs en plaidant contre l'armada américaine lors de son invasion de l'Irak, images affreuses, Guantanamo, etc. Cette incursion superficielle pour « expliquer » le présumé romantisme révolutionnaire islamiste, fonderait les deux mamelles de la « radicalisation » : l'idée d'un complot contre les musulmans et une répression planétaire de ces mêmes mahométans. Ce n'est pas entièrement faux, et Olivier Roy, qui dit souvent des choses très intéressantes pour éclaircir les causes de ces embrigadements subits et suicidaires, en déduit que ces événements internationaux confirment l'exclusion sociale et que la « victimisation » (musulmane) fait son chemin ». Et après ? Reprenons le scénario.

Comme dans tout bon story-board, nous voici au milieu du film, au croisement de la rencontre des héros, ces humiliés et offensés dans leur désir de gloire et de fortune, dans un lieu très français et très protégé : la prison. C'est là que Saïd Kouachi rencontre le petit Coulibaly (qui est en effet très petit et complexé au point de s'être sculpté des muscles de taureau). Saïd s'est donc « endurci » en prison où il n'y a pas que les salles de gym qui endurcissent les muscles. Plusieurs images nous montrent un Coulibaly phénomène de foire médiatisable. Il aura même serré la main au blaireau Sarkozy lors d'une célébration des talents des cités, genre de cérémonie aussi utile à la diminution du chômage qu'une sex-tape à la carrière de Benzema. Le petit Coulibaly a réalisé un film clandestin sur la dureté et la saleté de la prison dont TF 1 ne voulut pas – probablement le meilleur reportage sur les conditions de détention en France - qui demeurera, si dieu le veut, surtout une référence intégrée dans la propaganda de Daech.
Saïd, une fois sorti de prison, reste dans son ghetto mental religieux, sa femme est voilée et son fils sera terroriste comme papa. Revoilà Olivier Roy qui nous explique doctement ce qu'il faut comprendre du mal absolu : « le salafisme coupe complètement de la société ». Pas leur religion en général car le salafisme n'est qu'une pustule sur le bout du nez ? Pas l'organisation de la ghettoïsation généralisée par le capitalisme ?
Roy résume la fixation sur le seul phénomène religieux radical en parlant de tentation identitaire accolée à un vernis de connaissances religieuses. En effet, il y a toujours des gourous pour combler l'ignorance des petits tueurs en stage d'apprentissage, orphelins de l'ascenseur social et admirateurs des milliardaires du foot ou des navets d'Hollywood. Ce sera Djamel Beghal, assigné dans un bled paumé du Cantal. Beghal, auréolé de sa légende de terroriste certifié10, apprend aux frangins Kouachi la charia, le mode de vie policée et les arcanes du complot mondial contre les musulmans. En prison ils trouvent enfin quelqu'un qui leur redonne l'estime de soi et au surplus une cause. Olivier Roy, sur son nuage hors du monde capitaliste, nous décrit la modernité des organismes de l'islamo-terrorisme, non seulement une grande capacité à utiliser de malins spécialistes de la communication informatique mais à intégrer des femmes à leurs délires ou celles-ci, même intégralement voilées (sauf les violées de guerre) sont de véritables passionarias11. On est subjugué par tant de sagacité. Mais Roy va plus loin encore dans la révélation : les salafico-terroristes c'est des faibles ! Cette version mature bourgeoise du traditionnel « c'est leur faute » qu'on crache à la gueule des échoués du système scolaire démocratique et républicain.
Rien ne change, déplore notre spécialiste, les gourous ne font que manipuler des gens faibles, qui cumulent une tronche d'adolescents et restent des ados attardés ; avec tout ce que signifie cet état : impulsivité, intolérance à la privation, volonté de puissance, désir de s'enrichir très vite, de dézinguer du français.

Enfin on comprend pourquoi une bande d'attardés scolaires a tué tant de gens innocents : la vengeance. Ce concept a quelque chose de rassurant, même les victimes peuvent le comprendre. Je suis un raté social donc je me venge en tuant à l'aveugle. Normal quoi. Rien à voir avec l'aimable communauté musulmane si pieuse et pacifique, ajoute notre poète de la sociologie apolitique ; rien ou presque, sauf que les enfants prodiges lui reprochent, à cette communauté de croyance soumise, d'être molle comme nous jeunes soixantehuitards avons reproché à nos parents de ne pas avoir été de vrais résistants au capitalisme, sauf que notre « radicalité » n'a jamais incliné en faveur d'un embrigadement « révolutionnaire » comme soldats du crime islamo-terroriste... qui ne s'en prend jamais aux capitalistes ni aux résidences secondaires des milliardaires saoudiens à Neuilly.

Suit une envolée lyrique où le poète sociologue nous instruit sur la conduite dite suicidaire des petits tueurs issus de la banlieue exclue : « la mort est pour eux une consécration ». Pas sûr. Nul doute que l'arriération religieuse ne laisse qu'un chapelet de prières pour tout paradis, mais le simplisme de ce poète esquive le fait que la plupart ont tenté de fuir après leurs forfaits criminels. La thèse du suicide émancipateur sert à prolonger le silence de l'Etat sur les nombreux blessés et les familles des tués qui n'ont tous qu'une volonté : en buter quelques uns pas seulement en Syrie mais leurs collègues entretenus en prison. Il esquive aussi, ce que confirment la plupart des rescapés : on avait affaire à des types drogués, insensible à la douleur inouïe de ces jeunes (comme eux) qui pleuraient, suppliaient. Roy parsème quelques vérités au milieu d'un discours focalisé sur de petits exécuteurs de basses besognes mais, curieusement autonomes sans lien direct avec les cinglés de Daech. Où se sont-ils procuré les armes ? En France, et c'est bien connu, pour trouver des armes il faut en acheter aux vieux grigous pétainistes ou aux derniers vieillards de l'OAS. Un héritier de cette mouvance fût arrêté, soupçonné d'avoir revendu des ferrailles à Coulibaly, puis on le relâcha et on n'en entendit plus parler. Résumé de la motivation des petits hommes de main sans uniforme visible, pas dignes d'être considérés comme des soldats puisqu'ils tuent lâchement des civils sans armes : « de petits paumés deviennent des héros en vengeant un musulman abstrait ».

Les péchés du Kapital...

Personne n'est capable subitement de lister les 7 péchés capitaux : l'Orgueil, l'Avarice, l'Envie, la Colère, La Luxure, la Gourmandise et la Paresse. Les 7 péchés capitaux sont immémoriaux et attribués communément à la « nature humaine » si imparfaite ou perfectible grâce à dieu, dont il n'est même pas sûr qu'une société communiste paradisiaque se débarrasse. A moins que la vengeance ne soit inclus dans le registre de la colère, plaçons la comme huitième péché du Kapital. Or la vengeance, qui reste de tout temps un plat qui se déguste froid, ne peut pas être un critère ni de justification sociale ni de compensation de la misère. Elle est surtout un critère de type religieux du genre « œil pour œil, dent pour dent » dans un conflit inter-individuel. On la trouve exhalée ou exaltée dans toutes les révolutions et parmi celles du mouvement ouvrier, sentiment compréhensible mais brut de fonderie, quand il n'est qu'un oxymore. Une société qui succède à une autre ne venge pas la précédente. Les critères de type moral ou psychologique n'expliquent pas l'histoire.
Posons la question autrement : de jeunes paumés ont la haine contre une société injuste – tout le deuxième reportage montre très bien en effet que ces paumés sont des produits ready made de la société bourgeoise française et pas de l'islam abstrait – mais qu'est-ce qui justifie qu'ils aient transmué leur vengeance ou mécontentement extrême en désir de meurtre de leurs semblables et non pas en conscience socialiste ou communiste de la nécessité non de tuer des gens qui pensent autrement ou qui ont un niveau de vie décent mais de détruire les institutions de l'injustice capitaliste ?
Certainement pas la charia moyenâgeuse ni une foi au paradis invraisemblable de béatitude stupide.

Tout est dit dans le deuxième reportage pourtant, à qui sait lire et comprendre sous le vernis du discours focalisé et focalisant sur le seul islam : on a affaire à de purs produits du capitalisme actuel et du cynisme généralisé avec ces jeux vidéo mis au point par les militaires américains, de petits arrivistes avides de gloire et de fric comme les vedettes du foot qu'ils envient ( péché notoire du Capital, nommé aussi jalousie)12. Il n'y a pas en ce sens de radicalisation mais cette bonne vieille aliénation qui a toujours caractérisé le lumpenprolétariat : refus du travail, jouissance immédiate, traiter les autres et celui qu'est pas de ma bande comme de la merde. Même la séduction de ces héros-racailles n'est pas nouvelle, ni islamique (l'islam n'a jamais rien inventé). Du seizième au dix neuvième siècle, en Angleterre , la punition sévère des malfrats et criminels avait la prétention d'être exemplaire ; en réalité elle en faisait des héros pour la working class. En France, Cartouche, truand minable et balance, comme Landru PN raffiné tueur de femmes, furent l'objet d'un culte comparable à celui de nos voyous milliardaires du foot. Hitler est toujours l'objet d'un culte que peut lui envier Mahomet, au point que (pour répondre à la demande) on republie son brouet imbitable Mein Kampf mais pas le Manifeste communiste.

Qu'une bande d'ados attardés (au visage d'enfant, dixit voix off) exécutent d'aussi sales et monstrueuses besognes ne peut nous enfermer dans la seule indignation pleurnicharde. Les clichés gagnant-gagnant de la propagande mensongère sont très bien résumés par le rabbin Cukierman aujourd'hui : « on ne peut pas laisser faire les fous d'Allah contre notre mode de vie avec cette barbarie moyenâgeuse ». A mon humble avis, téléphones portables et kalachnikovs n'ont rien de moyenâgeux, notre mode de survie n'est pas enviable et il n'y a pas vraiment de fous d'Allah (ce qui serait insulter icelui) mais surtout des mercenaires manipulés. Les hôtes préférés des médias passent leur temps de parole à dénoncer sentimentalement ou sociologiquement des crimes islamo-terroristes qui relèvent de politiques bellicistes encore très embrouillées et obscures qui dépassent les petits paumés exécutants, qui sont drogués comme l'étaient les kamikazes japonais, n'en déplaise à la presse et la police qui se mettent à le nier en période de commémoration ou comme par hasard on ne parle plus d'esprits faibles mais d'individus déterminés. A qui l'ont a fait bien trop d'honneur à les comparer aux brigades internationales dans l'Espagne de 1936. L'islamo-terrorisme n'est pas un projet de société mais un gimmick, une invention pour faire peur, un prétexte idéologique (en même temps totalement criminel) pour une guerre qui ne dit pas son nom, ni son moment de croissance.

Pour ne prendre que le terrorisme d'Etats faibles (dits Etats voyous), au cours des années 70 et 80, ce qui reste remarquable est : la seule manière de pouvoir se faire entendre du « village mondial » était de tuer le plus de gens possible. Ce terrorisme était au service de la cause nationaliste tiers-mondiste en façade, et en arrière-fond une bagarre entre les deux anciens blocs impérialistes. On ne s'interrogeait guère sur les motivations des tueurs à la Carlos. Ils étaient staliniens, un point c'est tout. On ne s'interroge pas pourquoi le tueur Carlos a mué de stalinien en islamiste convaincu.

Le stalinien terroriste pouvait faire passer ses crimes pour un noble combat d'une cause « patriotique » et « anticapitaliste ». La nouveauté et révélation de nos nouveaux tueurs de masse n'invoque même plus une noble cause car celle que ces demeurés invoquent – le djihad et la société voilée et sans auto-radio – est repoussante et synonyme de massacres perpétuels. Comme paradis le communisme faisait mieux.
Se vérifie donc une « progression » dans la barbarie du capitalisme. Nous ne sommes plus à Cordoue au temps de la « civilisation arabe », ni en voie d'être islamisés ou arabisés. Le terrorisme n'est qu'un prétexte - et une forme de mobilisation des populations prolétaires consternées et tétanisées - aux bagarres entre grandes puissances pour le contrôle géopolitique et géo-pétrolier du monde. L'islamo-terrorisme, comme son frère ennemi l'anti-terrorisme, servent à faire oublier les causes de la guerre et à éradiquer toute idée de lutter contre les guerres des capitalistes. Mieux encore ils servent à habituer les populations toutes catégories confondues à l'idée de la guerre en permanence et mieux encore à une guerre plus grande encore pour « en finir ». Les capitalistes ne sont pas suicidaires eux mais ne sont pas dérangés par le fait que leur système voue à l'assassinat de masse des civils que la loterie du système13 a programmé et accessoirement au suicide inévitable et guère déploré des petits paumés assassins.
Si le multiculturalisme et la morale antiraciste incessante dissolvent les classes, le terrorisme complète la dissolution en agrégeant un patriotisme ringard, toujours aussi puant, qui reste encore une potion peu magique, amère et contre-indiquée tant que le prolétariat est rongé par la déprime du doute sur la réalité du mal présumé qu'on lui agite chaque jour sous le nez.

LA SEULE COMPARAISON GENANTE AVEC LES 2 MASSACRES parisiens de 2015 est un certain 17 octobre 1961 !

On a comparé l'engagement islamiste à celui des brigades internationales, cocues de l'histoire avec la résistance en France, à l'embrigadement de paumés désoeuvrés dans les bandes islamo-terroristes. Etrange oubli de la période « terrorisante » de la guerre d'Algérie ! Est-ce pour éviter d'enrichir la propagande de daech, à laquelle hélas je vais inévitablement contribuer par devers moi. Hé hé les amis, il eût été bien plus éclairant de comparer avec la période de la fin de la guerre coloniale d'Algérie en France. J'ai relu l'ouvrage de Jean-Luc Einaudi – La bataille de Paris – pour comparer utilement. Comparons ensemble.

Les nationalistes algériens ne s'adressent pas à des petits voyous arrivistes ratés, mais à des prolétaires qui triment dur et vivent dans des conditions insalubres. Ils ne sont pas chômeurs mais généralement manœuvres dans le bâtiment. La plupart subissent une cotisation mensuelle forcée par le FLN : 3000 francs. Ils sont isolés dans leur bidonville. Leurs camarades de travail français ne les invitent pas chez eux. Les cotisations forcées sont la principale source de revenus des nationalistes qui s'adressent à ces prolétaires sous les termes de « nos frères musulmans ». Le terrorisme de masse est le fait de saint De Gaulle. Il y avait eu les milliers de massacrés à Madagascar en 1945, il y aura un millier de morts parmi les tunisiens le 26 juillet 1961 et bientôt un nombre inconnu d'algériens en plein Paris le 17 octobre 1961 sous le commandement du préfet nazi Papon14.

La lecture rétroactive par la bien-pensance de gauche caviar et du gauchisme bobo des meurtres policiers de prolétaires otages du FLN dans l'inévitable manif au casse pipe d'octobre 1961, oublie de rappeler que des dizaines de policiers en uniforme étaient abattus et que, par conséquent la plupart des « français » assistaient aux « ratonnades » dans l'indifférence. A un toubib qui lui pose la question – à quoi cela sert-il d'abattre un policier qui garde un édifice public ? - un des terroristes de l'époque répond : « c'est un salaud, un tortionnaire ». A ce même médecin qui lui rétorque que cela ne peut que monter encore plus l'opinion contre les nationalistes algériens, il répond qu'il s'en fout, qu'il veut incendier la France. Cette attitude provoque l'indignation jusque parmi les meilleurs « porteurs de valise » du FLN. A l'époque « l'opinion » et celle des policiers n'est pas pour une simple déchéance de la nationalité mais pour la peine de mort sans discussion et publiquement tous les musulmans étaient mis dans le même sac15. Les algériens pris dans les rafles sont systématiquement renvoyés en Algérie dans « leurs douars d'origine » mais plus souvent internés dans des camps. En 1961 Le Monde fait savoir le mécontentement de la population (on ne la formate pas encore avec les sondages) et de la police devant « la faiblesse des lois en matière de répression du terrorisme »16.
Au lendemain du massacre de la manifestation pacifique et sans armes, même pas un canif avant la découverte, tenue sous le boisseau, de nombreux cadavres dans la Seine, Jean Ferniot désapprouve la manifestation de la veille (remplacez De Gaulle par Hollande, FLN par Daech et OAS par Marine Le Pen, sans les gauchistes au rang d'extrémistes vu qu'ils se sont fondus dans la gauche caviar antiraciste, et vous aurez le même discours de l'élite d'aujourd'hui) : « En fin de compte, les manifestations parisiennes d'hier, et les raisons qui les ont provoquées, risquent de servir les extrémistes des deux camps. Pour le général De Gaulle, alors que l'OAS multiplie ses provocations et que le FLN étend le théâtre de la violence, le chemin est très étroit qui, pour mener à un règlement, doit éviter les écueils dressés par ses adversaires et, parfois, par des serviteurs trop zélés » (page 219). Ce n'est pourtant pas l'OAS qui a massacré le 17 octobre ni le FLN qui a tiré dans la foule des ouvriers endimanchés et mains nues !
Exemple pour des générations de journalistes soumis et suivistes, Jacques Fauvet nous révèle comment il a fait école jusqu'à nos jours : « Le FLN ne manquera pas d'exploiter les sanglants incidents de Paris (…) Pourtant il en porte la responsabilité puisque ici et là c'est le terrorisme musulman qui est à l'origine de ces drames (…) Les lâches attentats commis au hasard contre les agents de police ont amené à prendre des mesures, qui sont peut-être critiquables, mais qui visent à
assurer autant la sécurité des musulmans que celle des agents en évitant aux premiers d'être des victimes, comme cela est arrivé, de mitraillades de nuit » (page 220). Etrange qu'il ne nomme pas les auteurs des « mitraillades de nuit » ?

Le plus comique est l'appel aux français du FLN du 20 octobre avec des idées communistes (peut-être Daech va-t-l s'en inspirer après lecture de mon rappel : « fraterniser partout dans les usines, les chantiers, les quartiers, les universités, avec les travailleurs et tous les émigrés algériens » (…) annulation du couvre-feu raciste », assurant que jamais le FLN n'a exécuté un policier « uniquement parce qu'il est policier. Aucune exécution n'est ordonnée sans que le coupable ait été jugé criminel (sic »17.

Inutile d'étayer plus la comparaison. Même s'il existe des similitudes, la situation mondiale est totalement différente. Les libérations nationales, nécessaires certes comme étape historique, se sont révélées être de nouvelles supercheries d'un capital découpé en blocs mais aussi en multiples rivalités de ce qui fût appelé les pays non-alignés. Les pays dits libérés n'ont pas pu procéder à une industrialisation et à un développement d'un prolétariat laïc comme au XIX ème siècle en Europe.

Ce qui me frappe le plus chez le racketteur du FLN est qu'il a tout de même un projet politique concevable ( la mise à bas du colonialisme). Il se paie sur le dos des travailleurs qu'il est chargé de rançonner sinon torture ou peine capitale ; Einaudi ne parle pas des cadavres dans la Seine avant le 17 octobre et sans doute pas exécutés par la police ni de certains corps coulés dans le ciment de chantiers au bénéfice d'héritage pour un compatriote... Le racketteur du FLN dépend de la cotisation forcée de ces mêmes travailleurs. Nos petits paumés de l'islamo-terrorisme sont rétribués par un tas d'intermédiaires de l'Arabie Saoudite, de la Turquie, de l'Iran (bien avant-hier) et ne croient qu'au pognon ou à la possibilité de jouir de meurtres et de viols, comme tout guerrier sous uniforme.
Dans cette situation, a plusieurs tiroirs, cela peut durer longtemps comme le répète le premier des ministres donneur de leçon de patience et d'impuissance. Or, le terrorisme du tout début des sixties reste relativement limité en France et touche beaucoup plus d'uniformes que de civils, contrairement à aujourd'hui. Il va être rapidement dissous par deux actions. L'une, imparable de la partie immigrée de la classe ouvrière. Les racketteurs et exécuteurs de basse œuvre du FLN sont mis en garde par les moins fous d'entre eux. Comme la source de revenu principale est la cotis des travailleurs, il faut y aller mollo pour les attentats en France et les réduire sous peine de se retrouver au chômage, car, même encore dans cette période de contre-révolution et donc d'absence de soutien des prolétaires en général, les ouvriers immigrés en ont de plus en plus marre de cotiser pour des maquisards d'un pays qui ne va ni leur donner du boulot ni améliorer leur situation d'émigrés. L'autre action, celle de De Gaulle, sous pression américaine, parvenant à régler intelligemment la question algérienne. Probablement que la lenteur de la bourgeoisie française à décoloniser et ce massacre d'octobre 61 ont été au fondement du réveil de la classe ouvrière un certain mois de mai 68.
Sans préjuger d'un nouveau réveil, il est évident que seule la classe ouvrière pourra à nouveau mettre fin au terrorisme, non par les gesticulations de l'antiracisme, ni une collaboration avec la police elle même dépassée par le phénomène, mais en luttant vraiment contre la cause centrale : la guerre dont personne ne parle et qui finira par faire sortir les soumis « consumateurs » de leurs gonds.

La conclusion du téléfilm gouvernemental fait à nouveau dans le poétique tout public. A propos de « ces âmes perdues de la république en quête d'action », on finit en queue de poisson : « saurons-nous allumer les contre-feux de la culture, de l'histoire et de l'éducation » ;
La culture élitaire, l'histoire trafiquée et l'éducation excluante auraient-elles empêché l'arrivée d'Hitler au pouvoir ? Ou empêché la Seconde Guerre mondiale ? La lutte des classes qu'un patron reprochait la semaine dernière à Hollande de ne pas avoir éradiqué, aura-t-elle le dernier mot ?

1Je dis bien « pouvaient trouver leur interprétation », car autant on pouvait concevoir la légitimité des attentats du FLN pour libérer l'Algérie de l'occupation française, à une époque où les terroristes s'efforçaient encore de ne viser que les militaires du camp d'en face – où ceux-ci payaient de leur poche comme la plupart des ouvriers algériens racketté en métropole – autant les tueurs de l'islam dit radical ne sont que des mercenaires sans foi ni loi. J'y reviens ne conclusion.
2Qui passait ses journées cloîtré à mater des cassettes pornos comme la CIA nous en a « informé ».
3Le pouvoir de la bourgeoisie c'est de détenir l'exclusivité des leçons de morale et de la défense armée. L'effet est paralysant pour tout ennemi du système, surtout pour celui qui se qualifie de communiste. Mais pire inertie que dans les autres attentats de l'histoire du terrorisme moderne lorsque celui-ci ciblait des représentants politiques ou du personnel étatique en uniforme, on en est réduit à espérer que police et militaires finissent le travail sans pitié puisque le terrorisme ne fait plus la différence, à la façon des deux guerres mondiales contemporaines entre soldats et civils ! (j'y reviens sur la période des attentats FLN/OAS).


4Je me suis plu à imaginer comment le chef d'Etat Lénine aurait géré cette simultanéité. Je reconnais que ce n'est pas facile même avec l'ultra surveillance des services de l'Etat bourgeois moderne. Lénine eût une partie de la réponse minimale après les meurtres des cinglés anarchistes terroristes : razzia et pelotons d'exécution. Cela ne risque pas d'arriver avec nos Etats faibles non tant de leurs faiblesses (ils n'ont pas légitimité pour défendre l'humanité) mais parce qu'ils ont besoin du terrorisme et de l'entretenir pour nous conter la balance entre le bien et le mal.
5Ce mardi 5 janvier commémoration et poses de plaques de souvenir des crimes des 7 et 9 janvier 2015, les médias informent que les tueurs n'auraient pas été drogués à l'amphétamine captagon. Très douteux comme personne n'aura les moyens d'aller vérifier les 6 attentats déjoués dans l'année selon Cazeneuve. Plus on s'enfonce dans les détails et péripéties plus le pouvoir peut escamoter les nombreux dysfonctionnements (mais plus encore l'incurie policière et judiciaire dans la gestion de l'anti-terrorisme) qui ont envoyés au casse-pipe des gens comme le policier Brinsolaro comme s'en indigne encore sa femme. Et cette vérité élémentaire : nous ne sommes pas protégés par l'Etat et sa police ; leur fonction est surtout de protéger l'Etat des riches, et les riches en second lieu même si certains peuvent être victimes de balles perdues.
6Le cas d'un certain, mais pas improbable, Djamel Berghal est le plus significatif de cette foutaise (lire sa bio sur wikipédia).
7Les valeurs sociétales du type françaises cela fait réac, ou civiques c'est encore pire car c'est « se moquer des exclus ». Les femmes de terroristes enterrés à l'ombre de « l'islam radical » sont claires sous le voile : « on n'a qu'une loi à respecter, celle du coran ».
8Qui vous libère immédiatement une place assise lorsque vous entrez dans une rame de métro.
9Cet individu reste une énigme pour les médias qui se sont un temps inquiétés qu'un ancien « formateur » de nos petits assassins de 2015 ait pu demander à travailler à l'Assistance publique. Or il est du même type que les sergents recruteurs de tous les temps : envoyer les autres au casse-pipe et s'éloigner à petit pas.
10Voir sa bio édifiante sur wikipédia de la façon dont les services secrets et les magistrats peuvent être bluffés et la déchéance de nationalité tournée en dérision. Ce type, inspirateur d'un des plus grands crimes de masses commis en France ne purge que dix ans de taule dans une prison de province, nourri et logé aux frais du contribuable mécréant, même déchu d'un versant de sa double nationalité, et pourra « reprendre du service » à sa sortie, avec remise de peine s'il se tient bien sage.
11Comparaison outrancière avec Dolorès Ibarruri , dite la passionaria parce qu'elle squattait les micros anti-fascistes pendant que ses potes de parti zigouillaient opposants et anarchistes ; elle au moins n'était pas voilée ni investie de la folie d'Allah et de son petit télégraphiste.
12Tare perverse qui n'est pas l'expression d'un idéal élevé ou désintéressé mais – propre des PN – signifie : « tant mieux si je peux te tuer pour te piquer ton bien ».
13Le choix d'un vendredi 13 avril par les conseillers dans l'ombre des tueurs n'a pas fait matière à exégète, tout comme les inventions successives de Daech calculées pour être très choking par gradation avec un sens aigu du marketing terroriste : destruction de monuments antiques, filmage dans une cage du bien léché martyre du pilote libanais, égorgement d'otages par de véritables petits paumés européens, annonce de l'autorisation de prélèvement d'organes sur les otages, etc. Des finasseries de tortionnaire cartésien voire très … occidental, très « modernes » comme dirait le poète Olivier Roy !
14Ce zélé sous-fifre pétainiste et ami du jeune ministre Mitterrand, au service de De Gaulle comme à celui des « socialistes » Guy Mollet et Robert Lacoste en Algérie, est soucieux de fournir de la main d'oeuvre manquante en Allemagne pour l'organisation Todt et le grand chantier du mur de l'Atlantique, une sorte de mur contre envahisseurs américains... Il a obtenu in extremis une carte « d'ancien combattant volontaire de la résistance ». Il est coauteur de la création de la BAV – brigade des agressions et violences – qui succède à la brigade nord-africaine d'avant guerre connue pour avoir fourni de zélés exécuteurs de la Gestapo, du même type que nos petits paumés terroristes « qui ont réussi ...à tuer » mais sans avoir besoin d'argumentaire islamiste ou fasciste, c'était un bon gagne-pain et un moyen de spolier des victimes sans défense comme les juifs en 40 et les arabes après 45.
15Il y a des similitudes incontestables entre toutes les formes de terrorisme et la place de l'immigration : « Un brigadier a été tué en attendant l'autobus alors que c'était un gars connu comme n'ayant pas du tout de sentiments racistes, bien au contraire. Il a été abattu aveuglément (…) René Bellanger (secrétaire de la CFTC police) habite à Argenteuil. Le matin, quand il prend l'autobus en tenue, il est souvent le seul métropolitain parmi les travailleurs nord-africains ». (page 85).
16Roger Frey, ministre de l'Intérieur à l'époque tient un discours que Hollande n'a eu qu'à recopier en remplaçant FLN par Daech : « Ces derniers (les travailleurs musulmans et leurs familles) ont soif de paix et de tranquillité. J'ai pour eux la plus grande estime et aussi la plus grande pitié, car ils sont les victimes des exactions du FLN (…) L'essentiel est d'assainir le climat le plus vite possible et de prendre toutes les dispositions utiles pour que ne tombent plus, sous des coups meurtriers, les meilleurs fonctionnaires de police (…). Les travailleurs musulmans comprennent parfaitement la nécessité où je suis non pas seulement de protéger la police, mais encore de les protéger eux-mêmes contre le FLN. » (page 102).
17L'appel est lisible en page 270, c'est une maïeutique à la Tariq Ramadan, sous des airs pacifiques et « de classe » est défendu l'inadmissible crime terroriste aveugle.