"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».
Marx (L'idéologie allemande)

«Devant le déchaînement du mal, les hommes, ne sachant que devenir,
cessèrent de respecter la loi divine ou humaine. »

Thucydide

mercredi 28 mars 2018

UN FAUX SCOOP ANTISEMITE : l'instrumentalisation politique de la marche blanche


LE BUT : créer une ambiance 14-18 pour mieux étouffer la grève annoncée des cheminots !

« Tuer un policier dans le Bronx ou un carabinier dans la campagne de Naro, tirer dans le dos d'un officier, cela lui semblait une chose d'honneur . Et cette façon de penser n'était pas nouvelle pour moi, c'est ainsi que pensaient les contremaîtres de la soufrière qui touchaient de l'argent des patrons et de nous, qui nous assuraient le travail et assuraient notre rendement aux patrons, et ceux qui ne payaient pas les offensaient dans leur honneur ».

Léonardo Sciascia : Les oncles de Sicile (Einaudi, Turin 1960)

« N'empêche que deux innocents ont été envoyés à la chaise électrique, et toute l'Amérique savait qu'ils étaient innocents, les juges le savaient, et le Président, et ceux qui font les journaux et ceux qui les vendent ».
Léonardo Sciascia : L'antimoine.

Mettons que tout se mélange dans ma tête. Peut-être n'est-ce pas de ma faute... Les infos sont avalanche perpétuelle, marmelade apparemment inconsidérée que le vent, la pluie et les arbres colportent jusqu'à la moindre cabane bambou; le fait divers criminel côtoie annonces gouvernementales comme la vie des stars est logée à la même enseigne que les leçons de morale politique bourgeoise ou les desideratas de n'importe quel puissant journaliste ou banquier.

Comment s'y retrouver au quotidien ? Nous étions, il y a peu, dans une ambiance de conditionnement ou de préparation à une grève d'envergure mais en pointillé, au goutte à goutte quoi comme ce flacon suspendu au chevet du malade alité à l'hosto. Puis on eût cette étranger fixation sur Sarkozy avec des buts inavouables. Puis s'est produit l'attentat sinistre près de Carcassonne, où le sacrifice d'un lieutenant-colonel a donné un amplitude considérable au crime crapuleux dit islamiste modifiant la morne litanie habituelle, et haussant cet homme naïf et fort boy-scout au rang de héros de la nation1. Occasion trop bonne pour ranimer l'antiterrorisme officiel qui ne sert à rien si l'on ne s'en sert pas. ET donc la compassion nationale du « vous n'aurez pas ma haine », sublime version du masochisme chrétien qui accompagne l'éternité du terrorisme obscur comme Lucifer qui dit merde à Allah et au Christ ressuscité.
Un imbécile membre du parti dit insoumis a ensuite amplifié l'indignation par sa goujaterie déplacée et servi de bouc-émissaire judiciarisé à la pensée moyenne des gauchistes en général et des trotskistes radicaux en particulier : tuer un flic ou un militaire c'est révolutionnaire !
Mal lui en prit il fût dénoncé sans vergogne par son propre chef Mélenchon qui, de peur de perdre trois points dans les sondages, fit une amende honorable fort ridicule à la Chambre, saluant le pauvre Arnaud Beltrame comme un « héros de la condition humaine »2. Franchement, tant le meurtre sadique du gradé gendarme que celui de tous ceux depuis 2015 qui ont tenté de s'opposer aux tarés islamistes et ex-voyous, n'en font ni des héros ni des représentants de la « condition humaine », n'en déplaise à Malraux, mais des victimes de la guerre opaque intrinsèque au capitalisme, que Macron a nommé « islamisme souterrain », euphémisme creux. Les trotskistes eux sont restés lâchement silencieux, n'osant même pas soutenir pourtant un frère en idiotie.
Le lampiste qui s'était félicité du meurtre du gendarme n'a même pas été foutu d'assumer ses propos et tant pis pour lui s'il a été lâché par Mélenchon, mais il n'a fait qu'exprimer le sentiment de tout(es) les encadré(es) du NPA. La sanction qui le frappe, certes du sceau de l'imbécillité politique, est en même temps une épée de Damoclès pour toute remise en cause de l'union nationale et des mensonges grossiers de l'Etat.
Qui ne dit mot consent. Pendant la guerre d'Algérie les trotskiens portaient les valises d'armes du FLN et ne dénoncèrent jamais les attentats terroristes. Les bambins du prophète dégénéré persistent pour les meurtres au nom d'Allah. Ni LO ni le NPA ne publient, depuis plusieurs attentats, la moindre prise de position pour dénoncer ces crimes, comme je l'ai signalé à plusieurs reprises. Même le meurtre crapuleux de l'octogénaire dame d'origine juive n'a pas mérité une ligne de compassion, n'est-ce pas qu'un fait divers ? et avec le risque que la compassion étalée heurte leurs électrices porteuses de voile et y voyant une concession à l'Etat « fasciste » d'Israël ! C'est seulement aujourd'hui, ce soir, que, vu l'ampleur de la marche blanche le NPA se fend d'un communiqué pour délivrer ses condoléances à la famille de Mireille Knoll, protestant contre l'antisémitisme mais rien sur le massacre islamisque du Super U ni les possibles assassins antisémites de la vieille dame, et du coup les activistes du NPA sont absents de la marche blanche, qui est respectable au sens où elle exprime le soutien d'une masse de parisiens aux personnes d'origine juive, même si la récup nationale va bon train. LO et Arthaud motus bouche cousue !

Cette façon de désinformer les ouailles trotskiennes obéit pourtant à une stratégie de secte. Elle évite aux sectateurs et sectatrices de voir la réalité et leur permet de vivre dans le monde enchanté de la lutte, pas de classe ouvrière aux races indistinctes, mais dans un meltin pot idéologique et tous azimuts. Le portail du NPA ne titre que sur la préparation de la grève poussive des cheminots depuis des semaines ; les bagarres picrocholines entre extrèmes étudiants et le soutien enflammé à toutes les protestations marginales rivalisent avec la joie de voir Sarkozy traîné à nouveau en justice. Cela crée un climat dans la petite tête des très jeunes recruté(e)s qui ont l'impression d'échapper au bombardement (certes et bobardements) des médias bourgeois. Mais équipés d'oeillères ils ne se rendent pas compte qu'on les empêche ainsi de comprendre ce qui se passe réellement « en politique ». Ne peut-on voir là un remake des limites du socialisme ringard franchouillard, ce même vieux syndrome Jules Guesde se fichant de l'affaire Dreyfus ; baignant dans l'idéologie libertaire du début du siècle dernier, pour le mouvement ouvrier en général la lutte des classes n'était envisagée que comme exclusivement gréviste (les prolétaires n'ayant pas voix au parlement) et les querelles ou avanies de société bourgeoise ne mériteraient qu'indifférence. On sait l'aboutissement du pauvre Guesde dans ce refus de la politique, la soumission à la Défense nationale patriotique. Le NPA est tout simplement en train de nous fabriquer une génération d'imbéciles bornés, futurs sergents recruteurs de la syndicratie et des profs simplets3, mais totalement à la remorque du système macronien : les portails LO et NPA sont surtout dédiés à la reproduction des interventions télévisées de Arthaud, Poutou, Besancenot et de papy Krivine autour de leurs poncifs féministes, antiracistes et antifas d'opérette ; ce qui leur confère une aura publicitaire de radicaux bien connus du public, présents dans le PAF pourtant uniquement comme faux révolutionnaires cacahuètes, gages de morale bcbg mais pas d'éthique anticapitaliste, et partant, forts limités et radoteurs dans leurs invectives ou semblant de raisonnements qui sentent le rance de la gauche fânée.

CRIME ANTISEMITE OU CRIME CRAPULEUX ?
LE MENSONGE A PLUSIEURS SOURCES COMME les plats épicés

BFM a lancé de fausses infos, mais personne n'a répercuté en France que le taré de Carcassonne avait exigé au début la libération du dernier tueur fanatique vivant, et lâche survivant, de l'assassinat de masse du Bataclan, Salah Abdeslam. Le meurtre de Mireille Knoll a supplanté tout questionnement sur l'incapacité policière à empêcher le taré de réaliser sa deuxième tuerie au Super U de province. L'héroïsation du gendarme Beltrame servant à éteindre aussi les questions sans réponse Ruth Elkrief était déchaînée parlant d'une « rescapée du Vel d'Hiv » et du « gendarme qui s'est sacrifié » mais pour ajouter que la haine d'Israël est aussi la haine des juifs.

INTERMEDE AU CIMETIERE DE BAGNEUX

Peu désireux d'aller suivre les récupérateurs politiques à la marche blanche, j'ai choisi ce jour de me rendre à l'enterrement de la dame assassinée sauvagement. Peu après 14 H arrive le cercueil suivi de plusieurs voitures qui s'écoulent dans les allées du vaste cimetière, très vieux cimetière où des juifs sont enterrés ici depuis le Moyen âge. Deux cent à trois cent personnes seront présentes, plutôt âgées avec Kippas et certainement nombre de personnalités que je ne connais pas. Au bout de l'allée où va être déposée la dépouille, je vois soudain arriver Macron avec une kippa. Il attire bien sûr tous les regards, embrasse les personnalités religieuses. La foule est très digne même si les smartphones photographient pendant quelques instants le président. Puis viennent les discours des chefs religieux qui sont franchement nationalistes pro-israéliens et qui affirment que le meurtre de Mireille est un odieux acte antisémite. J'ai envie de dénoncer cette affabulation mais je ne veux pas troubler ce qui aurait dû être un enterrement intime pour la famille au lieu d'être cette ridicule récupération communautariste et nationaliste, avant celle, cacophonique, de la marche blanche à Paris. Ni prendre des risques inutiles face à leurs nervis nationalistes. Je ne peux m'empêcher de penser que si cette pauvre dame était morte de sa belle mort, il n'y aurait eu que la quinzaine de membres de sa famille et pas tous ces bourgeois et rabbins qui ne se soucient jamais des pauvres femmes, vieilles et seules, juives ou pas. Le seul à avoir parlé dignement fût le fils de Mireille Knoll.

LA CREATION D'UNE AMBIANCE « UNION NATIONALE »

Le battage idéologique emphatique contre l'antisémitisme supposé de ce qui pouvait rester dramatique fait divers reste dans toutes les têtes mais le terrorisme ambiant des médias et des politiciens exige le silence. Or la précipitation à qualifier ce crime d'antisémite aurait reposé sur la lenteur de la justice à qualifier ainsi le meurtre ignoble par son voisin de Sarah Halimi, « juive de 65 ans » à Paris en avril 2017. Tous les meurtres n'ont pas vocation à être antisémite, et cette précipitation à grands sons de trompe et de tromperies ne peut que nous interroger sur la violence d'une telle campagne aussi « totalitaire » que simpliste.
Il suffit de décrypter les versions successives de la presse.
Certainement produit par une agence de presse, et reproduit un peu partout, on lit d'abord :

« Mardi, les deux suspects du meurtre de Mireille Knoll ont été mis en examen pour "homicide volontaire à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion", " vol aggravé par trois circonstances" et "dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux". Ils ont été placés en détention provisoire ».  
20 minutes précise plus tard :
«  Mireille Knoll, de confession juive, avait 85 ans et vivait seule depuis le décès de son mari, rescapé du camp d’Auschwitz. Elle-même avait échappé de peu à la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942. L’autopsie a révélé que la victime était décédée avant même l’incendie. Une dizaine de traces de coups de couteau « plus ou moins profonds » ont été relevées sur son corps. Quant au feu, son origine criminelle a été confirmée par deux départs de feu distincts, précise une source policière. Lundi soir, le parquet a ouvert une information judiciaire, notamment pour « assassinat en raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion » et confiée les investigations au deuxième district de police judiciaire ».
Mais il est encore possible de supposer un crime crapuleux :

« Si le parquet a retenu l’hypothèse d’un crime à caractère antisémite, les enquêteurs se montrent très prudents. La piste d’un cambriolage ayant mal tourné n’a pas été écartée. Les suspects pourraient avoir voulu profiter de l’état de santé de Mireille Knoll, handicapée et très affaiblie, pour commettre un vol en dépit de son niveau de vie relativement modeste. « Il n’est pas rare que le parquet choisisse la qualification la plus haute pour pouvoir faciliter le travail d’enquête », explique une source proche du dossier ».
«Il n'est pas rare que le parquet choisisse la qualification la plus haute », tiens tiens ! Même sans preuves ! C'est pourtant cette « qualification la plus haute » que retiennent les chefs religieux communautaristes et nationalistes, et qui est claironnée peu après par le Président Macron lui-même aux Invalides devant le catafalque du lieutenant-colonel :
« L'obscurantisme barbare (...) nie la valeur que nous donnons à la vie, valeur niée par le terroriste de Trèbes, valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu'elle était juive et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire ».

Un seul paquet donc pour l'obscurantisme barbare, avec l'antisémitisme pour seul motif. Comme tout s'explique ! D'ailleurs, s'il faut en croire Gérard Colomb, ministre de l'Intérieur : « Lors des questions au gouvernement ce mardi à l'Assemblée, Gérard Collomb a d'ailleurs dénoncé les "stéréotypes" à l'origine du meurtre selon lui. "Les deux auteurs ont été rapidement retrouvés (...) mais ce qui était terrible, c'est que l'un des auteurs disait à l'autre 'C'est une juive, elle doit avoir de l'argent'", a rapporté le ministre de l'Intérieur ».

Le Crif, instrument du nationalisme israélien, se déchaîne et met au ban de la marche blanche et Mélenchon (soupçonné de connivences avec les indigents de la République) et la mère Le Pen, trop contente de poser à la principale combattante de l'antisémitisme « islamiste »...

Simone Rodan-Benzaquen, Directrice d’AJC Europe (American Jewish Committee), elle, ment carrément : « La France doit marcher pour Mireille Knoll, notre grand-mère assassinée. La haine qui a tué douze personnes depuis 2006 parce qu'elles étaient juives est un problème pour la République, ce sur quoi elle a été bâtie et ce qu'elle défend. Aujourd'hui: une survivante de l'Holocauste de 85 ans, sans défense, peut être assassinée dans son appartement parce que juive ».

Mirielle Knoll n'est pas « une survivante de l'Holocauste », son mari oui l'était.

En réalité il semble bien que la vieille dame vivait plutôt isolée, ses enfants vivant en Israël, et qu'elle ouvrait sa porte un peu à n'importe qui. Les deux zigotos sortaient de prison et l'ont probablement massacrée sous l'effet de la drogue ou complètement avinés. Quant à la réflexion rapportée comme preuve par Colomb, c'est un cliché assez répandu, mais qui ne conduit pas en général au meurtre sadique4, ni ne fait des répétiteurs simplets des antisémites patentés.

BFM, comme toutes les télés et radios qui relaient hystériquement la dénonciation de l'antisémitisme comme cause nationale parfaitement aléatoire, en rajoute, et vainement et impulsivement quand on constate que la persécution ou les agressions contre des juifs sont récurrents, et notamment depuis les milieux les plus arriérés de l'islamisme qui, comme généralité a bon dos et sert plus encore à culpabiliser les prolétaires musulmans. Ruth Elkief, en chef propagandiste, fait l'impasse sur la triste manip de Carpendras où tout le monde était tombé à bras raccourcis sur le FN, alors que les dégradations du cimetière juif avaient été commises par des petits merdeux. La gauche arrogante avait alors empli les rues avec un résistant confirmé, idole politicienne d'une génération d'arrivistes trotskistes ministrables, Tonton Mitterrand.

Pour le meurtre barbare de Ilan Halimi et celui de Merah, pratiquement pas de manifestation. Il n'y pas de grève d'ampleur à enfumer ni exigence d'une campagne idéologique particulière sans doute à l'époque de la part des fractions bourgeoises.
Le relief donné à l'assassinat de cette pauvre dame, hors de proportion, avec précipitation, sans enquête judiciaire approfondie, pour un meurtre de sinistres crapules sans foi ni loi, et qu'ils soient antisémites ou pas, ne peut nous empêcher de nous questionner sur une aussi soudaine gonflette de la (récurrente et pas toujours lucide) dénonciation à tout va de l'antisémitisme, alors que c'est un tueur, bien identifié et « neutralisé », se réclamant de daesch qui, lui, a commis et assumé quatre lâches assassinats près de Carcassone.
Avec la focalisation sur la pauvre dame, française avant d'être juive (ce que je réponds au discours communautariste de Kalifat), on sort des bas fonds de la question de la guerre « souterraine » où est impliquée la bourgeoisie française, et, bonus, on imprime tant la leçon de morale antiraciste comme sommet de la pensée démocratique que, forcément, les futurs grévistes vont passer pour des malotrus portant atteinte à la « communauté nationale », et qu'ils devront s'attendre à se faire casser la gueule par le public uni autour de son grand prêtre Macron 1er, avec son beau profil bourbonien. Car leur statut catégoriel et clanique on s'en tape quand il y a mort d'homme à cause des « terroristes souterrains », cette hydre à mille lernes5.

AU SOUVENIR DE L'UNION SACREE...exemplaire encore de nos jours pour émouvoir l'opinion

Le 31 juillet 1914, à l'annonce de l'assassinat de Jean Jaurès, le gouvernement qui se réunit dans la nuit craint des réactions violentes dans les grandes villes, et retient dans la capitale deux régiments de cuirassiers en instance de départ pour la frontière1. Cependant, rapidement, les rapports des préfets et de la police qu’obtient le ministre de l’Intérieur Louis Malvy lui font estimer que les organisations de gauche ne vont pas déclencher de troubles. Dans le même temps, la direction du Parti socialiste (SFIO) fait savoir qu’elle n’appellera pas à des manifestations. « L’assassinat de M. Jaurès n’a causé dans les esprits qu’une émotion relative. Les ouvriers, les commerçants et les bourgeois sont surpris douloureusement, mais s’entretiennent beaucoup plus de l’état actuel de l’Europe. Ils semblent considérer la mort de Jaurès comme liée aux évènements actuels beaucoup plus dramatiques. » Xavier Guichard, directeur de la police municipale de Paris, rapport adressé le 1er août 1914 à 10 h 25 au ministère de l’Intérieur.Le 1er août, les socialistes, par le biais du secrétaire général de la CGT, décident de soutenir la politique du gouvernement et de se préparer à la Guerre. Le 1er août à 14 h 25, afin de ne pas empêcher le ralliement des ouvriers à la guerre par la décapitation des syndicats et rassuré par la réaction des instances nationales de la CGT, le ministre de l’Intérieur, Louis Malvy, décide, dans un télégramme adressé à tous les préfets, de ne pas utiliser le Carnet B. Le carnet B avait été créé par le général Boulanger en 1886 pour faciliter les mesures de mobilisation. Il contenait la liste des noms des personnes susceptibles de s'opposer aux ordres de mobilisation ou de troubler l'ordre public en cas de conflit. Ces fichiers étaient tenus par la gendarmerie qui était par ailleurs chargée de le mettre en application; À 16 h 25, ce même 1er août, une affiche jaune manuscrite est placardée à la préfecture de police, sur les bureaux de poste et les monuments publics. Dans les heures qui suivent, sur les murs de toutes les mairies de France, les affiches blanches d’appel à la mobilisation avec les drapeaux tricolores sont collées.
Le dimanche 2 août, ainsi que le dit Jean-Jacques Becker, ayant recensé les sources les plus diverses, les Français se situent « à peu près à égale distance de la consternation et de l’enthousiasme, amalgamant en quelque sorte la résignation et le sens du devoir »; Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, le lendemain, l’Angleterre déclare la guerre à son tour.
La mobilisation est une grande réussite : on dénombre à peine 1,5 % de défections.
Pas de meilleure preuve du contrôle de la situation que l'étiage sondagier, c'est challenges qui nous confirme l'embellie pour Jupiter pas du tout impressionné par la menace de grève générale des cheminots gauchistes :

« Après deux mois de baisse, la popularité de l’exécutif repart à la hausse pour la première fois depuis novembre, selon les résultats du baromètre politique Odoxa pour France Inter, L'Express et la presse régionale publié mercredi 28 mars. Alors que s’annoncent plusieurs conflits sociaux, le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe gagnent, tous les deux, deux points en mars avec 45% de jugements positifs contre 54% de négatifs ».

LES MENACES SYNDICALES TERRRRRIBLES POUR DE « réelles négociations »

PARIS (Reuters) - Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont appelé mardi la ministre des Transports à ouvrir de "réelles négociations" sur la réforme du système ferroviaire, faute de quoi la grève unitaire censée débuter le 3 avril sera maintenue.
Dans un courrier commun adressé à Elisabeth Borne, la CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots reprochent au gouvernement de ne pas avoir "pris la juste mesure du mécontentement des cheminots", hérissés notamment par la fin programmée de leur statut et l'ouverture à la concurrence.
"Il est nécessaire d'ouvrir de réelles négociations avec les cheminots et leurs organisations syndicales", écrivent ces dernières en réponse à une précédente lettre d'Elisabeth Borne, qui leur a été adressée la semaine dernière.
Sans faire de concessions sur le fond, la ministre y proposait un nouveau calendrier de discussions et évoquait des "négociations approfondies", plus seulement une "concertation", un infléchissement sémantique insuffisant pour les syndicats.
"Le gouvernement fait le choix de n'ouvrir aucune négociation sérieuse", répliquent-ils dans leur lettre datée de mardi, dont Reuters a obtenu une copie, réitérant au passage leur menace d'un "conflit majeur".
Les quatre organisations demandent que soient inscrits huit chapitres à l'ordre du jour, notamment la dette et le financement en général, le statut de l'entreprise, l'ouverture à la concurrence et les droits sociaux des employés.

Les positions sont difficilement conciliables dans la mesure où les syndicats espèrent faire reculer l'exécutif sur le principe de l'ouverture à la concurrence et sur la suppression du statut des cheminots pour les futures recrues, deux mesures au coeur du projet gouvernemental.
"Il n'y a pas vraiment d'espoir de bouger, en tout cas à court terme", a déclaré à Reuters un négociateur de la CFDT-cheminots, Sébastien Mariani. "La grève du 3 et du 4 n'est très probablement pas évitable, sauf coup de théâtre."
Interrogée par franceinfo sur la possibilité que la mobilisation soit annulée, Elisabeth Borne a répondu que "l'intérêt de la SNCF et des cheminots (était) qu'on avance dans la concertation", sans répondre directement à la question.
La ministre des Transports a précisé lors de cette interview qu'elle présenterait vendredi un premier bilan des concertations, qui ont selon elle permis d'avancer "sur des sujets concrets".
L'épreuve de force a débuté jeudi dernier, avec une manifestation qui a réuni entre 16.500 et 25.000 personnes dans le cortège des cheminots, à Paris.
Elle doit se poursuivre avec une grève d'un genre inédit à la SNCF, à raison de deux jours par tranche de cinq jours, qui servira à jauger l'état des forces en présence.
Selon le nouvel agenda de discussions, les syndicats ont rendez-vous vendredi pour une réunion multilatérale, la dernière avant les deux premières journées de conflit ».

TERRRIBLES DETERMINATION A OUVRIR DE VRAIES NEGOCIATIONS qui rappellent la TERRIBLE détermination de la CGT de 1914 ! Mais les gauchistes antiracistes de SUD risquent bien de tout faire capoter plus tôt que prévu avec leur radicalisme hors pair : « Tandis que les syndicats CGT, Unsa et CFDT ont choisi de faire grève deux jours sur cinq jusqu'aux 27 et 28 juin, le syndicat SUD privilégie lui une grève illimitée qui sera reconductible tous les jours.
Opposés au projet de réforme de la SNCF, les syndicats vont passer à la vitesse supérieure au retour du week-end de Pâques. À partir du mardi 3 avril, c'est en effet l'intersyndicale au grand complet qui va se mobiliser. Avec toutefois deux stratégies différentes. Alors que les syndicats CGT, Unsa et CFDT ont choisi une grève à épisodes de deux jours sur cinq (les 3-4 avril, 8-9, 13-14 puis 18-19...) jusqu'aux 27-28 juin. Le syndicat SUD privilégie de son côté une grève illimitée qui sera reconductible tous les jours, les assemblées générales de grévistes devant «décider collectivement des suites à donner». «Il y aura des assemblées générales tous les jours», confirme au Figaro Emmanuel Grondein, secrétaire fédéral à SUD Rail. Avant de poursuivre: «Les cheminots doivent s'emparer du mouvement, c'est à eux de voir comment ils veulent mener la grève». Le syndicaliste estime qu'il «vaut mieux taper fort tout de suite».
C'est le grand soir ou jamais en quelque sorte, mais une chose est sûre, consternée par la réapparition de bandit Sarkozy, justement poursuivi par un parquet gauchiste, et par la répétition des attentats antisémites, l'opinion ne va pas s'amouracher des grévistes tout à son admiration des gendarmes. Elle finira aussi par savoir que chaque année depuis quelque temps la SNCF embauche 10.000 prolétaires sans statut. Déjà foutue la grève ? Possible mais dans la paix du cimetière de Bagneux avec la bénédiction du grand prêtre Macron.


NOTES:

1Ce n'était certainement pas un homme entraîné comme les forces spéciales, mais tout ancien soldat des sales guerres vous dira qu'on ne peut rien contre type qui tient un couteau dans une main et un pistolet dans l'autre. Le gendarme a tenté le coup comme je l'aurais peut-être tenté moi-même, ou pas. Je me suis déjà trouvé dans une telle situation jadis dans une librairie à Issy les Moulineaux dans les 80. Sortant du travail pour acheter Le Monde, je tombai sur un individu qui menaçait d'un couteau le couple des libraires. J'ai vite réfléchi que je n'avais nulle chance de le désarmer. Je suis arrivé à lui faire ranger son canif après force paroles bienveillantes et respectueuses, quoiqu'étant menacé à mon tour. Il avait fini par ne plus me menacer et était parti. Aujourd'hui avec la mentalité islamique,
L'armée en profite pour faire sa pub
infusée dès leur jeune âge aux gamins – on tue pour un rien - je serais mort comme le malheureux gendarme. Je ne peux m'empêcher de dire que maintenant il faudrait tous être prêt à réagir comme ce lieutenant-colonel et ce soldat qui avait tenu tête au taré Merah, quitte à mourir, mais debout !
2Mélenchon a tenu, courageusement d'ailleurs, à être présent à la marche blanche, et sous les insultes a apporté... son soutien à la farce de l'union nationale patriotique, bien mise à mal par les nationalistes juifs et la présence de la mère Le Pen, il a péroré avec un chapeau mitterrandien : « toute la communauté nationale serre les rangs ». Et en parallèle avec Joey Starr : JoeyStarr a mis la fièvre à l'Assemblée nationale avec son "Eloquence".Le rappeur et comédien a donné une représentation du spectacle dans lequel il reprend les grands discours de l'Assemblée ».

3Le système macronien flatte aussi la gent enseignante en lançant ce projet (révolutionnaire?) de bourrer le crâne aux mioches dès 3 ans. C'est vraiment se ficher du prolétariat ! La source des inégalités, de l'exclusion des récents migrés, de la ghettoïsation, des injustices sociales pour les sans diplômes n'est pas dans une réforme de l'école ni un ascenseur social retapé, mais dans le maintien féroce des privilèges, de la mentalité de compétition et la séparation toujours exaltée des écoles d'élite pour la progéniture des nantis. Scolariser les mômes à 3 ans n'y changera rien et Macron le sait très bien. Il s'en fout. Son cas sera plus grave que celui de Sarkozy lorsqu'on apprendra d'où viennent les fonds qui lui ont permis de se faire élire.
4Au même âge ma propre mère aurait pu subir le même sort. Isolée dans un bled de Seine et Marne, elle s'ennuyait ferme et laissait entrer les jeunes qui traînaient dans le coin. Je l'avais mis en garde. Un jour je retrouvai la maison sens dessus dessous, puis je la plaçai en maison de retraite. Si elle avait été elle aussi assassinée aurait-on dit que c'était un crime raciste contre une femme d'origine... auvergnate, et peut-être même juive, vu nos lointaines origines.
5On apprend par la bande que des enquêtes se poursuivent sur les massacres terroristes passés : « Un homme placé en garde à vue le 20 mars dans le cadre de l'enquête sur les attentat de janvier 2015 à Paris a été mis en examen vendredi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et placé en détention provisoire ».


Bourg la Reine, av Léon Bloy, entrée de Cachan, la mairie laisse depuis des semaines cette inscription. Cet Abdallah était un autre type de terroriste (libération nationale) pas aussi dingo que nos actuels islamistes, et il n'est pas prouvé qu'il ait tué deux diplomates. Mais laisser ces inscriptions peut donner l'exemple aux djihadistes de Bagneux qui ne vont pas tarder à demander la libération d'Abdeslam... comme hier la municipalité PCF laissait le plafond des HLM décorés de "mort aux juifs", sans les faire effacer rapidos. Enfant, le futur tueur de Ilan, Fofana, était ainsi déjà "éduqué"!

vendredi 23 mars 2018

LES « INVISIBLES » VONT-IL REUSSIR LA OU LES COMMUNISATEURS ONT ECHOUE ?



« Père, gardez-vous à droite, Père, gardez-vous à gauche »
Philippe II Le Hardi (Bataille de Poitiers 1356)

Des épiciers littérateurs anarchistes remis en vedette1 et un drôle de calendrier pour une grève bizarre, perlée, en pointillé, inventée par les zèbres des syndicats gouvernementaux.
La grenade est factice...comme le livre!




COMITARDS INVISIBLES : LES AVENTURES SURNATURELLES ET ZADISTES DE CONCOMBRE MASQUé


« Seulement voilà : le capital s'est emparé de chaque détail et de chaque dimension de l'existence. Il a fait un monde à son image. D'exploitation des formes de vie existantes, il s'est mué en univers total. Il a configuré, équipé et rendu désirables les manières de parler, de penser, de manger, de travailler et de partir en vacances, d'obéir et de se rebeller qui lui conviennent. Ce faisant, il a réduit à bien peu la part de ce que l'on pourrait, en ce monde, vouloir se réapproprier ».2
Dans un texte anarchiste on peut toujours trouver quelques idées pointues, des remarques si pertinentes qu'on les a forcément déjà lues ailleurs. La déshumanisation et l'instrumentalisation des êtres humains par le capitalisme moderne est déjà bien ancienne. Mais c'est sur le plan politique que cette protestation verbeuse contre la mauvaise vie que nous fait subir le capitalisme foire dans un raisonnement qui se veut mystérieux d'un savoir caché qui mène à la révélation du « véritable ennemi », non pas le politicien ni le syndicaliste gros bras, mais un type « en armure ». Nos tarnaciens étaient il y a peu encore férus de Goldorak. La plume d'oie, sous-Debordienne, Concombre masqué, méprise ces « amateurs de ces processions funèbres nommées « manifestations » (goûtant) le plaisir amer d'être toujours défaits (…) avant de rentrer sagement dans leur car »... « car : « Dans l'affrontement de rue, l'ennemi a un visage défini, qu'il soit en civil ou en armure », c'est bien sur LE FLIC. Car l'émeute est incandescence, elle crée des liens « vivants et irrésistibles » (pour la prochaine garde à vue?). Ne pas se laisser troubler par les images de violence, car « ceux qui s'y arrêtent » (…) « ratent tout ce qui se joue dans le fait de prendre ensemble le risque de casser, de taguer, d'affronter les flics ». Car : « on ne sort jamais indemne de sa première émeute ».
Vous ne lisez pas un quelconque manuel de gros lycéens attardés mais bien le second manifeste redondant de quadras épiciers en province et pourfendeurs du principal ennemi capitaliste : le flic. Le précédent, pronostiquait « l'insurrection » qui venait mais qui n'est pas venue. Alors nos éternels potaches de taper du pied : « maintenant » ! ouais !
Ne voulant pas être compté à la remorque des défilés syndicaux traîne-savates, Concombre masqué, au nom de ses potes et potesses se flatte d'être des représentants, certes invisibles, de « jeunes encapuchonnés qui défient la police », quoique à ce sujet comme leurs ancêtres ploum-ploum ils sont toujours eux aussi, comme les manifestants pépères, « nassé » en fin de parcours ou en circulaire comme lors de « l'humiliante ronde autour du bassin de l'Arsenal (…) belle manœuvre de démoralisation menée conjointement par les centrales (?) et le gouvernement ».3 C'est piteux pour le mouvement ouvrier mais pas pour nos ardents invisibles qui n'hésitent point à arborer le ton léniniste ou plutôt le coup de menton du rejeton donneur de leçon : « L'émeute, le blocage et l'occupation forment la grammaire politique élémentaire de l'époque ». La référence de l'émeutier en kit reste donc 1968. Le tag brille à nouveau au fronton de l'abribus ou sur l'arête de la vitrine explosée de la banque du coin : « je pense donc je casse ». Fabuleux : « depuis 1968, les murs n'avaient jamais vu une telle liberté d'esprit ».
Et Concombre de nous citer le plus grand poète de tous les temps Pierre Peuchmaurd, dans son « Plus vivant que jamais » recréant le fumet des barricades. Peuchmaurd n'est pas cité intégralement mais je peux vous en livrer deux extraits, conformes à la « liberté de casser » de ses fans tarnaciens et le romantisme de la « guérilla urbaine » ; quand bien même Peuchmaurd nous faisait déjà pisser de rire l'époque :
  • « ce jeune homme donc se montre plus lucide que les politiciens rassis : « Samedi 25. On a peine à y croire. Même nous. Oui, même nous. L’aube, ce 25 mai, est fasciste.
  •  L’autre erreur est de ne pas avoir su nous libérer à temps du mythe de la barricade. Une barricade ne tient pas devant les grenades, Gay-Lussac aurait dû nous l’apprendre. Il fallait, dès cette nuit, généraliser la guérilla, multiplier les offensives et, très tôt, nous n’avons plus mené qu’un combat défensif. »
Et tous ces généraux d'opérette d'invoquer une répétition de la Commune de 1871 qui fût autrement dramatique et qui n'avait rien à voir avec nos impulsifs barricadiers des quartiers bourgeois4.
Puisque le communisme est « retour à la terre », et sa transition les ZAD de marginaux, comment fait-on pour prôner l'insurrection à chaque manif syndicale où il n'y a ni paysans ni bouseux hippies ? Comment est-il possible de traîner ses guêtres, on plutôt son sac à dos Décathlon avec cagoule et baskets, derrière une race disparue ? Qui inquiète tant les gouvernements et qui fait l'objet de tant d'attentions, pour ne pas dire de manipulations tous azimuts ?
Peu importe, le travailleur a disparu. L'antienne était défendue depuis des lustres par les communisateurs disparus5. L'invisible rédacteur les a plagiés sans risque de faire scandale :
« On a tendance à l'oublier, mais il y a un bon siècle de cela, un candidat s'est présenté pour tenir lieu de forme de vie universelle : le Travailleur. S'il avait pu y prétendre, c'est à la suite du grand nombre d'amputations qu'il s'était imposées – en termes de sensibilité, d'attachements, de goût ou d'affectivité (…) le candidat traîne, depuis lors, sans savoir où aller ni que faire, encombrant péniblement le monde de sa gloire révolue. Du temps de sa splendeur, il avait des groupies de tout bord, nationalistes ou bolchéviques voire nationaux-bolchéviques ». Que déduire de tant de mépris aristocratique de clochards avinés ? Rien que cette connerie de phrase qui suit : « Nous observons de nos jours une explosion de la figure humaine ». Comprenne qui pourra, mais la logique et la démonstration révolutionnaire de notre invisible plumitif sont aussi éclairantes que brouillard et brume réunis.
Qui remplace donc ce travailleur disparu ? « L'appauvrissement organisé des subjectivités » ? (ouaf ouaf!) les « témoins de la perspective tenace » ? (hé hé!) Ou bien cette « résurgence des formes de vie » mais résultant de la « fragmentation de l'universalité ratée du travailleur ». (dur dur!)6. Mais voilà que tout s'explique par cette fragmentation, dont celle de la CGT qui, en province, a magnifiquement rejoint zadistes et « autres incontrôlables ». Chose qui « doit inquiéter le gouvernement au plus haut point »7.
Remplaçant le désuet combat de classe, l'occupation zadiste est la fragmentation « qui pointe vers ce que nous appelons « communisme » : c'est le retour sur terre », donc en occupant les terres reprises au capitalisme ! Suffisait d'y penser pour être vraiment communiste !
Que propose notre concombre masqué face à la bulle navrante du smartphone dans « la foule solitaire sérielle des transports en commun (…) une bulle qui immunise contre tout contact, en plus de constituer un mouchard absolu » ?
  • « S'organiser véritablement n'a jamais été autre chose que s'aimer ».
Une argumentation tarnacienne à mourir... de rire ! Avec cette autre recopiage de nos pauvres communisateurs : « Le communisme est le mouvement réel qui destitue l'état de choses existant ».8
En attendant, la fin du travail prônée comme solution par nos trimards d'épicerie provinciale et architectes des cabanes bambous à zadistes confirmés, il suffit « d'être présent au monde » et de vivre on ne sait comment9. Depuis une cabine de la ZAD, en cageot et ficelles, il faut préciser : « Nous ne pouvons avoir recours à des structures qu'à condition de les trouer »10. Les murs en carton de la cabane zadiste ? Car, tout est dans les mots et la radicalité dans le vague total : « La seule mesure de l'état de crise du capital, c'est le degré d'organisation des forces qui entendent le détruire ».11


LA POLICE, VOILA L'ENNEMI !



Avec le chapitre « Tout le monde déteste la police », concombre masqué va enfin trouver son rythme de croisière lycéenne. Certes on sait qu'Orwell a écrit un jour : « le premier ennemi auquel fait face l'ouvrier, c'est le policier ». Orwell n'est pas forcément un grand penseur de la société, mais ce qui est comique c'est que notre tarnacien de service reprend l'idée sottement réductrice après l'avoir fait taguer sur un mur de son chapitre. La police, comme la justice, du point de vue marxiste, sont des institutions de maintien de l'ordre bourgeois, voire de terreur si le prolétariat se fait menaçant. Ce n'est pas du tout l'acception du gauchiste tarnacien. Le cri de ralliement anti-flic primaire, « difficile à faire comprendre à un marxiste », se base sur « l'assassinat de Rémi Fraisse » et le « viol de Théo »12, slogan qui a été magnifiquement repris par : « des « jeunes » des banlieues à la face des cadors en uniforme qui les toisaient depuis une passerelle métallique changée en mirador ». Matez au passage l'imagerie antifa ! Lorsque suit une histoire de la police, c'est un bla bla insipide de merdeux cagoulé qui ne voit plus en face de lui qu'un autre cagoulé, mais CRS responsable de la Constitution et des lois (ce qui est osé vu le niveau intellectuel moyen des CRS) avec les habituelles pirouettes creuses : « Ainsi la police veille à un ordre apparent qui n'est intérieurement que désordre. Elle est la vérité d'un monde de mensonge, et par là mensonge continué ». Mais il y a interprétation plus imbécile deux pages après :
« La corporation policière a compris, quoique lentement, qu'elle était devenue la condition du gouvernement, son kit de survie, son respirateur ambulant. Si bien que leur rapport s'est inversé. CE sont les gouvernants qui sont désormais des hochets entre les mains de la police. Ils n'ont plus d'autre choix que d'accourir au chevet du moindre flic égratigné et de céder à tous les caprices de la corporation »13. Un tel raisonnement farfelu peut gonfler d'honneur le débile encagoulé qui ne rêve que de buter un flic14 mais ne change rien au fait que la police n'est et ne restera qu'une force d'exécution tant que durera l'Etat bourgeois. Il faut noter tout de même la stratégie des médias gouvernementaux qui consistent à généralement ridiculiser la police (en soufflant à l'élite policière : ne vous inquiétez pas, c'est la piétaille qu'on vise!), même quand elle a fait « son boulot » proprement, et la « justice » - sans doute pour éviter des émeutes – inculpe toujours un policier qui fait usage de son arme alors qu'il est en train de se faire lyncher par 50 racailles.
La police menacerait la société de son « autonomie politique » ; combien de joints a donc fumé concombre masqué pour écrire cela ?15 ;
Mais attention, vous croyiez avoir compris que la police avait le rôle « politique » dominant, pas du tout c'est plus compliqué, et il faut entrer dans le corps à corps :
« Viser un uniforme avec un pavé, ce n'est pas la même chose qu'entrer dans un corps à corps avec une force armée » (Concombre parle d'expérience) (…) La police est une cible et non un objectif, un obstacle et non un adversaire. Qui prend les flics pour adversaire s'interdit de percer l'obstacle qu'ils constituent. Pour arriver à les balayer, il faut viser au-delà. Face à la police, il n'y a de victoire que politique. Désorganiser les rangs, la dépouiller de toute légitimité, la réduire à l'impuissance, la tenir à bonne distance... ».
En réalité la nuance n'est pas bien épaisse. On est en pleine émeute, faut tabasser ou buter les flics, voir les transpercer pour voir à travers la vérité... politique. Le mystère tarnacien a quelque chose de kabalistique, c'est du flan quoi. Et de nous citer la pensée profonde, quoique bornée, du plus grand poète de 1968 feu Peuchmaurd (qui est mort depuis) : « En l'absence de parti révolutionnaire, les vrais révolutionnaires sont ceux qui se battent contre la police »16.
Les forces conspiratives des invisibles sont très puissantes, la preuve aucun gouvernement ne peut se permettre de faire tomber militairement la ZAD, l'opinion désapprouverait : « Il s'agit donc de tenir ensemble une capacité de diffusion de masse et un nécessaire échelon conspiratif ».17
Puis c'est l'exemple de la guerre en Syrie, « comme des anciens maquis »18, comme il a eu pour modèle le roman policier (p.125) ou Nuit debout quoique avec des imperfections, mais aussi l'auteur de la Vie secrète des arbres, où « les arbres se parlent » et n'ont pas besoin de smartphones eux !
Concombre est plus radical que le communisateur Robert Kurz (« marxiste pontifiant ») : « La question du communisme se pose aussi bien dans chacune de nos existences infimes et uniques, à partir de ce qui nous rend malades ». Yldune a dû mettre son grain de sel « pour la suite », il était crucial que l'on sache : « Le mot « vie » en hébreu est un pluriel comme le mot visage ». Un peu de culture (mystérieuse) en passant ne peut pas faire de mal au morveux enfiévré qui lit avidement ce brouet. Mais que la fin est minable, tout ce discours chaotique et accablant de bêtise pour nous livrer une perspective, certes très zadiste, mais artisanale, hyper individualiste et hédoniste, reprise à une variété de communisateur un certain Müller : « Ce qu'offre en revanche le communisme, c'est la solitude absolue. Le capitalisme n'offre jamais la solitude mais toujours seulement la mise en commun (…) Il y a le cliché du communisme comme collectivisation. Pas du tout ; le capitalisme c'est la collectivisation (…) Le communisme c'est l'abandon de l'homme à sa solitude. Devant votre miroir le communisme ne vous donne rien. C'est sa supériorité ».19 Ce communisme de farfadet je le conchie.
Après les grands ensembles voici les petits ensembles des marginaux sans classe et sans fratrie : « La seule chose qui soit à même d'unir transversalement l'ensemble de ce qui déserte cette société est un parti historique, c'est l'intelligence de la situation »20.
La situation... Concombre masqué est infoutu de la lire, malgré sa prière insurrectionnelle, et d'intelligence il n'a point. Les communisateurs n'auront donc pas d'héritiers mâles, la famille des zozos et des zadistes sera bientôt en voie d'extinction.


SUR LE PROCES EN COURS


Au début de l’Affaire de Tarnac j’avais pris position en faveur des victimes de la « machination policière », contre les doctes frileux dénonciateur du terrorisme, gauchistes et ultra-gauches.
J’ai en même temps démonté petit à petit le délire idéologique des anarchistes verbeux (et dans mon livre The end), puis lassé de leur pipolisation je suis retourné à la position du milieu maximaliste : pas de soutien à l’Etat bourgeois ni aux petits bourgeois anarchistes… qui s’en tirent toujours ; comme le confirme leur béatification présente par le chœur des serviteurs de la gauche au pouvoir, et même les Besancenot et autre pétitionnaires qui les daubaient hier encore.
LE MONDE du 15 mars a constitué tout un dossier , plutôt flatteur et servile, à cette mouvance zadiste (alors que le ton est nettement plus diffamatoire contre les cheminots, comme l'avait été l'ignoble Alferd Grosser lors de la grève de 1986). Un certaine Nathalie Quintane, écrivaine paraît-il, nous indique que les gauchistes sont désormais plus cultivés (« Une partie de l'extrême gauche lit davantage de littérature ») ; c'est vrai que le sensibilités sont dosées : Besancenot s'occupe des couches plus lettrées quand Poutou s'occupe de cibler sur les mains calleuses. Mais l'écriture tarnacienne quelle jouissance : « ET l'avenir leur a donné raison. Leur essai L'insurrection qui vient (2007) a eu un effet social certain, en particulier sur les jeunes générations. J'ai rencontré pas mal d'ex lycéens qui se sont « politisés »en le lisant et qui ont un usage autre que simplement esthétique de cette prose-là. Il y a une efficacité indéniable de ces livres, de ces choix d'écriture ». C'est très grave docteur !
Deux autres auteurs nous enseignent : « En revanche, psychologiquement, une forme sophistiquée d'anarchisme est un avantage-clé, non pur survivre mais pour superformer. Refuser les règles extérieures, pour façonner puis imposer sa propre norme ».
Déjà acquis à la secte tarnacienne ?
Sous le titre : « Le comité invisible, dix ans de subversion », un certain Nicolas Truong nous apprend qu'il y a à boire et à manger pour tous dans la pitance littéraire tarnacienne, ainsi on peut trouver le saltimbanque manouche Marcel Campion comme le talmudiste Ivan Segré (ce qui explique sans doute le culte du secret ésotérique chez Concombre masqué. Ce même talmudiste a publié « l'une des analyses les plus élaborées du livre « décolonial » de Houria Boutelja, porte-parole du parti les indigènes de la République et auteure de Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l'amour révolutionnaire. Une solide armature théorique – Foucauld, Deleuze, Debord... Agamben et une connaissance aiguisée des mouvements émancipatoires du siècle dernier... ».
C'est archi faux, ils ne connaissent rien du véritable mouvement révolutionnaire porté par les fractions de gauche bolchévique, allemande et hollandaise, dont ils n'ont disposé que par la théorie light et néo-trotskienne de S ou B. Je ne résiste pas à vous resservir un soubassement de type militariste de nos tarnaciens, déjà analysé dans mes précédents articles qui à la relecture me paraissent inutilement véhéments.
Biberonnés à l’idéologie antifasciste de la Résistance nationale et au mythe de la révolution espagnole comme avant-garde de la destruction du nazisme, nos épiciers d’un gauchisme ringardisé exhibent leur ignorance des tenants et aboutissants de la grande mystification du XXème siècle en l’érigeant en modèle d’engagement : « Ici, gober le bobard est le prix à payer pour notre confort moral. En d'autres temps, on n'aurait pas attendu pour monter des brigades internationales de volontaires auxquelles auraient participé de futurs George Orwell, et c'est bien sûr de ne l'avoir pas fait que nous avons, en lieu et place, des Brigades Al-Nosra et des otages ». Ah le beau conte gauchiste récurrent des "brigades internationales" ces cocus de l'antifascisme embrigadés volontaires en Espagne pour se faire encadrer par chefaillons staliniens et anarchistes dans les prolégomènes de la future guerre mondiale impérialiste! Le cinéaste trotskien Ken Loach avec "Land and Freedom" a bien montré, par devers lui, que cette guerre d'Espagne ne fût qu'une sinistre préparation à l'embrigadement des esprits enfiévrés et grugés par une révolution qui avait très vite tourné court... les braves anarchistes qui avaient accourus apprirent surtout à marcher au pas et surtout à bannir les assemblées délibératives... Quant à Orwell, bel exemple d'épiciers ignorantins, il faudrait nous expliquer pourquoi il collabora avec les services secrets anglais et défendit l'impérialisme britannique durant toute la guerre...
Selon nos épiciers anarchistes, sans leur père protecteur papy Hazan (blanquiste maoïste), les « jeunes de 15 ans » ont un bon fond, mettre fin au massacre en Syrie. Soit, MAIS AU SERVICE DE QUI ? De l’impérialisme américain qui finance tel ou tel gang djihado-mafieux ? Au nom du chef de bande mercenaire Mahomet ? Au nom du petit ergoteur de la finance française Hollande ?
L’inanité et la nullité politique d’une telle dénonciation morale de l’idéologie antiterroriste n’est en fait qu’une nouvelle apologie de la guerre rédemptrice qui affabule à son tour sur le mensonge déconcertant des médias sur la volonté de certaines grandes puissances de mettre fin aux massacres contre les salauds Assad et Poutine comme s’il dépendait de tel ou tel impérialisme rival de faire cesser meurtres et viols, comme s’il fallait gober ce militarisme post-colonial « humanitaire » qui prétend mettre fin à des barbaries triviales entre cathos et musulmans ou entre « tribus » primitives. Comme en 1914 l’anarchisme révèle sa capacité à choisir un camp, de préférence dominant et le plus mystificateur ; hier c’était la défense de la « patrie socialiste », aujourd’hui c’est « l’ingérence humanitaire » au nom d’Allah ou de la démocratie.


DROLE DE CALENDRIER POUR ENCADRER OU DEBILITER UNE BIZARRE GREVE PERLEE ou déjà foireuse


Clémentine Autain, députée mélenchonienne s'est félicité qu'un média « indépendant » Médiapart ait signalé à la terre entière la mise en examen de Paul Bismuth, autrement nommé Sarkozy. Le gus serait confronté à des preuves accablantes de sommes faramineuses fournies par ce pauvre Kadhafi exécuté si sauvagement, pour gagner les élections démocratiques en France. Dans combien d'années Macron sera-t-il condamné pour avoir perçu lui aussi, mais des mains propres de la finance internationale, de quoi remporter peu brillamment la place de premier édile du mensonge démocratique ?
Pour l'heure, on peut s'interroger sur le calendrier du mur des cons magistrats gauchistes, eux aussi dits indépendants, alors qu'ils travaillent exclusivement aux ordres des gouvernements successifs et comme Médiapart, main dans la main avec la police : au même moment on remet le couvert pour les tarnaciens + Paul Bismuth. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
Pour la bataille du rail il faut du numérique en technicolor. Pour l'apéritif on a déjà programmé le procès des « invisibles » tarnaciens, qui ont pour principal tort de se moquer de la police et des magistrats, ce qui n'est pas bien déontologiquement, mais les concombres démasqués peuvent servir d'aimables repoussoirs aux « responsables syndicaux » qui restent prêt eux aussi à leur mettre sur le dos toute manifestation violente ruant dans les brancards syndicaux, voir à assimiler les ouvriers révoltés au discours potache d'insurrection de papier de la clique à Coupat et de leurs groupies. Quoique les ouvriers et employés en aient marre eux aussi des manifs traîne-savates, comme on l'a vu ce jeudi 22 mars, cortèges clairsemés, parsemés de militaires syndicaux avec le fanal de leur boutique. Heureusement que les « perturbateurs » (on n'ose plus les nommer casseurs) ont pété des vitrines et nargué la police en uniforme sinon personne n'aurait parlé de ces défilés.
La mise en garde à vue puis en examen spectaculaire de l'ancien président de droite « corrompu » vient à point pour parfaire le décor qui semblait jusque là réservé à une série d'attaques culottées contre la classe ouvrière. Attaque frontale contre les cheminots tout en leur promettant la vaseline, chasse aux chômeurs en invoquant leur refus répété de n'importe quel job, attaque massive des retraités tout en promettant d'en épargner cent mille, vraiment fauchés comme l'a reconnu humblement le premier commis de Macron. La mise aux fers de Sarko vient signifier que si appel est fait aux sacrifices des « privilégiés » du rail ce n'est pas pour simplement complaire aux puissants puisque l'un d'eux sera en cabane, même brièvement. L'Etat macronesque et révolutionnaire frappe donc à gauche et à droite, n'est-ce pas là une preuve de son impartialité, de son « indépendance » des classes, de sa magnanimité et de son amour pour tous les citoyens, misérables ou impuissants ? En même temps la fraction de droite est muselée face à toute remontrance de sa part sur une éventuelle incompétence du gouvernement révolutionnaire de Macron à gérer l'enculage des ouvriers au profit des règles de Bruxelles en fin d'année.
Il faut ajouter que, contrairement à Paul Bismuth, les cheminots ne seront pas eux placés en GAV, quoique les commissariats ne disposeraient pas la place suffisante. Ils auront le droit d'être promenés par la main par les diverses chapelles syndicales de l'Etat, d'allumer des feux professionnels, des pétards et de faire brûler des pneus qui, par la fumée volumineuse et âcre singent une colère d'opérette, enfumant paysage et salles des tractations secrètes avec patrons et gouvernement où tous les négociateurs syndicaux sont rois.

C'est dans les locaux du NPA qu'a été scellée la "déclaration unitaire", signée conjointement par 12 formations politiques. "Ils nous veulent désunis? Nous répondons que nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l'accès au service public, à commencer par le ferroviaire, les cheminots, mais aussi l'ensemble des fonctionnaires et l'intérêt des usagers", conclut cet appel.
Exclu -de fait- de cette coalition de circonstance, le PS a tout de même appelé au rassemblement mais son nouveau représentant a dû dégager de la manif.
Si Olivier Besancenot a pu jouer au fédérateur, c'est qu'il n'y avait pas un bien grand risque. En vérité en appelant à une réponse unitaire des petits partis de la gauche bobo et zadiste c'était consacrer l'inverse, ils ont défilé séparément. Sitôt lancé, l'appel unitaire a fait l'objet d'une guerre de chapelles entre La France insoumise et le mouvement de Benoît Hamon, chaque formation accusant l'autre de ne pas jouer collectif. Du côté de Génération.s, on fait reproche aux insoumis leur manque de zèle, en ne signant pas l'appel au nom du parti mélenchoniste, mais au nom du Parti de gauche et du groupe LFI à l'Assemblée.
"C'est le procédé habituel des troupes de Mélenchon, ils font semblant d'être unitaires mais se défaussent en ne signant pas pour tout le mouvement mais uniquement pour le Parti de gauche, qui est hors des radars politiques", a taclé dans Marianne Ali Rabeh, porte-parole de la formation hamoniste.
Du côté de la France insoumise, on se méfie de cette soudaine envie d'unité. "Oui, Besancenot nous oblige à faire l'unité. Mais ça ne compte pas, ça, ce sont des gamineries. Ils veulent une photo avec tout le monde? Ils l'auront. Et après? Faire des meetings à la Bellevilloise avec vingt-cinq orateurs, ça va changer les choses? Besancenot est dans l'union de la gauche, après avoir fait exploser le NPA sur une ligne sectaire. Et là, il répète tout ce que dit Hamon", lâche un député insoumis cité par Le Monde.

Pour la grève perlée ou séquencée dont on se doute qu'elle n'est pas souhaitée – car déjà sabotée – par la plupart des cheminots, qu'elle ait lieu ou pas, il faut constater l'adaptation des bonzes syndicaux. D'habitude ils trahissent toujours à la fin, dans ce cas de figure ils trahissent benoitement au début. Ils sont déjà divisés sur « la méthode à suivre », et prêts à doucher toutes les énergies.

NOTES

1Vous pouvez lire tous les articles que j'ai consacré en particulier il y a quatre ans à la saga tarnacienne en tapant « coupat » dans le moteur de recherche. Lire aussi : https://collectiflieuxcommuns.fr/205-tarnac-retour-sur-un-aveuglement
2Livret du comité invisible, intitulé « Maintenant », p.81-82. Et toujours le mystère révélé, ésotérique, comme les curés du temps jadis : « Quiconque connaît l'envers du pouvoir cesse immédiatement de le respecter ». Dans le box des accusés, ces pieds nickelés peuvent bien faire les malins mais ils n'ébranleront en rien l'institution judiciaire qui elle perpétuera son mépris et son injustice sur les sans défenses, qui n'ont ni caméras de télé ni journalistes pour faire scandale dans leur solitude et leur malheur.
3Ibid, p.31.
4Comme vous ne l'avez pas lu dans le compte-rendu de la réunion littéraire de la semaine dernière, c'est bien du Peuchmaurd qu'on nous fît subir en longs extraits, goûtés par tous ces vieux machins adorateurs des vieux mythes éculés de 68.
5Cette équipe de petits profs retraités qui avaient publiés à compte d'auteur chez L'Harmattan, des navets anti-marxistes invraisemblables, n'intéressent plus personne.
6On ajoute en plus : « un deuil mexicain » ! Oh que c'est rigolo !
7Les zadistes « en arrachant une portion de terre au continuum national » permettent d'entrer en sécession , vers le communisme ? Non, comme n'importe quel syndicaliste, la phrase radicale débande immédiatement : « prouve amplement que celui-ci (l'Etat français) n'existe plus sur le même mode que par le passé ». Toc ! Il bat en retraite dans la « guérilla des bocages ». Il est question par après « d'assaut de diligence » par nos jeunes vieux fanas de westerns comme quand une voiture de police se fait incendier au cocktail Molotov car « c'est un peu devenu le farwest dans ce pays ». Sauf que le flic et la fliquette ont failli en crever et que dans un western ils font simplement semblant !
8P. 85
9Certainement d'amour et d'eau fraîche puisque même un produit comestible par l'idéologie marginale zadiste, l'économie sociale et solidaire, ne trouve pas grâce aux yeux de ce contestataire idéaliste et poète, et il est vrai que pas plus que les vieilles coopératives syndicales elle ne menace le marché capitaliste.
10P.106.
11P.107.
12Encore une invention de la presse pour vendre du papier, face à laquelle j'ai marqué moi aussi mon indignation, alors que la vidéo montre qu'il s'agit d'un coup maladroitement porté dans la bagarre, et non pas d'un viol ni d'une volonté d'humilier.
13P.116. Depuis quelques années il y a eu pourtant beaucoup plus de flics tués en service ou par suicide que de héros tarnaciens ou zadistes écologiques.
14Lors de la ronde ridicule autour du bassin de l'Arsenal qui a clôt la loi travail, un ti con n'a pas cessé de frapper et pousser une jeune femme CRS qui formait le barrage avec des hommes plus grands pour ralentir la manif. Je pensais que s'il avait été respectueux des femmes comme le prétend l'idéologie gauchiste, il n'aurait pas ainsi molesté pendant des centaines de mètres la jeune CRS, ou aurait pu plutôt s'en prendre au costaud à côté. Je m'en veux encore de ne pas être intervenu pour le faire cesser ou le baffer. Je fais partie de ces manifestants qui interviennent ponctuellement pour demander de respecter la « piétaille » CRS qui n'est pas composée uniquement de brutes épaisses. Mais si d'après nos neuneus tarnaciens les CRS sont le vrai gouvernement, alors je veux bien rester passif.
15P.117.
16P.119, et on meurt de rire à notre tour en lisant le ressenti de Concombre masqué : « Il faut entendre toute la mélancolie qui s'exprime dans ce constat de Pierre Peuchmaurd en 1968 ». J'en ai dévidé un rouleau entier de sopalin.
17P.120.
18Dans l'ouvrage précédent sur une insurrection qui n'est pas venue, Concombre prenait fait et cause pour la résistance bourgeoise en 39-45, comme en faveur de toutes les actions armées des divers gauchismes successifs ; clins d'oeil à ses pères staliniens qui ont fait dérailler un train plein d'ouvriers au début des années 1950 ?
19P.146.
20P.154.

lundi 19 mars 2018

RIEN A FOUTRE DE VOS COMMEMORATIONS DE MAI 68


Un vieux embrasse un jeune.
« Je voyage, non pour connaître l'Italie, mais pour me faire plaisir ». Stendhal (soixantehuitard écrivain)
« Les feux d'artifice de Lamartine se sont transformés en fusées incendiaires de Cavaignac ». Marx (anti-romantique professionnel)
Gare ! On va nous en mettre plein les oreilles et les mirettes via la télé d'Etat (la 5) avec les crétins Cohn-Bendit et Goupil pour ossifier et ridiculiser un peu plus et toujours la signification de mai 68. Une armada d'anciens cons battus va défiler plus nombreux que ceux de 14-18. On va gazer le spectateur avec la poudre sociologique et l'auguste geste du lanceur de pavé, quand depuis le début de l'an 2018, c'est le cinquantenaire de la mystification syndicaliste gauchiste qui rape le grand soir commémoratif, et fait croire aux gamins et gamines des lycées huppés qu'ils sont promis à une répétition victorieuse du baiser sans entraves et jouir sans fin. Les vedettes soixantehuitardes et leurs petits imitateurs de l'ombre trotskiste sont devenus ministres, journalistes, magistrats, mais il reste des miettes pour les anonymes qui le resteront, qui ont marché, jeté leur pavé, fumé en AG, migré au Larzac et voté Giscard pour l'avortement.
Avant de me rendre au bar à vins où devait être présenté le livre de Lola Miesseroff  « Voyage en outre-gauche » (Libertalia), que j'avais apprécié pour son aspect chorale de témoignages plutôt rafraîchissant et pas barbant essai de politisation, j'avais lu une critique sur le site bordélique Indymédia, critique bordélique également mais qui pouvait ponctuellement sonner juste : « … une litanie de vieux radicaux ravis, semble-t-il, qu’on leur donne une dernière fois la parole, 50 ans après, pour étaler leur trivialité, et bien souvent leur vulgarité, rabâchant les formules creuses de leur jeunesse, dont ils espèrent tirer sans risque aujourd’hui un petit bénéfice, peut-être, en terme d’aura sulfureuse et de reconnaissance sociale. Car la radicalité, la rébellion de nos jours, ça se porte bien, et ça se monnaye. Et eux qui n’ont jamais travaillé qu’à détruire le vieux Monde, j'imagine, comme leur maître Guy Debord, ils aimeraient bien que ça se sache et qu'on leur en tienne gré. Ils comprendront en outre que pour leurs anciens camarades, qui sont bien sur terre, eux, cinquante ans après, et qui n’ont rien appris : « tout ce qu'on veut, c'est bien bouffer, bien boire, bien baiser et trouver à faire quelque chose de marrant » (p.109).  Cette phrase restera, grâce à vous, Lola, comme un étendard, un marqueur (comme on dit aujourd’hui) de cette radicalité situationniste, aussi prétentieuse que trompeuse. Peu ragoutante, à vrai dire »1.
Problème, ce critique n'a pas retenu des témoignages pas du tout baba cool ni hédonistes, ni un sérieux effort de l'auteure pour donner en note des précisions sur tel groupe ou individu pour les néophytes. Il y a il est vrai hélas toute une partie vers la fin consacrée à une triste mouvance « communisatrice » exaltant cette vieillerie de refus du travail et cette lubie d'une disparition du rôle révolutionnaire du prolétariat ; les variétés de salaire étudiant ou citoyen étant le luxe aléatoire des bobos germanopratins revenus de leur gauchisme infantile. Par contre ces remarques acerbes de ce critique du livre de Lola (qui l'a apprécié comme moi) conviennent pleinement à la présentation littéraire que nous eûmes à subir ce dimanche après-midi au bar du coin, la Vierge de la Réunion.
Attablée, l'assemblée n'était composée que de vieux, pas des demi-vieux mais de vrais vieux, comme on les voyait jadis quand on était jeune, sans imaginer que quand on est vieux on ne se voit pas vieux, quoique, je peux en témoigner, l'esprit reste en éveil pas forcément gaga mais catalogué et ostracisé par l'apparence. Pas des vieux bêtes mais pas une chère tête blonde au milieu des vieux machins grisonnant c'est moche, ça fait Ehpad. Tant mieux. Preuve de plus que les jeunes n'ont que foutre de conférences ou de vente boutiquière de livres sur mai 68. Laissez-nous mourir nous les vieux, mourir de notre belle mort rentière et nostalgique mais qu'il vous soit interdit de découper bêtement la société entre jeunes et adultes comme s'en moquait Bordiga début 1968. Je le craignais, mais ce fut bien : « pépé ! Raconte-nous ta guerre de 14-18 ». Et fixette sur l'événement franco-français, rivalité Paris/province et pas à l'aune de la crise économique ni des événements précédents au niveau mondial.
On ne nous présenta pas un mais trois livres, le premier d'un soixante-huitard décédé dont il ne restait que le préfacier, et l'autre traitant des trimards, c'est à dire artisans marginaux itinérants et katanguais de la Sorbonne. Ce n'était pas du tout le programme attendu. Mais le pire. On égrena moult souvenirs d'anciens combattants de la « révolution », voire de la poésie barricadière ; ce pauvre auteur disparu croyant intelligent de critiquer les limites des barricades « alors qu'il eût fallu mener la lutte de guérilla armée dans les rues de Paris ». Quant aux trimards ce n'était pas ces beaufs sédentaires cloîtrés devant leur TV, mais des types qui bougeaient qui faisait le coup de poing. L'auteure témoigna de la nécessité de ces costauds pour protéger les étudiants aux mains fragiles, mais aussi de la fable du meurtre du commissaire à Lyon, mort en réalité d'une crise cardiaque. Entre témoignage ras-du-bitume et nostalgie hédoniste d'une vie irrémédiablement gâchée après un mois de bonheur, on était édifié à pleurer devant le monument aux morts des arpèges soixantehuiteux.
Une bonne partie de la salle était constituée de mes anciens camarades du CCI éjectés à des périodes successives de ce qui est devenu une secte disparue (sur Paris) et d'ailleurs une bonne moitié de l'ancienne section parisienne. J'observais leur mine effarée pour ne pas dire contrite ou empreinte de commisération pour ce qu'il fallait entendre. J'ai d'ailleurs signalé cela au début de ma critique : « mesdames les écrivaines, une grande partie des éléments fondateurs du groupe Révolution Internationale en 68 vous fait l'honneur de sa présence ! ».
  • oui mais après, dit le dadet préfacier de la table dite tribune (il n'avait que 15 annuités en 68 et prétendait tout connaître des situs et du monde entier au volant de son solex).
  • Mais son produit surtout, ce qui importe plus que l'événement passé, rectifiai-je.
Quitte à doucher les enthousiasmes gériatriques, j'ai déploré l'excès de romantisme consacré au souvenir de mai 68 et la stupidité de l'idéologie barricadière qui aurait dû s'émanciper par la guérilla urbaine alors qu'il ne pouvait être question d'aller plus loin ni de jouer au far west. Le titre de l'ouvrage de Lola « outre gauche » est fort bien trouvé car il brise les qualifications idiotes telle la notion d'ultra-gauche alors que 68 a mis à bas la gauche et le syndicalisme comme références prolétariennes. Alors que le qualificatif de maximalisme, comme je le défends après Rosa et Bordiga, convient mieux pour définir ce milieu révolutionnaire qui est réapparu après 1968, distinct d'une certaine petite marge anarchiste. Quoique mai fût libertaire plus que anar dans le sens étroit du terme. Quoique nous eussions été plus grèvegénéraliste nous les militants que prenant en compte à côté un ébranlement de la société, certes impulsé par la pression de la classe ouvrière, mais à la fois culturel et sociétal.
La caractérisation comme romantiques attardés de nos écrivains attablés les fit bondir d'indignation, et foncer se faire servir un verre de rouge. J'avais pris soin pourtant de ne pas les qualifier de bobos ringards, mais ils avaient bien perçu pleinement le sens de ma saillie. Cultivés, ces auteurs savent très bien que le romantisme est le goût des chimères des intellos désoeuvrés et des suites amères de la révolution française. Comparaison est offense. Et pourtant ils ne font que véhiculer les mythes de 68, et vanter la vie marginale, zappant leur propre passé hippie.
Heureusement, ils eurent un soutien en la personne de Max, ex militant dilettante du CCI, les yeux embués par l'alcool au point de ne plus voir les classes sociales et, mielleux, de communier au charme désuet de la nostalgie barricadière2. Deux autres femmes, déjà éméchées vinrent poser des questions pas bêtes du genre « quel espoir aviez-vous ? », « à quoi pouvez-vous servir aujourd'hui aux jeunes ? ». Hic ! Beueueueu... Mais le brouhaha des buveurs avait déjà coulé toute discussion sérieuse. Michel tenta bien de rappeler l'aspect dominant du mouvement de la classe ouvrière, les grèves depuis plusieurs années dans les autres pays et l'inanité des propositions alternatives de violences3. Mais on ne pouvait plus vraiment discuter à l'eau vive du sens général de 68, en particulier du fait étonnant que les termes « classe ouvrière » étaient le credo de tous, des étudiants comme des journalistes, et que comme je l'avais dit au début que Mai avait été provoqué initialement par la vision des violences policières contre ces braves ouvriers ou passants, simples téléspectateurs ni trimards ni militants excités. L'aspect massif du mouvement concernant autant la classe prolétarienne que les couches moyennes avait montré un phénomène déjà décrit par Marx, la petite bourgeoisie tombant (certes provisoirement) dans le prolétariat par le truchement de ces milliers d'étudiants poursuivant des cursus universitaires inutiles, gonflement d'effectifs inattendus mais ne remettant pas en cause sélection bourgeoise et inégalités sociales. J'ai dû répondre à l'insistance d'une des deux femmes (« mais comment allez-vous leur transmettre aux jeunes ? ») : « et bien ils se transmettront eux-mêmes, ils boufferont certainement plus de vache enragée que nous, ils feront leur expérience, voilà tout ». Bonsoir m'sieur dames !
Ma compagne, enfant à l'époque et loin d'être une prolétaire, avait été choquée par la violence du débat qui se terminait en querelle d'ivrognes. Elle ne comprenait pas que deux mondes s'affrontaient, non pas les anciens et les modernes ni les anciens contre les anciens, mais les tenants de la théorie de l'émancipation du prolétariat et les petits commerçants des idéologies parcellaires et hippies. Elle me fit cependant cette réflexion très très pertinente : « ce ne fut pas une révolution mais une évolution qui a cassé jusqu'à nos jours rapports hiérarchiques et autorité de façade ». Bien dit. Je vous laisse y réfléchir.
En conclusion, n'attendez surtout pas que des cuistres littérateurs allument l'étincelle de la révolution, surtout prolétarienne.

NOTES

1https://nantes.indymedia.org/articles/40314 Evidemment Indymédia, coin anarcho-stalinien a supprimé mes commentaires sur ce texte dans l'ensemble imbécile.

2Malheureusement on trouve toujours dans les différentes époques dans les milieux révolutionnaires ou aux alentours des gens de mauvais esprit, calculateurs , avides de reconnaissance, mais aussi délateurs et lyncheurs, qui favorisent une ambiance délétère, mais au niveau de leur voisin de palier. On a connu ainsi plusieurs individus dans les 70 et 80 qui se faisaient passer pour des groupes, qui n'étaient souvent guère plus de deux, qui se dénommaient « guerre de classe », « La guerre sociale », « La banquise », etc. qui se prenaient pour des caïds ou des clones de Guy Debord en passant leur temps à calomnier. Il n'en reste rien que quelques dérangés du ciboulot qui animent telle radio masquée, tel forum à voyeurs qui se fait appeler « socialisme ou barbarie » ou « bignole ou grosse vache », qui ne connaissent rien à rien, demi-cloches qui passent leur temps à poster leurs insultes grossières ; ces courageux ventripotents du clavier doivent pourtant savoir que leurs déjections partent automatico à la poubelle sur farce book ou depuis mon blog, malgré leur obstination caractérielle de marginaux désoeuvrés. Politiquement ils sont comme les "invisibles", ils n'existent pas. Et ne se montrent jamais en public.

3 Ton intervention Michel était claire dans l'ensemble, sauf lorsque tu as dit « la bourgeoisie tente de faire oublier la plus grande grève générale de l'histoire », non, les termes « grève générale » c'est du bidon, on n'a pas de grève générale en pleine révolution russe et la grève générale est impossible (cf. approvisionnements) en période moderne, non ce que la bourgeoisie veut faire oublier c'est la « généralisation » des luttes hors des consignes syndicales, c'est ce souvenir qui est le plus dérangeant. De même lorsque tu as dit que ces auteurs défendaient les libérations nationales, non c'est l'olibrius préfacier qui rapportait le désir de guérilla de l'auteur disparu, une pitrerie gauchiste soixantehuitarde et incongrue pour la classe ouvrière, et même irresponsable.