"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

vendredi 12 juin 2009



UNE VICTOIRE DU BLAIREAU ?



Tout le monde pourrait en convenir, la situation est déplorable, les élections européennes qui magnifient un triomphe de la droite conservatrice (conservatroce…) ont confirmé que le degré zéro de la politique bourgeoise avait été atteint. La belle Europe écolo-rousseauiste d’une oligarchie ultra-minoritaire – plus encore que les bolcheviks ne l’ont jamais été – qui joue de plus en plus au complément impérialiste du brave prédicateur Obama, où règne la barbarie des accidents du travail déniés comme au Moyen Age (*), se gargarise de son union sacrée verte et fleurie. Le pantin Cohn-Bendit fait la Une des médias pour son aide bouffonesque à Sarkozy & Co (cf. la Une du baveux hebdo « Le point » financé par la bourgeoisie US). Le Monde immonde titre sans honte sur la « Victoire de Sarkozy » ! Belle victoire adoubée par un quart des « citoyens ». Renouvelant une formule saint-simonienne, Cohn-Bendit a accouplé les « autorités électorales », les voteurs petits bourgeois absorbés par leur tâche de féconde de producteurs de démocratie et les « abeilles laborieuses » silencieuses. Mais Saint-Simon disait le contraire, les « politiciens professionnels » se servent toujours des « frelons qui se nourrissent de leur travail ». Il fallait défendre les abeilles contre une « fiscalité inquisitoriale » et en venir à la vraie fiscalité, celle des impôts indirects qui frappe les biens de consommation, donc la masse.


Les milieux politiques bourgeois, de l’UMP au Front de gauche, sont aberrants. Tel le gros taon qui frappe à la vitre dans l’espoir de retrouver l’air qui lui manque, les politiciens s’acharnent à des combinaisons sans issue pratique. . Car il faut ménager l’égoïsme des gros bourgeois, la susceptibilité rousseauiste des classes moyennes et trouver de l’argent dans une conjoncture lamentable, où domine l’incompétence économique et le sentiment que « la confiance » en la démocratie bourgeoise suffirait à remettre l’économie décadente sur pied. Que valent les revendications de salaires et la protestation contre les licenciements sans autre perspective que le fait de subsister, en face des besoins immenses de la technocratie étatique et de l’ignorance où sont cloisonnées les couches salariées et expulsées de la production. La démocratie sarkozienne se perd dans une admiration béate d’une Europe virtuellement pro-américaine, ne voyant pas qu’elle n’est que le masque pris par les Etats-Unis pour mieux tromper le prolétariat. L’Europe se noie dans une politique de margoulins. Le Modem, héritier bâtard d’un centrisme giscardien évaporé, trahi par le vieux caciques et le grand patronat, est l’objet des OPA pour tous les colistiers du sado-maso Bayrou par l’ancien parti gaulliste caméléonisé par Sarkozy-Frankestein. Il ne s’agit plus de droite ni de centre ni de gauche mais d’une politique d’union nationale européenne qui doit échapper à toute contingence partisane. Ne pas se soumettre à cette politique signifie ne pas régler les enjeux planétaires impérialistes et se vouer à l’effondrement du capitalisme.


Le problème se pose ainsi : il ne s’agit pas de revaloriser la politique classique droite/gauche, ni de garantir une politique keynésienne de relance au profit d’un plein emploi des travailleurs. Il faut empêcher que par le truchement des journées mortes syndicales, la classe ouvrière retrouve son identité face à la bourgeoisie traditionnelle et qu’elle soit émasculée par l’utopie réformiste des derniers caciques staliniens et trotskiens. Ces derniers, NPA en tête, sont d’ailleurs roulés dans la farine des Mélanchon et Sabir qui, forts de leur un pour cent supplémentaire, leur enjoignent de venir à Canossa sous l’aile du parti stalinien décrépi.


Ces péripéties cachent mal le jeu du nouveau pouvoir qui dresse, face à la crise systémique, l’écologie à deux visages, si l’on peut dire. Pour la gauche ringarde, une conjuration sarkozyste milite contre le virtuel « front de gauche », pour le pouvoir triomphant sans partage – le gouvernement actuel de l’Etat pour lequel la notion de droite est passéiste – il n’y a aucune alternative en face. Les dérapages moraux de la mère Royal et du calife en carton pâte Bayrou ont fait table rase de toute opposition crédible. La primauté accordée au bien commun écologique sur les intérêts corporatifs ouvriers, encouragée par l’incapacité des concurrents « socialistes » à désigner un seul calife, permet au verbe de suppléer à l’action.


L’opinion publique déçue, réduite à cette masse d’abstentionnistes indifférents, est narguée comme jamais. La presse veule du Monde à Rue 89 et à quelque bord qu’elle appartienne, vitupère les mercantis et les affairistes anonymes qui plument l’ouvrier et le petit bourgeois. Rien de nouveau mais une défense sans fissure de la démocratie oligarchique. Comme les littérateurs de gouvernement Sollers et BHL, la presse est très critique sur les malheurs du monde. Les prolétaires d’Europe sont frappés de vertige comme ceux des autres continents. Sous le masque des experts et des donneurs de morale écologique, la bourgeoisie pose la quadrature du cercle : équilibrer les budgets nationaux, autoriser les exportations de capitaux, garnir le carnet de commande de l’industrie aéronautique et militaire. Incontestablement les abstentionnistes nationaux n’ont pas joué le jeu. Ils ont manqué de sang froid et heureusement qu’on décide pour eux.


La majorité de la France, bourgeois en tête, se groupe derrière le monarque Sarkozy. Seuls sont réticents les chômeurs et les licenciés. L’électeur bobo retrouve ce patriotisme européen qui fît les bonnes heures du nazisme et qui depuis avait été érodé par de vieilles réminiscences nationales. Dans cette conjoncture, la collusion des grandes banques européennes et nord-américaines n’a qu’un but : déborder l’Europe centrale et planifier de nouveaux secteurs d’activité au détriment des autres concurrents, la Chine en premier lieu.



A suivre…




(*) Peu après minuit, le 28 mai, Franns Rilles Melgar, un Bolivien de 33 ans, prend son poste à la machine à pétrir le pain d'une boulangerie industrielle près de Valence, à l'Est de l'Espagne. Il devait y rester entre 11 et 12 heures, comme tous les jours, et gagner ainsi 23 euros. Mais la machine a soudainement happé son bras gauche, l'arrachant avant qu'il n'ait le temps d'arrêter lui-même les rouages avec sa main droite. Selon le syndicat Commissions Ouvrières (CC.OO), ses employeurs « ont forcé l'accidenté à nier qu'il s'agissait d'un accident du travail lorsqu'ils le transportaient dans leur camionnette de livraison, avant de l'obliger à descendre à 100 mètres de l'hôpital ». En une seule semaine du mois de mai, six ouvriers de la construction ont perdu la vie, soit 62 victimes depuis le début de l'année. Dans le secteur agroalimentaire, le deuxième le plus touché après le bâtiment, on dénombre deux accidents mortels par semaine en moyenne.


Obres completes de Munis

G. Munis, un dels grans militants revolucionaris del segle XX, al què podem qualificar
de teòric marxista, a l'altura de revolucionaris com Amadeo Bordiga, Onorato Damen,
Anton Pannekoek, Paul Matick o Karl Korsch


a càrrec del Comitè d'Edició
de les Obres completes de Munis


dissabte 13 de juny a les 18.30h


Barcelona





dimanche 7 juin 2009

HOU LA MENTEUSE !

Ce n’est pas seulement la ministre Nadine Morano qui est une menteuse, c’est toute sa classe d’appartenance : la bourgeoisie. La profession politique des gouvernants est une profession qui exige avant tout une grande capacité à mentir.

Ce qui frappe pour ces élections européennes en général c’est un énorme taux d’abstention, dont 60% en France face à toute cette réclame publicitaire envers le bloc militaire virtuel européen. D’où la faible légitimité des « élus » et des « gagnants ». L’abstention n’est pas en elle-même une victoire quelconque des classes paupérisées, ni un avertissement révolutionnaire, mais la manifestation du fait que le processus électoraliste échappe complètement aux prolétaires, qu’ils n’ont pas leur mot à dire dans ce barnum ridicule. Ce sont les couches moyennes qui votent en général. On n’y verra donc aucune différence avec le vote minoritaire des possédants de la noblesse d’antan, ni un progrès. Après le traficotage élitaire du traité de Lisbonne, la bourgeoisie n’est nullement gênée par cette abstention. Au contraire, elle roule des mécaniques ; « Le Monde » avait donné le ton la veille : « Qui ne vote pas ne peut traiter le parlement européen de technocratique ». En gros, vous pouvez la fermer !

La bourgeoisie qui ment comme elle respire par ses vertueuses déclamations écologiques en vue de « sauver l’humanité » aurait tort de pavoiser. Le combat des classes ne se déroule plus du tout sur le terrain des urnes. La question de la crise systémique a été totalement absente de la foire d’empoigne, la plupart du temps inaudible, des charlots en compétition.

Le prolétariat n’a pas été dupe ni du minable « front de gauche » ni du parlementarisme trotskien. Il a bien saisi qu’on se foutait de sa gueule en lui aboyant que la montée des eaux de un centimètre sur la planète remisait au musée marxiste la conscience de son exploitation.

LA CAMPAGNE A-T-ELLE PERMIS UN RECHAUFFEMENT POLITIQUE DES MENSONGES BOURGEOIS ?

Première leçon : le clivage gauche/droite n’a plus de sens. Sarkozy je te vois ! Le système présidentiel inauguré par le blaireau porte ses fruits. Le PS n’est pas simplement marginalisé, il s’effondre, talonné par les Verts insipides de Cohn-Bendit et Bové. Le PCF avec sa béquille Mélenchon rame à 6%, juste devant le NPA de Besancenot à 5%. La classe ouvrière a donc été faiblement embrigadée par ces résidus de la gauche caviar.

Deuxième leçon : la petite bourgeoisie a délaissé massivement les PS. Elle ne s’est pas tournée vers l’extrême-droite, excepté en Hollande. Bousculée par la crise elle s’est réfugiée dans un vote protestataire, assez apolitique en effet, en faveur du marais écologique, lequel n’a pas affiché un langage différent du parti au pouvoir en France ; il suffisait d’entendre ce pauvre Bové parler comme n’importe quel politicien de droite pour mesurer la platitude et la nullité de l’alternative bobo-écolo. Cohn-Bendit a été le principal clown animateur des soirées télévisées, servant par ses réparties fine mouche et sa faconde libertaire, à intéresser un peu au brouhaha pipole invraisemblable. Mai 68 et Sarkozy était réconcilié le temps d’un plateau télé.

Troisième leçon : l’idéologie européenne est apparue comme une arme contre la lutte du prolétariat sur deux graves questions : le chômage et la guerre. Par la bouche du défenseur moustachu du camembert gaulois, nous avons appris que le problème de l’emploi n’est pas national ! C'est-à-dire seulement européen, pas un problème du capitalisme. La sainte Alliance européenne a révélé ses meilleurs défenseurs : on aura désormais des JA européennes, des journées villes mortes européennes, des voyages syndicaux organisés en car de pays à pays, etc.

Lors de l’émission pipole de fin de campagne, plus inquiétante que l’altercation entre Bayrou et Cohn-Bendit, a été l’image de Tien-A n-Men projetée derrière le dos de Cohn-Bendit, et approuvée par lui, indiquant où est le totalitarisme désigné (« le quart de l’humanité ») : la Chine et derrière, la Russie. Cette défense de la démocratie européenne apparaît ainsi comme une machine de préparation à une autre guerre mondiale. La moralisation de l’économie prônée par le confrère de Cohn-Bendit, Fillon, devient ainsi une désignation indirecte des « fauteurs » de la crise, non pas le capitalisme mais des pays « émergés » ou « totalitaires ».

La petite bourgeoisie croit encore au miracle économique et à la paix éternelle dans les pays riches derrière les lobbies écologiques dont tous les partis en lice se réclament, il lui faudra d’autres coups de semonces plus cruels de l’intraitable crise systémique pour qu’elle se rallie au combat du prolétariat. Hors des urnes.

Les divers pantins de l’ex-gauche caviar, à l’unisson des charlots écologistes, ont tous proclamé qu’un article de leur programme de redressement bidon reste la « défense des libertés syndicales en Europe », autant dire la défense de l’armada de protection juridico-sociale des Etats. Le prolétariat n’en aura pas fini pour autant avec un type d’attaque politique électoraliste ponctuel des menteurs qui nous gouvernent, il devra passer par-dessus le corps des technocraties syndicales qui restent la dernière planche de salut du système en crise et de ses porte-voix médiatiques.

mercredi 27 mai 2009

Initiation à la Gauche communiste

Pierre Hempel : tu publies un nouveau livre plaidoyer « En défense de la Gauche communiste », un peu trop réactif à mon avis face à l’anarcho-syndicaliste Berthier. En plus tu risques de taper à côté du lecteur lambda pour lequel l’invocation de la « Gauche communiste » ne signifie pas grand-chose ou, à la rigueur évoque une quelconque chapelle électorale du parti stalinien finissant, même avec la béquille du Front bas de l’ex-trotskien Mélanchon.

Jean-Louis Roche : D’abord je pense qu’il fallait répondre à ce cuistre, ensuite, comme on s’aperçoit très vite qu’il ne connaît rien à la révolution allemande et qu’il brode, cela nous amène à aller au-delà des fabulations de ce petit personnage pantouflard, et à reposer sur la table les grands acquis de la Gauche communiste. Je suis bien conscient du flou du terme pour les jeunes générations, c’est pourquoi je débute en reprécisant que c’était initialement les deux ailes « gauches » les plus notoires – allemande et italienne – en réaction à la dégénérescence de l’I.C. ; j’aurais pu aussi parler des autres Gauches qui apparurent dans les autres pays européens et de Miasnikov en Russie qui se retrouva par exemple sur les positions du KAPD (Gauche allemande). Gauche ne signifie plus grand-chose aujourd’hui, j’ai longtemps préféré user du terme de « courant » communiste… car la gauche politique des médias est bourgeoise et ne peut pas parler au nom de la classe ouvrière.

En fournissant par après la polémique une importante annexe je n’ai pas d’autre but que celui de Polybe : « La meilleure éducation et le meilleur apprentissage pour la vie politique active est l’étude de l’histoire ». En filigrane je tiens à rappeler les vraies leçons de la vague révolutionnaire de 1917-1923, en soulignant ce qui est tranché dans les débats et polémiques entre les deux grands courants de cette « Gauche communiste » en lien avec le temps présent où le profane peut très bien nous rejoindre sur les conclusions en observant la faillite politique des idéologies de la gauche… bourgeoise.

PH : Commençons par le commencement. En référence à ce que tu nommes « la face cachée de la révolution allemande », tu accuses de confusion bordiguistes et anarchistes car ils estiment que c’est la bourgeoisie qui a arrêté la guerre…

JLR : Ils ne font que répéter ces ânes ce qu’on leur a bourré dans le mou à l’école ! Et l’expression « la face cachée » n’est pas de moi mais de Laugier !

PH : Ne t’énerves pas. Tiens lisons ce qu’écrit l’historien Georges-Henri Soutou qui analyse le machiavélisme des militaires : « Le 29 septembre, à l’annonce de l’armistice bulgare, Ludendorff déclara au gouvernement qu’il fallait adresser aux alliés une demande d’armistice, mais, c’était là toute l’habileté, sur la base des Quatorze Points proclamés par le président Wilson le 8 janvier 1918 (c’est-à-dire sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et aussi de la non-discrimination en matière économique et commerciale, deux intérêts allemands essentiels, on va y revenir). En outre, ajoutait Ludendorff, il fallait nommer un nouveau chancelier à la tête du Reich et mettre en place une « parlementarisation » du régime (jusque-là le chancelier relevait uniquement de l’empereur, désormais il dépendrait de la confiance du Reichstag). Cette seconde proposition avait pour but de gagner la sympathie de Wilson, qui insistait de plus en plus depuis le printemps sur la nécessité de mettre un terme à la nature autoritaire du Reich ; elle avait aussi pour but d’essayer d’amortir la montée du mécontentement populaire, sensible depuis l’année précédente et qui devait d’ailleurs déboucher sur la révolution, à Berlin et dans les capitales des différents États du Reich, du 7 au 9 novembre. Elle avait enfin pour objectif, et disons tout de suite que cet objectif fut atteint, avec les plus grandes conséquences pour la suite, de dégager les militaires de leurs responsabilités aux yeux de l’opinion : c’étaient les militaires qui avaient conduit la guerre pour l’essentiel, au moins depuis 1916, ce serait aux civils de négocier l’Armistice puis la paix. (…) Bien entendu, le mythe de la non-défaite fut immédiatement complété par celui du « coup de poignard dans le dos », propagé par les officines de l’état-major dès octobre 1918 : l’armée n’avait pas été vaincue sur le champ de bataille, elle avait été trahie par les « criminels de novembre », par les hommes politiques défaillants et bien sûr par les révolutionnaires et les socialistes, ces « apprentis sans patrie », selon la formule fameuse. Sur ce double mythe extrêmement fort, forgé dans l’humiliation d’une défaite inattendue et niée, se développèrent deux courants fondamentaux et consubstantiellement liés dès les années suivantes : la volonté de revanche et le rejet de la République de Weimar. On est là, comme l’a fort bien écrit Pierre Jardin, « aux racines du mal ». Il suffit de relire Les réprouvés, le roman autobiographique fameux d’Ernst von Salomon, publié pour la première fois en français en 1931 (chez Plon) pour s’en convaincre ».

JLR : J’ai lu Soutou, c’est intéressant mais ce n’est qu’un historien inconscient. Je te signale qu’il souligne que la bourgeoisie n’était pas encore vraiment unie sur l’intérêt de cesser immédiatement la guerre, ce n’est qu’après les événements révolutionnaires en Allemagne qu’elle s’y est vraiment résolu dans son ensemble. D’ailleurs Soutou le dit avec ce titre : « Les divergences entre alliés dans la préparation de l’Armistice du 11 novembre annonçaient les ambiguïtés de la paix future ». Bien ! Mais nous sommes en 1918, et Soutou et ses lecteurs bordiguistes et anarchistes ont sauté les années de guerre. Or, déjà en 1915, après une année de guerre il se produit des grèves en Russie et déjà des insubordinations au front. Pour Sebastian Haffner, c’est une mutinerie de marins qui a mis en branle la révolution de 1918 (et donc arrêté la guerre): « … la révolution allemande peut tirer une gloire toute particulière de son auto-discipline, de sa clémence et de son humanité, d’autant plus remarquables qu’il s’est agi presque partout de l’œuvre spontanée de masses sans dirigeants. Le héros de cette révolution, ce sont les masses ». Le seul groupe politique à aller dans le même sens que ce génial journaliste, du point de vue historique réel, sur les causes de la guerre, reste le Courant Communiste International (je peux le dire sans faconde d’autant que je n’en suis plus militant depuis longtemps). Dans un article de sa revue internationale en 2008 – Il y a 90 ans, la révolution allemande : Face à la guerre le prolétariat renoue avec ses principes internationalistes – l’auteur, Steinhopfer, rappelle que, en mai 1916, après l’arrestation des membres du petit groupe spartakiste, dont Liebknecht, les métallos se sont mis en grève en solidarité, que les syndicalistes avaient lancé la chasse aux « meneurs » pour qu’ils soient envoyés au front… c’est la vérité contrairement aux maquilleurs du rôle de ces flics sociaux pendant les guerres, comme Berthier ! Les marins allemands se sont révoltés en août 1917, à quelques semaines de la révolution… d’Octobre en Russie ! Il y a eu tant de grèves et de révoltes dans les tranchées qu’il est culotté d’affirmer que la bourgeoisie a pris l’initiative de mettre fin à la guerre. D’abord elle y a été contrainte face au danger de l’effondrement intérieur croissant, parce que la continuation de la boucherie était devenue un carburant révolutionnaire, puis elle a pu prendre le temps de s’unifier pour écraser les réactions courageuses du prolétariat. Donc, la poignée de bordiguistes modernes (évanescents…) et la nuée d’anarchistes (inconscients) sont les deux faces de la même pièce. Ils récitent les âneries qu’on leur a inculquées à l’école bourgeoise. Ce qui m’amène à dire que les anarchistes font en général de bons bordiguistes et que ces derniers redeviennent anarchistes individualistes dès qu’ils se rendent compte qu’ils font rire avec leur histoire d’invariance du marxisme. En tout cas, ils expriment cette vision typique de la petite bourgeoisie intellectuelle qui méprise les masses de prolétaires, ces « cons » qui ont besoin de parti ou de syndicats pour avancer ! En tout cas ils sont aveugles face aux événements en Allemagne de 1916 à 1918 qui révèlent la capacité du prolétariat à paralyser la bourgeoisie avec des minorités politiques réellement présentes mais à la suite de ces mêmes masses, comme l’écrit Haffner : « Les masses qui s’étaient donné ces nouveaux organes d’Etat n’étaient ni spartakistes ni bolcheviques mais social-démocrates. Le groupe Spartakus, précurseur du parti communiste, n’a fourni à cette révolution aucun dirigeant ni « meneur ». La plupart de ses militants ne rattrapèrent la révolution qu’une fois libérés (…) L’exemple russe a peut-être joué un rôle indirect d’amorce, mais il n’y eût aucun émissaire russe qui eût pu orienter le cours des choses. D’ailleurs cette révolution, sauf à Munich, n’eut aucun dirigeant, aucune organisation, aucun état-major, aucun plan d’opérations. Elle fut l’œuvre spontanée des masses, des travailleurs et des simples soldats ».

PH : Le « spontané » horripile les professionnels du bordiguisme et de l’anarchisme… Laissons de côté pour l’instant ces deux caricatures de partitisme et de syndicalisme. Cet arrêt de la guerre est tout de même un coup de génie de la bourgeoisie puisqu’elle va pouvoir s’occuper du front intérieur. Mais le prolétariat allemand se bat-il pour le socialisme ?

JLR : Bonne question ! Le prolétariat va se battre pour la paix. J’en réfère au grand Jogisches qui a dit « ce fut une révolution de soldats ». L’excellent Sébastian Haffner – qui a écrit « Allemagne 1919 une révolution trahie » - et qui nous décrit une « révolution social-démocrate », a estimé aussi que cela avait été une révolution au caractère fondamentalement « antimilitariste ». Je développe depuis des années l’importance de cette idée pour la révolution future, sans faire de concession au pacifisme. Il y a là une leçon de l’échec allemand qui est cruciale, non rédhibitoire mais aucunement prise en compte et analysée par un groupe politique ou un historien.

PH : Révolution social-démocrate ? Au gouvernement le SPD et dans l’opposition, tués dans la rue, les ouvriers allemands en train de faire une révolution social-démocrate ? Il exagère pas un peu Haffner ? Drôle d’explication et de justification de la social-démocratie pour sa trahison de 14 !

JLR : Hep ! Pas si vite ! Les explications de Lénine et Rosa sur la faillite de la IIe Internationale restent valables. Mais pour comprendre cette trahison avec nos petits yeux de spectateurs éloignés encore faut-il discerner qu’il s’est agi de la trahison de la confiance que les masses accordaient jusque là au parti et aux syndicats. Et quand quelqu’un trahit votre confiance vous ne continuez pas votre train-train insouciant, vous restez interloqué ! Les masses interloquées sont ces mêmes masses d’électeurs social-démocrates, reconnaissantes au parti d’avoir généré des syndicats de défense des travailleurs. Nombre de membres du principal parti réformiste « traître » le SPD et de syndicalistes se retrouveront membres des Conseils ouvriers… La trahison croisait le dramatique changement de période de fin de capitalisme florissant – qui se limitait à des guerres locales – les deux principaux moyens de défense politique et économique de la classe ouvrière s’étaient englués dans la routine bureaucratique de l’Etat au point d’abandonner la menace de la veille (refuser la guerre) du fait d’une telle inféodation au socialisme national… empressé à défendre la patrie !

PH : Cela expliquerait pourquoi les Conseils ont été si peu révolutionnaires en Allemagne contrairement à la Russie, et assez légalistes ?

JLR : Oui. Et en acceptant de mettre à leur tête un Noske. Le vote des crédits militaires par le parti n’est pas suffisant pour décrédibiliser ce responsable qui avait été envoyé en Suisse avec la caisse du parti pour la préserver. Investi de cette action, Noske apparaît comme un « homme de confiance ». Ce n’est pas un hasard si les délégués révolutionnaires se sont appelés « hommes de confiance » au fur et à mesure que les prolétaires allemands ont perdu confiance dans ce parti traître. La composition des Conseils allemands est le reflet de cette situation tragique qui permet la double trahison, trahison dans la guerre puis trahison dans la révolution. Nos donneurs de leçons après-coup, les trotskiens et les bordiguistes qui expliquent tout par l’absence du parti et le vieil anar Berthier par son ignorance, oublient que les masses ne se battent pas initialement pour le socialisme, comme le note Haffner, mais pour la paix, le retour au foyer des pauvres pioupious. Avec ces donneurs de leçons on reste évidement scandalisé par la nomination de Noske !

Deux grandes figures de notre Gauche communiste ne s’y sont pas trompées :

- « Le plus souvent, les ouvriers élus sont très peu éclairés, ont une très faible conscience de classe, de sorte que les conseils ouvriers (…) n’ont aucun caractère révolutionnaire » Karl Liebknecht (20 novembre 1918)

- « Si la révolution suit son cours dans les organes révolutionnaires que les premiers jours ont vu naître, les conseils d’ouvriers et de soldats, son destin n’est pas brillant (…) La révolution vivra sans les conseils, les conseils sont morts sans la révolution ». Rosa Luxemburg (30 novembre).

On peut compléter ce constat en lisant Haffner encore : « Les conseils n’étaient pas une bohème révolutionnaire corrompue et assoiffée de plaisirs. Ils étaient pour l’essentiel composés de l’élite ouvrière, de cadres des partis et des syndicats, sobres et solides, qui à leur manière aimaient autant l’ordre que les vieux fonctionnaires qu’ils contrôlaient et voulaient remplacer. En quatre semaines ils avaient largement surmonté le chaos des premiers jours et, dans tous les domaines, avaient créé une organisation parallèle à la vieille administration et capable de fonctionner, ce qui est une performance remarquable » (…) « Les masses allemandes ont fait aussi bien durant cette semaine (du début novembre 1918, ndt) que les soldats allemands pendant les quatre années de guerre et les masses russes en février 1917 ».

PH : ça alors ! Donc demain, mettons en France, on va se fader les rigolos enseignants du POI, de la LCR, de LO et de la CNT dans de futurs conseils ! Et l’élite ouvrière des « cadres » ?

JLR : Attention, les types du parti et des syndicats de l’époque n’étaient pas l’équivalent de nos rigolos trotskiens ou anarchistes. C’étaient de vrais représentants du combat de classe de la fin du XIXe siècle. Un phénomène comme celui des Unions, qui ont succédé aux Conseils avec comme critère d’adhésion l’accord avec la dictature du prolétariat, ne pourra plus se reproduire. C’était d’anciens syndicalistes. Les syndicalistes actuels seront virés en premier lieu des tribunes… pour leur ridicule apologie de la grève générale d’une journée tous les deux mois… Nos gauchistes peuvent être comparés aux Junkers ou au Cadets russes… Mais bon oui il y aura des membres de ces groupuscules et des sous-marins des vieux syndicats gouvernementaux comme la CGT et Cie. Ce n’est pas un problème, le combat se mène pour des objectifs qui dépassent les clivages politiques bourgeois et la créativité des masses saura se jouer des magouilleurs de coulisses. Les délégués révolutionnaires des Unions nous laissent des leçons toujours valables contre le prurit de l’immédiatisme et l’impulsivité révolutionnaire. Dixit Haffner : « Le 30 décembre (1918), le groupe Spartakus se sépara définitivement de l’USPD et se constitua en parti communiste. Ce faisant, il se brouillait avec les Délégués révolutionnaires, qui étaient en désaccord avec cette décision et qui trouvaient depuis longtemps que la « tactique de rue » de Liebknecht, consistant à organiser perpétuellement des manifestations, était d’un dangereux amateurisme. Même au congrès de fondation du parti communiste, il y eut dès le début divergence ouverte entre la masse des adhérents, qui exigeaient une action immédiate, et la direction qui considérait qu’il restait un long chemin à faire (Rosa Luxemburg : « Camarades, votre radicalisme est un peu facile (…) Nous ne sommes qu’au début de la révolution »). Bien qu’il était déjà trop tard de quitter l’USPD opportuniste…

PH : Cela veut-il dire que, comme le chantent sans cesse bordiguistes et anarchistes, les Conseils ouvriers sont nuls et non avenus, faibles, récupérables, pacifistes ?

JLR : C’est du pipeau. Les masses seront toujours amenées à créer leurs propres organes en situation révolutionnaire. Je ne fétichise pas la forme des Conseils puisque je dis qu’ils ne pourront plus être calqués sur les seuls grandes usines mais sur le réseau de toutes les entreprises et les quartiers ; on aura peut-être une fusion de la forme comité d’usine et soviet car l’usine comme base pour réorganiser la société c’est plutôt étroit et dépassé… En tout cas, même s’ils sont composés de « l’élite ouvrière » et de militants des partis traîtres (mais pas de militants traîtres) les conseils en Allemagne – même s’ils ne voulurent au fond qu’une démocratie constitutionnelle des conseils – étaient imprévus et gênaient la social-démocratie ; Haffner note que pour Scheidemann leur existence prolongée aurait signifié la chute de la bourgeoisie.

PH : Après la fabulation sur l’arrêt de la guerre grâce aux syndicats comme l’a déclaré le menteur Berthier, après sa tentative de dissoudre l’innovation extraordinaire des Conseils ouvriers dans l’apologie de l’anarchisme inexistant au cœur des événements en Allemagne, n’a-t-il pas un peu raison de relever la précocité du danger nazi et d’accuser de négligence la Gauche communiste ?

JLR : Du tout. Berthier sait qu’il s’adresse à un milieu analphabète en histoire, le milieu anarchiste et joue sur la sensibilité « antifasciste » qui est la base du recrutement gauchiste simpliste depuis plus de 30 ans. ET il se plante magnifiquement sur l’année 1922. Quiconque a un peu « lu » les événements sait que le mouvement hitlérien ne prend son envol qu’avec la crise de 1929 ! Il essaie de nous refiler sa salade antifasciste a-historique en reprenant l’interprétation bourgeoise de wikipédia sur le putsch de Kapp avec en héros le bonze Crispien. Or ce dernier était au début totalement opposé lui aussi à faire la grève avec les traîtres du SPD, puis a obéi aux consignes des ministres SPD. Mais bon, les lecteurs liront comment je démonte le truc lourdingue à Berthier.

Un coup de chapeau ici au grand historien Martin Broszat, que Berthier eût mieux fait de lire au lieu d’inventer un nouveau putsch Kornilov ou Salan ; Broszat constate que après le putsch « la grève se mua en révolution armée » : « Le gouvernement légal (SPD, ndt) pouvait maintenant revenir de Stuttgart. Son premier soin fut de mettre fin à la grève générale, son deuxième fut le désarmement de l’armée rouge qui occupait toujours la Ruhr. Tout naturellement, les ministres sociaux-démocrates, qui à l’heure du danger avaient encore une fois appelé la révolution à la rescousse et avaient de fait été sauvés par elle, retrouvèrent leur rôle de feuille de vigne de la contre-révolution. Ils firent encore aux dirigeant syndicaux, qui hésitaient à mettre fin à la grève, quelques promesses dont ils savaient qu’elles ne pourraient être tenues, comme le châtiment sévère des putschistes, comme le recrutement d’ouvriers dans les forces de sécurité ». Mais, lisons la suite, ce n’est pas la Gauche communiste qui favorise ou néglige la montée du nazisme, mais le cadre de ce putsch qui en est le « sol nourricier » : « Le régime réactionnaire qui parvint au pouvoir à Munich après la répression de la République des Conseils et le putsch de Kapp fournissait un sol nourricier favorable au premier NSDAP. Le soutien actif de la Reichswehr bavaroise – pénétrée de l’esprit des corps francs contre-révolutionnaires depuis l’été 1919 – aussi bien aux associations patriotiques völkisch qu’aux « gardes patriotiques », puis à leurs remplaçants (les « groupements de défense patriotique »), eut une importance décisive pour le développement du NSDAP et de la SA ».

PH : Quel est le moment de la césure pour le prolétariat allemand ?

JLR : Sa grande défaite est l’année 1923. Cinq ans de luttes qui l’ont épuisé. Il continuera à lutter mais ne sera plus vraiment une menace pour la volonté de la bourgeoisie de mettre le parti de la guerre au pouvoir. La Gauche communiste devient minoritaire avec le KAPD et les Unions. Le parti communiste allemand principal « sur ordre de Moscou, le KPD, renonça à sa tactique révolutionnaire » (Martin Broszat, L’Etat hitlérien). Entre 1923 et juin 1928, le SPD ne fut plus représenté dans les gouvernements de droite du Reich qui se succédèrent dans la République de Weimar. Pendant la même période le parti nazi reste marginal : «… la rupture presque complète des liens de protection dont Hitler avait bénéficié auparavant, suite à sa condamnation à la prison, à son interdiction de parole ainsi qu’aux entraves contrecarrant les activités de son parti dans certains Länder. (…) dans ces années 1924-1928, au cours desquelles le NSDAP nagea à contre-courant, penchant à gauche aussi bien dans son idéologie que dans sa propagande, et revêtant temporairement plus un visage national-révolutionnaire que völkisch-antisémite, que le parti se trouva réellement rejeté par la société politique… (il) se révéla n’être qu’une formation politique marginale » (M.Broszat). Il émerge en 1932, hors de toute problématique de contre-révolution ou d’opposition du prolétariat et de ses partis : «Le parti national-socialiste, qui pendant dix ans n’avait été rien d’autre qu’une petite minorité radicale de droite, se développa soudain en un mouvement national de rassemblement et de masse… » (ibid). La revanche nationale dans la guerre mondiale est en marche, et celui qui lui avait ciré les pompes n’était autre que le député « ouvrier » Ebert qui avait déclaré aux soldats de retour du Front : « Aucun ennemi ne vous a vaincu ».

PH : Pour toute période il faut en effet comprendre le désir ou la logique inévitable du capitalisme d’aller à la guerre. Il ne peut pas faire autrement. Dans le faux dilemme guerre ou paix, il finit d’ailleurs par l’emporter pour recommencer la guerre à peine deux décennies après la boucherie de 14-18. On peut dire qu’on en est au même point aujourd’hui. Comment le capitalisme pourrait-il ne pas envisager la guerre mondiale dans une crise autrement plus grave que celle de 1929, comme même ses thuriféraires les reconnaissent ?

JLR : grave question que nous n’allons pas écluser aujourd’hui. Je voudrais simplement et brièvement conclure sur la conjonction idéologique invariante entre bordiguistes et anarchistes. Lénine avec la complicité de Bordiga avait qualifié d’anarchiste la Gauche allemande maximaliste (le KAPD), étrange retour de bâton, 80 ans plus tard la Gauche italienne se retrouve dans les bras de l’anarchisme confusionniste ! Malgré l’invocation sacro-sainte du parti, mais comme de tout anarchiste lambda du grand penseur Bakounine, une poignée de derniers sectateurs ou ce qu’il en reste est voué à rester sur le bord du trottoir.

Comme je l’ai souligné au début, il y a cet étonnant aveuglement similaire sur la spontanéité des masses, cette obsession de faire dépendre tout changement politique de spécialistes de parti ou de syndicat… Bordiga affirmait que la conscience de classe ne pouvait exister que dans le parti et chaque bonze anarchiste prend les prolétaires pour des incapables. Les bordiguistes ont gardé et cumulé les tactiques parlementaire et syndicale du virage légaliste de l’IC en 1923. Les anarcho-syndicalistes ne sont pas les derniers à appeler à voter pour le candidat de la gauche (bourgeoise) le mieux placé. Sur la question nationale palestinienne, sans issue, on ne trouvera pas une feuille de papier à cigarettes de différence entre anarchos et bordiguistes. Pour dénoncer les Conseils ouvriers ils sont capables d’unir leurs voix. Sur la nature de la Russie, dont Bordiga est resté le supporter ambigu dix ans plus que la Gauche allemande (trop tard !), bordiguistes et anarchistes n’ont plus à se quereller, la Russie stalinienne n’existe plus.

Sans nier l’importance du rôle du parti, mais en renonçant à toute accointance avec les élections républicaines et avec le cinéma syndical, tout révolutionnaire moderne ne peut que se reconnaître dans le maximalisme du programme du KAPD. La Gauche allemande a triomphé au-dessus des autres fractions de la Gauche communiste.

Nous attendons la superbe affiche de nos camarades du Canada avec une longue citation de Rosa Luxemburg qui résume toute la confiance que les communistes révolutionnaires peuvent placer dans les « masses ».

mercredi 20 mai 2009

Les digressions incroyables du syndicaliste Berthier






EN DEFENSE DE LA GAUCHE COMMUNISTE


et de la November Revolution







Table des matières de l'ouvrage (à paraître en juin) 253 pages, 10 euros


Transgression
LA FACE CACHEE DE LA « REVOLUTION ALLEMANDE »
Révolution allemande ?
Un contexte maquillé
Une démolition en règle des Conseils ouvriers
L’organisation doit-elle précéder l’action ?
Recommencer la guerre au plus vite
Berthier léniniste sans le savoir ?
Un ennemi unique ou travestissement de la période ?
La panacée du front unique
Des digressions invraisemblables

Fragments ANNEXES en souvenir de
la November Revolution

L’irruption de la discussion sur la révolution allemande
par Lucien Laugier
La révolution de novembre par Lucien Laugier
Programme du KAPD (mai 1920)
Une vie pour la révolution ou brève autobiographie
d’un révolutionnaire prolétarien par Jan Appel
Allocution funèbre à Maastricht
Notes sur le KAPD et le GIK
Aperçu sur l’histoire des communistes de Conseils
par Henk Canne Meijer
Comment le « Front unique » a préparé la mystification
anti-fasciste (interview de Marc Chirik, 1985)
Retour sur la tragédie espagnole
Compléments sur la théorie de l’insurrection (interview)
Compensation sexuelle à l’échec révolutionnaire?

Documents traduits, extraits du livre de
Hans Manfred Bock
Appel des radicaux de gauche de Brême et de Hambourg (1917)
Statuts de l' « Union des Travailleurs manuels
et intellectuels d'Allemagne »
Statuts de l’organisation de combat du KAPD

Les motivations de René Berthier
Une note de lecture de Robert Camoin
sur l’ouvrage de Berthier

dimanche 17 mai 2009

LES MOTIVATIONS DE RENE BERTHIER

Après avoir traversé la place de la République, nous étions passés par une avenue bloquée par la police. Pour protéger une manif ? On apercevait au loin un camion semi-remorque qui barrait l’avenue et entouré de drapeaux rouges. Nous fîmes le crochet avant de rejoindre la rue Amelot. Ce n’était qu’une prestation de la secte trotskienne POI (parti ouvrier indépendant) veuve de son gourou Lambert, parti au ciel du trotskysme intersidéral mais toujours aussi sidérant. Un gros type qui ressemblait au dénommé Gluckstein éructait dans le camion tel un bateleur de foire, entouré d’une poignée d’agités du bazar trotskien qui faisait la claque à chaque rude mot contre le gouvernement. Autour, un millier de petits bourgeois parisiens et provinciaux qui font la loi syndicale à l’université, vibrait à chaque rodomontade du péquenot au micro. On eût dit une assemblée de vieux profs réacs ou de retraités de la fonction publique. Ce n’étaient que les soutiers du trotskysme le plus débile, du trotskysme sous-marin de la social-démocratie et du syndicalisme de fonctionnaires. Nous avions passé notre chemin. Le maire de Paris Delanoé aurait pu refuser à ce dandy de Gluckstein de faire son cirque en plein Paris, éviter l’embouteillage du quartier et éviter à Berthier d’arriver en retard parce qu’il ne trouvait pas où se garer.

En présentation de son livre, face à une vingtaine de personnes à la librairie Publico de la Fédération anarchiste, René Berthier a commencé par expliquer ses motivations pour réaliser un tel ouvrage. Il nous prévint qu’il n’est pas un spécialiste de cette révolution, qu’il s’est efforcé de lire pas mal de choses. On pouvait retenir deux de ses motivations. L’une pour marquer le coup en milieu libertaire où il n’y pas grand-chose concernant la « révolution allemande », et l’autre ne mangeait pas de pain, contre ces courants ultra-gauche qui ont eu un peu trop le monopole du sujet. Il glosa sur le terme ultra-gauche. On ne le lui reprochera pas, que peut-on faire d’autre que gloser sur cette notion à la con, éculée, essorée, médiatisée, policée, tirebouchonnée… Il glosa sur le pertinent Pannekoek, qu’il renvoie pourtant dans les cordes de son cher cabinet d’astronome dans son livre. Il considéra que les premières manifestations contre les nazis n’avaient pas été le fait de l’ultra-gauche. Il nous enseigna que le parti social-démocrate avait réussi à prendre sous son aile des parties considérables du mouvement ouvrier, qu’il y avait des maisons ouvrières, des syndicats ouvriers, des distractions ouvrières, comme s’il voulait nous montrer qu’il avait bien tout lu Georges Haupt.

Il ne nous cacha point que le SPD avait tiré sur les ouvriers. Le PC allemand avait flirté avec l’extrême-droite. Les anarchistes avaient fait ce qu’ils pouvaient. Rudolf Rocker est resté moins connu parce qu’il écrivait moins. En gros, l’auteur ne prétendit pas avoir réalisé autre chose qu’un condensé d’une tragédie.

La présentation, comme vous venez de le voir, avait été relativement lisse et le vulgum pecus eût pu lui donner le bon dieu bakouniniste sans la confession de Netchaïev. La salle était pleine de têtes chenues des habitués de la fédération anarchiste et on aurait pu en rester là après une ou deux questions de détail. Hélas un affreux loup marxiste était au beau milieu des chaises, et n’était pas venu là pour la séance d’autographes.

Après avoir salué le souvenir de cette tentative révolutionnaire et indiqué les deux principales causes de l’échec – l’arrêt de la guerre et le fédéralisme des länder – j’ai donc estimé que l’ouvrage du citoyen Berthier n’était en rien une référence historique mais un ouvrage partisan, de partisan qui porte une attaque calomnieuse contre la Gauche communiste, italienne et allemande ; qui fait équivaloir la position de Marx en 1870 et le vote des crédits de guerre du SPD, qui attaque les acteurs de cette période révolutionnaire en mettant en avant deux grands absents : l’anarchisme et le nazisme. L’anarchisme est au niveau zéro dans les événements sauf s’il y a double appartenance, quand des anarchistes sont dans les Unions ou même dans le KAPD. Le nazisme n’est pas un danger réel jusqu’à la fin des années 1920.

La quatrième de couverture du livre mentionne que « l’attitude des groupes communistes va livrer le peuple allemand et le monde, à la barbarie hitlérienne dès 1922 ». Affirmation stupide et fausse : 1922 c’est l’année de l’inflation, année où la classe ouvrière est à nouveau dangereuse pour le pouvoir d’autant que les couches moyennes sont paupérisées, et Hitler c’est moins que zéro. Il faudrait arrêter d’accuser les groupes politiques communistes, même l’IC opportuniste, d’être responsables des manœuvres de la bourgeoisie.

Mais, et je l’ai dit sur un ton indigné, le livre de Berthier est une infamie par sa négation de l’acquis du plus important de la vague révolutionnaire : les conseils ouvriers. Ils étaient « circonstanciels », « vite récupérés par la bourgeoisie », alors que les syndicats ont perduré. J’ai conclu en disant que dès 1903, Rosa Luxemburg avait souligné ce que la vague révolutionnaire allait confirmer : les organisations de lutte immédiate sont désormais le produit de la lutte et pas l’inverse : « sinon, tout ce qui préexiste comme sous-marins de vos cercles anarchistes ou des gauchistes, vise à décider à la place des prolétaires en lutte ».

Berthier confirma qu’il avait bien écrit un livre partisan : « je ne cache pas que je donne mon opinion subjective », précisa-t-il. Marx avait bien frayé selon lui la voie à la social-démocratie traître car il soutenait en 1870 l’Allemagne contre la France, puis il avait retourné sa veste face à la Commune de Paris, mais il avait continué à la débiner dans ses courriers privés.

La révolution allemande a été une révolution contre l’Etat et l’emprise de la social-démocratie. Les syndicats en Allemagne étaient différents d’aujourd’hui. Ils englobaient par millions les ouvriers et ont accéléré la fin de la guerre. Et la guerre était déjà arrêtée et la paix objet de tractations quand ont eu lieu les insubordinations. Les chiffres c’est important : « quand j’ai fait mes premières recherches et que mon collègue au syndicat du livre, Philippe Bourrinet, m’a montré les chiffres ridicules des unions et du KAPD deux ou trois ans après, je me suis dit que ces gens qui parlaient comme s’ils représentaient des millions d’ouvriers, n’étaient plus rien du tout ».

Concernant l’accusation contre la Gauche communiste d’avoir favorisé le nazisme Berthier nia l’avoir écrit et face à mon objection sur ce que dit la quatrième de couverture il déclara :

- ce n’est pas moi qui ai fait cette quatrième de couverture avec la date de 1922, l’auteur s’est fait engueuler…

Berthier fut plus long pour exprimer son dégoût de la dictature du prolétariat : « vous imaginez, dans ces Unions avec une stratégie expérimentale, qui n’avaient pas d’ouvriers à leur tête, on vous demandait si vous vouliez adhérer : est-ce que tu es pour la dictature du prolétariat ? Non ! alors tu rentres pas ! ». Il ajoutait : « ainsi le mouvement a reflué, les gens s’en allaient un à un ». Pour Berthier il fallait donc que quelqu’un mette en évidence ce combat idéologique, « vous comprenez, ces gens ne faisaient que de l’idéologie et méprisaient les revendications immédiates des ouvriers ».

Malgré les cris qui s’élevèrent dans la salle au cours de ma réponse, je pus me faire entendre. J’ai refusé de laisser passer l’amalgame avec la position de Marx sur la question nationale au XIXe siècle en reprochant à Berthier de renoncer à toute méthode en niant les périodes. J’ai abondé dans le sens des critiques de Marx à la Commune, qu’il avait décrite comme accidentelle, et soutenu ses critiques en privé sur les incohérences de cette expérience, par exemple les bagarres entre la Commune et le comité central de la garde. J’ai considéré que l’expression d’Engels « regardez la Commune c’était la dictature du prolétariat » était superfétatoire.

Contrairement à l’affirmation que la tentative révolutionnaire en 1919 aurait été une révolution contre l’Etat, j’ai redit l’importance de comprendre qu’il s’agit d’une insurrection contre la guerre, suivie d’un arrêt de cette guerre, situation qui ne s’avéra pas favorable à la révolution.

La force des idées révolutionnaires ne dépend pas du nombre, Berthier raisonne partout en syndicaliste CGT ou CNT, (ou comme Staline : combien de divisions ?). Au cri « dictature du prolétariat » il répond « syndicalisme avant tout » ! Il déforme tout, les révolutionnaires allemands n’ont jamais abandonné les luttes immédiates, mais en période révolutionnaire où les luttes immédiates c’est complètement secondaire, et c’est laisser la politique à l’Etat bourgeois.

Une polémique s’est engagée ensuite avec les autres partisans anarchistes de la salle dont l’un m’objecta gentiment :

- la dictature du prolétariat faut des spécialistes pour s’en occuper… nous ce qu’on veut c’est la démocratie au boulot… tu comprends… qu’on puisse organiser notre travail. Notre combat c’est la démocratie… on peut continuer à le faire dans les syndicats parce que les Conseils ils disparaissent rapidement ou sont récupérés…

Lui coupant la parole je dis :

- les prolétaires sont très capables d’assumer la dictature du prolétariat…

- et le travail il se fait comment ?

- je me fiche du travail, la révolution commence par le réduire à 3 heures par jour comme çà les ouvriers auront le temps de faire de la politique le matin ou l’après-midi ou de ne pas en faire pour certains.

La notion de dictature du prolétariat provoquait donc un sérieux phénomène de rejet chez la plupart des présents, acharnés à lui opposer le terme de démocratie, quoique l’un des critiques de cette chose marxiste ait reconnu qu’il « faudra en zigouiller pas mal » pour arriver à ce qu’on veut. On pouvait avoir l’impression qu’ils jouaient sur les mots, alors qu’à l’évidence ils semblaient conscients de la nécessité d’une révolution violente… donc qui exerce une certaine dictature. Devant leurs regards incrédules de syndicalistes coincés du cigare, j’expliquais que le terme « démocratie » n’était pas plus pur que la notion diabolisée de « dictature du prolétariat » - et j’avouais ne pas être pour la dictature du parti :

- mais la démocratie, chers amis, vous encule pendant que vous travaillez, vous voulez que je vous fasse une démonstration du déroulement et des aboutissements des élections en France ? Vous croyez qu’une révolution se fait sans violence ?

Berthier reprit du service en assurant « mais on ne peut pas appeler cela dictature du prolétariat » (le coupant à nouveau je dis : « dictature de quoi alors ? »). Sans répondre, il s’étendit longuement sur les trahisons de l’Etat bolchevik. Selon lui, depuis le début l’Etat bolchevik faisait tout pour que la révolution ne réussisse pas en Allemagne car cela aurait abouti à lui faire de l’ombre, voire à ce que le pouvoir change de main. L’Etat bolchévik vend des armes à l’Etat allemand (je l’interrompis en criant que c’est le KAPD qui l’a révélé !), reçoit des troupes allemandes pour qu’elles s’entrainent sur le territoire russe.

Je dénie évidemment toute logique dans ces affirmations du fait que Berthier considère que depuis 1917 les bolcheviks n’étaient que de petits machiavéliques avides de pouvoir. J’insiste surtout sur le fait que la contradiction des bolcheviks – oui Rapallo est une traîtrise, oui laisser la Reichswehr s’entrainer sur le territoire russe était une traîtrise pour le prolétariat allemand – repose sur leur identification à l’Etat national, vieille conception héritée de la social-démocratie. Mais pourquoi tant de révolutionnaires sont sortis de ce parti, de l’IC, malgré ces traîtrises étatiques ? Mais pour les mêmes raisons que les Rosa et Lénine sont sortis de la social-démocratie. Tous ces révolutionnaires sont sortis de partis dégénérés mais qui avaient été des écoles révolutionnaires pour des générations ! De l’anarchisme il n’est rien sorti, aucune école de pensée, aucune cohérence, juste de petits démocrates adorateurs du syndicalisme !

OK l’Etat bolchevik tourne de plus en plus le dos à la révolution en voulant adapter de nouvelles tactiques pour garder l’oreille des masses, mais il va à sa perte en même temps que les masses qui deviennent pacifistes. ET, vous avec la CNT qui participe au gouvernement bourgeois en 1936, vous pouvez prétendre nous faire la leçon ?

Silence de Berthier et de ses partisans. Ou un vague « gloup » d’un spectateur.

Le président de séance, au bout d’une heure et demi, se tourne vers l’assistance pour lui demander son accord pour clore la réunion. Elle agrée. J’étais en train de faire une plaisanterie sur les querelles de boutique concernant l’histoire ou de regretter qu’il y ait si peu de jeunes dans la salle, ou je ne sais plus quoi. Le président de séance fort gentiment annonça qu’il me laissait le mot de la fin.

En fait il ne pouvait pas y avoir de conclusion. Les réunions des (vieilles) graines d’ananars ne se concluent jamais ou bien dans les cris et les admonestations. On y vient comme on va au théâtre, pour voir du cirque. Personne ne prend des notes. On ne cherche pas vraiment à discuter. Il apparaît une incapacité à avoir l’esprit critique, et à entendre les critiques de fond. Je me souviens d’une assemblée des centaines d’anarchistes à la Mutualité il y a trente cinq ans venus écouter Maurice Joyeux. Quel charivari. Cela criait de partout. Certains chantaient dans les coins. D’autres sortaient boire un coup puis revenait sans se soucier de ce qui s’était dit. L’anarchisme n’est pas le lieu de l’histoire mais des histoires à n’en plus finir.

J’ai remis à René Berthier copie de la note de lecture de Robert Camoin, et la table des matières de mon livre « En défense de la Gauche communiste et de la November Revolution », à paraître au mois de juin. Il m’a demandé qui est Robert Camoin. Vous, heureux lecteurs de ce blog, pouvaient toujours lire ci-dessous la répartie de Robert aux assauts anarcho-syndicalistes, qui habille Berthier pour l’été .

jeudi 14 mai 2009

NOTE DE LECTURE

Par Robert Camoin

« DIGRESSIONS SUR LA REVOLUTION ALLEMANDE »

(René Berthier – Ed. Monde libertaire. 188 p. 2009)

A la page 2674 du n°74 de Présence Marxiste, on pouvait lire que le prochain numéro à paraître porterait sur l’Allemagne ; or, il a été remplacé par un numéro entièrement consacré au capitalisme d’Etat en U.R.S.S. Le camarade Caro m’avait facilement convaincu qu’il y avait toute l’année devant nous pour publier commémorativement sur l’héroïque soulèvement des Spartakistes et sur la fin tragique de la Commune de Berlin. Ce travail-ci, sur l’Allemagne romantique et révolutionnaire, approchait de son terme. Le vendredi 24 avril, le n°76 de Présence Marxiste m’attendait chez l’imprimeur. J’étais à 48 heures de mon départ pour Marseille.

Ce jour-là, embaumé de Lilas sous les derniers feux du soleil, je recevais un coup de fil du camarade Roche, tout indigné et débordant de colère, m’apprenant la récente publication d’un sale ouvrage de Berthier contre les Gauches Communistes, à partir de la Révolution allemande. Ayant lu « Dans quel ‘Etat’ est la révolution ?’ où Roche contre-critique la critique de la Révolution russe par Berthier, je ne doutais pas de la teneur des propos du bravache.

Dès mon arrivée à Marseille le lundi suivant, j’achetai « Digressions sur la Révolution allemande », dont la date de parution trompe joliment le monde. A ma question sur l’état de la vente du livre, le gérant responsable de la librairie « L’Odeur du temps » me répondit qu’il « partait bien ».

En quatrième de couverture d’un ouvrage d’impression guère avenante, on peut y lire : « La révolution allemande de 1918 est peu connue des militants »… des militants anarchistes certes, tel Berthier qui se trompe de date. Puis ceci : « L’échec de la révolution allemande, à cause de l’attitude des groupes communistes, va livrer le peuple allemand, et le monde, à la barbarie hitlérienne dès 1922 ». L’esprit du livre est résumé dans cette citation, calomnieuse pour les Gauches communistes allemandes et fausse de façon outrée quant à la date où débute la dictature du Parti-Etat nazi : de la fin 1918 au début de 1933, l’Allemagne est gouvernée tantôt par les social-démocrates, tantôt, mais moins souvent et moins longtemps, par le centre catholique. A la date donnée par Berthier, le petit menteur, la « révolution nationale » n’a pas encore commencé et même en Bavière, qui est leur fief, les chemises noires des S.A. ne contrôlent absolument rien.

Empiriste vulgaire, il refuse d’appliquer au fascisme le matérialisme, notre lumineux Berthier le considérant « simpliste ». Il se noie dans le verre d’eau des successives dénominations du parti de classe allemand et il est bien en peine de voir ce qui distingue la Gauche germano-hollandaise de la Gauche d’Italie. La théorie lui répugne, car il la considère comme frein à l’action.

Une première infamie antimarxiste de Berthier est d’affirmer qu’en août 14 les Majoritaires social-démocrates, loin de trahir l’internationalisme, n’ont fait que répéter l’attitude « anti-slaviste » de Marx et Engels en 1848-1849 et leur prise de position « pangermaniste » de 1871. A ce titre, Berthier est bon disciple de James Guillaume, suisse alémanique social-patriote en 1914. Une seconde infamie de l’insulteur Berthier, est de mettre sur le même plan la « spontanéiste » Rosa Luxemburg (sic du franchouillard Berthier) et le « déterminisme réformiste » (Berthier est-il autre chose qu’un vulgaire réformiste, puisqu’il fait du syndicalisme ?) de Karl Kautky.

Quand le « compagnon » Berthier calomnie, il calomnie beaucoup. Sur ce terrain, il arrive même à dépasser Christophe Bourseiller. Ce n’est pas peu dire !

Le grimaud Berthier publie sur la Révolution allemande après avoir publié sur la Révolution russe, occasions saisies par lui pour attaquer le marxisme révolutionnaire des Gauches communistes : russe, allemande, italienne. Ainsi, les deux principales batailles de la Révolution mondiale du XXe siècle, sont-elles déformées par un folliculaire de la Fédération Anarchiste en mal de reconnaissance du public qui en ferait une sommité du monde des historiens Or, Clio, muse épique, ne cesse d’accabler l’anarchisme.

Si la Révolution bolchévique russe fut le tombeau de l’anarchisme, la Révolution spartakiste allemande ignora que des anarchistes existaient, sauf en Bavière où, acoquinés avec les Indépendants, ils déployèrent l’éventail de toutes les facettes de leur idéologie petite-bourgeoise.

Durant le 1905 prolétarien en Pologne, en Russie et au Caucase, les anarchistes de ces zones explosives agirent sous le pavillon du banditisme dont ils n’étaient qu’une variété. Dans « Grèves de masses, Parti et syndicat », Rosa Luxemburg n’éprouve que dégoût devant le déploiement du drapeau noir. De son côté, V.I. Lénine prouve que les anarchistes n’appartiennent pas au mouvement ouvrier et persuade les prolétaires d’interdire l’admission des anarchistes dans les Soviets, organismes politiques du pouvoir des masses social-démocrates. Les anarchistes de Pétrograd et de Moscou ne jouèrent aucun rôle lors des journées insurrectionnelles d’Octobre 17 ; les plus sains d’entre eux rejoignirent – mais pas toujours durablement – les rangs bolchéviques, comme l’a mis en évidence V. Serge. Les anarcho-syndicalistes allemands passèrent tout à fait inaperçus dans la « November Revolution » ; pendant la « Semaine sanglante », pas un seul anar ne tomba sous les balles des freikorps noskistes.

A défaut de pouvoir faire ressortir un quelconque rôle vraiment révolutionnaire de la part des anarchistes allemands, Berthier calomnie les Spartakistes qu’il qualifie d’ « impatients » qui veulent « proclamer un gouvernement révolutionnaire à Berlin » et qui veulent sortir des syndicats, mot d’ordre dont l’application « restera toute confidentielle », alors même que des Unions antisyndicales surgiront partout et recouvriront toute la République de Weimar. Mais, notre syndicaliste à tous crins, n’en reste pas là. Il va calomnier aussi les Communistes-de-Conseils Hermann Gorter et Antonie Pannekoek. Pour ce faire, il utilise Radek contre le « poète » Gorter et Trotzky contre l’ « astronome » Pannekoek. Ainsi, croit-il démontrer leur incapacité congénitale à mener une révolution. Et de souligner que les unionistes kapédistes ne savaient rien faire d’autre que de scissionner après d’interminables discussions byzantines sur le sexe des anges. Défenseur de la gestion du Capital par le Travail, Berthier se permet de critiquer La « Critique du Programme socialiste de Gotha » pour… ses contradictions et le manque de clarté de… Engels – elle est de Marx !

A l’instar du stalinien P.Togliatti, l’anarchiste Berthier calomnie aussi A.Bordiga en disant que par sa politique « sectaire », quand Bordiga dirigeait le Parti, Bordiga a fait le lit du fascisme et que sous la dictature noire mussolinienne, l’ « architecte » Bordiga se taisait, se cachait comme un lâche, laissait les antifascistes recevoir les coups de la réaction brune. Et, Berthier « constate » que les milieux bordighistes n’avaient rien à envier aux communistes-de-conseils en matière de « byzantinisme » et de « scissionnisme ».

On a, dans les milieux staliniens et social-démocrates, beaucoup écrit contre les Gauches Communistes. C’est en remontant aux années Trente qu’on trouve des attaques aussi abjectes et aussi lâches que celles de Berthier qui appartient à l’anarchisme, un milieu aussi pourri que la social-démocratie et que le stalinisme. Monsieur Berthier, qui calomnie comme il respire, s’est ligué avec la bourgeoisie impérialiste pour, de ses mains malpropres, salir toutes les composantes de la Gauche Communiste Internationaliste. Les vues de Monsieur Berthierr sur la Révolution russe, sur la Révolution allemande et sur la lutte du bordighisme pour étendre ces Révolutions en Italie, sont celles d’un historien nul et d’une petite somme de connaissances qui s’est avisé de juger des géants.

Pour le pragmatique Monsieur Berthier, les actuels communiste de gauche ne forment que des sectes d’autant plus mégalomanes qu’elles sont insignifiantes dans la lutte de classe des travailleurs qui, pour le réformiste Monsieur Berthier, proudhonien devant l’Eternel, est la lutte pour de « justes salaires » et le droit à une retraite bien gagnée. Ce sont, dit Monsieur Berthier, qui est, lui, « sur le terrain », des déserteurs du combat syndicaliste. Ce sont, dit Monsieur Berthier, qui, lui, défend la social-démocratie, des « illuminés » de la dictature du prolétariat. Monsieur Berthier, défenseur du « front unique ouvrier », ne comprend pas réellement leur haine viscérale de la social-démocratie. Peut-on, vraiment, être à ce point aussi sénilement bigleux ?

Monsieur le bakouniniste Berthier n’aime pas donc l’expression marxiste « dictature du prolétariat » et il lui substitue la formule d’absence immédiate de pouvoir, comme le lui a dit Bakounine, un de ses maîtres avec De Paepe, le théoricien belge du possibilisme par la coopération du Travail avec le Capital – un joli mentor ! Monsieur Berthier est un petit-bourgeois chez qui « démocratie », « liberté », « droit », sont les mots qui reviennent fréquemment aux lèvres. C’est dans l’anarchisme qu’il les a trouvés, comme d’autres trouvent de l’enchantement à faire entendre une homélie pastorale.

Fier imbécile d’appartenir à l’anarchisme, il fait passer le C.N.T./F.A.I. comme le seul courant qui ait résisté avec des armes au fascisme ibérique, dans une lutte pour faire triompher le socialisme. Il défend D.Daeninckx et G.Marchais contre les dérives fascisantes d’une frange minoritaire du parti stalinien. Dans sa conclusion, il calomnie une fois encore la Gauche Communiste allemande, en niant qu’il y eût des organisations révolutionnaires préalablement au déclenchement de la Révolution allemande et dit qu’elle ne sut pas résoudre le problème de l’ « articulation (mot typiquement trotzkyste) entre organisation de classe et organisation des révolutionnaires ». Monsieur Berthier a pas mal emprunté à Monsieur Bourrinet, autre anti-léniniste.

L’anarchisme ? qui étudie l’histoire du mouvement ouvrier rencontre ce mot à chaque pas, un mot qui signifie trahison. Au nom de l’anarchisme, on a défendu les deux guerres impérialistes mondiales, la boucherie en Espagne, l’anti-bolchévisme, la démocratie, l’inter-classicisme. On l’a vu défendre hier la S.D.N. et aujourd’hui on le voit défendre l’O.N.U. On l’a vu se battre en 1919 pour W.Wilson et on le voit se battre pour B. Obama. Maintenant, l’anarchisme, souillé indélébilement, rend le Spartakisme responsable du nazisme et le bordighisme responsable du fascisme. Quelle ignominie ! La crapulerie politique est inhérente à l’anarchisme. La Révolution communiste, voilà l’ennemi pour les anarchistes. Nous n’en connaissons pas qui ne le soient pas.

Salissant les Gauches Communistes de ses ordures anarchistes, Berthier, au nombre des meilleurs amis du Capital, met le comble à l’indignation. On est plein de rage et d’écoeurement de sa lâcheté. Ce livre, écrit par un idiot, plein de fracas antimarxiste, illustre que l’anarchisme est l’école du mensonge où il ne fait qu’un avec le stalinisme.

Marseille, après-midi du Premier Mai.

mercredi 6 mai 2009



De l’imbécilité sociale et des robots syndicalistes

(rituels syndicaux et robots-bobos)

Etymologie : du latin imbecillitas (« manque de force physique et de réflexion »). La graphie recommandée par l’Académie française (orthographe de 1990), avec un seul l, rompt avec l’étymologie, mais réintroduit la cohérence avec l’orthographe d’imbécile (écrit avec un seul l depuis l’édition de 1798 du dictionnaire de l’Académie française).


« L’économie politique cache l’aliénation dans l’essence du travail par le fait qu’elle ne considère pas le rapport direct entre l’ouvrier (le travail) et la production. Certes, le travail produit des merveilles pour les riches, mais il produit le dénuement pour l’ouvrier. Il produit des palais, mais des tanières pour l’ouvrier. Il produit la beauté, mais l’étiolement pour l’ouvrier. Il remplace le travail par des machines, mais il rejette une partie des ouvriers dans un travail barbare et fait de l’autre partie des machines. Il produit l’esprit, mais il produit l’imbécillité, le crétinisme pour l’ouvrier. [...] Marx (Manuscrits de 1844)



« Les intellectuels, dont la cervelle est farcie de tous les préjugés de la classe bourgeoise (…) sont de vrais imbéciles, en restituant à ce mot son sens original latin, impropre à la guerre ».


Paul Lafargue (Le socialisme et les intellectuels, 1900)



Vous voici, lecteur intelligent, au royaume des imbéciles de toutes sortes, pas encore enfermés et pas totalement imbéciles. Formule oubliée de Marx ce qui caractérise le capitalisme est aussi la « production sociale de l'imbécillité ». Mes lecteurs iconoclastes ne seront pas étonnés que je traite donc de cette question et que je l’actualise. Votre serviteur théoricien hardi, capable de théoriser la notion de grève bourgeoise comme de manifs-rando inutiles, se devait d’approfondir les carences qui caractérisent le prolétariat en ce moment, sans concession, comme il en souligne régulièrement les innombrables qualités, non pour se payer les robots syndicalistes qui prétendent toujours commander à la classe ouvrière, non pour se satisfaire de ses propres qualificatifs pamphlétaires, parfois grossiers, mais pour mieux saisir ce qui fonde l’imbécillité qui tétanise encore les masses de prolétaires qui ont bien besoin de l’intelligence historique du marxisme, lequel n’est la propriété de personne et surtout pas des professeurs qui pratiquent ce « racisme de l’intelligence » que fustigeait feu Bourdieu, avec raison. Nous ne nous attarderons pas ici sur le fait que parfois (ou souvent), on traite quelqu'un d’imbécile seulement parce qu'il ne partage pas notre opinion ou ne comprend pas ce que l'on a peut-être maladroitement exprimé. Nous parlerons de l’imbécillité politique comme handicap dans la capacité de raisonnement logique, et une perception sociale rabougrie. Nous laissons de côté l’intelligence universitaire ou l’intelligence comme jugement de valeur qui met en jeu des complexes de supériorité élitaires.

La caractérisation d’imbécile vise une notion politique, un comportement général, pas l’individu en soi. Il ne s’agit pas du conflit interpersonnel où je vais chercher à blesser l’autre pour prétendre à ma supériorité. Il s’agit de pointer une défaillance politique.
Cette défaillance oscille entre aveuglement et sectarisme, ou esprit borné. Je souscris tout à fait à la définition de Lafargue lorsque, en politique, je traite mon adversaire d’imbécile = impropre au combat. Dans la discussion ou la polémique, mon adversaire va me reprocher mille choses, défendre sa conception du combat (par ex continuer à défiler derrière les syndicats et voter toujours plus à chaque élection), ma réplique agressive a pour but de lui signifier que ses vues politiques sont impropres au vrai combat de classe. Je ne cherche pas à l’humilier dans sa personne.


Nous allons découvrir ici qu’il y a de vrais imbéciles, des demi-imbéciles et même des imbéciles un peu intelligents. Pour concrétiser cette analyse de l’imbécilité sociale, je me suis basé sur les commentaires des internautes affilés au journal Libération, hier sur le site de ce trust, concernant la nouvelle programmation de deux journées de promenade syndicale, après celles de janvier, mars et ce pauvre 1er mai (l’une pour le 26 mai, l’autre pour le 13 juin). Comme je prends de plus en plus l’habitude, rare et inusitée en milieu révolutionnaire, de précéder l’interprétation des campagnes idéologiques de la bourgeoisie – au lieu de me navrer après coup de leurs réussites ou échecs – je possède l’avantage d’une meilleure clairvoyance, à laquelle contribuent évidemment plus ces « blogueurs » que les articles des journalistes. Je pense d’ailleurs que ces commentaires libres ajoutés aux articles constituent un meilleur thermomètre des répercussions des imbécilités bourgeoises dans la population prolétaire que les sondages obscurs. La police doit même se régaler de ce qui y est affirmé.


Alors voilà comment moi, qui suit parfois aussi un bel imbécile, inapte à saisir tous les aboutissements d’une situation, je suis parvenu à extraire quelques lumières de l’imbécillité sociale si répandue. Je me suis mêlé aux autres blogueurs, avec ce sentiment de pisser dans la mer et d’inanité dans l’échange. Le blogueur lambda navigue avec son clavier, peut raconter n’importe quelle connerie (ou presque sauf censure du webmaster) mais se retrouve toujours face à… lui-même, quoique le site de Libé renvoie les uns vers les autres avec leurs favoris ou leurs pestiférés. Tout cela est convivial, expédie les uns contre les autres, ne permet aucune réelle discussion ni conclusion comme dans des AG dans la rue ou sur le lieu de travail. C’est l’anarchie du débat anonyme et l’Etat bourgeois rigole.


Examinons deux catégories générales d’imbéciles, celle des internautes individuels plus ou moins le reflet des questions et embûches qui existent comme telles dans la classe ouvrière ; j’ajouterai en fin de compte un petit supplément sur l’imbécillité politique de quelques sectes.





LE VIF DU SUJET



Sous une interview d’un spécialiste des relations sociales (SVP) «La belle image d'unité syndicale risque d'exploser», ce fût un beau tollé, non pas l’angoisse supposée d’une rupture de l’unité des QG syndicaux (avec un faible QI) mais leur annonce de deux nouvelles journées d’action syndicale, procédé pourtant ancien. Personne ne remarqua pourtant que l’initiative était intéressante parce qu’elle reflète la dangerosité de la situation sociale actuelle :


- désindustrialisation accélérée qui se traduit par la suppression de milliers d’emplois,


- disparition des emplois d’intérimaires,


- hausse des bons alimentaires et des endettements,


- réapparition de bidonvilles autour des grandes villes et près des périphériques

(que je suis le premier à signaler et sur laquelle je vais réaliser un reportage).


Parce que ces deux nouvelles journée de randos avec panoplies militantes signifient qu’il faut encore ouvrir la soupape de sécurité (de la cocote minute) pour défouler les robots militants de base et égarer un peu plus les sincères licenciés de base avant l’été. Or, l’été 2009 sera chaud, enfin chaud ; croyez-vous que les licenciements vont cesser et que la caravane du tour de France va intéresser quelqu’un ? Je me suis mêlé des échanges entre blogueurs, mais ma prestation a été vite noyée dans les plus de trois cent autres commentaires :

Une si vieille habitude...

Laurence vos remarques sont justes, mais la tradition des journées d'action "jogging" et tralala n'est pas morte comme le 1er mai (cette ridicule fête religieuse de l'exploitation salariée). Les syndicats, financés directement par l'Etat, ont pour fonction de jouer le couvercle de la cocotte minute depuis ... si longtemps et de refiler leur quart d'heure révolutionnaire aux agités du gosier et à tous les petits arrivistes fonctionnaires qui arborent les brassards syndicaux comme d'autres la légion d'honneur. La seule nouveauté est que ces journées inutiles de défilés ridicules est dans la provocation syndicale: ils se permettent d'annoncer d'avance les prochains enterrements... d'autant qu'ils peuvent se moquer ouvertement de la classe ouvrière, laquelle est encore désorientée, sans perspective crédible de la part des partis déchus de la gauche caviar, de Mélendéchu à Besancenut. Les commentaires qui vous qualifient de Robespierre sont encore ceux des incoyables accolytes fonctionnaires syndicaux ou rattachés, la vraie question est squizzée: qui organise quoi, pourquoi les manifs servent-elles à éviter toute discussion réelle et ne se terminent jamais en AG? (pour en savoir plus, allez donc voir mon blog: proletariatuniversel.com.). ET ne perdez pas votre temps à discuter avec les robots syndicaux-anarchaux-gogols!

mardi 05 mai à 08h16



1. Les imbéciles un peu intelligents:


- un bon internaute sait se retrouver dans le brouillard des fumigènes syndicaux : « L'enfumage … Quel enfumage ces deux manifs. Aucun but sinon enfumer la base cad le peuple ».

- pour celui-là « un camoufletpour les syndicats »: « Le problème, ce n'est pas tant l'estimation du nombre de manifestants dans toute la France (entre 465000 et 1,2 million) mais la tendance. Brisée, cassée, rompue. Preuve que si la crise est violente, les salariés ne sont pas désespérés au point d'aller manifester un jour férié ou lors d'un pont de trois jours. C'est un camouflet pour la CFDT qui milite depuis des années pour organiser des manifestations le weekend. Et une claque pour la CGT puisque cette "faible mobilisation" relativise sa capacité à entrainer les Français à descendre dans la rue».

- un autre a compris la recette ridicule des syndicats : « Recette anti-crise : Voilà la recette proposée par les syndicats pour lutter contre la crise. Aérer les salariés pour leur faire faire toutes les 3 semaines un petit jogging de 5-6 km, histoire de changer les idées. A ce rythme, on va bientôt avoir un syndicat créé par Véronique et Davina. Nul doute que ces petites marches estivales soient la bonne méthode pour redresser la situation de l'économie. Sur le plan marketing, tout est parfait : deux journées de "mobilisation", ou deux journées "d'action". Cela sonne vraiment bien. Sur le plan économique : quasiment pas de perte, l'essentiel des participants sont de toute façon des personnes improductives. Soit disant, Sarkozy serait, selon ses détracteurs, la risée du Monde entier.... mais alors que dire des syndicats ? Franchement, vu de la France, ils sont déjà ridicules,... mais alors vu de l'étranger ! »



- pour un qui signe « C… molles » identifie un « manque d’imagination des syndicats » : « C'est proprement lamentable ! Le manque d'imagination des syndicats est exécrable. A quoi cela sert-il de faire se succéder ainsi les journées de mobilisation. A faire "un coup" comme le dit ce représentant de la CFDT ? Bon sang on ne se mobilise pas juste pour se mobiliser ! Une fois que les troupes sont comptées, c'est bon. On peut passer à l'attaque. Mais non, on va encore demander aux français de se balader dans les centre-villes. T puis les uns diront que le mouvement s'essouffle et les autres prendront prétexte de la "réussite" de la mobilisation pour appeler à une autre ... mobilisation ! Cela s'appelle balader les gogos. »


- un génie s’écrie : « Bon sang on ne se mobilise pas juste pour se mobiliser ! »

- pour celui-là les syndicats sont des « immobilistes » et il faut simplement constater qu’on va de bide en bide : « Et bien si justement. Vu le flop du 1er mai, les syndicats n'avaient rien de mieux à proposer à part cela. Qui veut faire la Révolution que tu appelles de tes voeux ?
Toi, une poignée de gens décalés, mais sûrement pas les syndicats qui pour l'essentiel sont en réalité des immobilistes qui s'arqueboutent à la défense des privilèges de leur clientèle (cf. la FSU qui sur ce point est caricaturale). Leur seul but est de montrer qu'ils sont soi disant unis. Donc ils ne pouvaient proposer que ce qui correspondait au plus petit dénominateur commun entre tous : bref deux inutiles journées "d'action" (le terme me semble vraiment galvaudé !). Donc après le flop du 1er mai, on va passer au bide du 26 mai et à l'enterrement du 13 juin ».

- la conscience de classe est une conscience de « français » pour l’intervenant qui suit, lequel tombe dans l’imbécillité de la séparation public et privé mais en voyant bien que les syndicats sont les artisans de ce clivage, mais en restant au niveau de possibles victoires locales : « Nouvelles "mobilisations" en vue ... L'imagination débordante des syndicats a encore accouché de nouvelles "mobilisations ». On ne peut être qu'admiratif de leur constance à se réunir, et à se réunir encore, pour décider toujours les mêmes choses, à savoir des "mobilisations" qui sont pour le moins saugrenues, et improductives, dans les circonstances actuelles.
Les français ne sont pas dupes et se rendent bien compte que les syndicats sont complètement dépassés par la crise, et qu'ils noient le poisson dans des "mobilisations" à répétition, alors qu'ils devraient essayer de peser en force, ponctuellement, sur tous les évènements qui se traduisent par des licenciements massifs ou des délocalisations. Nos syndicalistes ne sont que des généralistes qui "comprennent tout en général mais rien en particulier. Il est vrai qu'il leur est impossible de "mobiliser" la fonction publique, qui représente l'essentiel de leurs adhérents, sur les problèmes de Caterpillar par exemple, ou ceux concernant d'autres sociétés privés en difficultés. Les syndicats préfèrent donc "mobiliser" sur les thèmes généraux qui sont les leurs depuis des lustres et qui ne mangent pas de pain, et qui représentent leur fonds de commerce à destination des fonctionnaires, plutôt que de se bagarrer dans des conflits "privés" où leur action serait appréciée en fonction du résultat obtenu ...
Nos syndicalistes "comptables" préfèrent ergoter sur le nombre de participants à leurs "mobilisations" que d'avoir à rendre des comptes sur l'efficacité de ces mêmes "mobilisations" dans le règlement de conflits qui concernent les non-protégés de notre système, à savoir les employés du privé ... Sauf erreur de ma part, je ne me souviens pas que les syndicats ont "mobilisé" lorsque les salariés du privé ont été victimes de la décision de Balladur d'allonger l'âge de leur départ à la retraite. Les français non fonctionnaires savent parfaitement que lorsque les syndicats font mine de s'intéresser aux employés du privé c'est pour mieux faire passer leurs "mobilisations" pour les fonctionnaires ... ».

- le suivant approuve et signale qu’on peut aller plus loin car « il n’y à rien à attendre des syndicats » et souscrit à la notion d’imbécilité: « force est de constater que vous avez raison bide le 26 mai et plus qu'un enterrement le 13 juin un samedi de surcroit !! Tout ceci m'apporte que dégout ... arrêtons de prendre le peuple pour des imbéciles ..... Actuellement des collectifs se créent un peu partout et c'est très bien, ne rien attendre des syndicats, subventionnés par l'état ».

- les syndicats c’est du bidon catégoriel de toute façon pour celui-ci : « de toute façon les syndicats, qui est ce qu'ils défendent mis à part les salariés qui ont un travail. Ils ne descendent certainement pas dans la rue pour les sdf, les rmistes, les chômeurs longue durée, les retraités qui n'y arrivent pas, les travailleurs sans papier... Ils défendent seulement ceux qui ont encore un bifteck dans l'assiette et c'est ça qui va pas. TOUS SOLIDAIRES!!!!!!!!CONTRE CE GOUVERNEMENT POURRI POINT BARRE!!!!!!!!!!!!!! ».



2. Les demi-imbéciles :

- il faut bien rire un peu ajoute le petit Nicolas et souhaiter un nouvel octobre (1917) : « Mon employeur ... m'a refusé mes congés d'été que j'avais posés pour Juillet. Les syndicats pourraient-ils dresser une journée de manifestation dans ce mois, ça me ferait une journée de vacances "supplémentaire" ? Allez ... vivement la rentrée ! Il n'y a pas que Mai dans les annales de la révolution, il y a aussi octobre. »

- un faux naïf s’incruste parmi les demi-imbéciles et suggère une manif par mois : « Une manif par mois ... dont une programmée un samedi. En effet, rien de tel pour tester son poids que de convier l'ensemble des salariés à manifester un jour de week-end.
Je suggère aux syndicats qu'une prochaine journée soit posée pour un dimanche. Et bien entendu, après que la loi sur le travail dominical aura été votée. Alors - et c'est une évidence - on ne mesurera jamais mieux l'ampleur et l'impact de la protestation que lorsque les français du Rocher de Principauté de Sarkozie auront manifesté en masse pendant leurs congés. M'est avis que l'insurrection s'y prend à l'envers. Ne devrait-on pas réviser 1968 ? Dans mon souvenir, je crois (mais je parle sous l'autorité des syndicalistes, des politologues, des historiens et des acteurs de cette époque), que syndicats et monde du travail (ouvriers, employés et salariés) avaient été parmi les derniers à rallier la contestation qui avait déjà démarré dans le monde enseignant et parmi les étudiants dès la rentrée de septembre 1967 ...non ? »

- celui-là ne voit qu’un manque de crédibilité des syndicats français (parce qu’ailleurs ils sont crédibles ?) : « Les syndicats francais n'ont que peu de légitimité puisqu'ils ne représentent qu'une faible proportion de la population francaise. C'est là leur grande faiblesse.
Ils représentent en majorité une partie de la population protégée dans son emploi ».

- Pour « Evidemment! » : « Oh quelle surprise! Et pourquoi pas une journée de mobilisation nationale à la Saint Glin-glin, pour obtenir des caramels mous à la cantoche! Ce n'est pas comme ça qu'on fera plier ce gouvernement. GREVE GENERALE ILLIMITEE! ACTIONS SPONTANEES DANS NOS ENTREPRISES! ».

- « Evidemment » est immédiatement contredit : « ... ça ne marchera pas non plus... les gens en ont marre des grèves et des manifs, tout simplement... et tout simplement, entre se plaindre du gouvernement et ne pas s'en plaindre, ils préfèrent ne pas s'en plaindre...Car tous ceux qui n'ont pas manifeste le 1er mai, ce sont tous ceux qui constituent la majorité silencieuse en fait.... Les syndicats tombent bien bas, en voulant encore organiser des journées de non-action.... on n'en veut pas, et on n'a pas besoin d'eux pour nous défendre en plus... ».


- il y a de quoi être excédé par ces syndicats « minables » : « Minables ! Petits syndicats sans couilles, vendus... Quand iront-ils jusqu'au bout ? Grève totale, blocage total de l'Elysée, de la bourse, des aéroports, prise du Parlement, ... Que de belles idées que nos petits syndicats frileux ne risqueront pas de prendre. De peur de quoi ? Une chose est certaine, ce gouvernement se contrefout des manifs. Il faut donc changer d'optique et les attaquer la ou çà fait mal..... ».

- syndicats de merde hurle un apôtre de la grève générale : « ces syndicats m'emmerdent.ils ne proposent que du vent, des marches et des paroles et n'ont plus aucune idée de comment obtenir quoique ce soit, ligotent dans l'incapacité et l'inaction. Mais c'est bien car ils se dévoilent et démontrent leur inutilité et ils ouvrent tout grand la porte de l'Insurrection et de la Grève Générale, si on est pas tous déjà mort de rester assis sur notre gros cul.................. »

- il suffit de changer les dirigeants syndicaux , dit cet autre: « BOUGEZ ! Quand vont-ils arrêter de trahir la base avec leurs paroles méandres; c'est une honte; rien n'a bougé depuis le début des grèves; c'est un paquet de gros chewing-gum fondu au soleil qu'aucune vitamine ne réveillera. Changez les ! ou virez les ! »

- avec une prière pour le mythe de la grève générale, celui-ci a trouvé les racines de la trahison dans l’aristocratie ouvrière : « Oui à la grève générale ! Non aux défilés qui ne servent à rien ! Comme je l'ai rappelé sur un autre post, les défilés "Bon enfant" pacifiques sont des leurres pour éviter le pire pour le pouvoir bourgeois: une grève générale comme en Guadeloupe, mais qui poserait la question du pouvoir et la légitimité de la pseudo-démocratie bourgeoise ! Rien ne dit que ces leurres fonctionneront longtemps ! En tout cas, nous sommes un certain nombre à travailler à faire ouvrir les yeux sur la trahison de l'aristocratie ouvrière qui domine les syndicats, et qui sont de mèche avec les politiciens bourgeois de gauche, comme de droite ! ».


- 'Kommunist' croit aux syndicats stalino-anarchiens, il écrit : « 2 journées ? pour quoi faire ? s'aligner sur le minimun revendicatif et d'action ce n'est pas la solution...il faut que les syndicats qui veulent vraiment agir se démarquent des "frileux"...s'ils sont sincères, un bloc CGT-SUD-FO qui appellerait à la grève générale serait bien plus écouté que ce cartel des "8" qui veut nous faire "marcher"....Surtout que rien n'est prévu après ces deux jours de balades… si encore cela devait déboucher sur une action de grande envergure, pourquoi pas ? mais là, ils nous préparent le même enterrement de première classe que lors de la venue de 4 confédéraux à Marseille pour le problème des retraites....après ils diront :"vous voyez, les gens ne veulent rien faire.."...alors qu'eux même ils organisent la démobilisation...basta ! Dehors ces bureaucrates...!

- excédé celui-là qu’on ne soit pas « tous ensemble » et que cela baigne dans l’imbécillité … populaire : « syndicat caca ! Sud et Solidaires,"aller jusqu'au bout", grève générale, forcer l'issue par le conflit avec le gouvernement etc....les autres on défile, on défile, on défile, on redéfile, on surdéfile .........à la saint glin-glin. Le choix est simple non ? on est pas des mannequins-collection printemps 2009 , non de bleu de merdeuuuuuuuuuuuuuuu !!!!!!! qu'est ce qu'on a à perdre de mettre le bordel dans le pays, si on y réfléchit bien. Vous imaginez si Desmoulins, Danton, Blanqui etc...avait eu peur de 'gêner' leurs concitoyens quand ils ont agi !!!!! quelle honte sur nous d'être aussi incohérents de servilité et stupidité », c'est consternant:de quoi on discute en fait ??????????????????? d'aveuglement abruti de la populace............................? ».


3. Les vrais imbéciles :

- sur l’alternative, la frontière est ténue entre demi-imbéciles et vrais imbéciles, le précédent se fait remettre en place par celui qui vient – qui n’a pas vraiment sa place parmi les imbéciles intégraux qui vont suivre : « Pour aller où ? : Au-delà des revendications démagos : plus de sous, plus de moyens (ça revient au même), moins de licenciements (idem), etc. qu'est-ce qu'ils veulent ? Qu'est-ce que vous voulez, à gauche ? Le départ de Sarko ? Mais, depuis 83, la gauche fait la MEME politique que la droite, à quelques stupidités près ! Et c'est vrai dans toute l'Europe. Brown et Zapatero font la même; vous adorez Obama ? Il fait la même chose. Vous voulez Royal ? Elle est encore plus à droite que Sarko, malgré son étiquette PS. Vous rêvez de quoi ? Du Vénézuela de Chavez ? D'un régime léniniste ou trozkiste ? Emigrez donc en Corée du Nord ou à Cuba ! Comment peut-on être aussi irréaliste ou naïf ? J'avoue que ça me dépasse, ces croyances en un monde meilleur avec des gens qui seraient "gentils" parce que de gauche. Et regardez comment vous traitez les anciens gentils du temps de Mitterrand : des traitres, des nuls, des ringards, des faux gentils. Je donne ma langue au chat : vous êtes une énigme insoluble ».

- soyez polis répond un vieux routier des changements de veste syndicale, désormais dans les jupes des syndicats anarcho-gauchistes : « RENCONTRE INTERSYNDICALE : Pour répondre à Pouzac, je fais partie du syndicat SUD et Solidaires et je lui demande de respecter mon engagement et celui des autres adhérent-e-s qui y sont. Etre adhérent à un syndicat mérite d'autres mots que les siens. étais en 1995 à la CFDT et je l' ai quitté début 1996 comme beaucoup d' autres pour un syndicalisme de lutte et non pas d' accompagnement
S' il y a plusieurs syndicats en France, c' est que nous n' avons pas les mêmes visions de la société. Nous ne faisons pas partie "des partenaires syndicaux" comme aime à le rappeler ce Gouvernement.Alors, avant d'insulter les salarié-e-s, commencez par écrire des textes un peu moins vulgaires ».

- un robot syndical réagit au quart de tour face à la flopée de remarques railleuses sur les promenades syndicales inutiles : « On y sera (aux balades corporatives), parce qu’il y a de quoi se mobiliser sur tous les fronts ! ».

- mobilisez-vous tous enseigne ce robot professionnel qui se croit intelligent : « Rappel ! Dans une grève générale il faut être plus nombreux que les CRS. Lol ».

- un robot de base comprend les efforts des QG syndicaux et prend pour cible les « irréalistes » : « pour le YAKA et les FAUKON : si les salariés étaient massivement syndiqués les dirigeants des syndicats n'aurait pas à appeler à manifester, le poids des adhérents seuls suffirait à faire bouger le gouvernement, c'est le petit nombre de syndiqué qui oblige aux manifs. Quant à virer les dirigeants, c'est simple entre avec de nombreux salariés dans le syndicat de ton choix et vire les dirigeants! tiens je fais aussi du YAKA !!! ».

- un fidèle du syndicalisme new look, écolo et pédalo, tiens à confier une info en exclusivité à emzola : « Il existe pourtant un syndicat qui se bat sur tous les fronts que vous citez : c'est Solidaires... Allez visiter son site : http://www.solidaires.org/ ».

- Pour « c'est peu clair » : « La finalité des syndicats de salarié c'est de défendre les intérêts des salariés pas de prendre le pouvoir dans les institutions ou de faire la révolution. D'autre part les partis politiques de gauche eux ne doivent pas ou ne devraient pas être des mini syndicats de salariés ou des syndicats de politiques. Leurs fonction à eux c'est ou ça devrait être essentiellement la conquête du pouvoir ».

- pour un robot CGT militant fonctionnaire: « VISER JUSTE AU BON MOMENT... La grève générale c'est un fusil à un coup disait justement un journaliste...Je suis en accordimplantée ...Je fais confiance à la CGT en particulier qui est la plus implantée partout sur le terrain et très démocratique et qui donne la vraie température DE LA BASE , et si avec la cfdt et autres ils ne sentent pas le conteste (électoral européen) de cette période des vacances également mieux vaut garder son potentiel pour une rentrée plus chaude , vous connaissez le proverbe " rien ne sert de courir..etc.." , SUD vous direz une simple allumette peut mettre le feu , mais le terreau politique est encore fébrile et s'il y'a pas un consensus sur la crédibilité d'un programme alternatif d'une gauche unie de Besancenot à Bayrou proposé par la seule Mme Royal , alors le doute frainera la masse car dans la vie , quand on prend un bus on veut connaitre la destination ; tant que la gauche politique ne se fédère pas comme les syndicats , la france gauloise risque de garder CÉSARKOSY ».

- un syndicaliste avoue sa peur de la révolution : «La grève générale est un piège tendu par le gouvernement dans lequel les syndicats font bien attention de ne pas tomber. Une grève générale a 2 tranchants et les syndicats le savent très bien. Les Français ne s'opposent pas à la contestation mais ils n'aiment pas le "bordel". Ce que vous prônez c'est la Révolution, c'est à dire le renversement d’un système politico/économique, cela n'a rien à voir avec le syndicalisme... ».

- il est bien seul le crétin électoral qui engage au vrai combat : « le vrai combat ! le vrai combat c'est de changer de gouvernement par les urnes il faut à tout prix battre l'ump à tous les scrutins ».

- il n’y a pas d’alternative politique sérieuse à gauche comme à droite, mais nous l’avons classé dans les vrais imbéciles pour manque d’imagination : « Et après? De toute façon les syndicats sont coincés - soit ils continuent à promener les Français tous les mois et progressivement les rangs des manifestants vont se vider devant l'inefficacité de ce mode de contestation - soit ils s'embarquent dans une grève générale et là, la droite SarKo en tête, n'attend que çà pour provoquer la chienlit - avec l'appui d'hommes de mains... cagoulés - et fédérer les trouillards. Les "soixante-huitards" se souviennent que c'est le même processus qui a abouti à la grande manif. des réacs du 30 juin après la fuite de De Gaulle à Baden-Baden puis à la marée bleue des députés godillots à l'assemblée nationale. Les syndicats ne sont que des "modérateurs" qui pratiquent la collusion objective avec les gouvernements : des salariés (Caterpillar, continental, Hôpitaux....), des étudiants, ont compris qu'il fallait leur passer par-dessus la tête. Mais quand les 65% de citoyens qui jugent SarKo inefficace mettront leurs actes en harmonie avec leurs paroles qui désigneront-ils : SarKo ou SarKo ?
Docteur la sortie de l'asile c'est vers où? »

- un imbécile intégral qui croit à la tergiversation des QG syndicaux et au grand soir de la CGT : « Pas surprenant : Je ne suis pas surpris avec 8 syndicats qui sont d' accord sur pas grand chose, je m'attendais à ce type de "riposte" minable. Adhérent de la CGT ça me fait vraiment chier de payer mes 15€ par mois pour abandonner le combat contre Sarkozy. D' ailleurs le plus satisfait de la réponse syndicale c'est Hortefeux qui félicite à sa façon les Chérèque, Mailly, Thibaud and Co pour leur sens des responsabilités... J' ai vraiment l' impression que les "dirigeants" syndicaux tergiversent alors qu' il faudrait accélérer. A quand un appel des boites en lutte, de la population pour une marche sur Paris, sur l' Elysée? Alors mes chers Kamarades de la Cgt ne soyez pas étonnés si nous sommes de plus en plus d'adhérents a être attirés par OB et le NPA! Et puis vous n’allez pas nous faire croire que les élections européennes vont changer qq chose à notre vie... »



Conclusion d’un imbécile sans voix ni loi :

Alors que j’étais le premier à m’être prononcé sur ce dramatique risque de désunion des QG syndicaux, et que je fus noyé dans les commentateurs et même pas relevé par un d’entre eux, je vous livre mon billet en conclusion à charge de revanche : « On s'en fout... Unis ou divisés, les QG syndicaux organisent la balade de leurs robots militants mais n'abusent plus la grande masse des prolétaires qui en ont marre d'être pris pour des idiots. Gare à ceux qui réfléchissent! ».



Une absence de parti politique crédible et des sectes imbéciles


Pour le 1er mai, toute secte se doit de differ son tract général. Je n’en prends que deux imbéciles ici parce qu’illustratives de la bêtise politique sectaire. Alors que, comme nous l’avons vu dans ce débat obscur et clair, décapant et tonifiant parfois, des prolétaires internautes, la grave question qui sous-tend toutes les autres, toutes les récriminations, toutes les diatribes contre les organismes syndicaux de l’Etat, reste : la révolution est-elle possible, pas tout de suite bien sûr, mais sur quelles bases et comment ? – les sectes répondent par ce qui est banni à jamais historiquement pour le prolétariat : revendications égalitaires gauchistes + prise du pouvoir par le parti. On imagine les hurlements de tous nos internautes réunis toutes imbécilités confondues face à ce programme débile néo-stalinien.

Avec son tract : « Pour se défendre contre la crise capitaliste, une seule solution la reprise de la lutte de classe » dit le Prolétaire-tract pour le PCI-quatre membres. La moitié du papier explique aux prolétaires que la crise est une crise capitaliste de surproduction pour des besoins égoïstes. Peine perdue la plupart des prolétaires le savent déjà. Quant à l’appel à une reprise de la lutte de classe, peine perdue c’est déjà fait par les prolétaires eux-mêmes sans parti et sans autorisation syndicale ! ON y li enfin qu’il faut appeler à la lutte de classe, mais laquelle puisqu’il y en a déjà une ? Comme du parti mondial Kommuniste la plupart des prolétaires et moi on s’en branle, il faut bien les allécher par une liste de revendications… gauchistes égalitaires et nunuches : - diminution drastique ( ?) de la journée de travail ! Augmentation importante ( ?) du salaire, plus forte pour les salaires les plus bas (court toujours mon lapin !), et de tous les minimas sociaux (bis repetita), Salaire égal pour tous, hommes et femmes (= PS et mon œil), jeunes ou vieux, autochtones ou immigrés, Non aux licenciements (= NPA et ta sœur), Embauche des précaires (pourquoi pas ?), salaire intégral aux chômeurs (surtout ceux payés à rien foutre) ! Régularisation de tous les sans-papiers (et régularisation de toute la misère du monde), non aux discriminations et expulsions (et priorité du travail aux immigrés…), Non au contrôle de l’immigration (et virez les français en trop en Afrique !). Avec ce listage petits bourgeois irréaliste et parfaitement diviseur de la classe ouvrière, au nom d’une prétendue égalité (anti-marxiste) ce « premier pas revendicatif » mènera à… la reconstitution du parti communiste mondial. De profundis le parti, le bordiguisme, les bordiguiens et leurs salamecs rédhibitoires. Un clone du minuscule PCI, encore plus minuscule, le GCI ramène sa fraise de la même manière. Le tract : « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes » passe ses deux pages à expliquer la crise à ces « imbéciles » de prolétaires. Toutes les dernières agitations de la Grèce aux Antilles prennent valeur d’exemples à suivre, comme c’est la mode de le dire en milieu gauchiste et anarchiste. On trouve en toute fin le même listage de revendications petites bourgeoises égalitaires que le PCI et « pour la reconstitution du parti de classe ». La reconstitution du parti de classe, on verra si c’est un OVNI ou pas, mais ces gens-là n’y auront pas leur place, du fait de leurs positions anarcho-staliniennes, et surtout parce qu’ils auront contribué à ridiculiser la vraie lutte de classe, ou encore les objectifs principaux de la révolution en restant une simple surrenchère du syndicalisme gauchiste impuissant et stérile, post-léniniste.






RESTAURATION DU PARTI
BOLCHEVIQUE